ODO
ŒCU
ŒIL
t ODOyrOME (o-don-tô-m'), *. m. Terme de chirurgie. Tumeur produite par la dentine, recouverte toujours d'une couche plus ou moins épaisse d'émail et se produisant généralement sur le côté d'une dent.
— ÉTYM. 'Oco'j;, èJovTo;, dent, et la finale upia. f ODONTOPHYIE (o-don-to-fi-ie), i. /'.Synonyme
(Je dentition.
— ETYM. 'OSovTOfuta, de ifoù;, dent, et fûctv, produire.
t ODONTORXnOSlE (o-don-tor-to-zie), ». (. Partie de l'art du dentiste qui s'occupe des diiïormités congénitales ou accidentelles des dents pour les corriger.
— ETYM. Odonlo..., et ôp6oûv, redresser.
t ODONTOSE (o-don-tô-z'), t. f. Synonyme inusité de dentition.
— ETYM. '05où:, 4SovTO{, dent.
t ODOSTOSTVLE (o-don-to-sti-V) , adj. Terme de zoologie. Se dit d'une coquille dont la columelle offre un pli denliforme, faisant saillie en avant.
— ETYM. Odontn..., et o-niXo;, columelle.
\ ODO>TOTECUNIK (o-don-to-tè-knie) , «. f. L'art du dentiste,
— ETYM. Odonfo..., et tiyyr\, art.
t ODOVrOTHÈQnE (o-don-to-tè-k'), ». f. Terme d'anatomie. Capsule ou follicule dentaire.
— ÉTYM. Odonlo.,., et e-nxT), loge.
t ODORABILITÉ (o-do-ra-bi-li-té), ». f. Terme didactique. Qualité de ce qui affecte l'odorat.
t ODORABLE (o-do-ra-bl') , adj. Terme didactique. Que l'on peut sentir, apprécier par l'odorat.
— ETYM. Odorer; provenç. adorable; ital. odorabile.
ODORANT, ANTE (o-do-ran, ran-t'), adj. || l-Qui exhale une odeur bonne ou mauvaise. Les particules odorantes des corps. Les principes odorants. Une meute pressante... D'un agile chevreuil suit les pas odorants, a. cnéN. Hermès. || ï° Pariiculicrement. Quia en soi, qui répand une odeur. Dieux I et quel lui parut ce brasier dévorant? — Ce que te paraîtrait un parterre odorant, rotb. Hercule mour. v, i. Ces fleurs odorantes, Ces eaux bondissantes, Ces ombrages frais Sont des dons de ses mains bienfaisantes, RAC. Poét. div. Idylle sur la paix. Elle dit et .s'endort; vers la plaine odorante. Non moins prompt que le daim cherchant la biche errante, Voilà que, l'œil ardent, accourt le bien-aimé , millev. Chinls élég. la Sulamite. La Provence odorante, et de Zéphyre aimée, Respire sur les mers une haleine embaumée, *. cnàN. À la France.
— HIST. xvi* s. Ils leur font perdre leur mauvaise odeur par la mixtion des choses odorantes et parfums, paré, xiiii, 7. Les abeilles et les connins aiment fort la fleur du thym, aussi leur acquiertelle bonté de miel et de chair, accompaignés d'odorante senteur, o. nK serhes, 5fls.
— ETYM. Odorer. On a dit aussi odoreux, au xvi* siècle.
ODORAT (o-do-ra; le t ne se prononce pas et ne se lie pas), ». m. Le sens par lequel on perçoit les odeurs. X côlé de ce plat paraissaient deux salades, Dont l'huile de fort loin saisi-ssait l'odorat, boil. Sot. m. Son odorat [de l'éléphant] est exquis, et il aime avec passion les parfums de toute espèce et surtout les fleurs odorantes, BUF?. Quadrup. t. iv, p. 257. Le chien.... ne perd pas l'olijet de sa poursuite.... il voit de l'odorat tous les détours du labyrinthe [tracé par l'animal qui fuit], toutes les fausses routes où l'on a voulu l'engager, m. ib. 1. 1, p. st«. Le sens de l'odorat est au goût ce que celui de la vue est au toucher: il le prévient, il l'avertit de la manière dont telle ou telle substance doit l'afTecter, j. j. Rouss. Ém. 11. L'odorat sert le goût, et l'œil sert l'odorat, DELiLLC, Imagin. i. On a remarqué que l'odorat avait peu de mémoire; la raison en est simple : en général, les impressions ne sont pas fortes, et elles ont peu do constance, cabamis, Iiulil. hém. scient, mor. et pol, 1. 1, p. îoo.
— iiiST. XVI* ». Le fltir ou odorat, Pkni, Inirod. «.
— ETYM. Lat. odoratui, de odorari, odorer.
t ODORATIP, IVK (o-Qo-ra-Uf, li-v'), adj. Qui a la faculté d'odorer.
— HIST. xvr s. La faculté sensitive est divisée en visive, auditive, odorative, par», i, f.
— ETYM. LnX. odorativus, de odorari, odorer.
+ ODORATION (o-do-ra-sion), ». m. Terme didactique. Kicrcice actif du sens de l'odorat.
— HIST. XV* s. Le bon fruit d'operacioo Oui ptr ton o<loracion Et par les fleurs de bonnes oeuvres.... C. DRSCH. Poét. mst. f Ml.
— ETYM. Lat. odorattoncm, de odorari, odortr. On a dit aussi odoremenl.
t ODORER (o-do-ré). || 1* F. n. Avoir de l'odorat. Tous les animaux n'odorent pas, mais tous respirant, l'air est nécessaire à leur existence, bebn. dr sT-p. Harm.Xvi. ii, animaux. \\ %' K.o. Flairer, sentir par l'odorat. Et Dieu a odoré et reçu l'odeur du sacrifice, pasc. Lett. sur la mort de son pire.
— HIST. XII* s. Narilles unt, e ne odererunt, tib. psalm. p. 176. Il XIV* s. La chose à odorer, h. db MONnsviLLB, ^ lo. Le cheval odore et sent la bataille de loing, oreshe. Thèse de meunier. || xvi* s. Au semer des melons, aucuns ajoustent les bonnes senteurs et li(|ueurs pour en odorer [parfumer! et savourei le fruit, o. de serbes, 83». La fleur du sureau est utile en plusieurs choses, mesmes à odorer les nouveaux vins,iD. 68<. Le sentir et odorer, pàb£, /n<rod. ».
— ETYM. Provenç. odorar ; ital. odorare ; du lat. odorari, de odor, odeur.
ODORIFÉRANT, ANTE (o-do-ri-fé-ran, ran-t'), adj. Qui répand son odeur au loin, comme les parfums et les aromates lorsqu'on les brûle. Un les couvre [les victimes] de bandelettes do pourpre brodées d'or, leurs cornes sont dorées et ornées de bouquets de fleurs odoriférantes, rim. Til. iv. || Fig. L'agréable et odoriférant jardin de la philosophie, hadd*, Kosecroix, m, a.
— REM. Tandis que odorant peut se dire d'une odeur indifférente et même d'une odeur mauvaise, odoriférant ne se dit que d'une bonne odeur.
— HIST. XVI* s. Odeurs, tant fétides qu'odoriférantes, PARS, t. in, p. 634.
— ETYM. Lat. odor, odeur, et ferre, porter, fODORIFIQUE (o-do-ri-fi-k'), adj. Terme didactique. Qui produit une odeur. || Organe odorifique, celui qui, dans les hémiptères, prépare l'odeur que l'insecte exhale à volonté,
— HIST, XVI* s. Autres eaux sont odoriflques, comme celles qui sont tirées des aromates, par£, XXIV, 7.
— ETYM. Odeur, et le lat, facere, faire,
f ODOHLVK (o-do-ri-n'), s. f. Terme do chimie. Base salifiable, d'une odeur répugnante, qu'on trouve dans l'huile empyreumatique animale,
t ODOROSCOPIE (o-do-ro-sko-pie), », f. Procédé par lequel on apprécie les émanations odorantes qui s'échappent de la plupart des corps.
— ETYM. Mot hybride formé du latin odor, odeur, et du grec onomïv, examiner.
ODYSSÉE (o-di-ssée), ». f. \\ V Poëme d'Homère, qui contient le récit des aventures d'Ulysse (avec une majuscule).. L'Odys.sée est une suite de l'Iliade. Il 2° Fig. Tout récit d'aventures variées ou singulières (avec une minuscule). Le po6me du pèlerinage de saint Brandan , cette odyssée monacale si célèbre au moyen Sge, ce préambule populaire de la Divine Comédie, nous montre les moine.s irlandais aux prises avec tous les révcs et toutes les merveilles de l'idéal celtique, montalembert, Uoines de l'Occident, t. Il, p. 4aa. Il En style familier, les voyages^ la vie, les aventures d'une personne. Itacontoi-moi votre odyssée.
— ETYM. 'Oi-juatla, de 'Oîuaaeùi;, Ulysse.
t OÉ ou OHÉ {o-é),interi. Cri du charretier pour arrêter les chevaux. || Fig. et populairement. Cri trivial que les masques, pendant le carnaval, emploient pour s'interpeller.
t OECIK (è-sie), », f. Terme de botanique. Nom commun que Linné donne i lait* et aï* classe de son système, qu'il divise en monœcioeten diœAe, parce que les fleurs milles et femelles y sont sur le même pied dans la première, et sur des pieds dilTéreuts dans la seconde, lkooarant.
— ËTYM.Olxfa, maison, dérivé deoUoc, le mime que le latin n'eu» (d'où iicinu», voy. voisin) ; golh. t;ci7i»; sanscr. teça, du radical «tp, entrer, s'asseoir.
OECL'MliMClTÉ (È-ku-m6-ni-«i-té), ». f. Qualité de ce qui est œcuménique. L'œcuménicité d'un concile.
— ETYM. Œcuménique,
OFXUMÉNIQUE (è-ku-mé-ni•k^, adj. || !• Oui appartient fc toute la terre habitée, universel. Il devient un docteur œcuménique et universel, hass. Panég. Si Thomas. Il S* Ëvêque (Bcuménl<|ue, litre donne par Pbooas t Doniface Ht, évéque de Romo(on 007), et que prirent bientêt les évéques do Constantinnplc. PhotiuH excommunia te pape à son tour, et le dtclara déposé; il prit le titre do patriarche occuniéiiiquo, et accusa hautement d'hérésie tes évéques d'Occident delà communion du pape, volt. Maurs, i» . Il Concile fEcuménique, concile oâ tous les évéques catholiques sont convoqués par le pape. La réflexion qu'il faut faire ici est que parler de concile œcuménique, c'était parmi les nouveaux réfor-
més un reste de langage de l'Eglise, boss. Var XIV, § 77. Que si nous croyons le concile œcuménique légitimement assemblé , entièrement infaillible, c'est à l'exemple de nos pères et des anciens conciles reconnus par les protestants, ID. Projet d» réunion, réfl. sur un écrit de Molanus, t, iv, *. Ainsi se termina sur la fin du mois de juillet ce concile [de Constantinople] que l'Orientreconnut comme œcuménique, et que le pape saint Grégoire mit depuis au nombre des quatre qu'il révérait comme les quatre Évangiles, fléch. Hist. de Théodosê, ii, «3. Je suis fort éloigné de croire le pape infaiUiblo, ni même égal aux conciles œcuméniques, st-sim. 305, ïbt. H 8* L'académie œcuménique, ou, substantivement, l'œcuménique, l'école ou l'académie de Constantinople, fondée par Constantin. |{ Les œcuméniques, les professeurs de cette école.
— ÉTYM. Olxounevixi;, de oIxou|jiévti, la terre habitée, de otxiîy, habiter, qui vient de olxo<, maison (voy. œciK).
OECCMÉNIQUEMENT (è-ku-mé-ni-ke-man) , od».
D'une manière œcuméniiiue
— ETYM. Œcuménique, et le suffixe ment. OEDÉMATEUX, EL'SE (èKlé-inateû,teû-z'), ad/.
Il 1* Terme demédecino. Attaqué d'œdème. Un membre œdémateux, || 2° Qui estde la nature de l'œdème. Un gonflement œdémateux. Une infiltration œdémateuse.
— HlST.xvrs, Phlegmon œdémateux, paré. v,7,
— ETYM. Lat. fictif, œdematosu», de olôr,|ia, œdème,
t OEDÉ»L\Tra (è-dé-ma-sle), », f. Synonyme d'œdème,
t (œDÉMATIÉ, ÉE (è-dé-ma-si-é, ée), part, passé d'œdématier. Affecté d'œdème. Un membre œdématié.
f OEDÉMATIER (è-dé-ma-si-é), V. a. Terme de médecine. Faire naître un œdème. Une compression trop forte a œdématié les parties situées audessous. Il S'œdématier, v. rifl. Être attaqué d'œdème. Les mains se sont œdém.itiées.
UEI1E.ME (è-dô-m'), I. f. Terme de médecine. Gonflement, sans rougeur, ni tension, ni douleur, cédant à la pression du doigt, et la conservant pendant quelque temps; formé par de la sérosité infiltrée dans le tissu cellulaire. || Œdème arsenical, gonflement des paupières et do la face produit par l'usage prolongé des médicaments arsenicaux. Il Œdème de la glotte, gonflement œdémateux de la membrane muqueuse qui circonscrit l'ouverture supérieure du larynx; maladie trè.'i-grave qui cause souvent la mort par suffocation, || Œdème du poumon, infiltration de sérosité dans le tissu pulmonaire, portée k un degré tel qu'elle en diminue la perméabilité à l'air. || Œdème malin, maladie de nature charbonneuse.
— HIST. xvr 9. Nous disons qu'un œdème est fait du sang phlegmalique, par*, Introd. «.
— Etvm. OUnii», gonflement, do ol5»iâ>, gonfler. ŒDIPE (è-di-p'), ». m. || 1* Nom d'un prince
thébain qui devina l'énigme du Sphinx et força le monstre à se précipiter du haut d'un rocher. il %• Fig. Homme qui trouve facilement le mot det énigmes, la solution de questions ob.<>cures. Je ne suis pas un Œdipe.
— ETVM. OiSinouç.
OEIL (eull, Il mouillées), au plur. VEUX (icûi l'x se lie : des ieû-i humides), ». m. || f L'organe de la vue. jj 1* Œil nu, la vue simple. || S' Œil artificiel. Il 4* Organe de la vue considéré comme l'indice des quahiés, des passions et des sentimeiila. Il 6* Action de la vue, regard, faculté de voir. lit* Œil, yeux, dans le sens de contemplation, de surveillance, de guet. || 7* L'œil du maître. || 8* Mauvais œil. Il t* Voir de ses yeux, par ses yeux, ea prunter les yeux ; voir par les yeux de l'ospril, les yeux de la foi. ||10* Faire des yeux; faire les gros youi; faire de l'tnil. Il il* Œil se dit des lumicrM intérieures. || 11* Ce qui éclaira, || «8* L'œil de U nal ire. || 14* Le coin de l'œil. || IB* Œil se dit quelquefois pour la pereonne même. || 16* La puissance du regard. || 17* Las yeux, la présence. || 18* Yeux dit pour lunettes. || lé* Clin d'œil. || 80* Coup d'œil. Il ai" Lustre des étoffos. || 82" Nuance, teinte légère. ,1 23* Synonyme do miroir , en parlant du plumage des oiseaux. Il 24* Ouverture dans quelques outils ou instruments. |{ 25" Nom de différentes ouveriures, en termes de marine, || 28* En peinture, les yeux d'une draperie, tes points oii se cassent les plis. Il 87* Vides qui se trouvent dans la mie de pain, dans le fromage. || 88' Kn jardinage, bourgeon rudimentaira; couronne de» dents du calice. || 29* Dans l'imprimerie, relief de la lettre, jj 30* Œil do per>
ŒIL
drix. ||81' Œil-de-bœuf. Il sa* Œil-de .... nom de certaines pierres. || 33* Nom de certains coquillages, poissons, oiseaux, etc. || 84' Nom de cerUines plantes. Il 35' ïeux d'écrevisse. || 36° Au jeu de l'hombre, veux de ma grand'mère. || 37» Â l'œil. H 38^ i vue d'oeil. 1139- De l'œil. || 40- Entre deux yeux. Il 4i' Entre quatre yeux. || 42'' Jusqu'aux jeux. Il 43' Par^lessus les yeux. || 44'" Non plus, pas plus que dans mon œil. || Proverbes.
!• L'organe de la vue. De bons yeux. De mauvais yeux. De beaux yeux. Un œil bien fendu. J'ai acheté quatre yeux de bœuf pour en étudier l'organisation. Son œil tout pénitent ne pleure qu'eau bénite, RÉGNIER, Sat. xiii. Il [un Ubieau] doit être colloque fort peu au-dessus de l'œil et plutôt au-dessous, POUSSIN, Utt. 28 avril <839. Pleurez, pleurez, mes yeux, et fondez-vous en eau,C0BN. Cid, m, 3. Semblable à nos yeux qui découvrent tout, et sont aveugles seulement pour eux-mêmes, la bochefouc. Prem. péris, t. Le Seigneur ne vous a point donné jusqu'aujourd'hui un cœur qui eût de l'intelligence, des yeux qui pussent voir, et des oreilles qui pussent entendre, saci. Bible, Deuter.nxn, 4. [Chez le chat] Un modeste regard et pourtant l'œil luisant, la font. Fabl. VI, B. Elle.... fait la moue pour montrer une petite bouche, et roule ses yeux pour les faire paraître grands, mol. Critique, 2. Et ses roulements d'yeux, et son ton radouci N'imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici, id. Mis. i, I. Je ne sais qui me tient, infâme, Que je ne t'arrache les yeux, m Amph. II, 3. M'as-tu de tes gros yeux assez considéré? ID. ib. m, 2. Le plaisir d'aimer sans oser le dire a ses peines, mais aussi il a ses douceurs.... les yeux s'allument et s'éteignent dans un même moment.... pasc. Pois. de l'amour. Les yeux sont les interprètes du cœur; mais il n'y a que celui qui y a intérêt qui entend leur langage, id. i6. Des yeus il [l'esprit de finesse] va jusqu'au cœur, et par le mouvement du dehors il connaît ce qui se passe au dedans, id. ib. Tout ce qui est au monde est concupiscence de la chair,ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie, id. Pens. xiiv, .■'.3, édit. havet. Le plus grand supplice des yeux malades est de les exposer au grand jour et de les forcer de le voir, mcoLE,£'«. mor. 2' traité, ch. (O.ô Seigneur, vous avez fait, comme dit le Sage, l'œil qui regarde et l'oreille qui entend, boss. le Tellier. Combien n'a-t-on point vu de belles aux doux yeux. Avant le mariage anges si gracieux... boil. Sot. x. Il ouvre un œil mourant qu'il referme soudain, rac. Phèdre, \, 6. Mon désespoir, mes yeux de pleurs toujours noyés, id. jtndr. IV, 3. Muet, chargé de soin et les larmes aux yeux. Il ne me laissait plus que de tristes adieux, ro. Bérén. i, ♦. Hélasl sans frissonner, quel cœur audacieux Soutiendrait les éclairs qui partaient de Tosyeux?in. Es(h. ii,7. Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants. Entrant à la lueur de nos palais brûlants, ID. Andr. m, ». Auras-tu donc toujours des yeux pour ne point voir. Peuple ingrat? id. Athal. l, 4. Le visage large et carre, avec de petits yeux noirs, qui d'abord paraissaient vifs, mais qui n'étaient que curieux et inquiets; de ces yeux toujours remuants, toujours occupés & regarder, marivaux, Marianne, »• part. J'ai TU de beaux yeux pleurer en le lisant [le 6* acte de Zulime] ; mais je me défie toujours de» beaux yeux : celles qui les portent sont d'ordinaire séduites ou trompeuses, volt. Leit. d'Argental, 22 mars i740. On a trouvé qu'avec deux yeux égaux en force on voyait mieux qu'avec un seul œil, mais d'une treizième partie seulement, bdpf. De la vue. En général, les gazelles ont les yeux noirs, grands, très-vifs, et en même temps si tendres que les Orientaux en ont fait un proverbe, en comparant les beaux yeux d'une femme à ceux de la gazelle, in. Quadrup. t. v, p. 361 . L'œil doit être regardé comme une expansion du nerf optique, ou plutôt l'œil luimême n'est que l'épanouissement d'un faisceau de nerfs qui, étant exposé à l'extérieur plus qu'aucun autre nerf, est aussi celui qui a le sentiment le plus délicat, ID. Hist. nat. hotn. Œuv. t. iv, p. 495. Les jeux que l'on croit être noirs ne sont que d'un jaune brun ou d'orangé foncé; il ne faut, pour s'en a'wurcr, que les rcganler de près ; car, lorsqu'on les wit i quelque disunce, ou qu'ils sont tournés à contre-jour ils paraissent noirs, parce que la couleur jaune brun tranche si fort sur le blanc de l'œil qu'on la juge noire par l'opposition du blanc, m. ib. t. IV, p. »««. L« difTércntcs couleurs des yeux sont I orangé foncé, le jaune, le vert, le bleu, le gris et M gris mêlé d« blanc, lo. fl». t. iv, p. 28». L'œil ■pparlient i l'âme plus qu'aucun autre organe ; il ■emble y toucher et participer i tous ses mouvc- ■mti, a «n exprime les pMtioni 1m plu» rives et
ŒIL
les émotions les plus tumultueuses comme les mouvements les plus doux et les sentiments les plus délicats, ID. ib. t. IV, p. 28(. Qu'est-ce à votre avis, que des yeux, lui dit M. de....?C'est,lui léponditl'aveuglo, unorgane sur lequel l'air fait l'effet de mon bJton sur ma main, didkrot, Lett. sur les aveugl. Œuvr. t. II, p. <83, dans poUGENS. Locke convint avec lui [M. Molinet] qu'un aveugle-né dont les yeux s'ouvriraient à la lumière, ne distinguerait pas à la vue un globe d'un cube, condil. Traité des sens, i, ii, <. Les objets se peignent au fond de nos yeux dans une situation renversée, et cependant nous les voyons droits, BRissoN, Traité de phys. t. ii, p. 282, dans PODOENS. L'œil est le sens de la beauté physique, et l'oreille est par excellence le sens de la beauté intellectuelle et morale, mahuontel, Élém. de Utt. Œuv. t. V, p. 329, dans pocgens. De grands yeux qui ne disent mot, saurin, Mœurs du temps, se. < 4. Une statue de Jupiter, conservée autrefois, disait-on, dans le palais de Priam : elle a trois yeux, dont l'un est placé au milieu du front, soit pour désigner que ce dieu règne également dans les cieux, sur la mer et dans les enfers, soit peut-être pour montrer qu'il voit le passé, le présent et l'avenir, bartiiél. Anach. ch. 53. Il Œil cerclé, œil laissant voir autour de la cornée un cercle blanc qui n'est qu'une portion de la sclérotique. Il Avoir les yeux au beurre noir, les yeux pochés, les yeux en compote, c'est-à-dire avoir les yeux meurtris par un coup. || Les yeux gros, les yeux prêts à pleurer, ou qui viennent de pleurer. Il est vrai qu'on dit cela les yeux gros, et cela doit ennuyer les vôtres, d'alf.mb. Lett. à Voltaire, te oct. (700. Il Fig. N'avoir des .yeux que pour voir une chose, ne pouvoirconsidérer que cette chose. La vérité, qu'ils [les mauvais rois] ont craint de voir, fait leur supplice, ils la voient, et n'ont des yeux que pour la voir s'élever contre eux, fén. Tél. xviii. || Fig. N'avoir des yeux que pour voir, accorder une préférence exclusive à. Leur mère [de Rosimond et Braminte], qui avait horreur desonfilsalné, n'avait des yeux que pour voir le cadet, fén. t. xix,p. 2i. || Fig. N'avoir des yeux que pour.... aimer uniquement, considérer, estimer uniquement. Pour moi, qui vous aimai sans sceptre et sans couronne. Qui n'ai jamais eu d'yeux que pour votre personne, corn. D. Sanche, i, 3. N'ayez d'yeux que pour moi, qui n'en ai que pourvous. Mot. Psyché, m, 3. L'amour que vous lui donnez éclate dans toutes ses actions, et l'empêche d'avoir des yeux que pour vous, id. Comtesse, 2. Oubliant tant de prophéties qui leur parlaient si expressément de ses humiliations [du Messie], ils n'eurent plus d'yeux ni d'oreilles que pour celles qui leur annoncent des triomphes, boss. Ilist. ii, B. La reine, à vous ouïr, n'a des yeux que pour vous, rac. Alex. I, 2. Le maréchal de Lorge rencontra une épouse qui n'eut des yeux que pour lui malgré la différence d'âge, st-sim. H2, 2 i 7. || N'avoir plus d'yeux pour..., ne plus aimer, no plus considérer. Je me défendrai mieux contre votre courroux. Et pour le mériter je n'ai plus d'yeux pour vous, corn. Ilor. ii, 6. Je n'ai plus d'yeux pour vous, vous en avez pour moi, id. tb. II, b". Rome, tant qu'il vivra, n'aura plus d'yeux pour moi, id. Othon, m, 5. Uniquement occupés de la lumière du ciel.... ils n'ont pas d'yeux pour tout ce qui se passe dans le monde, mass. Aient, Épiph. Elle n'a plus d'yeux pour lo reste du monde, id. Panég. Sle Magd. || Familièrement. Aimer quelqu'un comme ses yeux, plus que ses yeux, l'aimer tendrement. Je t'ai toujours choyé, l'aimant comme mes yeux, la font. Fabl. viii, ■2î. Je no peux vous dire, madame, que je vous aime comme mes yom; mais je vous aime comme mon âme, car je me suis toujours aperçu qu'au fond mon âme pensait comme la vôtre, volt. Lett. Mme du Défiant, » août (77). f| Familièrement. Conserver une chose comme la prunelle de l'œil, comme la prunelle de ses yeux, la conserver soigneusement, précieusement. || Fig. Couver des yeux une personne, une chose, regarder cette personne, cette chose avec intérêt , avec complaisance. Messire Joan Chouan couvait des yeux son mort, Comme si l'on eût dû lui ravir ce trésor, la font. Fabl. vu, < i. Il Fig. et familièrement. Manger, dévorer quelqu'un des yeux, le regarder avec avidité. || On dit dans le même sens : manger, dévorer quelque chose des yeux. Il a toujours la vue Dessus cet os et le ronge des yeux, la pont. Jum. || On dit que des gens se mangent les yeux, le blanc dos yeux, sont prêts à se sauter aux yeux, pour signifier qu'ils sont en querelle violente, en procès. |{ Être près de s'arracher les yeux, avoir une violente altercation. Nous nous sommes arraché le blanc des yeux, llclvétius, Saurin et moi, DiusR. Uim. t. ii, p. 28, dans poi'gens.
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Il Fermer les yeux, rapprocher les paupières de manière à intercepter la vue. Formez l'œil droit. Il ferma les yeux et s'endormit. || Fermer les yeux de quelqu'un, à quelqu'un, lui clore les paupières qui restent ouvertes après l'agonie; et fig. l'assister à ses derniers moments. || Fermer les yeux, mourir. Lorsque mon oncle eut fermé les yeux, montrsq. Lett. pers. (42. Depuis qu'Albaydé dans la tombe fermé Ses beaux yeux de gazelle, v. hugo, Orient. 30. Il On dit dans le même sens : son œil se ferme, ses yeux se ferment à la lumière. Bientôt son œil se ferme au jour qui nous éclaire, lemerc. Fréd. et Bruneh. v, ). || No pouvoir fermer l'œil, n'avoir pa* fermé l'œil, les yeux de toute la nuit, ne pouvoir dormir, n'avoir pu reposer de toute la nuit. Le pauvre garçon n'a pas fermé l'œil de toute la nuit, il n'a fait que se tourmenter dans son lit, dancourt, les Fonds perdus, l, 4. Après la journée qui venait de se passer, Oswald ne put fermer l'œil de la nuit, STAËL, Corinne, vin, (. || Les yeux fermés, les yeux clos, c'est-à-dire sans avoir besoin de recourir à la vue. Je connais le chemin, j'irais là les yeux fermés. Il Fig. Les yeux clos, les yeux fermés, se dit quand, par confiance ou par déférence pour quelqu'un, on fait ce qu'il désire, sans rien examiner. Il signa le contrat les yeux fermés. |] L'on dit dans le même sens figuré : les yeux bandés. Abandonnez -vous à Dieu, ma très-chère, laissez-vous conduire les yeux bandés, maintenon , Lett, à Mme de la Maisonfort, 1 2 déc. (690. Il X yeux fermés, avec les yeux fermés. Je méditais dans mon lit à yeux fermés, j. j. rouss. Confess. VI. Il Crever les yeux, léser les yeux par un coup, par une blessure, de manière qu'ils soient incapables de voir. || Fig. et familièrement. Crever les yeux, se dit d'une chose qu'il est en quelque façon impossible de ne pas voir. Vous cherchez votre tabatière, elle vous crève les yeux. Trissotin : Pour moi, je ne vois pas ces exemples fameux. — Clitandre : Moi, je les vois si bien qu'ils me crèvent les yeux, MOL. F. sav. iv, 3. || Crever les yeux, se dit aussi d'une chose évidente qu'on n'aperçoit pas. Vous disputez à tort, la chose est évidente, elle crève les yeux. || Les yeux du corps, par opposition aux yeux de l'esprit, à la vue intellectuelle. Je suis venu, le flambeau à la main, les exhorter à no rien croire en matière de philosophie, que ce qu'ils verraient clairement soit des yeux du corps, soit de ceux de l'esprit, mairan. Éloges, l'abbé de Mnlières. il Sur les yeux (le la tête, sorte de commandement ou de défense que l'on fait, comme si l'on menaçait d'arracher les yeux de la tête. Petit Jean : Ho, ho, monsieuri — Léandre : Tais-toi, sur les yeux de ta tête, rac. Vlaid. Ii, 8. || Fig. Cela coûte les yeux de la tète, c'est-à-dire cela est d'un prix excessif. l| Par extension. Ces murs mêmes, soigneur, peuvent avoir des yeux [des gens cachés derrière peuvent nous voir], rac Brit. ii , o. Il Frais comme l'œil, se dit, à la halle, d'un poisson très-frais. || Ce poisson a un pied entre œil et bat, il a un pied entre l'œil et la queue. || Par exagération. Les yeux lui sortent do la tête, c'est-à-dire il a de fort gros yeux, et aussi ses yeux sont enfiammes de fureur. || Pleurer d'un œil, et rire do l'autre, témoigner à la fois du chagrin et de la joie. Il pleure d'un œil et rit do l'autre, la bruy. viii. || Ne dormir que d'un œil, ne pas s'endormir tout à fait, afin do continuera faire bonne garde. Lui quand il dort d'un œil, l'autre fait sentinelle, begnard, Fol. amour, i, 4. Il Baisser les yeux, diriger les yeux de
manière que le regard se porto en bas Ma fille,
vous pleurez, Et baissez devant moi vos yeux nul a.isurés, bac. Iphig. iv, 4. Le Corrégo est peut-être le seul peintre qui sait donner aux yeux baissés une expression aussi pénétrante que s'ils étaient lev^s vers le ciel, stael, Corinne, xix, fl.|| Lever le? yeux, les diriger de manière que le regard se tounio en haut. || Fig. Ne pas oser lever les yeux, être plein de honte, de confusion. A peine ose-t-il lever Iin yeux, FÉN. Tél. v. || Ne pas en croire ses yeux, douter si ce qu'on voit est bien réel. || Fig. et populairement. Se mettre le doigt dans l'œil, s'> tromper, se causer du dommage à soi-même. || Populairement. Tourner de l'œil, mourir. || Faire les yeux blancs, menacer d'avoir une défaillance. || Populairement. Taper do l'œil, dormir profondément. Il Populairemoiit. Se battre l'œil de queliu'un, do quchiue chose, ne pas s'en soucier (locution dite par mo'iuerio à l'imita tion de battre sa coulpe). Mordiél je me bats lu il du Mercure et de toi, boursault, Mcrc. gai. iv, o. Il II a plus grands yeux que grand ventre ou que grand'panse, il a les yeux plus grands que le ventre, c'est-à-dire il demande à manger plus qu'il ne lui faut; et fig. il souhaite, il ambitionne dcj
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choses qui ne sont pas faites pour lui. || Fig. Jeter de la poudre aux veux de quelqu'un, l'éblouir, le surprendre. Travaillez, monsieur Ragotin, travaillez ; et, si dès cet hiver nous ne jetons de la poudre aux yeux de messieurs de l'hôtel de Bourgogne et du Marais, je veux ne monter jamais sur le théâtre, SCABR. nom. corn, i, tt. || Autant vous en pend à l'oeil, Toy. pendre, v. n. || Avoir de hons yeux, avoir des yeux qui voient loin, qui voient distinctement, qui ne se fatiguent pas à l'exercice. {| Par extension, avoir de bons yeux, voir distinctement et promptement ce qui échapperait aux autres. Si l'on dit d'un connaisseur qui distingue et apprécie les beautés d'un tableau, qu'il a de bons yeux, cette expression ne lui attribue rien de matériel, mais du goût et de la pénétration, cuclos, Œuvres, t. x, p. 97. Il Fig. Sachez.... que les courtisans ont d'aussi bons yeux que d'autres, mol. Critique, 7. Ils Qes dupes en dévoiion] veulent que chacun soit aveugle comme eux, C'est être libertin [incrédule] que d'avoir de bons yeux, m. Tart. i, 6. J'ai de bons yeux, madame; Vous cherchez un prétexte à rejeter ma flamme, th. cobn. l'Inconnu, ii, 6. || Avoir bon pied, bon œil, se bien porter, être actif et dispos, surtout en parlant d'une personne qui commence à n'être plus jeune. || Avoir bon pied, bon œil, signifie aussi se tenir sur ses gardes, être vigilant. || Elliptiquement. Bon pied , bon œil, c'esl-à-dire prenez garde à vous. Courage, Valenlin; ferme, bon pied, bon œil, begnard, tlmechmes, ii, 8. Il Fig. Avoir les yeux malades, les yeux bouchés, les yeux de travers, ne pas voir les choses telles qu'elles sont. || Dans le même sens. Où aviez-vous les yeux? se dit en reprochant à une personne de n'avoir pas vu ce qu'elle aurait dii voir. || Fig. On ne sait où il avait les yeux, il fallait qu'il eût les yeux au talon, se dit de celui qui a fait une affaire notoirement désavantageuse. || Avoir des yeux de chat, avoir les yeux entre gris et roux; et aussi fig. y voir clair dans une demi-obscurité. Il Œil de chat, se dit quelquefois à cause de cela pour héméralopie. Il Avoir des yeux d'aigle, avoir les yeux vifs et perçants ; et fig. avoir une grande pénétration d'esprit. || Avoir des yeux de bœuf, avoir de gros yeux, par comparaison avec les gros yeux du bœuf. Il Chez le cheval, œil de bœuf ou œil gros, œil à cornée très-convexe, donnant à l'animal un air stupide, et le rendant myope. Œil petit ou gras, ce défaut peut provenir du peu de volume du globe, ou du peu d'ouverture des paupières. Œil couvert ou de cochon, œil trop petit et enfoncé dans l'orbite. Il Ce cheval a l'œil vairon, voy. vairon. || 2° Œil nu, la vue simple, non augmentée de quelque instrument. L'œil nu sans le secours d'aucun instrument suffisait à l'observation de la lune et à la division du zodiaque qui naît de ce mouvement, BAILLT, //is(. d'asiron. anc. p. ♦6.||A l'œil nu, avec l'œil seul, sans instrument. On ne peut voir ces insectes à l'œil nu. || Au plur. X yeux nus. Ma vue courte ne me permet pas de distinguer à yeux nus assez nettement les astres, ;. ;. bol'ss. Confess. VI. Il 3" Œil artificiel, instrument dont on se sert dans les cours de physique pour expliquer les effets de la vision. {I Œil artificiel, se dit aussi d'un œileo émail qu'on met dans l'orbite en remplacement d'un œil détruit et pour cacher la diflormilé. |{ Œil de verre, œil artificiel en verre ou en émail. || 4° Organe de la vue considéré comme l'indice des qualités, des passions et des sentiments. Avoir l'œil vif, malin, doux, tendre, ou, au pluriel, les yeux vifs, doux, tendres. Elle a des yeux pleins de feu. La gaieté, le courage, l'ardeur éclate dans ses yeux. Et le roi, de quel œil voit-il tant do vaillance? CORN. Cid, IV, t. Montrez un œil plus triste, m. ib. IV, ♦. J'ai pitié de moi-même et jette un œil d'en- Tie Sur ceux dont notre guerre a consumé la vie, '.D. llor. II, ï. Ce5 pleurs, quo je regarde avec un Bil d'époux, ID. Poly. i, «. La vengeance à la main, /œil ardent de colère, m. ib. i, 3. Je n'en suis point jaloux, et ma triste amitié Ne le verra jamais que d'un œil do pitié, m. Hodog. iir, 5. L'œil de Dieu regarda favorablement les anciens des Juifii, »ACi, Bible, Etdrat, t, v, &. J'arrêterai l'œil de ma colère sur cet homme, et je le retrancherai du milieu de son peuple parce qu'il a donné de sa race à Holocb, ID. ib. Léiit. xi, 3. De quel œil la traîtresse a soutenu ma vue I mol. Ëc. des femmet, iv, t. Je n'aurala rien à craindre, si tout le monde vous voyait de» yeux dont je vous vois, m. FAtare, l, l. J'attendrai, d'un œil constant, ce qu'il plaira au ciel de résoudre de moi, m. Fourber. i, 3. Ils se regardaient d'un œil jaloux, Boss. Ilitl. i, ». Tout Paris (loai Ctkimêne a les yeux de Rodrigue, boil. Sat.
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IX. D'un geste menaçant, d'un œil brûlant de rage, HAC. r/ie&. V, 3. c'est moi qui, sur ce fils chaste et respectueux, Osai jeter un œil profane, incestueux, iD. Phèdre, v, 7. Ah dieux ! lorsqu'à mes yeux l'ingrat inexorable S'armait d'un œil si fier, d'un front si redoutable, id. tb. iv, 6. La reine alors, sur lui jetant un œil farouche, id. Athal. ii, 2. Je prétends qu'à mon tour l'inhumaine me craigne, Et que ses yeux cruels, à pleurer condamnés, Me rendent tous les noms que je leur ai donnés, id. Andr. m, i . Elle vous plaint, vous voit avec des yeux de sœur, id. Iphiy. II, t. Et de quel œil Ma mère a-t-elle vu confondre son orgueil? id. Brit. m, t. Je fuis des yeux distraits Oui, me voyant toujours, ne me voyaient jamais, id. Bérén. i, t. Rome vous voit, madame, avec des yeux jaloux, id. t6. i, 5. Soutiendrai-je ces yeux dont la douce langueur Sait si bien découvrir les chemins de mon cœur? id. ib. iv, 4. 11 [le Seigneur] a toujours sur vous un œil jaloux, appliqué à étudier les affaiblissements de votre cœur, et prompt à vous les reprocher, mass. Profess. relig. Serm. 4. Rien ne ressemble moins à la charité que cet œil malin qui ne s'ouvre que pour cherclier les faiblesses de nos frères, id. Confér. Zèle contre len vices. César, le regardant d'un œil tranquille et doux, Lui pardonnait encore en tombant sous ses coups, volt. Mort de Ces. m, 8. Tu vois, sage Ariston, d'un œil d'indifférence La grandeur tyrannique et la flcro opulence, id. Disc. i. Elle a vu mon rival d'un œil de complaisance, riRON, SIctrom. m, 2. Elle avait des yeux fripons qui rencontraient quelquefois les miens, J. j. rou.ss. Confess. ii. Le courtisan, en trompant l'œil jaloux d'Agrippine et l'œil curieux du peuple romain, dider. Claude et Nér. i, 48. Un philosophe payen n'a pu voir la conduite de Sérénus de l'œil d'un prêtre chrétien, in. tb. i, 50. Je vois d'un œil assez froid et philosophique le dépérissement de mes facultés corporelles et intellectuelles, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 29 juin 178). L'œil marque le remords, la paix d'une âme pure; Du noble enthousiasme il exprime le feu; Il s'attendrit sur l'homme, il s'élève vers Dieu, delille, Imag. m. Que dis-je? ces accents tantôt fiers, tantôt doux; C'est l'œil, oui c'est l'œil seul qui les rassemble tous; Dans sa noble structure, en prodiges féconde, Le plus frappant n'est pas de retracer le monde, De réfléchir les cieux, les forêts et les mers, Mais de peindre cette âme où se peint l'univers, id. ib. L'enfer est dans ton cœur et le ciel dans les yeux, ID. Parad. perdxi, x. Ce chrétien sans fureur, qui succombe et qui prie, Sur le signe impuissant de son idolâtrie Attache un œil d'amour, l'invoque, et radieux Tombe aux pieds d'idamoro on lui montrant les cieur, c. delav. Pori'a, v, 6. Il Voir de bon œil ou d'un bon œil, do mauvais œil ou d'un mauvais œil, voir avec satisfaction ou avec déplai.sir, avec affection ou avec inimitié. Vous qui dès le berceau de bon œil me voyez, Régnier, Éle'g. V. Et, depuis, le soleil de bon œil ne tovit, id. Ép(l. I. Non, non, c'est d'un bon œil qu'Orodo me regarde, CORN. Suréna, v, 3. Qu'un homme montre d'esprit lorsqu'il vient vous dire : Madame, vous êtes dans la place Royale, et tout le monde vous voit de trois lieues de Paris, car chacun vous voit de bon œil; à cause quo Bonnouil est un village à trois lieues d'ici 1 MOL. Criliq. * ■ Les parlements, qui depuis longtemps voyaient de mauvais œil ces usurpateurs, et qui ne cherchaient qu'une occasion favorable pour s'en défaire, les bannirent du royaume, d'alemb. Destr. des jésuit. Œuvr. V, p. 25, dans pol'gens. || Voir les choses d'un autre œil, avec d'autres yeux qu'auparavant, les voir avec des sentiments différents de ceux qu'on avait. D'un autre œil nous verrons les fières destinées, Régnier, Sat. iv. Mais elle voit d'un œil bien différent du vôtre Son sang dans une armée, et son amour dans l'autre, corn. Bot. i, t. Chacun voit ceux [les maux] d'autrui d'un autre œil que les siens, lo. ib. m, 4. On so voit d'un autre œil qu'on no voit son prochain, la ro:tt.Fabl. 1, 7. Ici vous verrez les choses d'un autre œil qu'en Provence, sF.v. <«8. Mais nous qui d'un autre œil jugeons les conquérants, BAC. Alet. u, «.|| Molière a dit dans un sens analogue: jeter de nouveaux yeuj. Et mon esprit jetant de nouveaux yeux sur elle, Pr. d'Êl. i, <. || Dans un sens opposé. Voir de même œil, regarder du même œil ou d'un même œil, avoir les mêmes sentiments. Nous regardons ce» écrits do mdrao œil quo vous, soss. Projet dt réunion, »♦ part. Lett. xv. Vcrrez-vous d'un même œil lo crime et l'innocence 7 iac. Kithr. i, 1. Ma filtc, je vous vois toujours des mêmes yeux, to. Iphig. Il, 2. Il voudrait que tous les hommes la regardassent des mêmes yeux quo lui, hass. Carême,
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Pêcher. Il Voir une chose d'un œil sec, voir sans s'affliger une chose faite pour contrister. On demande pourquoi le même homme qui aura vu d'un œil sec les événements les plus atroces, qui même aura commis des crimes de sang-froid, pleurera, au théâtre, à la représentation de ces événements et de ces crimes, volt. Dict. phil. Larmes. || En ternies de galanterie. Faire les doux yeux, les yeux doux à une femme, la courtiser. Et vous vous amusez à faire les yeux doux, boisrobert, Belle plaideuse, 1, 3. Il m'avertit des gens qui lui font les yeux doux [à ma femme], mol. Tart. i, 6. || 5» Action de la vue, regard, faculté de voir. Pour voir ce qui s'y passe [dans mon cœur) il ne faut que des yeux, corn. Sertor. 11, 2. Il est vrai qu'elle et moi souvent nous nous sommes parlé des yeux, mol. le Sicil. s. Archimède.... n'a pas donné des batailles pour les yeux, mais il a fourni à tous les esprits ses inventions, PASC. Pens. XVII, 1, édit. iiavet. Voire fils plaît extrêmement.... on ne saurait passer les yeux sur lui comme sur un autre, on s'arrête, sÉv. 25 fév. 1685. Quand est-ce que j'entendrai cette bienheureuse nouvelle : ses femmes [de Paris] ne s'arment plus contre la pudeur, ses enfants ne soupL'ent plus après les plaisirs mortels, et ne livrent plus en proie leur âme à leurs yeux? boss. Serm. Itésurr. dern. 4. De quelque côté qu'il tournât les yeux, id. Uist. 11, U. 'î'u lui parles du cœur, tu la cherches des yeux, RAC. Andr. iv, b. Apprenez que, suivi d'un nom si glorieux, Partout de l'univers j'attacherai les yeux, ID. Mithr. Il, 4. Des collines et des montagnes.... dont la figure bizarre formait un horizon à souhait pour le plaisir des yeux, fén. Tél. i. Cherchant de» yeux son ennemi, iii. tb. xvi. Elle consulte des yeux son père, id. tb. xxiii. X mesure qu'il s'avançait, il cherchait dans les yeux de Mentor pourvoir s'il n'avait rien à se reprocher, id. ib. xxii. Il tenait 1 œii sur ceux [les yeux] do sa femme, uamilt. Gramm. s. Elle s'y attendait, et nos yeux se rencontrèrent, MARiv. Ifarianne, 3" part Puisque ton œil embrasse Elles cieux et l'enfer, elle temps et l'espace. DELiLLE, Parad. perdu, i. || L'œil de Dieu, lo regard que Dieu jette sur toute chose. L'œil do Dieu voit tout, pénètre tout, perce le fond des abimes, etc. c'est-à-dire il n'y a rien de caché à Dieu. Me voilà jugé avant le jugement de Dieu sur un fait où son œil, qui voit tout, sait quo je no suis mêlé en aucune sorte, boss. Signatures des docteurs. Il Avoir devant les yeux, avoir devant son regard, devant soi. Nous avons devint les yeux un beau spectacle. Chacun avait la mort devant les yeux, lÊN. Tdl. Y. Il Fig. Avoir devant les yeux, avoir la pensée tellement remplie de quelqu'un ou de quelque chose, qu'on y songe uniquement. Il a son devoir devant les yeux. Il n'a devant les yeux que sa chère Troyenne, bac. Andr. 11, 3. Je n'eus devant les yeux que mon père offensé, id. Mithr. I, 1 . Il ôter des yeux, de devant les yeui, écarter de la présence. Allons vite, ôte-toi do devant mes yeux, vilaine, mol. Bourg, gent. m, s. || Meltre devant les yeux, faire voir, exposer. Le premier [cantique] nous met devant les yeux lo passage de la mer Rouge, noss. Uist. 11, 3. Ils leur représentaient sans cesse les malheurs de leurs compatriotes, et leur mettaient devant les yeux cet exemple si triste, mon- TESO. Lett. pert. 12. || Remettre une chose devant les yeux, en faire ressouvenir, la remettre en mémoire. Il Mettre sous les yeux, mettre sous l'œil, faire voir. Je lui mis sous les yeux le récit de l'affaire. Des vérités qu'il faudruit vous meltre sous l'œil, MASS. Carême, Parole. Je vous mettrais comme sous l'œil ce que je n'ai montré qu'en éloignement, in. Or. fun. Villeroy. || Molière a dit : mettre aux yeux. Mais votre conscience et le soin de votre âme Vous devraient mettre aux yeux quo ma femme est ma femme, mol. Sgan. ai. Je lui mettais aux yeux comme dans notre temps Cette soif [d'écrire] a gâté de fort honnêtes gens, m. Kii. i, 2. Il Sous l'œil, présent, en vue. Je me trouverais sous l'œil et sous la main du prince, pour recevoir de lui la grâce.... la broy. viit. ô hommesl vous ne connaissez pas les objets que vous avez sous l'œil, MASS. Carême, ririté de la religion. || Familièrement. Avoir le compas dans l'œil, mesurer presque aussi juste avec la vue seule qu'on pourrait lo faire avec un compas. || Avoir l'œil exercé, avoir acquis, par l'iiubitudo de regarder attentivement, Isfacullé devoir bien et promptement, || Fig. Il a l'œil trop exercé pour no n'être pas aperçu dos ridicules de cet homme. || Avoir des yeux de lynx voir, découvrir les objets de loin ; et fig. voir clair dans les affaires, dans les desseins, dans les pensées des autres (voy. lïrx). || Avoir des yeux, useï
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de Im ficult* de voir, de discerner, de comiaîlre. Pensei-vous, madame, qu'en ces lieux Seule pour TOUS connaître Octavie ait des yeux? bac. Brit. ii, 3. Uneaulreaur» des yeux, et v« du moins connaître De quel prix mon amour et ma main devaient être, TOLT. Zaïre, iv, ï.Vous, Actéon, mille autres par les dieux Furent punis pour avoir eu des yeux, malfil. Narcisse, m. || l'ig. Avoir des yeux, voir ce qui se passe, ne pas être dupe. Tout ce peuple a des yeux pour voir quel attentat Font sur le bien public les maximes d'État, corn\ Nicom. m, a. Montrons-leur hautemenl que nous avons des yeux, in. ib. iv, «. ....Ou j'aime à me flatter; Ou sur eux quelque orage est tout prêt d'éclater; J'ai des yeux; leur bonheur n'est pas encor tranquille, rac. Iphig. ii, 8. 11 ne fallait qu'avoir des yeux, sans aucune connaissance de la cour, pour distinguer les intérêts peints sur les visages, st-sim. 273, 23«. Mon Dieu, milady, reprit cette femme, on a des yeux et des oreilles, OKNLis, Vœux téméraires, 1. 1, p. 207, dans pougebs. Il Avoir des yeux au bout des doigts, avoir le tact très-délicat. || Avoir un bandeau sur les yeux, avoir quelque préoccupation qui empêche de juger sainement des choses. {1 Blesser les yeux, déplaire, causer du chagrin. || Dessiller les yeux, voy. dessiller. Il Donner dans l'œil, dans les yeux, voy. donner, D* 42. Il Fasciner les yeux, les éblouir par des tours de subtilité, et aussi tromper par un faux éclat, une fausse apparence. || Frapper les yeux, être lort visible. Il Fig. Frapper les yeux, être évident. Cette vérité frappe les yeux. || Fig. Sauter aux yeux, être évident. || Former l'œil ou les yeux sur..., à..., voy. FERMER, n* 5. Il Jeter les yeux sur, regarder. L'assemblée jeta les yeux sur Mentor, fën. Tél. vi. || On dit dans le même sens : les yeux se jettent. D'abord SOS yeux se jetèrent sur moi, et me parcoururent , je dis se jetèrent, au hasard de mal parler ; mais c'est pour vous poindre l'avidité curieuse avec laquelle elle se mit à me considérer, harivadx, ifarianne, i." part. !l Jeter les yeux, examiner. Jetons les yeux sur le peuple même, Boss. Jlist. ii, 9. || Je n'ai fait que jeter les yeux sur celte brochure, je n'ai fait que la parcourir. {| Jeter les yeux sur, remarquer, distinguer, choisir. 11 ne pouvait mieux faire que de jeter les yeux sur un si bon sujet, siv. 407. Silanus, sur qui Claude avait jeté les yeux. Et qui comptait Auguste au rang de ses aïeux, rac. Brit. i, 4. Vous me convenez fort, et je vous conviens mieux; Sur vous on sait assez que je jette les yeux, BEONARD, U Joueur, II, 4. Il Avoir les yeux ouverts, Toy. OUVERT, n' t . Il Ouvrir les yeux, ouvrir de grands yeux, voy. ouvrir, n" ». || 6* Œil, yeux, pris dans le gens de contemplation, de surveillance, de guet. Il captivait [tenait captive] sa femme cependant. De ses cheveux voulait savoir le nombre, La faisait suivre à toute heure, en tous lieux. Par une vieille au corps tout rempli d'yeux, Qui la quittait aussi peu que son ombre, la font. On ne t'avise. Partout je veux porter l'œil de la vigilance, brikpaut, Ninus U, II, 4. 1) Être tout yeux, contempler avidement. Je fus tout yeux pendant dix ou douze heures de suite, maint. Lelt. à Mme de Tillarceaux, 27 août 1660. Il Etre tout yeux, tout oreilles, contempler et écouter avidement ; et aussi, surveiller avec vigilance. Mais ce coquin de Dave est tout yeux, tout oreille, Prends garde.... baron, 4ndrienne, m, î. ||Cent yeux, se dit pour vigilance,
surveillance attentive L'homme aux cent yeux
o'a pas fait sa revue ; Je crains fort pour toi sa venue, LA font. Fabt. IV, 2. || Avoir l'œil au guet, prendre garde à tout ce qui se passe. Tout le jour, il avait l'œil au guet ; et la nuit. Si quelque chat faisait du bruit. Le chat prenait l'argent, la fo.nt. Fobl. viii, 2. Aie aussi l'œil au guet, Nérine, et prends bien garde qu'il ne vienne personne, hol. Pourc. I, ». J'aurai l'œil au guet, et prendrai soin de vous avenir, dancourt, laCoie«e,sc. 2. || Avoir des yeux d'Argus, être fort vigilant, observer tout xvec soin, exercer une active surveillance (voy. wous). Il Avoir l'œil à quelque chose, y veiller. Comme elle a loujour» l'œil k la défiance, bégnieb, Sat. XIII. J'en réponds sur ma léle, et j'aurai l'œil
à tout, co»N. Iliracl. m, 4 Entrez dans cette
porte, El sans bruit ayez l'œil que personne n'eu •orta, MOL. £e. des marit, iii, s. Je suis malade au mont Krapac, je n* puis avoir l'œil à tout, volt. Dit/, phil. Quakers, m. J'ai conduit la maison.... avec ttoe économie remarquable et qui a été citée • mon premier principe éuil d'y avoir l'œil, cenus, Kém 1.111, p. SI. Il Tenir l'cril i, veiller i quelque chose" Jy tiendrai l'ttii, LA FOMT.Jfaym/. Ce m'est un avis M tenir 1 mil plus que jamais sur loulM s«s acUoos •ot. Utar,, II, s Et ont dts oracian qui y
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tiennent l'œil et qui sont payé» exprès pour y prendre garde, Corretp. de Colbert, ni, 2, p. ."07. llJAvoir l'œil sur quelqu'un, le surveiller. Nous avons beau sur ce sexe avoir l'œil.... la font. Onne s'av. Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens. Et régler la dépense avec économie, hol. Femm. sav. il, 7. || Avoir l'œil sur quelqu'un, le surveiller pour le préserver. Ayez l'œil sur le roi dans la chaleur des armes, Et conservez son sang pour épargner mes larmes, corn. Pomp. iv, B. ô vous, sur ces enfants si chers, si précieux, Ministres du Seigneur, ayez toujours les yeux, rac. Ath. ii,7. Il Avoir l'œil sur, considérer attentivement. Et vous, doctes interprètes des lois.... tout l'univers a les yeux sur vous, boss. le Tcllier. Toute la Grèce qui a les yeux sur nous, vin. Tél. xx. Toute la France avait les yeux sur le roi, hamilt. C,-amm. 5. || Avoir l'œil sur quelque chose, en prendre un soin attentif, y veiller. Pour vous, ma fille, vous aurez l'œil sur ce que l'on desservira, et prendrez garde qu'il ne s'en fasse aucun dégât, mol. l'Avare, m, 3. Indépendamment des lois, les censeurs eurent l'œil sur les mariages, mostesq. Esp. xxiii, 20. |{ Avoir un œil aux champs et l'autre à la ville, prendre garde à tout. Il Par plaisanterie. Avoir un œil à Paris, l'autre à Pontoise, loucher. || 7* L'œil du maître, la surveillance du principal intéressé. Il n'est pour voir que l'œil du maître; Quanta moi, j'y mettrais encor l'œil de l'amant, la font. Fabl. iv, 21. || L'œil du maître engraisse le cheval, c'est-à-dire il ne faut pas se reposer sur autrui du soin de ses aflaires. || L'œil de la fermière engraisse le veau. || L'œil du fermier vaut fumier. || 8" Mauvais œil, voy. mauvais, n° 4. Il 9" Familièrement. Voir de ses yeux, de ses deux yeux, être témoin d'une chose. Je l'ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu. Ce qu'on appelle vu, mol. TarC. V, 3. Mon Dieu, que je serai ravie de voir de mes deux yeux celle santé que tout le monde me promet, et sur quoi vous m'avez si bien trompée quand vous avez voulu! SÉV. 367. Les Français ont des ressources dans leur envie de plaire au roi, qui ne trouveraient point de créance dans tout ce qu'on nous en pourrait dire , si nous ne le voyions de nos propres yeux, id. 27 janv. 18»2. || Voir tout par ses yeux, ne s'en rapporter qu'à soi pour juger des choses. Il voit tout par ses propres yeux, fen. Tél. xxii. Ne nous fions qu'à nous, voyons tout par nos yeux, volt. Œdipe, 11, 6. || Voir par les yeux d'autrui, juger des choses par le rapport des autres. L'homme voit par les yeux de son affection, Régnier, ,Sat. v. Votre marâtre y règne, et le roi votre père Ne voit que par ses yeux, seule la considère, corn. Sicom. i, t. Le prince faible ne verra que par les yeux d'un favori, fén. Tél. xxi. || Emprunter les yeux d'un autre, voir par ses yeux. Ne saurait-il rien voir qu'il n'emprunte vos yeux ? rac. Brit. 1, 2. Il Voir une chose par les yeux de l'esprit, l'examiner par la raison. || Voir une chose des yeux de la foi, la considérer avec les dispositions, les sentiments que donne la foi. Qu'il est beau de voir, par les yeux de la foi, Darius, Cyrus, Alexandre, les Romains, Pompée et Hérode agir, sans le savoir, pour la gloire de l'Évangile I pasc. Pens. part. 11, art. «2. Il Familièrement. Voir une chose des yeux de la foi, s'en rapporter à ce qu'on en dit. Sa gorge, que je ne vis que par les yeux de la foi, boursault, Lelt. nouv. t. m, p. 32, dans pougens. || 10° Faire des yeux à quelqu'un, lui faire par le regard seul quelque reproche, quelque injonction. Sa mère lui faisait des yeux, point de nouvelles, sev. 79. Madame d'Epinay me faisait des yeux; et & la fin, quand j'ai eu tout dit, j'ai compris que je désobligeais.... DIDEROT, Uim. t. 1, p. 285, dans POUGENS.
[i On dit dans un sens analogue : faire les gros yeux. Je me prosterne aux pieds de maman, et je la supplie de ne me plus faire les gros yeux; je tâcherai à l'avenir d'être un peu plus joli garçon, dider. Mém. t. m, p. 52, dans pougens. || Populairement. Faire l'œil, témoigner par ses regards qu'on désire quelque chose. Faire l'œil à une bouteille de vin. Il On dit dans le même sens : faire de l'œil. Chacun à sa chacune But en faisant de l'œil.... la font. Cas. Il 11° Fig. Œil se dit des lumières intérieures. Oh I qu'il IJésus-ChrislJ est venu en grande pompe et en une prodigieuse magnificence, aux yeux du cœur et qui voient la sagesse I pasc. Peni. xvii, < , éd. ravet. La réflexion est appelée l'œil de l'&me, parce que, l'acte direct n'étant pas le plus souvent assez aperçu, la réflexion en l'apercevant l'aiTermit avec connaissance, boss. El. d'orais. v, 5. Mets tes feux dans mon cœur, mets des yeux dans mon ftme, DEULLi, i>arad. perdu, m. 1112" Ce qui éclaire. La chronologie et U géographie sont les yeux de l'his-
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toire. Saint Augustin nous fait parattie, dans la suite du quatrième siècle, comme les deux yeux de l'Orient en la personne de saint Basile et do saint Grégoire, BOSS. Déf. de la trad. et des saints Pères, viii, 32. Il 13° Les poêles appellent le soleil l'œil de la nature. J'aperçois le soleil, quelle en est la figure? Ici-bas ce grand corps n'a que trois pieds de tour; Mais, si je le voyais là-haut dans son séjour. Que serait-ce à mes yeux que l'œil de la nature ? la font. Fabl. vu, 18. Il U se dit, par suite de la même com paraison, de ce qui est comme un soleil. Philis, œr' de mon cœur et moitié de moi-même, rEgnier, Dial La France, le cœur de l'Europe, centre de la chrétienté, œil de tout cet univers.... naudé, Rosecroix, X, i. Antioche, la troisième ville du monde, qu'on appelait l'œil de l'Orient, boss. 5'oier<. 3i. || 14» Le coin de l'œil, l'angle externe de l'œil. Regarder du coin de l'œil. Puis ce coin d'œil, par son langage doux. Rompt, à mon sens, quelque peu le silence : J'y lis ceci.... la font. Magnifique. \\ Fig. Regarder du coin de l'œil une chose, la désirer sans le témoigner ouvertement. Ma belle-fille regarde les Rochers du coin de l'œil, comme moi, mourant d'envie d'aller s'y reposer, sév. \ 1 mai 468». || 15° Il se dit quelquefois pour la personne même. 11 y a des yeux qui voient tout, et ceux qui ne voient rien m'impatientent, sév. 391. Quels charmes ont pour vous des yeux infortunés Qu'à des pleurs éternels vous avez condamnés? rac. Andr. i, 4. Vous pensez que des yeux toujours ouverts aux larmes Se plaisent à troubler le pouvoir de vos charmes, m. Andr. n, 4. Peut-être d'autres yeux me sont plus favorables, id. ib. 11, 2. |1 16° La puissance du regard. Mais puisqu'il plaît au ciel que par vos yeux je meure, Régnier, Élég. i. C'est trop peu de Jason que ton œil me dérobe ; C'est trop peu démon lit, tu veux encor ma robe, corn, ilédée, iv, 1 . Tandis que sans songer à mal je vous regarde, Votre œil en tapinois me dérobe mon cœur, mol. les Précieuses, 4 0. Venez dans tous les cœurs faire parler vos yeux, rac. Andr. u, 2. Et quoique d'un autre œil l'éclat victorieux Eût déjà prévenu le pouvoir de vos yeux, id. ib. iv, 6. || Un bel œil, de beaux yeux, une belle femme. Sur mes pareils, Néarque, un bel œil est bien fort ; Tel craint de le fâcher, qui ne craint pas la mort, corn. Poty. i, 4. Il Pour de beaux yeux, pour l'amour d'une
belle femme Que son mari n'avait pas assurément
épousée pour ses beaux yeux, hamilt. Gramm. 7. Il Fig. Pour les beaux yeux de quelqu'un, pour lui faire plaisir, pour lui. Je ne t'arrêtais pas ici pour tes beaux yeux, corn. Place Hoy. m, 2. L'ordre établi parles grands dieux Se changera pour vos beaux yeux, scarr. Virg. vi. Si vous les voulez aimer, ce sera, ma foi, pour leurs beaux yeux, mol. Préc. 16. Et quand vous me forcez à rester en ces lieux. Je sais que ce n'est point du toulpour mes beaux yeux, REGNARD, Démoctite, v, 4. J'imaginai bien que ce n'était pas, comme on dit, à mes beaux yeux que je devais les avances du ducdeNoailles,ST-siM..ii8, 145. Il Gratuitea;ent, sans salaire. Cioit-il que je le logerai chez moi pour ses beaux yeux I J'étais réduit.... à vous servir sans plus pour vos beaux yeux, LA FONT. Rich. || 17° Les yeux, la présence. Pourrez -vous l'épouser dans quatre jours 1 ô cieuxt Dans quatre jours I seigneur, y voudrez-vous mes yeux?coRN. Tite et Bérén. m, 5 C'est un pénible ouvrage D'arrêler un combat qu'autorise l'usage. Que les lois ont réglé, que les rois vos aïeux Daignaient assez souvent honorer de leurs yeux, id. D. Sanche, 11, 4. || Aux yeux de, sous les yeux de, en présoncede , sous les regards de. Celui qui offre un sacrifice de la substance dos pauvres, est comme celui qui égorge le fils aux yeux du père, saci. Bible, Ecclésiastiq. xxxiv, 24. Et là vous me verrez, soumis ou furieux. Vous couronner, madame, ou le [votre fils] perdre à vos yeux, bac Andr. m, 7. Le triste Agamemnon Semble craindre à mes yeux de prononcer son nom, id. Iphig. Il, S. Comment pourra-t-il soutenir ces odieuses pancartes [billets d'enterrement de son père] qui déchiffrent les conditionsT ....les supprimera-l-il aux yeux de toute une ville jalouse, maligne, clairvoyante? la BRUV. VI. Elle vit loin du monde sous les yeux de Dieu, mass. Avent, Concept. Voyez si vous n'agissez que sous les yeux de Dieu, id. Mysl. Œuvr. de miser. Au sortir de chez Mademoiselle, Segrais fut accueilli par une femme plus faite pour l'apprécier, par Mme de la Fayette, qii écrivit bous ses yeux les deux romans célèbres de la princesse de Clèves et de Zalde, b'alemb. Éloges, .Segrais. Il Fig. Aux yeux, suivant la manière de voir, suivant le sentiment. Nulle promesse n'est sacrée I