PEH
tIaudUoit le jour qu'il fut nez, k. dbscb. le Dit du )tu des d^s.
f PERDENDOSI (per-din-do si) , loe. adv. Terme de musique. Mots Italifns qui signifient, en se perdant (voy. PERCHE). Ëcrils sous un passage d'un morceau, ces mots indiquent <(u'on doit l"e.\écuter en atraiblissant le son peu à peu, et en finissant par n'i?tre plus entendu.
t PERDKl'B (pèr-deur), t. m. Celui qui perd, éga'S quelque chose.
— msT. XVI' s. Ces perdeurs de coingnées, far. Par.t. IV, Nouv. prol.
t PBRDICÊS (pcr-di-sé), t. m. pi. Terme de zoologie. Tribu de l'ordre des gallinacés renfermant ceux de ces oiseaux chez lesquels les tarses sont longs, robustes et nus, la (|upue courte et peu fournie, les sourcils et quelquefois mèma la tête entière dépourvus de plumes.
— ÉTYM. Lat. perdix, perdieis, perdrix, qui a fourni le type de cette tribu.
PERDITION (per-di-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. t.\H' Action de perdre, de ruiner. CJue ceux qui tyrannisent votre peuple, tombent dans la perdition I saci. Bible, Ecclésiastiq. xxxvi, U. Il La perdition du Rhône, le lieu où le Rhône se perd. Il Terme de marine. Être en perdition, êlre en danger de se jeter à la côte, en danger de naufrage. Les coups de canon me firent frémir; je ne pouvais douter qu'ils ne fussent les signaux de détresse d'un vaisseau en perdition, bebn. de st-p. Paul et Virg.\\i' Action de perdre, de dissiper. Tout son bien s'en va en perdition. ilS' État d'une personne qui est hors de la croyance de l'Église et de la voie du salut. Il conduit lliomme dans la voie de perdition, pasc. Juifs, 31 , éd. faugère. Dans le chemin large et spacieux qui mène à la perdition, BOiiRDAL. Sévérité évang. i" avent, p. 425. || Dans l'Écriture sainte, le fils de perdition. Judas ; l'enfant de perdition, l'Antéchrist. || Fig Enfant de perdition, homme qui se perd et perd les autres. Vous en avez menti, enfant d'Escobar el de perdition, vous prêchez ici l'erreuret le mensonge, volt. Vial. n. Il Fig. el familièrement. Lieu de perdition, lieu où l'on ne peut vivre, oit tout va mal. S'il est ;)Ossible d'achever, dans cette terre de perdition, te monument [l'Encyclopédie) que nous avions commencé d'élever à û gloire des lettres, d'alemb. Cettr. à Voltaire, 8 Kv. 1767. Après nous être arrêtés dans un lieu déperdition et d'ennui tel que l'opéra, GBiHif, Corretp. t. i, p. 12s.
— HIST. XI' s. Guene est turnet à perdiciun grant, Ch. de Roi. ccxci. || xtii* s. Prelaz, li tiens estas est de perfecion ; Venial vice en toi te sunt perdicion, ». DE MEUNO, Test. 686. IjxiV S. Ahi I Gaufrois, dist-il, quelle perdition T'avient i che jounl'hui, et grant confusion! Baud. de Seh. ix, 183. ||xv' s. Temps sans cremour [crainie], temps de perdicion, Aage tricheur, tout va desloiaument, e. desgh. Du temps présetLt. Les capitaines ne vouloient bazarder ceste compagnie, craignant que, s'ils la perdoient, ce ne fut la perdition du roy, comm. m, 4. || xvi* s. La langue est aucunes fois vulnerée, avecques perdition de substance, paré, vin, -is.
— ÊTYM. Provenç. perdicio: espagn. perdicion; ital, p«rdiiione;du lat. perditionem, de perditum, «upin de pcrdere, perdre.
PERDUE jpèr-dr'; i la 2' et à la 3' personne, lu perds, il perd, se prononcent pêr, sans que \'s ou le d se lient : il pêr un temps précieux), v. o. je perds, tu perds, Il perd ; je perdais ; je perdrai; je perdrais; je perdis; perds, perdons; que je perde, que nous perdions; que je perdisse ; perdant, perdu. || 1» Ëlre privé de quelque chose dont on était en possession. Il J' Être privé d'un avantage, d'un profit qu'on aurait pu obtenir. || 8' Être privé, par la mort ou autrement, de personnes qu'on aime, qu'on regrette. Il 4* Être pri\é de quelque partie de soi. || 6° Ne pas entendre ; ne pas comprendre ; ne pas voir. || 6* Etre privé d'une chose qui est sortie de notre possession par quelque accident; se séparer de; égarer. Il ï* Cesser d'avoir, n'avoir plus. 118- Cesser de suivre, d'occuper, laisser échapper, laisser prendre. Ijf Perdre, en termes de marine. ||10" Faire un mauvsii emploi, un emploi inutile. || 11» Avoir le désavanuge. || !»• Causer la ruine de quelqu'un. 1 V ''*'*' ''"'Pri', corrompre les mœurs, causer U dapin«tion. || If Endommager, gâter. || 16" Conjonai» avec, rendre Insensible dans. || t6 V n
«I^u°.M*i'l '• ?'1' '* P"^'' '•"«'"a?e qu'on •^11. Il 17« Avoir le désavantage au jeu. || 18- Di-
mT. îlli" ^•"J:;"*'* P'fdre. en termes'de mâ- I îiiL^ «.ÎS'l"'' •• '■''''• *='™ Pe^du, devenir • ritn. Il tl- S'aMmer. || U' Dispar^tre. || »8' Se
PER
terminer. || M* Se confondre en. || S6* S'anéantir. Il 26" Faire naufrage. || 27' S'égarer, ne plus retrouver son chemin. || Î8° Avoir l'esprit surmonté par la grandeur ou la difficulté des choses. || Î9° Avoir l'esprit absorbé. || 30° Cesser d'avoir des rapports d'amitié. 1131' Causer sa propre ruine. H 32° Se dan ner. |! 33° Au billard, jeter sa propre bille dans une blouse. || Proverbes.
1° Être privé de quelque chose dont on était en possession. On perd tout quand on perd un ami si fidèle, CORN. //or. 11, 1. Je perdrai mes États, et garderai mon rang, ID. Nicom. m, 1. Klle eut une magnificence royale; et l'on eût dit qu'elle perdait ce qu'elle ne donnait pas, boss. Reine d'Anglet Je serrais les bras, mais j'avais déjà perdu ce que je tenais, lo. t>uth. d'Orl. Les misérablas qui n'ont rien à perdre, w. Hist. m, 7. Le prince d'Espagne, Louis de la Cerda, fils de celui qui perdit le trône, VOLT. Mœurs, ui. || Perdre Dieu, ne plus avoir sa grâce, ne plus croire en lui. C'est ainsi que nous perdons Dieu, dont toutefois nous ne pouvons nous passer; car il y a au fond de notre âme un secret désir qui le demande sans cesse, boss. la Vallière,. Il Familièrement. Vous ne perdiez rien pour attendre, c'est-à-dire le retard ne vous sera pas préjudiciable, ou, ironiquement, vous serez puni comme vous le méritez. Croyez-moi, vous n'y perdrez rien, la pont. Fiant. || On dit dans le même sens : n'en perdre que l'attente. Tu n'en perds que l'attente, et je te le promets, mol. U Dép. m, 10. ||11 se dit aussi des personnes en ce même sens. Après tout, je suis plus à vous que jamais; il est vrai, madame, que vous ne sauriez me perdre, quelque négligence que vous ayez pour moi, voit. Lett. 1 . Il faut venger un père et perdre une maître.'se, corn. Cid] i, 9. Je crus que je ne vous perdrais pas pour cela (une lettre non écrite], puisque vous ne m'aviez pas perdue pour quelque chuse de plus, sÉv. à Bussy, 6 juillet 1670. On le négligea comme un serviteur qu'on ne pouvait perdre, fléch. Due de Mont. La neutralité entre des femmes qui nous sont également amies, quoiqu'elles aient rompu pour des intérêts où nous n'avons nulle part, est un point difficile; il faut choisir souvent entre elles, ou les perdre toutes deux, LA BRUY. III. Il 1' Être privé d'un avantage, d'un giofit qu'on aurait pu obtenir. Perdre les bonnes grâces de quelqu'un. Perdre sa réputation, son honneur, ses emplois. Deux mots que lui dit son père lui font bien entendre qu'il n'a pas perdu ses avantages, boss. Mar.-Thér. Je perdrais ma vengeance en la rendant si prompte, bac. Bajax. IV, 6. Ils se voient mille fois à la veille de perdre en un instant le fruit d'une vie entière de recueillement et de pénitence, mass. Carême, Samarit. Il 3° Être séparé, par la mort ou autrement, de personnes qu'on aime, qu'on regrette. Notre servante s'est mariée ; nous avons perdu là une excellente domestique. Plaignez-moi d'avoir perdu le cardinal de Retz, sév. à Bussy, 2B août 1679. Je crains toujours qu'elle ne perde bientôt son mari, et que vous ne la perdiez ensuite, maintenon, Lettre à Mme de Caylus, 16 oct. 1716. Mais il me faut tout perdre et toujours par vos coups, racine, Andr. 1, *. J'ai perdu, dans la fleur de leur jeune saison. Six frères.... id. Phèilre, 11, l. J'ai perdu mon cher Damilaville, dont l'amitié ferme et courageuse avait été longtemps ma consolation, volt. Lett. à M. Thiriot, 27 janv. 1769. Vous aurez déjà appris que nous avons perdu Gresset,''si le mot perdu n'est pas trop fort pour un homme qui ne disait plus que des orémus, d'alemb. Lett. d Voltaire, 23 juin 1777. Il 4° Être privé de quelque partie de soi. Quel avantage pensait nous procurer Platon, en disant que c'était [l'homme] un animal à deux jambes sans plumes?... puisqu'un homme ne perd pas l'humanité en perdant les deux jambes, et qu'un chapon ne l'acquiert pas en perdant ses plumes, PASC. Géométr. i. Il vaut bien mieux perdre votre pied, votre main, votre œil, tout votre corps, que de vous mettre en danger de perdre votre âme, bodrdal. 3* dim. après Pdq. Vominic. t H, p. 107. Il perd.iit son sang et ses forces, pên. Tél. XX. Perdrai-je l'œil? lui dit Hesser Pancrace [qui avait reçu un coup dans l'œil]. — Non, mon ami ; je le tiens dans ma main, j. s. ruuss. Épigr. i, 2B. Il Perdre la vie, mourir. Je crus que Mentor avait perdu la vie, kèn. Tél. iv. || Perdre la tête, avoir la tête coupée. Trois pairs écossais furent condamnés à perdre la tête, volt. Louis IV, U. Il Fig. Perdre la tête, devenir fou, et aussi ne savoir plus où l'on en est. Ayez pitié de votie ancienne créature qui a perdu la tête, et à qui il ne resta qut son ccaur, volt. Lett. d'Àrgenlal,
PER
«6 août 1777. Le comte: Ahl qu'il consente & tout et je ne lui demande rien. — Figaro : Que la quittance de mes cent écus : ne perdons pas la tête, BEAUMARCH. Barb. de Sév. iv, 8. || Populairement. Perdre la boule, ne plus savoir ce qu'on fait (boule est ici un mot populaire pour tête). Laissez-moi donc tranquille; avec toutes vos observations vous me feriez perdre la boule. || Subir la perte ou la diminution de quelque faculté physique ou morale. Perdre le repos, le sommeil. Perdre patience. Perdre couiage. Il [Charles I"] a montré qu'il n'est pas permis aux rebelles de faire perdre la majesté à un roi qui sait se connaître, boss. Reine d'Anglet. Il perd le sentiment, rac. Andr. V, B. Si je le hais, Cléone? il y va de ma gloire Après tant de bontés dont il perd la mémoire, m. Andr. 11, l. Je plains Votre Majesté si elle commence, comme elle prétend, à 1 erdre la mémoire; il y a longtemps que j'ai commencé à la perdre aussi, d'alemb. Lett. au roi de Pr, ti déc. 1782 Il Perdre la parole, l'usage de la parole, perdre la voix, ne plus pouvoir parler. Dandin : Parlez donc, avocat. — Petit Jean : J'ai perdu. la parole, bac. Plaid, m, 8. Perdant tout ensemble et la voix et les pleurs, ducis, Oscar, 11, 2. || Fig. Perdre la parole, devenir muet de surprise, de crainte, d'embarras. Avez-vous donc perdu, dites-moi, la parole? MOL. Tart. H, 3. Il Perdre haleine, l'haleine, la respiration, manquer de respiration. Écoute, mouchard, mon ami, Je suis ton capitaine; Sois gai pour tromper l'ennemi, Et chante à perdre haleine, bérang. la Conspir. des chansons. \\ Perdre l'esprit, devenir fou, et aussi ne pas savoir comment se tirer de quelque embarras. Je tremble au seul récit de la tempête furieuse dont sa Hotte fut battue pendant dix jours ; les matelots furent alarmés jusqu'à perdre l'esprit, BOSS. Reinr d'Anglet. || On dit dans le même sens : perdre le jugement. Avez-vous, dites-moi, perdu le jugement? mol. Ifi'j. iv, s. || Familièreuient. U en perd le boire et le manger, c'est-à-dire il est tellement préoccupé de quelque chose qu'il semble ne songer à rien autre. || 5° Ne pas entendre. 11 « l'oreille dure, il perd une partie de ce qui se dit dans la conversation. Je ne perdis rien de tout ce qu'elle me dit, et en vérité je vous le rapporte presque mot pour mot, tant j'en fus frappée, ma- RfVAUx, Marianne, part. 1. 1| Ne pas comprendre. Il sait l'anglais imparfaitement, et il perd une partie de ce qui se dit. || Ne pas voir. Il était mal placé, et perdait une partie du jeu des acteurs. SainviUe ne perdait aucun de ses mouvements, genlis, Vœux téméraires, t. m, p. 242, dans pougbns. Il 6° Être privé d'une chose qui est sortie hors de notre possession par quelque accident. Perdre son chapeau, son mouchoir. Le bon est qu'en courant il a perdu sa botte. Et que, marchant toujours, enfin il s'est trouvé Une botte de moins ijuand il est arrivé, REONARD, /e/)«îr. 1,6. Il Priver quelqu'un d'une chose qu'on met par accident hors de sa possession. On lui perd tout, on lui égare tout, la bruy. xi. Il Perdre quelqu'un, se séparer de lui de manière à ne pius pouvoir le retrouver. J'ai perdu mon maître à l'Opéra; je ne sais ce qu'il e.st devenu, baron. Homme à bonnes fort, iv, 5. || En ce sens, il se dit aussi de certains animaux. Ce chien a perdu son maître. || Perdre quel(|u'iui, le détourner de sa route, l'égarer. Ce postillon nous a perdus. || Perdre quelqu'un, perdre un chien, signifie aussi l'égarer de manière à ne plus le retrouver. Il faut perdre ce chien. Cidalise la promène; elle tâchera de la perdre comme un animal incommode, hancodkt, foire de Besons, se. I4.||7° Cesser d'avoir, n'avoir plus. Les arbres ont perdu leurs feuilles. Cette étoffe a perdu sa couleur. Attale : Insolent! est-ce enfin le respect qui m'est dùV — Nicomède : Je ne sais de nous deux, seigneur, qui l'a perdu, corn. Mcom. I, 2. Tellier et Servien se contentèrent de ne lui pas applaudir [à Mazarin] ; mais le garde des sceaux lui perdit tout respect, retz, m, 138. Ce présent perdait son prix par son abondance, pasc. Géométr. 2 J'ai perdu, à force de vous écouter, la grossière ignorance sur bien des choses, sév. 15 sept. I680. A fore» d'attentats perdre tous mes remords, bac. Athal. m, a. Nous avons perdu l'espéisnce de le revoir, FÉN. Tél. I. Il n'avait rien perdu de sa fierté, id. ib. XVI. Il Fig. J'y perdrai mon nom, voy. nom, n' », à la fin. Il Cette rivière perd son nom dans telle autre, cette rivière, en Itimbant dans telle autre, prend le nom de celle-ci. || Renoncer à. Ah! madame, perdez cette injuste créance, maihet, Sop/io». m, 4. La belle, voyez-vous, qu'on perde ces caprices, corn, la Gai du Pal. Roy. iv. 11. Et les premières flammes S'éiablissent des droits si sacrés sur les âmes,
PER
PKR
PEm
Ou'il faut perdre forlune et renoncer au jour, Plutôt que de brûler des feui d'un autre amour, mol. Fmnmes sav. iv, 2. Quoi! vous ne perdrez point cettrf cruelle envie [de mourir]? bac. Phèdre, i, 3. Votre mélancolie m'afflige; vous la perdrez sans doute devant la fille que je vous destine, brleys, Muet, I, 6. Vous resterez, je le veux ; il faut perdre cet air chagrin et demeurer. M"' riccoboni, Sophie de Valiière, t. iv, p. )23, dans pougens. || 8° Cesser de suivre, d'occuper, laisser échapper, laisser prendre. Perdre son chemin. Le cocher s'est laissé couper, il a perdu la file. Je ferai .]ue le piloie perdra sa route, rÉH. TH. ix. Tout à coup elle (Cymodocée] n'aperçoit qu'elle a perdu le sentier de la montagne, CHATEAUBR. Mort. 1. 1| Fig. Perdre la trace, ■les voies, le train d'une affairo, ne savoir plus où elle en est. || Perdre du terrain, reculer au lieu d'avancer; se laisser distancer par un concurrent. Il Terme de manège. Perdre du terrain, se rétrécir sur les voltes. || Perdre de vue, voy. vue. || Fig. Perdre le fil de son discours, n'en pouvoir plus trouver la suite. || Perdre le fil du discours d'un autre, n'en pas pouvoir comprendre la suite. || Perdre pied, perdre terre, ne plus trouver le fond de l'eau avec les pieds; et fig. ne savoir plus oïl l'on en est. || 9° Terme de marine. Perdre terre, cesser do voir la terre. || Perdre la sonde, ou perdre le fond, quitter les parages où l'on pouvait sonder. Il Perdre la tramontane, voy. tramontane. || Fig. et familièrement. Perdre la carte, se brouiller dans ses idées. 1| Perdre ses mâts, ses voiles, son gouvernail, se dit lorsque les mâts sont abattus, les voiles emportées, le gouvernail démonté par l'eflet du mauvais temps. || Un officier commandant perd ou a perdu un bâtiment, lorsque ce bâtiment fait ou a fait naufrage pendant qu'il le commandait. || 10° Perdre, faire un mauvais emploi, un emploi inutile. Et je perds mon trépas, Puisque, mourant pour lui, je ne le sauve pas, corn. Hérad. v, 6. Il aime mieux se jeter aux pieds de celte marâtre impérieuse qu'il hait et qu'il a bravée, que de perdre des prières et des soupirs auprès d'un père qui l'aime dans le fond de l'âme, et n'oserait lui rien accorder, id. Ex. de Théod. Perdez fort peu de temps en ce doux entrelien, ID. Sophon. IV, 4. Ne perds plus de raisons à combattre ma flamme, id. TUe et Bérén. v, t. A-t-on gagé d'être parfaite? non assurément; et, si j'avais fait cette gageure, j'y aurais bien perdu mon argent, skv. ot. Entrez dans ces raisonnements (les probabilités que le jeune de Grignan n'aille pas à la guerre] ....et ne vous mettez point si tôt en travail; c'est dommage de perdre vos douleurs, id. 28 févr. 1689. El de ce peu de jours si longtemps attendus, Ah I malheureux ! combien j'en ai déjà perdus ! rac. Bérén. iv, 4. En quels retardements D'un jour si précieux perdez-vous les moments? 10. Bajat. IV, 6. Ma vengeance est perdue, S'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue, lu. Andr. IV, 4. Il Perdre temps, perdre du temps. Laisse-moi, raison importune.... Tu perds temps de me secourir, Puisque je ne veux point guérir, MALH. V, <8. Je n'ai point perdu temps, et, voyant leur colère [des conjurée contre Auguste] Au point de ne rien craindre, en état de tout faire, J'ajoute en peu de mots.... cobn. Cinna, i, 3. Qaoa ne perde point temps à s'entre -regarder; Parlez.... ID. Androm. Il, 1. Il Perdre temps, ne pas arriver à temps. Monsieur, j'ai perdu temps, votre homme se dédit, MOL. l'Él. lu, 2. Il Ne perdez point de temps à, liâtez-vous de (locution vieillie). Ne perdez point de temps à le porter [l'entier payement] ici, ni à le donner à Saint-Georges sur son reçu, M""* de grignan, fi un hi,mme d'ajjairts, 1694, dans Bibl. des cluirtes, ('• série, t. iv. || Familièrement. Il y perd son latin, voy. LATIN, n" «. Il Dans un sens analogue. Je sens déjà crouler notre planète; L'observatoire y perdra ses compa», bRrangeb, Comète. || Fig. Vous y perdez vos pas, c'est-à-dire vous ne réussirez pas ït ce que vous entreprenez. Qui va, qui vient, qui court, qui perd ses pas, la pont. Magn. || 11" Avoir le désavantage. Je voudrais, m'en coutât-il grand'cbovs, Pour la beauté du fait avoir perdu ma cause, MOL. Mit. 1, I. Si vous perdez une bataille, tout eut penlu dans ce moment; si vous ne la donnez pas, vous perdez tout, peut-être un peu plus lentement, mais vous perdez tout, main tenon, Letl. à Mme des Ursim, 18 juillet I70«. La jurisprudence d'Kjspugne e>t précisément c^mine celle de France : on ch^ingo de lois en changeant de chevaux de poste, et un peid à Séville le procès qu'on aurait ga^né à Suragosse, VOLT. Leit. Servan, i3 janv. )7(i». || Ne rien perdre, n'éprouver aucun désavantage. Il m'envoie sa harangue, qui ne perd rien pour être imprimée, ttv.
DICT. ot LA LAMUUII fHlHCAlSB.
228. Si leur union [de Louis XIV et de Charles II] ne perd rien de sa fermeté, boss. Duch. d'Orl. Je me trouvai sur son passage, elle ne perdait rien à être vue de près, Marivaux, Pays. parr. part. v. Il Terme de jeux. Perdre les cartes, faire moins de levées que la personne contre laquelle on joue. Il II se dit aussi de l'argent que l'on donne à celui qui gagne une partie de jeu. Mon fils me fit l'autre jour une assez méchante plaisanterie : il me manda qu'il avait perdu au reversis deux cent soixante louis, sÉv. 442. Il Fig. Il joue à tout perdre, il expose au hasard tout o« qu'il a, ou les plus grands intérêts dont il soit chargé. || 12* Causer la ruine. Quels que soient leurs décrets [des dieux], déclarez-vous pour eux, Et pour leur obéir perdez le malheureux, corn. Pomp. i, i. Je perdrai qui me perd, ne pouvant me sauver, id. ib. ii, t. Je perdrai toute la maison d'Achab, et je tuerai de la maison d'Achab ju.si|u'aux petits enfants, jusqu'aux animaux, SACI, Bible, Rois, iv, ix, H. Étant tous unis dans le dessein de perdre M. Arnauld, pasc. Prou.
I. Antiochus l'illustre, roi de Syrie, conçut le dessein de perdre ce peuple divisé [les Juifs], pour profiter de ses richesses, boss. Uist. Ii, 5. L'empereur [Théodose], ayant appris ce désordre, en fut tellement irrité, qu'il résolut de perdre cette ville [Thessalonique], et condamna à la mort une partie de ses habitants, pléch. Hist. de Théodose. iv,2. Et, pour nous rendre heureux, perdons les misérables, RAC. Brit. II, 8. On se perdait en voulant perdre l'innocence, mass. Dauphin. Que voulez-vous que je vous réponde? vous avez voulu me perdre, et vous réussissez à merveille, dancourt. Bourg, à la mode, v, se. dern. Les leudes et les grands offi-ciers se crurent perdus ; ils la perdirent [Brunehault], MONTESQ. Esp. XXXI, t. La cabale jésuitique ne voulut-elle pas perdre Fontenelle? volt. Dict. phil. Quisquis. || Perdre d'honneur, de réputation, ôter l'honneur, la réputation, en action ou en parole. Il a perdu d'honneur [par un soufllet] Celui que de mon fils j'ai fait le gouverneur, corn. Cid,
II. 7. Toujours protectrice des gens qu'elle perdait de réputation par la bouche des autres, mabivaux, Pays. paru. part. 3. Tu me perds d'honneur, ma chère PoUy, volt. Écoss. ii, 5. || Perdre auprès de quelqu'un, dans l'esprit de quelqu'un, ôter la faveur, la bonne opinion. Je vois qu'il avoulu me perdre auprès de vous, corn. Aïcom. iv, 2. Que ne m'avezvous consultée avant que d'écrire à ma mère, lui repartis-je en sanglotant? vous achevez de me perdre auprès d'elle , Marivaux, Marianne, 9' part. Il Par exagération. Causer un grand tort, un grand embarras. Mon cher oncle, je m'en irai ; je m'en retournerai ; ne me perdez pas, dilbrot, Père de famille, v, 42. Viens donc, malheureux! tu me perds, BEA UMAHCH. Barb. de Sév. l, 2.||I1 se dit ausfïi des choses qui causent la ruine. D'un si lâche dessein mon âme est incapable. Il perd trop d'innocents pour punir un coupable, corn. Cinna, w, ). Je lui ai dit que .son indiscrétion la perdrait, que son silence ferait sa fortune, mariv. Marianne, «' part. Il leur est arrivé [aux jésuites) dans un siècle de lumière et de modération ce qui arriva aux templiers dans un siècle d'ignorance et de barbarie : l'orgueil perdit les uns et les autres, volt. Louis I¥, ai. Il 13° Gâter l'esprit, corrompre les mœurs. Lorsque le roi Henri VIII s'égara dans les passions qui ont perdu Salomon et tant d'autres rois, iioss. Reine d'Anglet. Malheureuse! voilà comme tu m'as perdue, RAC. Phèdre, \v, «. || Perdre une femme, la jeter dans le désordre. Comment l'amour, qui perd tant d'honnêles femmes.... l. i. rouss. Hél. v, (3. L'indigence et la séduction perdaient une fille modeste et sage, qui peut faire un jour une excellente mère de famille, m. ib. l, 39. Il Causer la damnation. El mille fois elle [l'âme du religieux] se félicite elle-même d'avoir su perdre sa libeité, afin que sa liberté ne la perdit pas, bourdal. Pensées, t. ii, p. *8<. C'est une illusion qui perd une infinité de demi-chrétiens, et qui nous perdra, w. »• dim. après l'Épiphan. Dominic. t. i, p. 331 et 332. ô Dieu !... si le nombre de ceux qu'il faudrait perdre ne vous fait rien rabattre de la sévérité de vos lois, mam. Carême, Élut. || Perdre son âme, se damner. || 14' Endouimai-'er, gâter. La nielle a penlu les blés, la pluie a perdu la robe de cette dame. || 16' Confondre avec, rendre in.sensible dans. Il faut perdre celte nuance dans lesau-
I Ires. Il Terme de gravure. Perdre une (aille, la rendre insensible; la joindre à une autre, do manière que les deux se confondent ensemble. || 16* V. n. Perdre, ne pas obtenir le gain, le profit, l'avantage qu'on espérait. Si elle [Mme de Bouillon] est innocente, elle perd inUuiment de D'tvoir pas le plaisir
de triompher, sév. (8 févr. (680. Je comprends qu'en effet vous perdez un peu que je ne sois plus à Paris, SÉv. i7 mai t680. Je suis charmé de mon prédicateur; vous avez bien perdu de n'être pas à son sermon, fén. t.xxi, p. 3, || Ce marchand perd sur sa marchandise, il la vend moins cher qu'il ne l'aachetée. || Il perd dans son commerce, il y souflTre du dommage, du préjudice. || On dit de même : perdre tant sur une marchandise, sur un marché. ;! Perdre à, manquer à. Je perds bien à gigner, de ce que ma boutique, Pour être trop étroite, empêche ma pratique, CORN, la Gai. du Pal. i, 4. || 17° Avoir le désavantage au jeu. Si l'on joue, il gagne au jeu : il veut railler celui qui perd, et il rofîense,LABRUT. V. Tu peux me faire perdre, ô fortune ennemie I Mais me faire payer, parbleu, je t'en défie, rbgnabd, le Joueur, i, &. || Jouer à qui perd gagne, jouer i un jeu où l'on convient que celui qui perdra la partie selon les règles ordinaires, la gagnera; et fig. obtenir un avantage réel au prix d'un désavantage apparent. |{ 18° Diminuer de valeur. Les actions ont perdu. Je ne dormirai point sous de riches lambris: Mais voit-on que le somme en perde de son priiT LA PONT. Fabl. XI, 4. Il Cet homme a beaucoup perdu dans l'opinion, c'est-à-dire on en fait moins de cas qu'auparavant. Vous aviez gagné chez les paysans, vous perdez chez les beaux esprits, j. i. rouss. Bel. Il, 27 II Sa réputation perd chaque jour, l'estime qu'on faisait de lui diminue chaque jour. Il Diminuer d'intensité, de force, de qualité. Le vin perd en vidange. Ces fruits perdent à attendre. Je cherchai combien la lumière du soleil perdait par la réflexion à difl"érentes distances, buff. Hist. min. Introd. part. exp. Œuv. t. vii, p. 1 44. || Empirer. Chez les peuples misérables l'espèce perd et quelquefois dégénère, montesq. Lett. pers. «22. Dans maint auWkf de science profonde J'ai lu qu'on perd à trop courir le monde, gresset, Yer-vert, ch. I. Il IS' Terme de marine. La mer perd, la marée se relire. || Les marées perdent, lorsqu'elles sont dans la période pendant laquelle chaque marée est plus faible que celle qui l'a précédée. || Un navire perd, lors |u'il est gagné par un autre ou qu'il recule au lieu d'avancer. Il perd au vent lorsqu'il ne tient pas bien le vent. || 20° Se perdre, v. réfî. Être penlu , devenir à rien. Le temps se perd, seigneur, CORN. Othan, 1, s. Elle gémit en vain; sa plainte au Venise perd, la font. Fabl. ii, 8. Lui [Dieu], aux yeux de qui rien ne se perd, boss. Duch. d'Orl. Nous m>jurons tous... et nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se perdent sans retour, id. ib. J'ai voulu lui parler, et ma voix s'est perdue, bac. Brit. n, 2. J'entends dire qu'elle (une actrice] n'a que des défauts qui se perdent aisément, mais qu'elle a toutes les qualités qui ne s'acquièrent point, d'alimb, Lett. à Voltaire, 23 juin «766. Ses parents, qui n'approuvaient pas ce dessein, l'envoyircnt [Juste Lipsej à Louvain, où sa vocation se perdit, diderot, Opin. des anc. philot. (Stoïcisme). Il Se perdre, se dit des espèces qui cessent d'exister. Il y a des espèces qui se perdent. Les espèces qui se sont pei-dues. || L'odeur de cette liqueur, de cette essence, s'est perdue, elle s'est dissipée. Il Neutralement. Laisser perdre, ne pas avoir soin de garder. La fortune ne laisse rien perdre pour les hommes heureux, la rochefouc. Prem. pens. n* 47. Il II se dit des lois, des usages, des coutumes qui cessent, des mots qui tombent en désuétude. Ciel usage se perd de jour en jour. Co mot se perd. Cette acception s'est perdue. I.a loi des VVisigoths triompha, et le droit romain s'y perdit, montesq. Espr. xxvm, 7. || Cett« rivière se perd dans la terre, sous terre à tel endroit, elle s'ciifunce en terre et disparaît à cet endroit. Si ces eaux trouvent des terres sablonneuses, elles se filtrent au travers, et se perdent; il faut des fonds qui les arrêtent, tels que sont des lits de glai.se, FONrEN. Couplet. || Cette rivière se perd, va se perdre dans telle autre, dans un lac etc. elle se jette dans telle autre, dans un lac, etc. L'Uruguay, qui se perd dans le mémo fleuve [le Paraguay] vers le 34* degré de latitude, haynal, Hitt. phit. viii, <&. Il Cette rivière se perd dans le* sables, elle y finit son cours et ses eaux s'y absor^ bent. Il Le chemin se perd en oet endroit, il cesse d'être frayé. {| 21° S'abîmer. J'ai demandé Thésée aux peuples de ces bords Où l'on voit l'Achéron se perdre chez les morts, rac. Phèdre, i, t. lies jours, les mois, les années s'cnfonceni, et se perdent sans retour dans l'ublmo deaJeuips, la bruï. xiii. La rivière s'élaigis-ait toujours; enfin e!le se perdait sou» une voûte de rochers épouvantables qui s'élevaient jusiiu'au ciel, volt. Candide, (7. Qui percera cette nuit profonde, qui .sondera cet abtme où la natura
PER
Tt se perdre T bonnbt, CMsid. corps organ. Œuv. t.v, p. 188, dans polgens. || Fig. Tomber comme dans un crécipice. C'est dans cet abîme profond [l'incrédulité] que U princesse palatine allait se perdre, boss. inn* de Gons Les fleuves courent se mêler dans la mer : les monarcliies vont se perdre dans le despotisme, montesq. Esp. viii, (7. En niant le péché originel, vous serez forcés d'aller vous perdre dans ratliéisme, chateaubb. Génie, l, i, *. Il i%° Disparaître. Et dans un char de feu ta perdant à mes yeux, tristan, Marianne, v, S. Des montagnes qui s» perdaient dans les nues, pén. Tél. i Jo lui répondis que Paris était pour moi un trop gran I théâtre, que je m'y perdrais dans la fouie, «ABMONTEL, Kém. II. Je me perds dans la foule et deviens invisible, c. dei.avione, Marino Fal. Il, ♦. Il Fig. Se perdre dans les nues, dans les nuages, parier avet emphase et obscurité. L'un a ncur de ramper, il se perd dans la nue, aoiu. Art p. i. Il Fig. Se perdre dans dos digressions, se livrera des digiessionsqui funtoubliur le sujet principal. || S3'Se terminer. De ces petits pourpoints sous les bras se perdant, mol. Éc. des inan'f, i, <• || Se perdre en, se terminer en, s'épuiser on, en parlant de choses, (.'ue l'action, marchant où la raison la guide. Ne se perde jamais en une scène vide, BOiL.iri p. m. Tandis... Oue vus ressentiments se perdront en discours, bac. Brit. I, *. Il 24" Se confondre en. Los dix tribus se perdent parmi les gentils, boss. llist. il, i. Les peuples, réconciliés ou vaincus, viennent se perdre dans le peuple romain, cHATEAUsn. Génie, iv, m, 4. Il Ces nuances, ces couleurs se perdent l'une dans l'autre, elles deviennent tellement mêlées qu'on n'en voit plus la différence. || 26* S'anéantir. Se perdre en Dieu, c'est s'oublier soi-même, pour n'avoir le cœur occupé que de lui, boss. Rép. aux dilj. de Urne de la Maiscmfort. Je me sentais avec une sorte de volupté accablé du poids de cet univers.... j'aimais à me perdra en imafinalion dans l'espace, j. I. Boiss. 3' lett. à il. de Maiesherbes, Corresp. t. iv, p. B4, dans pouoi ns. Va donc, douce chimère d'une 5me sensible, félicité si charmante et si désirée, va te pérore dans la nuit des songes; tu n'auras plus de réalité pour moi, id. Ilél. ii, «. Il 26* Se perdre, faire naufrage. Un vieux gsntilhomme qui .s'etail enrichi aux Indes, et qui s'était perdu en mer six mois après son mariage. ...scabr. Rom. com. i, 22. Depuis trente ans que je navigue, il ne m'est pas anivé da voir deux vaisseaux aussi près de se perdre, lapérouse, Voy. t. ii, p. U9, dans POUGENS. Il 27" S'èi.'arer, ne plus retrouver son chemin. Cet autre [chemin] si droit, par lequel on m'assurait que je ne me pourrais perdre quand je le voudrais, je m'y perdis hier trois lois en ne le voulant |>as, von. Lett. H». || Neutralement. Mener perdre, conluire quelqu'un pour l'égarer. Il Fig. Il jEpictète] se perd dans la présomption de ce que l'on peut, pasc. Enlret. avec U. de Saei. Je ne me penls point, dit David, dans de tels excès; et voilà l'orgueil méprisé dans ses égarements, boss. Ifar.-rWr. Il Fig. Se perdre, ne plus se retrouver soi-même. Mais, en se trouvant ainsi soi-même, étrange confusion I elle [l'âme] se perdra bientôt soimême, boss. la Vallière. Ainsi il est vrai qu'il a perdu Dieu; mais noua avons dit , et il est vrai, qu'il ne faut pas s'étonner s'il s'est après cela perdu luimême, ID. ib. Il 28 Fig. Avoir l'esprit surmonté par la grandeur ou la difûculié des choses. C'est le plus grand caractère sensible do la loute-puissance de Dieu que notre imagination se perde dans cette pensée, pasc. Pent. i, i , édit. havet. 1 1* embrouillent toutes choses, et, perdant tout ordre et toute lumière. Ils se per<Ient eux-mêmes et s'égaient dans des embarras inexplicables, ID. Géomélr. 4. Ne nous pardons pas, chrétiens, dans ces hautes spéculations, BOSS. a* lermon, Annone. :i. Quel esprit ne sa perdrait dans la contemplation de tant de merveilles? iD. f sermon, Nativ. i. Knfin dans cet horrible gouffre De misère et de vanité Je me perds; et plus j'envisage U faiblesse de l'homme et sa ma- Ijunilé, El moins de la divinité En lui je reconnais l'image, ursu ouàBES, /eBui'jîïau. Los raisonneurs hardis qui se sont perdu» dans la profondeur de ces recherches, volt. Métaph. .t. Je me perdais dans ce» foules de règle», i. i. kûuss. Confess. vi. || Je m'y perd», je n'y connais rien. Tout le monde a envie de rire : j'avoue, pour luoi, qae je m'y perds »o»». Ltit. (juirt. «04. Comment lu Ois d'un berger pcat-il donner quaianiu Ki"sdiamanUf pourqiHii e»l-il moulé sur une licorne? on s'y perdait VOLT. iVint, d« ItobKl. ,1. Plu, j,. sonde lablmi', néla»! |.lu*,e m'y perd», lamart. Méd. i, i. || Oi! Ht Mui en c« Mns : je me p«rds. Ou«nd vou» me
PER
dites que cela n'est pas considérable, je me perds et ne peux comprendre comme cela se peut faire, sEv. ar août rssu. Comme vous je me perds d'autant plus que j'y pense, bac. Bérén. ii, b. || Ma tête se perd , je m'égare, mes idées se troublent. || 29° Avoir l'esprit absorbé. Je me perds dans cette pensée, sÉv. 358. Le Nestor des Natcbcz parut se perdre dans quoique grand souvenir, chateaubr. Natch. liv. l. Il SO" Cesser d'avoir des rapports d'amitié. Nous ne nous perdons point, de noti'e race ; nos liens s'allongent quelquefois, mais ils ne se rompent jamais, sEv. d Bu*fy,« juin. (070. 1131° Causer sa propre ruine. Il se perd par ses dépenses excessives. Vous, s'il y faut périr, périssez avec moi ; C'est gloire de se perdre en servant ce qu'on aime, conN. Sertor. iv, a. Cléone : Vous veus perdez, madame: et vous devez songer... — HermionetOue je me perde ou non, je songe à me venger, bac. Andr. iv, 4. |{ U joue à se perdre, se dit d'un homme qui s'expose à perdre sa vie, .sa fortune, sa réputation. || Se perdre d'honneur, ruiner soi-même sa réputation. Voulez-vous qua pour lui je me perde d'honneur? cobn. Pulch. i, 5. |1 Se perdre dans l'esprit de quelqu'un, s'enlever auprès de lui tout crédit, toute bonne opinion. Mademoiselle [de Montpeiisiur] se perdit pour jamais dans l'esprit du roi, volt. Louis XIV, 5. || Se perdre à crédit, à plaisir, de gaiet6 de cœur, se faire tort par étourilerie. C'est se perdre do gaieté de cœur, c. nELAV. D. Juan d'Autriche, il, 7. |182° Se damner. Si vous en demeurez là, vous ne laisserez pas de vous perdre, mais au moins vous vous perdrez en honnête homme, pasc. Condit. des grands, 3. Les pécheurs ordinaires se perdent par un excès d.confianca; mais les libertins et les impies déclarés se perdent par un défaut de confiance, bodrdal. Exhorl. sur la trah. de Judas, t. i, p. 450. Verraije tout le monde se convertir, pendant que vous demeurerez dans le chemin de vous perire? m.mn- TEN iN, Lell. à M. d'Aubigné, <& mars «693. Elles se [lerdaienl gaiement par la galanterie, la bonne chère et (lar l'oisiveté; et elles se perdent tristement par la présomption et par l'envie, la bbuy. m. Il 33" Terme de jeu de billard. Se perdre, mettre sa propre bille dans une blouse, ou la faire sauter hors des bandes. || Proverbes. Il se faut garder des gens qui n'ont rien à perdre. || Marchand qui perd ne peut rire. || X tout perdre il n'y a qu'un coup périlleux, se dit, lorsqu'on risquant tout, on se résout à tout ce qui peut arriver. || \ laver la tête d'un âne, d'un More, on perd sa lessive, on perd sa peine à instruire une personne têtue, stupide, indocile. || Il ne faut pas Uisser perdre les bonnes cou uraes, se dit en parlant de quelque fête où l'on se réjouit. || Oui quiite la partie la perd, se dit au jeu, et aussi pour marquer qu'il faut poursuivre ce qu'on entreprend. Il II est aujourd'hui la Saint-Lambart, qui quitte sa place la perd. |1 Qui perd le sien, perd le sens.
— IIF.M. Fléchier voulait qu'on dit au présent, avec l'interi-ogation : perdé-je? Vangelas, qu'on dit perds-je? Penlé-je est dit par Mme de Giignan : Kien. n'e^t plus digne de vos regrets [que la mort de Mme de Sévigné]; et moi, monsieur, que ne perdé-je point? dans sév. t. x, p. 387, éd. Régnier. Louis XIV dit un jour ; Depuis six ans que j'ai tant d'ennemis sur les bras, perds-je un seul pouce de terre, dans bighelet, Dict. Il ne faut pas dire perdé-jê qui est un barbarisme; perds-je, qui est correct, n'est pas usité: il faut dire est-ce que je ptrds ?
— HlsT. X" s M«lz [mieux] [elle] sostendreiot les empedemenz. Ou elle perdessesa virginitel, Bu/o/«e. Carco videbant per spiritum prophète, queastiei(\nt [seraient] li judei perdut, si cum il ore sunt, Fragm. de l'alenc. E io ne dolreie [je ne serais pas en chagrin] de tanta millia hominum, si ponltit erent? ib. p. 48». jjxi' s. Dous [deux] sunt perceners [ont portion] de une erité, e est l'un emplaidé senz l'altre, e per sa folie si pert; ne deit pur ço t'altre estre perdant, Loti d» Cuill 30. Assez est mielx qu'il i perdent les chez [têtes], Ch. de Roi. m. A bien petit que il ne pert le sens, ib. xxii.
! XII* s. La teste [il] i pert, n'i laissa autre gage, Uonc. p. «4. Cjxv i|ui le sien donne retraiament [de mauvaise grâce]. Son gré en pert.... Couci, xvi. Onques teuitre [tourterelle] qui port son compagnon Ne l'ut un jour de moi plus esbahie, ib. xxiv. Car cil qui voit tel amour dcsuvrer, A a.ssez plus de duel [deuil] et do pesance Que n'auroit jà li rois s'il perdoit France, ib. xxiv. N'i [en une belle femme) perdi pas nature se» œvres ne son tons, Sax. v. Jà III riipe la gcnle.... Ne perdra i mon temps sa franchise et son nom, «6. xxv. || xiii* ». Tant [elle] fuit que de lui [elle] perdent 11 serjant le regart,
PER
Berle, ixii. Et longuement avez esté au boii perdue, ib. LU Oui font tant par trop boire Que il
en perdent si le sens et la mémoire.... ib. lxvi. J'ai ma roule [chemin) perdue, s' [si] em ai le cuer dolent, ib. ex. Kt quant li quens [le comte] vit et entendit lor mauvais cuers et lor mauvais re*pons, si ot tout le cuer pierdu, Chr. de Bains, 183. Quant ton tens perdu i auras, la Rose, 463». Qui ne pense néant des choses alées [passées] a sa vie perdue, brun, latini. Trésor, p. 849. Vo« choses visitez sovent.... quar li sages disi que celly qui sovont vpyt son désert, se rien ne gaigne, rien m» pert, Bibl. des chartes, 4* si rie, t li, p. 375. Se nou» ne nous croisons, nous perdrons le roy ; et se nous nous croisons, nous perdrons Dieu; que [car] nou» ne nous croiseront pas pour li, joinv. sbb. Et il me vit, et estandi ses bras, et me dit : A ! senesclial, i'ai perdue ma mère, id. 'J8t. |{ xiv* s. Se jo perdi ier soir, je doi hul recouvrer, liaud. de Seb. viii, 48». Et se tu prens gens de nient, Tu te pers tout à escient, machaut, p. iiî. ||xv« s. Y [il] ne fault qu'un coup pour tout perdre. Ou pour estre victorieux, Hyst. du siège d'Orléans, p. 761. Le pays me sembla moult estrange ; et me tinsse pour perdu ou en très grande .aventure, si ce ne fust la compagnie du chevalier, FRoiss. ii, m, 9. Si nous estions prisa force, nous perderiemes nos corps et le nostre, ID. II, !ii, 38. Par voies tories et obliqueset par chemins perdus, m. II, 111,7. Ce fut peine perdue, mons- TREL. II, v,t. Les Anglois esloient en adventure de perdre une g'rant perte, i.efevrï de st-bemy, llist. de Charles VI, p. 84, dans lacurne. Et furent contraintz de passer parmi nous, aucuns eschapperent, et le plus se perdirent, comm. .i, 4. || xvi' s. Qui pert et recreuvre ne sçait qu'est dueil, o. crétin, p. 192, dans LACUBNE. Je me perds en celle contemplation, rab Pant. m, 4. Si mes ans les plus beaux, hélas! trop mal perdus Au volage a|tpelit d'amour et d'une dame, despohtes, Œurres chrestiennes, sonnets, B. Dieu des hommes perdus [Amour], sera-ce jamais fait? Seray-je tousjours butte aux douleurs incurables? id. Diane, il, 53. L'ame qui n'a point de but esiably, elle se perd, mont, i, ï2. Perdre un procez, iD. i, f30. En cecy perdoi-je mon latin, ID. I, 13». Il se jecta à corps perdu dans la presse des ennemis, m. i, 264. Toute l'Asie se perdit et se consomma en guerres pour le macquerellage de Paris, id. Ii, 1 88. Il joua contre luy un soupper : il perdit, paya son soupper... m. ii, 272. Qui diable vous a dit cela en ce pa'is perdu? je pensoi» qu'aussi bien que les Bretons, vous ne sçussiez nouvelle du mariage des rois qu'au basleme de leur» enfans, d'aub. l'cen. u, 3. Au milieu des deux estoit à l'ancre la caraque bien chargée de lest, qui avec des couleuvrines tiroit à coups perdus dans la
ville, ID. llist. II. 4( pour l'extrême jalousie du
mari, qui ne la perduit non plus que son ombre, ID. ib. II, 33). La honte se perdit, voslre coeur fut taché De la pasie impudence, en aimant le péché, II) Tragiq. Princes. C'estoit un homme e.scervelé et furieusement espris et perdu de convoitise de régner, AMY0T, Timol. i. Peu après il s'apperceut bien qu'il s'estoit ruine luy mesme, et avoit quant et quant perdu la liberté de son païs, id Cicéron, 68. Toute» les l'ois qu'ilz jouoient aux de/., Antonius perdoit tousjours, ID. Anton. 40. Perdit le boire et le manger, MARC. Contes, p. 39», dans lac^rne. A gens de bien on ne perd rien, cotgrave. Argent fait perdre genl, ID. Asseurement chante qui n'a que perdre, ID. Assez gaigne qui malheur perd, id. Il ne perd rien qui ne perd Dieu, tu. On ne doit point quérir brebis qui se veut perdre, ID. Par trop presser l'anguille on la perd, id. Qui ne relire de sa vache que la queue ne perd pas tout, lu. Cho.se perdue est lors cogneue, id. Tout est perdu ce qu'on donne à fol, ID. Tout ce qui gist en péril, n'est pas perdu, id.
— ÉTYM. Wallon, pied; Berry, par de ; bourg, pardre; les paysansdans la comédie, pardre {Us vi'ont fait pardre, mol. Don Juan, ii, i); prov. perdre; cat. perdrer; esp. perder; ital. perdere; du lat perdere, de per, et dare, donner.
PKRDHF.AD (pèr-drô), s. m. || f Perdrix lie l'anni'e. Vous me permettrez de vous offrir ma chassa, deux perdreaux rouges excellents, picard, la Petite ville, l, s. Il 2° Terme d'artillerie. Mortier employé à la tin du xvii* siècle et au commencement du xviii* ; c'est un mortier entouré d'autres petits mortiers dont chacun lance une grenade.
-■ HiST. xiv s. Près du roi, devant la baniere Metent François trois perdriaus [sorte d'engin de guerre], Uelans pioies ans enviaus Entre Flamens grosses et maies, u. guiaht, dans dd cange, perdiceta. On vole [avec les éperviers] aux pertnseauu,
PER
«lut aloes et aux cailles, Uodus, f. xcv, verso. Ouai-ante peniriaux, deux sols quatre deniers pièce, Ménagier, il, 4. || xvi" s. Vous avez mangé de bons perdreaux, desper Contes, lxxiv.
- ÉTYM. Contracte de perdriseau, qui est un diminutif de perdrix, et qu'on trouve dans l'histnrique, ou plutôt, car l'î ne s'élide guère, de perdrijau ou perdrigau; Berry, perdriau, pardriau, et à LachAtre pardrijau ; prov. perdigal, perd igo, • cat. perdigot: esp. perdigon; ital. perniciotto.
fPERDRIEUR (pèr-dri-eur), s. m. Ancien terme de chasse. Chasseur aux perdrix. Il y avait un perdrieur dans la maison du roi.
— HIST. xv s. Vous cheez [tombez] en leur servitute, comme les perdrix qui, en fuiant à despour- Yeue négligence le penirieur, cheent en sa tonnelle, ALAIN CHABT. p. 272.
PERDRIGON (pèr-dri-gon), s. m. Nom d'une espèce de prune, noire, violette ou blanche.
— HIST. ivi* s. Pcsches, avantpesohes , presses, persiques, pavis, perdigoines, r. bklleau, Bergeries, 1. 1, p. 8», dans LACt;RNE.
— ÉTYM Perdrix, à cause de la ressemblance de ce fruit aux estomacs de perdrix rouges.
PERDRIX (pir-ilrî ; l'a; ne se lie pas dans ta conyersalion : une pèr-dri aux choux; ce que Chifflet, Gramm. p. 2I6, remarque expressément), s. f. ||1° Nom d'oiseau.i gallinacés, à queue courte, à pourtour de l'œil sans plumes, et dont les màlos ont un ergot plus ou moins marqué. Le lièvre et la perdrix, concitoyens d'un champ, la font, l'ahl. v, il. Tout le monde connaît le chant des perdrix, qui est fort peu agréable ; c'est moins un chant ou un ramage, qu'un cri aigre imitant assez bien le bruit d'une scie; et ce n'est pas sans intention que les mythologiste» ont métamorphosé en perdrix l'inrenteur de cet instrument, buff. CHs. t. iv, p. (83. Le vieux malade n'a pu manger des perdrix rouges dont M. de Florian a régalé Ferney, volt. Lett. au marq de Florian, 1 mars 1774. || Compagnie de perdrix, se dit des perdrix d'une même couvée qui volent ensemble. Il Perdrix blanche, perdrix qui habite les hautes régions des Alpes. || l'erdrix des chumps, la perdrix grise. || Genre perdrix ; la perdrix grise, perdix cinerea, Lath.; perdrix rouge, perdix rubra, Briss.; perdrix bartavelle, perdix saxatilis, Meyer ; perdrix de roche, perdix peirosa, Lath. Il 2" Vin couleur d'reil de perdrix, ou, sim|ilement, vin œil de prrdrix, vin paillet et fort brillant. || Linge à œil de perdrix, linge de table ouvré, dont les dessins représentent à peu près des yeux de perdrix, || (£11 de perdrix, espèce de cor entre les duigts du pied. Il 8' Par plaisanterie. Perdrix de Gascogne, un ail. On dit aussi chapon de Gascogne. || 4" Perdrix de mer, oiseau qui va chercher sur le bord do la mer les vermisseaux et les insectes aquatiques, hirundo pratincola, L. \\ Perdrix de mer, se ilil aussi do la sole, i cause de la bonté do sa chair. || Perdrix de neige, le lagopède. || 6° Nom de plusieurs coquilles univalves. || Proverbes. A la Sainl-Hemi tous perdreaux sont perdrix, c'est-à-dire ils ne sont plus assez jeunes pour être dits perdreaux. || On mange bien des perdrix sans orange, c'est-à-dire il faut lavoir se contenter d'une bonne ohoie, sans y déiiirer trop de raffinements.
— HIST. xu* s. Pur mei quatre, qui sui cunic une perdrix des munz. Rois, p. «06. ||xiii* s. A.-!ssul [il] mist, bainc et batailles, Entre espervieti>, perdris et cailles, la llose, 20348. Ne pain, nu Mn, tiu char, ne capons, ne pertrix Ne iruevent qu'achater. Il mangiers est faillis, Ch. d'Anl. m. 2»i.|jxiv' s. De prendre pictris et faisans Li esloit li dcdui^ plaisans, j. de cuNnÉ, t. ii, p. ifiB.
— Etym. Wallon, pielri: (iiov. perditit esp. perdi:;iU\. pernice: du lai. perdicem.
t PERD-SA-QL'EUB (pcr-sa-koue), s. f. Nom vulgaire de la mésange à longue queue, parus raudatus, I,. \\Au plur. Des perd-sa-queue. i
PERIIU, UE (pèr-du, due), part, passé de perdre. |l 1° Dont on a été privé. Ma ioil sans moi, l'argerl était perdu pour lui, mol l'tU. i. 8. Vous n'avez qu'à faire afficher, madame : Amant perdu, trente pistules k gagner, dancoubt, la Gaulle, se. 20. Il n'y faut plus penser, l'espérance est perdue, VOLT. Or/ihet. v, 6. || Kspèce perdue, espèce qui a cessé d'exister. Le ma.stoilonle est une espèce perdue. Il On dit dans le wème sens : un peuple perdu. Vous n'êtes pas content de m'avoir appris des vérités longtemps cachées, vous voulez encore que je croie à votre ancien peuple perdu, volt. Leil. Bailly, » fév. (776. Il Fondt perdu, voy. fonds, n" u. Il 2' Qu'on ne peut plus retrouver. Quand on voit (uns l'Ërangiie ta brebis perdue préférée par le
PER
bon pasteur k tout le reste du troupeau, noss Mar.- Thér. Qui ne sait que Madeleine la pénitente a été sa fidèle et sa bien-aimée [de Jésus].... qu'il laisse tout le troupeau dans le désert pour courir après sa brebis perdue, m. Sermons, Rechutes, i. Cicéron avait fait un ouvrage sur ce sujet [la gloire] ; quoique son livre soit perdu, il existait encore du temps de Pétrarque, qui en possédait un exemplaire. .. d'alembeiit. Éloges, Soci. || 3° Terme de guerre. Sentinelle perdue, sentinelle postée dans un lieu très-avancé. || lùiOints perdus, voy. enfant, n° 9. Il 4° Perdu se dit de ce qui n'est pas dirigé avec précision, de ce qui est fait avec un certain hasard. il Coup perdu, coup tiré au hasard. Le gouverneur, dis les premiers jours du siège, avait été blessé à la gorge d'un coup perdu, peli.i?son, Lett. hist. t. m, p. (81, dans poi gkns. Tirer à coups perdus, tirer au hasard, ou tirer hors de portée. || Faire flotter du bois à bois perdu, à bûche perdue, le jeter dans de petites rivières non navigables pour le rassembler k leurs embouchures. || Ouvrage à pierres perdues, à pierre perdue, construction qu'on établit dans l'eau en y jetant de gros quartiers de pierre. Rade que M. de la Bretonnière proposait de former pur une digue en pierres perdues, cinABD, Instil. Méin. scienc. t. vu, p. 405. |) A cjrps perdu, avec impétuosité, sans se ménager. Il [l'amour] nous sollicitera de nous jeter i corps perdu sur cet aimable mort [Jésus], et de nous envelopper avec lui dans son drap mortuaire, boss. i" sermon, Pâques, (. Il Fig. Et de là [il] s'est jeté à corps perdu dans le raisonnement du ministère, mol. Comtesse, (. Il 5° Perdu se dit encore de ce qui est destiné à disparaître, à ne pas être vu. || Ballon perdu, aérostat qui n'est pas retenu par une corde. || Puits perdu, puits dont le fonds e.=.t de sable et où l'eau se perd. Il Reprise perdue, reprise faite de manière à se confondre avec le tissu de l'étoffe. || Pain perdu, voy. HA1N. H Moulage à cire perdue, moulage dans lequel la maquette en cire est détruite par l'opération même du moulage. |! Terme de maçonnerie. Pierre perdue, celle qui e?t jeloe à bain de mortier dans la maçonnerie de blocage. || Terme de marine. Cheville à tête perdue, celle qui est assez enfoncée pour que sa tête soit en dedans d'un bordage. i| Terme de peinture. Contours perdus, ceux qui ne tranchent pas sur le fond. || Teimo de gravure. Taille perdue, taille affaiblie, devenue moins sensible. || 8° Qui est écarté, placé loin des voies de communication, désert Charles avançait dans tes pays perdus [l'Ukraine], incertain de sa route, volt. Chartes XU, iv. Que diantre va-t-on faire dans un pays perdu comme ça? GENI.I8, fhéât. d'iduc. la l.ingère, i, 2. Nous établir dans un quartier perdu, entre les Invalides et la rue de Babylone, 'pioard. Deux Philibert, i, 3. Ils.... rentraient dans l'aris, sans risquer un éou Pour voir les naturels le ce pays perdu [l'Odéon], c. delav. Disc. d'ouKf lure du sccund théâtre français. Comme elle ocurt [Lazzara] I... Par les chemins perdus, par les chemins frayés, v. Huoo, Orient. 21. Il Fig. Il me semble que je suis dans un p.ays perdu de ne plus traiter tous ces chapitres, sév. 647. 11 faisait quelquefois prendre à son esprit un essor si haut, qu'en le voulant suivre je me trouvais insensiblement en pays perdu, boursault, Leit. nouv. t. III, p. 36. Il 7° Durit on fait un mauvais emploi. Après trente-trois ans sur le trône perdus, Commençant à régner, il a cessé de vivre [Louis XltlJ, COBN .Sonnet sur Louis SUI. Les phii heaux jours do la vie Sont perdus sans les amours, ouinaui.t, Cadmus, Prol. || C'est temps perdu, c'est peine perdue, se dit des choses pour lesquelles on empl<iie inutilement du temps ou de la peine. || Salle des pas perdus, voy. pas (, n" 20. || 8" Qui deimnire sans emploi, inutile. K,tj'ai pillé de voirtanldc bonté perdue, CORK. Thénd. !v, 3. U n'y avait rien de perdu dans sa conversation, hamilt Gramm. 9. Tant d'esprit et d'agréments [de la comtesse de Kônigsmark] étaient perdu» auprès d'un homme tel que le roi de Suède, VOLI. Charles XII, 2. || Perdu pour, dont on ne tire paK profit. On savait partout qu'il [Philippe de Macédoine] avait soumis les villes de la Chalcidiquu, plutôt à force de présents que par la valeur de ses troupp», et cet exemple est perdu pour les Olyiitliiens, BARTiiiîL Anach. ch oi. || Perdu pour, se dit aussi des personnes. La voilà devenue une des plus grandes dames du royaume; mais aussi la voilà perdue pour moi, Marivaux. Marianne, f part. Olympie aujourd'hui, Seigneur, sera [icnlue et pour \ousel pour lui, volt. Olymp. v, t.\\ Mouienl» per. dus, heures perdues, moments, heures de loisir il'une pegstnae onlinalrement fort occupée. Que fait votre paresse pendant tout ce tracas.... Elle vous al-
PER
tend dans quelque moment perdu pour vous l'aire au moins souvenir d'elle, sêv. 3 mars (671. Je prie tros-humblement Votre Majesié de vouloir bien i. ses heures perdues, ou plutôt dans ses instants de délassement (car elle n'a point d'heures à perdre).... d'alemb. Lett. au roi de Prusse, (2 déc. (7fi6. || C'est du bien perdu, se dit de tout ce qui survient d'agréable ou d'utile pour une personne qui nv. sait pas ou qui ne peut pas en profiler. ||9° Où on a txt le désavantage. Je sais que sa brigade, à peine descendue, Rétablit à nos yeux la bataille perdue, CORN. Toison d'or, i, (. || 10" Quie.st atteint sans ressource dans sa vie, dans sa fortune. Un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes, cobn. Cinna, v, I. Un homme extrêmement perdu do conscience, PASO. Proi). XV. Quand il sut [Lauzun] qu'on le menait à Pignerol, il soupira, et dit : Je suis perdu, SÉviGNÉ, (uô. Il n'y 3 guère eu de prince si perdu de débauctia, rollin, histoire ancienne, Ùimr. t. ix, p. 343, dans pougens. Cn serait un homme perdu dans l'estime publique, Marivaux, Uarianne, «• part. Dumarsais [pour avoir détendu te livre des Oracles] était perdu sans le président de Musons, et Fontenelle [pour l'avoir écrit] sans M. d'Argenson, VOLT. Uilanges littéraires, hotmctelés liuér. Préambule. Des hommes perdus d'envie, do noirceur et do débauche, mabmontel, Œuvr. t. vi, p. (61. Il Perdu auprès de, perdu dans l'esprit de, qui a perdu la bonne opinion qu'on lui accordait. Le bruit que j'étais amoureux luidonna desi grandes inquiétudes et de si grands chagrins, que je me crus cent fois perdu auprès d'elle, m"' delà favettk, Princ. Clèv. Œuvr. t. ii, p. (3b, dans poogens. Milord Peterboroug fut perdu dans l'esprit de la reine Anne et dans celui de l'archiduc, pour leur avoir donné Barcelone, volt. Jenni, 4. || fitre perdu d'honneur, de réputation, avoir perdu l'honneur, la réputation. || Perdu de goutte, de rhumatisme, dont la constitution est ruinée par la goutte, par le rhumatisme. Quoique depuis longterups elle (la i" femme de Philippe V] fût perdue d'écrouel les, duclos, Œuvr. t. VI, p. 109. Il Un homme perdu, un homme dont la vie ne laisse plus d'espérance. Il a une attaque d'apoplexie; c'est un homme perdu. || Un homme perdu, un homme sans ressources, il | Voltaire] nous a dit plusieurs fois que son père l'avait cru perdu, parce qu'il voyait bonne compagnie et qu'il faisait des vers, voi.T. Mcl. litl. Comm. auv. aut. Henr. Que fait votre fils? ce (lu'il lait? il est perdu; il dessine, il fait des vers, didek. Salon d* ("07, Œuv. t. xiv, p. 42, dans pougens. || Par exagération. Etre perdu, encourir blâme, reproche. Silvestie : Voilfi votre père qui vient — Octave : ô ciel, je suis perdu! mol. Fo,rb. i, 4. Le coadjuteur est perdu d'avoir encore ce crime [avoir fait passer Mme de Grignan sous le pont d'Avignon] avec tant d'autres, sàv. 27 mars (87i. Un mari qui oserait y consentir [à ce que sa femme nourrîtj serait un homme perdu, i. l. bours. Ém. i. |j Un homme perdu, un homme sans moralité. Oui, mon cher fils, parlez, traitez-moi de perfide, D'infâme, de perdu, de voleur, d'homicide, mol. Tari, m, «. C*' n'aime que ses plaisirs, et n'est estimé que d'une jeunesse perdue, MAINT. Lett. à Ninon de l'Enclos, 8 mars I66«. jl Une femme perdue, une femme sans mœurs. De quelque manière qu'il pallie ses maximes, celles que j'ai à vous dire ne vont en effet qu'à favoriser les juges corrompus, les usuriers, tes banqueroutiers, les larrons, les femmes perdues.... pasc. Prov. viii. Il ne lui fallait que des filles perdues, et je ne crois pas i|u'il fût fat pour avoir do bonnes fortunes, 1. I. Roifs. Confesi. m. || C'est une tête perdue, c'est une persoiiiie égarée par la folie ou la passion. Il 11" Il ^e dit des choses auxquelles il n'y a plus de remède. Pourvu que les ruines de votre tCtn se puissent réparer. Il n'y a rien de perdu jusqu'Ici, bai.z. liv. m, loti. 4. Quoi I ce n'est que cola? je croyais tout perilii de crier de la sorte, mol, .S'iyun, 3. Il coniplalt tout : c'était seize gouttes de vin dans treize cuillerées d'eau; s'il yen eût eu quatorze, tout eût été perdu, siîv. 3(i. Seigneur, tout est perdu; les rebelles, Pharnace, Les Romains sont cn foule autour de cette place, lue, Uilhrid. iv, 7. Il 11' Qui a disparu, qui ne peut plus être aperçu, retrouvé. Ou perdu dans la foule obscure, J. a. roi sa. Odes, IV, 7. Tiindls que moi, morbleu I perilu dans la foule obscure, il m'a fallu déployer.... bkaumarch. Kar. h'ig, v, ,'i. Il [le navire] était déjà disparu , qu'il croyait le voir encore . et, quand il fut perdu dans la vapeur de l'horizon, il s'assit dans ce lieu sauvage, iiEim, ur st-p, Poul el Virginie. Il 18° Absorbé, plongé, Eudico, Statiro étaient perdues dans la douleur, hontesq. L\/t. Perdu dans
eet»l)!tne de pensées désolantes, il [Napoléonl tomte dans une si grande contention d'espi-it qu'aucun de ceui qui l'approchent n'en peut tirer une parole, secuR, llisl. de Kapnl. ix, 3. || 14» Substantivement. Comme un perdu, comme un homme dont la tête est perdue. Objet qui les fit rire tous, Comme dos perdus ou des fous, scabr. Yirg. v. Pour la Mousse il court comme un perdu, sév. «M. Éraste est amoureux de toi. — Comme un perdu, dancoort, CoUn-maniard, ic. I7. X peine élait-il jour que mon maître est venu M'arracher de mon lit, criant comme un perdu, boisst, Impatient, i, 2. || Pro- ▼erbes. Ce qui est différé n'est pas perdu. || Un biei.fait n'est jamais perdu, un bienfait a tôt ou tard sa récompense. || Si vous n'avez point d'autre sifflet, voire chien e.st perdu, c'est-à-dire si vous n'avez point d'autre ressource, la chose est désespérée. Il Pour un perdu deux retrouvés, ou deux re- M)uvré3, se dit quand on veut faire entendre que a [WTte qu on a faite est facile à réparer.
t PERDUBABLE (pèr-dura-bl') , adj. Oui doit durer jusqu'à la fin. Si durant une vie où rien n'est perdurable.... coBN. Imit. m, 3B. Perdurable, il [DJei]] n'aura point de fin, diuer. Opin. des ane. philos. (Sarrasins). Pourquoi dit-on durable, et ne dit-on plus perdurable, qui l'agrandit? mabmontel, (Euv. t. X. p. 43<. h Mot vieilli, mais qui pourrait être repris.
— HIST. xin* s. Par nature estes corrumpables, Parmavolenté pardurables, la Rose, i9288. Li anémia [le démon], qui met tout son pooir & décevoir home et feme, por trere les âmes en perdurable peine, beadu. xi, 28.
— ÉTYM. Provenç. perdiirab/e ; portug. perdufocel; ilal. prrdurabile; du lat. perdurahilis , de per, et dtirabilii, durable.
t PERDCRABLEMENT (por-du-ra-ble-man) , od». D'une manière perilurablo.
— lllST. xin* s. La pristn, por Dieu, vous demani fjevous demande] Avec li pardurablement, la Rose. • 6186. Il XV* s. Celui qui fait le vouloir de Dieu, il vivra tousjours eu gloire pardurablement avec lui,
MONSTREL. I, 39.
PÈRE (pè-r'; au xvii' siècle, d'après Chifflet, firamm. p. 190, on prononçait pé-r'),t. m. || 1° Celui qui a un ou plusieurs enfants Un père est toujours |ère; Bien n'en peut etfaccr le sacré caractère, CORN. Poty. V, 3. La plus mauvaise excuse est ass-jz pour un père ID. Nicom. il, i. Tout père frappe À côié, la pont. Fabl. viii, 20. Quoi que lo nom de pore ait de beau, de touchant, Depuis un. an ou deui cela put [pue] le marchand; Un chélif avocat, par un ordre sévère, Défend à ses enfants de l'api eler mon père, doir^ault, Uots à la mode, se. 4. Je voue à votre fils une amitié de père, rac. Andr. v, a. Je reçus et je vois le jour que je resiiirc, Sans que père ni mère ait daigné me sourire, i». Iphig. 11, I. X Rome, les pères avaient droit de vie •t de mort sur leurs enfants, montesq. Esp. v, 7. Kt dis-moi, si tu étais ce Chramne que son père Clo- Uiire fit brûler dans une grange... von. Dict.phil. Perrt. Cn an après, il était nuit. J'étais à genoux près du lit Où venail de mourir mon père, a. de MtissRT, Pnit. nouv. Suit de décembre. \\ Fig. Elle [Sluart, maîtresse de Charles II] ne balisait pas la médisance; il [le duc de Buckingham| en était le père et la mers, rahilt. Gramm. vu. || Père naturel,celui qui aeu un enfant d'une femme avec qui il ■'était l'a.s inarié. || Père légitime, celui qui a eu un tnfant d'un maringe légitime. || Père putatif, celui qui est réputé le père d'un enfant, bien qu'il no le soit pas en eCTet. || Père adoptif, celui qui a adopté quelqu'un pour son enfant. || Etre père, agir, parler en l'ire. N oscz-voiu sans rougir être père un momeiilT »»c. Iphig. ii, ». || Fig. et familièrement. Le père n'y reconnaîtrait pas son fils, se dit d'un appartement, d'une malle mal rangée, de tout ce qui •st en confusion. || On père heureux eo enfants, un père dont les enfants sont bien nés, bien sains, bien portants. Un père heureux dans ses enfants, un père dont les enfants ont bien réussi dans le monde, il De père en fils, p,ir transmission successive du pire au fils. Ce sont, dit-il, leurs lois qui m'ont de M logis Rendu maître et seigneur, et qui, de père en fils, L'ont, de Pierre à Simon, puis à moi Jean tian>mi8i, la font. FabJ.vii, («. M. Galatin, officier aux gaides suis.nes, qui vous présentera ma tri shumhle requête, est de la plus ancienne famille de (ienève; lit se font tuer pour nous de père en fils depuis Henri IV, volt. UU. d'Argerual, » févr! •7«t. lises p^^el mère, locution usitée, ctbIAmce 1 tort par quel lues grammairiens, pour désigner eollectiveinenl le père et U mère de quelqu'un
PÈR
Il Père de famille, celui qui a femme et enfants. Tel croit être un bon père de famille, et n'est qu'un vigilant économe, J. J. ROuss. Hél. iv, 10. Il Au sens juridique, père de famill'î, le maître de maison, le propriétaire, le chef de famille. La destination du père de famille vaut titie.M'ôgard des servitudes continues et apparentes, Code Nap. art. 69i. Il Terme de pratique. En bon père de famille, avec autant de soin que le ferait un père de famille. User d'une chose en bon père de famille. Il Grand-père, voy. grand-pèrb. || Familièrement, père grand se dit quelquefois pour grandpère. Il Fig. Je l'ai bien renvoyé chez son p re grand, je l'ai bien rabroué. || 2° Père se dit aussi desanimaux. Mon chien esttepèredu vôtre. || 3° Père nourricier, voy. nourricier, n° 3. ||4° Père noble, l'acteur chargé de l'emploi des pères dans la tragédie et dans la haute comédie. Je vous préviens d'avance que, depuis le père noble jusqu'au souffleur, tout sera de fantaisie, c. delà vigne, les Comédiens, Prologue. IJS" Celui qui est le chef d'une longue suite de descendants, soit dans l'ordre de la nature, soit autrement. Notre premier père Adam. Le père des fidèles, des croyants, Abraham. l! Nos pores, ceux qui nous ont précédés dans le temps, dans l'ordre des générations. Pères des siècles vieux, exemples de la vie, Dignes d'être admirés d'une honorable envie. Si quelque beau désir vivait trrore en nous, Nous voyant de là-haut, pères, qu'en dites-vous? BÉONitR, .Satire v. Un homme d'une vertu antique et nouvelle, qui a su joindre la politesse du temps à la bonne foi de nos pères, FLÉLH. Duc de Montaus. Sans avoir une vanité ridicule, on peut préférer une terre de ?on nom et de ses pères, maintenon, Lett. à U. d'Aubigné, ("déc. 1882. Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus; Et nous portons la peine de leurs crimes, RAC. Esth. I, 5. J'irai pleurer au tombeau de mes pères, ID. ib. m, 9. || 6° Dieu le Père, le Père éternel, la première personne de la Trinité (avec majuscule). Il Le père des miséricordes, le père des lumières, notre père, Dieu favec minuscule). Vous devez.... vous adresser au père des lumières, et lui demander qu'il vous donne ces oreilles du cœur qui seules l'ont entendre sa voix, MASS. Carême, Parole. Pour obtenir du père des miséricordes qu'il achève dans leur âme l'ouvrage du salut qu'il a commencé d'y opérer, id. ib. Salut, principe et fin do toi-même et du monde. Toi qui rends d'un regard l'immensité féconde, Ame de l'univers. Dieu, père, créateur. Sous tous ces noms divers je crois en toi, Seit-'neiir, lamaut. Méd. i, 16. I! 7° En stNlnde l'Écriture, le père du mensonge, le père du mal, le diable. Lorsque le père du mal eut fini son discours, chateaubr. Martyrs, viii. Le père du mensonge place un esprit d'illusion à chaque simulacre des divinités païennes, id. ib. \\ 8" On donne le nom de père à quelques dieux de la mythologie. Je renverserai cet autel et je consacrerai ce temple au père Bacchus, sAa, Bible, ilachab. Il, xiv, :13. Il Poétiquement. Le père du jour, le soleil. || Le père du vin, Bacchus. Reste, reste avec nous, ô père des bons vins! Dieu propice, ô Bacchus, toi dont les flots divins Versent le doux oubli.... a. chén. Élég. xiii. ||9' Fig. Celui qui a beaucoup fait pour la prospérité, le bien-êlre d'une classe nombreuse de per onnes. Cet homme est le père des pauvres. Ah I que de la patrie il soit, s'il veut, le père ; Mais qu'il songe un peu plus qu'Agrippine est .sa mère, RAC. Brit. I, 1. J'aimerais mieux encore que vous eussiex été le père du peupla que le père des lettres, FEN. Dial. des morts mod. dial. lO (Lnuis Xll, François I"). || Créateur, l'ondaieur. Socrate, qui un I peu «près ramena la philosophie à l'étude des bon- ! nés moeurs, et fut le père tle la philosophie morale, I BOSS. Wist. I, 8. Quoiqu'on ne représente pjus que ' six ou sept pièces de trente-trois qu'il [Corneille] a composées, il sera toujours le père du théâtre, volt. Louis XIV, Ecrivains. Le père de la tragédie, car c'est le nom qu'on peut donner à ce grand homme [Eschyle], uarthél, Anach. ch. go. | (juind père de.... est un surnom, on met une majuscule. Cicéron fut appelé le Père de la patrie. Laurent [de Hédicis], vengé par ses concitoyens, s'en fit ! aimer le reste de sa vie; on le surnomma le Père des Muses, volt. Jfœurit, lun. Le titre de Père des lettres semble avoir plus contribue k faire oublier les fautes innombrables de François 1", que le nom bien plus respectable de Père du peuple n'a servi à efl'acer celles de Louis Xll, d'alemb. Ess. sur la société des gerude lett. Œuv. t. m, p. 20, dans Pouop.Ns. Il Fig. l'rincipc, origine, cause. Ces zuingliens aoDt les pères des calvinistes, volt. Atin.
PÉR
Emp. Charles- Quint, 1527, Le travail est sr ivent
le père du plaisir, m. 4" discours sur l'homme. [La poésie sacrée] Chante au monde vieilli ce jour père des jours [la création], lamart. Méd. i, 30. Il 10° Les pères conscrits, ou, simplement, les pères, les sénateurs de l'ancienne Rome. Les pères consentent à la création des magistrats , Boss. llisl. m, 7. Ces pères des Romains, vengeurs de l'équité, Ont blanchi dans la pourpre et dans la pauvreté, volt. Brutus, I, 2. Il 11» Titre qu'on donne aux membres des ordres et des congrégations religieuses. Les pères capucins. Le père un tel. || On écrit par abréviation, au singulier, P. et au pluriel PI'. || Le pèr« correcteur, supérieur d'un couvent de minimes. i Le père ministre, supérieur d'un couvent de math urins. Il Le père recteur, le supérieur d'un couvent de jésuites. || Le père gardien, le supérieur des capucins, des récollets et des cordcliers. || Le père maître, le père des novices des capucins. |i Dans les ordres mendiants, le père temporel, le séculier qui a soin de recevoir les aumônes qu'on leur fait. Il Petits pères, religieux de l'ordre de Saint-Augustin, i|Ui furent établis à Paris, en 1608, par la reine Marguerite, d'abord au fauljourg Saint- Germain, d'où ils furent transportés sept ans après au quartier Montmartre; ce fut leur pauvreté et la petitesse de leur élalillssementqui leur firent donner ce nom. Il r'res de la mort, religieux qui se dévouaient pour soigner les malades. || Père en Dieu, titre qu'on lionne quelquefois aux évêques et même aux cardinaux. Il Père d'ordre, se dit, dans l'ordre de Cîteaux, d'un abbé qui commande à plusieurs autres. ;| lï° Père spirituel, tout prêtre chargé de la direction de la conscience d'une personne. || 13° Le saintpère, notre saint-père, notre très-saint-père, le père des fidèles, le pape. ||Ondit aussi notre saint-père le pape. || En lui parlant ou en lui écrivant, on dit : très-saint père. || 14° Par imitation des coutumes du clergé catholique, les saint-simoniens ont appelé pères ceux qui étaient plus avancés en grade. Il fillut l'intervention d'un de nos pères en Saint- Simon, pour que son zMe de néophyte ne le portât point à des extrémités fâcheuses, rrybauii, Jér. Paturot, I, 2. Il Par antonomase, le Père (avec une majuscule), le chef suprême de la religion saintsimonienne. || 15" Les Pères de l'Église, ou, absolument, les Pères (avec majuscule), les saints docteurs antérieurs au xin° siècle, dont l'Église a reçu ot approuvé les décisions sur les choses de la foi. Nous donner de l'horreur pour la malice de ceux qui emploient le raisonnement seul dans la théologie, au lieu de l'autorité de rÊciiliire et des Pères, PAsc. Frag. d'un traité du vide. Les saints Pères nous enseignent qu'il y a dans le .siècle des séductions imperceptibles, et qu'il faut moins de force i y renoncer, qu'à s'y maintenir avec la sagesse ot la modération que Dieu demande, fléch. Dauphine. Quel étonnement pour tous ceux (jui se sont fai' une idée des Pères si éloignée de la vérité, s'ils voyaient dans leurs ouvrages plus de tour et de délicatesse, plus de politesse et d'esprit. plu.s de richesse d'expression et plus de force de niisoiinement, des traits plus vll's, et des grâces plus naturelles que l'on en remaïquedansla plupart des livres de ce temps I la bruv. xvi. || Les Pères grecs, ou les Pères de l'Église grecque, ceux qui ont écrit en grec, tels que saint Chrysostome, saint Clément d'Alexandrie, etc. || Les Pères latins ou les Pères de riîglise latine, ceux qui ont écrit en latin, tels que saint Augustin, saint Jérôme, etc. || Le.titre de Père a été donné par honneur à des auteurs ecclésiastiques modernes. Un défenseur do la rtligion, une lumière da l'Église, parlons d'avance le langage de la postérité, un Père de l'Égli-se [Bossuct], la BflUYÈiiK, Dite, de réception. || Les Pères du désert, les anciens anachorètes. {| 16* Les Pères du concile, les évéques qui assistent au concile (avec majuscule). Disons à ce nouveau Constantin, à ce nouveau Tbéodose [[.ouis XIV révoquant l'édit de Nantes].... ce que les six cent trente Pères dirent autrefois dans le concile de Chalcédoine : Vous avez affermi la foi, vous avez exterminé les hérétiques, bobs, le Tellier. Il 17° Fig. et familièrement. Homme d'un rang inférieur, qui est d'un certain âge. Le père Maurice. Dites donc, père Mathurin. || Dans un siiis plus respectueux, imité du grec et du latin. I.ycus descend, accourt, tend la main, le relève : Salut, père étranger, et que pui.s.sent tes vœux Trouver le ciel propice à tout ce que tu veux, *. ciiénieb, le Mendiant. || Pojnilairemcnt. Un père la joie, un rieur, un homme qui excite les autres à la gaieté. Il ravissait mon cousin, qui me dit cn parlant do lui qu'il serait un bon vivant, un père la joie, cenlis,
PÉR
PER
PER
Parrenus, t. n, p. 3ï, dans pougens. || Un père aui écus, se dit d'un vieillard riche et avare. Et moi je les garde pour la bonne bouche, et je cours à ce gros père aux écus, d'allainval , École des bourg. m, I*. Il Un pJre douillet, un homme qui se plaint dès qu'il n'a pas toutes ses aises. Le Poussin, se justifiant du reproche qu'on lui faisait d'avoir donné irop de fierté à son Christ dans la gloire au tableau de saint François Xavier au noviciat des jésuites, et de l'avoir fait ressembler à un Jupiter, écrit qu'il ne peut s'imaginer le Christ dans sa gloire avec un visage de torticolis ou d'un père douillet, TU qu'étant sur la terre parmi les hommes il était difficile de !e considérer en face, félibien. Entretien 8, sur les vies des peintres, t. iv, p. 34, dans LACURNE. Il Un gros p6re, un homme qui a de l'embonpoint; se dit même des enfants. Elle fait un éclat de rire immodéré en l'appelant gros pcre,
GE.NLIS, llém. t. II, p. 60, dans POUGENS.
— HlST. XI' s. Eufemien, si out à num li pedre, St Alexis, IV. [Ils] Ne reverront lur pères ne lurparenz, Ch. de Roi. cix. || xii' s. Dient Franzois : Dex père, que feron? Ronc. p. 7). Mes père estes en Ueu,je vus dei honurer, Th. le mart. U4. i|xiii*s. Père de paradis! ore est ma vie alée [finie], Bcrte, iLvi. Li morteliers sont quile du gueit, et tout tailleur de pierre, très le tans Charles-Martel, si comme li preudome l'en ol dire de père à fil, Liv. des met. tu. Un mal ne dure pas adès [toujours] ; Uns ans est père, autre parastre ; Se cis anz vos tient à lillaslre, Soie^ si prcuz etsi gentix, Que enl'autre an soiez ses filz [son lilsj, Ms. de St-Germain, l' 84, dans LACURNE. Ijiv' s. Encore ai-je deniers et maille, Ou'onci'iues ne virent père ne mère. Patelin. || xvi* s. Le priant que il conduisi sa femme chez ses père et mère, lesquelz estoyent gens honnorables et bien famez, bab. Pant. m, 32. Bienheureux est le fils* de qui l'amedu père est damnée; qui est une vieille maxime, que l'on ne se peut jamais tant tout à coup enrichir que l'on ne se donne au diable, brant. Capit. franc, t m, p. 383, dans lacurne. i père, à maistre, à Dieu tout-pui-sant. Nul ne peut rendre l'équivalent, cotgrave. X père amasseur fils gaspilleur, ID. De père gardien fils garde rien, id. De noslre temps, le roy Henri II, voulant ériger un magistr.it en chaque bailluge qui eut l'œil sur les baillifs et prevosts, pour en faire son nipport au conseil privé du roy, le voulut intituler pcre du peuple, pasquier, Recherches, ii, p. Hi5, dans laclrne. En émancipant son entant, que l'on dit audit pays vulgairement mettre hors de son père, JVouii. coust. génér. t. i, p. 374. Memoratils des mœurs de leurs pères, mont, i, 23. Celui là est bien père qui nourris!, LE ROUX DE LIMCY, PrOV. t. I, p. 272. 11 veut n)on;trer à son père à faire des enfans, id. ib.
— ÉTYM. Prùvenç. paire, payrn ; catal. pare ; espagn et ilal. padre ; du lat. paler; grec, Tto(Tr;p; .illem. Yater; angl. falher; sanscr. pi'fri', accusatif piiaram, que les uns tirent du radical pd, nourrir, les autres du sanscrit pati, maître ; ce qui est plus un rapport avec l'idi'^e que l'antiquité s'est faite de pilri, itîTT.p paterfamilias.
+ PP.KKAU (pé-rô), i. m. Vase dans lequel le cirier fi;nd la cire pour la filer.
t PfiRfiOmiVATEUR (pé-ré-gri-na-teur), s. m. Celui ciui fait des pérégrinations. C'est M. Gaiïarel, grand pérégrinateur, qui , étant par ci-devant en Italie.... GDI PATIN, Lettres, t. Il, p. 405.
—f.TYM.L;i t. pere7rma<orem(voy. pérégrination).
PfiRÉfiRINATION (pé-ré-gri-nasion ; en vers, de six syllabes),». ^.Voyage faitdansle.^ pays étrangers Aimez- vous le mot de péréyrination, dont M. Sarasin s'est servi dans un discours de la Tragédie? bounoi RS, Doutes sur la langue française, p. 43.
— IIIST. XII' ». Kn l'exil et en la misère de ceste I eregriîiation.sr bern. 54«. || xvi' s. Les peregrinalliins des apostres, qu'ont-ce esté sinon des commu- (licati'ins continuelles avec les gentils? langue, 78.
— ÊTYM. Provenç. peregrinacio , pelegrtnatio; espagii. peregrinacion; ital. peVegrinaiione; du lat. peregrinationem, de peregrinari, peregrinui (voy. rf.i.F.niN).
t PÈRÉ(;ri.VE (pé-rc-gri-n") , t. f. Nom d'une perle célèbre, dite aussi pèlerine, qui fait partie des pierreries de la couronne d'Espagne; ell»» est en forme de poire et de la grosseur d'un œuf de pigeon. La fameuse pérégrinc, celte perle dont un marchand avait osé donner cent mille écus, en .songeant, dit-il à Philippe IV, qu'il y avait un poi d'EspSK'ne au monde, dubos, Riffl. poit. et peint, ii, 5.
t PKRÊGRI.VER (pé ré-griné), v. n. Aller çà et li de plar» •'■ ilace, de contrée en contrée. Depuis deux beurea j'en poursuivais vainement la solution
[d'un problème], en pérégrinant i travers mon logis, CH. DE BERNARD, le Paratonnerre.
— HIST. xyi' S. Si mon estât se pouvoit exercer en peregrinant d'une part et d'autre, je pourrois donner plusieurs advertissemenls de ces choses....
PALISST, 344.
— ÉTV.M. Provenç peregrinar ; ca.la.1. pelegrinar; espa gn. peregrmar; ital. pellegrinare ; du lat. peregrinare, prregrinus (voy. pèlerin).
PfiRfiGRI.MTÉ (pé-ré-gri-iii-ié), y. f. Terme de jurisprudence. État de celui qui est étranger dans un pays. || Vice de pérégrinité, incapacité résultant de la qualité d'étranger.
— HIST. XVI' s. Amateurs de peregrinitè, bab.
p. 45, dans LACURNE.
— ÈTVM. Lat. peregrinitatem, de peregrinus
(voy. pèlerin).
PÉREMPTION (pc-ran-psion), f. f. Terme de jurisprudence. Prescription qui annule une procédure civile, par suite de discontinuatiun de poursuites après un délai fixé. Il y a péremption d'instance, lorsque les parties ont lassé écouler trois ans entiers, sans poursuivre les procédures qui étaient commencées. La péremption n'éteint pas l'action; elle emporte seulement extinction de la procédure, Code pr oc. art. 40).
— ÉTYM. Lat. peremptionem, de peremplum, supin de perimere (voy. périmkh).
PÉRiiMPTOIRE (pé-ran-ptoi-r') , adj.\\\' Terme de jurisprudence. Exception pérempioire, celle qui a pour objet la péremption. j| 2° Dans le langage général, contre quoi il n'y a rien à alléguer, à répliquer. Ces prob.ibilités, toutes puissantes qu'elles sont, ne sont pas des preuves péremptoires pour les juges; elles indiquent la vérité et ne la démontrent pas, volt. Pol. et lég. Ess. prob en justice, 14.
— HIST. iiii' s. On les apele exeptions péremptoires, comme resons qui sont si fors de eles meisnes que toute le jla] querelo en pot estre gaaignéo, BEAUM. vu, 2. Il xvr s. Qui des barres se veui aider, doit commencer aux declinatoires, pour venir aux dilatoires, et finalement aux péremptoires; et, si la dernière met devant, ne s'aidera des premières,