‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 311 sur 389 · PEP · texte numérisé non relu

PEP

Esprit sur les apfttres. Attendez, désirez et recevez le Saint-Esprit à la Pentecôte, maintenon, Avis à la duch. de Bourg, t. m, p. 204, dans pou- OENS. Il Fig. Jusqu'à la' Pentecôte, c'est-à-dire longtemps. Prêchez, patrooinez jusqu'à la Pentecôte, MOL. Éc. des femmes, i, t.

— HIST. XII* s. Ce fu à pentecoste, que il fait bel et clair.... Sai. xiii. |l xiir s. Et dès lors à dix jors [de l'Ascension] vint li Sainz Esperiz sor les disciples, porquoi nos gardons la feste de la Pentecoste, BRUN. LAT. Très. p. I4B. || ivi* 9. Laissez venir donque France et sa routte, Car tel me cuyde avoir gaigné à Pasques, Qui ne m'aura pas à la Pentecouste, j. MAROT, V, 1 7. Pentecostes frezes rouges, ou le laboureur s'estonne, leroux de lincy, Prov. t. i, p. H 4.

— ÊTYM. Berry, pentecoûte (bien des gens de pro- Tince disent la pentecoûte pour la pentecôte, mabo. BUPEET, Observ. p. MO, (688) ; proT. pentecosta, pandecosle; esp. pentecostes; ital. pentecosla; du lat. pentecoste; grec, itevnrixoirc^, le cinquantième jour, de n£VTinxo>TO, cinquante, qui vient de fcevTS, cinq.

t PENTÉDËCAGONE (pin-té-dé-ka-go-n'), ». m. Terme de géométrie. Polygone qui a quinze angles et quinze côtés. || Àdj. Plan pentédécagone.

— ETYM. névT6, cinq, et décagone.

t PKNTÉLIQUE (pan-té-li-k'), adj. Qui provient du mont Pentélique en Attique. Marbre pentélique.

t PENTENÎTE (pan-tè-n'), i. f. Terme de pêche. Sorte de nasse ou de filet qui termine les bourdigues, et qui empêche l'anguille de sortir.

t PENTÈRE (pin-tè-r'), J. f. Chez les anciens, navire à cinq rangs de rames. Les pentères, dit Polybe, aa temps de la première guerre punique, avaient trois cents rameurs, lerot, Instit. Mém. lill. el beaux-arts, t. m, p. )8).

— ÊTYM. lltvTTipTi;, de itéfct, cinq, et ipto, arranger.

t PEiVTÉTÉRIDE (pin-té-té-ri-d') , s. f. Terme d'antiquité grecque. Espace de cinq ans.

— ÊTYM. nevT6TTipii;,(ieu6vT6, cinq, et iT(ji;,année. t PENTHÊMIMÈRE (pin-té-mi-mè-r'),î. ^. Terme

de prosodie ancienne. Composé de deux pieds et demi. Dans le vers pi-ntamèlre latin les deux hémistiches sont penthémimères. || Qui se fait à deux pieds et demi. Coupure penthémimère.

— f.TYM. Pent..., hémi.... demi, et (iipo;, partie. PK.NTIÊRE (pan-tiè-r'), t. f. Voy. pantière. PENTURE (pan-tu-r'), ». f. I! i' Terme de serru-

rie. Morceau de fer plat, replié en rond par un bout, et creusé de manière à recevoir le mamelon d'un gond; on l'atlache sur une porte ou sur un contrevent, avec clous rivés, pour les soutenir et les faire mouvoir sur leurs gomls, soit quand on veut les ouvrir, soit quand on les ferme. i| Penture flamande, penture faite de deux barres de fer .soudées l'une contre l'autre, et repliées en rond pour faire passer le gond. Il Penture à talon, penture dont le bout est coudé déquerre, formant une espèce de crampon. Il 8° S f. pi. Terme de marine. Gonds ou ferrures du gouvernail ou d'un mantelet de sabord.

— HIST. XV* s. Pentura flamenga, on gang».

— ÊTYM. Origine inconnue.

PfiMJLTlÈME (pé-nul-tiè-m'), adj. Avan^demier, qui précède le iitmer. Le commun des hommes aime les phrases et les périodes, admire ce qu'il n'entend pas, se suppose instruit, content de décider entre un premier et un second point, ou entre le dernier sermon el le pénultième, la brut. iv. H. de Beauvillier, dont le rang d'opiner était le pénultième des ministres, sx-sm. J06, 226. Votre pénultième mari, madame I vous avez donc été mariée bien des foisi dawcOORt, la Femme d'intrigues, J, 7. Il S. f. La pénultième, l'avant-derniëre syllabe d'un mot, d'un vers.

— KEM. Vot-e pénultième lettre, a dit J. J. Rous- •eau, en écrivant à une dame (7 oct (762). Hors l'usage technique, pénultième est pédant.

— HIST. xin' s. Et ainsi chacune fois en montant le double de la taniation du pénultième dciïaull, Liv. des met. 437, || xv ». Et dura jusques au samedy en^uyvant penultime d'aoust, coim. vi, O.

— ÉTYM. Provenç. penultim; Hspagn. et itaj. penullimo; du laU pxniUiimus, de pmne, presque, et ultimut, dernier, superlatif de l'inusité uller (voy. ULTitHiKt'H). La forme en ième est née d'une assimilation avec les noms de nombres ordinaux, deuxième, troisième, etc.

PÉNURIE (pénu-rie), ». ^. Ij 1* Extrême di.sette. Pénurie d'argent, de fruits, de denrées. || Fig. Cette pénurie de langage, commune à tous les peuples d'Amérique, était la preuve du peu de progrès qu'y avait fait l'esprit humain, ratnal, Hist. pjiil. ix, 6.

Il 2° Absolument. Misère. 11 vit dans une pranae pénurie. Gorgé d'écus, Il n'aura plus L'attitude de pénurie Qu'il va laisser à la patrie, bacbaumont , Mém. secrets, t. xxxiv, p. 335.

— HlST.xv's, [Ilsauronten enfer] pour les douces odeurs et plaisances mondaines, pénurie et ordures, DUCLOS, Preuv. de Louis XI, p. 298, dans lacurne.

— ETYM. Lat. pênuria, que Corssen [Beitr. 4B8) compare à Ttetva, faim.

t I ■ PÉON (pé-on) ,s.m. Soldat à pied, dans l'Inde.

— ÊTYM. Mot espagnol correspondant au provenç. peio, peon; ital. pedone.

f 2. PÉON (pé-on), s. m. Terme de prosodie ancienne. Pied composé d'une longue et de trois brèves diversemenl combinées, ce qui avait fait distinguer quatre péons différents. Ce pied est le contraire de l'épitrite.

— ÊTYM. Lat. pxon; du grec itaîtov.

tPEONAGE (pé-o-na-j') , s. m. Se dit, au Mexique,

d'une sorte d'esclavage imposé aux indigènes, et qui résulte de ce que les propriétaires peuvent les retenir et les obliger à travailler gratuitement pour l'acqiyt de dettes que ces travailleurs ont contractées sur les propriétés.

— ÊTYM. Espagn. peon, homme de pied.

PÉOTTE (pé-o-f), s. f. Grande gondole en usage,

sur l'Adriatique. || On dit aussi péaute. Au milieu de trois ou quatre mille gondoles se distinguent les grandes peau tes qui portent lesdéputations.... forfait, Instit. Mém. scienc. t. v, p. 33).

— ÊTYM. liai, peotta.

f PÉPASME (pé-pa-sm'), s. m. Terme de médecine. Nom sous lequel les humoristes désignaient un état de la maladie où la matière morbitique a déjà perdu sa crudité.

— ÉTYM. riETtoffpiàçi de itÉffoeiv, cuire.

t PÉPASTIQUE (pé-pa-sti-k'), adj. Terme de médecine. Se disait des remèdes qui sont propres à mûrir les humeurs, et des médicaments qui facilitent la digestion des aliments,

— ÊTYM. IltitadTixèç, de niaativ, cuire.

PÉPERIN (pé-pe-rin), s. m. Sorte de tuf volcanique commun aux environs de Rome, et employé pour les bâtiments. Le tombeau des Scipions est en péperin.

— ÊTYM. Ital. peperino; du lat. piperiniij, de piper, poivre, à cause de la comparaison de la couleur de cette pierre avec la couleur du poivre.

PÉpERINE (pé-pé-ri-n'), t. f. Synonyme de péperin.

t PftPÉRITE (pé-pé-ri-f), t. f. Terme de minéralogie. Roche ou pâte tufeuse et rouge.

PEPIE (pe-pie; plusieurs prononcent pi' pie), ï. f. Mala-die dangereuse consistant en une pellicule blanche qui vient au bout de la langue des oiseaux, et qui les empêche de boire et de faire entendre leur cri. Nos poules eurent la pépie. Dont plusieurs perdirent la vie, sCarr. Virg. m. || Fig. Avoir la pépie, avoir soif, avoir le gosier sec. Vous allez gagner la pépie, oherabdi, Thédt. ital. t. ii, p. IB6. Il Vous nous ferez avoir la pépie, vous ne nous donnez pas à boire, vous tardez trop à nous faire boire. {| Cet homme n'a pas la pépie, il boit volontiers. |{ II, elle n'a pas la pépie, se dit aussi d'une personne babiUarde.

— HIST. xiV s. Se un faucon a la pépie, Ménagier, m, 2. || xv s. ICstant parmi les pots pleins de vin délectable. Ainsi comme un poulet, Je ne me laisserai mourir de la pépie, basselin, ii. || xvi* s. Quand les vignes gèlent en mon village, il juge que la pépie en tienne desjà les cannibales, mont, t, no,

— ÊTYM. Wallon, pépin, pepeie ; génev. pipt, s. f. ; provenç. et catal. prpida; espagn. pepita; portug. pei'ide, pivide ; ital. pipita; milanais, pilrida, piit'do; bas-lat. pipita; du lai. piluita, pépie, proprement pituite ; la dérivation parait certaine; mais le changement du ( en p est singulier. L'angl. vip, l'allem. Pipt, ano. haut-allem. phiphit, ont la même origine.

f PÉPIEMENT (pé-pi-man), s. m. Action de pépier. Que j'aimais le pépiement des oiseaux .sous la feuillée et le bourdonnement den abeilles I ca. ho- DiER, dans le Diet. de uocuEZ.

fPl^PIER (pe-pi-é), V. n. Crier, en parlant du moineau.

— HIST. xiT* a. Pipler comme poucin» ou pijons ou autour, du cange, pipinnes. || xvt" s. Les petits colombeaux s'apprennent à aller par les nids pépiant, TvaB, p. 663.

— ÊTYM. Lat. pipare ou pipt'r*.

PEPIN (pe-pin), ». m. Semence qui se trouTe au centre de certains fruits. Un fruit à pépins. Un pepin de poire, de pomme, de r.-iisiii.

— IIKM. Deagrammairicu» »o»i(lraient au'on dît

pepin puisqu'on dit pépinière, ou pépinière puisqu'on dit pepin.

— HIST. xiii* s. La grape d'euls est grape de fiel, et 11 pépins très amers. Psautier, ^ 4 8». || xiv s.

Se vous voulez avoir roisins sans pépins Ména-

gier, ii, 2. Passules [en lalin passulx] mondées de leurs pépins, lanpranc, f* 3», verso. Àcinus, pepion, dans le Glossaire publié par Labbe.

—'ÊTYM. Maine, poupin, époupiner, ôter les pépins; haute Norm. pupm. Dérivation très-incertaine. Frisoh le tire du latin pepo, concombre, dans l'opinion que pepin a signifié primitivement graine de courge ; il est de fait que l'espagnol pepino signifie concombre et rien que cela. Diei observe qu'il y a une singuliire analogie entre pepie et peptn ; pept'n signifiant en wallon pépie, et l'espagnol pept'lo signifiant à la fois pépie et pepin. Pepin a signifié jardinier dans un texte du xiv* siècle : Les pépins de la pépinière, du cange, pepilio.

PÉPINIÈRE (pé-pi-niè-r'j, ». f. || 1° Terrain dans lequel on fait des semis d'arbres pour en obtenir de jeunes plants destinés à être transplantés ailleurs. Il Mettre un semis en pépinière, le repiquer. |] %' Plant de jeunes arbres qu'on cultive jusqu'à ce qu'ils puissent être transplantés. || 3° Fig. Collection, réunion de personnes propres à un Ëtat, à une profession, etc. La jeunesse est comme la pépinière de l'Etat, ROLUN, Traité des Et. vi , t . Cette pépinière immense de citoyens que les Romains trouvèrent dans leurs esclaves, montesq. Esp. xiiii, 20. Ce qui me consolera quand je partirai de ce monde, c'est que j'y laisserai une petite pépinière d'honnêtes gens qui s'étend et se fortifie tous les jours, volt. Lett. d'Argental, ts sept. t77B. Le Nord, qui, suivant Jornandès, fut nommé la pépinière du genre humain, bailly, Atlantide, lett. I9. |j II se dit aussi des choses qui pullulent. L'habitudo vicieuse ne s'éteint pas, encore que le péché cesse ; elle demeure dans nos cœurs comme une pépinière de nouveaux péchés, boss. Sermon.!, Salt.s/'ac/i.in , 2.

— HIST. xiv s. Les pépins [jardiniers] de la pépinière, DU CANOË, pppt'Ito. Il xvr s. Par ce traitement les arbrisseaux se rendront propres à estre remué» de la pépinière en la bastardiere, pour s'y achever de faire , o. de serres, 8:i3. En qnaresme sont toutes maladie» semées; c'est la vraye pépinière, la naïfve couche de tous maulx, rab. Pant. v, 2». Ce n'est pas un livre à lire, c'est un livre à estudier et apprendre.... c'est une pépinière de discours éthiques et politiques, mont, iv, 61 Les huguenots

de Poictou, Angoumois et Xainctonge (qui en ont esté la fremilliere ou pépinière) , brant. L'admirai de Chastillon.

— ÊTYM, Pepin; génev. pimpimVre ; Maine, pnupinière.

pCpiniERISTE (pé-pi-nié-ri-sf), ». m. Jardinier qui cultive des pépinières. {] Adj. Un jardinier pépiniériste.

— ÊTYM. Pépinière; génev. pepinériste, pimpiniériste. Le mot pépiniériste e.st mal fait ; ou aurait dû dire pepinier.

t PfiPITE (pé-pi-f), s. f. Nom donné à des mo»ceaux d'or natif sans gangue, quand chacun d'eux est plus grand qu'une paillette; se dit aussi en parlant des autres métaux précieux, Cin a trouvé, i douze lieues vers l'est de la ville de la Conception, des pépites d'or, dont quelques-unes étaient du poids (le huit ou dix marcs et de très-haut alol, buff. tfin. t. IV, p. 3B6. On découvre quelquefois le platine en pépites d'un assez gros volume ; Humboldt en a trouvé en Amérique une pépite pesant Roo gramme» et de la grosseur d'un œu' de pigeon, legoarant.

— ÊTYM. F.spagn. pei)ita, grain, petite masse. PfiPI.lTM (pp-plum') ou PfiPI.ON (pé-plon), J, m.

Terme d'antiquité. Grand et large vêtement, à beaucoup de plis, du tissu le plus fin et le plus léwer, ordinairement à riche broderie; il se mettait pardessus les autres pièces d'habillement, il n'appartenait proprement qu'aux femmes.

— ÊTYM. IltiiXo;.

t PÉPOAZA (pé-po-a-za), ». m. Nom d'un oiseau, le Ixnioplera pepoaia, rives de la Plata, de Ch. Banapaite, qui était le tyrnn pepooxo (insectivores), de Vieillot.

— ETYM. Le mot pepooio signifie, dit-on, aile tmverséo, et les Guaranis retendent à tout oiseau dont le» aile» sont traver.sées par une bande d'une autre couleur que le fond, legoarant.

t PÉI'OMDE (pé-po-ni-d'), ». f. Terme de botanique. Fruit qui ressemble à celui de la courge ou au potiron.

— ÊTT.M, Lat. pepo, potiron.

t PEPSINE (pè-psi-n'), ». f. Terme de chimie.

PER

Espèea de ferment découvert dans l'estomac, et serrant avec le suc gastrique à dissoudre lesaliments, notamment ceux qui sont de nature albumineuse.

— ETYM. IIÉ'V'Si rfigestion.

t PÈOI'IN(pé-ltin), ». m. Terme d'argot militaire. Nom que les militaires sous Napoléon I" donnaient par dérision aux bourgeois et qui s'est conservé depuis. On raconte que, le maréchal Augereau prononv-ant is mot de péquin devant M. de Talleyrand, colul-ci demanda ce que signifiait péquin, et le maréchal lui répondit: Nous autres militaires, nous appelons péquin tout ce qui n'est pas militaire. — Kl nous, reprit M. de Talleyrand, nous appelons militaire tout ce qui n'est pas civil. Si vous re- «uliez [étrangers envahissant la France] , peu d'entre vous iraient conter à leurs enfants ce que c'est que la France en tirailleurs, n'ayant ni héros, ni péquins, P. L. codr. Lettre x. || On écrit aussi pékin. Je ne peux pas m' habituer à voir un bourgeois, un pékin. disons le mot, affublé de moustaches comme un grognard de la vieille garde, ch. db BERNARD, la Peau du lion, § m.

— f.TYM. On dit que ce mot datant de l'Empire Tient de l'espagnol péquin, pequeno, petit; mais n'cst-ll pas plus simple d'y voir le pékin, étoffe qui sous l'Empire, était beaucoup portée en pantalon; on distinguait de la sorte, à première vue, le militaire de celui qui ne l'était pas.

*• PER.., particule augmentative qui, placée derant les noms des composés chimiques, sert à désigner la plus grande quantité de l'élément électronégatif qui puisse entrer dans la combinaison ; exemple : peroxyde, perchlorure, persulfure, etc.; c'est la préposition latine per.

t PÉRAGRATION (pé-ra-gra-sion), ï. f. Terme didactique. Voyage. || Terme d'astronomie. Mois de péragration, le temps que la lune emploie pour faire la révolution d'un point du zodiaque jusqu'à son retour au même point.

— tTYM. Lat. peragrationem, de parojror«, parcourir, qui vient de per, par, et ager, champ.

t PfiRAT (pé-ra), t. m. Synonyme de charbon de Paris, c'est-à-dire combustible formé avec du poussier de charbon et du brai qui le lie.

— ÉTYM. Languedocien, pera, pierre : charbon devenu pierre.

t PERÇAGE (pèr-sa-j*), ». m. Action de percer des trous pour mettre des chevilles, etc.

— 8TYM. Percer.

PERCAI-E (pèr-ka-1'), s. f. Tissu de coton blanc fin, serré et très-uni, une préparation lui étant tous les petits poils qui se voient sur le calicot.

— BTYM. Origine inconnue.

PERCALINE (pèr-ka-li-n), ». f. Etoffe de couleur en coton, ordinairement très-lustrée, quelquefois sans apprêt; c'est du calicot teint. De ta percaline noire, bleue, etc.

PERÇANT, ANTE (pèr-san, san-t'), adj. || !• Qui perce, qui fait un trou. Cette alêne n'est pas assez perçante. || Fig. Sacrés ressentiments, réflexions perçantes O'ii dans un cœur navré versez d'heureux regrets, corn. Imit. i, il. \\t' Fig. Oui pénètre au loin. Il Vue perçante, vue qui distingue des objets petits ou éloignés. Elle [l'aigle] contemple de là sa proie, et ses yeux perçants la découvrent de loin , SACi, Bible, Job, ch. xxxix, 2». Jupiter dont les regards sont plus perçants que son tonnerre, fén. Tél. VIII. Il Yeux perçants, yeux vifs et pénétrants. Premiéremaot, elle a les yeux petits. — Cléonte : Mais elle lésa pleins de feu, les plus brillants, les plus perçants du monde, les plus touchants qu'on puisse voir, uoL. Bourg, gent. m, 9. || Fig. Des yeux perçants, des yeux qui découvrent ce qu'on veut cacher. Vous avez de l'esprit, mais j'ai des yeux perçants, COIN. Othnn, a, 6. \\ Substantivement. Lafeidll.ide ne put éviter la perçant des yeux du duc d'Orléans, qui s'appliijuait à pénétrer l'état d'une besogne i|ui devenait sienne, st-sim. <82, «32. |{S°Oui se fait entenclre au loin. Bruit perçant. Cris perçants. On n'entend point à cent lieues le petit bruit des louanges ; celui des sifflets est penant, et porte au bout du monde, volt. Leit. Mme' du Bocage, J sept. es». Il Voix perçante, voix claire et aigre. V Oui fait éprouver une sensation qui perce. VnM perçant. Vent perçant. J'ai souffert un hiver I il' i.prçanl que celui de France, en un lieu où l'on r,e voit point de robe de chambre, voit. Letl. »». Il S* Fi;j. rV)Dl l'esprit perce avant dans les chose». Il ne fslliii qu'en ouvrir l'enuée [des affaires d Eut) t un génie *i perçant pour.... boss. le Tellier. Cet esprit vif et perçant, qui embrassait sans peine le» plu» grande» affaire», et pénéUait avec tant de bcilili dan* les plus lecreU intérêu, id. Dueh.

fOrl. Aristote disait de Théophraste qu'il avait l'esprit si vif, si perçant, si pénétrant, qu'il comprenait d'abord d'une chose tout ce qui en pouvMt être connu, LA BRL'Y. Disc, sur Théophr. La sagacité la plus vive et la plus perçante, bolun, Hist. anc. Préface, n y a des imes perçantes, i qui il n'en faut pas beaucoup montrer pour les instruire, Marivaux, Jfananne, part. t. Je sens que vous avez, physiquement parlant, les yeux du corps aussi faibles que ceux de votre esprit font perçants, voit. LeIt. CondtWac, janvier nhn.

— SYN. PERÇANT, PÉNÉTRANT. Ce qui est perçant entre vivement, droit, tout d'un coup; ce qui est pénétrant s'étend de tous côtés et va jusqu'au fond. Le génie est plutôt perçant; l'esprit, surtout celui d'un homme qui réfléchit et approfondit, est plutôt pénétrant. Un froid perçanfest très-piquant; un froid pénétrant engourdit tout le corps. La vue perçante découvre de loin, à l'instant et sans peine; la vue pénétrante parvient à tout apercevoir, jusqu'aux choses le" plus petites el les plus cachées, lapayk.

— HIST iiv* s. Regart si est trop perçant chose, Toute plaisance y est enclose, j. broyant, dans Ménagier, t. 11, p. 14. |1 xvi* s. Un air sec et perçant, AMTOT, Cam. 48.

t PKRCARB0RE (pèr-kar-bu-r'), ». m. Terme de chimie. Composé dans lequel entre la plus grande proportion possible de carbone.

— ETYM. Per..., et carbure.

PEBCE (pér-s'), ». f. || 1" Sorte d'outil avec lequel on perce, on fait une ouverture. |{ Instrument dont le luthier se sert pour perforer les chalumeaux. !l Perce à main, instrument plus petit qui sert à un usage semblable. || S. f. pi. Perces, l'ensemble des trous qu'on fait à un instrument à vent. ||i° En perce, loc. adv. Mettre du vin en perce, faire une ouverture à un tonneau pour en tirer du vin. Votre vin qui se disperse Vu le long temps qu'il est en perce, réonier, .Wac. Il n'est pas permis de loger ni de tenir des chevaux à l'attache sans avoir du vin en perce et vente. Arrêt du cons. d'État, 9 fév. niB.

— ETYM. Voy. PERCER.

». PERCÉ, ÉE (pèr-sé, sée), par(. passé de percer. Il 1" X quoi a été fait un trou. Une montagne percée pour y faire passer un tunnel. Des souliers percés Doi»-je trouver mauvais qu'un méchant pourpoint noir, Qui m'a servi deux ans, soit percé par le coude? scarhon, Sonnet. || Cocon percé, cocon d'où le papillon est sorti. Les cocons percés ne peuvent pas être dévidés. || Fig et familièrement. Il est bas percé, il n'a plus guère d'argent, par comparaison avec un tonneau qui, mis en vidange pour les besoins de la vente ou du ménage, est, d'abord, percé assez haut, et qui, finalement percé bas, ne contient presque plus rien. {| Panier percé, voy. panibr. Il 2" i quoi on a pratiqué des ouvertures. Le mur du quai est percé d'une porte.... girard, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. v. p. 04, || Une maison bien percée, maison dont les fenêtres sont bien placées, bien disposées. || Une forêt bien percée, forêt traversée par de grandes et belles routes. || En peinture, un paysage bien percé, un paysage dont les premiers plans sont disposés de manière à laisser voir les lointains. || Terme de marine. Navire percé pour quatre-vingts canons. || Terme de blason. Pièces percées, celles qui sont à jour et qui laissent voir l'émail dans le champ de l'écu. |( 3° Oui a reçu une blessure par une arme qui fatt un trou au corps. Et peut-être tous deux, l'un par l'autre percés, corn. Sérier, m, 4. Le mulet, en se défendant. Se sent percé de coups, il gémit, il soupire, la FONT. Fabl. I, 4. Il Percé à jour, à travers qui une arme a passé de part en part. || Fig. Comment n'êtes-vous pas percé à jour, ou brûlé, mon cher comte, d'avoir été exposé tout l'hiver à la pointe et au feu de ces regards...? sÉv. si mars I68O. || Percé i jour, qui a des pertuis qui vont de part en part. Terres, mers, ffeuves, montagnes, animaux, tout est percé à jour; ce globe est le tonneau des Danaîdes, volt. Dict. phil. Air. || Fig. Percé à jour, dont les secrets sont pénétrés. || 4" Au travers de qui ou de quoi la pluie a pénétré. Les feuilles furent percées dans un moment, et nos habits percés dans un autre moment, sév. 78. Diogène était un jour si percé de pluie que l'eau dégouttait de tous les endroits de son manteau, fSnelon, Diogène. Nous somme* tout percés ; charmant temps pour aller en bonne fortune, brauiiarcii. Ilarb. de Sév. iv, ». Figurez-vous un pauvre diable percé jusqu'aux os par douze heures de pluie, p. l. COUH. Lett. I, »7. ||B* Fig. Oui est blessé par quelque sentiment comme par une arme tranchante. Percé jusque» au fond du cœur D'une atteinte im-

PER

prévue aussi bien que mortelle, corn. Cid, i, t. Vous serez percée de douleur, SACi, Bible, haie, XVII, H. Il n'y avait personne qui n'eût l'ime percée de voir un si bon naturel, mol. Fourber. i, 2. Je ne puis penser à ce discours sans avoir le cœur percé et fondre en larmes, sEv. t. v, p. B17, éd. tiÉGiiiER. Il 6° Corps percé, nom donné par les graveurs à deux couleurs claires et très-légères posées l'une sur l'autre dans les tableaux qu'ils se proposent de graver. Il 7° As percé, voy. as.

S. PERCÉ (pèr-sé) , t. m. Le même que percée.

— ETYM. Percé I.

PERCE BOIS (pèr-se-bol), ». m. Nom d'insectes coléoptères qui attaquent le bois. || Perr,e-bois ou abeilles menuisières, voy. menuisier. |1 Au plur. Des perce bois,

t PERCE-BOURDON (pèr-se-bour-don), s. m. Sorte de perce, outil avec lequel le luthier perce les bourdons d'un instrument. i| Auplur. Des perce-bourdons.

t PERCE-CHAUSSÉK (pèr-se-chô-sée), ». m. Tare! naval, moUu.sque qui a souvent causé de grands ravages aux digues de la Hollande, et dès lors aussi à des chaussées. || Au plur. Des perce-chaussées.

t PERCE-CRÂNE ( pèr-se-krà-n' ), ». m. Terme d'obstétrique. Instrument avec lequel on divise le crâne d'un fœtus mort dans l'utérus, pour en diminuer les dimensions lorsque le volume trop grand de la tête rend l'accouchement impossible. || Au plur. Des perce-crânes.

PERCÉE (pèr-sée), s. f. || 1° Opération par laquelle on perce. La manière de prendre les castors dans les viviers gelés est différente : des percées sont ménagées dans la glace... chateaubr, Ami'r. chasse. Il Faire une percée, se faire un passage, s'avancer malgré les obstacles. || Fig. Faire une percée, signifie aussi pénétrer en voyageant. Il a fait une percée fort avant dans le Nord. || 2° Ouverture pratiquée dans un bois pour faire un chemin ou se procurer un point de vue. || On dit aussi percé. Une forêt, dont les percés formaient autour de nous plusieurs arcades de feuillage, BaRNARora de st-pibbrr , Paul el Yirg. || 8° Terme de métallurgie. Opération qui consiste à ouvrir le fourneau pour en faire sortir le métal en fusion. ||4° lerme de peinture. Se dit des échappées de lumière que l'on ménage dans un paysage à travers une touffe d'arbres ou toute autre masse. || On dit aussi percé. || 6' S. f. pi. Terme d'architecture. Ouvertures qui di-tribuent les jours d'une façade. || Faire une percée, ouvrir une porte ou une fenêtre dans un mur. || On dit aussi percé. La facilité d'y ménager des percés pour le jour.... ouatremérb de quincy, Kém. hist. el litt. anc. t. m, p. 2Bt.

- f.TYM. Percé t.

PERCE-FECILLE (pèr-se-feu-U' , «mouillées), s. f. Nom vulgaire d'une plante ombellifère dite buplèvre. || Au plur. Des perce-feuilles.

PERCE-FORÊT (per-se-fo-rê), s. m. Celui qiii perce les forêts, un chasseur déterminé. C'est un vrai perce-forêt. || Peu usité, || Àuplur. Des perce-foiêts.

t PERCEINTES {pèr-sin-t') , ». f. pi. Voy préceintrs.

t PERCE-LANGUE (pèr-se-lan-gh'), s. tn. Nom vulgaire donné au glossanthrax. \\ Au plur. Des perce-langues.

t PERCE-LETTRE (pèr-se-lè-tr') , ». m. Petit instrument qui servait à percer les lettres missives, pour y pas.ser le cordon auquel on attachait la cire. Il Au plur. Des perce-lettres.

PERCEMENT (pèr-se-man), ». m. Action de percer. Le percement d'un mur. Le percement de l'isthme de Suez, jj Percement d'une rue, opération par laquelle on ouvre une rue à travers un quartier. Il Terme de maçonnerie. Ouverture quelconquo faite après coup dans un mur pour former une baie de porte ou de croisée.

— HIST. XVI' s. Percement, cotgrave,

- ÈTYM. Percer.

t PERCE-MEULE (pèr-se-meu-l'), ». m. Outil avec lequel on perce les meules de grès dans le milieu. || Au plur. Des perce-meules.

t PERCE-MURAILLE (pèr-se-mu-râ-lP, U mouillées), ». f. Pariétaire officinale. || Au plur. Des perce-murailles.

PERCE-NKIGE (pèr-se-nè-j'), ». f. Petite plante à fleurs blanches qui fleurit en hiver et perce la neige, galanihus nivalis, L. amaryllidées. || Au plur. Des perce-neige.

t PERCENTAGE (p^r-san-ta-j'), », m. Droit de tant pour cent. Le percentage douanier. M. Magiiln, qui a l'expérience de ces matières, sait qu'il faut faire une sorte de percentage des produits de toute t'année pour arriver à une utile répartition par

PER

PER

mois.... ROUHEB, au Corps législatif, Konit. univ. du 19 mars 1868, p. 4i2, 6* col.

— ÉTYM. Per, par, et cent.

PERCE-OREILLE (pèr-sorè-U', Il mouillées),

t. m. Nom vulgaire de la forficule auriculaire, dite perce-oreille, par suite d'un préjugé, car cet insecte est inoffensif, il ne peut percer que les fruits. [\Au vlur. Des perce-oreilles.

— HIST. XVI' s. Si quelques petites bestioles y jont entrées [dans l'oreille], comme perce-oreille, puces ou autres semblables.... paré, Inlrod. 2.

PERCE-PIERRE (pèr-se-piè-r'),*. f. \\ 1° Nom vulgaire du crithme maritime fombellifères). |{ 2* Nom donné aassi à l'alchimille des champs (rosacées). Il Au plur. Des perce-pierres.

t PERCE-POT (pèr-se-po), s. m. Nom donné, en Normandie, à la sitielle d'Europe, parce que cet oiseau s'établit quelquefois dans le trou abandonné d'un pic, et que, si l'ouverture en est trop grande, il la rétrécit avec de la terre grasse, en sorte que cette retraite a l'apparence d'un pot percé ou au moins torché, ce qui l'a fait appeleraussi torchepot, torche-poteui et torche-pertuis, legoaeant.

t PERCEPTA (pcr-sè-pta) , s. m. pi. Mot latin employé en hjgiène pour désigner la classe qui renferme, en fait d'agents, tout ce qui a rapport aux sensations. '

— ÊTYM. Lat. percepta, choses perçues, de percipere, percevoir (voy. percevoib).

PERCEPTEUR (pèr-sft-pteur), s. m. Préposé au recouvrement des impositions, Hes deniers publics.

— ÊTYM. Lat. perceplorem, de perceptum, supin de percipne, recevoir.

PERCEPTIHILITÉ ( pèr-sè-pti-bi-li-té ) , s. f. Il 1* Qualité de ce qui peut être perçu, comme impêt. taxe. La perceptibilité d'un impôt. || i° Fig. Qualité de ce qui est perceptible par les sens ou par l'intelligence. Nous ignorons ce qui constitue dans Vhme la perceptibilité, bonnet, Eis. anal. dmf, ch. U.

— ETYM. Perceptible; provenç. percibilitat. PERCEPTIBLE (pèr-sè-pti-bl"), adj. || l'Qui peut

être perçu par un percepteur. Et non pour les autres droits, même pour les octrois à nous appartenants, quoique perceptibles sur le détail, Déclar. Ui roi, 4 mai 1688. || Percevable est plus usité. ,, i° Fig. Qui peut être saisi par les sens. Elles [les substances] seraient donc corruptibles, palpables, perceptibles, G. Niurnî, Apologie, p. 324. [Le vieux de la montagne]... leur faisait donner du paradis Un avant-goût à leur sens perceptible, la font. Fér. Notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible dans l'univers, pasc. Pens. i, ), éd. havbt. || Il se dit aussi de ce qui peut être aperçu par l'esprit. Quand dévot vers le ciel j'ose lever les yeux, Mon cœur ravi s'émeut, ei confus s'émerveille : Comment, dis-je à part moi, cette œuvre nonpareille Est-elle perceptible à l'esprit curieux? Régnier, Sonnets rel. ii.

— HIST. XVI* s. Un désir d'honneur sensible et perceptible, CHARRON, Sagesse, i, 38.

— ÊTYM. Lat. perceplibilis (QijKHZJiAr, Addenda), de percepium, supin de percipere, percevoir (voy. fercp.voIb).

t PERCEPTIBLEMENT (pèr-sè-pti-ble-man), adv. D'une manière perceptible.

— HIST. xvr s. l'erceptiblement, oudin, Dict.

— RTYM. Perceptible, et le suffixe ment; ital. peiceliHiilmente.

t PEKCEPTIF,I'VE(pèr-sè-ptif, pti-v'),ad;'. Terme d» philosophie. Qui concerne la perception. Facultés jerceptives. jj Foyer perceptif, voy. poyer, n* ».

— HIST. xiv* g. Prudence est perceptive et commande, pour ce que la fin de prudence est déterminer quele chose est à faire ou non, ORESue,

fth. 184.

— ETYM. Lat. perceptum, supin de percipere, percevoir; provenç. perceptiu; esp. perceplivo.

PEKCEPTION (pcrsè-psion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Action de recueillir des deniers, des impôts, etc. Il 2* Charge de percepteur. Il a fait avoir une perception à son fils. || 3" Terme de philosophie. Acte par lequel l'esprit aperçoit l'objet qui fait impression sur les sens. Toute sensation, tout phénomène de sensibilité spéciale ou générale se compose de trois actes différents : l'impression, la tr^fi ■nission,la perception. Nos jugements ont plus d étfcudue que nos [lercepllons, malf.bh. Rech. rér. w. II, t. Nos .sensations sont purement passives, au lieu que toutes nos perceptions ou idées naissent d'un principe actif qui juge, ;. ). rouss. Ém. il. M [Epicure] a su démêler deux choses dans nos sensations : la perception qui est toujours vraie, parce qu'elle n'assure que ce que nous sentons; le juge-

ment qui peut être faux, lorsque, d'après nos perceptions, nous jugeons de ce que les choses sont en elles-mêmes, condillac, Hist. anc. m, 2S. Le sentiment d'une perception n'est que l'être pensant existant d'une certaine manière, bonnet, Ess. psych. ch. 35. Les perceptions de nos cinq sens ne sont que des modifications intérieures de notre être, qui ne nou:? donnent aucune connaissance de ce qui les cause, destutt-tbacy, Instit. Mém. scicnc. mor. et polit, t. I, p. 3n. Il Résultat de cet acte. Sa mollesse et son indolence laissaient comme endoimie au fond de sa pensée une foule de perceptions délicates, fine» et justes.... marmontel, Mém. ix. Il La faculté de percevoir. Doué d'une facilité de perception et d'intelligence qui démêlait dans un instant le nœud le plus compliqué d'une alfaire,

MARMONTEL, Mém. XII.

— SYN. perception, RECOUVREMENT. Dans l'ail ministration de l'enregistrement, comme dans plusieurs autres régies, on fait une distinction entre la perception et le recouvrement. La perception s'entend d'un produit inconnu jusqu'au moment où s'effectue la perception, c'est-à-dire où a lieu, de la part de l'agent, l'action de percevoir. La recette, au contraire, qui s'effectue sur un produit précMemment reconnu et liquidé, est appelée recouvrement, PASQUEL, Organ. et service de l'administration financière de la France, in-S», Paris, 4868.

— HIST. XII" s. La perception del saint espir [l'action de recevoir le Saint-Esprit], Job, p. 477. || xiv's. La perception des fruiz et le labeur ne sont pas equals, oreshe. Thèse de meunier.

— ÊTYM. Lat. perceptionem, de perccptum,^upin de percipere, percevoir (voy. percevoir) .

PERCER (pèr-sé. Le c prend une cédille devant o et 0 .- perçant, perçons), v. a. || I" Faire une ouverture, un trou. Percer une planche. Un gentilhomme qui crut que le parti janséniste ferait sa fortune s'il délivrait le chef, perça les murs et fit évader Quesnel, volt. Louis XIV, 37. Cette habitude de percer les arbres n'est pas le seul trait de ressemblance qu'ils ont avec les pics, bufp. Ois. t. v, p. 173. Il Terme de marine. Percer un navire, y faire des sabords. |j Percer un tonneau, etc. y faire une ouverture pour en tirer le vin. || Par extension, percer du vin, percer un tonneau de vin Défenses

[aux voituriers] de s'éloigner desdits grands chemins ....de percer et beuveter lesdits .vins, Arrêt du parlement, l» juin leio. || Percer une porte, une croisée, faire l'ouverture nécessaire pour l'établissement d'une porte, d'une fenêtre. || Percer à jour, voy. JOUR, n" 30. || 2° Blesser, tuer avec un instrument tranchant ou pi.|uant L'autre jour, en entrant dans un bal, un gentilhomme breton fut poignardé par deux hommes habillés en femme; l'un le tenait, l'autre lui perçait le cœur à loisir, sÉv. 40!). Par les traits de Jéiiu je vis percer le père, BAC. Athal. i, I. Tu seras bien surpris quand tu sauras que j'ai été percé d'autant de coups, au milieu du sénat, par mes meilleurs amis, fén. Dial.des morts anc. Vial. 39. (César et Caton). Les bêtes qu'elles (les nymphes] avaient percées de leurs n6cbe3,iD. Tél. i. Cyrus courut un grand danger; son cheval, qu'un soldat avait percé sous le ventre, s'étant abattu..., BOLLIN, Hist. anc. Œur.t. ii, p. 2t7, dans pougens. Il Fig. Elle n'a pas souffert de ces cruelles pointes de douleur qui percent le corps, qui déchirent l'âme.... FLÉcH. Hme de Mont. || .Se percer le cœur, percer à soi le cœur. Le' premier.... se perça le sein à ses pieds, la bruy. m. || Par exagération. Les os lui percent la peau, se dit d'une personne trèsmaigre. 113" Faire des ouvertures, des chemins k travers dos constructions, à travers un terrain. Quelle main a percé ces longues avenues? dancourt, Céphale et Procris, i, i. Le tout fut vendu en (651 à ditféronls particuliers, qui commencèrent à bâtir et à percer les rues que nous voyons, saint- FOix, KiS. Paris, Œuvr. t. m, p. 72, dans pougens. Il Percer un pays, y faire des routes. || On dit dans le même sens : percer une forêt, un bois. ||4" Passer à travers. Un jour ou deux de pluie, mais non pas assez forte pour percer les lentes, ri les manteaux, PKLLissON, iell. hist. t. I, p. 64, dans rou- OENS. Mes sueurs sont si extrêmes, que je perce jusi|u'à mes malelas, scv. 2gt. || On dit dans le même sens : percer quelqu'un. Qui sont percés par tes pluies des montagnes, et qui, se trouvant sans vêtements, se mettent & couvert sous les rochers. SACi, Bible, Job, xxiv, 8. || Le soleil perce le nuage, les rayons du soleil passent à travers le nuage, jj l.a luinirre perce les ténèbres, se fait apercevoir malgré les ténèbres, les écarte, les dissipe. Ce iMis for mtit une nuit que lesrtyons du soleil ne pouvaient

percer, j'en. Tél. i. Un rayon de lumière perce l'horreur des cachots, mass. Or. fun. Villars. J'aime à revoir encor pour la dernière fois Ce soleil pâlissant dont la faible lumière Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois, lamart. Uéd. l'Automne. Il Fig. La vérité a percé les ténèbres de l'idolâtrie, Dict. de l'Académie. || 5° Passer au travers d'une troupe, en s'y ouvrant un passage. Il pousse dans nos rangs, il les perce, et fait voir Ce que peut la vertu qu'arme le désespoir, corn. Pomp. v, 3. J* n'ai percé qu'à peine Les flots toujours nouveau» d'un peuple adorateur, rac. Bérén. i, 3. Trois jeunes Hébreux percent l'armée ennemie, mass. Carême, Prosp. Impuissant apercer une telle cohue, BoissT, Impatient, m, 4. || Fig. Quelle foule de concurrents faut-il percer pour en venir là! mass. Pet. carême. Drap. \\ Passer à travers un pays, un espace. D'oîi vient donc que son inlluence [d'une planète] Agit différemment sur ces deux hommes-ci ? Puis comment pénétrer jusques à notre monde ? Comment percer des airs la campagne profonde? Percer Mars, le soleil, et des vides sans fin ? la FONT. Fabl. VIII, (6. Le comte d'Harcourt se dérobe de l'armée, perce le royaume nuit et jour, et arrive aux portes de Brisach, st-sim. 9, no. Quel est cet inconnu dont la vue indiscrète Ose troubler la reine, et percer sa retraite? voltaire, Mérope,

III, 2. Il Percer les buissons, les halliers, les forêts, passer au travers des buissons, des halliers, etc. Il 6° Percer l'air, le ciel de cris, pousser des cris qui se font entendre au loin. Elle perçait le ciel de ses plaintes, volt. Zadig, i. Qui perçaient l'air de leurs cris, I. J. ROUss. Ém. ii. Les femmes, perçant l'air d'hofribles hurlements. Dans l'enceinte royale errent désespérées, pelille, Enéide, n. \\ Ses cris percent l'air, percent la nue, se font entendre au loin. Il Fig. Ils auront beau faire : je me ris des machines qu'ils entaaient sans cosse autour de moi.... le cri de la vérité percera le ciel lot ou tard, j. i. bodss. Lett. à M. de Tonnerre, Corresp. t. vu, p. 95, dans pougens. Il Crier à percer les oreilles, pousser des cris aigus. Des cris pitoyables percèrent ses oreilles, scarr. Rom. corn, n, i4. Un cri qui perce les oreilles, aoss. Sermons, Tristesse, 2. || 7" Percer les nuits, les passer sans dormir, en parlant d'une occupation quelconque. Une femme.... qui, n'ayant pas, à l'entendre parler, assez de force pour .soutenir quelques moments de léllexion sur les vérités du salut, trouve néanmoins assez de santé pour percer les nuits, dès qu'il est question de son jeu, bourdal. Dimanches, 3* dim. après Pdq. Divert. du monde. ||8° Fig. Faire éprouver une vive affliction. Et vous, madame. Retenez des soupirs dont vous me percez l'âme, corn. Nicom. iv, i. Je viens percer un cœur que j'adore, qui m'aime; Et pourquoi le percer? qui l'ordonne? moi-même, rac. Bérén.

IV, 4. Ces paroles percèrent Télémaque jusqu'au fond du cœur, fén. Tél. vu. La fable des deux pigeons lui perça le cœur; il était bien loin de pouvoir revenir à son colombier, volt. Ingénu, tt. || 9° Fig. Découvrir, apercevoir par les yeux de l'esprit. N'estce pas l'homme.... Dont la vaste science, embrassant toutes choses, A fouillé la nature, en a percé les causes? boil. Sat. vui. Perce la sainte horreur de ce livre divin [la Bible], ID. ib. Déjà de sa naissance et de votre dessein On commence, seigneur, à percer le mystère, rac. Athal. m, 6. || Percer les motifs, les pénétrer. Ce grand juge des cœurs perce d'un œil sévère Les plus secrets motifs de nos intentions, CORN. /mit. I, 16, Il Percer l'avenir, le prévoir. Prêtée, à qui je dois le jour, Du plus sombre avenir perce la nuit obscure, Qum. Phaét. I, 3. Il 10" V. n. Se faire ouverture. L'abcès a perc< de lui-même. M. le Dauphin a été enrhumé: mais on croit que c'est une de ses dernières dents qui ont percé, maintknon, Lett. à la reine d'Angleterre, 18 juin 1715. Il En ce sens, percer se con.struit avec l'auxiliaire avoir quand on veut exprimer l'action : la dent a percé ce matin : avec l'auxiliaire (Ire, quand on veut exprimer l'état : la dent est percée depuis ce malin. || 11" Pénétrer. Le coup perce dans les chairs. || 12" Pereer, se laisser traverser par l'eau, par un liquide. Celte étoffe, ce cuir ne perce point. L'impôt sur les («apiers a tellement dénaturé leur fabrication, que je n'en puis plus trouver pour noter qui ne pc&ce pas, J. J. ROUSSEAU, Letl. à M. de II'", sur la bot. ¥él. t. VII , p. 112, dans pougens. || 13- Celte maison perce dans deux rues, perce d'une rue à l'autre, elle a issue dans deux rues différentes. <\ 14" Percer, se faire un chemin au travers de. .BiHre toujours les Perses en plaine, en défilé, prendre leurs villes, percer jusqu'aux Indes, feu.

PER

Dial. des morttanc. DiaL xitx. Ou»nd on «ut percé en Amérique jusque aous la ligne, volt. Maurt, Ut. Condé, suivi de deux mille chevaux, perça à traven l'armée des assiégeants, id. Louis XIV, «. Il Percer au delà des cieux, s'élever plus haut que les cienx. La foi, dont l'hurahle vol perce au delà des cieux, Pour cette vérité trouve seule des yeux, CORN. Œuv. div. louanges de la Vierge. || IB° II se dit de la lumière, des rayons qui pénètrent. Le soleil perce k travers les nuages. Un rayon de lumière commence à percer dans l'horreur de ces ténèbres, MASS. Carkne, Prière i. || Il se dit de nuances qui se font voir à travers d'autres. Cetle même couleur olive perce dans le brun noirâtre des pennes des ailes, evrv. Oit. t. ix, p. 4«4. || 16' En vénerie, le cerf perce, il tire de long. || Il se dit aussi du loup. On peut chasser le loup avec des chiens courants ; mais, comme il perce toujours droit en avant, et qu'il court tout un jour sans être rendu... bufp. QÙadrup. t. ii, p. toc. || Percer au fort, piquer au fort, passer à travers les endroits les plus fourrés. II Perce, perce 1 se dit aux chiens lorsqu'ils traversent une route. || 17° Fig. Percer dans, percer jusqu'à, apercevoir au loin des yeux de l'esprit Oh! que cela me plattl lui répondis-je, que j'en vois de belles conséquencesl je perce déjà dans les suites; que de mystères s'offrent à moil PASC. Pror. IV. II perçait dans tous les secrets et démêlait toutes les intrigues, découvrait les entreprises les plus cachées et les plus sourdes machinalions, Boss. le Tellier. Combien de fois, perçant jusqu'au fond de vos consciences.... pléch. i, I69. Soit qu'il rappelle le passé, soit qu'il considère tout ce qui se passe à ses yeux, soit enfin qu'il perce dans cet avenir formidable auquel il touche, mass. Aveni, Mort du péch. Percez jusque dans les motifs des actions les plus éclatantes e' des plus grands événements, lo. PelU carême, Fau.fS. de la gloire. Il 18" Fig. Percer, se déceler, se manifester. Cependant le vrai avait percé à la longue, fonten. Geoffroy. 11 fallait bien que mon histoire eât percé, UARiv. irnrtann«, 7* part. Le naturel et les grâces de la nation perçaient encore à travers tant de calamités et de fureurs, volt. Mmurs, (73. Tout le premier, * lui même, il en raille [de critiques], il en rit; Grimace! l'auteur perce, il les lit, les relit, piron, Métr.

I, 3. Dans Marivaux, l'impatience de faire preuve de finesse et de sagacité perçait visiblement, mar- MONTEL, Uém. IV. Va, va, le caractère enfin perce toujours, cOLLiN d'harleville. Chat, en Espagne,

II, B. L'amour du plaisir perçait au milieu de tant d'excellentes qualités, mais il n'en troublait pas l'exercice, barthâl. Ànach. ch. B. Le vrai système du monde , qui perçait de toutes parts dans les phénomènes, laplace. Expos, v. Préface. Ce siècle avait deux ans, Rome remplaçait Sparte, Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte, v. huoo, F. d'aul. t. Il Percer, arriver jusqu'à, se faire jour. Que de belles nouvelles envoyées de canaille à canaille, et perçant cher les oisifs honnêtes gens du beau monde de Paris! volt. Lett. d'Argental, U mars )75t. Il 19" Fig. Percer, sortir de la foule, so faire connaître. On a bien de la peine à percer. Le génie de Shakspeare perça au milieu de la barbarie, volt. Mrrurt, fît. Aujourd'hui on est très-disposé à permettre que ce livre [un livre sur la tolérance] perce dans le public avec quelque discrétion, id. Leit. d'Alembert, *" mars 4 7«4. Voire mérite a déjà percé, POiNsiNET, Cercle, se. B. || ÎC Se percer, v. fi'/l. Etre percé. Ces sortes de bois se percent facilement. Il îl* Se traverser le corps avec une arme. Je me perçai moi-même à Utique après la t>ataille de Tbapse, pour ne point survivre à la liberté, fén. Dial. des morls anc. Dial. xxiix {César et Coton). Il Fig. Il s'est percé de ses propres traits, c'est-à-dire en voulant nuire à autrui, il s'est nui à lui-même. Il Se percer l'un l'autre, se dit de personnes qui se blessant ou tuent réciproquement avec des armes tranchantes. || %i' Fig. Être louché, ému. J'en verse [des larmes] , et plût à Dieu qu'à forc,e d'en verser Ce cœur trop endurci se pût enfin percer! corn. Poly. IV, a.

— REM. Cet enfant a percé ses premières dents ; dites : les premières dents ont percé à cet enfant.

— HIST. XI' ». Ha hanste est fraitc, et percet mon escut, Ck. de Bol cl. Hxii* s. Que l'aive [eau] seut

• coutume de] percler la pierre bise, Couci, xi. It *"'* ••■ Maint hiaume découpé, mainte targe perde, Berte cxuv. El les autres gens deivent aveir emttn les paumes d'un fer chaut, Ats.de J tu. I «»• ». Et toute» autres monoie» contrefaitte^ Z-1?!."**"*'" ";'''''»»«nl [Umbentlet soient percé»» et du tout abliatues, «t a «lent point de cours

PER

tors que au marc pour billon, Ordonn. 6 Janv. 4315. Il XV' s. Je sens ces mots mon cuer percer Si doulcement, que ne sauroye Le confort au vray vous mander. Que votre messaige m'envoye, ch. d'orl. Bal. 36. Lorsqu'on perce chez mon voisin Un tonneau de bon cidre plein.... bassklin, xxxiii Bas percé [réduit], Vigiles de Charles VII, p. H, dans LACBRNE. Il fit trop grande pluie, dont elle eut bien sa part, car elle fut percée et baignée jusques à la peau, LOUIS xi, Nouv. XL. || xvi' s. D'ungsaultpersoyt [franchissait] ung fossé, voUoyt sus une haye, RAB. Garg. i, 23. J'auray saulté tranchées, et percé oultre tout leur camp, d'avant que ilz m'ayent apperceu, iD. Pant. ii, 24. Cela perçoit le cueur à Agesilaus, amyot, Agésil. BO. S'il y a quelque espérance qui luy rie, incontinent soing et sollicitude perce, qui comme une nuée vient à brouiller et troubler toute la sérénité du beau temps, lo. Du vice et de la vertu, B. Maison mal aérée, mal percée, obscure, froide, et mal saine, m. De la euriot. t . La nuit d'après, la garnison perce et s'en va, d'aub. Hist. ii, »2. Par la sueur, la peste s'en ira sans percer, o. de serres , t4«.

— ÊTYM. Picard, percher et puter; bourg, parce; sicilien, pirciari ; angl. to pieree. Ménage, et, à sa suite, Diez et Burguy tirent percer de pertutser (voy. PERTuis); provenç. per(u»ar, ital. pertujiare ; mais c'est là une contraction excessive qu'on ne peut admettre sans des intermédiaires, qui manquent ici. On trouve dans du Cange persicior, signifiant trèsaigu, en un texte très-ancien puisqu'il est de Hincmar : persiciorem romphxam, non obtusiorem ; dans Festus , la glose p«rsicuf, expliquée par peracutus; j aurait-il là quelque rapport kpereer? Peretdere, qui .signifie percer, aurait donné peretr«, comme oectdere, occire. Scheler est tenté d'y voir un verbe formé de la préposition por, comme oeoncerde abante ; cette conjecture est d igné d'attention ; l'exemple de Rabelais : percer un fossé, le franchir, la favorise.

t PERCERETTE (pèr-se-rè-f), s. f. Foret, vrille.

— f.TYM. Dérivé de percer.

t PERCE-ROCHE (per-se-ro-ch'), ». f Térébelle. Il Au plur Des perce-roches.

t PKRCE-RONDE (pèr-se-ron-d'), t. f. Compas à l'usage des cribUers. || Au plur. Des perce-rondes.

t PERCE-TERRE ( pèr-se-tè-r'), s. m. Un des noms vulgaires du nostoc. || Auplur. Des perce-terre.

t PERCEUR (pèr-seur),i. m. || 1° Celui qui perce. Il Par plaisanterie. Un perceur de boudins, un homme qui tue par la lance ou l'épée. Voyant, non sans avoir la fièvre, Ses éperdus concitadins Devant ce perceur de boudins [Achille], scahr. Virg. i. jl 1' Terme de marine. Ouvrier qui perce les trous de l'arrière, dans lesquels on place les chevilles pour fixer le bordage aux membrures. Les métiers de charpentier, calfatpur et perceur de navires, Ordonnance, août t6«i.

t PERCEVABLE (pcr-se-va-W) , od;. || 1' Qui peut être perçu, recouvré. Un impôt percevable. ;| J° Fig. Oui peut être perçu par l'esprit. Certains états particuliers qui, faisant taire une grande partie des impressions extérieures, rendent percevables d'autres impressions intérieures qui.... cabanis, fnstit. Mém. sciene. mor. et polit, t. i, p. m.

— ÉTYM. Percevant, participe présent de percevoir. Percevable est dans Christine de Pisan, llist. de Charles V , m, 63, mais avec le sens de capable de percevoir.

PERCEVOIR (per-ce-voir), je perçois, tu perçois, il perçoit, nous percevons, vous percevez, ils perçoivent; je percevais; je perçus; je percevrai ; je percevrais ; perçois, qu'il perçoive, percevons, percevez ; que je perçoive, que nous percevions, que vous perceviez, qu'ils perçoivent ; que je perçusse; percevant ; perçu, v. a. \\ 1° Recueillir un produit, des revenus. Solon distribua les citoyens de l'Attique en quatre classes : on était inscrit dans la première, dans la seconde, dans la troisième, suivant qu'on percevait de son héritage cinq cents, trois cenU, deux cents mesures de blé ou d'huile, barthi;l. ilnac/i. fntrod. part. 2', sect. 1. 1| Fig. La mort d'un ennemi ne fut pas le seul avantage que Tarquin perçut de son crime, le p. catrou, dans DESPONrAiNRS. || 2° Recevoir, recueillir les impûts. Les tailles et les aides, dans lesquelles je comprends les douanes provinciale>., étant ainsi converties en dîme du vingtième des fruits de la terre à percevoir on espèces.... vauban, Dime, p. «6. La manière tyrannique dont le revenu public est perçu, batnal, llist. phil. xiii, *7. Il 8° Terme de philosophie. Recevoir l'impression des objets, éprouver une sensation ; concevoir l'idée qu'elle éveille. Lorsque nous avons eu souvent la perception d'un rapport quelconque, nous

PER

percevons le même rapport avec une facilité inconcevable, toutes les fois qu'il se représente à nous, DESTUTT-THACT, Inslit. Mém. sciene. mor. et polit, 1. 1, p. 440.

— HIST. xii* s. Qu'on ne s'en [de mon amour) puist percevoir, Couct, xii. Tost [ils] auront perçeQ l'engin de félonie, Sax. xx. || xiii» s. Uns chevaliers de Helmes qui Lyenars avoit nom.... percliul l'orgueil et le beubant qui iert [était] en eulx, H. de VALENC. t ( . Il xv s. Le chevalier perçut bien l'affection qu'ils avoient aux Anglois.... froiss, i, i, 234. Il XVI' s. La volupté mesme et le bonheur ne se p«»çoivent point sans vigaeur et sans esprit, hoht.

— ÉTYM. Provenç. percebre ; espagn. perce&ir; portug. perceber ; du lat. -perctpere, de per, et cipère pour caprre, prendre. Le provençal prrcebrt représente exactement le latin perctpere, avec l'accent sur ci; le français percevoir représente une forme allongée.

t PERCHANT (pèr-chan), ». m. Terme de chasse. Oiseau qu'on attache par le pied à un pieu, afin d'attirer les autres oiseaux.

— ÉTYM. Percher.

1 . PERCHE (pèr-ch'), t. f. Poisson d'eau douce à nageoires épineuses {perça fluviatilis, L ). || Perche goujonnière, ou perche gardonnée, ou gremille, nom d'une espèce de perche de rivière.

— ÉTYM. Picard, percol; du lat. perco; grec, nipitt), qui vient de itspxc^, noirâtre.

2. PERCHE (p^r-ch'i, s. f. (| 1' Brin de bois de trois à quatre mètres de longueur, et de moyenne grosseur. Et de dormir sur pied comme un coq sur la perche, rEonier, Sat. xi. Cependant un faucon sur sa perche voyait Notre Manseau qui s'enfuyait , LAi^ONT. Fabl. Tiii, 21. 11 faut [en Ukraine] sonder la terre avec de grandes perches ferrées pour découvrir ces magasins souterrains fde blé conservé sous terre], volt. Charles XII , 4. || Fig. et familièrement. C'est une grande perche, se dit d'une femme grande et d'une taille mal gracieuse. |l Terme de fauconnerie. Se battre à la perche, se dit de l'oiseau de proie qui, étant sur la peiclie, se débat continuellement. || Fig. C'est alors que nous nous agitons davantage, nous battant à la perche, et que, faute de donner emploi à notre esprit, il se fait peine à lui-même, lahotre le vayer. Dialogue d'Orat. Tub. t. i, p. 2(2, dans podgens. || 2° Long bâton dont on se sert pour faire aller un bateau, en appuyant sur le fond de l'eau ou sur la rive. Conduire un bateau à la perche. Aller à la perche dans les petites rivières où l'on ne peut se servii de rames. || 8' Ancienne mesure agraire de dixhuit, vingt ou vingt deux pieds, suivant les différents pays , cent perches faisant toujours un arpent. Il L'élendue d'une perche carrée. Vingt perches de vignes, de prés. || 4° Terme de pêclie. Baguette de huit à dix pieds de longueur, dont on se sert pour pêcher, et à laiiuelle on attache une ligne. |{ 6° Baliveau ou longue branche mince et brute que l'on cloue ou qu'on lie sur des pieux pour faire des palis à jour. Il 6" Terme de chasse. Perches ou pliants, branches qu'on élague et que l'on plie, dans le» avenues des pipées, pour y tendre des gluaux. Il 7° Terme de vénerie. Les deux grosses liges du bois ou de la tète du cert, du daim et du chevreuil, auxquelles les andouillers sont attaches. || 8' En architecture gothique, nom donné à certains piliers menus et hauts, joints ensemble au nombre de cinq ou six, et se courbant par le haut pour former les arcs et les nervures qui retiennent les pendentifs. || 9° Pièce du métier de haute lisse. Il Morceau de bois auquel on attache une étofl'e pour en faire ressortir le poil. ||Tirer un drap à la perche, le lainer, en tirer le poil avec des chardons sur la perche.

— HIST. xiii' s. Qant fêle fu [la fosse] à sa devise, Une perche a par desus mise, Sor la perdie met une cloie, Ren. 74 lo. Et jamès fons n'i fu'-t trové» Par perche, ne par aviron, la Itote, SH87. (Il) YH une bisse [couleuvre] od sun foûn [petit] ; Tute esteit blaunce celé beste. Perches do cerf out Suf la teste, marie, Giigemer. || xv s. Se désir esloit esproTier, Et volast en toute saison. En quele chambre en vo maison Li feriez-vous perche à perchier T E. DESCH. Poésies mss. i" 43». || xvi* s. Ces communes n'estoient point armées de perches brûlées comme au temps passé, mais estoient presque tou» harquebusiers, mousquetaires et picquiers, o'aur. llist. m, 3»2. Voyant les principaux de ses serviteurs se liastre à la perche d'un eslat de mareschal de France (se le disputer].... carl. ii, ». Un orme fut, dont lacyme estoit pieine De mainte branche.

PER

PER

PER

où les corbeaux au soir Preiioient leur perche et se wuloient assoir, bons. 839.

— ÉTYM. Bourg, et Berry, parche ; wallon, p(«; provenç. pergua, perga, perja ; catal. perça; espagn. Vfrcha ; ital pertica ; du lat. pertica.

PERCHÉ, C.HÊE (pèr-ché, chée), part, passé de

cher. Il 1* Posé sur une perche, sur une branche,

parlant d'oiseaui. Maître corbeau, sur un arbre

rché, Tenait en son bec un fromage, la font.

/ M. I, î. Effrayer le« oiseaux perchés dans mes

allées, BoiL. Épitre xi. || »• Par extension, posé

comme un oiseau Test sur une branche. Mme de

Goulherre est ici errante dans tous les chemins,

I erchée sur tous les degrés, rampante au long de

lies les murailles, maintenon, Lett. à Mme de

■ nette, 10 déc. (707. H [Aristophane] introduisit le philosophe fSocrate] perché dans un panier et cuindé au milieu des airs et des nuées, bollin, '>''<t. ane. Œur. t. iv, p. 392, dans pougens. 1| On

perché sur cette chaise, on y est mal assis.

Terme de jeux d'enfants. Le volant, le ballon est perché, se dit quand le volant ou le ballon est allé se loger dans un arbre, sur une fenêtre, etc. r Terme de géologie. Blocs perchés, pierres rangées circulairement autour de la cime d'un pic conique, qui y furent accurfiulées par un glacier alors que le pic faisait saillie à travers la nlace, et qui y ont été laissées quand la fonte fil baisser le niveau du glacier. ||Fig. Être toujours perché sur sa grandeur, sur ses aïeux, en être entiché. Le duc de Noailles, rempli de ses talents, et perché sur ses établissements et ses alliances, ST-siu. 398, 82. || 3» Terme de blason. Se dit d'un oiseau qui est posé sur une branche d'un émail autre que celui dont il est peint lui-même. || 4* S. m. En termes de chasse, tirer les faisans au perché, les tirer quand ils sont perchés.

t PEUCHÉE (pèr-chée), s. f. || 1* Réunion, groupe d'oiseaux perchés. |{ 2* Terme de chasse. Piège à prendre les petits oiseaux. || 3* Terme rural. Se dit ries billons séparés par des fosses, sur lesquels on plante la vigne ou les asperges.

— ÊTVM. Perché.

PERCHER (pJr-ché) , v. n. || !• En parlant des oiseaux, se poser sur une perche, sur une branche d'arbre. Tous les oiseaux ne perchent pas. Il |un lateur d'oiseaux) retrouve des oiseaux dans son :nmeil, lui-même il est oiseau, il est huppé, il mouille, il perche, la bbuy. xiii. {| Se dit, par exision, de tout lieu élevé sur lequel les oiseaux se posent. Cet oiseau a perché longtemps sur ma fenêtre, sur le clocher. || i° Se percher, v. réfl. même '-ns. Un aigle se vint percher sur le joug du chariot, ABLANC. Arrien, 11, s. Pour peu qu'Aristote connût .outarde, il ne pouvait ignorer qu'elle ne se perche point, BUFP. Ois. t. m, p. <7. Elle lui présenta le phénix, qui fut très-oaressé de l'empereur et qui se percha sur son fauteuil , volt. Princ. de Babyl. 6.

II Familièrement. Se mettre sur quelque chose d'élevé. Où est-il allé se percher? || Î"S. m. Le percher, bâton sur lequel on fait sécher les mottes à brûler.

— HIST. xiv s. 1* faulcon perche voloi iers aussi comme au milieu de l'arbre, Modut, 1* cxx.

xvr s. Le sire d'Aubigny qui pour ses démérites vouloit faire percher [pendre], J. u'anton, An-

■ilei de Louis IH, p. 26. Que les vignes perchées appuiées soient fournies de bois, selon le besoin,

• es et ploiées par art, o. de serbes, 80.

— ETYM. Perche i.

t PERCHKRO.'y (për-che-ron), adj. Cheval per- ^eron, ou, sulMtantivement, un percheron, cheval oduit dans le l'erche, c'est-à-dire dans les dépar- ■uents de l'Orne, d'Eure-et-Loir, Sarlhe, Loir- Cher; il est cla.ssé parmi les races communes

■ ipres au trait rapide.

I PKRCHEITE (pèr-chi-f), ». f. Terme rural

"tite perche qui sert à soutenir un jeune arbre.

Terme de pêche. Filet plat, monté sur un cercle

'- fer ou de bois, et garni d'un poids assez lourd

(iiur le maintenir au fond de l'eau.

— HIST. XIV* s. L'en luy fera fà l'épervier] dedans .\ ferme [cage] deux perchettes de demi pié de

mit, sur les quelles perchettes il volera de l'une à 1 uutie, Ménayier, m, 2.

— f.TYM. Diminutif de perche S; prov. pergueta. t PERCHEl'R, El'SK (pèr-cheur, cheû-z'), ad}. ■seaux percheur», oiseaux qui ont l'habitude de

' percher. || S. f. Percheu.se, nom de la farlouse 'lans quelques parties de la France.

t PER«:UIS (pèr-cbl), t. m. Clôture faite avec des

■Tches. Il Désigne, dans quelques pays, un bois de "< i 18 ans, c'est-à-dire qui u'esl 'Composé i^ue de , «rches.

— STYM. Perche i.

t PERCHLORATE (pèr-klo-ra-f), *. m. Terme de chimie. Nom générique des sels d'acide perchlorique.

t PERCHLORIQUE (pèr-klo-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide perchlorique, acide contenant la plus grande proportion d'ojygène.

t PERCHLORORE (pêr-klo-ru-r') ». m. Terme de chimie. Nom générique des chlorures qui, pour chaque métal, offrent le nombre le plus élevé d'équivalents de chlore par rapport à un équivalent du corps simple. Le perchlorure de fer.

— ftrvM. Per...., et chlorure.

PERCHOIR (pèr-choir), ». m. Bâton sur lequel on fait percher un oiseau. || Lieu où perchent les volailles. Il Petit meuble surmonté d'une mangeoire et destiné aux perroquets.

— ËTYM. Percher.

t PERCILLfi, ÉE (pèr-si-Ué, liée, Il mouillées), adj. Papier percillé, papier percé de trous sur lequel on étend de la feuille de mûrier ; les vers passent par les trous du papier pour venir manger la feuille et montent sur elle ; alors on enlève le papier qui supporte feuille et vers, et le tout est transporté sur une'aulre table.

— ETYM. Diminutif de percer.

t PERCILLETTE (pèr-si-llè-f , H mouillées), t.f. Genre de mousses.

t PERCLDRE (pèr-klu-r'), v. a. Se conjugue comme conclure. Rendre perclus. Accablé d'une étrange paralysie qui l'avait perclus de tous ses membres, lb p. simon mars, Myst. du roy.de Dieu, p. 96, dans pouGFNs.

— REM. Ce verbe n'est plus dans les dictionnaires ; mais l'adjectif perclus permet de le faire rentrer sans peine dans l'usage.

— HIST. XVI' s. Il ne faut qu'un catarrhe qui vous la perclusera de ses membres.... CHOUèRES, Contes, t° (69.

— ÉIYM. Lat. percludere, fermer entièrement, de per, elclaudere, clore (voy. clore).

PERCLUS, USE (pèr-klù, klû-z'), adj. || f Oui ne peut exécuter aucun mouvement soit d'un membre, soit de tout le corps. Et croyez à frapper que je n'étais perclus, Régnier, Sat. xi. Depuis le temps que, perclus de mes membres. Pour moi Paris est réduit à deux chambres, ecarr. Poés. div. Œuv. t. vii, p. 168, dans POUGENS. I) allait continuer, mais sa langue devint percluse, quand il vil.... volt. Candide, t6.||ï* Fig. Dont l'esprit est dans le même état qu'un membre perclus. De moi, déjà deux fois d'une pareille foudre Je me suis vu perclus, Et deux fois la raison m'a si bien fait résoudre. Qu'il ne m'en souvient plus, malh. vi, (h. Aussi perclus d'esprit comme Pirt-re Dupuis, Régnier, Sol. vi. L'énormité du fait le rendit si confus, Que d'abord tous ses sens demeurèrent perclus, la font. Joc. Et qu'enfin tout dévot a le cerveau perclus, boil. Sat. iv.

— HIST. XV' s. Corps perclus sans plaisance lye, CH. d'orl. Bal. 88. Il XVI* ». Tout perclus et ravi en

la volupté, MONT. U, 426.

— ÊTYM. Lat. perclusut (voy. PBRCxtiRB] ; génev. perdue, au féminin.

— SYN. perclos, paralytique. Le perclus est privé de l'usage des mouvements par quelque lésion .|ui siège dans le membre même : un rhumatisme rend perclus. Le paralytique est privé du mouvement par quelque lésion qui siège dans les centres nerveux : une lésion du cerveau ou de la moelle épiniére rend paralytique.

t PERCLUSION (pèr-klu-zi-on),' ». f. Terme de médecine. Infirmité de celui qui esl perclus de quelque membre. [Dans le rhumatisme noueux) les articulations sont d'abord déviées, puis déformées, et enfin disloquées; le cas esl alors trè.s-grave, la perclusion est complète, Cox. méd. de Paris, 29 sept.

— HIST. xv's.EtIuy [LouisXljesiantà sondisner, luy vint comme une perclusion , et perdit la parolle, coMU. VI, 7. Il xvi* s. Il ostoit en dangier de tomber en perclusion et paralysie, carloix, vi, 60,

— ETYM. Perclus.

t PERCNOPXftRE (pèr-kno-pt^-^^, ». m. Nom vulgaire et spécifique du n^ophron percnoptère (oiseaux rapaces), dit aussi poule de Pharaon ; c'est le vautour d'Egypte de certains auteurs; il y en a toutefois dans les Alpes et le» Pyrénées. Sou» le nom de percnoptère, BulTon a décrit le vautour fauve (rapaces) ou vautour griffon, legoarant.

— F.TYM. Iltpxvi;, noirâtre, et nTepov, aile.

t PER4;OÏDES (per-ko-i-d'), ». m. pi. Famille de poissons qui a pour type le genre perche.

— ETYM. Ilép«»i, perche, et clîo<, forme. PEHÇUIR (pér-soir), ». m. Inatrumeutaveclequel

on perce. || Foret pour percer les tonneaux. || Terme de métallurgie. Ringard qui sert à faire la percée.

— HIST. XV* s. Iceulx ayant perçoyeurs bien agu» et trenchans, par quoy ils percent les nefs en plusieurs lieux, CH. DE piSAN, Charles Y, u, 3». Il xvi* s. i quatre doigts du bondon sur le devant font un petit trou avec un persoir ou vilbrequin,

o. DE SERBES, 24 8.

— ÉTYM. Percer.

PERÇU, CE (pèr-su, sue), part, passé de percevoir. Il 1" Qui a été recueilli, en parlant de somme» d'argent. Une somme perçue en trop. |{ 2° Fig. Dont on a perception. Sensation perçue. Objet perçu.

t PERCUSSEUR (pèr-ku-sseur), ». m. Celui qui frappe, meurtrier. Je le vois se présenter au percusseur, Diderot, Claude et Séron, i, «6.

— ETYM. Lat fercussorem , de percutere (voj. percuter).

PERCUSSION (pêr-ku-sion), ». A|| 1* Coup par lequel un corps en frappe un autre. Cette percussion du marteau purifie la fonte en faisant sortir au dehors les matières étrangères dont elle était encore mêlée, BUPP. Iftn. t. iv, p. 4 65. Descaries s'est trompé sur les lois de la percussion, d'alemb. Traité de dt/nam. (Euvr. t. xiv, p. 232, dans pod- GENS. Il Terme de mécanique. Centre de percussion, se dit du point où se réunit toute l'action du corps percutant. I| Percussion directe, celle qui se fait suivant une ligne perpendiculaire à l'endroit du contact, et qui passe par le centre de gravité commun de deux corps qui se choquent. On dit, par opposition, percussion oblique || 3* Arme à percussion, arme portative dans laquelle le feu esl communiqué à la charge à l'aide d'une platine à percussion (voy. platine). || 3° Terme de musique. Instrument de percussion, instrument, comme les cymbales, la grosse caisse, dont on joue en le frappant, et qui ne sert qu'à marquer la mesure, 114° 'Terme de charpentier. Moyen d'éprouver et de sonder les pièces de bois qui ne présentent point extérieurement de signes de détérioration intérieure, fl 6° Terme de médecine. Méthode d'exploration à l'aide de laquelle, en frappant sur les parois d'une cavité du corps, on peut reconnaître les lésions des parties contenues dans cette cavité. L» percussion est immédiate ou médiate : immédiate, lorsqu'on percute avec les doigts rapprochés les uns des autres et allongés; médiate, quand on franpe sur un corps intermédiaire appliqué sur les parois.

— HIST. xiv s. Percussion de aucune cnose non trenchanl ou poignant, lanfranc, f" i i . Diex I dient crestien, quele percussion [désastre] I Biaus sire I Diex de gloire I car nous faites pardon, Baud. de Seb. XII, 488. Il XVI* s. Son qui est engendré de la percussion de l'air, et causé de la collision et rencontre de deux corps, paré, Introd. 9.

— ETYM. Provenç. percutio, percussio ; espagn. percution; ital. percussione; du lat. percussionem, de percttt»um, supin de percutere, frapper (voy. pebcuteb).

f PERCUTER (pèr-ku-té), v. a. Donner un coup. Toutes les fois que l'on comprime un corps d'une manière quelconque, soit en le frottant contre un autre, soit en le percutant, thenabd. Traité de chimie, t. I, p. »7, dans pougens. || Terme de médecine. Pei'cuter la poitrine, en tirer un son eu la frappant pour juger l'étal intérieur.

— HIST. X* s. Dune si rogavit Deus [Dieu commanda) ad un verme que percussist cel cdre [lierre], Pragm. de Valenc. p. 482.

— ETYM. Provenç. percutir; espagn. percudir; ital. percuotere; du lat. percutere, de per, et quatere, fnpper.

t PERCUTEUR (per-ku-teur), ». m. Fjpèce de marteau qui, dans les armes à feu, enflamme la capsule par son choc.

— ETYM. Percuter.

PERDABLE (pèr-da-bP), adj. Qui peut être perdu. Ce procès n'est pas perdable.

— HIST. XV* s l'avoir acquesté [te bien qu'on •

acquis) Par cas soudain est à un coup perdable, K. riKSCH. Poésies mss. t" 4 06. || xvi" s. Je me compose à la perdre sans regret [la vie], mai» comme perdable de sa condiiion, non comme moleste et importune, mont, iv, soi.

PERUANT, ANTE (pèr-dan, dan-t'), ». m. et /

I !■ Celui, celle qui perd au jeu. Les gagnants et le» perdant». \\Adj. Numéros, billets perdants. || 2* Ter me de tuer. Le perdant de l'eau, ou, simplement, le p<;r(lBnt, nom qu'on donne quelquefois au jusant.

II Perdant des marées, la période pendant laquelloch»^ que marée est plus faibkB que celle qui l'a précâ<*<'t.

— UIST. XV* ». Le perdaul les dei a frapper...

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