I. est tri»-putssant« d^ns Shiikc.<i>carc
d.iii • .'liuir le.
— f.TYM. Objectif.
OBJET (ob ji; le t se lie : un oh-jè-t agréable; au pluriel, r«ie lia : des ob-j«-t agréables ; objets rimo
avec traits, succès, paix, etc.), s. m. || 1* Tout ce qui se présente à la vue. Ils n'assurent quoi que ce soit, n'oseraient jurer qu'il soit jour en plein midi, ne sont point cerlains si les choses qu'ils voient sont objets ou illusions, balz. De la cour. 6° dise. Les images des objets ne se forment pas seulement ainsi au fond de l'œil, mais elles passent encore au delà jusques au cerveau, desc. Diopir. v. Quel objet se présente à mes yeux? ce n'est pas seulement des hommes à combattre ; c'est des montagnes inaccessibles, c'est des ravines et des précipices, BOSS. louts de Bourbon. Il n'est point de serpent ni do monstre odieux Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux; D'un pinceau délicat l'arlifica agréable Du plusafi'reux objet fait un objet aimable, BOiL. Art p. III. Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux, ID. ib. Elle voit (quel objet pour les yeux d'una amante 1) Hippolyte étendu sans forme et sans couleur, rac. Phèdre, v, 6. Tous les objets paraissent sombres et en confusion le matin aux premières lueurs de l'aurore; mais ensuite ils semblent sortir comme d'un chaos, quand la lumière, qui croît insensiblement, les distingue et leur rend, pour ainsi dire, leurs figures et leurs couleurs naturelles, ?én. TH. ixiv. Il X cet objet, à cette vue. X cet objet d'horreur, l'œil troublé, le teint blême, J'ai demeuré longtemps plus morte que lui-même, rotr. Antig. 1, 2. Jugez à cet objet ce que j'ai dû sentir, bac. Théb. V, 5. Ji 2" Tout ce qui affecte les sens. Les couleurs sont les objets de la vue, les odeur» de l'odorat, les saveurs du goût, les sons do l'ouïe. Elle [l'àme] n'est pas plus heureuse en jouissant des plaisirs que les sens lui offrent. ...ces sens, dont elle emprunte, empruntent eux-mêmes de tous côtés; ils tirent tout de leurs objets, et engagent par conséquent à tous ces objets extérieurs l'àmo qui, espérant en ses sens, ne peut plus rien avoir que par eux, boss. la Vallière. \\ 3° Terme de philosophie. Tout ce qui est en dehors de l'ilme; par opposition à sujet qui exprime ce qui est en dedans de l'ime. L'objet et le sujet. || Terme de scolastiquo. Objet matériel, la chose mémo qu'une science considère. Il Objet formel, la manière dont l'objet matériel est considéré par la science. || Objet total ou adéquat, réuniondel'objet matériel et de l'objet formel. || 4" Chose, dans un sons indéterminé. C'est un objet de peu de valeur. Objotsde première nécessité. Il Un objet do dépense, quelque chose qui occasionne do la dépense. Coûta, que les Portugais prirent en 1400, que les Espagnols eurent sous Philippe 11, cl qu'ils ont conservé toujours, n'a été qu'un objet do déiiense, volt, ilixurs, tc''. || Un grand objet, quelque chose d'un grand intérêt. Rome, toujours un grand objet pour les nations, mais toujours à plaindre, volt. J/œnrî, 3t. Dans le trésor particulier du sultan, on compte les confiscations pour un grand objet, in. 16. I5». ||Fig. en général, chose abstraite, morale. Il y a deux choses importantes.... dont tous les citoyens doivent s'entretenir dans les pays libres : l'une est le gouvernement, l'autre la religion; lo marchand, l'artisan doivent se mettre en état do n'être trompés ni sur l'un ni sur l'autre de ces objets, volt. Qnest. niiracJ. iett. to, || 6" Kig. Tout ce qui se présente à l'esprit, tout ce qui l'occupe. Un objet important l'occupe présentement. Il ne saurait donner une attention suivie au même objet. La mienne [tristesse] n'est point du tout dissipée par la diversité des objets, sRv. 4 oct. 1684. Quand une fois on a trouvé la moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom; ceux-ci [les Anglais), occupés du premier objet qui les avait Iranspurlés, allaient toujours, sans regarder qu'ils allaient à la servitude, boss. Louis da llourbon. X la vue du saint viatique qu'il avait tint désiré, voyez comme ca prince s'arrête sur ce doux objet, ii>. ib. 'foi [âino] qui étais née pour l'éternité et pour un objet immortel, tu devii ns éprise et captive d'une (leur qua lo soleil desscche, id. la Valliire. L'éternité se présentait à ses yeux comme le digne objet du cœur de l'homme, 10. le Tellier. César do Unit d'objets en mémo temps frappé, bac. Drit. v, s. Le plus charmant objet do la nature, lo plus capable d'o mouvoir un cœur sensible et de lo porter au bien, est, je l'avoue, une femme aimable et vertueuse ; mais cet objet céleste où se cache-t-il? l. J. nouss. Lett. à d'Atcmb. La passion a toujours un objet : on ne désire point ce qu'on no connaît point, bon- HBT, Ess. anal, dme, (H. ||l)ans le langage philosophique, tout ce qui meut, occupe les facultés da l'àme. Le vrai est l'objet de rentendcment. Le bien
OBJ
est l'objet de la volonté. || L'objet meut, émeut la puissance, c'est-à-dire la présence de l'objetexcite le désir. Il 6* Fig. Tout ce qui sert de matière à une science, k un art, à une œuvre littéraire. Les corps naturels sont l'objet de la physique. Le sublime ne peut se trouver que dans les grands sujets;la poésie, l'histoire et la philosophie ont toutes même objet, et un très-grand objet, l'homme et la nature, buff. Disc, derécfpt. Ses dialogues [de FénclonJ sur l'éloquence, et sa lettre à l'Académie française sur le même objet, renferment les principes les plus sains sur l'art d'émouvoir et de persuader, d'alemb. Éloges, Fénelon. La durée d'un ouvrage, quelque mérite qu'il ait d'ailleurs, est presque nécessairement liée à celle de son objet, id. Destrucl. desjésuit. Œuv. t. V, p. 57, dans pol'gens. Quel est l'objet de la philosophie? c'est de lier les hommes par un commerce d'idées et par l'exercice d'une bienfaisance mutuelle, diderot, Claude et Nér. ii, 2. Qu'on ne dise plus que les grands objets manquent à l'éloquence, mais bien plutôt que l'éloquence manque le plus souvent aux grands objets qui la demandent, qui l'appellent, qui l'invoquent de toutes parts, MARMONTEL, Élém. Utt. Œuv. t. X, p. <07, dans pocGENS. Il On dit dans un sens analogue : l'objet de la conversation. La conversation a changé d'objet. Vous étiez l'objet de notre entretien. || 7" Fig. Tout ce qui est la cause, le sujet, le motif d'un son;iment, d'une passion. Mais si vous connaissez l'amour et ses ardeurs. Jamais pour son objet il ne prend les grandeurs, corn, ilédée, u, 6. Et je serais moins roi qu'un objet de pitié. Si le bandeau royal m'ôtait votre amitié, id. Nicom. iv, 6. Pui»-je d'un tel chagrin savoir quel est l'objet? id. Cinna, m, 2. Je le donne Emilie, Le digne objet des vœux de toute l'Italie, id. ib. v,t. Ce sufierbe.... se met au rang des gens désabusés... et, devenu le seul objet de ses complaisances, il se fait lui-même son dieu, Boss. Anne de Goni. Princesse, le digne objet de l'admiration de deux grands royaumes, id. Duch. «rOrJ. Mes frères, je parle à vous; à vous, dis-je, qui faites l'objet de nos plus tendres inquiétudes, ID. <■• inslr. 37. Sylla devint l'objet de la jalousie de Marius, id. Hist. m, 7. Mme la duchesse d'Orléans est un objet de pitié, maintenon, Lelt. à Urne de Caylus, 2 sept. (7(7. Un esclave est pour elle un objet de courroux, rac. Alex, i, 2. Lève-toi, triste objet d'horreur et do tendresse, volt. Brutus, v, 7. Ce même Sarmate objet de vos dédains, id. Sifmiratn. ii, 3. || 8° Kig. But, fin qu'on se propose. Elle [une âme pieuse] n'a d'autre objet que la voiile élhérée, bégsier, Sat. xiii. L'unique objet de l'Écriture est la charité, pasc. Pens. part ii, art. 9. On peut avoir trois principaux objets dans l'étude de la vérité, ID. ib. part, i, art. 2. Sachez que leur objet [des jésuites] n'est pas de corrompre les mœurs; ce n'est pas leur dessein, id. Prov. v. La chronologie contentieuse n'est pas votre objet, boss. Hist. 1, (2. Mon principal objet est de vous faire considérer, dans l'ordre des temps, la suite du peuple de Dieu et celle des grands empires, id. ib. ii, (. i;rIIc élection divine avait un objet plus haut que celui qui paraît d'abord, id. ib. il, 4. Jusqu'ici les traités de paix avaient la guerre pour véritable objet ; on se ménageait ou un repos do quelques années pour réparer ses forces, ou plus de force pour attaquer un ennemi commun, fonten. Rép. card. Dnb. Œuv. t. III, p. 320 dans pougens. C'est à eux d'amuser le peuple qui lit sans objet, sans pénétration et sans goût, vauv. ttax. ccxui. On avait fait la guerre de la Fronde pour je ne sais quel édit du tarif, qui ne devait pas être regardé comme un objet, VOLT. i'oJil. et Ugisl. Letl.àif. T"*. Le grand objet du maréchal de Saxe était toujours de prendre Uaëstricht, id. Louis XV, 26. Leurs arts [des sauvages], qui tous n'ont pour objet que les moyens de se procurer une subsistance convenable à leur goût, BUFP. Quadrup. t. ii, p. (74. Un mouvement •ans objet, duclos, Consid. mœurs, i. Le premier objet de ceux qui imaginèrent les hiéroglyphes, fut de conserver la mémoire des événements, et de faire connaître les lois, les règlements, et tout ce qui a rapport aux matières civiles, condillac, Conn. hum. u, i, (3. || Remplir son objet, atteindre le but proposé. Les Français furent vainqueurs, et les alliés no furent pas mis dans une déroute assez Kimplctc pour que le granl objet du siège de Maës- Iriclit pût être rempli, volt. Louis IV, 28. L'objet du mirisge est d'avoir des enfants; mais quelquefois cet objet ne se troure pas rempli, bu»f. Uist. •at. Bom. (Eue. t. iv, p. 282, || »• Fig. et par excellonce, femme aimée. Non, non, ce cher objet » qui J ai pu déplaire, Ne peut pour mon i upplico
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avoir trop de colère, corn. Cid, m, (.0 trop aimable objet qui m'avez trop charmé, id. Poly. II, 2. Lorsqu'un digne objet a pu nous enflammer, Qui le cède est un lâche et ne sait pas aimer, id. Rodog. i, B. Adieu, trop vertueux objet et trop charmant, ID. Poly. il, 2. Mais quand d'un bel olijet on est bien amoureux. Que ne ferait-on pas pour devenir heureux? mol. l'Ét. ii, 2. Et dans l'objet aimé tout leur devient aimable, m. Mis. ii, 6. L'objet s'appelle Mlle de la Coste; elle a plus de trente ans, elle n'a aucun bien, nulle beauté, sÉv. 384. Volage adorateur de mille objets divers, rac. Phèdre, ii, 6. Et pour tout autre objet ton âme indifférente Dédaignait de brûler d'une flamme innocente, ID. ib. IV, 2. Cet objet que ma rage a privé de la vie, VOLT. Zaïre, y, lo. || 10° Il s'est dit pour la personne d'un homme ou d'une femme, pour l'image d'un objet (ce qui n'est plus usité). Il fait tous ses efforts pour gagner mes parents. Et, s'il les peut fléchir, quant à moi, je me rends; Non, à dire le vrai, que son objet me tente ; Mais, mon père content, je dois être contente, corn, la Place roy., v, 6. Prononcez donc, madame, et faites un monarque : Nous céderons sans honte à cette illustre marque; Et celui qui perdra votre divin objet Demeurera du moins votre premier sujet, id. Rodog. m, 4. [Le cerf se mirant dans une fontaine].... ne pouvait qu'avecque peine Souffrir ses jambes de faseaux, Dont il voyait l'objet se perdre dans les eaux, La FONT. Fabl. VI, 9. Si ce parfait amour que vous prouvez si bien Se fait vers votre objet un grand crime de rien, mol. les Fdch. i, (. || 11" Terme de grammaire générale. Se dit quelquefois du complément ou régime direct, par opposition à sujet. L'objet est un accessoire du verbe; il doit le suivre immédiatement, ou du moins il n'en peut être séparé que par des modifications mêmes du verbe, condil. Gramm. n, 88.
— SYN. owET, SUJET. Au mot sujet, l'Académie dit : Les corps naturels sont le sujet de la physique. Et au mot objet, elle dit : Les corps naturels sont l'objet de la physique. Quel est, dans cet emploi, le sens précis des deux mots sujet et objet? Ces deux mots ne diffèrent que par les prépositions: ob signifiant devant soi, et sub, sous soi : le sujet c'est sur quoi l'on travaille; l'objet c'est ce à quoi l'on vise. Il est plus usité de dire l'objet d'une science que le sujet d'une science; cependant cela se dit aussi, et le sens revient au même; mais on dit le sujet d'une comédie, d'une tragédie, d'un tableau, et non l'objet; ou du moins le sens .serait tout différent: l'objet d'une comédie, d'un tableau, serait l'effet moral ou esthétique auquel viseraient cette comédie, ce tableau.
— HIST. xiv* s. Object est la chose vers laquele est la puissance active ou passive ou l'opération. — Coleur est object de voiement ou de vision, saveur est object de goust ou de gouster, et chaleur et froideur sont object de touchement, oresme. Thèse de MEUNIER. Il xvi* s. Les saoTomens de la. nouvelle loy justifient et confèrent grâce, si nous n'y mettons object [obstacle] ou empeschement de péché mortel, calv. Instit. (037. La veue d'un object agréable, MONT. I, 99. Est-il si simple entendement, lequel, ayant d'un costé l'object d'un de nos vicieux plaisirs, et de l'autre...? id. ii, (44.
— ÈTYM. Ital. obbielto et oggetto ; du lat. objectum, chose mise en avant, de objicere (voy. objection).
OBJURGATION (ob-jur-ga-sion), s. f. Figure do rhétorique par laquelle on adresse à quelqu'un des reproches. Le reproche, l'objurgation, la honte, la vue do l'opprobre.... marmontel, Élém. Utt. Œuvr. t. IX, p. 205, dans pougens.
— HIST. XVI* s. S. Paul monstre que la doctrine et objurgation ne profitent gueres de soy à changer le cœur de l'homme, calv. Instil. 233.
— ÉTYM. Lat. objurgalionem, de objurgare, de ob, et jurgium, querelle.
t OBJURGATOIRE (ob-jur-ga-toi-r'), adj. Qui appartient à l'objurgation.
— ETYM. Lat. objurgatorius (voy. objurgation). f OOLADE (o-bla-d'), *. m. Poisson ;de la Méditerranée (genre bogue),
OBLAT (o-bla), s. m. l| t' Nom qu'on attribuait autrefois aux enfants qui étaient donnés par leurs parents à quelque monastère, et à ceux qui s'y donnaient eux-mêmes, avec leurs biens et quelquefois avec toute leur famille. Un décret de l'assemblée d'Aix-la-Chapelle [en 8(7], par lequel il est défendu do tenir des écoles dans les monastères pour autres (|ue pour les oblats, Mim. de Trévoux, (726, t. i, p. (39. Il Oblats de r£glise, oblats de la sainte Vierge, titre qui fut donné aux princes normands du midi
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de l'Italie, qui offrirent leurs possessions à l'Églis». Il 2° On a donné ensuite le nom d'oblat à une espèce de moine laïque, que le roi mettait dans chaque abbaye de sa nomination, et qui était ordinairement quelque vieux soldat. || 3° Oblat de l'Immacuiee Conception, nom d'un ordre fondé au commencement de ce siècle par le P. Mazcnod.
— HIST. xvi* s. Oblat est le soldat ou gendarme pauvre qui au service du roy est demeuré perclus et estropié de l'un de ses membres, en reconnoi=sance de quoy le roy luy peut assigner ses aliments sur quelques abbayes ou monastères qui se trouvent de la nature, pasquier, Rech. m, 36.
— ÊTYM. Lat. oblatus, offert (part, passé de o/ferre), de ob, et latus, porté.
OBLATION (o-bla-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Action par laquelle on offre quelchose à la Divinité. Le duc son père avait fondé dans ses terres de quoi marier tous les ans soixante filles : riche oblation, présent agréable, Boss./lnn» de Goni. Aërius, prêtre arien, est noté dans les écrits dos saints Pères comme l'auteur d'une nouvelle hérésie, pour avoir égalé la prêtrise à l'épiscopat, et avoir jugé inutiles les prières et lesoblalions que toute l'Église faisait pour les morts, id. Hist. I, 11. U [Jésus] fit à Dieu pour la première fois l'oblation solennelle de sa personne, bouhdal. Myst. Nativité deJ. C. t. i, p. 7. Elle porte à l'Agneau sans tache immolé sur l'autel, des vœux sincères, des pensées pures, des affections spirituelles, l'oblation d'un cœur contrit et reconnaissant, et le sacrifice de ses passions détruites ou du moins humiliées, FLÉCH. Daiiphine. || Par extension. Plusieurs philosophes, méditant sur la royauté, ont considéré la monarchie héréditaire comme l'oblation d'une famille à la liberté publique; tout doit être libre dans l'État, excepté cette famille, bihadeau, Collection, t. v, p. 407. || 2° Particulièrement. Action du prêtre qui, avant de consacrer le pain et le vin, les offre à Dieu. L'oblation et la sanctification qui précèdent le sacrifice de la messe, pasc. Lett. sur la mort de son père. Les anciennes liturgies qui contiennent la forme de cette oblation, tant en Orient qu'en Occident, sont entre les mains de tout le monde, boss. Var. xiv, § ( 22. || 3° Choses offertes à Dieu. Les intestins et les pieds ayant été auparavant lavés dans l'eau, le prêtre les brûlera sur l'autel pour être au Seigneur un holocauste et une oblation d'agréable odeur, saci. Bible, Lévit. 1, 9. Purifiez tous mes sens, afin que je vous sois présenté comme une oblation sainte et digne de vous, boss. Prépar. à la mort, 7. || 4° Ancien nom de l'hostie.
— HIST. xn' s. Lores receveras-tu oblatiuns e sacrifises, Liber psalm. p. 08. Si que jo n'eusse fait ma oblaliun, Rois, p. 43. j| xv* s. Et firent [les Gantoi.s' par les églises plusieurs processions et oblacions, en louant Dieu, froiss. ii, ii, (50. ||xvi* s. Diane luy demandoit le sacrifice et oblation de sa fille, amyot,
Pél. 38.
— ÉTYjr. Lat. oblationem,àe oblatum (voy. oblat).
tOBLATIONNAIRE (o-bla-sio-nô-r') , s. m. Prôlro qui vivait d'offrandes. || Diacre chargé de recevoir les offrandes. |1 Officier qui apporte le pain et le vin dans l'endroit où le pape doit officier.
— Rtym. Oblation.
t OBLIGATAIRE (o-bli-ga-tê-r'), s. m. et f. Porteur, porteuse de titres d'obligations émis par un gouvernement ou une compagnie. La moralité publique est engagée dans le déb.at, et c'est aut.int dans l'intérêt du gouvernement que dans celui des obligataires que je vous demande quelques instants. Extrait d'un discours prononcé au Corps législalif par M. Pouyer-Qxtertier (séance du 23 juillet ( 8G7).
— ÉTYM. Obliger.
OBLIGATION (o-bli-ga-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f.\\i° Ce (jui oblige. Obligation de conscience. Obligation d'honneur. Vous témoigner que je ressens, comme je dois, les solides obligations que j'ai d'être votre .serviteur, VOIT. iclt. 40, L'obligation qu'il [Dieu] leur impose de faire l'aumône, PASC. Prov. XII. Celui-là est un homme fait et un véritable sage, qui ne se fait pas une obligation du soin de contenter ses désirs, mais qui sait régler ses désirs suivant ses obligations, boss. 2* sermon. Purifie. 2. Les docteurs décident qu'il y a obligation de demander à Dieu toutes ces grâces [contenues dans le Pater], m. Et. d'orais. iv, (. Il faut remarquer l'obligation si glorieuse que ce grand pape [saint Grégoire] impose aux princes d'élargir les voies du ciel, m. Heine d'Anglct. Cette première obéis.sance est absolument nécessaire et d'une obligation indispensable, BouRnAL. Exhort. sur t'obéiss. relig. 1. 1, p. 200. Je compte sur quelque part dau«
OîîL
»os prières, à cette gramie Pte, et je n'oublierai pas mes obligations là-dessus, maintenon, Ult. ou tard, de NoaiVes, 2j déc. 1705. || D'obligation, impose, nécessaire. M. Jurieu aurait bien fait d'autres sermons [aux premiers chrétiens patients dans la persécution], et leur aurait enseigné que la modestie n'est d'obligation que lorsqu'on est le plus faible, B05S. !>• avert. 1 9. On voit par cette doctrine [de saint Augustin] que l'oraison dominica'.e est supposée être l'oraison d'obligation de tous les fidèles, id. Et. d'orars. vi, 7. Les femmes [à la cour de Turin] avaient chacune un amant d'obligation, hamilt. Cramm. 4. La duchesse de Berry jeûnait trSs-exactoment les jours d'obligation, st-sim. 435, 67. L'Église adopta bientôt cette solennité [fêle des Morts], et en fit une fête d'obligation, volt. Mœurs, 46. || 8- Lien de reconnaissance pour quelque service, pour quelque plaisir. Je t'en ai, je te l'avoue, toutes les obligations du monde, mol. l'Avare, ii, 8. Je veux que vous m'ayez cette obligation, sÉv. h ». Vous ne m'avez aucune obligation de cette société [de ce que je tiens société à M. de Rennes].... c'est un homme admirable.... sa conversation est légire.... id. 40i . Vous lui avez des obligations infinies, id. 63). L'obligation que je leur ai de m'accorder celte grâce, boss. Lelt. 31. Il a fait semblant de m'avoir obligation de l'avoir éclairé, FÉN. Tél. ni. Si les hommes savaient obliger, je crois qu'ils feraient tout ce qu'ils voudraient de ceux qui leur auraient obligation, mariv. ilarian. part. I . J'ai, dans toutes mes passions, détesté le vice de l'ingratitude ; et, si j'avais obligation au diable, je dirais dubiendeses cornes, volt. icH.flicfteJ. 3 juin (771. Il [le duc de Choiseul] m'accordait sur-lecliamp ce que je lui demandais; je ne lui ai jamais rien demandé que pour les autres; c'est ce qui augmente les obligations que je lui ai, id. Lelt. Rochefort, 27 mars 1771. Ce n'est que depuis un siècle environ qu'on a médité sur l'art de penser et de parler; nous en avons l'obligation aux Grecs d'Italie et de Sicile, barthSl. Anach. ch. 57. Si l'on no sent point du tout les petites obligations, l'on est incapable de ressentir fortement les grandes, GENLis, Ad. et Théod. t. i, p. 136, dans pougens. Il Fig. Avoir l'obligation de.... à une chose, devoir à cette chose ce dont il s'agit. Si les financiers ne sont plus grossiers, si les gens de cour ne sont plus do vains petits-maîtres, si les médecins ont abjuré la robe, le bonnet et les consultations en latin, si quelques pédants sont devenus hommes, à qui en at-on l'obligationT au théâtre, au seul théâtre, volt. Letl. Albergati, 23 déc. (760. ||II se dit aussi, par politesse, en des occasions de peud'imporlance. Prêtez-moi ce livre pour queliues jours, je vous en aurai bien de l'obligation. || 3° Action d'obliger, de rendre service. Puisque vous avez pris plaisir de m'obliger, je ne veux pas que vous ayez le regret d'avoir perdu votre obligation, i<Aiz. liv. v, lett. î&. 1^ 4° Terme de droit. Lien de droit qui astreint une personne envers une autre à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose. Les obligations du vendeur, de l'acheteur. La terme d'obligation a deux significations : dans une signification étendue, lalo lensu, il est synonyme au terme de devoir, et il comprend les obligations imparfaites, aussi bien que les obligations parfaites; on appelle obligations imparfaites les obligations dont nous ne sommes couip- (ablos qu'^ Dieu, et qui ne donnent aucun droit à personne d'en exiger l'accomplissement: tels sont les devoirs de charité, de reconnaissance.... le terme d'obligation dans un sens plus propre et moins étendu ne comprend que les obligations parfaites, qu'on appelle aussi engagements personnels, qui donnent à celui envers qui nous les avons contractés le droit d'en exiger de nous l'accomplissement.... les jurisconsultes définissent ces obligations ou engagements personnels un tien de droit qui nous astreint envers un autre à lui donner quoique chose, ou à faire ou à ne pas faire quelque chose.... ces termes.... ne conviennent qu'à l'obligation civile : l'obligation naturelle.... est aussi, quoique dans un •ens moins propre, une obligation parfaite, car elle d'^.'ine, sinon dans le for extérieur, au moins dans le fur de la conscience, à celui envers qui elle est contractée, le droit d'en exiger l'accomplissement; au lieu que l'obligation imparfaite ne donne p.is ce droit, POTHIKH, Traili dtiobligationi, ("part. art. prélim. Il Obligation gi'iièralc, colle qui donna lieu i des reprises sur tous les biens présents et h venir du débiteur. || Obligation spéciale, celle dont le payement ne peut être poursuivi que sur certains biens. Il Obligation principale, celle qui forma le princiiial obiet de l'engagement. || Obligation naturelle, celle ]ui est fondée surl'équité, mais qui ne produit point
OICT. DI LA LANOUK rRANÇAISI.
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d'action, par opposition à l'obligation civilo. || Obligation pure et simple, celle qui n'est soumise ni à une condition ni à un terme. || S" Acte notarié par lequel on s'oblige à donner ou à faire telle chose dans un temps fixé. || 11 se dit aussi de toute espèce d'engagement de payer. Le roi ne lui avait payé qu'une partie de cette somme, et pour le reste il lui avait donné une obligation, rollin, llist. ane. Œuv. t. x, p. 3)3, dans pougens |{ Obligation causée, celle dont la cause est exprimée dans l'acte. Il Faire honneur à ses obligations, payer ses dettes, acquitter ses engagements. || 6° Titre qui représente des capitaux prêtés, soit aux administrations publiques, soit à des compagnies de commerce, d'industrie, de chemins de fer: ils sont productifs d'intérêts et remboursables dans un temps limité. Obligation de la ville de Paris, des chemins de fer, etc.
— HIST. xiii* s. La seconde [espèce de preuves] si est par lettres, si comme quant aucuns s'est obligiés par letres, et cil qui s'obliga nie l'obligacion, BEAUM. XXXIX, s. || XIV* S. X lui obligiez fu li bers Hertram gentilz En obligacions à sceaux et escriz, Guescl. V. (9676. Il XV* s. Pour ce que le roi anglois, comme roi de France, les avoit quittés de la somme et de l'obligation, ce que nullement il ne pouvoit faire, froiss. i, i, (oa. Ils allèrent environ en quarante maisons de juifs, pillèrent et roberent vaisselle d'argent, joyaux, roubes elles obligations, juv. DES URSiNS, Charles VI, (380. Vieille oblig:ilion deffait nouveau marché, Perceforesl, t. v, ^ 77. Il XVI* s. Nous sommes par naturelle obligation tenus d'obéir, calv. Inslit. 273. Obligations de bienfaits, AMYOT, Démosth. 26. X fin que sa mort l'affranchist de l'obligation qu'il avoit au dict comte, MONT. I, 30. Ennemi juré d'obligation, d'assiduité, de constance, id. i, (03. Sans obligation de temps et de lieu, id. i, (82. En recognoissance des obligations que je vous doibs, id. iv, 3().
— ÊTYM. Prov. obligatio ; espagn. obligacion; ital. obHgasione; du lat. obligationem , de obligare, obliger.
f OBLiaATIONXAIUE (o-bli-ga-sio-nô-r'), s. m. Synonyme d'obligataire.
OBLIGATOIRE (o-bli-ga-toi-r') , adv. Qui a la force d'obliger. Une clause obligatoire. Loin d'envisager leur pouvoir par ce qu'il a de pénible et d'obligatoire, ils [les princes] n'y voient que le plaisir de commander, J. J. rol'ss. Polysynodie.
— HIST. XIV* s. Loy obligatoire, oresme, Thèse de MEUNIER. Il ivi* s. Papiers, schedules et lettres obligatoires, AMYOT, Agis et Cléom. (r>.
— ÉTY.M. Lat. nhliqalorius, de obligare, obliger, t OBLIGATOIREME.VT (o-bli-ga-toi-re-man),
adv. D'une manière obligatoire.
OBLIGÉ, ÉK (o-b!i-j6, jée), part, pawi d'obliger. Il 1* Lié par quelque chose dont on ne peut se dégager. Elle sera obligée à son vœu; et elle accomplira effectivement tout ce qu'elle aura promis et juré, SAC), Bible, Nombr. xxx, 45. Je me relire pour ne me voir point obligé à recevoir ses complimci#S, mol. G. Dand. ii, ((. Je nie tiens obligé de vous désabuser, pasc. Prov. iv. Ouoique personne n'ignore les grandes qualités d'une reine donl l'histoire a rempli l'univers, je me sens obligé d'aliord à les rappeler i votre mémoire, BOBS. Heine d'Àngl. Il avait créé des officiers obligés à porter du secours [en cas d'incendie), VOMI EN. Cxar Pierr». || %' Qui est d'usage, qui est commandé par l'usage, dont on ne peut se dispenser. C'est le complément obligé. || En musique, partie obligée, partie qu'on no pourrait retraiiclicr .sans g^ter l'harmonie et surtout sans détruire la chant, ouverture pour piano et violon obligé. L'opposé d'oliligé est ad l:bituin, par exemple : première symphonie de Beethoven arrangée pour le piano avec violon obligé et violoncelle ad libitum. Iléciutif obligé, récitatif accompagné et coupé par le» inslruineiils, par opposiUon à celui qui n'est accompagné que de simples accords de piano et de basse. IJS" Attaché par un lien de reconnaissance; qui a une obligation. L'abbesse lui fait réponse qu'elle et ses filles se sentent inOniiuout obligées de ses bontés, patro. Plaidoyer h, dans riche- LKT. Il y a des âmes basses qui se tiennent obligées do tout, et il y a des âmes vaincs qui ne se tiennent obligées de rien, st-kvreh. dans uénin, Dict. de Molière. Je vois bien que vous vous intéresse); pour riîglise ; vous lui êtes bien obligée; il y a seize cents ans qu'elle gémit iiour vous, I'Asc. Letl. d Mlle de lloannex, (. Bile [Mile de UéhJ me tcmuigiia l'autre jour qu'elle savait eu gros les malbeurt de mou fils... je me tiiia obligée de cette eu-
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riositè, et je lui contai tout le détail de nos misères, sAv. 6 nov. (680. Il Je vous suis fort obligé de voire attention, de la peine que vous avez prise, c'est-àdire je vous suis fort redevable. Hé! mon Dieul nous vous serons obligées de la dernière obligation, fi vous nous faites cette amitié, mol. Préc. (o. || On dit souvent par forme de remercîment : je vou» suis bien obligé, et, par ellipse, bien obligé. || Bien obligé, se dit quelquefois ironiquement. Bien obligé ; Mais moi, je veux sortir, voilà la différence, colliii d'harleville, Opimiste, v, 2. || t^ubstantivement. M'avoir rendue son obligée, roth. Bélis. iv, 4. Lorsqu'on lui demande une grâce, c'est lui qui parait l'obligé, BOSs. Louis de Bourbon. De tous ses obligés l'ingratitude extrême, collS, Dupuiset De* ronais, i, 3. || Je suis votre obligé, votre obligée, sa dit à quelqu'un dont on a reçu un service. || 4° Qui est tenu par quelque engagement de payer ou de faire. On reçoit une certaine somme en demeurant obligé pour davantage, pasc. Prov. vm. || Siibstantivement. Le principal obligé, le principal débiteur, pour le distinguer do la caution. || 5* S. m. Un obligé, un acte passé entre un maître et un apprenti, sous dos conditions réciproques. || 6° S. m. Obligé, s'est dit de ceux qui, afin de payer leur passage aux Iles, engageaient leurs services pour un certain temps.
OBLIGEA.MMENT (o-bli-ja-man), adi). D'une manière obligeante. Il s'y est prêté obligeamment. Je perds le goût de la satire. L'art do louer malignement Cède au secret de pouvoir dire Des vérités obligeamment, st-evrkm. Œuv. t. iv, p. 3)7. la grandeur dont elle se dépouillait si obligeamment, Boss. Duch. d'Orl. Cléon parle peu obligeamment, ou peu juste; c'est l'un ou l'autre; nais il ajoute qu'il est fait ainsi, et qu'il dit ce qu'il pense, la brut. y.
— ETYM. Obligeant, et la suffise ment.
OBLIGEANCE o-bli-jan-s') ». f. || 1° Disposition, panchantà obliger, à rendre service. Homme d'une grande obligeance. On ne parlait que des grâces de son accueil et des nhirraes do son langage [de M. de Calonne, avant son ministère] ; ce fut pour peindre son caractère qu'on emprunta des arts l'expression des formes élégantes; et l'obligeance, ce mot nouveau, parut être inventé pour lui, mar- MONTEL, Mém. XII. De ma longue obligeance enfin je me sens las; Pour y suffire il faudrait un Atlas, DRLiLLB, Convers. ii. || 2* Abusivement. Acte d'obligeance. Ayez l'obligeance de ma prêter un païapUiie. Auriez-vous l'extrême obligeance de m'accompagner ce soir T
— ETYM. Obligeant. On dit obligeance né dans le siècle dernier sous le ministère de M. de Calonne.
OBLIGEANT, ANTE, (obli-jan, jan-t'), adj. ||1* Qui aime à obliger, à faire plaisir. Il est presque impossible d'être obligeant comme vous êtes, et de n'être pus souvent importuné, scarr. Leltret, Œuv. 1. 1, p. 234, dans pougens Il fallait de l'argent; On en prit d'un prince obligeant, la font. l'abl. IV, (2. Reconnaissez le héros qui, toujours égal à lui-même, sans s'abais';cr pour être civil et obligeant.... Boss. Louis de Bourbon. Là un homme obligeant vient, pour un peu d'argent, vous offrir le secret de faire de l'or, montesq. Lett. pert. 58. Ainsi le grand Pathos, ce potîte penseur, De la philosophie obligeant défenseur. Conseille par pitié mon aveugle ignorance, oilbkht. Li (8* s. ||2* Qui a le caractère de l'obligeance, en parlant des choses. Et votre espoir trop prompt piend trop de vanité Dos termes obligeants de ma civilité, cokm. Rodig. iv, t. La remontrance est douce, obligeante, civile, id. fois, d'or, i, (. Les valets.... éuient étonnés do le voir vivre avec nous de la manière la plus obligeantedu monde, bcarb. Bom. corn, ii, 3. Le ministre, avec un mépris obligeant, les décliiiait sans les regarder [les noies des dépenses faites par M. de la Hire|, et il faisait ci|iéilicr des ordonnances de sommes rondes où il n'y avait pas i perdre, to.nten. la Ilire. Vous ne répondez jamais rien que d'obligeant, MAKiv. l'Épreuve, se. ». || Dire à quelqu'un dos cil"»"" "'I ■•■'.riiw, lui adresser des paroles qui sont l'^es pour lui. Agathe avait quol'pi \er les yeux sur lui, et ses yeux semblaient lui dire les choses du monde les plui obligeantes, marmomtel, Contes moraux, Connais*.
— 8YN. OBLIGEANT, SKRViABi «. Olui qui est serviable aime à rendre dos services petits ou grands. Celui qui est obligeant, aime à obliger, c'est-à-dir» non-seulement ;i rendre service, mai» aussi i faire plaisir. Aussi obligeant se dit du ton, des manières, des paroles ; à quoi sei-viable ne peut s'appliquer.
— HIST. XVI* t. Cna personne obligeante, ouuiif, Curioi. franc.
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OBLIGhfi (o-bli-jé. Le g prend un e devant a et o: j'obligeais, obligeons), v. a. || i' Imposer comme
cbose dont on ne peut se dégager Garde que ce
convoi, Quand je vais chez les dieui, ne t'oblige à des larmes, la font. Fabl. vui, «4. Je crois que la chanté oblige tout le monde i croire un prêtre et un docteur qui rend raison de ce qui est caché dans son esprit et qui n'est connu que de Dieu, pasc Lett. de Ntcote au P. Annat. Les confesseurs n'auront plus le pouvoir de se rendre juges de la disposition de leurs pénitents, puisqu'ils sont obligés de les en croire sur leur parole, m. Prov. x. Il assure que Vasque? n oblige point les riches de donner ce qui est néce«saire i leur condition, id. Réfut. de la réponte à Ité y Utl. Si ces honneurs ont quelque chose de solide, c'est qu'ils obligent de donner au inonde un grand exemple, boss. la VaUière. La condition dos princesses les oblige à se prêter quelquefois au monde, flBoh. Dauphine. Ils prétendaient obliger le jeune César, qui ne leur était pas moins suspet;t, de licencier ses légions, vebtot, Rév rom. iiv, 836. Les riches qu'elle [la foil oblil geait à la pauvreté et au dépouillement, mass Carême, Venté de la relig. La môme loi qui nous Oblige de croire de cœur, nous ordonne de confes-
devoir I oblig* d'eclairer, volt. Irène, v, 4. 1 Absolument. Il fautsubir la loi de qui peut obliger corn^ Totton d'or ,v, ♦. |) a» Porter à, exciter k, engage;
.;„^^"'"*^'*\P^*"''' ''* "'•''8^ d'étudier. Cela est trop peu de chose pour vous obliger à quelque ressentiment fresonnaissanoe], voit. Lett. * X quelques senuments que son orgueil m'oblige, corn.
ID. Sertor. v «. Mais enfin, je l'ai vu. vu de mes yeux, vous dis-je; Et ne vois rien qui vous oblige D en douter un moment après ce que je dis li FONT. Fabl jx,4. La pitié qu'elle a faitj (S de Monaco morte d'une maladie cruelle] n'a jamais nu obliger personne de faire son éloge, sév. 20 juin
^Ki-^' / ^''"- "ï"'""^ ''*°"' <*« vo' amies vous
obhgea généreusement de le brûler fie portrait sa-
irique rie Mme de Sévigné], ,d. d LJy, 26 jum.
<668 Demandez a Juvénal ce qui l'oblige de pren-
Thl-/ T'^ 5 ^' "î"'" «*' '"" 'J'ente.idre et la Théseide de Codru, et.... Boa. Disc, sur la satire. n 3» Contraindre, forcer. La nécessité nous oblige à hien faire, vaugel. dans bouhours, Souv rem Cet pertes obligèrent Alexandre de séparer ses trou'pes ID. tb. Dieu nous a caché le moment de notre mort pour nous obliger d'avoir attention à tous les mo-
rpfn^. Hi,"»°'"' kI' ' ■^^''«CH"- P'-'^^ées, Mort, 8. L esprit dit à ses hôtes : On m'oblige de vous quil er LA FONT fa6/. vu, .. Pour tuer une puce, il voulai obliger Les dieux à lui prêter leur foudre et leur massue, id. .6 vin, 6. Que ces castors ne soient qu un corps vide d'esprit, Jamais on ne pourra m obliger à le croire, id. ib. x, .. Et j'avais lieu d'attendre.... Que du choix de Lélie où l'on veut m'oU
ger tout le monde. On a souvent besoin d'an plus peut que soi, LA FONT. Fabl. ii, n . || Vous n'obiLerëz pas un ingrat, se dit quand on demande qudque chose à Que nii'iin 4l,cni. • T,. w"ÇiW"e
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ger, -ron adresse et tes soins sauraient me dégager «OL. l'Ét I, *o le bon père, qui souffre toujou s
- .. ' , -* l'v..»^, ijui suuilit; 10 u ours
mes visites, et dont je souffre toujours les discours quoique avec bien de la peine ; mais je suis obligé à me contraindre ; car il ne les continuerait pas s'il s apercevait que j'en fusse si choqué, pa sa l-Vor
u hJ'h/'*^ ^"" "° '^'r'' ■"«"'« ^"«^ ""e ce':
ta ne dépendance morale Qu'il fOuinti-isl fai
Mit toutes choses de lui-même, et dé à chei -1 lit dé .'obliger Philippe en particulier, uiluTùeLive hv. xixin. Envers un ennemi qui peut nous obliger? CORN. Ilor t, 3. Mes plus arde^U respects n^ont pu vous obliger; Vous avez voulu rompre: il n"y faut plus penser, mol. le Dép. iv, 3. || 6« Lier enga-
ÎZTr "" '"" "!'' '""'"^ «'^°"" en jusl^Tce, si^la chose convenue n'est pas exécutée. Il est obi gé en son contrat i faire telle chose. Faire obliger le mar^ et U femme. || 11 ,e dit aussi des valeurs de bîeiC dïai nt"d%T«'- ■^'"^^o "'donna que c^lix qui voS^ draient de 1 argent en auraient du trésor en obli.
.la, s. Solon ordonna à Athènes qu'on n'oblicer^ ? "S le corps pour dettes civiles; il tira cette ?ô
»eux mobilier nar un >l«r.,i.. iT ' • *' ^"
-. , -.3--- . — -.. >ju<iuu un uemanae oueloi chose à quelqu'un. || Absolument. Et comme il y a ce tauis maladroits qui choquent les visages quMls
ouVn'\?*H"' '" "' °'^'"« "« "«""^ienf obl"g"r qu en désobligeant balz. De la cour, 6- dise. J'aime
d* M de ■??:::}!?'' '"■ '■ ^""^ ^^-^^ -^""'"^ 1« biennal ueM. deTrudaine, en nous prouvant par les faits aue
J< aoQt 776. Il n'y a que l'intention qui oblige e celui qu. profite d'un bien que je ne veux fai, ^
ZL^^r '"" ^°'' «"«"ne' reconnaissance, ' ROtiss. lél. IV, 10. L'on oblige par l'intenUon nar un sourire, par des conseils, par des démarches la œnfor^° ''I'*"""'- P" '» condescendance ïi; de, r/r. " ''" »?'"°«"'»- par des bienfaits par obLl ^. '''' P" '" '^^"«atesse d'ignorer que'l^n
oblige, COMTB DE CAÏLUS (GROSLEV), Acad de CCS
dames et de ces messieurs, Œuv. t x i n 243 d/n!
faveur dont il fut obligé, malh vi, to. Alcidon cet adieu me prend au dépourvu. Tu ne fais que d'e„ trer, à peine t'ai-je vu; C'est m'envier trop tôt le bien de ta présence ; De grâce, oblige-mo d'un peu de complaisance, corn, la Veuve, n, e. || obliger de avec un verbe à l'infinitif. Je ferâi mon nos sible pour vous en tirer au plus tôt cependant obUgez-moi de vous servir de ces cent pistoks que je vous envoie, corn. Suite du ile,u^ .TyHl m obligerez fort d'en prendre le sonci, li hlod n, < Sortez d'inquiétude, et m'obligez de croire Pn"V.'/J°"' "^ J'a^Pi^e 'est tout une autre gloire ^•J '"^L.'i-, *• «''"Kez-moi de n'en rien d re LA FCNT. Fabl. III, 6. Il 7- S'obliger, v. réfl. Contracter un engagement authentique. S'obliger pa" devant notaire. Il s'obligea en son nom à des^ négociants pour les affaires publiques, et lessout Lrtfnt qu 1 eut du bien et du crédit, fonten. Renau
Condl^J/"""" ""'"'"'""• '"' ^'="i' de caut 0"; Condamné de payer pour un autre pour qui il s'est obligé, LA BBUY. Théophr. xii.lise lier pâ une simple promesse. Je t'épouserai lors et m'y viens d obliger, corn. Perthar. m, 3. Vous oblVe ezvous afaire tous les frais de' ces deux ma fagesy «OL. l-Avare, v, 6. 11 s'obligera, si vous voule^que son père mourra avant qu',1 soit huit mois, wZ II, 2. On fort honnête médecin veut s'obliger de me faire vivre encore trente années.... id. 3- ^taZ t^iJ,V, •"' demandais pas tant, et je serais saner ,n i' P°.""",1"'il «'"'Jigeit de ne me point
,of„,«^' VII*. Spbliger, se rendre service à so -même. Je m'oblige encor plus que je ne vous
^imf'n"-'"'- ^"''^''^'"- '• '• Obliger ceux qZn a^me. Ou on estime surtout, c'est s'obliger soimême, COLUI» d'uarleville, Chdt. en EsnanZ .V. «^N Proverbe. Noblesse oblige, vo^ 4Se' — KEM. 1. Des grammairiens ont voulu distinguer entre obliger à et obliger de suivis d'un infinitif. L'usage n établit aucune distinction : obliger
M /on^°H■?''''^'^^^f''^; ''°^«'"« ^«"'« «" décide I o f v?"" * "''''8" prenait de préférence d.-
d^v 4 "^'if.' ^' "° dernier service.. . m fi», àwrd™ lit! """"•" "' »<">'PW»eulemen su^u
ro«CA«u.r*«. u i?"fl, r. °?' f*-''»^' ■•* «ocuE- M. 11 faut autant qu'on peut obli-
;,„i, , ^ o"' j"="»" uo pieierence a
t.. H^/- • ^"i '™"'' ^"^"^ '"^^«"'^ au'eurs s'ooli
ob i^l HP fi "'•/" P"-'"'^'"' P-'^f^'-" '^ ■• 1'^ furent obliges de finir la campagne. ||4. Obliger signifiant faire plaisir veut toujours de avec l'infinitif- Obligez-moi de croire. || 5. S'obliger peut se dire avec que : Il s obhgera que je payerai cette somme
— SVN. obliger, contraindre, forcer. L'obligation lie engage La contrainte serre et ne permet pas qu on s'échappe. La force nous surmonte et triomphe de nous. De plus dans contraindre et forcer, il y a une idée de nécessité physique qui n'est pas dans obliger. *• / 1 hu. 0,1
- HIST, XIII* s. Je en oblige à ladite abbaesse e au couvent moi e mes heirs, Ribl. des chartes
i/J"^'l--V' ■*•.*"• ""' "«P"' ^•'l'e'ef ce qu'il tient en bai en damace de l'oir ne de celi à qui li bax lie bail] pot venir, beaum. xv, 2s Le fKl première [dette] si est quant on s'est obligiés par
Iclres, iD. XXIV, 23 Voirs est [il est vrai] par
cnustume que mes héritages est obligiés à mes hoirs ,D. xxx.v, 23. Dons donnent loz as donncors, ri il "^M '^' preneors, Quant il lor naturel fran-
I ixv. , ^'P"' /. r""* '"^"'"«' '» ^o^*. ^■'»-'-
in» ; j" ^' '* ""O' ^ dette envers monseigneur Jean de Hainaut, et ledit messire Jean s'en
nufcr''L*"r'°"^'''î compagnons [de l'mdemnité pour les frais de la guerre], froiss. i , 44
en vZ «?:.'"'■ ^°"' '"'"'^'igere'z à toujours mlu en votre .erv.ce. louis xi, Août., xuv. Il voulut
lT.rJl rln"""' "°"' ="^^="'chir et rachapter d»
reres qui avoient tant obligé de personnes nar leurs bienfaits et prévoyances, CASTELNAri lll assiégez furent obrigez'de ^koTlTcill «ont I, <4. Robert mourant obligea son fils par seri ment a ce qu'il feist... m. f, 4,. Voir'unpouD
n f m" Le'd'"-'''f "ï"'" "■0'>'-d.,"onrq£ m. I, 4 18. Le devoir do conscience obligcoit toutà personne de servir, à son entier pouvoir au bien public de son pays, amtot, ^piî.Les' homme
nes'onTrnùll?/'r °"'«^^ «"- bistoriens qu^.îi ne sont à nulle autre manière de lettres, id. Prcï
c'oTGR-Av^;.' "" ""' '''''' ^'^ - doil obligea;
it^riTI"' '''""y""?- «' esp. obligar; port, obrioor:
t OBLIGULÉ,ÉE(o-bli-gu-lé, léo), adj. Terme debotnmque. Dont le limbe se parùge en de^ languettes du côté interne.
lan^ue^™' ^''"'' " ''*"'"' diminutif de Kngua, ■t^'oBLIQUANGLE (o-bU-kan-gl'), adj. Teiwe de géométrie. Qui a des angles obliqu;,. Tda ng^obU quangle, celui qui n'a pas d'angle droit. || E?. trîgonometrie on comprend sous le nom de tiiangles obliquanglesles triangles acutangles et les tnang es oblusangles, c'est-à-dire tous ceux où l,,s trois eûtes sont obliques entre eux.
— F.TVM. Oblique, et angle.
n„?„'''*^''!f^ '","''"■'''',' "''■'•II*' Oui n'est pa> droit
fenêtres obliques, saci, Bt6/e, flow , m, vi ♦ Par les détours étroits d'une barrière oblique. Il," gagnent les degrés et le perron antique, bÔil. i.utr.
de .o.f,".'^'"""'* f''" "'"^'J est oblique, iommo celle de tous les animaux qui ont quatre mains au lieu de quatre pieds, bufp. Quadrup. t. vi, p. ,6e ,\ est nécessaire qu'une impulsion, dès qu'elle est ollUme à la surface d un corps, donne à ce corps un mouvement de rotation, id. llist. r,at. Preu, ihéor terre, Œut;r. t. i, p. 219. Et, déployant les'viles' D un souffle plus oblique il fait enfler leurs Miles' DEULLE, En. V Le roc frais et sombre, D'où i.arm'i le cresson et l'humide gravier La naïade se fiaie un oblique sentier, a. cuén. Fragments. U K f Terme de géométrie. Une oblique, une ligne rbli-^ que, par opposition à perpendiculaire. || 2° Terme d astronomie. Sphère oblique, celle dans laquelle I un des pôles est élevé au-dessus de l'horizon et
I autre abaissé au-dessous, de façon que léquateur et tous les parallèles sont obliques à l'horizon.
II Ascension oblique, le degré de l'équateur qui monte sur l'horizon de la sphère oblique en même qu un degré du zodiaque. || En gnomoniquc, un p an qui incline sur l'horizon se nomme un plan oblique. Il Cercle oblique (en parlant du soleil)
ecliptique. De son oblique cercle arracher le sol leil HOTR. llerc. mour. n, 2. || 3- Terme militaire. Ordre oblique, ordre de bataille dans lequel on i.résente à l'ennemi une aile en refusant l'autre. |1 Pas oblique, celui d'une troupe qui marche sur une ligne diagonale, supposée tirée du point d'où elle part à celui où elle tend, de manière que le front resta toujours parallèle à lui-même. || Feux obliques, feux diriges adroite ou à gauche, au lieu d'être directs. Il lerme de commandement militaire, oblique i gauche I Oblique à droite l|| 4- Terme de marine Se dit de la marche d'un vaisseau qui, courant sous quelque rumb intermédiaire entre les points caixlinaux, fait un angle avec le méridien, et change à chaque instant de latitude et de longitude || Un vaisseau fait des routes obliques, a le vent oblique lorsqu il a le vent contraire pour suivre sa droite' et qu'il est obligé de courir des bordées. || Port obli' que, celui qui dépend d'un chef-lieu d'arrondissement, et ou les ordres généraux sont transmis ou donnés par le préfet maritime. || B" Terme danatomie. Nom donné à différents muscles. || Obli.iuo externe ou grand oblique de l'abdomen, muscle placé sur les parties latérale et antérieure du ventre Il Oblique interne ou petit oblique de l'abdomen' muscle situé sous le précédent. || oblique inférieur' ou petit oblique de l'œil, muscle qui se porte au côté externe de l'œil. || Oblique supérieur ou grand oblique de l'œil, muscle qui va s'attacher vers la face supérieure du globe de l'œil. || Oblique inférieur ou grand oblique de la lêlc, muscle étendu de l'apophyse épineuse de l'axis au sommet de l'apophyse transverse de l'atlas. || 8° lerm» de boUnique. Se dit d'une partie qui s'écarte ou du plan de l'horizon, ou de l'ai» de U plante'
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K Bacine oblique, racine qui s'écarte de la verticale. Il Terme de jardinage. Arbre oblique, arbre formant sur le mur de l'espalier «ne seule tige palissée sur un angle de 4b degrés. || 7' Fig. Qui manque de droiture, de franchise, en parlant des personnes. Un homme oblique. || Il se dit aussi des choses. Conduite oblique. Quel homme est jamais moins entré dans les voies obliques ites passions et Jes intérêts que celui que nous regrettons? pléch. Duc. de Mont. \\ 8" Indiiact, détourné. Une louange oblique. Une accusation oblique. Tftchons pourtant d'user de quelque terme oblique Pour nous accommoder à cet homme des champs, scarron, D. Japhel d\^rm.l, 2. Il 9* Terme de grammaire. Cas obliques, l'un quelconque des cas de la déclinaison latine ou grecque, excepté le nominatif, le vocatif et l'accusatif,, qui sont dits cas directs, les premiers exprimant des rapports directs, les seconds exprimant des rapports indirects. || Modes obliques, ceux qui ne peuvent serrir qu'4 énoncer une proposition subordonnée, tels que le subjonctif et le conditionnel. Il Propositions obliques, les propositions subordonnées qui sont énoncées par ces modes. || Harangue oblique, celle où l'on rapporte les pensées d'un orateur, au lieu ds le faire parler lui-même. Je rends obliques des harangues directes, d'ablàncouHT, César, préface.
— lilST. xiv s. Elle fist tourner son char à dextre par une voie oblique, berchechk, f* 23, verso. Leurs mots sont divers et obliques, Et sentences paraboliques, l'Alch. à nat. ^^^. || iv* s. Par aucune voie directe ni oblique, fboiss. ji, », 24i.||xvi« s. Tous les poursuivans taschoient à y parvenir par menées et voycs obliques, amtot, Caton, 33. Que sera-ce, si le cœur a esté pervers et oblique, et qu'il n'ait rien moins cherché que droiture? calv. Instit. 210. Les muscles obliques ascendaos et descendans, PARê, l, 1 1 .
— ÊTYM. Provenç. ohUe; esp. et ital. ohliquo; du lat. obliqxius, de ob, et liquis, vieux mot signifiant oblique. Comparez Ucinm bot, boeuf qui aies cornes courbées en avant, Iutus, déjeté, luscxa, louche, ).&5o;, oblique.
OBLIQCE.ME\T (o-bli-ke-man), adv.\\i' D'une manière oblique. On sait qu'un rayon qui passe obliquement d'un milieu dans un autre, ne continue pas son chemin dans la même ligne droite, suivant laquelle il entre, d'alemb. Éloges, nernoulli. Si l'obstacle n'est qu'obliquement opposé à la pesanteur, tel qu« serait par exemple un plan incliné, brisson, Traité de physique, t. 1, p. «9», dans pouoens. Il î* Fig. D'une manière qui n'est ni droite ni franche. U agit obliquement. || 3* Fig. Indirectement. Louer quelqu'un obliquement.
— HIST. XVI' s. Nicias tascha obliquement à empescher et faire rompre l'entreprise, amtot, Aie. 31. Taxiles fut en danger de sa personne, pource qu'il contrcdisoit obliquement à la conclusion qui avoit esté prise au conseil de donner la bataille, lo. Lucul. 49.
— ÉTYM. Oblique, et le suffixe ment.
+ OBLIQUER (o-bli-ké), V. n. Terme militaire. Aller en ligne oblique. Obliquer à droite.
OBLIQUITÉ (o-bli-kui-tc), s. f. \\ f Qualité de ce qui est oUii|ue. L'obliquité d'une ligne. L'obliquité de la sphère. Il Terme d'astronomie. L'obliquité de i'êcliptique, l'angle que l'écliptiquefait avec l'équateur. Les astronomes ont observé que le changement de l'obliquité de I'êcliptique est d'environ 45 secondes par siècle, buff. ^po>7. na(. Œuv. t. xu, p. 32. Cet astronome [Louville], en <7(4, alla exprès à Marseille, pour observer si l'obliquité de I'êcliptique était encore telle qu'elle y avait été fixée par l'ithéas, environ deux mille ans auparavant; il la trouva moindre do vingt minutes, c'eit-à-dire qu'en deux mille ans I'êcliptique, selon lui, s'était approchée de l'équateur d'un tiers de degré, volt. Physique, changem. dans notre globe. L'observation de l'obliquité de I'êcliptique par Sratosthène est précieuse, en ce qu'elle confirme sa diminution connue à priori par la théorie de la pesanteur, la placi, Expos. V, 2. Quoi qu'en ait dit Uailly en s'appuyaiit sur des passages vagues ou mil interprétés, la variation de l'obliquité do I'êcliptique a éléiocuDnue aux anciens, lf.tron.xr, Inslit. Mém. inser. et bellrj-lelt. t. vi, p. 293. || !• Fig. Défaut de droiture. C'est pres()ue toujours notre propre obliquité qui nous instruit à la défiance, mass. Pet. cartme, Ècueilt piét. grands. U entra dans la tête des Lorrains de rendre équivoque la supériorité du rang de H. le duc dé Chartres sur M. le duc de Lorraine : ce* obliquités ont souvent réussi, st-sim. <2, 30. Je n.i qu'on reproche à certains artistes de basses
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obliquités elles ressorts qu'ils font agir pour se faire payer plus que leurs confrères, falconet, Œuv. (/il!, t. III, p. ( 68.
— HIST. XIV s. Aucuns signes lievent droit, et les autres obliquement, tant pour l'obliquité ou pour le biezdu zodiaque que l'obliquité del'orizon, obes- ME, Thèse de meunier. || xvi* s. [Tous moyens de s'enrichir] qui se desvoyent à quelque obliquité d'astuce ou de toute autre nuisance , doivent estre tenues pour larrecins, calv. Inst. So«.
— ÊTYM. Lat. obliquilcuem, de oblt^utM, oblique. OBLITÉRATION (o-bli-té-ra-sion; en vers, de six
syllabes), s. f.\\i' Action d'oblitérer, d'efl'acer. L'oblitération d'une inscription. || Dans l'administration du timbre, griffe d'oblitération, instrument en métal servant à oblitérer les timbres mobiles. Il X la poste, oblitération des timbres, action de marquer, avec un timbre pointillé à l'encre noire, les timbres apposés sur les lettres, afin qu'on ne puisse plus s'en servir. Le lavage se pratique [sur les timbres oblitérés] ; on n'a pas trouvé d'encre qui donnflt des résultats bien satisfaisants pour l'oblitération, Commiss. internat, desposles, Paris, <863, p. 4 24. Il a° État d'un conduit qui a été obstrué par un corps solide ou dont les parois ont contracté adhérence ensemble. L'oblitération d'une artère, d'une veine.
— ËTYM. Lat. oi)(i'(i«ra(ion«m, de oi)ii((«rare, oblitérer.
OBLITÉRÉ, ÉK (o-bli-té-ré, rée), part, passé d'ol litérer. || 1» Effacé. Des lettres oblitérées. || A la poste, timbre oblitéré, timbre qui a subi l'oblitération. Un seul genre de fraude préoccupe l'administration française, c'est le lavage des timbres oblitérés, Commiss. intem. des postes, Paris, 4 863, p. 123. 112' Obstrué. Un conduit oblitéré. Un cratère oblitéré et ébréché au nord, rahond, Irutit. Mém. sciene. années 48)3, 4814 et 4845, p. 404. Il Terme de minéralogie. Se dit des formes régulières ou cristallines quand elles sont devenues méconnaissables.
OBLITÉRER (o-bli-té-ré. La syllahe té prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette: j'oblitère, excepté au futur et au conditionnel : j'oblitérerai, j'oblitérerais), v. a. ||1* Effacer les lettres, les traits. Le temps a oblitéré cette inscription. Le frottement ainsi que la pression oblitèrent graduellement les traits de la gravure, camus, Instit. Mém. litt. et beaux-arts, t. iv, p. 390. || À la poste, oblitérer un timbre, y opérer l'oblitération. || î° Par extension, faire oublier. Le temps a oblitéré cette opinion. Plus ils ayancent dans l'avenir, plus il leur est facile d'oblitérer le passé, ou de lui donner la tournure qui leur convient, j. J. bouss, 3* dial. Il 3* Fermer la cavité d'un conduit. L'inflammation a oblitéré cette veine. || 4* Par extension. Oblitérer un organe, le faire disparaître. La nature n'a fait qu'allonger, raccourcir, transformer, multiplier, oblitérer certains organes, uidkrot, Interprét de la nat. n* )î. Il B' S'oblitérer, v.ré/l. Être elTacé. Les lettres de cette inscription se sont oblitérées. || Être obstrué. Le canal nasal s'est oblitéré, et il y a larmoiement. Peu à peu ces fentes deviennent irrégulières, moins marquées, et s'oblitèrent enfin entièrement; le rocher même change absolument de physionomie, saussorb, Voy. Alpes, t. iv, p. 300, dans pouoens.
— SVN. BIFFER, 0BLiT*B«R. BiTerun timbre, c'est l'annuler absolument, lui 6tcr toute valeur en le couvrant de l'empreinte de la biffe. Oblitérer un timbre mobile, c'est l'annuler avec l'empreinte d'une grilfe spéciale, de telle sorte qu'il conserve sa valeur pour la feuille sur laquelle il est apposé, et ne peut servir pour une autre feuille de papier.
— lllST. xvi« s. U est tellement oblitéré qu'on ne le peult point lire, falsor. p. 74o.
— ÊTYM. LaU oblitterare, de ob, sur, et littera, dans le sens de barre d'écriture.
OBLONG, ONGUK (o-blon,blon-gh'), adj. || !• Qui est plus long que largo. Une pl.ico oblongue. Périclés avait la tête singulièrement oblongue, P. L. coui. Lelt. I), 334. lia* Il se dit, en librairie, des livres qui ont moins de hauteur que de largeur. Un infolio, un in-quarto oblong. Les livres do musique sont souvent oblongs. || En musique, la format oblong se dit format i l'italienne.
— f,TY.M. Lat. oblongus, de ob, »tlongus, long, t OBLONGIFOLIÉ, ÉB (o-blon-jl-fo-li-é , éo) ,
ad;'. Terme de botanique. Qui a des feuilles oblougues.
— ÉTYM. Oblong, et feuille.
t OBNOXIATIOX (ob-no-ksi-i-slon), i. f. Terme des lois barbares et féodales. Acte par lequel on
OBO
oonne â un autre la propriété de sa personne ou de ses biens. La condition d'un colon pouvait différer de celle d'un colon, et l'état d'un lide de celui d'un autre lide.... par les clauses particulières de l'acte d'obnoxiation ou d'affranchissement, nadoet, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. vm, p. 58t.
— ÊTYM. Bas-lat. obnoxiationem, du lat. ofmoxiare, asservir, rendre dépendant, de ob, et noxius, nuisible. La série des sens est : noxa, mal, dommage, délit; noxx deditus, animal, esclave, ou même fils de famille abandonné au plaignant par le père de famille en compensation du dommage qu'il a causé. C'est ce qu'on nomme en droit romain l'abandon noxal, de U obnoxius, responsable et asservi.
t OBNUBILATION (ob-nu-bi-la-sion), t. f. Terme de médecine. Éblouissement, ténèbres, phénomène éprouvé dans les prodromes de certaines ma^ ladies ou à la suite de certaines autres.
— ÊTYM. Lat. ob, au-devant, et nubilut, nuageux.
t OBOÏSTE (o-bo-i-sf), *. m. Voy. hautboïste.
— ÊTYM. Oboïste vient directement de l'ital. oboe, hautbois, qui est lé mot français défiguré.
OBOLE (o-bo-l'), ». f. Il !• Terme d'antiquité grecque. Poids qui, chez les Athéniens, valait 75 centigrammes. || 3° Petite monnaie d'Athènes, dont six faisaient la drachme attique, et qui valait 4« centimes de notre monnaie. Vous ne sortirez point de là, que vous n'ayez payé jusqu'à la dernière obole, SACi, Bible, Évangile SI Luc,xu, 59. Pour engager les citoyens [d'Athènes] à s'y rendre [à l'assemblée], on y attacha une rétribution d'abord d'une obole, qui était la sixième partie d'une drachme, puis da trois oboles, qui faisaient cinq sols de notre monnaie, ROLLiN, Hist. ane. Œuv. t. iv, p. 524.||On mettait une obole dans la bouche des morts, afin qu'ils payassent à Caron le prix du passage du Styx. Dans sa bouche, une pièce d'argent d'une ou deux oboles qu'il faut payer à Caron, bartuél. Anaeh. cb. 8. Mais quel coeur ne pardonne aux consolants abus. Qui des vivants aux morts apportent les tributs. Le miel, le vin, l'encens, l'obole du voyage T DELiLLK, Imag. vu. || 3* Anciennement, en France, • petite monnaie de cuivre qui valait la moitié d'un denier tournois. L'obole valait 4/8 de denier; la pite, 2/8; la semi-pite, 4/8. Après avoir énoncé les livres, sols et deniers, on énonçait les fractions de denier en obole, pites, semi-pites. La somme de dix mille une livre, une obole. Pour l'avoir sans relâche, un an, sur sa parole. Habillé, voiture, coiffé, chaussé, ganté, Alimenté, rasé, désaltéré, porté, REONARD, Joueur, I!!, 4. || Fig. Pas de pigeon pour une obole, se dit pour exprimer qu'une chose coûte de l'argent , des soins, des peines. La fourmi le pique au talon ; Le vilain retourne la tête; La colombe l'entend, part, et tire de long ; Le soupe du croquant avec elle s'envole ; Point de pigeon pour une obole, LA FONT. Fabl. II, 42. Il 4* Fig. Très-petite somme. En Normandie, un père ne peut éter seulement une obole de son bien au fils le plus désobéissant, VOLT. Traité de mélaph. ». Dorval : Et vous ne voulez rien donner à votre neveu? — Géronte : Pas une obole, goluoni. Bourru bienfais. ii, l. ||0n dit qu'une chose, une personne ne vaut pas une obole, pour dire qu'elle n'a aucune valeur. Or, en ce fait, tout ce qui me console Et qui me doit excuser près de toi. C'est que du moins, si ne vaux une obole, I.arare encor certes vaut moins que moi, ciiaulikd, R/ip, à l'abbé Courtin. || Tris-petite partie. Tu te prends à plus dur que toi. Petit serpent à tête folle; PlutAt que d'emporter de moi Seulement la quart d'une obole. Tu te romprais toutes les dent», là. FONT. Fabl. V, 4».
— ifisT. xiii* s. Chascun fes [faix] à home, soit petit ou grand, doit obole de rivage, Liv. des met. 304. Il XIV* s. [Il sera fabriqué] des petites oboles parisis et tournois de la valeur et de la loy de celles du temps de saint Louis, Ordonn. a sep. 4129. Il XVI* s. De tels dix grains est fait un obole, ou demy scrupule, par*, xxv, 4 2.
— ÊTYM. Lat. obolui, d'ili6o>4«, qu'on regarde comme une autre forme de 46i/o; (voy. omêle), ainsi dit parce que do petites barres d'airain servaient de monnaie i l'origine.
t OBOUBHATIO.V (o-bon-bra-sion), t. f. Action d'obombrcr.
— lllST. xvi* s. Obonibration, cotoravk.
— ÊTYM. Lat. obumbrattonem, de obumbrare, obombrcr.
OBOMBRÉ, ËB (o-bon-bré, brée), pari, patte d'obomlirer.
OBOMBRKR (o-bon-bré), «. a. || 1* Terme mysti-
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que. Couvrir d'une ombre. Les anges l'obombraient de leurs ailes. Dieu m'a fait la grâce île m'obombrer par le P. Lacourbe, Parole de Mme Gutjon, dans Uém. de Mme de Maintenon, par labaumelle, t. IV, ch. t3. Il Par extension. Les ailes de mes anges [Voltaire appelait M. et Mme d'Argental ses anges] m'ont obombré, mon cher et respectal)le Mai ; j'ai le brevet pour Ferney plus favorable que Je n'avais osé le demander et l'espérer, volt. Lett. d'Ari/ental, ï juin 4769. 112'' Kig. Éclipser, mettre dans l'ombre (peu usité en ce sens). M. de Vendôme ne disputa rien h M. du Maine, et il évita gagement d'en être obombré, st-sim. 128, 434.
— Hisr. ivi* s. Obombrer, cotgravb,
— ETYM. Lat. obumbrare, de ot, et umbra, ombre.
t OBOVAL, ALE (o-bo-val, va-l'), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'un ovale renversé; qui est plus large à son extrémité qu'à son origine. Il Feuille obovale, feuille dans laquelle la petite eitrûmité correspond au pétiole; exemple : le samolus talerandi.
— ÉTYM. Ob .., et ovale (voj. à ce mot l'anomalie de l'orthographe ovale).
t OBOVÉ, ÉE (o-bo-vé, vée), adj. Terme de botanique. Oui a la forme d'un œuf renversé, c'est-à- Uire dont le gros bout est en haut.
— ETYM. Ob..., et le lat.ovum, œuf.
+ OBPYRAMIUAL, ALE (ob-pi-ra-mi-dal, da-l'), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'une pyramide dont la pointe vient en devant.
— ETYM. Ob..., et pyramidal.
OBREPTICE (o-brfe-pti-s') , adj. Terme de chancellerie. Oui a été obtenue» taisant une vérité qui aurait dû être exprimée. Un privilège obreptice.
Une grâce obreptice Comme aussi déclarer
obreptice et subieptice la déclaration du 4 avril 4707, Arrêt du conseil, 30 juiU. 4738,
— HiST. XV* s. Pour deffendre laditte remission en tant qu'il luy touchoit, elle disoit qu'elle ne devoit estre enterrinée au dit amant; car elle estoit Eoubreptice, obreptice et desraisonnable, Aresta amorum, p. 3»a.
— ÊTY.M. Lat. obrepticius, de ob, et repère, ramper, se glisser.
OBREPTICElIENT(o-brè-pti-se-man), adv. D'une manière obreptice.
— ETYM. Obreptice, et le suffixe ment.
OBREPTION (o-brè-psion; en vers, de quatre syllabes),», f. Terme de chancellerie. Réticence qui rend une lettre obreptice. Il y a obreption dans ces lettres.
— HIST. XT* s. Obreption, coïgrave.
— ETYM. Lat. obreptionem (voy. obbeptice). t OUHO.X (o-bron), t. m. Voy. auberon.
t OBUO.NNIËRE (o-bro-niè-r') , s. f. Voy. aube- BONNiÊBE. D'après Legoarant, cette orthographe est préfénilile à auberounicre.
OBSCËNB (ob-sè-n'), adj. Qui biesse ouvertement la pudeur. Octave Auguste prit le prétexte du livre innocent de l'Art d'aimer, livre très-décemment écrit et dans lequel il n'y a pas un mot obscène, pour envoyer un chevalier romain sur la mer Noire, VOLT. Dict. phil. Ovide. Ne sait-on pas que les statues et les tableaux n'olfensent les yeux que quand un mélange de vêtements rend les nudités ob.scènes? j. j. KOiiss. Lctt. à d'Alemb. D'autres déguisés en femmes, d'autres qui portent des figures obscènes suspendues à de longues perches, et qui cliantcnt des hymnes dont la licence est extrême, uau- TUCL. Ànach. ch. i*.
— HIST. XVI* s. Ils se torchoient le cul (il fault laisser aux femmes celte vaine superstition des paroles) avecques unoesponge; voilà pourquoi spongia est un mot obscœne en latin, hont. i, 3Ti.
— ETYM. Lat. obscenus. Obscenui est écrit aussi obscanut. Le sens primitif est de mauvais augure ; et, comme on trouve le verbe obsexvare (de ob, et icxtus, gauche) qui signifie donner un mauvais présage (Plante, Asin. ij, 4, v. 48), on peut croire, ITPC Krcund, ([u'obscornu» est pour ob-tcxvinus.
OBSCÉNITÉ (ob-sé-ni-té). f . f. \\ l'Défautde cequi est obscène. Climène : U (un mot] a une obscénité qui n'est )ias suj>portaMe. — Élise : Commeut dite»viius ce mot -là, madame î— Climène : Obscénité, madame. — Élise : Ahl mon Dieul obscénité; je ne tais ce que ce mot veut dire; mais je le trouve le plus joli du monde, mol. Critique, 3. J'ai le malbourde croire que la pruderie est une chose funeste en littérature, et ([uc, jusqu'à l'obscénité exclusivement, l'art consacre et purifie tout ce qu'il louche, BAINTK-BRUVE, Poétie française au 4 0* siècle, pri'- {ac4.[ U Dhrase de Uolitro montre qu'alors ob?cc
nité était un néologisme. || 2° Chose obscène. Dire des obscénités. Ce tableau est une obscénité.
— ETYM. Lat. obscenitatem, de obscenus.
OBSCUR, URE (ob-skur', sku-r'. Au xvi* siècle, on prononçait oscur, d'après Bèze), adj. || 1° Où il n'y a point de lumière. Une nuit obscure. Cette obscure clarté qui tombe des étoiles, corn. Cid, IV, 9. Fumée obscure, rotr. Uerc.mour. m, 4. Par un chemin obscur une esclave me guide, bac. Bajax. 1, 4 . Il II fait obscur, le jour a peu de lumière. Il U fait obscur en cet endroit, ce lieu n'est pas bien éclairé, on n'y voit pas bien clair. || Chaleur obscure, chaleur sans aucune lumière, comme celle qui est donnée par un boulot chauffé à deux ou trois cents degrés. Pour reconnaître les effets de la chaleur obscure, c'est-à-dire de la chaleur privée de '.umière, de fiammo, et du feu libre, autant qu'il est possible, j'ai fait quelques expériences en grand, dont les résultats m'ont paru très-inléressanls, bufp. Uist. min. Introd. Œuv. t. vu, p. 98. || Chambre obscure, voyez, au mot noir, chambre noire. || S. m. L'obscur, ce qui est privé de clarté. C'est ainsi que la peinture divise en grandes massasses clairs et ses obscurs, montesq. Goût, variété. \\ Fig. Que le poêle se ménage avec soin des passages du clair à l'obscur, du gracieux au terrible ; mais que cette variété soit harmonieuse, et qu'elle ne prenne jamais rien sur l'analogie du lieu de la scène avec l'action qui doit s'y passer, marmontel, Élétn. de litt. t. VI, p. 467, dans pougens. || Clair-obscur, voy. CLAiR-OBSCUK. || 2° En parlant de couleurs, de teintes, foncé, plus brun, plus chargé. Couleur obscure. Le reste du dessous du corps est d'une couleur jaunâtre, variée de taches longitudinales d'im vert obscur, buff. Ois. t. xiii , p. <52. Il Terme ài peinture. Dont la couleur participe plus du brun que du clair. Tableau obscur. Ton obscur. j] Fig. 11 se dit do l'apparence, de la figure qui est sans vivacité. La tête mal faite, les oreilles placées bas, des yeux trop petits et couverts, l'air obscur, les mouvements gauches, toute la figure ignoble, informe, un cri qui paraît machinal, buff. Quadi-up. t. u, p. 231.113* Fig. Qui n'est pas bien marqué. Et bien qu'en ses douceurs mon déplaisir se noie. Je ne passe de l'une à l'autre extrémité Qu'avec un resle obscur d'esprit inquiété, corn. Otft.v, 7.|| 4°0ui n'est pas bien intelligible, qui se fait difficilement comprendre. J'évite d'être long et je deviens obscur, BoiL. Art p. I. Selon que votre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit ou moins
nette ou plus pure, id. ib. i Vous croyez dans
vos rimes obscures Aux Saumaises futurs préparer des tortures, id. Sal. ix. Il a fait assembler ceux qui savent le mieux Lire en un songe obscur les volontés des cieux, bac. Esth. ii, 4. U n'y a point, dans toute l'antiquité, d'histoire plus obscure, ni plus incertaine que celle des premiers rois d'Egypte, ROLLiN, Hi"s(. anc. Œuv. t. i, p. 4 14, dans pougens. Les affaires n'eurent jamais rien d'obscur que M. de Villeroi n'éclaircît, mass. Orais. Villeroi. Quand il [Malebranche] a voulu développer celte grande vérité, que tout est en Dieu, tous les lecleurs ont dit que le commentaire est plus obscur que le texte, VOLT. Philos, tout est en Dieu. Je n'aurais point percé les ténèbres frivoles D'un vain sens déguisé sous d'obscures paroles, lu. Œdipe, n, 3. Non, non: chercher ainsi l'obscure vérité. C'est usurper les droits de la divinité, m. ib. iv, 4. Les remords de Cassandre et ses obscurs discours, id. Olympie, I, 3. Le vrai moyen d'écrire d'une manière obscure, c'est de ne faire qu'une phrase oii il en faut plusieurs, ou d'en faire plusieurs où il n'en faut qu'une, CONDIL. Art Sécr. m, 3. L'étude opiniâtre des obscurs livres de Rameau, j. j. rouss. Conf. v. Il Glose d'Orléans, plus obscure que le texte, se dit d'une chose qu'on a rendue plus obscure, plus tlifficile, à force de la commenter, de l'expliquer (locution prise de l'ancienne école de droit d'Orléans et de ses disputes). || Obscur, qui ne comprend pas trèsbien. Les esprits des hommes sont ordinairement faibles et obscurs, Purt-Royal, loijiq. m, 49. || 5° Qui apjjartient aux classes inférieures et sans renom de la société. Osmin : Ce palais est tout plein...— Acomat: Oui, d'esclaves obscurs Nourris loin de la guerre, à l'ombre de ses murs, rac. Bajai. iv, 7. Dans le vulgaire obscur si le sort l'a placé [un enfant], m. Alhal. II, 6. Je suis un homme de lettres, et je n'ai jamais rien publié; ainsi je suis plus obscur que beaucoup do mes confrères qui ont écrit, volt. lett. écrite sous le nom de l'abbé liigex, 30 avril 17C0. Mais c'est peu qu'indignés d'un honteux esclavage, Des mécontents obscurs soient pour nous déclarés, CAS. hBU^- fipr. ticil. t, 4. ||Cet homme
est d'une naissance, d'une famille obscure, est néds parents obscurs, c'est-à-dire il n'est pas né dans une classe distinguée. Virgile naquit dans un village nommé Andes, près de Mantoue, de parents fort obscurs, sous le consulat de Cn. Pompeius Magnus et de M. Liciiiius Crassus, rollin, //iil. anc. t. xil, p. 86, dans l'OUGENS. Il Les obscurs, en italien yli oscuri, nom que prennent les membres d'une académie do Lucques. || Il se dit des choses, dans un sens analogue. Mon cœur libre d'ailleurs, sans craindre les murmures, Peut brûler à son choix dans des flammes obscures, rac. Bérén. m, 4. Vous, dont j'ai pu laisser vieilhr l'ambition Dans les honneurs obscurs de quelque légion, ID. Brit. i, 2. Heureux qui, satisfait de son humble fortune,... Vit dans l'état obscur où les dieux l'ont caché I id. Iph. i , 4 . Il n'y a point de vertu, quelque obscure qu'elle soit, qui ne soit utile et néces.saire au bonheur do la société , cond. Et. hisl. m, 4. Il 6° Qui est sans renom, sans gloire. Voudrais-je, de la terre inutile fardeau.... Attendre chez mon père une obscure vieillesse? rac. Jph. i, 2. Montrez-moi seulement dans vos mœurs des traces légères de pénitence; quoi! les lois de l'Église? mais elles ne regardent plus les personnes d'un certain rang, et l'usage en a presque fait des devoirs obscurs et populaires, MASS. Carême, Élus. Ni souffrir que l'amour, remplissant ce grand cœur, Knchalnât près de moi votre oliscure valeur, volt. Œdipe, ii, 3. X travers tant d'écueils les dieux qui m'ont sauvé, Au plus obscur trépas ne m'ont point réservé, la fosse, Marius à Mint. li, 4. ||7° Inconnu, caché. L'obscur avenir. El les siècles obscurs devant moi se découvrent, RAC. Athal. III, 7.
— SYN. OBSCUR, SOMBRE. ObscuT dit plus quD sombre : un jour est .«ombre, une nuit est obscure.
— HIST. XII* s. Lieu oscur, Ronc. 447. La merci» m'est tant obscure Que je ne la puis veoir, Couci, IV. E quant il s'en ala la nuit en l'oscur seir [soir], r/i. le mart. 62. || xin* s. Et la nuis estoit moût et hideuse et oscure, Cer(e, xlii. El [Beauté] ne fu oscure ne brune, Ains fu clerc comme la lune, la Rose, 999. Il XIV* s. Ce n'est pas chose non manifeste ou obscure, que l'en ne doit pas rendre ou faire à tous unes meismes choses, oresme, Eth. 261. Garin, poure homme, sourt, malade de maladies obscures [épilcpsie], desquelles il chiet [tombe] souver.tsoubdainemont, du cange, morbus. \\ xvi* s. Maistre et remettre, aussi cueurs et obscurs. Ce sont beaux mots : mais en rithme ils sont durs, uarot, ii, 208. Il ne faisoit pas si obscur que l'on ne veist du tout goutte, AMYOT, Pompée, 49. Ville obscure et do peu de renommée, id. Démosth. 4. Appelé ne représenta pas sa naïfve couleur, ains le feit brun et plus obscur qu'il n'estoit au visage, id. Alex. e. Eslever en haut d'un mouvement obscur [insensible], paré, i, 28. Un son grave et obscur, m. iv, lo. Au fon d'enfer va pleurer tes ennuis, Parmy l'obscur des éternelles nuicts, DU BELLAY, II, 32, vtrso. L'obscur m'est jour; le jour m'est une nuit, eons. 80.
— ÉTYM. Picard, oscur ; du lat. obscurus, de ob, et scurus, qui n'existe pas, mais que l'on conjecture, comme nom d'agent, de la môme racine qui a donné sculum, bouclier; ob-scu-rus signifierait recouvrant tout autotir; comparez le sanscrit sku, couvrir.
I OBSCCRANT (ob-sku-ran) , s. m. Néologisme. Celui qui est opposé aux progrès dos lumières et de la civilisation.
t OBSCURANTISME (ob-sku-ian-ti-sm'), s. m. Opinion des obscurants.
t OBSCUHATION (ob-sku-ra-slon ), s. f. Terme d'astronomie. Action de rendre obscur, en parlant des éclipses.
— ETYM. Lat. obseurationem, de obscurare, qui vient de obscurus, obscur.
OBSCURCI, lE (ob-skur-si, sie), part, passé d'obscurcir. Il 1° Qui a perdu de sa lumière. Un ciel obscurci par dos nuages. || Par extension. Et vous, princes et prince.sses, nobles rejetons de tant de rois, lumières de la France, mais aujourd'hui obscurcies et couvertes de votre douleur comme d'un nuage , Boss. Louis de Bourb. Le jour se refusait à ma vue obscurcie, volt. Irène, iv, t. || 2" Caché comme dans des ténèbres. Combien était obscurcie la justice, la Providence, la bouté divine parmi tant d'erreurs I BOSS. Uist. Il, 6.
OBSCURCIR (ob-skur-sir), v. a. || 1* Priver de clarté. Les ombres par trois fois ont obscurci les cieux, RAC. Phèdre, \, 3. Mille noires vapeurs obscurcissent le jour, J. b. ROUSS. Cantate, Circé. Ces oiseaux [les freux] vont par troupes très-nombreuses, et si nombreuses que l'air en est quelquefois obscurci, BUFP. Ois. t. v, p. 77. || Par exlmsioti.
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Wailame, ou Je me trompe, ou durant vos adieux Ouelqucs pleurs répandus ont obscurci vos yeui, BAC. Brit. V, 3. Il 2" Fig. Rendre peu intelligible. Ces sortes d'abstractions [notions abstraites réalisées] ont infiniment obscurci tout ce qu'on a écrit sur la liberté, question où bien des plumes ne paraissent s'être exercées que pour l'obscurcir davantage, CON- DiLL. Conn. hum. sect. 6. || 3° Fig. Ternir, ôter du lustre. Ce grand nom d'Hasdrubal n'est-il pas obsourci? Et de mes lâchetés ne l'ai-je point noirciT B.^iRET, lfor( d'Asdrub. m, 4. La splendeur de leurs noms en est-elle obscurcie? corn. Cinna, i, 3. Voulez-vous de vos pleurs obscurcir le renom? rotr. Hcrc. mour. v, t . D'autant que lesjansénistes n'obscurcissent non plus l'éclat de la Société [des jésuites] qu'un hibou celui du soleil, pax. Prov. vu. Quintilien, en parlant de Ménandre, ne craint point de dire que, par l'éclat de son nom et la beauté de ses ouvrages, il a obscurci ou plutôt efTacé la gloire de tous ceux qui ont écrit dans le même genre, rollin, Hist. ane. Œuv. t. v, p, 142, dans pougens. Leurs cruautés [des conquérants de l'Amérique], mon fils, ont obscurci leur gloire, volt. Als. i, l-Hi" Fig. Cacher, voiler comme d'un nuage. Jamais l'envie n'a obscurci dans mes écrits I.t justice et la vérité, mar- MONTEL, Mém.i. Il 5" Fig. ôter la clarté aux lumières, la vivacité au sentiment. Je me console des inquiétudes qui viennent brouiller la joie de vous voir bientôt à Paris, par la crainte que j'aurais de quelque accident imprévu, si cette joie était toute pure et toute brillante; je me la laisse donc obscurcir, afin qu'à la faveur de quelques tribulations je puisse en approcher avec plus de sûreté, sÉv. 6 oct. («80. Opposé non-seulement aux brigues et aui partialités qui corrompent l'intégrité de la justice et aux préventions qui en obscurcissent leslumières, mais encore aux voies irrégulières et extraordinaires, Boss. le Tellier. Ah ! que je crains les funestes nuages Qui de ce prince obscurcissent les yeux I rac. Esth. ii, ». Il 6" Fig. Rendre aveugle intellectuellement. Il y a [dans les prophéties et les miracles] de l'évidence et de l'obscurité, pour éclairer les uns et obscurcir les autres, pasc. Pens. xxiv, 18, éd. havet. || 7" S'obscurcir, r. réft. Perdre de sa clarté. Le temps s'obscurcit. Le soleil s'obscurcira, la terre tremblera, tous le.'i éléments seront dans la confusion, bourdal. Hfyst. Passion de J. C. t. I, p. 228. Il Fig. Sachant combien sa connaissance (de l'homme] s'est obscurcie par les passions, pasc. Pensées, t. l, p. 2B0, édit. lahure. Il 8* Perdre de la faculté devoir. La vue s'obscurcit. Les yeux d'Héli s'étaient obscurcis, et il ne pouvait voir, SAa, Bible, Rois, i, 3. || Fig. la raison s'obscurcit. || 9° Devenir plus foncé, plus brun, en parlant des couleurs. Les couvertures des ailes sont bordées de brun, et les grandes pennes vont toujours s'obscurcissant de plus en plus, de la base à la pointe où elles sont presque noires, buef. Ois. t. vni, p. 2 10. 1] Fig. Il se dit de la physionomie, sous l'impression du mécontentement, de la tristesse, etc. X cette confidence le front du baron s'obscurcit, gen- Lis, Vœux téméraires, t. i, p. tt», dans pougens.
— HIST. XIII* s Que la voue Li fust oscurcieel
troblée, la Rose, 1832». || xiv s. Pour chou ke li humaine conditions est oscurchie par l'empccchemcnt de nostre premier perc, Ilist. littér. de la Fr. t. ixv, p. 52. De plus n'aray rien triste n'oscurcy. Mais liez [joyeux] et gais me vorray démener, maciiAUT, p. 6. Et paurce aussi la delettacion qui l'en- «uit objcurcist et appetice et aftlobie, ohesme, Elh. S05. Soigneurs, en icel temps dont je vous signifie, Estoit, ce dit le livre, la nuit moult obscurcie, Guescl. (6574. Il XVI' g. Un air gros et trouble, qui obscurcisKoit et c(;uvroit de ténèbres la campagne, AHroT, Flamin. ( 2.
— ETYM. Obscur. L'ancienna langue avait aussi ohseurer. Dans obscurcir, le c est iaorgani({ue et épenthélique.
OB.SClîRCISSEMENT (ob-»kur-sI-sa-man), s. m. • Il 1* Action d'âter la lumière. Ni l'obscurcissement du soleil, ni la chute des étoiles, ni tous les autres signe*, avanl-coureurs du jugement dernier, boi:r- DAL. Jugem. dem. ï* avent, a. 338. || a« Fig. L'action de rendre peu inielligible. L'obscurcistement d'un passage par de fausses explications. || 3" Fig. Wriedes lumières intellectuelles ou morales. L'ohs- : ■.irci'^.'iment de la raison. Si, dans ses obscurcis- «•■riiifi ts, elle [l'âme] ne croit pas aussi fermement que deux et trois font six qu'elle sait ensuite que c'est cinq, PASC. Bnirel. avec M. de Saei. C'est dans les temps du plus grand obscurcissement et «ous AcIliz même qu'I.saic a prophétisé, BOSS. V insir. pastorale sur les prom. deJ. C. ï*.On no s'applique point à découvrir ce qui arrCte cerUiins espritt, en
quoi consiste leur obscurcissement et leurs préoccupations, nicole, fssniî, t. v, p. 165, dans POUGENS.
— IIIST. xvi" s. L'eclipse et obscurcissement du soleil se fait tousjours en la conjonction de la lune, AMïOT, fficias, 42.
— ETY.m. Obsmrcir.
OBSCURÉMENT (ob-sku-ré-man), adv. \\ 1° Sans clarté. I.a nuit approchait^ on ne voyait les objets qu'obscurément, Dict. del'Acad. || 2' D'une manière brune, foncée, en parlant de teintes. Le dessus du dos, de la tête et des ailes est d'un brun obscurément teint de verdâtre, buffon, Oiseaux, t. ix, p. 471. Il 3" D'une manière à peine visible. X son origine, le cœur n'est qu'une vésicule obscurément contractile, cl. BERNARn, Rev.des Dciii-.f/ondra, 186 5, p. 242 11 4° Kig. D'une manière pc-u intelligible. Quoi ! mon père tantôt parlait obscurémen*, corn. Œdipe, lu, 3. Si le temps [du Messie] eût été prédit obscurément, pasc. Pensées, xx, tl, éd. havet. Dans cette grammaire, dont l'objet ne paraissait pas devoir effrayer les âmes pieuses, les phrases citées par l'auteur pour exemples de ses préceptes étaient une suite d'assertions obscurément impies contre l'existence de Dieu, la spiritualité de l'âme, et les autres vérités que la religion nous oblige de croire, d'alemb. Éloges, Girard. Dois-je, au lieu de Laharpe, obscurément écrire : C'est ce pelit rimeur, de tant de prix enflé, gilbeut, ifon apologie. || 5" Fig. Sans renom, sans éclat. Il dévore en secret ses sentiments d'humanité, il gémit obscurément sur la nature humaine, volt. Lelt. d'Argental, 6 août (766. Rien n'est si désagréable que d'être pendu obscurément, in. Voyage de la raison. Le l)onh( ur, cet objet de nos désirs, mais qui fuit et repousse la grandeur et les richesses, serait-il donc obscurément attaché à la médiocrité en tout genre? u'alemb. Éloges, Segrais. Soldat obscurément utile, Je ne partageais les lauriers Ni de Saxe, ni de Belle-lsle, st-lamb. Pièc. fug.sur la paix de 4748. Dans les bras d'une épouse chérie Je goûte obscurément les doux fruits de ma vie. lamart. Héd. i, 2U. || 6° Fig. D'une manière mal éclaircie, qui n'est pas bien certaine. Obscurément plongé dans ce doute cruel. Mes yeux, cliargcs de pleurs, se tournaient vers le ciel, volt. 2' discours. Il se répandit obscurément de tous côtés que les Malais, qui seuls avaient des relations avec ces contrées, avaient porté du girolle et de la muscade dans plusieurs marchés, ratnal, Uist. phil. ii, 25. L'empereur flattait encore obscurément une e.spérance qu'il n'avait pas, villemain, Sour. eont. Cerit'j. ch. v.
— HlST. xiu* s. Se il a parlé folement En maint liu et oscurement, Ne vous en esmerveilliés raie, Uist. litt. delà Fr. t. xxili, p. 622. Ou je ne parlerai mes [plus] devant lou pueple de choses qui à avenir soient, se si oscurement non, que il ne sauront que je dirai devant ce que avenir lo voient, Merlin, f° 49, r«c<o. Il XVI' 8. Qui est-ce qui nous empescliera d'exposer par mots plus clairs les choses qui sont obscurément monstrées en l'EsoritureT calv. Instit. 7t.
— ÊTYM. Obscure, el le suffixe m«n<; Ital. oicuromcnte.
t OIISCURIKIER (ob-sku-ri-fî-é), v. a. Terme de plaisanterie. Rendre obscur. Et d'où vient que d'une nuée Sa tète est obscurifiéeT scarh. Virg. vi.
— ÉTYM. Obscur, et le lat. facere, faire. OBSCUKITIÎ (ob-sku-ri-té), S. f. || 1' État dece qui
e.st privé de lumière. Percer, chasser, dissiper l'obscurité. Une grando obscurité couvrait toute la
ville, VOIT. lett. to Elle s'est quelque temps
égarée Dans ces bois qui du camp semblent cacher l'entrée ; X peine nous avons, dans leur obscurité, Retrouvé lo chemin quo nous avions quitté, rac. Iph. 1, 4. Il L'obscurité, la nuit. Dès quo l'obscurité régnera dans la ville, mol. Dép. am.v, i. Il Fig. Malgré l'obscurité de son illusion, J'esp'ro démêler cette confusion, corn. Uéracl. iv, 6. || a» Fig. Ce qui est comparé, dans les choses intollocluellos ou morales, aux ténèbres physique»; état de ce qui e.st caché, voilé, inconnu. Dans cette obscurité tout me devient suspect, corn. Tois. d'or, v, a. De quoi sert une lontiuc et .subtile dispute Sur des obscurité» où l'esprit est déçuT lu. Imil. I, 3. Messieurs, ce» trait» [écriture d'une lettre] pour vou» n'ont point d'obscurité, llOL. Jfi». v, 4. Je regarde do toutes parts, et no vois partout qu'obscurité; la nature ne m'oflTro rien qui ne soit matière de doute et d'inquiétude, pasc. Pens. xii, a, édit. havrt. Sans l'Ecnture, qui n'a quo Jésus-Christ pour objet, nnu» ne connaissons rien, et ne voyon» qu'obscurité et confusion dan» la nature de Dieu et dans la propre nature, ID. tb. xxii, ». Ce sont le» clartis ([ui méritent, quand clic» sont dirine», qu'on
révère les obscurités, lo. tb. ivi, 4. Il n'est pas juste de prendre ses obscurités [de Mahomet] pour des mystères, vu que ses clartés sont ridicules; il n'en est pas de même de l'Écriture : je veux qu'il y ait des obscurités qui soient aussi bizarres que celles de M-ahomet; mais il y a des clartés admirables, et des prophéties manifestes accomplies, lo. ib. XIX, 9. Il y a assez de clarté pour éclairer les élus, et assez d'obscurité pour les humilier ; il j a assez d'obscurité pour aveugler les réprouvés, et assez de clarté pour les condamner et pour les rendre inexcusables, m. tb. xx, t. Je vous vol» dans une pleine solitude.... je trouve qu'il est commode de connaître les lieux où sont les gens à qui l'on pense toujours : ne savoir où les prendre fait une obscurité qui blesse l'imagination, sév. * juill. 1075. Le ministre [Mazarin], au milieu de tant de conseils que l'obscurité des affaires et l'incertitude des événements et les différents intérêts faisaient hasarder.... boss. le Tellier. "Dis faits échappés laissent de l'obscurité dans l'histoire, m. Uist. ii, i.t. La profonde obscurité du cœur de l'homme, qui ne sait jamais ce qu'il voudra, qui souvent ne sait pa» bien ce qu'il veut, et qui n'est pas moins caché ni moins trompeur à lui-même qu'aux autres, m. Anne de Gouz. Quel soudain rayon perçait la nue, et faisait comme s'évanouir en ce moment, avec toutes les ignorances des sens, les ténèbres mêmes, si je l'ose dire, et les saintes obscurités de la foi? m. touts de Bourbon. Elle passa tout d'un coup d'une profonde obscurité à une lumière manifeste; le» nuages de son esprit sont dissipés, m. Anne de Gons. Il accompagnait de toutes les lumières de la raison la respectable obscurité de la foi, fonten. Dodart. Laisse, laisse à jamais dans son obscurité Ce secret malheureux qui pèse à ta bonté, volt. Mort de César, l, 4. Convenons plutôt que la conduite des hommes les plus sages et les plus vertueux présente quelquefois des obscurités impénétrables, BAKTHÉL. .4nof/i. ch. 67. Il L'obscurité dos temps, l'obscurité do l'avenir, le peu de connaiss.Tiic;o que l'on a du temps p.issé ou du temps à venir. Ces rois antiques [d'Ecosse], dont l'origine se cache si avant dans l'obscurité des premiers temps, BOSS. Reine d'Anglel. Son illustre maison, dont l'origine s'est perdue dans les obscurités du temps, lui fournissait, depuis sept cents ans, de grands exemples, fléch. M. de Montausier. || 8" Fig. Défaut de lumières, de civilisation. Tout a des révolutions réglées, et l'obscurité se terminera par un nouveau siècle de lumières, u'alemb. Diic. prélim. encycl. Œuv. t. i, p. 294, dans pouoens. || 4' Fig. Défaut de clarté dans les idées, dans les expressions, ô de ses derniers mots fatale obscurité , coBN. Rodog. v, 4. [Montaigne] montrant que l'exclusion de toutes lois diminuerait plutôt le nombre des différends que cette multitude de lois qui ne sert qu'à l'augmenter, parce quo les difficultés croissent 1 mesure qu'on las pèse, que les obscurités se multiplient par le commentaire.... pasc. F.ntret. avec M. deSaci. Ce qui cau.se ordinairement l'obscurité du discours, c'est do vouloir toujours s'expliquer avec brièveté : il vaut mieux pécher par trop d'étendue que par trop peu, bollin. Traité des Et. iv, a. 0 d'un oracle faux obscurité trompeuse, volt. Œdipe, IV, (. L'obscurité et la confusion <le8 mot» viennent do ce que nous leur donnons trop ou trop peu d'étendue, ou même de ce que nous nous en servons, sans leur avoir attaché d'idée, conuii.. Cotin. hum. u, li, a. || Être dans l'obscurité, no pa» comprendre; jeter dans l'obscurité, empêcher do comprendre. Je dois demeurer dans l'obscurité, PASC. Prov. m. Ce terme me jeta dans l'obscurité, ID. ib. 1. Il Jeter de l'obscurité dans rc>prit, empêcher de comprendre. Plus il» font d'efforts pour s'expliquer, plus ils jettent l'olwcurité dan» lo» esprit», Boss. Yar. ta. 1|8* Il se dit des personne» dont k conduite ne s'explique pa». C'était un homme plein d'artifice et d'obscurité dans «a conduite, volt. Charles XII, a. || 8' Privation de célébrité, d'éclat; condition, sort obicur. Obscurité de la naissance, do la famille. L'obscurité vaut mieux que tant de renommée, conN. Ilor. it, 3. Je puis bien aimer l'obscurité totale ; mai», si Dieu m'engage dans un état à demi obscur, ce peu d'obscurité qui y e»t me déplaît; et, parce que je n'y vois pas le mérite d'une entière obscurité, il no me plaît pas, pasc. Pens. xxiv, 63 ter. Jénus-Christ dans une obscurité {selon ce que le mondp appelle obscurité) telle, que les historien», n'écrivant que les Importintos chose» de» Etati, l'ont à peine aperçu, m. ib. xviii, a. Il [Mardochéo] me tira du soin île mnn obscurité, l'.t, iur me» faillies malni fondant l«ur délivrance [dei
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Jnifs], Il me fit d'un empire accepter l'espérance, BAC. Esth. 1, *. Peut-on le voir sans penser, comme moi, Qu'en quelque obscurité que le sort l'eût fait nailre, Le monde en le voyant eût reconnu son niaitreT IB. Bér. l, 6. Halidilla, tranquille sur le trône de Grenade, ne l'oublia pas ; mais Rasis préféra l'obscurité du séjour de Fez à celui de la cour d'Espagne , didebot, Opin. des anc. philos. (Sarrasins). La ville tombe dès lors dans une obscurité que les troubles intérieurs et des invasions étrangères firent durer longtemps, raïnal, Ilist. phil. m, 14. 1! 7° Terme de jeux. Jouer à l'obscurité, se dit, i l'hombre, lorsque, ayant les deux as noirs, on ne réserve qu'eux, en écartant le reste.
— IIIST. xil' s. Par les piliers s'en entrèrent dcdenz; Il n'orent cierges ne chandciles ardanz, L'uns avant l'autre; l'oscurté i fu graiiz, la Prise d'Orenge, v. (782. Nostre sires avalad les ciels et descendid, e desuz sespiezfud oscurted, Rois, p. ads. Il XV* s. Les citoiens sont ilespourveus d'espérance et descoignoissans de seigneurie, par l'oscurté de ceste trouble nuée, a. chart. l'Espérance ou consolalion des trois rerlus. Vous qui tournez lumière en obscurté, El qui voulez du jour faire la nuit, e. desch. Vie dissipée. || xvi* s. L'obscurité de la nuit, amyot, Pyrrh. 32. Ausquels toute obscurité de paroles eust esté comme cachette pour couvrir leurs erreurs, CALv. Inst. 72. Je souhaite le jour pendant l'obscurité, Et souhaite la nuit quand le soleil se levé. DESPORTES, Diverses amours, xxi. Complainte.
— tTVM. Lat. obscuritatem, de obscurus, obscur; ital. oscurità. L'ancienne langue avait aussi oscuror {askeror, dans st BERN.p. 626, avecle changement deo en a).
OBSÉCRATION (ob-sé-kra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Terme de rhétorique. Figure par jaquelle l'auteur implore l'assistance de Dieu ou de quelque personne. L'obsécration, par laquelle on conjure ses auditeurs au nom de leurs plus cbers intérêts, dumars. (Euv. t. v, p. 287. || 2° Aupl. Chez les Romai ns, prières publiques pour apaiser les dieux.
— HIST. xvi* s. J'admoneste, dit saint Paul, que prières, obsecralions, requestes, actions de grâces soyent faites pour tous les hommes, pour les rois et ceux qui sont constituez en dignité,CALV./nii. 1 209.
— ÉTYB. Lat. obsecratiûnem, de obsecrare, qui vient de ot», et saccr, sacré.
OBSÉDÉ, ÉE (ob-sé-dé, dée),porrpofi^d'obséiler. Il 1" Auprès de qui on est assidu. Une femme obsédée par un amant. || 2° Tourmenté assidûment par des pensées déplaisantes. Obsédé de la pensée du suicide. OBSÉDER (ob-sé-dé. La syllabe se prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'obsède, excepté au futur et au conditionnel : j'obséderai; j'obséderais), v. a. || 1° Être assidu auprès de quelqu'un, de manière à l'isoler des autres personnes. Puisque Flaminius obsède encor le roi, CORN. Nicom. I, t. Vous avez trop d'amants qu'on voit vous obséder, Et mon cœur de cela ne peut s'accommoder, MOL. His. ii, t. Quoi qu'on en puisse dire, les galants n'obsèdent jamais que quand on le veut bien, id. G. Dandin, ii, 4. Mme de Coulanges est toujours obsédée de notre cousin [M. de la Trousse]; il ne paraît plus qu'elle l'aime, et cependant c'est l'ombre et le corps ; la marquise de la Trousse est toujours enragée, sÉv. 4t8. Elle [la Tingry] l'obsédait [le maréchal de Luxembourg] si entièrement qu'il ne connaissait qu'elle, et elle éloignait tout le monde de lui, lO. 34 janv. 4 680. Plus les Français voyaient le roi d'Angleterre, moins on le plaignait de la perte de son royaume : ce prince n'était obsédé que des jésuites, la païette, Kém. cour de France, (Euv. compl. t. ii, p. 4I0, dans POUGENS. Je suis obsédée ou de femmes que je méprise, ou d'hommes qui ne m'aiment point, MAiNTENON, Letl. à Mme deGlapion, st juillet) 7(2. Un vilain mari qui s'avisait de négliger son procès pour oliséder sa femme, hamilt. Gramm. 9. Le gouverneur ne savait que croire des dieux; il était obsédé d'épicuriens qui lui avaient jeté beaucoup de doutes dans l'esprit, ponten. Oracles, i, i4. lia* Importuner par des assiduités. Il est obsédé par la foule des solliciteurs. Ces gens, dis-je, qui, pour services, ne peuvent compter que des imporlunités, et qui veulent qu'on les récompense d'avoir obsédé le prince dix ans durant, mol. Imprompt, a. Il S* Tourmenter par des illusions, en parlant du malin esprit. Il n'est pas possédé, il n'est qu'obsédé. Le diable, qui nous obsède toujours, ou plutût nous possède dans de pareilles conjonctures, me reprc- »enu que je serais un grand sot de demeurer en si beau chemin, le saoe, GH Bios, ii, 7. C'est elle |i imaginatioul «jui persuada k uni d'hommes qu'ils
étaient obsédés ou ensorcelés, et qu'ils allaient effectivement au sabbat, parce qu'on leur disait qu'ils y allaient, volt. Dict. phil. Imagination. Il 4° En parlant de certaines idées, tourmenter assidûment. Nous replongeant dans les images des sens qui nous environnent, et, pour ainsi dire, nous obsèdent..., Boss. 6* avert. 44. De tant d'objets divers mon âme est obsédée, Qu'à force de penser elle n'a plus d'idée, dkstouches, Phil. marié, iv, i. Souvent de ses erreurs noire âme est obsédée, volt. Sémiram. i, 6. C'était un préjugé le plus déraisonnable el peut-être le plus universel qui ait jamais obsédé les gens de lettres, le ilerc. (7(7, dans desfontaines. Réflexions tristes et sombres dont, avant moi, des malheureux avaient été sans doute obsédés dans celle prison [la Bastille], marmontel, J^t'ui. vi.
— ÉTYM. Lat. obsidere, de ob, et sedere, être assis (voy. seoir). Obsidere, s'asseoir autour, a le sens d'assiéger ; ce qui explique le sens figuré du français.
OBSÈQUES (ob-sè-k'), s. f. pi. Convoi pompeux. Il [le lion] fit avertir sa province Que les obsèques se feraient En tel jour, en tel lieu ; ses prévôts y seraient Pour réçler la cérémonie Et pour placer la compagnie, la font. Fabl. viu, (4. Autrefois les païens, ne perdez pas cette remarque, gageaient des hommes pour pleurer aux obsèques de leurs parents, bouroal. Commémorât, des morts. Myst. t. II, p. 6i6. Celle dont nous célébrons aujourd'hui les obsèques, fléch. Aiguillon. Chaque famille veut que son mort n'ait plus qu'à jouir de ses obsèques et ne souffre point qu'il soit sacrifié à l'instruction publique, fonten. Littre,
- HIST. xu* s. Tuit 11 covent i sunt venu, E 11 clergié communalment, Hevestu bel et saintement, X 'obseque chanter e faire, benoît, i, v. (672. Il XIV* s. Donné au curé pour tel droit que il pooil avoir audit obsecque la somme de douze francs, Bulletin du comité de la langue, t. ii, n* (, p. B6. Il XV* s. En ceste sai^on mourut son père, auquel il fisl très grant et solennel obseque, et signifier la mort dudit seigneur au roy, comm. h, (. ||xvi* s. Le bon Troycn, souspirant sans confort. Fait apprester les obsèques du mort, rons. 628. Estant laissé d'amour, peu me chaud de la muse ; Et rien d'elle à présent ne me peut contenter Que les vers qui sçauroient mes obsèques chanter, oesportes. Élégies, II, 5.
— ETYM. Provenç. et espagn. obsequias; du lat. obsequix, de obsequi, suivie, de ob, et sequi : proprement, acte d'assister aux funérailles, convoi.
OBSÉQUIEUSEMENT (ob-sé-ki-eû-ze-man), adu.
D'une manière obséquieuse.
— ÊTVM. Obséquieuse, et le suffixe ment. OBSÉQUIEUX, EUSE {ob-sé-ki-oû, eù-z'), adj.
Excessifdans sa complaisance et ses égards. Homme obséquieux. Humeur obséquieuse.
— HIST. xvt* s. Obséquieux, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. obsequiosus, de obsequium, condescendance, service, de même racine que obsèques.
t OBSÉQUIOSITÉ (ob-sé-ki-ô-zi té), s. f Néologisme. Défaut de l'homme obséquieux. Tamponnet: Je vous cherchais, monsieur. — Stéphane : Monsieur, j'en suis flatté.— Tamponnet : Pour jouer au piquet ou bien à l'écarté. — Stéphane : Je n'ai rien à vous refuser. — Tamponnet: Drôle 1 L'obséquiosité lui semble dans son rôle, ém. auoier, Gabrielle, il, 4.
— ÊTYM. Obséquieux.
OBSERVABLE (ob-sèr-va-bl') , adj. Qui peut être observé. Nous n'avons d'idées des objets que par les phénomènes observables qu'ils nous présentent, CABANIS, Inst. Uém. scienc. mor. elpol. t. i, p. (&(. Ce qui suppose autour des comètes une atmosphère qui s'est étendue au delà du périhélie des comètes observables, laplace. Exposé, v, 6.
— ÊTYM. Observer
OBSERVANCE (ob-sèr-van-s'), s. f. \\ 1" Pratique d'une règle en matière reiigie'jsa. Les bons princes n'avaient qu'à faire observer ia loi de Moïse, et se contentaient d'en recommander l'observance à leurs successeurs, boss. Itist. ii, 3. L'homme no garde pas un commandement d'une si facile observance [la défense de toucher à l'arbre du paradis], iD. tb. II, ( . Sans vous charger d'observances ou de pratiques, id. Lett. Corn. (7. L'observance de la loi est le véritable bonheur de l'homme, nass. Carême, Évidence de la lêi. L'observance des devoirs sévères de l'Évangile, id. Carême, Immutabilité de la loi. Qu'il est grand, encore une fois, d'avoir vécu dans l'observance de la loi du .Seigneur el de mourir dans sa craintol id. Axent, Kort dupécheur. Les religions ont toujours roulé sur deux pivots, observance et croyance ; l'observance tient en grande partie au climat: la croyanct n'en dépend point.
VCX.T. Dict. phil. Climat. Pline, Élien, Solin, Plu. tarque et d'autres auteurs plus modernes n'ont pas craint de donner à ces animaux [les éléphants] des mœurs raisonnées, une religion naturelle et innée, l'observance d'un culte, biiff. Quadrup. l. iv, p. ( 95. Il Dans un sens plus étendu, il se dit de la pratique des devoirs de la morale ou de la société. 11 était impossible de pousser plus loin l'observance scrupuleuse de toutes les bienséances, genlis, Vœux téméraires, t. Il, p. 33, dans POUGENS. Il 2° La règle, la loi mémo. Être instruit de toutes les observances de la vie religieuse, patru. Plaidoyer (6, dans HiCHELET. Quant à ce grand nombre d'observances dont il [Moïse] a chargé les Hébreux, encore que maintenant elles nous paraissent superflues, elles étaient alors nécessaires pour séparer le peuple de Dieu des autres peuples, boss. Ilist. il, 3. Une vraie fille de l'Église, non contente d'en embrasser la sainte doctrine, en aime les observances, id. Mar.-Thér. Voilà colles à qui les moindres observances paraissent insoutenables, et qui s'épanchent là-dessus en de si fréquents murmures I bourdal. Exhort. sur l'ohserv. des règles, t. i, p. 223. || Observances légales, certaines pratiques ou cérémonies que prescrivait la loi de Moïse. Ne comptez pas, leur [aux Juifs] disaient-ils [les prophètes], sur le»
victimes ne vous confiez pas sur la multitude
de vos œuvres et de vos ob.servances légales, mass. Carême, Culte. || 3° Il se dit des communautés religieuses où certaines règles s'observent. Ohservance relâchée. Observance mitigée. || Étroite observance, la partie d'un ordre religieux qui fait profession d'observer la règle plus littéralement que les autres religieux du même ordre. || Fig. On dit un cartésien, un platonicien, un hégilien d'étroite observance, celui qui ne se contente pas de prendre les grands principes, mais accepte dans tous ses détails le système du maître, jj Religieux de l'ancienne observance, ceux qui, n'ayant été assujettis à aucune réforme, sont censés observer la première règle qu'ils ont reçue de leur fondateur. On donne particulièrement ce nom aux cordeliers, qui s'appellent aussi observantins. || Frère mine;4' de l'observance,
voy. OBSERVANTIN.
— REM. M. de Malherbe dit: J'y apporterai cette observance ; cela ne vaut rien; il faut dire : j'observerai cela, vkvat^L. Nouv. rem. p. (83, dans pougens.
— HIST. XV* s. Plusieurs frères mineurs, qu'on dit de l'observance, louis xi, Nouv. xxxii. |{ xvr s. Un collège de religieux de l'observance de Saint- Dominique, J. n'AUTON, Ann. de Louis J^ II, p. (07, dans lacurne. Un jour, alla avec sa nialstresse à l'observance [couvent de cordeliers] ouïr la giand messe, mabg. Nouv. xix. Les constitutions et observances publiques, mont, i, (24. Certains poincts de l'observance de nostre église, m. i, 204.
— ÉTYM. Provenç. observancia, obscrransa ; esp. observancia; ital. osserransia;iiu lat. observanlia, qui vient de observare, observer.
OBSERVANTIN (ob-sèr-van-lin). || 1* S. m. Religieux de l'observance de Saint-François. \\ Adj. Religieux observantin. || 2* Frère observantin, s'est dit, dans le style plaisant, pour épilogueur, celui qui examine trop minutieusement. Déférons même à ces rudes critiques, Par toi nommés frères observantins. Trouvant à mordre aux choses les plus belles, 801SR0BERT, Ép. i, dans richklet.
— HIST. XVI' s. Ces cordeliers n'estoient pas de l'ordre de St- François, car on les appcloit, comme il me semble, observantins, cabloix, vi, 22.
— ÉTYM. Observance.
t OBSERVANTINS (ob-sèr-van-ti-n'), s. f. Religieuse d'un ordre fondé en (5(7 par Léon X, qui réunit sous ce nom les clarisses, les coletlines et les urbanistes.
OBSERVATEUR, TRICE (ob-sèr-va-tour, tri-s"), s. m. et f. H 1° Celui, celle qui observe quelque loi ou quelque règle, qui en accomplit les prescriptions. On les appelait chanoines, comme qui dirait observateurs des canons, patru. Plaidoyer 15, dans RiciiELET. Alexandre était très-religieux ol)servateur de ses promesses, d'ablancourt, Arrifn, VII, (3. On peut bien nous reprocher, comme aux pharisiens, que nous sommes de grands observateurs de petites choses, tandis que nous négligeons les plus impoi^ lantes, bouud. Sévérité évang. 2* aiwK, p. 468. Ce roi salon le cœur de Dieu, observateur de ses ordonnances, zélateur do sa sainte loi , klêch. Duc ite Montauiier. Le lendemain, au point du jour, Paul Emile, qui était fort religieux observateur de toutes les cérémonies prescrites peur les sacrifices, ou plutôt qui était fort superstitieux, se mit à immoler des bœufs à Hercule, roluit, Uist anc. lEuv.
OBS
ofis
OBg
t. IX, p. 124. dans pougexs. Plus le monde vous trouvera observateur de ses maximes, plus il deviendra censeur de votre pielé, mass. Avenl, toncept. ubservateur» zélés ce l'exacte jusiice, volt. Scythet, ii, 5. Scrupuleuse observatrice de toutes les ilenséances, GENLis, Voeux téméraires, t. i,p. 221, dans POLGKNS. || 2° Celui, celle qui épie, espionne. Et Eille observateurs que j'ai commis exprès, rotr. Vencetl. n, S. Cet observateur moral l'arfois se dit journaliste. Et tranche du libéral, béb^ng. Jttdas. H 3° Celui qui s'applique à observer les phénomènes de la nature. Celte étrange nouveauté étonna l'observateur, et il n'en osa rien dire, fonten. Uartsoeker. M. Spallanzani, le meilleur observateur de l'Europe, volt. te». Vi(ieiiet7Je, 26 août 4708. Je ne dissimule pas que cet ouvrage ne fera pas plus d'observateurs que les po'Hiques ne font de poètes ; mais il faut avouer pourtant qu'il montre ce qu'ofl doit pratiquer pour réussir dans les observations et les expériences, sennebier, Ess. sur l'art d'observer, t. i, p. <2, dans pougens. Zimmermann dit fi>rt bien que l'observateur lit la nature, et que celui qui expérimente l'interroge, id. ib. t. i, p. 26. Hippocrale, le père des observateurs philosophes, avait bien senti que la vie était courte, et que l'art était aussi long à apprendre qu'à pratiquer, id. «6. t. I, p. 297. Bradley, le modèle des observateurs et célèbre à jamais par deux des plus belles découvertes que l'on ait faites en astronomie, la place, Expot. V, 4. Dans les travaux d'un grand observateur, les erreurs mêmes ne sont pas à mépriser; elles sont souvent fondées sur des faits que de nouvelles recherches mettent dans tout leur jour, mirbel, Instit. Jlém. scierie. < 80«, p. 323. || Terme de marine. Officier chargé de faire des observations astronomiques. Il 4° Particulièrement, celui qui observe les mœurs et les actions des hommes, les événements de la société. Observateur du cœur humain. Il n'agissait jamais d'une manière à faire soupçonner aux observateurs les plus malins le moindre sentiment de vanité, FONTEN. Newton. On sentait qu'il était observateur, et l'on voyait qu'il cherchait à s'en cacher, GENLis, Yœux té>néraires, t. i, p. 484, dans pou- OKNS. Il 5° Celui qui regarde, par opposition à celui qui agit. Je n'ai pris aucune part à ce qui se faisait ; j'étais là comme observateur. || 6' Adj. Qui observe, qui examine. Médecin observateur. Esprit, génie observateur. 11 demande un esprit juste et pénétrant, un œil observateur, une imagination vive, une sensibilité profonde, mabmontel, Œuv. t. vu, p. 33.
— msT. XVI' s. Promettre rémunération aux observateurs de justice, calv. Instil. 31 a. Personnes tant observatrices des edicts, carloix, x, 48.
— ÉTYH. Provenç. et esp. obsertiador; ital. oMervatore; du lat. observatorem, de observare, observer.
OBSERVATION (ob-sèr-va-sion ; en vers, de cinq syllabes), *. f. || 1* Action de se conformer à.... L'observation de sa parole. L'observation des lois. Articles authentiquement établis, à la croyance et observation desquels toutes sortes de personnes sont obligées, boss. Expos, doctr. cath. i. || Egard qu'oii s à certaines croyances. Cette superstition, ainsi que l'observation des jours heureux ou malheureux, décident du sort des projets les mieux concertés, RAYNAL, llist. phil. V, 34. || i' Être en ol)scrvation, se tenir en observation, être, se tenir dans un lieu d'où l'on observe, d'où l'on .surveille. ||\rméc, corps d'observation, armée, corps d'armée dont la destination est d'observer, de surveiller les mouvements d'une armée ennemie. M. de Luxembourg, seul général de son armée, couvrait le siège [de NamurJ et faisait l'observation, st-sim. 4, 25. Il nâtimcnt d'observation, celui qui est défciché d'une flotte pour aller observer les mouvements de l'ennemi. || Quarantaine d'observatio.1, petite quarantaine de quelques jours qui a seulement pour objet de s'assurer de la continuation du bon état sanitaire d'un navire. || 8* Action de considérer avec attention les choses physiques ou les choses morales. Des onservatlons exactes. Ceux qui ont fait de profondes observations sur la société et sur le cœur de l'homme. Il reprit les observations du microscope interrompues depuis deux ans, et revit ces animaux qui lui avaient été suspects, fonten. Ilarttoeker. L'observation et l'étonnemcnt sont les premiers i>as de l'esprit vers la recherche des causes, tlDER. Opm. dit anc. philos. {Éthitjpieni). Nous vivons dans un siècle où, en matière d'observations, surtout lorsqu'elles ont pour objet des laits singuliers, on ne fait cas que de celles qui sont détaillées jusqu'à un certain point, et qui ont été répétées plusieurs fois, bONNP.T, Observ. pucerons, Œuv. U i, p. 37, daos fousKHS. l«uombr« de* précautions pour évi-
ter l'erreur dans les observations est immense ; il varie suivant les objets observés et leurs circonstances, SENNEBIER, Essai sur l'art d'observer, t. i, dans POUGENS. On perd le fruit de l'observation en généralisant trop les conséquences qu'on en a tirées, ID. ib. t. II, p. 4 9). Il En astronomie, nom donné aux mesures, prises avec les instruments convenables, des distances angulaires des astres, de leurs hauteurs méridiennes, de leurs mouvements, etc. L'observation ayant montré bientôt après que les planètes étaient tantôt plus, tantôt moins éloignées du soleil, d'alemb. Disc, prélim. Syst. monde, Œuv. t. XIV, p. 451, dans POUGENS. || Avoir l'esprit d'observation, savoir remarquer les causes et les effets des phénomènes, des événements, des actions des hommes. Si le talent de porter rapidement son attention sur une foule d'objets, de les bien voir tout entiers, n'est pas le génie de l'observation, c'est du moins une qualité très-rare, très-précieuse et sans laquelle ce génie ne peut exister, condorcet, Linné. || 4° Procédé logique à l'aide duquel on constate toutes les particularités du phénomène en lui-même, sans le troubler par l'expérimentation. Le type scientifique de l'observation est l'astronomie, où l'homme est obligé de contempler seulement des phénomènes qui se passent à de très-grands éloignements. On se trompe souvent en mêlant l'opinion à l'observation, et en donnant celle-là pour celle-ci, saussure, Foy. Alpes, t. viii, p. 338, dans pougens. L'observation est ce regard réfléchi que l'àme porte par le moyen des sens sur les objets qui l'occupent, pour acquérir une connaissance exacte de leurs qualités, de leurs effets, de leurs rapports et de leurs causes, SENNEBIER, Essai sur l'art d'observer, t. i, p. 24. C'est sans doute avec raison qu'on proscrit de l'étude de la nature tout autre moyen que ceux de l'observation et de l'expérience, ID. ib, t. I, p. 74. Dans ces temps d'ignorance on était loin de penser que le seul moyen de connaîtra la nature est de l'interroger par l'observation et le calcul, la PLACE, Expo.ié, IV, 4. Il B" Résultat de l'observation. Observations astronomiques, météorologiques. Une bonne observation vaut mieux que cent théories, DiDRR. Claude etNér. u, 97. Ulug-beg, petit-fils du conquérant de l'Asie, n'est connu dans l'histoire que par ses observations astronomiques, condorcet, kaurepas. ||6° Terme de marine. Observation, élude de la position des astres pour la conduite d'un navire en mer. || 7° En termes de médecine, histoire d'une maladie, d'un feit. Rédiger une observation détaillée. Des observations de fièvre typhoïde. || 8° Remarque sur des écrits de^quelque auteur (en ce sens il se dit surtout au pluriel). Faire des observations sur un passage. Les savantes observations de ce critique. Il 9° Dans le langage de la conversation, de la discussion, réflexion, considération. Permettez que je fasse une observation. |{ 10" Au plur. En jurisprudence, exposé des faits et circonstances qu'il faut apprécier pour parvenir au règlement ou à la liquidation des droits et intérêts des parties. || Plaider par observation, débattre une affaire dans laquelle il ne s'agit que do statuer sur un incident de nature à entraîner peu de développement.
— HEM. On dit fréquemment : Je vous ferai une observation; j'ai voulu faire quelques observations à notre jeune ami. Plusieurs grammairiens ont déclaré que cela n'est pas correct, et qu'il faut dire : Je vous ferai faire une observation. C'est un excès de rigueur. L'usage a admis observation au sens de remarque, voy. Ion' 9; on dit couramment • Je vous soumettrai une obsenalion. Dès lors il serait vétilleux do repousser : Jo vous ferai une observation.
— SYN. observation, observance. Observance se dit en matière religieuse, et quelquefois en matière morale; observation se dit, d'une façon plus générale, de l'accomiilissemcnt do toute prescription; de plus, observance se prend pour loi, précepte : les observances de la loi religieuse; observation ne reçoit pas cet emploi.
— hist. XVI* s. Dieu no veut point le droit honneur que nous lui devons cstro profané par observations superstitieuses, calv. Inslil. 2»4. Observations de la foy qu'on a donnée, hoht. i, 37. Avant que les sciences fus.sent rédigées en règle et observations certaines, id. ai, 4 88. Nos observations [observances] et usances, in. i, 4 2;i.
— ËTYM. Lat. ûbsertationem, do obtervare, ob-
OBSERVATOIRB (ob-sér-va-loî-r'), t. m. Édifice fourni de toutes sortes d'instruments, pour les observations astronomiques. C'est sur ses dessins [de U. Perrault) qu'a été b9ti l'observatoire de Paris avec toute* le* commodité* qui *'y trou-
vent pour observer, fontkn. Perrault. Il n'y a guère dans Paris d'autre habitation que l'observatoire qui puisse parfaitement convenir à un astronome; il lui faut un grand horizon , m. Louville. On voyait à Cnide, du temps de Strabon, l'observatoire d'Eudoxe, d'où il observait l'étoile Canope, bailly, Hist. astron. anc. p. 461. On s'occupa de construire un observatoire à Copenhague ; les fondements en furent jetés le 7 juillet IC32; il ne fut totalement achevé qu'en 4 666, et il a été détruit par l'incendie de 4728; la tour avait cent onze pieds do haut, et quarante-sept de diamètre; elle était meublée des instruments nécessaires, id. Hist. de l'astron, mod. t. II, p. 441. Louis XIV et Charles II, qui fondèrent ensemble leurs académies, élevèrent presque en même temps des observatoires; l'un à l'extrémité du faubourg Saint-Jacques, commencé en • 667, fut achevé en 4674 ; l'autre, à deux lieues de Londres, à Greenwich, fut construit vers 4 676, m. ib. t. II, p. 278. Il [Ptolémée Philadelphe| leur donna [aux savants] pour demeure un vaste édifice qui renfermait un observatoire et cette fameuse bibliothèque que Démélrius de Phalère rassembla avec tant de soins et de dépenses, la place, Expos, v, 2. Holagu Ilecoukan, un de leurs souverains [des Perses], rassembla les astronomes les plus instruits k Maragha, où il fit construire un magnifique observatoire, ID. 46. V, ^.
— ÈTYM. Forme fictive observatorium, dérivée de obscriawr (voy. obskbvateur).
0BSI:rvÉ, ÉE (ob-sèr-vé, vée), part, passé d'ohserver. || i° À quoi on s'est conformé. Dans tous pays il n'y a jamais de lois observées que celles qui tiennent à la nature du gouvernement, j. j.rouss. Lett.à M.deUalesherbes, corrcsp. t. v,p. 4 09, dans pougens. Il 2° Considéré avec application. Des phénomènes observés attentivement. 11 possédait le détail des arts, de ce prodigieux nombre d'industries singulières inconnues à tous ceux qui ne les exercent pas, nullement observées par ceux qui les exercent, négligées par les savants les plus universels.... fonten. des Billettés. Il Terme de marine. Latitude ou longitude observée, et, par abréviation, l'observée, celle qu'on a reconnue à l'aide d'instruments, par opposition à estimée. || 3* Survefllé, épié. Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée, Encor dans mon malheur d« trop près observée, rac. l'hèdre, iv, 6.
OBSER'VER (ob-sèr-vé), v. o. i| 1° Se conformer» ce qui est prescrit par quelque loi, par quelque règle (premier sens, puisque le latin ooscrtare signifie garder autour). J'observerai, seigneur, ces avis importants, CORN. S'icotn. m, t . Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose Observe exactement la loi que jo t'impose, id. Cinno, v, 4. Nous n'avons point observé vos commandements, vos cérémonies et vos ordonnances, saci, Bible, Esdras, il, i, 7. Quelque gloire que M. de Lamoignon ait acquiso en faisant observer la discipline, je n'en parlerais qu'en tremblant, s'il ne l'avait lui-même ob.servée, flécii. Lamoignon. Jo promets d'observer ce que la loi m'ordonne, RAC. Ath. IV, 3. Il Fig. Observer les longue* et les brèves, ou observer les points et les virgules, être extrêmement exact et scrupuleux, tant pour co qu'on fait quo pour co qu'on a ordonné de faire. || Observer les distances, rester à la distance voulue entre les rangs, les pelotons, etc. ; fig. et populairement, ne pas trop s'approcher d'une personne, no pas se familiariser avec elle. || En termes do manège. Ce cheval observe parfaitement les hanches, sa ligne, etc. Ce cavalier observe bien son terrain. || 2° Considérer avec application les choses physiques et les choses morales. Observer la nature, observer les sym|it(5mes d'une maladie. Observer les mœurs des différentes nations. Le philosophe consume sa vie à observer les hommes, LA brdt. i. Les Phéniciens furent les prcmien» qui observèrent les astres loin de la terre, f^n. Tél. III. Vénus est très-difficile & observer autan; et de la manière qu'il le faudrait pour en appreit' dro tout ce quo la curiosité astronomique demanderait, fonte:». Bianchini. L'histoire naturelle aura toujours beaucoup d'incertitudes; il faudrait, pour le» lui ôlcr, observer par soi-mémo; mais qui peut tout observer? bufp. Ois. t. iv, p. 29. Je voudrais qu'un homme judicieux nous donnât un traité do l'art d'observer les enfants; cet art serait trèsimportant à connallre, J. J. Rouss. Emile, :;:. Ce Sénèque, quo faisait-il entre les rochers do U Corso T il observait la nature, il écrivait ses Questions de physique, dider. Claude et Nér. ii, ». || Observer dos distances, dos azimuts, des amplitudes, déterminer, par l'observation, dos distances, des azimuts, des amplitudes. || Absolument. U a lony-
ÎU
OBS
temps observé. Du Danemark il alla à Hambourg, do Hambourg à Hanovre, toujours- observant, fonte», dar Pierre. Si nous observons bien, nous découvrons des phénomènes, nous les voyons, comme une suite de causes et d'effets, former différents systèmes; et nous nous faisons des idées exactes de quelques parties du grand tout, condil. Log. i, r>. La nature a indiqué aui premiers hommes l'unique méthode des découvertes, puisqu'elle les a mis dans la nécessité d'observer, id. Gramm. Disc, jnétim. lin progrès de l'art d'observer, c'est le soin de vérifier l'instrument, baillt, Hist. astron. mod. t. i, p. loi. Les polypes sont d'excellents maîtres de logique qu'il faut consulter : ne cherchons point à deviner, et observons, bonnet, Consid. corps organ. Œuv. t. v, p. 3&7. L'art d'observer est moins l'art de penser que d'apercevoir, senneb. Ess. sur fart d'observer, t. i, p. g, dans pOugens. || Plus parliculièrcment, faire des observations astronomiques. Nos astronomes voient sur la lune des visages de demoiselles; il pourrait être que des femmes qui observeraient y verraient de beaux visages d'hommes, FO.NTEN. Mondes, 6" soir. Jean Flamsteed naquit à Derby le )9 août <648; il y observa depuis l'année )608 jusqu'en l'année (674, bailly, Wtst. astron. mod. t. ii, p. 426. || Terme de marine. Observer, prendre une latitude en mer par des moyens astronomiques. || 3° Examiner, regarder. Ils [les Ro- ■lains] n'observaient pas seulement les démarches de leurs ennemis, mais encore tous les progrès de leurs voisins, boss. Ilist. vi, o. Mais peut-être qu'aussi, trop prompte à m'affliger. J'observe de trop près un chagrin passager, rac. Bajai. m, 7. Je verrai ;e témoin de ma flamme adultère Observer de quel front j ose aborder son père, id. Phèdre, m, 3. 11 m'observa longtemps dans un sombre silence, id. kstli. I, 1 . Je l'observais hier, et je voyais ses yeux Lancer sur le lieu saint des regards furieux, id. Ath. I, *. Tous ont les yeux sur lui, observent son maintien et son visage, la bruy. v. Mais parle ; tu pouvais observer son visage, volt. Zaïre, m, 7. Hélas ! il m'observait d'un regard douloureux, id. Fanât. IV, *. Il Absolument. Celui qui ne prétend qu'observer n'observe rien, parce qu'étant inutile dans les affaires et importun dans les plaisirs, il n'est admis nulle part, j. j. rouss. Hél. ii, <7. Le baron observait malignement; son ami rêvait, genlis. Voeux téméraires, t. in, p. <22, dans pougens. || Épier. Comment I un rustre comme cela? un homme qui TOUS observe toujours, et ne veut pas que personne vous parle I mol. If^d. m. lui, m, 3. [Dans un couvent] toutes les actions réglées, tous les pas comptés, cent yeux qui nous observent, boss. la Vallière. Si mes accusateurs observent tous mes pas, rac. Brit.
IV, 2. Vous êtes observés ; la fuite est impossible, VOLT. Orphel i, 3. || 4" Remarquer, faire attention. Obser\'cz bien toutes ces circonstances. La cour observera que.... J'ai observé qu'il lisait avec soin ce papier. Observez ces regards où la flamme étincelle, Cette marche, ce port et cet éclat divin, delille, En.
V. Il Faire observer, faire remarquer, appeler l'attention sur. Faites-leur même observer que rien ne contribue plus à l'économie et à la propreté que de tenir chaque chose en saplace, pén. Éduc. des filles, II. Il B°S'observer,e.r<?/J. Être observé, êtreobéi. Lois générales, immuables, éternelles,qui s'observent sans aucune exception, avec un ordre, une régularité et une promptitude infinie, dans l'immensité dos espaces, uoBTF.SQ. Lelt. Tpers. 97. || 6" S'observer, se regarder l'un l'autre avec attention. Ces deux adversaires s'observèrent longtemps avant d'en venir aux mains. L'un et l'autre rival, s'arrêtant au passage. Sa menace des jeux, s'observe, s'envisage, uoiL. Luir. V. Les maisons de France et d'Autriche se craignaient et s'observaient, et elles avaient l'Europe à craindre, volt. Louis XIY, <7. || 7* S'observer, être retenu, circonspect. Cet homme s'observe beaucoup en parlant, en mangeant.
— HEM. Lorsque observer signifie.épier, il est actif: je voua observe. Quand il signifie faire une remarque, remarquer, il est neutre; et comme on ne dit pas : je vous considère que, je vous remarque que, de même on ne peut dire : je vous observe que. Il faut dire : je vous fais observer que. Louis Racine [Discours préliminaire placé en tête de ses Kemarques sur le théâtre de son père) dit : « Je vous observe •eulement son attention à le rendre utile, autant
Su'il peut lêire. » C'est une faute. Même faute dans .J. Rousseau (éd. i«us5ET-PATnAY,t.xxiii, p. m) écrivant à Duchesnc, le 20 mars 4773 : « Je me eontenlerai de vous observer qu'il n'est pas fait mention dani le contenu de Totre caisse du premier «nvoi que tous m'aviez fait. »
OBS
— SYN. ousEHVi r, OAiinKii. Colui qui observe les commandements, s'y conforme; celui qui garde les commandements, prend soin de ne les pas violer. Garder a donc quelque chose de plus effectif que observer, ou, pour mieux dire, quelque chose de plus intime ; celui qui garde les préceptes y obéit parce qu'il y croit ; celui qui les observe s'y conforme, qu'il y croie ou non.
— lliST. XVI* s. Nous lisons on Exode ; Observez mon sabbath, calv. Instit. 295. J'observe en mes voyages cette pratique de.... mont, i, 58. Ces plaisirs sont réprouvez, si la modération n'y est observée, id. i, 22B. Il n'cstoit pas possible qu'un excellent ouvrier eust sceu mieux garder toutes les proportions des membres, qu'elles estoient observées enluy, amtot, Eumènes, 21.
— ÉTYM. Provenç. et esp. observar ; ital. osservare; du lat. observare; de ob, etservare, garder; proprement, garder autour; comparez re-garder.
+ OBSESSEUR (ob-sè-seur),s. m. Celui qui obsède.
— HIST. xvi' s. Obsesseur, cotgrave.
— ÉTYM. Lat. obsessorem (voy. OBSf;ssioN).
OBSESSION (obsè-sion; en vers, de quatre syllabes), I. ^. Il 1° Action de celui qui obsède et, pour ainsi dira, assiège quelqu'un. Il est toujours auprès de lui, on n'a jamais vu pareille obsession. || Etat de celui qui est obsédé. Ces visites continuelles sont pour moi une véritable obsession. Le régent vit clairement par l'obsession où était le roi d'Espagne, qu'il n'y avait rien à on espérer, et no pensa plus qu'à conclure avec l'Angleterre un traité, duci.os, Œuv. t. V, p. 267. Il 2° Terme ecclésiastique. État d'une personne qu'on suppose troublée, assiégée par le diable ; ce qui est dilîérenl do la possession, qui signifie l'habitation actuelle du diable dans un corps. C'est un grand bonheur pour le genre humain que les tribunaux dans les pays éclairés n'admettent plus enfin les obsessions et la magie, volt. Mœurs, )28. Il Par extension. Cette espèce d'obsession dont il a été tourmenté par le dieu des vers, lahabpe, Cours de littér. t. viii, p. 386, dans poucENii.
— ÉTYM. Lat. obsessionem, de obsessum, supin de obsidcre (voy. obséder).
OBSIDIANE (ob-si-di-a-n') ou OBSIDIENNE (obsi-di-è-n'), s. f. 'Verre volcanique qui ressemble à du verre de bouteille ; il raie le verre, se change en émail gris à la chaleur du chalumeau, et fait feu sous le briquet; la couleur en est verte foncée et noire; on l'emploie en parures de deuil, comme le jais, auquel il est supérieur en dureté, en ténacité, en poli, DE LAnonnE,Emaua;,p. 407.L'obsidianeaété dite aussi agate d'Islande, parce qu'elle venait principalement de ce pays, id. ib. L'obsid ienne vitreuse, et notamment la variété noire, est employée au Pérou et au Mexique, pour faire diverses sortes d'ornements et de miroirs, al. brongniabt, Traité de minéral, t. I, p. 339, dans pouGKNS. Hernandez vit des couteliers mexicains faire plus décent couteaux d'obsidienne en uno heure, id. ib. Les formes d'un grand nombre de haches, de couteaux en silex, en obsidienne, en quartz compacte, extraits do tumulus de l'Attique, de la Béotie, de l'Achaie, des Cyclades, sont identiques à celles des pareilles armes qu'on recueille çà et là dans notre sol, a. mauby, Uev. des Deux-Uondes i" avril (807, p. 05l.
— Rtym. Pierre nommée ainsi d'Obsidius, qui l'avait découverte en Ethiopie, dit Pline.
OBSIDIONAL, ALE (ob-si-di-o-nal, na-l'), adj. Qui concerne les sièges. || Couronne obsidionale, couronne dont les Romains honoraient un général qui avait fait lover le siège d'une ville, ou délivré une armée assiégée ; on la composait avec l'herbe venue sur place; d'oil le nom de couronne graminée, qu'elle portait aussi. || Monnaie obsidionale, celle qu'on frappe quelquefois dans uno ville assiégée où elle a cours pendant le siège. Le marquis d'Hérouville , qui commandait dans cette place [Égra], fit faire de ces monnaies obsidionales dont l'usage commença autrefois au siège de Pavie sous François 1*', volt. Histoire de la guerre de I74i, I" partie, ch. vu.
— f.TYM. lat. obsidionalis, de obtidio, siège, de obsidcre, assiéger (voy. obséder).
t OBSOLÈTE (ob-solè-l'), odj. || 1" Néologisme de quelques grammairiens. Qui est hors d'usage, en parlant d'un mot, d'une locution. ||2' Il se dit aussi en histoire naturelle, pour signifier peu apparent, presque effacé. Sillon obsolète. Strie obsolète.
— ETYM. Lat. obtoletut, de obtolere, tomber en désuétude, de ob, et tolère, avoir coutume (voy. 80 ti loir).
OBSTACLE (ob-sta-kl'), t. m. \\ V Ce qui arrête, s'oppose. Tout fait à tes projets d'invincibles obsia-
OBS
clos, coBN. Oth. I, ). Je sais que vous pouvez forcer d'autres obstacles, id. Pompée, iv, 3. La valeur de leur chef no trouvait point d'obstacles, id. Cid, IV, \. Mais comme à ce dessein la reine mil obstacle, ID. Œdipe, II, 3. Quand Crésus vit Ésope, il s'étonna qu'une si chétive créature lui eût été un si grand obstacle, «a font. Vie d'Ésope. Plus l'obstacle était grand, plus fort fut le désir, id. Fabl. viii, ta. Loin d'être les premiers à prendre ma vengeance, Eux-mêmes font obstacle à mon ressentiment, mol, Amph. m, 5. Je vous estime autant qu'on saurait estimer; Mais je trouve un obstacle à vous pouvoir aimer, id. Eemm. sav. v, (. Les puissances qui mettaient de trop grands obstacles à leurs conquêtes [des RomainsI , doss. Ilist. m, 6. Si Dieu a béni le travail par lequel je tâche de vous enfanter en Jésus-Christ et que, trop indigne ministre de ses conseils, je n'y aie pas été moi-même un obstacle, 10. Anne de Gonz. L'homme ne peut-il pas, selon sa coutume, s'en imposer à lui-môme? mais quel supplice ne méritent pas les obstacles qu'il aura mis, par ses préventions, à des lumières plus pures? id. ib. Comme un de ces hommes extraordinaires qui forcent tous les obstacles, id. Louis de Bourbon. Les soldats de M. de Turenne ne trouvent point d'obstacles qu'ils ne surmontent, fléch. Turenne. Quel obstacle secret trouble notre bonheur? bac. Bajai. II, ). Ce barbare spectacle X leur noire fureur n'apporte point d'obstacle, id. Théb. v, 3. Uu obstacle en amour est un attrait de plus, favabt, Ninelte, il, 5. La résolution dont je vous ai fait part ci-devant, et à laquelle vous vous devez, selon moi, de ne plus porter obstacle, j. J. BOiss. LcU. à Mme Latour, 24 juin 1772. Tant le voile et l'obstacle ont un charme suprême, Par qui tout s'embellit, jusqu'à la beauté même, delil. Imag. IV. Dans uno fuite déréglée où tout ce qui pourrait servir nuit, cette colline et son défilé devinrent un obstacle insurmontable, un mur de glace contre lequel tous nos efforts se brisèrent, séguh, Hist. de i\'op. xii, 3. Il 2° Terme de physique. Tout ce qui résiste à une force. 113° Se dit, au trictrac, des passages interceptés par l'adversaire.
— REM. ;J. J. Rousseau a dit : Votre entreprise est trop belle pour ne pas éprouver des obstacles. Lett. au prince de Wurtemberg, <? déc. (703. Mail cela n'est point élégant et est à peine correct.
— SYN. OBSTACLE, EMPÊCHEMENT. Étymologique-
ment, l'obstacle est ce qui, étant devant nous, s'oppose à nous ; l'empêchement est ce qui embarrassa les pieds comme fait un piège. Là est la notion de la différence.
— lllST. XVI* S. Pour entrer dedans sont deux portes aux deux costez, et entre deux, venant de l'une à l'autre, est uu obstacle de marbre blanc, ouvré à la turque, et percé à jour pour veoir par là le dedans de la chappelle; au dessus et joignant de cesluy obstacle sont clix imaiges angeliques tenans entre les mains chascune un chandelier, et le tout d'albastre, i. d'auton. Annales de Louis XU,
p. ((8, dans LACliRNE.
—ETYM. Lat. obstaculum, de 06, en face, elstare, être debout : ce qui est debout en face, opposé.
f OBSTANCE (ob-stan-s'), s. f. Terme de droit canonlquo. Difficulté qui empêche le pape de faire droit à une demande.
— ÉTYM. Bas-lat. obstantia, da obstarc, faire obstacle (voy. obstacle).
t OBSTÉTRICAL, ALE (ob-sté-tri-kal, ka 1'), adj. Terme do médecine. Qui a rapport aux accouch»ments. Los préceptes obstétricaux.
— ÉTYM. Voy. OBSTÉTRIQUE,
t OBSTÉTRIQUE (ob-sté-tri-k'), ». f. L'art des accouchements.
— tllsT. XVI* s. J'ay esté appelle quebiue fois à extraire hors le corps de la mero l'enfant mort, que les obstelricos matrones, soy disans sages femmes, s'estoient efforcées le vouloir tirer par l'un des bras,
PARÉ, t. II, p. 629.
— ETYM. Lat. obsteirix, accoucheuse, da ob, en face, et stare, être debout : proprement, assistante.
OBSTINATION (ob-sti-nasion; en vers, de cinq syllabes; au xvi* siècle, d'après lVe/.e, au xvii* d'après Ménage, on prononçait ostiiiation, ce i|iii est aujourd'hui la prononciation populaire), s. f. Action (le s'obstiner; état de celui qui s'ob.stiiie. Je sais quelle est l'humeur et l'esprit d'un chrétien; Dan» l'obstination jusqu'au bout il demeure, corn. Poly. III, 3. Mais, après les efforts de cette déférence, Si tu gardes ciicor la même violence. Peutêtre saurons-nous apaiser autrement les obstinalions de ton emportement, id. la Veuve, m, ». Leur obstination s'irrite par les peines, botb.
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St Genest, n, s. Croyez-vous l'emporter par obstination T MOL. Fdch. II, 4. J'essayai de lui faire conuaître mon motif; mais ma justification accrut son doute, et il prit mes excuses pour une olïstination, PASG. Leit. à Jacqueline, 26 janv. <648. L'ignorance présomptueuse, qui est la mère de l'obstination, 60SS. Élals d'oraison, i, n. Commendon avait trop d'obstination et d'aigreur, fléch. Commendon, IV, 7. envoyait [à Paris] des troupes de mendiants, sans religion et sans discipline, demander avec plus l'obstination que d'humilité, m. Aiguillon. On a de la peine à comprendre l'obstination des anciens à croire que la mer Caspienne était une partie de l'Océan, montesq. Esp. j.xi, ». Touchés des maui qu'enduraient les Français par leur obstination aux guerres civiles, anqbetil. Ligue, m, (4e.
— mST. XII* s. 11 layerent [laissèrent] lo parleir par la grant duresce et la grant obstination des homes k'il veoyent, st ber.n. 527. || xv* s. Et en toutes ses entreprises n'y avoit point d'elTect, et ne faisoit que perdre temps, gens et pays, par ses folles obstinations, Jean db tro\«s, (478. || xvi* s. L'ambition et l'obstination qui estoit en Lysander luy procedoit de la discipline et nourriture laconique,
»AMroT, Lxjtand. 2.
— ÉTYM. Provenc. ohstiixatio; esp. oistinacion; ital. obstinaiione ; du lat. obsUnationem, de obstinare, obstiner.
OBSTLVÉ, ÉE (ob-sti-né, née), part, poisrf d'obstiner. Il 1° Attaché avec ténacité à quelque idée, opinion, sentiment, etc. Oui, seigneur, dans son mal Home est trop obstinée, corn. Cinna, u, ( . Ce sexe en sa vengeance est le plus obstiné, rotr. Bélis.i, i. Et je tremble toujours qu'un obstiné coupable Luimême contre moi ne soit inexorable, th. corn. Cted'Essex, ni, 4. Mais le moyen de sauver des gens [les Juifs] si obstinés à se perdre? boss. Ilist. il, 8. Des ligueurs obstinés confonds les vains projets, VOLT. Ilenr. x. || Substantivement. Un obstiné, une obstinée. Et la mort d'Adrian, l'un de ces obstinés, BOTH. St Genett, i, 7. On le vit persuader des obstinés, adoucir des barbares, fléch. Panég. l, 309. Il 2* Il se dit aussi des choses. Ton Dieu sait ta faiblesse, et n'exige de toi Que la sincérité d'une solide foi. Qu'une vie obstinée à la haine du crime, COHN. Imit. IV, 8. La sévérité des pharisiens était une sévérité présomptueuse et obstinée dans ses jugements, bûurdal. 3* dim. après la Pentecôte, Dominic. t. n, p. 342. Depuis plus d'une année. J'éludais tous les jours sa poursuite obstinée [une invitation à dîner], boil. Sat. m. Avec quels yeux cruels sa rigueur obstinée Vous laissait à ses pieds peu s'en faut prosternée! rac. Phèdre, m, 4. Rien n'excuse à présent votre cœur obstiné, volt. Orphel. T. 4. Il II se dit d'un mal qu'on ne peut faire cesser. Goutte obstinée. C'est un rhume obstiné, sans doute, MOL. Tart. iv, 5.
— SYN. OBSTINÉ, OPINIÂTRE. Obstiné est, étymologlquement, celui qui se fixe, s'attache avec ténacité. Opiniâtre vient d'opinion, avec la finale péjorative dtre. Ces deux mots, à moins de quelque modificatif, marquent un cxcls. Mais, comme obstiné est en même temps le participe du verbe obstiner, il marque plus particulièrement un acte, tandis que opinilltre marque plutôt un état habituel : obstiné dans cette résolution; opiniâtre dans ses résolutions.
0UST1\EJ1E.\T (ob-sti-né-man), ode. Avec obstination. Et bien que tout mon cœur obstinément se donne. Ma raison n'ose me donner, corn. Toison d'or, IV, î. Qu'une femme est à craindre et hait obstinémenti rotr. Bélis. ni, 3. J'ai beau la conjurer de montrer son visage ; Ha prinre au refus obstinément l'engage, th. cohn. les Engagements du has. II, 3. Apres m'avoir obstinément refusé quand je l'en pressais devant sa maltresse, beau- HAHCii. Jfar. de Figaro, v, ».
— HIST. XIV* s. Comme elnsl fusl que il [les tribuns] ne se fléchissent point, et que il empeschas- •ent le delet [levée de troupes] obstinément, ukr- CHEDRE, ^ 94. Il XVI» S. Vous en usez [de l'accent aigu] en diverses sortes, comme en ces mots nommément, privément, obstinément, dont les syllabe» sont longues, et ailleurs vous le mettez sur les brèves, i. pelletier, dan» livet, la Gramm. franc. p. («8. Uses donques hardiment de» nom» pour le» ailvcrbes, comme, ils combatent obstinez, pour ob- ■linéement, lubellat, l, 12, r«r<o. La couslume a faict le parler de soy vicieux, et le prohibe obsli- Aécment, en hayne de la ventance, mont. II, 80.
— ETYM. Obstinée, et le sufliie ment.
nBSTINER (ob-stl-ner. D'après Ména^, au zvip
i.'jcIo, on prononçait ostiner; ce qui est aujour-
PICT. DI LA LANGUE rRAN(AISB.
d'hui la prononciation populaire), v. a. ||1* Faire qu'une personne s'attache avec ténacité à quelque chose. Mais ce flatteur espoir.... Me fait plaire en ma peine et m'obstine à souflTrir, corn. Mil. i, (. ....Dis-moi quelle espérance Doit obstiner mon maître à la persévérance, id. le Ment, iv, 7. Dompte sous une exacte et forte discipline Ces inséparables ilalteurs Que l'amour de toi-même à te séduire obstine, m. Imit. I, 2t. Que lo goiit du bien souverain Déracine en mon cœur l'attachement humain, Kt, faisant aux faux biens une immortelle guerre. M'obstine au généreux dédain De tout ce qu'on voit sur la terre, m. t'i>. m, 23. || Absolument. Obstiner quelqu'un, le contredire et, par là, l'enfoncer davantage en son opinion. C'est une volonté dure et opiniâtre; et il suffit qu'on nous contredise, pour nous obstiner davantage, bourdal. Pensées, t. ii, p. 483. Ne l'obstinez point ; Je connais son esprit, Il le ferait, monsieur, tout comme il vous le dit, re- ONARO, Ugat. IV, e. || J* s'obstiner, r. réfl. S'attacher avec ténacité à. Ne vous obstinez point en cette humeur étrange, corn. Cid, m, 3. Cinna seul dans sa rage s'obstine, id. Cinna, iv, ( . Que ferez-vous enfin si toujours il s'obstine T id. Poly. m, 5. Puis, tout triste et pensif, il s'obstine au silence, m. Pomp. III, (. Je ne recherche plus la damnable origine De cette aveugle amour où Placide s'obstine, ID. Théod. n, 5. Il II prend à, avec un verbe à l'infinitif. L'affliction s'obstine à suivre qui l'évite, corn. Imit. II, (2. Quiconque s'obstine à n'avoir point d'autre fin dans le mal que le mal même, nous rompons avec lui, pasc. Prov. ni. L'Académie en corps a beau le censurer [le Cid] ; Le public révolté s'obstine à l'admirer, boil. Sat. ix. Je voulus m'obstiner à vous être fidèle, rac. Àndr. iv, &. || Fig. Sa Chine [d'un géographe] et sa Tartarie s'obstinaient à demeurer mal placées et mal disposées contre le témoignage de relations indubitables, fonten. Delisle. Il II se dit aussi quelquefois avec de et un infinitif. Ne vous obstinez point d'aimer si hautement, TRISTAN, Panthée, i, 7. Si vous vous obstinez de vivre au milieu des périls, mass. Avent, Concept. Il II se dit d'un mal qui résiste aux remèdes et au temps. Mon rhume s'obstinait, et ma bruyante haleine Par secousse, en sifflant, s'exhalait avec peine, c. DELAviGNB, Ép. à Lamartine.
— REM. Cet imbécile de sir Thomas m'obstine que vous arriverez le dix, m"* riccoboni, Lett. de Fanny Butler, lett. 86. Cela signifie : me soutient obstinément que..., et est du langage populaire.
— HIST. XV* s. Et tant estoient obstinés l'un contre l'autre.... que«iul n'y avoit pu mectre paix. Boude. I, 33. Et luy eust mieulx valu [à Charles le Téméraire] n'estre jâ obstiné en sa demeurée [lorsqu'il remit le siège devant Nancy], comm. v, 5. Ijxvi* s. Les Romains s'obstinoient à continuer ce siège, AMYOT, Anton. 50. La grandeur de son courage fai- .soit qu'il s'obstinoit invinciblement en toutes choses, ID. Aleie. 51. Une vigueur masie et obstinée, MONT. I, 3. Voyant son fier et obstiné silenoe, m. I, 6. U n'y a damnés que les obstinés, Huitt de Slroparole, t. i, p. 380, dan» lacdrnb.
— ÊTV.V. l'rovenç. et espagn. obstinar; ital. oslinare; du latin obstinare, de ob, en face, et d'un radical stanare, qui est aussi dans destinare (voy.