PARÉ, XVIII
— ÉTYM. Lat. pittacium, du grec niiTTÔxiov, qui est d'origine syrienne; arabe, fotstoc; le grec et l'arabe viennent du persan po»ta, pistache.
PISTACHIER (pis-sta-chié; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l't se lie : des pi-stachié-zen (leurs), ». m. || 1* Genre de la famille des lérébinthacées. || Kn particulier, arbre qui porte les pistaches, pitfacta t>era, L. || 2* Faux pistachier ou pistachier sauvage, le «taphylier.
PISTE (pi-tt*), ». f.\\%' Traça des animaux sur
PIS
le sol où ils ont marché. La piste du lièvre ||En parlant ilu cerf, on dit la voie; du sanglier, li i.aoo. il 2<'Tracessuivantunelignedroite ou courbe laissées par le cheval sur le terrain qu'il parcourt. La piste est simple ou double, selon que les pieds de derrière suivent ou non la ligne tracée par ceux de devant. Il Joindre la piste, suivre la piste , marcher au plus près le long du mur du manège. [| Piste au large, s'entend du terrain, le long du mur de manège. Il 3° En termes de course, il se dit de la ligne marquée que les chevaux doivent parcourir. La piste avait été établie dans la plaine de Saudweier, le long de la route; elle s'étenilait en forme d'ellipse sur une longueur de près de cinq mille mètres, J. des Débals, 40 sept. 48«o. || 4" II se dit des traces laissées par l'homme qui marche. Suivre quelqu'un à la piste. Il ne faut pas s'étonner que les sauvages sentissent les F.spagnols à la piste, j. j. Rouss. Orig. 1. Mon père y arriva courant à ma piste, ID. Conf. 11. Un dieu m'a mis sur votre piste, BEADMARCH. Hère coup. Il, 8. Il Fig. Suivre quelqu'un à la piste, suivre la piste de quelqu'un, l'imiter, suivre son exemple. U y suit particulièreruent la piste et les opinions de Fernel, gui patin, Nouv. leit. 1. 1, p. 4», dans pougens. U ne reste plus qu'une route pour quiconque aspire A lui plaire [au public); c'est de suivre à la piste les brillants auteurs du siècle, I. I. Rouss. 2* dinJ. || Fig. Perdre la piste, ne pas se conformer à. F.loignons de ces traités [de controverse] tout esprit d'aigreur; faisons si bien qu'on ne perde pas, s'il se peut, la piste de l'Évangile, Boss. 2* ms(r. pastorale, 1. 1| 6" Fig. Recherche de quelqu'un ou de quelque chose comparée à la quête du chien de chasse. Revenons à notre sujet, et continuons à suivre la piste de l'aversion que nous avons pour la vérité et pour ses règles immuables, boss. Sermons, Respect vérité, 1. La princesse de Babylone avec le phénix le suivait [Araazan] partout à la piste, et ne le manquait jani.iis que d'un jour ou deux, volt. Princ. de Babyl. «. C'est ici qu'habite ce beau M. Launay de Saint-André, à la piste du quel vous m'avez lancé, PICARD, les Provinc. à Paris, iv, ».
— HIST. XVI* s. Marcher sur la pista d'aultruy,
— ÉTYM. 'Wallon, p«»»; espagn. pista; itai. pesta; du lat. pistus, battu, foulé, frayé, de pt'nser» (comparez Pisé).
PISTIL (pi-slil), ». m. Terme de botanique. Org;ine femelle dans les plantes, qui occupe ordinairement le centre de la fleur et se change en fruit ; il est composé de l'ovaire, du style et du stigmate. Les étamines lui servirent pour former les premières grandes divisions de la cla.ssification des plantes, et il tira des pistils les caractères de ses divisions secondaires, condorcet, Linné. Le pistil est toujours disposé de manière à recevoir la poussière des étaminss, bonnet, Contempl. nal. vi, 7.
— ÉTYM. Lat. pistillus, pilon, ainsi dit à cause de sa forme; de pistum, supin de pinsere, piler (comparez piste et pisÉ).
t PISTILLAIRE (pi-stil-lê-r'), adj. Terme de botanique. Oui a rapport au pistil. || Spongiole pistillaire, le stigmate. || Cordon pistillaire, ensemble des vaisseaux qui vont du stigmate à l'ovaire,
t PISTILLÉ, ftE (pistil-lé, lée) ou PISTILLI- FRRE (pi-stil-li-fè-r'), adj. Terme de botanique. Qui porie ou renferme un pistil. Fleur pistillée.
— ÉTYM. Pistil, et le lat. ferre, porter.
t PISTILLO-STAMINÉ, ÉE (pi-stil-lo-sta-mi-né, née), adj. Oui porte pistil et étamines. t PIsrOLADE (pi-sto-la-d'J , ». f. Coup de pistolet.
— HIST. XVI* s. Sa troupe oyant les pistollades, d'aub. Hitt. II, 468.
— ÉTYM. Pistoler.
PISTOLE (pi-sto-l'), ». f. Il 1* Pièce d'or qui n'était point battue au coin de France et qui valait onze livres "et quelques sous. || 2"' En France, terme de compte qui se disait de dix livres tournois, et qui se dit aujourd'hui de dix francs. Je jetai cinq cents pistoles par les fenêtres de l'hôtel de ville, RETZ, Mém. t. 1, liv. 11, p. 28», dans pougens. Le nombre de ceux qui se convertissent ici [à Rochefortj est très-grand, et il est arrivé fort souvent de rendre catholiques des familles entières pour une pistole, Leit. etc. de Colbert, t. m, 2, p. 383. 11 [Louis XIV] avait gratifié Racine et Boileau, cha cun de mille pistoles, qui font vingt mille livres d'aujourd'liui,pour écrire son histoire, volt. Fraym. tur l'hist. 28. Thompson lui donna [à Milton] trente pistoles de cet ouvrage [le l'aïailis perdu), qui a valu plus de cent mille écus aux hériliiirs de ce Thompson, m. B»». poil. ép. vu. || Il est cousu de
PIB
plstoles, se dit d'iui homme fort riche Or. de ces jours on me viendra chez moi couper la gorge, dans la pensée que je suis tout cousu de pistoles, MOLIÈRE, l'Avare, i, 6. || La pistole volante, pistole que la légende suppose toujours revenir à celui qui la dépense. Cet homme fait tant de dépense qu'on (lirait qu'il a la pistole volante. |{ Pislcle de gueux, un liard. || 3° Dans les prisons, chambre à part et autres commoditésqu'un prisonnier obtient moyennant la pistole, c'est-à-dire en payant. || 4° S. f. pi- Pruneaux de Brignoles. || Proverbe, Cette chose-là vaut mieux pistole qu'elle ne valait écu, c'est-à-lire elle a augmenté de prix par les soios qu'on y a donnés.
— HIST. XVI' s. Gagea cent pistoles, qu'il tireroit, et n'y manqua pas, d'aub. Fxn. m, 6. Le bou'et qui eschappe de nostre pistole, uont. i, 382. La pl.stolle ne fait quasi nul effeot, si elle n'est tirée de trois pas. lanole, 3I2.
— ÊTYM. Voy. PISTOLET. Le sens propre de pit- «oie est petite arme à feu. On peut concevoir ainsi la relation entre ce sens et celui de pièce de monnaie : remarquons que pislole, qui, dans not''e langue, désigne une monnaie d'or élrangure ou plus précisément espagnole, ne se trouve ni en espagnol, ni en italien en ce sens; ceci posé, on verra à l'historique de pistolet que ce nom fut donné par plaisanterie en France au demi-écu d'or d'Espagne; pistole et pistolet, qui étaient synonymes comme armes, le devinrent aussi comme monnaies.
t PISTOLER (pi-sto-léj , t;. a. Terme vieilli. Tuer i coup de pistolet. On a pistole ce cavalier, DiU. del'Àcad. (69a.
PISTOLET (pi-sto-lè; le t ne se prononce pas. st ne se lie pas; au pluriel, \'s se lie : des pi-stolè-z armés; pistolets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Il !• Pistolet à rouet ou pistole, nom d'une ancienne arme courte employée principalement par la cavalerie aux xvi* et xvi.' siècles ; cette arme portait une platine à rouet. Il 2° Aujourd'hui, la plus courte des armes à feu portatives; fait partie de l'armement de la maiine et des troupes à cheval. Pistolet lisse; pistolet rayé ; dans ce dernier, la surface intérieure de l'arme présente des rayures en hélice, destinées à communiquer à la balle un mouvement de rotation. M. de Nemours força presque M. de Beaufort à se battre ; il y périt sur-le-champ d'un coup de pistolet à la tête, RETZ, Uém. t. m, liv. 4, p. S06, dans pougens. Il Pistolet d'arçon, grand pistolet qui se porte à l'arçon de la selle. Pisloletde poche, pistolet assez petit pour être mis dans la poche. || Fig. Le cher correspondant est supplié de vouloir bien faire mettre à la poste tous ces petits pistolets de poche [petits écrits), VOLT. Leit. Hordes, * avr. <768. || Faire le coup de pistolet, sedit d'un cavalierqui son des rangs et va délier quelqu'un des ennemis. || Faire le coup de pistolet, s'est dit aussi pour combattre dan» la cavalerie. 11 se vantait, et, je crois avec vérité, qu'il avait fait le coup de pistolet avec te grand Gustave, roi de .Suide, et le brave Christian, roi de Danemarck, retz, Mém. t. ni, liv. iv, p. «91. || Terme de chasse. Pistolet de botte, petit fusil dont la crosse est brisée, et que les piqueura I orient dans la botte. Il Fig. Il a tiré son coup de pistolet, il a dit son mot dans une discussion, dans une dispute; il a dit quelque chose de vif, de piquant. 11 s'en est allé après avoir tiré son coup de pistolet. Il Fig. Tirer des coups de pistolet dans la rue, chercher à attirer l'attention par des paradoxes. || Si ses yeux étaient des pistolets, il le tuerait, se dit d'un homme qui lance à un autre des regards menaçants. || 8- Pistolet de Sancerre, fronde, ainsi dit parce qxie les Sancerrois, assiégés peuaprès laSaint-Barthélemy,sedéfendirentà coups do fronde, manquant d'armes à feu. || 4° Fig. et populairement. Il se dit d'un original, d'un homme fort bizarre. Drôle de pistolet ! || 6° Terme de physique. Pistolet de Volta, petit vase cylindrique en fer-blanc verni ou en laiton, portant une armature sur une de ses parois, qu'on remplit de gaz détonant et qu'on décharge ensuite à l'aide d'une étincelle clectrique.il 6* k Bruxelles, nom dos petits pains au lait qu'on prendau déjeuner. || 7* Instrument avec lequel le parcheminicr retourne le fll d'un fer & raturer. || Chaudron pourcliaulfcr la matière du p.^pier. || 8° Terme de marine. Pistfilet d'amure, pièce de bois .saillante qui sert à auurer la misaine. Il •"Outil de mineur, espèce de trépan qu'on nomme aussi fleuret.
— HIST. xvrs. Changer des escus au soleil Contre des escus-pislolets [denii-pistoles]. — Vos escus au soleil ne vous vaudroient ici non plui que d -s pistolet», UBipu. Conlet, civ. Pistolet a «tli lunti
nommé premièrement pour une petite dague ou poignard ([u'on souloit faire à Pistoye, petite ville distant deux lieues de Florence, et furent à ceste raison nommez premièrement pistoyers, depuis pistoliers et enfin pistolets; quelque temps après, l'invention des petites ari|uebuses estant venue, ou leur transporta le nom de ces petits poignards ; depuis encore on a appelle les escus d'Espagne pistolets, pour ce qu'ils sont plus petits que les autres; et, comme dit Henry t'stienue, quelque temps viendra qu'on appellera les petits hommes pistolets et les petites femmes pisloleltes, des accobos, Biganures, p. 89, dans LACURNE. Nous voyons aujourd'hui en la France plus de doublons, qu'il n'y avoit il y a cinquante ans de p tits pistolets, brant. Cjp. franc. t. III, p. 201, dans lacurnb. Un poignard [dans les mains d'un a;sasiinj est plus seur pour assener; mais, d'autant qu'il a besoin de plus de mouvement et de vigueur de bras que n'a un pistolet, son coup est plus subject à estre gauchy ou troublé, mont. m, ^33. Le chirurgien pourra tromper le malade, en faisant ouverture à l'aposteme avec un petit pistolet [sorte de lancette à ressort], pauiî, v, lo. ....Comme sont les pistoles, pistolets, petits bidets, et autres semblables, petits lézards et scorpions, que l'on peut aisément cacher dedans les chausses, iD. IX. Préf.
— ÉTY.M. Espagn. pistola, pistolete: Ital. pistola, pistolet, pistolese, espèce de couteau do chasse. Pistolet est le diminutif de pistole, au sens de petite arme à feu. L'étymologie donnée par Des Accords paraît la véritable, c'est-à-dire Pistoie, ville où l'on a fabriqué un court poignard dit pistolese, nom passé ensuite à la petite arquebuse. Mais la dérivation n'en est pas moins irrégulière; car, si, à la rigueur, pistolese peut avoir été dit pour pistojese, l'italien pistola,- ou le français pistole ne s'en déduisent pas convenablement. Quant à la conjecture de Friscb, qui tire ce mot du latin pistillus, pilon, par assimilation de forme, le sens d'abord, la forme ensuite ne permettent pas de l'accepter; car Diez remarque que le mot aurait été pistuola. Le pistolet étant une petite arme, le demi-écu d'or fut dit, par plais^interie, pistolet, comme étant un diminutif de lécu. C'est par assimilation de forme qu'on nomme à Bruxelles un petit pain un pistolet, et que II. Estieniie prévoyait qu'on donnerait ce nom à un petit homme : prédiction qui s'est à demi réalisée, puisque le langage populaire nomme pistolet un homme bizarre, singulier.
t PISTOLIER (pi-sto-lié), s. m. Ancien terme militaire. Nom de cavaliers armés de pistolets.
— HIST. xv;' s. On tient pour certain qu'une troupe de lances doit batre et desfaire une troupe d? pisloliers, langue, 3o7.
— ETYM. Pistole, au sens de pistolet.
PISTON (pi-ston), ». ni. ||1" Organe mécanique,
en forme de cylindre très-court, remplissant exactement une certaine portion de la capacité d'un tube dans lequel il exécute un mouvement de va-etvient. Pièce de Iwis enveloppée d'étoupe comme le piston d'une pompe, pasc. Équil. des liqueurs, i. Pour sucer quelque liqueur, les lèwes servent de tujau, et la langue sert de piston, boss. Connaiss. IV a. Il Jeu du pi.'.ton, course du piston, le chemin parcouru par le piston. || 3' Partie mobile qui est dans le cylindre d'une machine à vapeur. || 8" Petits boutons qui servent à ouvrir une boîte en les press.int du pouce. || 4* Fusil i piston, fusil dont le chien en forme de marteau et sans pierre frappe sur un grain de poudre fulminante qui enflamme la charge. H 6* Terme de musique. Cornet & pistons, ou , simplement , piston , instrument de cuivre beaucoup plus court que le cor, dans lequel la justesse des sons est fissurée par l'effet de pistons. Il y a aussi des cors, des trompettes à piston. Il On appelle aussi piston celui qui joue du cornet à pistons. Il est premier piston chez Musard. \\6' Terme de fontaiiiier. La pièce mouvante d'une soupape de fond. || Piston de garderobe, masse de cuivre cylindrique sur laquelle est montée une tige coudée et qui sert à fermer l'orifice par où se vide une cuvette à l'anglaise.
— ÊTYM. Ital. pistnrte; depestare, fouler, frapper; anc. franc, jiesler; du lat. pislare (voy. fisTB, pistil et PIS») .
PITANCE (pl-tan-s"), 1. ^. Ijl- U portion qu on donne k chicun à chaque repas, dans le» coiumunauti'S. La belle Agnès [Sorel] laissa un fonds pour la pitance d'œufs, au jour de son annivcnsaire, ST-POix, Ess. Paris, Œuvr. t. m, p. 22», dans poioFN». I| Popiiliircment. Aller h la pitance, aller cheiclier lai provislout. US* Par exieosiuu. o« qu'il
PtT
faut pour un repas d'une personne. Certain t;hien, qui portait la pitance au logis, la font. Fabl. VIII, 7. On m'apporta ma pitance, que je commençai à expédier avec beaucoup d'appétit, lksage, Gil Blas, vu, 9. Il 3" Populairement. La chair ou le poisson qu'on mange dans le repas outre le pain. Il donne sur la pitance.
— HIST. xtii* s. Je Gauchiers de Thorote ay donné en pure et perdurable aumône au couvent de S. Eloy de Noion un muy de blei à pitanche, DU GANGE, pietantia. Et vont disant que povres sont, Et les grasses pitances ont, Et les grans deniers en trésor, laRose, 8i4G. Moult oi [j'eus] cet soir povre pitance, ruteb. ii, 2e. || xiv* s. Item à l'hôpital de Saint Esprit de Besançon pour la pedance des pauvres, deix livres, DU GANGE, pictatitia. || xvi* s. Il luy fut donné le revenu de trois villes pour son pain, son vin et sa pitance, amyot, Thém. B3.
— ETy.M. Bourguig. Berry et genev. pidance; prnvcnç. piatansa, piedansa, pidania, pitansa, pitié, misericoide; espagn. pitanza; ital. pietama; lombard, pi(anso;bas-lat. pictancia. La forme pù'- (fliiïo a fait supposer que le mot venait du latin pi>- (as, et si/nifiait œuvre charitable; pitcui; prouvant que le radicalpi'c* peutdevenirpit. D'autresont indiqué piKacium, billet, piJonce signifiant danscette hypothèse la remise d'aliments en échange d'un billet. Diez y a vu le radical pit qui signifie petit ; de sorte que pitance serait la petite portion. Mais la présence du bas latin pt'clantia parait donner rai.son à du Gange, qui le tire de picta, pite, sorte de petite monnaie ; une pitance de moine, sens primitif du mot, étant estimée une pite. D'un autre côté, il faut admettre que pietas a agi pour modifier au sens de charité la forme du mot. Pitance parait signifier la viande ou en général le mets par opposition au pain, au potage, au vin.
t PITANCERIE (pi-tan-se-rie), ». f. L'office du pitancier.
t PITANCIER (pi tan-sié), ». m. Celui qui, dans les couvents, est chargé de distribuer à chaque moine sa pitance.
— HIST. xvi* s. L'abbé dit à son pitancier : qu'on donne à déjeuner à messire Jean, desper. Contes,
PITAUI), ADDE (pi-tô, tô-d'), ». m. et f. || 1° Nom
de paysans qui formaient des compagnies à piod dans les armées du moyen âge. || %' Par dénigrement, homme, femme de la campagne de lourde structure. La déesse des fours, des moulins et des plaines Où l'œil du bon pitaud voit l'espoir de ses peines, st-amand, le Melon. Ce pitaud doit valoir, pour le point souhaité Bachelier et docteur ensemble.... Le coquin, lourd d'ailleurs et très-court en esprit, la font. ToW. 118» Par extension, personne courte d'esprit, avec quelque allusion à une apparence r.ustique ou gauihe. En vérité, vous êtes une vraie pitaude; quand je songe avec quelle simplicité vous êtes malade.... cela me paraît plaisant [les affectations d'une dame qui faisait la malade dans son lit], sÉv. d Mme de Griijnan, *9 mai 1676.
— HIST. xvi* s. Quand on dit c'est un Joannes, cela vaut autant que ce que maintenant on appelle un pédant, et quand on dit un bon jannain que le vulgaire prononce genin, cela s'entend proprement d'un pitaut qui prend bien en patience que sa femme lui fasse porter des cornes, ii. est. Apol. d'Hérod. p. t», dans lagurne. Des pitaux de village battant le blé dans une grange, pasquieh, Rechrches, vu, 9. Appelloient les gens des champs où ils passoient et logcoienl, vilains pitaux, rustiques, piedgris et paysans, bouchet, Street, m, p. 9, dans Lacuhne.
— ÊTYM. Leiluchal, approuvé par Diez et par Ch. Nisard, y voit une dérivation du latin pes, pedis, et une signification analogue à piéton. .Scheler croit que c'est une vari'tédc foi me de païaiid. On trouve dans Froiss:irt petnut, qui i)aralt signifier jne sorte lie troupe à pied.
t PITAUT (pi-tô), ». m. Nom qu'on donne, sur quelques côtes de France, aux coquillages du genre des pholades.
t. PITE (pi-f), ». f. Petite monnaie de cuivre, qui valait anciennement la moitié d'une obole et le quart d'un denier. Dans la Déclaration du 29 octobre 1640, après avoir énoncé les livres, sols et deniers, on énonce les fractions de denier» en oboles, pitcs, scmi-pitcs et fractions d'iceux. Oue ne piiis-je bien plutôt, â l'insu de lui-même [le roi de Prusse] et de tout le monde, aller jeter la pite dans un trésor qui lui est néceAsaire, et dont il sait si bien user) J, J. ROiss. Litt. à MiUird Marrchnl, i" nnv. tîoa.
— UIST. XYl* i. X tendic la grain d'or llu ..liiM
deniers pile, la livre ne vaut que sept vingts huit escus d'or, pab8, Mum. et lie. dédie.
— ÊTYM. Pi-ovenc. picta; du lias-lal.pic(o, pictaptfio, petite monnaie frappée à Poitiers, Pictavum.
i. PITE (pi-f), t. f. ||1* Nom vulgaire donné à l'agave américain (amaryllidées) , nommé improprement aloès pite. ||i° Nom américain de la filasse, surtout celle qu'on prépa're avec les feuilles de di- Terses espèces d'agaves et d'aloùs. || En ce sens on le fait masculin: le pite est bon, legoabant. (I 8° Terme de pêche. Filament d'une espèce d'aloès dont on fait des lignes. || t' Plante dont les anciens habitants du Mexique se servaient pour faire une espèce de papier.
— ÊTVM. Espagn. pita.
P1TKL'Si;ment (pi-teû-ze-man). od«. Hl" De manière à exciter la pitié (sens propre qui n'est plus usité). Le sénat.... Dont plus de la moitié piteusement étale Une indigne curée aux vautours de l'harsale, CORN. Pomp. I, i. On ne parle plus ici de la Pologne que fort piteusement; on dit que tout y est perdu, cm patin, Lett. t. n, p. 2)7. || S* 11 ne s'emploie plus que d'une façon familière et par plaisanterie pour peindre un chagrin ridicule. Il se lamentait piteusement. La méchantç déesse Iris, Ayant donc cette forme pris. Se mit piteusement à dire Ces mots qui ne sont pas pour rire, scabb. Yirg. v.
— HIST. XII* s. Piteusement [ilj recorde son duel [deuil jet son irois[colènJ, Sa*. XTiii. ||xiii's.Moltfu nostre sires piteusement loés et merciés par les pèlerins, pour ce que il lesavoit en tele manière secorus, viLLEH. Lxxxiv. Dieu qui touz repentens piteusement [avec pitié) escoute, J. de mkung, Test. ■.:089. Il xv s. La dame lui commença à conter en pleurant moult piteusement ses douleurs (Isalielle d'Angleterre], FBOiss. I, 1, 13. Chascuns qui puet [peut] y pille ou emble ; Nulz n'y craint Dieu piteusement, B. DEscH. Poésies m-is. ^ 33«. Il XVI* s. Il s'en retouina au logis plein de desespoir, et dict tout piteusement à sa femme..., mont, ii, 3«.
— ÉTYM. Piteuse, et le suffixe ment; prov. piatoxamen, pidosament; espagn. piadosamente ; ital. pietnsamente.
PITEUX, ECSE (pi-teû, teû-z'), ad;. || 1" Digne de pitié, de compassion (usité, en ce sens, dans le style noble, et encore rarement). Peuple, l'objet p teux du re.ste de la terre, bêgnikb, Épitre i. Viton jamais une 4me en un jour plus atteinte De joie et de douleur, d'espérance et de crainte, Asservie en esclave à plus d'événements. Et le piteux jouet de tant de changements? iorn. Uor. iv, 4. Un loup vil en passant ce specta^^le piteux [quatre corps étendus], la font. Fabl. viii, 27. Le château où arrivait le chevalier était quelquefois l'habitation d'une pileuse dame qui gémissait dans les fers d'un laloux, ciiATEAUBB. Génie, IV, V, 4. Il i' Dans le style famiUer et plaisant. Oui a l'air à la (ois malheureux et ridicule. Parler d'un ton piteux, ô Dieu ! la pileuse ligure, scARE. Yirg. ii. M. de Larochcfoucauld, toujours nécessiteux et piteux au milieu des richesses, obtint 42 ooo livres de rente, ST sm. •7 108. Il Substantivement. Faire le piteux, se lamenter sans sujet. L'archevêque d'Arles fit l'ignorant, le piteux, le désespéré d'avoir déplu au roi, m. ibo, (»». Il Faire piteuse mine, avoir une mine rechignée. Car en si funeste action On doit avoir l'ambition De faire une piteuse mine, scarr. Virg. v. ]] Faire piteuse chère, diner mal.
— HIST. XIII* s. Ne soyés orguilleus ne chiches ; Ayés, por enseignier les riches, Large cuer et corlois et gent Et piteus à la poure gent, la Rose, estu. Moult a dur cuer qui en mai n'aime. Quant il ot chanter sus la raime As oisiaus les dous chans piteus [mélancoliques], ib. «3. Dès le tens de l'enfance, fu le roy piteus des poures et des soulTraiteus, jomv. i»7. Un esbatement que on dit piteux [représentation de mystères], nu cangk, pita. Il XV* s. Ces douze bourgeois {les députés de Gand] firent durement les piteux envers le comte de Flandres, Fnoiss. II, II, 66. Plaintes cl piteuses larmes, COHU. V, 8. Affin que ceulx qui viundroient après luy [Louis XI I fussent ung peu plus pileux du peuple, iD. VI, 12. Il ivi* s. Comme aux enfants est piteux un bon père.... iiarot, iv, 30». Il faict bien piteux et hasardeux, despendre d'un aultre, mont. IV, 97. Un pileux médecin fait une mortelle playe, COTOBAVE. Peame trop piteuse fait sa fille roigneuso, iD. Hal que de sang se perd pour piteux twyement De ce que vous péchez I d'adb. Tragi- <fuet. Princes.
— r.TVM. Bourg, pidmi; prov. piatos, pidos, ptetof. oilo»; cal. piailos; espagn. piadosn; ancien Ml. piadoêOi i«*l. pieloso; du Ut. pietatem.
PIT
t PITHÉCIKN^ lENNE (pi-té-siin, siè-n'), adj. Terme de zoologie. Qai ressemble au pithèque.
f PITHËQUK (pi-tè-k'), s. m. Espèce de singe sans queue.
— ÊTYM. nîOiQxoç, singe.
t PITHO (pi-to!, s. f. Nom de la déesse de la persuasion, qui était invoquée par les orateurs.
— ÊTYM. nEi6à) de mî6£iv, persuader, qui est en rapport direct avec le lat. fides, fidus.
t PITHOMÈTRE (pi-lo-mè-tr'), s. m. Instrument qui sert à jauger un tonneau.
— ÊTYM. ni'jo;, grand vase de terre cuite où l'on mettait le vin, et (lerpov, mesure.
I PITHOMÊTRIE (pi-to mé-trie), s. f. Art de jauger, de se servir du pithomètre.
t PITHCMÉTBIQUE (pi-to-mé-tri-k'j, adj. Qui a rapport à la pithométrie.
PITIÉ (pi-tié), s. f. Il l* Sentiment qui saisit à la vue des souffrances et qui porte à les soula-; ger. La pitié d'un malheur où nous voyons tomber nos sembliibles, nous porte à la crainte d'un pareil pour nous, cette crainte au désir de l'éviter, corn. 2* dise. Je suis peu sensible à la pitié, et je voudrais ne l'y être point du tout; cependant il n'est nen (jue je ne fisse pour le soulagement d'une personne affligée, la Rochefoucauld, Por- Irait. Mais un iripon d'enfant, cet Sge est sans pitié. Prit sa fronde.... la font. Fabi. ix, 2. Je veux vous prouver que la pitié est le mouvement le plus agréable de tous ; votre erreur provient de ce que vous confondez ce mouvement avec la douleur, m. Psyché, 1, p. (iio. Vous me faites une pitié extrême de la goutte de M. le chevalier, sév. 608. La pitié d'un rival punit mieux que sa haine, quin. Asirale, 1, 2. Ne jetlercz-vous point un regard de pitié sur ceux que l'indigence réduit aux dernières nécessités? BOURDAL. Ëxhort. char. env. les prison, t. i, p. 78. Si de tant de malheurs quelque pitié te touche, RAC. Bajaz. V, 8. Jamais femme ne fut plus digne de pitié, id. Phèdre, ii, b. Je ne vous dis point ma naissance pour me vanter, mais seulement pour vous inspirer quelque pitié de mes malheurs, fén. Tél. IV. Oui, la pitié est le contre-poison de tous les fléaux de ce monde ; voilà pourquoi Jean Racine pnt pour devise, dans l'édition de ses tragédies, crainte et pitié, volt. Lett. de Launay, 8 déc. 1777. La terreur et la pitié, qui font le seul but, la seule constitution de la tragédie, m. Olympie, note. Et la fausse pitié pire que le mépris, id. Tancr. i, 4 . La pitié naturelle est fondée sur les rapports que nous avons avec l'objet qui soufl're ; eile est d'autant plus vive que la ressemblance, la conformité de nature est plus grande, buff. Quadrup. t. u, p. )39. La pitié qu'on a du mal d'autrui ne se mesure pas sur la quantité de ce mal, mais sur le sentiment qu'on prête à ceux qui le souffrent, j. j. rodss. Ém.
IV. Les femmes sont plus sensibles que nous à la pitié, qui donne une sorte d'amour pour l'être faible et souffrant qu'on peut soulager, st-lamb. Sais. ch. 1, note t. Et c'est à l'homme heureux que la pitié sied bien, c. delav. Paria, m, 3. Mon malheur n'a donc point lassé votre pitié I p.lebhun, il. Stuart,
V, 3. Il j<u plur. Voilà ce que je dis ; puis des pitiés me viennent, Quand je pense à tous ceux qui sont dans le tombeau, v. uugo, Feuilles d'aut. 13. || Par pitié, par un sentiment qui porte à plaindre et à soulager. Rends-moi ton cœur, ingrat, par pitié de toimême, TH. COBN. Ariane, m, 4. Il se croit quelque enfant rejeté par sa mère À qui j'ai par pitié daigné servir do père, bac. Ath. i, 2. || Fig. Par pitié de ma gloire Gardez-vous d'achever une indijine victoire, COBN. Œdipe, II, 4. Il .Sans pitié, d'une façon inexorable. Les dieux l'ont traité sans pitié comme vous, FÉN. Tél. XXI. Vous [Syl!a]avez exercé sans pitié les fonctions de la plus terrible magistrature qui fut jamais, MONTFSQ. Dial. Sylla et Eucrate. || Prendre pitié, être saisi de pitié. Prenez de votre sort tous deux quelque pitié, cobn. Héracl. i, 4.Œnone, prends pitié de ma jalouse rage, luc. Phèdre, iv,8.|i Avoir pitié, éprouver le sentiment de la pitié. Mettons lin à des jours que la Parque elle-même A pitié de filer, MALH. V, <. Ayez pitié de moi, vous au moins qui êtes mes amis, ayez pitié de moi, car la main du Si igneur m'a frappé, saci, Bible, Job, xix,2i. Pauvres gens, je les plains; car on a pour les fous Plus de pitié que de courroux, la font. Fabl. vu, I2. Il fadt avoir pitié de soi, et avoir de la générosité pour soi-même, comme on en a pour les autres, ssv. 61. H. Holwell a vu dans son gouvernement, en t734, la plus belle femme de l'Inde, âgée de dixhuit ans, résister aux prières ut aux larmes de milady Russell, femme de l'amiial anglais, qui la conjurait d'avoir pitié d'elle-même, volt. Lett. cMnoiies,
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9. Il Faire pitié, inspiier le sentiment de la pitié» ô d'un illustre époux noble et digne moitié. Dont le courage étonne, et le sort fait pitié, cobn. Pomp. m, 5. Il dit cela si tristement qu'il me fit pitié, PASc. Prov. Il La pitié qu'elle [Mme de Monaco] a faite n'a jamais pu obliger personne de faire son éloge, sév. 20 juin 1678. Ne vous fais-je point un peu de pitié de passer ma vie sans vous voir? id. 5 nov 1676. Votre petite d'Aix me fait pitié d'être destinée à demeurer dans ce couvent... en attendant une vocation, vous n'oseriez la remuer de peur qu'elle ne se dissipe, tn. 24 juill. I680. || wegai-der en pitié, jeter un regard de pitié. La Pologne cl^it nécessaire à son Ëglise [de Dieul, et lui devait un veugeur ; il la regarda en pitié, boss. Anne de Gonz. Dieu regarde en pitié son peuple malheureux, RAc. Esth. m, 4, Il C'est une pitié, c'est grande pitié, c'est grand'pitié, c'est une chose très-digne de pitié. Un bûcheron perdit son gagne-pain... Ce fut pitié là-dessus de l'entendre, la font. Fahl. V, I. Pour vous elle est de flamme. — Elle! — Et vous aime tant. Que c'est grande pitié, Molière, l'Ét. I, 8. [Chez M. de la Rochefoucauld] une grosse fièvre, une oppression, une goutte remontée ; enfin c'était une pitié, sév. (3 mars, (68(i. Pour moi, je ne dors plus ; aussi je deviens miiigre. C'est pitié, BAC. Plaid. I, I. C'est grand'pitié quand le valet chasse le maître [paroles du président de Harlay aux ligueurs] , gf-nlis, Mlle de la Fayette, p. 80, dans PouGENS. |{ C'est grande pitié, c'est grand'pitié que de nous, c'est-à-dire la condition humaine est sujette à beaucoup de misères. j| 2° Pitié, se dit quel'iuefois en un sens où il entre quelque mépris. Elle en eut pitié, mais de cette sorte de pitié qui porte au mépris, et qui ramène aussilôt après à la colère, betz, Mém. t. il, liv. m, p. 490, dans pougens, il Regarder, parler, traiter avec une pitié offensante, insultante, avec une apparence de pitié mêlée à des marques de mépris. || C'est pitié, c'est une pitié, cela excite un certain dédain, fait hausser les épaules. Vous voyez que l'allaiie du syndic m'avait mis hors de combat ; enfin, c'est une pitié que d'être si vive, sÉv. 192. De telles insinuations tournaient sa petite tète, que c'était une pitié, hauilt. Gramm. 9. Que faisait-il? il leur prêchait la paix'; C'était pitié qu'un si bon prince, lamotte, Fabl. IV, ) . Il II se dit au pluriel dans le même sens. Il est vrai que ce sont des pitiés : Toute construction est par elle [Martine] détruite; Et des lois du langago on l'a cent fois instruite, mol. Femmes sav. ii, «. Il Avoir pitié, se dit en un sens de dédain. Combien vous aurei pitié de moi ! que mes éternelles inquiétudes vuus paraîtront misérables ! chateaubr. Ilené. 1 Regarder en pitié, avoir du dédain pour. Et, les deux bras croisés, du haut de son esprit, U regarde en pitié tout ce que chacun dit, mol. Mis. ii, 5. Les femmes de la cour regardent en pitié les provinciales, bouhoubs, Nouv. Rem. Qui regarde en pitié les fables du Ténare, Et s'endort au vain bruit de l'Achéron avare, helille, Ge'org. ii. || F.iiie pitié, exciter une pitié mêlée de dédain. Mais tu ferais pitié même à ceux qu'elle [ta fortune] irrite, Si je t'abandonnais à ton peu de mérite, corn. Cinna, v, 4. Don Manrique : i tant de beaux exploits rendez cette justice. Et de notre pitié secondez l'artifice. — Carlos : Je suis bien malheureux, si je vous fais pitié, id. Don Sanche, v, 5. Vous me faites pitié; faut-il vous expliquer cela davantage? PAsa. Prov. XVI. Vous me faites pitié de nous demander des oranges ; c'est une étrange dégradation que de les voir gelées en Provence, sftv. (3 déc. («79. Leur ignorance [des Syracusains tou chant la sépulture d'Archimède] fit pitié à Cicéron, et ne servit qu'à allumer encore davantage le désir qu'il avait de faire cette découverte, roli.in, Hisl. anc. Œuvres, t. x, p. t«(, dans pouoens. Ces Parisiens qui n'ont jamais perdu de vue le dôme des Invalides, font pitié, ma parole d'honneur, cii. UE BERNARD, la Femme de 4o ans, § 7. (| Raisonner, chanter à faire pitié, très-mal. || Quelle pitiél c'està-dire que la chose mérite de dédain t Quelle pitié de voir que M. Bayle, un si beau génie, se plaise à déterrer les plus méprisables brochures.... d'olivet, Hist. Acad. t. ii, p. 203, dans pougens. Ne voilàt-il pas une invention bien trouvée? quelle pitiél J. J. Houss. Emile, il. || Quelle pitiél c'esl-à-<tire quelle chose inexcusable I Ah I mon Dieu, madame, vuus voilà toute seule? quelle pitié est-ce là? toute seule! mol. Comtesse d Esc. 2.||De pitié, avec un sentiment de dédain. Fuis donc. Amour, ma couche solitaire; Fuis! cardiyà lu .souris de pitié, bEran(7. Fuite de l'Amour. \\ Proverbes. Guerre et pitié ne s'acuoi'deul paa ensemble, c'est-à-dire & la guerre
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on n'est pa» touché de pitié, et même il n'est pas sûr de l'être. {| Il vaut mieux faire envie que pitié.
— SYN. PITIÉ, COMPASSION. Ces deux mots se rapportent à un même mode de l'àme. Ce qui les distingue, c'est que pitié exprime plus pvticulièrement la qualité, la vertu, et compassion le sentiment, Aussi, pour peu qu'on personniiie, c'est de pitié que l'on se sert, et non de compassion; et, dans la fable, quand le roseau dit au chêne : Votre compassion part d'un bon naturel , c'est compassion qui convient et non pitié.
— HlST. II' s. Cel nen i a qui de pitet ne plurt, Ch. de Roi. Lxm. || xu* s. Qu'il ait de moi pilez, Ronc. p. 4. De ceste laase or vous prenne pitié, ib. p. 169. Que ma dame fasse pitié descendre, Couei, y. Ne je ne truis [tfSuve] qui de moi ait pitié, ib. Il xiu* s. X icel ior serez tuit mal bailli [tous en mauvais sort], 9e sa pitié [de Dieu] ne couvre sa puissance, qlesnes, Homancero, p. 97. Seigneur, ii baron de France.... vous crient merci, qu'il vous preigne pitié de la cité de Jérusalem, villeh. xvi. Et sachiés bien veritelment, Qu'ele [tristesse] ploroit profondement: Nus [nul], tant fust durs, ne la veisl, À cui grant pitié n'en preïst, la flose, S26. On ne meffet pas en delaier le jugement por savoir se li sovrains en aroit pité ou merci, beadm. VII, (2, Pitiez est uns diz qiii à la fin jdu discours] aquiert la miséricorde des dianz, brun, latini, Trésor, p. 568. Il XIV* s. Et disoient li plus des plus grans qu'il y a. Que c'estoit grans pitez que Piètres tant régna, Guescl. 6674. Laquelle chappellenie nous avons donnée en pitié et en aumosne à noslre bien amé chajjpellin, ou cange, pietas. \\xv' s. Si en y avoit plusieurs qui ploroyent de la joye et de la pitié (|u'ils avoient de. ce qu'ils le rccevoient dedans leur ville [Charles VII rentrant à Paris], monstrel. l. Il, p. M8, dans LACUBNP. (St Michel] lui raconta la pitié qui estoit au royaume de France, Procès de Jeanne d'Arc, cité par michelet, Hist. de France, t. v, p. 56. La pitié que l'homme doit avoir à Dieu, llitt. de la toison d'oj, t. ii, f" 64, dans lacuhne. je estime que cecy vient de Dieu qui regarda en pitié ce royaulme, cohm. iv, i. || xvi' s. Je me foys pitié ou desdaing à moy mesme, uont. i, <55. La lyesse eust esté comble et parfaicte, sans les grandes pitiez que nous veismes au camp du duc d'Alvo, CABLOix, V, 27. C'est pitié que de nostre vie.... RONS. 409. Si elles [les vestales] venoient le moins du monde à faillir de leur corps, elles 'eslolent cent fois plus punies rigoureusement que quand elles n'avoient pas bien gardé le feu sacré, car on les enierroit toutes vives avec des pitiez effroyables, BHANT. Dames gcU. t. ii, p. 2»î, dans lacurne.
— ETYM. Bourg, pidié; prov. pietat, pialat, pilât, pidat; espagn. piedad ; portug. pidade; ilal. pielà ; du lat. pietatem. Le sens de piété a, par une analogie facile, passé, dans les langues romanes, à celui de pitié. Au reste, en quelques textes les deux sens se confondent.
PITON (pi-ton), I. m. \\ 1° Espèce de clou dont la tête est percée en anneau pour retenir des crochets et des verges de fer. || 2° Nom donné, d'abord dans les Antilles, puis ailleurs, aux pointes les plus élevées d'une montagne. La lumière du soleil se répandait insensiblement sur les o^ontagnes de l'île et sur leurs pitons qui brillaient d'un vert argenté, bebn. DE ST-p. Paul et Yirginie.
— HIST. xvi* s. Un piton à yiï, qu'on pose dans un pillier de bois pour attacher l'an des crochets de la mouHe, paré, xtv, 7.
— ÉTYM. Espagn. piton, petite corne, bourgeon. Piton se rapporte à l'esp. pitn, petit morceau de bois point»; wallon.peh'on, aiguilfon; prov. pfmr, becqueter, dont leradfcal se trouve dans petit (voy. ce mot).
PITOYABLE ([li-to-ia-bl'; plusieurs disent pi-toila-bl'), adj. || 1" Qui est naturellement enclin à la pitié. Qu'à la fin mes ennuis la rendent pitoyable [ma dame], Pourvu que je la serve à son contentement, MAUi. V, 23. si le ciel pitoyable eût écouté ma voix, corn. Ilor. m, 5. La femme du meunier, pitoyalile comme une femme, lui fit dresser un lit et le fit coucher, scarr. Rom. eom. il, »fi. Le missionnaire rendait les maître» plus pitoyables et les esclaves plus vertueux, cHatkaub. Génie, IV, IV, 7. Il II se dit en ce sens de.s sentiment», de» regard», etc. Il n'y eut jamais une tristesse pareille i la mienne ; et, si j'osais écrire de» lettre» pitovablcs, je dirait des choses qui vous feraient fendre le cœur, voit. Lett. xit. J'entre en de» .sentiments qui ne sont pas croyable», J'en al de violents, j'en ai de pitoyable».... J'uime ce malheureux.... COIN. Poly. 111, » Allez, je vous fais
grlice, Jh jette encore un œil pitoyable sur vous,
aiCT. DE LA I^NOUB FRANÇAIS!.
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MOL. Et. 11, «. Il 11 vieillit en cet emploi, et pour l'employer il faut en bien choisir la place. || En style d'anciennes ordonnances, lieux pitoyables, les hôpitaux, maladreries, etc. 118" Oui excite la pitié. Je jure donc par vous, Ô pitoyable reste [cendres de Pompée]... coRN.J'ornp. v, <. Je voudrais pouvoir me di.spenser de vous représenter un si pitoyable spectacle, flEch. Pauég. ii, asa. || Substantivement. Est-il moins dans la nature de s'attendrir sur le pitoyable que d'éclater sur le ridicule? LA BRUY. I. Il 3' Par dénigrement. Méprisable, mauvais dans son genre. Quels pitoyables vers I quel style languissant! boil. Ép. x. Je ne m'amuserai point à prouver ici combien sont pitoyables tous ces raisonnements, diderot, Opin, des anc. philos, {antédiluvienne philos.) || Cela est pitoyable, se dit d'un acte, d'une parole qui ne mérite aucune attention sérieuse. On m'a bien reproché cet embrasement du temple d'Êphèse ; toute la Grèce en a fait beaucoup de bruit ; mais en vérité cela est pitoyable; on ne juge guère sainement des choses, ■FONTEN. Ùial. 4, Morts anc. |{ Il se dit aussi de» personnes. Un poêle pitoyable. Il [le duc de Montmoulh] paraît partout tel qu'il était dans sa conduite, téméraire dans ses entreprises, incertain dans l'exécution, et pitoyable dans les extrémités où beaucoup de ferntieté doit au moins répondre à ta grandeur de l'altentat, hamilt. Gramm. xi.
— HIST. XIII» s. Eleot le cuersi piteable,Et?idou3 et si amiable... /a ifose, I2H. ||xv's. [.Sa grâce] n'estoit pas trop difficile de conquerre, tant estoit douce et piiiable, LOuis xi, JVoud.,xxxiv. i|xvi' s. Le papo ne peut convertir aucuns legs, ores qu'ils fussent pitoyables [pieux], en autre usage contre la volonté dos delfunts, p. pithou, 25. Chelonys, fille et femme de roys de Sparte... n'ayant aultre choix que de se jecter au party où elle faisoil le plus de besoing, et où elle se montroit plus pitoyable, MONT. IV, 284. Les gestes et mouvements pitoyables.... d'un homme mourant en angoisse, in. il, 131. Les grimaces delà vieillesse, ces grimaces difformes et pitoyables, ID. m, 382.
— ÉTYM. Pitnyer, qui se trouve dans «-pitoi/er, et qui vient de piteui,; proT. piatable.
PITOYABLEMENT (pi-to-ia-ble-man ; plusieurs disent pi-toi-ia-ble-man), adv. || 1" D'une manière qui excite la compassion. Mme de Carman, toujours pitoyablement entre les mains des chirurgiens, sKv. 21 déc. <692. Il 2" D'une manière qui excite le mépris. On [les protestants] aimera toujours mieux M. Jurieu qui les excuse [les chefs de la réforme], quoique pitoyablement, que M. Basnage tout prêt à les condamner., Boss. ♦• avert. 43.
— HIST. XVI' s. Duris amplifie les choses et cest endroit fort pitoyablement, pour charger les Athéniens et Pericles mesme d'inhumanité, auyot, Périe. 53.
— f.TYM. Pitoyable, et le suffixe metit.
t PITPIT (pit'-pif), (. m. Genre d'oiseaux à couleurs variées, habitant entre les tropiques; ils sont voisins des fauvettes.
f PITRE (pi-tr'), s. m. Il 1" Anciennement, un bon pitre, un bon homme. Mais entre tous, ce franc cœur, ce bon pitre, SAINT-AMANT, Ëpilre à M. le baron de Kelay, Œuv. p. 458 , 4661. || 2* Aujourd'hui, dans le langage populaire, aide, serviteur d'escamoteur ou de saltimbanque. Ce n'est pas lui qui se servirait d'un pitre qui arrête un public grossier par de sales histoires remplies de mots obscènes, ciiAMPPLEUBY, les grands hommes du ruisseau, n" 6. Il Pig. Bouffon, mauvais plaisant.
— ÉTYM. Ce semble une forme du lat. Petrut, Pierre.
t PITRON (pi-tron), ». m. Sur le canal du Midi, poutre de 12 à 15 m "très de longueur.
t PnTACAI,E(pi-tlaka-r),». m. Terme de chimie. Substance qu'on extrait du goudron par la distillation.
— RTYM. IIÎtto, poix, et xoXèç, beau.
PITTORHSOUE (pi-tto-rè-sk), adj. ||1* Oui concerne la peinture. La composition pittoresque a ses règles. Il 2" Il se dit de tout ce qui se prête à faire une peinture bien caracléri.séo, et qui frappe et ch.irme tout à la fois les yeux et l'esprit. Virgile est plein de ce» expression» pittores(|iies dont il enrichit la belle langue htinc, volt. IHct. phil. Imagination. Les effets pittoresques et le bon goût du dessin, l. t. Rouss. fi.m. ii. Dan» les contrées pilto resques, on croit reconnaître l'empreinte du génie c-é;<teur , staf.l, Corinne, xix, f.. I.es deux tour» hautaine» de l'égli.se gothique font un effet pittore»<iue sur l'azur du ciel, chateaub. Génte, m, i, H. Il On dit d'une physionomie, d'un vêlement, d'un iite, qu'il» aonl pitlotMquu, lunquii leur beauti
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ii;!7
ou leur caractère bien prononcés les rendent digues ou du moins susceptibles d'être représentés en peinture. Il 3" Plus particulièrement se dit, depuis un demi-siècle, de ce qui résulte, en peinture, de l'opposition des lignes et du contraste briistjue de la lumière et des ombres. || Il se dit dans un .senj analogue des œuvres littéraires. Style pittoresque. Il 4° Terme de librairie. Se dit de certaines publications ornées de gravures, et surtout de gravures sur bois imprimées dans le texte. Le Magasin pittoresque. La France pittoresque. Édition pittoresque. Il 5° S. m. Tout ce qui contribue à faire une peinture bien caractérisée. Le pittoresque d'un sue.
— f.TVJtt. Ital. pittoresco, de piltore, peintre, du lat. pictorem, de pingere, peindre (voy. pkindre).
PITTOUESQUEMEIVT (pi-lto-rè-ske-maii), adv. D'une manière pittoresque. Elle était vêtue sans aucune recherche, mais toujours pittoresquement stael, Corinne, m, t.
— ÉTYM. Pittoresque, et le suffixe ment; ital. pittorescamente.
t PITTOSPOKÉES (pi-tto-spo-rée) , ». f. pi. Ar-. bres ou arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande, de» îles de la mer du Sud et de l'Asie, dont la capsula est résineuse.
— ÈTYM. IltTTa, poix, et ffitôpo;, graine.
PITUITAIRE (pi-tui-tê-r'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport à la pituite. || Terme d'anatomie. Membrane pituitaire, ou, simplement, la pituilaire, membrane muqueuse qui tapisse les cavités nasales dans toute leur étendue. Si la membrane pituitaire était desséchée, et s'il n'y avait point d'air, il n'y aurait point d'odorat, sennebieb, Art d'oliserv. 1. 1, p. 494, dans P01I0ENS. Il Fosse pituitaire, dite aussi selle turci(iue, enfoncement quadrilatère et profond, sur la face cérébrale du sphénoïde. {| Glande ou corps pituitaire, appendice du cerveau qui occupe la fosse pituitaire.
— HIST. xvi* ». La glande pituitaire ou colatoire [du cerveau], paré, m, 7.
— ÉTYM. Lat. piluitarius, de pituita, pituite.
PITUITE (pi-tui-f), ». /■. Il !• Terme de médecine. Humeur blanche et visqueuse, sécrétée par certains organes, et particulièrement celle qui vient du nez et des bronches, i côté de M. de Rouroi, qui m'a inondée de sa ptuite. M"* du dep- FANT, Corresp. t. Il, p. 429, dans poUQENS. || 2* Liquide aqueux et filant qui est rejeté en plus ou moins grande quantité, soit par l'expectoration, soit par une sorte de régurgitation, soit par le vomissement. ||/4u pJur. Pituites, rejet, chaque malin, de mucosités qui viennent de l'estomac; c'est la gastrorrhée des médecins. || 3* Suivant la doctrine des anciens, une des quatre humeurs fondamentales du corps. Le sang d'un hydropique en pituite se change, Régnier, Sat. v.
— HIST. XVI* s. Le phlegme ou pituite : de la nature de l'eau froide et humide; consistence, fluxile: couleur, blanche.... paré, Introd. 6.
— ETYM. L,-it. pituita, que Curiius, Grundiiige, n" 382, croit tenir à htûco, crachei ; pour iciOw, voy.
PTYAL1SME.
PITUITEUX, ECSE (pi-tui-teû, teû-z'), adj. Qui abonde en pituite. Un vieillard pituiteuv. Un tempérament pituiteux. Il Le piluiteux, celui dont la tempérament est pituiteux. Le piluiteux sent, pense et ùgit lentement et peu, cabanis, iml. Mém. te. mor. et pol. t u, p. 264.
— HIST. XVI* s. Ils engendrent grande quantité d'humeur» froides et piluiteuses, paré, lutrod. 6. Par la face on coanatl le piluiteux d'avec le melancholique. ID. ib «8.
— ËTYM. Lat. pt'(ut(o»uf, de pt'lutfo, pituite.
\ PITYRIASIS (pi-ti-ri-a-zis'j, ». m. Terme d» médecine Affection clironiquo de la peau, appelée aussi dartre furfuracée volante, caractérisée |)ar de petites taches roses souvent k peine apcrœvables, et suivie d'une desquamation furfuracée permanente de l'épidorme.
— ETYM. niTwpiam:, de utrupov, son, furfure.
t PIU (piou), odtj. "Terme de musique. Mot it.ilien qui signifie plus, et se mot sur le» partitions avec (luelques adjectifs italiens, dont il modifie la significuion : pin preitu, plus vite; piu lento, plus lent ; piu tosto, plus lot.
— ETYM. liai, ptu, du lat. phu.
+ I. PIVE (pi-V), ». m. Teniii! de pèche. Nom que l'on lionne «ur quelques crttes à de petits crustacés qui vivent en pnrnMJI^'Hsur le corps des poissons.
f j. PIVE (pi-v), «. m. llniivrciiil.
l'IVEIt T plvèr),». m. Oiseau ù plumage jiiune et vei'l, du «onre des pics, />irn.s oiriiiis, t.. Je ne iii'arr.'l.' |iti» Il voun faire D<lniirer la longue Inn^-ne du
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pivert, le ressort qui te met en jeu, et la manière dont il la darde dans les trous des arbres pour saisir adroitement les petits insectes qui y sont logés, BONNKT, Contempl. nal xii, 28. || Pivert bigarré, nom donné parfois au pic majeur, dit aussi épeiche. Il Pivert bleu ou pivert d'eau, un des noms vulgaires de Valcedo hispida (palmipèdes).
— HIST. XVI' s. Une herbe de laquelle usent les picz mars, vous les nommez pivars.... rab. Pant. IV, B2. Picus, pivert ou espec, in Ruellium, De itirpihns,
— firvM. Pie, oiseau, et vert.
f PIVETTE (pi-vc-t*), t. (. Voy. totanb.
,f PrviNK(pi-Ti-n'), I. f. Grande mouette cendrée.
1 prviTE (pi-vi-t'), 1. m. Vanneau.
r PIVOINE (pi-voi-n"), s. f. Il Genre de la famille des renonculacées. Il Nom vulgaire dup.i'onta of/icinalis (renonculacées), dit aussi herbe de Mallet, herbe Sainte-Rose, pivAine femelle, pione et péone. Il Pivoine mâle, nom vulgaire du p.romo corallina. Il Rose pivoine, la pivoine rose. || Pivoine en arbre, pxonia montan, DC.
— tiist. XV s. Et li pluisour aiment moult l'anquelie, La pyone, le muguet, la soussie, fboiss. Poét. mss. p. 26, dans lacubne. || ïvi* s. la. pivoine fait une grande fleur rouge de belle représentation, approchant celle du tulipan, o. de serres, 679.
— ÊTYM. Picard, pion«; norm. pione et piaume; génev. un pivoine; du lat. p^onio; grec, navuvta, de Ilaiùv, le dieu de la médecine.
2. PIVOINE (pi-voi-n'), s. m. La pyrrhule vulgaire (oiseaux granivores) , plus connue sous le nom de bouvreuil, jj On le fait aussi féminin. Grossepivoine, le dur-bec énucléaleur (granivores), dit absolument dur-bec, et qui est le corythe énucléateur de certains ornithologistes, legoahant.
— Rtvm Pivoine t , à cause du rouge qu'a l'oiseau, f PrVOlS (pi-vol), s. m. Mot d'argot qui signifie
vin. Avons-je du vin? Non. Parlez donc, monsieur le garçon ; Apportez du pivois, hé vite ! vadé la Pipe cassée, ch. 2.
— HIST. XVI' s. Du vin [c'est en jargon des mattois] du pivois; pier c'est boire, bodchet. Séries, u, ib.
— ÊTYM. Les langues slaves (notamment l'anc. slavon) ont pit'O, bière ; sanscr. pi, boire. M. Baudry pense que ptioû est venu par les Bohémiens, qui avaient traversé les terres slaves. Cela est possible; mais il faut y rattacher pter et ptot (voy. ce mot).
PIVOT (pi-vo ; le t ne se prononce paset ne se lie pas; au pluriel, l'ise lie : des pivo-z arrondis; pivots rime avec repos, travaux, peaux, etc.), *. m. || 1° Morceau arrondi de bois ou de métal sur lequel tourne quelque chose. Le sacristain achève en deux coups de rabot, Ktle pupitreenfln tournesurson pivot, boil. tutr.ui. Il Par extension. Le cou, sur lequel la tête est posée et qui paraîtcommeun pivot surlequel elle tourne, Boss. Connaiss. ii, ï. i| Fig. Esprits vastes, mais inquiets et turbulents... qui tournent sans cesse autour du pivot qui les fixe et qui les attache, et qui aiment encore mieux ébranler l'édifice et être écrasés sous •es ruines, que de ne pas s'agiter et faire usage de leurs talents et de leurs forces, mass. Pensées, Des latenls. Il 2° Terme d'horlogerie. Parties des axes qui portent les mobiles ou roues. |1 Terme d'imprimerie. Extrémité inférieure de la vis de la presse, qui, terminée en pointe obtuse, tombe d'aplomb dans la grenouille. || 8° En botanique et horticulture, racine souvent unique, toujours plus considérable que les autres et s'enfonjant perpendiculairement dans le sol ; elle provient de la radicule primitive jéveloppée. Il 4° terme d'art militaire. Aile sur laquelle tournent les troupes en exécutant des conversions. Il B' Fig. Principal soutien, principal mobile. Tantôt je peins en un récit La sotte vanité jointe avecque l'envie, Deux pivots sur qui roule aujourd'hui notre vie, la font. FaU. v, <. La sage conduite roule sur deux pivots, le passé et l'avenir, la b»i:t. in. Il Tourner toujours sur le même pivot, mener une vie uniforme, que rien ne varie. Ici on a bien des distractions; là on n'en a point, on tourne toujours sur le même pivot, sev. 23 nov. tSH». Il*' Terme forestier. Abattre un arbre en pivot, voy. ptvoTBB. Il Terme de vénerie. Nom donné aux deux os qui portent le bols du cerf, du daim, etc.
— HIST. xvr s. Le pivot ou gissant d'an moulin. Nouveau. cou,t». gin. t. i, p. b«3.
— tTYM. Bas-lat. pii'ofu», dans un teita du Tiv -ilkrlp. Origine donteiwi;. Dicz y rnltnrhe lital. I>wa. <iiit fliiiniflc propremunl liiyaii (de même que le frnnçai-i pipe), et qui n donné photo, cheville, d'où le rroiM-ni'» pieot.
PIVOTANT, ANTE (pl-vo-tan. tnn-f), nrf;. Terme de botanique. Qui s'enronrc perpondiculairenicnt
en terre, en parlant d'une racine. Racine pivotante. Arbre pivotant. || Anthère pivotante, celle qui est allongée, et attachée par sa partie moyenne.
PIVOTER (pi-vo-lé), V. n. || 1° Tourner sur un pivot, comme un pivot. || S'enfoncer perpendiculairement en terre, en parlant des racines. Le chêne pivote. Il est certain que les racines des plantes qui pivotent n'agissent pas sur la même portion de terre que les racines qui tracent, daubbnton, Insiil. Uém. scienc. t. i, p. «oi. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2° Terme forestier. Pivoter un arbre, l'abattre en pivotant ou en pivot, l'abattre avec une partie de son pivot pour donner plus de longueur i la tige. Il 3° Il s'est dit jadis pour boire sans que les livres touchent au verre ou à la bouteille, en se versant d'en haut la liqueur dans la bouche; c'est ce qui se nomme aussi, boire à la régalade.
— HIST. XVI' s. Eloy [poëte dramatique] des enfants de Bethune, Subject à Dieu et à fortune, Pivotant le moins mal qu'il peut. Selon que Dieu disposer veult, Hist. du théâtre franc, t. ii, p. 246,
dans LACURNB.
— ETYM. Pivot.
t PIVOTON (pi-vo-ton), t. m. Alouette des prés (Provence).
PIZZICATO (pi-tzi-ka-to), s. m. Terme de musique. Mot italien qu'on met ainsi en abrégé pi%z. dans les parties d'instruments à cordes, devant les passages qui, au lieu d'être joués avec l'archet, doivent être pinces avec les doigts; quand les pizzicato cessent, on met : eon arco [avec l'archet]. nid». Les basses joueront pizzicato. Le thème de la marche reparait, mais par fragments coupés de silences et sans autre accompagnement que trois coups pizzicato de contre-basse, h. beruoz, À travers ckants, p. 22.
— ÉTYM. Ital. piiticato, de pixxicare, becqueter; vénit. pixta, piqûre; Sardaigne, piMu, bec; de même radical que pmcer (voy. ce mot).
t PLACABLE (pla-lta-bV) , adj. Qui se laisse apaiser. Il n'est pas surprenant que les hommes aient imaginé une infinité de moyens différents d'apaiser la colère de l'Être suprême; mais tous dépendent du même principe, de l'idée d'un Dieu placable, volt, dans laveaux. || Ailleurs Voltaire présente placable comme inusité : Il y a des gens implacables et pas un de placable, Lelt. Guyot, 7 aoi^t (767.
— HIST. XVI' s. Placable, les Marguer. de ta marguer. 1. 1, t° 76, dans lacurne.
— ETYM. Lat. placabilis, de placare, apaiser. PLACAGE (pla-ka-j') , s. m. \\ i' Action, art de
plaquer. || 2° Sorte de menuiserie qui consiste à placer du bois scié par feuilles sur des fonds faits de moindre bois, et à le coller par compartiments. || Fig. et familièrement. Il se dit, en littérature et en musique, des parties faites en dehors du plan régulier de l'œuvre totale. En allant je rêvais sur la visite de la veille, et sur l'écrit de M. D. où je pensais bien que le placage épisodique n'avait pas été mis sans dessein, j. J. rouss. 9* promeh. Un des morceaux les plus applaudis [dans le mariage de Figaro], c'est un monologue de Figaro, qui est évidemment un placage inexcusable, laharpe, Corresp. t. iv, p. 229,, dans pouoENS. || 3° "Terme de marine. Planche ou feuille de métal qu'on place sous le pied des pompes. Il Réunion de deux pièces de bois tenues par des chevilles ou des clous. || Doublage ou renfort en bois qu'on met aux joues du iiavira. ||4' Terme forestier. Entaille que l'on fait aux arbres avec la hachette du marteau pour y eu appliquer l'empreinte. Il 5° Sorte de greffe; au printemps, on enlève sur les arbres fruitiers une plaque d'écorce munie d'un œil avec un peu de bois, et on l'applique dans une entaille correspondante, pratiquée sur le sujet. || 6° Mortier fait avec de la terre grasse.
— HIST. xvi' s. Planohage, lattage et placage, Souv. coust. génér. t. u, p. 75.
— ÊTYM. Plaquer.
t PLACAGE (pla-sa-j'), ». m. Action de placer. il Terme d'administration. Distribution des places dans un marché ou une foire, etc.
— ETYM. Placer.
PLACARD (pla-kar; le d ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l'» ne se lie pas : dos pla-kar ornés; quelques-uns la lient, des pla-kar-z ornés), s. m. Il 1' Ce iju'on plaque. || Dans le langage familier. Ce qui est appliqué en plaquant, ta.s, amas. Vous avez mis li un placard de pommade. || 2" Terme de construction. Se dit del'asaemblage de menuiserie qui forme la porte d'un appartement ou d'une armoire. || Placard double, celui lUi, dans une baie de porte, est répété devant et derrière. || Placard feint, celui
qu'on pratique sur un lambris pour faire symétrie avec une porte. || Porte à placard, port« ornée de diverses pièces. || 3' Par extension, on le dit de l'armoire elle-même, quand elle est une armoire creusée dans la muraille, et non uno armoire mobile. Il n'y a pas de placards dans cet appartement. Il Face d'armoire qui affleure un tuyau de cheminée pour en dérober la saillie. || 4° Terme de marine. Sorte de poulie plate. || Doublage appliqué à une voile qui commence à s'user. || Sorte de soupape de cuir ou de toile à l'orifice d'un dalot. Il 5' Écrit ou imprimé affiché dans les places et les rues pour donner un avis au public. Aussitôt que l'on eut la nouvelle de l'approche de M. I« Prince, il y eut des placards affichés, et une grande émeute sur le Pont-Neuf, retz, Mém. t. m, liv. iv, p. 220, dans pougen.s. On publia un placard du roi de Suède, par lequel il était défendu i tous ecclésiastiques séculiers et réguliers dans Varsovie, sous des peines très-grièves, de se mêler des affaires de l'Ëtat, VOLT. Charles XII, 3. Comme on n'a plus rien à dire au peuple, sinon donnez de l'argent, on le dit avec îles placards au coin des rues, ou des soldats dans les maisons, j. i. bodss. Ess. surl'orig. des langues, ch. 20. || Affiche indicative de biens à vendre judiciairement. || 6' Ecrit injurieux ou séditieux appliqué au coin des rues, ou répandu parmi le peuple. Les placards furent répandus dans tout Paris [par les calvinistes], attachés et semés dans tous les carrefours, attachés jusqu'à la porte de la cham» bre du roi, boss. Far. x, bt. Ce qui piqua le roi davantage, ce fut l'inondation des placards les plui hardis contre sa personne, st-sim. 232, 40(. On a condamné un homme i mort pour des placards [en 1760), et, le lendemain de son exécution, on en trouve aux coins des rues de plus séditieux, dioer. Mém. t. I, p. 27t, dans pougens. Les placards injurieux [à Louis XIV] s'affichaient aux carrefours, aux pieds des statues du roi, oocLOS, Œuv. t. v, p. 28. Il 7° Terme d'imprimerie. Composition imprimée par colonnes et d'un seul côté. Un placard. Corriger une épreuve en placard. || 8° Terme de diplomatique. Se dit d'une lettre, d'une pièce quelconque, dont le parchemin est dans toute son étendue et non plié. Il [le cardinal de Richelieu) se fit laisser les statuts [de l'Académie française] pour les voir, et les renvoya quelque temps après signés de sa main, et contre-signes par Charpentier son secrétaire, et scellés de ses armes en placard, fellissoh, Uitt. Acad. I. Il 9° Terme de gravure. S'est dit pour cul-de-lampe. ,
— HIST. XV' s. À ce mot, les députés tirèrent hors de leur sein les scellés et les placquars que le duc leur avait donné, 0. chastf.l, Chr. des d. de Bourg. m, <l*. Ai reçu vos lettres en forme de placard, à moi adressants, escrites le troisième jour de ce mois, monstrel. II, 27. Il XVI' s. Ceux qui se trouveront avoir faicts et mis les placardz dont vous m'escrivez, coNiié, Hém. p. 610. Mon opinion n'est pas de vous bastir icy une histoire entière de sa vie, ains de vous en remarquer quelques signalez placards, pasquikb. Rech. vi, p. 624, dans lagurne.
— ÉTYM. Plaquer.
PI.ACARDÉ, ÉE (pla-kar-dé,dée), part, passé dB placarder. Une aflictie placardée à tous les coins de rue. Il Ce mur est tout placardé, il est tout couvert de placards.
PLACARDER (pla-kar-dé), v. a. || 1° Dans le langage familier, appliquer en plaque, mettre en amas au lieu d'étaler. Placarder de la pommade. ||2'Terme de construction. Pratiquer un placard. || Monter un placard. || Masquer par un placard. || Terme de marine. Doubler une voile qui commence à s'user. IIS* Afficher un placard. Quelqu'un.... s'avisa de placarder par les carrefours ce billet contenant six lignes manuscrites [oi> se trouvait l'annonce des rosecroix], naudé, Rosecroix, m, ». || 4° Placarder quelqu'un, afficher contre lui un placard injurieux. Il Parextension,le diffamer par des écrits. || 6° Terme de typographie. Mettre en placard.
— HIST. XVI' s. Vous avez tous deux des chambres de méditations dans vos testes, où se forgent ces paroles diffamatoires , faussetez , impietez , atheismes, contes bouffonesquesel maudissons, desquelles vous les tirez pour les placarder dans vos libelles, PA.sguiER, Letl. t. tu, p. «45.
— ÉTYM. Placard. , PLACE (pla-s'), ». f. \\l° Espace, lieu public découvert et environné de bitiments (ce qui est le sen* étymologique). Aristarque s(< transporte dans la place avec un héraut ot un trompette ; celui-ci commence, toute lamultitudeaccourtetse rassemble, la BRUT. IX. Après avoir fait achever le pont Neuf, com-
PLA
mencé sons Henri III.... il | Henri IV] fit bâtir la place Royale sur l'emplacement de l'hfltel desToumelles, et la place Dauphine sur deux petite.s îles qu'on joignit ensemble, s*int-foix , Ess. Paris, Œuvr. t. m, p. «7, dans poloens. || On dil dans le même sens : place publique. Les uns assassinés dans les places publiques, corn. Cinna, i, •*. Les hommes, toujours au travail, ou dans la place publique, ne le tenaient guèredans les maisons, montesq. Rom. i. Il Dévots de place , hypocrites qui font parade de leur dévotion comme sur une place. Que ces francs charlatans, que cesdévots de place.... mol. Tart. i, 6. Il Place de fiacres, de cabriolets, endroit où stationnent les voitures à l'usage du public. La tê'e, la BIT de la place. Une voiture de place. Un cabriolet de place. || 2° Place marchande, place commode pour vendre de la marchandise. || Etre en place marchande, être dans une place où l'on peut bien vendre, et fig. être dans un lieu où l'on ne peut inanquer d'être vu. || Fig. Nous ne sommes pas en place marchande, nous ne sommes pas en lieu convenable pour traiter d'affaires. || 3° Place d'armes, terrain libre et spacieux où s'assemble la garnison d'une ville de guerre. || Se dit aussi, dans un camp, du lieu où la troupe campée vient s'assembler. Il Place d'armes d'une attiniue ou, d'une tranchée, poste où on loge de la cavalerie et de l'infanterie pour s'opposer aux sorties de la garnison et favoriser le travail des tranchées. || Place d'armes d'un fossé sec, espèce de chemin couvert qui en traverse toute la largeur. || Plaoîs d'armes du chemin couvert, espaces pratiqués à ses angles saillants et rentrants pour assembler les soldats. \\ Places basses, !e,i casemates et les flancs de bastion qui défendent le fossé et la courtine. || Place d'armes se dit aussi d'une Tille frontière où est le dépôt principal des vivres, des munitions, etc. || Terme de marine. Dans les anciens navires, place d'armes, partie du gaillard d'arrière comprise entre le grand mât et l'entrée de la dunette, où était le corps de garde, jal. 114° En général, lieu découvert, espace libre. Les lieux où des feux étaient allumés et les bêtes déchaînées, s'appelaient, en la langue de la primitive Église, la place où l'on donne les couronnes, balz. 5ocr chrét. iir. Sera-ce horsdes murs, au milieu de ces places Qu'on voit fumer encordu sang desCuriaces? CORN. //or. v, .'). Je me représente la vaste enceinte des sciences, comme un grand terrain parsemé de places obscures et de places éclairées, dider. Inlcrprét. de la no(. n" i*. || Sur la place, à terre, par terre. Un coup de bâton l'étendit sur la place. H fallait â la justice divine un nombre infini de victimes ; elle voulait voir onze cent mille hommes couchés sur la place, dans le .siège d'une seule ville [de Jérusalem par Titus), BOSS. Sermons, Bonti et rigueur «te Dieu, 2. || On dit quelquefois dans le même sens : au milieu de la place. Cela est tombé au milieu de la place. || Demeurer, rester sur la place, être jeté à terre et y rester étendu, mort ou non. Je toml)e, et hors de moi demeure sur la place, EOTR. Vencesl. iv, î. Il y eut près de cinq mille hommes de l'armée de Nicanor qui demeurèrent sur la place, saoi, Rible, Machab. I, vu, 32. || Fig. Demeurer sur la place, avoir le dessous. Knfîn, mon cher maître, voilà la bataille enga^^ée, et le signal donné : il faut que Shakspcare ou Racine demeure sur la place, d'ai.bmbeht, Lelt. à Voltaire, ïo août (778. Il Par la place, à terre, par terre. X certains endroits vous jetterez le livre [du P. Maimbourgj par la place, sévign*. >" déc. )«7&. |l Terme d'eaux et forêts. Places vaines et vagues, terrains qui ne produisent rien ; vides d'une grande étendue dans une forêt. Place vide, clairière absolument sans bois. || Terme de manège. Kndroit où on se trouve étant à cheval. Arrêter sur la place ou sur place. || F.sfiace qui est entre deux poteaux dans une écurie, pour loger un cheval. || 6" F.space qu'occupe ou que peut occuper une personne. Une place au parterre, dans un wagon, etc. Je n'ai pu trouver de place, trouver place au concert. Faites-moi une petite place auprès de vous. Il me gardait une place. J'ai payé votre place. Carlos, voulant s'asseoir parm^ les comtes, et empêché par Don Manrique : J'ai vu b place vide, et cru la bien remplir. — Don Manrique : Un soldat bien remplir une place de (romie! CORN. Don Sancht, i, 3. Mien, tifn . c'est là ma place au soleil ; voilà le commencement et l'image de fusurpation de toute la terr ■, pasc. Prni. vi, 60, éd. BAVRT. Je pense qu'elle (Mme dn Gèvre»] l'attendait que je lui dusse offrir ma place ; ma foi, je lui devais une incivilitvdo l'autre jour; je la lui payai comptant, et ne branlai pas, siivicNÂ, tl. Mme ScarroD se MuvinI avec combien d'esprit vous
aviez soutenu autrefois une mauvaise cause, à la même place et sur le même tapis ou nous étions, iD. 6 janv. ^e^i. La mort ne nous laisse pas assez (le corps pour occuper quelque place, BOss. Duch. d'Orl. Elle va descendre à ces sombres lieux.... avec ces rois et ces princes anéantis, parmi lesquels à peine peut-on la placer, tant les rangs y sont pressés, tant la mort est prompte à remplir ces places, II). ib. L'infidèle s'est vu partout envelopper, Et je n'ai pu trouver de place pour frapper, bac. Andr. v. 8. I! se met le premier à table et dans la première place, LA BBUY. V. Il [Giton, le riche] occupe i table et à la promenade plus de place qu'un autre, iD. vi. Il [Phédon, le pauvre] n'occupe point de lieu, il ne tient point de place, il va les épaules serrées, ID. ib. \\ Fig. Tenir une grande place, être un personnage considérable. Le voilà donc mort, ce grand ministre [Louvois], cet homme si considérable, qui tenait une si grande place, dont le moi, comme dit M. Nicole, étiit si étendu, sêv. 26 juillet <69t. Il 11 est aujourd'hui la Saint-Lambert, qui quitte sa place la perd (voy. Lambert). || Prendre place, s'asseoir. Mes enfants, prenez place, corneille, Hodog. H, 3. X la table d'Esther l'insolent près du roi A déjà pris sa place, bac. Esth.
III, 3. Il Demeurer en place, ne pas bouger. J'ai peine, je l'avoue, à demeurer en place. Et de mille soucis mon esprit s'embarrasse, mol. Éc. des f.
IV, t. Il Ne pas tenir en place, aimer à voyager. Vous savez, grand dieu du Parnasse, Que je ne me tiens guère en place, regnaro, Ménechmes, Prologue. W^a pas tenir en place, s'agiter, marcher, par impatience ou par allégresse. Non, j'entendrai debout; vous savez qu'en parlant je ne saurais tenir en place, bbaumarch. ifère coupable, iv, 43. Je ne tiens pas en place, je me sens heureux et léger, PICARD, Vieille tante, iv, t. || La place n'est pas tenable, on ne saurait y demeurer sans y souffrir. Il Tenirlaplace de, occupêrla place. Jésus-Christ, dont le prêtre tient la place, pasc. Prov. x. X ce Christ, à cet homme-Dieu, à cet homme qui tient sur la terre, comme parla saint Augustin, la place de la vérité, boss. Hist. il, a. || Faire place à quelqu'un, se ranger afin qu'il passe; lui donner une place auprès de soi ou lui céder celle qu'on occupe. Tyran, descends du trône et fais place à ton maître, CORN. Héracl. i, 'i. X ces mots La médiocrité revient ; on lui fait place, la font. Fabl. vu, e. Allons, mon gentilhomme, une superbe audace I Un train de roil cet air qui dit : faites-moi place! c. DELAViONE, les Enfants d'iidouard, ii, 3. || Faire place, céder. Tout fit place à mes armes, racine, Rérén. Il, i. || Faire faire place, faire écarter la foule. Dorus passe en litière par la voie Appienne, précédé de ses affranchis et de ses esclaves, qui détournent le peuple et font faire place, la bruï. VI. H Se faire place, écarter, pour passer, ceux qu'on a devant soi. X qui veut fortement les choses, nul obstacle n'est invincible; un génie appliqué perce tout, se fait faire place, arrive enfin à son but, boss. 3» sermon, Pentec. i. Là le chantre à grand bruit arrive et se fait place, boil. Lutr. v. || Quitter la place, céder la place, se retirer. Il [Pomenars] est si hardi et si effronté que tous les jours du monde il fait quitter la place au premier président, SÈV. 77. Finissons là, de grâce : Allez-vous m'en parlerT je vous cède la place, grkssbt, i« Jfifch. I, 4. llPlace, place! rangez-vous, laissez passer. Place! place! voici le grand Japhet, scarr. D. Japhet, m, 4. Place à Mathieu Crochet, rkgnard, le Bal, f». Il En place, loc. elUptiqtte, pour : restez en place, ou remettoz-vou» en place. Kn place les danseurs. On dit dans le même sens : à vos places. Il Faire place nette, vider le logement qu'on occinjail dans une maison. || X la place de, au lieu de. Ktqul des rois, hélas! heureux petit moineau. Ne voudrait être en votre place ! moi.. MHicerle, I, R. La Garde veut toujours que, si M. de Grignan ne vient pas, vous veniez à sa place, siv. »(> déc. ie7S. El toujours la créature adoi-ée à la place du créateur, boss. tUsi. ii, n. La loi se met à la place de celui qui est offensé, «t demande pour lui la satisfaction que, dans un moment de sang-froid, il aurait demandée lui-même, MOHTE.so. XXX, i». || Fig. Se mettre en ou i la place de quelqu'un, se supposer dans l'état, la situation où il se trouve. Motlezvous en ma place, représentez-vous les circonstances.... et dites-moi votre avis, siv. 7 févr. t6H9. Il se mettait volontiers en la place des autre*, ce qui produit Téqnilé et l'indulgence, fonten. Bnerhnave. Il n'est pas dans le Cd-nr humain de se mettre h la place des gens qui sont plus heureux que nous, n us sculetnent de c«uoi qui «ont plusi plaindra,
PLA
j. j. Honss. f.mile, iv. Figaro : On h\\ comme on peut : mettez-vous à ma place. — Barlholo ; Ma mettre à votre place! ah ! parbleu, je dirais de belles sottises, BEAUM. le Barb. de Sév. m, S. || On d^" dans un sens analogue : mettre en la place de. Ou» la compassion soit un retour vers nous-mêmes qui nous mette en la place des malheureux, la briit. IV. Il X la place de, en supposant qu'on fût dans la position de celui dont il s'agit. Je n'ai rien fait, monsieur, que vous n'eussiez fait à ma place, mol. Festin, m, 5. X votre place, je prendrais mon parti, j'abandonnerais tout ce tripotage, th. leclercq, Prov. t. IV, p. 2B9, dans poogens. || On dit, dans un sens analogue : être dans la place de quelqu'un. Si j'étaisdans votre place, je ne jouerais plus, hamilt. Gram. ». || Je ne voudrais pas être à sa place, se dit de quelqu'un qui est dans une situation embarrassante, ou menacé de quelque événement fâcheux.
I Fig Être en place de, être à même de. Vous qui êtes en place de sentir ces désagréments, sév. 4» janv. (6»o. Il En termes de pratique, subrogerquelqu'un en son lieu et place. || 6° Espace qu'occupe ou que peut occuper une chose. Ranger chaque chose à sa place, eu sa place. Changer des meubles de place. C'était là la place de sa maison, il n'y a pas de place ici pour tous ces livres. La place d'une blessure. Au vestibule obscur il marque une autre place, BOIL Art p. IV. Et, marquant à mon bras la place de son cœur. Semblait d'un coup plus sûr implorer la faveur, bac. Mithr. v, ♦. Ses amis s'apercevaient de la place qu'ils avaient dans son coeur, par celles que leurs portraits occupaient dans sa chambre [le chevet du lit, le dessus de la porte, l'antichambre et le grenier], m"» db catlus. Souvenirs, p. I2J, dans POUGENS. Alexandre voyait la terre comme une belle place bien propre à y établir un grand empire, FONTEN. Ifnnd. S" soir. || En termes d'architecture, emplacement, lieu propre pour bâtir. || En place, . dans la place qui est destinée à un objet. Il faut voir les choses en place, lamotte, Fabl. i, tt.
I] Fig. Tenir une grande place, se dit des choseï qui prennent une grande part du temps ou de l'intérêt. Recevoir des lettres, y faire réponse, tient une grande place dans notre vie, sÊv. i82. || l'enir place de quelque chose, en être l'équivalent. C'est une chose étrange qu'il n'y ait rien dans la nature qui n'ait été capable de lui (à l'homme] en tenir la place [de Dieu) : astres, ciel, terre, élément, plantes, choux.... pasc. Pens. viii, 2. || Faire place, être substitué à. Les bois font place aux champ», BOSSi'ET, Ilisl. I, ï. Le jour neuf fois a fait place à la nuit. Depuis qu'aux bords voisins .sa (lotte l'a conduit, c. delà vigne r(pret ticUiennes, i, 4.
II Faire place, passer après. Tout fait place à ce commerce [de lettres), s«v. 4 02. || Prendre la place de, succéder à. La mort ne l'a point changée, si ce n'est qu'une immortelle beauté a pris la pluce d'une beauté changeante et mortelle, boss. Mar.-Thér. Il Fig. Un esprit hors de sa place, .se dit d'un esprit troublé d'une façon quelconque. J'ai l'esprit un peu hors de sa place, s»v. 447, Je me suis souvenu de l'étonnement où vous en étiez [de la mort de Madame], et comme votre esprit en était hors de sa place, ID. 8 juiU. <«74. || X la place de, dans le lieu occupé par. Puisque vous ne touchiez jamais à cet argent. Mettez une pierre i la place; Klle vous vaudra tout autant, la font. Fabl. iv, 20. On ne persuade pas facilement aux hommes de mettre leur raison en la place de leurs yeux, fonten. Jfond. 6« «oir Je no vous parlerai point de frère Thiriot; il a mis l'indifférence à la place de la philosophie, volt. Lett. Damiiaville, 4« avr. 4 764. Il Laisser place, permettre. Mes soins i vos soupçon* ne laissent pas cle place, rac. Brit. v, a. Pompée > saisi l'avantage D'une nuit qui lai.ssait peu du place au courage, in. Mitkr. n, 3. Hélas! de tant de maux les atteintes cruelles Uissent donc place encore à dos larmes nouvelle»! volt. Orphel . 1, ». Il Ce fait, cette réflexion trouvera place, aura place dans.l'ouvrage, il en sera fait mention. || 7' La situation, le rang qui convient ou appartient à une personne. Le» pilote» du fils d'Ëson, Dont le nom jamais ne s'efface. Ont gagné la première place Kn la fable de la toison, malh. m, ». La place de Mme do Maintenon est unique dans le monde, s8v. »7 sept. («»«. Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle, boss. Heine d'Anylel. Toutes Ici lois que, n-gardant cette grande place qu'eue remplissait si
bien, vous sentirez ((il elle y m»l><|iH'. ih. Dlirh. €tM. yuoiqiiP le roi d Analeti^ne sfti qui; In jirincrMo Hfl siciir, pechercliée de tant dr rois, poùvnil Imniin-r un IMn<', II lui vil remplir iivec joie-lii ««•eonile pinee di- Krnnre, que In di(;liitc d'un si «ililiil
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royaume peut mettre en comparaison avec les premières du reste du monde, m. il). J'espérais que, fuyant un indipne repos, Je prendrais quelque place entre tant de héros, hac. Baj. ii, 5. Quand je suis dans UI1.3 situation qui demande de la force et du courage, il me semble que je me trouve presque à ma place, monteso. Lysim. Lorsque les rois de Macédoine obtinrent une place parmi les ampliic- Ivons, m. Esp. ix, î. Les places que la postérité donne sont sujettes, comme les autres, aux caprices de la fortune, m. Rom. ). L'homme n'est point une énipme, comme vous vous le figurez pour avoir le plaisirde la deviner; l'homme paraît être à sa place dans la nature, volt. Pens. Pascal, m. \\ Avoir place dans l'histoire, tenir sa place dans l'histoire, être mputionné, être célèbre dans l'histoire. || Cet homme n'est pas à sa place, il n'est pas dans la situation, dans l'emploi qui lui convient. Chacun se plaint, nul n'est à .'ia place, mass. Carême, Dégoûts. || Fig. Se tenir à sa place, ne pas se tenir à sa place, observer, ne pas observer les bienséances qu'exige sa condition, son état. Il Tenir sa place, figurer convenablement, remplir un rôle convenable. M. et Mme de Griçnan tiendraient fort bien leur place à la cour, sRv. 399. Quand l'espérance voudra se mêler à ces pensées, elle y sera la très-bien venue et y tiendra sa place admirablement, id. 340. || Remettre quelqu'un à sa place, lui faire sentir qu'il s'écarte des convenances, des bienséances. ||8° Il se dit, dans un sens analogue, du rang donné aux choses. On souffre bien des douleurs inutiles dans l'éloignement, et jamais notre joie ni notre tristesse ne so.il à leur place, sÉv. 16 mars H 676. Quand on est si loin, on ne fait quasi rien, on ne dit quasi rien qui ne soit hors de sa place, id. 6déc. (674. Cette petite nouvelle.... a paru une misère qui n'a pas tenu sa place devant la mort de M. de Turenne, m. 26 août 4674. Un retour à la volonté de Dieu.... remet la raison à sa place et fait prendre patience, id. 30 nov. (689. Il faut.... que.... j'accoutume votre esprità mettre ces événements dans leur place, sans y regarder autre chose que l'ordre des temps , Boss. Ilisl. Dessein gêner. Malherbe.... D'un mot mis en sa place enseigna ie pouvoir, boil. Art p. i. Les belles choses le .sont moins hors de leur place, la bhuy. xiv. || Être à sa place, se dit d'une chose qui est dans de justes con- • venances. Je ne suis point blessée de toutes les choses qui sont à Ipur place, sÉv. (( nov. (67(. Rien n'est plus à sa place que d'être protégée par un gendre, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 46 déc. (715. C'est en ce moment que la réserve et la gravité .sont k leur place, J. J. rouss. Ém. iv. Il Cela n'est pas tout à fait à sa place, se dit, par adoucissement, d'une action, d'une parole manquant de convenance. Je ne sais s'il était à sa place de permettre sur le théâtre français de couvrir de ridicule des esprits qui font assurément honneur à la nation, u" de pdisieux, Itidic. à lamode, p. 292, dans POi'GENS. || 9° Fig. Place se dit de l'intérêt, de l'attachement, dï l'estime, de l'amour qui occupent l'esprit, le cœur. Ne me refusez pas une place dans votre amitié. Et que serait heureux qui pourrait aujourd'hui Disputer celle place [dans le cœur] et l'emporter sur lui! corn. Nicom. 1, 2. Il n'est plus temps, madame, une autre a pris la place, «ol. Fem. tav. iv, 2. Et [je] ne veux nulle place en des coeurs corrompus, m. His. i, (.11 ne faut point d'art ni d'étude [pour recevoir l'impre-ssion de la beauté]; il semble même que nous ayons une place à remplir dans no« cœurs et qui se remplit effectivement, PASC. Pnsi. de l'amour. ♦S'il y a une petite place de reste dans votre cœur, vous me ferez un plaisir extrême de me la donner; car vous en avez une très-grande dans le mien, sév. 3. Je le prie [le P. GaillardI de ne me point oublier; je suis flattée de la pensée (Savoir une place dans une si botme tête, ID. 2» déc. 188B. L'ingrate en mon cœur reprit bientôt sa place, bac. i4ndr. i, (. Toutes les places sont pri-ses auprès des beautés de la cour, uamilt. (iram. *. Il Obtenir une place dans le cœur, dans l'estime de quelqu'un, être aimé, estimé de lui. ||10° Dignité , fonction, charge, emploi. Une si haute place, CORK. Cinna, 1, (. Richelieu sembla montrer son •iiccesseur i U France; et Hazarin s'avançait secrètement i la première place, BOss. ie Tellier. Est-on, disaii-il, dans le» places pour «e reposer et pour y vivre? ne doit-on pas sa vie à Dieu, au prince et i l'Êlat? III. tb. H. de Colbcrt est mort, et M. le liriMdent Pelletier va remplir sa place, maintenon, Lrtl. il M. ilAuhignf, 7 Hcpl. i(»:i. I/on se présente ptmr Ips ohori?p« île villo. l'on posliilc une pince dons l\^iii(vmi<' fnininiso. i.» bbijt. viii. On poiisB A I ' ' niois, par malhear, j'y élais
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propre . il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint, beaohabch. Uar. de Fig. v, 3. |] Prendre la place de, s'emparer de la dignité de. 11 n'a défait Tryphon que pour prendre sa place, corn. Rndng. Il, 3. || On dit dans un sens analogue ; se mettre en la place de. Ne croyez point pourtant que, semblable à Pharnace, Je vous serve aujourd'hui pour me mettre en sa place, rac. Milhr. i, 2. || Prendre la place de, succédera, remplacer. || Mettre à la place de , remplacer par. Asdrubal mourut, et Annibal, quoiqu'il n'eût encore que vingt-cinq ans, fut mis à sa place, boss. IHst. i, s. || Les grandes places, les hauts emplois dans le gouvernement. Il avait appris d'un politique philosophe, que les grandes places .sont comme les rochers escarpés, qu'il n'y a que les aigles et les reptiles qui y parviennent, d'alkmb. Éloges, l'abhé de Choisy. L'habitude des affaires apprend à mal penser ies hommes; et cette mauvaise opinion de l'humanité est un malheur attaché aux grandes places, condorcet, Maurepas. || Un homme en place, un homme qui exerce un emploi iniporlantdansl'administration. Il faut plaire aux femmes et aux hommes en place, se mêler des plaisirs et des affaires, vauven. Max. Lx. Lçs pens en place sont, au fond, beaucoup plus modestes qu'on ne le croit; car ils suppo.sent toujours que les louanges qu'on leur donne sont intéressées, genlis, MUe de la Fayette, p. («0, dans potioEus. || Être en place, être dans un emploi, dans une charge qui donne de l'autorité, de la considération. On dit : être en place, depuis que M. un tel est en place, pour dire : depuis qu'il est pourvu de quelque emploi qui lui doniieMe l'autorité ou du crédit; toutes ces nouvelles façons de parler sont bonnes, caillièhes, Hots à la mode, Convers. i. || Rester en place, conserver son emploi. Il Perdre sa place, être destitué. || Être sans place, n'avoir point d'emploi. |l Être hors de place, avoir été dépouillé de son emploi. || 11" Place se dit d'un domestique en service. Être en place. Une bonne place. Être sans place. {| 12° Terme de collège. Rang qu'un élève obtient par sa composition. On a donné les places ; il est le premier. || Une bonne place, une place parmi les premiers. Cet élève a toujours de bonnes places. || 13° Le lieu du change, de la banque; l'endroit où les négociants s'assemblent pour y traiter les affaires de leur commerce. Us [des financiers] étaient des plus riches et pécunieux de la place, J/em. duc d'Orl. depuis (608, p. 137, dans tAcunNE. Aires vingt ans entiers qu'on me débite dans la place [qu'on vend mes ouvrages], la bruy. XII. Il y avait, ce jourlà.de compte fait, cinquantetrois religions sur la place (la bourse d'Amsterdam], en comptant les arméniens et les jansénistes; on fit pour cinquante-trois millions d'affaires le plus paisiblement du monde, volt. Facéties, Pol-pimrri, 5. Il Avoir du crédit sur la place, avoir du crédit parmi les gens de banque, de commerce d'une ville. Je crois que sa fortune et la vôtre sont toutes faites, et son papier a sur la place un crédit.... nANCOURT, les Agiot. m, 6. || Jour de place, un des jours où les négociants d'une ville ont coutume de s'assembler. Il Faire la place, se dit d'un commis qui va dans toute une ville offrir les marchandises de son patron aux autres commerçants, ou conclure des traités avec eux. || Par extension, place, tout le corps des négociants, des banquiers d'une ville. Cette grande faillite a mis la place en émoi. || 14° Place se dit d'une ville, d'une localité. M. de Rével est parti ce matin pour aller voir Brest , qui e.st présentement la plus belle place qu'on puisse voir, sÉv. 66». |] 1B° Place forte ou place fortifiée, ou, simpUraent, place, ville défendue, protégée par des remparts capables de soutenir un siège. Les ordres avaient été donnés au connétable Wrangel pour entrer dans les Etats de l'électeur de Brandebourg, et même pour aller droit à Berlin, qui n'est pas une place de grande défense, pellisson, Lett. hist. t u, p. 2((, dans pouGENS. Elle assirge et prend d'assaut une place considérable, BOss. Heine d'Anglel. Le prince, par son campement, avait mis en sûreté non-seulement toute notre frontière et toutes nos places, mais encore tous nos soldats : il veille, et c'est assez, m. Louis de liourbon. Elle trahit mon père, et remit aux Romains La place et les trésors confiés à ses soins, rac. Uiihr. i, (. Louvois voulait ciue tout fût place et garni.son; c'était là son génie, c'était aussi le goût du roi, volt. ioui.v XIY, ((. 11 [Louis XIVJ construisit ou répara cent cinquante places de guerre, ID. ib. 29. Cohorn et Vaubau ouvrirent les yeux à l'Europe sur l'art de défendre, mais surtout d'alt.iquer les places, haynal, Wi.s(. pliil. xix, «.||Fig. Enfin celte beauté m'a la place pendue, halu. V, 4. Je sens qu'elle [ma vertu] chancelle et
défend mal la place, corn. ffor. 11, 6. Ouvrez mon cœur, Seigneur; entrez dans cette place rebelle que les vices ont occupée, PASC. Prisre. Je suis fort aise, comme vous, de la diversion que la goutte fait aux entrailles de M. de Grignan ; Dieu conserve le dedans de celle place, et empêche les dehors d'être si terriblement insultés! sÊv. 6 oct. (689. En remontant des phénomènes les plus sensibles par une exacte analyse de tous les dehors de la nature, je me (latte de parvenir bien plus sûrement au corps intérieur de la place, le p. castel, dans Mém. de Trévoux, 4726, t. i, p. 296. || 16" Ustensile de fer enfoncé par le pied dans un gros bloc de bois, qui sert comme d'établi au cloutier pour fabriquer les clous.
— HIST. XI" s. Nus remaindrons [demeurerons] en Testai [debout] en la place, Ch. de Sol. lxxxv. [Ils] Vienent ad Ais, descendent en la. place, tb. ccLXXxix. Il xu* s. Enmi la place [il] l'abat tout estendu, Ronc. p. 61. Sur une verte place unt le rel atendu, Th. le mart. 4 18. Li veillart sont oscis es places, Machab. i, 2. Ijxiii' s. Ele [Troie] fu jà de moult grant signorie ; Or n'i puet on que la place trover, quesnes. Romancero , p. 40s. Orli convient guerpir (quitter] la place. Se il ne vell lessier la pel, Renart, 24*8. || xiv s. En la plache vinrent tout droit Là îi je m'estoie airesteis, j. nE condê, t. III, p. 3. Es gieuz que l'en fait es places publiques, ORESMR, Eth. 308. Les ti.sserans avoienl plache en la ville de Rouen pour eus alouer, jousle une maison que l'en appelle Damietle, du cange, placea. \\ xv s. Allons ! allons ! celle ribaudaille ont tué notre héraut ; mais il leur sera cher comparé [veniUi], ou nous demeurerons tou^ sur la place, FROiss. 11, II, 207. [Les six bourgeois de Calais agenouillés aux pieds d'Edouard implorent sa pitié] Certes il n'y eut adonc en la place seigneur, chevalier, ni vaillant homme qui se pust abstenir de pleurer, lo. I, I, 32(. Leur vaillant capitaine, qui mie ne s'y espargnoit, ainsy tenoit si bien sa place, que nul tant n'y traveilloil, Rouciq. i, 32. Tant bat-on place, qu'elle est prise, VILLON, Bail || xvi' s. Parmy les soldats, où la peur debvroit trouver moins de place, MONT. I, 6( . En la mesme place [endroit] où il avoit livré bataille... id. i, 264. Retirant et estant les garnisons qu'il avoit mises es fortes places, amvot, Pélop. 64. Il en fut destitué [de sa charge], et mis un autre en sa place, pour.... m. Marcel. 5. Les sénateurs luy firent place, et le receurent entre eulx, AMYOT, Flam. 38. Bien de sa place part qui son amy y laisse, cotohàve.
— ÊTYM. Picard, plache; bourg, plaice; provenç. plassa; esp. plaza; port, praça; ital. piaaa; du \it.plntea, place publique, lequel vient du grec itXa- TEïa, féminin de 7t),aTijç. large (comparez plat).
PLACÉ, ÉE (pla-sé, sée), part, passé de placer. (|1° Mis dans un certain lieu, dans une certaine place. Placé loin de vos yeux, j'étais vers le rivage Où nos fiers ennemis osaient nous résister, volt. Tancr. v, (. Les yeux placés comme ceux du chien, Bi'FP. Qiiadrup. t. m, p. 337. || 2° Déposé de manière à produire intérêt ou rente, en pariant de l'argent. Mon bien est solidement placé sur le receveur général des finances de Ninive, j'ai de quoi vivre dans l'indépendance, volt. Memnon. || 3° Fig. Mis, en parlant des personnes, en des choses que l'on compare à un lieu, à une place. Un souverain placé sur le trt^ne, ou par des conjurés, ou par des rebelles, diderot, Claude et Nér. i, 73. Placé dans un temps de calme et sous des règnes modérés, la fortune lui refusa et ses hautes faveurs, et ses rigueurs extrêmes, marmontel, Mém. xi. || C'est un homme qui serait placé partout, bien placé partout, c'est un homme fait pour être bien reçu dans les meilleures sociétés, et aussi un homme qu'on pourrait élever à des emplois importants. || Il se dit en un sens analogue en parlant des choses. Ne trouvezvous pas que Dieu prend toujours le parti du roi, et que rien ne pouvait être ni plus glorieux à la réputation de ses armes, ni mieux placé que celle victoire [de Fleurus]? sév. i> juill. 4690. Un voyage d'une longueur ridicule, placé dans le milieu du vôtre, in. 22 avr. i674. Ce mot tdter fait ici un très-bel effet; car il n'y a guère de mot qui, étant beurei. ement placé, ne puisse contribuer au sublime, voLr. Comm. Corn. rem. Sertor. m, 2. Il 4° Avoir le corps bien placé, la poitrine, les épaules bien placées, les avoir dans la position où il convient. || Terme de manège. Cheval bien placé, celui dont le front tombe pcrpendicuhirement sur le bas du nez. |( Être placé à clieval, y être bien installé. Il B° Fig. Avoir le cœur bien placé, mal placé, avoir des sentiments honnête*, en être dé-
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pourvu. ViTeï pour lui, Dircé, Ne lui dérobez point un cœur si bien placé, corn. Œdipe, m, 2. Pour un coeur bien placé c'est un supplice horribb, al. nu- \AL, Manie des grand, m, 8. {| 6* Bien place, mal placé, ce dit aussi de ce dont on fait un bon, un mauvais emploi. Zoon plaisait aux yeux; mais ce n'est pas assez ; Son peu d'esprit, son humeur sombre Rendaient ses talents mal placés, la font. Filles de Minée. || Convenable. Je ne lui ai jamais rien entendu dire qui ne fût bien placé et dit de bon goût, MAaiVAUX,lforionne, 5» part. || Assez placé, assez convenable. Il eût été assez placé que le Kain ou Mlle Clairon eût présenté l'ouvrage [Tancrède à Mme de Pompadour], voit. Lett. d'Argental, I5 avr. 176). Il Cela n'est pas bien placé, se dit d'une chose que l'on désapprouve comme peu convenable. PLACEME>iT(pla-se-man),s.in. || 1° Action déplacer. Le placement d'une pendule, d'une bibliothèque. Il 2" Le placement d'un ouvrier, d'un apprenti, d'un domestique, l'action de lui procurer de l'ouvrage, une place. {| Bureau de placement, bureau où l'on procure des places aux domestiques et aux ouvriers. Il 3° Action déplacer de l'argent. 11 a fait un bon placement. Il Argent placé. Son placement lui est renttc.
— HIST. XVI' s. Honoré de lui (Henri IV] entre trois ou quatre pour l'accompagner au placement des armées, aux reconnoissances.... d'aub. Hist. préf. 8.
— ÉTYM. Placer.
PLACENTA (pla-sin-ta), *. m. \\i° Terme d'anatomie. Corps mollasse et spongieux intermédiaire, pendant la gestation, entre la mère et l'enfant. Les sages-femmes se hâtaient, par exemple, de tirer, et même avec violence, le placenta lorsqu'il tardait à venir, et elles aimaient mieux le metlie en pièces, ce qui causait souvent la mort, fonten. Ruysch. || 2° Terme de botanique. Organe vasculaire situé à l'intérieur de l'ovaire et auquel s'attachent les ovules. || 3° Terme de zoologie. Espèce d'oursin déprimé. || Madrépore nommé aussi méaiidrite. || Au plur. Des placentas.
— ÉTYM. Lat. piaf en(o, gâteau; grec, wXaxoO;, gâteau, qui vient de ii),o5 (voy. plaque) ; le gâteau est dit it).axoùi; de sa forme, et le placenta de la comparaison à un gâteau.
t PLACENTAIRE (pla-sin-tê-r'), adj. || 1" Terme d'anatomie. Qui a rapport au placenla. || 2" S. m. Terme de botani()ue. Le placentaire, la partie du fruit qui est formée par la réunion de plusieurs placentas, et qui, par conséquent, porto les graines.
t PLACENTA RIEN, lENNE (pla-sin-ta-riin, rièn'), adj. Terme de botaniiiue. Qui doit naissance au placentaire ou à ses lobes. || Cloisons placenlariennes, cloisons produites par des prolongements du trophosperme.
— ÉTYM. Placentaire.
f PLACENTATION (pla-sin-ta-sion), *. f. Terme de botanique. Manière dont les graines sont attachées au placenta. || Placentation pariétale, situation des placentas adhérents aux parois ovariennes.
t PLACENTirOllME(pla-sin-tifor-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de placenta, de gâteau.
— ÉTYM. Placenta, et forme.
I. PLACER (pla-sé. Le c prend une cédille devant a et o; plaçant, plaçons), r. a. || 1° Mettre dans une place, dans un lieu, en parlant des personnes. Ou placerez-vous tout ce monde-là? ...La garde au dedans par Sillace est placée, corn. Suréna, iv, 4. je ferais bien devons dire.... ce que je souffre tous les jours quand je fais réflexion en quel endroit la Providence nous a placées pour la passer [la vicj, sBv. (O juin 167). Et déjà les galants chasseurs Ont fait placer sur des feuillées Les dames de neuf habillées, PERBvuLT, Chasse, dans richelet. C'e.st dans cette troup« innocente et pure [les âmes chéries de Dieu] que la reine a été placée, boss. Mar\-Thér, Quoiqu'il (Paul Véronèse] ait placé des pères bénédictins et des soldats suisses dans des sujets de l'Ancien Testament, volt. Ets. pois. (p. ^l. jj Absolument. Indiquer les places dans une cérémonie, dans une assemblée. Il fut chargé de placer. || Il se dit de la place dans le temps. On reproche à l'auteur d'avoir dit que le prand Condé mourut à Chantilly en 1680; cela n'est pas vrai; l'auteur place celte mort en )8S«, non pas à Chantilly, mais à Fontainebleau, volt, h'ragm liist. xxv. || 2" U se dit aussi des choses que l'on met dans un lieu. Placer des meubles dans un appartement. LéviJe, il faut placer, Joad ainsi l'ordonne. Le glaive de D.tTid auprès de la couronne, iiac. A th. iv, 1. 1| 3° Au jeu do piume, placer bien la balle, pousser la balle avec la raquette, atin qu'elleaille frapper l'endroit qu'on veut. Qu'on ne dise pas que je n'ai rien ilit de nouveau ; U disposition de« matières est nouvelle; quand on
joue à la paume, c'est une même balle dont enjoué l'un et l'autre; mais l'un la place mieux, pasc. Pens. VII, 9, éd. havet. || On dit dans le même sens: Ce joueur place bien son coup. || Terme de manège. Placer un homme à cheval, le mettre à cheval dans la position oii il doit être. || Placer un cheval, le maintenir en équilibre dans, tous les mouvements qu'on lui fait exécuter, ou , simplement, le mettre dans une cerlaine position pour le faire voir. || i l'escrime, placer bien son coup, porter une boite avec adresse et sûreté. |{ 4" Fig. Faire entrer dans une maison, dans une famille. II a bien placé sa fille. Non, elle n'était heureuse ni pour avoir placé auprès d'elle la princesse Anne, sa chère fille, ni po^ir l'avoir placée dans une maison où tout est grand, Boss. Anne de Conî. Tibère, que l'hymen plaça dans sa famille, RAC. Brit. Il, 2. Il Procurer un poste, un emploi, un établissement. Quelle majesté n'observent-ils pas [les riches] à l'ég.ird de ces hommes chétifs [les savants] que leur mérite n'a ni placés ni enrichis! LA Bruy. VI. Si ceux qu'on appelle gens d'honneur n'en connaissent plus d'autre que celui d'être riches pour être placés, ou placés pour s'enrichir, BAYNAL, Uist. phil. xiii, 54. J'ai placé deuxdemes frères, Mes trois fils ont de l'emploi, hérang. Ventru. Il Placer un domeslique, lui procurer une condition. Je pourrais, par Chloé, te placer chez Valère, GBESS. Ifpch. 1, t. Celte dame qui se mêle de faire des mariages et de placer des domestiques dans les maisons, legrand, Métamorph. se. 4. || 5° Placer de l'argent, le prêter à intérêt. Ceux qui, sans courir les risques de la mer, veulent tirer quelque prolit de leur argent, le placent ou chez les banciuiers, ou chez d'autres personnes, à douze pour cent par an, ou plutôt à un pour cent à chaque nouvelle lune [à Athènes], babth. Anach. ch. 55. || Placer de l'argent, se dit aussi de l'emploi qu'on en fait pour en retirer une rente. J'ai placé mon bien à fonds perdu, en une terre. || 6° Terme de commerce. Faire le placement, opérer le débit, la vente. Placer des denrées, des étoffes., des articles de commerce. Placer un ouvrage littéraire. {| Dans un sens analogue, placer des billets de loterie, des billets de spectacle. || 7° Fig. Donner un rang, une position. .Ses vertus le placent parmi les plus honnêtes citoyens de la ville. Sa disgrâce et ton crime Ont placé d.ins mon cœur ce héros magnanime, bac. Alex. 111, 2. Dans le vulgaire obscur si le sort l'a placé (un enfiint], Qu'importe qu'au hasard un sang vil soit versé? m. Alliai, n, 6. Il [Antoine roi de Navarre] ne mérite d'ôlre placé dans l'histoire que parce qu'il fut le père du grand Henri IV, volt. Moeurs, 17|. || Placer dans un testament, faire un legs^ L'abbé de Chateauneuf.... à qui je dois d'avoir été placé dans le testament de Ninon, volt. Mel. hist. Nouv. doutes testament Richelieu. Il 8° Il se dit des choses auxquelles on attribue, par métaphore, une place qui n'est qu'idéale. Le philosophe place le bonheur dans la vertu. La Garde, qui revient à Paris, ne saurait-il placer son voyage utilement pour nous? sÉv. 4 nov. )676. Je plaçai ma saignée brusquement, selon le besoin de mes affaires plutôt que sur celui de ma santé, m. (Ojuill. 1675. Je dis à M. le Prince en courant : Ah! (pie je plains ceux qui ne sont pas ici [à la représentation d'F.sther] ! il m'entendit, et tout cela était si 'pressé, qu'il n'y avait pas moyen de placer une pensée, ii). 28 fév. 1689. Il Placer un mot, un propos, elc. le dire dans un moment où il peut produire de l'effet. Elles [les femmes) sont heureuses dans le choix îles termes qu'elles placent si juste, que, tout connus qu'ils sont, ils ont le charme de la nouveauté, LA BRUY. I. Il Placer un mot, dire quelques paroles. Il y perd son maintien, ne trouve , pas où placer un seul mot, et n'a pas même de quoi écouter, LA BRUV. VII. Il Placer un nom sur un visage, dire le nom de la personne que l'on voit. Je n'ai pas le don de placer si juste les noms sur les visages : au contraire je fais tous les jours mille sottises là-dessus, skv. 29. || Placer bien, placer en bon lieu son arnilié, son affection, sa confiance, les donner à des personnes qui en sont dignes. Il lut le livre, aima l'auteur, et apprit à mieux placer sa confiance, h'alemb. liloges, Montesquieu. \\ Placer bien ses grâces, ses faveurs, choisir ries personnes de mérite pour leur accorder des grâces, des faveurs. || Placer bien ses charités, ses aumônes, les faire à des personnes qui les méritent. || 9" Se placer, r. réfl. Prendre une place. Je ne savais (juc devenir, ni où me placer, Marivaux, Pays. part). 1" part. Il Terme de manège. Se placer à cheval, être placé & cheval, y être dans une bonne et bcllo position. Il iO* Être mis en une certaine ordon-
nance. Mes mots viennent sans peine et courent sa placer, boil. Sal. vu. jj Se mettre en une certaine place. L'ombre de Conradin sanglant, percé de coups, Terrible, vous repousse et se place entre nous, c. delavignf. , Vêpres siciliennes , il, .■?. Il 11° Prendre un rang. Parmi tant de héros je n'ose me placer, bac. Brit. i, 2. {| Obtenir un emploi, une dignité. Quelque grande difficulté qu'il y ait à se placer à la cour, il est encore plus âpre et plus difficile de se rendre digne d'être placé, la bruy. viii. Il y a même des stupides et, j'ose dire, des imbéciles qui se placent dans de beaux postes, et qui savent mourir dans l'opulence, ID. vi. Dans les guerres civiles.... ceux qui ont du mérite se font jour; chacun se place et se met à son rang; au lieu que, dans les autres temps, on est placé, et on l'est presque toujours de travers, monteso. liom. 1 1 . || Entrer en condition dans une maison pour quelque travail, quelque service. L'une des deux, pour se tirer d'une extrême misère, cherche à se placer ; elle entre au service d'une fort grande dame.... la bruy. vi.
— Ktym. Place. Placer ne parait être venu en usage qu'au commencement du xvii* siècle; on trouve placement dans d'aubignê.
t PLACER (pla-sèr), j. m. Nom donné, dans la Californie et l'Australie, aux lieux où l'on trouve de l'or. Les placers de la Californie.
— ÉTYM. F.sp. placel (ahora se Uama placer, dit le Dictionnaire de Salva), banc de sable, d'où, suivant le même dictionnaire, sables aurifires.
1. PLACET (pla-sè), s. m. Petit siège qui n'a ni bras, ni dossier. Prends ce banc, ce piacet, ou cette chaire à bras, nouguieb, Odyssée à la mode, p. 59. Un lit et deux placets composaient tout son bien, BOIL. Sat. i. Il On dit aujourd'hui tabouret.
— HIST. XVI' s. Faisants placets d'herbe verte, PASQuiEii, Monophile, dans lacurne. Douze plasetz de bois de noyer, dont six grands et six moyens, [Inventaire de Gabrielle d'Estrées], de labohoe, Émaux, p. 452.
— ETYM. D'après Ménage, c'est, avec un changement de genre, un <liminutif de place : xvr s. Aucunes maisonnettes, petites ou grandes boutiques, ny aussi aucune eschelle, banc ou placette, iVoue. COMSf. flt'n. t. I, p. 4 007.
2. PLACET (pla-sè; le t ne se prononce pas et ne se lie pas ; il n'en n'était pas de môme au XVII* siècle, et Chifllet, Gramm. p. 21 7, dit que le t se prononce même devant une consonne; au pluriel, Vs se lie : les pla-sè 2 el; placets rime avec traits, paix, succès, etc.), s. m. || 1" Demande succincte par écrit, pour obtenir justice, grâce, faveur (on dit aujourd'hui pétition). Premier piacet présenté au roi sur la comédie du TarliilTe, qui n'avait pas encore été représentée en public, MOL. J'ai l'ait présenter deux placets au roi, où l'abbé Testu a mis toute son éloquence; ils n'ont p.as seulement été lus, maintenon, Utt. d Mme de Chantelou, 28 avril )880. Il (Louis XIV] renfermait les placets qu'on lui donnait dans une cassette dont lui seul avait la clef, svint-foix, Rss Paris, Œuv. t. IV, p. <93. ||Par extension. Nous fatiguons le ciel à force de placets, la font. Fabl. vi, 1 1 . || 2° l.ettres de piacet, s'est dit des lettres, scellées du sceau épi.scopal, dont les quêteurs étaient obligés de se munir. || S'Terme do juris|iriidence. Demande adressée au tribunal pour obtenir audience. Vou» montrerai je l'heure où les gens à procès Qui sans argent sont sans refuge, Vo;it el revont cent fois présenter des placets, Sans pouvoir obtenir audience d'un juge? iiouB^AUi.T, PhoHhon, iv, ». P 4" Anciennement. Espèce de petit poinie en forme do piacet. Voiture a fait de jolis placets.
-- HIST. xvi* s. Ils no peuvent estro adjournez pardevant juges ecclésiastiques, sans preallablo permission ou piacet du prince ou du conseil provincial, Nour>. coust. gériér. t. 11, p. ino. Kt néanmoins seront lesdits jugemens exécutez par provision.... sans demander congé, piacet, visa ne paro-itis, Déclaration du roi, 5 août «58i.
— ÉTYM. I.at. piacet, il pl,att,qui constitue la formule par laquelle la pétition est accordée. Aussi le sens propre de piacet e.st-il autorisation, comme on peut voir dans l'historique; c'est par abus qu'il a pris celui de pétitlim.
t PLACEUR, EIISK (pla-ïour, »eû-z'),». m. et f. Synonyme de pl.icior n" ï.
f PI.Af'.ÉVKHn (pin se leur), ». m. S'est dit au- Irefiiis doflieiers qui dniiiinient le» places dnns le» marelles. Ordonne que les mesureur»... courtiers.... plncéyiiiix, pni,iierH des linlles. voyers... Ann'l du Ciinsi-il, -ji iiiiiih \Cr,',.
hTYM. Piact.
PLA
t PLACIDE (p!a-si-d"), adj. Oui garda son calme Bt u douceur. Lui [Lamartine], toujours placide au pluH fort lie l'orape, écartail du geste ou détournait d'un mot, d'un regaiil, les armes braquées sur sa poitrine, Daniel stern, Bévolutton de 4848, i. ii,
— RKM. Placide, qui est dans les dictionnaires Al xvr siècle, est un mot renouvelé.
— HIST. xvf s. Placide, cotorave.
— ÊTYM. Lai. placidits, de placere, plaire.
t PLACinEMENT ( pla-si-de-man ) , a<lt>. D'une manière placide.
— HIST XVI' s. Placidement, cotgratï.
— ETYH. Placide, et le suffixe ment; ital. plaeidamente.
t PLACIDITË (pla-si-di-té), s. f. Néologisme. Caractère placide ; tranquillité douce et sereine. Il ; avait U (dans des tableaux d'église) un sentiment profond des divines nouveautés de l'Evangile, uni à je ne sais quelle placidité forte qui révélait l'étude de la nature antique, DAniEL sterm, Esquisses morales, p. 2«o, Paris, <8b6. Le fleuve, unilormément alimenté, roule babltucUement ses ondes avec la maiestueuse placidité qui est le plus bel attribut de la puissance, pocrnrt, Observ. sur U Rh6n«, Ac. des se. Comptes rendus, t. li, p. 968.
— ÊTYM. Lat. plaaditatem, de placidus, placide. t PLACIER, ERE (pla-sié, siè-r') , t. m. et f.
1 1* Celui, celle qui a mission d'indiquer les places dans une cérémonie, dans un lieu puhlic.
I a* Celui, celle qui t'occupe du pi. cernent d'articles de commerce, d'ouvrages de librairie, etc. Il Adj Commis placier.
— ÊTYM. Placer i.
f PLACOniNE (pla-ko-di-n'), ». f. Sous-arséniure de nickel qui se présente dans la nature en cristau i tabulaires.
— f.TYM IDov.wSriç, qui est en forme de plaque.
t PLACOSTVLE (pla-ko-sti-l'),a<<). Terme de zoologie. Se dit d'une coquille dont la columelle porte un pli.
— RTYM Il)àÇ, pli, et style
PLAFOND (pla-fon ; le d ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, l's se lie; des pla-fon-z épais), t m. || 1" Terme d'arobitectnro. Surface plane et horlîontalequi forme la partie supérieure d'un lieu couvert. Le ; lafond des temples tgjptiens. Sénëque nous peint un plafond mobile, dont le mouvement circulaire imitait les mouvements du ciel, et dont les révolutions se succédaient suivant les saisons, ouATRF.MèKE deou'ncy, Instii. Mém. hisl. et lut. anc. t. m, p. 269. |{ l'iafond de corniche, le dessous du larmier. || 2" Surface qui forme le haut d'une salle, d'une chambre, etc. et qui est le dessous d'un plancher. Il compte des plafonds les ronds et les ovales, boil. Art p. i. Défilei, sans vous piesser , votre petit chapelet (des vers élégiaques récités] ; de temps en temps un regard au plafond ; quand on a l'œil expressif, cela ne manque jamais son effet, CH. DE b»:rnard, «n Homme sérieus, § vin. |( Faux plafond, plafond qu'on fait auKlessous du plafond principal, pour diminuer la hauteur d'un appartement. Il Fif et populairement, avoir une araignée dans le plafond [dans la tétcl, se dit d'un homme bizarre et un peu fou. || S" Terme de peinture. Ouvrage ornant un plafond, et fait pour être vu de bas en haut, dont les figures, par conséquent, doivent être raccourcies et vues en dessous. Les plafonds de ce peintre sont admirables. Que vous ne peindrez point en plafo>id, ni en voûtes, et que vous ne serez engagé que pour cinq années, poussin, Lett. {de Noyers à Poussin i* janv. <63»).
II 4* Terme de menuiserie. Toute espèce de me-^ Duiserie placée horizontalement et servant à revêtir le haut des embrasements des portes, des croisées, etc. || 6" 'terme d'hydraulique. Le fond d'un bassin, d'un réservoir, sa plateforme, son aire. .Sa largeur (du canal) au plafond est de i2 pieds, cappeau, De la compagnie des Alpines, p. 2(», Aix «af. Il II 8« dit, dians un sens analogue, du fond qui constitue une vallée, un plateau, etc. Le plafond de la vallée [en amont de la Loire), quoiqu'il acquière plus d'importance vers l'aval, est cependant en somme singulièrement étroit, dausse , ii:ad. des $t. Cornpus rendus, t. un, p. )2»8. i. Il ' Terme de marine. Planches ou plate-forme rei-oiivranl la iwirtic (ijate ou A peu pién pliile ilii fond <l 1111 nnvirc. || Plate Torme ou railk-botllH qui couvre !>• fomi ilo In ciiniiiliri- il un cnnot ou autre bolcnu il rnmt* (, 7" Ti-rnin ilc morlirler. Trnnche de mnr lin- |ilac.-<- .-n n-loiir ilViiiicrre nu lins et derrière le lraYrr> •liiii rlinniliinnle. )| »" Terme de pAlissIcr, Gr»ii.i ..i,.i. .M ,1 ,. ,■...,„„■., g,.^.j un j,g(n ^g
PLA
bord, qui sert k cuire différentes pièces dans le four.
— ÊT'YM. Plat, et fond.
PLAPONNAGE (pla-fo-na-j'), i. m. Action de
plafonner. || Travail de celui qui plafonne.
PLAFONNÉ, ÉK (pla-fo-né, née), part, passé de pla'onner. Une chambre plafonnée.
PLAFO.NNER (pla-fo-né), ti. a. || 1" Couvrir le dessous d'un plnncber, garnir de plâtre le haut d'une chambre, etc. Plafonner un appartement. || i' Terme do peinture. Plafonner une figure, donner à une figure peinte sur un plafond le raccourci nécessaire, pour que, vue de bas en haut, elle fasse un bon effet, jj Neutralement. Ces figures plafonnent bien, sans offrir de ces raccourcis désagréables qui rapprochent l'orteil de la narine, th. cautier, Monit. univ. 2 mal <"68.
— ÉTYM. Plnfnnd.
PLAFONNEUR (pla-fo-neur), s. «. Celui qui plafonne; qui fait des plafonds de plâtre.
PLAGAL, ALE (pla-gal, gH-V), adj. Terme de plain-chant. Mode ou ton plagal, celui qui part de la quarte au-dessous de la tinale, par opposition aux authentiques, qui partent de la filiale et vont à son octave. Le 'i', le 4*, le «• et le 8' tons d'église sont plagaux. jj Cadence plagale, la cadence harmonique qui consiste, en finissant un niorceau, à passer de l'accord parfait de sous-dpminaute à l'accord parfait de tonique.
— RTYM. nVÔYio;, de côté, parce que la quarte se trouve placée à côté da la toni(|ue, suivant d'Ortipne?, Dictionnaire de plain-chant; mais, suivant Lafage, parce que les modes plagaux sont moins directs que les authentiques, qui donnent une gamme toute naturelle.
PLACiE (pla-j'; au xvit' siècle. Va était long, pldge, Cliilflet, Gramm. p. ( 8S ; au xvi', ce mot s'écrivait et se prononçait piôije, Paisgiave, p. 6ï), s. f. Il t* Dans le langage élevé et poétique, contrée. Tel on voit qu'un lion, roi de l'anlente plage, De sang et de meurtre altéré, Porte sur les chasseurs un regard assuré, la font. Lett. x*v. Est-il dans l'univers de plage si lointaine Où ta valeur, grand roi, ne le puisse porter? mil. Ép. iv. || S" Terme de géographie. D'une minière générale, espace de terre consich'pé par le rapport qu'il a avec quelque partie du ciel, comme par exemple avec les zones, avec les climats, on avec les qualie grandes parties du iT»nne. Cette ,-ill« est- située vers telle plage du ciel. On ne compte que quatre principales plages, le nord, le midi, l'est, l'ouest; on les appelle aussi les points cardinaux, horffer, Dicl. de phys. et de chimie. || 3° Terme de marine. Espace plat d'une étendue plus ou moins grande sur le rivage de la mer, et qui n'est recouvert d'eau que dans les grandes marées. I lage de sable. Plage de galets. El la brise du soir, en mourant sur la plage, Me rapportait tes clunts prolongés sur les flots, lauart. Nouv. Méditalinns, il.
— HIST. xiir s. Les nefs du Manzi [un pays de l'Inde) portent si grans ancres de fust, que il seuffrent moult de grans fortunes aus plajes, marc pol, p. 649. Il XVI* s. Lor ilz rencontrent un vaisseau par le moyen duquel ilz sceurent qu'ilz estoient en la plaj-e, que les mariniers appellent vulgairement les testes de la grande Syrte, amyot, Dion, t^. Ils disent que ce fut un exprès miracle de faveur divine, que cette plage de mer se soubmeil gracieusement à luy, iD. ilet. 30.
— f.TYM Ital. piaggia; bas-lat. plagia; du lat plàga, étendue de terre, dérivé, d'après Curtius, n- 3B7, de ■Ktiayoc, les plaines de la mer.
PLAGIAIRE (pla-ji-ê-r'), s. m. || i' Au sens propre, celui qui détourne les enfants d'autrui, qui débauche et vole les esclaves d'autrui. Ils font plus, ils arrachent les enfants du sein des pères, ils se les supposent, ils les défigui'ent, ils les blessent, ils les immolent comme des victimes à leur pauvreté; ce sont de véritables plagiaires condamnés par la loi de Constantin, guyot »s pitaval, Cauies célèbres, i, 408. Ces plagiaires impitoyables (les jésuites] qui les [les enfants) enlevaient à leurs mères, ui- CBELET, Pu praire et de la femme, ^'• part. ch. i. i; A peine usité en ce sens. || 8° Celui qui prend, dans un ouvrage qu'il ne cite pas, des pensées, des expressions remarquables, ou même des morceaux entiers. Ces larrons et plagiaires qui dérobent totis les jours l'ccorce de ses œuvres [de Pic de la Hirandole), pour en tirer le suc et la moelle de leurs écrits, maudè, Rosccroix, vu, -i. Il est assez de geais à deux pieds comme lui Oui se parent souvent des dépouilles d'autrui. Et que l'on nomme plu4{iairet, la vomi, t'abl. iv, *. Uulière prit deux
PLA
scène» entières dans la ridicule comédie du Pédant joué de Cyrano de Bergerac : ces deux scènes sont bonnes, disait-il en plaisantant avec ses amis, elles m'appartiennent de droit, je reprends mon bien ; on aurait été, aprùscela, très-mal re'^u à traiter de plagiaire l'auteur du Tartufe et du Misanthrope, volt. Oitt. phil. Épopée. Je hais comme la mort l'état de plagiaire, A. de musset, la Coupe et les /.èiT?.>-. dédicace. || Adj. Auteur plagiaire. (| Fig. Les plagiaires de la terreur de <7»3.
— HIST. XVI* s. Us m'ont chargé de calomnie, accusé de plagiaire [plagiat], et, sans ouïr mes raisons, condamnéd'ignorance et de témérité, pare, xx, Préf
— ÈTVM. Lat. plàgiarius, proprement celui qui débauche et recèle les esclaves d 'autrui , de plàgium , crime de débaucher les esclaves, du grec it).âf«o«i oblique : celui qui met de côté, qui détourne.
PLAGIAT (pla-j i-a), s. m. || 1° Au sens propre à peu près inusité ; action de disposer d'une personne libre en la vendant ou l'achetant comme esclave. Arnauld du Tilh a été condamné pour avoir commis sept grands crimes, fausseté de nom, supposition de personne, adultère, rapt, sacrilège, larcin, plagiat; ce dernier crime est celui qu'on commet en retenant une personne qui e^'t en puissance d'autrui, GUYOT ne PITAVAL, Causes célèbres, i, *9. Il f Action de plagiaire, de celui qui s'approprie des portions de livres. Le plagiat est incontesuibloment un des délits les plus graves qui puissent se commettre dans la république des lettres, et il y faudrait un tribunal souverain pour le juger, BONNET, Lett. dit). Œuv. t. xii, \\ aos, dans potiGENS. Quand un auteur vend les pensées d'un autre pour les siennes , ce larcin s'appelle plagiat, VOLT. Dict. phil. Plagiai. Le plus singulier de tous les plagiats est peut-être celui du père Harre, auteur d'une grande histoire d'Allemagne en dix volumes; on venait d'imprimer l'Histoire de Charles XII, et il en prit plus de deux cents pages qu'il inséra dans son ouvrage, m. ib. || Passage pillé d'un ouvrage. Tous les plus beaux endroits de son ouvrage ne sont que des plagiats. |{ 3" Par extension, il se dit de la peinture, de la musique. Rien n'est si commun et si difficile à reconnaître que le plagiat en peinture, dioehot. Salon de (766, (Muv. t. xiit, p. <6», dans P0UGENS. Cet emprunt de lumière et d'inspiration n'est point un plagiat, ID. th. p. «74.
— ETYM. Voy PLAGIAIRE.
t PLAGiftDRE (pla-ji-è-dr'), adj. Terme d« minéralogie. Qui a des facettes situées en biais.
— ÉTVM. llXàfio;, oblique, et ë6pa, face.
t PLAGIOBASIQUE (pla-ji-o-ba-zi-k), at^'.Term* de minéralogie. Se dit des systèmes de cristallisation à coordonnées obliques.
— ETYM. IDoTioç, Oblique, et base.
t PLAGIONITE (pla-ji-o-ni-f), s. f. Sulfura double de plomb et d'antimoine, dont la cristallisation dérive d'un prisme rhomboïdal oblique. ,
— KTYM. ID.oiT'o;, oblique.
I PLAGIOSTOMES (pla-ji-o-sto-m'), ». m, pi. Groupe de poissons à squelette cartilagineux, comprenant les raies, torpilles et squales.
— ETYM. nXaY'OCi oblique, et aT:o\i.a, bouche,
1 . PLAID (plè ; le d ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. Il 1° Terme de féodalité. Se dit des assemblées dans lesquelles se jugeaient les procès, sous les rois des deux premières races. Les comtes assemblaient, pourjuger lesaffaires, des espèces de plaid» ou d'assises, montesq. Esp. xxi, 28. || Plaids géiiérauxougrandsplaids, assisesdesofficiers de justice. Il Cour des plaids communs (common plea.':), une des quatre principales cours de justiced'Angleterre; elle juge les différends civils entre parties. || 2" Audience d'un tribunal. Tenir les plaids. Tous les jours, le premier aux plaids etie dernier, hac. Plaid, i. t. Il Fig. Les Rohan laisaient des visites dans Versailles, tenaient les plaids chez la maréchale de Is Motlie, ST-siH. 466, 216. || Les plaids tenants, c'esti-dire à l'audience. || Les plaids sont ouverts, l'audience est ouverte. || Fig. Être sage au retour des plaids, perdre l'envie île plaider après avoir eu des procès. Il 8° Par extension, plaidoyer. Celui devant qui se faisait le plaid, nommait un d'entre eux qui poursuivait la querelle, iiontesq. Esp. xxvm, 24. Il Proverbe. Peu de chose, peu de plaid, c'est-àdire pour expliquer une affaire de peu de conséquence, il ne faut pas de longs discours ; ou bien la chose dont on parle ce vaut pas la peine d'être contestée. || Ce mot a vieilli, excepté dans le .sens historique et appliqué aux assemblées et aux juri> dictions du moyen &ge.
— HIST. IX' s. Et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai (je d« prendrai jamais querelle avec La-
PLA
tliairel, Serment. |l xi* s. AI plait ad Ais en fut jaget à pendre, Ch. de Roi. cviii. Dès or comence li plait de Guenelon, ib. cclxix. || xa* s. Ne peuvent une hore avoir pez ; Toute jour sont.diont, az plez, Plais de forez, plais de monnoies, Plais de porprise, plaiz de voies, K plaiz de blet, e plaiz de moules.... flou, dans du cange, ptacitum. Al jordu jugement, quant Dex tiendra ses plais, Sax. xv. Li bachelers ne tint plait [ne tint compte] de ses paroles, mais à force fist de la pulcele sa volented, Rois, p. 464. Il xiu* s. Une feme avoit fet son plet à deus ribaus, qu'il tueroient son baron [mari], beaum. lxix, 46. Il XV s. Après advint que le roy Philippe print ledit messire Robert en fort grant haine, pour l'occasion d'un plaid qui esioil esmeu par devant luy, dont estait cause la comté d'Artois, froiss. i, i, 54. Il xvi* s. En cent livres de plaid n'y a pas une maille d'amour, cotgbave.
— ETYM. Prov. plag, plach, pïacht, plai, plait, plat; anc. calai. pieit;esp. pleito; portug. picttoet freito; ital.pto(o; du bas-lat. placilum, assemblée publique, ainsi dite parce que les édits qui la convoquaient portaient quia taie est nostrum placitum, car tel est notre plaisir ; deplacere (voy. plaire)
2. PLAII) (plé; le d ne se prononce pas et ne se lie pas: au pluriel Vs se lie : des plè-z écossais), s. m. Manteau de montagnard écossais. || Manteau à manches qu'on met par-dessus ses vêtements. Il Couverture de voyage, ainsi dite parce qu'elle est en général de dessin écossais.
— ETY51. Ecossais, plaid. Au ivii" siècle, on disait plaidin : Serge d'Escosse demy étroite, blanche ou teinte, neuve ou vieille, appellée plaidin, Tarif du i» août 1667.
t PLAIDABLE (plè-da-bl"), adj. Terme de pratique. Oui peut être plaidé.
t PLAIDAILLER (plè-dâ-llc , Il mouillées), e. n. Plaider souvent et pour de chétives querelles. Nous avons, do jeunesse, ensemble plaidaillé, B.itaillé, chicané, breuillé, ferraillé, dufhesny, Réconcil. norm. i, ».
— ÉTYM. Plaider, et la finale préjorative aille. PLAIDANT, ANTE (plè-dan, dan-t'), adj. Qui
plaide. Partie plaidante. || Avocat plaidant, avocat qui fait profession de plaider, par opposition à avocat consu tant, celui qui ne fait que donner des consultations.
PLAIDÉ, ÊE (plè-dé, dée) , part, possède plaider. Une cau.se plaidé"! habilement.
PLAIDKR (plè-dé), V. n. 111" Contester quelque chose en justice. Depuis qu'il estdes lois, l'homme pour ses péchés .Se condamne à plaider la moitié de sa vie , la font. Fabl. xii, 27. C'est être damné dès ce monde que d'avoir à plaider, mol. Fourber. ii, 8. Mais vivre sans plaider, est-ce contentement? B*c Plaid. I, 7. L'on n'entend.... qur; des mots d'exploit, de saisie, d'interrogatoire, de promesse, et de plaider contre sa promesse, la bruy. xi. Conseillez-vous au palais, en Sorbonne ; Puis, quand vos cas seront bien décidés, Accordez-vous, si votre affaire est bonue ; Si votre cause est mauvaise, plaidez, I. B. Houss. Épigr. u, n. Je parierais que cet homme-là plaide en séparation, c. delav. Cons. rapp. I, <.||ï* Défendre, soutenir de vive voix la cause d'une partie devant les juges. Vraiment il plaide bien, bac. Plaid, m, 3. Quand on a ainsi distingué l'éloquence du barreau de la fonction de l'avocat, ei l'éloquence de la chaire du ministère du prédicateur, on croit voir qu'il est plus aisé de prêcher que de plaider, et plus difficile de bien prêcher que de bien plaider, la bruy. xv. || Fig. Quand mon esprit, poussé d'un courroux légitime, Vint devant la raison plaider contre la rime, boil. Épitre x. Une conscience qui plaide au dedans de vous pour la foi, MA.ss. Avent, Délai. Je plaide pour le pauvre et contre les tyrans, u. J. chén. Gracques, u, 3. || U se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 3* V. a. Soutenir, par devant la justice, une affaire, une contestation. Votre avocat ne se trouvera point lorsqu'on plaidera votre cause, mol. Fourber. u, 8. Orante plaide depuis dix ans entiers en règlement de juges une affaire juste, capitale, et où il y va de toute sa fortune: elle saura peut-être dans cinq années quels seront ses juges, et dans quel tribunal elle doit plaider le reste de sa vie, la bruï. xiv. || Plaider une cause, se dit en parlant de l'avocat qui soutient le ilioil ou apprécie les intérêts d'une partie. Nous plaidons son affaire demain, et nous sommes descendus chez M. de la Pommeraie, notre juge rapporteur, c. DELAv. CoTts. rapp. i, ï. li Plaider un (ait, un moyen, le faire valoir. Plaider laiibi. Il Plaider que, avancer, soutenir en plaidant, que.... il Fig. Plaider U cause, prendre U défenst. Je n'ai
PLA
pas besoin d'un ministre officieux ; toute l'Angleterre plaide notre cause [le culte des saints] , puisqu'elle célèbre comme nous le culte des saints, boss. Avert. repr. d'idol. 29. Là de l'humanité je plaiderai la cause, m.j. chên. Fén. m, 2. || Fig. Plaider les causes perdues, soutenir une mauvaise cause. On ne plaide guère devant le public que les causes perdues, ou du moins équivoques, et on se mot peu en peine d'étayer son droit par de froids préceptes, quand on se sent en état de gagner son proci'S par des exemples, d'alemb. Éloges, Lamolte. || Familièrement et lig. Plaider le faux pour savoir le vrai, dire à quelqu'un une chose fausse pour lui faire avouer la vérité. || 4* Plaider quelqu'un, lui faire un procès, l'appeler en jugement. Le fils de Mme de Valençai, si malhonnête homme, est mort de maladie, comme il les allait tous plaider, s8v. i" mars 1680. Le moindre d'entre nous, sans argent, sans appui, Eût plaidé le prélat et le chantre avec lui, BOiL. Lulr m. || Fig. l'iaider quelqu'un, luicliercher querelle. Vous trouverez à dire à tout, et M. de Grignan ne songe, à l'heure qu'il est, qu'à me plaider, sÉv. 4» janv. 467*. || 5" Se plaider", v. refl. Btre en procès les uns avec les autres. Leur terre près du Mans pour laquelle ils se plaident, dd- FRESNV, fl^conci'J. norm. i, 2. || 8* Être plaidé. Mon affaire se plaide aujourd'hui.
— HlST. XI' s ad Ais OÙ Charl.s seult plaider [tenir le plaid], Ch. de i>o(. clxxxix. ||xa* s. Au parlement sur Muese... Où Franc et Saisne furent ajorné por plaidier, Pour la destroite guerre tiner et apaier, Sax. iv. Dune li voleil li reis des clers faire plaidier; Mais li barun li unt fait tut cel plait laissier. Th. le mart. S9. Ceste grant guerre dont m'oés ci plaidier [dont vous m'entendez ici parler], haoul de Cavib. 146. |i xiir s. Sire, dist Pierres de Douay, qu'aies vous chi plaidant? H. de valekc. vu. S'il avient qu'aucuns clers ou aucune religions [couvent] pledentà aucune personne, par devant le [la] justice de sainte Eglise, beau», x), «. || xiv s. te quel varlet commença à rioter etplaidoier [chercher querelle] avec Jehan Guiot, et desmentiient l'un l'autre, nu canor, placitare. Le suppliant se apoya à l'uis d'un mercier voisin de son père, à la femme duquel mercier et à son varlet il plaidoit et s'esbatoit, ID. tb. Selon ce qu'ils aurgntlor raison commoncie, Nous leur responderons amour uu félonie; Car quaiique nous disons, c'est plaidié sans partie, GuiscL 21008. Et cii qui congnoissoieiit Bertran le bon guerrier Disoient : taisez-vous et n'en veilliez plaidier [mal parler] ; Il n'a en tout le monde nul meilleur chevalier, ib. 4 3697. || xV s. Le débat avoit esté plaidoyé devant luy par plusieurs fois, comm. v, 4 7. il XVI' ^ Disant misère eslre compaigne de procez, et gens plaidoyens misérables, bah. Oarg. 1, 20. Et y a moins do mal souvent à perdre sa vigne, qu'à la plaider, mont, m, «8. L'obéissance n'est jamais pure en celuy qui raisonne et qui plaide, m. m, et. Mais quand ce vint à plaider la cause [de Manlius], la veue du Capitule feit grande nuisance aux accusateurs, amyot, Cam. 62. Plorant à chauldes larmes, pendant que la cause se plaidoit, ID. Périe. «0. Trop plaidoyer fait mendier, LEROUX DE LiNCY, Prov. t. II, p. 42». Dom Arbre logea son camp & Avignon vis i vis de la Hoque, et là demeura trois jours, plaidant s'il me viendroit attaquer ou non ; à la fin il print party de se retirer, montldc, Uém. t. I, p. 68-2, dans lacuiuie. Jamais ne gaigno qui plaide son seigneur, cotgravb.
— ÉTYM. Wallon, plaiti; provenç. plaidejar, plaideiar, playejar, plo'gar; calai, pledejar ; eapagn. pleilar ; ital. piateggiare , piatire ; du baslat. p/oct(ar«, de placitum, plaid. L'ancienne langue disait aussi plaidier, plaiitoier.
t PLAIDEBIK (plc-de-rie), t.f. Procès. Je verrai dans cette plaiderie, Si les hommes auront assez d'effronterie... Pour me faire injustice aux yeux de l'univers, MOL. Mit. t, 4.
— HIST. zvi* s. Quant â ceste joyeuseté de se mocquer, c'est bien chose séante à qui sa vouU mesler de piaiderie, mais... amïot, Cicér. 6.
— ÉTYM. Plaider; Burry , piaiderie, procès; provenç. plaideria.
PI^AHiBUB, EUSE (plè-deur, deû-z"), ». m. et f. Il 1* Celui, celle qui plaide, qui est en procès. Au lieu qu'on nous mange, on nous gruge, On nous mine par des lontiueurs; On fait tant, à la tin, 'lue rbuilre est pour le juge. Les écaillm pour les plaideurs, LA font. Fabl. 1, 24. Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui ; Comptez ce qu'il en reste i beaucoup de familles , Vous verrez que Perrio tire l'argent k lui, Kl ne laisse aui plaideurs que le sac et les quilles, lo. ib. ix. ». Le parlement rtprtt
PLA
une seconde fois soo fonctions, et les plaideurs, qu'on avait négligés pour ces affaires [querelles avec le gouvernement], eurent la liberté de se ruinera l'ordinaire, volt. Louis XV, 36. || Plaideur de quelqu'un, celui qui lui intente un procès. Les deux frères de ma mère obscurs, et l'aîné ruiné et plaideur de sa famille, st-sim. 2, 20. || a» Celui, celle qui aime à plaider. Il en est de la frénésie des plaideurs comme des malndies épidémiques; celles-ci enrichissent le médecin, celle-là fait la fortune de l'avocat, DIDEROT, Claud. et Nér. i, 2«.
— lUST. xiii* s. Qui viaut [veut] plaideer en la haute court dou reaume de Jérusalem, il doit demander au seignor à conseill de court le meillor ptaideor [avocat] de la court à son escient, Ass. de . J. 34. Il xiv s. Dans Johan de Biene plaideur [juge] de Pontigny seoit comme juge.s, et tprwitses plais, et eierçoitjuridiction, du cangi:, placitare. || xvi' s. On ne trouve gueres d'exemples de justes plaidoyeurs, calv. Instit. 4 206. Il se rendit bon plaideur [avocat], ahyot, Caton, 2. Chiche plaideur perdra sa cause, leroux delincy, Pro». t. 11, p. i««. Grand plaideur ne fut jamais riche, id. ib. p. I46. Homme plaideur, menteur, cotohave.
— ÉTYM. Plaider; prov. plaideiaire, plaieador; catal. pledejaire, pledejador; espagn. pleiteador; ital. pt'nlilore.
PLAIDOIRIE (plè-doi-rie), ». f. || 1' Art, profession de plaider. S'exercer à la plaidoirie. Il a quitté la plaidoirie. || 2* Action de plaider. L'audience favorable que la cour me donne m'emporte au delà des bornes d'une juste plaidoirie, patru. Plaid. », dans richelet. Les jeunes avocats devraient ne se livrer pas de si bonne heure à la plaidoirie, bollin, Traité des Et. iv, 1. Comment démêler la vérité dans lo chaos des plaidoiries? combien de fois les juges ne pourraient-ils pasdire aux avocats.... màruonthl, OSuv. t. v, p. 4 4.
— HlST. XIV* S. Là [il] furent longuement en celle plaidoirie, Guescl. 40347. || xv* s La grande plaidoirie qui à Paris s'ensuivit, froiss. ii, 111, 4*.
— ÊTYM. L'ancien verbe plaidoier, autre forme de plaider (voy. plaidbh, à l'historique).
PLAIDOYABLE (plé-do-iabl') , adj. m. Terme vieilli. Jours plaidoyables, jours où l'on peut plaider.
— IlIST. XVI' s. Ilz avoient tant donné do remises et de délais, qu'ilz avoient rejette la cause jusques au dernier jour plaidoyable, amyot, Cicér. ».
— ÉTYM. Ancien verbe, plaidoyer.
PLAIDOYEU (plè-do-ié; plusieurs disent plè-doi-
16 : l'r ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, r» se lie : des plè-do-ié-z éloquents), t. m. Discours prononcé dovant un tribunal pour soutenir le droit d'une partie. Il [l'avocat] pronon^ce de graves plaidoyers devant des juges qui peuvent lui imposer silence, et contre des adversaires qui l'interrompent, LA bruy. XV. Anliphon prolita beaucoup (tes entretiens qu'il eut avec Socrate.... il composa dos plaidoyers pour ceux qui en avaient besoin, et l'on croit qu'il fut le premier qui introduisit cette coutume, rollin, Ilisl. anc. ixv, ï, art. 1, jj 4. La plupart des plaidoyers dont les voûles du palais retentissent, très-intéressants pour les parties, médiocrement pour les juges el très-peu pour tout ce qui n'est ni l'un ni l'autre, ne franchissent guère le cercle étroit où on les débite, d'alemu. Éloges, Lamotte, note 4.
— HlST, xili* s. Noz avons veu que le [la] partie qui se doutoit d'avoir jugement contre li, disoitque li pledoiés n'avoit pas esté tix [tel], ançois avoit esté autre, beaum. Lxvii, 34. || xvi' a. Voilà pas un playdoyer sec et sain.... véritable, franc et juste [do Socrate à ses juges], mont, iv, 217.
— RTVM. L'infinitif de l'ancien verbe plaidoier pris substantivement.
PLAIE (plê ; au xvi' siècle, Bèze dit qu'il faut prononcer plai-ie; plai-ye ou pla-ye est en effet la prononciation ancienne ; car plaie et les autres mots de ce genre sont toujours de deux syllabes), ». f. !|1' Solution do continuité qui o.st dans les parties molles du corps, qui communique avec le dehors, et qui est produite soit par une caiisu oxterno soit par une cause interne, il me semble que Jésus- Clirist ne lals.sa toucher que ses plaies après sia résurrection : il ne faut nous unir qu'à se* souffrances, PASC. Pent. XXV, 8, édit. bavf.t. l'out son corps n'est biontât qu'une plaie, rac. Phèdre, y, u. PrliK lioiiinifs.... vous vnil/i iiiniii'* (rin-^lniiiirMls coiiUTWMÏr'* iiirnieHl (pii \<nis ïierveiil à vous faire réciproquement de larges plolex, la bruy. xii. Un liiiiiiiiM' l'diiverl de plnits séciiappn de In innlHon dr son rrénnricr, et parut (Iahm la pince ; lepiMipIo ■ émut ù ce specloclc, uo.mtksu. t'f/i. xii. ji. || l'ig.
Tf44
PLA
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U [le lièvre], s'en fuit par un trou, Non pas trou, mai» trouée, horrible et large plaie Oue l'on fil à la pauvre haie, la pohi. Fabl. iv, 1. 1| Rouvrir une plaie, en écarter les lèvres pour empêcher que les bords ne se eicalrisent avant le fond. || Fig. Rouvrir une plaie, renouveler une douleur. Suis-je destiné à rouvrir toutes les plaies de votre famille? fléch. \Duc de Konlausier. La mort de l'un rouvre la plaie que l'autre avait faite, pén. Tél. xx. || Les plaies de Notre-Seigneur, ou les cinq plaies, les blessures faites à Jésus-Christ le jour de sa passion. |{ Fig. Rouvrir les plaies de Jésus-Christ, commettre des péchés qui l'offensent grièvement. Hais que sera-ce quand Jésus-Christ paraîtra lui-même à ces mallieureux, quand ils verront celui.... dont ils auront rouvert toutes les plaies? Boss. .inné de Gom. |{ Familièrement. Plaies et bosses, coups-et blessures, lit qu'au lieu de fêtes et noces, On leur a fait plaies et bos- ••es, SCARR. Virg. viii. || Familièrement. Ne demander, ne souhaiter que plaie et bosse, ne chercher, ne souhaiter que querelles, débats, combats, malheurs. L'esprit charitable de souhaiter plaies et bosses à tout le monde est très-répandu, sÉv. 29 déc. 1679. Que dites-vous, ma chère fille, des nouvelles de cette semaine? nous ne demandons que plaie et bosse ; mais en vérité je trouve que cette /ois il y en a trop, m. 72. Ce qui me fit prendre tant de goût à la profession [de médecin], que je ne demandai plus que plaie et bosse, le sage, Gil 01. II, ». I| 2'' Par abus, cicatrice. Il montrait ses plaies, pour rappeler les combats où il s'était trouvé. Ceuici, avec de longs services, bien des plaies sur le corps.... LA BRUY. VIII. || 8* Les plaies des arbres, ouveriurei qui se font spontanément ou qui sont faites à l'écoree îles arbres par un coup, par une scie, par un instrument tranchant. |{ 4° Fig. Tout ce qui porte préjudice, ou cause de la peine, de l'affliction. Je n'ai besoin de vous dire combien le cœur tendre de la princesse Anne fut profondément blessé par cette mort [de sa sœur] ; mais ce ne fut pas là sa plus grande plaie ; maîtresse de ses désirs, elle vit le monde, elle en fut vue, boss. Anne de Gonz Hérode a commencéàfaire cette plaie k leur liberté[des Juifs], id. Uist. Il, <0. Nous sommes demeurés d'accord que nous étions obligés de part et d'autre de travailler i remédier au schisme qui nous sépare et fermer une si grande plaie, m. Projet de réunion, récit. Que »i la faute d'un domestique.... avait comme arraché d'une bouche si sage et »i circonspecte une parole plutôt sévère que fâcheuse, quel soin ne prenait-elle pas d'adoucir et de guérir la plaie qu'elle avait faite ? FLÉCH. Dauphine. Les plaies du cœur sont plus dangereuses que celles de l'esprit, «ialehr. Heck. vér. IV, 8. Lorsqu'elles viennent nous découvrir les plaies de leur conscience, icass. Carême, Confest. En réparantles dévastations des Espagnols, elle [la société des jésuites, au Paraguay] a commence à gu.jrir une des grandes plaies qu'ait encore reçues le genre humain, MONTESQ. Esp. IV, «. La fameuse révocation de l'édit.de Nantes est regardée comme une grande plaie de l'État, VOLT. Frag. sur l'hist. xvii. Les grandes plaies du corps et de l'âme ne saignent pas à l'instant qu'elles sont faites; elles n'impriment pas sitôt leurs plus vives douleurs; la nature se recueille pour en soutenir toute la violence, J. j. Rouss. Ém. y. Tout ce qui pleure, tout ce qui a des plaies fait ses délices [à Jésus-Christ], ciiateauhh. Génie, iv, m, i. [j plaie secrète, un mal de l'àme qu'on dissimule. Galérius rougit, et l'habile courtisan vit qu'il avait touché la plaie secrète, id. Uart. XX. Il Fig. Mettre le doigt sur la plaie, indiquer nettement la cause d'un maL || 6- Fig. Blessure faite par l'amour, peine d'amour. Fermer les yeux aux plaies que vous faites, rBo.nieb, Élég. v. De mon frère par là soulage un peu les plaies; Accorde un faux remède à des douleurs si vraies, corn, la Place Toy- I, I. J'ai bien reconnu U profondeur de la plaie que l'amour m'avait faite auprès d'Kucharis, PÉN. Tél. XXII. Il 6* Il se dit des personnes mêmes qui causent un grand mal, un grand scandale. Vous êtes (vous, grands] établis pour la perte ou pour le salut de plusieurs, des plaies ou des ressources publiques, HAss. Petit carême, Vices. || 7° lerme de
I l-xrilure. Les plaies d'Egypte, les fléau» dont Dieu punit I endurcissement de Pharaon. l| Par exten- -I".., toute infliction faite parle Seigntur et manilc»l*e par .|i.Hqi,e soiUTn.ncc. Le ScÏKiMMir frapi», .!<• lrè»-gran.l..s ,,|„i,,H IM.n.aon ol sn maison, ù • nnse de Sorni, femme .lAbraham, «aci, Uible, Ge- '"•«, XIII. »7.^si| se trouve iioe maison froppée de
II plaie de 1.1 répre. celui ù qui appartient la maison na en avcrUr le prclrc. lo. ib. Lévit. xiv.'ai, 35.
(I Préverbe. Plaie d'argent n'est pas moi-telle, plaie d'argent peut se guérir, se dit d'une perte d'argent qui peut se réparer, par opposition avec quelque malheur irréparable.
— HIST. XI* s. Si home fait plaie à altre, Lois de Guill. n. Il XII* s. Toutes ses plaies commencent à saigner, Ronc. p. 97. De vies [vieux] mesfait novele plaie. Brut, 1. 1, p. 27, v. b4o. ||xiii* s. Perdue avoit la vue par une plaie qu'il avoit eue al chief, viLLP.H. XL. Si but et manga tant comme lui plot, et jut à femme, et sa plaie comencha à foursanner [s'exaspérerj, etli feus i feri [et la chaleur s'y mit], Chr. de Rains, p. 80. Et fut la plaie si large que le saiic li venoit du cors aussi comme le bondon d'un tonnel, joinv. 225. || xv* s. Receut plusieurs playes [blessures] pour luy, comm. vi, 6. || xvi* s. Playeest solution de continuité récente, sanguinolente, et sans putréfaction, complète ou purulente, faite principalement es parties molles. — Quelquesfois est appellée playe, quelquesfois ulcère récent ou simplement ulcère, paré, vu, t. Mettre l'emplastre près de la playe, lehoux delincy, Prov. t. i, p. 273.
— ÊTYM. Provenç. piaga, plagua, playa ; espagn. Wogo ; portug. c/iaja ; ital. piaga; du lat. pldga; du grec tcX/jy»], coup, deiri:fta<JEiv, frapper. Déploie l'ancienne langue avait fait le verbe plaier.
PLAIGNANT, AN'l'E (plè-gnan, gnan-t'), adj. Il 1* Terme de palais. Qui porte plainte en justice. il Substantivement. ïîcouter les plaignants. ]| 2" Par extension, celui qui se plaint de quelque chose. Ce corps |les états générau.x] n'est qu'un corps de plaignants, de remontrants, et, quand il plaît na roi de le lui permettre, un corps de proposants, st-sim. 322, 226. Le cri de la nation obtint du gouvernement en <764 la liberté de l'exportation: aussitôt on exporta.... on vendit un peu trop.... alors quelques plaignants passèrent d'une extrémité à l'autre.... VOLT. Dict. phil. Blé, m.
t. PLAIN. AINE (plin, plè-n"), ad;. || 1° Qui est sans inégalités, uni. !si le pays est bossu ou plain, couvert de bois ou découvert, vaub. Dime, p. 223. Des cascades dans des iFeux plains et sablonneux, J. J. Bouss. Ilél. IV, u. Il Velours plain, satin plain, linge plain; on dit plutôt aujourd'hui: velours, satin, linge uni. || Terme de fauconnerie. Cet oiseau va de plain, il plane en l'air. |] 2° De plain-pied, au même étage et de même niveau. La duchesse de Saint-Simon reçut toute la cour sur gon lit dans l'appartement de la duchesse d'Arpajon, plus commode parce qu'il était de plain-pied, st-sim. 28, 69. L'appartement de madame de Maintenon était de plain-pied avec celui du roi, volt, louis XIV, 27. Il De plain-pied, sans monter ni descendre. De la salle on entre de plain-pied dans le jardin. || Fig. De plain-pied, sans rien qui oblige à des eDforts, sans difficulté. Le socinianisme est une religion de plain-pied, qui lève toutes les difficultés et aplanit toutes les hauteurs, boss. «• avert. m, )B. Voir de plain-pied d'abord et beau-père et maîtresse, th. CORN. D. Ces. d'Avalos, 1, i. Combien de favoris de la fortune vont de plain-pied saisir les premiers postes! MASS. Drap. || S. m. Le plain-pied, plusieurs pièces de plain-pieJ. 11 y » beaucoup de plainpied dans cette maison. Un beau plain-pied. |{ Par extension. Saint-Germain, lieu unique pour rassembler les merveilles de la vue, l'immense plain-pied d'une forêt toute joignante.... le roi l'abandonne pour Versailles, st-sim. 4I0, <48. || 3° Plain-chant, voy. PLAIN-CHANT. || 4* S. m. Le plain, en termes de marine, la haute mer. Un vais.seau est allé au plain, a mis au plain, a donné au plain. Le plain de l'eau, la hautemer, desroches, Dict. i«97. || Ancien terme de marine. Le plain de la poupe, la partie du pont de l'arrière comprise entre le tahernacle elles premiers bancs de droite et de gauche de la galère.
— HIST. xii* s. Toute plaine sa lance [il] l'abat mort au sentier, .Soi. xi. Li reis li a mandé qu'il soit prex l'endemain De respundre e de rendre sun acunte tut plain. Th. lemart. 33. En la cité se sont luit mis, Guerpi ont tout le plain païs, wace, dans DU GANGE, planum \\ xui* s. D'autre part o'ert bien plaine chose; Ge ne vous i melrai jà glose, la Rose, 7M7. Es issues (les viles li quemin sont plus largue que il ne doivent e.slre à plain camp, beaum. xxv, ». Il XIV* s. Quant on cuide en ferme joie estre, En un -plain laissier (laisser en plan) le |la| convient, yue souvent grans duel7. [deuil] y sourvient, j. dhcondB, t. m, p. 6«. Ulcère plaine est celé en la quelle le seul cuir defl'aut, h. dk mondkville, f* 75 ||xv*s. En chevauchant les landes de Berne [Béarn], qui sont as.ser plaines, pboiss. ii, m, n. On vous deusl bannir en exil, Sans point flaler, je parle plain, CB. d'orl. Chant. Les fosséi cst.àeut parfouU» de
plus d'une lance, et tranchés â plain comme un mur, Bouciq. i, 4 4. Lors print apertement son cheval par le frein, et saillit en la selle de plaine terre, sans mettre pied en l'estrier, Perceforest, t. ii, f" 4i». Plaines gens sont sans decepvoir, Qui ayment justice et droiture, e. desch. Poés. mss. t° 44». Il xvi* s. Le bois acquiert le plain [gaigne à son maître la propriété des champs qu'il envahit], lotsel, 2B7. La nacelle vint à se poser tout doucement en un endroit de la rive qui estoit uny et plain, AMYOT, Rom. 3. U ne se tord pas qui va plain chemin, COTGRAVB.
— ÉTYM. Provenç. plan; catal. p 2a; esp. llano; portug. piano; ital. piano; du lat. planus. L'ancienne langue employait très-souvent plain, s. m. au sens de plaine. Plain eX plein sont souvent confondus. Dans les anciens textes, plain pied, mieux écrit piein pied, signifie l'éiendue d'un pied. Beaumanoir écrit plain champ, ce que nous écrivons aujourd'hui plein champ; ce sont deux idées difTérentes qui arrivent au même sens dans l'usage : en pJoin champ, en champ uni ; en plein champ, dans la plénitude, l'étendue du champ.
t 2. PLAIN (plin), *. m. Cuve dans laquelle on a fait éteindre de la chaux vive; on y trempe les peaux pour les dépiler (on écrit aussi plein). ]| Plain neuf, celui qui n'a pas encore servi; plain faible, celui qui conserve encore une certaine force; et plain mort ou mort plain, celui qui est rempli d'une vieille eau qui a jeté tout son feu.
— ÉTYM. Plain est une altération de pelin (voy. ce mol).
i PLAINACE (plè-na-j'), s. m. Action de mettre les peaux dans le plain. Les cuirs qui ont été pendant un an dans les plains ont acquis tout le plalnage qui leur est nécessaire, Vict. des arts et mé$. l'anneur (voy. plain 2).
PLAIN-CHANT (plin-chan), s. m. || 1* Chant de l'Église romaine, institué au iv* siècle, et restauré au VI' par le pape Grégoire le Grand. || 2° Sorte de (iéclanfation sur les intonations de l'échelle diatonique ; musique dans laquelle on emploie les variations de hauteur des sons; il y a aussi desdifi'érences de durée qui dépendent presque toutes de ce que la syllabe latine est ou n'est pas accentuée. || 3° Tonalité du plain-chant : tandis que la tonalité de la musique actuelle consiste en ce que l'oreille appelle naturellement à la fin d'un morceau une certaine note à l'exclusion de toute autre, la tonalité du phiinchant consiste en ce que la finale y est appelée par l'habitude et non par une préférence naturelle comme dans notre musique (voy. tonautP.). || 4* Écriture du plain-chant : il s'é«rit sur une portée de quatre lignes seulement, parce qu'il ne dépasse pas ordinairement une octave; il emploie deux clefs, la clef d'ut et celle de fa. || S* Plain-chant musical, celui dans lequel on a introduit quelques-unes des conditions de la musique moderne, savoir : les diverses valeurs des notes; les intervalles prohibés dans le plain-chant ; les changements de ton à l'aide des dièses et bémols; l'harmonie de plusieurs parties marchant ensemble. Du Mont, Lully, Nivers, la Feillée, etc. ont composé des pièces de plainchant musical. Avant de traiter des divisions du plain-chant musical, nous devons indiquer les circonstances qui le différencient en quelque sorte matériellement du plain-chant habituel, lapage. Cours eomplet de plain-chant, n* «04. ||6° Plamchant, un papillon; une coquille univalve.
— ÉTYM. Plain, uni, et chant.
PLAINDRE (plin-dr'), je plains, tu plains, il
plaint, nous plaignons, vous plaignez, ils plaignent; je plaignais, nous plaignions; je plaignis; je plaindrai; je plaindrais; plains, qu'il plaigne, plaignons: que je plaigne, que nous plaignions; que je plaignisse; plaignant; plaint, c. a. t\ 1* Témoigner un sentiment de chagrin pour les peines d'autrui ou de soi-même. Plaindre les malheureux n'e.st pas contre la concupiscence (l'ensemble des mauvais penchants] ; au contraire, on est bien aise d'avoir à rendre ce témoignage d'amitié, et à s'attirer la ré^ putation de tendresse .sans rien donner, pascal, Pf-n.ïf'es, VI, 34, éd. nAVET. Ceux qui admiraient sa fermeté [de Mme de Montausier malade] perdirent la leur; ceux qui la plaignaient paraissaient presque les si'uls à plaindre, PLfciiiER, Ifme de *ont. Fidèle dans leurs disgrâces (de ses amis], il osa les louer et les servir en des temps où les autres n'osaient presque pas les plaindre, id. Duc de Mont. Je plaindrais le cardinal de Rohan, si je pouvais plaindre un homme qui a rh<Hineur d être la victime de son lèle pour la vérité, haintenor, Lettre à Mme de Caylut, lu janvier tTts. te
PU
plains les malheureux depuis que je le suis; et je ■i.ns que mon cœur s'intéresse pour cet liomme, «ans savoir pourquoi, fén. TH. xxiv. J'ai vu Bolingbroice rongé de chagrins et de rage ; et Pope, qu'il engagea à inellre en vers cette mauvaise plaisanterie [Tout est bien], était un des hommes les plus à plaindre que j'aie jamais connus, volt. Princ. d'act. XVI. On croit être plaint quand on est écouté, GBAFFiGNY, Letl. péfuv. V. || Témoigner de la compassion au sujet de. Je vous plains Lien de vos méchantes compagnies, sév. 6 janv. )672. Je vous ai souvent plainte de la vie ennuyeuse que vous menez depuis huit ans, maintenon, Lett. à Mme de Ventadour, 20 avril I7(2. Tous sont contents d'euxmêmes et de leur esprit, et l'on ne veut pas dire qu'ils en soient entièrement dénués; mais on les plaint d;; ce peu qu'ils en ont, et, ce qui est pire, on en souffre, la bruy. v. {| Plaindre de, avec le verbe à l'infinitif. Je te plains de tomber dans ses mains redoutables, rac. Athal. 11, 5. || Être à plaindre, mériter d'être plaint. Atys, que vous seriez à plaindre Si vous saviez tous vos malheurs l quin. Atys, I, 8. Non, il n'est homme à plaimlre ici que le méchant, collin d'harleville, Optimiste, v, tt. Il Vous êtes bien à plaindre, bien digne de compassion. Mme de la Fayette m'a mandé qu'elle allait vous écrire, mais que la migraine l'en empêche : elle est fort à plaindre de ce mal, sÉv. 78. || Se dit souvent ironiquement. On vous envoie en province »vec une belle place; vous êtes bien à plaindre! I] N'être pas à plaindre, être dans une condition où l'on ne doit pas être plaint. Il y a beaucoup de jolies sottes, beaucoup de jolies friponnes ; vous avez épousé beauté, bonté et esprit ; vous n'êtes pas à plaindre, volt. Lett. Saurin, oct. 4 761. Ainsi elle n'était sûrement pas à plaindre, quoiqu'elle se plaignît toujours, I. j. Rooss. Conf. xi. || l' En parlant des cho.ses pour lesquelles on témoigne sa pitié. ....ô qu'il est doux de plaindre Le sort d'un ennemi quand il n'est plus à craindre! corn. Pomp.y, t. Ne plaignons plus ses disgrâces, qui font maintenant sa félicité [dans le paradis], boss. Reine d'Anglel. [.a vieillesse.... Toujours plaint le présent et vante le passé, boil. Art p. m. Je révoque des lois iont j'ai plaint la rigueur, rac. Phèdre, u, 2. Votre sort est à plaindre, je l'avoue, mass. Carême, Voc. I' Plaindre quelque chose, exprimer des plaintes de U perte, de la privation de quelque chose. Ce triste et fier honneur m'émeut sans ni'ébranler ; J'aime ce qu'il me donne, et je plains ce qu'il m'ôte, CORN. Ilor. n, 3. Il Plaindre que, se montrer fâché que. 11 [mon fiLs] m'en avait parlé le premier.... plaignant et regrettant, tout comme nous, que M. le chevalier ne conduisît pas ses premières années [du jeune Grignan], S6v. a2 janv. (690. il 3° Employer à regret, donner avec répugnance et parcimonie. Sachant très-hien qu'en amour comme en guerre On ne doit plaindre un métal qui fait tout, LA FONT. Coupe. Je crois que mon fils ne plaindrait pas de plus gros gages pour avoir un vrai bon cuisinier, sÉv. 26 févr. <685. Que mon âme, en ce jour de joie et d'opulence. D'un superbe convoi plaindrait peu la dépense! boil. Ép. v. On ne plaint pas son argent pour voir un opéra-comique, et on le plaindra pour avoir des aqueducs, VOLT. Lett. de Parcieux, i7 juill. <767. |j Se plaindre une chose, s'en passer par avarice. Celui qui i.-nasse injustement des richesses en se plaignant sa propre vie, les amasse pour d'autres, SACi, Ilible, Ecclésiasl. xiv, ♦. Il ne lui manque aucune de ces curieuses bagatelles que l'on porte sur soi ; et il ne se plaint non plus toute Mirte de parure qu'un jeune homme qui a époust une riche vieille, la BRUT. II. Oh! la belle leçon piiui la plupart des pères! Ils se plaignent souvent les choses néces.saires; Pour qui? pour des ingrats, pour des exiravagants.... DF.STOUCH. Dissip. I, 7. Il Regretter. Vous avez pcutfttre regret de m'avoir fait ce bien-là sans y penser; ne me le plaignez point, aimable Léonore, scabh. Rom. com. i, (3. Et on plaindra à ces gens-là des grandeurs dont ils font un si bon usage! sÉv. 6»7. Si voire main gauche plaint ce que donne votre main droite, Fit.cn. m, ♦«». Chacun a bien fait son devoir, ne plaignons point quelques momcnt-s de trouble , bkai habch. Uère coup, v, 8. Il Plaindre sa peine, travailler mollement et sans se donner véritablement de la peine. Tout le mal qu'on dit d'elle [de la langue française] n'est vrai qu'entre les mains J'un liomme »ana génie ou qui plaint sa peine, u'olivkt, Prnsod. franc, v, 4. Il 11 ne plaint pas sa peine, ses peines, il est obligeant, actif. Il 4" r. n. l'ousser des plaintes, de.s gémissements. C'(:st hit de moi, quoi que je tasse ; J'ai
OICT. DE Là IIAMOUS MIAHCAISI.
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beau plaindre et beau soupirer.... malh. v, R. Et Cléone et '.e roi s'y jettent pour l'éteindre [le feu] : Mais, ô nouveau sujet de pleurer et de plaindre. Ce feu saisit le roi ; ce prince en un moment Se trouve enveloppé du même embrasement, corneille, iféd. V, (. Il B° Se plaindre, ti. re'/I. Se lamenter. Et quiconque se plaint cherche à se consoler, corn. Pomp. V, ). Ou'avons-nous à nous plaindre, lorsqu'il ne plaît pas à Dieu de nous écouter? bourd. Pensées, t. n, p. »o. Mais l'amour qui se plaint le plus N'est pas toujours le plus à plaindre, quinault, Phae'ton, u, 4. La pauvre Fanchon s'est plainte de beaucoup de maux de tête tout le matin, rac. Le», xxv, à son fils. Il Poétiquement. Sous les fougueux coursiers l'onde écume et se plaint, boil. ÉpU. iv. Il 6" Témoigner ries regrets, du mécontentement. Mais donnons quelque chose à Rome qui se plaint, corn. Nicom. iv, 3. Et si vous vous plaignez de moi, Je ne sais pas de bonne foi. Ce qu'il faut pour vous satisfaire, mol. Amph. u, 2. Gardons-nous bien de nous plaindre des gens dont nous devons nous louer, SÉV. 247. Je le plains plus que je ne m'en plains, MAiNTEHON, Lelt. à d'AuWjn^, 2 sept. teSK Quand VOUS me haïriez, je ne m'en plaindrais pas, rac. Phèdre, :i, 5. Il est souvent plus utile de quitter les grands que de s'en plaindre, la brdt. ix. ||Se plaindre que, avec l'indicatif (le sens est que l'acte exprimé par le verbe à l'indicatif n'a rien d'hypothétique). La mouche, en ce commun besoin. Se plaint qu'elle agit seule et qu'elle a tout le soin, la FONT. Fabl. VII, ». Elle se plaint que vous avez fini le premier un commerce qui lui faisait un grand plaisir, sËv. 7 sept. I689. Nous nous sommes plaints que la mort, ennemie des fruits que nous promettait la princesse, les a ravagés dans la fleur, uoss. Duch. d'Orl. Parlez ; Phèdre se plaint que je suis outragé, rac. Phèdre, lu, 5. Vous vous plaignez que votre ennemi vous a décrié en secret et en public, MASS. Carême, Pardon. || Se plaindre que, avec le subjonctif (le sens est que l'acte exprimé par le verbe au subjonctif est hypothétique). Combien de fois ne s'est-on pas plaint que les affaires n'eussent ni règle ni fin ! boss. te Tell. Vous-même, monsieur, pouvez-TOUs vous plaindre qu'on n'ait pas rendu justice à votre dialogue de l'amour et de l'amitié ? BOIL. Lett. à Ch. Perrault. Quelques-uns ont pris l'intérêt de Narcisse, et se sont plaints que j'en eusse fait un très-méchant homme, eac. Brit. Préf Il Se p aindre de ce que. Ces hérésiarques se sontils plaints de ce qu'on leur imposait ce qu'ils ne disaient pas? pasc. Letirt de Xic. au P. Annat. Il 7' Former une plainte en justice. Il est allé se plaindre au commissaire. || 8" Témoigner de la compassion Kun pour l'autre. Comme ceux qui courent le même péril se plaignent les uns les autres par une expérience sensible de leurs communes disgrâces, boss. «"terni, nativité, il. || Témoigner de la compassion pour soi-même. U plaignait ceux qui l'aimaient, beaucoup plus qu'il ne se plaignait lui-même, volt. l'Ingénu, to.
— HlST. XI* s. Plainums ansemble Iç doel [deuil] de nostre ami , S( .41«xù, xxxi. Jamais n'ert [ne sera) jur que Charles ne se pleigne, Ch. de Roi. lxxi. Plaindre poons [nous pouvons] France douce la belle, ti>. cxxvi. || xii* s. Et quant je plus plaing et souspir.... Coud, xviii. X tort s'en plaint li uns, puisque l'autre s'en loue, Sa%. xvii. Mult me plalg de ses hummes, sainz Thomas respundié [répondit], Qui nos iglises tienent à force e i pcchié, Th. U mari. t42. || xiii* s. Cil fu durement plains et plorés de Guillaume son frère et des autres barons, viLLEH. CXI. Et furent moût destroitet irié, et moût durement se plaiiitrent de ceux qui la mellée avoient faite de l'empereur Baudoin et du marchis de Montferrat, m. cxix. Et se li sires ne veut faire ceste requeste et li parchonier s'en plaignent au sovrain, li sovralns le doit fere fere, bp.aum. xxn, 8. Le roy ne rcquist ne ne prist onques aida [impôt] des siens barons, ne } ses chevalier», n'a ses hommes, ne à ses bones villos dont en [on] se plainsist, jdiNv. 207. U ne muet pas de sens [il n'a pas île sens] celui Iti plaint Pnine et travail ki li ert [sera] avantage, MikTZNEh, p. 2.). Il XIV* s. Et sc j'ai vostre argent, ne me le plaindés jà; Car si tost que je l'ai, li tavernicrs l'ara, Kau'i. de Seb. viii, »2i. Il XV* s. Quand il .sçut que les François clicvauchoiiuit, qui ardoient le pays, et ouït les poures gens pleurer, crier et plaindre le leur, si en eut grant pitié, rninss. i, 1, lit. Les aucuns sages [princes] se sont bien sceu servir des plus apparans [clercs prjur conseillers], et les chercher sans y rien plaindre, comm. ii, s. Parler à quelque amy, et hardiment plaindre ses dawUun, m. v,
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6. Le noble roy de France le plaint [plaignit] et regretta [du Guesclin], comme Charlemagne fit son neveu Roland, Mém. sur du Guesd. p. 54«, dans LACCBNE. Il XVI' s. L'un va plaignant ses gras boeufs délaisser, marot, i, 3h. Ne plain donc point de laisser inere et père, id. iv, 290. L'un se plainct qu'il luy fault.... mont, i, 79. Leduc René plainsit aussi la mort du duc de Bourgoigne, id. 1, 268. Je plaignois les malades beaucoup plus que je ne me trouve à plaindre moy mesme, id. u, 52. Je plains le temps que met Platon à ces longues interlocutions, m. u, <07. On ne plaind jamais ce qu'on n'a jamais eu, m. iv, 363. Il est fort vieil ; mais au demourant il n'a que plaindre en luy [il est ingambe, sans infirmité], amyot, Calon, 60. Dieu ne la plaint [la sagesse) à personne qui la luy demande avec fermeté de vive foy, id. Horoi. ÉpU. Il se plaignoit alors de saine teste, comme on dit en com-" mun proverbe, h. est. Apol. d'Hér. p. 21 s, dans lacurne. Assez demande qui se plaind, corcRAVE. Femme se plaind, femme se deult, l'emme est malade quand elle veut, in. Tel est plein qui se plaind, m.
— ÊTVM. Wallon, plaind; Berry, plainer, si plainer ; prov. planher, plagner, plaigner, plaingncr, plonger, plainer, planer; anc. cat. planger; ital. piangere; du lat. plangere, plaindre, proprement frapper avec bruit, battre, puis se battre soimême par douleur ; c'est la racine nasilisée pJoff, qui se trouve dans plaça, plaie (voy. ce mot).
PLAINE (plè-n'), s. f. Il l* Grande étendue de terre dans un pays uni. Respirons maintenant, dit la mouche aussitôt ; J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine, j.* fontaine, Fahl. vu, ». Un long rang de collines, D'où l'œil s'égare au loin dans les plaines voisines, boil. Ép. vi. Il y a là [à Maintenon] plus de trente mille hommes qui travaillent, tous gens bien faits, et qui, si la guerre recommence, remueront plus volontiers la terre devant quelque place sur la frontière que dans les plaines de Beauce, rac. Lettre 4, d Boileau. Ces pays sont des plaines où l'on ne peut rien disputer au plus fort, montësq. Bip. ivm, 2. De même qu'il j a des montagnes de différentes espèces, il y a aussi deux sortes de plaines, les unes en pays bas, les autres en montagnes, boff. Hist. nat. preuv. th. terre, Œuvr. t. 11, p. lO. La Crau, cette plaine si célèbre par sa grandeur et par l'énorme quantité de cailloux roules dont elle est couverte, saussbbe, Voy. Alpes, t. vi, p. MO, dans pouoens. Au delà est unp plaine haute, entourée de bois d'où sortent trois routes, sÉGUB, Uist. de Nap. 11, 2. Un cri part, et soudain voilà que par la plaine Et l'homme et le cheval emportés, hors d'haleine.... Volent avec les vents, V. Huoo, Orient. Maieppa. Il neigeait; l'âpre hiver fondait en avalanche; Après la phiiiio blanche une autre plaine blanche, in. l'Expiation. |.l i' La plaine, ceux qui l'habitent. Chasseurs et laboureurs ont échangé des haines; I..es montagnes toujours ont fait la guerre aux plaines, lu. Burgraves, n, «. Il 3' Plaine d'eau, grande étendue d'eau calme et unie. Il Poétiquement. La plaine liquide, la mer. Cependant sur le dos de la plaine liquide S'élève à gros bouillons une montagne humide, rac. Phèdre, V, 6. Il Les plaine» du ciel, l'atmosphère, le ciel. Quand la sérénité règne aux plaines du ciel, volt. Fanât, v, •. ||4* S'est dit de la partie de* bancs de la Convention où s'asseyaient les députés de l'opinion modérée. La montagne et la plaine. || S° Terme de blason. Se dit de la pointe de l'écu, quand cette pointe, séparée du champ par une ligne horizontale, est peinte d'un autre email que celui-ci. || 6* ferme de chiromancie. Plaine de Mars, partie du milieu de la main qu'on appelle aussi le triangle.
— HIST. xr s. Grant est la plaigne, et large 1* contrée, Ch. de Roi. ccxl. || xiii* s. Kt envolèrent avant lor archiers huant et glatissant et faisant noise si grant, qu'avis estoitque toute la plaigno en tremblast, n. m valenc. v. [j xvi* s. Bs plaines de Dreux les deux armées se rencontrèrent, lanouf., R9I. Hz s'en fouyrent çà et là pariuy U plaine, AMTOT, Com. 70.
— ËTYN. Plain; prov. plana, planha, plaigna; ospagn. plana : ital. pinna. X côté de plaine, l'aocieiine langue disait aussi plain.
PLAINT, AINTK (pliii, plin-t'), par<. passé d* plaindre. Qui e.st l'objet de la pitié. Plaint mai» négligé par ceux qu'il appelait ses amis, le Tasse.... volt. Kss. poét. ép. vu.
PLAINTK (plin-f), ». f. || 1* Paroles et cri» par le»quoU on exhale sa peine. De qucl(|un désespoir qu'une âme suit atteinte, La ^douleur est toujours moins forte que U plainte, la rONT. Matrone. Pour moi, je comprends qu'il j a quelque »ort(! do plainir
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dans la plainte, plus grand qu'on ne pense, 8«v. 889. Alors, Irisle tnessairer d'un événement si funeste [la mort d'un jeune enfant de Louis XIV], je fus aussi le témoin, en voyant le roi et la reine, d'un côté, de la douleur la plus pénétrante, et, de l'autre, des plaintes les plus l,imental>les, boss. Mar.-Thér. Oui pourrait exprimer ses justes douleurs ? qui pourrait raconter ses plaintes Tid. Heine d'Anglet. La plainte surfait toujours un peu les afflictions, DiDER. Claude et Nir. i, 3). || 2* Plainte amoureuse, les doléances de l'amour ou même de la simple amitié. Chanter, petits oiseaux ; nul danger, nulle crainte N'interrompe jamais votre amoureuse plainte, ssGRAis, tglog. iv. L'éloignement de cette favorite [Mme de Jalez auprès de la duchesse de Lesdiguières]a surpris tout le monde; on laisse entendre flu'elle était jalouse, difficile, snrieuse, épilogueuse, faisant des plaintes amuuieuses et des reproches dont les cœurs secs sont emnarrassés, sÉv. ( i mai t683. Il 3" Ce qu'on dit, ce qu'on écrit pour témoigner son mécontentement, son regret. C'est l'unique sujet qu'il m'a donné de plainte, cobn. Serlor. ni, 2. Je n'entends résonner que des plaintes frivoles, IX roRT. Fahl. x, <s. Tandis qu'on vous verra d'une voix suppliante Semer ici la plainte et non pas l'épouvante, RiC. Brt'l. I, 4. Elle fit des plaintes amères i Jupiter, p6n. Tél. \x. La reconnaissance parle si bas, et la plainte déclame si haut, qu'on n'entend plus que la dernière, mabmowtel, Conl. nwr. Mitant. corr. |{ Faire ses plaintes à quelqu'un, lui exposer les griefs qu'on a. Il me faut de ce pas aller faire mes plaintes au père et & la mère, mol. G. Dand. i, 3. C'est un mauvais parti que d'avoir toujours des ennemis dont on fait ses plaintes à la cour, SÉV. 84 1. Il 4* Ancien terme de littérature. Pièce de poésie sur la mort d'une personne vivement regrettée, ou sur un accident quelconque, sorte d'élégie. || 6' Ejposé d'un giief en justice. Porter plainte. Rendre plainte en justice. M. le Prince fcondé] fit sa plainte, et demanda qu'il fût informé de l'assassinat qu'on avait voulu commettre contre sa personne, retz, Mém. livre m, t. n, p. tôt, dans POUGEHS. Non sans faire un notable dommage Dont je formai ma plainte au juge du village, RAC. Plaid. 1, 7.
— HIST. XI' s. E ne face hom pleinte al rei.... toit de Guill. 41. || xiii* s. Grains et marriz, (il) fisl tant par sa maistrise [adresse). Que à sa dame en un destour A fait sa plainte et sa clamour, audef. LE BAST. Bomaneero, p. 6. Maistres Pierres de Chapes et Quenes de Bethune.... alerent aux cinc nés [navires], et proierent à plaintes et à pleurs à ceus qui dedens estoient, que... villeh. cxlvii. Or peiist oïr ia crie e la plante e le plorer mult grant de celz qe estoient cheû à la terre ennavrés à mort, «ARC poL, p. 74R, jlxvi' s. Si me vient dire en plaincte bien dolente.... Marot, i, 339. 11 n'en est aucun [plaisir] exempt de quelque meslange de mal.... nostre extrême volupté a quelque air de gemi.wement et de plainte, mont, m, 86.
— ÊTYM. Plaint, k cAté de ploinle, l'ancienne langue avait vlaint, masculin; provenç. planeh ; câtal. plant; espagn. planto; pOrtug. pronto; ital. pianto; du lat. planclus.
PLAlirriF, IVK (plin-tif, ti-v'), od j. || l" Qui a l'accent de la plainte. J'entends les cris plaintifs d'une mourante voix, volt, fanal. v,'4. Le castor, dent le cri plaintif semble implorer sa clémence et sa pitié [du chasseur], rathal, Hùt. phil. xv, o. Chant plaintif, ducis, Othello, v, 2. Hurlements plaintifs, lo. Oiear, il, i. |{ Fig. Quelle plaintive voix crie au fond de mon cœurT Une pitié secrète et m'afflige et m'étonne, rac. Phèdre, v, 4. \\%' Qui iiliale des gémissements. Mânes plaintifs, cessez de murmurer, ouiN. Amad. in, i. La plaintive Prognéde douleur en frémit, boil. Lutrin, m. Pour apaiser mon sang et mon ombre plaintive. Dis-lui qu'avec douceur il traite sa captive, rac. Phèd. v, •. Berger infortuné, ta plaintive détresse De ton cœur dans le mien fait pas.ser la tristesse, a. chën. Idyllet, la Liberté. || Fig. Avoir.... une source d'eau ▼ive Oui parle, et, dans sa fuite et féconde et plaintive, Nourrisse mon verger, abreuve mes troupeai^l, ID. Elégiet, 4. || 8' Dans le style familier. Qui «e plaint à tout propos, qui aime à se plaindre. Les novices ne doivent pas avoir un esprit plaintif, Bo»8. Utt. abb. Jt.0. Il est arrivé souvent qu'on a dit aux rois que les peuples sont plaintifs nalurel- Icmonl, M qu'il n'Ml pu possible de les contenter, quoi qu'on faase, id. Ull. d LouU XIV, *v Juill. t67&. Saumery trouva moyen de llrtr du roi «nooo livres de rente, avec cela, toujours plaintif en il'liurs, tt frondeur en dftssous, st-MM. M», 80. les
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passions malheureu»es «ont plaiatives, volt. Lett. Mme de St-Julien, 12 juin 1776.
— HIST. XII' s. Li plaintif ploremenl , Jnb, p. 4B». Il xiii' s. Et cil qui y aura mespris, se il est esgardé de par le mestre, rendra au plaintif son domage, et au mestre quatre deniers d'amende, Liv. des met. 233. Noz veismes un pletde cix [ceux] de Gant et du conte de Flandres, sor ce que cil de Gant furent plaintif au roi du dit conte de defaute de droit, beaum. lxi, 7t. || xV s. [Le prince doit] Le poure ouïr, le plaintif escouter, E. desch. Des vertus nécess. au prince. || xvi' s. Je veux faire au lecteur mes plaintifs [plaintes] touchant quelques choses qui concernent les dicts vocables, H. EST1ENNE, Précell, édit. feugêre, p. 346. Quant aux plaintifs et ceux qui disent que j'ai oublié beaucoup de choses, ils verront que c'est ,d'eux qu'ils se doivent plaindre.... car, pour le certain, de ceux qui m'auront envoie des mémoires, je n'aurai aucuns complaignans, d'aub. Hist. m, 648 Une voix plaintifve, mont, li, <3o.
— ÉTYM. Plainte; Berry, pJentt. Dans l'ancienne langue, plaintif sl souvent le sens de plaignant en justice, sens conservé en anglais.
PLAINTIVEMENT (plin-ti-ve-man), adv. D'une manière plaintive. Chanter plaintivement. Tels sont les motifs è remuer les états généraux: exciter tristement, timidement, plaintivement la fermentation des esprits, st-sim. 397, (82.
— ÊTYM. Plaintive, et le suffixe menf.
PLAIRE (plê-r'), je plais, tu plais, il platt, nous
plaisons, vous plaisez, ils plaisent; je plaisais; je plus, tu plus, il plut, nous plûmes, vous plûtes, ils plurent; je plairai; je plairais; plais, qu'il plaise, plaisons, plaisez ; que je plaise, que nous plaisions; que je plusse, qu'il plût, ([ue nous plussions, qu'ils plussent; plaisant, plu, v. n. |1 l'Agréer, être agréable, en parlant des personnes. Pour plaire aux autres, il faut parler de ce qu'ils aiment et de ce qui les touche, éviter les disputes sur des choses indilTcrenles, leur faire rarement des questions, et ne leur laisser jamais croire qu'on prétend avoir plus de raison qu'eux, la bochefooc. Réfl. div. (27. Et pour n'avoir personne à sa flamme contraire. Jusqu'au chien du logis il s'efforce de plaire, mol. Femm. sav. i, 3. En sachant la passion dominante de chacun, on est sûr de lui plaire, pasg. Pens. vu, 14, éd. HAVET. Elle connaissait si bien la beauté des ouvrages de l'esprit, que l'on croyait avoir atteint la perfection quand on avait su plaire à Madame, BOSS. Dueh. d'Orl. Je serais très-aise de plaire à Mme de Bonnevaux; car peu de gens lui plaisent, et elle plaît à tous, maintp.nor, Lett. à Mme de Brinon, «679. Qui cherche à plaire à tous ne doit plaire à personne, J. b. rouss. h'iatl. iv, 2. Il n'y a peutêtre rien de plus fou et de plus faible, après les Velches, que ceux qui veulent leur plaire, volt. Utt. Urne du Deffant, 7 sept. «774. || Il se dit du charme qui captive un amant, une amante. Votre fille me plut, je prétendis lui plaire. Elle est de mes serments seule dépositaire, rac. Iphig. iv, 6. Rosine : Si vous pouviez me plaire, ah I comme je vous aimerais ! — Bartholo : Je te plairai, je te plairai ; qdand je te dis que je te plairai, beau- MARCH. Barb. deSév. ii, <5. 112" Absolument. Avoir un charme. Nous plaisons plus souvent dans le commerce de la vie par nos défauts que par nos bonnes qualités, la rochepouc. Max. 90. Il faut de l'adresse pour aimer; l'on épuise tous les jours les manières de plaire ; cependant il faut plaire, et l'on plait, PASC. Pass. de l'amour. Elle vit le monde, elle en fut vue: bisntût elle sentit qu'elle plaisait, Boss. Anne de Gonx. Il faut qu'en cent façons pour plaire il [l'auteur dramatique) se replie, Que tantôt il s'élève et tantôt s'humilie.... boil. Art p. m. Une femme coquette ne se rend pas sur la passion de plaire, la Bruï. m. Jamais homme n'a eu plus que lui [Fénelon] la passion de plaire, et au valet autant qu'au maître, st-sib. 38o, U7. Apprends qu'en ce bas monde 11 vaut mieux plaire que servir, lamotte, Fabl. l, 7. Il [le cardinal de Fleury] plaisait par ses manières nobles et aisées, et il ne paraissait vouloir plaire qu'autant que l'exige une politesse bien entendue, haIran, Éloges, Ficuty. Le don de plaire se trouve le plus souvent confondu avec celui Je persuader, de conduire les hommes, in. ib. Cette envie de plaire qui est à l'esprit ce que la parure est à la beauté, volt. Zadig, 8. Je ne connais personne, je le répèle, qui plaise aussi généralement que vous, et peu de personnes qui y soient plus sensibles, u'alemb. J'ortr. de Ulle de l'Espinasse. || 8' Etre agréable, convenir, en parlant des ! cho.ses. On a pour toute règle que ce qui platt est
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beau, et on ne sange pas que ce qui platt aujour d'hui ne plaira plus demain, conbil. Art d'écr. IV, 6. Il faut... Prendre l'état qui vous plaira le plus, VOLT. Paur. diab. \\ Familièrement. Cela vous plaît à dire, s'emploie pour faire entendre que l'on n'accepte pas ce qui vient d'être dit. Tout beau, berger, cela vous plaît à dire, th. corn. Berger extrav. Il, 6. Il 4° V. impers. Vouloir, trouver bon. Qui peut ce qu'il lui plaît comniande alors qu'il prie, COHN. Sertor. iv, 2. Heureux, si vous voulez, malheureux, s'il vous plaît, MOL. Tari, ni, 3. Je vous pijie tous deux de ne vous point en aller qu'on ne m'ait apporté mon habit, afin que vous me puissiex voir. — Tout ce qu'il vous phira, lO. Bourg, gent. i, '.i. Vous plaît-il un morceau de ce jus de réglisse, in. Tart. iv, b. Encore un petit mot. — Il ne me plaît pas, moi, iD. ib. ii, 2. Il y a cette différence entre Dieu et les souverains, que. Dieu étant la justice et la sagesse même, il peut faire mourir sur le champ qui il lui plaît et en la manière qu'il lui plaît, PASC Prnv. xiv. U peut prononcer comme il lui jflalt, ordonner selon qu'il lui plait, exécuter tout ce qu'il lui plaît, BoiRnAL. ("■ dim. après l'Épiph. Domiriic. i. i, p. 49. || Avec que, le verlie qui suit se met au sutijonctif. Il me plaît que vous fassiez cela. Ceux, dit-il [le concile d'Elvire), qui retomberont dans leurs premiers crimes après 19 remède de la pénitence, il nous a plu qu'on ne leur permit pas de se jouer encore uqe fois de la communion, BOSS. Sermons, Temps du jubilé, 3. || Dans l'emploi impersonnel, l'inflnitif qui suit est mis souvent sans préposition. Et nos joiirs criminels ne pourront plus durer Qu'autant qu'à sa clémence il plaira l'endurer, corn. //or. v, 2. Comme il faut dire : la faveur qu'il vous a plu me faire, la grâce qu'il vous a plu m'accorder, qui est meilleur que la faveur qu'il vous a plu de me faire, etc. Maro BUFF. Obstrv. p. tio, (668. Vous plalt-il, don Juan, nous éclaircir ces beaux mystères? mol. Festin, i, i. Il Qui bon lui platt, celui qu'il veut selon le bon plaisir. L'armée vint à Londres, et chassa qui bon lui plut de Westminster, chateaub. Siuarts, Du commencement de la. guerre civile. |{ Cela va comme il plaît à Dieu, se dit d'une chose mal ordonnée, qui se fait mal. Mais moi, grâce au destin, qui n'ai ni feu ni lieu. Je me loge où je puis, et comme il plaft à Dieu, boil. Sat. vi. Contentons-nous de nos vingt millions d'hommes et de nos cent vingt livres par tête, réparties comme il plaît à Dieu, volt. L'homme aux 40 écus, entretien avec un géomètre. Le satyre est dessiné comme il plaît àDieu, didek. Salon de (765. (Euv. t. xiii, p. »4, dans pougers. Il Tout ce qu'il vous plaira, se dit pour laisser à celui à qui l'on parle le soin d'achever une énumération. Je le tiens galant homme en toutes les manières. Homme de qualité, de mérite et de cœur, Tout ce qu'il vous plaira, mais fort méchant auteur, mol. Mis. IV, t. Vous verriez que toutes lei femmes qui sont ici, ayant dans cette barque leur» maris, leurs fils, leurs frères, leurs cousins, ou tout ce qu'il TOUS plaira, ne laissent pas de vivre, de manger, de dormir, d'aller, de venir, de parler, de raisonner et d'espérer de revoir bientôt l'objet de leur inquiétude, sftv. 466. || Tout ce qu'il vous plaira, se dit aussi pour indiquer qu'on ne tient pas compte des objections. {| Ironiquement. Tant qu'il vous plaira, se dit pour indiquer qu'on accorde une chose par pure politesse, mais sans y rien attacher de sérieux. Ce sont là, dites-vous, de» extrémités ; il est vrai : mais extrémités tant qu'il vous plaira, rien n'est plus commun dans l'état du mariage, bourbal. 2' dim. après l'Épiphnn. Dominic. t. i, p. 8H. Mon ami tant qu'il vous plaira; moi d'abord, diuer. Sur les caractères. || S'il vous plaît, terme de politesse, pour demander quelque chose à quelqu'un. Ne m'oubliez jamais dans vos prières, s'il vous plaît, maintenon , Utt. à l'abM Gobelin, 26 mai, t«75. || Parfois, s'il vous plaît, est une façon polie de recommander avec énergi» ce qu'on dit. Une seconde fois avisez, s'il vous plaît, S traiter Laodice en reine comme elle est; C'est moi qui vous en. prie, corn. Nicom. ii, 3. Et moi, ma petite fille, ma mie, je veux que vous vous mariiez, s'il vous plaît, mol. Avare, i, 6. |{ l'Iatt-ilî c'est-à-dire que demandez-vous de moi? || Cela se dit aussi pour faire répéter co qu'on n'a pas bien entendu. || U est auprès de lui à plall-il, maître, se dit d'un homme qui est auprès d'un autre d'une complaisance scrvile. Aussi Godet fut-il un personnage devant qui le clergé rampait, et avec qui les ministres étaient à plait-il, maître, rt-sim. 249, 8). ||B' Plaise h Dieu, plût à Dieu qUB...I formule» de souhait. Plaise Ji Dieu qu'il an soit ainsi I IMOI
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