SYN. INEXORABLE, INPLKXIBLE, IMPITOYABLE
IMPLACABLE. L'étymologie donne les nuances qui séparent l'emploi de ces quatre mots. L'inexorable est celui qui ne se rend pas aux prières. L'inflexible est celui que rien ne peut faire plier, fléchir. L'impitoyable est celui qui est sans pitié. L'implacable est celui dont rien ne peut apaiser la colère, la vengeance, le ressentiment.
— HIST. xvi* s. Le flatteur monstre premièrement d'eatre aspre, violant et inexorable envers les au-
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tr»s, AMVOT, Comm. discerner le flatteur de l'ami, 3-1. Quand on vous decouvriroit implacalile, tenant vostre cœur [rancuneux], et inexorjible, carloix, i, 88. J'ay souvent, sans mentir, blasmé vostre rigueur. Je vous nommoy cruelle, inexorable et fiere, DESPORTES, Élégies, l, <2.
— ÉTYM. Lat. inexorahilis, de in.... i,eXexorare, obtenirpar prière, de ex, etorare, prier (voy. oraison) .
INEXORABLEMENT . (i-nè-gzo-ra-ble-man) , adv. D'une manière inexorable. C'est là le juste supplice du pécheur qui se retire de Dieu, que Dieu aussi se retire de lui, et par cette soustraction le prive de tout le bien et l'investisse irrémédiablement et inexorablement de tout le mal, boss. Élevai, sur myst. VI, 46.
— ÉTYM. Inexorable, et le suffixe ment.
INEXPÉRIENCE (i-nèk-spé-ri-an-s'), s. f. Manque d'expérience. L'inexpérience indocile Du compagnon de Paul Emile Fit tout le succès d'Annibal, j. B. Rouss. Ode à la Fort. Qui agissant au hasard dans des temps d'inexpérience, sans aucun concours de leur métropole, faisaient plus de fautes que de pas, ratnal, Hist. phil.iv, 34.
— HIST. XVI' s. Inexpérience, villerot, Mém.
t. I, p. < 34, dans LACURNE.
— ÉTYM. In.... 4, et expérience.
INEXPÉRIMENTÉ, ÉE (i-nèk-spé-ri-man-té, tée),
adj'. Il 1° Oui n'a point d'expérience. C'étaient des gens inexpérimentés, d'ablancourt, Arrien, liv. i, dans RicHELET. Lorsqu'un événement inattendu fit passer le sceptre dans tes mains inexpérimentées, la marine française, un moment, un seul moment redoutable, avait cessé d'exister, ratnal, 7/ùt.p/iii. IV, ) 8. J| a° Dont on n'a pas fait l'expérience. Une substance encore inexpérimentée.
— HIST. XVI' s. Le plus vieux mal est toujours plus supportable que le mal récent et inexpérimenté, MONT. IV, 83. Ma sotte et inexpérimentée jeunesse, NOËL DUPAIL, Cent, d'Eutrap, ch. xix, f* 99, dans PODGENS.
— ÉTYM. In.... 4, et expérimenté.
t INEXPERT, ERTE (i-nèk-spêr, spèr-t'), odj. Qui n'est point expert, qui manque d'habileté.
— HIST. xvi* s. Pour les autres inexperts en telle science, nous les prenons pour tesmoins de ceste preuve.... proumenteau, Finances, 3' liv, p. 389. Il ne faut point douter que l'expert à l'escrime n'ait beaucoup d'avantage sur l'inexpert, langue, 24B.
— ÊTYM. Lat. inexpertus, de tn.... l, et expertus, qui a éprouvé (voy. expert).
INEXPIABLE (i-nèk-spi-a-bl'), adj.Qui nepeutêtre expié. Cette inexpiable faute. Un forfait inexpiable.
— HIST. xvi' s. Inexpiable, monet, Dict.
— ÊTYM. Lat. inexpiabilis, àa in.... i, et expiare, expier.
■f INEXPIÉ, ÉE (i-nèk-spi-é, ée), odj. Qui n'a point été expié.
— ÊTYM. Lat. inexpiatus, de in.... \, et expiatus, expié.
t INEXPLICABILITÉ (i-nèk-spli-ka-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est inexplicable. L'inexplicabilité finale à laquelle nous arrivons inévitablement quand nous atteignons les faits irréductibles.
INEXPLICABLE (i-nèk-spli-ka-bl'),odj. || 1° Qui ne peut être expliqué. Ils embrouillent toutes choses, et, perdant tout ordre et toute lumière, ils se perdent eux-mêmes et s'égarent dans des embarras inexplicables, pasc. Espr. géom. i. L'artifice de la nature est inexplicable à faire que le cerveau reçoive tant d'impressions, sans en être trop ébranlé, BOSS. Connaiss. ii, 6. Qu'est-ce donc que l'homme? est-ce un prodige?... est-ce une énigme inexplicable? iD. la Vallière. Rabelais surtout est incompréhensible : son livre est une énigme, quoi qu'on veuille dire, inexplicable, la broy, i. 11 n'y a point d'insecte qui ne soit une merveille inexplicable, volt. Phil. Newt. singul. nat. ch. 6. || 2' Dont on ne peut se rendre compte. La confiance comme la crainte sont inexplicables dans les affections vives, STAËL, Corinne, xii, 2. Ce Montaigu, ce père infortuné. Qu'un sort inexplicable eût ici ramené, nucis, Roméo, I, 4. Il 3° En parlant des personnes, dont on ne peut se rendre compte, bizarre, étrange. C'est un caractère inexplicable. Inexplicables humains! s'écria-t-il, comment pouvez-vous réunir tant de bassesse et de grandeur, tant de vertus et do crimes? VOLT. Babouc. Dans le monde on m'accuse de bizarrerie, ou l'on me plaint; mais je ne paraîtrai point inexplicable à ceux qui savent aimer, genlis. Urne de Maintenon, t. il, p. 4 88, dans pouoens.
— REM. Au xvn* s. On disait quelquefois inexplicable, pour inexprimable :Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables.
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Mot. Festin, i, 2. Les tenQrtsses inexplicables de Marie-Thérèse [pour le dauphin son filsj tendaient toutes à lui inspirer la foi, la piété..., boss. Mar Thér. L'esprit, le respect et l'amour Y répandaient surtout un charme inexplicable, nESHonL. t. i,p. «2.
— HIST. XVI' Quelque cause inexplicable, mont. IV, 222. Je ne sçais quelle force inexplicable et fatale, ID. ], 2(2.
—ÊTYM. Lat. inexplicabilis, Ae in.... t, et explicare, expliquer.
t INEXPLICABLEMENT (1-nèk-spli-ka-ble-man), adv. D'une manière inexplicable. Sa montre, dont les aiguilles, ainsi qu'il arrive à ceux qui attendent, lui semblaient inexpliciblemen» paresseuses, eu. de BERNARD, la Cinquantaine, §•«.
t INEXPLICITE (i-nèk-spli-si-f) , adj. Qui n'est pas explicite.
— RTYM. In.... 4, et explicit».
t INEXPLIQUÉ, ÉE(i-nèk-spli-ké, kée), adj. Qui n'est pas expliqué. Les caractères encore inexpliqués de l'écriture assyrienne. Et l'hymne inexpliqué qui.... Va de l'aire de l'aigle au nid des hirondelles, V. HUGO, Crép. 32.
— ÉTYM. Lat. inexplicatus , de tn... 4, et explicatus, expliqué.
t INEXPLOITABLE (i-nèk-sploi-ta-bl") , odj. Qui ne peut pas être exploité. Si l'on n'y portait remède, la voie deviendrait assez promptement inexploitable.
— ÉTYM. In.... 4, et exploiter.
t INEXPLOITÉ, ÉE (i-nèk-sploi-té , tée), adj. Qui n'est point exploité. J'indiquai les ressources inexploitéesde son sol [Sardaigne], les facilités que, par sa position, elle pouvait offrir au commerce, j. de la graviêbe, Notice sur ses travaux scientif. p. 40.
— ÉTYM. In.... 4 , et exploité.
+ INEXPLORABLE (i-nèk-splo-ra-bl') , odj. Qu'il n'est pas possible d'explorer. Ce pays est presque inexplorable.
— ÉTYM. 7n.... 4, et explorer.
t INEXPLORÉ, ÉE (i-nèk-splo-ré, rée), adj. Qui n'a pas été exploré. Terre inexplorée.
— ETYM. /n....4,et exploré -tàulaX.inexploratus, de tn.... 4, et exploratus, exploré.
+ INEXPLOSIBLE {i-nèk-splo-zi-bl') , odj. Terme de physique. Qui ne peut faire explosion. Machine inexplosible. Le mélange d'un volume d'oxygène et de deux volumes d'hydrogène est explosible ; il devient inexplosible si on augmente suffisamment la quantité d'un des deux éléments.
— ÉTYM. In.... 1, et explosible.
t INEXPRESSIBLES (i-nèk-sprè-ssi-bl'), f. '.n. pi. Mot anglais dit par euphémisme pour culotta, pantalon, et employé quelquefois en ce sens en français par plaisanterie.
— ETYM. In.... 4 , et l'adj. fictif expressible, qu'on peut exprimer (voy. expression).
t INEXPRESSIF, rVE ( i-nèk-sprè-9sif , ssi-v'), adj. Qui n'est pas expressif. Une physionomie inexpressive.
— ÊTYM. In.... I , et expressif.
INEXPRIMABLE (i-nèk-spri-ma-bn, adj". Qu'on
ne peut exprimer. L'inexprimable horreur où toi seul m'as livré, volt. Àdél. du Guesel. m, 3. J'allais, je regardais, mon œil ne voyait pas; Un charme inexprimable entraînait tous mes pas, dl'cis, Abuf. II, 2.
— SYN. inexprimable, indicible, ineffable. Inexprimable est ce qui ne peut être exprimé d'une façon quelconque : une satisfaction inexprimable. Indicible est ce qui ne peut être dit; la différence est la même qu'entre dire et exprimer; de sorte qu'indicible désigne plus particulièrement ce qui ne peut être dit, c'est-à-dire exprimé par des paroles : un tumulte indicible éclata dans l'assemblée. Inexprimable et indicible sont de tous les styles. Ineffable n'est que du style élevé ; il indique ce qui ne peut être prononcé, à cause de la vénération qu'inspire l'olijet: le nom ineffable de Dieu, et, par suite, des joies ineffables.
— HIST. XVI' s Laquelle les receut avec ung
aise inexprimable, carl. ii, 9.
— ETYM. In.... i, et exprimer.
t INEXPRIMABLEMENT (i-nèk-spri-ma-b!eman), adv. D'une manière inexprimable.
t INEXPRIMÉ,ÉE (i-nèk-spri-mé, mée), odj. Oui n'est pas exprimé.
— ÊTYM. In.... 4, et exprimer.
INEXPUGNABLE (i-nèk-spugh-na-bl') , odj. Qui
ne peut être pris par la force des armes. Rempart inexpugnable pour défendre la république chifttienne, balz. le Prince, ch. i. Une tour Inexpugnable, g. naudé. Apologie, p. 443. Une ville grande, inagaitique, riche, inexpugnable, sans enceinie ot
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sans forteresscB, domine sur soixante et douze ties, RATUAL, nist. phil. XIX, 2. |{ Fig. Ce cœur inexpugnable aux assauts de leurs yeux, corn. l'Illvs. com. V, ♦. Il Par extension et par plaisanterie. Une femme Inexpugnable, une femme du cœur de laquelle on ne peut triompher. Caliste enfin l'inexpugnable Commença d'écouter raison, la pont. Coupe.
— MIST. xn" 9. Château estimé de tous ceux qui l'ont veu, inexpugnable, BEA UGUÉ, Guerre d'Ecosse, I, *i. Caesar, les ayant reconciliez ensemble, vint par ce moyen à joindre et composer de leurs trois ligues une force inexpugnable et invineible, qui depuis ruina le peuple et le sénat romain, amtot, Crats. 2«. Vous avez prins Calai», deux cens ans imprenable, Monstrant qu'à la vertu rien n'est inexpugnable, DU BELLAT, III, 66, recto. Nature ayant voulu se reserver ces legieres marques de son autorité [frémir à la vue d'un précipice], inexpugnables à notre raison et à la vertu stoïque, pour luy apprendre sa mortalité et nostre fadeze, mont.ii, 20.
— ÉTYM. Lat. inexpugnahilis, de in... *, et expuffnare, prendre par la force de» armes, de ex, et pugnare, livrer combat, de même radical que pugnus, poing.
t INEXTENSIBILITÉ (i-nèk-stan-si-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui ne peut pas être étendu.
t INEXTENSIBLE (i-nèk-stan-si-bl'), adj. Qui ne peut être étendu. On a rectifié les courbes, c'est-àdire mesuré leur longueur, en les supposant enveloppées d'un fil inextensible et parfaitement flexible, qu'on développe successivement, bufp. Ess. arith. mor. OEuv. t. i , p. 200.
— ÉTYM. In.... t, et extensible.
t INEXTENSILINGUE (i-nèk-staD-si-lin-gh'), ad;. Terme de zoologie. Qui ne peut allonger sa langue hors de la bouche.
— ÉTYM. Lat. inextensut, de in.... *, et extensus, étendu, qui vient de ex, et tensus, tendu (voy. TENDRE, V. a.), et lingua, langue.
t IN EXTENSO, voy. extenso (in).
+ INEXTEKMINABLE (i-nèk-stèr-mi-na-W'), adj. Qui ne peut être exterminé.
— HIST. XVI' s. Inextercainable, cotgrave.
— Rtym. In.... t, et exterminer.
t INEXTINGDIBILITfi (i-nik-stin-gul-bi-li-té; ui se prononce comme dans huile) , s. f. Qualité de ce qui est inextinguible.
INEXTINGUIBLE (i-n^k-stin-gui-bl' ; ui se prononce comme dans huile), adj. ||l*Qui ne peut s'éteindre. Quand tout ce nombre infini d'étoiles se lève au soir, et que tant de flambeaux inextinguibles s'allument en toutes les parties du ciel, qui est le stupide que la beauté d'un tel spectacle n'élève à la contemplation ? malh. Le Traité des bienf. de Sénèque, iv, 23. Nous disons que l'âme de l'homme est un feu inextinguible et perpétuel, balz. Socrate, Disc. ) . Il 8° Fig. Il se dit de choses comparées à un feu. Soif inextinguible. Crois-tu que cette fièvre inextinguible, ardente, Qui jusque dans tes bras me sèche et m'épouvante. Soit l'effet passager d'un caprice ou d'un jour ? ducis, Oscar, iv, 2. Cris du sang, voix des morts, plaintes inextinguibles. Montez, allez frapper les voûtes insensibles Du palais des destins, LAMART. Harm. 1, 7. || Rire inextinguible, rire éclatant que rien ne peut arrêter (expression empruntée au 4" chant de l'Iliade: ôdêcdro; yéXuç)- En étouffant de ce rire inextinguible qui, selon Homère, est le partage des dieux, volt. Micromégas, ch. 7.
— HlST. XVI" s. La pierre dicte asbeste n'est plus inextinguible que la soif de ma paternité, rab. Garg. 1, 6.
— ËTYM. Lat. inexiinguibilis, de in.... t, et exstinguere, éteindre.
t LNEXTIRPABILITÉ (i-nèk-stir-pa-bi-li-té),». f. Ëtat de ce qui est inextirpable. L'inextirpabilité de certaines racines.
t INEXTIRPABLE (i-nèk-stir-pa-W), adj. Qu'on ne peut extirper. Racines inextirpables. || Fig. Erreur inextirpable.
— ÉTYM. Lat. inexttirpabilis, de tn.... 1, et exstirpare, extirper.
IN EXTREMIS, voy. extremis (in).
+ INEXTRICABILITÉ (i-nèk-stri-ka-bi-li-té), t. f. Qualité de ce qui est inextricable.
INEXTRICABLE (i-nèk-stri-ka-bl') , adj. Dont on ne peut se tirer, fce démêler. Embarras inextricable. Labyrinthe inextricable. Si vous suiviez le sceptique, il vous égarerait dans des ténèbres inextricables, DIDER. Opin. des anc. phil. (éclectisme).
— HIST. xvi* I. Obscurité si espesse et inextricable, MONT. II, 237.
— HIST. Lat. inextricahilis, de in.... 4, et txtritare, tirer d'embarras (voy. iNvaiauEii).
t INEXTRICABLEMENT (i-nèk-stri-ka-ble-man), adv. D'une manière inextricable.
tlNEXUVIABLE (i-nè-gzu-vi-a-bl'), ad;. Terme de zoologie. Qui n'est point sujet à la mue.
— ÉTYM. In.... < , et le lat. exuvix, la vieille peau d'un serpent.
INFAILLIBILITJ5 (in-fa-Ui-bi-li-té, Il mouillées, et non in-fa-yi-bi-li-té), s. f. \\ l' Qualité de ce qui ne peut faillir, mant[uer d'arriver. L'infaillibilité (l'un succès. Que la volonté de Dieu ne peut manquer d'être accomplie ; et qu'ainsi, quand il veut qu'un homme consente à la grâce, il consent infailliblement, et même nécessairement, non pas d'une nécessité absolue , mais d'une nécessité d'infaillibilité, PASC. Prov. xviii. C'est par ces chemins que Sparte est menée à la grandeur et à la gloire, mais avec une telle infaillibilité de ses institutions, qu'on n'obtenait rien contre elle en gagnant des batailles, si on ne parvenait à lui Ôter sa police, montesq. Esp. IV, 8. 112" Qualité de qui ne peut faillir, commettre une faute, se tromper. || Qualité de ne point faillir, de ne point errer en matière de foi, qui, suivant les catholiques, appartient à l'Église, aux conciles et au pape. L'infaillibilité de l'Église. Par où il nous montre tout ensemble l'infaillibilité des conciles universels par l'Écriture et par la tradition de l'ancienne Église, boss. Yar. xv, <o».
— ÉTYM. Infaillible.
INFAILLIBLE {in-fa-lli-bl'. Il mouillées, et non in-fa-yi-bl'), adj. \\ 1" Qirf"ne peut faillir, manquer d'arriver. Mon entreprise est siire et sa perte infaillible, coRN.JVKom. I, 5.Calchas,partou3lesGrecs consulté chaque jour, Leur a prédit des vents l'infaillible retour, rac. Iph. 1, 3. Une esclave attachée àses seuls intérêts.... Qui m'offre ou son hymen ou la mort infaillible, ID. Bajat. II, 5. A-t-elle de son cœur quelque gage infaillible? id. ib. m, 4 . Misérable, tu cours à la perte infaillible, ID. Phèdre, iv, s. || Une recette, un secret, un remède infaillible, recette, procédé, remède qui ne manque jamais de réussir. Et je sais de mes maux l'infaillible remède, mol. Tart. 11, 3. Il 3*0uinepeut faillir, se tromper. L'armée est belle et bonne, et, s'il y manque quelque chose, ce n'est qu'une seule [un bon chef, Luxembourg venait d'en être nommé général par le roi] dont je n'oserai dire mon avis par la bonne opinion et le respect que j'ai pour le choix du roi, que je tiens pour plus infaillible que le pape, Lett. dé Luxembourg à Louvois, dans Revue des Deux- Mondes, 1" fév. (862, p. 630. Et nous ne savons par où excuser cette prudence présomptueuse qui se croyait infaillible, boss. Ret'ne d'Anglet. Cet organe des dieux est-il donc infaillible? volt. Œd. iv, 1. Je m'embarrasse fort peu du jugement qu'on rendra [dans l'affaira des Calas]; car l'Europe a déjà jugé, et je ne connais de tribunal infaillible que celui des honnêtes gens de différents pays, qui pensent de même, iD. Lett. d'Alemb. 4 févr. i 763. || Particulièrement, chez les catholiques, qui ne peut errer dans les matières de foi. L'Église est infaillible. Et encore de nos jours le célèbre André Duval, docteur de Sorbonne, à qui les ultramontains s'étaient remis de la défense de leur cause, a décidé que la doctrine qui nie le pape infaillible n'est pas absolument contre la foi, et que celle qui met le concile audessus du pape ne peut être notée d'aucune censure ni d'hérésie, ni d'erreur, ni même de témérité, boss. Var. xv, 165. ||3° Qui ne peut commettre de mauvaise action. Cependant moi qu'environnaient les occasions de faillir, je n'étais rien moins qu'infaillible, MARMONTEL, Mém. IT.
— HIST. XIV' s. Mais la matière de quoi j'euvre. Est infaillible à toute espreuve, Quelque feu ardent que ce soit, Nat. à l'akh. err. 7«2. || xv s. Dieu par amour et union s'entretient infaillible et inremuable,o. chast. Exp.sur vérité mal prise. ||xvi's. La philosophie a bien armé l'homme, pour la souffrance, ou de patience, ou, si elle eouste trop à trouver, d'une desfaicte infaillible, en se desrobbant tout à faict du sentiment, mont. 11, aoi.
— ÉTYM. In... t , et faillible ; lat. infaltibilis [qvicnERKT, Addenda), àein. .. .t ,elfallere [voy .fAiLUK).
INFAILLIBLEMENT (in-fa-Ui-ble-man, Il mouillées, et non pas in-fa-yi-ble-man), adv. D'une manière infaillible. Si votre grand esprit cherche de grandes choses pour s'occuper, il les trouvera infailliblement à Rome, BALZ. liv. 11, lett. 3. La grâce de Jésus-Christ fait qu'on persévère infailliblement dans la piété, quoique non par nécessité ; car on peut n'y pas consentir si on veut, commedit le concile; mais cette même grâce fait que l'on ne le veut pas, PASC. Prov. xvni. Pour ne pas tomber entre les mains d'un vainqueur qui lui aurait infailliblement pardonné, pomten. Dial. Adrien, Marguerite. Le cé-
lèbre comte de Boulainviliers et un Italien nommé Colonne, qui avait beaucoup de réputation à Paris, me prédirent l'un et l'autre que je mourrais infailliblement à l'âge de trente-deux ans; j'ai eu la malice de les tromper déjà de près de trente années, de quoi je leur demande humblement pardon, volt. Dict. phil. Astrologie.
— HIST. XVI' s. J'ay [moi chien] suyvi jusques à ce carrefour mon maistreà la trace ; il faut nécessairement qu'il passe par l'un de ces trois chemins ; ce n'est ny par celuy-cy, ni par celuy-là; il fault donc infailliblement qu'il passe par cet aultre, mont.ii, * 73.
— ÉTYM. Infaillible, et le suffixe ment.
INFAISABLE (in-fe-za-bl' ; quelques-uns prononcent in-fè-za-bl', ce cpii est bien moins usité), adj. Qui n'est pas faisable. Il regarde comme une chose infaisable de vous les faire rendre en l'état où elles étaient fil s'agit de tables historiques, saisies parce qu'elles étaient favorables aux protestants] , bayle, Lett. à Rou, 13 avril (686. Faites bien mes compliments à M. de Voltaire [c'est le pape qui parle] , mais dites-lui que sa commission est infaisable : le grand inquisiteur n'a plus d'yeux ni d'oreilles, volt. Lett. Richelieu, 27 nov. 4 771.
— ÉTYM. In.... i, et faisable.
t INFALSIFIABLE (in-fal-si-fi-a-bl'), adj. Qui ne peut être falsifié. Papiers infalsiflables.
— ÉTYM. In.... 4, et falsifier.
INFAMANT, ANTE (in-fa-man, man-t'), adj. Qui porte infamie. I.a liste infamante des condamnations qu'ils [les jésuites] ont subies, dider. Opin. des ane. phil. (jésuites). Tout le monde savait que c'était à Diderot que s'adressait cette note infamante, et bien des gens croyaientqu'ill'avait méritée, marmontel, Mém. vu. || Terme de droit criminel. Peines infamantes, peines frappant le condamné d'infamie, d'une flétrissure morale. Code pénal, art. 6 : Les peines en matière criminelle sont ou afflictives et infamantes, ou seulement infamantes. Art. 7 : Les peines afflictives et infamantes sont la mort, les travaux forcés à perpétuité, la déportation, les travaux forcés à temps, la réclusion. Art. 8 : Les peines infamantes sont le carcan [aujourd'hui aboli], le bannissement, la dégradation civique.
INFAMATION (in-fa-ma-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Terme d'ancienne jurisprudence criminelle. Note d'infamie. La condamnation au blâme emportait infamation.
— HIST. XVI' s. Infamation, monbt, Diot.
— ÉTYM. Lat. infamationem, deinfamare, infamer.
INFÂME (in-fâ-m'), od;. Il 1' Qui s'est diffamé dans l'opinion publique. Mais qui peut vivre infâme est indigne du jour, corn. Cid, i, 8. Qui, tant que sa poursuite a cru m'avoir infâme. Ne m'a point souhaitée en qualité de femme, roth. Vene. 11, 4. Et toi, Neptune, et toi, si jadis mon courage D'infâmes assassins nettoya ton rivage, rac. Phèdre, IV, 2. En vain Descartes avait épuisé son génie à rassembler les preuves de la divinité, et à en chercher de nouvelles; ses infâmes ennemis le comparèrent à Vanini dans un écrit public, volt. Siècle de Louis XIV, Écrivains, Descartes. Ce secret qui pesait à son infâme cœur, m. Zaïre, iv, 5. Les infâmes courtisans du plus infâme des princes, dider. Claude et Nér. 1, 83. ||Oui a mauvaise réputation, qui est célèbre en mauvaise part (sens latin, aujourd'hui inusité). Heureux qui n'est point attaché à cet écueil [la cour], infâme de tant de naufrages I GUI patin, Lettres, t. 11, p. 424 . || 2° Qui est diffamé, flétri par les lois. Il y a des châtiments qui rendent infâme. Ceux qui sont réputés infâmes par la loi ne peuvent être admis en témoignage. Un acteur, une actrice, gens infâmes même selon les lois des hommes, MASS. Carême, Élus. Esopus et Roscius [acteurs à Rome] n'étaient pas des sénateurs romains, il est vrai ; mais le flamen ne les déclarait point infâmes, et on ne se doutait pas que l'art de Térence fût un art semblable à celui de Locuste [célèbre empoisonneuse], volt. Uict. phil. Police des théâtres. \\ Terme d'ancienne jurisprudence. Infâme de droit, celui qui avait subi, par jugement, une peine infâme. Infâme de fait, celui qui exerçait une profession réputée infâme, comme le bourreau, les tortionnaires, les comédiens. Il En parlant des choses qui entraînent la flétrissure légale. La condition des comédiens était infâme chez les Romains, la brut. xii. Tout bas commerce était infâme chez les Grecs, monteso. Expr. 11, 8. Il y a des fonctions infâmes, malheureusement nécessaires au bon ordre de la société. dider. Claude et Nér. i, 5 1 . || 3" 11 se dit des choses qui entrainentla flétrissure morale. L'abandonnerez-vous à l'infâme couteau Qui fait choir les méchants sous la main d'un bourreau? corn. Ilor. v. a. N'attende»
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pas de mol d'infâmes repentir», coRN. C^nna ,
V, t. Li mort la plus infâme, ils l'appellent martyre, ID. Poly. lu, 4. Les infâmes projets de ses assassinats, ID. Nicom. III, 4. Malgré la défection de tant de sujets, malgré l'infâme désertion de la milice, B0S3. Heine d'Anglet. Depuis le jour infâme Où de mon propre fils je me trouvai la femme, rac. Théb. m, 2. i la porte d'Aman est déjà préparé D'un infâme trépas l'instrument exécrable, m. Esth. lU, 4. J'ai su qu'il a mené une vie infâme ; mais pourquoi as-tu négligé son éducation? fén. Dial. de morts anc. Antonin et Marc Âurèle. \\ Lieu infâme, lieu de prostitution. Cymodocée est condamnée aux lieux infâmes; Hiéroolès l'y attend, chateaubr. Mart. XXII. Il 4° Il se dit quelquefois, par exagération, de ce qui est messéant, indigne. En effet tous ces soins sont des choses infâmes : Sommes-nous chez les 'l'urcs pour renfermer les femmes? mol. Éc. des mar. i, 2. Avec un si bon dos, ma foi, monsieur Loyal, Quelques coups de bâton ne vous siéraient pas mal. — On pourrait bien punir ces paroles infâmes. Ma mie, et l'on décrète aussi contre les femmes, ID. Tart. V, 4. Il On l'applique aussi en ce sens aux personnes. N'êtes-vous point trop bonne d'avoir écrit à Mlle de Méri? mon Dieu, je lui ai écrit aussi ; que deviendra tout cela 1 elle fera de grands cris, et vous trouvera trop généreuse, comme vous l'êtes en effet, et moi bien vilaine, bien crasseuse, bien infâme, sév. 42 juill.<69U. || 5° Sale, malpropre. On le logea dans un taudis infâme. Vous avez là un habit infâme. \\ 6° S . m. el f. Celui, celle qui a fait des choses flétries par la loi ou par la morale. Les infâmes ne sont pas reçus en témoignage. Ne me parlez jamais en faveur d'un infâme, corn. Uor. iv, i. Êpouse-là, parjure, et fais-en une infâme, id. Perth. 1,4. Croyez-vous que ce nous soit une gloire d'être sortis d'un sang noble, lorsque nous vivons en infâmes? mol. D.Juo», IV, 6. Qu'importe qu'en tous lieux on me traite d'infâme?.... Dans mon coffre, tout plein de rares qualités, J'ai cent mille vertus en louis bien comptés, BOiL. ÉpUre v. Il accorde sa confiance à deux jeunes infâmes d'une rare beauté, Othon et Sénécion, liés entre eux d'une amitié suspecte, DiDER. Clatide et Néron, i, 48. || Par exagération. Un infâme, une personne qui mérite les plus graves reproches. C'est iiien à vous, infâme que vous êtes, à vouloir faire l'homme d'importance, mol. Pre'c. u.
— HIST. xiv s. Il n'est cueur [cœur] qui peilst i'eus dire trop laiidure ; Faus, traistres, desloyaux, sont infâme et parjure. Complainte sur la bat. de Poitiers, Bibl. des eh. 3* série, t. ii, p. 262. Vous avez menti faulsement, Ord, vilain paillart, Glasidas; Infâme, maleureusement Avant douze jours tu morras, Mistere d'Orléans, p. 467. Et personnes da touz mestiers Sont tuit fraint par beauté de femme ; Et maint en ont esté infâme. Mutilé, mors et aflolez, e. desch. Miroir de mariage, p. 92. Il xvi" s. Un palefrenier aussi laid, ord et infâme que le gentilhomme estoit beau, honneste et aimable,
MAHG. JVOUB. XI.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. infâme; du lat. infamis, de in.... i, et fama, réputation.
f INFÂMEMENT (in-fâ-me-man), adv. D'une manière infâme ; avec ignominie.
HlST. XV' s. Ce voyant les supplians que à tort
sans cause et contre raison, ils estoient ainsi infamement injuriez, nu cange, infamare.
t INFAMER (in-fa-mé), v. a. Rendre infâme, déshonorer. Il leur fallait [aux Anglais] une rétractation de Jeanne [d'Arc] qui infamât le roi Charles, MiCHELET, dans le Dict. de oociiez.
— HIST. xv* s. Les quelx serviteurs eussent peu tuer et estranglier ou infamier toutes les religieuses et femmes qui estoient dan$ le dit prieuré , du cange, infamare. jjxvi» s. La pein» du fouet infâme, loï-