‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 236 sur 389 · NUT · texte numérisé non relu

NUT

NYC

NYM

nuque qui Tient de la cervelle ainsi comme la ruisseau de la fontiine, id. ib. verso. || xvi- s. La nucque ou medulie spinale, paré, m, 6. Je ne sçay lesquelz je doy appeiler plus couards, ou vous, ou vos ennemis : car eulx n'ont pas eu la hardiesse de vous regarder au dos, ny vous eulï à la nuque, AuvoT, Marins, 59.

— ÊTYM. Provenç. nuca,nucha; espagn. portug. ilal. nuco. On a indiqué le germanique : suédois, nacke, nuque; angl. neck, cou ; allGm.Ce-ntcft, nuque. Diez repousse cette étymologie, à cause que la voyelle ne concorde pas, et propose le hollandais nocke qui signifie à la fois coche de (lèche et colonne vertébrale. L'origine de ce mot est arabe : c'est noukhd'a, qui signiQe la moelle, indiqué jadis par Bochart, et rappelé par M. Dcfrémery. Et en tffet on remarquera que nuque a signifié la moelle épinière chez Lanfranc et chez Paré.

t N0RAGE (nu-ra-j') ou NUR.VGIIK (nu-ragh'), *. m. Se dit de monuments coniques, de trente mèlris de diamètre et de seize mètres de haut, qui sont trés-nomhreui en Sardaigne. Sans doute on lui avait élevé [à Porsenna] un monument construit dans le genre des nuraghes de Sardaigne, lethonne, Sur le mominunt d'Osymandias, § iv

— ÉTYSl. Origine inconnue.

t NCRSIK (nur-sie), *. f. Genre de crustacés décapodes brachiurcs.

t NCSAR (nu-zar), s. m. Espèce de donace que l'on trouve dans les sables.

tNUTANT, AXTE (nu-tan, tan-t'), adj. Terme de botanique. Dont le sommet s'incline légèrement vers la terre.

— ÉTYM. L«t. nu(ar«, avoir un mouvement de nutalion, fréquentatif de nuere; grec, vEÛeiv, branler.

NOTATION (nu-ta-sion ; en vers, de quatre syllabes), *. f. Il i' Oscillation habituelle, de la tête, vulgairement appelée branlement de tête. La nutalion de tête d'un cheval qui chemine attristé, n'est-elle pas imitée dans une certaine nutalion syllabique du vers? niDEiioT, Lelt. sur les sourdset muets. Il i° Terme d'astronomie. Balancement de l'a.xo de la terre, qui s'éloigne et se rapproche alternativement quelque peu du plan de l'écliptique; il est dû à l'attraction de la lune sur le sphéroïde terrestre. La nutation de l'axe terrestre, confirmée par les observations et par la théorie, fournit, ce me semble, la démonstration la plus complète de la gravitation de la terre vers la lune, et par consé- (luent do la tendance des planètes principales vers leurs satelliles, d'alemb. Introd. précess. équin. En <7»6,Bradley reconnut par l'observation la nutation de l'axe tern sire, laplace, Eip. v, 4. || Petit mouvement apparent des étoiles. ||3° Terme de botanique. Faculté qu'ont les fleurs et les feuilles do se pencher ou de se redresser suivant le mouvement apurent du soleil. Le soleil, par son action sur la surface supérieure des feuilles, change souvent leur direction, et les détermine àse tourner de son côté; cela était connu des physiciens, et ils ont nommé ce mouvement la nutation des plantes, bo.nmbt, Vt. fcuill. plant. 2' mémoire.

— Rtym. Lit. nutatinnem (voy. nuta:«t).

t sriRlClKU, IKRE (nu-tri-sié,siè-r'), adj. Terme didactique. Synonyme de nourricier.

— £TYM. La't. nuln'ium, supin de nutrire, nourrir. t MJTRI.MKXT (nu-tri-man), s. m. Mot introduit

récemment pour désigner les subslances qui pourraient nourrir sans passer par l'estomac et en subir l'action digcstive; tels seraient l'albumine, les bouillons, l'osmazarao.

— f.TYM. Lai. nutrimentum, de nutrire, nourrir. NUTRITIF, IVE (nu-tri-tif, ti-v'), adj. || 1* Oui

nourrit. Substances nutritives. Ce qui, dans un petit volume, contient une grande quantité de i'arties nutritives, uvrr.Quadrup.t. i, p. 48i. Comme la vapeur des mets porte dans le corps humain quelques particules nutritivci, Ils [les anciens iiommes] crurent que l'odeur des victimes brûlées sur les aulcU cinlribuiit à nourrir les dieux, ifiVESQOE, Inslil. Mém. se. mor. et pol. I. n, p. <6. Il 2* Oui a rapport à la nutrition. || Faculté nutritive , synonyme de nutrition. || Vie nutritive, ta digestion, la re^piratinn, la circulation et l'urination.

— HIST. XIV* s. L'anathomie dii ventre ctde la re- '• ou nutritive, II. DK MONDEViLLE, f" i. Chair d« chevreul de bois est la chair île toutes les testes qui soycnt la plus saine k cor» d'homme et la plus nutritive, Kodiii, f' XXIX, verso. || xvi' s. Les parties de nosiro corps s'augmentent par le bencllco de la faculté nutritive, pariï, lntrod.it. Il rutaucuiienieiil alimenté parclystercs nutrltib, lo. vui, >l.

— f.TïM. Provenç. nulridu; csp. et ital. nu<ritivo ; de nutritum, supin de nulrire, nourrir.

NUTRITION (nu-tri-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Propriété élémentaire des corps organisés, caractérisée par le double mouvement continu de combinaison et de décorabinaison que présentent, sans sedétruire, les végétaux et les animaux. Il [l'être vivant] n'augmente pas par agrégation comme le minéral, mais par la nutrition, c'est-àdire par la pénétration de la nourriture dans toutes les parties de son intérieur, blff. .Win. 1. 1, p. 4 8. Je suis persuadé qu'on ne peulpas expliquer d'une manière satisfaisante la reproduction do l'animal et du végétal, si l'on n'a pas une idée claire de la façon dont peut s'opérer la nutrition, lO. llist. oiiim. cli. 3.

— UIST. XIV* s. La nutrition ou digestion se fait mieux en dormant, orbsjie, Elh. 3o. || xv* s. Et alloient les Anglais, pour le temps que ce fusl, cueillir les chardons aux champs, et les broyoient en un mortier, et la farine ils la destrempoient, et la donnoientà leurs chevaux, et de telle nourrisson ils les paissoient un grand temps, froi.ss. n, m, 52. || xvi* s. Nutrition est parfaite assimilation do la chose qui doit nourrir, avec la partie qui doit estre nourrie, PARÉ, Introd. 9.

— ÉTYM. Provenç. nulri'cio; cat. nulriciô; esp. niKrtcion; ital. tiuiriîione; du lat. ni<(ri'(ioiiein. Xutrilion est fait sur le latin; la forme française est la nourrisson.

t NUTRITIVITÉ (nu-tri-ti-vi-té), ». f. Terme didactique. Qualité nutritive des aliments.

— ÊTYM. Nutritif.

t NUXIER (nu-ksié),*. f. Nom d'un genre de scrofularinces où l'on distingue le nuxier verticillé, que certains auteurs ont réuni à tort au genre égiphile (verbénacées) ; il est appelé vulgairement, à Maurice, bois d'écorce blanche, legoarant.

tNYÂYA (ni-â-ia), s. m. Système de métaphysique déiste attribué dans l'Inde à Gotama, et procédant par une sorte de méthode logique [niûija .signifie en sanscrit méthode logique, syllogisme).

t NVCUTUÈMÈRE (ni-klé-mè-r'), s. m. Espace do temps comprenant un jour et une nuit, ou un jour entier, c'est-à-dire vingt-quatre heures. Les heures du jour ou du nychthémère étaient consacrées aux planètes : lu première au soleil, la secondo à Vénus, la troisième à Mercure, la quatrième à la lune, la cinquième à Saturne, la sixième à Jupiter, la septième à Mars, la huitième au soleil, et ainsi de suite, nELAMBRE, Abr. astron. leçon ïB. || On a dit aussi nyclitliéméron.

' ETYM. NujcO^niiEpov, de vùj, vuxtè;, nuit, et fiidfa, jour.

t NVClITIlÉ.MftRIQUE (ni-kté-mé-ri-k'), adj. Terino d'astronomie. Qui appartient, partie au jour, partie à la nuit.

t NYCTAGE DU PÊROO (ni kla-j"), (. f. La belle de nuit.

— f.TYM. Dérivé du grecvùÇ, vuxTic, nuit. iNYCTAOlNÈRS (ni-kla-ji-née), s. ^.jjJ. Famille de

plantes dicotylédones dont lanyctageest le type.

NYCTALOPE (ni-kta-lo-p'), ». m. et f. Terme de méder'iiie. Celui ou celle qui ne voit pas pendant le jour, et qui no reprend la faculté do distinguer les objets que quand le jour tombe et que la nuit arrive.

— f.TYM. NuxTà^M'î-, de vù{, nuit, et ii:ria9a\, voir. La dérivation s'explique par une forme vvima- )4;, qu'on trouve au sens de dormeur.

NYCrAI.OPIE (ni-kta lopie), t.f. Terme de médecine. Maladie du nyctalope.

— f.TYM. NuxToi'/MTiiot (voy. NTCTALOPÏ).

t NYCTAI.OPiyUE (ni-kta-lo-pik'), adj. Qui appartient à la nyctalopie. Un animal nyclakqiiqua a la faculté de distinguer les corps qu'on lui présente lians l'ob.'icurité ; la forme elliptiiiuo do la pupille indique cette puissance de la vision. \\S. m. Espèce d'agaric.

— RTYM. VOV. RYCTALOPE.

f NYCTANTIIF, (nl-ktan-f), ». m. Arbuste grimpant nommé au.ssi jasmin d'Arabie et arbre tnslo, famille des jasminéos.

— ÊTYM. N\ji-in...,el Moi, Heur.

t NVCTfinillIKS (ni-klé-ri-bie), ». f. pi. Oonre de l'ordre dei diptères, famille de» pupipares.

— f.TYM. Nu».t<!;io;,donuit, et 8to;, vie.

t NVCrf.RIS.S (ni-kté-riu), ». m. pi. Terme de zoologie. Famille d'oiseaux do l'ordre dos rapaces, comprenant les oiseaux de nuit.

— BTVM. NuxTcpiviç, de viE, nuit.

t NYCTICOUAX (ni-kti-ko-raks'), ». m. Dans lo style biblique, oiseau de nuit.

— f.TYM. Nuxtixopiî, <le vù(, nuit, et »Apa{, corbeau.

t NYCTO.... terme de composition qui signiiio de nuit, et qui vient du grec vùç, vuxtô;, nuit.

t NYCTOBATK (ni-klo-ba-f) , ». m. et f. Somnambule. Il S. m. pi. Les nyctobates, genre de coléoptères hétéromères.

— 6TYM. Ntjcto..., et patvEiv, marcher.

t NYCTOGRAPIIE (ni-kto-gra-r), s. m. Appareil qui permet d'écrire sans voiries traits qu'on forme.

— f.TYM. Nycto..., et ypi^eiv, écrire.

1NVCT0TVPI1L0SE (ni-klo-liflO-z'), s. f. Terme

de médecine. Cécité nocturne.

— ÉTY'^M. Nycto..., et tO;f).w5i:, cécité.

t NYLGIIAUT (nil-gS), s. m. Voy. nilgaut.

t NYMPUACCs (nin-fa-sé), ». m. pi. Famille de mollusques acéphales.

I NYMPHEA OU NY.MPnÉA (nin-fé-a) , ». m. Nom grec du nénuphar (vuiisaia, probablement parcequa l'on comparait la plaiiio à une nymphe des eaux). Il Le nymphéa blanc, dit vulgairement lis d'eau, nénuphar, blanc d'eau, lis des étangs et lune d'eau. Il Le nymphéa lotus, appelé lotos, lotus, lotier odorant, fève d'Egypte, fève pontique.

t NYMPUALK (nin-fa-r), ». m. Genre de papillons diurnes.

t NYSIPHANTK (nin-fan-f), ». f. Genre d'euphorbiacéos dont plusieurs espèces se trouvent en Cochinchiue; mais la nymphante chinoise croit aux environs de Canton, legoarant.

NYMPHE (nin-n, ». f. || 1* Dans le polythéisme gréco-latin, divinité des fleuves, des bois, des montagnes. Écho n'est plus un son qui dans l'air retentisse. C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse, boil. Art p. m. Une corneille, dit Hésiode, vit neuf fois autant qu'un homme; un cerf, quatre fois autant qu'une corneille ; un corbeau, trois fois autant qu'un cerf; le phénix, neuf fois autant qu'un corbeau; et les nymphes enfin, dix fois autant que le phénix, forten. Oracl. i, 6. Tantflt, quand d'un ruisseau, suivi dès sa naissance, La nymphe aux pieds d'argent a sous de longs berceaux Fait serpenter ensemble et mes pas et ses eaux, a. ché». ÉWg. XVI. Et les nymphes des bols, des sources, des montagnes. Toutes, frappant leur sein et trat nantun long deuil, Répétèrent hélas! autour de son cercueil, id. l'b. Jcx. || J" En poésie, jeune fille belle et bien faite. C'est une nymphe. Une nymphe en habit de reine. Belle, majestueuse et d'un rcgaid charmant, Vint s'offrir tout d'un coup aux yeux du pauvre amant Oui rêvait alors à sa peine, ut font. Petit ehien. || Elle a une taille de nymphe, se dit d'une jeune personne dont la taille est élégante et légère. Madame la Dauphine avait une fille d'honneur jolie comme le jour, el faite comme un nymphe, ST-siM. 39, (97. Il 3* Fig. Courtisane, femro* galante. Avouez lo vrai, ce n'est pas ce qui vous lient; vous ne sauriez quitter vos nymphes, amenons l'innocente avec nous : je crois que vous ne vous souciez plus guère do l'autre, hrtz, llém. t. il, liv. 3, p. <oo, danspouoENS. Car du métier de nymph me couvrir. On n'en est plus dès le moment qu'on aime, LA font. Courd's. Ouelquesembrassadcs et autres menues licences qui furent si bien reçues de la nymphe.... nucLOS, Œuv. t. x, p. *i. X la vérité, on le chicane [le ministre] sur l'emploi do ces neuf cent» millions |dubudget|; le meilleur usage qu'il en pût faire, ce serait, selon moi, de les jouer au biribi ou d'en entretenir des nymphes d'opéra, p. l. cour. I.ett. VI. Il 4* Terme d'histoire naturelle. Insecte parvenu de l'état de larve à son second état, principalemi^nt lorsque, sous cette forme, il possède la faculté dose mouvoir; d'oii il suit qu'une nymiibe est une chrysalide mobile; chrysalide se dit seulement de la nymphe des lépidoptères; ainsi la chrysalide se chango toujours en papillon, et jamais on mouche. Quand les vers de» abeilles sont près de se transformer en nymphes, les ouvrières ont soin de fermer avec un couvercle de cire les cellules où ili sont logés, BONNET, 6* niifm. abeilles. Lorsque l'insecte, après avoir rejeté la dépouille de ver, so montre avec toute» les parties extérieures revêtues seulement d'enveloppe» particulières, molles et tran»partinlcs, qui ne les tiennent point assujetties au corps, on nomme cela une njmplie, id. Contempl. liât. (Euvr. t. vin, p. «6, dans roicEns, || Fig. Nous devenons chrysalides, nymphes dan» l'ulérus, VOLT. Nnrton, I, 8. || Los nymphes des fourmis sont ce (lu'on appelle vulgairement oeufs de fourmi». ||(ienre d'insectes voisin» des hémérobcs. || 6* Terme d'aiiatomio. Nom do deux replis meinbiancux chez la femme, ainsi dits parce que, voisin» du méat urlnalro, ils servent à conduire l'urine. Les Arabes circonciront leurs fille», en coupant une très-légère partie dos nymphéa, volt, ilceuri, eircurtcision.

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lie* Nymphe de leriiate, martin -pêcheur ii longs brias.

— ÊTYM. Lat. nympha, du grec vûjiçri, proprement jeune fille; comparez ntibere,nui)ilis.

t NYMPHÉACÉES (nin-fé-a-sée), t. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicotylédones aquatiques, i larges feuilles entières orbiculéos, dont le nymphéa est le type.

t NYMPHEAU (nin-fô) , s. m. Espèce de trèfle d'pau, menyanlhes nymphoides, L.

NYMPHÉE (nin-fée), s. f. ou NYMPHÉCM (ninfé-om'), *. m. Dans l'antiquité, grotte naturelle ou «ilificielle, petit temple avec une fontaine qui était consacré aux nymphes. I| Lieu ou il y a de l'eau, c:aé (le statues, de bassins, etc. tes nymphées

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étaient des bains consacrés aux nymphes ; on y recommandait particulièrement le silence, bouchadd, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. v, p. )3i.

— REM. L'Académie fait ce mot du féminin , mais c'est contre l'étymologie et contre l'analogie de cette sorte de mots, par exemple musée, temple des Muses.

— ÊTYM. Lat. nymphxum, du grec vu(i,<païov, de vû|j.çn, nymphe.

t NYMPIlfiEN, E\NE (nin-fé-in, c-n'), adj. Terme de minéralogie. Se dit des terrains et des roches dont la formation est due aux eaux douces.

— ËTYH. Nymphe, divinité qui préside aux eaux douces.

NYT

NYMPHOMANIE (nin-fo-ma-nle), t. f. Terme de médecine. Fureur utérine. Les vaches sont sujettes à la nymphomanie.

— Ctym. ffi/mphe, et manie.

t NYMPHOTOMIE (nin-fo-to-mie), t. f. Terms de chirurgie. Résection des nymphes.

— ÉTYM. Nymphe, et to(iYl, section.

+ NYSTAGME ( ni-sta-gm' ) , s. f. Terme de médecine. Clignotement spasmodique qui ressemble à celui d'une personne accablée d'envie de dormir et faisant de vains efforts pour se tenir éveillée.

— ÉTYM. NuoTaffioç, de vuoTetCeiv, avoir envie de dormir.

t N'Y TODCHE, voy. nitouchk.

t.O, t. m. Il 1* La quinzième lettre de l'alphabet et la quatrième voyelle. Un grand 0. Un petit o. il est vrai qu'on a fort longtemps prononcé en France l'o simple comme s'il y eût eu un u, comme chouse pour chose, faussé pour fossé, arrouser pour arroser, et ainsi plusieurs autres; mais, depuis dix ou douze ans, ceux qui parlent bien disent arroser, fossé, chose, vaugel. Rem. t. il, p. 53a, dans pou- GEKs. Comment voulez-vous qu'une nation puisse subsister avec honneur, quand on imprime;'e croyois, j'odroyois, et qu'on prononce je croyais, j'octroyais r comment un étranger pourra-t-il deviner que le premier o le prononce comme un o, et le second comme un a? volt. Disc. Velches, Suppl. Il L'o bref, celui qui n'est marqué d'aucun signe et qui se prononce comme dans hotte; V6 long, celui qui est marqué d'un accent circonflexe et qui se prononce dans hôte, jj 2° Dans les chiffres romains, lettre numérale qui signifiait onze. || Avec un tiret dessus, dans cette forme, 0 signifiait onze mille. 118° Sur les anciennes monnaies de France, 0 indique celles qui ont été frappées à Riom. || 4° Dans l'ancienne musique, signe qui marquait le temps parfait, c'est-à-dire la mesure en trois temps; la moitié de ce signe, ou un C indiquait le temps imparfait; cette dernière indication est seule restée en usage. || h' Dans le calendrier républicain, 0 marque le 8* jour de la décade, octidi. || 6» 0 désignait l'alun dans l'ancienne chimie ; 00 désignait l'huile. Il 0 désigne maintenant l'oxygène. || 7" En géographie, astronomie et marine, 0 signifie ouest; S. 0., sud-ouest; N. 0., nord-ouest. || 8° Terme de commerce. Abréviation du mot ouvert: C/0, compte ouvert. Il 9° Parmi les anciens, la lettre 0 était le symbole de l'éternité, à cause qu'elle figure un cercle qui n'a pas de fin. || 10* Se dit d'une ouverture ronde. Ainsi on appelle quelquefois 0 l'ouverture faite à la nef d'une église pour communiquer avec les combles. || Il se dit plus fréquemment de la rose ou fenêtre circulaire qui se trouve au-dessus du portail des anciennes églises. || 11» L'O du Giotto, se dit d'une figure parfaitement ronde, tracée, diton, par le Giotto d'un seul coup de pinceau, pour donner au pape Benoît IX une preuve de son habileté; c'est le pendant de J'histoira d'Apelle et de Protogène.

— HIST. XIII* 8. 0 est roons comme li mons [le mondej ; 0 est manière d'arester, D'estanchier et de coi ester, Etde mal faire cesser rueve |demandc|; iceste lettre bien le prueve, Senefiance de l'A B C,

iCBINAL, t. II, p. 282.

— ÊTYM. Lat o; grec, o et u>.

ï. O, ». m. Caractère ou figure numérique qu'on •ppelle zéro. Il faut deux o [zéro] après 5 pour faire cinq cents. |1 Fig. C'est uno [zéro| en chiffre, se dit d'un homme, d'une chose inutile. || 8° Dans le commerce et la banque, deux o, ainsi disposé» V, signifient cent: 6 pour*/., cinq pour cent. || 8° Terme demusique.Odésignela corde à vide sur le violon et U guitare, et quelquefois le pouce. || Dan.s la noutioii chiffrée proposée par i. i. Rousseau, 0 est le signe général des silences; dans ce sens il est employé comme zéro. || Dans l'art de lire l'harmonie repré- MDtte par de» chiffres, on marque par 0 la note qui n« doit pa» tire accompagnée. || 4* Un petit • apris un chiffre al au-dessun de la ligne signifie degré.

en parlant d'une échelle ou d'un cercle, ih*, quinze degrés.

— HIST. xvi* s. Que M. de Guyse se devoit saisir de sa personne [Henri III], et que de là en avant il ne serviroit plus que d'un o en chiffre, Particularités concern. l'assass. du duc de Guyse, Châlons, 1689, p. 4).

— ÊTYM. 0, zéro.

t 3. O, ancienne préposition qui signifie avec et qui est encore usitée dans quelques provinces. Viens o moi.

— HIST. XI* s. Que jel suivrai od mil de mes fedelz, Ch. de Roi. vi. 1| xn* s. Guiteclins va par terre 0 sa grant baronie, Sax. vu.

— ÊTYM. 0 est une altération des formes romanes, ob, od, ab, qui proviennent du latin apud, chez; apud avait, dans la basse latinité, le sens de avec.

t 0', espèce de particule nobiliaire qui indique la filiation, et qui se trouve devant ,un grand nombre de noms propres irlandais, tels que 0' Connoll, 0' Neal , etc.

0 (ô), interj. || 1" Elle sert à marquer le vocatif. Ô Romains! 6 vengeance! 6 pouvoir absolu! ô rigoureux combat d'un cœur irrésolu ! corn. Cinna, iv, s. Que deviendrez-vous donc, 6 homme, qui cherchez quelle est votre véritable condition par votre raison naturelle 7 paec. Penséi-s, t. I, p. 293, 'éd. LAUUHE. 0 ciel! ô terre! 6 prodige nouveau! boss. Anne de Gonzague. ô appât du plaisir sensible, et goût du fruit défendu, surmonté par la constance du P. Bourgoing! ô Jésus-Christ! ô aa mort, 6 son anéantissement et sa croix honorés par sa pénitence! iD. Bourijoiny. ô des fleuves français brillante souveraine, Salut! ma longue course à tes bords me ramène, A. chén. Élég, ix. Viens, ô divin Bacchus, ô jeune Thyonée, V<enstel que tu parus aux déserts de Naxos, Quand ta voix rassurait la fille de Minos, id. fiaic/ius. {{ 2° Elle exprime un sentiment d'admiration, d'étonnemenl, de surprise. Ô mère! ô femme! ô reine admirable! BOSS. Reine d'Anglet. ô paroles qu'on voyait sortir de l'abondance d'un cœur.... id. Duch. d'Orl. ô membres tendres et délicats si souvent couchés sur la dure! id. Bourgoing. \\3° 0 exprimant la satisfaction, la joie. D'une âme généreuse 6 volupté suprême! Un mortel bienfaisant approche de Dieu même! l. racine, la Rel. ch. vi. ô délire! 6 faiblesse humaine! le sentiment du bonheur écrase l'homme, il n'est pzis assez fort pour le supporter, J. 3. RODSS. Emile, V. ô lignes que sa main, que son cœur a tracées, ô nom baisé cent fois, craintes bicntfit chassées, A. chén. Éli'g. m. Ah! je les reconnais, et mon cœur se réveille; ô sons, ô douces voix chères à mon oreille, Ô mes muses, c'est vous; vous mon premier amour! id. ib. iv. || 4° ô exprimant un sentiment de douleur, de regret. Mais je dépens de vous, ô serment téméraire! ô haine d'Emilie! ô souvenir d'un père! cohn. Cinna, ni, 3. ô vanité I A néant! 6 mortels ignorants de leurs destinée»! boss. Duch. d'Orl. Mai», ô coup funeste pour la princesse Anne! lapieuse abbesse mourut.... 10. Anne de Gant. Ô fond de la boite de Pandore I ô espérance! où êtes-vous? volt. Letl. Mme de Luttelbourg, 7 nov. (754. || 6° ô exprimant la colère, ô ragol ô désespoir! ô vieillesse ennemie,

OB

CORN. Cid, I, 7. Il 6° 0 exprimant un sentiment de crainte, d'effroi. 0 nuit désastreuse! nuit effroyable! BOSS. Duch. d'Orl. Où suis-je? 6 trahison! ô reine infortunée! bac. Ath. v, 6. ô haine de Vénus! ô fatale colère! id. Phèdre, i, 3. || V" Ô exprimant le reproche, ô crainte , a dit mon père, indigne, injurieuse I rac. Alh. v, 1. 1| S" Ô exprimant un désir, un vœu. Ô que n'est-il déjà jour! Ô! si la sagesse était visible, de quel amour les hommes s'enflammeraient pour elle! d'oliv. Trad. de Cic. dans girault-duvivier. || 9° ô donnant plus de force à que et à combien, ù combien d'actions, combien d'exploits célèbres Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres! corn. Cid, IV, 3. On ne parle plus que de paix [dans l'Église]; ô qu'elle soit véritable ! ô qu'elle soit cfl'cclivcl 6 qu'elle soit éternelle f bos<. Cornet, ô qu'il était éloigné de ces prédicateurs infidèles qui... id. Bourgoing. Il 10" Les 0 de Noël, nom donné à neuf antiennes qui commencent chacune par la particule latine o, et que l'Eglise cbanto successivement dan.» les neuf jours qui précèdent Noël. || 11° Cri dont les marins font précéder certains commandements qu'ils répètent en chœur, pour mettre de l'ensemble dans leurs efforts: 0! hissel ô! haie! etc.

tOAUISTYS (o-a-ri-stis') , s.f. Titre de la première idylle d'André Chénier, imitée de Théocrite.

— ÉTYM. 'CapiCTTÙ;, commerce intime, de ôap, épouse.

fOASIEN, ENNE (o-a-ziin, ziè-n'), ndj. Qui a rapport aux oasis. ||S. m. pi. Les oasiens du Sahara, Monilenr, 10 juin <865.

OASIS (o-a-zis'), ». /. Nom donné à des lieux qui, dans les déserts de sable de l'Afrique ou de l'Asie, offrent une belle végétation, et qui sont les sommets de moniagnosdont les vallées ont été remplies de sable; de la sorte, les oasis se trouvent placées dans les déserts de sable, comme le sont les îles dans la mer , legoarant. L'oasis d'Ammon. La grande oasis. || Fig. Tout lieu où l'on se repose après quelque agitation violente, ou après de longs malheurs.

— KEM. Oasis n'est pas dans les éditions du Dictionnaire de l'Académie antérieures à celle de (835. On l'a fait quelquefois masculin : Smyrne, c'était une espèce d'oasis civilisé, une Palmyre au milieu desdéserts, chateaubr. /lin. a* part. Aujourd'hui il est uniquement féminin.

— ÊTYM. 'Oaoi; OU aûoKjiç, qui parait un mot égyptien.

t OASITE (o-a-zi-f), adj. m. Nomes oasites, nom donné à deux nomes égyptiens, formés, l'un de la grande oasis, l'autre de l'oa.sis d'Ammon.

t OB.... préfixe qui est la préposition latine ob, et qui ajoute au mot qu'elle sert à former une idé« (le position en face, et aussi do renversement. Ces' le sanscrit abhi, correspondant au gothique iup angl. up; allem. auf ; et aussi «u goth. u[; angl. of; allem. ob.

t OBA (o-ba), ». m. Nom d'un arbre du Gabon {mangifera gabonensis, Aubry-Lecomte), de la famille des térébinthacées. Le fruit se nomme iba, et est comestible.

t OBAN ou OBANG (o-ban), ». m. Lingot dot d'un poids déterminé, servant de monnaie au Japon

OBÉ

t OBCLAVÉ, ÉE (ob-kla-ïé, vée), adj. Terme Je lotanique. Qui a la forme dune massue renversée.

— ÉTYM. Ob..., et le lat. clara, massue.

\ OBCOJIPRIMÉ, ÉE (ob-kon-pri-mé, mée), adj. Terme de boltnique. Dont le plus graud diamètre est de droite à gauche.

— ÊTYM. Ob..., et comprimé.

t OBCOMQUK (ob-ko-ni-k'), adj. Terme de botanique. Oui a la forme d'un cône renversé, c'est-àdire dont le sommet se dirige vers le sol.

— K.TYM. Ob..., et conique.

t OBCOKUÉ, ÊE (ob-kor-dé, dée) ou OBCORUl- FOKME (ob-kor-di-for-m'), adj. Terme de botanique. Oui a la figure d'un cœur renversé.

— ËTYM. Ob..., et lat. cor, eordis, cœur. tOBCRÉJfELÉ.ÉE (ob-kré-ne-lé, lée),ad>. Terme

de botanique. Oui est découpé en angles rentrants, séparés par des parties arrondies.

— ÉTYM. Ob..., et crénelé.

t OBCCRREXT, ENTE (ob-ku-rran, rran-t'),a(^'. Terme de botanique. Se dit de parties qui se dirigent l'une vers l'autre.

— ÉTYM. Ob..., et le lat. currens, courant. OBÉDIENCE (o-bc-di-an-s'),î. f. \\ 1° Action do celui

qui obéit (il ne se dit qu'en parlant des religieux) . La vie religieuse consiste en trois parties essentielles, pauvreté, obédience, chasteté, pkirv. Plaidoyer (5, dans BICHELET. Il 2° Congé par écrit du supérieur, permettant à un religieux d'aller en quelque endroit, ordinairement pour changer de couvent. Vous aurez une obédience de moi pour aller arec madame votre sœur, Boss. Lelt. abb. 'i6u. Je m'offre à demander votre obédience à M. l'archevêque, ID. Lelt. Corn. iib.\\3° Emploi particulier qu'un religieux ou une religieuse a dans son couvent. Cette religieuse est cellérière, c'est son obédience. Il 4" Nom donné à des maisons religieuses inférieures aux maisons principales, dont elles dépendaient, et qui en étaient éloignées. || 5° Ambassade d'obédience, ambassade qu'un roi ou un corps de fidèles envoie vers le pape, pour l'assurer de son obéissance filiale. Les derniers jours du pontificat de Grégoire XIII furent célébrés par celte ambassade d'obédience qu'il reçut du Japon, volt. Mœurs, <83. || Ambassadeur d'obédience, ambassadeur envoyé au pape à cet effet. || L'ambassadeur fut reçu à l'obédience; c'est-à-dire il fut reçu par le pape en plein consistoire, avec les ccrcmonies accoutumées. || On dit dans le même sens: serment, hommage d'obédience. Le roi [Charles VIII] vint prêter ce qu'on appelle hommage d'obédience, VOLT. Jfœurs, (07. \\6° Pays d'obédience, nom qu'on donnait, en France, aux provinces qui n'étaient pas comprises dans le concordat, telles que la Bretagne, la Lorraine, etc. où, pendant huit mois de l'année, le pape conférait de plein droit le» bénéfices vacants; il se dit aussi de tous les pays où le papa exerce le même droit. Son parti [d'Arnauld] fut toujours persécuté dans les Pays-Bas catholiques, pays qu'on nomme d'obédience, etoù les bulles sont des lois souveraines, volt. Louis .Î/K, 37. || 7''Dans les temps de schisme, obédience a été le nom donné aux différents pays qui reconnaissaient l'un ou l'autre pape. Les papes et les autres évéqucs des obédiences d'Urbain et de Clément avaient aussi l'imposition des mains successive, f£n. t. u, p. te. Il 8° Prêtres, frères d'obédience, membres da la 4' des cinq classes de l'ordre de Malte; ils prononçaient des voeux pour posséder des bénéfices. || 9° Lettres dobédience, lettresqu'un supérieur donne à des religieux ou à des religieuses appartenant aux ordres i nseignants, et que le gouvernement reçoit commu équivalent d'un certificat do capacité. Les lettres d'obédience sont évidemment un privilège..,. U lettre d'obédience n'est point l'équivalent vrai du certificat de capacité; la lettre d'obédience est un acte purement patestatlf, qui appartient en entier au supérieur qui le délivre, rouland, au sériât, Moniteur, 3o mars 4 867, p. 3X3, «• col.

— HIST. XII* 8. X l'arcevcsquc en vuntli eresquc parler, Uient que lur estut [convient] les leis le rei guarder;Car par obédience les lur f]st graanter, Tli. le mari. 40. || xiii* s. Il rnetra tout rempire de Constantinoble à l'obcdience de Rome, dont elle estoit départie pieca, ViLLhii. u. Desous la lui de Rome n'a nule région, Oui à Kome olteisst de cuer s« Krance non, Et de s'obedienche a si bel gtiernidon Que on li toit [enlève] souvent sa laine et sa toison, ruteb. 23«. Il XV* s. Et luy Ht le roy l'obadience filiale, en toute humilité, couM. vu, ii. le m'en Toys présentement sans séjourner aucun petit, par une nostre obédience [couvent], que nous avons près d'icy, Lanteiol du lac, 1. 1, (* i3, dans lacihne.

Il XVI* s. L'intention du fondateur estoit qu'ils vequisscnt en humilité, chasteté et obédience, despér. Conles, XLix.

— ÉTYM. Lat. o&edientta, d'oftedire, obéir.

OBÉDIENCIER (o-bé-di-an-sié ; l'r ne se prononce et ne se lie jamais), s. m. Se dit d'un religieux qui dessert, par l'ordre de son supérieur, un bénéfice dont il n'est pas titulaire. || Se dit aussi, en termes ecclésiastiques, de ceux qui sont soumis à l'autorité spirituelle de quelque supérieur.

— REM. OBÉDIENCIER, OBÉDiENTiEL. Ces deux mots dérivent d'obédience; il semblerait naturel que tous deux suivissent la même orthographe, c'est-àdire que tous deux prissent et, comme on écrit révérencieux et révérenciel, par analogie avec révérence, PAUTEX.

OBÉDIENTIFX, ELLE (o-bé-di-an-si-èl, è-1'), adj. Il l* Terme ecclésiastique. Qui appartient à l'obédience. Il 2* Terme de philosophie. Puissance obédientielle, la disposition qui fait que le sujet obéit à la cause. L'imagination dure plus que la sensation ; il faut donc qu'il y ait une cause de cette durée; mais, si cette cause subsiste dans le cerveau, où, et de quelle manière, ou si elle consiste dans la puissance obédientielle de l'âme une fois touchée de cette idée, et de l'institution de son Créateur ■tout-puissant, c'est ce qu'il serait inutile de chercher, puisqu'il paraît impossible de parvenir à cette connaissance, boss. Conn. m, <0. |13°S. m. Officier chargé de faire des distributions aux chanoines.

— ÉTYM. Obédience.

OBÉI, lE (o-bé-i, ie), part, passi d'obéir. Dont on suit les commandements. Des lois exactement obéies. Elle que j'adorai dès le premier asi)ect, Qui s'est vue à toute heure et partout obéie, cohn. Sophon. lu, c.

OBÉIR (o-bé-ir), v. n. || 1° Faire ce que veut un autre, faire ce qui est commandé. Oui ne peut être aimé,se peut faire obéir, corn. /ieVaci. i, 2. Comme Phorbas avait mal obéi..., m. Œdipe, v, 6. H est meilleur d'obéir à Dieu qu'aux hommes, PAsc. Pens.xxiv, 66 bis. édit. iuvet. U serait bon qu'on obéit aux lois et coutumes, parce qu'elles sont lois.... qu'ainsi il faut seulement suivre les reçues: par ce moyen on ne les quitterait jamais, id. ib. vi, 40. Le prince obéit à la décision d'un sage religieux, BOSS. Louis de Bourbon. Madame la Dauphine, éloignée de toute curiosité et présomption, ne savait que deux choses: obéir et croire, ïléch. Dauphine. La rime est une esclave et ne doit qu'obéir, BOiL. Art poét.i. Et, l'amour seul alors se faisant obéir. Vous m'aimeriez, madame, en me voulant haïr, RAC. Andr. 11,2. La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous laisse, ID. ib. m, 2. Vous avez entendu ce que je vous demande. Madame : je le veux et je vous le commande, Obéissez, id. Iph. m, t. Quoique jo les [les femmes d'un sérail] garde pour un autre, le plaisir de me faire obéir me donne une joie secrète, uontesq. I.«l<.pert. ». Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs, et non pas des maîtres ; il obéit aux lois, mais il n'obéit qu'aux luis; et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes, i. i. rouss. Lelt. de la mont. 9. Eh Iquel bien, dites-moi, vaut le charme suprême D'obéir à son Ame et de plaire à soi-même? delil. Imag. vi. {{2" Être sujet d'un prince. Sans lui j'obéirais où je donne la loi, corn. Ilor. v, 3.Ëcoutez la suite delà prophétie : je veux que ces peuples lui obéissent, et qu'ils obéissent encore à son fils, jusqu'à ce que le temps des uns et des autres vienne, boss. Heine d'Anylet. Trézène m'obéit, rac. Phèdre, u, a. Ainsi par le destin nos vœux sont traversés, J'obéissais alors, et vous obéissez, id. Brit. m, 8. Plus heureux d'obéir à une nation barbare qu'à un gouvernement corrompu, montesq. Esp. xiil, «6. Pour qu'on vous obéisse, obéissez aux loi», volt. Brulus, III, 6. Il 3" U se dit des animaux. Le chien obéit à son maître. Le chat n'obéit pas. Ces superbes coursiers qu'un voyait autrefois Pleins d'une ardeur si noble ol)éir à sa voix, rac. Phèdre, v, 5. || Ce cheval obéit bien à l'éperon, i la main, aux aides, il se laisse gouverner, manier aisément, || 4* Faire ce à quoi on est contraint par une certaine nécessité. Obéir à la furco. Obéir à la nécessité. Il faut que les passions obéissent à la raison. || S'obéir à soi-même, suivre les conseils qu'on reçoit de sa propre raison. La volonté commande, et elle-même qui commande ne s'obéit pas; éternel ubalaclo i tes dêsirspropres, elle est toujour» aux mains avec ses propres désir:*, itosa, i'strm. Jeudi de la tem. dt la poM. 4. ||6° Kig. En parlant de» choses inanimées, céder, plier. L'osier otieit. Ce bois obéit sani se rompre. Tel qu'un ruisieau docile Obéit à la main qui dctoi.nic son cours,iiAC. listh. il, >. Cette pierre n'cit

OliÉ

point schisteuse; elle obéit très-bien au ciseau , Saussure, Yoy. Alpes, u y, p. (B4, dansPOUGENS. |{ Il se dit aussi des choses qui cèdent aux lois, aux forces naturelles. Les corps obéissent à la gravitation. C'est ainsi qu'obéissant aux deux forces combinées, ce corps descendra comme il est monté, c'est-à-dire de diagonale en diagonale, jusqu'au point le plus bas, CONDIL. An de rais, m, 4, Ce levier obéissant à des contre-poids suspendus extérieurement au bras opposé, GIRARD, Instit. Mém. scienc. t. vu, p. 423. Il Terme de marine. Obéir i la barre, au gouvernail, céder à l'effort que fait le gouvernail pour changer la direction de la route. || 6° Se dit, à plusieurs jeux de cartes, de l'action de celui qui fournit la couleur demandée. |1 7° Obéir est un verbe neutre dont, par exception, le participe passé se prend au sens passif. X quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison? et pourquoi commandent les hommes si ce n'est pour faireque Dieu soit obéi ? BOSS. Beine d'Anglet. Il y a des hommes qui doivent être obéis par d'autres hommeset servis par d'autres hommes, bourdal. Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 230. II est dangereux de l'habituer (Louis XV enfant] à obéir aveuglément : car ou il serait gouverné, ou il voudrait être obéi de même, MAINTENON, icK. à Mme la duch. de Venladour, t4jiiin 17(5. Quand vous commanderez, vousserez obéi, RAC. Iph. IV, 4. Lorsque tous aviez cette passion furieuse, votre volonté n'était plus obéie par vos sens, VOLT. Iffi'lap/i. 7. La nature a fait les enfants pour être aimés et secourus ; mais les a-t-elle faits pour être obéis et craints? J. J. bouss. Ém. ii.

— IIIST. xii* s. Ço que reis volt [veut] est leis, ço dient li alquant ; As terriens seignurs sunt luit obeisant, Th. lemart. 3». Clerc ne deivent, fait-il, à voz leiz obéir, ib. 27. || xui* s. Cil a le cuer et félon et salvago. Kl vers amours no se veut obéir, Ms. depoés. /"ranf. avant I300, t. m, p. H98, dansLA- CURNE. Et que en quelque lieu ou joustice que il se transporteront dedans la vicomte de Paris, oiberront aus mestres du mesiier de Paris, Liv. des mit. 305. Il doivent obéir à le [la] requeste de lor sauges, beaum. x, 4. Il XIV* s. Lesquels [ligaments de la tète et du col] se ilz fussent fors, ilz n'obeisissent pas legieremeiit à mouvement, lanfbanc, f* 28. Ce sang [épanché sur la dure-mère dans les plaies de têtef n'est pas englué en la substance de la mère si comme en appostumes ; pour quoy il obéit plus à l'expulsion de nature, et mieulx obéit à l'atraction de médecine, m. f" 2<l. Il n'est nul si mescliant mary qui ne veuille estre obéi de sa femme, Menagier, l, «. Icellui Thibaut respendi que il obeissoit [s'engageait] à paicr le dit Cliiviere, s'il lui estoit en aucune chose tenuz, i.ocange, ohedire. || xvi* s. Comme un feutre ou balle de laine, qui obéit doucement aux choses qui l'altouchent, PAHâ, i, tu. Je suis fol, ma raison n'obeyt plus au frein, bons. 239.

— ÉTYM. Bourguig. oboUre; provenç, obedir, obezir ; calai, obéir; ital, ubbidire; du lat. ohedire; l'orthographe archaïque en est ofcofdirc, de ob,el audire, écouter ; oe se rattache à l'u tieaudire, comme dansm(T!nro et muiiire,pœna et pimire.

f OltÉlS.<lAMMËNT (o-bé-i-sa-man) , ade. D'une manière obéissante,

— lliST, XV* s. Icelle suppliante a serviz sesdiz pero et mero bien et honorablement et obeissoiu ment, ducanor, o6edi>n(iafi(er.

— ÉTYM. Obéissant, et le suffixe ment.

OBÉISSANCE (o-bé-i-san-s'), s. f.\\i' Action de

celui qui obéit. Nous vous rendrons, seigneur, entière obéissance, COHN, Iléracl. Ii, «. Nous demeurons dans l'obéissance à leurs décrets, pasc. Prov. xviii. On me contait hier la comédie de ce Malade imaginaire que je n'ai point vue : il était dans l'obéissance exacte à ces messieurs [les médecins] ; il comptait îout.... sév. te sept, 4«7o. Voilà par où commence l'esprit do révolte; on raisonne sur la précepte, et l'obéissance est mise en doute, Bos», Wijl, II, 4, Sans vous contenter do l'obéissance d'action, vims y ajouterez l'obéissance do volonté, iioUROAL, Eihort. sur iobéiss. relig. t. l, p. 275. La puissance et l'autorité s'opposèrent à son dessein [de se faire rcligiciisn].... mais..., combien de fuis acrusiil elle »on obéiss.ince quoique forcée? klécii. Aiguillon. L'obéissance qu'elle rendait au plus grand et nu plus sage de tous les rois, id. ilfin« de Mont. Enfin des légions l'enticro obéissance Ayant de votre empire affermi la puissance..., rac. Urit. iv, 1, Leurs jours me répondront de votre obéissance, VOLT. Orphel. iv, 4. Le» princes ne sont pas assez heureux pour avoir des amis; et, dans leurs dernier» moments, ils ne trouvent pa» toujours de l'obéissance, D'JCLOS, Œuvr, t. H, p. 405, Ij Prête»

OBE

OBE

OBJ

obéissance a un prince, se soumellre solennelle- ■lent à sa domination. || 2° La disposition à obéir, l'habitude d'obéir, la soumission d'esprit aux ordres des supérieurs. Au nom de cette aveugle et prompte obéissance Que j'ai toujours rendue aux lois de la naissance, corn. Poly. m, i. Quiconque se dérobe i riiumble obéissance, Uannit ma grâce en même temps, Et se livre lui-même à toute l'impuissance De SOS désirs vains et flottants, id. liait, ni, i3. Rendez vosânics pures par une obéissance d'amour, s.vci, Bible, St-Pierre, l" épilre, i, 22. L'obéissance qu'ils doivent à leurs supérieurs, PASC. l'rov. vi. L'Esp.igne sur ce sujet (les observances de l'Église] a des coutumes que la France ne suit pas ; mais la reine se rangea bientôt à l'obéissance, boss. Uar- Thtr. La perfection do l'obéissance demande que tout l'homme soit soumis à Dieu, bouhdal. £x/iorJ.

tur l'obéiss. relig. t. i, p. 288. Dans une cour

Où les honneurs et les emplois Sont le prix d'une aveugle et lâche obéissance, bac. Ksth. m, 8. Vous seul, seigneur, vous seul, vous m'avez arrachée À celte obéissance oii j'étais attachée, id. Mithr. iv, 4. Je veux moins de valeur et plus d'obéissance, id. Il'h. IV, «. L'extrême obéissance suppose de l'ignorance dans celui qui obéit; elle en suppose mémo dans celui qui commande, montesq. Esp. iv, 3. Il Terme de pratique. Passer obéissance, acquiescer à. Il Chez les religieux, obéissance s'est dit pour obédience. Les trois vœux des moines, chasteté, pauvreté, obéissance. || 3° Il se dit des animaux. L'obéissance du chien. Il [le cheval dressé] sait aller le pas, il sait courir, non plus avec celle activité qui répuisait, par laquelle son obéissance était encore désobéissante, boss. Jfc'd. sur l'Év. 2« partie, *' jour. Il 4° L'obéissance de, l'autorité de. Pour votre Perpenna, que sa haute naissance N'afl'ranchit point encor de votre obéissance, cobn. Sertor. 11, 2. Si le corps de l'homme fût mort et ressuscité pour jamais dans le baptême, on ne fût enlré dans l'obéissance de l'Évangile que par l'amour de la vie, pasc. Lctt. tur la mort de son père. La foudre est dans mes mains, les dieux me font la cour. Je tiens tout l'univers sous mon obéissance, quin. Isis, 11, 2. Je n'ai point oublié quell« reconnaissance. Seigneur, m'a dû ranger sous votre obéissance, bac. Mithr. IV, 4. |{ Être sous l'obéiisance de père et de mire, être soumis à l'autorité légale de son père et de sa mère. || 5" En parlant des princes, domination. Et si je puis jamais avec votre assistance Arriver jusqu'aux lieux de mon obéissance, corn. Médée, iv, 7. Que, vu la déclaration de la reine, le cardinal Malarin sortirait dans quinze jours du royaume et de toutes les terres de l'obéissance du roi, retz, ilém. t. Il, liv. III, p. 314, dans poucens. Il tâchait de retenir les peuples dans l'obéissance, boss. Ilùl. i, n. Il les invita à rentrer dans l'obéissance, i». ih. II, 8. Mais sa triste puissance Ne voit que dos moufints sous son obéissance, volt. Œdipe, i, t. L'empereur [Joseph] avait ordonné qu'on reçût Charles [XII] dans toutes les villes de son obéissance avec maguificence, id. Charles XII, 7. Darius s'empare de Babyione, et la remet sous l'obéissanci des Perses, bartiiél. Anach. t. vu, tabl. *. || B* ^u plur. Assurer de ses obéissances, présenter ses obéissances, sorte de formule de politesse qui s'est dite autrefois. Je suis très-marri de n'avoir meilleure chose à vous présenter avec mes fidèles obéissances, t)0 Bosc [familier de Mazarin], )H juin (649, dans Arch. desmiss, scientif. 'i' série, t. iv, p. en. Parce qu'on dit assurer quelqu'un de ses respects, on a cru pouvoir dire également assurer quelqu'un de ses obéissances; mais celte phrase n'est pas usitée parmi ceux qui se piquent de bien parler, Acad. Observ. sur Vaugel. p. 344, dans pouoens. Notre ami Corbinelli vous assui'e de ses obéissances et de sa (Idèle amitié, sÉv. à Bussij, 21 janv. ifl. Présentez, je vous prie, mes obéissances à celui jui a soin de la saille du roi, volt. Lett. en fers et en prose, «32. Il Proverbe. Obéissance vaut mieux que sacrifice, se dit par allusion i l'histoire d'Abraham, dont l'obéissance fut plus méiiloire que n'aurait 6tè le sacrifice de son fils. L'obéissance vaut mieux que tous les sacrifices, et tous les sacrilices sans lubéissancc ne peuvent être devant Dieu de nulle valeur, bouhdal. Uyst. Passion de J. C. 1. 1, p. 306. — 1II8T. xiu*8. Nus [nul] ne qucns ne bers |ni comte ni baron) ne puet [peut] donner son homme de foy, se n'est à son frère ou à sa suer; mes h iceus la puet il bien donner en partie, mes il ne le pourrollpasdpiinerà unestrange.seil ne ledounoil à lavoc] toute l'obéissance [service] qu'il avoil, «ans riens retenir, du cawob, o6fdt4mrta. ||xiv s. Collaboiw el patronages de bcneflces, hommes, homma-

ges, vassaux, vasselages, obéissances, honneurs, et quelconques autres rentes et appartenances, id. ib. Il XV* s. Cy vous [je] rens toute obéissance, en. d'orl. Bail. 102. Furent festoyez en la ville de Paris et receus bien honnorablement, et menez par l'obéissance et par les subjects du roy jusqucs en AUemaigne, a. cuart. Ilist. de Ch. ¥1 et ¥11, p. 247. Il ivi* S. [Ces pays] Fnrent submis en mon obéissance, marot, iv, I28. Recommander l'obéissance du [au] magistral, mont. 1, 123. Dieu ne se contente pas de demi-obeissance, ains la veut toute entière, langue, 76. Ces héritages que les baslanls acquièrent au cas qu'ils ont hoirs de leurs corps engendrez en loyal mariage, doivent eslro au seigneur souz lequel l'acquisition a esté faite, iiourveu qu'il ait obéissance et moyenne justice, combien qu'il n'ait haulte justice, Cousl. gcnér.i. 11, p. 782.

— f.TYM. Obéissant.

OBÉISSANT ANTK (o-bé-i-san, san-t'), adj. li 1° Qui obéit. Un enfant obéissant. Vous irritez un roi dont vous voyez l'armée Nombreuse, obéisîinto, à vaincre accoutumée, corn. Nicom. m, 2. ï^t Gange, dont le jour voit la source en naissant. Par l'heur de mes travaux vous est obéissant, botr. Bdis. V, 5. Et vous, s^iinto comp'ignie, qui avez désiré d'ouïr de ma bouche lo panégyrique de votre père.... vous avez été, durant tout le cours de sa vie, obéiss.iuls à ses ordres, boss. Bourgoiug. [Rome] Et quoiqu'à ses Césars fidèle, obéissante, bac. hérén. Il, 2. Il On dit par formule de civilité en teimiiianl une leltre : voire très-humble et très-obéisfînt serviteur. || 2° Il se dit aussi des animaux. Un chien obéissant. Un cheval obéissant. {| 3° Fig. Soumis, docile. Rendre ses passions obéissantes à la raison. Je saurai , s'il le faut, victime obéissante. Tendre au fer de Calcbas une tête innoccnlo, bac. fphig. IV, 4. Il 4" Fig. Souple, maniable, qui cède facilement, en parlant d'objets inanimés. Un vaisseau qui fend la mer obéissante. Du cuir, du Lois obéissant. || Terme de marine. Navire obéissant, navire sensible à l'elTet du gouvernail.

— HIST. xu* s. Molt est, qui aimme, obeissanz. Et molt fet tost et volontiers Ce que s'amio do;e plaire, chestirn de troyes , dans GuiHaumi; d'Eng/Wtrre, publié par fr. michel, v. 3798.||xiv' s. L'utilité de sa concavité [d'un os] fu que il l'ust plus legier et plus obéissant au mouvement des muscles, H. DE uondeville, f° 20, verso. || xvi" s. Grande moisson l'obéissant recueille, cotgrave.

t OBÈI.lî (o-bè-l'), s. VI. Terme d'anli(|uité. Marque dont les critiques anciens et, en particulier, les critiques alexandrins, notaient les vers d'Homère qui leur semblaient Sire supposés el ne pas appartenir au poète.

— RTYM. 'Oge)è;, proprement broche, et, par extension, signe do forme longitudinale.

t OllÉLiA 1,0-bé-ii-a), *. m. Genre établi par Lamouroux pour un polypier calcaire {obelia tubidifcra) qu'on trouve adhérent sur les fucus de la Méditerranée. Il Genre de méduses établi par Pérou et Lesueur pour une espèce presque microscopique.

OBÉLISQUE (o-bé-li-sk'), s. m. \\ 1° Monument quadrangulaire en forme d'aiguille, élevé sur un piédestal et ordinairement monolithe. L'Egypte semblait mettre toute sa gloire à dresser des monuments pour la postérité; ses obélisques sont encore aujourd'hui, autant par leur beauté que par leur hauteur, lo principal orneruent de Rome [où César et Auguste en lireiit apporter], rollin, Ilist. anc. Œuv. t. i, p. (7. Une ]ilaiilo est un monument plus durable qu'une médaille ou qu'un obélisque, FONTEN. Ilorin. ils [les Égyptiens) ont travaillé des blocs de granit do plus do vingt mille pieds cubes, pour en former des colonnes et des obélisques d'une seule pièce, buff. J/m. 1. 1, p. t5a. L'orgnuuleui obélisque au loin couché sur l'herbe, DELiLLE, Jardins, iv. Les obélisques gris s'élançaient d'un seul jet, v. uuoo. Orientales, i. || Absolument, il Paris, l'obélisque se dit de l'obélisque de Louqsor dressé sur la place de la Concorde. || 2» Sorte de mollusque, voy. troque a.

— ÊTYM. 'OëeXioxo;, diminutif de iStXè;, broche. OBÉUft, ÉE (o-bé-ré, rée), ;iait. j;ai.ï<! d'obérer.

Accablé de dettes. Tanl do familles obérées, minées sans ressource et tombées dans la dernière nécessité, bouidal. 8'dim. après la Pentecôte, Vominic. t. m, p. <08. Celte conipignio, mal servie par les facteurs et très-obérée, allait se dissoudre, RAYNAL, Ilist. phil. vm, 22. Il On dit quebiucfois par pléonasme : obéré de dettes. Tous les gens do fa cour, obérés de dettes, s'en étaient libérés arec du papier [sous Law|, qui ne leur avait coûté que dos bassesses, DUlXOS, (liuv. i. VI, p. 33.

OBÉRI'.R (o-bé-ré. La syll.ihe M prend un accent grave, quand la syllabe qui suit estmuelte : j'obère, excepté au futur et au conditionnel : j'pbererai, j'obérerais), r. a. Il 1" Accabler de délies. Celle entreprise l'obéra. Les guerres obèrent les nations. il 2' S'obérer, v. réfl. S'endetter. À la fin la nation s'obère, le peuple est foulé, le gouvernement perd toute sa vigueur, et ne fait plus que peu de chose avec beaucoup d'argent, j. 1. nouss. Econ. polit. Les besoins, les fantaisies, les déprédations augmentaient, et le IL-iC s'obérait toujours, raynal, Wtsf. p/ul.iv, ) 8,

— ÊTVM. Lat. obarare, do ob, eta-s, monnaie, proprement cuivre (voy. aihain).

t OBEKON (o-be-ron), t. m. Dans la féerie et la cabale, le roi des génies de l'air.

— ÊTYM. L'origine et la vraie orthographe est Auheron, dans Iluon de Bordeaux. Selon la Villemarqué, suivi par Guessard (Préf. de Iluon de Bordcauj), c'est un personnage de la féerie celtique : gicyn-Araun, c'est-à-dire le blanc Araitn. Araun voudrait dire vapeur. Selon J. Grimm, die Mijlhol. p. 421, il est identique à un Alberich ou Elberich, roi des Elfes dans les Niebelungen, mythologie germanique. Selon Gaston Paris {Uev. yerm. t. XVI, p. 381), ce serait un personnage légendaire des Francs mérovingiens, Alberic l'enchanteur, fils de Clodion « qui demeurait toujours dans les forêts, selon Hugues de Toul.... et renouvela la secte païenne.... » Celte opinion est la plus probable, car c'est dans lo poème français qu'Ofccron apparaît d'abord. En tout cas l'origine est française, au moins sous la forme Oberon, et c'est au français que les Anglais et Shakespeare l'ont emprunté.

f OBÈSE (o-bè-z'), adj. Qui a un excès d'embonpoint. Un homme obèse.

— ÉTY.M. Lat. obesus, proprement, bien nourri, de ob et edere, manger.

OBÉSITÉ (o-bé-zi-té), s. f. Excès d'embonpoint. L'obésité est pénible dans la vieillesse.

— ÊTYM. Lat. obesitatem, de obesus, obèse. OBIER (o-bié) , s. m. Nom vulgaire et spécifique

de la viorne obier {viburnwn opulus, L.), arbrisseau fort dur qui ressemble un peu au cornouiller et qui porle de petites baies rouges; la variété cultivée dans les jardins en est connue sous le num de boule de neige. || Quelques-uns écrivent aubier

— lliST. xvi* s. Ormes, chesnes, fresnes, charmes, obiers, cornouilliers, 0. dk serres, t92.

— ÊTYM. liai, obbio. Le latin opulus, avec accent sur 0, aurait donné obe; très-probablement obier csl obe, alVublé de ier qui appartient à une foule de noms d'arbres.

t OUIMBRIQUÉ, ÊK (o-bin-bri-ké, kée) adj. Terme de botanique. Qui est imbriqué à rebours, c'est-à-dire do telle sorte que les folioles les plus courtes sont les plus rapprochées du centre.

— ETYM. Ob..., et imbriqué.

GBIT (o-bit'), s. m. Terme de liturgie catholique. Nom donné, dans plusieurs églises, aux messes anniversaires qui se disent pour les morts. Fonder, dire, chauler un obit. || L'émolument produit par l'obit. ||/lu plur. Des obits.

— iiisT. xiir s. El puis ait en mémoire sa fin et son obit [sa mort); Netenient tient son cuer qui ainsi le forbit, J. de ueung. Test. iao:i. || xv s. Ne demeura gueres longuemcnl que on fil l'obit du roi Ferrand de Porlingal à Lusscbonne, froiss. 11, m, 29. Ilxvi* s. Hypocrisie en a taillé l'babit. Dessous lequel tel pour sa mère pleure, Qui bien voudroil de son peio l'obit, marot, m, 287.

— ÉTYM. Lat. obitus, do obire, mourir, proprement passer, de ob, et tre, aller.

OlilTlîAlUlî (o-bi-iu-ô-r'), adj. m. || 1° Registre obiluaire, ou, substanlivement, un obituaire, registre où l'on écrit les noms des morts, le jour do leur sépulture, la fondation des obits, etc.||2"S.m. Obituaire, celui qui était pourvu, en cour de Rome, d'un bénéfice vacant par mort (en lat. pcr obilutn).

— UESl. L'expres.sion de sUlisliiiue obituaire, que quebiucs auteurs emploient, est liès-défeclueuse, à la place de celle de slalislique mortuaire. Obit a un sons spécial, qu'il n'est pas permis do détourner.

—ÊTYM. Obit.

OUJIXIÉ, Élî (ob-jè-klé, klée), par», paiiii d'objecter. Los raisons objectées par les cartésiens cuiiiro la gravilalion.

OUJECTEB (ob-jc-kté), t>. o. || 1* Oppo.ser comme objection. El s'étant objecté qu'il scmlile que la loi divine ne devait point secourir l'iionime en ce (joi est des préceptes moraux, parce que s.i raison lui suffisait pour cela, pasc. 3' cl *' factum pour Ift curés de Paris, 1, lo. Calvin, s'objectant à lui-même que, par la doctrine qu'il enseignait, tous lesju-

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gctnents de l'Église.... devenaient sujets à la révision, Boss. 6* aiert. m, a. Ce ne sont pas tant les raisonnements que je crains, que ceux qui, sans se rendre aux preuves, n'y veulent rien objecter, I. j. Rouss. Pair perp. Ce sophiste manque du moins à la bienséance de la conversation, qui con- 6ist'-> à n'objecter que des clioses auxfjuelles on accorde soi-même quelque solidité, didebot, Opin. dcsanc. pliilos. {philos, pyrrhonienne). On objectait à Galilée que, si la terre tournait sur son axe de l'ounst à l'ost, un projectile poussé perpendiculairement à l'horizon ne tomberait pas au point d'où il se serait élevé, mais qu'il tomberait plus ou moins vers l'ouest.... coNDiL.i4rt de rat>. III, t. Une m'objecte plus dans un humble, langage Ces timides raisons i|ui Rlacent le courage, nucis,. ilacbelh, m, 3. Il î" Reprocher. On lui a objecté la corruption de ses mœurs. || 3" S'objecter, v. re'/I. Èlre objecté. Voilà ce qui s'objecte en pareille circonstance.

— REM. Régnier disait objelter : Or, pour moi, tout le mal que leur discours m'objelte.... Sa/, v.

— IIIST. xiv's. Et qui me objettoroit comme le «arg et l'ordure se puet oster sans lever l'os, qui est entrée par la fente du test sur la dure mère, je rcspons.... lanfhanc, f" 28. || xvi's. Quelcun objettcra, que toutes choses désirent de persister en leur estre, calv. Instit. 56 1. On pourroit objecter que.... m. ib. 60». Comme un miroir qui représente indilToremment toutes figures et impressions, autant de temps que les corps lui sont opposés et objectes, TVER, p. B02.

— ETYM. Lat. objectare, de ob, et jactare, jeter (voy. jeter). Une plus ancienne forme est objieer, tiré directement d'oiy'iijere.

OBJECTIF, IVE(ob-jè-klif,kti-v'),a(fj. Il 1* Terme d'optique. Verre objectif, le verre d'une lunette destiné à être tourné du côté de l'objet qu'on veut voir. Tous les physiciens savent aujourd'hui qu'il y a trois ca\ises qui empochent la lumière de se réunir dans un point lorsque ses rayons ont traversé le verre objectif d'une lunette ordinaire, buff. Ilist. min. Introd. Œuv. t. vu, p. 2:14. || .9. m. Nom donné au verre d'une lunetîe composée, ou aux lentilles simples ou composées du microscope qui sont tournées vers l'objet qu'on examine. Dans les télefi-opes, le foyer de l'olijectif est plus long que celui lie l'oculaire ; dans les microscopes composés, c'est le contraire. Pourquoi, jusqu'à ce jour, n'a-t-on p.îs fait des objectifs de doux ou trois pieds de diamètre? l'aberration des rayons causée par la sphéricité des verres en est la seule cause, buff. IKsl. min. Introd. Œuv. t. vu, p. 251. l'Ius le foyer de l'objectif est long, plus celui do l'oculaire peut être proportionnellement court, et pir conséquent être contenu un grand nombre de fois dans celui de l'objectif, BRissoN, Traité de physique, t. 11, p. *7*, dans pouGENS. Il [le télescope de Galilée] est composé de deux verres, dont l'un, qui est convexe, est placé du côté de l'objet et porte le nom d'objectif, et l'autre, qui est concave, est placé du côté de l'œil et s'appelle oculaire, id. 16. t. 11, p. 469. Le premier objectif construit par Huyghens, celui avec lequel il a fait la découverte du satellite et de l'anneau de Saturne, vient d'être retrouvé dans le cabinet d'instruments de physique de l'université d'Utrecht, H;«ZTipio, Acad. det se. Comptes rendus, t Lxv, p. 987. Il On dit au'si, dans un sens analogue : l'objectif d'une chambre noire, l'objectif d'un daguerréotype, l'objectif photographique. || 2'Terme de chirurgie. Cautérisation objective, celle qui consiste à tenir, à quelque dislance do la partie malade, un fer rouge ou un charbon ardent. || 3* Dans 'e langage de la scolastique et de Descartes. Qui rst relatif à une entité intermédiaire entre le monde extérieur et la pensée; l'entendement, dans cette vue, étant en communication non avec le inonde extérieur, mais avec des représentations de ce monde que l'on supposait le» seuls objets de la pensée; de sorte que, pour Descartes, le soleil par exemple est dans la pensée objectivement ou par reprcsenlation, et, dans la nature, actuellement ou en effet. Par la réalité objective d'une idée, j'entends l'entité ou l'être do la chose représentée par celte idée, en tant que cette entité est dans l'idée; car tout ce que nous concevons comme étant dans les objets des idées, tout cela est objectivement ou par représentation dans les idée» mêmes, desc. nép. aux V abject. 69. Les idées qui me représentent des substances sont sans doute quelque chose de plus [que des façons do penser], et contiennent en soi, pour ainsi parler, plus de réalité objective, ID. Médit. III, «0. Il est évident que c« qui est com- Kun à tous et à toutes parties de tous convient i

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l'idée objective de tous, c'est-à-dire à l'idée qui est ', en Dieu de toutes les modalités de ses attributs, ' souLLAiNviLL. Héfut. dc Spinosa, p. 149. Il Aujdur- ' d'hui, objectif est opposé à subjectif, et se dit de toute idée qui vient des objets exléripurs à l'esprit; cette nouvelle acception, qui est seule maintenant en usage, est due à la philosophie ide Kant. On appelle, dans la philosophie allemande, idées subjectives celles qui naissent de la nature de notre intelligence et de ses facultés, et idées objectives toutes celles qui sont excitées par les sensations, STAËL, Allem. m, a. || 4° En termes de théologie. Dieu est notre béatitude objective, Dieu est le seul objet qui puisse faire notre bonheur. || 5" Terme de grammaire générale. Voix objective, s'est dit quelquefois pour voix passive. || Cas objectif, cas qui exprime le complément direct des verbes. || 6°Ternie de stratégie. Ligne objective, celle qui tond militairement vers un point, un but, où l'on se propose d'arriver. || Substantivement. Avoir tel point pour objectif, diriger son attaque vers ce point.

— ÉTV.M. Objet, écrit anciennement object.

OBJECTION (ob-jc-ksion ; envers, dequatre syllabes), s. f. Difficulté qu'on soulève contre une proposition, contre une assertion. Enfin et voici le fort de l'objection : n'y a-t-il pas des choses ajoutées dans lo texte de Moïse.... boss. Ilist. it, (3. On n'aime point la piété véritable, parceque, contente des biens éternels, elle ne fait pas la fortune de ceux qui la suivent; c'est l'objection ordinaire que font à Dieu les hommes du monde, in. la Valtirre. Dès que je m'aperçois que l'on m'enlend, j'aime mieux les objections que les applaudissements; mais je demande, ou qu'on me laisse dans l'oubli, ou qu'on veuilie bien prendre la peine de m'cntcndre, et de me représenter ensuite tel que je suis, du- MARS. Œuvr. t. I, p. 4 50. Je me sentirais assez de force pour oser lui faire respectueusement quelques objections, volt. Candide, I3. J'aurais de grandes objeclions à faire sur ce qu'il nie propose; mais j'aime encore mieux une conclusion qu'une objection ; concluez donc, mon cher ami, id. Lett. Houssinot, nov. I7a7. Prévoir une objection, c'est la réfuter, sans être obligé d'y répondre, duglos, Consid. mreurs, 4.

— iIlST. xiv* s. Albert fait ici une objection.... onESME, Elh. 47. Il ivi« s. Pour repoulser ces objections là et autres semblables, ils disent que.... AMïOT, De la vertu morale, 23.

— ÉTY.M. Provenç. ohjectio; espagn. objeccion; ital. obbiezione; du lat. objectionem, de objeclum, supin de objieer^, objecter, proprement jeter en avant, do ob, et jacere, jeter (voy. jet).

t OBJECT IV ATION (ob-jè-kti-va-sion), t. ^. Terme de philosophie. Action de rendre cbjcctif,d'objecti ver.

+ OnJECTlVE.MENT (ob-jè-kti-ve-man), adv.

Il I" Dans la philosophie scolaslique et dans celle de Descartes, d'une manière objective, c'est-à-dire par représentation, à l'aide d'une entité objective. Pour imparfaite que soit cette façon d'être par laquelle une chose est objectivement ou par représentation dans l'entendement par son idée.... desc. 3» Uédil. H. Je parle do l'idco qui n'est jamais hors do l'entendement, et au respect de laquelle étro objectivement no signifie autre chose qu'être dans rentendcmeiit en la manière que les objets ont coutume d'y être, ID. Ilép. aux prem. objections, 3. Tout ce qui est objectivement et par représentation dans les idées, ID. 8*nip'dil. 9. 112° Dans la philosophie moderne, d'une façon objective , relativement aux objets extérieurs. Ce (jui est connu objectivement.

— f.TYM. Objective, et le suffixe ment.

t01UKt:TIVEn(ob-jè-kli-vé),i;.o. Terme de philosophie moderne. Rendre objectif; considérer comme objectif. Il Objectiver le subjectif, examiner comme un objet d'étude notre propre moi et chacune do «es impressions ou dc ses opérations; objectiver lo subjectif signifie aussi prendre pour objectif ce qui est subjectif, confondra le subjectif avec l'objectif.

— f.TYM. Objectif.

t OBJECriVJTi; (ob-jê-kti-vi-té), 1. f. || 1* Terme de philosophie moderne. Qualité do ce qui est objectif; existence des objets en dehors de nous. Il 3» Terme néologiqu» de littérature et do beauxarts. Perfection du style, du dessin, do l'exécution en général, qui fait qu'un objet d'art prend une eiisicncQ individuelle et un caractère tout h fait in' des idées particulières do l'auteur.

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