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— ÊTYM. Provenç. infamtr, enfamar; ital. infamare; du lat. infamare (voy. infâme).
INFAMIE (in-fa-mie), s. f. \\ 1° Flétrissure imprimée à l'honneur, à la réputation, soit par la loi, soit par l'opinion publique. Note d'infamie. Soit que vous contraigniez pour vos dieux impuissants Mon corps à l'infamie ou ma main à l'encens, corn. Théod. m, t. L'infamie est pareille et suit également Le guerrier sans courage et le perfide amant, ID. Cid, III, «. Cette haute infamie où je veux la plonger Est moins pour la punir que pour lavoir changer, m. TMod. ii, 7. Qu'est-ce que notre sainte a bâti dessus [le fondement du christianisme, un Dieu humilié et anéanti] ? un mépris de son rang et de sa noblesse, pour se couvrir tout entière des opprobres de Jésus-Christ et de la glorieuse infamie de son Évangile, iioss. Panég. Sle Cather. t Tu
parais dans ces lieux pleins de ton infamie, rac. Phèdre, iv, 2. Ils [les Anglais] sont bien loin d'attacher de l'infamie à l'art des Sophocle et des Euripide, et de retrancher du corps de leurs citoyens ceux qui se dévouent à réciter devant eux des ouvrages dont leur nation se glorifie, volt. Mél. lit. Consid. due aux gens de lettres. || Il se dit aussi des choses qui rendent infâme. L'infamie de sa conduite. De cette lâcheté l'infamie est trop grande, CORN. Héracl. iv, 4 . Quand j'aurai de ses maux effacé l'infamie, id. Sertor. iv, 2. |{ Terme d'ancienne coutume. Couronne d'infamie, couronne de laine que l'on faisait quelquefois porter à un condamné. Il 2° Action infâme, honteuse, indigne d'un honnête homme. C'est un malhonnête homme, il a fait cent infamies. Après cette infamie es-tu digne de vivre? COBN. iVt'com. IV, 3. Comme si j'étais fille à supporter la vie, Après qu'on m'aurait fait une taile infamie, MOL. Éc. des mar. ii, ) 1. 1| 3° Paroles injurieuses à l'honneur, à la réputatation. Il lui a dit mille infamies, toutes les infamies imaginables, toutes les infamies du monde. |{ En ce sens il ne se dit qu'au pluriel. Il Discours, pièce de vers, pièce de théâtre infâme par la licence et la grossièreté. 11 faudra donc que nous passions pour honnêtes les impiétés et les infamies dont sont pleines les comédies de Molière, Boss. Comédie, s. Et ce sont ces plates infamies qu'on a jouées pendant plus d'un siècle alternativement avec le Misanthrope , volt. J)ict. phil. Bouffon. Il En ce sens il se dit au singulier et au pluriel.
— SYN. INFAMIE, IGNOMINIE. L'infamie détruit la réputation, donne une honteuse réputation ; l'ignominie efface le nom, imprime un nom honteux. De sorte que infamie est quelque chose de plus grave encore et de plus étendu que ignominie.
— HIST. xiv s. Pour aucune infamie que il avoient oy dire de lui, bercheure, f° 42, verso. Et qui ne les creindroit, ce seroit mal, si comme seroit malvaise opinion ou malvaise renommée ou infamie; car celui qui creint telle chose, il est honeste, oresme, Eth. 7«. Il XVI' s. Quand, estant lasche à l'infamie, il est ferme à la pauvreté, mont, ii, 7.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. infamia ; du lat. infamia (voy. infAme) . On disait aussi dans le XVI* siècle infameté.
INFANT, ANTE (in-fan, fan-t'), s. m. et f. || 1° Titre qu'on donne aux enfants puînés des rois d'Espagne et de Portugal. |1 Infant s'est dit aussi dans quelques grandes familles espagnoles. Mudarra Dont ses [de don Rodrigue] complots sanguinaires Jadis ont tué les frères, Les sept infants de Lara, V. HUGO, Orient. 30. || Fig. 0 Paix 1 infante des cieui. Toi que tout heur accompagne. Viens vite embellir ces lieux Avec l'infante d'Espagne, la font. Ode II. Il 2° Par exagération. Nom donné aux personnes jeunes et belles pour exprimer une grande affection. Hé 1 vous voilà, princesse, infante de ma vie, regnard, Démocrile, iv, 7. || Par dérision. Une infante, une femme d'une vertu équivoque. Il m'est expressément ordonné d'arrêter ces infantes, LESAGE. Il Ces deux sens ne sont employés qu'au féminin et dans le style familier.
— HIST. XVI' s. Le sieur infante de Foix tenoit madame Claude de France sur son bras à l'assemblée tenue pour la promesse de mariage entre cette princesse et le duc de Valois, Lettres de Louis XII,
t. I, p. 49, dans LACURNE.
— ÉTYM. Espagn. infante, du lat. infantem, enfant (voy. ce mot).
INFANTERIE (in-fan-te-rie), s. f. Gens de guerre qui marchent et qui combattent à pied. Bonne infanterie. Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne, dont les gros bataillons serrés, semblables à autant de tours, m.iis à des tours qui sauraient réparer leurs brèches, demeuraient inébranlables au milieu de tout le reste en déroute et lançaient des feux de toutes parts, BOSs. Louis de Bourbon. Le voyez-vous comme il compte la cavalerie et l'infanterie des ennemis, par lo naturel des pays ou des princes confédérés? id. ib. Ce fut lui |le grand Condé] qui, avec de la cavalerie, attaqua cette infanterie espagnole jusque-là invincible, aussi forte, aussi serrée que la phalange ancienne, volt. Louis XIV, 3. L'infanterie, sur qui tombait tout le poids de la guerre, depuis l'inutilité reconnue des lances, partagea les récompenses dont la cavalerie était en possession, ID. ib. ». || Infanterie de marine, corps aflecté à la garde des arsenaux et au service des colonies. || Fig. Gens qui entourent une personne et marchent à ses côtés. Vous avoz peur que les loups ne me mangent [dans mes promenades].... il est vrai qu'ils feraient un assez bon repas de ma parsonne; mais j'ai tellemont mon infanterie au-
tour de moi que je ne les crains point, sÉv. 28 oct. «76.
— HIST. xvi* S. Et avoit l'on renforcé do fanterie les garnisons de Champaigne etde Picardie, cahloix, m, 4. X mon regret diray cavallerie, infanterie.... au lieu de chevalerie, piétons.... pasquier, Lett. t. I, p. 4 06.
— ÉTYM. Ital. infanteria, le même que fanteria, dérivé de faute, petit garçon, valet, fantassin; fante est une apocope du \il. infantem, enfant (voy. bnfast).
4. INFANTICIDE (in-fan-ti-si-d'), s. m. Meurtre d'un enfant, et, particulièrement, d'un enfant nouveau-né, et, plus particulièrement, d'un enfant nouveau-né par la mère qui vient de le mettre au monde. Cette fille est accusée d'infanticide.
— HIST. XVI' s. Infanticide, cotgrave.
— ÉTYM. Ital. infanticidio ; du lat. infanticidium
(voy. INFANTICIDE 4).
2. INFANTICIDE ( in-fan-ti-si-d' ) , s. m. et f. Celui, celle qui tue un enfant, et, particulièrement, un enfant qui vient d'être mis au monde. Le jury admit des circonstances atténuantes pour cette infanticide. ||4d/. Une mère infanticide.
— ÊTYM. Lat. infanticida, de infans, enfant, et cxdere, tuer.
f INFARCTUS (in-far-ktus') , s. m. Terme de médecine. Hypertrophie fausse, avec perte de la structure normale par infiltration et substitution d'une substance nouvelle amorphe.
— ÊTYM. Mot latin signifiant action de farcir, de in , en, et farcire, farcir.
t INFATIGABILITÉ ( in-fa-ti-ga-bi-li-té ) , s. m. Qualité de qui est infatigable. Voyez la fourmi ; quelle prévoyance, quelle infatigabilité I st-kyre- MOND, dans richelet. Le Seigneur par sa toutepuissance vous veuille toujours conserver dans cette grande fécondité d'esprit et infatigabilité de main, scARRON, ûKutres, t. i, p. 263.
INFATIGABLE (in-fa-ti-ga-bl') , adj. Qui ne peut être fatigué. Infatigable appui du pouvoir légitime corn. fois, d'or, Prol. 6. De leurs vers fatigant» lecteurs infatigables, mol. F. sav. m, 6. Mon fils est infatigable, il lit cinq heures de suite si on veut, sév. 682. Des hommes.... infatigables à disputer et i écrire , et d'autant plus triomphants en apparence qu'ils sont plus évidemment convaincus, boss. 4" avert. 4 . [Cromwell] également actif et infatigable dans la paix et dans la guerre, m. Reine d'Anglet. Tous deux [le Tellier et son fils Louvois] étalent infatigables dans le travail, simples et austères dans leur vie privée, condorcet, Courtanvaux. |{ Il se dit des choses. Vos ordres me seront des lois inviolables. J'aurai pour les remplir des soins infatigables, corn. Tois. d'or, ii, 4. Surtout j'admire en vous ce cœur infatigable Qui semble s'affermir sous le faix qui l'accable, rac. Mithr. m, * . Je fais plus, je respecte un zèle infatigable, volt. Catil. i, 6. Louis voulait une gloire sûre ; mais, en ne voulant pas l'acheter par un travail infatigable, il la perdit, id. Louis XI r, 40.
— ÊTYM. Lat. in/'o<iffabiKs, dein... 4, elfatigaie, fatiguer. On a dit dans le xvi' si'ecïe indefatigable.
INFATIGABLEMENT (in-fa-ti-ga-ble-man), adv. D'une manière infatigable. [Les furies] Frappent infatigablement, SCAHR. Yirg. vi. Quelque part où vous soyez, passez outre, avancez-vous infatigablement vers ce qui est devant vous, boss. Panég. St Benoit, s.
— HIST. XVI' s. Argus avoit cent yeulx ; cent mains fault à ung sommelier, comme avoit Briareus, pour infatigablement verser, rab. Garg. i, 6.
— ÊTYM. Infatigable, et le suffixe ment.
f INFATIGUÉ, ÉE (in-fa-ti-ghé, ghée), adj. Qui n'éprouve pas de fatigue.
— ÊTYM. Lat. infatigatus, de in.... 4, et fatigare, fatiguer.
INFATUATION (in-fa-tu-a-sion ; en vers, de six syllabes) , *. f. Prévention sotte en faveur de quelqu'un ou de quelque chose. Moi, immobile, je considérais le changement si subit qu'opère un excès de colère et un comble d'infatuation, st-sim. 66,494. Dubois n'oublia rien pour confirmer Canillac dans son infatuation pour Stairs, id. 437, 78.
— ÉTYM. Infatuer.
INFATUÉ, ÊE (in-fa-tu-é, ée), part, passé d'infatuer. On voit tant de gens infatués des folies de l'astrologie judiciaire, Logigue de Port-Royal, p. 4, dans pouGENS. 11 ne vous connaît plus; et comment vous connaîtrait-il, puisque, infatué de sa nouvelle grandeur, il ne se connaît plus lui-même? bourdal. Pensées, t. ii, p. 304. Être infatué de soi, et s'être fortement persuadé qu'on a beaucoup d'esprit, est un accident qui n'arrive guère qu'à celui
qui n'en a point, ou qui en a peu, la brdt. v. Je ne SUIS pas aasez infatué d'un grand nom, pour croire que tous les égards lui soient dusÎMAWV. Paysan parv. 7* part.
IJÎFATUER (in-fa-tu-é) , j'infatuais, nous infatuions, vous infatuiez; que j'infatue , que nous infatuions, que tous infatuiez, v. o. || 1° Donner une prévention folle pour une personne ou pour une chose. Et, de quelque bon sens que Dieu l'ait pourvu, n'est-ce pas [une passion] ce qui l'infatué, ce qui pousse sa raison à bout, ce qui le met dans l'impuissance de s'en aider? bourdal. Carême, Sur l'impureté. Succomba-t-il [Salomon] à cette aveugle passion qui l'infatua dans la suite jusqu'à lui faire adorer les dieux de ses concubines ? id. Dim. de la Septuagét. dominic. t. i, p. 3B8. Nous sommes infatués du monde comme s'il ne devait jamais finir, fén. t. iviii, p. 48. Celui qui n'est connu que par les lettres n'est pas infatué de cette gloire s'il est ambitieux, VAUVEN. l'Orateur chagrin. \\ i" S'infatuer, V. réfl. Devenir infatué. Un orgueilleux qui s'infatue de ses prétendues bonnes qualités, boubdal. Pensées, \. ii, p. )72. Desscolastiquess'cninfatuèrent [de la philosophie d'Aristote], montesq. Espr. xxi, 20.
— SYN. INFATUES, ENTÊTER. D'après l'étymologie s'infatuer d'une chose, c'est s'y attacher d'une manière folle; s'y entêter, c'est la fixer dans sa tête d'une manière opiniâtre. Il y a donc dans infatuer une idée de folie qui n'est pas dans entêter. On peut s'entêter d'une idée vraie contre l'opinion commune; on ne peut pas s'en infatuer.
— HIST. XVI' s. La religion catholique et romaine est le breuvage qui nous infatué et endort, comme une opiate bien succrée, Sat. Mén. <6).
— ËTYM. Lat. infatuare, rendre fou, de tn.... 2, etfatuus, fou (voy. fat).
t INl'AVORABLE (in-fa-vo-ra-W) , adj. Qui n'est pas favorable : il dit moins que défavorable. La personne infavorable reste neutre, celle qui est défavorable agit contre, nuit à la faveur, iegoarant.
— Etym. Lat. infavorabilis,de in.... i,etfavorabilis, favorable.
EVFÉCOND, OPfDE {in-fé-kon, kon-d'), adj. Qui n'est pas fécond, en parlant des femelles. 11 n'y aura point dans votre terre de femme stérile et inféconde, SACi, Bible, Exnde, xxiii, 20. Des femelles infécondes et qui ne pondent pas, Btnry. Ois. t. iv, p. 326. Il II se dit des œufs, des germes. Un œuf infécond n'est pas privé de germe ; mais le germe invisible qu'il renferme ne se développera jamais, parce qu'il a manqué d'une condition nécessaire au développement : il n'a pas été fécondé, bonnet, Consid. corps org. œuv. t. vi, p. 234, dans pougens. Leurs germes inféconds, delille, Imagin. v. || Par extension, il se dit des terres. Champs inféconds. Zone inféconde, delille, Pitié, 11. || Fig. Ksprit infécond. Les Muses m'ont appris que l'enfance du inonde. Simple, sans passions, en désirs inféconde.... LA font. Quinquina, 11. Là pâlit la nature, et sur ces bords funèbres Une nuit inféconde entasse des ténèbres, malfil. Génie de Yxrg. Géorg. Luxe infécond, Lebrun, Odes, i, (3.
— HIST. XVI' 9. Si la semence nage dessus [l'eau], elle sera inféconde, paré, xvui, pré[.
— ETYM. Lat. infecundus, de in.... \, et fecundus, fécond.
INFÉCONDITÉ (in-fé-kon-di-té), *. f. Manque de fécondité dans les animaux ou les végétaux. L'infécondité qui commence à se manifester ici, dès le second degré [chez les hybrides], doit être plus marquée au troisième, et si grande au quatrième, qu'elle est peut-être absolue, buff. Quadrup.t. viii, p. 5i. (I Manque de fécondité dans le sol. L'infécondité d'une terre.
—HIST. XVI' s. La multitude des poils.. ..monstrent souvent la fécondité ou infécondité, paré, xvui, 4t.
— ÉTYM. Lat. infecunditatem, de infecundus, infécond.
INFECT, ECTE (in-fèkf, fè-kt'; au pluriel masculin, r« ne se lie pas : des lieux in-rekt' et malsains), adj. I 1° Qui répand des exhalaisons d'une odeur de eomiption et malfaisantes. 11 est puant et infect. Des eaux infectes. Semblables à Vcspasien qui ne trouvait pas que l'argent de l'impôt levé sur les Immondices de Rome eût rien d'infect, duclos, Consid. mœurs, ch. m. La chair la plus infecte ne les dégoûte pas [les chacals] , p'iff. Quadrup. t. vi, p. 203. Il 2° Qui excite un dégo<it moral, en parlant des personnes et des choses (emploi qui avait existé, comme on peut voir à Phlstorique, et que le langage moderne renouvelle). Tout cola est infect.
— HIST. XV' s. Lorsque les coiisleliciunssaturiiel- 1«8 et froides rendoyeul l'air infect par muistuur Iroide
continuée, chr. de pisan, Charles Y, 11, i. Nui homme n'a été plus cruel que luy, ni plus mauvais, ni plus vicieux et plus infect, ni plus gourmand que luy, coMM. VU, <<.||xvi' s. Tout le cœur me gela voyant ce monstre infait, rons. 4(. Du sang infet de ces gros lezars vers Soit ta poitrine et ta gorge souillée, id. 8< . Pour habiter avec hommes ou femmes infects ou souillés de venin verollique, paré, xxiv, 33. Ils envoyoient leurs pauvres citoyens en une ville infecte de mauvais air et pestilent, AMTOT, Cor. n. Us recitent de Bion qu'infect des atheismes de Theodorus, il.... mort, u, 146. Que je trouve en mon àme et de crasse et d'ordure I Que mes sens corrompus sont devenus infects! desportes, Œuvres chrest. xviii, prière.
— ÉTYM. Provenç. infect; catal. infecte; espagn. infecta; ital. infetto; du lat. t'n/'ectus, infect, proprement teint, imprégné, de inficere, imprégner, infecter, qui vient de in.... 2, et facere, faire : proprement faire dans, mettre dans.
t INFECTANT, ANTE (in-fè-ktan, ktan-t'), adj. Terme didactique. Qui infecte. Gaz infectant. Substance infectante.
INFECTÉ, ÉE (in-re-kté,ktée), part, passé d'infecter. Rendu infect. || Rendu malfaisant par infection. Lieux infectés de la peste, ou, absolument, lieux infectés, lieux où règne la peste. Fuir les lieux infectés. Il Fig. La réforme, poussée dans ce siècle, voulait, ce semble, se faire un refuge dans les siècles des martyrs, et maintenant ce sont les plus infectés d'ignorance et d'erreursl boss. 4" avert. 18. Des cœurs infectés de la contagion du péché, bourdal. Purif de la Vierge, Hyst. 1. 11, p. 26 1. Jamais l'air de la cour et son souffle infecté N'altéra de son cœur l'austère pureté, volt. Henr. ix. Corneille trouva le théâtre et tous les genres de littérature infectés de ces puérilités qu'il se permit rarement, id. Dict. phil. Esprit.
INFECTER (in-fè-kté), v. a. ]\ l' Imprégner d'émanations puantes, contagieuses, venimeuses. Mais, Madame, porter cette robe empestée Que de tant de poisons vous avez infectée.... corn. Uédée, m, 2. La terre s'en émeut [d'un monstre], l'air en est infecté, RAC. Phèdre, v, 6. De quel front cet ennemi de Dieu Vient-il infecter l'air qu'on respire en ce \\e\i^ m. Athal. \n, B. Un sang corrompu infectait l'air, FÉN. Tél. xv. Le meurtrier du roi respire en ces États, Et de son souffle impur infecte vos climats, VOLT. Œdipe, i, 3. || Fig. Aveuglé de l'erreur dont l'enfer vous infecte. Comme vous des chrétiens j'ai détesté la secte, botr. St Genest, iv, 7. Est-il rien que l'envie ou n'attaque ou n'infecte ?iD. Bélis. V, B. Les Égyptiens étaient infectés et d'idolâtrie et de magie, pasc. Juifs, 20, éd. FAUGÈRb:. Un auteur [Molière] qui a expiré, pour ainsi dire, à nos yeux, et qui remplit encore à présent tous les théâtres des équivoques les plus grossières dont on ait jamais infecté les oreilles, BOSS. Coméd. 3. Infecter les oreilles duprinceest quelque chose de pluscriminal que d'empoisonner les fontaines publiques, ID. Sermons, Justice, 2. Va.va.nce,l'\ntévét,\'SimoiiT-pTopTe, la vanité, le plaisir, ces sources empoisonnées de toutes les actions des hommes, n'ont jamais infecté ce cœur, MASCAR. Tur. Un vil amour du gain infectant les esprits, BOiL. Art p. IV. Jusqu'à quand soufl"re-t-on que ce peuple respire; Et d'un culte profane infecte votre empire? bac. fî(h.u,<. Voilà comme, infectant cette simple jeunesse, Vous employez tous deux le calme où je vous laisse, id. Àthal. 11, 7. Les désirs de plaire infectent presque toutes ses actions, mass. Myst.Pent. Il est bien cruel, bien honteux pour l'esprit humain que la littérature soit infectée de ces haines personnelles, de ces cabales, de ces intrigues...., volt. AU. Disc.prélim. Souvent dans ses chagrins un misérable auteur Descend au rôle afl'reux de calomniateur.... Malbranche est spinosiste, et Locke en ses écrits Du poison d'Êpicure infecte les esprits, id. 3' dise. || Absolument. Répandre une odeur infecte. Cet ivrogne infecte. Leur cuisine infecte. || 2' S'infecter, v. réfl. Être infecté. Ce qui était encore sain s'infecte et se souille, MASS. Avent, Délai. || Se communiquer réciproquement l'infection. Dans les hôpitaux encombrés les malades s'infectent l'un l'autre.
— KEM. Il ne faut pas confondre infecter avec infester. La Fontaine a commis cette faute : Tant de brigands infectent la province, Orais. Buffon aussi : Il ne faut pas que l'eau sur laquelle on établira ses canards soit infectée de sangsues ; elles font périr les jeunes en s'attachant à leurs pieds, Oiseaux, t. xvii, p. 2)3.
— HIST. XVI' s. Ils s'efforcent d'infecter la pureté des sacrements par le levain de leur fausse doctrine. CM.v. Inst. 4)7». Mais l'incurable playe l'ar glaive faut toujours coupper à haste, Que la part saine clic
n'infecte et gaste, marot, iv, 2). Un atbeiste.... infectant de son propre renin la matière innocente,
MONT, n, <B0.
— ÉTYM. Infect.
+ INFECTIEUX, lECSE (in-fè-ksi-eû, eûz'), aâj. Terme de médecine. Qui communique des maladies putrides. || Maladies infectieuses, affections générales qui sont dues à l'influence virulente ou miasmatique des liquides ou des tissus infectieux.
— ÉTYM. Voy. INFECTION.
INFECTION {in-fè-k«ion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Action é'infecter, de produire une odeur corrompue et «tlfaisante. Nul ne pouvait plus le porter à cause de l'infection insupportablî qui sortait de lui, SAa, Bible, Machab. u, ix, <;>. L'horreur de ma plait, son infection et la violence de mes cris troublaient l'armée, fén. Tél. xv. U répand l'infection et la puanteur, mass. Carême, Lazare. L'infection du champ de bataille en éloigna bientôt le duc deChartres, st-sim. <3, i4b. || 2° Corruption produite dans un corps par les substances ou miasmes délétères qui s'y introduisent. L'infection de l'air. L'infection d'un hôpital. L'infection se répandit au loin. |{ 3° Action exercée sur l'économie par des miasmes putrides ou par des liquides virulents. Laissant dans Helsinbourg quatre mille blessés dont la plus grande partie mourut par l'infection de tant de chevaux tués, et par le défaut de provisions, dont leurs compatriotes mêmes les privaient pour empêcher que les Suédois n'en jouissent, VOLT. Charles XU, S. || Foyer d'infection, hôpital, prison ou tout autre lieu encombré et qui cause les maladies infectieuses. || Infection purulente, maladie fébrile très-grave, caractérisée par la formation d'abcès en différents organes et qu'on a supposée causée par l'introduction du pus dans les voies circulatoires. || 4° Infection se dit, abusivement, pour odeur infecte. C'est une infection.
— SYN. l'iNFECTiON, puanteur. Dans la puanteur, la mauvaise odeur est due à une cause quelconque; dans l'infection, elle est due à une substance qui se corrompt et qui corrompt. L'infection est toujours malsaine, la puanteur peut ne pas l'être. {| 2° infection, contagion. L'infection diffère de la contagion, en ce que celle-ci, une fois produite, n'a plus besoin pour se propager de l'intervention des causes qui lui ont donné naissance; qu'elle se reproduit en quelque sorte par elle-même, par voisinage, et indépendamment (jusqu'à un certain point) des conditions atmosphériques, tandis que l'infection, due à l'action que des substances animales ou végétales en putréfaction exercent sur l'air ambiant n'agit que dans la sphère du foyer d'où émanent les miasmes morbifiques. L'infection est relative à un foyer ; ainsi un hôpital encombré devient un foyer d'infection; un mal s'y développe; et ceux qui y entrent courent le danger de gagner ce mal. La contagion est relative à un individu ou même à un objet qui transmet une maladie déterminée. L'infection produit souvent la contagion.
— HIST. XIV' s. Le sang qui fai t l'infection de toute la circonférence de l'incision [d'un cancer] , h. de mondeville, î° 95, verso. ||xv° Poissons tout pleins de vie qui ont bosses, fils [fies], pourritures et autres maladies et infections, Ordonn. <484. ||,tvi' s. Lasl par ma folle sotie M'est sortie Toute ceste infection, MABOT, IV, 282. Elle [la guerre civile] vient guarir la sédition et en est pleine.... où en sommesnous? nostre médecine porte infection Imont. iv, < 98.
— ETYM. Provenç. infectio, infeccio; espagn. infeccion; ita.\. infegione ; du latin infectionem, de infectus, infect.
t INFÉLICITÉ (in-fé-li-si-té), i. /". || 1° Manque de félicité. Selon le dire d'Euripide, l'infélicité est la fin d'une bouche sans retenue, aussi bien que de la folie et de la méchanceté, d'ablakcourt, Lucien, It mauvais grammairien. \\ 2" Manque de qualités favorables, fécondes. 11 se sent gêné par l'infélicité de son naturel, st-8vremond, dans richelet.
— HIST. XVI" s. L'infélicité delà vie humaine est telle qu'on la doit mettre au ranc des choses de nul pris et estime, beaugué. Guerre d'Escosse, m, 20. Quand, par l'infélicité de l'air, la fueille.... 0. de SERRES, 469. Quel charme ou quel dieu plein d'envie A changé ma première vie, La comblant d'infelicitél DESPORTES, Amours d'IIippoly te, xix, Chanson.
— ÉTYM. Lat. infelicitatem, do in.... t, et feli citatem, félicité.
INFÉOUATION (in-fé-0-da-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. Terme de jurisprudence féodale. Acte par lequel le seigneur aliénait une terre, et la donnait pour être tenue de lui en fief. L'empereur, dans cotte année, se résolut à affranchir enfin le
INF
Tirtemberg de l'inféodation de l'Autriche, volt. Ann. Emp. Kodolphe II, <699. || Inféodation se disait aussi de l'action d'unir quelque chose à son fief.
— HIST. XVI* s. [Aliéner des immeubles] par vendition, eschanges, infeudation, bail à cens ou à -ente, emphytheose à longues années, p. pithou, 28.
— HTYM. Bas-lat. infeodare, inféoder.
IWÉODÊ, ÉE (in-fé-o-dé, dée), part, passé d'in-
lèoder. || i' Donné par inféodation. Tout ce que je puis dire pour consoler le genre humain, c'est que dans deux terres que je dois bien connaître, inféodées du temps de Charles V, j'ai trouvé la moitié plus de feux qu'il n'en est marqué dans l'acte d'inféodation, VOLT. Dict phil. Population. || Dîmes inféodées, dîmes aliénées par l'Église et possédées par des laïques. Dites aux femmes ce que c'est que fiefs, rentes, dîmes inféodées, lods et ventes, fén. t. xvii, p. (0). Il J" Fig. Attaché, comme par un vasselage, il un homme, à un parti.
INFÉODER (in-fé-o-dé), v. a. R l" Terme de jurisprudence féodale. Donner une terre pour être tenue en fief. Mon cher comte [de Grignan], bon jour; vous voilà donc dans votre château qui était autrefois une place dont Frédéric inféodait les gens, sÉv. «J«. Il i" Fig. S'inféoder, v. réfl. Se donner k uns personne, à un parti, à une opinion, coinnie sal faisait à son seigneur.
—HIST. XVI' s. Disme inféodée, acquise par l'Eglise, n'est sujette à retrait, loysel, 43*. Rentes inféodées non rachetables sont réputées féodales, id. 54 7.
— ÈTYM. Lat. tn, en, dans, et feudum, fief (voy. pief).
t INFÈRE (in-I6-r ) , adj. Terme de botanique. Organe infère, organe qui est placé au-dessous d'un autre. || Ovaire infère, ovaire adhérent au calice, de façon que la corolle naît au-dessus de lui. || Ovaire demi-infère ou semi-infère, ovaire demi-adhérent. Il Périgone ou calice infère, celui qui est inséré au-dessous de l'ovaire et sans adhérence avec lui. Il La radicule est dite infère lorsqu'elle se dirige vers le point d'attache de l'ovaire au réceptacle.
CWM. Lat. inferus, qui est an bas. D'après Bopp, inferus est la forme nasalisée di. sanscrit «d/»ds, dessous, adhara, inférieur, adhama, infime, dh sanscrit se changeant en f.
t INFÉRENCE (in-fé-ran-s') , t. f. Terme de logique. Action d'inférer. L'acte de l'esprit par lequel on attribue i un corps, en conséquence de quelques-unes de ses propriétés, toutes les autres propriétés en vertu desquelles il est placé dans une classe particulière, est un acte d'inférence.
— SYN. iNFÉBENCE,iNDucTiON.Étymologiquement, ess deux mots sont très-voisins, puisque le premier signifie l'acte de porter dans, et le second l'acte de conduire dans. La différence que l'usage a établie est que induction est particulièrement affecté au procédé logique par lequel on passe des faits expérimentaux et particuhers aux proposUions générales.
— Etym. Inférer.
INFÉRÉ, ÉE (in-fé-ré, rée), part, passé d'inférer. Proposition inférée à tort des prémisses posées.
INFÉRER (in-fé-ré. La syllabe fé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'infère, excepté au futur et au conditionnel : j'inférerai, j'inférerais), V. a. Tirer une conséquence de quelque proposition, de quelque fait. Je ne voulais pas inférer de toutes ces choses que le monde ait été créé en la façon que je proposais, desc. Méth. v, 3. On infère de là qu'il n'a rien donné qu' après sa mort, PATHO, Plaidoyer 3, dans richelet. Tous les jours sa clarté [du soleil] succède à l'ombre noire, Sans que nous en puissions autre chose inférer Que la nécessité de luire et d'éclairer, la font. Fobl. ii, <3. J'infère de ce conte Que la plus forte passion C'est la peur, id. ib. ix, <5. Quand ils [les protestants] infèrent, par des conséquences qu'ils prétendent tirer d« notre dectrine, que nous ne savons pas assez reconnaître la gloire souveraine qui est dus à Dieu..., Boss. Expos, de la doctr. de l'Egl. 2. jj Absolument. Son ftme pense, raisonne, infère, la brut. zi. N S'inférer, e.r^/l. Etre inféré. Il s'infère de laque....
— SYN. iNFÉBER, coNCLURï. Inférer est tirer un» conséquence. Conclure est ausai en tirer une ; mais cette conséquence est la dernière, la conclusion du raisonnement, ce que inférer n'implique pas. De plus, conclure s'emploie très-bien quand il y a certitude. On conclut une proposition d'un syllogisme, on ne l'infère pas. Inférer laisse du doute. De cent expériences on infère une proposition que la centunième détruirait peut-être.
—HIST. xvi* s. Us deffendent les donations entre le mari et la femme; voulants inférer par là que tout doibt estra i cbascun d'eulx, mont, i, 2< 6. Il y a
INF
trois principaux offices et différences d'entendement, inférer, distinguer, eslire, charron. Sagesse, i, 14.
— ËTYM. Lat. inferre, inférer, pro^irement mettre dans, insérer dans, de in.... 2, et ferre, porter.
INFÉRIEUR, EURE (in-fé-ri-eur, eu-r'), adj. Il 1° Oui est au-dessous, en bas. La région inférieure de l'air. La partie inférieure du corps, d'un édifice, d'un tableau. Elles versent leurs eaux superflues dans les vallées inférieures, buff. Not. just. ép. nat. Œuv. t. xiii, p. 3i9.|| Partie inférieure de la main, nom que les chiromanciens donnent au poignet. || 2° Terme de géographie. Il se dit de la partie d'un parys qui est la plus éloignée de la source des fleuves ou la plus voisine de la mer. Germanie inférieure, par opposition à Germanie supérieure. Il Département de la Seine-Inférieure, de la Loire-Inférieure (on met un trait d'union et une capitale à inférieure), départements de la France où se trouve l'embouchure de la Seine, de la Loire. Il On dit quelquefois par ellipse : la Seine-Inférieure, etc. Préfet de la Loire-Inférieure. || 8° Terme d'astronomie. Planètes inférieures, celles qui, comparées à la terre, sont plus voisines du soleil. Mercure et Véuus sont les deux planètes inférieures. Il 4" Qui est au-dessous d'un autre, qui vaut moins que lui. Inférieur en science. Il [Alexandre] dut ici se reconnaître inférieur à un homme [Diogène] à qui il ne pouvait rien donner, ni rien oter, hol- LiN, Hist. anc. CEuv. t. vi, p. I8C, dans pougens. Ce n'est point pour n'avoir pas fait usage du ministère des dieux, mais pour avoir ignoré l'art de bien conduire les affaires des hommes, que Lucain est si inférieur à Virgile, volt. Ess. poés. épiq. ch. ♦. Quelque supériorité qu'on ait à beaucoup d'égards sur un rival, dès qu'on en conçoit de la jalousie , il faut qu'on lui soit inférieur par quelque endroit, DUCLOs, Considér. mœurs, ch. < < . Il pensait que vous ne considériez les hommas d'un état obscur que comme des êtres d'une espèce inférieure, genlis, Adèle et Théod. t. m, p. 4)5, dans pougens. || En ce sens il se prend quelquefois substantivement. Il [François 1"] fut toujours dupe de Charles-Quint, et son inférieur en tout, excepté en valeur, volt. Ann. Emp. Charlet-Quint , *b3». \\ Être inférieur & une place, à une fonction, n'avoir pas toutes les qualités requises pour la remplir. Le cardinal Dubois avait certainement de l'esprit; mais il était fort inférieur à sa place, duclos, Mém. rég. CEuv. t. vi, p. 172, dans pouGENS. Il Inférieur se dit aussi des choses qui valent moins que d'autres. Ces marchandises sont d'une qualité inférieure. Pour le coloris, ce tableau est inférieur à tel autre. || Dans le langage populaire. Cela m'est inférieur, je ne m'en soucie pas, je n'y fais nulle attention. || 5° Dans le langage philosophique , la partie inférieure, ceux des penchants, des instincts qui se rapportent spécialement aux besoins du corps. C'est un mouvement de la partie inférieure, boss. Lell. abb. <47. Il Terme de philosophie. Concept inférieur, se dit, dans le kantisme, d'un concept qui est subordonné à un autre. || 6* Les classes inférieures de la société, celles des paysans et des ouvriers. || En un sens analogue, les régions inférieures d'un pays, les classes qui viennent après le prince, la cour, les grands. Comme le vice est contagieux, il se répand de là [de la cour] dans les régions inférieures du royaume, fléch. Uar.-Thér. \\ 7" Tribunal inférieur, celui dont il y a appel. H On dit dans le même sens : juges inférieurs. || 8" Dans un collège ou lycée, classes inférieures, celles par où commence le cours des études, où l'on enseigne les éléments du latin, etc. On dit plus souvent : basses classes. || 9" Terme de zoologie. Animaux inférieurs, ceux qui occupent le bas de l'échelle zoologique, et dont l'organisation est la moins compliquée, et les fonctions les moins étendues. || 16° S. m. Celui qui est au-dessous d'un autre en rang, en dignité, et ordinairement avec subordination et dépendance. Nous voyons mourir tous les jours nos inférieurs, nos égaux, nos maîtres, flAcu. Dauphine. Du même fond d'orgueil dont on s'élève fièrement au-dessus de ses inférieurs, l'on rampe vilement devant ceux qui sont au-dessus de soi, la brut. vi. Les vrais inférieurs sont ceux qui reçoivent, et l'humiliation s'y joint quand les services sont pécuniaires, duclos, Consid. sur les mœurs, ch. lo.
— REM. Inférieur étant lui-même , au fond, un comparatif, ne se construit ni avec plus ni avec moins ; cependant on pourrait dire : la plus inférieurs de ces couches.
— HIST. XV' s. Ainsi que nous voyons ou [au] corps humain, que les bras qui sont ou milieu du corps deffendent le chlef duquel ilz prennent in-
fluence et leurnourrissement, et aussi pareillement défendent les autres membres inferiores, Je Jouvencel, f" 96 , dans lacurne. || xvi* s. Comment est-ce donc que Pierre, qui est beaucoup plus inférieur.... CALV. Instit. 891 .
— ÉTYM. Lat. inferiorem, comparatif de inferus (voy. infère).
liNFÊRIECREMENT (in-fé-ri-eu-re-man), adn.
Il 1" Par la partie inférieure. Le muscle transversaire est inséré inférieurement aux apophyses transverses des 8', 4', 6', 6', 7' et 8' vertèbres dorsales, et supérieurement aux apophyses transversos des 2", 3', 4', 5' et 6' vertèbres cervicales. || 2° D'une manière inférieure. Deux auteurs ont écrit sur cette matière, mais l'un bien inférieurement à l'autre.
— HIST. xvi' s. Inférieurement, oudin , Dict.
— ÉTYM. Inférieure, et le suffixe ment.
INFÉRIORITÉ (iu-fé-ri-o-ri-té), *. f || 1° Situation d'une chose au-dessous d'une autre. L'infériorité de position du granit dans les couches terrestres est liée à sa plus grande ancienneté. || 2° Condition qui fait qu'une personne ou une chose est inférieure à une autre. Son infériorité devrait le rendre plus modeste. L'infériorité des forces, du nombre.
— HIST. xvi» s. Infériorité, oudin, Dict.
— ÉTYM. Inférieur; ital. infériorité.
flNFERMABLE (in-fèr-ma-bl'), adj. Oui ne
peut être fermé. Pour mes mains, elles ne me font point de mal ; elles sont infermables encore, mais je mange.... sÉv. 288.
— ÉTYM. Jn.... 1, et fermer.
t INFERMENTESCIBLE ( in-fèr-man-tè-ssi-bl') , adj. Qui n'est pas susceptible de fermenter. Substance infermentescible.
— ÉTYM. Jn.... I, et fermerUescible. INFERNAL, LE (in-fer-nal, na-1'), adj. || !• Qui
appartient & l'enfer. Alecton ne l'aborda pas Avec ses
infernaux appas, scarr. Ftrj.vii La parque et ses
ciseaux Avec peine y mordaient; la déesse infernale Reprit à plusieurs fois l'heure au monstre fatale, la font. Fabl. VIII, 27. Oà me cacher ? fuyons dans la nuit infernale, RAC.P/ièdrc, IV, a. II [Thésée] a vu le Cocyte et ses rivages sombres, Il s'est montré vivant aux infernales ombrée, id. ib. ii, i. Cette voix formidable, infernale ou céleste, volt. Sémiram. i, 6. Ces dons que je dois faire X nos dieux infernaux, aux mânes d'une mère, id. Olymp. v, 6. || ï' Fig. Digne de l'enfer, horrible. Lorsqu'il entend de loin d'une gueule infernale La chicane en fureur mugir dans la grand'salle, boil. Sat. viii. De ces lieux infernaux [des cachots] on nous laisse sortir. Sans que de notre sort on nous daigne avertir, volt. Alx. u, i. Nos fils détesteront des trames infernales, m. ;. chen. Charles IX,v, 2. || Galop infernal, galop d'une rapidité extrême qui se fait dans les grands bals publics, à l'Opéra, etc. jj C'est un homme, un esprit infernal c'est un homme dont la méchanceté égaie celle aes démons. || Machine infernale, baril piem de poudre que des conjurés royalistes voulurent rouler sous la voiture du premier consul, mais qui n'éclata qu'après que la voiture fut passée ; en général, tout engin disposé avecde la poudre pour tuer une ou plusieurs personnes, la machine infernale de Fieschi. Il Fig. Combinaison de moyens odieux pour perdre quelqu'un. C'est une machine infernale que cette intrigue. Il 3" Fig. et familièrement. Qui cause autant d'ennui, de trouble que les choses d'enfer. Quelle musique infernale I C'est une place bien infernale qu« celle de cp.lle qui va quatre pas devant [Mme de Montespan],s«v.4 5 juin 1 680. Je m'aperçus qu'à l'exeettion d'une petite chambre sur le derrière, mon appartement était inhabitable pour un homme d'étude, à cause du bruit infernal des carrosses et des charrettes sur l'arcade du pont, mahmontel, Mém. x. Il 11 se dit des personnes en un sens analogue.C'est encore ce page infernal I beaumarch. Jfor. de Fiff. V, 6. Il 4° Terme de chimie. Pierre infernale, azotatcv d'argent fondu, substance employée en médecin» pour brûler, réprimer les chairs sur lesquelles on l'applique, et pour modifier la vitalité de certaines membranes. || S" S. m. Espèce de brûlot à vai)eur
— HIST. xu' s. Deus [Dieu] qui dreites mérites rent l tuz son [selon] lor faiz dreitemsnt. As uns peine laide enfernal, As autres glorie [prononcez gloire] «sperital, benoît, u, 6287. || xiii' s. Senz redouteir l'infernal flame, ruteb. 56. jj xiv s. Veoir ne puis la dorée toison Ne les Indes, ne de rougo mer ouir, N'aus infernaus penre guerre ou renson, MACHAUT, p. <32. || xvi' S. Quand nous aurons passé l'infernale rivière, desportes, Diane, ii, 48.
— ÉTYM. Provenç. infernal, yfernal; e.'ipagn, infernal; ital. infernale; du lat. infernalis, de mferni, enfer (vop. ce motj.
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tIîrFER?fAI,KMI5\T (in-fèr-na-le-man), adv. D'une manière infernale. Il s'est conduit infernalement.
t INFÉROBRANCHB ( in-fé-ro-bran-ch' ) , adj. Terme de zoologie. Se dit des mollusques dont les Iranchies sont placées sous le rebord saillant du manteau.
— ÉTYM. Infère, et branehie.
t EVFÉROSUPÈRE (in-fé-ro-su-pè-r"), adj. Terme (le botanique. Se dit d'un fruit qui est supère par rapport au calice, et infère par rapport à la corolle.
— ËTYM. Infère, et supère.
+ INFÉROVARIÉ, ÉE (in-fé-ro-va-ri-é, ée), adj. "Terme de botanique. Plantes inférovariées, celles dont l'ovaire est inftre.
— Etym. Infère, et ovaire.
INFERTILE (in-fèr-ti-l'), adj. Qui n'est pas fertile. Contrées infertiles, vaugelas, Q. C. <3I. .Si yous êtes sensible à la compassion, ne me refusez pas, dans ces vastes pays, quelque coin de terre infertile, pén. Tél. xxi. Sans l'amitié, quel antre ou quel sable infertile N'eût été pour le sage un désirable asile, Quand du Tibre avili le sceptre ensanglanté Armait la main du vice et la férocité? A. CHÉN. Ép. 1. Il Fig. Et comme mes soupirs, ma peine est infertile, bégnier, Êlég. i. Il sait que les lauriers sont des plantes infertiles qui ne donnent au plus que de l'ombre et qui ne valent pas les moissons et les fruits dont la paix est couronnée, VOIT. Lett. 74. Sus donc, ne perdons plus en discours infertiles Le temps qu'il faut donner aux effets plus utiles, mairet, Sophon. v, 6. Les mêmes pensées poussent quelquefois tout autrement dans un autre que dans leur auteur : infertiles dans leur champ naturel, abondantes étant transplantées, PASCAL, Espr. géom. ii. Mais je ne suis repu que d'espoirs infertiles, le Libraire du pont Neuf, )644, dans Rev. de l'instr. publ. 22 févr. 4888. Quoi I dis-je tout chagrin, dans ma verve infertile, Des vertus de mon roi spectateur inutile.... boil. Éptt. 1. Laissant de Galien la science infertile, D'ignorant médecin devint maçon habile, id. Épigr. ix. jj Sujet, matière infertile, sujet, matière qui fournit peu de choses à dire. Les parents de l'athlète étaient gens inconnus. Son pore un bon bourgeois, lui sans autre mérite ; Iilatière infertile et petite, la font. Fab.i, 4 4.
— HIST. XV s. Considerans icelle nostre dite ville estre assise en mer, en pays infertile, et n'y a aucun ciitretenement que le fait et entrecours de la marchandise, Ordonn. oct. 1488. Il xvi* s. Tout arbre qui est privé de sa fleur est infertile, paré, xviii, 38.
'i'erroir infertile, hesportes, Cléonice, 63 Disant
que les terres grasses et molles font les hommes mois, et les fertiles les esprits infertiles, mont, ii, 338.
— ÉTYM. In.... i, et fertile; provenç. infertil ; ital. infertile ; du latin inferlilis.
t INFERTILEMENT (in-fèr-ti-le-man), adv. D'une manière infertile.
t INFEUTILISABLE (in-fèr-ti-li-za-bl'), adj. Qui ne peut être fertilisé. Terrain infertilisable.
— ÉTYM. In.... \, et fertiliser.
t INFEUTILISÊ, ËE (in-fèr-ti-li-zé, zée), adj. Qui 1 n'est pas fertilisé.
INFERTILITÉ (In-fèr-ti-li-té) , s. f État de ce qui est infertile. L'infertilité de ces terres.
— HIST. XVI* s. Infertilité, cûtghave.
— ÊTVM. liai, infertilità ; du lat. infertHitatem, de inferlilis, infertile.
1 INFESABLE(in-[e-za-br), adj. Voy. infaisable.
t INFESTATION (in-fè-sta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action d'infester; étal de ce qui est infesté. Ses prêtres [de saint Augustin] offrirent le saint sacrifice de la messe dans une maison pour la délivrer de l'infestation des malins esprits, boss. Déf. de la trad. sur la commun. 23.
— HIST. XV" s. Succéda au siège apostolique Estienne, troisième de ce nom, lequel fust par l'infestation et mauvaiseté de Astulphus, roy de Lomhardie, contraint de partir et vuyder hors de la ville cl cité de Rome, Ilist. de la Tois. d'or, 1. 1, f° 72, dans lacurne.
— ÊTYM. Lai. infestationem, àe infestare, inîealer.
INFESTÉ, ÉE (in-fë-slé, siée), part, passé d'infester. Au milieu d'une forêt infestée de voleurs, piCARn, le Couleur, 1, 7.
INFESTER (in-fèslé), «. a. || i* Tourmenter par des irruptions, des courses, des brigandages. Avant Louis XIV, les grands chemins n'étaient réparés ni gardés ; les brigands les infestaient, volt. Louis XI V, 2.Ces peuples odieux Ont cent fois de la Crète infesté les rivages, id. Minos, 1, 2. Il y avait longtemps que des l'irales de toutes nations, et particulièrement des Anglais, ayant fait entre eux une association, infestaient les mers de l'Europe et de l'Amérique, id. tluiiiis Ml, b. Il 2" 11 su dit de ce qui rend iucoiii-
DICT. DE LA LANOUB FKANCAISE.
mode,inhaDltable,iténle.Oii prétendait que de malins esprits infestaient ee château. Les mauvaises herbes infestent nos champs. H arrive qu'après qu'on a été infesté de ces animaux [les rats] pendant un temps, ils semblent souvent disparaître tout à coup, et quelquefois pour longtemps, bupf. Quadrup. t. 11, p. 28(.
— HIST. xv s. Le quel infesta le suppliant de grans paroles injurieuses, dd cange, infestare. [P'emme] Qui soit toujours près de ma coste. Se non pour aler au moustier Quant aux jours qu'il sera mestier [besoin]. Et qui ne soit pas infestée Ni de saillir à la volée Es rues pour ouir le bruit..., E. DESCH. Miroir de mariage, p. 40. || xvi* s. Ce seroit contre raison de poursuyvre les menus inconvénients, quand les grands nous infestent, mont, iv, 66. Les esprits qui infestoient sa maison, id. i, 203.
— REM. Voy. la remarque à infecter.
— ÊTYM. Lat. infestare, de infestus, qui se décompose en in.... t, et festus, heureux, propice (voy. fête), .suivant quelques étymologistes ; mais qui, suivant d'autres, Priscien en tête, est une autre forme de infensus, infenstus, participe passif de infendere, attaquer, composé avec in, en, sur, comme of-fendere l'est avec oi.
INFIRULATION (in-fl-bu-la-sion), t. f. Opéi-ation par laquelle on réunit, au moyen d'un anneau, les parties dont la liberté est nécessaire à la génération. L'infibulation se fait en tirant le prépuce en avant; on le perce et on le traverse par un gros fil que l'on y laisse jusqu'à ce que les cicatrices des trous soient faites ; alors on substitue au fil un anneau qui doit rester en place, buffon, De la puberté.
— ÊTYM. Infibuler.
INFIBULÉ, ÉE {in-fl-bu-lé, lée), part, passé d'infibuler. Une femeile infibulée.
INFIBOLER (in-fi-bu-lé), V. a. Faire l'opération de l'infibulation.
— ÊTYM. Lat. infibulare, de in.... 2, et fibula, agrafe ; fibula est le diminutif de fibra, fibre.
INFIDÈLE (in-fi-dè-l'), adj. || 1» Qui n'est pas fidèle, qui ne remplit point ses devoirs, ses engagements. Fidèle aux seuls Romains, à nous seuls infidèle, Celui qui nous aidait s'est détaché de nous, mairet. Mort d'Asdr. m, 3. À mon plus doux espoir l'un [venger mon père] me rend infidèle ; Et l'autre [ne pas le venger] indigne d'elle, cobn. Cid, I, 6. Trompés.... par nos flatteurs, parmi lesquels il faudrait peut-être compter des directeurs infidèles, que nous avons choisis pour nous séduire, boss. Mar.-Thér. Que lui servit d'avoir mérité la confiance intime de la cour, d'en soutenir le ministre [Mazarin] deux fois éloigné, contre sa mauvaise fortune, contre ses propres frayeurs, contre la malignité de ses ennemis, erenfin contre ses amis ou partagés, ou irrésolus, ou infidèles? m. Anne de Gonx. Sans se fier à ces extraits mal digérés et souvent tracés à la hâte par des mains infidèles ou négligentes qui confondent les droits et défigurent une bonne cause, fléch. Lamoign. Et qui sait si déjà quelque bouche infidèle Ne l'a point averti de votre amour nouvelle ? BAC. Baj. IV, 5. Une complaisance vous rendait infidèle au devoir, elle vous le rend encore, mass. Carême, Inconst. || Qui ne garde pas la fidélité dans l'amour ou le mariage. Les flots ont englouti cet époux infidèle, rac. Phèdre, 11, ( . il faut se croire aimé pour se croire infidèle, id. Andr. iv, 6. Une femme infidèle, si elle est connue pour telle.... de la personne intéressée, n'est qu'infidèle; s'il la croit fidèle, elle est perfide, la briiï. m. || 2° Particulièrement. Qui commet des soustractions, en parlant d'un employé, d'un commis, d'un domestique. Un commis infidèle. Un comptable infidèle. || 3* Sur quoi on ne peut pas ou on ne peut plus compter. Je n'ai que trop connu leurs larmes infidèles, volt. Orph. m, t. Le destin des combats peut vous être infidèle, delavi- GNE, Vép. sicil. 1, 2. Il 4* Qui n'a pas la vraie foi. Race infidèle, me reconnaissez-vous à cette fois? suis-je votre juge, suis-je votre Dieu'? boss. Anne de Gonz. Elle [Eslher] gagna le cœur du roi son mari, et fit d'un prince infidèl» un illustre protecteur du peuple de Dieu, m. Reine d'Anglet. {| 5° Qui manque à la vérité, inexact, en parlant des personnes. Narrateur infidèle. || Même sens, en parlant des choses. Est-ce donc vous, seigneur? et les bruits infidèles N'ont-ils semé de vous que de fausses nouvelles? cobn. Penh. III, 4. Qui peut vous avoir fait ce récit infidèle? rac. Baj. m, 4. || Mémoire infidèle, mémoire faible et peu sùro d'elle-même. || .Miroir, glace infidèle, miroir, glace qui ne reproduit pas exactement l'image. || Traduction infidèle, traduction qui ne rend pas exactement l'original. || Substantivement. De belles infidèles, nom qui a été donné à des traductions qui avaient la prétention
d'orner et d'embellir l'original. ||6* S. m. et f. Celui, celle qui manque à la fidélité, à la foi promise. Je ne souhaite nulle prospérité à M. de Aionmoutb; sa révolte me déplaît; ainsi puissent périr tous les infidèles à leur roi ! sÉv. 22 juill. («85. || Celui, celle qui manque à la foi de l'amour ou du mariage. Du moins mon infidèle est d'un rang au-dessous, corn. Sert. I, 3. L'infidèle s'est vu partout enveloppé, bac. Andr. v, 3. Il n'y travaillera que trop bien, l'infidèle, ID. ib. II, t. Vulcain travailla pour son infidèle quand il voulut lui faire oublier le cruel affront qu'il lui fit devant les dieux, momtesq. Gnide, ch. i. Il 7° Celui ou celle qui n'a pas la vraie foi. Le mari infidèle est sanctifié par la femme fidèle, et la femme infidèle est sanctifiée par le mari fidèle, saci. Bible, St Paul, i" ép. aux Cor. vu, U. Quand on s'attache ou tout à fait i la foi, comme les catholiques , ou tout à fait à la raison humaine, comme font les infidèles, boss. Expos, de la doct. de l'Égl. 1 2. Je ne viens pas ici, messieurs, renouveler dans vos esprits le triste souvenir d'une mort que vous avez déjà plemée; laissons aux infidèles ces longuei et sensibles douleurs que la religion ne modère pas, fléch. Lamoign. Si quelque infidèle, Écoutant nos discours, allait nous déceler 1 bac. Esth. 11, ». Entrez dans la bourse de Londres.... làlejuif,le mahométan et le chrétien traitent l'un avec l'autre comme s'ils étaient de la même religion, et ne donnent le nom d'infidèles qu'à ceux qui font banqueroute, volt. Dict.phil. Presbytérien. C'est lui qui, de canons couvrant les Dardanelles, X tuer les chrétiens instruit les infidèles, id. Tactique. il Terme de théologie. Infidèle négatif, celui qui n'a jamais connu l'Évangile. Infidèle positif, celui qui, connaissant l'Évangile, a refusé de le recevoir.
— ÉTYM. Provenç. infizel, en/izel; espagn. infiai; ital. infedele ; du lat. infidelis, de in.... 4, et fidelis, fidèle.
INFIDÈLEMENT (in-fi-dè-le-man), adv. D'une manière infidèle. Et par vous la paix assurée N'aura pas la courte durée Qu'esfièrent infidèlement, Non lassés de notre souffrance. Ces Français qui n'ont de la France Que la langue et l'habillement, m alh. m, 4 .
— ÊTYM. Infidèle, et le suffixe ment.
INFIDÉLITÉ (in-fi-dé-li-té), s. f || !• Manque de
fidélité. L'infidélité d'un ami, d'un dépositaire. Ils violent des droits que lu n'a pas gardés ; Leur trahison estjuste, elle ciell'autorise; Quitte la dignité comme tu l'as acquise; Rends un sang infidèle à l'infidélité [c'est-à-dire à ceux qui te trahissent]. Et souffre des ingrats après l'avoir été, corn. Cinna, IV, 2. Son trouble avouait-il son infidélilé? rac. Andr. v, 2. X l'infidélité l'indulgence encourage, VOLT. Tancr. i, 1. ||Fig. Les infidélités de la fortune, Boss. dans le Dict. de poitevin. || %• Munq je d'exactitude, de vérité, en parlant des personnes. L'infidélité d'un historien, d'un traducteur, d'un copiste. Il Même sens, en parlant des choses. L'infidélité d'un récit, d'un compte rendu. || L'infidélité d'un miroir, «e dit d'un miroir qui représente mal les objets. Il L'infidélité de la mémoire, défaut de mémoire. Il 3° Acte d'infidélité. Les gens de bien méms tombent dans des infidélités inévitables, flécu. Aig Les infidélités que vous [veuve] avez faites à sa mémoire [d'un époux] , mass. Carême, Riche. || Acte par lequel on manque à la foi dans le mariage ou dans l'amour. Je t'ai cherché moi-même au fond de tes provinces ; J'y suis encor, malgré tes infidélités, bac. Andr. iv, 6. Son caractère (de Mme de Montespan] , plus ambitieux que tendre, lui avait fait souvent regarder avec indifférence les infidélités du roi. M'"" de caïlus, Souvenirs, p. 40 dans POUGENS. Candide sentit quelques remords d'avoir fait une infidélilé à Mlle Cunégonde, volt. Cand. 22. Il Acte par lequel une personne en qui on a confiance, manque à celte confiance par soustraction de deniers, abus de dépôts, etc. Darget ne devrait pas avoir cet ouvrage; il n'en est possesseur que par une infidélité atroce; les exemplaires qui courent ne viennent que de lui, volt. Lett. Urne de Fontaine, is juin (755. Un des principaux ofliciers du Bengale se réfugia chez les Anglais à Calcutta pour se soustraire aux peines que ses infidélités avaient méritées, RAïNAL.Hwt. phil. m, 35. || 4" Il se (lit aussi de simples inexactitudes. U y a de grandes infidélités dans celte traduction. |j 6" Inexaciitude dans l'accomplissement d'un service public. Dans la pensée que ce n'est pas votre faute [si je n'ai |ias reçu de lettres de vous], je ne fais simplement que me plaindre de l'infidélité de nos courriers, sÊV. (» août (662. Il 6' Étal de ceux qui ne sont pas dans la vraie religion. Vous voulez vous guérir de l'infidélité, et vous en demandez les remèdes? apprenez-les de ceux qui ont été liés comme vous,
a. — vi
INF
ÏNF
INF
PASC. Moyens d'arriver à la foi, i, édit. paugère. Tous les passages où l'on a vu que le gouvememenl des empires, miSme idolâtres et où règne l'infidélité, était saint, inviolable, ordonné de Dieu et obligatoire en conscience, Boss. Polit, vu, u , 3. Ce principe de répugnance [aui vérités divines] s'appelle dans l'Écriture, Infidélité, lo. Sermons, Éghse, i , Ces filles de Tyr vivant dans l'infidélité, mass. Myst. Miser. Et je reprends ma gloire et ma félicité En dérobant mon sang à l'infidélité, volt. Zaïre, a, s. Il Terme de théologie. Infidélité positive, celle qui est volontaire. Infidélité négative, celle qui est involontaire ou sans connaissance de cause.
— HIST. 3ai* s. Par lur granz mfldelitez E par lur granz iniquitez Si furent il del tout afliz [affligés, renversés], benoît, i, 207».
— ÉTYM. Provenç. infideiitat; espagn. infidelidad ; ital. infidelilà ; du lat. infidelilatem, de infidelis. infidèle.
t INFIGURÉ, ÉE (in-fi-gu-ré, rée), adj. || 1° Oui n'a point de forme déterminée. || 2° Qui n'est point figuré, qui n'a pas le caractère métaphorique.
— HlsT. XVI' s. Infiguré, cotgrave.
— ÉTYM. In.... 4, et figuré.
INFILTRATION (in-fil-tra-sion; en vers, de cinq
syllabes), i. /'.Action d'un fluide qui pénètre dans les interstices des substances solides. L'infiltration de l'eau dans les terres. Ces marbres sont diversement colorés par les terres métalliques que les eau.x pluviales introduisent dans les couches par infiltration, après les avoir détachées des autres couches supérieures, BUFF. Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. II, p. 378. Ainsi fut détruite, vraiment détruite en Gaule la société romaine, non comme un vallon est ravagé par un torrent, mais comme le corps le plus solide estdésorganisé par l'infiltration d'une substance étrangère, GuizoT, Hist. de la civil. S' leçon. Il Terme de médecine. Engorgement mou, formé par la présence d'un liquide épanché dans les tissus, entre leurs éléments anatomiques qu'il tient écartés. L'infiltration de la sérosité dans le tissu cellulaire.
— ÉTYM. Infiltrer.
INFILTRÉ, ÉE (in-fil-tré, trée), part, passe d'infiltrer. Les eaux infiltrées dans les terres. || Terme de médecine. Se dit d'un tissu, d'un organe ou d'un membre, quand il est pénétré de sérosité ou de quelque autre liquide. Tissu cellulaire infiltré.
INFILTRER (in-fil-lré), v. a. || i° Pénétrer comme par un Hltie. La sérosité a infiltré les jambes de ce malade. || i° S'infiltrer, v. réfl. Pénétrer par infiltration. L'eau s'infiltre dans le bols le plus dur. |{ Fig. Opinion qui commence à s'infiltrer dans les esprits.
— HIST. XVI* s. Le cuir qui couvre le orane a connexion avec le pericrane, à cause qu'il est infiltré et meslé avec luy, paré, m, 2.
— ETYM. In... i, et filtre.
IKFUIE (in-fi-m'j, adj. Placé le plus bas, tn parlant d'une hiérarchie, d'une série quelconque. Les rangs infimes de la société. Les insectes, qu'un doit regarder comme les espèces infimes de la nature, BUFF. Quadrup.t. m,\>. (06. Un genre s'étend à plusieurs espèces; un genre suprême n'en a point au-dessus de lui ; une espèce infime n'en a point audessous d'elle, DiuER. Opin. des anc. phil. (stoicisme). \] Substantivement. Les infimes, ceux qui occupent le plus bas rang dans un ordre quelconque.
— REM. Infime n'admet ni plus ni moins ; il est le superlatif d'inférieur.
— HIST. xv s. J'entens que les Las tu sublimes, Et que les haults tu face infimes, Nat. à l'alch. err. Il XVI* s. N'y ayant souvent nul moyen entre la suprême et infime fortune, mont, i, 3I4. Comme entre les bestes les poissons sont infimes.... charron, Sagesse, i, ib.
— ETYM. Catal. infim; espagn. et ital. infime; du lat. inlimus, superlatif de inferus, infère.
t INFIMITÉ (in-fi-mi-ié), *. f. Condition infime. Fleury avait passé sa vie d'abord dans l'infimité, après à se pousser et à faire sa cour à tout le monde.
bT-SIM. Me, ((.«.
— ETYM. Lat. infimitatem, de infimus, infime. INFINI, lE (in-fi-ni, nie), adj ||1' Qui n'est pas
fini, qui est sans bornes. Après avoir fait, ainsi que des fleuves, un peu plus de bruit les uns que les aunes, ils [les hommes] vont tous se coufondi-e dans ce gouffre infini du néant, où l'on ne trouve plus ni rois, ni princes, ni capitaines.... boss. Gornay. Ce qu'on peut affirmer sans crainte, c'est que Dieu est infini, et que l'esprit de l'homme est bien borné, VOLT. Dicl. phil. infini. Pourquoi serait-il impossible qu il y eilt seulement une certaine quantité d'êtres ? Je conçois bien mieux la nature bornée que je ne conçois la nature infinie, id. Lett. à Mme*", 4776.
Une cnose infinie n'est même que cette chose finie è laquelle nous ôtons les termes et les bornes; ainsi l'idée de l'infini n'est qu'une idée de privation et n'a point d'objet réel, bdkf. Homme, arithm. sociale. \\ Il se dit des attributs de Dieu. Que s'il est une telle justice, souveraine et par conséquent inévitable, divine et par cons'^quent infinie, boss. Anne de Gom. \\ Dont on ne peut assigner les bornes, le terme. Un espace infini. Une durée infinie. || Oui ne doit pas avoir de fin. Oui nous dira qu'une justice infinie ne s'exerce pas à la fin par un supplice infini et éternel? uoss. Anne de Gonz. \\ 2° Par exagération, très-grand en étendue, en durée. On a du haut de ce coteau une vue infinie. La mer infinie se déroulait à nos pieds. Je pense que vos conversations ont été bien infinies, sÉv. 227. n serait inutile de vous redire toutes nos conversations, vous les imaginez aisément, et cela rendrait cette lettre infinie, id. 380. Quelquefois je trouve une longueur infinie d'un ordinaire à l'autre, id. 15 nov. 4 684. Combien de fois a-t-il essayé de bannir du palais ces lenteurs affectées et ces détours presque infinis que l'avarice a inventés....! FLÉCH. Lamoignon. || Très-grand en nombre, innombrable. Le sort donne aux plus grands, par d'infinis exemples. De sa légèreté des marques assez amples, rothou, Bdlis. ii, 9. Les compliments qu'on vous fait sont infinis, sÉv. )5 avr. 4 671. Cette bonne duchesse a quitté son cercle infini pour me venir voir, id. 46 mai 4689. Il voit Jérusalem prise et .saccagée ; un pillage effroyable et des désordres infinis, BOss. Hist. ii, 4 Les dépenses et les exactions étaient infinies, m. t'6. i, 40. Des ouvrages infinis remplis de doctrine et de lumière paraissent pour aider à la piété des fidèles, mass. Or. {un. Louis XIV. Que Moise même malgré sa timidité.... ait rendu ce peuple inquiet et intraitable, docile à des préceptes pénibles et infinis, id. Panég. St Franc. Les devoirs infinis d'un pénible ministère, iD. Or. fun. ViUars. Si vous sentez ces penchants infinis qui s'opposant encore en vous à la loi de Dieu, ID. Carême, Prière 4. On se prescrit des aumônes qui flattent la vanité et on se calme sur des restitutions infinies que la loi de Dieu nous prescrit, ID. Carême, Culte. || Je serais infini, je ne finirais pas de dire, d'exposer. Disons le même des autres exemples; je serais infini, si j'entreprenais de les parcourir tous, bochdal. Vim. de la Septuagés. Dominic. t. i, p. 374. || Fig. Quand je ne considérerais pas , monseigneur, les infinies obligations que je vous ai, voix. Lett. 83. Des deux côtés mon mal est infini, corn. Cid, i, ». Je croirai toutefois mon bonheur infini, id. Cinna, v, 3. J'aperçois Bélisaire; opposez, Antonie, X ses vœuï infinis une force infinie, botrou, Bélis. il, 3. Je suis extrêmement touchée de sa retraite [du cardinal de Retz] ; je vous manderai comme il s'y trouvera; il nous paraît que son courage est infini, sév. 26 juin 4 676. [Pourquoi] vouloir affronter des travaux infinis? RAC. Mithrid. m, 4. Combattu par ces agitations infinies qui partagent le cœur au moment d'un changement, MASS. Carême, Prod. La dissipation infinie où nous avons vécu nous rend l'uniformité des devoirs plus ennuyeuse, m. Carême, Dégoûts. Mes remords infinis Ont égale mon crime et vengé mon pays, VOLT. Brut, v, 7. Quand mes yeux, éclairés du feu de son génie, Le virent s'élever dans sa course infinie, id. Fanât, i, 4. || 3° S. m. Ce dont la grandeur n'a point de limite; on entend par infini non pas ce qui est actuellement sans bornes déterminées, mais ce qui ne peut pas absolument en recevoir, à quelque titre et en quelque rapport que ce soit. Mon entendement, qui est fini, ne peut comprendre l'iafini, desc. liép. aux 4'" o6/. 5. Ainsi se fait une espèce d'infini et d'éternel, pasc. dans cousin. Manque d'avoir contemplé ces infinis, id. ib. L'unique ressource qui reste à l'autour, c'est de dire qu'il peut y avoir des infinis les uns plus grands que les autres, fén. t. ai, p. 4 78. Je ne puis comprendre qu'un infini réel hors de moi ait pu imprimer en moi , qui suis borné, une image ressemblante à la nature infinie, id. Exist. ii, 4 , Idée de l'infini. L'infini en durée est lié d'une chaîne non interrompue ; cet infini se perpétue dans l'instant même où je dis qu'il est passé ; le temps a commencé et finira pour moi, mais la durée est infinie, volt. Dict. phil. Infini. L'infini ne peut se joindre au fini, m. Voyage de la Maison. Si l'on objecte qu'il y a ui infini réel en géométrie, je réponds que non, id. Métaph. 3. On ne doit considérer l'infini, soit en petit, soit en grand, que comme une privation, un retranchement à l'idée du fini, bvff. Ess. arith.mor. Œuv. t. x,p. 4 68. Et devant l'infini, pour qui tout est pareil, Il est donc aussi grand d'être homme que soleil! lamaht.
Barm. ii, 4. || 4* L'idée des choses infinies, de Dieu, de l'univers illimité. Pauvre nature humaine! nous ne connaissons l'infini que par la douleur, stael, Corinne, xiii, 6. Si la prière enfin de ses pleurs vous inonde. Et devant l'infini fait fléchir vos genoux , lamabt. Harm. i , 4 4. Comme une goutte d'eau dans l'Océan versée, L'infini dans son sein absorbe ma pensée, id. Iléd. i, 28. || S" Terme de mathématique. Nom donné aux quantités qui sont plus grandes que toute quantité assignable. Dès les premiers pas qu'on fait en gcométrie on tiouve l'infini, et dès les temps les plus reculés des géomètres l'ont entrevu , buffon , Essai arithm. •mor. Œ'tvres, t. x, p. 453. || Le calcul de l'infini, la géométrie de l'infini, nom donné autrefois à ce qu'on nomme aujourd'hui calculs différentiel et intégral. Le terme était arrivé où la géométrie devait enfanter le calcul de l'infini, M. Newton trouva le premier ce merveilleux calcul, bollin, Hist. anc. t. XIII, livre xxvu, chap. l, p. 4 34, danspoucKNS. U [Newton] a inventé le calcul qu'on appelle de l'infini; il a découvert et démontré un principe nouveau qui fait mouvoir toute la nature, volt. Dict. phil. Newton et Descartes. || 6° X l'infini, loc. adv. Sans fin, sans bornes, sans mesure. Les nombres sont divisibles ou peuvent augmenter à l'Infini. En recherchant les pères de mes pères, je ne pourrais pas continuer ce progrès à l'infini, desc. Udp. aux 4'** obj. 6. La nature féconde Varie à l'infini les traits de ses dessins, volt. Scyth. IV, l. || À l'infini, en mathématique, signifie souvent ce qui n'existe pas. Deux parallèles ne se rencontrent qu'à l'infini, c'est-à-dire ne se rencontrent pas ; et de même une hyperbole et ses asymptotes ne se rencontrent qu'à l'infini. Une parabole est une ellipse dont le second foyer est à l'infini, c'est-à-dire n'existe pas. || 7* Dans le langage ordinaire, à l'infini se prend, par exagération, pour beaucoup. Il y a une autre sorte d'importuns.... dont la nombre.... va presque déjà à l'infini, balzac, liv. m, lett. s. Nous avons causé à l'infini, sév. 4 64. La Fayette est joh.... il a un beau nom, il est dans le chemin de la guerre, et a tous les amis de sa mère, qui sont à l'infini, id. 25 sept. 4 689. Dès lors on a bien prévu que, la licence n'ayant plus de frein, les sectes se multiplieraient jusqu'à l'infini, uoss. Reine d'Anglet. ||X l'infini, en retardant sans limite. Je vous demande.... de ne point remettre à l'infini les remèdes que M. de la Rouvière veut que vous fassiez, sÉv. 4 7 mars 4 68u.
— REM. Infini, adjectif rigoureusement négatif, n'admet aucun degré de comparaison. Pourtant, dans le style familier, en ne considérant plus infini que comme signifiant très-grand, on lui a quelquefois donné des degrés de comparaison : En faisant mes lettres un peu moins infinies, sév. 3»7.
— SYN. INFINI, ABSOLU. L'infini est une grandeur sans limites. L'absolu est ce qui est, eu soi, complet, parfait, s.ins augmentation possible. L'espace infini est sans bornes ; la pureté absolue d une liqueur est parfaite; aucune particule étrangère n'y reste, on ne pourrait pas dire qu'elle estinfinie. Ils se disent tous les deux de Dieu; mais ils gardent leur sens propre. La puissance de Dieu est infinie ; mais sa connaissance est absolue. De plus l'absolu s'oppose au relatif, ce que l'infini ne fait pas.
— HIST. XIV* s. Infini, c'est chose infinie, sans fin et sans terme ou innombrable, oresme, Eth. 46. Il XV* s. Toutes les tentes etpaviUons et d'autres biens infiniz, CûMM. v, 4.||xvi* Et pendant qu'ils gardèrent leurs coustumes, infinis hommes vertueu.v se sont trouvez entr'eux, langue, 4 25. Le reste de la cavalerie tenoit un pais infini, id. 289.
— ÉTYM. Bourg, infigni; provenç. infinil, enfenit; espagn. et ital. infinité; du lat. infinilus, de in.... 4, eifinitus, fini.
INFINIMENT (in-Cni-man) , adv. || 1° D'une manière infinie. L'espace, lo temps étendu inllniniont. Étant infiniment puissant, comme il est infiniment bon, il [Dieuj veut tout le bien qu'il peut faire, cl il fait tout le bien qu'il veut, flécu. /,a»nui(/"On. Cette idée [de Leibnitz, qu'il n'y a pas deux objets ahsoment semblables dans la nature] est grande; il parait qu'il n'y a qu'un être tout-puissant qui ail pu faire des choses infinies infiniment différentes, VOLT. Phil. Newt. Expos, des Inslit. phys. Notre globe est infiniment moins qu'un grain de sable en comparaison de ces millions de milliards d'univers devant lesquels nous disparaissons, id. Dial. 4B. Il En mathématique, quantité infiniment petite, celle qui est conçue comme moindre qu'aucune quantité assignable. || Le calcul des infiniment petits, le calcul difl'érentiel. |{ FiK. et par mqqiiflrie.
[NF
INF
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Les infiniment petits, les humains. Le Sirien [l'habitant deSirius] reprit les petites mites [les hommes] ; il leur parla encore avec beaucoup de bonté, quoiqu'il fût un peu Riche dans le fond du cœur de voir que les infiniment petits eussent un orgueil presque infiniment grand, volt. Microm. 7. Il 2° Beaucoup, extrêmement. Quand je ne considérerais point mes intérêts, je ne me pourrais empêcher de regretter infiniment une personne de qui vous étiez infiniment aimée, voit. /.e«. 71. Ce serait le reconnaître (le pape] pour infaillible, blesser infiniment nos libertés, ruiner les appels au concile général, PASCAL, Prov. XIX. Il cacha si infiniment son envie.... sév. mercr. des cendres 1680.
— REM. Comment faut-il dire : il a infiniment de l'esprit, ou bien : il a de l'esprit infiniment ; ou bien : il a infiniment d'esprit? La première manière, recommandée par Domergue, est correcte mais peu usitée. La seconde est correcte aussi, et d'un usage plus fréquent que la première : Elle avait de l'esprit infiniment, segrais. Princesse de Paphlagonie, t. ii, p. 2f6. La troisième est la plus iisiléc; mais elle est peu correcte, puisqu'il faut prendre infiniment pour l'équivalent de beaucoup : M. de Brissac avait infiniment d'esprit, avec une hjrure de plat apothicaire, grosset, basset, et fort enluminé, st-sim, 64, 56. C'est un abus; mais l'usage l'a consacré. On trouve les adverbes diablement, extrêmement, furieusement (voy. ces mots) employés de même.
— HIST. XVI* s. J'ay toujours esté inflniement empesché à pourvoir aux séditions, condé, Mém. p. S54. Ceux-là qui pensent l'avoir trouvée [la vérité] se trompent infiniment, mont, ii, 230.
— ÊTYM. Infinie, et le suffixe ment ; provenç. in- (initament, enfi-nidamen ; espagn. et ital. infinitamente.
t INFINITAIRE (in-fi-ni-tê-r') , s. m. Partisan du calcul infinitésimal. 11 ne laissait pas d'y glisser adroitement des accusations d'insuffisanc» ou même de fausseté contre le nouveau calcul, avec lequel il ne s'est jamais bien réconcilié, et les infinitaires étaient au guet pour ne lui rien passer qui les intéressât trop, FONTEN. BoUe.
— ÉTYM. Infini.
INFINITÉ (in-fi-ni-té), ». f. || !• Qualité de ce qui est infini. L'homme n'est produit que pour l'infinité, PASC. Prif. Vide. Il est bien croyable que Dieu, qui aime infiniment, en donne des preuves proportionnées à l'infinité de son amour et à l'infinité de sa puissance, boss. Anne de Gonx. Rien ne finit en cette contrée [au delà du tombeau] ; c'est le Seigneur lui-même qui va commencer de mesurer toutes choses par sa propre infinité, id. Sermons, Impénit. 2. L'auteur de la nature a marqué du sceau de son infinité ses moindres productions, bonnet, Coniempl. nat. (Euv. t. vni, p. ui, dans pooGENS. Il ^u plur. Je ne vois que des infinités de toutes parts, qui m'enferment comme un atome, et comme une ombre qui ne dure qu'un instant sans retour, pasc. Pensées, t. i, p. 299, édit. lahure. Il 2°Par extension, besoin d'infini dans l'âme humaine. Que veulent-ils dire de travailler jour et nuit inutilement à remplir un abîme et à contenter l'infinité? BALZ. la Gloire. Elles [les passions] ont toutes une infinité qui se fâche de ne pouvoir être assouvie, BOSS. Sermons, Nécessité de la pénit. l . || 3* Il se dit, par exagération, de ce qui est très-considérable. Ma chère enfant, que dites-vous de l'infinité de ma lettre? si je voulais, j'écrirais jusqu'à demain, sÉv. 48. Il faut croire qu'il passe autant de vin dans le corps de nos Bretons, que d'eau sous les ponts, puisqu'on prend là-dessus l'infinité d'argent qui se donne à tous les états, m. ta août <67«.|i Un très-grand nombre. Sous ombre que vous avez à cette heure une infinité d'affaires, voit. Lett. 83. Une infinité d'infinités de propositions, pasc. dans cousin. On dit qu'il y en a une infinité qui ont péri, sÉv. 447. Je vois des harangues, des infinités de compliments, de civilités, de visites, id. 3 mars t«Tt. Dans les provinces éloignées et même dans cette ville [Paris], au milieu de tant de plaisirs et de tant d'excès, une infinité de familles meurent de faim et de désespoir, vérité constante, publique, assurée, BOS-. Sermons, impén. finale, 3. Une infinité d'accidents peuvent toujours tarir quelques sources de la consommation dans Paris, fonten. Éloge d'Argenson. Le peuple, qui n'avait point de roi, avait une infinité de tyrans, duclos, Uist. de Louis XI, Œuv. t. u, p. 19, dans pougens. Il but avoir combiné des infinités de rapports pour acquérir des Idées de conrenanoe, de proportion, d'harmonie et d'ordre, i. >. bouss. dans la veaux. Une infinité d'A-
méricains, Anglais, Français, Hollandais, dont les plantations sont épuisées, ratnal, Hisf. p/iil. ix, 28.
— REM. 1. Quand ce mot régit un nom au pluriel, le verbe doit se mettre au pluriel : J'ai eu cette consolation en mes ennuis qu'une infinité de personnes ont pris la peine de me témoigner le déplaisir qu'ils en ont eu, malherbr, cité dans vadqflas. Il 2. Il en est de même quand ce mot est précédéde la particule en, parce que cette particule exprime un pluriel : Il y en a une infinité qui pensent que.... Mais on dira: Une infinité de monde se jette là dedans. Il 3. Infinité n'a pas ordinairement de pluriel, et l'Académie ne lui en donne point. Cependant il est des cas oii le pluriel rend plus exactement l'idée que l'on attache à ce mot; voyez-en plus haut des exemples de Pascal, deSévigné, de J. J. Rousseau.
— HIST. XT* s. Adono entrèrent François de tous costez, qui occirent tant d'Engloiz, que ce fust infinité, MENARD, Hist. de du Guescl. p. t4«, dans LAC11RNE. Dont il a dueil tel et si grant. Que ce luy est infinité, a. cbart. Poésies, p. 747. || xvi' s. L'infinité de son essence [de Dieu] nous doit espouvanter, à ce que nous n'attentions point de le mesurer à nostre sens, calv. Instit. 69. Si les plaisirs que tu nous promets en l'aultre vie sont de ceulx que j'ay sentis çà bas, cela n'a rien de commun avecques l'infinité , mont, ii, 282. Si on regarde l'infinité de belles maisons qu'elle [la France] possède, LANGUE, <48. Il courut Une infinité de risques, d'adb. Vie, XIX.
— ÉTYM. Provenç. infinitat, enfenitat; espagn. infinidad; ital. inflnità ; du latin infinitatem, de infinitus, infini.
INFINITÊSIMAt, ALE (in-fi-ni-té-zi-mal, ma-1'), ad;'. Terme de mathématique. Qui a le caractère d'une quantité infiniment petite. Le plus vil métal recouvert d'une couche infinitésimale d'or ou d'argent par les procédés de la galvanoplastie, simulera l'or ou l'argent, cournot, Princ. de la théorie des richesses, ii, 4. || Calcul infinitésimal, nom commun du calcul différentiel et de son inverse le calcul intégral. |{ Par extension. Si une progression harmonique règne entre tous les êtres terrestres, si une même chaîne les embrasse tous, combien est-il probable que cette chaîne merveilleuse se prolonge dans tous les mondes planétaires, qu'elle les unit tous et qu'ils ne sont ainsi que des parties constituantes et infinitésimales de la même sériel BONNET, Paling. xxii, 3.
— RTYM. Infinitésime.
t INFINITÉSIME (in-fi-ni-té-zi-m'), adj. Terme de mathématique. Infiniment petit. || S. f. Les infinitésimes, les parties infiniment petites d'une chose.
— ÊTYM. Lat. infinitus, avec la finale esimus, que le latin emploie pour exprimer les nombres ordinaux, par exemple : vig-esimus, Tingtième, mill-esimus, millième.
INFINITIF (in-fl-ni-tif), *. m. Terme de grammaire. Mode des verbes qui exprime l'état ou l'action, sans déterminer ni le nombre ni la personne. Aimer est l'infinitif du verbe dont j'aime est l'indicatif présent. Un verbe à l'infinitif. Le boire est un infinitif employé comme substantif. || Adjectivement. Le mode infinitif.
— HIST. ivi* s. Uses donques hardiment de l'infinitif pour le nom, comme l'aller, le chanter, le vivre, le mourir, DO bbllat, Illust.de lalangue franc. H, 9.
— ÉTYM. Provenç. infintttu, enfenUtu; espagn. et ital. infinitivo; du latin infinitivus, de infinitus, indéfini, c'est-à-dire impersonnel; c'est en efl'et le sens de Vinfinitif pour les anciens, qui y comprenaient le participe.
t INFINITOVISTE {in-fi-ni-to-vi-st'), *. m. Physiologiste qui pense que tous les germes sont emboîtés à l'infini les uns dans les autres, et que la génération ne fait que retirer l'un après l'autre les germes de leur emboîtement.
— ETYM. Lat. infinitus, infini, et ovum, œuf.
+ INFINITDDE (in-fi-ni-tu-d'), s. f. Celle des qualités de Dieu par laquelle il est infini Dieu accable nos facultés par son infinitude. C'est à Descartes qu'il [Pascal] a visiblement emprunté ses plus beaux morceaux sur l'infinitude et la perfection de Dieu, COUSIN, Sur les Pensées de Pascal, p. *o.
— P.TYM Infini.
t INFIRMABLB (in-fir-ma-bl'), adj. Que l'on peut infirmer. Témoignage inflrmable.
INFIRMATIP, IVE {in-fir-ma-tif, ti-v"), ad;.Terme de palais. Qui infirme, qui rend nul. ArrSt infirmatif d'une sentence, d'un jugement.
— HIST. XV ». Infirmatif, cotoiati.
— ÉTYM. In^rmer.
t INFIRMATION (in-fir-ma-sion) , s. f. Terme de pratique. Action d'infirmer.
— ÉTYM. Lat. infirmationem, de infirmare , infirmer.
INFIRME (in-fir-m'), adj. || 1° Qui n'est pas ferme, solide, résistant. L'esprit est prompt et la chair infirme, pasc. Myst. de Jésus, i, éd. faugèrk. L'homme est as.surément trop infirme pour.... id. ib. dans COUSIN. Il Substantivement. Donner le lait aux infirmes et le pain aux forts, boss. le Tellier. \\ 2° Qui est sujet à des infirmités, ou qui a présentement quelque infirmité. Vieillesse infirme. Me voyant infirme et malade comme je le suis, je veux me faire un gendre et des alliés médecins, mol. Val. imag.
I, 6. Elle n'a plus pensé qu'à accomplir son temps de pénitence, et n'a pas même voulu souhaiter d'être moins infirme, fléch. Mme de Mont. À l'indigence infirme ouvrir de doux hospices, lemierhe, Charlem
II, I. Il S. m. et f. C'est un infirme. Une yieille infirme. Les chambres des pauvres infirmes, les lits non de repos et de sommeil , mais d'inquiétudes et de veilles laborieuses, boss. i" sermon, Fête de tous les saints, préambule. Dire merveilles de sa santé devant des infirmes, la briy. v.
— HIST. XI' s. Tut soie anferm [bien que je sois infirme], si m' pais [nourris-moi] pur sue amor[pour l'amour de Dieu], St Alexis, xnv. || xir s. Et si [le Christ] atempra sa clarteit as oylz [aux yeux] qui estoient emfarm, st-bern. 526. || xiii' s. Nus bons n'i vient, tant soit enfers. Que maintenant gariz ne fust, Hen. t. ii, p. us. Tant est fox [fou] de pesme [très-mauvaise] nature, Que plus Ii est doctrine sure [aigre] Que ne soit à l'enferm le pain, le lieclus de Molliens, dans ratnouard, à eferm. \\ xrv* s. Ceux qui sont malades et enfermes; oresme, Eth. 60. Il XV* s. Doivent les parens.... faire comme le bon
médecin qui désire la garison de son enferme, CHR. de pisan, Charles F, i, n. || xvi" s. Par succession de temps nous avons refiris 1'» latin ; car nous disons aujourd'hui infirme, infirmité, pasquier, Recherches, vui, p. 702, dans lacuhne.
— ÉTYM. Provenç. eferm, enferm; ospagn. enferma; itaL infermo ; du lat. infirmus, de in.... 4, et firmus, ferme.
INFIRMÉ, ÉE (in-fir-mô, mée), part, passé d'infirmer. Décision infirmée par le tribunal.
INFIRMER (in-fir-mé), v. a. Oter de la fermeté, force, créance. Pour infirmer l'immutabilité de sa parole, mass. Carême, Parole. On se fait une étude d'infirmer les plus beaux titres de sa gloire, id. Mystères, Incam. Nous nous faisons de fausses raisons pour en infirmer la vérité, id. Panég. St Etienne. || Infirmer une preuve, un témoignage, montrer le faible d'une preuve, d'un témoignage. Il Terme de palais. Infirmer une pièce, un acte, en attaquer la force, la créance. {[ Terme de jurisprudence. Infirmer un jugement, une sentence, se dit d'un juge supérieur qui annule ou réforme la sentence rendue par un juge inférieur. La cour impériale infirma le jugement du tribunal de première instance.
— HIST. xin' s. Il verra que enfermée [devenue malade] soit leur msAns, Psautier, t' 189. ||xiv"s. Et ont grant tristece se leur raisons sont infirmées et non tenues aussi comme se ce estoient sentences ou autorités, oresme, Eth. au. || xvi* s. Plusieurs des nostres ou le confirment [que le monde est un animal], ou ne l'osent infirmer, mont, ii, a62.
— ÉTYM. Provenç. enfermar, enfirmar, rendre malade; espagn. enfermar; ital. infeimare; du lat. infirmare, de m.... 1, et firmus, ferme, sain, solide.
INFIRMF.RIE (in-fir-me-rie), s. f || 1° Local destiné, dans les collèges et lycées, dans les couvents et autres lieux où sont réunies beaucoup de personnes, au traitement des malades. Il est à l'infirmerie, dans une des salles de l'infirmerie. || Endroit d'un vaisseau destiné aux malades. || Écurie destinée à recevoir des chevaux malades. |{ Local disposé pour les chiens malades. || Cage doublée pour renfermer les oiseaux malades. || Abri où l'on met les caisses renfermant des plantes ou des arbustes faibles ou nouvellement transplantés. |] Fig. et familièrement. Maison où il y a plusieurs personnes malades. || 2" Dans certaines abbayes d'hommes, nom d'un office claustral dont le revenu est destiné à l'entretien des religieux malades. U était dû tant de blé de rente à l'infirmerie de telle abbaye. Il 3" Prieur de l'infirmerie, dignitaire de l'ordre de Malte, présidant les douze prêtres chargéi du spirituel dan» l'intérieur de l'hApital.
— HIST. xin* ». Et la ramenèrent [une toile] en l'enfermerie, et la lièrent eo un lit de f\t< seur cordes, Miracles St Loys, p. 4 ta. || xiv* s. Dix galicef
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[calices], huit en trésor, et un en l'enfermene, et l'autre en la garde de l'autelier, Bibl. des chartes, i' série, t. V, p. (68.
— ÊTYM. Infirmier; provanç. effermeria, efcrmaria; espagn. enfermeria; portug. enfermaria; ital. infirmeria.
INFIRMIER, ÈRE (in-fir-mié, miè-r'), s. m. et f. Il 1* Celui, celle qui soigne et sert les maléules dans une infirmerie, dans un hôpital. || il d>. Aide infirmier. Caporal infirmier. || 2' Dans certaines abbayes d'iiommes , religieux qui est revêtu de l'office claustral dit infirmerie.
— HIST. XV* s. Comment, madame, dit l'enfermiere, vous estes de vous-mesme homicide, louis xi, Nouv. XII. Item [le couvent] doit pain et vin aux enfermier et secrétaire, quand ils font reparer les maisons de leurs offices, mignard, Ilist. des princ. fond, relig. du bailliage de la Montagne, p. <I6.
— ÊTYM. Infirme; provenç. efermier, enfermer; espagn. enfermero ; ital. infermiere.
INFIRMITÉ (in-fir-mi-té), s. f.\\l' Défaut de force. La naissance a des marques indubitahles de notre commune faiblesse; nous commençons tous notre vie par les mêmei infirmités de l'enfance, Boss. Gomay. Vous avez besoin d'un lit pour vous reposer dans votre accablement.... autre faiblesse déplorable ; vous faites de tous ces témoins et de tous ces monuments de votre faiblesse un spectacle à votre vanité, et il semble que vous vouliez triompher de l'infirmité qui vous environne de toutes parts, iD. Concupisc. ». || 2° Particulièrement. Indisposition ou maladie habituelle. La surdité, la cécité sont des infirmités. Une mort chrétienne, préparée par des infirmités sensibles et humiliantes, FLÉcii. Mme de Mont. Malgré plusieurs soins différents et les infirmitéi même qui deviennent le plus grand de tous les soins, H. de Chazelles ne perdait point de vue ses galères égarées dani l'Océan, fon- TEN. Chaxelles. Il n'est pas étonnant que nous soyons plus que les animaux sujets à des infirmités, puisque nous ne sentons pas aussi bien qu'eux ce qui nous est bon ou mauvais, buff. Disc. nat. anim. CEuv. t. V, p. 306. Il Dans le langage médical, on nomme Infirmité tout cas dans lequel un individu, avec ou sans désordre appréciable de la disposition matérielle du corps, ne possède pas telle ou telle fonction, ou la possède d'une manière impaifaite ou irrégulière , tout en jouissant d'ailleurs d'une bonne santé. La claudication, après la guérison de la luxation spontanée de la cuisse, est une infirmité. || 8° Fig. Faiblesse morale, fragilité pour le bien. Il faut supporter les infirmités de son prochain. Ce serait imiter les premiers payens qui donnèrent à leurs dieux toutes les passions et toutes les infirmités des hommes, balz. Lett. ii, liv. «. Combien y en a-t-il dont elle soutient tous les jours la fragilité naturelle et l'infirmité contre les plus violentes tentations I bourdal. 4 3* dimanche après la Pentec. Vominic. t. m, p. 375. II est permis de chercher un secours à l'infirmité de la chair, FÉN. t. XVII, p. ao5.
— HIST. XI* s. Mult li angreget [croît] la sue anfermetet; Or set il bien quel il s'en deit aler, St Alexis, LYi. Il XII" s. Cil qui estoient engroté [malades] Et d'aucune enferté grevé, Des laveilres bains faisoient, wace, Brut, v. 8277. 11 (les mauvais anges] par non sachance ou par enfermeteit ne pecharent mies, st bern. 624. || xiii* s. Plusors ensoines [excuses] sont par les quix [lesquelles] ou par aucun des quix on pot ensonier [excuser] le jor qu'on a par devant signeur, si comme enfermeté de cors, beaum. m, 2. Et pour ce meschief et pour l'enfermeté du pays, là où il ne pleut nulle foiz goûte d'yaue, nous vint la maladie de l'ost, joinv. 238. Il XIV* s. Beau filz, il te convient apprendre  congnoistre les sept métaux Dont le mercure est principaux. Leurs forces, leurs infirmitez. Et variables qualitez, la font. 4413.
— ÉTYM. Provenç. efermetat, enfermetat, infermetat; espagn. enfermedad; ital. infermità; du lat. infirmitatem, de infirmus, infirme.
t INFIXÉ, ÉE (in-fi-kaé, ksée), adj. Qui est fixé dans. Une pièce de bois retenue par les deux bouts est infixée dans une muraille comme sont les poutres, BUFF. Exp. sur les vigét. < *• mém.
— HIST. XV* s. Ainsi que pareillement peut apparoir par autres nos lettres dedans et avec les quelles ces présentes sont infixées, godefroy, Observ. sur Charles VIII, p. 48», dans lacurnk.
— ÊTYM. In.... 2, et fixé.
i DîKLAMMABIUTÉ (in-fla-mma-bi-Ii-té), s. f. Qualité ou caractère de ce qui est inflammable. Les matières animales et végétales contiennent toutes
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une très-grande quantité de cet air fixe ; et c'est en quoi consiste l'un des principes de leur inflammabilité,BUFF.JÏiï(.mt>». /ntrod. 2*part. QKui!.t.vi,p. m. INFLAMMABLE (in-fia-mma-bl'), adj. || 1° Qui s'enflamme facilement. Il y a des arts qui ont aussi tout changé dans le monde ; tel est celui de la poudre inflammable, volt. Mœurs, rem. viii.|| Terme de chimie. Substances inflammables, substances simples, non métalliques surtout, qui prennent feu aisément et brûlent avec flamme. || Air inflammable, nom anciennement donné au gaz hydrogène. Les phénomènes singuliers que présente l'air inflammable attiraient dans ce moment l'attention des physiciens, CONDORCET, Bucquet.\\i' Fig. Qui est sujet à se prendre de passion, à s'enflammer tout à coup. Un caractère inflammable.
— ÊTYM. Voy. Inflammation.
INFLAMM.\T10N (in-fla-mma-sion; en vers, de
cinq syllabes), s. f. || 1° Phénomène dans lequel un corps qui brûle produit de la flamme. L'inflammation de la poudre. Ce n'est qu'une inflammation pyriteuse produite par l'eau (fui séjourne dans cet endroit et qu'on pourrait éteindre en le desséchant, BVVT.Hist.min. t. ii, p.3(s,danspouGENS.|| 2° Terme de médecine. Etat caractérisé par la tumeur, la rougeur, la chaleur et la douleur de la partie. L'inflammation est due à un afflux plus considérable du sang dans les vaisseaux capillaires. Il y a de l'inflammation à cette plaie. Inflammation du poumon. 113° Fig. Colère, irritation. Mais qui cause, seigneur, votre inflammationT mol. le Dép. ii, 7.
— HIST. XIV* s. Laquelle citation [devant un tribunal] fut plus inflammacion que esbahisement du fier engin [esprit, caractère] de lui, bercheure, f" B4, verso. Il XVI* La jambe s'enfla et devint fort grosse arec une inflammation extrême, amyoi, Agésil. 46. Un homme agité d'ire et de furie.... les mouvements extraordinaires, l'inflammation du visage, les serments inusitez, mont, m, -140.
— ÉTYM. Genev. enflammation; provenç. inflammaeio, inflamacio, efflamaeio; espagn. inflamadon, ita\. infiammaxione; du lat. inflammationem, de inflammare, enflammer.
INFLAMMATOIRE (in-fla-mma-toi-r'), adj. Terme de médecine. Qui cause de 1 inflammation, qui tient de l'inflammation. Maladie inflammatoire. Phénomènes inflammatoires. || Sang inflammatoire, sang qui, évacué par la saignée et pris en caillot, ofl're à sa surface supérieure une couenne.
— ÊTYM. Voy. INFLAMMATION.
+ INFLATION (in-fla-sion), s. f. Terme didactique. Action d'enfler, de s'enfler. L'enflure est le résultat de l'inflation.
— HIST. xvi* s. De l'inflation de la matrice : la matrice quelques fois s'enfle de telle sorte, qu'il semble la femme estre grosse d'enfant.... paré, xvin, 90.
— ÉTYM. Provenç. inflacio, enflaxon, eflaxo; espagn. inflacion; iial. infiagione; du lat. inflationem, de inflare, enfler.
INFLÉCHI, lE (in-flé-ohi, chie), part, passé d'infléchir. La lune ne disparaît pas entièrement dans ses éclipses ; elle est encore éclairée d'une très-faible lumière qui lui vient des rayons du soleil, infléchis par l'atmosphère terrestre, laplace, Exp. i, 4. h Terme de botanique. Qui se recourbe de dehors en dedans.
INFLÉCHIR (in-flé-chir) , v. a. Fléchir de manière à former un coude. En infléchissant les rayons du soleil, l'atmosphère nous fait ainsi jouir plus longtemps de sa présence, laplace, Exp. i, 46. Il S'infléchir, v. réfl. Être infléchi. Comment les rayons ne se confondent pas en se croisant, comme ils rebondissent sans toucher aux surfaces, pourquoi ils s'infléchissent vers les bords des objets, pourquoi le bleu est plus réfrangible que le rouge, vous demanderez tout cela à Dieu qui, je crois, est le seul qui en sache des nouvelles positives, volt. Mél. liltér. À M'*\
— HIST. xui* S. Et verras en Policratique, Qu'il s'enflechi de la matire. Et des nombres devoit escrire, la Rose, 67)9.
— ÉTYM. /n....2, et fléchir.
t INFLÉCUISSABLE (in-flé-chi-sa-bl' ), odj. Qui ne peut être fléchi. Il ne se dit qu'au propre.
— HIST. XYi* s. Infleschissable, cotgrave.
— ÊTYM. Infléchissant, et la terminaison abU.
t INFLEXE (in-flè-ks'), adj. Terme de botanique. Synonyme de infléchi.
— ÉTYM. Lat. inflexus, de in.... î, et flexus, fléchi.
INFLEXIBILITÉ (in-flè-ksi-bi-li-té), *. f.\\ 1° Qualité de ce qui est inflexible. L'inflexibilité absolue n'existe dans aucun corps. || t* Fig. Qualité de celui
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qui ne plie pas, ne cède pas. Il y a primitivement une intelligence , une science certaine, une vérité, une fermeté, une inflexibilité, une règle, un ordre, avant qu'il y ait une déchéance de toutes ces choses, B03S. Élév. sur mysl. I,2. Vos habitudes invétérées, votre inflexibilitédans le mal, lo.tb.i, ». Voilà ce qui m'a lié avec des personnes de mérite qui peut-être ont trop d'inflexibiUté dans l'esprit, volt. Lett. Mme duCff/fonJ, 27 janv. «766. || Particulièrement. Caractère de celui qui ne se laisse pas attendrir. J'aime mieux avoir à me reprocher mon indulgence qu'une inflexibilité dont tu ne profiterais pas, et dont les suites seraient peut-être encore plus tristes, mariv. Marianne, 4* part. Tu n'as point, 6 Macbeth , épargnant tes victimes, L'inflexibilité qui convient aux grands crimes, ducis, Macbeth, m, 4.
— HIST. XIV* s. Ainsi est engendré en iceus membres inflectibilité et impotence de mouvoir, h. de
MONDEVILLE, f» 65.
— ÉTYM. Inflexible.
INFLEXIBLE (in-flè-ksi-bl'), adj. \\ 1° Qu'on ne peut fléchir, plier, courber. L'expérience nous apprend qu'on communique le mouvement à tous les corps, donc tous les corps sont à ressort, donc il n'y a point de corps durs et inflexibles dans la nature, BUFF. Hist. min. inlrod. t" part. CEuvr. t. VI, p. 4, note 4. Il 2° Fig. Qui ne cède à aucun des motifs qui peuvent fléchir ou toucher l'âme. X mes plus saints désirs la trouvant inflexible ,
CORN. Cinna, v, 2 Si tu m'es inflexible. Je m'en
vais me tuer, mol. VÉt. u, 7. Dans toute l'administration de la justice, il nous paraissait un homme que la nature avait fait bienfaisant et que la raison rendait inflexible, boss. le Tellier. Tant que vous serez inflexibles pour vos frères, n'espérez pas que Dieu jamais se laisse fléchir en votre faveur, bourdal. Sermons, if dim. après la Pentec. Dominic. t. rv, p. 298. Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible, Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible, BOIL. Art p. I. 11 avait été inflexible à toutes mes instances, staal, Mém. t. ii, p. 4 32. X cet ordre terrible, à cette violence. Mon époux, inflexible en sa fidélité, N'a vu que son devoir et n'a point hésité, volt. Orphel. ui, s. || Il se dit des choses,dans le même sens. L'exemple de son inflexible régularité fut l'inévitable censure de tous les mauvais desseins, boss. le Tellier. ô courage inflexible! ô trop constante foil Que, même en périssant, j'admire malgré moil rac. Bajaz. ii, 3. Mais de faire fléchir un courage inflexible, id. Phèd. II, 4. ô superstition, tes rigueurs inflexibles Privent d'humanité les cœurs les plus sensibles, VOLT. Fanât, i, 2. Ma haine est inflexible ainsi que sa colère, lo. xb. i, 4,
— HIST. XIV* s. La terre remaint [reste] qui ne puet estre dissoute; si est desechie et endurcie et inflexible p«r la chaleur du soleil, h. de mondk-
viLLE, f° 65. Il XVI' s Le plus hcureux estât de
l'esprit [la solitude] qui par ce moyen se tient ferme, droit, rassis, inflexible, toujours libre et à soy, charron, Sagesse, ii, 2.
— ÊTYM. In.... 4 , et flexible.
INFLEXIBLEMENT ( in-flè-ksi-ble-man ) , adv.
D'une manière inflexible. Il est inflexiblement attaché à ses opinions.
— ÉTYM. Inflexible, et le suffixe ment. INFLEXION (in-flè-ksion; en vers, de quatre
syllabes), s. f. ||1* Action d'infléchir. On y danse avec une légèreté surprenante, mais on néglige trop les grâces des bras, pour s'attacher à l'agilité des pieds, surtout aux inflexions du corps, images des vrais mouvements de la volupté, raynal, Hist. phil. VII, 34. Quelquefois il se contourne et se replie à la fois, ce qui donne lieu i des inflexions remarquables, bonnet, Us. des feuilles des plantes , 2* mém. Il Terme de mathématique et d'optique. Déviation d'une Ugne, d'un rayon lumineux. Voilà ime inflexion de la lumière qui dépend évidemment de l'attraction; c'est un nouvel univers qui se présente aux yeux de ceux qui veulent voir, volt. Phil. Newt. u, 7. || Point d'inflexion, point d'une courbe où la courbure prend une direction difl'érente. I! 2* Changements de ton, d'accent, dans la voix, soit en chantant, soit en parlant. Les inflexions justes font une bonne déclamation. Keprésentez-vous un homme qui n'oserait dire que .sa leçon; ses inflexions de voix sont uniformes et
toujours un peu forcées, fén. t. xxi, p. 66 Qu'on
ait besoin de gens d'un certain habit, qui, par un discours préparé, tendre et pathétique, par de certaines inflexions de voix, par des larmes.... fassent enfin consentir un homme chrétien «t raisonnable, dont la maladie est sans ressource, à no se poiul
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perdre et à faire son salut, la bbuy. xiv. Nous marquons dans l'écriture l'interrogation et la surprise ; mais combien avons-nous de mouvements de l'âme et, par conséquent, d'inflexions oratoires qui n'ont pas de signes écrits et que l'intelligence et le sentiment peuvent seuls faire sentir! duclos, Gramm. Port-Roy. Rem. ÛEuv. t. ix, p. 30, dans pouoens. Aussi s'attachait-on beaucoup [chez les anciens] à étudier toutes leurs actions [des corbeaux], toutes les circonstances de leur vol, toutes les différences de leur voix, dont on avait compté jusqu'à soixantequatre inflexions distinctes, buff. Ois. t. v, p. 23. Il Disposition, facilité qu'un orateur a à faire ces changements, et à passer d'un ton à un autre. Cet orateur n'a point d'inflexion de voix, point d'inflexion dans la voix. || 3» Terme de grammaire. Terme générique pour désigner les formes diverses des terminaisons des mots, et particulièrement les terminaisons des mots variables. L'inflexion des noms. L'inflexion des verbes. L'hébreu concis, énergique, presque sans inflexion dans ses verbes, chateaub. Génie, II, v, 3. Il On dit plus souvent flexion (voy. ce mot).
— Etym. Lat. inflexionem, qui a aussi le sens d'inflexion grammaticale (voy. quicherat, Addenda), de in.... 2, elflexio, flexion.
t INFLEXIPËDK (in-flc-ksi-pè-d'), adj. Terme de zoologie. Dont les pattes de devant se recourbent de dehors en dedans.
— ËTYM. Inftexe, et le lat. pes, pedis, pied.
+ INFLEXUEUX, EUSE (in-flè-ksu-eû , eû-z'), adj. Qui n'est pas fleiueux.
— ÉTYM. Lat. inflexuosus (omcHERAT, Addenda), de in.... 4, et fleruosus, flexueux.
+ INFLICTIF, IVE (in-fli-ktif, kti-v'), adj. Terme dejurisprudence. Qui est relatif à l'infliction. Peines inflictives.
— HIST. XVI* s. Inflictif, cotghavb.
— ËTYM. Voy. INFLIGER.
f INFLICTION (in-fli-ksion ; en vers, de quatre syllabes) , s. f. Action d'infliger. L'infliction de certaines privations comme pénitence. || Terme de jurisprudence. Action d'infliger une peine corporelle et afflictive.
— REU. Ce mot, qui ne se trouve pas dans le Dictionnaire de l'Académie de 4 835, était dans celui de 47sa et mérite d'être conservé.
— ÉTYM. Lat. inftictionem, de infligere, infliger. INFLIGÉ, ÉB (in-fli-jé, jée), part, passe d'infliger. Peine infligée.
INFLIGES (in-fli-jé. Le g prend un « devant a et o ; infligeant, infligeons), v. a. Appliquer, en parlant d'une peine quelconque, matérielle ou morale. S'infliger des privations. Il n'était permis ni aux particuliers de faire mourir un esclave, ni au prince d'infliger peina de mort contra aucun de ses sujets pour une première et unique faute, rollin, Hist. ane. Œuv. t. n, p. s«4, dans pougens. [Le remords] Inflige au scélérat des tourments ignorés, piron, Gustave Fasa, iv, 1. 1| S'infliger, v. réfl. Être infligé. Les jeûnes qui s'infligent pour mortification.
— ÉTYM. Provenç. et esp. infligir; du lat. infligere, de tn.... a, et flagere, frapper, comme le prouvent flag-rum, flag-eUum.
INFLORESCENCE (in-flo-rè-ssan-s'), *. f. Terme de botanique. Disposition particulière des fleurs d'une plante, sur les rameaux et pédoncules. |j Inflorescence centrifuge, définie ou terminée, ceile dans laquelle l'épanouissement des fleurs commence par le centre pour s'étendre successivement jusqu'à la circonférence de l'ensemble de la plante. Il Inflorescence centripète, indéfinie ou indéterminée, celle dans laquelle l'épanouissement marche de la circonférence au centre, ou, ce qui revient au même, de la base vers le sommet. || Ensemble des organes et des opér^itions qui préparent ou effectuent la floraison. .
— ÊTYM. Lat. in.... 2, et florescere (voy. fleurir). INFLUÉ, ÉE (in-flu-é, ée) , part, passé d'influer.
Qu'on a fait couler dans. Un esprit nouveau influé dans le corps social.
INFLUENCE (in-flu-an-s'), ». f. || 1» Sorte d'écoulement matériel que l'ancienne physique supposait provenir du ciel et des astres et agir sur les hommes et sur les choses. Son invincible épée Sous telle influence est trempée. Qu'elle met la frayeur partout, MALH. II, *. Si la bonté du ciel ou l'humaine prudence Ne font passer ailleurs la maligne influence, tristan, M. de Chrispe, m, *. C'est par là qu'un auteur que presse l'indigence Peut des astres malins corriger l'influence, boil. Sot. i. S'il [le poste] ne sent point du ciel l'influence secrète, ID. Art p. I. Après cala, dit-elle, nous pouvons bien prétendre à envoyer des influences à la lune, font.
les tinndes, 2* soir. Des nuées saintes placées sur la tête des fidèles, pour faire passer jusqu'à eux les influences du ciel, mass. Panég. St Franc, de P. Tout se réglait en Perse par les influences des astres, comme chez les anciens Romains par le vol des oiseaux et l'appétit des poulets sacrés, volt. Mœurs, )68. Des astres faux conjurez l'influence; Effroi d'un jour, ils pâliront demain, bérano. Ste Alliance. || Fig. Il [le roi] jugea que ceux qui appartenaient à ce grand homma n'étaient capables de conspirer que pour son service et pour le bien de ses sujets, et que, recevant de plus près les influencus pures et lumineuses du chef.... fléch. Lamoignon. Il Terme de physique. Action qu'un corps électrisé exerce à distance sur un corps à l'état naturel. || 2* FIg. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances. Les éléments, la nourriture, la veille, le sommeil, les passions ont sur vous de continuelles influences, volt. Dict. phil. Influence. Tous les physiciens convenaient alors qu'une imagination de cette mère avait eu sur son fœtus une influence funeste, id. ib. Tant est grande l'influence d'un seul homme, quand il est maître et sait vouloir! m. Russie, Anecdotes. L'influence de l'homme s'ir la nature s'étend loin au delà de ce qu'on imagine, buff. Ois. t. i, p. 34. On sent bien qu'il n'est guère possible de rien établir encore de bien positif sur l'influence réciproque des mâles et des femelles dans la génération, id. Quadrup. t. XII, p. 292. Il 3' Fig. Autorité, crédit , ascendant, en parlant des personnes. C'est un homme sans influence dans le gouvernement. 11 renonça à toute influence dans le choix des officiers civils ou militaires, raynal, Hist. phil. v, S. || Il se dit aussi des choses en ce sens-là. Ces fluxions [dont Voltaire était tourmenté] ne diminuent qu'au printemps; mais, à la fin, le printemps perd de son influence et l'hiver augmente la sienne, volt. Lett. Mme du Veffant, mars 4 766. Prompte à nous censurer, leur adroite éloquence Ressaisit par degré sa première influence, c. delav. V. sicil. ii, 2.
— HIST. xiii* s. Mes les comètes plus n'aguetent. Ne plus espessement ne gietent Lor influances ne lor rois [rayons].... Ne sor rois que sor povres hommes, la Rose, 48746. ||ivi* s. Aussi voit-on ordinairement que, par imitation et influence du désir de complaire, les sujets prennent les mœurs et conditions de leur roi, amtot, Ifor. ép. 7 Si mon
foibie esprit dure assez longuement Pour vous revoir, madame, une seule influence Du soleil de vos yeux guarira mon tourment, uesportes. Amours d'Hippolyte, xxxix.
— ÊTYM. Provenç. et esp. tn/Zuenci'o; ital. tnfluenza; du lat. influentia, da injluere, influer.
INFLUENCÉ, ÉE (in-flu-an-sé, sée), part, passé d'influencer. Influencé par sa femme.
INFLUENCER (in-flu-an-sé. Le c prend une cédille devant a et o ; j'influençais, nous influençons) , V. a. Exercer une influence, un ascendant, influencer les esprits, les opinions. || S'influencer, V. réfl. Exercer une influence l'un sur l'autre.
— REM. Influencer n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 4 835.
— ÉTYM. Influence.
INFLUENT, ENTE (in-flu-an, an-t*) , adj. Qui a de l'influence, du crédit. C'est un homme très-influent, un personnage influent.
t INFLUENZA (in-flu-in-dza),i. f. Mot italien employé quelquefois comme synonyme de grippe.
— RTYM. Ital. influenia, influence et grippe. INFLUER (in-flu-é). Il 1* V. n. Couler dans, en
parlant d'un fluide inconnu que l'ancienne physique supposait provenir du ciel et des astres, et agir sur les hommes et sur les cho-ses. Quand vous avez la fièvre, le soleil et la lune influent-ils sur vos jours critiques? volt. Dict. phil. Influence. \\F\g. Jamais homme n'a été Dieu comme lui [Jésus], ni n'a eu sur tous les esprit» cette autorité naturelle i|ui fait que, sans s'efforcer, sans se guinder pour ainsi dire, elle y influe si doucement et si intimement, qu'on lui cède sans violence, boss. Uéd. sur l'Év. la Cène, 86' jour. \\ i' Fig. Exercer une action comparée à celle qu'exercent les astres. L'éducation influe sur toute la vie. Cet homme a beaucoup influé sur la résolution de son ami. Le bon goût dont nous parlons ici, qui est celui de la litléialure, ne se borne pas à ce qu'on appelle la science, il influe comme imperceptiblement sur les autres arts, tels que sont l'architecture, la peinture, la sculpture, la musique, rolun, Trailé des Et. t. i, Disc. prél. p. Lxxxviii, dans pougens. Trois choses influent sans cesse sur l'esprit des hommes : le climat, le gouvernement et la religion, yolt. Uœuri, 4 »7. Vos
suffrages serviront beaucoup à déterminer celui du public, et le public influera sur le conseil du roi, id. l.ett.Mmedu Deffant, 24 sept. 4 7(!S. On voit aussi, par '".s lapports de ces quatre animaux avec le chien et la louve ''ont ils étaient issus, que le père ii.flueplus que la mère sur les mâles, et la mère plus que le père sur les femelles, buff. Quadrup. t. xii, p. 262. Supposons le monde en paix, et voyons de plus près combien la puissance de l'homme pourrait influer sur celle de la nature, m. T époq. nat. Œuv. t. xn, p. 343. Il 3° Y. a. Faire couler dans, faire pénétrer dans, en parlant de choses spirituelles, morales.... Du soin que la nature a d'y influer [dans nos membres] les esprits et de les faire croître et durer, PASC. Relig. chrét. 45, édit. faigêre. Si le pied avait toujours ignoré qu'il appartînt au corps.... quel regret, quelle confusion de sa vie passée, d'avoir été inutile au corps qui lui a influé sa vie ! iD. Pens. art. xxiv, 60, éd. havet. Dieu est luimême, par son essence, le bien essentiel qui influe le bien dans tout ce qu'il fait, boss. Libre arb. 2.
— HIST. XIV s. Mais souffit que le soleil père [paraisse]. Inspirant son esprit prospère, Et que force et vertu influe, l'Alch. à nat. 769. ||xv' s. Se cest homme n'avoit ferme vertu et plus grani que nature ne l'influe communément es hommes, CHH. iiE P1SAN, Charles V, m, 2i.||xvi» s. Toute différence des tumeurs provient de la nature de la matière qui influe et fait la tumeur, paré, v, 3. Quasi avec le lait, les mœurs et vices de la nourrice influent dans les enfants, ID. xviii, 24.
— ÉTYM. Lat. influere, de in.... 2, et fluere, couler (voy. fluuie).
t INFLUX (in-flû), s. m. Terme didactique. Écoulement sur, dans. Ils [les péripatcticiens] disent que, s'il y avait en effet un vide, les influx célestes, n'étant que des accidents, ne pourraient se transmettre à travers, ce qui causerait sans doute un grand dommage aux corps sublunaires, juluen. Thèses sur quelques points des sciences dans l'antiquité, p. 4 47.
— HIST. xvr s ces vieux Qui premiers ont
escrit que les vertus secrètes Des pierres s'escouloient de l'influx des planettes, r. belleau, Poésies, t. I, p. 4 5.
— ÉTYM. Lat. influxus, dem.... 2,et/Iua!«î,flu-x. t INFLUXION (in-Hu-ksi-on) , s. f. Synonyme
d'influx.
— HIST. XVI" s. Que c'estoit de destin, si les iafluxions Des astres commandoient à nos complexions, rons. 663.
— ÉTYM. Lat. influxionem, de irt.... 2, et fiuxio, fluxion.
IN-FOLIO (in-fo-li-o), adj. in». Terme d'imprimerie et de librairie. Format in-folio, format où la feuille est pliée en deux. Livre in-folio. Le roi se justifia de la confiscation [de l'Encyclopédie]: il avait été averti que les vingt et un volumes in-folio, qu'on tromvait sur la toilette de toutes les dames, étaient la chose du monde la plus dangereuse pour le royaume de France, volt. Facéties, Sur l'Encyclopédie. \\S. m. L'in-folio est le double de l'in-quarto. Ne verronsnous pas de vous un in-folio? la brut. xu. La religion fut attaquée avec toutes les armes depuis le pamphlet jusqu'à l'in-folio, chateaub. Génie, i, i, 4 . Il On écrit (luelquefois, par abréviation, in-P". |{ Au plur. Des in-folio.
— ÉTYM. Lat. in, en, el folio, feuille: en feuille, f INFONDRE (in-fon-dr"), t). a. Il se conjugue
comme fondre. Fondre dans, insinuer, introiliiire.
— HLST. xvi* s. Comme l'aimant attire non .seulement une aiguille, mais infond eiicores en elle la faculté d'en attirer d'autres, mont. t. i, p. 306,
dans LACURNB.
— ÉTYM. Provenç. enfundre; esp. infuiidir; ital. infundere ; du lat. infundere, de in.... 2, et fundere (vov. fondue).
+ INFOUÇABLE ( in-for-sa-bl') , adj. Qu'on ne peut forcer. Position inforçable.
— HIST. XVI* s. Inforçable, cotgrave. Desaraos inforçables, loys le cahon, Poésies, f" 6, dans lucuhne.
t LNFOUMATEUR, TRICE (in-for-ma-teur, tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui informe, qui donne des informations.
— HIST. XVI* s. Informateur, cotgravk.
— ÉTYM. Informer; ital. informatore.
INFOU.MATION (in-for-ma-sion; en vers, de
cinq syllabes), t. f.\\i' Terme de philosophie. Action d'informer, de donner une forme. L'homme est l'information suprême at comme la vivante synthèse des forces créatiices du globe, d. stebn. Essai sur la liberté, p. ». || 2° Terme de jurisprudence. Instruction à laquella on procède pour la recherche ou la constatation d'un crime ou d'ua
FNF
délit (ainsi dite parce qu'on forme, on construit l'ensemble des renseignements). Une belle information que fit faire le sieur de la Rappinière, le plus expert de tous les hommes en pareille matière, SCARH. Rom. com. i, 2. Les juges qui travaillèrent à son procès furent bien surpris de voir, par l'information qu'ils en firent, l'innocence de ce bonhomme et les superstitions de ses paroissiens, PASc. l'rov. XIX. Quoique tous les parents consentent au mariage [de Mlle de Mazarin enlevée par le marquis de Richelieu], le Mazarin ne laisse pas de pousser les informations, sÉv. d Bussy, 23 déc. i(iS2. i| Particulièrement. Acte judiciaire où l'on rédige les dépositions des témoins sur un fait, en matière criminelle; c'est ce qu'on nomme enquête en matière civile. Il Convertir les informations en enquête, signifiait autrefois civiliser un procès criminel. || Information de commodo et incommoda, enquête administrative à l'effet de connaître les avantages et les inconvénients de quelque mesure projetée, d'un établissement. || Information de vie et mœurs, enquête i:ui se fai-ait autrefois de la conduite et des mœurs de celui qui devait être reçu dans une charge, dans une dignité, etc. || 3" Particulièrement, dans le langage général. Action de prendre des renseignements (il se dit surtout au pluriel). Les informations que j'ai prises. Le pape, comme pape, et même à la tête d'un concile universel, peut errer dans les controverses particulières de fait, qui dépendent principalement de l'information et du témoignage des hommes, pasc. J'rov. xvii. J'ai été aux informations, et j'ai su que le nombre de ses partisans est en etfet considérable , d'alemb. Leit. àVoltaire, i2 décemb. <770.
— HIST. XV* s Pour le •excuser, et prier au roi
qu'il ne voulust croire nulle mauvaise information contre lui , froiss. i, i, «8. Qui fera information des grans et qui l'apportera au juge* comm. v, 4 8. Il XVI* s. Cette information [la torture] plus pénible que le supplice, mont, ii, 48. Et se repentoit bien fort, que l'on n'avoit pas fait le procès à Alcibiades, sur des charges et informations si grandes, lorsque l'on le tenoit entre mains, amyot, Alcib. 36.
— ÉTYM. Provenç. informacio, enformacio; esp. informacion; ital. informaiione ; du lat. informationem (qui signifie action de former, de façonner), de infnrmare, informer.
INFORME (in-for-m'), adj. || !• Qui n'a pas de forme déterminée, qui n'a pas la forme qu'il devrait avoir, mal conformé. Une masse, un animal informe. Il Fig. Une pensée encore informe. La tragédie informe et grossière en naissant N'était qu'un simple chœur.... son,. Art p. m. Nous ne comptons point jouer sitôt Cassandre; M. d'Argental n'en a qu'une copie très-informe, volt. Lett. Mme de Fontaine, 4janv. «76<. Il 2° Terme de jurisprudence. Qui n'est pas revêtu des formes prescrites. Cet acte est informe. || 3° Ancien terme d'astronomie. Étoiles informes, dites aussi sparsiles, celles qui n'entrent pas dans les constellations.
— HIST. xvrs. Ma substance, oSeigneur, tu l'as faite aux bas lieux, Et de mon imparfaict l'œuvre à peine tnuîée, Matière encore informe, est visible à tes yeux, DESPORTES, Œuvres ehrest. xvin, psal. 4 39.
—ÉTYM. LaX.informis, de m.... 4, et /'ormo, forme.
INFORMÉ, ÉE (in-for-mé, mée),part. pois^ d'informer. Informé du grand bien qui lui tombe en partage, Dois-je prendre le soin d'en savoir davantage? MOL Sgan. t . Après qu'il [Lu ther] eut été si té à Rom e , en formant son appel du pape mal informé au pape mieux informé, il ne laissait pas de dire que l'appellation, quant à lui, ne lui semblait pas nécessaire, Boss. Var. I, § 23. Il Être bien, mal informé, avoir de bonnes, de mauvaises informations. Et voilà comme les curieux sont toujours les plus mal informés! MAiNTENON, Ull. à l'abbi Tettu, t. i, p. 86, dans pouoENs. Séjan pour un ministre est bien mal informé, M. j. CHÉN. Tibère, iv, i . H Absolument. C'était une femme qui avait bec et ongle, très-éloignée d'aucune bassesse, assez informée, mais qui aimait fort le jeu, st-sim. 2H, 99. || S. m. Terme de jurisprudence criminelle. Un plus ample informé, une nouvelle et plus ample instruction de l'affaire, un supplément d'instruction, || On dit aussi un plus amplement informé (mai? alors informé est adjectif, car un substantif ne se construit pas avec un adverbe). Le parlement ordonna un plus amplement informé, st-sim. 435, 48.
INFORMER (in-for-mé). t). a. || 1° Terme de philosophie. Donner une forme (ce qui est le sens propre). Quand même une âme humaine informerait cette huître, j. j. rouss. Ém. ii. Le principe immatériel était l'être étïmel qui informe ; la matière
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était l'être étemel qui est informe, omitR. Opin. des anc. phil. [Égyptiens). || 2° Fig. Donner une forme à l'esprit, et, par suite, avertir, instruire. Au nom de l'empereur j'allais vo\is informer D'un ordre i|ui d'abord a pu vous alarmer, rac. llrit. i, 2. De tout ce qui s'y passe étes-vous informée? m. Bajai. iv, 3. .... Déjà la renommée Par d'éclatants récits m'en avait informée, m. Iphig ii, 3. Égisthe est informé de la mort de son fils, volt. Oreste, m, 8. || Se faire informer de, faire prendre des informations sur. Je prierai M. le trésorier de .s'en faire informer à Neufchâtel, j. t. ROUss. Lett. à d'ivernois, 29 déc. (7(î4. ||3° V. n. Terme de jurii-prudence criminelle. Faire une information, une instruction. Je vais faire informer de cette affaire-ci Contre ce Mascarille.... MOI,. l'Ét. n, 5. le chef de la conspiration étant mort, ce sage magistrat ne jugea pas à propos d'informer contre ses partisans, de peur de trouver un trop grand nombre de criminels, vehtot, Réiol. rnm. vi, p. 122. Après le meurtre de Henri de Guise et du cardinal son frère, il [le parlement] commença des procédures contre Henri III, et nomma deux 'conseillers. Pichon et Courtin, pour informer, volt. Dict. phil. Parlement de France. \\ Autrefois. Informer de vie et mœurs de quelqu'un, faire une enquête sur la conduite de celui qui devait être reçu dans une charge, dans une dignité, etc. || Autrefois. Informer àla clameur publique, instruire sur-le-champ une affaire criminelle. || Par extension. Informons de nos fait* sans haine et sans envie, régnier Sal. XV. Il 4° S'informer, ». réfl. Prendre des informations, s'enquérir. Il vient s'informer comme je me porte de mon voyage, sÉv. 292. Ne vous informez point de l'état de mon âme, rac. Alex. 11, 5. Il croit.... Que je m'informe ici de tout ce qui le touche, lu. Brit. Il, 2. Un Turc ne s'informe jamais si un Arménien est eutychéen, ou jacobite, ou chrétien de St-Jean,ou arien, volt. Dict. phil. Christianisme. S'inforraet-on à souper si Clodion le chevelu a passé le Rhin? iD. Jeannot et Colin.
— REM. 1. Peut-on dire : Je vous informe que.... il n'y en a point d'exemple dans le Dictionnaire de l'Académie. Cependant puisqu'on dit : Je vous avertis que...., il semble qu'on peut dire : Je vous informe que.... Buffon s'en est servi : Nous sommes informés par les mémoires de gens très-dignes de foi qu'il n'existait aucune espèce d'animaux quadrupèdes ni d'oiseaux dans l'île de Bourbon et dans celle de France, lorsque les Portugais en firent la découverte, Oiseaux, t. ix, p. 407; ajoutez l'autorité d'Amyot (voy. l'historique). || 2. Racine a dit : Ne vous informez point ce que je deviendrai, Bajax. 11, 5. C'est une licence qui ne peut être imitée ; informer ne peut avoir deux régimes directs; Il faut: ne vous informez pas de ce que je deviendrai.
— HIST. XII* s pur la pais enfermer [faire la
paix]. Th. le mart. **3.\\ xiv* s. Et en cas de doubte, il s'en doibt enfermer, oresme, Eth. 64.!|xv s. Pour escouter si gens viendroient ainsi que informés estoient et qu'on leur rapportoit et disoit, froiss. 1, i, 31. Dont ensi, pour mieuls confremer Le fait dont vous veuil enfourmer, id. Poésies, Espinette amoureuse. || xvi* s. Chiron refusa l'immortalité, informé des conditions d'icelle, mont, i, 89. Dion, averty que Callipus vouloit le tuer, n'eut jamais le cœur d'en informer, disant.... m. i, 433. Je m'informe quelle parole, quel visage, quelle contenance ils y ont eu, m. i, 81 . Le roy a ordonné que MM. de Bayf et Bagie viendroient par deçà avec commission d'informer sur le faictde M. Condom, marquer. Ie«.)5(. Estant Titus informé que.... amyot, Flamin. 4.
— ÉTYM. Provenç. informar, enformar,efortnar; espagn. informar; ital. informare; du lat. informare, de ïn.... 2, et forma, forme : proprement donner une forme. Informer, donner une forme, inslruire, donner une structure, même métaphore dans les deux cas.
t INFORMITÉ (in-for-mi-té), s. f. État de ce qui est informe. Cet abîme immense dont la terre était couverte, ce mélange confus de toute chose, cette informité, si l'on peut parler de cette sorte, de la terre vide et stérile, boss. Élevât, sur myst. m, 2.
— ÉTYM. Lat. informitatem, de informis, informe.
t INFORTIAT (in-for-si-a), t. m. Nom d'une subdivision du Corpus juris selon les glossateurs. Je sais le code entier avec les authentiques. Le digeste nouveau, le vieux, l'infortiat, cobn. Ment. 1, 6. A ces mots il saisit un vieil infortiat Grossi des visions d'Accurse et d'Alciat, boil. Lutrin, v.
— HIST. xT* s. Enforçat, Inventaire des livres de Charles ri, art. 4a.
— ÉTYM. Ba»-Utin, infortiatum, renforcé, de t'n.... 2, et force. Le* glossateurs, sans donner à la |
collection le titre commun de Corpus juris, qui parutpourla première fois dans l'édition de Denis Godefroi (Lyon, i58:i), la divisaient en 6 parties : 1° le digestum vvtus, 2° infortiatum, 3* dige.itum tiorum, 4° codex, 5» volumen parvtim. L'infortiat contenait une partie des Pandectes ou Digeste, depuis le 3* titre du 24* livre jusqu'à la fin du 38* livre. On est sans renseignement direct sur la cause de l'étymologie A'infortini. Savigny (Hist. du dr. rom. au moy. âge, § (5,) t. m, p. 307 de la tr. fr.) suppose que les glossateurs n'avaient d'abord retrouvé que le commencement du digeste : ce fut le digeslum velus; puis la fin, ce fut le digestum novum, puis enfin la partie intermédiaire, qu'ils auraient des lors appol('e inforiiat ou digeste renforcé.
t INFORTIFIABLE (in-for-ti-fi-a-W), adj. Qui n'est point susceptible d'être fortifié. Ville infortifiable.
— HIST. XVI* s. Infortifiable, duc de sohan, Mém.
t. I, p. 240, dans LACUBNE.
— ÉTYM. In.... i, et fortifier.
INFORTUNE (in-for-tu-n'), s. f. La mauvaise fortune Quel triomphe pour lui De voir mon infortune égaler son ennui! rac. Àndr. 11, t. Que je suis malheureuse, et par quelle infortune Faut-il que tous mes soins me rendent importune! id. Brit. iv, 2. L'homme est né pour souffrir. — Il est né pour changer.— Il change d'infortune.... a. chén. Idylles, le Mendiant. L'infortune aigrit l'âme et la rend inflexible, M. J. CHÉN. Fénel. n, 3. {{ Au plur. Les revers de fortune. Quand j'envisage de près les infortunes inouïes d'une si grande reine,je ne trouve plus de paroles..., boss. Reine d'Anglet. Il y a de certaines infortunes qui embellissent la beauté même, qui lui prêtent de la majesté, mariv. Marianne, 2* part.
— HIST. XIV» s. Quant les infortunes sont tristes, leur tristece est alegée par ce que leur amis se con- Iristent et douloient avecques eulz, oresme, ElK 2B9. Il XV* s. Et conterons comment il vint en Portingal et de la infortune qu'une partie de ses gens eurent sur mer, proiss. n, n, H 9. Le fleal de la divine iustice qui nous fiert [frappe] par l'adversité présente, nous doybt esmouvoir à prendre coin-aige pour nous jecter hors de cesfe infortune, a. char- TiEH, Quadriloge, dans palsgrave, p. <73, au mot masculin. |{ xvi* s. Pourtant n'est-ce. pas sans causa que le bonhomme Phœnix, en priant Achilles, luy allègue ses infortunes, amtot, Com. discerner le flatteur de l'ami, 67. Aultre infortune est advenu : les pillards et briguans desrobboyent grain et pain par les champs, RAB. Pant. 11, 6i.En ce monde fortune et infortune abonde, leroux de lincy, Prov. t. u, p. 292.
— ÉTYM. Lat. infortunium, de in.... t, et fortuna, fortune.
INFORTUNÉ, ÉE (in-for-tu-né, née), adj. \\ 1° Qui a mauvaise fortune. Cessez de tourmenter une âme infortunée, rac Mithr. m, 6. Je vais la préparera vivre infortunée : C'est le sort des humains, volt. Olymp. n, 2. || U se dit aussi des choses. Cette heure infortunée Par vos derniers soupirs clora ma destinée, corn, fiicom. IV, 2. Que s'il est enfin entraîné dans ces guerres infortunées [les guerres de la Fronde].... Boss. Louis de Bourbon. Malgré les mauvais succès de ses armes infortunées [de Charles I"], ID. Reine d'Angleterre. Si, au lieu de diviser les armée» royales et de les amuser aux sièges infortunés de Hull et de Glocester...., id. ib. Exemple infortuné d'une longue constance, bac. Bérén. I, 2. Il y traîne, seigneur, sa vie infortunée, id. Eslh. II, 3. Il 2* Substantivement, dans le style soutenu. Un infortuné, une infortunée, personne eu butte à la mauvaise fortune. Vos bontés pour une infortunée Ont assez disputé contre la destinée, rac. Baj. II, s. Je suis et je serai la seule infortunée, ID. Iphig. IV, t . Le ciel n'a point aux jours de cette infortunée Attaché le bonheur de votre destinée, id. ib. V, 2. Est-ce aux infortunés d'inspirer quelque effroi? volt. Triumv. n, 4.
— HIST. XIV* s. Charles de Blois si fu prudoms et bien apris ; Mais il fu en ses faiz infortunez tous dis, GwejcJ. 2097. ||xv* s. Les bateures infortunées receues en son royaume, christ, de pisan, Charles K, I, 8. Ilxvr s. A ces sacrez oizeauli ne touche, d'autant que tu aymes la vie, le proufflct, le bien, tant de toy que de tes parents et amyz, vivans et trespassez : encores ceulx qui d'euU aprèz naistroyent en seroyent infortunez, RABBL. Pant. t,8. Les femmes sont plus aigres et plus colères que les hommes, et les bien fortunés que les infortunés, amyot, Comm. ri'fréner la colère, U. 0 ville infortunée, quand vint le samedy. Tu fus environnée partout de l'ennemy, MORiN, Siège de Boulogne, p. 40.
— ÉTYM. Provenç. infortunat; esp. infortunados
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INF
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ital. tn/br<wnafo; du lat. tr)/or«una(t«, de m.... f, jt fortunatus, fortuné.
INFRACTEUR (in-fra-kteur) , s. m. Celui qui en- Teint. Ils ont été les premiers parjures et les preniers infracteurs de la foi publique, balzac, le Prince, ch. 7. Un ami du désonire, un infracteur 3es lois, TRISTAN, Panthée, m, 6. Il défend d'inhu- Ber le corps de Polynice, Et, déclarant ce prince mnemi de l'État, Condamne l'infracteur comme ■i'un attentat, botr. Antig. m, 3. Il y avait en îette compagnie fie parlement de Paris] moins d'affection pour lui [le cardinal de Richelieu] que partout ailleurs, et la plupart le considéraient en eux-mêmes comme l'ennemi de leur liberté et l'infracteur de leurs privilèges, pellisson, Uist. de l'Acad. 1. Je veux le faire saisir où je le trouverai, comme déserteur de la médecine et infracteur de mes ordonnances, mol. Pourc. ii, *. Non-seulement vous violez les règle» saintes de la charité, mais de plus vous êtes infracteur de celles de la justice, MASS. Carême, Médisance Tous députèrent conjointement i Lacédémone pour se plaindre des Athéniens comme infracteurs de la paix, bolu.n, Hisl. anc. Œuv. t. m, p. 426, dans pougens.
— ÉTYM. Lat. infractorem, de infractum, supin de infringere, de in.... 2, et frangere, briser (voy. fractude).
INFRACTION (in-fra-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Action d'enfreindre. Comme si ce n'était pas assez du crime de l'infraction, on y ajoute celui du scandale, mass. Carême, Mot. de conv. Le duc de Bourgogne s'étant plaint de plusieurs infractions au traité d'Arras, duclos, Hist. Louis XI, ÛKut). t. Il, p. (08, dans pougens. || Terme de jurisprudence. Infraction de ban, action d'uB condamné au bannissement qui revient dans le pays d'où il a été banni, et d'un homme placé sous la surveillance de la police qui revient dans les lieux qui lui sont interdits.
— HiST. xv s. Et soubs couleur de l'infraction de leurs privilèges, comm. v, il. || xvi* s. Infraction de sauvegarde et d'assurance jurée mérite la mort,
LOÏSEI,, 829.
— ÉTYM. Lat. infractionem (voy. infracteur).
t INFRAJURASSIQCE ( in-fra-ju-ra-si-k' ) , adj. Terme de géologie. Terrains infrajurassiques, terrains situés au-dessous des terrains jurassiques.
— ÉTYM. Lat. infra, au-dessous, et jurassique.
t INFRALAPSAIRK (in-fra-la-psê-r'J, «. m. Sectaire professant que Dieu avait destiné à la damnation, après la chute d'Adam, un certain nombre des hommes à venir.
— ÉTYM. Lat. t'n/ra, au-dessous, après, et lapsus, la chute (de l'homme).
+ LNFRANCUISSABLE (in-fran-chi-sa-bl'), adj. Qu'on ne peut franchir. Distances infranchissables. Il Fig. Difficulté infranchissable.
— ÉTYM. In.... i, et franchir.
t INFRANGIBLE (in-fran-ji-W), adj. Qui ne peut être brisé.
— HIST. xvi« g. Infrangible, de la porte, Épithètes. Mutuelle et infragible confédération, pabé, viii, <t.
— ÉTYM. In.... t, et frangere, briser (voy. fracture).
t LNKRATERNEL, ELLE (in-fra-tèr-nèl, nô-1') , adj. Oui n'a point un caractère fraternel.
— KTYM. In.... i, et fraternel.
j INFRAYÉ, ÉE (in-frè-ié, iée), adj. Qui n'est point frayé. Route infrayée.
— ÉTYM. In.... \, et frayé.
t INFRÉQUEMMKNT (in-fré-ka-man), adv. Rarement, pRu fréquemment.
— HIST. XVI' s. Infrequamment, monet, Dict.
t LNFRÉQUENCE (in-fré-kan-s'J, s. f || 1° Défaut de fréquence. || 2° l'etit nombre de gens qui fréquentent, qui assistent. Les malintentionnés avaient pris exprès le temps des vendanges et de l'infréquence du sénat pour me porter brusquement ce coup, j. j. rouss. Conf. xn.
— HIST. XVI" s. Infrequence, cotgrave.
— ÉIYM. Lat. infrequenlia, de infrequens, infréquent.
t INFKÉQUENT, ENTK (in-fré-kan, kan-t'), adj. Qui n'a pas lieu fré(|uemment.
— HIST XVI' g. Gorreus nie aucun médecin de ses quartiers en pouvoir parler, pour estre le mal si iofrequent, paré, vi, 23.
— ÉTYM. Lat, infrequcns, de tn.... 4, et frequens, fréquent
t INFRfiQUENTÉ, ÉE (in-fré-kan-té, tée), adj. Qui n'est point fréquenté, qui n'a pas encore été fréquenta. N'avez-vous pas souvent aux lieux iofiré-
quentés Rencontre tout à coup ces aspects enchantés T DEL1LLK, Jardins, i. Surpris de voir troubler leurs bords délicieux. Le fleuve infréquenté, le bois mystérieux, lo. En. viii, (9. Est-ce le hasard qui inspir» aux bêles malfaisantes la résolution d'errer solitaires dans les lieux infréquentés î cha- TEAUBR. Génie, i, v, 3.
— HIST. XVI' s. Désert infrequenté, de la porte , Épithètes.
— ÉTYM. In.... i, et fréquenté INFRUCTDECSEMENT (in-fru-ktu-eû-ze-man) ,
adv. D'une manière infructueuse.
— ÉTYM Infructueuse, et le suffixe ment. INFRUCTUEUX, EUSE (in-fru-ktu-eû, ed-z'),
adj. Il 1° Qui ne rapporte point de fruit. Ces grands me font souvenir de certaines montagnes infructueuses que j'ai vues autref jIs, allant par le monde; elles ne produisent ni herbe ni plante, balzac, De la cour, 2' dise. Frappez l'arbre infructueux qui n'est plus bon que pour le feu, Boss. Marie-Thér. Ih Fig. Une âme infructueuse et stérile, laquelle, après avoir poussé d'abord des feuilles spécieuses, en demeure là, mass. Profess. relig. serm. 2. Il 2° Fig. Qui n'est pas fructueux, qui est sans profit, sans résultat. La guerre est rude et infructueuse, d'ablancourt, Tacite, ann. i, 4 7. LUe crut que ses aumônes ne seraient point infructueuses, FLÉCH. Lamoign. Alors, qu'aura servi ce zèle impétueux Qu'à charger vos amis d'un crime infructueux? RAc. Bajag. Il, 3. Que de jeûnes inutiles et infructueux dans l'Église ! mass. Carême, J^ûne. Ils manquaient de subsistances; ce point essentiel est ce qui rend lu. plupart des invasions infructueuses, VOLT. Louis JV, 20.
— HIST. xvi* s. Ils ont défendu de s'en servir, pour crainte d'en faire des vignes infructueuses, 0. de serres, )6b. Ce seroit certe* le mesme train et par mesme progrez, pour infructueux qu'il me peust estre, mont, m, 378.
— ÉTYM. Provenc. infrucluos; espagn. infructuoso; ital. infruttuoso; du lat. infrucluosus , de in.... 1, et fructuosus, plein de fruits, fructueux.
t INFRUCTUOSITÉ (in-fru-ktu-ô-zi-té), s. f Qualité de ce qui est infructueux. DégoOtés de l'expérience, de son incertitude, de son infructuosité, de ses tâtonnements, les métaphysiciens.... villebs, Kant, p. 76.
— ÉTYM Infructueux.
t INFCLMINABIMTÉ (in-ful-mi-na-bi-li-té) , s. f Propriété qui fait qu'un corps ne peut être foudroyé. On parle de l'infulminabilité du hêtre.
f INFUNDIBCLIFORME (in-fon-di-bu-li-for-m'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un entonnoir.
— ÉTYM. Lat. infundibulum, entonnoir, et forme. t INFUNDIBULUM ( in-fon-di-bu-lom'') , s. m.
Terme d'histoire naturelle. Nom de parties qui ont forme d'entonnoir.
— ÉTYM. Lat. infundibulum, de tn.... 2, et fundere, verser.
INFUS, USE (in-fû, fu-z'), adj. 11 1» Répandu dans, en parlant de choses intellectuelles et morales, de qualités, de sentiments. Cette bonne grâce qui reluit sur tout ce qu'il fait est infuse dans des qualités solides, balzac, le Romain. Peu de gens que le ciel chérit et gratifie Ont le don d'agréer infus avec la vie, la font. Fabl. iv, 5. Toutes les langues et toutes les sciences lui sont infuses [à Angélique, fille d'Arnaud d'Andilly] ; enfin c'est un prodige, d'autant plus qu'elle est entrée à six ans en religion, sÉv. 388. Claire connaissance de Dieu, amour infus de ce premier être, toss. Élevât, sur myst. IV, 6. La raison se développe peu à peu [dans l'enfant]; et la foi, infuse par le baptême, en fait de Dicnie, ID Wfl. sur un écrit de M. Claude, 6. Ces grSces stériles qui, quoique infuses de Ditu, ne rendent l'homme ni plus juste ni plus agréable à Dieu, bouhdal. 5' dim. après Pdq. Domii.ic. t. ii, p. 217. Polissez votre style et choisissez vos termes; à la force du sens unissez l'harmonie infuse dans vos périodes pour charmer l'oreille.... p. l. coim. Lett. x. || Terme de théologie. Science infuse, science qu'Adam possédait par la nature qu'il tenait de Dieu. || Familièrement. Il croit avoir la science infuse, se dit, par raillerie, d'un homme qui se croit savant sans avoir étudié, et aussi du présomptueux. || 2° Pénétré de. Toutes vos pensées sont comme infuses de l'un et de l'autre [l'utile et l'agréable], p. l. cour. Lett. i, U*.
— HIST. XVI' s. Il a forgé une justice essentielle de Dieu infuse en l'homme, calv. Inst. 427. Rheubarbe infuse en eau d'absinthe, paré, xv, 65 bis. Les imaginations que nous trouvons en crédit au-
tour de nous, et infuses eu nostre ame par la semence de nos pères, mont, i, 4 46
— ÉTYM. Provenç. enfus ; espagn. et ital. mfuso; du lat. infusus, part, passif de infundere, verser dans (voy. infonure).
INFUSÉ, ÉE (in-fu-zé, zée), part, paisé d'infuser. ||1° Qu'on a fait pénétïer sous forme liquide. Une liqueur infusée dans les veines. || Qui a trempé dans un liquide. De la camomille infusée dans de l'eau. Plusieurs perles d'un prix infini fondues et infu.sées dans une liqueur, pour avoir le plaisir d'avaler en un seul coup un million, rollin. Traité des Et. v,
1, 3 II 2° S. m. Terme de pharmacie. Un infusé, le produit d'une infusion. On dit aussi infusum.
INFUSER (in-fu-zé), v. a.\\ 1° Faire pénétrer un liquide dans quelque chose. La Fable raconte que Médée infusa un sang nouveau dans le corps du père de Jason. 1| Pénétrer de. Infuser dans toute la nation l'âme des confédérés, j. j. rouss. Pologne,
2. Il 2° Laisser plus ou moins de temps une plante ou une drogue dans quelque liquide qui ss charge des principes de la plante ou de la drogue. Infuser de la rhubarbe dans de la tisane. Infuser à froid, à chaud. Il 3° S'infuser, v. réfl. Etre infusé, tremper dans un liquide. Il faut donner le temps au thé de s'infuser. || Avec ellipse du pronom personnel. Faire, laisser infuser une plante.
— HIST. xiv s. Qui vouldroit sans moyen user, Où prendroit-il son influence Pour infuser telle substance ! Nat. à l'alch. err. 328. || xvi° s. Vous infuserez le gaiao en la moitié de vostre vin et eau l'espace de douze heures, paré, xvi, as.
— ÉTYM. Infus.
t INFUSIBILITÉ (in-fu-zi-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est infusible. L'infusibilité, ou plutôt la résistance à l'action du feu, dépend en entisr do la pureté ou simplicité de la malière, buff. liin. t. i, p. 40,
INFUSIBLE (in-fu-zi-bl'), adj. Qui n'est pas fusible, qu'on ne peut foudre. C'est dans ces mêmes interstices que s'est formé le jaspe, dont la subsiance n'est au fond qu'une matière quartzeuse.... il est aussi inl'usible que le quartz, buff. Min. t. i,p. 20.
— ÉTYM. In.... 4, et fusible.
INFUSION (in-fu-zion ; en vers, de quatre syllabes), s. /'. 111" Action de répandre, d'épancher. Le baptême par immersion avait été changé en infusion, BOSS. Var. 4 6. ||Fig. Action de verser dans l'âme. Le Saint-Esprit est un maître invisible et secret qui se communique à l'âme par l'infusion de la vérité, fléch. dans richelet. || 2" Action d'infuser, opération qui consiste à laisser séjourner des substances dans une liqueur. || Particulièrement. Opération de pharmacie qui consiste à verser et à laisser refroidir un liquide bouillant sur une substance dont on veut extraire les principes médicamenteux. Cette tisane se fait par infusion. || Il so fait aussi des infusions à froid. || La liqueur dans laquelle les substances ont sf'journé. Une infusion de camomille. Une légère infu>^ion de thé. X l'égard de la manière dont les animalcules sont produits dans les infusions, un philosophe pourrait-il se résoudre à admettre qu'ils piuvieniient de la transformation de la matière même de l'infusion eu animalcules? bonnet, Consid. corps organ. OfCut>. t. v, p. 314, dans pougens.
— SYN. INFUSION, DECOCTION. Dans la décoction, la subsiance bout avec l'eau devant le feu ; dans l'infusion, l'eau bouillante est reurée du feu et versée sur la substance.
— HIST. xvi° s. Seront mis en infusion l'espiice de six heures, o. de serres, xvi, 3». Dieu a distribué, après la création et infusion de l'ame, certains dons particuliers à un chacun, paré, xviii, 4 1.' Quand ils ont incisé quelque membre, ils [les médecins] usent de quelifues fomentations ou infusions Icnitivcs, amvot, Comm. discerner le flatteur de. l'ami, 63.
— ÉTYM. Provenç. t'n/'HSîO, e/i/'w 210; espagn. infusion; du latin infusionem, de infustis, infus.
f INFUSOIR (in-fu-zoiu), s. m. Instrument d-^nt on s'est servi pour introduire des substances médicamenteuses dans les veines.
— ÉTYM. Infuser.
INFUSOIRES (in-fu-zoi-r'),ï. m. pi. Terme d'histoire naturelle. Classe comprenant les animalcules qui se développent dans les infusions végétales et animales, el qu'on n'aperçoit qu'à l'aide du microscope; ils sont pourvus d'un épiderme, de cils, et, à délaut de cils, d'organes du mouvement de forme déterminée. Il Terme de paléontologie. Fossiles microscopiques à carapaces siliceuses (diatonjéesi, ou calcaires (foraminlfères), qui se trouvent dans la»
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