RAB
— RTYM. P^n^fronl, et le suffixe ment.
PÉNÉTRANT, ANTE ( pé-né-lran, tran-t'), adj.
Il 1* Qui pénètre. ÔDieu de vérité, vous n'avez pas lait cet esprit pour le mensonge [Ibcrésie) ; laissez couler sur lui du sein de votre gloire un de ces rayons pénétrants de votre grâce lumineuse... flêch. Ouc de Jfonl. Il En chirurgie , plaie pénétrante , plaie qui
PÉN
pénètre dans uoe caviti intérieure, par exemple dans la poitrine ou le ventre. || Vue pénétrante, »ue qui atteint les objets petits et cachés. La vue de l'homme est moins perçante que celle de tous les oiseaui de proie, et moins pénétrante que celle de tous les insectes aiiiquels il est donné de tojt un univers en petit qui nous échappe, volt, cité dans LAPATE, Synon. |{ 2° Fig. Qui pénètre avant dans les choses par l'intelligence. On sait qu'avec le secret de cette princesse (Anne d'AutriclieJ, elle eut encore celui de tous les partis [dans la FroDiie] ; tant elle était pénétrante, boss .4nnedeGon<. Il [Philippe de Macédoine] avait un esprit vif, pénétrant, capable des plus grandes choses, rollin, Tr. des Et. m, 1. 1| Œil, coup d'oeil, regard pénétrant, œil qui devine, oui pénètre au fond des cœurs. Les gens comme vous ont toujours les yeux pénétrants, mol. Àm. magn. ii, 4. Je croyais voir son œil pénétrant et judicieux percer au fond de mon cœur, et m'en faire rougir encore, J. t. BOLSs. Uél. IV, H. Savez-voui.... Qu'il n'est pas de complot d'ombres environné Que son œil pénétrant n'ait d'abord deviné? p. iïbrun, Èlar. Stuart, ii, 3. ]i 8* Qui se fiit sentir profondément. Un froid Pénétrant. || Fig. Qui touche, qui émeut. Recon- Daissez le monde ; reconnaissez.... ses douleurs plus Tives et plus pénétrantes que ses joies, Boss. Anne de Goni. Combien une douleur pénétrante étend et agrandit l'âme! d'alkmb. Lett. au roi de Pr. (♦ iiov. 4 776. Ces traits naïfs, mais pénétrants, qui tirent de leur simplicité même le plus touchant intérêt, ID. Éloges, Fléchier. Mon Dieul... Je n'ai point entendu monter jamais vers toi D'accords plus pénétrants, de plus divin langage Que ces concerts nmets qui s'élèvent en moi, lamart. Harm. i, i.
— HlST. iiv* s. Les plaies pénétrantes sont ainsi curées comme les non pénétrantes, h. de iiondeviLLB, f* M. (I XVI' s. Ces yeux si pénétrants, si beaux et si ardans, A.rmez d'une vertu si divine et si claire, bons. 698.
PÉNfiTRATlF, IVE ( pé-né-tra-tif, ti-T*), odj. Qui a la vertu de pénétrer.
— HlST. XV' s. Faicts ton soulphre penetraiif, Par feu devenir attractif, La fontaine, »83. 1| xvi* s. Le poison de volupté est tellement subtil et penetratif, que... LANODE, fit. 11 [le vinaigre] est incisif et penetratif, paré, xv, s«.
— ÊTYM, Pénétrer; provanç. pen«traau;espagn. et ital. penetratiro.
PÉNÉTRATION (pé-né-tra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. \\ 1* Terme didactique. Action de pénétrer. L'intime pénétration qui a lieu entre ces deiu corps, pourcrot, Connaiss. chim. t. ii, p. «6, dans POUGENS. || Terme technique pour désigner la quantité dont un projectile pénètre dans un milieu résistant quelconque : terre, bois, maçonnerie, etc. IIAction de faire infiltrer divers liquides dans les bois. Il i° Fig. Action intellectuelle par laquelle on pénètre av«nt dans les choses. La connaissance des choses pa.ssées, la pénétration dans celles de l'avenir, BALZ. De la cour, 2' dise. Le plus grand défaut de la pénétration n'est pas de n'aller point jusqu'au but ; c'est de le passer, la hochefouc. Uax. 337. La pénéiration a un air de deviner qui flatte plus notre vanité que toutes les autres qualités de l'esprit, ID. tb. ♦•^5. Conférences.... où l'un [le ministre espagnol) se donnait du poids par sa lenteur, et l'autre [Mazarin] prenait l'ascendant par sa pénétratififi, BOss. Uar.-Tliér. La pénétration suppose qu'on est capal)le d'assez d'attention, de réflexion et d'analyse, pour percer jusques dans l'intérieur des choses ; et la profondeur, qu'on les creuse au point d'en développer tous les res.sorts et qu'on voit d'où elles viennent, ce qu'elles sont et ce qu'elles deviennent, condil. Conn. hum. u, H.
— HlST. XIV' s. C'est impossible que pluseurs corps soient en un lieu, car ce seroit pénétration de dimencions. oresme, TWie de meunier. .Se pieuresis est engendrée par voye de penelracion, elle est plus de colère |bile] et pénètre plus, Bernard de GORDON, Traduction, iv, *.
— ÊTYM. l'rovenç. perutratio; espagn. pénétration ; iul. penftraiioiu ; du lat. penetrationem, de penetrare, pénétrer.
t PÉSÉTKATIVKMENT (pé-né-tra-ti-ve-man), •dt. D'une manière ppnétralive. Si vous consultez eiactement le sens commun, vous concevrez que, lorsque deux étendues sont pénétralivcnient au même lieu, l'une est aussi pénetrable que l'autre, «ATLI, Uict. Simonide. note c.
— ÊTYM. Pénétraliie, et le suffixe ment. PÉNÉTRÉ, ÉE (pé-né-tré, trée), participe passé
df pénétrer. Il 1° Kempli jusqu'au fond, jusiiue dans l'intimité. Cet boit sont présent«ment tous pénétras
du soleil, stv.so nov. <6«9. Je lui demande (au médecin]... pourquoi vous êtes si pénétréedufroid, m. 1 6 févr. ( 680. Chargé de travaux de préparation d'arbres résineux, suivant le procédé conservateur de M. Boucherie, j'ai été conduit à étudier le mode de répartition du cuivre dans les tissus du bois pénétré, DE LAFOLLYS,ilcod. des sc. compt. rend. t. lxiv, p. 83. ! 8° Fig. Qu'on a percé intellectuellement. Quel secret pénétré peut flétrir votre gloire? volt. Œdipe,
III, (.Il II se dit aussi des personnes. Cet homme pénétré malgré sa dissimulation. Il 3° Fig. Au cœur duquel certains objets, certain.'^ sentiments sontarrivés. Jevous l'avoue, je suis pénétrée de cette affaire; elle me pique et me blesse le cœur en plus d'un endroit, SÊv. f2 janv. 1674. Alors, pénétrée des siens [péchés], s'il arrivait quelque malheur à sa personne, à sa famille... elle s'en accusait seule, boss. Mar.-Tliér. Touché du mérite et de la bonté du roi, pénétré du désir de conserver l'union entre nos deux rois, maintenon, Lett. à Mme des Ursins, il sept. tm. Il se sentit pénétré de compassion pour elle et d'horreur pour l'Égyptien, volt. Zadig, 9. || Absolument. Quand il m'anive d'y faire réflexion, je me sens si pénétré que je ne puis me taire, le sage, Turcaret,
IV, 12. Il faut pardonner à un citoyen pénétré de faire parler son cœur plus que son imagination, VOLT. Fontenni, Disc, prélim. || Avoir l'air pénétré, paraître très-affecté.
PÉNÉTRER (pé-né-tré. La syllabe né prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je pénètre, excepté au futur et au conditionnel : je pénétrerai, je pénétrerais), ». a || 1° Passer à travers. Le coup a pénétré les chairs. Le prélat pousse un cri qui pénètre la nue, boil. Lutr. v. On leur donna d'aunes habits, parce que les leurs étaient appesantis par l'eau qui les avait pénétrés, fén. Tél. VIII. Comme il [un esprit raisonnable] connaît leur portée [des hommes], il n'exige point d'eux qu'ils pénètrent les corps, qu'ils volent dans l'air, qu'ils aient de l'équité, la bruy. xi. C'est par cette vapeur que le mercure blanchit et pénètre l'or sans le toucher, comme l'humidité de l'eau répandue dan^ l'air pénètre les sels, bufp. Min. t. v, p. 287. Ils en sortent parfumés d'essences; et ces odeurs se mêlent avec celles dont ils ont soin de pénétrer leurs habits, BAHTHÉL.^nach.ch. 20. || 2' Entrer bien avant. Les .Sarrasins pénètrent l'empire; ils occupent la Syrie et la Palestine.... boss. Ilist. i, H. Croirai-je qu'un mortel, avant sa dernière heure, Peut pénétrer des morts la profonde demeure ? rac. Phèdre, II, 4. [La lune].... enpénétraiitles ténèbres profondes, LAMART. Méd. II, 2. H Fig. A Ce 1 oup, ma prière a pénétré les cieux.... Corn. Ment, iv, 4. Ainsi est mort le père Bourgoing... il triomphe avec les saints anges, pénétrant Dieu, pénétré de Dieu, admirant la magnilicence de sa maison, BOSs. Bourg. Il 8^ Fig. Percer intellectuellement, en comprenant. Je juge comme vous sur la foi de mes yeux. Et laisse le dedans à pénétrer aux dieux, corn. Sertor. m, 2. Elle [la Sagessoj pénètre ce qu il y a de plus subtil dans les discours, et de plus difficile à démêler dans les paraboles, saci, Bible, Sagesse, viii, 8. Le voile de la nature qui couvre Dieu a été pénétré par plusieurs infidèles, pasc. Lett. à Mlle deRoannet, 2. Elle pénétrait les défauts les plus cachés des ouvrages d'esprit, ritcn. Mme de Uontausicr. Vous savez mon secret, j'ai pénétré le vôtre, rac. Uithr. I, 6. On est prompt à connaître ses plus petits avantages, et lent à pénétrer ses défauts, la BRUY. XI. Sans me laisser pénétrer si cet homme était de sa connaissance ou non, ;. J. rouss. Confess.xi. Il Pénétrer quelqu'un, découvrir ses secrètes pensées. Elle [Mme de Montospan] ne se doute pas que je l'ai pénétrée, et elle m'en aime davantage, MAiNTENON, Lett. à M. dAudicour, t. i, p. 57, dans poogens. à son âge on est franc, facile à pénétrer, collin d'harleville, Opiimiste, ii, 2. || Absolument. Les Anglais pensent profondément; ....Vos gens à pénétrer l'emportent sur les autres, la font, l'abl. xii, 2J Plus on crut pénétrer, moins on fut éclairci, boil. Sot. xii. || .Se laisser pénétrer, laisser apercevoir ses secrètes pensées. Je me laissai pénétrer plus que je n'avais accoutumé k Arnaud et à Viole, retz, Mém. t. ii, liv. III, p. 257, dans pouGEN». Il 4° Fig. Percer le cœur de quelque émotion. Je n'en ai reçu que trois de ces aimables lettres qui me pénètrent le cœur, sÉv. 4 4 fév. 1671. Un accident si étrange |la mort de Madame] qui devrait nous pénétrer ju.squ'au fond de l'ime, Boss. Duch. d'Orl. Sa voii douce pénétrait le cœur du jeune filsd'Ulysse, pf.n. Tél. xxiii. Mon enlèvement l'avait pénétré de douleur et d'inquiétude, Marivaux, Jf artann«, 7' paru liAliKilumeut.
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L'un [Corneille] élève, étonne, maîtrise, instruit,l'autre [Kacine] plali, remue, touche, pénètre, la BRUY. 1. Il Pénétrer d'une chose, en emplir l'âma l'esprit. Jeoonverse aveclui [Dieu], je pénètre toutes mes facultés de sa divioe essence; je m'attendris* ses bienfaits, je le bénis de ses dons, }.}. rooss Ém. IV. Les jeunes botanistes accoururent en foule chercher des instructions auprès de M. de Linné; il les pénétra de son zèle, et bientôt la terre entière fut couverte de ses disciples, cond. Linné. || 5° V.n. Aller bien avant, arriver jusqu'à. Il [Dieu] est plus élevé que le ciel, comment y atteindrez-vous ? il est plus profond que l'enfer, comment pénétrerez-vous jusqu'à lui?sACi, Bible, Job, ii, 8. Et delà pénétrant jusqu'au pied du Caucase. ...rac. Milhr. ii, S.Valerien ayant été pris par les Perses, et Gallien son fils négligeant les affaires, les barbares pénétrèrent partout, montesq. Rom. re. C'est sous ce dernier empereur de la race chinoise [Hoaitsangj que (es jésuites avaient enfin pénétré dans la cour de Pékin, volt. Mœurs, 195. II est à croire que, quand on aurapcnétrédans ce monde austral, on connaîtra encore plus la variété de la nature ; tout agrandiia la sphère de nos idées, et diminuera celle de nos préjugés, m. Mœurs, 443. Philippe avait passé les Thermopyles et pénétré dans la Phocide, barth. Anaeh. ch. 82. || Fig. Ces paroles ont pénétré jusqu'au fond de mon cœur, FÉN. Tél. III Les étrangers venaient en foule admirer la cour de Louis XIV ; son nom pénétrait cbex tous les peuples du monde, volt. Louis XIV, 4 4. J'approche d'un sijour où les injustices des hommes ne pénètrent pas, ;. j. rouss. Lett. à Mme Beau- Château, Corresp. t. vu, p. 452, dans pougens. Il 6" Fig. Entrer avant par l'intelligence, par le» recherches. Si vos yeux pénétrant jusqu'aux choses futures... MALH. I, 4. Que tu pénètres mal dans le fond de mon ftme I corn. Othon, i/, 6. Une honnête femme se devait contenter du mari que les dieux lui avaient donné, de quelque façon qu'il fût fait, et ne pas pénétrer plus avant qu'il ne plaisait à c« mari qu'elle pénétrât? la font. Psyché, u, p. 14». Je pénétrai par là dans leur dessein, pasc. Prov. I. Cet esprit vif et perçant. . qui pénétrait avec tant de facilité dans les plus secrets intérêts, BOSs. Duch. d'Orl. Ton père.... Ne me permit jamais de pénétrer plus loin [d'en apprendre davantage], RAC. Iphig. Il, 4. Comme il voulait pénétrer dans toutes les conditions humaines, il se fit mener chei un minisire, volt. Babouc. || 1° Se pénéirer, v. réfl. Entrer l'un dans l'autre. Il n'est pas même prouvé que les rayons du feu élémentaire ne se pénètrent pas les uns les autres, volt. Phil. Newt. ii, ti. il 8* Faire pénétrer en soi. Cet excellent vieillard que vous voyez sur cette pierre se pénétrant des premiers rayons du soleil et cherchant à se ranimer par les douces influences de l'aurore et du printemps, st-lambeht, Sara Th.... dans pouoens. ; Fig. Laissez-vous pénétrer des saintes maximes des Pères, boss. Lett. Corn. 82. Celui qui se pénètre vivement du beau, du touchant, du sublime, n'est ^as loin de l'exprimer, marmo.ntel, Œuv. t. vi, p. 249. Il Proverbe. Courte prière pénètre les cieux, c'e!>t-à-dire ce n'est pas la longueur, mais la ferveur qui rend les prières efficaces.
— REM. 1. Domergue a prétendu qu'il y avait une faute dans ces vers de J. B. Rousseau : Seigneur, dans ton temple adorable Quel mortel est digne d'entrer? Qui pourra, grand Dieu, pénéirer Ton sanctuaire impénétrable ? Suivant lui, pénétrer avec un régime direct signifia entrer bien avant ; et pour signifier entrer avec quelque difficulté, il faut employer pénétrer dans. Cette remarque est trop subtile ; entrer avant et pénétrer dans se confondent sensiblement dans pénétrer l'empire de Bossuct, perpétrer les demeures de Racine, et pénétrer les cieux de Corneille. || 1. Mme de Sévigné a conjugué pénétrer, v. n. avec le verbe être: Mettre- huit gouttes jd'un baume].... et le frotter jusqu'à ce qu'il soit pénétré à loisir, sgv. i nov. t6»4. Cola n'est pas' usité, on le conjugue avec le verbe avoir.
— Hisr. xiv* s. Toutes plaies qui pénètrent duc Ijusqu'j à la concavité du pis, h. de monorvilie, f° 35. Aucuns petis pertuis, penetraiis par la partie dcsous [la partie inférieure du crâne] vers le palaii et la bouche, iD.f 4 a, uerjo. || xvi' ». La lune, pénétrant à travers les nues, leur esclaira jusques à ce que.... AMYOT, Aratus, 25. Celuy qui la sçait pénétrer [comprendre la poésie), mont, i, 26«,
— ÉTYM. Prov. et espagn. peneirar ; ilal. pen«irare; du lat. penetrare, qui tient kpenilua, intérieurement ivoy. pénates).
PÉNIBLE (pé-ni'bl), ad). || t" Qui donne de la peine, de la fatigue. Travail, outreprise pciiible. K'
lou
PEN
moi, sur ce sujet loin d'exercer ma plume. J'amasse de te» laits le pénihle volume, bo!l. h'pitre tiii. Pens<'7.-vous que ces cœurs, tremblants de leurs défaite, Fatigués d'une longue et pénible retraite... liAC. Ifilhr. i:i, «. J'ai su, par une longue et pénible industrie. Des plus mortels venins prévenir la furie, ID. 16. IV. B. Il n'y a point au monde un si pénible métier que de se faire un grand nom, la BBUT. n. Il Style pénible, style où le naturel manque, dùfiiut dtis auteurs qui traitent un sujet auquel la nature ne les a pas rendus propres. L'ennui d'un dialogue pénible, Iftcbe et diffus, grimm, Corresp. t. IV, p. a»4. Il i° fl se dit aussi de ce qui cause une peine morale. Si nos sens ne s'opposaient pas i la pénitence.... il n'y aurait en cela rien de pénible pour nous, pasc. Pens. ixiv, 6(, éd. havet. lorsqu'il faut souffrir une longue et pénible langueur, FLÈCH. Dauphine. Tout doit tendre au bon sens; mais, pour y parvenir, Le chemin est glissant et pénible à tenir, boil. Art p. 1. 1| Il régit quelquefois d devant un InHnitif. Cela est pénible à dire. Un trône est plus pénible à quitter que la vie, BAC. Thrb. m, *. || Avec le verbe être employé impersonnellemeul, il régit d« ; Il est pénible de se quitter. Vous qui ne connaissez qu'une crainte servile, Ingrats, un Dieu si bon ne peut-il vous charmer? Est-il donc k vos cœurs, est-il si difficile, Et si pénible de l'aimer? bac. Aihal. 1, 4.
— HIST. xm* s. Pénible [dur à la peine], Parlannp. V. 936«. Il XIV* s. La quelle chose avoit esté haslivement faite par crainte de une loy et d'une ordonnance pénible [qui inflige une peine], bfr- CHEUBB, f" 21 , t'erjo. Il XV* s. Preudons seras, poures, pénibles (laborieux, qui se donne du mal], ë. desch. Poésies mss. f" 625. || xvi' s. Une occupation non pénible ny ennuyeuse, mont. î, 282. La conscience qui nous tourmente de plusieurs imaginations pénibles, ID. II, 46. Selon le naturel de toutes choses dont les plus prccieu.ses sont les plus pénibles à garder, o. de sehhes, 227.
— RTVM. Pei)»«. On donne encore à pénible le sens de dur à la peine, dans le Midi. Le provençal disait penable dans le sens où nous disons pénible.
PÉNIBI.E.MKNT (pé-ni-ble-man), adu. Avec peine. Une fortune amassée péniblement. || Avec effort. Il parlait mal et péniblement notre langue, uar-
MONTBL, Mém. VI.
— ETYM. Pénible, et le suffixe menl.
PÉNICHE (pé-ni-ch'), t. f. Ternie de marine.
Canot léger, fin, bon voiher.
— ÊTYM. Angl. pinnace.
PËNICILLË ÉE (pé-ni-sil-lé, lée), odj. Terme de botanique. Qui offre un assemblage de poils disposés en pinceau.
— ÊTVM. Lat. penicillum, pinceau (voy. pinceai).
t PÉMCILLIFORME(pé-ni-sil li for-m'), ad). Terme de botanique. Uui a la forme d'un pinceau. Stigmate pénicilliforme.
— KTYM. Lat. penicillum, pinceau, et forme. t PÉNIDE (pé-nid'), s. m. Voy. sucbe tors.
— HlST. XVI* I. Item des electuaires : penides. vomitoires.... Paré, t. 111, p. 637. *
— ETYM. Latin des anciens chimistes, penidium, dérivé du grec itr.vCov, fai.çceau de fils.
PÊML (pé-nil),«. m. Terme d'anatomie. Partie antérieure de l'os pubis et inférieure du ventre.
— HIST. un* s. Il a lues droit [aussitôt] l'escoufle pris, Tout ensement comme un malart, Le cuer del penil [il] lui départ, Qui moll esloit et durs et fors, l'gscoufle. A point de poil en vo poinille? BARBAZ. Fabl. t. I, p. (03. || xiv* s. Le pannil est le lieu pelu.... h. de «ondkville,!* 8», terso. || xvi* s. L'os qu'on appelle en latin ot pubis, eu français l'os du penil ou l'os barré, para, ir, 34.
— BTYM. Provenç. penehenilh. Le provençal vient certainement d'une forme" dérivée du lat. pecten, qui, outre la signilicaiion de peigne, a eu celle de pubet. Hais la forme par panil a tendu à se confondre avec le mot très-usité panr^e ou penne, qui «iKnifiait étofTe, lambeau. Cela se voit aussi dans penilien, qui signifiait à la fois le pénil et une sorte de vêlement. En Breligne, penillf signifie les effilochures d'un vêtement qui s'use par le boni ; coupe» moi ces pentUes.
IPP.MNSULAIRB (pé-nin-»u-lê-r'), adj. Qui appartieni à une p<ninsule ou i ses habitar.ls.
Pf.NINSUtB (i^-nin-su-D, I. f. Pays «'avançant flans la mer et jo.nl au icste de la terre par un espaiv- pluiou niiiina étroit. U Grèce éuil une grands PtBinsule, dont les caps semblaient avoir fait reculer le» men «l les golfe», s'ouvrir de tous côtés comme jT-ur le» çccc.ir encore, «ontkso. Etp. xxi, 7. ||Al«»oluniini U Péniiuule (avec une majuscule)
l'E.spagne et le Portugal. || Péninsule orientale, se dit quelquefois de la partie de l'Europe qui est comprise entre la mer Adriatique et l'Archipel.
— SYN. PÉNINSULE, PBESQu'lLE. Legoarant distingue ainsi : « Péninsule, partie de terre s'avançant dans la mer et unie aU continent par une ligne qui ne dépasse pas le quart du périmètre de la péninsule, par opposition à presqu'île, qui est une portion de terre environnée d'eau, excepté sur une petite longueur et jointe au continent par un isthme: l'Arabie est une péninsule, tandis que la Morée est une presqu'île. ■> Cela n'est pas fonde sur l'usage, qui donne à presqu'île le sens général d'un espace quelconque presque entouré par la mer, et à péninsule le sens particulier de pajs entouré parla mor. Une pre.squ'lle peut être fort petite^ une péninsule est toujours grande.
— ETY.M. Lat. penmsuio, de pêne ou pxne, presque, et insula, île.
f PÉMS (pé-nis'), ». m. Terme d'anatomie. La verge.
— ÉTYM. Lat. peni's, queue.
PÉMTEi\XE (pé-ni-tan-s'), s. f.\\i' Retour du pécheur à Dieu, avec une ferme résolution de ne plus pécher à l'avenir. Dieu absout aussitôt qu'il voit la pénitence dans le cœur; l'Église, quand elle la voit dans les œuvres, pasc. Pens. xxiv, 8i, éd. HA VET. La pénitence n'est autre chose qu'une sainte indignation contre soi-même, aoss. 4* sermon, Carême, Pénitence, i, Ô pénitence impénitente ! ô pénitence toute criminelle et toute inlecti e de l'amour du monde! id. Sermons, Impénil. /in. Variantes, B, dansGANDAR, Choix de sermons. Tremblez, âmes réconciliées, qui renoncez si souvent à la grflce de la pénitence.... m. Anne de Gont. Serons-nous fort contents d'une pénitence commencéo à l'agonie. ..T id. ib. Nos fausses pénitences qui ne sont suivies d'aucun changement dans nos mœurs, m. Mar.-Thér. Il est impossible qu'une telle âme soit renouvelée par la pénitence, id. Anne de Gonz. Les iirâces de la pénitence sont les dispositions saintes par où Dieu nous sollicite de renoncer au péché, BOURDAi.. Serm. I8» dim. après la Pentee. Domin. i. IV, p. 120. La pénitence, disent les conciles, est comme le supplément et comme le recouvrement de la grâce do l'innocence, bourdal. Concept, de la Vierge, Myst. t. u, p. 50. Je sais que la pénitence de ceux qui se laissent surprendre à la mort doit être suspecte, fléch. Mme de Mont. La pénitence sans laquelle l'homme pécheur ne doit rien prétendre au salut, mass. Profess. reliq. Serm. 1. || Ordre de la pénitence de la Madeleine, congrégation de femmes repentantes. || 2° Le sacrement de la pénitence, ou, simplement, la pénitence, l'un des sept sacrements de l'Ëglise, institué par Jésus-christ lorsqu'il donna à ses apôtres le pouvoir (le lier et de délier, et celui de remettre les péchés, et par lequel le prêtre remet les péchés à ceux qui les confessent. Le sacrement de la pénitence est un échange mystérieux qui se fait, par la bonté de Dieu, de la peine éler:';'l3 sn une temporelle, boss. Sermons, Satisfaction, <. Elle demande d'elle-même les sacrements de l'Église, la pénitence avec componction, l'eucharistie .tvec crainte.... id. Duch. d'Orl. Le prêtre, quoique lieutenant de Dieu et dispensateur de la pénitence, ne peut répondre avec certitude, ni de sa validité, ni de sa nullité, boubdal. Serm- is* dttn. après la Pentee. Oominic. t. iv, p. too. || Le tribunal de la pénitence, le prêtre qui confesse; le lieu où il confesse. Il 8° Tout ce que le prêtre impose, en expiation des péchés. Les pénitences extérieures dispusent à l'intérieur, comme les humiliations à l'humilité, PA.sc. Penit. XXV, i37, éd. havet. X mesure que l'iniquité s'est accrue, la pénitence s'est mitigée, boubd, Jug. dern. 2* avent, p. 3S9. Vous contrefaites la pénitence, mais vous ne la faites pas, m. Pénit. Aient, p. 486. L'Ëvangile à l'esprit n'offre de tous côtés Que pénitence à faire et tourments mérités, BoiL. Art p. m. La seule approche des jours de péniience vous jette dans l'ennui et dans la tristesse, MASS. Aient, Mort dupéch. Il est lion que les pénitences soient jointes avec l'idée de travail, non avec l'idée d'oisiveté, montesq. Espr. xxiv, ii. Il Pénitence publique, sorte d'expiation que l'Église imposait autrefois aux grands criminels, retenus dans l'état d'excommunication. Louis [le Débonnaire|, le visage contre terre, demande lui-même la pénitence publique, qu'il ne méritait que trop en s'y soumettant, volt. Mœurs, 23. Il lallait subir une pénitence publiiiue pour obtenir la rémission des crimes commis après avoir été baptisé, condii.. Histoire anc. xv, 9. H Lettres de pénitence, se disait de» lettre* ou* recevaient de leurs évêque»