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;. Il Impersonnellement. Il me fait peine de... je «ouflTre à.... 11 nous fait peine à présent d'admettre de petites divinit/'s là où nous ne voyons que de (frands pspaces, chateaubr. Génie, u, v, 3. || Faire quelque peine, causer du déplaisir, dé|ilaii'e. Que, d.ins tout le Thibet, on pense qu'il existe un homme immortel, cela peut faire quelque peine à un philoiiophe, VOLT. Ult. chinoises, xi. {| Par politesse et etagératlon. Si je ne me faisais une peine de vous importuner trop souvent, J. J. Rouss. Lett. ou curé d'Amberieu, t6 déc. 1763. || Faire peine, en parlant des personnes, exciter une compassion profonde. Ce pauvre homme a l'affliction sur la figure, il me fait peine. Il Faire de la peine à quelqu'un, lui susciter des difficultés, des embarras, lui faire subir des vexations. On m'a dit qu'il y a un certain M. Nicolas, qui est procureur du roi de la commission : il vaudrait mieux lui donner double taxe, et qu'il ne nous fit point de peine, coîîn. Lett. à Jacques Goujon. Il Être dans la peine, être dans le besoin. Il 3" En termes de galanterie, les souffrances
des amants Oue sent-on [dans l'amour]? Des
peines près de qui le plaisir des monarques Est ennuyeux et fade : on s'oublie, on se plaît Toute seule
en une forêt, la pont. Fabl. viii, 13 J'ai couru
partout où ma perte certaine Dégageait mes serments et finissait ma peine, rac. indr. u, 2. || 4° Inquiétude, souci, embarras. Je suis fort en peine de savoir que c'est qui fait aujourd'hui soupirer tous les gons de bien, balz liv. iv, lett. I8. Voilà, mes chers amis, ce qui me met en peine, corn. Ct'ntio, n, I . C'est mettre un jaloux hors de peine, m. Sérier. IV, 2 Ce n'est pas, seigneur, ce qui me
tient en peine, id. ib. iv, 3. Ne saurais-tu trouver quelque moyen pour me tirer de peine? mol. Fourber. m, 2. Ne soyez point en peine où je vais vous mener, lo. Éc. des f. v, 3. Je suis en peine du jugement que vous ferez de moi, id. Priuc. d'Él. tv, 1. Il m'flta de peine en disant.... pasc. Proi;. ix. La question de fait dont je ne me mets guère en peine, ID. ib. I. Ne vous mettez point en peine jamais de me faire réponse, sÉv. 4. Ils liaient dans ma pensée, et trouvaient que j'étais ^n peine de vous ; et de quoi veulent-ils donc que je sois en peine? id. 333. Je suis en peine de vous savoir à Aix, à cause de la petite vérole qui y était, id. il 8. Je suis en peine du paquet dont vous me parlez, id. 20. Elle a éiè dans des peines de votre santé qui ne sont pas concevables, iD. 6 août i«70. Telle était l'agréable hioioire que nous fai.sions pour Madame; et, pour achever ces nobles projets, il n'y avait (jue la durée de sa vie dont nous ne croyions pas devoir être en peine, boss. Duch. d'Orl. Sans se mettre en peine si.... FÊs. Tél. XI. Ne soyez point en peine, je ne dirai rien que de vrai, id. ib. iii. Je suis en peine de la santé de M. d'Alembert, volt. Lett. la Harpe, 4 juin 1777. Il Être en peine que, avec le subjonctif, craindre que. Je ne suis point en peine que vous ne fassiez tout ce qui sera nécessaire pour nous empêcher de tomber dans le panneau, sÊv. »3 août 1687. J'étais en peine qu'une petite demoiselle représentât le roi [à Saint-Cyr, dans Ksther] : on dit que cela est fort bien, ID. 28 janv. 1689. Il Rtre en peine, ne savoir où prendre. Nous étions en peine d'ornements pour notre chambre, j. j. ROUss. Ém. H. Il Être en peine de sa personne, être fort embarrassé de ce que l'on deviendra. On me laissa sur le perron, où je demeurai fort en peine de ma personne, lr sage, Guzm. d'Alf. i, 5. Il 6* Travail, fatigue. Travaillez, prenez de la peine. C'est le fonds qui manque le moins, la pont. Fabl. v, ». Toute peine, dit-on, est digne de loyer, m. ib. XII, 22. U est vrai qu'il y a de la peine en entrant dans la piété ; mais cette peine ne vient pas de la piété qui commence d'être en nous, mais de l'impiété qui y est encore, pasc. Pcrw. xxiv,6i ter, td. BAV£T. Rien n'est égal à l'étendue de sas soins, aux peines qu'il prend, sÉv. f.»i. Approche donc et fions; qu'un paresseux t'apprenne, Antoine, ce que »'est que fatigue cl que peine, uoil. tp. xi. Puaiid il IPygmalion] trouvait un homme faux et corrompu, il ne se donnait pas la peine d'en chercher an autre, rtn. TH. iii. Quelle horrible peine à un homme qui est sans preneurs et sans cabale.... de « faire jour à travers l'obscurité où il se trouve « de venir au niveau d'un fat qui est en crédit I la MUT. Il Voili pour votre peine, se dit à un bomme de p«ine, à un ouvrier a qui on donne une jralification || Êire en peine de faire, s'occuper à •ire (emploi qui a vieilli), je veux croire que la Mine Aara» des cygnes alors Qui pour loi seront •opciue De faire quelques afTorts, iialh. vi, 3o llWdn n p«.n«, lu peines, travailler inutlle-
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ment à quelque chose. J'essayai d'explioruer pourquoi cette union si convenable ne me convenait pas; j'y perdis ma peine, stael, Corinne, xiv, 2. il C'est jieine perdue, se dit dans le même sens. Aus,si tout ce qu'elle fit ft cet égard fut-il, peu s'en faut, peine perdue, j. j. *ouss. Confess. v. C'est peine perdue que l'éloge ou la i-atire d'un homme en place, d'alemb. I.ett. à Voltaire, «7 nov. <762. Il En être pour sa peine, ne pas réussir. || Mourir i la peine, mourir avant de recueillir le fruit d'un travail long et pénible. L'homme vertueux qui, sur le trône, a passé sa vie à faire le peu de bien qui dépendait de lui, meurt à la peine, sans avoir jamais su s'il avait un ami sincère, marmontkl, Hélis. vin. Il II se dit aussi, par exagération, de quelque projet qu'on a en tête. Ahl je jure que nous en serons vengées, ou que je mourrai en la peine, mol. Préc. 18. Il Plaindre sa peine, voy. plaindre. || La chose en vaut bien la peine, elle mérite qu'on ne néglige rien afin d'y réussir. || Ironiquement. Cela valait bien la peine de la déshonorer, sév. 420. Il En sens contraire, cela n'en vaut pas la peine, ce n'est pas la peine , cela ne mérite pas qu'on en tienne compte. Viens donc; et de ce bien, ô douce volupté, Veux-iu savoir au vrai la mesure certaine? Il m'en faut tout au moins un siècle bien compté. Car trente ans, ce n'est pas la peine, la fontaine. Psyché, II, p. 217. Il Cela ne vaut pas la peine d'en parler, voy. parler, n° 7. || En valoir la peine, se dit aussi des personnes. Il faut rendre service aux hommes tant qu'on le peut, bien qu'ils n'en vaillent guère la peine, volt. Lett. Urne du Deffant, lo oct. 1760. Les auteurs d'entre les modernes qui en valent la peine ont été traduits diuis notre langue, DIDEROT, ie((. sur la chirurg. || Par polite.sse. Prenez la peine de vous asseoir, c'est-à-dire asseyez-vous, je vous prie. Prenez la peine, monseigneur, de relire l'endroit que vous m'objecte/, boss. Rép. à quatre lettres, 23. || Il a pris la peine de venir me voir, il est venu me voir. || 6* Homme de peine, gens de peine, homme, gens qui, sans avoir un métier i!6terminé, gagnent leur vie par des travaux péiiiblt-s de corps. Il 7° Salaire du travail d'un artisan. Il ne faut pas retenir la peine du mercenaire. || 8° Difficulté, empêchement. Avec fort peu de peine Un (lui de pleine mer jusqu'ici les amène, corn. Cid, II, 7. On a eu toutes les peines du monde i empêcher Monsieur de passer les nuits à la tranchée, et d'y être à toute heure, peli.isson, Lett. hist. t. i, p. 203, dans POUGENS. Comment? il semble que vous ayez peine à me reconnaît rc'!" mol. Pourc. i, ». Je n'aurai pas grande peine i m'en défendre, pasc. Proe. xvn. Vous aviez donc ce job visage que j'aime tant ; conservez-le tout le plus que vous pourrez : vous auriez peine d'en trtuver un pareil, sévigné, 24 juillet 1676. Le maître de la maison malade d'une fièvre dont le quinquina a eu toutes les peines du monde à le tirer, iD. 12 juillet l«9i. Elle avait tellement perdu les lumières de la foi, que, lorsqu'on parlait sérieusement des my.stùres de la religion, elle avait peine à retenir ce ris dédaigneux.... boss. .Inné de Gomague. Quand mon rang fut venu, je n'eus pas de peine à répondre, parce (|ue je n'avais pas oublié ce que Mentor m'avait dit souvent, kén. Tél. v. On eut bien de la peine à empêcher qu'elle ne fût déchirée, m. ib. vui. Les hommes ont tant de peines à s'approcher sur les affaires, la bruy. xi. Le maréchal de Villeroy avait consenti avec grande peine à un conseil de guerre, st-sim. i6«, 87. || Avoir de la peine à parler, parler difficilement, en raison de quelque empêchement natureL || Il se dit aussi au fig. Répondez donc, vous avez bien de la peine à parler. Il Avoir de la peine i marcher, se servir difficilement de SCS jambes. || Il se dit aussi au fig. Cette affaire, cette entreprise a de la peine à marcher. Il Telle chose me fait peine à comprendre, j'ai peine à la comprendre (locution vieillie). Ta libéralité me fait peine à comprendre; Tu parles de donner quand tu ne fais que rendra, cobn. lléracl. 1, 2. || Faire peine à, avec un nom de chose pour sujet, permet- Ire difficilement de (locution vieillie). Mais des.sus ce vieillard plus je porte les yeux. Plus je crois l'avoir vu jadis en d'autres lieux ; Ses rides me font peine à le bien reconnaître, corn. Œdipe, iv, 4. :!9° Manque de disposition à, de Volonté pour. On a peine à haïr ce qu'un a bien aimé, corn. Sertor. I, 3. Si contre lui j'ai peine à croire ces témoins, m. Nieom. m, ». Nous avons considéré, k l'égard des valets, la peine qu'ils ont, quand ils sont gens de conscience, à servir des makres débauchés, pasc. Proc. VI. J'ai peine i contempler sou grand cœur [de Charles l*'| dans ces dernières épreuves, boss.
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Reine d'Ànglet. M eut une peine extrême à m'aborder, PÊN. TH. xv. Je n'aime point les gens qui renversent les lois de leur patrie : mais j'aurais de la peine à croire que César et Cromwell fussent de petits esprits, monteso. Déf. Kspr. ois, part. t. On a de la peine à croire que le parlement, en l«2i, défendit, sous peine de mort, de rien enseigner de contraire à Aristote, volt. Mœurs, iso. || Faire de la peine, se dit d'une chose qui déplaît. Si l'on eût et* moins religieux à le donner tel qu'on le trouvait [le texte de la Bible], et qu'on eût pris la liberté d'y corriger ce qui faisait de la peine , boss. Hist II, 13. Ses fréquentes contradictions [de Rollin dam son Traité des Études] font de la peine au lecteur attentif, l'abbé desfontaines. || On dit en termes familiers et avec une nuance d'ironie à quelqu'un qui dit ou fait une sottise : Vous me faites de la peine. Il 10" X peine, loc. adv. Depuis peu , depuis un moment. À peine le soleil fait ouvrir les boutiques, BoiL. Sat. VIII. X peine son sang coule et fait rougir la terre. Les dieux font sur l'autel entendre le tonnerre, rac. Iphig. v, 6. Seigneur, à peine sur le trône, La crainte, le soupçon déjà vous environne, voi.T. ttérope, m, 6. la vie eut bien pour moi de volages douceurs; Je les goûtais à peine, et voilà que je meurs, a. chEn. Éléy. vji. || Quelquefois le second membre de phrase prend que. A peine est-il amant qu'il est amant heureux, quim. liol. m, 6. Pharnace entrait à peine, Qu'il courut de ses feux entretenir la reine, rac. Mithr. 11 3. À peine une résolution était-elle prise, que.... fEn. 7'e/. xvi. Il X peine, presque pas. A peine est-il jour. Il a à peine le nécessaire. X peine parle-t-on de la triste Octavie, sac. Brt't. 1, i. Elle tombe et ne vit plus qu'à peine, id. Ba]ai. iv, 3. X peine est-elle jolie au premier aspect, mais plus on la vuil et plus elle s'emoellit, i. J. rouss. Êm. v. || X peine, tout juste, peu s'en faut. Ma sœur, l'heure s'avance, et nous serons à peine. Si nous ne retournons, au lever de la reine, corn. Clit. i, ». Elle [Isabelle de France] avait à peine quarante-deux ans, quand l'Kspagno la pleura, BOSS. Mar.-Thér. Le ppëme tragique vous serre le cœur dès son commencement, vous laisse à peine dans tout son progrès la liberté de respirer et le temps de vous remettre, la bruy. 1. 1| X peine, difficilement. La victoire entre eux deux n'était pas incertaine; L'Albain percé de coups ne «e traînait qu'à peine, COBN. Hor. IV, s. Us furent i peine arrachés des mains du peuple, boss. Hist. 11, i 2. Je n'ai percé qu'à peine Les flots toujours nouveaux d'un peuple adorateur, rac. Bérén. i, 3. Je vous donne un conseil qu'à peine j« reçois, id. Iphig. iv, 4. Télémaque suivait à peine , regardant toujours derrière lui , fén. Tél. VII. Il X grand'peine, très-difficilemeni (voy. pour l'apostrophe, grand, n"22). Il rappelle un amour à grand'peine banni, cohn. Pnlyeucle, lu, 6. Il X grand'peine, presque pas, tout au plus. Hélas I qu avez-vous fait de cette amour parfaite Que vous me souhaitiez et que je vous .souhaite? S'il vous en reste encor, n'ètes-vous (loint jaloux Qu'à grand'peine chrétien, j'en montre plus que vous? CORN. Poly.u,". 1111" Sans peine, aisément, sans regret. Toutes les dignités que tu m'as demandées. Je te les ai sur l'heure et sans peine accordées, corn Ctnno, v, i. Vous consentez sans peine à ne me plus revoir, h,\c. Phèdre, v, 1. Apprends donc que ton fils, non sans peine, protégi Tes remparts impuissants que le Kutule assiège DELILLE, Enéide, x. {| Avec peine, à regret, difficile^ ment. Il allait porter son encens avec peine surK autels de la fortune, PLÉcii.i)uc de ilont. ||X toute peine, très-difficilement. Mme de Mainlenon obtint à toute peine, que la princesse d'Harcourt, qui allait toujours à Marly, n'en lût pas exclue le lendemain, sT-siM. »4, 71. ]| Proverbes. Peine de vilain .n'est comptée pour rien. ||X chaque jour suffit sa peine. Il Nul bien sans peine. || Quelquefois la peine passe le plaisir.
— HIST. XI" s. Mult [ils] ont eu et peines et ahans, Ch. de Roi. xix. L'olifan [il] sone à dolur et à peine, tb.cxxxiii.Lasestli reis,carla peine est mult grant, 16. cixxx. || xu" s. Moult m'a amors atornée Douce poine et biau labor, Couct, i. Toute leur paine [ils] est mise en noi trahir, ib. xiii. A paine [je] suis sans mouiir cschapés, ib. xiv. Graus fust ma joie et ma poene légère, tb. xvui. || xiii"s. Kt li baron eu furent si lié [joyeux], que il ne le pooieiil croire te à peine non, villeii. lxxx. Moult orent li baron de |ieine toute la nuit et toute celé semaine, et li dus de Venise aussi, pour faire la pais, 1». L. Car de (laine (douleur] [elle] clochoil com chev»! qu'on encloe, Berle, ixxiii. X painnes en [étaii] iloni [donc] nus preudum Ki conneûst Diu ne son nom.
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GUI DK CAMBSAi, Borl. «1 Jos. p. *3. Et si n'en reprendrés plus ma parole, car ce seroit paiue perdue, Chr. de Rains , p. 66 . Li maistres perd sa poine toute, Quand li disciples qui escoute Ne met s'entente au retenir,' la Rose, ï063. Resons est que noz parlons des seurtés qui sunt fêtes por arbitrages tenir, c'en apele paine, beaum. ilii , (. Cascune justice doit mètre paine que li testament qui sont à droit fet, soient tenu et aempli, ID. xii, 27. || xiv s. Les poines que l'en impose à ceulx qui pèchent et font mal, obesme, Eth. 38. || xv s. Et veux bien que chacun sache que jamais la mer en Angleterre ne repasserai , tant que je aurai ma pleine suffisance du royaume de Castille; ou je mourrai en la peine, FHOiss. 11, m, 33. Si que nous vous prions et conseillons que vous t veuilliez mettre peine fvous efTorcerl, et pourchasser son accord pour notre paix et honneur, et nous y mettrons peine avec vous à n<ilre loya! pouvoir, id. i, i, TH. Avoit alors en la ville de Peronne grant garnison de gens du roy
Charles et faisoieiit assez paine aux gens du duc
Jehan, fenin, 141(, || ivi» s. Sous peine de damnation éternelle, calv, Iiiftit. UI5 11 ffit crier que ung chascuM, sus poine de la hart... bab. Garg. ), 26. Madame, attendez rnoy icy, je les voys quérir moy mesme, n'en prenez la poine, in. Pant. ii, it. Calvin se conduisit tellement au gouTememont de l'Eglise, qu'il mil peine que rien ne demeursist en arrière, bèze, Vie de Calvin, p. 64. Espoir de gain diminue la peine, lrroux oe lincy, L ii, p. 2»8. Mettre en peine ses amis [leur donner de l'inquiétude], mont. I, »6. Il ne se pouvoit garder, s'il passoit prez d'une boutique où il y eusl chose de quoy il eust besoin, de la desrobber, en peine de [quitte à] ''envoyer payer aprèz, m. ii, 72. Ilsestoientsi durcis à la peine [fatigue].... id. ii, 96. Il vouloil voir le soleil de prez, peine d'en estre bruslc soubdainement, iD. 1, 243. i peine [difficilement] me feroit on accroire que... ID. II, 246. Vostre lettre par où j'ay sceu de vostre santé m'a esté ung merveilleux plaisir, pour autant que j'en esiois en peyne, margueb. Lelt. 4. Madame a esté merveilleusement malade; vous povez penser la paine et l'ennuy que ce nous a esté! ID. tb. n. De sorte que jà à maie peine pouvans soustenir ceulx qu'ilz avoientsur les bras.... amyot, Uarcel.M. Il y avoit plusieurs autres signes et présages célestes, qui d'ailleurs le tenoient en peine, iD. tb. 46. Il en jetta l'ung dedans les carrières où l'on mettoitles criminels et serfs de peine, id. Ve la tranq. d'âme, >6. Nul pain sans peine, cotgbave.
— ETYM. Bourg, pone; picard, peigne, poine: wallon, p6nn; Berry, poine; prov. esp. et ital. pena; du lat. pomo; grec, itoi'vT), suivant les uns du même radical (avec aspiration) que çovô;, meurtre : proprement le prix du sang; suivant il'autres, tenart au sanscrit pu, purifier.
PEINÉ, ÉK (pè-né, née), part, pasti de peiner. Il 1° Oui éprouve de la peine, du chagrin. Une âme peinée par les terreurs (le l'enfer, boss. Ét.d'orais. ix, *). Il s'apercevait que j'étais peiné contre lui, fén. Tél. XIII. Il î° Fig. Où le travail se fait beaucoup sentir, l'n ^tyle peiné. Ce tableau parait trop peiné.
PEINER (pè-nê), e. a. || 1° Causer de la fatigue. Ce travail vous peinera beaucoup. Comment, en fais^tnt le monde par sa parole, il [Dieu] montre que rien ne le peine, boss. Ilitt. ii, >.||2" Causer du chagrin, de l'inquiétude. Le soulagement de quelque chose qui vous peine, sSv. S02. Cet objection ne peine pas plus l'auteur que la première, Mém. de Trév. tiib. ||3' Faire avec difficulté (peu usité en ce sens). Ce peintre peine beaucoup ses ouvrages. Il 4' Y. n. Se fatiguer à. Nous suons, nous peinons comme bètes de somme, la pont. Fabl. m, 2. Le rerveau peine en ceux qui n'ont pas acquis cette heureuse immobilité [l'immobilité de l'âme dans l'attention], BOSS. Conn. de Dieu, ni, (8. M. de Leibnltz peinait quelquefois à parler, fontkn. I.eibttiti. Le régent avait la vue fort basse, elle peinait surtout en écrivant, st-sih. 606, 4 4.1. || Il se dit de poutres chargées d'un fardeau trop pesant. Cette solive (iPine trop pour résister longtemps. |1 B" Éprouier du déplaisir. On peine i l'entendre. || Répugner à. Il peine à punir. |{ Impersonnellement. Il me peine de vous faire faire celte besogne. || 6* Se peiner, r. réft. Se tourmenter. l'ouri|uui d'àme et de corps faut-il que je me peine T réonier, Sat. Xfi. Il faut te trop peiner pour avoir de l'esprit, mol. Fem. sav. (U, ». L'honnéte bommc est celui qui s'est peiné à n'avoir que île la vertu, la bhijï. xii. Pour des bienséances [âla mort de Monsieur] M me de Maintenon ne s'en peina pM, st-sim. »3, 227.
— niRT. I* s. Jonas propheta babebat mult labor«t et malt p<>net k cel populum, Fragm. de Valene.
DICT. DR LA LANOUI rRANCAIM
p. 4«i. Il XI* s. Dis e set ans, n'en fut nient à dire, Penat sun cors el damne Deu service [au service du Seigneur Dieu], St-Alexis, xixiu. ||iii' s. De ceste amour qui tant me fait pener, Couci, x. ....Moult nous doit enuyer Que taut nous veut cist rois pener et travaillier, Sax. xvi. Les eises de sun cors fuï e eslui^na^ E el servise Deu jor et nuit se pena, Th. mort. 9». || xiii* s. Por ce se devroit cljascun pener de savoir la [la rhétorique], se sa nature li sueffre et li aide, bbun. uat. Très. p. 9. U [l'avocat] doit estre paies selonc ce qu'il avoit pené, aias qu'il connus! le [la] querele à malvese, beauh. v, 12. Il XV' s. lîtprioit moult gracieusement que chacun se penast de bien faire la besogne [Edouard 111 à son armée], froiss. i, i, 4i, || xvi* s. D'abandonner du tout mes affaires il m'est très facile; de m'y prendre sans m'en peiner, très difficile, mont, iv, 72. Il y a plus de quarante ans que je travaille et me peine à l'esclaircissement et perfection de la chirurgie, pabé, Dédie.
— ÊTYH. Peine ; pcovenç. et espagn. penar ; ital. penare.
t PEINEUX, EOSK (pè-neû, neû-z'), ad;. Semaine peineuse, la semaine de la passion (locution tombée en désuétude). Je voudrais bien vous écrire des nouvelles ; mais cette semaine peineuse les a étonnées, malr. Letl. u, 2i.
— HIST. XI* s. Deusl dist li reis, si penuse est ma vie I Ch. de Roi. ccxciii. || xiii* s. En la semaine penneuse de Pasques, Livre des met. 229. || xvi* 3. Changer à la mort une vie peineuse, mont, ii, 34.
— 6TYM. Peine; proveuç. penos ; espagn. et ital. penoso.
PE1NT,EINTK (pin, pin-t'), pan. paisé de peindre. Il 1* Représenté à l'aide de lignes et de couleurs. Alexandre peint par Apelle. {{ Par extension , coloré, en parlant d'objets naturels. Tous ces jeunes oiseaux & l'aile vive et peinte, v. hugo, Uernani, iii, ). Il Fig. Orné de couleur, en parlant du style. Mon avis serait que vous prissiez, même dans l'introduction ou préface, un style moins fleuri, moins peint et moins travaillé, bayle, Lett. <8 mai 4«9<. Il Fig. Qui n'a pas plus de réalité qu'une peinture. Toutefois, il n'a rien qu'une tristesse peinte, halh. I, 4. Il Toiles peintes, toiles où sont empreintes diverses figures, et qui servent à l'habillement des femmes, aux tentures et â l'ameublement. || Cartes peintes, celles d'entre les cartes â jouer qui ont des figures. || Terme d'histoire naturelle. Se dit d'un corps dont la surface offre des taches qui ne sont ni arrondies ni très-allongées. Couleuvre peinte. ||2° Fig. Qui se montre comme les figures dans un tableau. Tant que sur votre front la douleur sera peinte, halh. vi, 42. Quelle aimable pudeur sur leur visage est peinte! bac. Etth. i, 3. Arrivés chez le roi, nous trouvâmes la surprise peinte sur tous les visages, st-sim. u, 4 29. Déjà la majesté de vos ancèlres, peinte sur votre front [le jeune Louis XV], nous annonce vos grandes destinées, MAssiL. Pet. car. Triomphe relig. || 8* Fig. Représenté par les discours, par la parole. Ces efiroyables guerres civiles et domestiques représentent si bien le trouble intérieur que sentent ceux qui se donnent à Dieu, qu'il n'y a rien de mieux peint, PASC. I^ell. à Mlle du Roannet, 9. Votre lettre, ma chère lille, me paraît d'un style triomphant.... votre humeur est peinte dans votre lettre, sBv. 27 nov. 1673. N'avez-vous point trouvé jolies les cinq ou six fables de la Fontaine, qui sont dans un des tomes que je vous ai envoyés?... nous apprîmes par cœur celle du Singe et du Chat.... cela est peint, m. 29 avril 4674.
PEINTRE (pin-tO . <■ m. Il 1* Celui qui exerça l'art de la peinture. Peintre d'histoire. Peintre de genre. Sa Majesté l'a choisi [Poussin] et retenu pour son premierpeintreordinaire, et, en cette qualité, lui a lionne la direction générale de tous les ouvrages de peinture et d'ornement qu'elle fera ci-après pour l'embellissement de ses maisons royales, foussm, Ml. f. 34. Considérez bien, monsieur, que ce ne sont pas des choses que l'on peut faire en sifflant, comme vos peintres de Paris, qui, en se jouant, font des tableaux en vingt-quatre heures, 10. Lett. w août 4646. Phidias, qui florissait dans la 84* olympiade, a été peintre avant que d'être sculpteur, BOLi.iN, Uitt. anc. (Kuvr. t. xi, i'* part, p 44h, dans pouuKNS. Ou peut comparer Kapliaél à Virgile, et les peintres de Venise, avec leurs altitudes forcées, i Liicain, momtksq. Goût, Progrestion de la lurprite. Bien des peintres sont tnuihés dans le défaut de mettre des contrastes partout et sans ménagement, de sorle que, lorsqu'on voit une figure, on devine d'abord la disposilion de celles d'A cAlé;
cette continuelle diversité devient quelque chose de semblable, lu. GoilJ, Contrastes. Ainsi les peintres groupent leurs figures ; aussi ceux qui peignent les batailles mettent-ils sur le devant de leurs tableaux les choses que l'œil doit distinguer, et la confusion dans le fond et le lointain, m. Goût, Ordre. Soyez sûr qu'un peintre se montre dans son ouvrage autant et plus qu'un littérateur dans le sien, diuebot, Essai sur la peint, ch. u. Il n'y a, à proprement parler, que trois grands peintres originaux, UaphaEl, le Dominicain et le Poussin, id. Salon de 4 766, (Euv. t. XIII, p. 246, dans pouoens. Les tableaux de Michel-Ange, ce peintre de la Bible, de Raphaël, ce peintre de l'Évangile, supposent autant de profondeur et de sensibilité qu'on en peut trouver dans Sliakspeare et Racine, stael, Corinne, vin, 3. Il Désespoir des peintres, nomd'une plante, saxifraga umhrosa, L. {{ 2° Celui dont le métier est de peindre les murs, les lambris. Peintre en bâtiments. 11 faut avoir trente ans pour songer à sa fortune; elle n'est pas faite à cinquante ans: l'on bâtit dans sa vieillesse, et l'on meurt quand on en est aux peintres et aux vitriers, LA bruy. vi. || Peintre de décor, ouvrier qui imite par la peinture les marbres, les bois. || Familièrement. Être gueux comme un peintre, être fort mal dans ses affaires (à cause que les peintres passent pour se déranger souvent et manger ce qu'ils gagnent). 1| 8* Fig. Celui qui représente vivement en parlant, en écrivant. Mais quand jouera-t-on le Portrait du peintre î mol. Impromptu, 3. J'avais copié mes personnages d'après lo plus grand peintre de l'antiquité, je veux dire d'après Tacite, rac. Urit. Préface. Le duc de la Rochefoucauld était philosophe, et n'était pas peintre, vauven. iVoue %nax. 4. Montaigne est riche eii expressions, il est énergique, il est philosophe, il est grand peintre et grand coloristç, D1DER. Claude et Nér. 11, 47. || 4* Adjectivement. Une femme peintre.
— KEM. L'usage n'est pas bien fixé sur le féminin de ce mot. Legoari^nt veut qu'on dise la peintre : De ces deux sœurs l'une est peintre, l'autre sculptrice, et j'aime mieux la peintre. En parlant de la femme d'un peintre, la Fontaine a dit la peintre : L'une pourtant des tireuses de vin De lui sourire au retour ne fit faute ; Ce fut la peintre.... Rémois. Voltaire a fait peintre du Téminin au figuré : Belle Daptmé [Mlle Clairon] , peintre de la nature. Vous l'imitez et vous l'embellissez, Ép. 82. Enfin J. J. Rousseau a dil peinliesse : Je crois que la peintresse ne vous a pas flaiiee ; mais je vous vois déjà de la main d'un aulre peintre, duquel je n'en oserais dire autant, Lett. d Urne Latour, 2 oct. 4 763. Peintresse se dit souvent dans les écoles pro fessionnellcs de Paris : les graveuses et les poiutresses, celles qui font la gravure sur bois et celles qui font la ceinture sur porcelaine. Calvin a dit peintresse.
— HIST. un* s. Mieux [elle] ressemble |àj Bertain que ne peindroit peip'niere, Iterte, 111. Il puet estre paintres et taillicrs imagiers à Paris qui veut, Liv. des met. 467. || xv* s. Et vous dis que peintres y eurent trop bien leur temps; ils gagnèrent ce que demander vouloienl, encore n'eu pouvoit on recouvrer, froiss. ii, m, 36. j] xvi* s. Il prendra vos filles pour les faire peintrcsses, cuisinières et boulangères, CALV. Instit. 4212. [Les poètes] vrais peintres de la nature, bons. 386.
— ETYM. Wallon, pôdeu: provenç. pinior, pictor; espagn. pinior; ital. pinlore. piilore; du l-it. pictorem, de pingere, peindre. Peintre vient de pictor, ou plutât de pinclor avec l'accent sur pinc, comme paître de pastor; mais l'ancien français pigniere, au nominatif, suppose une forme pingltor.
PEINTUHAGE (pintu-ra-j'), t. m. || 1" Action de peinturer ; le résultat de cette action. Le peiiiturage d'un mur. || >" Terme de mépris qui se dil d'une peinture plus ou moins grossière. Parce que cet investigateur acharné aura découvert, ou cru découvrir une ébauche informe de peinturage antérieure à Cimabué, cuarlks blanc, dans le Temps, 21 mai 1867.
— HIST. XVI* s Et comme des nuages Parois-
sent enflammés de meslez peinturagea, baIp, (Euo, p. 4, verso, dans pouokns.
— ETYM. Pninturer.
PEINTURE (pin-tu-r'), s. f.\\V ImlUtioo faite avec lignes el 1 ouleum, sur une supei-ficie plane, de tout ce qui se volt sous le soleil; sa fin est la détectalioD, POUSSIN, Lett. 7 mars 46*6. La peinture est un des arts libéraux; elle a troii parties : l'invention, le coloris et le dessin. Uaas la peinture, nous aimons mieux un paysnge que le jilan du plus beau jardin du monde ; c'est que la peinture ne prend la
PEI
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nature que Ik otl elle est belle, Il oft la vue se peut porter au loin et dans toute son étendue, là où elle est variée, là où elle peut être vue avec plaisir, MONTESQ. Goût, Curiosité. La peinture se divise en technique et iit.ale, elTune et l'autre se sous-divise eu peinture de portrait, peinture de genre et peinture historique, didbb. iS(U<m de «765, (Euv. t. xiii, p. 325, dans POOOKNS. Ce qui fait bien en peinture fait toujours bien en poésie; mais cela n'est pas réciproque, in. SaUm de ^^6^, t. xiv, p. 127. Vers le temps de la bntaille de Marathon, la peinture et la sculpture sortirent de leur longue enfance, et des progrès rapides les ont am înées au point de grandeur et de beauté où nous les voyons aujourd'hui, BABTHlïL. Anach. ch. 37. La peinture en ce premier état d'enfance où elle est désignée par les noms 4e linéaire ou de monogramme.... lêvesque, Inslil. Mém. lill. et beaux-arts, t. ii, p. 38o. || Peinture à fresque, celle qui se fait contre les murailles et les voûtes fraîchement enduites d'un mortier de chaux et de sable. || Peinture en détrempe, peinture qui ■r fait ou sur des murs, ou sur du bois, ou sur de la toile, et à laquelle toutes couleurs sont propres, à l'exception du blanc de chaux. {| Peinture à l'huile, celle qui se fait sur toutes sortes de matières, et où les couleurs se broient avec de l'huile de noix, ou de l'huile de lin. || Peinture sur verre, celle des vitraux. || Peinture en émail, celle qui se fait sur les métaux et sur la terre, avec des émaux cuits et refondus. 1] Plate peinture, se disait, au moyen âge, de ce qui se peignait sur mur, sur châssis ou sur toile, par opposition à la peinture appliquée sur ronde bosse, de labohde, Émaux, p. 436. |{ 2* Ouvrage de peinture. Une belle peinture. Les peintures de Michel-Ange et de Raptiaël au Vatican. Il Familièrement. Cela est fait comme une peinture, se dit d'une chose bien faite, d'un ouvrage exécuté avec soin. || 3* Portrait. El voilà d'un bel homme une vive peinture 1 mol. Sgan. 6. Je n'ai pas reconnu les traits de sa peintjre, jd. ib. 22. || Image d'un objet. Ayant ainsi vu celte peinture dans Toeil d'un animal mort, desc. Diopt. v. || 4° Toute couleur appliquée sur une surface. La peinture de ce carrosse est toute fraîche. Si les femmes étaient telles naturellement qu'elles le deviennent par artifice, ....qu'elles eussent le visage aussi allumé et aussi plombé qu'elles se le font par le rouge et par la peinture dont elles se fardent, elles seraient inconsolables, LA BRUï. m. Il B° Peinture en bois, partie de l'ébénlslerie qui re|irésente des figures et autres ornements. || 6* S. (. pi. Les peintures, s'est dit, aux cartes, des rois, des dames et des valets. Il 7" Poétiquement. Les couleurs naturelles répandues dans la nature. Sachez qui donne aux Qeurs cette aimable peinture, rëgnjeb, Sat. ix, à Aapi'n. Il [Dieu] donne aux Heurs leur aimable peinture, BAC. Âthal. 1, ♦. Il 8° Kig. Description vive et animée par la parole ou le style. J'ajoute à ces tableaux la peinture effroyable De leur concorde impie, affrease, inexorable [des triumvirs], corn. Cinna, i, i. Je pense que je vis d'un air dans le monde à ne pas craindre d'être cherchée dans les peintures qu'on fait là des femmes qui se gouvernent mal, uol. Critique, 7. L'éloquence est une peinture de la pensée, pasc. Pens. xxiv, 87 bit, éd.H»VET.Je crois que Marseille vous a paru beau : vous m'en faites une peinture extraordinaire, qui ne déplaît pas, stv. 52. Ou lit encore avec joie la belle peinture que font Isaïe etËzéchiel des bienheureux temps, qui devaient suivre la captivité lie Babylone, boss. Wist. 11, 5. Vous verrez dans les paroles de ce grand roi [David] la vive peinture de la reine, et vous en reconnaîtrez tous les sentiments, ii>. Mar.-Thér. X ces petits défauts marqués dans sa peinture [d'Achille], L'esprit avec plaisir reconnaît la nature, boil. Art p. m. La peinture que la chaire fait de nos vices, uass. Carimt, ParoU. Il 9* tn peinture, loe. adv. En apparence, sans réalité. Je parle de cette affection en ptïintura qui est bien souvent une fausse représentation de l'Ime, BAU. liv.vu, lett. 2«. Puisque le roi veut bien n'être roi qu'en peinture, cobn. Nicom. V, 7. Un duel mot les gens en mauvaise posture, Et notre roi n'est pas un monarque en peinture, ■OL. Fieh. 1, <o. Tu ne seras heureux par ma foi ipi'eii peinture, bbchard, le Joueur, v, 7. || En elB- Bie. Calvin et sas suppôts.... Dans Pari», en peintura, allt-rent au supplice, volt. Loi nat. 3. || Je ne voudrais pas j ♦tre, m'y voir, môme en p«!inture. Ml dit d'un lieu, d'une situation pour la.iuclle on suçait une vive répugnance. || Ne pouvoir voir en pemture, .détester quelqu'un ou quchiue chose au point de ne (KiuToir en souffrir la représentation. — HIST. xiu' s. C« dlsl raisons : amours u'usi for»
palnture; En !i n'a riens fors biauté et figure, Bibl. des chartes, 4* série, t. v, p. te. Kn Oreb un veel ils] formèrent, Et les pointures aorerent. Psaumes, dans liber psalm. p. 333. || xiv* s. Chi commenchent les peintures des taules (tables de jeuxj, Hist. Utlér. de la Fr. t. xxv, p. B4. || xv* s. Guy de la Tremoille fit très richement garnir la navire otl son corps devoit passer; et cousterent les nouvelleté.s et les pointures.... plus de deux mille francs, froiss. ii, lit, 36. Il XVI' s. Quelquefois on a ouy dire au roy ! Henri III], qu'il eust voulu que des huguenots et des ligueurs le dernier fust en peinture, tant il hait les uns et les autres, Considérations sur le meurtre du duc de Guyse, p. 22.
— ÊTYM. Wallon, pondeur, potiteur; bourg. pointure; prov. pintura, pictura, penchura; esp. peintura; ital. ptnfura, pittura; du lat. pictura, de pictum, supin de ptnjere, peindre.
PÏINTURÉ, ÉE (pin-tu-ré, rée), port, pcuisé de peinturer. Les Agathyrses peinturés. De leurs plus beaux habits parcs, scabbon, Yirg. iv. Les vi.sages [dfs sauvages] sont bariolés de diverses couleurs, ou peinturés de blanc ou de noir, chateaubriand, Amer. Gouvernement, les Natches.
PEINTURER (pin-tu-ré), v. a. || 1° Enduire d'une couleur ou de plusieurs, sans autre dessein que d'ôter à l'objet sa couleur n.ilurella. Peiuturer un treillage, un lambris. || î" Kamilièrement. Barbouiller en essayant de peindre. Cet enfant s'amuse à peinturer, à peinturer des images.
— HIST. xm* s. Sor un faudestuef [fauteuil] d'or à boutons noelé Se sist li empereres el palais painturé, Ch. d'Ant. 11, 2»4. Comment peintres peuent [peuvent] trouver Leur vies ; car à painturer Trop de gens s'apareillent, Dit des peintres. \\ ivi's. Si je me loge en ces maisons dorées, Au front superbe, aux voûtes peinturées, desportes, Bergeries, chans.
PEINTUREUR (pin-tu-reur), s. m.\\i° Celui qui peinture. || Ouvrier qui met en couleur les bois, les fers, les murs, etc. || 2" Mauvais peintre, barbouilleur.
— HIST. lUi* s. Nus seliers ne nul painturiers ne doit rien de chose qu'il vende ne achate apartenant à son mestier, Liv. des met. 2)4.
t PÉJORATIF, IVE (péjoratif, ti-v'),od;.Terme de grammaire. Oui lavale le sens, qui se prend en mauvaise part. Mot péjoratif. Ëpithète péjorative. Il Finals préjorative, finale qui donne au mot une idée de dénigrement. AiUe, ailier, ache, sont des finales péjoratives dans prétraille, philosophailler, bravache. \\ Substantivement. Bravache est le péjoratif de brave ; criailler, celui de crier.
— ÊTYM. Lat. pejorare, rendre pire, de pg'or, pire (voy. pire).
f PEkAN (pe-kan) , s. m. Espèce de martedu Canada.
(. PÉKIN (pé-kin),*.m. Espèce d'étoffe de soie. Si Valence fabrique des pékins supérieurs à ceux de la Chine même, haynal, Uist. phil. v, 33.
— ËTYM. Pékin, capitale de la Chine: pe, nord, et iktng, capitale.
t 2. PÉKIN, s. m. Voy. P6QUIK.
f PEK.O (pe-ko) ou PEK.OË (pe-ko-é),*. m. Voy. tué.
PELADE (pe-la-d'), ». A || 1" Maladie qui fait tomber le poil et les cheveux. L'alopécie ne prend le nom de pelade que lorsque la chute de l'épiderme en lamelles accompagne ou suit celle des poils. Ce qui obligea les Romains à l'adoration d'une Vénus toute chauve, reconnaissant que la pelade avait sa grâce et sa beauté, la motbe ls vaykb, Dial. d'Orat, Tubero, t. l, p. '^73, dans pougems. || Fig. et par plaisanterie. Pressé de créanciers avides. Mes coffres sont tellement vides Qu'étant au bout de mon latin , Ma robe a gagné la pelade. Et ma bourse, encor plus malade. Se voit bien proche de sa fin, CORN. Poésies diverses, Mascar. des enfants gâtés. Il 2° Nom qu'on donne à la laine qu'on fait tomber avec la chaux, des peaux de mouton et de brebis.
— HIST. xvi* g. [Un roi s'arrache les cheveux] Pense il que la pelade soulage le dueil? mont, i, 22. Le régime qui arreste le beuveur avant l'yvres>se, le paillard avant la pelade, n'est enuemy des plaisirs, m. i, 4 77.
— ÊTYM. Poil.
t PELADON (pe-la-don), s. m. Croshetde fer fixé par une douille à un long manche de bois.
I. PELAGE (po-l»-j'), ». m. La couleur principale du poil lies chevaux, dos cerfs, etc. Le climat n'Inllue pas moins sur le plumage des oiseaux que sur le peligo des qiiadrupèJes, uurp. Oiseaux, t. iv, p. 54.
— HIST. XVI' s Et dit : voy tu, rousseau, Tu
prens gloire au pelage D'une vache ou d'un veau, st-oel. 40.
— ETYM. Prov. pclagge; e.spag. peto^e ; d'un baslal. fictif pilattcum, de pilus, poil (voy. pou.}.
t 2. PELAGE (pe-la-j'), s. m. Action de poler les peaux.
— ÊTYM. Peler.
t PÉLAGIANISER (pé-la-ji-a-ni-zé),». ». Adhérer aux doctrines du pélagianisme. Ce qui fait dire à l'interprète anglais [de Pholius] qu'il pélagianisait sans y peii^nr, aussi bien que Théodoret, boss. Déf. de la irad. ix. t»
t PÉLAGLVMSME (pé-la-ji-a-ni-sm'), s. m. Doctrine de Pelage, moine du v siècle, qui enseignait que le péché d'Adam n'a point été imputé à sa race, et que la grâce de Dieu nous est donnée en proportion de nos mérites. || Semi-pélagianisme, opinion d'après laquelle l'homme peut commencer, il est vrai, par soi-même son amélioration, mai» non l'achever sans le secours de la grâce divine. Arminius et Grotius après lui passèrent du calvinisme au semi -pélagianisme, boss. IHssert. sur Grntius, f.
t PÉLAGIE (pé-la-jie), s. f. Genre de méduses. Il Genre de polypiers.
— ÊTYM. Lat. pelagus; grec, icikaftn, la mer.
t t. PÊt.AGIEN, GIENNE (pé-la-jlin, jiè-n"), ad}. Conforme à la doctrine du moine Pelage. Quelle arrogance pélagienne pourrait se défendre contre ces paroles [de saint Augustin]? boss. Réfut.catéch. Ferry, i, 11, 12. Sans la grâce je ne puis vaincre la tentation, c'est un article décidé contre l'erreur pélagienne, bourual. Carême, t. i, p. 4»8, Tentât. Il Substantivement. La grâce sera toujours dans le monde (et aussi la nature).... et ainsi il y aura toujours des pélagiens, et toujours des catholiques, et toujours combat, pasc. Pens. xiiv, 12 ter. Les pélagiens, ne comprenant point cetje vérité [que la nature est corrom|iiio], ne pomaient souffrir que l'on leur parlât do ce péché d'origine avec lequel nous naissons, et disaient que cela allait à l'outra^^e de la nature, qui est l'oeuvre des mains de Dieu, boss. t" sermon, Pâques, t. || Semi-pclagiens, ou demi-pélagiens, hérétiques qui atténuaient le pélagianisme. Lesmitigdtions de Mélanclithon les avaient menés [les luthériens] peu à peu, des excès de Luther contre le libre arbitre, à ceux des semi-pélagiens qui l'outraient et renversaient l'idée de la grâce, ID. Visserl. sur Grotius, 1. Le même Père [saint Augustin], secondé de saint Prosper son disciple, ferma la bouche aux demi-pélagieiis, qui attribuaient le commencement de la justilication et de la foi aux seules forces du libre arbitre, m. Ilist. 1, 4 1.
t 2. PÉLAGIEN, GIENNE (pé-la-jiin, jic-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit dans les profondeurs de la mer, qui fréquente la haute mer. 11 se dit des poissons, des mollusques, etc par opposition à littoral, employé pour qualifier les e.spèces qui vivent très-près des côtes ou sur la c6te même. La plupart des oiseaux pélagiens ne nous connaissent pas, buff. Jforc. choisis, p. 3oo.
— REM. L'expression plante pélagienne n'est pas admise, non plus que plante littorale, legoarant.
— ÊTYM. Lat. pelagus; grec, ni/ayoi;, la haute mer. t PÉLAGIQUE (pé-la-ji-k'), adj. Qui ajipartient
à la haute mer. Les courants pélagiques, Acad. des scienc. Comptes rendus, t. lxii, p. *i'e. || Terme de minéralogie. Qui est le produit des sédiment» de la haute mer.
— ÊTYM. Lat. pelagiu, la haute mer.
t PÉLAGOPUYTE (pé-la-go-fi-f), s. m. Terme d'histoire naturelle. Végétal qui vit dans la mer.
— ÊTYM. liaoiY<";i ■"Sf- 6' fvti'i, plante.
t PÉLAGOSCOPE (pé-lago-sko-p'), s. m. Instrument pour voiries objets dans lamer, au fond del'eau. - ÊTYM. lUXa-fOi, mer, et oxonelv, examiner.
PELAMIDE (pe-la-mi-d'), ». f. Poisson de mer qui ressemble au maquereau.
— ÊTYM. nriXonûc
fPELAN (pe-lan), ». m. Ecorce .d'arbre employée à certains usages. On appelle pelan à la côte de l'Ile de Terre-Neuve l'écorce des arbres levée par morceaux assez grands pour servir à l,i couverture des chaufauds et de leurs dépendances. || On écrit aussi plan. Défense.... d'avoir des ét.iblissements couverts en plan, ou de faire usage de cette écorce pour quoi que ce soit, hautkfbuille. Code de la pèche maritime, p. 298.
— ÊTYM. Peler.
PELARD (pe-lar), adj. m. Bois [wlard, et, substantivement, du pelard, bois qu'on a dépouillé de son écorce pour l'aire du tan.
— ÊTYM. Peler.
t PÉLARDEAU, voy. pellardead.
t PÉLARGONATE (pé-lar-go-na-f), ». m. Terme decbiiiiie. Sel formé avec l'acide pélargonique. t PÉLAKGONE (pé-lar-go-n' ) , s. [. Terme da
PEL
chimie. Substance obtenue par la distillation sèche du pélargonate de baryte.
t PÉLARGONIQDK ( pé-lar-go-nl-k' ) , adj. Acide pélargoiiiqui'i. acide extrait pour la première fois des feuilles du pefargonium roseum,se préparant aussi au moyen de l'essence de rue. La série péiargonique est une .•«érie dans laquelle l'hydrogène est remplacé par le pélargyle.
t PÉLARGONIDM (pé-lar-go-ni-om') , f. m.
Genre de plantes de la famille des géraniacées. Il Plante à feuilles arrondies, à odeur d'encre de Chine, a fleurs purpurines, irréguUères et disposées en fausse ombelle.
— ÉTYM. ntXapibi, cigogne, allusion à la forme du fruit qui rappelle celle d'un bec de cisogne.
t PÉlJlRGYLE (pé-lap-ji-r), s. m. Terme de chimie. Kadical hypothétique formé de dii-huit équivalents de carbone, diï-sept d'hydrogène et deux d'oxygène.
t PJËLASGE (pé-la-j'j, s. m. Nom du plus ancien peuple de la Grèce.
t PÉLASGIEN, lEîfNE (pe-las'-jiin, jiè-n'), PÉ- LASGIQUE (pe-las'-ji-k), adj. Qui appartient aux Pébisges. Homère et après lui tous les historiens déclarent l'oracle de Dodone d'origine pélasgique, PETiT-RADEL, Motium. ci/cJop. p. 8. || Coiistruclion pélasgique ou cyclopéenne, se dit de restes de murailles, construites en grandes pierres plus ou moins dégrossies, et réunies sans mortier; on les trouve en Grèce et en Italie. La construction poétiquement nommée cyclopéenne par Kuripide et par les traditions mythologiques de Pausanias, mais que l'on appellera pélasgique, pour parler le langage de l'histoire, ID. ib. p. 24.
t PELACDER (pe-lfl-dé), v. a. Terme populaire. Battre, étriller, châtier, jj Se pelauder, v. réfl. Se battre à coups de poing.
— HlST. XV' s. Ainsi est berné et pelaudé le pauvre homme. Les <B joyes du mariage, p. ï9, dans L«coRNï. Il xvi* s. Je fus pelaudé à toutes mains; au gibelin j'estois guelphe; au guelphe, gibelin,
PRLE (pê-l'). s. m. Voy. pènb.
— f.TYM. Pfle est la forme régulière pour p^ne, mais archaïque et tombée en désuétude.
1. PELÉ, lîR (pelé, lée), part, passé àe peler I. 111° Dégarni de poil. Et rendit.... Tant île galants polés, BÉGNIBB, Sat. VI. Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé, la font. Fabl. i, 6. Un habit (le velours cramoisi tout pelé, lesage, Diabl. boit. ch. «9. Et tandis qu'un troupeau zélé De pèlerins, au front pelé, volt. Ép. 6». || lêle pelée, tête chauve. Ce haut rang n'admet pas un poète pelé, boil. Chaprl. décoiffé, ». || Substantivement. Un [lelé, celui qui n'a plus de poils, de cheveux. C'est un vieux pelé qui porte un méchant manteau tout rompu et rapetassé, d'ablÀnc. Lucien, Dial. Diogène et Pollux. Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu'il fallait dévouer ce maudit animal, Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal, la font. Fabl. vil, I. Il Populairement. Il y avait quatre pelés et un tondu, il n'y avait que peu de personnes, et des gens peu con'^iiléré.^. || 2° Fig. Il se dit de sommets, de coteaux dépourvus d'arbres et de verdure. Il est ridicule de croire que Romulus ait célébré des jeux dans un misérable hameau, entre trois montagnes pelées, VOLT. Philos, déf. mil. Bolingbr. i.
2. PELfi, fiE (pe-lé, léo\ part, passé de peler 2. Dont on a 6té la peau, l'écorce. Une poire oroprenient oelée.
t PELÉCOÏDE (pé-lé -ko-i-d'), adj. Terme de géométrie. Figure pélécolde, ou, substantivement, la pélécoîde, se dit d'une figure en lorme de hache.
— ETYM IleXexùî, hache; sanscr. paraçu, hache PftLE-Mfil.E (p('-lc-mê-l'), lac. adv. || 1° En confusion. Tout ce dont la fortune afflige cette vie, Pêle-mêle assemblé meprc8.se vivement, malii. iv, 1. Vous ai-Je dit comme elle a joué l'affligée, et comme elle volait la cassette pendant que sa mère expirait T vous ririez de voir comme tous les vices «t toutes les vertus sont jetées pêle-mêle dans le fond de ces provinces, sÉv. «3&. Elle emporta tout ci'la sur son cœur avec la rage pêle-mêle, m. .1 avr. («7». Je ne suis point entêtée, ma bonne, de M. de L'ivardin.... mais je suis a.ss«z juste pour rendre au vrai mérite ce qui lui app;irlient, quoique '« le trouve pêle-mêle avec ses désagréments, m. 16 oct. <(7&. J'ai traversé les vastes campagnes de la Westphalie.... dans de grandes huttes qu'on appelle maisons on voit des animaux qu'on appelle hommes, qui vivent la plus cordialement du monde pêle-mêle avec d'autres animaux domestiques, volt. Voy. à Berlin. Il |^ l'aveugle de Cbe.seldeiiJ .'iperce-
PEL
valt fous les objets pêle-mêle et dans la plus grande confusion, et il ne les distinguait point, quelque dilTérentes qu'en fussent la forme et la grandeur, coNDiL. Traité sens, m, 6. |{ Vivre pêle-mêle, vivre dans la promiscuité. Je lis un livre saisi; ce sont les mémoires de Madame, duchesse d'Orléans, mère du duc d'Orléans régent ; il n'y est question que d'empoisonnement, de débauche de toute espèce, de prostitution : ils vivaient vraiment pêle-mêle, p. l. COUR. Lett. Il, (88. Il 2° S. m. Le pêle-mêle, la confusion. Vit-on jamais pareil pêle-mêle ? || En termes d'étiquette de cour. Pour éviter les dispute» de préséance, le prince ordonna le pêle-mêle.
— HlST. xu- s. Se ne fussent d'amunt colées Les grans portes de fer barrées, Mesle pesie od eus [avec eux] i entrassent, bf.noît, il, 4431. Et les nues tôt mesle mesle Gitoient pluie, noif [neige] et gresle, crestien m: troies, Chev. au lyon, v. 4*1. Il xiii' s. Se je veîsse ilec plovoir Quarriaus et pierres pelle-melle, la Rose, <!>97. ||xiv' s. Quar li Vandre se mirent avec eulx brelle mesle; Si très fort les enchacenl que de si grant puissance Tuit entrent ou chastel sans nulle différence, Girart de Ross. V. 479. Il XVI* s. Il forcené de rage, et sent dedans sa teste Pesle-mesie tourner l'orage et la tempeste, desportbs, Roland furieux. L'arcbuzerie ennemie l'empeschoit de recharger, estant tousjours pesle-mesle de luy, m. du bell. 67t.
— ÊTYM. Bourg, paule-maule; wallon, pelle et mell {et signifie en). Les textes offrent la variante mesle mesle, qui n'offre aucune difficulté; mesle pesle, qui n'est qu'une inversion de la forme ordinaire; et brelle-mesle, qui est tout à fait sans explication. Diez indique, sans s'y fier, pelle, comme qui dirait mêler avec une pelle. C'est la vraie étymologie: comparez pellererser. Le palle-maille , jeu du mail (jouer au palle-maille. Particularités concernantes l'assassinat du duc de Guyse, Chalons, 1589, p. 27), ne convient ni de sens ni de forme.
t PÊLE-MÊLER (pê-Ie-mê-lé), v. a. Mettre pêlemêle, en confusion. Cette confusion déplaces amies et ennemies, pêle-mêlées parmi les unes avec les autres ne me plaît pas, vauban, Lett. à Louvois, 19 janv. («73, dains Journ. des Débats, 27 avril «862.
— HlST. XVI' s. Il n'y a estât où il y ait encoresde meilleure matière que dans lenostre; mais elle esta présent toute peslemeslée, comme si on brouilloit ensemble des diamans, rubis, fer, plomb... langue, 39.
t. PELER (pe-lé. La syllabe pe prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je pèle, je pèlerai), v. a. \\ 1° ôter le poil. Peler des peaux, des cuirs. |j J" Pat extension. Peler la terre, enlever le gazon. || 3° Se peler, v. réfl. Perdre son poil. Le cou de ce chien se pèle. {| Par extension. La terre se pèle et s'écorche sous les pas redoublés et furieux des guerriers, chateaiib. fiatch. x.
— HlST. xiii* s. Se piaus de moutons ou de brebiz de boucherie sont achatées pour peler ou pour draper, Liv. des met. 325. Renarl a pelée la pel, Si fu matez.... Wen. 7770. Quant il [les clercsj ont bien le pueple à leur pooir pelé, Kt il ont de l'avoir assez amoncelé, J. de meuno, Test. 833. || iiv* s. Ne ne devoit estre refusés parisis ne tournois, fus- .sent il pelez, mais qu'il y eut connoissance devers croix et devers pile qu'ils fussent parLsis ou tournois, Ordonn. 5 janv. I3i6. C'est dant Espinart l'yreçon; Pelet le rat ot à garçon [à la cour du roi Noble], 1. DE CONOE, t. 111, p. 75. ijxvi' s. Là n'estoyent que troys tigneux et ung pelé de légistes, BABEL. Pant. Il, 5. Les pourceaux estans esgorgés, l'on les pelle, mais par divers ordres, aucuns dans l'eau bouillante et par elle, autres par la llamrao, 0. DE serbes, 834. Aller et venir font le chemin peler, cotgrave.
— F.TYM. Provcnç et esp. pelar; ital. pelare, du lat. pilare, ôter le poil, de ptlus. poil (voy. poil).
2. PELER (pe-lé. La syllabe pe prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette -.Je pèle, je pilerai), v. a. || 1" ôter la peau d'un fruit, l'écorce d'un arbre. Je ne saurais [à cau.sit d'un rhumatisme] couper ni peler des fruits, sÉv. 29t. Rn hiver, quand il neige, ils [les cerfs) pèlent les arbres et se nourrissent d'écorces, de mousses.... buff. Quadrup. t. ii, p. 83. Il 2" r. n. Se dit du corps d'où l'cpldernin se «oulève. Tout le corps lui a pelé À la suite de sa maladie. || 8" Se peler, r. réfl. Etre pelé. Les pêches de vigne ne se pèlent pas facilement
— HlST. XI' i. Plus qu'on ne lance une verge pelée, Ch. de Hol. ccxL. || Xlii* s. LI enherbcmens [empoisonnement] ne fu mie à mort, mais 11 ongle li cheirent [tombèrent] des pies et des mains, et pela tous, et fu tout l'an malade, Chr. de Haint, p. 40. Il xvi* s. La langue me pelle, hab. Gary, i, t. Avoit
PEL
il mangé prunes aigres sans peler T id. Pant. iv, Nouv. prologue. Ce meschant lui fit donner du poison dans un potage, qui lui fit faire quatre-vingts selles en un jour, tomber les cheveux, et peler la peau, d'aob. Vie, xxxvi.
— ÊTVM. Lorraine, piUer des noix, des fèves, provenç. pelar , pellar; espagn. pe/ar; ital. pellare; du lat. pellis, peau (voy. peau).
PÈLERIN, INE (pè-le-rin, ri-n'), ». m. et /. || l" Celui, celle qui va en pèlerinage. De pèlerins, dit-on, une troupe grossière En public à Paris y monta la première [sur le théâtre], boil. Art p. ui. Une reine de France, que l'on croit étre*Catherine de Médicis, fit vœu que, si elle terminait heureusement une entreprise, elle enverrait à Jérusalem un pèlerin qui en ferait le chemin à pied, en avançant de trois pas et reculant d'un pas à chaque troisième, SAiNT-FOix, Est. Paris, Œuv. t. iv, p. 435, dans pooGENS. A-t-il besoin de revoir un parent, un ami, il fait un vœu, prend le bâton et le bourdon du pèlerin; il franchit les Alpes ou les Pyrénées, visite Notre-Dame de Lorette ou saint Jacques en Galice.... CHATEAU BS. G^ni'e, m, v, 8. À Notre-Dame (le Lorette J'ai promis, dans mon noir chagrin. D'attacher sur ma gorgerette.... Les coquilles du pèlerin, v. hugo, Ballade, La fiancée du timbalier. Il Pèlerin de Saint-Michel, pèlerin de Saint-Jacques, pèlerin qui va à Saint-Michel, à Saint-Jacques, ou qui en revient, jj Les pèlerins d'Emmaûs, les deux disciples qui allaient à Emmaûs, après la résurrection de Jésus-Christ. ||Se dit aussi des mahométans qui font le voyage de la Mecque. || 2' Voyageur, voyageuse. Marché fait, les oiseaux forgent une machine Pour transporter la pèlerine [tortue qui voulait voir le pays), la font. Fabl. x, 3. || Adj. Cette pauvre princesse pèlerine [Christine, reine de Suède] a fait son abjuration à Inspruck, où elle a embrassé la religion catholique, gui Patin, Lettres, t. H, p. 234. Il 3° Kig. et familièrement. Personne, individu. C'est une adroite pèlerine. Nos gaillards pèlerins, Par monts, par vaux et par chemins. Au gué d'une rivière à la fin arrivèrent, la pont. Fabl. Il, 4 0. Si tu connaissais le pèlerin, tu trouverais la chose assez facile pour lui, mol. Don Juan, i, 4. Je connus d'abord le pèlerin, je m'aperçus qu'il voulait passer pour un saint personnage, lesage, Gil Bios, 1, 17. 114° Nom d'une espèce de faucon, nommé ainsi parce qu'il est oiseau de passage. || Pèlerin très-^rand, grand squale des mers (lu Nord, Il Proverbes. Rouge au soir, blanc au matin, c'est la journée du pèlerin, c'est-à-dire ces deux couleurs du ciel montrent qu'il doit faire beau temps durant le jour. Cela signifie aussi par plaisanterie : il faut hoire du vin rouge le soir, et du vin blanc â déjeuner. il Vent du soir et pluie du matin n'étonnent pas le pèlerin. || La pluie du matin réjouit le pèlerin [parce qu'elle abat la poussière).
— HlST. XI' s. Li pèlerin le veient qui là vont, Ch. de Roi. cclxix. || xii' s. Diex ! quant crieront outrée. Sire, aidez à pèlerin [croisé]. Pour qui [je] sui espouvantée. Car félon sont Sarazin, Dame de Faiel. Il xui' s. Kt quant li dus de Venise le sot [le danger des croisés à l'assaut de Constanlinople], si fist ses gens retraire.... et dist qu'il voleit vivre ou morir avec les pèlerins [les croisés], vii.leh. lxxxii. Tout li segneur doivent moult ptMiro garde que li pèlerin ne soient pris ne destorbé por petite occoison, BEAUii. XXV, 25. || xiv's. Tatiusnon p.is seulement de peuple pèlerin et estrange, mes encore do peuple anemi et adversaire, hehciiivUre, f" 19, recto. Faucons pèlerins sont ceulx qui .sont pris au filé et se sont peùs et ont vol<' auj champs, Kénagifr, III, 2. ||xv' s. Dieu sijait qui est bon polcrin, LEHOux DE LiNCY, Proti. 1. 1 , p. t7. Prince, après ce qu'on ot mangié, Et heu tant qu'on estoil blecié, Vont estuver li pèlerin (les bons compagnons], r. ui'.SGii. Poésies msi. f'ï«&.|lxvi' s. Si quelqu'un avoit fait promesse d'aller en une avantiire à quelqu'une de ces pèlerines [donzelles], qui iiiarchoyent tousjours toutes seules avecques eux... langue, M4. Pèlerin qui chante larron épouvante, i.f''OUx de LiNCT, Prov. 1. 1, p. 39. Pelerir.e de Venus, cotgrave.
— ETYM. Provenç. pelegrin, pelegri, prlleri, peleri; Gitai. pelegri, peregri; espAgn. pereyrino; ital. pellegrino; du lat. peregrinut, étranger, de per«ger, parti pour un pay* lointain, de per, outre, au-di'là, et ajer, champ.
PELERINAGE (pè-le-ri na-j') , i. m ij !• Voyage fait par dévotion à quelque lieu consacré. Et les plus longs pèlerinages N'ont jamais fait beaucoup do saints, cobn. Imit. i, 2». Le chat et le renard, comme beaux petits s.i:nls. S'en all.iienl en pèlerinage, LA FONT. Fabl. IX, 14. L'on ne volt point faire
PEL
de vœu» ni de pèlerinages pour obtenir d'un saint d'aToir l'esprit plus doux, l'âme plus reconnaissante.... tA BRUT. iiv. .Solon Strabon, il n'y avait rien de plus gai dans toute la religion païenne que les pèlerinages qui se faisaient à Sérapis, tonten. Oracles, II, ♦. Il 2* Lieu ox{ un pèlerin va en dévotion. Saint- Michel est un pèlerinage très-frécjuenté. || 8° Fig. Carrière de vie, comparée à un pèlerinage. Le mariage est un long pèlerinage où sont trois ou quatre hôtelleries: la première se nomme faux plaisir, la seconde repentir, la troisième misère ; si vous passez plus avant, vous êtes en danger de trouver le désespoir, le p. SIMON mars, Jfyst. duroy.de Dieu, p. 34, dans pouGENS. Après cent trente ans de vie, Jacob, amené au roi d'Egypte, lui raconte la courte durée de son laborieux pèlerinage, boss. le Tellier. Cfltte mort qu'il a regardée comme le terme de son pèlerinage, fléch. le Tellier. Je me prosterne.... devant Totre esprit aussi sensé que gai.... qui sait tiè5-bien que la vie n'est qu'un pèlerinage qu'il faut semer de coquilles et de fleurs, volt. tett. Richelieu, M juin (7«3.
— HIST. xn* s. Pluisur rei le requièrent [Saint- Thomas] en dreit pèlerinage, Li prince, li barun, li duc od lur barnage, Genz de divers pais.... Th. le mari. ib8. Va t'en, tu e ta maigniée, en pèlerinage là ù te plarrad [plaira], Rois, p. 374. || xiii*s. Por ce dit 11 proverbes que pèlerinages et longue demourée départent amistié, bkun. latini, Trésor, p. 312. La seconde ligniée est faucons que om apele pèlerins, porce que nus [nul] ne treuve son nif, ains est pris aussi comme en pèlerinage, in. ib. p. 202. |(xv' s. Si une femme se mespasse le pied, telement qu'il soU esters et comme hors du lieu, il convient que son mari voise en pèlerinage à monseigneur lainct Martin, Les évang. des quennuilles, p. 88.
— ETYM. Pèlerin; picard, prinage; prov. pelegrinatge, pelerinatge, perelinatge; esp. peregrinage; ital. pellegrinaggio.
PÈLERINE (pè-Ie-ri-n'), s. f. \\ l' Ajustement de femme en ferme de grand collet rabattu. N'ayant jamais porté que notre petit habit de bure noire de pensionnaire, et notre coiffure, et notre pèlerine de batiste, ge:<lis, UUe de la Fayette, p. <37, dans POUGENS. Il S° Nom d'une perle, voy. péhégrine. Il 8" Nom vulgaire du peigne commun, coquille.
— ÉTYM. Pèlerin.
t PELETTE (pe-lè-f), s. f. Instrument pour couper 1^ terre à brique.
t PÊLLADE (pè-li-a-d'), s. m. Nom donné à la ▼ipère A trois plaques. Il n'y a pas grand inconvénient, au point de vue pratique, à confondre le péliade avec l'aspx ; car ils ne valent guère mieux l'un que l'autre, viAUiv-oBANn-MABAis, Ln serpents de la Vendée, dans Rev. de Paris, <" janv. (868, p. H8.
— ETYM. IU>tài;, noirâtre.
PÉLICAN (pé-ll-kan), s. m. || 1' Oiseau aquatique (famille des palmipèdes), muni d'une poche qui a son ouverture entre les deux branches osseuses dont est formée sa mandibule inférieure -, cette poche est composée de deux feuillets dont l'interne est contigu i la paroi de l'oesophage, tandis que l'externe est la peau du cou, pelicanut onocrota- <tu, L. Il Le pélican a été pris pour le symbole de l'amour paternel, parce que des auteurs ont écrit faussement qu'il nourrissait ses petits de son propre sang. [x>rsque le pélican, lassé d'un long voyage, Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage.... Pour toute nourriture il apporte son cœur, a. dbhusskt, Nuit de mai. (| 2* Terme de chimie. Alambic avec un chapiteau, d'où sortent deux becs. 1| 8* Instrument dont les dentistes se serrent quelquefois pour l'extractiort des dents molaires. || 4° Crochet de fer dont le menuisier se sert pour assujettir sur l'établi le» morceaux de bois qu'il travaille. || B" Ancienne piècs d'artillerie de «, pesant 2«oo livres.
— HIST. xni* s. Tout ensi com li pélicans. Oui resuscite ses pbaons De sa char et de ses braons Et du sanc qui del cuer lui court, Baudouin db condr, t. I, p. 40. Iliiv* s. Par alambics et descensoires, Cucurbltes, distillatoires, Par pelic&ns et matheras, Nat. à l'alch. 4. H xv« s. Ouerez nous ce popelican S'il Tolnit comme un pélican. S'y heurtera il à nos talons, Martyre de. St-Denù. || xvf s. Daviers, polieans à tirer et rompre les denU, par», ui, p. 639. 1 7 •^\"^''- ''™»- P«"'<:o, pélican; esp. pelicano ; iV»l. pellieano; du lat pelicanut; grec, itt)t.a»oç ou «.)«»>, proprement le pic, do «tXtxàv, percer «ouper, i«4*cxu;, hache, dénomination transporléo •Dsuita ^u pélican pour on ne sait quelle ressemblance. Comme on a dit poliean (voy. rhisloriiine) on a prétendu que le nom de l'inotrument de chi-
PEL
mie ou de chirurgie dérivait de polycampus , mais rien ne justifie cette dérivation; et il faut voir dans pélican une comparaison avec, le bec d'un oiseau, comparaisons qui ne sont aucunement rares.
t PELIN (pe-lin), i. m. Terme de tanneur. Eau préparée avec de la chaux, qui sert à peler le cuir, les peaux.
— ÊTYM. Peler t .
t PÉLIOME (pé-Ii-o-m'), s. m. Terme de médecine. Tache cuivrée, verte ou jaune, de la peau.
— ÉTYM. n£)itu|ia, de reeXià;, livide.
t PÉHOSE (péli-fl-z') , s. f. Terme de médecine. Synonyme de purpura. || Péliose rhumatismale, affection caractéri.sée par une éruption cutanée et par des douleurs.
— ÊTYM. fleXiè;, Jivide.
t PELIS (pe-11) , s. m. Se disait des laines que les mégissiers arrachent à l'aide de la chau\ sur le corps des moutons tués. || On a dit aussi plis : ....Comme aussi empêcher que les ouvriers ou façonniers ne mêlent aucunes bourres, plis .... et autres méchantes laines, avec celles de bonne qualité, Instruct. aux commis de.i manufcut. 30 avril i67o.
— HIST. xiv* S. L'en y drappe et puet drapper de laine mère et de pelis, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 512.
— RTYM. Peler 1.
PELISSE (pe-li-s'), s. f. \\ 1° Robe fourrée de peau, dont on se sert beaucoup dans les pays du nord el au levant. Ii 2° Vesle d'ornement, garnie de fourrure, à manches pendantes, et attachée à l'épaule gauche sur le dolman par un cordon. La pelisse des hussards. Un jour, des vieux hetmans [Mazeppa] il ceindra la pelisse, v. hugo, Orient. 34. j| 3° On a donné le nom de pelisse à des espèces de manieaux ouatés dont on enveloppait les enfants, les malades.
— HIST. XII* s. 11 lu bien afublez d'une pelice vaire, Sax. xxxi. I| xiii' s. Par mon chief je vous os bien dire, En vos aroil bêle persone. Quant auriez vestu la gone Par desus la pelice grise, Ren. i075. Il XV' s. Klles eurent trop grand merveille que ce povoit estre; si se levèrent par accord toutes trois, et vestirent leurs pelices, Perceforest, t. 11, C 67.
— ETYM. Prov. pelissa; ital. pellicia; du lat. pellicius, fait de peau, de pcllis, peau (voy. peau).
t PELLAGE (|iè-ia-j'), s. m. Action de remuer à la pelle. 11 faut lui administrer [au blé) un secours plus actif que le pellage et le criblage, genlis, Maison rust. t. m, p. 46, dans pobgens.
— ETYM. Peller.
t PELLAGRE (pè-la-gr'), s. f. Terme de médecine. Maladie générale, se manifestant d'abord par des symplflmes du côté de la peau, suivis d'altérations graves de la membrane muijueuse du canal digestif et de ses fonctions; puis de troubles du système nerveux central, qui finissent par la mort.
— ETYM. Mot hybride formé du lat. pellis, peau, et grec ôypa, prise, affection.
fPELLAGREUX, EUSE (pê-la-greû, greû-z'), adj. Oui a rapport à la pellagre. || S. m. et f. Un pellagreux, une pellagreuse, homme , femme affectés de la peilagre.
+ PELLARDEAC (pè-lar-dô), s. m. Terme de marine Bouchon de plomb ou de planche garni d'une grosse étoffe de laine ou d'un feutre et d'éloupe suiffée.
— ÉTYM. Dérivé du lat. pellis, peau, parce que le pellardeau était autrefois un morceau de toile rempli de bourre de bœuf. jai..
PELLE (pè-l'), s. f. Instrument de fer ou de bois large et plat, à long manche. Le roi.... lit condamner Du Pas à être traîné dans Utrecht, une pelle à la main, volt. Louis XIV, h . || Fig. «t familièrement. Kemuer l'argent à la pelle, en avoir beaucoup. Cependant l'or et l'argent se remuent à la pelle chez lui, BOUBSAOLT, Lctt. nouv. t. 11, p. )M;i||Fig. et bassement. Donner de la pelle au cul à quelqu'un, le chasser honteusement. || Proverbe. La pelle s8 moque du fourgon, voy. rouBGON.
— HIST. xni' s. Hors de ma teste à une pelé, Quant au sermon séant m'aguete, Par uae des oreilles [la passion] giete Quanque raison en l'autre tioule, la Rose, 4SK6. Quiconques veut estre esquelier» à Paris, c'est à savoir venderes de esqueles.... de auges, fourches, pelés, beesches, Liv. des met. n2. Il XV* s. Rigueur le transmit en exil. Et luy frappa au cul la pelle, villon, G. test. Rondeau.
\ XVI* s. Pâlies, piqs, crocs, bêches et hottes pour les réparations, carloix, vii, 6.
— f.TYM. Berry, palle, pale; wallon, pôl; prov. e.sp. et Ital. pala; du lat. pala.
PELLf.E (pè-lée), PELLEHfiE (pè-le-rce), PEL- LKTËK (pè-le-lée) , ». /. Autant qu'il en peut tenir
PEL
sur une pelle. |{ Fig. Sans nous arrêter ces grandeurs humaines qui tour à tour ont trébuché dans la tombe, sans considérer ces siècles fameux qu'un» pelletée de terre sépare et qu'un peu de poussière recouvre, chateaUbr. Mart. xi.
— REM. De ces trois formes, pelletée d'abord, et pellée ensuite sont les plus usitées.
— HIST. XVI* s. Lorsqu'ils levoient leur visière pour prendre haleine, ceulx d'emhas leur jectoient grandes pellées de terre mouillée contre le visage, I. d'auton, Ann. de Louis XII, p. 2BB, dans lacurne.
— ETYM. Berry, pelterèe; picard et norm. palée. Pellée vient de peller; pellerée, de l'inusité pellericr, ouvrier qui manie la pelle; et pelletée, de pelleter.
f PELLER (pè-lé), V. a. Kemuer à la pelle. Le bataillon étant en place, les pionniers (la moitié de l'effectif) mettent sac à terre; un homme pioche, l'autre pelle, chaque couple ayant un mètre à creu ser, Jfontl. univ. 29 mai I868, p. 742, 4* col.
f PELLERON (pè-le-ion), s. m. Petite pelle de bois dont les boulangers se servent pour enfourner les petits pains.
— ÊTYM. Diminutif de pelle.
t PELLETAGE (pè-le-ta-j') s. m. Action de pelleter. Le pelletage du blé sert à l'aérer.
— ÉTYM. Pelleter.
PELLETÉE , voy. PELLÉE.
t PELLETER (pè-le-té), t>. a. Remuer les grains pour les aérer, soit avec une pelle, soit avec quelque mécanisme. || Absolument. Pour faire cesser la fermentation dn grain, il faut pelleter avec persistance.
— ÉTYM. \Pelle, par l'intermédiaire d'un diminutif pellette.
PELLETERIE (pè-lè-te-rie ; beaucoup disent pèl-trie; la prononciation régulière est pè-lè-te-rie, comme pour papeterie), s. f. || 1* Art de préparer les peaux pour en faire des fourrures. Kâ°Comuierce de fourrures. || 3° Peaux dont on fait les fourrures. On ne voit en Laponie qu'un petit nombre de sauvages fixés sur les côtes par la pèche, ou errants dans des déserts affreux, el subsistant par le moyen de la chasse, de leurs pelleteries et de leurs rennes, BAYNAL, Hist. phil. XII,. 32. Les bêtes qui fournissent la pelleterie aux sauvages sont.... chateaubr. Amer. Chasse.
— HIST. xill*3. Et qui portera peleterie au uiaichié de Paris, de tant come il en vendra, de tant rendra son paage, Liv. des met. 28«. || xv* s. 11 ronge sbn frein, et à petit qu'il n'enrage tout vif quand il se voit en celle pelleterie [mystification],
louis XI, Nouv. XXVI.
— ÉTYM. Pelletier.
t PELLETEUR (pè-le-teur), ». m. Appareil par lequel est mue une pelle. Le pelleteur mécanique.
— ÉTYM. Pelleter.
PELLETIER, 1ÈRE (pè-le-tiè, tiè-r'), s. m. ei f. Celui, celle qui fait et vend des fourrures. || Proverbes. Tous les renards se trouvent à la fin chez le pelletier, c'est-à-dire les gens de mauvais métiers finissent par être pinces. || On donne assignation pour se revoir chez le pelletier, c'est-à-dire il y a un rendez-vous commun qui est le tombeau.
— HIST. iiii* s. Tuit li vallet frepier, tuit li vallet ga'ntier, et tuit li vallut peletier doivent chascun, chascun an, un denier au mestre des frepiers, Liv. des met. (99. ||xiv*s. La cousture [suture chirurgicale] doit estre faite si com les peleliers cousent leur peaus, h. de monoeville, f" 4o. || xvi* s. Kt sont ceux du mestier toujours attrapés tost ou tard ; car les renards se trouvent tous à la fin chez le pelletier, desper. Contes, Lxxxiii.
— ÉTYM. Ane. franc, pel, peau, par le suffixe tier qui se trouve aussi dans hijou-tier, grainetier, etc. et qui représente etier, correspondant aux diminutifs et, ette. L'ancienne langue avait aussi pelicier, formé directement de pelisse, et qui se trouve encore dans le patois du Berry.
t PELLEVERSAGE (pè-le-vèr-sa-j'), ». m. Action de pelleverser.
t PELLEVERSER (pè-le-vèr-sé), «. a. Terme rural. Labourer à la bêche.
— ÉTYM. Pel'', et verser.
t PELLICULAIRE (pèl-li-ku-lê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une pellicule, l'érispermo pellioulairc.
PELLICULE (pèl-liku-l'), t. f. Membrane trèsmince, de quelque nature qu'elle soit. || Terme de pharmacie. Ëvaporer à pellicule, évaporer une liqueur jusqu'à ce qu'il se forme une pellicule à ta surface. || Pellicule animée, ver uiarin du geiiie des planaires.
— Hl&T. XVI* s. Des ulcères des reins sortent
PEL
PEL
PEL
quelquefois de petites pellicules, et portions de chair et filamens rougeastres, paré, xv,56.
— ÊTYM. Provenç. pellieula; esp. pelicula; ital, ffllicola; du lat. pellicuta, diminutif de pellis, poau.
t PELLCCIDE (pèl-lu-si-d'), adj. Terme de pliy- »ique. Oui est transparent.
— HIST. XVI* 3. Nostre œil est une substance, de sa nature, pellucide et lumineuse, .^abé, xvni, 28.
— ÉTYM. Lat. pellucidus, de vei; très, et lucidus, brillant (voy. lucide).
t PEIXUCIDITÉ (pèl-lu-si-di-té) , V. a. Qualité de ce qui est pellucide. La pellucidité de l'eau dans laquelle on les a fait bouillir est presque conservée, POHTAL, Inslit. Mém, sdmc. <807,2' semestre, p. 76.
— ÉTYM. Lat. pelluciditatem. de peilucidus.
t PELLCTÉINK (pèl-la-té-i-n"), s. (. Terme de chimie. Produit de la décomposition de la pélosine hydratée au contact de l'air et de la lumière
t PELOIR (pe-loir), *. m. Bâton rond dont le chamoiseur se sert pour peler les peaui.
— ETYM. Peler i.
t PÉLOPIITM (pé-lo-pi-om'), t. m. Terme de chimie. Nouveau métal découvert en (844 dans la tanlalite de Bavière, ainsi que le niobium.
t PÉLORIE (pé-lo-rie), s. f. Terme de botanique. État d'une fleur qui, étant habituellement irrégulière, prend, dans un cas individuel, une forme régulière.
— f.TVM. ne).(opioî, monstrueux.
t PÉLOBISATION (pé-lo-ri-za-sion) , t.f. Terme de botanique. Phénomène vital par lequel une fleur, originairement asymétrique, devient régulière en se pélorisant, ou en passant à l'état de pélorie-
tPÉI.ORISÉ, ËE (pé-lo-ri-7.é, zée), part, passé àe péloriser. Qui offre le phénomène de la pélorie.
t PÉLORISER (SE) (pé-lo-ri-zé), v. réfl. Prendre le caractère de la pélorie. Une fleur qui se pélori.se.
t PÉLOSINE (pé-lo-zi-n"), s. f. Terme de chimie. Case organique contenue dans la racine du pareirabrato.
t PELOTAGE (pe-lo-U-j"), «. m. Il !• Action de mettre les écheveaux en pelotes. || 2° Nom qu'on donne à la troisième sorte des laines de vigogne, par la seule raison qu'elles viennent d'Espagne en pelotes. Il 3° Poil de chevreau qu'on tire d'Orient, il 4" Au jeu de paume et au billard, action de jouer négligemment, sans s'astreindre aux règles. || Fig. Action de peloter, de s'amuser à quelque chose de peu sérieux. La prise de Barcelone fut un nouvel aiguillon qui rendit effectif et sérieux à Riswicii ce qui jusqu'alors n'avait été qu'un indécent pelotage, ST-siM. 40, 78.
— ETYM. Peloter.
PELOTE (pe-lo-f). s. f. \\ l' Boule que l'on forme avec du fil, de la soie, etc. en les enroulant. Une pelote de fil. Il 2* Coussinet où les femmes fichent des aiguilles et des épingles. || 3" Pelote de paumier, la balle d'un jeu de paume avant qu'elle soit couverte de drap. || i* Masse arrondie de quelque substance. Les Arabes ne donnent aux chameaux chaque jour qu'une heure de repos et une pelote de pâte, bdff. Korceaux choisis, p. «6. ||6° Pelote de nei^re, boule faite avec de la neige pressée. Pas plus que tod.oou pelotes de neige n'ébranleror.tdes murailles d'airain, vofT. £)ioi.xxiv,<0. Il Pelote de neige, boule de neige, plante. || La troupe se grossit comme une pelote de neige, se dit d'une troupe de gens qui augmente à chaque instant. || Fig. et familièrement. La pelote se grossit, se dit de projets, d'intérêts, de ressentiments qui s'accumulent, par comparaison avec la pelote de neige qui se grossit en roulant. Mme de Maintenon souffrit de Pontchartrain des roidours qu'elle n'eiit jamais passées à un autre ; mais la pelote grossit tant, qu'elle fut ravie de s'en défaire, ST'SIM. 8«, <42. Il Kig. Cela fait une pelote au bout de quelque temps, se dit de petits profits qui, accumulés, finissant par former une certaine somme. ;{ Kig. Faire sa pelote, amasser ses profits et s'en composer une petite fortune. || Fig. Se dit de toute espèce d'amas. Il n'y a point de jour où l'on ne lassi: cesser quelque vexation ou quelque abus; mais la pelote était si énorme, qu'a peine p.iraîtelle encore dégrossie, d'alemb. Leil. au roi de Pr. i& sept < 776. Il Ô" Tache blanche arrondie, siluée sur le front du cheval, et variant teaucoup pur ses dimensions. Comme on faisait beauwup de cas des chevaux qui avaient, sur le devant du front, une espèce d'épi ou rebrous«eraent du poil qu'on appelle étoile ou pelote, ils {les maquignons] vinrent à bout d'en faire parattre, Diet. des arts et mi'tiers, Karch. de chevaux. || 7" Cuivre en feuilles, roulé et préparé pour mettre k la fonte. ||8* Boule d'émeri pulvérisé et réduit en fAle avec l'eau. || 9" Tas de braise ou de cendre rouge, sur lequel un pug<'
les plateaux fondus dans les verreries. || 10° Réunion de peaux qu'on jette à la fois au foulage dans les tanneries. || 11" Terme de pêche. Amorce en forme de boule que l'on jette aux poissons au bout d'une ligne. || 12* Pelotes de mer, balles composées de fibres entrelacées et comme agglutinées que l'on trouve parmi les algues sur le rivage de la mer. 1113° Dans certains insectes, partie élargie des tarses, lorsqu'elle est garnie de villosités ou de lames qui font office de ventouses. || 14* Pelote de beurre, pelote de neige, coquilles univalves. || 15° Terme de marine. En pelote, se dit d'un ordre de marche en armée, dans lequel les vaisseaux de chaque division se tiennent massés et comme sans ordre près du chef de peloton.
— HIST. xii° s. Desor la mer, en un pravier. As barres [ils] prenent à juier [jouer], E d'une pilote à geter, Grégoire le Grand, p. 42. |lxtii°3. Or sunt Danois plus fors e pruz, Ore est m- istre reis Hardecnutz, Solum Fortune e sa note, K'en guère fait de gens pelote, Edouard le confesseur, v. 57». Il est ordené entre les preudomes desiiz diz que, se aucun.s nu aucune engagoit autrui fil en pelote ou en chaîne, il doit estre estranpiés du mestier, dusques à tant que il ait paie dix sols pour l'amenile, Liv. des met. 390. Fortune.... s'en joe 4 la pelote [des biens de la terre], Comme pucele nice et sote, la Rose, 6683. || xiv s. Une très noble espère [sphère] ou pelote ou une très bêle fiole, OBF.SME, Elh. 116. Helas, dient sui homme, si eûst grant desroi; De pranre [s'attaquer] au roi de France n'est pas geux de pelotte, Girart de Ross. v. 962. La pomme ou une pelote qu'il [le roi des
des échecs] tient en sa main senestre vignat,
Esches moralises, t° 8, ||xv*s. Quant les besongnes sont faictes, Les ouvriers qui les ont parfaictes Vont souvent après leur pelote, Mislere de ^ resurrect. de Jésus crist, dans pp.. michel, Argot. || xvi° s. Comme si Dieu se jouoit des hommes en les démenant çà et là comme des pelotes, calv. Inst. 144. Les grenades, les pelotes, les pots et carreaux à feu, paré, II, Préf. Une pelote d'or à pendre à la ceinture, garnie de diamants, de laoobde, Émaux, p. 438.
— ÉTYM. Berry, pelote, tas, amas : la pelote du fxtmier; provenç. pelota, pilota; esp. pelota; ital. pillotta; gloses d'Isidore, pilotellus; du lat. pila, pelote, balle.
PKLOTÊ, ÉE, part, pnssi de peloter. Roulé en peloton. Du fil peloté. || Terme de chasse. Lice pelotée, lice couverte par un chien.
PELOTER (pe-lo-lé), v. a. || 1° Mettre en peloton. Peloter du fil, de la soie il 2° Fig. et populairement. Battre, maltraiter de coups ou de paroles. Il-a voulu faire le mutin, on l'a vigoureusemontpelote.il a été bien peloi* dans cette discussion. ||3° Terme dépêche. Jeter de l'amorce dans l'eau, sous formede pelotes II 4° V. n. Jouer à l.i paume sans faire une partie réglée. Je n'entends pas qu'il joue avec nos masses sur un billard haut de trois pieds, je n'entends pas qu'il aille peloter dans nos tripots, ni qu'on charge sa petite main d'une raquette de paumier.... J. J. H0U6S. Ém. II. Il Fig. Je compris bien que ces prélats voulaient peloter avec moi, et, comme le jeu me plaisiiit assez, je fis volontiers la partie, MARMONTEL, Mém. viu. || Peloter en attendant partie, faire quelque chose de peu inifiortant en attendant mieux. Nous attendons ce petit colonel [le fils de Mmo de Grignanj, qui vient se préparer pour aller en Picm nt; car cette expédition de Nice n'est que peloter en attendant partie, sév. «Oavr. (691. IIS" Se peloter, c. réft. Être mis en peloton. Ce fil se pelote aisément. || Kig. Se battre. Us se sont bien pelotés.
— iiisT. XVI* s. Nous pelotions nos déclinaisons grecques, à la manière de ceux qui par certains jeux de tablier apprennent l'arithmétique, mont, i, 195. Et pelotoil-on ce nom de Vieillevillo par le Louvre et tout l'aris, comme ung eslouf entre deux raquettes par bons joueurs de paulme, qui par honneur, qui par risée, carl. vill, 48.
— ETYM. Pelote; lierry, p»/o(ir, faire pelote.
t PKLOTECR, KCSK (pe-lo-teur, tod-z"), ». m. et (. Ouvrier, ouvrière, employé» à mettre du fil eu pelotons. Il S. f. l'cloteuse, machine pour façonner les pelotes de fil, de coton.
PELOTON (pe-lo-ton), «. m. ||1' Boule formée avec du fil, de la soie, de la laine, dont on a roulé un ou plusieurs fils sur eux-mêmes. || Fig. Ce qui sert  sortir do quelque emharras, par allusion au fil d'Ariane et au labyrinthe. l.a Itletlerie [auteur d'une histiûre de l'empereur Julien] devait prendre avec soi le peloton de U. de Soint-Agnan, 1 1 s'en .servir pour se tirer du labyrinthe où il s'est engagé, VOLT. Lelt. FormotU, 13 lév. (7ah. UFig. Kn pelo-
ton, en forme de peloton, en ramassant ses men, hres. .Se mettre en peloton. La vieille reine étail rapetissée de la moitié et toute en peloton, f*.-«. t. XIX, p. 3. Il Fig. Un peloton de graisse, se dit d'un petit oiseau extrêmement gras, et aussi d'un petit enfant fort gras. || 2° Se disait autrefois d'une espèce de pelote à épingles, que les femmes allachaient à leur ceinture. Quand il me donnerait toute la boutique d'une mercière, cela ne me ferait pas tant de plaisir qu'un petit peloton qu'Arlequin m'a donné, Marivaux, Double inconst. u, «. Il 3° Balle de paume non encore recouverte de drap. Il 4° Fig. Petit nombre de personnes réunies en groupe. Un peloton de gens à physionomie savante admiraient, qu'étant aussi jeune, elle [la Dauphine] pût savoir diverses langues parfaitement bien, m"' nE .scuDÉRY, les Conversations, Dialogue. Là deux petites amies, et ici trois autres en pel 'ton, occupées à causer et à s'entretenir ensemble à la dérobée, Boss. Instr. aux Ursul. sur le silence i. Le peuple s'assemble dans les places par pelotons, vab- VKN. ientulus. Pourquoi faut-il que je sois si heureux à Potsdam, quand vous êtes à Paris"? pourquoi tous les êtres pensants et bien pensants, les gens de goût, les bons cœurs ne font-ils pas un petit peloton dans quelque coin de ce monde? volt. Lett. d'Argental, 27 oct. 1750. Son petit peloton se rassemblait à l'opéra sous la loge de la reine, j. j. RODSS. Confess. viii. ||II se dit des animaux. Elles [les cigognes] traversent l'Hellespont, puis, se divisant à la hauteur de Ténédos, elles partent en pelotons et vont toutes vers le midi, bupf. Ois. t. xm, p. 38S. Il Un peloton de mouches à miel, de chenilles, une grande quantité de mouches à miel, de chenilles, qui sont ensemble en un tas. Les haies sont pleinesde pelotonsde chenilles. {| 5° Termede guerre. Petite bande de soldats. Leur manière de combattre par pelotons, et de se rallier un moment apr^s leur déroute, FLÉCH. Uist. de Théodose, i, 48. Plusieurs petits corps moscovites qui, depuis la grande bataille de Nerva, ne se montraient plus que par pelotons, VOLT. Charles XII, 3. (| Particulièrement. Subdivision d'un bataillon sur le champ de bataille ou en marche. Les pelotons sont tous égaux en force, autant que possible ; ce qui n'a presque jamais lieu dans la subdivision par compagnies. Feu de peloton. École (le pploton. On mit un peloton entre chaque intervalle des escadrons. Relation de la campagne de Hocroi, dans bichelet.
— HIST. xvi° s. Ou quand il [un petit chien] courait si fort, Qu'il tournoit comme une boule. Ou un peloton qui roule, dobell. vi, 38, verso. Il tire de son gros ([uatre pelotons de trois cens homme» chascun, h'aub. Uist. i, <4».
— ETY.M. Pelote, avec la finale on.
PELOTONNÉ, ÉE (pe-lo-lo-»é, née), port, pasi
de pelolonner. Mis en peloton. Du fil pelotonné. PELOTONNER (pe-lo-to-né), i). a. || 1° Mettre en peloton. Pelotonner du fil, de la soie. ||2° Se pelotonner, V. réfl. Être mis en peloton. Cç fil s'est pelotonné aisément. || Par extension, p-jndre la (orme d'une boule, d'un peloton. [Dans les avalanches] quelques portions de neige se détachent du sommet [des montagnes], se pelotonnent et grossissent en descendant jusqu'à devenir une massa aussi grosse qu'une petite montagne, ruff. Add. et carr. théor. terr. Œuv. t. xui, p. 28. Ce sel, en se desséchant, se pelotonne et devient farineux, gay- LUSSAC, Instit. Mém. scienc. iS*2, 2° part. p. m. || .Se mettre en forme de peloton, ramasser, réunir ses membres. Quand on saute, on se pelotonne.... BEAUMARCH. MaT. de Figaro, ii, 2i. || 3° Fig. Se réunir en groupe. Les abeilles se pelotonnent.
— HIST. xvi° s. l'elottoner oudin, Diet.
— ÊTYM. Peloton.
PELOUSE (pe-lou-z'), ». f. \\ l" Terrain couvert d'une herbe courte, épaisse et douce. D'heureux troupeaux tondant les pelouses fleuries, iieulie, Parad. perdu, iv. Je me promenais sur la pelouse, en gardant hts dindons, gkni.is, Mme de Maintenon, L I, p. 80, dans pougens 112" L'herbe même doue» et courte qui couvre le terrain qu'on nomme pelouse. Ce n'est point ce gazon fin qui semble faire le duvet de la terre, ce n'est point cette pelouse êi. aillée qui annonce sa lirilkiite fécondité, Ht'PF. Chefs-d'œuvre, par flourkns, t. ii, p. ».
— ETYM. Ane. franc, pelons, pelouse, velu, velue; norni. eatte pelouse ou peleuse (chatte velue), chenille ; du lat. pilosus, velu, de pilus, poil.
t PEI.OUX (pe-loû),». m. pi. Terres enlevée» au sommet des montagnes stériles par le» eauz pluviales et cnti liiiées dans les vallées.
— ET vu. Peler t.
PEL
rKI.TASTE (pèl-ta-sf), ». m. Terme d'antiquité grecque. Soldat srm* de la pelte, soldat armé k la léKère, par opposition au soldat pesamment armé ou boplite.
— Srru. IliXtaati^, de «fiitri , bouclier (voy.
PELTE).
l'EI.TE (pèl-f), s. f. Terme d'antiquité. Petit bouclier eu forme de croissant.
— RTYM. Ijit. peJ(o, du grec it^Xtri.
f PELTE, fiE (pfe!-té, tée), adj. Terme d'histoire n.iturelle. Oui a la forme d'une pelte. || Se dit surtout d'une feuille dont le pétiole s'insère au milieu du limbe.
— CTYM. Pelte.
t PELTICOf.HLIDES (pèl-ti-ko-kli-d'), t. m. pi. Classe de mollusques comprenant ceux dont la cçquille est orhiculaire.
— RTYM. na-nr), pelte, et xéx'iîi colimaçon.
■)■ PELTIFJDE (pèl-ti-fi-d'), ai). Terme de botanique. Se dit d'une feuille peltinerve fendue, c'est-àdire dont les divi.sions ne sont soudées que jusqu'au milieu de leur longueur.
— ÉTYM. Pelle, et là lat. findere, fendre.
t PELTIFORME (pèl-ti-for-m'), adj. Terme d'histoire naturellfi. Qui a forme d'une pelte. Feuille pelliforme. {| Terme de minéralogie. Couches peltifnrmes, couches convexes et appliquées sur le penchant d'une montagne.
— KTYM. Pelle, et forme.
t PELTIGftRE (pèl-ti-jè-r'), ». f. Genre de grands lichens dont les lobes larges et coriaces sont garnis en dp.ssous de crampons qui les fixent aux corps sar lesquels ils vivent.
— ÊTYM. Lat. pelta, pelte, et gerere, porter.
I PELTINKRVE (pèl-ti-nër-v'), adj. Terme de botanique. Oui a des nervures peltées, en parlant des fouilles dont les nervures partent du sommet du pétiole.
— ÊTYM. Pelle, et nerf.
t PELTIPARTITB (pèl-ti-par-ti-f), adj. Terme de botanique. Se dit des feuilles peltinerves qui sont partagées, c'est-à-dire dont les partitions se trouvent soudées entre elles vers leur hase, qui est la nervure primaire.
— ÉTYM. Pelte, et le lat. partilus, partagé.
t PELTIS (pèl-tis'), ». m. Genre de coléoptères clavicomes.
— ÊTYM. Pelte.
t PELTISÊQU*, ÉE (pM-ti-sé-ké, kée), adj. Terme de botanique. Il se dit des feuilles peltinerves qui sont disséquées, c'est-à-dire dont les segments ne se trouvent pas soudés entre eux et sont seulement réunis par la nervure primaire.
— ÉTYM. Pelle, et le latin secare, couper.
+ PELTOÏDES (pèl-to-i-d'), s. m. pi. Tribu de coléoptères clavicornes, qui a pour type le genre peltis.
— ÉTYM. né)iTi), pelte, et «Woi;, forme.
PELD, LUE (pe-lu, lue), adj. || 1° Couvert de
poil Ces membres ^elus, robustes et nerveux,
RACAN, Berg. le Satyre, ii, 4. Une camisole pelue, Dont 11 se servait en hiver, scasr. Virg. vu. |{ Registre pelu, nom donné à un registre des olim, comprenant les années (273-1298, aujourd'hui perdu, et restitué en partie par M. Delisle à l'aide de copies de pièces retrouvées à la Bibliothèque impériale. Il 2* Patte-pelu, voy. patte-pelu, à son rang.
— HlST. XV s. Si tost que les douze chevaliers eurent veu le jouvenrel nud et pelu comme ung ours, Perceforett, t. iv, ^ «».
— ÉTYM. Autre forme de potJu; prov. pellut, pe~ lui; catal. peUid ; esp. peludo.
PELUCHE (pe-lu-ch'), ». ^. ||1' Étoffe de laine, de soie, etc. dont les fils sont très-longs d'un côté. Une couverture de peluche. || a* En termes de fleuriste, peluche, le velouté de l'anémone. || Plu- Bieum écrivent pluche.
— 6TYM. Norm. plouque; bourg. peUuehe; wal- '^" > P'«W, s. f, ; esp. petuta, le duvet des fruits ; Ital. peluccin. peluixo; d'une forme non latine ptlueiut, de pi7«.t, poil.
PELUCHÉ, CHÉE (pe-lu-<aié, chée). odj. Il se dit des étoffeset de quelques plantes qui sont velues. Anémone peluché*. KtofTes à poils ou peluchée* • les anciens en ont fabriqué pour leurs vêtemenu pour leurs couveriure» de lit, pour les serviettes de Uble et de b«in,i(0N0M, Imtit. Mém. hisl. et Unir »ne. t. jv, p. 17».
PELUCHER (pe-luch^r), «. n. En pariant des
étoffes se couvrir de poil» qui se dé^ag^nl du tissu
Je cnlos que c»tle Hntfp ne peluche. || Il se coniu-
gM avec l au.iliaire avoir. \\ On écrit aussi plucher
— ÉTYM. etimeht: gène». p/ue»«r, épelucher.
PEN
t PELUCHEUX, RUSE (pe-lu-cheû, choûz"), adj. Se dit d'une étoffe qui peluche, ou d'une élofTc dont le poil est très-long d'un côté. Ils [des bas) étalent fins el unis en dessus et extrêmement pelucheux ^n dedans, grnlis, Mém. t. iv, p. 350, dans pouoenk.
PELURE (pelu-r'), ». f. \\ 1" Peau, enveloppe do certains fruits, de certains légumes, et de tout ce qui se pèle. Pelure de poire, d'oignon. l'elure de fromage. || Pelure d'oignon, voy. oignon, n* <. Il Pelure d'oignon, un champignon; une variété de pomme de terre. || î* Terme de vénerie. Inégalités à la surface du bois des cerfs. || 8" Populairement et par plaisanterie, redingote, vêtement de dessus. Il fait froid; j'ai mis une pelure. || 4° Papier pelure, sorte de papier très -fin sur lequel on écrit ou imprime. || 6* Synonyme de pelis. Pour empêcher la grande quantité de.sdiles pelures, qui provient de ce que les bouchers, tuant des moutons sans avoir fait couper la laine, ladite laine en est arrachée et déracinée de la peau après la mort de la bête, ce qui se fait avec de la chaux qui la gâte, Instruct. aux commis des manuf. 30 avril 1670.
— HlST. XIII' s La peleùre d'une pomme, ruteb. • 54. Il XIV' s. Peler el nettoier très bien, et getter les peleures, Uénagier, u, 6.11 iv* s. Que diriezvous de nos mignons. Qui ont uns perrucque brune Et broyent pelures d'ognons? COQUIU,. Droits nouv.
— ETYM. Peler i.
f PICL'VAN (pèl-van), ». m. Pierre longue dressée perpendiculairement en forme de pilier.
— ÉTYM. Bas-hret. peulvan, de peul, pilier, et man, figure.
t PELVl-CRÙRAl, ALE (pèl-vi-kru-ral , ra-l'), odj. Terme d'anatomie. Appartenant au bassin et à la cuisse. Tronc pelvi-crural, réunion des troncs veineux crural et pelvien.
— ÊTYM. Lat. pelvis, bassin, et crural. PELVIEN, lENNE (pèl-viin, viè-n'), adj. Terme
d'anatomie. Qui appartient au bassin, tes membres pelviens.
— ÊTYM. Lat. pelvis, bassin.
t PELVffORME (pèl-vi-for-m') , odj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un bassin, d'une coupe ou d'une écuelle.
— ÉTYM. Lat. pelvis, bassin, et forme
t PELVIMÈTRE ^'èl-vi-mè-tr'), ». m Terme d'obstétriqui Instrument pour mesurer les diamètres du bassin de la femme.
— ÉTYM. I-at. pelvis, bassin, et mètre, mesure. f PELVIMÉTRIE (pèl-vi-mé-trie), ». f. Terme
d'obstétrique. Art ou action de mesurer les diamètres du bassin avec le pelvimèlre.
I PELVl-TUOCHANffiRlEN, lENNE (pèl-vi-»rokan-té-riin, riè-n'), odj. Terme d'anatomie. Qui appartient au bassin et au trochanter.
— ÉTYM. Lat. pelvis, bassin, et trochariter.
f PEMMICAN (pèm-mi-kan), ». m. Préparation de viande très-nutritive sous un petit volume, qu'on emporte dans les longues traversées. Le pemmican dont on s'est servi dans les expéditions vers le pôle arctique avait été fabriqué en Angleterre avec du bœuf de première qualité, des raisins de Corintbe, des raisins ordinaires et du sucre; il différait donc beaucoup du pemmican grossier qui sert de nourriture principale dans les territoires de la baie d'IIudson, Voy. de l'Atlantiqtte au Pacifique, par
MILTON etCHEADLE, p. 61.
— ÉTYM. Angl. pemmacan.
t PEMPlIlflOUE (pin-fi-go-d"), adj. Terme de médecine. Qui a rapport au pemphigus. Fièvre pemphigode, fièvre qui accompagne le peinphigus, el qu'on a aussi appelée vésiculeuse ou huileuse.
— HlST. XVI' s. La synoque putride se termine quelquefois par une quantité de macules et de taches rouges qui.... sont cause que l'on l'appelle pemphygodes, purpurée, ou fièvre de pourpre,
PARÉ, XX, t6.
— ÊTYM. nepispiTÛSinç (voy. PEMPHlous).
t PEMPHIGUS (pin-fi-gus'), ». m. Terme de médecine. Phlegmasie cutanée qui commence par un prurit promptement suivi de plaques rouges sur lesquelles se forment des balles volumineuses.
— KTYM. Iléiiçiî, Ké\jjfiyoi, ampoule.
t PENAU.LE (pe-nâ-ir, U mouillées) , ». f. Terme de mépris désignant surtout les moines. La penaille, ensemble enfermée, Kut en peu d'beures consumée, la font. Cordel.
— ÉTYM. Ane. franc. pen« ou pane, harde, étoffe, avec la désinence péjorative aille; picard, penée, lamL.'au ; penat, linge dont les campagnards s'entouren les pieds en été.
PKNAILLON(pe-nà-lloo, U mouillées, et non penl-yon), ». m. || 1* Haillon. || >* Familièrement et par
PEN
mépris, un moine. En un mot, tous cespenailloni, Ces loups-garous, ces capuchons Oui font pour par leur mine seule, Harangue dis yens de .Marcelle à M. de VinlimiUe contre l'Ùnigenitus, M. i», 1732. Tout penaillon y vante sa l)esace. Son institut, ses miracles, sa crasse, volt. Hypocris.
~~ HlST. xvi's Ces embourrements de ventre qu(> portent les hom(i>es, et ces penaillons de revesclic de quoy les femmes grossissent leur cul, boucubt. Serves, m, p. 68, dans lacurne.
— ÉTYM. PenoiU».
PÉNAL, ALE (pé-nal, na-l*), adj. Qui assujettit à quelque peine. Voilà sérieusement où en viennent les fins réformés : ils prononcent sans restriction que le prince n'a aucun droit sur les consciences, et ne peut faire des lois pénales sur la religion, boss. Déf. hist. Variai. 4. De là cette troisième partie du sacrement de pénitence, laquelle consiste en des œuvres pénales (jue le confesseur impose au pénitent pour lui tenir lieu de satisfaction, bourdal. Peusées, t. i, p. 332. Il faut éviter les lois pénales en fait de religion, hontesq. Esp. xxv, 4i. || Clause pénale, dommages-intérêts déterminés à l'avance par les parties, pour le cas oil l'une d'elles ne remplira pas ses engagements. La clause pénale est celle par laquelle une personne, pour assurer l'exécution :: une convention, s'engage à quelque cbosi en cas d'inexécution, Code Nap. art. 122«. || Le code pénal, le code qui renferme les peines portéeti contre les crimes et délits.
— REM. Il n'y a aucune raison pour ne pas dire péruux au masculin : édits pénaux, comme du Beilay.
— HlST. zvi* s. Les actions pénales [demandée e- restitution avec dommages et intérêts], loysel, 831. Il a fait publier des edits pénaux es lieux où le fait pouvoit estre cogneu, m. dd bbll. 4»i.
— ÊTYM Lat. poenalis, de pœno, peine.
PÉNALITÉ (pé-na-li-té), ». f. \\ 1° Qualité de ce
qui est pénal, de ce qui est susceptible d'une peine, d'une punition. On n'écrit pas la législation de la conscience publique ; on la lit dans l'opinion et dans les mœurs ; le déshonneur en est la pénalité, la- MART. lîapp. à la ch. des dép. Propr. Mt. || 2° Système des peines établies par les lois. || On peut dire pénalités au pluriel, s'il s'agit de comparer les différents systèmes de peines des peuples.
— HIST. XV' s. En amour vivre, Tousjours ensuyvre Charnalité, C'est vilité, Pénalité, Et beaucoup pis que d'un homme yvre, le Blason des faulces amours, p. 226, dans lacurne, au mot vililé. Il XVI' s. Porter paciemment sans murmure tous labeurs, peines, pénalités, adversités et tentations de ce monde, pour l'amourde Dieu, les Triomphes de la noble dame, f° 24 2, dans lacurne.
— ÉTYM. Pénal.
PENAUD (pe-nar), s. f. Terme de dénigrement. Vieux penard, ou, simplement, penard, vieillard usé. Voyez le vieux penard 1 il lui faut des filles de dix-huit ans, hauteboi;he, Crùpin méd. i, lo. Vous, vieux penard, moi, fille jeune, la font. Cal. Ma foil j'en suis il'avis, que ces penards chagrins Nous viennent étourdir de leurs contes badins, MOL. Vht. i, 2. Comment les jeunes gens pourront-ils s'empêcher de croire qu'on les aime, puisque ce vieux penard s'imagine qu'on l'idolâtre? LE sage, Gil Bl. IV, 7.
— HlST. XVI' s. Vieux penard, oudih, Curios. franc.
— ETYM. Il y a dans lancieu français pannart, pennart, penardeau, penard, qui signifie couteau : Chascun exerçoil son penard, cliascuii desrûuilloit son braqueiuurt, bab. PonJ. Ill, Préf. Il est possible que par une métaphore facile à comprendre, on ail dit vieux penard, vietix braquemart, comme vieille dague pour une vieille femme de mauvaise vie.
PfJ«ATES (pé-na-f), ». m. pi. jj 1* Terme de la religion romaine. Dieux domestiques; on en distinguait deux sortes: les publics et les particuliers; les publics étaient comme les divinités tutébiire» de la ville el de l'empire de Rome. Saluez ces pénates d'argile : Jamais le ciel ne fut aux humains si facile. Que quand Jupiter même était de simple bois, la FONT. Phil. et Baucis. Le palais deNuma, le temple de Vcsta, les pénates du peuple romain, dider. Cfaude et Nér. i, 89. || ^dj. Averiie qu'on allait venir à elle, cette infortunée princesse s'était réfugiée avec ses deux filles dans le lieu le plus retiré lie sa maison, vers ses dieux pénates, rdllin, IHst. anc. Œuv. t. x, p. 68, dans pouoens. || t° Fi)!. Habitation. Il renonce aux courses ingrates, Revii'nien son pays, voit de loin ses pénates, la pont. Fahl. vu, *2, C'était dans le temps que M. le prince de
PEN
f>EN
Brunswick faisait à mes petits pénates le mSoie honneur que vous avez daigné leur l'aire [une visite], VOLT. Lett. Richelieu, I9 août 1768. ||-4(i;. Me voilà enfin, sire, de retourchez mesdieux pénates, jusqu'à présent plus fatigué que guéri, o'albhb. Lett. au roi de Pr. 30 nov. jtto.
— ETYM. Lat. pénates, de penu, intérieur.
PENAUD, AUDE (pe-nô, Ifô-d'), ar(). Terme familier. Embarrassé, honteux, interdit. LaGêvres.... est demeurée toute penaude, sÉv. «3 mars <67l. Oui fut bien penaud? ce fut le duc de Saint-Algnan qui venait d'apprendre cette histoire au roi [sans savoir que ce fût l'accouchement de sa propre fille], ST-siM. 95, 3. L'abbé Quillet, qui fut présent aux exorcismes de Loudun, défia le diable de ces religieuses et le rendit penaud, Analyse de Bayle, t. II, p. ï8t. On ajoute que ce magistrat fd'Épres- Tnenil] a ouvert les yeux [sur Cagliostro]; il est tout penaud de sa crédulité, bachaumont, Mém. tecT. t. XXXV, p. 45. Il Penaud comme un fondeur de cloches, voy. clociie, n° f .
— HIST. XVI' s. Le gentilhomme fut bien penaud, quand.... desper. Contes, lxxit. Te voyla bien peneux de ce que ton cheval a si bien parlé à toy, iD. Cymbal. U4. Penaut comme un chat qu'on chastie, oudin. Curies, franc.
— ÉTYM. Bourguig et wallon, peneu; génev. penot. penotte ; Berry et picard, peneux. Si l'on considère les formes du patois et celles du xvi' siècle, on pensera que penaud et peneux se confondent, et que l'un et l'autre signifient celui qui est en peine.
1 PENCE (pèn'-s'), voy. pe»nv.
». PENCHANT, ANTE (pan-chan, chan-t'), adj. Il 1° Oui penche, qui est incliné. Il y a une grande différence de relever une maison ruinée, et de la souienir quand elle est penchante, bossuet, Réfut. cate'ch. Ferry, ii, 6. Le Rhin.... Appuyé d'une main sur son urne penchante, boil. tp. iv. Des monts, des rocs suspendus et penchants, malfil. Narcisse, i. [Hylas] Se courbe, et, s'appuyant à la rive penchante, Dans le cristal sonnant plonge l'urne pesante, a. chénieb. Idylles, llylas.\\ Fig. Étrange aveuglement de l'homme, qui, tout penchant qu'il est à la mort, ne veut prendre qu'à l'extrémité les sentiments d'un mourant I Boss. Pensées chrétiennes, i. Il Terme de zoologie. Se dit des ailes d'un insecte, quand le bord interne est plus élevé que l'externe. {| i' Fig. Qui est dans le déclin, sur son déclin. 0 mon Hlsl 6 ma joiel ô l'honneur de nos jours! ô d'un état penchant l'inespéré secoursl corn. Hor. iv, 2. Rendez-vous, comme lui, digne de ce dépôt. Que son âge penchant vous remettra bientôt, id. Pulch. v, 6. Quand nous nous voyons penchants sur le retour de notre âge, que nous comptons déjà une longue suite de nos ans écoulés, BOSS. Panég. St Bernard, i. Si le monde penchant n'a plus que cet appui, Je le plains, hac. Alex. 11,2. Il 3° Fig. Enclin. Le cœur des hommes est étrangement penchant à la légèreté! pasc. Jésus-Christ, l», édit. paigèbe.
2. PENCHANT (pan-chan), .ï. m. |l 1* Le terrain qui est en pente. La grotte de la déesse était sur le . penchant d'une colline, fén. Tél. i. Sur le penchant lie (iuelc|ue agréable colline bien ombragée, j'aurais une petite maison rustique^, une maiS'in blanche avec des contrevents verts, J. J. aouss. Ém. iv. |{ Se dit aus-si du cours incliné d'une rivière. De même qu'une eau débordée no fait pas partout les mêmes ravages, parce que sa rapidité ne trouve pas partout les mêmes penchants et les mêmes ouvertures, BOSS, Reine d'Anfjlet. || Fig. Seigneur, dans le penchant queprennent les affaires, Les grands discours ici ne sont pas nécessaires, coHN. .4 Hi/a, i, 2. || Fig.Êlresur le penchant de sa ruine, de sa chute, c'est-à-dire sur le point d'être ruiné, d'être perdu, de tomber. Vivre dans une pareille incertitude, toujours exposé aux caprices de l'un, aux intrigues de l'autre, et toujours sur le penchant d'une ruine affreuse, bourdal. Dominie. u,Àmbit. fit. L'État est sur le penchant de sa ruine, la brut. x. Tirer un peuple ie l'état de barbarie, le soutenir dans sa .splendeur, l'arrêter sur le penchant de sa chute, .sont trois opérations difficiles; mais la dernière l'est davantage, riynal, Hist. phil. XV, li. Il Fig. Se retenir sur le penchant du précipice, avoir la force, la pruilence de .s'arrêter sur le point prêt à amener la ruiii'!. || i' Fig. Déclin, en parlant de ce qui a un cours et marche vi,>rs un ternie. Je crois avoir juste raison d'appréhender pour lui [Riolan], d'autant que je le vois dans un grand penchant de ses forces, ooi patin, leil. t. I, p. •«♦. Bien qu'il parfti déjà d.iii-i le penchant de l'Age, corn. (Ed. iv, 4, Il n'y a guère de
personnes qui, dans le premier penchant de l'ige, ne fassent connaître par où leur corps et leur esprit doivent défaillir, larochefouc. Uax. 222. Le jour décline, le soleil est sur son penchant, boss.
2' sermon, Char.fratern. 3 Le char de l'automne
au penchant de l'année Roule déjà poussé par la main des hivers, lamart. Médit, i, !). || La fortune, la faveur de cet homme est sur son penchant, elle est sur son déclin. || 3° Fig. Impulsion forte vers quelque chose ou vers quelqu'un. Qu'aisément l'amitiéjusqu'à l'amour nous mène ! C'est un penchant si doux qu'on y tombe sans peine, corn. Héracl. m, ». Ah! si d'un autre amour le penchant invincible Dès lors à mes bontés vous rendait insensible, hac. Mithr. IV, 4. Ils suivaient sans remords leur penchant amoureux, id. Phèdre, iv, ». Cette tendresse née avec nous, cette destinée des penchants, vaines expressions dont la corruption tâche de couvrir la honte du vice, mass. Carême, Enf. prod. Je n'ai fait, dans les horribles désastres des Calas et des Sirven, que ce que font tous les hommes : j'ai suivi mon penchant ; celui d'un philosophe n'est pas de plaindre les malheureux, c'est de les servir, volt. Polit, et législ. Lett. à d'Alemhert sur les Calas et les Sirven. Lorsque Madame fit travailler Racine et Corneille à la tragédie de Bérénice, elle avait en vue non-seulement la rupture du roi avec la connétable Colonne, mais le frein qu'elle-même avait mis à son propre penchant, de peur qu'il ne devînt dangereux, id. toui'î XJY, 25. Les hommes n'ont qu'un penchant décidé, c'est leur intérêt, duclos, Consid. moeurs, <o. Rien ne montre mieux les vrais penchants d'un homme (|ue l'espèce de ses attachements, j. i. bouss. Conf. vu. Le penchant est un premier degré de mouvement ; la passion est un mouvement dans toute son intensité, bonnet, Ess. anal, âme, ch. 18. || Penchant vers, se dit en parlant des personnes. Quel que soit vers vous le penchant qui m'attire, rac. Mithr. ii, 6. Il Penchant pour, se dit en parlant des personnes et des choses. Il avait un penchant infini pour les femmes, hamilt. Gramm. to. Je croyais avoir entendu dire à madame, qu'elle n'avait point de penchant pour lui, MARiv. Fatisses conf. i, (5. Le czar, qui voulait réformer sa nation, ne put jamais corriger dans lui-même son penchant dangereux pourlla débaucbe, volt. Chartes XII, 2. Compagne d'hommes innocents et paisibles, la bergeronnette semble avoir pour notre espèce ce penchant qui rapprocherait de nous la plupart des animaux, s'ils n'étaient repoussés par notre barbarie, bufp. Ois. t. ix, p. 379. Il Penchant à, se dit en parlant des choses et en construction avec "un inlinitif. Quoique nés dépendants et sujets à Dieu, nous avons, mes frères, un penchant à nous révolter contre la loi de Dieu qui nous domine, bourdal. Purif. de la Vierge, Myst. t. Il, p. <5«. Même élévation de génie et de courage [chez le duc et la duchesse de Montausierl, même penchant à la vertu, fléch. Duc de Mont.
— REM. Penchant n'a un pluriel que lorsqu'il se dit absolument, sans régime : Il faut résister à ses penchants ; Les bons penchants, les mauvais penchants. Quand il régit à, pour, vers, il se met toujours au singulier. On dit : Il a un grand penchant à la vanité, et non pas de grands penchants.
— SYN. penchant, inclination. L'inclination est plus faible que le penchant, c'est l'effet d'une simple impression qui fait plier ou courber la chose d'un côté. L'inclination fait tendre ver» un objet; le penchant y entraîne.
— ÉTYM. Penchant t.
PENCHlî, ÉE (pan-ché,chée), par», possède pencher. Il l'Qui n'est pas droit, perpendiculaire. Sa tête sur un bras languissamment penchée, corn. Rodog. V, 4. Il [Turennemort] était penché le nez sur l'arçon, SÉV. 2H. Au.ssitôt que le Samien m'avait porté un faux coup et que son bras s'allongeait en vain, je le .surprenais dans celte posture penchée, fén. Tél. V. File était penchée vers le ruisseau; de profonds soupirs sortaient de sa bouche, volt. Zadig, I8. En approchant de Bologne, on est frappé de loin par deux leurs très-élevécs, dont l'une surtout est penchée d'une manière qui effraie la vue, staki.. Cor. xix, 7. Comme un lis penché par la pluie, i.amabt. Méd. Il, (4. Il Un air penché, contenance ilins laquelle on baisse la tête, air malade, souffrant. Je fus hier au cours avec un air penché, parce que je ne veux point faire de visites, sÈv. 29 avr. ««86. Il Par extension. De» air» penchés, des mouvements de la lête et du corps affecté» pour t&chor de plaire. Chattes aux airs penchés sont les plus amoureuse», dïshoul. Poe.», l II, p iw l'IiH de o.ideiif e dit lu premieri pat : il fia &li de Montbron] crut
la rattraper, et couvrir son défaut par des airs penchés et un haut port de bras, st-sim. 3, 68. Les comédien» qui ont défiguré mes ouvrages pour M donner des airs penchés sur le théâtre , volt. Lett. d'Argental, 3janv. «787.|| Terme de tiotanique. Qui est attachée la base en haut et le sommet en bas, ou qui se dirige perpendiculairement vers la terre. Il 4° Fig. Qui incline vers. Il a besoin d'un gendre.... Qui soutienne des ans penchés dans la tombeau, corn. Pulchér. v, 4. Flatter la faiblesse humaine, trop penchée par elle-même au relâchement, BOSS. Comédie, i.
PENCHEMENT (pan-che-man), ï. m. Action de rendre penchant. Des pencbements de tête à demi concertés, corneille, la Veuve, i, 4. || Etat d'un corps qui penche.
— ÉTYM. Pencher.
PENCHER (pan-ché), v. «. || i° Faire que quelque chose ne soit pas droit, perpendiculaire. Si Alexandre penche là tête , ses courtisans penchent la tête, malebr. Rech. vér. ii, m, 2. Les arbres fruitiers, en panchant leurs rameaux vers la terre, semblent offrir leurs fruits à l'homme, fén, Exist. I, t2. Il Fig. (Un juge) Penche la balance inégale. Et tire d'une urne vénale Des arrêts dictés par Cypris, GRESSET, Chartr.\\l' Fig. Produire dan» l'âme un mouvement comparé à un penchement. Non qu'une folle ardeur de son côté me penche, corn. Cid, V, 5, Dieu répand dans l'âme quelque chose qui la penche vers la chose commandée, pasc. Prov. IV. Pour sentir évidemment notre liberté, il en faut faire l'épreuve dans les choses où il n'y a aucune raison qui nous penche d'un côté plutôt que d'un autre, boss. Lib. arb. 2. || 3° F. n. Être hor» de son aplomb, de la ligne perpendiculaire. Indépendamment des collines calcaires.... il y en a grand nombre d'autres qui ont penché par différents accidents, et dont toutes les couches sont fort inclinées, bufp. Add. théor. terr. Œuv. t. xii, p. 480. Cette balance, chargée de cinquante livre» de chaque côté, penchait assez sensiblement par l'addition de vingt-quatre grains, et chargée de vingtcinq livres, elle penchait par l'addition de huit grain» seulemeat, id. Hist. min. Inirod. part. exp. Œuv. t. VI, p. 44. Ton front bientôt fiétri penchera ver» la terre, Ducis, Abuf. iv, 7. || Fig. C'est de son côté [du P. Bouhours, dans une querelle avec Ménage] que le ridicule penche, sÉv. )6 sept. t676. || Faire pencher une balance, ajouter dans un des plateaux quelque chose qui le fait descendre. {| Fig. Vous TOUS êtes persuadés que celui qui peut jeter des masses d'or dans la balance de la justice, la fait pencher à son gré, ratnal, Hist. phil.ui, 4t. Il 4° Fig. S'incliner, s'affaisser comme fait ce qui penche. Quoiqu'elle penche sur son déclin, il faut avouer qu'elle a encore des attraits, balz. liv. v, lett. t. Ils [certains favoris] aiguisent ce qui coupe, ils précipitent ce qui penche, ils encouragent les violents, id. De lacour,V dise La fragilité [du pécheur]... n'a jamais, de soi, quelenéant pour terme; Elle y penche, elle y glisse, elle y tombo aisément, CORN. Imit. III, 4. Elle [la synagogue) penchait visiblement à sa ruine, boss. Hist. ii, 6. Cependant Claudius penchait vers son déclin, rac. Brit. iv, 2. La démocratie qui penche à l'anarchie, raynal, Hist. phil. xix, 2. Il B" Fig. Être porté à. Songez que dans ma main j'ai le pouvoir suprême. Qu'entre Othon et Pison mon suffrage incertain. Suivant qu'il
rnchera, va faire un souverain, corn. Olh. u, ï. l'exception d'un petit nombre de sénateurs qui... n'étaient pas vendus à l'injustice, tout le reste pcncka du côté de Jugurtha, roi.lin, Hist. anc. Oiuv. t. I, p. 5S6, dans pouokns. Ce bon naturel qui vou» fait pencher du cité de la vertu, mass. Carême, Impén. Quel est le poids qui fait encore pencher le cncurT id. Avent, Disp. || Pencher lers quelqu'un ou vers quoique chose. Car enfin c'est vers toi que penche la nature, corn. Héracl. v, ï. C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale. L'a fait pour son malheur pencher vers ma rivale, rac Andr. y, 3. Et toujours tous les coeurs penchent vers Hajazet, m. Boja-i. i. 2. || Pencher pour. Osniin a vu l'armée, elle penche pour vous, rac. Bajat. Il, t. Vous penchiez pour quelqu'un : j'en suie f.lché pour vous ; Pourquoi tardiez-vous tant à me le venir dire? piron, Uétrom. v, M. || Pencher à, être porté vers quelque chose. Le respect qui pourrait in'empêcher De combattre un aris où vous semblcz pencher, corn. 6'tnna, ii, I. Agi» Jonc fortement, et fais-toi violence. Pour te soustraire au mil où tu te vois pencher, id. /mil. i, 2». Cette princesse pencliait au judaïsme, "oss. Uist. I, 10. Mon nalur?! penchait à la mollesse, rdr,. Dial. des morts mod.
lOiO
PEN
liinl. i5. n Pcnchw à, avec >iii verbe à l'inllnilif. El [j.-i pcnclic d'aulanl plus ù lui vouloir du liieii, Qw: hï'ii voyant imlinne, il ne demande rien, coiiN.i/f rac/. I, 2. Ils penchent à aimer le vice, j. j. boi;«s. Km. ii. li 6" Se pencher, v. réf. S'incliner. Dès qu'il fut enli-é, Maxime, se levant de son trône, se pencha vers luî pour lui donner le boiser, flijch. Ilisl. de Théoii. m, 72. Les Uours croissent à nos pieds, et il faut au moins se pencher pour les cueillir, niDER. Opin. des anc. philos. Kpicurhme. — HIC.M. 1. L'Académie, dans ses Senlimentx sur le Cid, remarque : Oe son côlé me penche; il fallait dire me /'asse pencher. Ce verbe n'est point actif, mais neutre. I.'.Xcadémie se trompait; les meilleurs écrivains emploient pencher à l'actif, en parlant des actes moraux. || 2. Pencher, v. n. se construit avec l'auxiliaire oroir ; il ayait penché pour ua tel. Il se construit rarement avec l'auxiliaire (Ire , et alors il se confond avec le passif de pencher,», a.
— HIST. XIII* S. Si (|ue li cors ne penge de nule part, ALKBRANT, f. 29. Li enquesteur, ne li auditeur, ne li juge, ne li arbitre ne sunt pas loial, qui se penchent plus d'une partie que d'autre, «EAUM. XL, 42. Il XVI* S. Vicfi Vers lequel je penche évidemment de ma complcxion, mont, n, 42. Celte aysée, doulce et penchante voye, n'est pas celle de (a vraye vertu, id. 11, <I7. Ils leur enseignent à ne »e pancher pas en avant quand ils cheminent, AMïoT, Que la vertu se peut apprendre, ".
— f.TYM. Provenç. penffor, penjar; ca.ia.].penjar; d'une forme non latine pendtcore, dérivée de pendrre, être su.spendu.
t PENÇOIR (pan-soir), s. m. Sorte de sinet usité autrefois dans les livres d'église.
PENDABLE (pan-da-bl'), adj- || !• Qui mérite d'èlre' pendu. Je soutiendrai toujours, morbleu! qu'ils [des vers] sont mauvais. Et qu'un homme est pendable après les avoir faits, mol. Mis. 11, 7. L'abbé Dubois, plus pendable encore que Law, sentait qu'il pouvait devenir la seconde victime du public, cocLos, Œuvr. t. v, p. 345. Il 2* Qui entraîne la peme du gibet. La polygamie est un cas. Est un cas pendable, mol. Pourc. 11, t3. || Familièrement. Tour pendable, méchanceté insigne. Il [le serpent] passe, dans un pays voisin, pour avoir joué un tour pendable aux femmes, volt. Taureau blanc, ch. 3. Il Le cas n'est pas pendable, il n'y a pas lieu de beaucoup blâmer. Pour moi je ne vois point que le cas soit pendable, mol. Mis. i, < .
— HiST. xm* s. Aucune gens quident [pensent] que cil qui sunt pris, en présent meffet, emblant connins ou autres grosses bestes savages en autrui garennes anciennes, ne soient paspendavle, beaum. XXX, u15.il XVI* s. Il n'est homme de bien qui ne soit pendable dix fois en sa vie, mont, iv, )3o.
— ETYM. Pendre.
t PENDAGE (pan-da-j') , ». m. Inclinaison des couches, dans une mine, dans une carrière. [Une couche d'ardoise...] présente un pendage de 'io à 25 degrés sur la verticale, blavieh, Presse scientif. <8e4, t. I, p. H7.
— HIST. xvi* s. Choisissez arbres pour pendaige [pour TOUS pendre], bab. Anc. prol.
— F.TYM. Pendre.
tPENDAILLE (pan-dft-11', ({ mouillées), *. f. Canaille digne d'être pendue.
— HIST. XV* s Souffroient les riches homme» et les sages de Gand à courir parmi la ville et sur le pays de Gand cette pendaille et rihaudaille que on Dommoit les blancs chaperons, froiss. 11,11, 62.
PENDAISON (pan-dè-zon), s. f. Action d'attacher au gibet. Mais, monsieur, je crains la pendaison, HALTFtiocHE, Deuil, sc. i. La tète remplie delà pendaison du docteur Pangloss, volt. Cand. 8.
— ÊTYM. Pendre.
«.PENDANT, ANTE (pan-dan, dan-t') , atj. Il i* Oui pend. L4, s'il est quelque lieu sans route et sans chemins, Un rocher, queliiue mont pendant en précipice*, LA font. Fabl. xu, «. Mais que font là les bras pendants i ton cAtéî bac. Plaid, ui. Giton a le teint frais, le visage plein et les joues pen- «lante», la bruy. vi. Les chèvres d'Angora ou de Syrie, à oreille» pendantes, blfp. Quadrup. t. 1, p. 270. X la place publique est une statue qui peut servir i l'hisUiire des arts : les pieds sont presqui- joints, et les mains pendantes s'atuehent étroiirmeot sur les côtés et sur les cuisses, barthèlbmï Anack. ch. M. D«« tttea au front ptle et de sang dégouttante. i «porte [de Cacus) homicide étaient loujoar^ paodnies, dkliixe, Éfi. vui. || Sceau pendant, iceMi qui était attaché aux anciennes charte» par un morceau de parchemin || Mitraille pendante, nom donné par |m fondeur» i de neui
PEN
biiBzes, à des rebuts et débris d'anciens objets en cuivre. Il Kig. Couteau pendant, se dit d'un homme qui est pr.*t à tout faire pour un autre; locution tirée du couteau, qui est toujours pendant au côté du boucher. || Terme de botanique. Se dit d'un or-' pane dont la base est dirigée en haut et le sommet tourné vers la terre et libre. La graine, l'ovule, sont pendants dans le péricarpe ou l'ovaire, quand ils sont suspendus par un funicule. || 8° Terme de pratique. Les fruits pendants par les racines, ou, simplement, par racines, les blés, les fruits qui sont sur la terre, et dont on n'a point encore fait la récolte. Les récoltes pendantes par les racines et les fruits des arbres non encore recueillis sont pareillement immeubles. Code Nap. art. B20. || 3° Fig. Oui est imminent. Voici un temps où il nous faudrait des prophètes envoyés miraculeusement pour nous dénoncer les châtiments jiendanls sur nos tètes, FÉN. t. xviii, p. 648. Il 4° Terme de palais. Qu'on est en train de juger. Procès pendant. Instance pendante. De grâce, à quoi bon tout ceci? Dit une abeille fort prudente; Depuis tantôt six mois que la cause est pendante, Nous voici comme au premier jour, la font. Fabl. i, 2) . || Par extension. Une question pendante depuis longtemps devant le public, J. J. Rouss. Lett. à Préron, 21 juill. 1753. Il 6° 5. m. Le pendant des eaux se dit, dans quelques traités de paix ou de partage, de toutes les terres adjacentes aux eaux qui coulent d'un certain côté. Il 6° Pendant de ceinturon, de baudrier, partie du ceinturon, du baudrier, qui soutient l'épée. Il Pendants d'oreilles, parures de pierreries attachées aux boucles d'oreilles. 11 [Zaleucus] défendit aux fenimes de porter des étoffes riches et précieuses, des habits brodés, des pierreries, des pendants d'oreilles.... bollin, Hist. anc. lEuv. t. m, p. 484, dans pougens. Cléopatre avait deux perles en pendants d'un prix inestimable.... la perle qui restait vint, après la mort de Cléopatre, entre les mains de César [Auguste] , qui la fit scier pour en faire deux pendants à l'image de Vénus, ciiai. Triumvirat, t. m, p. «26. Il [l'oiseau-mouche] meurt aussitôt qu'il est pris, et sert après sa mort à parer les jeunes Indiennes, qui portent en pendants d'oreilles deux de ces charmants oiseaux, bukf. Ois- t. xi, p. ( I . Il Fig. Ces deux frères furent de cruels pendants d'oreille pour Guisard, leur aîné, dans sa fortune et dans sa richesse, st-sim. )33, 236. || Terme de marine. Pendants d'oreilles, poulies simples des drisses de bonnette, de hune et de perroquet, ainsi nommées lorsqu'elles «ont pendantes au bout des vergues. || Pendant se dit aussi de bijoux suspendus à d'autres parties que l'oreille. Le serviteur tira deux pendants d'or pour le nez, volt. Philos. Genèse. Il 7° Autrefois , pendants, morceaux d'étoffes qui ornaient le vêtement des femmes. La belle mit son corset des beaux jours. Son demi-ceint, ses pendants de velours, la font. Uermite. || Terme de blason. Se dit des parties qui pendent au lambel. Il 8° Il se dit de deux objets d'art à peu près pareils, et destinés à figurer ensemble en se correspondant. Ces deux tableaux font pendant. J'ai perdu le pendant de cette estampe. J'ai les deux pendants. Dans un champ d'oliviers, un coin du mur de la villa de Brutus fait le pendant du débris de la villa de César, chateaubr. i(att«, Tivoli. || Au pendant, à l'endroit où doit être placé l'un des pendants. Au pendant, est à droite une colonnade ruinée, dideu. Salon de 4 7«7, (Euv. t XIV, p. 400. Il 9° Kig. et familièrement. Il se dit de personnes ou de choses qui sont à peu près pareilles. Voici le pendant de votre histoire. C'est le digne pendant de son frère. C'est un édit sur la liberté du commerce des vins; il fait un beau pendant avec l'édit du <4 septembre en faveur des blés, VOLT. Lett. à Vaines, 8 mai «776. 11 serait difficile de trouver le pendant de cet arbre dans la forêt d'Orléans, Moniteur univers, du 2 avril (868, p. 473, a* col. Il 10* S. m. pi. Terme d'architecture. Voussoirs taillés en moellon piqué.
— HIST. XIII* 8. Des choses qui sont douteuses, ne doue jugement, mais tien ta sentence pendant, brun, latini, Trésor, p. 347. Et de ce leur baillèrent il bonnes chartes pemlans, por confermer tout plainement tex [telles, convenances comme il feroient, viLLEH. X. Berte s'en va moût tost lez le pondant d'un val, Berte, xxvi. Quant demande est fête à aucun, et il muert, le plet pendant.... beauh. vi, 2». Il xiv* s. Il le cloent et wvrenl (ferment et ouvrent], corn l'en' fait une horse par ses pendans, B. im MONDEviLLR, f* 'M, t>er«o. || XV s. Près là, briquet [chien braque] aux pendantes oreilles.... CH. d'orl. Rondel, »(i. || xvi* s. Un jour les coupeurs de pendant* [bourses], les quels estoient bien dit ou douze
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de bande, uespeh. Contes, LSixi. Valerius hahitoit en une maison un petit trop superbement bastie au pendant du mont Velia, amtot, Publ. I8. Tourbe servile, instable, pendante toute d'aultruy, mont. I, 326. Des chemins, j'évite les custez pendants et glissants, ID. m, 47.
2. PENDANT (pan-dan), prép. || 1" Le long Qu temps de. Ce lieu nous servit d'abri pendant l'orage. Pendant la nuit. Depuis Polyeucte, ce ne sont que des contrats de mariage, où l'on stipule pendant cinq actes les intérêts des parties.... volt. Comm. Corn. Rem. l'ulch. préface. || 2° Pendant que, (oc. conj. Le long du temps où. Un des plus renommés écrivains de notre langue avait une telle aversion pour pendant que, qu'il fit résolution de ne s'en jamais servir,,.parce que ce mot fait équivoque avec pendre, pendait et pendant d'épée, vaugelas, Woub. Rem. Observ. de Jf"' , p. 30, dans pouobns. On convint que les Carthaginois attaqueraient .ivec toutes leurs forces les Grecs établis dans la Sicile et dans l'Italie, pendant que Xerxès en personne marcherait contre la Grèce, rollin, Hist. anc. Œuv. t. 1, p. 26t, dans POUGENS. Il faut bien que tout ce qui agit sur les animaux et sur les végétaux, agisse pendant que la lune marche, volt. Dict. phit. Influence. Il II se dit quelquefois au lieu de tandis que. 11 [Lycurgue] est repris. ...d'avoir peu pourvu à la modestie des femmes, pendant que, pour faire des soldats, il obligeait les hommes à une vie si laborieuse et si tempérante, boss. Hist. i, a. [| On sépare quelquefois que de pendatU. Pendant, 0 malheur, ô honte, û juste punition de nos péchés I pendant, dis-je, qu'elle [ la chrétienté] est i-avagée par les infidèles qui pénètrent jusqu'à ses entrailles, que tarde-t-elle.... boss. Mar.-Thér.
— SYN.l. PENDANT, DURANT. Ces deux préposition» s'emploient continuellement l'une pour l'autre. La seule nuance que l'on puisse saisir, c'est que durant convient mieux, quand on veut faire .sentir la durée comme pénible, comme trop longue. || 2. PtNiiANT QUE, TANDIS QUE. Ces Conjonctions expriment toute» deux qu'une action a lieu dans le même temps qu'une autre : Pendant que ou tandis que Jésus- Christ vécut parmi les hommes, il les instruisit. Mais une première différence se peut noter, c'est que tandis que incline vers le sens de tant que; ce que ne fait pas pendant que : Tandis que les Cretois conserveront ces passages, nous croirons toujours qu'ils veulent usurper nos terres, fén. Tél. xi. En cet emploi, pendant que serait moins propre; cependant de bons écrivains n'ont pas toujours observé cette distinction : Pendant que je vivrai, je ne puis jamais voir tranquillement tous les maux qui vous peuvent arriver, sËv. te août t67(. Pendantque les Komains méprisèrent les richesses, ils furent sobres et vertueux, boss. Hist. dans gikault-duvivier. La seconde différence est que : pendant que désigne une simultanéité entre deux actions quelconques, et tandis que convient mieux pour marquer une simultanéité entre des actions qui contrastent l'une avec l'autre ; ainsi on dira : C'est ce malheureuxlà qui, pendant que j'écris, M'emkirrasse l'esprit de ses impertinences, hegnard, Distr. v, 7. Mais on dira : Tandis que de vous voir je meurs d'impatience, Vous témoignez, monsieur, bien de l'indifrence, regnard, Ménechm. v, 6.
— HIST. xir s. Quant aucuns tient en bail et li créanciers donne respit ou font nouviax roarciés.... et en ce pendant li oirs vient en aage, hkaum. xv, 26. Il XVI* s . Pendant, le ciol en murmurant se mesle De tourbillons, et de pluye, et de gresle, dubell. IV, te, verso. Pendant que leur autorité a hesoing de nostre appuy, mont, i, <3. Pendant le parlement, et qu'ils musoient sur leur seuretez, id. i, 27.
— ÉTYM. Pendant t ; maçonnais, jiendon que. PENDARD, ARDE (pan-dar, dard'), s. m. et f
Il 1° Par exagération, celui, celle qui est digne de pendaison, qui ne vaut rien du tout. Ces pendardeslà, avec leur pommade, ont, je pense, envie de me ruiner, mol. Préc. 4. l.e pendard de Scapin, parun< fourberie, m'a attrapé cinq cents écus, id. Scapin, lu, 7. Le petit pendard tire [au blanc) un pied plu» loin que M. le Dauphin [par flatterie], sBv. 202. L'autre jour, un pendard d'homme, voyant ma lettre infinie, me demanda si je pensais qu'on pût lire cola, id. 20 janv. ««72. ||i* Pendard i tête rou.s»e, la pie-grièche rousse.
— HIST. XIV* s. X un vendredy, il fut condempne à estre pendu; mais, pour ce que ce peiidart [le bourreau] n'yestoit pas, il fut différé jusquesau dimanche que le dit pendarlvint....DO cange, pender». Il xvi* s. Oiicques pendard ne put son juge pendre, Sal. Uèn. p. 2». U ostoit le» bien» ides nobles *«^i»
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mes et à des gens d'honneur, pour les bailler à des pendardsel des flalteurâ, AMYOT,in(on. 27. Habillez plus à !a pendarde, comme l'on disoit de ce temps, qu'à la propreté, brant. Capit. franc, t. iv, p. 4»,
dans LACURNE.
— Etym. Pendre; wallon, peindàr.
fPEMlARDEAC (paii-dar-dô),s. m.Petit pendard.
— Hisr. xvj* s. Pendardeau, cùtgbave.
t PENDARDERIE (pan-dar-de-rie), s. f. Conduite, iction de pendard.
— Hlsr. XVI' s. Pendarderie, oudin, Dict. PENDELOODE (pan-de-Io-k'), s fJ\ f Lambeau
d'un vêtement déchiré. || 2* Petite pièce de cristal liilléè en poire, qui sert d'ornement à un lustre, ou :'i d'autres ouvrages. Le plafond pareemé de guirlandes élégantes et de pendeloques de cristal, gen- Lis, Veill. du chdl. t. ii, p. i», dans podgens. !| Par extension. Des chenilles.... qui se construisent des nids qu'on pourrait nommer en oendelOTues, bonnet, Observ. T, insectes. || 3° Nom donné aux pierreries qui pendent aux boucles d'oieilles. Des rubans noirs à sa têie [de Mme de Montespan], des perles de la maréchale de l'Hospital embellie^ de ■oucles et de pendeloques de diamants de la dernière beauté, sév. 29 juillet 1676. LeUin-Ninias (dans la Sémiramis de Voltaire] pousse du pied vers la coulisse une pendeloque de di.imants qui s'était détachée de l'oreille d'une actrice, didchot, Mém. t. IV, p. 44, dans pougess. 11 me sembla [en songe] qu'à mes oreilles se suspendaient simultanément, pendeloques étranges, deux anges, l'un blanc, l'autre noir, CH. de bernard, Acte de vertu, § vju.
— HlST. XVI' s. Pendilochcs, cotgrave.
— ETYM. Pendre, ei loque; picard, penderlokes, venderloltes .
t PENDEMENT (pan-de-man), s. m. Synonyme burlesque de p-ndaison. Un petit pendement, mol. Pourc. m, 3.
— HIST. XVI' s. Pendement, rob. est. Dict.
— ÉTVM. Pendre; prov. pendemen.
PENDENTIF (pan-dan-lif), s. m. Terme d'architecture. Portion de voûte sphérique placée entre les grands arcs qui supportent un dôme, une coupole, dite aussi fourche et panache. || Pendentif de Modène, portion de cintre gothique de forme triangulaire. Il Pendentif de Valence, espèce de voûte en cul-delour.
— HIST. iTi* s. En pendentif, cotgbavb.
— ETYM. Pendant t.
\ PENDERIE (pan-de-rie), s. f. \\ 1' Exécution de pendus. On allait pendre un Picard; une femme de sa connaissance le rencontra: Hé, un tel, comment te portes-tu? — Je me porte assez bien, répondit-il; mais cette penderie me déplaît, tallemant, Histor. t. VI, p. 168. M. de Chaulnes est à Rennes avec les Fourbin et les Vins, et quatre mille hommes ; on croit qu'il y aura bien de la penderie, sév. 226. Nous [nous, les gens de Bretagne] ne sommes plus si roués.... Il est vrai que la penderie me paraît maintenant un rafraîchissement, m. 24 nov. (876. Il 2° Endroit où le mégissier pend ses peaux pour les faire sécher.
— HIST. xTi' s. Ils furent pendus à un gibet construit par Montluc pour les autres premières penderies, d'aub. Itist. I, (61.
— F.TYM. Pendeur.
t PENDEUn (pan-deur), t. m. || 1' Celui qui pend; bourreau. |{ 2" lerme de marine. Pendeur ou pendour, cordage assez court, terminé, d'un bout, par une ganse ou œillet, et, de l'autre, par un anneau garni d'une cosse de fer, ou par un estrope entourant une poulie. || 3* Espèce de pie-grièche. || 4° Terme de pêche. Ouvrier qui suspend les harengs.
— HIST. XIV s. Le pendeur ou bourreau de la ville de Laon, i.u canok, pendere.
— Etym. Pendant, participe de pendre.
t PENDILLARD (pari-dillur, il mouillées), s. m. Ks)irce de raisin noir de l'Aisne.
t PENDILLE (pan-di-ir , U mouillées), *. f. Se dit quelquefois pour pendeloques de cristal. Ces lustres en verre chargé.s de pendilles prismatques au! retombent comme des grappes, j. koi:oaret, Moniteur universeldu 3 août 1887, p. t087, S' col.
PENDILLER (pan-di-Ué , U mouillées, et non (lan-di-yé), v. n. Être suspendit en l'air et agité. Deux pcnd.mts d'oreilles en poires i ses oreilles pendillaient, tc*RR. Poét. dit. Œuv. t. VII, p. 27»,dans P0UGEN8. Le»ojinvler leai, anniversaire du régicide, les restes du protecteur [Cromwell déterré] pendillèrent au haut d'un gibet, chateaub. Les quatre Siuarls, le protectorat. |{ Il se conjugue avec avoir.
— iiiST. xni' s.... les martelez, Qui dehors erent 'étaient] pendillans, la Hnsc, ii9i«.
— ÉTYM. Dérivé de pendre. L'ancienne langue avait un autre dérivé : pendier, pendeier.
i PENDILLON (pan-di-llon , U mouillées), s. m Terme d'horlogerie. Verge, diie aussi fourchette, rivée avec la tige de l'échappement, pour communiquer le mouvement au pendule d'une horloge, et le maintenir en vibration. || Fig. Ce qui met en mouvement, comme fait le pendillon des horlogers. En attendant, je vous recommande la rate de ma mère; vous êtes pour les vapeurs le meilleur pendillon du monde, m' de grionan, à Biissy, dans SÉV. t. IV, p. 640, éd. Régnier.
— ÈTYM. Pendiller.
t PENDOIR (pan-doir) , s. m. Corde, crochet où l'on suspend les quarliers de lard chez un charcutier, les quartiers et les morceaux de viande chez un boucher. || Appareil auquel on suspend les animaux pour les dépouiller.
— ÉTYM. Pendre.
PENDRE (paii-dr'), je pends, tu pends, il pend, nous pendons, vous pendez, ils pendent; je pendais ; je pendis; je pendrai ; je pendrais; pends, pendons; que je pende, que nous pendions; c|ue je pendisse; pendant, pendu, v. a. || l'Attacher un objet en haut, de manière qu'il ne touche point à la terre. Pendre un lièvre par les pattes. Écoutezmoi, mes frères: pendez cette tète [d'Holopherne] en haut de nos muraiKes, SACi, Bible, Judith, iiiy, t. Absalon fut pendu pur les cheveux et percé de trois dards, volt. Candide, 30. La tour hospitalière Où je pendrai mon nid, v. hl'co. Odes, v, 26. |{ Kig. Pendre au croc, voy. croc 2. || 2° Attacher quelqu'un à la potence ou à tout autre endroit, pour l'étrangler. Prenez tous les princes du peuple et pendez-les en plein jour, afin que ma fureur ne tombe point sur Israël, saci. Bible, Nomb. xxv, *. Ils fies Germains] pendaient les traîtres et noyaient les poltrons : c'étaient, chez eux, les seuls crimes qui fussent publics, montesq. Espr. xxx, 1 9. Les juges du comté de Valois firent le procès à un taureau qui avait tué un homme d'un coup de corne, et le condamnèrent à' être pendu; la sentence fut confirmée par arrêt du parlement le " février 1314, saint-foix, Ê*î. Paris, Œuv. t. v, p. 3»9, dans pougens. Un des Omer disait qu'il ne mourrait pas content qu'il n'ait vu pendre un philosophe ; je peux l'assurer que cène sera pas moi qui lui donnerai ce plaisir, VOLT. Lett. Ktne d'Argental, novembre 1764. On a TU pendre dans une ville très-riche une fille de dix-huit ans d'une rare beauté; quel était son crimeT elle avait pris dix-huit serviettes à une cabarelière, qui ne lui payait pas ses gages, m. Pal. et Ug. Prixdtlajust. et del'hum 2. On avait toujours soin de les pcpdre [les Juifs] entre deux chiens, lorsqu'ilsélaientcondamnés, m. Mœurs, 103. On ne pouvait pas avoir été plus mal pendu que je ne l'avais été : l'exécuteur des hautes oeuvres de la sainte inquisition brillait à lavéritè les gensà merveille, mais il n'était pas accoutumé à pendre, m. Cand. 28. Le comte : Sa probité? — Figaro : Tout juste autant qu'il en faut pour n'être point pendu, UEAUMAiiCH. Harb. de Sév. 1, 4. Il Pendre hautet court, pendre à quelque chose d'élevé et avec une corde courte. C'est qu'on pende aux créneaux haut et court le corsaire, la FORT. Fianc. || Absolument. Les rigueurs s'adoucissent; à force d'avoir pendu, on ne pondra plus, sSv. i nov. 1675. Il Chez les anciens, pendre à la croix, attacher à la croix, crucifier. Le Fils de Dieu iété pendu à la croix, iioss. Serm. Exalt. de la croix, préamb. Il Dire pisque pendre de qu liju'un, en dire outrageusement du mal (locution dont on rend compte en rétablissant ainsi les ellipses : dire d'un homme plus de mal qu'il n'en faudrait pour le faire pendre). À qui en avez-vous, ma bonne, de dire pis que pendre à votre esprit, si be .u et si bon? sÊv. 5 juin 1680. Pour écrire pis que pendre à madame ta cousine, iiAMiLT. Cramm, u. || Cet homme nu vaut pas le pendre, ne vaut pas la corde pour le pendre, c est un misérable. || Je veux être pendu si..., locution familière qui s'emploie pour affirmer d'une manière péremptoire. Je veux éiro pendu si je vous aimo, moi.. t' sav. 1,4. Il Dans le même sens. On mependrait plutôt, Je suis trop p;irtisan de la douce paresse, Boissv, Sage étourdi, w, 3. i| Autant vauiirait être pendu que d'avilir fait cela, se dit en parlant d'une action blâmable ou d'un ouvrage mal fait. |{ 3* V. n. Être suspendu. On voyait tout ensemble les ll>>urs du printemps qui naiss lient sous les pas, avec les plus riches Iruits de l'automne qui pendaient des ai tires. FEN. Tél. ux Son bras droit pend bien et bien oegligemmeot, dideb. Salon de tl*b, (Kuvr. t. xiii, p. 33*. Quelques ossements ou de petits ouvrages d'or, selon les rangs, pendaient à leur nez et i leurs
oreilles [des Mexicains], raynal, Hist. phil. vi, i». Il [le SeigneurI sait pourquoi llottenl les mondes ; 11 sait pourquoi coulent les ondes. Pourquoi les cieux pendent sur nous, lamart. Méd. n, 4. y fig. Être toujours pendu aux côtés ou à la ceinture de quelqu'un, le suivre partout. || Cet enfant est toujours pendu au cou de sa mère. Il l'embrasse sans cesse. Il Être pendu aux oreilles de quelqu'un, lui parler sans cesse de quelque chose. Mme de îBontrcvel est enragée : après avoir été pendue un mois aux oreilles du roi et de Quanto [Mme de Montespan].... SÉV. 4 sept. 1675. Il 4' Fig. Être menaçant. Un pressentimenietune espèce de prédiction du malheur qui pendait sur sa tête, rollin. Traité des Et. m, 4. Il Fig. .et familièrement. Autant lui en pend à l'oreille, au nez, à l'œil, c'est-à-dire U pourra lui en arriver autant. Que notre ami Noailles prenne garde à lui; on dit qu'il lui en pend autant ^ l'œil, sév. 9 mars 1672. |{ On a dit aussi : pendre devant les yeux. Ne vous en moquez pas, monseigneur; autant vous en pend devant les yeux, voir. te«. i86. || 5° Fig. Être en jugement. Le procès pend et pendra de la sorte Encor longtemps, comme l'on peut juger, L.v font. Gageure. C'était au Châtelet que pendait cette affaire, BOURSAULT, Jferc. gai. v, 7. Nous eilmes peine à entendre un arrêt si injuste, et qui statuait sur ce qui ne pendait point en iiuestion, ST-sm. 36, (62. il 6° Descendre trop bas, tomber trop bas. Votre robe pend d'un côté. || Les joues lui pendent, ses joues sont flasques. || 7° Se pendre, v. réfl. Se suspendre à quelque chose. Le galant fait le mort, et du haut d'un plancher Se pend la tête en bas, la FONTAINE, Fabl. II!, 18, || Se pendre à la sonnette, sonner avec beaucoup de force et de continuité. La maréchale se pendit aux sonnettes, pour demander à grands cris de l'eau de fleur d'orange, gen- Lis, Ifères riv. t. i, p. 50, dans pouoens. ||Fig. Se pendre à l'oreille de quelqu'un, lui parler constamment dans l'oreille. M. de Rohan, qui la trouve belle [Mlle de laniiion]dès l'année passée, s'est pendu à son oreille d'une si étrange façon.... SEV. 26 août ten. Il 8° Se donner la mort en se suspendant par le cou pour s'étrangler. Monime, détachant le diadème d'autour de sa tête, l'attacha à son cou et s'y pendit, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. I, p. 100, dans pougens. || Par exagération. 11 y a de quoi se pendre, se dit en parlant d'un événement qui accable. Et si, par un malheur, j'en avais fait autant. Je m'irais, de regret, pendre tout à l'instant, mol. Mis. i, i. Et si je n'avais M. de la Rochefoucauld et M. d'Hacqueville pour me consoler, je me pendrais de trouver encore en moi cette faiblesse [le goût des romans], sév. 67. Il Après cela il faut se pendre, se dit quand on a manqué ime belle occasion. || Je ne m'en pendrai pas, se dit en parlant d'un mécompte auquel on attache peu d'importance. Tout est manqué ; je ne m'en pendrai pas, picard, Deux Philibert, m, t. Il Proverbes. Par compagnie on s» fait pendre, voy. compagnie. Il Les grands voleurs pendent les petits.
— REM. Pendre, v. n. se conjugue avec l'auxiliaire avoir ; Ce linge a longtemps pendu à la fenêtre. Quand il se construit avec l'auxiliaire Are, il se confond avec le passif de pendre, verbe actif : Le linge est depuis longtemps pendu à la fenêtre.
— lllST. XI' s. Cil gnnfanon sur les helmes lur pendent, Ch. de Hol. ccxiv. Assez est dreiz que Guenes seit pendut, ib. ccLXXXViii. Va, les pend touz à l'arbre de mal fust, ib. ccxc. ||xii' s. Vous porterez ma charlre où li seai [sceau] d'or pant, Sax. xxi, E les enfancbiinetz pendre as mères as piz [aux seins|, Th. le mart. 65. Achitofel vint I sa cited e a sa maisun, e ordcnad .ses choses, si se pendid, flou, p. 184. || xiii's. Aulreiel vous est pendans Devant les ex; ja, se vous m'en creiés, Kn tel péril vo vie ne metnés, Bihl. des ch. 4' série, t. v, p. i50. A l'essart [champ défriché] vint plus que le pas. Mis il ne .set qu'à l'oit li peut, Iten. I6U78. Autel [autant] lor peut devant le nés, Baudouin df conoé, t. i, p. 251, Il teiioit très bien justice, ne ii« penduitpas les maufaitoursà son braoel [ceinturon; il ne faisait pas sa société des inallaiteurs|, si comina font oreiidroil | présentement] li mauvais prince, Chron. de Kains, p. 2, D'un maillet qui là pent, [elle] a sus l'huis assené, Berte, xlv. Neis [mêinel au larron que l'en veut pendre Fait-ele [l'espérance! adès merci ateiidro, la Rose, 'm, 47. Ailonc li mes< cbeans li conte >on grani damage et sa grai<( honte, Et par sa parole se peut Iporte sa condamnation], ib. 16745. El tex manières de sergaiis [serviteurs] doivent cstre plus haut pendu qu'autre larron, UEACM, ixxi, 9, Il xiv's Car à ce lait ici doivent prince et baron Avoir certain conseil et bonne avili.—131
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•ion; Cav autant lor en pent an nez ou au menton Guesel. ios«6.0ue aaver-vous que il vous pent, Bielle dani'^, devant vos ieuls [il s'agit du haul de chausse que laliliesse avait mis par mégarde sur sa tête en place de couvreclierj ? l. dk condrt, p. •"♦ {| xvi* s. Aux saules verts nos harpes nous pendismes, ma- ROT, IV, SJ4. Certes mon cas pendoit [tenait] à peu de chose, id. v, 4. Autant m'en pendoit i l'aureille, MONT. I, 77. Seneijue a les opinions saines, et pend du bon party aux affaires romaines, lu. iv, 82. Et quand le fait est grief, la confiscation d'une partie des biens ou la mort y pendent, tàNOUE, 256. Faicies sçavoir à madame toutes nouvelles de son fils, en la délivrance et santé duquel pend sa vie et consniacion, haro. Leti. a. Et plusieurs autres qui ne vallenl pas le pendre, ny les nommer, Porticularit^t concem. l'assass. du duc de Guyse, Clialons t5«!). p. 3». Il redoutoit le danger qui pendoit de leur lemerité, se doublant bien que.... amyot, Cicéron, 23, Qui a à pendre n'a pas à noyer, pasquier, Recherches, viii, p. 7I4, dans laclrne. Ou rendre, ou pendre, ou mort d'enfer attendre, cotgrave. Oui plus qu'il n'a vaillant despent, il fait la corde à quoy se pend, m. Auroient besoin d'avoir ordinairement tels officiers pendus à leur queue, s'il est licite d'user icy de celte façon commune de parler, ii. est. Àpol. d'H&nd. p. 231, dans lacurnk. J'en prins quinze ou seize, lesquels je fis tous pendre, sans despendre papier ny encre, montluc, liv. v. Harambure, pendez-vous de ne vous estre trouvé prîis de moi en un combat que nous avons eu contre les ennemis, où nous avons fait rage, henriiv, ieH. du 1 3 juin (595.
— ÉTYM. Wallon, peind; prov. pendre; cat. pendrer; esp. pender; ital. pendere; du lat. pendëre ou pendere. qui se rapportent l'un à l'autre comme jacfre et jacëre. Les langues romanes ont toutes pris pend#re. et délaissa pendëre. Quant à la locution pendre à l'œil, Génin émit la conjecture qu'elle provenait du conte eu l'abbesse arrive avec un vêtement masculin sur la tête; sur quoi on lui demande ce qui lui pend là devant les yeux. Son argumentation péchait, en ce qu'il croyait la locution du XVI' siècle, tandis qu'elle est bien plus ancienne comme on peut voir par l'historique. Toutefois il est probable qu'ayant tort dans la forme, il a raison dans le fond. En effet la locutisn eU aussi bien petidre devant les yeux que pendre à l'ail ; ce qui va bien avec le conte; puis ce conte lui-même, avec la locution, est cité par un auteur du commencement du ziv* siècle : dès lors rien n'empêche de penser que le conte remonte plus haut, et que c'est d^ là en défliutive que la locution provient.
PKM)D. DE (pan-du, duc), pari, passé de pendre. Il 1' Attaché à quelque chose d'élevé. Il [Sénèquej s'adresse à ses hommes qui feraient peut-être assez peu de cas de la vertu s'il ne leur était permis d'en afficher le faste; qui en ont toujours, et d'aussi mauvaise grâce, le mot à la bouche que les femmes sauvages leur perle pendue à la lèvre, Diderot, Claude et fiéron, u, »». || Familièrement. Avoir la langue bien pendue, voy. langue, n* *.\\i° Suspendu. VA. les glaives qu'il tient pendus Sur les plus fortunés coupables Sont d'autant plus inévitables Que leurs coups sont moins attendus, corn. Poly. IV, i. Il Fig. U [fluurdaloue] nous peignit sa mort [de Condé] avec des couleurs ineffaçables dans mon esprit et dans celui de tout l'auditoire, qui paraissait penlu et suspendu à tout ce qu'il disait, siv. 36 avr. i<87. Il 3* Qui se tient obstinément près de. Passer toutes les nuits pendu A une lunette pour découvrir dans les cieux quelque nouvelle planète, ualehh. Bcch. uA-. iv,7.||4' Attaché au gibet. Il [Aman] fut pendu à la potence qu'il avait préparée à Mardochée, SACI, Bible, £(t/i. vu, 10. Je veux demeurer pour t'encourager i la mort, et je ne te quitterai point que je ne t'aie vu pendu, moi. Médecin malgré lui, m, ». H .Substantivement. Et l'intervalle est bref de faussaire à pendu, BOUBSAUI.T, fables d'Ésope, m, 4. Nous avons trouvé ce matin deux grands vilains pendus à des arbres sur le grand chemin ; nous n'avons pu compris pourquoi des pendus, s«v. 4 4 sept. 4876. Oui, npétons, un pendu n'est bon à rien, voi.t. Ciel. phi(. Supplices, t . || Sec comme un pendu d'été, ou, simplement, comme un pendu, se dit de quelqu'un extrêment sec et maigre, jj Graisse de pendu Toy. ORAissK. Il Proverbes. Il ne faut pas parler dé corde dans U maison d'un pendu, voy. cobue. || Il t sur lui de la conledo pendu, voy. coud», n« »
t PRNDl'LAIBB (pan-du-lê-r'), ad). Qui oscille comme 1. pendule. Les Uches [du soleil) exécutant <Ui OKilIttloni penduUires en latitude, faye MiT' •"»"«»'• Comptes rendu», i. lxiv, p. ui' Il Dans 1 acoustique, vibration pendulaire, colle
dont la loi mathématique est exactement celle des oscillations d'un pendule.
1. PF,NI)rLE (pan-du-l"), s. m. || 1° Corps pesant suspendu à l'extrémité inférieure d'un fil ou d'une verge métallique, dont l'autre bout est attaché à un point fixe autour duquel le système peut osciller. Par de là le cercle polaire il fant allonger le pendule pour avoir les mêmes oscillations qu'à Paris, volt. PIM SetBt. m, ». On doit à Huyghens sinon la première invention des horloges à pendules, du moins les vrais principes, qu'il déduisit d'une géométrie sublime, II). Louis ÏIV, 3). Tout le monde sait qu'un pendule, lorsqu'il est arrivé à son point de repos, passe au delà en vertu de la vitesse qu'il a acquise, pour retomber ensuite de nouveau, d'alemb. Cause génér. des vents, Œuv- t. xiv, p. »t, dans poogens. La longueur du pendule qui bat les secondes sous l'équateur, a toutes les conditions nécessaires pour être l'étalon universel des mesures géométriques, BUFF. Ess. arith. mor. Œuvr. t. x, p. 4 90. Le mouvement des lampes suspendues à la voilte d'une église fit trouver le pendule à Galilée, et lui apprit son isochronisme, senskbier, Ess. sur l'art d'observ. t 1, p. 296, dans pougehs. Huyghens se rappela que Galilée avait employé le penilule à la mesure du temps ; mais le pendule ne servait alors que pour de petits intervalles, baillt, Uist. astr. mod. t. Il, p. 258. Huyghens... pensa que, pour compter les vibrations, il suffisait d'adapter au pendule un rouage qui portât îles aiguilles et qui marquât sur un cadran le nombre des vibrations accomplies, ID. ib. t. 11, p. 249. Huyghens a déterminé qu'en donnant au pendule une longueur de trois pieds huit lignes et demie, il ferait 60 vibrations par minute, 3,600 par heure, et 86,400 par jour, ID. tb. t. 11, p. 284. L'application du pendule aux horloges est un des plus beaux piésents que l'on ait faits à l'astronomie et à la géographie, laplace. Expos, v, 4. Il Pendule simple, pendule mathématique, consistant en un simple point matériel suspendu à un fil sans pesanteur. || Pendule composé, le pendule ordinaire. || Pendule à pirouette, celui qui décrit un cône. 118" Terme d'artillerie. Instrument employé pour mesurer la vitesse des projectiles. Il y en a deux espèces : le pendule à fusil, qui sert à déterminer la vitesse des balles, comprend : le fusil pendule qui porte l'arme, et le pendule balistique qui porte le récepteur dans lequel se loge la balle; le pendule à canon, qui sert à déterminer la vitesse des boulets, comprend : le canon pendule qui porte le canon, et le pendule balistique qui porte le récepteur dans lequel se loge le boulet.
— ÊTYM. Lat. pendulus, qui pend, de pendere pendre (voy. penijRK).
2. PENDDLE (pan-du-l') , s. f. \\ i' Horloge portative qu'on place sur une cheminée, sur un meuble, ou qu'on attache à la muraille ; elle est à poids ou à ressort, on y joint un pendule dont les oso-illallons servent à en régler le mouvement. M. Boucberat me contait l'autre jour qu'un curé avait reçu devant ses paroissiens [Bretons] une pendule qu'on lui envoyait de France (car c'est ainsi qu'ils disent); ils se mirent tous à crier en leur langage que c'était la gabelle, sév. I97. Je regardais ma pendule, et prenais plaisir à penser : voilà comme on est quand on souhaite que cette aiguille marche ; et cependant elle tourne sans qu'on la voie, et tout arrive à la fin, id. 4 in. || %' La hotte dans laquelle sont placés le mouvement et le cadran. Une pendule de Boule. Vous avez de belles pendules; c'est encore une invention du Hollandais Huyghens, volt. Facéties, Discours aux Velclies. Il Pendule de bronze doré, de marbre, etc. pendule dont la boite est de bronze doré, de marbre, etc.
— SYN. PENDULE, HORLOGE. L'horloge est tout mécanisme qui marque l'heure; la clepsydre est une horloge. La pendule est une horloge qui va au moyen d'un pendule.
— RTYM. Pendule i.
t PENDDLlIvR (pan-du-lié), s. m. Anciennement, horlogers peniluliers, ceux qui ne s'adonnent qu'à faire des penilules, Dict. des arts et métiers, horloger.
t PENDULIFOLIÊ, ÈE (pan-du-li-fo-li-é, ée), ailj. Terme de botanique. Qui a des feuilles pendantes.
— RTVM. I^t. pendulus, qui pendille, et feuille. t PENUULINE (pan-du-li-n'), i. f. Espèce de
mésange. Je lui ai donné le nom de penduline qui présente i l'esprit la singulière construction de son nid. . elle le suspend à la bifurcation d'une hran- '■.lie flexible de peuplier.... bi.'ffon,Oiî. pertduline.
t PENUCLLSTB (pan-du-li-sf), ». m. Celui qui fait de*, holtes pour les pendules et les montres.
t PtNB (pè-n'), f. f. il f Terme de marina. Fféu-
nion de brins de laine tordus en un cordon peu serré et formant une touffe, un pinceau pour le guipon à brayer. || !• Terme de rubannerie. Pièce que l'on emploie au plus près des lisses, au moyen de la corde à encorder. ||3° Pênes, les petites cordes qui pendent autour des chasse-mouches, ou caparaçons d'été, pour garantir les chevaux des mouches par leur agitation.
— RTYM. Ancien franc, pêne, penne ou ponne étoffe, lambeau, du lat. panntis.
PÊNE (pé-n'), ». m. || 1° Partie d'une serrure qui est poussée psir la clef et qui ferme ou qui ouvre une porte en allant ou venant. || î- Pêne à demitour ou à ressort, l'espèce de pêne dont le liout est taillé en biseau et qu'on peut faire aller et venir sans le secours de la clef. Il est aussi dit simplement pêne. La porte n'est fermée qu'au pêne. Il 3" Pêne dormant, celui qui est retenu par un ressort ou par un arrêt; c'est celui qui ne se meut qu'avec la clef. || 4" Pêne en bord, celui qui passe le long du bord de la serrure et dont on se sert pour fermer les coffres. || 5° Pêne à pignon, celui des serrures à plusieurs fermetures, et qui a, par conséquent, des ressorts multipliés.
— HIST. XV» s. Nul serrurier ne pourra faire serrure de fer où le pesie soit fourchu, car elle seroit fausse, Ordonn. août 1489. Pesles brisez doubles, gascbes doubles.... ib. Ainsi m'ont amours abusé, Et pourmené de l'uys au pesIe, villon, Grand lei(. Double ballade. '
— ÉTYM. L'ancienne forme pet/e indique l'origine: lat. pessiilus, barre, verrou; grec, nàdoraXos. Pestulum est traduit dans un vieux lexique par clenche, qui est aussi une pièce de serrurerie; génev. péclet, loquet d'une porte ; c'est pesclet, diminutif de pesle.
t PÉNEAU (pé nô), t. m. Terme de marine. Etat de l'ancre pendue au bossoir et prête à le quitterpour descendre au fond de la mer. L'ancre est en péneau.
t PÉM5E (pé-iiée), ». m. Genre de l'ordre des décapodes macroures, crustacés, du latin Pe/nxus, nom mythologique.
t PÉNftEN ENNE (péné-in, è-n'), adj. Terme de géologie. Terrain pénéen, terrain ainsi dit parce qu'on le croyait pauvre en débris de corps organisés (ntvTii;, pauvre) ; on le nomme maintenant permien (voy. ce mot).
t PÉNÉENS (pé-né-in), ». m. pi. Tribu de crullacés dont les pences sont le type.
t PÉNEl.LE (pé-nèl'), s. f. Sur le canal de Lunei, grande barque chargée de fumier.
t PÉNÉLOPE (pé-né-lo-p'), s. f. || f La femme d'tjlysse. || Toile de Pénélope, voy. toile. || Kig. Type de la femme irréprochable, par allusion à la fidélité que Pénélope garda à son époux pendant, une absence de vingt ans. Aux temps les plus féconds en Phrynés, en Lais, Plus d'une Pénélope honora son pays, boil. Sat. x. || i° (lenre de gallinacés.
PÉNÉTRABILITÉ (pé-né-tra-bi-li-té), ». f. Qualité de ce qui est pénétrable. Les corps paraissent se mouvoir dans une étendue que nous jugeons immobile ; nous imaginons cette étendue pénétrable : l'espace emporte donc l'idée de pénétrabilité avec celle d'immobilité, condil. Trait, des sysl. s.
— Etym. Pénétrable.
PÊNÉrilABLE (pé-né-tra-bl), adj. [(l-Dans quoi l'on peut l'énétrer. Pour arriver à des points fixcsd'où l'on puisse compter le mouvement absolu des corps, on imagine un espace sans bornes, immobile et pénétrable à la matière, L» PLACE, Eipoi. m, l. || Terme de physique. Qui peut laisser entrer en soi un corps de manière à occuper en même temps que lui le même lieu. La matière n'est point pénétrable. || J* Fig. Qui peut être pénétré, conçu. La vérité contenue dans l'idée des objets les moins pcnétrables à notre conscience, flOULAiNviLLiKBS, Réfut. de Spinoia, p. 14».
— IIIST. XIV* S Cité de legier [facilement] penotrable [accessible], oresme, Thèse de meunier.
xvi* s. Leur amc, pour estre crasse et obtuse, en est moins penetrable et agitable, mont, iv, 24 5.
— ETVM. Lat. pcHe/nibiii», de pmetrare, pénétrer. t PÉNÊTHAMMENT (pé-né-tra-man), aiiv. D'une
façon pénétrante.
— HIST. XVI* S. Je ne reluys penetramœent qu'en l'eau, te» mor^iKTile» de la marguerite, p. 6, dans LACURNB. Voyant plus penetramnient que ung lyux,