‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 307 sur 389 · P.AV · texte numérisé non relu

P.AV

jeidormant eusonpaveiUun,iiot(, p. I03. Ouiiarant tenduz pavillons et brehanz, Sax. v. || xiii* s. Ouiconques veut estre crespignieres de fil et de soie à Paris, c'est à savoir ouvrières de coiffes à dame» et toies à oriUiers et de paveiUons que on met par desus les autez que on fait à l'aguilie et i mestier, estre le puet franchement pour tant que.... Liv. des met. 85. Or avint que monseigneur Gauchier d'Autrechè se fist armer en son paveillonde touz points, joiNV. 247. Il xvi* ». Il monte après le lit, défait le beau pavillon de sarges de diverses couleurs qui y estoit, DESPEn. Contes, viii. Et pour avoir habillé vingtquatre pavillons de la dicte galeace [le Saint-Jean, en 4 538] qui estoient rompus, Us. de tm, dans JAL. Huict jours après le massacre [de la Saint-Barthélémy], il vint une grande multitude de corbeaux, les uns s'appuyer, les autres croacer sur le grand pavillon du Louvre, d'alb. Hist. a, 29.

— ÉTYM. Provenç. papallo, pabalho, pavallo; cat. pabello,pavello; esp.pabellon; ital. padiglione ; du lat. papilioTiem, ainsi dit de la ressemblance avec un papillon (voy. ce mot). Le poiiHon, tente, se dit de tentures, et delà passa au sens d'étendard.

t PAVILLONNÉ, ÊE (pa-vi-llo-né, née, {( mouillées), adj Terme de blason. Se dit des instruments tels que le cor, dont la grande ouverture est d'un autre émail que le reste de l'instrument. || Se dit aussi des châteaux et des tours, dont la girouette est d'un autre émail que le corps.

— ÉTYM. Pavillon.

t PAVlLLOiyNERIE (pa vi-llo-ne-rie, Il mouillées), s. f. Terme de marine. Nom que, dans les arsenaux, on donne à l'atelier où l'on fuit les pavillons, guidons, cornettas, flammes, etc.

— ÊTY.M. Pavillon.

tPAVlME.VTEUX, EUSE (pa-viman teû, teû-z'), adj. Terme de minéralogie. Se dit d'une roche dont on fait des dalles ou des pavés. || Terme d'anatomie. Se dit d'une disposition de l'épithélium en plaques. Épitliélium pavimenteux.

— ETYM. Lat. pavimentum, pavé.

t PAVION (pa-vi-on), ». m. Singe d'Afrique, autre forme de papion.

PAVOIS (pa-voi; l's se lie : un pa-voî-z orné), ». ifi. I! 1° Ancien synonyme de bouclier. Lors'|ue les seigneurs avaient élu les rois, ils les élevaient sur un grand pavois et les faisaient porter dans le camp, oil le peuple, étant assemblé en armes, confirmait le choi.i:, mézeuaï, Hist. de France, Plmramond.]\s [les Gaulois] n'opposaient que de petits pavois aux épées des Romains, qui étaient lourdes et massives, ROLLiN, Hist. anc. t. ix, p. 130, dans polgens Toute sa vaisselle [de Salomon] et les meubles de sa mai- ,son du Liban étaieijt de pur or, sans compter deux ceTlts pavois d'or dont chacun valait près de treize mille livres, kleuhy, Mœurs des Israël, tit. xxvii,

2" part. p. 312, clans pougkns Des vieux héros

de sa race [duc de Bordeaux] Le premier titre fut l'audace, Et le premier trône un pavois, lamart. Méd. i, (5. Il Fig. Élever sur le pavois, mettre en grand honneur ou grande renommée. |{ Grand bouclier carré, en usage au xiv'et au xv siècle; il couvrait presque entièrement le combattant, qui descendait alors de cheval. || î°Se disait pour but d'un tir à l'arc, à l'arbalète; s'emploie encore en ce sens dans quelques provinces. |i 8° Terme d'ancienne marine. Boucliers dont on garnissait le bord supérieur du navire et le tour de la hune, pour faire un rempart à l'abri duquel on combattait. || Plus tard, tenture dont on bordait un navire soit pour décoration, soit pour cacher ce qui se passait sur le pont pendant le combat. J'ai donné ordre de faire faire cinq cents aunes de pavois pour les trois vaisseaux qui sont à Dunkerque, skignelay, dans jal. |{ On appelle encore pavois, les bordâmes cloués sur les jambetles, ou plus haut que le plat-bord. Il v a aussi les bordages dits pavois de poulaine. !; 4" Genre renfermant des espèces aplaties d'cchinidcs.

— HIST. xiv* s. Jeh m Bonnet mestre d« la ne! Sainte Marie la Bariande, a recheu.... vint pavois aux armes de Franche, dans jal. Et pavaix et escus moult noblement œvré, Guescl. I98u2. || xV s. Il ont lances, vouges , pavast. Et sont une grosse liuissanco Gamiz d'arbalestes et ars, Uyst. du siéyi d'Orléans, p. sss.Gaignercnt une maison, prindrenl deux ou trois huys, et s'en servirent de pavuys, COMM. I, ». Il xvi° s. Ne faut-il pas s'armer et faire pavois de pauvreté à rencontre de la douleur de privation des biens.... amyot, Solon, lO. Avezedo fit ouvrir le milieu de son relrancliement, qui estoit fait de pavois de navire, d'aub. Hist. m, (97, Il repondit qu'il faisoit pavois de sa conscience contre tous les juges, pasquier. Recherches, vi, ».

PAV

— ÊTYM. Esp. paves; iul. pave'eel pahese. Orifrine inconnue. On peut voir clans du Cange les autres formes françaises :paiars, pavail, pavoisine,paresche, paxesme. Les textes les plus anciens sontdu iiV siècle; cependanton trouve, de la fin du xm' (I2»»), pnrensis, (|ui est la rcprésentationlatine correcte du français panais ou pavois, et de l'italien parère. Ménage y voyait le latin parma par l'intermédiaire de parm'ensis. Ferrari le tire de Pavia, à cause que ces grands boucliers auraient été fabriqués d'abord à Parie; Diez penche pour cette origine.

PAVOISÉ, ÉE (pa-Toi-zé, zée), part, posté de pavoiser. Terme de marine. Orné de pavois. Mille vaisseaux iront sur l'onde, Chargés de vins, et de fleurs pavoises, bébang. Brennus.

t PAVOISEMENT (pa-voi-ze-man), t. m. Terme de marine. Action d'étendre des pavois. Résultat de cette action.

PAVOISER (pa-voi-zé), v. a. Terme de marine. Autrefois, étendre le pavois, le long du bord, les jours dé fêtes ou au moment du combat. |1 Aujourd'hui, orner le navire de pavilons et de flammes, hissés au sommet des mâts et au bout des vergues. L'amiral fît pavoiser tous les vaisseaux de la flotte. Il Se pavoiser, ï. rf'/i Se dit d'un navire qui se couvre de ses pavillons. Le navire se pavoisa.

HIST. XV* s. Si sachez qu'il ne faisoit mie bon

approcher, si on n'estoit fort armé et bien pavoisé [les a,ssicgé3 accablaient les assaillants de toute espèce de projectiles], fboiss. i, i, t02.

— f.TYM. Pavois.

t PAVONAZZO (pavo-natzo), s. m. Marbre antique panaclié de rouge et de blanc.

— f.TYM. Ital. pafonaiio, dérivé de pavone, paon. L'ancien françaisavait un semblable adjectif: XII' siècle mantel .... d'escarlate peonace ,

CBRESTIEN DK TROYF.S, Chev. OU lyon, V. 130.

t PAVOMEN, lENNE (pa-vo-niin, niè-n'), adj. Terme de zoologie. Oui a des taches œillées, comparables à la queue du paon.

— RTVM. La t. pavo, paon.

PAVOT (pa-vo; le I ne se prononce pas et ne se

lie pas : un pa-vo élégant ; au pluriel, 1'* se lie : des pa-vo-i élégant*; pavots rime avec faux, repos, etc.), ». m. ||1' Genre de la famille des papavéracées. t| Plante qui porte de grandes fleurs à quatre pétales, dont la graine p nferme de l'huile, et dont le suc e-t sopori fi'iue {papaver somniferum, t.). Ils avaient mis l'un et l'autre, sur leurs cheveux flottants et parfumés d'essences, des couronnes de pavots , de sésames et d'autres plantes consacrées à Vénus, BAHTiiÉL. Anach. ch. 77. C'est au funeste hiver de fn>» , qui fit périr tous les olivier» de la France, qu'on est redevable de l'introduction de la culture du pavot, qui était connu depuis longtemps en Allemagne, oenlis, Maison rust. t. III, p. "3, dans pougrns. || Comparer la rose au pavot, comparer des choses qui ne sont pas comparables. Aussi bien chanter d'autre chose, Ayant chanté de sa grandeur. Serait-ce pas après la rose Aux pavots chercher de l'odeur? malh. m, 3. Il J' Poétiquement et fig. Les pavots, le sommeil. C'est bien, fl nuit, c'est bien de tes plu» noirs pevots Que tu m'as distillé ce funfîste rep<js, botr. Anlig. l, l. Il choisit utie nuit libérale en pavots ; Chacun était plongé dans un profond repos, i.A font. Fabl. xi, 3. Les pavots que le sommeil répand sur la terre, FéN. Tél. III. Que de nuits sans pavots, que de jours sans soleil! lamart. M^d. n, u. [X la nuit] L'illusion se glisse en notre âme amollie, Kt l'air, p'oin de silence et de mélancolie. Des pavots du si.mraeil enivre la raison, in. Harm- ii, «. || On dit dans un sens analogue : les pavots de la mort. Sans voir qu'elle y mêlait les pavots de la mort, v. hugo, Odes, I, ». Il 8° Pavot de Tournofort, papaver orienlaie, L. Il Pavot coq, le coquelicot, papaver rhaas, /,. Il Pavot cornu, glaucior. || Pavot épineux, l'ar- K''monc dn Mexique. Il 4* Terme d'alcbimie. Pavot de» philosophes, la pierre parfaite au rouge.

— HIST. xiir s. Fleurs de paot broiies en oile d'olive, ALEBRANT, {' »3. Huile de olives, de amandes, de noizet de pavoz, /,ir. des met. (69. || xiv s. Fn alant touz pensi^ parmi le jardin, il abat/)it les testes des pavoz avecques un l>a.ston, skrciikure, f. 2S, e«r»o. Il XVI* s. L'odeur fascheuse du suc de pavot noir, qu'on appelle opium, pabB, xxiii, 44.

— ÊTYM. Norm,(Hayeux)popi, coipiclicot; Berry, pnpmt; wallon, paroir; provenç. papaver, paver; porlug. popoula; ital. paparere (voy, pap«véracÉEs). Le provençal parer montre qu'on a dit parer •u lieu de paparer. Cependant il faut prendre en eoDsidératioo l'anglo-saion papig , pitpig; angl.

PAY

poppy ; kimry , pa6i". Il semble que cette forme s'est combinée avec le latin réduit à paver, et a donné les formes du français et de ses patois.

t PAVOUANE (pa-vou-a-n^, ». f. Perroquet de la Guyane, pi((act/s guyanensis , I atham.

PAYABLE (pè-ia-bl), adj. Oui doit être payé. Un billet payable au porteur. En donuanl à leur mère tant, Payable quand chacune d'elles Ne posséderait plus sa contingente part, la font. Fabl. n, 20. il Fig. Et quelles malices de flots.... X des vœux à peine payables N'obligèrent les matelots? «xlh. III, 3.

— HIST. XIV* s. Se il y avoit aucun des dits habitans qui fussent non payables [solvables], les bien payables les feront payables, Ordonn. des rois, t. II, p. 446.

— ÊTYM. Payer.

PAYANT, ANTE (pè-ian, ian-f), odj. || 1° Oui

paye. De dix que nous étions à ce dîner, il n'y en avait que quatre pavants. || Substantivement. Le nombre des payants était de six seulement. || i° Pour quoi on paye, jj Billet payant, billet que l'on achète pour un spectacle, un concert, etc. par opposition à billet gratis. || Carte payante, compte de la dépense dans un restaurant, par opposition k la carte des plats.

— HIST. XV* s. [Les Anglois] eurent toutes choses à leur volonté^ parmi [avec] leurs deniers payans,

PROISS. Il, II, 39.

PAVE (pè-ye; quelques-uns disent pê), ». f. Il 1° Salaire des ouvriers et autres personnes. J'eus bientôt plus d'écoliers qu'il ne m'en fallait pour remplacer ma paye de secrétaire, i. i. rousseau, Conf. v. Il Demi-paye, la moitié de la paye. || Fig. Personnes de piété qui.... souhaitaient do ne se voir p.is exposées à la tentation de la vanité [en publiant un livre], et ne savaient pas d'autre moyen pour le faire que de supprimer leurnom, dans l'espérance de demeurer cachées et de recevoir de Dieu plutôt que des hommes la paye de leur travail, Auteurs déguisés, p. 77. Il 1* Action de donner la paye. C'est aujourd'hui jour de paye. || S" Salaire des gens de guerre. Ce satrape donne un mois de paye à toute l'armée sur le pied d'une drachme, c'est-à-dire de dix sous à chaque soldat par jour, roliin, Hist. anc. (Euvr. t. iv, p. «, dans pougens. Le sénat ayant eu le moyen de donner une paye aux soldats, le siège de Veîes fut entrepris, montksq. Hotn. i . Il Haute paye, solde plus forte que la solde ordinaire. Il Celui qui reçoit la haute paye (il s'emploie principalement au pluriel). Les hautes payes du régiment. Il 4° Celui qui paye. C'est lui seul qui entraîne M. Duiville, qui était une excellente paye, PICARD, Duhmitcours, iv, 9. || 5" Morte-paye, soldat qui ne faisait pas de .service et que le TOi ne laissait pas de payer. Les invalides de l'hôtel étaient des morti'S-payes. On n'eût pas manqué de lever la garde du bois de Vinccnnes, et de n'y laisser que des mortes payes ordinaires, rf.tz, iv, 29i. || Par extension, celui qu'on entrelient sans qu'il rende aucun service, par exemple un domestique invalide. Il Au plur. Ceux qui ne peuvent payer leurs contributions. 11 faut tenir compte des mortes-payes. Il Proverbe. D'une mauvaise paye on lire ce qu'on peut, il faut se contenter du peu que donne un débiteur c]ui n'a pas la volonté ou le pouvoir de s'acquitter; et fig. il no faut pas exiger des gens plus qu'ils ne veulent ou peuvent faire.

8YN. PAYE, SOLDE. La solde ne se dit que des

gens de guerre. La paye a un sens plus général : elle se dit aussi bien des ouvriers que des soldats.

HIST. XIII* s. C'est à savoir chascun mil livres

parisis à trois paies chascun an, du canoë, Conslantinople, chartes, p. 2«. Et se le requérant nie la paie.... Ass de Jérus. i, «t. || xv* s Kt ains que li ans fusl pissez. De ces eicuz que vous sçave? (rançon du roi Jean], En deul quatre cent mille avoir. Et ainsi, c« devez sçavnir, Chascun an jusqu'à fin de paye, e. uesch. Miroir de mariage, p. (7B, ||xv' s. Tant pour le camp que des mortes payes, comm. vi, 7. || xvi* s. Recevoir paye et salaire du public, AMYOT, Périe. n. Celui qui se tient dans une tranchée descouverle, que faict il en cria que ne facent devant luy cinquante pauvres pionniers, qui lui ouvrent le pas et lu couvrent de leur corps pour cinq sol» de paye par jour? mont, m, 3i. Il y avoit en chasquo compagnie quatre payes royales, i quarante livres par moy« chascune, i.arl. iv, 3. la promesse d'une paye franche, s'ils s'abstenoient du

|lillage, CASTELNAU, 10».

— F.rYM. Voy. PATEE ; prov. paga, pagua, paia; cspagn. et ital. paga.

PAVfi, t.H (pè-ié, iée), pari, paité de payer.

PAY

Il 1° Acquitté, en parlant d'une dette. Une forte somme payée par le débiteur. || Cela est bien payé, n'est pas payé, se dit d'une chose dont on offre tout ce qu'elle vaut, ou moins cher qu'elle ne vaut. Il Une fois payé , se dit pour exprimer qu'on est quitte de toute demande nouvelle ou réclamation. Je ne puis assez admirer votre désintéressement de me sacrifier de si grands intérêts pour la somme de 3(100 livres, une fois payée, volt. Letl. Fei, 17 mai 1702. Il Payé cent francs i valoir. Quand payé est ainsi placé avant le nom, il n'y a point d'accord. Il î* U se dit de celui à qui l'on devait. Des créanciers payés jusqu'au dernier. Il disait quelquefois que les ambitieux que l'on loue tant étaient des glorieux qui font des bassesses, ou des mercenaires qui veulent être payés, pLêcii. Duc de Montaus. Bellone va réduire en cendres Les courtines de Philipsbourg Par cinquante mille Alexandres Payés à quatre sous par jour, volt. ËpUres, xxxvii Vers sa gauche, le prince a ces bandes vénales Qui vinrent, pour de l'or, sous ses lois se ranger; Vingt peuples différents et d'armes inégales Composent ce ramas payé pour égorger, masson, Helrét. vu. Il 3" Fig. Qui a reçu un juste dédommagement. L'amant est trop payé quand .son service oblige, CORN. Perthar. ii, t. Allez la voir, je vous prie ; et vous serez payée de toutes vos peines, maintenon, Letl. à Mme de rillelte, u août i708. Un instant de contrainte qui doit être payé d'une félicité sans fin cl sans mesure, «ass. Aveitt, Mort du péch. || Ironiijuement. Qui a reçu un juste châtiment. Ma foi, chevalier, tu en tiens, et te voilà payé de ta raillerie, MOL. Critique, 7. M. de Pompignan attaqua tous les gens de lettres dans son discours à l'Académie; il en a été payé, volt. Leit. Pexai, 9 mars (787. Il II est payé pour, c'est à-dire il a fait une assez triste expérience de la chose pour. .. 11 est pourtant payé pour en être moins étonné qu'un autre; car il n'a que trop bien appris combien les hommes sont méchants, injustes et cruels, d'alemb. Letl. à Voltaire, 24 août (762. || 11 n'est pas payé pour..., c'est-à-dire il a de justes raisons pour ne pas.... Ceux qui ne connaissent Mme d'Holbach que sur la parole de M. Suard no la connaissent point, parce que M. Suard n'était pas payé pour en dire du bien, direr. Mém. t. n, p. 4il.||4° Plus payé, voy. plus. || Proverbe, iaiil tenu, tant payé, c'est-à-dire il faut payer à proportion des services: et fig. rendre juste la pareille.

t PAYEI.I.E (pa-iè-1'), s.f. Grande chaudière qui sert à raffiner le sel.

— ÊTYM. Forme de pni7e, s. f. (voy. ce mot). PAVEMENT, PAIEMENT ou PAIMENT (pé-iban;

quelques-uns prononcent pè-ye-man), s m. || 1° Ce qu'on donne pour acquitter une ditlo- Demander le payement d'un mémoire. Sans vouloir de nous aucun payement, fén. Tél. viii. || Fig. Vous dovei avoir une grande joie de la belle et bonne compagnie du marquis que vous avez faite... voilà le payement de vos peines et dos siennes, sÉv. d Mme de Grignan, 1 févr. i«8». Voilà donc le palmcnt de l'hospitalité! v. hugo, llernani, m,». Il 2° Action de payer. Faire un payement. Suspendre ses payements.

— HIST. xiii*s. Lors peQssiés veoir tante bêle vesselemente d'or et d'argent porter à l'ostel le duc de Venise pour paiement faire, villeh. xxxvu. Primant aura son paiement. Si que il sera moult dolenz, Ançois qu'il isse de laienz, Ben. 3216. || xiv* s. Jeté voudrai quittier et ta gentensemenl Pour la moitié d'argent et demi paiement Qu'à raençon afflert, si com raison assent, Guescl. I9i05. || xv* s. Et se louoientde lui |du duo d'Anjou] et de son payement toutes gens d'armes, froiss. n, n, i36. |1 xvi* s. Je le croiray volontiers, pourvu qu'il no mu donne pas en payement une doctrine beaucoup plus difficile et plus fantastique que n'est la chose mesme, mont, il, 37. lia que de sang se perd pour pileux payement De ce que vous péchez I... d'aub. Tragiques, il.

— ETYM, Payer; wallon, pdiVmom, paûiemain; prov. pagiimen, paguamen, paiamen ; calai, pagoment; espagn. et ital. pagameulo.

I. PAYEN, KNNE (pa-iin, iè-n'), adj. et ». m. el f. Voy I'aTen.

t 2. PAYEN (paiin), ». m. Traverse de la roue i [polier, sur la(|uelle l'ouvrier appuie ses pieds. Ixs deux (lièces de bois des côtés qu'en termes de l'art on appelle les payens «ont très-fortes, et ont des coches de distance en distance |pour arrêter les pieds de l'ouvrierj, Dicl. des arts et mél. Polier de terre.

PAVEB (pè ié), V. a. Je paye, tu payes, il paye ou paie, nous payons, vous payez, ils payent ou paient; je payais, nous payions, vous payiez; je payai; je

PAY

pijerai, ou paierai, ou paîrar ; je payerais, ou paierais, ou palrais; paye, payons; que je paye, que BOUS payions, que vous payiez; que je payasse; payant , payé (on ne conçoit pas pourquoi l'Académie ne conjugue pas ce verbe eiaclemenl comme employer, et ne substitue pas partout l'i à l'y grec devant 1'» muet). Il 1° Acquitter une dette. Non, en conscience; vous en paierez cela (ce prix], mol. Uéd. m. lui, i, «. Le maréchal de Bcllerond.... s'est

accommodé avec ses créanciers : il leur a cédé le fonds de son bien, et donné plus de la moitié du revenu de sa charge pour achever de payer ses arrérages, sÉv. a». Il (Guitaut] me paraît fort occupé de son salut.... il est cosséJé de l'envie de payer

ses dettes.... c'est le premier pas que l'on fait dans

ce chemin, quand on sait sa religion, sÉv. 25 août 1677. Il Faire un versement imposé. Les députés [de Copenhague] se mirent i genoux devant lui : il fit payer à la ville quatre cent mille risdales, avec ordre de faire voiturer au camp toutes sortes de provisions, qu'il promit de f.ùre payer fid'jloment, volt. Charles XII, 2. || 2° Il se dit en parlant de ceux à qui on doit. Il [un médecin] s'est vanté qu'il ne voulait point faire de visite qu'on ne lui avançM une demi-pistolc, et voulait être payé avant le coup, comme les" bourreaux, gui patin, Lettres, t. ii, p. 331. Je vous payerai, lui dit-elle, Avant l'oilt, foi d'animal, Intérêt et principal, la pont. Fabl. i, l. Monsieur paye le rôtisseur et le cuisinier, et c'est toujours chez madame qu'on a soupe, la. ubuï. m. Les Suisses, qui depuis Charles VIII faisaient u.^age de leur liberté pour se vendre à qui les payait, VOLTAIRB, Umtrs, HO. Il Fig. Aujourd'hui nul en Tain ne parait enflammé; On n'attend point la récompense D'une triste persévérance; On est payé comptant et souvent par avance, la fare, Ballade. Il Se faire bien payer, vendre cher ses ser- ▼ices, son travail. || Se faire payer, tirer profit de services qui devraient être graïuils. ||3' Il se dit en parlant de la chose pour laquelle on doit. Payer des marchandises. Et l'on m'a mis en m lin une bague k la mode. Qu'après vous payerez, si cela l'accnmmode, mol. l'Ét. i, 6. Et il paiera pour tous les autres ce que les autres loueront pour lui, m. Bourg, genl, i, ) . L'héritier prodigue paye de superbes funérailles, et dévore le reste, la brut. vi. Il Payer une obligation , un billet, etc. payer la somme qui y est portée. || Payer pinte, chopine, bouteille à quelqu'un, mener quelqu'un boire au cabaret , et payerpour lui. || Fig. et familièrement. Payer les violons, voy. violon. || Fig. Payer les pots cassés, voy. POT. || Fig. et piir menace. Il me le payera, c'est-à-dire je trouverai le moyen de me venger de lui. Je te pardonne; (bas, à part) mais tu le paieras, mol. Méd. malgré lui, i, 3. J'ai pardonné k l'archidiacre; j'ai oublié Fréron; mais Orner me le payera, volt. Lett. d'Argental , 4 mai <7«i. J'ai de la rancune de prince; Mon bon roi, TOUS me le paierez , bébang. Kes jours gras. || Il le payera plus cher qu'au marché, il me le payera au double , c'est-à-dire je lui ferai plus de mal qu'il ne m'en a fait. || L'usage veut qu'on dise : il me le payera, et non il me la payera. Cependant on trouve la dans Molière : Fût-ce mon propre frère, il me la payerait, mol. CÉt. m, 4. || Cela est à payer, se dit de ce qui est excoUenl en son genre. Cet homme est i payer pour son originalité. j'Fig. Payer le tribut k la nature, mourir. Tous deux [les médecins] s'étant trouvés dillércnts pour ta cure. Leur n alade paya le tribut à nature, la roNTAiNR, Fables, t, i2. || On dit aussi payer le droit de la nature. Avant de payer le droit de la nature, corn, fnscr. mises sous des estampes {damoisellr Banquet). Votre mère a payé les droits A la nature, «ECNAno, Démncr. u, t. ||Fig. Payer le tribut k la ^liblesse humaine, avoir quelqu'une des Imperfections, faire quelqu'une des fautes auxquelles les hommes sont sujets. || 4" Absolument. Il refuse de payer. Grande dispute i qui la première payera, la fontaink , Cord. Que quelques citoyen» ne payent pas assez, le mal n'est pas grand , leur ainance revient toujours au public; que quelques particuliers paient trop, leur ruine se tourne contre le public, monteso. Espr. xiii, 7. On lui appçru \k riiarlesXlIl des vivres, parce qu'il fallait obéir; mais on ne s'attendait guère que des vainqueurs .in :-n,...„, ......r.... V.ILT. Charles Xn, 2.

il, "r?" 'ie l'amour que l'on paye],

' V." '" '-S hommes, par cela .seul

quii p.iy.. , ,,e peut être lonKtemp» aimé, j. j. •> I'm:.u, ^,„,>, ,v. .M i.K„rope ni l'Asie ne fayml tutifromenl avec des métaux ; nous don- M,Dt en éctiaage des drap», du fer, du plomb, du

PAY

cuivre, du corail.... ratnal, Hist. phil. m, 24. Il Payer bien, payer mal, être généreux, être chicho en payant. Celait un roi qui payait mal; Il n'e'l pas le seul en l'hisioire^ la font. Fragm. du songe de Vaux. Il Payer ric-à-ric, voy. nic-i-Rlc. || Il ne veut ni compter ni payer, s<i dit d'un homme dur à la desserre. || Payer en chats et en rats, payer par parcelU's et en mauvaises denrées. || Fig. Payer en monnaie de singe, voy. singe. || Fig. Payer en même monnaie, voy. monnaie, n" 9. || Payer pour, être puni en place de. Cette victime publique qui doit payer pour tout -le monde, balz. liv. i, lett. 5. Un seul pour plusieurs payera, scarh. Yirg. v. S'il est périlleux de tremper dans une affaire suspecte, il l'est encore davantage de s'y trouver complice d'un grand : il s'en tire, et vous laisse payer doublement, pour lui et pour vous, la hhut. ii. On est au guet pour attraper les contrevenants, et les premiers pris payeront pour les autres, luN- C"UHT, Déroute du phar. se. 22. || En un autre sens. Payer pour, être puni à cause de. C'est à nous à payer pour lescrimesdes nôtres, rac. Théb. n, 2. !| Terme de marine. Une pièce de bois paie pour une autre, lorsqu'elle a un excédant qui remplace le trop pou d'une autre pièce assemblée avec la première. Il 6" Être sujet, soumis à quelque impôt. Ce marchand paye cent francs de patente. L'hectolitre de vin paye tant d'entrée. Les contributions que paye un département. || 6° Corrompre à prix d'argent. On paya ce domestique pour qu'il livrât les p.apiers de son mailrc. Payer des assassins. || 7° Fig. Récompenser, recoiinaitre. Je ne serai pas ingrat, rfpondis-je, je paierai votre secret d'un autre qui n'est pas si important, mais qui n'est pas peu considérable, RETZ, Mém. t. I, liv. 11, p. 308, dan» pou- GE.NS. L'un est payé d'un mol, et l'autre d'un coup d'oeil, BoiL. Sat. x. Lorsqu'un heureux hymen, joignant nos destinées, Peut payer çn un jour les vœux de cinq années, rac. liérén. 11, 2. On a payé le zèle, on punirale crime, id. Eslh. m, 2. Cette veuve inhumaine N'a payé jusqu'ici son amour que de haine, i». Andr. 1, <. La terre le payait de ses peines avec usure, et ne le laissait manquer de rien, PÉN. Tél. XXI. Envieux par nature, et brigands par métier, Ils vendent l'infamie à qui la veut payer, m. j. chén. la Calomrt. \\ Absolument. Éire prompt à payer et tardif à punir, rots. Vencesl. 1, <. || Payer quelqu'un de retour, répondre à ses procédés, à ses sentiments. Il Par antiphrase. Puisse le juste ciel dignement te payer! rac. Phèdre, iv, 6. || Payer d'ingratitude, manquer de reconnaissance. Jérusalem, qui n'as payé mes bienTaits que d'ingratitude, noss. Sermons, Bonté, Préambule. Oui, dût-il me payer par son ingratitude, m. j. chén. Gracques, i, 1.118" Dédommager. La gloire de leur mort m'a payé de leur perle, corn. Hor. m, e. Quoiqu'ils [les dieux] fissent pour moi, leur funeste bonté Ne me saurait payer de ce qu'ils m'ont ôté, bac. Phèd V, 7. Il Fournir l'équivalent. Nous avons ri aux larmes de cette fille qui.... nous vous mandons souvent des folies; mais nous ne pouvons payer cellelà, sév. (2 janv. (676. || 9» obtenir, acquérir quelque chose par un sacrifice. Mon père p.iya cher ce dangereux honneur, rac. Slilhr. 1, 3. Fais-lui payer bien cher un bonheur qu'il ignore, id. Brit. u, 7. Je payai bien l'aisance pécuniaire où me mit cette pièce par les chagrins infinis qu'elle m'attira, 1. 1. Rous». Oortfess. vin. || 10° Expier. Néaique a payé son forfait, corn. Poly. m, 4. Et ce sont ces plaisirs et ces pleurs que j'envie, Que tout autre que lui me paierait de sa vie, rac. Brit. 11, :). Et ma vie Ne peut payer le sang dont ma main s'est rougie, VOLT. 4'*- ▼, '• Ah! qu'il va me payer sa fourbe abominable! id. Zaïre, iv, 6. J'aroue que j'ai vu, dans nos histoires, des exemples qu'on a payé da son bien une erreur, qu'on a cédé sa maîtresse, qu'on a préféré une mère à l'objet de son amour, m. Zadig, 6. Albéroni affichait l'autorité la plus absolue, et déclarait aux secrétaires d'Éiat que, s'ils s'écartaient de ses ordres, ils le payeraient de leur tête, DUCLOS, (Euvr. t. v, p. 335. |{ Absolument. Et tout autre que vous, malgré cette conquête. Revenant sans mon ordre, eût payé de sa tête, corn. A^icorn, u, ï. Il 11* Punir. On l'a payé de son insolence. Il U a été bien payé de l'injure qu'il a dite, il en a reçu une punition exemplaire. || Absolument. U aété payé, il a reçu son fait, il a été traité comme il le méritait. |1 li* Satisfaire à ce qu'on doit, à ce qu'on fait attendre, k peine ai-jo... dans le port payé l'olTrande de mes vœux, rêgnibh, Élég. v. 11 est temps de montrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre cœur mes soins ont cultivés, Et de payer i Dieu oe que vous lui devez, bac. Àlhal. iv.

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2. Paul Véronèse promet beaucoup et paye ce qu'il promet ; Raphaël et le Corrége promettent peu et payent beaucoup, montesq. Coût, je ne sais quoi. Il Payer de raison ou de raisons, donner de bonnes raisons. Vous me payez de raison, et vous le prenez sur un ton qui mérite qu'on vous pardonne, SÉV. 65. Il vous paye de raison; vous voyez qu'il a fait ce qu'il a pu, m. 696. || En un sens contraire. Payer de mauvaises raisons. || Payer de, donner satisfaction avec (en un sens ironique). Tantôt vous payerez de quelque maladie Qui viendra tout à coup, et voudra des délais; Tantôt vous payerez de présages mauvais, mol. Tart. 11, 4. Vous nous payea ici d'excuses colorées, m. »6. iv, i. J'ai tort, je le confesse ; et mon âme confuse Ne cherche à vous payer d'aucune vaine excuse, m. Mis. v, 7. || Payer de paroles, de belles paroles, ne donner satisfaction qu'en paroles. Tous les ingrats en foule iront à votre école. Puisqu'on y devient quitte en payant de parole, corn. Théod. i, 2. || On dit dans le même sens : payer de mots. Vous commencez par nous payer là de mots qui ne nous donnent pas le change : les discours vagues ne font jamais preuve, j. 1. Rouss. Lett. à l'archev. de Par. || Payer de sa personne, s'exposer dans une occasion dangereuse. Le roi tout le premier, payant de sa personne, Nous conduit à leur camp que l'on nous abandonne, mair. Sophon. n, 4. C'était un vrai homme à payer de sa personne, voyant que son régiment faisait mal, SÉV. 20M. Il payait de sa personne dans les combats, oti il gardait toujours son sang-froid, ROLLiN, HisU anc. (Euv. t. 111, p. <67, dans pougens. Il Payer de sa personne, s'employer activement à quelque chose. Pour moi , j'y paierai de ma personne comme il faut, mol. Impromptu, a. Il Payer de sa personne, agir par soi-même dans les occasions qui le demandent. || Payer de sa personne, se rendre agréable par ses manières, par son esprit. Mon frère six bécassines, moi le vin et le fruit; et toi tu payeias de ta personne, bour- SAULT, Lett. nouv. t. ni, p. 245, dans poi'gens. Quand on fait, comme vous, métier d'être railleur. Il faudrait savoir mieux payer de sa personne, COLLIN n'HARLEviLLE, Malice pour malice, m, 6. Il 13" Payer de, faire preuve de. Il est plus à propos D'apprivoiser la mort en payant de constance, Que de l'elfarouclier en faisant résistance, mairet, Solim. v, 3. Certes, vous faites rage, et [layez aujourd'hui D'un jugement très-rare et d'un bgnheur extrême, mol. l'Ét. 1, 8. Enfin, ma fille, il faut payer d'obéissance, 10. Tart. 11, 2. N'importe, efforçons-nous et payons d'im|iudence, th. corn. Ffinl astrol. 11, 3. 11 faut payer d'effronterie, rac. Plaid. II, 4. Vous êtes obligé de ne payer d'autorité que quand la persuasion manque, pênelon, Éducation des fUles, 12. || Payer de mine, avoir un extérieur qui prévient favorablement. 11 payait de mine, s'il ne fournissait pas beaucoup à la conversation, bamilton, Gramm. («. |10n dit de même : payer de maintien. Un femme prude paye de maintien et de paroles; une femme sage paya de conduite, la bruy. m. || I! paye de bonne mine, il ne paye que de mine, se dit d'un homme de peu de mérite, mais d'une belle apparence. || Il ne paye pas de mine, se dit d'un homme d'apparence cbétive, disgracieuse. || 14° Se payer, v. réfl. Retenir le montant de sa créance sur ce qu'on a entre les mains. Voilà une pièce de vingt francs; payez-vous de ce que je vous dois. Puisque tous les frais sont à couvert, et qu'ainsi je pourrai me payer par mes mains, oenlis, Thédt. d'éduc. le libraire, se. 4. j; Fig. Les hommes, qui, pour la plupart, ne font de bonnes actions qu'afin qu'on les sache, et s'en payent par leurs mains en les publiant eux-mêmes, scARR. Virg. vu, Èpitre. \\ Fig. Trouver en soi sa propre récompense, lin honnête homme se paye par ses mains de l'application qu'il a à son devoir par le plaisir qu'il sent à le faire, et se désintéresse sur les éloges, l'estime et la reconnaissance, qui lui manquent quelquefois, la bbuvèue. Du mérite personriel. Tout homme qui ne se piie pas par ses mains, eu recueillant dans son cabinet, par l'ivresse, par l'enthousiasme du métier, la meilleure partie de sa récompense, ferait fort bien de demeurer en repos, uiderot. Salon de (765, Œuv. t. xiii, p. (67. Il 15° Etre payé. Cotte dette s'est payée difficilement. [Nos descendants] l'estimerontils moins [le cardinal de Richelieu], à cause que, de son temps, les rentes sur l'iiôtel d<> ville se seront payées un peu plus tard? voit. ielt. 74. || Fig. L'amitié ne se paye que par l'amitié. || Cela ne se peut payer, se dit de ce qui est excellent en son genre, de ce qui est impayable. Ce conle est très-plaisaut.

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il ne se peut payer. Voici ce qui ne se peut payer, c'est d'entendre Vivonne, sÉv. <7*. ||16° Se contenter, demeurer satisfait. Quoi I vous voulez que je me paie d'un semblable discours? mol. Festin, v, 3. Le monde se paye de paroles, pasc. Prav. il. Eh quoi! le Dieu des chrétiens est-ce an Dieu qui se paye de vaines ^imaces, ou qui se laisse corrompre par les présents? Boss. Panégyr. Si Victor, *. Il n'y a personne de ceux qui se payent de mines et de façons de parler, qui ne sorte d'avec lui fort satisfait, la brjt. viii. Pacheco parut se payer de cette défaite, et lia conversation avec les daines, le SAGE, Cil Bl. IV, 6. La iMtilheureuse facilité que nous avons à nous payer de mots que nous n'entendons point commence plus tôt qu'on ne pense, i. J. RoL'SS. Ém. I. Il Se payer de rai.^ons, se rendre aux raisons qu'un autre allègue. || Proverbes. || Qui répond paye, c'est-à-dire on est obligé de payer pour celui dont on s'est rendu caution. || Il faut payer ou agréer, quand on doit, il faut donner de l'argent ou du moins de bonnes paroles. || Quand on doit, il faut ou payer ou fixer un terme. i| C'est la coutume de Lorris où le battu paye l'amende, voy. amende et BATW. Il Oui paye ses dettes s'enrichit.

— mST. XII' s. Mais je m'en tieng bien paie/ à l'atendre [attendre votre amour m'est récompense suffisante], Couei, xxiv. Guiteclins les paia [les jongleurs] d'or fin et de besanz, Sax. y. Les enemis faisiens [nous faisions] acorder et paier [mettre en paix], ib. XVI. Il fera as félons paier la repentie [fera repentir], ib. xxxii. || xin' s. Li hom larges [libéral] se paie [se contente] en soi par po [peu] de chose, por qu'il puisse aidier à mains autres, bhun. LATINI, Trésor, p. 284. Par ton commandement est la mers troblée, et par ton comandement sera paie. Psautier, f° 74. Il ne poroient mie tenir la convenance, ne l'argent paîer qu'il dévoient aus Veniciens, villeh. xxxii. Tel coup [il] lui va paier, qu'ambedui s'entre abatent, Berte, xxxviii. De ces noveles ci [je] me tiens à mal pale [satisfaite], ib. Lxxii. Prometés fort sans delaier, Comment qu'il aille du paier, la Rose, 7488. Et il me disoit : J'ai vendu vos vins et vos blés à paier à tel terme, BEAUM. XXXIV, 6. Quant le mestre oj ce, il s'agenoilla devant l'evesque, et s» tint bien pour poiez, joiNv. (98. Il XV' s. Et le comte de Foii leur fit dire [aux chevaliers partani pour la guerre de Portugal], que ils vinssent tous ensemble au chastel à Ortais; car il vouloit d'un disner payer leur bien aller, FBOiss. Il, m, (8. Et au départir nous bouterons le feu en ce chastel : ainsi paierons-nous notre hoste, ID. 11, 11, (4. En les poiant de te!e et pareille soulde qu'il a acostumé poier les sienes, Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 678. Les terres de Picardie , desquelles le roy avoit payé quatre cens mil escus d'or, comm. i, H. Et avec ccste fable paya l'empereur nostre homme sans faire autre responce [la fable de la peau de l'ours], m. iv, 3. Il leur inspira la resolution de bien payer de leurs personnes, Mém. s. du G. ch. ». ||xvi' s. Hostesse, tenez, payez -vous, prenez là ce qu'il vous faut, desper. Cymhal. 85. Qui paie mal, paie deux fois, loysel, «76. Qui paie bien, deux fois emprunte, m. 676. L'argent n'est plus à ceuli qui le payent, ains à ceuli qui le reçoivent, amyot. Perte. 24. Hz estimèrent qu'il avoit suffisamment payé la peine de celle sienne arrogance, id. ib. 71. La responce fut, qu'il falloit payer de la queue pour desgager le corps et la teste, d'aub. Ilist. i, 287. Cette cavallerie, résolue à paier pour son infanterie, se mit en deux gros scadrons, id. t'b. ii, (8t. 11 est plus facile acheter que payer, lkroux de lincï, Prov. 1. 11, p. (44. flieux vaut payer et peu avoir, que prou avoir et plus devoir, id. ib. Qui doibt à Luc et paye à François, paye une autre fois, ID. t'b. p. .18». Oui veut payer, bien se laisse ''er, m. t'b. p 4io. — EtVM. Picard, poj/frjbourguig. ■poyai; wallon, yay ; provrnç. par/ar, paguar, pniar; espagn. pogar ; ital. pagare; du lat. pacare, apaiser, de pax, paix, parce que le payement apaise, satisfait. Paier, dans les texies de l'hi-storique, est plus d'une fois employé au sens propre d'ajuiser.

PAVKUU, ErSB (pè-ii'ur, icfl-z'), ». m. et/'. Il !• Celui, celle qui paye ce qui est dû. C'est un bon paTcur. Ne savez-vous pas qu'il faut prendre d'un méchant payeur ce que l'on peut? bussï-baiiDTiN, Leit. t. m, p. 2, dans poigf.ks. |{ 2" Celui dont l'emploi es' de payer dos dépen-ei), des rentes, des traitements. Payeur de département. Nous sommes malheureux sur terre et sur mer; et on dit que l'artillerie porte jus<|u'à Paris, où elle estropie la main droite de nos payeur» des rente», volt. Utt. Thiriot, «7 sept. (758. La dette constituée se sub-

divise en deux partie» : la première, dont le montant est parfaitement connu, provient des anciennes dettes constituées et payées par les payeurs de l'hôtel de ville, cambon , Rapport, (4 août (793, p. 60. Il sera délivré à chaque créancier un extrait (le son inscription sur le grand-livre, certifié par le payeur principal de la dette publique, m. ib. p. 76. jj Proverbes. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, voy. C0NSE1LLEDR. || Crédit est mort, les mauvais payeurs l'ont tué.

— HIST. xiii' S. De maveis payeur prent-on avainne, leroox de lincy, Prov. t. ii, p. (44. Quar li paierres qui bien paie,... ruteb. 68. || xvi' s. Le bon payeur est de bourse d'autrui seigneur, loysel, 676. Le demain du mauvais payeur est vain, le-

ROtlX DE t.INCY, Prov. t. II, p. 144.

— ÉTYM. Payer; provenç. pagaire, pagador. L'ancien français paiere et le provençal pagaire sont le nominatif; pagador ou paior est le régime.

t PAYOL (pa-iol),s. m. Terme de marine. Plancher de la chambre d'une embarcation, nammé payol dans nos ports de la Méditerranée, mais dit ailleurs plafond, bien que ce soit le fond de l'embarcation.

PAYS (pè-yî ; \'s se lie : un pè-yî-z abondant; au XVI" siècle, Palsgrave, p. (3, dit qu'on prononce pa-i), s. m. Il 1" Région, contrée. Des pays sont tous de maçons, d'autres tous de soldats, pasc. Pens. m, 4. Leurs années [des hommes] se poussent comme des flots ; ils ne cessent de s'écouler, tant qu'enfin après avoir fait un peu plus de bruit et traversé un peu plus de pays les uns que les autres.... boss. Duch. d'Orl. Quel pays reculé le cache à mes bienfaits î BAC. Esth. II, 3. Ce célèbre Huniade montra que, s'il avait été mieux secouru, les chrétiens n'auraient pas perdu tous les pays que les mahométans possèdent en Europe, volt. Mœurs, 92. || Pays plat, pays de plaine, par opposition à pays montueux. Il Plat pays, la campagne par opposition aux lieux fortifiés. Les combats précédents vous ont rendu maître du plat pays, bollin, llist. anc. Œuv. t. i, p. 434, dans POUGENS. Il Le haut pays, la partie montaiineuse d'une contrée. Il partit d'Antioche, capitale de son royaume, en la cent-quarante-septièrae année, passa l'Euphrate et traversa le haut pays, SACi, Bible, Machab. i, m, 37. || Terme de chasse. Grand pays, grand bois, grande étendue de terrain dans laïuelle on chasse. |{ Pays de chicane, nom que les militaires donnent à des terrains entrecoupés, accidentés, propres à une guerre d'embusca les. Il Courir le pays, aller çà et là dans un pays. Eh I mon enfant, me dit-elle, d'un ton qui me fit tressaillir, vous voilà courant le pays bien jeune, J. J. Roùss. Confes. u. || Fig. Courir le pays, être l'objet du bruit public. 11 enferme sa femme en une tour carrée, Lui va soir et matin reprocher son forfait ; Cette honte qu'aurait le silence enterrée. Court le pays et vit du vacarme qu'il fait, la pont. Coupe. Il Passer pays, traverser un canton. Ce qui me fâche, c'est de ne recevoir de vos lettres qu'à Nantes; je ne les hasarderai point en passant pays, sÉv. 3 mai 1880. Henri IV passait pays à cheval avec une très-petite suite, st-sim. 9, (06. || Gagner pays, du pays, voy. gagner, n* (4. || Tirer pays, s'en aller, s'enfuir, voy. tirer. || Battre du pays, parcourir beaucoup de lieux différents. || Fig. Battre du pays, traiter beaucoup de sujets dilférents. Nous causons fort agréablement, le maître du logis et moi ; je ne sais quel pays nous ne battons point, SÈV. 26 août (677.11 Terme de guerre. Battre le pays, l'explorer. |1 Voir le pays, parcourir un pays pour l'examiner. Elle a voulu voirie pays; c'est une petite .satisfaction qu'on no doit pas refuser à une personne de son âge, volt. Jenni, 7. || Voir du pays, voyager. Ce mnis-ci ne m'a pas paru si immense que l'autre, c'est que je n'ai pas vu tant da pays, si».v. 4;i7. Astolfe, qui ne ilemandiil qu'à voir du pay.s, ne se fait point prier, fontïn. lit Mondes, 2' joir. Voir du pays est un appSl auquel un Genevois ne résiste guère, j. J. rouss. Confes. ii. || Fig Faire voir du pays i un homme, lui donner de l'exercice, de la peine, lui susciter beaucoup d'affaires. Si vous pnnez le chemin dédire : qu'est-ce que cent écus plus ou moins? ce style fait bien voir du pays, fEv. (2 févr. (672. Perpenna le traître me fil mourir; sans lui j'aurais fait voir bien du pays à mes ennemis, kF.n. Dial. des morts anc. 44 (Sertorius, Mercure). Par ma foi, monsieur Turcaret, je vous ferai bien voir du pays, sur ma parole, LESACB, Turcarel, i, (o. || k vue de pays, voy. vi'b. Il Fig. Savoir la carte du pays, connaître les gens avec qui l'on a à faire. || fttrc en pays de connai»- I sance, .se trouver parmi les gens de «a connaissance,

et aussi connaître ce dont il s'agit. Cette société plaît fort au marquis.... il est en pays de connaissance, SÉV. lojanv. (689. Il Familièrement et fig. De quel pays venez-vous? se dit à celui qui ignore une nouvelle, une chose connue de tout le monde. De l'amour nous fâcher I de quel pays venez-vous donc? MARIVAUX, Serm. indiscr. m, 7.112° Pays considéré par rapport à certaines conditions politiques ou administratives. Pays d'états, provinces de France où la noblesse, le clergé et la bourgeoisie nommaient des états provinciaux qui accordaient et asseyaient les impôts. || Pays d'élection, provinces oti les impositions étaient assises par les élus et autres officiers créés à cet effet. || Pays d'obédience, provinces où le pape nommait à certains bénéfices. Il Pays de concordat, se disait des provinces où les matières bénéficiales devaient être réglées selon le concordat fait entre François I" et Léon X. || Pays de franc-salé, provinces qui étaient exemptes de la gabelle. || Pays conquis, les conquêtes faites par la France depuis Louis XIII. |{ Pays coutumier, provinces où l'on suivait une coutume locale. Pays de droit écrit, provinces où l'on décidait les affaires par l'autorité du droit romain. || Pays de sapience, nom donné à la Normandie, parce que la coutume des Normands était une des plus sages do France. Il Pays rouges, pays où existaient les cours vehmiques. Il 3° Particulièrement. Région, contrée, ville où l'on est né, patrie. Avant que d'être à vous, je suis à mon pays, corn. Hor. a, 5. Préparez-vous à voir vos pays désolés, m. Nicom. m, (. Mon pays, mes enfants, pour vous j'ai tout quitté, id. Phèdre, I, 3. Du doux pays de nos aïeux Serons-nous toujours exilées? id. Esth. i, 2. Ce temple est mon pays, je n'en connais point d'autre, id. A{h. il, 7. La prévention du pays, jointe à l'orgueil de la nation, nous fait oublier que la raison est de tous les climats, et que l'on pense juste pirtout où il y a des hommes, la bruy. xii. Le mérite de M. Guglielmini fut reconnu jusque dans son pays, fonten. Guglielmini. Vous que j'appris à pleurer sur la France, Dites surtout aux fils des nouveaux preux Que j'ai chanté la gloire et l'espérance Pour consoler mon pays malheureux, bérang. Bonne vieille. || Absolument. Le pays, la patrie. Mourir pour le pays n'est pas un triste sort; C'est s'immortaliser par une belle mort, CORN. Cid, iv, 6. L'intérêt du pays n'est point ce qui l'engage, m. Cinna, m, (. De l'amour du pays noblement transporté, rac. Théb. m, 4. Il On a accusé do néologisme pays pour patrie : C'est comme la patrie, vieux mot assez usé; on dit le pays; voyez nos orateurs, ils n'y manqueraient pas pour dix écus, a. r.K muspet. Lettres de Dupuis et Cotonet, (8^6. Les exemples ci-dessus montrent que l'accusation est mal fondée. || Fig. et familièrement. Il est bien de son pays, il est bien simple, bien malavisé (locution provenant de ce qu'il n'y a rien qui forme tant les hommes que les voyai^es). Va, déloyal, va-t'en, je te le dis: Je suis bien solte et bien de mon pays De te garder la foi de miriage, la font. Richard. || 4° Plus particulièrement encore. Le canton, la localité où l'on est né (sens le pins voisin de la signification étymologique); en cet emploi, il se dit d'ordinaire sans adjectif possessif. Il est certain que, si elle n'avait pas été mangée, elle serait revenue au pays, volt. ln(;énu, (. Tant qu'au pays le ajusin restera, picard. Maison en loterie, se. (0. Dis au général d'Anthouard que, si je ne vais au pays, je suis ruiné sans ressource , p. l. COUR. Lett. I, 236. Dès lors on me conseilla de quitter le pays . va-t'en, Blondeau, va-t'en, me dit un de nos voisins; que veux-tu faire ici, ayant fâché le maire? id. Pierre Clavier dit Blondeau. || Vin de pay», vin recueilli dans le canton, lorsque le canton n'a pas un cru renommé. |{ Des grammairiens condamnent l'Académie et veulent qu'on dise vin du pays ; mais l'Académie n'a fait qu'enregistrer l'u-sage; puis vin de pays et vin du pays ue sont pas synonymes ; le vin du- pays, c'est le vin du pay» dans lequel je suis, un vin du voisinage; vin de pays est un vin du voisinage, mais sans renommée. || Cheval de pays, celui dont la race est originaire du pays. Il Mal du pays, désir violent et qui rend malade, de revoir le canton où l'on est né (voy. hostai.gie). Il 6* Par calachrèse et populairement. Celui qui est du même pays, du mêtne canton. Mon cher pays, secourez- moi, lui-dis-je, tolt. P. diable. C'est un» bonne femme qui verra avec pisisir un pays de son fils et de son mari, J. J. housp. Confess. vu. || Au féminin, pay.se. Messieurs, dit-il, je vous la recommande, C'est ma payse, elle est jeune et friande, MARM'iNiEL, PoSme sur la musique, ch. v. |{ •" Le» I habitants mém^du pays. Chaque pays a ses usages.

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tes mœurs. || P.iy» légal, nom donné, dans le lan- ^a(îe parli'mrnlairo, i l'ensemble des ciioyens qui reraplissenlles condilions du cens électoral, par opposition i suffrage universel. || 7° Fig. Un pays perdu, une localité éloignée, un lieu où il y a peu de ressources, un quartier éloigné du centre des affaires ou de la société. Où la vas-tu chercher (la gloire]? ce temple prétendu. Pour parler ton jargon, n'est qu'un pays perdu, pihon, Métrom. m, 9.118° X l'aris, le pays latin, le quartier où sont la plupart des collèges. Les rois du pays latin Ont pour sceptre une férule, matnabd. Poésies, dans le roux, Dict. comique. Ce qui est mien, ce qui est sien, ce qui est viltre sont des expressions venues du quartier de l'Université, qu'on appelle autrement le pays latin, CAiixiÈHES, Bon et mauvais usage, convers. 2*. Il Pays de cocagne, lieu où l'on a tout & souhait (voy. cocagne). Il 9° Fig. Il se dit de tout ce que l'on compare à un pays. Mais puisque nous voici dedans les Tuileries, Le pays du beau monde et des galanteries, CORN, le Kent, l, <. Quelque découverte que l'on ait faite dans le pays de lamour-propre, il y reste encore bien des terres inconnues, la bochefolc. Rfpex. 3. Je définis la cour un pays où les gens, Tristes, gais, prêts à tout, à tout indilTérpnls,Sonl ce qu'il plaît an prince, ou, s'ils ne peuvent l'être, T;icl ent au moins de le paraître, la font. Fables, vm, I*. 11 y a iles cœurs délicats ; quand cela se trouve avec un esprit sec, cela fait des progrès merveilleux dans le pays de la jalousie, sÉv. 8 août i680. C'est un pays [la cour) qui n'est point pour moi, iD. 4 S avr. 1880. Nous dévidons beaucoup de chapitres, et de tous pays nous revenons à vous, lu. 26 août 1677 C'est trop se moquer de ne les faire savants [Pétau et Huet] que par les fautes dont on les accuse, et de ne prouver leurs voyat,'es dans les vastes pays de l'antiquité que parce qu'ils s'y sont souvent déroutés, Boss. e* aterj. lOS. Le pays de l'érudition et des faits est inépuisable, d'alkikb. Disc.prélim. Encycl. Œuv. t. I, p. 261, dans pougens || Le pays d'où '.'on ne revient pas, le tombeau, la mort. Lui ont donné trois fois le vin éméiique, et l'ont envoyé au pays d'où personne ne revient, oui patin, Lett. t. m, p. 2, dans poigens. || 10° Kamiliirement et par plaisanterie, l'ne partie du corps. Le pays, les pays d'en bas, les parties inférieures du corps. Parlez-moi un peu de votre santé en détail ; car vous avez des pays, hélas ! où il s'est fait autrefois de grands ravages, skv. 27 nov. (689. î! Il» Les Paysbas, la Belgique et la Hollande. || Par plaisanterie. Les Pays-bas, les parties inférieures du corps. Par cas fortuit, l'enfant de chœur Lucas Avait usé l'étui des Pays-bas, oresset. Lutrin virant. || Proverbes. Autan» de pays, autant de guises, c'e>l-à-dire les peuples 01)1 des mœurs différentes. || Il est sots de tous pays, dans les lieux les plus polis il se trouve des gens qui n'ont guère d'esprit. || Pays ruiné vaut mieux que pays perdu, se dil poui excuser le dégât qu'on fait en quelque province pour empûcher les ennemis d'y subsister et de s'en emparer. || Accommodez-vous, le pays est large, c'est-à-dire il y a lieu de s'accommoder sans incommoder un autre. Il Bon pays, mauvais chemin, c'est-à-dire là où la terre est bonne les chemins sont fangeux et mauvais. || Nul n'est prophMe en son pays, c'est-àdire un homme de mérite est ordinairement moins considéré en son pays qu'ailleurs,

— HIST. xr s. En cest pais nous est venuz conlondre, Ch. de Roi. ii.||xii* s. Chascun plore sa (erre et son pais. Quant il se part de ses coraus amis jamis de cœur]. Coud, xxiv. Alemaigne lils] ont destruite, le giant pals plenier. Sot. xvi. !1 xiii* s. Moût a eu graut guerre au pais longuement, BerU, Lxvii. Par estrange pais [je] quiers «non chevissement [ma subsistance], ib. xlvii. Tout li pais I en [était] venus communément, ib. cxxxui. Il XV s. Le pays d'Angleterre estoit en branle et en différend l'un contre l'auire, fhoiss. ii, ii, 4. Alez vous en, prenez pa5», Yver. vous ne demourrez plus, CH. d'orl. flond. Et Iterma ledit conte un «rand pays de son charroy et de son artillerie, et mist tout son est dedans, comm. r, «. || xvi' s. Cette Ule !l'Allantide| tenoit plus de pals que l'Afrique ei l'Asie ensemble, mont, i, s.!!. Les seigneurs de Carihage, voyants que leur pays sedepeuploit.... m. I, »M. Ils vivent en une contrée de pays très plai- Mnte, iD. I, 2S«. |.e roj Emmanuel leur donna le tempe de vuider «e« pa,s, id. r, 298. Pour remettre •on pals en lit«rlé, ii>. ii, «t. o mon pays iloui I Je meurt loin de vous, Voire et volontiers 1 Tn.oPBèzR rtM par V. Chauffour, Réforma'mri du ivr siècle u I, p. >»4j Oui a payt n'« que faire de patrie • duquel non paya tout fet anciens poêle» et orateuri

françois en eestesignifiance l'ojit usurpé, fontaiwe, Quintil Horatian, p. <6i>.

— ÈTYM. Bourg, pot/1, pat"; provenç. ptys, pais, paes, pahis ; espagn. pats ,• portug. pai'i ; Ital. po«se. Les formes en es, ese viennent du latin poi/cnm; les forme* en it viennent de pagesius, tous deux dérivés (le pagus, canton : ager pagemis ou pagesius, territoire d'un canton, d'où, par extension, région, patrie.

P/.VSAGE (pè-yi-za-j'), t. m. || 1" Rtendue du pays que l'on voit d'un seul aspect. Nous parcourons toute cette belle côte, et nous voyons deux mille objets, différents qui passent incessamment devant no» yeux comme autant de paysages nouveaux dont M. deGrignan serait charmé, sÉv. M6. Un pay.sage dont on aura vu toutes les parties l'une après l'autre, n'a pourtant point été vu ; il faut qu'il le soit d'un lieu assez élevé, où tous les objets auparavant dispersés se rassemblent sous un seul coup d'œil, FONTEN. farignon. \\ i' Genre de peinture qui a pour objet la représentation des sites champêtres. El pour le paysage on prise sa manifre, ABBé DE marolles, Le liv. des peintres, p. 38. Il 3* Tahlf-au qui représente un paysage. J'ai à présent sous mes yeux un paysage que Vernet fit à Rome pour un habit, veste et culotte, et qui vient d'être acheté mille écus, didfr. Salon de i767, ou début. Paysage historique, ou paysage antique, celui dans lequel sont représentés des personnages héroïques, mythologiques, un trait de l'histoire ou lie la Fable, un souvenir de l'antiquité, etc. Poussin, Claude Lorrain excellent dans le paysage an tique. Il Paysage mixte, paysage copié de quelque site ou paysage naturel, mais que l'artiste a modifié pour l'effet pittoresque, [j Paysage idéal, paysage qui est tout entier de l'invention du peintre. || Paysage héroïque, paysage représentant un site choisi et noble, des temples, des ruines, des pyramides, etc. Il Fig. Familièrement (c'est une locution très-récente). Cela fait bien dans le paysa^'e, cela produit un bon effet. Elle a une grosse dot, cela fait bien dans le paysage. Je l'ai assuré de mon dévouement, cela fait bien dans le paysage.

— REM. Fénelon, t. xxi, p. 290, a fait paysage de deux syllabes.

— HIST. xvr s. Cinq cens chevaux qu'ils pouvoient estre d'Angldis en F.scosse, osoyenl entreprendre de courir jour et nuict jusqu'aux portes d'Edimbourg, lenans en subjeclion tout le paysage des environs, BEArouE, Guerre d'Escosse , iv. Je pensay de figurer en quelque grand tableau les beaux paysages que le prophète descril au pseaume

susdit, PALISST, u.

— ÉTYM. Payj.

t PAYSAGER (pè-yi-za-jé) , adj. m. Terme d'horticulture. Jardin paysager, jardin à dispositions irrégulières, comme les jardins anglais. |l On dil aussi en ce sens : paysagiste. Maintenant ie jardin paysagiste est entendu d'une manière admirable, TH. GAUTIER, Feuilleton du Moniteur univers, du

— ÊTYM. Paysage. ^ PAYSAGISTE (pè-yi-za-ji-sf), s. m. || 1" Peintre

qui fait des paysages. Son père [de Claude Lorrain], qui en voulait faire un garçon pStissier, ne prévoyait pas qu'un jour son fils ferait des tableaux qui seraient regardés comme ceux d'un des premiers paysagistes de l'Europe, volt. Louis .XIV, Artistes Vous croyez donc que, pour être un p.iysagiste, il ne s'agit que de jeter ci et là des arbres? dider. Salon de <767, Œuv. t. xiv, p. 282.112" Adjectivement. JardiB piysagiste, voy. paysager.

— ÉTY.M. Paysagr.

PAYSAN, SANNE {pè-yi-zan, za-n'), s. m. et f. Il 1" Homme, femme de campagne. Un riche paysan. Une bonne paysanne. Un paysan son seigneur offensa; L'histoire dit que c'était bagatelle; Et toutefols ce seigneur le tança Fort rudement; ce n'est chose nouvelle, la pont. Paysan. Je n'avais point de connaissance, point d'autre méiior que celui de paysan ; je savais parfaitement semer, labourer la terre, tailler la vigne, et voilà tout, Marivaux, Pot/s. pore. part, i . Là [en Pologne], le paysan ne ~ème point pour lui, mais pour des seigneurs i qui lui, son champ et le travail de ses mains appartiennent, VOIT. Charles Jll, 2. Un paysan, non de France, où l'on prétend qu'il faut les faire mourir ie misftre, afin qu'ils nous fassent vivre, j. j. houss. Lett. à Voltaire, Corresp. t. m, p. 226, dans poogens. C'est sur l'étal du paysan que je juge d'un gouvernement, que je n'ai ni le temps ni le moyen de connaître, duclos, Voy. Italie, Œuvr. t. vu, p. 35. Il Guerre des paysans, soulèvement des paysans contre les nobles qui éclata, i la suite de la réforme

religieuse, dans la Souabe, la Thuringe et la Franconie. Il C'est un paysan, un gros paysan, il a l'air d'un paysan, d'un franc paysan, c'est un homme rustre, impoli. || X la paysanne, loc. adv. X la mode de la campagne. Un bonnet à la paysanne. {{ i°S. f. Paysanne, espèce de danse. || 3" Adj Oui appartient aux paysans. C'est une assez mécnante engeance que U race paysanne, nANCOUBT, Vacances, se. 2. Je suis né pauvre et paysan, destiné par mon état à cultiver la terre, j. }. Rouss. Ém. iv. || Proverbes." 11 faut acbnter son blé d'un paysan et son vin d'un bourgeois, parce que le paysan tend toiyours le plus beau de son blé, et que le bourgeois a toujours une meilleure cave que le paysan. 1) C'est toujours le pay-san qui paye, proverbe d'allusion aux impôts de l'ancien régime.

— REM. On prononce dans quelques provinces pèlon, en deux syllabes. Cette prononciation, i|ui n'est plus qu'un provincialisme, était, au xvii' siècle, reçue à côté de l'autre : Que le paysan recueille, emplissant à milliers Greniers, granges, chartis, et caves et celliers, régnieb , Sot. xv. F.l la bonne paysanne, apprenant mon désir, mol. Éc. des finîmes, I, I.

— HIST. XII* s. N'avoit homme ou [au] pays si os [hardi]. Ne bachelier ne païsant, Tant orgueilloux ne tant vaillant. Qui s'osast au jaiant [géant] combatre, Brut, ms. I* 88, dans lacukne. || xiu* s. Li paisanl de la terre les assaillirent, et ocistrent tous, fors quatre, sans plus, qui s'en retornerent à l'ost, viLLEH. Liv. Emmi sa voie [elle] encontre un païsan vilain, Berte, lxxiii. Et s'il se présente à ceval et armés comme gentix bons, et li païsans qu'il apela se présente à pié comme campion-i, li gentix bons en a le pleur [le pire], beaum. lxiv, 2. {[ xV s. Pour quoi vcultesire un païsant A un noble homme ressemblant? e. desch. Poésies mss. f" 6 1 9. X la longue n'est nulles des grondes [nations] dont le pays à la fin ne demeure aux paisans [aux nationaux, par opposition aux i'tiangers, à propos des mariages des princesses liéritières], comm. vi, 2. || xvi* s. Veer surprit le lorl qui estoit de l'autre costé de Zutplien par des soldats déguisez en paîsandes [paysannes], d'aub. Ilist. m, 318. Dieu mit des cnurs de rois aux seins des artisans. Et aux cerveaux des roii des esprits de paisans, id. Tragiques, éd. lalanne,

— ÉTYM. Pays : Berry, pai'san (de deux syllabes) ; bourg, paysan; espagn. paUano ; ital. pac.vano. Dans l'historique, paysan a parfois le sens de gens du pays, qui est le sens primitif.

t PAYSANI)AILLE(pc-yi-zan-dà-ir, Il mouillées), s. f. Troupe de paysans, ramassis de paysans

— HIST. xvi' s. Je les eusse plus tost combatiu tout seul que de fuir devant une telle paisandaille [mot de François 1" en parlant des Suisses], carl. i, 43.

PAYSAN.NEUIE (p^-yi-za-ne-rie), s. f.jll' Condition des paysans. J'aurais bien mieux fait, tout riche que je suis, de m'allier en bonne et franche paysannerie, MOL. G. Dand. i, l. Arrive tout de suile Juliette, pour dire en style de paysannerie.... la harpe, Corresp. t. iv, p. ( 14, dans pgugen.s. || î° Petite pièce dont les personnages sont des paysans. Rose et Colas de Sédaine et Monslgny est une paysannerie fort agréable.

— ETYM. Paysan.

PAYSE (pè-yi-z'), voy. pays, n» 6.

\ PAZEND (pa-zind), s. m. Terme de phik-logie. Ensemble des gloses qui accorapagnenl la traduction pehlvie des livres de Zoroastre.

— ÊTYM. Pdsend est une afilierèse et une apocope à'upaianti, explication d'une glose, de upa, sur (voy. sub), et lai'iii, connaissance (voy. zend).

PÉAGE (pé-a-j'), s. m. || 1° Droit seigneurial qui se prenait sur le bétail ou sur la marchandise qui passe, pour entretenir les ponts et les passage». Quelqu'un de ces pâtres qui habitent les sables voisins de Palmyre, devenu riche par les péages do vos rivières, achètera un jour à deniers comptant» celte royale maison, labruï. vi. || t' Droit de passage, qui se lève pour l'entretien d'un pont, d'une chaussée, d'un port, etc. || hlg. GoulTre, banc ni rocher, ji'exigea de péage D'aucun de ses ballots, LA FONT. Fabl. VII, I*. 113° Lieu où l'on paye ce droit. Il faut s'arrêter au péage. || i" Ce mot est devenu le nom propre de quelques villes ou bourgs OÙ était établi autrefois un péage. Le Péage lez Homans ou bourg du péage.

— Hisr. XII* s. Car onc ne lui rendîmes chevage mile fois. Costume ne paage.... Sax. xxxiil. || xiii* s. l'eagiers est à petit Pont, pdir ce qu'il doit demander son pa.ige as marchans, Liv. des méi. i3*. James en foire n'en marcUié Deux fois poiage iif

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donront, Mais par tôt quitemeni iront, Ren. I96.i:i. Ou vintiesme an de mon aage, Ou point qu'amors prend le paage Des jones gens.... la Rose, 22.

— ÉTYM. Prov. pezatge, peatge, péage; catal. peatge ; espagn. péage; ital. pedaggio ; du bas-lat. vedalieum, de pedes, piéton, qui vient de pes, pedis, pied (Toy. ce mot) : mot à mot, action de porter le pied, de passer, et droit de passage.

PÊAGKR, GÈRE (pé-a-jé, jè-r'), s. m. et f. Celui, celle qui reçoit le péage. Il a cru mal à propos que les péagers, parmi les Juifs, étaient païens, CH. ANciLioN, Àél. dtUtl. t. II, p. 48», ilans pougens. Il Adj Oui a le caractère du péage. Le bétail soumis à une taxe péagère à l'entrée d'une ville. Journal des Déhais, 24 janvier 1865.

— HiST.'iiu' s. Panier à mercier na paie noiani, fors tant que le paagier puet prendre une agaille ou une atache de poitevine. Livre des métiers, 293.

— ÉTYM. Péage; prov. peatgier, peialgier ; esp. peagero; ital. pedaggiere.

PEAU (pôjaii pluriel, l'i se lie ; des pô-z assouplies), s. f. ijl" Membrane dense, épaisse, qui enveloppe et couvre extérieurement toutes les parties du corps de l'homme, des animaux vertébrés et d'un assez grand nombre d'animaux sans vertèbres. Les pores de la peau. Le poison à mon corps unit mes vêtements; Et ma peau, qu'avec eux votre secours m'arrache, Pour suivre votre main de mes os se détache, cobn. Méd. y, 3. Celui qui dit froidement de soi, et sans croire blesser la modestie, qu'il est constant, fidèle, sincère, équitable, reconnaissant, n'ose dire qu'il est vif, qu'il a les dents belles et la peau douce : cela est trop beau, la bbuy. XI. Les sabres du Japon n'entament pas leur peau [des rhinocéros], les javelots et les lances ne peuvent la percer, elle résiste même aux balles du mousquet, Bnpp. Quadrup. t. iv, p. 366. Il importe que la peau s'endurcisse aux impressions de l'air et puisse braver ses altérations ; car c'est elle qui défend tout le reste, J. i. rouss. Ém. ii. Il est prouvé que l'épiderme, cette cuticule analogue à la corne, n'adhère à la peau par aucun vaisseau, bonnet, Contempl. nat. Œuvr. t. viii, p. 22, dans pougens. i; Porter à la peau, se dit d'une boisson, d'une préparation qui fait suer. || Maladies de peau ou de la peau, celles qui altèrent la peau, ij N'avoir que les os et la peau, être très-maigre. Un loup n'avait que les os et la peau. Tant les chiens faisaient bonne garde, la pont. Fabl. 1, 5. || On dit dans le même sens : n'avoir que la peau sur les os. Vous n'avez tantôt plus que la peau sur les os, rac. 7'/atd. i, 4. Il Les os lui percent la peau, il a la peau collée sur les os, il est très-maigre. Les os lui percent la peau; elle est entièrement étique et desséchée, sÉv. (49. Il II est gras à pleine peau, il est très-gras. || Avoir la peau chaude, faire éprouver à la main la sensation de la chaleur fébrile. |{ Fig. et familièrement. Ne pas tenir dans sa peau, être plein de joie, d'orgueil. Chamillart, enivré de son gendre, était dans le ravissement, et la Feuillade, en partant, ne tenait pas dans sa peau, st-sim. ne, 136. || Ne pas tenir, ne pas durer dans sa peau, ne pouvoir résister, être tourmenté par un désir. Auprès de lui, les plus cruelles Ne pourront tenir dans leur peau, mol. Pastor. corn. a. || Il ne saurait durer dans sa peau, se dit d'un homme impatient. || Lnragcr dans sa peau, être en proie à une colère, à une impntiencc intérieure. || 11 crève dans sa peau, il est très-gras; et fig. il a quelque grand dépit qu'il s'efforce de renfermer. || Il mourra dans sa peau, il ne changera pas de peau, se dit d'une personne incorrigible. Croyez-moi, vous mourrez, monsieur, dans votre peau, Et vous mériterez cet illustre tombeau, CORN. Suite du Hent. m, t. S'il paraît quelque brochure avec deux ou trois grains de sel, môme du gros sel, tout le monde dit : c'est lui [Voltaire], je le reconnais, voilà son style, il mourra dans sa peau comme il a vécu, volt. Lett. d'Alemb. * aoiit <767. Il On dit dans le même sens : il mourra dans la peau d'un indolent, d'un fat, etc. Ce drdie est toujours le même, et, à moins qu'on ne l'écorche vif, je prédis qu'il mourra dans la peau du plus fier insolent.... beaumabcb. Mar. de Fig. 1, 4. I' Dans sa peau mourra le renard , le loup mourra dans sa peau, se dit d'un homme rusr', d'un homme tni^chant qui ne se corrigera point. || Populairement. tire dans la peau, être à h place de. Je ne voudrais pas être dans la peau de celui qui a fait ce mauvais tour. || La peau lui démange, se dit d'une personne qui cherche les occasions de se faire battre. Ma petite femme, ma mie, votre peau vous dé'nange, i votre ordinaire, hm.. Méd. m. lui, i, t. Il 2" L'cpiderme, la première peau. Cette maladie

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lui a fait faire peau neuve. Un serpent qui fait peau nouvelle. Dès que brille un nouveau printemps... bèrang. Épitaphe. || 3° Kig. et familièrement. Ce qui est le propre, le sentiment intime d'un homme. Sa vieille et ancienne peau, ses engagements de plusieurs années [d'Argenson, touchant la Constitution], ST-siM. 480, 215. Il 4" Fig. et familièrement. Il -désigne la personne dont on parle. Satan lui répondit : l'homme donnera toujours peau pour peau, et il abandonnera tout pour sauver sa vie, saci, Bible, Job, II, 4. Tant pis, reprit le triste oiseau. Je crains Hn ce cas pour leur peau [de mes enfants], la pont. Fabl. V, 18. On nous voit tous pour l'ordinaire Piller le survenant, nous jeter sur sa peau, m. 16. i, 15. Et je vous verrais nu, du haut jusques en bas, Que toute votre peau ne me tenterait pas, mol. Tari. III, 2. Pense-t-il que Ton soit bien tenté de sa peau, Et de la tienne aussi? regnard, Distr. v, (. Que faire à cela? et comment sauver ma peau des coups qui la menaçaient? le sage, Guim. d'Alf. vi, 10. L'assassin l'entendit et trembla pour sa peau, lamotte, Fabl. I, 8. Il 11 a soin de sa peau, se dit d'un homme qui a soin de son corps. || Aimer sa peau, ne pas s'exposer au danger Si vous aimez bien votre peau. Cherchez votre salut dans l'eau, scARRON, Virg. iv. || Faire bon marché de sa peau, s'exposer sans nécessité. || Risquer sa peau, s'exposer au danger. Une action d'un homme à fort petit cerveau Que d'aller sans besoin ainsi risquer sa peau, MOL. le Dép. v, 1. Grabinski est un homme qui ira loin, je t'en réponds, sans risquer sa peau, p. l. cour. Lett. I, (3). Il II a été bien heureux d'en rapporter sa peau, se dit d'un homme qui s'est retiré sain et sauf de quelque occasion dangereuse. Il Craindre pour sa peau, avoir peur pour sa peau, ménager sa peau, être poltron. || Vendre bien cher sa peau, se défendre vigoureusement contre ceux par qui on est atta(]ué. |1 Populairement. Se charger de la peau do quelqu'un, se charger d'une personne. Je viens pour faire honneur à Mme Isabeau, Et par un bon contrat me charger de sa peau, th. cohn. D. Bertr. de Cigarr. iv, i.(|Je' ne veux point me charger de votre peau, je ne veux point me charger de vous. Il 5° Familièrement. Les parties de la peau qui sont flasques et pendantes. Il a de grandes peaux qui lui pendent au menton. || 6* Parties tendineuses et coriaces qui se trouvent dans la viande. Ce bouilli ne vaut rien, il n'y a que des peaux. || 7° La dépouille de l'animal, sa peau séparée de son corps.

Apprêter, maroquiner une peau Il veut avoir Un

manchon de ma peau, tant elle est bigarrée. Et vergetée, et mouchetée, la pont. Fabl. ix, 3. La pesanteur (les |ieaux [chez un tanneur] et leur mauvaise odeur Eurent bientôt choqué l'impertinente bête fun âne], m. ib. vi, H. Les nymphes y avaient préparé deux lits d'une molle verdure, sur lesquels plies avaient étendu deux grandes peaux, l'une de lion pour Télémaque, et l'autre d'ours pour Mentor, FÉN Tél. IV. Il Fig. Il faut coudre la peau du renard à celle du lion, il faut joindre la finesse et la ruse à la force, mot du Lacédémonien Lysandre, qui est devenu proverbe. |1 Peau crue ou verte, peau qui n'a pas encore re(u de préparation. |{ Peau divine, un des noms de la baudruche (voy. ce mot). || Peau de bon apprêt, peau facile à préparer. || Peaux d'Espagne, peaux de senteur, peaux bien pa.ssées et bien parfumées. Il Terme de mégissier. Peaux fraîches, maroquins façon de Barbarie qui se fabriquaient il Rouen. Il Peau de chien, peau de chien de mer dont les menuisiers et les ébénistes se servent pour polir le bois. Il 8° Peau de vélin, peau de veau préparée pour la reliure ou l'impression. || Peau d'àne, peau de l'âne préparée. Comme la peau d'âne est trc3-<iure et très-élastique, on l'emploie utilement à diiïérents usages, on en fait des cribles, des tambours et de très-bons .souliers, bufp. Quadrup. t. i, p. 169. Parce que des meurtriers vêtus de rouge, coiffés d'un bonnet haut do deux pirals. enrôlent des citoyens en faisant du bruit avec deux petits bâtons sur une peau d'âne bien tendue, volt. Dict. pliil. Quakers. || l'eau de tambour, peau d'âne tendue sur un tambour. Je vous y vois.... Arracher une plume au dos de ia Victoire, Et ra'écrire en jouant, sur la peau d'un tambour, Ces vers toujours heureux, pleins do grâce et de tour, VOLT. Lett. ou roi de Prusse, 2» juin (7*1. il On dit aux garçons paresseux qui s'étirent les membres : I-i peau de tambour sera h bon marché, les ânes s'étendent, {j l'eau d'âne, nom du l'héroïne d'un conte de fé'', ainsi dite parce qu'elle fut longtemps vêtue d'une peau d'âne qui cachait sa beauté. Des fables semblables â celles que content.... les Bretons du roi Artiu....les Parisiens du Moine bour-

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ru. et les bonnes femmes de leurs fées, Peau d'âne et Mère à sept tètes, naudé, Bosecroii, vi, 2. || /lu masc. Peau d'âne, le conte de Peau d'âne. Si Peau d'âne m'était conté. J'y prendrais un plaisir extrême, LA pont. Fabl. viii, 4. || Contes de Peau d'âne, petits contes pour amuser les enfants, par allusion au conte de Peau d'âne. || Peau d'âne, la cyprée flavéole (univalves). || Aux mots PEAU et AiNE, l'Académie écrit peau d'âne sans trait d'union; mais à conte, elle écrit, avec un trait d'union, Peau-d'àne. || 9° En termes de palais, peau se disait pour parchemin. Grelfier à peau ou à la peau. Les titres et pièces en vertu desquelles ils jouissent et exercent lesdits offices de f-'refHers écrivants à la peau. Arrêt du cAiseil, to mars )674. Le remboursement des engagistes de 17 places de clercs écrivants à la peau, Conseil d'État, 3) mars I674. Â l'égard du parchemin, sera pris pour chacune grande peau de parchemin ou vélin 26 sols-, pour chacune petite peau de parchemin ou vélin, 20 sols, ^di(, avril (674. || iC Enveloppe qui couvre les plantes, les fruits, les légumes. Le raisin muscat a la peau dure. Hll" Croûte qui se forme sur les substances liquides ou onctueuses. Il se forme une peau sur le lait, sur les confitures, etc. Il lî" Peau bleue, sorte de poisson irès-vorace, redouté des pêcheurs parce qu'il détruit le poisson. Il Nom marchand de diverses coquilles. Peau de tigre. Il Peaux douces, famille d'agarics. || Peau de morille, famille de champignons. || 13° Au masc Peaux-rouges, nom donné aux miligènes de l'Amérique du Nord, ainsi dits de la couleur cuivrée de leur peau (on sous-entend homme). Le Peau-rouge va à la chasse de l'Esquimau comme de toute bêle féroce, Bull, de la toc. d'anthrop. t. v, p. 729. || Proverbe. Il ne f.Tut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir mis par terre, voy. ours.

— HiST. XI' s. De son col jil] jeté ses grandes pels de martre, Ch. de Roi. xx. || m* s. Là se combat chascuns pour garantir sa pel, Sax. ix. Car issir les ferai de leur piax ù rebours, ib. xxvii. Ço parut en Adam, qui tuz premiers mesfist, l'eus le vesti de peals, lui e nus [nous] mortals fist, Tli. le mart. 32. Il xiii's. En crois morutpor noz mesfais, Que nos et autres avons fais ; Ne morra plus, ce est la voire : Or poons soz nos piauz acroire [être tranquilles dans notre peau], ruteb. ( h . Un sergiant lor fist assavoir que il retornassent arriéres; car se.... [ils faisaient telle chose), il aront acreu sous lor piaus [ils auront fait une bonne affaire] , H. nE valekc. xxvii. || xiv s. Compainz, dis-je, quelz bestes sont Qui dehors piaus de brebis ont Et- cors de leu [loup], que puet cee»tre?j. nECONDÉ,t. m, p. 6 1. Quant il [l'homme] naist, n'a nul drapel. Toute nueaportela pel, m. ib. p. 70. Il xv s. Elle [une truie] estoit tant maigre, que par semblant on n'i veoit que les os et la pel, phoiss. u, III, 22. Il m'en chault bien poy [peu] ; Je demourray quoy [coi) En ma vieille peau, ch. d'orl. Rondeau. Que vous semble de mon appel? Garnier, feis-je sens ou folfle '/ Toute beste garde sa pel , villon. Bail, de son appel. L'envieulx, qui ne dort jamais, ne prent jamais repos jusqu'à ce qu'il scet et voit tout ce que aultruy fait; et ne se peull appaiser ; et de celle peau estoient vestus deux chevaliers de l'hostel du noble roy, Perceforest, t. iv, f" 44. Il n'a droit en sa peau, qui ne la défend, leroux ije lincy, Prov. t. II, p. 3H. Il XVI* s. Le peuple romain en devint si fier, se voyant couronné de tant de victoires et trophées, qu'il ne pouvoit quasi durer en sa peau, lanoue, t»3. Nous ne peusmes gaigner un lieu avantageux, qui avoit esté reconu près dudit Ervaux, où nous eussions vendu plus cher nostre peau, ID. 688. Les princes qui sont nez dans la peau de leur grandeur ne sçauroicnt la dépouiller sans s'escorcber, d'aub. Vie, cxxviii. On y fend sa chemise [dans les duels], on y montre sa peau; Despouillé en coquin, on y meurt en bourreau, id. Tragiiiues, édit. lalanne, p. sa. On voit dedans l'urine de petites peaux lilancbes et déliées, par£, XV, 57. L'autre au contraire, ardant, aime les armas. Si qu'en sa peau ne soauroit séjourner Sans bravement attaquer les allarmes, bons. 462. Sera le dit greffier tenu de dellivrer les lettres ou endossement signez de lui, sinon que lesdittcs lettres excédassent un quart de peau (feuille de parchemin), Couti.gin. t. II, p. 616. Celui a bon gage du chat, qui en tient la peau, cotorave. Il faut liiscerncr la peau de la chemise, id.

— ETYM. lierry et norm. piau; pic. piau, pieu, wallon, pai; prov. pd, pelh; cal. pWl; esp. pi»(j iu\ pelle; du Ut. pelUs; grec, itO.).»; ail. Fell.

PEAUCIER (pô-sié), adj. Le muscle pe.iucier. Les anatomistes écrivent ce mot par un e; l'kcir demie l'écrit par deux ss (voy. praussier).

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f PEArriEBS (pfl-sié), X. m. pi. Famille de cbampiKiions établie aux dépens des agarics.

PEAl'SiiERIE (pfl-se-rio), s. f. Commerce, marcliaiidise de peaux. || Art de travailler les peaux.

— ETYM. Peaussier.

PEACSSIKR (pô-sié ; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l'j se lie : des pôsié-z habiles), I m. Il 1* Nom des artisans qui façonnonl les peaux, el qui les mettent en couleur. || Celui qui vend les peaux préparées. || >• Adj. maie. Terme d'anatomie. Ijb mu.icle peaussier, ou, sulistantivomcnl, le peaussier, muscle qui adhère à la peau et qui sert à la remuer. Il Chez le cheval, nom donné au muscle sous-cutcné de l'encolure. || Les analomistes écriverit peaucier.

— HlST. XVI* s. Frippiers, peaussiers, corroyeurs, PARÉ, XXIV, 10. Le mouvement de la susdite paupierre dépend du. dit muscle large ou peaucier, id. u, 3.

— f.TYM. Prau: prov. peHicier, peUecier ; cita.\. petlisser: ital. pellieiere.

I. PEATTRE (pfl-tr"), t. m. Vieux mot signifiant lit, mauvais lit, grabat; inusité, sauf dans cette locution populaire, qui tombe elle-même en désuétude : envoyer quelqu'un au peautre ou aux peautres, le brusquer pour le congédier, pour le chasser. Tu veux toujours gouailler les autres, El puis ils t'enverront aux peautrcs, vahé , la Pipe cassée, ii. Il Aller au peauire, sepenire. Vous êtes encor jeune, on le voit bien. — Mme Brice : Assez Pour voir votre noblesse un jour aller au peautre, boursaolt. Mots à la mode, se. a^

— HIST.XMi's. Andui [tous deux] se vont couchier el piautre, FaWavx et contes, édit. de méon, t. m, p. 365. Il XV' s. Fuis qu'ilz sont deux veaultres au peaultre, Tu en pendras l'un, et moy l'autre, Mistere de la Passion Jesu Crist, Crucifiment de Jésus, édit. de Verard, (490. sign. Di verso, col. 2. ||xvi' s Chassez ces marchants Turcs au peaultre, oppéde, Trod. de Pétrarque, (° 84, dans lacurnk.

— Etym. Champagne, peautre, paillasse, lit, venant, d'après Schcler, del'anc. liaut-allem. pohtar, bolstar. allemand moderne, Polster, matelas, coussin. L'ancienne langue avait pMUJrniJie, canaille : xv's. Puis en bataille Se sont fuis comme peaàlraille, Monstransquc d'honneur ne leurchaille, al. chaht. (Kuxres, p. «'ÎS. Dans la Brie, pautrain veut dire poli.sson, mauvais drôle (voy. poltron).

t 2. PEAl'TRE (pfl-tr'), j. m. Sorte de fard. Leur visage reluit de céruse et de peautre, bègnier, Sat. IX.

— HlST. XIV* s. Courroies ferrées, clouées et autrement ouvrées d'estain, de piautre ou de plonc, DtiCAUGE, pestrum. || xv« s. Abusé m'a et faict entendre, De vieil mâchefer que fust peaultre, vili.on, Grand testament, double ballade.

— Etym. Ital. peifro, étain raffiné; du germanique : Scandinave, pi'dlr, étain ; holl. peauter, piauter. laiton blanc; angl. pewter, étain; comparez la celtique : gaélique, peodor; kimry, ffeutur, éliia, et le sanscrit pûdlra {4 cérébral), étain.

t ••». PF.AUTRE (pfl-tr"), ». f. Ancien mot encore usité sur quelques rivières et signifiant bateau.

— HlST. xvi* s. Le vieil Charon , grand nautonnier d'enfer. Bien eut à faire à gouverner sa peautre Pour celuy jour passer de rive en autre l'ous les esprits.... marot, iv, is». Ce qui se jetta dans le batteau esloit tout perdu sans La Cassagne, qui, aiant l'espaule brisée d'un coup de mousquet, seut manier la peautre et mettre à l'eau le vaisseau, d'aur. Hûl. II, 2«t.

— tint. Origine inconnue, k moins qu'il ne se rapporte i l'ital. p«oUa (voy. péotb), que Forfait, Instil. Mém. scienc. t. v, p. 33i, écrit péatUe.

t PEArrRlî, ÉE (pfl»tré, trée), adj. Terme de blason. Il se dit des poissons dont la queue est d'un émail différent de celui du corps. Dauphin d'azur peautre d'or.

— RTVM. Peautre t.

t PÉBRIîJK (pé-hri-nT, ». f. Sorte de maladie épidémique des vers i soie.

tPÈRRlNER (SE) (pé-bri-né), t). réft. Devenir affcctô de pébrine.

PEC(pèk),ad7'. m. III' Osité seulement dans celte loculif» : hareng pec, hareng fraîchement salé. San» le bachique breuvage, Vous verriez mon gros crsage Plus maigre qu'un hareng pec, panard, r/ianion», t m, p. 407, dan» i^uokns. || 2* «S, m. Un d«f noms vulgaires de l'épinoche.

- eTYM. All..Pôkd; holl. ptkel; sngl. piekle eau salée. or.

} ''.^*' IP^-kt-fi), ». m. Cochon de l'Amérique méridioiule, geor« dicotyles, Cuvisr.

PEC

PECCABLK (pè-kka-b!'), adj. Qui est capable de pécher. Tout homme est peccable.

— HlST. xiii* s. Lasse peccable. Fabliaux mss. p. 311, dans LACURNE.

— f.TYM. Voy. pfchfr.

PECCADILLE (pè-kka-di-ll', H mouillées, et non pè^kka-di-ye) , ». f. Faute légère. Sa peccadille [de l'Ane qui avait mangé un peu d'herbe] fut jugée un cas pendable, la font. Fabl. vu, ). Parmi des peuples oii la moindre peccadille envers la religion est souvent un crime irrémissible, boursaolt, Leil. nouv. t. II, p. «7, dans pougens. Ce n'est ni un péché ni une peccadille d'être gai, caraccioli, Lett. récréât, el mor. t. ii, p. 4<i, dans pougens.

— HlST. xvi* s. Vous sçavez, dit le Poitevin, qu'il y a force gens entachés de ce peccadillo, d'aub. Conf. I, 2. Il lui jura qu'elle ne pechoit point de l'aimer, et que l'eau bénite pouvoit effacer un tel peccalile, marg. Nouv. lixii.

— ETYM. Ital. peccadiglio, diminutif de peccato, faute (voy. péchfr).

PECCANT, ANTK (pè-fckan, 'kkan-t'), adj. Terme de médecine. Rpitliète donnée par les humoristes aux humeurs, quand elles pèchent par rapport à la qualité surtout. Certaines humeurs, qu'entre nous autres savants nous appelons humeurs peccantes, MOL. le Méd. malgré lui, ii, e.

— HIST. XIV' s. Humeurs péchantes, H. nE mon- DEviLi.E, C 73. Il XVI' s. Guari qu'il feut, par les me dpcins, de cette humeur peccante, mont, n, 219.

— ETYM. Lai. peccantem, de peccare, pécher. PECCATA (pè-kka-ta), s. m. Terme populaire.

'] 1* Nom qui désigne un âne dans les combats publics d'animaux. || 8° Fig. Un homme stupide, un sot. C'est un peccaïa.

— Etym. En Normandie, on nomme la bourrique pfccata mundi. parce ((uc l'âne reçoit les coups et porte les péchés comme l'Agneau de Dieu.

PECCAVl (l't-kka-vi), s. m. L'aveu qu'un pécheur fait de sa faute. El ne me dites pas : je ne sens point celte peine [la douleur de la rechute], je me confesse toujours avec la même facilité, je dis mon peccavi de la même manière, Boss. Sermons, nechutes, 2. || Familièrement se dit de tout aveu qui coûte. Là, je dis hautement mon peccavi, m'avouant humblement ou fièrement l'auteur de la pièce, j. I. Rouss. Confcss. vin.

— ETYM. Lat. peccavi, j'ai péché, de peccare, pécher.

t PËCE (pè-s'), s. f. Voy. PESSE.

t PECHBLENDE (pèch-blan-d'), s. m. Voy. pé- C11URANE.

— Etym. Allem. Pech, poix, et Blende, nom de certains sulfures.

1. PÊCHE (p6-ch'), ». f. Fruit du pèclier. Cette espèce de pêche quitte le noyau. || Nom, dans le midi, des pêches dont le noyau se détache de la chair, par opposition aux alberges, pêches dont la chair est attachée au noyau. || Fig. Un matelas, un coussin rembourré de noyaux de pêche, un matelas, un coussin fort dur.

— HlST. xiii* s. Peskes, castaignes à plenté, FI. et Bl. 1489, ||xvi' s. Encores plus qu'en auberges l'on abonde en espèces de pèches discernées par leurs diverses grandeurs, couleurs, saveurs... les presses, pavies, mirecotons, alampers, groignons, peclie-noire et semblables fruits à noiau, 0. de SERRES, 678. Gros bec, tu as mangé la pesche,

LEUOU.'C DE LINCT, Proi'. t. I, p. 81.

— r.TYM.'Wallon, pih; prov. persega; cat. presseg ; port, pessego ; ital. pcrsica; du lat. persicum, fruit de la Perse, ainsi nommé à cause de sa provenance. Le provençal et le catalan viennent d'un mot dont l'accent était changé : per.'^icum, au lieu de persicum.

2. PÊCHE (pô-ch'), ». f.\\l° Art, action de pêcher. Pêche à la ligne. Pêche au filet. 11 y eut, dans les premiers temps, de grandes guerres entre Carthage et Mars'eiUo au sujet de la pêche, montesq. Espr. xxi, 1 1 . L'art des pêches, art important, la première école des marins, et qui fournit chez un grand nombre de nations la subsistance d'une p-uiie du peuple, cokdorcet, Duhamel. Un bateau de 70 tonneaux peut faire la pê .he du hareng, et ensuite celle de la morue ; il peut faire les pêches d'été dans le nord, et celles d'hiver dans la Manche, noBl, Inst. Mém. sciene. phijs et math. sav. étr. t. I, p. ^4». Il J' Droit de pêcher. || Avoir la pêche d'une rivière, avoir seul le droit d'y pêober. || Affermer la pêche d'une rivière, affermer le droit d'y pécher. || 8* Poisson qu'on a péché. J'ai mangé de voire pêche. || Pèche miraculeuse, celle que firent les disciples sur l'indication de Jésus. || 4° Il se dit du parles, du corail. La ptche des perles. La picbe

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du corail. || 5* Fig. 11 se dit de l'action de retirer de l'eau les débris d'un navire naufragé. La pèche des débris d'un vaisseau. || 6' Fig. et familièrement. La pêche au plat, l'action de prendre au plat ce dont on a besoin. Ce pêcheur est plus fort à la pêche au plat qu'à la pêche i la ligne.

— f.TYM. Wallon, peh; bourg, poche; prov. esp. et ital. pesca (voy. pécher ï).

PÉCHÉ (pé-ché; Ménage recommande de dire péché et non péché), ». m. || 1* Transgression volontaire de la loi religieuse. Mes maux seront encor moindres que mes péchés, rotr. St Gen. iv, 7. Le péché est le violemenl de la loi , saci, Uibte, St Jean, l" éptt. m, 4. Étonné d'un tel discours, .selon lequel tous les péchés de surprise et ceux qu'on fait dans un entier oubli de Dieu ne pourraient être imputés, PASC. Pror. IV. La nature nous tente c<mtinudlement.... mais le péché n'est pas achevé, si la raison ne consent, id. Lett. sur la mort de son père. H [Jésus-Christ] a adopté nos péchés, et nous a admis à son alliance ; car les vertus lui sont propres, et les péchés étrangers; et les vertus nous sont étrangères, et nos péchés nous sont propres, m. Pens. xxv, (05, éd.HAVET, La raison pour laquelle les péchés sont péchés, c'est seulement parce qu'ils sont contraires à la volonté de Dieu, id. Lett. à Mlle de Koannez, 6. Si j'avais autant pleuré mes pérhés, que j'ai pleuré pour vous depuis que je suis ici.... sÉv. 34, Après tant de maux et tant de traverses, elle ne connut plus d'autres ennemis (jue ses péchés, BOss. Heine d'Ànylet. Il ne reste plus à l'homme [qui meurt] que le néant et le péché; pour tout fonds, le néant, pour toute acquisition, le péclié, II). Anne de Gonz. ô sacré pontife, quand vous tiendrez en vos mains la sainte victime qui ôte les péchés du monde, id. ib. Comme le christianisme a pris naissance de la croix, ce sont au.ssi les malheurs qui le fortifient; là on expie s's péchés, là on épure ses intentions, id, Heine d^Anglet. Le péché est le seul mal qu'on guérit en le pleurant, id. Médit, sur l'Évang. Sennvn sur la montagne, *' jour. Dès que nous sommes si malheureux que d'être tout à fait d'accord avec nos péché,s, iD. Sermons, Nécess. de travailler au-'alut, i. Le péché est un mouvement de la volonté de l'homme contre les ordres suprêmes de la sainte volonté de Dieu, lu. Sermons, Nécessité de la pénit. i. Par une suite funeste mais naturelle, les péchés même des grands deviennent les modes des peuples, fléch. Marie-Thér. Est-ce un corps de prcbé comme le vôtre qui mérite d'être tant mén:(péî MASS, Carême, Jeûne. || Il mourra dans son péché, se dit de quelqu'un obstiné dans le mal. Si voua attendez de vous convertir à la mort, vous mourrez dans votre péché, mass. Carême, Impén. fin. Il Familièrement. Vous en porterez le péché , je mets cela sur votre conscience. Si j'y vais, pour le moins ce sera malgré moi, et vous en porterez le péché, HAUTEHOCHE, Esp. foll. V, l4.||Vieux péchés, les péchés qu'on a commis anciennement, dans la jeunesse. Peuton faire mieux que d'expier ses vieux péchés en mettant son expérience au service de la morale? CM, he Bernard, l/i chasse atix amants, § 2, || Rechercher les vieux péchés de quelqu'un, fouiller dans sa vie passée à dessein de lui nuire. || Mettre quelqu'un, quelque chose au rang des vieux péchés, des péchés oubliés, n'y plus songer, ne s'en soucier plus. On a beau nous aimer, les pleurs sont tôt séchés. Et les morts soudain mis au rang des vieux péchés, coim. la Vertve, iv, 6. Et mettons noire amour au rang des vieux péoliés, hol. le Dép. IV, 2, Il Familièrement. Laid comme le péché, très-laid. 11 y avait à Marseille une madame Arnould, laide comme le péché, st siM. 68, 124, Il Fig. Ce n'est pas un grand péché, ce n'est pas un péché irrémissible, se dit des fautes légères dans le commerce de la vie, qu'on veut atténuer. || Familièrement. Pour mes péchés, pour la peine que je mérite, pour me punir. Et c'est pour mes péchés que je vous aime ainsi , mol. itfis. ii, 2. Le gouverneur, pour mes péchés, s'avisa de venir entendre la messe dans cette église, le sage, Guïm.d'i4?/'or. m, B. Il 2° Péché mortel, péché qui donne la mort à l'âme. Péché véniel, péché qui ne fait que conlrister l'Esprit-Saint sans donner la mort à l'âme. Chrétien, tu sais trop la distinction des péchés véniels d'avec les mortels; quoi! le nom commun de péché ne suffira pas pour te les faire détester les uns et les autres? sais-tu que ces péchés qui semblent légers deviennent accablants par leur niullilude? noss. Mar.-Thér. || Fig. Dire les sept péchés mortels de quelqu'un, en dire tout le mal (|u'on peut imaginer. Voiu disiez hautement.... les sept pé-

PEC

dhff mortels contre les gens du monde, hauterocii«, Appar. tromp. i, 2. || Ils se sont dit ,les sept péchés mortels, ils se sont dit l'un à l'autre les plus grandes injures. || 3* Péché de commission, d'omission (Toy. commission). |{ Péché de l'esprit, celui qui a pour objet une délectation intérieure ou spirituelle. Il Familièrement. Péché mignon, mauvaise habitude dont on ne veut pas se défaire. ||4» Péché originel, le péché du premier homme qui passe dans tous ses descendants. || Ahsolument. Le péché, le péché originel. Chose étonnante, que le mystère le plus éloifrné de notre connaissance, qui est celui de la transmission du péché, soit une chose sans laquelle nous ne pouvons avoir aucune connaissance de nous-mêmes I pasc. Pens. vin, 4. Nulle religion que la nôtre n'a enseigné que l'homme naît en péché, nulle secte de philosophes ne l'a dit; nulle n'a donc dit vrai, m. ib. xi, 4 ter. Depuis le péché, les plaisirs des sens ont abaissé l'âme vers les choses sensibles, malebr. Rech. vér. i, fc. || Péché actuel , péché fait actuellement, par opposition à pécké originel. || Fig. Dans le langage général. Péché originel, tache, faute inhérente à quelqu'un. Il 5* Péché contre nature, nom que l'on donne par euphémisme à la pédérastie. || Fig. Attenter i la liberté de son prochain me parait un crime contre l'humanité; c'est le péché contre nature, VOLT. Lett. Thiriot, » déc. )7!7.|| Péché d'Onan, voy. ONANISME. Il 6° Fig. Péché se dit quelquefois en plaisantant d'actes que l'on compare à des péchés. Il n'est pas juste de m'attribuer l'Wonnêteté littéraire quand je ne l'ai pas faite.... j'ai bien assez de mes péchés, sans me charger encore de ceux de mon prochain, volt. Lett. Damilaville, 1 1 nov. «767. Il Proverbes. Péché caché est à demi pardonné , c'est-à-dire éviter le scandale rend le mal moindre. Le péché que l'on cache est demipardonné, La faute seulement ne gît en la défense : Le scandale, l'opprobre est cause de l'offense, RÉGNIER. Sot. XIII. Il Xtout péché miséricorde, il n'y a point de faute qu'on ne doive pardonner, quand ceux qui l'ont commise s'en repentent.

— HIST. xi* s. Oez, seigneur, (luel pechet nous encombre, Ch. de Roi. ii. || xii* s. E fu lur pescbied mult forment granz, Rois, p. 3. Grant péchiez est et grant peine D'amor servir faintement, Couci, iv. il xni s. Li uns pechiés attire l'autre, leroui ob MNCT, Prov. t. u, p. 33». Il les tient [des possessions] à tort et à pechié, villeh. lxviu. Or vous demaale je, fit-il, lequel vous ameriez niiex, ou que vous feussiez mesiaus (lépreux), ou que vous eussiez fait un pochié mortel, joinv. (94. jj xiv* s. Pour éviter laidure de pechié, ûre.sme, Eth. 90. Aucune fois, pour la honte du monde, donnent ou refusent paix ou convenables pactis, dont maintes fois ont puis porté de vieux péchez nouveles pénitences, en non chalant le jugement de Dieu, Ordonn. de Phil. le Bel tur les duels. || xv* s. La belle Catherine estait mi!5c avec les péchés oubliés, louis xi, Nouv. XXVI. On imposait à Octo Castellan, qu'il avoit commis le pecné desordonné ou bougrerie, du cange, peccatum. Femme de pechié [femme publique], II). «6. De petit pechié petit pardon, leboux de lin- CT, Prov. t. I, p. 39. Madame, dist le chevalier, vieil péché fait nouvelle vergongne, Perceforest, t. II, 1* 10*. Il XVI* s. Péché d'autruy ne doit nuire, LEBOtnt de lincy, iVoi). t, I, p. 3». L'on ne doit pas avoird'un péché deux pénitences, ID. ib. t. ii, p. 337. Charité oingt et péché point, cotgrave. En coffre ouvert le juste pèche, id. Où richesse est péché est, 11». 0«and tous péchez sont vieux, avarice est encore jeune. lo.

— ÉTYM. Nivernais, pété; bourg, peiehé; prov. peccat, pechat ; cat. pecat; esp. pecadn; ital. peccato; du lat. peceatum, de peceare, pécher.

PËCHÉ. f.K (pê-ché, chée), part, pasti de pêcher. Des carpes pèchées à la ligne.

tP6f:ill-;BER\ARI)(pê-che-b;;r-nar),».m.Héron. J PRCIIK-MARTIN (pê-che-mar-tin) , PECUE- VF.RON (pé-che-vé-ron), ». m. Martin-pêcheur.

PËCIieR (pé-ché. La syllate pé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je pèche ; excepté au futur et au conditionnel : je pécherai, je pécherais),», n. || l" Transgre.s.ser la loi religieuse. Celui n'a point péché de qui la rcpentance Témoigne la surprise et suit de près l'offense, «OTR. St Gen. Il, 8. Si un homme pèche contre nu bomme, on peut lui rendre Dieu favorable; mais, si un homme pèche contre le .Seigneur, qui priera pour lui ? SACi, Bible, Roii, i, ii, it. Tel pèche de la langue qui ne pèche jioint de CBur, in. ib. F.ctléêiattiii. XIX, (8. Le scandale du monde est ce qui fait l'offensa, Kl ce n'est point pécher que pécher

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en silence, mol. Tari, iv, 7. J'essaye autant que je puis de ne m'affliger de rien, et de prendre tout ce qui arrive pour le meilleur ; je crois que c'est un devoir, et qu'on pèche en ne le faisant pas, pasc. Utt. à Mlle de Roannei, &. Siècle vainement subtil, où l'on veut pécher avec raison, où la faiblesse veut s'autoriser par des maximes.... boss. ytnne de Goni. Quiconque pèche en un seul article, viole l'auto-^ rite de tous les autres, in. Sermons, Respect vérité, i . Nos pères ont péclié. nos pères ne sont plus. Et nous portons la peine de leurs crimes, bac. Esth. i, 5. Il 2° Par extension, faillir contre quelque règle de morale. Pécher contre l'honneur. Ce que j'ai dit suffit pour faire voir combien vous péchez contre la vérité et la discrétion tout ensemble, pasc. Prov. xi. || Ce n'est pas par là qu'il pèche, c'est-à-dire ce n'est pas là son défaut. || 3° Faillir contre quelque autre règle que ce soit. Je pèche contre le sens commun, pasc. Prov. II. N'êtes-vous pas étonné qu'il [l'Arioste] ait pu faire un poSme de plus de quarante mille vers, dans lequel il n'y a pas un morceau ennuyeux, et pas une ligne qui pèche contre la languet volt. Lett. Champfort, )6 nov. I77*. Lebrun, disciple de Vouet, n'a péché que dans le coloris, id. Temple du Goût. On pèche toujours en pliysique lorsqu'on multiplie les êtres sans nécessité, bufp. Jfin. t. i, p. 35). Il II se dit aussi des choses. Sa comédie pèche contre toutes les règles de l'art, mol. Crit. 7. Apercevoir par où un raisonnement pèche, condil. Conn. hum. u, 7. Chaque climat, par ses influences et par celles de la nourriture, donne une certaine conformation qui pèche par quelque excès ou par quelque défaut, bupf. Quadrup. t. l, p. 76. il Ce vin pèche en couleur, par la couleur , il n'a pas sa couleur naturelle. || Être peccant, en parlant des humeurs. Arrière les humeurs, qu'elles pèchent ou non; La fièvre est un levain qui subsiste sans elles, LA font. Quinquina, u. || i° Pécher, joint à un nom qui exprime quelque chose de favorable, prend le sens de porter trop loin une bonne intention, une bonne qualité. Cet écrivain ne pèche que par trop d'ex.ictitude. Cet ouvrage pèche par trop d'esprit. De tels reg.'ets Pourraient pécher par leur excès, LA FONT. Matr. \\ Proverbes. Celui qui pèche ignore, il ne connaît pas le vrai bien, [j Autant pèche celui qui tient le sac que celui qui met dedans, le complice est aussi coupahle ijue l'auteur principal. 1 Oui perd pèche, se dit de celui à qui une perte fait commettre quelque péché, comme de penser mal de son prochain au sujet de la perte essuyée; se dit aussi pour signifier qu'on donne tort à celui qui perd.

— HisT. xii'j. Mult fuissent à pécher li pluisur deslié, Quant autrement ne fussent destraint par le clergié, Th. le rnart. 59. || xiii* s. Et ses maris \\e mari de Lucrèce] meïsmement.... s'estudioit à trover Vives raisons por li prover Qn» ses cors n'avoit pas pechié, Quant li cuers ne volt le pechié, la Rose, 8867. Et se je ne le fes, je peque et sui tenus à rendre ce que je disme malvesement, beadm. xi, 39. Il iiv* s. Il n'est pas vraysemblable ou raisonnable que il pèchent en toutes choses et soient fauï universelment, oresme, Eth. »7.

— ÊTYM. Wallon, poché ; provenç. peccar,pequar; espagn pecar ; ital. peceare ; du lat. peceare.

I . PPXHER (pê-ché ; IV ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie; des pê-ché-z en fleur), t. m. Genre de la famille des amygdalées, composé d'arbres originaires de la Perse. || Arbre qui porte la pêche. U ne traite pas avec moins de soin les arbres qui, comme les pêcher», okjet d'une industrie plus bornée et cultivés pour les délices d'une grande ville, font vivre par leur produit une partie du peuple industrieux qui l'environne, con- DORCET, Duhamel. || 2° Chez le cheval, robe fleur de pêcher, robe caractérisée par des poils rouges rassemblés en bouquets sur un fond blanc.

— HIST XIII* 8. Peskiers ne periers ne noiers. Autre cier arbre qui fruit port, El. et Ht. iO'i». \\ xvi* .s. Un grave [sorte de mets] d'aloue» [d'alouettesl en couleur de fleur de peschier, Mc'nayirr, ii, 4,

— ETYM. Fiche i ; wallon, pihi; génev. ptchier; provenç. pesteguier, preueguier; catal. pretteguer; portug. pessegueiro.

■i. PËCHKB (péché), V. a. ||t* Prendre du pois- >on avec des filets ou autrement. Pocher une anguille, une carpe. || Ahsolument. Le maître de en lieu dans huit jours péchera, la font. Fabl. x, 4. Pécher à la ligne, chasser à l'oiseau, s'as^eoir sur un port pour voir couler l'eau, voilà d'aimables délassements, PICARD, M. Hutard, se. H. Suétone nous apprend qu'Augu.sto.... 3'amus.iit, pour cha.sser apparemment l'euuui qui l'accablait quelquefois sur le

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tr^ne, à pêcher à la ligne, ambcbon, /rut. Mém Utt. et beaux-arts, t. v, p. 407. || Pêcher à la foule, marcher à pieds nus sur le sable, pour sentir les poissons qui, à la marée basse, y sont restés enfouis. Il Pêcher en eau trouble, voy. kad, n° 4. Il Fig. et populairement. Pêcher au plat, prendre au plat même. || 1° Pêcher un étang, pêcher tout le poisson d'un étang. || 3° Il se dit de tout ce qu'on tire de l'eau. Pêcher des perles, du corail. 4° Fig. et familièrement. Prendre , avec une nuance de mépris. J'ai bien envie d'en savoir votre avis [de celle devise], et où je l'ai pêchée; car je ne crois pas l'avoir faite, sév. 98. Que! plaisir prenezvous à dire du mal de votre esprit?... où péchezvous cette fausse et offensante humilité? 10. 8 janv. <87î. Je ne sais où j'ai péché un si sot frère! d'allainv. École des bourg, i, î. C'est un ours mal léché. Votre homme ; où l'avez-vous péché? béhang. Orang-out. || Où a-t-il péché cela? se dit de quelque trouvaille, et aussi de quelque idée élrange, fausse, qui vient à l'esprit de quelqu'un. Oii mon gros abbé Mignot a-t-il péché que leslyle est dans le goût de Sémiramis et de Mahomet '/ volt. Lett. d'Argental, i*'janT. «777. || Proverbe. Toujours pêche qui en prend un, c'est à-dire ce n'est pas perdre tout à fait son temps que de faire un petit gain.

— HlST. XII* s. Cil qui devoit estre estaulis [^tabli] por pesxier les hommes, st bern. 571. || xiil* Si Nus n'est defenduz d'aler à la rive de la mer, (lar achoisnn de poechier, en tel meniere qu'il ne face por ce viles ne maisons ou rivage, Liv. de just. s». Il IV* s. Philippe d'Artevelle n'esloit mie bien subtil à faire la guerre ni sièges; car, de sa jeunesse, il n'y avoit esté point nourri, mais de pescher à la verge aux posson.s, froiss. u, u, <«5. || xvi* s. Qui sera en cherche de la science, si la pcsche où elle se loge, MONT, n, 98. II pescha en sa boëte une poignée d'escus, ID. IV, 8. Il n'est que pescher en grand vivier, lerodx de linct, Prov. t. 11, p. 9i. Pescher en eau trouble est gain triple ou double, iD. ib. p. 370. Les despens montent plus que le principal ; c'est pescher, comme l'on dict, en filets d'or et de • pourpre, charron, Sagesse, i, 23. Il faut perdre un veron pour pescher un saulmon, cotgrave.

— ÉTYM. Wallon , peftt",- bourguig. pocA^; Haute- Normandie, péquer; prov. et espagn. pescar ; ital. pescare; du lat. pitcari, qui vient de pitcit (voy. poisson).

t PÉCHÈRE (pé-chè-r"), t. f. Réservoir d'eau qui fait partie d'un appareil de soufflerie hydraulique

PÊCIIERE.SSE (pé-che-rc-s'), i. f. Voy. pécheur.

t PÉCHERESSE (pê-che-rè-s'), adj.f. depèclieur (voy. ce mot).

PÊCHERIE (pé-che-rie), *. f. Lieu oii l'on pêche, ou qui est préparé pour la pêche. On peut faire état que les pêcheries et les étangs du royaume pourront monter à 60u00 hvres, vaub. Mme, p. 78. || Se dit quelquefois pour vivier.

— HIST. XIV s. S'en ala à Remiremont pour soy déduire en chasses et en pescheries, Chr. de Si-Denis, f* 472, dans lacurne. || ivi* s. la peschericcst meilleure quand l'eau est troukle, Sat. Mén. p. <32.

— ÉTYM. Pécheur; wallon, pehreie: provenç. pescaria,pesquieira; esp. pesquerin; ital. pescheria.

t PÈCUCTEAU (pé-che tô), s. w. Baudroie, t PECHirrrES (pê-chè-f), t. f. pi. Petits fileU ronris |iour prendre les écrevisses, les sangsues.

— KTYM. Pêcher.

PRCUEIIR, PÉCHERESSE (pé-cheur, che-rè-»') , s. m. et f. Il 1" Celui, celle qui commet des péchés. Il n'y a que deux sortes d'hommes : les uns, justes, qui se croient pécheurs; les autres, pécheurs, qui se croient justes, pasc. Pent. xiv, 7t, éd. havet. Point de ces pécheurs à demi qui ont quelque amour pour la vertu; ils seront tous damnés ces demi-pécheurs; mais pour ces francs pécheurs, pécheun endurcis, pécheurs sans mélange, pleins et achevés.... ID. Prov. IV, Cette humble princesse se sentait dans son état naturel, quand elle était c<>min« pécheresse aux pieds d'un prêtre, y attendant la miséricorde et la sentence de Jésus-Christ, hoss. J/iir- Thér. Qu'est-ce à proprement parler qu'un péchiur pénitent? c'est un malade qui sort d'une malade tr>'s-<langoreuseetqui revient des portes de la mort. iiooBDAL. Pensées, t. i, p. 3iH. La conversion do la pécheresse qui oignait les pieds du Sauveur d'un p^irfum, fEn. Éduc. filles, 8. Mon Dieu... Où se peuvent cacher te.s saints? Les pécheurs couvrent la terre, bac. Athal. n, 9. On ne pèche que p.irce que les lumières sont plus faibles (|ue la pa.s.sion, et c'est une maxime de théologie, vraie en un certain .sens, (|ue tout pécheur est ignorant, dumars Philos. (Euv. t. VI, p. 38. H Familièrement. Vieux

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pécheur, Tieux débauché. Dans cette maison, où demeure une Galicienne, dont ce vieux pfchaur de tace more a soin et qu'il aime épertlument, lb «AOR, PiM. boit. ch. 17. Il 5. f. Se dit, par euphémisme, d'une femme de mauvaise vie. || 2" Adj. Pt'cheuT, pécheresse. C'est dans cette essence pure el impeccable qu'il [Dieul voit, mieux que tous les hommes ne l'ont jamais vu dans leur substance pécheresse et corrompue, ce que c'est que le péché, Boss. Réfl. lur l'état des péch. Cet étang de feu et de soufre..., ce (çrincemeft de dents et cette rage commune avec les démons qui sera le partage des Ames pécheresses, fén. Éduc. filles, ». Les hommes pécheurs eux-mêmes admireront votre changement, et seront ébranlés par l'exemple de votre pénitence, MASS. Carême, Enf. prod. || Proverbe. Dieu ne veut pas la mort du pécheur, c'est-à-dire il ne faut pas être inexorable. Votre Majesté ne saurait mieux faire que de ressembler à Dieu", qui ne veut pas, dit-on, la mort du pécheur, d'alemb. Lett. au roi de Frutte, <4 fév. (774.

— mST. XII* s. Car jo part [je participe] as mesfkiz, quant justice n'en fis... Il [le juge qui ne punit pas le criminel] e li pechiere est en uel [égale] eulpe asis. Th. le mort. 7i. Cum perirunt li peceheûr, tul verras, Liber psalm. p. «9. Jà n'ert [ne sera] feme si pecheris. Ne de pechiés hom si laidis... WACE, Vierge Marie, p. S6. ||xm* s. Li frère lis! l'empereor : Diex ne velt mort de peceor, Ren. I5IS8. Car cors ne puet estre pechieres, Se li cuers n'en est consentieres, la Bose, 8670. Je ne .sai que de moi te samble ; Mes je sui une pécheresse. Et de m' ame meurtrissere-sse, bdteb. ii, (.i4. Et l'en respont que tele convenance n'est pas tenable, qu'ele est pécheresse et laide, Liv. de just. loo. Il XIV* s. Le pécheur ou pécheresse doit commencer sa confession en ceste manière.... Kénagier, i, 3. Il XV* s. Vous remporta.stes par barat Mon drap, sans payer, maistre Pierre, Par la chair bleue, moy las pecherre, Patelin. Pécheur a tousjours paour, le- Ronx DE LiNCT, Prov t. I, p. ï». Pour un pécheur en perist cent, id. th. On dit communément que à pécheur repentant affierl miséricorde, Perceforest, t. Il, f* «8. Il Xïi* 8. i grand pécheur esclandre, cOT- GRAVE. Il me respondit ; H:i! monsieur, à pécheur miséricorde! montlcc, Hémoires, v.

— ÉTYM. Provenç. peecaire, pechadre, peceador, au féfn. peecairitx; espagn. pecador, anc. espagn. peciitrix; ital. peecatore, lém. peccatrice : du lat. peccatorem, de peccare, pécher. L'ancien français pechiere et le provençal peecaire est^le nominatif, du latin peecdtor ; pecheor, peceador est le régime, de peccatorem. Le féminin pecheris, peccairilz, pecr.atrire vient du latin peceatricem

PECIIECTR (pê-c!ieur), ; m. || 1° Celui qui pêche, qui fai* métier de pêcffi ijn carpe:iu qui n'était encore que fretin. Fut pris par un pécheur au bord d'une rivière, la font. Fabl. v. .i. Telles sont les instruction que reçurent les apôtres; sur ce fondement, douze pêcheurs entreprennent de convertir le monde entier, qu'ils voyaient si opposé aux lois qu'ils avaient à lui prp.scrire et aux vérités qu'ils avalent à lui annoncer, boss. Hist. ii, 6. Nos pêcheurs ont, pour attirer le poisson, des mélanges formés d'herbe» fortes; il en est qu'ils aromatisent avec du musc, de l'huile de térébenthine et même de l'huile de pétrole, ameilhon, Instit. Hém. lilt. et beaux-arts. t. v, p. 37 1. || Pêcheur à verge, celui qui pêche i la ligne. || Prud'hommes pêcheurs, juges spéciaux chargés de faire exécuter les r'glemcntx de la pêche dans plusieurs ports de mer. || L'anneau du pécheur, le sceau du pape, parce qu'il pst le successeur de saint Pierre, qui fut pêcheur. Il Pêcheurs d'hommes, expression figurée par laquelle Jésus dé.signe ses disciples remplissant leur mission apostolique. Par quels moyens est-il arrivé que le.s jiêcheurs de poissons sont devenus des pêcheurs d'homme»? bonnet, Paling. xxi, ». || %'S.{. P'^cheuje, femme qui prend du poisson, qui fait •on métier de la pêche. Les pêcheuses de moules, de -reveue». Ij J* Adj. Pêcheur, pêcheuse, qui conce ne la pèche; qui sen pouf la pêche. Bfttiment piehetir. Bar(|ue pêcheuse. || Il y a aussi un fémifiin pêchwesse. Raie pécheresse . la baudroie. || On uouve auati : entreprise, navigation, ordonnance l>'^r,ti.re»e ; mais cela est trî s-peu usil*. |1 Trêve pécheresse, traité fait entre de» puissances helligérsnies pour rwpecter réciproquement, pendant la guerre, \m pêcheries et les bateaux pêcheurs. . ♦• Le pêcheur, le nurtin-pêcheur. || Pêcheur du - n-gal, otsMn de plumage brillant et varié, gr-s c mrne notre moineau. || Pêcheur marin, la lophie ^ baudroie gui attire le polann par ane amorce.

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Il B* Martin-pc^cheur, ou martinet-pêcheur, voy.

HAHTIN-PÈCHROB.

— HIST. xii's. Uns pescherrede Seigne [Seine].... BENOIT, B, 381 r.. || xiii' S. Nus no puest estre peechiere en l'iaiiele roy, c'est à savoir entre la pointe des isles Nostre-Dame.... Liv. des met. 260. || xv* s. Veu!x-tu apprendre au filzde pescheur à manger du

poisson, LEBOL'X DE LINCT, Proil. t. 11, p. 434. {| XVI* 3.

X grand pescheur e.scliappo anguille, cotgbave.

~ Etym. Provenç. 'pescaire, pescador ; esp. pescador; ital. pescatore; du lat. piscalorem, qui vient de piseari, pêcher. Le français peschere et le provençal pe«aire est le nominatif, et vient du latin piscdtor ; pescheor et pejcodor est le régime et vient de piscatfirem.

i PGCIIURANE (pé-chu-ra-n'), s. m. Terme de minéralogie. Nom sous lequel on a désigné l'urane oxydulé d'Haûy, qui est l'urane noirde Brongniart. Il se trouve en Bohème, en .Saxe et en Norwége, oit 11 se présente en masses compactes noires comme de la poix, legoabant.

— étym. Allem. Pech, poix, et urane.

t PECHYAGRE (pé-chi-a-gr'), s. f. Terme de médecine.. Goutte fixée au coude.

— étym. nîiyu;, coude, et «Ypo, prise, goutte. PÉCORE (pé-ko-r'), s. f. || 1° Animal, bête. La

chétive pécore [une grenouille] S'enfla si bien qu'elle creva, la pont. Fabl. i, 3. |1 2" Terme d'injure. Personne stupide. Si l'on va là [à Rome] pécore, on revient habile homme, hauterochr. Nobles de province, IV, 7. Vous ne serez jamais qu'une pauvre pécore, ■OL. l'Él. III, B. Son mari était une sorte de pécore lourde et ennuyeuse à l'exc's, st-sim. 275, 221.

— HIST. XVI* s. Il luy faudroiL/endre les pieds, et l'envoyer paistre comme une pecqre, cotorave.

— Etym. Ital. pceora,- bas-lat. pecure, dans un texte du vu* siècle. L'italien pecora vient du latin pecorn, pluriel de pecus, bête de troupeau.

PECOUE (pè-k'), ». f. Terme d'injure. Femme sotte et Impertinente qui fait l'entendue. A-t-on jamais vu, dites-moi, deux pecques provinciales faire plus les renchéries que celles-là? mol. Prie. t. Il épousa une pecque provinciale, hamilt. Gramm. ti.||Il s'est dit autrefois au masculin. Un pec île cheval. Un pec d'homme qui me fait enrager.

— ETYM. Provenç. pec ; cat. pech; du lat. peci v, bête ; sanscr. paeu; goth. faihu. La racine de pecus est le radical paç, en zend, lier.

t PECTASE (pè-kta-z'), s. f. Terme de chimie. Matière qu'on précipite du jus de carotte par l'alcool qui la rend insoluble.

— ETYM. FItixtoi;, pris en gelée.

t PECTATE (pè-kla-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide pectique avec les bases.

t PECTEDX, ETSE (pè-kteû, teû-z'), adj. Qui se rapproche de la pectine par sa consistance de gelée épaisse. || État pecteiix, passage d'un corps sirupeux à l'état de gelée consistante.

— ETYM. Voy. PKCTISB.

t PECTINE (pè-kt-i-n'), s. f. Terme de chimie. Principe immédiat qui existe dans tieaucoup de fruits (grossuline de Guibourt).

— ÉTYM. riitixTàc, pris en gelée, de tiijyvviii, solidifier.

t PECTINE, ÉE (pè-kti-nc, née), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un peigne, qui a des dents comme un peigne. || Terme d'architecture ancienne. Toit pectine, toit en pointe, dont les bords sont comme dentelés, k cause des extrémités des chevrons. || Terme de botanique. Feuilles peotlnées, feuilles pinnatifides à lobes étroits, rapprochés et disposés parallèlement comme les dents d'un peigne. il Terme d'anatomie. Nom d'un muscle de la partie interne de la cuisse. || S. m. pi. Les pectines, far mille de mollusques acéphales.

— ETYM. Lat. peclinatus, de pecten, peigne.

t PECTINIBRANCHES (pè-kti-ni-bran-ch'), adj. Terme de zoologie. Qui a des branchies en forme de peigne.

— Etym. Lat. pecten, peigne, el branchies.

t PECTINIER (pè-kti-nié), ». m. Mollusque qui habite les coquilles appelées peignes.

— Etym. I^it pecten, peigne.

t PECTIMTE (pè-ktl-ni-f), .V. f. Sorte de pétrification qui a la forme d'un peigne. || Genre de coquilles fossiles en forme de peigne.

— ETYM. Lat. pecten, peigne.

t PECTIODE (pè-kti-k"), adj. Terme de chimie Acide pectique, acide connu pendant longtemps sous le nom de gelée végétale, il donne au suc des fruits la propriété de se prendre en aelée

— ETYM. Voy. PECTINE.

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«. PECTORAL, ALE (pè-kto-ral, ra-l"), adj. 111° Oui concerne la poitrine. || Croix peclorale, celle que les évèques portent sur la poitrine. || Terme d'anatomie. Muscles pectoraux, ou, substantivement, les pectoraux , mli^cles qui s'attachent à la poitrine. L'oiseau aies muscles pectoraux beaucoup plus charnus et plus forts que l'homme ou que tout autre animal, buff. Ois. 1. 1, p. 2(i. Le grand pectoraj, muscle qui de la moitié interne de la clavicule, de la face antérieure du sternum et des cartilages des six premières vraies côtes, va se fixer à l'humérus. Petit pectoral, muscle situé sous le grand pectoral. - Pectoral interne, muscle situé derrière le sternum. Il Se dit, en zoologie, des mamelles qui ont leur siège à la poitrine, comme chez l'homme; et, dans les poissons, des nageoires qui représentent les membres thoraciques des autres animaux vertébrés. Il S. m. pi. Les pectoraux, division des poissons appelés plus communément ttoraciques. || 2° Terme de médecine. On appelle pectoraux, les médicaments qu'on regarde comme étant propres à combattre les affections des poumons. Julop pectoral. || Terme de pharmacie, espèces pectorales, les feuilles soches de capillaire du Canada, de véronique, d'hysope et de lierre terrestre, mélangées par parties égales en poids. Les quatre fleurs pectorales sont : les fleurs de mauve, de violette, de bouillon liluiic et de coquelicot. Les quatre fruits pectoraux sont : les dattes, les jujubes, les figues et les raisins. || S' Bon pour la poitrine. Ce vin est léger et pectoral.

— HIST. XV* s. Non plaise à Dieu, j'en Invoque par deprecation sa pectorale misericonie, G. chastel, Chron. El. du bon duc Philippe. \\ xvi* s. Le muscle qui meine le bras vers le thorax, nommé pectoral, Paré, i, 8. Es alTections pectorales, m. iv, (S. Décoction pectorale, id. xxv, 37.

— ÉTYM. Lat. pectoralis, de peclus, poitrine (voy. PIS, ». m.).

2. PECTORAL (pè-kto-ral) , ». m. || 1* Ornement que le grand prêtre des Juifs portait sur la poitrine. Il consistait en une pièce de broderie, d'environ dix pouces cariés, enrichie de quatre rangs de pierres précieuses, cur chacune desquelles était gravé un des noms des tribus d'Israël. || 2" Dans les armures romaines, la partie qui protège lehautde la poitrine, laissé k découvert par le corselet et les épauliers.

— IllST. iiv* s. Item un amit et trois pectoraux pour aube, de euvre de broderie, nu cange, pectorale.

— ÉTYM. Pectoral i.

t PECTORILOODE (pè-kto-ri-lo-k') , s. m. Terme de médecine. Celui qui présente le pliénomène de la pectoriloquie.

— ETYM. Lat. pectus, poitiine, et loqui. parler, t PECTORILOQUIE (pè-kto-ri-lo-kule), s. f. Terme

de médecine. Phénomène qui a lieu (|uan(l la voix semble sortirdela poitrine etpasser tout entii'iepar le canal du stéthoscope ; ce qui s'observe chez les phthisiques et chez les individus qui ont des cavernes dans le poumon.

t PECrOSE (pè ktô-z'), ». f. Terme de chimie. Principe de composition inconnue tiré des fruits verts, des carottes et des navets.

— ÉTYM. Voy. PECTINE.

t PECTOSIQUE (pè-klo-zi-k'), adj. Terme de chimie. Acide pectosique, acide qui, se formant lorsqu'on introduit de la pectose dans une dissolution de pectine, se précipite à l'état gélatineux.-

PÉCUlJiT (pé-ku-la; le ( ne se prononce pa5 et ne se lie pas), ». m. Profit personnel fait sur des deniers publics par un homme auquel l'administration ou le dépôt en est confié. Le pécul.it est naturel dans les États despotiques, montesq. Espr. v, IB. Dans les temps que les mœurs des Romains étaient pures, il n'y avait point de loi particulière contre le péculat, id. ib. xxiv, 23. Il [FouquetJ fut conduit comme un criminel d'Éiat à Paris, où l'on érigea un tribunal pour lui faire son procès, qui commença par les accusations de péculat el de crime d'Etat, dlclos, Œuik t. x, p. se».

— HIST. xvi's. Ils supplièrent l'asiseinlilée de c-i.sser et abroger les lois du peculat et de repetundis, Sat. ilén. p. 193.

— ETYM. Lat. peculatus, de peculium, lequel a son tour vient de pecus, bétail (voy. pécule).

t PfiCULATEUR (pé-ku-la-teur), ». m. Fonctionnaire coupable de péculat.

— HIST. xvi" s. Peculateur, cotohave.

— ETYM. Lat. peculalorem, de peculatus, péculat.

t PÉCCLATIVE.'MENT (pé-ku-la-ti-ve-man) , adv. En pécOlat ; en peculateur.

— HIST. XVI* s. Pecul.itivement, cotghavb. PECULE (ac-ku-r), ». m. || 1* T«rine d'antiouiti

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«maine. Argent gagné etécon awsé par un esclave. Les lois peuvent favoriser le (îécule, et mettre les Bsclaves en état d'acheter leur liberté, uontksq. ^sp. XV, li. Ill" Aujourd'hui, ce qu'une personne Sans la dépendance d'autrdi acquiert par son travail, par son économie. Il a disposé de son pécule il l'insu de ses parents. || 3" ioute petite somme d'argent, de quelque source qu'elle provienne. Que M. Thirict ne s'eipliquait-il? je lui aurais envoyé, depuis deux ans, de quoi se faire un honnête pécule en rogatons, volt. £fll. Damilaville, 2a avr. )7«i.

— ETYM. Provenç. i>eculi; espagn. et ital. peculio; du lat. peculium, dérivé de peeus, bétail (yoy. ?bcoue), parce qu'à Aorne anciennement c'était le bétail qui représentait la richesse; la marque de la ■sonnaie était un liœuf, un mouton ou un pourceau.

+ PÉCCLURITÉ (pé-ku-li-a-ri-té), *. f. Terme de <• langue monastique. Le vice de la propriété personnelle chez les moines.

— Stym. !-at. peculiaris, qm concerne le pécule, îepeeulium. pécule. Peculiaris avait aussi donné k la langue du xvi* siècle peculier, avec le sens de jianiculier.

PÉCUNE (pé-ku-n'),». /. Terme vieilli et familier. Argent comptant. Plein de courroux et vide de pécune, Léger d'argent et chargé de rancune, la font. Pape fi g.

— HIST. xn* s. Resa li reis de Moab out mult de pecunie, Rois, p. 35). ||xiii's. Donques est cil larges etlibe»aiis, qui use sa pecune convenablement, urun. lAT. Très. p. 284. Il XV* s. Or est ainsy que, durant B- pecune, Je fus traité comme amy précieux, vii^ LfjN, Ballade. |{ xvi» s. Mes aman.s fuiront toutes toites cupiditez, memement la concupiscence de la «ecune, l'Amant resuscité, p. <09, dans lacurne.

— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. pecunia; du Wt. pecunia, argent, richesses, de pecus, bétail (voy.

iîCDLE).

PÉCUNIAIRE (pé-ku-ni-ê-r"), adj. || l°Qui a rapport à l'argent, qui consiste dans l'argent. Intérêts pécuniaires. Vous en serez châtié par la perte pécuniaire et par le déshonneur, dider. Lett. à M. le Breton. || On dit quelquefois pécunier. C'est vous [le corps législatif] qui êtes le grand pouvoir pécunier du pays, seoris, Monit. univers. 8 juill. (868, p. »9», ('• col. Il 2° S. m. Le pécuniaire, ce qui conterne l'argent. Excepté liberté et le pécuniaire personnel, tout créditât toute sorte de considération lui de\aient être soigneusement fltés et refusés [à Mme de Maintenon, après la mort de Louis XIV],

— HIST. XIV* s. Peine pécuniaire, ohesme, TMse

de meunier. Il XVI* s Seront punis en amende

pécuniaire, Ordonn. »marst5(0.

— ÊTYM. Provenç. pecuniort; espagn. et ital. peruniario; du lat. pecuniariiu, de pecunia, pécune. On trouve aussi dans les textes pecuniel.

t PÉCUNIAIREMENT (pé-ku-ni-êre-man) , adv. D'une manière pécuniaire; par rapport à l'argent

PÉCCNIEUX, ECSE (pé-ku-ni-eû, eû-z'), adj. Terme familier. Oui a beaucoup d'argent comptant. Monsieur, je ne suis pas gentilhomme. — Ésope: Tant mieux; Je n'en connais aucun qui soit pecunieux, boursault, Fabl. d'Ésope, iv, 6. 11 vaut mieux, croyez-moi, vivre dans l'abondance que dans l'opulence; soyez mieux que pécunieux, soyez riche, 1. J. Rouss. Gouv. de Polog. ch. < i .

— HIST. xiv*s. Le riche pécunieux souvent aquert » pert ses richesses par violence ou par force, ÎRESMK, Eth. VI, io. Il XV* s. Plusieurs gens des viliaiges ou autres qui ne sont pécunieux, Ordonn. ,uin, <487. Il xvi* s. Hz allèrent emprunte^ de ceuli qui estaient pécunieux grosse somme de deniers, AMTOT, SoUm, ib.

— ÊTYM. Provenç. pecunioi ; ital. pecunioto; du lat. pecuniosus, de pecunia, pécune.

t PÉDAGNE (pé-da-gn), ». m. Nom qu'on donnait au niarche-piedoùle forçat, qui ramait dans une galère, posait celui de ses pieds qui était enchaîné.

— ETYM. Lat. pedaneut, long d'un pied, de pes, pied.

PÉDACOGIE (pé-da-go-jie), $. f. || 1* Éducation morale des enfants. L'art de la pédagogie. || J* 6taiilissernent public d'éducation (peu usité en celte tccepiion). Instituer une pédagogie.

— HIST. xvi* s. Il y a eu une mesme Eglise entre eux [Juifs], que la nostre, mais elle estoit encore» comme en aage puérile ; pourtant le Seigneur les a entretenues en ceste pédagogie : c'est de ne leur donner point clairement les promesses spirituelles, CAi.v. Instit. »*t.

— f.TYM. Tlat^aYMTria (voy. pEnAOOCui).

'oeuAriOUIQl'E tpé-da-go-ji-k'), a^. || l'Qui ap-

partient h la pédagogie. Ouvrage, méthode pédagogique. Il 8° En mauvaise part, qui sent le pédagogue, qui tient du pédagogue. Ton, air pédagogique. Il 8" S. f. La pédagogique, la science de l'éducation (mot venu de l'Allemagne)

— ÊTYM. nai8ayci)Yix6ç,dei!aiôïT(oYi«, pédagogie, t PÉDAGOGIQUEMENT ( pé-da-go-ji-te-man),

ado. i la nanière d'un pédagogue.

t PÉDAGOGISME (pé-d -go-ji-sm'), i. m. Le système, les manières des pédagogues.

— HIST. XVI* s. H ne doibt au paidagogisme que les premiers quinze ou seize ansde sa vie, mont, i, 480.

— ÊTYM. Pédagogie.

PÉDAGOGUE Ipé-da-go-gh"), ». m. || l*Dan3 l'antiquité, esclave qui menait à l'école les jeunes garçons. Accompagnés, quand ils Pes jeunes Romains] sortaient, d'un domestique esclave nommé pédagogue, NAUDET, Instil. Hém. aead. inser. t. ix, p. 44 8. Il 2° En un sens plus général, chez les anciens et chez les modernes, celui qui enseigne les enfants, qui a soin de leur éducation. Il insulte su[)erbement au vaincu, et, comme un grave pédagogue, me prenant pour un de ses petits écoliers, il me tance aigrement, desc. Remarques sur les 7" object. b&. Vous souvenez-vous du viei^ pédagogue de la cour, appelé le tyran des mots et des syllabes...? BAi.z. Socrate chrét. x. Les pédagogues qui nous étalent en grand appareil les instructions qu'ils donnent à leurs disciples, }. i. rouss. Ém. ii. Aussi décontenancé que pourrait l'être un pédagogue recevant de la main d'un écolier la férule qu'il lui destinait, ch. ue bernaru, Un acte de vertu, % iv. Il Fig. Le dictateur fSylla] a été le pédagogue des triumvirs, bien qu'il y ait eu quarante-six ans entre lui et eux, balz. Socrate chrétien, viu. Saint Benoît, ce divin pédagogue de la vie monastique, PATHO, Plaidoyer IB, dans richelet. || Il se dit

le plus souvent en mauvaise part Et pourquoi,

s'il vous plaît, Lui bailler un savant qui sans cesse épilogue? Il lui faut un mari, non pas un pédagogue, MOL. Fem. sav. v, 3. C'est là pour un pédagogue l'occasion d'entamer un beau discours, j. j. Rouss. Ém. II. Il Adj. Les indiscrétions de Diderot, son ton impérieux et pédagogue avec un homme plus âgé que lui.... J. J. rouss. Lett. à Mme d'Épinay, Corresp. t. iv, dans pouoens. || 3° Par extension, celui qui s'arroge le droit de censurer les autres. Je connais l'ouvrage fanatique du petit jésuite contre Bayle; vous laites bien de le réfuter.... il est bon de faire voir que les honnêtes gens ne sont pas gouvernés par ces pédagogues rai-ionneurs, éternels ennemis de la raison, voLi. Lett. d^Argens,ii juin 4739.

— HIST. XIV* s. Le pédagogue qui gouverne, endoctrine et apprent Fenfant, le Songe du vergier, 1, 55. Ijivi* 8. Jehan Calvin, un petit pédagogue, si pauvre et nécessiteux qu'il fallut que par tel moyen il s'entretint aux estudes, coNDâ, Mémoires, p. 644. Comment Gargantua fut mis soubz autres pédagogues, RAS. I, 3.

— 8TYM. Provenç. pedagoe ; cat. pedagog ; esp. et ital. pedagoffo.-du lat. pxdariogus, qui vient deitaiîa-f^Y^îi formé de itaîç, enfant, et àytn, conduire.

PÉDALE (pé-dal'), I. f. Il 1° Chacune des grandes touches en bois qui composent le clavier grave que l'organiste touche avec le pied, et dont les sons forment ordinairement la basse des morceaux d'orgue oii on les fait entendre. Un jeu de pédale. Pédale de trompette, de clairon. |l Clavier de pédales, la rangée des touches que l'organiste abaisse avec les pieds pour faire parler le jeu des pédales. || L'art delà pédale, l'art déjouer des pédales. L'art de la pédale suppose chez l'organiste une grande habileté et de longues et persévérantes études, d'outigue, Dict. de ploinchant, pédale. || 2* Par extension, le son le plu» grave d'un serpent, d'un basson, d'un opbicléide, d'un trombone. || 8" la partie de la fugue qui précède immédiatement et prépare la cadence finale, ainsi dite parce que, dans la fugue sur l'orgue, c'est ordinairement sur le clavier de pédale qu'on exécute celte note bas.se tenue. r)ans la fugue, la pédale produit un effet merveilleux par le contraste du c.ilmo et 4p l'immobilité du son soutenu à la ba^se et des mouvements précipités, des figures liamnonieuics qui .sont dans le ttretto, n'ORTioiiE, Dictionnaire de plain-chant. pédale. f| 4* Note de lasse que l'on soutient, pendant plu.sieurs mesures, dans un morceau de niusi.|ue, pendant que les parties élevées font entendre diiïérunls accords dans lesquels cette note de basse n'existe pas toujours. On peut faire des double», dos triples pédales. Sur la pédale une harmonie se fait entendre et produit Muvent un très-bon efful, quoique, chose

singulière, le son de celte pédale ne soit en rapport avec elle que de loin en loin; il sufiit que le rapport se rétablisse d'une manière convenable, à la conclusion, fétis, la Musique, a, 4i. || Pédale inférieure, pédale supérieure, note appartenant à une partie intermédiaire, supérieure, que l'on soutient pendant plusieurs mesures. || 5" Pédales de harpe, leviers qui servent à élever les cordes de la harpe. Un luthier de Donawerth, nommé Hochbrucker, inventa en 4 7»e [pour la harpe] une m*, canique "qu'on faisait mouvoir avec les pieds, ei qui de là prit le nom de pédale, fétis, la Musique, 11, 46. Il 6° Pédales de piano, chacune des pattes en bois et en cuivre placées sous le piano, pour obéir à la pression du pied de l'exécutant, et au moyen desquelles on modifie à volonté l'intensité des sons que l'on tire de l'instrument. Des pédales, l'une, la forte, soulevant les étouffoirs, laisse vibrer toutes les cordes; l'autre, la douce, les appliquant sur une ou deux seulement des trois cordes de chaque note, diminue le son. ]| 7° Morceau de bois plat que l'on fait mouvoir avec le pied pour communiquer la rotation à une meule, à un tour, etc.

— ÊTYM. Lat. pedalis, du pied, de pe» (voy. PIED). La touche est dite pédale, parce qu'en la touche avec le pied.

t PÉDALÉ, ÉE (pé-da-lé.lée), adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille dont le pétiole se partage en pédale, c'est-à-dire en deux branches divergentes.

t PÉDALIFIDE (pé-<la-li-fî-d'), adj. Terme de botanique. Il se dit des feuilles pédaliiierves qui sont fendues, c'est-à-dire dont les divisions ne se trouvent soudées que jusqu'au milieu de leur longueur.

— ÊTYM. Pédale, et le latin findere, fendre.

t PÉDALIFORME (pé-da-li-for-m'j, adj. Terme de botanique. Se dit des frondes de certaines algues marines découpées.

— ÊTYM. Pédale, et forme.

t PÉDALILOBÉ (pé-da-li-lo-bé) , adj. Terme d« botanique. Il se dit des feuilles péJalinerves qui sont incisée», quaml on ne veut pas indiquer le nombre de leurs lobes et sans avoir égard à la. profondeur des incisions.

— ÊÏYH. Pédale, et lobt.

t PÉDALINÉES (pé-da-li-née), t.f. pi. Famille de plantes dont plusieurs espèces sont couvertes de glandes sécrétant une substance mucilagineuse qui les rend émollientes.

t PfiDALINERVE (pé-da-li-nèr-v") ou PËDALI- NERVÉ, ÉE (pé-da-li-nèr-vé, vée), adj. Terme de botanique. Il se dit des feuilles dans lesquelles la nervure longitudinale, très-courte ou même nulle, donne naissance à deux ferles nervures latérales qui, divergeant dans le même sens, offrent peu ou n'offrent point de nervures secondaires à leur côté extérieur, tandis que du côté intérieur il y en a d'assez fortes perpendiculaires aux principales.

— ETYM. Pédale, et nerf.

t PÉDALION (pé-da-li-on), ». m. Terme de zoolo> gie. Repli horizontal de la pe^u, qui garnit le bout de la queue des cétacés.

f PÉDALIPARTITE (pé-da-li-par-li-t'J,odj. Terme de botanique. Il se dit des feuilles pédalinerves ^ui sont partagées, c'est-à-<lire dont les partitions .-r trouvent soudées entre elles vers leur base, qui est 1* nervure primaire.

— ÊTYM. Pédale, et le lat. partitvt, partagé

t PÉDALISÉQUÉ, ÉE (pé-da-li-sé-ké, kée), adj. Terme de botanique. Il se dit des feuilles pédalinerves qui sont disséquées, c'est-à-<lire dont le» segments ne se trouvent pas soudés entre eux, mais seulement réunis par la nervure primaire.

— ÊTYM. Pédale, et le lat. secare, couper. PÉDANÉ (pé-(la-né), adj. m. Usité seulement dan»

cette ancienne dénoiuinalion : juges pedanés, juge» de village qui juge.iienl delmut, n'ayant point de siège d'audience particulier.

— HIST. XVI* ». Tant à l'endroit de» juges royaux qu'autres juge» gueslrez et pedanez, pasq. Reeh. ii, p. »6.

— ÊTYM. Lat. pedaneut judex, juge inférieur ; mot à mot juge à pied, de pes, pied.

PÉDANT (pé-daii), ». m. Il 1" Terme de mépris. Celui qui enseigne les enfant». Et ne sais liétc au monde pire Que l'écolier, si ce n'est le pédant, LA FONT. f'aftJ. IX, 6. Tout ce que je Dais a l'air cavalier ; cela ne sent puim le pédant, hol. Prie. 4((. On ne s'imagine Platon et Aristote qu'avec de grandes robes de pédants; c'étaient des gens honnêtes et, comme les autres, riant avec leurs amis, PASC. Pem. VI, H, éd havet. Dcnys, ch;issé da Syracuse, À Corinlhe se fait pédant, bkiiano. Uenyi. Il 2* Pédant, pédante, celui, oelle qui, avec d» mi;-

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pri)

diocres lumières et peu île savoir-vlvr«, prend un air de suffisance, et fait un usage mal entendu de sa doctrine. On peut aisément remarquer en ceux qu'on appelle pédants, qu'elle f!d philosophie commune] les rend moins capables de raison qu'ils ne seraient s'ils ne l'avaient jamais apprise, descahtes, Principes, préface., t&. Si tous le voulez prendre aux usages du mot, L'alliance est plus forte entre pédant et sot, mol. Fem. tav. iv, S. Ce terme pédant est fort équivoque ; mais l'usage, ce me semble, et même la raison veulent qu'on appelle pédants ceux qui, pour faire parade de leur fausse science, citent i tort et à travers toutes sortes d'auteurs, qui parlent simplement pour parler et pour se faire admirer des sots, MALEBR. Rcck. vér. II, m, 3. La pédante au ton fier, la bourgeoise ennuyeuse, boil. Sat. X. Penser peu naturellement et s'exprimer de même, s'appelait autref(?is être pédant, vauven. Nouv. max. »t. Les gens de lettres ne sont plus pédants, mais i) y a beaucoup de pédants chez les gens du monde, st-lamb. Sais, iv, note ♦. || 8" Pédant, pédante, celui, celle qui est compassée, ré- •ervée, minutieuse dans des bagatelles. Faire le pédant. Quelle pédante insupportable 1 Charles I", moins pédant, mais aussi avide d'autorité que son père, bâtnal, Hiit. phil. iiv, a. 114" Adj. Pédant, pédante. Ton pédant. Manières pédantes. Je vis dans le fatras des écrits qu'il nous donne Ce qu'étale en tous lieux sa pédante personne, mol. Femm. sav. I, 3. Un jeune homme pédant est, à mes yeux, l'objet le plus complètement ridicule qu'on puisse rencontrer, oenlis, Thédt. d'éduc. le Voyageur, i,s.

— REM. On disait anciennement pédante, depuis on a dit pédant ; puis entin ou a dit prdan, et c'est comme on parle présentement, ménage. Pédant a repris le dessus.

— HIST. xvi* s Ceux qui ont Leur sçavoir renfermé dans leur pédante estude, despobtes, Tombeau de Desportes. Tantost ^f» tyrans de Sicil« il f'pn faict de» edantes à Corinthe, mont, i , 65. Çuand on dit c'est un Johannes, cela vaut autant que ce que maintenant on appelle un pédant, h. est. Apol. d'Hérod. p. i», dans lacubne.

— ÊTYM. Ce mot, qui ne se trouve pas avant le m* siècle, vient de l'italien pédante, que Dioz tire du grec TcatSEÛEiv, iastruire, italianisé sous la forme pedare, d'où pédante. .

t PEDANTAILLK (pé-dan-tft-11'. Il mouillées), s. f. Ramassis de pédants. Ce qu'on vous a contn de mes querelle» avec cette pédantaille (les bibliothécaires] n'est pas loin de la vérité, p. l. cour. Lett. n, <9. Il Un pédant. Un poëte, un astroingue ou quelque pédantaille. réqnieb, .Sat. x.

— ETYM. Dérivé péjoratif de pédant.

PÉDANTER (pédan-té), v. n. Faire ridiculement

le métier de régent dans les collèges. || Il se conjugue avec le verbe avoir.

— HIST. xvi* s. Pedanter, homeî, Utet.

— f-TYM. Pi*danl.

PÉDANTERIE (pé-dan-te-rie),«. f. || l-Profession de ceux qui ens'ignent dans les classes (très-peu usité). Il a quitté la pédanterie. || 2° Tout ce qui caractérise le pédant, soit en affectation suffisante de savoir, soit en exigeances minutieuses. La pédanterie est un vice d'esprit et non pas de profession. Port-royal, logique. Préface. Caton, qui aimait par pédanterie les vieilles gens, s'attacha à Fabius, pén. t. xix, p. 279. S'il y a de la pédanterie i révérer avec superstition l'ancien usage, il y a de la puérilité à le braver avec affectation, d'alehb. Kloget, négnier Desmarais. Les défauts qu'on reproche d'ordinaire aux Allemands dans la conversation, la lenteur et la pédanterie, se remarquent Infiniment moins dans les disciples de l'école moderne, STAËL, AlUm. m, 8. Il Pédanterie du style, affectation de la profondeur de style, défaut des écrivains médiocres infatués d'eux-mêmes et dont le» écrits ne sont qu'un bavardage aussi vide de sens qu'il veut être majestueux. || 8' Erudition pédante. L'esprit du monde y vaut, s»ns flatterie, Tout le savoir obscur de la pédanterie, mol. Fem. îoc. IV, 3. Je ne croyais pas que les pédants se .oiKùissent aux dévots (roiitre le Dictionnaire] ; je raignais d'avoir mis clans mes intérêts, non pas jeui^ci, mais ceux-là, et qu'on no trouvât beaucoup le pidanterie dans mon livre ; ce qui ma rendrait bvonblesles gens du pays latin, batu, Lett à Du Foi, u tévr. t6Pl.

— KTY»|, liai pfàanleria (voy. pIdant). Pf.l.ANTKSQOE ((.é-dan tè-sk'), adj. Qui tient 1"! sent le pédant. Ronsaid.... Vil dans • i.t , par un retour grotesque, Tomlicr de •• --. moi» le fasic DédanlesauH, non. Art p. t

PED

Je vous citerais cent exemples de formes de la jalousie pédantesque, volt. Dict. phil. Quisquis. Je vous envoie l'antiquité à bâtons rompus ; je ne sais si le fatras des sottises mystérieuses des mortels vous plaira beaucoup; vous êtes de bien bonne compagnie pour lire avec plaisir ces profondeurs pédantesques, ID. Lett. d'Argental, 10 avril t7«5. Il Formation pédantesque, se dit des mots français faits ou refaits sur le latin par les lettrés. De porticus, fragilis, rigidus.... le peuple avait fait porc/te, frêle, roide, tous mots bien accentués et frappés au bon coin; les pédants en firent portique, fragile, rigide, mots à accent faux.... la formation pédantesque n'a" d'ailleurs pour le linguiste qu'un bien mince intérêt ; quelle comparaison philologique tirer d'un calque servile, où le plus souvent la lettre finale diffère seule du latin ? baddrt , Rev.de l'instr.publ. 21 mai 1867. 1| En termes d'art, il se dit des formes raides et sèches de certaines écoles. Nous t'avons tous aimée [la beauté idéale] à nos heures dantesques. Heures des Béatrix aux marches pédantesques, L. pichat, iront le jour, à Béatrix. || Substantivement. Le pédantesque, ce qui sent l'affectation, où l'on fait étalage de science. Tomber dans le pédantesque.

— HIST. xvi* 3. La recherche des phrases nouvelles et des mois peu cogneus vient d'une ambition puérile et pédantesque, mont, i, 192. J'aime un parler non pédantesque, mais plustot soldatesque, ID. I, 191.

— ÊTYM. Ital. peda'itesco (voy. pédant). PÊDANTESQUEMENT (pé-dan-tè-ske-man), adv.

D'une manière pédantesque. Parler péd an tesquement.

— HIST. XVI' s. Je traitte et agis icy non scholastiquement ou pedantesquement, ny avec estendue de discours et appareil d'éloquence, ou aucun artifice, charron. Sagesse, Préf. de la i'édit

— ETYM. Pédantesque, et le suffixe ment; ital. pedantescamente.

PÉDANTISER (pé-dan-ti-zé ), t). n. Terme familier. Faire le pédant; affecter de paraître savant, parler d'un ton doctoral, régenter impertinemment tout le monde.

— HIST. XVI' s. Pedfintizer, cotgravb.

— ÉTYM Pédant.

PËDANTISME (pé-dan-ti-sm*), s. m. Caractère, manières du pédant. Ne vouloir être ni conseillé ni corrigé sur son ouvrage est un pédantisme, la BBUY. I. C'est la paresse des hommes [ne lisant pas les textes] qui a encouragé le pédantisme à grossir plutôt qu'à enrichir les bibliothèques , et à faire périr le texte sous le poids des commentaires, id. XIV. Le pédantisme et la justesse d'esprit sont incompatibles, volt. Dial. 24, i"enlret.

— HIST. xvi's. La jurisprudence, la médecine, le pédantisme et la théologie, mont, i, 149.

— ÊTYM. Pédantiser.

t PÉDANTOCRATIE (pé-dan-to-kra-sie) , s. f Néologisme. Domination, gouvernement des pédants. La dénomination de pédanlocratie [mot créé par M. J. Stuart Mill] résume une tendance sociale qui ne saurait jamais réellement aboutir qu'à instituer, au nom de la capacité, la domination des médiocrités ambitieuses à l'exemple du régime chinois, A. COMTE, Cours de philos, vositive, t. vi, p. 633.

— ÊTYM. Pédant, et xpixecv, avoir autorité.

t PÉUARTHROCACE (pé-darlro-ka-s') , s. f. Terme de médecine. Nom donné par quelques chirurgiens au spina-ventosa.

— ÊTYM. riaî;, ■Ko.i&ài, enfant, ipOpov, articulation, et xaxTi, maladie : maladie articulaire des enfants.

t PÉDATI.... préfixe qui signifie en forme de pied, qui vient du latin pedatus, de pes, pied, et qui, en botanique, est l'équivalenl d« pedajt.... voy. les mots coiumençant ainsi.

t I^ËDATION (pé-da-sion), s. f. Terme de toologie. Ensemble des considérations relatives aux pattes des insectes.

— ÊTYM. Lat. pedatus, muni de pieds.

t PÉDAUQUE (pé-dô-k*), s. f. Image de femme, que l'on voit représentée avec des pieds d'oie sur quelques monuments du moyen âge, et que l'on prétend être celle de la reine Berthe, mère de Charlemagne. || On dit aussi la reine Pédauque.

— HIST. XVI' s. Les pieds.... estoient largement pattes, comme sont des oyes, et comme jadis àTholose les portoit la roine Pedaucque, rab. iv, 41.

— ÊTYM. Lat pes, pedis, pied, et le bas-ht. auca, oie (voy. oie). Le fond est un mythe germanique où la reine Berthe représente !a déesse Berchta, Pcrfhitt (la brillante) avec des pied» d'oiseau.

PÉHÉRASTK (pé-dé-ra-sf), i. m. Celui qui est adonné à la pcdérasiie.

PED

— KTYM. riaiîepafnil;, de itaî(, naiSic, enfant, et épaffTTic, amoureux.

PÉDÉRASTIE (pé-dé-ra-stie), «. f. Vice contre nature.

— ÊTYM. HatiepaoTeCa , de waiSeparrin , pédéraste.

PÉDESTRE (pé-dè-str'), adj. || l' Statue pédestre, statue d'un homme à pied, par opposition à statue équestre, celle qui représente un homme à cheval. Il fr Oui se fait à pied. Ce souvenir m'a laissé le gofll le plus vif pour tout ce qui s'y rapporte, surtout ^ur les montagnes et les voyages pédestres, j. j. Bouss. Conf. II. Il était de toutes mes courses pédestres, m. ib. xii. || 3° Epithète donnée aux insectes diptères et à une tribu de la famille des ichneumonides.

— ÊTYM. Lat. pedestris, de pes, pedis, pied. PÉDESTREMENT (pé-dè-streman), adv. X pied.

....même de me suivre pédestrement jusqu'à la Ferrière, menant son cheval par la bride, j. j. rouss. Confess. xil.

— ÊTYM. Pédestre, et le suffixe ment.

t PÉDESTRIANISME (pé-dè-stri-a-ni-sm'), s. m. S'est dit de la mode, répandue en Angleterre, de se targuer de faire de longues marches à pied.

— ÊTYM. Angl. pedestrian, piéton, marcheur, du lat. pedestris, pédestre.

t PÉDIAL, ALE (pé-di-al, a-l"), adj. Se dit des plumes qui garnissent les pattes de certains oiseaux.

— ÉTYM. Lat. pes, pedis, pied.

PËDICELLE (pé-di-sè-r) , s. m. \\ i° Terme de botanique. Division extrême d'un pédoncule ramifié, celle qui porte immédiatement la fleur, jj Support capillaire de l'urne des mousses. || 8° Terme àc. txh>logie. Deuxième article des antennes d'im insecte.

— ÉTYM. Lat. pedicellus, diminutif de pes, pedis, pied.

t PÉDICELLÉ, ÊE(pé-di-sèl-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est porté par un pédicelle. Il Oui est muni d'un pédicelle.

t PÉDICELLDLE (pé-di-sèl-lu-l"), ». m. Terme de botanique. Très-petil pédicelle.

— ÊTYM. Diminutif de pédicelle.

1. PÉDICCLAIRE (pé-di-ku-lê-r'), adj. Terme de médecine. Maladie pédiculaire, maladie dans laquelle il s'engendre un grand nombre de poux.

— HIST. XVI' s. Heraclitus et Pherecyde, s'ils eussent peu eschanger leur sagesse avecqucs la santé, et se délivrer, par ce marché, l'un de l'hydropisie, l'autre de la maladie pédiculaire, mont, ii, 204.

— ÊTYM. Lat. pediculariut, de pediculus, pou (voy. ce mot).

2. PÉDICCLAIRE (pé-di-ku-Iê-r'), *. f Genre de plantes scrofularinées, où l'on remarque l'espèce des marais ou herbe aux poux, pedicularis palustris, L. Il On a aussi donné ce nom au dcjphinium staphisagria et à Vhelleborut fœlidus.

— ÊTYM. Les uns disent que cette plante a été ainsi nommée parce que les animaux qui s'en nourrissent sont en peu de temps couverts de poux; les autres, parce qu'elle est un remède contre les poux. On trouve chez un ancien auteur pedicularis sive peduncularia, ce qui conduirait à une toute autre élymolojiie.

t 3. PÉDICCLAIRE (pé-di-ku-lê-r'), adj. Terme de botanique. Qui appartient au pédicule.

PÉDICULE (pé-di-ku-l'), *. m. || l' Terme de botanique. Tout support d'un organe quelconque, quand il est plus ou moins allongé et grêle. J'ai vo des feuilles de chou et de haricot dont le pédicule était plcingé dans l'eau, y pousser un grand nombre de racines et de radicules, bonnet, ConJern/iI. nat. VI, 9. Il â" Terme d'anatomie. Toute partie rétrécie qui supporte un organe ou portion d'organe. Tant que l'œuf est attaché à son pédicule, c'est-àdire à la grappe commune, il tire sa nourriture pai les vaisseaux de ce pédicule commun, buff. Uist anim. ch, 6. || Terme de pathologie. La partie rè> trécie qui supporte certaines tumeurs.

'- HIST. ivi* s. Pédicule, cotgrave.

— ÊTYM. Lat. pediculus, diminutif de pet, pedu, pied.

PÉDICULE, ÉE ( pé-di-ku-lé, lée), adj. Terme de botanique et d'anatomie. Qui est porté sur un \)i dicule. Aigrette pédiculée. Tumeur pédiculée.

— ÊTYM. Pédicule.

t PÉDIOUHSATION (pé-di-ku-li-z»-sion), ». f. Terme de médecine. Disposition en pédicule que prend une partie. La pédiculisation d'une tumeui.

PÉDICURE (pé-di-ku-r'), s. m. Nom de ceux i|ui .-^e livrent spécialement à l'extirpation des cors et durillons. || Adj. Chirurgien pédicure.

— ETYM. Lat. pu, p*dis, pied, et cura. aria.

PED

f Vf.VtEV (pê-^i-eu), s. m. Voy. soleret.

t PÉDIEDX, EUSE (pé-di-eû, eû-z'), adj. Terme d'inatomie. Oui appartient au pied. Artère pédieuse. Muscle pédieux.

— HIST. XVI* s. Les muscles de la partie supérieure du pied, que nous appelions abducteurs des doigts ou peiiieux, paré, i, 8.

— fiTVH. Lat. pes, pedis, pied, et la finale eux, mal appliquée ici; il aurait fallu dire pédial.

t PÉDIFORME (pé-di-for-m'), adj. Terme de zoo- 'ogie. Oui a laforme d'un pied.

— ÉTYM. Lat. pes, pied, et forme.

t PEDIGREE (pé-di-grie ; c'est la prononciation inglaise), ». m. Mot anglais introduit dans l'hippologie française et surtout dans le langage du turf ; il est .synonyme d'origine, de généalogie.

— Cty»(. Angl. pedigree, généalogie.

+ PÉDILANTHE (pé-di-lan-f) , s. f. pi. Genre de plantes eiiphorliiacées dont une espèce, pedilanthes tithymaioides , Necker, est appelée ipéeacuana bâtard, en raison de ses propriétés vomitives et drastifjues (Antilles).

PÉDILUVE (pé-di-lu-v"), ». m. Terme de médecine. Bain de pieds.

— ÊTYM. Lat. pes, pedis, pied, et luere, laver. PfiDIMAPTE (pé-di-man'), ». m. Terme d'histoire

naturelle. Nom donné k une tribu de marsupiaux, chez lesquels le pouce est opposable dans les pieds postérieurs, li Adj. La sarigue est pédimane.

— fTYM. Lat. pes, pedis, pied, et manus, main, t PÉDIONALGIE (pé di-o-nal-jie), s.f. Terme de

médecine. Sous ce nom on a décrit une affection ■ |ui régna en <7«2 à Savigliam, en Piémont, et qui plus *rd, en tsoe, sévit sur les militaires dans le Padouan, e.t dont un des signes était la douleur à la plante des pieds.

— f.TYM. flÉîiov, plante des pieds, et d^yoç, douleur.

t pf.DIONO.MK (pé di-o-no-m'), ad;. Terme de zoologie. Oui vit dans les plaines. |{ S. m. pi. Famille d'échassiers.

— ÊTYM. n£8:ov, plaine, et vijieiv, habiter.

t PÊDIPALPË (pé-di-pal-p"), adj. Terme de zoologie. Qui a des palpes en forme de serres ou de bras.

— RTYM. I.at. pes, pedis, pied, et palpe. PÉDOMÈTRE (pé-do-raè-tr'), ». m. Mesure du

cliemin (voy. hodomètrk).

— ETYM. Lat. pes, pedis, pied, et piitpov, mesure. Pour que le composé ne fût pas hybride, il faudrait podomètre.

pftuOPf (pé-don), I. m. Courrierà pied dans certains pays du Midi (la forme française est piéton, nom qu'on donne dans le Nord au facteur rural).

— ÉTYM. Ital. pédant; bas-lat. pedo; du lat. pes, pedis, pied.

t PÉDONCCLAIRE (pé-don-ku-lê-r") , adj. Terme de botanique. Oui appartient au pédoncule.

— ÈTYM. Pédoncule.

PÉDONCULE (pé-don-ku-l"), ». m. || !• Terme de botanique. Support de U fleur. || Oueue d'un fruit. Il 2° Terme de zoologie. Support d'une partie quelconque. Il Pédoncule oculaire, le pédoncule qui porte Treil chezlescrustacéspodophthalraaires. || 3'Terme d'anatomie. Pédoncules du cerveau ou cuisses du cerveau, nom <lonDé à deux prolongements de la moelle allongée qui sont situés au devant du pont de Varole. || Péduricules du cervelet, nom donné à trois paires de prolongements, dont les inférieurs vont à la moelle allongée, les moyens gagnent le pont de Varole, et les antérieurs se rendent aux tubercules quadrijumeaui. || Pédoncules du corps calleux, deux rubans de substance blanche du cerveau qui, naissant de la partie réfléchie du corps calleux, marchent parallèlement d'avant en arrière jusqu'au voisinage de la racine grise des nerfs optiques. || Pédoncules de la glande pinéale ou du conarium, parties au sombre de trois de chaque câté de celte glande.

— f.TYM. Lat. pedunculut, diminutif de p«», piiii, pied.

PEDONCULfi, ftR (pé-don-ku-lé, lée), adj. Il 1* Terme de boUmiquc. Porté par un pédoncule. Fleur pédonculée. || Chêne pédoncule, espèce de chêne dont les gland» sont portés par de longs pédoncules, quercus pedunculata, Wilden. || 2" Terme de zoologie. Se dit de la tète d'un insecte quand ell<» se re8.serre à sa partie postérieure en manière de coa. || Se dit au.ssi des yeux d'un cruslacé, quand ils .sont portés sur un gros pédoncule. ||. S', m.))/. Ordre decirripè<lesqui ont le corjis soutenu par un pédoncule tubuleiix, mobile.

t PÈDONCCLfiKiV, KN.'VK (pé-don-ku-lé-in, è-n"), adj. Terme de ttotanique. Se dit des parties des végétaux qui proviennent de la dégénérescenc* ou de k iu*'4imui(diuM! tl'uQ pédoncule.

PEI

T PEl)ONCtn.EtTX, ECSE {pédon-ku-lefl, leû-z'), adj. Terme de botanique. Oui a de longs pédoncules.

t PÉDONNF. (pé-do-n'), s. f. Boulon en buis ou en ivoire, attaché au bout du fer rond du velours frisé, et qui, dans le velours coupe, se met alternativement au bout de chaque pointe de laiton.

t PfiDOTRlBE (pé-do-tri-b'), s. m. Dans les gymnases de l'antiquité, celui qui connaissait bien les manœuvres propres à chaque exercice, de manière à pouvoir enseigner comment il fallait l'exécuter, sans savoir cependant quel effet il produisait sur la santé de celui qui s'exerçait.

— ETYM. Ilaiàoxpië:?!;, de «aï;, icouîo;, enfant, et tpCësiv, broyer, exercer.

t PÉDOTROPHIE (pé-do-tro-fie), ». f. Partie de l'hygiène qui a pour objet le régime alimentaire des enfants. || Titre d'un poème deScévolede Sainte- Marthe, où ce sujet est traité.

— ÉTYM. IlaiSoTpfoîa, de itatç, itaiSi;, enfant, et Tpoç:?l, nourriture.

t PÉGANITE (pé-ga-ni-f) ». f. Terme de minéralogie. Nom donné à une variété de phosphate d'alumine qui se trouve en Saxe.

PÉGASE (pé-ga-z'), ». m. || !• Terme de la mythologie. Cheval ailé, qui d'un coup de pied fit naître la fontaine Hippocrène, inspiratrice des poètes. Mais les vers ont perdu leur prix. Et pour les excellents esprits, La faveur des princes est morte; Mcilherbe, en cet âge brutal, Pégase est un cheval qui porte Les poêles à l'hôpital, pr. MATNàRn, Épigr. Il Fig. et poétiquement. L'inspiration poétique. Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif, boil. Art p. I. Il Par plaisanterie. Monter, enfourcher son Pégase, se mettre à faire des vers. || 2° Constellation de l'hémisphère boréal. On l'appelle aussi le cheval ailé et la grande croix. || Le carré de Pégase, quatre étoiles disposées en carré qui appartiennent à cette constellation.

— ÊTYM. niôyadoç, qui tient sans doute à ttôyi, source.

t PÈGLE (pè-gl'), ». f. Nom du goudron épaissi dans les Landes. Les matières grossières qui restent après l'épuration [de la résine] servent à faire la poix noire ou pègle, dralet. Traité des arbres résineux, p. 25.

— HIST. xv s. Icellui poix ou pegue fi'rt mesler avec deux ecuelles de miel, otl cange, pfga.

— ÉTYM. Provenç. ppga, peja; espag n. piîga ; du latin picpin, poix (voy. POIx).

t PEGMATITE (pè-graa-ti-t'), s. f. Voy. granitin.

— ÉTYM. Ilr.vaa, conglomération.

t PÉGOLIÈRE (pé-go-liè-r'), s. f. Terme de marine. Bateau dans lequel on pbice les chaudières où l'on chauffe le hrai pour le carénage des vaisseaux.

— ÊTYM. Ane. franc, pegue, poix (voy. poix). jPÉGOMANCIE (pé-go-man-sie), ». f. Sorte de

divination qui se faisait par les fontaines, en y jetant des sorts, qu'on croyait heureux lorsqu'ils allaient au fond, et malheureux s'ils surnageaient. Il y a au Folgoat, en Bretagne, une fontaine où s'exerce encore aujourd'hui la pégomancie : les jeunes filles posent sur l'eau des épingles ; celles dont les épingles restent à la superficie se marieront dans l'année ; celles dont les épingles vont au fond ne se marieront pas.

— ÉTYM. llriYTi, fontaine, et (lavitta, divination. I PÉGOr (pé-go), ». m. Un des noms vulgaires

de Vaccenteur alpin (oiseaux insectivores), décrit par Buffon sous le nom de fauvette des Alpes*; il est appelé aussi rnouchet et verdon.

+ PÈGKE (pè-gr') , s. f. Terme d'argot. L'association des voleurs. La haute pègre. La basse pèv're.

— ÉTYM. Argot, pègre, voleur; mot qui p.iiait6tre le même que l'anc. franc, pègre ou pigre; ital. pegro ou pi(i^": "l" '*'■ P'9^' paresseux, fainéanl.

f PEIILVI(pM-vi), ». m. Ancienne langue parlée en Perse sous la dynastie des Sassiitndes, el formée par le mélange de l'idiome des Pe;sos, peuple aryen, et des Babyloniens, peuple .sémitique. Le pehivi est une langue hybride où la syntaxe est aryenne, et le vocabulaire en général sémitiijue. || î" Adjectivement, la langue pehivie. Ecriture pebivie. La traduction pehivie des livres de Zoroa.stro.

t PEIGNAGB (pè-gna-j'j, ». m. Action de peigner la laine, le lin, le chanvre, etc. || Façon qu'un leur donne avec le peigne. || Action de peigner la bourre de soie.

PEIGNE (()è-gn'), ». m. ||1' Instrument de corne, do buis, d'ivoire, etc. taillé en forme de dents, qui sert à démêler les cheveux et à nettoyer la tête. ;i Rtre sale comme un peigne, se dit d'un» personne très-sale. Il Se donner un coup de peigne, se passer rapidement le peigne dans les chavaux. Ella

PEI

l'aborda comme il se donnait un coup de peigne, HAMiLT. Gramm. «o. Je me donnai deux coups de peigne, et surtout j'eus grand soin d'essuyer mes pieds poudreux, lesagb, Guim. d'Alfar. ii, 6. || Populairement. Coup de peigne, lutte dans laquelle on s'empoigne aux cheveux, et, par suite, combat. Donner un coup de peigne à quelqu'un, le battre. Il Fig. Un peigne dans un chaus.son, voy. chausson. Il 11 tuerait un mercier pour un peigne, voy. mercier. Il 2* Sorte de peigne courbe et à longues dents dont les femmes se servent pour retrousser leurs cheveux, ou seulement pour les orner. Un petit peigne orné de diamants De son chignon surmontait la parure, volt. Pauvre diable. || Un peigne de diamants, de corail, un peigne orné de diamants, de corail. || 3° Se dit en parlant des animaux. Acheter des peignes pour peigner les crins d'un cheval. 114° Peigne de tisserand, espèce de châssis divisé par de .petites ouvertures dans lesquelles le tisserand passe ses fils, pour former la longueur de sa toile ou de son étoffe, et faire jouer la navette. Il S' Instrument de fer dont les cardeurs se servent pour apprêter la laine. || Tringle de bois armée de dents, avec laquelle le marbreur agite ses couleurs sur l'eau gommée. || Peigne des tonneliers, morceau de douve, menu par un bout, qu'ils font entrer dans les cerceaux pour réparer les jables. || Poinçon en forme de râteau, avec lequel l'épinglier perce les papiers dans lesquels il place les épingles. I! Outil denté dont le tourneur se sert pour former des vis sur le tour en l'air. || Instrument avec lequel le boulanger trace des figures sur le biscuit de mer. 116° Peigne ou herse, extrémités îles échalas de treillage, qu'on fait entrer dans la terre, ou bien qui surpassent la dernière latte du haut de ces mêmes treillages. Dans ce dernier cas on les termine en pointe. || 7* Tenon à peigne , tenon de rapport que le menuisier colle dans les traverses, soit droites, soit cintrées. || 8° Terme de marine. Dans les ateliers de corderie, morceau de bois hérissé de pointes comme une carde. || 9° Terme de zoologie. Piîce qui garnit chaque côté de la poitrine des scorpions. || Genre de mollusques à coquilles bivalves. || 10" Le peigne ou les peignes, nom donné, en médecine vétérinaire, à la crapaudine, lorsqu'elle a son siégea la partie antérieure de la couronne, et que les poils qui avoisinent le sabot sont redressés comme les dents d'un peigne.

— HIST. XII* s. Un peigne d'ivoire doré,to CJiarreile, laci. ||xiii'' s. Nus pignieres ne puel ne ne doit rapareiller pigne viez en la manière que il semblecc pigne iiuef, Liv. des mél. I7n. ||xivs. Chascun des huit os du piegne [métacarpe] de la main est continue o les premiers os de chascun des huit dois, H. DE MONDEviLLE, f' 2(.||xv* S. AUezmoi quérir mon pigne; je me veuille ci un peut rafraischir, froiss, ii, ii, 30. || xvi* s. Il y a des endroits de l'jîîneide auxquels l'orateur eust donné encore quelque tour de pigne, s'il en eust eu le loisir, MONT. II, lU. Jamais teigneux n'aima le peigne, COTGRAVK.

— ÉTYM. Berry et bourguig. pigne ; génev. étrt sol comme un peigne (peut-être corruption de »o( comme un panier), être ébahi, stupéfait; provenç. penche; catal. ptn(('; espagn. peine; porlug. pente; ital. peltine ; du lat. pectinem, qui vient de pectere, peigner; comparez tcjhw, ittIxM, peigner, jiÉxoç, toison.

PEIGNÉ, ÉE (pè-gné, gnée), part, passé de peigner. Il l'Où le peigne a passé. J'étais ce jour-là dan» le même équipage négligé qui m'était ordinaire; grande barbe et perru()ue assez mal poignée, j. j. poiiss. Confess. viii. || Familièrement. Mal peigné, malpropre et mal vêtu. Kt ceux-ci mal peignés devant les dames tremblent, réunier, Sat. m. || Substantivement. Un mal peigné. || Fig. Alors je ne lui connaissais d'autre défaut qu'une barbe un peu inculte, cachet d'une école mal peignée, beyBau», Jérôme Paturot, ii, 1. 1| Il est peigné à la diable, se dit d'un homme qui a les cheveux ou la pejiuque en désordre. || Fig. Jardin bien peigné, jardin bien soigné. || Fig. Arbres bien peignés, arbres arrangé» comme les cheveu» où le peigne a passé. Loiu donc ces froids jardins, colifichet champêtre. Insipides réiluitsdoot l'insipide maître Vous vante, ea s'adniirant, ses arbres bien peignés, dkmllk. Jardins, i. Il Kn parlant de littéialiire et de beaux-ans, poli, travaillé avec un excès de .soin. Il faut ipi'uu ir.rivainlel que lui [Bayle| se garde du stylo étudié ei trop peigné; mais une négligence continuelle ne»! pas tolérable dans les ouvrages séneux, voi.t. leH. d'Argent, 'it juin 473». ||.S'. m l.e peigné, legenra peigoi. Aussi gardez-rous bien D'imiter la fiiuxsoAi

PET

PEI

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qui mêle en »on ouTWge L'inculte, léléganl, le peiL'né, le sauvage, deulle, Jard. u. ||ï' Laine [!• îgiipp, laine où le peigne a passé. || S. m. Terme Jo coiumercc. Le peigné, genre de laine peignée. Lt peigné se fal)ric]ue beaucoup & Rheims. |{ S" Terme de pêche. Harengs peignés, ceux qui ont perdu leurs nageoires ou une grande partie de leurs écailles. || Morue peignée, morue qui a perdu une partie de sa peau.

t PKIGNÉK (pé-gnée), ». f.\\l' U quantité de laine, de lin ou de chanvre que l'ouvrier met sur son peigne. || i' Populairement et fig. Lutte dans laquelle on s'empoigne aux cheveux, et, par suite, comlut. Ils se sont donné une bonne peignée, iU se sont battus avec acharnement.

— ÊTYM. Peigné.

PEIGNER (pè-gné), «. «. || !• Démêler, arranger les cheveux, lesfioils, nettoyer avec un peigne. Peigner ses cheveux, sa barbe. Peigner la crinière d'un cheval. Elle [l'histoire de l'empire d'Orient] nous montre de misérables eunuques qui n'avaient appris qu'à peigner des femmes et à filer, érigés tout d'un coup en chefs de conseil et en capitaines généraux, BALZ. De la cour, i' dise. Cet espion rapporta [à Xerxès) qu'il avait trouvé les Lacédémoniens hors des retranchements, qui se divertissaient aux exercices militaires, et qui peignaient leur chevelure ; c'était leur maiière de se préparer au combat, ROLLiN, Hist. anc. t. m, p. 2i5, dans pougens. Toute ta science ne se borne point à bien faire un message, à savoir peigner une perruque, dancouht. Déroute du pharaon, se. <<.llPar extension. Peigner du lin, du chanvre. || Fig. S'il vous en faut encore une autre [tête), je vous abandonne celles de Pompignan , Fréron et Trublet, que vous avez déj^ si bien peignées [dont vous vous êtes tant moqué], d'alemb. Lett. à Volt. 48 oct. I760. || 2° Chez les fleuristes, arranger toutes les parties d'une fleur, afin de la rafraîchir. || 8° Peigner à l'eau, peigner la laine trempée dans de l'eau de savon ; peigner à l'huile, peigner la laine arrosée d'huile pour la laver après. Il 4° Terme de marine. Peigner les bouts d'un toron ou d'un cordage, les détortiller et en gratter le chanvre avec un couteau pour le nettoyer et l'effiler, i: 5" Fig. En termes de beaux -arts et de littérature, travailler, soigner, châtier, polir. Peigner son style. || 6° Fig. et populairement. Battre, maltraiter. J'aurais, ma foi, bien voulu qu'elle s'y fût frottée; je vous l'aurais peignée en enfant de bonne maison, comte de caylus (grosleï), Écosseusen, Œuv. t. x, p. sïs, dans pougens. || 7" Se peigner, i'. r^fl. Peigner ses cheveux. Il veut partir i jeun ; il se peigne, il s'apprête, boil. Lutr. v. Il Populairement. Se prendre aux cheveux et par suite, se battre. || Voilà où les chats se peignent, voilà oi!i est la difficulté.

— HIST. xii* s Ks dens del peigne ot [il y eut] des chcTOs [cheveux] Celi [de celle] qui s'en estoit peignice, la Charrette, I3b*. || xiir s. Quant Renart l'a veO, por sot Se tint, si torne le talon, F,t cil l'aert par le crépon. As denz le pigne et house et hape, Ren. 25667. Il [Louis IX] venoit en jardin de Paris, une cote de chamelot vcstue.... moult bien pigné et sanz coitTe, joinv. (9». || xiv s. X Jehan le huchier, demeurant à Paris, pour le fust d'une chaiere à pignier le chef du roi nostre seigneur, de LABChOE, Émaux, p. ïio. ||xv' s. [IvainJ se faisoit pigner et galonner le chef une longue espace, proiss. ii, ii, 30. Il XVI' s. La sagesse employé ses artifices à nous peigner et farder les maux, mont, i, 228. Print un gros baston, duquel il commença à le peigner de toutes les façons. Nuits de Slraparole, t. ii, p. <4i.

— ÊTYM. Wallon, peigni ; bourg, pignai ; proveiiç. penchenar ; catal. penttnor ; espagn. peinar ; portug. penlear; ital. peUinare; du lai. pectinare, qui vient de picten, peigne.

I PKIGNKBAN (pè-gne-ran), t. m. Ancien nom du faiseur de peignes. Les peignerans ou faiseurs de peignes ne pourront faire aucuns peignes pour l'usage des houpiers.... de moindre compte de 2« broches.... Arrêt du Conseil, 4» nov. «72».

t PEIGNECR, ED8K (pè-gneur, gneù-z"), ». m. et (. Celui, celle qui peigne la laine, le chanv.-e, le lin, etc. ||S. f. Peigneuse, métier servante peigner la bourre de soie, à l'aide d'une c.nrde sans fin formée d'une bande de toile tendue sur deux rouleau» et à latiuelle des planchettes à cardes sont attachée* de disunce en dislance. || Il y a aussi des p<iKnvu<ies pour Im, pour laine.

— eTYM. l'rtsner.

PKIGMIF.a (pft-gnié), i. m. Celui qui hit et vend des peignes.

— HliT. lur «. Ouiconquet veut eitre pingnien

et lantei-niers de cor [cuir] et (Wvoire.... Hv. aes met. (7U. Ijxvi' s. Les ouvriers imagers, peigners, et autres faisans choses délicates, o. de serres, ao7.

— ÊTY.M. Feigne.

PEIGNOIR (pè-gnoir; du temps de Richelel, on prononçait pè-gnoi), t. m. || 1" Manteau de toile, de calicot ou de flanelle qu'on met sur ses épaules quand on se peigne. || On le dit aussi d'un manteau semblable qu'on met quand on sort du bain. || 2° Vêtement de femme, en forme de robe, sans taille ajustée, que les dames portent lorsqu'elles sont en déshabillé. |{ 3° Trousse oii les perruquiers mettaient leurs peignes.

— ETYM. Peigner.

t PEIGNON (pi-gnon), s. m. Quantité de chanvre peigné qu'un cordier fixe à sa ceinture. Le lileur a autour de sa ceinture un peignon de. chanvre, assez gros pour fournir le fil de la longueur de la corderie, Dict. dés arts et met. Cordier. || Faisceau de chanvre peigné dont un fileur garnit sa quenouille, ou dont il se forme une ceinture. || S. m. pi. Filaments courts de la laine peignée. Première laine de Berry, Sologne, du pays, mêlée, avec des peignons fins, cardée. Tableau annexé aux lett. pat. du 22 juillet nm.

— RTYM. Peigner.

PEIGNDRES ( pè-gnu-r'), «. {. pi. \\ 1° Cheveux

qui tombent de la tète quand on se peigne Kn-

suite elle s'est donc coiffée; J'ai goûté le plaisir de voir ses cheveux blonds Tomber à flots épais jusque sur ses talons. Et même si bien pris mon temps et mes mesures. Que j'en ai finement ramassé des poignures, QUINAULT, Uère coquette, l, *.||2° Terme de marine. Action de détordre et d'effiler le bout d'un cordage. || Extrémité d'un cordage qui a été détordue et eflilée.

— ÊTYM. Peigner.

t PEILLES (pè-ll' , il mouillées), s. f. pi. Se dit des cbifl'ons qui servent à faire le papier.

— HIST. xv s. Le suppliant scisailla les dilles pièces de monnoye... et le surplus des dittes scisailles il avoit mises en quinze petites peilles de papier, DU GANGE, pecia.

f PEILLIER (pê-Ué, Il mouillées), s. m. Celui qui ramasse des chiffons ; chilïonnier. Chiflbnnier, pallier, drillier ou peillier, sont les divers noms que l'on donne suivant les différents lieux, à ceux qui se mêlent de faire le trafic de vieux chiffons de linge et autres étoffes destinés pour la fabrique des papiers, Dict. des arts et m. Chiffonnier.

f PEINANT, ANTE (pè-nan, nan-t'), adj. Qui cause de la peine. Toutes ces choses m'ont passé et me pa.«senl tous les jours par l'entendement, avec un million d'autres plus peinantes, poussin, Lett. 17 août 1639.

t PEIN'CHEBEC (pin-che-bèk), s. m. Terme de métallurgie. Alliage de zinc et de cuivre. C'est d'après ces différentes couleurs qu'il [alliage de zinc et de cuivre] prend les noms de similor, de peinchebec et de métal de prince, bufp. ifin. t. v, p. 82.

— ÉTYM. Angl. pinchbeck, du nom de l'inventeur. PEINDRE (pin-dr'. Les formes en gn se confondent

avec les formes correspondantes du verbe peigner: seulement on prononce d'une façon un peu plus ouverte celles du verbe peigner, et un peu plus fermée celles du verbe peindre), je peins, tu peins, il peint, nous peignons, vous peignez, ils peignent; je peignais, nous peignions, vous peigniez; je peignis; je peindrai; je peindrais; peins, qu'il peigne, peignons, peignez; que je peigne, que nous peignions, que vous peigniez; que je peignisse; peignant, peint, V. a. || 1° Représenter une personne, une chose par des lignes et des couleurs. Peindre un homme, un arbre, un lion, un paysage. Il est bien vrai que le concile de Latran a défini qu'on pouvait peindre les anges.... desc. Rép. aux «" abject. 5. Alexandre voulut qu'il n'y eût qu'Apelle qui le peignit, VAUGEL. Q.C. Il, 8. J'ai lu je ne sais oii, qu'Apelle peignit autrefois une maltresse d'Alexandre d'une merveilleuse beauté, et qu'il en devint, la peignant, si éperdument amoureux, qu'il fut près d'en perdre la vie, mol. Sicil. <2. Quelle audace de vous faire peindre ! je m'en réjouis, c'est signe que vous êtes belle, SÊV. O.S. Vierge qu'avec amour eût peinte Raphaël, r. lebbun, Voy. de Grèce, x, 4. || Peindre l'histoire, le portrait, exécuter des tableaux qui repré sentent des sujets historiques, des portraits. || Fig. On dit que le temps peint les beaux tableaux [qu'il les embellit], diderot, Salonde t"fi7, t. xiv, p. Ul. Il Absolument. Un vieux artisan comme moi a quelque honneur à perdre, et doit avoir soin de conserver la bonne opinion qu'on a de lui.... je ne veiu plus peindre, mais je veux encore moins bar-

bouiller, BALi. Des ministres et du ministère. Avoo plus de raison nous [lions] aurions le dessus [sur les hommes] , Si mes confrères savaient peindre, LA FONT. Pabl. m, 10. Il peignit comme Apelle, il chante comme Orphée, volt. Trois man. Vien dessine bien, peint bien ; mais il ne pense ni ne sent, D1DER. .Soion de i767, t. ix, p. 55, éd. 1821. || Peindre à l'huile, peindre avec des couleurs broyées et détrempées à l'huile. L'invention de peindre à l'huile n'a point été connue des anciens; ce fut un peintre flamand, nommé Jean van Eyk, mais plus connu sous le nom de Jean de Bruges, qui en trouva le secret, el qui le mit en usage au commencement du xv* siècle, rollin, llist.anc. (Euv.t. xi, i"part. p. 142, dans POUGENS. || Fait à peindre, très-bien fait. C'était une fille de seize à dix-sept ans, faite à peindre, vive et coquette , le sage , Guim. d'Alf. VI, H. Il On dit aussi à peindre, sans le participe fait. Un tour de visage et un menton à peindre, sÉv. 120. 11 m'assura de nouveau que j'étais un cavalier à peindre, le sage, Guzm. d'Alf. IV, 6. Il Cet habit est fait à peindre, il va à peindre, il est bien fait et sied bien. || Être à peindre, être dans une posture, dans une attitude singulière, risible , ridicule. Vous étiez tous les trois à peindre, imbert. Jaloux sans autour, u, 2. Il Familièrement et fig. Achever de peindre, donner le coup de grâce, consommer le désagrément, l'embarras, la ruine. Et la honte pour lors, qui me saisit le cœur, Pour m'achever de peindre éteignit ma vigueur, Régnier, Élég. iv. Nous voilà bienachevét de peindre, begnard, kJbueur, v, 7. || Fig. Manière de peindre, manière d'agir en général, procédé (locution qui paraît appartenir à Mme de Sevignéou du moins à sa société). Il (le ducde Luxembourg a été interro;.'é pendant quatre heures [pour l'affaire de» poisons]... iiour Mme la comtesse de Soissons, c'est une autre manière de peindre : elle a porté son innocence au grand air [elle s'est enfuie], sÉv. 29jan¥. 1680. Des traîtresses de douleurs qui reviennent quelquefois, et dont il faut se moquer, parce (lue c'est la manière de peindre des rhumatismes, ID. 1" mars 1676. || 2° Peindre une galerie, un plafond, les orner par la représentation de diverses figures, li 3° Couvrir de couleurs. Peindre une boiserie, un mur en blanc, en gris. || Par analogie. Farder le visage. Même elle avait encor cet éclat emprunté Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage Pour réparer des ans l'irréparable outrage, RAC. Alitai, u, 5. Il Teindre les cheveux, la barbe. Ce vieillard se peint la barbe et les cheveux. On prétend qu'elle se peint les sourcils, genlis, Thiâ*. d'éducatwn, la Tendresse maternelle, se. ii.||Fig. Quitte, pour te forcer à deux ou trois soupirs, Et peindre alors ton front d'un peu de déplaisir, CORN. Perth. m, 3 || 4* H se dit aussi des couleurt (]ue répand la lumière. Et les soleils d'avril peignant une prairie En leur tapis de fleurs n'ont jamais égalé Son teint renouvelé, malhekbe, v, 2«. Le soleil peint nos champs des plus vives couleurs, quinault, Atys, i, 2. Vos yeux d'un nouveau jour peigni reni l'horizon, racine. Nymphes de la Seitie. Celle-ci [Iris], volant d'une aile légère, fend les espace; immenses des airs, laissant après elle une longue trace de lumière qui peignait un nuage de mille diverses couleurs, pên. Tél. xvi. Tel, du haut de son char, le dieu de la lumière S'empare, en se montrant, de la nature antièie. Et, sur tous les ol>jets répandant ses couleurs. Peint les monts et le? champs, et l'insecte et les fleurs, delille, l'imag. v. Il 5" Écrire, former les lettres, les caractères. C'est de lui que nous vient cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux, bréb. Phars. m. Il Absolument. Il peint si mal qu'on ne peut lire son écriture. J'orthographie.... Et peins trop mal, monsieur.... jamais je n'oserai, boissy, Deh. tromp. iv, 7. Il 6* Terme de tapisserie. Faire le fond du papier, ce qui s'exécute avec des brosses rondes sans manche et montées de soies courtes. ||7° Fig. Décrire, représenter vivement par le discours. Peignez me» actions plus noires que la nuit, corn. Hédée, ii, 2. Je les peins dans le meurtre à l'envi triomphants, ID. Cinna, l. 3. Nous avons fort parlé [avec l'évêque de Marseille] de toutes les affaires pa.ssées; il me .semble que je lésai peintes au naturel, sEv. I9 sept. 1677. Kieii n'apaise un lecteur toujours tremblant d'effroi. Qui voit peindre en autrui ce qu'il remarque en soi, boil. Sal. ix. Et j'ai peint i sa» yeux le trouble de votre âme, bac Bérén. iv, '4 J'ai cru que je pouvais emprunter deux ou trois traits d'Hé rodote pour mieux peindre Assuérus, ID. Eith. Préf. Ils vous feront enfin haïr la vérité. Vous peindront la vertu sous une affreuse im«ge,iD. 41/iai. iv, 3. Cer-

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netlle peint les hommes comme ils devraient être; Racine les peint tels qu'ils sont, la brut. i. Sans que mon livre.... ne s'écarte du plan queje me suis fait d'y peindre les hommes en général, ID. Préface. Vous qui me l'avez peint [Polyphonte] de si noires couleursl VOLT. Mérnpe, ii, i. Plusieurs autres malheureux avaient péri dans les (lammes par des arrêts principalement émanés de ce chancelier [Thomas Morusj qu'on nous peint comme si doux et si tolérant, id. Mœurs, (36. Hommes savants dans l'art de feindre, Qui me prêtez des traits si doux, Vous avez beau vouloir me peindre, Vous ne peindrez jamais que vous, j. j. Houss. Vers mis par lut au bas d'un de ses portraits, dans 2' dial. Eschyle peignit les hommes plus grands qu'ils ne peuvent être, Sophocle, comme ils devraient être, Euripide, tels qu'ils sont, BABTHÉL. Anach. ch. 8». Mais nous, pour embraser les âmes, Il faut brûler, il faut ravir Au ciel jaloux ses triples flammes ; Pour tout peindre, il faut tout sentir, lamabt. iléd. J, **.\\ Peindre en, représenter comme. Loin d'en oaisser les yeux [d'une perfidie], l'orgueilleuse en fait gloire; Elle nous l'ose peindre en illustre victoire, cobn. Pukh. ni, 4. Et me jeter au rang de ces princes •oumis, Que le titre d'amants lui peint en ennemi», mol. Pr. d'Él. i, t. Il Par extension. Il s'en faut bien que je croie la musique capable de tout peindre, je crois seulement qu'elle peut, par ses sons, nous mettre quelquefois dans une situation semblable à celle où nous mettent certains objets de la vue, et par là nous rappeler l'idée de ces objets, u'alemb. Lett. au roi de /'russe, U> avr'. 4767. || Fig. Peindre en beau, représenter les choses ou les personnes comme meilleures qu'elles ne sont Vous, monsieur, qui y'^ignez toutes choses en beau , Je vous défie ici d'égayer le tableau, collin d'iiABLEviLLE, Optimiste, m, 9. Il me parait, comme vous me le disiez tout à l'heur"., que ce n'est pas en beau que l'on vous a peint, monsieur de Richelieu, al. duval, Jeun, de Richel. III, 0. Il En un sens opposé, peindre en laid, peindre en mal. || Absolument. Tout l'esprit d'un auteur consiste à bien définir et à bien peindre : Moïse, Homère, Platon, Virgile, Horace ne sont au-dessus des autres écrivains que parleurs expressions et par leurs images, la brdy. i. Hasarder de certaines expressions, user de termes transposés et qui peignent vivement, id. ib. Oui veut peindre pour l'immortalité, doit peindre des sots, ponten. Dial. '2; Morts modernes. ||8" Représenter l'image, imiter. Contrefaire un comédien dans des rôles sérieux, c'est le peindre par des défauts qui sont entièrementde lui, MOL. Impromptu, se. (. Votre mémoire vous la peindra mieux avec tous ses traits et son incomparable douceur, que ne pourraient faire toutes mes paroles, bobs. Duch. d'Orl. || 9" Se peindre, représenter à soi-même, s'imaginer. Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue, bac. Andr. m, ». Il 10° Se peindre, v. réfl. Faire soi-même son portrait. Voilà son portrait, c'est lui-même qui s'est peint. Il Fig. Faire la description de son âme, de son aEur. Le sot projet qu'il [Montaigne] a de se peindre! pasc. Pens. vi, «3, éd. havet. Je ne veux point me peindre avec trop d'avantage, bac. Phèdre, iv, 2. Je me ppinrirai lel que je lus, tel que je suis, le mal offusquera presque toujours le bien ; et malgré cela j'ai peine à croire qu'aucun de mes lecteurs ose se dire: je suis meilleur que ne lut cet homme-là, i. i. Bonss.Z^tJ. à M. Duclos, Corresp. t. VI, p. I6S, dans pougens. |' Cet auteur se peint dans ses ouvrages, c'est-à-dire ses pensées, son style font connaître son caraclf're et ses inclinations. Chacun «e peint sans y penser dans ce qu'il écrit, kP.n. IfU à lamolte, î2 nov. )7U. {| Fig. .S'achever de peindre, se conduire de manière i se compromettre, à ruiner ses affaires, etc. Ils vont s'achever de peindre, et je De serai pas en sûreté, destouch. Fausse Agnh,\n, H .|| S'achever de peindre, se dit aussi d'un homme qui, apr^s avoir beaucoup bu, recommence à boire et se grise tout à fait. || 11' Être peint, figuré comme par la peinture. I>e3 objets se peignent au fond de l'oeil sur la rétine comme sur une toile. II n'yaqu'à présenter un objet [àun miroir), aussitôt il se peint lui-m'-ran, et cet admirable tableau* ne dégénère, par aucun endroit, de l'original, Boss. Élév. sur mytt. il, 3. Le ciel, de la terre amoureux. Se peint dans le miroir de l'onde, bp.rnis, Saisons, Automne. Il regarde i ses pieils dans le liquide azur Se peindre les coteaux, les toits et les feuillages, a. ciién. Élég. xiv. || Fig. La mort »e peignit sur .son vioge (de Madame), et on la voyait dans des souffrances cruelles, sans néanmoint qu'elle parût agitée, la pavkttk, Hist. Hte d'Angl. l ci-^ mois, le mécontentement le plus sévère se

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peignit sur le visage de Louis, «nlis, Mme de Maintenoti, t. I, p. 30, dans pougens. Qui pouvait la regarder sans être frappé de l'inspiration divine qui se peignait dans ses yeux ?stael, Corinne, lu, 3. Il 12» Poétiquement, être orné. Et déjà devant lui les campagnes se peignent Du safran que le jour apporte de la mer, malh. i, *.

— REM. J. J. Rousseau a dit : Et pour achever de me peindre, iett. à Mme de Wareits, 23 oct. )737. C'est une faute ; la locution est une phrase faite ; il faut dire m'achever de peindre.

— HiST. XI* s. Et cil escuz qui bien sont peinz à flors, Ch. de Uol.cxxxv. \\ xii* s. Ausi cum l'on plastrit et teint La maisiere [muraille] sor quoi l'om peint, BENOIT, V. 3082». i celui qui se efforce de paindre ço i]ue covient à beauté.... Machab. ii, 2. il x'.ii* s. Mieux [elle] ressemble (à| Bertain que ne peindroit peigniere [peintre], Berte, xii. Sa galiB ariva toute peinte dedens mer et dehors, à escussiaus de ses armes, lomv. 2(5. ||xv« s. Amoureux ont parolles paintes Et langaige frais et joly, CH. d'orl. Bail. 74. Il xvi* s. Disant que plus n'avez laine sur dos. Et que rongée estes jusiiues aux os, Crucifiée, achevée de paindre, l. marot, v, 232.' ...Ou escouter la musique et le bruit Des oyselets paincts de couleurs estranges, marot, i, S28. Tu peins ta barbe, amy Bruslard, c'est signe Que tu voudrois pour jeune estre tenu, m. m, (68. Ouoyque je peigne insupportablement mal, j'aime mieulx escrire de ma main que d'y employer une aultre,

mont, i, 293 Mon cœur troublé de désirs in-

constans Et d'espoirs enchanteurs qui m'ont fait si long-tans Battre l'air, peindre en l'onde et fonder sur le sable, desportbs, Œuvres chrestiennes. Sonnets, 10. Aucuns aussi sont mis pour apprendre trois ou quatre mots de latin, en attendant qu'ils soient grandelets pour faire le voyage d'Italie, afin que là on achevé de les leurrer, ou, comme dit le proverbe, qu'on achevé de les peindre, h. est. Apol. d'Uérod. p. 9(, dans LACURNE.

-- ÉTYM. Wallon, p6d, pond; bourguig. poindre; provenç. pegner, penher, pencher; ital. pignere, pingere; (lu lat. pingere; sansc. ptf, pinç, former, figurer.

PEINE (pè-n'), s. f. Il !• Ce qu'on fait subir pour quelque chose jugée répréhensible ou coupable. Les dieux ne tarriiirent guère à faire payer la peine de ce crime à celui qui en était l'auteur, vaugel. Q. C. m, (3. Tu redoubles ta peine avec cette insolence, CORN. Uédée, v, 7. Vous qui savez son crime, ordonnez de sa peine, m. Nicom. v, 7. Enfin je l'ai fait fuir, et sous ce traitement De beaucoup d'actions il a reçu la peins, mol. Amph. i, 2. Il [Jésus Christ] a porté en sa personne la peine de mes iniquités, PA.sc. Prière. Les hommes portèrent la peine de s'être soumis à leurs sens, boss. Ilist. Ii, 2. Pour y subir la peine de leur infidélité, id. ih. ii, ». Où a-t-on pris que la peine et la récompense ne soient que pour les jugements humains, et qu'il n'y ait pas en Dieu une justice dont celle qui reluit en nous ne soit (|u'une étincelle? m. Anne de Goni. Il est essentiel que les peines aient de l'harmonie entre elles, parce qu'il est essentiel que l'on évite plutôt un grand crime qu'un moindre, ce qui attaque plus la société que ce qui la choque moins, monteso. Esp. VI, (6. Les peines pécuniaires ne peuvent-elles pas se proportionner aux fortunes, et enlifi ne peut-on pas joindre l'infamie à ces peines? ID. ib. vt, (8. Lorsque la peine est sans mesure, on est souvent obligé de lui préférer l'impunité, id. ib. VI, (3. L'expérience a fait remarquer que, dans les pays où les peines .sont douces, l'esprit du citoyen en est frappé, comme il l'est ailleurs par les grandes, ID. ib. (2. Un juge qui, autorisé par la loi à punir d'une moindre peine, prononce la peine de mort, est un assassin et un barbare, volt. Pol. et lég. /(flot, mort chev. de la Barre. J'étais plein de la lecture du petit livre des Délits et des Peine», qui est en morale ce que .sont en médecine le peu de remèdes dont nos m.iux pourraient être soulagés, m. Pol. et Ugisl. Comm. sur délits et peines. Occasion. Quand M. B>:ccaria futappUudi pour avoir démontré que les peines doivent être proportionnées aux délits, ID. actionnaire p/iiJot. Suppitces. le ne lui dissimulai pas [à Recciria, auteur du livre des Délits et des Peines] que je n'étais pas de son avis sur la conclusion qui tond A proscrire la peine de mort pour quelque crime que ce puisse être, nucLos, (E<tv. t. vu, p. 2o(. || Courir à sa peine, courir au châtiment. Oui se venge i demi court lui-même i sa (leinc, cornkillr , Hoilng. V, 4. Il Peine arbitr.iire, celle dont l'application est laissée à l'arbitrage du \\\\ik. |{ Peine arbi-

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traire, se dit aussi de celles qu'on fait subir par abus d'autorité, etsansqu'elles soient prononcées par une loi. || En théologie, peine du sens, les douleurs que souffrent les damnés dans l'enfer. Peine du dam, celle que ta privation de la vue et de la jouissance de Dieu fait souffrir. || Les peines éternelles, les peines de l'enfer, celles que les damnés souffrent en enfer; les peines du purgatoire, celles que les âmes souffrent dans le purgatoire. || Ame en peine, âme qui souffre dans l'enfer ou dans le purgatoire. Hé ! ne nous faites point de peur, monsieur; si votre âme est en peine.... dancoirt. Diable boit. se. (7. Il Familièrement. Il est comme une âme en peine, il est très-inquiet. Il avait l'air d'un homme dont l'âme est en peine ; il descendait d'un pas mal assuré, Marivaux, Pays. pare. part. 2. ,1 Sous peine de, ^n encourant la peine de. Sous peine d'amende, d'une amende. Un arrêt ijui défendait à César, sous peine de punition, de laire aucune libéralité contraire aux lois, vebtot, /tool. Tom. XIV, 3(.'». Il Fig. Un poète dramatique est obligé sous peine de chute.... d'alemb. Œuv. t. v, p. 429. Il Sous peine de la vie, en encourant la perte de la vie. On ordonnait sous peine de la vie à tous les citoyens de sortir en armes hors de leurs malsons, VOLT. Louis XV, 41 . Il Sous peine de mort, même sens. Cela fut défendu sous peine de mort. || Fig. Leur ordonner, sous peine de mort, la participation à votre corps et à votre sang, mass. Carême, Communion. || En jurisprudence, sous les peines de droit, en encourant les peines portées par la loi. Il Sur peine , dans le même sens (locution qui n'est plus aussi usitée que sous peine). On ne doit de rimer avoir aucune envie, Qu'on n'y soit condamne sur peine de la vie, mol. Misanthr. iv, 4. On les a obligés, sur peine de péché mortel.... pascal, Provinc. v. Voulez-vous savoir des nouvelles de Rennes.... on a chassé et banni toute une grande rue, et défendu de les recueillir [les habitants] sur peine de la vie, sèv. 30 oct (875. || À peine de, même sens. Vous avez obligé les prêtres à les absoudre sur une opinion probable, à peine de péché mortel, pasc. Prov. vi. Quand on les voulut forcer i y souscrire, à peine de perdre leurs prébendes.... ID. ib. XIX. Les parties contestèrent devant le roi, et s'engagèrent de part et d'autre, à peinede la viO; à justifier leurs prétentions par les termes de la loi de Moïse, BOSs. Hist. i, *. || En peine de, sous peine de (inusité aujourd'hui). Le péril en est grand, courons-y toutefois; Une prison si belle est trop digne d'envie; Puissé-je vous devoir plus que je ne vous dois. En peine d'y languir le reste de ma vie! coiiN. Poés. dir. Madrigal. \\ Familièrement, et fig. Pour peine de, en châtiment de (avec une nuance de plaisanterie) . Il faut un peu queje vous dise des nouvelles de ms états pour votre peine d'être Bretonne, sÉv. 6 août (•7).|| i' Souffrance physique ou morale. Les peine» du corps, de l'esprit. Ses chagrins le rendaient pourtant méconnaissable..- Tant la peine et l'amour l'avaient défiguré! la font. Filles de Minie. Voilà nos gens rejoints; et je laisse à penser De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines, id. Fabl. ix, s. Mon cœur souffre, à vous voir, une peine incroyable, mol. Amph. ii,«. Il faut ces deux choses pour sanctifier, peines et plaisirs, PASC. Lett. à Mlle d* Roannei, «. Je me repensde vous avoir écrit mes douleurs; elles vous donneront de la peine quand je n'en aurai plus, sév. 2( juin («74. J'ai mes peines, j'ai les vôtres encore bien vivement, ID. (3 oct. (oss. C'est toujours un bien De changer de peine, quin. Proserp. n, t. Toute votre peine C'est devoir que la paix rend votre attente vaine, bac. Théb. i, 5. Peines à la campagne, peines à la ville, peines partout; celui qui ne connaît pas la peine n'est pas à compter parmi les enfants des hommes, dideb. Mém. t. I, p. 209, dans POUGENS. Ne trouves-tu pas que ses longues peines et l'habitude de les sentir ont rendu sa physionomie encore plus intéressante qu'elle n'était auirel'oisî J. j. bocss. JUl. iv, 9 II n'y a de sûr que la peine, il n'y a qu'elle qui tienne impitoyablement ce qu'elle promet, rtael, Corinne, xviii, t. Levez donc vos regards vers le» céle»te.s plaines. Cherchez Dieu dans son oeuvre, invoquez dans vos peines Ce grand consolateur, lamart. M('ilitnt. i, 7. Ici-ba» la douleur à la douleur s'enchaîne, l.e jour succède BU jour, et la peine à la peine, lo. ib. i, 2. Il Faire peine, causer une .souffrance physique ou morale. On peut tirer ilu fruit de tout ce qui lait peine, C0HI4. Vulch. m, 4. La .seule comparaison que nous faisons de nous au fini fait peine, pasc. Pens. i, (, éd. HA VET. fl {Adam, après la cliute| se fait jielne à lui-même, lui qui s'était tint aimé, boss. Ilist. ».

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