‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 239 sur 389 · LA BRUT. I · texte numérisé non relu

LA BRUT. I

OCCUPKR (o-ku-pé), v.a. || 1" S'emparer d'un pays, d'une place forte, d'un poste, etc. en demeurer maître. La moitié de les gens doit occuper la porte, corn. Cinna, V, '. Aétius les [les Gaules] avait défendues contre Pharamond et contre Clodion le chevelu ; mais Mérovëe fut plus heureux, et y Gt un plus solide établissement, à pou près dans le même temps que les Anglais, peuples saxons, occupèrent la Grande-Bretagne, boss. Ilisl. i, (i. L'Asie Mineure était occupée par les colonies grecques, montesq. Esp. XI , 8. Le marquis de Spinola occupait le Montferratavcc une armée espagnole, volt. i[ceurs,*T9. Le régiment occupa les avenues du palais, et les ofûciers, avec des soldats d'élite, mais sans l'uniforme, se répandirent dans les salles, duclos. Régence, Œuv. t. V, p. 207. 11 [un général] est resté sur la rive ba.sse de la Louja, et n'a fait occuper la ville et observer la plaine haute i|ue par deux bataillons, sEcUR, Uist. de A'ap. ix, 2. || 2* Terme de jurisprudence. Se saisir d'un bien. Occuper une terre. U a occupé le premier celte alluvion. || Absolument. On peut occuper sans devenir propriétaire. || 8° Tenir un certain es[iace. Les eaux occupent toujours les parties les plus basses. Quand je dis qu'il n'est pas besoin de rendre compte de ce que font les actoi<r« pendant qu'ils n'occupent point U scène, coaii.

S' dise. La mort ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place, boss. Duch. d'Orl. Le noir occupe le haut du dos et la pointe des ailes, le gros bleu leur milieu, bufp. Ois. t. xiii, p. 290. La citadelle occupe la pointe du promontoire, bartuél. Anach. ch. 2. Les ruines ont des harmonies particulières avec leurs déserts, selon le style de leur architecture, les lieux où elles sont placées, et les règnes de la nature au méridien qu'elles occupent, chateaobr. Génie, iii, v, 4. || Terme de peinture. Tenir. Cet objet occupe lo devant, occupe le centre, le fond du tableau. || 4° Tenir un certain espace de temps. Ce travail a occupé dix ans de sa vie. La lecture de son travail occupe deux heures entières. C'est la secte [le manichéisme] qui a le plus longtemps et le jilus dangereusement infecté le christianisme ; le plus longtemps, par tant de siècles qu'on lui a vu occuper; et le plus dangereusement, parce que sans rompre avec éclat comme les autres.... boss. Variât, xi, § 203. jj 6° Habiter. Occuper une maison, une chambre. Il occupe le premier, le rez-de-chaussée. || 6° Fig. Remplir, posséder, en parlant d'emploi, de place, etc. U occupe un rang distingué dans la société. Le poste qu'occupait M. le Tellier, boss. le Tellier. Peut-être on t'a conté la fameuse disgrâce De l'alticre Vasthi dont j'occupe la place, bac. Esth. i, 4. Là on ne cherche pas des hommes pour occuper des places utiles; mais on crée des places inutiles pour occuper des hommes, saint-foii, Ess. Paris, Œuv. t. ni, p. 456, dans pouoens. |1 7° Employer, faire travailler. U y a là de quoi occuper plusieurs ouvriers. Il Fig. Personne n'avait mieux que lui [Vauban] rappelé du ciel les mathématiques, pour les occuper aux besoins des hommes, et elles avaient pris entre ses mains une utilité aussi glorieuse peutêtre que leur plus grande sublimité, fonten. Vauban. Il 8* Donner des affairos à faire, un emploi à remplir; faire que l'on ne soit pas dans l'oisiveté. Il faut occuper les jeunes gens. Ils [les hommes, s'ils n'avaient pas les affaires de la vie] se verraient, ils penseraient à ce qu'ils sont, d'où ils viennent, où ils vont; et ainsi on ne peut trop les occuper et les détnurner, pasc. Pcns. iv, (, éd. HAVEr. Plus on occupe son esprit, moins on sent le dangereux besoin «l'occuper son cœur, m"' ricco- BO.Ni, Sophie dt Vatlière, t. iv, p. 4 67, dans podgens. Il Occuper la postérité, figurer dans l'histoire de manière que la postérité se souvienne de nous. De tous ceux qui donnèrent de l'éclat à cette secte [les quakers], le seul qui mérita d'occuper la postérité fut Guillaume Penn ; il était fils d'un amiral de ce nom, raynal, WisJ. phil. xviii, 4. || 9° Occuper de, faire que l'on songe à, que l'on ait présent à la pensée.... J'occupe ma raison d'utiles

rêveries, boil. Ép. vi Peut-être avant ce temps

Je saurai l'occuper de soins plus importants, bac. Bajax. I, 4. Tu occupais l'assemblée de toi-même, et moi je ne l'occupais que des affaires dont je parlais, FÊN. Dial. des morts anc. Démosthène, Cicéron. Quand on éprouve une violente passion, et qu'on n'a plus l'espérance d'être aimé, on cherche et l'on saisit tous les moyens d'occuper de soi l'objet d'un sentiment si malheureux, genlis, Vceux témér. t. I, p. 478, dans pouGENs. Sans plus occuper le public de moi, et sans plus m'occuper moi-même d'autre chose que d'achever paisiblement ma carrière, J. J. Rouss. Confess. xi. || 10" Être, en parlant des choses, l'objet d'un travail, d'un soin de l'esprit, d'un souci de l'âme. Son métier l'occupe beaucoup. Iji peur de leur départ occupe fort votre âme, MOL. ilis. II, B. Si quelque chose les empêche de régner sur nous, ces saintes et salutaires vérités, c'est que le monde nous occupe, c'est que les sons nous enchantent, c'est que le présent nous entraîne, boss. Duch. d'Orl. Les chagrins qu'il me cause M'occuperont assez tout le temps qu'il repose, rac. Bril. I, 4. Et tandis que l'Asie occupera Pharnaco, m. llilhr. m, 4. Quels desseins maintenant occupent sa pensée? id. Bajax. v, 4. Qu'un sentiment plus juste occupait tout mon cœuri voi.t. Zaïre, m, 6. || En parlant des personnes, occuper le cœur, être l'objet d'un tendre sentiment. Que celui qui l'occupe [votre cœur] a de bonne fortune! corn. Âicom. I, 2. Il 11* V. n. Termo de palais. Il se dit d'un avoué chargé d'une affaire en justice. {| Fig. et par plaisanterie. Mon autre nièce que voici présente, a de son cdté aussi un soupirant i]ui est absent, mais elle on a procuration ; elle occupe pour lui, je parle pour eux, rancourt. Prix de l'arquebuse, se. 4 4 . Il Signifier un acte d'occuper, faire connaître par un acte qu'on occupe pour quelqu'un. || 12' S'occuper, V. réfl. Employer sou temps, travailler. Vous

TOUS ennuyez, il faut vous occuper. SoutTrez que mon courage ose enfin s'occuper, bac. Phèdre, m, B. Occupez-vous beaucoup, mon cher ange; je ne connais que ce remède dans l'état où vous êtes; je suis malade dans mon lit, à quatre-vingts ans pusses, au milieu des neiges; je m'occupe, et cela seul me fait vivre, volt. Lett. d'Àryenlal, 23 déç. 4 774. Il Aimer à s'occuper, ajmer le travail || 13' S'occuper à une chose , y travailler. S'occuper à son jardin. Pendant qu'il s'occupe à relever le prince abattu, BOSS. Louis de Bourbon. On ne peut jias toujours travailler, prier, lire : Il vaut mieux s'occuper à jouer qu'à médire, boil. Sat. x. Tandis que tout s'occupe à me persécuter, rac. Miihr. m, t. Il Par extension. Une nuit que chacun s'occupait au sommeil, la font. Fabl. vui, 4 4.|114" S'occuper de quelqu'un, de quelque chose, y penser. Dans ces jours de trouble et de deuil, où l'on se sont comme frappé du spectacle sensible d'une mort récente et inopinée, on se renferme tout en soi-même, et l'on s'occupe de sa douleur, flégh. Lamoignon. L'homme n'aime pas à s'occuper de son néant, de sa bassesse, mass. dans girault-duvivier. Il faut périr.... mourons, sans nous occuper d'elle, volt. Tancr. iv, 2. J'ai beau savoir qu'il va s'occuper de moi, je ne saurais m'occuper de lui, j. J. rouss. 8« promenade. Pourquoi Dieu ne pourrait-il pas s'occuper de la manière dont se doit plier l'aile d'un scarabée? comment se plierait celte aile si Dieu ne s'en occupait pas? condil. Trait, anim. ch. 6.

— REM. occuper a, occuper de. Occuper à, réveille une idée de travail; occuper de, une idée d'attention, par exemple : Il ne faut pas nourrir, par des aumônes, l'oisiveté du pauvre ; il faut le secourir en l'occupant à des choses utiles, c'est-à-dire en le faisant travailler. Qui ne s'occupe à rien s'occupe du mal, c'est-à-dire qui ne travaille pas, pense au mal. S'occuper de, marque une opération intellectuelle; s'occuper à, désigne un acte extérieur.

— IllST. XIV* s. L'une [une humeur] occupe tout le cuir, h. de mondev. f" 98. S'il estoit homme ou [au] monde, en tiere ne en mer. Qui de cestebesongne me vosisl ocuper, Hugues Capet, v. 3323. Labours en quelx de ma jeunesse je me suy occupé pour plaire à Dieu et proufiter au monde, beucheure, f° 1. X toy apartient, dit elle, 0 tu Servius, occupe/ le royaume, non pas à ceuls qui par autrui mains ont perpétré ccstui cruel outrage, id. f* 20, verso. Leurs pensées terriennes occupent les lumières espirituelles, Modus, (° Lxiv, verso. \\ xv" s. Si le deffendant a un bras affolé, on doit occuper un bras à l'appellant, tellement qu'il ne s'en puisse aider, OL. DE la marche, Gage de bat. f° 20, dans lacuhnk. Tantost que ses païens sceurent qu'elle avoit gecté Lancelot hors de prison, ils l'occupèrent [aocusîrent] de la mort de Meleagant, et fut dit que s'elle ne trouvoit qui l'en deffendist, que l'en feroit d'elle telle justice que l'en dovoit faire de femme qui son l'rere avoit occis, Lancelot du lac, t. 11, f' 32, dans LACURHE. Il xvi* S. Le logyz des dames comprenoyt depuys.... les hommes occupoyent le reste, kaii. Carg. 1, B5. Pour luy faire ung paeslon à cuyre sa Douillye, feurent occupez tous les pesliers de Villedieu, iD. Pant. II, 4. Hz avoyent tué son filz premier, par avarice de occuper le total horitaige, id. 16. m, 44. Ils sont occupez d'une telle outrecuidance ou stupidité, qu'ils ne l'ont nul scrupule de requérir à Dieu qu'il complaise à leurs cupiditez, calvin, instit. 07B. U dechassa cculx qui muroient les passages pour le garder do passer en la Syrie, et les occupa luy mesme, amyot, Démétr. fl».

— ÉTYM. Provenç. occupar ; espagn. ocupar ; ital. occupare; du lat. occupare, de ob, et capcre, prendre.

OCCimUENCE (o-ku-rran-s'), s. f. \\ 1° Evénement qui se présente fortuitement. Mais en cette occurrence J'ai besoin avec vous d'un peu de conférence, CORN. Pulch. l, 4. J'y mets du mien [dans les Contes] selon les occurrences, la font, la Servante. El bien qu'aux occurrences Je puisse condamner certaines tolérances, mol. Éc.des f. i, 4. Si du trône par occurrence Un roi tombait; que subito On le ramène en son château, bèrang. Sle Alliance. || 2* Terme du liturgie. Se dit du concours de deux fêtes qui tombent précisément le même jour.

iiiST. xvr s. Les affaires et occurrences humaines ayans des contrequarres les unes avec le» autres, AMTOT, De la tranquillité d'dme, 3t. Diversement, selon l'occurrence de son mal, mont, i , 400 Si la variété des occurences luy faict changer de pas, m. II, ».

— f.TVM. Occurrent.

OCOUUBENT, ENTE (o-ku-rran, ran-t'), adj.

OCÉ

!| 1* Oui advient. Cas occurrcnt. Affaires occurrentes. Il i' Terme de liturgie. Fêtes occurrentes, celles qui tombent le même jour. || 8" Terme de botanique. Se dit des cloisons convergeant toutes vers un aie central fictif, et séparant ainsi la cavité du péricarpe.

— HIST. xvr s. Tous les occurens qui peuvent advenir à un eiercite, le Prince de Machiavel, p. ton,

dans LACURME.

— Etym. Lat. oecurrentem, de occurrere , de 06, et currere, courir.

OCÉAN (o-sé-an), ï. m. || !• Dans le sens ancien et primitif, au temps d'Homère, grand fleuve que les Grecs croyaient couler autour du rond de la terre. La terre y est figurée [sur le bouclier d'Achille] comme un disque environné de tous les côtés par le fleuve Océan, malte-brun, Précis de la géographit universelle, liv. 11. Hésiode décriHnême les sources de l'Océan [le détroit de Gadès ou de Gibraltar] placées à l'extrémité occidentale du monde, m. ib. Hérodote nous dit que la terre y était figurée [dans les mappemondes de son temps] comme un disque parfaitement arrondi et l'Océan comme une rivière qui la baignait de toutes parts, ID. ib. ' 2* L'étendue d'eau salée qui environne la terre. De même que ces fleuves tant vantés demeurent sans nom et sans gloire, mêlés dans l'Océan avec les rivières les plus inconnues, boss. Duch. d'Orl. Il ne f-iut pas s'imaginer qu'alors ni dans aucun temps l'Océan pût changer de place ; le mouvement de la terre ne peut s'opposer aux lois de la pesanteur; en quelque sens que notre globe soit tourné, tout pressera également le centre, volt. Physique, Changem. dam le globe. Tout nous dit que l'Océan a franchi ses bornes naturelles, ou plutôt qu'il n'en a jamais eu d'insurmontables, et que, disposant du globe de la terre au gré de son inconstance, il l'a tour à tour enlevé ou rendu à ses habitants, ratnal, Uist. phil. I, 2. L'Océan réglera le dnstin de la terre, M. J. CHÉN. Charles I.ï, 11, 3. Comme sur l'Océan la vague au doui roulis. Berçant du jour au soir une algue dans ses plis, lamart. Ifarm. 1, s. Chaque ruisseau pourrait dire à l'Océan sans doute: moi je viens de ma montagne, je ne connais d'eaux que les miennes; toi, tu reçois les souillures du monde. — Oui, mais je suis l'Océan I michelet, Uémoires de Luther. |; S'il se dit des parties de l'Océan. L'océan Pacifique. Il L'océan Atlantique, et, absolument, l'Océan. La Gaule s'étend depuis la Marne et la Seine jusqu'au Rliône et i. la Garonne et depuis le Kbin jusqu'à l'Océan, d'abijincoubt. César, 1. 1| 4* La mer en général. La reine, à peine sortie d'une tourmente si épouvantable, pressée du désir de revoir le roi et de le secourir, ose encore se commettre à la furie de l'occan et à la sigueur de l'hiver, boss. Reine d'Anglet. L'océan étonné de se voir traversé tant de fois en des appareils si divers et pour des causes si différentes, ID. Reine d'Ànglet. || S" Terme de mythologie, l'Océan, la divinité présidant à l'immensité des mers. Une statue de l'Océan. Invoquons l'Océan, le vieux père du monde, delille, Géorg. iv. || 6*Fig. Immensité, grande quantité. Insensés, nous parlons en maîtres, Nous qui, dans l'océan des êtres, Nageons tristement confondus, malfilAtre, Ode, le Soleil fixe. Un océan de bl^s, une mer de verdure, ST-LAMB. Saisons, II. Cet océan de feux [de l'enferj Oui, brûlant tristement sous ces voûtes funèbres, Sans répandre le jour, laissent voir les ténèbres, DKiiL. Paradii perdu, i. L'océan des airs, lebhun, Odes, II, <2. Nous étions assiégés par un océan de flammes [dans l'incendie de Moscou] : elles bloquaient toutes les portes de la citadelle [le Kremlin], ft repoussèrent les premières sorties qui furent tontécs, secuR, Hist. de Nap. viii, 7. La lune est rimsleciel, et le ciel est s.ins voiles; Elle éclaire de loin la mute des étoiles, Kt leur sillage blanc dans l'océan d'azur, lamart. Ilarm. l, to. \] Au plur. Sur des O'éans de vcnlure, Le vent flotlo pour s'em- Daumer, lamart. ÉpUrt à Y. Hugo. Parfois il [Nnpiléon] vient, porté sur l'ouragan numide, l'rriiant pour piédestal U grande pyramide, ContTnî'ler les déserts, sablonneux océans, v. Huoo, Oriunt. 40.IJ 7* Kig. et poétiquement. Océan des âge», le tpmps. Dieu! telle est ton essence; oui, l'océan des iufs Koule au-dessous de toi sur tes frêles ouvrages, liais il n'approche pas de ton trflno immortel, tiiomas, Ode sur le temps. Ainsi toujours pouss'^ vers de nouveaux rivages, Dan» la nuit élernclle emportés sans rftoiir, Ne pourrons-nous jamais «ur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jourT lamart. Ité± i, is. Il 8' Par une autre fijjure, ce qui e»l orageux comme l'Océan. Je m'élançai seuliur cet oragnux océan du monde dont je ne connaissais ni les ports ni le» écueilt, cuateaubi. Retti Sou-

ocn

lèverer-vons l'océan plébéien? c. dei.av. la Popularité, IV, 4. Ahl le peupla, océan, onde sans cesse émue, y. hdgo, Hemani, iv, 3. || 9° Océan de lumière, forme sous laquelle la cabale juive représentait la matière première.

— REM. Océan prend un 0 majuscule quand il signifie la vaste étendue d'eau salée qui entoure le globe, ou quand il est dit absolument pour océan Atlantique, ou pour le dieu mythologique; et un 0 minuscule quand on parle des parties de cet océan : l'océan Atlantique, ou quand il est pris figurément: un océan de feux. On observera que les adjectifs qui déterminent les parties de l'Océan prennent une majuscule : l'océan Atlantique, l'océan Pacifique, l'océan Indien.

— llIST. XII" s. Entre icest flume [le Danube] e l'occean E la terre li sunt li Alan, benoît, i, 327. Il xvi* 8. Si d'un monde inconstant l'on no peut s'asseurer. Si c'est un océan de misère et de peines, DEspQRTES, Œuvres chrestiennes, sonnets, I3. Comme l'Océan n'entre tout entier en la mer Méditerranée, CHARRON, Sagesse, 1, I8.

— ÊTYM. Lat. Oceanwi , du grec 'ûwavÔ!;. L'étymologie très-probable de lixeavo; est le védique âçaydna, épithite de Vritra, dans le sens de entourant, enserrant (les eaux du nuage]. Pour le cliangement de â en u, comparez àçu, qui est ùxù;, rapide.

OCÉANE (o-sé-a-n'), adj. f. La mer océane, l'Océan. Ces marées de la mer océane semblent être un effet des lois de la gravitation, volt. Newt. m, 1 1 .

— RESI. L'Académie écrit mer océane, par un 0 minuscule; il faudrait un omajusculc, mer Océane, puisqu'on écrit avec une majuscule mer Méditerranée, mer Atlantique, mer Pacifique, etc.

— llIST. iili's. La mergreignor, qui est apolée la mer Océane, brcn. latini, Trésor, p. 116.

t OCÉANIUE (o-sé-a-ni-d'), s. f. Nymphe de la mer, fille de l'Océan.

— ■ ÉTVM. 'Qxsav'i«, de 'QxEavi;, Océan.

t OCÉANIE (o-sè-a-nie), s. f. || 1° Nom géographique désignant le groupe de la Nouvelle-Hollande et les îles disséminées dans l'océan Pacifique. Il 2° Genre de méduses. || Synonyme de nautile.

t OCÉANIEN, lENNE (o-sé-a-niin, niè-n') , adj. Qui ressemble à un Océan. Les coups de vent océaniens. L'aspect de nos lacs océaniens [en Amérique], de nos fleuve» puissants, de nos cataractes tonnantes, de nos montagnes gigantesques, cap, àudubon, p. 35.

t OCEANIQUE (o-sé-a-ni-k*), ad}. Terme didactique. Qui vit dansJ'Océan. || Qui appartient à l'Océan. X partir de ce point, le cours de laDordogne est tracé dans des lits de tufs.... jusqu'à Saint- Sauve, où ce sont encore des brèches, mais d'un autre ordre et probablement de formation océanique, BAKONi), InïW. j|/('m. ict'cnc. ISU, 1814, <8l&,p. 76.

f OCELLATION (o-scl-la-sion) , *. f. Terme de zoologie. Figure d'oeil sur les ailes du paon, et sur le corps, les ailes ou les plumes de certains animaux.

— ETYJI. Ocelle.

t OCELLE (o-sè-l'), I. m.\H' Petit œil; tache arrondie dont le centre est d'une autre couleur (jue la circonférence. || On donne aussi ce nom aux yeux lisses des insectes. 112*330 maintenu ouvert par un cercle en osier et suspendu i la branche d'un mûrier dont on cueille la feuille, ainsi dit de sa forme ronde comparée à celle d'un œil.

— £TYM. Lat. oeellus, diminutif de oculut, œil.

t OCELLÉ, ÉE (o-sèl-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle Oui est marqué de taches arrondies et simulant dos yeux.

— F.TYM. Ocelle.

t OCELLI.ME.NS (o-sM-li-nlin), I. m. phir. Famille de polypes, remarquable par la fait do la division volontaire (les polype» qui est tantôt complète et tantôt Incomplète.

t OCELOT (oso-lo), ». m. Nom vulgaire et spécifique du chat ocelot , appelé au Paraguay chibiguazou, c'est-à-dire chat grand, et connu vulgairement sons le nom de chat-tigre, leooarant.

OC!II.OCRATlE(o-klo-kra-»io),», /■. Gouvernement de la popul.ico. La démrniratie dégénère en ochlocratie, J. j. Rouss. Conir. m, U). Platon, témoin, dans Athènes, des désonlre» do l'ochlocratie, c'est-àdire de l'aveugle autorité do la populace, LtvKSQvr., Instit. Kim. icienc. mor. et pol. t. m, p. 347.

— ÊTYM. '0/.)oxpoTEa, de l/)o;, éolien O/Oi, crétols «iXx*; pour féXyoç, qu'on rattache au lalin vul'/us, et xpateîv, dominer.

t OClILOCnATlOliE (o-klo-kra-tl-k"), ad/. Oui apparllimt à l'orhlocratle.

t OCIIMACÉES (o-kn«-séo), f . f. plur. Nom d'une

OCt

famille d'arbres et d'arbrisseaux dicotylédones de» tropiques, détachée des térébinthacées.

— ETYM. Genre nchna, Screber, de ix''''ii poirier, t OCIIRACÊ, ÉE (o-kra-sé, sée), adj. Qui est

d'un rouge pflle et mat.

— ÊTYM. Ocre.

tOCUUOPYRE (o-kro-pi-r'), J. f. Nom donni par quelques médecins à la fièvre jaune.

— Ety.m. 'Ûxf4;> jaune, et itûp, feu, fièvre.

t OClinOSIE (o-kro-zie), s. f. Terme de botanique. Maladie des végétaux, pendant laquelle ils jaunissent.

— ÉTYM. •O/pJc, jaune.

tOCIEUX, kllSE (o-si-efl, eû-z'), adj. Terme vieilli. Oisif. Et ne tiens point ocieuses Ces âme» ambitieuses, malii. ii, 2. Oi.«if se disait de la personne, ocieux de la situation : pourquoi l'avoir abandonné? marmontel, Œuv. t. x, p. 432.

— ÊTYM. Autre forme d'oiseux (voy. ce motj; provenç. oci'os, ossios; esp. ocioso; ital. ozinso.

OCRE (o-kr') , i. f. Terre argileuse colorée par du peroxyde de fer (ocre rouge), ou par du tritocarbonate de fer (ocre jaune). Les ocres brunes, auxquelles on donne le nom de terre d'ombre, et l'ocre légère et noire dont on se sert à la Chine pour écrire et dessiner, sont des décompositions ultérieures de la rouille du fer, buff. Uin. t. viii, p. 7, Il Ocre de bismuth, le bismuth oxydé. || Ocre de cuivre rouge, le cuivre oxydulé terreux. || Ocre martiale brune, le fer hydraté terreux. Les terres qu'on a nommées ocres martiales ne sont que les fragments pulvérisés ou agglutinés des mines précéilentes [do fer), ou les débris de la décomposition lente dos sulfures de fer exposés à l'action de l'air et de l'eau, fourcbot, Connaiss. chim. t. vi, p. 134, dans POUOENS. Il Ocre martiale bleue, le fer phosphaté terreux. || Ocre de nickel, le nickel arséniaté. || Ooce de vitriol, le fer sous-sulfaté terreux.

— REM. Quelques-uns font ocre du masculin; à tort. Ocre s'écrivait autrefois, étymologiquement, ochre.

— ÉTTM. Lat. ocTira, de (iypà, terre jaune. D'après M. Baudry, (!iZP^« viendrait de ùiv et ypoà, couleur d'oeuf.

t OCnftA (o-kré-a), ». f. Terme de Iwtanique. Gaine complète existant à la base du pétiole des polygonées et autres plantes à feuilles alternes.

— ÊTYM. Lat. ocrea, bottine.

OCREUX, EUSE (o-kreû, kreû-z'), adj. Qui est de la nature de l'ocre. Terre ocreuse.

— ÊTYM. Ocre.

t OCT..., OCTA..., OCTO..., préfixe qui signifie huit; du lalin ocio; grec, 6xtù (voy. huit).

f OCTACORDE (o-kla-kor-d'), s. m. Terme do musique ancienne. Lyre à huit cordes. L'octave s'appelait alors harmonie, parce qu'elle renfermait la quarte et la quinte, c'est-à dire toutes les consonnances ; et, comme ces intervalles se rencontrent plus souvent dans l'octacorde que dans le» autres instruments, la lyre octacorde fut regardée, et l'est encore, comme le système le plus parfait pour le genre diatonique, bartiiêl. Anach. ch. 27.

— ÊTYM. 'OxTix'pôoî, de oxTÙ, huit, et x^f^î» corde.

OCTAÈDRE (o-kta-è-dr'), ». m. Terme de géométrie. Corps solide à huit faces. || Octaèdre régulier, celui qui est formé de huit triangles é<|iiilatéraux, également inclinés l'un sur l'autre. || Octaèdre symétrique à base carrée, octaèdre formé de huit triangles isoscèlcs égaux. \\Adj. Celte crislallisallnn de l'or primitif est en forme octaèdre régulière, flUKP. Kin. t. VIII, p. 4 0.

— ÉTYM. 'OxT«e',pQ;, de ixTw huit, et Koa, ftM. t OCTAfinRIQL'K(okuvé-ilri-k') adj. Qui a rapport à l'orlaédre, qui en a les caractères.

OCTAfiTKRIDK (o-kta-é-té-ri-d'), », /. Terma d'astronomie. Période do huit an».

— ÊTYM. 'OxTactTipi;, do ixTÙ), huit, -Ht Ito;, année.

t OCTANDRE (o-ktan-dr'), adj. Terme do botanique. Quia huit étaminetdans chaque flour. Plantes octandres.

— ÊTYM. Oet..., et Mp, mille.

OCTANIiRIE (o-ktan dric)), ». f. Terme do botanique. Nom donné, d.ins le système de Linné, il une classe et à trois ordres renfermant des plante» qui ont huit étamines libre», égale» et non adhérentes au pistil.

fOCTANltRIQUE (o-klan-dri-k'), adj. Qui appartient h l'oclandrie.

t OCTANK {o-\Hi-n'), ad j. f. Terme de médecine. Fièvre octane, fièvre intermittente qui revient lou» le» huit jour».

OCT

— HIST. xvr S. Fiertés iniermiltenles quinlaines, iMtaincs, octaines, nonaines, PABe, xx, i».

— ÊTTM. Lat. octo, liuit (voy. huit).

OCTANT (o-kUn),ï. m. \\ l' Terme d'astronomie.

Instrument de rénexion, nommé aussi autrefois auartou qu.irtier de réneiion, inventé par l'astronome anglais John Hadiey en «73 1, et servant à observer les hauteurs et les distances respectives des astres. 1| t' Disunce de quarante-cinq degrés entre deux astres. U lune est dans les celants, elle est à 46 degrés du soleil. || 8* Nom d'une constellation située au pôle austral.

— ÊTYU. Lat. oclanlem, la «• partie d'une chose, de octo, huit (voy. hdit).

OCTANTE (o-ktan-f), ad;', numéral. Quatre-vingts. Il Terme vieilli, et c'est dommage,dan3 la langue littéraire; il est resté en usage dans le parler du Midi.

— ÊTYM. Wallon, utanU; du lat. octoginta, de ocio, huit.

i OCTANTUfiRE (o-ktan-tîs-r') , odj. Terme de botanique. Qui a huit anthères ou huit étamines fertiles.

— ÊTYM. Oct..., et anthère.

OCTANTIÈME (o-ktan-tiè-m") , adj. numéral ordinal. Quatre-vingtième, jj Terme vieilli.

— ETYM. Octantg,

t OCTAPLES (o-tla-pV) , ». m. pi. Bible polyglotte à huit colonnes dont Origène est l'auteur.

— «TYM. 'OxTaitXi, de ixTÙ), huit.

+ OCTASTYLE (o-kta-sti-l'), adj. Terme d'architecture ancienne. Qui a huit colonnes de face. Il S. m. Va octastyle.

— ETYM. 'OxtioTuXoc, de èxTii, huit, et avi- Xoç, colonne.

t OCTATEL'QUE (o-kta-teu-k'), s. m. Les huit premiers livres de l'Ancien Testament.

— ÊTYM. 'OxTàttuxo? '^^ ôxTÙ, huit, et xivyo;, instrument.

t OCTAVAinE (o-kta-vê-r^, ». m. Terme de liturgie. Livre qui contient les offlcef qu'on doit dire pcMiiant l'octave d'une fèto.

OCTAVE (o-kta-v"), *. f. Il 1° Huitaine consacrée, dans l'Église romaine, à solenniser les grandes fêtes. L'octave de l'iques. || Le dernier jour de cette huitaine. C'est aujourd'hui l'octave du Saint-Sacrement. Le jour de l'octave. Ainsi se célébrera l'octave de votre délivrance, boss. Lett. Corn. 64. Il Station d'un prédicateur qui prêche plusieurs sermons pendant l'octave de la Fête-Dieu ; les huit sermons de ce prédicateur. Il a fait imprimer son octave. || 2° Stanne de huit vers, employée dans la poésie espagnole, italienne et portugaise, et dont lessii premiers sont sur deux rimes qui reviennent alternativement; les deux derniers sont k rime plate; les grands poèmes épiques italiens, les Kolands, la Jérusalem délivrée, etc. sunt écrits en ces octaves. L'octave du Tasse n'est presque jamais pleine, et son vers ne peut être comparé au vers de Virgile, chatëaubr. Génie, II, 3. || 3° Terme de musique. L'intervalle formé par un même son répété à huit degrés d'intervalle, les extrémités comprises. Quand deux ondes d'une note entrent dans l'oreille dans le même temps qu'une onde d'une autre, l'intervalle entre les deux est une octave. || Les huit degrés pris ensemble. Parcourir toute l'octave. L'octave est la première de toutes les consonnances et celle qui, après l'unisson, eit la plus aisément aperçue par l'oreille, desc. lfu.tt(/u«, De l'octate. || On donne aussi le nom d'octave à la note qui est la huitième soit en montant soit en descendant : ut, ré, mi, fa, toi, la, si, ut; cette huitième note a une telle ressemblance avec la première, qu'elle frappe l'oreille comme fi c'était la même qui revint et qu'on a pu l'appeler en général sa réplique, et lui donner le même nom. Un soa et sou octave. || Double octave, interTalle composé de deux octaves; c'est la même chose qu'une quinzième. Pour avoir la double octave, -il tuflira de diviser par l'expression numérique de l'ocUve, qui est }, et vous aurez i; il me fit voir en elfet que le quart do la corde entière sonnait la double ocuve, basibél. Anach. ch. ï7. Il Faire des octaves, jouer en octave au piano. IjDans la musique grarée, on iadique par les mots 4 l'octave, ou par 8«, abréviation de l'italien ollata, que l'on doit jouer le* ootei une ocUve au-dessus de ce qu'elles sont écrite*. || i- Nom d'une petite Uût«, dito aussi ocUviu, et fort employée dans la mumque militaire et les orclieslres de danse: elle « à l ocuve de la Rùt» ordinaire. || 6« Ancien terme de mesure chez les marchands d'étoffe. Comme la largeur ordinaire du ufTetas est d une demi-aune on nommait un taffeiaa de Iroi. ocUve.. de cinq oeUvu, «te. celui qui est moindre, ou qui exci^de

OCT

Il 6* Se dit, parmi les joailliers, de la huitième partie du marc, surtout en parlant des diamants.

— HlST. xiii* s. Come la dite Nicole eust ainsi esté jusques aus witieves de la résurrection, Mir. de St Louis, p. 103 (plus bas : oitieves). As witavesde cheste Chandeleur prochaine à venir, do cange, oclav^. Le lundi après les huitieves de la Chandeleur, iD. ib. Disant soi avoir une oictieve en disme en la dismerie de Vi, ou [au] diocèse de Chartres, ib. Et ce fu as huilaves de la Saint-Remi, en l'an de l'incarnation Nostre Seigneur mil dui cens et dui ans, viLLEH. xuv. Et fist ses hommes semonre pour iestre à son coronement, ces octaves de la mi aoust, Chr.deRains, (63. ||xvi* s. On ne célèbre nulles nopces depuis la septuagesime jusques aux octaves de Pasques, calv. Inst. t(8». Es muances de la gamme, telle note qui est la plus basse en une octave, est la plus haute au regard d'une autre, amyot. Comment refréner la colère, 3. La moitié de l'arpent contient bo perches quarrées; le quart, 25 ; l'octave, <a et demie, o. db serres, h. De l'identité de cette huictieme voix avec celles dont on fait l'octave, s'ensuit une autre propriété de la mesme octave qui est firt considérable à nostre sujet, c'est que l'oc' tave e.st la voix qui est la plus aisée à discerner et qui se fait connoistra la première, jumillac, Science et pratique du plain-chant, part, n, ch. 43.

— ETYM. Provenç. octava, uciava; port, uitava; ital. ottava; du lat. octavut, de octo, huit. Octavus, comme le grec Sy^oo; pour êySof o;, se rattache par le suffixe à la terminaison du sanscrit ashtau, qui, comme dvSu, comme SOio, ô/tù), et duo, octo, a une flexion de duel. C'est l'u de ce duel qui est devenu consonne en « à cause du suffixe us.

f OCTA'VIER (o-kta-vi-é), j'octaviais, nous octaviions, vous octaviiez; que j'octavie, que nous octaviions, que vous octaviiez , v. n. Terme de musique. Faire entendre, par accident, l'octave supérieure d'uu son au lieu de ce son lui-même, lorsqu'on jouant d'un instrument à corde, la corde se divise en deux, ou lorsqu'on jouant d'un instrument à souffle, on introduit dans le tube le vent avec trop de force. Lorsque l'oiseau [le rossignol] , par un effort du gosier, fait ootavier sa voix, comme un Auteur fait octavier sa flûte, en forçant le vent, BL'PF. Ois. t. IX, p. 4 38. Ce n'est que par un long exercice que les instrumentistes parviennent à ne pas octavier, fétis, la Musique, dict. Octavier. Il Par extension, il se dit de l'instrument lui-même. Les tuyaux à bouche sont sujets à octavier, bédos, L'art du facteur d'orgue. La clarinette n'octavie pas; ellefait entendre la quinte au lieu de l'octave, lorsqu'on force le vent, fêtis, la Musique, dict. octavier. || Y. a. Jouer à l'octave. Il faut octavier ce passage.

— ÉTYM. Octave.

OCTAVIN (o-kta-vin), i. m. Instrument de musique plus généralement appelé petite flûte, ou octave. L'octavin dont on fait usago Bans les orchestres est diapasoné en ré comme la grande flûte, et il rend les notes une octave plus haut qu'elles ne sont écrites, leooarant. || On se sert aussi, dans la musique militaire, de deux octavins ou petites flûtes, l'un en mi bémol, dont les notes sont une neuvième mineure, et l'autre en fa, qui les rend une dixième mineure plus haut qu'elles ne sont écrites, leooarant.

— ÊTYM. Ainsi dit, parce qu'il sonne Vottave de la grande flûte, proprement dite flûte.

t OCrAVO (o-ku-vo), adv. Huitièmement. Il s'emploiepourindiquerle huitième objet d'une série, quand on a commencé à compter par primo, secundo, etc. et s'écrit par abréviation : 8°. || In-oclavo, voy. IN-OCTAVO à son rang alphabétique.

— ETYM. Lat. octavo loco, en huitième lieu. OCTAVON, ONNE (o-kta-von, vo-n'), s. m. et f.

Celui, celle qui provient d'un quarteron et d'une blanche, ou d'un blanc et d'une quarteronne.

— ÊTYM. Lat. octavus, huitième.

OCriUI (o-kti-di), t. m. Huitième jour de la décade dans le calendrier républicain.

— ÊTYM. Lat. octo, huit, et dies, jour.

OCTIL (o-ktil), adj. m. Usité seulement dans celte locution, en langage astronomique : aspect octil, position de deux planètes éloignées l'une de l'autre de quarante-cinq degrés.

— ÊTYM. Lat. octo, huit.

t OCTiLLioN (o-kti-li-oii), t. m. Terme d'aritlimétique. Seplilliou multiplié par mille.

— illsT. xvi* s. Ung oclilion vaut mille millions de irplilions, dk la hoche, Arismitique, f. 7.

— ÊTYM. Lat. of Jo, huit (voy. biluon, pour la manière de compter au xvi* siècle).

OCT

t OCTINGENTESIMO (o-ktin-jin-té-zi-mo), adv. Huit-centièmemcnt. Il s'emploie pour désigner le huit-centième objet d'une série, et s'écrit par abréviation : son», quand on a commencé à compter par primo, secundo, etc. On dit ensuite octingentesimo primo, etc.

— ÊTYM. Lat. octingentesimo loco, au lieu huitcentième.

t OCTIPËDE (o-kti-pè-d'), adj. Qui a huit pattes.

— ÊTYM. Lat. octo, huit, et pes, pedis, pied.

t OCTOBltACUlDÉ, ÉE (o-kto-bra-ki-dé , dée'j, adj. Terme do zoologie. Qui a huit appendices en forme de bras.

— ÉTYM. Lat. octo..., et 6pax'"v, bras. OCTOBRE (o-kto-br'), s. m. Le huitième mois

de l'année quand elle commençait en mars, la dixième quand on commence par janvier, selon la manière de compter actuelle. Le mois d'octobre. L« deux d'octobre, ou le deux octobre. Ci-gît Jean qui baissait les yeux X la rencontre des gens sobres, Et qui priait souvent les dieux Que l'année eût plusieurs octobres, mainard, dans richelet. || Le jus d'octobre, le vin.

— lllST. xiii* s. Al premier jor d'octembre, Comput, f. 4». Octoivre, du canqe, octimdcr. ||xiv' s. Ce fu escript en l'an de grâce uccc et ix ou moys d'oclovre, joinv. 304. Dame de Giblet qui Irespassa l'an de Mccciii à vi jours d'octobre.... qui trespassa à iiu jors d'uitouvre l'an de mccclu, Bibl. des chartes, 2° série, 1. 11, p. 607 et 537.

— ÊTYM. Bourg, octobe ; provenç. octobre, octembre, octoyre; esp. octubre ; port, outubro; ital. o«obre; du lat. october, de octo, huit, parce que, dans l'ancienne année romaine, qui commençait au mois de mars, ce mois était le huitième.

+ OCTOCARBURE (o-kto-kar-bu-r'), ». tn. Terme de chimie. Carbure d'hydrogène retiré du gaz de l'éclairage comprimé.

— ÉTYM. Octo... (voy. OCT....), et carbure.

t OCrOCÈRE (o-kto-sè-r') , adj. Terme de zoologie. Qui a huit cornes ou tentacules.

— ÉTYM. Octo... (voy. OCT....), et xéjias, corne.

t OCTOCULÉ, ÉB (o-kto-ku-lé, lée), adj. Terme de zoologie. Qui a huit yeux.

— ÉTYM. Octo.... (voy. OCT....), eloculus, œil.

t OCTODACTYLE (o-kto-da-kti-1'), adj. Terme de zoologie. Qui a huit doigts.

— ÊTYM. Oc(o... (voy. OCT....), et SdxTuîioc, doigt. + OCTODÉCIMAL, ALE (o-kto-dé-si-mal, ma-1'),

adj. Terme de minéralogie. Qui a dix-huit faces.

— ÊTYM. Lat. oclodecim, dix-huit.

+ OCTOKIDE (o-kto-fi-d'j, adj. Terme de botanique. Qui est découpé en huit parties.

— ÉTYM.Octo... (voy. OCT....), el/iiidere, fendre.

OCTOGÉNAIRE (o-kto-jé-nê-r),f. m. et f. |j f Celui, celle qui a quatre-vingts ans. Un octogénaire plantait. Passe encor de bàlir, mais planter à cet âge I Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage. Assurément il radotait, la font. Fabl. xi, 8, Vous savez que j'approche plus de quatre-vingts ans que de soixante et dix, et vous n'ignorez pas combien la réputation d'octogénaire me flatte et m'est nécessaire, volt. Lett. Mme du Veffant, 2i fév. 4770. La mort fait-elle moins crier l'octogénaire que l'hommo de vingt ans? p. l. cour. Lett.i\,ili. Ijild;. Après avoir été calomnié, persécuté pendant ces soixante ans, sans eu faire que rire, je surs presque octogénaire, c'ost-i-dire beaucoup trop tard, d'une carrière épineuse dans laquelle un goût irrésistible m'engagea trop Kiiglomps, volt. Loit de Minos, Épit. Vous me direz qu'Anacréon, Que Chaulieu même et Saint-Aulaire l'iiaieut encor quelque chanson De leur cervelle octogénaire, m. Éptt. 88.

— ÊTYM. Lat. octogenartut, de octoginta, octante. ■j- OCroiiESIMO (o-kto-jé-zi-mo), adv. Quatio-

vingtièmemuut. Il s'emploie pour indiquer le quatre-vingtième objet d'une série, lorsqu'on a commencé à compter par primo, secundo, etc. et s'écrit 80». On dit ensuite octogesimo primo, etc.

— ÉTYM. Lat. octoyetimo luco, au lieu quatr»vingtièmc.

t OCTOGONAL, ALE (o-kto-go-nal, na-1'), adj. Terme de géométrie. Qui a huit angles. Terrain octogonal. Figure octogonale. || 11 se dit aussi d'un solide dont la base a huit angles. Pyramide octogonale. Prismes octogonaux.

— ÉTYM. Octiigone.

OCTOGONE (o-klo-go-n'), t. m. || 1" Terme de géométrie. Polygone de huit eûtes. Un octogone. Il 2° Terme de fortification. Place qui a huit bastions. 113" Adj. Synonyme d'octe'gonal. Je contemple longtemps vos créneaux meurtriers, Et la tour

OCT

octogone et ses briques rougies, v. niioo, Odes,

— ÊTYM. 'OxTÛTtovOi;, deixTÙ, huit, et ymvo;, coin, angle.

t OCTOGYîfE (o-kto-ji-n'), adj. Terme de botani- 'jue. Oui a huit pistils. Fleurs octogynes.

— ETYM. Octo.... (voy. OCT....), et yuvti, femelle.

t OCTOGYNIE (o-kto-ji-nie), s. f. Terme de botanique. Ordre du système de Linné, qui renferme les plantes à huit pistils.

t OCTOGYNIQUE (o kto-ji-ni-k'), adj. Qui appartient à l'octogynie.

t OCTOXÉ, ÊE (o-kto-Dé,née), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui est disposé huit par huit. Les feuilles sont octonées, quand elles forment autour de la tige un verlicille composé de huit pièces; par exemple : l'aspérule odorante.

— ÉTYM. Lat. octonus, rangé par huit.

t OCTOPÉTALE (o-kto-pé-ta-1'), adj. Qui a huit pétales. Corolle octopétale. || On dit aussi octopétalé.

— ÉTYM. Octo.... (voy. OCT....), et pétale.

t OCTOPUYLLE (o-kto-fi-l'), adj. Oui est composé de huit folioles. Feuilles octophylles.

— ÊTV.M. Octo.... (voy. OCT....), et ifOX),ov, feuille.

t OCTOPODE (o-kto-po-d'), adj. Terme didactique. Qui a huit pieds. || S. m. pi. Famille de mollusques à huit tentacules.

— ÉTYM. Octo... (voy. OCT....), et itoùç, itoîô;, pied, t OCTOPONCTUÉ, ÉE (o-kto-pon-ktu-é , ée),adj.

Terme didactique. Qui offre huit points colorés.

— ÉTYM. Octo.... (voy. OCT....), et le lat. puncium, point.

t OCTOSÉPALE (o-kto-sé-pa-r), adj. Qui a huit sépales ou pièces au calice.

— ÉTYM. Octo.... (voy. OCT....), et sépale.

1 t . OCTOSTYLE (o-kto-sti-l'j, adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a huit styles ou huit appendices.

— ÉTYM. Oclo.... (voy. OCT....), et styk.

2. OCTOSTYLE (o-kto-sty-l'j, adj. Synonyme d'octasiyle, seul correct, le grec disant èxtoarvXo;, et non oxTtiaTuXo;.

t OCTOSYLLABE (o-kto-sil-la-b'), adj. Qui est de huit .syllabes. Les poèmes d'aventure, dans le moyen âge, sont en vers octosyllabes.

— ÉTYM. Octo.... (voy. OCT....), et syllabe.

t OCTO VALVE (o-kto-val-v'), adj. Terme de botanique. Qui a huit valves.

— ÊTYM. Octo.... (voy. OCT....), et valve. OCTROI (o-ktroi), t. m. || 1* Concession. Lettres

d'octroi. Quelle loi En [du terrier] a pour toujours fait l'octroi  Jean fils ou neveu de Pierre?... la FONT. Fabl. VII, t«. Elle (une compagnie] obtint en 46(12 son premier octroi pour 66000 livres, raynal, llisl. phil. Il, 26. Il grelottait dans sa coquille. Quand d'un luth je lui fis l'octroi, bérano. Épilaphe. Il l' Terme d'ancienne coutume. Subside accordé par le peuple au souverain. || Octroi de la ville de Lyon, permission que le roi avait donnée à la ville de Lyon de lever sur elle des deniers. || 8° Par extension du sens de subside accordé, droit qu'on lève sur certaines denrées à leur entrée dans une Yille. L'octroi de Paris. {| Bureau où l'on paye ce droit. Il Administration qui perçoit l'octroi. Aller à l'octroi. Il est dans l'octroi.

— HIST. xiu' s. Liesce.... qui.... De s'amor li donna l'otroi, la Rose, 8J7. Il fistla meson Dieu de l'ontoise.... l'abbaie des cordelières de .Saint Clou, que sa seur madame Isabiau fonda par son otroi, joiNV. 2»ï. Il XV» s. Si qu'à pechié nul ne vous puist attraire. Et que de ce puissiez avoir l'ottri : Soiez humble, courtoise et débonnaire, s. dksch. Bal. comment le père marie ta fille. N'y a roy ne seigneur sur terre qui ait povoir, oultie son domaine, de mettre ung denier sur ses subgectz sans octroy et consentement de ceulx qui le doivent payer, sinon par tyrannie ou violence, COMU. v, 48. ||xvi* s. Valerius luy feit donner non seulement liberté par ottroy du peuple, mais aussi droit de bourgeoisie, AHïoT, Publ. 4 2. Cet octroy de» dames [leur» (a-

teurs], HONT. III, 3«6.

— ETYM. Voy. octroter; provenç. aulrei.

OCTHOYIÎ, ÉE (o-ktro-ié, iée, ou ok-troi-ié. Ht),

part, passé d'octroyer. Une permission octroyée.

OCTROYER (o-ktro-ié ; plusieurs disent (^ktroi-ié. L'y se change en t, quand un « suit: j'octroie, j'octroierai, j'octroyais, nous octroyions, vous octro yiez ; que j'octroie, que nous octroyions, que tou» octroyiez), t>. o. Concéder, accorder. Que cette 4me de roche une grâce m'octroie, malu. v, ». le ferais une faute indigne de pardon, Si je vous octroyais un si funeste don, mair. Soplwn. iv, ». Jean amoureux de la jeune Perretlo, Ayant en vain auprè» d'eMe employé Soupirs, serments, doux jargon d'ar

DUT. DK LA LANOUB rRANÇAlHf.

ocu

mouretle, Sans que jamais rien lui fût octroyi', LA FONT. Promettre. C'est une liberté qu'il faut qu'elle m'octroie, mol. D. Gare, iv, t. Quelcjne demande que je lui fasse, il demeure toujours libre de l'octroyer ou de la nier, pasc. Prov. viii. Quel est ce grand secours que son bras nous octroie? rac. Alex, u, 2. L'aveu que ma bouche octroya Mit les droits de l'homme à quia, bérano. Prétint.

— HIST. XI' s. Tûtes vos âmes otreit il [que Dieu octroie à toutes vos âmes] pareïs [paradis] , Ch. de Roi. cxxxviii. Il XII* s. Ainz me convient otroier et graer Lés volentés de mon cuer sans défaire. Coud, II. Douce dame, car m'otrolez pour Dé [Dieu] Un douz regart.... id. xiv. Bit-n vus otrei jje vous accorde] que soient li clerc desordené [privés de leur caractère], Tuit cil ki mais serunt à tel mesfait trové. Th. le mart. 27. || xiii* s. Et li marchis li otria que il i alast, viLLEH. cixxiii. Cestui veulent [les dames] et à cestui s'otroient, Cestui tienent, cestui laissent aler, quesnes. Romancero, p. 87. Cil n'a pas sapience en soi, qui par desor toutes coses n'otrie son cuer à l'amour de Dieu, beaum. i, 3. || xiv* s. Chascun ottrée [accorde] que fortitude est bonne, oresme, Klh. 84 . Il XV' s. Et octroya courtoisement [Jean de Hainaut à la reine Isabelle] le demeurer jusques à la volonté de madame la roine, froiss. i, i, 26. Et très voulentiers et bien liberallemcnt ilz les 00troyent [les aides ou subsides], comm. iv, 4. || xvi' s. Les dieui punirent griefvement les iniques vœux d'Œdipus, en les lui octroyant, mont, i, 404. Assez octroyé qui mot ne dit, cotgravb.

— ÊTYM.Bourguig. autroyai; provenç. autreiar, auctorgar; anc. catal. autreiar; espagn. ctorgor; portug. outorgar; ital. otriare ; du lat. fictif auctoricare, dérivé de auctorare, autoriser (voy. ce mot).

OCTUPLE (o-ktu-pl'), adj. Qui contient huit fois une quantité , un nombre.

— HIST. ivi* s. Ocluple, cotgrave.

— ÊTYM. Lat. ocluplus, de octo, huit.

OCTUPLÉ, ÉE (oktu-plé, plee), port, po^i^d'oc-

tupler. Un nombre octuplé.

OCTUPLEB 'o-litu-plé), V. a. Rendre huit fois aussi grand.

— ÉTYM. Ocluple.

OCULAIRE (o-ku-lê-r"), adj. || 1» Terme d'anatomie. Qui appartient à l'œil. Nerf oculaire. Que de connaissances oculaires on peut acquérir par le toucherl J.i.ROuss. Ém. 11. ||Diphthongue oculaire, diphthonguequi n'est que pour l'œil comme ou, par opposition à diphthongue auriculaire, celle qui est pour l'oreille, par exemple ui. |j Substantivement. Ce qui est pour l'œil et non pour l'oreille. Mais, dira-ton, pourquoi David etavide, froc et croque, ne riment-ils pas? Parce que nos poètes, jaloux de l'oculaire, n'ont voulu compter pour rime» féminines q'\e celles où l'e muet serait écrit, d'ouvet, Prusod e franc, art 2. || Clavecin oculaire, appareil faisant succéder des couleur» en manière do gammes. Après que Newton a découvert la nature de la lumière, arrive un Ca»tel qui veut enchérir et qui propose un clavecin oculaire, volt. Lett. Faugères, 3 mai 1778. Il 2* Témoin oculaire, témoin qui rend témoignage de ce qu'il a vu de ses propres yeux. N'importe, parlons-en [d'une iiataillo] et d'esioc et do laiilo Comme oculaire témoin, mol. Ampli, i, 4. Qui est-ce qui m'osera dire combien il faut de témoins oculaires pour rendre un prodige digne de roi?J. ]. ROLSS. Em. IV. Il 3' S. m. L'oculaire, le verre qui renvoie i l'œil les rayon» partis de l'ob jet et rassemblés par l'objectif. En employant de l'eau pour remplirrintervalie entre l'oljcclif et l'oculaire, on diminuera en partie l'effet de la différente réfrangibilité, buff. Hist. min. Introd. (Euv.t. vu, p. 244. Les télescopes grossissent d'autant plu» qu'on y adapte un oculaire d'un foyer plu» court; c'est une loupe plu» forte qu'on y applique, baillt, Uisl. de ttutron. mod. t. 11, p. 284.

— HIST. xvi" ». Chose» oculaire» et extérieure», l'Amant ressuscité, p. 477, dan» lacorsb. Nous avons deux bons historiens tosrnoings oculaires de ses actions [do l'empereur Julien], hout. m, 84.

— ÉTYM, lat.ocu/oriu», dcocu/ui,œil(voy. œil). OCULAIREMEXT (o-ku-IA-re-man), adv. Par le

secours des yeux. Je m'en lui» convaincu oculaire uienL

— HIST. XVI* s Tandis que le »ang decouloit du bras de cette damoltelle, son mari, qui sentoit ocuiairemcnt [à vue d'œilj le» grillon» [caprice»] »'arraiblir.... despbr. Contes, cixvu. La pupille le dilate, et la cataracte se manife»t« oculairemeot, PAti, IV, 22.

— ÉTYM. Orulaire, et lo sufflio ment.

t OCI'LARLSTK (o-ku-la-ri-»t'), 1. m. Celui qui

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