‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 196 sur 389 · AS · texte numérisé non relu

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lions qui se réunissent sur le dos du nez, et que l'on distingue en cartilage de la cloison et cartilages latéraux. || Bosse nasale, saillie située sur la face antérieure du coronal, entre les arcades sourcilières. Il Épine nasale, prolongement aigu formé, chez les solipèdes, par l'extrémité inférieure des deux sus-naseaux réunis. || %" En parlant des sons, qui est modifié par le nez. Sons nasaux. Prononciation nasale. Le son nasal, de sa nature, ressemble au retentissement du métal, marmontel, Èlém. Hltér. (Eut), t. VIII, p. 502, dans pougens. D'une voix creuse, lente et même un peu nasale, j. j. rouss. Ilél. IV, 2. Il Voyelles nasales, ou, substantivement, les nasales, les sons an, in, on, un. Quelle est donc la nature de ces voyelles nasales? je les reconnais pour des sons vraiment simples et indivisibles, d'olivet, Pros. franc, m, 6. Ces terminaisons nasales qu'on nous donne pour de simples voyelles, conservent tellement la consonne AT, que c'est de la position qu'il dépend que cette consonne soit muette ou sonore : on arriva hier, la voilà sonore; arrivat-on hierT la voilà muette, id. t'b. Les nasales n'ayant point de caractères 'simples qui en soient les signes, on a eu recours à la combinaison d'une voyelle avec m ou n, duclos, (Eut), t. 11, p. ts. I ! Consonnes nasales, et, substantivement, les nasales, les consonnes m et n. \\ 3° S. m. Le nasal, partie d'un casque qui servait à garantir le nez.

— REM. Des grammairiens veulent qu'on dise des sons nasals ; mais l'usage admet le pluriel en aux.

— HIST. II* s. Très qu'au [jusqu'au] nasel tut le helme [il] li fent, Ch. de Roi. cxxvm. || xii* s. Au nasel a [le heaume] un escarboucle assis, Roncisv. p. 30.

— ËTYM. Prov. et esp. nasal, partie du casque ; ital. nasale; du lat. nasalis, qui vient de nasus, nez.

NASALEMENT (na-za-le-man) , adv- Terme de grammaire. Avec un son nasal. An dans année ne doit pas être prononcé nasalcment, comme il l'est dans plusieurs provinces.

— ETYM. Nasale, et le suffixe ment.

t NASALISATION (na-zali-za-sion), ». m. Terme

de grammaire. Adjonction après la voyelle d'une consonne nasale qui lui donne un son approchant du français an, in, on, un.

t NASALISER (na-za-li-zé),«. o. Terme de grammaire. Prononcer avec un son nasal. Nasaliser une voyelle.

— ÉTYM. Nasal.

NASALITÉ (na-za-li-té), s. f. Terme de grammaire. Qualité du son nasal. Pour caractériser les premières [voyelles aspirées], nous avons le terme d'aspiration ; et, puisqu'il n'y en a point encore d'établi pour les secondes [voyelles nasales], on me permettra celui de nasalité, d'olivet, Pros. franc, m, 6.

— REM. Nasalité n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de 4 836; il est dû à d'Olivet.

— ÉTYM. Nasal.

NASARD (na-zar; le dne seprononceet ne se lie

jamais). || 1° Adj. Qui a le caractère du parler par le nez. Lire d'un ton nasard, saint-amant, dans riciie- LET. Il 2° S. m. Un des jeux de mutation de l'orgue. C'est un jeu des plus doux, dos plus flûtes et des plus agréables de l'orgue, et l'on ne concevrait pas qu'on lui eût donné le nom qu'il porte, si l'on ne considérait pas le rôle qu'il joue dans la composition du cornet dont il est une des parties les plus caractéristiques : on sait que la voix, pour être pure et d'une belle qualité, doit s'échapper en partie par les fosses nasales, et au contraire, qu'elle a un timbre désagréable lorsqu'elle n'y passe point ; c'est donc très-improprement que pour la caractériser dans ce dernier cas, on se sert de l'expression chanter du nez. Ce qui se passe à l'égard delà voix, a lieu quant à l'effet produit par le jeu du cornet : si on le joue sans le nasard, il rend un son analogue à celui d'une personne qui chanterait en se pinçant le nez ; mais, lorsqu'on l'ajoute, le son prend un autre caractère et s'éclaircit comme la voix, lorsqu'on lui donne un libre passage par les fosses nasales ; il y a donc lieu de croire que c'est par analogie avec ce phénomène, qu'on a donné le nom de nasard au jeu de quinte dans la composition du cornet, et non parce qu'il aurait un timbre nasillard, RORET, Kanuel du fact. d'orgue, m, p. B60.

— ÉTYM. Lat. nasus, nez.

NASARDF. (na-zar-d'), ». f. Chiquenaude sur le nez. Et Mars jura par saint Firmin Qu'il voulait donner des nasardcs Au beau monsieur de Neuf- Germain, VOIT. Poésies, Œuv. t. u, p. I60. Je recevrais vingt nasardcs, baron, Coquette et fausse prude, III, I . Et bourré par les gardes, N'est, pour tout ion savoir, paye nue de uasardesi du ckr-

NAS

CEAU, Incomm. de la grand, m, 7, Je ne m'accommoderai jamais à cet original-là.... ce qu'il vient de faire mériterait cent nasardes, destouches, Tambour nocturne, 11, le. || Fig. et familièrement. Donner une nasardc, des nasardes à quelqu'un, se moquer de lui. Chacun pourra lui [à un auteur] donner sa nasanle , L'appeler buffle et stupide achevé, i. b. rouss. Ép. i, 1. Votre indignation, moucher philosophe, est des plus plaisantes; j'aime vous voir rire au nez des polichinelles, à qui vous donnez tant de nasardes, volt. Lett. d'Alemb. i *' mai I76B. Il Recevoir, essuyer des nasardes, être moqué, insulté. Je voudrais bien savoir quel plaisir prennent les puissances chrétiennes à recevoir tous les jours des nasardes sur le nez de leurs ambassadeurs, dans le divan de Stamboul, volt. Lett. Cte de Toronsof, 26 fév. (760. Il est dur de se déplacer à cinquante ans; mais il ne l'est pas moins de rester chez soi pour y essuyer des nasardes, d'alemb. Lett. à Volt. 30 juin 1765. Il Homme à nasardes, homme fait pour être méprisé et moqué impunément. Us traitent les savants de faquins à nasardes, mol. Fdch. m, 2. Moi, monsieur! — Il me craint.... vous faites le plongeon, Petit noble à nasarde enté sur sauvageon, REGNARD, le Joueur, III, n.!| Enferme d'interjection. Et la gloire a crié.... Victoire à C«ilherine, Nasarde à .Mahomet! volt. Lett. à Cath. 18.

— HIST. XVI* s. Je veulx qu'ils donnant une nasarde à Plutarque sur mon nez, et qu'ils s'eschauldent à injurier Seneque en moy, mont, ii, 98.

— ÉTYM. Lat. nasus, par l'intermédiaire de nasard, qui a rapport au nez.

NASARDE, ÉE (na-zar-dé, dée), part, passé de nasarder. C^r me devant respect, et l'ayant mal gardé, Le moindre châtiment c'est d'être nasarde, th. corn, le Geôlier de soi-même, y, 7.

NASARDER (na-zar-dé), v. a. Donner des nasardes. Je suis là cependant comme un que l'on nasarde, RÉGNIER, Sat. II. Il Fig. et familièrement. Se moquer de quelqu'un avec des marques de mépris. ....Le ciel affrontant, je nasarde la lune, rEgnier, Sot. II. Car l'Espagnol il nasarda, Tant il est fier ce grand d'Avaux, voit. Poù. Œuv. t. 11, p. 167. Les cours étrangères sont charmées de nasarder un peu notre minislère, et n'en perdent pas la moindre occasion, didbr. Mém. t. 11, p. 42i, dans pougens.

— HIST. XVI* s. Çà ce nez, que je le nasarde. Pour t'apprendre avec deux doigts Porter honneur i qui tu dois, marot, Contre Sagon. Cette corde nasarde [a un son nasard], cotgrave.

— ÉTYM. Nasarde.

t NASE (na-*'),î. m. Poisson du genre cyprin qu'on

trouve dans les grands fleuves de l'Europe méridionale (leuciscus nasus, malacoptérygiens abdominaux).

NASEAU (na-zô), s. m. Orilice externe des narines de l'animal et surtout du cheval. Ce cheval jette par lenaseau du côté droit. Les housards et les Hongrois leur fendent les naseaux [aux chevaux], dans la vue, dit-on, de leur donner plus d'haleine, et aussi pour les empêcher de hennir à la guerre, «UFP. Quadrup. 1. 1, p. 99. De ses naseaux brûlants il [le cheval] respire la guerre, delille, Géorg. m. ....Ces monstres des mers dont la puissante haleine Avec un bruit horrible élance en gerbes d'eaux L'océan revomi [lar leurs larges naseaux, id. Trois règnes, vu. Deux e.'^claves arrêtaient par le frein un cheval arabe dont les naseaux fumants et les crins épars annonçaient son naturel ardent et la frayeur que lui inspirait le bruit des vagues, chateaub. D. Abene. || Fig. et familièrement. Fondeur de naseaux, bravache, fanfaron. Qu'alors qu'il brûla leurs vaisseaux, Il fit le fendeur de naseaux, scarr. Yirg. vi.

— HIST. ïvi* s. En ses naseaux lui monta la fumée ; Feu aspre issoit de sa bouche allumée, marot, iv, 264. Le feu luy ayant faicl fondre la cervelle [à un condamné au bûcher] et descendre par les nazeaux, il l'essuya de ses deux mains liées, et parla encore au peuple après, d'aub. Hist. i, 72. Le septum cartilaginosum du nez, devisant le nez en deux naseaux, PABÉ, IV, I. Quinze mille rodomonts fendeurs de nazoaux, et mangeurs de charrettes ferrées, Sat. Mén. édit. labitte, p. 27.

— ÉTYM. Lat. fictif ntuedu», diminutif de nnsus, nez; picard, nasieu.

NASI (na-si) , t. m. Président du sanhédrin chea les Juifs.

t NASICORNE (na-zi-kor-n';. jj 1* Adj. Terme df zoologie. Oui a une corne sur le nez. || S* S. m. Espèce de scarabée. || Tortue de mer.

— ÉTYM. Lat. nasus, nez, et corne.

t NASIRRK (n.vriè-r'), s. f. Fjpèce de pince

pour guider les boeuf» par le nez,

— ETYM. Lat. naju», nez.

NAS

NASILLARD, ARDE [na-zi-IIar, llar-<l', 22 mouillées, et non na-zi-yar), adj. Qui nasille. Plus déchaîné sur les vieilles grondeuses, Il bafouait leur sermon nasillard, gbesset, Ver-Vert, ch. iv. L'un veut guider le corbillard, Et l'autre d'un ton nasillard Me psalmodie une prière, bérang. Bon enterrement.]] S. m. eif. Un nasillard, une nasillarde, personne qui nasille.

— Etym. Nasiller.

t NASILLARDEMEKT ( na - zi - llar-de-man, U

mouillées), adv. D'une manière nasillarde Sa

mino est équivoque; Quelquefois elle plaît, plus souvent elle choque; Mais quant à la parole, il a gnnd agrément, Et débite son fait fort nasillardement, th. corn. D. Bertran de Cigarral, i, 2.

t NASILLARDISE (na-zi-llar-di-z', Il mouillées) , ». f. Synonyme peu usité de nasillement. Ton poil déjà grisou et ta nasiUardise, tu. corn. l'Amour d la mode, iv, 7.

— ETYM. Nasillard.

t NASILLEMENT (na-zi-lle-man , li mouillées), t. m. Action de nasiller. Oh I très-curieuses, et qui vous feront grand plaisir, répondit Thiriot avec son rire sardonique et son nasillement de capucin, maruo.NTEL, Mém. IV.

NASILLER (na-zi-llé) , H mouillées, et non nazi-yé), t>. n. || 1° Parler du nez. M. de Châlons, qui, en affaires du momie, n'était pas grand clerc, alla nasiller coup sur coup au régent, ST-siM. «B0,38. || Activement. Quatre-vingt-dix mille cloîtrés qui braillent ou qui nasillent du latin, volt. VU. aux quarante écus, sur les moines. || J° Terme de vénerie. Se dit de l'action du sanglier qui enfonce ses naseaux dans la fange. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XIV* s. NaziUier des nazilles [se moquer], DD CANGE, nan're.

— ÊTYM. ^o«U«, ancienne forme de narin« (voyez narine).

NASILLECR.EUSE (na-zi-lleur, eû-z', U mouillées, et non na-zi-yeur), ». m. et f. Celui, celle qui parle du nez.

— ÊTYM. Nasiller.

I NASILLONNEMENT (na-zl-llo-ne-man,JI mouillées), ». m. Action de nasiUonner. Sa sf'e' «tait nommée celle des trembleurs, dénomin-i ■ ridicule, mais qu'ils méritaient par lestrembleni..! .s de corps qu'ils affectaient en prêchant, et par un nasillonnement qui ne fut dans l'Église romaine le partage que d'une espèce de moines appelés capucins, volt. IHct. phil. Église.

NASILLONSER (na-zi-Uo-né, il mouillées, et non na-zi-yo-né), v. n. Diminutif de naziller. ||I1 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

j NASILLONNEDR, ECSB (na-zi-Uo-neur, neù-z', {i mouillées), ». m. et f. Celui, celle qui nasiUonne. Ce nasillonneur de Brosses, président, veut être de l'Académie, volt. Lelt. d'Argental, t» iin. (770.

t NASIQUE (na-zi-k'). || 1' Adj. Terme de zoologie. Oui a le nez ou le museau allongé; qui porte une élévation conique sur le front. {12° S.f. Espèce de guenon. || Espèce de couleuvre.

— ETYM. Lat. nasus, nez.

■• NASITORT (na-zi-tor), ». m. Cresson alénois.

— ETYM. Lat. na»u», nez, et (ordre ;nailur(tKm a le même sens, ainsi dit parce que, selon Pline, l'odeur ou le goût en monte au nez et le fait détourner.

t NASO-LOBAIRE (na-zo-lo-liô-r'), adj. Terme d'anatomie. Nerf naso-lobaire, rameau du nerf nasal qui descend sur la face postérieure de l'os du nez etsc ramiiie dans les téguments du lobe.

tNASOCM'.LLAIRE (na-zo-o-ku-lê-r') , ad;. Terme d'anatomie. Nerf na.so-oculaire, nom donné par Sfemmering au nerf nasal.

t NASO-PALATIN, INE (na-zo-pa-la-tin, ti-n'), adj. Terme d'an:>tomie. Qui appartient au nez et au voile du palaii. Ganglion naso-palatin.

t NASO-l'ALPÉBRAL , ALK (na-Zf>-pal-pé-bral, bra 1'), adj. ferme d'anatomie. Muscle imso-palpébral, le muscle orbiculaire des paupièies.

t NASO.SOURCILIER, ËRK (na-zo-sour-silié, liè-r^, adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au nez et au sourcil.

t SASO-THANSVEHSAL,ALE(na zo-tran-svèr-sal, M-l*), adj. Muscle naso- transversal, muscle impair, placé sur U partie élargie des cartilages des ailes du nez et dilatant les naseaux, en soulevant l'aile interne de chacun d'eux.

t MASSAT (na-sa), ». m. Jeu d'orgues qui est moitié moins ouvert par le haut que par le bas. On l'appelle aussi quinte couverte.

NASSE (na-i^ . Quelques personnes prononcent n»-s'), I. f. Il !• Terme de pêclie. Ks^:cc de panier <foBier, ds figure oblongue, rond par l'ouverlur*

NAT

et terminé en pointe , qui sert à prendre du poisson. Se dit aussi d'une des trois par ties principales dont se compose le filet nommé aissaugue. Il 8" Terme de chasse. Sorte de filet, rond à son ouverture, terminé en pointe, et soutenu par plusieurs cerceaux allant toujours en diminuant, avec lequel on prend les petits oiseaux. || 3° Fig. Tout moyen par lequel on saisit quelqu'un comme on saisit le poisson. Maintenant que l'hymen me tenait dans la nasse , 11 n'était plus saison de songer au Parnasse, sarrasin, dans le roux, Dict. comique. Je prétends l'observer autour de celle place ; Le poisson, de lui-même, entre dans noiie nasse, REGNARD, Uénechmes, m, u. Il ne songea plus qu'à me faire tomber finement dans la nasse, le sage, Guiman d'Alfar. vi, 2. Je sais bien que nous sommes enveloppés des fils imperceptibles d'une nasse qu'on appelle police, dioer. Lett. à Volt. || Familièrement. Être dans la nasse, être dans des embarras dont on ne sait comment se tirer. Les fils se pourraient bien raccommoder avec les pères; et toi, tu demeureras dans la nasse , HOL. Scapin, m, 9. Il 4' Terme de chimie. Espèce de fourneau. || Terme de métallurgie. Petit berceau pratiqué dans le fond d'un fourneau de fonderie. || S° Espèces de petits polypes ainsi dits parce qu'ils imitent assez la forme d'une nasse de poisson. || Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, de la famille des purpuritêres, ainsi dit de la forme de la coquille.

— HIST.xm's. Quant li paysant virentqu'il estoit en lor nasse, si allèrent celle part, Chr. deRains, 219. Blanc poisson qu'on prend as buisons et as nasses, tu cange, anwilla. C'est U fox [le fou] poisson qui s'en passe Parmi la gorge de la nasse. Qui, quant il s'en vuet retorner, Maugré sien l'estuet sejorner, 2a ito»e, 44184. || xiv* s. Quant aux nasses chausses de quoy l'en puet peschier, elles seront faittes telles que l'en y puisse bouter ses troisou quatre doiz, Ordonn. des rois, t. vu, p. 779. Il xvi* s. Une nasse d'argent doré, garnie de son couvercle, pesant trente-quatre marcs, de laboroe. Émaux, p. 402.

— ÊTYM. Berry, norwe, (once; génev. nanseï wallon, nèse; namtir. na»e,' du lat. na»sa.

fNASSlER (na-sié), ». m. Terme de zoologie. Mollusque qui habile les nasses.

t NASSONE (na-so-n'), ». /. Terme de pêche. Espèce de nasse avec laquelle on prend des écrevisses, des langoustes, etc.

t NASTURCE (oa-stur-s'), ». m. Genre de plantes de la famille des crucifères. Nasturce officinal, vulgairement cresson, cresson de fontaine, nasturtium officinale, Rob. Br. ; nasturce amphibie, vulgairement raifort d'eau, naî(ur(tum amphibium , Rob. Br.

— ETYM. Lat. nasturtium (voy. nasiiort). • NATAL, ALE (na-tal, ta-l'), od;. Qui a rapport à

la naissance. Le jour natal. Et leur pays natal leur imprime un amour Qui partout les rappelle et presse leur retour, corn. Toison d'or, i, 2. Une bise qui prend le nom d'air natal pour ne le point effr.iycr, sËv. 47 juil. 4789. Le lieu natal de ma pauvre maman avait encore pour moi un attrait de prédilection, J. J. Rouss. Confess. ix. Vaisseaux heurtant vaisseaux, soldats contre soldats. Épuisant leurs haines natales, Gilbert, Ode sur la guerre. Sol natal, Ducis, Abufar, li, 7. C'est l'air natal qui séchera tes larmes, b£rang. Nostalgie. || Maison natale, se disait, chez quelques religieux, de la maison dans laquelle ils avaient fait leurs vœux. Il Kig. Étant sorti [par le péché] de notre eau natale, si je puis parler de la sorte, c'est-à-dire de l'eau du tiaptéme, rentrons dans l'-^^au de la pénitence, boss. Sermon», Rechutes, 2.

— REM. Natal n'a point de pluriel masculin, grâce à une bizarrerie de l'usage. Cependant Trévoux parle de jeux nataux que l'on célébrait au jour natal de certains personnages. Pourquoi ne la reprendrait-on pasT

— IIIST. XV' s. Quatre fois l'an, c'est à savoir aux quatre nataux |Noél, l'àqucs, l'enlecAte et Toussaint] vous vous devez bien confesser, louis xi, Nouv. ixxii. Il XVI* s. k la moitié du xvi* siècle, au natal (l'an de la naissance] du livre et de l'auteur, u'aub. dans BATLK, art. Jeanne d'Albret, note. Pour la célébration de son jour natal, mont, m, 12.

— ETYM. Lat. natalis, de natuv, né. iValal est le même que noél (voy. ce mot); ital. santo natale, d'où le nom propre Natalie.

t NATALITE (na-Uli-té), s. f. || 1* Ce qui appartient à la naissance. Il 1* Particulièrement, en drmu;,'raphie, rap)iort des naissances i la population qui les a fournies, dan.H l'unilé de tempe, qui est I année moyenne. La lutalité se dètermiiie en divi-

NAT

santle nombre moyen annuel des naissances vivantes par la population moyenne de la même période.

— ÊTYM. Natal.

t NATANT, ANTK (na-tan, tan-f), adj. Terme de botanique. Qui nage sur l'eau. Feuille natante. Il Peu usité ; on dit nageant.

— ÊTYM. Lat. natantem, nageant.

NATATION (na-ta-sion; en vers, de quatre syllabes) , ». f. Il 1° Genre de locomotion propre aux animaux qui habitent l'eau. Les muscles nécessaires à la natation [chez les canards sauvages], BUFF. Oi». t. XVII, p. 204. Il 2° L'action de nager, en parlant des hommes. La natation est un exercice salutaire. || L'art de nager.

— ÊTYM. Lat. natalionem, de nalare, nager.

t NATATOIRE (na-ta-toi-r'), odj. Terme didactique. Qui concerne la natation ; qui sert i la natation. Il Vessie natatoire, vessie dont le gonflement aide certains poissons à s'élever dans l'eau. C'est avec la vessie natatoire du grand esturgeon qu'on prépare l'ichthyocolle appelée vulgairement colle de poisson,

— ÊTYM. Lat. noiotoriuî, de nalare, nager.

t NATES (na-tès'), ». m. p2. Terme d'anatomie. Nom donné à la paire supérieure des tubercule» quadrijumeaux.

— ÊTYM. Lat. na<e», fesses (voy. nache).

t NATICE (na-ti-s'), ». f. Genre de mollusquea gastéropodes pectinibranches.

fNATICIER (na-ti-sié), ». m. Mollusque qui vit dans les natices.

t NATICOÏDES (na-ti-ko-i-d) , ». m. pi. Famille de gastéropodes pectinibranches sans siphon ou manteau, dont le genre natice est le type.

NATIF, IVE (na-tif, ti-v'), adj. || 1» Qui naît, qui reçoit la naissance, par rapport au lieu où cette naissance est reçue. Natif de Paris. 1| S m. Nom donné aux habitants originaires d'un pays. La bile du natif de Sainl-Malo en fut encore plus exaltée.- . volt. Facéties, Diatr. doct. Akakia. La bourgeoisie de Genève représente exactement le patriciat vénitien; nos natifs et habitants représentent les citadins et le peuple de Venlse;nos paysans représen< lent les sujets de Terre-ferme, j. j. ROuss. Contr. IV, 3. Il 2* Se dit des métaux qu'on trouve dan.s le sein de la terre à l'état de pureté, ou i peu près. Or natif. Fer natif. || 3* Apporté en naissant. Qualité native. Ses yeux, que le feu du sentiment n'anime point encore, ont au moins toute leur sérénilA native, ;. 1. rouss. l^m. 11. || Etat natif de l'homme, l'homme i l'état sauvage. || Originel. Tout ouvrage étranger perd infiniment de sa couleur native dans une traduction française, avec quelque précision et quelque énergie qu'on en puisse rendre les idées, les images et les sentiments, mercier, dans lavbaux. Il 4* FIg. Qui appartient d'origine à un objet. Sinus luit à nos yeux par sa lumière native; il ne tient rien du soleil, et, s'il se manifeste à nous, c'est par sa propre puissance, baii.lt, Uist. astron. mod, t. u, p. a8t.||&* Populairement. Né natif, synonyme de natif. || Né natif est une locution pléonastique, qui est restée, comme du temps de huuhours, commune et basse, excepté dans la poésie li.uline, où elle s'emploie quelquefois. Je suis né natif de Ferrare, bkauuarcu. Tarare.

— SYN. NATIF, NÉ. Natif suppose le domicile fixa des parents, au lieu que né suppo.se seulement la naissance. Celui qui naît dans un endroit par accident, est né dans cet endroit ; celui qui y naît parce que son père et sa mère y ont leur séjour, en est natif, laveaux.

— HiST. XI* s. Les naïfs [serfs natifs] qui depai^ tent de lur terre, Lois de GuiU. 33. || iiii* s. [ÉnéeJ (uitis du biau pals De Troie, dont il fu nais, 2a Rose, I33H4. Il XV' s. En la ville de Valencieniies dont je suis natif, rnoiss. 11, m, 42. Begrelkint la doulccur nayve du naturel pays, qui tuusjuurs demeure cmprainte ou courage, al. uiiart. Kspér. vu ciinsolalinn des trois vertus. Il fut natif en tant mauvaise constellation, que toute chevalerie deffaudra en son U'Uips, l'erceforest, t. iv, ^ 6«.

— ETYM l'rovcnf. nali'u, nadiu; esp. et ital. noti'ro; du lat. nalivu», de nalu», né. Naif est la forme ancienne de natif.

NATION (na-»ion ; en vers, de trois syllabes),», f. Il 1* Réunion d'hommes habitant un même territoire, soumis ou non à un même gouvernement, ayant depuis longtemps des intérêts assez communs pour qu'on les regarde comme appartenant i la môme race. Auguste' journée où deux Uères nations [l'uspagnole et la française], longtemps ennemies et alors réconciliées par Marie-Thérèse, s'avancent sur leurs confins, leurs rois à leur tête, non plua pour se cuwtiatire, mais pour s'embrasser, bowi-

NAT

Jfar. - Thir. Dieu a préparé dans son conseil Aternel les premières familles qui sont la source dos nations, et, dans toutes les nations, les qualités dominantes qui devaient en faire la fortune; il a aussi ordonné dans les nations les familles particuliàres dont elles sont composées, mais principalemeut celles qui devaient gouverner ces nations, et, *n particulier, dans ces familles, tous les hommes par lesquels elles devaient ou s'élever, ou se soutenir, ou s'abattre, id. ib. Alger, tu disais dans ton coeur avare : les nations font ma proie, id. ib. Quand on regarde la facilité increvable avec laquelle la religion a été renversée od rétablie par Henri, par Marie et par Elisabeth, on ne trouve ni la nation si rebelle, ni ses parlements si fiers et si factieux, id. Reine é'Anglet. La France, seule nation de l'univers qui depuis douze siècles presque accomplis n'a jamais »u sur le trône que des princes enfants de l'Eglise, ID. ib. Les rois d'Angleterre qui ont régné depuis tant de siècles sur une des plus belliqueuses nations de l'univers, plus encore par leur courage que par l'autorité de leur sceptre, id. Duch. d'Orl. Si elle eut de la joie de régner sur une grande nation, id. Berne d'Angl. Ceux qui sont instruits des affaires, étant obligés d'avouer que le roi [Charles I" d'Angleterre] n'avait point donné d'ouverture ni de prétexte aux excès sacrilèges dont nous abhorrons la mémoire, en accusent la fierté indomptable de la nation, id. ib. Vous serez de sa vue [de Mardocliée] affranchi dans dix jours; La nation entière est promise aux vautours, bac. Esth. ii, «. Le cz:ir acheta le cabinet [d'anatomie de Ruysch], et l'envoya à Pétersbourg, présent des plus utiles qu'il put faire à la Moscovie, qui se trouvait tout d'un coup et sans peine en possession de ce qui avait coûté tant de travaux à un des plus habiles hommes des nations savantes, FONTEN. Ruysch. Sous les deux premières races, on assembla souvent la nation, c'est-à-dire les seigneurs et les évéques; il n'était point encore question des communes, kontesq. ftp. xxviii, 9. Comme les nations destructives font des maux qui durent plus qu'elles, il y a des nations industrieuses qui font des biens qui ne finissent pas même avec elles, ID. ib. xviil, 7. Je suis sévère pour les nations, répondit Oswald : je crois toujours qu'elles méritent leur sort, quel qu'il soit, stael, Corinne, iv, 2. Les nations, reines par nos conquêtes, Ceignaient de fleurs le front de nos soldats, béranoer, Vieux sergent. Il La grande nation, nom donné d'abord à la France républicaine, et dont l'empereur Napoléon 1" se servit pour désigner après ses victoires la nation française. La grande nation à vaincre accoutumée, M. J. ciiÉNiEB, la Mort du général Hoche, 4 798. Depuis dix ans, leurs routes [des déjiartements de l'Est] étaient couvertes de voyageuiï de tous les pays, qui venaient admirer la grande nation, sa capitale chaque jour embellie, les chefs-d'œuvre de tous les arts et de tous les siècles que la victoire y avait rassemblés, skgub, Ilist. de Nap. m, 4. Il Une nation de soldats , une nation dont tous les hommes sont ou soldats, ou propres à hi guerre. Une nation de soldats va combattre contre des peuples qui ne sont que citoyens, montesq. fiom. v. Il i" Tous ceux d'une même nation qui vivent en pays étranger. Aucun ne pourra se dire consul de la nation française dans les pays étrangers sans

avoir commission de nous faisons défenses aux

consuls d'emprunter au nom de la nation aucunes sommes de deniers dos Turcs, Mores, Juifs ou autres, Ordonn, marine, août 4S8l. ||3* Il se dit, dans le lanfjHge des fables, des animaux comparés aux hommes. La nation des belettes. Non plus que celle des chats. Ne veut aucun bien aux rats, la font. Fabl. lï, 8. Il i' Dans le langage de l'Ecriture, les nations, les païens, les gentils. Les rois des nations, devant toi [la nouvelle Jérusalem] prosternes. De les pieds baisent la poussière, bac. Àth. m, 7. Qui a changé mon héritaççe en la retraite de* esprits immondes, et livré Jérusalem à tous les excès des nationsT MASS. Carêvte, Enf. prod. || Docteur des nations, apAtre des nations, locutions par lesquelles les prédicateurs ont souventdésigné saint Paul. || 6* Fig. Toute espèce de gens considérés comme faisant une sorte de nation h part Pourquoi me déchirez vous par vos blasphèmes, nation impieT Boss.>4nne de Gonx. Connais- tu la nation dévoie? boil. Sat. x. Je savils que la nation des poètes,, et surtout des mauvais poète;, est une nation farouche qui prend feu nl'tément, et que ces espriU avides de louanges ne digéreraient p»s facilement une raillerie, quelque douce qu'elle pât «tre, in. Dise, sur la satire. Je W parlerai d'une crruiiie nation qu'on appelle les

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nouvellistes, kontesq. Lelt. pers. )3o. Henri VIII, voulant réformer l'Église d'Angleterre, détruisit les moines, nation paresseuse elle-même et qui entretenait la paresse des autres, :d. Esp. xxiii, 29. Il 6° Dans l'ancienne université de Paris, nom donné à certaines provinces qui la composaient. L'université était formée de quatre nations, qui avaient leurs titres particuliers: l'honorable nation de France, la fidèle nation de Picardie, la vénérable nation de Normandie , la constante nation de Germanie ; c'étaient les procureurs de ces nations , avec les doyens des trois facultés supérieures, qui formaient le- tribunal du recteur. || 7" L'ordre de Malte était également divisé par nations, qu'on désignait plus communément sous le nom de langues. || 8° Collège des quatre nations, collège fondé par Mazarin, pour recevoir les élèves ajjpartenant aux provinces espagnoles, italiennes, allemandes et flamandes nouvellement réunies à la France.

— SYN. NATION, peuple. Dans le sens étymologique, nation marque un rapport commun de naissance, d'origine, et peuple un rapport de nombre et d'ensemble. De là résulte que l'usage considère surtout nation comme représentant le corps des habitants d'un même pays, et peuple comme repré-

, sentant ce même corps dans ses rapports politiques. Mais l'usage confond souvent ces deux mots; et, sous la constitution de <79i, on avait adopté la formule: la nation, la loi, le roi.

— HlST. XIII* s. En tel cas deit un homme estre creus de l'essoine de celui qui par lui l'a contremandé, de quelque nassion que il seit, Ass. de Jér. 98. Il XV* s. Là fut fait un cri et un ban de par le roi.... que tanlost toutes manières de gens qui n'estoient de la nation de Londres.... partissent, FROiss. u, II, m. Les marchands d'estrange pays, qui ont accoustumé, depuis si longtemps qu'il n'est mémoire du contraire, de communiquer et marchander en la ville de Bruges, lesquels on appelloit les nations, Mathieu de coucy, Uist. de Charles VII,

p. 628, dans LACURNE.

— ÊTYM. Provenc. natto, namon ; espagn. nacion; portug. naçâo; ital. naxione;da lat. nationem, qui vient de nalus, né. Nation dans l'ancienne langue signifiait aussi, comme en latin, naissance, nature.

NATIONAL, ALE (na-sio-nal, na-l'; en vers, de quatre syllabes), adj. || 1° Qui concerne la nation, qui est de la nation. L'honneur national. Kcte nationale. Les intérêts nationaux. Laine fine nationale peignée, Tabl. ann. aux lett. pat. dut" mars tisi, Rouen. Un plomb ou empreinte.... ponant d'un côté ces mots, étoffes nationales ; et de l'autre, le millésime, Le«. patent. 49 mars 4781, art. 2. || Troupes nationales, voy. troupe. || Assemblée nationale, ndm que prirent, lors de la première révolution, les états généraux, et qui fut donné à l'assemblée constituante de la république de 1848. On cherchait un nom à celte assemblée [la Constituante de 4789], qui n'était encore qu'un fantôme; Sieyès proposa de l'appeler l'Assemblée nationale, cuinet, la liétolut. liv. u, ch. 3. Il Les haines nationales, les haines qui sont entre nations. {| Carde nationale, voy. garde 4, n" 4 2. Il Garde oational, voy. garde 2, n* 3. || Bien national, biens nationaux, propriétés foncières confisquées pendant la révolution et vendues au profit de la nation. || 2* Concile national, Ttssemblée des évéques de toutes les métropoles d'une nation. Cardinaux nationaux,ceux qui sont attachés aune couronne non-seulement par la naissance, mais aussi par quelque autre engagement. || 8°i'. m. pi. Les nationaux, lalotalilé Je ceux qui composent une nation; par opposition i étrangers, ceiix qui appartiennent aux autres nations. Cet établissement n'est peut-être pas assez connu des étrangers et même des nationaux. Une cavalerie, dont la discipline et les armes étaient préférables à celles des nationaux.

— UIST. xvi* s. La justice en soy, naturelle et universelle, est aultrement réglée, et plus noblement, que n'est cette aullre justice, spéciale, nationale, contraincte au besoing de nos polices, mont, iii, 24t.

— ETYM. Nation.

NATIONALEMENT (na-sio-na-le-man ; en vers,

de six syllabes], adv. D'une manière nationale. Il Par ordre de la nation. Les biens des émigrés vendus nationalement.

— ETYM. Nationale, et le suffixe ment.

tNATIONALlSKR(na-sio-na-li-zc),i). o. || !°Néo-

logisme. Rendre national; faire adopter par une nation. || 2" Se nationaliser, t>. réfl. Prendre les mœurs d'une nation. || En parlant des choses, passer dans les usages d'un peuple.

— ETYM. National.

NATIONALITÉ (ua-sio-na-li-té; en vers, de six

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syllabes), (. /. || 1° Qualité de ce qui est national. On a contesté la nationalité de Benjamin Constant. La nationalité polonaise. La nationalité d'un peuple survit souvent à son indépendance. || Terme de marine. Constatation de l'origine d'un navire, établie parla légalité de son armement. || 2* Par extension, les réunions d'hommes qui ont même nationalité. La main de Napoléon n'y put rien; il avait soulevé les nationalités,les nalionali tés l'engloutissalent,LAMART. dans le Dict. de dochez. {| Le principe des nationalités, principe d'après lequel des portions d'une raca d'hommes tendent à se constituer en un seul corps politique. C'est le principe des nationalités qui transforme aujourd'hui l'Allemagne.

— REM. Nationalité n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition de 4 835: il fut admis vers 4 823 dans Boiste avec celle citation : Les Français n'ont point de nationalité, Bonaparte. Il est à croire qu'en cet exemple le mot est employé comme synonyme de race.

— ÉTYM. National.

t NATIVEMENT (na-li-ve-man) , adv. D'une façon native. Suivant certains métaphysiciens, l'âme possède nativement les idées nécessaires.

t NATIVITAIRE (na-ti-vi-tê-r'), s. m. Membre d'une secte arienne qui pensait que le Verbe avait pris naissance et n'était pas éternel.

— ÊTYM. Voy. NATIVITÉ.

NATIVITÉ (na-ti-vi-té), t. f. \\ 1* Époque de la naissance. L'ingrate, pour le jour de sa nativité. Joignait aux fleurs de sa beauté Les trésors des jardins et des vertes campagnes, la font. Fahl. xii, 26. Il Peu usité aujourd'hui en cette acception. 112» En un sens restreint, naissance de Jésus-Christ, de la Vierge et de quelques saints. C'est donc lui, mes chers auditeurs, qui, par sa sainte nativité et par toutes les circonstances qui l'accompagnent, nous procure aujourd'hui la paix avec Dieu, bourdal. Nativité de Jésus-Christ, 4" avent, p. 239. Quels tableaux Homère et Virgile ne nous auraient-ils pas laissés de la nativité d'un Dieu dans une crèche ? CHATEAUB. Génie, i, i, 5. || Absolument. La naissance de Jésus-Christ, la fèto de Noël. || An de la nativité, se dit d'ui.i. manière de compter les années en commença', au 25 décembre. || Une nativité, tableau représentar.l ia naissance de Jésus-Christ. Qui n'a cent fois admiré les nativités, les vierges et l'enfant, les fuites dans le désert? chateaub. Génie, m, I, 4. Il 8* Terme d'astrologie. Disposition du ciel, des astres, au moment de la naissance de quelqu'un. Il Thème de nativité, un horoscope dressé à l'heure (le la naissance, par les règles de l'astrologie.

— HlST. xii* s. L'em [l'on] les menoit à grant force, el jor de la nativité le rci , as sacrefises, Machab. Il, 8. Venu sunt al quint jurde la nativité.... En l'endemain que furent innocent decolé. Th. le mart. 4 37. || xm* s. Et oui la gent de celte contrée une telle couslume que, silosl comme uns enfes [un enfant] est nés, ilz escripvent le jour, l'eure, en quelle planette et soubz quel signe il est nez, si que chascuns d'eulx scet le jour de sa nativité, marc pol, p. 6U2. Il XIV* s. Jaçoit ce qu'il soit enclin selon la constellacion de sa nativité à aulcun vice.... le Songe du vergier, i, 66. Estre justes, estre attrempés, estre fers [ferme] , et autres choses semblables, nous les avon de nostre nativité, oresme, Eth. 188. Il XV* s. Et ceux qui n'estoient pas gentilshommes de nativité, froiss. m, iv, 27.

— ÉTYM. Provenç. nativitat; esp. nalividad; ital.nod'tiitdjdulat. nativitatem, de noUtius, natif.

t NATRIUM (na-tri-om'), s. m. Terme de chimie. Ancien nom du sodium.

— ÊTYM. Voy. NATHON.

t NATROMÈTRE ( na-tro-mètr'), ». m. Terme da chimie. Instrument destiné à mesurer la quantité de soude contenue dans la soude de commerce.

— ÊTYM. Natron, prispoursoude, elmètre, mesure, NATRON (na-lron)ou NATRU.M (na-trom'),». m.

Carbonate de soude cristallisé, que certaines eaux, contenant de la soude carbonatée en dissolution, laissent déposer en s'évaporant ; on le trouve en grande quantité en Egypte et en Hongrie. Les circonstances qui sont nécessaires à la formation du natron sont : 4* un sable qui contient beaucoup de carbonate de chaux ; 2* l'humidité ; 3° la présence du muriate de soude, IiErthollet, Instit. Mém, scienc. t. m, p. 70. Les sources alcalines qui alimentent les lacs et les terrains à nntron communiquent avec la mer, l. coiidier, Âcad. des se. Comptes rend. t. Liv, p. 296.

ETYM. Arabe, nathroun, nom du carbonate

de soude naturel.

NATTE (na-f), ». f, ||1* Tissu de paille ou da

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jonc f^iit de trois brins ou cordons entrelacés et servant à couvrir les planchers ou à revêtir les murailles des chambres. Le pain et l'eau pour se nourrir, le sac et le cilice pour se vêtir, une simple natte ou la terre nue pour se reposer, bourual. Pensées, 1. 1, p. 346. Aussi bons politiques que les Romains, ils [les Iroquois] avaient adopté quelquesuns de ces peuples vaincus, et leur avaient, pour ainsi dire, donné sur leur natte le droit de bourgeoisie iroquoise, bougainville, Instxt. Mém. scienc. mor. et pol. t. m, p. 325. Oc feint [pour échapper au pacha] d'être mourant sur sa natte, ou l'on fuit dans la montagne, chateaubr. Ilin. S'part. || î"Fil, soie, etc. tressés en natte. Une natte d'or et d'argent. Il Natte de cheveux, cheveui tressés en natte. Théodore, qui, durant ce temps, contemplait les deux plus longues nattes et les plus beauï cheveux du monde, genlis, Adèle et Théod. t. m, p. 348, dans POUGENS. || Natte à trois, à quatre, à cinq, à six, etc. natte i trois brins, à quatre brins, à cinq brins, à six brins, etc. Se dit des cheveux surtout. Il 3° Terme de conchyliologie. Natte d'Italie, variété de cône Ustre. \\ Natte de jonc, espèce de telline, latelline vierge et quelquefois la Vénus écrite. Il Natte de jonc sans tache, autre espèce de telline. Il 4° Bois de nattes, voy. NATTiEa.

— HIST. XI* s. Soz le degret, où il gistsursa nate, Iluec paist l'um [on le nourrit) del relef de la table, St Alexis, L. ||xui* s. Le soudanc venoit touz jours jouer aus eschez sus les nates qui estoient au piez de son lit, joinv. 2)3.

— ÉTYM. Ital. matta; du lat. nia((a,par changement d'm en n, comme dans nappe, de mappo, nè/Ie, de mespilus, etc.

NATTÉ, ÊE (na-té, tée), part, patii de natter. Garni de nattes. Murailles nattées. || Tressé en natte. Cheveui nattés. || Terme de zoologie. Se dit d'une surface qui est marquée de lignes obliques entrecroisées. Il Terme de pêche. Morue nattée, morue qui a été endommagée par les nattes sur lesquelles on établit les piles.

NATTER (na-té), v. a.\\l' Revêtir de nattes. Natter un mur, un plancher ; ce qui se faisaitavant que les tapisseries fussent communes. || 2'' Tresser en nalte. Natter de la soie, les crins d'un cheval. re5t la méthode de nos élégants ; ils nattent et retroussent leurs cheveux, comme une petite maitresse, CARACciou, Letl. récréât, et mor. t. ii, p. 4i9, dans POUGENS. |! S" Se natter, «. réfl. Être tressé en natte. Ces cheveux se nattent facilement.

HIST. iv s. Il estoit plus aise que ceux qui ont

leurs belles chambres Terrées, nattées et pavées,

LOUIS XI, Nouv. LVU.

— ÉTYM. Natte.

NATTIER (na-tié; IVnese lie jamais; au pluriel, r» se lie : des na-tié-z habiles), j. m. || 1* Celui qui fait et vend de la natte, des nattes. || i' Un des noms vulgaires de l'imbricaire à gros fruits (sapotées), dite aussi bols de nattes et bardoltier.

— ÉTYM. Natte.

t NATU-MAJORITÉ (na-tu-ma-jo-ri-té) , «. f.

Qualité d'alné. Junius Gallion qu'il [Sénèque, frère cadet] appelait son maître; un titre accordé soit à la reconnaissance.... soit à la simple natu-majorité, «i souvent représentative de l'autorité paternelle, DiDER. Claude H Nér. i, 7.

— P.TYH. Lat. natu, supin de naiei, naître, et majorité.

NATCRALIBCS (IN) (in'-na-tu-ra-li-bu»'), loc. Qdtj. Dans l'clat de nudité. Voudrais-tu voir mon maître in uaturalibusT regnard, le Joueur, t, i. Il On dit quelquefois : in puris naturalibus.

— ÉTYM. Lat. in, dans, naturalibus, les choses naturollfs.

NATURA LISATION ( na-tu-ra-li-za-sion ; en vers, de sept syllabes), i. f.\\i' Action de naturaliser. Obtenir des lettres de naluralisation. || Effet des lettres de n.ituralisatlon. || 2* Action de naturaliser une race d'animaux dan» un pays où cette race est étrangère. || Naturalisation d'une plante, état d'une plante qui, importée d'une autre (lore, vit à elle seule comme dan^ une nouvelle patrie, et devient sauvage sans être étoutTée par les plantas indigènes. Le robinier faux dcacia e<it un exemple de naturalisation végétale. || 8* Kig- Action de transiorter un mol, une phrase d'une langue dans une autre.

— SY!». NATURALisATion, ACCttMATATiON. La naturalisation dilTère de l'accHmatatinn, en ce que celle-ci, se rapportant aux individus, leur permet de vivre dans le nouveau climat sans leur permettre ie s'y repro<luire d'une manière régulière et natuturclie, tandis que la naturalisation est toujours

accompagnée de la faculté de se reproduire régulièrement.

— ÉTYM. Naturaliser.

NATURALISÉ, ÉE (na-tu-ra-li-zé, zée), part, passé de naturaliser. Qui a reçu des lettres de naturalisation. Un Allemand naturalisé Français. || Fig. Dans les monarchies la politesse est naturalisée à la cour, MONTESQ. Esp. IV, 2. Daus la partie du monde où le despotisme est naturalisé, qui est l'Asie, id. ib.

NATURALISER (na-tu-ra-li-zé), v. a. \\ !• Accorder à un étranger les droits dont jouissent les naturels du pays. Rome, épuisée par tant de guerres civiles et étrangères, se fit tant de nouveaux citoyens, qu'à peine pouvait-elle se reconnaître parmi tant d'étrangers qu'elle avait naturalisés, Boss. Ilist. m, 7. Il Fig. C'est pour l'amour de ses enfants [les pauvres] qu'il [Dieu] permet l'entrée à ces étrangers [les riches] ; voyez le miracle de la pauvreté I oui, les riches étaient étrangers; mais le service des pauvres les naturalise, et leur sert à expier la contagion qu'ils contractent parmi leurs richesses, boss. Sermons, Sepluag. 2. Il 2° En parlant des animaux et des plantes, procurer la naturalisation. Nous sommes très-portés à croire qu'on pourrait naturaliser cette espèce [le paca] en France ; et, comme la chair en est trèsbonne à manger et que l'animal est peu difficile à nourrir, ce serait une acquisition utEe, bl'fp. Qutdrup. t. IX, p. t7. Des mémoires sur la culture des plantes qu'il a tenté avec succès de naturaliser en France, coNnoRCEr, Duhamel. \\ 3° Fig. Introduire

dans un pays et y faire prospérer en parlant des

sciences, des arts, des inventions, des choses d'esprit et des choses morales. Est-ce une mode étrangère apportée de dehors, qui depuis peu a été naturalisée en ce royaume? balz. Remarque sur les deux sonnets, lo* chap. || 4' Fig. Naturaliser un mot, une tournure, faire adopter dans une langue un mot, une tournure qui appartiennent à une autre. Il 6° Se naturaliser, v. réjl. Recevoir des lettres de naturalisation. Ces étrangers se sont naturalisés en France. Il Fig. Ce qu'elle [l'Eglise] appréhende le plus, c'est que ses enfants s'y naturalisent [sur la terre], et qu'ils ne fassent leur principal établissement où ils ne doivent avoir qu'un lieu de passage, BOSS. Panég. St Thomas de Cantorb. ). || 6" Use dit des animaux et des plantes. Ces plantes se sont naturalisées facileqient. || Fig. Et qu'est-ce, à votre avis.... d'avoir arraché des erreurs, qui avaient pris racine dans les esprits, qui s'étaient naturalisées avec eux? balz. t" dise. Tant il est vrai que, la lumière de Dieu étant une fois éteinte...., tous les crimes l'un après l'autre se naturalisent, pour ainsi parler, dans notre cœur ! boss. 3' sermon, Circoncision, 2. Il 1° Fig. Se naturaliser, se dit des personnes qui contractent certaines habitudes ou dispositions. Quand il se sera, pour ainsi dire, vendu au péché, asservi au péché, naturalisé avec le péché, BOURDAL. Pensées, t. m, p. 79. Saurez-vous.... vous naturaliser avec le sérieux de vos occupations.... et parvenir jusqu'à vous faire un délassement même de vos fatigues T mass. Confér. Ambit. des clercs.

— HIST. xvj* s. Estant le marquis fait et naturalisé françois par cette alliance, cahloix, i, 2«. Les poulailles d'Inde appellées meleagrides sont les plus cogneues, naturalisées en ce roiaunie depuis quelque temps, o. ns skrhes, 345. Si j'estois du mestier, je naturaliserois [rendrais naturel] l'art autant comme ils artialisent la nature, mont, m, 366.

— ÉTYM. Lat. naturalis, naturel.

NATURALISME (na-tu-ra-li-sm'),*. m. ||1* Terme

didactique. Qualité de ce qui e*t produit par une cause naturelle. Le naturalisme de» convulsions de Saint-Médard. Phénix, sirènes, sphinx «ont de notre domaine; Ce naturalisme menteur Sied bien dans une fable, lamottb, Fabl. ii, <*. \\ »' Système de ceux qui attribuent tout à la nature comme premier principe. || 3" Hcligioii de la nature. Musulmans, quel culte embrassericz-vou» si vous abjuriez Mahomet? le naturalisme, dioï». Suffis, dt la rel.nat. n" ».

— ÉTYM. Naturel, par le latin naturalis. NATURAM.STK (na-tu-ra-li-sf), t. m. ||fCelui

qui s'occupe spécialement do l'étude dos prO'luctions de la nature. Il était bon naturaliste, le Songe, Stancede («l«. Mus d'un naturaliste a cru Que le» esprit» nitreux d'un ferment prétendu Kiiisaient croître le Nil.... la font, (/m'nfliiino. II. Ilest aisé, je l'avoue, d'aller ramansant des sables et des pierres, d'en remplir ses poches et son cabinet, et de se donner avec cela de» atrs d'un naturaliste, i. j. roum. Promen. 7. Le naturaliste philosopha doit

surtout insister sur les exceptions aux règles qu'on estime générales, bonnet, Contempl. nat. Œuv t. vm, p. 287, dans pougens. La vraie philosophie des naturalistes est de bien observer la nature, DAUBENTON, Instit. Uém. scienc. 1. 1, p. 389. || 2° Abusivement. Homme qui empaille des animaux et qui vend des objets d'histoire naturelle. {] 8° Celui qui adopte les principes du naturalisme, qui ne reconnaît que la puissance de la nature. On donne le nom de naturalistes à ceux qui n'admettent point de Dieu, mais qui croient qu'il n'y a qu'une substance matérielle revêtue de diverses qualités, w- DER. Opin. des anc. philos, {naturalistes).

— HIST. XVI* s. Les naturalistes, épicuriens et atheistes, qui sont sans Dieu, paré. Animaux, 22.

— ÊTYM. Natural ou naturel, représentant le latin naturalis, et la finale iste signifiant qui s'adonne à, qui s'occupe de.

NATURALITÉ (na-tu-ra-li-té), t. f. || 1° Terme didactique. L'état naturel ou spontané, par rapport à l'état civilisé ou réfiéchi. L'esprit humain, dans sa naturalité, aime les formes symboliques. || 2* Etat de celui qui est naturel d'un pays, ou qui s'y est fait naturaliser. || Droit de naturalité, le droit dont jouissent les habitants naturels d'un pays à l'ctclusiondes étrangers. || Lettres de naturalité, les lettres par lesquelles le gouvernement accorde le droit de naturalité aux étrangers. Ce sont mes vraies lettres de naturalité, et de barbare me voici devenu citoyen romain, balz. liv. v, lett. 2. M. Colbert n'avait pas moins de chaleur que le pape et Bologne à leur disputer M. Cassini, et enfin il eut le plaisir de vaincre et de lui faire expédier des lettres de naturalité en (073, FONTEN. Cassini. Il [Louis XI] offrit des lettres de naturalité, avec des exemptions et des privilèges, aux étrangers qui viendraient s'établir pour travailler aux mines qu'on devait ouvrir en Dauphiné et en RoussiUon, DUCLOS, OEuv. t. II, p. 298. Il On dit aujourd'hui lettres de naturalisation.

—HIST. XIV* s. Mélancolie non vraie, qui ne romaint [reste] pas sous sa naturalité, H. de mondeville, f 97, verso. Il XVI* s. Nul, en ce royaume, s'il n'est natif, ou s'il n'a lettres de naturalité....

p. PITHOO, 39.

— ÉTYM. Lat. naturalitatem, de naturalis, naturel.

t NATURANT, ANTE (na-tu-ran, ran-t'), adj. Terme de la philosophie de Spinosa. Nature naturante, la nature considérée i l'état actif. Les expressions nature naturée et nature naturante sont si heureuses et si énergiques qu'il eût été dommage que Spinosa ne les eût pas employées, cordiixac, Traité des syst. ch. lo.

NATURE (iia-tu-r'), s. f. || 1* Ensemble de tous les êtres qui composent l'univers. || 2* Ordre établi dans l'univers, ou système des lois qui président à l'existence des choses et à la succession des êtres. Il 3' Sorte de personnification do l'ensemble des lois naturelles, puissance des choses naturelles, force active qui établit et conserve l'ordre naturel. Il 4° Dans un sens très-liche, l'ensemble des choses qui sont sous les yeux, sous la main de l'homme.

I 5° Ce qui constitue tout être en général, soit incréé, soit créé. || 8° L'essence, les attributs, la condition propre d'un être ou d'une chose. || 7* La nature des choses, en général, la nécessité qui résulte de la constitution des choses. Il 8* Ensemble de» propriétés qu'un être vivant tient de sa naissance, de son organisation, dosa conformation primitive, par opposition à celles qu'il peut devoir k l'art. Il 9" Il se dit, par extension, de ce qui est comparé à une espèce d'être vivant. || 10* Nature humaine. Il H* La condition de l'homme telle qu'on la suppose antérieurement & toute civilisation. || 12* Ce qui appartient d'origine à l'être humain, par opposition à coutume. || 18* En théologie, l'état naturel de l'homme, par opposition à l'état de gr.lce. || 14*Li constitution du corps vivant, le princiiie qui le soutient. Il 16* Iji complcxion , le tempérament de chaque, individu. || 16* L'ensemble des sentiment» Innés. Il 17* Une certaine disposilion ou inclination de l'imc. Il 18* L'ensemble de» affections du sang, de la famille. || 19* Sorte, espèce. |l 20* Nature se dit des opérations, dos productions de la nature, par opposition k celles de l'art. || 2t- La nature soit physique, soit morale, considérée comme mo<lèlo dos arts d'imitation. || 22* l'articuliôrcmeiil, en peinture et en sculpluie, l'objet réel qu'on se propose de représenter. || 23° Les iiartles qui serrent à la génération. || 24° État matériel de certaines choses, par opposition k l'argent qu'elles peuvent valoir.

II as* En métallurgie, prendre nature. Ji 26* Ea

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musique, chanter par nature. |{ 27* Bœuf» de nature. Il i8* En cuisine , bœuf , côtelette nature. Il J9* Contre nature. || Proverbes.

1* Ensemble de tous les êtres qui com])Osent l'univers. Au lieu de celte philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieui et de tous les autres corps qui nous environnent aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature, DESC. Méth. VI, 2. Que l'homme contemple la nature entière dans sa haute et pleine majesté.... que la terre lui apparaisse comme un point.... si notre vue s'arrête là, que l'imagination passe outre : elle se lassera plutôt de concevoir que la nature de fournir; tout ce monde visible n'est qu'un trait imperceptible dans l'ample sein de la nature, pasc. Pens. I, t, éd. HAVET. Qu'est-ce que l'homme dans la nature? un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant ; un milieu entre rien et tout, id. ib, I, <. Je regarde de toutes parts, et ne vois partout qu'obscurité; la nature ne m'offre rien qui ne soit matière de doute et d'inquiétude, ID. ib. xiv, 2. Non-seulement parce que je ne me sentirais pas asseï fort pour trouver dans la nature de quoi convaincre des athées endurcis, mais encore parce que cette connaissance, sans Jésus-Christ, est inutile et stérile, id. ib. s, 6. C'est une chose étrange qu'ils [les hommes] aient voulu comprendre les principes des choses, et de là arriver jusqu'à connaître tout par une présomption aussi in&nie que leur objet ; car il est sans doute qu'on ne peut former ce dessein sans une présomption ou sans une capacité infinie comme la nature, m. ib. i, 4. Il savait parler à chacun selon ses talents.... aux voyageurs curieux de ce qu'ils avaient découvert ou dans la nature, ou dans le gouvernement, ou dans le commerce, boss. Louis de Bourbon. Multipliez vos jours, comme les cerfs et les corbeaiu, que la fable ou l'histoire de la nature fait vivre durant tantde siècles, id. Sermons, Mort, i . L'homme de la nature est le chef et le roi, BOiL. Sa(. VIII. Votre nature n'est qu'un mot inventé pour signifier l'universalité des choses, VOLT. Dialog. XXIX, i. La nature est le trône extérieur de la magnificence divine, BUFF. Quadrup. t. iv, p. ii. Virgile en de riants vallons A célébré l'agriculture ; Vous, Tabbé, c'est dans les salons Que vous observez la nature, H. i. cuénier, Épttre à Delille. On ne rencontre point le nom de ses ancêtres [de l'homme sauvage d'Amérique] dans les fastes des empires ; les contemporains de ses aïeux sont de vieux chênes encore debout ; monuments de la nature et non de l'histoire, les tombeaux de ses pères s'élèvent inconnus dans des forêts ignorées, cbateaubr. [tin. 3' part. Ah I c'est là qu'entouré d'un rempart de verdure, D'un horizon borné qui suffit à mes vœux. J'aime à fixer mes pas, et, seul dans la nature, X n'entendre que l'onde, à ne voir que les cieux, LAHART. Uéd. I, t. Hais la nature est là qui t'invite et qui t'aime; l'ionge-toi dans son sein qu'elle l'ouvre toujours; Quand tout change pour toi , la nature est la même. Et le même soleil se lève sur tes jours, id. ib. i, «. Dieu, pour le concevoir, a fait l'intelligence ; Sous la nature enfin découvre ion auteur, lo. ib. i, s. L'impassible nature a déjà tout repris, v. hugo, Rayoru et ombres, xxxiv. || Il n'y a rien de meilleur, de plus mauvais, de plus beau, de plus laid dans la nature, dans toute la nature, se dit d'une personne très-bonne, très-mauvaise, etc. Il La nature inorganique, l'ensemble des substances qui n'ont ni organisation ni vie. || La nature végétale, l'ensemble des végétaux. Tout ce que vous voyez, c'est la nature végétale et inanimée; et, quoi qu'on puisse faire, elle laisse toujours une idée de solitude qui attriste, j. j. kobss. HH. iv, m. || La nature animale, l'ensemble des animaux. || Système de la nature, titre du grand ouvrage de Linné, où tous iCS objets de la uaiure, minéraux, végétaux et animaux, sont classés suivant leurs affinités. || Le système de la nature de d'Holbach, système d'athéisme et de matérialisme. Il y avait là [dans le système deSpinoaa] de la philosophie ; maisje suis forcé de dire quer je n'en trouve aucune dans le Système de la nature, volt. Dict. philos. Dieu, *. || %• Ordre établi dan* l'univers, ou système des lois qui président à l'existence des choses et i la succession des êtres. Les merveilles de la nature. Les lois de la nature. U ne faut pas juger la natura selon nous, mais t«loa ella, pasc. Pens. izt, «•. La oatut* t des

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perfections pour montrer qu'elle est l'image de Dieu, et des défauts pour montrer qu'elle n'en est que l'image, id. ib. xxiv, 70. Notre âme est jetée dans le corps, oîi elle trouve nombre, temps, dimension ; elle raisonne là-dessus, et appelle cela nature, nécessité, et ne peut croire autre chose, m. ib. x, t. Réaumur, dont la main .si savante et si sûre A percé tant de fois la nuit de la nature, volt. ♦• dise. La nature est le système des lois établies par le créateur pour l'existence des choses et pour la succession des êtres ; la nature n'est point une chose, car cette chose serait tout; la nature n'est point un être, car cet être serait Dieu ; mais on peut la considérer comme une puissance vive, immense, qui embrasse tout, qui anime tout, et qui, subordonnée à celle du premier être, n'a commencé d'agir que par son ordre, bupf. Quadrup. t. iv, p. <. Il faut traduire la nature, comme elle s'oITre aux sens; et son interprète ne doit jamais être son commentateur, J. SENNEBiER, Ess. sur l'art d'observer, t. ii, p. 36, dans pouGENS. || 3° Sorte de personnification de l'ensemble des lois naturelles, puissance des choses naturelles, force active qui établit et conserve l'ordre naturel. C'est une œuvre où nature a fait tous ses efforts, malb. t, 3. Je dois définir ce que j'entends proprement, lorsque je dis que la nature m'enseigne quelque chose; car je prends ici la nature en une signification plus resserrée que lorsque je l'appelle un assemblage ou une complexioo de toutes les choses que Dieu m'a données, desc. Médit. VI, H. Souvent la nature nous dément, et ne s'assujettit pas à ses propres règles, pasc. Pens. m, i6. La nature recommence toujours les mêmes choses, les ans, les jours, les heures.... ainsi se fait une espèce d'infini et d'éternel, m. ib. xxv, ». Pourquoi ma durée à cent ans plutôt qu'à mille ? quelle raison a eue la nature de me la donner telle, et de choisir ce nombre plutôt qu'un autre dans l'infinité? iD. t&, xxv, <6 bis. La nature s'imite : une graine jetée en bonne terre produit, m. t6. xxv, 6b. Sous le nom de nature, nous entendons une sagesse profonde qui développe avec ordre et selon de justes règles tous les mouvements que nous voyons, boss. Conn. iv, i. Quoique Dieu et la nature aient fait tous les bommas égaux, en les formant d'une même boue, id. Gornay. La simplicité d'une vie particulière qui goûte doucement et innocemment ce peu de biens que la nature nous donne, ID. Duch. dOrl. La nature, cruelle usurière, nous ôte tantôt un sens et tantôt un autre, id. Bourgoing. Toute la nature s'épuise pour la parer [une femme], m. la Vallière. Tel en un secret vallon.... Croît à l'abri de l'aquilon Un jeune lis, l'amour de la nature, BAC. Àth. Il, ». 11 n'est pas surprenant que les effets de la nature donnent bien de la peine aux philosophes, fontkn. Oracles, i, Avanl-propos. Non que la nature ait été aussi soigneuse qu'où le dit quelquefois de mettre dans chaque pays les plantes qui devaient convenir aux maladies des habitants.... id. Toumefort. Ce sont [les goûts et dégoûts] des avis secrets de la nature, si cependant la nature a un soin de nous si exact et auquel on puisse tant se fier, id. Tschirnhaus. J'ai pris la nature sur le fait, mot de Fonten. dans volt. Micromégas, s. La nature agit toujoursavec lenteur et, pour ainsi dire, avec épargne, montesq. ie(J. peri. < M. Et si je vous disais qu'il n'y a point de nature, que tout estart dans l'univers, etque l'aitannonce un ouvrier, VOLT. Dial. XXIX, 2. La nature, à un philosophe : Mon pauvre enfant, veux-tu que je te dise la vérité? c'est qu'on m'a donné un nom qui ne me convient pas; on m'appelle nature, et je suis tout art, id. Dict. phil. Nature. Tant la nature même en toute nation Grava l'être suprême et la religion, id. Orphel. I, * . La nature est comme ces grands princes qui comptent pour rien la perte de quatre cent mille hommes, pourvu qu'ils viennent à bout de leurs augustes desseins, VOLT. l'Uommeaux *oécus, Entretienaiec ungéomètre. La nature, libre aumilieu des limites que nous pensons lui prescrire, est plus riche que nos idées et plus vaste que nos systèmes, BUFF. Ois. t. XIV, p. su. Lorsqu'on nomme la nature purement et simplement, on en fait unees|)èce d'être idéal, auquel ou a coutume de rapporter, comme cause, tous les effets constants, tous les phénomènes de l'univers, id. ib. t. I, p. 3. Tout doit finir sans doute ; mais les grands ouvrages de la nature ont une vie si longue que nous vieillissons, nous mourons sans voir leurs progrès vers la décrépitude, baillt, Hist. de l'astr. mod. t. m, p. 226, dans POUOENS. Le mot de nature est un de ces mots dont on se sert d'autant plus souvent que ceux oui les aotendcut uu uui le« urononcent y at-

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tachent plus rarement une idée précise, condobcet, Troncliin. La nature n'est point avare, la natura n'est point prodigue, la nature ne s'épuise point : ce sont des mots vides de sens, marmontel, Élém , lut. (Euv. t. IX, p. 2»8,«lans pougens. Telle sur ui rameau durant la nuit obscure Philomèle plaintivi attendrit la nature, delille, Géorg. iv. Combien la nature est féconde En plaisirs ainsi qu'en douleurs) BÉRANG. la Nature. || Payer le tribut ou tribut à la nature, mourir. Tous deux [les médecins] s'étant trouvés différents pour la cure, Leur malade paya le tribut à nature, la font. Fabl. v, (2. || Philosophie de la nature, sorte de panthéisme de quelques philosophes allemands. || Terme de physique. Jeux de la nature, phénomènes qui, présentant quelque singularité, sont considérés comme des caprices de la nature. Il 4° Dans un sens très-lûche, l'ensemble des choses qui sont sous les yeux, sous la main de l'homme. Rien n'est plus commun que les bonnes choses, il n'est question que de le discerner.... la nature, qui seule est bonne, est toute familière et commune, pasc. Géométr. ii. La nature se perpétue par des reproductions; elle sa détruit par les jouissances, hirabead, Collection, t. v, p. 410. Il 5° Ce qui constitue tout être en général, soit incréé, soit créé. La nature de Dieu. La nature angélique. La nature humaine. Comme l'homme n'est pas une nature purement intelligente, et qu'il est, ainsi qu'il a été dit, une nature intelligente unie à un corps, boss. Contutiss. iv, t. Il faudrait être de la nature des anges, pour se maintenir dans le monde et pour se sauver de la contagion, bourd. tfdim. après la Pentee. Dominic. t. m, p. 4I4. Il Terme de théologie. Les deux natures de Jésus- Christ, la nature divine et la nature humaine. La foi embrasse plusieurs vérités qui semblent se contredire.... la source en est dans l'union des deux natures en Jésus-Christ, pasc. Pens. xxiv, 12. Le mystère du Rédempteur, qui, unissant en lui les deux natures, humaine et divine , a retiré les hommes de la corruption du péché pour les réconcilier à Dieu, en la personne divine, id. ib. xi, to bis. L'hérésie des monothélites, qui, par une bizarrerie presque inconcevable, en reconnaissant deux natures en Notre-Seigneur, n'y voulaient reconnaître qu'une seule volonté, boss. Hist. i, ti. Il 6" L'essence , les attributs, la condition propre d'un être ou d'une chose. La nature du feu est de brûler. 0 vraiment divine aventure. Que ton respect fasse marcher Les astres contre leur nature, HALH. VI, 2. S'ils [les philosophes] vous ont donné Dieu pour objet, ce n'a été que pour exercer votre superbe: ils vous ont fait penser que vous lui étiez semblables et conformes par votre nature ; et ceux qui ont vu la vanité de cette prétention voua ont jetés dans l'autre précipice, en vous faisant entendre que votre nature était pareille à celle des bêtes, PASC. Pens. xii, 2. La vraie nature de l'homme, son vrai bien, et la vraie vertu, et la vraie religion, sont choses dont la connaissance est inséparable, id. ib. xi, a. Notre nature est dans le mouvement; le repos entier est la mort, id. ib. xxv, 7. La nature de l'amour-propre et de ce moi humain est de n'aimer que soi, ID. 16. 11, 8. Nous connaissons l'existence et la nature du fini, parce que nous sommes finis et étendus comme lui; nous connaissons l'existence de l'infini, parce qu'il a étendue comme nous, mais non des bornes comme nous, ID. ib. X, 4. Le temps, dont la nature est de n'être jamais que dans un moment qui s'enfuit d'une course précipitée et irrévocable, boss. Toi. de Monterby. Encore que notre esprit soit de nature à vivre toujours, id. Duch. d'Orl. Voulezvous savoir en un mot ce que c'est que l'homme? tout son devoir, tout son objet, toute sa naiure, c'est de craindre Dieu, id. tb. La mort ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place.... notre chair change bientôt de nature, notre corps prend un autre nom.... in. 16. Il est impossible que nous ne rencontrions des objei^ui ont des natures ou (les qualités contraires aux nôtres, fléciiier. Sermon», 1, I36. Ne nous em portons point contre les hommes, en voyant leur dureté, leur ingratitude, leur iujustice... ils «ont ainsi (ails, c'est leur nature, la bbuy. xi. || Kig C'est une grande querelle que celle de l'Angioierre avec ses colonies : savez-vous, mon ami, par où nature veut qu'elle finisse? Par une rupture, dider. Sur les lettres dCun fermier. || 7* La natura des choses, en général, la nécessité qui résulte de la constitution des choses. Les lois, dans la signification la plus étendue, sont lus rapports nécessaire* qui dérivent de la nature des cacies «iontk?!.'.

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Espr. I, <• Il De ta nature des choses, litre d'un podme latin de Lucrèce, qui est une exposition du système d'Epicure. || Il est dans la nature des choses, il arrive naturellement, inévitablement. 11 est dans la nature des choses que la faveur l'emporte souvent sur le mérite. || 8° Ensemble des propriétés qu'un être virant tient de sa naissance, de son organisation, de sa conformation primitive, par opposition à celles qu'il peut devoir à l'art. Chaque animal obéit à sa nature. Mais on ne voit qu'à Rome une vertu si pure ; Le reste de la terre est d'une autre nature, cobn. Nie. ii, 3. Bocchoris comptait pour rien les hommes, croyant qu'ils n'étaient faits que pour lui, et qu'il était d'une autre nature qu'eux, PÉN. Tél. n. Sa nation farouche est d'une autre nature Que les tristes humains qu'enferment nos remparts, volt. Orphel. i, 3. |{ Passer en nature, devenir le propre de. Le parfait parmi les parfaits ....celui à qui la vertu a passé en nature, boss. États d'oraii. vi, 10. La contagion du premier péché par lequel la source des hommes étant infectée, la corruption nous est passée en nature, id. *" termon, Pentec. <. || 9* Il se dit, par extension, de ce qui est comparé à une espèce d'être vivant, te! qu'un peuple, un gouvernement, etc. Chaque peuple a le sien [gouvernement] conforme à sa nature, COBN. Cinna, ii, I . Polybe a très-bien conclu que Carthage devait à la fin obéir à Rome par la seule nature des deux républiques, BOSs. Kist. m, 6. 11 y a cette différence entre la nature d'un gouvernement et son principe, que sa nature est ce qui le fait être tel ; et son principe, ce qui le fait agir, montesq. Erpr. III, I . Les circonstances et la nature du gouvernement font les vices et les vertus des nations, d'alebbebt, Ëlogei, Montesquieu. \\ 10* Nature humaine, ou, simplement, nature, la totalité des conditions physiques et morales de l'être humain. La nature pâtit à la vue d'un grand péril. Les besoins de la nature. Ceui qui sont dans le dérèglement disent à ceux qui sont dans l'ordre que ce sont eux qui s'éloignent de la nature, et ils la croient suivre, PASC. Pens. \;. 4, éd. havet. Il pourrait sembler au premier abor J que la voix commune de la nature , qui désire toujours ardemment la vie, devrait décider cette question [si une longue vie est désirable], BOSS. rot. de Monterby. Que la fortune ne tente donc pas de nous tirer du néant, ni de forcer la bassesse de notre nature, boss. Duch. d'Orl. Mais Je crois bien en vérité Qu'en lui, tout comme en moi, souffrit dame nature, dahcourt, Céphale et Procris, i, ». Nature, tu frémis... terreur d'un autre monde, Aiilme de l'éternité, saurin, Deierlei, v, 5. || Alphabet de nature, alphabet considéré et distribué d'après les mouvements des organes de la parole, glotte, voile du palais, langue, dents, lèvres. || Fig. Les cinq sens de nature, toutes les forces dont on dispose. M. le duc d'Orléans lui avait dit franchement [à Mme de Saint-Simon] qu'il y faisait [à sa nomination de dame d'honneur] tous ses cinq sens de nature, ST-siu. î7.1, 488. (On dit d'ordinaire mettre et non faire les cinq sens de nature.) jj On dit qu'un homme est ennemi de nature, quand il se plaît à fair« du mal à soi et à autrui, ou quand il condamne toute sorte de divertissements. || Forcer nature, vouloir faire plus qu'on ne peut. || La nature humaine, signifie aussi le genre humain. Vous voulez un grand mal i la nature humaine T — Oui, j'ai conçu pour elle une effroyable haine, mol. Ift». i, t. |i La nature raisonnable, l'espèce humaine considérée en tant que douée de raison. C'était la véritable grandeur de la nature raisonnable, lorsque, sans avoir besoin des choses extérieures.... elle faisait sa félicité par la seule innocence de se» désirs, boss. Sermon». l'Honneur, ( . |1 11* La condition de l'homme telle qu'on la supposa antérieurement à toute civilisation. L'homme dans l'état de nature. Ah I que dirait maître l'angloss, s'il voyait comme la pure nature est faiteT Tout est bien, soit; mais j'avoue qu'il est bien cruel d'être mis à la broche par des Oreillons, VOLT. Candide, •«. F.nfant de la nature, il est libre, bon et rude comme elle, al. duval, Menuis. de Litonie, ii, *. Le frèro d'Amélie s'était endormi l'homme de la société, il se réveillait l'homme de la nature, ciiateaiibr. Nalch. livre ii. Dans l'état de nature.... l'homme exempt de tout vice et de la corruption des temps où nous vivons, ne parlait point, mais criait, murmurait ou grognait, selon SCS affections du moment, p. L. cour. •* lettre au censeur. || Familièrement. Etre dans l'état de pure nature, être tout nu. ||l«"Cequi appartient d'origine à l'être humain, par opposition a coutume. Elle [la coutume] contraint la nature, et quelquefois la nature la surmonte, et retleat

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l'homme dans son instinct, malgré toute couiume, bonne ou mauvaise, pasc. Pens. m, *. J'ai bien peur que cette nature ne soit elle-même qu'une première coutume, comme la coutume est une seconde nature, ID. ib. 111, *3. ||13* Terme de théologie. Nature, l'état naturel de l'homme par opposition à l'élat de grâce. Le baptême fait passer l'homme de l'état de nature i l'état de grâce. La foi chrétienne ne va principalement qu'à établir ces deu» choses : la corruption de la nature et la rédemption de Jésus-Christ, PASn. Pens. ix, ). Qui ne confesserait pas devant Dieu, dans l'humiliation de son âme, que vraiment notre maladie est extrême, et que les plaies de notre nature sont bien profondes? BOSS. t" sermon, Pentec. t. La nature, quoique impuissante, n'a jamais été sans flatteurs, qui l'ont enflée par de vains éloges, parce qu'en effet ils ont vu en elle quelque chose de fort excellent; mais ils ne se sont point aperçus qu'il en était comme des restes d'un édifice autrefois trèsrégulier et très-magnifique, m. i&. Dompter par la pénitence la délicatesse des sens et de la nature, ID. Bourgoing. Si, depuis la chute de la nature, tout ce qui «st en nous ou autour de nous est pour nous un nouveau péril, mass. Carême, prière t. Il La loi de nature, se dit par opposition à l'ancienne loi et à la loi de grâce. || 14' La constitution du corps vivant, le principe qui le soutient. La nature commence à s'affaiblir en lui. Une nature défaillante. La médecine tantôt aide la nature, tantôt la laisse agir. Des douleurs vives et longues tout ensemble.... les forces de la nature usées par le soin même qu'on prend de la soutenir, flécii. Daxtphine. Il [Hercule] conserva, par l'ordre de Jupiter, cette nature subtile et immortelle, celte flamme céleste qui est le vrai principe de vie et qu'il avait reçue du pîre des dieux, fén. Tél. xv. Ceux qui parlent de médecine font souvent de la nature une espèce d'être moral qui a des volontés, qui supporte impatiemment la contradiction, qui a quelquefois assez de sagacité pour sauver le malade et bien diriger ses efforts, mais qui, malgré les bonnes intentions qu'on lui suppose, est sujet à se tromper presque aussi souvent que les médecins, CONDORCET, Tronc^m. || Nature médicatrice, ensemble des actions dérivant des propriétés inhérentes aux tissus et aux humeurs, qui font qu'un organe lésé dans de certaines limites revient peu à peu à son état naturel. || 15* La complexion, le tempérament de chaque individu. Il est de nature bilieuse, sanguine. Sa nature est sèche, robuste. Il 16° L'ensemble des sentiments innés. Avant que la raison, s'expliquant par la voix. Eût instruit les humains, eût enseigné des lois. Tous les hommes suivaient la grossière nature, boil. Art p. iv. Pour moi, loin des cités, sur les bords du Permesso, Je suivais la nature, et cherchais la sagesse, volt. 0" dite. Jamais la nature ne nous trompe; c'est toujours nous qui nous trompons, j. j. rouss. Ém. m. Il Sorte de constitution morale qui nous fait discerner plus par sentiment que par raison le bien et le mal. La nature nous donne les premières notions du juste et de l'injuste. Crime qui fait frémir la nature. Il se faut cntr'aidor; c'est la loi de nature, la font. Fahl. viii, (7. Rois, vous foulez aux pieds les droits de la nature! oilb. Au prince de Salm. Nous avons oublié la nature et ses lois; Les cris des prcjugésont faittaire sa voix, m. j. CHÉN. Fin. m, î. Il 17° Une certaine disposition ou inclination de l'âme. Une nature heureuse. Il est enclin de sa nature à tel vice. Il y a des coups de miséricorde et de grâce qui renversent la nature la plus fière, FLÈcii. Scrm. t. I, p. îoi. Vos inégalités ne viennent qued'une légèreté de nature, mass. Carême, Incnntt. Malgré les frémissements secrets de votre nature, accoutumez votre délicatesse à ces œuvres de religion. IB. Panégyr. Ute Kagdeleine. || La partie morale chez les animaux. La nature fidèle du cbion. Il De nature, par une condition essentielle & l'être Le singe est malicieux de nature. Il estbien tnede nature, qui no sait lire son écriture. || Par nature, même sens. Envieux par nature, et brigands par métier. Ils vendent l'infamie à qui la veut payer, H. 1. en*!», la Calomnie. || 18* L'ensemble des affections du sang, de la famille. Pour aimer un mari l'on ne hait lias ses frères; La nature en tout temps garde ses premiers droits, cobn. Uor. ui, 4. La nature est trop forte, et ses aimables traits, Imprimés dans le sang, ne s'elfacenl jamais, lo. Poly. v, 3. La nature et l'amour ont leurs droits séparés; L'un n'Ate point k l'autre une âme qu'il possède, id. Kodog. IV , i. Qu'un père tous ait aimé, c'est un sentiment que la nature inspire, aoes. Louis d»

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Bourbon. La nature pour lui n'est plus qu'une chimère, rac. Théb. ii, 3. La nature à mes yeul n'est rien que l'habitude, volt. Fanât, iv, l Ce n'est pas aux tyrans à sentir la nature, in. ilérope, IV, i. La nature en mon coeur est luujoun entendue, id. Oreste, i, 3. || 1S° Sorte, espèce. Considérer, quand on plante, la nature du terrain. ....Une grande offense est de celte nature Que toujours l'offenseur impute à l'offensé Un vif ressentiment dont il le croit blessé, cobn. Rodog. i, 7. Car enfin cet effet est de telle nature Que sa source en doit être à nos yeux toute pure, id. Perthar. ii, b. Un prêtre de Tyane alla demander à ce faux prophète Alexandre si les oracles qui se rendaient alors à Claros, à Delphes, étaient véritablement des répon- .ses d'Apollon; Alexandre eut des égards pour ces omcles qui étaient de la nature du sien, fonten. Oracl. II, 3. La chaîne du couchant appartient aux montagnes de Judée; moins élevée et plus inégale que la chaîne de l'est, elle en diffère encore par sa nature, CHATEAUBR. /(m. 3" part. || Terme d'alchimie. .Nature fuyante au feu, le mercure. || 20" Nature s» dit des opérations, des productions de la nature, par opposition à celles de l'art. L'art perfectionne la nature, ô maison d'Arislippe, ôjardins d'Epicure, Vous qui me présentez, dans vos enclos divers. Ce qui souvent manque à mes vers. Le mérite de l'art soumis à la nature, volt. Ép. 78. J'avais vu les grands fleuves de l'Amérique avec ce plaisir qu'inspirent la solitude et la nature, chateaubr. Ilin. 3* part. Il 21* La nature soit physique soit morale considérée comme modèle des arts d'imitation. Que la nature donc soit votre élude unique, boil. Art p. ni. La nature, féconde en bizarres portraits, Dans chaque âme est marquée à de différents traits, id. ib. Racine est presque toujours dans la nature, et Corneille n'y est presque jamais, volt. Lett. Laharpc, 22janv. 4773. Démontrez-leur qu'il est faux, ainsi qu'ils le prétendent, que toute nature soit belle, et qu'il n'y ait de laide nature que celle qui n'est pas à sa place, dideb. Lett. sur les sourds et muets. Il 2ΰ Particulièrement, en peinture et en sculpture, l'objet réel qu'on se propose de représenter. Quelqu'un n'a-t-il point vu Comme on dessine sur nature t LA FONT. Cas. Que dirait-on d'un peintre qui ne représenterait les hommes que comme ils sont faits communément, petits, mal tournés, mal propo.lionnés, de mauvais air ? Ce serait là pourtant la nature, FONTEN. Réft. poét. Œuv. t. v,p. «44, dans poucens. Si vous prenez des natures énormes, que votre scène soit presque immobile; si vous prenez des natures petites, que votre scène soit tumultueuse et troublée, dideb. Salon de I7«7, Œuv. t. xiv, p. «3, dans pouOENS. || Peindre d'après nature, peindre d'après les objets mêmes qu'on veut représenter. D'un côté du tableau c'est Madame Royale peinte en miniature. ...vis-à-vis de la princesse est le jeune prince, beau comme un ange, d'après nature aussi, sÉv. 372. Il Fig. D'après nature, conformément à la réalité. Mais lorsque vous peignez les hommes, il faut peindre d'après nature, mol. Critique, 7. Voilà ce qui s'appelle un ris d'après nature, reonard, le Distr. i, 4. Il Belle nature, en termes d'art et de poésie, la nature imitée seulement dans les objets agréables à l'œil, à l'imagination, à l'oreille. || Nature idéale, celle dont le modèle absolument parfait n'existe que dans l'imagination de l'artiste. || Kigurea plus grandes, plus petites que nature, figures qui sont au-dessus, au-dessous des proportions naturelles. Les dieux d'Homère sont des hommes plus grands et plus forts que nature, soit au physique, soit au moral, marmontbl, Élém. litt. (Euv.t.\m, p. 371, dans ponoENS. Il Figures de demi-nature, ou figure» demi-naturo, figures qui n'ont que la moitiédes proportions nsturclles. || Nature morte, sa dit des animaux tués et, particulièrement, du gibier, dont l'imitation eicliisive forme un genre particulier de peinture. Ce sont des natures mortes. Peintre do nature morte. || Nature s'emploie quelquefois adjec- f tivement dans le langage familier. Comme cela est nature Ic'est-i-dire comme cela est naturel l|| 23* Los parties qui servent i la génération, surtout dans les femelles des animaux. La nature d'une jument. Il Nature do biiloino, nom donné quelquefois au sperma cetl. || U* Etat matériel de certaines choses, par opposition à l'argentqu'elles peuvent valoir. Une dlme qui se lèverait en nature sur la récolto, J. ). aouss. Pologne, n.|| Payer en nature, payer aveo les productions naturelles du sol. || 25* Terme de métallurgie. Prendre nature, se dit de l'acier qui, dans les fours à puddler, est rouge , poreux et à l'état naissant. Comptes rendus, Acad. des se. t. ui, p. taa. Il S6* Terme de musique.

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Chanter par nature, se disait pour passer de bémol eo bécarre, parce que l'on quitle le bémol pour la note naturelle. 1| 27» Bœufs de nature, expression impropre dont on se sert pour caractériser les animaux de l'espèce bovine plus aptes à être soumis à l'engraissement qu'au travail. |{ Diamant de nature, voy. diamant. || 28° En cuisine, bœul nature, côtelettes nature, c'est-à-dire sans sauce, sans apprêt. Il 29" Contre nature, Joe. adv. D'une manière contraire i l'ordre moral, aux sentiments. 11 est contre nature qu'un père persécute ses enfants. Il Vice contre nature, la pédérastie. || Proverbes. L'habitude est une seconde nature. || L'accoutumance est une autre nature. || Nature passe nourriture, ou, inversement, nourriture passe nature, c'est-à-dire que tantôt la nature prévaut sur l'éducation, tantSt l'éducation sur la nature.

— HIST. m* s. N'i [en une belle femme] perdi pas nature ses uevres [œuvres] ne son tans, Sax. v. Il xiu* s. Aristotes dit que nature est celé par oui lotes choses se muevent ou se reposent par eles meismes, brun, latini, Très. p. i*a. Il vont tousjours touz nuz ; mais il cueuvrent leur nature d'un pou de drap, karc pol, p. 608. Et ma dame truis [je trouve] de merci si dure. Qu'a peu je di qu'en son cuer faut nature, eust. lepeintre, dans Couei. Quant la saison dudouz temps s'asscûre. Que toute riens à sa douce nature Vient et retrait, se trop n'est de malaire, tb. p. <25. Mais ele par estoit de »i fine nature.... Berte, xui. ||xiv*s. Regardez ces banieres en ce champ venteler; Veez la fleur de lis qui vous vient visiter ; X vo droite nature pensez de retourner, Guescl. î4i04. Toutes choses ont en elles par nature une chose divine, oreshe, Elh. 223. X les considérer [les vices] en tant comme il ont nature de mal, et vertu en tant comme elle a nature et raison de bien, id. tb. 52. Et pour ce que te!z habiz [habitudes] sont vers choses singulières et sensibles, il semble que l'en les ait de nature, id. tb. 181. Dieu et nature ne font riens pour nient, n. DE MONDïviLLB, f* (2. ||xv's. Et tu me veux maintenant murdrir : il te vient de mauvaise nature, FROiss. II, m, <3. Un grand tyran, et meneur de compaignies de gens d'armes, ennemy de Dieu et de nature humaine, Boucic. in, 22. Et parleray premièrement des bcstes doulcesqui viandent, pour ce que elles sont plus gentilz et plus nobles, et premièrement du cerf et de toute sa nature, gaston PHŒDHS, Livre de chasse, prol. \\ xvi* s. Mais c'est l'erreur desœuvresde nature : Longtemps le beau sur la terre ne dure, desportes, Épitaphes, Diane, Complainte. On luy fera boire une drachme de nature de baleine dissoute en eau de buglosse, paré, x, 2. Ce sont natures belles et fortes qui se maintiennent au travers d'une mauvaise institution, MONT. I, <47. Nostre mère nature, id. 1, 200. Si tout le papierquej'ay autrefois barbouillé pour les dames estoit en nature , id. 1, 293. Homme de bonne et douice nature, ahïot, Lyc. 8. Voilà comment les grandes natures ambitieuses, ne pouvant tenir moyen et se garder d'exce<ler en trop es gouvcmemens des choses publiques, sont souventefois plus cause de mal que de bien, id. Àgét. H. X chascun plaist le sort de sa nature, leroux de UNCY, Prov. t. II, p. 226. Nature a produit à toute beste son ennemi, id. tb. p. 352. Nature fait chien chasser, id. ib. Nature ne puet mentir, id. ib.

— ÊTYM. Pruvenç. espagn. et ital. nalura; du lat. natura, qui vient du radical na, pour gna, sanscr. jan, lat. gignere, grec fix^o\i.M, et du suffixe (unu. In, (or, qui fait des noms d'agent ; nalura signifie donc l'engendrante, la force qui engendre.

t NATURE, £!■; (na-tu-ré, rée), adj. Terme de la philosophie do Spinosa. Nature naturéc, la nature considérée dans son état passif, par opposition à nature naturante.

NATUKKL, ELLE (na-tu-rèl, rè-1'), adj. || !• Qui fait partie de la nature, qui est conforme à la nature. L'étude des corps naturels. Les effets naturels. Les phénomènes naturels. On ne sait pas en quoi consiste l'agrément, qui est l'objet de la poésie; on ne saitlce que c'est que ce modèle naturel qu'il faut imiter, pasc. Peiu. vu, 25, édit. bavet. Qu'est-ce que nos principes naturels, sinon nos principes accoutumés T id. t*. ni, 13. Puisque les grands, les petits et les médiocres vivent également assujettis aux mêmes nécessités naturelles, boss. Gornay. Si quelque chose pouvait élever les hommes au-dessus de leur infirmité naturelle, id. Duch. tOrl. L« dureté du gouvernement peut aller jusqu'à détruire les sentiments naturels par les sentiments naturels mêmes, honteso. Esp. xxiii, M. H Mort naturelle, mort qui vient par le progrès de

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l'âge ou par maladie. || La loi naturelle, voy. loi, n° 3. Il La Loi naturelle, titre d'un poSme de Voltaire. L'objet du poSme sur la loi naturelle est d'établir l'existence d'une morale universelle et indépendante, non-seulement de toute religion révélée, mais de tout système particulier sur la nature de l'Être suprême, volt, ioi nadir. Avertiss. l\ Terme de mythologie. Dieux naturels, se disait de toutes les parties de l'univers que l'on avait personnifiées, comme le soleil, l'air, le ciel, etc. || Sciences naturelles, la réunion de toutes les sciences qui s'occupent de la nature, de ses productions. C'est Dieu même qui éclaire les philosophes dans les connaissances que les hommes ingrats appellent naturelles, quoiqu'elles ne leur viennent que du ciel, MALEB. Rech. vér. m, 11, 6. || Philosophie naturelle, se dit, chez les Anglais, de l'ensemble des sciences naturelles, et particulièrement de l'étude de la physique. Il Histoire naturelle, science qui a pour objet la description et la classification des animaux, des végétaux et des minéraux. || Titre de certains ouvrages qui traitent de cette science. L'Histoire naturelle de Buffon. || 2" Enfant naturel, celui qui est né hors mariage. || On ditdemême^ fils naturel, fille naturelle. || Enfant légitime et naturel, celui qui est né d'un mariage légitime, par opposition à l'enfant illégitime et à l'enfant adoptif. US" Parties naturelles, organes de la génération dans les deux sexes. Il 4' Qui vient de la nature seule, par opposition à acquis. Des qualités naturelles. Il a de l'esprit naturel. Il a une éloquence naturelle. Une gaieté naturelle et qui n'a rien de forcé. Je l'aime et l'embrasse de tout mon cœur [Pauline, fille de Mme de Grignan] ; rejouissez-vous de son joli esprit naturel, sÉv. I2 janv. I680. || Il se dit dans un sens analogue, par opposition à factice, artificiel. Cette perruque imite très-bien les cheveux naturels. Les eaux minérales naturelles. Une cascade naturelle plus belle que toutes les chutes d'eau artificielles. || Vin naturel, vin qui n'a pas été frelaté, où l'on n'a rien mêlé d'étranger. || 6° Qui est conforme à la nature particulière de chaque espèce. Il est naturel à l'oiseau de voler. La raison est un attribut naturel de l'homme. Il n'y a rien qu'on ne rende naturel ; il n' y a naturel qu'on ne fasse perdre, pasc. Pens. xxv, 83. KUe [la duchesse de Chaulnes] ne sera quasi point à Chaulnes ; et, quand elle y serait, cette retraite ne m'est point naturelle comme celle-ci [les Rochers], où je suis avec mon fils, sÉv. ♦ sept. 1689. La faiblesse aux humains n'est que trop naturelle, rac. Phèdre, iv, 6. L'auteur du poëme prétend que les remords nous sont aussi naturels que les autres affections de notre âme, volt, iot nalur. préface. || Il se dit dans le même sens, en parlant des choses. La mer est sortie de ses bornes naturelles. La mutabilité naturelle de nos désirs, boss. Duch. d'Orl. || Terme d'histoire naturelle. Caractère naturel, celui qui est pris dans un des attributs essentiels et constants d'un corps brut ou organisé, et qui le distingue des autres espèces de corps. || Classification naturelle, celle qui est établie d'après la considération des caractères naturels. 116° Terme de grammaire. Ordre naturel des mots, celui dans lequel ils sont rangés conformément à la suite et à la dépendance de nos idées, par opposition à inversion. On dit mieux l'ordre analytique. |{ 7° Terme de musique. Tons naturels, tons qui se forment de la gamme ordinaire, sans aucune altération, sans dièse et sans bémol à la clef : il n'y a que deux tons naturels, qui sont ut majeur et la mineur. Il Note naturelle, note qui n'est alTeclée ni d'un dièse ni d'un bémol. Ut naturel. Si naturel. Il Échelle naturelle, l'échelle diatonique. Il Harmonie naturelle, celle dans laquelle on ne recherche pas trop les dissonances et les transitions hasardées. || Naturel se dit aussi de ce qui n'est point forcé, qui ne va ni trop haut ni trop bas, ni trop vite ni trop lentement. ||8° Terme d'arithmétique. Nombres naturels, se dit, dans les tables de logarithmes, des nombres consécutifs l, ï, 3, 4, etc. par opposition à leurs logarithmes. || Logarithmes naturels, les logarithmes dont la génération est donnée d'une manière indépendante de leur base. Il 9' Terme de marine. Ordre naturel ou direct, celui dans lequel les vaisseaux font route en suivant celui d'entre eux qui est. désigné par l'amiral pour les précéder ; dans l'ordre renversé ils sont suivis par ce dernier vaisseau. || 10° Qui est conforme aux lois de la nature, par opposition à surnaturel. Événement naturel. Les miracles sont des effets produits par la volonté de Dieu, et non par des causes naturelles, i>tc<. <U l'Acad. Selon les

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physiciens, ce qui est naturel, c'est ce qui se feit sans le ministère de l'art, par un enchaînement qui nous est inconnu de causes et d'effets, et qui dépend de cette force supérieure, de ce mécanisme inflexible qui ne prend conseil ni de notre volonté ni de nos intérêts, dumarsais, (Euvr. t. m, p. 309. Il Dans le langage mystique, qui est conforme à l'ordre de la nature, par opposition à l'ordre de la grâce. La mortification consiste à rompre sa volonté, à modérer ses vivacités, à réprimer ses désirs trop naturels... bourd. Pensées, t. i, p. 352. Il serait fort étrange qu'on cherchât hors du monde ce qu'on a prétendu fuir en sortant du monde, c'est-à-dire des avantages purement temporels et des douceurs toutes naturelles, id. Pensées, t. u, p. 361 || 11° Qui est confoi-me à la raison ou à l'usage commun. En cette circonstance, sa conduite est toute naturelle. U n'est pas naturel de s'exposer à un si grand péril. Il est si naturel d'estimer ce qu'on aime, Qu'on voudrait que partout on l'estimât de même, CORN. Suréna, u, 2. Il est naturel à l'homme d'aimer la vie des bienheureux, qui n'est rien autre chose qu'une joie intérieure de la vérité connue, BouRnAL. 4° dim. après Pdq. Dominie. t. u , p. H4. Il Cela n'est pas naturel, ce n'est pas une chose naturelle, se dit d'une chose où l'on soupçonne quelque tromperie. Il faut qu'il y ait quelque supercherie là-dessous, car cela n'est pas naturel. |j 12° Sujets naturels d'un souverain, ceux qui sont nés dans ses États. Lessujets naturels, c'est-à-dire les Perses, étaient exempts de toute imposition, rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. m, p. 51. || Juges naturels, ceux que la loi assigne aux accusés, aux parties, suivant leur qualité et l'espèce de leur cause. || Par extension. Les gens de goût sont les juges naturels des productions de l'esprit. || 13° Qui se fait en conséquence d'habitudes. 11 lui est naturel de marcher trèsvile. Il 14° Qui s'ofl"re de soi-même à l'esprit. Le sens que vous donnez à ce passage n'est pas le sens naturel. U faut prendre cette phrase dans son sens naturel. Ce n'est pas donner une explication naturelle de son procédé que de s'en offenser. || 15° Qui est sans affectation dans ses sentiments, dans ses manières. Rien n'empêche tant d'être naturel que l'envie de le paraître, larochef. Jfox. 431. Des jeunes gens se croient naturels lorsqu'ils sont grossiers, id. dans richelet. Elle [ la Uauphine] entend et comprend facilement toutes choses; elle est naturelle, et non plus embarrassée ni étonnée que si elle était née au milieu du Louvre, sEv. ï» mars 1680. Je l'ai vu, simple et naturel, changer de visage au récit de leurs infortunes [de ses amis], entrer avec eux dans les moindres choses comme dans les plus importantes.... boss. Louis de Bourbon. Je suis tout naturel et j'aime la franchise ; Ma bouche ne dit rien que mon cœur n'autorise, REGNAHD, le Joucur, II, 4. On m'a fait entendre, par exemple, qu'elle est fausse, et il n'existe peut-être pas au monde une femme plus franche et plus naturelle, oenlis, Théât. d'éduc. le Méchant par air, il, I. || Il se dit des choses dans le même sens. Tous ses mouvements sont faciles et naturels. Elle a des grâces naturelles. Une démarche naturelle et gracieuse. Jamais on ne vit de joie ni si vive ni si naturelle que celle qu'il ressentait à faire plaisir, doss. Louis de Uourbon. || 16'Qui est sans affectation quant à l'esprit. Thompson, ce poète naturel et vrai, ce premier chantre des montagnes d'Ecosse, viLLEMAiN, Litt. (t. xvnr siècle, 2* part. 2" leçon. Il U se dit, dans le même sens, de l'esprit et de ses productions. 11 a l'esprit naturel. Quand un discours naturel peint une passion ou un effet, on trouve dans soi-même la vérité de ce qu'on entend, laquelle on ne savait pas qu'elle y fût, en sorte qu'on est porté à aimer celui qui nous le fait sentir, pasc. Pens. vu, 26, éd. havet. Oh I si l'Esprit divin, Esprit de force et de vérité, avait enrichi mon discours de ces images vives et naturelles qui représentent la vertu et qui la persuadent tout ensemble, PLÉcu. Turenne. Quel est donc le pouvoir naturel des vers naturels, puisque, par ce seul charme, la Fontaine, avec de grandes négligences, a une réputation si universelle et si méritée, sans avoir jamais rien inventé? volt. Louis XIV, <crt- DOtni. Le langage d'un esprit cultivé est naturel, quoique bien différent du langage d'un esprit sans culture, condillac. Art d'écr. iv, 6. || Terme de beaux-arts. Couleur naturelle, celle que le peintre se propose d'imiter. || 17* .S. m. Naturel, un habitant originaire d'un pays. On ne reçoit dans cette milice que les naturels de ce pays, patru, Plaidoyer I, dans mcHELET. Un prince enfant serait plus agréable qu'un autre, parce que, y étant eovojé

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(à Messine] ponr y être élevé, les peuples le regarderaient comme un naturel sicilien, pelusson, UtI.hist. t. Il, p. 240, dans polgens. La Nouvelle Hollande est une terre basse , sans eau, sans montagnes, peu habitée, dont les naturels sont sauvages et sans industrie, bufp. Œuv. t. i, p. 320. |118"Le naturel, l'état de santé, par comparaison avec l'état de maladie. Vos habits si bien faits, cette taille si bien remplie dans son naturel [quand vous n'êtes ni malade ni enceinte] , fl mon Dieu I conservez-la donc pour mon voyage de Provence, sév. 8 avr. <67i. La mienne [santé] est tout à fait remise, je dors mieux, ma langue n'est plus une méchante langue; elle est toute rendue à son naturel, id. i" nov. (6H8. Nous avons enfin réussi, par un bon gouvernement, k le remettre [Ch. de Sévigné] dans son naturel : plus de fièvre, plus de douleurs, assez de forces, ID. 30 oct. <680. Ma jambe redevient entièrement dans son naturel, sans douleurs, sans contrainte, iD. n juin 1685. Il 19° Manière d'être que l'être animé ou inanimé dont on parle tient de la nature. Comme son naturel [du sort] est toujours inconstant, corn. Poly. iv, 6. Voilà bien le monde en son naturel [les avis divers sur un même fait], sÉv. 20 nov. «864. Quand elle [une dame] a son naturel, elle est incapable d'aucune bonne résolution, ID. 2t aoiit 1675. Il déclara qu'il préférait à ces avantages et à tout ce qu'on pouvait jamais lui accorder : quoiî son devoir et les bonnes grâces du roi... ; le voilà dans son naturel, boss. Louis de Bourbon. Comme c'est le naturel du genre humain d'être plus sensible au mal qu'au bien, id. Sermons, Àmbilion, Fragm. sur le même sujet. Si nous savons entendre le naturel de l'esprit humain, ID. Sermon sur l'honneur, préambule. X la veille d'un si grand jour [Kocroy] et dès la première bataille, il est tranquille, tant il se trouve dans son naturel I id. Louis de Bourbon. Le voyezvous comme il compte la cavalerie et l'infanterie des ennemis par le naturel des pays ou des princes confédérés 7 id. ib. Quelques jeunes personnes ne connaissent point assez les avantages d'une heureuse nature, et combien il leur serait utile de s'y abandonner.... leur son de voix et leuv démarche sont empruntés; elles se composent, elles se recherchent, regardent dans un miroir si elles s'éloignent assez de leur naturel, la broy. m. Elle voulait enchaîner par le bonheur et par la crainte, et transformait ainsi toujours son naturel en moyens, stael, Corinne, xn, 2. || 20° Manière d'être morale telle qu'on la tient de la nature. N'ayant pas moins d'admiration de votre courage et de votre bon naturel [il s'agit d'un dévouement pour un frère mort de la peste] que de ressentiment de votre douleur, voit. Lett. «3. Deviens en leur faveur d'un naturel plus doux, cohn. Kédée, m, 3. Mais tel est d'un tyran le naturel infâme, id. Ilérad. v, 8. Mon père était assez hardi de son naturel, scabr. Rom. com. 1, 4 3. Les malheureux comme je suis, sont souvent importuns contre leur naturel, id. lettres, (Eut), t. l, p. 2i8. Tu ressembles aux naturels Malheureux, grossiers etstupides; On n'en peut tirer rien qu'avecque le bâton; Plus je te remplissais, plus mes mains étaient vides, là font. ïabl. IV, 8. Tant le naturel a de force 1 II se moque de tout.... Qu'on lui ferme la porte au nez, Il reviendra par les fenêtres, id. ib. u, «8. N'accusons pas aveuglément le naturel des habitants de l'île la plus célèbre du monde [l'Angleterre], qui, selon les plus fidèles historiens, tirent leur origine des Gaules, boss. Reine d'Anglet. Est-il rien do plus haïssable que la médisance... T mais, parce qu'on l'appelle franchise de naturel et liberté qui dit ce qu'elle pense.... on ne regarde plus combien les traits sont envenimés, id. Sermons, Honneur, S. Le naturel toujours sort et sait se montrer; Vainement on l'arrête, on le force à rentrer; 11 rompt tout, perce tout, et trouve enfin passage, boil. Sat. XI. Vous devez à Dieu une reconnaissance toute particulière; car il vous a donné un excellent naturel, HAINTS.N0N, Lett. à Mme de Rouju, t. v, p. 266, dans p'iUOENS. La mollesse et l'oisiveté qui corrompent les plus beaux naturels, pkn. TH. xiv. Son naturel vif et hardi était selon mon goût, ID. ib. XIII. Que celte dame était aimable I le bon petit naturel! le ciel lui fasse paixl lesagk, Cil Bios, 11, 7. Chassez le naturel. Il revient au galop, DUTocciiEs, leOlorieujc, m, b.Lenaturel modilio i son USur l'éducation; et c'est à bien connaître la force du naturel que consiste principalement le grand art de diriger l'homme, bonnet, Ets. ptych. cb. S». l<i physionomie ne se montre pas dans le* grands traits, ni le caractère dans les grandes actions, c'est

OICT. DK LA LANOUB FRANCAISI.

dans les bagatelles que le naturel se découvre, j. j. Rouss. Ém. IV. Oh le bon petit naturel de femme! BEAUM. Barb. de Sév. m, 4. |] 81° Amour entre les pères et mères et leurs enfants. L'honneur qu'on porte aux siens devient illégitime, Kt trop de naturel passe aujourd'hui pour crime, rotr. Antig. v, 2. La princesse palatine trouvait dans la duchesse sa chère fille un naturel tel qu'il le fallait à un cœur comme le sien, boss. Anne de Goni. Des enfants ingrats et sans naturel, bourdal. Dominicales, l, État du mariage, 74. Une mère qu'il aimait autant par reconnaissance et par raison que par tendresse de naturel, pléch. Duc de Mont. Il y a quelquefois des mères lionnes qui emportent leurs petits dans leur gueule ; d'autres qui ont assez de naturel pour ne les point abandonner, et qui se font même assommer sur la place en cherchant à les défendre, BtiFP. Quadrup. t. xi, p. 227. ]| En général, sentiment d'humanité et de compassion, sensibilité. Il faut être sans naturel pour ne pas soulager les malheureux quand on le peut. Si le principe de sa constance [d'un homme durant l'adversité] n'est pas dans sa foi.... c'est un imposteur qui se trahit et qui nous trompe, ou un barbare qui n'a pas même assez de naturel pour s'affliger, mass. Panég. St-Louis. \\ 22° Manière d'être telle que la nature nous l'a donnée, par opposition à l'art, à l'alTectation. Elle avait tant do naturel, de franchise et d'esprit, genlis, Veill. du chdl. t. ut, p. 414, dans POLGENS. Le naturela tant de charmes, qu'il plaît même à ceux qui n'en ont point, id. Mme de Maintenon, t. l, p. 1 04. Il est bien bruyant et bien impoli; voilà ce que vous appelez du naturel, et voilà précisément le naturel dont il faudrait se défaire, id. Thédt. d'éduc. les Faux amis, i, 4. Il 11 se dit des choses dans le même sens. Vous écrivez extrêmement bien, personne n'écrit mieux : ne quittez jamais le naturel, votre tours'y est formé, et cela compose un style parfait, sév. isfév. 4 674. Combien de siècles se sont écoulés, avant que les hommes dans les sciences et dans les arts aient pu revenir au goût des anciens, et reprendre enfin le simple et le naturel! la brot. i. La Marianne de Tristan, jouée la même année que le Cid, conserva ctiil ans sa réputation et l'a perdue sans retour; comment une mauvaise pièce peut-elle durer cent ansT c'est qu'il y a du naturel, volt. Comm. Corn. Cid, Rem. sur les obs. Scudéry. Le propre du naturel, quand il ne déplaît pas, est au moins d'obtenir grâce, d'alemb. Réfl. Élog.acad.i. vi, p. 4^9, dans pol'genS. En général, il suffit d'observer qu'il y a dans la poésie autant de naturels que de genres, CONDILL. Art d'écr. iv, 6. L'art entre plus ou moins dans ce que nous nommons naturel ; tantôt il ne craint pas de paraître, tantôt il semble se cacher; il se montre plus dans une ode que dans une épitre, dans un poëme épique que dans une fable, id. 16. Il Terme de beaux-arts et de littérature. Sentiment de la belle nature joint à une grande facilité pour la peindre. || 23° La forme naturelle de chaque chose. Cela est peint, tiré sur le naturel. Que ce miroir [l'entendement] est souvent terni, et que rarement il arrive que les objets y paraissent en leur naturel! boss. I" serm. Qainquagés.t. \\ Terme de peinture et de sculpture. Le modèle qu'on a sous les yeux pour l'imiter. Dessiner d'après le naturel. Statue plus grande que le naturel. || On dit présentement: dessiner d'après nature, plus grand que nature. || 24- Au naturel, loc. adv. D'après nature , selon la nature. Attends qu'au naturel je figure ces lis Dont elle a ton beau sein et ton front em bellis, ROTR. Uere. mour. 1, 4. Vraiment, vous me le dépeignez si fort au naturel, que je crois encore l'entendre, SÉV. 243. L'indifférenceest jouée si fort au naturel, id. 337. La vieille Sanguin est morte comme une héroïne, promenant sa carcasse par la chambre, se mirant pour voir la mort au naturel, II). 24 janv. 4SH». Je voudrais bien vous pouvoir dépeindre au naturel un écran que M. le cardinal d'Kstrées adonné i Mme de Savoie, id. 43 déc. ttit. Vous entendez ces tons-U; et, pour les paroles, elles sont au naturel, id. 2» avr. 4674. |j Kig. Hicn ne représente plus au naturel l'état d'une &me tiède, MASS. Carême, Tiéd. i. S'il pouvait se voir au naturel et se connaître...., 10. Carême, Laxarê. Il Terme de bbsun. Au naturel, se dit lorsque les animaux ou les fleurs qui meublent l'écu sont représentés avec leurs couleurs naturelles, et non avec les émaui ordinaires du blason. || 25* Terme de musique. Solfier au naturel, transposer les tons affectés de dièses et de bémols, et les solfier |iar les noms des sons de la gamme ordinaire. Kn général, ce qu'on appelle chanter et exécuter au naturel, est

peut-être ce qu'il y a de plus mal imaginé dans la musique, J. J. ROuss. Disserl. sux la mus. mod. Il 26° Au naturel, de la manière la plus simple, en parlant de l'apprêt de certaines viandes. Du bœu au naturel. || On dit aussi du bœuf naturel.

— REM. 1. Naturel, dans le sens de natif, ne s'emploie pas en parlant des nations civilisées: on ne dit pas : les naturels de France, d'Espagne. Maison s'en sert pour désigner, par plaisanterie, à propos de quelques singularités, des gens d'une province, d'une localité : les naturels de cette province, de ce village. || 2. Il a l'esprit naturel, et il a de l'espiit naturel sont très-différents. Le premie signifie que son esprit est sans affectation ; le second, que la nature lui a départi de l'esprit.

— HiST. xii* s. L'enseigne Charle mon seignor natural, Ronc. 49. || xiii* s. Phisique [la médeciccj est faite por conduire l'ome jusque la mort naturel; et sachiés que mors natureus si est en lxx ans, ALEBRANT, f" 2. Voleuté de profit à trestouz, et de non ennuier à nului, ce sont li commandement de la loi naturel, brhn. latini. Trésor, p. 406. Il puet estre cristalier à Paris qui veut, c'est à savoir ouvrières de pierres de cristal et de toutes manières de pieres natureus, qui veut, se il set le mestier,

Liv. des met. 72. ||xv's Riens n'y font en ce

cas Povres babiz, fors science aprouvée. Sens naturel et le bien faire, e. descii. l'Habit ne fait pas l'homme. S'il est homme naturel et tel qu'il doibt estre, c'est à dire raisonnable, Boucic. i, 37. Chariot de cuir bouilly, dans lequel «stoit le corps naturel [le cadavre] dudit feu roy bien enoint et embausmé, math, de coucy, llist. de Ch. VU, p. 733, dans lacurne. Icele Marote mettoit sus au suppliant [son mari], qu'il n'estoit pas homme naturel ne capable de mariage, do cange, natura. Afin que, durant le procès, ledit de Coetigny ayt mieux de quoy vivre et entretenir honorablement l'estat de luy et de nostre dicte sœur naturelle [Marie de Valois, fille d'Agnès Sorel], Lett. pat. de Louis XI, Bibl. des ch. 4° i^rie, t. i, p. 7. L'eau est à mon naturel Un élément tout contraire. Et ce médecin cruel Me vient conseiller d'en boire , bassel. xlvui. Il xvi° s. Nous autres nous n'avons cme la loy naturelle Escrite dans nos cœurs par une encre éternelle, bons. 675. Offrant aux eslrangers mesmes privilèges de bourgeoisie, que les naturelz citoyens avoient, amïot, Thésée, 29. Il commencea à cognoistre et gouster la bonté de son naturel, m. Lyc. 46. Des autres quatre [rois de Rome] nul n'est décédé de sa mort naturelle, id. Numa, 36. Hercules entre les dieux n'estoit pas luy mesine naturel, ains tenoit de bastardise, à cause de sa mère qui estoit femme mortelle, id. Thés. t. Faire un portrait au naturel ou après le naturel, m. Péric. 6». Et cnnjecturoit on à leur bonne ordonnance que c'estoient naturels Carthaginois, id. Timol. 3». Le second Scipion, filz naturel et légitime do Paulus ifimilius, m. Caton, 34. Il le blecea par dessoubz sa cuirace à l'endroit où elle joint aux parties naturelles, in. Eumènet, 4 3. Selon l'opinion des bons philosophes naturels, par*, Introd. Mes mœiirs sont naturelles, MONT. II, 294. Les plus naturelles allures de nostre amo sont les plus belles, id. m, 277. Quand lesloix ont peu de vigneur, et que les mauvais conseillers ou ignorans conseillent le prince, et quand les estrangers ont plus de faveur et autorité que les na> turels, lanohe, 24. Un jour naturel, qui sont vingtquatre heures, Coust. génér.l. 1, p. 40o«. Bastards ne succèdent à leurs parens; mais toutes fois leurs enfans naturels et légitimes leur succèdent, ib.t. 11, p. 268. Combien que ce soit ce que l'homme doibt avoir plus cher que de se remettre en druict naturel, et, par manière de dire, de bcste revenir à homme, la boétib, Servitude volontaire.

— ËTYM. Provenç. naturel, naturau; espagn. natural; ital. naturale; du lat. naluralis, qui vient de natura, nature. Dans la langue ancienne, enfant naturel signifiait enfant légitime et enfant né hors mariage.

NATURELLEMENT ( na-tu-rè-le-man) , adv.

Il 1* Par une propriété naturelle. Le lièvre est naturellement timide. L'esprit croit naturellement, et la volonté aime naturellement, pasc. Pensées, t. i, p. 287, édit. LAiiuRi. Comme une source envoie ses eaux naturellement, comme le soleil naturellement répand ses rayons, ainsi Dieu naturellement faitdu bien, BOSS. Srrmont, Bonté, 1. Il est évident que des sons et des paroles n'ont point et ne peuvent avoir naturellement de rapport aux choses qu'elles signifient, quoi qu'en disent le divin Platon et le mybt^ rieux Pytli.igore, halebr. Rech. vér. Êclaircist. liv. I, t. IV, p. lui , dans pouoens. Dion avait uatu-

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