ID. IV
— ÉTY»l. ProTcuç. cspagn. et ital. palma; du Ut. palma; grec, mXàixï).
2. PAl'ME (pô-m'), ». f. Il 1" Sorte de jeu où l'on se renvoie une balle avec une raquette ou un battoir. Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau ; la disposition des maiicres est nouvelle; quand on joue à la paume, c'est une même balle dont on joue l'un et l'autre; mais l'un la place mieux, p*sc. Pens. va, 0, édit. HAVBT. Il Longue paume, celle à laquelle os joue dans un terrain qui n'e.st pas fermé do murailles et qui est disposé exprès. Je revenais le soir à Auray après une légère promenade, comme (i je fusse revenue de jouer une partie de longue paume, sêv. 676. || t'ourte paume, celle à laquelle on joue dans un carré long enfermé de murailles ordinairement peintes en noir, et pavé de dalles de pierre. || 2° AbsulumenL la paume, le jeu do la paume, j'ai perdu de l'argent à la paume. 113" Jeu de longue paume, le terrain où l'on joue à la longue paume. Jeu de paume, le lieu où Ion joue à la courte paume. l)u teuips de Corneille, nos jeux de paume étroits dans lesquels on représentait ses pièces, les vêtements ridicules dcsaoteurs.... volt. Corn. Curn. Bem. Œdipe, pièces préiim. || Jeu de paume, se dit particulièrement du jeu de paume de Versailles, où les députés du tiers état firent le serment de ne point se séparer sans avoir donné une constitution à la France. Cette séance s'appelle absolument le Serment du jeu paume. || Jeu de paume carré, voy. CARnÊ, w I. Il Jeu de paume à dedans, jeu de paume qui a, à l'un des deux bouts, une pelile galerie ouverte. \\i' l'cniipaume, raquette légère.
— HIST. XV' s. Je vous chargeai que vous aportissicz des pelotes de Paris pour nous esbaitre moi et TOUS à la paume, fboiss. ii, ni, 32. Et puis querez joustea et les bouhours, Gioux de palme.... e. D8SC1I. Vie dissipée. || xvi* s. Je ilnnneray le premier lieu & celuy (le jeu do la paume], auquel on peut aussi dire la nation finnçose estre plus adonnée qu'aucune autre : témoin le grand nombre de tripots qui sont en ceste ville de l'aiis, b. esiienne, Pricell. éd. FEUcàriK, p. <a».
— ÉTTM. Le jeu de paume a été ainsi nommé parce que, primitivement, on jouait non avec une raquette, mais avec la paume de la main. Dans quelques provinces, on appelle même paume la pelote ou balle avec laquelle on joue. Le jeu de paume est 1 ommé lusus pilas cum palma en <»*(), époque où il commence à devenir en usage.
PAUMC, Ëg (fô-mé, mée), part, passé de paumer. Oui a reçu un coup de paume, de poing. Haumé par un vigoureux gaillard, il vit trente-six cbanielles.
t «'AUMÊE (pft-mée), .. f. Il !• Coup dans la ■ttin. Il ir Terme rur.il. Manière de mesurer la «ige <lu lin et du chanvre avec la paume de la main.
- KIST. xiu» s. De la foie pensée Vient la foie
paumée [acte de porter U main, de «alsirl, Prov
M eOMl* ^ BtêL. m. >l. Ci^i fc ..V j..
*"***i^*"** '"*■ •*• Sl-t;»'''»»- ^ «'♦, dans I ity •. loellui Jaques donna une palmée
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[coup de la main] audit Michault, senz plus faire, DU CANGK, palmata. || xvi* s Touchant en main, que le vulgaire appelle bailler la paulmée, Nouv. cuust. gén. t. li, p. n»*!.
— ÉTYM, Paume t.
I. PAUMELLE (pô-mè-l"), s. f. Espèce d'orge (l'orge distique).
— IIIST. xvf s. Tels orges [ceux du printemps] sont communément appelles paumés ou paumoules; il y en a de plusieurs espcces, dont les aucunes ont plus de deux rangées de grains en leurs espis,
— ÊTYM. Lat. palinella. palmula, à cause des épis comparés à une petite palme.
t 2. PAUMKLLE (pô-mè-l'), s. (. || 1" Morceau de cuir ou d'étoffe épaisse dont les cordiers se garni.ssent la main pour filer le chanvre ou faire de petits cordages. Le fileur [corilier] tient dans sa main droite un bout de lisière qu'on appel.e paumelle, qui conserve le tortillement du fil et l'empêche do .se replier sur lui-niêmo, Dict. des arts et métiers. Amst. )707, Cordier. || 2° Tenue de marine. Lanière de cuir garnie d'un dé plat, que met dans si main droite, comme le cordonnier sa manique, le voilier quand il veut coudre. || 3° Outil de bois dont le corroyeur garnit la paume de sa main. || 4° Nom d'une espèce de penliire de porte, qui tourne sur un gond et qui empêche que l'air ne pénètre.
— iiisr. XV' s. Pour avoir fait et mis deux gons, une grosse poumelle et deux grappes de fer oiî ferme le courroil da la porte, liibl. des chartes, 3' série, t. iv, p. 389.
— ÊTYM. Paume i.
t 3. PAUMELLE (pô-mè-l'), ». f. Synonyme de paumille.
PAUHEIl (pô-mé), r. a. \\ 1° Terme populaire. Paumer la gueule de quelqu'un, lui donner un coup de poing sur le visage. Si j'osais pour douceur te bien paumer la gueule, th. coiin. Baron d'Albikrac, i, 3. Il 2" l'aumer une terre, la mesurer avec la paume. Il 3° Se paumer, v. ré/l. Terme de marine. Se touer & la main.
— ETYM. Paume t. L'ancienne langue avait palmeier, paumoier, qui signifiait brandir, tenir dans la main.
i. PAII.MIER (pô-mié; l'r a* se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, is se lie : des pô mié-z liabiles), s. m. Maître d'un jeu de paume. Je n'entends pas.... qu'on charge sa petite main [d'un enfant] d'une raquette de paumier, i. j. rouss. Ém. tt. Il Au /'e'nimïn, paumièrese disait d'une femme qui tenait un jeu de paume. Au bout de quatre jours, je remplis de deuil le tripot : la paumièrealla où j'envoyais tous mes malades, et ses parents s'emparèrent de son bien, le sage, Cil blas, u, 5. || Paumierraquettier, artisan qui fait des raquettes de paume.
— ËTVM. Paume 2, et la terminaison ter, qui indique métier, travail habituel.
t 'i. PAUMIEB (pô-mié), s. m. Voy. méridien i, n* 6.
t 3. PAUMIEH (pô-mié), ». m. Nom qu'on donnait dans le moyen âge aux pèlerins.
— ETYM. Lat. palma, palme, à cause que les pèlerins portaient d'urdmaire une palme de la terre sainte.
t PAUMILLE (pô-mi-ir, Il mouillées), s. /'.Terme de chasse. Machine sur laquelle on place une moquette destinée à faire tomber les oiseaux dans le piège.
t PADMOyen (pô-mo-lé), i>. o. || v Terme de marine. Faire passer d'une main à l'autio ua cordage que l'on visite. || Coudre avec ta paumelle. li Se paumoyer, v, réjl. Se hisser à force de mains le long d'un càlile. || 2" Terme nral. Mesurer à la paume. Paumoyer le lin, le chanvre.
— ETYM. Paume ). Paumoyer est un ancien verbe qui signifiait tenir dans la main (voy. paumeb).
PAUMUBE (pô-mu r'), s. f. Terme de chasse. Se dit du sommet des têtes de cerf, où le bais se divise en plusieurs parties ; ce qui représente assez la paume de la main (voy. empaumure).
— ÊTYM. Palme, à cause de la forme en palme du wis de cerf. Teste de cerf liien paumée, cotorave.
t PAUPÉRISME (pô-pé-ri-sm'),j m. Néologisme Appauvrissement dés classes inférieures; existence d'un pnind nombre de pauvres dans un ËtaL L'extinction du paupérisme.
— Ktym. Lat, pnuper, pauvre (voy. pauvre). PAUPIÈKE (p6-piè-r'), », f. || !• Nom donné à
deux voile» membraneuK qui, en se rapprochant l'un de l'autre, couvrent entièrement les yeux, qu'il» mettent à l'abri d'une clarté trop vive ou de l'action des corps extérieurs. D'un rouge brun
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sa paupière est bordée, volt. Ce qui plait, etc. Quelques pleurs se présentaient au bord de vos paupières; ou vous les reteniez, ou vous détourniez la tête pour les essuyer furtivement, dideb. Salon de • 705, (/luti, t. xni, p. l»3. Maintenant tout dormait sur .sa bouche glacée; Le souffle se taisait dans son sein endormi; Et sur l'œil tans regard la paupière affaissée Itetombail à demi, lam\Rt. Uédit. n, a. J'aime le grand linn, à l'attitude fière.... Oui lève lentement sa terrible paupière, Superbe de dédain, d'orgueil, de gravité, p. lebbun. Voyage de Grèce, III, 3, Il Paupière interne, troisième paupière qui existe chez les oiseaux. || Fig. Ouvrir la paupière, s'éveiller. Il Fermer, clore la paupière, dormir. S'il m'avieiit quelquefois de clore les paupières..., MAin, V, 21. La nuit se passa tout entière, Sans qu'elle pût fermer un moment la paupière, mol. Tari. I, 6. Mais en ma chambre à peine ai -je éteint la lumière. Qu'il ne m'est plus permis de fermer la la pau|ière, boil. Sat. vi.|| Fermer la paupière, faire dormir. Quand la nuit des mortels a fermé la paupière, lamart. Médit, u, I7. || Fermer les paupières & quelqu'un, l'assister à s» dernière heure. Dès ^e ma tri.ste main eut fermé sa paupière, RAC. Bérén. ii, 2. || Fermer la paupière, amener la mort. Et le premier instant où les enfants des rois Ouvrent les yeux à la lumière Est celui qui vient quelquefois Fermer pour toujours leur paupière, LA FONT. y»bl. viii, t. Il Fermer la paupière, mourir. Et ravis en naissant aux baisers de leurs mères, N'ont qu'entrevu le jour et fermé leurs paupières, DELILLE, Éne'ide, vi. || 2° Paupières, les cils. Des yeux bleus avec des paupières noires, genus, Vœux téméraires, t. i, p. (29, dans pougens. 11 s'est retourné, et s'est mis k louer ses paupières ; je vous demande si on s'est jamais avisé de penser à des paupières, ID. Thédt. d'éduc. la Marchande de modes, se. 9. Ses longues paupières voilaient ses regards, STAËL, Corin. xx, 3.
— HIST. xiifs. Se je aurai doné à mes pauperres dormir.,., Psautier,!' i62. Si wel[ses yeux,de Dieu] el povre home regardent, Ses papieres ses homes gardent, Psaumes en rers, d;ns Liber psalm.p. 288.
— ETYM. Norm. paupille , cil, paupiller, fermer les yeux de psur; wallon, pdpi, poilpi; prov. palpebra, palpeta; esp. et ital. palpebra; du lat. palpebra, ou plutôt l'autre forme palpetra, cils, puis paupière, qui vient de palpare (voy. palper).
t PAUPIETTES (pô-|ii-è-t'), s. f. pi. Terme de cuisine. Tranches de viande recouvertes de lard et de farce, qu'on fait rôtir enveloppées de papier, et qu'on sert avec une sauce piquante,
t PAUPOIRE (pô-fioi-r), s. f. Plaque de fonte sur laquelle on aplatit le cul des bouteilles noires.
PAUSE (pô-z'), s. f.\H° Interruption momentanée d'une action. Fais à ce discours quelque pause; Amphitryon revient, qui me parait conleiit, mol. Amph. 11, 3. Il faut que je fasse une pause, je reprendrai tantôt ma lettre, qui sera longue, maintenon, Letl. à Mme de Caylus, 29 sept. (7i6. Cinq cent mille hommes, qui s'écriaient vive l'empereur notre père, à chaque pause que faisait le czar d.iiis cette entrée triomphale, volt. Charles Xll, 6. Un intervalle affreux, un farouche silence Pour un instant succède à ce terrible bruit; Quand un coupable attend le coup de la vengeance. Telle est l'horrilile pause entre l'éclair qui luit, Et la foudre qui part, et la mort qui la suit, masson, Helv. vu. 1)2° Intervalle de temps pendant lequel une personne émue qui parle, un acteur qui récite son rôle, restent sans parler. Enlin, la Caverne finit la pause que les larmes avaient fait faire, scabron, Rom. corn. 1, ti. C'est un très-jeune homme [Athamare dans la tragédie des Scythes \ amoureux comme un fou, fier, sensible, empressé, emporté, qui ne doit mettre dans l'exécution de son personnage aucune de ces pauses, lesquelles font ailleurs un trè.sbel effet, volt. tel/, /.efcain, 27 avril i7«7. jiS" Séjour momentané. J'aurai fait ici une petite pause de dix jours, sEv. 363. Il 4" Terme de mu>i(]ue. Intervalle de silence dont la durée correspond à celle de la ronde. || Demi-pause, intervalle de silence dont la durée correspond à celle de la blanche. || Le quart d'une pause se nomme soupir. || Intervalle de temps pendant lequel un ou plusieurs musiciens restent sans chanter, sans jouer. Compter «les pauses || Fig. Compter des pauses, attendre inutilement et sans rien faire. || 5' Temps néce«- ■saire pour battre l'or et le réduire à un certain degré. Il 6" Dans les cloches, l'endroit où le battant frappe.
— HIST. Xll* s. Grant pose mirent à II essir [à la faire sortir], du canok, paM»a. || xiii* s. D'amer est mervilleuse cose ; Mervelles bit en Doi de pose,
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Xmadat elTdoine, ms. 6«87. || xv s. Lors me requist, sans mettre y pause, Que je il vosisse otroyer; Je ne m'en fis gaires pryer, froiss. Espinelte amoureuse. Lors icy se parlent, et y a granl pause finiervallej de instrumens et trompetes, Myst. du siège d'Orléans, p. 688. Il xvi* s. Cineas, faisant un peu de pause, luy répliqua.... amyot, Pyrrh. 30. Y a une irrésolution, qui est comme une pause et un ariest de l'entendement ne pouvant passer outre, ID. De la vertu morale, is.
— ETY.M. Proï. et esp. pouxo; ital. posa; du lai. pausa, qui tient à naûciv, cesser.
PAUSËR (pô-zé), t\ n. Terme de musique. Faire une pause en musique. || Ancien terme de. musique. Appuyer sur une syllabe en chantant. Pausez sur cette syllabe.
— HIST. xv* 8. H commença à crier asseï haut en riant : ha ha formage ! jusques à deux ou trois fols, et puis il se pausoit un petit, recommençoit son ha ha formage, louis xi, Contes, ucvi.
— ÊTYM. Pause.
PAUVRE (pô-vr'; Palsgrave, p. (4, au xvi' siècle, remarque que poure se prononçait povre) , adj. Il 1° Oui n'a pas le nécessaire, ou qui ne l'a qu'à peine. Lorsqu'on lui voulait représenter cela [l'exiguïté de son rerenuj quand il faisait quelque aumône considérable, il se fâchait et disait : j'ai remarqué une chose, que, quelque pauvre que l'on soit, on laisse toujours quelque chose en mourant, Vie de Pascal par Jf me Périer. Mandez-moi ce qu'il faut pour la nourriture et les ustensiles de ces pauvres femmes, Boss. Anne de Gonx. Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge; Vous souvenant, mon fils, que, caché sous ce lin. Comme eux vous fûtes pauvre, et comme eux orphelin, rac. Athal.\^,3. Quand on est jeune, souvent on est pauvre : ou l'on n'a pas encore fait d'acquisitions, ou les successions ne sont pas échues, la brdy. vi. Un homme n'est pas pauvre parce qu'il n'a rien, mais parce qu'il ne travaille pas, montesq. Esp. xxni, 29. Jean-Baptiste Massillon naquit à Hyères en Provence, en 1663, il eut pour p6re un citoyen pauvre de cette petite ville, d'alemb. lUoges, Kassilton. \\ i' Par extension, qui n'a pas de quoi vivre Stlon sa condition. Il est venu dans le monde une certaine bienséance imaginaire.... qui nous fait de nouvelles nécessités
dft^là, messieurs, il est arrivé, le croirez-vous, si je vous le disî de là, dis-je, il est arrivé, qu'on peut être pauvre sans manquer de rien, noss. Sermons, Nécessitis de la vie., 2. on se dit pauvre, lorsqu'il y a des pauvres à soulager; mais on cesse de l'être, dès que le moment et l'occasion se présentent déjouer, BoiHiiAL. 3' dt'm. après Pdq Domimc. t. ii, p. 98. Celui-là est riche qui reçoit plus qu'il ne consume; celui-là est pauvre dont la dépense excède la recette, LA BRUY. VI. Tel avec deux millions de rente peut être pauvre chaque année de cinq cent mille livres, iD. ib. Si je compare.... les grands avec le peuple, ce dernier me paraît content du nécessaire, et les autres sont inqui'-ts et pauvres .ivec le superflu, ID. IX. S'il est vrai que l'on soit pauvre par touto.s les choses que l'on désire, l'amliiiieux et l'avare languissant dans une extrême pauvreté, ID. vi. Il Cet hospice est pauvre, c'est-à-dire il a des revenus insuffisants. Il 3° Qui a l'apparence de la pauvreté. Une pauvre demeure. Tout devint pauvre et dans sa maison et sur sa personne , boss. Anne de Gont. |j 4° Fig. 11 se dit de tout ce qui présente de l'insu fisance , et où manque l'abondance voulue. Si j'avais le cœur aussi pauvre que l'esi'rit, je serais bien heureux; car je .suis merveilleusement persuadé que la ptiuvreté est un grand moyen pour faire son salut. Vie de Pascal par Mme Périer. || Pays pauvre, pays stérile ou dont les habitants sont misérables. Cette terre, lui disait-«n, doit vous faire oublier la pauvre Ithaque avec ses cabanes, les rochers affreux de Dulichie, et les bois sauvages de Zacinthe, rén. Tél. xxi. Il Mine pauvre, mine qui contient peu de métal. Il Langue pauvre, langue qui manque des termes, des tours nécessaires i l'exfiression exacte de la pensée. Touie langue en général étant pauvre de mots propres pour les écrivains qui ont l'imagination vive, ili sont dans le même cas que des étranger» qui ont beaucoup d'esprit, uidkbot, Utt. sur les avru0. Il Sujet, matière pauvre, sujet, matière peu féconde. || Kime pauvre, rime où la consonnaoce est réduite au minimuts, par opp'isition A rime riche. || S* Terme «le bcauiarts. Oui manque de grandeur, de richesse ; qui est sans élévation, •ans dignité, sans énergie, l'êto pauvre, tête sans caractère, sans expression, faiblement modelée, sans vigueur de destin ni de couleur. || Draperie pauvre,
draperie qui manque d'ampleur et de développement. Il Composition pauvre, celle dans laquelle le sujet est mal développé || Architecture pauvre, elle dont les membres sont grêles, les profils mous et sans snillie, les ornements rares ou de mauvais goiil. Il S° K.iniilièremenl. Il se dit par une soite d'attendrissement ou de commisération. Celui qui ci maintenant dort Fit plus de pitié que d'envie, Et souffrit mille fois la mort Avant que de perdre la vie ; Passant, ne fais ici de bruit, (jarde bien que tu ne l'éveilles ; Car voici la première nuit Oue le pauvre Scarron sommeille, SCARR. Épilaphe. Philaminte : Comment! vous avez peur d'otl'enser la coquine I Vous lui parlez d'un ton tout à fait obligeant! — Ohrysale : Moi? point; allons, sortez. (D'un ton plus doux) Va-t'en, ma pauvreenl^nt, mol. F. sav. 11, 8. Ma chère enfant, le pauvre M. Fouquet est mort, j'en suis touchée; je n'ai jamais vu perdre tantd'amis; cela donne de la tristesse, sÉv. 3 avril 1680. C'est moi qui imaginai d'engager M. le maréchal de Richelieu à faire ce qu'il pourrait pour s.iuver la v'«> k ce pauvre amiral Bing; je l'avais fort connu dans sa jeunesse.... volt. Letl. Schomherg, 3t oct. 1769. Eh ! messieurs, leur dit le uialheureu.i Bustan, de quoi vous mêliez-vous'? et pourquoi deux génies pmr un pauvre homme? m. Blanc et noir. || Il se dit des choses en un sens analogue. Vous voyez bien, ma fille, que les moindres choses qui ont rapport à vous, ont fait impression dans mon pauvre cerveau, sÉv. 376. Vous voilà donc à nos pauvres Rochers, mes chers enfants, ID. 20 sept. 1695. Pas un pauvre petit procès, bhueïs, Avoc. Pal. I, I . Tout ce que je demande, c'est qu'on me laisse finir ma pauvre carrière sur les bords de mon lac, VOLT. Leit. d'Alemb. <i avr. t77S. Ma pauvre santé n'avait pas besoin de cette secousse (l'imputation d'être auteur d'un certain livre], id. ib. 9 juilL 1769. Il En un sens particulier, isolé, peu nombreux, en parlant de choses. Je n'ai été, ma fille, qu'une pauvre fois à votre belle lune, SÈV. 4't3. J'ai passé le commencement de cette année assez brutalement, je ne vous ai dit qu'un pauvre mot, m. 182. M. de Lavardin m'a vue un pauvre moment qu'il a été ici, lo. »3 nov. 1673. 11 faut que l'air de Ferney ne soit pas bon pour les tragédies: l'auteur de Warvick [la Harpe] n'a pas encore fait une pauvre petite scène, volt. Lett.Villette, 8 juill. (765. Il II ne m'a pas dit un pauvre mot, il ne m'a pas dit un seul mot d'honnêteté, de consolation. Je lui dis ; Mais disons donc un pauvre mot de ma fille; vraiment nous sommes bien ingrats, sÉv. 43. Il 7* Il se dit parfois aus.si par simple (orme d'amitié, et sans idée de cornmiséialion. Ah I mon pauvre Scapinl je suis mon pauvre Scaf in, à cette heure qu'on a besoin de moi, mol. lourb. ii, 7. Mats, ma pauvre Toinette, crois-tu qu'il m'aime autant qu'il me le dit'? id. Mal. im. i, 4. Mon pauvre petit bec... Écoute seulement ce soupir amoureux, ID. Éc. des f. v, *. Ma pauvre madame Driia, ne vous fâchez pas contre mon inaii ; je me suis assez lâchée contre lui. volt. Socrate, n, 5. Jeté sur celte boule, Laiil, chétif et souffrant, Êioufîé dans la foule. Faute d'être a.ssez grand ; Une plainte touchante De ma bouche sortit; Le bon Dieu me dit : chante. Chante, pauvre petit! bérako. Vocatiim. || 8° Par mépris, chétif, mauvais dans son genre. Cela fait un pauvre effet. Une pauvre étoffe. Ce serait à mon gré une pauvre ambition d'ériger des trophées de deux marottes rompues, bai.z. liv. vi, letl. 5. Tout auprès, de pauvres poètes. Oui rarement ont des manchettes, Y récitent de pauvres vers, scarh. Virg. VI. 11 n'y a si pauvre esprit qui n'en fit bien autant, mol. l'Av. m, 6. Ouelle pauvre espèce que le genre humain, si le gian l Newton a cru trouver dans l'Apocalypse l'histoire présente de l'Europe ï volt. />k<. phil. fanatisme. L'Académie ne veut pas paraître philosophe; quelle» pauvres observations i|ue ses observations sur mes remarques concernant Polyeucte ! ID. Lelt. dArgenlal, 27 nov. (761, Cet écrivain pauvre [Boissy] a fait, sur le théâtre, la petite fortune de quelques pauvres écrivains, d'alimb. Élogrs, lloiisy Elle s'est avisée d'aimer un jeune homme, liunn<^te à la vérité, mais sans bien, enfin un musicien pauvre. — Versac : Et peut-être un pauvre musicien, al. uoval, Maison à rendre, se. 9. || Un pauvre sire, un homme sans mérite, sans considération. \' Un pauvre homme, un homme sans industrie, sans courage. || On dit aussi : vous êtes un pauvre bornme, i un homme i cjui on reproche qu' Irjue trait honteux. || Un pauvre hère, un pauvre diable, un liominoqui est d.ins la misère. Çà, fiiis-mo), pauvre diabl'!. De ton désastre un récit véritable, volt. lePauv. diabk. || Kn ce sens
U se met d'ordinaire avant son substantif. || 9° Fig. Privé, dénué, m.ini|uanl de. Riches de mots, pauvres de sens, lamotte, Fabl. m, 8. 11 brûle d'un feu sans renièds, Moins riche de ce qu'il possède, Oue pauvre de ce qu'il n'a pas, j. b. ROtiss. Odes, II, ». Ils étaient si pauvres de talents et de ressources..., DUKR. Opin.des ane. philos, {jrsuites). Pauvre de couleur, mais riche de sa voix. Le rossignol encor enchaînera nos bois, delillf., l'H. de$ champs, iv. Les champs de ces Helvétiens Pauvres de vains trésors, mais riches de vrais biens, chènedollé, dans laveaux, || 10° S. m. Celui qui est dans la misère, mendiant. Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre Est sujet à ses lois [de la mort], .MALH. Ode à du Périer. Si le riche est ébranlé, ses amis le soutiennent; mais, si le pauvre commence à tomber, ses amis même contribuent à sa chute, SACl, Ecclésiastiq. xiii, 26. Que de pauvres.... ont subsisté, pendant tout le cours de sa vie, par l'immense profusion de ses aumônes! BOSS. Reine d'Anglet. Recommandez-lui, Monseigneur, les pauvres des villages encore plus malheureux que ceux des villes, maintenon, Lett. au card. de NoaiUes, 26 déc. 10119. Dans toutes les conditions, le pauvre est bien proche de l'homme de bien, et l'opulent n'est guère éloigné de la friponnerie, LA BRUY. VI. On sait que les pauvres sont chagrins de ce que tout leur manque, et que personne ne les soulage, ID. ib. Il Rire comme des pauvres, rire de bon cfPur, rire à ventre ilélioutonné. !| Pauvres honteux, gens d'honnête condition qui soufl'rent beaucoup sîins oser découvrir leurs nécessités. || Pauvres de la paroisse, de la commune, ceux qui sont à l'aumône de la paroisse, de la commune. || Pauvre volontaire, pauvre de Jésus-Christ, celui qui renonce volontairement aux biens du monde. Et vous, pauvres de Jésus-Christ, pour qui seuls elle ne pouvait endurer qu'on lui dît que ses trésors étaient épuisés, vous premièrement, pauvres volontaires... religieux, vierges sacrées,.,, et vous, pauvres, quelque nom que vous portiez, pauvres connus, pauvres honteux..., boss. Marie -TMr. ij Pauvre des pauvres, titre que prenait saint Ignace. || Cet homme fait le pauvre, il feint de n'avoir pas le nécessaire relatif à son état. j| Droit des pauvres, droit prélevé en France en faveur des hôpitaux sur les recettes dis spectacles, concerts, bals, et autres amusements publics. || Taxe des pauvres, impôt établi en Angleterre en faveur des pauvres. Il 11° Terme de l'Ecriture. Les pauvres d'esprit, ceux dont le cœur et l'esprit sont détachés dos biens de la terre. Et ouvrant la bouche, il les ensnignait en disant : Bienheureux les pauvres d'esprit, parce que le royaume des cieux est & eux, SACi, Bible, Év. St 'Math, v, 3, || On dit dans le même sens, les pauvres de| cœur. Les pauvres de cœur, c'est-à-dire ceux qui ont vécu comme ne possédant rien sur la terre, mass. Profess. relig. Serm. 3. Il Familirr^ment. Les pauvres d'esprit, ceux qui sont (Icpourviis d'intelligence. || 12" Pauvre de Lyon, membre d'une .socle vaudoise (xii* siècle). Je conviens ijue les Vaud'ds, les insiihhatés et le« pauvres de Lyon sont la même secte, boss. Variât. XI, (33. Il 13^ Pauvre homme, crustacé du genre pagure ( bernard l'ermite). || Herbe i pauvre homme, giatiole || Proverbe. Le pauvre est toujours pauvre, c'est-à-dire les moyens lui manquent pour se tirer do la misère.
— RRM. 1 Pauvre ne s'emploie pas au féminin comme substantif ; on ne dit pas une pauvre, mais une pauvresse. ||2. Un auteur pauvre est un auteur indigent; un pauvre auteur est un mauvais écrivain, ou celui à qui les idées manquent.
— SYN. PAUVRE, indigent. Pauvre est le terme le plus général; c'est aussi celui qui signilie le moins. Le pauvre a peu, est mal partagé, ou mal aisé. L'indigent souffre et est, par le manque, dans un état de peine.
— HIST. XII' 8L Et poure gent et clerc et vavassor, Honc. p. I7«. Ktjoieapoure savor. Oui en tel lieu est gnsiée, Court, I. Il XIII* s. [Tobie] dona ce que il avoit as prisonniers et as pouros, Biitin. lat. Tris. p. 60. Ne soiez vers les poures ne sure (aigre) ne amcn>, flm«, IV. Poure hostel 01 la dame, quant vint à l'anuilier, ib. xxxviii. lie moi ert (sera] i To (votre) perc poure [triste] nouvelle aprise, ib. c. Noz avons veu moult de dobas, es iiones viles, des uns contre les autres, si comme dos poures contre les rices, bem m. l, b. Tandis que nous mangions, ils vindrent ferant des espérons jusques à nostre ost, et occistrent pluseurs puures gens i|ui estoient alez aus chans il pié, joinv. 221. oue tout en.si come en la mer Ll grans poissons prenl le petit. Eus:
tote
PAU
•ont au siècle aatit (disposés] U riche des poures mangier, BÀODOom orcondS, 1. 1, p.*. Il nv s. Grani honte est k homme qui a le cuer poure et la bourse riche, Ménagier, i, ». || XV ». ....Et se vestirent de poures cotes déchirées et de poures chapeaux, en guise de poures marchands.... froiss. i, i, 43t. Poure garde (surveillance mal faite], id. u, m, se. El si n'ont pas d'argent grans sommes, Mais sont aussi poures que Job, coqiillart. Droits nouveaux. (tivi* s. Je laisse à dire les fantasies pernicieuses dont on a abbreuvé le poure monde, calv. Inslit. »■'.!>. Pauvre fol que tu es. mont, i, 73, La pauvre Ipliigenia au port d'Aulide ... id. ii, 268. Sur ce foial Philopœmen arriva, vestu d'un pauvre manteau, AMYOT, Philop. 3. C'est grand mal d'un pauvre endormy, lehojix db lincy, Prov. t. ii, p. S63. C'est grand peine d'estre pauvre et vieux, mais il ne l'est pas qui veult, id. ih. [Henri IVJ Prince lors sans parti, sans hommes, sans finance, Prince pauvre de tout, si ce n'est d'espérance, DUBABTAS. Jean Boulaise, prestre, professeur des sainctes lettres hébraïques, pauvre perpétuel [boursier] du collège de Montaigu à Paris, d'j verdier, Bibtioih. p. «67, dans lacuhne.
— lîTYM. Bourg, prôve; Berry, poure, pauvre, paure ; norm. pouret; picard, poure, paure ; wallon, pôv; prov. paupre, paubre, paure; esp. pobre ; ital. poi)«ro; du lat. pauper ou pauperus, que les étymologistes décomposent en pouco parient, produisant peu; comparez optparuî, et, par le changement (le o en e, puerpi-ra, vipera. La confusion de I'm et (lu V fait qu'on ne sait si dans les hauts temps on prononçait powrf ou poire.
PAUVRE.MENT ipô-vre-man), ad». || 1° Dans la pauvreté Bientôt Philoclès demanda au roi de se retirer auprès de Salente dans une solitude où il continua à vivre pauvrement comme il avait vi^cu à Samos, fén. Tél. xiv 11 est mort au mois de janvier dernier dans un village nommé Vitry, tout près de Paris, une femme qui y vivait assez obscurément, et même assez pauvrement, et qu'on assure avoir été la veuve du czarowitz Aleiis, que son père le czar Pierre I" fit mourir, d'alemb. Lelt.au roi de Pr. 8 nov. )77i.||2'' Dans une condition insuffisante. J'allai, l'autre jour, voir une maison oii l'on entretient environ (fois cents personnes assez pauvrement, MosTKSQ. iett. pers. 3). (j Vêtu pauvrement, mal habillé. || On dit de même : logé, meublé pauvrement. Je suis bien aise de vous dire que je n'ai eu, à mon particulier, aucune aventure, e.xeepté celle d'être pauvrement logé, pellisson, Lett. hist. t. I, p. 8, dans p jugews. J'ai vu la maison sissez pauvrement meublée, dijclos , Œuv. t. x, p. 2. il 3* D'une manière chétive, malhabile. Il [un des juges de Fouquet] reprit toute l'alTaire pauvrement et misérablement, lisanlce qu'il disait, sÉv. 17 déo.< 684.
— HlST. xiii" s. Dedens ceste forest [je] sui povremenl déduite, Berte, xzxvii. || xiv* s. Car qui les mestiers [d'armes] n'ameroit, Jà ne le tenroit om pour preu, U pourement feroit som preu, j. de coNDÉ, t. u, p. 7j.]|xv' s. Les Anglois assaillirent le moustier, et la ville qui estoil fermée de palis povrement, proiss. ii, ii, 207. || ivi- s. Regrellans leur misère et malheur, de ce qu'il leur falloit ainsi pauvrement mourir, sans avoir moyen de faire sentir leur valeur à leurs ennemis, amtot, Cross. 4». Si d'adventure il rencontroil quelque vieil citoyen, qui fui pauvrement vestu, id. Cimon, *6.
— ÊTYM. Pauvre, et le suffixe tncni; bourguig. prAveman; prov. paubramen, pauratnenl ; catal. pofirrmen; espagn. po6remen(c; ilal. pofcromente.
PADVRKSSB (p<J-Trè-8'), ». f. Femme pauvre, qui mendie.
— ETYM. Poiirre.
PAUVRET, ETTE (pô-vrè, vrè-tT, ». m. et f. Terme familier de commisération, d'afTection. Kt l'embraser d'amour si vive. Que la pauvrette ne pourrait. Quand Junon lui commanderait. Faire du mal au lieur Ënée, scabr. Virg. i. Le pauvret serait de ton Ige, id. ib. m. Un milan, i|ui dans l'air planait, faisait la ronde, Voit d'en haut le pauvret «• débattant »ur l'onde, la pont. Fabt. iv, h . Peu «'en faut que d'amtur la pauvrette ne meure, mol. lÉt. I, «. ■ •
— ETYM. xiT««. Girars, pour gaaignier leur trt-s povreie vie. Se mit à ung mestier qu'il n'avoit apri«
mie Ciror» de Rms. y. 232». jj ,vs Or je vois
«voir Au povrel qu'il me vouidra dire, El s'il me •Çaura point instruire. Patelin, (378. || xvi* s. Nous n auront j»mai» a»»ez bafoue l'impudence de cet awouplag, Idir. que l'univers a été fait pour
homm-l; mal», pauvret, qu'a il en loy digne d'un «•1 «dvaniigeî MONT. 11, i»4.
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— ÊTYM. Diminutif de pauvre; provenç. pauret ; catal pobre<; espagn. pobrete; ital. poveretto.
PACVRETTË fpfl-vre-té),».f. ]| 1" Manque de biens. Encore qu'ils [les riches] voient tous les jours non tant des pauvres et des misérables, que la misère elle-même et la pauvreté en personne, pleurante et gémissante i leur porte, boss. Sermons, Impénit. /în. n. La pauvreté n'était pas un mal pour eux [les Romains]; au contraire, ils la regardaient comuie un moyen de garder leur liberté plus en^ tière. n'y ayant rien de plus libre ni de plus indépendant qu'un homme qui sait vivre de peu, id. Hisl. m, «. D'où il est arrivé qu'un homme peut être pauve, et néanmoins ne manquer de rien de ce .^ue U nature désire : la pauvreté n'est plus opposée à la nécessité, mais au luxe, id. Pensées chrét. 34. Que ne puisje révéler les secrets de la charité de M de Monlausier? vous verriez ici l'éducation d'unf fille à <|ui la pauvreté pouvait donner de mauvais ronseils.... fléch. Duc de ilont Et conclus avec moi Que la pauvreté m.lle, active, vigilante, Est, parmi les travaux, moins lasse et plus contente Que la richesse oisive, son . Ëptlre x\. L'occasion prochaine de la pauvreté, c'est de grandes richesses, LA BfiuY. VI. Si la pauvreté est la mère des crimes, le défaut d'esprit en est le père, lu. xi. La pauvreté honteuse fut-elle jamais si ingénieuse à se cacher que sa charité à la découvrir? la pauvreté publique fut-elle jamais si empressée à se produire, qu'il le fut lui-même à la pr(;venir'? mass. Or. (un. Villeroy. Je puis bien enrichir la pauvreté d'état, mais U m'est impossible d'enrichir la pauvreté de luxe, montesq. Ars. et Ismin. Et qui craint la pauvretii N'est pas digne de l'opulence, volt, lett. Déf. du Mondain. Ce n'est point la pauvreté qui est intolérable, c'est le mépris; je sais manquer de tout, mais je veux qii'on l'ignore, lu. Écoss. i, B. La pauvreté e.igendre la pauvreté, ne fût-ce que par l'impossibilité où se trouve le pauvre de donner aucune sorte d'éducation ou d'industrie à ses enfants, bay- NAL, Bist. phil. XII, H. J'aime la pauvreté qui n'est pas la misère, delille, Imag. vi. Une pauvreté libre est un plaisir si doux I 11 est si doux, si beau de s'être fait soi-même.... a. chén. Élégies, xvi. Il II s'attache à lui comme la pauvreté à un pauvre homme, il ne le quitte pas. || %' Terme de dévotion. Pauvreté cvai)géli<|ue,la renonciation voient lire aux biens temporels. J'ainiela pauvreté, parce que Jésus- Christl'aaimée, PASO. Pens. XXIV, 69, éd. havet. Enfin, de la manière dont nous avons vu commencer cette hérésie |c!es Vaudois) , il semble que Vaido ait eu d'abord un bon dessein; que la gloire de la pauvreté dont il se vantait ait séduit et lui et ses sectateurs, Boss Variât, xi, § 'J. || Pauvreté d'esprit, le détachement entier des biens de la terre. || Pauvreté (l'esprit, se dit aussi, dans le langage général, du manque d'esprit. Cette manœuvre suppose tant de pauvreté d'esprit, une vanité si puérile.... J. J. RODss. 2' dialogue. \\ 3° Fig. La pauvreté de la langue, l'absence des termes et des tours nécessaires pour exprimer la pensée. L'extrême pauvreté des langues américaines annonce l'imperfection des peuples qui les parlent, BJNNET, Causes prem. vi, I7. ]|4* Fig. Etat de cequi est cbélif, de peu de valeur. Tâcher d'ennoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets : voilà toute la politique, ou je meure 1 beaumarch. Jfor. de t'igaro, m, 6. Si Lucrèce eilt exprimé ce qu'on savait alors de positif, nous aurions aujourd'hui le plaisir, en le lisant, de comparer la pauvreté des connaissances anciennes avec la richesse des connaissances modernes, delille. Trois règnes. Préface. || 6" Fig.ylu p/ur.Chose basse, sotte, ridicule, qu'on dit ou qu'on fait. Vous dite» contre nous certaines pauvretés Oui me faisant rougir.... Je dis des vérités, ha uterociie, Bourg. de quai, n, 6. Et les soins où je vois tant de femmes sensibles, Me paraissent aux yeux des pauvretés horribles, mol. F. sav. 1, i. Je vous manderai toutes mes actions; j'aime que vous aimiez ces pauvretés; cela me rapproche de vous, sRv. (3 déo. 1688. Les pauvretés dont je remplis ma lettre, m. 13 oct. I67B. La nation a été souvent plus malheureuse qu'elle ne l'est, mais elle n'a jamais été si plate; Mihez, madame, de rire comme moi de tant de pauvretés en tout genre, volt. Lett. Kme du Delfant, 6 août i760. |] U se dit aussi en ce sens au singulier. Nous ne voulons point d'une amie qui veut vieillir et mourir par sa faute ; il y a de la misère et de la pauvreté à votre conduite; il faut venir de» qu'il fera beau, la fayetie , l.ettr. iKuvr. t. ni, p. Î24 , dans pouoens. || 6' Il se dit de ce qui est commun, plat, mauvais dans les ouvrages littéraires. (Elle] Pèse sans cas-
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sion Chapelain et Virgile, Remarque en ce dernier beaucoup de pauvretés, noiL. Sat. x. Le public pardonne ces pauvretés aux gens à talent, parce que le public ne songe qu'à s'amuser, V(jlt. Ôicr. phii. Critique. Vous m'alliz dire qu'il faut que j'aie une terrible santé, puisque je fais tant de pauvretés à mon âge [la tragédie de Minos], id. Leil. Richelieu, 36 mii (772. Il Dans les beaux-arts, les formes petites, les détails minutieux, les accidents vulgaires qu'il est de l'essence de l'art d'agrand ir ou de négliger. Il Proverbes. En grande pauvreté n'y a pas grande loyauté. Il Pauvreté -fl'esl pas vice, mais c'est une espèce de ladrerie, tout le monde la fuit. || Pauvreté n'est pas vice, c'esl-à-dire il ne faut pas reprocher > un homme sa pauvreté,
— HIST. XII" s. [Cens] ki un petit enfant aorent, ki despitaules [méprisable] est.... par Ja poverteit des siens, st-bern. BbO. jlxiii* s. Je Engerrans ... ai vendu bien et loiaument.... cheste [cette] devant dite vente j'ai fait par poverté et pour le [la] soustenanche de moi, de me femme et de nos enfans ; lequele [la quelle] poverté fu soulfisamment prouvée en le [la] court noble homme le conte de Pontieu, uu cange, pauperias. Dont doi je prendre en gré se j'ai froid et pouverte, Berte, xxxv. La terre meïsmess'orgoille Porla ronsre qui la moille. Et oublie la poverté, Où ele a tôt l'yver esté, la Rose,
67 Et sont autres choses que chascuns redoute,
si comme est mort, dolor et poiireté, brun. lat. Très. p. 28( . Il XV* s. Se meirent aux champs et dedans un bois, pour eux détourner, tant qu'ils ne fussent rattcins;et eurent cette nuit tant de pauvreté, (jue nul ne la poyroil penser; car ils cheminèrent plus de sept lieues, tout à pié, et si avoit gelé tellement qu'ils decirerent tous leurs pies, froiss. liv. I, p. 40(i, dans lacurne Excuse moy aucunement. Et sçacbes qu'en grand pauvreté (Ce mot dit on communément) Ne gist pas trop grand loyauté, VILLON, Grand teslam. Aucuns J'iceulx jeunes gens se vergonnoiont de jouer l'esbattement, pour ce qu'il se falloit descouvrir jusques au ventre et montrer ses pauvretés, do cange, pauperias. || xvi' s. Hunnesto povreté est clair semée, oénin, /{«'creaJ. t. II, p. 240. De pauvreté, fatigue et peine, leroux DE lincy, Prov. t. II, p. 285. U n'est pauvreté que d'ignorance et maladie, id. ib. p. 3i6. l'ouvreté prend tout en gré, id. th. p. 369. Faire la pauvreté [avoir des rapports avec une femme], ouum, Curios. franc.
— f.TYM. Wallon, povrité; picard, pauverté ; Berry, paureté, pauverté, pourelé; bourguig. pôvrelai; provenç. poupre/a(, pauliretat, pauretat ; anc. catal. pobrelat; anc. espagn. pobredad; ital. povcrldidu laL paupertatem. L'ancien français a deux formes : povrelé et poverté; le 1" vient de paupertàiem, accent sur té; le 2-, de paupértas, accent sur pér.
t PAUVREl'EUX, ECSE (pi5-vre-teû, leù-z'),adj. Cbétif. misérable (terme vieilli). Le comte de Châtillon, gentilhomme de la chambre [du duc d'Orléans], était un seigneur fort pauvreteux, st-sim. 240,(95. Le pauvreteux personnage (|ue Mme la princesse de Conti faisait auprès de Mme la duchesse avait eilrêment refroidi M. le duc d'Orléans,
— ËTYM. Dérivé de pauvre, par pauvret.
t FAUX (pô), s. m. pi. Terme de pêche. Pieux ou pi()uetsqui forment la muraille ou la châsse de la paradière.
— lîTYM. C'est l'ancien pluriel de pal, pieu.
t PADXI (pô-ksi),». m. Genre d'oiseaux d'Amérique, voisin des boccos, famille des gallinacés.
PAVACiE (pa-va-j'), ï. m. Il !• Ouvrage fait avec du pavé. Pavage de grès. ]] Par extension, pavage en bois, pavage en asphalte. || 2° Travail du paveur. Il 8" .Matériaux fournis par le paveur.
— llisr. xiv s. Icellui exposant pour faire ouvret de pa\ âge ou cbaucie.... OU cange, paragium.
— ETVM. Parer.
PAVANE {pa-va-n"), ». f. || 1* Danse grave venue (l'Espagne, oii les danseurs font la roue l'un devant l'autre, comme les paons avec leur queue, d'où lui es', venue le nom (Trévoui). Aile/, madame, allez faire la révérence, Dan.se r une pavane avec monsieur Colin, dancourt, Diverl. de l'inconnu, V. H 2' Air sur lequel cette danse s'exécute.
— HIST. xvi* s. Guillaume Morlaye, joueur dé iuth, a fait plusieurs livres de tabuiatiire de g'jitt-rne, ou sont chansons, gaillardes, pavanes, brausles, al"?mande.s, fantaisies, Du verdier, Biblioth. p. 4?8, dans laci'bne.
— ETYM. Génev. pavane, farce : regarde ces déguises, quelle pavane ; espagn. et ital. pavana- On
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PAV
PAV
dit t^e pavana est l'abréviation de padovana, pa- Qouane : danse de Padoue. Cependant Brantôme la nomme pavane d'Espagne ; et Carré, disant en 1783: « Les chevaliers menaient la pavane sans quitter le harnois ni la cotte d'armes; les hommes, à pied, approchant des femmes, tendoient les bras et les mantes en faisant la roue comme les coqs d'Inde ou les paons, » a songé à paon comme étymologie; mais le latin pavo aurait donné pavone; et la contraction de padovana en pavana est bien difficile. L'origine reste donc incertaine.
PAVANER (SE) (pa-va-né), v. réjl. Marcher d'une manière superbe comme un paon qui fait la roue. Tessé piaffait et se pavanait de son chapeau, st-sim. «0, 8. L'homme, en général, l'un portant l'autre, n'a qu'environ vingt-deux ans à vivre, et , pendant ces vingt-deui ans, il est sujet à plus de vingt-deux mille maux.... dans cet horrible état on se pavane encore 1 volt. Dict. phil. Lèpre. L'habitude qu'ils [les paons] prennent de les déployer [les plumes de la queuej en se pavanant et faisant la roue, BijFP. Ois. t. IV, p. 15. Il Fig. D'un air eonlent l'orgueil se reposait, Se pavanait sur son large visage [du financier], vûLT. Temple du Goût. Tandis que je me pavanais dans cette idée,). J. rouss. Prom. 7.
— ÉTYM. Sans doute paiane; Berry, paiûner, courir cà et là: j'ai pocane toute la journée. Si le mot venait du latin pavo, il serait se pavaner, comme en espagnol patJOHearse.
t PAVANEUR (pa-va-neur) , s. m. Espèce de fauvette d'Afrique.
) . PAVÉ, ÉE (pa-vé, vée), part, passé de paver. Il 1° Garni de pavés. Il n'y a point de ville pavée comme Paris, volt. Louis XIV, 29. || Fig. Gosier pavé, gosier supportant des boissons très-fortes ou très-chaudes. || 2° Fig. Garni comme de pavés. Quoi, s'écria Babouc, ces peuples enterrent leurs morts dans les mêmes lieux où ils adorent la divinité? quoi, leurs temples sont pavés de cadavres? VOLT. Babouc. || Les rues en sont pavées, se dit en parlant de certaines gens qui affluent dans une ville. Il Proverbe. L'enfer est pavé de bonnes intentions (voy. intention).
a. PAVÉ (pa-vé), î. m. || 1* Morceau de grès, de pieire dure dont on se sert pour paver. Le fidèle émoucheur Vous empoigne un pavé, le lance avec roideur, Li font. Fabl. viii, lo. [Sur le ruisseau d'une rue] Un ais sur deux pavés forme un étroit passage, boil. Sat. vi. Les large.s pavés blancs de Naplfis, ces pavés de lave, stael, Corinne, xw, <. C'est cette femme enfin [la Liberté].... qui vient.... D'écraser une armée et de broyer un trône Avec quelques tas de pavés, A. barbieh, la Curée. \\Gtoh pavé, celui dont on se sert pour les rues et les grands chemins. || Petit pavé, celui qu'on emploie pour paver les cours, les cuisines, etc. || Pavé refendu, celui dont on pave les cours, les écuries, etc. qui est aussi de grès, mais qui n'a d'épaisseur que la moitié de celle de l'autre. || Pavés d'échantillon, ceux qui sont des grandeurs réglées parla coutume. Le gros pavé, qu'on appelle aussi pavé de grand échantillon, et qui est nommé carreau dans les statuts des marchands paveurs, porte 7 à 8 pouces en carré, le menu ou du petit échantdlon n'est que de 4 à 5, Dict. des arts et met. Paveur. \\ Pavé bâtard, pavé qui n'a pas la dimension requise. || Pavé de deux, chacune des parties d'un pavé d'échantillon refendu en deux; on dit pareillement : pavé de trois. Il Pavé de démolition, celui qui provient de la suppression d'un pavage quelconque. || Fig. Quel pavé lui est tombé sur la tête I quel événement fâcheux et étourdissant lui est arrivé (par allusion au pavé que l'ours lança à la tête de son ami le vieillard, dans la fable de la Fontaine). || Parla même allusion, pavé se dit aussi d'un éloge maladroit. On dit encore: c'est le pavé de l'ours. || 2° Assemblage de pavés qui couvrent une aire, une surface. Le pavé d'une cour, d'une rue. Tu le vois tous les jours (le roi Louis XIV], dfivanttoi prosterné. Humilier ce front de splepdeur couronné, Kt, confondant l'orgueil par d'augustes e.xemples, Baiser avec respect le pavé de tes temples, >(AC. Esth. Prnl. En voyant l'étranger, d'un pied silencieux, Fouler avec respect le pavé do ces lieux, i.AHART. Harold, )7. Le pavé de marbre qui environne ce sanctuaire est crausé par les p'-ierins qui >jn ont fait le tour à genoux, stakl, Corinne, xv, 4. Il 8» Il se dit de la voie publique, en tant que t'arme de pavés. Le pavé est glissant. Entietenir le pavé. Suivre le pavé. Est-ce qu'on me fera attendre touie 1.1 journée sur le pavé, et qu'on ne me fera point venir mon Ciirrosse ? mol. Pnurc. m, 2. Nous avons eu ici des glaces et des neiges insupportables ; les rues étaient de grands chemins rompus
DICT. DE Lil LAlfOUZ mANÇAISI.
d'ornières; nous commençons depuis quelques jours à revoir le pavé.... sÉv. 27 lévrier I67». Ma muse, qui se plaît dans leurs routes perdues [des bois], ne saurait plus marcher sur le pavé des rues, boil. Épitre VI. Il Se promené"- sur le pavé de Paris, se promener dans les rues de Paris. || Disputer le pavé, disputer le pas dans une rue. "Un prince du sang à qui on disputait le pavé, et les armes à la main, RETZ, m, 50. Il Fig. Faire quitter le pavé à quelqu'un, le faire retirer, faire qu'il n'ose plus se montrer. Il Fig. Abandonner le pavé à quelqu'un, lui laisser le champ libre. Il avait abandonné le pavé à trois ou quatre docteurs qui s'étaient mis en réputation.... LESAGE, Gil Blas, X. (.yPig. Brûler le pavé, aller très-vite à cheval ou en voiture, i! Être sur le pavé, n'avoir point de domicile. || Fig. Être sur le pavé, n'avoir point de condition, d'emploi. Mlle de Coêtlogon est avec Mme de Richelieu.... Théohon [autre demoiselle d'honneur] apparemment ne (lemeurera pas sur le pavé, sév. 27 nov. (673. Que le ciel nous console ! nous voilà tous trois sur le pavé, marivaux, l'Heur, stralag. i, 7. Je me trouvais sur le pavé de Paris, où l'on ne vit pas pour rien, j. j. roiss. Confess. vu. || On l'a mis sur le pavé, on l'a fait sortir de son logement, et il n'en a pas d'autre. Me laisser sur le pavé comme une malheureuse! dancourt, la Parisienne, se. 6. || On a mis ses meubles sur le pavé, on les a mis dans la rue. Il Fig. Il est tombé sur le pavé, il a le nez sur le pavé, sa fortune est mauvaise et renversée, jj Je suis sur le pavé du roi, c'est-à-dire vous n'avez pas le droit de me faire sortir de celte rue ou place publique. Oh' doucement, monsieur, je ne suis plus à vous, ni chez vous; je suis à moi et sur le pavé du roi, LEGRAND, ilélam. amour, se. 1. 1| Ironiquement, c'est to'it pavé, pour dire : c'est très-loin d'ici, mais la route est si bonne 1 1| Bride en main sur le pavé, c'est-à-dire il est dangereux de galoper sur le pavé; et fig. il ne faut rien précipiter dans les afl"aires délicates. || Fig. Être le maître du pavé, dominer, n'être plus gêné en rien. Comme nous nous sentions maîtres du pavé, betz, lU, 5. Vous êtes le maître du pavé présentement, monsieur le comte, SÉV. à Bussy. M mai (675. || Battre le pavé, aller et venir sans but, sans occupation. Crois-tu qu'un juge n'ait qu'à faire bonne chère, Qu'à battre le pavé comme un tas de galants? rac. Plaid, i, 4. J'avais résolu, dis-je à Nunez, de battre un peu le pavé et (le me donner du bon temps, avant que de me remettre à servir, lesage, Gil Blas, vu, I4. Il Un batteur de pavé, un fainéant, un vagabond, qui n'a d'autre emploi que de se promener. |{ Fig. Titer le pavé, "agir avec circonspection. Les beauxfrères de Barbezieux étaient toujours en brassière de ses humeurs, et ses meilleurs amis ne l'abordaient qu'en tâtant le pavé, st-siii. 86, )05. || Fig. Le pavé est chaud, les circonstances sont difficiles, imminentes. Je suis d'une impatience rare, et le pavé est toujours chaud, Corresp. du général Klinglin, i, 440. || Ce médecin, ce maître de musique, etc. gagne beaucoup sur le pavé de Paris, c'est-à-dire les rues de Paris qui sont pavées lui valent beaucoup : il a beaucoup de pratiques, d'écoliers, etc. J'ai dessein de te laisser tous les biens que j'ai gagnés sur le pavé de Murcie, lesage, Estev. Coni. ch. 30.114° Le haut du pavé, la partie du pavé qui est du côté des murailles, parce qu'autrefois les rues étaient pavées en chaussée fendue, c'est-à-dire avec le rui.sseau au milieu. Je fus tout étonné de voir que celle compagnie ne se mettait guère en peine de vous céder le haut du pavé, CUAUL. d la duch. du Haine. La marche des carrosses et le haut du pavé onl été encore des témoignages de grandeur, des sources de prétentions, de disputes et de combats, pendant un siècle entier, volt. Dict. phil. Cérémonies. || Kig. el familièrement. Tenir le haut du pavé, avoir la prépondô- ,-ance. Les enfants de Paris onl le haut du pavé en l'absence do la cour, scarb. Lelt. Œuv. t. i, p. *»», dans pouoENS. Cette créature [une comédienne maîtresse de Charles II] lient le haut du pavé, et décontenance el embarrasse exlraordinairemcnt la duche.sse [autre maltresse], sÉv. il sept. 1676. || On dit dans le même sens : Personne ici ne peut lui disputer le haut du pavé; Il a pris le liant du pavé sur toutes les personnes de sa profes.sion. || 6° Pavé de mosaïque, pavé fait de plusieurs petits cubes de pierre ou de marbre diversement colorés, qui, joints ensemble, repré.sontenl plusieurs fiuures. ||6'Gro.sse pièce de pain d'épice. || 7* Pavé des géants, amas prodigieux do colonnes basaltiques en Irlande. Il 8" Pavé d'Italie ou natte d'Italie, cône mosaïque, coquille. Il Proverbe. Du pavé sec et bois mouillé
libéra nos, domine, c'est-à-dire que l'un et l'autre sont dangereux et incommodes.
— HIST. xiV s. Si avant que le pavé d'une maison est, c'est à dire de la salle, de la chambre, la porte, les huys et le colombier, sont héritages, bouteiller. Somme rural, titre 74, p. 43), dans lacurne. Il XVI* s. Si c'estoit une habitude de vertu, et non une saillit, elle rendroit un homme pareillement résolu à ttuts accidents ... car, quoy qu'on dise, il n'y a pas aultre vaillance sur le pavé, et aultre au camp, MONT. II, 7.
— ÉTVM. Pavé I; wallon, poiat«, s. f.
t PAVÉE (pa-vée), s. f. Digitale pourprée.
PAVEMENT (pa-ve-man), s. m. || 1° Action de paver. Le pavement d'une cour. |{ Matériaux qu'on emploie pour cet effet. La place occupée autrefois par le piédestal est marquée par un pavement de tuf qui tranche sur les dalles de marbre dont est formé le sol du temple.... ce pavement, de forme rectangulaire.... ronchaud, Phidias, p. ioo.|| 2''Genre de pavage intérieur, orné avec luxe, avec goût. Un pavement en mosaïque.
— HIST. xii* s. De Jesu Crist il seient, fait il, trestuit maldit. Dune a geté à val, quant il out c«l mot dit, Desur le pavement la candeille en défit, Th. le mart. fïa.||xiii' s. Adonc se mist la bone famé Â nuz genoux et à nuz coules; Le pavement moille de goules Qui des iez [yeux] li chiéent [tombent] aval, RUTEB. Il, H4. Il XV' s. Et là sur le pavement [dans l'intérieur de la ville] eut mains chevaliers etescuyersmoriset blessés.... proiss. i, i, 2I8.
— ETYM. Provenç. pavamen; du lat. pavimentum (voy. paver).
PAVER (pa-vé), e. a. Couvrir avec du grès, de la pierre dure, du caillou, etc. le sol d'une cour, d'une rue. Il [Salomon] fit paver le temple d'un marbre très-précieux dont les compartiments faisaient un très-grand ornement, saci, Bible, Paralip. ii, m, 6. Pierre, qui a tout fait, a eu soin de Moscou, en construisant Pétersbourg : il l'a fait paver, il l'a orné et enrichi par des édifices, par des manufactures, volt. Bussie, I, t. Il Absolument. On pave dans cette rue. || Paver à sec, paver sans chaux el sans mortier, sur le sable seul. || Paver à bain de mortier, mastiquer le pavé avec de la chaux et du ciment. || Fig. Tu passes comme un foudre en la terre flamande, D'Espagnols abattus la campagne pavant, malii. ii, «.
— HIST. xii* S. Li quens fie comte] Ibers à la barbe moslée Ert [était] as fenestres de la sale pavée, Haoul de C. 72. || xiii* s. Sépultures leur pavent leur cloistre el leur église De mainte bêle tumbe polie, blanche et bise, i. de meuno. Test. t077.||xiv" s. Cil chemin a nom diligence ; Pavés est de persévérance, I. BHUYANT, dans Ménagier, t. ii, p. <7.
— ÊTYM. Génev. pavir; du lai. pavire; comparez le grec itatto, frapper.
PAVESADE (pa-ve-za-il'), s. f. || !• Ancien terme de guerre. Grandes claies portatives, derrière les- (|uelles les archers étaient placés pour tirer. || 2° Ancien terme de marine. Rangée de boucliers ou pavois, placés .nutour du navire pour faire un rempart aux combattants.
— HIST. xvr s. Cetlui-là racontoil les vertus des chrestiens, les avantages qu'ils avoient au combat, comme les armes à preuve, les pavesades, que les Turcs ne connaissoiont point, double nombre d'hommes sur les vaisseaux, d'aub. Êli.tt. ii, 7». Des bateaux plats, de.^qnels le ponton esloit troussé en puvczade et s'abaissoit en abordant, id. ib. m, <V7.
— ETYM. Pavois.
t PAVEri'E (pa-vè-f), f. f. Arbrisseau qui croît au Malabar {paietia indica, /..), ait aussi pavale et arbre à érysipèle, famille des rubiacées (on pense que ce nom est lamoul).
PAVEUH (j>a-veur), s. m. Celui dont le métier est de paver les rues, les roules, etc.
— HIST. XVI" s. Vignerons, paveurs, et autres manières de gens qui gaignent leur vie en se fort ployant, paré, xiv, i5.
— ÊTYM. Paver; géney. pavisseur.
PAVIE (pa-»i; on ne prononce pas l'e), t. m. Sorte de pèche dont la chair est ferme, et qui na quitte pas le noyau. De gros pavies.
— RKM. Contre l'Académie qui disait un pavie, Ménage observait qu'à Rouen et à Bardeaux on disait une p.avie. Mme de Genlis, dans sa liaison rustique, dit aussi une pavie. Perrault disait un pavi, au pluriel des pavis, dans son poëme sur le livre de H. de la Quintinye : I.à brillait le teint vif des pèche» empourprées ; Ici le riche émail des prunes diaprées; Iji des routes pavis le duvet délicat. C'est aussi pavi que dit Beruis : Toutes les ronces sool
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couverte» De coing» dorés el de pavis, Quatre laitons, Automne.
— HIST. XVI»». Pesches, avant- pesches, presses, pavi», perdigoines, b. bellkau, Bergeries, t. i, p. 8».
— ÊTYM. Parte, ville d'IUlie ; le pavie ayant été apporté de Lombardie.
t PAVIER (pa-vi-é), je paviais, nous paviions, vous paviicr: que je pavie, que nous paviions, que vous paviiez, V. n. Terme de marine. Mettre un tour de drap rouge ou de toile au liord du vaisseau pour cacher les soldats, et aux hunes pour ceux qui travaillent aux voiles; c'est une pratique de réjoufe- »ance ou de combat.
— ÊTYM. Voy. PAVOIS.
PAVILLO.V (pa-vi-llon, U mouillées, et non pavi-yon), t. m. || 1* Logement portatif qu'on peut dresser partout et pour toutes sortes de personnes, mais employé plus particuliorement au campement des gens de guerre. L'arbre, les cordages d'un pavillon. La couleur des pavillons qui étaient tendus dans les jardins d'Assuérus, et les autres menues drconstances de cette fête royale, boss. Prujel de révmioti, Leil. xxxiu. Luxembourg a du rivage Reculé ses pavillons, BOIL. Ode l. C'est sous ces pavillons qu'ils règlent notre sort, volt. Triiimv. a, *. Il Poétiquement. Ciel, pavillon de l'homme, admirable nature, Salut pour la dernière lois! GILBERT, Ode imitée de plusieurs psaumes. || Teiine de blason. Pavillon se dit de ce qui enveloppe les armoiries des souverains, et qu'ils ont droit seuls de porter. Il est composé de deux parties, qui s'appellent les courtines et le comble. || 2° Terme de tapisserie. Tour de lit plissé par en haut et suspendu au plafond; on dit aujounl'hui couronne. Un garde-robe gras servait de pavillon, BÉGNiER, Sat. II. Un pavillon à queue d'une bonne serge d'Aumale rose sèche, avec le mollet et les franges de soie, mol. l'Avare, ii. 1. 1| Tour d'étoffe dont on couvre le tabernacle dans quelques églises. Il Tour d'étofle qu'on met sur le saint ciboire. Il 3* Terme d'architecture. Corps de bâtiment, ordinairement carré, dont la forme est semblable aux pavillons d'armée. || Corps de bâtiment lié à d'autres constructions en retraite, au-dessus desquelles Il s'élève ordinairement de la hauteur du comble ou de l'altiquequi le couronne. Le pavillon de l'Horloge, le pavillon de Marsan, aux Tuileries, jj Pavillon douille, pavillon dans lequel il y a deux appartements adossés. || On appelle aussi pavillons les extrémités angulaires d'un bâtiment, soit sur la rue, soit sur les jardins. {{Corps de logis seul, qui se fait dans un jardin, loin de la maison principale. Il Ancien terme de marine. Petite construction de forme ronde ou quadrangu'aire qu'un établissait, comme aujourd'hui les bouteilles, aux angles de la poupe. Il 4° Extrémités évasées d'une trompette, d'un cor, d'un hautbois, d'une clarinette, etc. et aussi du porte-voix. Que l'on adapte le pavillon d'une trompette immédiatement à l'embouchure et supprimant le tube intermédiaire, l'instrument rendra des sons à peine sensibles, monoez, Inslit Mém. (i(l. et beaux-arts, t. v, p. <'!4. Il est [le tlième chanté par Charon, dans l'Alceste de Gluck] toujours précédé et suivi de trois sons de cors donnant la même note que la voix, mais d'un caractère mystérieux, rauque, caverneux.... les deux cors à l'unisson, avec leurs notes toniques et dominantes, et par conséquent leurs sons ouverts, ne produisaient point du tout ce qu'il [Gluck] cherchait ; enfin il s'avisa de faire aboucher les cors, pavillon contre pavillon; les deux instruments se servant ainsi mutuellement de sourdine, et les sons s'enlre-cboquant à leur sortie, le timbre extraordinaire fut trouvé, H. BBiiLioz, À travers chants, p. 18t. Il Pavillon chinois, petit c6ne de métal garni de clochettes, et atUchéà l'extrémité d'une hampe, que l'on agite en frappant sur les temps forts de la mesure, dans la musique militaire. |{ Kxtrémité évasée d'une sonde, d'une algalie. La sonde entra dans la vessie jusqu'au pavillon. || Partie évasée d'un entonnoir.il Pavillon de U tuyère, son ouverture extérieure. Il B* Terme d'anatomie. Pavillon de l'oreilli', espèce de cornet ou d'entonnoir formé par la conque. Il Kxtrémité libre évasée et froncée de la trompe de Kallope.ll «' Rlendard, drapeau. Vous ma verrez, suivi de mdle baUillon», Sur ces murs renversés planter m«» pa\ illnns, coaii. «M. iv, ». \\ 7« Terme de manne. Ouadnlalire d'étoffe, généralement plus large que haut, s'atuchant par un rt* ses côtés k un mât ou 4 une drisM .^u^ le porte soit k l'extrémité de II vtrçi» d artimon , soit au sommet d'un mât, jal ta MajMié ayint txé informée qu'encore .me, par •00 rî'gl.-Biefttdu M juillet ,„o, u ait été irdinné
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que les pavdlons, cornettes, flammes et autres marques de commandement de ses vaisseaux de guérie seraient toujours blancs, tant dans les navigations que dans les combats, quelques-uns des officiers commandant lesdits vaisseaux n'ont pas laissé d'arborer, duis les jours de combat, des pavillons et enseigne de poupe rouges.... Ordres du roi, 1678, dans JAL. La petite (lotte du comte d'Kstiées arbora pavillon d'Kspagne, ST-siM. 107, I3a. || Chaque pavillon est distingué par le nom du lieu où on le place, ou de l'usage auquel il sert. Pavillon de poupe, pavillon de beaupré, pavillon de conseil, etc. || Placé au mât de l'arrière, il indique & quelle nation appartient le bâtiment; placé à d'autres mâts, il iiuli ;ue le rang de l'officier général de mer qui commande. || En général, le pavillon blanc est un signe "de paix; le pavillon rouge est un signe de guerre, c'est aussi celui des bâtiments ou bateaux employés pour le transport des poudres en rade; le pavillon jaune est un signe de maladies contagieuses; le pavillon noir est celui des pirates et des forbans. || Pavillon noir, signe de deuil aux xvi' et xvii* siècles. Il Le pavillon couvre la marchandise, c'est-à-dire le commerce des neutres doit être respecté par les puissances- belligérantes; et fig. cela est sous la responsabilité de telle ou telle personne. || Trafiquer sous le pavillon neutre, sous pavillon neutre, employer, en temps de guerre, des bâtiments neutres pour le transport de ses marchandises. || Assurer son pavillon, tirer un coup de canon en arliorant le pavillon de sa nation. || Mettre le pavillon en berne, le plier dans sa hauteur, de manière qu'il ne fasse qu'un faisceau; c'est un signal de détresse pour demander du secours, et aussi un signe de deuil. || Amener le pavillon, le baisser par déférence ou par force. Il Amener son pavillon, se dit d'un vai.sscau qui se rend. || Baisser pavillon, rendre un hommage en mettant son pavillon bas Louis XIV fait baisser le pavillon aux amiraux espagnols devant le sien, volt, louis XIV, 29. || Fig. Baisser le pavillon, baisser pavillon, mettre pavillon bas, reconnaître son infériorité. J'ai conçu, digéré, produit un stratagème Devant qui tous les liens, dont tu fais tant de cas, Doivent sans coijUedit mettre pavillon bas, mol. l'Ét. Ii, »♦. Et sur l'art do former un nouvel embarras Devant elle Rolet [un procureur] mettrait pavillon bas, boil. Sat. x. \\ Kig. Se ranger sous le pavillon de ijuelqu'un, se mettre sous sa protection. H 8° U se dit des pavillons qui sont employés dans les signaux de mer. C'était ce duc (l'York, depuis Jacques U, qui avait inventé l'art de faire entendre les ordres sur mer par les mouvements divers des pavillons, volt. Louis XIV, u. Il 9° Anciennement. Vaisseau pavillon, ou, simplement, pavillon, vaisseau portant le pavillon d'un officier général. Je fis une faute que personne n'a remarquée; je ne pensai pointa placer mes briilots à la tête de la lif,'ne de vaisseaux : si j'av.us pris cette précaution, j'aurais assurément brillé quelque pavillon ennemi, Uém. de Villette, i«bo, dans JAL. Les pavillons répondent à l'amiral de leui canon, savoir : les amiraux, de chacun deux coups, et les contre-amiraux de chacun un, Corresp. de Colbert, m, 2, p. 339. || Être sous tel pavillon, être sous tel commandant. || 10° Fig. Les vaisseaux, l'armée navale, la puissance maritime d'une nation. Le pavillon anglais domine sur ces mers. Un homme à la fois négociant et guerrier nommé .Mahé de la Bourdonnais vengea l'honneur du pavillon français au fond de l'Asie, volt. Louis IV, 29. j| 11' Pavillon de guerre, se dit, dans l'histoire d'Italie, d'un pavillon attaché à un char orné des armes de l'Ëtat, qu'on promenait pour annoncer que la guerre était déclarée. Il 18° Par extension, marque apparente. Chaque page était marquée par un signet, ou un pavillon, qui rappelait sommairement le sujet. il 13" Au jeu de trictrac . marijiic façonnée en étendard qui annonce qu'on a la bredouille, et qui est prise parle joueur qui fait ses trous le second, jusqu'à ce que l'autre, en les faisant i son tour, lui Ate le pavillon. Il 14° Tas de bois à vendre, dit ainsi de sa forme, et fait, sur place, avec les copeaux des arbres aliattus et façonnés. || 16° Désigne quelquefois l'élcndard des (leurs papilionacées. Il 16° Planche qui cache toutes les planchettes d'une jalousie, lorsque celle-ci est relevée. || 17° Facette qui termine la cula.sse du diamant taillé en brillant. 18° Pavillon d'or, monnaie qui fut frappée en (329 par Philippe de Valois. || 19" Pavillon d'orange, coquille de prit, du genre volute.
— Hisr. XII* s. E alerent andui [tous les deux] ouita&tre [pendant la ouiti «n l'ost; truvereot le