XXX
— ETVM. Lat. patrimonialis, de patrimonium, patrimoine.
t PATRIMONIALEME.'VT (pa-tri-mo-ni-a-le-man), odij. Terme de pratique. D'une manière patrimoniale. Ce bien lui appartient patrimoLialement, il est un patrimoine, il lui vient de son père.
t PATRIMONIALISER (pa-tri-mo-ni-a-li-lé), V. a. Terme de pratique. Rendre patrimonial.
t PATRIMONLAUTÉ (pa-tri-mo-ni-a-li-té), t. f. Terme de pratique. État de ce qui est patrimonial, de ce qui a rapport au patrimoine Ils [les ambitieux sans mérite] veulent injustement des charges non méritées et sans s'arrêter un moment à toute leur incapacité, parce qu'ils regardent tous ces avancements en patrimonial! té, et parce que notre gouvernement n'a que trop prêté les mains à ce désordre, d'argenson, Mém. t. ii, p. 2)6, I860.
PATRIOTE (pa-tri-o-f), s. m. et f \\ 1» Celui qui est du même pays, compatriote (c'est le sens ancien, aujourd'hui inusité). Le Breton [Hume], homme actif, liant, intrigant, au milieu de son pays, de se» amis, de ses parents, de ses patrons, de ses patriotes, J. J. Rouss. Lett. à Guy, 2 août I766. || 2° Aujourd'hui, celui, celle qui aime sa patrie, qui cherche à la servir. Patriote comme il l'éuit [Vauban], il avait toute sa vie été touché de la misère du peuple et de toutes les vexaticns qu'il souffrait, st-sim. 171, 27. Il est trisie que souvent, pour être bon patriote, on soit l'ennemi du reste des hommes, volt. Dir.l. phil. Patrie, 3. J'avais lu l'excellent ouvragé dont vous me parlez, et toute ma peine était d'ignorer le nom de l'estimable patriote que je devais remercier, m. Lett. Boncerf, S mars i776. Tout patriote est dur aux étrangers : ils ne sont qu'hoo)mes, ils ne sont rien à ses yeux, j. j. rouss. Ém. i. Vauban... ce véritable grand homme pour qui le duc de Saint-Simon, cet âpre censeur, inventa et à si juste titre le mot de patriote, raudot. Mes oisivetés,p. 1, Paris, 18»3. {I Patriote de 89, s'est dit des Français qui, dès l'origine de la Révolution, avaieu» embrassé la cause de la liberté. || Bataillon de patriotes de 89, un des premiers bataillons que la population parisienne envoya aux frontières en 1792. || Nom donné aux soldats de la République dans les guerres de la Vendée. || Adj. Turgot fut un ministre patriote.
— REM. 1. Ce mot n'a signifié d'abord (voy. l'historique) que homme d'une localité, compatriote; on a dit qu'en son acception de celui qui aime sa patrie, il venait d'Angleterre, et queSaint-Simon était un des premiers qui en aient usé en ce sens ; mais dès le XVI* siècle cette acception apparaît. || 2. L'Académie ne le donne pour la première fois que dans son édition de <762.
— HIST. xvs. Leurs citoyens et patriotes, j.char- TiER, Hist. de Charles VII, p. 172, dam lacuhne. Traitons et consentons avec les susdits bourgmaistres, advoyers, conseils, citoyens, communautez et patriotes des citez, villes, terres et cantons de la vieille ligue de la haute Allemagne, couii. t. m p. 2)3, dans LACinmE. Ilxvi* s. Combien que M. lé Cardinal et ses frères [les Guises] soyent nés en France, et W.s premiers François de leur race toutefois, comme il faut du temps beaucoup à dépouiller le jsi'c] sauvagine des meurs et des naturels du pays paternel, l'on ne tient pas ceste première portée et génération pour naturelle et légitime comme les vrais et anciens patrioltes qui seroyent de quatre à cinq races, heonier de la planchb Livre des marchands, Disiours du drapier. Ils dressèrent une caroUe; parmi laquelle les .Suisses s'«borderent; car ils sont comme patriotes des ours d'autant qu'il s'en trouve en leurs montagnes CARL. m, ». Qu'ils estoient patriote.^, tous du l'ar-^ mesan, id. m, 20. Il mourut en bon et vray patriote, zélateur de la manutention des statuts de lacité, lu. VI, 6. Le présent oîuvre servira à tous bons patriotes à estre députez pour le tiers estât comme celui qui porte le fais da ceste pesante et esmerveillable somme de deniers qu'on a tiré et exigé de lui, faohknteau. Secret des finances, Argument. Ceux qui , sans espargner leurs corps et biens, n'estuillent à autre chose qu'à conserver le royaume en la religion patriotte, condB, Mémoires, p. 6.15. Ennemy do l'authorité, de la justice, du repos et de la réputation de Sa Majesté, perturbateur du bien public, amateur du sang de sespatriots, le Pacifique on Vanii-soldat, p. 6.
— ÉTYM. IlaTpMÔTTK, compatriote, de icatpii (voy. patrie).
PATRIOTIQUE (pa-tri-o-ti-k'), odj. Qui appartient au patriote. Je voudrais que, par des honneurs,
toio
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par des récompenses publiques, on donnât de l'éclat t toutes les vertus patriotiques, J. J. aouss. Coui . de Pologne, ch. iii. L'esprit patriotique, cet esprit sans leiiuel les États sont des peuplades, et non pas des naliuns, hatnal, llisl. phil. l, ao. Soins patriotiques, LEMiBRRE, Baninelt, lu, 3. || Don patriotique, n'est .lit, danslaHévolution,d'un don fait à la patrie.
— RgM. Cet adjectif ne se dit correciement que des choses. On ne dit pas un homme patriotique, ujais un homme patriote.
— f.TYM. PalTwte.
l'.ATRIOTIODEMENT (pa-tri-o-ti-ke-man) , adv.
El. i-alriote.
— ÊTYM. Patriotique, et le suffixe ment. PATRIOTISME (pa-tri-o-ti-sm'), s. m. Il 1° Amour
de la patrie. Le patriotisme dans les âmes vulgaires, je ne dis pas dans les grandes ftmes, n'est guère que le sentiment de son bien-être, et la crainte de le voir troubler, d'alemb. Apolog. de l'étud. Œuv. t. IV, p. 207, dans pougens. Aht par un sentiment de pur patriotisme Savoir borner sa gloire est un autre héroïsme, lemierre, Barnevelt, i, i. On siffle le patriotisme ; Ce qu'on sait le mieux c'est compter, RÉRANO. Poète de cour. || ï° Se prend quelquefois eu mauvaise part. Patriotisme de clocher. Patriotisme provincial. M.Turgot appelle cela.... du patriotisme d'anticLamlire, grimm, Correspond t. i, p. 27.
— ETYM. Patriote.
t PATRIPASSIEN (pa-tri-pa-siin) ou PATROPAS- SIEN (pa-tro-pa-siin), s. m. Nom donné à divers hérétiques qui enseignaient qu'il n'y a qu'une seule personne divine, savoir le Père, que le Père est descendu dans Marie, qu'il a souffert, et qu'il est Jésus-Cbrist même.
— ETYM. Lat. Pater, le Père, et passio, passion, t PATRISTIQCE (pa-tri-sti-k'), s. f. Science des
choses qui sont relatives aux anciens Pères de l'Église, à leur vie, à leur doctrine, à leurs œuvres.
— ÉTYM. Lat. patres, les Pères de l'Église. PATROCINER (pa-tro-si-né), ». n. l'eime vieilli.
Parler longuement et d'une façon importune pour persuader. Prêchez, patrocinez jusqu'à la Pentecôte; Vous serez ébahi, quand vous serez au bout, Que TOUS ne m'aurez rien persuadé du tout, hol. i^c. des f.i, r II II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XIV' S, Comme Guillaume Ferrecoq reparast [vîntj i la court espirituel de l'evesque de Meiiulz, et y patrocinast, et feist fait de procureur.... DU CANGE, patrocinari.
— ETYM. Prov. et esp. patrocinar, ital. patrocitiare; du lat. patrocinari, de patronus, avocat
(voy. PATRON t).
t PATBOCLE (pa-tro-kl'), ». m. Espèce de coquille univalve.
t PATROLOGIE (pa-tro-lo-jie), s. f. Connaissance particulière des Pères de l'Eglise. |{ Édition de tous les Pères de l'Église,
— ÈTYM. naxrip, naxpè;, Père de l'Église, et \ô- Yo;, doctrine.
I. PATRON, ONNE (pa-lron, tro-n"), t. m. et (. !' 1» Terme d'antiquité. Chez les P.omains, le maître à l'égard de l'affranchi, le protecteur à l'égdrd du client. Sous les noms séduisants de patrons et de pères Us [les patriciens de Rome] affectent des rois les démarches altières, volt. Brutus, i, 4. Cette admirable institution des patrons et des clients fut un chefd'œuvre de politique et d'humanité, s. i. bodss. Contr. soc. iv, 4. || S'e.st dit, sous les empereurs romains, des citoyens qui faisaient métier de plaider devant les tribunaux. {{ 1' Celui, celle qui sert de protection, d'appui ; celui, celle qui s'intéresse Il notre fortune et qui cherche i la pousser. La cour fit une peur épouvantable à Mme de Montbazon, qu'on savait être la patronne de la Boulaye, retz, uij 2«. Il s'était porté pour patron des Irlandais opprimés, HAMiLT. Gromm. ». D'ailleurs ne dit-on pas : telle» gens, tel patron ; Et dès que je le sers, peutil être un poltron? piron, Métrom. iv, (. David Hume, étruilemem lié k Paris avec vos messieurs, sans oublier les dames, devient, on ne sait comment, le patron, le zélé protecteur, le bienfaiteur à toute outrance de Jean-Jacques, j. j. rouss. 2* dial. Un eunuque au front noir o^t le patron d'Athènes (avanl l'indépendance), p. lebhi'n, Voy. de Grèce, m, ». Il •• Saint, sainte, dont on porte le nom. C'est le jour de mon saint patron que je vous écris, boss. Ult. abb. «». Quel moyen de s'appeler Pierre, Jean, Jacques comme le marchand ou le laboureur?. qu »ll« [la taulUlude) s'approprie les douze apôtres, .u". .'•"'"•' ^ P""»*»" martyni (K-Ues gens lelj patron»).... pour nous autres grands, ayons retour» au noms profane..... la bru», ix. H Saint •aime i qui ui„. égHie est dédiée ou qui protège
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particulièrement une ville, un pays, etc. Notre- Dame de Bon Secours, patronne des mariniers. Saint Denis, patron de la France. Sainte Geneviève, la patronne de Paris. Cette opinion [que les Moscovites n'avaient pu être vaincus que par un pouvoir surnaturel) fut si générale, que l'on ordonna à ce sujet des prières publiques à saint Nicolas, patron de la Moscovie, VOLT. Charles XII, 2. Le moine Lazare, digne de devenir le patron des peintres, chateaub. Génie, m, i, 3. || Fig. Personnage sous qui on se met, bien qu'il ne soit pas un saint. Job, un de mes patrons, dit que l'homme est né pour tnvailler, comme l'oiseau pour voler, volt. te». d'Àrgence, 3 août 1770. Kt mon patron à moi, c'est le joyeux Chapelfe, col:in d'harlev. Artistes, i, 3. || Fig. 11 se dit aussi de celui qui donne crédit, autorité à quelque chose. Je porte une infinité de remèdes bons ou mauvais.... il n'y en a pas un qui n'ait son patron et qui ne soit la médecine de mes voisins, sÉv. « sept. 1676. Il 4* Familièrement. Le maître d'une maison. Où est le patron? La fortune cruelle A ramené des champs le patron de la belle, mol. École des f. m, *. il On dit dans le même sens : le patron de ta case; ce qui s'applique aussi à, un homme qui, sans être le maître d'une maison, y a tout pouvoir. Le Génois, qui devint à son tour le patron de la case, le sage, Gutm. d'Àlf. i, 4. Sur les deux ou trois cents invités, il n'en est aucun qui n'ait un rôle è jouer pour les patrons de la case, les plus francs égoïstes que le siècle ait créés, MUfSET-PATHAY, Conles histor. p. B8. Il 5' Dans l'industrie, nom .]ue les ouvriers donnent au maître de l'établissement. Le patron est sorti. Querelles des ouvriers avec les patrons. i| 6° Patron se dit aussi, par manière de qualification amicale, à un homme (l'un rang inférieur. Bonjour, patron. || 7° Terme de marine. Patron d'une chaloupe, quartier-maître ou contre- maître chargé du commandement d'une embarcation. || Anciennement, patron de galère, homme pratique qui conduisait la galère et en était le capitaine marin, sous l'autorité du capitaine militaire. Je suis empereur, lui dit-il [Théophile k sa femme Théodora), et vous me faites patron de galère, montesq. Esp. x%, (9. |1 Dans l'ancienne Venise, patron du port, plébéien qui dirigeait les affaires du port. Votre prédécesseur, m.ais non pas votre égal, Me fit patron du port et chef de l'arsenal, c. delav. ifor. Fal. i, s. || Fig. Il est le patron de la jbarque, c'est-à-dire c'est lui qui a le plus de crédit dans une société, dans une affaire, etc. Il 8° Galère patronne, ou, simplement, la patronne, galère que, dans l'escadre des navires de son espèce, montait le lieutenant général ou celui qui avait le commandement après le chef d'escadre ; elle avait le second rang, la réale ayant le premier; elle tenait entre les galères le même rang que le vice-amiral entre les vaisseaux de haut bord. La patronne n'était que la troisième galère des États maritimes qui avaient une capitane, outre la réale. Il 9° Titre d'une dignité princière, duns quelques villes, au moyen âge. Patron de Salonique. || 10" Dans le Levant, le maître à l'égard de l'esclave. Réduit en esclavage, il eut le bonheur d'avoir pour patron un homme compatissant. || 11° Autrefois, le prélat ou le seigneur laïque qui nommait à un bénéfice. Le roi est patron de toutes les églises cathédrales et collégiales, des abbayes et des monastères, s'il n'y a point de titre au contraire, fbvet. De l'abus, ch. 8, dans richelet. || Patron d'une église, celui qui avait bâti, fondé ou doté une église. || IJ" Cardinal patron s'est dit, à la cour de Rome, du cardinal qui gouvernait comme premier ministre. Il 13* Nom qu'on a d'abord donné à la giberne. On disait aussi la patronne (c'est de là que cartouche se dit en allemand Patrone}.\\ 14° Patron des maréchaux et des charbonniers, la mésange charbonnière.
— HIST. xur s E ne seit p.itrun A celé iglise
se rcis nun, Edouard le eorfcsseur, v. 2424. Uns p.ilrons franchi son serf, porce qu il remaindroit à lui servir, et cil par maie tricherie ne le vost [voulut] servir, Liv. de jusl. ns. || xiv* s. Or ont il leur patron, or ont il leur seigneur, Girart de Ross. v. 2661. C'est lestoile qui par me^ me conduist ; C'est la nasselle Forte, seûro et plaine de déduit; C'est Il patrons qui me gouverne et duit; C'est l'aviron qui de mer fent le kruit, Machaut, p <28. Les besles ont ce sens de parfaictement amer et estre privées de leurs patrons et bienfaisans, Uénagier, i, 6. il xv s. ilaistre Alphonse Vietat, souverain patron et maistre de toutes les navires et gullées de Portugal, FRoiss. liv. m, p. tu», dans lacurne. L'cvcs<|ue de Lisieux disoit estre patron de l'escole de la ville de Touques, DEL1LLE, 4 jrïcuit. norni. p. m.
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Il XVI" s. L'un de ceux qui suivirent Evander en Italie s'appelloit Patron, lequel, estant homm» secourable et qui supportoit les pauvres et petits, donna son nom k cest office d'humanité, amyot, Hom. )9. Comme les patrons des galères et pilotes voulussent laisser les voiles, il leur commanda qu'ilz les chargeassent, ID. Anton. 83. Ils furent suivis de si près, que la patronne du capitaine Jonas fut investie et prise par les ennemis, m. nu bellay, I54.
— ETYM. Provenç. patron, palro, et aussi pairon, pairo; catal. padrô, patrô ; espagn. patron; ital. padrone; du lat. patronus, patron, protecteur, dérivé de pater, père.
2. PATRON (pa-tron), s. m. || 1° Modèle sur lequel travaimnt certains artisans, comme les brodeurs, les tapissiers et autres. Malheureusement Mlle Catherine Vadé, qui en a trouvé le manuscrit, ne sachant pas ce que c'était, en a fait des patrons de manchettes, et ne nous a donné que le discours aux Velches, volt. Facéties, .^uppl. au dise, aux Felches. || Dentelle d'un beau patron, dentelle faite sur un beau patron 1 2" Morceau de papier découpé de manière à figurer certaines parties des vêtements d'homme ou de femme, et sur lequel on taille l'étoffe. Le patron d'une chemise, d'un bonnet, d'une veste. Tailler un patron. || 3° Terme de luthier. Il se dit de certaines pièces de bois qui ont la forme des différentes parties d'un instrument tel que Tiolon, basse, etc. et d'après lesquelles on taille le bois dont ces instruments doivent être faits. Violon d'un grand patron, d'un petit patron. Les stradivarius sont d'un grand patron, les amatis sont en général d'un petit patron. || 4° Papier ou carton découpé qu'on applique sur une surface quelconque pour peindre les parties que ces découpures laissent à découvert. Les cartes à jouer s'impriment avec des patrons ){ Sorte de peinture faite avec des patrons découpés. Il B" Dans les manufactures d'or, d'argent et de soies figurées, dessin fait par le peintre et rehaussé de couleurs, qui sert à monter le métier, et à représenter sur l'ouvrage les ditîérentes figures de fleurs, d'animaux et de grotesques, dont le fabricant veut l'embellir. || 6° Patron ou table à patron, table de bois blanchie sur laquelle les vitriers tracent les figures d'après lesjuelles ils veulent couper leurs pièces. || 7° Modèle en bois dont on se sert pour former le creuset et les étalages d'un fourneau. Il 8' Fig. Modèle. Chaque mère à sa bru l'alléguait pour patron, la pont. Matrone. Fais toute» choses 5«lon le patron qui t'a été montré, pasc. Figuratifs, i'i, édit. FAUGÈRE. N'allez pas prendre patron sur mes lettres.... je vous en ai écrit depuii peu d'infinies, sÉv. 4 2 avr. (671. Notre esprit si faible etsi court ne peut se former par lui-même celte image de l'infini qui n'aurait aucun patron, fên. Exist. 63. Le curé de Veretz est un homme sensé.... ami de lajeunesse, trop raisonnable pour la réformer sur le patron des Ages passés, p. L. cour. Pétition p^tur les villageois qu'on empêche de danser. || Cet homme s'est forme sur un bon, sur un mauvais patr.m, il s'est formé sur un bon, sur un mauvais modèle.
— REM. Malherbe a dit patron, au sens passif, pour image exacte : Belle âme, beau patron des célestes ouvrages. Qui fus de mon espoir l'infaillible recours, vt, il.
— HIST. XV* s. Ungpatron à la grandeur d'un couvre-chief, auquel patron a plusieurs divises faictes à l'eguille, Bibl. des ch. 8" série, t. i, p. sbs. Pour plusieurs patroris qu'ils avoient fait faire en papier et parchemin pour aucuns ouvraiges que Monseigneur veult et a intention de faire faire en sa chapelle à Dijon, de laborde, Ém. p. 434. Pour avoir paint, en patron, la situation de la ville de Calais et icelle présentée à Monseigneur, id. i6. Ou [au] que) patron de cire n'y avoit que l'esprainte et enseigne du tuel [tuyau] de la serrure, du cangb, tuellus. Et que des maistres vienne le patron et l'exemple, sur quoi leurs aides et leurs apprentis doivent ouvrer, AL. CHART. Quadril. invectif. Et se peut voir par les tours [du château d'Amboise], par où l'on monte à cheval, et par ce qu'il avoit entrepris en la ville, dont les patrons estoient faits de merveilleuse entreprise et despence, et qui de long temps n'eussent pris fin.... COMM. viii, (8. Il XVI' s. L'autel d'Achaz duquel il avoit fait apporter le patron de Sainarie, CALV. Instil. 064. Alexandre souverain patron des actes hasardeux, mont, i, (33. Ce qu'on sçait droictement, on en dispose sans regarder au patron, id. i, (63. L'homme rencontrant de bons exemples venoit par force à se mouler et former au patron de la vertu, amyot, l.yc. 57.
— ETYM. Prov. patron, modèle; bas-lat. patronus, patrunus, modèle: angl, patlern. Du sens d*
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protecteur, on a passé à celui de guide et, finalement, de mo'ièle.
t PATRON-JAQUET (pa-tron-ja-kè), PATROX HINET (pa-lion-mi-np) (DÈS l.K), loe. adv. De trèsgrand matin. Il On a dit potion : Il avançait pays monté sur son criquet, Se levant tous les jours dès le potron-jaquet , Cartouche, ch. via, p. 50. || On trouve aussi : La dame du poitron-jaquet l'est encore moins [ingrate), si?v. 27). || Enfin quelques personnes disent: dès le paître au minet ou au jaquet.
— HiST. xvi* s. Il s'est levé dès le poltron jaquet, OUDIN, Curios. franc
— ÉrY.M. Bourguign. pauitrou-jaiquai, potrou jacquet,de grand malin; norm. dès le paUre jacquet. On a (lit que putrun signifiait le petit, et que la locutiuii signifiait : le petit du minet [cliat] ou du jacquet (nom de l'écureuil en Normandie], 11 est vrai que }acquet signifie écureuil ; mais cela n'explique pas le sens de la locution. La vraie leçon est dès le paitre au jaquet, au minet, ou dès le pailre jac'jnel, c'est-à-dire dès le moment où lo chat, l'écureil va au paitre, c'est-à-dire de grand matin. Patron en est une sinj:uiière corruption.
1. PATKO.VAGE (pa-lro-na-j'), s. m. || 1" Terme d'histoire romaine. Se dit des relations établies à Rome entre les patrons et leurs clients Ce qui contribua le plus à mettre une parfaite conconle dans ce peuple naissant, fut le droit de patronage établi par Romulus, rollin. Traité des Et. v, m, 2. || 2' Protection accordée par un homme puissant à un homme d'un état inférieur, et même à des cités, à des cantons, etc. Je regarde Itome, depuis le temps de l'empereur Léon l'Isaurien, comme une villa libre protégée par les Francs, ensuite par les Germain.s, qui se gouverna tant qu'elle put en république, plutôt sous le patronage que sous la puissance des empereurs, VOLT. y4nn. Emp. Doutes. Les cantons d'Uri, de Schwitz et d'Underwald étaient sous le patronage de la maison d'Autriche, mais non sous ta domination, iD. ib. Albert I" , 1307. || Iniluence, Tous cei médecins des eaux cherchent à élablirleur patronage aux dépens de qui ils peuvent, théod. LECLERCQ, Proverbei', t. m, p. 220, dans pougens.
! 3° Ti.rme de droit canon. Droit de présenter un ecclésiastique au bénéfice vacant. On acquiert le droit de pationage sur un bénéfice, lorsqu'on a employé son bien à bâtir une église ou lors(|u'on l'a fondée ; ce droit se transmettait aux descendants.
Il 4° Se dit de diverses institutions ou sociétés de bienfaisance. Œuvre du patronage des enfants de Saint-Vincent de Paul. || 6" Terme de blason. Armoiries de patronage, celles qui contiennent, dans le haut de l'ecu, quelque marque de dépendance.
— REM. On a dit patronance : La pensée qu'ils ont de faire bien leur cour auprès de Votre Majesté, joint à la patronance dont ils sont en possession.... kelt. etc. de Colberl, t. v, p. 27u.
— HIST. XIV* s. Rendre défense et patronage à la loi trcbonienne, bercheure, f" 100, verso. Ij xv* s. Vous qui tenez cinq prou vernies ou six, Tant catliedraux comme collégiaux, PatronaigfS, chapelles neuf ou dix.... E. DESCH. Poés. mss. (° 357. Il XVI* s. Les jeux, danses... des quelles l'antiquité a donné le patronagectlaconduicteauzdieuzmesme»,HONT.i,<84.
— 8TYM. Patron 1.
t a. PATRONAGE (pa-lro-na-j'), s. m. Sorte de peinture faite avec des patrons découpés.
— ÉTVM. Patron 2.
PATRONAL, ALE (pa-tro-nal, na-l'), adj. Qui appartient au patron, au saint du lieu. Kote patronale. Les saints patronaux.
— RTYM. Patron t.
t PATRONAT (pa-tro-na), 1. m. Terme d'histoire romaine. Droit d'un patron sur ses clients {| Dignité de patron.
— ÉTYM. Lut. palronat»;, depatronui, patron <■ t < . PATRO.VNE, ÈE (pa tro-né, née), par/, /.assé
i« patronner 1 X son premier avènement, un an auparavant, il [Louis X VIII] était inconnu do la Prance; lUe présentait au trône comme un candidat patronné fiT l'étranger, i.amaut. dans le Dict. de nociiKZ,
î. PATRO.N.VÉ, ÉE {pa tro-né, née), part, passé do patronner i. Les ailes des papillons sont patronni'es sur une infinité de formes, bern. st-p. Uaim. liv. II, Anim.
t I. PATRONNER (pa-tro-né), ». a Néologisme. Protéger ; introduire dans le monde, dans la hante société. 11 était patronné par une grande dame, par un homme puissant, et il a facilement obtenu le poste qu'il ambitionnait.
'- ÊTY.M. f'alron I.
». PATRO.N.NER (pa-tro-né). Il t* r. n. Appliquer iur une toile ou sur un carton un papier ou une
carte découpée, dont on imprime la figure sur cette toile avec de la couleur. |{ 2° V. a. Calquer sur un patron. Les cartiers ont divers patrons pour patronner les figures des cartes à jouer.
— HIST. xvi- s. Et à l'exemple de Caton, se patronnant à Manius Cuiius, reformera sa maison, o. DE SERRES, 32. Quant, traçant à l'aiguille un ouvrage divin. Tu fais sembler à l'oeil que la nature vifve Se patronne elle mesme eu ta toile naifve,
/AC. TAHUREAU, Poés. p. 78, dans LiCURNE.
— tTYM. Patron 2. On trouve dans Mme de Sévigné : Je voudrais bien voir ce petit marquis; mais j'aimerais bien à patronner les grosses joues de Pauline, t» juillet 1677; plus loin : Et Pauline? je voudrais bien la patronner, I6 oct. (677. Dans l'édition Régnier, on suppose que c'est une mauvaise lecture; en efi'et patrortner ne parait susceiitible d'aucun sens.
t PATRONNESSE (pa-tro-né s"), adj. f. Dames patronnesses, dames qui se chargent de iliriger une fête, un bal, etc. au profit des pauvres. Les dames patronnesses d'un bal de charité, ou, substantivement, les patronnesses d'une léte.
— HIST. xvi* s. Patronnesses, dïlaportk, Épith.
— ÉTYM. Patron i .
t PATRONNET (pa-tio-nc), ». m. Nom qu'on donne à l'aiis aux petits garçons pâtissiers.
t PATRONNEUR (pa-tro-neur), s. m. Celui qui fait du patronnage; celui qui calque les cartes. Il Celui qui invente lesdessins, et qui les forme sur le papier, de manière à être exécutés sur le métier.
— ËTYM. Patronner 2.
PATKONV.MI0UE (pa-tro-ni-mi-k'), adj. || 1* Se
dit, chez les anciens, du nom donné à des descendants d'après celui d'un des aïeux les plus illustres. Atrides est le nom patronymique d'Agamemnon et de Ménélas, parce qu'ils étaient fils d'Atrée. Les adjectifs patronymiques, c'est-à-dire tirés du nom du père ou de quelqu'un des aïeux sont des épitlictes, DLiMAHS. Œuvr. t. v, p. 228. Il i' Chez les nations modernes, nom patronymique, nom de famille, par opposition aux noms de terxe ou de ûef et aux surnoms.
— ETYM, IlaTpt0vu|(ixà<, de naT^p , père, et 6va|ui, nom.
PATROUILLAGE (pa-trou-lla-j' , (i mouillées, et non pa-liou-ya-j'), t. m. Terme familier. Malpropreté qu'on fait en patrouillant.
— Hl.'iT. xvi* s. Quand il oyt [entend] la fange et limon gras de Lomhardie rejaillir un tel patrouillage, en faisant bruit, ubblin coccaIe, t. i, p. 313.
— ÉTV.M. Patrouiller i.
f t. PATRpuiLLE (pa-trou-ir, U mouillées) , i. f. Espèce d'écouvillon avec lequel le boulanger nettoie son four. || Linge mouillé sur un bâton pour rafraîchir le moule.
— ETY.M. Voy. PATROUILI.KR t.
2. PATROUILLE (pa-trou-U', (J mouillées, et non pa-lrou-je), s. f. || 1° Marche faite pendant la nuit par une garde, pour la sûreté d'une ville, d'un camp. Aller en patrouille. Monsieur me rappela et me défendit expressément de faire faire celte patrouille, RETZ, m, 192. lIKig. Dans l'argot actuel des ouvriers, se mettre en patrouille, faire le lundi pendant plusieurs jours de suite. || 2° Le détachement même qui fait la patrouille. Doubler les patrouilles. Un qui lie ta patrouille est l'arclier le plus brave, bûuhsault, Fabl. d'Ésope, iv, t. Chez vous. Dormez, époux Jaloux, Dormez, tuteurs ; pour vous La patrouille Se mouille, scrihe et poisson , un» Nuit de la garde nationale, se. ts.
— HIST. XVI* s. Si feit appeler Demoteles qui avoit la charge de la patrouille, qui est de rechercher et enquérir les choses secrettes, et luy commanda qu'il allasl regarder comment se portoit le derrière de l'armée.... ahïot. Agis et Cléom. oo. On dit aussi [parmi les expressions nouvelles] un squadron ou escadron, et patouillo ou patrouille, h. es- TiENHB, dans le Dict. de uociiëz.
— ÉIYM. Voy. patro: li-i.KB 2; wallon, potroi» ; esp. patrulla; ital. pattuglia.
PATHOUlLLft, ÉE (pa troullé, lée, {< mouillées), pari, panade patrouiller l. Des fruits patrouilles.
t. PATROUILLER (pa-troullé, 11 mouillées, et non pa-trou-yé), v.n.\\ 1* Marcher, s'agiter dans de l'eau bourbeuse. Ils patrouillireiil dans les crottes, scABB. Virg. iv. Elle entra dans la mare avec sa femme de chambre, et, j patrouillant de côté et d autre, elle satisfit pleliicnieiit .ion envie; DU cerceau, Poét. sur la nouielle fc'r*. || Kig. Il (Miralieau le filsj étonne ceux-là uiéme qui ont rôti le balai i VeruiUet; je n'ai pa* du tout llatantion qu'il y
vive ou qu'il y fasse, comme les autres, métier d'ar^ racher ou dérober sa subsistance au roi, de patrouiller dans les fanges de l'intrigue, LE «AllQUlS DE MIRABEAU, dans CH. NisARD, Conjectures étyinologiques, Revue de l' Instruction publique, 20 sept. 1860. Il llseconjugueavecrauziliaireaKoir. ||2"r.o. Manier malproprement.
-=- HIST. xV s. Le bon homme s'en va souper; on luy apporte de la viande froide qui... est le demourant des matrones, qu'elles ont patrouillé à la journée en beuvant. Dieu scet comment. Les quime joies de mariaige, p. 2a. HelasI il n'y a gueres que je suis accouchée; et il vous tarde oien que je sois jà à patrouiller parla meson, «6. p. 27. || xvi*s. Il mourvoyt dedans sa soupe, et palrouilloyt par tous lieux, RAB. Garg. i, ( 1.
— ÉTViM. Picard, patrouiller, marcher dans la ' boue, agiter l'eau; champen. platrouiller. C'est le même que palouiUer, avec insertion d'une r.
2. PATROUILLER (pa-trou-Ué, 1! mouillées, et non pa-trou-yé), v. n. Terme familier. Aller en patrouille. Les Suisses étaient chargés à Versailles, quand il faisait beau, dans les cours et jardins, de patrouiller, st-siu. t6t, 206. ||11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Patrouiller, c'est-à-dire piétiner, mêma sens originel que le précédent.
PATROUILLIS (pa-troullî, Il mouillées, et non pa-trou-jl), s. m. Terme populaire. Boiiibier où l'on patrouille. Mettre le pied dans un patrouillis.
— ÉTYM. Potroutlier t. Dans l'Yonne on dit pa- (oui'l^al , au sens de ruisseau de la rue.
PATTE (pa-f), s. f. Il 1* Pied des quadrupèdes qui ont des doigts, des ongles ou des gnfi'es, et des oiseaux autres que les oiseaux de proie. La bête scélérate X de certains cordons se tenait par la patte,
LA FONT, f'abl. m, 18 Kavori [un chien] Danse
et tend la patte au mari, iD. Petit chien Montiezmoi patte blanche, ou je n'ouvrirai point, lu. Pabl. IV, if: Il est vrai, disaient ces philosophes, que si l'homme n'avait jamais eu que des pattes, il n'aurait jamais biti ni villes, ni palais, ni vaisseaux.... SAINT FOix, Ets. Paris, (£utT. t. iv, p. 307, dans POL'GF.NS. Il L'os de la patte, chez les oiseaux, l'os tarso-métatarsien. || Terme de chaâse. Patte, le pied du loup qui consiste dans le talon, les doigts, les ongles et la fossette qui est dans le milieu, et qui en forme la connaissance sur la terre. || Fig. Des pattes de chat, des lettres niai formées. || Des pattes de mouche, caractères d'écriture très-fins, peu lisibles. Il En parlant d'un chat, faire patte de velours, cacher les griffes en donnant la patte. Ce commerce très-délicat [entre le roi de Prusse et Voltaire] dure encore ; il ressemble aux mines que font deux chats qui montrent d'un côté patte de velours et des griffes de l'autre, volt. Mémoires. liertraid (d'AlemberlJ serait presque tenté de le gronder jltaton, Voltaire] de ce qu'il fait patte de velouis au détestable marmiton Alcibiade [lo duc de Kichelieu], le vil et l'implacable ennemi des marrons, des IJertrands, d s Ratons, et du Raton même qui ne devrait lui présenter la patte que pour l'cgraligner, n'ALBMB. Lett. à Voltaire, » fév. 4 773. || Kig. Faire patte de velours, cacher sous des dehors caressants le dessein qu'on a de nuire. Des souinuis... qui font patte de velours parce qu'ils sont trop Iftches pour oser avouer leurs projets, thêou. lkclercq, i'rou. t. IV, p. 27», dans pouoens. || Fig. Il a la patte blanche, on lui passe tout (locution tuée de la fable ou le biquet demande à voir la patte blanche, qui était la marque de U chèvre). || Se servir de la patte du chat pour tirer les marrons du feu, se servir d'un autre, lui laissant la peine ou le péril et recueillant le profil. || Familièrement. Marcher à quatre pattes, marcher sur les pieds et sur les maint. Quand il trmnail, Mme de Saint-Herem ae fourrait à quatre pattes sous un lit de rejios, sT-siM. 87, 20. Lorsque Zêmire et Azor fut annoncé à Fontainebleau, le bruit courut que c'était le conta de la Belle et de la Béte mis sur la (cène, et que i* principal personnage y marcherait à quatre paltci, mabiiontel, *(,'/». II. Il Fig. Mettre l'homme !i quatre pattes, lo considérer comme un pur animal. Je ne puis souffrir en aucune circonstance qu'on mette l'homme à quatre patte», kiderot Mémoires, t. m, p. **i, dans pougens. On n'a jamais emph^ye tant d'esprit à vouloir nous rendre bétes; il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage j'o Discourt sur l'Inégalité], volt. Lett. J J. Ri'usseau, au août I7(.&. Ne tentez pat deretonilier à quatre pattes; personne au monde n'y léussii-ait moins que vous; vous nous redressez trop bien sur no* deux piedi, pour cssaar
PAT
de TOUS tenir sur les vfltrea, t. >. rooss. uU. à roll'iire, to sept. 1766. || Il ne remue ni pied, ni p»Ue, il est sans mouvemerii soit par faiblesse, lassiiudo, maladie, ou parce qu'il ne veut pas se mou- Toir. Moi quisuis dans un cul dejaiie. Qui ne remue ni pied ni patte, scabh. Test. Le moyen de se représenter que vous êtes au lit affligé de toutes les parties et les jointures de voire petit corps.... que rous ne remuez ni pied ni patte? sfiv. à Coulanges %t juin. <8»i. Sans remuer ni pied ni patte, n'osant ni courir, ni sauter, ni chanter, ni crier, (|uand j'en ai envie, J. J. ROOSS. Conf. xii. || Populairement. X pattes, à pied. Quelques-uns montèrent dans les omnibus; le reste s'en retourna tristement à pattes. Il i* Il se dit des membres de certains crustacés et de certains insectes. Une patte d'écreTisse, de homard, de mouche, d'araignée. Tous les insectes ont sixpattes, elles arachnides huit. || Fausses pattes, les organes ambulatoires des annélides, des lépidoptères, el lesappendicesqui setrouTentsousla queuedes crus- Ucés. Il 8° Familièrement. Main. Mais quoi 1 plus on M faite, et moins avauce-t-on ; Tout, comme par dépit, se trouvait sous ma patte : Au lieu de mon chapeau je prends une savate, Régnier, Sol. x\. Sur les morceaux touchés de sa main délicate, Ou mordus de ses dents, vous étendiez la palte, mol. l'ÉL r», 6. J'ai eu toutes les peines du monde à m'échapper de leurs pattes, m. Pourc. n, 4.||Sous la patte, sous la main, à portée. Je vous conseille de le prendre à l'essai [un secrétaire j; quand vous le trouverez sous votre patte, servez-vous-en, sfiv. à Urne de Coulanges, 22 fév. i695. 1| Tomber sous la patte de quelqu'un, être à sa merci, comme la souris sous la patte du chat. Allez, vous êtes une ingrate; Ne tombez jamais sous ma palie, la font. Fabl. m,». C'est un certain Bentivoglio dont je n'ai que trop entendu parler, « qui pourra bien un jour tomber sous ma patte, le sagb, Gujsth. d'Àlfar. iv, ». Il On dit dans un sens analogue : S'il passe jamais sous ma palte, il n'en sera pas quitte à bon marché. || Mettre la patte sur quelqu'un, le battre, le maltraiter. || Etre entre les pattes de quelqu'un, être soumis i l'examen d'un homme dont on a sujet de craindre la sévérité. || Etre sous la patte de quelqu'un, être sous son autorité. Le colonel Faure l'en va et me laisse sous la patte du major, p. l. cotR. un. I, 'iîl. Il Tenir quelqu'un sous sa patte, être en état de lui faire de la peine, du mal. || Sortir des paties, se tirer des pattes de quelqu'un, n'avoir plus rien & craindre de lui, plus rien à démêler avec lui. Quatre ducats, Oue j'eusse bien donnés pour sortir de sa patte, bégnieb, Sat. viii. Comment vous serez-vous tirée de ses pattes [une couturière qui réclamait le payement d'un mémoire] T sÉv. à Mme de Grignan, 26 oct. tes». Le régent voulait faire enfin quelque chose pour se tirer des pattes de la cabale et de celles du parlement, ST-siu. 601, t»s. Il Donner un coup de patte, des coups de patte à quelqu'un, lâcher quelque liait vif et malin contre lui. Kacine a tiré tout son or [pour Andromaque] du fumier de l'ertbarite [de Corneille) ; et personne ne s'en était douté, pas même Bernard de Fontenelle, qui aurait été bien charmé de donner quelques légers coups de patte à Racine, volt. LeU.Cideville, 23 sept. i7«i.|| Graisser la patte à quelqu'un, voy. graisser. || Fig. Pattes croisées, se dit de celui qui se tient coi.Jamais la maréchale n'osa sourfler.... et ce lion, muet et les pattes c^oi^ées, comme celui que vous avez vu autiefois [le prince de Condé malade], parut un prodige si nouveau... s£v. 1» fév. (089. Dites-moi ce qu'il aura pen.sé des bâtiments, et si celui du Carcassonne [de l'évèque de Carcassoiine] aura toujours tes paties croisées [s'il ne l'achèvera pas), lo. tt juin 1889. Il 4* 1-atte, jeu d'écoliers, où l'on jette" quelque menue monnaie contre une muraille et où l'on gagne qujnd il n'y a que la largeur de l'extension de la main entre les pièces dus joueurs. Il 6* Halle d'anémone, patte de renoncule, etc. la racine de ces plantes, ainsi dite parce que souvent elle approche de la Bgure d'une patte d'animal. Ou'eit-ca que la valeur d'une patte ou d'un oignon qu'un insecte ronge? 1. j. rouss. Ilil. iv, u. || On dit plus souvent griffe. || Terme forestier. Se dit quelquefois pour pied, en parlant des arbres que l'on marque en réserve ou en délivrance. Arbre marqué en patte. |{ •* La partie sur laquelle se soutient UD verre, une coupe, etc. lin verre i p;ille. Un liooiiet qui fui d'fi^rlate, Le verre d'Anchis» sans p«Ua, scah». Ktrg. vu. || On dit de même : 1 1
KtU d'un Hambeau el d'un guéridon || Le gro ut plat d'un pain de sucre. || Ouverture inlérieuri des lostnimenis à «ent, uls que Qûlc, hautbois,
PAT
etc. La patte d'un hautbois. || 7» Morceau de fer puintu d'un bout el plat de l'autre ; par le bout pointu il se fiche dans du bois, dans du plâtre; et par l'autre bout il sert à fixer un lambris, un châssis, etc. Il Pour les pattes destinées à être fichées dans du bois ou scellées dans du plâtre, plusieurs ouvriers subslituent à patte le nom de paite-ficbe. On les distingue en paites-fiches à bois et pattes-fiches à plâtre. Il Sorte de clou dont la tête est aplatie en forme d'ovale, et percée de plusieurs trous pour l'attacher contre une planche, etc. || 8- Crochet de fer ou cheville de bois dont le boucher se sert pour suspendre la viande. || 9" ferme de menuisier. La partie mobile d'un sergent. || Terme de charrou. Bout de rais de roue qui entre dans le moyeu; l'extrémité opposée est la broche. || 10" Terme de marine. Patte de l'ancre, triangle de fer soudé à l'extrémité de chaque bras de l'ancre; se dit aussi de l'ancre des pontonniers. || Patle d'anspec, garniture de fer que l'anspec porte à son gros bout. Il Patte de bouline, anneau de corde attaché par une épissure à la ralingue de chute d'une voile carrée, pour recevoir l'extrémité d'une bouline ou d'une branche de bouline. || Morceau de fer plat et recourbé d'un bout, fixé de l'autre bout à un cordage : deux élingues, ainsi garnies de pattes, servent à soulever les futailles, sous les douves desquelles on engage les pattes. || 11° Petit instrument formé de cinq tire-lignes, qui sert à régler les livres de musique , en y faisant d'un seul coup les cinq raies. || 12° Terme de tailleur. Bande d'étoffe fixée par un de ses bouts à une partie d'un vêtement, et qui s'attache de l'autre à un boulon. En Espagne, les gentilshommes de la chambre portent tous une grande clef qui sort par le manche , de la couture de la patte de leur poche droite, st-sim. 89, 171. Il Petite bande d'étoffe de couleur tranchante, appliquée sur un babil d'uniforme. || 13" Languette qui garnit la couverture d'un portefeuille et qui sert à la fermer en s'insérant dans une bride. |{ Partie de l'étui qui sert à le fermer et à l'ouvrir, ens'agrafant ou se boutonnant vers le milieu. || 14" Au pLur. Nom donné autrefois aux chiffons servant à faire le papier (ainsi dit de polo, provençal moderne, el palta, crémoniiis, qui, en signifiant patte, signifient aussi lambeaux). Linge vieil, vieux drapeaux, drilles et pattes sortant par les provinces.... Tarif, 18 sept. (664. En Auvergne, où il y a beaucoup de manufactures de papier, on appelle les guenilles pattes, Dict. des arts el niét. Amst. 1707, papetier. 1116* Terme de pèche. Paties, tas de morues qui ont étié mises au premier sel , ou qu'on laisse cgoutter au sortir du lavoir. || IB" Patte de loup ou lissoir, instrument pour adoucir le papier raboteux. Il 17" Nom de certaines plantes. Patte d'araignée, nom vulgaire de la nigelle de Damas. || Patte de lapin, orpin velu. |{ Patle de lièvre, trèfle des champs, il Palte de lion, alchimille. || 18" Nom de certaines coquilles. Il Patte de crapaud, espèce de coquille du genre rocher. || Patte de lion brûlée, espèce de pourpre. Il 19° Nom de certains insectes. Palte étendue , espèce de bombyx.
— REM. 1. La cinquième édition du Dictionnaire do l'Académie ne mettait qu'un ( dans patte. || 2. En général, on désigne sous le nom do patle les membres ou organes de locomotion des animaux. On dit les pieds d'un cheval, et, généralement, de tous les animaux qui ont les pattes enveloppées de cornes; les pattes d'un chien, d'un lapin, el, en général de^ animaux qui n'ont pas ces parties entourées de corne. Les oiseaux, les reptiles, les insectes ont des pattes, excepté les oiseaux de proie, qui ont des serres; les céphalopodes, des bras; les poissons, les cétacés, les tortues Tiarines, des nageoires.
lliST. XV* s. Fut la chf.lte des deu.x chevaliers telle, que le dit l'ietois cheut le dos au sablon, et le dit messire Jaques cheut à pattes, o. de i.a marche, Uém. i, p. 316, dans lacurne. Elle lui jeta un coussin sur la teste, elle fit choir à pattes, et puis commença i rire très fort, louis xi, Nouv. liv. Il XVI* s. Ils ne laissent rien où ils mettent la patte, ouuiN, Curios. franf.
— ÊTVM. Génev. piôle; bourg, patte; espagn. polo; d'un radical pat qui se trouve aussi dans l'allemand Patsehe, patte.
t PATTE, ftli (pa-lé, lée), odj. || l" Qui a une espèce de patle. || 2" Terme de blason. Se dit du: croix dont les extrémités s'élargissent en forme de palte ouverte.
— lilST. XVI* s. On peut avoir des poulets en hyver, par le moyen des pigeons pattes, lesquels, de nature couvani tonte l'année, estant bien traictés,
I «tclorront des œufs de poule, 0. de sshhes. S67,
PAT
PATTE-D'OIE fpa-te-dol), s. f. \\ 1" Le point de réunion de plusieurs routes, de plusieurs allées divergentes. Les belles pattes-d'oie, les beauï arbres en parasols, en éventail 1 j. j. aouss. Uél. iv, n. Il se déchaînait avec force contre les allées droites, la symétrie, les parterres, les pattes -d'oie, les étoiles, ge.nlis. Veillées du chdt. t. 11, p. 201, dans POUOENS. Il Dans un jardin, se dit particulièrement de trois allées qui se joignent à feur estrémité, imitanj la patte de l'oie. || Par extension. Vous retrouvez de grands canaux larges el clairs comme de belles rivières, puis des lacs eu rond, puis des Iles, el quelquefois des étoiles et des pattes-d'oie d'eau, PELUssoN, Lett. hist. l. m, p. 266, dans pougens. il Endroit d'une chaussée de pavé où deux ruisseaux viennent se réunir en un seul. || 2" Terme de charpente. Assemblage de pièces de charpente présentant en plan la forme triangulaire. |i Façon dont les charpentiers marquent les pièces de bois, il 3° Terme de marine. En patte-d'oie, se dit de trois cordages partant d'un même point et faisant entre eux des angles plus ou moins grands. || Mouiller en palted'oie, voy. mouii.leu, n° 5. || 4" Kide qui imprime au coin de chaque œil trois sillons d'apparence de palle-d'oie. C'est là d'où viennent les rides, les joues tombantes, les cheveux gris el la patte-d'oie, THÉon. leclerco, Prov. t. u, p. 3I8, dans pougens. Il En chiromancie, patte-d'oie se dit de certaines lignes de la main. || 6" La patte-d'oie, le chénopode des murailles. {] 6° Patte-d'oie, le strombe pied de pélican, coquille du genre des rosteliaires qu'on nomme aussi aile de souris.
— REia. Toutes les fois que palte d'oie sera pris au sens propre de la patte de l'oie, on l'écrira sans trait d'union.
— HIST. XVI* s. Autres ont les doigts des pieds el des mains joints ensemble ; le vulgaire appelle tel vice patle-d'oye, pake, xviii, t7.
t PAITÊE (pa-tée), s. f. Terme de plain-chant. La portée. Délachées de la pattée, les notes ne sauraient avoir aucune signification; vide de notes, la pattée n'a aucun sens, lafage, Cours complet de plain-chant, n" <8.
— ETYM. PoHe, dans le sens d'instrument pour tirer une portée d'un seul coup Dans le plain-chant la pall^ ou portée n'a que quatre lignes.
t PATTE- FICHE (pa-tc-fich'),î./'. Voy. PATTE,n*7.
— ËTY.M. Patle, el fiche.
PATTE-PELU, VE (pa-te-pe-lu, lue), s. m. et f.
Il 1" Homme, femme dont la patte, la manière d'agir est douce et flatteuse et qui s'en sert pour arriver à ses fins. [Le chat et le renard] Deux francs patte-pelus qui, des frais du voyage, Croquant mainte volaille, escroquant maints fromages. S'indemnisaient à qui mieux mieux, lafont. Fabl. ix, 1 4. 1|2"j4u fém. Palte-pelue, calandre, espèce d'insecte.
— lliST. XVI' s. Cafards, cagots, pales pelues, porteurs de rogatons, chatlemitcs, rab. Pant. iv. Ane. prol.
— ÉTYM. Patte, el pelu, pour poilu; ainsi dit parce qu'une pa((e poilue est douce au touc'ner.
f PAITEK (pa-té), v. n. Terme de chasse. Se dit d'un animal qui emporte la terre avec ses pieds, dans les lieux humides. Un lièvre qui a patte, c'està-dire qui a laissé des traces de ses pieds.
— ÊTVM. Patle.
t PATTIER (pa-lié), s. m. Nom anciennement
donné aux marcbands de chitl'ons pour le papier.
— ETYM. Patte n" u.
[ PATTINSONAGE (pa-tin-so-ua-j'), ». m. Moye»
d'utiliser les plombs les plus pauvres en argent, fondé sur ce l'ail qu'un bain de plomb argentifère fondu, agité avec une cuiller, se sépare en deux parties, l'une mousseuse, cristalline, qui retient une grande partie de l'argent, l'autre qui reste liquide et s'appauvrit de plus en plus en argent.
— ETVM. Pallinson, Anglais, auteur du procédé. PATTU, UE (pa-tu, tue), adj. || l" Qui a de grosses
paties. il 2° Qui a de la plume jusqu'aux pattes. Un coq paltu. Le pigeon paltu, que l'on appelle pigeon tambour, pigeon glou glou, parce qu'il répète coiilinuellement ce son, buff. Ois. t. iv, p. 331.
— Hl.ST. xiii' s. Premier parla Patous li ors [l'ours] : Seignor, fil il, jà est grans jors..., Ren. 7443. Il XV' s. Ung calice palu garni de douze esmaulx d'or, du cange, pata.
— ÊTVM. Palte.
\ PATULII'ALLE (pa-tu-li-pa-l') , ad), ferme de
zoologie. Se dit des mollusques acéphales qui ont le manteau ouvert.
— Etyh. Lat. ptKutiu, ouvert, el palla, manteau.
t PATUKABLë (pâ-tu-ra-bl'), od;. Qui peut être
livré à la pâture. Certaines plantes dédaignées par 'es bestiaux et qui subsisteraient plusieurs années, obligent de mettre le feu à la fin de chaque hiver i quelques savanes de l'Amérique pour qu'elles deviennent pâturables, leooarant.
— HIST. XVI' s. Paslurable, orwN, Dict.
— Etym Pdturfr. Paslurable s'est dit anciennement pour : qui pâture : Chose mouvante et paslurable, assavoir les chievres, brebis.... Coustum. génér. l. i, p. 869..
PÂTDRAGE (râ-tu-ra-j"), ». m. || l" Lieu où l'on fait paître le bétail. Après avoir achevé le temple qu'on nommait Hécatonpédon, ils renvoyèrent libres toutes les bêtes de charge qui avaient fourni à ce travail, et leur assignèrent de gras pâturages comme à des animaux consacrés, rollin, Hisl. anc. Œuv. t. IV, p. 509, dans podgens. En Angleterre on s'asi souvent plaint que l'augmentation des pâturages diminuait les habitants, montesq. Esp. xxiu, I*. Le bœuf répare le pâturage, et le cheval l'amaigrit, Btipp. Quadrup. 1. 1, p. 84. |{ Pâturages naturels, les pâturages proprementdits, communaux, friches, landes, bruyères, bois, genétières. || Pâturages accidentels, jachère, chaume, parcours des prairies naturelles, artificielles, des céréales. || Pâturages artificiels, plantes fourragères que l'on sème, et qu'on fait paître sur place. || 2° Usage du pâturage. Avoir pâturage sur une terre. {| 3° Anciennement, droit que le seigneur levait sur ceuï qui faisaient paître leurs troupeaux dans certains temps de l'année.
— HIST. xra* s. Je lor otroi lou pasturage ausi con il l'ont eu ancienemenl dedaiiz les devant dites bonnes [bornes], Bibl. des ch. 6* série, t. m, p. 573. Il XV* s. Audit fief aparlient le quart des pasturaiges des landes de Gruye, dont cliascune beste qui herbaige paye demy boissel d'avoyne, UFxiSLE, A(fricuU. normande au moy. âge, p. 66. ||xvi* s. Habitans de villes ou de villages peuvent champoyer et mener leur bestial pour leur nourriture et sans fraude en pasturages vains de clochera autre, sans danger d'amende, Coust. gén. t. i, p. 85.
— ÊTYM. Pâturer; wallon, pdtureg.
t PATURANT, ANTE (pâ-tu-ran, ran-f), adj. Que l'on conduit au pâturage. Animaux pâturants.
PÂTURE (pâ-tu-r'), ». f. Il i' Ce qui sert à la nourriture des bêtes. Aux petits des oiseaux il [Dieu) donne leur pâture, bac. A thaï, ii, 7. Elle [la nature] leur a livré [aux oiseaux insectivores] le pouvoir d'une domination exclusive sur le genre entier des insectes, qui ne semblent tenir d'elle leur existence que pour maintenir et fortifier celle de leurs destructeurs auxquels ils servent de pâture, blffo.n, Oiseaux, t. xi, p. 4 H. Au lieu de brûler les cadavres de leurs morts, comme les Indiens, ils les déposaient dans des tours extrêmement ékvées où ils servaientde pâtuie aux oiseaux de proie, Raynal, Ilist. phil. iv, 8. Cet ange [une jeune fille].... M'apparut jetant la pâture Aux oiseaux un jour de frimas, bërano. Uaud. pri'nt. Il Poétiquement Grand Dieu, tes saints sont la pâture Des tigres et des léopards , rac. Eslh. i, 6. Il i* Il se dit de l'herbe et de la paille qu'on donne aux bestiaux pour leur nourriture. Mettre de la pâture devant des bœufs. Chuz lui deux bons chevaux de pareille encolure 'Irouvaient dans l'écurie une pleine pâture, boii,. Sa», x. || 8* Action de prendre la pâture. Rêvant comme un oison allant à la pâture, RéoNiER, Sot. ii. De façon qu'un beau «oir qu'il était en pâture, Notre aigle aperçut d'aventure.... Deux petits monstres fort hideux, n FONT. Fabl. V, ta. Ces animaux demeurant presque tout le jour à la pâl jre, j. j. Bouss, Oriy. notes. Il 4" Lieu où croit la nourriture des animaux qui paissent. Une belle pâture. || Mettre, envoyer des chevaux en pâture, les mettre paître, les envoyer paître dans un pré. || Vaine pâture, droit réciproque que les habitants d'une même commune ont d'envoyer leurs bestiaux paître sur les fonds les uns des antres, à certaines époques. Lorsque la vaine pâture s'exerce parles habitants de deux parois.ses sur le territoire l'une de l'autre respectivement, elle prenil le nom de parcours ou d'entrecours, nOBiN, Kém. sur les marais de CUviUe (Calvados), nm, p. ««. || Droit de vaine pâture, ou droit de parcours et de vaine pâture, droit qu'a tout propriétaire d'une commune de faire paître son bétail sur les terrains non clos ou non actuellement eultivë) des habitants de la même commune. Il Vive pâture, la saison de la glandée. || B" Familièrement. La nourriture de l'homme. C'est une bonne pâture que la pomme de terre. Tous I';» hommes suivaient la grossière nature, Dispersés
PÂT
aans ,es bois, couraient à la pâture, boil. Art p. iv. 'I 6° Fig Ce qui sert d'aliment inlellectuel ou moral. Jouissons, dit le monde, des biens qui sont; tout le reste n'est qu'idée, imagination, pâture des esprits creux, Boss. Hédit. sur l'ÉV: 90" joun Je vous donnerai de la pâture pour votre retraite, id. Leu. abb. »2. Avides du précieux ittiment que votre Dieu vous a destiné et de cette pâture spirituelle dont nous sommes les économes, nous aurions peine à vous rassasier, bourdal. Dim. de la Sexagés. Dominic. t. I, p. 405. Théophile.... a voulu, veut et voudra gouverner les grands.... il veille sur tout ce qui peut servir de pâture à son esprit d'intrigue, de médiation ou de manège, la brut. ix. 11 survint dans cette académie un de ces incidents qui en troublent quelquefois la paix, et fournissent quelque légère pâture à la malignité du public, fonten. Uép. à l'Év de Rennes. Et laisse aux gens oisifs tous ces menus propos, Ces puérilités, la pâture des sots, GBESsET, Méch. m, 9. Et peu d'hommes ont, dans leur vie privée, donné plus que moi prétexte à la calomnie, pâture à la médisance, «ira- BEAH, Collection, t. u, p. 37.
— HIST. !iii' s. Vint bues [bœufs] ki veneient de lacumune pasture, flot», p. 23a. ||xiii" s. Sans riens retenir.... en dit bois.... lorsque la vaine pasture à mes hommes, Bibl. des ch. 6* série, t. m, p. 606. Renart dedenz la cort s'en entre, Por querre pasture à son ventre, Ren. (2U04. El les bestes aumelines iront en pasture en ce bos [bois], do cakge, almelinus. Il xiv s. Quant il [les ânes] ont grant faim, il ne se partent ne lessent la pasture pour estre batus, oriE iiE, Eih. 87. || xvi* s. Nous sommes son peuple et le troupeau de sa pasture, calv. Instit. 2(4. Vive pasture en bois de haute forest est entendu dez la Sainct Michel jusqu'à la Sainct André incluz.... Coust. gén. 1. 1, p. 848. Je ne sçais quant, ni d'où, si jamais je pourray vous les rendre [les pistoles, l'argent] ; mais je vous promets force honneur et gloire ; et argent n'est pas pasture pour des gentilshommes comme vous et iao\, Lelt.de Henri IF, n°a, Bulletiti du comité de la langue, t. m, p. 42o. Folles femmes n'aiment que pour pasture, coTonAVE.
— ÊTYM. Provenç. esp. et ital. pastura; du lat. pastura, de pastum, supin de pascere, paître.
PÂTURÉ, ËE (pâ-tu-ré, réo), part, passé de pâturer. Oui a été mangé, tondu par le bétail. Les grandes prairies pâturées et engraissées p.ir tous ces animaux, compagnons du travad ds l'homme, VOLT. Mél. lilt. à il. Dupont.
t PATUREAD (pâ-tu-ro), ». m. Nom donné, dans quelques provinces, au pré ou l'on fait pacager les bœufs.
PÂTURER (p5-tu-ré). jlf V. n. Prendre la pâture. 112" V. a. Manger en pai<«int. Si Locke eût réiléchiun moment aux idées innées des animaux.... il se fût convaincu que c'est par elles qu'une ehenille, sortant de son œuf, va pâturer la feuille naissante qui croît comme elle dans son voisinage, bern. de st.-p. Harm. liv. v, Uarm. anim.
— IIISÏ. xil* s. Ouant il vit en une valée Tôt seul pasturer un chevrel, Chev. au lyon, v. 3438 || xiii's. Messiros Pierre de 'lliierni proposa cmitre le [la] vile des Haies, que le [la] dite vile, à tort et suns reson, envoioient lor bestes pasturer en ses prés, BEAUM. XXIV, 8. Conscience ne Ic-^se cuer peclieour durer ; Jà pechié si très pou n'y venra pasturer, Qu'elle ne crie hareu sanz soi asseûrer, j. dr meuno, Test. «566. Il xv* s. El laissoient leurs chevaux pasturer l'herbe, froiss. (, i, 22» || xvi» s. Il vuuloit que l'on ac'iuisl des heritigos et nr.aisons, où il y eusl plus à semer et à pasturer que non pas à balier et à arrou.ser, amïjt, Calon, «0.
— P.TYM. Pâture.
PATUIIEUR (pâ-tu-rour), s. m. Terme de guerre. Celui qui mène les chevaux à l'herbe. Donner une escorte aux pâlureurs.
— ETYM. raturer.
t PATURIN (jia-tu-rin), ». m. Nom français du genre poa, graminées.
t. PÂTURO.'V tpâ-tu-ron), ». m. Partie du fuembre des mammifères ongulés (du chev.il, par ,. <emplc) qui est située entre le ciiion et la couronne; celle p.irlie correspond aux premières phalanges de l'hemme. Le pansement du cheval détt avoir lieu depuis la pointe des oreilles jusqu'à la queue, et depuis le garrot jusqu'au paturon, genlis, Kaison rustique, t. 1, p. aul, dans poloens.
— HIST. xvi* s. Les pasturons courts, moiennement eslevés, non trop couchés, pour D'ésira sujets i broncher, 0. de serres, :iuu.
— ÊTYM. Anc. ftanç. pasture, corde pour attacher les betet qui paissent (Le luppliant fiappt Icellui
PAU
Godart deux ou trois coups par le costé d unes cor» lies appelées pastures, H80, dd canoe, pasturale). De pasture, au sens de pré, vient pasture, corde pour attacher la bête qui paît, puis pdturon, la partie où la pdlure s'attache.
t 2. PATURON (pà-tu-ron), ». m. Nom de plusieurs espèces de champignons comestibles et de grosses variétés de citrouilles ou de courges.
— lîTYM. Pâturer.
f PÂTUS (pâ-tus'), ». m. Nom donné par le cadastre, dans certains départements, à ce qu'ailleurs on nomme déport (voy. ce mot). Cette maison de ferme cOiMient un are soixante centiares sous-sol et
pAtUS, LEa.'ARANT.
t PÂUCI..., préfixe qui signifie peu et qui est le laiin pauci.
t PAUCIFLORE (pô-si-flo-r'), ad). Terme de botanique. Qui porte peu de fleurs.
— ËTYM. Pauci..., et (leur.
t PAUCIFOLIÉ, ÉE (p6-si-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'un petit nombre de feuilles.
— ÊTYM. Pauci..., et [euHle.
t PACCIOVl'LÉ, ÊE (pô-si-o-vu-lé, lée) , adj. Terme de iKJtanique. Qui a un petit nombre d'ovules.
— ÉTY.M. Pauci.... et ovule.
t PADCISÉ.M1NÉ, ÉE (p6-si-sé-mi-né, née), adj. Terme de botanique. Qui n'a qu'un petit nombre de graines.
— ÊrYM. Pauci..., et le lat. semen, graine.
t PAUCITÉ (pê-si-tc), ». f. Petit nombre. U méthode de la saignée, la paucité des romèdeS, gui PATIN, Lettres, t. 11, p. 258. La paucité de la race humaine rend la terre inhabitable, et cette terre abandonnée contribue à son tour à la dépopulation, VOLT. Singular. natur. 30.
— HIST. XVI* s. D'ailleurs que leur religion est approuvée par si peu de peuple que la paucité en descouvre l'impurelé, d'aub. Hist. i, 65.
— ÊTYM. I.at. paucilalem, de paucus, peu.
t PAUFOKCEAU (pô-for-sô), s. m. Terme de chasse. Piquet, solidement enfoncé dans la terre, auquel on attache le filet pour prendre les pluvier».
— ÊTYM. Pau, pal, p eu, et fort.
t PAUL (pol), s. m. Monnaie d'argent des Etats du pape, valant 5ï centimes, ainsi dite de Paolo, nom d'un pape.
PAULETTE (pô-lè-f), ». f. Nom d'un droit que le roi faisait lever sur les charges de finance et de magistrature, cl qui était la soixantième partie du prix d'un office. Tous les magistrats ilu royaume devaient de neuf ans en neuf ans payer ce droit de paulette, qui assurait la possession de leurs charges i leurs familles, volt. Hist. pari. ch. 55.
— ÊTYM. Kn (604, Ch. Paulet, secrétaire de la chambre du roi sous Henri IV, a donné l'avis de cet impôt et en a été le premier fermier. Un nommé Pâlot pril la feime de la paulette après Paulet; d'où ce droit fut appelé paloie. D'où vient ceste grande cherté d'offices? de ceste ennemie de Testât paulete-palote, qui, à la façon du chancre, mine et mange insensiblement toutes les familles de ce royaume, pASOUit'R, ictt. %. Ill, p. 49.
"t PAULIANI.>;të (pj-ll-a-ni-st'), ». m. Membre d'une secte qui professait que le Christ ét;iit un homme animé de l'esprit divin . et qui niait l'iiidiviiliialité du Fils et du Saint-Esprit; ainsi dite de Paul de Samosato, m* siècle a[iiè3 Jésus-Christ. I Les nouveaux paulianistes, les socinicns. Il y établit positivement et souvent la divinité de Jésus- Christ contre les nouveaux paulianistes, bossuet, (" i?iur. Jiir la vers, du nouv. Test. xvi.
t PAII.ICIKN (pOli-siin), ». 0». Nom donné à une secte manichéenne.
t PAULIMEN, NIENNE (pfl-Ii-niin, nih.a'),ad). Qui a rajiport & l'apdtre Paul. La doctrine paulinienne.
t PAULITE, (pâ-li-f), I. f. Terme de minéralogie. Variété d'hypersthéne trouvée dans 111e Sai'nl-PauJ.
t PAUI.O-POST-FLTUH (pO-lo-post'-fu-tur), t. m. Ternie de grammaire grecque. Temps du passif qu'on a supposé indiquer un fulur très-prochain; c'est le futur antérieur qu'on a quelquefois nommé ainsi. || Partie de la ilurr'o à venir. Vous ne croyez point â notre université 'le Salanianque, laquelle a déclaré l'infaillibilité du pape et son droit incontestalile sur le passé, le présent, le futur et le paulo'-iw.'jt-fulur, volt. Jenni, 3.
— ÊTYM. lat. pau/o, un peu, po«», après, etfutur.
t PAULOWNIA (pô-lo-ni-a), ». m. Arbre du Japon qui ressembla un peu au catalpa [paulownia impcna/i»), famille des scrofularinées, genre dédié à la princesse russe i. Paulowna, fille de Paul I".
PAU
(. PAl'ME (pô-m*), I. (. il !• Le dedans de !a main Le criminel qui sail lire demande un bénéfice de cUrgie [dans les jiigemenls, au muyen âge].... «lors on se contente de faire marijuer d'un fer chaud le criminel à la paume do la main ; on a eu soin de l'enduire de graisse; le fer fume et produit un sifflemput, sans faire aucun mat au patient réputé clerc, VOLT. Dict. phil. Clerc. || Siffler en paume, faire, du creux de la main, une espèce de sifflet avec lequel on appelle. || 2° Nlesure dont on se sert pour la Utille des chevaux, et qui consiste dans la hauteur d'un poing fermé. Un cheval de seize paumes. Il S* Terme de zoologie. I-e premier article des deux tarses antérieurs des hexapodes, quand il se distingue des autres. || 4° Terme de charpentier. Coupe oblique ou en sifflet que l'on fait au bout d'un chevron ou d'une panne pour la joindre à une autre. || 6* Tenue de marine. Bout d'une pièce qui sert à allonger la mèche d'un mftt d'assemblage.
— HIST. xiii* s. Maint cheveu y ol trait, mainte paume batue, Berte, eu. Si vous cri merci jointes paumes, la Rose, (0093, Puis a çainte une espée au senestre costés, Une toise ol de lonc; moult estoit li brans lés [large], B en avoit plaine paume et deus pois [pouces] mesurés, CA. d'.4nt. v, 53». ||xv's. riisieurs nobles et cscuyers qui eurent laccollée et la paulme [qui furent fait chevaiiersj , Vigiles de Charles VII, t. ii, p. tat. || xvi* s. [Si je conviens à genis qui me cocviennenl], il n'est que de siffler en paulme, je leur iray fournir des Essays en chair et en os, uont. m, sut). Si tu n'accolles la mort, au moins tu luy touches en paulme, une fois le mois,