IH
— £TTH. lAt. prxeminentem, de prx, en avant,
et «minent (voy. émine.nt).
t PRÉEMPTER (pré-an-pté), v. a. Terme d'administration. Acheter par avance en vertu du dfoit de préemption.
t PRÉEMPTION (pré-an-psi on), s. f. Action d'acheter d'avance. \\ Droit de préemption, droit qui consiste à pouvoir prendre ou revendiquer parfois un objet avant toutes autres personnes. Il y a des cas où certains propriétaires ont le droit de préemption relativement à des terres d'alluvion que de préférence ils peuvent obtenir au prix de l'expertise, LEGOARANT. || Terme d'administration. Droit de préemption, droit que la douane revendique, en certains cas, d'acheter sur-le-champ, au prix déclaré, une marchandise que l'on cherche à faire passer pour une valeur trop faible.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et le lat. tmptxonem, achat.
t PRÉÉPAULIÈRE (pré-é-pO-liè-r') , ». f. Terme de zoologie. Pièce placée à la base de l'élytre des insectes coléoptères.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et épaule.
PRÉËTARLI, lE (pré-é-ta-bli, blie), part, passé
de préétablir. L'ordre ancien et préétabli. || Harmonie préétablie, voy. harmonie, n" i.
PRÉÉTABLIR (pré-é-ta-blir), ». a. Terme didactique. Établir d'abord. Vous n'avez pas préétabli la question.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et établir. PRÉEXISTANT, ANTE (pré-è-gzi-stan, tan-t'),
adj. Qui existe avant. Il n'y a point de germes préexistants, point de germes contenus à l'infini les uns dans les autres, buff. Hist. anim. xi. Je dirai à Platon : vous m'avez appris qu'en formant l'univers, le.premier des êtres opéra sur une matière préexistante qui lui opposait une résistance quelquefois invincible, barthBl. Anach. ch. 64.
PRÉEXISTENCE (pré-è-gzi-stan-s'), *. f. Existence antérieure. La préexistence de l'animal dans l'ovaire de la femelle, bonnet, Contempl. nat. x, 3^. Un rabbin moderne [Manassé] qui avait fort étudié les anciens, assure que la préexistence des âmes est un sentiment généralement reçu chez les docteurs juifs, dider. Opin. des anc.philot. [Juifs).
— ÊTYM. Préexistant.
PRÉEXISTER (pré-è-gzi-sté),e. n. Exister avant. Plus on remonte dans l'origine des êtres organisés, et plus on se persuade qu'ils ont préexisté à leur première apparition, bonnet, Contempl. nat. Œuv. t. viii, p. 80, dans pougens. 11 fait voir que les graines, leurs membranes, leurs cotylédons, leurs plantules préexistent à la fécondation, sennebier, bss. art d'observ. 1. 1, p. 47 , dans pougens. Point de notion dans l'&me qui n'ait préexisté dans la sensation, DIDEROT, Opin. des aric. philos. Uobbisme. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÊTYM. l'ré..., préfixe, et ezvKer.
PRÉFACE (pré-fa-s'), ». f. \\l' Discours préliminaire mis à la tête d'un livre. Préface de la seconde partie : parler de ceux qui ont traité de cette matière [qu'il y a un réparateur], pasc. Pens. XXII, 3, éd. HAVET. Un auteur à genoux, dans une bumble préface. Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce, BOiL. Sat. ix. Il [le P SirmondJ fut préféré par le pape à tous les savants d'Italie pour faire la préface de la collection des conciles, volt. Louis XIV, Éeriv. Sirmond. Vous comparez la préface de l'Encyclopédie à tout ce que vous avez fait de grand et de mémorable dans la paix, dans la guerre, dans la politique, dans le gouvernement, dans les lettres, d'albmb. Lttt. au roi de Prusse, *6 déc. )780. Les préfaces sont une autre source d'abus ; c'est lA que se déploie l'ostentation d'un auteur qui exagère quelquefois ridiculement le prix des sujets qu'il traite, condill. Art d'écr. iv, s. Il i' Préface d'honneur, mots d'honneur et de res- )>ect qu'on prononce avant de nommer quelqu'un ou quelque chose. On ne le doit jamais nommer [de Thou] sans une préface d'honneur, HezERAY, cité pu PATIN, Moniteur unie. »o sept, isiee. ||3" Familièrement. Parole! dites pour en venir à quelque explication. Damis : Point de préface; Au fait. — Le poète : Ohl c« n'est pas pour vous demander grice, coLLiN u BARL. Artistes, u, 8. Permettez que
sans nulle préface J'aille d'abord au fait, m. X. de Crac, «c. (0. 1)4° Partie de la messe qui précède le canon. Chanter la préface.
— BEM. Préface est toujours féminin ....Je l'ai ouï faire masculin à tant de gens qui font profession de bien parler, que j'ai cru être obligé d'en faire une remarque pour les désabuser, vaugel. Rem. p. 78 (in-4% (704).
— HIST. XV' s. Ainsi fine [finit] lors sa préface. Et fait son fil entendre et croire Que tout lui a dit chose voire [vraie], e. uesch. Uiroir de mariage, p. 69. Il XVI* s. C'est la préface de bien et deuement prier, calv. Inslit. 704. Quand nostre Seigneur ordonne la circoncision à Abraham, il use de ceste préface qu'il veut estre son Dieu et le Dieu de sa semence, iD.tft. (066. Quant à Cicero.... sa façon d'escrire me semble ennuyeuse.... car ses préfaces, définitions, partitions, etymologies consument la plus part de son ouvrage, wont. u, (05. Suyvant la méthode de ce livre mise au préface, charron. Sagesse, i, ib, advertissemenl.
— ÊTYM. Bas-lat. prephoi-ia; espagn. pr'Sfacio; ital. prefaîio; mots corrompus du lat. prxfationem, qui a donné en italien prefaxione, et qui aurait donné en français prefaison; de prœ, avant, et fari, dire (voy. fable). L'altération de prœfationem avait été oupre/'acta, ou pre/'atit<m,d'oii les masculins prefacio, prefaîio, en espagnol et en italien, et en ffancais un préface masculin.
t PRÉFECTORAL, ALE (pré-fè-kto-ral, ra-l'),odj. Terme d'administration. Qui appartient à une préfecture, à un préfet. Arrêtés préfectoraux. Autorité préfectorale.
— ÉTYM. Préfet.
PRÉFECTURE (pré-l^-ktu-r'),». f. || l-Nom de plusieurs charges dans l'empire romain, jj Grande subdivision de l'empire romain, administrée par un préfet. Et [il] prononce en lui-même, comme Caïphe, qu'il vaut encore mieux qu'un juste périsse que si toute la nation, sous sa préfecture, allait se révolter contre César, mass. Carême, Passion. \\ 1° Il s'est dit d'une sorte de suzeraineté. Ce n'était pas assez au roi [Louis XIV] d'avoir la préfecture des dix villes libres de l'Alsace, au même titre que l'avaient eue les empereurs, volt. Louis XIV, (4. ||3' Division administrative dans plusieurs contrées. La Suède est partagée en vingt-<|uatre préfectures. || 4° En France, fonction de l'administrateur appelé préfet. Les préfectures ont été établies par la loi du (7 février (800. Il Bureaux, hôtel du préfet. Aller à la préfecture. Il Durée des fonctions d'un préfet. Ce marché a été établi pendant si. préfecture. || L'étendue de territoire qu'administre un préfet. {] Ville oii réside un préfet. Laval est une préfecture. || Conseil de préfecture, voy. conseil, n" 8. US" Sous-préfecture, voy. ce mot à son rang. |i 6" Préfecture maritime, chef-lieu d'un arrondissement maritime. || Port où réside habituellement un préfet maritime. || Hôtel qu'il habite et où se trouvent ses bureaux. || Emploi de préfet maritime ou ensemble de son service. Il 7" Préfecture de police, l'emploi du. préfet de police. Il Hôtel où sont les bureaux du préfet de police. 118" Use disait, dans les collèges des jésuites et des bénédictins, de la salle où se tenaiit le préfet des études et où il mandait les élèves qui étaient en faute.
— ÉTYM. Lat. prxfectura, de prsefectus (voyez
PRÉFE.T).
PRÉFÉRABLE (pré-fé-ra-bl'), ndj. Digne d'être préféré. Sous un nom si fameux qui vous rend préférable, L'héritier de Galba sera considérable, corn. Othon, m, 5. Le repos et l'indépendance dont jouissait notre littérateur philosophe, lui parurent préférables au pénible honneur d'élever un prince, d'alemb. Éloges, Segrais.
— ÉTYM. Préférer.
PRÉFÉKABLEMENT (pré-fé-ra-ble-man), adv.
Par préférence. La voilà [votre lettre] : je l'ai lue préférablementà toutes les embrassades de l'arrivée, sÊv. 7 ocL (877. Il 11 ne se construit jamais absciument, et veut la préposition à.
— ÊTYM. Préférable, et le suffixe merit. PRÉFÉRÉ, ÉE (pré-fé-ré, rée), part, passé de
préférer. Quand on voit dans l'Évangile la brebis perdue préférée par le bon pasteur à tout le reste du troupeau, boss. Mar.-Tliér. || Substantivement. Vous êtes le préféré. Kt voilà pourquoi justement J'ai cru qu'il était bon (|uepourlo compliment Elles fussent les préférées, dancoubt, Céphaleet Procris, m, î.
PRÉFÉRENCE (pré-fé-ran-s'), ». f. || !• Acte par
lequel on préfère une personne, une chose à une
I autre. C'edl par là que l'un d'eux obtiint la préfé-
rence, CORN. Rodog. I, 7. Ils se sont mis an colère pour la préférence de leurs professions, mol. Bourg, gentilh. ii, 4. Elle [ la grandeur naturelle] demande une préférence d'estime; mais les hommes n'y ont attaché aucune préférence extérieure, pasc. Condit. des grands, ii. Pour empêcher que certains greffiers ne prissent de l'argent pour cette sorte de préférence I expédier un plaideur avant l'autre], in. Prov. VIII. La préférence du devoir sur l'inclination,sÉv. 8 juin (678. On lui donna même au prodigue) la préférence sur son aîné, mass. Carême, Enf. prod. Il De préférence, par préférence, loc. adv. Par choix. Je me détourne des lettres où je crois qu'on m'en pourrait parler encore [des nouvelles de la cour], et je me jette avidement et par préférence sur les lettres d'affaires, sbv. 2( oct. (67(. Si l'on était réduit à ne conserver qu'un seul poète parmi tous ceux que l'antiquité nous a laissés, il faudrait peut-être choisir Horace de préférence à tous les autres, d'alemb. Éloges, Despréaux, note 28. || 2° Préférence se dit du choix qu'on fait d'un marchand, d'un domestique, plutôt que ti'un autre. Allez chez cette pauvre femme, et dites-lui que je lui veux du bien : j'ai besoin d'une femme de chambre, et je lui donnerai la préférence, volt. Jeannot t4 Colin. Venez toujours glaner dans mes champs, accordez-moi cette préférence, genus, Thédt. d'éduc. Ruth et Noémi, i, 3. || Fig. Et donnez-moi la préférence, Quand il faudra vous ennuyer, volt. Ép. Lxiii. Il 8°I1 se dit, chez une femme, d'un sentiment voisin de l'amour. Elle le traitait avec assez de préférence, hamilt. Gramm. 7. Une préférence n'est pas de l'amour, genlis, ThAt. d'éduc. les Fausses délicatesses, i, 2. || 4° Terme de droit. Avantage qu'on donne à une personne sur une autre Les biens du débiteur sont le gage commun de ses créanciers; et le prix s'en distribue entre eux par contribution, à moins qu'il n'y ait entre les créanciers des causes légitimes de préférence. Code Nap. art. 2091. Les causes légitimes de préférence sont les privilèges et hypothèques, ib. art. 2094, || 5° Au plur. Marques particulières d'affection ou d'honneur accordées à quelqu'un. Vous ambitionnez toujours les préférences, Dicl. de l'Académie,
— HIST. xiv s. Et esta entendre vie parfaite en préférence par temps et aage souffisant, oresme, Eth. 2(. Il xvi* s. Il mérite d'avoir quelque préférence par dessus les autres capitaines, amyot, Cimoit, et Lucul. 3. Ils firent couper les pouloes aux Aeginetes, pour leur oster la préférence ei ''art de la marine, mont, m, (08.
— ETYM Préférer.
PRÉFÉRER (pré-fé-ré. La syllabe fé prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je préfère; excepté au futur et au conditionnel : je préférerai, je préférerais), v. a. jj 1° Se déterminer en faveur d'une personne, d'une chose philOt que d'une autre. Et n'a-t-il pas raison [l'Ecclésiaste] de préférer la simplicité d'une vie particulière.... aux soucis et aux chagrins des avares, aux songes inquiets des ambitieux? BOSS. Duch. d'Orl. Maintenant qu'elle a préféré la croix au trône, et qu'elle a rais se» malheurs au nombre des plus grandes grâces, id. Reine d'Anglel. Vous pensez .sans doute comme Julien, ce grand homme si calomnié, qui disait que les amis doivent toujours être préférés aux ruis, volt. Lelt. pr. roy. de Pr. 26 août (736. Celui qui préfère la vérité à sa gloire peut espérer de la préférer à sa vie, J. J. rouss. Hél. 2' préf. Qu'on ne demande pas s'il faut préférer l'agriculture aux manufactures, ou les manufacture.'* ..l'agriculture; il ne faut rien préférer -.il faut s'occuper de tout, CONDILL. Comm. gouv. i, 2». Il Absolument. (3n n'aime qu'après avoir jugé, on ne préfère qu'après avoir comparé, J. i. bouss. Ém. iv. Préférer n'est pas sentir, c'est se déterminer, c'est agir, bonnet, Ess. anal, dme, xi. || Préférer avec l'infinitif, sans préposition. Il préfère mourir. || Préférer avec de et l'infinitif. J'ai préféré de payer mes dettes, sÉv. (3 juin (685. Je préférerais de prononcer le discours funèbre de celui à qui je succède, plutôt que de me borner à un simple éloge de son esprit, la bruy. Disc, à l'Acad. fr. Je [czar Pierre I"] préférerai de les transmettre [mes peuples! plutôt à un étranger qui le mérite, qu'4 mon propre fils qui s'en rend indigne, volt. Russie, n, (o. |] Préférer avec que et le subjonctif. Je préfère qu'il parte, Dict. de l'Acad. Il J" Se préférer, r. réfl. Se donner la préférence à soi-même. C'est un égoïste qui se préfère à tout.
— liEM. 1. Uveaui a voulu établir une distinction entre préférer suivi d'un infinitif sans préposition, et d'un infinitif et de la préposition, di«»r
PRE
PRÉ
PRÉ
que, quand l'infinitif est seul, il ne faut pas île préposition, et qu'il en faut une dans le cas contraire • ainsi on mettrait : il préfère mourir; mais ou mettrait : je préfère de mourir avec vous plutôt que rie TOUS trahir. Cette règle est arbitraire : de peut être mis ou supprimé. || 2. Je préfère beaucoup ou de beaucoup l'honnête à l'utile. Les deux se disent et sont bons. || 3. 11 ne faut pas traiter préférer comme un comparatif, et dire : je préfère sortir qu? rester à la maison. En ce cas un remplace préfé\-er par aimer mieux.
— HiST. XII* S. N'i a donne [dame] tant riche [qui] ne la requière. De ses ovres à fere ne U profiere, Gerart de Ross. p. 362. || xiv s. 11 n'i Jt nul en toute la juvente romaine qui par nul art li peust estre com|iarez ou préférez, bercheure, f" !0, reclo. Elle [vérité] doit estre préférée et honorée plus que l'oppinion de son ami, ORK'iME, Eth. vi, io. Il XV* s. Le bien commun [le prince] doit sur touz préférer, E. oesch. Des vertus nécess. au prince. Le roy René le préféra [son neveu] devant ledit duc de Lorraine, qui esloit fils de sa fille, comm. vu, t. Il xvr s. Par quoy je dy, tout propos debatus, Qu'il n'est vivant qui ores le préfère [soit préférable] D'honneur et los, J. mArot, v, 26 (. Encore que l'on ne luy feist point de tort de préférer Pompeius à luy, AMYOT, Craisus, 10. Nous nous préférons aux aultres animaux, mont, ii, 206.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. preferir ; ital. preferire ; du lat. prseferre, altéré par les bouches romanes en pi-xferire ou pneferare ; de prx, en avant, el ferre, porter.
PnÊKET (pré-fÈ; le t ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des pré-fè-z actifs; préfets rime avec traits, succès, mauvais, etc.), s. m. {| 1° Celui qui, chez les Romains, occupait une préfecture. Le préfet des Gaules. Burrhus était préfet ou gouverneur de Rome, emploi important qui le rendait maître de toute l'Italie, dider. Claude et Nér. i, 42. || Préfet du prétoire, le chef de la légion prétorienne, destinée à la garde des empereurs. Les préfets du prétoire qui. pour le pouvoir et pour les fonctions, étaient à peu près comme les grands vizirs de ces temps-là, MONTEso Rom. n. \\ Â partir de Constantin, il y eut quatre préfets du prétoire, qui étaient i la tête des quatre grands départements de l'empire. Il Préfet de la chambre sacrée, espèce de chambellan des empereurs de Constantinople. || 2" Dans l'organisation administrative actuelle de la France, le magistrat chargé de l'administration générale d'un département. Comment ne pas voir que, dans cette guerre [la guerre de Russie], tout était à craindre, ju5|u'à nos alliés? Napoléon n'entendait-il pas leurs rois inquiets dire qu'ils n'élaient que ses préfets? ségur, Hisl. de Nap. ii, 2. ||3* Sous-préfet, voy. ce mot à son rang. || Préfet de police, magistrat chargé de la police dans le département de la Seine; il a été institué par un arrêté du < 3 août i8oo. Il 4° Préfet maritime, officier général de la marine militaire qui est investi du commandement dans un arrondissement maritime. || 8* Préfets du palais impérial, fonctionnaires chargés de surveiller l'administration du palais impérial , pendant le n'gne de Napoléon 1", sous les ordres du grand maréchal. Ces fonctions ont été rétablies depuis 4 852. || 6° 11 se disait autrefois, dans plusieurs collèges, des maîtres qui avaient l'intendance du bon ordre et de la police. Le préfet des études. Le père préfet. Ainsi lorsqu'on un coin , qui leur tient lieu d'asile. D'écoliers libertins une troupe indocile. Loin des yeux d'un préfet au travail assidu, Va tenir quelquefois un brelan défendu, boil. Lulr. m. 11 y a dans le discours de M. Le Batleux dos anecdotes sur mon ancien r''éfet l'abbé d'Olivet, dont je connais parfaitement la fausseté, volt. Lett. de Hordes, ^o janv. (767. || Il y a encore un préfet des études au collège Rollin, au collège Sainte- Barbe et chez les jésuites. || 7" Préfet apostolique, titre donné aux ecclésiastiques qui sont placés à la tête du clergé ainsi que du service religieux dans certaines colonies. || Préfet de Rome, cardinal chargé dp la police. Il Préfet des brefs, chef des secrétaires du pape, qui expédie les brefs. || Préfet se dit aussi du chef de certains monastères. Le préfet des capucins lui a assuré avoir ouï dire.... bufp. llitt. nat. homme, ffi'uw. t. v, p. 95. || 8° Titre d'un magistrat dans quelques c;iiitons de la Suisse. Il 9° Nom marchand d'une coquille univalve ; espèce de cône.
— HIST. XII" s. Si l'ocist là û il fud enivrez en la maisun Arsa le prefect de Thersa, Rois, 307. || xiv* s. Les prefects du pupple.... Tclz prefect/. sont aucuns complices et ministres du tyraat, oresub, Tliète de
MEUNIER. Il XV* s. Le païs de Valleis s'estoit contre l'evesque, prefect et seigneur, rebellé, Hist. de Loys m, dur. de Bourbon, p. 359, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. prefeil; catal. prxfecte; espag. prefecto; ital. prefetto; du lat. prxfectus, de prœficere, mettre à la tête, de prœ, en. avant, et facere, faire.
t PRÉFIGURATION (pré-fi-gu-ra-sion), s. f. Action de préfigurer. 11 [Servetj traita de la préfiguration du Christ dans le Verbe, de la vision de Dieu.... VOLT. Moeurs, 134.
— ÉTYM. Lat. prxfigurationem, de prxfigurare, préfigurer.
t PRÉFIGURER (pré-fi-gu- ré) , v. a. Figurer d'avance, être d'avance le type, la figure.
— HIST. XVI* s. Il y a seulement une différence entre ces sacrements anciens et nouveaux : c'est que ceux-là ont préfiguré le Christ promis, quand encore on l'attendûit à venir, calv. Instit. (043. Tous les misteres de la passion estoyent préfigurés au vieulx testament, palsgr. p. 684.
— ÉTYM Lat. prxfigurare, de pr«, d'avance, et figurare, figurer.
PRÉFINI, lE (pré-fi-ni, nie), part, passé de préfinir. Les délais préfinis par la loi.
PRÉFINIR (pré-fi-iiir), v. a. Terme de palais. Fixer un ter^ne dans lequel une chose doit être faite.
— HIST. XVI* s. Non qu'il voulut entreprendre de limiter et prefinir le temps au roy.... h. du
— ÉTYM. Lat. prœfinire, de prx, d'avance, et finire, finir.
PRÉFIX, IXE (pré-fiks, fl-ks'; l'x se prononçait d'après Chifflet, Gramm. p. 218, comme eh), adj. Fixé d'avance, déterminé. Au jour et au lieu préfîx. Monsieur enverrait sans délai un pareil nombre de personnes, retz, m, ion. Daniel n'avait donné que six ans à ce prince impie pour tourmenter le peuple de liieu; et voilà qu'au terme préfix il apprend à Ecbatane les faits héroïques de Judas, boss. Hist. II, 5. IITerme de jurisprudence. Douaire préfix, douaire consistant en une somme fixée par le contrat de mariage.
— HIST. XV* s. Les chevaliers d'Angleterre dirent bien que point n'y auroit de deffaute, du moins que les oncles du roi d'Angleterre ne fussent au jour assis et piefix en la cité d'Amiens, froiss. ni, iv, is. Il XVI* s. Un commandement précis et préfix, mont. I, 60. Une religion purement mentale, sans objeci préfix et sans meslange matériel, id. ii, 246.
— ÉTYM. Lat. pras/jxus, de prœ, en avant, et fixus, fixé.
t PRÉFIXE (pré-fi-ks'), adj. Terme de grammaire. Oui s-'agglutine au devant d'un mot pour en modifier le sens en formant un nouveau mot. Adverbe ou particule préfixe. || S. m. Pré dans prédire et sur dans surprendre sont des préfixes. Les vues de l'esprit ou lelations que les Grecs ou les Latins font connaître par les terminaisons des noms sont indiquées en hébreu par des prépositifs qu'on appelle préfixes, dumars. (£u«. t: iv, p. 165.
— ÉTYM. Préfix.
t PRÉFIXER (pré-fi-ksé), ». o. || 1* Terme de pratique. Fixer par avance un terme, un délai. ; 2" Terme de grammaire. Joindre comme préfixe. Préfixer une particule au verbe.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et fixer.
PRÉFIXION (pré-fi-ksi-on), s. f. Terme de palais.
Détermination d'un temps, d'un délai.
— HIST. XVI* s. L'occasion pour laquelle ilz avoient eleu Scipion consul contre la permission et prefixion des lois, amyot, Marius, 20. Pour toutes préfixions et délais, Coust. gén. t. i, p. 853.
— ÉTYM. Premier.
t PRÉFLORAISON (pré-flo-rè-zon), ». f. Terme de botanique. État des diverses parties d'une fleur, avant l'épanouissement. |{ On dit aussi estivation.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et floraison.
t PRÉFOLIATION (pré-fo-li-a-sion) , s. f. Terme de botanique. Manière dont les fouilles sont disposées dans le bourgeon.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et lat. folium, feuille. t PRÉFORMATION (pré-for-ma-sion), s. f. Action
de préformer. l.a préformation el l'évolution des corps organisés sont une des lois les plus générales de la nature, bonnet, Contempl. nat. xii, 43.
t PRÉFORMKR (pré-for-mé), ». a. Former avant. Cette sagesse adorable qui a préformé les mondes dès le commencement, comme elle a préforiné les plantes et les animaux, bonnet, Paltng. phil. vi, a. J'avais posé pour principe fondamental que rien n'était engendré, que tout était originairemeiu prifurmé, et que ce que nous uommooii géuéra-
ion n'était que le développement de ce qui préexistait sous une forme invisible, id. ib. vu, 4. . ..Que les ovairesde toutes les femelles contiennent originairement des embryons préformés, qui n'attendent, pour commencer à se développer, que le concours de certaines causes, ID. Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 255, dans pougens.
— ÉiYM. Pré..., préfixe, et former.
■f PRÉGATON (pré-ga-ton) , s. m. Filière dans laquelle on passe le fil d'or pour la seconde fois. Il On trouve aussi précaton.
t PRÉ-GAZON (pré-ga-zon), s. m. Terme d'agriculture. Prairie artificielle, obtenue en semant de la graine de toutes les graminées et des plantes qui croissent dans les prairies naturelles. [\Au plur. Des prés-gazons.
— ÉTYM. Pré, et gazon.
t PRÉGNANT, ANTE (pré-gnan, gnan-t'), adj. Il 1° Terme didactique. Oui porte en soi un germe de reproduction, en parlant d'une femelle. J'ai six brebis, dont trois prégnantes. || 2° Par extension, violent, pressant, comme le besoin d'accoucher (emploi qui a vieilli). Maux aigus, prégnants, Dict. de VAcad. de 1696. ||Fig. La forte considération de raisons si prégnantes.... st-sim. 396, t2i.
— HIST. XVI* s. Tous deux commencèrent à donner ordre aux affaires, desquelles les plus prégnantes d'alors estoient celles d'Angleterre, carloix, ii, i.
— ÉTYM. Lat. prœgnantem, femme enceinte, de prx, indiquant le terme, et gnans, participe actif du radical dont gnatui est le participe passif (voy. génération). L'ancienne langue avait prains, preigne, venant du nominatif prxgnans.
t PRÉGNATION (pré-gnasion), s. f. A été dit quelquefois pour gestation des animaux. Le temps de la prégnation, celui de l'accoucliement, le nombre des petits, buff. Hist. nat. )*' dise. Œuv. t. i, p. 43.
— HIST. xv* s. Si comme en yver est prise leur pregnacion [des arbres], christ, depisan, Charles V,
— ÉTYM. Lat. prxgnationem (voy. prégnant).
f PRÉGUSTATEUR (pr6-gu-sla-teur), s. m. Esclave chargé chez les Romains de goûter les mets.
— ÉTYM. Lat. prxgustatorem, de prx, avant, et gustare. goûter
t PRÉUANCHIALE (pré-an-ohi-a-l'), s. f. Pièce placée au-devant de la hanche des insectes.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et hanche.
t PRÉHENSEUR (pré-an-seur), adj. m. Terme de zoologie. Qui a la faculté de saisir, d'empoigner.
— ÉTYM. Voy. préhension.
t PRÉUENSIBLE (pré-an-si-W), adj. Qui peut être pris, saisi. Hâter le moment où les phénomènes chimiques seront préhensibles pour la spéculation mathématique , bequyeh , Acad. des se. Comptes rendus, t. liv, p. 760.
— ÉTYM. Voy. préhension.
I PRÉHENSILE (pré-an-si-l"), adj. Terme île zoologie. Qui a la faculté de saisir, d'empoigner. 11 serait difficile de concevoir comment les guenons de l'ancien continent ont pu prendre en Amérique une queue musclée et préhensile, buff, Quadr. t. vu, p. 273.
— REM. BufTon a dit ailleurs : queue préhensible, Quadr. t. xii, p. I4i ; à tort.
— ÉTYM. Voy. préhension.
t PRÉHENSION (pré-an-sion), t. f. \\ 1° Action de prendre, de saisirua objet quelconque avec la main ou la bouche. L'homme exerce la préhension à l'aide de ses mains; l'éléphant avec sa trompe, lbgoarant. Il 2° Anciennement, droit qui résultait de la législation sur le martelage, et qu'avait le gouvernement de s'approprier, moyennant prix débattu ou fixé par expertise, les arbres des forêts particulières reconnus propres aux constructions navales ou aux usages des arsenaux maritimes.
— ÉTYM. Lat. prehensionem, de prehender» {voy. prendre).
t PRÉHISTORIQUE (pré-i-sto-r i-k'), adj. Antérieur à l'histoire. Les temps préhistoriques.
— ÉTYM. Pré..,, préfixe, et historique.
t PREHNITE (prè-ni-f), s. f. Subitance cristalline composée principalement de silice, d'alumino et de chaux, rapportée du cap do Bonne-Espérance par le colonel Prelin.
PRÉJUDICE (pré ju-<li-s'), s. m. Tort, dommage. On bl.lme l'injustice, non pas par l'aversion que l'on a pour elle, mais par le préjudice que l'on en reçoit, LA RocHKPOuc. Prem. pens. 2.'>. Cet autre objet.... Au mariage encor peut porter préjudice, mol, l'Él. 1, 9, Un plus long entretien M'est de grand préjudice et ne vous sort de rien, th. cobn. l'Amour d la mode, II, I, Lais.stz-lui sentir le préjudice de la privation, j. i. rouss. Ém. u. IIAu préjud <ie de,
PRÊ
PRB
contre les intérêts de. Je n'entreprendrai rien à votre préjudice, corn. D. Sanche, m, 3. Au préjudice d'EsaQ son Wre aîné, boss. Hist. i, 3. Même candeur danf leur procédé [Montausier et sa femme future].... même penchant à la vertu au préjudice de la fortune, flêch. Duc de Mont. Dans la suite, quelque chose qu'il [Pompée] eût faite au préjudice des lois, le sénat se déclara pour lui, montesq. Rom. < I . Il fut reconnu en France que le prince du sang le plus éloigné serait l'héritier de la couronne, au préjudice de la fille du roi, volt. Dicl. phil. Loi saiique. || Au préjudice de sa parole, de son honneur, de sa réputation, de la vérité, etc. contre sa parole, contre son honneur, contre sa réputation, etc. Les conjurés se plaignaient de ce que le consul, an préjudice du décret du sénat et de sa propre parole.... vebtot, Révol. rom. xiv, p. 285. Il Au préjudice de, malgré, nonobstant. L'aliment est distribué dans toutes les parties du corps, au préjudice du cours qu'ont naturellement les choses pesantes, boss. Connaiss. ii, t. Au préjudice de ses services el des emplois qu'il avait remplis, il fut cité pour se faire enregistrer en qualité de simple soldat, vebtot, Be'tioJ. rom. m, 267. || Sans préjudice de, sans faire tort à, sans renoncer à. Je reviens à nos lectures, c'est sans préjudice de CléopStre que j'ai gagé d'achever, sév. G7. Je serai mercredi à Moulins, où j'aurai une de vos lettres, sans préjudice de celle que j'attends après dîner, 10. 285. Sans préjudice à ses assiduités, il trouvait le moyen de.... hamilt. Gramm. *.
— HIST. XIII' s. S'il porchacent leur preu, il ne font pas que nice, Por tant que ce puist estre sans autrui préjudice, j. db meung,, Tes». 802. || xiv s. Que le préjudice de si grande chose fust osté à présent, BERCHRUBE, f" 6*, recto. || XV 8. AU grant préjudice du duc de Bourgongne, comm. v, t. jj xvi" s. Combien qu'Abraham n'ait esté circoncis qu'après avoir esté instruit, cela ne porte point préjudice que les enfans après lui ne soient circoncis sans instruction, CALv. Instit. <084. Et y eut une rencontre fort cLspre, pource que les uns el les autres voulurent à cest essay faire un préjudice [prévision] de l'issue de toute la bataille, amyot, Arist. 34.
— ETVM. Prov. prejudici; espagn. perjuicio; port, perjuiso; ital. pregiudicio ; du lat. prxjudicium, préjudice, mais, proprement, jugement anticipé et, par suite, nuisible; de prse, d'avance, et judicium, de judicare (voy. juger).
PRÉJUDICIABLE (pré-ju-di-si-a-bl'), adj. Quipréjudicie. Que je vous plains ! et que l'état de vos affaires est préjudiciable à L'établissement de votre pauvre enfant ! sBv. (" févr. (6»o.
— HIST. XII' s. Plus grèves lois et plus prejudiciables ordenences, BEBciiEnRE, f 48, verso. Le suppliant dist audit escuier, pource qu'il le vit armé, que il faisoit doubte que il ne en alast en lieu préjudiciable [où l'on ferait du mal] ....ledit escuier lui respondit qu'il n'en soubsiast point, et qu'ilz n'iroient que en bon lieu, du canob, prxjudictabilit. Il xvi* s. Les faultes d'une partie gastée, qui pourroient estre préjudiciables au total, sont souvent redressées et corrigées par les autres parties saines et entières, amyot, l.ysand. 32.
— ÉTYM. Préjudicier; prov. préjudiciable; espagn. perjudiciable. On trouve aussi prejudicieux.
PRËJCDICIAUX (pré-ju-di-si-ô), adj. m. plur. Terme de prati(|ue. P'rais préjudiciaux, les frais de procédure qu'on est obligé de rembourser avant que d'être reçu K se pourvoir contre un jugement.
— HIST. XVI* s. Tous despens préjudiciaux doivent, après la liquidation el éclaircissement d'iceux, estre payez devant que.... Coiut. gin. t. u, p. 365.
— RTYM. Voy. PRÉJUDICIEL.
tPRPJUDICIÉ, ÊB (pré-ju-di-si-é, éo), adj. Terme de banque. Lettre de change préjudiciée, lettre de change qui n'arrive dans le lieu où elle doit êlre payée, qu'après l'expiration des jours de gr&ce, lorsque le mal vient de ce qu'elle est partie trop tard.
PRÉJUDICIEL, ELLE (pré-ju-di-si-èl, è-1'), adj. Terme de jurisprudence. Question préjudicielle, question qui doit être jugée avant la contestation principale, jj Action préjudicielle, celle qui doit être jugée en premier lieu. || Moyen» préjudiciels, moyens par lesquels on soutient la question préjudicielle.
— f.TYM. Lat. pr<x7udtcia(i«, de pra;)udicium, jugement antérieur, de prjE, el judicare, juger.
PHPjudicieh (préju-di-.si-é) , je préjudiciai», nouipréjudioiions, vous préjudiciiez; que je préjudicie, que nous préjudiciions, que vous préjudiciiez, ». n. Porter préjudice, faire du tort. Ils [les calviiiiites] Q'oQt pu r«c«voir le* lutbirien* i. leur cina,
sans croire que leur doctrine ne préjudlcie pas au salut, BOSS. Euch. ii, 20. Que le duc de Bretagne déclarerait qu'il n'avait entendu rien traiter avec la cour de Rome, qui pût préjudicier à la souveraineté du roi [Louis XI], duclos, Œuvr. t. 11, p. 200. || En termes de procédure. Sans que les qualités puissent nuire ni préjudicier. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XIV* S. Prendre gaing par mutacion de monnoie prejudicie à toute la royale postérité, OBESME, Thèse de meunier. || xvi* s. Je di qu'un tel vœu est sainct et légitime, sans préjudicier à la liberté d'un chacun d'en faire comme il voudra, CALV. Instit. ion. En quoy la substance pourroit estre grandement altérée, et la réputation d'autruy préjudiciée, m. du bell. P''éf.
— êtym. Préjudice ; prov. prejudicar, prejudieiar; espagn. perjudicar; ital. pregiudicare.
t. PRÉJUGÉ, ÉE (pré-ju-jé, jée), part, passi de préjuger. Question préjugée.
2. PRÉJUGÉ (pré-ju-jé), s. m. || 1* Ce qui a été jugé auparavant dans un cas analogue. Cette sentence est un préjugé pour notre cause. || 2° Circonstance, apparence qui fait supposer ce qu'on doit craindre ou espérer. Je ne vois rien qui m'oblige à supprimer des événements remarquables qui se rencontrent dans mon sujet, et qui peuvent servir d'instruction et de préjugé en des occasions pareilles, PELLissoN, Hist. de l'Acad. iv. L'inutilité de la vie de quelques-uns [des prêtres] ne doit pas être un préjugé contre la régularité et l'utilité de la conduite des autres, fléch. Serm. 11, sso. X son port, il ne douta point qu'il n'y eût de quoi former des préjugés avantageux sur tout le reste, hamilt. Gramm. 7. Lachaussée fait de très-bons vers, du moins dans le genre didactique; ce n'est pas un bon préjugé i)our le genre de la comédie, volt. Lett. en vers et en prose, 32. Un avocat qui ne se nomme pas, et c'est un funeste préjugé contre lui, écrit un libelle diffamatoire contre M. de Morangiès et contre moi, ID. Polit, etlég. Rép. à l'écrit d'un avocat. Il 8* Opinion, croyance qu'on s'est faite sans examen. Le défaut de nos examens c'est que nous ne nous examinons jamais que dans nos propres préjugés, MASS. Carême, Confess. Ce mot va paraître un blasphème X l'idolâtre préjugé, lamotte, Odes, t. I, p. 360, dans PouGENS. Les préjugés de la superstition sont supérieurs à tous les autres préjugés, «ontesq £.vp. XVIII, 18. J'appelle ici préjugés, non pas ce qui fait qu'on ignore certaines choses, mais ce qui fait qu'on s'ignore soi-même, id. Préf. de l'Espr. des lois. Le soleil se lève, la lune aussi, la terre est immobile : ce sont là des préjugés physiques naturels, volt. Dict. phil. Préjugés. Le préjugé est une opinion sans jugement, id. ib. Ce n'est point par préjugé que vous courez au secours d'un enfant inconnu prêt à tomber dans un précipice, ou à être dévoré par une bête; mais c'est par préjugé que vous respecterez un homiiie revêtu de certains habits, marchant gravement, parlant de même, id. ib. J'ai rendu justice à l'Anglais Sbakspeare, comme à l'Espagnol Calderon, et je n'ai jamais écouté le préjugé national, id. Irène, Lett. Si, en faveur du préjugé [qui admet que Turenne changea de religion à cinquante ans par persuasion], il faut adoucir ce trait, de tout mon cœur ; je ne veux point choquer d'aussi grands seigneurs que les préjugés, ID. Lett. Ilenault, 8 janv. 1752. Les préjugés, de quelque espèce qu'ils puissent être, ne se détruisent pas en les heurtant de front, d'alehbert. Mélanges etc. t. v, Réflexions sur l'ode. Ces préjugés tiennent moins à l'ignorance qu'à la passion : l'Anglais a les préjugés de l'orgueil, et le Français ceux de la vanilé, j. 1. bouss. Ém. v. Les préjugés même doivent être discutés et traités avec circonspection, duclos, Consid. mœurs, 2. Un préjugé, n'étant autre chose qu'un jugement porté ou admis sans examen, peut être une vérité ou une erreur, ID. ib. On est revenu , depuis quelque temps, de beaucoup de préjuges; mais on s'accoutume trop à regarder comme tel tout ce qui est admis, id. Œuv. t. VII, p. 202. Les préjugés ne se retirent que comme les ombres, successivement el par degrés, bailly, Hist. attr. mod. t. u, p. 433. Il avait les principes et les préjugés qui servent à maintenir en tout pays les choses comme elles sont, stael, Corinne, vi, 4. On ne saurait trop le redire, préjugé est le synonyme de jugement précipité ; et on |ierd bien du temps pour vouloir aller trop vile, destutt-tracy, htstit. Mim. tcienc. mor. et pol. t. 1, p. 35».
— HIST. XVI* s. Quelqu'un se mocquera de quoy je fais ici un préjugé des evenemens de la guerre, comffltt s'ils devoyeut succéder en U manière que
je le figure, langue, 436. Le diable, profitant de set
doutes, lui suggéra d'estouffer tous les prejug'^z de son enfance et de son éducation, d'aub. Vie, lxxxv.
— ÉTYM. Préjugé I.
t PRÉJUGEMENT (pré-ju-je-man), s. m. Action de préjuger.
— iiiST. XVI» s. Prejugement, cotgrave.
PRÉJUGER (pré-ju-jé. Le g prend un e devant a
et 0 ; préjugeant, préjugeons), ». o. || 1° Rendre un jugement interlocutoire, qui tire à conséquence pour une question qu'on doit juger postérieurement. Sans préjuger le fond.]| 8° Juger, décider, avant d'avoir pris connaissance de la chose dont il s'agit. Préju ;er une question. Comment le parlement pouvait-!' juger sept volumes in-folio déjà imprimés [de I' i:ncyclopédie],et préjuger ceux qui ne l'étaient pas? volt. Fragm. sur l'hist. xxiv. {| 8° Prévoir par conjecture. Autant qu'on peut préjuger. Je ne dis pas ceci [quatorze cents ans d'antiquité] pour faire préjuger la vérité de notre doctrine [sur la prière des morts], boss. Confér. avec Claude, 11.
— HIST. xvi* s. On couche volontiers le sens des escripts d'aultruy à la faveur des opinions qu'on a préjugées en soy, mont, ii, i50.
— ETYM. Pré..., préfixe, et juger.
t PRÉLAI (pré-lè) , s. m. Nom donné dans la Vendée à des prairies voisines de rivières, grangez, Voies navig. de la France, p. 290.
t PRÉLART (pré-lar), s. m. || 1° Grosse t"ile peinte ou goudronnée qui sert à protéger des marchandises ou des constructions contre la pluie, ou, dans la marine, contre la pluie et l'eau de mer. Il On trouve aussi prélat. Noyales simples, mélis, prélats à sacs, Tabl. ann. aux lett. pat. du I6 déc. 4780. Il a° Dans l'artillerie, toile peinte ou cirée qu'on emploie pour garantir de l'eau le chargement d'une voiture. || Dans l'artillerie c'est la forme prélat qui a prévalu dans l'usage.
— ETYM. Origine inconnue.
PRÉLASSER (SE) (pré-la-sé), v. réfl. Terme familier. Affecter un air de dignité, de gravité fastueuse. L'âne se prélassant marche seul devant eux [le meunier et son fils], la pont. Fabl. m, <.
— HIST. XVI* s. J'enlreprendz de entrer en leur camp, et me prelassef par les bandes, sans estre jamais descouvert, rab. Pant. u, 24. Je veidz Diogenesquise prelassoyten magnificence, id. ib. u, 30. Ils se prelatent jusques au foye et aux intestins, et entraisnent leur office jusques en leur garderobbe, uoNT. rv, (58.
— ÊTYM. Prélat. La formation régulière serait celle de Montaigne : se prelater, mais elle n'est pas usitée.
1. PRÉLAT (pré-la; le l ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des pré-la-z habiles; prélats rime avec tas, fracas, etc.), s. m. Il 1° Titre particulier des principaux supérieurs ecclésiastiques, tels que les évêques et les abbés crosses et mitres. Surmontant le monde par sa foi et la nature par la grâce, il alla, sous la conduite d'un grand prélat [Faure, évêque d'AmiensJ, aux pieds des autels assujétir sa raison à l'autorité de l'Église [de calviniste se faire catholique], plêch. Duc de Mont. Est-ce pour travailler que vous êtes prélat? boil. Lutr.i.\\ 2* X Bomo, ecclésiastique de la cour du pape, qui a droit de porter le violet. Je ne viens pas vous le faire voir conduisant le légat de Sa Sainteté, montrant des vertus de l'ancienne Rome aux prélats de la nouvelle. .. . flécu. Duc de Mont. \\ 3° Chez les protestants, le titre de prélat n'a été conservé qu'en Angleterre, en Suède et en Danemark. || 4° Coquille du genre cône.
— HIST. XII* s. Deus est chiês [chef] des prelaz..,. Th. le mart. 70. De noz prelaiz el des maislres de sainte Eglise, st-bern. 566. || xiii* s. Le patriarche ou le prélat qui le doit coroner, li dit [au roi] plusiors orisons sur la leste, Ass. de J. 1, a». Voirs est [il est vrai] que li prélat de sainte Eglise et li capitres de églises et plusors autres religions ont bien héritages, as quix il ont toutes justices et toutes seigneuries, beaum. xi, (2. Cil qui dient mal de sainte église por la mauvoistié des prelaz, brun. LATiNi, Trésor, p. sa). ||iv* s. El vestuscomme uns drois prelas, e. uESCH.Po^steî mss. fn*. Bon prélat, bon exemple, leroux de lincy, Prov. t. i, p. *o.
— ÊTYM. Provenç. prélat ; espagn. prelado; ital. prelato; du bas-lnL prsrlalus, préfet, ecclésiastique en dignité, du lat. pra-latus, mis en avant, préféré, de prœ, en avant, et Idtus, porté.
t 2. PRÉLAT (pré-la), s. m. Voy. phélabt.
t PRÉLATIKIER (pré-la-tifi-é), V. a Terme burlesque. Faire prélat, élever k la dignité de prélat. Let abbAa Desporlei et itoisrobert, M autres coi>>
PRE
frères en Apollon, prélatifiés pour leurs bonnes œuvres, scARR. Éptt. dédie. (Èuv.t. i, p. (60, dans
POt'GENS.
PKÉLATIOX (pré-Ia-sion), s. m. |{ 1" Prélation ou droit de prélation, droit par lequel les enfants sont maintenus, par préférence, dans les cliarges que leurs pères ont possédées. |i 2° Droit qu'avait le roi, en plusieurs endroits du royaume, de retirer une terre seigneuriale en remboursant l'acquéreur, pourvu qu'il n'eût pas fait foi et hommage. |{ En bail emphytéotique, droit qu'avait le bailleur d'être préféré à tout autre dans l'acquisition des constructions et améliorations que le preneur voulait aliéner.
— HiST. XVI' s. Le droit de retenue ou prélation de chose féodale ou censive est cessible par le seigneur feoJal ou direct, et non par le lignager, se- Don à autre lignagei de mesme estoc, Coust. gén
t. II, p. 402.
— Etym . Lat. prxlationem, préférence , de prxlatus, préféré (voy. prélat). Dans l'ancienne langue , on a dit souvent pretalion pour prelalure.
PRfiLATURE (|.ré-la-tu-r'), ». f. || 1° Dignité de prélat. Saint Augustin, sans se laisser éblouir de sa prélature, bourdal. Carême, i, Ambit. 49i. Il avait enfin pris son parti et renoncé à la prélature, lorsque quelqu'un accourt lui dire qu'il est nommé k un évêché, la brut. viii. Le dégoût de la théologie l'avait jeté dans les belles-lettres, ce qui est très-ordinaire en Italie à ceux qui courent la carrière de la prélature, j. j. rouss. Confest. m. ||8« L'ensemble des prélats, qui à la cour de liorae ont droit de porter l'habit violet Bien loin de se trouver flattée de cette imagination de Bouillon, la prélature se moqua cruellement de lui, st-sim. 384, (84.
— HlST. XVI' s. Car ces vilains de faicl et geniture. Sur les genlilz demandoient prelaturo [prééminence), J. mabot, y, to. Princes regnans et gens de prélature, id. v, 240.
— ÉTYM. Prélat; provenç. espagn. et ital. prelatvra. On a dit aussi prelacie, honstrel. 1. 1, ch. 63,
p. 89. dans LACUHNE.
PRÊLE (prê-l'),*. f. Plante cryptogame dite aussi queue de rat, qui sert de type à la famille des équisélacées (equisetum arvense, L.). Prêle des tourneurs, dite aussi queue de cheval ou chevaline (tquiselum hyemale, L.}, qui sert à plusieurs ouvriers pour polir leurs ouvrages. Pour polir, on plonge l'objet [pipe d'écume] dans de la cire vierge fondue, et, après le refroidissement, on procède à un second polissage avec la prêle, e. dionis iid séjour, Revue de Paris, i" févr. (848, p. 4(5.
— HIST. XVI' s. Presle, cotgbave.
— ÉTYM. Ital. asperelta, diminutif du lat. asper, rude, à cause de la tige rude de cette plante. Pour la chute de Vs initiale, comparez pdmer. On remarquera que l'a a disparu : la prêle, sans doute pour Vaprêle, comme la Pouille pour t'Apouille.
t PRÉLECTURE (pré-lè-ktu-r'), s. f. Terme de typographie. Lecture d'une épreuve, avant que cette épreuve soit envoyée à l'.iuteur.
— ETYM. Pré..., préfixe, et Inture.
PRÉLEGS (pré-lè; au pluriel, l's se lie : des pré-
lè-z inattendus), s. m. Terme de pratique. Legs particulier à prendre sur la masse avant le partage.
— f.TYM. Pré. ., préfixe, et legs. Le Couslumier général dit prelegat.
PRÉLÉGCE, ÉE (pré-lé-ghé, ghée), part, passé de prèléguer. Une somme d'argent préléguée.
PRÉLÉGUER (pré-lcghé) , ». a., je préléguais, nous préléguions, vous prélégu"ez; que je prélègue, que nous préléguions, que vocvs préléguiez. La syllabe ié prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette: je prélègue, excepté au futur et au conditionnel : je préléguerai, je préléguerais. Faire des legs payables avant le partage d'une succession .
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et léguer.
t PRELER (prê-lé), V. a. Frotter avec de la prèle le» ouvrages qu'on veut dorer, ou tout autre ouvrage. Les clarinettiste» prêlent leur anche, jusqu'à ce qu'elle soit amincie au degré convenable.
— ETYM. Prèle.
PRÉLEVÉ, ÉE (pré-le-vé, vée), part, posté de prélever. Les frais d'impression prélevés.
PRÉLÈVEMENT (pré-lè-ve-man), *. m. Action de prélever. Le prélèvement d'une forte somme. Les prélèvements se font, autant que possible, en objets de même nature, Cod« Nap. art. 630.
— ETYM. Prélever.
PRÉLEVER (pré-le-vé. La syllabe le prend un accent grave quand la ayllahe qui suit est muette : je prélève, je prélèverai), v. a. || !• Lever préalablement une certaine cortioa sur le total. Sur le dtner
PBË
de chaque élève Le tyran des Syracusalns Comme impôt chaque jour prélève Trois quarts des noix, du miel et des raisins, bsbang. Denys. ||Fig. La pitié préleva la part de l'indigent, Le luxe fut humain, le pouvoir indulgent, delille. Fit. i. 112° Se prélever, V. réfl. Être prélevé. Cette somme se prélèvera avant les autres.
— ÊTVM Pré..., préfixe, et lever.
t PRÉLIBATION (pré-li-ba-sion), ». f. || !• Terme de féodalité. Droit de prélibation, droit de quelques seigneurs à passer avec leurs vassales la première nuit des noces. Les seigneurs avaient imaginé le droit de prélibation, volt. Mœurs, 5t. || 2° Prélibation d'hérédité se dit, dans le droit, d'un prélèvement fait sur l'hérédité, comme celui d'un legs.
— ÉTYM Lat. prxlibationem, de prxlibare, préliber (vov. piiéliber).
t PRÉLIBER (pré-li-bé), v. n. Néologisme. Effleurer le premier une matière. Je me contente de préliber, ce qui est le droit du premier venu en toute matière, brillat-savabin , dans le Uict. de
BESCHEBEI.LE.
— ÉTYM. Lat. prxlibare , déguster, effleurer des lèvres, de pr.iî, et libare (voy. libaton).
PRÉLIMINAIRE (pré-li-mi-nê-r'), odj. || 1° Qui précède l'objet principal, et qui sert à l'éclaircir. Les connaissances préliminaires à l'étude de la physique sont les matliématiques. Quebiues notions préliminaires sur les méthodes, bupf. Hist. nat. i" dise. Œuvr. t. I, p. <(. || Articles préliminaires dans un traité, dans un contrat, certaines conditions qu'on règle et dont on convient d'abord pour faciliter la conclusion. || i' S. m. Ce qui précède l'objet principal. Ce chapitre et le précédent ne sont que dos préliminaires à l'analyse du discours, et ils étaient nécessaires, condill. Gramm. i, î. || Commencement d'arrangement. Les préliminaires de la paix. Il Le préliminaire de conciliation, l'essai de conciliation que la loi prescrit de faire devant le juge de paix avant de commencer un procès. || Familièrement. Préambule. Moi qu'on vient de chasser sans nul préliminaire, BOîiAt, Feintepar amour, m, 4.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et liminaire.
PRÉLIMlNAIREMENT(pré-li-mi-nê-re-man),od«.
Avant d'entrer en matière. Mon père, à qui ma tante de Breteuil en voulait parler [d'une visite] préliminairement, Smiv. de Mme de Créquy, t. i, p. 140.
— ÉTYM. Prf liminaire, et le suffixe ment. PRÉLIRE (pré-li-r'), v. a. Se conjugue comme
lire. Terme de typographie, peu usité. Lire la première épreuve avant de l'envoyer à l'auteur.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et lire.
f PRÉLO.MBAIRE (pré-Ion-bê-r') , adj. Terme danatomie. 'Qui est situé au-devant des lombes.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et lombaire.
t PRÉLO.MBO-THORACIQUE (prélon-bo-to-rasik'), adj. Terme d'anatomie. Veine prélombo-thoracique, la veine azygos.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, lombes, et thoracique. PRÉLO, CE (pré-lu, lue), port, posté de prélire.
Épreuve prélue.
PRÉLUDE (pré-lu-d'), î. m. || !• Terme de musique. Ce qu'on chante pour se mettre dans le ton, pour essayer la portée de la voix. |{ Ce qu'on joue sur un instrument pour juger si l'instrument est d'accord, et pour pré|iarer la main. || 2° Sorte d'improvisation dans le goût des prélude». {| Par suite, pièce d'introduction qui précède les fugues. Un prélude de Bach. || 3" Fig. Ce qui précède une chose, ce qui la prépare. Par ces délassements sa noble inquiétude De ses justes desseins faisait l'heureux prélude, corn. Attila, II, 5. Alors [à l'î-eure de la mort] s'élèveront des frayeurs mortelle» et des grincements de dents , préludes de ceux de l'enfer, boss. MarieThér. Le combat de Tégyre, qui fut comme le prélude de la bataille de Leuctres, éleva bien haut sa réputation [d'Épaminondas], rollin, Hist. ane. (Euvr. t. v, p. 377, dains pouoens. Toute la contestation sur les idée» n'avait été qu'un prélude, PONTHN. Malebranche. Ce fut [des massacres partiels] le prélude' de cette Saint-Barlhélemy qui effraya l'Europe dix années après, et dont le souvenir Inspirera une horreur étemelle, volt. Hist. pari, xxiii.
— ÉTYM. Voy. PBELUnBR.
PRÉLUDER (pré-lu-dé), v. n. || f Essayer sa voix par une suite de tons différents avant de chanter. Avant que de chanter, il faut que je prélude un peu, MOL. Mal. imag. Interm. i, se. 4. Quand ta voix céleste prélude Aux silences des belles nuits, Barde ailé de ma solitude [le rossignol). Tu ne sais pas que je te suisi lamart. Harm. iv, 6. || Jouer d'un instrument pour se mettre dans le ton. Qu'on las exerce à préluder en majeur et en mineur sur tous
PRÊ
les son» de l'instrument, chose qu'il faut toujours savoir, quelque méthode qu'on adopte, j. J. ROUss. Proj. sign. mut. \\ Fig. Il y a longtemps que je pensais, avec l'auteur des Essais [Montaigne], queCicéron est un grand musicien , mais qui prélude trop longtemps avant que de jouer sa pièce , et qui me semble, en la jouant, trop soucieux d'être écouté, DinEB. Claude et Sér. ii, (7. |] 2' Improviser sur un instrument, dans le goût des préludes. |) 8° Fig. S'essayer dans la musique, dans la poésie, dans les lettres. 11 [Segrais] avait préludé à l'une et à l'autre de ces versions poétiques par des églogues pukJiées avant son Enéide, d'alemu. Éloges, Segrais. ...Jeune alouette, habitante des airs, Tu meurs en préludant à te? tendres concerts, delille, l'H. des ch. i. Il 4° Fig. Faire une chose pour en venir à une autre plus importante. Il donnait k ses soldats une expérience qui ne coûtait pas encore de sang; il essayait leur valeur et préludait à des victoires, FONTEN. Pierre /". A la petite pointe du jour,, nous nous rendîmes au stade ; il était déjà rempli d'athlètes qui préludaient aux combats, barthE'- Anaeh. ch. 38. Par de malins portraits il prélude au Méchant , chaussard, lur Gresset. Le soleil , sur son char demi-plongé dans l'onde, De ses feux en glissant effleurait notre monde. Éclairait l'orient, et sur ce beau séjour. Tout brillant dé rosée, il préludait au jour, OELiLLE, Parad. pndu, v. |{ Absolument. De la façon dont ce drôle-là prélude , il ne vous promet rien de bon, mariv. Double inconst. i, 4. Il L'Académie n'admet pas cet emploi absolu; mais rien n'empêche de le recevoir. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— Etym. Lat. prxludere , de prx, d'avance , et ludere, jouer.
PRÊMATORÉ. ÉE (pré-ma-tu-ré , rée), adj.
Il i° Qui mûrit avant le temps. Fruit prématuré. Il 2° Fig. En général , qui vient avant le temps. Les choses prématurées perdent leur force et donnent du dégoût, SÉV. 416. Ces éducations prématurées qui font tant de bruit, fén. i^duc. filles, m. Pascal [Biaise], fils du premier intendant qu'il y eut à Rouen, né en (623, génie prématuré, volt. Louis XIV, Écrivains. Les instructions de la nature sont tardives et lentes ; celles des hommes sont presque toujours prématurées, j. j. ROUSS. Ém. iv. I) Une mort prématurée, une mort qui vient avant le temps ordinaire. Ce fut le sort de Louis XIV de voir périr en France toute sa famille par des morts prématurées, volt. Louis XIV, 27. Les funérailles des enfants' sont toujours prématurées lorsque les mères y assistent, dider. Claude et Nér. ii, 44. J'encourageai ce premier essor, en publiant le» brillants essais de MaUilfllre; je fis concevoir de lui des espérances qu'il aurait remplies, si une mort prématurée ne nous l'avait pas enlevé, mar- MONTEL, Mém. VI. Il Vieillesse prématurée, vieillesse qui devance l'époque où l'homme devient vieux naturellement. || 11 se dit aussi des personnes. Ce prince réellement prématuré, marmontel, Mém. xn. Il 8* Fig. Se dit des choses qu'il n'est pas encore temps d'entreprendre. Entreprise, démarche prématurée. Vous voulez mourir.... on vous accusera d'un désespoir prématuré quand on saura que vous avez pris cette résolution fune.ste dans Erfurth, quand vous étiez encore maître de la Silésie et de la Saxe, volt. Lett. au roi de Prusse, octobre i757. Il 4° Fig. Fait trop tôt. Il y a beaucoup d'exemples de ces médailles prématurées qui tromperaient la postérité, si l'histoire, plus fidèle et plus exacte, ne prévenait de telles erreurs, volt. Louis XV, 8.
— HIST. XVI* s. Et si ne peuvent les héritiers de telle douairière, pour frauder le droit dudit propriétaire, despouiller prématuré lesilits héritage» chargés de douaire, Coust. gén. t. i, p. 458.
— ÉTYM. Lat. pnematuralus, de prx, d'avance, elmaluratus, mûri, de maturus, mûr (voy. mûr).
PRÉMATURÉMENT (pré-ma-tu-ré- man) , adv.
Avant le temps convenable. Des fruits cueillis prématurément. Chaque individu qui naît tombe de lui-même au bout d'un temps, ou lorsqu'il est prématurément détruit par les autres, bijff. Quadrup. t. Il, p. (36.
— ÉTYM. Prématuré, et le suffixe ment.
PRÉ.MATURITÉ (pré-ma-tu-ri-té), ». f. Maturité
avant le temps ordinaire. La prématurité des fruits. Il Fig. l'rématurité d'esprit. La prématurité d'une entreprise, d'une afTaire.
— HIST. xvr s. Les pastenades se treuvent bien cultivées par l'arracher des raiforts : lesquels, i cause de leur prematuritô, l'on tire de la terre en l'eslevant profondément, y laissans seules les pastenades, 0. DE serres. 630.
PRE
— f.TYM. Pré..., préfixe, et maturité; ital. premaluriià.
PRÉMÉDITATION (pré-mé-di-ta-sion ; en vers , de six syllabes), s. f. || 1° Action de préméditer. Il l'a fait avec préméditation. Une plus grande lutte se préparait [pour 18(3] ; cette halte [l'interruption des hostilités] ne fut pas un temps qu'on accorda à la paix, mais qui fut donné à la préméditation du carnage, ségdr, Hist. de Nap. xii, n. || 2° En jurisprudence, dessein réfléchi qui a précédé l'exécution d'un crime. Tout meurtre commis avec préméditation.... est un assassinat, Code pénal, art. 296. La préméditation consiste dans le dessein formé, avant l'action, d'attenter à la personne d'un individu déterminé, ou même de celui qui sera .trouvé ou rencontré, quand même ce dessein serait dépendant de quelque circonstance ou de quelque condition, ib. art. 297.
-^ HlST. XIV* s. Les choses qui sont faites par ire ne sont pas jugies estre faites par providence ou premeditacion , comme devant advisées, oresme, Eth. 168. Il XVI' s. La préméditation de la mort est préméditation de la liberté : qui a apprins à mourir, il a desapprins à servir, mont, i, 76. Demosthenes, en l'oraison qu'il feit à rencontre de Midias, nous met devant les yeux l'utilité de la préméditation, AMYOT, Comm. nourrir les enfants, )7.
— ÉTYM. Lat. prxmeditatioriem, deprxmeditari, préméditer.
PRÉ.MÊDITÉ, ÉE (pré-mé-di-té, tée), part, passé
de préméditer Ce calme paraît assez prémédité
Pour ne répondre pas de sa tranquillité, cobn. Suréna, m, t. Il me faudrait pour l'ambassade Quelque discours prémédité, mol. Àmph. i, l. Avoir pris le désordre de Vassi pour une entreprise préméditée par le duc de Guise, boss. Variât, x, 42. Elle réunit la vivacité naturelle à la grâce préméditée, STAËL, Corinne, ïvi, ). || De dessein prémédité, avec intention expresse , formelle.
PRÉMÉDITER (pré-mé-di-té), v. a. Méditer sur une chose avant de l'exécuter. Préméditer un crime. Il préméditait de faire ce mauvais coup.
— HIST. xvi* s. Caton se levant, de sens froid et rassis, ne'plus ne moins que s'il eust prémédité de longue main ce qu'il avoit à dire, monstra que.... AMTOT, Cat. d'Utiq. 66. Le préméditer donne sans doute un grand avantage, mont, i, si. Un discours prémédité, ID. I, t89.
— ÊTYM. Lat. prxmedilari, de prse, d'avance, et meditari, méditer.
PRÉMICES (pré-mi-s') , s. f. pi. || 1" Premiers fruits de la terre ou du bétail. Vous prendrez les prémices de tous les fruits de votre terre ; et, les ayant mis dans un panier, vous irez au lieu que le Seigneur votre Dieu aura choisi pour y faire invoquer son nom, saci. Bible, Peutéron. xxvi, 2. Et tous.... De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux fruits. Au Dieu de l'univers consacraient ces prémices, bac. Athal. i, ). Ij Par extension. Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices, Ma main de cette coupe épanche les prémices, BAC. Brit. V, 5. Il a° Fig. Premières productions de l'esprit. Je vous consacre les prémices de mes études, Dicl. de l'Acad. || Il se dit, dans un sens analogue, des premiers mouvements du cœur. Les prémices d'une âme innocente et pure, Dicl. de l'Acad. Tendres prémices d'une amitié pure et simple que nous emporterons dans le ciel,j. j. rouss. Hél. IV, 6. Il Prémices se dit quelquefois des premières jouissances. La superstition a porté certains peuples à céder les prémices des vierges aux prêtres de leurs idoles, ou à en faire Une espèce de sacrifiée à l'idole même, buff. Hist. nat. Hom. (Euv. t. IV, p. 255. Quand enfin cette aimable jeunesse vient à se marier, les deux époux, se donnant naturellement les prémices de leur personne, en sont plus chers l'un à l'autre, j. j. rouss. Ém. iv. ;| 8* Fig. Commencements. Ses membres [de Jésus-Christ) qui sont aussi les nôtres, ses enfants qui sont nos frères, et ses saints qui sont nos prémices, boss. Expos, doclr. eath. 4. Ces bienheureuses prémices [la conversion du prince Edouard et de sa sœur) ont attiré une telle bénédiction sur la maison palatine que nous la voyons enfin catholique dans son chef, id. Anru de Gonz. Toujours la tyrannie a d'heureuses prémices ; De Rome, pour un temps, Caîus fut les délices, rac. Brit. I, t. Déjà coulait le sang, prémices du carnage, ID. Iphig. v, 6. l. faudrait.... prévenir le lever de l'aurore... pour ofl'rir au .Seigneur les prémices d'une journée que la pénitence doit sanctifier, MASS. Car.éme, Jeûne. || Au singulier. Cette tendre lueu', prèmice de l'aurore, delille. dans le
PRE
Dict. de PESCHERELiE. offrons, offrons d'abord aux maîtres des humains De l'immortalité cette heureuse prémice, lamart. Socr. 307.
— HIST. XII' s. Il ferit [frappa| chescune chose premier engendrée en la terre d'Egypte, les prémices de tut le triivail d'els. Liber psalm. p. 4 09. E vus, munz de Gelboé, rusée ne pluie ne vienge sur vus, e n'i seient pas champs de primices, kar là jetèrent li fort lur escuz, Bots, 122. || xill' s. Tu as des vertus les promisces ; Cest tes drois, c'est ta propre rente, butkb. ii, u. || xiV s. Les prémices des fruits, orf.sme, Eth. 218. ||xvi' s. Ha! douces prémices d'amour, faiUoit-il que vous fussiez cause d'un si grand desastre? yveb, p. 533. Si firent une fosse dans laquelle ilz meirent des primices de toutes les choses dont les hommes usent légitimement comme bonnes, et naturellement comme nécessaires, AMYOT, Rom. 16. Que si Dieu prend à gré ces prémices, je veux. Quand mes fruits serout meurs, lui payer d'autres vœux. Me livrer aux travaux de la pesante histoire, d'aub. Tragiques, Feux,
édit. LALANNK, p. (64.
— ÉTYM. Lat. primitise, de primus, premier (voy. pbimr).
PREMIER, 1ÈRE (pre-mié, miè-r'; dafis le xvii' siècle, on prononçait premier, dangeau, Gramm. p. XIX ; au xvi' siècle, on faisait sonner l'r, palsgrave, p. 60), adj. ]| 1" Oui précède les autres par rapport au temps, au lieu, à l'ordre. Or c'était un soliveau. De qui la gravité fit peur à la première [grenouille) Qui, de le voir s'aventurant. Osa bien quitter sa tanière, LA font. Fabl. m, 4. La dernière chose qu'on trouve en faisant un ouvrage est de savoir celle qu'il faut mettre la première, pasc. Pen.1. VII, 29, édit. havet. 11 [Moïse] nous fait voir.... le précepte divin donné à nos premiers parents; ....le premier homme justement puni dans tous ses enfants ....la première promesse de la rédemption, BOSS. Bist. i, t. Caïn, le premier enfant d'Adam et ■d'Eve, fait voir au monde naissant la première action tragique, id. ib. Nemrod, le premier guerrier et le premier conquérant, est appelé dans l'Écriture un fort chasseur, id. ib. i, 2. Le pape saint Grégoire a donné dès les premiers siècles cet éloge singulier à la couronne de France.... id. Reine d'Anglet. C'était [la révolution anglaise] un dégoût venu de tout ce qui a de l'autorité et une démangeaison d'innover sans fin, après qu'on en a vu le premier exemple, id. t6. J'ai pris sans étude etsans choix les premières paroles que j'ai trouvées dans l'Ecclésiaste , id. Duch. d'Orl. Le premier qui se rencontrait était le premier immolé, fléch. Hist. de Thénd. iv, 4. Enfin Malherbe vint, et le premier, en France, Fit sentir dans les vers une juste cadence, BOiL. Art p. I. Vous le craignez [Hippolyte]; osez l'accuser la première Du crime dont il peut vous charger aujourd'hui, rac. Phèdre, m, 3. Il se met le premier à table et à la première place, la brhy. V. Les premiers fidèles, mass. Mystères, Ferv. des prem. chr. Comparez-vous de bonne foi à ces premiers disciples, id. ib. La première sainteté des chrétiens, in. ib. Le premier moment de la vie Est le premier pas vers la mort, i. b. aouss. Odes, ii, <3. ||Une première représentation, et, substantivement, une première, représentation d'une pièce qui vient pour la première fois sur le théâtre. Il ne manque pas une première. || au jeu, être premier, jouer en premier. || La première femme d'un homme, c'est celle qu'il avait épousée en premières noces. Il Premiers juges, ceux dont les sentences sont susceptibles d'appel. || Premier-né, voy. né, n° 7. Il Le premier du mois, le premier de l'an, le premier jour du mois, de l'an. || 2" Être le premier qui.... avec le subjonctif. Étes-vous le premier homme qui ait été créé? saci, BiWe, Job,xv, 7. Les Égyptiens senties premiers où l'on aitsu les règles du gouvernement, boss //i.5(.iii, 3. Le premier de tous les peuples où on voie des bibliothèques est celui d'Egypte, id. ib. in, 3. Il On met aussi l'indicatif. Notre mère Eve est la première qui a péché, bosslet. Sermons,*' exh. au? ursul. de Heaux. || Être des premiers à, être parmi ceux qui font quoique chose avant les autres. Me trahir de cette manière! un coquin qui doit par cent raisons être le premier à cacher les choses que je lui confie, est le premier à les aller découvrir à mon père, MOL. Scapin, ii,4. L'avare, des premiers, rit du tableau fidèle D'un avare souvent formé sur son modèle, boil. Art p. m. J'ai été des premières à envoyer ma vaisselle : vous y perdrez plus que mol, uaintenon, Lett. au duc de Noailles, 9 juin 1709. Il On dit dans le même sens: être le premier. Votre science est bien incertaine, et vous T êtes les premiers trompes, hauteroche, Crisp.
PRE
méd. II, t. Il Tout le premier, le tout premlsr, voy. tout. Il 3° La cause première. Dieu || La matière première, la matière en général indépendamment de la forme. || 4° Terme d'industrie Matières premières, toute matière sur laquelle s'exerce l'industrie || B'Terme de médecine. Les premières voies, l'estomac et les intestins. || 6" Le premier venu, la première venue, celui, celle qui arrive le premier, la première. || Par extension. Le premier venu, une personne quelcon que. Il Prendre le premiervenu,se servir du premiei venu, employer la première personne qu'on rencontre. Il Confier son secret au premier venu, le confier sans discernement. || Dans le même sens. Laridon [chien] négligé témoignait sa tendresse X l'objet le premier passant, la font. Fabl. viii, 24. || Premier se dit absolument en un sens tout à fait analogue. Impatient déjà de se laisserséduire Au premier imposteur armé pour me détruire, corn Hér. i, i . Et, l'achat fait, ma bague est la marque choisie Sur laquelle au premier il doit livrer Célie, mol. l'Ét. ii, 9. || On dit dans le même sens : le beau premier. IJn jour, un coq détourna Une perle qu'il donna Au beau premier lapidaire , LA FONT. Fabl. I, 20. Cléopâtre et Cassandre [romans] Entre les beaux premiers doivent être rangés, id. Ballade. \\ 1° Au premier jour, dans peu de jours. La reine d'Angleterre et le prince de Galles, sa nourrice, et une remueuse uniquement, seront ici au premier jour, sfiv. 498. || 8° Devant, en avant. Je l'ai fait passer le premier. La tète la première Me jeter du Pont-Neuf à bas dans la rivière, régnieb, Sal. viii. Il 9° Le premier étage, l'étage qui est au-dessus du rez-de-chaussée, et, s'il y a un entre-sol, audessus de l'entre-sol. || Substantivement, le premier, le premier étage. Le premier estéoccupé par des Anglais. Jamais au prem ier ; tenez-vous à l'office, collim d'hablev. Yiexacélib. m, 9. || Les premières loges, le premier rang de loges dans une salle de spectacle. Il S. f. pi. Les premières, même sens. Se placer aux premières. || On dit aussi au singulier : louer une première. || Les premières se dit encore des places de première classe en chemin de fer. || Terme de marine. Le premier pont d'un vaisseau est celui de sa batterie basse, qui s'appelle aussi sa première batterie ; c'est, en général, le pont qui est au-dessus de l'étage ou du local appelé entrepont. || 10° Premier marque le rang, l'excellence, en parlant des personnes. Eux, qui pour gouverner sont les premiers des hommes, cobn. Nicom. v , 4 . Mon cœur est sensiblement touché de recevoir ces marques d'amitié de la première personne de son sexe et de son siècle, VOLT. Lett. Mme du Bocage, i9 sept. 4 764. Je pourrais, il est vrai, mendier son appui, Et, son premier esclave, être tyran sous lui, id. Brutus, ii,
2. Il [Voltaire] est resté seul avec un jésuite nommé le P. Adam, qui n'est pas, à ce qu'il dit, le premier homme du monde, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 4Bavr. 4768. || Substantivement. M'ont rendu le premier et de Rome et du monde, corn. Potnp. iv,
3. Un seigneur éminent en richesse, en puissance, Enfin de votre empire après vous le premier, rac. Eslh. Il, 5, Les premiers du sénat nous trahissent peut-être, volt. Catilina, i, 6. Chacun dans son état veut être le premier, al. duval, Han. des grand, m, 8. || Il se dit des choses dans un sens analogue. L'agriculture est la première des industries. L'or est le premier des métaux. Il [Charles II] lui vit remplir [à sa sœur Henriette] avec joie la seconde place de France, que la dignité d'un si grand royaume peut mettre en comparaison avec les premières du reste du monde, boss. Duch. d'Orl. Venez contempler dans la première place du monde la rare et majestueuse beauté d'une vertu — ID. Mar.-Thér. Le premier mérite auprès des hommes n'est pas d'être bon, c'esi de leur être utile ou agréable, d'alemb. Éloges, Despréaux. \\H' Indispensable, nécessaire. La première loi de l'État est le bonheur des peuples. Les premiers besoins, les premières nécessités de la vie. Des choses de premier besoin, baynal, Hist. phil. ix, 4 4. || 12" Qui avait existé auparavant. Rétablir les choses dans leur premier état. S'il [le père de famille) dit en parlant du prodigue : qu'on lui rende sa première robe, BOss. Mar.-Thér. Mais enfin rappelant son audace première, boil. Lutr. Ii. Il a repris pour vous sa tendresse première, bac. Bérén i, 4. Je pensai.... Que, mes sens reprenant leur première vigueur. L'amour achèverait de sortir de mon cœur, m. Andr. i, t. De vastes forêts sont transportées à plusieurs milles de leur situation première, raynal, Hist. phil. xiv, 25. Il 13" Qui n'est qu'en ébauche, en commencement. Ce n'est qu'une première idée. Le premier trait d'un tableau. || La première idée est l'idée qui se présente la première et qui, par i.eU
PRÉ
PRE
même, est une ébauche. L'idée première a un sens tout autre. || Idée première, idée qui sert de fondement aux autres. Il faut commencer par l'idée première qui a dû produire toutes les autres, CON- DiL. Art de pens. ii, 6. Le champ de l'invention a ses limites; et, depuis le temps qu'on écrit, presque toutes les idées premières ont été saisies, et bien ou mal exprimées, marmontel, Œuv. t. ix, p. 26.3. IJ 14° Titre d'honneur attaché à certaines charges. Le premier ministre. Le premier médecin de l'empereur. Le premier sentilhomme delà chambre. Il Le premier président, le président en chef des tours souveraines. Bellièvre avait dans ce tempslà des vues sur la première présidence, betz, iv, S06. Il Fig. Que Bâville me semble aimable. Quand des magistrats le plus grand Permet que Bacchus à sa table Soit notre premier président! boii.. Chanson, n En premier, se dit du premier degré ilans certains grades qui en ont plusieurs. Capitaine en premier. Je ne partirai de Thionville que quand je me trouverai lieutenant en premier, p. l.cour. ie((. I, (0. !! Monsieur le premier, se disait, dans l'ancienne cour, du premier écuyer de la petite écurie de la maison du roi, par opposition à monsieur le grand, qui était le premier écuyer de la grande écurie. Comme nous étions le plus en train, nous avons vu apparaître M. le premier [Beringhen] avec son grand deuil; nous sommes tombés morts : pour moi, c'était de honte que j'étais morte; car vous .saurez que je n'ai rien dit à ce Caton sur la mort de sa femme, sÉv. 292. Il 15° Terme d'arithmétique. Nombre premier, nombre qui ne peut être divisé que par l'unité ou par lui-même. || Nombres premiers entre eux, nombres qui n'ont aucun diviseur commun. Ces nombres [* et 8] ne sont pas nombres premiers entre eux, DESC. Mus. du nombre. \\ Terme de géométrie. Figures premières, celles qui ne peuvent se diviser en figures plus simples. Le triangle et la pyramide sont des figures premières. || 16° Les premiers, les seconds se dit pour ceux-ci, ceux-là, les uns, les autres. || 17° Premières couleurs, sorte d'émeraudes qui se vendent au marc. || 18° S. m. Terme de théâtre. Jeune premier, celui qui joue l'emploi des amoureux. Attention! j'entends notre jeune premier; Son asthme le trahit du bas de l'escalier, c. delav. les Comédiens, l, 7. || 19° Terme de jeu de paume. Un des endroits de la galerie; il y a deux premiers dans chaqu» galerie, l'un plus près de la porte, l'autre de la corde. || 20° Dans les charades, le premier, le premier mot simple, qui entre dans le mot composé, sujet de la charade. Mon premier, mon second ou mon dernier et mon tout. || 21° Terme de musique militaire. Nomd'une batterie de caisse, la même que celle que l'on désigne par l'expression battre aux champs. Battre un premier. || 22° Terme de journalisme. Premier- Paris, article qui, dans les journaux, est en tête des articles, et qui esl d'ordinaire consacré à la politique. Un grand premier-Paris contenant des réflexions sur la situation. Des premiers-Paris. || 23° S. f. Terme de typographie. La première, la première épreuve d'un imprimé. Lire une première. Une feuille en première, en seconde, en troisième. || Côté de première, forme ou côté d'une feuille où se trouve la première page. Il 24* Adverbialement, premier, d'abord. Lasl voici bien l'endroit où premier je la vis, Régnier, Plainte. Peste soit qui premier trouva l'invention De s'affliger l'esprit de cette vision! mol. Sgan. 17. ||Cette loouSon a vieilli; cependant, employée à propos, elle pourrait encore trouver sa place. || 25° Terme de marine. Carguez sous le vent, premier I c'està-dire en commençant par là. Il 28° Pr'mier que, conj. Auparavant, ou avant que (Mcution vieillie). Premier que d'avoir mal il.i trouvent le remède, Kt devant le combat ont les palmes au front, malh. i, *. Il ne doit pas demander l'embonpoint premier jue la guérison, balz. Disc, à la ri!g Et là, premier que lui, si nous faisons la prise. Il aura fait jour nous les frais de l'entreprise, mol. l'Él. m, 7. il Proverbes. Il vaut mieux être le premier de sa ■»ce que le dernier, c'est-à-dire il vaut mieux n'avoir pas de naissance, et se faire distinguer par son mérite. Il II est étourdi comme le premier coup de matines, il est très-étourdi . || Le premier venu engr'ne, c'est-à-dire il ne faut passe laisser devancer, vu que, quand il y a presse au moulin, le meunier mot d'abord sous la meule le blé qui lui a été apporté le premier. || Il y a cent personnes sans compter le premier, se dit pour designer un grand nombre de tiersonnes, une grande .iffluence.
— HIST. XI* s. Jà ne verrat passer cast premier meis, Ch. de Roi. vi. Ferez i, Franc [frappez-y, Francs] ; nostre est li premers colps, ib. xoiv. De
DlCT. DE LA LAMaUS riUKÇAUB.
Franceis sont les premeres escheles [escadrons], ib. ccxvi. Il xii' s. Se [je] sefisse de premiors [tout d'abordj à l'emprendre, Que li congiés me tourmentas! ainsi.... Coud, xxiv. Et cil qui tint de France premiers la région Ot à nom(',lodoïs....Sai. ni. || xiii's. Et cil de la ville les doutèrent mains [moins] qu'il n'avoient fait premiers, villeh. civ. Tout premiers [tout d'abord], se Dieu ce donne que vos en son héritage le puissiés remettre, il- metra tout l'empire de Constantinoble à l'obédience de Rome, in. li. C'est la premierechoseque je vousai rovée [demandée], Berte, xvi. Maudis soit qui premiers l'amena au régné, ib. ucxxi. Les seoundes letres ne valent, se eles ne font mencion des premières, Liv. dcjust. 14. ijxiv' s. L'une est naturelment première de l'autre, oresme, Eth. vi, io.||xv" s. Le comte de Hainaut avoit si pris au cœur cette guerre, combien que de premier il enfust moult froid, que.... froiss. I, I, (28. Le roi [anglois] issit de son vaissel, et, du premier pied qu'il mit à terre, il chey si rudement que le sang lui vola hors du nez, U). i, l , 266. Les premiers vont devant. Petit Jehan de Saintré, p. 316, dans lacurnb. Et y entrèrent ceulx-là premiers que nous, comm. u, <3. D'aucuns qui avoient premier loué le voyage le blasmoient, id. vu, 7. Ijxvi* s. Christ a premier souffert que d'entrer en la gloire qui lui estoit destinée, calvin, Instit. 6.13. Deux choses en furent cause : en premier le champ stérile... mont, i, (95. J'ay soustenu les premiers personnages ez tragédies latines de.... id. i, 198. Il i'escrivit en sa première jeunesse, id. i, loe. Pense donc trois fois, premier que dire à autruy : Tu es un heietique, lanoue, 70, [Cette somme] n'est pour un roy que quatre parties perdues à la paume, ou un malheur de deux heures au jeu de première, ID. 281. Pirithous, tendant le premier la main à Theseus, luy dit, amyot, Thés. 3s. Il est bien malaisé de sçavoir la première origine et cause primitive de cesle guerre, id. Péric.-i9. Hz respondirent que, si les Volsques prenoient leurs armes les premiers, les Romains les poseioient les derniers, id. Cor. 41. La chose publique ne pouvoit desja plus retenir celle purité de son austérité première, id. Caton, 7. Quant à moy, j'aimerois mieux estre icy le premier, que le second à Rome, id. César, 13. Qui premier prend ne s'en repent, cotgrave.
— ÉTYM. Wallon, prumi; bourguig. premey; provenç. primer, primier; wpagn. primera; portug. primeiro ; ital. primiero; du lat. primarius, dérivé de primus (voy. pbime 1), qui a donné dans le Berry preu, preume, prime; dans certains jeux d'enfants, être le preu, êlre le premier entrant; et dans l'italien primo.
PREMIÈKEStENT ( pre-mic-re-man ) , adv. En premier lieu , d'abonl. Destinée premièrement par sa glorieuse naissance, et ensuite par sa malheureuse captivité à l'erreur et à l'hérésie, Boss. Duch. d'Orl. Ne parlez jamais raison aux jeunes gens, même en âge de raison, que vous ne les ayez premièrement mis en état de l'entendre , j. j. rouss. Ém. iv.
— HIST. XI* s. Primerament rendrat l'urn dix solz.... Lois de Guill. ix.||xii's. Girart de Montlooa prenez premièrement, Sax. xxi. jj xiii* s. Si que il puist goîr de se [sa] saisine où il estoit premièrement, BEAUM. VI, 11. Il XV* s. [Windsor] là où fut premièrement commencée et estorée la noble Table ronde, fboiss. i, i, 2I3. || xvi* s. Je me console ; premièrement, sur ce que.... secondement, MONT. I, 34. Cette règle a esté premièrement [pour la première fois] mise en usage par Charondas, id. I, 66. 11 luy sembloit raysonnable de l'aller premièrement trouver que [avant d'aller voir] Sa Majesté, CAHL. Il, 7. Hz l'accusèrent, comme leur ay:int commencé la guerre sans la leur avoir premièrement [préalableini'nt] dénoncée, amïot, Nuina, 22.
— ÉTYM. Première, et le suffixe ment; wallon, prumtrmain; provenç. primieramen; espagn. prtmeramente; portug. primeiramente ; ital. pcmt'erami-nie.
l'ItEMIER-M!, vov. NÉ.
PUEMIEU-PRIS,"voy. PRIS.
PRÉMISSES (pré mi-s'), s. f. plur. La majeure et la mineure d'un syllogisme, qui précèdent ordinairement la conclusion. Si une des prémisses est particulière , la conclusion doit aussi être particulière; et, si une des prémisses est négative, la conclusion doit aussi être négative, dumars. Œuv. t. y, p. a37. Il Au sing. Une prémisse. Quelle prémisse iiian(|ue dans cet enthymèmo : je pense , donc je suis? Il Ce singulier n'est pas admis par lAcadémie ; mais il est bon.
— iilST. xiV ». Comme en spéculative l'en peut faire vraie conclusion par faulz sillugisme de falsës
prémisses, oresme, Eth. 183. |{ xv* s. Si fut le chevalier demandé et examiné. .. il leur respondit bellement et sagement, selon la prémisse que vous avez ouïe ci-dessus, froiss. 11, 11, iû4.
— ÉTYM. Lat. prxmissa, sous-entendu sententia, proposition mise en avant, de prse, en avant, et mil/ere, envoyer (voy. mettre).
t PREMME (prè-m'), s. f. Genre de plantes de la Nouvelle-Hollande (verbénacées). || On y distingue la premme dentifoliée appelée à l'Ile Maurice bois de bouc et arbre de la migraine; elle porte à Madagascar le nom d'andarèse, legoabant.
t PRÉMOLAIRE (pré-molê-r'), s. ^. Terme ri'anatomie. Dentsituée immédialementavaiit les molaires.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et molaire.
t PRÉMONITOIRE (pré-mo-ni-toi-r'), adj. Terme de médecine. Qui avertit d'avance. Diarrhée prémonitoire, la diarrhée qui, durant une épidémie de choléra asiatique, règne d'une manière générale sur la population, et qu'il est urgent d'arrêter au plus vite. . C~
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et monifoire.
PRÉMONTRÉS (pré-mon-tré), s. m. pi. Nom d'un
ordre religieux de chanoines réguliers , fondé veis l'an 1120 par saint Norbert, arctievêque de Magdebourg, et dont la principale abbaye était à Prémontré, près de Laon. Les Prémontrés (on met une majuscule) suivent la règle de saint .^.ugustin ; ils sont habillés de blanc, et chantent l'office avec le surplis et l'aumusse. || S. f. Prémontrée, religieuse d'un ordre qui fut fondé en 11H en même temps que celui des Prémontrés.
PRÉMOTION (pré-mo-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Terme de théologie. Action de Dieu déterminant la volonté de la créature à agir. Des gens qui ont fait des systèmes sur la communication de Dieu avec l'homme ont dit que Dieu agit immédiatement, physiquement , sur l'homme en certains cas seulement, lorsque Dieu accorde certains dons particuliers, et ils ont appelé celte action prémotion physique, volt. Phil. De l'âme, v. Boursier, auteur du fameux livre de l'action de Dieu sur les créatures, ou de la prémotion physique, id. louis XIV, Écrivains, Boursier.
— ÉTYM. Lat. prâsmotionem , de prx, d'avance et movere, mouvoir.
t PRÉMOURANT (pré mou-ran), s. m. Terme de pratique. Celui qui meurt le premier.
— HIST. xvr s. Quand aucune chose promise en contrat de mariage à aucuns enCans mariez par leur père et mère ou 'par le père seulement, n'a esté payée n'acquittée durant leur communauté, le survivant est tenu payer la moitié de ce qui reste de laditte somme, et les héritiers du premourant l'autre moitié, Coust gén. t. n, p. 386.
— ÈTYM. Pré..., préfixe, et mourant PRÉMUNI, lE (pré-mu-ni, nie), pari, passé de
prémunir. Il est important que Rome soit prémunie contre ces lettres, BOSS. Lelt. 281.
PRÉMUNIR (pré-rau-nir) , v. a. \\ 1° Précautionner contre. Dès qu'il paraît que leur raison [de» jeunes filles] a fait quelque progrès, il faut se servir de cette expérience pour les prémunir contre la présomption, fén. Édue. filles, m. L'effet de la morale du théâtre est moins d'opérer un changement subit dans les cœurs corrompus, que de prémunir contre le vice les âmes faibles par l'exercice des sentiments honnêtes, d'alemb. iett. à J. J. Rouss Il 2° Se prémunir, v. réfl. Se précaiitionncr contre. Prémunissons-nous contre cela même , bourdal. Exhorl. sur la prière de J. C. t. i, p. 4i8.
— HIST. xv* s. Noë , prémuni de Dieu par amonition.... acquit le mérite de cognoistre la fureur divine ou [au] déluge, a, chartier, Œuv. p. 286.
— ÉTYM. Lat. prxmunire , de prx, auparavant, et munire, munir.
t PHÉMUNITION (pré-mu-ni-sion) , ». f. Terme didactique. Action de prémunir. || Terme de rhétorique. Esp'cedeprolepse, (lar laquelle l'orateur prépare ses auditeurs à quelque proposition qui pourrait les blesser, si elle était émise trop brusquement.
— ÉTYM. Lat. prxmunitionem, de pr;Hmunire, prémunir.
PRENABLE (pre-na-bl'), adj. || 1° Qui peut être pris, en piirlant d'une place forte. Celte ville n'était prenable que par cet endroit. || 2* Fig. '^'ui (leut être gagné, séduit. Sire.... l'on a su vous prendre par l'endroit seul c|u« vous êtes prenable, je veux dire par le respect des choses saintes, mol. Tart. i" placet. il Cet homme n'est prenable ni par or ni par argent, les plus belle» offres ne peuvent le séduire. || 3° Réprélieiisible, susceptible d'être pris <.a défaut. C'est le seul mot par où la traductioi, soit prenable,
PRE
PRE
PRE
4pol. de la trad. de Den. d'Haï, dans despontai- «Rs. Il 4" Oui peut être pris par la bouche , par le nez. Ce café est prenable, mais il n'est pas bon. C'est tout au plus si ce tabac est prenable.
— HiST. XIV* s. Fay la pipée la plus couverte que tu porras , si en sera uiieulx prenable [capable de prendre], Kodus , f'cxxxii bis, verso. \\ xv's. Elaviterent et considérèrent auquel lez [côté] elle [la rille] estoit plus prenable, froiss. i, i, *o2.
— ÊTYM. Prendre.
PRENANT, ANTE (pre-uan, nan-f), adj. || !• Qui est susceptible de prendre, de saisir. {| Terme d'histoire naturelle. Queue prenante , queue à l'aide de laquelle certains animaux s'attachent et se suspendent. Les singes k queue prenante, bufp. Quadrup. t. IV, p. 174, Il 8* Terme de finance. Partie prenante, partie qui reçoit les deniers. || Terme d'administration militaire. Partie prenante, celle qui a droit à une fourniture. || Le moins prenant, la partie la moins prenante, se dit, en langage du droit, de celui qui a la plus petite part dans un partage. ||8' Oui prend, qui s'empare. Ne vous ai-je pas mandé les prospérités de Mme de Grancey, et comme elle revient accablée de présents ?... elle a mandé q'ie l'âme prenante de Mme de Fiennes avait heureusement passé dans son corps, et qu'elle prenait de toutes mains, sév. 8 déc. i«79^. Il Carême-prenant,
VUy. CARÊME.
— HIST. xu* s. Li reis ert [était] riches huem, sages e de grant art; Sout bien que chardena! [il sut bien que les cardinaux] sunt pernant et lumbart; Coveitus sunt d'aveir plus que vilain d'essart [de terre], Th. le mari. 66, || xiii* s. Ta tainture est moult bien prenanz; Jaunes en sui et reluisanz , Ren. (Î089. Il XV' s. Et dessous ce fer avoit un havet [crochet] aigu et prenant, froiss. i, i, (3b. Il XVI' s. En maint bon lieu j'ay donné mainte chose, Que l'on prenoit, .sans penser le donneur Prétendre rien du prenant, que l'honneur, mardi, i, 4oi.
+ PRÊNANTHE (pré-nan-f) , s. m. Genre de la famille des composées.
— f.TYM. nprivr,;, incliné, et divSa;, fleur,à cause des capitules penchés en avant.
PRENDRE (pren-dr'), je prends, tu prends, il prend, nous prenons, vous prenez, ils prennent .je prenais; je pris; nous primes, vous prîtes, ils prirent ; je prendrai; je prendrais; prends, qu'il prenne, prenons ; que je prenne, que nous prenions; que je prisse, qu'il prît; prenant, pris, v. a. || 1' Saisir, mettre en sa main. {| S° Saisir une chose non avec la main, mais avec quelque instrflment ou de toute autre manière. || 3" Il se dit des animaux qui saisissent avec leur gueule, leurs pattes, etc. || 4* Mettre sur soi, en parlant de vêtements. || 5° Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Il 6° Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il a. || 7* Se saisir, s'emparer d'une personne. Il 8" Se dit de levées d'hommes qui se font. Il 9° Prendre, se dit de Dieu qui fait disparaître un 6tre humain par la mort. || 10' Arrêter pour emprisonner. Il 11' En guerre, s'emparer, se rendre maître de. Il 18* Attrapera la chasse, à la pèche, dans un piège. Il 18' Surprendre. || 14° Y prendre. || 15° Manger, boire, avaler, user de. || 16* Être atteint par communication, en parlant de maladies contagieuses. Il 17' Il se dit de certaines conditions corporelles, il 18° Contracter, adopter, en parlant de certaines qualités ou manières. || 19° Prendre quelque chose, un nom, un titre, se le donner, se l'appliquer. Il 80" Exiger un certain prix pour une chose. || 81° Accepter, recevoir. || 88* Être partie prenante. || 23° Au jeu, prendre des cartes. || 84' Recevoir en partage. Il 86' Tirer de, emprunter. 1186' Prf-ndre, en termes de peinture. Il 27' Engager quelqu'un sous certaines conditions. || 88° Aller joindre quelqu'un en quelque endroit, pour do là se rendre ailleurs avec lui. Il 89' Kecueillir quelqu'un, lui donner l'hospitalité. 1180" Prendre quelqu'un, le séparer du reste de la compagnie et s'adresser à lui. || 31° Retrancher une parti* d'un tout, ôter, tirer. || 38° Se charger de. Il 83° S'établir dans. Entrer en jouissance d'une chose, à certaines conditions. || 84° Choisir, préférer, se décider pour. ||85°Trier, faire un choix. 1136° S'engager dans une route, dans une voie de communication. Il 37* Use dit de la façon dont on taille une étoffe, dont on découpe des viandes. ||38° Comprendre, entendre, interpréter, considérer d'une certaine manifcre. || 89" Prendre quelqu'un, le considérer, en faire loi.jei d'une élude. || 40' Soutenir, adoi.i.M . 1141* Il se dit des sentiments que l'on éprouve 1148* Obtenir, se procurer. || 48° Avec un nom de. temps, remettre à une autre époque, à un autre iiiovaaiA. \\ 44* Prendre les choses de haut, de lom.
!l 45' n se dit de quelques opérations scientifiques. |I46° Prendre sa revanche, sa bisque. || 47° Prendre, en termes de chasse. || 48' Prendre, en termes de marine. |l 49° Prendre à. Il 50° Prendre dans. ;| 51° Prendre quelqu'un en. |) 58° Prendre pour. Il 68* Avec un nom de chose pour sujet, entourer, envelopper. || Fig. Faire impression. || 54° Prendre se construit avec plusieurs substantifs sans article, et fait locution. || 55° F. n. S'enraciner. |l 56' Réussir, avoir du succès. Il 57° S'attachera, avec un nom de personne pour sujet || 58° Faire son effet, s'attacher à, avec un nom de chose pour sujet. || 59' Faire une impression trop forte. || 60° Il se dit de ce qui s'allume ou fait explosion. || 61° S'épaissir, se cailler, se glacer. || 62' Commencer en un point et s'étendre de là. Il 63° Il se dit des maladies qui font invasion. Il 64° Impersonnellement, avoir de bonnes ou mauvaises suites || 66" V. rifl. Se prendre, être saisi avec la main. || 66* S'attacher, s'accrocher. 1167° Être saisi dans un piège, dans un filet. Il 68° Etre captivé. || 69° S'unir ensemble. || 70° Se prendre à, attaquer. || 71° Se prendre à . employer de l'adresse, de l'habileté. 1| 78° Suivi de à et d'un infinitif, commencer, se mettre à. || 73° Être contracté, en parlant de maladies. || 74° S'allumer. || 76° Se figer. Il 76° Se prendre pour, prendre sa propre personne pour quelque autre. || 77° Être compris, entendu, interprété. Il 78° Êlie employé, en parlant de motsetde locutions. || 79° i tout prendre. ||80°Au fait et au prendre. || Proverbes.
1* Saisir, mettre en sa main.Prendsta foudre, Louis, et va.... malh. ii, la. Il vit son éléphant couché sur l'autre rive; Il le prend, il l'emporte, au haut du mont arrive, la pont. Fabl. x, I4. Célimène : Puis-je empêcher les gens de me trouver aimable?... Dois-je prendre un bâton pour les mettre dehors? — Alceste : Non, ce n'est pas, madame, un bâton qu'il faut prendre. Mais un cœur à leurs vœux moins facile et moins tendre, KOL. Jfts. Il , < ■ Je sais que, quand j'aurai dans l'esprit de prendre une chose plutôt qu'une autre, la situation de cette chose me fera diriger de son côté le mouvement de ma main, boss. Lib. arb. 2. Elle vit avec étonnement que Dieu.... alla prendre comme par la main le roi son fils pour le conduire à son trône, m. Reine d'Anglel. 11 le prend par la main, le fait descendre avec lui, la bruv. xi. On a inventé aux tables une grande cuiller pour la commodité du service ; il la prend, la plonge dans le plat, iD. tb. Télémaque, qui était abattu et inconsolable, oublie sa douleur; il prend ses armes, don précieux de la sage Minerve, fiîn. TU. xvn. Cent écus par jour sont bons à prendre, monsieur mon frère, oancourt, Déroule du pharaon, n, 3. Il arriva qu'à l'oraison funèbre du maréchal de Guébriant, prononcée à Notre-Dame, les présidents des enquêtes prirent par le bras le vieux doyen Savare et l'arrachèrent de sa place, volt. Hist. pari. liv. Il Prendre les armes, s'armer, soit pour combattre, soit simplement pour rendre des honneurs. Et, sans jeter d'alarmes, À tous mes Tyriens faites prendre les armes, rac- Athal. il, 8, || Prendre quelqu'un aux cheveux, le saisir par les cheveux. || Fig. Prendre l'occasion aux cheveux, saisir l'occasion, en profiter. || On ne sait par où le prendre pour ne pas le faire crier, se dit d'un maladedont le corps est si douloureux qu'on ne peut le remuer sans lui causer de vives .souffrances. || Fig. On ne sait par où le prendre, se dit d'un homme très-susceptible ou insensible à tout. || Au jeu de paume, prendre la balle de volée, à la volée, au bond, la jouer de volée, la jouer au bond. |{ Fig. Prendre la balle au bond, saisir vivement et à propos une occasion. || Fig. Prendre le tison par où il brille, prendre une affaire par le côté le plus difficile. Il Fig. Prendre la mouche, prendre la chèvre, se fâcher tout à coup et pour un sujet qui n'eu vaut pas la peine. On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute, Et monsieur prend la chèvre, il met tout en déroute.... rignard, le Joueur, m, ta. il Prendre la clef, mettre en sa poche la clef qui ouvre un appartement. Il a pris lu clef, je ne puis rentrer. |! Fig. Prendre la clef des champs, s'évader, s'échapper. || Prendre une chose à pleine main, en prendre à poignée autant que la main peut en tenir. || Fig. Prendre une affaire en main, la diriger. Tous les magistrats sont intéressés à prendre cette affaire en main, hol. iàvare, v, i. Si vous III! iireiiez pas cette affaire [faire jouer une tragédie de Voltaire] avec vivacité, avec emportement, avec rage, je suis perdu, volt. Letl. d'Argental, ■26 oct. 1777. Il Prendre en main les intérêts, le droit de quelqu'un, soutenir ses intérêts, ses droits.
Mais souvent sur ses vers un auteur intraitable X les protéger tous se croit intéressé, Et d'abord pren I en main le droit de l'offensé, boil. Art p. i. Il Dans le style soutenu, prendre en main le timon des affaires, les rênes de l'État, etc. gouverner les affaires publiques. || 8" Saisir une chose non avec la nxain, mais avec quelque instrument ou de toute autre manière. Prendre du feu sur une pelle. || Prendre la lune avec les dents, voy. llne. || Il est à prendre, ou il n'est pas à prendre avec des pincettes, se dit de quelqu'un, de quelque chose extrêmement sale. || 8° Il se dit des animaux qui saisissent avec leur gueule, leurs pattes, leurs griffes, etc. Le perroquet prend avec sa patte ce qu'on lui donne. Il Prendre le mors aux dents, voy. mors. || 4° En parlant de vêtements, mettre sur soi. Vous avez pris aujourd'hui un habit bien léger. || Prendre le deuil, s'habiller de noir à l'occasion de la mort d'une personne. J'ai su sa mort à Rome, où j'en ai pris le deuil, corn. Suite du Ment, i, t. F.lle dit que tout est son parent en France ; dès qu'il meurt quelque grand, elle prend le deuil, sÉv. 2i6. Il éta it mon cousin ; la cour prendra le deuil, c. helav . Louis XI, III, t3. Il Prendre l'habit de religieux, ou, simplement, prendre l'habit, entrer en religion. Il Prendre le voile, se faire religieuse. || Familièrement. Prendre le froc, se faire moine. || Prendre le petit collet, entrer dans l'ordre ecclésiastique. Il Prendre la cuirasse, embrasser la profession des armes. || Prendre le bonnet, se faire recevoir docteur. Il Prendre la haire, embrasser une vie pénitente. Il prit, laissa, reprit la cuirasse et la haire, volt. Henr. iv. || Prendre la livrée, se faire laquais. || Prendre la perruque, ou prendre perruque, commencer à porter perruque. || 5° Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution. Prendre un parapluie, une lanterne. Prendre sa canne, son mouchoir, sa tabatière. |1 6° Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu'un ce qu'il a. On lui a pris une vache dans son pré. Prenez tout, s'il se peut; ne soyez jamais prise, Régnier, Sat. xiii. On a traité mon maître avec moins de rigueur. On n'a pris que sa bourse, et tu prends jusqu'au cosur, corn. Suite du Ment, i, 2. Il m'a pris le ruban que vous m'aviez donné, mol. itc. des femm. ii, 6. Harpagon: Allons, rends-le-moi sans te fouiller. — La Flèche : Quoi 1 — Harpagon : Ce que tu m'as pris. — La Flèche: Je ne vous ai rien pris du tout, mol. l'Avare, i, 3. Je veux que tu me dises des nouvelles de l'argent qu'on m'a pris. — On vous a pris de l'argent? id. ib. v, 2. || Absolument. Figaro : J'étais né pour être courtisan. — Suzanne : On dit que c'est un métier si difficile. — Figaro : Becevoir, prendre et demander, voilà le secret en trois mots, BEAUMARcn. Mar. de Fig. n, -t. || Absolument et en un sens particulier. Faire des profits illicites. Il [le chancelier Séguier] était aussi riche en entrant à la cour, qu'il l'était en mourant; il est vrai qu'il a établi sa famille ; mais, si l'on prenait chez lui, ce n'était pas lui, sév. 3 fèvr. 1672. || Prendre un baiser, se dit d'un baiser ravi à une femme sans qu'elle le veuille. Cet objet... Me fil prendre un bai ser sur votre belle bouche ; Mais las I ce fut plutôt le baiser qui me prit, voit. Poés. Œuv. t. u, p. oo. Il Prendre la maîtresse de quelqu'un, le supplanter près de sa maîtresse. Ah! s'il vous a pris votre maîtresse, repartit Freind, c'est une autre chose; il ne faut jamais prendre le bien d'autrui, volt. Jenni, 2. || Poétiquement, prendre les jours, la vie, disposer de la vie de quelqu'un, le faire mourir. Avec ma liberté, que vous m'avez ravie, Si vous le souhaitez, prenez encor ma vie, rac. Bril. iv, 2. 11 me devait tes jours ; je rougis de les prendre En frappant un captif qui ne peut se défendre, c. delav. FiUe du Cid, Ui, 6. || Fig. Il en prendrait sur l'autel, surle maître autel, c'est-à-dire il prend hardiment tout ce qu'il peut et partoutoù il peut. |1 Prendre se dit aussi des animaux. , Le chat a pris le fromage. Le renard m'a pris trois poules. || 7° Se saisir, s'emparerd'une personne. Il voulait résister, on l'a pris de force. Nous n'avons ou prendre le ieune homme, parce qu'il était plus fort que nous, et qu'ayant ouvert la porte il s'est sauvé, saci. Bible, Daniel, xni, 3». || Prendre au corps, arrêter prisonnier. Il Prendre de force ou par force une femme, attenter à son honneur. || Il se dit aussi des chosaa que l'on saisit, dont on s'empare. Il-a p.is le sabre de son ennemi. De mon trône en son àme elle prend la moitié, corn. 7'omp. i, 2. || Prendre son bien où on le trouve, mettre la main sur ce qui est à soi, en quelque endroit qu'on le rencontre. I.a même réponse que faisait Molière à ceux qui lui reprochaient d'avoir pris uns scène entière i. Cy-
PRE
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rano de Bergerac : cerre scène m'appartient, puisqu'elle est bonne, et je prends mon bien où je le trouve, d'alemb. Éloges, Despréawt. \\ 8° Prendre «e dit de levées d'hommes qui se font. L'empereur Napoléon prenait tous les jeunes gens de, chaque conscription. Il prendra vos enfants pour tonduire ses chariots, il s'en fera des gens de cheval, et il les fera courir devant son char, SACi, Bible, Rois, i, viii, H. 119° Prendre se dit de Dieu qui fait disparaître un être humain par la mort. Quoi! c'est mon filsl — Le vôtre : Dieu vous en a pris un, il vous en rend un autre, c. delav. Fille du Cid, l, ». || lO» Arrêter pour emprisonner. Aussitôt le roi ordonna en secret à Hégésippe de prendre Protésilas et Timocrate, de les conduire en sûreté dans l'île de Samos , et de les y laisser, vÉN. Tél. xiv. J'ouvre la bouche et dis : je voudrais, s'il vous plaisait, ne pas payer Chambord ; sur ce mot on me prend, on me met en prison, p. L. cour. liép.auxanonym. |{ Il a été pris comme dans un blé, il a été attrapé de manière à ne pouvoir se sauver. ;| 11° Kn guerre, s'emparer, se rendre maître de. Vaubaii dit que le canon prendra cette place, tel- L[ssoN, l.ett. hist. t. m, p. 8. On avait conté auparavant qu'un courtisan avait dit au roi : •• Sire, vous prenez des loups comme Monseigneur, et il prend des villes comme vous, » sÉv. 474. Philisbourg est pris, ma chère enfant, votre fils se porte bien, m. 475. Je m'en vais après dîner à Brévanes.... Mme de r.oulanges m'y souhaite, il y a six semaines : mais l'avais Philisbourg à prendre, id. 479. Ce duc [le duc de Lunebourg] avait chargé le maréchal de Créquy en flanc, pris son canon et son bagage, iD. 205. La prise du vaisseau de guerre ostendois a sar tisfait Sa Majesté, et vous devez observer que ce n'est pas faire beaucoup que de prendre un vaisseau et laisser aller ensuite le capitaine et l'équipage.... Seignelay à Panetié , 7 févr. ii's , dans jal. Cet étranger [un Allemand au service de Russie], exalté du désir de reprendre Moscou et de se naturaliser en Russie par cet exp'.oit signalé, s'emporta loin des siens.... il se précipite vers le Kremlin, rencontre des avant-postes , les méprise , tombe dans une embuscade, et, se voyant pris dans une ville qu'il voulait prendre.... sègub , llist. de Nap. IX , 6. Il Faire prisonnier. Josèphe leur concitoyen (des Juifs), un de leurs capitaines, un de leurs prêtres, qui avait été pris dans cette guerre en défendant son pays, boss. Hist. n, 8. S'ils [les Grecs] l'eussent prisa [Artémise], elle n'aurait mérité que d'être comblée de louanges et d'honneurs, rollin, Uisl. anc. (EuvT. t. ui, p. 239, dans pougens. Il lî" Attraper à la chasse, à la pêche, dans un pifgp, etc. Tel est pris qui croyait prendre, la FOiNT. Fabl. viu, 9. Un manant au miroir prenait des oisillons, id. ib. vi, I5. Là, cormoran, le bon apôtre.... Vous les prenait sans peine [les poissons], un jour l'un, un jour l'autre, m. tb. x, 4. Honteux comme un renard qu'une poule aurait pris, id. tb. I, (8. Les poissons se moquent de moi comme les hommes; je ne prends rien, je meurs de faim, volt. Zadig, i7. On prend la pie dans les mêmes pièges et de la même manière que la corneille, BUFF. Ois. t. V, p. i2(.||Fig. Se laisser prendre au piège, à l'hameçon, se laisser tromper. Je me suis laissé prendre à l'appât des grandeurs, p. lr- BnuN, Uarie Sluart, ii, 2. || Dans un sens analogue. Ne vous laissez pas prendre à ses paroles, à sa feinte douceur. Oui, chaleur, force, enthousiasme, voilà ses expressions, et vous vous laissez prendre à ce galimatias, gf.nlis, TMdt. d'éduc. les Faux amis, 1, 4. Il Fig. Cette tnmme l'a pris dans ses lilets, cette femme l'a séduit. {| Fig. Prendre quelqu'un au trébuchet, obtenir par artifice quelque chose de quelqu'un. || Fig. Prendre un rat, voy. bat. || Prendre se dit aussi des animaux qui chassent ou pèchent. Le chat a pris une souris. La mouette a pris un poisson. 1| Fig. S'emparer de l'esprit, du cœur. Alléguant maint exemple en ce siècle où nous sommes, Qu'il n'est rien si facile à prendre que les hommes, hégnieb , .Va(. m. oue la vengeance est douce à l'esprit d'une femme ! Je l'attaquai par là, par là je pris son âme , cor.n. Cinna, v, 2. Pour une qu'amour prend par l'àme. Il en prend mille par les yeux, la font. Nicaise.Tou\ ce qu'elle m'a dit m'a semblé si spirituel , que, si elle avait manqué de me prendre par les yeux, elle m'aurait pris par les oreilles, boubsault, Lelt. noue. t. m, p. î», dans P0U0F.NS. Comme la raison n'est pas toujours écoutée, lorsque nos inclinations y résistent, parce que notre inclination est elle-même souvent la plLi pressante raison qui nous émeuve , Dieu •aur» nous prendre encore de ce côté-là.... boss.
Lib. an. vu. n me prenait par mon propre intérêt, FÉN. Tél. XIII. LeB jeunes gens veulent être pris par les sens , dider. Pens. philos, n" 26. Ce'te manière de prendre toujours les enfants, comme on dit, par la sensibilité, ne vaut rien lorsqu'on en abuse, oenlis, Ad. et Théod. t. i, p. 208, dans pougens. Il Prendre quelqu'un par son faible, flatter, toucher son inclination favorite. || Savoir prendre' quelqu'un, connaître les mobiles pjir lesquels on peut agir sur lui. Et quand on sait le prendre, on en fait ce qu'on veut, j. b. rouss. Fiait, i, i. Il Prendre quelqu'un par ses propres paroles , le convaincre par ce qu'il a dit lui-même, se faire contre lui un droit de ses propres paroles. M. Basnage fait semblant de me vouloir prendre par mes propres parole», boss. Dif. Var. f dise. 42. Il 13° Surprendre. Je l'ai pris à voler des fruits. On m'a pris au dépourvu. Je te prends sur le livre. — Hé bien, qu'en veux-tu dire? Tant d'excellents esprits qui se mêlent d'écrire. Valent bien qu'on leur donne une heure de loisir, corn. Col. du Pal. i, 7. || En un sens analogue. Dieu connaît de toute éternité tout ce que la créature fera librement, en quelque temps qu'il la puisse prendre, et en quelques circonstances qu'il la puisse mettre, boss. Lib. arb. vi. Il Prendre quelqu'un sur le fait, le prendre au moment même où il fait quelque chose qu'il voulait cacher. || Fig. En vain la nature s'était cachée dans des lieux si profonds et si inaccessibles pour travailler à la végétation des pierres, elle fut, pour ainsi dire, prise sur le fait par des curieux si hardis, FONT. Toumefort. Ah, disait-il [le nain de Saturne], j'ai pris la nature sur le fait; mais il se trompait sur les apparences... volt. Èficrom. 8. || On dit dans le même sens : prendre quelqu'un en flagrant délit (voy. flagrant). Il Prendre quelqu'un la main dans la poche , la main dans le sac , le surprendre au moment où il commet un vol ou quelque détournement. || Prendre en faute, surprendre pendant qu'une faute se commet. Ma situation était pire encore par l'animosité de mes ennemis, qui ne cherchaient qu'à me prendre en faute, 3. j. ROUSs. Conf. xii. Il Prendre quelqu'un sans vert, voy. vert. Il Prendre quelqu'un au pied levé, voy. levé, n" t. Il Prendre quelqu'un au saut du lit, l'aller trouver liés le matin afin de ne pas le manquer. || Prendre quelqu'un au mot, se hâter d'accepter une offre. Il Prendre quelqu'un à son avantage, le saisir, le surprendre quand on a l'avantage sur lui. J'ai fait une réponse à M. de Carcassonne.... je l'ai pris à mon avantage, et, comme je le tiens à cent cinquante lieues de moi, je lui dis tout ce que je pense, sév. 6I0. || Prendre le défaut d'un joueur, à la paume, po'usser la balle de manière que celui qui est obligé de la renvoyer ne puisse aisément aller au-devant. || Terme d'escrime. Prendre sur le temps, porter une botte à son adversaire dans l'instant où il s'occupe de quelque mouvement. Il 14" y prendre, prendre à cela, c'est-à-dire prendre quelqu'un dans une occupation, dans une circonstance, dans un état d'esprit indiqués par le contexte du discours. Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus, LA PONT. Fabl. I, 2. Ahl je vous y prends enfin, perfide ! me voilà sûre de votre inconstance.... VOLT. Écoss. IV, 4. Vous li.sez donc des chansonnettes? Ah ! je vous y prends, monseigneur, bérang. Cardin. \\ 15° Manger, boire, avaler Je n'ai encore rien pris de la journée. Mon avis est qu'on la remette sur son lit, et qu'on lui fasse prendre quantité de pain trempé dans du vin, mol. MM. maigri lui, II, 6. J'ai pris une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit médecines, id. Mal. imag. i, (.J'ai voulu me raccommoder avec le chocolat, j'en pris avanthier pour digérer mon dîner, afin de bien souper ; et j'en ai pris hier pour me nourrir, et pour jeûner jusqu'au soir, sÉv. 94. Il était incommodé d'un dévoiemcnt au commencement de son service ; il prit (lu lait sans préparation pour le faire cesser, ID. 128. J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dans Athènes, BAC. Phèdre, y, 7. || Voudriez-vous prendre quelque chose? se dit à une personne que l'on invile k manger un morceau. Peut-être le matin prenez-vous quelque chose : Un bouillon? du café? que vous plaît-il dos deux? bour.sault, Fables d'Ésope, i, a. il On dit: prendre du café, du thé, du chocolat, plutôt que boire. Il Trop prendre do son vin, ou, absolument, en trop prendre, s'enivrer. Il faut.... Ou que mon maître ait pris le soir pour le matin , Ou que trop lard au lit le blond Phébus sommeille. Pour avoir trop pris de son vin , mol. Amph. i, 2. C'est lui qui en a trop pris ; pour moi, j'en ai pris
aussi ; n» sont si longtemps à table que par contenance on boit, et puis on boit encore, et on se trouve avec une gaieté extraordinaire, sév. 29 août (677. Il Fig. Son cœur n'est pas usé pour moi, if n'est seulement qu'un peu ra.ssasié du plaisir de m'aimer, pour en avoir trop pris d'abord, Marivaux, Marianne, part. 8. || Faire usage d'une chose pour sa santé, pour son agrément, etc. Prendre un bain. Comment ! que voulez-vous faire? — Prendre ce petit lavement -là; ce sera bientôt fait, MOL. Mal. imag. m, *. De quoi vous mêlez-vous.... d'empêcher monsieur de prendre mon clystère? iD. tb. On a fait refus de prendre le remède que j'avais prescrit, id. ib. m, 6. Je prendrai la douche dans quelques jours , SBv. 277. J'ai donc pris des eaux ce matin, ma très-chère; ha! qu'elles sont méchantes I id. 277. || Prendre du tabac, mettre de la poudre de tabac dans son nez. Il n'est rien d'égal au tabac... ne voyez-vous pas bien, dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde? mol. Festin, I, (. Il Prendre la poudre d'escampette, voy. es- CAMPETTK II Prendre l'air, sortir d'un lieu où l'on était renfermé pour aller dans un endroit découvert, aéré. Allons prendre un peu d'air dans la cour des prisons, coiiN. Suite du Ment, ii, 7. Je me promène, il est vrai ; mais il faut qu'on défende le beau temps, si l'on veut que je ne prenne pas l'air, sév. 369. Il Prendre l'air, sortir de la ville pour aller passer quelque temps à la campagne. || Familièrement. Prendre l'air, s'évader, se retirer d'une situation où l'on court quelque péril. On voulut l'arrêter; mais il avait pris l'air. || Prendre le frais, respirer la fraîcheur. Quel grand mal est-ce qu'il y a à prendre le frais la nuit? mol. G. Dand. m, 8. Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d'orangers, volt. Candide, 30. Il En un sens analogue. Quand j'ai pris toute la beauté du soleil en marchant toujours, je rentre dans ma chambre, s6v. 26 nov. )fl84, || Prendre du repos , prendre du relâche , interrompre le travail , l'action, par du repos, par du relâche. Prends du lepos, ma fille, et calme tes douleurs, corn. Cid, ii, 9. Il Dans les maisons religieuses, prendre la discipline, se donner la discipline. Ces religieuses prenaient la discipline deux fois la semaine. Il 16' Etre atteint par communication, en parlant de maladies contagieuses. Il a pris le typhus dans l'hôpital. Je suis effrayée de ces fièvres que je crains que vous ne preniez à Versailles; on mande ici que tout en est plein, sEv. 22 sept. 1687. || Fig. Prendre un mal, une passion, contracter un mal moral, une passion, etc. Vous avez pris ce mal-là de moi.sÊv. (8 oct. <688, Son maître.... Prit insensiblement dans les yeux de sa nièce L'amour où je voulais amener sa tendresse, rac. Bril. iv, î. Elle ne pensait jamais à donner de l'amour, mais elle était sujette à en prendre, Marivaux, Pays. port). 4* part. Le roi prit de l'amour pour Mme de Montespan dans le temps qu'il vivait avec Mlle de la Vallièro en maltresse déclarée, m"* de caylus, Souvenirs. Il 17° Il se dit de certaines conditions corporelles. Prendre de l'embonpoint, du corps, devenir plus gras, plus gros. Le tarier prend beaucoup de graisse dès la fin de l'été, et alors il ne le cède point à l'ortolan pour la délicatesse, boff. Ois.t ix, p 327. Un coq est capable d'engendrer à l'âge de trois mois, et il n'a pas alors pris plus du tiers de son accroissement, ID. Hist. anim. t. m, p. 457. || Prendre du ventre, devenir ventru. || Prendre des forces, se fortifier. Il Kig. J'ai pris dans l'horreur même où je suis parvenue Une force nouvelle à mon cœur inconnue, VOLT. Orphel. v, ).|| Prendre de l'âge, avancer en âge. Il Ce cheval prend quatre ans, cinq ans, il entre dans sa quatrième, dans sa cinquième année. Il Prendre les dents, se dit du cheval, lorsque les secondes dents lui poussent. || Prendre une posture, une attitude, placer son corps d'une certaine manière. Il 11 se dit de certains mouvements du corps. Prendre son vol, commencer à s'envoler. Déjà prenait l'essor, pour se sauver d.ans les montagnes, cet aigle dont le vol hardi avait d'abord effrayé nos provinces, fléch. Tur. || Prendre son élan, se donner une certaine impulsion en courant, afin df s'élancer plus loin. || Prendre la fuite, s'enfuii Il Anciennement, prendre son escousse, s'élancer Il Prendre le trot, le galop, se dit d'un cheval qui se met & trotter, & galoper. || Prendre les aides dei jambes, se dit d'un cheval qui commence à repondre à ces aides. || Prendre chair, se dit d'un cheval qui commence à se rétablir après une longuja maladie. j| Prendre les coins, entrer dans les angioi
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du manège. || 18" Contracter, adopter, en parlant de ceruines qualités ou manières. Il prend de mauvaises habitudes. Il prit un ton sévère. Conjuguez avec moi, pourbien prendre l'accent, begnaro, le Distr. m, 3. Il [Alexandre] prit les mœurs des Perses, pour ne pas désoler les Perses en leur faisant prendre les mœurs des Grecs, montesq. Esp. X, 14. Jeune, égaré, j'avais tous les caprices: De mes amis j'avais pris tous les vices, volt. Enf. prod. rv, 3. Elle prend des caprices, de l'humeur; elle se forme enfin, oenlis, Thëdt. d'éduc. le Kéchant par air, i, «. || Cet homme prend des airs, prend certains airs, il affecte un ton, des manières qui ne lui conviennent pas. || Prendre le haut ton, parler avec fierté. || En un même sens, le prendre sur le haut ton, ou, elliptiquement, le prendre haut. Tu le prends d'un haut ton, et je crois qu'au besoin Ce discours emphatique irait encor bien loin, CORN. Mél. I, t. I-e sage, disaient les stoïciens, est invulnérable et ir.accessible à toute sorte de maux.... A est lui-même sa félicité; c'est le prendre d'un ton bien haut pour des hommes faibles et mortels, Boss. SermoM, 3' dim. après Pdq. Préambule. Au commencement de i520, il [Luther] le prit d'un ton un peu plus haut, boss. Yar. i, 23. Enfin Rolande, fatigué d'une scène où il mettait inutilement beaucoup du sien, le prit sur un ton si haut, qu'il imposa silence à la compagnie, lesage, Gil Bl. I, 5. Il On dit de même : '^ous le prenez bien haut. Mais, mon petit monsieur, prene/.-le un peu moins haut. — Ma foi, mon grand moi;sieur, je le prends comme il faut, mol. His. i, 2. || Le prendre sur un certain ton, afîecter telle ou telle manière. Luther le prenait d'un ton de prophète contre ceux qui
s'opposaient à sa doctrine, boss. Var. i, ai Je
ne veux pas le prendre Sur le ton fier et sérieux, TH. CORN. Circé, I, 2. De quel ton le prenez-vous là, s'il vous plaît? DANCOURT, Chev. à la mode, ii, 2. Tout innocent que je suis, vous le prenez sur un ton qui ne laisse pas d'embarrasser mon innocence, LE SAGE, Crispin rival, i*. Oui, sur ce ton Puisque vous le prenez, je la garde, collin d'hahleviLLE, Vieux célib. iv, i. || Le prendre par là, le prendre sur ce ton. Oui! lu le prends par là? mol. ^le Dép. IV, ♦. Elle [la princesse de Tarente] me demande toujours de vos nouvelles • si elle le prend par là, elle me fera fort bien sa cour, sév. 29 sept. 1675. Il Le prendre ainsi, même sens. Puisque vous le prenez ainsi, je ne puis vous le refuser, pasc. Prov. vu. || Le prendre d'un air, d'une façon, employer un air, une faton. Elle eut beau le prendre d'un air riant avec lui, et lui dire même . Je vous attendais, il n'en reprit pas plus de sérénité, MARivABX, Pays. part), i' part. || 19" Prendre quelque chose, un nom, un titre, se le donner, se l'appliquer. Ces titres glorieux plaisaient à mes amours ; Je les pris sans horreur pour conserver tes jours, CORN. Medée, m, 3. Kt l'ingrate en fuyant me laisse pour salaire Tous les noms odieux que j'ai pris pour lui plaire, rac. Andr. v, ♦. || Prendre un titre, une qualité, se donner un titre, une qualité, l'employer en parlant de soi. |( Prendre la liberté de faire une chose, prendre sur soi de la faire. || Par politesse. J'ai pris la liberté de vous écrire. || Prendre des libertés, agir trop librement, peu décemment avec quelqu'un. {| Il se dit particulièrement d'actions, de gestes trop libres auprès des femmes. I|0n dit de même : prendre des licences, des privautés. || J0° Exiger un certain prix pour une chose. Ce marchand prend trente francs de ce drap. X l'octroi, on prend tant par kilogramme d'huile. Les Sacres prennent tant par heure. Allez, faites-moi vendre |procurez-moi du débit]. Et pour l'amour de vous je n'en voudrai rien prendre [d'un objet qu'on vend], corn. Galer. du Pal. iv, U. On dit qu'il prenait une fois plus de ceu.x qui venaient I lui pour apprendre à jouer de la flûte après avoir eu un antre maître, rollin, llisl. anc. Œuv. t. xi, !'• part. p. 233, dans pouoens || Il se dit quelquefois pour acheter. Je prendrai cela pour six francs, >i vous voulez me le donner. Si M. le duc de Praslin veut des montres, nous sommes i ses ordres; M. le iue de Choiscul a la bonté de nous en prendre, >OLT. Letl. d'Argenlal, * juin 1770. || Absolument. .1 faut prendre ou laisser, et l'on ne choisit pas, IF.OMARD, Dimocrite, \, t.||l.est i prendre ou à laisser, vous avez le choix, m«is il faut vous décider pour le oui ou le non. |l Substantivement. Avoir le prendre ou le laisser, avoir le choix. Trouvant' sur les arbres un refuge, il a partout le prnndre et le laisser, j. j. rci ss. Orig. \. \\ 21" Accepter, recevoir Prene» ce petit présent. J'ai pris ce qu'on m'a donné. Oui, fort bien, hors l'argent qu'il ne
fallail pas prendre, mol. Éc. des femm. tv, 4. Il y ' a des gens bavards dont je ne prends jamais les nouvelles, siv. 21 août (675. || Fig. Dans ce qu'il dit, il faut en prendre et en laisser, ce qu'il dit ne mérite pas grande confiance. || Absolument. Prendre à pleines mains, à toutes mains, de toutes mains, à deux mains, se dit des gens avides qui ne laissent échapper aucune occasion de s'enrichir. L'autre prend à deux mains et demande toujours, BOisROBRRT, Belle plaideuse, 1, 4. || Par analogie. Son hommage auprès d'elle a-t-il eu (ilein effet? Comment l'a-t-elle pris? et comment l'a-t-il fait? CORN. Othon, II, ». Il Prendre l'ordre de quelqu'un, recevoir l'ordre de celui qui doit le donner. Voudront-ils recevoir un ordre souverain De qui l'a jusqu'ici toujours pris de leur main? corn. Pulch. II, 2. Il Par politesse, prendre les ordres de quelqu'un, lui demander ce qu'il a à- commander. Il Prendre congé de quelqu'un, lui faire, avant de partir, les adieux qu'exige la polite.s.se. L'évêque
de*" dont, avant de prendre congé de lui, il a
ramasse la pantoufie, comme l'un de ses gants, LA BRLY. II. Il Prendre des leçons, recevoir des leçons. Il Prendre les cho«' ' cumme elles viennent, les recevoir avec indiffcionce Siins se mettre en peine des suites qu'elle peuvent avoir. || Prendre les hommes comme ils sont, s'en accommoder quel que soit leur caractère. Je prends tout doucement les hommes comme ils sont, mol. Mis. i, i. Il faut prendre les gens comme ils sont, à ce qu'on dit, VOLT. Lell. d'Argenlal, 4 janv. I77.i. Homère n'inventa rien sur les dieux; il lespritcomme ils étaient, II). Philos. Déf. Bolingbr. 12. || Prendre le temps comme il vient, s'accommoder à tous les événements. Si vous aviez appris à prendre le temps comme il vient.... sév. 399. || Prendre légèrement quelque chose, le supporter, en user avec une sorte d'allégresse. Jeune encore, Honfroy prenait légèrement la vie, CHATEA0BR. Natch. v. || Kamilièrement. Prenez que, supposez que. Prenons donc pour très-véritable que.... pasc. Équil. des liqueurs, II. Çà, je le veux, prenons que la chose est douteuse, BARON, Andrienne, lu, *. Tenez, parlons en conscience; prenez que je sois vous et que vous soyez moi, mabivalx. Pays- parv. part. 1. Prenez qu'on m'a surpris et que je n'ai rien dit, oresset, le Méchant, m, 10. Prends pour sûr que je leur tiendrai tête, c. deijiv. Fille du Cid, 1, 1. 1| 22" Être partie prenante. Le rapport de l'argent donné se fait en moins prenant dans le numéraire de la succession. Code Nap. art 869. || 23° Au jeu de l'écarté, prendre des cartes, changer une ou plusieurs des cartes de son jeu pour autant de cartes du talon. i Jouer sans prendre, à l'hombre, nommer l'atout et jouer sans écarter. |{ S. m. Se dit, à l'hombre, quand on fait jouer sans écarter. Demander le sansprendre. |l Aujeu de quadrille, jouer sans prendre, se dit de celui qui entreprend de jouer sans appeler une autre carte. || 24° Recevoir en partage. Je trouve plaisant que cette vertu ne soit donnée qu'aux mSles de notre maison, et que nous autres femmes nous ayons pris toute la timidité, siîv. Lelt. à Bussy, 16 oct. 1874. Il 25° Tirer de, emprunter. Il a pris cela dans Cicéron. Il a pris l'idée de cette tragédie dans un vieux roman. Le Pompée, où j'ai beaucoup pris de Lucain , et ne crois pas être demeuré fort au-dessous de lui, quand il a fallu me passer de son secours, corn. Médée, Examen. Molière ne prit-il pas deux scènes du Pédant joué de Cyrano de Bergerac, son compatriote et son contemporain? volt. l'Héraclius espagnol, Dissertation. Il Familièrement. Où avez-vous pris cela? c'est-à-dire qui vous a dit cette nouvelle? qui vous fait avoir cette pensée? Peste! où prend mon esprit toutps ces gentillesses? mol. Amph. i, l. On demanda aigrement à la Chaise où ii avait pris cela : i! fit voir un manuscrit, sév 660. Où est-ce qu'il prend tout ce qu'il me di l ? mari vaux, Double inconsl. 1, (2. Il On dit de même : où avez-vous pris que je voulusse vendre ma maison? Où avez-vous pris qu'un enfant qui n'a point de dents et qui ne se soutient pas à dix-huit mois, ait échappé à tous les périls? S6v. 14 juill. (677. || On le dit avec l'indicatif, quand on a dans l'esprit quelque assertion positive. Si on lui demande [à l'athée] d'où il a pris que cette exclusion de tous les autres êtres appartient à la nature de l'infini.... np.sc. Rép. aux secondes ohj. 26. Où avez vous pris, mon cher duc, que je suis affligée des discours des courtisans, vous qui savez que nous vivons d'injures? maintehon, l.etl. au D. de Noailles. t. v, p. 98, dans poi:gens. 26° Terme de peinture Prendre le trait, calquer un tableau. || Prendre au voile, calquer au moyen
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d'un voile de soie noire. || 27° Engager quelqu'un sou« certaines conditions, ou s'engager avec lui sous certaines conditions. Prendre un domestique, une cuisinière. Prendre un maître de danse. Prendre un associé. J'ai encore ouï dire, madame, qu'il a pris ■ aujourd'hui, pour renfort de potage, un maître de philosophie, mol. Bourg, gent. ni, 3. Elle prendra une douzaine d'ouvrières avec elle, s'il le faut, et nous vous aurons l'obligation d'une nouvelle manufacture, VOLT. Lett. à Mme de St-Julien, 3i juill. 1 772. Il Prendre femme, se marier. Quant à vus, suivez Mars, ou l'amour, ou le prince ; ...Pmiet femme, abbaye, emploi, gouvernement, Los gfm en parleront, n'en douiez nullement, la font. Fabl. m, ( . Cléonte et Lycidas ont pris femme toui deux, mol. Femm. sav. 11, 3. || Prendre une femme, choisir une femme et l'épouser. Alexandre prit des femmes de la nation qu'il avait vaincue ; il voulut que ceux de sa cour en prissent aussi, montesq. Esp. X, 14. Il Prendre se dit aussi d'une femme qui prend un homme pour amant, ou pour mari, ou d'un homme qui prend une femme pour maltresse. Il n'avait pris la Castelmaine que quand son maître n'en voulait plus, hamilt. Gramm. n. Voilà nos honnêtes femmes, poursuivit-il : quand elles nous prennent, c'est excès d'amour; quand elles nous quittent, c'est effort de vertu, marmontel. Contes mor. Alcib. X propos, savez- vous que la belle Mme de N**" a pris un amant? genlis. Ad. et Théod t. m, p. 15, dans pougens. || 28° Aller joindre quelqu'un en quelque endroit, pour de là s( rendre ailleurs avec lui. Elle me vint prendre à moc hôtellerie, sév, 290. Songez-y ; je vous laisse, et jt viendrai vous prendre Pour vous mener au templt où ce fils doit m'attendre, rac. Andr. m, 7. Comment donc! est-ce ainsi que l'on se fait attendre? Moimême il faut chez vous que je vienne vous prendre, BOissT, Deh. tromp. m, 6. || Je sais où vous prendre, c'est-à-dire je sais où vous êtes, où je pourrai m'adresser si j'ai quelque affaire avec vous. Je sais où vous êtes, et cette connaissance démêle un peu mon imagination, qui sait où vous prendre à point nommé, sév, 508. Je ne sais plus où le prendre [M. Trouvé]; il a quitté Saint Jacques.. . iD. 11 mai 1083. Je ne sais où vous prendre, monsieur; voua ne m'avez point informé de votre demeure à Paris, volt. Lett. d'Argenee, 28 févr. 1762. || Prendre quelqu'un, l'emmener avec soi. Ramène-moi, barbare, aux lieux où tu m'as prise, th, cobn. Ariane, ni , 4, Ha que vous avez bien fait, ma fille, de la prendre [Pauline qui avait été mise dans un couvent pendant un voyage à Pansji gardez-la, ne vou» privez pas de ce plaisir, sÉv, 379. Aux portes du palais prends le Juif Mardochée, rac Esth. 11, 5. || Il se dit d'une troupe que l'on emmi ne avec soi. Il prit son régiment des gardes, et courut à l'aile gauche, d'ablancourt , ^rri'fn, dans richelet. 1129'' Recueillir quelqu'un, lui donner l'hospitalité. Il [M. Trouvé] a quitté Saint-Jacques par discrétion, ne voulant pas abuser de la bonté extrême du plus pauvre curé de Paris ; un autre [curé] l'a pris, sÉv. H mai 1683. Savez-vous bien que j'ai chez moi un jésuite pour aumônier?,., il est vrai que je ne l'ai pris qu'après m'être bien assuré de sa foi , volt. Lett. dAlembcrt, 2» sept. 1763. || Prendre quelqu'un, signifie aussi recevoir sa visite. Je ferai ce que je pourrai, je ne promets pas, vous me prendrez si je viens, didf.b. Mém. t. iv, p. 224. || 30° Prendre quelqu'un, le séparer du reste de la compagnie et s'adresser à lui. Prendre quelqu'une part. Quand le repas fut fini, la déesse prit Télèmaque et lui parla ainsi, fén. Tél. i. \\ 31° Retrancher une partie d'un tout, ôter, tirer. J'ai pris le quart de cette somme. Bienfaisant et par conséquent juste, Montesquieu ne voulait rien prendre sur sa famille, ni des secours qu'il donnait aux malheureux, ni des dépenses considérables auxi|uelles ses longs voyages, la faiblesse de >a vue et l'impression d" ses ouvrages l'avaient obligé, d'alemb. Éloges, Montesq. || Familièrement, Il a pris sa bonne part de la l'ète, du plaisir, etc. il y a beaucoup participé. || Absolument. Prendre sur sa nourriture, sur sa dépense, retrancher de sa nourriture, de sa dépense ordinaire, pour subvenir à autre chose. || Prendre sur son sommeil pour travailler, pour étuilier. diminuer les heures du *ommeil, pour augmenter celles Ju travail, de l'élude Il Fig. Prendre sur, retranchera. Voilà le vrai se cret de faire Atiale roi. Comme vous l'avez dit, sans rien prendre sur moi, corn. Sicom. 11, 3. Je ferai vos compliments à Braocas,... prenez une pago sur moi pour lui donner, sév. 10 août (880. Prendre un peu sur sa probité pour donner aux intérêts (l'qp njgjtrfl, iiAMiLT. Grattim. 8, Toutes ces outre-
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prises commencées et qui i.e prenaient rien sur les devoirs, marquent assez combien M. Dodart était laborieux, FONTEN. Dodarl. Que prenons-nous sur nos passions, sur nos humeurs, sur nos goûts ....pour pouvoir prétendre au titre de ses disciples [de Jésus]? Mass. Carême, Mot. de conv. Le monde n'at-il rien pris sur tes mœurs? J. J. Rocss. Ém. v. |] Absolument. Si ... vous êtes incommodée d'écrire, comme H y a bien de l'apparence, prenez sur moi comme sur celle qui vous aime le plus, sans faire tort à personne, se». 6 nov. I684. Vous prenez sur votre repos, survosplaisirs, sur vos besoins mêmes, quand il s'agit de votr» devoir, mass. Petit carême, Drapeaux. Cette philosophie de Newton a un peu pris sur notre commerce, mais rien surmes sentiments, volt. Lett. en vers et en prose, B7. || Familièrement. Je n'y prends ni n'y mets, c'est-à-dire la chose m'est indifférente. Voilà ce qu'il [Corliinelli] vous demande ; vous voyez bien que je n'y prends ni n'y mets, sév. (9 juill. 1677. Il 32° Se charger de. Prendre une somme en dépôt. |{ Prendre une affaire à ses risques, périls et fortune, s'en charger à tout hasard, profit ou perte. || Prendre une affaire à forfait, s'en charger pour un prix convenu, qu'il y ait perte ou gain. Il Prendre un ouvrage à la tâche, s'en charger à raison de tant pour telle ou telle mesure, telle ou telle quantité. || Prendre une somme à intérêt, l'emprunter à condition d'en payer les intérêts. Il Prendre un intérêt dans une affaire, dans une entreprise, contribuer de ses fonds dans une entreprise, à la condition d'avoir part aux profits ou aux pertes. |{ Prendre un engagement, contracter un engagement. || Prendre un rôle, voy. rôlp. |I Prendre quelqu'un sous sa protection, le protéger. || Prendre sur soi, se charger de quelque obligation. Et moi, comme héritant son sceptre et sa couronne, Je prends sur moi sa dette, et je vous la fais bonne, COBN. I>. Sanche, i, 3. C'est une dette dont vous pourriez lui demander compte ; mais cette dette, je la prends sur moi, bourdal. Serin. 2i' dim. après la Pentecôte, Dominic. t. iv, p. 308. || Prendre sur soi quelque chose, consentir qu'une chose nous soit imputée. 11 ne se rontente pas de se charger de nos crimes, il en prend sur lui toute la honte, MASS. Carême, Passion. || Prendre quelque chose sur soi, s'en porter responsable ou solidaire. Je réponds de ma femme, et prends sur moi l'affaire, MOL. Femm. sav. ii, 4. De son bannissement prenez sur vous l'offense, bac. Brit. ii, 3, Je prendrai sur moi la rupture; vos père et mère ne sauront rien de l'aveu que vous m'aurez fait, marmontel, Mém. VIII. Ces dames s'y opposent, et je n'ose rien prendre sur moi, genlis, Foeux téméraires, t. ii, p. i2-2, dans pousENS. Il n'importe, obéis, je prends sur moi le reste, c. dklav. Vêpres sicil. ni, ". jj On dit aussi : prendre quelque chose sur son compte. Il Prendre sur soi quelque chose, se décider à faire quelque chose. Il faut donc que j'aie le courage de prendre ce voyage sur moi, sév. 620. Vous prendrez sur vous de voir votre frère, mass. Carême, l'ardon. Jamais il [le régent] ne put prendre sur lui de rien refuser'àses amis, à ses ennemis, à ses maîtresses.... HATNAL, Hist.phil. IV, 18. || Prendre sur soi, signifie quelquefois regarder comme adressé à soi. Il [le Seigneur] prend sur lui les plus légers mépris dont on déshonore ses serviteurs, mass. Carême, Uédis. Il Prendre tout sur soi, trop sur soi, se donner toute la peine, se donner beaucoup de peina, vouloir faire plus qu'on ne peut. Je vous recommande, ma chère enfant, un peu de repos.... vous prenez tout sur votre courage, cela fait mal, sév. 26 nov. i688. Je prends trop sur moi, pour que le corps ou l'esprit n'y succombe pas, maintenon, Leit. à l'abbé Gobelin, 27 oct. («7B. Elle prend tout sur elle, et ne songe qu'à faire du bien, fèn. Dial. des morts anc. Dial. (7. Il Absolument. Prendre sur SOI, beaucoup sur soi, se contraindre. Vous n'êtes plus en état, ma fille, de prendre sur vous ; tout y e.U pris, ce qui -este tient à votre vie, sRv. .179. Ils [M. et Mme de ^haulnesj savaient fort bien prendre sur eux-mêmes [lour .soutenir les grandes places où Dieu les a destinés, ID. 3 fc'vr. l«95. Vous avez appris à prendre sur vous-même, et à sacrifier tous les jours vos penchants à des intérêts plus forts, mass. Carême , Samarit. || SS" S'établir dans. Gagner les bords de la Dûna, où il picndra ses quaitiers d'hiver, sÉGUR, llist de Nap. ix, ». || Entrer en jouissance d'une chose à certaines conditions. Prendre de» terres à ferme. || Prendre un logement, un ap- )>artement à loyer, ou, simplemeni, prendre un logement, un appartement, retenir par bail ou autrement un logement, un apparteuienl. Je vous •onjure seulement de mander à d'Hacqucville ce
que vous avez résolu pour cet hiver, afin lue nous prenions l'hôtel de Carnavalet ou non, sÉv. 6 sept. 1677. Il 34° Choisir, préférer, se décider pour. Il faut prendre le plus beau papier pour cette impression. ....Tombant dans les mains de la nécessité. Ils ont pris le théâtre en cette extrémité, corn, lllus. com. V, ft. Dois-je dans Ja province établir mon séjour, Prendre emploi dans l'armée, ou bien charge à la cour? LA FONT. Fabl. m, t. Ainsi chacune prit son inclination, ii>. ib. ii, 20. Â quel parti me doit résoudre ma raison ? Ai-je l'éclat ou le secret à prendre? mol. Amph. m, 3. Elle [U Providence] a déterminé Mme de Lesdiguières à prendre une livrée magnifique et modeste; c'est un fond Isabelle, car elle a envoyé promener le rouge, sÉv. 1 1 mai 1683. Prends-moi le bon parti : laisse-là tous les livres, boil. Sot. viii. || Prendre le haut bout, c^ioisir la place la plus honorable. || Prendre un expédient, choisir un moyen, un expédient pour terminer une affaire. Tu prends, pour me toucher, un mauvais artifice, COHN. Héracl. m, 2. || Prendre des mesures, prendre ses mesures, employer des moyens, des expédients pour faire réussir une chose. || Prendre ses précautions, ses sûretés, prendre les moyens nécessaires pour éviter un danger, un dommage. Il Prendre une résolution, une détermination, un dessein, se résoudre à quel(|ui: chose. || Prendre le parti de, prendre son parti de, voy. pabti 3, n° 7. Il Prendre le parti <le la robe, des armes, etc. voy. parti 3, n° 10. Il Prendre les ordres sacrés, entrer dans les ordres. || 35° Trier, faire un choix. Je ne prends que les vertus extraordinaires, et je choisis les fleurs que je jette sur son tombeau, fléch, Duch. d'Aiguil II 36'' S'engager dans une route, dans une voie de communication, etc. J'ai pris un escalier, elle venait par l'autre, th. corn. Baron d'Albikrac, m, t. Lève-toi, m'a-t-il dit, prends ton chemin vers Suse, rac. Esth. i, i. Faut-il de si grands talents et une si bonne tête à un voyageur pour suivre d'abord le grand chemin, et, s'il est plein et embarrassé, prendre la terre, et aller à travers champs? la brut. vi. Avec cette armée, il [le czar Pierre] prit son chemin par la Moldavie et la Valachie, autrefois le pays des Daces, volt Charles XII, B. Ils voient [.à Moscou] d'autres flammes s'élever précisément dans la nouvelle direction que le vent venait de prendre sur le Kremlin, ségur, Hist. de Nnp. viii, 6. Il Prendre le plus long, le plus court, son plus long, son plus court, prendre le chemin le plus long ou le plus court. On aime une personne qu'on va trouver, et on prend son plus court; cela est naturel, marivaux , Pays. parv. 3° part. Il Ajisoliiraenl. Prendre à droite, à gauche, entrer dans un chemin situé à main droite ou à main gauche. Promote, un des lieutenants généraux de l'empereur, prit à gauche avec une partie de la cavalerie, fléch, Hist. de Théodose, II, 4. I; On dit de même ; prendre à l'est, au nord, etc. Pour avoir trop pris à l'ouest, la petite flotte manqua son terme, ray.nal, //i,s(. phil. xvi, 3. || Prendre par, suivre une direction par un certain endroit. Mets sur mon bras ton bras timide. Viens, nous prendrons par les tilleuls, v. hugo. Odes, v, 24. Il Prenez par ici, par là, allez par ce chemin-ci, par ce chemin-là. || Prendre à travers champs, à travers les terres labourées, aller directement, sans suivre le chemin frayé. || Fig. et familièrement. Prendre à travers les choux, à travers choux, aller à son but tout droit, sans s'inquiéter d'aucune considération, et aussi procéder au hasard, sans méthode. Il Prendre la voie de la me.ssagerie, de la diligence, la voie du coche, aller par la messagerie, par la diligence, par le coche. || On dit de même : prendre U diligence, prendre la poste, prendre la messagerie, prendre le coche, prendre le chemin de fer, le premier train. || On dit dans le même sens: prendre un fiacre, un bateau, un cheval. Il Fig. Prendre la bonne voie, la mauvaise voie, se porter au bien, au mal. || Fig. Prendre la bonne voie, se servir de bons ou de mauvais moyens pour réussir en quelque chose. || On dit dans le même sens : prendre les voies de la rigueur, de la douceur, etc. || Fig."Prendre le chemin le se ruiner, de faire fortune, faire ce qu'il faut pour se ruiner, pour s'enrichir. || Prendre les devants, le devant, partir avant quelqu'un, et lig. le prévenir, le devancer dans une affaire. || Prendre le pas sur quelqu'un, pa.sser devant lui pour le précéder; prendre sa droite, se melireàsa droite. || Prendre la main, prendre le pas, c'est-à-dire prendre la droite. Les princes du .sang prennent lambin chez eux. || 37° Il se dit de la façon dont on taille, emploie une étoffe. Le tailleur a mal pris cette étoflTe. Prendre du drap à contre-
poil. Il Prendre un habit, faire un habit sur un patron donné. Je vous porte un habit complet à la valaisane, et j'espère qu'il vous ira bien; il a été pris sur la plus jolie taille du pays, j. j. Rouss. Ilél. i, 23. Je gagerais qu'elles ont été prises d'après le même modèle, dider. Salon de 1767, (Euv t. xiv, p. 300, dans POUGENS. || Il se dit, en un sons analogue, de viandes qu'on découpe. Vous coupez mal ce bouilli, vous n'avez pas pris le sens de la viande. I] Fig. l'rendre une affaire à contre-poil, la prendre en un sens contraire à celui qui serait convenable. Il Fig. Prendre bien, prendre mal une affaire, la conduire bien ou mal. {j Fig. Prendre une affaire du bon, du mauvais biais, la conduire bien, la conduire mal. Et du biais qu'il faut vous prenez cette affaire, mol. Sgan. n. \\ Fig. Prendre une chose du bon, du mauvais côté, la considérer comme il convient, comme il ne convient pas, et aussi supposer une bonne, une mauvaise intention Elle prend toujours les choses du mauvais côté, reônaru, Séri nade, 13. || Prendre une chose d'une certaine façon la considérer, la traiter d'une certaine façon. Enlret dans ce cabinet, pour nous écouter, et vous verrez comme je vais prendre la chose, hautriioche, le Coch. 17. Aurais-je pris la chose ainsi qu'on m'a vu faire? mol. Tart. iv, B. Vous prenez, croyez-moi, comme il faut cette affaire, regnard, le Joueur, v, 8. Il 38° Comprendre, interpréter, considérer d'une certaine manière. Vous prenez toul d'un sens contraire à ma pensée, rotr. Aniig. ii, 4. Je vous crois l'âme trop raisonnable Pour ne pas prendre bien cet avis profitable, mol. Kis. ni, b. Je lui fis excuse d'avoir mal pris son sentiment, pasc. Prov. i. Ils [les philosophes] ont été sous l'erreur qui a aveuglé tons les hommes dans le premier : ils ont tous pris la mort comme chose naturelle à l'homme, ID. Lettre du 17 oct. i6bi. On a pris cela, comme s'il avait voulu braver le roi; jamais rien ne fut si innocent, sÉv. 134. On demande comment II faut •prendre cette parole de saint Antoine.... que la vraie raison ne se connaît pas elle-même, Boss. Or. v, 12. On prend tout à mal, lu. Pensées, 29. Il faut vous accoutumer à bien prendre mes lettres, to. LeIt. Corn. 88. Lorsque la suite du discours détermine le sens auquel on les pi-end [les termes], malebr. Rech. vér. Éclaire. I. i , t. iv, p. 36, dans pougens. Vous avez fait comme tous les commentateurs ; vous n'avez pas pris le sens de l'auteur, volt. Lett. Thiriot, 4 juin I766. Ne lui fais pas de plaisanterie à deux sens, puisqu'il les prend à mal, miraueau, Leit. orig. t. lit, p. b4B. Oh I vous savez bien prendre la chose, al. duval, Projet de mar. se. 12. Il Le bien prendre, se faire une juste idée de la chose. Vraiment, dit Ariste, vous le prenez bien, et je ne doute presque pas que voire explication ne soit la meilleure, Bouiiouns, Enlret. d' Ariste et d'Eug. VI. Il X le bien prendre, en donnant une juste interprétation. X le bien prendre au fond, elle n'est pas si bête, mol. Femm. sav. iv, 3. Dans l'état opulent où Dieu vous a placées, vous êtes, à le bien prendre, les servantes des pauvres, bourdal. Exhort. chnr. envers les pauv. t. i . p. 9. || Prendra quel(|ue chose en bonne part, en mauvai.se part, recevoir bien ou mal ce qu'on nous dit, ce qu'on nous fait. Il Pi-endre mal, se fâcher de. il pourrait se trouver des gens qui prendraient mal vos discours, pasc. Prov. vin. Il Le prendre mal, se fâcher mal à pr-opos. Il Prendre pour soi, s'attribuer, se faire l'application de. Le jeune Méiiécée a pris ces mots pour lui, ROTR. Antig. i, 3. Je vous supplie de ne prendre pour vous aucune des plaintes que je ferai, parce que je ne vous impute aucune des choses dont je me plains, fén. Lett à \oaiUes, 8 juin 1697. Il Prendre une chose à la lettre, au pied de la lettre, l'expliquer selon le sens littéral, dans la rigueur de l'expression. S'il faut prendre au pied de la lettre et sans figure tout ce qu'il vient de raconter, boss. 6* avert. i, 8. Comment, sans vous compromettre. Vous tourner un compliment? De ne rien prendre à la lettre Nos juges ont fait serment, BÉRANG. Halle-là. Il Prendre les choses à la rigueur, les interpréter trop selon le sens propre. Il Le prendre à, s'en rapporter au sens de. Si vous le voulez prendre aux usages du mot. L'alliance est plus grande entre pédant et sot, mol. Femm. sav. IV, 3. Il Prendre sérieusement une chose, l'entendre comme si elle avait été dite sérieusement. Vous moquez-vous de le prendre sérieusement avec un homme comme oola? ne voyez-vous pas qu'il est fou? MOL. Bourg, gent. in, h. Il a pris sérieusementet de travers tout mon badinage, sÉv. I7janv. iSHStll Prendre sérieusement, prendre au sérieux, donner une atlenliuu sérieuse. Ceux qui viveat
dans les plaisirs.... ne prennent rien sérieusement, Boss. Sermons, Am. des plaisirs, l. Jupiter prend le fait très -sérieusement, dancodrt, Céphale et Procris, i. 7. Au bout de cinquante ans, vous avez diipné enfin me prendre sérieusement, volt. Lett. Hichelieii, * juin 1772. La chose fut prise au sérieux, j. j. BOL'ss. Conf. I. Il Prendre en riant quelque chose, ne s'en point fâcher, n'en faire que rire. 1139* Prendre quelqu'un, le considérer, en faire l'objet d'une étude. Il [Bourdaloue, dans une oraiion funèbre) a pris le prince [de Condé] dans ses points de vue avantageux, sfiv. <6 déc. (683. Il 40" Soutenir, adopter. Elle vous a banni, j'ai pris votre querelle, corn. Sertor. iv, ï. Loin d'être les premiers à prendre ma vengeance, Eux-mêmes font obstacle à mon ressentiment, mol. Amph. m, b. El vous devez, en raisonnable époux, Être pour moi contre elle, et prendre mon courroux, lo. Femmes sav. u, 0. C'est prendre les vrais intérêts du christianisme, que de soutenir que les démons n'ont point été les auteurs des oracles, fonten. Oracl. i, 6. Il Prendre le parti de, parti pour, voy. parti 3, n° 6, et, absolument, prendre parti, voy. le n° 10. Il Terme de palais. Prendre le fait et cause de quelqu'un, ou prendre fait et cause pour quelqu'un, intervenir en cause pour lui. || Fig. Dans le discours ordinaire, prendre fait et cause pour quel<|u'un, prendre la défense de quelqu'un. || 41° Il se dit des sentiments, des passions que l'on éprouve. Par l'estime qu'on prend pour un autre mérite, cobn. Sophon. I, 2. Prenez des sentiments plus justes et plus doux, ID. Tois. d'or, iv, 3. Où prends-tu cette audace et ce nouvel orgueil? m. Cid. m, i . Mou cœur en prend par force une maligne joie, id. Poly.iii, 6. J'en pris pour l'avenir dès lors quelques alarmes, IB. Œdipe, I, 4. Un ami, qui m'est joint d'une amitié fort tendre. Et qui sait l'intérêt qu'en vous j'ai lieu de prendre, mol. Tari, v, 6, J'y retournai le lendemain, toujours en badinant de cet amour que je disais vouloir prendre et qui, à ce que je crois, était tout pris, mariv. Pays, parv. 4" partie. Je suis environné de chagrins, quoique je tâche de n'en point prendre, volt. I.ell. d'Arqental, 8 mai <773. Je pris du goût pour la littérature ei quelque discernement des bons livres, j. j. rouss. Confess. m. J'ai pris goOt à la république, Depuis que j'ai vu tant de rois, biîr. Républ. |l Prendre l'épouvante, avoir tout i coup une grande frayeur. || 42° Obtenir, se procurer. Vous savez quel empire il a pris sur mon âme, c. delav. T^pres sicil. i, i. || Prendre des renseignements, des informations, se renseigner, s'informer. || On dit à peu près dans le même sens : prendre connaissance d'une chose. || Prendre la vengeance, se venger de. Pour m'oavrir une voie à prendre la vengeance De son hypocrisie et de son insolence, mol. Tart. m, 4. || Prendre ses avantages, profiter des occasions qui se présentent. Il [Mazarinj croyait que, tous les gros joueurs ayant la réputation de tromper, il ne lui était pas défendu de faire comme les autres, ce qu'il appelait d'un ton plus doux prendre ses avantages, brienne, Mémoires, ch. VIII. Il Prendre avantage, même sens. Cet homme prend avantage de tout. || Prendre de l'avantage, prendre son avantage pour monter à cheval, se dit de ceux qui, pour monter plus facilement à cheval, s'aident d'une pierre, d'un banc. Il Prendre le dessus, se dit d'une personne dont la santé, les aflaires, etc. se rétablissent. || Prendre la grande main, la haute main dans une affaire, y prendre la principale autorité. || Prendre l'avis, consulter. De Maxime et de toi j'ai pris les seuls avis, corn. Cinna, v, 1. 1| Prendre les avis, les voix, les recueillir. || Prendre des inscriptions en médecine, en droit, s'inscrire pour commencer ses études dans la médecine, dans le droit. || Prendre ses degrés, ses grades, obtenir, dans une université, les litres de maître es arU, de bachelier , de licencié, de docteur. || On dit de même : prendre ses licences. || 43° Avec un nom de temps, remettre i une autre époque, à un autre moment. Prendre du délai. Prendre du temps. Prends un an, si tu veux, pour essuyer tes larmes, corn. Cid, v, 7. Il Prendre un moment, se réserver un moment. Il faudrait être bien misérable pour ne vouloir pas prendre un moment en toute sa vie pour mettre un chapelet à son bras, ou un rosaire dans sa poche, et assurer par là son salut, pas:. Prov. ix. || Prendre jour, fixer un jour. Mais hier, quand elle sut qu'on avait pria journée. Et qu'enfin la lataille allait être donnée.... cohn. Hor. i, t. Prenez entre vous l'ordre et du temps et du lieu |pour un duel], Je m'y rendrai êu( l'heure et vais l'attendre ; adieu, 1». D, Sanche, i, 4. Voua aviez pris jour pour un
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lien si doux, mol. Tart. i, «. || Prenoie son temps, ne point se presser, faire une chose à loisir. || Prendre le temps, l'occasion, le moment, saisir le temps, l'occasion, le moment favorable. Prenons l'occasion, tandis qu'elle est propice, corn. Cinna, l, 3. Us [les loupsi vous prennent le temps que dans la bergerie Messieurs les bergers n'étaient pas, la FONT. Fabl. m, ti, Pour arriver ici mon père a pris le frais [le temps du frais], mol École des femmes, V, 8. J'ai pris ce moment-là pour demander au roi, qu'on ne fasse rien là-dessus que par vous, maintenon, iett. au eard. de ffoailles, 29 août 4697, Il Prendre son temps, choisir le moment favorable. Sur l'ennemi commun (ils| sauront prendre leur temps, COBN. Héracl. v, 6. Dans l'abord il [le moucheron] se met au large. Puis prend son temps, fond sur le cou Du lion qu'il rend presque fou, LA FONT. Fabl. II, 6. Je ferais le voyage qu'il vous conseille; je prendrais mon temps; je mettrais ce remède au rang de mes affaires indispensables, sÉv. H oct. 1679. Don Gabriel forma le dessein de m'enlever, et prit si bien son temps et ses mesures, qu'il l'exécuta sans peine un soir que je m'en retournais toute seule à la ferme, lesage, Estet). Gonx. 55. Il Dans le sens contraire. J'aime mieux qu'on me blâme d'avoir mal pris mon temps que d'avoir été indifférent dans un déplaisir qui vous a été si sensible, scarr. Leit. Œuv. t. i, p. 317, dans PODGENS. Que vous prenez mal votre temps, madame Jacob! vous me voyez en compagnie... lesage. Turc. V, 9. Il Prendre le temps de quelqu'un, attendre le moment qui convient à quelqu'un dont on a besoin. || En un sensdiiïérent, prendre le temps de quelqu'un, lui dérober une partie de son temps. Il 44° Prendre les choses de haut, les traiter avec une grande étendue d'esprit. || Prendre la chose de plus haut, en parlant d'une narration, faire le récit des choses qui ont précédé celles que l'on raconte. || On dit dans le même sens : prendre les choses de loin. Il 4B° Il se dit de quelques opérations scientifiques. Il Terme d'astronomie. Prendre des distances d'astres, observer avec un instrument les distances angulaires de ces astres. || Terme de marine. Prendre la hauteur du soleil, de la lune ou d'un autre astre, ou, absolument, prendre hauteur, mesurer avec un instrument la hauteur d'un astre au-dessus de l'horizon pour en conclure la latitude. Pendant douze jours je n'ai pas quitté le compas et la carte marine; j'ai même pris hauteur, ce qui est trèsfort pour un ambas.sadeur ecclésiastique , l.eltie du card. de PoUgnae, 1693 , dans jal. || En médecine clinique, prendre l'observation d'un malade, consigner jour par jour les phénomènes do la maladie. |l En général, prendre des observations, recueillir des notes sur certaines choses. |1 46° Au jeu , prendre sa revanche, jouer une seconde partie pour se racquitter de ce qu'on a perdu. || Fig. Prendre sa revanche, regagner un avantage qu'on avait perdu, ou l'équivalent. || Au jeu de paume, prendre sa bisque, compter le quinze qu'on a reçu de celui contre qui l'on joue, et qu'on est en droit de prendre quand on veut. || Fig. et familièrement. Bien ou mal prendre sa bisque, faire usage à propos ou mal à propos d'un moyen qu'on a pour réussir dans une affaire, pour obtenir une grâce. || 47° Terme de chasse. Prendre le change, se dit des chiens lorsqu'ils quittent la bête qui a été lancée pour en prendre une autre. || Fig. Prendre le change sur un objet, sur une affaire, s'y tromper. || Faire prendre le change à quelqu'un , le tromper, l'induire en erreur. || Prendre les devants, faire un tour avec les chiens pour requêter et retrouver la voie d'un animal. Il On dit que le cerf prend son buisson, quand il choisit un endroit dans une forêt pour se retirer le jour et aller aisément la nuit dans les champs. Il Prendre le vent, se dit de l'action des chiens qui vont à la rencontre du gibier. {| Terme de fauconnerie. Prendre motte, se dit d'un oiseau qui se po'e à terre au lieu de se percher. || 48° Terme de marine. Prendre le bord du large, prendre au large, prendre le large, s'éloigner de terre pour gagner la haute mer. Les galères sortirent à petit bruit de leurs postes, et prirent au large, Duquesne à Seignelay, (B80, dans jal. || Fig. Prendre le large, s'enfuir. || Prendre la haute mer, gagner la haute mer. || Prendre le largue, passer de l'allure du plus près du vent à celle du largue, c'est-à-dire courant près du vent, élargir l'angle de sa route. || Prendre la mer, s'embarquer. || Prendre terre, prendre port, débarquer. Il ne vient que vous perdre en venant prendre port, corn. Pompée, i, 1. 1| Prendre les amures sur le bord, les fixer. || Prendre vent devant, virer de bord. || Prendre la mer de bout, mettre ou avoir
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le cap dans la direction de la lame, et la couper directement avec l'étrave en faisant route. || Prendre une bitture, retirer de la cale et élonger sur le pont la longueur de câble nécessaire pour un fond où l'on va mouiller. || Prendre un corps-mort, en faire parvenir les câbles à bord pour s'amarrer, au mouillage, sur ce corps-mort. || Prendre chasse, fuir devant la poursuite d'un ennemi. || Un bâtiment, une voile, prennent ou sont pris, lorsqu'en venant au vent le bâtiment est masqué ou la voile coiffée. Il Prendre des ris, voy. ris. || Prendre le plus près, voy, près. || Prendre en chargement, prendre du monde , des troupes , des passagers , etc. les mettre, les recevoir à bord. {{ 49° Prendre.à, accepter comme. Puisque Dieu le voulut, je pris le tout à gré, Régnier, Sat. xi. Mon ami, prenez ce discours à bon présage, pasc. Prov. ii. || Prendre une chose à creur, s'en affecter. Il me semble que vous prenez la chose fort à cœur, mol. Préc. \. || Prendre une chose à lâche, chercher tous les moyens de la faire. Il Prendre quelqu'un à témoin , invoquer son témoignage. Je les prends à témoin de l'insulte que vous me faites. Je prends à témoin le prince votre père si ce n'est pas vous que j'ai demandée, mol. Prine. d'Él. v, 2, || On dit de même : prendre Dieu à témoin. || Prendre à partie, voy, partie t, n" H7. Il 50' Prendre dans, puiser à. Il mêle avec l'orgueil qu'il a pris dans le.;i- sang La fierté des Nérons qu'il puisa dans mon tlanc , ba;. Bril. i, i. Cet amour du pouvoir que l'on prend dans les camps, M. J. CHÉN. Gracques, n, 3. || 61° Prendre quelqu'un en, le surprendre, l'attaquer d'une certaine façon. Va, tu l'as pris en traître; un guerrier si vaillant N'eût jamais succombé sous un tel assaillant, cohn. Cid, v, 6. Tu (Ulyssel as pris les amants [de Pénélope] en trahison, c'étaient des hommes amollis par les plaisirs, vis. Dial. des morts anc. Dial. v, || Attaquer. Prendre les ennemis en queue, en flanc, les attaquer par la queue, par le flanc. L'empereur, avec le re,^le, côtoyant la colline à droite, s'approcha des ennemis pour les prendre en flanc, kléch. Hist. de Théodose, u,4. 1| Fig. Prendre quelqu'un en, ressentir un certain sentiment pour lui. Prendre quelqu'un en amitié, en haine. Prendre quelque chose en gré. Cela me fait prendre le monde en horreur a^ec justice, volt. lett. roi de Prusse, 2i avril 1760. Il Prendre quelqu'un ou quelque chose en giiignon , en grippe, être prévenu contre quelqu'un, contre quelque chose. || Prendre quelqu'un en pitié, avoir pour lui de la pitié ou du dédain. Il Quand le substantif n'est pas sans article, on met dans au lieu de en. Aussi m'a-t-elle pris dans le plus parlait dédain, J. J. nouss. Hél. i, 34. || Prendre le mal d'autrui en pitié, en être touché. || Prendre les choses en patience, les supporter patiemment. Il Prendre une chose en coiisidéralion, la remarquer, en tenir compte. || 52° Prendre pour, regarder comme, supposer. Quand je prendrai l'un pour l'autre, vous me remettre/, au droit chemin, malz. liv. VII, lett. 22. Ils prennent pour affront la pitié qu'on a d'eux , cobn. Hor. m , 2, Un jour le cuisinier, ayant trop bu d'un coup, Prit pour oison le cygne, la font. Fabl. m, t2. Car enfin, mes pères, pour qui voulez-vous qu'on vous prenne? pour des enfants de l'Rvangile , ou pour des ennemis de l'Évangile? pasc. Pror. xiv. Je n'aurais pas pris votre courage pour de la force comme on a fait, siîv. 21. Athènes, la plus polie et la plus savante de toutes les villes grecques, prenait pour athées ceux qui parlaient des cho.ses intellectuelles, et c'est une des raisons qui avaient fait condamner Socrate, BOSS. Hist. Il, 5. Tircis, l'amour n'est point de votre connaissance, Vous prenez sa sœur pour lui, DESiioi L. Poés. t. I, p. 126. C'est lui [le distrait] encore qui entre dans une église, et, prenant l'aveugle qui est collé à la porte pour un pilier et sa tasse pour le bénitier, y plonge sa main, la bruï. XI. Rien n'est plus commun que de prendre sa tête pour son cœur, didkr. ietl. à Hlle Voland, a sept. 1767. Il Familièrement. Pour qui n>e prenez-vous? se dit pour avertir quelqu'un qu'il se trompe du tout au tout sur ce ijoe je suis. Comment, madame, pour qui prenez-vous monsieur Jourdain? MOL. Bourg, gent. iv, i. Que v,i-t-il penser de moi? pour qui me prendra-t-il? mon Dieu! que je suis malheureuse! mariviux, Marianne, part. 3. 1 Prendre saint Piere pour saint Paul, pieudre l'un pour l'autre. || Familièrement. Prendre (juelqu'un pour un autre, en juger autrement qu'il ne faut. Allez chercher votre dupe ailleurs, vous m'avez pris pour un autre. |{ Fig. Prendre marlre pour renard, se méprendre. || Prendre un homme pour une dupe, le regarder comme facile à trouj-
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per. Il Prendre un homme pour dupe, le tromper. Il Prendre pour bon, croire (presque toujours avec un sens ironique). Voyez ce que c'est que de n'être pas jour et nuit en ce pays-ci [la cour]l le coadjuteur.... prend pour bon ce que la reine vient de lui dire, betz, Xém. ii. || Fig et familièrement. I! a pris ce qu'on lui a dit pour argeni comptant, il a cru trop facilement ce qu'on lui a dit, il a trop compté sur ce qui n'était qu'apparence. || 53° Prendre avec un nom de chose pour sujet. || Entourer, envelopper. Cette draperie est une seule el unique pièce d'étoffe qui s'en va prendre les bras, les jambes, le corps, les épaules, le dos, toute la figure, dider. Salon de i765, Œuv. t. xiii, p. 332, dans pougens. Il Fig. Faire impression , s'emparer de l'esprit. Et l'inprate beauté dontle charme m'a pris, rotrou, Vencesl. iv, 2. Laissons-nous aller de bonne foi aux choses qui nous prennent par les entrailles, et ne cherchons point do raisonnements pour nous empêcher d'avoir du plaisir, mol. Critique, 7. Toinette : La tendresse paternelle vous prendra. — Argan : EUe ne me prendra point, m. Hal. imag. i, 5. Ils [les sacrementsl nous prennent l'esprit par la vue et par l'ouïe tout ensemble, Boss. Euch. a, e. || Il se dit des maladies qui saisissent. L'accès le prit à telle heure. La fièvre de monsieur le Dauphin, qui le prend dans cette saison à Saint-Germain , SÉV. 22 juill. I67I. Ma coli(|ue m'a pris assez mal à propos, BEONABD, Légat, il, 4. Eh! dis-moi, je te prie, Te prennent-ils souvent ces accès de folie? GRF.SS. le Méch. m, 9. || Il se dit, dans un sens analogue, des sentiments, des passions, etc. L'épouvante les prend à demi descendus, cobn, Cid, iv, s. Le repentir m'a pris, et j'ai craint le courroux céleste, mol. Festin, i, 3. Si la curiosité me prenait de savoir.... pasc. Prot;. i. Vous souvient-il des fanfciisiesqui vous prenaient quelquefois de trouver qu'il y a des mois qui ne finissent point du tout? sÉv. 25 mai i68o. Â peine y sommes-nous entrés [dans l'éghse] à certains jours que l'ennui nous prend et que nous pensons à nous retirer, bourdal. Exhort. sur le reniem. de Si Pierre, t. i, p. 466. Quand la colère me prend, ordinairement la mémoire me quitte, Marivaux, Sec. supr. de l'am. i, 2. Il Absolument. L'âge s'avance, les charmes pa.ssent, les hommes s'éloignent, la mauvaise humeur prend, DIDEB. Père de famille, ii, 2 || Contracter certaines qualités bonnes ou mauvaises. 11 semblait que tout prît un vice particulier et se corrompît en même temps, MONTESQ. Esp. XXXI, 27. L'arc parut prendre quelque élasticité entre ses mains, volt, la Princ. de Bahyt. l. Des barres de fer qu'on laisse tomber plusieurs fois de suite d'une certaine hauteur prennent du magnétisme par l'effet de leurs chutes réitérées, BUFF. Min. t. IX, p. 55. Ce jaspe qui prend très-bien le poli, iD. ib. t. I, p. «6. Le sommet est d'un brun noirâtre qui prend un peu de jaune par derrière et sur les côtés, id. Ois. t. vi, p. (24. Le coton ne prend le rouge de la garance d'une manière solide que lorsqu'il a été imprégné d'huile, chaptal, Instit. Mém. scienc. t. ii, p. 289. || Prendre son pli, voy. PLI. li Absorber, détourner. C'est ce i|ui prend tout l'argent et toute l'attention, baintenon, Lett. au duc de Noailles, «3 fév. )7H. || Prendre du temps, exiger beaucoup de temps. Ce travail m'a pris beaucoup de temps, peu de temps. || Surprendre. La pluie nous prit en chemin. La nuit et le sommeil les prirent en même temps, rollin, Hist. anc. Œuv. t. VI, p. 453, dans pougens. {{ Prendre sa source, en parlant d'un cours d'eau, commencer à couler, avoir son origine. || Prendre son cours, suivre une certaine direction en coulant. || Cette affaire prend un bon tour, un mauvais tour, on peut présumer, vu la manière dont elle marche, qu'elle réussira, ne réussira pas. Il On dit de même : cela prend une bonne, une mauvaise tournure. |{ Par analogie. Le train que prennent les choses. || S'imprégner. Prendre l'eau. Il veut que les soul.ers des enfants prennent l'eau , j. J. Rooss. Ém. II. Il Prendre le sel, son .sel, voy. SEL. Il 54° Prendre se construit avec plusieurs substantifs sans article, et forme locution ; on en donne ici quelques exemples, en y joignant parfois, pour marquer la différence, l'emploi avec l'arllcle. || Prendre foi, prendre créance, se fier. Mais je n'ai point pris foi sur ces méchantes langues, mol. fc'c. des femm. ii, 6. El tâchez, comme il prend en vous quelque créance, De le di.>.suader de cette autre alliance, 10. i6. V, «. Il Prendre droit, acquérir des droits. El je serais encore à nommer le vainqueur. Si le mérite seul prenait droit sur un cœur, mol. D. Gare, i, I. || Protidre droit, avec un nom de chose pour sujet, être capable do (locution qui vieil- Ut). Cependant apprenez, prince, i vous mieux ar-
mer Contre ce qui prend droit de vous trop alarmer, MOL. D. Gare, i, 5. H Prendre patience, supporter patiemment. Il a affaire à un fâcheux, â un homme oisif, qui se retirera à la tin, il l'espère, et il prend patience, la bruy. xi. || Prendre courage, se remettre en courage, en espoir. Prends courage, ma fille.... cobn. Cid. ii, 9. || Prendre visée, s'attacher à. Elle est sage, elle m'aime, et votre amour l'outrage; Prenez visée ailleurs, et troussezmoi bagage, mol. Éc. des mar. n, 9. || Prendre garde, voy. garde t , n" 6. Il Prendre peine, travailler à. Tant pis emore de prendre peine à dire des sottises, mol. Critique, I. || Prendre de la peine, travailler avec soin. Travaillez, prenez de la peine. C'est le fonds qui manque le moins, la pont. Fahl. v, ». !| Prendre plaisir, se plaire à. I! prend plaisir à nous tourmenter. Il II se dit aussi avec de. Car le ciel a trop pris plaisir de m'affliger, mol. le Dép. ii, 4. Je prends plaisir d'être seule, id. Critique l. Je pense qu'il ne prend pas plaisir de nous voir, id. Festin, m, 7. || Prendre le plaisir de la chasse, de la pèche, de la promenade, etc. aller à la chasse, à la pêche, à la promenade. Il Prendre soin, donner des soins. Prendre soin d'un malade. Je voulais, en mourant, prendre soin de ma gloire. Et dérober au jour une flamme si noire, rac. Phèdre, i, 3. || Prendre le soin, ne pas négliger de. C'est un étrange fait du soin que vous prenez X me venir toujours jeter mon âge au nez, mol. Éc. des maris, i, <. || Prendre parole de quelqu'un, tirer assurance, promesse verbale que telle chose sera faite. Il Prendre la parole de quelqu'un, recevoir son engagement, sa promesse. || Prendre la parole, commencer à parler. || Prendre mesure, noter d'une certaine façon les quantités nécessaires pour faire un habit, un soulier, etc. || Prendre la mesure, les dimensions d'un objet, le mesurer, il Prendre place, se mettre parmi. || Prendre la place de, se mettre i la place de. Il n'est plus temps, madame, une autre a pris la place, mol. ilis. iv, 2. j| Prendre langue, voy. LANGUE, n° 4. Il Prendre pied, s'établir soli'Iement. Il a pris pied dans cette administration. Il Prendre le pied, s'autoriser. De peur que, sur votre faiblessa, il ne prenne le pied devons mener comme un enfant, mol. Scapin, i, 4. || Kig. Prendre un pied, s'emparer d'une étendue égale à celle d'un pied, s'impatroniser \p moins du monde. Laissez-leur prendre un pied chez vous. Ils en auront bientôt pris quatre, la font. Fabl. il, 8. || Prendre racine, s'enraciner. || Prendra loi, obéira. Il serait beau vraiment qu'on le vît aujourd'hui Prendre loi de qui doit la recevoir de lai! mol. Éc. des femmes, V, 7. Il Prendre les lois, des lois, même sens. Et tu devais tenir pour assuré présage, ...Que toute cette Europe allait prendre tes lois , cokn. Toison d'or. Prologue, se 2. Vous ne prenez de lois que de votre caprice, rotr. Venc. i, 1. 1| 55° K. n. S'enraciner. La vigne ne prend pas dans ce terrain. Des plantes qui prennent de bouture. || Fig. Sans lui [Dieu] nous ne pouvons rien faire, et ses plus saintes paroles ne prennent point en nous, comme il l'a dit lui-même, pasc. Lett. sur la mort de sonpère. Jésus-Christ leur dit : Vous voulez me tuer, méchants que vous êtes, parce que mon discours ne prend point en vous, boss. Sermons, Église, i. Son esprit est ce que l'a fait la nature : la culture el les soins n'y prennent pas, J. J. Rouss. Confess. vu. || 66" Fig. Réussir, avoir du succès. Cet exemple prit universellement, et répandit dans l'arche un esprit de coquetterie qui dura pendant tout le séjour qu'on y fit, M0NCRiF,daus desfontaines. Celte doctrine eut de la peine à prendre à la Chine et au Japon, dider. Opin. des anc. phil. (Japonais). Je ne pense pas que la méthode de l'illustre Rcaumur pour faire éclore les poulets ait pris en France, bonnet, 9' lett. hist. nat. Il II se dit aussi des personnes. Ce jeune homme a bien pris dans le monde. D'Aquin n'avait jamais pu prendre avec Mme de Maintenon, stsih. i4, 162. Il B7° S'attacher â, avec un nom de personne pour sujet. On a beau faire étuiliercet enfant, il ne prend à rien. J'en demeurerai à la simple approbation [des bouts-rimés], quand ce ne serait que pour faire voir à Pauline qu'il y a des choses où mon esprit ne prend pas, sÈv. (2 juil. I6B0.|| C'est un homme qiri prend i tout, qui ne prend à rien, qui s'intéresse à tout, qui ne s'intéresseà rien.'! 68* Faire son effet, s'attacher à, avec un nom de chose pour sujet. Cette couleur ne prend pas. I«) vésicatoires ont bien pris. Les sangsues n'ont pas pris. || Fig. L'évoque de Chartres m'avertissait qu'on m'avait rendu les plus mauvais offices auprès du roi, et qui avaient pris, ST-81M. 312, ti9. Espérant me causer de l'inquiétude, tout cela ne prenait point, 1. 1. rouss. Ém. u. Celte raison prend peu sur noui, ricbea, id. ib.
IV. Il 59" Faire une impression trop forte. Je me jjorte à merveilles, hors que je n'ai pu souffrir la douche; c'est que je n'en avais nul besoin cette année, et qu'elle prenait trop sur moi, sÉv. 21 sept. (677. Il Particulièrement. Faire une impres,sion trop forte à la gorge, au nez. Ce ragoût prend à la gorge. La moutarde prend au nez. || 60° Il se dit de ce qui s'allume ou fait explosion. Leur hôtel de Paris a pensé brûler : une chambre, avec ce qui était dedans, a été brûlée tout entière; et le miracle, c'est qu'il y avait dans cette chambre de la poudre qui ne prit point, sÉv. 5 janv. i680. Elle [la flamme] prend partout en un instant, et cet admirable édifice est réduit en cendres, boss. Hist. u, 8. Comme il vit que la flamme commençait à prendre au bûcher, FÉH. Tél. XV. A vous entendre. J'ai cru qu'à la maison le feu venait de prendre, regnard, Je Disir. I, 2. Il 61" S'épaissir, se cailler, se glacer. Cette gelée ne prendra pas. La rivière a pris cette nuit. Il 62" Commencer en un point et s'étendre de là. Une tache d'un pourpre clair prend à l'angle de l'œil, et se termine en arrière par un Irait du bleu le plus vif, BUFF. Ois. t. xiil, p. 2U4. Il 63' 11 se dit des maladies qui font invasion.La maladie de Mme la comtesse de Montrevel, qui lui prit le lendemain qu'elle arriva, sÉv. à Ménage, 19 août <«52. Le frisson lui prit à Versailles; c'est demain le quatrième jour, sÉv. 3)3. Nous avons eu beaucoup de peine à faire revenir mademoiselle d'un évanouissement qui lui a pris, Marivaux, Marianne, 6" part. Une petite toux qui prit au mari abrégea toutes les politesses, id. Pays. paru. part. 5. || Impeisonnellement. 11 lui prit un frisson, et il changea de visage, lesage, Diabl. boit. 20. U lui prit un ètouffement qui le fit retomber à sa place, où nous crûmes qu'il allait expirer, Marivaux, Marianne, part.
III. Il II se dit, au même sens, des affections morales. On eût dit que chaque chambre était un oratoire ; l'envie d'y faire oraison y prenait en entrant, Marivaux, Pays. parv. part. (. Cette délicatesse lui prit un matin, comme il venait de faire la cour à une prude, mafmontel. Contes mor. Alcibiade. || Impersonnellement. Il m'en a pris quelque petite crainte [que des lettres ne fussent perdues], sÉv. 319. Il prit à ce Mordant un dégoût de la vie ; il paya ses dettes , écrivit à ses amis pour leur dire adieu.... volt. Dict. phil. Caton et suicide. Il II lui a pris en gré de faire telle chose, la fantaisie lui est venue de faire telle chose. || 64° Impersonnellement. Avoir de bonnes ou de mauvaises suites. Bien vous prend que son frère ait tout une autre humeur, mol. Éc. des mar. i, 2. Bien lui prend de n'être pas de verre, iD. Femm. sav. ui, 2. Lise : Elle n'a que vingt ans. — Le marquis : Hien lui prend; la jeunesse est mon goût.... th. coun. Comt. d'Orgueil, i, 2. Mais Madame tint ferme, et ne se relâcha point, dont bien lui prit, la FAY. Hist. Hted'Angl. || Il se dit au même sens avec en explétif. Je ne sais pas comment il m'en prendra; mais je sais bien que vous me devez beaucoup d'estime et d'amitié, scarh. Lettres, Œuv. t. I, p. <•», dans POUGBNS. Il en prit aux uns comme aux autres : Maint oisillon se vit esclave
retenu, la font. Fabl. l, 8 Ce conseil ne plut
pas; Il en prit mal; et force états Voisins du sultan en pâtirent, id. ib. xi, i. L'esprit peut causer des passions par lui-même, et bien en prend aux femmes, fonten. Dial. Platon, Marg. d'Éc. Il 65" Se prendre, v. réfl. Être saisi avec la main. Cela se prend avec des mitaines. || Cette étoffe se prend à pleine main, elle est moelleuse, bien fournie. || Se prendre par la main, se saisir l'un l'autre par la main. Je me disais : on va signer la paix dans Hanovre,... on ne songera plus qu'à aller à la comédie..., tout le monde se prendra par la main pour danser depuis CoUioure jusqu'à Dunkerque, volt. Ult. d'Argental, 2» juill. t76i.||Se prendre aux cheveux, se saisir l'un l'autre par les cheveux. Nos braves s'accrochant se prennent auï cheveux, boil. Sat. m. || Fig et familièrement. Se prendre aux cheveux, avoir une vive querelle. Ils se prirent aux cheveux, et la discussion fut très-vive. Il 66° S'attacher, s'accrocher. Un homme qui se noie se prend à tout ce qu'il atteint. Sa perruque se prit à un clou. Il s'est pris à des épines, et son habita été déchiré. Il faut se prendre à l'arbre e. non pas aux rameaux, tristan, Jfort de Chrispe,
IV, I. Il tend les mains à tous les objets qui l'environnenl comme pour s'y prendre encore; et il ne saisit que îles fantômes, mass. Avent, Mort du péeh. A quelles branches ne se prend-on point, quand on se noie dans les systèmes? volt. Singul. nat. XI, Sans cette précaution les filets te {iiua-
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iraient les uns oans les autres, genlis, Maison nul. t. I, p. 386, dans polgens. || Fig. L'esprit se rebute et s'abat aussitôt qu'il a fait quelque effort pour se prendre et pour s'arrêter à quelque vérité, MALEBB. Rech. vér. m, ii, ». Il semble que le cœur ....s'ennuie de sa liberté... et que, ne trouvant plus, pour ainsi dire, où se prendre, il se prenne à tout, mass. Profesn. relig. Serm. S. Où le désir trompé ne sait plus où se prendre, delille, [magin. ii. || Ne savoir où, à quoi se prendre, ne sa- •nir à quoi s'en tenir, à quoi recourir. Je me suis pris i tout, ne sachant où me prendre, corn. Galer, du falais. V, 4. Ils [les Juifs! ont laissé passer ces préîieux moments sans eu profiter; c'est pourquoi on les voit ensuite livrés au mensonge, et ils ne savent plus à quoi se prendre, boss. fJist. ii, ». || 67» Etre saisi dans un piège, dans un filet. Sachez, lui dit-il [Anacharsis i SolonJ, que ces écritures fies lois] ressemblent proprement à des toiles d'araignées : les faibles et les petits s'y prendront et s'y arrêteront; mais les puissants et les riches les rompront savis peine, rollin, Hist. anc. Œuv. t. ii, p. 568. Les chardonnerets ne se prennent point à la pipée, et ils savent échapper à l'oiseau de proie en se réfugiant dans les buissons, bdff. Ois. t. vu, p. 27». Il Impersonnellement. L'Église est représentée comme un filet où il se prend toute sorte de poissons, Boss. Euchar. ii, 3. || Fig. Cela vous a pu servir arant ma quinzième lettre; mais à présent, mes pires, on se s'y prend plus : on va voir le concile et on trouve que vous êtes des imposteurs, PASC. Prov, XVI. Quand on veut poursuivre les vertus ju.squ'»ux extrêmes.... on se prend à la perfection même, m. Pens. xxv, 62, éd. ravet. Ce piège [une adroite flatterie] ne sera jamais us6; l'amourpropre des i»i3 et des grands s'y prendra toujours, d'alemb. Éloges, Desprdaux, note i3. Eh 1 c'est toi qui es un innocent de venir te prendre au piège apprêté pour un autre, BEAt;MARCn. Uar. de Figaro, V, 8. Il 68" Fig. Être captivé. C'est un mal terrible que cette disposition à se prendre par les yeux, sÉv. 23 oct. 1675. Si les coeurs des philosophes allemands se prennent par la lecture, les Wolfius, les Hanschius et les Tumingius seront tous amoureux d'elle [Mme du Châteletj sur son livre, volt. Lett. Hénaut, 20 août 4 740. Mon cœur se prit et trè»vivement, j. j. rodss. Confeu. va. \\ Se iaisser prendre, se laisser captiyer. Les autres en jugent par la bonne façon d'en juger, qui est de se laisser prendre aux choses, et de n'avoir ni prévention aveugle, ni complaisance affectée, ni délicatesse ridicule, MOL. Critique, 6. || Se prendre d'amitié, d'amour, d'aversion pour quelqu'un, concevoir de i'amitié, de l'amour, de l'aversion pour lui. Ce petit étourdi s'est pris de goût pour moi, Et me croit son ami, je ne sais pas pourquoi, gresset, Méch. II, I. Il On dit de même : Se prendre de belle passion pour quelqu'un. || Absolument. Et bien qu'il fût d'humeur Douce, traitable, à se prendre facile, Constance n'eut sitôt l'amour au cœur, Que la voilà craintive devenue, la font. Courtis. amour. || Se prendre de vin, s'enivrer. || 69° S'unir ensemble, ils se sont pris pour njari et femme. On fait accepter ses soins dès la première entrevue ; on en est récompensé dans la seconde ; et dans la troisième on se sépare comme on s'est pris,, sans reproches et sans infidélité, saikt-fot, Ess. Paris, Œuvr. t. in, p. 4)7, dans pouGENS. C'est quelque chose de merveilleux, par exemple leur façon de vivre avec les femmes.... on se prenait, on se quittait, ou, se convenant, on s'arrangeait, p. L. cour. Simple discours. II?©* Se prendre à, attaquer. Il fait mauvais se prendre aux poêles, RÉGNIER, ^pt(reii:. EtquesousVétrivière il puisse tôt connaître, 0'.^nd on se prend aux miens, qu'on s'attaque à letir maître, corn. Cal. du Pilait, 1, 9. Tu te presi» à plus dur que toi, Petit Jurpent à tête folle, la font. Fabl. v, I6. || Il se dit I iBsi des choses qu'on attaque. Quel impie osera se prendre à leur vouloir [des dieux]? corn. Hor. m, • Il Se prendre de paroles avec quelqu'un, avoir un aémêlé. Ils se prirent de paroles, le duc de C... et lui, SÉV. 535. Il On dit dans le même sens, mais familièrement : Ils se sont pris de bec. || Se prendre i quelqu'un de, le quereller à cause de, le rendre responsable, lui imputer le tort. Cependant, malheureux, à qui me dois-je prendre D'une accusation que je ne puis «■mprendre? corn. Clit. iv, 7. Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris h moi, la FONT. Fabl. V, 'I. C'est ainsi qu'aux flatteurs on doit paitout se prendre Des vices où l'on voit les humains se répandre, iioL. ilfij. n, 6. Vous dites que «-.'est pouj- se prendre & Dieu de tout : li.sez, Viaez oe traité |le« E&sais de morale, de Nicole]
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que je vous ai marqué, et vous verrez que c'est à lui en effet qu'il s'en faut prendre, mais c'est avec respect et résignation, sÉv. 25 mai I680. Il [Ch. de Sévigné] s'est pris à moi, et me dit que je lui avais donné de ma glace, ID. 8. avr. t67t. i| Il se dit avec en explétif. "Mais, puisqu'il est vaincu, qu'il s'en prenne aux destins, corn. Pomp. I, 4. Ne nous en prenons pas à la dévotion, mais à nous-mêmes, et n'y cherchons du soulagement que par notre correction, pasc. Lett. à Mlle de Roannei, 6. 11 me faut l'auteur de l'univers pour raison de tout ce qui arrive; quand c'est à lui qu'il faut m'en prendre, je ne m'en prends plus à personne, et je me soumets, sév. 423. Sa vessie le fait souffrir, et il s'en prend à qui il peut, d'alemb. ielt. à Voltaire, 31 oct. 1761. L'un d'eux s'en prenait à Voltaire, et surtout à Rousseau, de l'irréligion du siècle, stael, Corinne, x, 2,1171° Se prendre à, employer de radre.sse, de l'habileté à. Voilà comme en amour un novice se prend, hauteroche, Espr. follet, i, <. Elle se prend d'un air le plus charmant du monde aux choses qu'elle fait, mol. l'An, i, 2. Oui, madame, voyons d'un esprit adouci Com.înent vous vous prendrez à soutenir ceci, ID. Mis v, 4. Je ne sais comme je dois méprendre à vous faire cette sollicitation, SÉV. à Moulceari, t. x, p. 549, éd. Régnier.
I On dit dans le même sens, avec y explétif: s'y prendre. Mais par où m'y prendrai-jeî et que faudra-t-il faire? tbistan, M. de Chrispe, iv, 7. D'abord il s'y prit ma', puis un peu mieux, puis bien; Puis enfin il n'y manqua rien, la font. Fabl. XII, 9. On obtient tout de moi quand on s'y prend de la bonne façon, mol. Préc.s. Elle allait éprouver comment il s'y prenait pour tourmenter, hamilt. Gramm. 7. Vous-même, qui vous plaignez que vous ne savez comment vous y prendre pour prier, MASS. Carême, Prière t. C'est à Hercule à dire comme il faut s'y prendre pour étouffer Antée, VOLT. Leit. au Pr. roy. de Pr. 23 févr. i74o. Pour faire le bien il faut le pouvoir, et, quand on le peut, il faut savoir s'y prendre, mahmon- TEL, Conl. mor. Misant, eorr. || 72° Suivi de à et d'un infinitif, commencer, se mettre à. Ayant appris le sujet de sa détention , il s'en prit à rire , et dit qu'on le renverrait le lendemain, pellis- SON, Lett. hist. t. I, p. 287. Un des plus effrontés coquins de la lie dia peuple se prit à outrager Périclès de paroles , p, l. cour. Lett. n, 32«. Sentant son cœur faillir, elle [Jeanne d'Arc] baissa la tête, Et se prit à pleurer, c. delav, Messéniennes, i, 5. {| 73° Être contracté, en parlant de maladies. Il y a des folies qui se prennent comme les maladies contagieuses, la bochefouc. Réflex. 3oo. Le mal se prend à voir des amants de trop près, fonten. Poes. past. Œuv. t. iv, p. I8, dans pod- GENS. 1174° Se prendre s'est dit quelquefois pour s'allumer, du moins au figuré. Le feu se prit au cœur d'un muletier, la pont. Mulet. || 75° Se figer. L'huile .se prend dès que la température baisse. Ce sirop se prendra. Par le refroidissement la liqueur s'est prise en sirop épais, thenard, Instit. Mém. scienc. phys. et malh. Sav. étrang. t. n, p. (2o.
II 76° Se prendre pour, prendre sa propre personne pour quelque autre. Lorsque notre âme veut se représenter sa nature et ses propres sensations, elle fait effort pour s'en former une image corporelle; elle se cherche dans tous les êtres corporels, elle se prend tantôt pour l'un et tantôt pour l'autre, malebr. Rech. vér. i, 43. || 77° Être compris, entendu, interprété Ce mot se prend au spns propre. C'est ainsi que, du temps des Romains, les faisceaux se prenaient pour l'autorité consulaire ; les aigles romaines, pour les armées des Romains, qui avaient des aigles pour enseignes; l'aigle, qui est le plus fort des oiseaux de proie, était le symbole de la victoire chez les Egyptiens, dumars. Tropes, ii, 2 Il Ce mot se peut prendre en bonne, en mauvaise part, il est susceptible d'une bonne, d'une mauvaise interprétation. || 78"Ëtreemployé,enparlantdemots et de locutions. Ce verbe se prend figurément. Cet adjectif se prend substantivement. || 79°A tout prendre, loc. adv. Tout bien examiné. Tellement qu'à tout
prendre, en ce monde où nous sommes Régnier,
Sat. v. Encore qu'à ne regarder que les rencontres particulières, la fortune semble seule décider de l'établissement et de la ruine des empires, à tout prendre il en arrive à peu près comme dans le jeu, où le plus habile l'emporte à la longue, boss. Hist. 111,2. Il 80° Au fait et au prendre, loc. adv. Au moment de l'exécution, quand il est question d'agir, de parler. Au fait et au prendre, il fallait aux Romains et aux jésuites un homme dans cette dignité [le cardinalat] dont ils pussent faire un autre usage que de
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dire ce qu'ils lui avaient soufflé à mesure, st-wm. 224, 9. Il Proverbes. Chacun prend son plaisir où il le trouve. || Ils sont pris, s'ils ne s'envolent, se dit pour se moquer de ceux qui ont manqué quelque capture. || Il n'y a qu'à se baisser et en prendre, se dit d'une chose très-abondante ou très-facile. Isabelle : Je prends Monsieur : il faut en courir le hasard. — Araminte : Et moi, je prends Monsieur. — Ménechme : Il semble à vous entendre, Que vous n'ayez ici qu'à vous baisser et prendre, re ■ GNARD, les Ménechmes , v, 6. || Ce qui est bon à prendre est bon à rendre, c'est-à-dire il vaut mieux se saisir d'une chose sur laquelle on croit avoir quelque droit, que de la laisser prendre à un autre, parce que, au pis aller, on est quitte pour la rendre. Il Ce qui est bon à prendre est bon à garder. Basile : Puis comme dit le proveibe, ce qui est bon à prendre,... — Bartholo : J'entends, E.st bon.... — Basile : X garder, beaumarch. Barb. de Sév. iv, 4. J Oui prend s'engage, ceux qui empruntent ou qui reçoivent des présents, s'assujettissent à ceux qui les obligent. || On dit dans le même sens : Qui prend se vend. Mais vous avez reçu : quiconque prend se vend, CORN. Suite du Ment, u, 5. La raison de douter était tous les cadeaux, Bijoux donnés, et des plus beaux : Oui prend se vend la font. Poét. mêlées, VI. Il Fille qui prend se vend, et fille qui donne s'abandonne.
— REM. 1, On ne dit pas : prends-je? mais : est-ce que je prends? || 2. Prendre mal, pour se trouver mal, tomber rn faiblesse, n'est pas français || 3. L'idée les a pris d'aller à la campagne. Dites : l'idée leur a pris d'aller à la campagne. || 4. Prendre peur pour s'elTrayer a été condamné par des grammairiens. Mais cette expression n'a rien d'incorrect, puisqu'on dit prendre pitié.
— HIST. IX' s. Et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai. Serment.
— xt* s. [Ils] Drecent lur sigle [voile], laissnt currepar mer. Là pristrent terre o [où] Deus les volt mener, St Alexis, xvi. Cordres (il] a prise et les murs peceiez [mis en pièces], Ch. de Roi. viil. Dés or [il] comence le conseil que mal prist, ib. xu. K vos Franceis un conseil en presistes, ib xiv. EtGuene [il] ad pris par la main destre à doigts, tb. xxxviii. Tant cops [il] a pris [reçu] de lances et d'espiez, ib. LX. Pernez mil Francs de France nostre terre, ib. LXii. Promis nous est, fin [nous] prendrum à itant, ib. cxiv. Moût grant vengeance en prendra Temperere, l'b. cxi. Vint tresqu'à els, sis [si les] prist à chaslier, ib. cxxx. Li reis fait prendre le come Guenelon, tb. cxxxv. De plusurs choses à remembrer il prist, ib. ci.xxiii. Pernez m'as bras, me dressez en séant, tb. cxcviii. Entres qu'à Ais [il] ne velt prendre sejur, l'b. cclxix.
— xii* s. Cui [laquelle] je dévoie et panre et noçoier, Ronc. p. »». Quant il se prist au col de l'auferant [cheval], ib. p. 4 38. Mais prent batisme, jel te di sans contraire, ib. p. 4 4B. Il [l'épervier] prit son vol qu'ainz ne se volt targer, tb. p. 464. Mieus ne puet-ele [l'amour] trahir Celui où ele se prent. Coud, iv. [Ses beaux yeux] M'orent ainz pris que [je] m'osaisse donner, tb. vi. Que de lui pitié vous praigne, tb. ix. Dame, comment qu'il m'en preigne, [je] Merci amour de ce qu'ele me deingne [daigne] Tenir à sien.... tb. Benoit soit li hardemens Où j'ai pris si bon espoir! tb. xii. Doucement [je] sui engigniez et soupris [surpris] ; Car, s'ele veut, longuement serai pris, tb. xvii. Grant péché fait qui son home veut prendre Par beau semblant monstrer, tant que bien tient, ib. xxi... et conment Conviendra il qu'à la fin congié [je] praigne? tb. xxu. Où que il voit le duc, si lui a pris à dire, Sax. x. Mais de chevage [impôt] panre est moult grant li enuis, tb. xviii. Eslisez trois messages |messagers| en ceste vostr» gent ; Girart de Montloon prenez premièrement, ib. XXI. Tut sul se combateit, n'i n gueres amis : Car tuil près li evesque [presque tous les évêques] s'esteient a! rei pris [attachés) , Th. te mart. 28. Mais turnerent à avarice, pristrent luiers, e falserent justice e dreiture. Rois, 28. Pren moi à feme, franc chevalier eslis ; Si demorra nostre guère à toz dis, Raoul de C. 223. Penre disons nos à la fois por tolir. Job, 507
— xiii* s. Chanter m'esteut [il me faut chanterl . que m'en est pris courage, otiKSNES, Romancero, p. 85. S'on prent, par droit, d'un larron la justice Doit-on desplaire as loiaus , de néant? ib. Se leur pesé de ce que |je) vous ai di , Si s'en preignent à mon maistre d'Oisi, Qui m'a appris à chanter dès enfance, tb. De ce pristrent li message jour de respondre à l'endemain , villbu. xv. Et fut devitéi
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qu'il preni-roient port à Corfol, et que n premier attendroient les derreniers, tant qu'il [jusqu'à ce qu'ils] seroient ensemble, ib. Lvi. Jà [que ma dame] ne m'ait en grant vilté Pour la fièvre qui m'est prise, Romancero, p. 127. Car largesse fait home aimer ; Et qui l'a moult lui est bien pris (bien lui en prend], le comte de bret. Romane. p. (62. Sa mère entra, si s'assiet devant li [elle]. Bel li pria : fille, prenez mari, ib. p. 73, Il ne le nous vouloil baillier, S'un respoiidant ne li hailloit. X cui il penre s'en pourroit, Sainî-Graal, v. )8B6. ^)ont doi-je prendre en gré se j'ai froit et pouverte ^pauvreté!, Berte.nxxv. Me gardez que [je] ne soie prise à beste cuiverte [malfaisante], ib. Kt que premier [d'abord] leur prist talent [volonté] de la traîr, ib. lxiii. [Je] Ne sai quel mal la prist sous sa destre maissele [mâchoire], t6. Lxxxvi. Par mon cief, dit li rois englois, je m'en rirai [retournerai] en Engleterre, et, si tost corne jou i venrai, jou prenrai le roi de guerre [je ferai la guerre au roi], Chr.de Rains, p. 45. Il [Théophraste] ne tient pas homme por sage Qui femme prent par [en] mariage, Soit bêle ou lede, ou povre ou riche, la Rose. 8602. Dignili's et puissance donne [la Fortune], Ne ne prent garde à quel personne, ib. 6588. Et quant se prent l'une [plante] à florir, ib. B079. Si ne doit l'en mie tout prendre A la letre quanque l'en ot [entend], Ï6. 7194. X Dedahis prennent exemple, Qui fist eles à Ycarus, ib. 6'j42. Amis, dist-il, [je] fais vous savoir, Vez-ci mon cors, vez-ci l'avoir Où vous avez autant com gié [je], Prenés-en sans prendre congé, ib. 8(06. Et sachiés quant j'oî lor chant. Et je vi le leu verdoier, Je me pris moult à esgaier, ib. 684. Biaus amis, que faites vous là? Fait courtoisie, çà venez, Et avecques nous vous prenez À la carole [danse], s'il vous plest, ib. 796. Ne cessent [les chevaliers] ne ne finent ne ne prisent [prirent] maison, Tant que virent de Nique les tours et le donjnn , Ch. d'Ànt. ii, 327. Quant Solimans l'entent, près n'a le sens desvé : Ahi I Mahomes sire, Com m'avez pris en hé [en haine]! ib. m, 532. Et doit estre gaitant de dire ses paroles, si que son aver=aire ne le puisse prendre à point, par quoi il perde sa carelle , Ass. de J. 60. Mix [mieux] vaut qu'on prengne [accepte] se [sa] pénitence de son fol serement, qu'à fere mal por son serement tenir, BBAOïi. XXXIV, 24. Et s'il estoient pris fesant [en flagrant délit de fausse monnaie], m. xxx, (2. Quiconques,est pris en cas de crieme et atains du cas si comme de murdre ou de traîson.... id. xxx, 2. Cil qui pert par le [la] négligence de son compagnon ne s'en doit penre qu'à sa folie, id. xxi, 3a. Kt se li enfant font aucun melfet, elquel mefîet il appartiegne amende d'avoir, on se prent du meffet au père, s'en ne pot trouver celi qui fist le meffet, IB. XXI, 20. Se je baille me [ma] meson à ferme ou à loier, et li fus [feu] y prent, par l'outrage de celi à qui je l'ai baillie, id xliii, 4I. Quar dès le berçuel commença. Dès le berçuel, et puis en çà Jusqu'en la fin de son eage, Jusques mort en prist le paage [péage], ruteb. ii, <24. Pour ce que un fort vent nés prist [ne les prit], et le menast en autres terres, joinv. 2)4. Quant l'en prent les cités des ennemis, des biens que l'en treuve dedans, le roy doit en avoir le tiers, id. 2i7. Les goûtes et maladies de fourcelle [estomac] me prenroient, m. (94. Et il sailli sus et le prist par les cheveus, in. 275. Et de ce coup que nostre nef prist, furent li nolonnier si désespérez.... m. (96. Se il [le feu grégeois] se feust pris à riens sur II, il eust esté ars [brûlé], ID. 228. Le sire de Courcenay et monseigneur Jehan de Saillenay me contèrent que six Turs estoient venus au frain le roy et l'emmenoient pris, ID. 227. Nule dolor ne se prent à la moie [à la mienne] ; Car je sai bien , jamès ne la veré, Idss. de poésies franc, avant )30o, t. iv, p. M38,
— xiv s. J'ay paeur que par les infortunitez des dix hommes [des décemvirs] il li fust mal prins [il eût eu un revers], bebcheure, f 70, verso. Se je me prens à escripre les choses fêtes par les Romains.... ID. f° 7. Je feray vo voUoir, ne le doy refuser; Mais se rien y mesfais à vo gré accorder, Vous le prendrez sur vous pour trestout amender, Hugues Capel, v. 3320. Pour lesquelles choses le juge dudit lieu a jugié et conderapné à pranre mort ledit exposant, du canoë, prendere. Le comte Estienne entra soudainement au royaulrne d'Angleterre, ne oiicques ne se print [ne lin', compte] i. ce que le comte d'Angiers avoit eu à femme la fille de celui roy.... Chr. de Sl-Denit, t. i, f° 25», dans LACORNR. Il [l'auteur] prent incontinence pour le vice de desattremjiance, oresme, Eth. 74. Il se Jtit boin fier en elles [femmes] vraiement, Otrelant |
DICT. DE LA LANOUB nut«ÇA181.
. PRB
PRE
que sus glache [glace] qui sur une nuit prent, Baud. de Seb. m, 402.
— xv s. La belle... me dist moult amoureusement : Revenez nous, car vraiement À vostre lire prenc plaisir, froiss. Espin. amour. Or regardez, dit Aymerigot à ses compagnons quand il tint les clefs, si j'ai bien sçu décevoir ce fol, je en prendrois bien assez de tels, id. ii, li, 2)4. Et si nous faisions une chose que je vous dirai, que nous presissions cinq ou six cens des nostres bien montés.... id. n, m, 70. Je vueil que tous ceux qui sont là dedans y soient tellement enclos, que juniais par les portes en saillent; je leur ferai prendre autre chemin, id. II, lu, 7. Angleterre est un pays moult dangereux à arriver; et prenons que nous y arrivions, c'est un pays.... qui est tr?-* mauvais pour hostoyer [faire la guerre], id. ii, m, 47. Jean Lyon prit paroles [querelle] et débat à lui, et l'occit, id. ii, ii, 52. El aussi cher avoit-il prendre la mort avec celle noble dame, qui dechassée estoit hors de son pays, si mourir y devoit, comme autre part, id. i, i, )8. Vous avez grand tort, qui vous prenez à ce chevalier; jà savez-vous qu'il est à madame la roine, ID. 11, II, 2 '5. Si leur pria ledit roi chèrement, qu'ils voulsissent si bien penser et soigner de Tournay que nul dommage ne sen prist.... id. i, i, )26. La trêve durant , qui fut prise entre le duc de Normandie et.... id. i, i, ))6. Je prens le temps ainsi qu'il peut venir, ch. d'orl. Rond. Dame, soies raisonnable droit cy, et ne pren pas les choses en leur pire entendement, g. chastel. Exposil. s. vérité. Il fit response qu'ils mourroient tous ensemble, et que pas ne vouloit qu'on les prenr.t à rançon ni mist à finances, monstrel. i, 50. Mais que cuidez-vous que je soys? Par le sang de moy je pensois Pour qui c'est que vous me prenez, Patelin. Il est, fait-elle, si chaull que c'est merveilles; et m'a dit la nourrice qu'il y a deux jours qu'il ne print la mamelle, les Quinze joyes de mariage, p. 79. Sus, emmenons ce malfaicteur; Prenez devant, et moy derrière, Hcc. de farcts, p. 440. Tant faisoit d'armes que à luy ne se osoit prendre [comparer] autre, tant fust bon chevalier, Ferceforest, t. iv, f° 60. Prenez [supposez] que le plus fort viengne au dessus; a il pour ce droict en la cause? par ma foy non, ib. t. vi, î° 88. Qui ne prent quant il peut, il ne prent pas quant il veult, ib. t. v, f° )7. Un chevalier à qui nul ne se povoit prendre [attaquer] qu'il ne fust desconfit, Lancelot du lac, t. m, f" 36, dans lacurne. Leijuel me print en son service, comm. i, ). Prendre fin et désolations [les royaumes], id. i, 3. Et aux aucuns en print mal, id. i,8. L'an 1 470 print vouloir au roy de se revencher dif duc de Bourgongne, id. m, ). Il se print en mocquerie et dist.... id. m, )0. Et s'en print l'on à rire, et s'en alla chascun desarmer et coucher, id. i, B. Il print de là son chemin en Normandie, id. m, )0. Et tantoit après que il en eust des nouvelles, il print la maladie, id. v,)8. Et prenoit merveiUjuscment ceste matière à cueur, iD. m, 8.
— XVI* s. En maint bon lieu j'ai donné mainte chose, Que l'on prenoit, sans penser le donneur Prétendre rien du prenant que l'honneur, ma- ROT, I, 401. Tant m'ont pressé d'escrire, et me contraignent. Qu'il semble au vray, que plaisir elles preignent En mes propos.... id. ii, 57. Il se print à plourer comme une vache, rab. Garg. i, ib. Sans prendre alaine, in. ib. i, B). Incontinent le feu se print à la paille, id. Pant. ii, )4. Comment il en est prins [ce qui en est résulté], chacun le voit, calv. Inslit. 980. Vous avez prins Calais., deux cens ans imprenable, Moiistrant qu'à la vertu rien n'est inexpugnable, DUBELi.. m, 06, recto. Je pren sur moy tout ce labeur icy, id. iv, 9, reclo. Il se paissoit da cresson allcnois. Qui prend au nez.... id. vu, 5, recto.... Et l'assura qu'il prenuit sur sa vie qu'elle n'auroit plus mal, mabo. Nouv. xv. Il y avoit un gentilhomme duquel elle estdil si fort prise [éprise] qu'elle n'en pouvoil plus, id. tb. xnii. L'on ne se prend qu'à ce qu'on voit, ib. lxx. On ne se peut prendre à nous que de ce que nous faisons , mont. 1, 5B. Je n'en prendrai pas la peine, id. i, )03. Prendre son ply [s'habituer], id. i, )07. Prendre médecine, id. i, )3). s'y prendre [commencer] de bonne heure, m. i, I84. Prendre au mot, id. i,404. Il le print [ce que je lui disais] de cette façon.... m. I, )85. Prendre terre [aborder], ro. i, 230 Mais il leur prend [survient] des changements, id. i, 232. À le bien prendre, c'est en ce seul poinct que consiste la vraye victoire, in. i, 242. Cap de bieu, encore avez-vous à choisir, & prendre ou à laisser, DESPER. Contes, lu. J'ay montré la légèreté dont)
on use à prendre querelle sans nul fondement, LANODE, 248. Lors que quelqu'un prent fantaisie de s'aller battre, id. ib. Et qui en use autrement, il lui en prend comme à l'avare, lequel, ayant la félicité en ses coffres, n'en sçait ni n'en peut jouir, ID. 497. La terre couvrit le bout de la hampe, laquelle print, et commença à jetter branches, amyot, Rom. 32. Quand on approche quelque matière aride, le feu y prend incontinent, id. JVumo, (7. 11 n'y en a guère eu qui ayent usé de ceste licence, et encore moins en est-il bien pris à celles qui en ont usé, id. tb. <8. On le blasma d'avoir fait cest accord pour r"^ couvrer des gens qui par lascheté s'estoienl laissez prendre aux ennemis, id. Fab. )9. Soudainement il lui estoit pris un relaschement de tous ses membres, ID. Cor. 37. La fortune avoit pris à favoriser Timoleon, comme voulant estriver et faire àl'envy de sa vertu, ID. Timol. 3). Quand ce vint au fait et au prendre, id. Pélop. 66. Il endure patiemment que son amy prenne la liberté de le reprendre hardiment des lourdes et grosses faultcs, id. Comment discern. le pal. eo. Peu d'arquebusades prirent [firent feu], d'aub. Ilisl. i, 2S8. Le prince, n'aiant peu repasser la Meuze, prend vers le Quesnoy, ID. tb. I, 339. Il [Laverdin] arrive sur le midi dans le quartier du gênerai, et, aiant dit son nom, donne, sans autre ordre qu'à prene qui peut, dans le logis du comte, id. tb. m, )7b. Cela se feroil plus aisément lorsque l'on fond et liquéfie l'acier, plustost que d'attendre qu'il soit pris et consolidé en barre, PARÉ, IX, )6. Par ce moyen la sangsue prendra plus facilement, i». xv, 69. Cy pris cy mis [à tout hasard], gili.es du guez, dans palsgr. p. 895. Qui faict bien, bien lui en prenl, id. p. 679. Commun proverbe, toute chose qui est bonrre à prendre est bonne à rendre, H. est. Apol. d'Uérod. p. 178, dans lacurne. Ce qui est bon à prendre n'est pas bon à rendre, Moyen de parvenir, p. 83, dans laciRNB. Qui a appiins à prendre sçait tard que c'est d» rendre, cotgrave. Qui peu semé peu prend, id. Vieil oiseau ne se prend à relz, id.
— ÉTYM. Berry, prenre; bourg, prarre, parre, prin, pris; wallon, preind; picard, prinde; prov. prendre, penre, prener; cal. pendrer; espagn. prender; ital. prendere; du lat. prendere ou prehendere, de pre nu prse, et un radical hendere, que l'on rapproche du grec ^(avSâveiv, sai.sir, prendre.
PRENEDK, EUSE (pre-neur, neû-z'), s. m. cl f. Il 1° Celui, celle qui prend. Un vieux renard, mais des plus fins, Grand croqueur de poulets, grand preneur de lapins, la font. Fabl. v, 5. Louis luimême, effroi de tant de princes. Preneur de murs, suhjugueur de provinces, id. Poésies mêlées, xlii. Il [le maréchal de Lovendal] est venu en Allemagne pour ses affaires, et, en qualité de preneur de Berg-op-Zoom, il est venu voir le preneur de la Silésio [le roi de Prusse], volt. Ult. Mme Denis, 24 août I7B). Il En marine, capitaine ou navire qui prend un navire ennemi. || /Idj. Vaisseau preneur, vaisseau qui a fait une prise. Il est défendu à tous capitaines, officiers et équipages de vaisseaux preneurs de soustraire aucun papier.... Règl. sur les armements en course, an xi, dans jal. jj Fig. Preneur d'intérôt, celui qui prend intérêt. Entouré de ces preneurs d'intérêt qui ne cherchent qu'à me donner, comme faisait aux passants ce Romain, un écu et un soufflet à chaque rencontre, j. j. rouss. Lelt. à M. Dusaulx, Corresp. t. vu, p. 28), dans pouGENs. Il a» Il se dit en parlant de quelques chas.ses. Preneur de taupes. Preneur d'alouettes. {| Nom de plusieurs animaux. Preneur de cancres, espèce de héron de la Caroline. || Preneur de cousins, espèce de gobe-mouches. || Preneur d'écrevis.se3, espèce de héron ciabier. Dampier place à la Nouvelle-Guinée de petits [ireneurs d'écrevis.ses à plumage blanc de lait; ce pourrait être une espèce de crabier, bufp. Ois. t. XIV, p. 126. Il Preneur d'huîtres, l'huîtrier. Il Preneur de mulots, la crécerelle. || 3° Celui qui use habituellement de certaines choses. Un preneur de tabac, de café. Le chevalier de Lorraine, qui était à Forges, courut à Dieppe avec quelques preneurs d'eaux, st-sim. 23, 3. || 4° Terme de pratique. Celui, celle qui prend à bail. La iircneuse s'engage à telles conditions. Le preneur est tenu de deux obligations principales : )" d'user de la chnse louée en bon père de famille.... Code JVop. art. )72«. — IIIST. XII* s. Penre disons nos à la fois por tolir, dont cil oiseal ki les altres ravissent ont non, solunc lo latin, preodeor. Job, p. 507. || xiii* s. Don donnent loz as dorinoors, Et empirent les preneors, la Rose, 82«o. || xiv* s. Que le lieutenant s'informera deuement et le plus véritablement que faire se pourra, aux preneurs et à chacun à paii, île la
PRE
PRË
PRÉ
œanierc de la prinse, du pays ou coste où elle auTa eslé faite, Ordonn. de Charles Vl, 7 déo. UOO. Il XVI' s. La galère de Florence estant prise, et le feu mis dans les poudres, les pris et les preneurs sautèrent, d'aub. Hisl. li, 8i,
- ÊTYM. Prendre; prov. prendedor ; ital. prenditore. Dans l'ancien français, le nominatif est prtperr, et le régime prendeor, prenror.
PRÉNOM (pré-non), t. m. I| 1° Chez les Romains nom qui précédait le nom de famille. Le prénom rie Cicéron était Marcus. ||î« Aujourd'hui, nom de bnptême, ou, plus généralement, comme chez les Romains, nom qui précède le nom de famille, avec cette différence que le Romain ne pouvait avoir qu'un prénom, et que nous pouvons en avoir plusieurs. Vos prénoms, s'il vous plaît? ne les sachant pas, je les ai laissés en hianc, picabd, Jf. Musard, se. si.
— ÈTYM. Lat. pra'nomen, de pras, avant, et nomen. nom.
f PRÉNOMMER (pré-no-mé), v. o. H l"' Donner pour prénom. On l'a prénommé Pierre. HI" Nommer auparavant. Le prénommé a déclaré...
— HIST. xvi» s. L'armée navalle que vous avez Teue au prénommé quatriesme chapitre du livre
susdit.... CARL. I!l, 30.
— ÊTYM. Lat. prtTnominare, de pree, avant, et nominnre, nommer.
PRÊNOTION (pré-no-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. || 1° Connaissance anticipée. C'est le salutaire suprême. Que vos saintes prénotions Vous ont fait préparer vous-même Devant toutes les nations, CORN. Trad. du conl. de S. Siméon. Sans l'usage convenable des sens, il n'y a point d'idées ou de prénotions ; et sans prénotions, il n'y a ni opinion ni doute, ninER. Opin. des anc. philos, {épicuri»m«). IILes Prénotions de Cos, titre d'un livre hippocratique, qui contient une suite de propositions relatives au pronostic. || 2° Connaissance imparfaite qu'on a d'une chose avant que de la bien comprendre Cœlius Rhcdiginus.... ajoute que plusieurs ont cru qu'Arislote avait eu quelque prénotion ou avant-connaissance de l'incarnation de Jésus- Christ.... LAMOTHE LB VATER, VertU deS païens, II,
Aristole. || 8' Terme de philosophie. Se dit de toute idée innée.
— HIST. XVI* s. Ptolemée en son Utto de l'utilité des prenotions, CH01IÈRE8, Contes, t. ii, aprisdin. 8, p. îi73, dans pougers.
— ftTYM. Lat. pra^otionem, de pr.r, avant, et notionem, notion.
t PRÉNOTIONNEL, ELLK (pré-no-sio-nèl, nè-l'), adj. Oui a rapport aux prénotions.
PRÉOCCDPATION (pré-o-ku-pa-sion ; en vers, de six syllabes), s. f. {| 1° Terme de droit. Action d'occuper antérieurement à un autre. La préoccupation engendre la propriété, cappeao, Comp. des Alpines, p <40, 118° Etat d'une personne dont l'esprit est tout entier occupé d'une opinion préconçue, favorable ou défavorable. Je sais en quelle estime vous êtes dans son esprit, et combien je devrais craindre la préoccupation en votre faveur, balz. Liv. vi, \Ht. 6. La préoccupation, dont le propre est de «'armer particulièrement contre les faits, bktz, Mém. t. II, liv. III, p. 47.'), dans poiiorns. Cette injuste préoccupation qui nous empêche de goûter ce qui s'éloigne tant soit peu de nos mœurs, huet, De Forig. des romans, p. 37, dans pocoens. Notre aveuglement sera sans remède, si nous ne déracinons ces deux maux extrêmes qui nous empêchent de voir : la préoccupation dans l'esprit, et une crainte secrète dans la volonté qui nous fait appréhender la lumière, boss. t" sermon, Quinquagés. Priiambule. Un païen même et un infidèle, examinant sans préoccupation toutes les circonstances de ce miracle , est forcé d'en reconnaître la vérité , BoiBDAL. Mytt. résurr. deJ. C. 1. 1, p. Sî8. Cette doctrine nouvelle [de Malebranche] a soulevé tous les gensdebien,et ceux mêmes qui sont les plus exempts de préoccupation contre lui, fEn. t. m, p. ï75. Sans doute, dans le xvii' siècle, cet éclat même de la civilisation, cette vive et orgueilleuse préoccupation que la France avait d'elle-même.... villemain, iittér. franc, xviii* siMe, a* partie, ♦• leçon. \\ 8' État d'un esprit trop occupé d'un objet pour faire attention à un autre. J'ai cru de loin voir tout i l'heure la marquise ici, et, dans ma préoccupation, je vous ai prise pour elle, UABrv. l'Heur, stratag. ii, s. Ils ne remarquèrent ni la préoccupation ni la sombre mélancolie de leur malheureuse ainie, genlis, mit de la Fayette, p. sae, dans pouoens. || 4" Nom que quelques rhéteurs donnent à la figure plus gd- Déralemem notmmé* prolepse.
— HIST XVI» •. No'>« nous portons par préoccu-
pation où il nous plaist, mont, i, U. Toute passion et préoccupation oslce, chabhon. Sagesse, préf. de la 2' édit.
— ÉTYM. Lat. prxoecupationem, de i)ra;occupare, préoccuper.
PRÉOCCUPÉ, ÉE (pré-o-ku-pé, pée), part, passé de préoccuper. i| 1° Dont une opinion a occupé d'avance l'esprit. Nous sommes si préoccupés eu notre faveur, que ce que nous prenons souvent pour des vertus n'est, en effet, qu'un nombre de vices qui leur ressemblent.... iarocuep. Prem. pens. n" 66. Ôpeuples fascinés et préoccupés, car c'est à vous que je parle ici, et je laisse pour un moment les superbes docteurs qui vous séduisent, boss. 3* arert. 2t, Les vérités évangéliques, si hautes, si majestueuses, si impénétrables, si contraires au sens humain et à la raison préoccupée, m. Sermon*, Église, «. Quoi! pour un fils ingrat toujours préoccupée.... bac. Milhr. IV, 4. Les gens du monde ne sont déjà que trop préoccupés contre la piété, pén. t. iviii, p. )98. Le ridicule de brûler à mon âge de la passion la plus extravagante pour un objet dont le cœur préoccupé ne pouvait ni me rendre aucun retour ni me laisser aucun espoir, j. ;. bouss. Confess. ix. Ainsi, dans le sommeil l'âme préoccupée. Obéit aux objets dentelle fut frappée, delille, /mag. 1. 112" Dont l'esprit est tout entier occupé. Déjà préoccupé d'un autre Héraclius, Dans l'effroi qui le trouble il ne me croira plus, cobn. Héracl. iv, t. D'espérances mensongères Nous vivons préoccupés , volt. Poème, Précis de l'Eeclét. C'est une terrible chose que la peslel disait un homme préoccupé de sa noblesse, la vie d'un gentilhomme n'est pas en sûreté, mar- MONTF.L, Œuvr. t. IX, p. 288. || Absolument. Un air préoccupé. Dans le reste du jour, distraite et préoccupée, elle ne prit guère de part à la conversation, GENLIS, Mme de Maintenon, t. n,p. 30, dans pougf.ns.
PRÉOCCUPER (pré-o-ku-pé) , v. a. |) 1° Saisir d'avance (sens qui a vieilli) Besoin est-il d'aller au-devant des maux, préoccuper une douleur que nous sentirons assez tflt quand l'occasion en sera venue, et gâter la jouissance du présent par l'appréhension de l'avenir? malh. les EpU. de Sénèque, xxiv. |{ 2° S'emparer d'avance de l'esprit par une opinion. Je ne prétends pas de préoccuper votre jugement, balz. iiv. viii, lett. 24. L'Église, autorisée par les miracles qui ont préoccupé la créance , PASC. Pens. XXIII, t3, éd. havet. Tout cela n'aboutit qu'à rendre une âme faible et timide , et qu'à la préoccuper contre les meilleures choses, fén. Éduc. filles, III. Pour empêcher que de faux rapports ne préoccupent personne à mon désavantage dans des pays aussi éloignés que l'est Genève d'ici, bayle, Lett. 26 mars <69i. |] 3* Occuper d'avance (^esprit. ....Si l'intérêt m'avait préoccupée. J'agirais pour César et non pas pour Pompée, corn. Pomp. i, 3. Peut-être un songe vain m'a trop préoccupée, bac. Athal. II, 5. Il 4° Se préoccuper, i'. réfl. Avoir l'esprit saisi par une opinion préconçue. Les fausses louanges que les commentateurs lui donnent [à leur auteur] sont souvent cause que des personnes peu éclairées, qui s'adonnent à la lecture, se préoccupent et tombent dans une infinité d'erreurs, MALF.BR. Rech. II, 2* part. ch. 6.
— REM. C'est une faute fort commune aujourd'hui d'employer se préocctiper pour s'occuper. Tous nos ministres à la Chambre des députés, quand on leur signale une difficulté, disent qu'ils s'en préoccupent ou s'en sont préoccupés ; et tous les journaux répètent celte mauvaise locution.
— HIST. xvi's. Le roy Charles sixiesme, qui avoit esté quarante deux ans roy et la plupart du temps préoccupé de son sens, trespassa de ce siècle l'an
(422, J. DE SAINT-GELAIS, IliSI. de Louis XI!, p. 21.
dans LACHBNE. Si c'est un sçavant qui juge, il est préoccupé [prévenu], mont, ii, 233. Nos maistres préoccupent et gaignent avant main autant de lieu en noslre créance qu'il leur en fault pour.... m. 11, 285. Nostre curiosité s'amusanl à préoccuper les choses futures, id. i, 43. Les yEtoliens avoient préoccupé toutes les advenues et passages par lesquels il falloit passer pour aller en la ville de Delphes, AMYOT, Démétr. 6B.
— ÊTYM. Lat. prscoccupare, de pr«, avant, et occi/par«, occuper.
f PRÉOCULAHIE (pré-o-ku-lê-r"), adj. Terme de zoologie. Oui est placé au devant de l'œil.
— ÊTYM Pré..., préfixe, et oculaire.
t PllÉOLIER (pré-o-lié) , s m. Ancien nom des maraîchers. Les maîtres jardiniers préoliers et maraîchers, comme ils sont qualifiés dans leurs statuts.... Dict. des arts et métiers. Jardinier.
f PHKOl'EKCULE (pré-o-p6r-ku-l'), s. m. Terme
de zoologie. Pièce osseuse par le moyen de la|uell« l'opercule des poissons s'articule avec le crâne.
— ÊTYM. Pré.... préfixe, et opercule.
PRÉOPINANT (pré-o-pi-nan), i. m. Celui qui
opine avant un autre. || Dans le langage parlementaire, le préopinant, celui après lequel on parle.
PRÉOPINER (pré-o-pi-né), v. n. Opiner avant quelqu'un. Je suis de l'avis de celui qui a préopiné. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et opmer.
t PRÉOPINION (pré-o-pi-ni-on) , ». f. Droit d'opiner avant un autre. Les pairs ne pouvaient penser que les présidents fussent revenus du dépit de l'arrêt de 1664 sur la préopinion, st-sim. 374, 19.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et opinion.
t PRÉORDINATION (pré-or-di-na-sion), s f Action de préordonner ; ordre établi à l'avance. Encore que peut-être il y en ait plusieurs qui, lorsqu'ils considèrent la préordinutiiin de Dieu, ne peuvent comprendre comment notre liberté peut subsister et s'accorder avec elle.... desc. Rép. aux trois, abject. 64. J'admets partout dans les corps organisés une préordination qui détermine les reproductions de tout genre, bonnet, 9' leit. hist. nat.
— ÊTYM. Voy PBIÎORDONNER.
t PRËORDONNÉ, ÊE (pré-or-do-né, née) part. passé. Que tout ce qui est arrivé a été de tous temps présu et préontonné en Dieu, pasc. Lelt. sur la mort de son père.
t PRÉORDONNER (pré-or-do-né ), «. a. Oroonner, disposer à l'avance. Si elle [la réforme] était bien revenue de l'abominable erreur de faire Dieu auteur du péché, de dire qu'il le préordonne et pousse les hommes aux crimes énormes, boss. 2' averl. 8. Nie-t-il [Jurieu] que ceux de son parti aient enseigné que Dieu préordonne les hommes aux péchés? m. ib. 7. || Absolument. Que fallait-il donc dire, si ce n'est pas assez de dire que Dieu préordonne, que Dieu pousse, que Dieu est cause? BOSS. 2' avert. 8.
— IIIST. XV* s. La voye j'ay preorOuni ée Tout ensèment que la rosée, la. Fontaine, -007. || xvi* s. Il argue que la gloir». * aucunement preordonnée aux esleus pour leuis mérites, calv. Instit. Tbi. Le temps qui leur avoit esté prescript et preordonne,
HONT. I, 3.
— ÊTYM. Pri. ., préfixe, et ordonner.
t PRÉOROANISATION (pré-or-ga-ni-za-sion), ». f. Action de préorganiser. Quand je me sers du mot de germe, j'entends en général par ce mot toute préformation, toute préorganisation dont un nouvel être est le résultat immédiat, bonnet, 4* lett. hist. nat.
t PRÉORGANISER (pré-or-ga-ni-zé), v. a. Organiser d'avance. Par combien de moyens divers l'auteur de la nature n'a-t-il pas pu préorganiser les êtres, et combien de faits qui prouvent une préorganisation! bonnet, Contempl. nat. (Ëuv. t. viii, p. 238, dans pougems. Le récipient préorganisé qu'on appelle l'œuf, coste. Éloge de Dutrochet.
— ÉTYM. Pré..., préfixe, et orgiariiser.
t PRÉPARABLE (pré-pa-ra-bl'), adj. Qui peut être préparé.
— IIIST. XVI* s. Pour remède plus preparable, tu pourras prendre de la mie de pain,... paré, ix, to.
\ PRËPARAGE (pré-pa-ra-j'), s. m. Terme de métier. Action de préparer; préparation pour un ouvrage manuel.
PRÉPARANT, ANTE (pré-pa-ran, ran-t"), adj. Oui sertà préparer. || Terme d'analomie. Vaisseaux préparants, vaisseaux qui servent à la préparation du sperme.
— HIST. XVI* s. Les testicules attirent par les vaisseaux préparants, retiennent par les anfractuosités variqueusesd'iceiilx.... paré, i, (.
t PRÉPARATE (pré-pa-ra-f), s. f. Terme d'anatomie. La veine frontale.
— ÊTYM. Lat. vena prseparata, la veine qui se présente en avant.
t PRÉPARATEUR (pré-pa-ra-teur), i. m. || 1* Celui qui préparc quelque chose. || 2° Particulièrement. Homme chargé dans un cours de faire les préparations destinées à la démonstration.
— ÊTYM. Préparer.
PRÉPARATIF (pré-pa-ra-tif), s m. |l 1° Ce qui prépare. Comme, après avoir trouvé les mois si longs.... voilà tous les prép.iratifs du printemps, SÉV. 14 (év. 1686. Je n'eus pas de peine à lui faire entendre [à M. de Heauvillier] que, quand Won même son expulsion ne serait pas résolue, l'intrusion d'Harcourt en était le cousin germain, et la préparalif certain, st-sim. 321, 236. Au début, cet air de préparatif m'avait donné de l'inquiétude , I. J. Bouss. Conf. v. [Mlle Choin] vivant avec un in;iil
PRÉ
PRÉ
PRÉ
nombre de yrais amis qui lui restèrent, et délivrée d'une foule de plats courtisans qui s'éloignèrent d'elle sans préparatifs ni pudeur, ddclos, Œuv. t. v, p. *S. Il 2° Au pi. Arrangements que l'on prend pour effectuer quelque chose. Et nos préparatifs contre la Thessalie Ont trop de quoi punir sa flamme et sa folie, CORN. Médée, ii, *. Darius faisait les préparatifs de la guerre, boss. Hist. 1,8. Ma femme fait de grands préparatifs d'habits, hamilt. Cramm. 7. Nous ne parlâmes plus que des préparatifs de son voyage dont elle s'occupait avec beaucoup de vivacité, 1. j. Rouss. Conf. IX.
— HIST. XV* s. Je tien que ma parolle sera véritable trouvée, combien que le >age roi Charles avoit fait le preparatif de ceste grande félicité, christ. DB PISAN, Charles V, ii, )5. Ne sonl-ce pas icy de vrays preparatifzque Dieu faisoit de l'Ancien Testament à ceulx de qui il vouloit muer la fortune de bien en mal ?comm. iv, (3. || xvi* s. Il feit de sumptueux festins au peuple romain, desquelz les preparatifz furent si grandz et si excessifz, que.... AMYOT, Sylla, 7). Dissipant les préparatifs des maladies par continence, sobre diète, etc. lo. De la tranq. d'dme, 36.
- ÉTYM. Préparer. Préparalif étuH aussi adjectif : Cognoissance de soy preparative à la sagesse, CHARRON, Sagesse, préf. de la 2« édit. Il avait donné l'adverbe préparativernent : Requis preparativement, faire apparoir.... Coust. gén. t. ii, p. 9)5.
PRÉPARATION (pré-para-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. ||1' Action de préparer, de se préparer. J'y pensais [dans la censure par la Sorhonne] voir condamner les plus horribles hérésies du monde; mais vous admirerez, comme moi, quêtant d'éclatantes préparations se soient anéanties sur le point de produire un si grand effet, pasc. Prov. lU. .Sa confession fut humble, pleine de componction et de confiance; il ne lui fallut pas longtemps pour la préparer; la meilleure préparation pour celle des derniers temps, c'est de ne les attendre Bas, BOSS. louis de Bourbon,. Devant Dieu la préparation du cœur, quand elle est sincère, est réputée pour l'effet mfme, BOUHnAL. Exhort. Char. «ne. les orphel. t. i, p. to3. Depuis la racine des cheveux jusqu'aux orteils des pieds, tout est art, tout est préparation, moyen et fin, volt. Jenni, 8, Au milieu de tant de désolations [des guerres religieuses], une nouvelle paix semMe faire respirer la France ; mais cette paix ne fait que la préparation de la Saint-Barthélémy, m. Mœurs, ni. || Préparation à la messe, i la communion, méditation, prières par lesquelles on se prépare à dire ou à entendre la messe, ou à communier. Il y a longtemps que, considérant l'extrême respect qu'il a pour ce saint mystère [la communion], et avec quelle rigueur il en conçoit les préparations.... sév. (7 avr. 1682. Il Chez les Hébreux, se dit de la veille d'une fête, pendant laquelle on prépare tout ce qui est nécessaire pour pouvoir se repcser durant la fête même. Il Préparation au baccalauréat, aux écoles, études et exercices à l'effet de rendre un jeune homme capable de passer son examen de baccalauréat, d'être admis dans les écoles. !' 8° Action de méditer pour, faire un discours, une leçon. La préparation d'une leçon. Voilà ce que Monsieur dit à M. Daneville, avec ce torrent d'éloquence qui lui était naturel, toutes les fois qu'il parlait sans préparation, rrtz, Mém. t. m, liv. iv, p. (43. Il 8° Action d'amener quelque chose progressivement et par des ménagements. On lui annonça la mort de sa mère sans préparation. Après qu'elle [Médée] a attaché des feux invisibles au présent qu'elle a fait à Créuse, ce char volant n'est pas hors de la vraisemlilance, et ce poëme n'a point besoin d'autre prépaiation pour cet effet extraordinaire, CORN. 3* dijc. Il Terme de musique. Art d'amener une dissonance : obligation de faire entendre d'abord corlaines notes des accords dissonants avant d'attaquer ces accords. || Préparation au chant, études du solfège et de la vocalisation. ||4* Terme d'arts. Action, manière de préparer certaines choses pour les employer ou les conserver. La préparation des aliments. La préparation des insecte!) pour une collection. Il 6° Terme de pharmacie. Opération de chimie pharmaceutique qui consiste i di.sposer toutes les subslaiicfts qui doivent être employées. La préparation des médicament». La préparation de te remède sera fort longue. Le» préparations principale» sont le lavage, l'exsiccation, la pulvérisation, la distillation, la solution, l'évaporation, etc. \\ 6* Ternie de dessin et peinture. Disposition des ombres et des demi-teintes par plans, sans les fondre, pour rendre l'effet plus général. || 7* Terme de manne.
Opération parlaquelle le chanvre est disposé en longs rubans. Il 8* Chose préparée. || Préparation chimique, mélange de plusieurs substances pour une expérience, || Produit de diverses opérations pharmaceutiques. Préparations mercurielles, antimoniales. H Préparation anatomique, et, absolument préparation, partie disséquée pour l'étude. 11 avait fait de sa main plusieurs préparations anatomiques que des médecins ou chirurgiens anglais et hollandais vinrent acheter de lui quelque temps avant sa mort, font. Littre.
— HIST. XIV* s. La manière de la préparation de la plaie du cran [crâne], h. de hondeville, f° 2, verso. Il [les dents] font préparation de la viande qui est à digérer, en la maschant, id. f" <9. || xv* s. Du tout oji [au] mieux que je pouraj Feray la preparacion [disposition de l'armée] , Myst. du siège d'Orléans, p. 681. || xvi* s. Et si disoit que cela estoit un signe d'homme populaire, de bien penser à ce que l'on a à dire devant le peuple ; car ceste préparation là monstre que l'on l'honore et le révère, AMYOT, Démosth. 12.
— f.TYM. Lat. prœparationem, de prxparare, préparer.
PREPARATOIRE (pré-pa-ra-toi-r') , ad;". ||1* Oui prépare. Adjudicat on préparatoire. Scrutin préparatoire. Il Jugementpréparatoire, celui qui n'est qu'une préparation au jugement définitif. || Anciennement, question préparatoire, torture qu'on infligeait à un accusé avant de le juger. Louis XVI abolit la question préparatoire, Dict. de l'Acad. || Terme de géométrie. Propositions préparatoires, dites aussi lemmes, propositions qu'on ne démontre que pour arriver à une démonstration principale. || i'S. m. Ce qui prépare. C'en était une bien particulière [prophétie], que le Christ dût être mis au rang des scélérats.... mais c'était un préparatoire, qu'il parût, comme un voleur, se défendre contre les ministres de la justice, boss. Méd. sur l'Évang. la Cène, 73" jour. Son baptême [de Jésus par saint Jean- Baptiste], qui n'était qu'un préparatoire, si l'on veut, un préliminaire d'un meilleur baptême, id. ÉUvat. sur myst. xxiv, 3.
— HIST. XV* s. Et fit ses préparatoires pour y aller au plus bref qu'il pourroit, uonstrel. i, 22. Il XVI* s. Ces longues interlocutions vaines et préparatoires, KONT. II, 107. Au lieu de m'aiguiser l'appétit par ces préparatoires et avant jeux, on me le lasse et affadit, m. th.
— ÉTYM. Lat. prirpara(ont«, de pr,rparare, préparer.
PRÉPARE, ÉE (prépa-ré, rée), part, passé de préparer. |[ 1° Disposé. J'ai vu tendre aux enfants une gorge assorée  la sanglante mort qu'ils voyaient préparée, rotrou, St Genest, 11, 7. Et quoique le bûcher soit déjà préparé. Le nom de la victime est encore ignoré, rac. Iph. iv, 1. C'est une terre bien préparée qui n'attend que le grain pour rapporter, j. j. Rotjss. Ém. 1. Il i' Il se dit de choses non matérielles. Ils [les rois] veulent des plaisirs qui ne se fassent point attendre, et les moins préparés leur sont les plus agréables, moi.. Impromptu, i. [| 3* Dont on assure l'effet par certaines précautions. Que dès les premiers vers l'action préparée Sans peine du sujet aplanisse l'entrée, boil. Art p. lu.... Ce passage heureux et si peu préparé Du rang le plus abject à ce premier degré, volt. Oreife, ii, ♦.ii** Mis en la disposition convenable, en parlant des personnes. Ils ne sont pas toujours assez bien préparés pour dire la messe, pasc. Prov. vi. Cette éloquence, la seule propre à persuader tout & des esprits préparés, volt. Louis XIV, 38. M. de Linné, préparé depuis longtemps à la mort parl'aiïaiblissement de ses organes, CONDORCET, Linné. Bien préparés contre l'admiration, ils allîrent entendre Fléchier, et se virent forcés d'svouer qu'il était vainqueur, d'alemb. Éloges, hlérhier. \\ Il se dit, dans le même sens, de certains organes. Oue le soleil vienne éclairer tout à coup les habitants d'une caverne obscure, qu'il darde impétueusement ses rayons dans leurs yeux non préparés, il ne fera que les aveugler pour jamais, d'alemb. Réflex, sur la poét. <Euv. t. iv , p. 1 28, dans pouoKNs. || 6° Oui a médité sur quelque sujet. Sur ce sujet, sans être préparé, Il triomphait, la FONT. Juin. Vous êtes préparé, vous, sur ces matières-là ; vous avez beau jeu contre nous, quarid il s'agit des arts et de la littérature, p. L. coun. Conrers. chei la comt. d'Albany.
PRÉPARER (pré-pa-ré), v. a. jj 1* Disposer une chose pour l'usage auquel on la destine. Je prépare une chambre à votre amant tran,si, scahron, Jodrll, maUre valet, v,i. Debout I H< ur la chasse ordonnée il faut préparer tout, mol. Prine. d'Él. Prol. ic. 2.
Quel» mets à ce cruel, quel vin préparez-vousT RAC. Esth. m, 3. Et les jeux funèbres qu'on prépare à Alexandre, sont le massacre de toute sa famille, condill. Hist. anc. 11, tt. \\ Fig. Saint Jean-Baptiste est venu pour préparer les voies du Seigneur , il est venu pour disposer les Juifs à recevoir la parole du Seigneur. || Dans le langage général, préparer les voies à quelqu'un, lui donner des facilités pour venir à bout de ce qu'il a entrepris. Il 2" Faire une préparation chimique. Piéparer de l'oxygène, du chlore, extraire ces substances par les moyens chimiques. |[ Faire une préparation pharmaceutique. Préparer une médecine. Il Faire une préparation anatomique. Préparer les nerfs, les artères d'une partie. || 3* Préparer les terres, leur donner les labours et façons nécessaires, pour semer, planter, etc. Préparer sa terre par une sage culture à porter de bonne heure les productions dont on n'aurait eu qu'une jouissance tardive, voi.T. Facéties, Conformet-vous au temps. || 4° Préparer un malade, le mettre à un certain régime et lui administrer certains médicaments en vue d'une opération, d'une inoculation qu'on va lui faire subir. Il 6° Disposer, arranger, en pailant de choses qui ne sont pas matérielles. Et prévient, par un ordre à tous deux salutaire. Ou les maux qu'il prépare, ou ceux qu'il pourrait faire, corn, fficom. 11, 1. J'ai su lui préparer des craintes et des veilles, rac. Bajai. i, «. Vous qui, gardant au cœur d'infidèles amours.... M'avez des trahisons préparé la plus noire ! id. Uilhr. IV, 4. Jamais nation ne prépara la guerre avec tant de prudence et ne la fit avec tant d'audace, HONTESQ. Rom. 2. Quand il fallut que l'armée quittât sa flotte, ses corps d'élite prirent assez de vivres pour atteindre et traverser le Niémen, préparer une victoire et arriver à Vilna, ségur, Hist. de Sap. m, 3. || Se préparer, préparer à soi. Et puisse Aménaïde , en formant ces liens, Se préparer des jours moins tristes que les miensl volt. Tancr. i 4. [{ Se préparer des excuses, s'arranger de manière que ce qu'on fera soit excusé. Elle s'est préparé une échappatoire. |[ Préparer un discours, une leçon, un plaidoyer, méditer, disposer dans sa mémoire ce que l'on doit dire. Vous pouvez préparer, seigneur, votre réponse, hac. Bérén.
II, 2. Il Préparer peut avoir un nom dé chose pour sujet. Nos divisions nous préparent de grands malheurs. La grâce saura bien vous préparer les chemins, sév. 440. J'ignore quel conseil prépara ma disgrâce, rac. Brit. i, i. Ignorez-vous encore ce que les destinées vous ont préparé? mais que dis-jeî vous en êtes indigne, fén. Tél. vil. Il 6* Assurer l'effet d'une chose par quelques précautions. Il faut préfiarer ce coup de théâtre. Il Terme de musique. Piéparer une dissonance, voy. PRÉPARATION, n° 3. |{ ICn cet emploi, il peut avoir un nom de chose pour sujet. Quelquefois c'est à la pensée même, exprimée dans les termes propres, à préparer la figure, condil. Art d'écr. ii, 7. La ressource la plus commune et la plus facile est cellv d'un incident nouveau; mais cet incident ne produit son effet qu'autant que ce qui le précède le prépare sansl'aiinoncer, marmontel, Œuv. t. x, p. 48. Il 7* En parlant des personnes, mettre dans une disposition propre à atteindre le but qu'on se propose. Que lui-même, en secret amené dans ces lieux. Sans être préparé, se présente à mes yeux, RAC. Bajai. I, 3. Grands dieux I à son malheur dois-je la préparer? id. Iphig. il, 3. Annibal envoya à Carthage un Tyrien dont il était fort sûr, pour préparer les esprits, hollin, //i«(. anc. Œuv. t. VIII, p. 329, dans pouGENS. Préparez par degrés cette vertu sauvage Au secret important qu'il lui faut révéler, volt. Mort de César, i, f. Il est de» malheurs auxquels il n'est pas même permis à un honnête homme d'être préparé, j. j. rouss. 2'dtal. Il Absolument. Préparez, quand vous voulez toucher; n'interrompez jamais les assauts que vous livrez au cœur, volt. Comm. Corn. comted'Essex, iv, 4. Il Préparer le visage de quelqu'un, faire que son visagu exprime les impressions qui sont désirables dans ta circonstance. Bajazet va se perdre : ah I si, comme autrefois, Ma rivale eût voulu lui parler par ma voix. Au moins si j'avais pu préparer son visage! RAC. Bajai I, 4. Il l'réparer un élève à un examen, un enfant à sa première communion. La .seconde condition sera peut-être la plus difficile, c'est que les maîtres sachent préparer leurs élèves aux fègles dont nous parlons, dumahsais, Œuv. t. I, p. 210. Il 8* Se préparer, ti. réfl. Se disposer à Préparez-vous à voir vos pays désolés, corn. Nicom.
III, I . Je ne sais si vous savez que Mme de Fonlang( s est dan» un couvent, moins pour passer la bouu*
PRÉ
PRÉ
PRÈ
lîte, que pour se préparer au Toyafje de réfemité, sSv, 3 avril MiSi. Notre Seigneur, inslriiisnnl ses disciples sur cette importante matière, ne leur disait pas: Préparezvrus, mais soyez prêts, bourdal. Imtrucl. sur la mort, Exhort. t. n, p. 330. La terre compte peu de ces rois bienfaisants; Le ciel à les former se prépare longtemps, boil. Éptt. i. L'empereur lui avait écrit (à Davoust] qu'on allait faire la guerre dans un pays nu , oCi l'ennemi détruisait tout, et qu'il fallait se préparer à s'y suffire soimême, séGLB, Hist. de Nap. m, s. || On dit aussi se préparer pour. Le roi se prépara pour marcher contre les Arachosiens, vauoel. Q. C. 394. || Se préparer, méditer sur ce qu'on veut dire en un discours. Claude s'exprimait avec élégance quand il s'était préparé, didebot, Claude et Nér. i, 38. |i Se préparer, se dit de celui qui étudie pour subir une épreuve, passer un examen. || 9° Il se dit en parlant des choses qui sont en voie de se faire. Un événement se prépare. Le mari vint sur le soir, avec une mélancolie extraordinaire, et qui lui devait être un pressentiment de ce qui se préparait contre lui, LA FONT. Psyché, I, p, 82. Il Se prépare contre le prince quelque chose de plus formidable qu'à Rocroy, Boss. touis de Bourbon. || 10° Etre préparé, être produit. Ce médicament se prépare à froid.
— REM. Vauvenargues a dit se préparer de : H oublie quelquefois en le voyant ce qu'il s'est préparé de lui dire. Caractères, n' t. Cette construction est tout à fait inusitée.
— HIST. XVI' s. Sylla descendit vers la coste de la mer, se préparant pour passer en la ville de Brundusium, AMTOT, Sylla, 55. 11 n'eut jamais si petite ne si légère cause en main, qu'il n'y vinst tousjours préparé et ayant esludié pour la plaider, id. Crass. 5. Je ne veulx pas qu'on s'employeà me rendre attentif, et qu'on me crie cinquante fois : or oyez.... j'y viens tout préparé du logis, mont, n, I06. Il vault mieulx d'une belle asseurance se préparer à tout ce qui en pourra advenir, id. i, (38.
— ÊTYM. Lat. prxparare, de prx, avant, et parère, disposer (voy. paber).
PRÉPONDÉRANCE ( pré-pon-dé-ran-s') , t. f. Il 1' Supériorité de poids. L'air n'est pas contenu dans l'eau sous sa forme ordinaire; puisqu'il est 850 fois plus léger, il serait forcé d'en sortir par la seule nécessité de la prépondérance de l'eau , bufp. Uist. min. Inlrod. 2* pari. Œuvr. t. vi, p. 4 37. Il Terme d'artillerie. La prépondérance de culasse est, dans les canons et les obusiers, la pression supportée par la vis de pointage quand l'axe de la bouche à feu est horizontal. || J° Fig. Supériorité de considération, d'autorité. 11 faut qu'une légitime et nécessaire prépondérance devienne la première récompense de la vertu, dider. Claude et Nér. i, 60.
— ETYM. Prtipondérant.
PRfiPONDËRANT, ANTE fpré-pon-dé-ran, ran-t'),
adj. il 1" Oui a plus de poids qu'un autre; qui est supérieur par la considération. Sans le voyage de Vasco de Gama, Venise devenait la puissance prépondérante de l'Europe, volt. Mœurs, )4).|| Homme prépondérant, homme supérieur par son crédit, son autorité, etc. || Voix prépondérante, dans une élection, celle qui, dans le cas d'égalité, détermine les suffrages pour ou contre, en se joignant à l'un ou à l'autre parti. Le duc d'Orléans, à la tête de ce conseil, ne devait avoir que la voix prépondérante, VOLT. Hist. pari. 5». || a° Il se dit aussi des choses. Si le sénat avait trop de poids dans la diète, nonseulement il y porterait son intérêt, mais il le rendrait prépondérant, J. i. rouss. Gouv. de Polog. ch. 7. Il Raison prépondérante, raison qui entraîne Ift conviction.
— ÊTYM. Lat. prseponderare, de prie, avant, et pondus, poids (voy. pondérer).
PRÉPOSÉ, ÉE (prépfi-zé, zée) , port, passé àe préposer La perfidie d'un Juif nommé Simon, préposé i la garde du temple, jeta tout d'un coup la Tille dans le trouble, rollin, Hisl. anc. Œti»r. t. viii, p. 584, dans pouGENS. Il Sulistanlivement. Les préposés de la douane.
PRÉPOSKR (pré-pô-zé), v. a. Mettre * la tête de. On l'a préposé à la conduite des travaux. Pharaon préposa Joseph sur toute l'Egypte.
— HIST. xvi's. Estimantquil falloit préposer [mettre avant) les affections publiques aux privées, il se meit de la part de Pompeius, Xmyot, Brutus, 4. Les hommes des siècles d'après, ne s'arrestans à telle sobriété, ont préposé les bleds et vins au bcstail, le mettant au iroisiesme degré de la mesnageriero. de
SERBES, t5.
— fTYM. Pré . . préfixe, et poser.
•HÉPOSITIF, IVE (pré-pô-ii-tif, ti-V-), aàj.
Il 1* Terme de grammaire. Qui se met au devant. Une lettre prépositive. || Voyelle prépositive, la première voyelle d'une diphthongue. || Terme de grammaire latine. Conjonction prépositive, se dit des conjonctions qui se mettent au commencement de la phrase. Il Terme de grammaire grecque. Accent prépositif, se dit du petit signe que l'on place devant les lettres de l'alphabet grec prises comme numérales, afin d'en multiplier la valeur par looo. i| Article prépositif, l'article ô, i\, to, par opposition à ôç, fi, 6 nommé article postpositif. || 2° Il s'est dit des adjectifs déterminatifs comme le, un, mon, ce, etc. qui se mettent devant leur substantif. Â l'égard de un, une, dans le sens de quelque ou certain, en latin quidam, c'est encore un adjectif prépositif, qui désigne un individu particulier, tiré d'une espèce, mais sans déterminer singulièrement quel est cet individu, si c'est Pier.-e ou Paul, du- MABSAiP, Œuvr. t. IV, p. 186. Il Substantivement. Un prépositif. Les prépositifs désignent des individus déterminés dans l'esprit de celui qui parle, id. Œuvr. t. IV, p. su . Il 8° Oui est de la nature de la préposition. Locution prépositive. || Particules prépositives, certaines prépositions latines qui entrent dans la composition de beaucoup de mots tirés du latin, comme per dans perforer.
— ÊTYM. Lat. prxpositirus (voy préposition). PRÉPOSITION (pré-pô-zi-sion ; en vers, de cinq
syllabes), s. f. Terme de grammaire. Mot invariable qui sert à marquer le rapport d'un mot avec un autre. L'emploi des prépositions demande une attention infinie, d'olivet, Rem. sur Racine, § 46. Plus on étudiera notre langue, plus on admirera l'usage qu'elle sait faire de ses prépositions; entre lesquelles distinguons-en deux, à et de, qui soutiennent presque tout l'édifice du langage français, ID. ib. S 48. Ainsi les prépositions suppléent au défaut des cas, et les cas emportent la valeur des prépositions, dumarsais, Œuvr. t. m, p. 346. Il Préposition inséparable, celle qui ne peut être employée dans la langue dont elle fait partie, que réunie à un radical (comme ad, pré, per, en français). Il Préposition composée s'est dit d'une préposition composée de deux autres, comme dessus formé de de et sus, dedans formé de de et dans. On a. rendu la langue française si pure, qu'il n'est pas permis aux poètes, non plus qu'à ceux qui écrivent en prose, de mettre des prépositions composées pour les simples, vaugel. flem. nol. Th. Corn. t. i, p. 204, dans pougens.
— HIST. XVI* s. La locution seroit impropre, si on adjoustoit cette préposition en, calv. Inst. 81 1.
— ÉTYM. Lat. pr.Tpositionem, de prx, en avant, et posilionem, position.
tPRÉPOSlTIVEMENT(pré-pû-zi-ti-ve-man),adv.
D'une manière prépositive; en forme de préposition. Employer un adverbe prépositivement.
t PKÉPOTENCE (prépo-tan-s'), s. f. Pouvoir dominant; autorité excessive. Ceui qui ne voulaient ni religion d'État, ni hérédité de la pairie, ni double vote, ni prépotence de la grande propriété,
CABREL, Œuvr. t. II , p. 87.
— 6TYM. Lat. pr^potenlto, de prx, avant, et potenlia, puissance.
PRÉPUCE (pré-pu-s'), s. m. Terme d'anatomie. La peau qui couvre l'extrémité du membre viril. Le roi n'a point besoin de douaire pour sa fille; il ne vous demande pour cela que cent prépuces de Philistins, afin que le roi soit vengé de ses ennemis, SACi, Bible, Rois, i, iviii 25. || Terme de conchyliologie. Prépuce de mer, espèce de pennatule.
— HIST. XVI* s. L'usage si estendu du tronçonnement du prépuce, mont, m, 360.
— ÊTYM. Lat. prxputium, qui est, d'après Freund, une composition hybride : pne, en avant, et tcôoOiov, prépuce. ,
t PRÉPUTIAL, ALE (pré-pu-si-al, a-l'), adj. Qui appartient au prépuce. Veines préputiales, nerfs préputiaux.
t PRÉRECTAL, ALE (pré-rè-ktal , kta-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui est au devant du rectum. La taille prérectale.
— ÊTYM. Pré..., préfixe, et rectum.
PRÉROGATIVE (pré-ro-ga-ti-v'),adj.|| i'X Rome,
la centurie prérogative, ou, substantivement, la prérogative, la centurie à laquelle on demandait d'abord son suffrage dans les comices. || 2°$. f. La primauté attribuée à cette centurie. || 3° Fig. Tout pouvoir ou autorité qu'une personne ou un corps a de plus qu'un autre, et qui les distingue de ceux qui ne l'ont pas. Que peut-on imaginer de plus absurde que d'adjuger & un homme les prérogatives d'une terre qui n'est pointa Iui^patru, Plaidoy. «3, dans
RiCHELET. Depuis notre mariage de la duchesse Anne avec Charles VIII, cette belle et grande province [la Bretagne] avait bien d'autres prérogatives, sÉv. 695. Les jésuites étaient en possession de donner un confesseur au roi, comme à presque tous les princes catholiques ; cette prérogative était le fruit de leur institut, par lequel ils renoncent aux dignités ecclésiastiques, volt, toui's XIV, 37. C'est une très-grande et trcs-heureuse prérogative par-dessus tant de nations, d'être sûr en vous couchant que vous vous réveillerez le lendemain avec la même fortune, que vous ne serez pas enlevé au milieu de la nuit pour être conduit dans un donjon, m. Diet. philosophique, Gouvern anglais. Jacques d'Armagnac, qui venait d'être fait duc de Nemours avec les titres, rang et prérogatives de duc et pair, duclos, Œuvr. t. 11, p. (74. || Dans le droit constitutionnel, la prérogative royale, les droits assurés au roi par la constitution. Ce ne fut sous le premier des Stuarts qu'une lutte continuelle entre les prérogatives de la couronne et les privilèges des citoyens, batnal, Hist. phil. xix, 2. || Prérogative parlementaire, le droit qu'a la chambre des députés de s'occuper, plus spécialement que l'autre chambre, du budget des recettes et d,es dépenses annuelles. || 4° Fig. Avantage dont certains êtres jouissent exclusivement. La raison est la prérogative de l'homme La prérogative la plus belle de l'humanité, la liberté de penser par soi-même, DIDEROT, Opin. des anc. philos, (^cicdisme.) || Par extension. Comme le vrai mérite a ses prérogatives, CORN. Sertor. m, 2.
— S'Y!», priîbogative, privilège. Prérogative signifie un titre à certains hommager, une préférence, une distinction, une dignité; privilège, un avantage réel et positif oui met en dehors de la loi commune. La prérogative est un honneur, et se rapporte au rang; elle relève ou met au-dessus des autres; le privilège a plutôt rapport à l'intérêt: c'est un avantage dont on est favorisé parmi les autres et contre le droit commun.
— HIST. XIV' s. Il a sur eulz une prérogative naturele. — Especial prérogative, oeksmf, Thèsede med- MER. I| XV* s. Ou Tau] moien tems [de ma vie] oy [j'eus] la prérogative, -Te sceu les lois et les decrez entendre, El soutilment arguer par logique. Et justement tous vrais jugements rendre, e df.sch. Son éduc. Et quant au dangier du passif, J ay sauf conduit prorogatif, ch. d'orl. Rond. 89 ||ïvi* s. L» privilège d'aller en coche pai ville ou de nuict avec flambeau... la prérogative d'aucuns surnoms et tiltres, mont, ii, 63.
— ÊTYM. Lat. prxrogaliva, proprement celle qui a le premier suffrage, de prserogare, demander d'abord, de pr«, avant, et ro^are, demander (voy. rogations) .
t PRÉROMAIN, AINE (pré-ro-min, mè-n"), adj. Oui est avant le temps, la venue des Romains. Les sépultures prèromaines rie la Gaule.
t PRÉRUINÉ, ÉE (pré-ru-i-nè, née), adj. Ruiné il'avance (mot forgé par Voltaire par opposition à préétabli de l.eibnitz et de Wolf) Avez-vous détruit les monades, les harmonies préruinées et le grand art de dire des riens en trente-deux volumes in-4'' [Œuvres de Wolf]? volt. iett. Ifoupei tui's, 3 juin. (746.
— ÊTYM. Pré préfixe, et ruiné.
PRÉS (prê ; l's se lie : prê-z une église/, adv. Il 1° Dans le voisinage de, en parlant de l'espace ou du temps. Il demeure tout près. C'est tout près. Qu'est ceci , Fabian , quel nouveau coup de foudre Tombe sur mon bonheur et le réduit en poudre? Plus je l'estime près, phis il est éloigné, cobn. Pol. IV, 6. Depuis qu'il est logé ici , je ne le vois plus; et, quand on lui en demande la raison, il répond que je suis trop près, sÉv. 2 mars i»S9. Il Ici près, dans cet endroit-ci, qui est voisin. Elle se promène ici près. || Près est essentiellement un adverbe, comme le montrent et l'étymologie et l'emploi qu'on en fait. || 2° Près à près, loe. adv. Non loin l'un de l'autre. Il renferme la ville d'une contrevallation d'arbres étendus tout de leur long et près à près avec toutes leurs branches entrelacées les unes dans les autres, rollin, Hi.1t. anc. Œuvr. t. m, p. B25, dans pougens. Les ennemis avaient disposé les batteries fort près i prrs sur le haut de leurs retranchements, st-si«. 12, (36. Plusieurs nouvelles arrivèrent ."i Paris fort près à près, m. 80, ((8. La nature a donné aux yeux des quadrupèdes.... des cils dont les poils horizontaux et rangés près à près sont comme autant de palissades, bern. de st-p. Harmon. livre u. Il 8° X beaucoup près, il s'en faut beaucoup. U ne »n
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trouve plus autant de lions en Afrique, à beaucoup f.rès, qu'il y en avait autrefois. || Voiture a dii à beaucoup près de : Quoique j'aie acheté bien cher votre connaissance , je ne crois pas l'avoir payée à beaucoup près de ce qu'elle vaut, Lett. 99. ||4° À peu de chose près, presque, peu s'en faut. On lui a rendu tout son bien, à peu de chose près. 1| 5° À peu près, loc adv. Presque. La terre est à peu près sphérique. 11 en arrive [dans les affaires politiques] i peu près comme dans le jeu, où le plus habile l'emporte à la longue, boss. Uist. m, 2. || Il s'emploie substantivement. Il y a des choses qui ne demandent qu'un à peu près, que des à peu près. Il 6° X. .. près, approximativement, en plus ou en moins. On sent que ces époques ne peuvent être estimées qu'à quelques siècles près, BAi.t.T, Hist. asir. anc. p. 86. \\ 7° i cela près, è telle chose près, exceplé cela, excepté telle chose. À une grande vanité près, les héros sont faits comme les autres hommes, la rochefouc. Hax. 24. Sévigné, de qui les attraits Servent aux Grâces de modèle, Et qui naquîtes toute belle, A votre indifférence près, la font. Fabl. IV, (.11 ne manquait pas de capacité pour l'emploi de premier ministre, à la probité près, qui souvent n'est pas comptée pour beaucoup, rollin, Bist. anc. Œuvr, t. x, p. 322, dans pougens. Us étaient un peu ivrognes; à cela près, fort honnêtes gens, LESAGE, Diable boit. <2. Alors il [Périclès] ménagea moins le peuple, et fut roi, au titre près, coNDiL. Hist. anc. ii, 6. || A cela près, loc. adv. Sans s'arrêter à. Je crains pour Garibalde une haine funeste, Je la crains pour Unulphe ; à cela près, parlez , corn. Perlhar. m, 3. Tout ce qu'il vous plaira; je ne suis pas à deux ou trois coups de bâton près, LE GBAND, Galant coureur, se. )5. jjU n'est pas à cela prè«, il n'en est pas à cela près, se dit de considérations qui n'arrêtent pas un homme, de dépenses qui ne sont pas assez onéreuses pour qu'il n'y satisfasse pas. ||8° De près, loc. adv. À très-peu de distance, soit dans l'espace, soit dans le temps. Et la mort suit de près ces fausses guérisons.'cORN. Rodog. m , 6. Il me semble qu'il lui parle de bien près, MOL. Àm. méd. m, 6. Elle partit des ports d'Angleterre à la vue des vaisseaux des rebelles, qui la poursuivaient de si près qu'elle entendait presque leurs cris et leurs menaces insolentes, eoss. Reine d'Angl. C'était une de ses maximes qu'il fallait craindre les ennemis de loin, pour ne les plus craindre de près, et se réjouir à leur approche, id. Louis de Bourbon. Quand on les vit ainsi tous deux combattre de près, fén. Tél. xx. Vous voyez les choses de plus près; je m'en rapporte à vous, volt. Lett. Damilaville, 4 juillet t7«7. Quelquefois la persécution suit de près la calomnie, ID. ib. <» déc. 1786. Il De près, à ras. Couper les cheveux de près. Moucher de près une chandelle. Tondre la brebis de trop près. || On supprime quelquefois de. Vous avez mouché la chandelle trop près, Dict. de l'Acad. au motmo«c/i?r. || Serrer quelqu'un de près, le poursuivre vivement. Lewis chercha vainement une issue; il trouva partout l'ennemi, et perdit d'abord deux bataillons; il était pris tout entier s'il eût été serré de plus près, ségur, Hist. de Nap. xii, 7. Serrer de près signifie aussi adresser des questions pressantes, gênantes. || Menacer de près, être imminent. Peut-être ce malheur d'assez près le menace, coBN. Agés. II, 7. Il Presser de près, presser vivement. Mais, sans mentir, ma sœur vous presse un peu de près, corn. Suite du Ment m, 3. || De près, de fort près, de très-près, en communication très-voisine. Il approche de fort près le mini.stre, le prince, le souverain. || Voir de près, considérer en s'approchant de près, soit qu'il s'agisse du regard du corps ou de celui de l'esprit. Cela est assez ridicule que je dise tant de bien de ma fille ; mais c'est que j'admire sa conduite comme les autres, et d'autant plus que je la vois de plus près, sÉv. 2. Hé bieni il faut revoir cet enfant de plus près, HAC. Athal. Il, 5. Nous vîmes de près toutes les horreurs de la mort, fén. Tél. iv. J'ai vu de près le Styx, j'ai vu les Euménides; Déjà venaient frapper mes oreilles timides Les affreux cris du chien de l'empire des mortj.CHADLiEij, d Lafare. Ils ont cru que je savais des choses particulières d'une cour que j'ai vue de près, m"" decaylus, Souvenirs, p. 5. La flatterie vous déguisera tous les objets.... TOUS verrez votre peuple de trop loin, et vos courtisans de trop près, CON du, Étud.hist.iii,6. iJOnditde même : observer de près, examiner de près, veiller de près, garder de près. El Socratc, l'honneur de la profane Grèce, Qu'était-il on effet, de près examiné, Qu'un mortel par lui-même au seul mal «traîné? boil. Sat. tu. Mais peut-être qu'aussi....
J'observe de trop près un chagrin passager, rac. Bajai. IV. 7. On avait bien de la peine à les retenir au dedans du camp, où ils étaient gardés de près, FÉN. Tél. XVI. Je vous préviens que je vous veillerai de si près que je découvrirai le mystère que vous me cachez, cenlis, Thédt. d'éduc. la Lingère, l, 3. || Tenir quelqu'un de près, le surveiller avec soin, lui laisser peu de liberté. || Ne pas y regarder de si près , ne pas être minutieux , sévère. Cotte phrase m'a la mine d'être irrégulière; mais nous n'y regardons pas de si près, maintenon, Lett. au duc de Noailles, 14 janv. 170). 11 [l'abbé de Prades] a été tout ébahi d'être honni à la fois comme déisie et con^me athée.... on aurait pu considérer qu'athée est le contraire de déiste; mais, quand il s'agit de perdre un homme, les bonnes gens n'y regardent pas de si près, volt. Lett. Mme Denis, 19 août 1762. || On dit de même : y prendre garde de près, y penser de près. Il a si mal rencontré en ce commencement, que je crois qu'il y pensera de plus près à l'avenir, malh. Lett. II, 29. Si nous y prenons garde de près, pasc. dans cousin 11 II y regarde de près, il fait attention aux moindres objets de dépense ou de profit. |l On dit dans le même sens : Il est bien près regardant. I! Se voir de près, se battre en duel. Il m'a insulté, mais nous nous verrons de près. || Je ne le connais ni de près ni de loin, je ne le connais pas. || Ne vouloir entendre parler d'un homme, d'une chose , ni de près ni de loin, n'en vouloir entendre parler en aucune façon. |i On dit aussi : ni près ni loin. Cet écrit ne parle ni près ni loin de société, patru, Plaid. 6 , dans bichelet. || Ils se touchent de près, ils sont parents. C'est une personne Qui vous touche de près, MOL le Dép. ii , 2. || On dit dans le même sens : être parent assez près, ou assez près parent. M. de Limours est parent a-ise?. près de M, de Blezac, gbnlis, Ad. et Théod. t. ii, p. 462, dans pouGENS. Il II se dit aussi d'un bien moral, d'un intérêt moral. Votre santé est un point qui me touche de bien près, sév. 75. Omar veut à l'instant par un serment terrible M'attacher de plus près à ce maître invincible, volt. Mahomet, m, t. || On supprime quelquefois de. L'intérêt vif que je prends à ce qui vous touche près ou loin, sSv. 43 nov. <689. Il De tant près que, quelque près que Et vous, à qui la mort même, de tant près que vous l'ayez vue, n'a jamais pu faire peur, voit. Lett. 36. Il 9 Terme de marine. Au plus prî^s, dans ladirection du vent. Faire route au plus près. || Fig. Il me montra comment, dans un destin contraire, l'homme sage ^eut toujours tandre au bonheur, et courir au plus près du vent pour y parvenir, i. J. ROuss. Conf. Jii. Il On dit dans le même sens ; Le vent est près, bien près. || On gouverne près, on peut tout juste gouverner à l'aide du vent prescrit. il Le vent est trop près, on ne peut plus gouverner. • 1 Près et plein, dans la direction du vent, mais cependant de telle sorte que les voiles soient bien gonflées. Il Substantivement. Un navire fait le plus près, tient le plus près, quand la voilure en fait avec la direction du vent l'angle le plus étroit possible, JAL. Il Prendre le plus près, diminuer l'angle d'incidence du vent sur les voiles orientées, autant qu'on le peut faire. || On dit aussi : près du vent. Un navire est près du vent, ou se tient près du vent lorsque sa voilure reçoit le vent oblii)uement et sous un angle plus grand que douze degrés, jal. I! 10* Près de, prép. qui exprime la proximité. Près du temple. J'entendis crier au voleur, au feu; et ces cris si près de moi et si redoublés, que je ne doutai point que ce ne fût ici, sév. 20. Jamais un homme n'a été si près d'être parfait, m. 200. Chaque mortel en partage A son bonheur près de soi, volt. Usag rie. Enfin j'honore en eux jusques à la folie Qui place près des morts les besoins de la vie, de- LiLLE, Imag. vu. Que les vices sont près des vertusl GHAFFioNY, Leit. péruv. 27. || Près est susceptible de degrés de comparai.son. L'éternité me frappe un peu plus que vous; c'est que j'en suis plus près, sév. 30 juin ishIi. Il Près de l'église et loin de Dieu, se dit d'une personne qui habite près d'une église et qui ne la fréquente pas; et flg. qui néglige la morale et la religion pour les pratiques. || Fig. Toute perfection est prèad'un défaut.... tout usurpateur est près de son cercueil, volt. Triumt. iv, l. || Cet ouvrage est bien près de la perfection, il s'en faut bien peu qu'il ne soit parfait. || Fig. et familièrement. Avoir la tête près du bonnet, être d'une humeur prompte, »o mettre facilement en colère. || Etre près de ses pièces, n'avoir guère d'argent. || On Hit quelquefois sans la préposition de: Près l'église, près la maison, PassT orès Pari* ■ uukii an ne '• dit <amaif "-»
' quand il s'agit d'un lieu ; par conséquent on ne peut jamais dire : Près lui, près moi, etc. La suppre.ssioa de la préposition de est encore autorisée dans ces phrases consacrées par l'usage : ministre, ambas sadeur du roi près la cour de.... || 11" Être près de, suivi d'un infinitif, être .sur le point de. Nous sommes plus près d'aimer ceux qui nous haïssent, qne ceux qui nous aiment plus que nous ne voulons, la rochefouc. Réfl. mor. n" 32). Un vieillard près d'aller où la mort l'appelait, la font. Fabl. IV, )8. Comme on ne connaît l'importance d'une action que quand on est près de l'exécuter, ID. Psyché, I, p. 82. Croyez-moi, plus j'y pense, et moins je puis douter Que sur vous son courroux fd'Athalie] ne soit près d'çclater, id. Ath. i, ). Il 12" En comparaison de. Et près de vous ce sont des sots que tous les hommes, mol. Tart. i, 6. ....Seigneur, je chercîie, j'envisage Des monarques persans la conduite et l'usage; Mais à mes yeux en vain je les rappelle tous ; Pour vous régler sur eux, que sont-ils près de vous? rac. Esth. 11, 6. Près de leurs passions (des rois] rien ne me fut sacré, id. Athal. m, 3. 11 est si prodigieusement flatté dans toutes les peintures que l'on fait de lui, qu'il paraît difforme jirès de ses portraits, la bruï. viii. Il 13" Presque. Il y a près de deux heures que je l'attends. Près de mille barques chargées de vivres et de tout ce qui est nécessaire à une armée, FOLLiN, Hist. anc. Œuv. t. vu, p. 2)6, dans pougens.
— REM. Pour se rendre compte des locutions d beaucoup près, à peu près, d cela près, il faut considérer à.... près comme une préposition composée signifiant manquant. Je ne suis pas aussi riche que vous, à beaucoup près (beaucoup manquant); je suis à peu près aussi riche que vous (peu manquant); il fut roi, au titre près (le titre manquant).
— SYN. 1. PRÈS DE, AUPBÈs DE. Près de exprime la proximité aussi bien dans l'espace que dans le temps. Auprès de n'exprime la proximité que dans l'espace. || 2. près, pboche. Près est l'expression ordinaire, celle qui a la signification la plus étendue; c'est la seule qui se dise du temps aussi bien que du lieu. Proche est, proprement, un adjectif; aussi ne s'emploie-t-il qu'avec le verbe être. On arrive près d'un lieu; on est proche d'un lieu, ou un lieu est proche d'un autre, lafaye.
— HIST. XI" s. Cist [ceux-ci] nous sont près, mais trop nous est loin Charles, Ch. de Roi. Lxxxv. Ne loin ne près ne peut vedeir [voir] si clair, ib. cxlvii. Ce sent Rolanz que la mort li est près, ib. Clxv. Plus près d'ici pourrez trover les Frans, 16. cxcii. Il XII' s. Près sont païen le trait à un archier, Ronc. p. 67. Près est de mort, n'en aura garison, ib. p. 200. Le sang |il] lui trait du cors près de demi bassin, ib. p. 1 »5. Près fils] ne m'ont mort [ils m'ont tué presque], Couci, xiv. Et quant je plus sui loinz de sa contrée. Tant est mes cuers plus près et ma pensée, id. ib. xvii. || xiii* s. D'ilec à douze liues près, seoit la cité de Rodesta, villeh. clviii. (Les Allemands] Surent près d'aussi bien le françois de Paris [que les gens du lieu], Berte, v. Onque mais de si près [ils! ne purent aprocher, ib. xix. En a-il ja passé près huit ans et demi, tb. Lxxi. Et maint autre baron qui de près l'ont suivi, ib. lx.vxix. Saiiriez-vous ci près maison ne cas-îinent ? ih. ex. Aiderai vous à grant bosoing, Ou seit de prèa ou seit (le loing, Lai del désiré. Les cambres près à près ostoient, Fl. et Bl. 2369. Si doit on siuir [suivre] le [la] volenté du mort au plus près qu'on pot, BEAUM XII, 50. Il xiv" 3. Il sont venu bien près de leur t.ntencion, Bibl. des chart. 3» série, t. li, p. 26Ï. Mais ma chemise m'est plus prez certainement Que ma cote ne fait, Guescl. )7227. Il XV" s. Ils assiégèrent le chasteau au plus près qu'ils purent, froiss. i, i, 2t. [Le duc d'Anjou] s'en vint mettre le siège devant la villa et le chaslel de Lourdes; adonc se douta grandement le comte ike Koix du duc d'Anjou, pour ce que il le voulult voir de si près, m. ii, m, 9. Ma lettre escrivi et scellay. Et à mon amy l'enveai. Qui la lut et trois jours après, Petit loing ou petit plus près. Me resorivi en tel manière, e. dbsch. Poésies mss. P 4»). Nous estions près les ungs des autres comme de quatre lieues au moins, comm. iv, 8. jjxvi" s. L'homme près mort a (le remède] quelquefois remis En sa santé, le gardant de ruyne, j. mabot, v, 269. Laissans leurs cappes sus une treille, au plus prez,. ils commencearent.... kab. Garg. l, 27. Ainsi, peu près, au juge devisay, marot, i, 26o. ...on void mainte ((ui lirague,Qui beaucoup près n'est point si bonne baguo, 1» i, 405. Gaillards et fiebvreux, la .«nort riniie »st egualoment orez. mont. i. 78. i oew
PRE
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prei, iD. I, •»o. Qui regarder» de bien preï à œ genre de gents, il trouvera..., ID. i, M7. En crodil prez de l'empereur, ID. Il, 36. Ils ont esté bien prez de veoir son vray et naturel visage [de la mort], ID. II, SI. C'est une chose quy vous louche de près, MABG. r.ett. i2«. Quand elle fut à quatre ou cinq jours près [quand il n'y eut flus à passer que quatre ou cinq jours], la boéiib, Bradam. iM. En exécution et hardiesse Caius n'approcha point à beaucoup près de Cleonienes, amyot, les Gracq. et Agi$ et Cliom. 10. Chascun estant habile à remarquer les fautes d'autruy, et, suivant le proverbe, voyant beaucoup de loin, et rien estant près de la chose, bou- CHET. Séries, ii, p. î2S, dans lacdrne.
— RTVM. Ppov. j>Tis; ital. presto; du lat prestum, pressé (voy. presser).
PRÉSAGE (pré-za-j' ; d'après Chifllet, Gramm. p. 183, on prononçait présage), s. m. || 1' Signe par lequel on juge de l'avenir. Un songe vous fait peur? — Ses présages sont vains, corn. Poly. i, î. Le faucon est léger, l'aigle est plein de courage. Le corbeau sert pour le présage, la font. Fahl. ii, 17. Quand il faut détourner quelque funeste présage, FÉN. Tél. XXII. J'accepte ces présages que je crois heureux, m. ib. xviii. Ce phénomène [une éclipse! jeta l'épouvante et la consternation dans l'esprit des Athéniens, qui étaient accoutumés, par superstition et par l'ignorance des causes naturelles, à .-egarder ces sortes d'événements comme dçs présages funestes, bollin, Hist. ane. Œuv. t. m, p. 50i, dans pouGENS. Des présages de trépas couvrirent son visage, son arrêt parut écrit, mass. Or. fun. Villars. Avais-je raison de croire aux présages? STAËL, Corinne, xv, 2. Alors, comme les peuples superstitieux, nous eûmes nos pré.sages, nous entendîmes parler de prédictions ; queliues-uns prétenlirent qu'une comète avait éclairé de ses feux sinistres notre passage de la Bérézina, ségur, Bist. deNap. xii, 2. || 2° Conjecture qu'on tire du présage. Lorsqu'on voit paraître quelque signe de changement de temps et le moindre présage de brouiHorje, BALz. le Prince, ( 7. Mon ami prenait ce discours à bon présage, pasc. Prou. ii. Et tout le peuple même, avec dérision. Observant la rougeur qui couvrait mon visage. De ma chute certaine en lirait le présage, rac. Eslh. m, i.
— HIST. XVI' s Par son sçavoir il devançoit
son âge. De sa grandeur future infaillible présage, DESPORTES, Tombeau de Desportes.
— ETYM. Lat. prx.sagium , de prx, avant, et sSgire, avoir les sens subtils; sdgus, devin.
PRÉSAGÉ, ÉK (pré-za-jé, jée), part, passé de présager. Un malheur trop sûrement présagé.
PRÉSAGER (pré-za-jé. Le g prend un e devant o et 0 ! présageant, pré.sageons), v. a. || 1° Indiquer une ch()^e future. Ils disent que les éclipses présagent malheur, pasc. Pensées div. 102, édit. fau- GÈRE. Voilà le commencement des maux qui avaient été présagés à Jérusalem par d'étranges iihénomènes.... ROLUN, Hist. anc. Œuv. t. viii, p. 506, dans pouGFNs. Il 11 se dit aussi simplement pour annoncer. Je vois devant notre maison Certain homme dont l'encolure Ne me présage rien de bon, mol. Amph. I, 2. Il 8' Conjecturer ce qui doit arriver, avec un nom de personne pour sujet. Le triste Agamemnon... Pour détourner ses yeux des meurtres qu'il présage.... RAC. Iph. V, 5. Et déjà d'ilion présageant la conquête.. ..ID. ift. iv, 4. ||Se présager une chose, conjecturer que celte chose nous arrivera. Et ton nom paraîtra, dans la race future. Aux plus cruels tyrans la plus cruelle injure; Voilà ce que mon cœur se présage de toi, rac. Brit. v, t. Voilà ce que de toi mon esprit se présage, voi.t. Ép. xn.
— HIST. XVI' s Comme si le cueur luy eust
présagé et dit ceste infortune, h. du bkllay, 38o. Ou comme le pasteur, qui, de loin parmy l'air, Entend du premier bruit le foudre grommeler, Suivy d'un peu d'esclair, présage un grand tonnerre, desportes, Tombeau de Desportes.
— f.TYM. Présage. Le xvi' .siècle di.sait plus sou- «nt presagir, tiré directement du latin pr.rsagire.
t PRÉ-SALÉ (pré-sa-lé), t. m. Mouton qui a pftturé dans les prés arrosés par la mer. Le pré-salé et le solognot [mouton de Sologne], nourris avec de l'herbe et des grains, donneront toujours évidemment de la viande d'une qualité supérieure.... Monit. itniv. 8 avr. i8«8, p. 49«, 2' col. || Viande des mout<jns qui ont pâturé dans des prés-salés. CAtelette, gipot de pré salé \] Au plur. Dis prés-salés.
t PRÉSA>CTIKIÉ. ÉE (pré san-kti-fi-é, ée), adj. Consacré d'avance. Hostie présanctifiée. || S. m. pi. Nom qu'on donnait à des pains, à des hosties consacrées las jour» )>récédeDts. || U«uc de* présancti-
fiéf, messe dans laquelle il n'y a point de consécration, parce qu'on s'y sert d«B pains dit» présanctifiés. 0«i ne connaît pas le sacrifict des présanctifiés, où l'Orient et l'Occident, ne consacrant pas, réservaient l'espèce du pain consacré dans le sacrifice précédent pour en communier tout le clergé et tout le peuple? aoss. (" instr. pastor. 4t. Le vendredi saint, le pape assiste, dans la chapelle Sixtine, à la messe des présanctifiés, ainsi appelée parce que les substances qui servent à l'office divin ont été consacrées la veille, Konit. univ. »o %vr. (867, p. 5*5, i" col.
— ÉTVM. Pré .., préfixe, et sancfi/ie.
t PRÉS-BOIS (pré-bot), i. m. pi. Se dit, dans les Alpes, le Doubs et quelques autres départements, de terrains destiné.s au pâturage, et sur lesquels il existe de distance en distance des arbustes ou buissons, et même des touffe» d'arbres.
t PRESBVOPIE (prè-abi-o-pie), f. f. Synonyme de presbytie.
— ÉTYM. Presbyte, et <Si^, œil
PRESBYTE (prè-sbi-f), adj. Qui ne voit que de loin, à cause de l'aplatissement du cristallin. En vieillissant, beaucoup d'hommes deviennent presbytes. Il Substantivement. Celui, celle qui est presbyte. Il est impossible que le presbyte et le myope, qui voient si diversement la nature, voient de la même manière dans leurs têtes, diderot. Salon de (767, Œuv. t. xiv, p. 413, dans pougens.
— ÉTYM. npeffêurri; (voy. PRÊTRE), vieillard, à cause que les vieillards deviennent souvent presbytes.
PRESBYTÉBAL, ALE (prè-sbi-té-ral, ra-l'), adj. Oui tient à l'ordre de la prêtrise. Bénéfices presbytéraux. || Maison presbylérale, maison du curé.
— ÊTYM. Presbytère.
PRESBYTÉRANISME(prc-3bi-té-ra-ni-sm'),».m.
Voy. PRESBYTÉRIANISME.
PRESBYTÈRE ( prè-sbi-tè-r') , s. m. || 1° Terme de droit ecclésiastique. Le conseil des prêtres dont l'évêque doit s'assister dans- le gouvernement de son Eglise. || 2* Maison du curé, jj 8° Nom d'une libéralité que le pape fait à l'office du jeudi saint.
— HlST. XII' s Si cume vusveezque ces mustiers, en la nef et al presbiterie, sunt partiz [distribués], fioiî, p. 2» s.
— ÊTYM. Lat. presbyterium, conseil des prêtres, de Ttoenêuiépiov, ae itpEaêOTepoç (voy. prêtre).
PRESBYTÉRUNISME ( prè-sbi-té-ri-a-n i-sm' ) , s. m. Doctrine, secte des presbytériens. Le presbytérianisme est la religion dominante en Ecosse ; ce prasbytérianisme n'est autre chose qu* le calvinisme pur tel qu'il avait été établi en France et qu'il subsiste à Genève, volt. Dici. phil. Presbytériens. Tout ce que je crains, c'est qu'un esprit de presbytérianisme ne s'empare de la tête des Français; et alors la nation est perdue ; douze parlements jansénistes sont capables de faire des Français un peuple d'atrabilaires, II). iett. Damilaville, sojanv. (764.
— ÊTYM Presbytérien.
t PRESBYTÉRÙT (prè-sbi-té-ri-a), ». m. Qualité d'ancien, chez les presbytériens.
PRESBYTÉRIEN, ENNE (prè-sbi-té-riin, riè-n'), t. m. et ^. Il 1° Ceux qui, parmi les protestants, gouvernent leurs Eglises par des ministres et des anciens et n'ont point d'évêques. Les presbytériens sont opposés aux épiscopaux. || 1° Adj Qui concerne les presbytériens. H y a des lettres écrites et précieusement conservées, où l'on voit des âmes de femmes qui ont demandé à Richardson avec une sorte d'indiscrétion, s'il m'est permis de parler ainsi, et en même temps de piété presbytérienne, que, si Lovelace était bien coupable, il le punît en ce monde, mais qu'au moins il sauvât son âme, vil- LEMAIN, Lut. fr. xviii' siècle, 2' pan. i" leç.
— ÉTYM. Presbytère, à cause que le presbytérianisme se gouvernait par les presbytres ou prêtres, sans évêques ni hiérarchie. Au xv* siècle, presbytérien était équivalent de chapelain : Je, Jean Froissart, presbiterien et chapelain à mon très cher seigneur dessus nommé, froiss. m, iv, (.
t PRESBYTIE (prè-sbi-sie; quelques-uns prononcent prè-sbi-tie), 1. f. Vue confuse quand on regarde les choses de près, et nette quand elle se porte sur des objets plus ou moins éloignés.
— ÊTYM. Pre.tbyte.
t PRESBYTIQtlE (prè-sbi-ti-lt'), adj. Qui appartient à la presbytie.
t PRESBYTISME (prè-sbi-ti-sm'), ». m. Étal du presbyte.
t PRESBYTBK fprè-sbi-tr'), «. m. Synonyme, dans la primitive Église, d'ancien.
— ETYU. Opta6utepo(, «ucien.
PRESCIENCE (prè-sl-an-sT, i. f. Terme de théologie. Connaissance particulière que Dieu a des choses qui ne sont pas encore arrivées , et qui ne laissent pas de lui être déjà présentes II ne sert de rien, pour explicjuer la prescience, de mettre un concours général de Dieu, dont l'action et l'effet soient déterminés par notre choix; car ni le concours ainsi entendu, ni la volonté de le donner n'ont rien de déterminé, et par conséquent ne servent de rien à faire entendre comme Dieu connaît le» choses particulières; de sorte que, pour fonder la prescience aniverselle de Dieu , il faut lui donner des moyens certains par lesquels il puisse tourner notre volonté à tous les effets particuliers qu'il lui plaira d'ordonner, soss. Lib. arb. s. La simple prescience d'une action, avant qu'elle sou faite, ne diffère en rien de la connaissance qu'où en a après qu'elle a été faite, volt. tel», au pr. roy. de Pr. oct. (7»7. Quelque difficulté qu'il y ait à concevoir la manière dont la preso'pnce de Dieu s'accorde avec la liberté, comme cette prescience ne renferme qu'une oertituda d'événements qui Sf^ trouverait toujours dons les choses, quand mêmj elles ne seraient pas prévue», il est évident qu'elle ne renferme aucune nécessité et qu'elle ne détruit point la possibilité de la liberté, ID. 16. || Fig. Il lui semblait enfin que la vertu, loin de tourmenter la vie, contribuait tellement au bonheur durabl», qu'on pouvait la considérer comme une sorte ae prescience accordée à l'homme sur cette terre, STAËL, Corinne, xix, 4.
— HIST. xiu* s. Que la prescience divine Ne met point de nécessité Sor les euvres d'umanité, la
Rose, 17474.
— ÉTYM. Lat. prxscientia, de prâe, avant, et scientia, science.
t PRESCIENT, ENTE (prê-si-an , an-t'), adj. Qui a la prescience d'une chose, des événements futurs.
— HIST. xv« s. S'il voit les biens et les Iniquités X son mir >er prescient, pardurable.... t. desch. Poés. mss. {- 104.
— ÉTYM. Voy. PRESCIENCE.
f PRESCRIPT (prè-scri), s. m. Terme de A philosophie de Kant. Prescript delà conscience, devoir.
— HIST. xvi* s. Nous usons du prescript de nature, qui, pour parler, nous a seulement donné la langue, du bellay, i, 12, verso.
— ÉTYM. Lat. prxscriplum, chose prescrits ivoy. prhscrire).
PRESCRIPTIBLE (prè-skri-pti-bl') , adj. Terma de droit. Qui peut être prescrit. Ils [les immeuble» dotaux] deviennent prescriptibles après la séparation de biens, quelle que soit l'époque à laquelle la prescription a commencé. Code Nap. art. i66t.
— HIST. xvi* s. Prescrittible, oudin, Dxct.
— ÉTYM. Voy. prescription : ital. prescrittibiie. PRESCRIPTION (prè-skri-psion ; en vers, de quatre
syllabes), s. f. || !• Ordonnance, précepte. Les prescriptions de la morale. ||2' Ordonnance d'un médncin. Il Un moyen médical, un médicament prescrit. Il 8° Terme de jurisprudence. Exception (|u'on oi>pose à ceux par qui on est inquiété dans la jouissance d'une chose, lorsqu'il s'est écoulé un certain espace de temps; après quoi, suivant les lois, on ne peut plus être troublé dans sa possession. Que si on venait à dire qu'il n'y a point de prescription contre les familles royales ni en particulier contre celle de David à cause des promesses de Dieu, Boss. 5« avert. 4a. Le temps, l'occasion, l'usage, la prescription, la force font tous les droits, volt. inn. Emp. Louis II, 876. Les moines (d« Saint-Claude] rendent les hommes esclaves par prescription ; mais ces hommes ne peuvent pas recouvrer leur liberté par le même moyen, w. Pol. H lég. Extrait d'un mémoire. La prescription est un moyen d'acquérir ou de se libérer par un certain laps de temps, Code Nap. art. 221». La prescription peut être interrompue ou naturellement ou civilement, tb. art. 2242. Les immeubles dotaux non déclarés aliénables par le contrat de mariage sont imprescriptibles pendant le mariage, à moins que la prescription n'ait commencé auparavant, «6. art. (661. Il Libération d'une dette par suite de 1* non-réclamation du créancier dans un délai déterminé. Il Par extension. On opposait à Louis XII la prescription de l'investiture que Maximilien avaii donnée à Louis le Maure, volt. Mœurs, (lo. || Kip. Dans un pays où je suis peut-être, de tous les gens de lettres qui paraissent depuis quelques années, le seul qui mette quelque prescription à la barl'.arie. volt. Lett. Thiriot, 2H juill. 1733. J moins (|ue le» crimes n'opèrent une prescription contre l'équita, ID. Pol. et lég. Les droits des hommtt
PRÉ
PRÊ
•- HIST. xn* s. Contie le roi, n'y a prescription ^e de cent ans; qui est ce qu'on dit communément qui a mangé l'oie du roi, cent ans après eu rend la plume, loïsk;., 7'26. Les historiens de Megare, con- Iredisans à la publique renommée, et voulans, comme dit Simonides, comba're la prescription du long temps, maintiennent que ce Scirron ne feut oncques ne brigand nemeschant, amvot, Thésée, (2, Il n'y a raison, ny prescription, ny force qui puisso contre son inclination [de la nature), mont, i, 304
— ÊTYM. Lat. prasseriptionem, de pr.rscriptum , supin de prxscribere (voy. prescrihe). L'expression juridique de ■prescrire et de prescription ne signifiait, dans le principe, ni un moyen d'acquérir, ni un moyen de se libérer à l'aide d'un temps déterminé. La prescription fut d'abord, dans la procédure formulaire des Romains, une certaine restriction inscrite en tête de la formule que le préteur adressait au juge ; celte restriction était : Ea ret agatur, cujus von est possessio longi lemporis, c'est-à-dire : en cas de revendication, vous jugerez l'affaire, à moins qu'il n'y ait possession de long temps. Du sens de partie de la formule, la prescription passa à signifier le droit qui y était constaté, et de là le sens moderne du mot.
PRESCRIRE (prè-skri-r'), v. a. Il se conjugue comme écrire. || 1° Ordonner, commander. Votre gloire le veut, l'amour vous le prescrit, cobn. Bodog. III, 4. Dieu, quia prescrit certains devoirs aux femmes, aux enfants, aux esclaves, en a prescrit d'autres aux maîtres, aux pères, aux maris, Boss. !>• nvert. 52. Quel temps à mon exil, quel lieu prescrivez-vous? RAC. Phèdre, iv, i. Tout, s'il est généreux, lui prescrit «"ette loi, RAC. Bril. i, 1. 1| Prescrire que. Aristote orescrit que les mœurs doivent être convenabl.es, LE p. CATROU, dans DF.SFONTAINES. I| Prescrire de, avec l'infinitif. Ce hardi suborneui [le faux honneur].... Avant tout aux mortels prescrit de se venger, boil. Sat. xi. Qui nous prescrit à tous d'être justes, de nous aimer les uns les autres, d être bienfaisants et miséricordieux.... j. J. rouss. Ém.v. Il Prescrire un jour, fixer un jour. Je suis prêt à accepter un dîner tout autre jour qu'il vous plaira de me prescrire, j. j. hodss. Lett. à Urne de Créqui, (752. 112» Il se dit aussi des ordonnances des médecins. Prescrire un émétique , une saignée. Il 3" Terme de jurisprudence. Acquérir par la prescription, ou se libérer par la prescription. Prescrire une dette. Les rois do Syrie en avaient prescrit la possession [de la Judée] contre la famille de David, BOSS. 5* avert. 42. On ne peut prescrire le domaine des choses qui ne sont point dans le commerce, Code ffap. art 2226.||Fig. Détruire, faire oublier comme par une prescription. Vous vous souvenez de cela; Ce sont égarements que le temps doit prescrire, DANCOUBT, Céphale et Procris, i, 7. Il Neutralement, gagner la prescription. Ceui qui possèdent pour autrui ne prescrivent jamais par quelque laps de temps que ce soit, Code Nap. art. 2236. Il Fig. Quelque temps qu'ait duré un schisme, il ne prescrira jamais contre la vérité, BOSS. Polit, vii, III, 7. L'on ne trouvera pas aujourd'hui quatre personnes qui voulussent douter sérieusement que cette coutume [celle des auteurs pseudonymes] ait prescrit contre un point [défense de publier un écrit pseudonyme] qui n'est, dans le fond, qu'un simple règlement de police. Auteurs déguisés, p. 87. Edouard avait pour lui le bon droit, mais le malheur prescrit contre la légitimité, CHATEAUB. Stuarts, Jacques II. || 4° Se prescrire, v.réfl. Être ordonné. L'émétique se prescrit dans ces cas-là. Il B" Se perdre par prescription. La faculté d'accepter ou de répudier i<ne succession se prescrit par le laps de temps requis pour la prescription la plus longue des droits immobiliers, Code Nap. art. 78«. || Kn un sens contraire, être gagné par la prescription. La noblesse se prescrit par une possession immémoriale, riciielet.
— HIST. xrr 8. Faculté de rachat de rentes procedans de bail d'héritages, se prescrit par trente ans, LOTSEL, 5)î. Les gens d'église en prescrivent l'indemnité [d'un acquêt] par trente ans, et le droit d'amortissement par cent ans, m. 726. Possesseur de malle-foi ne peut prescrire, lo. 730.
— ÉTYM. Lat. prxicribere,-da prgi, avant, et %eribere, écrire.
PRESCRIT, ITE (prè-skri, skri-t'), pari, passé de piescrire. ||1" Ordonné. Pens»z-vous qu'à choisir de deux choses prescrites, Je n'aimasse pas mieux être ce que vous dites? mol. Éc. des fem. iv, 8. Cet acte, revêtu de la forme pre.scrite, C. drlav. Prine. AurA.v, n. || J" K'ixé, déterminé. Elles [les divinités] De souffrent point que vos mains innocente» Avant
le temps prescrit pressent ses mains sanglantes, volt. Oresle, v, 8. {| 3' ferme de jurisprudence Acquis ou perdu par prescription. Héritage , droit prescrit. H Fig. Eteint, oublié. Le beau reproche I il y a si longtemps! cela est prescrit, lesage, Turc, m, 6. t PRÉSCnrn.M (pré-sku-tom') , s. m. Pièce la plus antérieure de lécusson des insectes (audouin).
— ETY.M Pré..., préfixe, et lat. scutum, bouclier (voy. ECU).
PRÉSÉANCE (pré-sé-an-s') , ». f. Droit de précéder, de prendre place au-dessus. Ainsi il se fil cinq sièges, que dans la suite des temps on appela patriarcaux; la préséance leur était donnée dans le concile, boss. Hist. i, H. Mon Dieu, madame, repris-je, je sais bien qu'on sera moins jaloux du rang qu'on tient dans l'univers que de celui qu'on croit devoir tenir dans une chambre, et que la préséance de deux planètes ne fera jamais une si grande affaire que celle de deux ambassadeurs, FONT, mondes, t"soir. Les choses principales dont il [Louis XIV] tirait sa gloire étaient d'avoir, au commencement de son règne, forcé la branche d'Autriche espagnole, qui disputait depuis cent ans la préséance à nos rois, à la céder pour jamais en • 661. ... volt. Fragm. sur l'hist. xxvni. Tous les détails des querelles excitées par la préséance sont les archives de la petitesse, plutôt que celles de la grandeur, id. Hist. pari. xlv.
— HIST. XVI* s. Archimedes, malstre ne rettr science |la géométrie] qui s'attribue la presseance sur toutes les aultres en certitude, mont, ii, 278.
— f.TYM. Pré..., préfixe, et séance.
PRÉSENCE (pré-zan-s"), s. f. || l" Existence, résidence d'une personne dans un lieu marqué. Je vous touche, et sens bien que vous avez une bouche, un nez, des yeux, un visage, tout cela proportionné comme il faut.... mais, jusqu'à ce que j'en sois assurée, cette présence de corps dont vous me pailez est présence d'esprit pour moi, la font. Psijclié , i, p. 63. On ne peut perdre la présence d'un tel ami [CorbinelliJ sans s'en apercevoir à tout moment, sÉv. 96 oct. (688. Tout semblait prospérer par sa présence, BOSS. Reine d'Anglet. El) (616, le pape Léon X honora de sa présence la Rosemonde [titre d'une pièce de théâtre] du Ruccellai , volt. Dict. phil. Art dramatique. Ce p-ince [Vendôme], retiré dans Anet, partit alors, et sa présence valut une armée, ID. Louis XIV, 22. || Droit de présence, rétribution donnée aux membres de certaines associations, de certaines compagnies, quand ils assistent aux assemblées Quelquefois on y recevait aussi des traitants qui, bien loin d'être payés, comme dans leurs assemblées, pour leur droit de présence, payaient là pour avoir droit d'être présents, lesage, Cil nias, m, (2. || On dit dans le même sens : jetons de présence. || Terme de jurisprudence. L'existence d'une personne au lieu de son domicile, et quelquefois, surtout en matière de prescription , la résidence habituelle d'une personne dans le ressort d'une COUT impéri.ile. Si le véritable propriétaire a eu son domicile en différents temps, dans le ressort et hors du ressort, il faut, pour compléter la prescription, ajouter à ce qui manque aux dix ans de présence, un nombre d'années d'absence double de celui qui manque, pour compléter les dix ans de présence, Code Nap- art. 2200. || Terme de palais. Tant en présence qu'en absence. || 2° X l'église, nom technique du bâti de bois simulant la présence de la bière , et dont on fait usage dans les services pour les défunts. |l 3* Il se dit par opposition à absence. La présence désunit plus qu'elle n'unit; un peu d'éloignement est bon à l'estime et à l'amitié, COMTE DE CATLUs, Acod. de CCS damet et de ces metsieur», Œuvr. t. XII, p. (»6, dans pougens. || Vue, aspect. Et sa seule pré.sence est un secret reproche, COBN. JVt'cpm. II, ( . Consolons-nous [de la mort de notre père] en l'union de nos cœurs, dans laquelle il me semble qu'il vit encore, et que notre réunion nous rend en quelque sorte sa présence, comme Jésus-Christ se rend présent en l'assemblée de ses fidèles, PASC lAtt. (7 oct. (65i. S'il fallait, sans amis, briguant une audience, D'un magistrat glacé soutenir la présence, boil. le Lutrin, m. Malgré leur insolence. Les mutins n'oseraient soutenir ma présence, bac. Hithr. iv, 6. Je ne .sentis point devant lui le désordre où nous jette ordinairement la présence des grands hommes, montesq. Sylla et Eucr. Il II s'est dit au xvii* siècle pour extérieur. Il me gagna le coeur par une présence agréable et douce, MABOLLEs, if«m. 1. 1, p. 244. Il 4" Il so dit aussi de la vue, de l'aspect des choses. Kt depuis quand, seigneur, craignez vous la présence De ces paisibles lieux si chers à votre enfance? rac. Phèdre, i, (.En
les revoyant moi-même après si longtemps, j'éprouvai combien la présence des objets peut ranimer puissamment les sentiments violents dont on fut agité près d'eux,!. I. Bouss. Hél. iv, (7. || 5*11 se dit en parlant de Dieu. Voyez comme elle est saisie de la présence de Dieu, boss. Harie-Thér. Qu'importe que les flots s'abîment sous mes pieds. Que la mort en grondant s'étende sur ma tête, ^^a présence [de Dieu] m'entoure.... GU.B. le Poète malh. Il Dans le lanpagi- île la dévotion, se mettre, so tenir en la présencu Je Dieu, considérer Dieu comme présent à ce que l'on va faire. Afin que nous soyon.s saints et purs en sa présence, mass. Carême, Voc. Il Venir en la présence de Dieu , se dit de prières agréées de Dieu. Raguel lui répondit : Je ne doute point que mes prières et mes larmes ne soient venues en la présence de Dieu, et qu'il ne les ait exaucées, saci. Bible, Tobie, vu, (3. || Touteprésence, voy. toute-pbSsence. Il 8° Il se dit aussi des dieux du polythéisme. Souvenons-nous que la présence des dieux éclaire et remplit les lieux les plus obscurs et les plus solitaires, barthél. Anach. ch. 6 1 . Il 7° La présence réelle du corps et du sang de Notre-Seigneur dans l'eucharistie, ou, simplement, la présence réelle, le corps et le sang de Jésus- Christ dans l'eucharistie. L'hérésie d'aujourd'hui, ne concevant pas que ce sacrement contient tout ensein ble et la présence de Jésus-Christ et sa figure, et qu'il soit sacrifice et commémoration de sacrifice.,.. PASC. Pens. xxiv, (2 , édit. havet. Le premier qui a fait secte dans l'Eglise et qui a osé la condamner ouvertement sur la présence réelle, c'est constamment Bérenger, boss. Var. xv, (27. Ils [les réformés] nient ordinairement celte présence réelle [de Jésus-Christ dans l'eucharistie], et substituent en sa place une présence morale, une présence mystique, une présence d'objet et de vertu , in. Eucharistie, II, ï. Il Fig. Je travaillais du soir au matin avec une ardeur singulière, j'en étonnais les naturels du pays [le grand-duché de Berg], qui ne savaient pas que l'empereurexerçait sur ses serviteurs, et si éloignés qu'ils fussent de lui, le miracle de la présence réelle, bedcnot, Mém. vin. || 8' En chimie, existence d'une substance dans une aut'^e. Reconnaître la présence du poison dans des aliments. On reconnaît la présence de celte exhalaison à la flamme d'une chandelle, qui commence par tourner et diminuer jusqu'à extinction, bupf. Min. t. 11, p'. 289. La liqueur, ne tenant plus que du nickel, devient bleue; elle était pourprée par la présence du ce. balt, FOURCROY, Cours chim. t. 1, p. cxvi. || 9" Présence d'esprit, état, qualité d'un esprit qui reste présent, qui ne se trouble pas. Je ne puis croire que ma fille bien-aimée, et toujours pleine d'esprit, et même de présence d'esprit, se soit trouvée dans cet état, sév. 26 nov. (6«4. Personne ne conservait assez de présence d'esprit, ni pour ordonner les manœuvres, ni pour les faire, fén. Tél. iv, La présence d'esprit se pourrait définir une aptitude à profiter des occasions pour ;)arler ou pour agir, vauven. De la prés, d'esp. La présence d'esprit, la pénétration, les observations fines sont la science des femmes, j. j. rouss. Ém. v. S'occuper en même temps d'une lettre d'affaires et d'un billet galant, quelle présence d'esprit I al. duval , Jeunesse de liichel. Il, 5. Il 10" En présence, loc. odi). Face à face. Nous tremblons.... Que, voyant Capulet , ces rivaux en présence Ne s'arrachent la vie, oucr. Roméo, II, 6. Il Être en présence, so dit àe deux troupes ennemies en face l'une de l'autre et prêtes à se combattre. I.a cavalerie française fut forcée de s'écartera gaucho, et de défiler longuement dans de mauvais gués pour joindre l'ennemi ; quand on fui en présence.... séour, Hist. Nap. vi, 2. {| Fig. Les partis, les factions sont en présence, ils s'observent et se préparent à se combattre. || En présence de, loe. prép. En ayant devant soi Enfin, CouLinges disait l'autre jour: Voyez-vous bien cette femmelà? elle est toujours en présence de sa fille, ft.v, ((0. X la nuit qu'il fallut passer en présence dos ennemis , boss. Louis de Bourbon. Pour guérir leur opiniâtreté [de ses domestiques dans le protestantisme], il déplorait on leur présence la sienne propre, PLitcH. Pue de Mont. La meilleure de toutes les régies serait de parier aux dieux comme si on était en présence des hommes, et aux hommes comme si on était en préiene* des dieux, rarthIl. Anach. ch. 2(.
— HIST. XII* s. E quant la priinere eschole [troupe] de Juda apparut, li enemi orent graiit paor por la présence de Deu qui tôt voit, Hachali 11, (i. Tuit apeleient dune la présence le rei, Th. le mart. 86. Il xiii* s. Ce que ne voit yex [œil] en présence,
PRÉ
Au cuer | coeur] n'a pas si grant pesanee, ïlist. des troit Maries, ms. p. i*o, dans lacurne. Je vos comans que vos soez garonz de la semonce que je ai fiiiie por lui en voz présences, si que vos le piiissiés recorder come corl, quant besoin sera. Ass. de J. I, 136. Il XIV* S. Concupiscence est lousjours avec dplettacion pour la présence de la chose ou object delettable, OBF.SME, iE//i. 63 |i xvi's. L'auctoritéque donna une belle présence [prestance] et mojesté corporelle, mont, jii, *(. Par cette response, elle appresta à rire à toute la présence [assistance], DESPEB. Contes, xvi.
— RTYll. Provenç. presensa, pr«ten<ia,'espagn. presencia ; ital. presema ; du lat. prxsenlia, de vrxsens (voy. présent t).
(. PRÉSENT, ENTE (pré- zan, zan-t'), adj. !i 1° Oui est dans le lieu ovrl'on est ou dont on parle. 11 [le roi] parla encore une autre fois fort bien de M. Colbert sur cette matière des finances, M. Seignelay présent, pelusson, hett. hist. t. i, p. (OC, dans pouGENS. Depuis qu'on a voulu dire que Jésus- Christ n'y était présent [dans la cène] qu'en figure, 011 par son esprit, ou par sa vertu, ou par la foi, Boss. Yar. m, <6. Rome se vantait d'être une ville sainte par sa fondation.... peu s'en faut qu'elle ne crût Jupiter pins présent dans le Capitole que dans le ciel, id. Ilist. il, ts. Lorsque, derrière un voile, invisible et présente. J'étais de ce grand corps [ le sénat ] l'âme toute-puissante, rac. Brit. i, ) . Et hâtant son voyage, Lui-même ordonne tout, présent sur le rivage, id. MUhr. iv, i . || Dieu est présent partout, il existe dans tous les lieux en même temps. Il ordonnait qu'on se tût devant la majesté présente [de Dieu, dans une église], fléch. Vue de Mont. || Fig. H n'est jamais présent, il est toujours distrait, inattentif. Il n'est ni présent ni attentif dans une compagnie à ce qui fait le sujet do la conversation, là BRUT. XI. Il Être tenu présent à une assemblée, à une séance, ne pas y assister, et pourtant participer aux droits de présence. || Quand on fait des appels nominaux, chaque personne appelée répond : présent. Il Dans le style des notaires, présents tels et tels, formule qui constate la présence de tels et tels. X ce présents et acceptants tels et tels. |{ 2° Il se dit de ce qui est actuellement sous les yeux, personne ou chose. Les objets présents. || Le présent acte, l'acte que l'on rédige actuellement. || La présente lettre, ou, substantivement, la présente, la lettre qu'on écrit. Un bourgmestre de Middelbourg m'écrivit il y a quelque temps poiir me demander en ami.... si la matière est éternelle, si elle peut penser, si l'âme est immortelle, et me pria d£ lui faire réponse sitôt la présente reçue, VOLT. trt(. Mme du Deffant, 22juill. noi.Mon général, M. Pigalle, mon parent, qui vous remettra la présente, vous expliquera l'embarras où je me trouve, p. L. COUR. Lett. i, 23b. |{ On dit de même : le présent billet. || X tous ceux qui ces présentes lettres, qui les présentes verront, formule du style de chancellerie. ||Le présent porteur, l'homme qui porte la lettre ou le billet qu'on écrit. || 3" Présent à, se dit des personnes qui regardent, qui ressentent. Voilà Di*i présent au pùclieur pour l'observer et pour l'éclairer, bourdal. 6* dim. après VÉpiphan. Dominic. t. i, p. 222. Présent à tout ce qui m'importune, absent rie tout ce qui m'intéresse, montesq. Lett. pets. 4 65. Il Par exagération. Cet homme est présent à tout, il voit, il surveille tout. || On dit de même : Cet homme est présent partout. |{ 4" Fig. Il se dit des choses que l'on se rappelle, que l'on croit voir encore. Je sens au fond du cœur mille remords cuisants Qui rendent â mes yeux tous ses bienfaits présents, corn. Cinna, m, 2. Vous souvenez-vous de cet adieu triste et cruel que nous fîmes dans ces champsT il est encore bien présent à mon imagination, sÉv. 334. Et cet aveu honteux où vous m'avez forcée Demeurera toujours présent à ma pensée, rac. MHhr. IV, 4. Il II se dit des personnes dans le même sens. Au moins, quoi que je fasse, je vous aurai toujours présent à l'esprit, balz. liv. i, lett. 4. Je te prie de croire i|u'encore que je ne t'aie point écrit, il n'y a poir'. eu d'heures que tu ne m'aies été présente, PAST. Lett. àJaqveline, 26 janv. 1648. Et son peuple [<,e Dieu] est toujours présent & sa mémoire, bac. Aihal. i, t. Tout mort qu'il est, Thésée est présent & vos yeux, id. Phèdre, ii, 6. Il Avoir la mémoire présente, se rappeler parfaitement les chosfs. Une mémoire heureuse et irésprésente,LA imoT. x. |{ Avoir l'esprit présent, l'avoir très-prompt. La Rancune avait l'esprit fort présent, acARB. ttom. eom. ii, 2. Pour délas.ser l'esprit, pour le rendre plus présent et plus attentifàce qui va suiwe, LA «RUT. lesOwacléret. Dans le temoa qu« ia
PRÉ
crainte de la mort semblait avoir égaré l'esprit de Louis XI, i! l'eut toujours sain et présent dans les affaires, duclos. Œuv. t. m, p. 33?. || 5" Qui est dans le temps oû nous sommes, par opposition à passé et à futur. L'auditeur aime à s'abandonner à l'action présente, et à n'être point obligé, pour l'intelligence de ce qu'il voit, de réfléchir .sur ce qu'il a déjà vu, CORN. Cinna, Éxam. L'inclination naturelle que tous les hommes ont à chercher plutôt le soulagement présent , que ce qui leur en doit faire un jour, RETZ, Mém. t. m, liv. iv, p. 73, dans pougens. Notre condition jamais ne nous conteiite; La pire est toujours la présente, la font. Fabl. vi, n. Notre imagination nous grossit si fort le temps présent.... et amoindrit tellement l'éternité.... que nous faisons de l'éternité un néant, et du néant une éternité, pasc. Pens. m, e, édil. havet. Si, rappelant la mémoire des siècles passés, j'en fais un juste rapport à l'état présent , soss. Reine d'Anglet. ô paroles qu'on voyait sortir de l'abondance d'un cœur qui se sent au dessus de tout; paroles que la mort présente et Dieu plus présent encore ont consacrées, iD. Duch. d'Orl. Qu'on peut mépriser les charmes de la grandeur, même présente, id. le Tetlier. L'état présent d'une substance simple procède naturellement de son état précédent, diderot, Opin. des anc. philos, {leibniliianisme). Quoi que l'heure présente ait de trouble et d'ennui, Je ne veux point mourir encore, a. ciiénieb, la Jeune captive. Il 6° Oui opère sur-le-champ. Remède présent. Il faut m'arracher le cœur qui vous aime, ou souffrir qus je prenne un grand et présent intérêt à vous, sÉv. 6 avr. (872. Quand j'y pourrais donner atteinte [à ce que Mme de Sévigné avait fait pour Mme de Grignan], ce qui méfait horreur à penser, et que j'en aurais des moyens aussi présents qu'ils seraient difficiles à trouver, ch. de sév. (dans sÉv. t. X, p. 410, édit. Régnier). U n'est point de poison plus présent ni de peste plus pénétrante, bossuet, ("sermon. Conception, i. || Vieilli en ce sens. On dit remède actif, poison actif. || 7" S. m. pi. Les présents, les personnes présentes. Les présents et les absents. |{ Terme de jurisprudence. La prescription immobilière est de dix ans entre présents, et de vingt ans entre absents; elle s'acquiert par -^'.x ans quand le véritable propriétaire habile .a ressort de la cour royale dans lequel l'immeuble est situé, et par vingt ans quand il n'y réside pas. Il II se dit quelquefois au singulier. Et sur l'absent qui le mérite. Le présent qui les sollicite Est toujours sûr de l'emporter, j. b. rouss. Odes, iv, 7. Il X tous présents et à venir siiut, formule du style de chancellerie. || 8" S. m. Ce qui est actuel. Le présent n'étant jamais qu'un point.... voit. Œuv. t. II, p. 313. Nous sentons l'écoulement de l'avenir dans le passé, et c'est ce qui fait le présent, comme le présent fait toute notie vie, nicole, Ess. de mot. 2* traité, chap. 3. Le présent n'est jamais notre fin; le passé et le présent sont nos moyens; l'avenir est notre fin, pasc. Pens. m, 6, édit. havet. Le présent est le seul temps qui est véritablement à nous, id. Lett. à Mlle de Uoannex, 7. Je ne vous dis point.... combien je regrette ma vie; je me plains douloureusement de la passer sans vous; il semble qu'on en ait une autre, où l'on réserve de se voir et de jouir de sa tendresse ; et cependant, c'est notre tout que notre présent, et nous le dissipons; et l'on trouve la mort : je suis touchée de cette pensée, sév. 264. Si quelque chose les empêche de régner sur nous, ces saintes et salutaires vérités, c'est que le monde nous occupe, c'est que les sens nous enchantent, c'est que le présent nous entraîne, noss. Duch. d'Ori. La vieillesse.... Toujours plaint le présent et vante le passé, boil. Arl p m. Le présent qui s'enfuit est déjà bien loin, puisqu'il s'anéantit dans le moment que nous parlons, et ne peut plus se rapprocher, fén. Tél. xix. Ce qui passe a été et sera et passe du prétérit au futur par un présent imperceptible, m. Exisl. ii, 2, Éternité. Il faut l'avouer, le présent est pour les riches, et l'avenir pour les vertueux et les habiles, la bbuy. vi. Nous tenons le présent dans nos mains; mais l'avenir est une espèce de charlatan, qui, en nous éblouissant les yeux, nous l'escamote, fonten. Bonheur. L'indiscrite avidité du présent nous ôtait toute ressource pour l'avenir, j. j. rouss. Hél. i,44. Le présent est un point indivisible qui coupe en deux la longueur de la ligne infinie, dider. Mém. t. m, p. 244, dans poiîof.ns. Jouir du pré.sent, et s'inquiéter peu de l'avenir, telle est la logique commune, logique moitié bonne, moitié mauvaise, dont il ne faut pas espérer que les hommes se corrigent, d'albmb. Rifi. sur l'inocul. Œuv. t. iv, p. 34«,
PRE
dans PonoENS. Le présent est le fils iu passé, il loi ressemble, baili.y, Atlantide, p 330. Ceux dont le présent est l'idole, Ne laissent point de souvenir, K. LEBRUN, Odes, I, à Buffon. || Terme de jurisprudence. Epouser par paroles de présent, voy. parole, n° 18, par opposition à épouser par paroles de futur, voy. FUTUR, n" 2. Il 9° Terme de grammaire. Le premier temps de cb.'iqne mode d'un verbe, celui qui exprime une époque présente. Le présent de l'indicatif, du suhjoiiciif il Présent antérieur, s'estdit quelquefois de l'imivirfait. || Adjectivement. Le participe présont, || 10 A présent, loc. adv. Maintenant, dans le temps présenl. On dit : à cette heure, maintenant, aujourd'hui, en ce temps, présentement, et non pas à présenl. qui n'est point une façon de parler de la cour, vaigel. Rem. t. i, p. 376, dans POUGENS. On a peine à s'imaginer que la cour ait mille fois condamné à présent, qui est un très-bon mot et souvent meilleur que ceux qu'on lui substitue, Acad Ohserv. sur Vaugel. p. 246, dans pou- GENS. Je vous blâmais tantôt, je vous plains à présent, CORN. Cid, I, 3. Un seul baiser, un seul amant Chez les bergères d'à présent Est la vertu la plus parfaite, volt. Lett. en vers et en prose, (72. ||X présent que, loc. conj. Ne la nomme point lâche à présent que chez moi, Pompeuse et triomphante, elle me fait la loi, corn. Cid, il, «. Il 11° Dès à présent, dès le moment présent. Veuve dès à présent par ma mort prononcée . rotr. Si Gen. m, 6. Il lî* Pour le présent, loc. adv. Dans le temps présent. Il accorda aux soldats qui avaient accompagné le tribun double ration de blé pour tout le temps qu'ils serviraient; et, pour le présent, il leur donna à chacun deux bœufs et deux habits, bollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2' part. p. 483, dans pougens. Il 13° En style de pratique. De présent, maintenant. De présent résidant à Paris.
— SVN. À PRÉSENT. PRÉSENTEMENT. X présent indique un temps présent plus ou moins étendu, pa,' opposition à un autre temps plus ou moins éloigné. Ainsi l'on dira : La force du corps gagnait jadis des batailles, à présent c'est le canon. Présentement désigne un présent plus borné, plus limité, plus circonscrit; il signifie à présent même, dans le moment, tout à l'heure, sous peu, sans délai, sans retard. Une maison est à louer présentement, dani le temps même où l'écriteau est apposé, guizot.
— hist. XI* s. Dous [deux] sunt perceners [ayant part] de un erité. et est l'un enplaidé sans l'altre, et per sa folie si pert, ne deit pur ço l'altre estre perdant qui présent ne fut, Lois de Guill 39. Dreiz empereres, veiz-me-ci [me voici] en présent, Ch. de Roi. XXII. La fin du siècle qui [laquelle] nous est en présent, ib. cix. || xii* s. Or veit bien sainz Thomas sun martire en présent; Ses mains juint à ses oilz [yeux], à damne Deu se rent. Th. le mart. I4». Lur paroles n'ai pas tut' s ci en présent, ib. 55. Ci ploront [pleureront] qui si s'envolopcnt es cures de la présent vie, ke il oblient celi qui est à venir, nOR- MANS, Homélie de St Grégoire, p. i6 ||xni' s. (Le temps].... ne fine de trespa^ser. Que nus [nul] ne puet [peut] ne'is [même] penser, Quex [quel] tens ce est qui est presens, la llo-ie, 3«7. || xiv s. Li appariteurs reporieroi.i que le sénat esloit parmi les champs, et ceste chose fut plus agréable aux dix homes [décemvirs] que se il eussent reiorté i|ue il, presens, eussent refusé le commaiiilemont, berciiedrr, f" 63, verf.n. Se les justiciers le conte prenoient ou avoient pris [lour cas de crime qui emporte peine de sanc, aucun des hommes dessusdiz pris à présent forfeit [en flagrant délit] ou non présent, DU CANOE, prxsens. L'en ne peust adonques dire véritablement et de présent : cest homme est beneuré, oresme, Fih. 23. Et ce peut assez apparoir par les comédies des anciens et par celles que l'en faitàpresent,iD. it. (36. || xV s. Pour le présent, plus n'en parlons, en. d'orl. Compl. de l'am. La quelle dame ledit messire Régnier espousa, par parolles de présent, pour et au nom dudit Anthoine et comrne procureur à ce especialement député et commis, Hist. de la tniwnd'or, t. i, f° (28, dans lacorne. J'en suis joyeux ; mais, au vray dire, Je ne vous congnois pas présent |présentement| , Bec. de farces, p. (37. Il xvr s. Est-ce vous qui avez prins le capitaine ToucquediUon icy présent? bab. i, 46. Lo roy qui est à présent, mont, i, (6.
— ÊTYM. l.at. prxsentem, de praesum, qui vienl de prx, avant, et sum, je suis.
2. PRÉSENT (pré-zan), s. m. ||1" Don. Il doit.... Mon service honorer d'un honnête présent, Régnier, Sat. m. Ce n'est point mon humeur de refuser qui m'aime; Et, comme c'est m'aimer que me faire présent, Je suis toujours alors d'un esprit comptai-
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gant, COBN. Menl. iv, i. Le feu dévorera les maisons de ceux qui aiment à recevoir des présents, saci. Bible, Job, XV, Si. N'ayez point d'égard aux personnes ni aux présents ; car les présents aveuglent les yeux des sages, et changent les paroles des justes, Boss. Polit, viii, v, i II ne fallait pas gagner par des présents, ou fléchir par des prières des huissiers intéressés ou inexorables, fléch. Lamoignon. J'ai cru que des présents calmeraient son courroux [de Dieu], rac. Ath. il, 6. Il [Fagnn| ne recevait jamais aucun payement, malgré la modicité de sa fortune, non pas même de ces payements déguisés sous la forme de présents, et qui font souvent une agréable violence aux plus désintéressés, fonten. Fapon. C'était une mauvaise in que cette loi romaine qui permettait aux magistrats de prendre de petits présents, pourvu qu'ils ne passassent pas cent écus dans toute l'année, montesq. Esp. v, )7. 11 (le roi] prodieuait des présents avec cet art de donner qui est encore au-dessus des bienfaits, volt. Louis XIV, (7. Il Fig. Pensez- vous que j'ignore ou que je dissimule Oue vous n'auriez pas eu pour moi [César] plus de scrupule [que pour Pompée] , Et que, s'il m'eût vaincu, votre esprit complaisant Lui faisait de ma tète un semblable présent? cohn. Pomp. m, 2. Il Présents de noces, les présents que l'on fait à la mariée. || Présents de ville ou présent de la ville, le vin, les confitures, ce qu'un corps de ville donne en de certaines occasions. Tout est double et triple chez vous [Mme de Grignan] ; je vous dirai comme l'autre jour : vous êtes en bonne ville, faites des présents, ma bonne, de tout ce qui vous est inutile, sÈv. 45 févr. )68B. || Fig. Faire prési'Ht de son cœur, devenir amoureux d'une femme. Il lui fit de son cœur un présent volontaire, BAC. Bajaz. II, 3. Oui lui refuserait le présent de son cœur? VOLT. Zaïre, l, <.||2° Chose précieuse accordée par le ciel, par la nature, etc. Mlle de Manchini, riche présent du Tibre et gloire de la France, scarh. Letl. Œuv. t. i, p. 264, dans pou- GKNs. [La duchesse d'Orléans] inestimable présent, si seulement la possession en avait été plus durable, BOSs. Duch (VOrl. Son présent le plus cher [de la fortune], le plus précieux, celui qui se prodigue le moins, c'est celui qu'elle nomme puissance, ID. Sermons, Ambition, <. J'aime en lui sa beauté, sa grâce tant vantée, Présents dunt la nature a voulu l'honorer, rac. Phèd. ii, ). Détestables flatteurs, présent le plus funeste Que puisse faire aux rois la colère céleste, ID. ib. iv, 6. || Présent du ciel, tout ce qui est très-précieux, personne ou chose. L'amitié est un présent du ciel. Loiijs XII fut pour la France un présent du ciel, Dict. de l'Académie. Il Proverbes. Les petits présents entretiennent l'amitié. Il Les présents valent mieux que les absents, un don actuel vaut mieux qu'une promesse ; par une équivoque du don avec la présence de quelqu'un.
— HIST. XI* s. Or et argent lur met tant en présent, Ch. de Bol. xxix. || xii' s. Dune reoeut David le présent delà dame, Hois, p. toi. El mes fins cuers me fait d'une amourele Si douz présent que [je] ne l'os refuser, Couci,vi. Et li rois en a fait à Sébile presant, Sax. xii. || xiV s. Se vous puiés [pouviez] faire chose qui me puist desplaire, cils presens que vous m'avez envoie me dèsplairoit, ma- CHAUT, p. (52. Il XVI" s. Mieulx vaut un présent que deux attend, i.eboux de lincï, Prov. t. li, p. 350.
— ÉTYM. Présent < ; on disait anciennement mettre un« chose en présent à quelqu'un pour présenter à quelqu'un une chose qu'on lui donne, la lui offrir comme cadeau. De là vint que la locution en présent se prit pour en don, et que présent se dit de toute chose donnée par pure libéralité. On trouve, dans un chroniqueur du xil* siècle, prxsentare avec le sens de faire un don {voy. Journ. des Sav. avril 1881 , p. 202).
l'RÊSENTABLE (pré-zan-ta-bl'), adj. Qu'on peut pré.senter, qui peut se présenter. Ce vin n'est pas piésentabl'» . À part cela, de l'avis de tous, c'est un garçon fort présentable, L. reybaud, J. Paturot, m, 4 3.
— BTVM. PréserUer.
PRft.SF,NTATEUR, TRICE (pré-zan-U-teur, Iris'), t. m, et f. Il 1" Celui, celle qui avait le droit de présenter à un héricfice. || 2" Celui, celle qui a le droit de présenter à une place, qui présente dans une société, lkgoarant. Cette dame fut ma présentatrice. Il 3* Il s'est dit pour celui qui fait un présent. Et que le présent vous fasse quelquefois souvenir du présentateur, Utt. de Chapelain à Colbert, du 1» oct. 1881, dans Lettres, etc. de Colbert, t. v,
— ÉTYM. Présenter.
DICT. DB LA LAMOin FRAMCAISE.
PRÉSENTATION (pré-zan-tasion; en vers, de cinq syllabes), î. f.\\l' Action de présenter. La présentation de lettres de grâce, d'une lettre de change. || Terme de commerce. Billet payable à présentation, payable à vue, au moment de sa présentation. Il à" La Présentation de la Vierge, fête où l'Église célèbre le jour auquel la mère du Sauveur fut présentée au temple , dans sa troisième année. 118" Dans le moyen âge; la cérémonie de présenter les armes au juge des joutes pour Toir si elles étaient convenables; après quoi, il les remettait au champion. || 4° Terme d'obstétrique. Présence d'une région quelconque du fœtus au détroit abdominal. La présentation de la tête, de la hanche. Il 6' Présentation à la cour, cérémonie qui consiste à présenter au souverain et à sa famille ceux qui sont admis à la cour. Il y aura présentation ce soir. Quoique M. de Valmont n'aille point à la cour, il est en état de produire toutes les preuves qu'on exige pour les présentations, genlis. Ad. et Théod. t. I, p. 262, dans pougens. M. Decazes, absorbé tout entier dans la contemplation de l'étiquette, des préjentations, du tabouret , des préséances, p. L. COUR. Lelt. viii. Il 6° II se dit aussi de l'introduction d'une personne dans une société. La présentation d'un jeune homme à la maîtresse de la maison. {| 7* Action ou droit de présenter à un poste. Le ministre de l'instruction publique nomme les professeurs de faculté sur la présentation de la faculté. Il 8° Terme bénéficiai. Acte consistant à présenter une personne capable au seigneur ordinaire, pour la faire pourvoir d'un bénéfice vacant. La simple présentation est un acte imparfait, et n'est pas un titre canonique pour posséder un bénéfice, riciiELET. Il 9" Terme d'ancienne pratique. Acte de comparution du procureur qui se constituait au greffe pour défendre en justice les intérêts de sa partie. || On dit aujourd'hui : constitution d'avoué. Il Registre des présentations, registre où étaient inscrits -les procureurs qui s'étaient présentés au grefl'e.
— HIST. xiii* s. Et à savoir est que li dons ou la presentacions de ladite chapelerie [chapelainie] demeure à touz jours à moi et à mes successours signours de Joinvile, Bibl. des ch, 8' série, t. m, p. 68*. Il xiv* s. Présentation, acte par lequel une partie se présente devant ses juges, pour eslie jugée, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. lao. ||xv« s. Présentations [des armes pour jouter] et devoirs accoustumez furent faits, et leurs lances baillées,