PRIER
tPRÉCADDAL, ALE (pré-kô-dal, da-l"), adj. Terme d'anatomie. Qui est situé en avant de la queue.
— RTYM. Pré.... préfixe, et le lat. cauda, queue. PRÉCAUTION (pré-kô-sion; en vers, de quatre
syllabes), ». Ml 1° Ce qu'on fait par prévoyance, pour éviter un mal. Borée et le Soleil virent un voyageur Qui s'était muni par bonheur Contre le mauvais temps; on entrait dans l'automne, Quand la précaution aux voyageurs est bonne, la pont. Fabl. VI , 3. Il me semble que nous ne serons pas surpris, et que nous avons assez bien pris nos précautions, sÉv. 121. Rien n'est pareil aux précautions de Vauban pour conserver tout le monde, m. 468. La seule précaution contre les attaques de la mort, c'est l'innocence de la vie, boss. Ilar.-Thér. Je ne sortis pas de la journée ; je m'étais purgée par précaution , dancouht, ta Désol. des joueuses , se. 6. Tous les raisonnements que l'on fait sur ces malheureux états du mariage [l'infidélité de la femme] vont à conclure que les précautions sont inutiles avant le mal, et la vengeance odieuse après, BAMiLT. Gramm. ». Rien ne prouvait mieux les alarmes que l'excès des précautions , volT. Louis JV,2i. Ce sont les petites précautions qui conservent les grandes vertus, J. J. Rouss. W^J. iv, I3. J'aime mieux craindre sans sujet que de m'exposer sans précaution, beaumahch. Barb. de Sév. ii , 4. Il i° Circonspection, ménagement. Se conduire avec précaution. Tant de précaution commence à me lasser, corn: Sert, iv, 2. || 3° Terme de rhétorique. Toute forme de style par laquelle on cherche à éviter ce qu'il y a de blessant dans ce qu'on va dire. La précaution se rapporte à l'euphémisme, ce n'est pas une figure particulière. Lecteurs, ne craignez pas de moi des précautions indignes d'un ami de la vérité, J. J. bouss. Ém. iv. t| Précautions oratoires, certains ménagements que prend l'orateur pour se concilier la bienveillance de ses auditeurs. Il Proverbe. Trop de précaution nuit.
— HlST. XVI* s. Il faut marcher en ces aultres amitiez [les amitiés ordinaires] la bride à la main, avecques prudence et précaution, mont, i, 214. Que s'ils veulent prester leur mains, tant à la vengeance d'une si grande perfidie qu'à la précaution d'un péril tant eminent , d'aub. Hist. m , 489. Que nous troublions le roiaume par précaution du trouble, comme nous mettans en l'eau de peur de la pluie, ID. ib. m, 490.
ÉTYM. Lat. prœcautionem , de prx, en avant,
eicautio, garde (voy. caution).
PRÉCAUTIONNÉ, ÉE (pré-kO-sio-né, née), part, passé de précautionner. || 1" Mis en garde. Précautionné par ses maîtres contre les mauvaises lectures. Il 1° Prudent, avisé. Lorsqu'il [Fénelon] répète cent fois, que ses auteurs sont bien moins précautionnés que lui, boss. Passages éclaircis, 2. Il [un homme d'esprit] ne pense pas que personne veuille lui en dresser [des embûches], et le choisir pour être sa dupe ; cette confiance le rend moins précautionné, la bruï. il. Il n'y a personne qui ne sorte do cette ville [Paris] plus précautionné qu'il n'y est entré, «ontksq. Lett. pers. 5». || 11 se dit aussi des choses. [Négligences] que saint Alhanase a remarquées dans les écrits de quelques anciens, où une bonne intention supplée à une expression trop simple et trop peu précautionnée, soss. «• avertis!. H 4.
PRÉCAUTIONNER (pré-kô-sio-né ; en vers, de cinq syllabes) , v. n. || 1° Prémunir coatre. On l'a
PRÉ
préoautionné contre les filous de Paris. || 2" Se précautionner, ». réjî. Se mettre en garde contre. Il [Pygmalion] ne laissait pas de se précautionner contre elle [Astarté], fèn. Tél. vin. C'est aux hommes à se précautionner contre les erreurs où ils peuvent être jetés par d'autres hommes , fonten. Oracl. i, 5. J'ai fait bâtir un château très-commode où je me suis précautionné contre ces ennemis de la nature [les vents du nord] , volt. Lett. Sade , * 2 fév.
— ÉTYM. Précaution.
t PRÉCAUTIONNEUX, ECSE (pré-kô-sio-neû,
neû-z'), ttdj. Plein de précaution. Ces villes.... venaient toutes reconnaître l'autorité de son fils [de Sigebert],à l'exception de Tours, dont les habitants, plus précautionneux pour l'avenir parce qu'ils étaient moins éloignés du centre de la Neustrie , prêtèrent serment au roi Hilpéric, auo. thiebrv, Récits des temps mérovingiens , S" récit.
PRÉCÉDÉ, ÉE (pré-sé-dé, dée), part, passé de précéder. Qui a devant soi quelqu'un. Et, précédé des jeux, des grâces, des plaisirs. Il vole aux champs français sur l'aile des zéphirs, volt. Henr. IX. Il Fig. Précédé au barreau par cette réputation d'honnête homme qui est la plus forte recommandation d'une cause, et peut-être la première éloquence d'un orateur, marmontel, Œuvr. t. vin,
PRÉCÉDEMMENT (pré-sé-da-man), adv. Auparavant, ci-devant.
, ÉTYM. PrMdent, et le suffixe ment.
t PRÉCÉDENCE (pré-sé-dan-s') , *. f. État de C8 qui précède. Ceux qui soutiennent la précédence des crânes dolichocéphales en Europe, phuni-r-bey, Bulletins de la Soc. anlhrop. 2" série, t. Il, p. 248.
— HIST. XVI* s. Toutes choses estant esguales, la precedence se mesureroit à la vertu, mont, i, 33&. Surtout vous prendrez garde qu'ausdits serment et acte le roy d'Espagne ne soit nommé devant moy; car outre que ma precedence ne peut esire dehatue justement par luy ny par autre.... Mém. de Bellièvre et de Sillery, p. 4i9, dans lacurne
— ÉTYM. Précédent.
PRÉCÉDENT, ENTE (pré-sé-dan, dan-t') , od;.
Il 1* Qui précède, qui est immédiatementavant, soit par rapport à l'ordre, soit par rapport au rang. Le jour, le règne précédent. Vous trouverez cela dans le chapitre précédent, à la page précédente. Lamitié fut regardée comme un éoueil, l'ingénuité comme une imprudence, la vertu comme une affectation qui pouvait rappeler dans l'esprit des peuples le bonheur des temps précédents, montesq. Rom. <4. Il 2° S. m. Usage déjà établi ; fait précédent. Consulter les précédents. Une tentative sans précédents.
— HIST. xvi* s. Le jour précèdent [la veille], AMYOT, Pyrrh. 46.
PRÉCÉDER (pré-sé-dé. La syllabe ce prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je précède, excepté au futur et au conditionnel : je précéderai, je précéderais),», o. || 1° Marcher devant, avoir le pas sur.... Vous saurez que le roi dit aux ducs qu'il avait'lu leur écrit, et qu'il avait trouvé que la maison de Lorraine les avait précédés en plusieurs occasions, SÊV. 490. Ses gardes [de Richelieu) entraient jusqu'à la porte de la chambre, quand il allait chez son maître;il précédait partout les princes dusang; il ne lui manquait que la couronne, volt. Mœurs, 176. Et que, dans celte cérémonie [une procession], les femmes précéderaient les hommes, en mémoire de ce qu'au dernier a.ssaut [de BeauvaiSjles hommes auraient été forcés, si les femmes ne fussent venues à leur secours, ayant à leur tête Jeanne Hachette, DucLOs, (Euv. t. u, p. 478. |] a* Venir avant un autre. Je précède mon maître de quelques moments, il me suit, PONT DE VEYLE, Somiiomt). se. 8. Il 3* Être, avoir été auparavant. .Sylla m'a précédé dans ce pouvoir suprême, CORN. Cinna, ii, l. La Sophonisbe [de Mairet) n'a pas été la première qui ait ennobli les théâtres des derniers temps; celle du Trissin l'avait précédée on Italie, et celle du sieur de Mont- Chrétien en France, id. Sophnn. Au lecteur. La reine, qui était'très-fière, ne prit pas confiance à des avances qui étaient toujours précédées par des menaces, retz, Mém. t. ii, liv. m, p. 3»». .Son empire [de Dieu] a des temps précédé la naissance, BAC. Ath. 1, 4, Examinez ma vie, et songez qui je suis. Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes, m. Phèdre, iv, 2. L'on ne doit pas s'imaginer que ce qui précède un effet en soit la véritable cause, iiALERB. Rech. vér. vi, i, 3. Les cérémo» nies de religion qui , chez les Romains, précé datent toujours les déclarations de guerre, iollin,
PRÊ
PRÉ
PRÊ
Hist. ane. (Euv. t. ix, p. 9, dans podoens. De quelque peuple policé de l'Asie que nous parlions, nous pouvons dire de lui : il nous a précédés, et nous l'avons surpassé, volt. Mœurs, «&8. Il faut que ma confiance précède la vôtre, stabl, Corinne, XI, 3. Il 4* L'emporter sur. S'il précéda Philiste en vaincsdiRnilés, Philiste le devance en rares qualités, cor;<. Veure, u, î. || 5" V. n. Avoir le premier rang. Précéder en dignité. || 6* Être auparavant. Le chapitre qui précède. Si vous trouvez en vous ces trois m.ir(|ues essentielles à une vocation légitime : la pureté des motifs qui vous engagent, l'innocence dos mœurs qui ont précédé, et les talents utiles à l'Rglise.... MASS. Confér. Voe. s. || 7° Se précéder, 1). réfl. Être par rapport l'un à l'autre en une condition d'antériorité. Monter peu à peu comme par degrés jusques à la connaissance des plus composés [objets], et supposant même de ■l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement les uns les autres, de?c. Kéth. ii, ».
— HlST. XIV s. Faictes avant au plaisir de celluy qui sera vostre mary que au vostre; car son plaisir doit précéder le vostre, Ménagier, i, 6. Comme les ars précèdent les operacions qui de eulx sont denommées, oresme, Eth. XL II XVI' s. Les oraisons mutuelles de tous les membres qui travaillent encore en terre, doivent monter au clef jJésus- Chrisl), qui est précédé au ciel, calv. lnsl. 696. Folle ambition, laquelle l'avoit tant aveuglé qu'il ne se pouvoit contenter de précéder tant de millions d'hommes, imyot, Cross. 52.
— ÉTYM. Provenç. précéder; cat. preceir ; ital. preeedere; du lat. prascedere, de pra-, en avant, et eedere, dler (voy. cédf.b).
PRÊCEIXTE (pré-sinl'), i. f. Terme de marine. Série de bordages de bois de chêne, plus larges, plus épais et par cela plus forts que les autres, qui sert comme de ceinture au navire, dont elle entoure les cfltes pour les maintenir & leur places respectives et les lier solidement entre elles.
— ÊTYM. Prt.,., préfixe, et ccini, participe de teindre.
t PRÉCELLENCE (pré-sèl-lan-s') , s. f. Qualité de ce qui l'emporte sur. H. Estienne a écrit un livre intitulé De la précellence de la langue française.
— HIST. xvi" s. Ils attribuèrent à la nation Spartiate la précellence de valeur en ce combat, mont.
— ÉTYM. Lat. prieceUenlin, de prxcellere , qui vient de prx, en avant, et cellere, s'élever.
I PRËCELI.ER (pré-sèl lé), t'. n. L'emporter sur, avoir la précellence.
— HIST. XVI' s. La chouse sera bien tournée si je puis monstrer que le nostre [lang.ige] prccelle le leur [l'italien], h. est. Precell. édit. keuoèke, p. 3«. Le premier precelleen exploits militaires,HONT. m, 129.
— ETYM. Voy. PRECELLENCE.
t PRÉCELTIQUE (présèl-ti-kl, odj. Qui est avant les Celles. Période préceltique. Une race autochthone précellique.
— RTYM. Pré.... préfixe, et celtique.
PRÉCEPTE (pré-sè pf), s. m. || i' Ce qui est recommandé comme règle et en.seignement. Que pnses-lu que soil un art? un recueil de préceptes qu'on met en pralir|ue pour une fin utile à la vie de l'homme, d'ablancourt, Lucien, Parasite. Les vieillards aiment à donner de bons préceptes, pour se consoler de n'être plus en état de donner de mauvais exemplns, lahoch. néfl. oi. Ses exemples n'affaiblissaient pas ses préceptes, pléch. Duc de Vont. Les préceptes ne sont autre chose que des observations qu'on a faites sur ce qu'il y avait de beau et de défectueux dans les discours qu'on entendait, rollin , Hitt. anc. Œuv. t. xi, 2* part, p. 6t», dans POUOENS. Les préceptes sont toujours venus après l'art ; Tisias fut le premier qui recueillit les lois de l'éloquence, dont la nature donne les premières règles, volt. Dict. philos. Éloquence. L'Art poétique de Boileau est admirable, parce qu'il dit toujours agréablement des choses vraies et utiles, parce qu'il donne toujours le précepte et l'exemple, id. Diet. phil.Art poétique. Un choix de préceptes moraui tirés de Sénéque, et mis en ordre par un habile professeur, fournirait d'excellentes leçon» de sagesse i de jeunes élèves, dider. Claude et Nér. i, «22. Puissiez-vous donner encore longtemps l'exemple et le précepte I d'alemb. ielt. au roi de Prusse, «7 nov. 1777. J'ai déjà dit, Monseigneur, que les préceptes ne nous apprennent jamais JOieui ce qu'il faut faire, que lorsqu'ils nous font remarquer ce qu'il laut éviter, condillac, Art d'ecr. H, «. Il %• Commandement. Les lois humaines, faites pour parler i l'tsprit, doivent donner des préceiites
et point de conseils, montksq. Espr. xxiv, 7. La religion, faite pour parler au cœur, doit donner beaucoup de conseils et peu de préceptes, in. ib. |l Particulièrement, commandements de Dieu, de l'Église, et ce qui e>t ordonné par l'Évangile. En vérité, les préceptes chrétiens sont les plus pleins de consolations; je dis plus que les maximes du monde, pasc, Lett. à Mlle de H<iannei, 7. Un roi sage, ainsi Dieu l'a prononcé lui-même..,. Craint le Seigneur son Dieu, sans cesse a devant lui Ses préceptes, ses lois, ses jugements sévères, rac. Alhnl. IV, 2; C'est un commencement de salut que d'accomplir le précepte, mass. Carême, Motifs de conv. Que deviendraient les peines et les récompenses, les menaces et les promesses, en un mot tous les préceptes de la loi, s'il ne dépendait pas de l'homme de les accomplir ou de les violer? DIDEROT, Opin. des anc. phil. {juifs).
— HIST. XII' s. Citeains i niist et borjois ; Si lor dona preceps et lois. Que pais et concorde tenissent. Brut, 1292. Deiis le m'a dit, que je muirai, Quant.son precept trespasserai, Adam, mystère, p. U.
— ÊTV.M. Lat. prxceplum, de prsecipcre, commander, qui vient de prx, en avant, et copere, prendre.
PRÉCEPTEUR (pre-se-pteur), s. m. || 1° Celui qui enseigne. Le p' re, et par un amour naturel et par une économie nécessaire, était le précepteur des garçons aussi longtemps qu'il pouvait l'être. FONT, lioerhaave. Notre premier précepteur est notre nourrice, j. i. rouss. Ém. i.|| Par extension. 11 semble que tu n'aies jamais lu la vie de ces grands précepteurs du genre humain [les philosophes], d'abi.ancourt, Lucien, Parasite. Oui, monsieur, j'ai dit que Newton et Locke étaient les précepteurs du genre humain, volt. Lett. d'A/jincourt, 17 déc. 1770 II Fig. Son poût avait été son précepteur, des- FONTAiNES. Il 2" Celui i|ui est chargé de l'vducation d'un enfant. Les parents sensés et raisonnables doivent voir avec quelque peine qu'un intendant, un secrétaire, quelquefois même un portier fait chez eux une plus grande fortune que le précepteur du fils de la maison, rollin, Traité des Éi. vi, u, 3. Les enfants, et surtout les enfants de condition, n'entendent parler de science qu'à leur précepteur, qui, dans une espèce de réduit séparé, leur enseigne une langue ancienne, dont le reste de la maison fait peu de cas, fonten. Du Fay. Charles-Quint le joue [le cardinal 'Wolsey qui voulait être pape], et manifeste son pouvoir en taisant pape son précepteur Adrien Florent, natif d'Utrecht, alors régent en Espagne, VOLT. Ann. Hmp. Charles-Quint, (621. Je suis trop pénétré île la grandeur des devoirs d'un précepteur, je sens trop mon im apacité, pour accepter jamais un pareil emploi, de quelque part qu'il me soit oiïert, J. J. aouss. Em. i. liossuet fut nommé précepteur du Dauphin, h'alemb. Éloges, Bo.çsuel. Il Sous p écepleur, voy. sous-précepteur. Il 3° Un des grands dignitaires des templiers (précepteur est ici au sens de commandeur). || Grand officier de l'ordre de Malte.
— HIST. XV' s. M. Pierre l'arquetin, precepleurde Philippe fils du duc de Bourgogne, Estais des officiers des ducs de llimrgngne, p. 32, dans lacurne. Il XVI' s. Préceptrice, cotghave. Mes précepteurs domestiques m'ont dict souvent i|ue j'avois ce langage [le latin] en mon enfance si pre4 et si à la main, qu'ils craignoient à m'accoster, mont, i, (94. Nous la voyons [la langue française] aujourd'hui en telle réputation et honneur, que presque en toute l'Allemagne {t|ue dy-je l'Allemagne, si l'Angleterre et riiscosse y sont comprises?), il ne se trouve maison noble qui n'ait précepteur pour instruire ses enfans en nostre langue françoise? pas- QDIER, Lett. t. i, p. H.
— f.TVM. Lai. pr.rceptorem (voy.- précepte.)
t PUÉ<:i;PTIO.\ (pré-sè-ption) , s. f. Nom de certaines lettres que donnaient les rois fra:ics. Il y avait bien des lois établies; mais les rois les rendaient inutiles par de certaines lettres appelées préceplions (c'étaient des ordres que le roi envoyait aux juges pour faire nu souffrir de certaines chosescontre h loi) qui renversaient ces mêmes lois, MONTESQ. E.ipr. XXXI, 2. Il y avait des préceptions personnelles ijui mettaient seulement la personne, et non les terres, hors des atteintes de l'autorité ordinaire, NAiîORT, Instit. Uém. inscr. et belles-letf. t. VIII, p. 499. Ce prince [Childebert] lui donna [à une jeune fille qui avait tué son ravisseur] une préception, et la mit dans sa parole [in xerbo suo posita] pour la garantir de toute persécution, m. «6.
— HIST. XVI' s. Bon* aucteurs nous en ont laissé
tels livres, préceptions et reigles que.... h. dd bell. Prol.
— ÉTYM. Lat. prseceptionem, de prxcipere (voy. précepte).
PRÉCEPTORAL, ALE (pré-sù-pto-ral, ra-1'), od;. Oui appartient, qui est propre au précepteur. Ton préceptorat. Des conseils préceptoraux.
— ÉTYM. Précepteur.
PRÉCEPTORAT (pré-sè-pto-ra; le t ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. État, fonction du précepteur. Les devoirs du préceptorat.
t PRÉCEPTORERIE ( pré-sè-pto-re-rie) , ». f. Charge, dignité de précepteur chez les templiers et les chevaliers de Malte.
t PRÉCEPTORIAL, ALE (pré-sè-pto-ri-al , a-l'), adj. Relatif au preceptoriat. || S f. La préceplorlale, synonyme de preceptoriat n° i Une grande estime et une amitié fort vive que le feu P. Ferrier, confesseur du roi, avait prise pour lui à Toulouse, pendant ses conférences , ne lui valurent qu'une trèsmodique pension sur la préceptoriale d'Aigues- Mortcs, FONTEN. Régis.
t PRECEPTORIAT (présè-pto-ri-a), ï. m. || 1° Prébende affectée à un maître de grammaire qui doit enseigner les jeunes élèves. || 2° Il s'est dit aussi pour préceptorat. Le roi s'est clairement déclaré touchant le preceptoriat [de Fénelon], puisqu'il a renvoyé les subalternes, qu'on savait être des créatures de M. de Cambrai, Boss. Lett. quiél. 274.
— ÉTYM. Lat. pr<rceplor, précepteur.
t PRÉCEPrORlSEH (pré-sè-pto-ri-zé) , V. a. Traiter quelqu'un comme ferait un pédagogue. Si la vérité blesse si fréquemment, c'est un peu la faute de celui qui la dit: ou c'est un orgueilleux qui nous humilie, ou un ignorant qui nous piéceptorise, ou un grossier personnage qui nous insulte, niDEROT, Claude et Nér. ii, )o9.
— HIST. XVI' s. Preceptoriser, cotgrave.
— f.TVM. Précepteur.
PRfiCESSION (pré-sè-ssion) , s. f. Terme d'astronomie. Précessinn des équinoxes, mouvement rétrograde des points é()uinoxiaux. H [Newton] trouve par une méthode dont on ne saurait trop admirer la finesse, que la précession annuelle des équinoxes doit être de 60 secondes, telle qu'elle est en effet, d'alembeiit, Inlrod. préccss. équin. (Euv. t. XIV, p. 47, dans pougens. La cause de cetle précession des équinoxes, inconnue à toute l'antiquité, n'a été découverte que de nos jours, volt. Ilœiirs , 183. Le problème de la préces^ioii des équinoxes, le plus difficile peut-être de l'astronomie physique et celui dont la solution a contrihiié le plus à prouver la vérité de la loi générale découverte par Newton, coniiorckt, d'/lrct. M. d'Alembert a complètement résolu le problème de la précessiou des équinoxes, et de la nutation de l'axe de la terre, bailly, Hist. astr. rnod. t. m, p. 1^9. Ces mouvements de prccessions et de nulaiions ne sont pas particuliers à la terre ; ils appartiennent à tous les globes qui s'écartent de la ligure sphérique et sont renflés dans quelques-unes de leurs parties, m. ib. t. m, p. i65. L'arrivée du soleil à l'équinoxe précède la fin de sa révolution, relativement à un point fixe dans le ciel ; c'est pourquoi re mouvement a été nommé précession des équinoxes , bbisson , Traité de phys. t. m , p. • < < . Leurs observations [d'Aristille et de Timocharis] des principal- s étoiles du zodiaque firent découvrir à Hipparque la préces.sion des équinoxes, laplace, Exp. v, :i. La rotation du sphéroïde terrestre l'aplatit h ses pôles, et cet aplatissement , combiné avec l'action du soleil et de la lune, donne naissance à la précession des équinoxes, id. ib. iv, i3.
— ÉTYM. Lat. preecessionem , de prxcedere, précéder.
t PRËCHABLE (prê-cha-bl') , adj. Qui peut être prêché, qui sert à la prédication. L'intention du collecteur [d'une compilation pour ceux qui prêchent, au xiV siècle] est d'autant moins douteuse qu'il prétend lui-même nous présenter l'ensemble de toutes les matières prêchables (materiarum priedicabilium), Hist. liuér. de la France, t. xxiv,
t PRÉCHANTRE (pré-chan-tr'), ». m. Anciennement, premier chantre d'une église.
— HIST. xiv s. Prcceutres, devant chantre, qui commence le chant, principal chantre, du canoë, prxcantor.
— ÉTYM. Pré.. , préfixe, et chantre. On trouve aussi princhantre. qui est le lat. primus caninr .
t PRf.CHANTlIERIE (pré-chan-tro-rie), î. f. Oftica de préchantre.
PRËCUE (prê-cho), ». m. || 1° Sermon des minis-
PRfi
très protestants. U [Pasquier] voudrait bien qne les sermons s'appelassent le prêche ; car ce mot lui relient mieux que celui de sermon ou de concion, G AR\ssE, Recherche det rech. p. 722, dans lacuhne. Les pilleries qui furent l'eflet de leurs premiers prêches [des calvinistes], Boss. For. x, m. Calvin régla la forme des prières et des prêches, volt. Mœurt, 138. Oui a été plus assidu à des prêches et au chant des psaumes que le prince d'Orange, Guillaume le Taciturne, fondateur de la république rie Hollanile, et Gustave Adolphe, vainqueur de l'Allemagne? ID. Fragm. sur l'hist. vu. || Droit de prêche, droit assuré aux protestants par le traité de paix d'Amboise (i563). || J° Fig. Le protestantisme. Mais que sert que ta main leur dessille les yeux, Si toujours dans leur âme une pudeur rebelle, Près d'embrasser l'Église, au prêche les rappelle? boil. /?pif. III. Il Aller au prêche, se rendre au prêche, quitlerle prêche, embrasser la religion protestante, ou la quitter. US" Lieu où s'assemhlent les protestants pour l'exercice de leur religion. Madame Catherine, soeur du roi [Henri IVj, qui n'avait pas été obligée, comme lui, de se faire catholique, tenait un prêche public dans son palais, vor.T. Hist. pari. XXIX. On abattit tous les prêches en France, lors de la révocation de l'édit de Nantes, Dict. de l'Acad. Il 4" Pac dérision. Un sermon, un discours. Frère André ne marchanda point, Et lui fit ce beau petit prêche, la font. Cordel.
— Hisr. XVI* s. U permit que les protestants fcissent comme ils avoient faict, et leur laissa leurs presches et prescheurs, brant. Lere. Je voy de jour î autre rongner les ongles à ceux de la religion ; défenses leur ont esté faites de faire presches aux villes esquelles le roy sejourneroit, parquer. Lettres, t. I, p. 257. Le dire est au'tre i hnse que le faire : il fault considérer le prescbe à i)arl, et le presclieui à part, MONT, ut, i *o.
— ÉTYM. Voy. prêcher; provenç. prédit, prezic. L'ancienne langue disait prrecheit:enl.
PRÊCHÉ, ÉE (prê-ché, chée), part, passé de prêcher. i| 1° Annoncé en enseignement. Les grâces qui ont leur effet, parce qu'elles fléchissent les cœurs avec cette toute-puissanle facilité, tant prêchée par saint Augustin.... ross. Avert. sur le livre Réflex. mor. iv. La religion prêchée au milieu des périls de la guerre, stael, Corinne, xi,3 || 2° A qui l'on annonce la parole de Dieu. Les gentils prêches par saint Paul. H Être prêché, être mis au prône. Je fus prêché en chaire, nomme l'Antéchrist, et poursuivi dans la campagne comme un loup-garou, j. J. Rouss. Confess. xii.
PKECHER (prê-ché), i-. a. \\ 1° Annoncer en discours religieux et moraux la parole de Dieu. Il faut auparavant que l'Evangile soit prêché à toutes les nations, saci, Bible, Érang. SI Marc, xiii, lo. L'ignorance et la barbarie de mes pauvres sujets [d'une terre de Mme de Sévigné] nous a fait penser i faire une paroisse de ces deux viUiiges,afin d'être instruits et d'entendre quelquefois prêcher Jésus- Christ, sÉv. àGuitaut, ts janv. 4683. La doctrine ancienne, qui, selon l'oracle de l'Evangile, doit être prêchée jusque sur les toits, pouvait à peine parler à l'oreille, boss. Reine d'Anglel. Jean Hus, docteur de la nouvelle université de Prague et confesseur de la reine de Bohême, femme de Venceslas, ayant lu les manuscrits de'Wiclef, prêchait à Prague les opinions de cet Anglais, volt. Ann. Emp. Robert, I407. Il Prêcher l'avent, le carême, une octave, prêcher dans une même église durant l'avent, durant le carême, dui-ant une octave. Je prêchai l'Ascension, la Pentecôte, la Fêle-Dieu, dans les petites Carmélites en présence de la reine et de toute la cour, RETZ, Mi'm. t. i, liv. i, p. 19, dans pougens. Il î" Il se dit des personnes auxquelles on annonce la parole de Dieu. Les Juifs font des complots terribles con'.re saint Paul, outrés principalement de ce qu'il prêche les gentils et les mine au vrai Dieu, BOSS. Hist. ir, 7. Avec tant de perfections acquises et inspirées, il va prêcher des peuples grossiers et rustiques, PLiîcn. Panég. ii, 3*7. Nous les prêchons en vain |los pécheursj, mass. Confér. Sacerd. Il Fig. Vous prêcher un converti, o'est-à-diro vous voulez persuader un homme qui, de lui-même, est de votre avis. Il 3° Absolument. Annoncer la parole rie Dieu. Il nous conta aussi qu'il venait de voir une mcrc de Normandie, qui lui parlant d'un fils abbé qu'elle a, lui avait dit qu'il avait dessein de biei. étudier, et qu'il commençait toujours à prêcher en attendant; cet arranHemcnl nous fit rire, sév. «9. Le P. Bourdaloue prêche : bon UielJ I tout e4 au-dessous des louanges qu'il mérite, lu. ti ma;s >07i. Un homme dit en son coeur : je prêcherai,
PRÊ
II prêche : le voilà en chaire sans autre talent ni vocation que le besoin d'un bénéfice, la brut. xv. Un jacobin n'eut, en (472, que quarante-quatre sols pour avoir prêché tout un carême, st-foix, Ess. Paris, OBuv. t. iv, p. 135, dans pougens. Arnaud de Brescia , un de ces hommes à enthousiasme, dangereux aux autres et à eux-mêmes, prêchait de ville en ville contre les richesses immenses des ecclésiastiques et contre leur luxe, VOLT. Mœurs, 47, || Prêcher que, avec le verbe à l'indicatif. Prêchons qu'on ne peut se sauver dans ce monde, nous, désespérons nos auditeurs; disons, comme il est vrai, qu'on s'y peut sauver, ils prennent occasion de s'y embarquer trop avant, BOSS. Panég. SI Franc, de Sales, i. || Fig. Prêcher d'exemple, pratiquer le premier tout ce que l'on conseille aux autres de faire. Socrate prêchait luimême d'exemple, fén. Socrate. Et, pour prêcher d'exemple, éteint une bougie Qui brille sans nécessité, iiELi LLE, Convfrs. u. Il Familièrement. Prêcher dans le désert, n'avoir pas d'auditeurs, ou n'être point écouté. C'est la voix de Jean prêchant dans le dcseit, et que les échos répètent, volt. Letl. Richelieu, 3 iu\n 177). Il Prêcher pour son saint, pour sa paroisse, parler dans son intérêt. || Fig. Prêcher sur la vendange, s'amuser à parler ayant le verre en main. Il 4' Publier, recommander, répandre soit de vive voix, soit par écrit. Votre pasteur, ses moutons et Hercule m'ont bien plu, et l'âne même est joli comme vous le faites parler; l'application de l'apologue me semble dangereuse, et allez-vous-en un peu prêcher cela à Ruel foii demeurait le cardinal de Richelieu], voit. ie«. 94. Qui, brûlants et priants, demandent chaque jour, Et prêchent la retraite au milieu de la cour, hol. Tart. i, 6. Je ne prêcherai point ici aux gens de lettres tous ces lieux communs sur le mépris de la gloire, si souvent et si peu sincèrement recommandé par les philosophes, d'alemb. Ess. sur la soc. des gens de lett. Œuv. t. m, p. 48, dans pougens. || Fig. ?on teint mortifié prêche la continence, rêgnier, Sat. xui. || Familièrement. Ne faire que prêcher malheur, que prêcher misiire, que prêcher lamine, ne parler que de malheur, que de famine. || Prêcher toujours la même chose, répéter s:ins cesse les mêmes propos. |{ 5° FamiUÈrement. Remontrer, faire des remontrances. Vous qui prêchez si bien les autres, deviez-vous faire mal à vos petits yeux à force d'écrire? sÉv. 261. Il l'épouse; et bientôt son hôtesse nouvelle, Le prêchant, lui fit voir.... boil. Sat. x. || Absolument. Cet homme ne fait que prêcher, il fait des remontrances à tout propos. Prêchez, patrocine/. jusqu'à la Pentecôte, mol. Éc. des femmes, i, «. ||6°Familièrement^ Louer, vanter. Il prêche ses exploits à tout le monde. |{ 7" Se prêcher, v. réjl. Se l'aire à soi-même un sermon, une remontrance. Ici finissent les sermons de la prêcheuse; elle aura désormais assez à faire à se prêcher elle-même, t. i. Bouss. HH. lii, 20. Il S'annoncer. C'est pourquoi, dit le saint apôtre, nous ne nous prêchons pas nousmêmes, mais Jésus-Christ notre Seigneur, boss. Panig. Ste Catherine, 2. || 8° Être prcché. La parole de Dieu se prêche parmi nous [catholiques] autant et plus, sans difliculté, que parmi les jacobites et les Grecs, boss. 3' awrt. (5. Le ministre ne dit-il pas que la reformation se prêchait lors hautement en cette ville [Metz] ? m. flc/ul. catéch. de Ferry, i, i, 3. Si quelquefois on pleure, si on est ému [à un sermon].... c'est la matière qui se prêche elle-même, et notre intérêt le plus capital qui se fait sentir, la bhuy. xv. {j Proverbe. On a beau prêcher qui n'a cure (ou, suivant quelques-uns, qui n'a cœur) de bien faire
— iiisT. X* s. Cum Jonas propheta cel populum habuit prelict et convors, Fragm. de Valenc. p. 488. Il XII' s. Quant Deus vint en terre e preechad, les oscurtez des diz as prophètes apertement revelad, Rois, 207. || xiii* s. En un loial a poi [peu] à preechier, inc. peés. franc. Vatic. n° t4oo, f° i»o, dans lacurne. Li abes de Los, qui moult cstoit preudons, et autre abbé qui à lui se tenoient, preccluiient toute jor, que pour Dieu se lenissent enscinlile, viLLEii. LU. Tant lor a li empereres preecliié de noslre Seignor, et rais avant di boines paroles que.... ii. nE valenc. iv. Ainsinc raison me pieeschoit ; Mes amors tout einpeesclioit, la Rose, 4345 La cioiz qui fu prceschiée par rmorlemcnt de Pierre li ermites, An. de J. i, îi. Ce que clers ne puct pir proichier, Doit cil [le chevalier] faire par mcnacier, llist. litt. de la France, t. xxiii, p. 739. Il XV* s. Ouant oyez prescber le régnait, Pensez de vos oyes garder, cii. h'orl. Rond. Pour ce que le suppliant par aucuns cas ou iparolcs et
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saremens par lui fais.... il a esté presché par le commandement de l'evesque de Paris ou parvis Nostre Dame, il doute que ce lui tourne à infamie et reprouche, dd cangk, prxdicamentum. \\ xvi* s. J'entends, respondit Pantagruel, et me semblez bon topic'iueur et affecté à vostre cause; mais prescliez et patrocinez d'ici à la Pentecoste, enfin vous serez esbahi comment rien ne m'aurez persuadé, rab. m, 6. TImoleon, ayant presché et encouragé les autres, les feit tous marcher en diligence vers la rivière de Crinuse, amïot, Timol. 36. Un homme de bonnes mœurs peult avoir des opinions faulses; et un meschnnt peut prescher vérité, mesme celuy qui ne la croit pas, MONT, m, 4 4).
— ÉTYM. Wallon, prichi; bourg, proche; pror. predicar, prezicar; espagn. predicor; port, pregar; ital predicare; du lat. prxdicare,de prœ, en avant, et dlcare, faire connaître.
PRÊCHEUR (prêcheur), .V. m. 111° Celui qui prêche, prédicateur. Clergesse, elle fait jà la leçon aux prêcheurs, règnieb, Sot. xiii. {[ En ce sens, il ne se dit aujourd'hui que par ironie. Voilà un mauvais prêcheur. || 2° Prêcheurs, ou, adjectivement, frères prêcheurs, nom donné aux religieux de l'ordre de Saint-Dominique depuis qu'ils furent employés à la conversion des Albigeois. Le pape avait adressé à dilTérenls princes mahométans des frères prêcheurs pour les engager à embra.sser le christianisme, ABEL RÉMUSAT, Inslit. Mém. inscr. et belleslettres, t. VI, p. 430. Il 8° Par extension, celui qui enseigne, publie, réprimande (avec une nuance d'ironie). Poisson, mon bel ami, qui faites le prêcheur, Vous irez dans la poêle, et vous aurez beau dire, Dès ce soir on vous fera frire, la pont. Fabl. y, 3. Des dévots, prêcheurs d'humilité et de patience, VOLT. Dict. phil. Parlement d'Anglet. Ce grand prêcheur de vertu n'était qu'un monstre chargé de crimes cachés, i. j. rouss. i" dial. || Un prêcheur éternel, un faiseur de remontrances. || 4° S. f. Prêcheuse, celle qui fait des remontrances. Charmante prêcheuse!... charmante, en vérité, mais prê» cheuse pourtant, j. j. roups. Hél. iv, 2. || Adjectivement. X son visage, j'augure qu'elle sera grave et prêcheuse, l. J. bouss. llel. vi, )9. || 6" S. f. Prêcheresse, nom qu'on a quelquefois donné aux religieuses de l'ordre rie Saint-Dominique. Ii 6° Adj. On donne l'épithùte de prêcheur à un insecte de la famille des mantes, parce que ses pattes de devant redressées ressemblent aux bras d'un prédicateur qui gesticule. || Prêcheuse, épithète donnée à quelques plantes dont les graines servent à faire des chapelets.
— HIST. XIII* s. Car sachiés que tex [tel] preeschierres, Combien qu'il as autres profit, A soi ne fait-il nul profit, la Rose, 6)26. 0 glorieuse prescheresse, Glorieuse demonstreresse De ce .saint ressuscitement, i. ns ueung, Tr. 844. || xv* s. Lequel prescheur en son dit preschement desenhortoit le dit duc, tant qu'il pouvoit, qu'il ne prensist \ engeance de la mort de son père, monstrkl. i, 2J6. H XVI' s. Notre chevet assiégé de médecins et de prescheurs, mont, l, 90. Autrement' euSt esté à craindre que les auditeurs ne fussent devenus amoureux des sœurs prescheuses, choliêues, Contes, t. Il, Après dtnée v, p. lO), dans pouge.ss. [Un condamné protestant haranguant le peuple au moment du supplice] En chaire si hautaine Ce prescheur effraya ses juges de sa peine, o'aub. Tragiques, Feux, éd. lalanne, p. 176.
— ËTVM. Wallon, préckeu; picard, précheux; prov. predicaire, prezicaire; espagn. predicador ; port, pregador ; ital. predicatore; du lat prj-dicatorem, de pnedicare, prêcher. Le vieux français preechicre et le provençal predicaire sont au nominatif, du latin prxdicdtor, avec l'accent sur ea; preechor est au régime.
tPRÉCUI, PRÊCHA (pré-chi, pré-cha), locution burlesque formée de (.rocher, et qui se dit de discours rebattus, de rabâchages. Puisa l'audience hors d'haleine, 11 entre et soudain dit : préchi! précha! bérang. Juge de Charenton.
PRfiCIKUSE (pré-si-eû-z'), t. f.\\i' En un .sens favorable, femme qui se livrait aux plaisirs du bel esprit, et qui joignait la délicatesse du langage à la délicatesse des manières. On dit un jour à la reine de Suilde [Christine] que les précieuses étaient les jansénistes de l'amour, et la définition ne lui déplut pas, ST-ÉVREM. t. I, p. 1)0 (ce mot était de Ninon de Lenclos). Je suis certain que la première partie d'une précieuse est l'esprit, et que, pour porter ce nom, il est absolument nécessaire qu'une personne en ait, ou affecte de paraître en avoir, ou du moins qu'elle soit persuadée qu'elle en a,
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SAOMAisB, Dict. det précieuses, l«««, l. i. Par la même raison que les véritables savants et les vrais braves ne se sont point encore avisés de s'oiïenser du docteur de la comédie et du capitan, aussi les véritables précieuses auraient tort de se piquer lorsqu'on joue les ridicules qui les imitent mal, «CL. Préc. Préface. Les femmes qui se piquaient de cette espèce de bel esprit s'appelaient précieuses; ce nom, si décrié par la pièce de Molière, était alors honorable, volt. Vie de J/oiière. H C'est en raison de ce sens favorable que Molière a intitulé sa pièce les Précieuses ridicules. Quand j'aurais eu la plus nuuvaise opinion du monde de mes Précieuses ridicules avant leur représentation, je dois croire maintenant qu'elles valent quelque chose, puisque tant de gens ensemble en ont dit du bien, moi.. Préc. Préface. J'étais à la premièie représentation, le <8 novembre i659,des Précieuses ridicules, au Petit Bourbon; Mlle de Rambouillet y était, Mme de Grignan, tout l'hôtel de Rambouillet, M. Chapelain et plusieurs autres de ma connaissance ; la pièce fut jouée avec un applaudissement général; et j'en fus si satisfait en mon particulier, que je vis dès lors l'effet qu'elle allait produire, ménage, Ménagiatia. || 2° En un sens défavorable, à cause de l'excès de la délicatesse, femme affectée en ses manières, en son langage. C'était ceci, c'était cela; C'éUit tout: car les précieuses Font dessus tout les dédaigneuses, la font. Fabl Yii, ». Est-ce qu'il y a une personne qui soit plus véritiblement qu'elle ce qu'on appelle précieuse , à prendre le mot dans sa plus mauvaise
signification? car enfin elle l'est depuis les
pieds jusqu'à la tête, mol. Critique, i. Mais qui vient sur ses pas? c'est une précieuse. Reste de ces esprits longtemps si renommés, Que d'un coup de son art Molière a difTaniés, boil. Sat. x.
PRÉCIEOSEMENT ( pré-si-eû-ze- man ), adv. Il !• Comme chose de prix. Conserver précieusement un objet. || En peinture, en sculpture, un tableau, une statue précieusement exécutés, exécutés avec le plus grand soin. || 2° Avec le caractère de la préciosité. Ces critiques, satires et invectives secrètes, qui ne sont que trop ordinaires à ce qu'on appelle les savants polis et d'un style précieusement adouci à l'égard de cetix qui ne sont pas de leur avis ou de leur cabale, le p. castf.l, cité dans Journ. des Savants, mars (867, p. (73.
— HiST. xvi's. Cependant tu es paré et attiflé précieusement, calv. Instit. 9)0.
— ÊTïM. Précieuse, et le suffixe ment.
PRÉCIEUX, ECSE (pré-si-eû, eû-z'), adj. || l»Oui
est de grand prix. Un bijou, un meuble précieux. Il Pierres précieuses, les diamants, les rubis, les émeraudes, les saphirs, les topazes, etc. |1 2" Fig. Qui est d'un grand prix moralement. Elle [Marie-Thérèse] était toujours tremblante, parce qu'elle voyait toujours celte précieuse vie [de touis X1V|, dont la sienne dépendait, trop facilement hasardée, Boss. Mar.-Thér. \\ Les moments sont précieux, c'est-à-<iire il n'y a pas de temps à perdre. Mais le barbier, qui lient les moments précieux, iioil. Lutr. m. || 3' Fig. Cher, dont on fait un cas particulier. Le mérite pourtant m'est toujours précieux, boil Sat. vu. ô vous, sur ces enfants si chers, si précieux. Ministres du Seigneur, ayez toujours les yeux, rac. Alh. il, 6. Mais, madame, arrêtez ces* précieuses larmes, id. Brit. y, t. Tandis que, pour fléchir l'inclémence des (lieux, 11 faut du sang peut-être et du plus précieux, ID. Iphig. I, î. Le plus vil citoyen, massacré sans raison avec le glaive de la loi, est précieux à la nation et au roi qui la gouverne, volt. Pnl. et lég. la Uéprise d'Arras. C'était un homme de mérite |le comte de Bassewitz], plein de droiture et de candeur, et qui a laissé en Allemagne une mémoire précieuse, id. Russie, ii, 3. || Kn un sens analogue, dans le langage de IT^riture. La mort des saints est précieuse devant Dieu. La France a vu de nos jours deux reines plus unies encore par la pieté que par le sang, dunt la mort, également précieuse devant Dieu, a été d'une singulière édification à toute l'Eglise, BOSS. Uarie-Thér. || Il se dit par respect en parlant du corps et du sang de Jésus-Christ et des reliques des saints. Le précieux sang de Notre- Seigneur. Une précieuse relique. |l 4* Il se dit, en fait d'ouvrages d'art, de ce qui porte la nnrque d'un soin curieux. Un ouvrage 'd'un fini prccieui. Ce bijou est d'un travail précieux. || Terme de peinture. Coloris précieux, celui qui imite bien les couleurs des objf'is. Il Précieux se prend toujours en bonne part quand il s'agit de petiu ouvrages, mais il peut déligner dans lei grands, surtout dans les tableaux historiques, un défaut, la recherche de
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qualités petites et minutieuses. || B' Par allusion à la délicatesse des précieuses, en un sens favorable, maintenant inusité, qui joint la délicatesse à la distinction. Obligeante, civile, et surtout précieuse. Quel serait le brutal qui ne l'aimerait pas ? SEGRAis, Vers à Mlle de ChdtiUon. Il y a bien d'autres expressions nouvelles.... sans parler de celles qu'on nomme précieuses, et qui ne sont pas tant de notre langue que de quelques femmes qui, pour se distinguer du commun, se sont fait un jargon particulier, bouhours, Entret. d'Ariste et d'Eug. n. La comédie [Esther] représentait, en quel(|ue sorte, la chute de Mme de Montespan, tt l'élévation de Mme de Maintenon ; tonte ladifférence fut qu'Esther était un peu plus jeune, et moins précieuse en fait de piété, LA FAT. Mém. cour de Franc. Œuv. compl. t. u, p. 44 2, danspouGENs. Tout ce qui avait un air de conversation leur semblait grossier, vulgaire [aux habitiii-s de i'hôlel de Rambouillet] ; c'était une résolutie>i fit une gageure d'être distingué, comme on aut»ii dit soixante ans plus tard, d'être supérieur, «ïomme on dirait aujourd'hui ; on disait alors précieux, ste-beuve, Mme de Longueville, dans la Bruyère et la Rochefoucauld; Urne de la Fayette et Urne de Longueville , i vol. Paris, 4 842, p. 4 72. Il En un sens défavorable, en parlant des personnes, qui pousse la délicatesse à l'excès. Vous êtes bien délicat et bien précieux, de vous trouver atteint d'une petite attaque de décrépitude, parce que vous êtes grand-père, sÉv. d Boulceau, le jour des rois 1687. Pour les filles, il ne faut pas qu'elles soient savnntes, la curiosité les rend vaines et précieuses, FÉN. Édue. filles, i. Sophie n'était ni précieuse ni ridicule; comment cette délicatesse outrée aurait-elle pu lui convenir, à elle à qui l'on n'avait rien tant appris dès son enfance qu'à s'accommoder des gens avec qui elle avait à vivre? J. J. Bûuss. Ém. V. Il Substantivement. C'est, en un mot, un composé du pédant et du précieux, fait pour être admiré de la bourgeoisie et de la province, LA BRUY. 11. Qui pour faire valoir sa marchandise fait la précieuse, hamilt. Gramm. x. Il II se dit aussi des choses. L'air précieux n'a pas seulement infecté Paris, il s'est aussi répandu dans les provinces, et nos donzelles ridicules en ont humé leur bonne part, mol. Préc. <. La Middleton, bien faite, blonde et blanche, avait dans les manières et le discours quelque chose de précieux et d'affecté, hamilt. Gramm. 6. Mais il hait encor plus le jargon précieux, dblille, Convers. m. ||Sj m. Le précieux, espèce de ridicule, qui consiste dans des manières et un langage affectés, par lesquels une personne fait juger qu'elle s'estime plus qu'elle ne vaut, et qu'elle aspire à des perfections qui ne lui sont pas naturelles. Nanon se rendait aussi rare que sa' maîtresse, imitant son précieux, son langage, sa dévotion [ de Mme de Maintenon], st-sim. 39, 491. Le précieux de l'hôtel de Rambouillet, m"* de cavlus. Souvenirs, p. "s, dans pouGENS. On y sait fuir également Le précieux, le pédantisme, VOLT. Goût. Le siècle du bel esprit et du précieux ridicule, marmoniel, Œuv. t. v, p. 4 35.
— REM. 1. On dit précieux à et précieux pour : C'est un avantage précieux pour moi; c'est un avantage qui m'est précieux. || 2. Pour exprimer la qualité qui rend précieux, on dit également par et pour : Cet animal est précieux pour sa frugalité ou par sa frugalité.
— HiST. xii* s. Li reis David à sun vivant out or e argent e pierres pretiuses, e mairen gentil, e marbre.... Rois, p. 243. || xiu' s. Or voel-je que vous tout le juriés suz le cors precieus nostre Seigneur, Chr. de Rains, p. 20. || xiv* s. Les très précieux des bons arts ou doctrines sont soubz ceste [science] si come chevalerie, yconomique et rhétorique, ORESME, Elh. 444 Vieille contagieuse,
Voulez-vousdonc gouverner la contrée En beguinant, faire la précieuse Pour empescher toute vie amoureuse? E. DESCH. Poésies mss. f° 334. Aussi bien laides que belles Contrefont les dangereuses. Et souvent les précieuses, eu. d'ORL. iiond.
— ETYM. Pa./enç. precios; espagn. predoso; ital. prezioso; dy !at. pretiosus de pretium (voy. prix).
t PRECINCTiON (pré-sin-ksion) , s. f. Terme d'anlii|uité. Sorte de palier qui, dans les amphithéâtres et dans les théâtres antiques, régnait au-dessus de chaque étage de gradins, et suj. lequel s'ouvraient les voinitoires,
— ETYM. Lat. prxcinctionem, de prx, en avant, et cingere, ceindre.
PRÉCIOSITÉ (pré-si-ô-zi-té), s. f. Affectation dans les manières et dans le langage. Sa préciosité cban-
PRE
gea lors de langage, la font. Fabl. vn, ». J'en al
be.Tucoup appris depuis trois ans [sur l'art d'élever les petits enfants]; mais j'avoue qu'auparavant cela, l'honnêteté et la préciosité d'un long veuvage m'avaient laissée dans une profonde ignorance, sitv. 24 oct. 1671.
— ÉTYM. Précieux. L'ancienne langue a precieuseté (oREsME, Eth. 3I7), mais dans le sens de valeur; prov. preciositat; espagn. preciosidod ; ital. preiiosilà.
PRÉCIPICE (pré-si-pi-s'), s. m. || 1° Espace trèsprofond et à bords escarpés. Le plus grand philosophe du monde, sur une planche plus large qu'il ne faut, s'il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra, pasc. Pens. m, 3, éd. havet. Moi, ....qui ne puis pas souffrir la vue, ni l'imagination d'un précipice ; quelle horreur de passer par-dessus, et d'être toujours à deux doigts de la mort affreuse! SÉV. 528. On dit que, quand on passe au boni d'un précipice, il ne faut point le regarder ; et cela est vrai jusqucs à un certain point, Saussure, Voy. Alpes, t. vu, p. 269, dans pouoiiNS Dans le physique comme dans le moral, les précipices que ion ne voit pas, et auxquels on arrive par des pentes plus ou moins ra[iides, sont beaucoup plus dangereux que ceux qui se montrent à découvert, ID. ib. t. iv, p. 32. Hier Delzons n'y trouva pas l'ennemi [à Malo-Iaroslavetz] ; mais il ne crut pas devoir placer toute sa division dans la ville haute, au delà d'une rivière, d'un défilé et sur la crête d'un précipice dans lequel une surprise nocturne aurait pu la jeter, ségur, llist. de Nap. ix, 2. Il 2° Fig. Grand malheur, disgrâce, danger. Il faut le recevoir ou hâter son supplice. Le suivre, ou le pousser dedans le préeipice, corn. Pomp. l, 4. L'hymen semble à mes yeux cacher quelque supplice. Le trône sous mes pas creuser un précipice, ID. Rodog. I, 7. Nous cornons .sans souci dans le précipice, après que'nous avons rais quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir, pasc. Pens. IX, 6, éd. havet. Si cette haute élévation est un précipice affreux pour les chrétiens, boss. Duch. d'Orl. Je leur semai [aux princes] de fleurs les bords des précipices, rac. Athal. m, 3. Je vous ai obligation de m'avoir arrêté sur le bord du précipice, hamilt. Gramm. 4 4. Les chrétiens regardent les richesses comme des embarras, les dignités comme des écucils, la grandeur comme le haut d'un précipice, mass. Carême, Mauv. rich. 11 n'est pas temps, dit-il, de prêcher Jenni, il faut le tirer du précipice, volt. Jenni, 6. La puissance de Charles-Ouint n'était qu'un amas de grandeurs entouré de précipices, i». Mœurs, 12G. Qu'uu autre A cet aspect [celui de la mort] frissonne et s'attendrisse, Qu'il recule en tremblant des bords du précipice, LAMABT. Méd. I, 5. Partout autour de moi je trouve un précipice, p. leurun, Uarie Stuart, IV, 2. Il Le précipice de, le grand danger de. Le précipice de promettre sans tenir, le péril d'accorder plus qu'il n'est possible, st-sim. t. ^v, p. 55 (éd. in-8* de 1829)
— HIST. XVI* s. De telle forme de pessair": ."t'U.s pourrons commodément user contre la cbeut. *t précipice de l'amarry [matrice], paré, xxv, vS. 'Ju [prisonnier] s'estant arreslé sur le bord du précipice, le baron [des Adrets] luy dist : quoy î tu en fais à deux fois? d'ai;b. Hist. i, 4 47. Le parti ligué vint du penchant au précipice, et fut réduit à rien, ID. ib. m, 287. C'est à faire à des brigands que de soy fier à des rochers et à soy saisir de haults précipices, AMïOT, Aratus, eo. La chose publique avoit desjà pris coup, et il estoit trop mal aisé de la retenir qu'elle n'allast en précipice, id. Lucul. 77. Il fault qu'il [le philosophe] frémisse planté iU bord d'un précipice, comme un enfant, mont, il, 20.
— ÉTYM. Lat. prœcipitium (voy. précipitei). PRÉCIPITAMMENT (pré-si-pi-U-man), adv. Avec
précipitation, à la bâte. Un mourant qui comptait plus de cent ans de vie. Se plaignait à la mort que précipitamment liUe le contraignait de partir tout à l'heure, la font. Fabl. vui, 4 Cette impatience téméraire de la plupart des jeunes gens qui se dispensent de l'ordre du temps et de la raison, pour monter précipitamment aux premiers tribunaux du royaume, pléch. Lamoignon. Les Etoliens se réfugièrent précipitaniment dans la citadelle, rollin, llist. anc. Œuv. t. vin, p. :i7», dans pougens. ô que ceux qui jugent si précipitamment les enfants sont sujets à se tromper! ils sont souvent plus enfants qu'eux, j. j. Rouss. Ém. u.
— ÉTYM. Précipitant (qui s'est dit adjectivement au XVI* siècle : Les François sont bouiUai»» et preci-
PRfi
pitans de nature, h. du bell. 343), et le suffixe ment. Le xvi* siècle avait l'adjectif precipiteux et l'adverbe prfcipiteusement; le xvii* avait l'adverbe précipitément , duquel Vaugelas dit : Il est bon, mais précipitamment est beaucoup meilleur.
PRÉCIPITANT (pré-si-pi-lan), s. m. Terme de cliimie. Ce qui opère la précipitation.
PRÉCIPITATION (pré-si-pi-ta-sion ; en vers , de six syllabes), s. f. || !• Extrême vitesse, grande hâte. Le Cid n'en a pas assez [de temps] pour se battre contre don Sanche durant l'entretien de l'infante avec Léonor, et de Chimène avec Elvire ; je l'ai bien vu, et n'ai point fait de scrupule de cette précipitation , corn. 3« dise, trois wtilés. La reine emportée avec une telle précipitation dans la vigueur de son 4ge, Boss. itar.-Thér. Je vous écris avec une grande précipitation : j'attends le roi d'un moment à l'autre, haintenon, UtI. au card. de Souilles, 28 sept. 4695. La vivacité de ses yeux, et une certaine précipitation singulière que je remarquais dans tous ses mouvements, me persuadaient qu'elle n'était pas sans lièvre, genlis. Ad. et Théod. t. i, p. 307, dans poigens. || Fig. L'on a ôté mal à propos le nom de raison à l'amour.... c'est une précipiiation de pensées qui se porte d'un côté sans bien examiner tout , mais c'est toujours une raison, pasc. Passioru del'amour. i J° Fig. Vivacité dans les résolutions, dans les actions, qui pèche par excès. Les fautes qu'il avait faites par précipitation, fîn. Tél. m. La précipitation, outre qu'elle est imprudente, est presque toujours malheureuse et suivie de funestes effets, rollin, Uist. anc. Œuvr. t. m, p. (75, dans pougens. L'abbé de Saint-Pierre était si attaché à l'Académie, si persuadé qu'elle l'avait jugé avec une précipitation dont elle se repentait, que, dix-huit mois après sa destitution, il crut pouvoir lui écrire de nouveau, pour la prier de revenir sur son affaire, d'alemb. Éloges, l'ab. de StP. note 15. Les hommes font beaucoup d'injustices sans méchanceté, par légèreté, précipitation, sottise, témérité, imprudence, DUCLOS, Consid. mœurs, 6. || 3" Terme de chimie. Phénomène qui a lieu quand un corps se sépare d'un liquide où il étoit dissous, et se dépose sous la forme de poudre, qb tlocons ou d un autre corps. Les dissolutions, les précipitations, les coagulations présentent partout des phénomènes analogues, BtiLLY, Iliil. aslr. mod. t. n, p. *89. Voulant donner à un enfant du goût pour la chimie , après lui avoir montré plusieurs précipitations métalliques... . 1. }. noijss. Èm. m.
— mST. XVI' s. Si par nonchalance ou précipitation on y laisoit faute, il y auioit peine à la reparer, LANGUE, 3U9. De la precipilaiion ou perversion de la matrice, c'est à dire tombée ou renversée hors de son lieu naturel, pahê, xvni, 46. Cassius et Brutus achevèrent de perdre les reliques de la romaine liberté,... par la précipitation et la ternerite de quoy ils se tuèrent av,int le temps et l'occasion, MONT. II , 31. I.a précipitation de notre intelligence [l'amitié de Montaigne et de la Boétiej si piomptemcnt parvenue à sa perfection, ID. l, 213.
— ÉTYM. Lât. prœcipitationem , de prxcipitare , précipiter.
PHÉCIPnÉ, ÉE (pré-si-pi-té, tée), part, passé de précipiter. || 1° Jeté de haut en las. Maniius précipité du haut de la roche Tarpéienne. |{ Fig. Ab! madame, faut-il me voir précipité De l'espoir glorieux dont je m'étais flatté, mol. 0. Gare, m, 3. Je vous laisse à penser si une liberté précipitée jusqu'au voisinage du vice ne s'emportera bientôt jusqu'à la licence, hoss. Sermons, Impén. t. \\i° Escarpé. Il est impossible de concevoir comment ils [les Lapons] peuvent se soutenir en descendant les fonds les plus précipités , HEONAHn , Voyage de Laponie. Ils [les lamas] descendent des ravines précipitées et surmontent des rochers escarpés où les hommes mêmes ne peuvent les accompagner, bcfp. Quadr. t. VI, p. 64. Il 3° Oui est entraîné, poussé. Ouvre tes yeux cillés, et vois do quelle sorte. D'ardeur précipité, la rage te transporte, rëqnibh, Ép. i. Mon importun et lui courant à l'embrassade Ont surpris les passants de leur brusque incartade. Et, tandis (|ue tous deux étaient précipités Dans les convulsions de leurs civilités.... mol. Fdch. i, 4, |{ 4° Qui se fait précipitamment. Les courtes et précipitées prospérités de Gaston de Foix , la mort du duc de Veimar au milieu de ses triomphes, voir. Letl. 173. Le Cid et Pompée, où les actions sont un peu précipitées, CORN. 3* dise. Le roi a de la bonté , et il sait bien que la chu.se a été précipitée , mol. Impromptu , 4. Tout ce qui est ici vous salue, et u«tu« ami [CorbiueUi] ne sait rien (i« celle lettr«
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précipitée, sÉv. a» avr. 1686. Sa mort si précipitée et si effroyable pour nous, BOSs. Mar.-Thér. Ne suffit-il pas qu'il y ait eu quelquefois de l'abus par les enterrements précipités, pour nous engager à les différer et à suivre les avis des sages médecins? BUFP. Uist. nat. hom. Œuvr. t. iv, p. 380. La civilisation des Esclavons ayant été plus moderne et plus précipitée que celle des autres peuples.... STAËL, Àllem. Cornsidér. génér. \\ 5° Oui a une grande vitesse. Et déjà mon vers coule à flots précipités, BOIL. Ép. viii. Ruisseau , nous paraissons avoir un même sort : D'un cours précipité nous allons l'un et l'autre. Vous à la mer, nous à la mort, DESHOUL. Poés. t. i, p. t30. Tantôt, dans chaque strophe, à l'exemple d'Horace, J'aime un accord moins répété, Et qu'après un grand vers elle tombe avec grâce Par un vers plus précipité, lamotte. Odes , t. I, p. 339, dans podgens. Leur marche fut tour à leur tardive et précipitée , raynal , Hist. phil. xviii , 47. Il 6° Oui a de la précipitation, qui agit à la légère. Gens un peu entreprenants, légers et précipités, la bruy. viii. Hll se dit aussi des choses. Cette humeur curieuse et précipitée fait que ce qu'on ne voit pas on le devine, boss. Sermon*, Jugements hum. * . Toutefois vos transports sont trop précipités, RAC. Iphig. ii, 5. Deux erreurs où les hommes ont coutume de tomber par des jugements précipités, condill. Conn. hum. ii, ii, 2. || 7" Terme de chimie. Oui tombe au fond d'une dissolution. Sa noirceur [de l'encre] ne venait que d'un fer précipité par une liqueur alcaline, 1. 1. rouss. Ém. m. Il S. m. Matière dissoute qui a abandonné son dissolvant et est tombée au fond du vase. Les différentes couleurs des précipités de mercure, maihan. Éloges, Lémery. || Précipité blanc, protochlorure de mercure, obtenu par précipitation. || Précipité jaune, sulfate de mercure. || Précipité perte, précipité rouge, bioxyde de mercure.
— REM. i Genève on dit : Â la précipitée, précipitamment, en toute hilte, humbert, Gloss. génev.
PRÉCIPITER (pré-si- pi-té), V. o. || f Jeter d'un lieu élevé dans un lieu fort bas, dans un lieu profond. 11 y eut des spectacles effroyables dans les royaumes de Juda et d'Israël : Jézabel fut précipitée du haut d'une tour par ordre de Jéhu, boss. Hist. i, a. Il vaudrait mieux non-seulement pour elle, mais pour vous, qu'on vous précipitât au fond de la mer, bourdal. Sur le scandale, t" avent, p. «8. Cet esclave n'est plus; un ordre, cher Osmin, L'a fait précipiter dans le fond de l'Euxin, rac. Bajax. 1, ^ . J'aurai vu massacrer et mon père et mon frère. Du haut de son palais précipiter ma mère,... m. Athal. Il, 7. Pourquoi vos ancêtres, dit-il [Lyciscus aux Gftîcs[, précipitèrent-ils dans un puits celui (|ui venait de la part de Xerxès les inviter à se soumettre et à se joindre à ce prince? rollin, Hist. anc. Œuv. t. viii , p. «22, dans podgens. Selon les esséniens, les âmes des méchants étaient précipitées dans des souterrains ténébreux où elles étaient livrées à toutes sortes de tourments, CONDILL. Hist. anc. xv, ts. 11 voulut me punir, venger son faux outrage. Et, sans daigner me voir, sans daigner m'écouter. Dans le fond d'un cachot me fit précipiter, Gaa. la Marquise de Gange. \\ Fig. Je sais.... Que du trône.... Britannicus par moi s'est vu précipiter, rac. Brit. i, <. || Précipiter dans le tombeau, causer la mort. || 2° Fig. Pousser violemment dans quelque sentiment. Ce fut de ce penchant de la peur que nous crûmes que nous le pourrions précipiter dans nos pensées ; l'expression est bien irrégulière, mais je n'en trouve point qui marque mieux le caractère d'un esprit comme le sien, RETZ, Mém. l. i, liv. i, p. 31, dans pouoens. Ne puis-je pas dire, pour me servir des parole* du plus grave des historiens, qu'elle allait être précipitée dans la gloire? car quelle créature fut jamais plus propre à être l'idole du monde? BOSS. Duch. d'Orl, Elle eût pu renoncer à sa liberté [en se faisant religieuse!, »\ on lui eût permis de la sentir; et 11 eût fallu la conduire, et non pas la précipiter dans le bien, m. Xnrw de Goni. || 3* Faire tomber dans un grand malheur, dans un grand danger. Tous les dieux irrités Dans les derniers malheurs nous ont précipités, cokn. Nicom. v, 8. Quel astre, de votre heur et du nôtre jaloux, Vous a précipité jusqu'à rompre avec noua? ID. Soplion. iv, 2. Leur propre folie les a préciiités dans la mort, saci, Bible, Baruch, m, 38. Je crains, seigneur, qu'une faus.se idée de gloire et des conseils flatteurs ne vous précipitent dans une guerre qui |)ourra tourner <'i la honte de la nation, bollin, Hist. anc. Œuv. t. 111, p. 911, dans POUOENS. || 4" Lancer avec la vitesse d'une chute dans nu jpréuipice. X travers
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les rochers la peur les précipite [des chevaux], rac Phèdre, v, 6. Les torrents bondissants précipitent leur onde, Et des mers en courroux le noir abîme gronde, delil. Géorg. i. || Fig. Guise, tranquille et fier au milieu de l'orage. Précipitait du peuple ou retenait la rage, volt. Henr. m. || B° Hâter, accélérer. La faveur que pour lui je vous avais offerte. Au lieu de le sauver, précipite sa perte, cors. Poly. v, 6. Nous admirions, mon lils et moi, comme vous avez pressé et précipité heureusement sa vie [du jeune marquis de Grignan], pour le faire tomber à propos dans l'état où il fallait être pour avoir le régiment de son oncle, sÉv. 7 déc. (689. Je regrette ce que je passe de ma vie sans vous, et j'en précipitt les restes pour vous retrouver, iD. (8 août t680. Le» saints désirs de la mort le pressent tellement [Saint-Aubin mourant], qu'il en a précipité tous les sacrements, lu. t7 nov. 4 688. Valens précipite le combat, boss. Hist. i, H. Les femmes du pays précipitent le déclin de leur beauté par des artifices qu'elles croientserviràles rendre belles, labruy. viu. Les plaisirs abrègent leurs jours, et les chagrins qui suivent toujours les plaisirs, précipitent le reste da leurs années, mass. Pet. carême, Malh. des gr. qui abandonnent Dieu. Les longues maladies ont précipité chez moi la décrépitude, volt. lett. dArgence, 15 juin (766. On précipita les travaux, et les assiégés, fatigués par des assauts continuels, se soumirent le huitième jour, «aynal, Hist. phil. il, 17. Autrefois , quand nous étions ensemble , vous ne cherchiez pas à précipiter les heures, vous en jouissiez, STAËL, Corinne, xiii, 3. || Précipiter sa marche, ses pas, aller très-vite. C'est en vain qu'à travers des bois, avec sa cavalerie toute fraîche, Bek précipite sa marche pour tomber sur nos soldats épuisés, boss. Louis de Bourbon. Loin de ces lieux cruels précipitez vos pas, bac. /p/i. iv, <o. Il Précipiter les pas de quelqu'un, le faire aller plut vite. La voix du grand Henri précipite leurs pas, volt. Henr. iv. || Fig. Heureuse négligence, puisqu'elle anime et précipite cette marche vigoureuse où il s'abandonne à toute la véhémence et l'énergie de son âme, d'alemb. Éloges, Bossuet. || 6° Apporter de la précipitation. Précipiter les atfaires, c'est le propre de la faiblesse, qui estcontrainte de s'empresser dans l'exécution de ses desseins, soss. .Sermon*, Providence, t. Mon Dieu.... je «eux apprendre... à voir et non à deviner, à ne précipiter pas mon jugement, mais à attendre le vôtre, m. Serm. Jugem. hum. \. \\ Il ne faut rien précipiter, il ne faut pas agir à la hâte. Non, non, encore un coup ne précipitons rien, rac. Bérén. iv, 4. || Précipiter les choses, les pousser à toute extrémité. Les nouvelles d'Angleterre sont très-mauvaises : les jésuites y onl trop précipité les choses, maintenon, ielt. à Mme de St-Géran, 5 sept. 4688. || 7' Terme de chimie. .Séparer de son dissolvant une matière dissoute, et la faire tomber au fond du vase. Le foie de soufre ou sa seule vapeur noircit et altère l'argent; il précipite en noir tous les métaux blancs, buff. Min. t. m, p. t%\. Le cobalt précipite le cuivre et le nickel de leur dissolution à l'état métallique, fouhcroy, Connaiss. chim. t. i, p. cxv, dans podgens. || Neutralement. La liqueur filtrée après l'ébullition a précipité abondamment avec l'eau de chaux, ber- THOLi.RT, Instit. Uém. scienc. i8u«, ("sem. p. 85«. Il 8» Se précipiter, v. réft. Se jeter de haut en bas. Quelques-uns se précipitèrent dans les ondes de désespoir, boss. Reine d'Angkt. Serait-on reçu à dire qu'on ne peut se passer de voler, d'assassiner , do se précipiter? labrdy. vi. || Fig L'ardeur impétueuse à mille erreurs te livre. Et trop courir c'est te précipiter, CORN. Imit. m, (t. En précipiianl trop les choses, on se précipite avec elles, beaumabch. Mèri coupable, iv, 3. || 9- Aller avec une grande vile.ssR. L'Rgvpte, jusqu'au Delta, est resserrée par deux chaînes de rochers, entre lesquels le Nil se précipite, en descendant d'Ethiopie, du midi au septentrion, VOLT. Mœurs, Introd. Ksj/ple. || Se précipiter sur quelqu'un, s'élancer sur lui. C'est ainsi qu'en général les nations s'aveuglent sur leurs vrais intérêts, et se précipitent les unes sur les autres, CONDiL. Traité des sysl. ch. (5. || Ils se sont précipités dans les bras l'un de l'autre, ils se sont embrassés avec empres.semont || On dit de même : se précipiter au cou de quelqu'un. Je me jette à genoux; ma chère Adèle vient se précipiter à mou cou, GKNLis, Ad. et Théod. t. m, p. 4i5, dans pougens. Il Se précipiter aux pieds île quelqu'un, se mettre avec vivacité à genoux devant lui. F.llo se précipitera aux pieds de César, et tiendra ses genoux embrassés, dider. Claude ei Nir. l, 26. || l.'j peuple, la foule se précipitait au-dcvuit de lui, se
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portait à sa rencontre avec empressement. Le peuple pour le voir court et se précipite, R*c. Phèdre, m,
3 Qu'aucun par un zMe imprudent Ne sorte
avant le temps et ne se précipite, ID Athal. iv, B. Il 10' Fig. S'écouler rapiilement, se perdre. Mes jours avec les siens [d'Auguste, que je tuerai] se vont précipiter, cobn. Cinna, m, *. Ses jours se précipitèrent trop vite, Boss. Hist. i, to. La jeunesse s'éteint, les année» se précipitent, mass. Arent, Mon du pich. \\ If Fig. Se jeler dans ce qui est comparé à un précipice. C'eût été se faire arrèler lui-même, et se précipiter dans un obstacle invincible au dessein qu'il voulait exécuter, co:n. Cinna, Exam. Il [Dieu] ne coaimande point que l'on »'y précipite [dans la mort], id. Poly. il, 6. On ne doit pas so précipiter dans le plaisir, parce qu'on le rend plus agréable à force de le désirer, mêré, dans BicHELKT. S'ils (les hommesj reconnaissaient l'infirmité de la nature, Ils en ignoraient la dignilé ; de sorte qu'ils pouvaient bien éviter la vanité, mais c'était en se précipitant dans le désespoir, pasc. Vens. XII, II, éd. havkt. Tous les peuples se précipitaient dans ridolAtrie, BOSS. Ilist. ii, 2.11 ne faut pas s'étonner de l'avoir vue [la réforme] se précipiter dès son origine de changement en changement, ID. For. XV. X peine ont-ils épuis/j le présent, qu'ils se précipitent dans l'avenir, montesq. te». fers. 130, Il On dit aussi se précipiter à. On y voit [dans une histoire] le roi de Portugal, jeune et brave prince , se précipiter rapidement à sa mauvaise destinée, sÉv. 9 mai laso. Et lui même à la mort il s'est précipité, bac. Théb. iv, 4, || Racine le fils a blâmé à tort je prpci;)i(er à, dans ce ver<. Mme de Sévigné a aussi cet emploi. || 12» Se bâter, mettre trop de hâte. Ne vous précipitez pas. Klle [!a fille de la princesse de Tarente] s'est un peu précipitée de se marier devant les signatures de toute sa famille, sÉv. 7 juill. <«80. Il 13° 1'erme de chimie. Tomber sous forme de précipité. Une portion de la colle se précipite avec les principes qu'elle a enveloppés, GENLis, Maison rust. t. m, p. 28», dans poloens.
— HIST. XV' s. Le suppliant n'avoit bonnement de quoy acheter des anneaulx d'argent à sa fem ne pour mettre en ses doiz et s'en parer; et pour ce que sa dite femme l'en precipitoit fort de lui en donner.. ..DU cangk, pra?cipt(ium. ||xvi's. Par conseil précipité, rab. Garg. i, 3). Quand Tiphoeus si fort se despita. Que dans la mer les monts précipita, ID. ib. I, 68. 0 qu'un grand heur est trop précipité! ST-GEt,. )70 Et que les feus, qui d'en hault
précipitent [les astres qui se couchent]. De tous costez au sommeil nous incitent, du hell. iv, 8, verso. Tant de gens qui se sont pendus, no;ez et précipitez, MONT. I, 64. Il ne fault pas se précipiter si esperduement aprez nos affections et interests, id. IV, (61. C'est aux guerres qu'on doit monstrer sa valeur et bazarder libéralement sa vie, et ceux qui la vont precipitans aux querelles, font croire qu'ils ne l'estiment pas de grand prix, langue, 2B4. Une retraite précipitée, id. 643. Il fut précipité du hault en bas du Capitole à travers les rochers qui y sont, AMTOT, Cam. 62. Craignant que Minutius ne se precipitast et hastast de faire quelque grand mal avant qu'il fust arrivé, iD. Fab. 23. Cela le contraignoit de précipiter ainsi ceste guerre avec grands dangers, ID. SylUi, 26.
— ETY«. Lat. pneeipitare, de prxceps, qui tombe la tête en avant, de pra», en avant, et caput, tête (voy. chef).
t PRÊCIPITUEUX, ECSE (pré-si-pi-tu-eû, eû-z'), adj. Oui est en précipice. Glacier précipitueux, SAMBERT, Rev. dct Deux-Mondes, 1887, t vi, p. 395.
PRÉCIPUT (pré-si-pu ; le t se lie : un pré-sipu-t en argent), $. m. Terme de jurisprudence. Avantage que le testateur ou la loi donne à un des cohéritiers. Meudon convenait au Dauphin, il y avait sa part et son préciput, st-sih. 307 :b. |{ Fig. Et dans lui l'on renomme La franchise du cœur qu'il a par préciput, begnaBD, Ménechmes, v, 4. Il Préciput conventionnel, avantage que le contrat de mariage a stipulé en faveur du survivant. Le préciput n'est point regardé comme un avantage sujet aux formalités des donations, mais comme ane convention de mariage. Code Nap. art. (I>I6.
— ÊTYM. Ijit. prxcipuum, préciput, de prœ, d'avance, et capere, prendre. Le t est inexplicable; le mot semble formé avec pr«, comme occiput avec ob; néanmoins le latin a toujours dit prxcipuum Dour préciput. L'ancienne langue disait prectimt't^.
t PRfXIPi;TAIBK (pré-si-pu-té-r'), ad). Qui a rapport au préciput. Avantages précipulaires.
1. PRf.ClS, LSI-; (pié-sl, si-z'), adj. \\ 1" ExacteuitBl eircoQwnt, dont on t retraoehé tout c« qui
est superflu. Créon bannit Médée ; et ses ordres précis Dans son bannissement enveloppaient ses fils, cofiN. Médée, 111, 2. Un aveu plus précis.... ID. Àgésil. I, 2. Ses paroles précises [de Louis XIV parlant aux amb.issadeurs] sont l'image de la justesse qui règne dans ses pensées, boss. Mar.- Thér. Expliquer sa foi en termes précis, m. Euchar. II, I. Ces fortes expressions par lesquelles l'Ecriture sainte exagère l'inconstance des choses humaines devaient être pour cette princesse si précises et si littérales, id. Durh. d'Orl. Le roi voulut un détail précis de l'aventure, hamilt. Gramm. 8. Elle [la géométrie] est, pour ainsi dire, la mesure la plus précise de notre esprit, de son degré d'étendue, de sag:icité, de profondeur, de justesse, d'alemb. Éloges, Bernoulli. Les mots de courage, de modestie, d'honneur, de vice, de vertu, tous si communs dans les conversations, sont-ils des signes d'idées bien précises? duclos, Œuvr. t. x, p. 94. Il Faire des demandes précises, faire en justice des demandes expresses et formelles. || Prendre des mesures précises, prendre des mesures justes et allant au but. |: Dire quelque chose de précis, dire quelque chose de formel. || Adverbialement. Il faut opiner net et précis, puisque votre rapport est fait, ST-siM. 470, 212. Il 2° Qui ne dit rien de trop, où il n'y a rien de superflu , en parlant du discours et du style. Style pr. cis. !| Il se dit aussi des personnes. Ocellus de Lucanie, limée de Locres, auteurs nU)ins hrilhints, mais plus profonds et plus précis que les précédents, barthél. Anach. ch. 29. il Homme précis, celui qui met de la précision dans son langage, dans ses écrits, jj Substantivement. Lfl précis, ce qui est précis. || Pour la distinction de précis et concis, voy. concision. || 3' Fixa, déterminé, arrêté. Un temps, un jour précis. Voulez-vous qu'il y coure à vos heures précises ? mol. Tart. ii, 2.
— HIST. xvi* s. Un commandement précis et prefix, MONT, i, 60. Tous nombres ne sont pas vrays (luarrés, en tant que d'eulx l'on ne peult avoir racine quarrée precize, ArismHique, f. 32.
— ETY.M. LaL pr.rc.isus, précis, proprement à quoi on a retranché, de prx, et cxdere, couper.
2. PRÉCLS (pré si; l's se lie: un pré-sî-z habilement fait), s. m. Sommaire de ce qu'il y a de principal dans une affaire, dans un livre. Le précis d'une affaire. Celte règle [de Saint-Benoît], c'est un précis du christianisme, un docte et mystérieux abrégé de toute la doctrine de l'Évangile, boss. Panég. saint Benoit, 3. J'ai fait un petit précis des révolutions de l'Inde, à la fin duquel la catastrophe de Lalli s'e,st trouvée naturellement, volt. Leit. Mme du Dcffanl, 3o juillet 1773. Voilà en précis les lois mécaniques qui, selon lui, font mouvoir l'animal, et qui en règlent les actions, condil. Traité anim. ch. 3.
— f.TYM. Précis 1.
PRÉCISÉ, ÉE {pré-sizé, zée), part, passé de préciser. Une époque précisée. Des circonstances précisées.
PRÉCISÉMENT (pré-si-zé-man), adv.\\l° Avec précision, exactement, au juste. Que les galères ne partent jamais du port de Malte qu'en plein jour.... et qu'à midi précisément, Sfatuls de l'ordre, etc. 1603, dans jal. Pourvu que ceux que nous faisons parler se soient connus.... nous ne sommes pas obligés à nous attacher si précisément à la durée de leur vie, corn. Sertor. Au lecteur. Il n'y a presque personne qui ne pense plutôt 'à ce qu'il veut dire qu'à répondre précisément à ce qu'on lui dit, la BoctiEFouc. Réfl. 139. Nous fîmes bien précisément ce que nous avons résolu, sév. 28 août 167B. Vouloir et agir, c'est précisément la même chose qu'être libre, volt. Traité métaph. vu. C'est précisément parce qu'on est riche, qu'on se vend plus cher, quand on l'ait tant que de se vendre , id. .^nn. Emp. Louis V, i346. Nul être n'est d'une figure précisément mathématique, id. Poème Lisbonne, notes. \\i° Familièrement et elliptiquement. Oui, c'est cela. Le chevalier : Je parie que ce rival redoutable, c'est Volsain. — La comtesse : Précisément, GENLIS, Thédt. d'éduc. le Méchant par air, m, 3. Précisément, reprit Timante; celui 'lue je propose est ce qui vous convient, «armontel. Contes mor. Éc. det pères.
— HIST. XIV* s. Les forces [tenailles] ne trenceront jà précisément ce qui est surajousté, n. de MOND VILLE, f* 102, tjerto. L'en ne peut déterminer proprement et précisément.... ohesme, Eth. 66. Il ivi* s. Si tost que le terme qu'il leur avoit prefix estoit passé, il le redemandoit frargent prêté] précisément et rigoureusement, amyot, Crass. 4.
— BTYM. Pricii», et le tufâie mtnt. Dans friei-
tément, Vaccent aigu est une erreur de la langue moderne.
PRÉCIStB(pré-si-zé),e a. Déterminer, présenter d'une manière précise. Préciser les époques, le» dates. Il Absolument. Point d'insinuations vagues I précisez I
— F.TYM. Précis t.
t PRÉCISIEN, lENNE (pré-si-ziin, ziè-n') , t. m. et f. Membre d'une secte calviniste anglaise, qui est rigoriste.
— RTYM. Angl. précision, rigoriste, de précision.
PRÉCISION (pré-si-zion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Exactitude rigoureuse dans les calculs et les sciences. Les estimations ci-dessus, bien tiue faites avec toute la précision possible.... vaub. Dîme, p. 164. La précision de l'astronomie demande de grands instruments, fonten. Cassini. La précisiop des dates est le sublime des historiens sans talents, Paroles de la Bletterie, dans volt. Lett. d'Alembert, 13 janv. 1769. M. l'illet, qui joint à une connaissance approfondie des métaux le talenVde faire des expériences avec la plus grande précision, bl'ff. Ilist. min. Inlr. part. exp. Œurr. t. vu, p. 16. 11 ne s'agit point ici d'une extrême précision, on ne saurait y atteindre; on doit se contenter des rapports les plus prochains , bonnet. Us. feuilles , l" mém. Il 2° Exactitude, régularité dans l'exécution. Des mouvements exécutés avec précision. Ce cercle mural est divisé avec une parfaite précision. || Se dit, en fait de dessin, de la correction et de l'exactitude des proportions, d'une touche ferme et de contours arrêtés. Il 8' Brièveté, avec justesse, dans le discours , dans le style. Avec une précision toute laconique, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. iv, p. 32, dans poloens. Les lois des douze tables sont un modèle de précision, montesq. Esp. xxix, 16. On écrit à peu près, en prose comme en vers, en style allobroge et inintelligible ; la précision , la clarté , les gr*ces sont passées de mode il y a longtemps, volt. Lett. la Harpe, 25 févr 1772. Un des ouvrages qui contribuèrent le plus à former le goût de la nation et à lui donner un esprit de justesse et de précision, fut le petit recueil des Maximes de François, duc de la Rochefoucauld, volt. LouisXlV,'ii. La précision avec laquelle il [un mémoire] est écrit ne permet pas qu'on en fasse un extrait, buff Hist. anim. v. la précision du style de l'orateur et du poêle n'est pas la précision du style du philosophe et de l'historien ; mais le principe en est le même, savoir, d'aller droit à son but, marmontel, Œtirr.i. x,p :«4. Il *• Au plur. Détails précis, faits précis. Pour enfin nous recueillir et iiousser en même temps, selon les vœux de M. de Leibnitz, jusqu'aux dernières précisions, BOSS. Projet de réunion, Réftex. Molanus, u, VIII, 1. J'avais à faire à un homme qui écoutait patiemment, qui parlait avec netteté et avec force, et qui enfin poussait les difficultés aux dernières précisions, 10. Confér. avec Claude, ii. M. de Che- •!-■ «use prétendait se disculper de sa négligence à l'égard des cabales en m'opposanl qu'il n'était chargé de rien, avec ses précisions dcse&perantes, parce qu'il n'entrait pas au conseil, st-sim. 238, 187. Cette lettre.... demeura sans réponse, au moins directe ; mais, dans un comnitinigu^ adressé à des journaux qui l'avaient publiée, on trouve les précisions suivantes : La Cour de cassation recevait le pourvoi le 6 septembre; cinq jours après, le H, elle nommait le rapporteur, etc. Monit. univ. f févr. 1868, p. 158. 3« col. Il B' Terme didactique, aujourd'hui peu usité. Distinction exacte et subtile par laquelle on fait abstraction de tout ce qui paraît étranger au sujet considéré. Précision métaphysique.
— ÊTYM. Lat. pr«ei«t'on«m , de prcecisus (voy.
PRÉCIS t).
t PRÉCISISTE (pré-si-zi-sf), l. m. Synonyme de précisien. J'ai lu un livre oA l'on objecte qu'il [Sainte-Aldegonde] aim.iitladanse, et qiie cela peut réfuter les scrupules des précisistes, baïle, OicI. Sle-Aldegonde.
PRÉCITÉ, ÉE (pr*-8i-té, tée), adj. Cité précédemment.
— KTYM. Pré..., préfixe, et citi.
t PRÉCLôrCRE (pré ltlû-tu-r'),«. f. Terme d'ancienne coutume. Accessoires du manoir principal.
— HIST. XVI' s. Si les precloslures du chef-lieu [maître manoir] excédent ce qui doit appartenir à l'aisné, il les peut avoir en récompensant ses puînés, LOYSEL, 617.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et clôture.
PRÉCOCE (pré-ko-s'), adj. || l* Mùr avant la saison. 11 maiu|ue à quelques-uns jusqu'aux ii\imonls.... l'on mange ailleurs des fruiu précouM,
PRÉ
PRÉ
Ton furce la terre et les saisons pour fournir a sa délicatesse, la bruy. vi. Mauvaise herbe est précoce et croît avant le temps, c. dklav. les Enfants d'Edouard, i, 2. || Qui produit avant le temps. Cerisier précoce. || Q\ii pousse de bonne heure. Se dit particulièrement des fleurs qui apparaissent à une époque peu avancée de l'année, en comparaison de celles d'autres plantes. |l 2' Il se dit, chez les hommes et chez les animaux, des individus chez qui la puberié est avancée. Dès l'âge de deux ans ou deux ans et demi, le cheval est en état d'engendrer; et les juments, comme toutes les autres femelles, sont encore plus précoces que les mâles, buff. Quadrup. t. I, p. 53. Là comme ici maint objet est précoce; El Cupidon si jeunes les instruit.... panard, Œuv. t. III, p. 376. Il 3° Fig. II se dit des facultés qui se développent plus tôt que d'ordinaire, comme un fruit précoce. Tous les frères de Despréaux marquaient des talents précoces, et semblaient promettre d'être de grmds hommes; lui seul ne prometlait rien , et a tenu ce que promettaient ses frères , d'alemb. Éloges, Despr. Sa précoce valeur, son berceau glorieux, DELiLLE, En. VIII. Cet enfant [le duc du Maine], qui montrait l'esprit le plus précoce, •<tait adoré du roi et de Mme de Maintenon, genlis, Xme de Maintinon, t. 1, p. 2*5, dans pougens. Vous le savez trop bien , la précoce prudence Annonce la bonté moins que la défiance, masson, Helvét. 11. Il 11 se dit aussi des personnes. Enfant précoce, enfant plus avancé au physique et au moral que d'ordinaire on ne l'est à s(in âge. || On dit de même : un esprit précoce, ei fig. un fruit précoce. La nature veut que les enfants soient enfants avant que d'être hommes; si nous voulons pervertir cet ordre, nous produirons des fruits précoces qui n'auront ni maturité ni saveur, j. j. Rouss. Hél. V, 3. Il 4" Fig. Prématuré, qui arrive de bonne heure ou avant le lemps. Il n'y aurait rien de sûr jusqu'à la révision et l'approbation de c«3 messieurs; il faudrait suspendre son jugement à l'égard de ces livres précoces qui ont paru avant que d'être éclairés des lumières de ces académiciens législateurs de la langue et donneurs de modèles pour bien écrire, furetière, Factums, t. i, p. (9(. Avez-vous paru aux témoins de votre jeunesse destiné à l'autel par l'innocence de votre vie?... pouvez-vous alléguer en votre faveur es suffrages précoces et prophétiques? mass. Cortf. Focal, t. Qu'un grand nom, pour qui sait penser, est un poids aussi redoutable qu'une célébrité précoce, d'alemb. Ess. swr la Soc. des gens de lelt. (Euir. t. m , p. 38. Mais une mort précoce, une couche inféconde.... DP.LILLE, Parad. perdu, x.
— F.rvM. Lat. prxcocem, de prx, en avant, et coqnere, cuire, milrir (voy. cuire).
t PRÉCOCEMENT (pré ko-se-man) , aiv. D'une manière précoce. Le soleil de l'Inde l'a faite précocement femme; la passion l'a faite femme clairvoyante, ASSELINEAO , Mélanges tirés d'une petite bibliolh. romantique, Paris, (866, p. 127.
PRÉCOCITÉ (pré-ko-si-té), s. f. Qualité de ce qui est précoce. La précocité des fruits. La précocité de l'esprit.
— f.TVM. Précoce.
t PRÉCOMPTE (pré-kon-f), ». m. Compte avec déduction par avance.
PRÉCOMPTÉ, ÉE (pré-kon-té, tée), part, passé.
PRÉCOMPTER (pré-kon-té), v. a. Compter par avance les sommes i déduire. Qu'il plaise donc, dit l'autre, à vos bontés Que les aulx soient sur les coups précomptés, la pont. Paysan. Billets ou promesse sous simple signature, dans lesquels les intérêts sont payés d'avance ou précomptés avec la somme principale; ce qui fait un coaimerce illicite contre les lois de l'Évangile et celles du royaume, vauban, Dime, p. 87. L'époux qui a ameubli un héritage a, lors du partage, la faculté de le retenir en le précomptant sur sa part pour le prix qu'il vaut alors, Code S'ap. art. (609.
— HIST. xvi« 8. Quand le seigneur gagne les fruits à faute d'hommes et de devoirs, il les prend tels qu'ils sont, sans rien précompter (rabattre] ni déduire pour les frais et labours de son vassal, LOYSEL. 688. Toutes dcspenses desduictes et précomptée», CABL. m, (9.
— f.TVM. i'ri^..., préfixe, et compter.
t PRÉCO.VCEPTIP, IVE (pré-kon-sî:-plif, pti-v'), adj. Terme de philosophie. Qui conçoit d'avance. Il Méthode préconceptive ou traiiscendcntalisme, méthode qui a la prétention de découvrir à priori les véritéis d'un certain ordre, indépendamment des faits et de l'induction.
— ÊTYM. Voy. PBliCOKCEPTION.
DICT. DK LA LAMOUE FRANÇAISE.
+ PRÉCONCEPTION ( pré-kon-sè-psion) , s. [. Terme de philosophie. État d'un esprit qui a des idées préconçues.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et conception.
t PRÉCONÇU, CE (pré-kon-su, sue), adj. Qui a été conçu, imaginé, pensé d'avance. Opinion préconçue. Le sacrifice que l'on fait de soi-même en idée est une disposition préconçue à s'immoler en réalité , DIDEROT, Éloge de Hichardson. Je comprends.... que, d'après cette idée, en elle-même vraisemblable, mais préconçue , on ait passé par-dessus des difficultés.... LETBONNE, Analyse critique des représentations godiacales de Denderah et d'Esné,
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et conçu.
PRÊCONISATION (pré-ko-ni-za-sion; en vers, de
six syllabes), s. f. Action par laquelle un cardinal ou le pape déclare en plein consistoire qu'un tel, nommé par son souverain à tel évèché ou à tel bénéfice, a les qualités requises.
— HIST. XIV* s. Preconisalions [publications], Ordonn. des rois de France, t. ti, p. (26.
— ETYM. Préconiser; provenç preconisaein. PRÉCONISÉ, ÉE (pré-ko-ni-zé, zée). part, passé
de préconiser.
PRÉCONISER (pré-ko-ni-zé), v. a. || !• Déclarer en plein consistoire qu'un sujet nommé à un évèché ou à un bénéfice a les qualités requises. Le pape a préconisé un tel pour l'archevêché de Paris. Il 8° Louer excessivement. Surtout sachons priser Tout don qui part d'une auguste personne, Et qu'on ne peut assez préconiser Et le présent et celui qui le doune, dd cerckau, Remerc. au duc du Maine. Il vaut mieux être préconisé par une voix qui loue sans cesse [la postérité], que par une bouche qui se tait quand nous n'avons plus d'oreilles, diderot, Lett. à Falconet, janvier (766. Si nous avons été affligés de voir Bossuet préconiser celle [persécution] de Louis XIV, nous en aimons davantage Fénelon, qui a osé la condamner, la harpe. Cours de litt. t. IX, p. 408, dans pouoens. {| 3" Se préconiser, «. ré/l. Se vanter beaucoup. |{ Se vanter d'être. S'idolâtre, s'admire, et, d'un parler de miel. Se va préconisant cousin de l'arc-en-ciel, Régnier, Sot. x.
— HIST. XVI" s. Préconiser, mot nouveau d'après PASQUiER, Lettres, t. m, p. 9i6.
— ÊTYM. Lat. prxconisare {quichebat, Addenda), deprxco, crieur public.
t PRÉCONISEUR (pré-ko-ni-zeur), s. m. Louangeur outré. Ne pense pas pourtant qu'en ce langage Je vienne ici , [iréconiseur peu sage. Tenter ion zèle, humble religieux, Par un encens à toimême odieux, j. B. Rooss. Ép. 11, *.
— HIST. XVI' S. Preconiseur, pasquieb, Lett. t. m,
t PRÉCONNAÎTRE (pré-ko-nê-tr'), v. a. Se conjugue comme connaître. Terme didactique. Connaître d'avance.
— HIST. XVI* s. Jesus-Christ est l'agneau qui a esté precognu avant la création du monde, calv. Inst. 760.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et connailre.
PRÉCOKDIAL, ALE ( pré-kor-di-al, a-l' ), adj.
Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'épigastre. La région précordiale. || Il se dit aussi quelquefois de ce qui est au devant du cœur.
—ÊTYM. Pré..., et lat. cor,cordis, cœur(voy. cœur).
PRÉCURSEUR (pré-kur-seur) , t. m. || !• Celiii qui vient avant quelqu'un pour en annoncer la venue X la quinzième année de Tibère, saint Jean- Baptisle paraît : Jésus-Chris! se fait baptiser par ce divin précurseur, boss. Wisl. i, (o. Oui, mes chers Juifs.... vous êtes nos précurseurs; mais le serviteur qui porte le flambeau et qui marche devant son maître ne doit pas .se croire supérieur à lui, VOLT. .Vél. hist. Un chrét. contre six juifs, 42. Il ï» Familièrement. Homme qui en précède un autre et l'annonce. Voilà un tel qui va venir, je suis son précurseur. Je crois que je serai votre précurseur dans l'autre monde, si cela' continue, d'alemb. Lelt. à Volt. (3 juin (770. Il 8" Par extension, homme célèbre qui a immédiatement précédé ou un autre plus grand que lui, ou quelque conception éminente. Scaliger, Lipse ei Casaubon n'ont été, à son dire [d'un poète latin moderne], que ses précurseurs, balz.Hv. viiî, lett. 44. Les hommes propres à changer la face des empires ont communément une origine éloignée; ils ne sont guère l'ouvrage du moment; presque toujours ils ont de» précurseurs qui ont disposé les esprits à recevoir la lumière, raynal, Hist. phil. ix, 27. Le chancelier Bacon.... précurseur plutôt que législateur de la nouvelle philosophie, m. ib. xix, (3. i| 4" Fig. Certaines choses qui en précédent ordinairement d'aufes. Toute bonne pensée qui nous
sauve a toujours son précurseur : ce n'est point une maladie, une perte , une affliction qui nous sauve par elle-mèine ; c'est un précurseur de quelque chose de mieux, boss. Élevât, sur myst. xii, t(. L'onde qui les reçut s'en irrita pour elles : ce vers est comme le précurseur de celui de Racine : Le flot qui l'apporta recule épouvanté, volt. Comm. Corn. Rem. Androm. i, (. L'impétueux autan, précurseur du naufrage.... delille, Imag. 11. || Adjectivement. Tout nous épouvantait, et la terre et les mers, Et des chiens menaçants les clameurs importunes. Et l'oiseau précurseur des grandes infortunes, MALFIL. fiante de Virg. Ces signes précurseurs du trépas des héros Ont-ils, pendant la nuit, troublé votre repos? ducis, Oscar, i, 2. || En médecine, signes précurseurs, ceux qui annoncent une maladie prochaine.
— HIST. XVI* s. Précurseur de l'Antéchrist, cal». Instit. 898.
— ÉTYM. Lat. prœcursorem, de prx, en avant, et cursus, course.
t PRÉDATEUR (pré-da-teur), s. m. Celui qui vit de proie. Les membres déliés de la mouche ne la destinent pas moins à être la proie, que la forceet l'adresse de l'araignée à être le prédateur, diderot, Essai sur la vertu.
— ÉTYM. Lat. prxdatorem, deprxdari,deprxda proie (voy. proie).
PRÉDÉCÉDÉ, ÉE (pré-dé-sé-dé, dée), part, passé de prédécéder. L'époux prédécédé. || Substantivement. Le prédécédé n'a pas laissé de fortune.
PRÉDÉCËDER (pré-dé-sé-dé. La syllabe ce prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : il prédécède, excepté au futur et au conditionnel : je prédécéderai, je prédécéderais), v. n. Terme de pratique. Mourir avant un autre. ■■ Il se conjugue avec l'auxiliaire atjotr.
— HIST. XVI* s. Donataire mutuel est tenu avancer les obsèques et funérailles et dettes du prede-
Cedé, tOTSEL, 664.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et décéder.
PRÉDÉCÈS (pré-dé-sê), t. m. Terme de pratique.
Mort de quelqu'un avant celle d'un autre.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et décès.
PRÉDÉCESSEUR (pré-dé-sè-sseur), ». m. |1 1* Celui qui a précédé quelqu'un dans un emploi, dans une dignité. Le prédécesseur d'un roi est celui qui a occupé le trône avant lui. Prédécesseur est opposé k successeur. || 2' Au plur. Ceux qui ont vécu avant nous dans le même pays. Nos prédécesseurs nous ont laissé cet exemple à imiter, Dict. de l'Académie. Il Par extension. Est-ce-là les prédécesseurs quesedonne la réforme?Boss. Variât, (t. Il ne sert de rien que ces Églises [des Églises particulières] avaient leurs prédéci sseurs dans ces grandes sociétés qui étaient auparavant et qui conservaient les vérités fondamentales, id. Var. xv.
— HIST. xiii* s. Il convenroit que les detes que li prédécesseur as encans aroient fêles, demorassent en le [la] main as deteurs [créanciers], dusqu'à l'aage des enfans, bbaum. xiv, 5. || xiv's. Et pour ce que nos prédécesseurs ont lessey A iratter ce que doit estre trattey de.... oresme, Eth. 333. Li jeunes Tarquinius filz ou neveu de son prédécesseur, bercheure, f. 22 verso. \\xv s. N'y est mémoire d'eulx [des Français en Sicile] que pour les sépultures de leurs prédécesseurs, comm. vi, 3. || xvi* s. De mesmes apparences, de mesme cerimonie estoit servy mon prédécesseur [roij, et le sera mon successeur, MONT. I, 334.
— ÊTYM. Lat. prxdecettorem, de prx, auparavant, et decedere, sortir de charge, de vie, etc. (voy. décRder).
t PRÉDÉNOMMÉ, ÉE (pré-dé-no-mé, mée), adj. Qui vient d'être dénommé dans un écrit.
— f TYM. Pré..., préfixe, et dénommé.
t PRÉDENTÉ, ÉE (pré-dan-té, tée), adj. Terme de zoologie. Dont les dents canines supérieures forment des défenses.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et dent.
t PRÉDESTINATEUR (pré-dè-sti-na-teur), 1. m. Celui qui applique le dogme de la prédestination. Vos réformateurs ont été de durs prédestinateurs, jijRiEu, dans boss. 2* ot'erl. 3.
+ PRÉDESTINATIANISME (pré-dè-sti-na-si-a-nism'), s. m. Doctrine des prédestinatiens.
t PRÉDK-STINATIEN (pré-dè-stina-siin) , *. m. Partisan de la prédestination.
PRÉDESTINATION (pré-dè-sti-na-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. \\ 1* Terme de théologie. Dessein (jue Dieu a formé de toute éternité de conduire par sa grâce certains hommes au salut éternel, ueboieh. Je ne sais ce que vous voulez dire de parler de mon U. — 160
PRB
PRÉ
amitié comme de la faveur ou de la prédestination, BALZ. liT. III, lett. t. Dieu sans pouvoir sur la volonté des hommes! une prédestination sans mystère! PASC. Pent. XXIV, 83, éd. havbt. Nous lisons «aint Augustin, et nous sommes convertis sur la prédestination et sur la persévérance, SÉv. 325. Adorons en cette princesse le mystère de la prédestination et de la grâce, boss. Dueh. d'Orléans. Il Suivant la doctrine du cahinisme, la prédestination comprend aussi le décret de Dieu par lequel tels homme» seront damnés. || 2° En général, ordre qui regarde l'avenir et qui en règle les événements d'une façon nécessaire. On prétend que le czar et lui [Charles XII] étaient encore fortifiés par l'erreur spéculative d'une prédestination absolue, ponten. Pierre I". Ce prince [Charles XII] ne conserva de ses premiers principes [de religion] que celui d'une prodestination absolue, dogme qui favorisait son courage et justifiait ses témérités, volt. Chartes XII, 8.
— «IST. xni* s. C'est la predestinacion. C'est la prescience divine Qui tout set et riens ne devine, la Rose, )7«88. Comment prédestination Peut estre o volonté délivre [peut s'arranger avec la volonté], Fort est à gens laiz [laïques] à descrivre, ib. (7304. Il Xïi' s. Rien du tout ne se fait sans Dieu et sa prédestination, calv. Inst. <3«.
— ÉTYM. Lat. jirxdestinationem, de preedestinarf, prédestiner.
PRÉDESTINÉ, ÉE (pré-dè-sti-né, née), port, passe de prédestiner. || 1» Que Dieu a destiné à la gloire éternelle. Vous avez vu comment une âme prédestinée use de la grandeur et de la puissance : apprenez comment elle use des richesses, fléch. Uuch. d'Aiguii. Il Substantivement. J'y fus le lendemain qui était hier [chez Saint-Aubin, qui venait de mourir], il n'était point du tout changé, il ne me fit nulle horreur ; c'est un prédestiné ; on respecte !a grâce de Dieu dont il a été comblé, sév. 483. Je veux vous faire admirer Dieu dans la conduite qu'il a tenue en nous proposant ces illustres prédestinés, bourdal. Sainteté, 2' avent, p. 285. Vous avez bien la mine D'aller un jour échauffer la cuisine De Lucifer: et moi, prédestiné, Je rirai bien quand vous serez damné, volt. Déf. du Kondain. || Familièrement. Avoir un visage de prédestiné, une face de prédestiné, avoir le visags plein et vermeil. I| %° Réservé par le ciel à certaines choses Inévitables. Les noms prédestinés des rois que tu chéris, bac. Esth. Prologue. Je ne le sais que trop..-. Que par la voix du ciel Zopire est condamné. Qu'à soutenir ma loi j'étais prédestiné, volt. Fanât, iv, S. X son premier aspect j'ai d'abord deviné Pour quel doux avenir j'étais prédestiné, p. lebrun, le Cid d'And. ii,'3.
PRÉDESTINER (pré-dè-sti-né), V. a. || 1° Destiner
de toute éternité au salut Que nous allions
jouir avec Dieu de ce grand et éternel renouvellement qu'il a prédestiné à ses serviteurs, boss. Sermons, Temps du jubilé, 3. En nous mettant devant les yeux la sainteté de ses élus, et en les prédestinant pour nous servir d'exemples , bourdal. Sainteté, i' avent, p. 286. || lise dit aussi, chez les calcinistes, de ceux que Dieu destine à la damnation. Il [Dieu] appelait » l'extérieur ceux que dans le fond il avait exclus de la grâce, les prédestinant au mal, BOi-s. Var. X)v, 26. |{ 1* Destiner de toute éternité à de grandes choses, en parlint du choix de Dieu. Dieu, qui l'avait prédestiné à être un exemple de justice dans un si beau règne et dans la première charge d'un si grand royaume, boss. ie TeUier.\\3' Par extension, dans le langage ordinaire, réservera quelque chose d'extraordinaire qui ne peut manquer d'arriver. Sa mauvaise étoile le prédestinait à se noyer. Dieu, qui d'un seul homme a voulu former tout le génie humain.... en a vu et prédestiné dès l'éternité les alliances et les divisions, boss. Uar.-Thér.
— IIIST. XIII' 8. Dame de paradis, roîne couronnée, Tresoriere de grâce, avant sainte que née, Do la grâce de Dieu fus tu prédestinée, j. de iheuno, Test. 2129. Il XIV* s. Plusieurs sont prédestinez en la grâce de Dieu, Icsquelz nous tenons en ce siècle cour non nobles, le Songe du vergier, i, I50. [I XVI* s. Jesus-Christ estoit prédestiné en l'esprit de Dieu, d'eslre fait homme, calv. Inst. 3&». Hz mauldissoient et rejettoient ceulj qui disoient estre prédestiné que la guerre dureroit trois fois neuf ans, AMyoT.A'iciaj. is.Helasl je lesçaybienqu'ilne faut que j'i'spere D'échapper de vos fers, quoy que je puisse faire ; Le ciel à vous servir m'a trop prédestiné, dhsp. ÉUg. I, «2. Puis des malheurs qui «ont prédestinez La seul romede aux eaurs déterminés, C'eat de n'avoir espérance ni crainte, m. Diane, i, 47.
— KTYM. La^. prxdtttinart , de pr«, d'avance, •t detlinare, destiner.
PRÉDÉTERMINANT, ANTB (pr«-dé-tèr-mi-nan, nan-t') , adj. Terme de théologie. Qui prédétermine. Décret prédéterminant. || S. m. Les prédéterminants, ceux qui soutiennent la doctrine de la prédétermination physique.
PRÉDÉTERMINATION (pré-dé-tèr-mi-na-sion), ». f. Action par laquelle Dieu meut et détermine la volonté humaine. Il Prédétermination physique, doctrine qui enseigne que Dieu détermine toutes les actions des créatures spirituelles et libres, par une impulsion physique qui précède loutedéteruiination de la cause seconde ou créature. Tel est le sentiment de ceux qu'on appelle thomistes; voilà ce que veulent dire les plus habiles d'entre eux, par ces termes de prémotion et prédétermination physique, qui semblent si rudes à quelques-uns, mais qui, étant, entendus, ont un si bon sens; car enfin ces théologiens conservent dans les actions humaines l'idée tout entière de la liberté; mais ils veulent que l'exercice delà liberté ait Dieu pour cause première, et qu'il l'opère non-seulement par les attraits qui le précèdent, mais encore dans ce qu'il a de plus intime, boss. Libre arb. viii.
— ÉTYM. Prédéterminer.
PRÉDÉTERMINÉ, ÉE (pré-dé-tèr-miné , née),
part, passé de prédéterminer.
PRÉDÉTERMINER (pré-dé-tèr-mi-né),». a. Terme de théologie. En parlant de Dieu, déterminer la volonté humaine. Supposons que Malebranche soutienne que la volonté angélique peut être la vraie cause de sa propre détermination, et que, bien loin d'être prédéterminée par le concours, c'est elle qui le détermine, PÉN. t. m, p. (23. L'intelligence créatrice.... se sera proposé dans la création de chaque être la meilleure fin possible, et aura prédéterminé les meilleurs moyens pour parvenir à cette fin, bonnet, Paling. xvii, s.
— ÊTV.M. Pré..., préfixe, et cléterminer. fPRÊDIAL, ALE (pré-di-al, a-l'), adj. Ancien
terme de droit. Se dit de ce qui appartient aux fonds et aux héritages. Une rente prédiale ou foncière.
— ÉTYM. Lat. prxdium, bien-fonds.
t PRÉDIASTOLIQUE (pré-di-a-sto-Ii-k') , adj. Terme de physiologie. Qui précède la diastole du cœur. Bruit de frottement prédiastolique.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et diastole.
PRÉDICABLË (pré-di-ka-bl'), adj. || 1° Terme de
logique. Qui peut être dit d'un sujet. Le terme vivant est prédicable de la plante commode l'animal. Il 2* S. m. Le prédicable, qualité qui fait ranger un objet dans telle ou telle catégorie.
— ÉTYM. Lat. prxdicabilis (voy. prédicament). PRÉDlCAMENT(pré-di-ka-man), t. m. || 1* Terme
de logique. Attribut. Dans une proposition comme Dieu est saint, Dieu est le sujet, et îoint le prédicament. Il 2° Synonyme de catégorie. L'être est le premier de tous les prédicaments. |l Familièrement. Être en bon, en mauvais prédicament, être en bonne, en mauvaise réputation. Harlay se voyait perdu auprès de son beau-père et pour le monde dans un prédicament à le noyer, st-sim. 42, 23». Oui, l'on sait toutes ses fredaines; Il est à présent, dans Athènes, Dans un joli prédicament, dancourt, Céphale et Procris, m, 8. jCe procédé peu galant n'avait pas dû me mettre en bon prédicament auprès d'elle, ). j. Rouss. Con/'. x. Mon hôte étaitun homme que j'appris être en fort mauvais prédicament dans le quartier, id. ib. xn.
— HlST. XIV* s. Il ne s'ensuit pas, se deleltalion ne est du genre ou prédicament de qualité, que elle ne soit du nombre des bonnes choses, oresme , Eth. 2BS. Il xvi* s. Quoi qu'une si franche déclaration l'eut mis en mauvais prédicament à la cour, d'aub. rie, cxix. Nous appelions laideur une mesadvenance au premier regard.... la laideur qui revestoit une ame très belle en la Boetie estoit de ce prédicament,
mont. IV, 222.
— ÉTYM. Lat. prxdicamentum, proprement énonciation , de prirdicare, énoncer (voy. prêcher).
pnÉDlCANT (pré-di-kan), s. m. Terme de dénigrement. Ministre protestant. Georges Vischard, un des préclicants de la Réforme, boss. Déf. Variât. I*' duc. §40. Vous savez qu'un prédicant de village, qui a voulu excommunier M. Rousseau, a été réprimandé par un roi héros et philosophe, volt. Quest. mir. Lett. t. Lorsqu'un père de famille aura été condamné aux galères perpétuelles, soit pour avoir donné retraite chez soi à un prédicant, soit pour avoir écouté son sermon dans quelques cavernes, ID. Pol. et Ug. Comm, délits et peines, 27.
— IIIST. xvi* s. Ministres qui furent par nous appelez predicanz, PASOui£ii, Heeherehei, liv. viii,
p. 738, dans LACURNE. Le prêcheur se mit en colère, etvadire tout haut par une autoritéde prédicant..,. DEspfR. Contes, xxxii.
— ÉTYM. Lat. pr.rdicare (voy. prêcher).
t PRÉDICAT (pré-di-ka ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. || 1° Terme de logique. Attribut ; ce qui peut être dit de plusieurs choses. En bonne logique, le prédicat ou attribut ne peut être dit avec certitude générale du sujet que' quand 1» liaison est nécessaire entre eux, fén. t. m, p. 2»j, Il 2° Terme de grammaire. Se dit quelquefois de l'attribut d'une proposition, d'un jugement. Le prédicat se joint au sujet par le verbe ou la copule.
— HlST. XVI* s. Une malle appropriation de termes que l'on dit epitheton, predicaz ou adjectifs, à leurs substantifs, pabri. Art de rhélor. liv. 11, f" 57, dan»
LACURNE
— ÉTYM. Lat. prxdicatum, énoncé, de prmdicare (voy prêcheh).
PRÉDICATEUR (pré-di-ka-teur) , s. m. ||1* Celui qui prêche, qui annonce en chaire la parole de Dieu. Voici un grand mystère que je vous annonce : oui, mes frères, c'est aux auditeurs de faire le» prédicateurs, ce ne sont pas les prédicateurs qui se font eux-mêmes, boss. Sermon», Sur la parole de Dieu, I . Je vous avoue, chrétiens, que j'ai coutume de plaindre les prédicateurs, lorsqu'ils font les panégyriques funèbres des princes et des grands du monde, id. Bourgoing. Ne songez point au prédicateur qui vous a parlé, ni s'il a bien dit, ni s'il a mal dit; qu'importe qu'ait dit un homme mortel? il y a un prédicateur invisible qui prêche dans le fond des cœurs; c'est celui-là que les prédicateurs et les auditeurs doivent écouter ; c'est lui qui parle au dehors, et c'est lui que doivent entendre au dedans du cœur tous ceux qui prêtent l'oreille aux discours sacrés, m. la Vallière. Vous me contez trop plaisamment votre malhonnête sermon; il n'en faut pas davantage pour mettre le feu dans un couvent; vous êtes sujets en province à d'éirange» prédicateurs, sÉv. &i7. Nouveau prédicateur, aujourd'hui je l'avoue.... Je me plais à remplir mes se> mons de portraits, boil. Sat. x. || Fig. Je crois avec vous, ma chère fille, qu'un roi est un grand prédicateur, et un prédicateur fort persuasif, maintenom, Lett. à Mme de Fontaines, t. m, p. (4», dans pou- GENS. ||Mal dégorge des prédicateurs, voy. mal, n* «. Il 2° Par extension, celui qui prêche, répand une doctrine quelconque. Jésus-Christ.... parie d'en haut à saint Paul.... et, par un miracle inouï jusqu'alors, de persécuteur il le (kit non-seulement défenseur, mais zélé prédicateur de la foi, BOSS. Hist. 11, 7. Ces prédicateurs de la sagesse [les philosophes anciens] ne firent point de sages, et il fallait que les vains essais de la philosophie préparassent de nouveaux triomphes à la grâce, MASS. Pet. car. Triomphe relig. Comment aurait-il [Vanini] pu persuader douze Napolitains de voyager à grands frais pour répandre partout cette doctrine révoltante [l'athéisme], au péril de leur vie? un roi serait-il assez puissant pour payer douze prédicateurs d'athéisme? volt, fltc». phil. Athéisme, m.
— HlST. XV* s. [Charles VI à Toulouse] descendit aux prédicateurs [frères prêcheurs], et fut là logé, FROiss. liv. IV, p, 26, dans lacubne.
— ÉTYM, Espag. predicador ; portug, pregador ; ital. prsedicalort ; du lat, pr^dtco/orem, de prœdieare (voy. prêcher).
fPRÉDICATIF, IVE (pré-di-ka-tif , ti-v'), adj. Terme de grammaire. Racines prédicatives, ou attributives, ou verbales, les racines exprimant un prédicat, un attribut, un état ou uno action, par opposition aux racines démonstratives ou pronominales, qui indiquent un objet en en désignant la place dans l'e.'ipace. Les verbes et les noms (substantifs, adjectifs et participes) en sont nés.
— ÉTYM. Lat. pr«dtcaJii;uj, énonciatif , de prxdicare.
PRÉDICATION (pré-di-ka-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. \\ 1° Action de prêcher (au sens actif). La prédicateur qui parle au dehors ne fait qu'un seul sermon pour tout un grand peuple; mais le prédicateur du dedans, je veux dire le Saint-Esprit, fait autant de prédications différentes qu'il y a de personnes différentes dans raudiloire; car il pari» à chacun en particulier, et lui applique, selon se» besoins, la parole de la vie éternelle, boss. Iti Vallière. La prédication commence; les apôtres rendent témoignage à Jésus-Christ, id. Uist. il, 7. En deux prédications de saint Pierre huit mille Juifs se convertissent, id. t'b. 11, 7, L'AIcoran est un recueil de révélations ridicules et de prédications vagues et incohérentes, malade lois très-bonnes pour
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le moment ou Mahomet vivail, volt. Dict. phil. Alcoran. || Au sens passif. La prédication de la croix. Il [Jésus-Christ] a voulu commencer son ministère par la prédication de la pénitence, pasc. Fartum pour les curés d'Amiens. La prédication de l'Évangile est répandue dans tout le monde ; mais plût au ciel qu'il en fût de même de la foi I bour- DAL. 3* dtm. après l'Épiphan Dominic, t. i,p. t3C. Il 2* Se dit quelquefois pour sermon. Parce que vous ne manquez pas peut-être une prédication, voui vous faites de celte assiduité un prétendu mérita, BOUHOAL. Dim. de la Sexagésime, Dominie. t. I, p. 4)3.
-- HIST. XII* s. Je annonce tûtes les tues [toutes tes] predicatiuns es portes de la fille Syon, Liber psam. p. 97. Il Mil' s. Patriz.... Abd en predicaciun En (friande od [avec] devociun, marie, Purgatoire, 483. Il XV' s. Si fu moult volontiers ouï, car bien 8çut faire la prédication, paoïss. il, ni, 81. {| ivi* s. Ouïr sermons et prédications, mabg. Nouv. v.
— Ctym. Prov. preditalio; espagn. predicacion; portug. pregacào; ital. predicazione ; du lat. prxdicolionem, de prsedicare (voy. pbèchbr).
t PRÉDICATRICE (pré-di-ka-tri-s'), s. (. Se dit quelquefois d'une femme qui prêche, et spécialement d'une quakeresse.
PRÉDICTION (pré-di-ksion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Hl" Action de prédire (au sensaOif). On a déjà vu en quelque sorte accomplir la prédiction de la religieuse de Bruxelles qui disait, il y a deux ans, que l'on célébrerait publiquement la messe dans Utrecht en 4672, pellisson, Lelt. hitt. t. I, p. ii7, dans PODOENS. Outre les prédictions de Jésus-Christ, il y eut des prédictions de plusieurs de se» uisciples, Boss. Hist. il, 9. X ses prédictions si l'effet est contraire. Pensez-vous que Calchas continue à se taire? hac. Iph. i, 3. || Au sens passif. Prédictions des choses particulières, pasc. Pens. xxv, 489, édit. HAVET. |H° Chose prédite. Un imposteur qui avait fait une fausse prédiction, fén. Tel. i. La prédiction fut peut-être elle-même la cause de son accomplissement, pont. Hartsoeker. L'ambition était encore irritée par l'étrange manie de ces temps-là, n'y ayant guère d'homme considérable qui n'eût par devers lui quelque prédiction qui lui promettait l'empire, montesq. Rom. 21. Ce n'est que parce qu'une foule d'expériences a démenti les prédictions que les hommes se sont aperçus que l'art [de l'astrologie] est illusoire, volt. IHct. phil. Astrologie. Ce qui me fâche le plus, c'est que je vois s'accomplir cette prédiction que me fit autrefois mon père : tu ne seras jamais rien, P. L cour. Un. à FAcad. des imcripUnns. \\ 3° Annonce, par certaines règles, d'une chose qui doit arriver. Cet ancien peuple savant.... qui, par une longue suite d'observations, était parvenu non-seulement à la prédiction des éclipses.... bufp. 7* ép. nat. Œuv. t. XII, p. 331.
— SYN. PRÉDICTION, PROPHÉTIE. Annonce des choies future». La prédiction peut porter sur des événements soumis aux calculs de la prévoyance; la prophétie, toujours indépendante des calculs de la raison, ne peut être que l'effet de l'inspiration; ainsi on prédit une éclipse, ou l'événement d'un procès; mais Daniel avait prophétisé la venue de Jésus-Christ, p. guizot.
— HIST. XVI* s. Rencontrer en ses prédictions, amyot, Sylla, 40. Pour n'encourir le sens de celte prodiction [d'un oracle^ mont, m, 36.
— ÊTYM. Lat. prxdictionem, de prxdicere (voy. prédire).
t PRÉDIGESTIOî» (pré-di-jè-sli-on), t. f. Terme de physiologie. Opérations préliminaires à la digestion : par exemple, la mastication, l'insalivation, etc.
— Ktym. Pré .., préfixe, eldigeslion.
PRÊDH.KCTION (pré-di-lè-ksioH ; en ver», de
cinq syllabes), *. f. || 1° Préférence d'affection. Je les prie de me pardonner une prédilection trop marquée pour Quinlilien, qui est mon auteur favori, et qui fait le sujet de mes leçons au Collège royal depuis plus de quarante ans, rollin, IIUI. anc. Œut. t. x , 2* part. p. 753, dans pouoens. Le nouveau colonel [du régiment du roi] y fit une dépense digne de sa reconnaissance et de la prédilection du roi, fonten. Dangeau. L'art de concilier les prédilections avec les bienséances est le secret les âmps délicates, marmontel, Contes mor. Laur. Il i' Terme de IbéoloRie Se dit d'un amour de préférence en Dieu. Pour qui II [Dieu] n'a pas eu la même prédilection que pour nous, bourdal. Ourerture du jubilé, Myst. 1. 11, p. 653. La prédestination tï'r-^l qu'un composé de la prédilection et de la preacience, ittt. t. m, p. ft.
— H!ST. XVI* s. Enfant de prédilection, Nouv. cousl gén. t. i, p. 576.
— ÉTYM. Pré.. , préfixe, et dilection.
PRÉDIRE (pré-di-r'), v. a. Se conjugue comme
dire, sauf à la î* pers. plur. du prés, de l'indicatif : vous prédisez, età laS'plur. de l'impératif: prédise?. Il 1" Annoncer qu'une chose qui est future adviendra. Dieu, n'ayant pas voulu découvrir ces choses [l'Évangile] à ce peuple [les Juifs], qui en était indigne, et ayant voulu néanmoins les prédire afin qu'elles fussent crues, pasc. Pens. xv, 3 bis, édil. havet. El encore que le règne de ce grand Messie soit souvent prédit dans les Écritures sous des idées magnifiques, boss. Hist. 11, 4. Souvenons-nous seulement de ce que Jésus-Christ leur avait prédit [aux Juifs] : il avait prédit la ruine entière de Jérusalem et du temple.... il avait prédit la manière dont cette ville ingrate serait assiégée.... il avait prédit cette faim horrible qui devait tourmenter ses citoyens, 10. ib. II, 8. Il n'y a aucun temps où toutes les histoires nous fassent paraître un plus grand nombre de ces imposteurs qui se vantent de prédire l'avenir, et trompent les peuples par leurs prestiges, id. «6. 11, 9. Il [Empédocle] prédisait les tremblements de terre, apaisait les tempêtes, chassait la peste, et guérissait des maladies, rollin, Hist. anc. xxvi, i, 3, art. 4 Je crois encore moins aux Chaldéens qui, selon Tacite, avaient prédit que Néron tuerait Agrippine, parce que ni les Chaldéens, ni les Syriens, ni les Égyptiens n'ont jamais rien prédit, volt. Pyrrh. hist. IH. Les mourants d'autrefois savaient prédire l'avenir; le monde dégénère; et tout ce que je puis prédire, c'est que je serai votre admirateur pendant le peu de minutes qui me restent encore, id Lett.roi dePr. 19 mars 1773. || Absolument. Point de raisons : fallut deviner et prédire, la font. Fabl. vu, 4 5. || 2" Dire ce qu'on prévoit devoir arriver, par raisonnement ou par conjecture. Je vous l'avais prédit, qu'en dépit de la Grèce, De votre sort encor vous seriez la maltresse, bac. Andr. m, 8. Annibal l'a prédit, croyons-en ce grand homme : Jamais on ne vaincra les Romains que dans Rome, id. Mithr m, 1. Il [Fléchier] avait fait plus que de rendre justice à la docilité de Fénelon, 11 l'avait prédite; les âmes droites et pures se connaissent et se devinent, d'alemb. Éloges, Fléch. note 4 0. || 3* Annoncer d'après des règles certaines qu'une chose doit arriver. Prédire une éclipse. || 4° Se prédire, e. re'/î. Être prédit. Les éclipses se prédisent avec une exactitude complète.
— HIST. XVI* 8. Il [Pénclès] prédit [décLira] aux Athéniens que, si* l'on espargnoit ses terres, dès lors il les donnoit à ta chose publique, amyot, Péric. 62. De toutes ces causes prédites [sus énoncées], les unes sont nées avec nous : comme.... PABÉ, Introd. (9. L'oracle qui prédit sa mort [de Denis], mont, m, 36. L'ayse que vous me prédites, id. Letl. Y, à son père.
— ÊTYM. Lat. prxdicere, de prx, avant, et diccre, dire.
t PRÉDISANT, ANTE (pré-di-zan, zan-t'), adj. Qui prédit. Les prophètes ont prédit, et n'ont pas été prédits; les saints ensuite sont prédits, mais non prédisants, pasc. Pens. part. 11, art. 4 0.
I PRÉDISEUR (pré-di-zeur), 1. m. Celui qui prédit. Ulysse l'appelle vaurien, Astrologue, magicien, El prédiseur de choses fausses, scabh. Virg. u. Son prédiseur, qu'il s'en va con.sulter, Fait son thème,
étudie.... LAMOTTE, FobJ. IV, 44.
— HIST. XVI* s. Prediseur, cotgrave.
PRftDI.SPOSAlVT; ANTE (prédi-spÔ-zan, zan-f),
ad}. Oui est de nature à prédisposer. || Terme de médecine. Causes prédisposantes, celles qui, modifiant peu à peu l'économie, la disposent à l'invasion de telle ou telle maladie. || Terme de chfmie. Affinité prédisposante , celle qui dispose les substances à entrer en de nouvelles combinaisons. Affinité éventuelle ou prédisposante, gutton, Inst. Mém. scienc. t. v, p. 69.
PRÉDISPOSÉ, ÉE(pré-di-spft-zé, zée), part, passé de prédisposer. Prédisposé à une maladie.
PRÉDISPOSER (pré-di-spô-zé) , v. a. || t* Préparera recevoir une impression quelconque. {| i° Terme de médecine. Disposer d'avance.
— ÊTYM. Pri..., préfixe, et disposer.
PRÉDISPOSITION ( pré-di-spô-zi-sion ) , ». {.
TiTme do médecine. Disposition de l'économie à contracter certaine maladie. Une prédisposition intérieuie. || Il se dit aussi dans le langage général. La prédisposition au vice.
— KTYM. Pré. ., préfiie, et rftt;>fi«i(>on. PRÉDIT, ITI (pré-di, dit'), part, paut d« pré-
dire. Annoncé d'avance. Le monde ayant vieilli dans ses erreurs charnelles , Jésus-Christ est venu dans le temps prédit, mais non pas dans l'éclat attendu, pasc. Pens. xv, s 6tj, édit. havet. Cette année 8» [4 689], si prédite, si marquée, si annoncée pour de grands événements, s6v. 3i déc. 4 688. Pour qui.... 'Vais-je y chercher |à Troie] la mort tant prédite à leur fils? bac. Iphig. iv, 6.
PRÉDOMINANCE (pré-do-mi-nan-s'), s. f. Action de ce qui prédomine. La prédominance des vents méridionaux et occidentaux durant l'hiver, ramond, Inst. Mém. seiene. 4 808, p. 440. Depuis la naissance de l'enfant jusqu'à l'âge de quatorze ans, le volume et la prédominance du cerveau appellent particulièrempnt le sang vers la tête, cabanis, Instit. scienc. mor. et pol. t. 11, p. 4 4J.
— ÊTYM. Prédominant.
PRÉDOMINANT, ANTE (pré-do-mi-nan, nan-f), adj. Qui prédomine. Passion prédominante. Et du consul Brutus l'astre prédominant Dissipa tout d'un coup ce bonheur étonnant, corn. Sertor. 11, 4. Il Terme de minéralogie. Partie prédominante d'une roche, l'un des minéraux constituants essentiels qui l'emporte sur les autres par sa quantité ou par l'influence que ses propriétés ont sur les caractères de la roche. Le mica est la partie prédominante dans le gnei.ss.
PRÉDOMINER (pié-do-mi-né) , v. n. \\ 1* Avoir le plus d'ascendant , en parlant des personnes. Votre Excellence sait bien que , dans les compagnies , ce ne sont pas toujours les plus vertueux et les plus sensés qui prédominent , volt. Lett. prince de Galitiin, oct. 4766. Il 2* Prévaloir, en pariant des choses. L'ambition prédomine sur ses autres passions. Le genre masculin, étant le plus noble, doit prédominer toutes les fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble, vaugel. Rem. t. 1 , p. i3o , dansPOUGENS. || Il se conjugue avec l'auxiliaire ouot'r. m — HIST. XVI* S. i cett' heure le chagrin prédomine en moy, à cett' heure l'alaigresse, mont, ii, 324. L'action de la cholere ne se peult exercer que toutes les humeurs ne nous y aydent , quoyque U cholere prédomine, lo. 11, 126.
— £tym. Pré..., préfixe, et dominer.
t PRÉDORSA L, ALE (pré-dor-sal, sa-1') , adj. Terme d'anatomie. Qui est situé au-devant du dos.
— ÊTYM. Pri..., préfixe, et dorsal.
t PRÉEMBRYON (pré-an-bri-on), s. m. Terme de botanique. Nom de deux cellules formées par le partage de la vésicule embryonnaire^ après l'arrivée du boyau poUinîque au contact de l'ovule.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et embryon.
PRÉÉMINENCE (pré-é-mi-nan-s'), t. f. Prérogative en ce qui regarde la dignité et le rang. Il ne peut moins faire que de défendre les prééminences de son abbaye, patbu. Plaidoyer is, dans riche- LET. Juda est multiplié, dès le commencement, plus que ses frères; et ayant toujours conservé une certaine prééminence, il reçoit enfin la royauté comme héréditaire, boss. Hist. n, 7. Les sculpteurs et les pe.intres ont eu souvent parmi eux de grandes disputes sur la prééminence de leur profession, BOLLiN, Hist. anc. Œuv. t. xi, 4" part. p. 88, dans POUGENS. Le gouvernement monarchique suppose des prééminences, des rangs et même une noblesse d'origine, monteso. Esp. m, 7. || Fig. La prééminence de l'esprit, PASC dans cousin.
— SYN. PRÉÉMINENCE, SUPÉRIORITÉ. La prééminence est l'attribut d'un homme plus élevé en dignité que les autres ; la supériorité est celui d'ur homme plus grand que les autres par ses qualitéM personnelles.
— HIST. XIV* s. Aussi peut l'en dire de noblesse que c'est une prééminence , Songe du vergier, i, 150. ||xT* s. Le duo d'Orléans, qui avoit prééminence et autorité ez faiz du roy, Geste des nobles, viRiviLLK, p. 106. Que je deusse avoir premynance, Myst. du siège d'Orléans, p. 706. Nous luy avons donné l'office de gouverneur de nos pays de Champaigne pour en joir à tels honneurs, auctoritez, preheininances et droiz que faisoient ses prédécesseurs. Lettre de Chartes VIII, Bulletin du comité de la langue, l. m, p. 599. || xvi* s. Ceux qui preniionl licence de mesdire contre toutes les prééminences ordonnées de Dieu, calv. Inst. 4 4 96. Les alliez par honneur luy défèrent la prééminence de départir entre eulx le butin, amyot, Cimon, 4». Et cncores qu'il y ayt entre eux [les grands voleurs et les corsaires] des prééminences, et que les uns ne suyent que valets, et les aultres chefs de l'assemblée, LA BOÉTiE, Servit, vol.
— ÊTYM. Lat. prseeminentia , de prxeminetu, priemineut.
PRÊ
PRË
PRÉ
PRÉÉMINENT, ENTE (pré-é-mi-nan, nan-t^ , adj. Oui excelle, l'emporte, en parlant des choses. Une dignité prééminente. Son mérite prééminent est de.... Une vertu prééminente.
— HIST. XT* s. Ni Tenir ni aller à quelconque mandement de quelque personne, de quelque estât prééminent ou condition qu'ils soient, monstbel. i,