‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 165 sur 389 · de SEIUIES · texte numérisé non relu

de SEIUIES

— ËTYH. Provenç. mina. On a Ir.diipié le lat. mcdimniu; mais, si l'on fait attention que la ni)')i« est la moitié du setier, comme Vhémuie grecigue l'était de l'i/iTiO; ou texiarius, on verra (|ue mine est une abréviation de hémine, par aphérèse (voy. iiEminf), comme 0. de Serres l'avait senti.

4. MINE (mi-n'), ». f. || 1* Terme d'antiquité. Poids grec, pesant 324 grammes. || S" Monnaie (iiec<pi« d'argent contenant, en poids, 69 francs. Appelant dix de ses serviteurs, il leur donna dix mines d'argent, baci, Rible, Évang. saint Luc XIX, 13. Il [AlcibiadeJ avait un chien d'une tail.u eitraordiniiiro et d'une grande beauté, qu'il avait acheté soixante et dix mines, c'est-à-dire 350u livres, rollin, LIist.anc. Œuvr. t. m, p. 000, dans POUGF.NS. Il [.Socrate] avait hérité de son père quatre-vingts mines, o'ost-à-diro 4000 livre.s, id. ib> t. IV, p. 3.'>3.

MIN

— BTYM. Lat. mino , du grec |ivô, contraction de |i{va. Le mot n'est pas grec, mais égyptien.

MIXÉ, ÉE (mi-né, née), part, passé de miner. Sous lequel on a creusé une mine. Un bastion miné. If Fig. Voilà la puissance infinie de Dieu sauvée ; mais voilà aussi le principe fondamental de l'auteur [Halebranche] miné sans ressource, fén. t. m, p. 55

t MINEL (mi-nc!) DU CANADA, s. m. Un des noms donnés au cerisier canadien, appelé aussi ragoumi- Dier, et, dans son pays, nega.

MINER(mi-né),t).a. || 1° Anciennement, creuser le dessous d'une muraille pour la faire écrouler.jl Aujourd'hui, creuser le dessous d'une muraille, trouer un roc, pour y loger une mine. En cet instant, le bruit 13 répand que le Kremlin est miné ; des Russes l'ont dit, des écrits l'attestent, ségur, Uist. de Nap. Tiii, 6. Il 2" Creuser, caver lentement. En supposant qu'elle (la mer] avance toujours également, elle minerait mille toises, ou unepetite demi-lieue de moellon en douze mille ans, buff. Hist. nat. Preuv. théor. de la terre, Œuv. t. u, p. 44i. || 3° Fig. Consumer, ruiner peu à peu. Au lieu qu'on nous mange, on nous gruge, On nous mine par des longueurs, la PONT. Fabl. I, î). Ce mal dont la peur vous mine et vous consume, id. Coupe. Tel est le caractère de ce vice de laisser dans le cœur un fond de tristesse qui le mine, qui le suit partout, MASS. Carême, Euf. prod. Elles [les petites fautes] minent peu à peu cette habitude de sainteté, id. Carême, Fautes légères. Un chagrin qui nous mine et nous dessèche, ID. Panég. SI Franc, de Paule. Une fièvre brûlante, attaquant tes ressorts, Vient à pas inégaux miner ton faible corps, volt. Disc. 2. Tandis que les croisés fondaient sur la Syrie, les Turcs minaient les Arabes, id. Mœurs, 58. || 4° Terme d'agriculture. Défoncer un sol pierreux. || 5° Se miner, v. réfl. Etre miné, consumé. Souvent le vain orgueil parla se déracine, L'amour-propre se mille, Et fait place aux vertus avec facilité, corn. Imit. u, 2. Unjoueur dont la fortune, exposée chaque jour aux coups du hasard, se mine peu à peu et se trouve enfin nécessairement détruite, n'attribue ces pertes qu'à ce même hasard qu'il atcuse d'injustice, buff. Ess.arilh.mor.

— HIST. xir s. Tant ont miné souz terre chascun i son cisel, Que des murs de Cologne ont trait maint grantcarrel, Saxons, ix. || xiii* s. En U fin lor fu rendue[une ville], et la fisent miner et boutèrent le feu dedens, Chr. de Uains. i84. ||xiv* s. Helas, dame, je vous ay tant chieri. En désirant de merci la douçour. Que je n'ay mais sens ne pooir en mi, Tant m'ont miné mi soupir et mi plour, kachaut, p. 66. Quand elle [la femme] a fait de l'homme tout ce qu'elle vorra. Et elle l'a miné si bien que rien n'i a, Dont lui tourne le dos, à un autre s'en va, Daud. de Seb. vi, 600. ||xv' s. Voirement, il n'est nul sire chrétien.... qui hors de leur pays puissent trois ni quatre ans tenir tel peuple de gens d'armes.... que il ne fust tout usé et miné de chevance et de finance, FRoiss. u, II, (30. Il xvi* s. Je voy que l'eau par temps le marbre myne, i. marot, v, 263. Il pouvoit miner ses ennemis, indiscrètement advancez en ses terres, mont, hi, 93.

-r ETYM. Provenç. espagn. et portug. minar ; ital. minore. On a indiqué le celtique : gaél. mein, meiun, meun, mine; kymri, mtcn ; irl. minn. Diez pense qu'il n'y a pas lieu de s'écarter ici du latin; miner est minare, qui a donné mener, et qui a pris ici un sens spécial : mener un travail, une fouille. X la vérité il y a une difficulté dans la voyelle, et on devrait dire mener, non miner; mais on trouve en effet dans le provençal mena, mine, à côté de mina, et meniera [«ur minière; et les deux formations mener et miner ont pu coexister. Au contraire. Rossignol pense que le mot primitif est minière, du latin miniaria, mine de minium, puis généralisé pour signifier toute espèce de mine. U est en efTct très-tentant de dériver minière de mi- Biario; d'autant plus que minium se disait mine dans l'ancienne langue (voy. minium). Cela paraît flus probable que minare. Jf ine [minium] se sera (fénérahsé en toute espèce de métal ; d'où miner.

MINERAI (mi-ne-rè), i. m. En minéralogie, toute subsunce qui renferme un métal. Nous nommerons minerais les espèces métalliques qui résultent de la combinaison d'un métal avec un minérahsateur, al. bbononiart, Traité de miner t ii p. •», dans pouoKNS. ||En mélallurKie, toute subsianoe métaHifère formée d'un ou de plusieurs mé- Uux et de gangue. Uver, broyer, fondre le minerai.

— RF.li. D'apris l'Académie, on ne dit point un minerai d'or, un minerai de cuivre ; il faut dire une mine d'or, une mine de cuivre. Cela n'est point exact, car on trouve cet emploi du mot minerai dans

MIN

de bons auteurs : La pyrite jaune n'est qu'un minerai de cuivre; la pyrite martiale, un minerai de fer, BUFF. itfin. t.viii, p. 2. Le minerai dans lequel l'or est renfermé est presque partout une pyrite jaune sulfureuse, saussurk, Yoij. Alpes, t. viii, p. as, dans rouGENS. Sur cette remarque de l'Académie, Legoarant observe que le terme minerai reçoit toute l'extension possible ; mais qu'on dit beaucoup plus rarement un minerai que du minerai, un morceau, un échantillon de minerai d'or, etc.

— ÉTYM. Ce mot, qui n'a pas d'historique et qui dérive de mine 2, paraît être une altération de mineraiUe, qui s'est dit au xvi* siècle (voy. minéral).

MINÉRAL (mi-né-ral). [| 1° S. m. Tout corps non organisé, qui se trouve dans l'intérieur de la terre ou à sa surface, tels que métaux, pierres, substances combustibles. Les minéraux el les végétaux. Le minéral n'est qu'une matière brute, inactive, insensible, n'agissant que par la contrainte des lois de la mécanique, n'obéissant qu'à la force généralement répandue dans l'univers, sans organisation, sans puissance, buff. Hist. anim. ch. i, Œuv. t. m, p. 8. Les caractères ou propriétés communes distinctives des minéraux se réduisent aux deux suivantes : croître par juxtaposition ; être composés de parties similaires, al. brongniart. Traité min. U i, p. 6, danspouGENS.il Minéraux accidentels, minéraux dont les gîtes existent dans les roches d'une manière accidentelle et secondaire. |] Terme de géologie. Les minéraux, les éléments constitutifs des roches. Il 2° Adj. Qui appartient aux minéraux. Les composés minéraux. Une substance minérale. |{ Règne minéial, enséiiible de tous les corps dépourvus d'organisation. Il Eaux minérales, eaux naturelles, chaudes ou froides, qui sortent de la terre imprégnées de quelques substances minérales, et dont on se sert pour la guérison de diverses maladies. 11 abolit des tributs qu'il trouvait établis sur les nominations aux chaires royales de professeur en médecine et sur les intenctances des eaux minérales du royaume, fonten. Fagon.

— REM. Minerai n'a point d'accent, et minéral en a un ; l'usage l'a voulu ainsi.

— HIST. XVI' s. Poudres minérales, paré, x, tu. De la terre au large sein Tire de soigneuse main Cent sortes de minerailles, r. belleau, Poésies, 1. 1,

p. *6, dans LACURNE.

— ÉTYM. Bas-lat. mtneroJe, dérivé de minera, minière.

t M1N)?RALISABLE (mi-né-ra-li-za-bl'), adj. Terme de minéralogie. Corps minérali.'^ables, corps qui, pour se réunir entre eux, ont besoin de l'action médiate d'autres corps dits minéralisaleurs.

— ÉTYM. Xinéraliser.

MINÉRALISATEUR (mi-né-ra-li-za-teur), s. m.

Terme de chimie et de minéralogie. Corps qui en minéralisé un autre, c'est-à-dire qui le fait passer de l'état de métal à l'état déminerai. Ce sel [l'arsenic], acre et corrosif, est l'un des plus puissants minéralisaleurs par l'aclion qu'il exerce sur les métaux, BUFF. Jfin. t. VI, p. 66. Le nom de mines suppose des métaux combinés avec quelque substance étrangère qui masque leurs propriétés et qu'on a nommée minéralisateur, fourcroy, Connaiss. chim. t. V, p. 25, dans pougens. || idj. Minéralisateur, minéralisatrice. Substances minéralisatrices, nom donné principalement au soufre et àl'oxygène, parce qu'en se combinant aux métaux, ils en altèrent profondément les caractères et leschangent en minerais.

— ETYM. Minéraliser.

MINÉRALISATION (mi-né-ra-li-za-sion), s. f.

Il 1° Terme de chimie et de minéralogie. Transformation des métaux en minerais. A l'exception de l'or qui se trouve presque toujours dans l'état de métal, tous les autres métaux se présentent le plus souvent dans l'état de minéralisation, BUFF. Ifin. t. IV. Si l'on veut avoir une idée nette de ce que signifie le mot de minéralisation, on ne peut l'interpréter que par celui de l'altération que certaines substances actives produisent sur les minéraux métalliques, id. iO. t. vi, p. 69. Il 2° Combinaison de substances métalliques avec les eaux de source. La minéralisation de ces eaux est faible. Je me rappelle les plaintes philosophiques de mes premiers maîtres, Macquer, Roux etBucquet, sur l'impossibilité de découvrir l'origine de la minéralisation des eaux, pourcrot, Connaiss. cliim. t. I, p. 43, dans pouoens.

— ÉTYM. Minéraliser.

MINÉRALISÉ, ÉE (mi-né-ra-li-zé, zée), part, passé de minéraliser. La quantité des métaux purs est très-petite en comparaison de celle des métaux minéralisés, bupp. Jfin. t. iv, p. i . L'argent se trouve

MIN

assez souvent, comme l'or, dans l'état de métal pur, mais il est encore plus souvent mêlé avec le plomb, ou minéralisé, c'est-à-dire altéré par les sels de la terre, m. ib. t. v, p. 278.

MINÉRALISER (mi-né-ra-li-zé), v. a. Terme de chimie et de minéralogie. Tranformer en minéral ou en minerai.

— ÉTYM. Minéral, et la finale iser, qui signitle faire , réduire en.

f MINÉRALISTE (mi-né-ra-li-sf) , ». m. Synonyme peu usité de minéralogiste.

— ÉTYM. Minéral.

MINÉRALOGIE (mi-né-ra-lo-jie), s. f. Partie de

l'histoire naturelle qui traite des minéraux, c'est-àdire des combinaisons non organiques des éléments telles qu'elles se trouvent dans la nature. Depuis que la minéralogie s'est éclairée du flambeau de la chimie et de la physique, elle a fait des progrès rapides, LELIÈVRF., Instit. Uém. scienc. t. v, p. 383. || Livre, traité de minéralogie. La Minéralogie de Ëeudant.

— ÉTYM. Minéral, et Xoyoç, traité.

MINÉRALOGIQUE (mi-né-ra-lo-ji-k'), adj. Qui a

rapport àla minéralogie. || Étude minéralogique d'un corps, description de ses caractères dans son état de nature.

t MINÊRALOGIQUEMENT ( mi-né-ra-lo-ji-keman), adv. Dans le langage minéralogique.

MINÉRALOGISTE (mi-né-ra-!o-ji-st'), s. m. Celui qui connaît la minéralogie. La minéralogie étant une branche de l'histoire naturelle, les mêmes princijes qui dirigent les naturalistes en général, doivent diriger aussi le minéralogiste, al. brongniart. Traité de miner, t. i, p. 2. || On dit quelquefois, mais rarement, minéralogue.

t MINÉRALURGIE (mi-né-ra-lur-jie), s. f. Art de traiter les minéraux pour les rendre plus utiles. La minéralurgie convertit en chaux vive les carbonates de chaux.

— ÉTYM. Minéral, et ÉpTov, œuvre, travail, t MINÉRALURGIQUE (mi-né-ra-lur-ji-k'), adj.

Qui appartient à la minéralurgie.

t MINERIE (mi-ne-rie), s. f. Etat misérable. C'est use minerie et la chose du monde la plus malsaine,

SéV. 388.

— ÉTYM. Jfiner.

t MINftROGRAPHlE (mi-né-ro-gra-fie), s.f. Description des minéraux.

— ÉTYM. Minéral, etyçifut, décrire, t MINERVAL, ALE (mi-nèr-val, va-1') ou MINBII ■

VIEN, 1ENNE (mi-nèr-viin, viè-n'), adj. Qui app?/tient, qui est consacré à Minerve. || S. m. Minervjl, dans quelques collèges d'Allemagne et des P?/s- Bas, rétribution payée par les élèves externes.

— ÉTYM. Lat. Wineri'o, Minerve, et minerva', salaire donné au maitre par l'écolier.

MINERVE (mi-nèr-v'), s. f.\\l' Nom, ch»z les Romains, de la déesse de la sagesse. {| Poétiquement , arbre de Minerve ou de Pallas, l'oli-ier que cette déesse fit naître. Fruit de Minerve ov de Pallas, l'olive. Oiseau de Minerve, le hibou, || Rimer malgré Minerve, faire de mauvais vers. Maudit soit l'auteur dur dont l'âpre et rude verve, Son cerveau tenaillant, rima malgré Minerve.... boil. Épigr. xiv. Il 2° Par extension, tête, cervelle. Une douzaine de flandrins fatiguer leur minerve à maintenir un intarissable flux de paroles ; la belle occupation! j. j. rouss. Conf. V. Il On ne met point de majuscule en ce dernier sens. || 3° Fig. Femme aussi sage que belle (on met une majuscule). || Femme instruite ou adroite tu travail. || 4* Appareil orthopédique destiné à redresser la tête on cas de déviation causée par la contracture des muscles du cou.

— ÉTYM. Lat. Minerva, qui tenait au verbe menen are, avertir, soigner {promeneriat dans les chants salions).

t MINERVIKN, voy. MINFRVAL.

t MINERVIUM (mi-nèr-vi-om'), t. m. Terme d'antiquité. Temiiledo Minerve.

MINET, MINETTE (mi-nè, nè-t'\ ». m. et f. (I 1" Petit chat, petite chatte. Tu réveilles ta maîtresse. Minette, par tes longs cris,Bi!BANO.C/ioltc. il 11 se dit aussi, en termes d'amitié, aux petites filles, jeunes filles, jeunes femmes. Oui, minette, je le ferai. Il On dit quelquefois minet on parlant d'un jeune

garçon Qu'on l'aimait fort [le jeune Grignan],

qu'on prenait quelquefois la liberté de l'appeler le petit matou, d'autres, plus polis, à cau.se de la jeunesse, le minet, sév. 4 févr. «6«9. || 2" Dès le patron minet, voy. patron.

— HIST. xV s. Mais tous ses mots ne me sont que minettes [petites mines] Que souvent font les dames sadineltes Aux pauvres sots qui ne sont pas luscz, le Louer des folles amours, p. 323, dans la-

MIN

MIN

Rllî^

CURNE. Il rvi* g. Minette [chatte], Nuits de Straparole, p. 397, dans lacijrne.

— ÊTYM. Diez rapporte le radical de minet au radical de menin, qui signifie petit; mais ce qui paraît plus vraisemblable, c'est que yninet, minetic est un diminutif de niiru; i, comme le montre l'exemple duïv" siècle, et s'est dit de l'animal qui fait des mines. Il y avait aussi mineux, qui fait la mine.

I t . MINETTE (mi-nè-t'), s. f. Grande auge pleine de sable dans laquelle le potier de terre jette ses moules pour les couvrir de sable.

t 2. MINETTE (mi-nè-f), s.f. Terme de minéralogie. Se dit de variétésde minerais et particulièrement de celles qui sont en poussière.

— ÉTYM. Diminutif de mine 2.

•f 3. MINETTE (mi-nè-f). Nom donné, en Normandie, à la petite luzerne, m«dicago lupuiina, Linné.

<. MINECR (mi-neur), s. m. \\ 1° Celui qui fouille la mine pour en tirer la matière minérale. Les recherches des mineurs, celles de Pallas, de Saussure, de Leduc, de Dolomieu nous ont donné des généralités précieuses, quoique non encore hors de contestation, sur les montagnes primitives, Instit. Mém. sciences, isu", c semestre, p. (34. || École des mineurs, école pratique fondée à Saint-iîtienne (Loire), pour donner gratuitement des connaissances en minéralogie à des élèves qui n'y sont admis qu'après concours. || Petit mineur, être imaginaire auquel les ouvriers mineurs offrent une chandelle à certaines époques; superstition qui se rattache aux Bergmànnlein germaniques, espèce du genre elfe, que depuis Paracelseon appelle gnomes. || Adjectivement. Ouvrier mineur. || 2° Mineur, mineuse, se dit des animaux qui creusent dans la terre ou dans le tronc des arbres, pour s'y loger ou pour y déposer leur progéniture. Les insectes mineurs des feuilles sont, po r la plupart, des animaux bien petits ; car ils peuvent se loger commodément dans l'épaisseur d'une simple feuille d'herbe ou d'arbre souvent très-mince, bonnet, Observ. 4t«, Insectes. Ce sont de grandes mineuses que les guêpes dont j'esquisse l'histoire; elles entendent à merveille à escaver la terre et à y pratiquer un souterrain spacieux pour y loger commodément leur guêpier, m. Contcmpl. nat. XI, 23. Il Adj. Vers mineurs, les larves qui se mettent à l'abri dans l'inlérieurdes végétaux. 1 3° Celui qui travaille aux mines pour l'attaque ou la défense des places. || Adjectivement. Sapeur mineur. Il Ancien terme militaire. Attacher le mineur, opératioiîde siège, qui consistait à introduire un mineur dans un trou fait au lempart, pour qu'il en continuât l'excavation. Il avait éié résolu d'attacher ■c mineur en deux endroits à une demi-lune et à un bastion, pellisso», Lett. hisl. t. i, p. 232, dans poucens. Il 4" Le mineur, sorte de cliarrue-taupe, imaginée en Angleterre pour fouiller profondément le sol.

— HiST. XIII* s. Si misrent mineurs par desous terre, pour le mur faire verser, villeh. cxli. || xiv* s. Trestuit li mincour si sont là accouru, Guescl. (9950. Kt puis viennent au mur li bon mineur de pris, Qui pour les murs percer feroient [frappaient] de leur pis [pics], ib. 2(218. jj ivi* s. Les soldats et mineux, paré, x, i.

— - KTYM. Uiner.

2. Ml.NECU, EURE (mi-reur, neu-r*), culj. comparatif. Il 1* Moindre, plus petit. Est-ce ce financier de noblesse mineure. Qui s'est fait, depuis peu, gentilhomme en une heure ? regnard, le Joueur, IV, 9. || Malgré cet exemple de Regnard, il ne s'emploie en ce sens que dans les expressions suivantes. Il L'Asie Mineure, partie occidentale de l'Asie. Il Terme ecclésiasiique. Les quatre ordres mineurs, ou, sub.stantivcment, les quatre mineurs, les quatre petits ordres, qui sont ceux de portier, de lecteur, d exorciste et d'acolyte. Prendre les quatre mineurs. Il Excommunication mineure , excommunication qui prive de la participation aux sacrements et du tiroit de pouvoir être élu ou présenté à quelque bénéfice, i quelque dignité ecclésiastique; par oppoiition à Picommun'cation majeure. || Causes mineures, celles où il s'agit du jugomcnl des simples prêtres ou de quelque point de discipline peu important. Il Terme d'ordres religieux. Frères mineurs, relii(icux nommés autrefois cordcliers, ordre dont saint François d'Assise est le fondateur. Au chapitre général que saint François tint prè» d'Assise, en (2(9, où il se trouva plus de cinq mille frères mineurs qui campirent en rase campagne, il» ne manquèrent de rien par la charité des villes voisine», VOLT. Dict. phil. Quête. || Les mineures, nom de* religieuse» de .Saint- François. || fJercs réguliers mineurs, communauté fondée en •:.«' . || Terme de inu.sique. Titco mineure, tierce composée d'un ion

et d'un demi-ton, comme ré fa ou mi sol. Sixte mineure, intervalle de trois tons et deux demi-tons, comme ut la bémul ou mi ut. Septième mineure, intervalle d'ut à si bémol, ou quatre tons et deux demi-tons, comme ut si bémol ou ré ut. || Seconde mineure, celle qui ne se compose que d'un demiton, comme de mi à fa.|| Ton ou mode mineur, celui où la tierce et la sixte, au-tiessus-de la tonique, sont mineures. On dit dans le même sens : un air en mineur. || Substantivement. Passer du mineur au majeur, du majeur au mineur. || Demi-ton mineur, celui qui se trouve entre une des notes de la gamme et la note supérieure accidentellement bémolisée. Il Terme de marine. Lieues mineures, celles que l'on parcourt ou que l'on compte sur un petit cercle parallèle à l'équatcur. || 2° Terme de jurisprudence. Qui n'a point atteint l'âge prescrit par les lois pour disposer de sa personne et de ses biens. Des enfants mineurs. Une fille mineure. || Substantivement. Un mineur. Une mineure. Les communes sontconsidérées comme des mineurs. Qui par fraude ont ravi les terres d'un mineur, Régnier, Sat. XII. L'n tuteur ne pourrait demeurer avec la mère de ses mineurs, fén. Salon. Le mineur est l'individu de l'un ou de l'aulro sexe qui n'a point encore l'âge de vingt-un ans accomplis. Code Nap. art. 388.

— HlST.xi's. l<'.n lamenur[au moins] cent milliers i en ot, Ch. de Roi. ccxxxii. ||xii' s. Nous ferons amasser princes et vavassors. Chevaliers et sergenz, les grans et les menors, Sax. xxviii. || xm* s. Si vorroit [voudrait] elle [l'envie] apetissier Sa proece au moins, et s'onor Par parole faire menor, la Rose, 278. Il XIV* s. Il seruit grant profit auz dis meneurs, se nous leur voulons donner aage, du cange, aagiatus. il XV* s. Et le [le cercueil] recommandèrent à deux frères mineurs, froiss. i, i, 99. Li grant, li moyen, ly menour. Ne sont pas chascun à par soy, Mais sont conjoint en une amour, e. dp.sch. Dali. sur le temps prés. || xvi° s. Ainsi les grans dévorent les mineurs, j. marot, v, 69. Au roy du ciel en sont deus les honneurs, Non pas à moi le moindre des mineurs, m. v, (7(. Coluy qui en piooez a ruiné son frère, Ou le bien d'un mineur a converty à soy,

DU BELLAY, VI, 35, VeTSÛ.

— ÉTYM. Prov. et esp. menor ; ital. minore; du lat. minnrem ; minor au nominatif, avec l'accent sur mi, avait donné mendre, moindre (voy. moindrf;).

MINEURE (mi-neu-r'), s. f.\\l° Terme de logique. Dans un syllogisme, celle des deux prémisses qui contient le petit extrême, c'est-à-dire le sujet de la conclusioo; c'est lepeiit terme, celui qui rapporte l'espèce au genre, tandis que la majeure rapporte le genre à l'attribut, et la conclusion l'espèce à l'attribut. Tout homme est mortel (majeure) ; or Socrate est un homme (mineure) ; donc il est mortel (conclusion). La majeure en est inepte, la mineure impertinente, et la conclusion ridicule, mol. Ifar. for. 6. Il 2° Terme de la faculté de théologie. L'acto le plus court de la licence qui commençait à une heure après midi et finissait à six heures. || 3° X la mineure, loc. adv. Aux moindres voix, à la minorité (locution vieillie). Il vaudrait mieux recueillir les voi.T à la mineure, montesq. Lett.pers.80.

— ÉTYM. Mineur 2.

t MINGRELET (min-gre-lè), s. m. Homme mince et sans force. Couleur vermeille et visage replet , Taille non pas de quelque mingrelet, la font. Papef.

— HIST. XVI* s. Mingrelet, cotgrave. Mingrelot, oubiN, Dict. Pline dit que les gens gras sont de lourd esprit, mais aussi qu'ils sont plus apperts et moins simulez que les chiches faces de mingrelins, BoucHET, Serves, liv. m, p. 6 2,dansLAr.uRNE. Un père qui sera gras et replet aura quelque fois des enfans mingre», fresles et maigres, CHoritRES, Conte, f" (50.

— ETYM. Diminutif de mingre, qui paraît être une forme nasalisée de maigre.

MINIATURE (mi-ni-a-tu-r', ou, plus ordinairement, mi-gna-tu-r'), t. f. || 1° Lettre rouge, tracée au minium, et mise en tête des chapitres et des paragraphes des manu.scrit» anciens. || Plus tard, lettre ornée et peinte do toutes sortes de coulcurs.|| 2* Sorte de peinture délicate qui se fait à petits points ou à petits trait», avec des couleurs très-fines, détrompéesd'eau et de gomme,sans huile. La miniature se fait sur le vélin, sur l'ivoire. Le pèro de Saillans, peintre en miniature. Entre le» augustios acquit un grand renom, m. de mabolles, le Livre det Peintres, p. 42. D'un câtédu tableau, c'est Madame peinte en miniature, SEv. 372. Ia miniature (on prononce ordinairement miKnature) est une noria de peinture qui se fait de simples couleurs très-fines, détrempées avec de l'eau et de la gomme «an» huile, Roi.- LiN, Uiit. ane. UCuvr. X. ii. c* part. d. (44, dans

pouGENS.IIDessin fait par ce procédé ôciel I c'est

miniature! Et voilà d'un bel homme une vive peinture, mol. Sgan. se. 6. || 3° Quelque chosede joli et de petite dimension. Celte botte est une vraie miniature. Cette personne est une jolie petite miniature. L'oiseau-mouche, cette charmante miniature. Velleius Paterculus, cet écrivain si plein d'esprit, et qui est, si on peut employer cette expression, la miniature de Tacite, comme Florus est celle de Salluste, d'aliùmb. Àpolog. de Clerm. Tonn. notée. || 4° Chose de petite dimension, sans idée que cette chose soit jolie ou mignonne. Ce ruisseau est un torrent en miniature. Il a donné une description en miniature de toutes les parties du globe. Ce qui me frappe, c'est la délicatesse de cet homme qui ne veut pas qu'on soit amoureux de sa mère, et qui poignarde son ami et son bienfaiteur; les consciences de Provence sont admirables; celles de la Grêle [l'évêque de Marseille] est en miniature sur le moule de celle-ci, sEv. 22 janv. (674, C'est une belle chose que le lac de Genève; il semble que l'Océan ait voulu donner à la Suisse son portrait en miniature, BOUFFLERS, Voyage en Suisse, Lettre m.

— REM. Au xvn* siècle, on écrivait souvent mignature. C'est une mignature, corn. Suite du Ment. II, 6. Divins charmes des yeux, aimables mignalures, BAHIEH, Cabinet de Quinault,p. 48. M. de Monlespan fit présent au roi, le soir après souper, d'un livre relié d'or et plein de tableaux de mignature, qui sont toutes les villes de Hollande que le roi prit

en (672, DANGEAli, I, 87, 3( déc. (684.

— ÉTY.M. Ital. miniare, peindre en miniature; du lat. miniare, écrire, peindre en rouge, de minium (voy. ce mot).

MINIATURISTE (mi-gna-tu-ri-sf), s. m. Peintre en miniature.

— ÉTYM. Miniature.

t MINIER, 1ÈRE (mi-nié, niè-r') , adj. Qui a rapport aux mines. Les gisements miniers du Mexique.

— ÉTYM. Mine 2.

MINIÈRE (mi-niè-r"), ». f. || 1» Terre ou rocho d'où l'on tire les métaux, les minéraux, les substances combu.stibles, etc. Lorsqu'on a ouvert des minières de charbon de terre, que l'on trouve ordinairement dans l'argile à une profondeur considérable, il est arrivé quelquefois que le feu s'est mis à ces matières, bdff. Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. II, p. 34 2. Les minières d'ardoises s'annoncent ordinairement par un lit de schiste noirâtre do quelques pouces d'épaisseur, lu. Min. t. I, p. 273. Il 2° Plus particulièrement. Lieu d'où l'on extrait à ciel ouvert, c'est-à-dire en fouillant immédiatement le terrain, les mêmes substances que celles qui sont fournies par la mine. La loi de (8(0 distingue les minières des mines et des carrières; elles comprennent les minerais d'alluvion, les terres pyriteuses, alumineuses et les tourbes. Dans l'exploitation des mines et minières de la France, c'est le fer qui joue le principal rôle, Instit. Mém. sciences, t. ix, p. ()8.

— lllST. xm* s. Car tuit [tous les métaux] par diverses manières, Dedens les terrestres minières. De soufre ot de vif argent nessent, la Rose, «6324. Il XIV* s. Les quiex [les quels] espcris meslés ensemble font la vertu informative, en laquelo est la minière de l'ame, ii. de mondeville, f" 28, rcrso. Ilxvi* s. Nul nepeulfouillercn terre poury tirer minières,métaux, pierre ou piastre, sans le congé desoa seigneur, loyskl, 240. L'humeur est plus facilement évacué et chassé hors du corps, estant jà csbianlô etdesraciné de sa minière et foyer, parE, Inirod. 25.

— ÉTYM. Voy. miner; provenç. mènera, meniera; portug. mincira; lat. miniaria, mine do minium.

f MINIMA, voy. MiNiMi'M.

t MINI.mA (X) (a-mi-ni-ma), Inc.adv. Terme de droit usité seulement dans cette formule : appel à minimâ, appel que le ministère public inteijetio, quand il croit que la peine appliquée est trop faible.

— ÉTYM. Lat. a, de, minima pmna, peina trës> petite (voy. minime).

\ MIMMANT, ANTE (mi-ni-man, man-t'), adj. Qui atteint le minimum ; maximant, qui atteint la maximum. Mémoire sur la détermination des formes et des dimensions minimanlcs quant à la dépense, et moximantcs quant à la stabilité des terrassements, Acad. des se. Complet rend. t. xuz, p. oov.

— ÉTYM. Minimum.

MINIME (mi-ui-m'), adj. || 1" Très-petit. Il no s'agissait que d'un intérêt minime. Une somme minime. Il 2° Dan» le plain-chant musical, c'est le nom de la note qui vaut la moitié de la semi-brève. La minime n'est que rarement admise dans le plalnchant musical écrit avec soin, lafage, Court corn-

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plet de plain-chant, n' «86. || 8° Nom d'un ordre religieux fondé dans le iv« siècle par saiiU François en Calabre (Francesco Marlorillo, que Louis XI fit Tenir pour qu'il lui prolongeât la vie). || Se disait adjectivement d'une couleur très-sombre, semblable à celle des habiis des minimes; la couleur à laquelle on donnait ce nom est le brun marron. Le? gris bruns, minimes et tannés, Règlem. sur les manuf. août i«C9, TeirUur. en laine, art. (6. Etamincs minimes et gorges de pigeon, étamines noisettes, Tabl. annexé aux Lett. pat. du *" mars «78», Alençon.Sa. facedeTintcacochyme,Et son teint de pâle minime, scarb. Yirg. vi. || 4° S. m. Coquille du genre cône. |{ Coquille du genre fuseau. || Nom donné i plusieurs papillons du genre bombyce.

— REM. On conseille de ne pas dire plus minime, Ircs-minime, trop minime, minime étant, de luimême, un superlatif. Cependai t d'autres traitent minime comme un adjectif français et usent de plus minime, très-minime. Voltaire a dit très-minime ; mais c'est en jouant sur le mot minime, religieux et mtnt'jTie, très-petit : Le minime et très-minime Mersenne a poussé la démence.... Dict. phil. Athéisme.

— HIST. XV* s. Quel temps qu'il soit, onques je ne r«pos Nenuitnejourneheurene minime, froiss. Poésies mss. p. C5, dans laclrne. || xvi* s. Si m'a-il [l'amour] tousjours semblé n'égaler en son endroit d'un seul point la minime partie des douleurs et tourmens, qui de là preignent leur source et origine, PASOCiER, Uonophile, p. 4 69, dans lacurne. Un chantre a toujours quelques minimes en son cerveau, despeh. Contes, iv.

— ÊTYM. I.at. minimus, forme superlative du radical min, qui est dans mi'nor (voy. moindre), ifinime est un mol récent; minimus, avec l'accent sur mt, avait donné même, merme; wallon, minem, religieux minime.

t MIXIMESSES (mi-ni-mè-s'), s. f.pl. Religieuses de l'ordre de Saint-François-de-Paule.

t MINIMITfi (mi-ni-mi-té), s. f. Qualité de ce qui est minime. Je ne suis pas surpris qu'un homme qui voyait tant de monstruosités dans les détails ait combattu les fins, et leur ail substitué la loi de la minimité, bonnet, Consid. cctrps organ. Œuv. t. v, p. 377, dans pougens. L'induence peu considérable qu'exerçaient les circonstances sur son portefeuille [de la banque] et sur son encaisse, en raison de la minimité de ses affaires et de la miiiimilé des services qu'elle rendait au public, vuithy, Enquétesur la banque, 1867, p. 164.

MIM.MUM (mi-ni-mom'), s. m. || 1° Terme de mathématique. Le plus petit degré auquel une grandeur puisse être réduite. || £tat ou valeur d'une quantité variable au moment où elle cesse de décroître pour commencer à croître. || Minimum minimorum, la plus petite valeur entre toutes les valeurs minimum d'une même variable dans ses changements successifs. |) i' En général, ce qu'il y a de moindre dans une chose. 11 a été condamné au minimum de l'amende. Ainsi le gouvernement sera dans aoD minimum d'activité, i. J. souss. Contr. m, 'i.

— RKM. Les mathématiciens disent ordinairement, tu pluriel, des minima. Mais, dans le langage général, il faut dire les minimums et non les miuima.

— ÉTYM. Lat minimum, la plus petite partie

(voy. MINIME).

MINISTÈRE (mini-stë-r'), s. m. \\ !• Service manuel, métier. Deux enfants à l'autel prêtaient leur ministère, rac. Alhal. ii, 5. 11 élait d'une fort basse naissance, originaire de Tarenle, où il avait exercé les plus vils ministères, et d'où il avait été chassé pour avoir voulu livrer sa ville aux Romains, rolun, llisl. anc. Œuvres, t. viu, p. 234, dans pou- OFKS. Il î* Fonction, office. Un magistrat qui n'a rien ignoré ni rien négligé dans son ministère, nten. Lamoignon. Le ministre [Richelieu] s'appliquait aux affaires d'État, et lui laissait [à Mme d'Aip.idlon] le ministère de ses libéralités et de ses aumônes, lu. Aiguillon. Il prie, il exhorte, il catéchise, il se partage et fait lui seul tous les ministère» d« l'Eglise, iD. Panig. m, 3«5. Ce n'est pas, messieuri, que je veuille blftmer ici ces ministères honorables où la l'rov dence de Dieu l'avait élevé qui «ont les fruit» do la répuution et du mérite| ID. U Tellier. N'ai-je en vue que ce» ministères laliorieut dans Ihéritage de Jésus-Christ? mass. Confér. Vocation, «.Leur désintéressement Idavocal»] et le Tôlre sont dignes do l'illustre professiun dont le mlnislire est de défendre l'innocence opprimée, VOLT. PoUt. et Ugisl. UU. à M. Élie de Ileaunumt. Le consul m'a chargé d'un autre mini^ii rc, a*DM!i, Spartacut, m, t. \\ i« ministère de la parole, de l'éloquence.-etc. les foncUoc: ««il «xieent

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le talent de l'orateur, etc. La prière et le ministère de la parole, c'était l'unique occupation des pasteurs, MASS. Confér. Excell. du sacerd. || 3" Le ministère des autels, le saint ministère, ou, absolument, le ministère, le sacerdoce. Ils [les lévites] seront employés dans le ministère, et ils camperont autour du tabernacle, saci, Bible, Nomb. i, 60. La Providence, qui m'a honoré du saint ministère où je m'emploie par ses ordres, bolrdal. Exhort. sur l'observ. des règles, t. i, p. 221. U n'est que trop à craindre que celte sainteté ne soit que dans le ministère, sans être dans les ministres, 10. 5* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. 11, p. 480. Voyant, au travers des défauts de l'humeur et de l'esprit de ceux que Dieu souffrait dans ses ministères, l'honneur de leur vocation et la dignité de leur sacerdoce, fi-éch. Dauphine. || Le ministère quotidien, se disait, dans l'ancienne Église, de la patène avec le calice. || 4" Le ministère de la justice, les fonctions de magistrat. 11 [un magistrat ambitieux] change en une souplesse de cour le rigide et inexorable ministère de la justice, boss. le Tellier. \\ Ministère public, magistrature établie près de chaque tribunal pour y veiller au maintien de l'ordre public, et y requérir l'exécution et l'application des lois. |{ 6° Entremise de quelqu'un dans une afl.iire. Je vous offre en cela mon ministère. Vous ne me refuserez pas votre ministère pour telle chose. Voyez-vous bien quel est le ministère infâme Qu'ose exiger de nous la haine d'une femme? COBN. iiodoj. :i, 4. 11 veut frapper le coup sans notre ministère, m. Iléracl. m, a. Il [saint Grégoire] apprenait [par ses lettres] à saint Augustin [l'apôtre de l'Angleterre] à trembler parmi les miracles continuels que Dieu faisait par son ministère, boss. Hist. 1, U. C'est peu que, le front ceint d'une mitre étrangère. Ce lévite à Baal prête son ministère, ra.c. Ath. i, i. Les rois ne doivent régner qu'afin que les lois régnent par leur ministère, FÉN^L. Tél. viii. Je n'ai point refusé ce ministère affreux.... volt. Ali. v, 5. De tout Cythère Sois le courtier ; On payera bien ton ministère, bê- RANG. Ami Robin. || 6' La fonction d'un ministre ayant un département. Ci-gltle fameux Chamillard, De son roi le protonotaire ; 11 fut un héros au billard. On zéro dans le ministère, Épitaphe de Chamillard. Les hommes du monde ont souvent écrit sur la religion dans la retraite, au déclin de leur vie.... mais il est bien rare que, dans cet intervalle d« deux ministères, au milieu de toutes les vicissitudes d'une pareille attente, un homme d'État [Necker] se soit voué à un travail sans rapport immédiat avec l'aiiministration, staél, Un. sur les écrits et le caract. de .J. J. Rousseau, Litt. 3. || Le déparlemcnl d'un ministre. Le ministère des finances, des affaires étrangères. || Le temps pendant lequel la personne dont on parle a été ministre. Le grand cardinal de Richelieu achevait son glorieux ministère, et finissait tout ensemble une vie pleine de merveilles, uoss. le Tellier. || Le lieu où sont établis les bureaux d'un, ministère. Aller au ministère des finances, de la guerre. || Collectivement, le corps des ministres ayant département. D'iberville, gentilhomme canadien, qui avait fait à la baie d'Hudson, en Acadie, età Terre-Neuve des coups de maître très-hardis et non moins heureux, réveille en 4897 l'attention du ministère, raynal, llist. phil. xvi, 3.

— UIST. xvi'-s. 11 est défendu au concile de Calcédoine de recevoir un homme au ministère absolument,c'est à dire saua lui assigner un lieu auquel il exerce son office, calvin, Insiit. »7t. La verilé de Dieu est conservée en l'Eglise par le ministère de la prédication, iD. tb. 930.

— lîTYM. Piovenç. ministeri; espagn. et ital. ministerio ; du lat. ministerium, de minister, ministre. Ministcrium avait donné, dans l'ancienne langue, mesfier (voy métier).

t MINISTÉRIALISMK (mi-ni-sté-ri-a-lism'), s. m. Opinion, conduite de ceux qui, dans un gouvernement parlementaire, soutiennent systématiquement tout ministère.

— ÉTYM. Ministériel.

t MINISTÉRIAT (mi-ni-sté-ri-a) , s. m. Fonction de minislro, durée des fonctions d'un ministre. Le ministériat trouble beaucoup ceux-là (les plaisirs], et rend toujours l'autre [la gloire] oïlieuse, hktz, IV, <4i. Il Inusité, on dit aujourd'hui ministère.

— ETYM. Thitme fictif mintsteriatut ; du latin mtntsterium, ministère.

MINISTÉRIEL, F.LLE (mi-ni-sté-ri-èl, è-l'), adj. Il 1* Oui a rapport k une fonction, à un office. [Suivant Jurieu: co concile [de Nicéc] u'a pas condamné une Véritable et réelle inégalité en perfec-

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tion et en opération [dans le Fils], en sorte que celle du Fils soit vraiment et à la rigueur inférieure et ministérielle, aoss. «• avert. 47. j| Au palais, officiers ministériels, officiers publics ayant qualité pour faire certains actes authentiques, tels que les notaires, les avoués, les huissiers, les greffiers.

I Chef ministériel, terme que l'on emploie [lour distinguer le pape, en qualité de chef de l'Église, de Jésus-Christ qui est en effet le chef essentiel. ii 2° Propre aux ministères, aux départements des affaire* d'État. Les agents ministériels. Les fonctions ministérielles. Il 3° Oui est partisan du ministère ; se dit dans les gouvernements parlementaires, où un ministère est soutenu par une majorité, et combattu par une opposition. Un député ministériel. || Substantivement. Un ministériel. Les ministériels.

— Rtym. Ministère, avec l'addition de la finale ici qui signifie de la nature de, appartenant à.

MLMSTÉRIELLEMENT ( mi-ni-sté-ri-è-le-man ), adv. Dans la forme ministérielle.

— ETYM. Ministérielle, et le suffixe ment. tMINISTRAL, ALE (mi-ni-stral, stra-l'), ad).

II 1° Oui a rapport à la qualité de ministre duis l'Église protestante. J'ai vu les écrits de M. de l'.eaiival, que M. Jurieu tftche d'accabler par son autorité minislrale, boss. Déf. Var. i" dise. § 50. || 2° S. m. Ministral, partisan du ministère. La reine voudra que je lui promotte de ne pas pousser les ministraux, RETZ, m, 302. || Inusité présentement. On dit ministériel. || 3° Nom d'une magistrature de Neuchâtel, en Suisse. Le libraire Fauche.... pressentant l'obstacle que la pédanterie de vos ministraux peut mettre.... J. J. bouss. Lett. à du Peyrou, 211 nov. 4 7C4. Je n'ai point lu l'autographe de celte lettre, dépo.sée à la bibliothèque de Neuchfttel ; mais la copie en est certifiée par M. Henri Heuzely, bourgeois et élu assermenté de cette ville, et légalisée par les quatre ministraux de Neuchâtel, musset- PATHAY, Éd. de Rousseau, t. xxiii, p. 24o.

— HlST. ivi' s. Que M. l'admirai avoit disposé de la guerre par des maximes ministrales [de ministru, de pasteur], et vouloit donner les diseurs pour juge» aux faiseurs, d'aub. llist. 1, 465.

— ÉTYM. Ministre.

MINISTRE (mi-ni-str') , *. m. || 1° Celui qui est chargé d'une fonction, d'un office ; celui dont on se sert pour l'exécution de quelque chose. Voici ce (|u'elle écrit au ministre de ses charités, iioss. Anne de Gonz. Un théologien enseigné de Dieu, un prédicateur apostolique, ministre, non de la lettre, mais de l'esprit de l'Évangile, lo. Bourgoing. Quels égards n'avait-elle pas pour les prêtre» do Jésus- Christ, qu'elle considérait comme les ministres de la loi et les dispensateurs de son sang et de sa parole? kléch. Dauphine. Ces valets, autour d'eux étendus. De leur sacré repos ministres a.ssidus, BoiL. Lutr. IV. Des vengeances des rois minislre rigoureux, kkc. Atlial. 11, 6. Vous, ministre de paix, dans ces temps de colère, id. ib. 11, 5. Hé bien ' (|ue nous fait-elle annoncer de sinistre? Quel sera l'ordre affreux qu'apporte un tel minislro? id. ib. m, B. Un minislre public, établi pour les hommoi auprès de Dieu, qui prie par office, mass. Confér. lixcell. du sacerdoce. On prêtre fervent est il l'autel

10 minislre de toutes les grâces répandues sur le corps de l'Église, ID. ib. On dit que dans ce trouble on voit les Euménides.... Ministres des arrêts prononcés par le sort, Marcher autour d'Oreste, en appelant la mort, volt. Oreste, v, 8. Vous, minislre d'un dieu de paix et de douceur, id. Ohjmp. v, 3. || Fig. Nous gémissons quand on lie nos mains, et nous portons sans peine ces fers invisibles dans lesquels nos cœurs sont enchaînés ; nous crions qu'on nous violente quand on enchaîne les ministres, les membres qui exécutent, et nous ne soupirons pas quand on captive la maîtresse même, la raison et la volonté qui commanda, boss. Sermons, Ambition, t. Minislre industrieux des lois de la nalure, (le jardinier] Êmonde les rameaux de la séveairamés, volt. Loi naturelle, 4. || Poétiquement. Le ministre de la mort, quiconque est chargé de la donner, et parfois le bourreau. Ministres de la mort, suspendez la vengeance, VOLT. Tancr. m, 8. |{ Fig. Les ministres du la mort, ce qui cause la mort. Essuyant les dangers Des pirates, des vents, du calme et des rochers. Ministres de la mort, la font. fut/, vu, ti.Ua langueurs, les tourments, ministres de la mort. T'avaient déclaré la guerre, volt. Lett. roi de Pr. déc. I7b».

11 a« Les ministresdu Seigneur, les ministres saints, les ministres de Jésus-Christ, de l'Évangile, de la religion, de la parole de Dieu, les ministres des autels, les prêtres. Quoique péclicur, je no laisse pas d'être I» — ::iistre légitime de la parole de Dieu,

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BornnAL. Vim. de la Sexagés. Dominic. t. i, p. 3(9. Suffira-t-il contre eux [les soldats d'Athalie] de vos ministres saints? hac. Athal. i, 2. ô vous! sur ces enfants si chers, si précieux, Ministres du Seigneur, ayez toujours les yeux, m. ib. ii, 7. La parole dont j'ai l'honneur d'être le ministre, mass. Pel. carême, Drapeaux. S'il est justice que les ministres de l'autel vivent de l'aulel. il est naturel qu'ils soient entretenus par la société, tout comme les magistrats et les soldats le sont, volt. Dict. phil. Droit canonique. \\ 3" Chez les luthériens et les calvinistes, ministre du saint Évangile, ministre de la parole de Dieu, ou, simplement, ministre, celui qui fait le prêche. |{ Ouvrir la bouche comme un ministre qui dit son premier sermon, i 4°Se dit, chez les jésuites, d'un dignitiire qui commande en l'absence du général. || Ministre général, titre que porte le supérieur général des cordeliers. || Grand ministre, général de i'ordrede la Trinité. || 5° Homme p'iblic chargé des principales fonctions du gouvernement. Ile oternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres, boss. Uar.-Thér. De tous les ministres, le cardinal Mazarin, plus nécessaire et plus important, fut le seul dont le crédit se soutint, in. le TcHter. Quand l'éloignement de ce granil miristre [ Mazarin ] eut attiré celui de ses confidents, supérieur par cet endroit au ministre même, dont il admirait d'ailleurs les profonds conseils, nous l'avons vu retiré dans sa maison... ID. ib. Arcade eut l'Orient, et Honorius l'Occident; tous deux gouvernés par leui-s ministres, ils firent servir leur puissance à des intérêts particuliers, m. Hist. I, H. Que d'amis, que de parents naissent en une nuit au nouveau ministre I LA BRLY. vm. Donnez-moi des Davids et des Pharaons, amis du peuple de Dieu, et ils pourront avoir des Nathans et des Josephs pour leurs ministres, MASS. Carême, Sur la communion. De ces trois ministres, le duc de Buckingham passait pour être le moins ministre, il brillait comme un favori et un grand seigneur, volt. Mœurs, ^^B. Les ministres, qui seront toujours les hommes du prince, tant que la nation n'influera pas dans le gouvernement, ont tous vendu leurs concitoyens à leur maître, baynal^ llist. phil. xix, 2. Encore une étoile qui file?... Mon enfant, quel éclair sinistre! C'était l'aslre d'un favori Qui se croyait un grand ministre Quand de nos maux il avait ri, bérang. Étoiles. Il Premier ministre, ministre qui est chargé par le pnnce de tout le gouvernement de l'État, LouisXllI, faible, malade, nullement instruit, incapable de travail, ne pouvant se passer de premier ministre, fut obligé de choisir entre sa mère el le cardinal, VOLT. IlisC. pari. ch. L. || Ministres d'État, ministres sans portefeuille, ministres qui n'ont pas de déj artement, et qui ne sont appelés que pour le conseil, ou, comme dans le second empire français, pour soutenir devant les chambres les projets du gouvernement. Que dites-vous de M. de Seignelay, ministre d'Êiat à trente-six ans? sÉv. 687. |; 6' Envoyé d'un gouvernement auprès d'un gouvernement étranger. Les sages ministres des cours étrangères, qui le trouvent [Louis XIV] au?si convaincant dans ses discours que redoutable par ses armes, Boss. ilar. Tliér. Pensez-vous abaisser les rois dans leurs ministres? VOLT. Brutiu, V, 2. Il Ministre plénipotentiaire, celui qui a un plein pouvoir pour traiter quelque alTaire imporlanlo. || Ministre public, personne enioyée parv.n souverain pour le représe.iter prés d'il n nation étrangère. || 7" Gros-bec d'Amérique. Il 8* Ministre au féminin. Si la justice est la reino des vertus morales, elle ne doit pas paraître seide ; aussi la verrez-vous dans son trône servie et environnée de trois excellentes vertus, que nous pouvons appeler ses principale ministres, la constance, la prudence et la bonté, hoss. Sermons, Justice, priambule. Dois-je prendre pour juge une troupe insolente. D'un (1er usurpateur ministre Tiolente?BAC. Théb. )i, i. c'est moi [KoTann] qui, du sien (amour! ministre trop fidèle, Semble, depuis six mois, ne veiller que pour elle, m. linj. iv, 4. n On a condamné celte locution; mais elle parait tout à fait admissible.

— illST. xiii* s. La mote amo [la mienne âme], qui vers toi s'humilie, garde do la bouche d'enfer et des enfemaus minislrfs, Psa'itier, t. 29. Ainsi ont no ministre [chefs d'ordres monastiques] cest ordre devisé [ordonné], B/Tfe, XLv. Prions pour trestous les ministres Oui ontcnegli.sebaillie gouvernement], Arch. dfimù». ïcienj. »• sérin,t. m, p. 2»!).||xjv's. Il avoientoy que les pa.stcurs ministres du forfct estoicnt prins, BtRCHEUHK,' I* 2i, recto. Nous voulons qu« vous et touz noz autres officiaux et menUlres...

riCT. DE LA LAKGUE KRAKÇAtSE.

Ord. des rois de Fr. t. i, p. 547. 1| xvs. Geste maistresse estoit vieille dame, si sçavoit assez de charmes et d'enchantemens; et, quant elle voit sa ministre [sa pupille] ainsi plaindre, si luy demande qu'elle a, Lancelol du lac, t. ii, f" 30, dans lacuRNE. Le manger fut aorné par les ministres jservileurs], Perceforest, t. v, f" 70. || xvi* s. [La nuit] Des amours et des jeux ia ministre fidelle, desportes, amours d'Wi'ppo't/fe, i.xxi. Que ne suis-je l'oiseau ministre de l'orage Qui tient l'œil au soleil sans fléchir nullement ? id. ib. xvii. Qu'il les face les ministres de ses convoitises, les exécuteurs de ses vengeances, la boëtie. Servitude volontaire. Les ministres [protestants] preschoient publiquement que, s'ils [les paysans] se mettoient de leur religion, ils ne payeroient aucun devoir aux gentilshommes, ny au roy aucunes tailles, que ce qui luy seroit ordonné par eux, montluc, Mém. v.

— ÉTYil. l.at. minister; le mot est de même radical que l'osque minstreis, génitif correspondant à minoris ; et, par conséquent, il est fait par rapport à minus comme mai/ister est fait par rapport à magis (voy. maître, pour la finale ister).

MINIUM (mi-ni-om'), s. m || 1° Nom vulgaire du deutoxyde de plomb, qui est rouge. Lo minium ou rouge de brique n'est qu'un oxyde de plomb, Simonin, Monit. univ. 7 août <8G7, p. 1083, 3» col. || Minium natif, le plotr.bcarbonaté, terreux et rougeûtre des minéralogistes. || 2° Par extension, nom d'une couleur à l'huile faite avec le minium, et qui sert à donner une première couche au fer pour le préserver de la rouille.

— HIST. XV' s. Tains ardans plus vermaus que mine, fboiss. Poésies mss. p. 400, dans laci.rne. Il XVI* s. Quant au vif argent artificiel, il s'en fait de minion, paré, xxiii, 27.

— f.TYM. Provenç. mini; esp. et ital. minio; du lat. minium, minium et vermillon.

f MINJAS (min-ja), s. m. Espèce de pourpre, appartenant au genre tonne.

t MINNESINGER (mi-nne-sin-ghèr), t. m. Nom donné à des poètes allemands qui florissaient du xii* au xiv siècle, et qui imitaient particulièrement les trouvères français et les troubadours provençaux.

— ÉTYM. AUem. Minnc, amou.-, et Singer, chanteur : chanteur d'amour.

MINOIS (mi-noî ; l's se lio : un m i-noi-z agréable) , s. m. Il 1° Visai;e, mine, avec un sens de plaisanterie ou de dénigrement. Ils ne lui eussent pas Prêté sur son minois quatre doubles ducats, bécnier, Sat. viu. Lors un bon homme de village Y voulut fourrer son minois, Convoidu cardinal de Richelieu en Sorbonne. Cedoucet est un chat, Qui, sous son minois hypocrite... lafont. Fabi.vi, 5. Les gens de mon minois ne sont point accusés D'être, grâces à Dieu, ni fourbes, ni rusés mol. le Dép. l, l.Sous ce minois qui lui ressemble. Chassons de ce lieu ce causeur, m. Amph. i, 2. Madame, voyant la fille [d'Heemskerke] approcher son minois, se recula très-lirusquement, st-simon, 53, )3o. C'est un de ces minois que l'on a vus partout Et dont on

ne dit rien ghesset, Méchant, ii, 7. ||2° Vi.sage

d'une jeune personne plus jolie que belle. Ces

jeux Font briller leurs étincollcs Sur le plus

friand minois Qui soit aux murs de Bruxelles, volt. Lett. du roi de Prusse, 2 sept. (742. Jadis ton maître a fait maintes folies Pour des minois moins friands que le tien, hérano. Célib. \\ Par extension, une jolie fille. J'ai eu un petit minois qui ne m'a pas mal coûté de folies, mabivaux, Marianne, i'*part.

— lllST.xv's. Geste garsel te criera. Se cuide je, mais toutcsfoisLa prendray : elle a beau minois, Lavengance nostre Seigneur Jesucristyilaina franc. Michel, argot. || xvi's. Vous pourtozleminoys nonmyed'ung achapteur do moutons, mais bien d'ung coupeurde bour.scs, BAB. Pant. iv, 6. Si le minois du mcdicin chagrin... contriste le malade, id. ib. iv, Épitre.

— ÊTYM. Dérivé do mine i.

HINON (mi-non), s. m. Nom que l'on donne quelquefois aux chats. || Proverbe. Il entend bien chat sans qu'on dise miiion, c'est-à-dire il entend à demi-motet sans qu'on CKpli'jue nettement la chose.

— HIST. XV* s. Ce compère qui cntcndoit bien chat sans dire minon,CHOLmHHS, Contes, aprés-dtnée s. iJ! roy faict contenance do vouloir convoquer ses trois eslatt dedans Orléans; ceux qui ont plus de sentiment, jugent que c'est pour y attraper les minons; car, soudain qu'il est entré dans la ville, il a mis garde aux portes, pasquieb, Ult. t. i, p. *86.

— ETYM. Voy. minut; wallon, minou.

\ MINORAT (mino-ra), t. m. Titre, fonction do celui qui e.st entré dans les ordres mineurs.

— ETYM. Mineur

MINOR.iTlF (mi-no-ra-tif), adj. Terme de médecine et de pharmacie. Qui purge doucement. Il Substantivement. Médicament minoratif. Nous leurdevons [aux Arabes] de nouveaux remèdes,qu'on nomme les minoratifs, plus doux et plus salutaires que ceux qui étaient auparavant en usage dans l'école d'Hijipocrate et de Galien, volt. Mœurs, 6.

— HIST. XVI* s. Donner un minoratif, pour tousjours Soulager la nature, la deschargeant d'une partie de son faix, pabé, xx, 28.

— Ktym. Lat. minorare, diminuer, de minor (voy. mineur). Au XIV* siècle, mjnorad'/" était de la langue usuelle, signifiant : qui diminue (ORESME, ^tft. 160).

t MINORATION (mi-no-ra-sion), s. f. Terme de médecine. Purgation douce sans colique ni trouble général, au moyen de laxatifs.

— ETYM. Voy. MINORATIF.

t MIXORÉ (mi-no-ré), s. m. Celiji qui a reçu les

ordres mineurs.

— f.TYJl. .Hineur.

t MINORIBI'S (IN) (in' mi-no-ri-hus') , loc. adv. Dans les quatre ordres mineurs. La clause où le pape, parlant de soi quand il était cardinal et évêque, dit qu'il était alors in minoribus ; ce qui est une expression qui rend la bulle nulle, pasc. Prov. XIX. Il Fig. Parmi les moindres, dans les rangs inférieurs. Tel fut Bellisle, tant qu'il demeura ii minoribus; sans se démentir en rien de ce caractère, il se déploya davantage à mesure que la fortune l'éleva, ST-SIM. 623, 219.

— HIST. XV* s. Lesquelles choses nostre sainv père eut très agréables.... que, lui estant in minoribus, il avoit lu plusieurs histoires et avoilmis peine d'en avoir de France, duclos. Preuves de l'hist. de Louis XI, p. 3U, dans lacurne.

— ÉTYM. Lat. in, dans, parmi, et minoribus, les moindres (voy. mineur).

MINORITÉ (mi-no- ri-té), *. f.\\i' État d'une personne mineure. Dieu lui avait donné cette indomptable valeur pour le salut delà France, durant la minorité d'un roi de quatre ans, boss. Louis de Bourton. Il Recevoir de minorité, dans I'ordrede Malte, admettre des chevaliers avant l'âge de ifl ans. Il Le temps pendant lequel on est mineur. || Une minorité, le temps pendant lequel un prince souverain est mineur. Déjà pour le soutien d'une minorité et d'une régence tumultueuse s'était élevé à la cour un de ces hommes [le duc d'Enghien].... flécii. le Tellier. Une minorité ruine presque toujours des conquérants, volt. Mœurs, 105. || Sorte de ruban qu'on inventa pendant la minorité de Louis XV. Il a* Le petit nombre, par opposition à majorité. Le plus grand de tous les dangers, celui de transporter à la minorité des suffrages l'inlluence que le bien général donne incontestablement à la majorité, Mirabeau, Collection, 1. 1, p. 459. || Laminorité d'une assemblée, la partie la moins nombreuse qui combat les mesures, lesf)pinions de la partie la plus nombreuse. || Être, se trouver en minorité, n'avoir avec soi sur une question que le moindre nombre des votants. Le ministère s'est trouvé en minorité sur cette question. || Être dans la minorité, se dit aussi en général pour professer uno opinion, une croyance, etc. qui n'a pas pour elle la majorité du public.

— I\EM. Minorité, au sens de moindre nombre, n'est pas dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie; c'est un mot venu d'Angleterre avec les débals parlementaires.

— ETYM. Provenç. menoretal; espagn. minoridad; ital. mi'non'ld; du lat. minoritalem, de minor

(voy. MINEUR •-').

t MINOS (mi-nOs'),». m. Nom d'un roi mythologique de la Crète, qui, vu sa justice, fut ilésignô pour être l'un des trois juges des enfers. Mmos juge aux enfers tous les piles humains, rac. Phèdre, iv, « Il Fig. Un Minos, un roi juste.

t. MINOT (mi-no), t. m. jj 1* Ancienne mesur : de cniiarité qui contenait la moitié d'une mine, équivalant à 3» litres, 3fl. jjX niinot grêlant, voy. onêLANT. Il Farine do minot, celle qui, pour passer les mers, est enfermée dans de» barils. || 8° Ce qui est contenu dans un minot. In minot de sel. || Proverbe. Nous ne mangerons pas un minot do sel ensemble, c'est-à-dire nous ne serons pas longtemps unis. Je dis, monsieur, que je n'aime point une telle réponse, et <pie nous ne mangerons pas un minot de sel ensemble, HAUTEROciiK, Cocher supposé , se. 4.

— HIST. xiM* s. Et doit avoir cil cul la mesure est, pour la mesure, soit mine, soit minot, quatre deniers pour l'ajouster [ajuster] el pour le seignier [marquer], Liv. desnu!t. 22. || xv* s. Si nous faut engager tous nos joyaux, «t si tous avez quelque mi-

MIN

not d'irgent à pari , il le faut mettre avant, car lo CAS le requiert, louis xi, Smiv. uxviii. || xvi' s. La Pierriere, qui y commandait 50 hommes si diligens à leur» courses, qu'ils avoient osté tout le traffic du minot, d'aub. Ilitl. Il, *^*■

— ETYM. Mine 3.

f t. HINOT (mi-no), *. m. Terme de marine. Pièce le bois parfois recourbée en dessous de chaque côté de la proue du navire, qui se porte en avant du bossoir et est moins forte ; elle est destinée à recevoir, vers son extrémité, une poulie dans laquelle passe Vamuredelavoile de misaine. || On dit aussi minois.

— ETYM. Bas-bret. min, bec, cap, d'après Jal.

f MINOTAUBE (mi-no-to-r'), I. m. || 1° Terme de la mythologie. Monstre fabuleux, moitié homme, moitié taureau, habitant le labyrinthe de Crète et tué par Thésée. Et la Crète fumant du sang du MinoUure, rac. Phèdre, i,*.\\ Fig. Calamité. [Les fausses opinions philosophiques].... capables de précipiter un homme dans un labyrinthe inextricable, duquel il ne pourra jamais remporter d'autre gloire que d'avoir servi devictimeà un Minotaure, naudé, Hosecroix, il, t.[\i° Kig- Homme méchant et redoutable. Grâce à l'Ariane Suzon, je tiens le fil du labyrinthe, et le Minotaure est cerné, beaumabch. Jf^re coupable, ii, 7. || 8° Figure qui éuit placée sur certaines enseignes des armées romaines. Ils [les vexillaires] tenaient levés les signes mihtaires des cohortes, l'aigle, le dragon, le loup, le Minotaure, CHATEAUBR. Mart. VI. Il 4° Terme d'astronomie. Un des noms du Sagittaire et du Centaure.

— ETYM. MivÔTaupo?, de Mivto;, Uinos, et laûpo; : le taureau de Minos.

t MINOTERIE (mi-no-te-rie), t. f. Établissement dans lequel on prépare les farines destinées au commerce extérieur. || Commerce du minotier.

— ETYM. Jftnol i.

f MINOTIER (mi-no-tié), *. m. Celui qui possàde, qui fait valoir une minoterie.

t MINUART (mi-nu-ar), s. m. et MINCARTIE (mi-nu-ar-tie), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes d'Espagne de la famille des paronychiées.

MINUIT (mi-nui ; le ( ne se prononce et ne se lie jamais), t. m. || 1° Le milieu de la nuit. Minuit sonnant. Minuit sonné. Minuit et demi. Ondonnadivers ordres, et sur le minuit l'armée se mit en marche, ST-sm. 22, 2B8. L'esprit de minuit passe, et, répandant l'effroi. Douze foisse balance au battant d u beffroi , 7. HDGO, Bail. <i. Il Messe de minuit, messe que l'on dit à minuit le jour de Noël, en commémoration de la naissance de Jésus-Christ. J'ai été à la messe de minuit aui Bleues où il faisait chaud, sÉv. 393. || Les enfants de la messe de , minuit, les libertins. Il %' Terme d'astronomie. Fipoque à laquelle le soleil passe par la partie inférieure du méridien de chaque lieu de la terre. || Minuit n'a pas de pluriel.

— REM. Minuit est resté féminin jusque dans le XVI' siècle, comme cela devait être; puis, par un caprice qui pesa plus sur l'idée de mi que sur celle de nuit, il est devenu masculin. Dans le XVII' siècle , Chifflet, Gramm. p. 247, permettait de dire la minuit ou le minuit.

— HIST. XII' s. i mie nuit ala al rei Henri parler, Th. le mart. tto. \\ xiii' s. Et une nuit, endroit mienuit, il mislrent le feu en ces nés [navires], viLLEH. xcv. Devant la luienuit li temps un peu s'escure, Berte, xui. || xvi' s. Environ la minuict, RAB. Garg. i, h . Nagueres en plein mi-nuit, Alors que lune reluit, r. belleau, t. ii, p. 6, dans i.acuRNB. Une autre.... Se coule à la mi-nuici au lict des Escossois, d'aub. Tragiques, Princet.

— ETYM. Jft (voy. m), et nuit; wallon, miie-nute; bourg, mainneu; Berry et norm.inénuit, meinnuit.

MINUSCULE (mi-nu-sku-l'), adj. Se dit des petites lettres par opposition aux majuscules. || 5. f. Une minuscule. Il Dans l'imprimerie on dit plutôt lettres bas de casse.

— ÊTYM. Lat. minutculus, diminutif du radical ■lin, qui est dans minor, mineur 2.

t MINUS-IIABENS (mi-nu-za-biiu'), (. m. Locution latine qui se dit quelquefois poursignifier un homme de capacité très-médiocre. Ccst un minus-habens.

— ETYM. Lat. minta, moins, et )uibere, avoir (loiu-entcndu sens, intelligence).

t lllNirrAIKE (minu-lê-r'),ad/. Qui a le caractère d'une minute, d'un original. Acte minutaire.

— ^^^^ Hinute ».

4. HINOTB (mi-nu-t*), i. ^. || !• La soixantième partie d'une heure. Une demi-minute. La minute contient soixante secondes. || Compter les minutes, être dais une attente qui fait trouver le temps long! Sitôt que quelqu'un arrivait... je lOfUi» en murmurant. . j'allais compter le* minutes dans

MIN

^on antichambre [de Mme de WareniJ, ». J. Bonss. Con^. III . Il 2° Par extension, un très-court espace de temps. Je ne serai absent qu'une minute. Ouand j'en suis séparée une seule minute , tristan , PanlWe,!!, 2. Et moi, pour te louer. Dieu des soleils, qui suis-jel Atome dans l'immensité. Minute dans l'éternité, LAMART.fform. 1,2. || Familièrement. C'est un homme à la minute, il est à la minute, c'est-à-dire il est d'une grande exactitude. || Dans la minute, à l'instant même. Je suis à vous dans la minute. || Côtelettes à la minute, côtelettes grillées promptement et servies sur-le-champ. || 3° Terme d'astronomie et de géographie. La soixantième parlie de chaque degré d'un cercle. M. Picard y traça [à Uranibourg] la méridienne du lieu, et fut fort étonné de la trouver différente de dix-huit minutes de celle que Tycho avait déterminée et qu'il ne devait pas avoir déterminée négligemment, puisqu'il s'agissait d'un terme fixe où se rapportaient toutes ses observations, fonten. Cliaselles. \\ Dans le système centigrade, minute s'est dit de la uic partie d'un degré et d'une heure. On dit en ce sens ".minute centésimale. Il 4° Terme de marine. Sablier qui est réglé sur la durée d'une minute de temps. || Demiminute , sablier qui passe en trente secondes. Il 5" Terme d'architecture. La <2', la *»' ou la 30" partie du module. || 6° Terme de peinture. Subdivision de la tête humaine, d'après laquelle on règle les proportions d'une figure. C'est à peu près la 4 8' partie de la tête.

— HIST. xiii* s. Lijors a quatre quadrans, li quadrans six eures, li eure quatre poiiis, les poins dix momens, li momens douze onces ; une once quarante sept minuces qui sont si petites qu'on ne les puet deviser, Comput, f° 2. || xv s. Sçavoir les heures, les temps, les minutes elles momens pour sçavoir le rximmencement des jours et des nuis, e. des- CH. Art de dictier, p. 263. || xvrs. En une minute de temps, CALV. Instit. h 9. Xquoy ils ne faillirent d'une seule minute d'horloge, nESPER. Contes, cxxviii. Si la plus longue vie est moins qu'une journée, Une heure, une minute envers l'éternité, desportes, Œuv. chrestiennes, Sonnets, a.

— ETYM. Lat. minuta, chose menue (voy. menu). Ifi'nKcedans l'exemple du xiii' siècle vient de minutia.

2. MINUTE (mi-nu-f), i. f. \\ 1' Petit caractère dont on se sert pour écrire les actes originaux et publics. Écrire en minute. Il 2° Brouil'on, original de ce qu'on écrit. L'on n'a jamais dit la minute d'un chiffre [de correspondance] et l'on ne sait ce que c'est, Lett. etc. de Colbert, m, 2, p. 449. M. l'abbé Bignon a laissé parmi ses papiers un grand nombre de lettres de savants, et les minutes de ses réponses, MAiRAN, Eloge de labbé Bignon. ||3° Original des actes notariés, signé des noms des parlies et de ceux des notaires, et qui demeure chez les notaires. Il Jugements qui s'expédient dans les greffes, signés des parties ou des juges, et qui demeurent au greffe. || Terme de chancellerie romaine. Préfet des minutes, officier chargé de dresser les minutes des décrets du préfet de la signature de justice. || 4* Dans l'art 'de lever les plans, le dessin qu'on a tracé géométriquement et à vue sur le terrain même dont il est la représentation.

— HIST. XVI" s. Us furent surpris de nuit en ung logis, transcrivant encore leursmynutcs, cahl. vi, 7.

— ÊTYM. Lat. minuta scriptura, écriture menue, cette sorte de pièce s'écrivant en petits caractères.

MINUTÉ, ÉE (mi-nu-té, tée) , part, passé de minuter. On trouva le projet minuté de sa main.

MINUTER (rai-nu-té), v. a.\\ i° Écrire très-fin. Il 2° Faire la minute d'un écrit. Il ne fut plus question que de dresser la déclaration que le premier président avait déjà minutée, st-sim. ïo, 236. Les lettres les plus importantes furent souvent minutées de sa main [Louis XIV], volt. Louis XIV, 29. U éuit [Sénèque] l'orateur du prince; il dressait les édits, minutait les lettres circulaires, didekot, Claude et Nér. I, 42. Il 8° Fig. et familièrement. Projeter quelque chose pour l'accomplir bientôt. Avec un froid adieu je minute ma fuite, régnieb, Sat. x. Comme il minutait secrètement cette entreprise, il eut avis que.... vauoei.. Q. C. 565. Je le remerciais doucement de la tête. Minutant à tous coups quelque retraite honnête, mol. les Fdch. i, t. Ce nom [d'Auvergne] était friand pour des gens qui minutaient de changer leur nom de la Tour en celui d'Auvergne, st-sim. 24, 27. || On l'a dit avec un infinitif s.-ins la préposition de. Minutant me sauver de cette tyrannie, béonier, Sat. viii.

— HIST. xiv s. La quelle relacion le dit sergent le jour de l'exécution minua en une feulle de papier, Qi icelle minuée... nu canoë, niinuare. lixvi' s.

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