PIR
4880 II Siib««ntiTement. Avoir du plN>, «voir 1« dessous, ô dieux I le cœur me bat, Et m'annonce déjà que nous avons du pire, mair. Sophon. ii, 3. Les Samiens ayant combattu, ils eurent du pire et se rembarquèrent, P. L. COUR. Traduct. dHérod. Il S* Avec l'article défini ou un pronom possessif, il devient superlatif. Votre pire ennemi, c'est ce flatteur. Notre condition jamais ne nous contente; La pire est toujours la présente, \.k kont. Pabl. vi, H. Les pires des ennemis, disait sagement cet ancien [Ouinte-Curce], ce sont les Hatteurs, et j'ajoute avec assurance que les pires de tous les flatteurs ce sont les plaisirs, Boss. Sermons, Am. des plaisirs, *. Gardez-vous bien de prendre un mauvais poète [à l'Académie française] ; c'est la pire espèce lie toutes et la plus méprisable, volt. Lett. dAlembert, i» oct. 1771. Il II est encore superlatif avec de pris partitivement. Us prennent de la cour ce qu'elle a de pire; il s'approprient la vanité, la mollesse, l'intempérance, le libertinage, comme-si tous ces vices leur éUient dus, la brut. vu. || i' S. m. Le pire, ce qu'il y a de plus mauvais. J'ai trop longtemps vécu pour ne pas prendre le pire pour le certain, maintenon, Lettre à Mme de Giapion, «• sept. 474«. Mais dans l'art dangereux de rimer et d'écrire 11 n'est point de degrés du médiocre au pire, boil. Art p. iv. X force de choisir on prend souvent le pire, legrand, Roi de Cocagne, i, ». || Corneille a di't son pire, pour signifier ce qu'il y a de plus mauvais pour lui (inusité aujourd'hui). Ma colère l'épargne et n'en veut qu'à rléandre ; U verra que son pire était de se méprendre, COKK la Place roy. v, 6. || Proverbe. U n'y a pire eau que l'eau qui dort (voy. eau).
— REM. 1. Ne confondez pas pire et pis dans les emplois comme substantifs. Pire est un adjectif qui ne s'emploie substantivement qu'avec l'article défini ; aussi dit-on : Cela va de mal en pis, et non en pire. H i. On entend souvent dire plus pire. C'est une grosse faute dont on doit se garder, pire étant par lui-même un comparatif.
HIST. xr s. De.s mieux [meilleurs] et des pe-
jurs, Ch. de Roi. cxxxv. || xu' s. Saisne vont par ces rues faisant moult grant martire, N'i estoit esparnés li moindres ne li pire. Soi. x. A tut le peiur [à tout le pire], Th. le mari. «08. ||xiu' s. Il ne chaloit à ceus qui l'ost voloienl depecier del meilleur ne del peicur, mais que li ost se departist, TIU.EH. Lxxxix. Fisicien [les médecin»] me dient que la clarté m'empire Et le parler aussi ; nule rien ne m'est pire, Berle, Lxxxviii. Et fu sacrés à roi, et fa 11 pires rois qui ouques feust, Chr. de Rain», IJO. Il sont pieres que patarins [Albigeois], marc POL, p. «as. |l xiv s. Le mescheanl ne sera onques fiit'beneuré pour bonne fortune, se elle lui vient, mes en usera et en sera pire, oresme, Elh. 25. Il V» s. Si lui convenoit faire ce marché ou pieur, PROiss. Il, II, Ï28. [Les Français et les Anglais se rencontrent et se battent] toutes voies les Anglois en eussent eu le pire.... lu. i, i, 260. Les capitaines des blancs chaperons parlementèrent enseml)le et mandèrent aucuns de leurs gens tous les plus outrageas et pleurs de leur compagnie, m. il, ii, eo. Il xvi* s. L'un boit du bon, l'autre ne boit du pire, MAROT, Êpigr. de l'abbé et de son valet. Ce sénat , digne d'un pire maistre que Tibère, mont, il, »i. Marcellus hors de propos et de raison Toulut user d'une ruze de guerre qui luy feit avoir du pire, AMTOT, Uarul. «4. S'estant endurci en son hérésie, Lullier avoit fait imprimer des livres beaucoup pires, SLKIUAN, f" ♦.
— KTYM. Wallon, pi; bourguig. petre; provenç. piegn, peger, pieier, peior, peire; anc. catal. pejor; espagn. pior; portusf. peior, peor; ital. peggiore; du latin pejorem, pire. L'ancien français avait pire et p(}ur ou peor ou pior; de ces deux formes l'une est le nominatif, et vient de p^j'or, avec l'accent sur pé ; l'autre est le régime, et vient de pejàrem, avec l'accent sur j6. C'est vers le xv* siècle que la distinction des deux formes se perd, et l'on voit Froissart employer au hasard pire et pieur. Finalement pir« l'a emporté, contre l'ordin<<ire, la forme du régime étant celle qui, dans des mois de ce genre, a prévalu.
t PIKEMENT (pi-re-man) , odr. D'une façon pire (terme vieilli). Ils apnt traités pirement que des esclaves, LI maItre, dans hicbelet.
— HtST. XVI' s. La conjuration d'Amboise estoit mal conduite, et pirement exécutée, castelnao, î3,
t PIRIFORME (pi-ri-for-m') , od;. Qui a la forme d'une poire, u renne d'anatomie. Muscle piriforme, petit muscle situé à l'intérieur du bassin, sur la paroi latérale.
— fiTYM. lit. ptrum, poire, et forma, forme.
PIB
PIBOGITE (pl-ro-gh'), t. f. || 1" Nom donné par les Européens à toutes les «embarcations monoiyles, à tous les canots légers, longs, rapides, dont se servent les naturels des deux Indes, soit àlavoiln, «oit à la pagaie. || Double progue, deux pirogues liées ensemble. Ces doubles pirogues sont capables de contenir un grand nom lire de personnes, et ne risquent jamais de chavirer, BOUGAINVILLE, Voy. t. ii, p. 92, dans P0UGE.NS. Il 2° Coquille bivalve, belle espèce d'huître; c'est l'huître virginique.
— REM. On a dit un pirogue : Nous fusmes poursuivis [à l'embouchure de l'Orénoquej par un pirogue où il y avait quarante hommes bien armés, Jfe'm. de Villette, dans jal.
— ÊTYM. Mot caraïbe, d'après jal; espagn. et ital. piroga.
PIBOLE (pi-ro-l'), s. f. Plante de la famille des bruyères, feuilles semblables à celles du poirier.
— ÉTYM. Lat. pin^î, poirier, t PIROLL (pi-rol), s. m. Genre de l'ordre des
passereaux, famille des dentiroslres.
t PIRON (pi-ron), s. m. Nom des jeunes oies, dans la Saintonge.
— ETYM. Peut-être une autre forme de Pierrot, nom propre transporté à un animal. I-z-arion dit d'in jar qui défend ses pirons [on aurait dit dun jars qui défend ses oisons], h. burc.\ud of.s marets, Rec. de fables en patois saintongeois, p. (02.
t PIRONNEAC (pi-ro-nô), s. m. Terme de marin. Petit canot solidement construit, particulièrement destiné à aller, entre les roches et sur les plages, à la recherche des coquillages.
PIROUETTE (pi-rou-è-i') , s.f.\H' Petit morceau de bois plat et rond, traversé par un pivot sur lequel on le fait tourner. La poussière que l'on jette sur une pirouette pendant qu'elle tourne, Df.sc. Monde, 1 1 . Mais m'assurez-vous bien qu'il n'y ait rien à craindre sur une pirouette aussi légère que vous me faites la terre? fonten. Mondes, 4" soir. Il î' Sorte de moulin, ancien joyau en forme de jouet d'enfant, he laborde, Émaux, p. *6i. Il 8* Tour entier ou demi-tour qu'on fait de tout le corps, en se tenant sur la pointe d'un seul pied. Le roi fit à Madame une révérence très-basse, pendant laquel'e elle fit une pirouette si juste, que le roi en se relevant ne trouva plus que son dos, st-sim. 2, 48. La langueur, la misère, la consternation régnent dans Paris; il y a toujours quelques belles dames qui vont parer les loges, et des petits-maîtres <iui font des pirouettes sur le théâtre, mais le reste soufiTre et murmure, volt. Lett. Urne de Lutxelbourg, 2S sept. 47B4. || Terme de danse. Un ou plusieurs tours qu'un danseur fait sur la pointe des pieds sans changer de place. Les Troyens sur la jambe droite Firent d'une manière adroite Une pirouette àdeuxjtours, scarr. Virg. vu. || Faire une pirouette, se dit, au mail, de l'action d'un joueur qui manque tout à fait sa boule. Il Fig. et familièrement. Répondre par dfs pirouettes, répondre à un discours sérieux par des plaisanteries. || Fig. Payer ses créanciers en pirouettes, leur échapper par des faux-fuyants. || 4° Terme de manège. Mouvement dans lequel le cheval tourne sur lui-même, sans changer de place, et en prenant pour pivot l'un des deux membres du côté où il se porte. || 6° Il se dit do tout mouvement en rond. Il voit le canard [figure de canard portant à l'intérieur un aimant] se moquer de lui et faire des pirouettes tout autour du bassin, J. j. «ouss. Ém. m. || Proverbe. Oui a de l'argent a des pirouettes, avec de l'argent on se procure toutes choses.
— HiST. xv s. Aucun d'eux n'avoit pu se défendre de faire devant lui la pirouette et de coucher sur le sable.... Mém. s. du G. ch. 4». ||xvi* s. Deux pirouettes d'or esmaiUées de couleur, de laborde. Émaux, p. «52.
— ETYM. Bourg, pirouelle, loton. Origine inconnue. Frisch y voit un composé de pied et roue, parce que la pirouette tourne sur un pied. Ménage le tire du latin gyrus, mouvement en rond, et le fait ainsi voisin de girouette. Diez le lire de pive, radical de pivot, et de roue.
t PIROCETTÊ (pi-rou-(-té), s. m. Terme de danse. Se dit quelquefois de la pirouette. Faire un pirouetté.
t PIROCETTEMENT (pi-rou-è-te-man), ». m.
Succession de pirouettes. Ses pirouettements [d'un insecte] n'ont pas proprement un but : ils ne tendent pas à décramponner la dépouille [chrysalide] , bonnet, Inset.les, observ. 4 3.
PIROl^ETrKR ipi-rou-è-té). i;. n. |[1» Faire une
ou plusieurs pirouettes. F.t ainsi sautant, dansant,
I voltigeant, pirouettant, cabriolant, nous arrivâmes
PIS
au logis, oA nous trouvâmes une table qui semblait avoir été servie par les fées, voit. Lett. io. Vous avez entendu parler de ces dévots orientaux dont la pratique religieuse se réduit à pirouetter sur un pied, jusqu'à ce (juils tembent par terre sans connaissance, niiJEBOT, }Um. t. 1, p. 202, dansPOUGENS. [Danseurs] Oui se déploient sans goût, qui pirouettent sans aplomb, sans fermeté, noverre, ùll sur la danse, p. 4 72, dans pot'GENS. || Fig. Il n'a fait que pirouetter pendant deux heures, c'est-à-dire il a battu la campagne, il n'a fait que répéter les mêmes choses, et, pour ainsi dire, tourner dans le même cercle. || 2° Terme de manège. Faire faire des tours, des pirouettes à son cheval. |{ 3° Il se dit de mouvements en rond comparés à ceux d'une pirouette. Si elle [la boule] ne roule plus sur son axe, mais qu'elle tournoie et qu'elle pirouette, la brty. xvi. En été, on voit s'élever de semblables tourbillons qui bouleversent les flots de la mer et font pirouetter les bateaux, bdpp. Aild. et corr. théor. terr. Œuv. t. xiii, p. 32. On parut craindre d'abord que la forme de ce projectile ne le rendît sujet à pirouetter, et à éprouver par conséquent une très-grande résistance de l'air, gutton, Inslit. Mém. scienc. 4807, 2« sera, p. 128. Il Faire pirouetter, faire tourner comme on lait tourner une fronde. Hercule le fit pirouetter comme un frondeur fait tourner la pierre avec sa fronde, fén. Tél. xv. || 4° Fig. et familièrement. Errer çà et là. Ce fut à pirouetter et à subsister aux dépens de la Basse-Alsace, que Catinat passa la campagne, st-sim. 409, 473. || On l'a fait pirouetter d'une rude manière, se dit d'un homme qui, poursuivi, a été obligé de courir çà et là pour s'échapper. Il II se conjugue avec l'auxiliaire aïoir.
— HIST. xvi* s. Nous leurprestons de quoy nous traisner à gauche etàdextre, et nous pirouetter à leur volonté, mont, ii, 285. La mère au .soir à la chandelle, Pirouettant les fuseaux pleins, hons. 52*.
— ETYM. Pirouette.
t PIROUOT (pi-rou-o), s. m. Alouette.
PIRRHONIEN, lENNE, PIRRUONISME. Voy.
PTHRHONIEN, PÏRBUONISME.
1. PIS (pî; Vs se lie : le pi-z est), adv. \\ l' Comparatif de l'adverbe mal : plus mal, d'une manioie dIus mauvaise. Us sont pis que jamais ensemble. Il se portait mieux; mais aujourd'hui il est pis que jamais. Il ne m'en sera jamais ni pis ni mieux, LA BRUY. VI. Il s. m. Pis aller, ce qui peut arriver de plus lâcheui. Hélasl je suis perdu. — Pourquoi? ton pis aller n'est que d'être pendu, th. corn. Feint astrol. IV, 42. Il Au pis aller, lac. adv. Eu mettant les choses au pis. Au pis aller, on se justifie en accusant la fortune, balz. 5* dise, de la cour. Au pis aller, l'argent le fera taire, la font. Mandr. || Ce qui sert à défaut de mieux. Cela posé, disent-ils, jouissons des créatures; c'est le pis aller, pasc. Caract. de la vr. relig. 7 , édit. padgère. La vertu n'est pas un pis aller, mass. Petit carême. Vices et vertus. Certains amis dont on peut faire son pis aller, le sage. Turc, i, 4. Pour être un pis aller je ne fus jamais faite, destouches, Phil. mnrù', iv, 8. Il Être le pis aller de quelqu'un, être la personne i qui il s'adresse pour quelque chose que ce soit, lorsqu'il n'a pas trouvé une autre personne de qui il put l'obtenir. Mon jaloux après tout sera mon pis aller, conN. Ment, m, 3. Cette opinion le fit rechercher et fêter dans le grand monde, et par là l'éloigna de moi, qui jamais n'avais été pour lui qu'un pis aller, J. s. rouss. Confess. viii. || a- Pis se prenu quelquefois adjectivement (d'autant plus facilement que pejus n'est que le neutre de pejor); il signifie plus mauvais. Que m'offrirait de pis la fortune ennemie? corn. Pomp. m, 2. Que pourrais-je avoir pis, si j'étais le parjure. Si j'avais violé les droits de la nature? rotr. Aniig u, ♦. Je n'ai fait que penser à votre état, à transir pour l'avenir, à craindre qu'il ne devienne pis, sÉv. i* juin i677. Il [Jurieu] avoue qu'on peut croire.... non pas qu'il survient à Dieu des accidents comme à nous, et de nouvelles pensées; mais, ce qui est beaucoup pis, qu'il change dans la substance.... bcss. <•' avert. ii. Ce qu'il y a de pis pour la sagesse est d'être savant à demi, i. i. houss. Ém. iv. Cette aversion sourde pour les lumières, triste preuve de médiorrité gm de quelque chose de pis dans les monarqi es qui ouvrent leur àme à un sentiment si méprisable, d'alemb. Éloges, Vaux de Sl-Cyr. || 3" S. m. Le pis (avec l'article défini), ce qu'il y a de plus mauvais. Quelque plume y périt, et le pis du destin Fut qu'un certain vautour à la serre cruelle Vit notre malheureux [pigeon].... la font. Fabl. ix, 2. Ce fut là le pis de l'aventure, ID. Or. || Tout le pis, tout ce qu'il y a de plus mauvais. Je suis du nombre det
PIS
PIS
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il 33
mâchantes langue, et je crois tout le pis, sév.48. Il fSéguierj disait toujours tout le pis contre notre pauvre ami [Fouquet], in. 27 nov. «664. Il fit tout du pis qu'il put.... staal, Jfc'm. t. i. p. 2«3. |] On dit dans le même sens : le pis du pis. Une députatioB, sur laquelle 1p pis du pis était de faire connaître une bonne intention sans effet, retz, iv, 2)0. Il Faire du pis qu'on peut, faire le plus de mal qu'on peut. Et quoique jusqu'ici la fortune coiitraii-e Nous ait fait tout du pis qu'elle nous pouvait faire, maibet, Sophon. i, 3. Pharasinancs faisait du pis qu'il pouvait aux Arméniens, pehbot, Toc. 412. Il Mettre quelqu'un au pis, se dit par manière de défi pour mar|uer à un homme qu'on ne le craint point, quelque mauvaise volonté qu'il ait. Et nous verrons liientôt, s'il me veut mettre au pis. Lequel l'emportera de la femme ou du fils, tristan, if. de Chrispe, m, 6. Les mettre au pis et leur ôter tout préteite, Boss. Lett. quiét. 230. || Mettre les choses au pis, supposer tout ce qui peut arriver de plus fàcheu.f. X présent on met tout au pis, on s'attend à tout, on compte là-dessus, uancoubt, Fêtes du cours, se. 19. En mettant tout au pis dans l'avenir, il se soulage et se tranquillise, J. j. Kovss.i' dialogue. Il Prendre les choses au pis, les envisager dans le pire état où elles puissent être. Pour prendre les choses au pis, quand même il serait véritable que Jansénius aurait tenu ces propositions, pasc. Prov. xviii. Il 4* Pis (sans article), chose plus mauvaise. Encore pis que cela ne nous remlrail pas l'aflaire douteuse, B<LZ. Disc, à la rég. C'est à qui pis fera, à qui pis dira, SÉv. 697. Vous dites bien pis que tout ce qui m'a tant déplu, et qu'on avait la cruau'>^ de me dire quand vous partîtes, m. H août (677. Vous avez bien fait pis aux Français que de répandre leur sang; vous avez corrompu le fond de leurs mœurs, FÉN. Dial des maris mod. Richelieu, Kazarin Quitter l'aimée par pare.sse ou par pis, sT-siM. 102, 89. Il Dire à quel-iu'un pis que son nom, l'injurier. Je pensai l'appeler guenon. Et lui dire pis que son nom, scahr. Virg. ii. || Mettre à faire pis ou à pis faire, défier de faire plus de mal ou de faire plus mal. Je mets à faire pis, en l'état où nous sommes, Le sort et les démons, et les dieux et les hommes, corn Ilot, u, 3. Ils me feront plaisir: je les mets à pis faire, bac. Plaid, u, s. n Oui pis est, ce qu'il y a de plus fâcheux et de plus désagréable. Oui pis est, il pleuvait d'une telle manière. ... Régnier, Sal. x. Bacchus le déclare hérétique Et janséniste, qui pis est, boil. Poésies div. VI. Il 5° De mal en pis, de pis en pis, loc. adv. De
plus mal en plus mal Les gens n'ont point de
honte De faire aller le mal toujours de pis en ps, LA FONT. Fabl. m, 8. Les affaires de ce roi, mon ancien disciple et mon ancien persécuteur, vont de mal en pis, volt. Lelt. d'Argenlal, 12 sept. ("67. !l 6* Tant pis, voy. tant.
— REM. t . On dit bien : il a fait pis, comme on dit : il a fait mieux que vous; mais, si l'on prend un verbe qui ne reçoive pas de complément, comme agir, parler, etc. on dira bien : il a agi mieux que vous; mais on ne dira pas : il a agi pis que vous, jullien. En effet l'usage (l'usage seul, car il n'y a pas de raison pour ne pas employer pis comme mieux, ainsi qu'on faisait anciennement) ne prend pis adverbialement qu'avec le verbe être et dans la locution pis aller. \\ i. Molière a dit: La prose est pis encore que les vers, Impromplu, se. i. Cette phrase a un sens particulier, où pire ne conviendrait pas. Molière s'adresse à des comédiens, et leur dit que, s'ils ne savent pas tout à fait leur» rôles, ils pourront y suppléer, puisque c'est de la prose. X quoi l'un d'eux lui répond : «La prose est pis encore que les vers, » c'est-à-dire est chose plus difficile à apprendre, est, pour apprendre, quelque chose de pis que les vers. Si Molière eût écrit pire, il n'eût pas exprimé sa pensée, puisque cela voudrait dire que la prose est plus mauvaise que les vers, qu'« lie est au-dessous, GiRAULT-nuviv. I! 3. Pis, qui est un adjectif en certains emplois particuliers, ne sej intjamaisavec un sibstantif; l'on dit : il n'est pire eau que l'eau qui dort; et jamais : il n'est pis eau....||4 C'est une faute populaire de dire tant pire au lieu do tant pis.
— HIST. Ili* s. Li destriers Pinahel, ce jour, en ot le pis, Ronc. p. l»*. Et se je sui de vostre amour espris, Douce dame, ne m'en doit estro pis, Coud, XVII. il XIII* s. Li mundz s'en va de mal en pis, Edouard U confesseur, v. 340 1. Se vos à lui tencs, vous fcrés ce que vous devés; ou se non, sachiez certainement que nous vos ferons du pis que nous |iorrons, villkh. lxviii. N»- s il [ce] que puissons laire, or va la chose au pis. ! r,!c, lxxv. Maintenant lui [X la malidej est pis, je ne lal que cle a,
tl>. Lxxviii. Vous savez que le conte de Bretaingna a pis fait au roy que nul home qui vive, joinv. 2oa. XIV s. Qui... font de |iis en pis Pour aller en enfer avec les aiiemis [diablesl, Guescl. 7660. || xv s. Car Dangier l'a desrobé de plaisir. Et, que pis est, a de lui eslongnée Celle qui plus le povoit enrichir, CH. d'orl. Bail. 23. Il fin crié sur peine de la hart, que nul ne nulle ne fust si ozé ne si haidy de leur dire pis de leur nom, Journ. de Paris sous Ch. VI et Vil, p. 176, dans lacorne. Ou à tout le moins et au pis aller une bien glorieuse fin, comm. II, (2. Il XVI' s. Et qui pis est, mont, i, 404. Je prends toutes choses au pis, et ce pis là, je me resoulds à le porter, id. m, 4«. U les admonestoit qu'ilz ne se muassent point en pis, AUïor, Caton, (8. Le juge dit qu'ilz avoient tous respondu, l'un pis que l'autre, id. Alex. (07. Us pensent qu'on n'ose les irriter, ny les mettre à pis faire, Sat. Ilén p. (88. Villes mal garnies de gens de guerre, et encores pis fortifiées, m. no bell. 402. Celuy qui porte au menton Le plus crcspelu coton.... Je suis son pis et son mieux; Il me courtize en tous lieux, pasquier, Œuvres meslées, p. 486, dans lacuhne.
— ÉTYM. Bourguig. pei; provenç. piegz, pieitz, piets ; du lat. pejus ; comparez pire. Pis est un de ces rares noms qui ont conservé dans l'ancienne langue au nominatif l's des noms neutres latins, comme tems, de tempus, cors, de corpus, pis, de pectus.
2. PIS (pî), s. m. Il 1» Poitrine (ce qui est l'ancienne signification, aujourd'hui hors d'usage). Les femmes, plus mortes que vives. De crainte de se voir captives, Et de quelque chose de pis, De la main se battent le pis, scarron, Virg. dans le roux, Dict. comique. Ledit sieur abbé de Saint-Cyran, après avoir mis la main au pis, promis et juré sur les saints ordres de . dire la vérité, Recueil d'Vtiecht, p. 33. Il 2» Mamelle d'une vache, d'une chèvre, etc. Ses doigts, tout pleins de lait et plus blancs mille fois, Pressaient les bouts du pis d'une grâce admirable, mol. Princ. d'Élide, (" intermède, i. La grosseur du pis ne constitue pas la bonté d'une vache; il y en a qui l'ont très-petit et qui néanmoins donnent beaucoup de lait, genms, Maison rust. t. l, p. 229, dans pougens. || 3" Terme de boucherie. Partie inférieure du ventre du bœuf dans toute la longueur du dessous de l'animal.
— HlST. XI* s. Mal seit do cuer qui al piz se couarde, Ch. de Roi. lxxxv. || xii* s. E les enfanchunetz pendre as mcres as piz, Th. le mart. 65. Il XIII* s. Piteusement [elle] fait croi de ses bras sur son pis, Berte, xxx. || xiv s. Un courage vertueux, plein de toute meurté [maturité] en son pis virginal doulooment habitoit, Ménagier, i, «. || xv s. Mais je en offre tout justement Ce que en veux payer, sur le pec [en conscience], Rec. de farces p. )45.||xvrs. Et mettant la main sur le pis, il recommença ainsi, carloix, u, 9.
— ETYM. Wallon, pé; bourg, pei, sein de femme; genev. pètie, peitre, gésier, estomac; prov. pexch, peit, piech, pieit, pit, pege ; espagn. pecho; port. peito; ital. petto; du lat. ptclus, poitrine.
t PISCICULTURE (pi-ssi-lcul-tu-r"), s. f. Art d'élever et de multiplier les poissons. || En particulier, les procédés de fécondation artificielle des poissons.
— ÉTYM Lat. piscis, poisson, et culture.
t PISCIFOU.ME (pissi-for-m'j, adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un poisson. Mettez-le [un morceau de beurre marié avec du persil et do la ciboulette] dans un plat pisciforme destiné à recevoir l'omelette, arrosez-le d'unjus de citron et posezle sur la cendre chaude, brillat-savaiun, Physiologie du goû!, Recette pour faire l'omelette au thon.
— r.TYM. Lat. piscis, poisson, et forme. PISCINE (pi-ssi-n'), i. f. || 1* Terme d'antiquité.
Vivier où les anciens nourrissaient du poisson. Il 2° À Jérusalem, jiiscine proliati'jue, voy. phobat;ql'e. Il Fig. Par allusion à la piscine probaiique qui servait à purifier les animaux du sacrifice, et qui avait la vertu de guérir les maladies. Ces jubilés qui [ilongenl les chrétiens dans la piscinedu icpentir, cBATKAiiiB Génie, m, v, «. || Par une autre allusion analogue, fonts baptismaux. La religion nous montre le his des rois, renonçant aux grandeurs de Satan, à la même piiscine où l'enfant du pauvre vient abjurer des pompes.... chaieaubr. (Unie, i, I, 6. 118° Terme d'Église. Lieu où l'on jette l'eau des ablutions, et les cendres des ustensile» ecclésiastiques qu'on brûle lorsqu'ils ne peuvent plus servir. Il 4* Appareil ou bassin de pisciculture.
— liibT. xiii* s. X toi, haute piicele, à toi, haute royne. Doivent tuit pecheour secours quorre et mecine ; Car tu ea la fontaine et la Minte pecine Qui
tous péchiez esleve par la vertu devine, dans ruteb. Il, 327. Il XV* s. Passelion ne veit goutte entour luy, ains se trouva en la plus orde pissine qu'il eust jamais sentue ; car toute l'ordure d'une grande vacherie s'accumula là endroit, Perceforest, t. iv, f (26. Il XVI* s. Personne ne peut faire gouttières, issues d'eaues, piscine tombant ou courant au travers de l'héritage de son voisin, Nouv. coust. gén.
— ÉTYM. Lat. ptscina, piscine, de piscis, poisson, t PISCIVORE (pi-ssi-vo-r'), adj. Terme de zoologie. Oui vit de poissons. Les animaux piscivores.
— ÉTYM. Lat. piscis, poisson, et rorare, manger.
PISE (pi-zé), s. m. Genre de construction économique qui s'exécute avec des espèces do grande» briques faite» de terre franche plus ou moins argileuse, bien corroyée et refoulée dans des moules (le bois où elles prennent la forme convenable pour la place qu'elles doivent occuper. On se contente de faire sécher le pisé, à la ditTérence de la Irique qui est cuite. Je me bornerai cette année à bfltir des granges de ce que vous appelez pisé [Voltaire écrit pizai], si je ne me trompe, volt. Lett. de Lalande, 6 fév. (775. Il Dans certains pays on fait autrement : on dresse des planches jointes en.semble sur deux rangs parallèles, dans l'intérieur on jette de l'argile qu'on foule ; quand la terre est bien serrée et un peu sèchée, on retire les planches ; .souvent, pour donner plus de solidité, on noie dans le pisé des solives qui, restant apparentes, forment des figures régulières au besoin.
— ÉTYM. Piser.
t PISER (pi-zé), V. a. Terme de construction. Battre la terre entre deux planches pour la rendre plus compacte.
— ÉTYBI. Prov. pixar; espag. pisar; du lat. pisare ou piîere, piler.
t PISEUR (pi-zeur), s. m. Celui qui bâtit en pisé.
t PISIFÈUE (pi-zi-fè-r') , adj Terme de zoologie. Se dit des coléoptères dont les élytres sont chargées de papilles arrondies.
— ÉTYM. Lat. pisum, pois, et ferre, porter.
f PISIFORME (pi-zi-for-m'j, adj. Terme d'histoire naturelle. Oui a la furiiie et le volume d'un pois. Il Terme danatomic. Os pisiforme, le quatrième os de la première rangée du carpe. || Tulierculf pisiforme ou maniill lire, petit tubercule situé à la face inférieure du leiveau.
— ÉTYM. Lat. pisum, pois, et forme.
t PISOI.ITllE (iii zo-li-t), s. f. Terme de minéralogie. Pierre sphéroldalo calcaire do la grosseur d'un pois.
— ÉTYM Lat. pisnm, pois, et Xt9oc, pierre.
f PISOMTUIQUK (pi-zo-li-ti-k'), adj. Qui contient de la pisoliihe. Fer pisolithique, oxyde de fer en grains.
f (. PISON (pi-zon), t m. Masse de bois à l'usage du piseur.
— ÉTYM. Viser.
t 2. PISON (pi-zon), ». m. Genre d'insectes hyménoptères.
PISSASPIIAI-TE (pi-ssa-sfal-t'), J. m. Bitume mollasse de couleur noire et d'une odeur forte et pénétrante, dit aussi bitume gUitineux. Le pissasplmlte et la poix minérale so tiraient autrefois de Babylone ; ils ont servi à Ta construction des murailles de cette ville, kourcroy, Conn. c/iim. t. viu, p. 237, dan» pouGKNS.
— ÉTYM. lIiooioçaXTOs, deittoff», poix, et dlofaX •to;, asphalte.
t PISSASPUALTIQUE (pi-ssa-sfil-ti-k') , adj. Jui a lo caractère du pissaspbalte. On trouve des Kiès souvent pissasphaltiques, renfermant ordinairement du bois fossile, bamond, Insl. Mém. tctenc. i8u, (814 et (816, p. (40.
PISSAT (pi-sa ; le t ne se prononce pas et no se lie pas), ». m. || 1* Urine des animaux. Pour comble u'horreur deux bouteilles de vin de Hongrie se cassent... la liqueur jaunilre inonde mes jncds; mai» ce n'est pas du pissat d'âne, volt. I.etl. en rert et en prorr, 77. || %• Il se dit do l'urine de l'homme, par terme do mépris. Aussitôt qu'il se sentit noyer do pissat, il se leva, hurlant comme un homme furieux, scarron, Rom. com. l, ». || 8" Pissat de blaireau, urine des blaireaux des rochers desséchée dans les creux des pierres où ils ont l'habitude de pisser toujours au même endroit; cette matière, brune, dure, posante, se ramollit entre le» doigts, a une odeur analogue à celle du casloréum; ollo est ainère et astringente.
— HIST. XIV* s. La quele acosité est dite pisat, a. va iiondevillb, ^ a» verso. Le oissatde» boste»,
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rie de S» Penit, m», /hinf. Bibl. impér. n' »o»ï, ehap. 12a.
— ETVM Pister.
t PISSK (pi-s'), ». Ml !• Terme populaire. Synonyme de pissat. || î* Terme de pêche. Tenir les harengs à la pisse, laisser les hareng égoutter leur eau et leur huile.
PISSfi, ÊE (pi-sé, sée), fiort. patsé. de pisser. Rendu avec l'urine. On calcul pissé avec grande douleur.
t PIS.SE-cniEN (pi-se-chiin), ». m. || 1° Terme injurieux que l'on appliquait aux valets de chasse. Il t' Espace d'agaric.
— HIST. iiv s. Laquelle femme par courroui et ire ippelle ledit Pierre pissechien, dd canoë, piquichini.
— ÉTYM. Pisser, et chien.
t PISSÉE (pi-sée), t. f. Il 1» Quantité d'urine rendue en une seule fols, ('ne bonne pissée. || >° Terme de métallurgie. Écoulement des scories.
— BTYM. Pissé.
t PIS8E-FR0ID (pi-se-froi), (. m. Terme populaire et grossier. Homme faible et sans vigueur morale. C'est César que cela [dans un tableau].... c'est un fesse-malhieu, un pisse-froid, un morveux 'iont il n'y a rien à attendre de grand, diderot, Salon de 4 767, t. IX, p. tt, éd. 182 4. Il On dit aussi : c'est un pisse-froid dans la canicule
— ÉTYM. Pisser, et froid.
t PISSÉL*0>f (pi-ssé-lè-on), t. m. Matière liquide qui se sépare de la poix noire dans l'eau où tombent les produits résineux pandant la préparation de la poix.
— ÊTVM. niaaa, poix, et {Xaiov, huile.
PISSKMENT (pi-se-man), *. m. Terme de médecine. Action de pisser. Pissement involontaire. || Pissement de sang, évacuation de sang par les urines.
— ETYM. Pisser; wallon, ptTimoin.
PISSENLIT (pi-san-li) , ». m. || 1° Terme populaire.
Enfant qui pisse au lit. || iu pJur. Des pissenlits. !l %° Genre de la famille des composées. |1 Plante dont les feuilles su mangent en salade, tarasum detis Uonis,L. Une salade de pissenlit ou pissenlits.
— HlST. XVI* s Piîse-en-lict, autrement oeil-deb<puf, pour la res.-emblance i|ue ses fleurs ont avec l'œil de tel animal, 0. de serres, sos. A.mbubeia, oissenlict, in Ruelltum, De stirpibus.
— RTVM. Pisser, en, lit. On appelle la plante pissenlit, parce que l'eau dans laquelle on en fait bouillir les feuilles est diurétique.
PISSER (pi-sé) , V. n. || 1- Uriner. X faux titre insolents et sans fruit hasardeux. Pissant au banoistier [bénitier] afin qu'on parle d'eux, RÉGNtEft, Sat. 11. Passant par où quelqu'un des leur3 a pissé, ils [les chiens] s'arrêtent tout court pour faire le même, u MOTHB LB vAYBR, DtoJ. d'Omt. Tubero, t. 1, p 387, dans POUOENS. Le père de l'évêque de Langres, mort en 4 «42, faisait souvent arrêter le caresse de Louis XIII; il lui disait : Sire, vous ne voulez pas qu'on crève, faites donc arrêter, s'il vous plaît, et il ilescendait pour pisser, st-sim. 11, l<9. Je me souviens d'avoir une fois pissé dans la marmite d'une de nos voisines, 1. 1. aouss. Conf. 1. Puisses-tu pisser comme tu payei, goutte à goutte! OALUNi, Correspond, t. i, p. 4 40, dans pougens. Klle confia k l'une que l'autre avait dit qu'elle n'était point jolie, à celle-ci que celle-lji l'accusait d'avoir pissé au lit, comte de catlus, JeanneUe, Œuvr. t. IX, p. 438, dans pouoebs. On lui parle [k l'empereur Napoléon I"| de moi à tout moment ; qu'est-ce que je veux? être son ministre à Paris T A en juger par ce qu'il a vu l'autre jour de moi, je n'y serais pas longtemps : je périrais à U oeine avant la 4a du moi.s; il y a déjk tué Portail», Crétel et jusqu'à Treilhard, qui pourtant avait la vie dure; il ne pouvait plus piiaer, ni les autres non pins, BKUGNOT, Hémoiret, t. i, p. .i»3, ch. 42. || Fig. Il semble en leun discours hautains et généreux Que le cheval volant [Pégase] n'ait pissé que pour eui,it«ONiBi(,Sal. IX. Il Mener les poules pisser, voy. fouLB. Il Grossièrement, f'n dit qu'on pissera sur la fosse de quelqu'un, pour signifier qu'on lui sur- »ivra et qu'on fer» quelque chose qu'il a empêché durant «a vie. || Il ae conjugue avec l'auxiliaire orotr. Il a* r. a. Pisser le sang, rendre le sang par les urines. || Groesièremenl. Pisser des 0», accoucher. H 8* Terme de pêche. Pisser des harengs
Toy. Pl».^!. " '
T" ""*T- xiif s. Ll bues pe bœuf] de ses cornes le boute fie lioo malade; ; Et sor li pissa li gouiur. le renard], harib, Fabie4 6.|| xv s. Us le guellolent de 11 près que à peine pouvoit il aller pi.sser, raoïss. 1, L 1(4. Kt y eut pluseurs autres grandes parolle» diteteolre eulx; entre lesquelles le sup-
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pliant envoya pisser icellui homme, dd camgs, ptjsare. || xvi* s. Toutesfois à la vérité on ne doit dire pisser le sang, quand il sort de la verge pur, mais se doit dire émission de sang, pabê, xv, 62. II y avoit aux carrefours à Rome des vaisseaux et demycuves pour y apprester à pisser aux passants, mont. 1, S72. Les bonnes gens pour cela ne pisseront pns plus roide, cotorave. Par tous les champs esquelz ils pissent [les moutons de Dindenault], le blé y prouvient comme si Dieu y eust pissé, hab. iv, 7.
— ÊTVM. Wallon, pi'ht; prov. pissar; cat. pixar ; ital. pieciare; valaque, pisà; allem. pisseni suéd. pi'sja; angl. to piss. On ne connaît pas l'origine de ce mot. Diez remarque qu'il n'est pas indigène sur le sol germanique; il le croit d'origine romane, et il incline à penser qu'il provient d'une onomatopée^ ce qui est vraisemblable.
t PISSE SANG (pi-se-san), ». m. || !• Synonyme de la maladie dite sang-de-rate, voy. sang. |[ 2' Fumelerre officinale.
— HlST. XVI* s. Le pisse-sang va communementde compagnie avec le morfondement, 0. de serres, 970.
PISSECR, EUSE (pi-seur, seii-z'), t. m. et f. Il 1* Celui, celle (jui pisse souvent. Tu m'as tout compissé, pisseuse abominable, scarr. DomJaphet, IV, 6. ||2°Faniilièreraentet par une espèce de déni greraent. Une pisseuse, une petite fille. Tant qu'on revienne tout taris Par ces pisseuses de Paris, et. jodelle, Eugène, i, 1. Puisque nous en sommes à cette petite pisseuse, finissons sur son compte, mi- RABEAn, Leit. origin. t. m, p. 427.
— ÉTYM. Pisser; wallon, pihd.
t PISSEUX, EUSE (pi-seû, seû-z'), adj. Quia l'odeur, l'apparence de l'urine. || Couleur pisseuse, couleur comme gâtée par l'urine. Un pantalon pisseux.
— lllST. xvr s. Les chèvres vont cherchant les murailles pisseuses pour les lécher, i cause du sel des urines, palissy, 248. .
— ÉTYM. Pisser.
t PISSE-VIN A IGUK (pi-se-vi-nè-gr'), ». m. Un avare , un ladre.
— ETYM. Pisse, et vinaigre.
t PISSITE (pi-ssi-f), ». m. Terme d'antiquité. Vin préparé avec du moût de raisin et de la poix.
— ÉTYM. niaaa, poix.
PISSOIR (pi-soir), s. m. Lieu établi dans un endroit public pour y pisser. || Ba(|uet que l'tm place en quelque endroit pour le même usage.
— HlST. XVI* s. S'estant retiré de la chambre du conseil au pissoir du palais, mont, rv, 474.
— ÉTYM. Pisser; wallon, pihreie.
t PISSOTE (pi-so-f), ». f. Petite canule de bois qui se place au bas d'un cuvier à lessive. Chacun de ces cuviers est de la grandeur d'une demi-queue avec un trou par-dessous, pour y mettre une pissote de bois, de la grosseur et longueur du petit doigt, Dict. des arts et met. SalpHrier.
— ETVM. Pisseter.
PISSOTER (pi-so-té), V. n. Uriner peu et fréquemment.
— HIST. ivi* s. II avoit une difficulté de retenir son urine, dite strangurie, et pissotoit ordinairement tant le jour que la nuit, avec très grandes douleurs, par8, xv, «0.
— ETYM. Kréi|uentatif de pister.
PISSOTIÈRE (pi-so-tit-r'), ». f. || 1* Se dit quelquefois pour pissoir. |{ 2* Fig. et par mépris Petit jet d'eau; fontaine qui fournit peu d'eau. ||8"Terme de marine. Se dit de trous obliques percés dans la muraille du navire, pour l'écoulciiieiit des eaux qui s'introduisent par les joints des mantelcts.
— ÉTYM. Pissoter.
PISTACHE (pista-ch'), ». f. || 1* Nom donné à l'amande du fruit du pistachier, employée par les pharmaciens* la préparation du looch vert. |12*Nom donné à l'amande du pignon par les confiseurs qui l'emploient à faire de petites dragées. || 3° Pistache de terre, nom vulgaire de l'arachide hypogée et de son fruit, qui est renfermé dans des gousses comme le haricot, de la famille des légumineuses, découverte aux Antilles par Plumier.
— HIST. XVI* s. Rocquette, pignoni, pistaches....