‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 310 sur 389 · Î>EN · texte numérisé non relu

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les pénitents auxquels des pèlerinages étaient impo.sés. Il Libelle de pénitence, libelle renfermant divers articles de pénitence que des individus coupables d'hérésie ou de prévarication s'engageaient à observer || 4* Il se dit des jeûnes, des prières, de» macérations, en un mot de toutes les austérité» qu'on s'impose en expiation de ses péchés. Faites pénitence, parce que le royaume des cieux est proche, saci. Bible, Évang. St Math, iv, y. (7. Un beau château, un bel air, de belles terrasses, une trop bonne chi're : cette vie est trop douce, et les jours s'écoulent trop tôt, et l'on ne fait point de pénitence, sév. 2ojuill. I694. Les peines qui sont attachées à la tendresse que j'ai pour vous, étant offertes à Dieu, font la péniience d'un attachement qui ne devrait être que pour lui, id. 29 mars i6«(i. U [David] fit pénitence avec son peuple, boss. Uisl. 1, 8. Ses remords [de Mme de la Vallitre], encore plus que les dégoûts causés par une rivale, la conduisirent aux Carmélites, où elle vécut trente-six ans dans la plus dure pénitence, duclos, Œuv. t.v, p. (78, Il Fig. Faire pénitence de sa jnauvaise conduite, en être puni par quelque malheur. Charles, de mes péchés j'ai bien fait pénitence, hégnieh, Sat. VIII. Les Allemands , qui passèrent ensuite et qui sont les meilleures gens du monde, tirent une rude pénitence de nos étourderies, montesq. Rom. 23. Il Fig. et familièrement. Faire pénitence , faire mauvaise chère. Vous venez diner avec nous sans nous avertir, vous ferez pénitence. Il 5° Les psaumes de la pénitence, voy. psaume. 116° Punition, châtiment d'une faute. Voilà une rude péniience pour une f;iute bien légère. Mettre un enfant en pénitence. lies pénitences d'entant. Adèle ne viendra point avec nous ciie/. NicoUe ; elle est en pénitence aujourd'hui, gknlis,.^^. et Théod. t. I, p. '^93, dans rouOENs || 7° Il se dit, à certains jeux de société, des punitions infligées à ceux qui ont manqué aux réirles. Votre pénitence sera de dire une chanson. || 8° Pour pénitence, en pénitence, pour votre pénitence, ioc.adv. En punition, pour peine; se dit surtout par plaisanterie. Voyons, lui dit le confesseur : C'est le plaisir qui fait l'offense; Que donnait-on? — Le Déserteur. — Vous le lirez pour pénitence, pibon, Épigr. contre Sédnine. Mortifiez vos goûts et vos plaisirs; Et. si parfois vous avez des désirs, Demandez Gluck yvat rotre pénitence, lipigr. contre Gluck, sans nom d'auteur, dans l'Acanthologie ou Dictionnaire épigrammatique de FayoUe.

— REM. Voltaire a dit : Devers Pâques on doit pardonner aux chrétiens qui font pénitence; je la fais. .. Lett. Cideville, I3 mars I74l. Suivant la règle, péniience, sans article, ne devrait pas être représenté par la; mais la phrase étant claire peut passer.

— HIST. XI* s. Par pénitence |il] les comande à ferir [frapper], Ch. de Roi lxxxviÎ. || xu* s. Tant [jel fais pour lui [elle] greveusepeiiitance.... Couct, XI. Il xiii* s. Pour faire penitance chascuns outremer va, Berte, cvui. Et si est ague [la crosse] par desous, pour çou que li prelas doit donner penitencbe poi|,'nante as pecheours, Chr. de Rains, p. 105. i:t si snll'rit la peneance; Ice affierl [convient|à telle enfance, Fabliaux mss. dans lacubne. Après te doins [donne] en pénitence, Que nuit et jor sans repentence En bien amer soit ton penser, la Rose, 2243. || xvi's. Une satiété si lourde, qu'elle equipolle à pénitence [repentir], mont, i, 7o.

— KTYM. Bourg, pejnitonce; provenç. penitencia, penedcrua, penlensa; esp. penitencia; ital. peiutentia; du lat. pœnitentiam, dérivé de pcenitent. L'ancien français avait deux formes : pénitence, calqué sur le latin, et peneance qui avait subi l'empreinte française. Peneance s'était contracté aussi en penance.

l'ÉiVlTENCEUIE (pé-ni-tan-se-rie), s. f. Charge de pénitencier. L;i grande pénilencerie. || La péiiitenccrie, à Home, le tribunal de la pénilencerie. Ce sont des affaires qui regardent la pénilencerie. Le protecteur d'une couronne à Home se mêle de beaucoup do cho.ses qui passent par la chancellerie, parla pénilencerie et par les signatures, st-sim. 2eu, 231.

— HIST. XV* s. Puis luy firent une grant penancerie [maison de pénitence J, et si firent autour d'icellc leurs maisons, Perceforesl, dans lacubnk.

— tîTYM. Péniinicier.

PÉNITENCIER (pé-ni-tan-sié; l'r ne se prononce piLs et ne se lie pa.'^ ; au pluriel, r.ï se lie : les péni tan-sié-z et les prisons), i m. || 1° Prêtre commis par l'évêque pourab.soudre certains cas réservé». i Grand pénitencier, le canlinal qui est pénitencier. Je lui fis tant de scrupule de sa faute [au marquis de Rochccbouart], (|u'il alla au grand pénitencier, ST-SIM. 4«, 74. Il Sous-pénitencier, prêtre lubor-

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donné au pêhitencier, et commis pour le suF,iIéer. I! Ad). Les péchés devinrent si fréquents, et les évéques se rouvèrent charRés de latit de soins, qu'il fallut établir dans chaque église un prêtre pénitencier, plécuieh. Hist. de. Théodnse, iv, tb. li 2° Prison où sont détenus les malfuileurs |t Pénitencier militaire, prison où sont enfermés les militaires cou iamnés à la réclusion.

— HIST. xiii' s. Frère Jehan, peneancier liostre saint père le pape, nu cange, pœ)tt(mfian"«. || xiv s. Fu enchargié à ladicte femme par les penanciersde nostre saint père le pape, qu'elle allast à Rome, in. ib. Il XV* s Et là trouva un vaillant homme penitenlier, auquel il se confessa dévotement etduement, FBOiss. III, tv, 44. Beau filz, dit la dame, de ceste maison ne partiray; car c'est la maison penileneier» où jadis vostrepere et moy fcisnaes nostre pénitente, Peneforesl, t. iv, f» 120. || xvr s. Après eux, les pénitenciers [pénitents] et moins criminels qui s'estoient desdits de peur du feu, ceux là porloientdes torches esteintes, d'aub. Hist. 1, M3.

— ÊTYM. Pénitence ; provenç. penedencier; anc. espag. peniteiiciern; ital. penitenxiere.

PÉNITKNT, ENTK (pé-ni tan, tan-f), adj. Il fO"i a rogret d'avoir offensé Dieu, qui fait pénitence. Ne pouvant parvenir à la première gloire de la vertu, qui serait de ne point faillir, ils négligent la seconde, qui est de savoir rhabiller ses fautes; ne pouvant être parfaits, ils ne veulent point être pénitents, BALZ. De la cour, «• dite. Jésus-Christ n'impute sa justice qu'à ceux qui sont pénitents et sincèrement pénitents, c'est-à-dire sincèrement contrits, sincèrement affligés de leurs péchés, sincèrement convertis, eoss. Var. 111, 38. Il [Lamotte] alla se jeter à la Trappe, et se crut pénitent parce qu'il était humilié, d'alemb. Éloges, Lamolte. || Voué à la pénitence, en parlant des choses. Loin du monde ti\e fait sa demeure et son gîte; Son œil tout pénitent ne pleure qu'eau bénite, règnieb, Sat. xiii. Ces saints religieux dont Cassien nous rapporte la vie pénitente, bouboal. 8* diinanche après la Penlecôle. Dominic. t. m, p. <s. J'ai révélé mon cœur au Dieu de l'innocence; Il a vu mes pleurs pénitents, GILBERT, Ode imitée de plusieurs psaumes Il i° S. m. et f. Pénitent, pénitente, celui, celle qui se rcpent d'avoir ofl'cnsé Dieu. Un pénitent est un homme pensif et attentif à son Ame, Boss. Sermons, Vérit. convers. 1. Qu'est-ce qu'un pénitent? c'est un coupable qui se reconnaît coupable; qui se dénonce lui-même comme coupalile; qui vient en qualité de coupable réclamer la miséricorde de son juge et demander grâce, BOi rdal. Pensées\, t. i, p. 325. J'avoue qu'on ne voit que trop de cesdemipénilents, sans trouble et sans scrupule; mais ce que je regarde comme le souverain malheur pour eux, c'est cette paix même où ils vivent, m. ib. t. i, p. 3S9. Il Pénitent du diable, celui qui, après avoir fait pénitence, retourne au péché. Ce charme [du monde) les entraîne [ceux qui avaient fait pénitence], et, le» fai-sant repentir de leur premier choix, les rend des pénitents du diahln, selon la parole de Terlullien, pasc. l.eU. à Mlle d<-Huanne.î, 6. || Celui, celle qui fait pénitence. Le cardinal de Ketz conservera son équipage de chevaux et de carrosses; car U «e peut plus avoir la modestie d'un pénitent à cet éj^inl-là, comme dit la princesse d'Huicourt, sf.v. <o juill. 1875. Les saints canons ordonnaient autrefois aux pénitents d'être plusieurs années dans un état d'expiation, avant que d être admis à la participation des sacrés mystères, kléch. Mxne de Mont. Il Avoir l'aird'un pénitent, avoir l'air contrit, humilié. Plus défait et plu'i blême Que n'est un pénitent sur la fin d'un carême, boil. Sat. 1. 1{ Celui, celle qui confesse ses péchés à un prêtre. Malgré certains pénitents que je lui vois [à un prêtre], je ne crois pas sa morale rtlJchée, maintenin, Lett. d Mme de Venladi'ur, t. vil, p. 8, dans pougens. Vous pouvez dès ce jour le voir do ma pari ; c'est mon pénitent et mon ami, i.e saor, Cil lllat, x, il. Il 8" Nom commun de plusieurs ordres religieux. Les filles pénitentes de la Madeleine. Pénitentes d'Orviéte. || 4" Mcligioux du tiers ordre de .Saint François, qui se disent fondés par le pape Nicolas IV, et qui portaient, à Paris, le nom de piquepus, parre qu'ils avaient un couvent dans un petit village de ce nom. Il B" Membres de certaine» confréries d'Italie et du midi de la France, qui font des processions, nu-pieds, le visage couvert, et se donnent la discipline; ils assistent les criminels au supplice, ils leur donnent la .sépulture. Il y a des pénitents bleus, des pénilentx blancs, des pénitents noirs, suivant la couleur de leur habillement. Aller •a ua:Mjue le mardi gras, et le jour des cendres à la

procession en sac de pénitent, avec un grand fouet, FÉN. Dial. des morts mod. {Henri III, la duchesse de Hontpensier). || 6' Nom donné autrefois, dans les mines, avant l'invention de la lampe de sûreté de Davy, à un mineur qui, vêtu de larges vêtements de laine, la télé protégée par un ea|Uchon, allait, risquant bravement sa vie, le soir à la fin du travail, mettre le feu au grisou, avant qu'il ne filt en grande quantité.

— lllsT. xn* s. Bien sembloit poure peneant, Au baston s'aloit apuiant, BruI, ms. P" (08, dans la- CURNR. Il xiv S. Et est nécessaire qu'il soit non pénitent ou non repentant, oresme, Elh. 208. ||xv*s. [Eau] tireuvait;e de pénitent. Qui le prent N'a pas bien cause de rire, bassklin, xxix.

— ÉTYM. Lai. pœnitentem, de pœnitere, qui est le dénominatif de pœnilus, pour punitus, de punire; comparez punir et peine. La forme ancienne et régulière était peneant; p^ni(ent est refait sur le l.itin.

PÉNITENTIAIRE (pé-ni -lan-si-ê-r"), adj. || !• Qui a rapport aux moyens employés pour l'amélioration morale des condamnés. Système péniientiaire. Il 8° Nom donné à certains sectaires qui ne partageaient point les opinions de l'Eglise romaine sur la pénitence.

— ÊTYM. Pénitence.

PÉNITKNTIADX (pé-ni-tan-si-ô), adj. m.plur. usité seulement dans cette locution : psaumes pénitentiaux. sept psaumes de David, qu'on suppose qu'il composa pendant sa pénitence.

— ETYM. Voy. PÉNITENTIF.L.

t t. PÉNITKNTIEL, ELLE (pé-ni-tan-si-èl, è-l'), adj. Oui appartient à la pénitence, qui concerne la pénitence, ûùivre pénitentielle.

— REM. L'Académie n'a pas pénitentiel au singulier; elle donne seulement pénitentiaux, pénitentielles.

— HIST. XTi' s. Le pape ne peut absoudre les sujets du roy desdits cas, sinon quant à la conscience etjurisdiction pénitentielle .seulement, p. PiTiiou, ;ii.

— RTVM. Provenç. et espagn. penilencial ; liai. pCTiitenit'aie ; du lat. pcenitentialis, lie pœnilenlia, pénitence.

2. pKniTKNTIEI. (pé-ni-tan-si-èl'), s. m. Hiiuel de la pénitence. || Livre ecclésiastique contenant tout ce qui concerne l'imposition de la pénitence et la réconciliation des pénitents.

— ÊTYM. Pénitentiel 1.

t PENXAC.HE diè-nna-cli'), .v. m. Vieille forme du mol panache. Les chefs <le guorre, le tomahawk à la main,lo pennache en tète, prennent la gauche. CHATRAI BB. AtcUa, Le rrc.it et les chasseurs.

— HIST. xvi' s. Le linge blanc, le pennache éventant, ny beu.ay, p. 4iii), dans lacurne.

— ETYM. Voy. PANACHE, dont pennache est une forme plus régulière.

PENNAGE (pè-nna-j'), s. m. \\ 1° Terme de fauconnerie. Plumage des oiseaux de proie qui se renouvelle chaque année. Faucon du second pcmnage. Il 2° Plume des ailes des oiseaux.

— HIST. xvi* s. Un oyseau à qui toutes les plumes el tout le ponnage sont tunibez de vieillesse, AMVOT, l'iamin. 42.

— ETYM. Pnine.

t PENNAKD (pè-naij, s. m. Canard à longue queue

— ETYM. P^nne.

f PENNATI .., préfixe usité en botaniqi», du latin peiinalus (de penna, penne); il signifie: qui est en forme de plume.

t PES.nATIFIDE (pè-nna-ti-fi-d'), adj. Terme de botanique. Qui est divisé latéralement de manière à il. nier une plume. Se dit d'une feuille penninerve. Il On dit aussi piniialifiile.

— ÊTYM. Pemiati... et le lat. findere, fendre.

t PKNNAIILOUÉ, RE (pè-nnati-lo-bé, bée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles à nervures lobées et à lobes profondément incisé»; elles durèrent des pennalifidos en ce que les lobes sont arrondis, plus larges, et par suite pou nombreux. Il On a dit aussi pinnatilobé.

— ÊTYM. Pennaii..., et lobe.

t PENNATIPARTITK (pé-nna-ti-par-ti-f), adj. Terme de botanique, se dit «l'une feuille penninerve dont chaque moitié latérale est découpée en lobes nombreux, dont les sinus atlcignenl pnsque la nervure moyenne. || On dit au.-(si piiinaliparlite.

— ETYM, Pfnnali..., et le lat. parlilus, partagé, t PE.NNATISfiOUfi, P.E (pè-nna-li-sé ké, kée), udj.

Terme de botanique. Se dit de feuilles qui diffèrent des pennaiipartites, en ce que les loties, a]ipelé« alors divisions, s'étendent jusqu'à la nervure

moyenne, qu'elles laissent souvent a nu entre elles! mais sans être articulées, car alors ce seraient des folioles. Il On dit aussi pinnatiséqué.

— ETYM. Pennaii..., et le lat. secare, couper.

t PENNATCLE (pè-nna-tu-l'), s. f. Genre de polypiers libres de l'ordre des nageurs, dans le(|uel on distingue : la pennatule plume, dite vulgaire ment plume, aile marine ou aile de mer, et, absolument, pennatule.

t PENNATULIENS (pè-nna-tu-liin), t. m pi Famille de polypes, nus, fixés à un grand axe c.ilcaire ou corné qui leur sert de pédicule, lorsqu'ils s'enfoui.ssent dans le sable on dans la vase.

1. PENNE (pè-n'), s. /'. || 1" Nom donné aux longues plumes de l'aile et de la queue des oiseaux. Les pennes des ailes sont appelées rémiges et celles de la queue rectrices, en raison de leurs fonctions particulières, les premières exécutant le vol, les secondes le dirigeant. Il n'est peut-être pas un seul oiseau qui ait le nombre des pennes de la queue impair, bufp. Ois. t. ui, p. 339. {| 2' ferme de fauconnier. Grosse plume des oiseaux de proie. 113" Penne marine, espèce de zoophyte qu'on appelle aussi plume de mer (voy. pennatule). \\i° S. f. pi. Terme de blason. Se dit des plumes qui garnissent un chapeau placé au-dessus de l'écu. || Se dit quelquefois des plumes qui garnissent les flèches.

— HIST. xtir s. Et puet [l'archer] enpener ses quarriausou ses fieiches de tex |tolles) pannes come il voudra, soit de gelines ou d'autres, Liv des met. 280. De pennes laveil fait si bel [le paon], Qe n'aveit fait nul autre oysel, marie de France, t. 11, p. 2)8. Nous ne poons souzescrire ne seignicr la présente chartre, pour la penne i|ui iremlile en nostre main pour la maladie, Rec. des h>.\t. de Fr. t. m, p 299. Ainçois qu'il (le jeune chevalier] se puist empener Des pennes de haute proeche [prouesse], baui'OUin de conii8, t. I, p. 49.

— ÊTYM. Prov. pena; ital. pfnna; du lat. penno, plume, aile. Les étymologistes regardent pen no comme dit pour pesno, elle raltaclientau ridicalgreo n£T, qui si;;nifie voler. Il y avait en français un autre penn«, signifiant étoffe et venant du latin pannus.

t 2. PENNE (pè-n'), s. f. || 1" Terme de tisserand. Le commencement, la tête de la chaîne. || Fil de penne, chacun des fils ipii reste attaché aux cnsuples des tis.serands, apr's qu'ils ont levé la toile. Quand les chanddles sunl perfectionnées, on les met en livres, en Us enfilant dans des pennes ou ficelles, IHcl. des arts et met. Chantielier. \\C9 mot se trouve écrit de laçons diverse^. Pieiines ou coupures de til île laine.... piennes ou pennes de fil ou de laine de toulcs sortes, Tarif, i» sept. 1864. Leur enjoignons pareillement de lais.ser à l'un des bouts de chique pièce |de toile] un peigne ou peine de 18 lignes sans être tramé, Lett. pat. 28 juin 1780, art. 5.112° Gros cordon de laine réuni en houppe au liout d'un liàton.

— ÊTYM. Kas-lireton, peu, bout, têle.

t 3. PENNE (i>è-n'), s. (. \\ 1" Nom d'une sorte de

solive Pour faire des poutres, doubles pennes,

sim|iles pennes, recharges, solives et uuircs ouvrages de charpente, Ordonn. de Lorraine donnée par Léopold en nor. 1707, dans dbalrt, 7'roif^ des forêts d'arhr^ résineux, Toulouse mw, p. i«7. Il 2' Terme de marine. L'une des deux pièces dont estcomjwsée l'antenne ou vergue latine.

— ÊTYM. Probalilement le même que penn« 2; c'est-à-<lire le celtique pen, tête, bout.

t PENNÉ, ÉE (pè-nné, nuée), adj. \\ 1" Terme da botanique. Se dit des feuilles composées dont les folioles sont disposées do l'un et de l'autre côté d'un pétiole commun, à l'instar des barbes d'une plume. Il 2° Terme de zoologie. Ailes pennées, celles qui sont pourvues de rémiges dont b-s barbes s'ench.lssenl les unes dans les autres et .se recouvrent naturellement, de manière .1 servir au vd. {| Doigts pennés, ceux qui sont garnis d'une membrane découpée à chaîne phalange, en festons lisses ou finement dentelés. Il On dit aussi pinnô, pinnée.

— ETYM Lat. pennatiis, de penna, penne.

t PENNICORNE (pènni-kor-n'), ndj Terme de zooloh'ie. Oui a dosiiiteiuies pennées ou pluineuses.

— EtVM. Penne I, el conie.

t PENNIKOHiVE (pè-iiiii-lnr-m'), adj. Terme didactique Oui a la forme il'une plume.

— ETYM. Pinne 1, i)l forme.

t PKNNIGflMlNr:, P.K (p6-nni-jé-mi-né, née), adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille di> composée, ilont chacun des doux pétioles secondaires porte plusieurs paires de folioles.

— ETYM. Penne l, el yéminé

t PKNNINE (pè-nni-n'),(. f. Silicate doubla d'alu<

PEN

mine el de mapnénie, ainsi nommé parce qu'il est originnire des Alpes pennines.

f PEN.NLNERVE (pi-nnl-nèr-v'), adj. Terme de t»tanique. Se dit des feuilles dont le pétiole se prolonge ^n une nervure moyenne ou côte qui émet à droite elàgauclie dans toute sa longueur des nervures secondaires disposées comme les barbes d'une pluma.

— KTYM. Penne ), et nerf.

PEXNON (pè-nnon), ». m. ||1' Enseigne avec laquelle le bachelier conduisait ses vassaux; elle finissait en queue, et c'était avec quoi il recevait l'investiture, à la différence du banneret qui la recevait par la l)anniêre carrée. || Fairede pennon bannière, passer du rang de chevalier à celui de banneret. Il J' En général, toute espèce de bannière ou de banderole. \ku convoi de Dufjuesclin] huit jeunes écuyers, dont les uns portaient des casques, et les autres des pennons et des bannières aux armes de Duguesclin, saint-foix. Est. Pans, Œuv. t. IV, p. 1 61 , dans pouoens. || 8* Terme de blason. Pennon généalogique, écu rempli des alliances diverses dune maison. Il <• Plume qui garnit la baguette d'une flèche.

— HIST. xii* s. [11] Brandist sa lance au penon de sendal, Honc. p. 6t. Là veïssiés mil panons ventel*r, Carin, dans dl' cange. || xiii* s. Ele [l'amour] li ot sajete trete Parmi le cors jusqu'au penon, Lai de l'ombre. || xiv s. A Thicri le fevre, pour ixiv fiers de glave [fers de lance] qu'il fist pour les banieres et les pignons de le [la] connestablie Jehan de Preuss, CAFFiADX , Abattit de maisons, p. U. || xV s. Ils l'estoient jà tous armés, et mis leurs pennons par ordonnance devant eux, proiss. i, i, 78.

— f.TYM. Prov. peno, penon; une. cat. pano; cat. mod. pendô; esp. pendon; port, pendào; ital. pennonf . Trois étymoloKies latines sont ouvertes : pannus, penna, et pendere, être pendant. Pendire doit être écarté : car le d ne se trouve ni dans le français Di dans l'italien; et dans les langues espagnoles il peut s'expliquer par une intercalation qui ne leur est pas étrangère. Entre pannut et penna, Diez préfère penna, parce que l'o ne se changerait pas en e ; à la vérité l'a de pnnnus se change en e dans le français qui a dit aussi bien penne que panne, mais les autres langues ont l'e. Pannvt étant exclu, reste penna (voy. penne). Ainsi le pennon est une banderole comparée à une plume. Remarquez à l'appui que pennon signifie la barbe en plume d'une flèche. L'anglais dit pennoni, avec une finale que les étymologistes anglais n'expliquent pas.

j PENPfULE (pè-nnu-l'), s. f. Terme de zoologie. Petite plume à tige très-courte.

— ÊTYM. Diminutif du latin penna, penne ».

t PENNY (pè-ni), f. m. Monnaie anglaise de compte qui vaut environ 40 centimes. \\ Au ptur. Des pence (prononcé pèn'-s').

— ÊTYM. Angl. penny, du saxon penig; hoU. penntnfl ; ail. Pfennig.

Pf:N<).MBRK (pé-non-br'), », f. || !• Terme d'astronomie. Zone d'ombre d'une teinte plus claire qui borde de chaque cdté l'ombre véritable; elle est due, en grande partie, i l'interférence qu'éprouvent les rayons lumineux en rasant la surface du corps opaque qui produit l'ombre. Kepler.... ajouta i la théorie des éclipses la pénombre, que les anciens n'avaient pas connue; la pénombre est une ombre faible, un commencement d'obscurité, bailly, //tt(. astron. mod. t. ii, p. 3t. 11 existe autour du cAne d'ombre terrestre une zone écla rée par une lumière qui s'affaiblit graduellement; on lui donne le nom de pénombre, et sa largeur est égale au diamètre apparent du soleil vu du centre de la lune,LAPLACE, Kxpot. I, t. Presque toujours les taches solaires sont environnées de pénombres, renfermées ellesmêmes dans des nuages de lumière plus clairs que le reste du soleil, iD. ib. i, 3. |{ S* Terme de peinture. Passade du clair i l'obscur. ||8* Demi-jour en général. Il l'oint où la lumière se fond dans l'ombre.

— ETYM. Lat. p«ne, presque, et utnbra, ombre.

PENON (pe-non), ». m. Terme de marine. Bandelette, banderole ou petite flamme d'une étoffe légère, i laquelle on substitue souvent un système de tranche* de liège rondes et minces, sur la cireonférf-nce des<(uelles sont implantées des plumes, comme on le fait 1 la tête des volants, tranches enfilée» par un cordon mince qui les traversent k leur centre ; c'est une espèce de girouette.

— ÉTTM. La même que pennon.

t PKNSACRB (pan-a«-kr'). ». f. Nom vulgaire de imauthe erocata, plante vénéneuse de la famiUe d"s oml>elli((-.res.

PENSANT, ANTB (pm-san, •an-t'), odj. || !• Oui pewe, qui est capable de penier. L'homme n'e»»

PEN

qu un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant, pasc PeTi». i, e, éd. havet. I-a géométrie le conduisit aux ouvrages de Descartes, et il y fut frappé de cette nouvelle lumière, qui de là s'est répandue dans tout le monde pensant, PONTKN. rori^non. Dire que Dieu ne peut rendre la matière pensante, volt. Dict. phil. Âme. Les gens non pensants demandent souvent au.t gens pensants à quoi a servi la philosophie.... m. Dict. phil. Philosophie. Il faut qu'un être pensant ait vu Rome et le roi de Prusse, et ait vécu à Paris ; après cela on peut mourir quand on veut, in. Lett. Ximenès, juillet m-i. Le fruit îles travaux successifs et accumulés de plusieurs têtes pensantes, d'alemb. Éloges, Varigeau. Cette action de l'esprit français qui tout à coup, dans l'Ecosse puritaine, fait briller une littérature nouvelle, pensante, libre, philosophique, V1U.EM. Liltér. franc. I8' siècle, 2* part. 3' leç. Il Les francs-pensants, nom forgé par Voltaire pour désigner les libres penseurs ( Philos. Déf. mil. Boliny. ch.n). || 2° Un homme bien pensant, homme qui a de bons sentiments. Un homme mal pensant, homme qui a de mauvais sentiments || Un homme mal pensant se dit aussi de celui qui est disposé à juirer défavorablement des autres. || Bien pensant, mal pensant, s'est dit, sous la Restauration, de ceux qui étaient partisans du gouvernement et de ceux qui en étaient adversaires. || Bien pensant, mal pensant, se dit encore de ceux qui ont les croyances religieuses et de ceux qui ne les ont pas.

— HiST.xii* s. Par maintes fois m'esmaie Amours et fait pensant [pensif], Couci, viii.

PENSÉ, ÉE (pan-sé, sée), part passé de penser. Il 1» En quoi il y a de la pensée. Ce sonnet, disentils, est bien pensé, lorsqu'ils nous veulent avertir qu'il est bien conçu ou bien inventé; leur raison de cette insipne manière de parler, c'est que ce terme conçu met de laides images dans l'esprit.... «"• DE GOURNAY. Je n'ai jamais rien vu de pensé comme la fin de ce billet ni tourné si galamment, stv. (2 janv. t6B0. Ce qu'il y a jamais eu de mieux pensé, de mieux dit, de mieux écrit.... la bruy. ix. Ce sont plutôt des vers pensés que des vers d'images, tels qu'une ode doit en offrir, d'<lembebt, Éloges, iomoKe. Il Ouvrage bien pensé, ouvrage dont la conception est bonne, et dont les idées sont justes et convenablement ordonnées. || Terme de beaux-arts. Bien pens'', se dit d'un tableau, d'un bas-relief dont la composition est sagement conçue. Il f Imaginé. Cela n'est pas trop mai pensé.

I. PH.NSÉË (pan-sée), ». f.\\l°Ce que l'esprit imagine ou combine. Par le nom de pensée je comprends tout ce qui est tellement en nous que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes et en avons une connaissance intérieure; ainsi toutes les opérations de la volonté, de l'entendement, de l'imagination et des sens sont des pensées, desc. Rép. aux secondes obj. 67. Il faut avoir une pensée de derrière, et juger de tout par là, en parlant cependant comme le peuple, pasc. Pens. xxiv, 90, éd. HAVET. Le hasard donne les pensées, le hasard les ôte, iD. ib. XXIV, »2. Comme si les nîémes pensées ne formaient pas un autre corps de discours par une disiosition différente, aussi bien que les mêmes mots forment d'autres pensées par leur différente disposition, id. ib. vu, ». L'armée de M. de Luxembourg n'est point encore séparée. .. je serai au désespoir, s'il faut que je reprenne encore les pensées de la guerre, sÉv. t2 oct. t678. Prendre les sentiments que la seule pensée de la mort nous devrait inspirer à tous les moments de notre vie, Boss. lluch. d'Orl. Tant il est vrai que tout se tourne en révoltes et en pensées séditieuses, quand l'autorité de la religion est anéantie ! m. Jteine d'Anglet. Ses paroles précises [de Louis XIV] sont l'imago de la justesse qui règne dans ses pensées, ID. Mar.-Thér. Nos pensées qui regardent Dieu et les actions qui sont les effets de ces pensées, ne sont point de son ressort [du magistrat], BURNET (protestant), dans boss. «• avert. ifi. 0,n lui dit qu'il y avait un art innocent de séparer les pensées d'avec les paroles, flêcii. Duc de Uont. 11 est certains esprits dont les sombres pensées .Sunt d'un nuage épais toujours embarrassées, boil. Art p. i. Les grandes pensées viennent du cœur, vaoven. C'est le sort des pensées d'un grand homme, d'être fécondes non-sculemeht entre ses mains, mais dans celles des autres, d'alemb. Dite pril. Syst. monde, Œuv. t. iiv, p. »o, dans pouoens. J'appelle pensée tout ce que l'âme éprouve, soit par des impressions étrangères, soit par l'usage qu'elle fait île sa rélleiion, condil. Conn. hum. m, I8. Ohl qui m'aurait donné de sonder ta pensée [de toi, Napoléon], Lors-

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que le souvenir de ta grandeur passée.... lakart. kéd. Il, 7. Elle veut être seule; et nous l'avons laissée Elevant vers le ciel sa dernière pensée, p. lebrisn, U. Stuart, v, i. || De la pensée, par la pensée seulement, quand on ne peut pas parler. L'un et l'autre se dit adieu de la pensée, la pont. Philém. et Bauc. Il Familièrement. 11 n'est pas tourmenté par ses pensées, il a peu d'esprit. || Avoir de mauvaises pensées, penser à des choses funestes ou déshonnêles. || Fig. Être d'un siècle entier la pensée et la vie, lamart. Méd. u, 7. Il La pensée humaine, la succession et l'enchaînement des idées qui ont formé la civilisation. Le iléveloppetnent, l'histoire de la pensée humaine. Il 2° Ce qui a été pensé, produit sous une forme de langage et de style. Qu'est-ce qu'une pensée neuve, brillante, extrordinaire? ce n'est point, comme se le persuadent les ignorants, une pensée que personne n'a jamais eue ni dû avoir ; c'est, au contraire, une pensée qui a dû venir à tout le monde, et que quelqu'un s'avise le premier d'exprimer, HOiL. «• préface. Comme le choix des pensées est invention, la bruy. t. Entre toutes leî différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos penstes, il n'y en a qu'une qui soit la bonne, ID. ib. Pourquoi supprimer cette pensée? elle est neuve, elle est belle, et le tour en est admirable, ID. ib. Il n'appartient qu'à elles [les femmes]... de rendre délicatement une pensée qui est délicate, m. ib. On peut dire qu'une pensée délicate est la plus fine production et comme la fleur de l'esprit, ROLLIN, Traité des Étud. m, 3. Les pensées sont les images de- choses, comme les paroles sont les images des pensées, id. ib. L'histoire des pensées de» hommes, certainement curieuse par le spectacle d'une variété infinie, est aussi quelquefois instructive, fonten. Leibnilz. Ce qui fait ordinairement une grande pensée, c'est lorsqu'on dit une chose qui en fait voir un grand norabie d'autres, mon- TESQ. Coût, Curiosité. |{ Terme de rhétoiique. Figures de pensée, celles qui tombent sur la pensée même, c'est-à-dire qui consistent dans la tournure qu'on donne à l'expression de cette pensée, et non dans les mots particuliers qu'on emploie, ou dans la construction grammaticale. || Pensées détachées, livre composé de réflexions qui ne sont point liées les unes aux autres. Il Absolument. On donné le nom de pensées à des livres faits de pensées détachées. Les Pensées de Pascal. Quand on imprima les Pensées du duc de la Rochefoucauld, ou plutôt la pensée qui, présentée sous cent formes différentes, prouve que l'amour-propre est le grand ressort du genre humain, VOLT. Polit, et législ. Prix de lajust. et de l'hum. xi. Il 3° Sens d'un auteur. Ce traducteur n'est pas bien entré dans la pensée de son auteur. Affaiblir la pensée d'un auteur. || 4" Façon de penser, opinion. J'ai dit ailleurs ma pensée touchant l'infante et le roi, corn. Cid, Examen. Sans y perdre de temps, ouvrez votre pensée, ID. Serlor. ii, 2. Serais-jesi malheureuse, madame, que vous eussiez de moi cette penrée? mol. Crit. 3. Est-il possible qu'Aristote ait eu cette pensée? PASC. Prov. IV. On y rit [chez le Tellier) tout l'esprit et les maximes d un juge qui, attaché à la règle, ne porte pas dans le tribunal ses propres pensées, ni des adoucissements ou des rigueurs arbitraires, BOSS. le Tellier. Ahl seigneur., vous parlez contre votre pensée, hac. Brit. u, ». Un enfant est peu propre à trahir sa pensée, id. Alhalie, n, «. Il Entrer dans la pensée de quelqu'un, adopter son opinion. Il 6* Dessein, projet, représentés comme n'étant encore qu'en idée. Le plus souvent la première pensée Dans le meilleur esprit n'est pas la plus sensée , tristan, M. de Chrispe, m, a. El la seule pensée [de conspirer| est un ciime d'ÊUit, corn. Cinna, iv, 4. Quand malgré ma fortune à vos pieds abaissée J'osai jusques à vous élever ma pensée, corn. Héracl. m, i. Je ne sais comment vous avez pu avoir la pensée de m'accuser, pasc. Prov. XI. Rome, que tu [AnnibalJ tenais, t'échap|ie; et le destin ennemi t'a été tantôt le moyen, tantôt la pensée de la prendre, boss. Reine d^Angln. Ils mourront, dit le prophète, et en ce jour périront toutes leurs pensées, ID. Duch. d'Orl. Je ne marche point dans de vastes pensées, id. Mar.-TMr. M.iis l'homme, sans arrêt dans sa course insensée, Voltige incessamment de pensée en pensée, boil. .Sat. viii. Je leur écris qu'Achille a changé de pensée, hac. Iphig. I, t. Mme de Maintenon le demanda [Noisy le >cc] au roi pour y mettre Mme de Brinon avec sa communauté; c'est là qu'elle eut la pensée de l'étihlissement de Saint-Cyr, u— dk caylis. Souvenirs, p. 196, dans poi GENS, ij Espérances. X quoi bon charger votre vie Des soins duo avenir ijui

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n'»sl pas fait pour vous? Ne songez désormais qu'à vos erreurs passées; Quittez le long espoir et les vastes pensées, la font. Fabl. xi, 8. Il ne fallait qu'en ouvrir l'entrée [des affaires d'État] à un génie si perçant pour l'introduire bien avant dans les secrets de la politique; mais son esprit moJéré ne se perdait pas dans ces vastes pensées, Boss. le Tellier. Mais peut'être, au défaut de la fortune, les qualités de l'esprit, les grands desseins, les vastes pensées pourront nous distinguer du reste des hommes, iD. Durh. d'Orl. Mais pourquoi me flatter de ces vaines pensées? hac. Alhal. l, t. Dans le temps que votre âme empressée Forme d'un doux hymen l'agréable pensée, ID. Mithr. i, 3. || 6' Par métonymie, l'action de penser, l'opération de l'intelligence. Toute notre dignité consiste en la pensée, PASC. Pens. I, 6, éd. havet. Par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point ; par la pensée, je le comprends, ID. ib. I, 6 bis. La pensée toute seule est donc l'essence de l'esprit, linsi que l'étendue toute seule est l'essence de la matière, balebr. Uecn. vér. m, i, i. Pensée est un acte représentatif et sensible par lequel l'être a perception de lui-même et de tout ce qui lui arrive, ainsi que des objets externes qu'il est capable d'apercevoir ou de connaître en consé.i|uence de l'impression qu'il reçoit, boullainviliers, Réfut. de Spinnza, p. »). Notre âme n'a qu'une forme très-simple, trè.s-générale, tr^s-constante : cette forme est la pensée, bl'FP. //isf. an im. chap. <i. Faites-moi donc trouver dans la pensée un asile contre les tourments du cœur, stael, Corinne, xv, i. Espérons que bientflt il paraîtra un Newton pour la science de la pensée, qui la trouvera toute prête à recevoir de son génie l'essor le plus heureux, DESTUTT-TRACT, Inst. Uém. scienc. mor. et.pnl. t. i, p. 320, Il La faculté de penser. Il a perdu l'usage de tes facultés physiques ; la pensée lui reste seule. De pensers en pensers s'égara ma pensée, bEgnier, Dial. J'ai souvent souhaité d'avoir la pensée aussi prompte, ou l'imagination aussi nette, ou la mémoire aussi ample ou aussi présente que quelques autres, desc. Vélh. i, 2. Je la sentis s'animer sous ma main, je la vis prendre la pensée dans mes yeux, BLPF. Des tens. || L'esprit considéré comme le siège de ce qui est pensé. Polyenne pour lors me vint en la pensée, Régnier, Sat. xi. La belle en qui j'ai la pensée, iD. ib. xiii. J'aurais d'un si grand coup l'àme bien peu blessée, Si de pareils discours m'entraient en la pensée, cors. Iltus. com. v, 6. Omort, éloigne-toi de notre pensée, boss. Duch. d'Orl. J'ai vu ce même enfant.... Tel qu'un songe effrayant l'a peint à ma pensée, rac. Alh. n, 5. Dans vos secrets discours étai.s-je intéressée, Seigneur? étaisje au moins présente à la pensée ? m. Bihrén. ii, 4. Monime, qu'en tes mains mon père avait laissée, Avec tous ses attraits revint en ma pensée, iD.Jft(/i. I, ). Il Lire dans la pensée de quelqu'un, deviner ce qu'il a dans l'esprit. Ne deviiis-tu pas lire au fond de ma pensée? bac. ^ndr. v, S. || On dit de même : pénétrer dans la pensée de quelqu'un. Il 7° La pensée, ce qui est marqué par une certaine profondeur. Il y a de la pensée dans cet ouvrage. Celle [la statue] de Laurent de Medicis, méditant la vengeance de l'assassinat de son frère, a mérité l'honneur d'être appelée la pensée de Michel-Ange, STAEL, Corinne, xviii, 3. || 8° Méditation, rêverie, réflexion. Il est pour la pensée une heure... une heure sainte. Alors que.... Le crépuscule aux monts prolonge ses adieux, lamart. Héd. ii, 8. |{ Il se dit le plus souvent au pluriel en ce sens. Il est attaché à ses pensées, mol. km. magn. i, t. 11 allait porter «on encens avec peine sur les autels de la fortune, et revenait chargé du poids de ses pensées, fléch. Duc de Mont. \\ 9° Souvenir. Mais il ne put si tôt en bannir la pensée, rac. Esth. i, t.l| En termes de dévotion. N'avoir aucune pensée de Dieu, aucune pensée de son salut, n'y faire aucune attention, aucune réflexion. Celui qui n'a aucune pensée de Dieu ni de .ses péchés, pasc. Vtok. iv. || 10° Terme de littérature et d'arts. Première idée, esquisse. Il n'a encore jeté sur le papier que la pensée de son ouvrage. Il Le motif d'une composition. J'ai trouvé la pensée de la Vierge que je vous ai (iromise ; il faut mainlenant trouver le temps et lacommfjdilédel'eiéeuler, poussin, Letl. t» fév. 1663. L'allusion deWels fait toute la pensée du couplet, hauilt. Gramm. t. — HIST. XII* 9. Et quant je plus sui loinz de sa contrée. Tant est mes cuers plus prés et ma pensée, CoMci, ivii. Il XIII* s. Rois Flores qui moût ert [étaitj homs de bone pensée, Berte, cxlii. ||xiv* s. Koy Piètres l'amoit plus... Que dame nulle ou monde qui tant fust sa privée. Et ccll* al l'amoit àm toute

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sa pensée, Guesclin, 9BI7. || xv* s. Jaques Legris jeta sa pensée sur la femme de Jean de Carouge, PROiss. liv. m, p. (52, dans lacbrne. || xvi' s. Sa pensée luy suggérant [à Xerxès] comme tant de vies avoient i défaillir au plus loing dans un siècle, MONT. I, 271. De manière qu'il venoit en la pensée à plusieurs de dire ces vers du poète Timothaeus.... AKÏOT, Agésiî. 22.

— Etym Pensé; wallon, peinsaie. L'ancien français avait aussi le substantif féminin pense; wallon, pinse; prov. pensa, pessa.

2. PENSÉE (pan-sée), s. f. Petite fleur à cinq pétales ordinairement nues de violet et de jaune, viola tricolor, L. || Couleur de pensée, couleur d'un violet brun. Il est invariable en ce sens, et masculin quand on l'emploie substanlivement. Un ruban pensée. Des étoffes pensée. Le pensée rougit souvent. || Pensée sauvage, le viola tricolor des champs, par opposition aux pensées cultivées, qui appartiennent pourtant à la même espèce. || On cultive aussi sous le nom de pensée le viola altaica, à fleurs nuées de brun au lieu de violet.

— HIST. XVI* s. Les grosses et menues pensées, outre le nom qu'elles ont de commun avec les violetes, par d'aucuns appellées violetes d'automne,

— ÊTYM. Wallon, peinsaie. Il est probable que le nom de cette fleur a été déterminé par quelque rapport, aujourd'hui inconnu, avec pensée i, semblable au rapport qui a fait nommer le myosotis ne m'oublies jias.

t PENSIÎMENT (pan-se-man), i. m. Terme archaïque ou provincial. Action de penser. J'ai vécu sans nul pensement, Régnier, Epitaphe. Dont Teudelingue entra par pluseurs fois En pensement.... LA FONT. Hul. Ce pensement était son plaisir et sa consolation, g. sand, Fr. le Champt.

— HIST. xu* s. Et II très douz pensemenz, Couci, XV. Il IV* s. Et demeurèrent en ce pensement, sans eux si tost lever, et se rendormirent, froiss. ii, m, 99. Il XVI* s. Nouvelle amour et nouveau pensement,

— ÊTYM. Penser ;pToy.pensamenj,pessamen; cal. pensament ; espagn. pensamienio ; ital. pensamenlo.

I. PF.NSER (pan-sé), v. a. || 1° Trouver en réfléchissant, imaginer, combiner (ce qui est le sens le plus voisin du latin pensare, peser, méditer). J'ai pensé une chose qui vous tirera d'affaire. Entendre vos raisons, qui se rapportent fort i celles qu'on a déjà pensées, sév. (7 mai (680. Ne puis-je pas penser après eux (Horace et BoileauJ une chose vraie, et que d'autres encore penseront après moi? la BRUY. I. Celui qui taille des colonnes, ou qui élève un côté d'un bâtiment, n'est qu'un maçon; mais celui qui a pensé tout l'édifice, et qui en a toutes les proportions dans sa tête, est le seul architecte, FÉN. Télémaque, xxii. || S'imaginer. Peisez la joie qu'auront nos femmes, vaugel. Q. C. 30(. Quant au surplus, je le laisse à penser, la font. Rich. Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis, id. Fabl. I, 9. Des circonstances que vous n'aviez pas même pensées, mass. Carême, Pardon des offenses. Il %'• Avoir dans l'esprit. Enfin, que ne pense-t-on point quand on pense toujours, avec beaucoup de silence et de loisir? s«v. (( mai l«80, La liberté qu'on se donne de penser tout ce qu'on veut [en fait de religion], fait qu'on croit respirer un air nouveau, bos-. Anne de Gom. Ils croiraient s'abaisser dans leurs vers monstrueux, S'ils pensaient ce qu'un autre a pu penser comme eux , boil. Art p.

1. Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense I rac. Bril. v, (. Il est beau d'écrire ce qu'on pense; c'est le privilège de l'homme; dans toute notre Italie on n'écrit que ce qu'on ne pense pas ; ceux qui habitent la patrie des Césars et des Antonins n'osent avoir une idée sans la permission d'un jacobin, volt. Cand. 25. On ne dit pas tout ce qu'on pense, et on ne cric pas tout ce qu'on dit, c. delav. D. Juan, III, 7. Il 8* Dans le style philosophique. Penser une chose, en faire une pensée, une idée. Je pense les chotes telles qu'elles sont, et elles se trouvent conformes à ma pensée, car elles sont comme je les pen.se, BOSS. Connaiss. iv, 8. Les âmesdes hommes que l'Eternel créa par si seconde idée après avoir pensé les anges, chateaub. Salch. lIv. iv. || Dans un style élevé et hardi, penser des pensées, entretenir certaines pensées. Nous savons qu'elle [la reine régente] a toujours imité Dieu, dont elle porte sur le front le caractère ; elle a toujours pensé des pensées de paix, boss. c sermon. Démont, î. Il 4* Croire, juger. Je pense mes raisons meilleures que les vâtres. Je ne sais qu'en penser. Il est dlffitUe d'en penser du bien. Je n'en pen.se ni bien ni

mal. Car, soit que je vous pense ingrate ou secourable, RÉGNIER, Élég. I. Nous apprendrons ce que nous devons penser de nos afflictions, mass. Avent, Af/lict. Que pensez-vous qu'il m'en a coûté pour le mettre dans l'état où il est ? j. j, bouss. Hél.\v,it. Il Ne pas savoir que penser d'une personne, d'une cho.-e, ne pas pouvoir s'en former une opinion. H y en a un assez grand nombre qui ne savent qu'en penser et qui décideraient volontiers la question à croix ou pile, moER. Pens. phil. 22. || X ce que je pense, suivant mon idée. || B° V. n. Exercer son esprit en combinant des idées Les Anglais pensent profondément; Leur esprit, en cela, suit leur tempérament; Creusant dans les sujets et forts d'expériences. Ils étendent partout l'empire des sciences, LA FONT. Fabl. XII, 23. Ils [les compilateurs] ne pensent point; ils disent ce que les auteurs ont pensé, LA BRUT. I. Quiconque a le loisir de penser, ne voit rien de mieux à l'aire que d'être vertueu.t, fonten. Hpmberg. C'est par cette lâche habitude de n'oser penser par eux-mêmes, et de puiser leurs idées dans les débris des temps où l'on ne pensait pas. (;uedansla villedes plaisirs [Paris] il était encore des mœurs atroces, von. Prine. de Babyl. (O. Citer la pen?ée des vieux auteurs qui ont dit le pour et la contre, ce n'est pas penser, m. Dial. xxiv, (*' entrelien. Quiconque pense fait penser, m. Frag. sur l'hist. XXIX. Penser et laisser penser, c'est la consolation de nos faibles esprits dans cette courte vie, ID. Diet. phil. Âme. Il me choisit pour l'aider à penser ; Trois mois entiers ensemble nous pensâmes. Lûmes beaucoup et rien n'imaginâmes, id. 2e Pauvre diable. L'esprit une fois en effervescence y reste toujours, et quiconque a pensé, pensera toute sa vie, J. i. rouss. Lett. à Mlle D. if. Corresp. t. i, p. (23, dans pouGENS. L'homme pense, et dès lors il est maître des êtres qui ne pensent pas, bukp. Anim. domest. Un homme qui pense ne se contente pas de recueillir des faits; il cherche à les lier entre eux, SENNEBiER, ir(. d'observ. dans pougens. Sans penser, écrivant d'après d'autres qui pensent, a. chénier, l'fnvenlion. î| 6° Former en son esprit des pensées, des idées. Je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi qui le pen.sais fusse quelque chose; et, remarquant que cette vérité : je pense, donc je suis, était si ferme et si assurée, que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas capables de l'ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir sans scrupule pour le premier principe de la philosophie que je cherchais, DESC Mélh IV, (. Il disait que nous ne pouvions avoir d'idées que de ce qui avait passé par nos sens ; mon fils disait que nous pensions indépendamment de nos sens : par exemple, nous pensons que nous pensons, SÊV. 25 sept. 1680. La difficulté consiste moins à deviner comment la matière pourrait penser, qu'à deviner comment une substance quelconque pense, volt. Dicl. phil. Âme. Ils ont pensé avant de chercher comment on pense ; il fallait même qu'il s'écoulât des siècles pour faire soupçonner que la pensée peut être assujettie à des lois ; et aujourd'hui le plus grand nombre pense encore sans former de pareils soupçons, condil. Log. obj. de cet ouv. Donner son attention, se ressouvenir. Imaginer, comparer, juger, réfléchir, sont des manières de penser qui appartiennent à l'entendement, ID. Tr. anim. ii, >o. || Penser finement, noblement, avoir des pensées fines, nobles. || Penser subtilement, avoir des pensées subtiles. [De deux écrivains qui ont blâmé Montaigne| l'un ne pensait pas assez pour goiiter un auteur qui pense beaucoup; l'autre pense trop subtilement pour s'accommoder des pensées qui sont naturelles, la bruï. i. || 7" Croire, juger. Le plus âne des trois n'est pas celui qu'on pense, LA FONT. Fabl. III, t- Le péril est pressant plus que vous ne pensez, rac. Mithr. i, 5 || Vous n'en êtes pas où vous pensez, c'est-à-dire vous vous mécomptez grandement. Je le ferai connaître, El vous montrerai bien.... Qu'on n'est pas où l'on pense en me faisant injure, mol. Tart. iv, 7. || 8- Avoir telle ou ti Ile opinion, manière de voir. Nos caractères se ressemblent, il [)ense comme moi, iiabivaux, l'Épreuve, se. •. Si César et Pompée avaient pensé comme Caton, d'autres auraient pensé comme firent César et Pompée, monieso. Rom. (l. Arbitre de» humains, daigne veiller sur eui (mes enfants]' Qu'ils pensent comme moi, mais qu'ils soient plU/ heureux, volt. Mahomet, iv, 4. || Liberté de penser, la lilierlé de professer les opinions que l'on croit bonnes. || Façon de penser, opinion, jugement. Il Familiiremonl. Dire à quelqu'un sa façon de penser, lui exprimer sans ménagement ce qu'on

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pense, lui faire des reproches, des remontrances. Il Penser loin haut, Taire connaître sans réticence ce qu'on a dans l'esprit , ne pas se gêner pour exprinipr son opinion. |l Penser bien, mal de, avoir bonne, mauvaise opinion de. Penser trop bien de soi, fait tomber tous les jours En des égarements étranfçes, i)::siiouiiÊRES, Rtffteiions diterses. I.'homme, de sa nature, pense haulement et superbement de lui-même, el ne pense ainsi que de lui-même, la BRUT. XI. Tous mes malheurs me viennenld'avoirtrop bien pensé des hommes, J. j.hodss. Lelt. à M. Gingins de M. Corresp. i. i, p. < ♦, dans pougens. || Bien penser, mal penser, avoir en religion, en morale, en polilii]uedes sentiments conformes ou contraires aux véritables principes. Travaillons à bien penser; voilà le principe de la morale, pasc. Pens. i, 6, éd. iiAVET. Il Particulièrement. Penser bien, avoir des opinions réputées orthodoxes ou favorables à l'ordre établi ; penser mal, avoir des opinions contraires. Il V Réfléchir. Franchement, des plaisirs, des biens de celte sorte Ne sont pas, quand on pense, une chaîne bien forte, oresskt, le Mi'ch. ii, 3. || Il y a beaucoup à penser, c'est une affaire qui exige attention, précaution. Comme il y a beaucoup à penser, je pense beaucoup aussi, et par malheur bien inutilement, sÉv. 22 si'pl. 1687. || Donner à |)enser, faire réfléchir, faire rentrer en soi-même. Cette petite chapelle... qui a soixante-trois toises de longueur, donne bien à penser à notre chapitre, qui croyait être un des plus beaux de France, sév. 14 oct. (69«. Il 10° Raisonner. Il faut chercher seulement à' penser et à parler juste, la bbut. i. Dans la première partie de cet ouvrage, nous avons expliqué la génération des idées; dans la seconde, nous avons fait voir comment on doit conduire son esprit : c'est tout ce que renferme l'art de penser, condil, Art de pens. il, 7. || 11° Penser suivi, sans préposition, d'un verbe à l'infinitif, avoir une idée, une opinion dans l'esprit. Pardonnez-moi, grands dieux, si je me suis trompée, Quand j'ai pensé chérir un neveu de Pompée, corn. Cinna, m, *. Nous pensions partir aujourd'hui, ma chëre fille, mais ce ne sera que demain, sÊv. 644. Il poursuit son dessein parricide; Mais il pense proscrire un prince sans appui, hac. Baj. \v, 3. Il S'imaginer. Et je pense avoir même entefidu quelques voix Nous crier qu'on apprît à dédaigner les rois, cohn. Suréna, v, i. Qui pensera demeurer neutre.... PàSC. Pens. viii, (, éd. havbt. Pensent-ils [les libertins, les esprits forts] avoir mieux vu les difficultés à cause qu'ils y succombent, et que les autres qui les ontvue< les ont méprisées? Boss. Anne de Goni. Un discours trop sincère aisément nous outrage : Chacun dans ce miroir pense voir son visage, boil. Sat. vu. On pense voir des fruits, des fleurs fraîches écloses, Et boire le nectar dans un bouquet de roses, delille, Trois règ. iv. It Espérer, se flatter. Armons-nous de courage, et nous ferons trembler Ceux dont les lâchetés pensent nous accabler, CORN. Nicom. i, (. Verville retourna •ouper avec le seigneur du bourg , vieil homme son parent, et dont il pensait hériter, scarr. Rom. eom. ii, «a. Comme un enOint pens s-tu me traiter? la pont. Rich. Il pense voir en i)leurs dissiper cet orage, HAC Andr. v, t || En ce sens il se construit aussi avec que. Qui eût pu seulement penser que les années eu-ssent dû manquer à une jeunesse qui semblait si vive 1 bossuet. Duchesse d'Orléans. Pensant qu'au moins le vin dût réparer le reste, boil. Sol. m. Pensons que, comme nous soupirons présenteraejit pour la florissante jeunesse qui n'est plus.... la caducité suivra, qui nous fera regretter l'âge viril.... la brut. xi. || 12° Penser suivi de d, avec un substantif ou un verbe, réfléchir à, songer à, se souvenir de. El sans penser aux biens où le vulgaire pense, Régnier, Sat. v. Par un prompt sacrifice expie/ tous vos crimes; Et surtout pensez bien au choix de vos victimes, coiiN. Pomp. m, M. Quand nous voulons penser à Dieu, n'y a-t-il rien qui nous détourne, nous tente de penser ailleursT pasc. Pens. xxiv, bs. On me mande qu'il quitte tout pour penser i sa santé, sBv. 657. Un voyage tranquille devient tout k coup une expédition redouublo à ses ennemis [de Louis XIV]; (iand tombe avant qu'on pense à le munir, boss. Jfor.-rWr. Ce remède si simple et auquel il eût été ti naturel de ne pas penser, produiMt une parfaite et prompte guérison, presque miraculeuse, fort. Chirae.A quoivoulei-vous qu'il (l'cnfanl] pense.quand »ousp«nva àioulpour lui?j. j.houss. Ém. u. Puisque je nepuisoubliercel infortuné, j'aime mieux en cauier avec toi que d'j penser toute seule, m. llél. n. . Que TOUS dirais-jet je resui respirant à peine, tout Bonvcorp. froid comme marbre.... Dieu!

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quand j'y pense encore! t. l. cour. t«ttr. l" nov.

1807. Il Sans y penser, naturellement, sans eflfort. Elle ravit sans y penser : que fait-elle lorsqu'elle y pense? la font. Lett. xxi. || Pensez à moi, voy. MYOSOTIS. Il On a dit penser de. Pensez de vous résoudre à soulager ma peine, malh. v, 29. Si j'étais en lieu.... de vous donner des conseils, je vous donnerais celui de ne pas penser présentement d'aller à Grignan, sév. 22 déc. 1675. Il Voilure a dit penser en. Le reste du temps je l'employai à penser en madame votre mère et vous, VOIT. Lett. 128. Il Avoir en vue, avoir dessein. Caliste, où pensez-vous? qu'avez-vous entrepris? malh. v, 13. Ils croient être convertis, dès qu'ils pensent k se convertir, pascal, Pent. div. 170, édil. FAUGÊRE. M. Colbert, qui ne pense qu'à ses finances, et presque jamais à la religion, mainte- NON, Lelt. à Mme de St-Géran, î4 août I68i. Un homme de cœur pense à remplir ses devoirs, à peu près comme le couvreur pen.se à couvrir : ni l'un ni l'autre ne cherchent à exposer leur vie, ni ne sont détournés par le péril, i.a brut. ii. L'astronome pense aux astres, le physicien pense à la nature, el le philosophe pense à soi, fonten. Dial. 4. Morts anc. Il Penser à mal, avoir quelque mauvaise intention. Il Faire ou dire une chose sans penser à msl, la faire, la dire sans mauvaise intention. || Ne pas se risquer à. Et s'il était ici, peut-être en sa présence Vous penseriez deux fois à lui faire une offense, CORN. Nicom. I, 2. Il Prendre garde. Vous avez des ennemis, pensez à vous. || Aspirer. Et moi, par un bonheur où je n'osais penser... rac. Ttiéb. iv, 3. Il Penser à une personne, s'en occuper en idée d'amour, de mariage. Comment, avec un extérieur SI peu fait pour plaire, pouvait-il pensera ma sœur? GENi.is, ThédWe d'éducation, la Bonne mère, m, 2. Il 13° Être sur le point de, en parlant des personnes et des choses. Ce chien, voyant sa proie en l'eau représentée, La quitta pour l'image, et pensa se noyer, la FONT. Fabl. VI, <7. Mon tailleur m'a envoyé des bas de soie que j'ai pensé ne mettre jamais, hol. Bourg, gent. i, 2. Ma fille a pensé être mariée; cela s'est rompu, je ne sais pourquoi, sév. à Bussy, 6 juin 4608. Mme de Vins est encore ici, les autres k Pompooe ; leur hiMel de Paris a pensé brûler, id. 5 janv. 1680. Madame la Dauphine ne put tenir plus longtemps les éclats de rire [à une scène plaisante]... la majesté du roi en pensa être ébranlée, 10. 3 janv. 1689. Ce fut là (auprès de Turenne mort] où M. de Lorges, M. de Koye.... pensèrent mourirde douleur, id. 28 août 1675. [Luther] dans la première jeunesse, effrayé d'un coup de tonnerre dont il avait pensé périr, boss. Var. v, l. C'était à elle [la princesse Sophie] à qui elle [Madame] écrivait ces lettres si étranges que le roi vit et qui la pensèrent perdre à la mort de Monsieur, st-sim. 367, 21 6. || Impersonnellement. M. Bianchini ne manqua pas de «entir toute la joie d'un antiquaire et de se livrer à sa curiosité ; il pensa lui en coûter la vie; il allait tomber de quarante pieds de haut dans ces ruines, fonten. Bianchini. Il pensa bien y avoir en Orienta peu près la même révolution qui arriva, il y a environ deux siècles, en Occident, montesq. Rorn. 22. ||au sens d'être sur le point, penser se construit sans préposition, avec le verbe à l'infinitif; Mme de Sévigné a péché contre cet usage : Nous y vîmes... un chat qui voulut arracher les deux yeux de Mme de la Fayette, et pensa bien d'en passer son envie, sév. 16 mai teii. \\ 14° Se penser, v. réft. Croire de soi, sur son compte. Qu'ils sachent que toutes les autres choses dont ils se pensent peut-être plus assurés, comme d'avoir un corps, sont moins certaines [que la notion de Dieu], desc. Méth. iv, 7. Je ne me pensais pas si fort dans sa mémoire, corn, la Veuve, v, 3. Des enfants qui se pensent libres, lorsqu'écliappés de la maison paternelle, ils courent sans savoir où ils vont, boss. Sermons, Véture d'une bernardine, 1. 1| Être pensé. Cela se pensait en secret. Il Proverbes. Honni soit qui mal y pense, il ne faut pas interpréter en mal ce qui peut être innocent. Il II est comme le perroquet de M. de Vendi'jme, s'il ne dit mot, il n'en pense pas plus, se dit de celui qui ne dit rien parce qu'il n'a rien à dire. Il En sens contraire, il ne dit mot, mais il n'en pense pas moins, c'est-à-dire il ne dit rien, mais il garde sa façon de penser. Soit ; mais ne disant mol, je n'en pense pas moins, mol. Tart. 11, 2.

— HIST. XI' s. [Il] Baisse son chef, si comence à penser, Ch. de Roi. ix. Li quens Rolans nel se deUst penser I n'aurait pas dû avoir celle pensée], ifr.ixvi. i|xti* s. Mais à dame de valor Doit 00 penser nuit et jor, Coud, i. Mais fol désir fait souvent cuer penser En «i haut lieu, qu'il n'i peut avenir, i2>. z.

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....Je vous pri et demand Que voua penser [pensiez] de moi guerredoniier ; Je penserai de bien servir avant, ib. xiii. Que plus [je] ne doi i fin d'amours penser, ib. xx. Enlour lui [il] voit ses homes panser el embroncber, Sax. xvi. Par Deul seignor, fait-il, moult pensa grant folage. Qui à Charle loa tel conseil et tel rage, ib. xxvi. || xiii* s Car j'ai assez autre chose à penser, quesni;s. Romancero, p. «ou. Mais Ii vilains le dist piecha [depuis longtemps] en reprouver. Que moult a granl dis-orde entre faire el penser, lbroui de lincy, Prov. t. 11, 494. Et Berte le reçoit, qui mal n'i a pensé, Berte, XV. Ce est chose passée [résolue], jà n'i convient penser, ib. cxii. Penst chascun [que chacun pense] de garder son cors, fim. 14768. Chascuns pense du cors, et de l'ame n'a cure; Or sachiés que li mondes est en grant aventure, buteb. 233. ouant les Templiers virent ce, il se pensèrent que il seroient honniz se il les.soient le conte d'Artois aler devant eulz, joiNV. 224. Il XIV* s. Elle, ne pensant à mal, gecte le papier ou feu, Ménagier, i, 6. || xv* s 11 envoya messireGodemar à Tournay pour là aviser des besognes, el penser que la cité fusl bien pourveue, fboiss. i, II, 3. Ces paroles el autres que le comte de Nevers remontra au roi et aux hauts barons leur donnèrent moult à penser, in. ni, iv, 60. Trop mauvais y fait, quand j'y pense, Chevauchier par leur pais, E. DESCH. Virelai contre le pays de Flandres. Tanlost l'ung dira, le roi est contre nous, et puis pensera de se fortifier et de se accointer de ses ennemys, comm. vi, 13. ||xvi*8. Afin que nous ne pensissions que le salaire se doive mesurer selon les mérites, calv. Instit. 649. Afin que les Juifs ne pensassent une telle grâce appartenir seulement aux gentils, id. ib- 773. Si les sciences ne nous apprennent ny à bien penser ny à bien faire... mont. i, 149. Il vint le tuer lorsqu'on ne pensoit plus en lui, d'aub. Hist. Il, 405. Or sus venez, pensers, pensons encor en elle, rons. î86. Trop penser fait resver, lehoux de lincv, Proc. 1. 11, p. 429. Ce sont les sots et maladvisés qui disent : je n'y pensois pas, CHARRON, Sagesse, p. 329, dans lacurnk. Ils ne disent mot, mais ils n'en pensent pas moins, h. est. Apol. d'ilérod. p. 684, dans lacurne. Mal pense qui ne repense, cotgbave. Il est bientosl deceu qui mal ne pense, id. Le loup sçait bien que maie besle pense, in. Mettez fol à part soy, il pensera, id.

— ÊTYM. Génev. penses-tu de sortir dimanche ? se penser, croire, imaginer: je m'étais bien pensé qu'il pleuvrait ; provenç. pensar, pessar ; espagn. et porlug. pensar, pesar; ital. pensare, pesare; du lat. pensare, proprement peser, puis examiner, apprécier, fréquentatif de pendéYe, suspendre au bout de son bras, soupeser, peser.

2. PENSER (pan-sé; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, I'î se lie : des pan-sé-z audacieux) , s. m. \\ 1° Manière de penser. Ce penser mâle des âmes fortes, qui leur donne un idiome si particulier, est une langue dont il n'a pas la grammaire, j. i. rol'Ss. //t'/. i, 65.||2° Facullé de penser. Quel est l'homme sur la terre qui peut assurer sans une impiété absurde, qu'il est impossible à Dieu de donner à la matière le sentiment el le penser ? volt. Dict phil. cité dans LAFAVE, Synon. \\ 3° Dans le langage élevé el poétique, pensée. N'écoutons plus ce penser suborneur Qui ne lerl qu'à ma peine, corn. Cid, i, » Que de pensers divers! que de soucis flolfaiils I id. Iléracl. IV, 4. Comme ils se confiaient leurs pensers el leurs soins, LA FONT^fafti. m, i. Le seul penser de celle ingratitude Fait souffrir à mon âme un supplice si rude, MOL. Tort, m, 7. Vainement offusqué de ses pensers épais. Loin du trouble et du bruit il croit trouver la paix, boil. Éptt. xi. Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques, a. chén. l'Invention. Et mes pensers, nourris dans l'ombre solennelle. Deviennent grands, profonds, majestueux comme elle, delil. Imag. m.

— lilST. xii* s. Baron, dilil, or oies mon pensé; Chascuns aport son bon branc acéré, Raoul de C. 208. Nouvele amor où j'ai mis mon penser, Couci, II. Tuit mi penser sont à ma douce amie, id. ii. Il xiii" s. Certes nenil, ne me vint en penser Qu'onquos nul jour je vous daignasse aimer, qoesnes. Romancero, p. tes. De mon penser aim miei [j'aime mieux] la compagnie Qu'onques Tristans ne fi.st Yseull s'amie, Thibaut de navariie, liz.

— ETYM. C'est l'infinitif du verbe penser, pus substantivement; ital. pensiere, qui n'est pas un infinilif. Pensé, dans l'ancienne langue, est le participp passé pris substantivement.

PENSEUR (pan-scur), s. m. || 1° Celui qui pense, qui réfléchit, qui est profond. On craint les peu-

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•eurs, VOLT. Un. Laharpe, if> oct. mi. Accoutumé que j'étais à me reposer sur ce grand penseur fSieyès] de l'achèvement de son ouvrage... mibab. Collecl.X. m, p. 342. Il II se dit aussi au féminin, penseuse. Je ne vous regardais jusqu'ici que comme une belle penseuse qui.... J. J. bodsseau, lett. à mu D. M. le 7 mai I784. || Libres penseurs, nom donné à ceux qui refusent d'admettre la religion révélée. 1| On a dit autrefois en ce sens : franc penseur. || Le Penseur, nom d'une célèbre statue de Michel-Ange, qui se trouve à Florence dans la chapelle des Médicis. || i° Adj. Dieu tout entier habite en ce marbre penseur, a. chén. l'Invention.

— SYN. PENSBDB, PENSIF. Un penseur est un homme qui a de la force et de l'habitude de penser, surtout philosophiquement; pensif indique une méditation actuelle et un peu triste sur quelque chose. La pensée occupe le penseur; ses pensées occupent le pensif.

— HlST XV' s. Jean Lyon contrepensa sur les penseurs [opposa ruse à ruse], phoiss. ii. II, 6S. Un bon penseur pense au revers [au rebours] qu'on pense, Faifeu, p. »t .

— f.TïM. Penser; bourguig. pen*«j.

PENSIF. IVE (pan-sif, si-v'), adj. Qui est fortement occupé d'une pensée. Puis tout triste et pensif il s'obstine au silence, corn. Pomp. ni, *. Il suivait tout pensif le chemin de Mycénes, hac. Phèdre, v, d. i Chambcry, je devins pensif, non sur la sottise que je ven.iis de faire.... j. j. rouss. Conf. m. Pensif, il mélitait le grand ordre du monde, delille, Parad. perdu, m. [La Mélancolie] Pensive et sur sa main laissant tomber sa tète, Un tendre souvenir est sa plus douce fêle, ID. Imag.3. Il II se dit aussi de l'air, de l'attitude, etc. 11 m'écouta d'un air pensif et dédaigneux, marmontel, Mém. ii.

— HlST. XII' s. Mautalent [colère] ot Ii cuens [le comte], si fist semblant pensif. Soi. ixiv. || xiii* s. Pensis d'amour, dolens et couroucés, M'eSleut [il me faut] chanter, que [car] madame m'en prie, le roi JEAN BB BFi. Romancero, p. U). ||xiv' s. Religion et révérence des choses devines fist tout le pueple estonné et pensif, bkrcheure, ^ 102. || xv s. L'Amnrath de ces nouvelles fut moult pensieuf, et appela son conseil pour savoir quelle chose estoit bonne à faire, proiss. ii, m, 2a. || xvi' s. Fille oisive, à mal pensive, cotokave.

— ÉTYM. Penser; Berry, penîr ; picard, pensiu; prov. penii'u, pessiu ; ital. pensito.

PKNSION (pan-sion ; en vers, de trois syllabes), I. /■. Il 1* Tribut, péage (vieilli en ce sens). Viviers et réservoirs lui ( au cormoran ] payaient pension, LA FONT. Fabl. X, 4. Il 2' Gages en général. M. d'Elbœuf avait été douze ou iiuinze ans en Flandre, à la pension d'Espagne, retz, i, 239. Il donne pension à un homme qui n'a point d'autre ministère que de siffler des serins au flageolet, et de faire couver des Canaries, la brut. xiii. || 8° Somme annuelle que paye un État, un souverain, un particulier à quelqu'un comme récompense ou libéralité. Pension sur l'État. Pension viagère. Pension de retraite. Ci gît, oui gtt. par la morbleu, Le cardinal de Richelieu, F.l ce qui cause mon ennui. Ma pension avecque lui, BKNSERAnE, dans richelp.t. lies pensions que l'on donne en France ne valent jamais rien qu'un an ou deux, d'autant qu'elles ne sont point a-ssurées, ODI patin. Lett. t. ii, p. 15. Le cardinal [de Richelieu], le voyant [Vaugelas, i qui il venait de donner une pension ] entrer dans sa chambre, s'avança avec cette majesté douce et riante qui l'accompagnait presque toujours, et s'adressant à lui : Hé bien, monsieur, lui dit-il, vous n'oublierez pas du moins dans le dictionnaire le mot de pension, pïllisson, llitt. de l'Acad. m. Interdire à mes vers.... L'entrée aux pensions où je ne prétends pas, boil. Sat. ix. Le roi donna hier nne pension de deux mille livres à Mlle de Scudéry, MAINTF.NON, UU. à Jfm« de Brinon, t. ii, p. <78, dans pouOENS. Au lieu de pensions, ils [les anciens rois de l'Orient! donnaient à ceux qu'ils voulaient gratifier des ville», et quelquefois même des provinces qui, sous le nom de pain, de vin, devaient leur fournir tout ce qui était nécessaire pour entretenir leur maison, roi.lin, llist. anc. Œuv. t. m, p. 33», dan» poooKNg. On ne sait pas as.sez que Fontenelle, en (7i3, fut fMjr le point de perdre se» pensions, sa place et sa lilwrté pour avoir rédigé en France, vingt an» auparavant, le traité des Oracles du savant Van Dale, voi.t. Dict. phil. Philosophe. Louis XIV donnai! six mille livres do pension aux Valineourt, aux l'ellis.son, aux Hacinc et aux Despréaux pour faire son bisloirt qu'il» ne tirent point, ID. Lett. d'Anjenson, » janv. t744i. Un m'a Oté, je

ne sais comment, du moins on ne me paye plus, une pension de deux mille livres que j'avais avant que Louis XV fût sacré, volt. Lett. d'Argental, 4 août <777. Vous avez dans Paris une ^oix prépondérante, et Alexandre voulait plaire aux Athéniens; je ne sais si c'est en donnant douze cents francs de pension qu'il s'écriait : fl gens d'Athènes, voyez ce qu'il m'en coûte pour être loué de vous, volt. lett. d'Alembert, i» déc. 1777. Le roi a renvoyé à l'académie des sciences la pension vacante par la mort de Clairaut, due à d'Alembert, qui n'est pas riche, et contestée par Vaucanson . qui a quarante mille livres de rente, diderot, Mém. t. ii, p. 265, dans pouGENS. Il Pension alimentaire, celle qu'on donne à une personne pour assurer sa subsistance. || 4° En matière bénéficiale, somme à prendre annuellement sur les fruits d'un bénéfice. Un bénélicier peut [disent les casuites] désirer la mort de celui qui a une pension sur son bénéfice, PASc.Prot;. vii. || 6' Somme que l'on donne pour être logé et nourri. Le roi me conta, il y a deux jours, qu'il payait la pension de trois fiUes dans un couvent : il en est mort une il y a cinq ans, et ces bonnes filles reçoivent la pension de trois, maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 22 nov. 1705. De pauvres personnes qui ont des affaires à Paris, et trop peu de bien pour donner de grosses pensions dan» des couvents, id. Lett. à Mme de Yillette, ti août 1708. || Demi-pension, ce que donne celui qui ne fait que prendre ses repas, sans coucher au lieu où il est en pension. || Lieu où l'on est logé et nourri pour un certain prix. J'avais quelquefois envie de me mettre en pension; mais cette façon de vivre a ses désagréments, MARIVAUX, Paysan parv. a* part, jj Demi-pension, maison où l'on reçoit des demi-pensionnaires. || Populairement. Être en pension, se dit d'une chose engagée. Pour avoir mis, sans réflexion, Le portrait de madame une heure en pension Chez cette chienne-là que Lucifer confonde, regnard, te Joueur, v, 8. Il On dit aussi : tenir, mettre des chevaux, des chiens en pension. On voit, dans les Indes, des hôpitaux de souris qu'on met en pension et qu'on nourrit comme personnes de mérite, fén. t. xix, p. 66. Il 6' Maison d'éducation où les élèves .sont nourris et couchés. Maître de pension. || Tous les élèves d'une pension. Une pension nombreuse. Il Être en demi-pension, se dit d'un élève qui est externe, mais qui prend sesrepasaveo les pensionnaires. Il Demi-pension, maison où l'on reçoit des demi-pensionnaires. Il Demi-pension, ce que paye un demi pensionnaire.

- illST. xiv s. Il y en avoit plusieurs [cardinaux] qui estoient à luy [Charles V] et de sa pension, Chr. rie St Denis, t. m. f° 40. A mestre Jehan le mie (mire, médecin] pour se [sa] pension de le demie année, x livres, capfiaux. Abattis de maisons, p. )i. jjxv' s. On ne le tient pas [Charles VI] en estât ni çn forme de roi, car il ne peut faire du sien sa volonté; on l'a mis i pension et la roine aussi, PROISS. 11, III, 77. Et le roy luy eust donné À sa vie certaine pension , e. desch. Suppl. au roi. H XVI' s. Le gouverneur d'un éléphant desrobboit à touts les repas la moitié de la pension qu'on luy avoit ordonnée, «ont. n, tV». À maistre Mathée Dainassar, de Veronne, graveur dudit seigneur [le roi] la somme de 615 livres tournois par forme de penlionet bienfaict, Bib/. deich. 6' série, 1. 1, p. 479.

— ÊTYM. Provenç. pensio; espagn. peniton; ital. pensione; du lat. pensionem, payement, qui vient de pensum, supin d^pendfre, pajer, peser (voy. poids).

PENSIONNAIRE (pan - si -0-nô -r'), ». m. et (. il 1' Celui ou celle qui reçoit une pension d'un État, d'un prince, d'un particulier. Le» pensionnaires qu'il [Philippe de Macédoine] avait dans Athènes firent leur devoir : ces langue» vénale» eurent soin de.... HOLi.m, llist. anc. Œuv. t. vi, p. 77, dans POUORNS La faction des »eize, pensionnaire de Philippe II, VOLT. Mœurs, m. Louis XII avait un roi de Naples suivant sa cour et son pensionnaire, m. Mœurs, ho. || Par plaisanterie. Un pensionnaire du roi, un homme détenu en prison. || 2* Élève de peinture, de sculpture ou d'architecture, entretenu à Rome par le gouvernement pour se perfectionner. Il 8" Comédien pensionnaire, ou, simplement, pensionnaire, comédien qui ne participe point aux bénéfice» de la «ociétéelqui reçoit un trailoiiient fixe; cela ne se dit qu'en pirlanl du Tliéitre Krançais. le» pensioiinaire.s du Thi'-*ti«-Kiançais. || 4" En "matière Wnéliciale, celui >pii jouit d'une pension sur un bénéfice. || S" Titre donné autrefois, dan» l'acailémie de» sciences, Â certains membre». Le» membre» de l'ancienne académie des sciences depuis le règlement de U9» étaient de quatre sertes : hono-

DICT, b£ LA LA«aU£ tHADgAUS. ,

raires, pensionnaires, associés et élèves ; les pensionnaires étaient les véritables académiciens, alp. MAURv L'anc. académie des sciences, p. 42. Lorsque l'Académie, voulant honorer le génie d'un de se» membres moins ancien que lui. donna le titre de pensionnaire surnuméraire k M. d'Alembert, coN- DoacKT, Montigni. || 6" Titre qu'on donnait en Hollande au premier ministre des états, ainsi qu'au ministre de la régence de chaque ville; leur nom vient de la pension ou des appointements réglés qu'on leur donnait. Nous rencontrâmes [à Amsterdam) le pensionnaire à pied, sans laquais, au milieu de la populace : on ne voit M personne qui ait de cour à faire, volt. Lett. à Mme de ttemières,

I oct. 1722. Le célèbre Heinsius, pens-.onnaire de Hollande et le plus terrible ennemi qu'ait eu la France, duclos, Œuv. t. vi, p. «2. || 7° Celui ou celle qui paie une pension pour être logé et nourri.

II Demi-pensionnaire, celui qui n'est dans une pension bourgeoise que pour le dîner. || S'Élève à demeure dans une maison d'éducation. Je sortais du couvent avec toute l'innocence d'une pensionnaire qui n'a pu connaître le monde, genlis, Mlle de la Fayette, p. <S7, dans podgens. || Demi-pensionnaire, élève qui prend un ou deux repas avec les pen sionnaires, mais qui ne couche pas dans la maison.

— HisT. XV s. Et me y avoit envoyé le roy avec les pensionnaires de sa maison [gardes, satellites], et fut la première fois que il bailla ctiief aus ditz pensionnaires, comm. vi, 4. Le suppliant se mit à pension avecques ung nommé le Désert... et aprè» qu'il eust esté par certain temps son pensionnier, DD CANGE, pensionatus. Je parleray pour la pucelle au cercle d'or, à qui je suis ami et pensionnaire, et pour ce aussi qu'elle a droicte et juste cause, Perceforest, I. vi, f" 8. || xvi' s. Les quatre cents archers de la garde et les cent Allemands du roy [eurent armez, les gentilshommes 'à cheval et les archers à pied, tous joignant le logis du roy avec plusieurs de ses princes et pensionnaires [.sortes de gardes du roi], j. d'auton. Annales de Louis lU,

p. 168, dans I.ACURNB.

— ËTYM. Pension.

PENSIONNAT (pan-si-o-na ; le ( ne le prononce pas et ne se lie pas), s. m. H 1' Maison où l'on reçoit des enfants de l'un ou de l'autre sexe en pension pour les instruire. Pensionnat de demoiselles. || Pensionnat normal, nom qui était donné à l'établissement appelé depuis École normale, dans le décret du «7 mars »806 sur l'organisation de l'université impériale. || 2' Lieu où sont logés les pensionnaire» d'un collège.

— ÉTYM. Pension.

PENSIONNE, ÉE ( pan-siK)-né, née), port, passé de pensionner. Nous l'aurions vu [le parlement] vendu à l'autorité, la plupart de ses membres pensionnés de la cour, dioerot, Sur l'hist. du parlement.

PENSIONNER (pan-»i-o-né) , v. a. Donner, faire une pension à quelqu'un. Au fait, pounjuoi pensionner Ma muse indépendante et Traie 7 siRANO. Refus.

— f.rvM. Pei\sion.

t PENSIVEMENT (pan-si-ve-man) , ode. D'une manière pensive.

— lilST. XVI' s. Roland tout estonné pensivement regarde, desportes , Roland furieux.

PENSUM (pin-som'; quelques-uns disent pin-son), s. m. Terme de collège. Surcroît de travail imposé à un écolier par punition. Ne trouvant personne à punir, il me faisait porter la peine des coupables par les pensums qu'il me donnait, maruontel, Mém. I. \\Auptur. Des pensums.

— ETYM. Lat. pensum, chose pesée, certain poid» de laine à filer, et, par extension, tftche ; c'est le participe passif de pendire, peser (voy. poius).

t PENT.... ou PENTA.... préfixe qui signifie cinq, et qui vient du grec utvtc (voy. cmo).

t PEN-rACHLOKXYLON (pin-ta-klor-k»i-lon), s. m. Terme de chimie. Corps quaternaire, l'un de» produit» qu'on obtient en faisant agir l'acide chlorhydrique et le chlorate de potasse sur la créosote.

— f.TYM. Penta chlore, et (OXov, bois.

t PENT-X-a)L (pan-ta-kol), ». m. Terme delabijouteriedii moyen âge. Dijou qui, commenos médaillons, .se portait au cou, uk labordr, Émaux, f. 436.

— ITYM. Pendre, à, col,

PENTACOIIDE (pin-la-kor-d"), ». m. Terme d'un tiquité. Lyre à cinq corde».

— ETYM. llivTixxopio(, de k^vt*, cinq, et x^pêr,, corde.

t PENTACHOSTICHK (pin-U-kro-sti-ch), ». m. Ver» disposé» de telle sorte qu'on y trouve ciii<| foi» le nom qui fait le »ujet de l'acrostiche, en paria-

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géant toute la pièce de vers en cinq parties différentes de haut en bas.

— Etym Pent..., et acrotticke.

t PKNTADACTYLK (pin-ta-da-kti-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a cinq doigu ou cinq divisions en forme de doigts.

— ÉTVM. Penla...,el 5ixT\jXog, doigt.

f PK.VTADELPUE (pin-U-dèl-r), adj. f. Terme de botanique. Se dit des étamioes réunies en cinq paquets.

— «TYM. Pent..., et àStlifà;, frère.

t PESTADYNAMB (piii-la-di-na-m'), adj. Terme de botanique. Se dit d'une plante qui a dix étamines, dont cinq plus longues que les autres.

— ÉTYM. Pfnla..., et îûvaiii«, force, puissance.

t PEVrAÈURK (pin-ta-è-dr'), s. m. Corps solide i cinq faces.

— ETYM. Penta..., et Bpa, face.

t PENTAGI.OTTE (pin-ta-glo-f), adj. Terme de philologie. Qui est écrit en cinq tangues. Bible, dictionnaire pentaglotte.

— KTYM. Penta..., et YXûtxa, langue.

t PENTAGONAL, ALE (pin-ta-go-nal, Lâ-l;, adj. Qui a forme de pentagone. Des plans pentagonaui. Prisme pentagonal, prisme ayant pour base un pentagone. Pyramide pentagonale.

PE.VTAGONE (pin-la-go-n'), s. m. \]i° Figure qui a cinq angles et cinq cAtés. || S* Adj. .Synonyme de pentagonal.

— Hisr. xiii* s. Se tu vels trover l'aire du quintangle,soit li pentagones devises en....Comp«l,^^«.

— ÉTYM. nevcixYMvo;, de it£v«, cinq, et yûvoc, coin, angle.

t PENTAGYNE (pin-ta-ji-n'), adj. Terme de botanique. Qui a cinq pistils.

— RTYM. Penta..., et tmrt, femelle.

t PKNTAGYNIE (pin-ta-ji-nie), t. f. Terme de botanique. Dans le système de Linné, nom de cinq ordres qui comprennent les plantes à cinq pistils.

t PENTAGYNIQUE (pin-U-ji-ni-k'), adj. Terme de botanique. Oui appartient à la pentagynie.

t PENTAMÈRE (pin-ta-mè-r'), adj. Terme de zoologie. Se dit d'un insecte qui a cinq articles à tous les t-irses. || S. m. Genre de coquilles.

— ÈTYM. Penta..., et (lipo;, partie.

PENTAMÈTRE (pin-ta-mè-tr'), t. m. || !• Terme

de métrique ancienne. Vers de cinq pieds. |{ Adj Vers pentamètre. || t° Se dit quelquefois abusivement du vers français de dix syllabes.

— ÉTYM. ntvTiiitTpoç, de névTe, cinq, et (j/tpov, mesure.

t PENTANDRE (pin-Un-dr'), adj. Terme de botanique. Qui a cinq étamines.

— ÉTYM. Pent..., et àv:^p, mâle.

PENTANDRIE (piu-Un-drie), *. f. Terme de botanique. Classe du système de Linné qui renferme les plantes dont la fleur a cinq étamines.

t PE-NTA^DRIODE (pin-tan-dri-k'), adj. Terme de botanique. Oui appartient à la pentandrie. || Synonyme de pentandre.

t PKNTAPÊTALE (pin-to-pé-U-l"), adj. Terme de botanique. Oui est composé de cinq pétales. Corolle pentapétale.

— ÉTYM. Penta..., et pétak.

t PENTAPHYLLK (pin-ta-fl-l'), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles ou des folioles disposées cinq à cinq. j| Qui a cinq divisions foliacées. Calice pentaphyle.

— ÉTYM. Penta..., et çOUev, feuille.

PENTAPOLE (pin-ta-po-n, $. f. Terme de géographie ancienne. Territoire qtii comprenait cinq Tilles.

— ÉTYM. neiiâKoXK, de irfvt», cinq, et irôXic, ville, t PENTAPTOTE (pin-Ui-pto-t"), adj. Terme de

grammaire. Se dit de» noms qui ont cinq terminaiwni différentes dans le seul nombre singulier. Paier, domtnia sont des noms pentaptotes, parce qu'on ditpater, ris, ri, r»m,re;dominut,e,i, o,um.

— f.TYM. PeiKo..., et «Tuytic, qui a des cas.

t PEiYTA&CUAT (pin-Ur-kal), >■ ■«. Dignité de penUrque ; durée de ses fonctions.

t PENTARCHIE (pin-lar-chie), ». f. Gouvernement de cinq chefs.

\ PKMTARQUE (pin-tar-k'), .. m. Membre d'une pentarchie.

~ ^^ ' '■. et ipxsi", commander. A. h., ^''^ (Piula-sôpa-l'), adj. Terme

oe D-ju. . ,.. ^,„i ut compusé de cinq lâuales. Caiiee peniuépale.

— «TYM. Ptnla..., et tépaU.

t l>RNTAU>RRHB (pio-u-apér-m'), odi. Oui contient cinq graine». Pruii penUspermè ^ " "'"

— ÉMM. Prnta) , et <n:<m«, graine.

i PBNTASTIQUE (pin-ta-8li-k' ), oi^'. || f Terme |

didactique. Qui est disposé sur cinq rangs. {| 2° Qui est composé du cinq vers.

— ÉTYM. Penta..., et ffti'xo;, rangée.

t PKNTASTOME (pin-ta-sto-m"), adj. Terme de zoologie. Qui a cinq bouches ou cinq ouvertu^ res.

— ÉTYM. Penla..., et <rtô|io, bouche.

t PENTASTYLE (pin-ta-sti-1'). || 1" Adj. Terme de botanique. Qui porte cinq styles. || 2° S. m. Terme d'architecture. Edifice qui a cinq rangs de colonnes à la face de devant.

— ÉTYM. Penta..., et tnOXoç, style, colonne.

t PENTASYLLAHE (pin-ta-silla-b'), adj. Se dit d'un mot, d'un vers ou d'un pied de vers, composé de cinq syllabes. |{ Substantivement. Un pentasyllabe.

— ÉTYM. Penta..., et syllabe.

PENTATEUQUE (pan-ta-teu-k'; quelques-uns disent pin-ta-tcu-k') , s. m. || 1° Les cinq premiers livres de la Bible, qui sont ranges dans l'ordre suivant : la Genèse, l'Exode, leLévitique, les Nombres, le Deutéronome (avec un P. majuscule). Le Penlateuque des Samaritains et celui des Juifs sont deux originaux complets . indépendants l'un de l'autre, Boss. Hist. n, 13. Il 2° Nom que queli|ues auteurs ont donné aux cinq livres des décrétales, publiées par Grégoire IX, qui forment la seconde partie du droit canonique. Il 3° Pentateuque chirurgical, division des maladies externes en cinq classes : plaies, ulcères, tumeurs, luxations et fractures (avec un p minuscule) .

— ÉTYM. nevtÔTtuxo; (sous-entendu fitêXo;), ouvrage en cinq livres, de itévxe, cinq, et tcù- Xoç, livre, proprement instrument.

t PENTATUIOMQUE (pin-U-ti-o-ni-k'), adj.

Terme de chimie. Acide pentathionique, acide représenté par la formule S'O», dit aussi acide hjposulfurique trisulfuré.

— ÉTYM. Penla..., et ôtîov, soufre.

PENTATULE (pin-ta-tl'), s. m. Réunion des cinq

espèces de jeux auxquels s'exerçaient les athlètes. L'opinion la plus commune sur les exercices qui composaient le penUthle y met la lutte, la course, le saut, l'exercice du disque et celui du javelot, ROLLiN, Ifist. anc. (Eut), t. v, p. 75, dans poo- GENS. Il Se dit des athlètes qui s'adonnaient à ces jeux.

— ÉTYM. n^vxaSXov, de Tiév-tc, cinq, et à6Xo«, combat.

PENTE (pan-f), s. t- \H° Inclinaison d'un lieu haut vers un lieu bas. Quelle que soit la pente et l'inclination Dont l'eau par sa course l'emporte, LA FONT. Fabl. III, 16. On montait à la citadelle par trois rues en pente, rollin, Hist. anc. Œuv. t. i , p. 663, dans pouGBNS. En examinant sur le globe quels sont les fleuves qui ont le plus de pente, bdpf. Hist. nat. Preuv. thior. lerr. Œuv. t. ii, p. 74. Le brouillard nous fit manquer une pente de gazon par laquelle nos guides nous promettaient de nous faire descendre, saussuhe, Yoy. Alpet, t. v, p. i43, dans FouGENs. Le ruisseau n'apprend pas à couler dans sa pente, lamart. Houv. Méd. 6. Le maréchal se trouvait engagé, avec une seule division, dans une gorge étroite, profonde et environnée de bois et de collines dont toutes les pentes nous étaient contraires, siouR, HUt. de Napol. v, 3, {| Dans la théorie des plans cotés, la pente d'une droite est le rapport de la différence de niveau de deux de ses points à leur distance horizontale. La ligne de plus grande pente d'un plan est la droite perpendiculaire aux horizontales de ce plan; et la pente du plan est la pente de cette droite. || 2' En technologie, instrument indiquant aux ouvriers l'inclinaison que doivent présenter certaines parties des pièces qu'ils travaillent, relativement aux autres parties, jj 8° Terme de tapissier. Bande qui pend autour d'un ciel de lit, sur le haut des rideaux. Si vous trouviez dans Avignon ou dans Lyon de quoi faire des rideaux, un fond. Un dossier, dessoubassements, des pentes... s£v. 24 août t676. Il Bandes d'étoffe qui, dans les bibliothèques, s'attachent aux tablettes, pour garantir les livres de la poussière. || i° terme de construction, l'ente de comble, l'inclinaison d'un des côtés d'un comble, qui le rend plus ou moins raide sur sa hauteur, par rapport à sa base. || Pente de plâtre, enduit de plâtre sur lattes ou vuliges, préparé pour recevoir les feuilles de plomb, de zinc, destinées à former des chéneaux ou des gouttières. |{ 5° Terme de paveur, ('ente courante et pente latérale : la première suit

i' la longueur de la voie ; la seconde tombe sur sa larneur. || Contre-jiunte, interruption d'un niveau de pente, toit par malfafou, soit par l'affaissemeut

du terrain. || 6* Terme de menuisier. Inclinaison donnée au fer d'un outil. || En armurerie, courbure que présente la crosse d'un fusil. || 7° Action de suspendre le tabac, .\ussi tôt qu'il (le tabacj est arrivé à la métairie, on le met k la pente, afin qu'il sèche, GENUs, Maison rust. t. ui, p. «74, dans pougens. Il 8° Terme de marine. Dans les vaisseaux, côtés pendants des tentes. || 9* Fig. Ce qui twt comparé à l'inclinaison d'un terrain. La pente des ans. 'Tant vous avez eu d'adresse à mettre les choses en état de yous être avantageuses, quelque pente qu'elles puissent prendre, pasc. Prov. xvii. On s'égare un seul moment de la vie, on se détourne d'un seul pas de la droite route; aussitôt une pente inévitable nous entraîne et nous perd : on tombe enfin dan* un gouffre, J. J rodss. Héi. m, is. 1140° Kig. Ce qui fait pour l'&me ce que fait pour les corps l'inclinaison. C'est ce qui m'a obligé à lui donner une pente vers la personne de Lucrcoe au cinquième acte, CORN, le Uent. Examen. Il faut tendre au général, et la pente vers soi est le commencement de tout désordre, pasc. Pens. xxiv, 6», éd. havet. Elle [Mme de la Fayette] vous conseille d'observer la pente naturelle de son esprit [de Pauline, fille de Mme de Grignan] , sÊv. à Mme de Grignan, (•' nov. 1(188. 11 [Corbinelli] regarde avec respect la tendresse que j'ai pour vous... il est bien loin de me conseiller de m'opposer à celte pente, iD. 20 oct. (67». La pente entraîne le peuple à l'idolâtrie, ROSS. Hisf. Il, 3. L'indifférence qu'il [saint François de Sales] enseigne n'empêclie pas une vertueuse pente de la volonté d'un côté, m. Et. d'oraù. VIII, 2. Ma jeunesse, nourrie à la cour de Néron, S'égarait, cher Paulin, par l'exemple abusée, Et suivait du plaisir la pente trop aisée, rac. Bérén. ii, 2. Quelqu'un suivant la pente de la coutume qui veut qu'on loue, la bruy. v. Tu ressens pour lejeu la pente la plus forte, hegnard, Ménechm. i, 2. Tel, par sa pente naturelle, Par une erreur toujours nouvelle. Quoiqu'il semble changer son cours. Autour de la flamme infidèle Le papillon revient toujours, gress. Chartr. Le vice est une pente habituelle; le crime n'est qu'un mouvement, maruontel, Œuv. t. vui, p. 403. Il semble qu'il y ait une pente qui entraîne les hommes vers ré(|ualeur, c'est l'efTet nécessaire de l'attrait de la chaleur et des richesses ; c'est la pente du besoin et de l'intérêt, baillv, Atlantide, lett. 22. Il Avoir une pente à, être enclin à. Le naturel de l'homme a tant de pente aux vices. Qu'il s'y replonge à tous moments, corn. Imit. i, 22. J'ai une pente naturelle à me laisser aller à tout ce (]ui m'attire, mol. Fest. m, a. La pente qu'on a à recevoir sans examen tout ce qui est à son avantage, NICOLE, Ess. de mor. t" traité, ch. 6. Avec toute la pente qu'on a aux malignes interprétations, la BRUY. m. Il La pente de quelqu'un, ce qui l'entraine habituellement. Quant à l'humeur contredisante. Je ne sais s'il avait raison. Mais que cette humeur sait ou non Le défaut du sexe et sa pente.... la FONT. Fabl. m, 18. Il Oïl dit dans un sens analogue : la pente du cœur, de l'âme, etc. Ceux qui avec une pente invincible de leur volonté aiment parfaitement, PASC. Prière. Quand il suit librement la véritable pente de son cœur, kén. Tél. xii. Selon la pente de leur âme et le caractère de leur esprit, VAUVEN. Du génie. Deux ou trois mois se passèrent ainsi à lâter la pente de mon esprit, J. J. houss. Confess. il. Toujours accessible, cliercbant par la pente naturelle de son caractère à plaire à ceux qui se présentaient à lui, conoorcet, Maurepas.

— HIST. XVI* s. Une pente raide, ahïot, Cam. 47. Trois pièces de fine tapisserye et quatre pontes, pour fournir une garniture de ciel de lict de camp, Bibl. des eh. «• série, t. 1, p. 4»».

— ÉTYM. Pendre; substantif fait comme vente, renie, etc.

t PENTÊCOSTAIRE fpan-té-ko-sté-r'), ad;. Terme de liturgie. Qui a rapport il la Pentecôte. || S. m. Livre qui contient l'office, depuis la fête de Paquet jusiju'à la Pentecôte.

PENTECÔTE (pan-te-kô-f, et non, comme disent quelques-uns, pan-le-ko-t'), 1. f. || 1° Chez les Juif», fête qui se célébrait le cinqu intième jo-ir apris ie seize du mois de nisan, ou après le second jour de Pâques, et dans laquelle les Juifs offraient à Dieu les prémices de leurs moissons, etc. L'histoire n? spécifie point le jour où Joas fut proclamé; quelques interprètes veulent que ce fut un jour de fétc : j'ai choisi celle de lu Pentecôte, qui était l'une des trois grandes fêtes des Juifs, hac. Ath. Préf.\\i' Chez les chrétiens, fête qui se célèbre cinquante jours ou, si l'on aime mieux, le septième dimanche après Pâques, eu mémoire de la descente du Saint

PÉN

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