‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 360 sur 389 · AV · texte numérisé non relu

AV

madame , s'écrfa-t-elle , quel ange vous aver pour sœur ! OEnus.Veill. du chdt. t. u . p. 260, dans pougens. Il Être pour beaucoup, pour peu en quelque chose, n'y être pour rien, y avoir contribué beaucoup, peu, n'y avoir coniribué en rien. || Passer pour, voy. passer, n* 29. || Prendre pour, voy.PRKN- DRE. Il 11° Il se dit en un sens particulier à l'efTet de mettre en regard un petit nombre en opposition à un grand. Pour un s.iint à qui Dieu, par des vues spéciales, peut avoir inspiré de rendre ses communions moins fréquentes, nous en trouvons mille autres à qui il inspire le contraire, bourdal. Dim. oct. du saint sacrent. Dominic. t. n, . p. 328. Pour deux amants heureux qu'Amour fait quelquefois. Il en fait tous les jours plus de cent misérables, quin. Roi. i*j 5. La cour de Claudius, en esclaves fertile, Pour deux que Ton cherchait en eût présenté mille, rac. BrJM, 2. Il Pour, devant tout, exprime qu'il n'y a pas autre chose. Pour toute récompense il eut des reproches. Pour toute réponse aux cris des Espagnols, on produisit les ofTres qu'ils avaient faites eux-mêmesau protecteur [Cromwell],voi.T. Louis XIV, a. || Ne... pour un..., ne.... pas pour un..., pas seulement un. Moins d'ennemis attaquent leur pudeur [des femmes du monde]; les autres [les cloîtrée») n'ont pour un seul adversaire: Tentation, fille d'oisiveté. .. la font. Maiet.On nous fait voir que Jupiter n'a pas aimé pour une fois, mol. Pr. d'Él. ii, <. On est faite d'un air, je pense, à pouvoir dire Qu'on |n'a pas pour un cœur soumis à son empire, ID, Femm. tav. n, 3. Quel îujet auriez-vous de TOUS plaindre de moi? — Je n'en ai pas pour un, je crois en avoir mille, dancourt, Urne Àrtus,iy, i. On n'avait pas alors pour un seul prophète: un presbytérien anglais, qui étudiait i lltrecht, combattit tout ce que disait Jurieu sur les sept fioles et les sept trompettes de l'Apocalypse, VOLT. Dicl phil. Prophéties, 2. || 12° Au nom de. Il commande la province pour le roi, pour l'empereur. || 13° Pour, joint à un mot qui exprime le temps, signifie pendant, mais avec le sens d'un futur. Je n'en ai que pour un moment. Soufl'rez que j'interrompe pour un peu la répétition, mol. Impromptu, s. Monsieur le Duc est ici pour un jour, il ira rejoindre monsieur son père, sÉv. 202. Ils périront pour le temps, et vous périrez pour l'éternité, bourdal. 6* di'm. après la Pentecôte, Dominic. t. ni, p. *'. ||I1 sert à indiquer l'époque où une chose s'est faite ou se fera, mais toujours avec le sens du futur. Ce sera pour demain. La cérémonie était pour hier (elle était pour hier, avant d'avoir lieu); elle est pour aujourd'hui (tant qu'elle n'est pas commencée; des qu'elle est commencée, on ne peut plus dire pour aujourd'hui). || Pour quand, sans interrogation, pour le temps où. Ce que je trouve admirable, c'est qu'un homme qui s'est passé, durant la vie, d'une assez simple demeure, en veuille avoir une si magnifique pour quand il n'en a plus que faire, mol. D. Juan, m, 7. || Pour jamais, ou pour toujours, pour un temps qui ne doit pas finir, pour une durée perpétuelle. Songez-vous que je tiens les portes du palais, Que je puis vous l'ouvrir ou fermer pour jamais? bac. Baj. II, <.|| Pour quand, avec interrogation, pour quel temps? Pour quand est la fêle? || 14° Pour, précédé et suivi du même mot, marque la comparaison. Et mort jpour mort , toujours mieux lui valait. Auparavant que sortir de la vie, Éprouver tout et tenter le hasard, la font. Mulelier. Tout bien considéré, je te soutiens en somme, Que, scélérat pour scélérat. Il vaut mieux être un loup qu'un homme, id. Fabl. xn, t. Servitude pour servitude, ne valait-il pas mieux rendre le Milanais i son maître ? fÉNELON, Dial. des morts mod. Dial. <2. || Pour exprime la réciprocité. Vous ferez rendre vie pour vie, oeil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied,SAci , Bible, Deuléron. xix, it. Vous me louez continuellement sur mes lettres, et je n'ose plus vous parler des vôtres, de peur que cela n'ait l'air de rendre louanges pour louanges, s8v. 22 janv. 4672. Et moi.... Je n'aurais pas du moins à cette aveugle rage Rendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage, hac. Athal. u, 7. Rendre grlce pour grâce et plaisir pour plaisir, dufresny, Ri'concil. norm. 11, ». || Pour marque la relation, la correspondance exacte. Traduire un passage mot pour mot. Il y a aujourd'hui neuf mois, jour pour jour, dimanche ()Our dimanche, que je vous quittai à Charenlon avec bien des larmes, sKv. 3 juill. 468». Il Pour marque l'échange. Kaire troc pour troc il 15* Pour, précédé dassex, s'emploie dans de» phrases qui indiquent la luflisance. Il a fait assex pour sa gloire. || Avec un verbe i 1 infinitif. Il est tesez jeune pour s'instruire. || Avec que, et ave* k

mCT. 0£ LA LAMOLB rHANÇAMI.

subjonctif. Il est assez ricne pour que nous Tui demandions de contribuer à cette bonne œuvre. Il Pour, précédé de trop, s'emploie dans des phrases qui e.vpriment l'excès. Il a trop fail pour un ingrat. Il Avec un infinitif. On dit que M. de Noailles, votre digne et généreux ami, a rendu de tr^s-bons offices à M. de Vardes ; il est assez généreux pour n'en pas douter, sÉv. à Moulcenu, 26 mai 1683. La condition m'est trop avantageuse pour la refuser, BOUBi)/iL. Pensées, t. i\, p. 80. || Avec que et le subjonctif. Il est assez de mes amis pour que je puisse compter sur lui. Vous êtes trop faible pour que nous vous imposions ce fardeau. 1| L'adverbe fort s'est employé avec pour d'une façon analogue à trop (cela n'est plus usité). M. de Chaudebonne est fort chagrin à cette heure, pour bien battre les sonnettes [dans la danse des matassins], voit. Lett. 54. Il 16° En être pour, perdre. Il n'y a pas de femme qui l'écoute qui n'en soit pour sa réputation, ha- MiLT. Gramm. ». M. de Sireuil en sera pour ses vers, Royer pour ses croches, et le prévôt des marchands pour son argent, volt. Lett. Thiriot, (9 déc. • 75*. Il Etre pour, être capable de, être de nature à. Cesse de m'outrager, ou le respect des dames N'est plus pour contenir celui que tu difl'ames, COHN. Veui'e, v, )0. Le sentiment d'aulrui n'est jamais pour lui plaire, mol. Uis. 11, 5. Ne pouvoir savoir d'une belle si l'amour qu'inspirent ses yeux est pour lui plaire ou lui déplaire, c'est la plus fâcheuse, à mon gré, de toutes les inquiétudes, in. Sieil. 3. Et ce n'est guère pour avoir le teint frais et les yeux brillants que de se lever dès la pointe du jour, m. tb. 7. Puisque vous n'êtes point, en des liens si doux, Pour trouver tout en moi comme moi tout en vous, m Mis. v, 8. Harlay avait des yeux qui, fixés sur un client ou sur un magistrat, étaient pour le faire rentrer sous terre, st-sim. 17, I98. Il N'être pas pour, ne pas devoir. Cette affaire, venue au point où la voilà, N'est pas assurément pour en demeurer là, mol. le Dép. iv, 4 . Cet état de victime n'est pas pour rien détruire en vous, boss. Lelt. Corn. 74. Ce sont des manières reçues, vous n'êtes pas pour les réformer, mas». Carême, Élxts. Il Être pour, être sur le point de. Il était pour partir. ;| 17° Pour précédant un adjectif, et suivi de (fue a le sens de quelque.... que. Vous savez que, pour matin que je sois levé, je vous ai toujours trouvé dans cette chambre, balz. liv. vu, lett. 48. Pour ingrat que .soit un homme, malh. Traité des bienf. de Sénèque, i, <2. Pour grand que fût le péril, ils s'efl'orcèrent tous à l'envi d'aller dégager le roi, vaugel. Q. C. IX, 4. Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes, corn. Cid, i, «. Commettre un seuf péché, pour petit qu'il soit, BOss. Mar.-Thér. Point n'a d'écus : pour belle qu'on soit née, L'amour languit sansBacchus et Cérès, DESHOUL. Poés. t. I, p. 43. Pour saints, pour éclairés et pour sages que soient les hommes, ils ne sont pas infaillibles, st-sim. ai, 21. || Pour peu que, si peu que. Et pour peu qu'elle ait d'ambition. Je vous réponds déjà de sa punition, cohn. Nicom. v, 7. Il 18° Pour avec un infinitif, à l'effet de. C'est pour vous dire que vous devez réserver votre humilité aux actions qui se passent entre Dieu et vous, BALZ. liv. I, lett. «. Pour juger de la beauté d'un ouvrage, il suffit de le considérer en lui-même; mais, pour juger du mérite de l'auteur, il faut le comparer à son siècle, font. Vie de Corn. La nature, sur la fin de nos jours, nous dégoûte de la vie par la douleur, pour nous faire quitter ce monde avec moins de regrets, frEdèric u, dans oiRAULT-DoviviER. Il [Saint-Rvremond] avait tant de réputation, qu'on lui offrit cinq cenU louis d'or pour imprimer sa comédie de Sir Politik, volt. Teviple du Goût. Le ciel fit les femmes Pour corriger le levain de nos âmes, Pour adoucir nos chagrins, no» humeurs. Pour nous calmer, pour nous rendre meilleurs, lo.Nanine, i, 1. 1| On sépare qiielquefoispourde son verbe. Pour de ce grand dessein assurer le succès, corn. Pomp. iv, (. Mai» pour en quelque »orte obéir à vos !ois, id. /;. Sanehe, 1, 3. Il a fallu en venir à l'altération du texte, pour du moins le rendre douteux, HOss. Explic- du pi. 2< , III, 3. Pour donc corriger l'abus et l'égarement de notre iiuag'n.ition ragabonle et dissipée, il la faut remplir d'iui;iges saintes, m. Élevât, sur tnyst. iv, 8. Il Celte pi'-:positiou ne doit rien avoir entre elle et l'infinitif qui le» sépare, »i ce n'est quelque particule d'une ou de deux syllalies; par exemple on dira fort bien : pour j «lier, pour en avoir, pour lui dire, etc. ; et encor» . pour de là passer en Italie ; mai» d'y mettre pludturs •yllabs», comme oui bit quelquet-uDi de DO* istiU«Hr* éerlTitci. il n'y» nea

de si rude ni de si éloigné de la politesse du langage, VAtiGP.L. Rem. t. 1, p. 100, dans pooorns. Quoique dise Vaugelas, c'est à l'oreille à juger. || Suivi uo que et du subjonctif, même sens. Je suis venu vous voir pour que nous parlions de nos affaires. Je lui ai parlé assez haut pour qu'il m'entendît. || Pour que est pour ce que, comme on peut le voira l'historique. || 19° Pour, avec le pas.sé de l'infinitif, signifie à cause que. On ne s'avise point de défendre [empêcher, prohiber] la médecine pour avoir été bannie de Rome, ni la philosophie pour .ivijir élé condamnée publiquement dans Athènes, MOL. Tart. préface. Pour n'avoir pas fait cette remarque on perdit beaucoup de temps et de travail, chateaub. Génie, 1, i, 4. || U se dit dans le même sens avec le présent de l'infinitif. Nature se maintient pour être variable, Régnier, Épit. n. Et comment est-il possible, reprit Esope, que vos juments entendent de si loin nos chevaux hennir, et conçoivent pour les entendre ? la pont. Vie d'Ésope. Ma foi, me trouvant las pour ne pouvoir fournir Aux différents emplois où Jupiter m'engage.... mol. Amphilr. prol. Le désavouerez-vous [un billet], pour n'avoir point de seing? id. Mis. iv, 3. Je liais ces cœurs pusillanimes qui, pour trop prévoir les suites des choses, n'osent rien entreprendre, ID, Scapin, lU, 1. Mon révérend père, si vous avez peine à lire cette lettre, pour ne pas être en asseï beau caractère, pasc. Prov. xvii. Je n'admire point l'excès il'une vertu, si je ne vois en même temps l'excès de la vertu opposée.... on ne montre pas sa grandeur pour être à une extrémité, mais bien en touchant les deux à la fois, et remplissant tout l'entre-deux, in. Pens. vi, 21. Adresser votre lettre à Mme de Vins, plu» pour l'obliger que pour avoir besoin d'elle, sÊv. 26 août I87B. Je comprends que l'ennui serait grand pendant l'hiver; les longues soirées peuvent être comparées aux longues marches, pour être fastidieuses, m. 28 août 467t. El, pour ne rien rabattre de ses aigreurs et de ses caprices, on aliène le cœur et l'esprit d'un époux, et on le précipite dans des amours étrangères, MASS. Carême, Culte. |{ 20° l'our devant un infinitif, au sens de quoique, bien que. mais toujours joint, comme on le voit par les exemples, à une phrase négative ou restrictive. Vous me montrez que, pour être échappé de la mer et des pirates, je ne suis pas encore en sûreté, voit. Lett. 60. L'hymen n'efface point ces profonds caractères ; Pour aimer un mari, l'on ne hait pas ses frères, CORN. Bor. ni, 4. Je suis ici dans une fort grande solitude ; et, pour n'y être pas accoutumée, je m'y accoutume assez bien, siv. 1» juin 4 680. Us [les écrivains de Port-ltoyalj ne changent pas d'avis pour changer de note, m. 2& mai I68O. On n'est pas criminel toujours pour le paraître, th. corn. Essex, II, 'i. Pour être nés grands, vous n'en êtes pas moins chrétiens, mass. Carême, Aum. De l'avenir le de»tine»t le maître; Sa volonté dirige tous nos pas : Respectons-la sans vouloir la connaître ; Pour la connaître on ne la change pas, malfil. Narcisse, II. Votre lettre a bien attendri mon vieux cœur, qui, pour être vieux, n'en est pas plus dur, volt. Lett. d'Alembert, S7 mars 4773. || 81* Pour avec un infinitif, signifiant de quoi. U y a ici pour contenter tous les goûts. C'est bien pour en rougir de voir iiuelle tempête Souvent mes lâchetés attirent sur ma tête, corn. Imit. m, 20. Il jSévigné] s'ennuie fort dans la charge de guidon ; cette place est jolie â dix-neuf et vingt ans; mais, quand on y a demeuré sept ans, c'est pour en mourir de chagrin, aiv. »oct. 467». Trois semaines, milordl ah I c'est pour en mourir, boissï. Époux par superch. u, 12. Il u* Pour lor», kiors. Quand le mal sera fait, il ne sera pour lorsjilus tempsd'aviser. || iS'S. m. Le pour, ce qui est en faveur de. Le pour et le contre sont venus au monde avec le tien et le mien, bau. liv. 1 , lett. 3. Soit par l'interprétation de» termes, soit par des circonstances favorables, soit enfin par la double proliabilitédu pour et du contre, on accorde toujiur» ces contradictions prétendue», pasc. Prnv. vi. La» lecteurs, longtcmpi pronic.oé» çà et là dans le vaste pays du pour et du contre, ne lavaient plus à la flo où ils en étaient, ponten. Malebr. Vous médite» toujours le pour et le contre dans toute* le.4 choses au* vous m'apprenez. — C'est que toute» les choses (ie ce monde ont un iMin et un mauvai» côté, volt. Utai. nix, 42. Après avoir balancé le pour et le coutrei u'alemb. Réfl. SUT iiu(tcul. || %i" Le pour, .sorte de distinction à la cour db Louis XIV Le pour est mi'' distinction dont j'ignore l'origiue : elle cousisi'- m écrire en craie sur les logis ; Pour M. un il "" simplement écrire, M. un toi, ST-stM. 60, *•

POU

— REM. 1. La règle de* grammairiens est que tout irfiDitif précédé d'une préposition doit se rapporter d'une manière claire et précise soit au sujet de la proposition, soit au régime indirect, soit au régime direct, par exemple .•■ L'homme vit pour travailler. Mais cette règle est trop absolue : quand l'équivoque est impossible, quand le vrai sens est évident, la règle n'a plus d'objet : les exemples jibondent. Le théâ tre, fertile en censeurs poiniilleui. Chez nous pour se produire est un champ périlleux, BOiL. Art p. III. Peut-être assez d'honneurs environnaient ma vie Pour ne pas souhaiter qu'elle me fût ravie, bac. Iphig. IV, 4. Il i. Vaugelasdit : • Pour que, très-usité le long de la Loire et depuis peu à la cour. On s'en sert de plusieurs façons qui ne valent rien. >• Th. Corneille : « Pour que n'a pu s'établir; on se le permet quelquefois dans la conversation, mais on ne l'écrit pas. » Chiftlet, Gramm. p. <34 : « Pour que, au lieu de afin que, n'est qu'une barbarie. » Aujourd'hui il est en plein usage, justifié par l'analogie, aprèt que, dis que, $ans que, et par l'historique qui montre que c'est une ellipse au lieu de pour ce que.

— SYN. poDB, AFtn. Ces deux mots sont synonymes dans le sens où ils signifient qu'on fait une chose en vue d'une autre ; mais pour marque une vue plus présente ; afin en marque une plus éloignée •. on se présente devant le prince pour lui faire sa cour; on lui fait sa cour afin d'obtenir des grâces. Pour regarde plus particulièrement un effet qui doit être produit. Afin regarde proprement un but où l'on veut parvenir • Les filles d'un certain tge funt tout ce qu'elles peuvent pour plaire, afin de se procurer un mari, girabd.

— Hisr. II* s. Pro deo amur [pour l'amour de Dieu], i'ermcnl. Il I* s. Ne por or, ned argent, ne parament, Eulalie, Mult taetatus, por que Deus cet edre [ce lierre) lî donat, Fragm de Valenc. p. 448. Il XI' s. As tiibles juent pur el« [se] esbaneier [divertir], Ch. de Roi. viii. Se li reis velt, prez sui por vus le face , ib. xx. Sonent mil grailes [trompettes], pur ce que plus bel seit, ib. Lxxvii. Et li aidez, et pur seignur tenez, ib. xxvi. Je ne lerreie por tôt l'orque Deus fist, Que ne Iji die.... ift.xxxiv. Ne lui faidront pur mort ne pur destreit, ib. ccxLviii. Il xn' s. Pour moi [en place de moi] c iras tu mie, RonciJD. p. «6. Por ce qu'après sa mort on en puisse parler, ib. i. l»7. Por verdure ne por prée Nulle cbançon m m'agrée, S'el ne vient de fine amor, Couci, i. Moul fait l'amours que vilaine, Qui comence por faillir, Couci, iv. Se fins amis [amant honnite].... Doit joie avoir por servir [parce qu'il sert] leaument, ib. vu. Hal douce riens cruels, tant mar [je] tous vi. Quant pour mamort naquistes sanz merci, ib. ii. Puiz que mes currs [mon cœur] ne s'en veut revenir. De vous, dame, pour qui il m'a guerpi, «6. Pourvostre honeur et pour Dieu je vous pri.... ib. Se nus [nul] mori.st [mourut] pour avoir [parce qu'il avait] cuer dolant, «6. xxii. Dieil quant crieront outrée. Sire, aidez à pèlerin, Por qui [je] sui espouvantée ; Car félon sont Sarazin, Dame de Faiel, dans Couci. |{ xiii* s. Pour quatre qu'ils estoient en l'ost, estoient il en la citédui cent, villkh. Lxxiv. Envoiez pour Tibert [envoyez chercher Tibert], Berte, xu. S*n vont vesque et abbé pour le lit beneir, ib. xili. Dame Diex, qui en croi fu pour nous estendus, ib. ixiv. [Elle] Ne briseroit son veu pour [dilt-elle] soufrir discepline, ib. lvi. Ce n'estoit pas merveille se on la [Bertg] desiroit Pour [en raison i les bones nouveles que chascuns en disoit Et pour le bel miracle que Diex i demonstroit, ib. cxxxv. Jà n'avérai richesses, por qu'aient [pour qu'ils aient] povreté, ib. cxxxii. Li bospitaus de chaiens [céans] est de si très grant carilé qu'onques nus malades n'i fali i son désir, se on le pot avoir pour or ne pour argent, Chr. deHaint, lOB. N'onques nus [nul] n'osa là reraainire; Tuit s'enfoîrent por la pluie, la Hose, •Bïi. C'est Biau-Semblant , qui ne consent À nul amant iju'il se repente D'amors servir, por mal qu'il sent», i6. 1864. Il xiv s. Aucune foiz, quant il les ouide mouvoir idextre, il tournent, pour la malaoie, à senestre, oresme, £»h. ai. || xv s. Encore se c"nfioient plus les Anglois en ceux que vous ai i.ommès, qu'ils ne faisoient ens Espaignols, et pour c»use, mois-, ii, m, 8S. Louis de Bavière, empereur or Hnme pour le temps, in. i, i,74. Nous menons lemmes en notre compagnie et avons mené, qui ne d<-niandent que le séjour; et, pour un jour qu'elles .II' mment, elles en veulent reposer quinze, ID. il, m. 8». Pour ce, si Jean Lyon fust mort, ne se brise- I. ni mie adoucquM les convenances que ciJs de tiaifl r^vojpmàçilsde Brugrs, lo. a, ii, 55. Us viuleul a l'ariii U oii le roi «stuii; et lui livrèrent 1»

comte de Montfort pour prisonnier, id. i, i, 157. Quant je fus pour monter à cheval, Jeh. de Saint. ch. 30. Car, par ung seul semblant monstrer Rn riens d'en estre desplaisans, C'eust esté pour faire parler Les jalons et les mesdisans, ch. o'orl. Complainte. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Bouciq. Ii, us. Et pour quelque bruyt qu'il y eust en l'ost, il ne s'estoit point voulu bouger, comm. IV, 10. Ayant moins de crainte que je n'eu/, jamais , pour la jeunesse en quoy j'estoye, et que je n'avoie nulle congnoissance de péril, id. i, ». Et se prenoit ung escu pour pipe de vin qui passoit parmy les limites, m. m, H. Homme sans foy s'il voyoit son profit pour la rompre, ID. vu, 2. Et y mourut ce jeune et vaillant chevalier pour estre mal armé, m. I, 3. Et semble que tout soit pour eux, villon, Baillev. et Malep. \\ xvi* s. Et, pour remède qu'on luy feist, ne trova allégement quelconque, bab. Pant. Il, M. Ainsy mourra il sans regret, laissant homme pour homme, id. ib. m, 26. Pour grand qu'il soit, MONT, i, 54. Son maistre, pour luy avoir veu prendre un si noniiorable party, le reçeut en grâce, id. i, s. Je serois pour me rendre plus naturellement à la compassion qu'à l'estimation, id. i, 2. Seroit ce que, pour ne l'admirer point [la hardiesse], il [Alexandre] la respectast moins? ib. I, 5. L'effort d'un desplaisir, pour estre extrême, doibt.... iD. 1, 7. Se descouper pour tesmoignage de dueil, m. I, **. Accorder trefve pour quelques jours, ID. 1, 23. Pour le coup, id. i, 24. Se tenir pour surmonté [battu], ID. 1, 24. N'ayant pu prendre la ville, pour la prouesse des habitants, id. ib. Un roiî c'est un pastre pour eulx (les philosophes], id. i, i40. Il est condamné pour faulx prophète, id. i, 238. Cette raison n'est pas pour estre oubliée, m. ii, 291. La servitude ne leur est jamais de goust, pour si bien qu'on l'accoustre, la bobtie, 44. Us estimèrent son cœur trop foible pour un fait si hault, id. 45. U faut qu'ils laissent leur goust pour le sien, m. 67. ....Pour si grand nombre qu'il y en ait.... id. 4t. Les roys pour e.stre roys ne laissent pas d'estre hommes, Sat. Uén. p. I3»,édit. 16H. Hz ne se lassoient jamais, pour quelque travail qu'iU prissent, amyot, Thésée, 6. Fabius, qui a\oit bien preveu le danger auquel ilz estoient pour tuniber.... id. Fab. '^b Aussi n'y a-il pas un en la compagnie, pour accablé qu'il fust des misères et calamitez passées, qui.... ne se remist et reprinst cœur, d'aub. Hist. 11, 250. Il a bien appris à dire toutes les admirations, comme Jésus.... c'est pour en mourir, id. Conf. n, 1 . Ne s'y estant présentée une seule occasion de combattre, pour périlleuse qu'elle fust, où il ne se soit trouvé, CABLOix,li, 14. Il y avoit six commissaires de l'artillerie, et dix -huit canonniers, chacun pour le plus expert, id. vu, » Et si pour [malgré] tout cela le malade vouloit dormir, on luy fera des frictions après, pabé, ixiv, ï4 Et que grandeur pour grandeur, si le prince d'Espagne.... cas- TELNAO, <8t. Car pour estre [fussé-jej cent ans auprès de ma maistresse, Cent ans me sont trop cours, et ne m'en puis aller, bons. (45. Hais pour courir, le soin ne laisse pas D'accompagner tes misérables pas, id. 400. Mais tout paisible et coy Tu vivras dans les bois pour la Muse et pour toy, id. 894.

— ÈTYM. Wallon, po, por ; bourguig. po, p6r ; mSconnais, pre; picard, por; espagn. et portug. por; du lat. pro.

\-i. POUR.... préfixe qui représente tantôt pro et tantôt per. et ne traduit pas seulement des composrs latins, mais en a formé de toutes pièces en français m6me, où il a le sens de perfection, action complète, achevée, comme le latin per. Ainsi poursuivre représente à la fois prosequi et persequi.

I POUBANA (pou-râ-na), s. m. Nom, en sanscrit, de poèmes sacrés qui contiennent tout le corps de la théologie des Hindous, et dont chacun traite spécialement de cinq sujets, la création, la destruction et la rénovation des mondes, la généalogie des dieux et des héros, les règnes des Manous, et les actions de leurs ilescendants; ils appartiennent aux basses époques de la littérature sanscrite. Il y a dix-huit pourânas reconnus.

— ÈTVM. Sanscr. purdna, ancien.

POURBOIRK (pour-boi-r'), *. m. Petite libéralité que l'on donne en sus du prix convenu et comme signe de satisfaction. On dit que ses lettres lui ont valu quelques pourboires du cardinal de la Roche-Aynion, un des plus dignes prélats qui soient dans l'Eglise de Dieu, et à qui il ne manque rien que de savoir lire et écrire , d'alemb. Lett. à Voltaire, 6 nov. I77«.

— êtym. Pour, hoir*.

POURCEAU (pour-ïûi. ». m. ||1« Porc, cochon.

Le pourceau est aussi impur, parce que, quoiqu'il ait la corne fendue, il ne rumine point, saci, Bible, Livit. XI, 7. Dom pourceau criait en chemin, Comme s'il avait eu cent bouchers à ses trousses, LA FOHT. Fabl. viii, U. Il Fig. Semer des perles devant les pourceaux, présenter des objets, dire des choses à quelqu'un qui n'en sent pas le prix, la délicatesse. Ne jetez point vos perles devant les pourceaux, SACi, Bible, Érang. St Math. vn„ 6. || On a dit de même : donner des fleurs aux pourceaux. Faire lit des serments si beaux, C'est donner des fleurs aux pourceaux, scarron, Yirg. vi. || Le pourceau de saint Antoine, cochon que les peintres représentent ordinairement près de ce saint , parce qu'on prétend que dans sa solitude le diable le troublait souvent sont cette forme. || C'est le pourceau de saint Antoine, se dit d'un homme qui se fourre partout pour boire et pour manger. |i Fig. C'est une vraie étable à pourceau, se dit d'une maison malpropre. || Fig. C'est un vrai pourceau, se dit d'un homme qui met son unique plaisir k manger. Il Fig. Un pourceau d'Ëpicure, un pourceau du troupeau d'Épicure, un homme plongé uniquement dans les jouissances des sens (expression qui vient d'Horace, mais qui cependant ne s'applique qu'à ceux qui interprétaient mal la doctrine du philosophe grec). Il 2° Pourceau de mer, espèce de dauphin nommé aussi marsouin. || 8° Pourceau ferré, le hérisson d'Europe.

— REM. Le sens étymologique de pourceau est jeune porc; mais, en fait, ce sens a tout à fait disparu. Pourceau ne se dit que dans quelques locutions particulières; mais, quand on parle de l'animal, c'est toujours porc, porc frais, porc salé, un troupeau de porc* ou de cochons et non de poureeaux.

— HlST. xu* s. Ces bourgeois [ils] ocioient com se fiiisent porcel, Sax. ix. || xiii* s. Pourcel ne doivent en nule saison estre soufert en prés, be.\um. LU, 6. Cil perderoit bien ses joiaux, Oui les jetroit entre porciaus. Fabliaux, babbazan, 1, 76. || xvi' s. Nul ne peut donner des tripes, sinon celuy qui tue son porceau, lehoux dk lincy, Proti. t. i, p. 197. Le proverbe ancien monstre bien le malheur oïl nous sommes, quand il dit : un avocat en une ville, un noyer en une vigne, un pourceau dans un bled, une taupe en un pré, un sergent en un bourg, c'est pour achever de gaster tout, boiichet, Seréet, liv. 1, p. 377, dans lacubne.

— ÉTYM. Wallon, poursai, poursia; picard, porchieu; prov. porcelh, porcel; espagn. porcel; ital. porcello; du lat. poreellus, diminutif de porcus, porc.

t POURCELET (pour-se-lè), s. m. Petit d'une truie. Si une truie est pressée de mettre bas, on atout le soin possible d'elle et de ses pourcelets, DiDER. Lett. à Mlle Voland', 30 sept. 1760.

— KTYM. Diriiinutif de pourcel ou pourceau.

t POUR-CENT (pour-san), s. m. Taux de l'intérêt, du rapport d'une somme d'argent placée. Quel est le pour-cent ?

t POURCE QUE (pour-se-We), loc. conj. qui explique la raison d'une chose et répond à l'interrogation pourquoi? J'ai été nourri aux lettres dès mon enfance; et, pource qu'on me persuadait que, par leur moyen, on pouvait acquérir une connaissance claire et assurée de tout ce qui est utile à la vie, j'avais un extrême désir de les apprendre, DESC. tléth. 1, 6.

— REM. Cette conjonction , déjà vieillie au XVII" siècle, est tombée en désuétude. C'est dommage On la remplace par parce que; mais parce que n'est pas l'équivalent de pource que; il indique le moyen, et pource que indique le but.

— HlST. xui* s. Et porce que cis pardons [ces indulgences! fu si grans, s'esmurent moult li cuer des gens [pour la croisade], villeb. i. ||xv' s. Et fut ceste guerre depuis appellée le bien publicque, pource qu'elle s'entrepienoit soubz couleur de dire que c'estoit pour le bien publicque du royaume, COMM. I, S. jjxvr s. Pource que des tyrans le support vous tirez, Pource qu'ils sont de vous comme dieux adorez Lors qu'ils veullent au pauvre et au juste mesfaire. Vous estes compagnons du mesfaict, pour vous taire, d'aub. Tragiques, édit.

LALANNE, p. n».

— Etym. Pour, et, que,

t FOURCHAS (pour-châ), s. m. Terme vieilli. Ce qu'on pourcha.sse, occupation. Et, n'étant homme en tel pourcbas nouveau , Guère ne mit & déclarer sa flanime, la pont. Coc. Et coeurs en tels pourcha» Risquent du moins autant que cerfs et Menas, ;. i Rousa. Éjfxtr. u M.

— HIST. xn*- s. Aini [je] sui toz tens en pains et eo porchas. Couci, xi. Petit me Taut mes pourclias, «6. p. c^â. il xiii* s. Enfant sont apelé de porchaz, qui ne piieent [peuvent] pas mostrer lor père, e' il sont apelé basiard, Digeste, i. ||xvi' s. Vous convient estre sages pour fleurer, sentir et estimer ces livres de haute gresse, legiers au prochaz et hardis à la rencontre, rab. i, Prologue.

— ÊTYM. Voy. POURCHASSER.

t POURCHASSE (pour-clia-s'), ». f. Action de pourchasser. C'était sur les rives du Rhin qu'on vous mettait à la pourchasse de l'ennemi, babœuf, Pièces, i, HB. Une autre, à peine âgée de douze ans, enfant pleine d'innocence à coup sûr, mais déjà stylée à la pourchasse d'un épouseur, Maurice SAND, Berne des Deux-Mondes, (" févr. 4862, p. 946.

POURCHASSÉ, ÉE (pour-cha-sé , sée) , pari, pasjé de pourchasser.

POURCHASSER (pour-cha-sé), v. a. Poursuivre avec ardeur. Pourcliasser un cerf. C'est ce que ma muse en travaillant pourchasse, rSgnier, Sai. vi. ...Vous cajoliez la tante. Et moi, je pourchassais Finette la suivante, hegnahd, Ménechm. i, 2. Pour lui pourchasser au loin quelques jouissances imparfaites et iiouteuses, elle lui ôterait celles qui valent cent fois mieux et sont toujours en son pouvoir, ]. 1. rouss. 2" dial. [[ Terme de chasse. Rapprocher un animal qui a beaucoup d'avance ou qui a été f^Tlongé par quelque chien.

— HlST. II" s. Li reis Marsile s'en purcacet assez, Ch. de Roi. CLXxxv. || xiu* s. Et se porchaça (se pourvut) de viande cil qui mestier en ot, villkh. Lxiv. Et li quens [comte] de Saint-Gile en ot si grant envie, que il porchaça as autres barons et à tous ceus qu'il pot, qu'il se départissent de l'ost, ID. cix. Qui (raison pourchace, drois est qu'il s'en repente, Berle, xcvi. Hons [homme] qui pourchace druerie [galanterie] Ne vaut noient sans cointerie [agrément], la Rose, 2(45. || xv s. A pied .sans chausses, pourchassant sa vie de maison en maison, COMM. III, 4. Il xvr s. Vous ne vous repentiiés d'avoir prochassé de l'honneur à ceulx de-squels vous poiivés conter la maison la vostre mesme», maro. Lelt. (47. Les meschans fuyent sans qu'on les pourchasse, LANûiiE, B(B. L'un reccut le royaume sans l'avoir prodiassé, et l'autre l'ayant entre ses mains le restitua, amyot, Suma et L<jc. ( . l'ourchassant son sixiesme consulat, w. Marius et Pyrrhus, 8. Qui plus despend qu'il ne pouichasse, il ne luy faut pas de besace , cotgrave. Il n'avait sceu gaigner la bonne grâce d'un tendron qu'il pourchassoit, mont. m, 383.

— ÉTYM. Pour, et chasser; picard, pourcacher ; bourg, pnrchassai ; wallon, porchessi.

t (. POL'RETTE (pou-rè-t'), *. f. Terme de vétérinaire. Nom donné aux eaui-des-jambes compliquées de grappes.

t 2. POURETTE (pou-rè-f), ». f. Nom donné, dans le Midi, aux mûriers nains tenus en gaulis. Cueillir de la feuille de pourette, ou, elliptiquement, cueillir de la pourette.

POURFKNDEUR (pour-fan-deur), ». m. Celui qui pourfend. {| Ironiquement, un pourfendeur de géants, un fanfaron, un faux brave.

— KTVM. Pourfendre.

POURFENDRE (pour-fan-dr'). e. o II se conjugue comme fendre. Fendre d'un coup de sabre de haut en bas. Ah ! combien de géants il aura pourfendus 1 DANCOUHT, Sancho Pança, s, et J'ai

peine à comprendre Comment un dieu pouvait ainsi pourfendre Un autre dieu, volt. Contes, Dimanche.

— HIST. XII' s. R le ventre lui purlendi , si que tule la buille à terre cbaïd [tomba], flois, i, 98. I! XIII* s. Uns macheelier [boucher] .sali avant, et le feri d'une hache a deux mains, et le pourténdi dusques à la cbainture, Chr. de Rains, HH.

— ETYM l'our, et fendre.

POURFENDU, UE (pour-fan-du , due), part, passé de pourfendre. Tant de châteaux forcés, de géants pourfendus. De chevaliers occis.... fuNTEN. l'oés. pasl. (Kuv. t. iv, p. 7, dans pougens.

POURIR, POURISSAGE, POURISMVH, POURIrURE, voy. pouRhiB, pourbissag' foubbissoir,

Page 1