‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 185 sur 389 · MOULAGE (mou-la-j'), ». m. Il !• Action de · texte numérisé non relu

MOULAGE (mou-la-j'), ». m. Il !• Action de

jeter en moule, de faire au moule, de fondre, de

couler. Atelier de moulage. || 8° Action de mouler du

"lOis, c'est-à-dire de le mesurer à la mesure qu'on

ppclait moule. || Droit dû au mouleur de bois.

Vieux en ces deux sens. || 3* Se dit, chez les artificiers, des rouleaux destinés aux cartouches. Moulage n" t , n- 2, etc. || 4* Façon que le potier donne à la terre glaise.

— ÉTYM. Mouler.

t 2. SIOULAOE (mou-la-j'), ». m. || !• Action de moudre. Je ne puis pas comprendre que ce moulin, qui est à une grande demi-lieue de La Ffire, n'ait pas l'eau nécessaire pour son moulage. Lettres de Cnlberl, v, 173. || Mécanisme qui, dans un moulin, fait tourner le» meules. || 2" Terme de droit coulumier. Droit que les vassaux payaient au seigneur pour faire moudre leur grain au moulin banal. Il Portion de farine prélevée par le meunier.

— HIST. XIV* s. Le »iiilt du moulin, l'estancliement qui porte le moulage, l'arche du moulin... BotjrEiLLKH, .Somme rural, titre 74, p. 43i, dans

LACUFiNE.

— CTYM. Moudre, par les formes où H ««substitue M d.

t MOULANT (mou-lan), ». m. Moulant d'eau, ou, Umplemciit, moulant, le volume d'eau nécei^sairc pour faire tourner un moulin i blé do la grandeur et de la chute la plus ordinaire, d<'p<>tisanl d-ins l„j ■■■■••• ■ iiatre lieurfs environ 30ciO loises cube», '1 Hussi quelquefois par les dinieniions dos

[ i ,11 donnent passage i l'eau. ... Autorise les

procureurs du pays à vendre aux différentes communautés riveraines les moulants d'eau dont elles turoQt besoin, Xrr<( du eonteild'ltuudu a avril t771.

dans copPBAr, De la compagnie des Alpines, etc. p. 2. Le calibre du moulant est 7 pieds î/4 d'eau cubes, qui passera par un orilice ([uelconque dans l'espace d'une stconde, Actenolariéduio janv.nsii, dans coppKAU, ih. p. 7.

— ÉTYM. Mmilant, part, présent de moudre.

t .MOULAKD (mou-lard), ». m. ou MOULAUDE (mou-lar-d'), s. f. Terre produite sur une meule par le frottement du fer, synonyme de moulée. Terre de moulard, le baril payera 3 sols. Tarif, 18 sept. (664.

— ÉTYM. Meule de moulin.

<. MOULB (mou-1'), ». m. j] 1° Matière creus.e de manière à donner une forme précise à la ciio, au métal, etc. qu'on y verse liquide. Jeter en moule. Cela est fait au moule. L'n moule à faire des balles de plomb, ou, simplement' un moule à balles. On admire avec raison la beauté et l'artifice d'un moule où, la matière étant jetée, il s'en forme un visage fait au naturel ou quelque autre figure régulière, Boss. Conr^, iv, a. Vitruve parle d'une espèce de pierres qui se trouvaient aux environs du lac de Volsène et en d'autres endroits d'Italie, lesquelles résistaient à la violence du feu et dont l'on faisait des moules pour jeter diverses sortes d'ouvrages, rollin, llist. anc. t. xi, p. 77, dans pouGENS. || Par extension. Le corps d'un animal est une espèce de moule intérieur, dans lequel la matière qui sert à son accroissement se modèle et s'assimile au total, buff. llisl. anim. ch. 3, Œuv. t. 111, p. co. Il Fig. Quand une époque est finie, le moule est brisé, et il sullit à la Providence qu'il ne se puisse refaire ; mais des débris restés à terre, il en est quelquefois de beaux à contempler, A. CARRFL, Œuvres, t. V, p. (27. Il Fig. Cela ne se jette pas au moule, se dit d'un ouvrage qui ne peut se faire qu'avec soin et temps. i| Le moule en est rompu, en est perdu, se dit d'une chose rare, d'un homme excellent, qu'on craint de ne pas retrouver. Le moule est-il cassé de ceux qui aimaient la vertu pouf elle-même, un Confucius, un Pythagore, un Thaïes, un Socrateî volt. Vict. phil. Socrale. Si la nature a bien fait de briser le moule danslequel elle m'a jeté, 1. 1. rouss. Conf. 1. 1| Le moule n'en est pas rompu, se dit d'une chose di.nt on ne devrait pas trop regretter la perte. ||0n dit d'une personne belle et bien faite, qu'elle est faite au moult;. Taille, jambes, etc. faites au moule. || Jetés dans le même moule, se dit de personnes ou de choses qui sont semblables. Notre enfant [le jeune marquis de Grignan] fut transporté.... de voir celle belle comp;ignie à cheval.... ces chevaux jetés dans le même moule, sÉv. 6U2. Je suis d'accord de ce que vous dites de la Princesse de Clèvei ; voire critique et la mienne étaient jetées dans le même moule, id. 9 août (6711. Tous les esprits semblent avoir été jetés dans un même moule, l. i. houss. Science. Il 2" Fig. Modèle. Formons nos ouvrages Aux moules si parfaits de ces gratuls personnages, rP.gnier, Sal. IX. M. de Grignan aurait été amoureux de cette lemme; elle est sur le moule do celle qu'il a vue à F^aris, sÉv. 434. Jamais il n'y en aura sur ce moulelà [il s'agit de Mme de la Vallière], id. 453. Les sensations qu'il aura prises par le toucher seront, pour ainsi dire, le moule de toutes ses idées, siuer. Lril. sur les aveug. Sa morale [du christianisme] offre des formes nobles à l'artisti;, et des moules parfaits à l'écrivain, CHATEAUH. Génie, i, l, t. || 3" Par plaisanterie. Le moule du pourpoint, le corps. De plus huppés que vous.... Y lai.ssenl bien souvent le muule du pourpoint, uu ci.rueau, Incoinmod. de la grandeur, i, 1. 1| Moule de gant, la main, un coup lie la main. Si je lui déchargeais un bun muule de gant, KoiRSAULT, Lis deux Nicand. li, ». || 4* Terme de géologie. Moule externe, le moule qu'a laissé dans une pierre un corps fossile qui a disparu après son enfouissement. || Moule interne, rcinpreinie iniéricure d'un corps fossile, par exemple d'une coquille. Il 6° Vaw d.uis leijuel on met le lait caillé destiné à être transformé en fromage. || Moules des six, des huit, etc. te dit des moules qui, pour une certaine masse de matière, servent à fabriquer six, huit, etc. chandelles ou Uiugies. || t* iDstrumcnl dans lequel on donne une forme déterminée i certaines substances qui ne sont pus liquides. Uoulo à faire des molles. Mouli'i^rairo dis II! scuits de Savoie. || 7* Moule do bouton, petit morceau de bois ou d'os, plat, rond et pera; au centre, qu'on recouvre d'étoffe |ioiir en faire uo boulon d'habit. PateiiAlres de bois, moule de boulons.... el autres ouvrages de bois. Tarif, m sept. i«84 II Moule de bouton, petit agaric des environs de Pans. || Moule perfoir, outil qui sert à percer les moules de boutons. || t* Bout de fil d* laiton sur

lequel on fait la tête de l'épingle. || 9' Moule de filet, morceau de bois de la grosseur et de la ligure dont on veut les mailles d'un filet de chas.se ou de pêche. || 10° Terme de tailleur de pierre. Moule, forme de bois ou do métal, suivant laquelle il trace, sur les pierres, les profils des corniches et autres pièces d'architecture, pour les tailler. || U" Ancienne mesure de bois à briller, faite de deux traverses entre lesquelles on rangeait les bûches. Il Bois de moule, ou moulée, se dit de bois à brûler de moyenne grosseur el d'une longueur déterminf-e. Le bois qu'emportent les trains descendants de l'Yonne et de la Seine est du bois de moule. Il 12" Planche de bols où sont gravés les modèles de* cartes i jouer. || 13° Mandrin pour faire des cartouches. I) Morceau de bois, de linge ou de carton servant d'âmo à un s-'land de tapisserie. || 14" Certain nombre de feuilles de vélin ou de parchemin entre lesquelles on met les feuilles d'or et d'argent.

— HIST. xil* s. E volt pur ço U reis que ses humes fussent od [avec] les charpentiers le roy Vram, pur duner les modies e les mesures del mairein que cil abatirent. Rois, p. 2U. || .xiri- s. Li seliers apule chose emprainte ou ompastée, quant aucuns fet euvre par molles, de quelque molle que ce soit. .. Livre des met. 20'J. || xiv» s. Nous voulons [engins de pèche) estre faiz à notre mok^ c'est assavuir à la largeur d'un gros tournois, chacune maille, Ordonn. des rois, t. vu, p. 779. 1| xv* s. Lo bourreau lequel luy osta le moule do son chaperon, c'est à sçavoir la teste, cl puis fut escarlolé, iionstrf.lkt, t. m, f» 61, dans LACunNE. Et à ceste cause ne vint point de bois à Paris par la rivière de Seine, et fut bien chier comme de sept à huict sols pour le moule, 1. DIS TROVES, 1 180. Il XVI* g. Les grasses busches et bois do fente et de moule, o. de skrhes, s<'8. Decrctales avons prou vcu en velin, et imprimées en moulle, BAB. Pant. IV, 49. Toutes fuient servyes de grosses chandelles de moulle, id. Panl. v, 33. Ces deux personnages cy monstrent tout un mesme traict, un uicsme moule, un mesme tainct et mesme couleur emprainte en leurs meurs, amïot, Phoc. 6. Ceux qui esloient à sa suite [du prince d'Aumale] Ne s'y endormirent point, Sauvants par heureuse fuitte Le moule de leur pourpoinct, Sat. Mér^ipp^e. les Tapisseries.

— ÊTY.M, Provenç. molle; espagn. et portug. molde; angl. mould; du latin modulus, module, diminutif de modus, manière, mode, comme l'indique l'ancienne forme modle (voy mode).

2. MOULE (mou-l'), ». f. Mollusque bivalve, acéphale, lamellibranche, dont l'espèce marine est alimentaire. Il Moule à perles, un des noms vulgaires de l'avicule aux perles, dite aussi huître perlièro et huitre à perles.

— HIST. XIV* J. Moules soient cuites en grant feu et hastivement en tris petit d'eaus et de vin sans sel, Ménagier, u, 5

— ÉTYM. Languedocien, muscle; cala!, musclo; anglo-aax. muscel; allem. mod. Muschel; anc. haut allem. muscla; du latin musculus, moule, qui signifie aussi petite souris, de mu», rat.

MOULE, ItE (mou-lé, lée),par<.pa.«tide mouler t. Il 1* Jeté en moule. Un buste moulé. Chamlelle moulée. Il Fig. Le Saint-Esprit.... formant en nous les traits naturels et une vive image de Notrc-Seignenr Jésus-Christ, sur lequel nous devons être moulés, BOSs. 2* pam'g. Saint-François de Paule, l. || Colonne moulée, colonne faite par impastation de gravier et do cailloux de diverses couleurs, || forme de médecine. Matières moulées, excréments asso» consistants pour conserver , après l'excrétion , la forme du rectum. ||2* Lettre moulée, lettre imprimée ou qui imite l'imprimé. U [d'ilacqueville] croit que son écriture est moulée; mais vous qui parler., mandez-moi couiment vous vous en accommodez^ sty. es C'est l'iiiiprinicrie qui met le monde i mal; c'est Ul lettre moulée qui fait qu'on a.ssassine dcpiiii la création ; et Cain lisait les journaux dans le paradis terrestre, p. L. cour. Lettre ix. L'emploi do garde des manuscrits, d'habiles gens le demandaient; on le d^iniie à Gail, qui no lit pas même la lettre moulée [les imprimés] , ID. Lettre à MM. di l'Académie. || Il croit tout ce qui est moulé, se dil d'un homme simple qui délire à l'autorité de quelque livre que co suit. || U faut croire que cela est vrai, car il est moulé, c'est-à-dire imprimé. Lo moyen de contester ce qui est moulé t mol. les Am. magn. ui, 1. ||0n dit d'un érudit : il lit les hiéroglyphes, les écritures ciinéifurmcs, etc. comme lettre moulé>o. || .S', m. Le moulé, les caractères imprimés. On a ouvert et supprimé tous les paquets qui coateualent du moulé, d« quelque nature qu'il*

fussent; ainsi on a coupé les \ivres à l'ime, volt. Lelt. Cidnitle,* juin i7«3. Elle était manuscrite, et il ne fallait k M. l'avocat que rfu moulé, J.J. rouss. Conf. v.Ilsont donné leur argent ou leur parole dans l'espoir de voir leur nom moulé, baciiauhont, Uém. secreU , U xxxiv, p. 232. ||La moulée, genre d'écriture. La ronde, la moulée. US" Terme d'arcliitocture. Marches moulées, colles qui ont une moulure avec un filet au bord de leur giron. || 4° Ancien terme de draperie. Qui a une moulure. Les serges de Londres.... seront travaillées à trame moulée, et battues à quatre coups, Lelt. pat. 2t aovlt i7(8.

t MOULÉE (moulée) s. f. Poudre qui se rassemble sous la meule des taillandier^ et qui est mêlée de petites parties do fer et de pierre, synonyme de moulard ou mou larde; on s'en sert dans la teinture. Moulée pour teindre, le baril eslimésosous, Dccl. du roi, nov. leiO, tarif. Il estdéfendu à tousteinturiers d'employer de la moulée des taillandiers el éiiouleurs, limaille de fer ou du cuivre, vieil sommail fsumacj qui a servi à passer les maroquins, Jlègl. sur les manuf. août (669, teinturiers en laine, a.rl. e.

— HlST. xiv* s. Aucun ne pourra vendre draps teints en moulée pure, pour ce que c'est une teinture corrosive, mauvaise et ardente de soy, du CANGE, moleya.

— ETYM. Meule à repasser, parce que lawiouZ^e était la poudre de pierre et de fer qui tombe de ces meules.

< . MOULER (mou-lé) , t. o. Il 1* Jeter en moule, fai re au moule. Mouler une figure. Mouler desornemenu en plâtre, en terre pour les frises. On ne saurait douter que, depuis l'époque où les anciens ont commencé à fabriquer des monnaies, jusqu'au siècle de Constantin, on n'ait moulé les médailles sans les frapper, ou qu'on ne les ait moulées et ensuite frappées, saufquebiues exceptions peu nombreuses, MONGEZ, Instit. ilém. Acad. inscr. t. ix, p. 201. (Quand il s'agit de métaux, on dit plutôt fondre ou couler) . Il Par extension. La nature n'a pas craint de mouler la croix sur une multitude de ses ouvrage,^, CHATEAUER. Génie, IV, I, 2. Il Terme de sculpture. Mouler à creux perdu, couler du plâtre dans un moule, sans le soutenir par une garniture intérieure ; il se dit par opposition à mouler à bon fond. || Mettre de la terre dans le moule à potier. || Pot à mouler, vase pour verser le suif fondu dcins les moules à chandelle. Il Terme de fausse monnaie. Jeter des pièces fausses dans du sable bien préparé et mis avec des planches entre deux chAssis ou moules. Il i' Mouler un bas-relief, une statue, etc. y appliquer une matière propre à en recevoir l'empreinte en creux et à servir de moule pour les reproduire exactement. || Mouler la figure d'une personne, appliquer sur son visage des couches de plâtre pour en avoir la ressemblance ; opération qui se pratique sur les morts et même sur les vivants. || 8* Il se dii des vêtements qui expriment la forme du corps. Elle (une robe de chambre] moulait tous les plis de mon corps sans le gêner; j'étais pittores lue et beau, DiDER. Sur sa robe de chambre. L'Asiatique prétendait que les longs plis d'une tunique qui moulerait ses membres, en descendant mollement jusqu'à ses pieds, auraient infiniment plus de grâce, m. Salon de «7«7, (Eut), t. XIV, p. )»u, dans pouqens. Il 4° Chez les cartiers, appliquer la feuille sur le moule. Il 5° Terme de jardinage. Mouler des ifs, des orangers, des arbrisseaux à fleurs, les tailler en boules, en pyramides, etc. || Terme depûclie. Mouler le hareng, le presser fortement entre les doigts pour en détacher les corps étrangers et en ôter les écailles. || 6" Terme de tailleur de pierre. Mouler une pierre, y tracer des panneaux pour l'usage des tailleurs de pierre. || 7° Mouler du bois, le mesurer dans le moule; locution aujourd'hui vieillie; on dit: corder du bois. || 8* Il se fait mouler, se disait d'un homme qui faisait imprimer quelque chose de lui. || »• Fig. Former sur un cerlain modèle. Quand on a une fois l'entendement ouvert par l'habitude de réfléchir, il vaut toujours mieux trouver de soi-même les choses qu'on Irsuverail dans les livres ; c'est le vrai secret de les bien mouler à sa tête et de se les approprier, j. t. rouss. Uél. 1, (2. Elle cherchait à mouler son 4me sur la sienne, id. ib. VI, U. Il 10* Se mouler, v. réft. Être moulé. Ils (les excréments du dindon] ont a.ssei do consistance pour se mouler en sortant par l'anus, buff. Où. t. m, p. «07, dans pougens. || 11* Être appliqué exactement sur. Cet habit serrait si bien le corps et •'y moulait de façon qu'il en était Indécent, saintron. Eu. Paris, Œuvr. t. iv,p. 4 14, dans pouoens. r, U* Fig. Se conformer. Les grands rn toutes choses M lormcDt et se moulent sur de plus grandi.

MOU

LA BRtJT. XIV. Certains particuliers, qui.... se moulent sur les princes pour leur garde-robe e\ pour leur équipage, id. vu.

— HisT. xi* s. Gros a le piz [la poitrine], bêlement est mollet, Ch. de Roi. ccxxvii. || xii* s. Sur < e les dis bases furent dis vaissels posez, e d'une entailles e aune furme furent mollez, iioi's, p. 256.||xiirs. ...cil qui a le cuer dolent, Sachiés de voir fvrai], il n'a talent De doneicr [servir des dame.';], ne karoler, Ne nus [nul] ne se porroit moller. Qui duel [deuil] eQst, à joie faire; Car duel et joie sont contraire, la Rose, 336. || xiv* s. 11 [Clodomirj tourna envers ses anemis, puis se moula en armes, et s'acesma [se disposa] à combattre, nu cange, niolare 4. ||xvi's. Il défendit que l'on ne feist ny peindre ny mouler aucune image de son corps, ji's\YOT,Agésit. 2.Ilavoit son esprit moulé au patron d'aultres siècles que ceulx-cy, mont, i, 221.

— ÉTYM. Houle t.

t 2. MOULER (mou-lé), V. a. Repasser sur la meule. Mouler une faucille, la passer sur la meule pour faire paraître les dents.

— ÉTVM. Meule à repasser.

f MOLLEKIE (mou-le-rie) s. f. Dans les grosses forges, atelier où l'on jette en moule tous les ouvrages en fonte. Il faudrait s'attacher à perfectionner la moulerie'; cette opération est difficile, mais elle n'est pas impossible à quelqu'un d'intelligent, bufk. llist. nat. Introd. part. exp. Œuv. t. viii, p. t4».

— HIST. ivi* s. J'ai veu un tel mespris en la sculpture à cause de la dite moulerie, que tout le pays esteit plein de figure» moulées de terre cuite, lesquelles.... PALISSY, 308.

— ÊTYM. Mouler i.

t MODLET (mou-lè), s. m. Terme de menuiserie. Calibre de bois pour régler des épaisseurs.

— ÊTYM. Moule * .

t HOULETTE (mou-lè-f), s. m. Nom vulgaire d'une anodonte.

— F.TYM. Diminutif de moule 2.

I MOULEUR (mou-leur), s. m. || 1* Celui qui moule des ouvrages de sculpture. || Chez les briquetiers, ouvrier qui <ionne la forme à la terre. |l Mouleurs en terre, en sable, nom qu'on donnait aux fondeurs !| 8° Celui dont la charge était de visiter le bois qui se vendait au moule et de le mesurer. Et encore certain nombre d'officiers de police, comme de jurés, mouleurs, visiteurs et compteurs de bois.... Édit, juill. I6»l. Je me nomme Jacques Rondin, fils de Christophe Rondin, de son vivant mouleur de bois.... legrand, le Philanthr. se. (4.

— HIST. XIII' s. Quiconque veut estre fonderes et moleres à Paris, c'est à savoir de boucles, et de mordans, de fremaus.... estre le puet franchement, Liv. des met. 94. || ivi' s. Cephisodotus mouleur d'images, amyot, Phocion, 28.

— ETYM. Mouler 4.

I MOULlElt (mou-lié) , s. m. Celui qtii fabriqiM des moules à bouton. La communauté des boutonniers-mouliers, faiseurs de cordon à chapeau, et autres communautés, Arrêt du cons. se juill. 4738.

— ETYM. Mnule t.

t MOULiftHE (mou-liè-r'), s. f. Lieu où l'on pêche les moules. Défenses.... de dreigor dans des mouliéres, d'en racler le fond avec couteaux et autres semblables ferrements, d'arracher le frai des moules, et d'enlever celles qui ne sont pas encore en état d'être pêchées, Ordorm. août t88t.

— ETYM. Moule 2.

MOULIN (mou-lin; l'n ne se lie jamais : un moulin à vent; au pluriel, l's se lie : des mou-lin-z à vent), t. m. || 1* Machine composée de diverses picces, pour faire tourner des meules, et qui est employée pour réduire les grains enfariné. Il [le mulet] eût cru s'abaisser servant un médecin ; Étant devenu vieux, on le mit au moulin, la font. FabL. vi, 7. Déjà nouveau seigneur, il vante sa noblesse; Quoique fils de meunier, encor blanc du moulin. Il est prêt à fournir ses titres en vélin, bOiL. Ép. v.|| Moulins à bi», moulins qui fabriquent des farines bises. Il Moulins à blanc, moulins qui fabriquent des farines blanches. || Anciennement. Moulin pendu, moulin établi sur un bateau. || Moulin banal, moulin auquel un seigneur avait le ilroit d'obliger tous les batiitants do sa seigneurie à venir moudre leura grains. || Fig. Faire venir l'eau au moulin, procurer à soi, aux siens, des avant:igcs, de l'argent, de l'utilité, etc. Il Fig. 11 viendra moudre à mon moulin, il aura besoin de moi, j'aurai ma rcvaccbe. I| Fig. Jeter son bonnet par-dessus les mouim», voy. uon- NËT. Il Fig. C'est un moulin à paroles, se dit d'une personne fort babillarde. || Fig. La langue, comme instrument qui moud des paroles. Mme de Riche-

MOU

lieu me parut abattue.... les fatigues de la cour ont rabaissé son caquet; son moulin me parut en chômage, sÉv. HO. La Bury fait fort joliment tourner son moulin à paroles, id. 26 janv. 1680. || Fig. Moulin à sophismes, celui qui débite beaucoup de sophismes. Celui qui connaîtra l'esprit du stoïcisme, ne sera point étonné qu'un amalgame de philosophie et de théologie ait fait des disciples de ?énon des moulins à sophismes, dider. Claude et Nér. II, 8. Il 2° Moulin à vent, sorte de moulin qui est mû par le vent. Dans la suite [après les mortiers où l'on pilait le grain], ils [les Romains] tirent usage do meules, c'est-à-dire de moulins à bras, auxquels ils occupaient leurs esclaves, surtout pour les punir.... quant aux moulins à eau, il n'en est parlé nulle part avant le règne d'Auguste.... les moulins à vent sont une invention tout à fait moderne, i.ouciiAur), Instit. Sh'm. se. mor. et pol. t. V, p. (30. Mabillon a publié une charte de U05 par laquelle Guillaume, comte de Mortain, permet à Vital, abbé de Savigny, d'établir, dans les diocèses de Bayeux, d'Evreux et de Coutances, des moulins à eau et des moulins à vent, mongez, Instit. J/cm. hist. et litt. ane. t. ut, p. 447. |t Vêtir un moulin à vent, mettre les voiles aux volants. || Fig. Il est vêtu comme un moulin, il est habillé en toile. || Cet'.« personne, cette chose ressemble à telle autre comm» à un moulin à vent, elle ne lui ressemble pas ds tout. Il Cela lui ressemble comme à un moulin à vent, se dit d'une mauvaise comparaison. H y a une constellation dans le ciel qu'il a plu à quelques personnes de nommer Balance, et qui ressemble à une balance comme à un moulin à vent, arnauld, Logiquede Port-lioyal, i" diicours. || Fig. So battce contre des moulins à vent, se forger des chimères; locution prise du combat effectif de Don Quichotte contre des moulins à vent. Ce serait là un moulin à vent digne de leur faire tirer l'épée, sév. 4 août 4 680. Il 3" 'toute autre machine du même genre qui sert à divers usages. Moulin à foulon, à liuile, à poudre, à tabac, à sucre, à tan, à papier. Leurs moulins à scier leur sont [aux Hollandais] d'une utilité fort grande, Corresp. de Colbert, m, 2, p. 3or>. Il est dit dans cet arrêt [du 7 nov. 464iJ que S. M. acceptait les offres de Briot et de Racle, et leur ordonnait de faire porter à la monnaie au marteau leur moulin et machines pour fabriquer les nouvelles espèces, sous les poinçons et matrices du sieur Varin, conducteur des engins de la monnaie au moulin, j. caillet, l'Administration en Franc, sous Richelieu, 11, 4u9. || Moulin à café, à poivre, petit ustensile où l'on moud le café, le poivre. Il Moulin à beurre, baratte rotative. || Proverbe. On envoie les ânes au moulin.

— HIST. xii" s. As hummes saint Thomas son curuz [le roi] pardona, La surur [à la sœur de] saint Thomas merci quist e cria, E en adrescement un molin li dona. Th. le mart. 462. j| iiii- s. Lo molin à vent delès saint Antoine.... Liv. des met. 309. Il XIV* s. Et trop va foloiant Li h jns quant il se fie en femme tant ne quant; De pensées de femmes vont li molin molant, Baud. ee Seb. xui, 390. Il IV* ». Un chevalier qui porte un escu d'argen; à un fer de moulin et une bordure endenteléo ri(> gueules, FROiss. II, u, 4 8. Un molin à pasteiller, autrement dit à guedes , du canok, mo/endinuni. Il XVI* s. Par le moyen de la grande despense l'eau est venue à leur moulin, lanouk, 334. On eust crié qu'il avoit derrier le bataillon quelque barbe ou cheval viste pour jouer à la fausse compagnie, cl gaigner le moulin, d'aub. Fœn. iv, 1. Moulins portatifs, ID. Hist. I, 2-20. Vingt milliers de poudre, sans celle que les moulins faiîoient.iD. ib. 11, 37. Moulins à bras,iD.t6.ii,iBi.Uu moulina cheval, id. 16. 11,454. En moulins banaux, qui premier vient, premier engraine, loysel, 259. Il yen a eu la pluspart controuvées par les prostrés par pure avarice, pour amener la farine au moulin, calv. Instit. »>0. Pour la construction et ediflice d'un moulin qui doit estre assis et porté sur bastoaulx en la rivière do Seine, près la poincte du palais de Paris, pour servir à poUir dyamans, aymeraudes, agattes et autres espèces de pierres, Bibl. des ch. o* série, t. i, p. 484. Assez va au moulin qui son asne y envoie, GÊNiN, Recréât, t. u, p. 236. L'eauve fault au molin,in.tb. p. 243, Quiveutouir des nouvelles, au four etau moulin on en dit de belles, lukoix dk lincï, l'rov. t. u, p. 4 7il Chacun ira au moulin avec Bon propre sac, id. ib.p. 288. Chascun moulin traita lui l'eau, lu. 16. Le four appelle le moulin bruslô [se dit quand quelqu'un a un vice et le reiroche à un autre], nicot, Dict. On ne peut estre ensemble au four et au moulin, cotoravb. Qui entre dan» un

MOU

MOU

moulin, il convient de nécessité qu'ils'enfarine, cot- CBAVE. Sous ombre d'asne entre chien au moulin, ID.

— ETYM. Berryet wallon, molin; picard, malin, mtiin,meulin; bourguig. melin; provenç. moliit, moli; catal. moU; espagn. mod'Ho; porlug. moinho; ital. fnoiiïio;du bas-Iat. molinus, qui vient du lalin molinum saxum, pierre à moudre, de mola, meule à moudre.

MOt'LIKAGE (mou-U-na-j*), s. m. ||1* Action de moudre au moulin. || 2° Opérations par lesquelles on dévide, tord et double la soie grège. || 3' Fig. Amusementsdu vulgaire (inusité aujourd'hui). Comment ne pas perdre la tête, quand on voit s'oublier un prince d'une illustre maison.... jusqu'à courir avec elles le bal, déguisés, le premier en gille, le second en pantalon, et le troisième en bourgeois gentilhomme, pour nous faire voir qu'ils ne méprisent pas notre moulinage? barbieb. Journal historique et anecdolique du règne de Louis XV, t. ii, p. 9t,

— ÊTYM. Mouliner.

BIOCLINÉ, ÉE(mou-li-né,née),part.poïs^de mouliner. il'Qui a subi le moulinage. Soie moulinée. 11 2° Bois mouliné, bois attaqué par les vers. || Cire moulinée, cire en parcelles.

MOULINER (mou-li-né), r. o. || 1° Faire subira la soie les opérations du mouIina?e. Les marchands et maîtres dudit état pourront tenir moulin à soie, mouliner, appareiller, acheter et vendre toute sorte de soie, Ordonn. etc. des march. de draps d'or, etc. 9 juillet 1667. i| 2° Frotter l'épaisseur ou le parement d'une tranche de marbre sur une plaque de fonte, ou sur un autre morceau de marbre avec du grès et de l'eau. || 3° En parlant des vers, ronger le bois el le mettre en menue poussière.

— ETYM. Soulin. Dans le 2* et le 3* sens, viouliner a un sens diminutif de moudre.

MOULINET (mou-li-nè ; le t ne se lie pas; au pluriel , Vs se lie : des mou-li-nè-z adroits ; moulinets rime avec traits, paix, succès, etc.), ». m. H 1° Petit nyjulin (vieilli en ce sens). Elle a seulement une idée confuse d'avoir vu, le soir du procès-verbal, de l'argent blanc dans une boîte ou moulinet à poivre, Mémoire pour l'affaire de Coespelier, Arrêt du conseil d'État, u févr. t73o. || 2° Moulinet à vent, machine tournante qu'on place dans la hotte d'une cheminée, pour agiter l'air et entraîner la fumée. Il S" Petite roue d'un moulin k vent. |1 <• Tour traversé par des leviers, qui s'applique aux engins, aux cabestans, etc. pour tirer les cordages et élever les fardeaux. || Faire le moulinet, se dit d'une manière de se défendre avec le sabre, ou avec le bâton à deux bouts, qu'on manie autour de soi avec une vitesse eiiraordinaire. Si ta fureur t'a coûté la vie, lorsque tu faisais le moulinet sur un troupeau de moutons, comme si c'eu.ssent été des hommes.... n'ABLANC. Lucien, Dial. Ajax et Àgamemnon. 11 se mit à jouer des mains, et fit un moulinet de ses deux bras, scarr. nom. com. i, t2. .Le voilà à mettre l'épée à la main et à vouloir faire le moulinet sur les comédiens et la compagnie, f aint-sim. ïia, <.'5. Voyant à mes trousses chiens et gens, j'ai fait le moulinet avec mon b&ton, sans trop regarder où je frappais, p. L. colr. Lell. ii, 40. || Terme d'imprimerie. Faire le moulinet, abattre du même coup la frisquette et le tympan. |i S" Se dit des pièces de bois qui se placent à côté des barrières pour laisser passer les gens de pied. || 6* Sorte de bâton pour serrer une corde. || Anciennement. Instrument avec lequel le bourreau étranglait le patient exposé sur la roue, quand il n'était point condamné à y expirer lentement. || 7° Croix de fer au moyen de laquelle on met le cric en mouvement pour faire entrer ou sortir le l)oulon dans le mt/ule à tuyaux. || Sorte de vi.s qui fait mouvoir une barre servant de point d'appui i la tète dos ondes, dans un métier à bas. Il 8* Petit bâton pour remuer le chocolat. Comme on roule un moulinet pour faire mousser le chocolat, BERN. Ds ST-p. J'aul et Virgin. || 8* Horceaiu de bois en croix qui donnent le mouvement à la presse en taille douce. H Cher les tireurs d'or, e.ipcce de brorho pour empêcher que l'or ne »e coupe. || 10" Machine dont on se servait pour travailler à la monnaie (voy. MooLir»). Il 11* Terme d« danse. Figure dans laquelle toutes ks danseuse* d'un qualrille, réunies par la main droite et dormant la gauche k leur cavalier, tournent ou lialancent en même temps. Les hommes font aussi le mouliaet i leur tour. Moulinet sur place, tour de main que fait chaque coupl», â la place qu'il occupe dans le quadrille. Le moulinet, chez les danseuses de corde, consiste k aller en avant et en arrière pour se donner le branle. Ils ont formé des figures dont la dessin se borne k des ronds, des carrés, des lignes droite»,

DICT. DE LA LANCl'E rRANÇAISS.

des moulinets et des chaînes, noverrb, Lett. sur la danse, p. 430, dans pougens. |1 Demi -moulinet, pas figuré dans lequel les quatre dames se portent vers le centre, chacune donnant la main à la dame vis-à-vis. Les mains jointes sont ainsi au centre de la danse , et les dames décrivent un demi-cercle autour de ce centre; c'est la moitié du moulinet des dames. 1| Au plur. Les moulinets, troisième figure du quadrille des lanciers, qui se compose ainsi : i' en avant deux et en arrière ; 2° en avant deux et salutations; 3° demi-moulinet des dames et tour de main avec le cavalier vis-à-vis ; 4° second demi-moulinet qui ramène la dame à sa place et à son cavalier, avec lequel elle fait un tour de main. Cette figure s'exécute quatre fois. || 12° Petit ornement de soie ou de ruban que portaient autrefois les dames. || 13' Moulinet électrique, sorte d'appareil rotatoire que l'électricité met en mouvement et qu'on montre dans les cabinets de physique.

— IIIST. XIV* s. X Jehan du Vivier, orfèvre et varlet dechambre du roy, pouravoir rappareillié et mis à point un petit moulinet d'or, garni de perles et da balais petis, pour l'esbatement de madame Ysabel de France, db laborde. Émaux, p. 395. Il XV* s. Un baston nommé molinet de poignée, DU CANGE, molinellum. Il y avoit une image de Notre Dame qui tenoit par figures un petit enfant, lequel enfant s'esbattoit par soi à un moulinet fait d'une grosse noix, froiss. m, iv, i. 1| xvt* s. 11 se faisoit faire place avec une espée à deux mains, et le faisoit bon voir sur un pied faisant le moulinet devant les dames, Sat. Min. I3.

— F.TYM. Diminutif de moulin.

MOULINEUR (mou-li-neur) ou MOULINIER(mou-

li-nié), s. m. Il 1* Ouvrier employé au moulinage de la soie. || 2* Synonyme de foulon.

— ETYM. Mouliner.

t MOULINIÈRE (mou-li-niè-r'), ». f. Ouvrière qui fait le moulinage de la soie.

t MOULON (mou-Ion), s. m. Tas en forme de meule de foin. En cas de.... pénurie de sel vieil en nos salins, nous permettons audit fermier de débiter le sel nouveau six semaines après qu'il sera levé et mis en moulon et canelles. Bail Gautier, a mars 4660.

— ÉTYM. Dérivé de meule (de foin). C'est une forme de meulon.

MOULT (la prononciation de ce mot est oubliée ; cependant il est probable qu'il se prononçait mou; du moins c'est-ainsi qu'il se prononce dans les localités où il est conservé, par exemple à Metz; mais aujourd'hui, quand nous le rencontrons, nous faisons sentir l'I et le (), ad». Vieux mot qui signifie beaucoup. Moult, quoique latin, était dans son temps d'un même mérite, et je ne vois pas par otl beaucoup l'emporte sur lui, la brut. xiv. 1| Ce mot ne s'emploie guères que quand on veut imiter le style très-ancien. Franc chevalier dont j'ai vu le courage, M'avez honni, m'avez désolé moult. Quand en champ clos occltcs le Morhoult [un autre chevalier tué par Tristan], CREUzâ db lesser, la Table ronde, ch. vi.

— REM. Il est malheureux qu'on ait perdu ce mot, qui est si préférable à beaucoup.

— HIST. X* s. Si fut Jonas prophela mult correcious, Frngm. de Valent, p. 40». 1| xi* s. Escuz [ils] ont gens de multes conoissances, Ch. de Roi. ccxxiii. Il xii* s. [Je] N'en oi [entends] nului parler qui molt de bien n'en die, Sax. vu. H xiii* s. En icel jor en i avoit il moult | oi decroisiës, villeii. xli. Ktde moult de sa gent fu li rois [qui s'était égaré] retrouvés, Berte, cxxi. Se tuas lavoiz clere et saine, Tu ne dois mie qucrre essoine [excuse] De chanter, se l'on t'en semont; Car bel chanter abelist mont, la Rose, iii». Moult félon se drecent contra moi, Psautier, f 9, \\ xv* s. Il «voit affaire i moult de

lieux, COMM. VI, tl.

— ÉTYM. Provenç. moU, moût, mot, mott; cat. T/iolï;csp.muc/io; porL mut, muiVo ; ital. moUo; du lat. muUuin. La plus vraisemblable des étymologlcs est celle de Freund, qui reganlo moltum (arebaîque) comme le pirticipe d'un molere, augmenter, accumuler, qu'on retrouverait dans mobes.

MOULU, UB (moulu, lue), part, pcusé demoudd;. il 1* Réduit en poudre par la meule. Du blé moulu. Il S* Kig. Moulu, ou moulu de coups, qui a été battu. Ahl monsieur, je suis tout moulu, et les épaules me font un mal épouvantable, mol. Scapin, m, 2. Termes reçut une f ds une grêle du bastonnade de quatre ou ciiW[Suir<ses; \\ on fut moulu cl plusieurs jours au lit, 8T-SIM 12», 177. Il Avoirlft corps tout moulu, sentir des douleurs par tout le corpi. Sans doute appelezles I fatigués, barruséf, moulus de votre façon, n'a-

t-i! pas fallu les faire coucher ? beaumabcii. Rarb. de Sév. m, 5. |1 3' Or moulu, or réduit en très-petites parcelles, et dont on se servait pour dorer les métaux. Il Aujourd'hui, or moulu, or en feuille ou en poudre, qui, trituré avec le mercure coulant, donne, même à froid, un amalgame, masse molle comme de la pâte ; c'est avec cet amalgame .qu'on exécute la dorure dite en or moulu. ||X présent l'or moulu paraît être une des couleurs pa^ticuli^res de l'or appliqué sur les métaux; ceUe couleur est orangco, legoarant. Il On dit, dans le même sens, de l'argent moulu, du cuivre moulu. || 4° Terme de chasse. Fumées mal moulues, mal digérées (moulu poui moulé).

MOULURE (mou-lu-r'), ». f. ||1* Terme d'architeoture. Nom donné à toutes les parties émincntes de sculpture, qui ne servent que pour l'orneinent. Si notre vue avait été plus faible et plus confuse, il aurait fallu moins de moulures et plus d'uniformité dans les membres de l'architecture, monïeso. Sur le goût, plaisirs de l'dme. || Moulure lisse, celle qui n'est pas travaillée, et qui ne sert d'ornement que par son contour. Moulure ornée, celle qui est taillée de sculpture, da relief, ou en creux. || Moulure couronnée, moulure accompagnée d'un filet. || 2° Ornement analogue des ouvrages de menuiserie et autres semblables. Les jointures du bois étaient faites avec grand art, et ornées de sculptures et de moulures, saci. Bible, Rois, m, vi, (8.

— HlST. xvi* s. Je veux un arc eslcver Sur deux colonnes doriques. Pour vostre gloire y graver En cent moulures antiques, DO bellay, il, 45, recto. Les petites images, lions, gargouilles et autres ouvrages de mouslures, Ordonn. 22 nov. 1506. Moulleures, lozenges, frize et comise, Bibl. des chartes, 4* série, t. m, p. «3.

— ETYM. Mouler.

t MOULURIER (mou-lu-rié) , ». m. Menuisiermoulurior, menuisier qui fait des moulures.

t MOUMOUTE (mou-mou-f), s. m. et f. Terma du langage enfantin. Nom d'amitié que les enfants donnent à leur chat ou i leur chatte. || Fig. et dans le langage très-familier et mffma ridicule, nom d'amitié que les maris donnent à leur femme. Allons, moumoute, ne te fâche pas. || Par extension et par assimilation du poil des chats, faux toupet. 11 a perdu son moumoute.

f MOUNIER (mou-nié), ». m. Un des noms vulgaires du martin-pêcheur d'Europe.

t MOUPIITI (mou-fti) , ». m. Voy. mufti. Mais du beau nom de chien ce mouphti nous honore, VOLT. Loi nalur. m.

t MOUQUETTB (mou-kè-f), ». f. Terme de tourneur. Cylindre en os d'une roue.

fMOUR (mour'),». m. Terme de métallurgie. Museau de la tuyère, partie qui s'avance dans le fourneau.

— ÉTYM. Espagn. morro, museau.

MOURANT, ANTK (mou-ran, rant'), adj. || l'Qul

se meurt. Adieu, je vais traîner une mourante vie, Tant que par ta poursuite elle me soit ravie, corn. Ci'd, m, 4. Il était aussi vivant par l'esprit que mourant par le corps, boss. le Tellier. Quel est notra aveuglement, si, toujours avançant vers notre fin et plutôt mourants que vivants.... ID. Duch. d'Orl. Presse, pleure, gémis, peins-lui Phèdre mourante, RAC. Phèdre, m, ). Jo demeurai mourante sur un tas de morts, volt. Candide, 1 1 . [La veuve de Calas] dépouillée de tout son bien, était seule dans le monde, sans pain, sans espérance, et mourante de l'excès do son malheur, id. Pol. et Ug. ToUrance, llist. abr. de Calas. L'im.igo de ce grand homme mourant [Voltaire] m'alfccta si profondément, et m'est restée si vivement lans la tête i|u'elle ne s'en effacera jamais, d'aï emb. I.elt.au roi de Pr. ("juillet (778. Et sur un lit pompeux la portent loin du jour Mourante de douleur, et de rage, et d'amour, DELI1.LE, Enéide, iv. || Terme de jurisprudciico féodale. Homme vivant et mourant, homme que les gens do mainmorte étaient obligés da désigner au seigneur du flef, et k la mort duquel ils devaient crhiini droits .sciKiieuriaux. |1 2" Qui a la marque d'une mort prochaine. Quel plaisir.... De cacher ma rivale k ses rcganls mourants! bac. Antir. iv, 4. Il ouvre un œil mourant qu'il referme soudain, ID. Phèdre, v, e. || Fig. Des yeux mourants, des yeux languissants et pleins de p.xssion. Ai-je écouté quelqu'un de tous ces soupirantsQui m'accablaient partout de leurs regards mourants? coni«. Tile et Birin. I, 2. Depuis le jour fatal que pour vous je soupire. Mes yeux se sont cent fois chargés de vous le dire ; Et cent fols, si mon mal vous pouvait émouvoir, Leur mourante langueur vous l'aurait

MOU

fait savoir, m. ÉUgie. || Voii mourante, voix langoureuse et traînante. Il 3» Fig. Mourant à, qui, par mortification, renonce à. Jai retrouvé notre cher Corbinelli comme je l'avais laissé, un peu plus philosophe, et mourant tous les jours à quelque chose, sÉv. î4 nov. <«86. Il 4' Fig. Oui s'éteint, qui cesse, qui finit. Et son courroux mourant [de Pompée as- Mssiné] fait un dernier eflort Pour reprocher aui dieux sa défaite et sa mort, cobn. i'omp. m, ). Qu'elle fuie avec lui; c'est tout ce que veut d'elle Le souvenir mourant d'une flamme si belle, id. TMod. V, 3. Qu'il se trouve au milieu d'une étrange torture. Et qu'il y soutient mal sa mourante vigueur, ID. Imit. m, î». Avant qu'il [Antipater] y entrât [dans Athènes], Démosthfine et tous ceux de son parti, qu'on pouvait regarder comme les derniers des Grecs et comme les défenseurs d'une liberté mourante, sortirent de la ville, rollin, Hist. anc. Œuv. t. vu, p. ib, dans pougens. Et ce reste importun <fc la sédition N'est qu'un bruit passager de (lots après l'orage Dont le courroux mourant frappe encor le rivage, volt. Uahom. v, t. || 5« Oui va en pente douce, qui s'abaisse insensiblement. Une plage mourante. || 6" Se dit de certaines couleurs pâles. Turnus ayant planté lui-même Sur la citadelle Laurent Son étendard de bleu mourant, SCAMB. lirg.yiii. Il n'en resta qu'un très-petit nombre dont les feuilles étaient d'un vert pâle et mourant, volt. Princ. de Bab. t). Il Terme de peinture. Tons monrants, couleurs 1 louranles, tons, couleurs affaiblies et dégradées. 1. Teime de musique. Kn mourant, en passml du son fort à un son tellement faible qu'on l'entend à peine. || 7' S. m. et/'. Un mourant, une mourante, celui, celle dont la vie s'éteint. Un mourant qui comptait plus de cent ans de vie Se plaignait à la Mort que précipitamment Elle le contraignait de partir tout à l'heure Sans avoir fait son lestamcnt, LA FONT. Fabl. vni, t. Madame.... demande d'ellemême.... la sainte onction des mouranls avec un pieux empressement, boss. Duch. d'Orl. Vous savez l'horreur qu'on a de recueillir ces soupirs contagieux qui sortent du sein d'un mourant pour faire mourir ceux qui vivent, fléch. Mme de Uoiil. Kt l'homme aux champs de Mars couché sur la pousiiière, Sanglant, percé de coups, sur un tas de moulants Sert d'aliment affreux aux oiseaux dévorants, volt. Disast. Lisb. || Fig. Faire le mourant, du mourant, faire le langoureux. Et faisant des mourants et de l'âme saisie, Ils croient.... béonier, Sat. XIII. Il Dans le langage précieux du xvii' siècle, le moui«nt d'une dame, son amoureux. Pour M: de Montausier, c'a été un mourant d'une constance qui a duré plus de treize ans, talleu. des kéadx, ilistoriette de Urne de Montausier.

t MOURE.\D (mou-rô), ». m. Un des noms vulgaires du rouge-gorge. || Uoureau des languedociens, variété d'olive.

t MOUUEILLIER (mou-rè-llié, Il mouillées), t. m. Nom vulgaire, à la Guiane, de toutes les espèces du genre malpighie.

t JIOCKETT (mou-rè),i. m.lJl'CoquilleduSénégal. Il i' Kn Normandie, un des noms du fruitde l'airelle.

t MOURETIEU (mou-re-tié), s. m. Nom vulgaire du vaccinium myrtillut, de Linné, à cause de la couleur noire de son fruit, appelé moret et mouret dans certains cantons.

t HOUKIER (mou-rié), t. m. Mésange à longue queue, parus caudatus, L.

t MOURINE (mou-ri-n'), t. f. Espèce de raie

(voy. MYLIOBATB).

UOrRIR (mou-rir), je meurs, tu meurs, il meurt, nous mourons, vous mourez, ils meurent ; je mourais; je mourrai; je mourrais; je mourus; meurs, qu'il meure, mourons, mourez, qu'ils meurent; que je meure, que lu meures, qu'il meure, que nous mourions, que vous mouriez, qu'ils meurent; que je mourusse; mourant, mort (ou se change en «t«, toutes lesfoisqu'il porte l'accent tonique), v. n. ||1* Cesser de vivre. Mourir de vieillesse, do maladie, de mort violente. Son cheval vient de mourir. Il est mort de faim. Quiconque sait mourir, sait lien aussi se taire, DU RYEH, Scétole, IV, e. Ha fille, il est toujours assez tfit de mourir, corn. Œdipe, m, i. Mourir pour le pays est un si digne sort. Qu'on briguerait en foule une si belle mort, id. Ilor. u, t. Voir le dernier Romain i son dernier soupir, Moi seule en être cause et mourir de plaisir 1 id. l'b. iv, fc. Si mourir pour sont prince est un illustre sort. Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la morti id. Poly. IV, 1. Quoil vous causez sa perte, et n'arez point de pleurs? — Non, je ne pleure point, madame, mais )« meurs, id. Surina, v, ». Les jeunes gens mourloiil par l'épée, leurs fils et leur* filles moût-

MOU

ront de faim, saci, Bible, Jérémie, n, 22. Nous nous connaissons si peu, que plusieurs pensent aller mourir quand ils se portent bien, et plusieurs ppnsent se porter bien quand ils sont pioche de mourir, pasc. Petis. xxv, 8, éd. havet. Je ne suis la fin de personne, et n'ai pas de quoi le salisfaire : ne suis-je pas prêt à mourir? id. ib. xxiv, 39 ter. On mourra seul; il faut donc faire comme si on était seul, id. ib. xiv, ). Ce qui me fâche, c'est qu'en no faisant rien les jours se passent, et notre pauvre vie est composée de ces jours, et l'on vieillit, et l'on meurt, sÉv. 6 août 4676. Si on m'avait demandé mon avis, j'aurais bien. aimé à mourir entre les bras de ma nourrice; cela m'aurait ôté bien des ennuis', et m'aurait donné le ciel bien sûrement et bien aisément, id. te mars <672. Tant il est vrai que tout meurt en lui [l'homme], jusqu'aux termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes, boss. Duch. d'Orl. Nous mourons tous, a dit cette femme dont l'Ëciiture a loué la prudence, et nous allons sans cesse au tombeau ainsi que des eaux qui se perdent sans retour, m. ib. Cette admirable parole, qu'elle aimait mieux vivre et mourir sans consolation, que d'en chercher hors de Dieu, in. Anne de Gonî. Turenne meurt, tout se confond, la fortune chancelle, la victoire se lasse, la paix s'éloigne, fléch. rurenne. Je plains Mlles de Barneval, si elles perdent leur mère : je ne puis plaindre ceux qui meurent, MAiNTENON, Lett. à Ume de Caylus, t. vi, p. 472, dans POUGENS. En mourrai-je moins, me direz-vous? vous mourrez plus tard : chaque instant de votre vie m'est précieux, id. Lettre à Mme de Clapion, •27 déc. 4 746. M. de Barbezieux meurt à la fleur de son âge, dans une très-grande fortune, et à la veille d'une fortune encore plus grande, id. Leit. au D. de Soailles, 7 janv. 4704. L'imbécilb Ibrahim, sans craindre sa naissance, Tr,iîne dans le sérail une éternelle enfance; Indigne également de vivre et de mourir.... rac. Baj. i, 4. Ne tardons plus, marchons; et, s'il faut que je meure, Mourons, moi, cher Osmin, comme un vizir, et toi Comme le favori d'un homme tel que moi, id. Baj. iv, 7. Ariane, ma sœur, de quoi amour blessée, Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée I id. Phèdre, i, 3. Mourez donc, et gardez un silence inhumain, id. ib. I, 3 Virgile mourut à Brunduse l'année de Rome 736, âgé de cinquante-deux ans, rollin, llist. anc. t. XII, p. 93, dans poucens. M. Cassini mourut le (« septembre (742, âgé de «7 ans et demi, sans maladie, sans douleur, p:ir la seule néccssiié de mourir, ponten. Casîtni. Un peu avant qu'il [l'argent] finit, je tombai assez malade pour espérer de mourir: on ne meurt jamais à propos; je fus trompée dans mon attente, siaal, iUm. t. i, p. 4 30. Quand il faut rendre son corps aux éléments, et ranimer la nature sous une autre forme, ce qui s'appelle mourir ; quand ce moment de métamorphose est venu, avoir vécu une éternité, ou avoir vécu un jour, c'est précisément la même chose, volt. Micromégas, 2. On meurt en détail, ma chère amie ; puissiez-vous jouir d'une meilleure santé que la mienne I lu. Lett. Urne de Champboniri, 4 7 nov. 4761. On sait bien qu'il faut mourir; mais, en conscience, il ne faudrait pas aller à la mort par de si vilains chemins, ID. Lett. Yassclier, mai 4773. Mourir est un instant, vivre est un long supplice, SAU- BiN, Beverlei, v, B. Nous commençons de vivre par degrés, et nous finissons de mourir comme nous commençons de vivre , bupf. llist. nat. llom. Œuv. t.' IV, p. 368. Je meurs, et sur la tombe oii lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs. Gilbert, Ode imitée de plusieurs psaumei. Prends ton vol, ô mon âme, et dépouille les chaînes; Déposer le fardeau des misi'res humaines, EsKe donc là mourir? lamart. J/cdit. i, 27. Il Mourir roi, prince, etc. mourir avec la dignité de roi, de prince, etc. Traître, songe, en mourant, que tu meurs mon sujet, rac. Théb. v, 3. Il a soixante et quatorze ans. C'est mourir pape et non pas l'être, volt. Lett. en vert et en prose, 483. || Il se dit dans un si'ns analogue avec un adjectif. Il est mort repentant. Quand lu sauras mon crime et le sort qui m'accable. Je n'en mourrai pas moins, j'en mourrai plus coupable, rac. Phèdre, i, 3. || Mourir dans une croyance, y persister jusqu'à la fin de sa vie. Le bon religieux conçut que le philosophe était résolu de mourir dans la religion de son pays, DIDEB. Opi'n. det aneient philos, {hobbisme). Il En un sens analogue, mourir dans son péché, ne pas se corriger. Ce n'est pas parce que j'ai quatrevingts ans que je pense ainsi ; car j'avais le même gofit i quinze, et probablement je mourrai dans

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mon péché, volt. Lett. Touraille, 6 juill. 1774. || lî mourra en sa peau, ou en sa peau mourra le ninard, c'esl-i-dire on ne se corrige point. || On dit de même : il mourra dans la peau d'un insolent. Le drôle est toujours le même, et, à moins qu'on n* l'écorche vif, je |)rédis qu'il mourra dans la peau du plus fier insolent I... beaumahciiais, le Mariage de Figaro, i, 3. || Mourir dans son ht, voy. lit, n° 4. Il Mourir au champ d'honneur, au Ht d'honneur, être tué à la guerre, en faisant son devoir, voy. HONNEUR, II' I . || Familièrement. Mourir de sa belle mort, mourir de sa mort naturelle. || Ironiquement. Mourirdans les formes, mourir traité en règle par la médecine. Ce n'est pas qu'avec tout cela votre lilla ne puisse mourir; mais au moins vous aurez fiit quel(|ue chose, et vous aurez la consolation qu'elle sera morte dans les formes, mol. Am. méd. u, 6. Il Mourir martyr, mourir en souffrai* de grandes douleurs. || Bien mourir, mourir chrétiennement, dans des senliments de pénitence et de foi. ("est peu de reconnaître la nécessité de mourir, si l'on n'en tire des motifs et des conséquences pour bien vivre, fléch. Lamoignon. || On dit dans un sens analogue, mais familièrement : mourir décpmment. Louis XV.... éloigna la du Barry, communia, mourut fort décemment, micuelet, f.ouisjreJ inuis XVI. Il Populairement. Mourir comme un chien, mourir sans vouloir témoigner le moindre repentir de ses fautes. || Mourir tout en vie, mourir d'une maladie vive et prompte, être emporté dans la pleine vigueur du ^orps et de l'esprit. || Mourir tout entier, ne laisser aucun renom après sa mort. Ne laisser aucun nom et mourir tout entier, rac. Iph. i, 2 II Mourir à la peine, mourir sans avoir aucun rel.lche d'occupations pénibles, sans prendre une retraite. Je sens bien qu'il faut mourir; mais, pendant qu'on attend, tout change, et on meurt à la jieine, volt. I.elt. d'Argenlat, 24 oct. 47"«.||Fig. Mourir à la peine, ne vouloir point démordre de oj (|u'en a entrepris. Je viendrai à bout de mon dessein, ou je mourr.ii à la peine. || 11 ne mourra que de ma main, se dit par menace contre quelqu'un. Si c'était encore le même chevalier sur le même cheval, il nn mourrait que do ma main, sÉv. I3 sept. 4674. I Fig. Mourir d'une belle épée, succomber sous un ennemi à qui il est glorieux de céder, mourir honorablement. Quoi qu'il en soit, je me perte bien; et, si je meurs de cette malalie, ce sera d'une belle épée [honorablement], et je vous laisse le soin de mon épitaphe, sÊv. à Busstj, B sept. («74.||Fig. Mourir sur le coffre, mo'irirau service d'un roi, d'un grand ; locution prise des coiïressur lesquels on avait autrefois coutume ilans les giamles maisons de coucher les domestiques. Ébloui de l'éclat de la splendeur mondaine, Je me tlattais toujours d'une espérance vaine; Faisant le chien couchant auprès d'un grand seigneur. Je me vis toujours pauvre, et lâchai de paraître; Je vécus dans la peine, attendant le bonheur, Et mourus sur un coffre en attendant mon maître, Tristan, Son épitaphe (i665). Monsieur, je vous prie de croire [paroles deTureniic au cardinal de Uetz] que, sans ces afl'aires-ci où peutêtre on a besoin de moi, je me retirerais comme vous, et je vous donne ma parole que, si j'en reviens, je ne mourrai pas sur le con"re, et je mettrai, â votre exemple, quelque temps entre la vie et la mort, SÉV. 2 août 4676. Il 2° Impersonnellement. 11 meurt, année moyenne, tant de personnes è Pans. 11 est mort beaucoup de monde du choléra. Les mois dans lesquels il meurt le plus de momie sont mars, avril et mai, et ceux pendant lesquels il en meurt le moins sont août, juillet et septembre, bupf. Prob. de la vie, Œuv. t. x, p. 513. || 3° Il est mort, aquelquefois la force du futur il mourra. Si ma fille une fois met le pied dans l'Aulide, Elle est morte • Calchas, qui l'attend en ces lieux, Fera taire noe pleurs.... BAC. Iphig. i, 4.114" Par forme de serment, je veux mourir, que je meure à l'instant, ou je meure, sans que, si ce que je vous dis n'est p.is vrai. Je meure, mon enfant, si tu n'es admirable. CORN. Yeure, m, 4. Je meure, en vos discours si je puis rien comprendre, m. le Ment, il, 3. Si pendant un quart d'heure Vous suivez ce dessein, c'eet lieaucoup ou je meure, destouches, Irrésolu, iv, 4. M. de Forlis : l>romets-moi.... — Le baron : Que jo meure Si j'y manque, monsieur, boisst, Dch. tromp. IV, 2. Je veux mourir si je comprend? un mot à tout ce galimatias, oenlis, Thédt. d'éduc. le Méchant par air, I, 4.||0n dit aussi : Que je ne meure. Je n'ai, quejo ne meure, point do joie si sensible, que lorsque je pense que la fortune nous donnera moyen quelque jour de passer le resta de notre vie l'un «vec l'autre, voit. Lelt. '»«.

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Iç S" Faire mourir quelqu'un, le mettre i mort. Ce tyran [Néron] Tait mourir saint Pierre, Boss. llist. ii, 7. Quelques esclaves qu'on avait fait mourir pour honorer ses funérailles, FÉiN. Tél.x\ui.H Faire mourir, causer la mort. Le chagrin l'a fait mourir. La duchesse de Bouillon alla demander à la Voisin du poison pour faire mourir un vieux mari qu'elle avait qui la faisait mourir d'ennui, sÉv. 31 janv. 4680. Ce n'est pas que je croie à votre ancienne prédiction, que le roi de Prusse me ferait mourir de chaprin ; je ne me sens pas d'humeur à mourir d'une si sotte mort, voi.T. Lett. 1/me Denis, is déo. 1752. Il Par exagération, faire mourir, mettre dans un élat très-voisin de la mort. Il tombe tout à coup dans ces ennuyeuses douleurs où l'on souiTre sans secours et sans intervalle: la respiration, qui nous fait vivre, le fait mourir à tous moments, fléch. Duc de Sfont. Il Vous me faites mourir, vous m'affligez beaucoup, ou bien, vous m'impatientez henucoup. Tu veu.tqueje t'écoute, et tu me fais mourir ! corn. Cid, lu, ♦. La crainte de sa mort me fait dcj.à mourir, ID. Cinna, i, 2. Il fie cardinal de Bouillon] m'a conté mille choses de M. de Turenne, qui font mourir, sét. 42 août 1675. Le moyen de se représenter que vous clos au lit, affligé de toutes les parties et les jointures de votre petit corps.... c'est pour nous faire mourir, id à Coulanges, 24 juill. 4K91. Il Faire n-ouiir quelqu'un à petit feu, lui causer des peines continuelles qui le rongent. || 6" Se laisser mourir, ne rien faire pour soutenir sa vie. Elle prit une poignée de terre qu'elle répandit en croix sur le corps de son fils qu'elle avait étendu à ses pieds; son mari cooipritle signe et se laissa ma irir de faim, nihER. Lettre sur les sourds et mueli 1] 7° Eprouver une morlelle affliction. Je mourr* i plus que vous du coup qui vous tuera, rotr. Vt'\iesl. v, 4.Je meurs si je vous perds ; mais je meurs si j'attends, RAC. Xndr. in,7. Du coup qui vous attend vous mourrez moins que moi, id. Iphig. iv, *. || Familièrement. Pour mourir, c'est-à-dire au point d'éprouver un très-vif sentiment déterminé par le sens de la p';xase, ou bien une peine, une fatigue. Je vous Irue fort que vous ne reconduisiez point, c'était pour mourir, sÉv. 44. || X mourir, au point de souffrir beaucoup. Une toux me tourmente à mourir, mol. le Dép. V, 2. Je suis lasse à mourir de la fadeur des nouvelles, sév. 236. J'avais grande envie de me jeter dans le Bounialoue [aller à un sermon]; mais.... la presse était à mourir, id. 24 mars 1C7). Je ne suis presque plus en colère contre vous; mais io suis triste à mourir, genus, Adèle et Th. t. l. p. t.l, dans POUGENS. || 8° Mourir sur, se fatiguer excessivement sur. ô chétifs, qui, mourant sur un livre, Pensez, seconds phénix, en vos cendres revivre, RÉGN. Sat. 1.(19° fï'" exagération, supporter les dernières extrémités. Je pensais qu'il fallait mourir plutôt que d'en ouvrir la bouche ; mais, voyant mon Hls si sincère, je le suis aussi, sév. » cet. i«S". 1110° Mourir se il it, par exagération, de quelque sensation, de quelque passion ou centiment q'ii s'empare de nous. Mourir de chaud, de froid. Mourir de faim, do soif. Laissons-le discourir, Dire cent et cent fois : il en faudrait mourir ! RÉCMiER, Sat. VIII. Tous ceux qui les voient meurent d'envie de les trouver belles, mol. Impr. 3. Ahl que voilà un air qui est passionnel est<e qu'on n'en meurt point» id. Préc. lo. M. le chevalier lui lit voir ce que vous lui écriviez; cela fait mourir He tendresse et de reconnaissance, sÉv. 2i janv. IG89. Vous avez peur que je ne meure de joie; mais ne craigTiez-vous point aussi que je ne meure du déplaisir de croire voir lecfjnlraire? ID. I». Quel moyen de revoir ce» allées, ces devises, ce petit cabinet, ces livres, cette chambre sans mourir de tristesse? iO. 67. Le comte il'Estrées meurt de peur que ce ne «oit une grossesse, maintf.noî», Lett. au D. de Noaillet, H déc. 1700. Mlle d'Aumalo meurt d'ennui de tout ce qu'elle voit ici ; toute la maison est en larmes, ro. Lett. à Urne de Caylus, 2« nov. <7i6. Un bon repas l'allcndiit ; il mourait do faim, nAHiLT. Gramm. 4. Pour mourir i ses pieds d'amour et de fureur, volt. Scytiiet, ii, 6. || Corneille a dit mourir, absolument, pour mourir d'envie. Lui, quand il a promis, il meurt qu'il n'effectue, corn. la Veure, m, 2. Voulez-vous me servir' — Si je le veux, j'y cours. Madame, cl meurs déjà d'y consacrer mes jours, lii. Sert, il, ♦. El l'on ne voit que trop quel droit j'ai de haïr Un empereur sans foi qui meurt de me trahir, m Tite et tlirin. iv, 3. || Mourir de rire, se livrer à un rire excessif. Il nous a lu aussi des chapitres de l'abelais à mourir de rire, sÉv. » juillet i«7t.ll mourallde rire toutes les fois qu'il voyait sa mioe, bamilt. Gramm. S. || Mourir de, avec

un verbe & l'infinitif, éprouver un mortel ennui à. Je mourrais de faire longtemps la vie de Rennes, sév. 22avr. 1889. (I Mourir de faim, n'avoir pas les moyens d'exister. Non que je croie qu'il faut laisser mourir de faim le vice, mais parce qu'il e,st juste de ne le nourrir qu'après avoir bien engraissé la vertu, main- TENos, Lett. au duc de NoaiUes. t. v, p. 62, dans PODGKNS. Il Substantivement. Un meurt-de-faim, un homme qui n'a pas ou qui ne gagne pas de quoi vivre. Des meurt-de-faim. || 11* Fig. Mourir, être passionnément amoureux. Je meurs pour Isabelle, rac. Plaid. I, 6. Il 12° Être mort civilement, se dit dos religieux et des religieuses, qui, en celte qualité, renoncent pour toujours à certains droiis, à certains avantages de la société. |] En termes dejurisprudence, être mort civilement, être privé à jamais, par un jugement, des droits et des avantages de là société. i 13* Dans le langage de la dévotion, avoir fait le romplet sacrifice de tout ce qui est nature dans l'homme. L'n chrétien toujours attentif à combattre ses passions meurt tous les jours avec l'apôtre; un chrétien n'est jamais vivant sur la terre.... BOSS. J/ar.-T/i^r. Il Être mort tout vif, être en état de péché mortel. La veuve qui passe sa vie dans les plaisirs est morte toute vive, boss. ylnne de Gonx. Il 14* Mourir à, renoncer pour jamais à. Comme Jésus-Christ a soufTcrt durant la vie mortelle, est mort à cette vie mortelle.... pasc. Lett. sur la mort de son père. L'àme .souffre et meurt au péché dans la pénitence et le baptême, id. t'b. Elle mourut longuement à ses passions, avant que de perdre la vie du corps, FLÊcii. Aiguillon. Saint Bernard résolut de porter le joug du Seigneur et de mourir à l'affection et au souvenir de tous les hommes, id. ii, 61. Qu'elles vivent comme des anges I qu'elles ne songent qu'à mourir à elles-mêmesl maintenon, Lett. à ilme de Fontaines, t. m, p. 4 40, dans pougens. Mourez au monde : ne le reprenez pas au parloir après l'avoir renoncé à la grille, id. Lett. d Mlle de Champlebnn , t mars 4 706. Le monde meurt pour lui ; mais lui-même en mourant ne meurt pas encore au monde, mass. Avent, Mort du péch. Heureuse de mourir à tout, avant que tout meure pour vous, id. Prof, relig. i . Elle a vécu.... Je meurs au reste des humains, volt. Olymp. v, 2. Il Être mort pour quelqu'un, ne pouvoir plus lui être d'aucune utilité, ne conserver aucune relation avec lui. Pour accabler César d'un éternel ennui, Madame, sans mourir, elle [Junie] est morte pourlui, RAC. Brit. V, H. Il D«ns un sens analogue, être mort pour quelque chose, ne pouvoir plus y être sensible, en être privé pour toujours. J'étais mort pour la gloire, et je n'ai pas vécu, roth. Vencesl. il, 2. Il 15* Mourir, en parlant des arbres, des plantes. Ce pêcher est mort d'un coup de soleil. || 16* Fig. Cesser d'exister, en parlant des institutions, des établissements, des États. Le sort des empires e.st entre les mains de Dieu ; ils meurent en leur temps comme le reste des choses humaines, boss. Médit, sur l'Évangile, Dcrn. sem. du Sauveur, si« jour. Si les hommes apprennent à se modérer en voyant mourir les rois, combien plus seront-ils frappés en voyant mourir les royaumes mêmesl in. llist. m, 4. Notre religion réelle, le déisme, a vu naître et mourir mille cultes fantastiques, ceux de Zoroastre, d'Osiris, de Zalmoxis, d'Orphée, do Numa, d'Odin et de tant d'autres, volt. Faci'iies, Éptt. aux frères. Il Ne pas mourir, continuera exister comme corps, en parlant descomiiagnios, des communautés. Les communautés ne meurent point. || En France, le roi no meurt pas, un roi de France qui meurt a immédiatement pour successeur son héritier présomptif. Il 17* Fig. Cesser, finir peu à peu, en parlant de l'activité, du mouvement de certaines choses. Ce feu mourra si l'on n'y meldu bois. Ne laissez pas mourir le feu. La sabot va mourir, si tu ne lui donnes un coupde fouet. Le boulet do canon vint mourir là. Approchez-vous de ce banc do terre glaise où le Ilot va mourir, bosset, Contenipl. nat. xii, ïO. Les vagues ...battaient la grève, venaient mourir à mes pieds, ciiATEAUBa. Itin. •••part. Vois-tu comme le flot paisible Sur le rivage vient mourirT lamaut. MMit. Bnia. \\ 18* Cesser, s'éteindre, en parlant des choses morales, des pa!>sions. Si l'étrange accident que vous allez entendre N'eût ranimé mon feu qui mourait sous la cendre, maibkt, Sop/ion. |v (. Ha liaineva mourir que J'ai cnie immortelle; Elle est morte, et ce cœur devient sujet Adèle, corn. Cinna, v, 3. Je vois.... Que la vertu du fils soutient celle du père, Qu'elle ranime en lui la raison qui mourait, id. TMod. m, 3, Que toute sa vertu meure en un grand forfait, 10. Perthar. lu, 3. Ne nous obstinons point à des voeui superflus. Laissons mourir l'amour où

l'espoir ne vit plus, rotr. Tencesl. ii, 2. Le chantre désolé, lamentant son malheur. Fait mourir l'appétit et naître la douleur, boil. Z.u(rt'n, iv. || 11 seilit aussi des souvenirs, de la gloire, des productions de l'espiit, des ouvrages de l'art. Un souvenir qui ne meurt point. Vos bienfaits ne mourronl point dans mon cœur. Les œuvres de ce poète, de ce peintre, ne mourront pas. Mais, soutenu du tien, mon nom ne mourra plus, volt. Brutus, iv, ». || 19' Ne pas s'achever. \ ces mots, la parole meurt dans sa bouche, FÉN. TH. IX. Il Les paroles lui meurent dans la bouche, il laisse tomber sa voix et traîne ses paroles. il 20* H se dit d'un son qui s'éteint peu à peu, et de la dégradation des couleurs. Les tintements de la cloche allaient mourir au loin. Dans ce tableau, les couleurs se perdent en mourant les unes di.ns les autres. Tremble qu'une pensée, une maxime, un mot N'aille mourir dans l'oreille d'un sot I delille, Convers. ii. || Terme de peinture. Faire mourir les couleurs, en adoucir l'éclat, la vivacité , ménager avec art le passage des clairs aux bruns. || 21° Exprimer la défaillance, la mort prochaine. Ses yeux (de Jésus] déjà éteints vont mourir sur elle [Marie], MASS. Carême, Passion. Il F.xprimer la langueur. Mademoiselle de Betz avait les plus beaux yeux du monde, mais ils n'étaient jamais si beaux que quand ils mouraient, retz, i,7. || 22° Scier ou couper un morceau de bois en mourant," le scier ou le couper de sorte que l'épaisseur diminue insensiblement et vienne à rien. || 23° Se dit i la poule, au billard et à plusieurs autres jeux, pour être mis hors du jeu comme perdant. On meurt en tant de points. Il 24" Se mourir, ti. rifl. Être sur le point de mourir. Ici l'enfant se meurt d'une mort triste et lente, du rter, Scévole, i, 3. ô nuit désastreuse, à nuit effroyable, où retentit tout à coup comme un coup de tonnerre cette étonnante nouvelle : Madame se meurt , Madame est morte, boss. Duch. d'Orl. Mes filles, soutenez votre reine éperdue; Je me meurs, RAC. Eslh. m, 7. Il y avait à Orléans un vieux chanoine janséniste qui se mourait etàqui ses confrères refusaient la communion, volt. Louis XV, 36. Il Par exagération. Il se meurt d'amour, de peur, d'impatience, d'envie de dormir, etc. Le pauvre enfant se meurt de douleur, sfiv. 204. Qui, toujours se signant, et disant ses rosaires, Leur prêchait la constance, et se mourait de peur, volt. Edue. d'un prince. \\ Fig. Finir, cesser. En ses propos mourants ses complaintes se meurent, malh. i, 4. || S'éteindre. Votre feu se mourait. Votre lampe se meurt Il II ne se dit qu'au présentelàrimparfait de l'indicatif et à l'infinitif. ||26'S. m. Le mourir Ce mal

qui m'afllige au mourir, iêonier, .Sol.xv. ô douce volupté, sans qui dès notre enfance I.a vivre et le mourir nous deviendraient égaux, la font. Psyché, 11, p. 21 5. Il Proverbes. Un lièvre, un bon lièvre vient toujours mourir au gîte, c'est-à-dire après avoir beaucoup voyagé, on est bien aise de retourner en son pays. || Les envieux mourront, mais non jamais l'envie, mol. Tor». v, ï. || Nous mourons tous les jours, c'est-à-dire il n'y a pas de jour que nous La fassions un pas vers la mort. || On ne sait qui meurt ni qui vit, l'heure de la mort est incertaine, il faut prendre des assurances par écrit. || Autant meurt veau que vache, les jeunes meurent comme les vieux. Il II faut vieillir ou Jeune mourir. || Il n'en mourra que les plus malades, c'est-à-dire le danger n'est pas si grand qu'on le croit. || Mourir se conjugue avec l'auxiliaire iire.

— HEM. 1. Faire mourir n'a point do passif. On ne dit ) i : Ce criminel fut fait mourir. || 2. Faire mourir n'a pas non plus do mode réfléchi; et l'on ne dit pas se faire mourir; cela se disait autrefois : Ma main l'a fait périr Eu lui donnant le fer dont il s'est fait mourir, dbsmarkts, Jli'ra/rie, iv, I. Toutefois, dans le langage familier, on s'en sert souvent quand il n'est pas question d'une mort violenia : Vous vous faites mourir à force de pleurer; il travaille trop, il s'en fera mourir. jj 3. Voltaire a employé ayant ité mort dans un cas où il serait diflicile de se servir d'une autre tournuro. Théophile d'Anlioche prouve que, le Lazare ayant été mort pendant (juatre jours, on ne pouvait admettre.... Philos. Exam. Holingbr. xil. || ♦. Dans ces vers de Hacine : Mes soins, en apparence épargnant ses douleurs [de Claude], De son fils, en mourant, lui caclièrfnt les pleurs, Wrt'l. iv,2,en mourant est construit irrégulièrement, se rapportant non au sujet, mais à un régime direct. Cependant, quand le sens n'en souffre pas, cette construction n'est pas à rejeter. Il 5. Kacine a dit : Et du même poignard dont est morte la reine, Théb. v, 6. Sur quoi Itacino le fils observe qu'on no dit pas mourir d'un poign&rd.

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Util pourquoi? Ne dit-on pas, dans une locution, proverhiale il est Trai, mourir d'une belle épéeî Il 6. Mourir, bien qun neutre, peut devenir verbe réfléchi, mais seulement au présent etàl'imparfait; on ne pourrait dire : il s'est mort (voy. le pronom sï., pour l'explication de cette tournure) . || 7. L'eipression/p tnfureti, etc. doit être conservée telle qu'elle est, avec le verbe au subjonctif. Lanoue dans la Coquette corrigée (n , ») a dit par l'indicatif: Je meurs si j'entends rien & tout ce jargon-là. C'est une faute grossière . Il est Rbsurde de dire qu'oji meurt ri on entend ; tandis qu'il est très-raisonnable de dire je veux mourir ou que je meure si je TOUS comprends.

— lllST. X* s. Por 0 s' furet morte [elle serait morte pour cela] k grant honestet, Eulalie. || xi* s. Si home mort [meurt] sans devise [testament], si départent les enfans l'erité [l'héritage]. Lois de GuHl. 36. Ne lui chaut, sire, de quel mort nous murions, Ch. de Roi. xv. Mielx est sul mocrge [que je meure seul] que tant bon chevalier, ib. xxvi. Là murrez vous à honte et à viltet, ib. xxxii. [Il] Mort [tué] m'a mes homes, ma terre degastée, ib. cxciv. || xifs. Là fu morz Oliviers et ses compainz Rolanz, Sax. v. Car cil qui pert bouor vaurroit mieux mors que lis [vif, vivant], ib- xxvi. Et mi dcscoiifort greignor [plus grands]. Dont je morrai sans retor,

Couei, I Car à trop grant dolor Muir [je meurs]

et languis; vostre pitié le sache, id. xi. Se nuls morist [mourut] pour avoir cuer dolent, m. xxii. Ce est la mort dont mieux morir devroie, id. 4 26. Et je, qui sui au morir, Ne sai qu'un mot, tant [je] le

désir: Merci, iD. iv Et jà de sa prison [je] Ne

quier issir se mors ou aimés non, id. xix. Nus ne vus demandums ne or ne argent; ne ne volum pas que huem de Israël i murged, Rois, p. 20). || xiii* s. Et après quant il vil ce, si l'estrangla et fist dire partout qu'il estoit mort de sa mort, viller. xcviii. Se bien ne vous prouvez [si vous ne vous comportez pas bien], de la douleur morrai, Derte, vu. Et oîrentque cil qui morut dist : il m'a mort, bealim. xxiix, <2. Encore se H lai [laïques] ne les ozoient penre [prendre] ou mors ou vis.... id. xi, 45. ici desus Se mon le biaus Narcissus, 2a Rose, me. Il xiv^s.Tarquin mourit à Cumes, behcheube, f°3b, recto On scet proprement C'une fois fault morir, se ne scet-on comment, Guewi. v. t58»7.||xv's. Monseigneur, sauve soit votre grâce ; nous ne voulons pas que Gaston muire; c'est vostre héritier, et plus n'en avez, froiss. ii, in, 43. La rivière qui queurt parmi la villa de Caen, qui porte grosse navire, estoit si basse et si morte qu'ils la passoient et ;-epassoient à leur aise, sans danger du pont, id. i, I, 272. Son neveu, le duc de Milan, se mouroit, COMH. vu, 6. Si fut tant csl)ahi qu'il devint mort comme terre, Perceforest, t. m, f" 4 45. Seifrneurs, dit le roy, j'ay ouy dire communément : va où tu veuli, meurs où tu doys, ib: t. i, f* 34. Le quel i£neas tant aymoit Dido, qu'il en mouroit, J. de Saintré, ch. 2. X bien mourir chascun doit tendre; X la fin faut devenir cendre, lb boux de lincy, Prov. t. II, p. 225. La punition et la peine devoit estre bien grande contre la dite dame, qui avoit esté cause de la faire ainsi mourir avant sa mort, Aresta amorum, p. 24 1, dans lacurne. || xvi* s. Courtine bien remparée par le dedans de grosse terre, où les boulets alloyent mourir, beaugué. Guerre d'Escosse, i, 4 0. Hais celuy qui premier, s'opposant à l'eltort Des vaillans ennemis, meurt d'une belle mort, bons. 933. Jamais des mîsles cœurs les louanges ne meurent, id. 933. Le ruj «;au duquel nous avons parlé estoit renforcé de la ch Jtte de deux eslangs, entre le.squels venoit mourir en bas une petite pleine triangulaire, d'aub. hist. I, »2J. Cet obstacle fut levé par l'authorité des grands, disans que la royne ne mouroit point, et partant fut ouverte la première séance, id. ib. i, 405. C'est pour en mourir [locution à la mode parmi le» courUsans, au temps d'Henri IV], il faut dire c«U en démenant les bras, branlant la teste, changeant de pied, peignant d'une main la moustache et d'aucunes fois les cheveux, in. Fœncsie, i, 2. Nous en avons veu plusieurs qui endurent estre fouettez jusques au mourir sur l'autel de Diane, AMVOT, Lyc. 37. Meurs toy maintenant, Diagoras, car ja ne mijnteras plus au ciel, id. Pélop. ai. j'en feus li mal que j'en cuiday mourir, mont. ii,58. La fleur d'aage »e meurt et passe quand la vieillesse •urvient ; le premier aage meurt en l'enfance, id. n, 378. Mourant, il se feit porter où le besoing l'appeloil, in. ui, »4. Le» ung- .-nouroient sans parler, les aultrc» parloient sans mourir; les un» te moufoyent en parlant, les »uUre» parloient en roou-

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rant, rab. Garg.i, 27. Et un bon mourir vaut mieux qu'un mal vivre, CHAKBON, Sagesse, i, 36. On ne peut mourir que d'une mort,LEHOux de liscy, Prnv. t. n, p. 362. Il n'en tastoit point, tellement qu'il mouroit tout en vie auprès d'elle, desper. Contes, t. Il, p. 47, dans LACURNE. C'est trop aimer, quand on en meurt, cotgrave. Le loup mourra en sa peau, qui ne l'escorchera, id. Envieux meurent, mais envie ne mourra jamais, id. Il commence bien à mourir qui abandonne son désir, m. Qui bien veut mourir, bien vive, id.

— ÉTYM. Bourguig. meurt ! wallon, mort, je moâr, je meurs, moron, mourant; Berry, mourer, mouîir; picard, mon'r; provenç. morir, mûrir; espagn. morir; portug. morrer; ital. morire; du latin fictif morm, tiré du latin mort, mourir.

4. MODRON (mouron), s. m. \\ i' Plante de la famille des primulacées, annuelle, très-commune, longtemps préconisée contre la morsure des animaux enragés [anagallis arvensix, £.). |{ 2° Mouron des oiseaux, dit aussi morgelino {alsme média, L.), de la famille des caryophyllées, plante inofTensive. Il 3° Mouron d'alouette, le céiaîste commun, ceras- (l'um vulgatum, Linné , caryophyllées. || Grand mouron, le séneçon. |j Le mouron d'eau, ou samole, samolus Yalerandi, primulacées.

— lllST. xiv* s. L'en donne aux petis oiseaulx mouron ou lasseron, Jfïfiiagier, ii, 6. ||xvi' s. iMourron désire bonne et grasse terre, humide, non sèche, 0. de serres, 8(3.

— ÉTYM. Wallon, moron; provenç. moderne, mourrmm, mourel ; portug. morrtâo. Origine incertaine. On a indiqué le vieux flamand muer, mucrkruyd, muyr, herbe croissant sur les murs; ce qui ne convient ni pour le sens ni pour la forme.

t 2. MOURON (mou-ron), s. m. Nom de la salamandre terrestre, en Normandie.

— HIST. XIV* 8. Les leisardes et les moronnes lessent leur dens en leur morsure, H. de hondeville, l°M.

— ÊTYji. Dérivé de more, à cause de la couleur foncée de l'animal.

t MOURONNET (mou-ro-nè), t. m. Variété de pomme.

— ÉTYM. Diminutif de mouron 2, exprimant une nuance foncée.

MOCRUE (mou-r"), t. f. Jeu d'Italie, qui consiste à montrer rapidement une partie des doigts levée et l'autre fermée, afin de donner à deviner le nombre de ceux qui sont élevés. S'être amusé par les cliemins, comme ces laquais qu'on envoie au vin et qui s'amusent à jouer à la mourre, ualh. Lettres,

— HIST. XVI* s. Les paiges jouoient à la mourre à belles chiquenaudes, hab. Pant. iv, 44.

— ÉTYM. Ital. morro, que Ménagefait venir de mtcoluro, parce que les Latins nommaient le jeu micare digitis. Mais morra est bien loin de micatura, et tout intermédiaire manque.

t MOURROY (mou-roi), *. m. Mourroy rouge, synonyme de la maladie dite sang de rate (voy. sang).

t MO0RVÈDE (mour-vè-d'), s. m. Voy. mataho.

I MOUSAUT (raou-zar), s. m. Nom donné en Anjou et en Vendée aux chênes ététés que l'on conserve dans les haies, et qui servent partout de clôtures aux champs.

I. MOUSQUET (mou-skè; le t ne se lie pas; au pluriel, l'jîselie: des mou-skc-z armés ; mousquets rime avec traits, paix, succès, etc.), s. m. Arme à feu qui était en usage avant le fusil, et qu'on faisait partir au moyen d'une mèche allumée. M. le duc de Villeroy eut avant hier deux boutons de son juste-au-corps emportés d'un coup de mousquet à la tranchée, PELLissoN, Lett.hist. L m, p. 33i, dans P0U0ENS. Laissez-là ces mousquets trop pesants pour vos bras, BoiL. Ép. iv. || Porter le mousquet, être soldat dans l'infanterie. Oh I par ma foi, monsieur le docteur, vous aurez la bonté de porter le mousquet dans le régiment de Champagne, dancourt, ta Gaielte, ic. lO. M. de Charost avait porté le mousciuet en Hollande sous mon grand-père, stsiM. 40, 4 48. Il Crever comme un vieux mousquet, ou,simplement,crever comme un mousquet, mourir d'excès de table, d'un excès d'embonpoint.

— HIST. XVI* 8 Car les hommes plus forts Sont

aujourd'hui tuez d'un poltron en cachette X coups du harjurbouze, ou à coups de mousquettc, bons. «30. Les mousquets poltrinals, que l'on ne couche en joue, à cause de leur calibre gros et court, mais qui se tirent de la poitrine, paré, Préf. ix. Les deux armées se mirent en l)alaille, l'une deçà, l'autre delà, i une bonne portée de mosquct seulement,

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LANOUE, 686. Il fit incontinent armer de mousquet* a« fonte trois pattaches, d'aub. llist. ii, 448.

— ÉTYM. Bourguig. motquat; wallon, mouskel, muskète; espiga.mosquete; ital. moschelto. Cen'csl pas autre chose que le mousquet, m osquel, émouchet. sorte d'épervier (voy. êmouciiet). On sait combien il est commun de donner des noms d'animaux aux armes, par exemple les fauconneaux, les couleuvrines.

t2. MOUSQUET (mou-skè), s. m. Nom de tapis de Turquie et de Perse, achetés à Smyrne, et entrant en France par Marseille.

MOUSQUETADE (mou-ske-ta-d') , t. f. || 1* Coup de mousquet, ou, par abus, de fusil. Charles XII, impatient de ne pais ahorder assez près, ni assez tôt, se jette de sa chaloupe dans la mer, l'épée à la main, ayant de l'eau par delà la ceinture; ses ministres, l'ambassadeur do France, les officiers, les soldats suivent aussitôt son exemple et marchent au rivage, malgré une grêle de mousquotades, volt. Charles XII, 2. |{ 2° Plusieurs coups de mousquets tirés à la fois ou continûment par des gens armés. Nous avons entendu une vive mousquetadc. |{ Vieilli dans les deux sens.

— HIST. XVI* s. En marchant, ceste cavallerie viendroit agacer les nostres, mais on lui donneroit tant de inousquetades, qu'elle s'escartcroit bien, LANoiE, 446. Non contens de les arrester, mais à toutes les fois les remenoicnt batlans à une mousquetade de leurs barricades, d'adb. Hist. i, 4 37.

— ÉTYM. Mousquet 4.

MOUSQUETAIRE (mou-ske-tê-r'), s. m. || 1* Autrefois, soldat à pied qui portait le mousquet; on dit aujourd'hui fusilier. || 2° Plus tard, deux compagnies de jeune noblesse, qui étaient distinguées par les noms de mousquetaires gris ou blancs et de mousquetaires noirs, à cause de la couleur de leurs chevaux, et qui faisaient partie des troupes de l.i maison du roi. Les mousquetaires donnèrent des preuves d'une valeur extrême; on n'en vit jamais reculer un seul; il en fut tué un grand nombre; et ceux qui restèrent avaient leurs épées faussées des coups qu'ils avaient donnés, et sanglantesjusqii'aux gardes, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 328, daiis pougens. Bientôt après, le roi distingua fort bien que ses mousquetaires avec leurs habits rouges étaient dans la demi-lune, id. ib. t. m, p. i"8. Ayant d'un côté la Barre, maréchal des logis des mousquetaires blancs, et de l'autre Reuillas, maréchal des logis des mousquetaires noirs, id. ib. p. 4 87. Il [Mazarinj marchait alors avec un faste royal, ayant, outre se» gardes, une compagnie de mousquetaires, qui a été depuis la seconde compagnie des mousquetaires du roi, volt. Louis XIV, 6. Ainsi donc, dit le roi, vous me croyez étourdi et léger comme un mousquetaire, GSNLis, Urne df ilaiiilenon, t. i, p. 24 1, dans rou- GENS.JI 3* Parbouironnerie. Mousquetaire à genoux, apothicaire, parce que, anciennement, les apothicaires administraient les lavements. Feu mon grandpore était mousquetaire à genoux, nouRSAULT, Iferc. gai. 1, 2. Il périssait faute de rendre, Lorsqu'un mousquetaire à genoux. Seringue en main, vient par derrière, Ode attribuée à Pirnn et composée en 1744, d J'f'poque delaconralesccnceduroi Louis XV, à Mell. Voilà tout bien appareillé. Le mousquetaire agenouillé, Et le malin corps en posture, piron, U Nex et les pincettes, conte. || 4* Se disait, au xviu* siècle, d'une partie de la coiffure des femmes appelée aussi fripon. Voilà la culebute , et là le mousquetaire, boursaclt, les ilôts à la mode, se. 4 5. La troisième [espèce de dorure] est un galon uni d'une largeur médiocre, sans lames ni feston», à peu près comme nos moustiuelaires, de pevsson- NEL, Traité sur le commerce de la mer Noire, i, 58. Il 5* S'est dit aussi des pièces de six blancs ou trente deniers.

— HIST. XVI* s. Lors Julian Roraero, qui menoit la leste, fit avancer Sarmicnto avec 700 mousquetaires, desquels l'invention commença par les Espagnols, d'al'B. Hist. Il, 68. Cette infanterie plus leste qu'aucune n'avoit encores esté veue, comme y aiant de.sjà en plusieurs compagnies vingt mous- (juetaires, id ib. n, 479.

— ÊTVM. Hlowiqitet 4.

MOUSQUETERIE ( mou-skè-to -rie ; bien que la syllabe que no soit pas accentuée, on la prononce kè), s. f.\]l' Anciennement, maniement du mousquet. Il entend bien la mousquetene. || 2° Décharge de plusieurs mousquets, et aussi de plusieurs fusils tirés en même temps. Ensuite la mousquelerie Ola du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la suriàce, volt. Ccmdxde, *.

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— REM. L'Académie devrait doubler le I, et écrire mousquelterie, ou mieux accentuer Ve.

— HIST. XVI* s. Medelin, connoissant sa résolution, faict affuster sa mousqueterie, qui deschargea à plomb de vingt pas dans l'esquif, d'aub. Mémoires, éd. LALANKE, p. 74.

— ETYM. Mousquet I.

MODSQUETOX (mou-ske-ton), t. m. || l" Espèce de fusil dont le calibre est celui d'un mousquet, mais dont le canon a moins de longueur. Le Cravatte avait le mousqueton haut, hamilt. Gramm. 5. Des cavaliers à pied [de l'armée qui revint de Prague] n'ont pu porter leurs plastrons, selles, bottes, manteaux, etc. ; ils ont même laissé leurs mousquetons pour prendre des fusils, alin d'être mieux en état de se défendre (1763), Corresp. de Louis XV et de Noailles, t. i, p. 38. |{ i' Se dit aujourd'hui du fusil de la cavalerie et de l'artillerie.

— HIST. xvr s. Plus de cent soldats avec des mousquetons, d'aub. Hist. m, 4 99.

— ÊTVM. Diminutif de mousquet (.

t MOCSS.\CHE (mou-sa-ch'),î. f. Farine du manioc, dite aussi cicipa; on s'en sert pour faire des pâtisseries. || Nom donné quelquefois à larrow-root.

— ETYM. D'après Nemnich, moussache ou viouchache est un mot des sauvages de la Guyane. Mais le P. Raymond Breton, dans son Dictionnaire caraïbe-français, ledonnecomme français; desorleciue M. RouUin est porté à croire que le mot n'est pas américain, et que peut-être il représente l'espagnol mucltacho, petit enfant : la bouillie para los muchachos.

t MOUSSANT, ANTE (mou-san, san-t'), adj. Qui mousse. De la bière moussante et du vin d'Espagne, iiAMjLT. Cramm. 1 1.

i. MOUSSE (Diou-s'), adj. Il 1* Qui n'est pas aigu ou tranchant. Certains ciseaux sontfaits exprès avec une branche pointue et l'autre ^lOu^se. L'on peut connaître l'âge du chien par les dents, qui dans la jeunesse sont blanches, tranchantes et pointues, et qui, à mesure qu'il vieillit, deviennent noires, mousses et inégales, buff. Chien. La cime de la montagne est une pointe mousse, coupée en pic du côté de la vallée de Chamouui, saussuhe, Voy. Alpes, t. m, p. 56, dans POHGENS. Il Terifie rural. Chèvre mousse, celle qui n'a point de cornes. || 2° Fig. Oui n'a pas de finesse. Quoique ma pénétration, naturellement três-mousse, mais aiguisée à force de s'exercer dans les ténèbres, me fasse deviner assez juste des multitudes de choses, ). ). rouss. Lett. d St-Germain, 26 févr. «770.

— msT. xvi* s. Cbascun de tous en son affaire à part Kst advisé et fin comme un renard; Et tous pnsemble estes grossiers et mousses D'entendement, kUtuT, Solon, 63. Yeux pleurans, moites ou mousses, PARÉ, IV, B. Les playes faites de choses lourdes, pesantes, obtuses ou mouces sont dites contusions, lu. vu, 2. J'ay l'esprit tardifet mousse, mont, il, 27. .Mes moeurs sont mousses et plustost lades que aspres, lo. m, 40,

— ÊTYil. Berry, masse; provenç. mos ; itaL moixo; du germanique: rhétiiue, mult,mutsch, émoussé; moy. haut-ail. muden, mutiler; holl. mot», émoussé. I>e radical germanique paraît être le même que dans le latin mui-ilus, mutilé.

2. MOUSSE (mou-s'), s. m. || 1° Jeune garçon qui fait son apprentissage du métier delà mer; il est en même temps marin et domestique. Mousse de proue. Mousse de poupe. Il [Kuyterj avait commencé par être valet et mousse de vaisseau; il n'en fut que plus respectable, volt. Louis XIV, <3. f^ S'emploie comme mjure, en parlant d'un marin d'un âge plus fait dont on veut dénigrer la capacité. || 2° Employé du bagne, qui fouille les forçats i leur entrée <i à leur sortie.

— HIST. XVI* 1. Pantagruel demandoit cependant à ung mousse de leur esquif.... bas. Pant. iv, 48.

— ETYM. Fsp. mozo; ital. moixo, jeune garçon: du lat. muslus, jeune, frais.

3. MOUSSE (mou-s'), s. f. || 1* Nom des plantes cryptogames cellulaires, à fructification apparente et k tiges distinctes, à folioles vertes ou autrement colorées, disposées régulièrement sur la lige, et offrant un rhi/.ome d'oil parlent des radicules ce!luliires. Onlcseùt vus sur la mousse, Lui, sa femme et maint petit; Ils n'avaie;it tapis ni housse. Mai» toui fort l)0n appétit, n jont. fa6i.v,7. Un ros.signol •ail faire son nid, et le construit quand il a trouvé (le la mous««, volt. Princ. d'action, cti. (2. X des parterres émailiès de f1<'urs succèdent de grands tapis do mousse et des gazons dont cent ruisseaux entretenaient la verdure, Diderot, Uém. L iv, p. 343, dans pouoF.NS. Une des qualités de la mousse est de retenir longtemps l'humidité, et do n'en re-

tenir que ce qui est nécessaire pour la végétation; c'est apparemment la raison pourquoi les plantes qui y croissent poussent de plus longues tiges que celles qui croissent dans la terre, bonnet, Hist. nal. Xém. Œiivr. t. m, p. 2 M, dans poigens. C'avait été le célèbre M. Gle.lilsch, de l'académie de Prusse, qui avait tenté le premier d'élever des plantes dans la mousse; je l'ignorais lorsque je tentai mes premières expériences, id. ib. p. 261. Dans les forêts prochaines La mousse épaisse et verte Abonde au pied des chênes, v. hugo, J«ï Voix intérieures, viii. Il Un lit de mousse, la mousse prête à recevoir ceux qui veiilents'étendre dessus. Le désir cherche un lit do mousse. Le monde est loin, l'herbe est si douce, BÉRANG. CÀampj. Il 2° Mousse de Corse, nom donné i un mélange d'ulves, de coralline, de diverses conferves et d'un grand nombre de fucus; elle est antiieiminthique. || La véritable mousse de Corse est la gigarline helminlhocorton (lloridées), appelée aussi coralline de Corse. || Mousse d'Islande, nom vulgaire du lichen d'Islande. || Mousse du Nord, le lichen des rennes. || 3* Mousse verte, mousse qui, pendant l'hiver et dans les temps humides, couvre les troncs d'arbre et les m»«rs exposés au nord. || Mousse aquatique, substance verte qui couvre les eaux croupissantes. La petite mousse produite par la moisissure est peutêtre la seule plante microscopique dont on ait parlé, BUFF. Hist. anim. ch. i, t. m, p. 2i. || Mousse, l'espèce de moisissure qui vient sur la tête des vieilles carpes, où il s'amasse parfois assez de limon pour que des plantes de la famille des conferves s'y développent. Il 4" Mousse terrestre, nom vulgaire du lycopode. || 5* Ëcume qui se forme sur l'eau et sur quelques liqueurs quand on les bal ou qu'on les verse de haut. La mousse du vin de Champagne. On vous sert un pot de bière en belétain, la mousse aux bords, beaumarcu. Uar. de Figaro, m, 5. Lorsque la liqueur est visqueuse, comme la bière, les bulles d'air, ne pouvant crever leurs enveloppes, emportent, en s'élevant, la liqueur en forme do mousse, brisson, Traité de physique, t. ii, p. (39, dans poucENS. Il Fig. Ksprit pétillant. C'est de l'aimable secousse De nos esprits enflammés Que naît la brillante mousse Par qui nos sens sont charmés, CIIAUL. à Ifme D. || 6° Chez los pruissiers, esjièccde ciême fouettée dans laquelle on mêle du chocolat, de la vanille, etc. || Fig. On n'oublia rion pour réaliser les soupçons [de janséirismej sur le curé, mais on ne truuva que do la mousse qui no put prendre, st-sim." 274. 203. || 7° Mousse pierreuse, espèce do polypier. Ijg" Mousse en haie, la fauvette babillarde. Il Proverbe. Pierre qui roule n'amasse pas de mousse, c'esl-à-dire il no faut pas changer constamment, il faut .se fixer, si l'on veut profiter.

— HIST. xiu* s. Kt la mesenge a empoignié Plain son poing de mouse etde foille, Ren. )77i. || xvi* s. Les gens de guerre estoient contraints do prendre de la mousse et de l'algue qui croist en la mer, amyot, Ces. as. Voyez ici feie Jan des Entommeures ; la mousse luy est creue on gousier par faulte de remuer cl exercer les badigouinces et mandibules, rah. Pant. iv, 49.

— f.TYM. Wallon, mosni ; nara. mosè, tnosia; provenç. mosxa; csp. musro, musgo; port, tnusgo ; ital. musco, muschio ; du laU muicu-v. L'italien et l'espagnol viennentdu latin mu.vcui. Le wallon vient d'un diminutif musccllus. Restent le français et le provençal, qui se rattachent plus directement à l'ancien haut-allemand mos, mousse. Mais là sans doute il y a eu confusion entre le radical germanique et le radical latin. On pourrait être tcnlé de séparer moajje, plante, do mousse, écume, et tirer celui-ci de l'allemand Mos; mais llos signifie seulement la plante et non l'éciirue; on peut donc penser que la mousse écume a été dite ainsi par une a.ssimllation do mollesse, de boursoufiure avec la mousse, plante.

MOUSsiï, ÉE(mou-sé,sée), part. posté de mousser. Qu'on fait mousser. La terre s'entrouvrait toutes les nuits pour vomir des ruisseaux bouillants de chocolat moussé, rta. l. xix, p. »u.

t MOUSSKAU (mou-sA), adj. m. Pain mousseau, pain fait av'cde la farine de gruau.

MOUSSELINE (mou-se-li-n'), f. f. || 1* KtofTo claire faite avec de» fils de coton trftn-fins entrecroisés que séparent des jours. Celle qui est d'un u.uge plus univorel et qui est plus particulière au Bengale, c'est la mousseline unie rayée ou brodée, raynal, Hist. phil. m, 30. i;'est aln<i qu'encore aujourd'hui les mousselines clés Indes conservent l'odeur des épiceries avec lesquelles on les embarque, uojtor.i, Inttit. Mim. hist. et lin. ane. I. iT,p. 26«, ||1* Par abus. Mousseline de lame, éloire de laine

mince et imprimée. || Mousseline de suie, ébiffe de soie très-légère. || 3° Terme de cuisine. Sorte de pâte composée de gomme adragante fondue et mêlée au jus de citron, qu'on dresse en rocher, en dôme, etc., et qu'on fait sécher à l'étiive. Hi" Chanterelle, espèce de champignon. || 5" Il s'emploie adjectivement, en parlant de porcelaines à pâtes très-fines ou de verres très-fins. Un service en verre mousseline.

— ÉTYM. ilosul, nom d'une ville considérable bâtie sur la rive droite du Tigre, où il se fait un grand commerce de cette sorte de toiles. Cependant le Dictionnaire des arts et métiers, en 1767, dit que Ics ouvrages faits avec le coton sont mousseux, ia:i;e que les bouts des filaments du coton paraissent sur les toiles qui en sont faites ; c'est cette espccode mousse qui a fait donner le nom de mousseline à toutes les toiles de coton fines, qui viennent des Indes; mais cette étymulogie ne rend pas compte de l'{ dans moKsse/inc. Ital. niussolina; angl. musHn.

t MOUSSELINETTE (mou-se-li-nè-f), *. f. Mousseline légère.

t MOUSSELINIER, lÈUE (mou-se-li-nié, niè-r'), s. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui fabrique de la mousseline. || Marchand, marchande de mousseline.

MOUSSER (mou-sé), v. n. || 1° S'élever en mousse. Faire mousser le ch-jCo!at. L'eau de savon mousse. Vin.... Tu disparais, et sous nos yeux Mousse un nectar digne des dieux, bérano. les Car. || Fig. et familièrement. Faire mousser, exagérer, faire valoir une chose au delà de sa valeur. Faire mousser un succès, un avantage. Faire mousser un sentiment si l'on peut parler ainsi, stael, Corinne, vu, (. Saint-Just s'écria : Je demande que Barère ne fasse plus tant mousser toutes ces victoires, BAiiÊnE, llnnoires, 1. 11, p. 149. || 2° Populairement. Écumer de rage. Ne moussez donc pas comme ça. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ETYM. Mousse 3 , n* 6.

MOUSSERON (mou-seron), s. m. Nom donné & plusieurs agarics comestibles, et principalement à l'agaric mousseron; il ressemble au champignon de couche par la couleur et la taille, mais il n'a pas de collier. Deux dindonneaux au coulis de mousserons et de morilles, volt. Taureau, 6.

— HIST. XIV* 3. Jehan et Perrin alerent ensemble par esbatement aux champs pour cuillir des moisserons, du canoë, massa. ||xvi* s. Aux truffes, nous accouplerons les mousserons, potirons ou boulets, pour cueillir en nostre jardin ces fruits passagers et volontaires, 0. de stRRF.s, 663.

— ETYM. Dérivé de mousse 3 ; ainsi nommé parce que ce champignon se trouve souvent sous la mousse.

t MOUSSEUONNE (œou-se-ro-n'), s. f. Variété do laitue.

— ETYM. Mousse 3.

t MOUSSEnONNiP.RE (mou-se-ro-niè-r'), «. f. Couche à champignons, à mousserons.

— ETVM. Mou.iseron.

t MOUSSEITE (mou-sô-t"),». /'.Variété dopomme.

MOUSSEUX, EUSK (mou-seû, seû-z' ), adj.

Il 1° Terme d'histoire naturelle. Plan tes mousseuses, plantes qui croissent en gazons touffus, ou qui ressemblent à des mousses. || Rose mousseuse, se dit abusivement pour rose moussue, rosedontle calice et la tige sont garnis d'une espèce de mousse, et ([ui est portée par une variété du rosier â cent feuilles. Il Agates mousscusus, agates qui renferment dos arborisations en forme de mousses. || 2" Qui mousse. Do la bière mousseuse. Pour que cette liqueur (le vin] soit la plus forte et laplusalcoolifère possible, il faut laisser entièrement dégager ce gaz [l'acide carboniqiiel; quand on lire le vin avant son déga^ gement complet, on a ce qu'on nomme du vin mousseux, et <|ui n'est pas terminé dans sa formenlatioii, rouKCRor, Connaiss. chim. t. viii, p. 12s, dans i-ouoENs.

— ETYM. Mousse s.

t JIOUSSIKR (mou-sié), ». m. || i' Herbier 1 mousses. L'oiihorboriscjnutilenientdans un herbier et surtout dans un moussier, si l'un n'a comniiMicé par herboriser sur la terre, ;. 1. Rotiss. Deux leiires à U. de il' sur les herbiers. || 2" /Idj. Carnillot moussier, silène acaulis, L.

— ETVM. Mousse 3.

MOUSSOIR (mou-soir), s. m. Ustensile pour faire mousser. On agite le mélange [ chocolat j avec un moussoir, en le faisant tourner rapidement entre les mains en sens contraires, et on le verse dans une tasse lorsqu'il est bien mousseux, Dict. des arts et met. Limonadier. Il donna lo moyen do préparer facilement de l'eau acidulée, en agitant, à l'aide de mouasuirs, de l'eau au dessus des cuvus

MOU

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MOU

où la biire était en fennentalion , podrcrot, Connais!, chim. 1. 1, p. 33, dans pougens. || Nom, dans les Vosges, d'un instrument pour la fabrication du fromage. ||Cylindre du papetier pour délayerlapàte.

— ÈTYM. Unusser.

MOUSSON (mou-son), ». f. || 1" Vents réglés et périodiques de la mer des Indes, qui soufflent sii mois du même côté, et les autres six mois du côté opposé. Ils [les Arabes] franchirent les montagnes qui séparent la région de Coromandel do celle du Malabar, et qui sont la cause des moussons; c'esl une chaîne de montagnes habitées aujourd'hui par les Maraltes, volt. Polit, et législ. État de l'Inde, v. Comme on ne navigue dans les mers de Chine qu'avec des moussons, il faut prévoir de trcs-loin les secours dont on peut avoir besoin, lapêrouse. Voyage, iv, p. <09, dans pouoens. || Adj. Dans l'Océan indien, entre l'Afrique et l'Inde, et jusqu'aux Iles Moluques, les vents moussons régnent d'orient en occident depuis janvier jusqu'au commencement de juin, BUFF. Ilist. nat. Preuv. terr. (h'uv. t. ii, p. 231. Il 2° La saison de ces vents. La mousson d'été. La mousson d'hiver. Le temps des maladies, qui commence ici ordinairement k la fin de la mousson de l'est, et les approches de la mousson pluvieuse de l'ouest, nous avertissaient de ne rester à Batavia que le moins qu'il Qous serait possible, BOucAiNviLLE, Voyage, t. ii, p. 33B, dans pougkns. Il 8''Kspéce de courant d'eau formé par des vents qui soufflent du même côté.

f.TYM. Port, mousào, monçâo, monsâo; ital.

monsone ; angl. monsonn ; de l'arabe mawsim, saison. Cependant on a dit, mais sans fondement, que mousson était le nom d'uu ancien pilote, qui, ayant traversé la mer des Indes, dans le temps où le vent y souffle pendant six mois du même côté, a donné son nom à cette espèce de vent périodique.

MOUSSU, UE (mou-su, sue), adj. Qui est couvert de mousse. Un arbre moussu. Le peuple de Saint- Louis regrettera ces basiliques toutes moussues, CHATEAUB. Génie, m, I, 8. Oue me font ces châteaux, ruines féodales, Si leur donjon moussu n'entend point sur ses dalles Un pas léger courir à côté de mes pas? v. hugo. Odes, v, i9. || Rose moussue,

TOy. MOUSSEUX.

— iiisr. xm' s. L'orde vielle, puant, mossue, la Rose, 4120. Les oreilles avoit mossues, Et treslotes les dents perdues, ib. 3ft5.||xv* s. Oreilles pendons et moussues, viLLoti, Regrets de la belle Ueaulnnjère.

— ÊTYM. Housse 3; Berry, moussé. On trouve, dans le xvi* siècle, moussu pour mousse, cmoussé. C'est une conTusion entre mousse, s. f.et niousie, adj .

■f MOUSSURE (mou-su-r'), $. f. Barba auLûur des trous des pots d» lef'^'

— KTYM. Housse 3.

MOUSTACUE (mou-sta-ch'), *. f. \\ V Partie de la barbe qu'on laisse pousser sur la lèvre supérieure. Pourvu qu'on soit morgant, qu'on frise sa moustache, RÉGNinB.Sal.iii. J'ai bonne opinion d'un jeune gentilhomme curieux d'avoir une belle moustache; le temps qu'il passe à l'ajuster et à la redresser n'est point du tout un temps perdu; plus il l'a regardée, plus son esprit doit s't'tre nourri et entretenu d'idées mâles et courageuses. Éléments de l'éducation (i«*ii), cité dans saint-foix, Ess. Paris, rue Saint-Marlin Quand un des campagnards relevant sa moustache.... bOW-Sat. m. Ijn nez fort épaté lui tombait sur une moustache rousse, le sage, Gil Blas, 11, 6. On porta des moustaches sous Louis XIV jusques vers l'an l«72, volt. Dict. phil. Barbe. Vn Polaque à moustache, à la démarche altiûre, lo. loi nat. 2. Retroussant ma moustache blonde, Sous un uniforme brillant, b£ranc. lldions-nous. || Familièrement. Brûler la moustache à quelqu'un, lui tirer un coup de pistolet à bout portant. || Fig. et familièrement. Sur la moustache, en bravant. L'on n'est point bien aise do voir sur sa moustache cajoler hardiment sa femme ou sa maîtresse, mol. Sicil. M. Quatre belles dans un carrosse, nousayantvus passer dans les nôtres, eurent une telle envie de nous revoir, qu'elles voulurent passer devant nous lorsque nous étions sur une chausséequi n'a jamais été faite que pour un carrosse; ce téméraire cocher nous passa sur la moustache ; elles étaient à deux doigts de tomber dans la rivière, sEv. <" ocl. (ii77. || Knle- »er (|uelque chose à quelqu'un sur la moustiche, ou •ous la mousuche, enlever quoique chose à quelqu'un en sa présence et malgré lui. Un fiiuncier Tiendra Qui sous votre moustache enlèvera la belle LA roii. Coupe. Afin qu'un jeune fou dont elle s'amouiacheMe la \ienne enlever jusque sur la mous- Uche, mol. Êc. des f. iv, (. || Populairement. Donner sur U moustach* àqualqu'uo, frapperquetqu'un

au visage. || On dit souvent par abus moustaches au pluriel, pour signifier seulement la moustache. Il 2° U s'est dit même de la barbe de la lèvre inférieure. La royale devint et fut assez longtemps la moustache à la mode, sous le règne de Louis XIV, SAiNT-FOix. Ess. Paris, Œuv. t. iv, p. (22, dans pouGF.NS. Il 3' Fig. Des moustaches, des soldats. Comme je n'ai pas dans ce monde-ci cent cinquante mille moustaches à mon service, je ne prétends point du tout faire la guerre, volt. Lett. Mme Denis, (8 déc. i7.t2. Il Vieille moustache, soldat qui a longtemps fait la guerre. |l 4" Nom donné aux poils longs et raides qui se trouvent implantés sur les lèvres de beaucoup d'animaux et notamment du chat. || Réunion de plumes ou de poils raides qui partent de la base du bec. || 5" Anciennement, nom donné à une grande mèche de cheveux qu'on faisait pendre d'un côlé. Il 6° Espèce de mésange, parus biarmicus , Linné ; on en fait aujourd'hui un genre moustache, myslacinus, lioié. Il y a aussi un roitelet moustache, regulus ignicapillus, Naumann. || 7° Nom d'une manivelle dont les tireurs d'or se servent pour tirer et dévider le fil d'or et de soie. || 8" S. f. pi. Terme de marine. Suspentes de la vergue de civadièro et delà vergue barrée.

— msT. XVI' s. U [Roland] en hume le sang [des sangliers] dont sa face est tachée ; Sa moustache en dégoûte.... desportes, Itoland furieux. Pour les charges de la cavalerie et à chaque moustache du front [il j avaitj quatre canons, que deux troupes de cavalerie descoiivroieiit à propos pour en païer ceux qui presentoient le combnt, d'aub. Jlist. m, 392. Il se relire en arrière soudainement, et luy baille une rude moustache, et, redoublant, luy donne un si fort revers qu'il lui fait tomber deux dents de la bouche, merlin coccaîe, t. ii, p. 88, dans LACURNB. Les moustaches que j'ay pleines, mont, i, ïS)2. Ce seroit pour lui bien hausser ses moustaches COTGRAVE. Vous voulez frapper sur le babil des femmes; gardez qu'elles ne vous donnent sur votre moustache, ciioLiÈRES, Contes, t. n, Après-dtn. v, p. (58, dans POUGENS.

— ETYM. Espagn. moslacho; ital. moijafcio; albanais, mustakcs; du grec ixOstoÎ, même sens.

t MOUSTAPU.V (mou-sta-fa) , s. m. Mot populaire pour dire un gros homme barbu, tiré sans doute d'un général turc de ce nom, dont de Thou parle souvent dans son histoire, liv. Lxxiii, et aussi d une confusion avec moustache.

+ MOUSTILLE (mou-sti-ir. Il mouillées), s. f. Terme de marchand de vin. Montant d'un vin légèrement gazeux et pétillant. Ce vin a de la moustille.

— ÉTYM. Lat. mustum, moût.

+ MOUSTILLIER (mou-sti-Ué, U mouillées, et non mou-sti-yé), s. m. Synouvme de moustiquaire.

MOUSTIQUAIRE (BQOu-sti-kè-r'), s. f. Morceau de gaze ou de mousseline claire dont on enveloppe son lit pour se préserver do la piqûre des moustiques.

— ËTYM. Moustique.

MOUSTIQUE (mou-sti-k'), j. m. Insecte voltigeant des pays chauds, dont la piqûre est douloureuse ; les moustiques sont des cousins, ordre des diptères.

— ETYM. Tiré, par inversion de lettres, de l'espagnol mosquito, diminutifdu lat. musca, mouche.

MOÛT (mou ; le» nose lie pas en conversation; au pluriel, l's se lie :des mou-z en fermentation),». m. Il l' Jus de raisin qui vient d'être exprime et qui n'a point encore subi la fermentation. Le moût surtout, lorsque le bon Silène Bouillant encor le puise à tasse pleine.... la font. Quinquina, ii. On dissout du moût cuit, du miel ou de la réglisse dans le vin où l'acidité se manifeste; par ce moyen nonseulement on corrige lo goût aigre.... cenlis, ifoison rust. t. m, p. 309, dans pougens. |I Cela n'a ni goût ni moût, se dit d'un potage ou d'un mets mal assaisonné; et, figurément, d'une narration, d'un livre. Il 2° Par extension, suc sucré extrait de divers végétaux et destiné ordinairement à la fermentation alcoolique. Du moût de bière.

— IllST. xiit' s. Quant roisin sont cuit u [au] vin novel, u quant il sont demouré en moust, alerrant, f* 62. Il XIV* s. Ainsi que un moust qui boust ou tonnel et par faulte de vent rompt la barre et le hondail.... A. chart. l' Espérance des trois vertus. Il XVI' s. Comme le moust bouillant dans un vaisseau poulsc à mont tout ce qu'il y a dans le fond, MONT. Il, »2.

— ÊTYM. Provenç. et catal. mo»»; espagn. et ital. mojlo; du lat. mustum : vinum mustum, vin nouveau, non fermenté ; comparez moussb 2.

t MOUTAN (mou-tan), t. m. Pivoine ligneuse originaire de la Chine, pœonia moutan, Sims, dite vulgairement pivoine en arbre, renonculacéus.

t MOUTARD (mou-tar), s. m. Terme populaire. Très-jeune garçon, quelquefois malpropre et bruyant. Moi qui n'avais que des filles! maintenant il va nous arriver des moutards, schibe et VARNER, Jeanne et Jeanneton, ii, 2. || Se dit aussi, par plaisanterie, des enfants en général, abstraction faite de leur .sexe et de leur caractère. || Quelquesuns disent au féminin moutarih.

— ETYM. Ce mot, qui paraît rccent, n'en est pas moins d'origine inconnue. Ampère dit qu'il y a dans le Tyrol un mot mut qui signifie enfant. Citons aussi l'espagnol murhacho, enfant, (jue nos soldats pourraient avoir rapporté en le corrompant.

MOUTARDE (mou-tar-d'), s. f.\\i' Composition faite de graine de sénevé broyée avec du moût, du vinaigre, ou quelque autre liquide. De trois choses Dieu vous garde, Uu bœuf salé sans moutarde. D'un valet qui se regarde, D'une femme qui se farde, Dicton dans BiciiKi ET. Pour faire les moutardes fines dont la saveur est sucrée, on emploie, au lieu de vinaigre, du vin muté fait avec du moût dont on a empêché la fermentation par le moyen du soufrage, et qui par ce moyen reste toujours doux et sucré, Dict. des arts et met. Vinaigrier. || Fig. Sucrer la moutarde, adoucir une réprimande, quelque chose de fâcheux. Cependant il vaut mieux sucrer noire moutarde : L'homme pour un caprice est sol qui se hasarde, biîgnier, Sat. u. || Fig. S'amusera la moutarde, s'occuper à des bagatelles, perdre son temps, attendu que la moutarde n'est dans un repas qu'un accessoire, un assaisonnement. || Il est fin comme moutarde, plus fin que moutarde, se dit d'un homme rusé. || La moutarde monte au nez, se dit au propre d'une sensation particulière qu'on éprouve dans le nez quand on prend un peu trop de moutarde; et fig. la moutarde lui monte au nez, il commence à s'impatienter de ce qu'on lui dit ou de ce qu'on lui fait. || Kig. C'esl de la moutarde après dîner, cela vient lorsqu'on n'en a plus besoin. Je lui ai envoyé le Cri du sang innocent, et cette diatribe dont vous me parlez ; tout cela est un peu de la moutarde après dîner; le jeune homme qui faisait crier le sang innocent (condamné par les juges d'Arras] n'a plus à crier; le roi [de Prusse] l'appelle auprès de sa personne.... volt. Leil. Laharpc, i!> août 1775, Il Fig. Le reste en moutarde, se dit quand un homme ne peut justifier à quoi il a employé de l'argent qu'il a reçu. || Les enfants en vont à la moutarde, se dit de quelque affaire qui est comjdétement ébruitée. Mais on ne laissa pas de publier ceci par tout ce pays, car mon compère ne fut pas secret, tellement que les enfants en vont aujourd'hui à la moutarde, Francion, liv. viii, p.sai. Avec son mariage qu'elle dit qui sera secret, et tout le monde en va à la moutarde, dancouht, le Charivari, H. || Par une plaisanterie grossière, le baril de moutarde, le derrière. En le lançant, il dit: prends garde! Je vise au baril de moutarde, la Suite du Virgile travesti, liv X 'il 2" La graine de sénevé [sinapis nigra, /..). || Farine de moutarde, graine de moutarde pulvérisée, avec laquelle on fait les sinapismes. Il Moutarde blanche, la graine ou semence du sinapis alba, qui est le double en grosseur de la noire, et n'en a pas la saveur acre et piquante. || Nom donné quelquefois à la plante même. Il y a des plaines commo la moutarde, les choux, etc. qui fournissent du sel ammoniac, buff. Min. t. m, p. 454.

— lllST. xiii* s. Car aquerre, s'il n'i a garde. No vaut pas un grain de moutarde, la Rose, (46tH. Il XV" s. En icelluy temps chanloienl les petits enfans au soir, en allant au vin ou à la mousiarde.... Journ. d'un bourgeois de Paris, an I4I3. Mais quant ce vint au fait de la despence, 11 reslraigiiit eufs, chandelle et moustarde, Et oublia pain, vin, char et finance: Tout se détruit et par défaut de garde, E. UESCU. Administration de l'hôtel duprincr. La demoiselle estoit plus fine que moustarde ; car, la merci Dieu, elle avoit rodé et couru le pays tant, que du monde ne savoil que trop, LOBis xi, Noiiv Lxxvi. Il XVI* s. Et en feut faicle une chanson, doiii les petits enfans alloyent à la moustarde, Rabelais, II, 21. Baveur comme un pot à moustarde, lehou» DE LlNCY, Prov. t. II, p. 303. Moi qui m'en vois, nv signerois facilement à quelqu'un qui veinst, ce qiu j'iipprcndsdeprudence pour lo commerce du monde ■ moustarde aprez disner; je n'ay que faire du bien duquel je ne puis rien faire, mont, iv, (68.

— ETYM. Bnurguig. moulade; wallon, moitddcllainaut, nwustage ; provenç. vioitanta; catal. mo.vtassa, mostaHa; espagn. mostaia; pnriug. et il.il mostarda; du lat. mustum, moût, et différents suffixes ; ce condiment est fait avec du moust.

t MOUTARDELLK (œou-lar-dè-1*), t. (. Espèce de

raifort que l'on mange quelquefois râpé, avec la viande.

— ETYll. Moutarde.

MOUTARDIER (mou-tar-dié; IV ne se lie 'amais; au pluriel, l's se lie: des mou-tar-dié-z en fi.. ..ce", s. m. Il !• Petit pot servant à mettre la moutarde. Les moutardiers seront marqués et contremarques au corps; le pied, anse et couvercle seront marqués du poinçon du maître, Règl. orfév. 30 déc. (679. Il 2'' Celui qui fait et qui vend de la moutarde. Il Fig. et familièrement. Il se croit le premier moutardier du pape, se dit d'un homme médiocre qui alTecte de l'importance. ||3' Martinet noir, oiseau. Il Grand moutardier, le moutardier des murailles.

— HlST. IV* s. Ungmoustardier, le tout d'estaing, DE LABORDE, Émaux, p. 4i)u. ||xvi' S. Aucun ne pourra faire fait de maistre buffelier, vinaigrier et ïioustardier à Paris qui... Ordonn. sept. (514.

— ÉTYM. Moutarde.

t MOUTAUDIX (mou-tar-din), t. m. Moutarde blanche.

t MOUTELLE (mou-tè-l'l, t. f. Un des noms vulgaires de la lotte et loche franche.

— ETYM. Lat. mustela, nom d'un poisson et de la belette.

MOÛTIER (mou-tié ; Yr ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des mou-tié-z antiques), s. m. Vieui mol qui signifie monastère et qui ne s'emploie plus que dans le style plaisant ou familier ou archa'ique. Puis au moûlier le couple s'alla rendre, la font. Gag. Il Fig. Il faut laisser le moûtier où il est, c'està-dire il ne faut rien changer aux usages reçus.

— REM. L'Académie écrit moud'er sans circonflexe.

— lllST. n' s. [Ils] Enfouiront nous en aitres de musliers, Ch.de floi.o XX. |l xii's.Ansëys [ilsj couronerent a Saint Denis mostier, Sax. iv. || xm' s. Et s'ils sont escommenié et il voelcnt entrer el moustier malgré leprestre....BEAUM.i,ï8. jl xiv's.Dieucommande i aler au moustier et malin lever ; et la gloutonie ■ lit : il me faull dormir, je fus hier yvre; le moustier n'est pas lièvre, il me attendra bien, héiiagier, i, 3.

— ETYM. l'rov. moslier, momslier: portug. mosteiro : du lat. monasterium. Dans l'ancienne langue, moustier avait aussi l'acception d'église.

MOUTON (mou-ton; \'n ne se lie pas: un mouton en chair; au pluriel, l'i se lie : des mou-ton-z en chair),*, m. Il 1* Bélier châtré que l'on engraisse. Il tourne à l'entour du troupeau, Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau, la font.

I util, u, )6. Eh bieni manger moutons, can.iille, sotte espèce, Est-ce un péché? ID. Fabl. vu, t. Le ciel y avait répandu (sur le visage d'une fille d'honneur] certain air d'incertitude qui lui donnait la physionomie d'un mouton qui rcve, hamilt. Gramm. ». Dans les terrains secs, dans les lieux élevés, où le serpolet et les autres herbes odoriférantes abondent, la chair du mouton est do bien meilleure qualité que dans les plaines basses et dans les vallées humides, buff. Quadrup. t. I, p. î*<. Quand au mouton bêlant la s mbre boucherie Ouvre ses cavernes de mort. Pauvres chiens et moulons, toute la bergerie Ne s'informe plus de son sort; Les enfants qui suivaient ses ébats dans la plaine.... Sans plus jicnser à lui le mangent s'il est tendie, A. CHÊN. ïambe ii. On évalue à peu près à huit livres l'herbe qu'un mouton peut manger, cenlis, Maison ruit. t. i, p. 260, dans pougens. On sait que les moutons nourris de luzerne ont la graisse de couleur jaunAtre et d'un goût désagréable, el que ceux qui mangent du trclle ont aussi la graisse jaunâtre, mais de bon goût, d'aubenton, Inslit. J/t-m. tcienc. l. I, p. i8(. Partout où j'ai, comme un mouton, Oui laisse sa laine au buisson, Senti »e dénuer mon âme, A. de musset, Poésies nouv. Nuit de décembre. || Populairement. Mouton de Berry, homme qui a quelque marque sur le nez.

II Kig. Il cherche cinq pieds i un mouton, se dit d'un homme qui veut tirer d'une chose plus qu'elle ne peut fournir. || Se laisser égorger comme des moutons, n'opposer aucune résistance contre les gens qui tuent. On se disait Ir'S uns aux autres [entre protestants durant les première» persécutions] que "<? l.-iisser égorger C(jmme des moulons sans se dé-

rc, ce n'éiait pas le métier de gens do coeur,

I . Var, X. Il 2* La viande de mouton. Le mouton rst une viande noire. Les Egyptiens de Thèbcs ne mangeaient point de mouton, parce qu'ils adoraient Ammon stjus la figure d'un bélier, fleury, Uauri de$ Itraél. tit. vin, 2* pari. p. <J4, dans pouoens.

II Sentir l'ép mie de mouton, se dit do ceux dont les aisselles scnltnl mauvais; locution tirée de ce que les é|iaules de mouton, el, en général, U viande de moulou a une odeur de bouc, quand les béliers ont

MOU

été châtrés trop tard. {| Il ne jette pas les épaules de mouton toutes rôties par les fenêtres, se dit d'un avare. {{ 3* En un sens plus général, béliers, brebis, et agneaux, réunis en troupeau. Troupeau de moutons. Hélas! petits moutons que vous êtes heureux! Vous paissez dans nos champs, sans souci, sans alarmes, deshouuères, les Uoutons. Qu'est-ce donc que ce drôle de fou qui traite le public comme Ajai traitait ses moulons, et qui tombe sur lui en furieux 1" VOLT. Utt. Damilarille, 6 déc. )7>12. Les moutons vivent en société fort douce, leur caractère passe pour très-débonnaire.... la république des moutons est l'image fidèle de l'âge d'or, ID. Dict. phil. Lois, 3. Robert, enfant de mon village, Uelourne garder tes moutons, béhang. Vieux capora/. Fig. Revenons à nos moutons, revenons à notre sujet; locution tirée de la farce de Patelin, où M. Guillaume embrouille sans cesse son drap et ses moutons. Or, laissant tout ceci, fje] retourne à mes moutons, bégnier, Sot. il. Laissez-là ce drap et cet homme, et revenez à vos moutons, brueys, Avoe. Fat. m, 2. Il ne s'agit pas, monsieur, des idylles et des moutons de Mme Deshoulières; revenons aux nôtres, s'il vous plaît, genlis. Ad. et Thcod. t. i, p. 282, dans poucENs. Il Sauter comme les moutons de Panurge, se dit des gens qui font une chose par esprit d'imitation; locution tirée de Rabelais, représentant Panurge, qui, pour se venger de Dindenault, lui achète un mouton et le fait sauter pardessus bord dans la mer : tous les autres moutons sautent après lui et le marchand de moutons se trouve ruiné. ll Fig. En vrais moutons, comme des moutons, en imitant niaisement ce que font les autres. Quelques imitateurs, sol bétail, je l'avoue, Suivent en vrais moutons le pasteur de Mantoue, LA font. Po^s. m^(. Lxx.On fut sans ordre et comme des moutons, chez les princes et princesses du sang, ST-siM. 324, 242. Il 4» Terme de zoologie. Genre de mammifères rummants à cornes creuses. Il 6° Peau de mouton préparée. Reliure en mouton. Il 6* Fig. Personne douce, traitable. Les commiss.1 ires d'aujourd'hui Sont des moutons auprès de lui [Riiadamante], SCABR. Firg. Ti. Parlai [l'amour] les loups deviennent des moutons. Ut font. Court. Angélique : Il est fâcheux d'être contrainte d'oublier de telle» injures; mais, quelque violence que je me fasse, c'est à moi de vous obéir. — Claudine : Pauvre mouton I mol. Georg. Dandin, iii, I4. J'ai trouvé le moyen d'apprivoiser le dialde; j'en ai fait un mouton, DESTaucHKs, Ilomm. sing. u, 2. Je veux croire que ton docteur est un homme de bien; mais l'Éternel nous permet de nous défier de ces étrangers; s'ils sont moutons à Bénarcs, on dit qu'ils sont tigres dans les contrées où les Européens se sont établis, volt. Amabed, Réponse de .Shastasid. |!7* Fig. Homme aposté par la police près d'un prisonnier, pour gagner sa confiance et découvrir son secret. On mit près de lui un mouton pour le faire parler. Cet éloquent tribun n'était autre chose qu'un mouchard, ce qu'on nomme en langage d'argot un mouton, chargé de faire jaser les délenus, CH. DE BERNARD, Un llomme sérieux, § xv. || 8" Masse de fer , ou gros billot de bois armé de fer, qui se lève à bras ou & machine, et qui, retombant, sert à enfoncer des pilotis, des pieux; ainsi dit parce que le mouton donne des coups avec sa tête; c'est l'ana-

10 ;ue du bélier. || Terme d'arcbileclure hydraulique. Eau qui tombe rapidement par une rigole et qui, trouvant tout à coup un obstacle, se relève en bouillonnant. H 9* Pièce de bois dans laquelle on fait entrer les anses d'une cloche, pour la suspendre.

11 Moutons d'un carrosse, se di.sail, avant l'usage des ressorts, des pièces de bois, posées d'aplomb sur l'essieu, auxquelles on suspoudail la caisse de la voiture. Bois de charronnage.... pour une voie compos(''e de 75 moutons de trois pieds cl demi de long entrant par eau, eutdù <0« <2* «', /MJar. si oct. 17 15, (an/'. Il Pièce qui descend avec la vis de la presse i papier. || Terme de marine. Arbre en fer qui supporte la cloche du bord. || Ancien terme de marine. .Nom d'un cordage servant Ji manier l'anlenno. || 10* S. m. plur. Vagues écornantes, ainsi dites à cause de la blanclicur do l'écume, comparée â une toison blanche. || 11* ferme de pèche. Petit tas de morues qui ont reçu 4 ou 6 soleils. |i 12* Mouton du Pérou, nom duni.é autrefois au lama. Il Muuloa du Cap, ou, simplement, mouton, nom vulgaire donné aux albalros parce que, aux environs du Cap de Donne-Espérance, à la surface de la mer, leur plumage blanc les fait ressembli r à U frisure de U uino (diomed^a exutant, Linné, palmipèdes). Il Mouton marin, espèce de poisson, il 13' 'l'eroie d'architecture, tjucue de tuoulon, or-

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ncment en forme de grosse guirlande autour des médaillons. 1| 14° Nom donné par les ouvriers à des congestions locales qui se forment quand des hommes font, sans y être habitués, pendant longtemps de grands efforts musculaires, et qui dessinent les muscles les plus fatigués; par exemple, quand un apprenti forgeron cogne toute une journée sur son enclume, le mouton survient à l'épaule ; quand un apprenti terrassier se courbe et se redresse successivement toute une journée, le mouton survient au dos. 1| 15° Nom d'une ancienne monnaie d'or de France, qui portait d'un côté l'image de saint Jean-Baptiste, et de l'autre celle d'un agneau, avec Ecce Agnus Dei pour légende; dans le courant du XV* siècle, elle valait 7 i'r. 85. || 16° Pain de mouton, très-petit pain dont la surface était couverte de grains de blé, et que l'on donnait aux entants comme une friandise. || 17° Xd;'. Mouton, moutonne, qui appartient aux moutons. Caractère mouton. Elle a l'air doux, je crois qu'elle n'a pas de malice, elle a une figure moutonne, genlis, TMdt. d'éduc. le Bal d'enfants, u, s. {| La gent moutonne, les moutons. {\S.f. liloulonne, se dit comme terme familier de caresse à une jeune femme. Me voilà de retour, moutonne; et tu seras mariée dès ce soir, comme lu le souhaites, dancourt. Colin-maillard, se. !!3. Il S. f. Moutonne, coifluiede femmes qui a été longtemps en usage, et qui consistait dans une tresse de cheveux frisés et fort touffus, qu'elles se mettaient sur le front.

— HlST. xii* s. Li mont s'esledecerent [se réjouirent] sicume multun fort'eto], etli tertre sicume li aigne! des oeilles [ouailles, brebis]. Liber psalm. p. 475. Le multon«qu'il volt tuer. Rois, p. 50. As set pis que cil firent qui l'arche porteront, l'um sacrifiout un buef e un multum en l'onurance nostre Seigneur, l'b. <4i. || xiii* s. 11 ont les greigneurs [les plus grands] moutons du monde , MARC pol, p. 031. Je voel mangier char de mouton, Ctir. de Jtains, p. no. ||xiv* s. Cue la lune ne soit pas en signe rungant [ruminant], si cum mouton [aries], torel, capricorne, n.DE mondeville, f° <oo. Et sachiez qu'il a empruntez pour nous [Jean, roi de France, prisonnier] â Xxjndres la somme de mil et xliiii moutons,'iWJ. de iean, dans Uist. litt. de Fr. t. xxiv, p. «76. ||xv*s. L'en cognoist bien le monton àla laine, e. desch. Poésies mss. t' 218. Il avoit, en eux prenant, une belle journée et une belle aventure de bons prisonniers, pour avoir cent mille moulons [monnaie], froiss. i, i, 272. De tels engins de canons, de bombardes, do truies e de moutons se metioient en peine ceux de Oand de adonimager ceux de Oudcnarde, lo. Il, II, 461. Sus, revenons à ces moulons? Qu'ea fut-il? /"olciirt. Or revenons à nos moulons: Ma personne fusl descendue; Et, pour faire les comptes rons, Je veys ma dame emmy la rue, coouillart, le Monologue de la botte de foin. \\ xvi*8. A peine de l'amende de trois livres parisis pour chacune beste, dix moutons n'estant pris que pour une vaclie,A'ouv coust. génér. t. i, p. 547. Chair de mouton, manger do glouton, LEROUX DE lincy, Prov. t. 1, p. )H6. Vous avez nom Robin Mouton; voyez ce mouton-là, il a nom Robin comme vous, rab. iv, 6.

— ETYM. Bourg. m(5(oii; provonç. moUo, mu2to, moto; cal. moltà; ital. moltuue cl monlone; bas-lat. multonem, moltonem, mutilonem. L;i forme primitive a unei: malt.... On a dans le celtique : gaél. mult; kimry, molli; irl.moil; bas-breton, maoud, bélier; Cornouailles (texte du ix* siècle), mnll. On objecte à cette élyinologie que moU parait isolé dans les langues celticiues, et n'a rien qui l'explique. Diez cherche une etymologie latine : le dialecte des Grisons a mult, châtré, qu'on lire, par inversion de» lettres, du latin m«(«iu», mutilé; II rapproche le provençal moderne cabro mouto, chèvre i laquelle on a enlevé les cornes (toutefois, pour ce mot, voy. MUTÉ). À cela on objecte que multon s'est dit coiLStaroment pour bélier, avant l'introduction de biHier, laquelle est assez réicente ; ce qui va mal avec le sens do mutilé,. De plus toutes les langues celtiques ont le même mot pour bélier; c'est un indice [mur croire que le mot y est indigène. Ain li l'etymologio incline vers le celtique.

\ âlOUrONNAILLK, (mou-to-nl II', Jt mouillées), s. f. S'est dit, par plaisanterie, de ceux qui se laissent toujours conduire par l'exemple.

— HlST. XVI* s. Moutonnaille, cotgrave.

— ETYll. Mouton, et la finale péjorative aille. MOUTO.NiNfi, r.E (mou-to-né, née), par(. passé a»

moutonner. Il 1" Frisé comme la laine du mouton. M. de Turenne, qui était vêtu fort simplement, m'en railla devant le caidinal, el ma dil que j'étais biua

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