‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 354 sur 389 · PORTER (por-tèr),«.«. Espèce de bière forte d'Angleterre · texte numérisé non relu

PORTER (por-tèr),«.«. Espèce de bière forte d'Angleterre

t PORTE-RAME (por-te-ra-m') , i. m. Terme de marine. Anneau de fer attaché au bateau et dans lequel on passe la rame. {| Au plur. Des porterame ou rames.

t PORTE RATEAO (por-te-ri-tô), s. m. Dans la presse lithographique, fort levier d'abatage vertical, placé au-dessus du râteau.

t t. PORTEREAC (por-te-rfl), «. m. Palis de bois dont on barre certaines rivières, pour faciliter la navigation en retenant l'eau et la rendant plus haute. Enjoignons aux maîtres des ponts, et généralement à toutes personnes de leur ouvrir et fermer à la première réquisition toutes écluses, ports et portereaux, Ordon». mai teso.

— HIST. XVI» s. Le duc de Ferrare se sauva de Rome par le petit portereau de St-Jean de Lalran, BHANT. Capit. estr. t. i, p. tp7, dansLACUHNE.

— ÉTYM. Porte. Portereau était le nom d'un faubourg d'Orléans, plusieurs fois mentionné dans les guerres civiles (lu xvi* siècle.

t *. PORTEREAU (por-te-rô), s. m. Terme de charpentier. Sorte de levier pour porter des pièces de bois au chantier.

— ÉTYM. Porter.

PORTE-RESPECT (por-te-rè-spè),». m. JlfArme, surtout canne ou bâton , qu'on porte pour se défendre, et qui impose. Foin I que n'ai-je avec moi pris mon porte-respect! mol. l'Ët. m, fl. || *• Marque extérieure de dignité. || 8' Personne grave dont la présence oblige à une certaine retenue. || ^u piur. Des porte-respect.

— ÉTYM. Porter, respect.

t PORTE-SCIE (por-te-sie), ». m. Famille d'insectes hyménoptères qui ont une tarière dentée en scie. Il Au plur. Des poite-scie ou scies.

t PORTE SINGE (por-te-sin-j'), t. m. Homme chargé de porter le singe de quelque grand personnage. Le duo d'Orléans ressemblait à ce pape qui fit son porte-singe cardinal, volt. Louis JV, 3. Il Au plur. Des porte-singe ou singes.

t PORTE-SONDE (por-le-son-d'), s. m. Terme de chirurgie. Instrument dont on se sert dans l'opération de la fistule lacrymale, pour porter plus facilement la sonde dnns le canal nasal. || Au plur. Des porte-sonde ou sondes.

t PORTE-SOIE (por-te-sol) , ». m. Sorte de coq à duvet.

t PORTE-SONNETTE (por-te-so-nè-f), Odj. Qui porte une sonnette. Quand l'animal porte-sonnette, [un milan] ....Avec ses ongles tout d'acier. Prend le nez du chasseur i.a font. Fabl. xii, t2.

t PORTE-SUIF (por-te-suil), ». m. Le muscadier sébifère.

PORTK-TAPISSERIE (poi^te-ta-pi-se-rie) , ». m. Châssis de bois qu'on établit au haut d'une porte, et sur lequel on applique une tapisserie qui forme portière. || Terme de menuiserie. Nom des bfttis ou châssis attachés sur les murs pour recevoir de l'étoffe ou du papier. || Saillie que fait la corniche d'un plafond sur le nu du mur. || Au plur. Des porte-tapisserie ou tapisseries.

t PORTE-TARIÈRE (por-te-ta-riè-r'), ». m. Outil d'ari|nebusier. || Nom de certains insectes qui perforent. || Au plur. Des porte-tarière ou tarières.

f PORTE-TOLKTS (por-te-lo-Iè), ». m. Synonyme de toletière.

PORTE-TRAIT (por-te-trô), t. m. Courroie pliée en deux parties, qui sert i soutenir les traits des chevaux attelés. || Au plur. Des porto-trait ou traits.

PORTEUR, EUSE (por-teur, toû-z'), ». m. et f. Il 1' Celui, celle dont le métier est do porter quelque fardeau. || Il se dit aussi de ceux qui distribuent les journaux à domicile. Un porteur de journaux.

2* Ouvrier employé aux transports dans l'intérieur des mines. j| 8* Terme de marine. Navire destiné, dans certaines constructions maritimes, i charger les déblais enlevés par les dragues el à les déverser au large. || ♦• Dan» les voitures attelées par des chevaux a.ssemlilés deux de front, nom donné au cheval sur lequel est monté le conducteur,c'estlecheval de gauche; l'autre cheval se nomme sous-verge. || 6° Porteur de chaise, ou, simplement, porteur, un des hommes par qui ou s« fait porter dans une chaise Hula, porteurs, lioli... je pense que ces maraud!i-l& ontdessein de me bri.ser, MOL. Prée. 8. Il 6" Porteur d'eau, porteuse d'eau, celui, celle qui porte de l'eau dans les maisons. La mère du marquis de Lévi, une joueuse sans fin

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et pourtant avare à l'excès, faite et mise oomme une porteuse d'eau, st-sim. &3, <36. Toutes nos ressources sont épuisées, et nous en sommes réduit» au point de n'avoir pas de quoi payer le portent d'eau, mahmontel, Mém. m. || Porteur d'eau, rigole d'arrosage. || 7* Celui, celle qui porte sur soi quelque papier, queljue instrument, quelque objet. De vos biens désormais il est maître et seigneur En vertu d'un contrat duquel je suis porteur, mol. Tart. V, 4. Dieu préserve, en chassant, toute sage personne D'un porteur de hucbet qui mal à propos sonne, id. Fich. 11, 7. || Porteur de contraintes, celui qui notifie aux contribuables en retard lei contraintes décernées par l'agent de l'administration. Il Porteur de pardons, vendeur d'indulgences. Il 8° Personne chargée de rendre une lettre. Le porteur d'une lettre de recommandation. Je ne vous dis rien de la porteuse de cette lettre : elle porte sa recommandation avec elle, d'alemb. Lett. à Voltaire. 16 juin. t766. Il 9* Porteur d'une lettre de change, d'un biUet, celui en faveur de qui la lettre de change, le billet a été souscrit, ou à qui il a été passé. Il Billet payable au porteur, billet payable à celui qui en est porteur le dernier. Le duc et le prélat, le guerrier, le docteur, Lisaient pour tous écrits des billets au porteur, volt. Ép. 96. || On dit de même : des effets, des actions au porteur. Il 10* Celui qui apporte quelque chose. Toi, funeste porteur De ce présent fatal, apprends-moi son auteur, BOTR. Uerc. mour. m, t. || Fig. Et de leurs vains souhaits vous font-ils le porteur? corn. Suréna, m, 2. Il Etre porteur de bonnes, de mauvaises nouvelles, être chargé d'annoncer de bonnes , de mauvaises nouvelles. || Porteur de paroles, celui qui est charge de faire une proposition de la part d'un autre.

— HlST. XII* s. Kar benediceuns [bénédict.ons] dunra li porterre de la lei, Liber psalm. p. 119. Il xiu* s. Corne il soit chose que nos eussiens emprunté de sire Escot toscan, porteor de ces présentes letres... du canoë, Villeh. app. p. 6. || xiv* s. Item convient un ou deux porteurs d'eau, Ménagier, 11, 4. As porteurs de carbon.... capfiaux. Régence d'Auberl de Bavière, p. 68, Comme il feust venu un questeur ou porteur de pardons, on canoë, pardonarut'a. Il XV* s. Fu ordonné plir mons. le prevost que tous les porteurs d'eaue de Paris feussent mandez et examinez, assavoir qui estoient ceulx qui avoient porté eaue ou dit hostel [d'où étaient sortis ceux qui avaient assassiné le duc d'Orléans], Bibl. det ch. e* série, t i, p. 24«.||xvi« s. J'en reviens à Menot lequel apelle porteurs de rogatons, portatores rogationum, ceux que Maillard nomme l'ortatores reliquiarum el indulgentîarum, et bullatores, H. EST. Apol. d'ilérod. p. 66, dans lacurne.

— ETYM. Bourg. po(ou; picard, porteux ; prov. et espagn. portador ; ital. portatore ; du lat. portarc, porter. Dans l'ancien français, porter» ou porwrreest le nominatif, et porteor, le régime.

PORTE- VENT (por-te-van) , ». m. Tuyau qui porte le vent des soufflets dans le sommier du l'orgue. Il Tuyau recourbé qui dirige le vent sur la flamme d'une lampe d'émaillcur. {| Terme de métallurgie. Tuyau qui sert i conduire le vent des machines soufOanles. || Au plur. Des porte-vent.

PORTE-VERGE (por-te-vèr-j'),». m. Bedeau qui porte une verge ou baguette devant le curé, devant les marguilliers, dans une paroisse, dans une église.

Au plur. Des porte-verge ou verges.

PORTE-VIS (por-te-vis'), ». m. Terme d'armurier. Porte-vis ou contre-platine, pièce de la garniture d'une arme portative qui est opposée i la platine.

PORTE-VOIX (porte-vol), ». m. Instrument composé esseiitiellemeut d'une embouchure, d'un tube et d'un pavillon, ordinairement de cuivre ou de fer-bisnc, qui sert à porter au loin la parole. \\Am plur. Des porte-voix.

PORTIER, lÈHE (por-tié, tiè-r), ». m. et ^. || 1* Celui, celle (|ui garde la porte d'une maison. Je vous trouve soigneux el d'une humeur accorta; Ce sont piiur un portier de bonnes qualités, iiauterociie, App. tromp. Il, 7. On en a mis [chez lesancinnij, trois [dieux] k la seule porte; auiwi saint Augustin roproche-t-il aux païens, qu'au lieu qu'il n'y a qu'un portier dans une maisuu et qu'il suflit jiarce que c'est un homme, les hommes ont voulu qu'il y ail trois dieux, hoss. Panityyr. St Victor, «. S<jn mari, qu'une affaire appelle dans la ville. Et qui, chez lui, sortant, a tout laissé tranquille. Se trouve assez surpris, rentrant dans la maison. De voir que le portier lui demande sou nom, uoil. Sat. t. Il Kig. Bons gouve^ni!U^^ de province , bons gardiens de la frontière, bons portier» du royaume,

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tant qu'il vous plaira ; mais bons ministres et bons courtisans, je ne l'accorde pas de la même sorte, BAiz. De la cour, «• dise. || Terme militaire. Portier consigne, portier de l'avancée d'une place forte. Il Adj. Dans les couvents, le fr&re portier, la sœur, la mère portière, le frère convers, la religieuse qui a le soin d'ouvrir et de fermer la porte. || 2' Portier de comédie, portier qui n'ouvre qu'autant qu'on lui donne quelque gratification. Ma foi, j'étais un franc portier de comédie ; On avait beau heurter et m'ôter son chapeau; On n'entrait point chez nous sans graisser le marteau, bac. Plaid, i, «. || 8° Dans l'histoire juive, portiers du temple, ceux qui, nuit et jour, veillaient sur le temple, sur les trésors et sur les offrandes. Les portiers étaient logés selon le regard des quatre vents, c'est-à-dire à l'orient, à l'occident, au septentrion et au midi, saci, Bible, Paralip. i, ix, S4. || Dans la primitive Église, nom donné aux derniers des clercs mineurs; ils étaient préposés à la garde de l'église, afin d'empêcher les païens d'y pénétrer, et de veiller à ce qu'hommes et femmes entrassent chacun par la porte destinée à leur sexe. j| 4° Portier du paradis, nom donné k saint Pierre, à cause qu'on le représente avec deux clefs à la main. || 5» Terme de pêche. Se dit de deux piquets placés à l'entrée de la chambre ou de la tour d'une paradière.

— HIST XII* s. Jo fui defors la porte del portier escondit, Th. le mart. «t. Il n'avoitmieen sa maison portier, mais portière, Job, p. 444. || xv" s. Bien savoit Almerigot Marcel que le chasteau d'Aloize delez St Flour n'estoit point gardé, fora du portier tant seulement, fboiss. ii, ii, 47.

— ÊTVM. Wallon, poirti, portier, poirdr, portière; provenç. portier; cat. porter; esp. portera; ital. portière; du lat. portarius, de porta, porte.

4. POBTIËKB (por-tiè-r' ), ». /. || !• Rideau placé devant une porte pour garantir du vent. Des portières de velours. || Dans cette acception, portière est un adjectif qui signifie de porte; il y a sousentendu tenture, étoffe. || i° Ouverture d'un carrosse par où l'on monte et l'on descend. L'ouverture du devant [du carrosse] fait us tableau merveilleux [en un voyage] ; celle (les portières et des petits côtés nous donne tous les points de vue qu'on peut imaginer, sév. 426. Il Être à la portière, se tenir par honneur à cheval à côté de la portière d'un carrosse. Après ce déliut, je monte en carrosse, et tous à cheval; mais loin de vous tenir A la portière comme les autres.... hamilt. Gramm. 4. Quand Mme de Montespan allait seule, elle avait quatre gardes du corps aux portières de son carrosse, volt. Louis IIV, M. Il Être assis à la portière, être à la portière, être assis dans un carrosse contre une portière. || L'espèce de porte qui sert à fermer cette ouverture. Abaisser lesglacesdes portières {j Familièrement. Carrosse à trente-six portières, une charrette. {| 3° Terme d'artillerie. Portière d'embrasure, sorte île masque avec lequel on bouche les embrasures d'une batterie pour protéger les servants contre la mousqueterie. PorMêre en bois. Portière en cordes. || Portière de pont, se dit de l'ensemble de plusieurs bateaux qu'on a réunis & l'avance pour les employer à la construction d'un pont militaii«. Construire un pont par portière.

— ÉTYM. Porte.

t. PORTIÈBE (por-tiè-r'), adj. f. || !• Qui porte en son .sein, en parlant d'une vache, d'une brebis, d'une chèvre. || Vache, brebis portière, vache, brebis qui est en tge de porter, ou qui a déjà porté. Il I* S. f. Utérus de vache ou de brebis. Je parlai i un boucher pour avoir les portières de toutes les vaches et de toutes les brebû qu'il tuerait, buff. Uiit. anim. ti.

— HIST. ziv* S. Cilz ta ausi souspris qu'une brebis portière. Quand elle voit le lou qui 11 tient la gorgiere, Guetcl. H»8. ||xvt*8. Ceux se trompans qui emploient leurs j uments portières aux fréquentes œuvres 'le mesnuge, o. de ierres, sot,

— ETYM. Porter.

t PORTILLON (por-ti-llon, {I mouillées), s. m. Petite porte, petite poterne, || Nom, dans le centre des Pyrénées, des petits ports ou psissages.

— HIST. XVI' s. Un petit portillon dans la muraille qui fennoit le grand fossé du chasteau, i/aub. Hut. Il, 4M.

— RTYM, Diminutif de porte.

PORTION (por-sion; en vers, de trois syllabes), ». f. Il 1" Partie isolée d'un tout, et considérée isolément. Portion de maison & louer. Portion de cercle. Cet homme , par son testament.... Leur laissa tout son bien par portions égales , la font. Fabl. il, îo. S«i(|b*«r.... j* voua demauda.... que voua disposiez

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de ma santé et de ma maladie, de ma vie et de ma mort, pour votre gloire, pour mon salut, et pour l'utilité de l'Église et de ses saints, dont j'espère par votre grâce faire une portion, pasc. Prière pour le bon usage des maladies. Il leur distribuait [aux pauvres] par la miséricorde ce qu'il avait acquis par la justice ; cette portion de son bien lui était sacrée ; il y mettait son cœur comme son trésor, fléch. Lamoijnon. Flutarque cite trois opinions sur ce partage (des terres] : suivant la première, Lycurgue divisa tous les biens de la Laconis en '/ente-neuf mille portions, dont neuf mille furert accordées aux habitants de Sparte.... barthél.^' lach. note 8, t, IV, p. 484 , dans poloens. {{ En termes de droit, portion disponible, voy. disponible-, portion virile, voy. VIRIL. Il 8" Terme mystique Part de chaque homme dans les dispensations &j la Providence. Le Dieu des chrétiens ne consiste pas seulement eu un dieu qui exerce sa providence sur la vie et sur le lien des hommes pour donner une heureuse suite d'années à ceux qui l'adorent; c'est la portion lies Juifs, pasc. Pens. xxii, 3, éd. havbt. || Particulièrement. Part de chaque fidèle dans la grie de Jésus-Christ, ô Dieu de mon cœur, et mon éternelle portion I fén. Exist. 92. Vous l'avez appelé [Jésus- Christ].... votre portion, votre héritage, le Dieu de votre cœur, mass. Carême, Rechute, 1. 1| 3° Terme monastique. Une certaine quantité de nourriture assignée par la règle' à chacun. |] Il se dit au même sens dans des maisons oi^ l'on donne à manger. Ils servent à la portion. || 4" Terme ecclésiastique. Portion congrue, certain revenu fixe, en forme de pension, pour les curés dont le bénéfice n'avait pas d'autre fond que le casuel et l'obituaire. || Familièrement. Portion congrue, rente, traitement peu considérable. 11 est réduit à la portion congrue,

— REM. Comme ce qu'on donnait sous le nom de portion congrue paraissait souvent insuffisant, ce nom a pris ce dernier sens ; mais il ne faut pas séparer les deux mots pour dire avec Ch. de Bernard, dans Un homme sérieux, § s : Une seule Elvire pour muse aurait paru une portion un peu trop congrue. Congru signifie conrenable, et c'est le contraire de ce que l'auteur veut dire.

— HIST. xiv s. Se les persones ne sont equalz , il ne devront pas avoir percions equales, oeksue, Eth. iM.\\xy' s. Quand le mari eut choisi le casier, la dame choisit la chaudière, puis le mari un autre meuble; puis elle consequemment, jusi|u'à ce que tout fust parti et proportionné; après laquelle portion faite, le bon mari dit.... louis xi, JVoui;. Lxxxiii. Il xvi* s. Il semble que ce n'est point erreur que de mesler avecques la douceur quelque portion de sévérité, langue, io7. Voulant soupper en son privé avec sa femme, il envoya demander sa portion, AMT0T, Lyc. 1 8. Concernant la constitution des douaires ou portions, Cousl. gén. t. ii, p. 694.

— ÉTYM. Prov. et esp. porcion; ital. poriione; du lat. portionem , qui est une variation de partie (voy. partir, part).

PORTIONCULE jpor-sion-Ku-I') , ». f. \\ !• Petite portion. C'est ainsi que les plus nobles facultés de notre être ont été attachées à quelques portioncules de matière; et cette réflexion un peu humiliante ne porte point le vrai philosophe à douter de l'immatérialité de rime.... bonnet, Contempl. nat. v, 6. Il i' Nom de la première maison de l'ordre de Saint- François, fondée par lui-même près d'Assise.

— ËTYH. Lat. portiuneula , diminutif de portto, portion.

PORTIQUE (por-ti-k'), t. m. || i' Décoration d'arcliitecture, en colonnes et en balustrades, pour servir d'entrée couverte à quelque lieu, ou pour le simple ornement. Il [Constantin] y bâtit [à Constantinople] un cirque, un amphithéâtre, des places, des portiques et d'autres édifices publics, flécb. Hist. de Théod. ii, î7. Relevez, relevez les superbe.s portiques Du temple où notre Dieu se platt d'être adoré, rac. Esth. tu, 9. Sa demeure est supeilie, un dorique règne dans tous ses dehors; ce n'est pas une porte, c'est un portique, la brut. vi. Lorsque quelque orage obligeait d'interrompre les représentations [chez les anciens] , le peuple se retirait dans les portiques qui étaient derrière le théâtre, BOLLIN, Hist. anc. Œuv. t, v, p. <48, dans pou- OENS. Il Fig. C'est à la vue du tombeau, portique silencieux d'un autre monde, que le christianisme déploie sa sublimité, chateaubr. Génie , i,i, t<. Il i* Il se dit aussi d'un espace long ou circulaire , dont la couverture est soutenue par des colonnes. On fait des portiques de treillage pour la décoration de* jardins. || 8' Nom d'un certain édifice à Athènes (avec un P majuscule). Il [Zenon] s'établit aous le

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Portique : cet endroit était particulièrement décor* des tableaux de Polygnote et des plus grands maîtres , DinER. Opin. des anc. philos. Stoïcisme. Il FIg. Le Portique, la doctrine du Portique, la philosophie de Zenon, Le Portique, l'Académie et lé Lycée de la Grèce n'ont rien produit de comparable à Sénèque pour la philosophie morale, dide- ROT, Claude et Nér. i, t'2i. || 4° Construction servant à beaucoup d'exercices de gymnastique. Le portique se compose d'une grosse poutre horizontale de 8 à 42 mètres de longueur, élevée au-dessus du sol de 3",60 à 4",50, et reposant à chaque bout sur trois poteaux, un de ces poteaux sur la même ligne que la poutre , les deux autres s'écartant à droite et à gauche d'un mètre ou un peu plus. Ces deux derniers poteaux sont réunis par une autre poutre. Les ti'ois poteaux supportent une petite plate-forme, soutenue en outre par quatre colonnes, ',\6° Au plur. Les portiques ou le portique, jeu où l'on faisait tourner une boule autour d'un portique, dans lequel elle entrait pour s'arrêter ensuite sur un chiffre qui décidait du gain ou de la perte; dit plus tard trou- madame. Il [Louis XIV] allait à Marly tous les quinze jours, et jouait aux portiques, qui est un jeu de nouvelle introduction, où il n'y a pas plus de finesse qu'à croix et pile, la fay. Mém. cour de France, Œuv. t. m, p. i, dans pougens.

— ÉTYM. Lat. porttcus (voy, porchi;, qui est la forme populaire; l'autre est la forme des latinistes).

t PORTO (por-to), ». m. Vin de Porto, ville de Portugal. Le familier [de l'Inquisition] fil un signe de tête à son estafier, qui lui servait à boire du vin de Porto ou d'Oporto, volt. Candide, B.

fPORTOlR (por-toir), ». m. Chez les chartreux, espèce de vase de bois dans lequel on porte la nourriture des moines.

PORTOR (por-tor) , s. m. Sorte de marhre à vei nés jaunes sur fond noir. La Provence donne un beau porter (ainsi nommé, parce qu il semble porter de l'or); il est d'un jaune et d'un noir très-vifs, Dict. des arts et met. Marbrier. Le marbre porter, dont le fond est d'un beau noir avec des taches et des veines d'un jaune doré, est exploité au pied des Apennins , au sud-est de Gênes et près de Porto- Venere, à.. BRONGN. Traité de min. t. i, p. 1 96, dans pougens.

— ETYM. Porter, or.

POBTRAIRE (por-trê-r'), v. a. Il se conjugue comme traire. Terme qui a vieilli. Faire la représentation, tirer la ressemblance, à i'aide de quelqu'un des arts du dessin. Le bon Hercule de Fleuri, Petit p être nonagénaire. En Hercule s'est fait portraiie. De quoi chacun est ébahi, volt. Lett. Prince rot/, de Prusse, as janv. )740. || Absolument. Un des plus grands avantages que l'art de portiaire ail reçus pour éterniser ses ouvrages est la gravure sur le bois et sur le cuivre, rolun, Hist. anc. Œuv. t. XI, ('• part. p. 79, dans pougens. || Fig. SoulTremoi toutefois de tâcher à poitraire D'un roi tout merveilleux l'incomparable frère, i,o:iN. les Vict. du rot en t667.

— HIST. xiu* s. Pygmalions, uns entailleres, Portraians en fust et en pieres, Por son grant engin esprover. Se volt [voulut] à porlraire déduire, la Rose, 21072. || xv s. Trop bel escuier estoil, et pourtraioit de tous membres grandement au jere, FROiss. u, m, (3. Il XVI* s. On peult voir encore aujourd'hui en la ville de Delphes son image entière, portrailte au naturel après le vif, amyot, Philop. 3.

— ËTYM. Bas-lat. protrahere, portraire, prolractio, portrait; du lat. protrahere, tirer en avant, d'où, dans la langue du moyen âge, dessiner; de pro, en avant, et trahere, tirer (voy. traire).

1. PORTRAIT, AITE(por-trè,trè-t'), pari, passe de portraire. Mais je reviens à vous, en qui je vois portraits De ses perfections les plus aimables tiails, CORN. Veuve, v, 7.

2. PORTRAIT (por-trè ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des por-trè-z excellents ; portraits rime avec succès, faix, laids, etc. Du tempsde Vaugelas, plusieurs disaient pourirait, prononciation qui vieillissait), t. m. |1 1° Image d'une personne faite à l'aide de quelqu'un des arts du dessin. Je confesse ingénument que je suis paresseux à faire cet ouvrage [son propre portrait], auquel je prends peu de plaisir, et j'ai fort peu d'habitude; car il y a vingt-huit ans que je n'ai fait aucun portrait, poussin, Lett. I3 mars (66o. Mettons l'original auprès de la copie ; Par ma foi , c'est vousmême, et vous voilà parlant; Jamais peintre ne fit portrait si ressemblant, rkgnard, Uénechmes, IV, 3. Il ne resta plus de vestiges de la modestie de DOS pères que dans leurs vieux et respectables por-

POR

traits, qui, en ornant les murs de nos palais, nous en reprochaient tout bas la magnificence, mass. Or. [un. Louis le Grand. L'amour-propre, de son métier, Est ami des portraits; cet art qui nous copie Semble aussi nous multiplier, lamotte, Fabl. IV, 5. Une femme qui quitte Paris pour aller passer six mois à la campagne, en revient aussi antique que si elle s'y était oubliée trente ans ; le fils méconnaît le portrait de sa mère, tant l'Habit avec lequel elle est peinte lui paraît étranger, montes-q. Lett. pers. 99. Point de grands peintres qui n'aient su faire les portraits : témoins Raphaël, Rubens, Lesueur, Vandick, diuer. Essai sur la peinture, ch. 5. Non loin de là se trouve le portrait d'Hercule; il est de Parrliasius, qui, dans une inscription placée au bas du tableau, atteste qu'il avait représenté le dieu tel qu'il l'avait vu plus d'une fois en songe, barthél.jI noch. ch. 73. || Portrait en pied, portrait qui représente une personne entière. || Portrait parlant, portrait si ressemblant qu'il semble parler. |{ Portrait flatté, portrait qui atténue ce qu'il y a de mal dans le modèle. || Portrait chargé, portrait qui exagère les défauts du modèle. || 2° Fig. Ressemblance. Souffre que mes enfants accompagnent ma fuite, Que je t'admire encore en chacun de leurs traits, Que je t'aime et te baise en ces petits portraits, corn. Uédée, m, S. Toi, son vivant périrait, que j'adore dans l'âme, id. Rodog. m, 3. Ah! s'il voyait le jour, si, portrait de son père, 11 [un enfant] folâtrait déjà sous les yeux de sa mère, La vie aurait encor pour moi quelques douceurs, GiLB. Didon à Enée. || C'est son portraiit, son vrai portrait, se dit d'un fils ou d'une fille qui ressemble à son père ou à sa mère, et de toute personne qui ressemble beaucoup à une autre, soit qu'il s'agisse de ressemblance physique, soit do ressemblance morale. {| Image, idée. Souvenirs importuns d'une amante laissée, Qui venez malgré moi remettre en ma pensée Un portrait qi^e j'en veux tellement effacer.... cobn. lUélile, m, <. Laissez, mon cavalier, laissez aller Théante ; 11 porte assez au cœur le portrait d'Amarante; Je n'appréhende point qu'on l'en puisse effacer, m. la Suivante, i, 5. La nature, féconde en bizarres portraits. Dans chaque Sme est marquée à de différents traits, boil. Art p. ni. Il 8* Fig. Description qu'on lait de l'extérieur, du caraclère d'une personne. Je lui ai fait un portrait de votre personne, mol. l'Avare, ii, 6. Je le lus, et je le élus, ce cruel portrait; je l'aurais trouvé trés-joii s'il eût été d'une autre que de moi , et d'un autre que de vous, sÉv. Lett. à Bussy, 2» juillet lees. Si sa vie [de Turennej avait moins d'éclat, j» m'arrêterais sur la grandeur et la noblesse de sa maison; et, si son portrait était mains beau, je produirais ici ceux de ses ancêtres, flêch. Turenne. Tel parle d'un autre , en fait un portrait affreux, qui ne voit pas qu'il se peint lui-même, la BRUT. XH. Toutes les fois qu'on fait le portrait d'un homme ridicule, il se trouve toujours quoiqu'un qui liii ressemble, volt. Écoss. avert. Ciélie est un ouvrage plus curieux qu'on ne pense; on y trouve les portraits de tous les gens qui faisaient du bruit dans le monde du temps de Mlle de Scudéry, iD. Lett. Mme du Deffant, 2* avr. )7«9. Le chancelier Clarendon et le cardinal de Retz ont fiit des portraits des principaux personnages avec lesquels ils ont traité, lu. Bel. hisl. Uens. imprimés, 16. Lorsque c'est une espèce d'hommes que l'on peint, comme l'avare, le jaloux, l'hypocrite , la prude, la coquette, ce n'est plus un portrait, c'est un caractère; et c'est là ce qui distingue la satire permise de la satire qui ne l'est pai, mahmontkl, Œuv. t. ix, p. 459. On convient que les caractères dans la Henriade ne sont que des portraits, chateaubh. Génie, II, I, 6. Il Imitation de la voix, des gestes, des manières d'une personne. J'aurais eu besoin de les étudier davantage [les comédiens de l'Hôtel de Bourgogne] pour faire des portraits bien ressemblants, MOL. Impromptu, se. ). || 4* Fig. Composition littéraire très en usage dans le courant du XVII* siècle, et qu'on employait à décrire les personnes éminentcs de la société. Hadelon : Je voua avoue que je suis furieusement pour les portraits ; je ne vois rien de si galant que cela. — Mascarille : Les portraits sont difficiles, et demandent un esprit profond, mol. Préc. <o. Nous trouvâmes des infinités de portraits, entre autres celui que Mme de la Fayette fit de moi sous le nom d'un inconnu, sÉv. 234. parmi les portraits qui se trouvent à la fin des Mémoires de Mademoiselle, et qui ne sont pas de cette pnnce.ise, on trouve le portrait de M. Huet, adress'' i lui-même, d'alemïBaT, Élages, Huet. Il faut un grand fond de juge-

ment pour bien faire un portrait, et la plupart de ceux qui se piquent d'exceller en ce genre, ont tout au plus ce qu'on appelle, par abus, de l'esprit, CONDILLAC , Art d'écr. iv, 3. (j 5° Représentation exacte d'un objet quelconque. Le poëme dramatique est une imitation, ou, pour en mieux parler, un portrait des actions des hommes, et il est hors de doute que les portraits sont d'autant plus excellents qu'jls ressemblent mieux à l'original, corn. 3' dise. Je dois aux yeux d'AIcmène un portrait militaire Du grand combat qui met nos ennemis à bas; Mais comment diantre le faire Si je ne m'y trouvai pas? MOL. Amph. I, t. On n'a pomt fait de la vertu de portrait qui lui ressemble, pasc. Prov. ix. On peut compter que, dans les cartes géographiques et hydrographiques des trois quarts du globe, le portrait de la terre n'est encore qu'ébauché, fonten. Chaxelles. Figurez-vous des déserts oit les loups, les tigres et les renards égorgent un bétail èpars et timide; c'est le portrait de l'Europe pendant tant de siècles, volt. Moeurs, <7. ||6" Populairement et fig. La figui-e. Crever le portrait, donner un coup de poing au milieu du visage.

— HlST. xvi* s. 11 y avoit entaillé son portraict au naturel.... et y avoit aussi fait la portr?iture de l'ericles fort belle après le naturel, amyot, Péric. 69. Il [Archimède] cherchoit en luy-mesme la démonstration de quelque proposition géométrique dont il avoit tiré le portrait, in. Marcel. 29. X Jehan Raf, paintre, la somme de quarente escuz soleil, en considération d'un pourtraict [plan] de la ville de Londres, dont il a ci-devant fait présent audict seigneur (le roi] , Bibl. des ch. 6* série, t. u, p. 487.

— ÊTYM. Portrait 1.

t 3. PORTRAIT (por-trè), t. m. Marteau de paveur servant à ébaiber et à tailler.

t POR'I'RAITISTE (por-trè-ti-sf), ». m. Peintre de portraits. Pourquoi un peintre d'histoire est-il communément un mauvais portraitiste? diderot, Salon de 4767, Œuv. t. xiv, p. a70, dans pougens.

— ÉTYM. Portrait 2.

PORTRAITURE (por-trè-tu-r'), t. f. \\ 1° Ttrme vieilli. Portrait. De cette propre main j'ai fait ma portraiture, th. corn. D. Bertr. de Cigarral, iv, i. Il 2°Terme de peinture. Livre de portraiture, livre enseignant à dessiner toutes les parties du corps humain.

— REM. C'est, dit Voltaire, Rem. sur l'Ép. dédie, de Uédie, un mot suranné, et c'est dommage ; il est nécessaire; portraiture signifie l'art de faire ressembler; on emploie aujourd'hui portrait pour exprimer l'art et la chose.

— HIST. XII' s. Etute cele pare! estait ouverte (le or à riches ovres e à riches portraiture». Rois, p. 248. Il XV' s. Fut «près appoité le corps, ensemble la portraiture, par les serviteurs de l'autel du chœur jusques dedans lachappelle, math, de coucï, Uiil. de Ch. VU, p. 738, dans LAcnaNS.

— ÉTYM. Portraire.

f PORTRION (por-tri-on) , s. m. Vanned'une écluse.

— f.TYM. Diminutif déporte.

t PORT-ROYAL (por-ro-ial), f. m. Abbiyes de l'ordre de CIteaux, sises l'une à Paris, et l'autre près de Chevreuse (Port-Royal des champs), où s'étaient retirés plusieurs hommes pieux et savants, appartenant au jansénisme. Ce Port-Hoyal est une Thé balde; c'est le paradis; c'est un désert où toute la dévotion du christianisme s'est ruiigée, s8v. 26 janv. (674. Il Ouvrages de Port-Roy:il, se dit des livres composés par une réunion d'hommes distingués qui vivaient en solitaires à Port-Royal îles champs.

t PORTUGAISE (por-tu-ghê-z'),î. {. \\ 1" Terme de marine. Tour d'amarrage réunissant deux vergues ou deux mâtereaux, pour en former une espèce de chèvre. || 2° Terme de cuisine. Pomme portugaise, pomme cuite garnie à l'intérieur de confitures.

t POUTL'LACÉES ([.or-tu-la-séo), 1. f. pi. Famille de plantes dicotylédones périgynes, i laquelle le pourpier portuiaco a donné son nom.

— ETVM. Lat. portuldca ou porcildca, l'euphorbe peplis.

PORTULAN (por-tu-lan), t. m. Livre qui contient la description de chaque port de mer, du fond qui s'j trouve, de ses marées, de la manière d'y entrer et d'i'n sortir, de «es inconvénients et de ses avantages. Et comme tous les portulans sur lesquels on a navigué jusqu'à présent dan» la Méditerranée ont été reconnus fautifs, et qu'il est très-important jiour la sûreté de» vaisseaux d'en former un plu» exact, Jmtriict. pour le sieur de Beaujeu, dans jal. Ce lut alorfi qu'il communiqua i l'Académie le vaste dessein qu'il méditait d'un portulan général de la Méditerranée, fonten. Chaiellet.

— ETYM. Ital. portolarM, de poTio, port i.

t PORURE (po-ru-r'), s. /. Terme de doreur et d'orfèvre. Défaut qui consiste en une boursouflure.

— ÊTYM. Pore.

t PORZAN'E (por-za-n'), s. f. Vcy. bAle t.

POSAGE (pfl-za-j'), s. m. Action de poser. Le posage des sonnettes dans un appartement. |{ Le travail et la dépense qu'il faut faire pour mettre certains ouvrages en place.

I. POSE (pô-z'), ». ^.1! l'Action de poser, de mettre en place. La pose d'un tapis, d'une sonnette.

I Terme d'architecture. Action de poser une pierre dans une construction. || l'ose de la première pierre d'un monument, cérémonie qui a lieu quand on en pose la première pierre. || 8° Terme de guerre. Un certain nombre de soldats qu'on va mettre en faction. I! était de la première, de la seconde pose.

II Caporal de pose, caporal chargé de poser, de relever les sentinelles. || 3° Action ou avantage de placer le premier dé au domino. Xvous la pose. {{ 4° U se dit des attitudes diverses données ou prises. J'aime la pose de cette figure. Cette danseuse a des poses gracieuses. Il [le motteux] se tient aux environs du nid, et, lorsqu'il voit un passant, il court ou vole devant lui, faisant de petites poses comme pour l'attirer bufp. Ois. t. ix, p. 346. Sur la table de pose, se dresse un mannequin drapé, simulant les attitudes de la vie, TH.GAUIIE», Monit. univ. t" et î juin. 1868. Il Salon de pose, se dit, dans les ateliers de (hotographie, de la pièce où l'on pose pour être photographié. || 6' Fig. Affectation quelconque, désir de produire de l'effet. Son air profond n'est qu'une pose.

— REM. Scarron raemployédansle sens de pause; c'est le sens ancien : Sur le promontoire Pachyn Oui se trouvait en son chem'n. Elle pensa faire une pose, Yirg. vu. Chateaubriand aussi : Le rossignol saute du doux au fort; il fait des poses ; il est lent, il est vif, Génie, 1, v, 6.

— ÊTYM. Voy. pos?;r. Dans l'ancienne langue, pose est l'orthographe de pause et en a le sens.

f 2. POSE (pô-z'), s. f. Mesure agraire employée dans quelques-uns des cantons suisses. La pose de Lausanne vaut 46 ares. Les terres à froment même ne sont estimée.^ dans ce pays-ci que vingt écus l'arpent ou la pose, VOLT. Lelt. Perraud, 24 avr. 1767.

POSfi, ÉE(pô-zé, zée),pari. pais^de poser. || 1° Mis en une certaine place. Un vase posé sur un buffet. Cet oiseau [le friquet], lorsqu'il est posé, ne cesse de se remuer, de se tourner, de frétiller, bufp. Ois. t. vi, p. 231. À onze heures, le fils aîné, posé en sentinelle du côté du bois, quitta son poste, genlis, Veill. du chdt. t. II, p. 475, dans poi gens. Soyons comme l'oiseau posé pour un instant Sur des rameaux trop frêles, Qui sent ployer la branche, et qui chante pourtant, Sachant qu'il a des ailes, v. hugo. Chants du crépuscule, 33. || Terme de blason. Se dit du lion arrêté sur ses quatre pieds. || Écrire à main posée, écrire lentement pour mieux former ses lettres. Un billet écrit i main posée, parfaitement bien, et conçu dans ces termes.... oinlis. Ad. et Théod. t. 1, p. ♦6'', dans poLGKNg, au mot main. ||2" Mis dans la situation convenable. Le modèle posé par le |ieiiitre. Votre Sainte Geneviève est bien posée, bien dessinée, bien coloriée, bien drapée, dideb. Salon de 1767, Œuv. t. xiv, p. 295, dans pougens. Il 8" Fig. Oui est en crédit dans la société, dans le monde. Uouimo posé, bien posé, puissamment posé. Il 4° Se dit de» principes, des maximes, etc. qu'on établit. f:ola posé, il s'ensuit... || Posé que cela fût, posé le cas que cela fût, ou, par ellipse, le cas pose, que ferie/,-vous?c'cst-à dire si cela éuit, que ferioz-vousT Je ne sais même si les personnages qui paraissent deux fois dans un même acte, posé que cela soit permis.... corn. Mélile, examen. Ainsi posé que ces quatre ouvrages, le dictionnaire, la grammaire, la rhétorique et la poétique eussent été achevés.... pellisson, liist. de l'Acad. m. Il Question bien posée, mal posée, question qui est présentée, n'est pas présentée comme elle doit l'être. Cette question ne parait difficile à résoudre que parce qu'elle est mal posée, J. 1. «ouss. Contr. soe. 11, 6. i| 6' Fig. Qui est comme l)osé, rassis, retenu. Il faut avouer que le vrttrc (pire) animerait contre sa vilainie le plus poi>é homme du monde, mol. /'.4». 11, 4. H a un esprit posé et des paroles mesurées, qui sont d'un ^mwA poids dans ces occasions, sÉv. (6 mars 4672. Et souvent les plus fous ont l'air le plus posé, ukstuucu. Homme smg. v, se. dern. Le temps ne viendra que trop tôt d'être posée, et de prendre un maintien plu» sérieux, j. j. rois». Êm. v.

t POSÉE (|iozée), ». f. Terme 'In manège. Synonyme de poser, ». m.

POS

POSÊMKNl ipo-zé-man), adv. D'une manière posée. Doucenienl, modérément. Ta, ta, ta, ta, voilà bien instruire une affaire! 11 dit fort posément ce dont on n'a que faire. Et court le grand galop quand il est i son fait, rac. Plaid, m, 3. || Sans se presser, avec réflexion. Ce mets (l'omelette au thonj doit être réservé pour les déjeuners fins, pour les réunions d'amateurs où l'on sait ce qu'on fait et où l'on mange posément, brillât-savarin, Physiologie du goût, l'Omelette du curé.

— illST. IV' s. Nostre condition n'est point de parler si posément comme ils font, COM. viil, 9. Il xvi« s. L'enleva posément de dessus le cheval, Nuits de Straparole, t. i, p. «o, dans lacurne.

— F.TVM. Posé, et le suffixe ment.

POSER (p*-zé), c. o. Il 1» Placer, mettre sur. Il la retira [Psyché] du gouffre, et, lui faisant prendre un autre chemin que celui qu'elle avait choisi, il l'éloigna de ces lieux funestes, et l'alla poser avec ses habits sur les bords d'un fleuve, la font. Psyché', ii, p. 110. Lui-même [Dieu] la posa dans le sein de la reine, sa mère, ou plutôt dans le sein de l'Église catholique, uoss. Duch. d'Orl. Comme la colombe qui revient à l'arche, ne sachant ou poser «on pied, id. Exp. doct. cath. Avertiss. Mon fils, avec re'^pect posez sur cette table De noire sainte loi le livre redoutable, bac. Ath. iv, t. C'est dans cette demeure élevée au-dessus de la terre que Jupiter a posé son trône immobile, fên. Tél. ix. De vastes salles Où.... Veillaient assis en cercle et se regardant tous Des dieux d'airain, posant leurs mains sur leurs genoux, v. hugo, Orientales, t. Il Poser à terre, mettre sur la terre. Cet animal jrhyène] est si fort, qu'il enlève aisément un homme et l'emporte à une ou deux lieues sans le poser à terre, bufk. Quadrup. t. ix, p. 60. || Dans les exercices militaires, poser l'arme à terre, mettre son arme à terre, devant soi, le bout du canon en avant. Il 11 se dit, au piano, de la manière de placer la main. Cet enfant pose mal sa main. || 2' Mettre dans le lieu, dans la disposition convenable. Poser des rideaux, des draperies, une glace. || Poser un modèle, le mettre dans l'allilude la plus favorable pour l'imitation. |{ En termes île guerre, poser des lentinelles, les placer en quelque endroit. Madame, i clia ue porte on a posé des gardes, corn. Suréna, IV, 2 II Dans un sens analogue. J'ai posé des gens pour épier, imbert, Jaloux tans amour, v, (. Il 8° Fixer une pierre, une poutre, une colonne, une statue, etc. à la place qu'elle doit occuper. Poser la première pierre d'un édifice. || Poser à sec, construire sans mortier. || Poser à cru, élever sans fondation une charpente, un pilier. || Poer de champ, placer sur la face la plus étroite une brique, une planche, etc. et, dans le sens contraire, poser de plat. Il Poser une sonnette, des sonnettes, les fixer à un mur, et établir les fils d'archal qui doivent les mettre en mouvrment. || 4* En arithmétique, poser des chiffres, les mettre en colonne aux rangs d'unités, lie dizaines, de centaines, etc. dans l'opération de l'addition ou de la soustraction. || Elliptiquement, pose pour : je pose ou posons. Dans le schisme des donatistes, on ne peut guère compter moins de 400 personnes assommées : pose.... 4uo, volt. Phil. Déf. de Bolingbr. 4». || 6' Jouer un dé ou un domino. Il Absolument. C'est à vous l\ poser. |{ 6" Terme de typ.'graphie. Poser une forme, la dresser. Il 7° Quitter, déposer, en parlant de quelque vêtement, de quelque chose que l'on porte sur soi. Oui, nous jurons.... De ne poser le fer entre nos mains remis Qu'après l'avoir vengé [Joais].... hac. Ath. IV, i. Je quittai la dorure et les bas blancs, je pris une perruque ronde, je posai l'épée, J. J. Rouss. Confus, vin. Les Morvandiaux sont bons soldats; conscrits, ils quittent leurs chères montagnes avec regret; mais à peine ont-ils posé leurs sabots et endossé l'habit militaire.... dupin, Horvand, p. 24. Il Faire poser, faire déposer. Je vais, par des douceurs, puisque j'y suis réduite, Faire poser le ma.ique à cette Ame hypocrite, «ol. Tart. iv, 4. Il Kig. Poser l'épée, renoncera l'état miliuire. Il pouvait sans risque poser l'épée, bien sûr qu'on nl'obligerait pas & la reprendre, 1. 1. roh.«s Conf. zii Il Poser les armes, les mettre bas, se retirer. || Fi^ Poser les arme», faire la paix ou une trêve. Il i • put les obliger à poser les armes, Boss. Ilitt. m, v. Il 8* Fig. Établir quelque chose, comme on fait un fondement. Il ne s'agit pas de preuves, il s'agit dn bien poser la doctrine, boss. Var. iv, 3». Quand nous nous mettons i raisonner, nous devons d'alionl poser comme indubitable que nous pouvons connaître très-certainement beaucoup de choses dont toutefois nous n'entendons pas toutes les dé-

POS

pendances ni toutes les suites, m. Libre arbitre, 4. Quelque vieux Chrysippe Voudrait follement Poser un principe Contre un sentiment, Bernard, Poés. div. Ép. 4. Il Absolument. On commence par rejeter ce qui eM mauvais, et on le fait assez bien; poser sera la grande peine, boss. Var. xii. )| Poser une question, la fixer, la préciser. || 9° Fig. Supposer. Posez le cas que je ne sois point roi, mais seulement pei-sonne privée, vaugkl. Ç. C. 418. Mais posons qu'en ceci le sénat vous outrage, mairkt, Sophon. v, 2. Ayant une fois posé Sabine pour femme d'Horace , il est nécessaire que tous les incidents de ce poème lui donnent les sentiments qu'elle en témoigne avoir, cORN. Hor. examen. Il 10" Terme de musique. Attaquer un son avec fermeté et sûreté, et surtout le maintenir pendant toute la durée de la note. Il pose mal sa voix. Il 11° Fig. Poser quelqu'un, lui donner du crédit (emploi néologique). Celte action, ce livre l'ont posé. Poser un jeune homme dans le monde. || Mettre eq évidence. Voilà un manège qui pose une femme. || 12" V. n. Être posé, appuyé sur quelque chose. Poser à faux. || Fig. Notre crainte fde la mort], ne pouvant poser sur rien de certain, n'est plus qu'un sentiment vagm et confus, qui ne porte sur rien du tout, mass. Carême, Ifort. \\ Chez les doreurs, poser au livret, appuyer le bord de la feuille et ouvrir le livret à mesure que la feuille s'étend, sans faire aucun pli. || 13° Prendre une attitude pour se fairedessiner ou peindre. Cet homme pose dans les ateliers de peinture. Jetant le voile qui te pèse, Réalité que l'art rêva. Comme la princesse Borghèse Tu poserais pour Canova, th. oau- TiFR, Émaux et camées, à une robe rose. \\ Fig. Étudier ses attitudes pour produire de l'effet, chercher k paraître ce qu'on n'est pas (cet emploi est nouveau, c'est-à-dire date d'une quarantaine d'années). Cet homme pose toujours. Que cherches-tu sous les meubles ? — Le naïf pour qui tu poses, e. auqier, les Effrontés, m, i.jj Faire poser, mystifier. Monsieur, dit-il tranquillement, comptez-vous me faire poser longtemps? ch. de Bernard, le Gentilhomme campagnard, i, 20. || 14° Se poser, v. réfl. Se mettre, se placer. Comme une aigle qu'on voit toujours, soit qu'elle vole au milieu des airs, soit qu'elle se pose sur quelque rocher.... boss. Louis de Bourbon. |Au soir] Les brises du matin se posent pour dormir, Le rivage se tait, la voile tombe vide, LAMART. Harm. ii, 6. || Être posé. Son pied se posait sur le tapis. Il 15° Se créer un rôle original. Se poser en réformateur des abus. || 16*5. m. L'instant où, dans la marche, le pied du cheval arrive sur le sol. Le poser, dit aussi appui ou foulée.

— illST. xu" s. Et en sarquez [cercueils] pouser etaloer [les corps], flonc. p. <76. ||xin's. Mes or soit posé que gel [je le] praingne, X jalousie la grifaigne Que porrions nous oredire? la Rose, (2898. Por ce, sire Dieux, les poseras bruchedos, c'est souz les pies des autres gens. Psautier, f° 28. || xiv' s. Posé que par désespérance il se noiast ou pemlist, Ordonn. des roù-, t. vu, p. 644. || xvi* s. Sa femme l'asseura que mal aulcun ne luy adviendroyt; seullement que sus elle il eust à se pouser et repouser, hab. Pont. IV, 47. L'harmonie si posée et religieuse de nos voix, mont, ii, 363. Aristide» esloit de sa nature homme posé, droit et entier en sa vie, amyot, Thém. 6. Et luy, posant incontinent son manteau, se meit à fendre du bois, id. Philop. S. Il les contraignit de poser les armes, et se rendre à luy, id. Eumènes, 8. Si s'en allèrent ces corbeaux poser sur l'un et l'autre bout des verges de la voile, id. Ciciron, 69. Un de ses soldats en posant la garde le tua d'une harquebusade sans y penser, d'aub. Hist. n, 63.

— f.TYM. Provenç. pausar, pauzar; espagn. posar; port, pousar; ital.posare; du bas-lat. pausare [LexAlam.iW. 46, §2: et pansant arma sua josum), qui est le lat. paxisare, cesser (voy. paiise). L'intermédiaire se trouve dans l'emploi qu'on en faisait dans les épitaphes chrétiennes : Hic pausat in pace ingenua, Inscr. chrét. par le blant, 3* liv. p. 373, fin du IV* siècle. Mais il ne faut pas méconnaître qu'il y a eu confusion entre poser, de pausare, et le verbe ponere, positus.

POSI'XR (pd-zeur), s. m. || 1° Celui qui pose ou qui dirige la pose de quelque chose que ce soit. Poseur de billard. || Poseur de sonnettes, serrurier qui pose le» sonnettes dans les appartements. || Terme de chemin de fer. Poseur, homme d'équipe qui travaille & poser les rails et i les réparer. || î° Terme de maçonnerie. Celui qui pose les pierres dans ure constiuction. Il Couire-poseur, celui qui aide le pj- «e'ir. Il 8° Poseur, synonyme de parqueteur. || 4° Kig. Dans le style nctuël, poseur, poseuse, personne qui

POS

étudie ses attitudes, ses gestes, ses regards pour produire de l'effet (c'est un subslantiffait de poser, verbe neutre, comme marcheur de marcher). C'est un perpétuel poseu-

— ÊTYM. Poser.

I . POSITIF, IVE (pfl-zi-tif, ti-v'), odj . Il 1° Sur quoi l'on peut poser, compter; qui est assuré, constant. On ne put jam.us rien gagner de positif sur l'esprit de Monsieur, betz, ifém. t. ii, liv. m, p. 3i8, dans pouGENS. Les lettres ne disent rien de positif, parce qu'on ne sait rien, sév. i4o. Sans rien demander de positif, elle eut un art de faire voir les hjrreurs de son état, id. 276. Je ne pus tirer de ce prince des paroles positives, boss. iett. 224. Ce qui paraît si positif à nous, ne paraît pas tel à tout le monde, mass. Carême, Évid. J'arriverai peutêtre un jour au pays où il ne manque rien; mais jusqu'à présent personne ne m'a donné de nouvelles positives de ce pays-là, volt. Vicrom. 2. Julie : Vous devez avoir vu clairement qu'elle n'était pas écrite pour vous. — Orgon au marquis: Cela est positif, PAGAN, Pupille, 23. || 8° Qui s'appuie sur les faits, sur l'expérience, sur les notions à posteriori, par opposition à ce qui s'appuie sur les notions à priori. Les sciences positives. Dans les différents travaux de l'esprit, il proscrivait avec sévérité tout ce qui ne tendait pas à la découverte de vérités positives, tout ce qui n'était pas d'une utilité immédiate, condorcet, d'iJemb. || Philosophie positive, se dit d'un système philosophique émané de l'ensemble des sciences positives ; Auguste Comte en est le fondateur; ce philosophe emploie particulièrement cette expression par opposition à philosophie théologique et à philosophie métaphysique. || 3* Se dit par opposition à ce qui émane de l'imagination, de l'idéal. Sa mère lui avait donné des idées positives; et, quand lord Nel vil vantait les plaisirs de l'imagination et le charme des beauxarts, elle voyait toujours dans ce qu'il disait les souvenirs de l'Italie, stael, Corinne, xix, 4. |( Esprit positif, esprit qui recherche en tout la réalité et l'utilité. Il On dit encore : c'est un homme positif, c'est un homme dont les idées sont positives; et aussi c'est un homme qui considère en tout l'intérêt. Il 4° Il se dit, par opposition à naturel, de ce qui est écrit, prescrit. Droit positif. Les lois que nous appelons positives sont faites ou pour confirmer, ou pour expliquer, ou enfin pour perfectionner les lumières de la nature, boss. Sermons, justice, «. J'appellerai la valeur de la monnaie dans ces quatre rapports [métal, titre, poids, empreinie], valeur positive, parce qu'elle peut être fixée par une loi.... MONiESQ. Esp. xxii, (u. Les lois éternelles de la nature et de l'ordre existent; elles tiennent lieu de loi positive au sage, j. j. rouss. Ëm. v. || Le droit positif divin, tout ce que Dieu a orlonné et qui ne fait pas partie du droit naturel. || Le droit positif humain , ce qui est établi par les lois et les coutumes des hommes. || En matière de religion , cela est de droit positif, cela est fondé sur la discipline de l'Ëglise, et non pas sur l'institution divine. ;| Théologie positive, et, substantivement, ki positive, voy. théologie. Ceux qui traitent la positive , PASC. Prov. V. Il 6° Qui existe en fait, par opposition à négatif. Le temps est la négation d'une chose très-réelle et souverainement positive, qui est la permanence de l'être, fén Exist. n, 2, Éternité. La privation des qualités fait le néant; et, pour être, il faut avoir quelque chose de positif, condil. Traité des syst. ch. 8. Le médecin Xénophon, homme supérieur, qui n'aurait pas été, je crois, fort émervedlé de la distinction subtile d'un fameux archiatre de nos jours entre l'assassinat positif et l'assassinat négatif, DIDEROT, Claude et Nér. i, sa. || Substantivement. Il n'y a de différence entre l'espérance et la crainte que celle du positif au négatif, buff. Homme, arithm. morale. || Terme de botanique. Caractères positifs, ceux qui sont tirés de la présence d'un organe. {| Terme d'algèbre. Quantités positives, colles qui sont ou qu'on suppose précédées du signe de l'addition. 1| Terme de physique. Se dit de l'électricité développée sur le verre. Électricité positive. État positif. Il Dans l'hypothèse de Franklin, l'électricité est un fluide unique; l'électricité vitrée est ce fluide en plus ; l'électricité résineuse est ce fluide en moins ; de là les noms de positif, négatif. Il Dans l'hypothèse de deux fluides , le fluide vitré est dit positif, et le fluide résineux est dit négatif. Il Dans la pile, on nomme élément» positifs les disques de zinc, et pôle positif l'extrémité terminée par un disque de zinc. || Terme de chimie. Po.sitif s'emploie en parlant d'une substance simple ou composée, jouant dans aes combinaisons la râle po-

POS

POS

«itif ou de base , c'est-à-dire «e rendant au pôle négatif de la pile, quand le composé est soumis à l'action de cet instrument. Métalloïde positif. Sulfures, chlorures, sels positifs. Substances positives. Il En chimie, travail positif, fermentation avec dégagement de chaleur. Il Terme de photographie. Épreuve positive, voy. épreuve. || 6° S. m. Le positif, ce qui est certain, ce sur quoi on peut compter. Le positif est que. La certitude n'étant jamais d'un positif absolu, bdfp. Morceaux choisis, p. 323. || Ce qui est réel, solide, par opposition à ce qui est chimérique, sans fondement. || Ce qui est matériellement avantageux, profitable. Cet homme ne connaît que le positif, tient au positif.

— HIST. xrv* s. Les choses qui sont ordenées par les loys positives sont pour faire et pour causer toute vertu, oresme, Bth. I45.||xvi" s. Hé pauvre homme!... les règles positifves de ton invention t'occupent et attachent, et les règles de ta paroisse ; celles de Dieu et du monde ne te touchent point,

— ÉTYM. Lat..pos!<i't'us , de positum, supin de ponere, poser (voy. pondrk).

2. POSITIF (pô-zi-tif), s. m. Terme de grammaire. Le premier degré de signification dans les adjectifs et dans les adverbes, par rapport aux degrés de comparaison. || Adjectivement. La signification positive. L'emploi positif.

— ÊTYM. Positif I, ainsi dit parce qu'il exprime, pnse la qualité énoncée par l'adjectif ; piovenç. potiliii ; espapn. et ital. positiva.

3. POSITIF (pô-zi-tif), s. m. Terme de musique. Nom d'un petit buffet d'orgue, qui est ordinairement der.nère l'organiste ou à ses pieds. Il y avait des orgues portatives que les ménestrels portaient suspendues au cou ; lorsque ces orgues devinrent un peu plus grandes, on dut les placer sur un meuble, et elles prirent le nom d'orgue positif; le positif était, à cette époque, une caisse avec 6, 6, 7 ou 8 tuyaux ouverts; elle renfermait un petit soufflet par der.-ière, et en avant un petit clavier de quelques touches; l'orgue positif a disparu, mais son nom a été conservé au petit clavier des grandes orgues, LUD. CELi.ER, les Origines de l'opéra, p. 269.

— ÉTYM. l'oser.

POSITION (pô-zi-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Lieu où une personne ou une chose est placée. Cette ville est dans une position agréable. C'est justement l'heure où nous observions hier, de Montmorency, la position de la forêt ; si nous pouvions de même observer de la forêt la position de Montmorency? i. 3. houss. Ém. m. |{ Terme d'architecture. Situation d'un bfttiment relativement aux points de l'horizon. || Géométrie de position, se dit d'une partie de la géométrie qui envisage et détermine la situation d'un corps dans l'espace. Il Donné de position , se dit d'un plan, d'une ligne dont la situation, la direction est donnée, sans que l'on ait à s'occuper de sa gr ndeur ou de son étendue. Il Terme d'astronomie. Place qu'occupent le» corps célestes. De son ouvrage, qui n'est encore que manuscrit, il a détaché des positions d'étoiles, dont quelques auteurs avaient besoin, fontkn. Maraldi. L'attraction du soleil et celle de la lune, agissant sur la terre , changent continuellement la position de notre globe, volt. Phil. Newt. m, *o. Il Angle de position, celui que forment,, au centre d'un astre, le cercle de déclinaison et le cercle de latitude. || Cercles de position, les six grands cercles qui, passant par l'intersection du méridien et de l'horizon, divisent l'équatcur en douze parties égales. Il 2° Manière de tenir le corps. La position du soldat sous les armes. || Terme de peinture. Po.sture des figures d'un tableau. || Terme de manège. Assiette du cavalier; manière de se tenir i cheval. Ce cavalier a une belle position à cheval. || 8° Terme de danse. Différentes manières de poser les pieds l'un par rapport à l'autre. La nature a fourni les positions; l'expérience adonné les régies, cahusac. Dans. anc. et mnd. i , i , ♦. On compte cinq positions ; elles ont été réglées par Beauchamp; on ne les connaissait pas avant lui, rameau, le tIaUre à danser (fï^), l, 3. La première position est d'avoir les pieds d'équerre, les deux talons se touchant ; la seconde position maintient les pieds dans le même rappfirt, mais les talons sont écartés de la longueur du pied; la troisième, nommée aussi emboUure, ramfene un pied devant l'autre, mais croisé avec lui au droitdu cou-de-pied, les jambes serrées l'une contre l'autre; la quatrième position détache les deux pieds et porte l'un d'eux en avant, i la dislance de la longueur du pied; la cinquième croise Ici pieds en mettant la pointe de l'un tu talon de

l'autre. Il Fausses positions, positions qui sont en] quelque sorte contre nature et qu'on n'emploie jamais dans la danse des salons, mais qui peuvent servir dans la danse théâtrale ; telle est la position des pieds quand les deux pointes sont l'une vers l'autre ou tournées toutes les deux du mSine côté. Il 4' Terme de musique. Manière dont la main est posée sur les divers instruments. Dans l'étude du violon on compte six positions || Lieu de la portée où est placée une note pour fixer le degré d'élévation du son qu'elle représente. {| Ordre dans lequel les sons d'un accord sont disposés au-dessus de la base. Qu'on apprenne à les entonner juste en montant et en descendant, diatoniquement et par intervalles; et nous voilà tout d'un coup débarrassés des difficultés de la position, j. i- rolss. Dxssert. sur la mus. mod. || 6' Terme de médecine. Po.sitions, les difl'érentes altitudes que prend un malade. || Les différentes attitudes que, dans certaines affections, la médecine donne soit au corps entier, soit à un membre. || Terme dobstétrique. Les rapports particuliers qu'a, avec divers points de l'entrée du bassin, une région quelconque du fœtus se présentant au détroit abdominal. || En chirurgie, positions, les différentes manières de tenir le bistouri. || 6» Avoir la position, se dit, au jeu de dames, quand la partie d'un des joueurs se trouve disposée de telle manière qu'il en résulte divers moyens d'obtenir des avantages marqués. || 7° Terme de métrique grecque ou latine. Syllabe longue par position, celle qui, brève de sa nature, devient longue, parce que sa dernière lettre , étant une consonne , se trouve placée devant une consonne commençant la syllabe suivante. ||8° Terme militaire. Terrain choisi pour y placer un corps de troupes. Une armée d'attaque , non de défense , une armée d'opération, non de position, sÉGUH, Hist. de Nap. vi, 6. C'était (Malolaroslavetz] une position forte, à portée de Kutusof, et le seul point sur lequel il pouvait nous couper la nouvelle route de Kalougha, id. i6. ix, 2. || 9° Fig. Condition, état heureux ou malheureux. La position de ce malade est alarmante. Il est des positions où l'on n'a d'autre parti à prendre que celui de se préparer à combattre , à vaincre ou à périr, volt. Louis XV, 32. Je l'ai vu dans une position unique et presque incroyable , plus seul au milieu de Paris que Kobinson dans son île.... j. j. ROUss. 2* dial. On avait inventé une phrase merveilleuse, car elle répondait à tout : quelqu'un faisait-il une sottise, ses amis disaient : c'est qu'il était dans une fausse position, OENLis, Mém. t. v, p. 9«, dans pougkns. Elle se tourmentait de l'idée qu'il ne l'avait choisie que parce que sa position dans le monde était meilleure que celltf de Corinne, stael, Corinne, xix, 3. Napoléon envisage toute sa position : tout lui semble perdu s'il recule aux yeux de l'Europe surprise, et tout sauvé s'il peut encore vaincre Alexandre en détermination, séooh, Hist. de Nap. viii, M. || Être en position de, avoir las moyens, la faculté de. Je voudrai» être en position devousobliger. || 10* Maxime de doctrine contenue dans des thèses que l'on soutient. Les positions d'une thèse. || 11* Terme de philologie. Position d'un texte, le travail par lequel on le fixe à l'aide des manuscrits et de la critique. Il H' En arithmétique, règle de fausse position, voy. règle.

HIST. xiv* s. Avoir la position et «ssiette de la

cité à souhait, oresme. Thèse de meunier. || xv s. Mirent plusieurs devi.ses et positions (plans et propositions], desquelles nulles ne vindrent à effet, PRfiiss. liv. i, p. *67, dans lacurns.

f.TYM. Provenç. posicio; espagn. poticion;

ital. posiiione; du lat. positioni'm, qui vient de posilttm, supin de ponere, peser (voy. pondue).

t POSITIONNAIKE (pô-zi-sio-nê-r') , f. m. Poinçon pour marquer les positions sur une carte géographique.

POSITI VEMENT (pfl-zi-ti-Te-man), ade. || !• D'une manière sûre, certaine. Je ne le sais pas positivement. Il D'une manière précise. Vous voulez éluder un éclaircissement; Mais il faut me répondre, et positivement, orstouck l'hil. war. ii, s. père Adam soutient toujours que ce brave général qui est à présent ministre de la guerre [le comte de Saint-Germ.iinj a commencé par être jésuite ; il le dit si positivement que j'en doute, volt. Lett. Mme de StJulien, i* nov. <77». jl 2* Terme de physique. Corps éleetrisé positivement, chargé d'électricité positive.

— HIST. XVI* s. Il fut ensuite conseillé d'aller trouver leroy de Suéde, et on l'aueura [lositivemcnt qu'il lui donneroil de l'emploi, d'adb. Vit, clvi.

— etYM. Positive, et le suffixe ment.

tPOSmVETfi (p6-zi ti-ve-té), t.f. Terme de physique. Rtat d'un corps qui manifeste les phénomènes de l'électricité positive. || On dit aussi positivité.

— ÉTYM. Positif t.

t POSITIVISME (p6zi-ti-vi-sm'),*. m. Système de la philosophie positive.

— ÉTYM. Positif- 1.

t POSITIVISTE (pô-zi-ti-vi-sf). Il 1« Adj. Qui s rapporte au positivisme, à la philosophie positive. Il 2* S. m. Partisan de cette philosophie.

t POSITIVITÉ (pô-zi-ti-vi-té), »•. f. || !• Caractère positif d'une spéculation ou d'un ensemble de spéculations , suivant la méthode d'Auguste Comte. ]| 2* Synonyme de positiveté.

t POSOIR (p6-zoir), t. m. Main artificielle avco laquelle, dans les hôtels des monnaies, on place le» flans entre les deux coins, pour les frapper.

t POSOLOGIE (pô-zolo-jie), ». f. Terme de médecine. Indication des doses auxquelles les divers médicaments doivent être administrés', eu égard à l'âge, au sexe, à la constitution, etc.

— ÊTVM. Ilooov, combien, et Xoyo;, explication, t POSOLOGIQUE (pô-zo-lo-ji-k'), adj. Qui a

rapport à la posologie.

POSPOLITË (po-spo-Ii-f) , ». f. La nobles e de Pologne assemblée en corps d'armée. La noblesse, qui fait les lois de la république , en fait aussi la ferce ; elle monte à cheval dans les grandes occasions, et peut composer un corps de plus de cent mille hommes; cette grande armée, nommée pospolite, se meut difficilement et se gouverne mal, VOLT. Charles XII, 2.

— ÉTYM. Polon. pospolity, général, pospolita, assemblée du peuple.

t POSSfiDABI.K (po-sé-da-W), adj. Susceptible d'être possédé.

— HIST. ivi* s. Possedable, rab. p. 2<o, dans lacurne.

POSSÉDÉ, ÉE (po-sé-dé , dée), part, passé de posséder. Il t* Qui est au pouvoir de. Un bien possédé injustement. ||2°Fig. Maîtrisé. L'âme, de son dessein jusque-là possédée.... cobn. Cinna, m, 2. Saintes douceurs du ciel, adorables idées. De vos sacrés attraits les âmes possédées Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir, <D. Po(y. iv, 2. Tellement possédée de son excessive douleur, qu'elle demeura longtemps les yeux attachés à terre sans se connaître, la font. Psyché, u, p. t08. y 8" Dont le démon s'est emparé. Du Bourg nous r.iconta plusieurs choses curieuses d'une femme possédée, ST-siM. 49, 73. Il Substantivement. Un possédé, une possédée. Sur le soir on lui présenta pliusieur» possédés, et il en chassa les esprits malins par sa parole, SACi, Bible, Évang. St Math, viii, <«. Dans la chapelle de Saint-Louis, au palais de Paris, U nuit de chaque jeudi saint au vendredi, les possédés du royaume se donnent rendez-vous; les convulsions de Saint-Médard n'approchent pa» des horribles simagrées que font ces malheureux, volt. Dict. phil. Superstition, 4. Oserait-elle respirer prf» do toi? elle y .serait plus mal à son aise qu'un possédé tnuché par desrelique8,-J. J. rduss. llél. vi, 2. Il Fig. Comme un possédé, en vrai posséilé, d'une manière violente, désordonnée. U dansait en vrai possédé, iiavilt. Gramm. 8. Il y a doux heures que le soigneur don Gaspard, votre frère, vous attend en jurant comme un possédé, l^sage. Diable boit. viii. Je m'arrachai les cheveu i, je fus comme une possédée, 11). Bach, de Salam. vi, ». || Fig. Celui qui paraît agité, insensé comme un possédé. Ils étaient unedou/aina de possédés après lueschausses, MOL. Pourc. Il, ♦. J'ai affaire à un extravagant, i un possédé, lksaoic, Turcaret, ii, 3. Kn me voyant lui faire des yeux de possédé, l. J.noiiss. Cnnf. m.

POSSfiDKR (po-sé-ilô. La syllabes» prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je possède, excepté au futur et au conditionnel : je possétlerai, je posséderais), ». a. ||1* Avoir comme propriété, tenir en «on pouvoir. C'est une chose horrible de sentir »'écouler tout ce qu'on possède, pasc. Pen». XXIV, «« fei», éd. HAVET On [dans les cloltrosl est geniible aux moindres commodités qui mani|upnt; oh ne veut rien po.sséder, mais on veut tout avoir, Boss. Sermons, Oblig.de l'Hatrelig. «. O'ii vit content de rien po.ssèdc toute chose, boil. Épitre v. Sur es bien», sur leur u.sage l'on vrai bonheur est fondé ; Ou'lls soient possédés du sage, San» qu'il en loit possédé, volt, l'oëmet, Ecclétiasie. Avoir, ce n'est pas posséder; pour posséder le.i choses, il faut une certaine vigueur d'Ame; pour les avoir, il suffi» d'être riche, n. stkrn. Esquisses morales, p. lo». Il Absolument. Cependant je possède, et leur droit incertain 'de me» enfants] Me laisse avec leur sort

POS

leur sceptre dans la main, cobk. Bdd. ii, 2. En toute espèce de biens, posséder est peu de chose; c'est jouir qui rend heureux, beaumarcii. Barb. de Sév. IV, < . Il II se dit, en un sens analogue, des emplois, des charges, des dignités. Possédez-les [les grandeurs], seigneur, sans qu'elles vous possèdent, CORN. Cinna,n, 1. 1| Posséder peut avoir un nom de chose pour sujet, et signifie alors contenir, renfermer, avoir. Ce pays possède des mines de fer. Cette ville possède un charme pour ainsi dire individuel, STAËL, Corinne, xv,4. 11*" Posséder, en style juridique, signifie, au sens strict, avoir en son pouvoir, exercer les faits qui, lorsque le droit s'y joint, constituent la propriété, mais sans impliquer la question de savoir si le droit s'y joint. Posséder de bonne foi. || Au sens plus large, il signifie être propriétaire de. || Terme d'ancienne jurisprudence. Posséder en roture, tenir à tiire de cens; posséder en fief, tenir à titre de foi et hommage. || 3° Fig. Il se dit des choses morales que l'on pos.sède. Mais enfin je renonce à la vertu romaine, Si, pour la posséder, je dois être inhumaine, corn. Uor. iv, 7. Elle possédait l'affection de son époux, boss. Reine d'Angtet. || Dans le langage reliffieui, les bienheureux possèdent la gloire éternelle, possèdent Dieu, ils jouissent de la gloire éternelle, de la vue de Dieu. || Posséder Dieu, se dit aussi de la connais-ance de la vraie religion. Si cette religion se vantait d'avoir une vue claire de Dieu, et de le posséder à découvert et sans voile, paso. Pens. ix, ), éd. iiAvgT. Si l'orgueil des platnnic'ens ne pouvait pas se rabaisser jusqu'aux humiliations du Verbe fait chair, ne devaient-ils pas du moins comprendre que l'homme, pour être un peu au-dessous des anges, ne laissait pas d'être comme eux capable de posséder Dieu? boss. Uist. il, 4 2. {| Posséder le secret de quelqu'un, le connaître et pouvoir en user à son gré. Je possédais son secret, elle me craignait, elle était forcée de m'obéir, oenlis, Veill. du chat. t. m, p. 601, dans pougens. || Posséder l'esprit de quelqu'un, le gouverner à son gré. || On dit de même : posséder l'oreille de quelqu'un.-^Ne possédez-vous pas son oreille et son cœur? rac. Esih. m, a. Il Posséder l'âme, le cœur d'une personne, en être aimé. Il possédait ton 4me, Il vivait sous tes lois, CORN. Cid, IV, 2. Il possédait mon cœur, mes désirs, ma pensée, m. Foly. 1, 3. || Posséder les bonnes grâces de quelqu'un, en être aimé, en être favorisé. || i" Posséder quelqu'un, jouir de la présence d'une personne dont la vie se prolonge. Toules deux [les reines Anne et Marie-Thérèse] d'une si heureuse constitution, qu'elles semblaient nous promettrfc le bonheur de les posséder un siècle entier, BOSS. Har.-Thér. || Posséder quelqu'un, l'avoir chez soi, jouir de sa présence, de sa conversation. Ne pourrai-Je point avoir la consolation de vous posséder quelques jours dans ma retraite î volt. Lelt. Le Riche, l* mars 1767. || 5° Être l'époux d une femme. Et, ne pouvant quitter ni posséder Chimène, Le trépas que je cherche est ma plus douce peine, CORN. Cid, m, «. Si un autre la devait posséder, je passerais le reste de mes jours avec tristesse et amertume, fén. Tél. xxii. || II se dit aussi d'une femme à l'égard d'un homme. J'ai quelque beauté, )e suis jeune; il n'y a qu'un moment que je possédais le plus agréable de tous les dieux, et je vas mourir 1 la pont Psyché, 11, p. tu». || Posséder une femme, jouir de ses 'aveurs. Un Gascon pour s'étro vanté De posséder et 'laine belle, la pont. Gasc. Je l'aimais trop nour vouloir la posséder, J. J. rouss. Conf. IX. Il Absolument, ô bon Emile, aime, et sois aimé!- jouis longtemps avant que de posséder; jouis à la fois de l'amour et de l'innocence, j. 1. Botiss. Étn- V. Aimez sans inquiétude; possédez sans dégoût; désirez pour jouir ; faites des jaloux, et ne le soyez jamais, mabmontel, Contes moraux, Quatre ftacont. || 6* Kig. Connaître parfaitement, «avoir bien. Ceux qui possèdent A ristote et Horace

voient d'abord que cotte comédie pèche contre

toutes les règles de l'art, mol. Critique, 7. Pour bien écrire, il faut posséder pleinement son sujet. Bupp. Uorceaux choisis, p. 8. Tout homme qui n'est pas né Français, ou habitué depuis longtemps à Paris, ne saurait posséder la langue au degré de perfection si nécessaire pour faire de bons vers ou de la prose élégante , volt. Leil. du roi de Prusse d Voltaire, la avril «75». Quand on trouvera que

I écolier possède assez bien son cUvier naturel, on commencera alors à le lui faire transposer sur d'autre» clefs, 1. j.booss. Dissert, sur la mut. mod

II 7- Fig. Maîtriser, contenir, t'est une pitié que 0 être SI vive; il faut Uclicr de calmer et de posséder un peu son »me, 8év. î« juin (876. Le» justes

POS

ont possédé leur âme dans la patience, mass. Avent, Affl. Avez-vous toujours possédé le vase de votre corps (liins l'honneur et dans la sainlelé? id. Avent, Disp à la cnmm. Ce sont des mouvements inconnus qui l'enveloppent, qui disposent d'elle, qu'elle ne posside point, qui la possèdent, mahiv. Marianne, 2' part. Il Posséder son âme en paix, jouir d'une tranquillité d'esprit constante, due à une bonne conscicnee. Dans leurs tribulations ils possédaient leurs âmes en paix et en patience, flécu. Pani'q. I, 37t. Il 8° Il se dit des objets qui nous dominent moralement. Mais ne peut-on savoir le mal qui te possède? RÉG.NIER, Dial. Les grandes prospérités éblouissent et enivrent souvent de telle sorte qu'elles possèdent philôt ceux qui les ont, qu'elles ne sont possédées par eux, nssc. Lelt. à Elisabeth, t. ix, p. 206, éd. ci)i;siN. Mon cœur.... IN'ose déplaire aux yeux dont il est possédé, corn. Poly. 1, 1. Ne possédait pas l'or; mais l'or le possédait, la font. Fabl. IV, 20. 11 [le cardinal de Retz] est possédé de l'envie de payer ses dettes, et de n'en pas faire de nouvelles, skv. 25 août, i677. Comme il [Cromwell] eut aperçu que..,, le plaisir de dogmatiser.... était le charme qui possédait les esprits, boss. Rciru d'An()lct. Toute la terre était possédée de la même erreur, id. Uist. 11, B. Qui voit Arislole louer ces heureux moments où l'âme n'est possédée que de l'intelligence de la vérité..., m. Conn. v, t3. Comme on le raillait [ArislippeJ sur le commerce qu'il avait avec la courtisane Laïs : il est vrai, ditil, je possède Laïs, mais Lais ne me possède pas, ROLLiN, Hisl. anc. liv. xxvi, i, 2, 1. Dieu permet que le monde nous possède un certain temps, mass. Carême, Dégoûts. Trop de prévention peut-être me possède, volt. Ta ncr. 11, t. D'un fanatisme ardent j le peuple est possédé, delav. Vépr. sicil. 11, 2. | Il 9° Terme de liturgie catholique. S'emparer du i corps d'un homme, en parlant du démon. Le démon le possède. || Être possédé, être tourmenté par l'esprit malin. |1 Fig. Jérusalem était possédée d'un démon, lorsque autrefois elle imitait toutes les impiétés des nations, mass. Carême, Inconst. || Fig. Être possédé du démon de l'avarice, être extrêmement avare. |{ Fig. Le diable le possède, il est possédé du diable, c'est un homme emporté et qui n'écoute rien. Il me dit qu'il était possédé du diable, que plusieurs personnes de sa connaissance en avaient été possédées aussi ; qu'ils avaient mis sur le théâtre les Américains, les Chinois, les Scythes, les Illinois, les Suisses, et qu'il y voulait mettre les Guèbres, volt. Lett. d'Argental, )4 aotit t768. Il lO-Se posséder, v. réfl. Ëlre possédé, tenu comme propriété. Ce qui est présent ne se possède jamais sans crainte, pouvant être à tous moments altéré, LAMOTHE LE VAYER, Vertu des païens, t., Épicure. Il Fig. Se posséder, être maître de soi, se contenir. Et l'on sait qu'un grand cœur se possède en tout temps, corn. Perthar. m, 3. Quand vous vous possédez, vos paroles ont une force extrême, sév. 44 i. La haine nous transporte, et nous ne nous possédons plus, ROSS. Var. (6. Celui qui ne se possède point dans les dangers.... fên. Tél. xii. Je ne me possède plus, je suis au désespoir, lesage , Turcaret, V, t4. Ces paroles percèrent le cœur de l'ingénu; mais il avait déjà appris à se posséder, volt. l'Ingénu, t». Ah I déjà trop longtemps je me suis possédé, Il me vient dans les doigts une pressante envie.... boissy, Impatient, u, 7. || Il ne se possède pas de joie, il est transporté de joie.

— UIST. XIII' s. Porsooir, nu gange, possessores. Il XIV* s. Po'suire, id. ib. Ses propres possession» lesquelles il possiet non pas pour elles meisme ne comme iJ en final.... orksme, Eth. loB. Les biens humains que nous posseions ou aquerons, id. 16. vu, <3. Et les estranges terres possider- et conquerre, BERaiEURK, f. i. Lequel champ il ilisoit estre non deuement possidez par aucuns, id. f, 42, rccfo. Il XVI' s. Se contenter d'aspirer à la vertu, sans la posséder, mont, i, 70. Cette amitié qui possède l'ame et la régente en toute souveraineté, id. I, ÎI8. C'est le jouir, non le posséder, qui nous rend heureux, id. i, 32*. ; nssedé de maling esprit, amyot, Marcel, si.

— f;TYM. Provenç. potsedir, posseiir, possider; cat. /lojsetr ; espagn. posseer; port, possuir; ital. possedere; du lat. possidere, qui vient de pos (voy. poLLUEK), et sedere, seoir ; être assis sur ; comparez l'allcm. besitzen. L'ancienne langue disait posseoir; c'est au xiv' siècle que la forme latine s'étal'llt : possider, puis posséder.

POSSESSEUR (po-sè-seur), s. m. || !• Celui qui possède un bien, un héritage. Ne croyez point pourtant qu'éloigné de l'Asie J'en laisse les Romains

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tranquilles possesseurs, rac. Mithr. m, t. II faut espérer que, dans dix ou douze mille siècles, quand les hommes seront plus éclairés, le.s grands possesseurs des terres, devenus plus politiques, traiteront mieux leurs manoeuvres, volt. Dict. phil. Politique. Le possesseur est de bonne foi quand il possède comme propriétaire, en vertu d'un titre translatif de propriété dont il ignore les vices. Code Nap. art. 65(1. Il 2' Par extension, celui qui possède un objet quelconque. Une philosophie pratique par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent.... nous les pourrions employer en même façon à tous les usage» auxquels ils sont propres , et ainsi nous rendre ci'imme maîtres et possesseurs de la nature, desc. Mi'th. VI, 2. Jadis certain Mogol vit en songe un vizir Aux champs élysiens possesseur d'un plaisir Aussi pur qu'infini tant en prix qu'en durée, la font. Fabl. XI, 1. De l'argent qui t'échut quand le ciel te fit naître, Ne sois pas possédé, sois-en le possesseur ; L'argent, disait Bacon, est un bon serviteur; Mais c'p.st toujours un mauvais maître, pons (de Verdun). || 3°I1 se dit aussi de celui qui possède le cœur d'une femme. Madame.... Vous aurez en Léonce un digne possesseur, corn. Héracl. i, 4. Il [Ch. de Sévignél voit Ninon tous les jours, mai» c'est un ami ; il entra l'autre jour avec elle dans un lieu où il y avait cinq ou six hommes; ils firent tous une mine qui la persuada qu'ils le croyaient possesseur.... sév. 27 avr. «87). Il sévit possesseur de Mlle d'Hamilton, hamilt. Gramm. 1 1 . Possesseur d'un uésor où s'attache ma vie, volt. Adél. du Guescl. u, 7.

— HisT. XIV* s. Celle ordenance espoante les possesseursdes terres publiques, bercheure, f" 42, recto. Il XVI* s. Possesseur de malle-foi ne peut prescrire, LOY.SEL, 730. Tout possesseur de bonne foi fait les friiits siens, ID. 743. Dame et posscsseresse de plusieurs grandes provinces, pasqdier. Lettres, t. u, p. 760. Possesseuse, cotqrave.

— ÊTYM. Provenç. possessor ; espagn. poscsor; ital. possessore, du lat. possetsorem, qui vient de possessum, supin de possidere, posséder. On trouve aussi possiere, au nominatif; mais il vient d'une forme barbare posseditor.

POSSESSIF, IVE (po-sè-sif, si-v'), adj. Terme de grammaire. Qui sert à marquer la possession. Pronom, adjectif possessif. || Substantivement. Un possessif. Il Composé possessif, composé dans lequel un substantif et un adjectif réunis sont donnés comrre qualité possédée par un sujet, par exemple un bœuf courtes-cornes.

— HIST. XV' s. Mais quant au fait du possessif CH. n'OHL. Rond. 60.

— ÉTYM. Provenç. possessiu; espagn. poîejieo ital. posse.'isivn; du lat. posscssivus, qui vient de possessum, supin de possidere, posséder.

POSSESSION (po-sè-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. \\ 1° État, action par laquelle on a la propriété de... Dans sa possession [de l'empirej j'ai trouvé pour tous charmes D'efl'royables soucis, d'éternelles alarmes, coiiN. Cinna, u, t. L'usage seulement fait la possession, la font. Fabl. iv, 2u. Elle [Id princesse d'Orangc| a donné procuration à son mari pour prendre possession du royaume d'Angleterre, dont elle dit qu'elle est héritière ; et, si son mari est tué... elle la donne à M. de Schomberg poui en prendre la possession pour elle, sév. % nov. 1688. Les environs dont ils étaient en possession depuis tant de siècles, boss. Uist. i, s. 11 se maintient dans la possession du royaume, id. i, 9. Quatre-vingts ans .iprès laprise de Troie, les Héraclides se mirent en possession du Péloponnèse, ayan! défait les Pélopides, rollin, Uist. anc. (Euvr. t. u, p 502, dans POUGENS. Les musulmans en possession de ce commerce [des Indes], volt. Uœurs, H8. || Fig. U n'y a qu'à voir ces messieurs [les médecins] pour ne vouloir jamais les mettre en possession de son corps, SÉV. 315. Elle [Mme de Coulanges] a pris possession de ma personne , elle me nourrit, elle me mène, m. 6 mai I680. Je suis fort affligée de cette colique de Mme de Coulanges.... il ne faut point laisser prendre possession de nos pauvres machines à des maux si dangereux et si douloureux, id. d M. de Coulanges, t» juin i695. || Possession de famille, possession qui vieiil par hérédité. || Fig. Uue ses pères avaient toujours été fidè'es serviteurs des rois leurs maîtres, mais qu'ils n'avaient jamais été leur» flatteurs; que cette honnête liberté dont il faisait profession était un droit acquis et une possession de famille, fléch. Duc de MorU. || Prendre possession, prise de possession, se dit de l'acte par lequel un

État, un souverain s'assure la possession d'un territoire. Le 28 février ) 766, M. UUoa arriva dans la colonie avec quatre-vingts hommes de sa nation ; la prise de possession devait, dans les règles ordinaires, suivre son débarquement, ratnal, Hist. phil. XVI, n. ||i° Terme de jurisprudence. Action ou droit de posséder à titre de propriétaire. Iji possession est la détention ou la jouissance d'une chose ou d'un droit que nous tenons ou que nous exerçons par nous-mêmes ou par un autre qui la tient ou qui l'exerce en notre nom. Code A'op. jirt. 2228. En fait de meubles la possession vaut titre, t6. art. 227» La possession utile ne commence que lorsque la violence a cessé, tb. art. 2233. || Envoi en possession, acte judiciaire par lequel les ayants droit sont mis en possession de biens ou de titres qui leur sont dévolus. || Possession de fait, action de détenir une chose sans avoir l'intention de se l'approprier : un dépositaire, un commodataire, un fermier, ont une possession de fait. || Possession d'état, notoriété qui résulte d'une suite non interrompue d'actes faits par la même personne en une même qualité. La possession d'état s'établit par une réunion suffisante de faits qui indiquent le rapport de filiation et de parenté entre un individu et la famille à hquelle il prétend appartenir, Code Nap. art. 824. Il 3° Il se dit, par extension, des charges, des dignités dont on est revêtu, des biens moraux ou autres qu'on possède. Elle [l'histoire] ne dit point ce que devint Rodogune après la mort de Dcmétrius, qui vraisemblablement l'amenait en Syrie prendre possession de sa couronne, cobn. Rodog. examen. Nous disions avec joie que le ciel l'avait arrachée, comme par miracle, des mains des ennemis du roi son père, pour la donnera la France ; (ion précieux, inestimable présent, si seulement la possession en avait été plus durable, boss. Duch. d'Orl. Ces anciennes et illustres familles qui sont dans une si longue possession [héréditaire] des premiers honneurs, PEN. Tél. xii. Il Être en possession de l'estime publique, la posséder pleinement. || Etre en possession du théâtre, n'avoir point de rival dans la composition des pièces dramatiques. Il [Sophocle] était âgé de 28 ans; il concourait avec Eschyle, qui était en possession du théâtre, barthêl. Anach. ch. a». Il Prendre possession, entrer en charge. Je suis ravie. Monseigneur, de ce que vous prendrez possession jeudi; je joindrai mes prières aux vôtres, pour que Dieu donne sa bénédiction à tout ce que vous allez faire, mainten. Lett. au eardin. de Noailles, 8 nov. (695. || 4» Fig. Être en posse.ssion de, avec un nom de personne pour sujet, avoir le droit, la coutume de. Il établit une nouvelle troupe de comédiens à Paris, malgré le mérite de celle qui était en possession de s'y voir l'unique, corn. Uél. examen. Le comte de Grammont, qui est en possession de dire toutes choses sans qu'on ose s'en fâcher, sÉv. d Bunsy, 6 aoiit (675. Je parle de ceux qui.... par oubli de la religion, se sont mis dans la possession malheureuse de ne plus prier, bouriial. Serm. pour le 5« dim. apris Piques, 4. La journée de Lens, encore plus triomphante, acheva de mettre ce prince dans la juste et incontestable possession où il se vit alors d'être le héros de son siècle, m. Oraison funèbre de Condé. Les troupes de France étaient partout en possession d'avoir de l'avantage, HAMILT. Gramm. v. 11 y a plus de mille ans que les femmes sont en possession de se brûler [en Orient], y Qur. Zadig, 11. Il y a environ quarante-cinq ans que monseigneur est en possession de se moquer de son humble serviteur, m. Lett. Richelieu, î8 nov. )7«7. IJËtre en possession de, avec un nom de chose pour sujet, produire habituellement tel ou tel elTet. Ne cherchez point dans cette tragédie les agréments qui sont en possession de faire réussir au théâtre les poèmes de cette nature, corn. Serf. examen. Les oiseaux ont toujours été en possession de fournir aux peuples policés, comme aux peuples sauvages, une partie de leur parure, buf?. Oit. t. li, p. 277. Il S" En termes de grammaire, la qualité des adjectifs ou pronoms possessifs. Le sujet à qui convient la possession, si par ajjident ce n'est pas une personne, est cependant regardé toujours comme une personne, d'ouvet, J?s«..(7ramm. m, 2. ||6*Fig. F.mpire qu'on a sur les affectrons de quelqu'un. Quelle possession vous avez prise de mon cœur I sÉv. 27 sept. (679. L'esprit de Jé.sus-Chri>t a pris possession de leur cœur, mass. Hyst. Pentecôte. Il 7* Il se dit de la jouissance de la vue de Dieu. Dieu, dit snint Augustin, ne nous a point promis d'au'.re hériiaKO que la possession de lui-môn.e, rol'bdai,. Concep. de la Vierge, Uysteret, t. ii, II. 35. Il i* la chose même qu'on possède. Venuz

O.CT. DB LA LAKaUE FRANgAlSE.

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voir vous-mêmes cette terre délicieuse ([ue le Seigneur vous propose et qui doit être votre possession éternelle, mass. Carême , Samaritaine. || Au plur. Terres possédées par un État , par un particulier. Les Anglais ai aient attaqué les possessions de la France en Amérique et en Asie, volt. Louis XV, 26. Philotas avait, dans l'île de Samos, des possessions qui exigeaient sa présence , barthél. Ànach. chap. 72. Il 9" Jouissance de certaines choses qu'on a recherchées avec ardeur. La possession diminue ordinairement le prix des choses qu'on a le plus désirées. || 10* Il se dit d'une femme que l'on obtient en mariage. Et [l'honneur] te fait renoncer, malgré ta passion, \ l'espoir le plus doux de ma possession, corn. Cid, v, ( . || Jouissance des faveurs d'une femme. Le roi était alors dans la première ardeur de la possession de la Valliêre, M"' db la FAYETTE, Uist. Henr. d'Anglet. Œuv. t. m, p. m, dans PSi.''-ENS. La possession de beaucoup de femmes ne prévient pas toujours les désirs pour celle d'un autre, montesq. Esp. xvi, 6. Le moment de la possession est une crise de l'amour, i. 3. rouss, Uél. I, ». Il Une possession s'est dit quelquefois d'une pièce de vers pour célébrer la possession d'une femme. |1 H' Terme de liturgie. Etat d'une personne qui est actnellement sous le pouvoir du diable, et dans le corps de laquelle il habite réellement. Toutes les maladies lui sont des possessions; et, où il ne faut que des médecins', elle emploie les exorcistes, balz. le Prince, chap. 7.

— HIST. XII* s. Persones e prelaz.... Qui tenissent del rei terre e possessiun. Th. le mort. 6<. || xui* s. Et leur possessions livra Dieux à feu ; par feu déserta leur porprises toutes, Psautier, f° »5. || xiv s. Dire que une chose soit très bonne quant à la possession ou quant à l'usage, oresme, Eth. 48. || xv s. Le duo de Bretaigne et le duc nouveau de Normandie, le^quelz allèrent à Rouen prendre leur possession, comm. i, 44. ||ivi« s. Avant la possession prinse [d'une femme], mont, i, 97. Possession centenaire et immémoriale vaut titre, loysel, 727. Le viager [l'usufruit] conserve la possession du propriétaire, ID. 742. Qu'ilz entreroient incontinent en possession et exercice de leurs offices, amïot, Caton d'Vt. 55. Les peintres sont en possession immémoriale d'une liberté de faire tout à plaisir selon leur faotaisie, yvF.B, p. 6«6.

— ÊTYM. Provenç. possessio; espagn. posesion; ital. possessione; du la.1. 'possessionem , de possessum, supin de possidere, posséder.

POSSESSIONNÊ , ÊE (po-sé-sio-né , née), od;'. Qui a possession ou des possessions. Nous n'acceptons d'eux [les maîtres horlogers du pays de Gexj que six écus de six francs.... nous comptons ne prendre qu'un écu de trois livres de tout autre fabricant non possessionné, volt. Lett. Dupont, 4 4 févr. 4 776.

t POSSESSIONNEL, ELLE (pos-sè-sio-nèl, nè-l'), adj. Terme de jurisprudence. Qui marque la possession, par où l'on manifeste son droit de possession. Acte possessionnel.

POSSESSOIRE (po-sè-soi-r'). || 1« Adj. Terme de jurisprudence. Qui est relatif à la possession et, spécialement, aux procès de possession. Action possessoire, celle par laquelle on tend à être maintenu ou réintégré dans la possession. Les actions possessoires ne seront recevables qu'autant qu'elles auront été formées dans l'année du trouble.... Code deproc. art. 23. Il 2° Substantivement. Demandeur au possossoire. Si les hommes sont hommes.... s'ils sont équitables.... que devient le pétitoire et le possessoire, et tout ce qu'on appelle jurisprudence? la brut. xii. Le possossoire et le pétitoire ne seront jamais cumulés. Code de procM. art. 24. Le défendeur au possessoire, ib. art. 27. || Adjuger le plein pos.sessoire, adjuger la pleine et entière possession d'un bien.

HiST. xv s. Quant voslre terre est endebtée,

Qui ne rcslraint [économise], chose est prouvée Qu'on pert adonc le possessoire [la possession], E. DEscii. PoMes mst. ^ 34 9. Il XVI" s. I-es juges royaux seul» connoissent des matières possessoires [procès sur la possession] beneficialos, lotsel, 42. De plus furent déclarés les cardinaux estans à Rome criminels de Iczo majesté et dccheus du possc8.soire de tous les bénéfices qu'ils tenoient dans le roiaume, d'aub. Hist. III, 257.

— f.TYM. Lat. potsestoriut , de potsetior (voy. POSSKsSRlin).

t POSSE-SSOlItEMENT (po-sè-soi-re-man) , adv. Terme de jurisprudence. D'une manière posse.ssoire Agir pos-;es.soiromcnt, agir au possessoire.

f POSSET (po-sùf), f. m. .Mélange de lait cl de bière, qui fait une sorte de boisson.

POSSIBILITË (po-si-bMi-té), (. f. QualiU de et

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qui est possible. Les Hollandais se croyaient subjugués par le duc d'Albe, quand le prince d'Orange, par le sort réservé aux grands génies, qui voient avant tous les autres le point de la possibilité, conçut et enfanU leur liberté, bktz, Mém.t. 1, liv. 11, p. 4 38, dans pouGENs. Pour nous renfermer dans le fait, et ne nous point jeter dans des possibilité» ou impossibilités métaphysiques, boss. Et. d'orais. vu, 8. N'avons-nous pas encore au milieu de nous des âmes pures et saintes, qui sont des preuves vivantes de la possibilité des devoirs , et des miséricordes du Seigneur sur son peuple? mass. Carême, Immutab. Prendrons-nous notre faible, notre trèsfaible connaissance de la nature pour la mesure des possibilités physiques? bonnet, Lett. div. t. xii, p. 33, dans pougens. || Terme d'eaux et forêts. Hxer la possibilité d'une forêt, en régler l'exploitation de manière à garantir la constance et l'uniformité de la production.

— REM. Diderot a employé la possibilité en un sens où on ne l'emploie plus : Un brelan cher, où j'ai perdu la possibilité [tout ce qu'il était possible de perdre], dioer. Œuvr. choisies, t. ii, p. 665.

— HIST. xiii« s Faiz qui aviengnent Çà jus par

possibilité, la Rose, 4 7660. || xiv» s. Monstrer selon ma possibilité l'opération de cyrurgie, h. de mondeville, f° 4. Jùlr [du droit d'usage dans les forêts] selon la possibilité des forests et la qualité dez personnes, Ordonn. des rois, t. vu, p. 776. ||xv' s. Oultre ta possibilité (plas que tu ne peux], e. desch. Miroir de mariage, p. ïo. || xvi« s. C'est se faire fort de sçavoir jusquesoù va la possibilité [le possible] , MONT. 1, 202.

— ÉTYM. Provenç. possibilitat ; espngn. posibilidad; ital. possibilità; du latin possibilitatem , de possibilis, possible.

POSSIBLE (po-si-W), odj. ||1° Qui peut être, qui peut se faire. Il est possible que cela se fasse. Il est possible de faire cela. Est-il possible que nous travaillions à la structure et à la cadence d une période, comme s'il y allait de notre vie? balz. Entrelien 4 3. S'il n'y eût point eu de barricades à la prise de M. de Broussel, l'on se serait moqué do ceux qui auraient cru qu'elles eussent été seulement possibles, retz, ilém. t. m, liv. iv, p. 4i2, dans POUGENS. C'est la meilleure place [maître d'hôtel du roi] pour subsister qu'il est pcissible, sÊv. 8 sept. 4680. Il faut considérer que tous les êtres qui existent actuellement existaient comme possibles dans l'entendement divin avant la création, bonnet, Ess. anal, dme, lO. Tout est possible sans doute pour le moment; mais tout est impuissant contre l'Europe, V1LLEMAIN, Souv. coHt. Us Cent-Jours, m. || Il est possible que, avec le futur. Est-il possible que toujours j'aurai du dessous avec elle? mol. G. Dandin. II, 4 3. Est-il possible que vous serez toujours embéguiné de vos apothicaires et de vos médecins? ID. Ual. imag. m, 3. || Par ellipse. Venez le plus tôt possible. Le moins d'erreurs po.ssible. Un conquérant, afin de perpétuer son nom, extermine le plus d'hommes possible, fonten. Si une fois nous supposons le plus petit atome possible.... uufp. Hixt. anim. v. || Dans cet emploi, possible est toujours invariable. Il Autant que posslfiie, autant qu'il est possible. || 2" S. m. Tout ce qu'on peut. J'ai trop bonne opinion de tant de dignes prélats pour m'imaginer qu'ils he se contentassent pas d'employer les foudres du Vatican, mais fissent encore leur possible pour évoquer ceux de l'arsenal, B*i.z. liv. VI, lett. 44. Je ferai mon possible pour retrouver quelque nouvel ami, sév. 433. || Au possible, au dernier degré, extrêmement, beaucoup. le jili d'un marchand, ignorant et présomptueux au possible, arriva un jour en une compagnie où j'étais. F/"ancton, VI, p. 224. Inccminode et revêche au possiMe, iiamilt. Gramm. ». Ce premier ministre [Ricliclieul, soupçonneux au possible, allait à mon père sur les ombrages qu'il prenait, st-sim. a, 86. Le grand pensionnaire Barnevelt, qui était du parti contraire â Gomar [sur la prédestination], eut la tête tranchée à l'âge de soixante-douze ans, le 4» mai 164», pour avoir contristé au possiblo l'Eglise de Dieu, volt. Pol. et lég. Sur la tolérance, si elle est dangereuse. US* Tout ce qui peut arriver, tout co (|ui peut se faire. Tout le po3«ible lui vint [à Monsieur) dans l'esprit, et co qui arrive toujours en celte rencontre, tout l'impossible succéila dans son imagination â tout le possible, ketz, Méni. t. m, liv. IV, p. 276. L'on doit hasarder le pos.sible, toutes les fois que l'on se sent en état de profiter même du manquement du succès, in. ib. liv. m, p. 22». ijui concentre les V(hux dans l'étroite borne des passibles, ?. i. rouss. Ém. iv. I.eiliiiilz dit auii

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l'intelligence divine est la région éternella du possible, BONKBT, (6'utT. ftieiéet, t. xvui, p. 54, dans roucENS. Tous les possibles ne doivent point avoir lieu en bonne peinture, non plus qu'en bonne littérature, DiDER. Bss. tur la peint, ch. 3. Du nectar idéal sitAt qu'elle a goûté, La nature répugne à la réalité : Dans le sein du possible en songe elle s'élance, Le réel est étroit, le possible est immense, LAMART. Méd. I, ï. Il 4° Adverbialement. Peut-être (emploi qui a vieilli, mais qui mériterait d'être rajeuni). Pour aller au-devant d'un mal qui n'arrivera possible jamais, balz. le Prince, ch. 6

Notre mort (Au moins de nos enfants, car c'est tout un aui mères) Ne tardera possible guères, la font. Fabl. III, 6. Son heure doit venir; et c'est à vous possible Qu'est réservé l'honneur de la rendre sensible, MOL. Princ. d'Él. I, ♦. Il y a des gens qui disent possible pour peut-être; ce mot a vieilli, et n'est plus du bon usnge en ce sens-là, caillêres, lion et mauv. usage, Conrers. a. || On dit dans le même sens : possible que. Possible que oui, possible que non. Et à l'heure que je vous parle, possible qu'on vous accuse d'être méchant, balz. liv. vi, lett. 4. Ne l'entreprenez pas; possible qu'après tout Voire dextt-rité n'en viendrait pas à bout, cork. Mél. v, 5. Possible que, malgré la cure qu'elle essaie, Mon âme saignera longtempsde cette plaie, mol. Dip. am. iv, 3.

— HIST. XIV* s. Chose possible à avoir, obesme, Thète de meunier. || xvi* s. De lechef je vous recommande cest afTaire de mon possible, maug. Lett. 63. Je me sens tenue à vous, qu'il n'est possible de plus, iD. ib. i 05. Pour une veufve estrangiere au pays, elle a fait plus que son possible, id. ib. 39. Quant au faict, en soy, il le trouvoit mauvais, et le blasmoit au possible, amyot, Agésil. 42. Possible n'est que bien t'excuser sceusses, marot, ii, !i9.... Car leur ardeur est aspre le possible, id. ii, S«. Ce livre est gentil et plein, ce qu'il est possible, mont, i, 2U6. Il est possible que l'action de la veue s'estoit hébétée pour.... ID. m, 406. 11 fault excuser Ulysse, auquel possible lors il estoit besoing d'user de ce langage, la boëtib. Servit, volont.

— ETYM. Bourguig. possible, peut-être; Berry, possible, peut-être : tl tiendra ce matin possible; provenç. poitiftie; espagn. posible ; portug. possivel; ital. possibile; du Min potsibilis, qui vient de vosse, pouvoir.

t POSSIBLEMENT (po-si-ble-man), adv. D'une Eaçon possible. De ce néant [des bâtards] , ce qu'il [le roi] fit par degrés pour les conduire possiblement au trdne est prodigieux, st-sim. 369, 246.

t POSTABDOMEN (po-sta-bdo-mèn'), *. m. Ensemble des cinq derniers anneaux de l'abdomen des insectes. || Queue des crustacés. || Partie postérieure du corps des trilobites.

— ÊTYM. Lat. post, après, et abdomen.

t POSTAL, ALE (po-slal, sU-l') , adj. Qui a rapport aux postes. Route postale. Un bateau à vapeur postal. Il Convention postale, accord avec une puissance étrangère concernant le transport des lettres d'un pays à l'autre.

— Etym. Poste t .

t POSTALEMENT (po-sta-le-man), adv. Par la poste. Deux communes.... qui se touchent.... nous arriverions à les séparer postalement, et & leur faire payer 2u centimes aij lieu de (O leurs correspondances, VANOAL, Moniteur unit. 2* juil. 4 868, o. «tio, 3- col.

POSTCOMHCNION (posf-ko-mu-ni-on), s. (. Oraison que dit le prêtre à la messe après la prière appelée communion. Soit qu'on regarde l'action de la liturgie et le sacrifice, ou qu'on repasse sur les hymnes, sur les collectes, sur les secrètes, sur les oostcommunions, il est remarquable iju'il ne s'en trouvera pas une seule qui ne soit accompagnée de demandes expresses, boss. Et. d^orais. vi, 4.

— ÉTVM. Lat. post, après, et communion.

t POST-CONSULAIRE (posl'-lton-su-lê-r'), adj. Qui a rapport au post-consulat. Date post-consulaire.

+ POST-CONSDLAT (post'-kon-su-la),ï. m. Terme de chronologie. Mention, dans une date romaine postérieure à un consul, de ce consul, sans parler de son successeur.

— ÊTYM. Lat. poil, après (voy. puis), et consulat. En 614, le célèbre Cassiodore reçoit les faisceaux; KIorentius lui succède, et pourtant use inscription gauloise de l'an 6ifc tait sou nom, et indique l'année par ces mots : après le consulat do Cassiodore, leblant. Correspondant, 25 janv. 4883.

t POSTCOSTAL, ALE (post'-ko-stal, sta-l'), adj. Nervure postcostate, seconde principale nervure de l'aile des insectes.

— ÉTYM. Lai. post, après, et costa, qA\m.

POSTDATE (post'-da-f) , *. f. Date postérieure à la vraie date d'un acte, d'une lettre.

— ÊTYM. Lat. j)os(, après, et date.

POSTDATE, EE (post'-da-té, téej, part, possède

postdater.

POSTDATER (post'-da-té), V. o. Dater une lettre, un acte, d'un temps postérieur à celui de son origine.

t POSTDILCVIEN, lENNE (post'-di-lu-viin, vièn'), adj. Qui est postérieur au déluge. Terrains postdiluviens.

— ÊTYM. Lat. post, après, et diluvien.

t POSTDOUSAL, ALE (post'-dor-sal, sa-1'), adj. Crochet postdorsal d'une valve de coquille bivalve, crochet situé plus en arrière qu'en avant dans la longueur du bord postérieur de la coquille.

— ETYM. Lat. post, derrière, et dorsal.

4. POSTE (po-sf), s. ^. Ijl' Établissement de chevaux, placé de distance en distance pour le service des voyageurs. Chevaux de poste. Chaise de poste. Afin que les ordres du prince pussent être portés avec plus de diligence, Cyrus établit d'espace en espace des postes où des courriers qui marchaient jour et nuit trouvaient des chevaux tout prêts et, par ce moyen, faisaient une diligence incroyable, RQLLiN, Hitt. anc. Œuv. t. m, p. 274, dans pougens. L'établis.sement des postes en France date du mois de juin 4 474, sous le régne de Louis XI; le gouvernement profita des relais et messagers qu'avait établis l'université de Paris dans toutes les provinces du royaume, au moyen desquels elle entretenait des correspondances avec les familles qui y envoyaient leurs enfants, gouin, Ess. hist. sur les postes, p. 4, 4 823. Il Maître de poste, celui qui, moyennant certains avantages, fournit des relais aux voitures de l'administration des postes. Jusqu'au moment de la Révolution , les maîtres de poste ont joui des privilèges qui leur avaient été accordés par nos rois; ils consistaient dans l'exemption de la taille sur cent arpents de terre qu'ils faisaient valoir comme propriétaires ou comme locataires ; exemption de logements de guerre, de milice pour l'aîné de leurs enfants et le premier de leurs postillons, id. ib. p. 6. Il 2° La manière de voyager avec des chevaux de poste. La poste fatigue beaucoup. Il est venu de son armée en poste répondre lui-même, siv. 434. M. de la Feuillade a pris la poste, et s'en est venu droit à Versailles, id. 206. {j Fig. En poste, avec une extrême rapidité. Ils vont bizarrement en poste à l'hApital, REGNIER, Soi. IV. Il On dit dans le même sens : prendre la poste. Voilà donc le bon homme enfin à sa seconde [femme]. C'est-à-dire qu'il prend la poste à l'autre monde; Un peu moins de deux mois le met dans le cercueil, corn. Suite du Ment. I, 4. Il Courir la poste, courir sur des chevaux dg poste, ou en chaise avec des chevaux de poste. Laquelle est de toutes ces choses qui se pourra faire en courant la poste, ^lalh. Sénéque, xl. |{ Fig. Courir la poste, aller un train de poste, marcher précipitamment, et, en général, faire trop vite. L'un va en tortue et l'autre court la poste, mol. l'Am. méd. ii, 5. jj On dit aussi : faire tout en courant la poste, faire tout à la hâte, {| Ce n'est pas une chose qui se fasse en courant la poste, c'est une chose qui demande du temps et du soin. || 8° La maison où sont les chevaux de poste. Il n'a pu se procurer des chevaux à la poste. || 4* Mesuie de chemin ordinairement de deux lieues. Il y a six postes de telle ville à telle autre. Ne me retarde point de grâce; Je dois faire aujourd'hui vingt postes sans manquer, la fout. Fabl. ii, 4 6. Vous venez de courir quarante postes sans vous arrêter, CAMPISTBON, l'Amante amant. Poste trois quarts, huit francs soixante-quinze centimes; tiens, voilà dix francs, scribe. Je Tête à tête ou Trente lieues en poste, dans les Historiettes et proverbes. || Fig. et dans le langage libre de la Fontaine. Plaisirs amoureux. Gaillardement six postes se sont faites, LA PONT. Berc. || Poste royale, poste qui se payait double à l'entrée et à la sortie de certaines villes et des lieux où est la cour. || 6° Administration publique pour le transport des lettres. Vous jugez bien que je ne suis point en colère contre la poste, sEv. 404. Votre lettre est venue par la poste, BOSs. Lett. abb. 50. Les conspirations dans l'Ëlat sont devenues difficiles, parce que, depuis l'invention des postes, tous les secrets des particuliers sont dans le pouvoir du public, uontesq. Rom. 34. I.a poste est le lien de toutes ies afiaires, de toutes les négociations; les absents deviennent par elle présents; elle est la consolation de la vie, volt. Dict. phil. Poste. Jamais le ministère (jui a eu le département des postes n'a ouvert les lettres d'aucun particulier, excepté quand il a eu besoin de savoir ce

qu'elles contenaient, id. ib. Je suis sûr que, si j'étais plus jeune, je verrais le temps où l'on pourrait écrire de Paris à Pékin par la poste, et recevoir réponse au bout de sept ou huit mois, m. Lett. Richelieu, 4 6 déc. 4 774. Voyons un peu sut le livre de poste où nous pourrons nous arrêter pour déjeuner, SCRIBE, le Télé à tête ou Trente lieues en poste. \\ Malle-poste, voy. malle. || Grande poste, celle qui porte les lettres dans les provinces et dans les pays étrangers. || Petite poste, poste pour la distribution des lettres dans la ville et la banlieue ; elle fut établie en 4 759, sous le minislère de H. de Silhouette. On paye au bureau de la petite poste pour faire faire des visites de bonne année, à deux sous la pièce; le député est habillé de noir, l'épée au côté, lemiebrb, Fasies (xvm' siècle, cela ne se fait plus). Il Poste restante, suscription qui indique (ju'une lettre doit rester au bureau jusqu'à ce qu'on la réclame. Il 8' Le courrier qui porte les lettres. La poste vient d'arriver. Je ne comprends rien aux postes, elles sont déréglées, et ces gens si obligeants qui partent à minuit pour porter mes lettres, n'ont point asseï de soin de me rapporter vos réponses, sKv. 28. Je n'ai point de nouvelles de la Russie, vous pensez bien, Monseigneur, qu'on ne m'écrit pas toutes les postes, VOLT. Lett. Richelieu, 8 juin 4 772. || 7° La maison, le bureau où l'on porte les lettres. Porter une lettre à la poste. Vendredi j'arrive à Laval, j'arrête à la poste ; je vois arriver justement cet honnête homme, cet homme si obligeant ll'employé].... quim'apportaitvotre lettre, sév. 404. {j 8° Train-poste, voy. train. Il Le bâtiment-poste, bâtiment destiné à faire le service de la correspondance et du transport des voyageurs entre deux ou plusieurs ports de mer. Il La poste aux choux, se dit, par plaisanterie, du petit canot qui va chercher les provisions, pendant le séjour en rade. || 9° X sa poste, à sa disposition, à sa convenance (locution vieillie). J'avais songé en moi-même que c'aurait été une bonne affaire de pouvoir introduire ici un médecin à notre poste, pour le dégoûter de son monsieur Purgon, mol. Hal. imag. m, 2. Dieu fasse paix au gentil Arioste, Et daigne aussi mettre en lieu de repos Jean la Fontaine auteur fait à la poste Du Ferrarois, adoptant ses bons mots, SENECÈ, Camille. || X poste, c'est-à-dire à certains termes différents dont on est convenu (locution vieillie). Payer à poste. Acheter à poste.

— HlST. xiii* s. Et quant l'en se part de Cambalue, par laquele voie que l'en veult, et l'en a aie XXV milles, si treuvent les messages du seigneur une poeste [var. poste] que il ai'pellent iamb, et que nous disons poeste de rJievaux, marc pol , p. 335. Et à chascune journée a une poste là ou les mesajes qe vont por la contrée herbergient , id. p. 764. Il xiv s. Nous avons ordené et ordenons que nul ne fasse fausse poste [passe-volant, soldat qui n'existe pas], sur peine de perdre chevaux et bernois, du CANGE, posta. Il XV' s. Item, tout ce temps durant, y avoit au royaume de France doubles officiers ; car chacune partie contendoit de les faire à sa poste, PENIN, 44)4. Le roy, estant à Ansenis, sceut incontinent par le moyen des postes les nouvelles de cette prise, jaligny, Hisl. de Ch. viii, p. 30, dans LACURNE. Là un courier envoyé exprès et venu en poste lui apporta les bonnes et agréables nouvelles de la réduction de plusieurs places à son obéissance, andbé de la vigne, Voy. de Naples de Ch. VUI, p. 4 2», dans lacuhne. || xvi' s. La dernière poste par moi expédiée, Lett. de Louis XII , t. ii , p. 168, dans LACURNE. 11 [l'empereur, en 4 6ioJ dit qu'il n'a oncques accoutumé de tenir postes, mais qu'il dépêche tousjours ces couriers qui font autant de diligence comme les postes , id. ib. t. i , p. 277. Ung jour après nous arriva un poste [courrier] , Très-bien parlant, et devisant à poste.... i. mardi, v, 242. J'escris tousjours en poste [à la hâte], mont, i, 293. Qu'il [Dieu] chevauche sur les ailes des vens , que tant les vens que les esclairs sont ses postes, calv. Inst. i3. 11 n'y a que vingt et quatre postes de Paris à Metz, cahl. v, 34. Il attiltra un certain orateur faict à sa poste nommé Hippon, qui.... amïot, Dion, 48. La petite verolle et rougeoile sont comme les postes, hérauts et messagers de la peste, pahE, xxii, 4. Une poste volants [courrier dépêché en toute diligence] , villeroy, Mém. t. vu, p. 349, dans lacurne. X chaque bout de champ les uns et les autres faisoient des chevaliers à leur poste [à leur gré], pasquier. Recherches, II, 47.

— ËTYH. Wall, posse; bas-lat. posta, station; ital. posta; du participe latin positus, placé, de ponere, placer (voy. I'OMdre).

J. POSTE Ipo-sf), s. {. Petite balle de p!oa;D,

POS

Jont on emploie plusieurs à la fois pour charger un fusil , un pistolet.

— ÊTYM. Ainsi dites peut-être parce qu'elles vont comme la poste.

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