‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 193 sur 389 · NAB · texte numérisé non relu

NAB

V (en*. Il est masculin dans la nouvelle êpellation, rt alors il se prononce ne),». f.\\i.' Consonne, la quatorzième lettre de l'alphabet. Une grande N. Il i' N majuscule, avec un point, s'emploie, dans des actes, des récits, pour tenir la place du nom d'une personne qui est inconnue ou que l'on ne veut pas désigner, ou bien d'un nom que le lecteur devra remplacer. {| N. S. signifie Notre-Seigneur (Jésus-Christ). N. D. signifie Notre-Dame (la sainte Vierge). || 3° En astronomie et marine, N marque le nord, ou signifie : qui est au nord ; N. E. nord-est; N. 0. DordK)uest; N. N. E. nord-nord-est, etc. Il 4° En chimie, N désigne le nitrogène ou azote. Il 6* N* indique, dans les formules médicales, la quantité numérique de la substance prescrite. Ainsi : éther, gouttes n° xi, signifie vingt gouttes d'éther. Il 6* N. ou N. B., abréviation des mots latins nota ou nota benè [remarquez, remarquez bien] , s'écrit en tète d'une remarque, d'une note. || 7° N simple ou surmontée d'une couronne, sur les monnaies et les monuments de l'empire français, signifie Napoléon. Il 8* En termes d'imprimerie, on met n pour lettre, parce qu'on se sert de l'n pour mesure moyenne. Il y a 4 200 nà la page de ce volume. ||9°Nest la marque de l'ancienne monnaie de Montpellier. || 10° Les jurisconsultes romains usaient de cette abréviation, N. L. pour signifier non liquet, c'est-à-dire que la chose en question ne leur paraissait pas évidente.

— insT. xiii" s. Vous savez bien que grant devis A d'emme à N par un trait, Senefiance de l'ABC, JUBINAL, t. II, p. i8l. Il XVI* s. De cest entrelas d'i et n avec le g, vous en avez fait l'n mignarde, pasquier, UUres, 1. 1, p. 4 39.

— ÊTYM. Latin, n; grec, vu; du noun phénicien. NABAB (na-bab), t. m. || !• Titre des princes de

l'Inde musulmane. Je souhaite... que nous ne nous mêlions de faire des nababs que quand nous aurons assez de troupes pour conquérir l'Inde, volt. Lelt. fiiJlt, <764. Il 2° Fig. Il sedit des Anglais qui, ayant rempli de grands emplois ou fait le commerce dans l'Inde, en sont revenus avec des richesses considérables. Il En général, tout richard, avec une pointe d'ironie pour l'étalage du luxe.

— F.TYM. Arabe, nabdb, pluriel de nabib, lieutenant. NABABIE (na-ba-bie), ». f. || 1" Dignité de nabab. 112' Le territoire soumis à la puissance d'un nabab. Plus loin est le petit fort de Paliacato, appartenant aux Hollandais ; c'est de là qu'ils vont acheter des diamants dans la nababiede Golconde, volt. Polil. et Ugisl. t'rag. hist. sur ilnde, xi.

+ NABATÉEN, ENNE (na-ba-té-in, è-n'), adj. Nom donné par les Arabes à la langue et à la littérature assyriennes.

t NABIROP (na-bi-rop), ». m. Nom vulgaire de ritoumeau doré (omnivores), dit aussi nabouroup. t NABLE (na-W), ». m. Terme de marine. Trou de tarière percé dans un canot et fermé par un bouchon. Il Ce bouchon même.

— ÈTYM. Ce paraît être l'allemand Nabel, nombril. KABOT, OTE (na-bo, bo-t'), ». m. et f. || !• Terme do mépris et familier. Personne d'une trè.spetite Uille. Puissé-jo devenir nabot, Si vous ne passez pour un sotl sc^hr. Typh. ch. ii. Laid, ventru, mal bâti, petit comme un nabot, cuerardi, ThiAl. ital. L 1, p. 187. Il Adjectivement. Amour nabot Oui du jabot De dom Japhet As fait Une ardente foumaiie, »c»«». D. Japhet dArm. iv, ï. 1] 2' 5. m. Hotte. Encore saigne la plaie et le trou que M. de la Meilleraye dans les troubles de la Fronde fit au nabot d'un crocheteur, bitz, Mém. t. iv, livre v p.»iï,dan«tAcuRK«. || louiiiéaujourd'buicncesens

NAG

— SYN. NABOT, RAGOT. Le nabot est Beaucoup trop petit. Le ragot, s'il n'est pas plus petit ou plus court, est au moins plus vilain, plus difibrme, plus ridicule, c'est ce que Scarron a fort bien observé dans le portrait de son Ragotin.

— HIST. xvr s. Nabot, NicoT, Dict. Nous ne sommes que nambots et avortons eu esgard à la grandeur de ceux du vieil temps, bouchet, Serées, livre ii,

p. 2H, dans LACDRNE.

— ETYM. Génev. naimbot, naimbote. Ménage a indiqué navot, gros navet, par assimilation; mais navot, au sens de navet, est seulement normand. Diez propose le Scandinave nabbi, grosseur, bosse. On remarquera le sens de hotte qu'a eu le mot.

t NACAIRE (na-kê-r'), t. f. Ancien instrument de musique militaire, sorte de timbale.

— HIST. xm« s. Et sembloit que foudre cheist [tombât] des ciex au bruit que les nacaires, les labours et les cors sarrazinois menoient, lomv. 2(B.

— ETYM. Bas-lat. nacam; bas-grec, àvdtzapa; du pers.nafcarft, petite timbale; venantde l'arabe nafcar, qui signifie battre le tambour et sonner la trompette.

NACARAT(na-ka-ra; le l ne se prononce pas et ne se lie pas), î. m. || 1° La couleur entre le rouge et l'orangé. Les nacarats appelés de bourre seront teints de gaude et de bourre de poil de chèvre, fondue avec cendre gravelée. Régi, sur les manuf. août 1669, teinturiers en laine, art. 29. La cochenille est la plus précieuse et la plus belle des matières colorantes rouges qu'on emploie dans la teinture; on en fabrique les rouges, les cramoisis, les ponceaux, les nacarats, les violets, les écarlates, FOURCROT, Connaiss.chim.t. x, p.354,danspotJGENs. Il 2' i4dj.tnBor. Oui est d'une couleur de nacarat. Des rubans nacarat. Une étoffe nacarat. D'abord superbe et triomphante, Elle vint en grand apparat. Traînant avec des airs d'infanle Un flot de velours nacarat, th. GAUTIER, Émaux et camées, le Poëme de la femme.

— IllST. XVI* s. Nacarat, .îpeci'e di colore corne rancio [espèce de couleur comme l'orange], ovom, Dict.

— ÊTYM. Esp. et portug. nacarado (voy. nacre). NACELLE (na-sè-l'), ». ^. || 1° Petit bateau qui

n'a ni mit ni voile. Il passa la rivière dans une nacelle. Il 2* Petit bateau qu'on suspend à un ballon. C'est un ballon : voici la banderole. Et la nacelle et le navigateur, bérang. Feu du prisonn. il 8*Fig. La vie, le sort, comparé à une nacelle qui vogue. Sur une onde tranquille. Voguant soir et malin. Ma nacelle est docile Au souflle du destin, biîrano. Nacelle. Qui vient encor saluer la nacelle? C'est le malheur bénissant la vertu, m. Comm. du voyage. Il La nacelle de saint Pierre, l'Église catholique romaine. || 4° Terme d'architecture. Moulure ayant pour profil un demi-cercle ou le double du quart de rond (voy. scotie), ainsi dite parce qu'elle a l'apparence d'un petit baleau. || 6* Terme de botanique. Partie de la corolle des fleurs papilionacées qu'on nomme plus généralement carène. || Terme de zoologie. Nom marchand d'une espèce de patelle.

— HIST. XI* s. Dreit à Lalice, ço fut citet mult bêle, lloec arivet sainement la nacele, St Alexis, XVII. Il xui* s. 11 ont guerpi la grant ni>f; mais il emmenèrent une petite nachieleoii il n'avolt rions, H.nEVALENC. XXXII. || xiv's. C'est l'estoilequi par mcT me conduisl. C'est la naiiselle Forte, seQre et plaine de déduit, maciiaut, p. tas. ||xvi* s. La nasselle de saint Pierre et ses successeurs ont maintenant changé de manière de pescher, d'auh. Conf. i, ».

— ÉTYM. Wallon, nèsale; namur. nasale. Du Cange le dérive du bas-lat. noca, nacelle, ail. Naehen. Diez le tire du latin nai-icd2a, diminutif de

NAP

naei» ,- avec raison, car on a, dans la géographie du moyen âge, Navicellx, nom de lieu dit aujourd'hui Naxelles, près d'Amboiso.

t NACHE (na-ch'), ». f. Nom, en Normandie, chez les bouchers, de la fesse du bœuf, à Paris la tranche au petit os.

— ÊTYM. Sache est, dans l'ancien français, le nom de la fesse, et vient du bas-lat. natica, dérivé du latin nates.

NACIIE (na-kr'),». f. Matière blanche et brillante qui forme l'intérieur de plusieurs coquilles et qui a la propriété de réfracter la lumière d'une manière variée et agréable à l'oeil ; elle est produite par une sécrétion du mollusque nommé avicule. Un étui de nacre. Sur cet amas brillant de nacre et de coral, CORN. rots, (for, II, 3. Mon bonheur s'éleva comme un château de fées. Avec des murs de nacre aux mobiles couleurs, v. hugo, Odes, y, io.|| Nacre de perles, expression qui se dit, mais qui ne signifie rien de plus que le seul mot nacre, la matière de la nacre et de la perle étant la même.

— HIST. XV* s. Une nacle de perle aveques unze grosses perles, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 433. Il XVI* s. La pine qui est cette espèce de grandes coquilles qu'on appelle nacre, paré, Uonstres , app. i.

— ÉTYM Espagn. nacara, s. f. et nacar, s. m.; ital. nacchera, gnacchera, et masc. natcaro; du persan nakar, ornement de diverses couleurs.

NACRÉ, ÊE (na-kré, krée), adj. \] 1* Qui réfléchit une lumière irisée comme la nacre. Éclat nacré. La rose, vierge encor , se referme jalouse Sur le frelon nacré qu'elle enivre en mourant, a. de musset, laNuitdemai. || 2* Seditdescoquilles qui renferment de la nacre. || 3* S. m. Deux espèces de papillons.

t NACRER (na-kré), v. a. Donner le brillant de la nacre.

t NACRIER, ÈRE (na-kri-é, è-r'), ». m. et t. f. Celui, celle qui travaille la nacre.

t NACRITE (na-kri-f), ». f. Terme de minéralogie. Variété de t^lc qui a l'éclat de la nacre.

t NADKLLE (na-dè-P), ». f. Nom de Vathérine de lioyer (poissons acanthoplérygiens) et de Yendranlis mélelte (poissons malacoptérygiens abdominaux).

NADIR (na-dir), ». m. Terme d'astronomie. Le point du ciel qui est directement sous nos pieds, et auquel aboutirait une ligne verticale tirée du point que nous habitons et passant par le centre de la terre.

— HIST. XIV* a. Celui point opposite du solail est appelle le nador, orksme, Thhe de meunifr.

— ETV.M. Arabe, nal/iir, place vis-.'I-vis.

t NADIRAL, ALE (na-di-ral, ra-l'), ad/. Qui a rapport au nadir. Les observations n.idirales sont impossibles pendant le jour, dans la salle méridienne de l'observatoire de Paris, y. vh.lahceau, Acod. de» se. Comptes rendus, t. lxv, p. <064.

t NiKVUS (né-vus'), ». m. Terme de médecine. Tache naturelle à la peau. || Naevus maternel, taohe sur la peau des enfants et née avec eux.

— ErYM. Lat. nanus, tache.

f NAFÉ (na-fé), ». m. Fruit do la kelmie, malvacée, hibiscus csculenlus, Linné, dit aussi gombaud ; plante cultivée en Syrie et en Egypte; on ea compose une pâte et un sirop.

— ETYM. Arabe, nafaha, salutaire.

NAFFE (na-f), ». f. Usité seulement dans ctlie locution : eau de naffc, ancien nom de l'eau diailhe de fleurs d'oranger. || On trouve aussi iiaphe. Eaux de nar et naphe, et essences odoriférantes, le cci l pesant payera trois livres. Tarif, (8 sept. (604.

— HIST. XVI* I. De» roses de damas, tire-oa d»

NAG

NAG

NAG

fcrt bonne et odorante eau : aussi des fleurs d'orange, de l'eau naffe, o. de serbes, 89o.

— ÊTYM. liai, nanfa, lanfa, de l'arabe nafah, odeur agréable, souffle embaumé.

NAGE (na-j"), (. f. || l- Action de nager. La nage est un exercice salutaire. La quantité de graisse dont l'ours est chargé le rend très-léger à la nage ; aussi traverse-t-il sans fatigue des fleuves et des lacs, BUFP. Quadrup. t. m, p. 36. || On dit plus habituellement natation ; et même l'Académie ne donne nage que dans les locutions à la nage, en nage. || Â la nage, toc. adv. En nageant. [Un potage] D'où les mouches à jeun se sauvaient à la nage, régnieh, Sat. X. Il a fait passer le Rhin à la nage par cent maîtres, leur donnant ordre de charger les ennemis en queue, pellisson, Lett. hist. t. i, p. 149, dans POBGENS. Le petit la Troche a passé des premiers à la nage, on l'a distingué, sév. U9. Vieux bâtiment usé par tous les flots, 11 [le monde] s'engloutit ; sauvons-nous à la nage, bérang. Suicide. |{ Se jeter à la nage, se jeter à l'eau pour nager. || On a dit aussi à nage. De vos ponts commencés abandonnez l'ouvrage ; Français, ce n'est qu'un fleuve, il faut passer à nage, corn, les Vicl. du roi en 4072. Les autres se jettrent à nage dans la rivilre, charpentier, Éloge d'Aghilas. Je ne comprends point le passige du Rhin à nage, sÉv. l» juin 1672. C'est là qu'on te voit à nage Fendre les flots écumeux, chaulieu, Ode au duc de fend. f7iB. Je l'ai laissé sauvant à nage Sur le rocher du château d'If Sa muse et tout son équipage, m. Sur Chapelle. \\ Par extension. On voit de temps en temps de grandes campagnes où le riz tout vert est à nage, choisy, Voy. de Siam, p. 384, dans O0DEFR0Ï, Lex. de Corn. t. ii, p. 67. Il i' Terme de marine. Action de ramer, jeu des rames. |1 Donner la nage, diriger le canot, ou régler la vitesse de sa marche. || Bancs de nage, bancs qui servent aux canotiers. |1 Tente de nage, toile tendue sur une chaloupe pour abriter les rameurs. || Bonne de nage, se dit d'une chaloupe facile à manier. Il 3* Partie d'un train de bois do flottage. || 4° Morceau de bois du bachot où pose la platine de l'aviron, quand l'aviron est au touret. || 5° Familièrement. Etre en nage, tout en nage, être tout trempé, tout mouillé de sueur. Harpagême revint essoufflé, tout en nage, la font. Florentin, 9. Nous sommes venus comme un trait : Emile est tout en nage; uue main chérie daigne lui passer un mouchoir sur les joues, J. J. Bouss. Ëm. v.

— HIST. xii* s. Venir à Luque par haute mer à naje, Raoul de C. «72. || xiw s. Que tout par tout peijst sans nage [sans passer l'eau] Errer deseur son palefroi, Lai du conseil. Et d'autre part, se vin par nage Ne venoit, ce seroit la rage, Souv. rec. de fabl. t. I, p. 30». Il xvi* s. Se sauver à nage hors d'un esquif qui faict eau, mont, ii, î22. Que l'homme se debvoit pourveoir de munitions qui flottassent sur l'eau et peussent à nage eschapper avecques luy du naufrage, ID. I, 277. Le desespoir tiroit ces plaintes de ma bouche ; En mes larmes desjà à nage estoit ma couche, desportes, Tombeau de Desportes.

— RTYM. Voy. nager. Quant à la locution (tre en nage (wallon, été en nanje; Hainaut, été en nache, nanger, nager), qui esi singulière, Hochefort, Delatre, Mahn l'ont expliquée par être en âge, c'està-dire être en eau, âge étant une des anciennes formes de eau. Que âge ait été dit pour aiguë ou aige, cela n'est pas douteux ; mais on ne voit dans aucun texte que âge se soit assez conservé dans le parler vulgaire pour qu'il ait donné lieu à la locution et à la confusion. Il vaut mieux y voirie mot na^e. Quelques-uns disent non pas Are ennagemiiiilreànage (voy. à l'historique l'exemple de Desportes); locution qui ne comporte plusa^e, eau. De plus le wallon dit (te en nange, là il n'y a plus de confusion entre nange et âge, eau ne s'étanl jamais dit ange ; et nager se dit nanger dans les patois du nord. Être à nage ou en nage, c'est proprement nager dans l'eau, et fig. être tout mouillé de sueur.

t NAGKANT, A.VTE (na-jan, jan-t"), adj. || !• Terme de iKilnnique .Se dit des plantes qui n.igcnt à la surface de l'eau, sxns tenir au sol par des racines. Il Feuilles nageantes, feuilles qui se souticimciiit sur l'eau. Il 3* Teruie de blason. Se dit d'un poisson couché horiznnt.ilcment ou en travers do r<:cusson. Il 8* Terme de métier. Carde nageante, carde dont les dents cèdent aisément. || 4* S. m. pi. Terme da zoologie.Ordre comprenant tous les mauimifi rcs privés d'extrémités postérieures, par eiem|ile le phoque.

NAGER (na-jée), ». f. Espace qu'on parcourt eo nageant, i chaque impulsion donnée au corps par les membres. L'autre bête.... Dans un trou se précipiut. Revint sur l'eau, puis ccluppa; Car au bout

de quelques nagées Tout son sel se fondit, la font. Fabl. II, 10.

— REM. Ce mot, bien que fourni par la Fontaine, n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de (835.

— ÉTYM. Nager.

t NAGEMENT (na-je-man), s. m. Action de nager. Le vol des oiseaux, le nagement des poissons, la course des quadrupèdes sont des efTets démontrés des règles de mouvement connues, volt. Diet. phil. Idée, Uns de la nat.

— HIST. XVI* 3. Nagement, bob. est. Dict.

NAGEOIRE (na-joi-r'), s. f. Il !• Organe membraneux, mince et plus ou moins large, soutenu ou non par des rayons osseux, qui sert d'agent de locomotion aux poissons. Les hommes [dans l'île <les Plaisirs] avaient des ailes pour fendre les airs, et des nageoires pour passer les mers,FÉN. t.xix, p. 39. Les nageoires, qui sont les ailes des poissons, ne sont pas moins propres à manœuvrer dans l'eau, que les ailes des oiseaux à manœuvrer dans l'air, bonnet, Contempl. nat. xil, 27. J'ai vu, ce qu'on ne saurait croire. Des triions, animaux marins, Pour danser troquer leur nageoire Contre une paire d'escarpins, PANARD, Description de l'opéra. \\ 2" Calebasse ou vessie pleine de vent, ou tout autre appareil qu'on se met sous les bras pour se soutenir sur l'eau. Il 3° Caisse placée devant la cuve du papetier.|| 4°Morceau de bois plat qu'on place sur les seaux pleins, pour empêcher l'eau de jaillir. || B* Populairement. Barbe qui garnit le c6té des joues, favori.

— HIST. ivi's. Nageoir, lieu où l'on nage, ou din, Dict. Nageoire, appareil pour apprendreà nager, iD. tb.

— ÊTYM. Nager.

t NAGEOTER (na-jo-té), V. n. Nager un peu, nager avec difficulté.

— ETYM. Diminutif familier de nager.

NAGER (na-jé. Le g prend e devant a et o : je

nageais, nageons), ii. ri. \\ !• Se soutenir et avancer sur l'eau par le mouvement de certaines parties du corps. Nager comme un poisson. Nager sur le dos. Nager entre deux eaux. 'Pantôt on les eût vus côte à côte nager [deux oiseaux d'eau]. Tantôt courir sur l'onde et tantôt se plonger, la font. Fabl. m, 4 2. Il nageait quelque peu, mais il fallait de l'aide, m. ib. IV, tt. Lorsque vous suivez en nageant le cours de la rivière qui vous conduit, il vous semble qu'il n'y a rien de si doux ni de si paisible; mais, si vous remontez contre l'eau, c'est alors que vous éprouvez la rapidité de son mouvement, boss. I" sermon, Pentec. ♦• |i II nage comme une meule de moulin, comme un chien de plomb, se dit d'un homme qui ne sait pas du tout njger. || Fig. Nager en grande eau, être dans l'opulence, ou être dans les emplois, dans les positions où l'on s'enrichit. lUen n'est tel, comme on dit, que nager en graude eau, DU CERCEAD, les Dcux coutint, i, 1 6. Quand j'ai nagé en grande eau, j'ai toujours eu le malheur de m'y noyer, le sage, Guxm. d'Alfarache, vi, 8. jj Fig. Nager entre deux eaux, se ménager entre deux partis, no s'attacher à aucun. || On dit dans le même sens : nager entre deux partis. Ceux qui songent à contenter tout le monde, et nagent comme incertains entre deux partis, boss. Polit, x, iv, (.La situation de Sedan dans les Ardennes et sur un bord jaloux de frontière mit ces seigneurs en état de nager entre la France et la maison d'Autriche, stsiM. 467, 227. Il Fig. Nager entre les extrémités, être également éloigné des extrêmes. L'on voit peu d'esprits entièrement lourds et slupides; l'on en voit encore moins qui soient sublimes et transcendants; le commun des hommes nage entre les deux extrémités, la brut. XI. Il Fig. Nager contre le courant, contre le torrent, résister à l'opinion commune. Il a, je l'avoue, la réputation d'un honnête homme; mais je vois trop qu'il n'y a point déjuge qui le soit assez pour nager contre le torrent et se roidi r tout seul contra une cabale puissante, i. a. Rouss. Lett. à Boulet, 30 juillet <7<2. Il 2'Termo de marine, seulement usité en parlant du maniement des avirons. Ramer pour voguer sur l'eau. Il força, l'épée à la main, l'équipage de sa chaloupe i nager, il vint i la galioie.... K0NTF.N. Renau. || Nagera caler, synonyme de scier. Il Nager sec, remuer lei avirons da manière à ne pas faire jaillir l'eau. || Nager à sec, prendre appui avec se* avirons sur un quai ou un rivage, jj Nager de long, faire parcourir le plus grand cs|)aco possible à la pelle de l'aviron. || Nager sur le fer, empêcher une embarcation de chas8«r.|| Au sens do ramer, Il est actif aussi : nager la chaloupe li bord. Il 8* Flotter sur l'eau, ne point aller au fond, surnager. Le liège nage sur l'eau. L'huile nage sur l'eau. Il 4* Par extension , être dans un fluide

quelconque. Poisson qui nage dans le beurre. Il 5° Flotter d'une façon quelconque. Ces grands corps de lumière.... qui nagent, pour ainsi dire, dans ces espaces, mass. Carême, Vérité de la religion. Au delà de leurs cours [des astres] , et loin dans cet espace. Où la matière nage et que Dieu seul embrasse. Sont des soleils sans nombre et des mondes sans lin, volt. Henr. vu. 116" Fig. Nager dans..., être au milieu de.... Les douceurs où je nage ont une violence Qui ne se peut celer, malh. V, 25. Je nage dans la joie, et je tremble de crainte, CORN. Cid, m, 5. Son cœur nage dans lamoUesse, RAC. Eslh. Il, 9. Elles nagent dans la prospérité, LA BRUY. VI. Nageant dans le reflux des contrariétés, volt. Fanât, iv, 3. Nous nageons dans l'incertitude ; nous avons très-peu d'idées claires, ID. Lett. à If***, 1778. Je n'entends parler que de millions [lors du système de Law] ; on dit que tout ce qui était à son aise est dans la misère, et que tout ce qui était dans la mendicité nage dans l'opulence, ID. Lett. envers et en prose, 9. Couronné de rayons, nageant dans la lumière, in. Uenr. x. Sûre qu'en présentant le mérite à ta vue, Ce monde où tu nageais, qui t'a longtemps déçue, Te paraîtrait bientôt ce qu'il est en effet, Du plus parfait mépris le méprisable objet, lanoue. Coquette corr. v, 6. Il 7° Par exagération, nager dans le sang, en être couvert. Le bûcher, par mes soins détruit et renversé. Dans le sang des bourreaux nagera dispersé, RAO Jph. V, 2. Je me souviendrai toute ma vie d'avoir vu cette tête qui nageait dans le sang, fên. Tél. II. Il Nager dans son sang, être tout couvert de son sang. Ils n'y auront trouvé qu'un corps sans tête nageant dans son sang, SACI, Judith, xiv, 4. Il Par extension, être rempli de carnage. Tout nage dans le sang, et on ne tombe que sur des corps morts, BOSS. Anne de Cont. Déjà l'armée hollandaise avec .ses superbes étendards ne lui échappera pas; tout nas,'e dans le sang, tout est en proie, id. Louis de Bourbon. Le pays des Velches, dont je suis natif, nagea dans le sang; mais, dès que ces exécutions étaient faites, la nation se mettait à danser, à chanter, à faire l'amour, à boire et à rire, volt. Dial. lo. Maroc nageait dans le sang quand nous arrivâmes, id. Candide, 4). 118° lise dit de l'œil, du regard qui devient vague et

comme noyé Elle fait un effort, Étend les bras,

me cherche, ouvre avec peine Des yeux nageant dans l'ombre de la mort, malfil. Narcisse, ch. m. Adieu, déjà je sens dans un nuage épais Nager mes yeux éteints et fermés pour jamais, delille, Géorg, IV. Il 9" Terme de manège. Il se dit du cheval qui jette les pieds en dehors. || Nager à sec, se dit d'un animal qu'on force, pour le guérir, à marcher sur trois jambes, en lui en liant une. || Teruie de fauconnerie. Nager entre les nuées, se dit du faucon qui plane. || Proverbe. Le monde est rond; qui ne sait nager va au fond, leroux de lincï, Prov. t. U, p. 330. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XI* S. Sigîent i fort et nagent et gouvernent, Ch. de Bol. CLXxxvi. || xu* s. Outre la mer les en ferai nagier, Raoul de Combrai, 66. Hxiii* s. [Un cul de jatte] Purpensez s'est de un engin, Par quel s'en va par le chemin, Un auget ù il s'est asis. Se trait meîsmes li cheitifs, E en chemin naggo sans flot, f.douard U confeneur, v. 3097. Et si est moult parfont [un fleuve], que grans nés [nefs] y porroient nagier dedens, marc pol, p. 4b(. Li baleaus moult tost s'en rêvait. Ne voit quil nage, ne quil trait, Partonop. v. 1977. Li marinier qui par mer nage, Cerchant mainte terre sauvage. Tout regarde il à une estoilc, la Rose, 7587. Voiz comment elles [les dames] portent leurs niantiaus gentcment, Voizcommentelles nagent dcs.'.us le pavement. Voir I comme elles se chaucont Iden et failiscemcnt [avec ! grâce], J. DRMEUNO, Test. 1242. ||xv' s. Us furent ! on/e jours tout pleins en ce batclct ; et s'efTorçoieul do nager tant qu'ils pouvoicnt; mais ils nopouvuient si loin nager, que tous les jours le vent, qui leur estoit contraire, les ramenoit une fois ou deux, Fno:ss. i, I, 22. Jean de U Faucille.... nagcoit entre deux eaux, et se faisoit, à son pouvoir, neutre, ID. II, II , <3. Nageant entre les deux, comm. iv, i. J'entends de ceulx qui cstoient ses subjecis et en son royaulmc, car tous les aultresno nageoientqus soubz le vent de ccstuy, ib. v, i. Il faut que toui paye gabelle à Venise, si on veut nager par ledit goife, id. viii, «4. ||xvi* ». Qui ne sçalt nager, il n'est pas en péril pour son enncmy seulement, mai* pour le péril de l'eaue; et pour tout il est convenahlo d'aprendre soy et son cheval à noor [nager], Rojier histor. i, «. Il (ault bien qu'il naigo, qui est soutenu par le menton, palsob. p. 4ist. U n'est na-

NAÏ

ger qu'en ftranfeau, cotoravk. Il ne faut apprendre aux poissons à nager, ID.

ÊTYM. Hainaut, nanger ; picard, nanger, langer, larger. On le tire du lalin tiarigare, naviguer. Il est certain qu'un des sens primitifs de nager est naviguer; cela doit faire passer sur la difficulté de tirer nagtr ou ruigitr de navigare ; le provençal dit vaveiar, le français devrait avoir une forme analopwe : naveier. Du sens d'un vaisseau qui navigue, Hotte sur l'eau, i celui d'un homme qui nage, le passage est facile. Le vieux français avait aussi neer, naviguer : lu* s. Cil vait par haute mer néant, Grég. le Grand, p. a«. Scer vient de nalare. Il avait aussi nouer, qui vient également de natare, mais par une forte altération de la voyelle.

fNAGERET (na-je-rè), ». m. Terme de chasse. Petit bateau pour chasser le gibier d'eau.

— ÊTYM. Nager.

NAGEUR, ECSE {na-jeur,]eû-z'), ï. m. et f. || 1° Celui, celle qui nage. 112° Terme de marine. Rameur.||8« Adj. Oiseau nageur, seditdes palmipèdes qui ont des pieds dont les doigts sont unis par une membrane. \\S.m. pi. Les nageurs, famillede quadrupèdes rondeurs dontles doigts des pattes de derrière sont réunis par une membrane. || Serpent nageur, la couleuvre à collier, tropidonotus nalrix, Kubl.

— HIST. xiu* s. 11 avoit bien ccc. nageurs en sa galie, et i chascun de ses nageurs avoit une large |écu] de ses armes, joinv. si 6. ||xvr3. Un soldat de Niort, grand naieur, m'a conté.... d'aub. llist. n, 468. Comme un nageur venant du profond de son plonge. Tous sortent de la mort comme l'on sort d'un songe, ID. IVafftQuei, Jugement. Bon nageur de n'estre noyé n'est pas seur, leroux de uncy, Prov. t. Il, p. aB2. Crates disoit des escripts de Heraulitus, qu'ils avoient besoing d'un lecteur bon nageur, afin que la profondeur et poids de sa doctrine ne l'engloutist et suffoquast, mont, iv, 230.

— ÊTYM. Nager. On trouve aurai nou«ur,au xin' siicle, pour rameur.

\ NAGOR (na-gor), t. m. Nom vul^ire et spécifique de l'antilope nagor, qui est l'antilope crochue de certains auteurs.

NAGUÈRE ou NAGCÈRES (na-ghè-r'), adv. 11 y • peu de temps. Est-ce lui qui naguère aux dépens de sa vie Sauva des ennemis votre empereur Uécie? coBN. Poly.i, 3. L'ombre avec la lumière y peut tracer souvent [dans une lunette astronomique] Un homme, un bœuf, un éléphant : Naguère l'Angieterre y vit chose pareille, la font. Fabl. vu, ( 8. Le grand désir do vous voir un enfant Vous transportait naguère d'allégresse, iD. Mandrag. Un roi qui naguère, avec quelque apparence, De l'aurore au couchant portait son espérance.... bac. IfitAr. m, *. Ceux qui naguère étaient de petits tyrans dans leurs provinces ou dans les places frontières, n'en étaient plus que les gouverneurs, ba- MLT. Gramm. 6.

— REM. Naguère, d'après Blarguerite Buffet, Ob- (crv. p. 62, en 4 «68, était un mot suranné; il fallait (lire depuis peu. Purisme sans raison; car les meilleurs auteurs employaient le mot qui est resté en usage, surtout en poésie et dans le style relevé.

— HIST. xui* s. N'a encor guercs qu'il cuidu Tel engingnier qui l'engingna, Hen. 2106. || xv* s. Gens qui oagueres avoient esté leurs ennemys, cohm. v, 0. Comme n'a guieres seisse en mon estude.... me prindrent diverses ymaginacions moult parfondes, ciiASTELAi.N, Exposit. tuT vérUé mal prise. Il devint amoureux d'une Jeune demoiselle, qui nagueros estoit mariée, LOUIS XI, Nouv. XLviii. ||xvi* s. Elle avoit de nagueres fait divorce avec son mary,

AMYOT, Sylla, 72.

— ËTYH. Adverbe composé de trois mots : ne, a, giUre, c'est-à-dire il n'y a guère [de temps].

naïade (na-ia-d'), s. f. || !• Divinité inférieure qui, suivant le polythéisme, présidait aux fontaines et aux rivières. Je ne me déclare caution que de l'histoire du fleuve eu colère [le Rhin], que j'ai apprise d'une de ses naïades qui s'est réfugiée dans la Seine, boîl. Ép. iv, Panage du Rhin, au lecteur. Il [le dieu du Uhin] se trouble, il regarde, cl partout sur ses rives II voit fuir à grands pas ses naïades craintives, id. Ép. iv. Je sais, quand le miili leur fait désirer l'ombre. Entrer à pas muets sous le roc frais et sombre. D'où parmi le cresson et l'humide gravier La naïade se fraie un obliijue teniier, A.ciiiN. Idylle, fragment. || Fig. Ce seraità ceux ijuiontdes miUions de quarante icusdertnie, à se charKer de ce grand ouvrage (amener l'ïvetie t Pari»]; mais l'incertitude du succès les effraie, la travail les rebute, et le» filles de ^opé»^ lemporteot sur les naïades de l'Yvett«, tolt. L$U. d»

NAl

Pareievs, )7juin 1768. || 2° Terme de botanique. Genre de plantes aquatiques, monocotylédones, famille des naïadées. || 8° S. f. pi. Terme de zoologie. Famille de mollu.sques comprenant les conchifères des eaux douces. Il Se dit aussi de certaines araignées qui plongeant dans l'eau. || Genre devers aquatiques. Il a vu de ces vers d'eau douce apodes, qu'il nomme assez improprement des naïades, qui multipliaient sous ses yeux par division naturelle, bonnet, Œuv. t. XII, p. t*i, dans pougens.

— ÊTYM. Lat. naias, du grec vaià;, vriîà;, de vieiv, couler. Au contraire, Kuhn, Zschr. f. vcrgl. Sprachf. t. l, p. 536, rattache vaià; au sanscrit ndtyds, les eaux des nuées, c'est-à-dire les navigantes, les nuages étant nommés dans le Véda ndvas, vaisseaux.

t NAÏADÉES (na-ia-dée), s. f. pi. Terme de botanique. Nom d'une famille de plantes monocotylédones qui croissent dans l'eau ou nagent à sa surface; elles ont des feuilles alternes, souvent embrassantes à leur base.

— ÉTYM. Naïade.

NAÏF, IVE (na-îf, i-v'. Au pluriel, qu'il écrivait

nalfz, le xvi' siècle prononçait na-ï, sans f, 3. pelletier, dans LivET, la Gramm. franc, p. I48), adj. Il 1° Natif (vieilli en ce sens). Une couleur de roses... avait... Rehaussé de son teint la naïve blancheur, LA font. Climène, Comédie. || En termes de lapidaire, pointe naïve,diamant qui, naturellement et sans taille,

^flr.-« ,.,,A r-irTYia nvrami/tnlci II 51® Fiff. fini rRtr.lcfi

NAÏ

offre une forme pyramidale. || 2"' Fig. Qui retrace simplement la vérité, la nature, sans artifice et sans effort. Faire une description, une peinture, une relation naïve. L'attitude, la pose do cette statue est naïve. Jacques Amyot, plus connu par sa naïve traduction de Plutarque que par cette ambassade, volt. Mœurs, 472. || 3° Fig. Qui est gracieusement inspiré par le sentiment. Une beauté naïve. Les grâces naïves de l'enfance.... X cet air si naïf croirait-on qu'elle y touche? BEGNARD, Je Dislr. i, 4. La nature naïve anime ses discours, volt. Zalire, iv, 3. J'estime la valeur Et do ton cœur ouvert la naïve candeur, i». Scythes, ii, a. Tout ce qui est vrai n'est pas naïf; mais tout ce qui est naïf est vrai, d'une vérité piquante,origijiale et rare, niDER.Penste sur ia peint. Œuv. t. XV, p. 232, dans polgens. Soit que j'eusse perdu la naïve confiance du premier Sge, marmontel, Uém. VII. Dans un long entretien, à sa pitié naïve J'offris tout le tableau des maux que j'ai soufferts, Ducis, Of/ieHo, I, 5. Ciell de faibles sanglots 1 un cri naïf et tendre 1 m. j. chén. Œdipe roi, y, 3. Il 4» F.n parlant des personnes, qui obéit gracieusement à ses sentiments. Une personne franche et naïve Elle [Mme de Bouillon sortant de l'interrogatoire pour l'affaire des poisons] fut reçue de tous ses amis, parents et amies avec adoration; tant elle était jolie, naïve, naturelle, hardie, et d'un bon air et d'un esprit tranquille, sÉv. 3) janv. t680. || 6° Qui dit sa pensée sans détour, ingénument. Vous dites donc que Diderot est un bon homme; je le crois, car il est naïf, volt. Lett. d'Argental, 12 mars (768. Il Kn mauvaise part. Qui dit par un excès de simplicité ce qu'il aurait intérêt à cacher. C'est un homme naïf dont on tire tout ce qu'on veut. Vous êtes bien naïf. Il lui dit qu'il éteit un peu naïf, hamilt. Gramm. iy. || En ce sens, il s» dit des choses. Une réponse naïve. Un amour-propre naïf. Une vanité naïve. || 6" Il se prend encore en mauvaise part et s'applique à ceux iiui no sont pas pénétrants, qui ne comprennent pas ce que tout le monde comprend. Ahl vous comptiez qu'arrivé au pouvoir, il tiendrait ses promesses ; vous êtes naïf. || 7° S. m. Ce qui est naïf. L'école flamande offre des modèles du naïf en peinture. La cour désabusée Dédaigna de ces vers [burlesques] l'extravagance aisée, Distingua le naïf du plat et du boufi'on, boil. Art poét. 1. Brancas parlait bien et de source, avec un air naturel, souvent un naïf inimitable, st-sim. 447, 277.

— SYN. HAÏP, natubel. Le luturel est opposé au recherché et au forcé ; le naïf est opposé au réfléchi, et appartient au sentiment. En littérature, le naïf est le naturel dans les petites choses.

— lllST. xii* s. Il a un fiz nez de nos gens. Qui devers sa mère est naïs Do nos [nous], del règne et du pals, Chron. de iVormand. t. i, p. asfc, v 8188. [Los seigneurs] Qui de nostre franchise [immunité] sont prudhorae naïf [nés instruits], Sax. xxiv. Il xiii* s. La pierre est de roche naïve, De quoi l'en flst le fondement, la Rose, 3h62.... Jà famé, jor qu'ele vive. N'aura fors sa biauté naïve, ib. 8»42. Moult est chetis et fox [fou] nais, Oui

croit que ci est son pals, ib. 604». || xiv s Alloit

à piet, par la furcst nale, Baud. de Seb. viu, es. Il XVI* s. De tal façon, que ce qui tant me nuit.

Corromp du tout le nayf de ma muse, iiarot, m, 274. L'un grave en bronze, et dans le marbre à force Veut le naïf de nature imiter, bons. Odes, lie, 18. Cela faict[des coups de bâtons reçus], voylà Chicquanous riche pour quatre moys ; comme si coups de baston feussent ses nalfves moissons, rab. Pant. IV, 12. L'histoire du siège de Jérusalem qui représente au naïf celuy de nostre ville [Paris], Sa(. Mén.p. (66. Il avoit la langue un peu grasse, ce qui ne luy seoit pas mal, ains donnoit une certaine grâce naïfve et attrayante a son parler, auyot. Aie. 2. Puis, tout ravy de leur grâce naïve, Dormir au frais d'une source d'eau vive. Dont le doux bruit semble parler d'amour, despobtes. Bergeries. Ils font une mine de duc et d'empereur; mais tantost après les voyez devenus valets et crocheteurs misérables, qui est leur naïfve et originelle condition, MONT. I, 327. Mes deffauts s'y liront au vif, mes imperfections et ma forme naïfve, autant que la révérence publique me l'a permis, m. Essais, l'auteur au lecteur.

— ËTYM. Provenç. nottu; espagn. et ital. nativo; du lat. nativus, qui vient de natus, né.

NAIN, AINE (nin, nè-n'), s. m. et f. || 1" Celui, celle qui est d'une taille beaucoup plus petite que la taille ordinaire. La naine, un abrégé des merveilles des cieux, mol. Mis. 11, 6. Il y avait alors dan» la chambre du roi un petit nain qui était muet, mais qui n'était pas sourd, volt. Zadig, 8. Je viens de voir un véritable nain chez Mme la comtesse Humieska; il est Polonais, fils d'un gentilhomme, il a vingt-deux ans et n'est haut que de vingt-huit pouces, SAiNT-Foix, Ess. Paris, Œuv. L iv, p. 227. Les citoyens de ce pays-là [Saturne] sont des nains qui n'ont que mille toises de haut ou environ, volt. Uicrom. l . On a des exemples de nains qui n'a. valent que deux pieds, vingt-un et dix-huit pouces, et même d'un qui, à l'âge de trente-sept ans, n'avait que seize pouces, buff. Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 126. En prenant cinq pieds pour la mesure commune de la taille des hommes, sept pieds pour celle des géants, et trois pieds pour celle des nains, on trouvera encore des géants plus grands et des nains plus petits, id. tb. p. (27. D'anciens châteaux s'offraient-ils à mes yeux. Point n'invoquais, à la porto fermée. Pour m'introduire, un nain mystérieux, bérano. Fille du peuple. || Fig. ....Il faut... X tout petit esprit des dignités, des places; Le nain monte sur des échasses; Que do nains couronnés paraissent des géants! volt. LM. pr. roy. de Pr. 1740. ô géant! se pout-il ([ue tu dormes? On vend ton sceptre au poids; un tas de nains difformes Se taillent des pourpoints dans ton manteau de roi, v. hugo, Ruy Bios, m, 2. Car nous sommes des nains à côté de nos pères, barbier, Jambes, Quatre-vingt-lreiie.\\i- Terme de jeu. Nain jaune, sorte de jeu de cartes pour lequel on emploie un tableau au milieu duquel est représenté un nain tenant à la main un sept de carreau. Ij 3" Terme de commerce. Nain londiin, drap fin qui se fabrique i Londres avec des laines d'Espagne. Il 4» Adj. Qui a une taille de nain. Sa fille a le visage de travers, elle est bossue, naine et boiteuse, nANCouRT, Vend. Suréne,sc. n. || Fig. Que t'importe avec ses outrages, X toi, géant, un peuple nain? V. HUGO, Odes, IV, a. 115° Végétaux nains, végétaux dont la taille est beaucoup au-dessous de celle des individus de même espèce. On dit que telle plante s'élève beaucoup dans un terrain aqueux, maisqu'cllo reste naine dan» un terrain sec. || Arbrcsnains, arbres qu'on élève en buissons. Le rosier maintenant, 0 prodiges nouveaux! Elève vers les cieux sa tête enorgueillie, El sur des arbres nains la pomme est recueillie,delillle, //omme des c/iamps,ii. Il Buis nain, buis qui no devient jamais au-ssi grand que le buis ordinaire. || On le dit, dans le mémo sens, des animaux. Cheval nain. Il Œuf nain, œuf de poule qui ne contient point de jaune.

— HIST. xiii* s Ung si très penit homme. Que

chascun à nain le renomme, la Rose, 18422. Après 11 vont deus chars corant, Qui luit sont de vitaille plein ; Et dul escuiers et un ncin Les conduient sanz plus de gent, Ren. 22890. Un noim [il] i trove sulement Vestu de pailo estreilement, Lai del désiré. Il XVI* s. Tous arbres dont la brancLe est enracinable, se convertissent en nains, .<!i on fourre «a terre les sommités de leurs branches renversées sen dessusdc.ssous,o.LBSEBHKs,«74.Naintre,NicoT,/)ic<.

ETYM. Picard , nainlre , nain, nainiresse,

naine; Berry, nine, naine: provenç. nan, nant ; espagn. ennno; portug. ando; ital. TUjno; du lat. nanu.t; grec, vdvO(> NAÏRE (na-i-r*), (. m. Nom que les Indiens du

NAI

NAI

NAI

Malabar dolinen à leurs nobles, surtout aux militaires.

t NAISSAIN (nê-sin), s. m. Nom donné aux jeunes huîtres dans les huîtrières.

— ÊTYM. Naître.

■ NAISSANCE (nê-san-s'), ». f- ]\ l' Qualité, coixliticn de l'être qui vient à la vie. La naissance d'un fils. On a fêlé le jour de sa naissance. Le registre des décès et des naissances. Au milieu de leur camp tu reçus la naissance, corn. Cinna, v, 1 . Je crains de le haïr si j'en tiens la naissance, ID. Itéracl.y, S. Vous ne vous trouvez au monde que par une infinité de hasards; votre naissance dépend d'un mariage, ou plutôt de tous les mariages de ceux dont vous descendez, I'asc. Disc, surlacond. des grands, i. La naissance a des marques indubitables de notre commune faiblesse : nous commençon? tous notre vie par les mêmes infirmités de l'enfance, Boss. Gornay. Délaissée de toute la terre dès ma naissance, m. Duch. d'Orl. On sait qu'Êrostrate, pour immortaliser son nom, mit le feu à ce fameux temple [d'Éphèse] qui en fut entièrement consumé ; c'est le jour même de la naissance d'Alexandre le Grand, ROLim, Ilist. ane. Œuv. t. xi, p. 38, dans poDGENs. Voilà ce qui m'amène, et non l'impatience D'apprendre à qui je dois une triste naissance, rac. Jphig. ii, i. Dans quel sein vertueux avez-vous pris naissance î m. Esther, m, *. Et l'instant de notre naissance Fut pour nous un arrSt de mort, lauottb. Odes, t. i, p. 497, dans pouGENS. Le nombre des naissances [en une année commune], multiplié par 34, donne toujours à peu près la somme des habitants, volt. Èlceurs, (86. Le ;otal des naissances à Paris étant, pendant ces cinquante-huit années, de » 074 387, et le total des morts I 087 995, BUFF. Probab. de lavie, Œuv. t. x, p. 64C. Je coûtai la vie à ma mère, et ma naissance fut le premier de mes malheurs, j. J. rouss. Confess. I. La nature n'est qu'une succession de naissances et de morts, dideh. Claude et Nér. u, 23. Les déclarations de naissance seront faites dans les trois jours de l'accouchement à l'officier de l'état civil du lieu, Code Nap. art. 65. 1| Naissances masculines, le nombre de garçons nés; naissances féminines, le nombre de filles nées. || Donner la nais.sance, donner naissance à un enfant, le mettre au monde. Savez-vous seulement qui TOUS donna naissance? M. J. chên. Œdipe roi, II, î. Il 11 se dit aussi des animaux. La naissance d'un poulain, d'un veau. ||2° Naissance se dit, en physiologie, d'une manière générale pour indiquer l'apparition d'un corps organisé qui n'existait pas. La naissance des rudiments du poulet dans l'œuf fécondé. La naissance du tubercule dans le poumon. || 3° Origine par le sang, par la famille. Je vous ai vu pour elle [Albe] autant d'indifférence Que si d'un sang romain vous aviez pris naissance, CORN. Wor. I, I. Plus la haute naissance approche des couronnes. Plus cette grandeur même asservit nos personnes, iD. Rodog. m, :i. Ma naissance suffit pour régner après vous, id. llt'rad. i, 3. Un pur hasard sans nous règle notre naissance, id. Othon, li, 2. Ne rougissez-vous point de mériter si peu votje naissance?... non, non, la naissance n'est rien où la vertu n'est pas. Mot. Don Juari, iv, «.Le mil à craindre d'un sot, qui succède par droit de naissance, PASO. Pem. y, 3, édit. havet. Il est vrai qu'il faut honorer les gentilshommes, mais non pas parce que la naissance est un avantage effectif, m. ib. y, 2 ter. Issue de cette race, fille de Henri le Grand et de tant de rois, son grand cœur a surpassé sa nai.ssance, m. Reine d'Anglet. Sous prétexte qu'elle serait de moindre naissance, id. Lett. abb. 24». Justin, de bonne naissance, id. Ilist. i, H. L'on a trouvé [par le» ancêtres] le moyen de distinguer les naissance» illustres d'avec les naissances viles et vulgaire», et de mettre unedilTérence infinie entre le sang noble elle roturier, id. Gomay. N'allait-elle pas gagner tous le» coeurs, c'est-à-dire la seule chose qu'ont à gagner ceux k qui la naissance et U fortane semblent tout donner? id. Vuch. d'Orl. Je n'ai pas bjsoin de vous dire que c'est Dieu qui donne le» grandes naissance», les grands mariage», le» enfanU, la postérité, id. Mar.-Thdr. L'avantage d'une haute naissance, lo. tout» de Bourbon. Oui, quoi que le vulgaire en pense, Rou»»eau, la plus Tile naisaance Donne du lu»tr« k la vertu, tmoTTE, Odet, t. i, p. 62«, ilan» pouorn». Le» mortel» sont égaux, ce n'est point la naissance. C'est la »eule vertu qui fait la différence, volt, tança. I, ♦. Et Séide et Palmjre ignorent leur nait- •ance, id. *. m, ti.||4* Ab»olument. Nohle»»e. C'est un homme de naissance, qui a de la naissance. SouKez.... Qi» Home vous permet cette haute al-

liance. Dont TOUS aurait exclus le défaut de naissance, CORN. Nicom. I, 2 J'entends et je voi

D'où vient que tu t'es fait secrétaire du roi; 11 fallait de ce titre appuyer ta naissance, boil. Sa(. x. S'il est heureux d'avoir de la naissance, il ne l'est pas moins d'être tel que l'on ne s'informe plus si vous en avez, la bruy. ii. Son exemple encourageait quiconque avait du mérite sans naissance, VOLT, iiussie, 1, <2. Qu'y a-t-il de plus ridicule qu'un grand seigneur devenu gueux, qui porte dans sa misère les préjugés de sa naissance? J. J. Bouss. tm. Ht. J'avais des ressources, et votre mère avait de la naissance, dideb. l'ère de famille, u, e. Le défaut de naissance vous ferme en France le chemin aux grands emplois, bern. de st-p. Paul et Virginie. || 6° Les bonnes et les mauvaises qualités avec lesquelles on est né. Quoique une heureuse naissance eût apporté de si grands dons à notre prince, il ne cessait de l'enrichir par ses réfieiions, boss. Louis de Bourbon. Une si heureuse naissance la rendit d'abord la passion de tout ce qu'il y avait de vertueux, fléch. Mme de lfont.||En ce sens, il vieillit. On dit plutôt aujourd'hui naturel. {| 6" Dans le langage théologique, la seconde naissance , la régénoiation par le baptême. La grâce sera toujours dans le monde, et auss- la nature.... et ainsi il y aura toujours des pélagiens et toujours des catholiques, et toujours combat, parce qiielapremière naissance fait les uns, et la grâce de la seconde naissance fait les autres, PASC. Pens. xxiv, <2 ter. || 7" Fig. Origine, commencement. La naissance d'un État, d'une ville. Séjanus, dans la naissance de sa fortune, ne se voulait pas faire connaître par des cruautés, d'ablancouRT, Tacite, dans richelet. Impatients désirs d'une illustre vengeance Dont la mort de mon père a formé la naissance, corn. Cinna, l, 4. Et ne savez-vous pas, avec toute la France, D'où ce titre d'honneur a tiré sa naissance, Et que la vertu seule a mis en ce haut lang Ceux qui l'ont jusqu'à moi fait passer dans leur sang ? id. Menteur, v, 3. Je sais que ton État, encore en sa naissance. Ne saurait sans la guerre affermir sa puissance, m. Wor. I, <. La république faible encore et dans sa naissance, boss. Ilist. m, a. Telle a été la naissance des Frères de Bohème, m. Var. xi, § (73. Désigner chaque secte par celui dont elle tirait sa naissance, id. Ilist. n, <2. Vous redoutez un mal faible dans sa naissance, rac «rit. ui, (.Faites, dans sa naissance, admirer votre empire, id. Alex.

V 3 Avant donc La naissance du monde et la

création, id. Plaid, m, 3. Son empire [de Dieu] a des temps précédé la naissance, id. Ath. i, 4. Une naissance de passion trop faiblement rejetée, une occasion de périls trop fréquentée, MASS. Carême, Tiéd. 2. Il Donner naissance, causer, produire. Le désir si vif et si inutile de connaître l'avenir donna naissance aux oraeles des païens, d'albhb. Éloges, Dumarsais. || Prendre naissance, prendre sa naissance, avoir naissance, commencer à apparaître, à être produit, à se former. Tes desseins n'ont pas naissance Qu'on en voit déjà le bout, malh. ii, 2. Ces sentiments [supprimer tous les actes de demande à Dieu] , en général , prennent leur naissance de l'orgueil naturel, boss. Et. d'oroij. 1, 13. La Jérusalem visible avait fait ce qui lui restait à faire, puisque l'f.glise y avait pris sa naissance, lo. Ilist. ii, 7. L'idolâtrie, si nous l'entendons, prenait sa naissance de ce profond atUchement que nous avons à nousmêmes, ID. tb. (t. Ce fut là que prit naissance cette amitié durable qui a vieilli avec nous, marmon- TEL, Mim. m. Il Naissance de la verdure, des fiours, le moment où la verdure, les fleurs commencent à' pousser. || Naissance du jour, le moment où le jour commence à paraître. Et n'a point respecté la naissance du jour, roth. Antig. v, 6. ||8" Le point, l'endroit où commence une chose qui se prolonge ensuite en une certaine direction. U nais- .sance d'une branche. La naissance d'une feuille. Ce fleuve porte bateau tout près de sa naissance. U naissance de la gorge dénuée de plume», hvrr. Oit. t XII p. »7». Il Terme d'anatomle. La naissance d'une 'artère, lo point d'où elle se déUcbe du cœur ou d'une autre artère. ||9' Terme de construction. L'endroit où commence à paraître une voûte, une l«>utrB, un corbeau, etc. || Synonyme de pierre d'attente ou harpe. |J La naissance d'une colonne, le commencement du fût. || Terme de maçonnerie. Naissance, bande d'enduit ou de plâtre faite en raccordement. Naissance d'enduit, certaine» platesbandes au circuit de» croisée» ou ailleurs. || 10- De nai»»anc«, loe. adv. En nal»»ant, en venant au monde. Elle lui demanda «'Il était aveugle de naU-

.^ance, id. Annt de Gont. On ne tombe pas danj les vices qu'il (le peuple romain] fit éclater sous ses maîtres, sans quelque défaut de naissance dans le eœur, chateaubr. Génie, iv, vi, (3.

~ HIST. xiu* s. Il semèrent chans, et plantèrent vignes, et firent fruiz de neissance. Psautier, f» (34. Il XVI* s. Depuis le triste point de ma fresle naissance, Et que dans le berceau, pleurant, je fus posé, desportes. Œuvres chrétiennes, Sonnets, (. Si la fin d'un travail d'un autre est la naissance, id. ib. (3.

— ETYM. Provenc. naissensa, naijsensa, naisquensa ; catal. naxerxsa; anc. espagn. nasceneia; ital. nascenxa ; du lat. nascentia, qui vient de nascens, naissant. L'ancienne langue disait aussi notion au sens de naissance.

NAISSANT, ANTE (nê-san, san-f), adi. \\ !• Qui naît, qui commence à vivre. Enfant naissant. Poulain naissant. Plantes naissantes. La grêle Qui.... â coups impétueux Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, boil. tulr. v. Quelque monstre naissant dans ce temple s'élève, rac. Athal. ii, 6. Il 2" Fig. Qui commence à se former, à se développer, en parlant des personnes. La famille en pâlit et vit en frémissant Dans la poudre du greffe un poète naissant, boil. Épit. v. Tout un peuple naissant est formé par mes mains, bac. Ésth. Prologue. Enfin Néron naissant A toutes les vertus d'Auguste vieillissant, m. Brit. i, i. Avant cela, un autre homme devenu fort célèbre, mais alors naissant, avait songé à se faire par M. de Dangcau une entrée à la cour, c'est M. Despréaux qui.... fonten. Dangeau. Les peuples naissants se multiplient et croissent beaucoup, montesq. Esp. xxiii, 10. Le théologien naissant ne traita pas avec assez de justice et de lumières une science qui n'est pas aussi inutile qu'il le pensait au théologien même, d'alemb. Éloges, Bossuet. Il 11 se dit aussi des choses. Quoil se pourrait-il faire.... Que ma grandeur naissante y fît quelque jaloux? corn. Hicom. iv, 6. ô présage fatal pour un règne naissant , De l'arroser de sang, et de sang innocentl rotr. Antig. y, (. Les inclinations naissantes ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement, mol. D. Juan, 1, 2. Gain, le premier enfant d'Adam et d'Eve, fait voir au monde naissant la première action tragique, boss. Ilist. I, (. Soit que son cœur, jaloux d'une austère fierté. Enviât i nos yeux sa naissante beauté, rac Brit. u, 2. Ils me reprocheraient, non des cris impuissants, De» desseins étouffés aussitôt que naissants.... in. ib, iv, 2. Quand vos charmes naissants, inconnus k mon père, N'avaient encor paru qu'aux yeux de votre mère, id. Mithr. i, 2. L'aimable simplicité du monde naissant, fên. Lettres d Lamotte sur le* anciens, * mai (714. Denis n'avait conclu la paix avec les Carthaginois que pour se donner le temps d'affermir son autorité naissante, bollin, Ilist. ane. Œuv. l. i, p- 2111, dans pouoews. Ce n'était pas un État qui fût dans sa décadence qu'il [Charles Xll] entreprit de renverser, mais un empire naissant, montrsq. Esp. x, !.•». D'une ville naissante, encor mal assurée. Au peuple amencain nous défendons l'entrée, volt. Alx. 1, (. U y avait encore dans l'Asie Mineure un grand nombre de manichéens qui vivaient paisibles, parce que la fureur d'enthousiasme qui n'est guère que dans les sectes naissantes était passée, id. ifœuri,2». Ce goût naissant ne s'éteignit plus depuis ce temps-là, I. j.ROUss. Confess. v. Son lit [de l'aurore] du jour naissant est nommé le berceau, hklille, ïroi» règnes I. Il i' Cheveux naissants, cheveux qui flottent en liberté comme ceux do» enfants, ou qui sont frisés en long, comme l'étaient autrefois ceux des magistrats. || Perruque naissante, perruque qui imite les cheveux naissanU. Puisqu'on veut bien placer ma maigre figure sous le visage rebondi de H le cardinal de Bernis, j'aurai l'honneur do voui envoyer incessamment ma petite télo en perruque naissante, volt. Lett. Ducloi, (o avril (7«i.||Tôle naissante, tête nouvellement ra.sée dont le» cheveux commencent à repousser. || 4* Terme de physique. Itouga naisaant, teinte rouge que commence i prendre un corpsque l'on chaulTc. ||Toimedechimie. Un gaz est à l'éUt naissant ou de gaz naissant au moment où II abandonne une combinaison; et l'on a remarqué qu'à l'eut naissant les corp» ont plus de tendance à se combiner avec les autres que quand il» »ont à l'état libre. || B- Terme de bla»on. Se dit de» animaux dont on no voit que le haut du corps, les pieds de devant et lo bout de la queue.

— lllST. XVI' ». Au regard des héritage» vulgairement diU et appelez propre» ou naissans venu» de père» ou more» ou d'autre» paren», Iceux herl-

NAÎ

%tgeê doivent retourner aupliuiprochainp&rentdudit defunten lignedescendanteducoslé dont sont procédai lesdiu lioritagos.Afoui). coust. génér. t. ii,p.OHO. NAITRE (uô-tr'), je nais, tu nais, il naît, nous naisfons, tous naissez, ils naissent; je naissais; je naquis; je naîtrai; je naîtrais; que je naisse, que nous naissions; que je naquisse; naissant, né, v. n. Il !• Sortir du sein de la mère, venir au monde. J'ai dit dans notre généalogie, en parlant do vous [Mme de SévignéJ, que vous étiez de ces gens qui ne devraient jamais mourir, comme il y en avait qui ne devaient jamais naître, Bussr, dans s£v. t. v, p. 6«4, éd. RÊGNiBR. 11 savait que les grands naissent avec certaines délicatesses qui retiennent dans un timide respect les courtisans qui les approchent, rL£CH. Due de UoiU. Il naquit avec ces inclinations libres et généreuses qui alTrancliissent l'Ame de toute autre loi que de celle de ses devoirs, id. ib. Nous naissons, nous vivons pour la société, uoil. Sa(. X. Sous quel astre ennemi Taut-il que je sois néeT bac. Uilhr. I, '2. Le cruel Amurat, Avant qu'un fils naissant eilt rassuré l'État, N'osait sacrifier ce frère à sa vengeance, id. Baj. i, < . Je suis né à Dinan, en Bretagne, le tl février no4, d'une famille honnête et ancienne, DUCLOS, (EuvT. t. X, p. (. Baylo naquit dans l'année («47; la nature lui donna l'imagination, la force, la subtilité, la mémoire, diderot, Opin. desanc. philos, (pyrrhonicnne philos.). Qu'avez-vous fait [vous, comte] pour tant de biens? vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus, BEAUMAHCH. Mar. de Figaro, v, 3. Hérodote naquit 1 Halicarnasse, Hippocrate à Ces, Thaïes à Milet, Pythagoro à Samos, Parrhasius à Éphèse, Xénophon à Colopbon, Anacréon à Tcos, Anaxagore à Clazoménes, Homère partout, bàrthêl. Anach. ch. 78. Jésus-Cbrlst naquit d'une vierge pour ne pa'! participer à la faute originelle, chateaubr. Cénie, i, i, ♦. || Impersonnellement. Il naît tous les ans tant d'enfants k Paris. 11 lui est né une fille. Il lui est né deux jumeaux. La qualité de grand-père est belle à la considérer d'un certain coté : il naît une troupe d'enfants qui nous honorent, et qui souvent nous aiment mieux que nos propres enfants, coRBiNELLi, dans SÈV. L viii, p. 4, éd. RéoHiER. Les mois dans lesquels il naît le plus d'enfants sont les mois de mars, janvier et février, et ceux pendant lesquels il en nait le moins sont juin, décembre •t novembre, buft. <Buïr. t. x, p. 64a.||En naissant, au moment de la naissance. En naissant on contracte envers elle [la patrie] une dette immense dont on ne peut jamais s'acquitter, montksq. Esp. v, ». Il La correction veutqueejt naissorU se rapporte, comme dans l'exemple précédent, au sujet de la phrase ; cependant 11 peut, quand la clarté n'en souffre point, ne pas s'y rapporter. Les peuples sont heureux que ce Dieu toul-puissant Illumine dès en naissant De sa lumière intérieure, racan, Psaume xxxii. Si mon père en naissant m'avait pu faire don De son esprit poétique aiusl que de son nom, ID. Épigr. madrigal à Anne d'Autriche. Si son astre en naissant ne l'a formé poète, boil. Art p. Pour adoucir en moi cette âpre dureté Des climats où le sort en naissant m'a jeté, volt. Orphel. iv, «. 1,1 Naître se construit avec des adjectifs ou des noms. Naître riche. Élre né riche. Naître aveugle, boiteux. Ou'y a-t-il de plus fiatteur que d'être né un si grand prince, et cependant de ne devoir les hommages du public qu'à sa bonne conduite et à ses talents, comme si on était un particulier T f£n. Lett. au duc de Beauvill. 37 janv. I7U3. Tel a vécu pendant toute sa vie chagrin, emporté, avare, rampant, soumis, laborieux, intéressé, qui était né gai, paisible, paresseux, magnifique, d'un courage fier et éloigné de toute bassesse, la bhut. xi. Un bon plaisant est une pièce rare : à un homme qui est né tel, il est encore fort délicat d'en soutenir longtemps le personnage, id. v. Nous naissons faibles, nous avons besoin de forces ; nous naissons dépourvus de tout, nous avons besoin d'assistance ; nous naissons slupides, nous avons besoin de jugement, j. ). Rouss. Ém. I. jjCe que l'on est né, la naissance, le naturel qu'on a. Il y a de la llcheté à déguiser ce que leciel nous a fait naître, hol. Bourg, cent, ni, it. Heureusement pour eux [les astrologues], on a de tout temps été persuadé ijue nous no sommes dans le cours de la vie que ce que nous sommes nés, condiu.ac. Traité des syst. cb. t. Il Naître poeis, naître peintre, avoir des disposltioas naturelles pour la pMsie, pour la peinture. Il Être né pour quelque chose, avoir pour quelque «hose une grande disposition naturelle. Il est né pour agir al penser, et non pour réOéchir, j. j. aouss. Kart. préf.WU suis «usai innocent de cela que

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Tenfant qui est k naître, j'en suis innocent comme l'enfant qui est à naître, qui vient de naître, c'està-dire j'en suis tout à fait innocent, je n'y ai aucune part. Il Kaniilièrement. Son pareil est à naître, c'est-à-dire il n'y a point d'homme semblable à lui, d'homme qui agisse, qui parle comme lui. 112° Naître se dit, en théologie, du Fils de Dieu. Le Verlie nait éternellement du l'ire d'une manière ineffable. || 3° Naître se dit aussi des animaux, des végétaux. Un agneau qui vient de naître. Un oiseau, un serpent, une tortue naissent d'un œuf Je connais un vieillard dont lt:s secrets divers Ont fait naître des Heurs au milieu des hivers, rotr. Herc. mourant, ii, ». Qu'il soit comme le fruit en naissant arraché, rac. Athal. i, 2. || Par exajjéralion et poétiquement. Les fleurs naissent sous les pas de cette jeune beauté, c'est-à-dire elle est si belle qu'on suppose que la terre, pour exprimer son admiration, fait naître des fleurs ilevant ello à mesure qu'elle marche. |{ Fig. et familièrement. Naître sous les pas, se produire en grande quantité. On le croit, et vraiment tu n'en manqueras pas, D'amis de cette sorte ; ils naîtront sous tes pas, PICARD, Entrée dans le monde, m, 8. Il 4* Etre issu, tirer son extraction. Qu'il ait plu i notre Sauveur de naître d'une race illustre.... boss. Gornay. Il fallait qu'il [Jésus] naquît des rois de Juda pour conserver à David la perpétuité do son trône, que tant d'oracles divins lui avaient promise, id. ib. Il naquit d'une des plus nobles et plus anciennes maisons du Nivernais, FLÉCH. Lamoignon. Montrez en expirant de qui vous êtes née, rac. Iphig. iv, 4. || Etre né dans, appartenir à une famille qui est dans. Etre né dans la robe. Etre né dans la pourpre, appartenir à une famille de souverains. On sent, je crois, qu'avoir de la religion pour un enfant et même pour un homme, c'est suivre celle où il est né, j. j. rouss. Conf. II. ||B' Fig. Prendre son origine, être produit. Ce ruisseau naît à quelques lieues d'ici. Beaucoup de maladies naissent d'intempérance. Un mut qui vient de naître. Quoique Rome fût née sous un gouvernement royal, elle avait même sous ses rois une liberté qui ne convient guère à une monarchie réglée, boss. Uist. m, ». Des succès fortunés du spectacle tragique Dans Athènes naquit la tragédie antique, Koit. Art p. m. De là sont nés ces bruits reçus dans l'univers. Qu'aux accents dont Orphée.... ID. ib. IV. Mais d'où naissent les pleurs que je te vois répandre? id. Phèdre, v, e. Les guerres naissaient toujours des guerres, «iontesq. Rom. «. L'histoire ne célèbre pas de plus grand homme de guerre [qu'Alexandre Farnèse|; mais il ne put empêcher ni la fondation des sept Provinces-unies, ni les progrès de cette république qui naquit sous ses yeux, volt. Moeurs, 164. C'est un beau spectacle de voir Pétersbourg naître au milieu d'une guerre ruineuse, id. Lett. d'Argental, <» août ilbl. D'une foule de brigands ou d'esclaves fugitifs à qui Romulus avait ouvert un asile, vous voyez naître les maîtres du monde, condillac, Étud. hist. i, i. Ces mots profonds ou sublimes qui naissent subitement du fond des situations, ou qui peignent d'un Irait de grands caractères, co.ndorcet, Ki« de Voltaire. 11 6° Fig. Avoir sa cause dans, en parlant de choses abstraites. Dans le feu, dans le choc, dans l'ébranlement [de la bataille], on voit naître tout à coup [chez le prince de Condé] je ne .sais quoi de si net, de si posé, de si vif, de si ardent.... boss. Louis de Bourbon. De là [des grandes prospérités] naissent des monstres do crimes, des raffinements de plaisirs, des délicatesses d'orgueil.... id. Reitu d'Anglet. Me ce même principe de religion et de sagesse naquit cette bonté si connue et si éprouvée, FLÉCH. Dauphme. En sa faveur d'où naît celte tristesse? bac. Itérén. ii.l.D'où naît dans ses conseils cette confusiou ? lo. Athal. lu, 3. I« bien public est né de l'excès de ses crimes, volt, «rutxu, I, s. Le bonheur de l'Etat va doue naître du micni 10. ib. m, 4. Ces dangers me sont chors, ils naissent de l'amour, id. ^dncr. l, 6. Il n'y a point de mal dont il nonaissounbien,». Zadt';, su. La liberté est née, en Angleterre, des (jucrelles dos tyrans, id. l>ict. phil. GouvernemetU anglais. Ce que peu de personnes savent, c'est que Cicéron était encore un des premiers poStes d'un siècle où la belle poésie commentait à naître, id. Rome sauv. préface. La prospérité de la Guadeloupe fut arrêtée ou traversée par des obstacles qui naissaient do la situation, ratmal, Uùt. phil. xiii, 38. || 7* Fig. Commencer. Au malheureux moment que naissait leur querelle, CORM. Cid, ii, 3. Ces flammes dans nos coeurs sans votre ordre étaient nées, m. Cinrui, v.

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». N'est-ce pas lui qui te l'a fait connaître?— Il voudrait que le jour en fût encore à naître, m. Uélite, IV, «. Et cette loi [ensevelir les morts] naquit avecque la nature, rotrou, Antig. iv, 3. Mon règne naît encore, et cette impunité Porterait conséquence à mon autorité, lo. ib. v, 4. La tragédie informe et grossière en naissant, boil. Art p. m. Un pouvoir qui ne fait que do naître, rac. Alex. Il, 3. Les arts dans nos cites naissant à votre voix, VOLT. Sémiram. i, 5. Où je vois naître la journée. Là, content, j'en attends la fin, ghesset, Chartreuse. L'idée en naissant cherche le mot qui doit la rendre, et, sll lui manque, elle s'éteint, haruuntel. Œuvres, t. x, p. 28», dans pougens. || Absolument. Je l'ai vu naître, j'ai vu le commencement de sa fortune. Il 11 est à naître que, il n'est jamais arrivé que.... Cette locution a vieilli. ||8° Faire naître, donner la naissance. Le prince, quelque grand qu'il soit, no connaît sa force qu'à demi, s'il ne connaît les grands hommes que la Providence fait naître en son temps pour le seconder, boss. le Tellier. Le ciel m'a-t-il jamais permis de me connaître? Ne m'a-t-il pas caché le sang qui m'a fait naître? volt. Zaïre, i, i. Il Faire naître, prétendre, assurer que tel personnage est né à. Les anciens poètes font naître Bacchus en Egypte, volt. Dict. phil. BaceUus. || Fig. Faire naître, être cause de. Cela me ût naître l'idée de voyager. [Déguisements des sentiments,] Si d'un péril pressant la terreur vous fit naître, corn. Rodog. ii, 4. J'ai déjà fait naître à Mme de Maintenon une grande envie de voir de quelle manière vous parlez de Saint-Cyr, rac. Lett. 47 d Boileau. Cette lumière [dos Champs-Elysées] fait naître en eux [les bienheureuxl une source intarissable de paix et de joie, fén. Tél. xix. |{ 11 se conjugue avec l'auxiliaire être.

— HIST. XI* s. Fud la pulcele nethe de hait [prononcez d'halt, ainsi que l'exige la mesure du vers] parented, St Alexis, ix. Si ço avent [advient] que alquent [aucun] colpe le poin à altje, si li rendra demi were [dédommagement] suluc [selon] ceo que il est nez, Lois de Guill. »3. [Des péchés] Que je ai fait dès l'hore que nez [je] fu, Ch. de Roi. CLXxu. Il xii* s. Por quoi sui-je nez à veir le destruementde monpopleT Uachab. i, ». Jà n'ert [ne sera] vaincuz par home qui soit nez, RotiC. 85. Nei fu de Chartres, si avoit nom Reincr, ib. )'J9. Vassaux [vaillant] doit estre qui de vassaux est nez, ib. (43. Quant pour ma mort [vous] nasquitcs sans merci, Couct, ix. [Au temps] Que uest la roso et le lis, Et la rousée ou vert pré, ib. xii. || xtii* s. Com se il fussent né au bour à Saint-Denis, Birte, v. Et s' [si] est née et estraite de si bonne lignie, ib. Lxxii. Aucun plot qui nasquesist d'aucune de ces cozes [bail, tutelle], beaum. lxiii, 48. Et ele lieve les despuelles [dépouilles, récoltes] el tens de sa grossesse ; et se li enfes est mornes, voirs est que li héritages du mort esquiet [échoit] à ses plus prochins parons, id. xx, 7. Cil qui naissent contre nature, Liv. de jost. 66. Le Danaon (Danube] est un grans fluns qui naist es granz mons d'Alemaigne, BRUN. LATiNi, Trésor, p. 486. Et quant Dlex ol fait honte nestre, la Rose, »887. Tantost com li bonis naist, il commence à morir, j. de heung, Test. 4 66. Il XV* s. Ils veircnt naistre et approcher une route [troupe] d'Anglois, où il y avoit bien, par semblant, quatre vingts hommes tous montés, FROiss. livre i, p. 444, dans lacurne. LasI moy meschant, com je pou prise Mon bon seigneur et mon bon maistre ! Je vourroie bien estre à nestre, la Passion de N. S. Jùus-Christ. Ainsi que faict homme nay pour soy seulement, sans fructifier à la commune utilité, ALAIN CHAUTIKR, Quadrilogue invectif. Et envoyez ung plaisant souvenir Devers mon cueur, de la plus belle née Dont aujourd'hui coure la renommée, cfi. d'orl. fiai. 33. Le perdant les dez a frapez... Maudisoit le jour qu'il fut nez; En disant : mal suy fortunez, e. dkscii. le Dit du jeu des dis. Et estoii encore à naistre qui aliatu l'eiist [un chevalier], Perceforest, t. iv, f 68. ||xvi*8. En nostre langage vulgaire nous ne douions point de dire, que l'un est bien nay, cl l'autre mal nay, l'un de bonne nature, et l'autre de mauvaise, calv. Inslit. 3(0. Madame, l'honneur est né avec vous, car vous estes de si bonne maison, que pour estre reine ou emperiere ne sauriez augmenter votre noblesse, MARO. ^oui>. 14 1. Il nomma le premier filz qui lui nasquit de sa femme Antigène, Ptolomeus, AMïOT, Pyrrh. 4 4. De celte considoralion est née h cous'tume que.... mont, i, 6J. Les aveugles naii, ID. II 367. Nature, à vostre naistre heureusement féconde , Prodigue tous donna tout son plus et son mieux, J. DO BELLAY, (Huvret, p. 43», dans t4*

ct!«NR. [Toi Dleul Oui preveus les eiïels dîss le naistre des choses, d'adb. Trag. i. Son fils estoit de ceux qu'on appelle mal nez [punais], ne se purgeant ni par le nez ni par la bouche, laquelle il portoit ouverte pour prendre son vent, ID. Hist. i, 00.

— ÊTYM. Bourg, nàtre; provenç. nascer, naisser: cnX.naixer; esp. nacer ; port, natcer, nacer; ital. nascere; du bas-lat. nascere, dérivé de nasci. La forme entière est gnasei, comme témoignent l'arebaîque gnatus et co-gnatiis. Gnasci se rapproche tout naturellement de yCrvoiiai et de gigno, formes i redoublement, sanscrit jan, engendrer. Gnascor veut donc dire je suis engendré. Gnaltu appartient autant à gigno qu'à gnascor.

NAÏVEME.vr (na-i-ve-man),a(ip. || !• D'une manière naïve. Son génie [de Voiture] et le caractère de son esprit est, à ce qu'on dit, ! trèsnaïvement représenté dans le troisième volume de Cyrus en la personne de Callicrate, pelusson, Ilût. Àcad. IV, Voiture. Au lieu qu'un autre eût pu prendre un air imposant de divination, il expliquait naïvement les principes de son art, et se pri- Tait de toute apparence de merveilleux, fonten. Couplet. 11 [Montaigne] est énergique et familier; il exprime naïvement de grandes choses, volt. Disc, réeepl. Représenter naïvement et nettement les choses, .«ans les changer ni les diminuer, et sans y rien ajouter de son imagination, buff. Œuvr. t. I, p. 36. Il i" Sans détour, sans artifice. Si vous étiez de bonne foi et que tous voulussiez nous exposer ici naïvement tous les désagréments qui accompagnent la vie du siècle, mass. Hyst. Visitation.

— HIST. xvi" s. On l'invitoit à aller ouyr un qui contrefaisoit naïfvement le rossignol : j'ai, dit-il, ouy le rossignol mesme, amtot, Lycurg. «3. Chascun maistre en son mestier Ont bosongné si naifvement. Que l'édifice proprement S'est parfait en moins de my an, ledotem, dans Bulletin de la Société de l'industrie de la Mayenne, t. m, p. 8».

— ETYM. Naive, et le suffixe ment.

NAÏVKTÉ (na-i-ve-té), s. f. \\ l' Qualité des personnes naïves. Mais la naïveté Dont mêmes au berceau les enfants te confessent, maui. i, *. Le financier riant de sa naïveté, la pont. Fabl. viil, 2. J'ai voulu vous parler i cœur ouvert, je l'ai fait, je suis ctntente; il semble que vous aimez assez ma naïveté, ssv. à Guilaut, 7 oct. i«7». C'est [Mlle Corneille] la naïveté, l'enfance, la vérité, la vertu même, volt. UU. Voisenon, 28 févr. I7«3. Ne voiton pas des gens dont la naïveté et la candeur empêchent qu'on ne rende justice à leur esprit? cependant la naïveté n'est que l'expression la plus simple et la plus naturelle d'une idée dont le fonds peut être fin et délicat, duclos, Consid, mceurs, ch. «3. La naïveté peut montrer des défauts, mais jamais des vices, et c'est pour cela qu'on dit une grossièreté naïve, et qu'on ne dit point une méchanceté naïve, d'alemb. Synon. Œuvres, t. ut, p. 333, dans poi'GENS. L'ignorance où il était de la plupart des choses de la vie lui donnait cette naïveté qui est un agrément, quand elle n'est pas ridicule,iD. Éloges, Terrasson. \\ 2* Simplicité naturelle et gracieuse avec laquelle une chose esteiprimée ou représentée. Il y a une grande nriïveté dans la pose, dans l'expression de cette figure. Naïveté de pinceau La naïveté, à qui j'oserais donner la première place parmi toutes les perfections de style, valoel. Hem. t. i, ,'. lei, dans fouoens. Tout poème est brillant de '1 propre beauté; Le rondeau, né gaulois, a la naïveté, 80IL. Art p. u. Une naïveté d'expression et de caractère tout k (ait piquante, dider. .Salon d« 4 786, iliunr. L XIII, p. 481, dan5 pougens. || 3" Simplicité trop grande ou défaut de retenue dans l'expression de sentiments qu'on aurait intérêt i cacher. Son orgueil est d'une naïveté risiblo. Si l'ingénuité se caractérise par des traits qu'on aurait en soi-même Intérêt i déguiser et qui nous donne quelque avantage sur celui auquel ils échappent, on la nomme naïveté ou ingénuité naive, harmontel, i^l^menli Un. (Euvres, t. vii, p. 37i, dans pouoïns. || Propos,

-ions qui échappent par ignorance. La mémo ouvent est d'ins la br>uche d'un homme d'csjnt une naïveté ou un bon mot, et dans celle d'un sot, une sottise, la britt. xii. Elle [Mme GeofTrin] rit un moment de cet aveu, comme je riais quelquefois m<l-même avec elle des naïveté* qui, de temps en temps, lui échappaient; car elle avait jusqu'à ce mérite, d'alkmb. Ùu. à Condorcel sur Kme Geoffrin.

— SYN. 1. tiRE NAlvEXi, LA NAÏVETE. La naïveté c^t la qiialié par laquelle on est naïf. Une naïveté est iiii(- piriile dite par naïveté. || I. XAlvETt, inotnvnf.. £tymologiquement, ces mots ont une grande analogie , puisque dans naivelé il y a natif, et dane

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