POURRITURE
t POURLÉCHER (pour-lé-ché) , ». «. FI »e conjugue comme lécher Lécher tout autour. Sb pourlécher les babines, th. cautier, Cap. Fracasse, i. Il Se pourlécher, t. ré/l. Passer la langue sur les lèvres. Il s'extasiait, il ailmirail sottement, il souriait ; il avait la convulsion, il se pourléchait, diukbot, Salonde i7b7, (Hut. 1 xiv, p. 457 daD.HPouGKNs. Voilà de la vigne qui produira de» cbasselaii dont je oe donne pas ma part au ctuU, poursuivit li. Bail-
POU
leul en affectant de se pourlécher d'arsnee, ch. dkI BERNARD, le Gendre, § 3.
— f.TYM. Pour, et lécher; picard, »« parliker, porléker, pourléker; Berry, perlécher, perlicher.
POURPARLFR (pour-par-lé; l'r ne se prononce pas ei ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des pourpar-lé-z intéressjints). s. m. Conférence, abouchement entre deux ou plusieurs personnes. Longs pourparlers avecque son amant, la font. Berc. On entre en quelques pourparlers avec Moissac, pelnssoN, Lett. hist. t. m, p. (81, dans pougens. Nous entrâmes en pourparlers : je demandais cinquante louis d'appoinlement, J. ]. houss. Conf. vu.
— HIST. xvi* s. S'il ofTroit à la royne, au premier pourparler, de sortir hors du royaume aveoques ses amis, langue, 56i. Pendant que les pourparlez se continuoyent.... m. 586. Le pourparlé de la paix n'estant point interrompu, d'aub. Hist. n, 49.
— ËTYM. Infinitif pris substantivement de l'anc. verbe porparler, purparler, pourparler , de pour, et parler. Ce verbe pourrait être remis en usage.
t POURPENSER (pour-pan-sé) , V. a. Méditer longuement; penser mûrement à un but donné. Le maréchal de Choiseij.1 prit l'unique parti qui sauvait tous les inconvéniei : il les avait de longue main pourpcnsés et s'y était préparé, st-sim. 40, 2(ï. Je ne cessais de pourpenser à part moi , quels pouvaient être les moyens d'émousser dans ce prince tant de pointes hérissées, m. 27o, (43. *
— HIST. XI* s. De aweit [aguet] prepensed, Lois de Guill. (.I|xii* s. Reis, purpense te mielz, ne creire lur conseil, Mult sunt faus li prélat.... Th. le mart. p. 29. || xiii* s. Lors se pourpenserent d'un mont grant engien, villeh. lxxv. || xv* s. Ceux qui la trahison avoient pourpensée, FROibS. ii, ii, 231. Il XVI* s. Ayant charge de faire sa harangue au pape, et l'ayant de longue main pourpensée, mont. I, 40. La moins pourpensée mort est la plus heureuse, ID. IV, 2(4. Qui veut parler doit bien Bourpenser, cotgrave.
— ÊTYM. Pour, et pejiser.
POURPIER (pour-pié ; l'r ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. Genre de la famille des portulacces. Il Plante potagère à feuilles épaisses (portulaca oleracea, t.). || Pourpier doré, pourpier naissant qui se mange en salade. X côté de ce plat paraissaient deux salades. L'une de pourpier jaune, et l'autre d'herbes fades, boil. Sat. m. || Pourpier sauvage, sorte de pourpier dont les feuilles sont pins petites i|ue celles du pourpier ordinaire. || Pourpier de mer, nom vulgaire d'une espèce d'arroche.
— HIST. XVI* s. Les myrmecies seront curées, y appliquant dessus du pourpied pilé, pabê, v, 2(.
— ÉTYM. Ménage le tire du lat. pulli pes, pied de poulet, qui est un des noms de cette plante ; étymologie confirmée parpt'^pou, nom du pourpier en Anjou, et par l'orthographe de Paré pourpied.
POURPOINT (pour-poin; le t ne se prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, 1'» se lie : des pour poin-z élégiints) , ». m. || 1° Nom qu'on donnait autrefois à l'habit français qui a précédé les justeaucorps, et qui couvrait le corps depuis le cou jusiju'à la ceinture. Un bon pourpoint bien long et fermé comme il faut, Oui pour bien dixérer tienne l'estomac chaud, HOL. Éc. des mar. i, (. Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés, Oui disaient qu'une femme en sait toujours assez, Quand la capacité de son esprit se hausse X connaître un pourpoint d'avec un haut-de-chausse, m. Femm. sav. il, 7. Tois les usages de la vie civile |au xvi* sièclc| différaient des nôtres; le pourpoint et le petit manteau étaient devenus l'habit de loules les cours, volt. Ureurs, (Jt. On raconte de Pétrarque que, dans ses promenades solitaires, il écrivait sur son pourpoint de peau les vers qu'il composait, monoez , fm(i(. Uém. hist. et litt anc. t. iv, p. 275. || Se mettre en pourpoint, se disposer pour se battre, l'hilandre : Ce blasphème t tout autre aurait coûté la vie. — Tircis ; Nous tomberons d'accord sans nous mettre en pourpoint , corn. Kél. i , &. ji M(!ttro un homme en pourpoint, le dépouiller de son manteau, et IFg. le
ruiner Il aime la France et ne souffrirait
point.... qu'on la mit en pourpoint, HitON. Sat. x. Il Tirer un coup à brûle-pourpoint, tirer à bout portantou de très-près. Kl (l'Amour) la tire k brûlepourpoint D'un petit arc qu'on no voit point, scarh. Viry. 1. Il Fig. Tirer sur quelqu'un k brûle-pourpoint, lui dire quelque chose i brûle-pouipoinl. lui dire en face quelque chose de dur, dé désobligeant. Hais les coups éloignés ne vous émeuvent point; Il faut vous les tirer plus k brûle-pourpoint , bodbs. ^fope à la cour, iv, 2. || Ce qu'il von» dit li est i brûle pourpoint, c'est-i-dire est trop dur, trop
grossier pour être dit en face. || Il y va à brûlepourpoint, c'est-à-dire il agit sans ménagement, sans détours. || Il y a un sot dans son pourpoint, c'esl-à-dire c'est un sot. || Fig. Ma pauvreté est fière, je n'ai qu'un méchant pourpoint, mais je n'y veux point de taches, nucis, Corresp. (( ocl. (81.1. Il Un pourpoint de pierre, la prison. Il ne ser» pas bien i Lyon , de peur d'un pourpoint de pierre de taille en Pierre-Ancise, om patin. Lettres, t. il, p. 495. lia* Fig. Le moule du pourpoint, le corps. Sauver le moule du pourpoint, sauver son corps, sa personne, || On dit de même : le contenu du pourpoint. Le dévouement est grand à la personn» d'un maître; c'est à la personne qu'on se dévoue, au corps, au contenu du pourpoint, p. l. cour. Simple dise. |i II y a laissé le moule du pouj-point, de son pourpoint, se dit d'un homme i\aï a été tuî en quelque occasion. || 8* Pourpoint de sental, cotte d'armes en taffetas, rembourrée, qui se portait sous l'armure, dans le moyen âge. || 4* Il s'est dil d'un morceau d'un lapin, d'un lièvre. H. de Cbevreuse se bâtait de manger quelque pourpoint de lapin, quelque grillade, enfin ce qui avait le moins de suc, st-sim. 336, 158.
— illST. im* s. Qui lor veîst d'une part et d'autre haubiers roUer.... pourpoins et quiries et escus enarmer, Chr. de Rains, p. 76. || iiv s. Pour la façon de certains pourpoints et joyaux qu'il fit faire pour le roy, pour son voyage de Saint-Omer, où le roy d'Angleterre devoit estre en personne, de labohub. Émaux , p. 473. Il XV* s. Ma peine pers comme fait maint.... Je sens oû mon pourpoint m'estraint, CB. o'oRL. Rondeau. Il avoit si très-grand haste de bien fournir son pourpoint (de manger], qu'il ne disoit mot, LODis xi, \ouc..lxxxiii. || xvi* s. Ce lourd grossissement de pourpoincts, qui nous faict toi)* aultres que nous ne sommes, mont, i, 338.
— KTYM. Part, passé pris substantivement de l'anc. verbe pourpotndre, de pour et poindre : poindre, piquer i travers (le pourpoint étant piqué, brodé) ; bourg, porpoint, prepoinl ; provenç. perpong, perpoing , perponh ; ospagn. perpunle.
t POURPOINTIER 1ÈRE (pour-poin-tié, liè-r"), ». m. et f. Ternie vieilli. Faiseur, fai.seuse de pourpoints. Les marchands pourpointiers étaient ceux qui vendaient des pourpoinis et des manteaux; le corps des pourpointiers fut réuni à celui des tailleurs.
— HIST. XV* s. Là avoit un pourpointier de Londres, qui avoit apporté et fait apporter soixante pourpoints.... froks. ii, u, («5.
(. POURPRE (pour-pr*), ». f. || 1* Matière colorante d'un rouge loncé et éclatant fournip autrefois par un mollusque gasléropode, le murpj; hrandort», et remplacée aujourd'hui par la cochenille. l.e» étoffes teintes en pourpre faisaient une des parties les plus considérables du commerce ancien, surtout de celui de Tyr, dont l'imlustrie el l'extrême habileté avaient porté cette précieuse teinture au plus haut degré de perfection ou elle pût être conduite, rollin, Hist. anc. Œuv. t. x, p. 547, dans pouOKNS. La teinture en pourpre , qui n'a point été , comme on le croit, absolument penlue, ou du moins qui a élé retrouvée il y a environ cinquante ans par la .Société Royale de l'Angleterre, in. ib 1. X. p. 5bï. On y trouva |i BabyloneJ cinq mille quintaux de pourpre d'Hermioue, qui était U plus précieuse, qu'on y avait amassés pendant l'espace de («o ans, el qui conservait encore toute SA fleur el tout son lu.stre, id. ib. t. vi, p. 370. la pourpre illustre davantage celte belle contrée [la .Syrie] ; celle de l'.vr a été la première du monde; elle était vendue â Home, dans le vu* siècle , mille deniers au moins la livre , parto- BRT , Instit. Ilém inscr. et helles-leU. t. v, p. (2i. Il 1° Par extension, couleur rouge. Ses joufMi animées de la plus belle pourpre mêlée an blaiic de lait le plus pur, volt. Zadig, (». Las fruiu du figuier des Açore* parnissainnt d'une pourpii éclatante sur les rameaux ombragés, chatkaubk, Cenif, I, V, 8. || 8* Étoffe teinte en pourpre, «n usage chei les anciens. Ce n'est (ju'or et que pourpre dans votre armée, vauoel. C- C. m, 2. On j voit de tous côtés le fin lin d'Egypte, et la pourpre tyrieiine deux fois teinte d'un cclat mervcilleu». f4n. Til. m. Une grande voilo de pourpre lloltaii dans l'air au-des.sus du char, lu. ib. iv. || 4' liignili des consuls k Rome el autres magistrats souverains. Mais il pi'ut faire aussi des consuls k sua choix De qui la pourpre esclave agira sous ses un». corn. Sertor. iv, 3. ||S* Fig. Dignité souveraïun. Resjieclez, leur disait-il [aux princes], votre poiirur». respectez votre puissance qui vient de Dieu, vi .i« l'employez que pour le bien, «oas. Jfariefher.vous
POU
POU
POU
croyez donc que les déplaisirs et les plus mortelles douleurs ne se cachent pas sous la pourpre TlD. tb. L'armée força Théodose III à prendre la pourpre , ID. Hist. I , n . Esther , disais-je , Esther dans la pourpre est assise ; La moitié de ta terre à son sceptre est soumise, iiAC. Eslh. i, 1. Qui naquit dans la pourpre en est rarement digne , volt. Brutus, ii , 4. Il (° Fig. Dignité des cardinaux. Il [le cardinal de Retz) garde son équipage en faveur de sa pourpre; je suis persuadée avec joie que sa vie n'est point finie, sÉv. <97. Il [Mazarin] avait fait prendre un
«. POURPRÉ, ËE (pour-pré, prée}, ad;. Oui est de couleur pourpre. Toutes les améthystes perdent leur couleur violette ou pourprée lorsqu'on les expose à l'action du feu, BDPF.lfm. t vi, p. M9. Le zéphyr se jouaitdans leurs voiles pourprées, delille, Imag viii.
— HIST. xvi's. Ou devant un sénat pourpré, Pour de l'argent sa langue vendre, rons. 56u.
— eTYM. Pourpre i .
2. POURPRÉ, EE (pour-pié, prée), adj. Terme de médecine. Fièvre pourprée, synonyme de pourpre 2. Tout le monde se meurt aux Rochers et à
cours si heureux aux conseils du cardinal de Riche- Vitré de la dyssenterie et des fièvres pourprées, sév. lieu, que ce ministre se crut obligé de l'élever à la 3)2. Il s'était retiré à Vincennos, pour éviter le maupourpre, Boss. le Tellier. Il [Albérdni] fut prêt d'ê- f vais air des fièvres pourprées dont Paris était infecté, tre dégradé, et ne l'évita que par l'intérêt qu'ont olivet, Nist. Acad. t. il, p. 317, dans pougkns. tous les cardinaux de rendre la pourpre invulnéra- | f POURPREUX, EUSE (pour-preû, preû-z'), adj. ble dans ceux mêmes qui la déshonorent , onCLOS , ' Synonyme de pourpré 2. Une fièvre pourpreuse, Œuv. t. V, p. 313. Il Les pourpres, les cardinaux j sév. (3 nov. I475. ïux-mêmes. Il a sa place dans l'œuvre [à l'église] | f POURPRIER (pour-pri-é) , s. m. Mollusque qui
après les pourpres et les fourrures, la bhdy. xiv. Il 7" S. m. Couleur d'un beau rouge foncé qui tire sur le violet. 11 couvrit l'horizon d'un or brillant et pur. Pour y répandre ensuite et le pourpre et l'azur, PERHAULT, Poésies, dans fichelet. C'était d'un coquillage marin du genre des buccins ou trompettes que les anciens tiraient leur beau pourpre; et c'est encore d'un coquillage du m^me genre, qu'on trouva sur les côtes du Poitou, que l'illustre Béaumur avait tiré le pourpre dont je parle ici, BONNET, Contempl. nat. v, H. Le pourpre éblouissant , le tendre azur des cieux , Le blanc pur et le vert, sont le charme des yeux , delil. Imag. m. Il 8° Quelques-uns admettent le pourpre dans le blason pourcinquième couleur, quoiqu'il nesoil prcpre-
vit dans les coquillages nommés pourpres
— ETYM. Pourpre t.
t POURPRIN, INE (pour-prin, pri-n'), adj. Qui
est de couleur de pourpre. L'adjectif de pourpre est pourprin, ménage, Remarques. || S. m. Pourprin , couleur pourpre de certaines fleurs.
— HIST. III' s. Vers et vermeils, indes, porprins,
BENoU, V. »i 46. Il xvi' s Comme une rose pour-
prine, bons. 5i6.
— ÊTYM. Pourpre i ; provenç. purpurene. POURPRIS (pour-prl ; l's se lie : un pour-pn z
étendu), s. m. Enceinte, habitation. De pilastres massifs les cloisons revêtues En moins de deux instants s'élèvent jusqu'aux nues; Le chaume devient or, tout brille en ce pourpris, la pont. PhiL
ment qu'un mélange des quatre couleurs reçues ; et Bouc. Eh ! morbleu, c'est dans le pourpris Du
brillant palais de la lune.... Qu'un honnête homme fait fortune, volt. Lett. en vers et en prose, <64. Il Poétiquement. Le céleste pourpris, les célestes pourpris, les cieux. Les habitants des célestes pour- I pris.
I — HIST. XIII' s. Dehait [malheur] ait, fors vous solement, Qui en ces porpris [jardins] l'amena, ; la Rose, -3943. Quant aucun valet [jeune homme] y pre qu'il présente; il s'emploie dans la peinture i va por l'amor d'une mescine [jeune flUe] qui maint sur porcelaine. || Pourpre d'indigo, nom donné à en l'hostel, et il est trovés el porpris.... beaum. l'acide sulfo-purpurique, qui est un dérivé de lin- : xxxiv, 46. || ivi' s. L'immensité ne sera point proudigo. li 10° Adjectivement. Qui est de la couleur delà ! vée, jusques à ce qu'ils ayent prouvé qu'il [Dieu] pourpre. La couleur pourpre. Un manteau pour- j est partout sans dislance ne pourpris, Calvin, /niit't.
ils s'en servent pour les raisins, les mûres, etc. et le représentent par des lignes diagonales de gauche i droite. || 9° Terme de chimie. Le pourpre de Cassius, considéré par quelques chimistes comme un deutostannate d'or, obtenu en précipitant le chlorure d'or par le protochlorhydrate d'étain , et par d'autres chimistes comme de l'or métallique, qui ne devrait qu'à sa grande division la couleur pour
pre. Il devint pourpre de colère. Oenys le tyran voulut que chacun s'habillât d'une longue robe pourpre, fén. Aristippe. \\ Vaugelas, Chapelain, Ménage, Tb. Corneille ne voulaient pas que pourpre fnt pris adjectivement; l'usage a décidé contre eux; pourpre est adjectif dès le xiii' siècle.
— HIST. XIII* s. Et vingt pailes [manteaux] et vingt samis. Cent porpreset cent osterins, FI. et Bl. 320o. Richece ot une porpre robe, la Rose, 1059. [Le riche] Qui vestoit la porpre nobile, Ainsi com nous dist l'Evangile, Au ladre ne vout [voulut] faire bien, Mahomet, V. tu». Il XV" s. De toutes ces six choses et couleurs [or, argent, gueulles, azur, sable, sinople], on en faict une quant on les mesie ensemble autant de l'ung comme de l'autre, et c'est la septième qui, en armoirie, de son propre nom se dit pourpre, seciLLE, le Blason des couleurs, édit. cocnKRis,p. 47.
— ÊTYM. Bourg, porpre; provenç. porpra, polpra; espagn. purpura,- ital. porpora: du lat. purpura; grec, itopfûpa.
S. POURPRE (pour-pr"), ». m. Terme de médecine. Exanthème caractérisé par de petites taches pourprées , nettement circonscrites , et prod'iites par une hémorrbagie cutanée sous-épidermique. Il Anciennement, nom d'une maladie fébrile avec taches de ce genre, dont le caractère n'est pas bien déterminé, et qui a dû être confondu avec des rougeoles et des scarlatines malignes, lime de Durfort se meurt d'un hoquet de fièvre maligne; Mme de la Vieuville aussi, du pourpre de la petite TArole, sBv. 621, La connaissance revint [au marécnal de Lorgej, et peu à peu le pourpre parut parlout, ST-sm. 29,79. Seignelay mourut fort brusquement d'une manière de pourpre, in. 328, 34.
— HIST. ivi* s. Des éruptions et pustules appellees pourpre : les vulgaires les appellent le tac, les Autres le pourpre, pource qu'elles sont souventesfois
- trouvées k la similitude de graine de pourpre; autns les appellent lenticules , parce qu'elles sont venues quelquesfiiis comme petites lentilles; aussi aunans les nomment ptpillots, k cause qu'elles se aunifeiitent taniost au visage , tantost aux brajt et tunoes, voltigeant de place en place comme petits iiamilols voUns., pars, zxiv, s«.
- ïTyM. Pourpr» «.
1125. Comme Romulus feist faire un fossé à l'entour du pourpris qu'il vouloit enfermer de murailles, Remus s'en moqua, amyot, iJom. IB. Il n'y a point de vol île chapon par laditte coustume, ains [il] aura l'hostel avec le pourpris, et s'entend ledit pourpris la closture, ou fessez s'il n'est clos, Nouv. cousl. génér. t. iii, p. 212. Au céleste pourpris, o'aub 2'rogique«, édit. lalanne, p. 201.
— ÊTYM. Participe pas.sé pris substantivement de l'ancien verbe pourprendre, de pour et prendre; picard, pourpri'ni, enclos.
POURQUOI (pour-koi) , conj. || !• Pour quelle chose, pour quelle raison. Euphorbe est arrêté sans qu'on sache pourquoi, corn. Cinno, iv, b. Sans vous en affliger, présumez avec moi Qu'il est plus à propos qu'il vous cèle pourquoi, m. Poly. 1, 3. Lorsque l'on pend quelqu'un, on lui dit pourquoi c'est, mol. Amph. m, *. Demander comment et pourquoi ce prodige, ce serait le détruire, uourd. Annonc. de la Vierge, ilyst. t. 11, p. 106. Un homme que j'ai vu arrive d'Amérique; il y est resté trois ans sans entendre parler de ce que nous appelons ici l'autorité ; nul ne lui a demandé son nom, sa qualité, ni ce qu'il venait faire, ni d'où, ni pourquoi, ni comment, p. l. cour. Livret. || Familif:rement. Vous ferez telle chose ou vous direz pourquoi, sorte de commandement ou de menace : c'est-à-dire vous ne pouvez vous dispenser de le faire. || On dit de même : il faut qu'il vienne, ou qu'il dise pourquoi. Il faut qu'il Iftche prise, ou qu'il dise pourquoi, th. corn. Amour à la mode, 11, B. |! Demandez-moi pourquoi, c'est-à-dire je ne sais pas pourquoi. J'ai vu dans le palais une robe mal mise Gagner gros : les gens l'avaient prise Pour maître tel, qui traînait après soi Force écoutants; demandez -moi pourquoi , LA pont, t'abl. \'ii, 16. Il S* 11 s'emploie à la place do : pour lequel, la- (|uelle, etc. en parlant des choses. Est-ce un sujet pourquoi Vous fassiez sonner vos mérites? la font. Fabl. IV, S. Vous mériteriez bien.... Qu'afin de vous punir je vous tinsse caché Le grand secret pourquoi je vous ai tant cherché, uou le Dép. 1, 2. Quand... .je consid(;re le petit espace que je remplis.... je m'effraye, et m'étonne de me voir ici plutôt que là; car il n'y a point de raison pourquoi ici plutôt que là.
pourquoi i présent plutôt que lors, pasc. Pent. xxv, 16, éd. HAVET. Dernière raison pourquoi la méprise dans le choix d'un état est si fort à craindre, mass. Carême, Tocat. || 8' Pourquoi, odti. Pour laquelle raison (vieux en ce sens). Interrogé par son père, Lycophron se taisait; pourquoi Périandre en colère à la fin le chassa de sa maison, p. l, cour. Trad. d'ilérod. !l 4° C'est pourquoi, c'est pour cette raison. || Avec deux membres de phrase commençant l'un et l'autre par c'est pourquoi, dans le second pourquoi peut être remplacé par qu«. C'est pourquoi il [Jésus- Christ|a souffert et est mort pour sanctifier la mort et les souffrances, et que, comme Dieu et comme homme, ila Aé tout ce qu'il y a de plus grand et tout ce qu'il y a de plus abject, pasc. Lett. sur la mort de son père. || Dans le xvii' siècle, plusieurs écrivains mettaient ce fut pourquoi avec un verbe au passé. Ce fut pourquoi les Romaijis immolèrent des victimes. Il 6° Il s'emploie pour interroger, et alors la construction est celle des phrases interrogatives. Pourquoi ne suis-je point mort dans le sein demamère? pourquoi n'ai-je point cessé de vivre aussitôt que j'en suis sorti ? SACI, Bible, Job, m, n. Pourquoi suit-on la pluralité? est-ce à cause qu ils ont plus de raison? non, mais plu> de force, pasc Pens. v, 4. Pourquoi viens-tu mentir pour moi, qui ne mentis jamais pour personne ? pléch. Duc de Xont. Pourquoi les astres circulent-ils d'occident en orient plutôt qu'au contraire, VOLT. Dicl. phil. Les pourquoi. || Pourquoi non? c'est-à-dire pourquoi ne le ferais-je pas? pourquoi cela ne serait-il pas? Voyez ces animaux, faites comparaison De leurs lieautés avec les vôtres; Êtes-vous satisfait? Moi, dit-il, pourquoi non? la font. Fabl. 1, 7. Il Substantivement. Je doute fort, repartit le roi, qu'avec ses deux cents licornes il soit en état de parcer à travers tant d'armées. — Pourquoi non ? dit Amazan. — Le roi de la Bétique sentit le sublime du ponrquei non, volt. Pr. de Babyl. xi. Je n'ai aucune peine à concevoir que le soleil et les étoiles pussent être habités, et il me semble que l'ingénieux Fontenelle ne devait pas borner son pourquoi non aux plantes, bonnet, Lett. div. t. xn, p. 33, dans pougens. Il Avec pourguot on peut sous-entendre le verbe. Pourquoi ces éléphants, ces armes, ce bagage. Et ces vaisseaux tout prêts à quitter le rivage? boil. Ep. I. Pourquoi ce livre saint, ce glaive, ce bandeau? rac. Athal. IV, i.||Il peut se construire avec le verbe à l'infinitif. Pourquoi vouloir, sans fruit, la mort de l'innocence? volt. Orcsle, v, 3. || Pourquoi.... que..., c'est-à-dire pourquoi.... sinon.... (tournure qui s'explique facilement par l'ellipse du mot oufre ; pour quelle chose autre que pour....). Pourquoi le temps vous ost-il donné, que pour demander à Dieu qu'il oublie vos crimes? mass. Carême, Prière 4. Pourquoi nous laissez-vous sur la terre que pour méditer voire possession éternelle? in. Carême, Temps. |{ Ouebinefois, avec pourquoi, on peut ne pas suivre la construction interrogalive; mais c'est quand demander est antécédemment exprimé ou sous-entendu. Suivez votre goût, raisonnez avec votre bon médecin; je lui demamle une chose : pourquoi, si votre poitrine n'est point attai|uée, vous avez toujours ce poids el cett« chaleur au même côté? pourquoi vous êtes si pénétrée du froid ? et pourquoi vous êtes si maigre, surtout à la poitrine? sÉv. 16 févr. I6S0. Agamemnon : Pourquoi le demander, puisijue vous le savez? — Achille : Pourquoi je le demande? ô ciel, le puis-je croire, Qu'on ose des fureurs avouer la plus noire ? rac. Iph. IV, 6. Il Que remplaçant un second pourquoi interrogatif (tournure qui s'explique par l'ellipse de arrive-t-il? se fait-il f devant ce que substitué). Oui, mais pourquoi chacun n'en fait-il pas de même. Et que nous en voyons qui paraissent joyeux Lorsque leurs femmes sont atec les beaux monsieurs? mol. Éc. des fem. u, 3. Pourquoi avez-vous tous conspiré contre moi, et que personne ne m'avertit où e.st le fils d'Isaï? Boss. Polit, m, 11, (0.||6' S..m. Le pourquoi, la cause, la raison. Même aux plus avancés demandant le pourquoi, bRgnier, Sat. xvi. Nous ne sommes pas faits pour rendre raison du pourquoi des choses, iiUFF. Animaux, ch. lo. Au surplus pourvu qu'il soit pendu n'importe le pourquoi , d'alemb. Lett. d Voltaire, la janv. (7(î3. Nous ne savons, si je puis m'exprimer de la sorte, ni le pourquoi, ni le comment de rien, m. Mélanges, etc. t. v, § s. Il Interrogation. Vos pourquoi .sont bors de sai son. Il Vos pourquoi ne finissent pas, se dit à un') personne qui fait interrogation sur interrogiuiou au sujet du motif des choses. || Anciennement, faire le pourquoi, se disait d'une femme qui avait
POU
une faiblesse. Et qu'on ne s'enquiert plus s'elle a fait le pourquoi, «èghikh, Sat. m.
— REM. Si la négatioh se trouve après pourquoi, elle doit toujours être complétée par pas. On ne dit pas : Pourquoi ne vient-il? Mais : Pourquoi ne vient-il pas?
— HIST. XI* s. Dist à Rolant : tout fol, purquei t'esrages? Ch. dr. Roi. xx. || xii* s. Necuidiez pas que le porcoi La damoiselle l'en connoisse [lui avoue], la Charrette, v. t446. Il trai mes barons, onques ne sot porcoi, Itnnc. p. 299. Las! pourquoi l'ai de mes ieuz regardée ? Cnuci, vi. Quant l'uns à l'autre âtalente [plaît], Por coi nous as despartis? Dame de Faiel, dans Couci. |l xin" s. Je ne pris (prise] riens, ne beauté ne jouvent; Porquoi ? parce que la mort tout mestroie, Anonyme, dans Couci. Et la raison pourquoi il l'a laissée là, Berte, cxxii. Hastons-nous d'aler là porquoi somes venu, ib. cxxiii. || xv s. C'estoit la cause pourquoi il sejournoit là tant, FROiss. I, I, <<B. Pourquoi [c'est pourquoi] les Bretons retournèrent le plus tost qu'ils purent, id. II, n, I. Disant les raisons pourquoy, comm. î, 3. Les petits et les poures treuvent assez qui les pugnissent quant llz font le pourquoy, id. v, ta. |] XVI' s. Voylà pourquoy cet exemple m'a semblé remarquable, mont, i, 44. Il lui demandoit la cause de toutes choses, et vouloit tousjours sçavoir le pourquoy, amtot, C. d'Utiq. ii.
— ÉTYM. Pour, et quoi; wallon, pokoi; bourg. porquey
POCRBI, lE (pou-ri, rie), port, poxîrf de pourrir. Il 1° Qui * pourri. Un corps pourri. Allons fouler aux pieds ce foudre ridicule Dont arme un bois pourri ce peuple trop crédule, cobn. Poly. ii, 6. Ses ais demi-pourris [du lutrin], que l'âge a relâchés, Sont à coups de maillet unis et rapprochés, BOiL. tu(r. m. Le bois mort, altéré sur la terre de différentes manières, et connu sous le nom de bois pourri, est un des plus singuliers résultats de la décomposition putride des végétaux, foukcroy, Connais, chim. t. viii, p. 223, dans polgens. || Fig. Je ne vois rien en vous qu'un lâche, un imposteur.... El d'un tionc fort illustre une branche pourrie, BO!L. Sat. v. Il Pot pourri, voy. pot, n" <o. ||Fig. C'est une planche pourrie, se dit d'une personne sur nui on ne peut compter. |{ S'appuyer, se fixer sur une planche pourrie, s'assurer sur une ch»se incertaine, surdes espérâmes mal fondées, sur unepersonne (|ui peut manquer. || S. m. Le pourri, ce qui est pourri. Ce fromaj-'e sent le pourri, ôter le pourri d'une pomme. || 2" Il se dit des parties du corps attaquées de gangrène ou d'ulcération. Les remèdes que l'on applique n'ont point assez de puissance pour enlever le mal : que sert-il de tailler le doigt si le bras est pourri? poussin, Ult. (6 août i«48. Il |Vivonnc] est mort en un moment, dans un profond sommeil.... et, entre nous, Kissi pourri de l'âme que du corps, sÉv. à Butiy, 21 sept. )û88. || Un homme pourri d'ulcères, un homme rongé d'ulcères, et, absolument, un homme pourri, homme atteint profondément de maux syi'hilitiques ouscrofuleux. || S" Kig. Se dit des choses morales. La sagesse des scribes sera corrompue et pourrie, pasc. Passarjcs omis, proph. éd. FAUOÈRE. || C'est un membre pourri, c'est un homme dangereux, ou qui est une cause de déshonneur. || Cœurpourri, homme basetcoriompu. Il Substantivement, les pourris, s'est dit, dans la Révolution française, de membres du parti de Danton.jl 4" Bourg pourri, voy. boubo. || 6" Un temps pourri, un temps humide et malsain. || 6° .Se dit d'un filon cou.posé d'argile qui provient de la décomposition sur place des roches qui le retnplissalent.
— HIST. XVI' s. Le garder (un troupeau de moutons] du pourry et de la clavelée, De charme, de venin et d'herbe ensorcelée, a. belleau. Bergeries, 1. 1, p. I"».
POURRIR (pou-rir), v. n. \\ 1' S'altérer par le travail intestin qui attaque et détruit les corps Organisés privés de vie, au contact de l'air et à une température qui ne soit pa.s trop bas.se. L'ouvrier habile choisit un bois fort qui ne pourrisse |ioint, SACi, Bible, haie, xl, 20. D'autres arbres gisant au pied des premiers, pour pourrir sur des monceaux déjà pourris, hufk. Hore choisis, p. «. Les vaisseaux qui pourrissaient dans l'inaction seront ri'parés; il en sera construit d'autres, baynal, llist. phil. xvi, 7. Il 1" Par extension , demeurer longtemps en quelque lieu oïl l'on pourrit, pour ainsi dire. Sans la considération que M. Hutin a pour moi, il vous Doursuivrait, et il vous ferait pourrir dans une prison, MARIVAUX, Pays. parv. part. t. On commence par le décréter de prise de corps: on l'eût arraché oe son m pour le traîner dans les mêmes priions
POU
où pourrissent des scélérats, j. j. rouss. lett. â Varchn. de Paris. \\ Fig. Il ne pourrira pas danscet emploi, il n'y restera pas longtemps, il montera plus haut. Il Fig. Pourrir dans l'ordure, dans la misère, croupir dans la saleté, dans une mi.s&re profonde et sale. || Pourrir dans le vice, dans son ordure, persister dans ses mauvaises habitudes, dans une vie immorale. Ij II se dit aussi des choses qui restent enfouies et oubliées. Un éloge ennuyeux, un froid panégyrique Peut pourrir à son aise au fond d'une boutique, boil. Sat- vu. Un livre vous déplaît: qui vous force à le lire?... Un auteur ne peut-il pourrir en sûreté? id. ih. ix. Ce Priscus n'a jamais été imprimé ; il pourrit dans la bibliothèque du Vatican, volt. Dict. phil. Inceste. H 3" Arriver à maturation, en parlant d'abcès, de maladies. Ce remède fait pourrir le rhume. Votre doigt pourrira. || 4° V. a. Faire pourrir. La pluie pourrit la charpenterie. L'eau qui a, pour ainsi dire, pourri ces poudres vitreuses, bupf, Uin. t. vin, p. 181. Il Fig. Donner de mauvaises' qualités. Et l'estomac gâté pourrit tout ce qu'il mange, hégnier, Sat. V. Il Amener à maturation. Ce remède pourrit le rhume, n 5° Se pourrir, v. réfl. Devenir pourri. Quand la digestion est trop longue, il faut manger; cela consomme un reste qui ne fait que se pourrir et fumer, si vous ne le réchauffez par des aliments, sÉv. 29 déc. <679. Un corps mort, par la seule agitation de l'air auquel il est exposé, se corrompt et se pourrit, boss. Conn. n, ».
— HIST. XI' s. 0 kiers amis [ô cher ami], de ta juvente bsle Ço peisetmeique sipurirat terre [j'ai chagrin que la terre pourrira ainsi ta belle jeunesse], St Alexis, xcvi. || xii' s Deus en prist ven-
gcnient [du roi Guillaume le Roux]; Al herser [tirer de l'arc) fu ocis , et fina malement ; Li corz en est purriz, e l'aneme [âme] est en turment, Th. le mart. 92. Li awe mismes [l'eau même] del fluve purist, quant ele eucomencet esteir, sr hebn. 663. Or porrira cele tenre maissele [joue] 'è: cil vair oel dont clere est la pruneie, Raoul de C. 4 44. Il XIII' s. Et en poi d'eure en fu tous pouris li costés et li bras, Chr. de Bains, p. 80. Li tens, qui tote chose mue. Qui tout fait croistre et tout norist. Et qui tout use et tout porrist, la Rose, 382. Car il ne quident pas morir. Ne dedenz la terre porrir; Mes si feront, rdteb. ii, 4. Et il meismes son cors [de sa personne] portnit les cors pourris et touz puans pour mettre en terre es fosses, joinv. i7S. \\ xv* s. Et chascun supplioit humblement son seigneur et maisire, que pour Dieu ne les voulsist oublier, ne laisser là pourrir en prison, Bouciq. u, su. Aulrement la fiente ei le pissat pourriront ledit mur, Ordonn. I48B. Il XVI' s. t a une fondrière d'argille et une terre si tendre et si pourrie, qu'elle n'a pas force de soustenir, quand on marche dessus, a.myot, Sertor. 3:t. Disant que la Macédoine ne tenoit qu'à un petit filet, encore tout pourry, entendant le vieil Antipater par ce filet, id. Démosth. 48. Semblablement aussi fuyons nous une personne malade ou pourrie d'ulcères, comme chose hydeuse à veoir, ID. Comm. lire les poêles, to. Arracher une dent pourrie, pahé, IrUrod. 2. Lorsqu'une pomme commence à se pourrir, si l'on n'oste la pourriture, tost apris le reste se pourrira, id. v, i». Les champs de Montcontour n'eussent pourry nos os, rons. 26u. Oh! que la playe est forte Oui mesm' empuantit le pourri (lui la porte! d'aub. Tragiques, édit. la-
LANME, p. 8(.
— ETYM. Bourg, pôrryvprovenç.poirir.-espagn. pudrt'r; du lat. putrêre, dénominatif de puter, pulrit. Pulrescere aurait donné pourattre; mais pourn'r, comme plusieurs verbes en tr, se conjugue d'après la conjugaison des verbes inchoalifs en escere.
t POlîRRlSSAIlLE (pouri-sa-bl"), ad;. Putrescible, qui est plus usité.
— HIST. XV* g. Pourrissable, al. cuart. Œuvres,
p. SRJ.
POUHRISSACiF, (pou-ri-sa-j'), ». m. Terme de papeterie. Opération qui consiste à faire mncércr des chiffons dans l'oau. Le pourrissage cootribue beaucoup à la biiniie qualité du papier. *
— f;TVM. Pourrir.
POURRIS.SOIR (pou-ri-soir), s. m. ||1' Lieu où des objets pourri.ssent. I.'n troisième lieu (de l'Ks curial I, qui est comme l'aiiticluinlire de ce (loiini'r, s'appelle proprement le pourrissoir, st-sim. 3:h, S4. Il 2° Terme d'i papeterie. Lieu où l'on met pourrir les chilfons.
— f.TVM. l'ourrir.
POURRrrURB (pou-ri-lu-r'), s. f. || I' Ktat de r.e qui est pourri . Lcùi n.irticutes plus ténues rie ces rouilles ferrugineuses.... sont entrées dans la corn-
POU
position des végétaux et dans celle des animaux qui les ont ensuite rendues à la terre par la pourriture et la destruction de leurs corps, buff. Min. t. IV, p. 63. On crut longtemps après lui [Rhodi], que la pourriture était la mère des insectes, sen- NEiiiER, B.s's. art d'observ. t. i, p. »t, dans potioENS. I| Décomposition du bois qui le rend impropre au service. Il 2° Terme de médecine. Pourriture d'hôpital, gangrène qui survient aux plaies ou aux ulcères des blessés dans les hôpitaux dont l'air est vicié par l'encombrement des malades ou par quelque autre circonstance || 8° Terme de vétérinaire. Pourriture, maladie chronique des bêtes à laine, non contagieuse, mais .souvent epizootique, et toujours très-dangereuse. || 4° Vase dans lequel on fait macérer l'Indigo, le manioc, etc. ' 5" Dans le langage trivial, se dit, en termes d'injure, d'une personn» gâtée ou méprisable. Va-t'en, pourriture.
— HIST. xii' s. Entred purrelure es miens os, Liber psalm. p. 24t. A beivre 11 duna, mais ne sai quel, de fi (par ma foij ; Gaires ne demura que li fieres ehaî ; Venin e pureture, grant merveille, vomi , Th. lé mart. os. || xili' s. 'l'iova , le renard) un pel [pieu] par aventure, Oui ert usez de porretiire, Ren. 50u6. Vers qui de porreture naissent, la Rose, 19217. C«r quant homs pense qu'il n'est riens. Fors porreture et viez merriens.... j. de meung, Tr. IS28. Il XVI' s. Les clysteres nutritifs sont fait» de la décoction d^ieils coqs cuits jusques à pourriture et forte expression d'iceux... paré, xxv, 22.
— ÉTYM. Pourrir; prov. poiridura, puridura; cat. porfridura.
t POURSILLE (pour-si-11', U mouillées), s. m. Variété de marsouin qui a la peau brune.
— F.TM. PourreJ ou pourceau : cochon de mer.
POURSUITE (pour-sui-f), s. f. || 1° Action de celui qui court après quelqu'un. Leur ardeur [des Curiaces] est égale à poursuivre sa fuite; Mais leurs coups [blessures] inégaux séparent leur poursuite, corn. Hor. IV, 2. Tout ce que Charles II essuya en fuyant la poursuite du meurtrier do son père, voit. Mœurs, tsi. Quand il [le tapir] est poursuivi par les chiens. Il court aussitôt vers quelque rivière, qu'il traverse promptement pour tâcher de se soustraire à leur poursuite, buff. Quadrup. t. x, p. (6. La poursuite des Kusses, après qu'ils eurent reconquis leur territoire, s'était ralentie, ségub. llist. de Nap. xii, 5. Il Faire la poursuite de quelqu'un, le poursuivio. L'autre ayant pris la fuite, Plilliste a négligé d'en faire la poursuite, cobn^ la Veuve, iv, 7. || 2' État de celui après qui l'on court. La poursuite des brigands. Mais admire avec moi le sort dont la poursuite Me fait courir alors au piège que j'évite : peut-on dire la poursuite du son? un exemple fera entendre ma difficulté : quand on dit la poursuite des ennemis, la poursuite des voleurs, cela signifie l'action par laquelle les ennemis, les voleurs sont poursuivis; mais, si par la poursuite des ennemis on voulait signifier les mouvements que les ennemis font eux-mêmes pour atteindre ceux qui les attaquent, je crois que l'expression serait obscure, u'OLivET, Rem. Rac. § :i7. || Malgré l'observation de l'abbé d'Olivet, poursuite a les deux sens, actif et passif. || 3" Fig. Soins, diligences pour obtenir quelque chose. Maintenant que vous fermez les yeux à tous mes défauts et que vous prévenez et mes poursuites et mes espérances... PELi.iss. Pisc. à l'Acnd. Jusques àqu.ind vous fatiguerez-vous à chercher dos récompense^ corruptibles, dont la poursuite vous cause tant d'inquiétudes? BOUBDAL. Ifyst. Ascrns. de J. C. t. i, p. 408. I^ poursuite des plus saintes entreprises, m. Carême, n. Zélé, <«4. Telles sont les règles commune» de prudence que les enfants du sièc'o euxmêmes suivent dans la poursuite de leurs préiinlions et de leurs espérances temporelles, uass. ('arôme, Sabtl. Jo suis à la pouisuila D'une affaire iinporUnte, AL. duvai. , Jfnn. des grandeurs, u, ■>. Il 4° Il se dit des efforts qu'on fait poui s'emparer de la personne de quelqu'un- Oémosthino, ne pouvant échapper aux poursuites d'Anlipatcr, s'empoisonna, COKUIL. Ilixi. anc. Il . H. Il 6" Sollicitation auprès de quelqu'un. Jo sors de chez un lat qui.... chez lui m'a forcé de dîner.... Depuis près d'une année J'éludais tous les jours sa poursuite obsttiièo, BoiL. Sat. m. Il Empressement pour obti'nirles bonnes gr.Aco» d'une femmo. Par pitié pour moi. cessez vos poursuite»; jo vous on conjuro par cet amour même qui fait votre malheur et le mien, volt. t'osi-sancta.\\t' Procédure pour obti'nir un payement, la réparation d'un grief, Il punition d'un crime, etc. Faire des poursuites. I.es .luil's. à la poursuite desquels Jésus Christ « été cruciiie, «os».
POU
POU
POU
Jtitt. n, «t. Contraint de défendre les droits de sa succession contre des prétentions illégitimes, il se fit de l'ennuyeuse poursuite de son affaire un étude louable de sa vocation, pléch. U Tellier. Il n'y avait point pour lors, comme aujourd'hui parmi nous, de partie publique qui fût chargée de la poursuite des crimes, montkso. Esp. xxviii, 3«. Il est au choix du débiteur de payer à l'un ou à l'autre des créanciers solidaires, tant qu'il n'a pas été prévenu par les poursuites de l'un d'eux. Code Nap. art. )<»8. Il Terme de jurisprudence. Poursuites publiques, celles dont l'objet est la réparation d'un délit ou d'un crime.
— IIIST. XIII» s. Et grant déférence [différence] a entre ces deux poursuites, beadm. lxvu, a. Il XIV* s. Si savons bien que ledit Guerriot n'en fist oncques puis nulle poursuite, combien que il ait plus cher ledit office que nul autre, Lett. du roi Jean, Bibl. des chartes, 4' série, t. i, p. 43. Noz hommes et femmes, qui sont ou seront nos hommes et fsmmes de corps, mainmortables et de poursuite, DU CANGB, prosecutio. Lesquelles quarante deux bestes ne avoient aucune poursuite, et ne savoit l'en d» qui elles feussent, id. ib. \\ xv» 8. La sainte poursuite faite par nostre très cliiere et très amée compaizne la royne et nostre très chier et très amé cousin le duc de Bourgogne , pour la réparation du mauvais gouvernement de ce royaume, ID. ib. Et continuoit ceste poursuytte [le projet du mariage de sa fille], comm. m, 3. ||xvi* s. La poursuite mesme en [des plaisirs] est plai.sante. mont. I, 7». Par ledit usage un deffendeur peut proposer deffenses et exceptions, à fin de non recevoir, de folle poursieulle, non cause, et d'estre déclaré quitte par ensemble, Coust. gén. l. i, p. 77a. Tous hommes et femmes de corps [serfs] sont, audit baillage, de poursuite, en quelque lieu qu'ils aillent demeurer, soit lieu franc on non; et les peuvent leurs seigneurs reclamer, »b. 463.
— ÉTYM. Voy. POURSUIVRE.
t POURSCIVABLE (pour-sui-va-bl'), adj. Qui peut être poursuivi; qui mérite d'être poursuivi.
— HIST. XVI' s. Ils seront poiirsuivables par toutes iortes d'offenses et molestes, d'aub. Hist. ii, S29.
POURSUIVANT, ANTE (pour-suivan, van-f), adj. Il 1° Oui poursuit. On verra dans la suite que je ne me suis pas étendu inutilement sur ces poursuivantes recherches de M. le duc et de Mme la duchesse du Maine, st-sim. 283, î5. || Points poursuivants, s'est dit pour points suspensifs. Doutes-tu qu'il ne veuille implorer ma clémence, Que srtr que mes bontés passent ses attentats. ., non-seulement le sens de ce vers est interrompu par les points qu'on appelle poursuivants, mais il serait difficile de le remplir, volt. Comm. Corn. Rem. Essex, lu, a. Il 2° S. m. Celui qui brigue pour obtenir quelque chose. Il y a beaucoup de poursuivante pour cette place. || 8° Poursuivants d'armes, ceux qui s'attachaient aux hérauts d'armes et en faisaient quelquefois les fonctions. Le poursuivant d'armes avait une cotte d'armes du blason de son maître, avec l'émail de .ses armes; tout seigneur distingué pouvait avoir un poursuivant; mais il n'y avait que les princes qui pussent avoir des hérauts. Il 4* Celui qui recherche une femme en mariage. Les festins où les poursuivants de Pénélope emploient les journées entières, bollin, Ilist. anc. Œuv. t. XI, I" part. p. 225, dansPOUGENS. Vous, le duc d'Anjou votre frère, l'archiduc.Je roi de Suède, vous étiez tous des poursuivants [auprès de la reine Elisabeth d'Angleterre] qui en vouliez à une Ile bien plus considérable que celle d'Ithaque, font. Dial. 3, Korls modernes. \\ 6" Terme de palais. Celui qui exercp des poursuites en matière de saisie, t'eipropriation forcée, de ventes judiciaires, de dis- ••ibution» et d'ordre?. X défaut par le poursuivant » agir utilement. I^e poursuivant la vente sur folle enchère. Le poursuivant énoncera dans les affiches le prix stipulé dans le contrat ou déclaré.... Code Nap. art. 2(87. || Adjectivement. La partie poursuivante. Créancier poursuivant. Avoué poursuivant. Il •• Anciennement. Les maîtres des requêtes qui étaient i la suite, et pour ce appelés suivants et poursuivant» le roi, MiRAULMONT, De l'orig. du pariem. p. <«e.
— HIST. XIV* 8. Nostre amé esciiier le poursuivant d'amours... du cange, proseeutor. Poursuians le roy [ceux qui recevaient les suppliques présentée» au roi], Ordor^n. des rois, t. i, p. 7a2. Il XV s. Le roy Edouard d'Angleterre sejournoit à viueaon, et soutienoit cbascun jour, sur ses des- D^ns. bien seiie cens nommes d'armes, tous venus a uutrê mer, et bien <Ui mille archiers, sans les au-
tres poursuivans, froiss. Iiv. i, p. 44, dan» tAConnE. Un valet de boucher qui estoit devenu poursuivant [héraut d'armes], Journ. de Paris sous Charles VI et VII, p. <74, dans lacohne. Environ le mois ensuiv.int, Ceulx de Bourdeaux si envoyèrent Devers le roy un poursuivant [député]. Et plusieurs choses demandèrent. Vigiles de Charles VII, t. n, p. 42, dans LACUHNE. Il XVI* s. L'aréopage jugeoit de nuict, de peur que la veue des pour.suyvants corrompist la justice, mont, ii, 322. Les poursuivans [candidats], amyot. Cor. 4 9. Quand du doux fruit d'amour je me rens poursuivant, desportes, Diverses amours. Sonnet y.
POURSUIVI, lE (pour-sui-vi, vie), port, passé de poursuivre. || 1° Après qui on court pour l'atteindre. Il me semble voir un poisson volant poursuivi à la fois par un faucon et un requin, et qui échappe h l'un et à l'autre, volt. Oict. phil. Venise. Il 2" Persécuté. La vertu dans le monde est toujours poursuivie, mol. Tctrt. v, 3. [Charles I"] poursuivi à toute outrance par l'implacable malignité de la fortune, Boss. Reine d'Anglet.
POURSUIVRE (pour-sui-vr'), v. a. Il se conjugue comme suivre. || 1° Suivre quelqu'un avec vitesse pour l'atteindre. Elle partit des ports d'Angleterre à la vue des vaisseaux des rebelles, qui la poursuivaient de si près, qu'elle entendait presque leurs cris et leurs menaces insolentes, Boss. Hein« d'Ànglet. En 4770, temps auquel nous écrivons, Catherine II poursuit en Europe et en Asie les Turcs fuyants devant ses années, et les fait trembler dans Constantinople, volt. Mœurs, Introd. L'hiver, ce terrible allié des Moscovites, leur avait vendu cher son secours; leur désordre poursuivait notre désordre, ségub, Hist. de Nap. xii, 4. || Il se dit aussi des animaux. Le chien poursuit le gibier. || Fig. Mais tout fat me déplaît et me blesse les yeux ; Je le poursuis partout comme un chien fait sa proie, boil. Soi. vii. || 2° Être après quelqu'un en l'imporlunanf. Gardez-vous d'imiter ce rimeur furieux Oui, de ses vains écrits lecteur harmofiieux. Aborde en récitant quiconque le salue, Et poursuit de ses vers les passants dans la rue, boil. Art p. IV. Il 3° Fig. Persécuter, tourmenter. Je ne sais de tout temps quelle injuste puissance Laisse le crime en paix et poursuit l'innocence, bac. Andr. III, 4. Des ennemis cruels ont poursuivi mes jours, volt. Oreste, m, 6. On le poursuit [un avocat] pour vingt libelles, on le déchire encore plus qu'on n'insulte son client, id. Pol. et lég. Procès Morangiès 11 poursuivit ceux des habitants dont le crédit lui faisait ombrage, babthél. Anach. ch. 37. || Agir contre. Cicéron avait passé sa vie à attaquer ou à défendre ; mais les trois hommes qu'il poursuivit avec le plus d'ardeur, furent Verres, Catilina et Marc Antoine, marmontel, Œuvr. t. vi, p. 4(6. ||II se dit aussi des choses qui exercent une sorte de persécution. Je suis un malheureux que le destin poursuit, BAC. Uilhr. iv, 2. Un songe.... Je l'évite partout, partout il me poursuit, lo. Ath. ii, f>. A quelque heure que j'entre, Hydaspe , ou que je sorte, Son visage odieux [de Mardochée] m'afflige et me poursuit, ID. Esth. u, 4. || 4° Recherclier, tâcher d'obtenir. Sénat impérieux qui n'aime que la guerre, Et dont l'orgueil poursuit l'empire de la terre, MAiRET, Jfort d'Asdrub. m, 4. Le dessein de ceux qui poursuivent ces nouvelles protestations qu'on nous demande n'est autre que de renverser finement les maximes fondamentales do cet Etat, pasc. Frov. XIX. Il [César] demandait qu'on lui continuât son gouvernement, comme on avait fait à Pompée, ou qu'il lui fût permis, sans être dans Rome, de poursuivre le consulat, vertot, Révol. rom. xiii, ib». Les plaisirs mêmes, dans le temps que je les poursuivais avec le plus de fureur, m'ont toujours laissé vide, triste, inquiet, mass. Carême, Imonst. N'at-elle pas poursuivi la gloire sous toutes les formes? STAËL, Corinne, vi, 3. || Avoir en vue. Vous voyant ici à consulter, j'ai pensé que vous poursuiviez le même objet, beaumarch. Barb. de Sév. m, 6. Il 6° Poursuivre une femme en mariage, la rechercher en mariage. De deux filles que j'ai, si l'on m'a bien instruit. Vous en jxjursuivez l'une, et l'autre vous poursuit, nESMAHETS, Visionn. iv, 7. || En termes de dévotion. Vous fuyez l'époux, mais il vous poursuit par une secrète miséricorde, fên. t. xvii, p. ^5i. Il U se dit aussi d'entreprises amoureuses, sans avoir en vue le mariage. U m'a été rapporté, monsieur, que vous aimiez et poursuiviez une jeune personne.... MOL. G. Dand. I, 5. 116* En termes de procédure, agir contre quelqu'un par les voies de droit. Poursuivre quelqu'un devant les tribunaux. Le poursui- I vre, le perdre et mourir après lui, corn. Cid, m, 3. I Quand on me poursuit, ou quand on me décrète,
quand on me déshonore pour avoir dit ce que je n'ai pas dit, i. ]. rodss. Lell. de la Montagne, i.
Poursuivre un procès, une affaire, une expropriation, etc. faire tontes les procédures, toutes l.'s diligences nécessaires, pour obtenir le jugement d'un procès, la conclusion d'une affaire, la vente d'un immeuble, etc Et que puis-je espérer qu'un tourment éternel. Si je poursuis un crime, aimant le criminel * v^bn. Cid, m, s. On traite un homme de misérable p,\'-ce qu'il demande son bien, et ce misérable est contraint de poursuivre une dette comme une grâce, boiibdal. Dominic. iv. Restitution, 366. Nous verrons bientôt si le Conseil voudra bien revoir et réformer le procès des Sirven ; il y a cinq ans que je poursuis cette affaire, volt. Lett. Servan, 4Sjanv. 176S. L'exécution du chevalier de la Barre consterna tellement tout Abbeville, et jeta dans les esprits une telle horreur, que l'on n'osa pas poursuivre le procès des autres accusés, id. Pol. et lég. Chev. de la Barre. Saint-André et Minard, présidents aux enquêtes, poursuivirent la mort d'Anne du Bourg, ID. Hist. pari. xxi. || Absolument. Ne voulez-vous pas poursuivre? Il 7° Continuer. 11 poursuivit en liberté son discours, pasc. Prov. viii. Je poursuis celte morale de Nicole, que je trouve délicieuse, SÉV. 85. Annibal, au lieu de poursuivre sa victoire, ne songeait durant quelque temps qu'à en jouir, BOSS. Hist. m, e. U veut voler à Troie et poursuivre sa route, bac. Iphig. i, 3. Un poignard A la main, l'implacable Athalie Au carnage animait ses barbares soldats. Et poursuivait le cours de ses assassinats, ID. Alhal. i, t. Il [Tuienae] fit, avec le peu qui lui restait de troupes, des mouvonents si heureux, profita si bien du terrain et du temps, qu'il empêcha Condé de poursuivre son avantage, VOLT. Louis XIV, b. Il est aisé de voir en poursuivant cette progression, que les esp.ices parcourus.,.. ID. Phys. Mes. des forces motrices. || Poursuivre sa pointe, continuer son dessein, l'entreprise qu'on a faite II Absolument. Continuer un propos. De plus, poursuivit-tl, nous avons une question importante à traiter. Mais tout n'est pas détruit, et vous en laissez vivre Un.... votre fils, seigneur, me défend de poursuivre, ID. Phèdre, v, 3. Il poursuit, et déjà les antiques ombrages Mollement en cadence inclinaient leurs feuillages, A. CHÉn. rit'fusle. || Continuer i agir comme on a commencé. Je ne laissais pas de poursuivre en mon dessein, nESC. Mith. m, 6. Pourtant je veux poursuivre, et, malgré tous ses coups. Voir qui l'empnrtera de ce diable ou de nous, mol. VÉt. V, 2., Poursuis, Néron; avec de tels ministres Par des faits glorieux tu vas te signaler; Poursuis; tu n'as pas fait ce pas pour reculer, sac. Brit. v, t. Voisqui tu peux haïr, et poursuis si tu l'oses, volt. Mort de César, n, 6. Ma fille, c'est bien fait ; poursuis toujours ainsi, a. chrn. Idylles, le Mendiant. ( Avec un infinitif et de ou à. Metaphraste : Poursuivez. — Albert : Je veux poursuivre aussi ; Mais ne poursuivez point, vous, d'interrompre ainsi, mol. U Vép. II, 7. Il ne faut que poursuivre à garder le silence, ID. Mis. V, 3. Il 8" Terme de poche. Poursuivre un filet, continuer à faire les mailles. || 9° Se poursuivre, «. réft. Être contiiliié, en parlant d'un procès, d'une affaire, etc. Cette affaire se poursuit. |1 10°'Dans le style des notaires. Tel qu'un immeuble se poursuit et comporte, c'est-à-dire sans en faire un plus long détail, une plus amjile description. Vendre, acheter, louer une maison, une terre, une ferme telle qu'elle se poursuite! comporte.
— HIST. xi* s. [Que] il volge [veuille] doner wage et trover plege à persuir son apel, tois de Cuil. ib. Il XII" s. Joab et Abisaï pursewirent Abner ki s'enfuieit. Rots, p. 427. || xiii* s. Ensi furent tout ce jor en la cité jusques à la nuit, et Johanni» li Blas les ot toute jor pourseûs, villkh. cxlvi. El commença les Commains à porsivre, et manda à l'empereour qu'il le sivist, ID. cxLin. Si [elle] l'a tant porsivi [le sentier] et tant acheminé.... Ber(e, Lxv. Tant [ils] ont par leur journées aie et pourseû. Que sont droit en Hongrie leur païs revenu, ib. ci. [.ors descouvri mon desconfort, Et respondi comme esmeOs : Tielx [telles] paroles ne font confort À homme qui est porsegus [poursuivi], du canke, projecudo. Et quant les paroles se porsivcnt miaus [mieux], plus bel est, Ass. de J. i, 6». Si que il ne le.ssent pas à poursuivre leur droit pour travail ne pourdespens, joinv. 296. ||xiv"s. Les biens que l'en poursuit et désire pour eulx meismes, oresme, Eth. VI, 4 1, Il XV* s. Et qui eust voulu poursuir, on eust chassé lesdits Anglois jnstiues A la mer, Bibl. des chartes, 2* série, t. m, p. 507,||xvi*s. Picrocholi» de jour en jour pnursuyct sa furieuse entrepi inse, BAB Garg i, a». Alors dist Pantagruel r Tout Ijiuu.
POD
mon »mi, iciic beau.... j'entendi le cas; poursuyrei, ID. Pon». n, H. Espoir m'admonesta de poursuyvir.... icarot, i, te?. Paris, tu m'as fait maints alarmes, Jusqu'à me poursuivre à la mort, ID. Epigmmmet à la ville de Paris. Une dame qui avoit esté poufsuyvie [recherchée en mariage] de tel qui... MONT. I, »♦. Poursuyvre sa poincte, id. i, soi. Poursuyvrela vengeance d'une injure, ID. i, 27 4. Entreprenez froidement, mais poursuyvez chauldement, id. iv, («9. Or ayant discouru du premier et plus salutaire remède, je poursuivray de parler des autres, qui aussi sont nécessaires, lanchk, 32. Je poursuyvray à parler des abus, m. 232. Ceulx qui poursuivoient aucun magistrat [magistrature] et office public... AMTOT, Cor. )». Marci us descendit sur la place, ayant tous les plus nobles de la ville à l'entour de luy qui poursuivoient de le faire élire consul , ID. ib. 20. Sans estre poursuivi, le meschant prend la fuite, cotobavb. Si bestes sont trouvées, à garde faite, faisant dommage à autruy, y a soixante sols tournois d'amendes avec restitution du dommage; et si c'est par eschappée, non poursuye et sans garde, y a seulement cinq sols tournois d'amende avec restitution du dommage. Cous», gén. t. 1, p, 423.
— ÉTYM. Pour (dans plusieurs formes per), et suivre (voyez ce moi); picard, ponuire, pourstiire ; Berry, poursuire, porsuire, porsme,persuire, persuvre, persure; wallon, porsûr; provenç. perseguir, persegre; espagn. perseguir.
PODRTANT (pour-tan), eonj. || 1' Pour cela (sens archaïque aujourd'hui tout à fait inusité). || 2' Néanmoins, malgré cela. Ses écrits |de JuvénaJJ, pleins partout d'affrïuses vérités, Étincellent pourtant de sublimes beautés, boil. Art p. ii. Ajoutez-y la gloire de la vertu ; le monde la craint et la fuit, mais le monde pourtant la respecte, mass. Pet. carême. Triomphe de la retig. Qu'enfin le dieu Terme des Romains ne reculerait jamais; ce qui arriva pourtant sous Adrien, montesq. Rnm. tv.
— SYN. POURTANT, CEPENDANT. Élymologiquement, ces deui mots n'ont rien de commun : cependant veut dire pendant ce temps; et pnurtant signifie pour une si grande chose, pour un tel motif, sens qu'il a toujours d^ns l'ancienne langue. Mais ces mots se sont rapprochés. Cependant, annonçant que, tandis qu'une certaine chose se montre, se passe, apparaît, une autre contraire a lieu, elpourtant, pissant au sens de pour si grajid que ce soit, ont pris par là un sens adversatif. Hais dans l'usage il est bien difficile de saisir une nuance entre ces deux adverbes.
— HiST. XII* ». Onques vers lui [elle] n'oi [je n'eus] fauscuer ne volage; Si m'en devroitpour tant mieus avenir, Cnuci, xix. {| xv* s. Le duc d'Anjou jeta son avis à aller mettre le siège devant Bergerac, pourtant qu'elle est la clef de la Gascogne, proiss. II, II, I. Je dis que je n'irois point seul et que je voulois un tesmoin : et pourtant vint avec moy un appelle RobertetjCOMM. viii,7. Ce qu'ils [les Anglais] refusèrent, pourtant que ils ne voulurent faire ledit hommage, ID. i, 7. ||xvi* s. Pourtant [pour tous ces motifs], mon filzbien aymé, le plus tousl que faire pourras, retourne, bab. Garg. l, 29. Moy qui ay la bouche si effrontée, suis pourtant par complexion, touché de cette honte, mont, i, <«. Il vouloit bien assommer, mais non pas blecer, et pourtant ne comhatloit que de masse, m. i, 323.
— ETYM. Pour et tant, proprement pour si grande chose, pour tout cela. C'est aussi le sens ancien ; et le sens moderne ne commence à se trouver, et encore rarement, qu'au xvi* siècle.
POURTOUR (pour-tour) , ». m. || t* La mesure tout autour, le circuit, i propos, c'est bien à vous de parler de neige ; nous en avons dix pieds de haut, et quatre-vingts lieues de pourtour, volt. Lett. d'Argental, 20 janv. <770. C'est un carré long [le tombeau de Mausole] dont le pourtour est de quatre cent onze pieds, uarthël. Amach. ch. a<. {| 2° Dans une église, le pourtour du chiEur est la prolongation des nefs latérales lors<[u'elles se rejoignent derrière le chœur. || 8* Dans les salles de spectacle, bas d'entre-sol ou de rez-de-chaussée, circulaire et non divisé en loges appelées baignoires.
— ETYM. Pour, et tour, ». m.
POURVOI (fjour-voi), ». m. Tei-me de jurisprudence. Nom donné aux actions qu'on porte ilevant ia cour de cassation et devant le conaei! d'Etal, afin de faire casser, pour inobservation du droit, (les jugementt rendus par les tribunaux, par les conseils de préfecture, des arrêtés des magistrats ^ imiristralifs, etc. || Pourrol en grâce, appel à la ciiiuenc* du touverain pour obtenir la IibeiaUuu ou
POU
la commutation d'une peine. On dit mieux recours en grâce.
— ÊTYM. C'est l'infinitif pourvoir (roy. ce mot) prononcé sans faire sentir l'r, comme on disait et comme quelques personnes disent encore uni pour unir, choisi pour choisir.
POURVOIR (pour-voir), je pourvois, nous pourvoyons; je pourvoyais, nous pourvoyions, vous pourvoyiez; je pourvus, nous pourvûmes, vous pourviites, ils pourvurent; je pourvoirai; je pourvoirais; pourvois, qu'il pourvoie, pourvoyons, qu'ils pourvoient ; que je pourvoie , que nous pourvoyions, que vous pourvoyiez; que je pourvusse, qu'il pourvût; pourvoyant; pourvu, v. n. \\l° Donner ordre à , avoir soin de, fournir ce qui est nécessaire, suppléer à ce qui manque. Je n'ai garde de trouver rien à redire à votre prudence, puisqu'elle est jointe avec tant de bonté, et qu'elle ne s'emploie pas moins à pourvoir aux biens des autres qu'aux vôtres mêmes, voit. Lett. 22. Qui pourvoira de nous au dîner de demain^ la font. Fabl. X, 4 6. Est-ce là tout, me dit-il? vous m'avez fait peur ; croyez-vous qu'une chose si visible n'ait pas été prérue, et que nous n'y ayons pas pourvu? PASC. Prov. y. Il l Valentinien] voulut pourvoir à son salut en se faisant baptiser, et à son repos en disgraciant Arbogaste, flécr. Bist. de Théodose, iv, 30. Je découvre sur la terre un homme avide, insatiable, inexorable, qui veut, aux dépens de tout ce qui se trouvera sur son chemin et à sa rencontre, et quoi qu'il en puisse coûter aux autres, pourvoir à lui seul, grossir sa fortune et regorger de biens, la brdt. vi. Les femmes ne sont jamais embarrassées d'elles ; Dieu y pourvoit, volt. Candide, 4 4. Le général de l'armée française avait pourvu à la victoire et à la défaite , id. Louis XV, )6. Il pourvoit au présent en ce qui déf)end de lui, et laisse le soin de l'avenir à la Providence, j. J. Houss. 2» dial. || Pourvoir à sa conscience, se dit d'un homme prêt à mourir qui demande et reçoit les derniers sacrement». De sorte qu'on ne les envoie à la mort [les criminels] qu'après leur avoir donné moyen de pourvoir à leur conscience, PASC. Prov. xiv. Il Pourvoir à un bénéfice, à un office, à un emploi, le conférer, y nommer. Le malheureux Honorius mourut sans enfants , et sans pourvoir à l'empire, boss. Hist. i , 44. || 2* V. a. Nommer quelqu'un à un emploi , à un office, à un bénéfice. Pourvoir quelqu'un d'une charge. Le sort pourvoit Narsès de ce grade éminenl, botr. Bélis. ii, 40. Le pape est obligé de pourvoir celui que le roi lui nomme pour un bénéfice , ijassac , Droit ecclésiastique, chap^l , dans richrlet. || 3° Établir par un mariage, par un emploi, par une charge. Il me reste à pourvoir un arrière - neveu , la pont. Fabl. viii, I . Et je crois qu'il est bon de pourvoir Henriette, mol. Femm. sav. il, ». Ce n'est point assez de les nourrir [les enfants), il faut les pourvoir; ce n'est point assez de les pourvoir, il faut les instruire et les élever .selon le christianisme, bourd. 2» dim. après l'Épiph. Dotninic. t. l , p. 76. Il me parait si raisonnable de la pourvoir, que je la choisis pour moi-même, la mottk, Calendr des vieill. se. 2. Des dettes à payer, et ma sœur à pourvoir, piCABD , Amis de coll. I, H. || i' Munir, garnir. Pourvoir une armée, une place, de munitions. Brontin.... sort.... chargé d'une triple liouteiUe D'un vin dont Gilotin, qui savait tout (irévoir, Au sortir du conseil eut soin de le pourvoir, boil. tulr. ii. Moi qu'une humeurtroplibre, un esprit peu soumis. De bonne heure a pourvu d'utiles ennemis, id. Ép. vu. Il 6* Orner, douer. La nature l'a pourvue de toutes les grâces. Il 6* Se pourvoir, r. r^/l. Se garnir de, se munir de. Pourvoyez-vous de quelque aulre compère, La font. Uandr. Je songe à me pourvoir d'esquif et d'avirons, À régler mes désirs, à prévenir l'orage, Et sauver, s'il se peut, ma raison du naufrage, BOIL. Épttre v. Sa princesse n'a pa» «ilôi su qu'il était capiif en Barbarie, qu'ell» s'est |X)urvuc d'un autre amant, le sage, Ùiable boit. ch. 49. l,e> étrangers qui venaient dans cette contrée |Venisej, comOiençaient par acheter un visage, comme on se pourvoit ailleurs de bonnets et de souliers, volt. Prtne. de Babyl. 9. || Kamilièreniant. Il n'a qu'à le pourvoir ailleurs, se dit pour se débarra.sscr de quelqu'un qui ne l'arait pas satisfait de ce qu'on lui offre. Si l'Ile n'tist pas de cette humeur, elle n'a qu'à se pourvoir ailleurs, iiamilt. Gramin. *.\\1' Se pourvoir, se marier, en parlant d'une femme. Je ne serais paa Irop fâchée de me pourvoir, ausai bien que ma oiallresse, lahottr, Talitman. te. 7. 118* Terme de jurisprudence. Recourir au pourvoi. 6u pourvuu «u caMauou, eu gtàc*. ta délai pour
POU
se pourvoir au tribunal de cassation contre un jugement en dernier ressort, sera de trois moi» à compter de la signification, Code Xap. art. 26». Il Absolument. Se pourvoir, recourir à la cour de cassation. Ce condamné a refusé de se pourvoir. || En général, recourir à une autorité qui a droit de casser une décision. Une loi étrange au premier aspect, mais admirable et tellement essentielle qu'on ne saurait la «upprimer ou la négliger sans détruire la démocratie, c'est celle qui autorise le moindre des citoyens à se pourvoir contre un jugement de la nation entière, lorsqu'il est en état do montrer que ce décret est contraire aux lois déjà établies, barthél. Anach. ch. )♦. {| Se pourvoir en cour de Rome, demander au pape quelque grâce, quelque bénéfice, quelque dispense.
— HIST. xii* 8. David reis et prophètes purrit [aperçut] allrui muillier.... Th. le mari 76.||xtil's. Bêle Emmelos, fil,-il, Diex vous poivoie! audf.fb. le »ast. Romancero, p. 30. Du venin [poison] [je] serai tost porveûe ei pourquise, Berle, Lxxvi. Elle avoit porvett tout l'empoisonnement, ib. xcv. Or no .s porveez bien, car nous remaindrons ci, ib. cxxvii. Et quand nous arons ce fait, dont porrons-nous aler devant la cité, et faire ce que Dieu nous a porvcij [destiné,, villeh. lxii. Et se il estoit ainsintque le mestre à l'aprentis defiausist [vint à manquer] aint [avant] son terme acompli, le prevosl de Paris le pourvoiroit de mestre souffisant, Liv. des mH. (•'». Enten que, se clerc empêtre letres que l'en le por voie comme povre clerc, et il aitsoufizans bénéfices, les letres sont empêtrées par fausetë, Liv. de just. 4 8. Aucun de mes chevaliers me mandèrent que, st je ne me pourveoie de deniers, que il me leioient [laisseraient!, jotNV. 24 1. Et por ce se doit cascuns porveir comment il vient garnis de conseil à son plet, BEAUM. V, 2U. Il xiv s. Le dictateur pourvoians [prévoyant] que il ne convenist pas ans Roumains avoir guerre.... bebchrur!', !°35, rnfo. Vn home entendant, pourveu etdiscret, okesmi^, ff/Zi. 66. Enseraent com li papes pourvoit une aliaîe. Vous pourvoirai chascun d'aucune seignorie. Tous riclies vous ferai ainçois ma départie, Guescl. 448a4. || xv* s. S'on n'y pourvoit, royaumes, lu te pers ; Un cuer vaillant puet[pput] ton fait redrecier, e. DE.sca. Conseils des François. Mais aujourd'hui vois maint homme encline Pourvir.iux gens et non pa« à l'office, ID. Poésmss.t' 140 Le proverbe dit ainsy : homme pourveu n'est jamais decpu, Perceforesl, t iv, f" 77. A l'adventure que le bon homme n'a pas trop d'argent ; mais neantmoins il faut qu'il en pourvoye. Les
4 5 jmes du mariage, p. 126, dans i.acubne. || xvi'g. Dieu y pourverra, cai.v. hist. lae. Nous avons bonne fiance en Dieu qu'il prouvoirraen tout et par tout à nostre bien, id. th. t6.l. On confère les bénéfices, non pas pour prouvoir aux Eglises, mail aux hommes, id. tî». 873. Tappecoue, ce non obstant. luy dist péremptoirement que ailleurs se pourveust, si lion luy sembloy! •. rien n'esperast de sa sacristie, BAB. Pant. IV, 4 3. Ou'il soit bien pourveu de choses, les paroles ne suyvront que trop, MONT, i, 4 87. Publicola se proveut et prépara contre tous leurs aguets, AMTOT, PuM. 39.
— ETYM. Prov. protMtr; catal. protehir; csp. proDfer; ilal. prov^Hdere:dii lat. providere, de pro, pour, et «idere, voir.
POUKVOIRIE (pour-voi-rie) , s. f. Lieu où -se trouvent les provisions que les pourvoyeurs doivei>l fournir. La pourvoirie du roi.
— HIST. XVI* s. Office de pourvcrrie, du canof, provisor.
t POURVOYANT, ANTE (poui-voian, ian-t'}, adj. Qui pourvoit. L'existence de la divinité puissante, intelligente, bienfaisante, prévoyante et pourvoyante.... j. i. Rouss. Contrat, iv, 8. Ay'int pris toutes leurs mesures en gens prévoyants rt pourvoyants qui songent à tout, tn. 3* dial.
— KF.M. X la suite de cet adjectif pourvoyant, oa a hasardé pourvcn/ance : (jrâce à .sa pourvoyance, je ne manque de rien, legoarant.
POURVOYEUR, EUSB (pour-vo-ieur, ieû-z' ; quelques-unsdisc.ntpour-voi-ieur),». m. elf. ||1'0lui, celle qui founiit, procure. Cela se changeait promptcinent en un déjeuné dont j'étais le pourvoyeur, J. ;. Rouss. Conf. 1. || 8* Celui qui est chargé du fournir \ une inalsim, à un élabllsseiiient tuiilei ses provisions, viande, poisson, gibier, etc. Les pourvoyeurs du roi et ceux des (larticuliers furent hier acheter dans Bruxelles même de quoi nous faire faire tmune chère cet deux jouis maigres, PBLLinsoN, Utt. hist. t. I, p. 271. Il [Vatei] r< n contre un petit pourvoyeur, qui lui apporialt neulement deux cnargen de maréd Vulel
POU
attend quelque temps : les autres pourvoyeurs ne Tinrent point, SÉV. 47. F,n allant à l'iiopital où j'ai deux mots à dire au pourvoyeur de la part de mon maiire, le sage, Cil Bios, ii, *. Il Kig. Tous naissent pour détruire; et, par un triste accord, L"hyménée est partout pourvoyeur de la mort, tHi rLLE, Trou règnes, vui. || 8» S. f. Pourvoyeuse, mm argée de fournir des provisions aux habitants d'un chiUeau, d'une maison de campagne, etc. Il 4* En mauvaise part, pourvoyeur, pourvoyeuse, entremetteur, entremetteuse. || 6* Terme de marine. Celui des servants d'une bouche à feu qui est chargé d'aller chercher la gargousse. || 6° Nom donné au earacal et au chacal, dans la supposition que ces animaux marchaient devant le lion pour faire lever sa proie.
— HIST. xii* s. Me sires Pieres de Kaisnoit, capelai nsdoucastel et pourveeres del hospital, tailliar. Recueil, p. <63.
— ETVM. Pourvoir.
t. PODRVO, CE (pour- vu, yue>, part, passé de
pourvoir. || 1° Qui a obtenu place ou bénéfice. Un gros âne pourvu de mille écus de rente, bégnier, SaMv. Il Substantivement. Le duc de Mayenne disposa en roi des charges, des emplois de toutes les sortes, et grand nombre de ses pourvus gardèrent leurs places à la paix, st-sim. 58, 225. || Terme ecclésiastique. Celui qui possède une charge, un bénéfice. Les prélats excommunièrent les pourvus en régale, volt. touts Xir, 36. Il i° Orné. De grâces et d'attraits je vois qu'elle est pourvue; Mai» les défauts qu'elle a ne frappent point ma vue, uoL.lfis. 11, 5- Il 3''Ëta- Lli, marié. Il se sied; il lui dit qu'il veut la voir pourvue, cobn. le Ment, n, b Vous devriez bien plutôt songer à marier votre fille qui est en âge d'être pourvue, mol. Bourg, gent. m, 3. || Proverbe. Il est pourvu de fil et d'aiguille, se dit d'un homme pourvu de tout ce qu'il lui faut pour réussir en une affaire.
ï. POURVC QCB(pour-vu-ke), loc. conj. qui gouverne le subjonctif. En cas que, à condition que. Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appai de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom, lioss. Reine d'Anglet. Mousquet, poignard , épée ou tranchante ou pointue , Tout est bon, tout va bien, tout .sert, pourvu qu'on tue, VOLT. Tactique. Qu'il [Néron] rne tue, avait-elle [Agrippine] répondu, pourvu qu'il règne, dider. Claude et Sér. i, 77. La haine et la vengeance consentent à souffrir, pourvu qu'elles nuisent, raynal, lîist. phil. IX, tt. Mais qu'importe, 6 ma bienaiméfl. Le terme incertain de nos jours. Pourvu que sur l'onde calmée. Par une pente parfumée. Le temps nous entraîne en son cours? lamart. If^d. 11, 15. ]|0n peut séparer poureu et que. Pourvu, en même temps, que vos aumfmes grossissent à proportion, boohd. Carême, i, Aum. 4«3.
— HiST. xvi* s. Qu'importe que nous tordons nos bras, pourveu que nous ne tordons pas nos pensées? MOST. III, 200. Hz hiy promirent de luy livrer la ville entre ses mains, pourveu que l'on n'y feroit point de dommage, ahyot, AU. 63.
— ÉTYM. Pourvu et que.
t POUSSA ou POOSSAH (pou-sa) , t. m. .louet
d'enfant qui consiste dans un buste de carton , représentant un magot, et porté par une demi-sphère de pierre qui, ramenant toujours le centre de gravité en bas, le balance longtemps, quand on le pousse. Kigurez-vous l'infortuné La Berthonie [un homme gros et court sur un cheval fougueux] roulant sur sa selle comme se balance un poossah , CH. SE BEHNARD, la Chosst aux amautt, § 9. || Fig. 00 dit d'un gros homme : c'est un poussa.
— ETYM. Ce joujou vient de Chine ; ce sont des idoles chinoises bouddhiques représentées dans l'attitude du Bouddha assis les jambes croisées, «t figurant des saints bouddhistes. Le nom chinois de ces idolfis est pou-fa, selon M. d'Escayrac de LIauture, a* mém. sur la Chine, p. 40l ; et, d'après M. Stanislas Julien [Hiouen-Thsang, 11, 604), p'ju-sa n'est autre chose que la transcription chinoise du sanscrit bôdhi-sattta, nom consacré des saints bouddliisles. Bôdhx-saltva est un composé i>usse.ssif qui signifie: [possédant] l'essence (talliaj ue l'intpUigence (bôd/it).
t POUSSAUE (pou-sa-d'), ». f. Action de pousser. La contestation s'échauffa ; ellos (la duchesse lie Roban et la ducncsse d'Halluyn] en vinrent aux IMussades et aux égratignures, sT-sm. 57, 2ub. HlST. xvi* s. Poussade, cotorave.
*. POCS^K (pou-s"), ». /■.'jjl' Petites branches qu>: |>uusseiit les arbres au printemps et au mois
POU
d'aoOt. De jeunes pousses. || La première pousse, les jets qui viennent aux mois de mars et d'avril; la seconde pousse, ceux qui viennent au mois d'aoiit et en automne. Un jet de vigne, de la pousse d'automne, bownet, Usage des feuilles, t" mém. Il 2" Il se dit des plumes et des dents qui se forment chez les jeunes. La pousse des dents. Quarante jours suffisent pour la pousse des nouvelles pennes, buff. Ois. t. xvii, p. 63. || 3° Nouvelle éruption , en parlant d'une maladie éruptive. Une seconde pousse de petite vérole, desessartz , Instit. Hém. scienc. t. i, p. «64. || 4« Maladie des chevaux, caractérisée par l'essoufflement, par le battement des flancs, et particulièrement par une interruption de l'inspiration, de manière qu'elle se fait en deux temps. Les marchands doivent garantir leurs chevaux de pousse, morve, courbature et d'être ooiteux d'un vieux mal, genlis, Haison rust. t. i , p. <78, dans pooGENS. || 6° Pousse des vins, maladie qui rend les vins troubles, et qui est caractérisée par la production d'un ferment organisé. Si l'on pratique un fausset, le vin jaillit aved force et très-loin; de
là l'expression vulgaire : il a la pousse, l. pasteur ^t!(deî sur le vin, p. 33. || 6' Gaz délétère qui se dégage dans les mines. || 7" Terme collectif qui désigne les agents subalternes employés à mettre à exécution les contraintes par corps , les recors , les archers , et qui est populaire et vieux. Comment avez-vous fait pour vous laisser prendre , vous qui passiez pour la terreur de la pousse? legrand, Cartouche, m, H. Voici enfin cette Margot la ravaudeuse, dont le général de la pousse [le lieutenant de police], sollicité par le corps des catins et de leurs infâmes suppôts , voulut faire un crime d'État à son auteur, Margot la Ravaudeuse. dans pr. Michel, Argot.
— HIST. XV' s. Messire Anthoine , bastard de Bourgogne, s'en alla courre vers Gand, et trouva sur les champs une compaignie de Gantois, esquels ils se fourrèrent de telle poulse , luy et ses gens , qu'ils enoccirent plus de cinquante, monstrel. t. m, p. 49 , dans LACURNE. !! xvi* s. Un vendeur de chevaux n'est tenu de leurs vices, fors de morve, pousse, courbes et courbatures, ioysel, 4i8.
Rtym. Voy. POUSSER, pour le sens du n° <,
les arbres poussent; pour le sens du n° 4, pousser a signifié respirer péniblement (voy. l'historique) ; pour le sens du n° 5, les vins poussent; enfin pour le sen* du n" 7, les recors poussent ceux qu'ils condui'îent en prison.
t 2. POUSSE (pou-s'), ». f. Terme de commerce. Poussière de certaines substances. Arachides en greniers, sacs ou futailles : poids net, 2 0/0 de tolérance sont accordés au vendeur pour la pousse ou poussière et les corps étrangers.... la tolérance, accordée en général pour le déchet nommé pousse ou poussière, a pour objet de limiter la réclamation de l'acheteur contre le vendeur.;., graines : de chanvre, de provenance étrangère, poids net; tolérance de 3 0/0 accordée au vendeur pour pousse et corps étrangers. Tableau annexé à la loi du 13 juin 1866 concernont les usages commerciaux.
HiST. xiv s. Pour avoir faict une motte de
terre et de poulce, et dessus un pavillon de merrien à treilles, Hist. litt.de la Fr. t. xxiv, p. «si.
— ÊTYM. Berry, pousse, poussière; l'ancienne langue dit pourre (du lat. puJcerem) au lieu de pousse, pourier au lieu de poussier, pourriere au lieu de poussière. D'oii vient 1'» au lieu de l'r? Diez pense que 1'» s'est substituée à \'r de pulverem, comme dans besicle, qui est pour bericle; mais alors le mot serait pouse, poxisier, pousière. Cachet pense que puft'ts avait donné, en fait ou en puissance, un substantif puis, analogue au provençal pots, et que c'est de là que provient l's; à quoi Diez objecle que les dérivés ne se forment pas du nominatif {puis, pois sont des nominatifs). Cela est vrai en général; mais ici, en particulier, il faut bien admettre qu'il y a eu une telle dérivation, puisque le provençal et le catalan ont polsos, poudreux.
POCSSÉ, ÉE (pou-sé, sée), part, passé de pousser. Il 1* ôté d'une place. Un fauteuil poussé auprès du feu. Il Porte poussée, porte qui n'est pas tout à fait fermée. Laisse la porte ouverte. — Elle n'est que poussée, DANCOURT, Trahison punie, m, ». || 2° Il sp dit des personnes que quelque force lait aller là oA elles ne voulaient pas. Voilà par quels malheurs poussé dans le Bosphore.... rac. Milhr. 11, 3. Chaque jour il [Davousl] marchait entre ces malheureux [les hommes débandés] et les cosaques, poussant les uns, et poussé par les autres, sègur, Hist. de Nap. ix, 9. || Qu'on li&te, qu'on précipite, «a parlant des choses. Je me souviens de ce pays-là
[Paris]; tout y est pressé , poussé , s*v «3 juin <685. Il 8' A quoi on a communiqué un mouvement. Le boulet poussé hors du canon par l'ex plosion de la poudre. || Terme de marine. Bâtiment poussé à la côte , entraîné à la côte malgré les efforts du manœuvrier. || 4° Etendu, prolongé. Le combat fut rude et opiniâtre, et poussé bien avant dans la nuit, rollin , Hist. anc. Œuv. t. vu , p. 142, dans PODGENS. Quelques petits embranchements partant de la galerie principale et pousses dans différentes directions, cordier, Instit. Mém. scienc. t. vu, p. 531. jj 5° Qu'on a conduit jusqu'à un certain point. Quand vous croirez l'affaire assez avant poussée, MOL. Tart. Iv, 4. La philosophie chrétienne forme des milliers d'Êpictètes qui ne savent qu'ils la sont, et dont la vertu est poussée jusqu'à ignorer leur vertu même, volt. Lett. M*" de l'Acad. fr mars <74ï. Vous concevez l'effet d'une pareillt figure poussée jusqu'où elle peut aller et dans la bouche d'un homme comme Foy, p. l. couhier. Lettres au Censeur, x. || Absolument. Porté à un très-haut degré, à un trop haut degré. On va ramasser dans les livres ce qu'il y a de plus poiissé, de plus oxressif pour en composer un système : cela est-il juste? Boss. Passages éclaircis , 11. Cet argument si poussé et sur lequel on appuie avec tant de force, id. Préf. sur l'inslr. past. de Cambrai, 87. Mme de Saint-Géran mangeait avec un goût exquis et la délicatesse ei la propreté la plus poussée, st-sim. 36, H9. Des ministre» qu'un goût outré de retraite, qu'une délicatesse mal placée de conscience, qu'un ^sentiment trop poussé de leur indignité.... rend inutiles à rF.glise, MASS. Confér. Zèle contre les scandales. La fameuse lettre de la carpe au brochet, et qui lui fit [à Voiture] tant de réputation, n'est-ella pas une plaisanterie trop poussée, trop longue et, en quelques endroits, trop peu naturelle? volt. Dict. phil. Goût. Il 6° Réduit à. La patience poussée à l'extrémité, BOSs. Reine d'Angleterre. || 7" Que l'on presse dans une discussion, dans un interrogatoire. Sa servante étant devenue grosse, et lui ."^e voyant poussé sur ce point par la justice, Analyse de Bayle, t. 1, p. 360. Il 8° Cheval poussé de nourriture, chevjl qui a trop mangé. || 9° Engagé, invité. N'iriite pas l'ardeur inconsidérée de ceux qui, poussés d'un zèle indiscret, voudraient arracher ces mauvaises herbes [l'ivraie mêlée au blé], BOSS. SermoTis, 2* dm. après Pâques, *. Quand mon esprit, poussé d'un courroux légitime , Vint devant la raison plaider contre la rime, boil. ^pîlre ix. || 10* Qui s'est développé par la végétation (participe passé, employé comme expiré et d'autres) Pareil au
champignon difforme Poussé pendant la nuit au pied d'un chêne énorme, v. iiugo. Voix inter. xiii. Il If Vin poussé, vin gâté par une chaleur qui la fait fermenter. || 12* Terme de peintre. Peinture poussée, peinture où l'huile, le vernis ressortent et ternissent les couleurs. || 13" En serrurerie, un ouvrage n'est que poussé quand il n'est que dégrossi à la lime sans poli.|| Substantivement. On dit en qAticaillerie : un bon poussé; c'est l'intermédiaire entre le poli et le poussé ordinaire.
f POUSSE-BROCHE (pou-se-bro-ch"), ». m. Ciseau d'épinglier. j| Au plur. Des pousse-broche ou broches.
t POUSSE-CAFÉ (pou-se-ka-fé), s. m. Petit verre d'eau-de-vie pris après le café. \\Au plur. Des poussecafé.
t POUSSE-CAILLOUX (pou-se-ka-lloû, U mouillées), ». m. Terme populaire de plaisanterie. Fantassin. Il est dans la cavalerie, son camarade est pousse-cailloux. ||iu piur. Des pousse-caillou».
t POUSSE-CAMBHUaE (pou-se-kan-bru-r'J , s. m. Outil que le cordonnier emploie pour cambrer le cuir.
POUSSE-CUL (pou-se-ku), ». m. Terme populaire. Agent subalterne qui aide à mener les gens en prison. Des pousse-culs l'arrêtent prisonnier, bourbault. Mots à la mode, se. <4. A la Bastille on les entraîne, Rt l'on ne voit de toutes parts Qu'archers, pousse-culs et mouchards. Harangue prononcée le 6 avril *748, dans fr. michel. Argot. || Au plur. Des pousse-cul ou culs.
— ÉTYM. Pousser, et cuT.
POUSSÉE (pou-sée), ». f ||1* Action de pousser. Il Donner une poussée, iieurter violemment quel- (|u'un. Il PopulairemiMil. Donner la poussée à quelqu'un, le poursuivi!-, lui faire peur. || Familièrement et ironiquement. Vous avez fait là une belle poussi*, se dit à un homme qui a fait une tentative malheureuse ou ridicule ||a'Efforti|ue faitune voûte par sa pesanteur onatra les murs qui la soutieuudut. u.s
POU
sciences mathématiques étaient alors dan» l'enfance, et les poussées des voûtes et des combles ne pouvaient être calculées avec précision, tdrgot, Ébauche du2* dise. Progrès de l'esp. hum. p. 325. || Terme de maçonnerie. Faire le trait des poussées des voûtes, chercher et marquer les épaisseurs que doivent avoir Ips murs et les piliers-buiants qui portent et appuient les voûtes. || Il se dit aussi de ce qui tend à renverser par son poids une maçonnerie. Les murs destinés à retenir les terrasses doivent être assez forts pour résis'er à la poussée latérale des terres ; laquelle poussée sera d'autant plus grande que les terres seront moins liées, et les terrasses plus élevées, BRissoN, Traité de phys. t. i, p. 2i). Quand le sas est rempli, la poussée de l'eau contre les revêiemenls du dedans au dehors de l'écluse contrebalance une partie de 1^ poussée des terres qui agit contre ces mêmes revêtements dans une direction diamétralement opposée, gibabd, Institut, Mém. seienc. t.viii, p. (8o. |{ 8° Se dit aussi de la pression, de bas en haut qu'éprouvent les corps plongés dans un liquide quelconque. {| 4° Familièrement. Grande quantité, grande presse d'ouvrage qui survient tout à coup. Il 5° Première épuration à laquelle l'afflneur soumet les alliages qu'il traite. || fi° Éruption qui se manifeste à la peau dans le cours ou à la suite de l'emploi de certaines eaux minérales (I.onesche, Bade, Schinznach, etc.), de certains médicaments, comme l'iodochlorure mercureux, etc. Il n'est pas prudent, dit-on, d'interrompre les bains quand une fois la poussée a commencé.
— ÊTYM. Poussé.
t POUSSE-FICHE (pou-se-fi ch"), s. m. Outil de vitrier pour faire sortir les bruches de dedans les fiches. Il Au plur. Des pousse-fiche ou fiches.
t PODSSE-GOUPILLE ( pou - se-gou-pi-U', Il mouillées), s. m. Instrument dont l'armurier et le soldat se servent pour pousser les goupillps de la platine du fusil, afin de la démonter. HAuplur. Des pousse-goupille ou goupilles.
t POL'SSEMENT (pou-se-man) , t. m. Action de pousser.
— HiST. xv Duquel cop ou poulsement icellui deffunct chey à terre, du cange, pulsalus.
t POUSSK-NAVETTH (pou-se-na-vê-l'), s. m. Engin employé dans les machines à faire le tulle. \\Au plur. Des pousse-navette ou navettes.
t POUSSE-PIED (pou-sepié), s. m. Très-petit bateau, pouvant porter deux hommes, et assez léger pour qu'un matelot le fasse glisser sur la vase, en tenant à l'intérieur une jambe appuyée sur le genou, et en posant l'autre dans la vase afin de pousser le bateau du pied.
POUSSE-PIEDS (pou-sepié) , *. m. Nom vulgaire d'un annélide nommé autrement anatife.
— lUST. XVI' s. Poucepieds, pabiî, xx, 36.
— ÊTVM. Pouce, et pied, ainsi dit parce qu'il a un pied en forme de pouce ou de doigt. La bonne orthographe est celle de Parc.
t POUSSE-POINTE (pou-se-poin-f), s. m. Outil de laiton dont les horlogers se servent pour chasser une pièce d'un trou où elle est engagée. || Au plur. Des pousse-pointe ou pointes.
POUSSER (pou-sé), e. o. || 1° ôter quelqu'un ou quelque chose de sa place, avec une idée d'effort et de violence. || 2° Pousser du coude, du genou. Il 3° Faire reculer, quand celui qui pousse est en face; faire avancer, quand celui qui prmsse est par derrière. || 4* Communi(|tier un mouvement à un corps. Il 5" Pousser des moulures. || 6° Dans l'escrime, pousser une botte. || 1° Faire sortir de la poiirino ou de la bouche. |{ 8° Exprimer par la parole avec force, avec ardeur. || 9° Lancer, en parlant d'une lueur qui est projetée. || 10" Faire naître, n 11* ?"aire aller. || 12* Porter plus loin, étendre. || 13° Prolonger, faire durer, jj 14" Fig. Porter, étendre, en parlant de choses intellectuelles, morales, abstraites. Il 15" Appuyer, examiner à fond; développer. 1118" Faire avancer quelqu'un, lui faciliter les moyens de faire fortune. || 17" Pres.ser, en parlant d'animaux qu'on excite à courir. || 18" Fig. Engager fortement, induire, exciter. || 19' Presser quelqu'un, ne pas lui lai,sser de retraite, d'échappatoire. ||20" Entrer en lutte; penlre, écraser. 1121" Pousser des vaches au lait. Pousser de nourriture. || 22" Pousser le feu. Il 23" Faire monter le prix d'un objet. '! 24" Produire, en parlant d'êtres vivants ou de (■arties d'êtres vivant». 1|25" Y. n. Faire effort pour déplacer, [!26"' Faire effort par le poids, contre des constructions. Il 27° Se [)orter, s'avancer sur, contre. n 28' ftlro poussif. || J9" Croître, se développer, en [::tiliiiil de c<; qui végète. Il 30' l'arnUre, être produit, .'Il pmlsiiil iU;s dents. || 3t° Se Iprnlr, m p 11
DUT. I)K lA LANOIF. KBAN( AISK.
POU
lant des couleurs qui s'altèrent par l'effet des couches de dessous. || 32'' Avoir la pousse, en parlant du vin. Il 33» F. réft Se pousser, être poussé; avancer en pous<;ant les autres. || 34° Etre continué avec assiduité. || 35" Avancer, faire fortune. || 36° Se pousser de nourriture. || 87'' S'élever en haut.
1° Oter quelqu'un ou quelque chose de sa place, avec une idée d'effort ou de violence. Pousser quelqu'un dans un précipice. Poussez-lui un fauteuil. Laissez-moi ce discours [Mme de Grignan avait dit que sa jeunesse était chose perdue]; quand vous le faites, il me pousse trop loin, sév. (7 juin 1685. Il y a bien du monde; on nous pousse; que j'aie l'honneur de vous donner la main pour plus de sûreté, madame, Marivaux, Pays.parv. 6" part. Le moine me poussa dehors, ferma la porte.... montesq. Lett. pert. 131. Qu'il m'eût poussé un peu plus fort, et il m'eût jeté à terre, collé, Port, de chasse de Henri IV, m, 3. Il Fig. De cette sorte, sans faire de hautes exclamations, il [un courtisan calomniateur] persuade une âme timide, et pousse la crainte dans la cruauté, balz. De la tour, 5" dise. One pensée, une affaire, une occupation pousse ce qui est devant elle; ce sont des vagues, la comparaison du fleuve est juste, sév. 13 juin 1685. Quand il [le temps] me déplaît.... je le pousse à l'épiule.... puis qoand je pense à ce que je pousse.... et sur quoi cela roule, et oïl cela me pousse moi-même.... je n'ose plus rien pousser, m. 28 mars (689. Celte recrue continuelle du genre humain, je veux dire les enfants qui naissent, à mesure (|u'ils croissent et qu'ils s'avancent, semblent nous pousser de l'épaule, et nous dire : Retirezvous, c'est maintenant notre tour, Boss. SÉ->riOns, Iforf, I. Famille auguste mais malheure'.ue que la piété et la religion avaient poussée jusqu'aux dernières épreuves de l'adversité, la brut. Disc, à l'Académie française. || Fig. Il va comme on le pousse, se dit d'un homme qui obéit aux suggestions d'autrui. || Fig. Va comme je te pousse, se dit d'une affaire qui va de soi et sans qu'on s'en mêle. C'est maintenant qu'il faut dire : Va comme je te pousse ; vive l'amour, mon cher maître, marivaux, Surpr. de l'amour, m, ». || Fig. Pousser le temps avec l'épaule, voy. épaule. || Fig. Pousser le temps, s'en débarrasser, se hâter le plus qu'on peut. Quand vous étiez à l'hôtel de Carnavalet..., je ménageais les heures, j'en étais avare ; dans l'absence, ce. n'est plus cela, on ne s'en soucie point ; on les pousse même quelquefois, sÉv. (O janv. («89. || Terme de marine. Pousser la planche, faire glisser du navire à terre la planche au moyen de laquelle on pourra descendre du bâtiment sur le quai ou sur le rivage. 1 1 2* Pousser quefqu'un du coude, ily genou, le toucher doucement avec le coude, le genou, pour l'avertir, lui faire prendre garde. || On dit, dans le même sens, pousser, sans adjonction d'un mot M. le Prince, quoique animé par le prince de Conti, qui le poussa, ce qui fut remarqué de tout le monde, comme pour le pres.ser de s'en ressentir, ne s'emporta point, BRTz, Mém. t. III, liv. iv, p. (6, dans pougens. Je vois Mme de Gêvres qui dégante sa main maigre ; je pousse Mme d'Arpajon, elle m'entend et se dégante, sév. 27. Il 3" Pou.sser, faire reculer, quand celui qui pousse est en face. Croyant qu'après que les ennemis auraient poussé ce régiment, quelcue autre des nôtres voudrait les pous.ser eux-mêmes, PELLissON, Lett. hist. t. Il, p. 'i03. Ce vaillant homme, poussant enfin, avec un courage invincible, les ennemis qu'il avait réduits à une fuite honteuse, PLki:u. Turenne. Mentor, ayant achevé de mettre les ennemis en désordre, les tailla en pièces, et poussa les fuyards jus(iue dans les forêts, ris. Tél. I. Il Faire avancer, quand celui qui pousse est par derrière. J'allais de tous câtés encourager les nôtres, Faite avancer les uns, et soutenir les autres, Ranger ceux qui venaient, les pousser à leur tour, CORN. Cid, IV, 3. Dès l'âge de vingt-six ans aussi capable de ménager ses troupes, que de les pou.sser dans les ha,sards, et de céder à la fortune que de la faire servir à ses desseins, boss. I.'iuis de Bourbon. Il 4° Communiquer un mouvement à un corps, on le jetant :'U en le frappant, l'oussor une balle avec la raquette. Iroie en a vu la flamme [do Lesbos conquise], et jusque dans ses porLi Les vents en ont poussé l-^s débris et les morUs, hac. Iphig. i, ». Los Zaporaviens, .selon les lois, se jetèrent let uns aux autres ce pauvre homme, comme on pousse un ballon, VOLT. Ruttit, 1, (7. Vous qui en savez tant, dites-moi pourquoi On corps en p<jusse un autre, 1». Pict. phil. Uouvement. Ses pieds sont de largos rames, et ses grandes ailes, domi-ouvertes au vent, sont les voile» qui (viussont le vaisseau, navire pi pilote â la fol», ïOi'K. Oit. t. ivu, p. ». (J Pousser un
clou dans une muraille, dans du bois, l'y faire entrer en frappant dessus avec le marteau. || Pousser la porte au nez de quelqu'un, la fermer au moment oïl il va entrer. || Pousser la porte, signifie aussi la met tre près du montant, sans la fermer tout i fait. Il 5" Terme d'arts. Pousser des moulures, les former sur le bois, le plâtre. |{ Terme de charpentier. Pousser les marches, faire des moulures sur le devant des marches. 1] Terme lie menuiserie. Pousse- à la main, travailler des moulures à la main. || Terme de relieur. Prendre l'or avec le fer à dorer et l'appliquer sur la couverture du livre. Pousser des fers, des filets. Alors que vous poussez queUpies riches dentelles, Laissez régner autour un filet privé d'or, LESNÈ, la Reliure, p. 9«. || 8° Terme d'escrime. Pousser une botte à quelqu'un, lui porter un coup de pointe. {| Absolument. Quand on pousse en quarte, on n'a qu'à faire cela-, et, quandon pousse en tierce, on n'a qu'à faire cela, mol. Ilourg. gent. m, s. Tu me pousses en tierce avant que de pousser en quarte, et tu n'as pas la patience que je [lare, tn. ib. Il Fig. Poussez à Marcassus, poussez à Marcellus la métaphore, l'antithèse, l'hypotypose, p. l. cour. Lettres au Censeur, x. \\ Fig. et absolument. Pousser, lancer des arguments, des attaques. Beauniont pousse à Jean-Jacque, et Jean-Jacque à Beaumont, VOLT. Éptt. 40) . Il Fig. Pousser une botte à quelqu'un, l'attaquer de paroles, le presser vivement. || Par analogie. Les rieurs sont pour vous, madame, c'est tout dire; Et vous pouvez pousser contre moi la satire, mol. Mis. 11, B. Ahl vous m'allez pousser un argument, boisst. Français à Lond. se. ta. Il 7" Faire sortir de la poitrine ou de la bouch». Après les avoir vus [les martyrs] d'un visage serein Pousser des chants aux cieux dans des taureaux d'airain, rotrod, Saint-Gcncst, m, 5. Et, parmi les soupirs qu'il pousse vers les cieux, corn. Hor. 1, t. Dans un tel entretien il (un amant) suit sa passion, Kt ne pousse qu'injure et qu'imprécation, m. Poly. n, \. Je pousserai des hurlements comme les dragons, et des sons lugubres comme les autruches, saci, Bible, Michée , i, 8. Il pousse du fond de sa tristesse des paroles entrecoupées de sanglots, qu'on n'entend qu'à demi, mass. Avent, Mort du péch. \\ Fig. Pousser des soupirs pour une femme, lui témoigner l'amour qu'on a pour elle. Que dit-on des soupirs que je pousse pour elle? bac. Bérén. 11, 2. || Pousser se dit aussi des instruments qui rendent un son. Des flûtes au troisième (bateau], au dernier de» hautbois. Qui tour à tour dans l'air poussaient des harmonies Dont on pouvait nommer les douceurs infinies, coi\N. le Menteur, i, B. || Pousser la voix, pousser la voix davantage (locutions vieillies), parler plus haut. La pythie poussait une voix plus qu'humaine, font. Gracies, 1, «2. || 8° Manifester avec force, avec ardeur. On ne demande plus parmi eux si on est honnête homme, on demande si on pousse les beaux sentiments, scarr. l.elt. Œuvr. 1. 1, p. 170, dans pougens. Il faut qu'un amant , pour être agréable, sache débiter les beaux sentiments, pous.ser le doux, le tendre et lu passionné, et que sa recherche soit dans les formes, MOL. Préc. s. Il attirait les yeux de l'assemblée entière Par l'ardeur dont au ciel il pous.sait sa prière, ID. Tart. I, «. Il faut pousser ce désir avec toute la pureté de la nouv^ auté chrélipune, uoss. «" .verni. pour le ymr de Pâques, I . || 9" Ijncor, on parlant d'une lueur qui est projetée. Pareil à ces éclairs qui, dans le fort des ombres. Poussent un jour qui fuit et rend les nuits plus sombres, corn. Hor. m, I. Parti des murailles du ciel, un rayon pousse au loin dans le sein des ombres une douteuse et tremblante aurore, cratraubr. Génie, 11, iv, 12. Il 10° Faire naître. Un moment pousse ot rompt un transport violent ; Mais l'indignation qu'on prend avec étude, Augmente avec le temps, el porto un coup plus rude, CORN. Pomp. iv, t.jj 11° Faire aller. Rome.... Va jusqu'en l'Orient pousser tes bataillon», corn. Hor. 1, t. Enfin i! a poussé no» armes fortunées Jusque» à vous réduire au pied des Pyrénées, in. Sert, v, t. || 12" Porter plus loin, étendre. Il faut pousser cette allée jusque dans l^s champs. On a poussé la tranchée, la sape jusqu'à cent pas de la contrescarpe. Mme de la Fayette fait encore une augmentation à <;on appartement, qu'elle pousse jusque sur son jardin, sév. 4» avr. 40»o. 11 |Alexandre| entra dan» le» Indes, où il poussa ses conquête» plus loin que ce célèbre vainqueur |Bacchu»|, BOSS. Ilist. ni , ». Riant allé voir un jour avec Mme d'Rpinay ces ouvrages, nous poussâmes notre promenade un quart de lieue plut loin, j. J. Rous». Confett. vin. Mlle du Chaieh 1 m'apprit qu''t) effet son amie avait pa-ssé ■> l.v"ii.
POU
POU
POU
muis qu'elle ignorait si elle ayalt poussé sa roiitB jiwqn'en PiômnDt. m. ib. iv. {| Terme de marinf". Po'isser iinp bonlée. la prolonger plus qu'à l'orfii-nalre. || 13" Prolonger, faire durer. Amphitryon, c>st trop pousser l'amusement; Finissons cette iiillerie, mol. Amph. ii , ». Je ne pousseni point ce séjour-ci plus loin que le beau temps.... sSt. 21 sept. («78. Le pauvre M. de Montiusle* est encore à l'extrémité , poussant son bon esprit au delà de l'agonie, id. mai 1690, t. iJt . p. 504, éd. RéGNiEH. Il vint chez elle du monde qui y demeura jusqu'au soir, selon l'ennuyeuse coutume de la campagne; encore leur fut-on bien obligé, car la campacne leur donnait aussi le droit de pousser leur visite jusqu'au lendemain, s'ils eussent voulu, FONT. Ilnndes, î* soir. || Dans Un langage rude et familier. Prolonger la vie d'un agonivinl. Il s'adresse au père infirmier ; celui-ci lui dit.... " Il y a là un grand garçon qui n'a plus que deux heures à aller. . on tâchera de vous le pousser» . DioER. Mt. à iWe Voland, i" déc. «785. || P.tendre plus loin, en parlant d'un récit, d'annales. Pousser l'histoire de France jusqu'à la Révolution. Mais pour toute nouvelle on dit qu'il est vivant; Aucun n'ose pousser l'histoire plus avant, corn. Hérael. n, t. Si l'oracle de Delphe a été plus loin, du moins nous ne pouvons pas pousser plus loin son histoire, ponten. Oracl. ii, J. || Ifr Fig. Porter, étendre, en parlant de choses intellectuelles, morales, abstraites. Il a bien poussé sa fortune. C'est ce que vous répétez dans tous vos écrits, et que vous poussez jusqu'à dire : que j'ai tourné les choses saintes en raillerie, pasc. Prov. xi. Ma fille vous écrit, et vous parlera sans doute de l'inquiétude qu'elle a de son fils ; et, comme elle pousse toujours ses pensées au delà de la vérité.... sÉv. à Guitaut, 26 mai )68i. Sans- doute on pousse trop loin l'aversion de votre religion [le protestantisme]; mais ne poussez-vous pas trop loin aussi les préventions de votre enfance? maint. Lett. à M. de VilleUe, «e juill. <«84. Il ne faut pas pousser celte crainte trop loin, pén. Tél. vui. Il paraît... que les anciens avaient poussé la partie du dessin, du clair-obscur, de l'expression et de la composition, aussi loin que les modernes les plus habiles peuvent l'avoir fait, BOLUN, ffùl. ane. Œuv. t. i, «"part. p. i»7, dans PODGENS. Pousserons-nous assez loin la sincérité que nous nous sommes toujours prescrite, pour oser dire ici qu'il lisait jusqu'à des romans et y prenait beaucoup de plaisir? ponten. Saurin. Il [Platon] poussa son roman jusqu'à dire qu'autrefois les âmes humaines avaient des ailes , que les corps des hommes avaient été doubles , volt. Philos. Établ. ihrist. m. Ils [Catherine II et le roi de Pologne] poussent l'un et l'autre la bonté jusqu'à me dire que mes faibles écrits n'ont pas peu contribué à leur inspirer ces sentiments [de tolérance], m. Lett. Christin, ti mars <787. Strafford poussa la vertu ^squ'à supplier lui-même le roi de consentir à sa mort, et le roi poussa la faiblesse jusqu'à signer cet acte fatal, qui apprit aux Anglais à répandre un sang plus précieux, m. Mœurs, (7». L'archevêque Péréfixe pousse jusqu'à cent mille le nombre des victimes frappées dans la proscription de Charles IX, ID. Fragm. sur l'hist. xv. {{ Pousser ses succès, les continuer, les rendre plus décisifs. || Pousser son tnvail , s'en occuper avec activité et continuité. |{ Pousser dos travaux, les faire avancer vers leur fin. Ils [les Samaritains] en obtinrent (du roi de Perse] un ordre qui portait défense aux Juifs de pousser plus loin la construction de leur ville et de leur temple, roi.i.in , Hist. ane. Œuv. t. ii, p. 336, dans pouGENS. Il Absolument et familièrement. Poussez, continuez. Pousse, mon cher marquis, pousse, MOL. Critique, 7. Allons, ferTne I poussez, mes bons amis de tour. Vous n'en épargnez point, et chacun a son tour, id. His. ii, 5. Il Pousser les études, y donner plus d'extension que d'habitude. H. l'abbé de Gouvon était un cadet destiné par sa famille à l'épiscopat , et dont par cette raison l'on avait poussé les études plus qu'il n'est ordinaire aux enfinls de qualité, j. i. nouss. Conftss. ni. Il Poursuivre avec activité. Quoique tous les parent» consentent à ce mariage [de Mlle de Mazarin avec le marquis de Richelieu qui l'avait enlevée], le Mazarin ne laisse pas de pousser les informations (judiciaires], ggv. ta déc. <«88. || Pousser jusqu'au bout, se dit d'une chose qu'on fait complètement. Pour pousser jusqu'au bout la ruse , la rowT. FM. III, ». Et l'ingrat! jusqu'au bout il a poussé l'outrage! bac. Andr. v, î. || Pousser jusqu'au bout l'ayenture, suivre jusqu'à sa conclusion i|i"-biue tentative, quelque alTaire où on est engagé.
f| On dit de même : pousser plus loin. L'époux ne voulut point pousser plus loin la chose, la font. Coupe. Il Pousser sa pointe, poursuivre avec vigueur ce qu'on a commencé. Qimi qu'il en soit, poussons notre pointe, faisons demander la dame en mariage... LF.SAOE, Gnsm. d'Alf. iv, 2. || Pousser sa chance, sa fortune, tenter tout ce que la chance, la fortune offre actuellement. J'avais beau m'en défendre, il a poussé sa chance, mol. Filch. i. i. Elle se rend à sa poursuite ; il pousse sa fortune; le voilà surpris avec elle par ses parents, m. Scapin, i, 6. Il Pousser les affaires, aller en quelque chose jusqu'aux extrémités. Je crains que le pendard, dans ses vœux téméraires. Un peu plus fort que jeu n'ait poussé les affaires, mol. École des f. ii, 6, Il Pousser une affaire, se dit des affaires d'honneur dans lesquelles on ne fait aucun compromis. Et l'on m'a vu pousser dans le monde une affaire D'une assez vigoureuse et gaillarde manière, mol. Mis. m, 4. Il On dit de même : pousser les choses. Voilà, mon gendre, comme il faut pousser les choses, MOL. G. Dand. i, 8. || Pousser la chose ou les choses, les amener à une extrémité. Je connaissais le parlement pour un corps qui pousserait tout sans mesure, rbtz, Mém. 1. 1. liv. n, p. 23, dans PODGENS. N'allez point pousser les choses dans les dernières violences du pouvoir paternel, mol. l'Àv.v, i. J'ai reçu votre plainte, et je sais tout cela; Ne poussez point la chose, et tenezvous-en là, bodr- SADLT, Jfots n la mode. se. i. Voilà jusqu'où M. Jurieu pousse les choses par ses séditieux raisonnements, Doss. 5* orerf. 32. || Pousser les choses plus loin, renchérir sur ce qu'on avait fait ou dit jusqu'alors. Celles-ci (consciences] pouaseht encore les choses plus loin (que les consciences qui se glorifient de leurs défauts], lu. Et. d'orais. iv, 8. Il 15"" Appuyer sur, examiner à fond. Nous somme'; ici sur un"^ matière que je serai bien aise que nous poussions, mol. Critique, 7. Mais, mon père, qui voudrait pnusser cela, vous embarrasserait, pasc. Proi;. IX. Assez instruit de vos maximes et bien résolu de les pousser autant que je croirai que Dieu m'y engagera , lo. ib. xvii. || Développer. Si vous trouvez que je pousse un peu trop loin ce chapitre, c'est qu'il me tient au cœur par-dessus toutes choses, SÉV. R37. Plusje donne de force âmes raisons, et plus il pousse les siennes (de quitter le service] avec une volonté si déterminée... id. i9 mars (680. Là-dessus M. de Louvols entra sur ce même ton dans la plaisîinterie ; cela fut poussé un quart d'heure fort agréablement, id. 30 juill. (877. Poussez le parallèle, et vous verrez que vous êtes plus encore votre idole et votre divinité, que le Seigneur n'est le Dieu de ceux qui l'aiment et qui l'invoquent, mass. Carême, Prosp. tempor. Il 16* Faire avancer quelqu'un, lui faciliter les moyens de, faire fortune Métellus, si bon juge de la valeur, le poussa [Marius] depuis aux premières charges de l'armée, vebtot, Hévol. rom. IX, 390 Voici un jeune homme qui vous convient, qui est un fort honnête garçon, que je pousserai, MARIVAUX, Marianne, 6' part. Tu as de l'esprit, de la littérature; je te prônerai, je te servirai, je te pousserai, picard. Marionnettes, IV, 4. |{ Faire entrer dans une carrière. Le monde est plein d'artisans et surtout d'artistes qui n'ont point le talent naturel de l'art qu'ils exercent, et dans lequel on les a poussés des leur bas âge, j. i. rouss. Ém. m. || Pousser un élève, un écolier, lui faire faire des progrès. Il l'a poussé assez loin dans les malhémi^tiques. || 17" Presser, en parlant d'animaux qu'on excite à courir. Cela dit, il poussa son cheval à travers les champs , et son camarade le suivit, scarr. liom. eom. i, 7. Lorsqu'il (Hippolytej poussait son char dans la carrière, babthel. Anach. ch. 5*. || Fig. et familièrement. Pousser son bidet, aller rapidement à son but. Moquez-vous des sermons d'un vieux barbon de père ; Poussez votre bidet, vous dis-je, et laissez faire, mol. l'Ét. i, 2. || iJf Fig. Engager fortement, induire, exciter. Le roi sait quels motifs ont poussé l'un et l'autre, corn. Rodog. v. 4. La faim, l'occasion, l'herbe tendre et, je pense. Quelque diable aussi me poussant, la pont. Fabl. VII, (. Quel besoin si pressant avez-vous de rimer, Et qui diantre vous pousse à vous faire imprimer * MOL. Mis. I, 2. Les excès où le mépris de la religion ancienne et celui de l'autorité de l'ËglIse ont été capables de pousser les hommes, boss. Reine d'Angl. Dans le temple des Juifs un instinct m'a pou.ssée, RAC. Ath. II, 6. Jugez comme je serais une personne dangereuse, si je voulais las pousser à mal, picard, yieille tante, l, ». || Absolument. Jaloux des bons desseins qu'il tâche d'ébranler. Quand il ne les peut rompre, il pousse à reculer, corn. iPo{y. i, ( . Faites
achat d'un vin qui pousse à vivre, r^r. Won tomb. !l Faire agir. Je sais par quels ressorts on le pousse, on l'arrête, rac. Esth. m, 5. || Conduire. Il v a été poussé par sa destinée, mol. Scapin, 1,6. || 19" Presser quelqu'un, ne pas lui laisser de retraite, d'échappatoire. J'étonnai un peu ma petite huguenote.... je ne la poussai point sur le saint sacrement, sÈv. 435. Et M. Fouquet, quoiqu'il ait trop appuyé sur cet endroit où on le pouvait pousser, il se trouve pourtant que par l'événement il aura bien dit, ID. â Pnmpone, 24 nov. (684. On ne sait point le véritable état de son affaire [de M. de Luxembourg, sur les empoisonnements], ni sur quoi on le pousse, iD. (4 févr. (880. Puisque vous me poussez, je vous dirai que le désintéressement et la modération valent mieux qu'un peu de naissance, fén. Dial. des morts mod. (7. || Pousser à bout, ne pas laisser d'échappatoire. Ils n'ont rien épargné pour me pousser à bout; Permettez qu'à mon tour, seigneur, je les y pousse, BOURSAULT, Ésopt à la cour, v,7. Poussons à bout l'ingrat, et tentons la fortune, rac. Bajas.
IV, 4. Il Pousser à bout quelqu'un, se dit dans une discussion, quand on réduit quelqu'un à ne pouvoir répondre. || Pousser à bout quelqu'un, l'irriter, à force d'abuser de sa patience. Ia reine, après tout. Sachant ce que je puis, me pousse trop à bout, CORN. Nicom. II, 3. Madame, en vérité , c'est le pousser à bout, Il pourra faire éclat, hauteboche, les Appar. tromp. i, (3. || On dit de même : pousser à bout la patience de quelqu'un. Je voudrais vous parler de tout; Mais je fais mal et vers et prose. Et ne pousserais autre chose Que votre patience à bout, BussY. Lett. t. v, p. 2 1, dans pougens. Mais, puisque vous poussez ma patience à botit, Une- fois en ma vie il faut vous dire tout, boil. Sot. ix. Le roi.... poussa à bout la patience des peuples, de sorte que tous ses sujets se trouvèrent disposés à une révolte générale, rollin, Hist. ane. Œuv. t. ix, p. S26, dans PODGENS. Il Pousser à bout une chose, la porter à toute extrémité. Vous croyez apparemment que les fautes ne .sont plus fautes, [lourvu qu'on les pousse à bout avec une pleine autorite, FÊN. dans BOSS. Passages éclaircis, avert. \\ Pousser quelqu'un à la dernière extrémité, le réduire à l'état le plus fâcheux. Je ne suis pas la première qui ailsu recourir à de pareilles vengeances, qui n'ait pas fait difficulté de se donner la mort pour perdre ceux qui ont la cruauté de nous pousser à la dernière extrémité, mol C.Dand. m, 8 || Pousser quelqu'un de questions, de plaisanteries, l'interroger beaucoup, le plaisanter beaucoup. || 20" Pousser quelqu'un, entrer en lutte avec lui, l'offenser. Il fait mauvais pousser tant de gens en colère, corn. Othon, v, 2 Et je ne sais pourquoi votre âme ainsi s'emporte, Madame, à me pousser de cette étrange sorte, mol. Mis. m, B. Je vous le dis encore, armé de ce qu'il a. Vous ne deviez jamais je pousser jusque-là, iD. Tart.
V, s. chicaneau : Vous" me poussez. - La comtesse : Bon homme, allez garder vos foins, rac Plaid, i, 7. Cen'estque mon éloquence [de moi,Cicénm] qui a causé ma mort; et, si j'avais moins poussé Antoine, je serais encore en vie, fén. Dial. des morts ane. 3(. Il Perdre, écraser. Je ne sais si on voudra m'en croire; mais il est vrai pourtant qu'au milieu d" la joie que j'eus de me voir appuyé par de si puissants prolecteurs, je ressentis une e.spèce de douleur de reconnaître qu'un homme à qui j'avais tant d'obligation, prince du sang, neveu du premier ministre, n'eût pas le pou voir de pousser un domestique [lui, Cosnac, poursuivi par le prince deCenti, son maître, mais protégé par la reine mère, le roi et Mazarin|, cosNAC, Mémoires, t. i, p. 24'2. || 21- Termede nourrisseur. On pousse les vaches au lait, lorsqu'on prolonge activement la lactation pendant un an environ, au lieu de six à sept mois, terme moyen de sa durée dans les pays où l'on fait des élèves. || Familièrement. Pousser quelqu'un de nourriture, le faire trop manger. Il est poussé de nourriture, il a trop mangé. || iî° Pousser le feu, le rendre plus vif, activer la combustion. M. Needham vous avait objecté qu'en poussant trop le feu, vous aviev. altéré l'air îles vases.... BONNET, Lett. dit), t. xii, p. 6, dans pou- GiiNS. Il 23" Faire monter le prix d'un objet par des enchères. C'est M"** qui a si extravagamraent poussé ce bijou, M"* du deffant, l.etl. à H. Walpole, t. m, p. a28, dans pouoïns. ||24" Produire, en parlant d'êtres vivants ou de parties d'êtres vivanLs. La vigne pousse beaucoup de bois. Cet arbre pous.su des rejetons nouveaux. Quand on dit qie la terre pousse beaucoup d'herbe ou qu'une branche a poussé un grand rejeton.... hoss. Lib. arh. ». Je vis le même individu [polype] laissé dans l'eau puia pous.ser successivement douze têtes, après avoir utu
POU
mutilé onze fois dans sa partie antérieure^ bonnet, Consid. corps org. Œux>. t. v, p. 330, dans pouoens. li Pousser les dents, se dit du travail de la dentition. Quand les enfants n'ont pas la force de les pousser [les dents] dans le temps, ils n'ont pas celle de soutenir le mouvement qui les veut faire percer toutes à la fois, sÉv. lejuill. i677. {| Pousser ses dents, se dit d'un cheval dont les dents qui succè- Jentauxdentsde lait commencent à paraître. || Pousser le rouge, voy. bouge. || 25» V. n. Faire effort pour déplacer. Vous poussez bien rudement. || Fig. Pousser à la roue, aider. || 26° Terme d'architecture. Faire effort, par le poids, contre des constructions. La TOilte a poussé sur les murs. Les terres poussent contre le mur de la terrasse. {| Le mur pousse en dehors, il se jettf 'iti dehors et menace ruine. Il pousse au vide, il fait Tentre |! 27" Pousser, se porter, s'avancer sur, contre. Il pousse dans nos rangs, il les perce et fait voir Ce (]ue peut la vertu qu'arme le désespoir, cobn. Pomp. v, s. Hippolyte lui seul, ....saisit ses javelots, Pousse au monstre, et d'un dard lancé d'une main siire II lui fait dans le flan* une large blessure, rac. Phèdre, V, 6. Il ne part pas un lièvre que vous ne poussiez après, BAMILT. Gramm. 4. || Pousser aui ennemis, aller aux ennemis pour les charger (locution vieillie et qui ne se disait que de la cavalerie). || Pousser jusqu'à un lieu, aller jusqu'à ce lieu. Si absolument vous voulez pousser jusqu'à Essonne , épargnez-vous au moins de faire quatorze lieues en un jour, SÉV. B oct. (687. J'avais envie de pousser jusques à la vedette, hamilt. Gromm. 5. J'ai poussé jusi|u'au bout de la grande avenue, collin d'harlbv. Optimiste, i, 2. |{ Terme de marine. Pousser au large, s'écarter d'un quai, d'un bâtiment, etc. étant dans une embarcation. {| Pousse au large, commandement fait à une embarcation qu'on veut faire déborder, qu'on veut repousser loin du navire qu'elle se prépare à accoster. || Pousser de fond, faire effort contre le fond avec des avirons, gaffes ou perches. Il La mer pousse du fond, lorsque, par son agitation, elle remue un fonri mobile, rapproché, et qu'elle se charge de ses parties les plus légères. !| 88° En parlant des chevaux po«ssifs, battre des flancs. Ce obérai pousse beaucoup. || 19" Croître, se développer, en parlant de ce qui végète. Ces fleurs poussent déjà. 11 ne pousse que des ronces dans son champ. Les blés ont bien pousté cette année. || Par analogie. Sa barbe, ses cheveux, ses ongles ont beaucoup poussé pendant sa maladie. || Il se dit aussi d'enfants qui grandissent. Pauvres enfants', chacun d'eux pousse Frais comme un bouton printanier, bP.rano. Jeanne la Rousse. || 30° Paraître, être produii, en parlant des dents des enfants. Ses dents commencent à pousser. 11 lui a poussé une dent. ^1 31° Terme de peinture. Se dit des couleurs qui ternissent l'éclat et la fraîcheur de celles avec lesquelles elles sont rompues ou que l'on a oouchées par-<lessus. La terre d'ombre et les noirs pou.ssent beauconp. || Ce tableau pousse au noir, les couleurs en noircis.senl. Les tableaux de Géricault poussent au 'noir. || 32* Devenir malade de la pousse, en parlant du vin. Ce vin pousse, a poussé. Il 33° Se pousser, V. réfl. Etre poussé. Leurs années [des mortels! se pous'^ent succe<;sivement comme des flots, boss. Dvch. d'Orl. || Avancer, en poossant les autres. Je saute vingt ruisseaux, j'esquive, je me pousse, BoiL. Sat. VI. Tout en chancelant, je me pousse Jusqii au palais île monseigneur, bérano. ffoh. de cour. Chacun se lance; non, à la cour on se glisse, on s'insinue, or. se pousse, P. L. cour. Lett. viil. Il 34" fttre continué avec activité. Le siège de Trêves se pousse vivement, sêv. aïo. || Être porté à un certain point, en parlant de cho.ses. Cel.i [une discussion) se pousse fort loin et fort agréablement , m. ib sept. <<80. Cela se pousse si avant, que par cette légère faute l'âme périrait.... boss. Et. d'orait. v, a. Je prendrais un grand intérêt à la brouillerie que vous m'apprenez être survenue antre Saurin et I.amotte, si elle se poussait assez avant pour obliger ce dernier à démasquer son très-digne ami, ce père spirituel en Lucifer, i. b. rouss. letl. à Boulet, it juillet 17(5. 1135° Avancer, faire fortune. On sait que ce pied-plat.... Par de sales emplois s'est poussé dans le monde, mol. Mis. i, (. L'ambitieux fait conii.ster toute sa sagesse à ne pas manquer une occasion de se pousser aux honneurs du monde, bousdal. Imtruct. Prudence du salut, Exhorl. t. il, p. 4»». L'SKt viril, plus mùr, inspire un air plu» sage. Se p-iusse auprès des grands, s'intrigue, se ménage, non.. Art p. m. Te voilà devenu habile garçon ; il faut songer à te pousser, i.esaor, Gil Bl. i, (. Je lerai» privé de la protection.... de MM. le* ootai-
POU
diens ordinaires du roi , et je serais obligé d'aller travailler aux feuill«s de M. Fréron, pour me pousser dans le monde, volt. Lett. d'irgental (9 janv. (772. Il 38° Se pousser de nourriture, manger beaucoup. Il 87° S'élever en haut (emploi vieilli). Autant que ce grand arbre s'était poussé en haut, autant semblait-il avoir jeté en bas de fortes et profondes racines, boss. Scrmorw, ambition, i.
— REM. On disait au xvii* siècle : « Pousser est nouveau dans une certaine signification : pousser les gens à bout ; tie me poussez pas ; pousser une matière ; cela est trop poussé, » bolhouhs, ErUr. d'Ariste et d'Bug. n
— HlST. xv° s. Dura le grand estour [combat| et le poulsis plus de trois heures.... lançant et geltant dardes, et poulsans l'un sur l'autre, proiss. dans DU GANGE, ;)u(so(t«. Il xvr S. Pyrrhus, se confiant plus à la faveur de fortune qu'au discours de la raison, poulsa oultre contre le bataillon des Macédoniens, AMYOT, Pyrrh. B7. Il s'en alla en diligence la part où il gisbit, et le trouva qu'il poulsoit encore [respirait), et n'avoit pas perdu toute cognoissance, ID. Èumènes, (*. En touchant et tastant l'umbilic dudict enfant, lequel sentiras poulser et battre l'artère umbillcale, s'il a vie, paré, t. n, p. 632. Avec les dents naissent les aigneaux, lesqueÙes ils poulsent à mesure de leur aage, o. de serbes, 8(7. Le vin.... jusques à s'enaigrir et pousser, ID. 2(6. [La terre] Et, en lieu de donner des moissons abondantes. Ne poussoit que chardons et qu'espines mordantes, rons. 721. La mer se poulse si fort vers eux, qu'ils ont perdu quatre lieues de.... mont, t, 2S2. Poulser le mespris de la mort jusques à.... m. i, 2B0. Les mauvais moyens par où on s'y poulse (aux emplois] en nostre siècle, m i, 27à. Il n'y a que mal qui coule, que mal qui se prépare, et le mal pousse le mal, comme la vague pousse l'autre, charron. Sagesse, i, 36. Desquels vins bien souvent la pluspart se gaste, tourne et aigrist... lesdits marchands pourroient convertir en vinaigres tant leurs dits vins amers poulsez et estonnez, que les lies qu'Us auront, Ordonn déc. (B86. Bien poulse longuement chancelle, coTGBAVE. Un clou sert à poulser l'autre,, id.
— ETYM. Prov. pulsar: ital. pulsare; du lat. pulsare, frapper fréquemment, dérivé de pulsum, supin de pellere, choquer, battre, rattaché par Corssen (Beitr. .tOiJ) à la racine sanscrite sphar pourjpor, agiter, secouer.
t POUSSERIE (pou-se-rie) , s. f. Terme familier. Action de pousser. Dans cette chaleur et cette pousserie [d'Albéroni], le marquis de Villena, qui était faible, tomba heureusement dans un fauteuil qui était là, ST-siM. 47&, (26. Mme d'Elbœuf l'emporta, malgré les pousseries et les colères dont Mme de Lislebonne ne se contraignit pas, id. «2, 40.
t POUSSET (pou-sè), .î. m. || 1" Se dit, dans les salines, d'un sel de qualité inférieure, fort gris et mal nettoyé. Il 2* Ancien nom du pastel. Du vermillon ou graine d'écarlate, du pousset ou pastel d'écarlate.... Instruct. gén. sur la teinture, (8 tnarj )67(, Avertissement.
— ÊTYM Dérivé de pousse 2.
POUSSETTE (pou-sè-t'), s. f. Jeu d'enfants qui consiste à mettre deux épingles en croix, en poussant l'une contre l'autre, celle qui se trouve dessus gagnant le coup.
— ÊTYM. Pousser.
t POUSSEUR, EUSE (pou-seur, seû-z'), s. m. et f.\\i' Celui, celle qui pousse. || Fig. Héroïnes du temps, mesdames les savantes, Pousseuses de tendresse et de beaux .sentiments, mol. Éc. des f. i, 6. Les poètes et les pousseurs de beaux sentiments aimeraient mieux mourir.... bitls, Lett. d Minutoli, «0 janv. (674. ||2° Celui qui, pendant l'usage des brouettes ou chaises montées sur roues, en conduisait une. Mme d'Aiguillon dit à son pousscur de la mener dans la rue Si- Honoré, st-sim. (42, 7(. I: 8° Terme de paveur. Pous.seur de ranges, ouvrier chargé de poser les premiers pavés joignant les caniveaux et contre-jumelles d'un ruisseau.
— RTYM. Pou««r; Berry, pot««uï de menterie. POUSSIER (pou-sié ; l'r ne se prtnonco pas et ne
se lie pas), s. m. || 1° Poussière qui reste au fond d'un tac de charlKjn. |l On dit de même : pou.ssier de mottes à lirùler. || Fig. Poussier de Noél, la neige et le grésil. || 8* Dans la fabrication de la poudre, le poussier est produit par le» parties des composants qui ne se sont pas agglomérées en grains. Il 8" Terme de maçonnerie. Recoupe» do pierres passées à la claie, qu'on mêle au plàtrn pour carreler, afin d'empêcher que le plâtre ne bouffe. Il 4* Terme rural. Poussier de foin, dèbrhi de tiges, d'épis, de ballet de graiua» de foiD, qtt'on Iruuvo
POU
sur le plancher des granges, des fenils, après qu'on a retiré le foin.
— HlST. xvi's. Il se leva un si grand poulcier que les deux armées se perdirentde veue l'une l'autre, amtot, Afartttî, 46. L'on ne voyait [à la cour de Denis] autre chose que le sable et le poulcier où les estudians trassoient les porlraicts et figures de géométrie, id. Dion, (8.
— ÉTYM. Pousse i.
POUSSIÈRE (pou-siè-r') , t. f. || 1" Terre réduite en poudre très-fine. Ils jetèrent de la poussière en l'air pour la faire retomber sur leur tète, s.\ci, Bible, Job, II, (2. (Le hibou] De ses ailes en l'air secouant la poussière, boil. LxUr. m. Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière. Suivre de l'œil un char fuyant dans la carrière? rac. Phèdre, i, 3. Et mon époux sanglant, traîné sur la poussière, id. Andr. m, a. Enfin, las et couvert de sang et de poussière, Il s'était fait de morts une noble barrière, ID. Jfithr. v, 4. Un nuage de poussière s'élevait jusqu'aux nues, pên. Tél. xii. Étant formés de terre et com|)osés de poussière, nous avons avec la terre et la poussière des rapports communs qui nous lient à la matière en général, buff. Bist. ani'm. i. Avec de bons yeux, de bons microscopes et un peu de curiosité, le moindre atome, un grain de poussière, un brin d'herbe peuvent devenir des sources inlarissables de merveilles, bonnet, 2° lett. hist. nat. Ainsi périt le dernier des Gracques de la main des patriciens; mais, atteint du coup mortel, il lança de la poussière vers le ciel, en attestant les dieux vengeurs, et de cette poussière naquit Marius, MIRABEAU, Collection, t. 1, p. 60. Quand secoueraije la poussière Qui ternit ses nobles couleurs [du drapeau tricolore]? bérano. Vieux drapeau. Ainsi qu'un voyageur.... Comme lui, de nos pieds secouons la poussière, lamabt. Jf^d. i, «.||Fig. Quand tous sont isolés, il n'y a que de la poussière ; quand l'prage arrive, la poussière est de la fange, b. constant. De ta Reliyion, préf. \\ Terme de manège. Battre la poussière, voy. poudhb.H Faire de la poussière, soulever de la poussière. Tu dirais aux partis qu'ils font trop de poussière Autour de la raison pour qu'on la voie entière, v. Bueo, Crép. (7. Il Fig. Faire de la poussière, se dit pour se pavaner, agir avec ostentation. On retrouve partout la tnouche d'Ésope, qui du fond d'un char, dans un chemin sablonneux, s'écriait : Que j'élèvo de poussière! volt. Dict. phil. Quisquii, Langleviel. || Fig. Jeter de la poussière aux yeux, éblouir. D* belles paroles, afin d'éblouir les simples et de jeter de la poussière aux yeux des lecteurs, DE LA ROQUE, dans BOss. Dif. trad. comm. n, 30. Il Laisser sur la poussière, laisser mort sur un champ de bataille. Quand on a laissé sur la poussière des milliers d'hommes égorgés, peut-on se livrer à la joieT mahmontbl, «fiis. 8. || Poétiquement. 11 s'est couvert, il est couvert d'une noble poussière, se dit d'u» homme de guerre qui s'est trouvé dans plusieurs combat-s. || Poétiqucnicnl. Mordre la poussière, être tué. L'orgueil à qui tu fis mordre La poussière d» Coutras, malh. li, 6. Nosle, Clermont, d'Angenne ont mordu la poussière, volt. Henr. vu. || Fig. Réduire en poussière, anéantir, !| N'être plus que poussière, être anéanti. Ont-ils ries princes] rendu l'esprit, ce n'est plus que poussière Que cette majesté si pompeuse et si flère, MALH. l, 3. Carthage n'est plus rien que poussière et que cendre, maih, Jfort. d'Asdrub. I, (. Déplorable Sion, qu'as-tu fait de U gloire? Tout l'univers admirait ta splendeur ; Tu n'es plus que poussière, BAC. Esth. 1, 2. Il La poussière humaine, la poussière en laiiuelle les morts sont réduits. Je vais chercher ailleurs (pardonne, ombre romaine I) Des hommes, et non pas de la poussière humaine, lamabt. Child-llarold, (s. Il Fig. La poussière des pieds, la marque du triomphe. Et de ses pieds [de Napoléon] on peut voir la poussière Empreinte encor sur le bandeau des rois, rérano. Dieu des bonne» geru. Il ¥\f. Baiser la poussière des pieds, adorer et so soumettre. Le» rois des nations devant toi prosternés De tes pieds baisent la poussière, bac. Ath tu, 7. Et se peut-il qu'un roi craint de la terre entière Devant qui tout fléchit et baise la poussière.... ID. Esth. Il, 7. Et tantôt à ses pieds courbant sa tête altière, De ses pas adorés il baise la poussière, DELiLLE, Par. perdu, ix. || 1° Par extension, nuage de particules très-fines. Aux lieux où l'Aiiio, dans sa chule rapide Verse au loin la fralclnur de sa poussière humide, delilli, Imat). iv. Delphine soupire en voyant sur sa main une partie de la poussière qui colorait les ailes du joli papillon, CEKLis, roi'il. du chdt. t 1, i'. 3S, dan* roucKN*.
POU
Insectes, papillon*.... Ils roulaient ; et sur l'eau; sur les prés, sur le foin. Ces poussières de vie allaient tomber plus loin, lamjirt. Joc. iv, <27. || 3» Poétiquement. La terre. Et d'un peu de poussière élever un tombeau A celui qui du monde eut le sort le plus beau, corn. Pomp. n, a.iJFig. Chose sans valeur. Je crois que vous me parlez de mes libéralités présentes.... ah ! ma fille, quelle pous "îière au prix de ce que je voudrais faire I sÉv. 13 .sept. (671. Il 4° Fig. La poussière du grefle, de l'école, du collège, etc. le greffe, l'école, le collège considérés avec un certain mépris. Dans la poussière même des écoles, il trouva le moyen de satisfaire son zèle en produisant des enfants à Jésus- Christ. FLÉCHIER, Panég. ii, 200. Ses affectations et ses antithèses sentent la poussière de l'école, huet, l'e Forig. des romans, p. 58, dans pougens. L'ouvrage de Silius était demeuré enseveli depuis plusieurs siècles dans la ■poussière de la bibliothèque de Saint-Gall; Pogge l'y trouva pendant le concile de Constance, BOLLrs, Bist. anc. xxv, i, 2, § s. Il La poussière des siècles, le temps qui fait oublier. Des murailles, des colonnes, des statues, des vases sortirent de la poussière des siècles et des ruines de l'Italie, pour servir de modèle à la régénération des beaux-arts, batnal, Hist. phil. xix, )2. || 5° Fig. État d'abaissement, de malheur. Réjouis-toi, Sion, et sors de la poussière, rac. Eith. m, ». Tant de citoyens autrefois distingués, aujourd'hui sur la pou.ssière, mass. Carême, Aum. Ces liommes oiseux qui ont toujours mené une vie obscure, lâche, inutile, et déshonoré leur nom par l'oisiveté et par des mœurs efféminées qui les ont laissés dans la poussière, m. Avent,ifurt dwpéch. Un corps (politique] qui fasse sans cesse sortir les lois de la poussière où elles seraient ensevelies, montrso. Esp. ii, i. Regarde un étranger qui meurt dans la poussière, a. cnÉN. le Kendiant. || Tirer quelqu'un de la poussière, le tirer d'une condition basse et misérable. Il Dans la poussière, dans la soumission. Ils peuvent murmurer, mais c'est dans la poussière, volt. SéTnir. n, 3. || 6* Fig. Cendres des morts, dépouilles mortelles. Elle va descendre à ces sombres lieux, à «es demeures souterraines, pour y dormir dans la poussière avec les grands de la terre, comme parle Job, Bo.ss. Vuch. d'Orl. Je vous jure que je suis aussi laid que mon portrait; croyez-moi.... qu'importe après tout que l'image d'un pauvre diable qui sera bientôt poussière soit ressemblante ou non? VOLT. Utt. d'Argental, i6 juin i768. X ceux qui de David (le peintre], hélas! Rapportaient chez nous la poussière, bBrang. Coif^oi de David. Hé bien I le temps sur vos poussières X peine encore a fait un pas, LAWABT. Uéd. 1, 10. Ils [les démolisseurs] ont brisé des os, dispersé des poussières, v. Huco, Odes, u, 3. Il 7" Terme de botanique. Poussière fécondante, ou pollen, corpuscules que renferment les anthères et qui sont le principe de la fécondation, il Poussière bleuâtre qu'offrent certains fruits.
— HIST. xii' s. Vos qui estes en la pousiere, escoezvos, ST-BERNABD, B34.||xvi's. El servit aussi la poussière aux Romains à les asseuf r, pource qu'elle les enganlade voir de loing la multitude innumbrable de leurs ennemis, amyot. Marins, i5. Ce n'est ny l'ambition de parolstre docte, ny l'envie que j'ai de jeter de la poussière aux yeux des médecins, PARÉ, XX, Prff. D'un .sac à charbon ne peut sortir que de la poussière noire, cotgbave.
— ÊTYM. Dérivé de pousse 2 ; bourg, pousseire. L'éditeur de tainl Bernard a imprimé poutiere, mais U faudrait revoir le texte original, et bien s'assurer si telle est en effet la leçon ; pouriere est la forme des hauts temps.
POUSSIF, IVE (pou-sif, si-v'), adj. || 1° Qui a la pousse. Cheval poussif. || 2* S. m. Homme gros qui a de la peine à respirer. C'est un gros poussif.
— HIST. xui's. Robins le palefroi enmaine. Oui n'estoit pas poussieus d'alaine, Bl. et Jeh. 2427. Il XIV s. Regarde «i le cheval souflle. se les flancs.... lui halètent, ou qu'il soit poucis, Ménagier, 11, 3. Il XVI* s. Il est si poussif qu'à payne peult il parler,
PALSOR. p. 42«.
-^ ÊTYM. Pousser, qui a eu, comme on peut voir à l'historique, le sens de avoir l'haleine gênée et avoir des pulsations; bourg, et Berry, pousti.
POUSSIN (pou-sin), t. m. Poulet nouvellement éclos II est reconnu que les poussins d'automne n'ont jamais U même force que ceux qui sont éclos au printemps, VARkiRNTiEB, Inslit. Mém. scienc. <«o«, -i^ nom. p. 42. Il Fig. Quand vous aurez remis votre nelit poussin (le jeune comte de Vins, dont du r\<-fm faisait l'éducation] sous les ailes de son brave pire,'»(V. i du Pletsit, 30 août <a»o.
POU
— HIST. xii* s. Turtre [la tourterelle] truve nid à ' sei, il el reponge [mette] ses pulcins. Liber psalm. p. ( 19. || xiu' s. Tu les garantis ausi comme la geiine ses poucins souz ses elcs, Psautier, f. 4 4. Qui me tient que ge ne vous froisse Les oscum à poussin en paste, X ce pestel ou à cest haste? la Rose, 9399.
: XV' s. Ensengnez moi, beau seigneur et voisin, Oùje pourrai ces trois choses trouver. Femme constant, sage homme et gras poussin, e. desch. Poés. mss. 1*483. Il xvi*s. La complainte et lamentation de Jesus- Christ sur Jérusalem, assavoir qu'il a voulu amasser ses poucins et qu'elle l'a refusé.... calv. Inst. 789.
— ÉTYM. Genev. pussin, pucin, pussine, jeune poule; wallon, poy on; provenç. pouxi, pohi ; ital. puîctno; du latin pullicenus, diminutif de pullus (voy. poule).
t POUSSINÉE (pou-si-nèe), s. f Troupe de poussins. Il y avait quinze ans qu'ils [M. Bcrtin et une actrice], vivaient ensemble; M. Berlin en avait eu une poussinée d'enfants, dider. Lett. à Mlle Voland, <2 sept. <76l,
POCSSINIÈBE (pou-si-niè-r'),». f.\\l' Êtuve qui sert à réchauffer les poussins dans les appareils<l'incubation artificielle. || Espèce de cage carrée, fermée par devant d'un grillage en fil de fer ou d'un seul filet, et par-dessus d'un couvercle à charnière ; on y place les poussins éclos dans l'étuve. || 2° Nom vulgaire de la constellation des Pléiades. || Adjectivement. Que font tous ces vaillants de leur valeur guerrière. Qui touchent du penser l'étoile poussinièreT Régnier, Sat. vi. 113° Adj. f. Oui a rapport aux poussins, C'est leur duvet, leur innocence, leur étourderie poussinière, didbr. Salon de 4 797, Œuv. t. xiv, p. 277, dans pougens.
— HIST. xvi* s. Ils preveurent de loin par le lever de la poussinière la cherté de l'huile, 0. de serres, 48.
— ÉTYM. Poussin. Les Pléiades sont dites poussinière, parce qu'elles semblent une poussinière, un nombre de poussins.
POUSSOIR (pou-soir), s. m. (| 1° Cylindre terminé par un bouton qu'on pousse pour faire sonner une montre à répétition. Le marquis de Villette, qui veut bien commander une montre à Ferney.... la veut-il avec des diamants au poii.«soir, au bouton et aux àiguilIesT volt. Lett. Villevieille , 30 avril 1777. (( 2" Dans la chirurgie humaine et dans la chirurgie vétérinaire, on se sert du poussoir pour chasser les corps étrangers arrêtés dans l'œsophage. (I Fer à trois pointes qui serl à pousser la dent qu'on a déchaussée.
— HIST. xvi" s. Si on voit qu'elles [les dents] tiennent peu, seront poussées hors avec un poussoir, duquel tu as ici la figure, paré, xv, 38.
— ÉTYM. Pousser.
POUSSOLANE, s. f. Voy. pouzzolane.
t POnTARGE(pou-tar-j') ou POUTARGUE (poutar-gh'), s. f. Le même que koutargue. On vend à Paris de la poutargue de thon venant de Marseille. On trouve à Caffa de la poutarge excellente, PEYSSONNEL, Traité sur le commerce de la mer Noire, 1, 227, Paris 1787.
POUT-DK-SOIE, s. m. Voj. pou-he-soie.
I POUTRAGE (pou-tra-j'), S. m. Assemblage de poutres. Le squelette des caissons se compose d'un poutrageel cornières formant plafond; d'autres poutre» verticales viennent se river latéralement sous ce plafond, et servent de côtes aux parois latérale.s. Presse scientifique, i863, t. n, p. 349.
— HIST. XV' s. Laquelle femme estoit en dehors du moulin sur ^a poultrerie d'icelui moulin à l'endroit de l'eaue, nu caijge, ptitura.
POUTRE (pou-tr'), s.f. (| 1° Grosse pièce de bois équarri qui sert à soutenir les solives d'un plancher, et qui entre dans toutes les grosses constructicyis. Là sur une charrette une poutre branlante Vient menaçant de loin la foule qu'elle augmente, bgil. Sat. VI. Comme un guerrier qui pend aux poutres dos plafonds Ses retentissantes armures, v. hugo, F. d'aut. XXXV, 4. Il Fig. Comment dites-vous à votre frère : Laissez-moi tirer une paille de votre œil, vous qui avez une poutre dans le vôtre? saci. Bible, Évang. St Math, vu, 4. Qui nous découvre la paille dans l'œil de notre frère, et nous cache la poutre qui est dans le nôtre, mass. Carême, Médis. Il 2° Poutre d'or, lingot d'or qui était dans le temple de .Jérusalem. Crassus prit la poutre d'or, et n'en pilla pas moins les autres trésors, qui montaient â trente miilions, rolun, Hist. anc. (Suv. t. ix , p. 489, dans pouoEHS.
— HBT XVI* s. Ses dardz ressembioyent aux grosses poultres sur lesijuelles sont les pontz de Nantes soustenuz, rab. Pant. iv, 34. Les poultres qui sousieuoieot le pont des Romains, aiitot, Mariut, 40.
POU
— ETYM. Génev. un poutre. L'ancien franç\i» avait pouftre, jument, du bas-lat. puletra, poledra. C'est de là d'après Diez que vient poutre, ainsi dite parce qu'elle soutient comme une cavale. De même un chevalet est dit de cheval. Diez ajoute qu'en allemand Folter, qui signifie un chevalet de torture, vient aussi de poledrus. Enfin on peut ajouter qu'Oudin, dans son Dictionnaire, rend en italien pouîre par traee, polledra grande , et que les charpentiers se servent du mot chevalement pour désigner une poutre maîtresse' i cheval sur deux autres.
POUTRELLE (pou-trè-l'), s. f. Petite poutre.
— Etym. Diminutif de poutre.
fPOUTURE (pou-tu-r'), s. f. Nourriture des
animaux engraissés à l'étable. || Engrais depouture, l'engraissement pratiqué exclusivement à l'étable.
— HIST. xiii' s. Que dira Dius [Dieu] des labour reurs, Qui pour autrui font les labeurs, Qui jour et nuit sont en grand cure De labourer pour leur peuture? no cange, petura.
— ETYM. On lit dans du Cange : Potura pro paslura, quomodo dicimus bête mise en posture vel pôture. Ce semble en effet le lat. pastura, où l'a est changé en 0. On a quelques exemples de ce changement, par exemple, dans le Hainaut: solaire, pour salaire.
t. POUVOIR (pou-voir), v. n.,je peux ou je puis, tu peux, il peut, nous pouvons, vous pouvez, ils peuvent; je pouvais; je pus, nous pûmes, vouspûtes, ils purent; je pourrai; je pourrais; point d'impératif; que je puisse, que nous puissions; que je pusse, qu'il pût, que nous pussions; pouvant; pu; quand le pronom je suit le verbe , on dit mieux puis-je que peux-je : Puis-je vous être utile! || 1* Avoir la faculté de, être en état de. Chimène : Va, je ne te hais point. — Rodrigue : lu le dois. — Chimène : Je ne puis, corn. Cid, m, 4. Et quand je vous demande après quel est cet homme [à (]ui vous venez de faire tant d'amitiés] , X peine pouvez-vous dire comme il se nomme, mol. Mis. i, 1. 11 faut bien.... Répondre comme on peut à ses empressements, iD. ib. I, I. Je me vois dans l'estime autant qu'on y peut être, Fort aimé du beau sexe, et bien auprès du maître; Je crois qu'avec cela, mon cher marquis, je croi Qu'on peut par tout pays être content de soi, m. ib. m, 4. Sans songer où je vais, je me sauve où je puis, bgil. Sat. vi. Par quel gage éclatant et digne d'un grand roi Puis-je récompenser le mérite et la foi? rac. Esth. 11, 5. Dans leur sang odieux (des Romains] j'ai pu tremper mes mains, ID. Mithr. V, 4. L'on peut s'enrichir dans quelque art, ou dans quelque commerce que ce soit, par l'ostentation d'une certaine probité, la bbuv. vi. Gouverne qui peut; et, quand on est parvenu à être le maître, on gouverne comme on peut, volt. Dicl. phil. Gouvernement. (| Elliptiquement, après un verbe à l'impératif: qui peut, celui qui peut. Sauve qui peut! se tire du péril qui pourra ! {| On dit par une construction analogue : le fera qui pourra, c'est-à-dire celui qui pourra le faire le fera. Je ne m'ennuierai point pour ma chère moitié; Aimera qui pourra, grksset, le Méch. 11, i.||Onne peut être.... on ne peut faire.... il est impossible d'être.... de faire.... On nepouvaitpasavoirété plus mal pendu que je l'avais été, volt. Candide, 28. |{ Au tric-trac, jan qui ne peut (voy. jan 4). || Je ne puis qu'y faire, je n'ai aucun moyen d'empêcher la chose dont il s'agit. Je vois bien que j'ai tort, mais je n'y puis que faire, mol. Femm. sav. v, 1. || 2"' Ne pouvoir pasque.... ne..., ou ne pouvoir que ... ne.... (avec le subjonctif), être dans l'impossibilité de ne pas.... Je ne puis, monseigneur, <iu'au milieu de me» maux je ne m'estime fort heureux, balz. liv. i, lett. 4. Je ne puis, cher ami, qu'avec toi je ne ri» Des subtiles raisons de sa poltronnerie, corn, la Suiv. IV, ». Vous ne pouvez pas que vous n'ayez raison, mol. l'At. 1, 7. Je ne puis, ma bonne, que je ne sois en peine de vous, quand je songe.... sêv 42 fév. 4672. Je ne puis que je n'admire cette modestie, boss. Cornet. Je ne puis cette fois que je na les excuse, boil. Sot. x. || .Ne pouvoir que ne, avec un nom de chose pour sujet, ne pouvoir point ne pas. Ce reproche vraiment ne peut qu'il ne m'étonne, cobn. Suiv. II, 14. La nouvelle ne put qu'elle ne causât quelque mouvement dans la faculté dr théologie. Auteurs déguisés, p. 63. ||3*Ea parlant des choses, être capable de. Si la riputalion el U vertu pouvaient dispenser de la loi commune, l'il lustre Julie vivrait encore, plêch. Mme de Mont Plus le prince |fils de Louis XIVJ qu'il gouvernait avait de bonté et de docilité naturelle, plus il éloignait tout ce qui pouvait le corrompre, id "u:: d*
Ifont LTiotineur seul peut flatter un esprtt gSn(!- l tieux, HAC. Eslh. II, 5. Rien ne peut prospérer sur des terres ingrates, l. rac. la Grâce, i. Le vrai est comme il peut, et n'a de mérite que d'être ce qu'il fst, KTAAL, Xém. t. I, p. 65. Tu sais qu'un mot de moi peut donner le trépas, G. delav. Kar. Faliero, 1, 8. Il 4° Avoir la permission, la liberté de. Puis-je me plaindre à vous d'un retour inégal.... corn. Sertor. IV, 2. Cependant aujourd'hui puis-je vous demander Quels amis vous avez prêts à vous seconder ? rac. Athal. 1, 2. Il 5° Souvent il exprime le doute, la possibilité. !| Avec un nom de personne pour sujet. Non, non, ce cher objet à qui j'ai pu déplaire, corn. Cid, m, * . On pouvait le prévenir, mais on ne pouvait le corrompre, fléch. Duc de Mont. Pourriezvous n'être plus ce superbe Hippolyte, Implacable ennemi des amoureuses lois.... rac. Phèdre, i, t. Œiione , il pest quitter cet orgueil qui te blesse, iD. Phèdre, m, <. Il rit de cette perfidie [enlever une maîtresse à un autre], Et j'aurais pu m'en courroucer-. Mais je sais qu'il faut se passer Des bagatelles dans la vie, volt. Ép. xix. Pouvant mourir dans peu d'instants, il ue disait pas un mot qui fût religieux ni sensible, stael, Corinne, xn, 2. || Avec un nom de chose pour sujet. Quelque juste pourtant que puisse être sa peine, corn. Cid, ii, 8. Sganarelle : J'ai une grande inclination pour la fille. — Marphurius: Cela peut Otre, mol. Mar. forcé, 8. Le traité de Versailles qui durera ce qu'il pourra, dideb. Salon de 1765, (Euv. t. xiii, p. 27, dans pougens. Il II se dit aussi impersonnellement en ce sens. Il pourra venir un temps meilleur. Il en sera ce qu'il pourra, mol. Mar. forcé, 8. Tout allait comme il pouvait, Boss. Hist. m, b. Il ne peut y avoir de moeurs, il ne peut point y avoir de bonne éducation, partout où c'est l'argent et non le talent qui conduit aux grandes places, d'holbach. Essai préj. dans nuMAHSAis, Œuv. t. VI, p. "9. Il II peut être midi, c'est-à-dire il est probable qu'il est midi. Il pouvait être dix heures : je venais d'éteindre ma lampe et de me coucher, bern. oe st-p. Paul et Yirg. || 6° Se résoudre à. Et je puis dans son sein enfoncer un poignard I corn. Cinna, m, 2. Et qui peut immoler sa haine à sa patrie, Lui pourrait bien aussi sacrifier sa vie, rac. Théb. m, 6. Lui qui me fut si cher, et qui m'a pu trahir ! ib Andr. ii, l. Tyrans que j'ai vaincus, je pourrai? vous servir ! Peuples que j'ai sauvés, je pourrais .jus trahir! volt. Brutus, m, 7. Il 7° Cette salle est grande, il y peut cent personnes, il y a place pour cent personnes. On se sert de ce verbe d'une façon bien étrange, qui néanmoins est si ordinaire à la cour, qu'il est certain qu'elle est trfes- française ; on dit en parlant d'une table oud'un carrosse: il y peuthuit personnes, pour dire il y a place pour huit personnes, ou il y peut tenir huit personnes, vaugel. Hem. p. 4 6) (éd. (704). Il 8" Au subjonctif, il sert à exprimer un voeu, un souhait ; alors il se met en tête de la phrase, avec son sujet après lui. Puissent tous ses voisins [de Home] ensemble conjurés Saper ses fondements encor mal assurés.... Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre.... cobn. Hor, iv, 6. Vos yeux me reverronl dans Oreste mon frère ; Puisse-t-il être, hélas ! moins luneste à sa mère ! rac. tphig. v, 3. Puisse périr comme eux quiconque leur ressemble! ID. Athal. IV, 2. iiAvec un norr> exprimé avant le verbe, il faut ajouter après îi verbe un pronom. Les dieux de ce dessein puissent-ils le distraire! bac. Brit. IV, *. Il 9" Le se peut se placerdevant pow.oir, «ans que pouvoir soit pour cela verbe réfléchi ; se appartient alors au verbe à l'infinitif qui suit : Il se peut faire, pour il peut se faire. Mais ce champ ne se peut tellement moissonner, Que les derniers venus n'y trouvent à glaner, la font. Fabl. ui, i. Partout où .se pouvait étendre son pouvoir, l'oppression et l'injustice n'étaient pas libres, fléch. Duc de Mont. Il Dans ce cas, pouvoir se conjugue comme les verbes réfléchis, c'est-à-dire avec le verbe être. Jo ne voulus point commencera rejeter tout à fait aucune des opinions qui s'étaient pu glisser autrefois en ma créance sans j avoir été introduites par la raison, DE9CH. Mélh. II, 6. Je m'imagine que tu ne t'es pu empêcher de rire, d'ab!.ancouht, Lueim, Défense du discours sur ceux qui snrteni tes grands. Un einbarraj- qui a œnlinué «t qui ne s'est pu débrouiller, PASC. dans cousin. || lO' V. a. Avoir l'autorité, le crédit, le moyen, etc. .Sachant ce que vous pouvez.... je ne me tueti plus en peine de mon intérêt, balz. liT. I, lelt. 2. Sous lui [Louis XIVJ, la France a appris à se connaître... si les Français peuvent tout, c'est que leur roi est partout leur capitaine, boss. Ifn'-r/wV. J'ai vcugé l'univers autant que je l'ai pu, lAC. Mithr, f, t. Vous pouvex sur Pyrrhus ce
POU
que j'ai pu sur lui [Hector], ID. Andr. m, ♦. Que peuvent contre lui [Dieu] tous les rois de la terre? ID. Eslh. I, 3. Je lui demandai en quoi consistait l'autorité du roi, et il me répondit : il peut tout sur les peuples; mais les lois peuvent tout sur lui, fbn. Tél. V. Peut-être ne ferait-on pas tout ce qu'on peut, sans l'espérance de faire plus qu'on ne pourra, FONTEN. Dodart. Lorsqu'on ne peut, monsieur, faire ce que l'on veut. Il faudrait essayer à vouloir ce qu'on peut, baron, Andrienne, u, ). L'homme ne peut rien sur le produit de la création; il ne peut rien sur les mouvements des corps célestes, sur les révolutions de ce globe qu'il habite; il ne peut rien sur les animaux, les végétaux, les minéraux en général; il ne peut que sur les individus, bcff. Quadrup. t. i, p. 6. Ils raisonnent comme s'ils ne pouvaient rien; ils agissent comme s'ils pouvaient tout, BARTHÉL. 4nach. ch. 7». || Absolument. Lui seul pouvait pour soi, cédez alors qu'il tombe. corn. Pomp. I, t. Adieu, madame, adieu, je n'ai pu davantage, m. Héracl. m, a. || 11» Il se dit, en un sens analogue, des choses qui exercent une action. Ce que n'a pu jamais combat, siège, embuscade. Ce que n'a pu jamais Aragon , ni Grenade, corn. Cid, II, 9. Essayez sur Cinna ce que peut la clémence, id. Ctnno, iv, 4. La violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre, pasc. Proi;. XII. La fortune ne pouvait rien sur elle : ni les maux qu'elle a prévus, ni ceux qui l'ont surprise , n'ont abattu son courage, boss. Reine d'Anglet. Mais que peuvent pour lui vos inutiles soins? RAC. Athal. v, î. On ne saurait comprendre ce que peut sur les esprits une parole, un air de bonté, un regard du général, dans un jour d'action, BOLLiN, Hist. anc. ŒVt). t. iv, p. 154, dans pougens. Il 12° On ne peut rien de plus habile, de plus plaisant, etc. que..., c'est-à-iire on ne peut faire, on ne peut dire rien de plus.... On ne peut rien de plus plaisant que ce que vous dites, sÉv. 288. On ne peut rien de plus joli que toutes vos imaginations, id. 4 4 oct. 1694. On ne peut certainement rien de plus fort que ce que dit Votre Altesse Royale pour prouver la nécessité absolue, volt. Lett. Pr. roy. de Pr. 23 janv. I738. On ne peut rien de plus précis, pour prouver l'innocence naturelle de l'homme, bern. de st-p. Chaum. ind. Préamb. || 13° Les mots beaucoup, peu, plus moins, construits avec pouvoir, doivent être considérés comme les régimes directs de ce verbe, qui reste actif. Pouvant beaucoup sur l'esprit du roi comme vous pouvez, balz. liv. IV, lett. 18. Commençant dès lors à ne compter pour rien les miennes propres (opinions], à cause que je les voulais remettre toutes à l'examen, j'étais assuré de ne pbuvoir mieux que de suivre celle des mieux sensés, desc. Méth. m , 2. Mais sur le grand César je puis fort peu de chose, cobn. Pomp. iv, 2. Et l'État qu'il soutien! ne pouvait moins pour lui, volt. Tancr. i, 4. || On ne peut plus, on ne peut mieux, c'est-à-dire il n'est pas possible de faire plus, de faire mieux. Vous voilà on ne peut pas mieux, ajouta-i-elle en me prenant par la main pour me faire asseoir, mariv. Pays. parv. part. iv. Les métaphysiciens plagiaires sont on ne peut pas plus communs, coNDiL. Art de pens. i, 6 |{ 14° N'en pouvoir plus, être fatigué, abattu, sans forcn. Donnez, je vous prie, du pain à ceux qui sont avec moi, parce qu'ils n'en peuvent plus, saci. Bible, Juges, viii, 5. Enfin, n'en pouvant plusd'ell'ort el de douleur. Il met bas sou fagot, la font. Fabl. i, <6. J'ai le cœur serré à n'en pouvoir plus, quand jo suis dans cette grande chambre où j'ai tant vu ma très-chère el très-aimable enfant, SÊV. t82. L'empire d'Occident n'en pouvait plus, boss. Hist. i, 4). Ce pauvre garçon n'en pouvait plus d'amour pour elle, hamilt. Gramm. 4U. L'Iiorreur pour le fanatisme s'introluit dans tous les esprits éclairés... je ne suis plus bon à rien ; je suis comme ce Danois qui, étant las de tuer à la bataille d'Hocbstett, disait à un Anglais : brave Anglais, va-t'en tuer le reste, car je n'en puis plus, volt. Lelt. Saurin, 28 févr. 1764. Candide, n'en pouvant plus [il pissait par les verges], demanda en grâce qu'on TOiilùt bien avoir la bonté de lui causer la léte, m. Cund. 2. Vous n'en pouvez plus, lui dit-il [Charles XII |, mon cher Keichel; j'ai dormi une; liuure, jo suis
frais in. Bustie, u, B. || N'en puuv iiit plus que ...
avec le verbe au subjonctif, impatitiiidu.... X peine tenait-elle à terre, n'en pouvant plus qu'elle ne fût seule pour donner un libre cours à sa Joie, la font, l'tyché , II, p. 450. Il 11 n'en peut mais, ce n'est passa faute (dans cette lociitiuD, mats représente le latin magit). Le nialbeureux lion se déchire lui-iniuis, .... Bai l'air qui n'eu peut mais,
POU
LA PONT. Fabl. 11, 8. Sur la tentation ai-je quelque crédit. Et puis-je mais, chétif, .si le cœur leur eu ditî MOL. Dép. am. v, 3. Faut-il de vos chagrins sans cesse à moi vous prendre. Et puis-je mais des soins qu'on ne va pas vous rendre"/ lO. Mis. m, 6. ||Tel en pàtit qui n'en peut mais, c'est-à-dire on porte la peine de ce dont on n'est point cau^e. || 16° Se pouvoir, V. réfl. Être possible (mot à mot, être pu; c'est le réQéchi de pouvoir, actif). Avez-vous donc espéré de faire l'impossible, que vous n'êtes pas satisfait d'avoir fait tout ce qui s'est pu? voit. Lett. 89. Je ne sais pas si cela se peut; mais je sais bien que cela est, mol. Am. méd. ii, 2. |] ImpersonneMement. Le pauvre : [Mon occupation est] de prier le ciel tout le jour pour la prospérité des gens de bien qui me donnent quelque chose. — D. Juan : Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien à ton aise?MOL. Z). Juon,iu, 2. Il ne se peut rien de plus beau, lu. Am. magn. m, 4. On ne saurait a.ssez louer tout ce qu'a dit et fait Monsieur le Prince [Condé] jusqu'au ilernior moment , et sa mort est, s'il se peut, plus belle que sa vie, danoeau, i, 427, 4 1 déc. 4 686. Se peut-i! que Renaud tienne Armide asservie? quin. Arm. m, 4. Il peut ha'ir les hommes en général, où il y a si peu de vertu; inais il excuse les particuliers.... et il s'étudie à mériter le moins qu'il se peut une pareille indulgence, LA BRUT. XI. Il se peut que la vue de toutes ces étoiles favorise la rêverie, font. Mondes, i" soir. l\ Tout ce qui se peut, autant qu'il est possible. Les sociniens étaient ignorants, tout ce qui se peut, dans la connaissance des Pères, bayle, Lell. à Marais, 2 oct. 1698. Il 16° L'infinitif pris substantivement. Une action que nous faisons ... doit encore venir immédiatement de Dieu, qui étant, comme premier être , cause immédiate de tout être , comme premier agissant doit être cause de toute action ; tellement qu'il fait en nous l'agir mênje. coumie il y fait le pouvoir agir, boss. Libre arb. 8. || Proverbes. Qui ne prend le bien quand il peut, ne le trouve pas quand il veut, c'est-à-dire celui qui laisse échapper une bonne occasion d'ubtcnir ce qu'il désire, la retrouve rarement. J| Qui peut plus peut moins, celui qui peut le plus peut pour cela même le moins,
— HEM. On dit : je ne puis et je ne puis pas. Dans le premier exemple la négative est moins forte. Je ne puis suppose des embarras , des difficultés, des inconvénients. Je ne puis pas, exprime une impossibilité absolue.
— HIST. IX' s. In quant Deus savir et podir me dunat [me donne de savoir et de pouvoir], Serment. Si io relurnar non Tint pois [si je ne puis l'en détourner], ib. || x* s. Ne ule cose non la pouret omque plei(er [lléchir], Eulalie. Erepausar sepodist, Fragm. de Valenc. p 468. Que Io posciomes [que nous le puissions] , ib. p. 46». || xi's. Ne poet estre altre, turnent el consirrer |à faire ce qui est dit] ; Mais la dolur ne potlient ubiier , St Alexis, xxxii. Respond Rolans : j'i puis aler mult bien, Ch. de Roi. xviii. Si corne il pout [put], du pin est avalet, ib. i.xxix. .Souz ciel n'a |il n y a) gent qui plus poissent en champ [de bataille], ib. ccxviii. Onze luillie chevaliers [ils] poent estre, ib. ccxx. H ne puet estre (il est impossible] qu'il scient dcsevrcz, ib. ccLXxxvi. Il XII' s. (Amour] Me fait chanter de la plus debonaire Qu'on puist au mont [monilo] ne vouer ne trouver, Couci , u. Diex! car [je] Io (la) peiisso tenir Un seul jour àmavolenlô! ib. m. Par nule raison dewerpir (abandonner) ceu [ce] où li pnniier puycnt [peuvent] mettre lor mains, st-bkbn. 521. Il XIII' 8. C'est grant enfance kant li bons [l'Iioinme] ne set refraiudro .son couraigo; qui plu» peut, plus doit soufrir , Proverbes de Seneke le philos. Cesle gent ne puent plus paier, villeii. xxxvm. Chose que on me puist (puisse) à mal biasme atourner, Berte, m. Aliste, so je puis, très bien [jej marierai , ib. vu. Ainsi [ils] l'ont devisé. Diex les puisse honnir, ib. xm. Li vcnnor les chiens atice. Et amone.ste durement; Et Ysongrin bien se défient; As deiiz Içs mort; qu'eu puet-il mes? Ben. 1227. Il fu jugié que noz, de noslre office .., poyons el devions tenir les parties emprisonées, bkaum. lx, i8. El c'est bien rosons que cil qui a e.Mù à mon consrij ou avocat on nie (ma i|iiercle, ne puist puis estre contre moi de celle lueisine querule , m. v, 4. {| xiV s. Du grises nonains à vous plaindre Nous venons, ijui passer nous vuelonl. Et se painenl (luank'eles puelcnt , i. uk condS, t. m, p. 21. Il XV* s. Ca'r bien savoit |la comte de Elaiidrel que il les (les Gantois] avoit si avant menés que ils n'eu pouvu^iit plus , FBOiss. Il, II, 150. si manda par des hérauts au duc de Normandie son cousin, que bataille se put faire
POU
POU
PRA
entre cist , in. i. i, <(H. Une bastide de gros merrienf n manier» (inné recueillette, où bien pouvoient raille hommes, id. ii, il, 67. El avoient fait charpenler un engin, auquel avoit trois estages, et on chai^i-uii estage pouvoient vingt arbalestriers. ID. II, ni, 2. Et esloit rinlenlion [du roi de France] que [ses gens] sa delivras.sent de prendre Evreux, ou de l'avoir par composition au pluto.st que ils pouvissent, id. ii, ii , 3U. Quand ils furent tous aslemblés à SI-Quentin.... ils regardèrent quel nombre de gens ils pouvoient estre; si trouvèrent fu'ils estoient bien six mille armures de fer..., ID. I, i, loi). Riens ne se puel comparer à Paris; C'est la cité sur toutes couronnée , B. desch. S. les beautés de Paris Et laissa de ses gens dedens pour garder que ceux du chastel ne peusissent saillir, FEBIN, 1415. Et pour cc que il luy sembloit que il n'en pouvoit assez faire, ne prenoit aussi comme point de repos, Bouciq. i, («. Et jamais n'en estoit peu venir à bout, comm. iv, 8. || xvi's. Transpoilezvous vers luy.... pourra estre que de luy aurez ce que prétendez, bab. Pant. m, 2i. Si eschapper te puis en bonne sorte. Rien ne m'escrips, mais toi mesmes apporte Cette faconde et éloquente bouche, id. Ep. à Buuchet. Peusse-jeau moins d'un pinceau plus agile De ces palais les portraits façonner I du bellaï, VI, 68, rerjo. J'ay grande pitié de toy, veu que, n'estant point prisonnière, tu puis endurer un si meschant homme que Alexandre, auyot, Pélop. 62. Que désormais autant en puisse il prendre X qui voudra
telle chose entreprendre, lo. Gracques, H Se
pourroit-il bien faire Qu'elle pensast, parlast, ou se souvinstdemoyÎBONS. 237. Je ne me suis peu garder d'envoyer ce porteur poiir sçavoir de vos nouvelles, MABGUEH.,t«((. «5. Ce desplaisir se peull signifier par larmes, les autres surpassant tout moyen de se pouvoir exprimer, mont, i, 7. Il se pouvoit vanter d'estre.... ID. 1 , 9). Ce sexe n'y est encores pu arriver, ID. I, <io. Sa façon externe pouvoit n'estre pas [n'était peut-être pas) civilisée à la courtisane, ID. i, 1*7. Autant d'hommes qu'il en pourroit en une telle espace, id. i, 247. Si aggravé de.... que nature n'en pouvoit plus, id. i, 34*. Contre fortune nul ne peut, cotcravb. Qui mieux ne peut i sa vieille retourne, in.
— ËTYM. Bourguig. pdroi; wallon, poleur; provenç. et espagn. poder; ital potere ; d'une forme latine pnlêre, au lieu de pojsc, justifiée par le bas-latin poteret pour posset, potemxu pour postumus, potebat pour poterat , etc. (voy. diez, à potere). La forme wallone poleur se rapporte à puelent pour peuvent, qui s'est dit dans le Hainaul (voy. riiistoriijue). La forme ancienne est poot'r, le v est moderne et de prononciation.
ï. POUVOIR (pou-voir), t. m. || 1° Faculté par laquelle on peut ; ce que l'on peut. Et vous l'allei servir de tout votre pouvoir? corn. Tbéod. m, 6. Autant qu'il est en notre pouvoir, pasc. Prov. vu. Il Faire son pouvoir , faire ce qu'on peut (on dit ai^ourd'hui, faire son possible). J'ai fait mon pouvoir, sire, et n'ai rien obtenu, cobn. Cid, ii, 6. Faites vbtre pouvoir, et nous ferons le nôtre, mol. Dép. am. i, a. || Faire son pouvoir à, s'efforcer de, faire tout ce qu'on peut. J'obéis avec joie, et ferai mon pouvoir i vous dire bientôt ce qui s'en peut savoir, corn. D- Sanche, v, «. || En pouvoir, à la disposition de. Nos biens , comme nos maux, sont en notre pouvoir, rëgmier, Sut. xiii. Je viens me mettre en ton pouvoir, volt. Zaïre, i, 4. || au pouvoir de, même sens. Nous sommes tous si généreux et si bons amis, qu'il ne me paraît pus au pouvoir de l'incoastante fortune de nous faire changer d'avis, »Év. à Guitaut, » fév. ie»3. Ce chevalier de Tai, apiés avoir tué M. de Schomberg.... pour le pcince d'Orange, il n'a pas été à mon pouvoir de rendre sa blessure mortelle, id. 27 août <6(»o. L'honneur d'un homme comme vous n'est point au pouvoir d'un autre, il est en lui-même et non dans l'opinion du peuple, J. j. Bouss. Ilél. l, 57. [j En pouvoir de, signifie aussi : avec la faculté de. Il n'est plus en pouvoir de me falire du mal, uol. l'Ét. ii, ». Elle [la véritable grandeur] s'abandonne quelquefois, se néglige, se reliche de ses avantages, toujours en pouvoir de les reprendre et de les faire valoir, LA BHUï. ii. || Avoir une personne ou une chose en son pouvoir, avoir la faculté d'en disposer i son gré. || On dit de m^me : être , tomber au pouvoir de quelqu'un, en sou pouvoir. En y comprenant les domestiques du roi [Charles XII ] et d'autres personnes suivant l'armée, il y en eut 4»7«« [Suédois] au pouvoir du vainqueur {à Pultaw»\, VOLT. Huuie, 1, I». Il Avoir une chose en son pouvoir, signius aussi la posséder || Une femme en
pouvoir de mari, une femme mariée qui ne peut faire aucun acte sans l'autorisation de son mari. Il S'il se dit aussi des choses. Le feu a le pouvoir de calciner, Dict. de l'Acad. \\3' Droit d'agir pour un autre. J'ai pouvoir de lui. Agir en vertu de pouvoir. On lui a donné un pouvoir fort ample. || Être fondé de pouvoir, de pouvoirs, avoir reçu d'une personne l'autorisation de suivre une affaire à sa place. [[.On dit aussi substiintivement : un fondé de pouvoirs. 4° Acte par lequel on donne pouvoir d'agir (en ce sens il se dit souvent au pluriel). J'ai un pouvoir par-devant noiaiie. Les ambassadeurs se sont communiqué leurs pouvoirs. J'ai montré mon pouvoir, mes pouvoirs. Cela excède vos pouvoirs. Grotius reparût pour aller à La Haye et i Amsterdam se faire donner, comme l'on dit, des pleins pouvoirs, pel- LissoN, Lett. hist. t. i, p. iss.On peut vous donner un plein pouvoir, sans ciaindre que vous en abusiez, MAiNTENON, /-«». OU card. de Noailles, 3 janv. 4 6»». Il II a reçu des pleins pouvoirs ou de pleins pouvoirs, suivant que l'on considère pleins pouvoirs comme deux mots ou comme un seul mot. || 6° Autorité, empire. Le pouvoir paternel. Lorsqu'ils apprendront que, du temps de son ministère [de Richelieu], les Anglais ont été battus et chasses, Pignerol conquis , Casai secouru, toute la Lorraine jointe à cette couronne, la plus grande partie de l'Alsace mise sous notre pouvoir.... voit. Lett. 74. Mais le cœur d'Emilie est hors de son pouvoir, corn. Cinna, m, 4. Ne donnez point pouvoir sur vous pendant votre vie à votre fils, à votre femme, à votre frère ou à votre ami, saci. Bible, Hcclés. xxxm, ^o. Un emploi ne saurait être que glorieux , Quand il vient du pouvoir [le roi] qui m'envoie en ces lieux, MOL. Tort, v, 7. L'homme n'a pas même pouvoir sur sa propre vie, pasc. Prot;. xviii. Il faut que nous exercions sur le cerveau un pouvoir immédiat, puisque nous pouvons être attentifs quand nous le voulons, BOJS. Conn. de Dieu, m, <2. Tant qu'elle a été heureuse, elle a fait sentir son pouvoir au monde par des bontés infinies, id. Reine d'Anglet. Quand Dieu par plus d'effets montra- t-il son pouvoirTRAC. Àth. 1, i. Louis le Débonnaire avait été le premier exemple du pouvoir des évêques sur les empereurs, VOLT. Mœurs, 30. |{ En pouvoir, revêtu d'une autorité, d'une puissance. Ne pas traiter sépa'ément avec les hommes en pouvoir, stael, Consid. re'tîot. franc, vi, 4. Le caractère des personnages en pouvoir, CHATKAIIB. t. XIIX, p. ieS, édit. POURRAT.
Il 6* Particulièrement L'autorité qui gouverne l'État. Affermir le pouvoir. Usurper le pouvoir. Et, de la majesté des lois Appuyant les pouvoirs suprêmes, (la paix] Fait demeurer les diadèmes Fermes sur la tête des rois, malh. m, 2. Le pouvoir absolu, corn. Perthar. ii, 3. De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse, R*c. Athal. IV, B. C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, montesq. Esp. xi, 4. Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir, id. ib. Il Pouvoir temporel, autorité civile. Pouvoir spirituel, autorité ecclésiastique. La distinction des deux pouvoirs s'établit durant le moyen âge. || Les trois (louvoirs, le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Il y a dans chaque Ëtat trois sortes de pouvoirs : la puissance législative, la puissance exécutrice des choses qui dépendent du droit des gens, et la puissance exécutrice de celles qui dépendent du droit civil, id. ib. xi, 6. Les anciens, qui ne connaissaient pas la distinction des trois pouvoirs dans le gouvernement d'un seul, ne pouvaient se faire une idée juste de la monarchie, ID. ib. XI, ». Il Les trois pouvoirs se dit quelquefois de la réunion d'un souverain et de deux chambres. Il 7" Les personnes mêmes qui exercent le pouvoir. On peut, sans s'abaisser, respecter le pouvoir, M. 1. CHÉN. Charles IX, m, 1. 1| Homme du pouvoir, homme dévoué à la fortune politique de ceux qui exercent le pouvoir. || 8" Crédit, ascendant. Voilà notre pouvoir sur les esprits îles hommes, corn. Poly. I, 3. Mais ai-je sur son àme encor quelque pouvoir? ID. tb. Il, I. Nous n'avons pas autant de pouvoir sur les magistrats que sur les confesseurs, PASC. Prov. VI. Cependant, à l'entendre, il (un poète] chérit la critique ; Vous avez sur ses vers un pouvoir despotique, boil. Art p. 1. 1| 11 se dit aussi des choses. Et sur lui la raison a repris son pouvoir, coiiN. Nicom. v, 2. Enfin Malherbe^... D'un mol rais en sa place enseigna le pouvoir, boil. Art p. i. Il e^ vrai que les comédies de ce temps-là faisaient par(ie du gouvernement, et avaient un grand pouvoir sur le peuple, fOntrn. Rem. sur Àristoph. (£wv. t. u, p. 423, dans pouaEt«s. || L'empire
exercé par ce qui charme en amour. Il a trop bien senti le pouvoir de vos charmes, rac. Andr. ii, i. Mais dis-moi de quel œil Hermione peut voir Son hymen différé, ses charmes sans pouvoir, id. ib. I, t. Il 9° Terme de jurisprudence. Capacité de faire une chose. Un mineur n'a pas pouvoir de tester. || 10° jlu piur. Terme de droit canonique. Faculté d'exercer licitement et valiJement certaines fonctions du ministère ecclésiastique, comme de célébrer, prêcher, confesser, etc. Ce prêtre a des pouvoirs. || 11' /lu plur. Titres d'éligibilité et pièces à l'appui de l'élection d'un député. La chambre procède à la vérification des pouvoirs de chacun des députés récemment élus. || 12 Ternie de physique. Pouvoir émissU rayonnant , réiléchissaiit, absorbant, faculté quV un corps d'émettre, de rayonner, de réfléchir, d'absorber la chaleur ou la lumière. : Pouvoir réfringent, faculté qu'ont les cristaux et les fluides de réfracter la lumière.
— SYN. POUVOIR, PUISSANCE. Pouvoir est l'inlinitif du verbe ; puissance est le participe présent avec la finale ance ; de la sorte, pouvoir marque l'action simplement ; et puissance, quelque chose de durable, de permanent : On a la puissance de faire une chose; et on exerce le pouvoir de la faire. C'est pour cela qu'on dit la puissance d'une machine, et non son pouvoir.
— HIST. XII* s. Cne que je l'ai [amour] à mon pooir Servie sans desloiauté, Couci, m. Par tantes foiz [j'I ai esté assailliz. Que je n'ai mais pouoir de moi défendre, m. ib. v. Aiiis fj'] ai mis en Ii [elle] servir Cuer et cors, force et pooir, id. ib. xv. Ainz se porpensera Ii rois aucune fie [fois]. Qu'il de vous ait la force, le pooir et l'aie [aide], Sax. xxxii. Il xiii* s. Conques savons nos que Ii pooirs est devant le faire, brun, latini, Trésor, p. 266. Et ce dienl Ii message, avons-nos plaiu pooir d'asseûrer, se vos volés, villeh. li. Li euipereres Marchufles estoit venu herbergier, devant l'assaut, en une place à tout son pooir [avec son armée], id. civ. Se Diex lui donnoit vie, qui sur tout a pooir..., Berle, lxv. Par le pouer que il donnèrent aus trois preudes homes mestres du mestier, Liv. des met. 386. Les grans ncfz n'avoienl pooir de venir jusque» à terre, joinv. 2I4. Quant le roi vint à Biaukaire et je le vi en sa terre et en ion pooir, ie pris congé de li, tD. 28». Il XV* s. Mo'ij seigneur, r;'.KOoudit Yvain (au duc d'Anjou), à [selon] mon loyal p^-uroir je obéirai à votre commandement, froiss. ii, ii, ts. Us dirent que ils en feroieni leur pouvoir temprement, id. i, i, 60. Et dit au roi de France [le- héraut] comment le roi anglois estoit arresté sur les champs, et lui requeroit à avoir bataille, pouvoir contre pouvoir, id. i, i, »o. Elle en fil confession sans repentance, en lemonstrant qu'elle l'avoit dit à non povoir [malgré elle], Perceforest, t. v, f* 33. Contre povoir n'a commandement [on ne peut demander à un homme plus qu'il ne peut], ib. t. iv, f" 71. Le suppliant vint demouter ou povoir [district, territoire] de Demeucourt, esfaubours d'Arras, nu CANGE, passe. \\ xvi* s. Il a peu de pouvoir qui ne peut nuire, leroux ue linct, Prov t. ii, p. 306.
— ÊTYM. Pouvoir t.
POUZZOLANE (pou-zo-la-n'), i. f. Nom donné à certains sables volcaniques qui servent à faire un mortier. La pouzzolane des environs de Naples est la plus estimée. Les pouzzolanes du Vivarais. La pouzzolane d'est que le détriment des matières volcaniques; vue à la loupe, elle présente une multitude de grains irréguliers, bupf. Min. t. m, p. 439. Il Particulièrement. Mélange artificiel consistant en sable fin volcanique, chargé d'environ JO pour too d'oxyde de fer avec une petite quantité de chaux; ce mortier a la propriété de se durcir dans l'eau. On obtient de la pouzzolane artificielle en torréfiant les va.ses argileuses pour détruire les matières végétales qu'elles contiennent, legoakant. || On trouve aussi pozzolane.
— ÉTYM. Pouzfoles, ville prés de Naples, dans le voisinage de laquelle on trouve ce sable.
t POUZZOLANIQUE (pou-zo-la-ni-k'), adj. Qui a rapport à la pouzzolane. Que la prise des ciments pourrait être due à un phénomène puuzzolanique, KBKMY.ylcod. des se. comptes rendus, t. lxvii, p. t2ti«
t POUZZOLITE (pou-zo-li-l), s. f. Nom donné à une variété de pouzzolane, qu'on appelle aussi (Hjuzzolile lapilliforme, parce que elle est formée de scories laiiiliaiies décomposées.
t PRACUIT (prâ-kri), i. m. Dialecte vulgaire du sanscrit.
— ETYM. Sanscrit, prakrita, de prdkriti, "iture : le dialecte naturel, vulgaire, par oppusitiun au sanscrit, qui est le dialecte parfait.
PRA
t PHADELLE (pra-dè-r), s. f. Nom donné en queUjues provinces aux prairies naturelles. Les pradelles qui ne sont que de mauvaises prairies natur^le§ et sauvages uniquement utiles aux bestiaux, CAPPEAU, De la comp. des Alpines, p. 347.
— ÊTYM. Diminutif du lat. pralum, pré. ■
t PRADIKR (pra-dié), *. m. Terme rural. Ouvrier qui est gagé pour prendre soin des prairies d'une commune, c'est-à-dire pour enclore, arroser, epierr«, etc.
-— ÉTTO. Bas-lat. pratarius, de pratum, pré.
). PRAGMATIQUE (pra-gma-ti-k') , adj. (.
\\l' Pragmatique sanction, et, substantivement, la pragmatique, règlement émanant du pouvoir civil en matière ecclésiastique. Quand saint Louis, par la pragmatique qui porte son nom, lui [i l'Église gallicane] donna comme une face nouvelle, en rendant aux coUateurs onlinaires, aux chapitres, aux évoques, tout ce que la confusion des siècles leur avait ôté, patru, dans rich.^xet. [Saint Louis] réprimant les entreprises de la cour de Rome par cette fameuse pragmatique qui conserve les anciens droits de l'Eglise, nommés libertés de l'Eglise gallicane, s'il est vrai que cette pragmatique sait de lui, VOLT. jlfœiirî,68. || Absolument. Onlonnance faite à l'Assemblée de Bourges en I4S8 par Charles VU pour recevoir ou modifier quelques articles du concile de Bâle. Vous étiez d'intelligence avec le pape, pour me faire abolir la pragmatique, sans consulter si cela s'accordait avec les véritables intérêts de la France, f8n. Dial. des morts mod. Louis II, la Balue. Les Français, depuis Charles VII, étaient reg.irdés à Rome comme des schismatiques, à cause de la pragmatique sanction faite à Bourges, conformément aux décrets du concile de Bâle ennemi de la papauté, volt. Mœurs, (38.112" Disposition d'un souverain concernant ses Etats et sa famille. La pragmatique de l'empereur Charles VI.
— ÊTYM. Lat. pragmaticus, de «pa-fiiaTixà?, de Trpâfpm, affaire, de irpàodeiv , faire. L'origine de pragmatique sanction est dans le droit romain : on appela ainsi, à partir de Constantin et en Orient, les rescrits qui n'étaient pas simplement répondus par les empereurs en marge des suppliques, et qui étaient l'objet d'une expédition spéciale et solennelle; cela (init par désigner un édit du souverain an général ; et la cour de Rome conserva ce nom aux éilits des souverains qui la concernaient.
t -i. PRAGMATIQUE (pra-gma-ti-k'), adj. Néologisme emprunté aux écrivains allemands. Qui tire Jes faits étudiés en eux-mêmes leur esprit, leur i>rdre et leur liaison nécessaire. L'histoire pragmatique de la philosophie. Un historien pragmatique.
— ÉTYM. Ail. prafimatisch (voy. pragmatique t). t PRAGMATIQUEMENT (pra-gma-ti-ke-man) ,
ad). D'une manière pragmatique. Traiter pragmatiquement l'histoire de la philosophie.
t PRAGUERIE (pra-ghe-rie), *. f. Faction qui s'éleva en (446 contre Charles VII.
— HIST. XV" s. S'apela cette guerre briguerie ou la praguerie, cohm. Uim. p. 602, dans lacurne. Il XVI* g. La province estoit remplie de volleries, praguerie» et autres sortes d'insolences, le Prince de Unchiavel, p. 62 , dans lacuhnr.
— ÉTYM. Cette faction se nommait ainsi, par comparaison avec les guerresde Bohême qui avaient eu lieu peu auparavant, de Prague, ville de Bohême, oïl la guerre des Hussiles avait son siège. Les parlis.ms de la praguerie étaient nommés pragons.
PKAIKIAL (prèri-al), s. m.]\V Neuvième mois du calendrier républicain, commençant le 20 mai et finissant le u juin. |{ Emeute du i" prairial an m (20 mai 479B), soulèvement contre les thermidoriens. Il S* Adj, Oui croît dans les prairies, qui a rapport aux prairies. Plantes prairiales.
— KTYM. Prniiw.
t PRAIRIALISER (prè-ri-B-li-zé), e. a. S'est dit, durant la Révolution, de ceux qui avaient été frappés à propos de l'émeute de prairial. Ils vont se faire prairialiser, tandis que, pour sauver la patrie, il ne faut que vt-ndémiariser, babœuf. Pièces, l, 20«.
PRAIRIB (prè-rie), t. f. Terrain couvert de plantes herbacées, fourragères, consommées sur place par les bestiaux, ou coupées pour être mangées en vert ou desséchées. Des boeufs, des moutons, des porcs, des chèvres pais.sent nuit et jour dans les prairies sans cesse renaissantes que la nature a formées à Madagascar, haynal, llist. phil. iv, 4, I.es terrains qui conviennent le mieux aux prairies sont ceux qui ont de la profondeur, pourvu qu'ils ne soient ni sablonneux, ni schisteux, ni graniteux, GCNLif, Maison rutt. t. m, p. <»«, dans poigp.ns. ]' r'iviino naturelle, étendue de terrain où l'herbe,
PRA
une fols semée, se perpétue et se multiplie d'ellemême. Il Prairies artificielles, terres labourables où l'on sème, pour un certain temps, différentes herbes, comme du trèfle, du sainfoin, etc. Il établit dans ses terres la culture dc^ prairies artificieKes, production inconnue en France dans sa jeunesse, comdobcet, Duhamel. \\ Poétiquement. L'émail des prairies, les diverses fleurs qui y croissent.
— HlST. III' s. Il laisse courre tout une praerie, flonc. p. 56, Il xiii* s. El fist tendre ses très ftentes| et ses pavcUons en la praerie sour Seine, Chr. de Rains, 436. [Au temps] Que li bos [bois] est rames et vers [verte] la praerie, Ch. d'Ant. i, 795. {| ivi* s. Bon fut pour lui que la cavalerie catholique n'osa entrer dans la prairie qu'elle tenoit pour un marais, u'aub. Hist. Il, 267.
— ÊTYM.Berry, prot'sic, prdiie; provenç. pradaria; esp. praderia ; ilai, prateria ; du bas-lat. prataria, de pralum, pré,
; PRALIN prÂ-lin), s. m. Sorte de bouillie qui sert à o|iérer le pralinage.
t PRALINAGE (prâ li-na-j'), s. m. Terme d'horticullure. Méthode pour planter, recommandée nouvellement, elle consiste à plonger les racines des arbres, des plantes, des boutures, dans une bouillie de terre seuls, ou de terre mélangée d'engrais, de façon que les racines en soient presque recouvertes avant de les mettre en place. || On opère aussi le pralinage des semences au moyen d'engrais semi-liquides.
PRALINE (praii-n'), s. f. Amande rissolée dans du sucre. Sœur Rosalie, au retour de matines, Plus d'une fois lui porta des pralines, ghesset. Ver-vert, ch, IV. Le sucre à faire les pralines doit être cuitjusqu'à la grande plume, Dict. des arts et mil. Confiseur.
— ÉTYM. Ainsi dite du sommelier du maréchal Duplessis Praslin , lequel le premier a préparé les amandes de la sorte (mBnage) .
PRALINÉ, ÉE (prâ-li-né, née) , part. pas.<:é de praliner.
PRALiNER (prâ-li-né), i', o. {| 1° Termede confiseur. Faire rissoler dans le sucre, comme les pralines. Praliner des amandes. || 2" Terme d'horticulture et d'agriculture. Opérer le pralinage.
— ÈTYM. Praline.
\ PRALINEUR (prâ-li-neur), ». m. Celui qui fait des pralines.
PRAMF, (pra-m'), s. f. Vaisseau à un seul pont, qui tire peu d'eau, et qui va à rames et à voiles. Le commencement de cette fête [entrée triomphale de Pierre I" après une victoire navale] fut d'amener dans le ponde Cronstadt neuf galères suédoises, septpramesrenjpiiesde prisonniers.... volt. Russ. ii, 5. En t«02. Napoléon fit construire un grand nombre de prames pour porter sur la cête d'Angleterre, où il voulait aller descendre, une partie de l'armée qu'il avait réunie au camp de Boulogne, ial.
— ÊTYM. Angl. prome; holl. praam; ail. Prahm. t PRAO (pra-o) ou PRO (pro), ». m. Nom commun,
chez les Malais, à tous les bilimont» «l-tummerce, de guerre ou de pêche.
t PRASE (pra-z';, ». f. Nom sous lequel on désigne la chrysoprase, une variété vert obscur du quartz, et plusieurs pierres siliceuses d'un vert plus ou moins approchant de celui du porreau, legoahant. Il Fausse prase, nom sous lequel on désigne une variété verte d'un quartz hyalin, qui est le quartz prase de Boudant.
— ÉTYM. npiT'iV, porreau, à cause de la couleur. t PRASINE (pra-zi-n'), t, f. Espèce de terre
verte dont les peintres font usage.
— ÉTYM. Ilcâiov. poireau
t PRATICABILITÉ (prati-ka-bl-li-té), ». f. fiUl, qualité d'une chose praticable. L'oppfirlunité , les conséquences, la praticabilité de notre révision (de la constitution';, cahrki,, Œuk. t. m, p. »22.
PRATICABLE (pra-ti-ka-bl'), ad). || l" Dont on peut se servir, qu'on peut faire ou employer, lo [Mme de Ludres'.... n'a pu soutenir ce personnage simple, qui n'était pas praticable, sÉv. U6 juin (677. Hermippe est l'esclave de ce qu'il appelle ses petites commodités.... il les cherche en toute» choses, 11 quitte une moindre pour une plus grande, il ne néKlige aucune de celles qui «ont praticables, LA BRUT. XIV. C'éwit lui (Lallij qui avait formé le plan plus audacieux que praticable dn drliarquer en Angleterre avec dix mille hommes, volt, f.oui» IV, »i. Je suis affligé [mur rbunianilé que tint d'idée» qui me parais-seul bonnes et utiles se trouvent toujours, quoique tris-praticables, si loin de tout ce qui sa fait, i. ). «ooss. fioui . d» Polog. *. Ijl* Oui permet que l'on passe, que l'on marche dessus. Chemin, terrain praticable. Ce gué, ce ma-
PRA
12fi3
rais n'est pas praticable. Les brèches n'étaient pas encore praticables, volt. Louis IK, 26. Ces parages ne sont plus praticables depuis le commencement de mars jusqu'il la fin d'août , ratnal , llist. phil. XI, 21. Il Terme dedécoralion de tliéâue. Porte, fenêtre praticable, porte, fenêtre qui n'est pas seulement figurée, et par laquelle on peut passer réellement. Objets praticables, ei, substantivement, de» praticables, objets qui ne sont pas seulement peints. Il 3° Fig. Avec qui on peut avoir commerce. Ce! homme n'est pas praticable. || On dit de même ■ son humeur n'est pas praticable.
— ÊTYM. Pratiquer.
PRATICIEN (pra-li siin), ». m. || 1" Celui qui connaît la manière de procéder en justice. Lorsqu'on vit naître des praticiens et des jurisconsultes , les pairs et les prurihommes ne furent plus en état dr juger, MONTESQ. Esp. xxvm, 42. || Il s'est dit île tous ceux qui s'occupaient d'affaires juridiques, procureurs, avocats, Kieffiers . Il y avait entre eux des distinctions extérieures qui empêchaient qu'on ne prît la femme du praticien pour celle du magistrat, LA BRUT. vu. Je l'attends à cette petite formalité, s'il l'oublie.... U perd .sa somme, ou il est incontestablementdéchu de son droit.... voilà ce que j'appelle une conscience de praticien , a-, xtv. On faisait comme ce praticien à qui on produisait une f lusse obligation ; il ne s'amusa point à plaider, il produisit surle-champ une tau-s.se (luitlancc, volt. Maurs, Introduclio'i, Des miracles. |{ Le Praticien français, titre d'un ouvrage de droit. Va, je t'achèterai le Praticien francois, rac. Plaid.n, 3. Je ne sais si praticien ne serait pas mieux de quatre syllabes; i cet égard, les poètes doivent être juge» en leur propre cause, p'ûLiVET, Hem. Hac. § i(. || 2° Terme de sculpture. Celui qui ébauche la statue que le maître achève ensuite. ||3° Celui qui s'est plus livré i la pratique de son art qu'à la théorie. Les plus habiles praticiens, ceux qui ont l'oieiUe la plus délicate et la plus fine, no sont pas encore assez sensibles pour reconnaître la différence qu'il y a entre certains sons, MALEBB. Rech. rér. vi, i, 4. Trop instruit luimôme pour n'être pas supérieur à cette injustice si commune parmi les praticiens, qui ne manquent guère de proscrire comme inutile toute théorie qu'ils ne sont pas en état d'entendre, coNnoHCET, Duhamel. || Adj. Il est plus praticien que théoricien. Il 4* Particulièrement, Mé«ncin ou vétérinaire qui a acquis beaucoup d'expérience dans son art. Je répondis (|ue j'étais un jeune praticien, et que je ne travaillais encore que sous les auspices du docteur .Siinf.'r.nilo, i.esage. Cil Bl il, 4. Dumoulin, non pas \r jurisconsulte mais le médecin, qui était aussi bon pr.iticien que l'autre, a dit en mourant qu'il laissait deux grands médecins après lui , la diète et l'eau de rivière, volt. Dict phil. Charlatan. Il II se dit quelquefois pour empirique, celui qui exerce la médecine sans avoir obtenu un litre de capacité
— KIST XIV* s. Selon les aucteurs et les praticiens [en chirurgie', B. nï mondevill», f* loi. Il est prudent, (larce qu'il est praticien et opcratil, OBKSME, Bth. 217. Il XV* S. Et s'on sent son corps empirer, Aler fault aux praticiens, Qui soient bons pliisiciens, e, nEscii. hutahlc rnsrign l'rinco.s, prelas grans Jt moyens, Maisires de la divine esicole; Clers, conseilliers, praticion^..., lo. Pofsies mu. f* 4.13 II xvi* s. Du temps qu'on les appeloit [les gens de loi] pragmaticiens en retenant l'origine du mot , b's choses alloient auticnu'iil ; mais depuis qu'on leur a retranché une syllajio de leur nom en les appellant praticiens, il.s ont bien sçu se récompenser de ce retranchement sur le» liourse» de ceux qui n'en pouvnicnt mais, H. est. Apol. tl'Ilirod. p. 342, ilans laci'RNK.
— F.TVM. Prntique.
t PRATIC.ttl.K (pra-ti-ko-l'), adj. Terme de zoologie. Oui vit dnns H-s prés.
— tVl'YM. Lat priilum, pré, et eotere, habiter.
t PKATICULTKIIH (pra-ti-kul-leur) , ». m. Celui qui cultive les yralrics.
t PRATICIII.Tl'RK (pra-tikul-tu-r*), ». f. Culture de< pns, des prairies.
— F.TYM, Lat. pralum, pré, et culfura, culture.
\ PRATIQUANT, ANTE (pra-ti-kan. Han-t"), adj. Se dit de ceux qui observent eiaclenient le» pratiques de la religion. Il est pratiquant.
t. PRATIQI'K (pr»-tl-k'), t. f.\\V l.'applicition des règles, lies principe», par opposition A la théorie, qui en est la connai«».inre ralsonnéo. Je sais des gens de i»ur quelle est la politique ; J'en connais mieux que lui la plus fine pratique, toiN, Pol>i », 4 . On doit suivre cette opinion dans la pratique, pasc.
PRA
PRA
PRA
Ti'ov. vt. La pratique n'admet pas toHjour? les sages lenteurs (le la sjiéculation, ponten. Dodart. Deux ou trois grands génies suffisent pour pousser bien loin des tliéories en peu de temps; mais la pratique procède avec plus de lenteur, à cause qu'elle dépend d'un trop grand nomlire de mains dont la plupart même sont peu habiles, id. Chaxelks. Dans les sciences mathématiques, la pratique est une esclave qui a la théorie pour reine; mais ici (en astronomie] cette reine est absolument dépendante de l'esclave, m. Cassini. En fait de pratique on ne sait que ce que l'on pratique, montesq. Esp. xxviii, 40. Dans tous les genres, ceux qui se livrent à la pratique ont pour la théorie une aversion qu'il ne faut pas attribuer à leur ignorance et moins encore à l'inutilité lie la théorie, coniiobcet, Duhamel. || Une pratique éclairée, une exécution dirigée par les principes. Il Une pratique aveugle, celle qui procède sans principes. C'était un de ceux [médecins] qui visitent leurs malades en courant,.., qui mettent une pratiq(ie aveugle dans une science i laquelle toute la maturité d'un discernement sain et réfléchi ne peut rtter son incertitude et ses dangers, volt. l'Ingénu, xix. || Réduire en pratique, rendre possible l'application d'une règle, d'un principe. La règle de voir de plus grands que soi doit avoir ses restrictions; il faut quelquefois d'étranges talents pour la réduire en pratique, la brov. ix. || 2' Exécution de ce que l'on a conçu, projeté. Cette pensée m'a toujours paru une de ces visions dont la spéculation est belle et la pratique impossible, bktz, Kém. t. I, liv. II, p. 277, dans pougens. On nous a déjà étalé ce beau paradoxe [que les embellissements de Paris pourraient être faits sans grandes dépenses) , dit le citoyen ; mais ce sont des discours de sage, c'est-à-dire des choses admirables dans la théorie et ridicules dans la pratique, volt. Dial. i. || Accomplissement, en parlant de devoirs, de vertus, de lois, de commandements. C'est une parole [tendre la joue] d'une sainteté bien sévère et d'une pratique bien dure, BouRDAi.. Exhort. sur le soufflet donné à J. C. t.l, p. 194. Lisez-vous l'Évangile sans curiosité, avec une docilité humble, dans un esprit de pratique? FÉN. t. XXII, p. 266. Cherchez un homme [pour roi] qui ait vos lois écrites dans le fond de son cœur, et dont la vie soit la pratique de ces lois, ID. î'eJ. Vf. l'.n vivant séparé du monde, dans la pratique des bonnes œuvres, uass. Avent, Mort du pich. Ils vivent dans la pratique de la retraite, id. Caréuic, Injuit. Ils [les rnis francs] ne faisaient point, à la vérité, de lois de leur seul mouvement, mais ils suspendaient la pratique de celles qui étaient faites, woNTESO. Esp. XXXI , 2. Il y a bien loin chez eux (les chrétiensl de la profession à la croyance, de la croyance à la conviction, de la conviction à la pratique, lo. Lett. fers. 75. Il n'est point de vertu sans sacrifice, poitjt de philosogiiie sans pratique, BARTHÉL. Anach. ch. 33. jjDe pratique, par la conduite. Sans être hérétiques de profession, nous le sommes <le pratique et d'effet, bourdal. Purif. de lu Vierge, ilyst. t. ii, p. 221. Julien, stoïcien de pratique, était platonicien de théorie, volt. Philos. Ex. milord llolingbr. 32. || De pratique, servant k la conduite. Je m'en tiens aux vérités lumineuses qui convainquent ma raisos, aux vérités de pratique qui m'instruisent de mes devoirs, j. j. ROnss. HéL VI, 8. || Mettre en pratique, mettre à exécution. Essayons de mettre en pratique notre méthode, pasc. Prov. vu. Pour mettre en pratique ce commandement [faire du bien à ses ennemis], noss. Serm. Char fratem. 2. Mettre le cérémonial de la galanterie en pratique, hamii.t. Gramm. *. ||8*Métbdde, procédé pour faire quelque chose. Pratique, ingénieuse, utile. Il a des pratiques particulières pour niveler. C'e.st une pratique funeste , pour la santé des ouvriers. || 4° Usage, coutume, façon d'agir, reçue dans un pays ou dans une classe de personnes. Il vaut mieux qu'on suive la pratique de votre société, pasc Prov. xvi. N'est-il pas de pratique parmi vous [protestants], que chacun, jusqu'aux plus grossiers et aux plus ignorants, doit savoir former sa foi sur le» Ecritures? boss. t" inilruct. pastor. 3k. On nous plongeait dans Veau selon 11 pratique de toute l'Eglise, lO. Instr. 1. L'utile et la louable pratique de perdre en frais de noces le tiers de la dot! la bruï. vu. Pierre I" voulut prendre la pratique d'Allemagne el lever .sus tributs en argent, momesq. K,>p. xiii, ««. || Ma- ^ii-re d'agir, conduite. Rentrez pfnir n'ouïr point cette pratique infUme, mol. Éc. des mar. i, î. Ses pratiques |de Juptterl, je crois, ne vous sont pas nouvel le*. 111. itmph. Prologue. Entrer dans cette pratique, qui wt je fcDdemeni de toutes les grSoes, bosi. Lett.
Corn. is«. M. de Chevreuse s'empoisonnait d'eau de chicorée pendant tout un repas, pour avoir le plaisir de boire à la fin une rasade de vin avec du sucre et de la muscade ; en effet, c'était sa pratique, ST-siM. 336, <B6. Par une pratique qui ne fut que trop suivie, il (SyllaJ tendit des pièges, sema des épines, ouvrit nés abîmes sur le chemin de tous les citoyens, montesq. Esp. vi, (B. || 5" Expérience, habitude des choses. Cet auteur a la pratique du théâtre. En tous arts et en toute science oii il s'agit de la pratiqua, ceux qui n'ont qu'une pure spéculation ne sauraient bien écrire, fén. l.ettr. spir. 8 Nulle pratique des affaires, nulle connaissance des hommes, mahmontel, Uém. xii. || L'expérience du métier de la mer. Lorsqu'ils [les pilotes] .sont parvenus à avoir assez de pratique et d'expérience pour commander les navigations les plus difficiles, colrebt à de Seuil, !•' sept. 4B78, dans JAL, au mot pilote. Il Pratique se prend quelquefois en un sens défavorable pour routine. Il ne sait sa langue que par pratique. C'est par pratique qu'il fait ses calculs. || 6" En termes de beauxarts, manière de faire, habitudes particulières à chaque artiste II En bonne part, avoir une grande pratique, une belle pratique, une bonne pratiquedu dessin, du pinceau, de la couleur. || En mauvaise part, acte, opération manuelle, exercice machinal lie l'art. || Peindre de pratique, peindre de mémoire, de routine, sans consulter la nature. Quelque habile que soit un artiste, il est facile de discerner s'il a appelé le modèle ou travaillé de pratique, dider Pe}isées iiir le peint. Œuv. t. xv, p. <9i , dans pouGKNS. Il n'y a presque pas un peintre qui appelle le modèle; ils ne font plus que de pratique, ID. Salon de «766, Œxiv. t. xiil, p. 47. || On dit dans le même sens : Cette figure est faite de pratique. || 7° Il se dit des passes, mouvements, etc. qu'on exécute dans certains actes. Les pratiques des magnétiseurs. || 8" Au plur. Exercices de certains actes extérieurs relatifs au culte. Les pharisiens multiplièrent les pratiques extérieures, boss. Hist. II, B. Moins de prières, pourrait-on lui dire, moins de pratiques et d'exercices d'oraison, et un peu plus de bonnes œuvres, bourdal. Exhort. char, env. les orphel. t. i, p. <05. Vous demandez des pratiques pour bien mourir, œ. Carême, ii, Prép. à la mor(, 4 16. Tous les devoirs extérieurs de la religion qui soutiennent la piété et qui la réveillent, ne sont plus pour l'âme tiède que des pratiques mortes et inanimées, mass. Carême, Tiéd. 2. Une religion chargée de beaucoup de pratiques attache plus à elle qu'une autre qui l'est moins, montesq. Esp. XXV, 2.  cette époque, la plupart des dames romaines se livrent aux pratiques les plus sévères, STAËL, Corinne, ix, 2. || 9° Fig. Menées, intelligences secrètes avec l'étranger, avec l'ennemi, avec un parti. Et comme s'ils vivaient des misères publiques. Pour les renouveler ils font tant de pratiques. Que qui n'a point de peur n'a point de jugement, malh. II, t. Son adresse et ses pratiques [de Richelieu] nous firent avoir tout d'un coup une armée de quarante mille hommes dans le cœur de l'Allemagne, avec un chef qui avait toutes les qualités qu'il fant pour faire un changement dans un État, voit. Lett. 74. Nos ennemis sont à quinze lieues de Paris, et les siens [du cardinal de Richelieu] sont dedans; il a tous lesjours avis que l'on y fait des pratiques pour le perdre, id. Lett. 7i. Le renard ménager de secrètes pratiques, la font. Fabl. y, <9. On frémit encore en voyant dans les histoires la triste fermeté du consul Brutus, lorsqu'il fit mourir à ses yeux ses deux enfants, qui s'étaient laissé entraîner aux sourdes pratiques que lesTarquins faisaient dans Rome pour y rétablir leur domination, noss. Hist. m, 6. J'ai découvert au roi les sanglantes pratiques Que formaient contre lui deux ingrats do- Biesiiques, hac. Esth. i, <. || lO" Relation , habitude, commerce. Alidor, à mes yeux, sort de chez Angélique, Comme s'il y gardait encor quelque pratique, CORN. Place Roy. m, i*. Dans un petit couvent, loin de toute pratii|ue, Je la fis élever selon ma politique, mol. École des femmes, i, i. Il 11* Terme de marine. Liberté de communiquer avec un port ou une ville, accordée aux navigateurs qui, venus d'un pays suspect de maladies contau-ieuses, ont fait une quarantaine. On a refusé pratique à ce bStiment. Recevoir, obtenir pratique. Comme il y avait de la peste en Aragon, tout ce qui venait de la côte d'Espagne était conduit à Majorque; il y eut beaucoup d'allées et de venues pour nous faire donner pratique, hetz, Hém. dans jal. |i On dit de même : entrer en lilire pratique; être admis en libre pratique. || Avoir pratique kvec un
bStimenl étranger, c'est être entré eu relation avec ce bâtiment, après s'être fait reconnaître de lui pour ami. Il 12" La chalandise que les marchands, les artisans, les ouvriers ont pour leur commerce ou pour leur profession. Ce marchand a bien de la pratique. J'écrivis un billet pour le remercier, ainsi que Mme Dupin, de toutes leurs bontés, et pour leur demander leur pratique [comme copiste de musique], J. J. Rouss. Conf. viii, Vint à passer un oublieur [marchand d'oubliés] qui cherchait pratique, m. Prom. «. || Fig. Il se dit des métiers suspects. Je ne m'étonne donc, Macette, ....Si vous avez tant de pratique, régnier, Hac. ! Fig. Chercher pratique, chercher à faire affaire. Vous savez comme la destinée est faite et comme elle nous ballotte ; elle m'adressa les Calas et les Sirven, sans que je chercha.sse pratique, volt. Lett. Richelieu, n févr. <772. ||Fig. Trouver pratique, trouver à s'arranger. Cela meurt de faim, cela a quatorze ou quinze ans; jolie comme elle est, elle trouvera aisément pratique : la misère fait tout faire, st-sim. 355, 480. || Fig. En attendant pratique, pour s'occuper, pour ne pas rester a rien faire. Je ne jurerais pas qu'en attendant pratique, Il ne divisât tout dans votre domestique : Madame me paraît déjà d'un autre avis, grksset, le Méch. 1, 2. Il 13° L'exercice, l'emploi que les avoués et les médecins ont dans leur profession. Un avoué qui a plus de pratique que ses confrères. Une pratique très-étendue ne permit point à M. Tronchin de publier des ouvrages sur les sciences dont l'Académie s'occupe et sur lesquelles l'art de la médecin» est fondé, condorcet, Tronchin. Je n'ai à la vérité que quelques observations qui m'appartiennent et que j'ai recueillies de ma pratique, desessarts, Jnsft'J. Uém. sciene. t. m, p. (29. || Familièrement. La pratique donne, c'est-à-dire cet avoué, ce médecin, etc. est fort' occupé Paris est étrangement grand, et il faut faire de longs trajets quand la pratique donne un peu, mol Am. méd. ii, s. H. Griffon, les Français sont de grands épouseurs; vous voyez comme la pratique donne déjà, dancourt, Impromptu' de garnison, se. <6.|lFig. et familièrement. Cet homme a bien de la pratique, on lui donne bien de la pratique (locution vieillie), c'est-à-dire il a beaucoup de besogne à faire, on lui donne beaucoup de choses à faire. || Par menace. Je lui donnerai bien de la pratique (locution vieillie), c'est-à-dire je lui donnerai bien de J'embarras. Il 14* 11 se dit des personnes mêmes qui achètent habituellement chez un marchand, qui emploient habituellement un ouvrier, un artisan, un avoué, un médecin. Représentez-vous un pauvre artisan.... obligé à de grands voyages qui lui fltent toutes ses pratiques, car il faut parler de la sorte du père de Jésus-Christ, boss. 2* panég. St Joseph, 2. A l'aide du bruit que faisait mon ouvrage [son discours sur les sciences], ma résolution [de vivre en copiant dt H musique] fit du bruit aussi et m'attira des pratiques, j. J. Roiss. Confes. viii. || Fig. Dans la Tauride, on sacrifiait des étrangers ; heureusement les prêtres de la Tauride ne devaient pas avoir beaucoup de jiratiques, volt. Dictionnaire phil. fdoMlne. Il Aujourd'hui les marchands disent leurs clients par ignorance ou par vanité. || C'est une bonne pratique, c'e.st ui e personne qui achète beaucoup et qui paye bien. Persuadé qiNn médecin appartient également à tous les malades, il ne faisait nulle différence entre les bonnes pratiques et les mauvaises, entre les brillantes et les obscures, ponten. Geoffroy. || En un sens opposé, c'est une mauvaise pratique. |{ Populairement. Une pratique, un mauvais sujet (par ellipse de : une pratique de cabarets, de mauvais lieux). || 16° Toute la clientèle de l'étude d'un avoué, de l'étude d'un notaire. Ce notaire, cet avoué vendra bien sa pratique, quand il se retirera des affaires. L'avocat La Porte .avait chez lui un clerc qui avait sa confiance et qui s'appelait Bouthillier ; en mourant il lui laissa sa pratique, st-sim. 3î6, 46B. ||0n dit aujourd'hui clientèle. |] 16' La manière de procéder devant les tribunaux, et, en général, tout ce qui est relatif aux actes que font les officiers de justice, et notamment les avoués et les huissiers. Termes de pratique. Style de pratique. Conn.iîlrc la pratique. Il faut bien , pour parler ainsi, que vous ayez étudié la pratique, mol. Pourc. ii, (2. Tout homme de pratique est pour elle effroyable, PII. POISSON, Pracnreur arbit. se. 2. Défontaines qui est le premier auteur de pratiqua que nous ayons, montesq. Esp. xxViii, :I8. |l Acl« d'étude d'%voué ou de notaire. Là sur des tas poudreux d' sacs et de pratique, boil. Luir. v u 17 ' l'eriu» de
PRA
■saçopnerie. Pierre de pratique, celle qu'on emploie 1311S être taillée. || IS" 11 s'est dit tie l'argent que les comédiens se procuraient par leurs représentations. Ainsi tous les acteurs d'une troupe comique, Leur poëme récité, partagent leur pratique, corn, lllus. comique, v, 6.
— llisr. XIV" s. Celui qui scet la pratique et la spéculative, oresme, Thèse de meunieh. || xv s. Encor* en ce detri [retard], si avisa Alain Roux et trouva un autre art de pratirjue, assez subtil si rien lui eust valu, froiss. m, iv, 1 1 . Advisez-vous, toutes gens de pratique, Marclians d'argent, exigeurs de finance, E. hesch. Poésies mss. P" 33i. [Juriste] Qui a très po [peu] pratique et heritaige,iD. ib. f° 366. Que ne suivoies tu la pratique Des droiz civils, foui frénétique? 10. t'b. f° 4 i». Qui liisn savoir veult l'art de théorique, Avant qu'il soil bon rhetoricien, Quatre poins fault avoir en sa pratique, id. ib. 383. D'où venez-vous, petit mercier V Gueres ne vauU Toslre mestier, Ce me semble, ne vos pratiques, CH. d'orl. Chans. 7». Car s'il convient que je m'applique A bouter avant ma pratique , On ne sçaura trouver mon per [égal] , Patelin. Et pour l'instruction duilil CUiny lui esloit oidonné d'entrer en praticque du mariage à la seur du roy d'Angleterre, COMM. 1, 5. La graticque de paii conlinuoit tousjours plus estroit entre le roy et le conte de Cbarolois, ID. I, (2. ||xvi« s. L'ung faict maisons, l'autre du tout s'applicque Pescher en mer, chascun cherche pratique; Nécessité est la mère des ars, I. MAROT, V, 68. Les vieux du senal accusèrent cette practi 'ue [façon d'agir], mont, i, 23. En cette practique des hommes j'entends y comprendre, et principalement , ceuli qui ne vivent qu'en la mémoire des livres, id. i, tes. D'ordes et viles practiques [menées], id. iv, (66. Faisant les opérations de leur art à la veue des passants, pour en acquérir plus de practique et chalamlise, id. iv, (73. Par la pratique on apprend è conoistre le vray et le faux, LANOOE, 3)8. Je fais retirer mes canons de MontmeiUari, et les fais conduire à Sainte-Catherine, où j'ai commencé à dresser une pratique, de laquelle il yajà apparence d'espérer que j'auray aussi bonne issue que j'ay eu de celle dudict Monlmellian, le», de Hi-nri lY, 21 nov. (600, t. v, p. 254.
— ÉTYM. Provenç. et ital. pradco; espagn. practica; du lat. practica, qui vient du grec itpaxTinèç, capable de faire, de npiodtiv, faire, que Curtius rapproche du lat. parare, sanscr. par, faire passer à travers, accomplir.
2. PKATIQCK (pra-ti-k"), adj. [1 1* Qui agit, qui conduit à l'action, inilépendamment de toute spéculation théorique. Cours théorique et pratique. Au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air.., desc. Méth. vi, 2. Ils firent leur religion, leur philosophie et leurs lois toutes pratiques, montesq. Esp. xiv, 3. À un caractère naturel.ement doux, à une âme aussi droite que sensible, il joignait une Tranchise peu commune et une philosophie pratique, d'autant plus vraie qu'elle était sans éclat et sans ostentation, d'alemb. Éloges, Jfirafc.Ces suppositions peuventêtre employées lorsqu'elles ont l'avantage de rendre plus sensible une vérité pratique, et de nous apprendre à en faire notre prolit , cohdil. Traité des syst. ch. 4 2. Obligé aux devoirs pratiques du côté de la reconnaissance, duclos , Consid. mœurs, («. || Un philosophe pratique, un homme qui, sans s'occuper des spéculations philosophiques, conforme sa conduite à la morale et à la raison. Ce qui le caractérise , c'est d'avoir été à la tête des philosophes pratiques de ton siècle; l'éloge est d'autant plus grand qu'il est plus rare aujourd'hui de le mériter , b'alemb. Éloges, Terrasson. il i' Oui a l'expérience dans l'exécution. Il n'y a point d'édifices plus hardis que les bâtiments gothiques, ni dont la construction ait demandé plus d'activité et de lumières pratiques dans les moyens d'exécution , turoot, Ébauche du 2* dise. Progrès de l'esp. hum. p. 32k. Il Homme pratique, homme qui a beaucoup d'expérience. Il Dans le xvii* siècle, on écrivait yr»Uc au masculin. Un magistrat allait par so« mérite i la première dignité; il était homme délié et pratic dau> les affaires, la brut. i. || 3* Qui connaît, qui pratique un lieu, un endroit (peu usité aujourd'hui). Mes amis n'étaient nullement pratiques de ce payslà, et s'imaginaient qu'un cardinal persécuté pouvait et devait même vivre presqu'en homme privé k Home, retz, v, 396. || En termes de marine, un pilote, un marin pratique de quelque parage, ou, «impkmeDt, un pratique, un pilote, un marin qui
OICT. B» LA LANaue KIONÇAISk.
PRA
connaît bien un parage pour y avoir souvent navigué. Voilà un zèle digne de beaucoup de louanges, nous dit M. de Vivonne, et le roi sera ravi; mais il faut lui conserver de si braves gens, et nous retirer faute de pilotes pratiques des lieux, Uém. de Villette , 1674 , dans jal. Il revint bientôt avec une réponse très-civile , accompagné d'un homme pratique de la côte.. . Mém. du comte d'Eitrées, (680, dans jal. La nuit du 2« au 27, notre pratique de la côte de France mourut subitement; ces pratiques se nomment pilotes côtiers , et tous les vaisseaux du roi ont ainsi un pilote pratique de la côte de France, bougain ville, Foy. t. u, p. (2o, dans pouGENS.
— HIST. xiv s. Les ars pratiques sont en operacions et en choses particulières où il convient considérer moult de circonstances, oresme, Elh. 67. Le bien de entendement pratique, c'est vérité, id. ib. t72. Il XV* s. Le letargique, Tousjours pratique D'estre endormy , Blason des faulses amours , p. 232, dans LACURNE. Il XVI' s. Celui-ci, pratic de la manœuvre et des sables de ce bras de mer, hausse les voiles et.... d'aub. Vie, Lxxx. Je suis du camp d'amour pratique chevalier; Pour avoir trop souffert Je mal m'est familier, hons. 230. Qu'est il plus aysé à un homme practique que de gauchir aux dangiers? mont, m, 24. Il est prattique en cela [pour dire il connaît bien cela] est blâmé par 11. Estienne, Pricell. p. 80: Ce prattique nous est un nom substantif, et pouvons dire : il entend bien la prattique de cela, ou il en a la prattique.
— ÉTYM. Provenç. practic; espagn. praelt'co; ital. pratico, du lat. practicus (voy. pratique t).
3. PRATIQUE (pra-tik'), ». f. Instrument de métal dont les joueurs de marionnettes se servent pour changer leur voix, en parlant pour leurs marionnettes. Faute de pratique, nous contrefaisions du gosier la voix de polichinelle, pour jouer ces charmantes comédies que nos pauvres parents avaient la patience de voir et d'entendre, j. J. Ronss. Conf. I. |l Fig. Il a avalé la pratique de Polichinelle, se dit d'un homme qui a la voix enrouée.
— ÉTYM. Esp. platica, conversation entre les marionnettes, que le montreur fait à l'aide du sifflet nommé pilo, en. m.^gnin, Hist. des marionn. p. iob.
PRATIQUÉ, ÉE (pra-ti-ké, kée), part, passé de pratiquer. || 1° Sur qui Ton a exercé des pratiques de subornation. Le duc du Maine mettrait le tout pour le tout, appuyé d'un parlement aigri et pratiqué, ST-siM. 6H, 8. Il Cet homme était pratiqué d'avance, il était suborné. |1 J" Fait, effectué, ménagé. Elle passait presque toute la journée à me regarder par une jalousie pratiquée à ma chambre, MONTESQ. Ars. et Ismén. La montagne de Keneri, remplie d'exCavations vastes et profondes, toutes pratiquées dans le roc vif, raynal, llist. phil. m, ïl.
PRATIQUEMENT (prati-ke-man) , adv. Dans la pratique.
— ÉTYM. Pratique, et le suffixe ment. On trouve dans les anciens textes praticalement.
PRATIQUER (pra-ti-ké), «. n. || 1° Mettre en pratique. Je me réservais de temps en temps quelques heures que j'employais à la pratiquer [ma méthode] en des difficultés de mathématique, nEsc. Uéth. m, 6. Va pratiquer aillt'urs tes noires actions, CORN. Médée, a, 2. Et déjà vous cherchez à pratiquer l'amour, m. le ilfm». i, i. Grâce.... Do quoi, Madame?... D'avoir trop soutenu la majesté des roisT... Trop du grand AnniUl pratiqué les maximes? id. JVicom. iv, 2. Vous ne sauriez nier que ce jésuite ne fût tuable en sûreté de conscience, et que l'onTensé ne pilt en cette rencontre pratiquer envers lui la doctrine de Lessius, PA.'ïC. Prnv. XIII. Ne sied-il pas bien à ceux qui pratiquent cette conduite par toute la terre.... m. ib. XVI. Cette coutume de juger les rois après leur mort parut si simple au peuple de Dieu, qu'il l'a toujours pratiquée, Boss. llist m, 3. Quelle autre a mieux pratiqué cet art obligeant qui fait qu'on se rabaisse sans se dégrader, et qui accorde si heureusement la liberté avec le respect? id. Reine d'Ànglet. Albe fut vaincue et ruinée; ses citoyens, incorporés i la ville victorieuse, l'agrandirent el la fortifièrent; Koinulus avait pratiqué le premier ce moyen d'augmenter la ville, où il reçut le» Sabiii» et les autres peuples vaincus, tD. Hiil. I, 7 C-e qui vous faisait pratiquer tant de jeûnes et tant d'austérités, boi r- DAL. Serm. !»• dim. après la Pentec. Dominic. t. IV, p. I»». U reconnut dan'» l'Eglise de Jésus- Christ une puissance de décision qui nous faitcroHre ce qu'elle croit, pratiquer ce qu'elle ordonne, VLtcii. Duc de Mont. Je pratique ce que je vous conseille, MAiNTKNOii, UU. à Mm* d» Glapion, i4 oct. <aa».
PHA
Ce que la nature pratique en petit entre les hommes pour la distribution du bonheur ou des talents, elle l'aura sans doute pratiqué en grand entre les mondes, font. Mond. s» soir. Les Zaleucus, les Thaïes, les Anaximandre et tous les .sages qui avaient cherche la vérité et pratiqué la vertu, volt. Diet. phil. Religion. U en coûte peu de prescrire l'impossible, quand on se dispense de le pratiquer, J. 1. Rousa. Conf. VIII. L'ouvrage où Votre Majesté loue avec tant d'esprit et de gaieté cette paresse qu'elle pratique si peu, d'alemb. Lett. au roi dt Pr. l« sept. 1768. Il Absolument. Combien de défauts dans leurs ouvrages [de certains peintres] qui m'échappent, faute d'avoir pratiqué, el comme je les leur remontrerais! dideb. Salon de 1767, Œuv. t. XV, p. 98. Il 2° Kxercer, en parlant d'une profession : il ne se dit guère qu'en parlant delamédecine et de l'art vétérinaire. Quoiqu'il ne fût point docteur, il pratiqua la médecine dans cette ville, où de tout temps elle a été si bien pratiquée, fonten. Lemery. \\ Absolument. Ce médecin pratique depuis vingt ans. || 3° Fréquenter, hiinter. Pour vous estimer autant que vous le méritez, il faut vous avoir pratiqué autant que j'ai fait, voit. Lett. 121 . Le vieux maréchal de Villeroy, qui avait fort pratiqué Bartet chez lui, en eut pitié, st-sim. I87, 244. Pour connaître les hommes, il faut les pratiquer, doclos, Consid. mœurs, Introd. || 11 se dit aussi des lieux que l'on fréquente. Les marchés que les Anglais avaient anciennement pratiqués, raynal, Wijt. phil. m, 6. Il 4» Terme de marine. Avoir libre accès dans un pavs; établir des communications avec ce pays. Il B° Gagner par des pratiques. Mon père a été assassiné par ceux que les vôtres ont pratiqués avec des sommes immenses, vaugel. Q. C. iv, i. Elle t'a pratiqué pour me faire périr, Tristan, ilarianne, II, 7. Il En matière criminelle, pratiquer des témoins, les suborner. || 6° Chercher à obtenir par des pratiques. Contre un si grand rival j'agis à force ouverte, Sans blesser son honneur, sans pratiquer sa perte, corn. Nicnm. m, ». Ainsi les protestants de France pratiquaient dès lors le secours de ceux d'Allemagne, sous prétexte que la cause était commune, BOSS. Déf. des Variât. l«. Craignant les trahisons que pouvaient pratiquer les nobles Génois, thiebs, //ts(. du Cons. et de l'Emp. m. || Pratiquer des intelligences, s'en procurer dans le parti ennemi. || 7' Arranger, disposer, préparer. Pour donner plus de dignité à l'action, j'ai fait Félix gouverneur d'Arménie, et ai pratiqué un sacrifice public afin de rendre l'occasion plus illustre, corn. Poly. Exam. || 8° Exécuter, en parlant de diverses opérations manuelles. Pratiquer un trou. Pratiquer un séton. L'amputation de la cuisse fut pratiquée i l'ambulance. Madame a besoin de ces dix pistoles pour payer cet ingénieur qui a pratiqué cette trappe dans son alcôve, lANCOURT, la Femme d'intrigue, V, 4. Il Pratiquer un chemin, un sentier, la frayer. il Terme d'architecture. Ménager certaines petites commodités dans une construction. Pratiquer un escalier dans l'épaisseur du mur. |1 Terme de maçonnerie. Pratiquer la pierre, en tirer un bon parti, de façon qu'il y ait le moins de déchet possible. Il 9° Se pratiquer, t>. rifl. Être mis en pratique. Après les complimenta et d'une et d'autre part, Comme entre grands il s* pratique, la font. Fabl. XI, *. Qu'ils ne soient enrôlés que pour un an, comme il se pratiquait à Rome, montesq. Esp. xi, a, — MIST. XIV* s. Il sont plus attis el miex [mieux] prali(|uaus que ceulz qui scevent teles choses universeles, orksme, Eth. 179. ||xv* s. Tu n'as maison, terre, eritaige. Pratique, vray sens ne usaige, Pour pratiquer [gagner] un seul denier, s. oescu. Poésies nus. I* 4)8. Le charpentier et le masson N'estuilient que bien peu non, Et si font ausii belle mine Qu'estudians en médecine. En loix et en théologie, Pour avoir practique leur vie, ta Font. 342. Et ceux qui no les praliquoient [les princes] point de si près comme moy, les reputoient estre bien heureux, comu. viii, i3. On pratiquoit Amyens, Abbeville.... pour les remettre en la main du roy, ID. m, 4. Le roy pialicqunit les serviteurs dudit duc de Guyenne, et en viiuluit relyrer les ungs par amour et les autres par force, 1». m, ». || xvi' s. Adveoturiers jusqu'à M lan marchèrent, l'assaut pays honnestement payèrent; L'husto est heureux <|ui avec eulx praticque, j. narot, v, 74. Oslon» luy [à cet ennemi, i la mort] l'estrangeté, practicquons le, accoustumons le, mont. 1, 76. l^s médecins pratiquent avant main la créance de leur patient avec de faulses promesses de ss guarisun, lu. 1, 99. Il [un homme qui lit] practicquora par le moyen do.s histoires ces grandaa amei,... m. i, «69. Il orduiiuié ^ U. — 168
PRÉ
que les mariei ne se pourroient pracliquer qu'il | ladesrobbée, m. m, s. Meohmet praoliiiuoil sou- Tent ce supplice, lo. m, l»o. L'immodérée largesse rebute plus de gents qu'elle n'en practique, ID. iv, ». Des luyaui practiquez dans l'espez du mur, ID. IV, 266. Kl semble que, si quoiqu'un en vouloit douter, on l'eslimeroil soldat peu pratiqué feipérimenté], l&noie, »o7. Encores plus bravement se vantoit Asclepiades médecin a^oir avec Fortune convenu en ceste paction, que médecin réputé ne fust, si malade avoil esté depuis le temps qu'il commença de practiquer en l'art, jusques à sa dernière vieillesse , bab. iv, Prol. de l'autheur.
— 6TYM. Pratique i ; provenç. praticar; espag. oracticar ; ital. ■praticare.
t PRATIQUEUR (prati-keur), i. m. Celui qui pratique. M. Orry est grand pratiqueur de diète, b'argenson, Mém. t. ii, p. «iv, édit. de 186O.
— HIST. ivi' s. Prattiqueur, onWN, Dict.
— ETVM. Pratiquer; ital. jurMioatore.
t PKAXËEN (pra-ksé-in), s. m. Membre d'une sectii chrétienne enseignant qu'il n'y a qu'une personne divine, le Père, et que c'est le Père qui a souiTert sur la croix.
— ETYM. Praxeas, hérétique du u* siècle, disciple de Montanus.
t. PBÊ (pré), s. m. || 1" Terre à foin ou à pâturage. Un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, boil. Arl p. 1. Les prés et les bois de bonne qualité sont de tous les biens ceux qui exigent le moins de soins et de frais, genlis, Haiton rus», t. i, p. i». HFig. Le pié vaiait-il la fauchure'? [Le jeu valait-il la chandelle?) pjRON, les Uisères de l'amour. || Vert comme pré, trèj-vert. || Prés salés, prés situés au bord de la mer et ayant une saveur salée excitant l'appétit des animaux et donnant à la chair, au lait, au beurra un goût particulier qui les fait rechercher. La chair du mouton n'est nulle part aussi bonne que dans les pacages ou prés salés, buff. Quadrup. t. i, p. 24(. || Pré-salé, voy. ce mol à son rang. Il Fig. Faire son pré carré, s'arrondir, en parlant d'un propriétaire qui accroît son do^ maine, d'un prince qui gagne des territoires. Sérieusement, monseigneur, le roi devrait un peu songer à faire son pré carré, vauuan, Lett. à Louvois, ««janv. «87», dans Journ. des Débats, 27 avr. «862. Prêchez toujours [au roi] la quadrature, non pas du cercla, mais du pré ; c'est une belle et bonne chose que de pouvoir tenir son fait des deux mains.... id. UU. à Louvois, dans Revue des Deux- Mondes, 1864, (•' févr. p. 8S3. Il 8° Pré aux Clercs, nom d'une plaine qui s'étendait dans une partie de l'enceinte actuelle de Paris, où se trouve maintenant le faubourg Saint-Germain : c'était le rendez-vous ordinaire des étudiants, et le lieu où se vidaient les duels. Il Fig. et par allusion au Pré aux Clercs, pré, lieu assigné pour un duel. Il est resté sur le pré. Nous vidons sur le pré l'affaire sans témoins, corn. Meut, iv, < . Je vous crois trop bon sens pour lui faire un appel ; Ësope sur le pré serait un beau specuclel BOURSAULT, Fabl. d' Ésope, vi, i.\\ Fis- Sur le pré, au moment de la décision. Il fallait, pour embrasser ce parti de se passer du parlement, plus de nerf que la nature n'en avait mis en lui [le duc d'Orléans], plus d'assurance par soi-même et sur le pri qu'il n'était en lui de le faire, st-sim. 8»», i»2. Il Proverbes. 11 vaut mieux en terre qu'en pré, se dit d'un vieil avare, d'une personne inutile, nuisible, dont la mort serait un soulagement. || Epargne de bouche vaut rente de pré, c'est-à-dire économiser sur les dépenses de table est un bon revenu, les prés étant le bien-fonds dont le revenu est le plus assuré.
-r HlST. XI* s. Tout [il] l'abalr mort al pred sur l'herbe drue, Ch. de Roi. cii. Il l'abat mort devant lui en la prée, tb. cv. |{ xii* s. [Ces cheveux].... du chief [de la tête de] la reine furent, Onques en autre pré ne crurent, la CharreUe, v. tii7. || zui* s. Harli, Montmorenci et Conflans, en la prée, Berte, Lxzxii. Hout [nous] sommes en bel pré mis de pauvre bruiere, ib. cxxx. Biaulé £e puet trop poi garder : Tantostafaite sa vesprée Com les florettes en la prée, la Rote, an». || xv'i. Cependant sourdit grand différent entre le seigneur Ludovic et Robert de Sainct Severio... et demeura le pré [la place, l'avantage] au seigneur Ludovic, couh. vu, 3. || xvi' s. H vient comme pluye agréable Tombant sur prez fauchez, MAROT, IV, 29». Je le mené sur le pré.... D'AiiB. Fien. I, I.
— 6TYII. Berry, prée; provenç. pral; espagn. pradn; ital. pra<o; du lat. pralum Les élymologulas latins !• regardent couuue une syucu)>e du pa-
ratum, la chose prête ; mais cette étymologie n'est soutenue ni par la forme ni par le sens; et l'origine de pralum reste obscure. Pré, au masculin, représente pratum; prée, au féminin, représente le pluriel neutre prata, suivant l'usage de la langue, qui, du pluriel des noms neutres, faisait des féminins singuliers. Prée s'est conservé dans le Berry et dans quelques noms propres, commo la Prée- Vallée.
t 2. PRÉ..., préfixe qui signifie avant et qui représente le latin prec, sanscr. pra, grec npô.
t PRÉABDOMEN (pré-a-bdo-mèn') , s. m. Terme de zoologie. Ensemble des cinq premiers segments de l'abdomen des crustacés (latreille).
— ÉTYM. Pré.... préfixe, et abdomen.
t PRÉACUAT ((iré-a-cha), s. m. Terme de commerce. Payement d'une marchandise avant sa livraison, comme dans le cas d'une souscription.
— ÊTYM. Pré ... préfixe, et achat.
tPRÉACHETEH (pré-a-che-té), V. a. Terme de
commerce. Payer une marchandise avant que de la posséder. [| Acheter avant la mise en vente légale.
— HIST. XVI* s. Prohibons et défendons que nuls marchands de grains soient si osez de preaclieter bleds ny autres grains en verd, Coust. génér. t. 11, p. 974.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et acheter.
t PRÉADAMISME (pré-a-da-mi-sm'), s. m. Doctrine de ceux qui pensent qu'il y a eu des préadamites.
f PRËADAUITB (pré-a-da-mi-f). || 1* S. m. Se dit des hommes qui, selon quelques auteurs, auraient existé avant Adam. Le sieur Isaac Perreyre, auteur du livre des Préadamites, est prisonnier dans le château d'Anvers, et il sera bientôt jugé par l'inquisition espagnole comme un dangereux hérétique, gui patin, Lettres, t. u, p. 252. Extravagances des apocalyptiques et préadamites millénaires, etc. PASC. Pens. xxv, 469, éd. havbt. || 8' Adj. Oui est antérieur à Adam.
— ÊTYM. Pr^..., préfixe, et Idam.
t PRÉADDITION (pré-a-ddi-sion), *. f. Nom donné par Lemare à la prosthèse.
— ÉTYM.Prë..., préfixe, et addition.
PRÉALABLE (pré-a-la-bl'), adj. \\ 1* Qui doit
être dit, fait, examiné avant qu'on passe outre. Je dois distinguer l'idée de ma main, de la perception que j'en ai; les idées des objets sont donc préalables aux perceptions que nous en avons, haleuk. Rech. rér. Rép. à Régis, 2. C'est une connaissance [les empiétements du parlement] nécessauement préalable aux choses qu'il est temps de raconter, st-sim. 370, 162. Il La question préalable, dans les assemblées délibérantes, décision déterminant, avant toute discussion, qu'on ne délibérera pas sur une proposition qui vient d'être faite. Demander la question préalable. Cette proposition fut écartée par la question préalable. || 2° S. m. Ce qui doit être dit, fait préalablement. Je pris le parti de faire le mal par dessein, parce qu'en le faisant ainsi, l'on y met toujours des préalables qui en couvrent une partie, retz, u, 6). Le siège de Philipsbourg, préalable nécessaire quand la France fait la guerreà l'Allemagne, VOLT, touis XIV, (S. Après les préalables ci-dessus prescrits, Code Nap. art. 2gg. Il 8° Au préalable, Joe. adv. Avant tout. Je ne prétends point qu'il se marie, qu'au préalable il n'ait satisfait à la médecine, uol. Pourc. 11, 2.
— REM. Nous n'avons guère de plus mauvais mot en notre langue; c'était l'aversion d'un grand prince, qui n'entendait jamais dire l'un ou l'autre, préalablement ou préalable, sans froncer le sourcil.... il était choqué de ce que allable entrait dans cette composition pour qui doit aller, vaugel. Rem. t. u, p. 823, dans pouoENS. Malgré cette répugnance, préalable s'est établi.
— HIST. xvi* s. Les amitiez molles et régulières, ausquelles il fault tant de précautions de longue et préalable conversation, uont. i, 213. C'estoit un préalable que d'appeller l'homme à soy, à se taster, sonder, estudier, charron. Sagesse, u, préface.
— Erv.\i Pré..., préfixe, etoiier: ce qui va devant. PRÉALABLEMENT ( pré-a-la-ble-man ), adv.
Avant toute autre chose. Préalablement i tout emploi, ce fonds doit être assigné, ;. ). aouss. Ém. il.
— HIST. XV* s. Sans préalablement en avoir fait puu ou convenance, DU canub, carnalegium. ||xvi*s. Préalablement : cest adverbe fait retentir et bien entier une audience, noïl dufaïl, Contes d'i'utrapel, cb. l«.
— CTYH. PrMabt», el le suffixe tnmi.
PRÉ
t PRÉALIÉGCÉ, ÉE (pré-aUé-ghé, ghée), adj. Oui a été allégué, cité auparavant.
— HIST. XV* s. Comme il est escript de l'empereur Trajan preaiegué, chr. dk pisan, Charles V, i, 23.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et allégué.
t PRÉAMBULAIRE (pré-an-bu-lê-r'), adj. Qui a rapport à un pré^imbule.
— HIST. XVI' s. Deux attainctes [de maladie), légères toutesfois et preambulaires, mont, m, 266.
PRÉAMBULE (pré-an-bu-1'), s. m. || 1" Ce qui s'écrit ou ce qui se dit avant de commencer quelque chose, et qui en est comme l'introduction, pour préparer le lecteur ou l'auditeur à ce qui doit suivre. La coutume, en faisant un livre, c'est de commencer par un petit. Oi'éambule; en voilà un, MAHiv. Pays. parv. part. I. J'î ne sais où peut tendre un si long préambule, vo.'.r. Indiscr. i, t. Il Préambule d'une loi, d'un édi," , d'une ordonnance, la partie préliminaire dans là(uelle le législateur expose l'objet du nouveau ri,({lement. Les préambules des édits de Louis XIV fuient plus insupportables au peuple que les édits mômes, monteso. Pensées diverses. C'est pour cela que Platon regarde comme une précaution très-importante de mettre toujours à la tète des édits un préambule raisonné qui en montre la justice et l'utilité, I. J. Rouss. Écon. polit. || En théologie catholique, préambules de la foi, les divers^ points qui précèdent la démonstralion même de la vérité de la religion. 112° Fig. lise dit quelquefois de toute espèce de prélimihaire. L'acte de protestation de nullité qu'en avait fait M. Arnauld [d'une censure de la Sorbonne], dès avant qu'elle fût conclue, serait un mauvais préambule pour la faire recevoir favorablement, PASC. Prov. m. || Discours qui ne va point au fait. Pour voir à quelle fin tendait son préambule, RÉGNIER, Sal. xiii. Il a.ssembla lagent Kutule, Et leur fit un beau préambule, scarh. Virg. vu.
— HIST. xiv" s. Les déclarations communes du préambule ou commencement du second traité, H. DE mondevillb, f° 87. || XV" S. Adonl le sage roy commenta son parler par une préambule si belle et si notable que grant beaulté estoit à oyr, christ. DE pisan, Charles Y, m, 43. La haulte généalogie
des nobles roys de France nous peut aydier en
ceste partie comme préambule de gloire non adulant, ID. ib. 1, 6.
— ÉTYM. Lat. prxambulum, de pr«, en avant, et arr>bulare, aller (voy. amble).
t PRÉARYEN, ENNE (préa-riin, riè-n'), adj. Antérieur aux Aryens. Population préaryenne.
— ÉTYM. Pré..., et Aryen.
PRÉAU (pré-ô), s. m. Hl" Petit pré (inusité en ce sens). || 2° Espace découvert au milieu d'un cloître. Les jansénistes... remplirent Paris de convulsions et attirèrent le monde à leur préau, volt. Dict. phil. Convulsions. \\ 3° Cour d'une prison. J'apprends, madame, que vous avez peixiu M. d'Argenson.... nous sommes tous comme des prisonniers condamnés à mort, qui s'amusent un moment sur le préau, jusqu'à ce qu'on vienne les chercher pour les expédier; cette idée est plus vraie que consolante, VOLT. Lett. Mme du DeIJant, 3) août i7«4. Il 4° Salle où les élèves d'une école prennent leurs récréations. || Endroit d'une école primaire où les élèves prennent leur rang pour entrer en classe.
— HIST. xu* s. Issons [sortons] nous en là fors en cest prael, Ronc. p. 201. || xiii* s. Dortor et refretor avoient, belle ygliso, Vergiés, praiaux et troiUes, trop beau leu à devise, kute». i»4. Et en toutes les autres eles [ailes] et en prael du milieu mangoienl de chevaliers si grant foison, que je ne scé le nombre, joinv. 2i)6.||xv* s. Les pre/. sont près, les jardins deduisables. Les beaux preaulx, fontenis bel et cler, e. iiesch. le Hois de Vincennes. || xvi* s. Un preau couvert de cerisiers et bien clos de baies de rosiers et de grosseillers fort hauts, IJARO. Nouv. xliv.
— ÉTYM. Prov. pradelh, prael ; espagn. pradtlto; Ital. pratelU); du latin pralellutn, diminutif de pratttm, [iré. Dans l'ancienne langue, preaut est le nominatif, preel e.sl le régime.
t PRÉBALANCIER (pré-ba-lan-sié), ». m. Terme de zoologie, (^orps mobile qui est situé au devwit de l'aile dans certains insectes (latrbille).
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et balancier.
t PRÉB ASILAIRE (pré-ba-zi-lft-r'), ad}. Terme d'anatomie. Qui précède la pièce du crâne nommée liasilaire.
— ETVM. Pré..., préfixe, et basilaire.
PRÉBENDE (pré-baii-d'), s. f. Keveiiu ecclésiastique attaché i un canonioat ; le canonicat même Ces biens lecclésiastiquesj partagés en divers k<u
PRfi
prirent le nom de prébende, de canonicat, cha- TKAiiBB. Génie, IV, m, 2.
— iiisr. ïir s. Cil me dona, Diei li rende, X Daiex une provende, wacb, dans du cange, pTcTbenda. || x;ii' s. Oui argent porte à Rome, assés tosl provende a; On ne les donne mie si com Diex coairaenda, rdteb. 234. || xv= s. Que l'eussiez pour recommandé envers monseigneur le cardinal, touschant certaine prébende que messire a et tient en l'église de.... Bibl. des chartes, *' série, l. i, p. 4*. Klle apaisa la grant discorde Des barons françois vile et orde, Ou'ilz avoient de gouverner. Non pas pour bien, mais pour régner; Car cliascuns tenoil une bende, Chascuns vouloit avoir preliende, Et tenir le royaume en bail, B. ue?cu. Poésies tnss. f" 658.
— Ei'VM. Prov. prebenda, prevenda; espagn. et ital. prebenda; bas-latin, prsebenda, mot à mot la chose qui doit être fournie, de prxbere, contracté de prœhibere, de prs:, et habere, avoir.
PRÉBENDE, ÉB (pré-ban-dé, dée), adj. Qui jouit d'une prébende. || S. m. Un prébende, chanoine à préhemle.
PRÉIlKNDIER(pré-ban-dié; \'r ne se prononce pas et lie se lie pas), s. m. Ecclésiastique qui, en certaines fonctions, sert au chœur au-dessous des chanoines. || Se disait aussi de certains pauvres qui étaient nourris des revenus d'une église.
— HIST. xiii* s. Ahi! granl cler, grant provandier, Qui tant estes grant viandier. Qui fêles dieu de vostre pance ... rlteb. 95.
— ETVM. Prébende.
t PRÉBirCCAL, ALE (pré-bu-klcal, ka-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui précède la bouche, qui est situé en avant de la bouche.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et le lat. bucca, bouche. PRÉCAIRE (pré-kê-r), od). || 1° Qui ne s'exerce
que par permission, que par tolérance, avec dépendance. Possession précaire. Par la nature du climat et du terrain, le peuple chinois a une vie précaire ; on n'y est assuré de sa vie qu'à force d'industrie et de travail, monteso. Esp. xix, 20. Tu n'avais que la liberté précaire d'un esclave à qui l'on n'a rien commandé, J. 1. Rnuss. Emile, v. || Commerce précaire, s'est dit du commerce que deux nations ennemies font ensemble sous un pavillon neutre. || 8° Par extension, qui a peu de solidité, de force, en parlant de principes, de conjectures Ce n'est point une supposition précaire, mais un fait qu'on peut démontrer par une expérience très-aisée à répéter, bufp. Min. t. II, p. 15(1. M. Bucquet employait une partie de ses cours à combattre ces préjugés [fausses applications de la chimie à la médecine], à montrer combien les principes thiniiques iiui leur servaient de base étaient précaires, conoorcet, Bucquet. || 3° S. m. lerme de jurisprudence. Un iirécaire, un prêt olitenu par prière, et, de là, sorte de contrat de bail que des personnages puissants consentaient à de plus humbles, par exemple, en droit romain, les patrons aux clients, et, en droit français, au moyen Sge, précaire ecclésiastique, bail emphytéotique des biens d'église à des laïques. || Par précaire, à titre rie précaire, se dit des choses dont on ne jouit que par une concession toujours révocable. Sans vouloir examiner si on ne pourrait pas soutenir qu'en effet il (David) était roi de droit et que Saûl ne régnait que par tolérance ou, en tout cas, par précaire et comme simple usufruitier, Boss. 5' arert. 28. || Posséder par précaire, posséder non comme propriétaire, mais seulement comme emprunteur ou comme teneur à bail.
— HisT. XVI' s. Les Morisques aprenoient tous les jours par les pilleries espagnolles, que toute vie précaire cesse bien tost d'estre vie, d'aub. Hisl. i, a4ii. Cliascun, pour sauver sa vie et respirer une ame précaire, se faisoit bourreau de son compagnun, iD. ib. i, i'i2. En ce cas telle donation ne vaut ; et ne suffiroit rétention d'usufruit, constitution de précaire, ou autre ficte tradition, Coutt. génér. t. i, p. 398.
- ÉTYM. Prov. precari ; esjiagn. et ital. precarin; du lat. precarius, de prex, précis, prière ; obtenu par prière.
PRÉCAIREMENT (pré-kê-re man) , adj. D'une manière précaire. La princesse des Ursins, voyant échouer son projet de souveraineté personnelle, ne son^e plus qu'à réf^ner précairement à Madrid, Du- CLos, (Euv. l, V, p. 78.
~ HIST. xvi» s. Toutes les régentes régnent précairement, d'aub. Hisl.i, i:n.
— ÉTYM. PrHaire, et le suffixe menl.
t PRÉCARITÉ (pré-ka-ri té), s. (. Qualité, état de ce qui est précair». Le genre humain ne pou-
PRÉ
vait avoir d'autre école pour passer de la barbarie et de la précarité à une vie mieux pourvue de bienêtre et de combinaison, dupont-white, l'Individu et l'Etat, p. i9b, 2' éd. Lors de la loi de i84« sur les pensions civiles, une exception regrettable fut faite, au grand dommage des commissaires de police; cette exception cependant peut s'expliquer par l'état de précarité et d'incertitude qui existait alors au sujet de leur rétributionj Moniteur, U avril
1867, p. 447. 4< COl.
— ÉTYM. Précaire.
t PRÉCATIF, IVE(pré-ka-tif, ti-v'), adj. || 1° Terme
didactique. Qui est accompagné d'une injonction, d'une prière. Il 2° Terme de grammaire. Le temps précatif, ou, substantivement, le précatif, temps des verbes sanscrits répondant à l'aoriste de l'optatif du grec.
— ÉTYM. Voy. PBÊCATION.
t PRÉCATION (pré-kasion), ». f. Sorte de figure de rhétorique par laquelle on demande quelque chose au ciel.
— ETYM. Lat. prccortonem, de precon, prier (voyez