GUER. NOUV. XLVII
— ÊTYM. Lat. ineulpabilis, de in.... I, et culpa- 6t7tî(voy. coupable).
+ INCODRANT, ANTE (in-kou-ran, ran-t' ), adj. Terme de commerce. Qui n'a pas de cours. Papier incourant, effet qui ne peut s'escompter.
— ÉTYM. In.... I, et courant.
t INCOURBÉ, ÉE (in-kour-bé, bée), adj. Droit; qui n'est point courbé. Un vieillard incourbé.
— ÉTYM. In.... 4 , et courbé.
INCRASSANT, ANTE (in-kra-ssan, ssan-t"), adj
Terme de médecine. Médicaments incrassants, médicaments auxquels les humoristes attribuaient la propriété d'épaissir le sang ou les humeurs. || S. m. *«s incrassants sont les opposés des incisifs.
HIST. XVI' s. La maniera de vivre sera froide, numide et incrassante, paré, v, *2.
— ÉTYM. Lat. incrassantem, de incrassare, épaissir, de m. ... 2, et croiiore, épaissir(voy. crasse, adj.) .
t IJSCRÉABLE (in-kré-a-bl'), adj. Qui ne peut être créé. La matière est incréable, par conséquent incréée, par conséquent éternelle, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 30 nov. mo.
— ËTYM. In.... *, et créer.
INCRÊDIBILITÉ (in-kré-di-bi-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est incroyable. L'incrédibilité de ce fait, de cette opinion.
— ÊTYM. Lat. inr.redibilitalem, de incredibilis, in.... 1, et credibilis, croyable, decredere, croire.
INCRÉDULE (in-kré-du-l'), adj. || 1° Qui n'est pas crédule. Esprit incrédule. || 2° Qui ne croit pas. Étant incrédules à la parole du Seigneur notre Dieu, vous murmurâtes dans vos tentes , saci. Bible, Deutér. I, 28. Il 3°Qui n'a point la foi théologique. Incrédules, les plus crédules : ils croient les miracles de Vespasien, pour ne pas croire ceux de Moïse, pasc. Pensées, art. xxiv, 99, édit. havet. || Substantivement. C'est qu'en effet il manque un sens aux incrédules comme à l'aveugle; et, ce sens, c'est Dieu qui le donne, boss. Anne de Gons. Il n'y a plus qu'un seul prodige que j'annonce aujourd'liui au monde; 6 ciel, ô terre, étonnez-vous à ce prodige nouveau! c'est que, parmi tant de témoignages de l'amour divin, il y ait tant d'incrédules et tant d'insensibles, ID. ib. Et ce royaume.... devenu.... le théâtre d'honneur des philosophes et des incrédules, mass. Carême, Mot. de convers.
— HIST. XV' s Et menaçoient encore les incrédules grandement sainte Eglise et la chrestienté, FROiss. I, I, 60. Il est incrédule, et a erré contre la loy longtemps a, et n'adefoy nequeun vieil chien, memard, Ilist. de B. du Guesclin, p. <»8, dans lacurne.
— ÉTYM. Lat. incredulus, de in.... *, et credulus, crédule.
INCRÉDULITÉ (in-kré-du-l i-té) , s. f. || 1' Répugnance à croire. Je voudrais vaincre enfin mon incrédulité, RAC. Brit. m, 6. Il 2° Manque de croyance pour les choses théologiques. Elle gémissait dans son incrédulité qu'elle n'avait pas la force de vaincre, BOSS. Anne de Gonx. Qu'est-ce donc après tout que leur malheureuse incrédulité, sinon une erreur sans fin, une témérité qui hasarde tout, un étourdissement volontaire, eu un mot un orgueil qui ne peut
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souffrir son remède, c'est-à-dire qui ne peut souffrir une autorité légitime ? id. ib. Des enfants d'incrédulité que Dieu a livrés à la vanité de leurs pensées, MASS. Carlme, Vérité de la rel. Je dis.... que le parti de l'incrédulité, loin d'être le parti de la force d'esprit et de la raison, est celui de l'égarement et de la faiblesse, id. ib.
— HIST. X' s. Per judasos, porquant il en celé duretie [dureté] e en celé encredulitet permessient [demeurassent], Fragm. de Valenc. p. 489.
— ÊTYM. Provenç. incredulitat ; espagn. incredulidad ; ital. incrédulité ; du lat. incredulitalem, do incredulus, incrédule.
INCRÉÉ, ÉE (in-kré-é, ée), adj. Qui existe sans avoir été créé. Quand Dieu aurait des parties, elles ne seraient pas faites; car le créateur, l'être incréé ne serait pas composé de créatures, boss. Hist. 11, <. Une trinité créée que Dieu fait dans nos âmes nous représente la Trinité incréée, que lui seul pouvait nous révéier, id. Élevât, sur myst. 11, e. Le Verbe de Dieu , ce Verbe incréé , mais fait homme pour sauver les hommes, bourdal. Myst. Nativ. de J. C. t.i, p. 27. ô morti ô destinée! ô Dieu de la lumière I Créateur incréé de la nature entière, VOLT. Guèbr. ni, 5. Le Chinois prétend que la matière est éternelle, infinie, incréée, dider. Opin. des anc. phil. {Malebranchisme).\\ Chez les chrétiens, la sagesse incréée, le Fils de Dieu. || Substantivement. L'incréé, ce qui n'est pas créé. Un degré de perfection acquis conduira par lui-même à un autre degré, et, parce que la différence du créé à l'incréé, du fini à l'infini est infinie, ils tendront continuellement vers la suprême perfection sans jamais y atteindre, bonnet, Paling. xxii, 7.
— ÊTYM. Lat. increatus (quichehat, Addenda), ào in.... t, et creatus, créé.
t INCRÉMENT (in-kré-man), s. m. Ancien terme du calcul des fluxions ou calcul différentiel. La quantité infiniment petitedont croît une quantité. Newton a montré le premier que l'incrément naissant d'une quantité mathématique est moindre que la plus petite assignable, volt. Phil. Newt. inst. phys. Expos.
— ÉTYM. Lat. incrementum, accroissement , de in.... 2, et crescere, croître. Paré, xxii, iO, l'a employé au sensd'augment [d'une maladie].
t INCRIMINABLE (in-kri-mi-na-bl'), adj. Terme de jurisprudence. Que l'on peut imputer à crime; que l'on peut incriminer. Action incriminable.
+ INCRIMINATION (in-kri-mi-na-sion),s.f. Terme de jurisprudence. Action d'incriminer; état de la personne incriminée. Essayez de faire une loi contre le duel, et vous aurez à créer non-seulement une incrimination nouvella, une pénalité nouvelle, mais peut-être encore une juridiction nouvelle ou plutôt renouvelée à l'image de celle qui existait autrefois, dupont-white, l'Individu et l'État, 2' édit. p. 76.
— ÉTYM. Incriminer. Incriminatio se trouve dans le latin, mais avec un sens contraire : justification, innocence , in y signifiant non , et non pas en.
INCRIMINÉ, ÉE (in-kri-mi-né, née), part, passé d'incriminer. Ses actions incriminées par ses ennemis. Il Substantivement. L'incriminé.
INCRIMINER (in-kri-mi-né), t). o. Accuser quelqu'un de crime; imputer une chose à crime. Incriminer quelqu'un. On incriminera sa conduite.
— ÉTYM. Provenç. encrim,inar; du latin in.... 2, et criminari, faire un reproche, accuser.
t INCRIMINEL, ELLE (in-kri-mi-nel, nè-l'), adj. Qui n'est point criminel.
— ÉTYM. In.... 1, et criminel.
f INCRISTALLISABLE (in-kri-sta-li-za-bl') , adj. Terme de physique. Qui n'est pais susceptible de cristalliser. Le sucre de canne et le sucre de betterave cristallisent très-bien ; le sucre de raisin est incristallisable.
— ÉTYM. In.... t, et cristallisable.
t INCRITIQUABLE (in-kri-ti-ka-bl'), adj. Qui est à l'abri de la critique.
— ÉTYM. In.... i, et critiquer.
t INCROCHETABLE (in-kro-che-ta-bl'), adj. Qui ;ne peut être crocheté. Serrure incrochetable.
— ÊTYM. In.... t , et crocheter.
INCROYABLE (in-kro-ia-bl'; plusieurs disent in-
kroi-ia-bl') , adj. || 1° Qui ne peut être cru, ou qui est diffiqile à croire. Un accident étrange et qui semblera incroyable à ceux qui ne l'ont point vu, voit. Lett. 9. Tout ce que tu me dis. Euphorbe, est incroyable, corn. Cinna, i\i, 'i. Il n'est pas incroyable que cela puisse être, boss. Connaiss. m, <4. Est-il incroyable que Dieu aime, et que labonté se communique? id. Anne de Gonx. C'était de tous les mystères [le sacrifice de la messe] celui qui lui paraissait le plus incroyable, u>. ib. Le crédit de la
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reine obtint aux catholiques [d'Angleterre] ce bonheur singulier et presque incroyable d'être gouvernés successivement par trois nonces apostoliques.... id. Reine d'Anglet. Que présage, Mathan, ce prodige incroyable? bac. Ath. 11, 5. On sème de sa mort d'incroyables discours, id. Phèdre, u, i. Le célèbre Galilée, ayant.su profiter de l'invention des lunettes d'approche, a le premier aperçu dans le ciel des choses qui ont passé longtemps pour incroyables, rollin, Hist. anc. t. xiii, liv. xxvii, ch. 2, p. 472, dans POUGENS. Il vit que la plupart des auteurs n'avaient voulu écrire que des mensonges agréables et étonner leurs lecteurs par d'incroyables aventures, volt. Déf. de mon oncle, chap. ix. Il faut toujours avec le vulgaire prendre le parti le plus incroyable, ID. Dict. phil. Alcoran. jj Incroyable à. Tant de harangues.... qui nous sont presque incroyables, FÉN. Lett. à l'Académie, iv. {| Impersonnellement. Il est incroyable, on ne saurait croire, imaginer. Il est incroyable combien cet homme-là fait de choses. || Substantivement. L'incroyable, ce qui ne peut se croire, le merveilleux. Il faut de l'incroyable, il faut du fabuleux Pour les héros et pour les belles, st-evremond, dans richelet. || Il est incroyable toutes les sottises qu'ils font, Dict. de l'Acad. (qui donne cette phrase suspecte pour familière). || 2° Par exagération, qui passe la croyance, excessif, extraordinaire. Qui pourrait exprimer par quels faits incroyables Son bras se signalant pour la dernière fois.... bac. Mithr. v, 4. Étrange destinée et revers incroyable, volt. Orph. i, 4. Le goût fait chaque jour des progrès incroyables, gbesset. Méchant, II, 7. Il 3° En parlant des personnes. Etrange, ridicule. Cet homme est incroyable avec ses prétentions. Il S. m. Nom donné aux peuts-maîtres sous le Directoire, parce qu'on les entendait s'écrier à tout propos : c'est vraiment incroyable, et parce que leur costume était tellement exagéré qu'il dépassait la croyance commune. || U s'est dit aussi des femmes d'une élégance outrée. Une incroyable.
— HIST. xv s. Je veiz [vis] choses increables du froit, COMM. II, 44. Il XVI' s. Une emblemateure en laquelle estoyt, en eleguance incroyable, représentée la bataille de Bacchus contre les Indians, rab. Pant. V, 38. La malignité da ce Theophunes n'a pas tant rendu cela croyable, comme le naturel dePompeius l'a fait tenir pour incroyable, amyot, Pompëc, 70. Ces choses là.... nous les trouverions autant ou plus incroyables qu'aulcunes autres, mont, i, 201.
— ÊTYM. In... i, et croyable. On a dit aussi autrefois incredible.
INCROYABLEMENT (in-kro-ia-ble-man; plusieurs disent in-kroi-ia-ble-man) , adv. Terme familier. D'une manière incroyable, excessivsment.
— HIST. XV' s. Le lieu où une des Sibylles autrefois enseigna à un empereur, qu'il y avoit un souverain maistre qui estoit incroyablement plus que luy, ANDRÉ 'JE LA VIGNE, Voyage de Naples de Charles VIII, p. 4 23, dans lacurne. ||xvi' s. Incroyablement aise de l'assurance qu'il avoit qu'il seroit le très bien venu, carl. 11, 7.
— ÉTYM. Incroyable, et le suffixe ment.
■j- INCROYANCE (in-kro-ian-s'), s. f. État de celui qui n'a point de croyance. L'athéisme et le matérialisme ne furent plus la base de la croyance ou de l'incroyance des jeunes esprits, chateaub. Mém. t. IV, p. 53. Qu'est-ce qui livra la noblesse de France sans défense et sans contre-poids aux séductions de l'incroyance? vicomte de meaux, le Correspondant, Nouvelle série, t. m, p. 278.
— ÉTYM. Incroyant.
t INCROYANT, ANTE (in-kro-ian, ian-t'), adj. Qui est dans l'incroyance. Quand M. de Tocqueville abordera la Révolution même, il se trouvera forcément en face de cet esprit passionnément incroyant et destructeur [esprit révolutionnaire], vicomte de meaux, le Corresp. Nouv. sér. t. m, p. 282. || Substantivement. Les incroyants.
— ÊTYM. In.... 4, et croyant.
\ INCRUSTANT, ANTE (in-kru-stan, stan-t'),a((;. Qui couvre un corps d'une croûte plu» ou moins épaisse. Il y a des sources incrustantes.
INCRUSTATION (in-kru-sta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\l' Action d'incruster; le résultat de cette action. Les mosaïques se font par incrustation. Le palais du roi Mausole à Halicarnasso est la plus ancienne maison où il paraisse qu'on ait fait usage de ces incrustations de marbre qui en faisaient un des plus grands ornements, rolljn, Hist. anc. Œuv. t. xi, 4" part. p. 76, dans pougens. Il 2° Action de former une croûte sur un corps. jjEnduit pierreux qui se forme à la surface des corps déposés dans les eaux séléuiteuses. ||.3° Terme à« pa^
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thologie. Dépôt calcaire qui se forme dans les tissus organiques ou à leur surface.
— SYN. INCRUSTATION, PÈTMFlCATIOW.CesdeUÏ mOtS,
que l'on confond quelquefois, ne sont pas synonymes. Les sources incrustantes ne font qu'entourer les objets d'une croflte, d'une couche, sans en changer la texture intérieure ; dans uue pétrification, l'intérieur même de l'objet est changé en pierre.
— HIST. xn* s. Médailles, colosses, gravures et incrustations industrieusement entaillées et enrichies d'une singulière peinture, yveh, B22. E,t que par dessus les couvertures des paillers soit adjoustée une incrustation de bonne argille, bien pestrie, 0. DE SERRES, <34. Lors recevra la confiture son dernier sucre, dont elle sera incrustée, comme d'un exquis vernis ; telle incrustation se fera aussi à loisir, m. 870. A trois ans se despouille ce qui de la corne leur est accreu [aux bœufs] depuis la naissance jusqu'au dit temps, en expulsant l'incrustation, demeurant ce bout-là, appelle cornichon, net et poli, sans tortuosité, m. 298. C'est dommage qu'un meschant homme ne soit encores un sot, et que la décence pédlie son vice ; ces incrustations n'appartiennent qu'à une bonne et saine paroi, qui mente d'estre conservée ou blanchie, mont, m, 3U.
— ÉTYM. Lat. incrustatioTiem, de incrustare, incruster.
INCRUSTÉ, ÉE ( in-kru-sté, stée ), part, passé d'incruster. Il 1° Garni d'objets d'ornement qui sont engagés dans la surface. Ferishta nous avertit que le vainqueur Babar fit ériger sur une éminence, prèsdu champ de bataille, une pyramide toute incrustée des têtes des vaincus, volt. Polit, et législ.Frag. hist. sur l'Inde, 33. || S. m. Ouvrage d'ébénisterie ou de tabletterie fait par incrustation. Un bel incrusté. 1 1 i° Engagé en forme d'incrustation dans une surface. L'argent de première formation est ordinairement incrusté dans le quartz, bdfp. Min. t. v, p. 20, dans pouGENS. Nous vîmes une collection de pierres grises qui , fendues par lits comme le tailc, présentent les deux moitiésd'un poisson incrusté, dont la figureest très-distincte, marmontel, Mém. vu. || 3° Terme de botanique. Le péricarpe et la graine sont incrustés, quand ils adhèrent naturellement entre eux, au point de ne pouvoir être séparés.
INCRUSTER (in-kru-sté), t). o. || T Garnir un objet d'ornements engagés dans la surface. Le temple était incrusté de marbre, fén. Tél. ix. L'antichambre n'était, à la vérité, incrustée que de rubis et d'émeraudes, volt. Cand. <8. Les appartements étaient incrustés en mosaïque et garnis de colonnes et pilastres de très-beaux marbres, j. j. rouss. Conf. vii. Il On dit simplement aussi : incruster un pilastre, un portique , etc. || i' Engager dans une surface des objetsd'ornement. Incruster une mosaïque dans lepavé d'un temple. || 3° Former une croûte ; couvrir d'une couche pierreuse. Les coquilles ne sont pas seulement développées dans les sables mobiles, mais les pierres les plus dures les incrustent souvent et en sont pénétrées de toute part, covier, Révol. (3. Il 4* S'incruster, v. réfl. Être incrusté. Le marbre est une matière qui s'incruste souvent. || Fig. Dreux s'appela le marquis de Dreux ; il eut tort ; il fallait prendre le titre de comte, cela se fût mieux incrusté sur les comtes de Dreux sortis de la maison royale, st-sijj <06, <27. ||5°Se couvrir d'une croûte pierreuse. Les dents s'incrustent de tartre. || Fig. Dangeau faisait ses dieux du roi et do Mme de Maintenon, et s'incrustait de leurs façons de penser, ST-SIM. 464, 38.
— HlST. XVI* s. La partie de l'urine plus crasse et gluante, en passant sur une petite arène ou pierre, s'adhère contre, et s'incruste, paré, xv, 35. On trouve ces tonneaux tellement incrustés de lie.... 0. D8 SERRES, 20*. Je contemplay les paroys, lesquels estoyent tous incrustez de marbre porphyre i ouTaige mosaycque, rab. v, 38.
-- ETYM. Lat. incrustare, garnir d'une croûte (voy. encroûter).
INCUBATION (in-ku-ba-sion; en vers, de cinq gyllabes), s. f. || 1° Action de couver. Jamais il [le rossignol] ne chante avec plus de force et de continuité que quand il la voit [sa femelle] travaillée des douleurs de la ponte, et ennuyée d'une longue et continuelle incubation, boff. Ois. 1. 1, p. 37. Ce fut sur les oiseaux que M. de Haller fit ses nombreuses expérienr«s qui ont la génération pour objet : la facilité de pouvoir examiner les œufs dans tous les temps et presque à toutes les heures de l'incubation..., coNDORCET, UalltT. L'iucubation pourrait n'être qu'un besoin naturel ; on voit des poules couver des morceaux de craie, de petits cailloux et lies oeufs d'espèce très-différente de la leur, bonnet,
DICT. DE ».A LANGUF FIIANÇATSI.
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Contempl. nat. xi, 8. || Incubation artificielle, procédé à l'aide duquel Dn fait éclore des œufs en entretenant unu chaleur pareille à celle que donne la coureuse, j) Four d'incnbation, four dans lequel on opère l'incubation artidcielle. || 2° Terme de médecine. Le temps qui s'écoule entre l'action d'une cause morbifique sur l'économie animale et l'invasion de la maladie. L'incubation de la petite vérole, de la vaccine, de la rage. || Période d'incubation , le temps qui se passe entre le moment où le germe d'une maJadie est reçu et celui où elle commence effectivement.
— ÉTYM. Lat. incubadonem, de tn.... 2, et cubare, être couché (voy. couver) .
INCUBE (in-ku-b') , s. m. Espèce de démon qu'on croyait prendre un corps pour jouir des plaisirs de l'amour avec une femme endormie ou transportée au sabbat; il est opposé à succube. Robert le Diable, selon la tradition suivie par Scribe, était fils d'un incube et de la femme d'un duc de Normandie. Y a-t-il eu des incubes et des succubes? tous nos savants jurisconsultes démonographes admettaient également les uns et les autres, volt. IHct. phil. incubes.
— HlST. XVI* s. Incubes, ce sont démons qui se transforment en guise d'hommes, et ont copulation avec les femmes sorcières, paré, xix, 29. Les médecins tiennent que incubus est un mal où la personne pense estre opprimée et suffoquée de quelque pesante charge sur son corps, et vient principalement la nuit : le vulgaire dit que c'est une vieille qui charge et comprime le corps, le vulgaire l'appelle chauche-poulet, m. xix, 33.
— ÉTYM. Lat. incubus, cauchemar, de in.... 2, et cubare, être couché.
t INCCISABLE (in-kui-za-bl'), adj. Qui ne peut être cuit.
— HIST. ivi" s. Faute de laquelle observation, plusieurs fèves sont rejetées comme incuisables à cause de la dureté de leur peau, 0. desekbes, b2i.
— ÉTYM. In.... ) , et cuire.
t INCUrr, ITE (in-kui, kui-t'), adj. Qui n'est pas bien cuit. Pain, gigot incuit. || Substantivement. La partie d'une viande qui n'est pas bien cuite. Voulezvous de l'incuit?
— ÉTYM. In.... t, etciu't.
t EfCULCATION (in-kul-ka-sion) , s. f. Action d'inculquer; résultat de cette action.
— HIST. XVI* s. Je me desplais de l'inculcation, voire aux choses utiles, comme en Seneque ; et l'usage de son eschole stoîque me desplaist, de redire sur chaque matière.... mont, iv, 87.
— ÉTYM. Lat. inculcaiionem, de inculcare, inculquer.
t 4. INCUI.PABIE (in-kul-pa-bV), adj. Qui peut être inculpé, mis en accusation.
— ÉTYM. Inculper.
t 2. INCULPABLE (in-kul-pa-W), adj. Qui ne peut être inculpé, accusé. Quelque effet qui résulte de la vérité, on est toujours inculpable quand on l'a dite, parce qu'on n'y a rien mis du sien, j. j. ROUSS. Promen. 4.
— ÉTYM. Lat. inculpabilis, de tn.... t, et eulpabilit, coupable.
INCULPATION (in-kul-pa-slon ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action d'inculper. Se justifier d'une inculpation. Inculpation hasardée.
— ÉTYM. Lat. inculpatiaiem (quicherat, Addenda), de inculpare (voy. inculper).
INCULPÉ, ÉE (in-kul-pé, pée), part. po.Mrf d'inculper. Inculpé à tort. || Substantivement. En matière criminelle, l'inculpé, l'insulpée, celui, celle qu'on soupçonne d'un crime ou d'un délit.
INCULPER (in-kul-pé), v. a. Charger quelqu'un d'une faute. Vous n'avez pas craint de m'inculpe moi-même dans ces mensonges, oenlis, Mme de Maintenon, t. ii, p. 51 , dans pougens. || S'inculper, V. réfl. S'attribuer une faute. Il s'inculpait, et personne ne songeait à lui faire de reproche. || S'accu ser mutuellement. Les accusés se sont inculpés les uns les autres.
— SYN. INCULPER, ACCUSER. Inculper, venant de eulpa, signifie attribuer, imputer une faute. Accuser signifie mettre en cause. La nuance de ces deux mots est donc que l'un porte l'esprit sur la faute reprochée, l'autre sur le reproche de la faute, sur le jugement qui en est la suite.
— HIST. xn* s. Que nuls uem [homme] ne puscet [puisse] estre encolpet, si cil non chi dreit i ad, Bibl. des chartes, 4* série, t. ui, p. 268. || xiii*s.Tel chose [le comte Thibaut] a faita en sa vie Dont [il] deOst efitreapelés [en champ clos]; Hue se deffendist mie ; Car il se sent cuo<JU(>â8, hues dk la FCRTi. Roman-
cero, p. 187. Plus hardiement que nuz bons Certainement l'esfemmes] jurent et mentent, Meïsmement quant el se sentent De quexque forfait encolpées, la Rose, 18339. || xv* s. De quoy aucunes gens furent encoulpez en derrière couvertement, froiss.
1, I, 49. Il xvi* s. L'empereur (encore qu'aucuns de ses principaux serviteurs soient encoulpez de ceste mort) ne se peut abstenir.... H. DD bellay, 381.
— ÉTYM. Provenç. encolpar; ital. incotpare; du latin inculpare (QuicasHAT, Addenda), de tn.... 2, et culpa (voy. coulpe).
INCULQUÉ, ÉE (in-kul-ké, kée), part, passé d'inculquer. Il se dit ce ce qu'on introduit ou s'efforce d'introduire dans l'esprit en le répétant. Il n'y a rien de plus inculqué dans ce Père [ saint Clément d'Alexandrie] que les demandes dans la bouche et dans le cœur des plus parfaits spirituels, boss. Étals d'orais. vi, lo. S'il y a une expression plus inculquée en prenant le tout [le corps et le sang] , il ne laisse pas d'être véritable qu'à la réception de chaque partie on se représente la mort tout entière [de Jésus], et l'on applique toute la grâce, m. Cotnmun. sous les deux esp. ii, 2.
INCULQUER (iu-kul-ké), j'inculquais, nous inculquions, vous inculquiez ; que j'inculque, que nous inculquions, que vous inculquiez, v. a. Il 1° Faire entrer une chose dans l'esprit à force de la répéter. Les comparaisons dont il se servait tendaient plutôt à inculquer la réalité qu'à l'affaiblir, soss. Var. iv, § 30. Il n'y a point de vérité que le Saint-Esprit ait plus inculquée, dans l'histoire du peuple de Dieu, que celle des tentations attachées aux prospérités et à la puissance, id. Polit. X, VI, 1. Il fallait leur inculquer la connaissance de Dieu, m. Hist. n, «. Inculquez-'ui bien mes réponses, m. Lett. Corn. <». Obligé de paileï plusieurs fois d'une doctrine pour l'inculquer, fén. Tél. X. Il Inculquer, construit avec l'adjectif quel. J'inculquais en peu de mots quel orgueil c'était de croire qu'on pût mieux entendre la parole de Dieu que tout le reste de l'Église, boss. Confér. avec Cl.
2. Il S'inculquer une chose dans l'esprit, l'inculquer à soi, la graver dans son esprit. Ces vérités qu'ils se sont inculquées. || Absolument. Il aime à répéter pour inculquer, volt. Quelq. niais, ch. 3. Il faut insister, inculquer, sans quoi tout s'oublie, m. Dict. phil. Jjiifs. Il 2" S'inculquer, v. réfl. Être inculqué. Les proverbes s'inculquent facilement dans l'esprit
— REM. « Ce mot est fort significatif, et beaucou;. de gens le disent ; et néanmoins il ne vaut rien et passe pour barbare. Nous n'en avons pourtant point qui exprime bien sa force; car imprimer ou répéter, dont on se sert en sa place, n'ont garde de signifier ce qu'on appelle inculquer, » vaugelas, Nouv. rem. p. 333. Depuis Vaugelas, inculquer s'est tout à Cait impatronisé.
— HIST. XVI* s. Quand elle [la religion] nous inculque si souvent que nostre sagesse n'est que folie devant Dieu, mont, ii, (61.
— ÉTYM. Lat. inculcare, de tn.... 2, et culcare, pour calcare, fouler, presser.
INCULTE (in-kul-f), adj. || !• Qui n'est point eut tivé. Des terres qui demeuraient incultes, fén. Tél. XII. Combien il faut accuser notre négligence s'il reste en France des terres incultes! volt. Mœurs, tsà. Dans un vaste désert je me crois transportée. Sur une terre aride, inculte, inhabitée, ducis,Abuf. II, 2. Il a» Fig. Oui n'a pas reçu la culture intellectuelle et morale. Il est accoutumé à une vie inculte, st-evremond, Génie des Romains, dans ni- CHELET. Il n'était pas, si j'ose me servir de ce terme, de ces héros incultes qui de la bravoure se font un droit d'ignorance pour tout le reste, bouhdaloue, Or. de Condé. De l'homme inculte il [l'esprit de poésie] adoucit la vie, Et sous le dais montre au doigt les tyrans, bérano. Ange exilé. || 3° Inculte se dit parfois d'une barbe, d'une chevelure négligée.
— ÉTYM. Lat. incultus, de tn.... 4, et eultut, cultivé.
t INCULTIVABLE (in-kuI-ti-va-W), adj. Qui ne peut être cultivé, qui n'est pas susceptible de culture. Ce pays aride et presque incultivable, volt. Lett. Turgut, 8 janv. 1 778. Quel est le pays qui n'ait pas des terrains rebelles el incultivables? id. Disc, aux Velchet, suppl.
— ÉTYM. In.... 4, et cultivable.
t INCULTIVÊ, EK (in-kul-ti-vé, vée), adj. Qui n'est pas cultivé.
— SYN. inculte, incultivé. Incultivé est plus ancien que inculte qui est une importation latine assez récente. Inculte se; dit de tout ce qui n'est pas cultivé, soit qu'il . ' s'agisse l'de lieiu habités par l'homme, ou de coiitrées inhabitées; incultivé se dit
INC
quand la culture manque dans les payv ûoiiltés, où elle pourrait être docréo.
— HIST. xrv s. Incultirer, Ordonn. (ks fois de Trame, t. u, p. *»4. || ivi* s. En lieux incultivés qui sont en chaulmes, en fruiches et brueres et buissons, n'y a et n'y enchet point de prinse de bestes, THADMAss. Coust. du Bern), p. 367, dans LAcnauE.
— ÉTYM. In.... i , et cultivé.
DîCULTirRE (in-kul-tu-r'), ». f. \\ l' Etat de ce qui est inculte. L'état d'inculture où sont ces terres. ....sur les terres incultes, vaines et vagues, et sur les marais.... qui ne sont ouverts aux usages publics des habitants du territoire, qu'à cause de leur inculture et de l'état d'abandon dans lequel ils se trouvent, BOBiN, Mémoire sur les marais de Cléville [Calvados], p. 67. Ces plaines [le littoral de la Corse], si bien partagées à tant d'égards, ont un défaut extrême : y séjourner est mortel pendant une partie de l'année ; elles sont donc condamnées à l'inculture, michel chevalier, Joum. des Débats, u avril 4 866. IIS'Fig. Absence de culture intellectuelle et morale. 11 [Louis XI] ne tint pas son fils dans l'ignorance et dans l'inculture par je ne sais quel ombrage de despote oriental; la santé de ce fils, frêle et délicat...., D\jpot>T-wiinE, Centralisation, p. S06.
— ÉTYM. In.... 4, et culture.
■t INCUNABLE (in-ku-na-bH , adj. Édition incunable, édition qui date des commencements de l'imprimerie. Il S. m. Un incunable, un livre qui date des premiers temps de l'imprimerie.
— ÉTYM. Lat. incunabulum, berceaa La locution vient de ce qu'on a dit : remonter aux tncuno6Ie*, au berceau de l'imprimerie.
INCCRABILITÉ (in-ku-ra-bi-li-té), s. f. \\ 1° Caractère des maladies qui ne sont pas susceptibles de guérison. || 2° Fig. Il se dit des mauvaises dispositions morales. Le ton plaisant, déjà usé, est en cette manière le dernier symptôme de l'incurabilité, BDCLOs, Hém. rég. OEuv. t. vi, p. B, daas pouoens.
— ÉTYM. Incurable.
INCURABLE (in-ku-ra-bn , adj. || 1° Qui ne peut être guéri, en parlant de maladies pour lesquelles on ne connaît aucun moyen de guérison ou qui n'en comportent réellement aucun. Les blessures qu'elles [les flèches trempées dans le sang de l'hydre de Leme] faisaient étaient incurables, fén. Tél. xv. Pour ma maladie, elle est incurable, puisqu'elle date de quatre-vingts ans; c'est un mal qui m'empêche quelquefois d'être aussi exact que je le voudrais dans mes réponses, volt. Lett, Florian, 9fév. 4 774. Il Fig- La plaie de vos yeux est toujours incurable, RïGNiEB, Elégie I. Si jadis aux rives de Loire Vous avez récité l'histoire De mes incurables douleurs, RACAK, Ode au Roi. Si Dieu n'eût point été inflexible, si l'aveuglement des peuples n'eûtpas été incurable, elle aurait guéri les esprits, et le parti le plus juste aurait été leplusfort, boss. Reine iTAnglet. D'un incurable amour remèdes impuissants , bac. Phèdre, l, 3. ô mes enfants, quelle maladie incurable que celle del'ambitionl marmontel, Ifrfm. vm.|| 2° Il se dit aussi des personnes. Ce malade est incurable. Il Substantivement. Un incurable, l'homme ou la femme atteints de maladies incurables. || S. m. pi. Les Incurables, un hospice d'incurables (en ce sens on met un I majuscule). 11 faut voir de ce pas les plus considérables; L'un demeure au Marais, et l'autre aux Incurables, son.. Ép. vi. Arrivée à Paris, Mme de Maintenon se rendit seule aux Incurables chez la marquise de la Sablière, genlis, Mme de Maintenon, t. u, p. 469, dans pougens. Il Hospice des Incurables (femmes), fondé à Paris en 4 687 par les soins du cardinal François de la Rochefoucauld.
— SYN. mcDRABLE, moDÉHissABLE. Daus incurable est cure; et dans guérissable est guérison. Un mal incurable est donc un mal qui n'a pas de cure, de traitement, et un mal inguérissable est un mal qui n'a pas de guérison. H y aurait là lieu à synonymie ; mais, comme cure signifie aussi guérison, les acceptions se confondent; confusion qui s'opère assez facilement entre deux moU qui, avec un sens analogue, proviennent de deux langues différente» {cure du laUn, et guérison du germanique).
— BIST. XIV s. La plaie est incurable es grelles boiaux,H.nE monobville, ^ «4. Cbauveté [par vieillesse! est incurable, se les cheveux ne cheent [tombent] par cause de maladie, laufkanc, ^ 40, iier»o. n sunt mauvais et incurables de leur malice, oresme, Eth. 4 68. Illiberalité est vice incurable, id. tô. 4 40 II iv« g. Et puis tomba en grieve maladie incarable, cokm.vi,43. || xws. Seray-jetousjours butte aux douleurs incurables? cespohtks, Diane, u, bs.
INC
Purge et guari mon ame, helas! presque incurable, m. Q^v. chrestiennes. Sonnet, iO.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. incurable; ital. incurahile; du lat. incurabilis, de in.... 4, et curabilis, curable.
■j- INCURABLEMENT (in-ku-ra-ble-man), adv. D'une manière incurable.
INCURIE (in-ku-rie), s. ^. Défaut de soin, négligence. Il y en a qui ne trouvent leur repos que dans une incurie de toutes choses, boss. Pensées détachées, 1. Heureux qui voit couler ses jours Dans la mollesse et l'incurie 1 volt. Lettres en vers et en prose, i. Je ne puis qu'admirer la négligence, l'incurie de la nation anglaise, 1. 1. rooss. Pologne, vu. Les suites funestes de l'incurie où l'on laissait Sa Majesté, bachaomont, Mém. secrets, t. xxxv, p. 4 80.
— HIST. XVI* s. Incurie, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. incuria, de tn.... 4, et euro, soin (voy. cure).
t INCURIEUSEMENT (in-ku-ri-eû-ze-man) , adv. D'une façon incurieuse.
— HIST. XVI* s. Et a l'on de quoy couler plus incurieusement en la pauvreté qu'en l'abondance injustement dispensée, mont, ui, 4 65.
t INCURIEUX, EUSK (in-ku-ri-eû, eû-z'), adj. Qui ne se soucie pas de. Un esprit incurieux. Incurieux d'accroître sa fortune.
— HIST. XVI* s. Les esprits simples et incurieux se trouvent plus dociles, mont, u, 235. Lanoue arrivé fut aussitost depesché à Orléans, où il ne mena que quinze chevaux, comme ceux qui ont fait la guerre avec lui l'ont toujours vu incurieux de grossir sa troupe, d'aub. Hist. i, î4 4.
— ÉTYM. Lat. ineuriosus, de in.... 4, et curiosus, curieux.
INCURIOSITÉ (in-ku-ri-ô-zi-té), s. f. Insouciance d'apprendre ce qu'on ignore. L'ignorance et l'incuriosité sont deux doux oreillers pour une tête bien faite, comme il [Montaigne] le dit lui-même, pasc. Entret. sur Épict. et Mont. L'ignorance et l'incuriosité sont deux oreillers fort doux ; mais pour les trouver tels, il faut avoir la tête aussi bien faite que Montaigne, diderot, Pens. phil. 27.
— HIST. XVI* s. [Une dame négligée en ses ajustements] monstrant pourtant avec son incuriosité une grande beauté, brant. Dames gai. t. ii, p. 4 56.
— ÉTYM. Lat. incuriositatem, de tn.... 4, et curiositas, curiosité.
t INCURSIF, IVE (in-kur-sif, si-v'), adj. Qui fait irruption, qui envahit.
— ÉTYM. Voy. INCURSION.
INCURSION (in-kur-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Course de gens de guerre en pays ennemi. Les Turcs, sous Bajazet II, moins terribles que sous Mahomet, ne laissent pas de l'être encore, ils font des incursions en Hongrie, et sur les terres de lamaison d'Autriche, volt. Ann.Émp. Maaimilien, 4 494. 112'" Par extension, courses, voyages que l'on fait dans un pays par curiosité ou pour l'explorer. Les incursions de nos savants dans cette contrée ont eu d'importants résultats. || 8* Fig. Étude, travail dans quelque partie des lettres, des sciences dont on ne s'occupe pas habituellement. Le célèbre physiologiste Hedler ne s'est pas toujours borné à l'étude des animaux ; il a fait quelques incursions dans le domaine de la poésie.
— SYN. INCURSION, IRRUPTION. L'incursiou est une course ; par conséquent celui qui la fait passe seulement sur le terrain qu'il ravage. L'irruption, qui exprime l'action de rompre une barrière, de pénétrer de vive force, n'a pas ce caractère passager ; elle est profonde. Après des incursions, les barbares rentraient en Germanie; après leur irruption définitive, ils s'établirent dans les provinces romaines.
— HIST. XIV* s. Reprimer les incursions des ennemis, BERCHEURE, ^ B2. || XVI* S. Les iuvasions et incursions contraires [des catholiques et des protestants, dans le pays], mont, iv, 93.
— ÉTYM. Lat. incursionem, de in.... a, et currere (voy. courir).
t INCURVABLE (in-kur-va-W), adj. Terme didactique. Qui est susceptible d'être incurvé.
— ÉTYM. Incurver. En latin, ineurvabilis signifie au contraire qui ne peut-être courbé.
t INCURVATION (in-kur-va-sion), s. f. Terme didactique. Action d'incurver, résultat de cette action. L'incurvation de l'épine dorsale.
— ÉTYM. Lat. incurvationem, de incurvare, incurver.
t INCURVER (in-kur-vé), v. a. Terme didactique. Donner une courbure de dehors en dedans. Une ligne incurvée.
— HIST. xii* S. Laz [ils] apresterent à mes piez.
IND
et encurverent la meie aneme [âme], liber ptalm. p. 74. Encurvé sunt li tertre del mont [du monde],
ib. p. 239.
— ÉTYM. Lat. incurvare, de tn.... 2, et curvare (voy. courber).
+ INCURVIFOLIÉ, ÉE (in-kur-vi-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a les feuilles recourbées de dehors en dedans.
— ÉTYM. Lat. tncurtJUf, courbé, et folium, feuille.
INCUSECin-ku-z"), adj. Se dit de certaines médailles frappées d'un seul côté, par la négligence et la précipitation des ouvriers. || Substantivement. Une incuse.
— ÉTYM. LaX. incusus, frappé, de tn.... 2, et cudere, frapper, imprimer.
INDE (in-d'), s. m. || 1* Couleur bleue que l'on tire de l'indigo. L'inde est une fécule que l'on tire de la même plante [l'indigotier]; mais, pour l'obtenir, on n'emploie exactement que les feuilles de la plante, au lieu que, pour la préparation de l'indigo, on emploie les feuilles et la tige, Dict. des arts et met. Indigotier. \\ 2° On a donné abusivement aussi le nom d'inde à une couleur bleue tirée de la guède. Il 8* Inde ou bois d'Inde, nom donné quelquefois au bois de campêche, qui fournit une couleur rouge.
— HIST. un* s de colors i a cent paire ; D'er-
bes, de flors indes et perses, Et de maintes colors diverses, la Rose, v. 63. || xv* s. Avoit sur le chef du duc un drap de soie de couleur inde à quatre bastons d'argent, froiss. iu, iv, 78. ||xvi" s. L'escume du pastel est sechée, puis convertie en poudre qu'on appelle florée, servant à certaines taintures de soie; aussi les paintres emploient la florée en une couleur violette par eux nommée inde, o. de
— ÉTYM. Lat. India, l'Inde, à cause de la provenance de cette couleur; Berry, devenir inde, rougir immodérément jusqu'au bleu. Jndto vient du sanscrit Sindhus, nom du fleuve Indus.
t INDÉBATTU, UE (in-dé-ba-tu, tue) , adj. Qui n'a été soumis à aucun débat.
— ÉTYM. In.... 4 , et débattu.
INDÉBROUILLABLE (in-dé-brou-Ua-bl', H mouillées, et non in-dé-brou-ya-bl') , adj. Qui ne peut être débrouillé. La question du bien et du mal demeure un chaos indébrouillable pour ceux qui cherchent de bonne foi, volt. Dict. phil. Bien, tout est bien.
— ÉTYM. In.... 4, et débrouiller.
t INDÉHROUILLÉ , ÉE (in-dé-brou-Ué , liée, II mouillées), adj. Qui n'est point débrouillé.
— ÉTYM. In.... 4, et débrouillé.
t INDÉCACHETABLE (in-dé-ka-che-ta-W), adj. Qui ne peut être décacheté. Enveloppe indécachetable.
— ÉTYM. In.... 4, et décacheter.
INDÉCEMMENT (in-dé-sa-man) , adv. D'une manière indécente. Le prince do Conti, à la mort duquel il [Vendôme] fut si indécemment insensible, ST-siM. 294, 4 0. Louvois fut accusé de s'être réjoui indécemment de la mort de Turenne, volt. Louis Xir, 4 2.
— HIST. XV* S. Ces encherimens deshontez sont non seulement indécemment, mais dommageablement employez envers nos femmes, mont, i, 225.
— ÉTYM. Indécent, et le suffixe ment.
INDÉCENCE (in-dé-san-s'), s. /. || 1° Vice de ce
qui est contraire à la décence, à l'honnêteté, aux bienséances. En quelque indécence que l'impiété ou le hasard mette le voile corruptible sous lequel il [le Verbe] se cache, fén. t. xvii, p. 304. L'abbé de Polignac s'était brouillé avec la reine de Pologne jusqu'aux éclats et à l'indécence, st-sim. 47, 40. C'était une très-grande indécence à un moine de conduire une jeune veuve hors de sa patrie, volt. Louis XIT, 38. La danse et tous les arts, briguant de vils succès , De leurs jeux effrontés déployant l'indécence , Par des tableaux impurs appellent la licence, legouvé, Épich. et N. i, 4. || 2° Action, propos indécent. Le sexe s'avilissant par des indécences dont les siècles de nos pères auraient rougi, MASS. Carême, Mot. de conv. Les indécences honteuses des enfants d'Héli qui avaient durant si longtemps profané sa maison [de Dieu], id. Ca* réme, Temples. Nous avons marqué en détail un remède à chacun de nos maux : la retraite, à certaines dissipations; la modestie, à certaines indécences, id. Carême, Pâques. |l Chose obscène. Cette pièce est remplie d'indécences.
— ÉTYM. Lat. indecentia, de indecens, indécent. INDÉCENT, ENTE (in-dé-san , san-t") , adj. Qui
IND
est contre la décence, contre rhonnètetâ, contre les bienséances. Ils recherchent la prééminence par des voies et des pratiques si indécentes, patho, Plaidoyer 1 B, dans richelet. Jamais de ces ostentations si indécentes au sexe surtout, mass. Orais. fun. Madame. Cette fausse nouvelle [de la mort de Guillaume III] fut reçue à Paris avec une joie indécente et honteuse, volt. Louis XIV, (5. ||I1 se dit aussi des personnes. Vous êtes indécent.
— HIST. XVI* s. Les images visibles qu'on fait à Dieu sont indécentes à sa majesté, calv. Inst. 57. Les pythagoriciens vouloient qu'elles [les prières] feussent publicques et ouies d'un chascun, afin qu'on ne le [Dieu] requist de chose indécente et injuste, mont, i, 404.
— ÊTYM. Lat. <ndecentem, àein....l, et decens, décent.
INDÉCHIFFRABLE (in-dé-chi-fra-bl') , adj.
Il 1° Qui ne peut être déchiffré. Un chiffre bien fait et à double clef est indéchiffrable. || 2° Par extension , difficile à lire, en parlant d'une écriture. Les experts écrivains s'y donneraient au diable, Je tiens dès à présent la lettre indéchiffrable, hegnard, le Distr. iv, 9. Vous vous êtes heureusement corrigé de l'habitude affreuse de m'écrire deux fois par an quatre mots indéchiffrables qui ne signifiaient rien, VOLT. Lett. Thibouville, 26 nov. <777. 113° Fig. Obscur, embrouillé. L'Egypte était devenue une énigme indéchiffrable pour l'Egyptien même , nmE- BOT, Opin. des anc. phii. {Égyptiens). Pourquoi se consumer sur des chicanes de temps aussi arides qu'indéchiffrables?CHATEAUB. Génie, i, iv, ) . || 4° Fig. Inexplicable, en parlant des personnes. Cet homme est indéchiffrable. || On dit dans un sens analogue : Sa conduite est indéchiffrable.
— ÉTYM. In.... t, et déchiffrer.
f INDÉCHIFFRABLEMENT (in-dé-chi-fra-ble-
man), adv. D'une manière indéchiffrable.
f INDÉCHIFFRÉ, ÉE (in-dé-chi-fré, frée), ad]. Oui n'est point déchiffré.
— ÉTYM. In.... t, et déchilJré.
f INDÉCHIRABLE (in-dé-chi-ra-W) , adj. Qui ni
peut être déchiré.
— ÉTYM. In..., *, et déchirable.
t INDÉCHIRÉ, ÉE (in-dé-chi-ré , rée), odj. Qui
n'est point déchiré.
— ÉTYM. In.... i, et déchiri.
INDÉCIS, ISE (in-dé-sî, si-z*), adj. || i" Sur quoi
il n'y a pas de décision, de solution. Question indécise. Cette bataille de Saint-Denis fut indécise, et la France n'en fut que plus malheureuse, volt. Ess. moeurs, iTi.\\%° Douteux, incertain. Dans cette espèce de neutralité indécise, ils regardaient comme d'un lieu sûr les combat» et les dangers de ceux qui avaient pris parti pour les un» ou pour lej autres, rollin, Hist. aru:. OEuv. t. a, p. 26, dans pouGENS. Lorsque votre beauté , dans son choix indécis, S'essaya sur le père avant de plaire au fils, LEMERC. Fréd. et Bruneh. m, 6. Le destin indécis, par un égal retour. Le fait et succomber et vaincre tour à tour, legouvé, Épich. et Nér. iv, 7. Il 3° Qui ne sait pas prendre une résolution, en parlant des personnes. C'est un homme indécis. Indécis sur ce qu'il avait à faire. || Substantiven.ent. La conscience est.... inquiète dans les indécis, vahven. Uaximes, cxxxv. || 4° Vague, difficile à déterminer, à limiter. La lumière indécise du crépuscule. Le poil qui la couvre est long de dix à onze lignes, et elle est comme rayée de bandes indécises de brun et de fauve, bupp. Quadrup. t. xHi, p. 94. Je range sous ce titre indécis quelques oiseaux étrangers , trop peu connus pour qu'on puisse leur assigner une place plus fixe, id. Ois. t. IV, p. 4(6. Les lois de nos aïeux, auprès du trône assises, Resserraient du pouvoir les bornes indécises, c. delav. Yépr. sic. iv, 4.
— HiST. XVI' s. Auguste [par sa variété] s'est faiot lascher entier et indécis aux plus hardis juges, MONT. II, 2. La gloire et la curiosité sont les tieaui de nostre ame : cette-cy nous conduict à mettre le nez par tout; et celle-là nous deffend de rien laisser irrésolu et indécis, lo. i, 20B.
— ÉTYM. Provenç. indécis; esp. et ital. indeciso ; du lat. indecisus (quicherat. Addenda), non coupé, non tranché, de in.... 4, et decisut, part, passif de decidere, couper, décider.
t INDÉCISIF, IVE (in-dé-si-zif, zi-v^, adj. Qui n'est point décisif.
— ÉTYM. In.... 4, et décisif.
INDÉCISION (in-dé-si-zion; en ver», de cinq syllabes),», f. Il l'Défautdedécision.Unepiétéfaiblequi jette l'indécision dans leurs entreprises, mass. Pet. car. É,,ueils. \\ a'Tence d'administration. Partie in-
IND
décise dans un compte. Il reste à régler les indécisions. Il 3" Ce qu'il y a de non déterminé, de non limité dans une chose. L'indécision des nuances.
— ÊTYM. In.... * , et décision.
t INDÉCISrVEMENT (in-dé-si-zi-ve-man), adv.
D'une manière non décisive. Un bonheur est un événement heureux ; le bonheur pris indécisivement signifie une suite de ces événements, volt. Dict. phil. Félicité.
INDÉCLINABILITÉ (in-dé-kli-na-bi-li-té), s. f. Il 1° Terme de grammaire. Qualité des mots indéclinables. Il 2° Qualité de ce qui est inévitable. Donnez aux contre-remontrants l'indéclinabilité ou irrésistibilité de la grâce, ils n'en demanderont jamais davantage, fén. t. m, p. »4 3.
— ÉTYM. Indéclinable.
INDÉCLINABLE (in-dé-kli-na-W) , odj.|| fTerme
de grammaire. Qui ne peut être décliné, qui ne se décline point. On appelle indéclinables les noms qui, sous une seule forme, s'emploient à tous les cas; ainsi les neutres fas, nefas, ne sont pas considérés comme indéclinables, puisqu'ils ne représentent que les trois cas semblables du singulier; ils sont défectifs dans la déclinaison; mais pondo est indéclinable, parce qu'il sert pour tous les cas du pluriel; cornu n'est indéclinable qu'au singulier. || Plus particulièrement. Qui ne reçoit pas les signes du genre et du nombre. Mot, particule indéclinable. || On dit aussi, mais à tort (voy. stn.), invariable en ce sens. Il S. m. Nom qui ne se décline point. C'est un indéclinable. Il Les indéclinables, les parties invariables du discours, adverbe, préposition, conjonction, interjection, particule, etc. Il 2° Qui ne peut être décliné, évité. Le plaisir indélibéré produira dans l'homme un bon vouloir d'une manière invincible, indéclinable et toute-puissante, fén. t. m, p. 292.
— SYN. indéclinable, invariable. Indéclinable signifie qui ne se décline pas et invariable qui ne varie pas. Des mots peuvent varier sans se décliner. Nous écrivons ertcore et encor; jusque et jusques. Ces mots ne sont pas invariables, mais ils sont indéclinables, parce que déclinable suppose une variation de terminaison en même temps que la signification du mot est modifiée.
— HIST. XV* s. La prime congélation Du mercure est donc mine à plomb; C'est aussi la plus convenable X luy, voir mesme indecUnable [inévitable], Pour en perfection le mettre. Trait, d'alch. 338. Il xvi* s. Le franc arbitre est im consentement pour la liberté de vouloir, qui ne se peut perdre, et un jugement indéclinable de raison, calv. Inst. 4 84.
— ÉTYM. Lat. indeclinabilis, de in.... 4, et declinàbilis, déclinable. Declinare signifiant aussi éviter, de là vient le^ sens d'inévitable que indéclinable a aussi.
t INDÉCLINÉ, ÉE (in-dé-ldi-né, née), adj. Terme de grammaire. Qui n'a point été décliné.
— ÉTYM^ In.... t, et décline.
INDÉCOMPOSABLE (in-dé-kon-pô-za-bl'), adj.
Qui ne peut être décomposé. Toutes ces parties indécomposables à jamais sont des éléments, volt. \fwt. I, 8. Chacun de ces intervalles [du spectre solaire] contient des couleurs qui sont indécomposables par le prisme et par quelque art que ce soit, ce qui leur a fait donner le nom de couleurs primitives, bufp. Ilist. min. Introd. Part. exp. (Euv. t. vu, p. 312.
— ÉTYM. In.... ), et décomposable.
t INDÉCOMPOSE, ÉE(in-dé-kon-pô-zé,zée), adj.
Qui n'est pas décomposé. Corps indécomposé, substance indécomposée, tout corps, toute substance qui parait simple, c'est-à-dire formée d'une seule nature de molécules.
— ÉTYM. In.... 4, et décomposé. t INDÉCRIT, ITE (in-dé-kri, kri-t'), adj. Qui n'a
point été décrit. Plante indécrite.
— ÉTYM. In i, et décrit.
INDÉCROTTABLE (in-dé-kro-ta-bl'), adj. Qu'on
ne peut décrotter. Des souliers indécrottables. || Fig. et familièrement. Homme indécrottable, homme malplaisant, qu'on ne saurait améliorer ni corriger. Ces docteurs ennemis des grâces qui se définissent eux-mêmes animaux indécrottables, balz. Dissertation à M. Conrart, p. 274, Paris, 4 661. Jamais un si sot homme que celui-ci, jamais un si Impertinent que l'autre, jamais rien de plus indécrottable que tous les deux, st-sim. 434, 24o.
— HIST. XVI" s. Indecrotable, cotoiavr
— ÉTYM. In.... 4, et déeroter.
IINDÉDODBLABLE (in-dé-dou-bla-W), od;. Qui
ne peut être dédoublé. Il faudrait que le papier [un papierdesiireté] laissât pénétrerl'encrede l'écriturejus-
IND
qu'à la vignette intérieure, et qu'il fât absolument indédoublable, Presse srienUfiqiie, 4M3,t.u,p.470.
— ÉTYM In.... 4, et dédoubler.
INDÉFECTIBILITÉ (itt-dé-fè-kti-bi-U-t<5), s. f
Il 1* Qualité de ce qui est indéfectible, de ce qui ne iiit jamais défaut. Je crois que cette sorte de divertissement [la lecture des Provinciales] vous amuserait bien autant que l'indéfectibilité de la matière, sÉv. 340. [La réforme] forcée à reconnaître la perpétuelle visibilité de l'Église dans l'indéfectibilité du ministère, boss. Sur un écrit de M. Claude, 43. Il 2» Terme dogmatique. L'indéfectibihté de l'Église, prérogative assurée à l'Église par la promesse de Jésus-Christ.
— ÉTYM. Indéfectible.
INDÉFECTIBLE (in-dé-fè-kti-bl') , odj. Terme dogmatique. Qui ne peut défaillir, qui ne peut cesser d'être. L'Église est indéfectible. Il [le parfait] arrive, pensait-Il, à une vertu indéfectible, à cause de sa perfection qui ne se relâche jamais, boss. Et. d'orais. vi, 4 a.
— ÉTYM. In.... 4, et défectible.
t INDÉFENDABLE (in-dé-fan-da-W), adj. Qui ne peut être défendu contre l'ennemi, contre un adversaire , contre la critique. Cette place, ce poste est indéfendable. Cette partie d'échecs est indéfendable. Cette pièce, à le bien prendre, est tout à fait indéfendable MOL. Critique, 7. || Quelques édition» portent indéfeasable.
— ÉTYM. 7n....4, ei défendable. On a dit indéfensible au xvi* siècle, Montaigne, iv, 203.
t INDÉFENDO, UE (in-dé-fan-du , due), adj. Qui n'est point défendu, protégé. 11 [Attila] était plus homme de tête que de main, tâchait à diviser ses ennemis, ravageait les peuples indéfendus.... corn. Attila, au lecteur. || Substantivement. Les mœurs perverses des jeunes rapporteurs influeront longtemps sur les affaires en opprimant les indéfendus et nourrissant les passions des gens puissants, n'ARGENSON, Mém. t. 11, p. 287.
— ÉTYM. In.... 4, et défendu.
t INDÉFENSABLE (in-dé-fan-sa-bl'), adj. Synonyme inusité d'indéfendable (voy. ce mot) ; on le trouve dans quelques éditions de Molière.
— ÉTYM. C'est l'ancien terme de coutume indéfensable, dont Molière, s'il en a usé, a modifié le sens, et qui est l'opposé de défensable (voy. ce mot), venant de défends ou défens.
t INDÉFIE, ÉE (in-dé-fi-é, ée), odj. Qui n'a pas reçu de défi.
— ÉTYM. In.... 4 , et défié.
t INDÉFIGDRÉ, ÉE (in-dé-fl-gu-ré, rée), adj. Qui n'est point défiguré.
— ÉTYM. M.... 4, et défiguré.
INDÉFINI, IE(in-dé-fi-ni, nie), odj. || 1° Qui n'est pas limité, dont nous n'apercevons pas la limite, par opposition à infini, par lequel nous affirmons l'impossibilité de la limite. Espace indéfini. ||S. m. Terme de philosophie. L'indéfini n'est point l'infini. Je mets ici la distinction entre l'indéfini et l'infini; etil n'y arien que je nomme proprementinfini, sinon ce en quoi de toutes parts je ne rencontre point de limites, auquel sens Dieu seul est infini ; mais pour les choses où sous quelque considération seulement je ne vois point de fin, comme la multitude des nombres..., je les appelle indéfinies et non pas infinies, parce que de toutes parts elles ne sont pas sans fin ni sans limites, desc. Rép. aux 4" obj. 40. C'est [l'époque incertaine de la mort] un indéfini dans le temps qui tientquelquechosede l'infini, LA bruy. xi. Il X l'indéfini, loe. adv. Sans fin, sans limite. Les grands anatomistes se trompaient quand ils pensaient que les filets nerveux sont eux-mêmes composés de filets plus petits, ceux-ci déplus petits encore, et ainsi à l'indéfini, Bontter, Paling. philos, x, (B, note 9. Il 2* Qui manque de définition, indéterminé. Une idée indéfinie. Il Terme de logique. Proposition indéfinie, proposition générale, qui convient à tous les êtres de même espèce. || 3* Terme de grammaire. Qui exprime une idée vague ou générale qu'on n'applique point à un objet particulier et déterminé. Sens indéfini. Un est article indéfini. On, quelque, quiconque , sont de» mots indéfinis. || Prétérit ou passé indéfini, temps de l'indicatif du verbe qui indique l'action comme passée, sans relation nécessaire à une époque déterminée, par exemple: j'ai fait, j'ai dit. || Modes indéfinis, modes des verbes où il n'y a pas de personnes (l'infinitif, le participe), par opposition aux mode» définis. Il 4* Terme de chimie. Combinaisons indéfinies, celle» qui se font dans des proportion» illimitées. || B° Terme de botanique. Parties indéfinie», parties dont le nombre n'a rien de constant, ou dont on ne veut point chercher à déterminer le nombre. Étamines
IND
IND
INÛ
indéfinies. || Tiges ou rameau? indéfinis , indéterminés ou centripfites, ceux dont le bourgeon terminal s'allonge indéfiniment. || Inflorescence indéfinie ou axillaire, celle où les fleurs naissent de l'aisselle des feuilles florales ou des bractées, de telle sorte que, toutes étant latérales, l'axe peut croître indéfiniment. |{ 6* Nom donné anciennement à l'indigofêre. Anil ou indéfini de Barbarie, Portugal, Venise, ou d'ailleur», le cent pesant estimé l'un portant l'autre, deux cents livres, Déclar. du rot, no?. 4640, Tarif.
— KEM. 1. Indéfini est un adjectif auquel l'usage ne donne guère ni comparatif, ni superlatif. || 2. On attribue l'origine de ce mot à Descartes ; c'est une erreur, comme le montre l'historique. || 8. Il faut remarquer qu'au ivu* siècle prétérit ou passé indéfini était pris dans Je sens opposé à celui qu'il a aujourd'hui : c'était notre prétérit défini je fit, j'aimai, qu'on appelait alors indéfini.
— HiST. XVI' s. Pythagoras.... jugeant que la «ognoissance de celte cause première et estre des
istres debvoit estre indéfinie, sans prescription, sans déclaration, mont, ii, 246.
— ÉTYM. Lat. inde^nitus, de in.,., i, et définitus, défini, limilé.
INDÉFINIMENT (in-dé-fl-ni-man),ad«.|| 1° D'une manière indéfinie. Ajourner indéfiniment une affaire. M'étant proposé l'objet des géomètres, que je concevais comme un corps continu ou un espace indéfiniment étendu en longueur, largeur et hauteur ou profondeur, desc. Méthode, iv, 5. La loi porte indéfiniment.... PATRU, Plaidoyer 9, dans richelet. Il 2° Terme de grammaire. Dans un sens indéfini. On dit, par exemple, qu'un homme a été traité avec honneur : comme il ne s'agit pas de spécifier l'honneur particulier qu'on lui a rendu, on n'y met point d'article; donneur est pris indéfiniment, duclos, Gramm. P. R. QEuv. t. ix, p. 87, dans pobgens.
— ÉTYM. Indéfini, et le suffixe ment.
INDÉFINISSABLE ( in - dé - fi - ni - sa - bl') , adj.
li 1° Qu'on ne saurait définir. Il y a des termes si simples, qu'ils sont indéfinissables, jj Fig. Une sensation, un trouble indéfinissable. Elle perdait le temps, la raison et tous ses travaux dans des questions du moins oiseuses ; la plupart vides de sens, indéfinissables, interminables par la nature de leur objet, HAYNAL, Hist. phil. xix, <3. Il suffit de voir les lieux où de grandes actions se sont passées, pour éprouver une émotion indéfinissable, stael, Corinne, IV, 4. Il 2° Qu'on ne peut pénétrer, expliquer, en parlant des personnes. C'est un caractère, c'est un homme indéfinissable.
— ÉTYM. In....i, et définissable.
t INDÉFINITÊ (in-dé-fi-ni-té), *. f. Terme de philosophie. Qualité de ce qui est indéfini. L'indéfinité de la représentation, dans l'esprit, possible ou universelle.
— ÊTYM. Indéfini.
t INDÉFRICHABLE (in-dé-fri-ch&-bl') , adj. Qui ne peut être défriché. Des landes indéfrichables.
— ETYM. In.... t, et défricher.
t INDÉFRICHÉ, ÉE (in-dé-fri-ché, chée), adj. Qui n'est point défriché. Terrain indéfriché.
— ÊTYM. In.... t, et défriché.
t INDÉGUISÉ, EE (in-dé-ghi-zé, zée), adj. Qui ne porte aucun déguisement.
— ÊTYM. rn.... ), et déguisé.
t INDÉHISCENCE (in-dé-i-ssan-s') , s. /'.Terme de botanique. Privation de la faculté de s'ouvrir spontanément. L'indéhiscence d'un péricarpe.
— ETYM. Indéhiscent.
t INDÉHISCENT, ENTE (in-dé-i-ssan, ssan-f) , adj. Terme de botanique. Péricarpe indéhiscent, péricarpe qui ne s'ouvre pas de soi-même à l'époque de la maturité.
— ETYM. In.... t , et déhiscent.
INDÉLÉBILE (in-dé-lé-bi-1') , adj. Qui ne peut
êtro détruit. Encre indélébile. || Fig. Le caractère de prêtre est indélébile. Il se dépouillait parfaitement avec elles [les dames] du caractère de savant et de philosophe, caractères cependant presque indélébiles, et dont elles apercevraient bien finement et avec bien du dégoût les traces les plus légères, FONTEN. Leibnitx. Je vis ma perte dans cet événement [entrer en qualité de domestique chez la duchesse du Maine] , et je sentis que le caractère indélébile de femme de chambre ne laissait plus de retour à ma fortune, staal, If^m.t. i, p. 203.
— lllST.xvi's. Un caractère qui ne se peut cflacer, et qu'ils appellent indélébile, calv. Inst. U8&. Indélébile.... comme si l'huile ne se pouvoit ester, in. ib.n 86.
— ETYM. Ut. indelebilis, de in.... i, et delebilis, délébile.
t INDÉLÉBILITÉ (in-dé-lé-bi-li-t6), *. f. Qualité de ce qui ne peut s'eflacer.
t INDÉLECTATION (in-dé-lè-kta-sion), ». /. Absence de délectation.
— HIST. xiv" s. L'en doit regarder et redoubler que à son ami bien fortuné l'en ne face indeiettasion ou appeticement de sa delettation, oresme, Eth. 29).
— ETYM. Lat. indelectationem, de in.,., i, et delectatio, délectation.
t INDÉLÉGABLE (in-dé-lé-ga-W) , adj. Qu'on ne saurait déléguer. Pouvoirs indélégafales.
— ETYM. In.... t , et déléguer.
t INDÉLIBÉRATION (in^dé-li-bé-ra-sion), s. f. Défaut, absence de délibération.
— ÉTYM. In.... I, et délibération, INDËLIBËRÉ, ÉE (in-dé-li-bé-ré, ée), adj. Qui
n'est point délibéré, point réfléchi. Le changement le plus essentiel que le péché ait fait dans notre âme, c'est qu'un attrait indélibéré du plaisir sensible prévient tous les actes de nos volontés, boss. Libre arb. io. Apres que nos inclinations premières et dominantes sont nées en nous, je ne sais comment, par des mouvements indélibérés et par une espèce d'instinct aveugle, m. 2° serm. Quinquag. 2. Les premiers mouvements de la douleur et de l'indignation sont presque entièrement innocents, parce qu'ils sont presque entièrement indélibérés, le MAÎTRE, dans RICHELET. La grâce médicinale de Jésus-Christ n'est point un vouloir, mais un plaisir prévenant, indélibéré, fén. t. m, p. 242.
— ÊTYK. Lat. indeliberatus (quicherat, Addenda), de in.... i , et deliberare, délibérer.
t INDÉLIBÉRÉMENT (in-dé-li-bé-ré-man), adv. D'une manière indélibérée. De ne reconnaître qu'un être universel.... ou plutôt qui ne fait rien, mais à qui toutes choses échappent aussi nécessairement et aussi indélibérément, qu'un torrent échappe à la source d'où il sort.... bodlainvilliebs, Réfut. de Spinosa, p. 333.
INDÉLICAT, ATE (in-dé-li-ka, ka-t'), adj. Qui n'a pas de délicatesse dans les sentiments. Homme indélicat.ll Ilseditaussi des choses. Procédé indéUcat.
— ÉTYM. In.... t, et délicat.
t INDÉLICATEMENT (in-dé-li-ka-te-man), adv. D'une manière indélicate. Agir indélicatement.
INDÉLICATESSE (in-dé-li-ka-tè-s'), i. f. || 1° Manque de délicatesse dans les sentiments. L'indélica. tesse de cet homme. || 2° Procédé indélicat. Il a commis une indélicatesse.
— ÉTYM. Indélicat,
t INDEMANDÉ, ÉE (in-de-man-dé, dée) , adj. Qui n'est point demandé.
— ÉTYM. In.... 1, et demandé.
INDEMNE (in-dè-mn'), adj. \\ i° Terme de jurisprudence. Qui n'a pas éprouvé de perte; indemnisé. Rendre quelqu'un indemne. Sortir indemne d'une affaire. || 2° Il se dit en un sens analogue, dans le langage général. Les vaccinés sortant indemnes, la plupart du temps, de l'inoculation de la variole. Ils [les Turcs] voulaient profiter de l'occasion pour sortir indemnes de cette guerre [avec la Russie], sans se mêler de la querelle qui allait s'engager entre des puissances qu'ils avaient alors l'imprévoyance de haïr au même degré, thiers, Ilist. du Cons. et de l'Emp. xuu.
— HIST. xvi" s. En baillant caution par le dit retrayeur, de rendre indemne le premier acheteur, Coust. qénér, t. 1, p. 464.
— ÉTYM. Lat. t'ndemnii, de in.... i,eX damnum, dommage (voy. dam).
f INDEMNISATION (in-da-mni-za-sion), s. f. Action d'indemniser. Fixation d'une indemnité.
— ÉTYM. Indemniser.
INDEMNISÉ, SÉE (in-da-mni-zé, zée), part, passé d'indemniser. Indemnisé de ses pertes.
INDEMNISER (in-da-mni-zé; quelques personnes prononcent in-dè-mni-zé, mais cela n'est pas conforme à l'usage, non plus que in-da-ni-zé, qui s'entend quelquefois; il est possible que in-da-ni-sé ait été l'ancienne prononciation), v. a. \\ 1° Compenser à quelqu'un le dommage qu'il a souffert, les pertes qu'il a faites. Indemniser quelqu'un de ses pertes. S'il ne s'agissait que d'indemniser ces seigneurs, supposé qu'ils se plaignent, le roi le pourrait très-aisément, sans altérer en rien la grande et heureuse loi de la liberté du commerce, volt. Polit, et législ.'; Petit écrit. || Fig. Ses succès m'indemnisent des soins que j'ai pris de son éducation. Il 3° S'indemniser, v, réfl. Se donner à soi-même
une indemnité, une compensation Qui [chat
et renard] des frais du voyage. Croquant mainte volaille, escroquant maint fromage, S'indemni- '
salent à qui mieux mieux, la pont. Fabl, ix, t*.
— SYN. iNDKHHiSER, DÉDOMMAGER. Indemniser, c'est compenser une perte par une râleur équivalente. Dédommager ne s'applique pas seulement aux pertes, il comprend toutes les espèces de compensations ; de plus il n'indique pas que la réparation soit égale au dommage.
— ÉTYM. Indemne, qui, venant d'tndemntî ,' a donné indemniser, comme stériie a donné sf^riKser par sJeriitï. Au xvi* siècle on disait indemner, Coust. gin. t. 11, p. 25).
t INDEMNITAIRE (in-da-mni-tê-r'), s. m. Celui qui a droit à une indemnité. Désintéresser les indemnitaires. Il Particulièrement. Émigré français qui a eu part à l'indemnité allouée sous la restauration aux émigrés dont les biens avaient été confisqués.
— ÉTYM. Voy. INDEMNITÉ.
INDEMNITÉ (in-da-mni-té, et non in-dè-mnité, comme quelques personnes le prononcent, et in-danni-té, comme d'autres le disent), s. f. \\ l°Compensation pécuniaire accordée à celui qui a éprouvé une perte. On lui a adjugé une indemnité. || V Acte par lequel on promet d'indemniser. || 3° Terme de jurisprudence féodale. Droit payé au seigneur, quand un fief est acquis par l'Église, c'est-à-dire lorsqu'il tombe en mainmorte, pour le dédommager des droits de mutation que la mainmorte abroge et qui lui seraient échus. || Droit que l'on Ijayait au seigneur lorsqu'on obtenait du roi des lettres d'affranchissement, ou lorsqu'un fief acquérait un titre qui le faisait relever du roi.|| 4° Somme votée et allouée, sous laRestauration, pour indemniser les émigrés dont les biens avaient été confisqués et vendus pendant laRévolution. il 5° Indemnité de logement, somme allouée àdes employés qui ontdroit à un logement et à qui l'administration n'en peut donner un. Il 6° Traitement que recevaient, sous la constitution de l'an m, les membres du corps législatif et ceux du directoire. || 7° Bill d'indemnité, acte par lequel le corps législatif d'Angleterre absout les ministres d'une mesure extra-légale. || En général, en français, tout ce qui absout de quelque acte plus ou moins entaché d'illégalité ou de reproche.
— HIST. XVI' Et au cas de défaut devoit l'empereur payer audit roy d'Angleterre cinq cens mil escus d'indemnité, m. du bellay, <B8. L'indemnité n'est pas monnoye suffisante à un homme qui faict mieulz que de ne faillir point, mont, iv, 24<.
— ÉTYM. Lat. indemnitatem, de indemnis, indemne.
t INDÉMONTRABLE { in-dé-mon-tra-bl'), adj. Que l'on ne peut démontrer. Des propositions indémontrables, L'AbBÉ houteville, dans desfon- TAiNES. La vérité première et indémontrable, dider. Optn. des anc. phil. {Thomasius),
— ÊTYM. Lat. inoemonstrabilis, de tn.... t, et demonstrare, démontrer.
t INDÉMONTRÉ, ÉE (in-dé-mon-tré, trée), odj. Qui n'est point démontré. Cela reste indémontré.
— ÉTYM. Lat. indemonstratus (qdicherat. Addenda).
\ INDÉNIABLE (in-dé-ni-a-bl'), adj. Que l'on no peut dénier ou réfuter.
— ÉTYM. In..., i, et dénier,
t INDÊNONCÉ, ÉK (in-dé-non-sé, sée;, adj. Qui n'a point été dénoncé.
— ETYM. Lat. indenunciatus, non déclaré, de in,,., i, et nunciatus, déclaré (voy. dénoncer).
flNDÉNOUABLE (in-dé-nou-a-bl'), adj. Qu'on ne saurait dénouer.
— ÉTYM. In.... 4, et d^ouer.
t INDÉNOnÉ.ÉE (in-dé-nou-é,ée), ad;. Qui n'est point dénoué.
— ETYM. In.... t, et dénoué, flNDENTATION (in-dan-ta-sion), *. f. Terme
didactique. Échancrure semblable à la trace ou à la morsure d'une dent. Les observateurs auxquels on doit des mesures [des protubérances, lors de l'éclipsé de lunedu mois de juillet 4 860], auraient dû voir, à la base de chaque protubérance, une profonde indentation lumineuse sur le disque lunaire, ce qui n'a pas eu lieu, faye, Comptes rendus, Ac. des se. t. LU, p. 87.
— ÉTYM. In.... 2, et denter.
t INDENTÉ, ÉE (in-dan-té, tée) , adj. Terme de botanique. Feuilles indentées, feuilles qui n'ont ni dents ni dentelures.
— ÉTYM. In.... i, et denté.
t INDENTURE (in-dan-tu-r') , ï. f. Terme de géographie. Enfoncement, coupure. On avait franchi la rade de Simoda, une des larges indenturas qui
IND
découpent la côte méridionale de Hle de Nippon [Japon].
— ÊTYM. In.... 2, et denter.
INDÉPEND AMMKNT (in-<lé-pan-d&-man), adv.
Il 1° Sans dépendance, d'une manière indépendante. L'âme.... étant sortie de son état pour avoir voulu être heureuse indépendamment de Dieu, Boss. la Vallière. Dieu, qui nous a créés indépendamment de nous et sans nous, ne peut-il pas, sans nous et indépendamment de nous, décider de notre sort? BOURDAL. PuTtf. de la Vierge, Myst.t. n, p. 278. Aux événements de la guerre, il faut agir indépendamment dans de certaines occasions, ha- MiLT. Gramm. B. || %' Sans aucun égard à.... Je vous servirai indépendamment de tout événement. Adieu, mon cher monsieur : à la mort et à la vie, je vous aimerai et vous estimerai très-indépendamment de la qualité de gouverneur du marquis de Grignan, sÉv. Lett. à du Plessis, 26 juin <689. Il 3° Outre, par surcroît. Indépendamment du traitement, vous aurez un logement.
— ÉTYM. Indépendant, et le suffixe ment.
INDÉPENDANCE (in-dé-pan-dan-s'), s. f. || 1° Absence de dépendance Les autres, fatigués de tant
de folles visions, et ne pouvant plus reconnaître la majesté de la religion déchirée par tant de sectes, i-aient chercher un repos funeste et une entière indépendance dans l'indifférence des religions ou dans l'athéisme, boss. Heine d'Ànglet. Un attribut qui ne peut convenir à la créature, c'est-à-dire l'indépendance et la plénitude de l'être, id. la Vallière. Celui qui règne dans les cieux et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance, est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, id. Heine d'Anglet. L'injustice à la fin produit l'indépendance, volt. Tancr. iv, 6. || 2"' Particulièrement, état d'une personne indépendante. Voilà le péché capital des grands du siècle, qui de leur état se font un principe d'indépendance, bourdal. Purifie, de la Vierge, Myst. t. II, p. 166, Il n'y a personne qui ne regarde le repos et l'indépendance comme le but de tous ses xva.\3.[ix,voLT. Lett.d'Argence, )"oct. 4 759. Une indépendance parfaite d'idées et d'habitudes donnait beaucoup de charmes à son existence, stael, Corinne, X, 6. On y jouit d'une parfaite indépendance sociale, ?D. tb. VI, 2. Il II se dit aussi par rapport à la fortune. Il s'est acquis une honnête mdépendance. || Il signifie quelquefois le goût de l'indépendance. Quoique cet esprit d'indocilité et d'indépendance soit également répandu dans toutes les hérésies de ces derniers siècles, boss. Heine d^Anglet. te bonheur est son but, le plaisir son système. Et dans l'indépendance il met le bien suprême, BoissY, Sage étourdi, i, ). || 3° Condition d'un État, d'rn pouvoir ^ui ne relève pas d'un autre. Voilà, dans la nouvelle souveraineté de Simon et de sa famille, l'indépendance la mieux exprimée et tout ensemble la plus absolue qu'on puisse voir, boss. Var. B* axert. §47. N'allez pointalarmer leur noble indépendance [des Scythes], volt. Scythes, ii, 5. Il Nom, dans la révolution d'Angleterre, d'un parti dont Cromwell et Vane étaient les chefs. Quand leur subtil conducteur [Cromwell].... vit qu'il avait tellement enchanté le monde qu'il était regardé de toute l'armée comme un chef envoyé de Dieu pour la protection de l'indépendance, boss. Reine d'Anglet. Il Guerre de l'indépendance, guerre qui eut lieu entre l'Angleterre et ses établissements d'Amérique en 4 77B, et qui se termina par la reconnaissance de la république des États-Unis en <782. 114° Absence de relations, de rapports entre les choses. L'indépendance qu'on attribue k la charité, tant de la béatitude que des autres bienfaits de Dieu, boss. 2' Écrit sur les Max. des saints, <2. || 6° Terme du jeu de boston, pris, comme boston lui-même, à la guerre d'indépendance qui fonda les États-Unis. L'action de faire seul un certain nombre de levées. Faire , demander une petite, une grande indépendance.
.ÉTYM. Indépendant.
INDÉPENDANT, ANTE (in-dé-pan-dan, dan-t'), adj. Il 1° Qui ne dépend point de, qui n'est point subordonné à, en parlant des personnes. Son âme 16 maintint toujours libre et indépendante de la fortune, la FONT. Vie d'Ésope. Dieu est indépendant par lui-même et par sa nature ; et le roi est indépendant à l'égard des hommes et sous les ordres de Dieu, qui s«ul aussi peut lui demander compte de ce qu'il fait, boss. Var. B* averl. § 43. Lorsque les ordres absolu» De l'être indépendant qui gouverne le monde, deshool. t. i, p. <34. D'autres s'imaginèrent que [ le plus libre de tous les hommes ] c'était un barbare qui, vivant de sa cha<se au mi-
IND
lieu des bois, était indépendant de toute poliee 1 et de tout besoin, riN. Tél. v. Ce cœur indépendant des outrages du sort, volt. Kariarte, ii, 4. Enfin il [M. de Voltaire] avait tellement arrangé sa destinée, qu'il se trouvait indépendant à la fois en Suisse, sur le territoire de Genève et en France, id. Comm. (xuv. aut. Henriade. Ses généraux, fatigués comme lui [Napoléon], trop indépendants les uns des autres, trop séparés, et en même temps trop dépendants de lui, osaient moins et attendaient souvent ses ordres, séour, Hist. de Nap. iv, 6. || 2° Qui est libre de toute dépendance politique. Et ce grand nom de reine ailleurs ne m'autorise Qu'à n'y voir pas de trône à qui je sois soumise, X vivre indépendante, CORN. Nicom. III, * . [Ils] Veulent sur tous les rois un si haut ascendant Que leur empire sesl demeure indépendant, in. ib. v, 4 . Madagascar est divisé en plusieurs peuplades plus ou moins nombreuses, mais indépendantes les unes des autres, RATNAL, Hist. phil. IV, 4. || Se rendre indépendant, se dit d'un chef qui rompt ses liens de subordination avec le prince ou l'État, et se fait prince ou chef d'État. Ri^in ne put lui persuader [à Maximin] de se soumettre à Licinius, et il se rendit indépendant dans l'Orient, boss. Hist. l, 10. Il 8° Qui ne dépend de personne , en parlant des particuliers. Je sentis alors qu'il n'est pas toujours facile d'être pauvre et indépendant, J. j. Rouss. Conf. VIII. Voitaire voulut devenir riche pour être indépendant, condorcet, Vie de Voltaire. \\U se dit, dans le même sens, de la fortune, de la situation. Une position indépendante. Sa fortune est tout à fait indépendante, et son âme encore plus, stael, Corinne, vi, 4. || 4° Qui aime à ne dépendre de personne, qui ne se laisse pas dominer par la volonté d'autrui. Il [Dieu] voulait découvrir par un grand exemple tout ce que peut l'hérésie, combien elle est naturellement indocile et indépendante, combien fatale à la royauté , boss. Reine d'Anglet. Son cœur indépendant [de Brutus] Sur mes sens étonnés prend un fierascendant. .. . volt. M. de Ces. 1, i. Toujours indépendant et toujours citoyen, in. ib. m, 4. || B" Qui n'est pas subordonné à...., en parlant des choses. Et que de votre cœur vos yeux indépendants Triomphent comme moi des troublesdu dedans, corn. Oth. i, 3. [Les rois] De qui l'indépendante et sainte autorité Est un rayon secret de leur divinité [des dieux], m. Hor. m, 3. [Chez les protestants] une caisse commune, des citadelles indépendantes du roi, des assemblées politiques permises, et comme une république autorisée au milieu d'un État purement monarchique, anquet. Ligue, m, 349. Il 6° Il se dit des choses qui n'ont point de rapport, de relation avec une autre. Ô règle infaillible descendue du ciel, toujours indépendante des lieux, des temps, des nations, des intérêts, mass. Carême, Vérité de la relig. \\ Terme de géologie. Formations indépendantes, celles qui ont été retrouvées les mêmes dans des contrées éloignées les unes desautres. || Terme d'horlogerie. Secondes indépendantes, celles qui, dans une montre à secondes, se meuvent par un mécanisme qui n'est pas lié à celui des heures. || 7° S. m. Nom, en Angleterre, d'une secte qui ne reconnaissait pas d'autorité ecclésiastique et dont Cromwell fut un des chefs. Les calvinistes, plus hardis que les luthériens, ont servi à établir les sociniens, qui ont été plus loin qu'eux et dont ils grossissent tous les jours le parti; les sectes infinies des anabaptistes sont sorties de cette même source; et leurs opinions mêlées au calvinisme ont fait naître les indépendants, qui n'ont point eu de bornes, boss. Reine d'Anglet. De là est né ce prétendu règne de Christ, inconnu jusqu'alors au christianisme, qui devait anéantir toute royauté et égaler tous les hommes; songe séditieux des indépendants et leur chimère impie et sacrilège, m. ib. Cromwell et ses indépendants y étaient les maîtres, volt. Hœurs, 4 80. || Nom donné à tous les dissidents d'Ecosse et de Hollande qui rejettent l'autorité des syuodes. || Les indépendants, nom donné aux Américains qui combattirent contre l'Angleterre pour leur indépendance.
— ÊTYM. 7ti.... i , ei dépendant.
t INDÉPENDANTISME (in-dé-pan-dan-ti-sm"), s. m. Opinion politique et religieuse des indépendants d'Angleterre. 11 est question de savoir si vous pouvez [vous protestants] éviter l'indiépendantisme, pour me servir de votre terme que je trouve fort bon, Boss. Confir. avec Claude, ii. Ces assemblées [synodes] que vous proposez comme moyens utiles, se sont plus moyens utiles dès que chacun peut croire qu'il en aura un meilleur, et le seul qui puisse être Isûr, c'est-à-dire celui d'examiner par soi-même et
IND
n'en croire que son jugement; voilà, monsieur, l'indépendantisme tout entier, id. tb. La grSce de l'élection qu'on nous allègue ne remédie point aux schismes, aux translations du ministère, et à toute» les révolutions séditieuses qu'on peut attendre da l'indépendantisme, fén. t. ii, p. 40.
— ÊTYM. Indépendant.
t INDÉPLORÊ, ÉE (in-dé-plo-ré, rée), adj. Qui n'a point été déploré.
— ÉTYM. Lat. indeploratus, de in.... 4, et deplo~ ratus, déploré.
1 INDÉPOCILLft, ÉE (in-dé-pou-llé, liée , Il mouillées), adj. Qui n'a point été dépouillé.
— ÉTYM. In.... 4, et dépouillé.
\ INDÉRACINABLE (in-dé.-ra-si-na-bl'), od>. Qu'on ne peut déraciner, faire disparaître. Un sentiment indéracinable.
t INDÉRACINÉ, ÉE (in-dé-ra-si-né, née), adj. Qui n'est point déraciné, qui re.ste enraciné.
— ÉTYM. In.... * , et déraciné.
f INDESCRIPTIBLE (in-dè-skri-pti-M'), adj. Qui ne peut être décrit.
— ÉTYM. In.... 4, et descriptible (voy. décrire). ■] INDESCRIPTIBLEMENT ( in-dè-skri-pti-ble-
man) , adv. D'une manière indescriptible.
t IN DESTITUA BLE (in-dè-sti-tu-a-bl') , ad/. Qui ne peut être destitué. Ce magistrat est indestituable, Dict. de VAcad. de 4 696.
— ÉTYM. In.... 4, et destituable.
INDESTRCCTIBILITÉ (in-dè-stru-kti-bi-li-té) , *.
f. Qualité ou état de ce qui est indestructible. Mon hypothèse sur l'indestructibilité des germes de nos animalcules des infusions, bonnet, Lett. div. CEuv. t. XII, p. 89, dans pougens.
— ÉTYM. Indestructible.
INDESTRUCTIBLE (in-dè-stru-kti-W), adj. Qui ne
peut être détruit. On a su avant nous que tous les êtres animés contenaient des molécules indestructibles toujours vivantes, et qui passaient de corps en corps, BUFF. Quadrup. t. ii, p. 477. Des insectes indestructibles ont dévoré pendant une longue suite d'années tout ce qu'on pouvait se promettre d'un sol fertile et bien cultivé, raynal, Hist. phil. xm,&*. Leur masse indestructible [des pyramides] a fatigué le temps, delille. || Fig. Une haine atroce et indestructible s'invétéra entre eux et leurs maîtres, et fut une seconde nature, volt. Louis XV,iO.
— ÉTYM. M.... 4 , et destructible.
t EVDESTRCCTIBLEMENT ( in-dè-stru-kti-bleman) , adv. D'une manière indestructible.
f INDÉTERMINABLE (in-dé-tèr-mi-na-bl'), adj. Que l'on ne saurait déterminer.
— ÉTYM. Lat. indeterminabilis, de in.... \. et determinare , déterminer.
INDÉTERMINATION (in-dé-tèr-mi-na-sion), s. f. Il !• Défaut de détermination, de volonté. Je ne suis point capable d'une si parfaite indétermination, j'ai besoin de croire, font. Juyem. de Pluton. Je sus à Versailles que ce qui retenait la déclaration de la dame d'honneur était l'indétermination sur la dame d'atours, ST-siM. 274, 209. Il 2° Terme de philosophie. Absence de conditions qui déterminent, qui règlent. C'est l'indétermination de ces rapports, la facilité de les saisir, et le plaisir qui accompagna leur perception, qui a fait imaginer que le beau était plutôt une affaire de sentiment que de raison, DIDEROT, Rech. phil. sur le beau, Œuvres, t. ii, p. 449, dans pouGENS. Il Terme d'algèbre. État de ca qui est indéterminé. L'indétermination d'un problème, d'une formule.
— ÉTYM. In.... 4, et détermination.
INPJSTERMINÉ, ÉE (in-dé-tèr-mi-né, née), adj.
Il 1° Qui n-e?t pas déterminé, fixé, en parlant des choses. Nombre indéterminé. Faisant peu de fond sur une réponse générale et indéterminée, douhd. Pensées, t.i, p. 3i2. L'arrêt [contre Lalli] lui reproche vaguement des vexations, et ce mot de vexations est si indéterminé, qu'il ne se trouve chez aucun criminaliste, VOLT. Lett. d'A lembert, 4 3 juin 4 766. 1 1 2° Qui n'est pas déterminé, résolu, en parlant des personnes. Il ne parle pas ici de la prudence de ces pénitents indéterminés qui se demandent sans cesse s'ils peuvent, s'ils ne peuvent pas, fléch. Panég. ii, 4 82. Us ressemblent à ceux qui entrent dans les magasins, indéterminés sur le choix des étoffes qu'ils veulent acheter, la bruy. xvi. Prendr£z-vous une charge à la cour, à l'armée ? — Mon âme dans ce choix est indéterminée, regnabd, Ménechmes, m, s. Il 3° Terme de mathématique. Problèmes indéterminés, ceux qui ont un nombre indéterminé de solutions. Un problème qui admet cent soluMons est plus indéterminé que celui qui n'en admet qua dix. Il Quantités indéterminées, celles que l'on in-
IND
troduit dans le calcul sans leur assigner actuellement une valeur déterminée.
— ÉTYM. Lat. indeterminatus, de in.... i, et determinatus, déterminé.
INDÉTERMINÉMENT (in-dé-tèr-mi-né-man), ad». D'une manière indéterminée. Un mot employé indéterminément. Vous savez quel vous êtes indéterminément et confusément, mais non pas déterminément et clairement, desc. Rem. aux 7" obj. 44. L'aristocratie peut se resserrer jusqu'au plus petit nombre indéterminément, i. i. souss. Contr. soc. m, 3.
— ÉTYM. Indéterminé, et le suffixe ment.
I IXDÊVIDABLE (in-dé-vi-da-bl'), adj. Qu'on ne peut dévider.
HiST. ivi» s. Le coucou estant percé, les filets de
la soie se trouvent tronçonnés, par conséquent indevidables et intirables, o. ne serres, 490.
— ÉTYM. In.... t, et dévidabk.
f INDEVmABLE (in-de-vi-na-bl'), adj. Qui n'est pas susceptible d'être deviné. Soyez impénétrable, soyez indevinable, dépaysez les curieux, volt. dans le Dict. de dochez.
HIST. XVI' s. Il y a des parties secrètes et indi-
vinables, mont, m, 269.
— ÉTYM. In.... *, et deviner.
t DTDEVINÉ, ÉE (in-de-vi-né , née), adj. Qui n'a pas été deviné. Énigme indevinée.
— ÉTYM. In.... i, et deviné.
t INDÉVORABLE (in-dé-vo-ra-bl'), adj. Qui ne peut être dévoré.
— ÉTYM. Lat. indevorabilis (quicherat. Addenda), de in.... i, et devorare, dévorer.
INDÉVOT, OTE (in-dé-vo, vo-t') , adj. || i* Qui n'est pas dévot, en parlant des personnes. Un homme indévot. Il S. m. et f. Un indévot. Une indévote. Laissez là, croyez-moi, gronder les indévots. Et sur votre salut demeurez en repos, Boil. Sat. x. Le plus grand déplaisir qui puisse m'arriver au monde, c'est s'il me revenait que vous êtes un indévot, et que Dieu vous est devenu indifférent, rac. Lett. à son fUs, ^3. Il î» Il se dit aussi des choses. Discours indévot. Contre un siècle indévot plein d'une sainte rage, Tu cours chez ta béate, à son cinquième étage, VOLT. IHsc. 7.
— ÉTYM. XV' s. Quand le cueur est indevot, il n'a pas d'accord en soi, gerson, dans le Dict. de nocHEZ. Il ivi' s. Indevot, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. indevotus, qui manqae de respect au prince, à la loi, et, dans quicherat. Addenda, indévot, de «n.... *, et deuoJu*, dévoué, dévot (voy. ces mots).
INDÉVOTEMENT (in-dé-vo-te-man) , adv. D'une manière indévote.
— ÉTYM. Indivote, et le suffixe jnen*.
INDÉVOTION (in-dé-vo-sion; en vers, de cinq
syllabes), *. f. Manque de dévotion. Passant de l'indévotion à l'impiété, balz. De la cour, 6* dise. L'indévotion que je remarque et que jedéplore dans beaucoup de lâches chrétiens, bourdal. 5' dim. après Pdq. Dom. t. u , p. < 98. Le relâchement et l'indévotion des peuples, iD.FêtedesSaints,Myst.t.ii,p.i*<i. Ces âmes saintes réparèrent par leurs bénédictions l'indévotion des pécheurs, fléch. Panég. ii, 42.
— HIST. XVI* s. Indevotion , cotghays.
— ÉTYM. Lat. tnderoHoTiCTn, mépris des intentions du testateur, et, dans quicherat Addenda, indévotion, de in.,.. l, et devotio (voy. dévotion).
INDEX (in-dèts"), *. m. || 1° La table des matières d'un livre. Il m'envoya un index et ensuite une préface, Boss. Lett. 287. Il Index de la grécité, de la latinité, table alphabétique des mots et des phrases remarquables de l'une ou de l'autre langue contenus dans l'ouvrage. Il 2' Index ou indice, catalogue des livres suspects de mauvaise doctrine dont le saint-siége interdit la lecture, quoiqu'ils ne soient pas encore condamnés juridiquement. Mettre un livre à l'index, c'est le mettre dans ce catalogue. Le P. Tellier avait fait un livre [sur le culte de Confucius] qui, à force d'intrigues et de crédita Rome, ne fut mis qu'à l'index, st-sim. 217, )77. Ce qui est encore bien digne de remarque, c'est que l'arrêt du parlement fut mis à l'index de Rome, VOLT. Mœurs. 1 74. || Congrégation de Tindex ou de l'indice, celle qui, à Rome, est chargée d'examiner les livres nouveaux , et d'en prohiber, s'il y a lieu, la lecture ou la vente. || Index expurgatoire, catalogue des livres dont la publication et la vente sont défendus jusqu'à ce qu'ils aient été purgés et corrigés : en quoi ils diffèrent de ceux qui sont définitivement prohibés. || Fig. Mettre une chose à l'index, l'interdire, en défendre l'usage. Hais Voltaire et sa coterie Sontà l'index en Barbarie, bérang.
TND
Ste-Alliance. || 3° Premier doigt de la main, après le pouce chez l'homme, ainsi nommé parce que c'est de ce doigt qu'on se sert pour indiquer, montrer. Il Adjectivement, le doigt index. Nos billets [électoraux] remplis, le président les reprenait avec le doigt index et le pouce seulement, p. l. cour. Seconde lettre particul. || 4° Aiguille portée par un pivot, et dont l'extrémité parcourt un hmbe divisé. \\Au plur. Des index.
— HIST. XVI' s. Derrière le poulce, index et médius, PABÉ, IV, 21.
— ÉTYM. Provenç. index; ital. indice; du lat. index, indicis, qui montre , qui indique, formé de in, en, vers, et du radical dlç, montrer, d'où, avec gouna, îeCxvujii, montrer, et dicere (deicere), dire. Indicare est un dénominatif d'index, indicis (voy. indiquer).
t INDEXTÉRITÉ (in-dèk-sté-ri-té), s. f. Manque de dextérité. L'incident fâcheux qui trouble cette séance vous donne une grande preuve que la colère est un mauvais conseiller; car le préopinant, qui a eu le malheur de vous offenser, a été directement contre le succès de son opinion, qui triomphait lorsqu'il s'est présenté pour la défendre ; n'imitons ni sa violence, ni son indextérité, Mirabeau, Collection, t. m, p. 91.
— ÉTYM. In.... I, et dextérité.
t INDIANISME (in-di-a-ni-sm'), s. m. Caractère indien ; études indiennes.
— ÉTYM. Indien.
t INDIANISTE (in-di-a-ni-sf), «. m. Celui qui s'occupe de l'étude du sanscrit et de l'histoire de l'Inde.
— ÉTYM. Indien.
t DJDIANOLOGIE (in-di-a-no-lo-jie), î. f. Etudes sur les habitants indigènes de l'Amérique du Nord, dits improprement Indiens. Indianologie de la Californie, titre d'un ouvrage d'Alexandre Taylor.
INDICATEUR, TRICE (in-di-ka-teur, tri-s"), *. m. et ^.|| 1° Celui, celle qui indique, qui dénonce un coupable (sens qui a vieilli). Dans un État où il y a des esclaves, il est naturel qu'ils puissent être indicateurs, MONTESQ. Esp. xu, < B. || 2° S. m. Terme d'anatomie. L'index. || Adjectivement, le doigt indicateur. Il 3° Nom donné aux journaux ou pancartes qui marquent les heures des chemins de fer. L'Indicateur des chemins de fer. Prêtez-moi votre Indicateur. Il 4° S. m. Nom des deux pièces mobiles qui sont placées à l'extrémité du fléau d'un télégraphe, et à l'aide desquelles on exécute les signaux en leur donnant différentes directions. || 6* 5. m. Genre d'oiseaux.
— ÉTYM. Indiquer.
t. IDÎDICATIF, IVE (in-di-ka-tif, ti-v'), adj. Il 1° Terme scientifique. Qui a la propriété d'indiquer. Signes indicatifs d'une maladie. Les preuves indicatives de la venue du Messie, boss. Expl. de Ifi proph. d'Isaie, l" lettre. I| Terme de pratique. État indicatif de..., état, bordereau qui porte l'indication de,... Il 2° Terme de théologie. Formule indicative, la formule absolue d'un sacrement, pau' laquelle le prêtre semble parler en son nom. Il 3° Colonnes indicatives, celles qui servent à marquer les marées, sur les côtes de l'Océan.
— HIST. iiv' s. Et de prudence politique une partie ou espèce est consiliative et l'autre est indicative, ORF.SME, Eth. 180. Il XVI' s. De ces choses, les unes sont indicatives, les autres coindicatives.... les indicatives sont celles qui de soy-mesme et de leur nature enseignent ce qui est à faire, paré, Introd. 23.
— ÉTYM. Provenç. indicatiu; espagn. et ital. indicativo; du lat. indicativus, de indicare, indiquer.
2. INDICATIF (in-di-ka-tif), î. m. Terme de grammaire. Mode des verbes qui exprime l'état ou l'action d'une manière positive, certaine et absolue. Dans la conjugaison, l'indicatif est le premier mode. Un verbe à l'indicatif. || Adjectivement. Le mode indicatif.
— ÉTYM. Indicatif i.
INDICATION (in-di-ka-sion ; en vers,- de cinq syllabes) , î. ^. || 1° Action d'indiquer. Il fut arrêté dans la foule sur l'indication d'un tel. || 2' Renseignement, renvoi. Cela peut fournir d'utiles indications. Avec les indications que vous me donnez je trouverai ce qu'il me faut. La table de ce livre est pleine d'indications fautives. || 3' Ce qui est un indice, une espèce de signe. Son embarras est une indication de sa faute. C'est une indication qu'il se sent coupable. || 4° Terme de médecine. Notion fournie par l'examen d'un malade, et d'où l'on peut déduire quel est le traitement à employer. Dans cette maladie l'indication est de saigner. Les indications sont fort obscures. || Terme de jurisprudence. Déclaration. L'indication des biens de ce débiteur s'est trouvée fausse. || Indication de paye-
IND
ment, convention par laquelle un débiteur charge une personne avec laquelle il traite, de payer à son acquit son propre créancier.
— HIST. xvr s. Si les esprits sont foibles, toute indication curative des maladies cesse, paré, Intr. 10. Galien définit en gênerai indication, une entrée à agir et opérer.... Les chirurgiens et médecins usent de ce mot indication qui est propre à eux, et hors de l'usage du vulgaire, id. ib. 22.
— ÉTYM. Provenç. tndicad'o; espagn. indicacion; ital. indicasione ; du lat. indicationem, de indicare, indiquer.
INDICE (in-di-s'), s. m. \\ 1° Signe apparent qui indique avec probabiUté. Il n'avait point fait arrêter ceux qu'il soupçonnait, qu'il ny eût été forcé par des indices évidents, vaugel, Q. C. vu, i . Ton silence est suspect, et on le prend pour un indice d'un plus grand mal, d'ablancourt, Lucien, Jupiter le tragique. Dès que la mère eut indice certain De sa grossesse.... la font. Herm. Qui m'en éclaircira, quels témoins? quel indice?... rac. Mithr.ni, 4. On a des indices presque certains que son père et sa mère, qui furent tués en voyage lorsqu'elle n'avait que deux ou trois ans, étaient des étrangers de la première distinction, mariv. Marianne, T part. Nous attestons que nous n'avons jamais connu cet infortuné Calas que les huit juges de Toulouse firent périr sur les indices les plus faibles, contre les ordonnances de nos rois, volt. Politique, Tolérance, Suite et conclusion. Toute la partie du Mont- Jura, qui commence aux confins du territoire de Schaffouse, et qui s'étend jusqu'au comté de Neufchâtel, offre en plusieurs endroits des indices certains de mines de fer, bupp. Mém. t. iv, p. 79. A ces indices [de tremblement de terrej, les hommes fuient de leurs maisons, et courent chercher dans l'enceinte des places ou dans la campagne un asile contre la chute de leurs toits, raynal, Hist. phil. viii, 26. De ses feux tôt ou tard j'acquerrai quelque indice, Dncis, Othello, iv, 1. 1| 2° Dénonciation (sens qui a vieilli). Si pourtant quelque grâce est due à mon indice, CORN. Cinna, v, 3. Mes esclaves en sont, apprends de leurs indices L'auteur de l'attentat, et l'ordre, et les complices, id. Pomp. iv, 4. Si vous rompez le coup, prévenez les indices; Perdez Sertorius, ou perdez vos complices, ID. Sert, i, i.\\ Par extension. Aussi sert-il [un oiseau] d'indice au chasseur pour chasser le gibier, buff. Oiseaux, t. ix, p. 408. Il 3° Terme d'optique. Indice de réfraction, le rapport du sinus de l'angle d'incidence au sinus de l'angle de réfraction. || 4° Terme de marine. Tout ce qui fait juger de l'approche d'une terre. || S' Synonyme peu usité d'index, au sens de catalogue imprimé des livres défendus à Rome.
— HIST. XVI' s. La rougeur des viandes est indice qu'elles ne sont assez cuyctes, hab. Garg. i, 3». Le peuple receut son indice, et fut son accusation ouïe en pleine assemblée, amtot, Péric. 59. Les signes et indices du phlegmon sont tumeur, tension.... PARÉ, V, 8, Le chien.... courut sus [aux meurtriers de son maître].... et parce premier indice achemina la vengeance de ce meurtre, mont, ii, <9(.
— ÉTYM. Lat. tndtctum, de même racine que indicare, indiquer.
INDICIBLE (in-di-si-bl'), adj. Qu'on ne saurait dire, exprimer, ô faiblesse indicible I tristan, Mariane, i, 3. Ce supplice [des auges, chez les Perses] durait ordinairement quinze ou vingt jours, pendant lesquels le patient souffrait des tourments indicibles, ROLLiN, ffwt. anc. Œuv. t. m, p. 827, dans pougens. C'est alors qu'elle [l'âme] ne se regarde plus qu'avec des horreurs indicibles, mass. Carême, Passion. Cette bouche entr'ouverte, ces bras tendus, ce corps un peu penché sont d'une expression indicible, DiDER. Salon de 1765, Œuvr. t. xiii, p. 340.
— HIST. xvi' s. Cette indicible benevolence que si souvent avez demonstrée, condé, Mém. p. esi. ....Pour vous certes, je treuve Facile chose à faire un impossible , Et fort aisée à dire un indicible,