IV, I
— HIST. XIV* s. Et est proporcionnalité non pai tant seulement en uns nombres propres, mes en tous nombres, oresme, Etii. 446. Delà proporiiiuialité qui est appelée disjointe ou divisée il est munifeste <|U0 elle est en quatre termes, in. tti.(46.
— ÊTYM. Lai. proportionalitaiem, de proporlionalis, pro|iortioniiel.
PROPORTIONNÉ, ÊK (pro-por-sio-né, née),paW. passé de proportionner. || 1* Qui est en proportion
PRO
avec. II est bien croyable qu'un Dieu qui »irte infiniment, en donne des preuves proportionnées à rinfinit<S de son amour, Boss. Anne de Gont. Ordinairement les hommes ont une fortune proportionnée, non à leurs vastes et insatiables désirs, mais à leur médiocre mérite : M. Boerhaave en a eu une proportionnée à son grand mérite, et non à ses désirs très-modérés, fontf.n. Boerhaave. Tout est proportionné : les lois de l'optique, (]Ui vous font voir dans l'eau l'objet où il n'est pas.... volt. Dict. phil. Apparence. Quand M. Beccaria fut applaudi pour avoir démontré que les peines doivent être proportionnées aux délits, lu. Dict. phil. Supplices. Il Un corps, une figure bien proportionnée, un corps, une ligure dont toutes les parties ont entre elles le rapport convenable. Les anciens avaient vu que les hommes d'une taille et d'un embonpoint médiocre, avec des membres bien proportionnés, un visage riant et fleuri.... cabanis, Instit. Uém. scienc. mor. et pol. t. I, p. ««. Il On dit de même : Un cheval bien proportionné; des membres bien proportionnés. || j* Terme de marine. Un mât est dit proportionné, quand sa longueur, ainsi qu'on l'exprimait dans les anciennes mesures, a un nombre de pieds triple de celui des palmes de son diamètre. || S. m. Le proportionné se dit du point où se mesure le diamètre d'un mât, et qui est celui de la plus forte grosseur de ce mât.
PROPORTIO'NEL, ELLE (pro-por-sio-nèl, nè-l'), adj. Il 1° Terme de mathématique. Qui a rapport à une proportion, qui est en proportion avec des quantités de même genre. Kepler ayant observé que les aires que les planètes principales décrivent autour du soleil et celles que les satellites décrivent autour de leur planète principale sont proportionnelles aux temps , buff. Hist. nat. Preuv. théor. terre, Œuv. t. i, p. ) 88. 1 1 S. f. Les deux proportionnelles. Une troisième proportionnelle. Il 1° Moyenne proportionnelle, nom donné, dans une proportion, au second et au troisième termes, quand ils sont égaux, par ex. 3 : » : :6 : ta. || Chercher une moyenne proportionnelle, dans une proportion par quotient, prendre la racine carrée du produit des deux extrêmes. • Chercher une moyenne proportionnelle entre deux lignes, trouver le côté du carré équivalant au rectangle de ces deux lignes. It Moyenne proportionnelle arithmétique, moitié de la somme des deux extrêmes. || 8" Terme de chimie. Nombres propoi-tionnels, ceux qui indiquent les rapports dans lesquels les substances peuvent se combiner.
— HlST. XIV' g. Doncques chose juste est proporcionel, c'est à savoir moiene selon aucune proporcionalité, oresme, Bth. 448. ||xvi* s. Deux lignes moyenes proportionales, amyot, Marcel. îi.
— ÊTYM, Lat. prnportionalis, de proportio, proportion.
PROPORTIONNELXEMENT (pro-por-sio-nêleman), adv. Terme de mathématique. Avec proportion, d'une façon proportionnelle. Cette fenêtre est trop petite proportionnellement aux deux autres.
— HlsT. XIV s. Kt est ainsi proporcionelment es autres ars, oresme, Eth. S4. {| xvi* s. Tu accomoderas proportionnellement la prédite curation aux tendons et memhranes, paré, viii, 40.
— ÊTYM. Proporiionnelle, et le suffixe ment. PROPORTIONNÉMENT (pro-por-sio-né-man), adv.
Bn proportion, à proportion, d'une manière proportionnée. Il leur a parlé proportionnément à leur capacité. La dévotion devient d'autant plus parfaite, qu'elle se trouve plus proportionnément mesurée,
— HIST. xvi* S. Les anciens ont voulu mesnager et départir les quatre températures des aages proportionnément aux quatre saisons de l'an, pabe, Introd f>.
— ÉTYM. Proportionné, et le suffixe ment. On trouve aussi dans les textes proportionabtemenl.
PROPORTIONNER (pro-por-sio-né ; en vers, de cinq syllabes), v. a. || l« Garder la proportion convenable, établir un juste rapport entre une
chose et une autre Proportionnez vos voeux à
vos mérites, roth. Vencesl. t, 4. X votre avis, mes pères, est-ce par grimace et par feinte que les juges chrétiens ont établi ce jugement? et ne l'onlils pas fait pour proportionner les lois civiles à celles de l'Évangile T pasc. Prov. xiv. Salomon fit ce grand ouvrage (le temple] avec la magnificence qu'on a vu« ailleurs; car il le voulait proportionner, autant qu'il pouvait, à la grandeur de celui qtJi voulait y «tre servi, Bosg. Polit, vu, v. l. Si ) iilli • excellé dans son art, il a dit proportionner,
comme il a fait, les accents de ses chanteurs et de ses chanteuses à leurs récits et à leurs vers ; et ses airs, tant réputés dans le monde, ne servent qu'à insinuer les passions les plus décevantes, ID. Comédie, 3. Dieu, dans toute la terre, a proportionné les organes et les facultés des animaux, depuis l'homme jusqu'au limaçon, au lieu où il leur a donné la vie, volt. Jenni, ». || i° Se proportionner, V. réfl. Être mis en proportion avec. La population se proportionne exactement aux moyens de subsistance. Presse scientifique, *»«i, t. i, p. 23S. Il 3* Fig. Se mettre à la portée. Se proportionner à l'intelligence de ses auditeurs. [Le prince de Condé] s'accommodanl et se proportionnant i tous, bodr- DAL. Or. fun. de Condé. II [Mentorj avait même je ne sais quoi de complaisant et d'enjoué, quand il voulait se proportionner aux besoins des autres et leur insinuer quelque vérité, fEn. Tél. x. Pour moi, je me livrais tout entier aux plus courageux et aux habiles.... je me proportionnais aux autres, VAUVEN. Dial. <9. Dieu, malgré sa défense de peindre et de sculpter aucune figure, a daigné se proportionner à la faiblesse humaine, qui demandait qu'on parlât aux sens par des images, volt. Dict. phil. Idolâtrie. || Se proportionner à son sujet, donner à son style la forme qui convient au sujet.
— HlST. xiv s. Le nombre des trente cinq ligules [tribus], ne se proporcinne pas au nombre des centuries dessus dictes, bercheure, f° 2), verso. Retourne le nez [à demi tranché] adroit en sa forme, en proporcionant les narrilles en leur droit point si comme elles souloient, lanfrasc, f" 27. Science de proporcionner [les médicaments], id. f" <4 9, verso. Il XVI' s. D'une stature droicte et bien proportionnée, mont, ii, <7. Il fault que les licts soient proportionnez à la maison, les vestemens sortables aux licts, amyot, Lyc. 2à, Les colomnes estoient fort bien proportionnées de la «rosseur à la haulteur, m. Publ. 29.
— ËTYM. Prov. et espagn. proporcionor; ital. proporxionare ; du lat. proportionare (ouichf.hat, Addenda) ; voy. proportion.
PROPOS (pro-pô) , s. m. || !• Résolution. Je vous demande si.... vous voulez vous convertir d'une volonté forte, pleine, sincère, qui ne forme pas des propos vagues et éloignés de changement, mass. Carême , Confess. Les sacrements nous laissent toutes nos passions, parce que nous les avions toutes portées au tribunal sacré sans aucun propos réel de les finir, id. Carême, Pâques. Je ne puis vous donner l'absolution, que vous n'ayez fait un ferme propos de ne travailler de votre vie au Journal de Trévoux, VOLT. Facéties, Appar. jés. Renier. \\ 2° Sujet, but, motif. Un mot assez plaisant qui vient à mon propos, Régnier, Sat. ix. Il [Simonide] se jette à cflté, se met sur le propos De Castor et Pollux.... LA FONT. Fabl. 1, 4 4. Le loup donc l'aborde humblement, Entre en propos.... m. ib. i, 6. Laissant à part les autres débats qui ne font rien à notre propos, BOSs. Lett. 53. Mais, pour borner enfin tout ce vague propos, boil. Sat. xi. Chacun sait son métier; Suivons notre propos, m. ib. x. Entre Leclerc et son ami Coras.... N'a pas longtemps, s'ourdirent prands débats Sur le propos de leurlphigénie, rac. Épigr. III. Il 3* Discours qu'on tient dans la conversation. Mais changeons de propos, on vient d'ouvrir la porte, mair. Solim. v, 3. J'espère à mon retour Ne vous entretenir que de propos d'amour, corn. Hor. m, 3. Dans le moment qu'ils tenaient ces propos. Le lion sort et vient d'un pas agile, la font. Fabl. n, 2. C'est la louange, Iris; vous ne la goûtez point; D'autres propos chez vous récompensent ce point : Propos, agréables commerces. Où le hasard fournil cent matières diverses, ID. ib. x, 4. Je ne doute pas que mou jaloux fâcheux ne soit toujours pré.sent, et n'empêche tous les propos que nous pourrions avoir ensemble, mol. le Sicil. 40. La papauté devait tomber dans peu de temps, mais seuiement par le souffle de la prédication de Luther, pendant qu'il tiendrait de doux propos au coin de son feu avec son cher Melanchthon , boss. 5* arert. 4. Le Parnasse surtout, fécond en imposteurs, Diffame le papier par ses propos menteurs, BOIL. Épit. IX. Un libertin.... qui.... Tient que ces vieux propos de démons et de flammes Sont bons pour étonner des enfants et dos femmes, m. Sat. IV. De propos en propos on a parlé de vers, ID. ib. m. Propos de table, traits de gaieté et de familiarité qui échappent dans un repas, volt. Dict. phil. Table. L'évêque a le propos galant, j. j. bouss. Hél. II, 44. Ton père avait rejeté avec mépris cette proposition, et c'était là-dessus que les propos commençaient i s'écbauBtR, w. ib. i, 82. S'il passait
près de nous quelque paysan retournant au travail, ses outils sur l'épaule, je lui réjouirais le cœur par quelques bons propos, id. Ém. iv. || Proverbe. Changement de propos réjouit l'homme. || 4" Vain discours, médisances. On a tenu des propos sur son compte. Notre commun repos Me doit mettre audessus de tous les vains propos, la font. Filles de Minée. Et, pour ne vous point mettre aussi dans le prepos, mol. F. sav. iv, 3. Dans les grandes villes, les propos sont vifs, mais ils ne sont point de durée, comte leCaylus, Palaii, des idées, Œuv. t. IX, p. 63, dans pougens. Tous ces gens redoutés, Fameux par les propos et par les faussetés, Vus de près ne sont rien, gresset, Méch. v, 4. Il s'emporte
d'abord; Il me tient des propos et devant
George encor! collin d'harlev. Yieiuc célib. ii, 5. Marquise enfin des plus sévères ; Elle nargue les sols propos, bérang. Enf. de bon. mais. Il 5' Terme de jeux. Propos interrompus, amusement dans lequel, tous les joueurs étant rangés en cercle, chacun fait une réponse à son voisin de droite et adresse une question à celui de gauche : puis répète la question faite, et la réponse qu'il a reçue, comme si elles se correspondaient; ce qui produit une incohérence qui fait rire. || Pig. Jouer aux propos interrompus, se dit quand plusieurs interlocuteurs, ne se comprenant pas, parlent de choses différentes, jj On dit aussi propos rompus. L'éloignement cause nécessairement ces propos rompus, sÉv. 4 77. || Fig. Propos interrompu, discours, conversation sans suite et sans liaison. || 6° Insinuation faite sur quelque matière, pourparler, proposition. Jeter des propos d'accommodements. C'est toujours par quelque changement [échange de charges] que l'on entre en propos avec ce ministre [Louvois], SÉV. 29 sept. 4 880. Il 7° À propos, loe. adv. Convenablement au lieu, au sujet, etc. Voyez qu'un bon génie à propos nous l'envoie, corn. Hor. i, 4. Il [le renard] leur applique un mot qu'un buste de héros Lui fit dire fort i propos, la font. Fabl. iv, 4 4. Qu'admira-t-on davantage, ou de ce que ce secours vint si à propos, ou de ce qu'il vint d'une main dont on ne l'attendait pas ? boss. Anne de Coni. Elle ne s'embarrasse jamais, parce qu'elle fait chaque chose à propos, FÉN. Tél. XXII. Voilà ce que c'est que de venir au monde à propos : si le cardinal de Retz reparaissait aujourd'hui, il n'ameuterait pas dix femmes de Paris, volt. Dict. phil. Sociniens. || Tout à propos, même sens. Le sort tout i propos me l'offre à ce passage, rotr. Bélis. i, 2. L'abbé Arnauld arriva hier tout à propos pour me dire adieu, sEv. 423. Il A propos s'emploie aussi adjectivement au sens de convenable. Présumez avec moi Qu'il est plus à propos qu'il vous cèle pourquoi, corn. Poly. I, 3. J'aurai soin de ne pas troubler votre repos. Et de ne rien souffrir qui ne soit à propos, mol. Tart. v, 4. Mais ils pourraient ici découvrir ma venue, Qu'il est à propos de cacher, id. .imph. i, 3. La parole d'une sainte est i propos sur ce sujet: qu'il ne faut pas.... PASO. Lett. à Mlle de Roannez, 9. Narbal ne jugea pas à propos, pendant la vie de Pygmalion, de faire venir Baléazar, fén. Tél. viii. || S. m. L'à-propos (en cet emploi il s'écrit avec un traitd'union),cequi est à propos. Mon expérience i la cour m'a appris que rien n'y était plus rare que l'à-propos, maintenon, Lett. au duc deNoailles, 24 déc. 4700. Une infinité d'allégories fines sur les mœurs du temps [dans la Princesse d'Élide, de Molière], et des à-propos qui font l'agrément de ces têtes, mais qui sont perdus pour la postérité, volt. Louis XIV, ib. Il n'y a rien tel que l'à-propos, id. Lett. Thiriot, 48 août .474:i. On augmente même par l'éducation ce sang-froid, cet à-propos de courage chez les animaux, buff. Nature des animaux. Le tact de l'à-propos, le soin des convenances, delil. Coni'«r». m. {| Un poSte a personnifié l'X-propos. Le père du commerce aima- )'«, Dieu qu'à tort oublia la fable, Le sage, le prompt X-propos, lamotte, dans dksfontaines. || X propos de, loc. prép. Au sujet de. On plaint ce pauvre genre humain qui s'égorge dans notre continent à propos de quelques arpents de glace en Canada, volt. Lett. Moncrif, 27 mars 4 7»7. {) X propos de, se dit, lorsque, à l'occasion de quelque chose dont il été parlé, on vient à dire quelque chose qui y a rapport. X propos de goût et de génie, l'Éloge de M. de Montesquieu par M. d'Alembert est un ouvrage admirable; il y a confondu les ennemis du genrt humain, volt. Lett. Briasson, 43 fcvr. 47f>o. {| aIj.solument. X propos, vous parliez de nouvelles, il vient d'en arriver d'Importantes. || X propos s'emploie absolument aussi, lorsque à l'occasion d'une choufl on se souvient subitement de quelque autre cho.ie qui s'y rapporte, ou mtoie. dans la cunvcrsat'oa fk-
PRO
milière, ne s'y rapporte pas du tout. X propos, j'oubliais de vous dire.... Ahl madame, à propos, vous avez quelque accès Auprès du rapporteur que j'ai dans mon procès; Écrivez-lui, de grâce, un mot pour mon affaire, hegnabd, le Distr. Ii, 6. X propos, monsieur Memnon, pourquoi avez-vous perdu un œii? et elle passa sans attendre la réponse, volt. Memnon. X propos, dit Candide, pensez-vous que la terre ait été originairement une mer, comme on l'afârme dans ce gros livre qui appartient au capitaine du vaisseau 7 volt. Candide, 2t. [jX propos de nen , sans aucun rapport à ce qui a précédé; sans sujet. 11 se fâche toujours à propos de rien. Il ne sera jamais à propos de lui dire je vous aime, à moins qu'on ne le lui dise à propos de rien, MARIVAUX, le Legs, se. ». |j Familièrement. X propos de bottes, sans raison. X propos de bottes, nous ne sommes pas loin de la maison de Florinde, Comédies des Prov. i, t ()636). Après une visite qu'elle nous a laite à propos de bottes, m"" u'épinat, Mém. t. n, p. «b7, dans pougens. ||8' X ce propos, au sujet de ce dont il s'agit. Ecoutez à ce propos le profond raisonnement non d'un philosophe
qui dispute dans une école Boss. Duch. d'Orl.
On dit, à ce piopos, qu'un jour ce dieu bizarre.... BOIL. Art p. II. Il 9° X quel propos ? à propos de quoi? pour quel sujet? pour quelle cause? X quel propos me traitez-vous ainsi? corn. Hédée, ii, 2. X quel propos toute cette éloquence? la font. Court. Depuis quelque temps, de sourds et tristes pressentiments me troublaient, sans que je susse à propos de quoi, J. J. houss. Conf. xi. Avec monsieur je viens d'avoir une querelle. — Quoi I vous! à quel propos, madame? collin d'harl. Vieux eélib. iv, 7 || 10° X tout propos, loc. adv. X chaque instant. Dans sa possession |de l'empire] j'ai trouvé pour tous charmes.... Mille ennemis secrets, la mort à tous propos, corn. Cinna, n, t. Voistu rien de plus impertinent que les femmes qui rient atout propos? MOL. Bourg, genl. m, 9. Le pédant et l'instituteur disent àpeu près les mêmes choses; mais le premier les dit à tout propos, le second ne les dit que quand il est sûr de leur effet, j. j. rodss. Ém. IV. Il 11° Mal à propos, loc. adv. Hors de ce qui est convenable. Si la rime- Allait mal à propos m'engaiier dans Arnheim, Je ne sais pour sortir de porte qu'Hildesheim, boil. i^p. iv. || Sans rai.son, sans sujet. Que cette peur s'évanouisse ; Vous la prenez mal à propos, malh. ii, *. Ah ! que mal à propos Dans un malheur si grand tu parles de repos ! CORN Cid, 111,3. M. de Charost est revenu un moment pour se justifier de cent choses que M. de Laulun a dites assez mal à propos, sÉv. 6)0. Ces gens qui font tout mal à propos fatiguent par leurs soins, et ne disent pas un mot qui ne soit un fade compliment , u" RiccoBONi , /. Calesby, Œuv. t. l, p. 234, dans pouGENS. || 12° Hors de propos, sans raison, sans sujet. Vous m'interrompez par des histoires hors de propos, pasc. Prov. vi. Un homme désagréable ressemble à un discours hors de propos, Boss. Polit, y, 1, 16. Les Italiens appellent une chose dite hors de propos un spropnsito; ce mot manque à notre langue, volt. Dict. phil. À propos. Il 13° De propos délibéré, loc. adv. Avec dessein, il a fait cela de propos délibéré.
— HlST. XIII* s. S'ainsinc le faites, n'en doutés, Jà n'enserés arricr boutés, Ains vendrés [viendrez] k vostre propos, la Rose, 783). |{ xiv* s.' [Pour les
philosophes] N'estoit riens, tant fut doutable,
Qu'il n'amassent (aimassent] miex [mieux] recevoir, Que ce qu'on peûst parcevoir Que leur bon propos variassent, Ne que vérité déclinassent, M ACHAUT,p.94. C'est une matière estrangiere de noslre présent pro- |ios, ORESBE, Eth. 244. Et à Ce propos presque. semblable dit saint Polque.... id. t6. Prol. ||iv« s. Là eut aucuns chevaliers et escuyers d'Angleterre qui volontiers se fussent avancés de courir jusques i ceux que ils veoienl chevaucher, qui ne leur cust rompu leur propos, froiss. ii, h, 15. Et puis par ordre je continuerai mon propos jusques à.... cohm. Prol. Mais c'pstoit sans propos [mais il n'en était rien], m. I, 2. Je me suis mis en ce propos, parce que j'ai veu beaucoup de tromperies .... id. i, (O. X tous propos ont une loy au bec [les clercs], id. ii, e. El quant il sembla au roy que noslre homme fut en bon propos (qu'il était en état d'exécuter la commission donnée], i». iv, 7. Comme elle et d'autrcsde SK voysynes jouoient au propos, il se vinl seoir auprès d'elle, et advint son tour que ainsy qu'il parloit à elle à l'oreille pour luy dire son mot et proposer dessus.... Aresta amorum, p. 232, dans lacuhne. il XVI* s. L'on mect toute la peinne que l'on puult pour qu'il y ait un pape au propos [au gré] de
PRO
l'empereur, Lettres de LouitXII, t. iv, p. «t, dans lacurne. Une mesme chose, selon que le propos [intention] sera divers, lui sera quelquefois agréable et quelquefois lui desplaira [à Dieu], calv. Instit. toio. Les autres diversitez qu'ils taschent de monstrer entre la circoncision et le baptesme, sont du tout ridicules et sans propos, id. ib. 4 076. Plutarqus dict, à propos de ceulx.... mont, l, 2i. Très mal à propos, iD. i, 37. Hors de propos, id. i, 98. Amy, tu tiens sans propos beaucoup de bons propos, amïot, Lyc.*'i. Il fault que la religieuse [vestale] afferme par serment, que la rencontre soit casuelle, et non point faicte à propos, id. Numa , i ». La seule intelligence et cognoissance de l'acte vertueux, tout soudain luy apporte un instinct et un propos délibéré de faire le semblable, id. Péric. i. De bouche en bouche en vergongne semée.... Fable de tous, des tables le propos, rons. «44. X propos truelle, bon jour maçon, cotgrave. X propos truelle, pourquoi est-ce que...? rab. i, 39. X propos de bottes, combien l'aune de fagots? oudin, Curios. franc.
— ETYM. Bourg, prepô; Berry, propous, perpos; du lat. propôsitum, chose proposée, dessein, de pro, en avant, et posttui, placé (voy. position).
PROPOSABLE {pro-pô-za-bl'), adj. Qu'on peut proposer. Cet e.xpédient n'est pas proposable, J. i. Rouss. Polog. ch. (4. Jugez si une réconciliation entre Mme de Resnel et moi est une chose possible, ou seulement proposable, oenlis, Hères riv. 1. 1, p. 64, dans POUGENS.
— ÊTYM. Proposer.
PROPOSANT (pro-pô-zan), s. m. || 1° Celui qui propose. Ce corps [les états généraux] n'est qu'un corps de plaignants, de remontrants, et, quand il plaît au roi de le lui permettre, un corps de proposants, st-sim. 322, 225. || 2° Jeune théologien protestant qui étudie pour être pasteur. M. le proposant ayant écrit ces trois lettres à M. le professeur R. ... son ami, ce professeur, proforKlément pénétré de la candeur et de la sincérité du proposant.... VOLT. Facéties, Quest. sur les mir. 3* lettre. \ 3" Adj. m. Cardinal proposant, cardinal établi à Rome pour recevoir la profession de foi de ceux qui sont nommés à des évèchés en pays d'obédience, et pour les proposer aux autres cardinaux.
— HIST. XVI* s. On nous propose des images de vie, lesquelles ny le proposant ny les auditeurs n'ont envie de suyvre, mont, iv, 4 28.
PROPOSE, ÉE (pro-pô-zé, zée), part, passi de proposer. Mis sous les yeux. Il est proposé comme le modèle d'un roi accompli, boss. Hist. ii, 4. || S. f. En algèbre, la proposée, l'équation qu'il s'agit de résoudre. || Dans le langage didactique, la proposée, la phrase, Ii proposition mise en avant.
PROPOSER (pro-pô-zé), v. a. \\ 1" Mettre une chose en avant pour qu'on l'examine, pour qu'on en délibère. Parlez, et nettement, sur ce qu'il me propose, CORN. Ntc. ii, 3. La plupart des hommes examinent moins les raisons de ce qu'on leur propose contre leur sentiment, que celles qui peuvent obliger celui qui les propose de s'en servir, retz, Uém. t. Il, liv. m, p. 444, dans pouoens. Cette difficulté vaut bien qu'on la propose, la font. Fabl. viu, 4 1. On propose l'affaire en Sorbonne, pasc. Prov. I. Voilà mon doute bien résolu ; mais j'en ai un autre encore à vous proposer, id. ib. v. Qu'il est difficile de proposer une chose au jugement d'un autre, sans corrompre son jugement par la manière de la lui proposer! id. Pens. vi, 39, éd. havet. Les rois [de Rome] n'avaient que le commandenient des armées et l'autorité de convoquer les assemblées légitimes, d'y proposer les affaires.... boss. Hist. m, 0. ||Fig. et par plaisanterie. Le mauvais temps.... nous a fait un miroir de la Seine.... j'ai été huit jours sans sortir, si ce n'est le jour que je fis d(îs visites avec Mme de Chaulnes aux dépens de ses chevaux; les miens ne voulaient pas se soutenir, et je ne leur ai rien proposé, s^. 4« janv. (8K9. ||I1 régit de et l'infinitif. Vauban proposai la cour de France d'envoyer Philippe V régner en Amérique; ce prince y consentit, volt. Louii XIV, 21. Il 11 régit que et le subjonctif. Le seul chanoine Evrard, d'abstinence incapable. Ose encor proposer qu'on apporte la table, boil. Lutr. iv. || 2° Mettre devant les yeux. Le sage Ésope dans ses fables Nous en donne un exemple ou deux ; Celui qu'en ces vers je propose, Et les siens, ce sont même chose, la pont. Fabl. v, (7. Quand on n'écoute pas la tradition, quand on ne propose plus que le pape, quand on l'a surpris.... pasc. Pens. xxiii, 37, éd., HAVET. Je ne vous propose point le sentiment d'un autre ou le mien pour règle, je vous l'offre à exa-
PRO
miner , 1. 1. houss. Ém. iv. || Il se dit aussi des chosesqui mettent devantle» yeux. Un tel abrégé.... vous propose un grand spectacle, boss. Hist. Dessein gén:\\ Proposer quelqu'un pour exemple, pour modèle, le citer en exemple, comme un modèle. On tne proposera dans la suite des siècles comme le modèle d'un bon et sage roi, fén. Dial. des morts tnod. Dial. t4.|| Proposer un sujet, donner une matière à traiter. Le sujet que l'Académie a proposé pour le prix d'éloquence. || Proposer un prix, une récompense, proposer un sujet pour lequel on promet un prix, une récompense. L'Académie des sciences a proposé un prix de mathématiques, de physiologie. Quelques prix glorieux qui me soient proposés. Quels lauriers me plairont de son sang arrosés? rac. Iphig. iv, 8. |) En un sens analogue, mais contraire. Vu les peines qui y étaient proposées à ceux de la religion, et les honneurs promis à ceux du parti contraire, corn. Poly. Abrégé du mart. de St Pol. \\ 3° Se proposer, proposer à soi, avoir en vue une fin à laquelle
on tend Le mieux que je m'en propose. C'est
d'en sortir par le tombeau, malh. v, io. Quand Dieu joint à ces avantages une égale réputation, et qu'il choisit une personne d'un si grand éclat pour être l'objet de son éternelle miséricorde, il ne se propose rien moins que d'instruire tout l'univers, boss. Anne de Gonz Ce livre fait tous les effets que je m'en étais proposés, id. Lett. loa. Je ne prends point pour juge une cour idolâtre, Paulin, je me propose un plus ample théâtre, rac. Bérén. II, 2. Ah 1 c'est le moindre prix qu'il se doit proposer. Si le ciel de mon sort me laisse disposer, id. ib. II, 3. Il En ce sens, avec un infinitif, on met à. Je me contenterai de vous porter.... des petites étoffes de cette année.... voilà, par exemple, de ces petites choses que vous ne m'empêcherez pas de faire, et sur quoi vous me donneriez beaucoup de chagrin si vous les refusiez durement; proposezvous à ne me point fâcher, sÉv. i« mai 4672. Ces grands hommes que nous nous proposons à imiter, boil. Longin, Sublime, 2i. || Se proposer de, avoir dessein de, former le dessein de. Proposez-vous de voir tout ce corps si charmant Comme un beau marbre seulement, la font. Candaule. Il ne se propose d'aller à la gloire que par la vertu, mass. dans Gi- RAULT-DUVIV1ER. || 4" Offrir. On lui a proposé vingt mille francs de sa maison. Quoi! moi! quoi! ces gens-là? l'on radote, je pense ; X moi les proposer (en mariage j I hélar! ils font pitié, la pont. Fabl. Vit, B. Le pèroï... Donne à cet hyménée un plein consentement. Et, pour mettre une joie entière en sa famille, Pour le nouvel Horace a proposé sa fille, mol. l'Ét. v, 44. Il 5° Proposer quelqu'un pour un emploi, l'indiquer comme capable de le remplir, et demander qu'on le choisisse. || 6° V. n. Former un dessein. Pourvu qu'elle propose bien de ne plus pécher , pasc. Prov. x. || Proverbe. L'homme propose et Dieu dispose. Daus le mariage, l'amour propose, mais Vulcain dispose, LEGRAND, Bclph. I, 3. || 7° Terme de théologie. Il signifie, parmi les protestants, développer un texte saint, lorsque celui qui traite ce sujet n'est qu'un étudiant en théologie. || 8° Se proposer, v. ri p.. Être mis en discussion. Ces questions se proposent souvent. (1 Se présenter pour. Pour que M. le proposant puisse se proposer comme digne d'assister au conseil du Très-Haut, volt. Facét. Queit. sur les mir. '1.
— HIST. xui* s. Il [un malade] proposa en son courage, que il vendroit [viendrait] audit tombcl [de saint Louis], et offerroit ilecques une chandele de sa longueur, Miracles de saint Lnys, p. (3«. Pierre proposa contre Jehan; que 11 ti-s Jeans Ii avoit fet arester ses muebles et les catix [i-yteptol], BEAUM. IX, 2. Il XIV* 8. Je Nicole Oresme doyen de l'église Nostre Dame de Rouen propose translater de latin en françois aucuns livres, oresme, Prol. Et s'il est homs ou inonde qui lui vuille [veuille] opposer Méfait ne tralson vers vous, ne proposer.... Girart de Rots. v. «366. Le dictateur, avant toute autre chose, proposa en sénat la besongne, bkr- CHEURE, f° 88, verto.\\xv' s. Là furent toutes les paroles au devant dites relatées et proposées, entendues, accordées, escrites et scellées, fhoiss. i, i, 96. Ot un docteur en théologie nommé Gherart Ma chet , qui proposa [ harangua] devant luy moult prudentement , J. lf.fkvre he st-bemï, Hist. de Charles VI, p. loi, d.ins lacurne. L'homme propose et Dieu dispose, comm. m, 9. |1 xvi* s. l'rolagoras proposoit i ses disciples, ou qu'ils le payassent selon son mot, ou.... mont, i, 44». .S'ils se feussent proposé d'estendre nostre foy, id. iv, 23. Ku me>
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délibérations passées, j'ay, selon ma règle, procédé, pour Testai du subject qu'on me proiiosoit, ni. m, Î69. Les sénateurs proposeront les matières, el -jmpront les assemblées, sans qu'il soit loisible au peuple d'y harenguer, amyot, ii/c ». Thenùstoc'es, se proposa à imiter Monsiphilus le phrearien, lu.
Thém. 3 pour occuper chacun à estaindre le
feii. cependant que l'on proposeroit les eschelles aux mufail'.es, m. du bell. 495.
— ÊTYM. Voy. PROPOSITION ; Berry, perposer, propotiser. ta langue a ici confond'i, comme dans les autres composés de ce genre, le verbe poser qui vient de pnu,tare, et un dérivé irrégulier de posi(«î.
t PBOPOSKUU (pro-pô-zeur), s. m. Celui qui propo.'^e. Je suis proposeur et non faiseur.
— HiST. XV* s. Je auteur et proposeur de cette histoiie, Fnoisp. iv, rv, 28. . -
PROPOSITION (pro-p6 zi-sion ; en vers, ae cinq syllabes), s. f- 1| l' Action de proposer, de soumettre à un examen, à une délibération. Proposition de loi. La proposition a été prise en considération. Kn cctétat-là[de lâches con.seiUers], on n'est pas seulement capalile de la proposition du bien difficile, balz. De la cour. 5» dise. La moins forte proposition rie M. d'Elbeuf fut de mettre tout le parlement en corps à la BastiUe, retz, Méin. t. i, liv. ii, p, •<'76, dans pouGKNS. |1 8° Chose proposée en vue d'arriver à une conclusion, à un arrangement, aune entente. La cruelle proposition qu'elle va faire à ses fils, CORN. Rodog. Examen. Si vous voulez faire vos propositions plus modestement, on les écoutera, PASc. Prov. XVI. 11 y fit ses propositions en pleine assemblée, boss. Hist. m, 6. U [le plénipotentiaire] s'ouvre et parle le premier, pour, en découvrant.... les brigues et les cabales des ministres étrangers, sur les propositions qu'il aura avancées, prendre ses mesures et avoir la réplique, la bruy. x. Je commence, 6 peuples assemblés de tant de nations, à vous faire des propositions pour établir à jamais une paix solide, kén. Tél. xi. || 3° Offre. Il [le plénipotentiaire] laisse voir en lui quelque peu de sensibilité pour sa fortune ; il s'attire par là des propositions qui lui découvrent les vues des autres les plus secrètes, la brut. x. || Absolument Faire des propositions, proposer à un homme quelque affaire secrète ou peu honorable, à une femme de céder aux désirs d'un homme. Je me souviendrai toute ma vie [c'est une femme qui parle] que, quand mes plaies furent bien fermées, il me fit des propositions, VOLT. Cand. 12. 114° Discours qui affirme ou nis. Les piincipes se sentent, les propositions se concluent; et le tout avec certitude, quoique par différentes voies, PASC. Pens. viii, 6, éd. havet. U ne faudrait pas d'autre raison pour justifier ma prômiÈre proposition. MASS. Carême, Faiisse conf. La proposition de Leibnitz [qu'il n'y a pas dans la nature deux choses semblables) est ingénieuse et grande;, la proposition contraire est aussi vraisemblable pour le moins que la sienne: tel a toujours été le sort de la métaphysique, VOLT. Expos du livre des instit. phys. Les propositions condamnées étaient, pour la plupart, si mal choisies, qu'on prétend que Louis XIV, en Iqs lisant dans la bulle. [Unigenitus], les prit pour les vérités qu'elle ordonnaitde croire, en parut très-édifié, et fut bien surpris, quoique docile, quand son confesseur le détrompa, d'alkmb. Destruct. des jés. Œuv. t. v, p. 66 dans pougens. || 6" Terme de théologie. Proposition mal sonnante, proposition qui parait contraire à la bonne doctrine. Il Les cinq propositions, nom par lequel on désigne des passages que l'on prétendit trouver dans le livre de Jansénius intitulé Augustinus, et dans lesquels le pape reconnut certaines hérésies. Le fond des cinq propositions condamnées est évidemment dans Jansénius; il n'y a qu'à ouvrir le troisième tome, à la page 4 38, édition de Paris, volt. ImuisIIV, 37. || Les quatre propositions, les propositions établies du temps de Louis XIV par l'assemblée du clergé de France, et qui avaient pour objet la suprématie des conciles œcuméniques. Le cardinal de Fleury.... empêcha béaiguement pendant tout son ministère qu'on ne soutint les quatre fameuses propositions sur lesquelles est fondée la liberté française dans les choses ecclésiastiques, volt. Lett. Thiriot. l'ôA. ]| 6° Terme de grammaire et de logique. L'expression d'un jugement. Une proposition se compose essentiellement d'un sujet, d'un verbe et d'un attribut. Proposition principale, incidente, subordonnée.. Le jugement que nous faisons des choses, comme rjuand je dis : la terre est ronde, s'appelle proposition, otJCLOS, Œuv t. IX, p. 53. Deux propositions ne se lient que par les rapporte qu'elles ont l'une i l'autre,
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et le propre des conjonctions est de prononcer ces rapports, condil. Gramm. ii, 23. Mais, dira-t-on, c'est ainsi qu'on raisonne en mathématiques, où le raisonnement se fait avec des équations ; en serat-il de même dans les autres sciences, où le raisonnement se fait avec des propositions? Je réponds qu'équations, propositions, jugements, sont au fond la même chose,' lO. Log. ll, 8. \\ Le sujet de la proposition, le sujet (personne ou chose) dont je veux parler. || Attribut de la proposition, ce que je pense du sujet de la propositiçn. |{ Proposition simple, se dit de celle qui ne renferme point d'autre proposition, et dans laquelle le sujet et l'attribut sont simples et exprimés par un seul mot. || Proposition composée, celle dans laquelle le sujet ou l'attribut sont composés et qui, par conséquent, renferme autant de propositions qu'il y a de manières diverses de combiner les sujets et les attributs. || Terme de logique. Proposition universelle, celle oii.le sujet est précédé du mot tout. Tout homme est mortel. || Proposition particulière, celle oii le sujet est précédé de quelques ou plusieurs. Quelques hommes sont savants. || Proposition singulière ou individuelle, celle dont le sujet indique un seul individu. Pierre est malade. Cet homme est tombé. || Proposition analytique, se dit, (lacs la logique de Kant, de celle dont la certitude repose sur l'identité des concepts, par opposition à la proposition synthétique, qui augmente réellement la masse des connaissances. il 7° Terme de rhétorique. Se dit de la partie d'un discours où l'on propose ce que l'on veut prouver ou établir. || 8° Terme de géométrie. Vérité qu'on prouve par démonstration. Il y a deux sortes de propositions, les théorèmes et les problèmes. Le fameux M. Pascal, à l'âge de douze ans, sans avoir jamais lu aucun livre de péométrie.... arriva, par la seule force de son génie, jusqu'à la 32' proposition du I" livre d'Euclide, rollin, 7/t.«t. anc. XXVII, *.\\9' Terme de musique. Première phrase d'uue fugue, contenant le sujet et tous les contresujets. Il 10° Chez les protestants, explication que fait d'un texte de l'Écriture un jeune homme qui aspire à la fonction de ministre. || 11° Dans la Bible, pains de proposition, les douze pains qu'on mettait chaque semaine sur la table dans le sanctuaire.
— HlST. xu* s. E un altel flst el temple de fin or e dis tables d'or, pur [pour] mètre sure les pains que l'um apelad les pains de propositiun, Rois, p. 2B7. Il xiii' s. Proposition universel, qui conclut saine conclusion, BBtJN. LATIN1, TrétOT , p. 306. || XlV S. Et
pour ce, ceste proposition est vraie: Mutierest homo, OHKSME, Eth. Prol. La quelle proposition comme le sénat eust regetée et tournée à nient, bercheurk, f" 38, rerso. |1 xvi' s. L'accomplissement de nos œuvres ne gist pas tant en l'humaine proposition qu'en la divine disposition, lanoue, en. Se rejectant à sa première proposition [résolution], mont. m, (19. J'honare bieii ce glorieux nom [mérieciiie], sa proposition [son but], sa promesse, m. m, 207.
— F.TYM. Prov. priiposicio ; espagn. proposicion; ital. proposixione; du lat. proposUionem , de pro, en avant, et positio, position.
PROPRE (pro-pr'), adj. || 1* Oui appartient exclusivement à une personne, à une chose /en ce s-ns il se met d'ordinaire avant son substantif). Et de quel front, seigneur, prend-il une couronne, S'il ne peut disposer de sa propre personne? corn. Sophon. V, 7. Sganaielle : Je veux savoir de vous si je ferai bien de me marier. — Géronimo : Qui , vous? — Sganarelle : Oui, moi-même en propre personne, mol. Mar. forcé, 2. Mais enlin je veux songer pour la première fois de ma vie à mes propres intérêts, sêv. 4 10, Les Juifs vivent en paix et en liberté sous la puissance des rois de Syrie, et ils n'avaient guère goûté une telle tranquillité sous leurs propres rois, boss. Hist. 11, 6. Vous allez voir une reine qui, à l'exemple de David, attaque sa propre grandçur, m. Uar.-Thér. Le meurtre de Virginie, que son père aima mieux tuer de sa propre main que de la laisser abandonnée à la passion d'Appius, ID. Hist. I, 8. Tellement qu'elle a perdu pour son propre bien cette puissance qu'elle avait pour le bien des autres. id. fletne d'Ànglet. Une reine fugitive à qui sa propre patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil, m. ib. Et qui vont tous les jours, d'une importune voix, T'ennuyer du récit de tes propres exploits, boil. Disc, au roi. Je prétends vous traiter comme mon propre fils, rac. Athal. Il, 7. Notre raison est ce qui nous est le moins propre, et ce qu'on doit croire le plus emprunté, fén. Exist. 66. Crispin : Est-ce là M. Oronte, mon illustre beau-père T — La Branche : Oui, vous le voyez I en propre original, LKtAas, Criipin rival, ». i'ré-
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parez -vous a voir ces oppresseurs Dans tes acots de leur rage ennemie Vous barbouiller de leur propre infamie, j. B. Rouss. Ép. i, 6. Quand on a bien cherché le bonheur, on ne le trouve jamais que dans sa propre maison, volt. Lett. hlie de Beaumont, i juin 177) . On ne voitdans le Nord aucune femme régner de son chef jusqu'à Marguerite de Valdemar, qui gouverna quelques mois en son propre nom, vers l'an 1377, m. Dict. phil. Loi salique. Un de ces vaisseaux avait été construit de ses propres mains ( le czar Pierre], iD. Charles XII, 7. || Il se met aussiquelquefois après son substantif. Soyez tranquille sur le succès de votre demande, j'en fais mon affaire propre. Les deux lettres que j'aurai soin de rendre en main propre, boss. Lett. abb. 8. Dieu demande-t-il de vous que vous commenciez par corriger les passions d'autrui, ou par pleurer vos passions propres ? mass. Carême, Pâques. Un zèle qui cherche les péril» n'est pas un zèle du'salut d'autrui, mais une indifférence criminelle pour son salut propre, m. ib. Les rois de France avaient alors pour revenus leurs biens propres et non ceux des peuples, volt. Uoeurs, 58. Il On dit aussi : le caractère propre, la valeur propre, les quahtés propres, le mérite propre, etc. d'une chose. On remarque, dans l'Écriture sainte, que Dieu donne aux maisons royales certains caractères propres, BOSS. Mar.-Thér. \\ Se rendre propre, s'approprier une chose. Plusieurs écrivains qui ne sont plus, ou qui se distinguent parmi les modernes, ont chacun un caractère que notre langue s'est peu à peu rendu propre, condill. Cortn. hum. II, I, 1 5. Il Amour-propre, voy. amour. || 2° Nom propre, voy. nom, 11° 46. || 3° Le sens, la signification propre d'un mot, le sens naturel et primitif d'un mot, par opposition à sens figuré. || 4° Terme d'astronomie. Le mouvement propre d'un astre, le mouvement réel d'un astre, par opposition à son mouvement apparent. || Terme de géographie ancienne. La Grèce propre, la partie de la Grèce, dite par les Roaiains Achaîe, et qui comprenait l'Attique, la Béotie, la Phocide, la Locride, l'Élolie «t l'Acarnanie. || La Grèce propre signifie aussi la Grèce proprement dite, par opposition à la Grande Grèce et aux autres colonies grecques situées hors de la mère patrie. || 5° Exactement semblable, même; en ce sens, il s'emploie par énergie, et se met avant le substantif. Vous demeurez dans la propre maison où il logeait. Avant ce jour fini, ces mains, ces propres mains Laveront dans mon sang la honte des Romains, ciRN. Hor. m, 6. Ce sont ses propres mots, mol. Éc. des mar. Il, 4 1 . Voilà l'aventii re de mon pauvre fils [danger couru à la bataille de Senef, livrée lorsque la paix était déjà faite] ; et c'est ainsi que l'on en usa le propre jour que la paix commença, sÉv. 23août 1678. C'était un samedi, c'était le propre jour de la disgrâce de ce pauvre homme, m. 29 nov. 1679. Le pape [Grégoire Vil] était alors dans la forteresse de Canosse sur l'Apenn'n avec la comtesse Maihilde, propre cousine de l'empereur, volt. Afin. Emp. Henri IV, 1077. Cet ancien auteur phénicien avoue en propres mots'qu'il a tiré une partie de son histoire des écrits de Thaut, id. Dif. de mon oncle, H. \\ 6° Particulier. La poésie et la prose ont chacune une harmonie qui leur est propre. Nous y trouvons des choses que l'esprit propre qui nous fait agir n'y a pas formées, pasc. dans cousin. Autant admirateur du mérite, que s'il lui eût été moins propre et moins familier, la bruy. ii. Les passions, qui d'ordinaire sont la source des dégoûts de la vertu, ont cela de propre ique plus on les réprime, plus elles deviennent dociles, mass. Carême, Dégoûts. Il Sucs propres, sucs colorés qui appartiennent à certains végétaux seulement, el vaisseaux propres , les espaces qui les renferment. Il Pédoncules, pétioles propres, dernières divisions d'un pédoncule et d'un pétiole communs, formant le support immédiat de la fleur et de la feuille. Il 7" Convenable à quelqu'un ou à quelque chose. Les qualités propres au commandement. Cela est propre à toutes sortes de gens. Quand on songe que ::'est une affaire qui dépend de M. Colbert. on tremble, en sorte que, si je trouvais un autre hasard qui nous fût propre, je le .prendrais, SÊV. 14 juill. 4 677. Aimez-moi tous deux, car votre i amitié est pour moi une chose admirable; je vous renvoie vos mêmes paroles, je les ai trouvées trèspropres pour ce que je pense, in. à M. et Mme de Guitaut, »l sept. 1675. ÏUe [la fille aînée de Mme de Grignan] serait abbesse; cette place est toute propre aux vocations un peu équivoques : ou accorde la gloire et les plaisirs, id. » juin 1680. Ce texte [tout est vanité], qui convient à tous les états et à tous les événtments de la vie, par une raison particulière
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flevient propre à mon lamentable sujet, boss. Duch. dOrl. Quelle autre créature fut jamais plus propre à être l'iilole du monde! ID. t'b. Les hommes, par leurs soins et par de bonnes lois, ont rendu la terre plus propre à être leur demeure, montesq. Esq). xvm, 6. Si on avait eu un théâtre libre, propre pour l'action, tel qu'il est chez toutes les autres nations de l'Europe, volt. Simiram. Dissert, sut la tragéd. pATt. 2. ||Seul convenable à, réservé. à. Le midi est l'exposition propre de cet arbuste. Le sable est le terrain propre de cette plante. I! 8° En parlant des personnes, qui a l'aptitude, les qualités nécessaires pour quelque chose. Un homme de votre âge, de votre humeur, si propre à la société et à rendre une femme heureuse, SÊv. 26 sept. )689. Je ne songe point encore au voyage de Nantes; j'y fais exécuter des gens qui me doivent : je serais peu propre" à ces sortes de choses, id. 26 juin <«89. Je vous écris peu de nouvelles.... d'ailleurs je n'en sais. point; je serais toute propre à vous dire que M. le chancelieir a pris un lavement [Séguier, qui n'allait jamais au conseil sans avoir pris un lavement], id. (3 mars (67). Durant douze ans qu'elle fut dans le monastère, on lui voyait tant de modestie et tant de sagesse, qu'on ne savait i quoi elle était le plus propre, ou à commander, ou à obéir, boss. Anne de Gon%. Un enfant est peu propre à trahir sa pensée, rac. Alh. ii, «. Descartes les jugeait [les femmes] plus propres que nous à la philosophie, et une princesse malheureuse a été son plus illustre disciple, d'alemb. Lett. à J. J. Rouss. Œuv. t. V. p. 351, dans poiigens. On pensa à moi pour une place; mais par malheur j'y étais propre, BEAUMARCii. ifor. de Fig. v, 3 || Proverbe. Qui est propre à tout n'est propre à rien, ou, simplement, propre à tout, propre à rien. Il est propre à tout, disent ses amis ; ce qui signifie toujours qu'il n'a pas plus de talent pour une chose que pour une autre, ou, en d'autres termes, qu'il n'est propre à rien, LA BRUT. II. Un de ces esprits indéterminés qui ne sont propres à tout que [arce qu'ils ne sont propres à rien, iubos, Réft. poés. et peint, n, 6. Quand on veut tout savoir, que peut-on savoir bien? Qui sa croit propre à tout, souvent n'est propre à rien, pi. CABD. Entrée dans le monde, i, 2. || S. m. Populairement. Un propre à rien, un homme qui n'a d'aptitude ni de goût pour aucune sorte de travail. Il 9° Qui peut servir à. Ce bois est propre à bâtir. Ce remède est propre à telle maladie. C'est [Port- Royal des Champs' un vallon affreux, tout propre à faire son salut, sÉv. 28 janv. (674. Les Rochers sont tranquilles et tout propres à vous conserver votre chère mère pour vous revoir, ID. 24 juill. (689. La presse n'est pas grande à soupirer pour elle [la charge de Ch. de Sévigné] , quoiqu'elle soit propre à faire soupirer, m. (2 avr. 4680. Vous aurez M. de Coulaiiges... Grignan est tout propre pour le charmer, ID. (& juin (680. Le bec de la frégate, très-propre à la proie, puisqu'il est terminé par une pointe perçante et recourbée, bufp. Ois. t. XVI, p. (60. H Propre à, suivi d'un verbe actif avec le sens passif. Cet avis est plus propre à donner à la reine, cobn. Nicom. iii, 3. {| U se dit aussi, en mauvaise part, de ce qui peut produire un effet fâcheux. La conduite de son fils est propre à lui causer un violrnt chagrin. Ce remède est propre à augmenter la maladie. || 10" Mal propre, qui n'est pas propre à, qui ne convient pas (locution tombée en désuétude à cause de la confusion de sens, mal propre signifiant sale aussi). Et nous parlons peut-être avec trop d'imprudence Dans un lieu si mal propre à notre confidence, corn. Cinna, il, 2. Monsieur, je-«uis mal propre à décider la chose, mol. Mil. s, 2. Je me sens mal propre à bien exécuter ce que vous souhaitez de moi, id. Am. magn. i, 2. || li° Le mot propre, l'expression propre, le mot, l'expression qui seule convient et rend précisément la pensée. L'on doit avoir une diction pure, et user de termes qui soient propres, il est vrai; mais il faut que ces termes si propres expriment des pensées nobles, vives, solides, la bruy. i. Le grand malheur de tant d'auteurs est de n'employer presque jamais le mot propre; ils sont contents pourvu qu'ils riment; mais les connaisseurs ne .sont pas amtents, voi. I . Pauvre diab. note. Que le mot propre est rare, maisqu'ilestnécessairel id. Comm. Corn. Hem. Uéraclius, 11, *. Les mots propres, répondit Euclide, forment le langage le la raison ; les expressions figurées, celui de la passion, bariuél. Anach. cil. 58. D'où vient que les malheureux trouvent avec tant de facilité le secret d'attendrir et de déchirer nos âmes? c'est que leurs accents et leurs cris .sont H) mot propr* de U doultufi id. ib. ci). 27. || Catto
langue n'a point de mot propre, de terme propre, pour désigner telle chose, elle n'a point de mot, de terme qui soit particulièrement destiné à désigner telle chose. || 12° Bien soigné, bienséant, bien arrangé (par une extension facile à concevoir du sens de convenable). Comment, monsieur Jourdain, vous voilâ le plus propre du monde I mol. Bourg, gent. m, 4. Il Populairement. Il est propre, il est dans de mauvaises affaires. || Il se dit aussi des choses. .Ses habits sont toujours fort propres. Je fis mon lundi gras avec la princesse : un petit dîner aussi bon, aussi délicat, aussi propre qu'il est possible, sÉv. 7 mars (685. Il On dit de même : Son écriture est propre et bien rangée. || Par dénigrement. C'est quelque chose de propre que vous m'offrez là. || Substantivement et dans le même sens de dénigrement, le peuple dit : C'est du propre! En voilà du propre I || 13° Net, par une extension facile du sens de bien rangé, de sojgné ; il est opposé à sale. Cet escalier n'est pas propre. Il Propre sur soi, dont la personne est très-nette ainsi que le vêtement. Quoique très-pauvre, il [Socrate] se piquait d'être propre sur soi et dans sa maison, rol- Liî», Hist. anc. (Èuv. t. iv, p. 356, dans podgens. Il li° S. m. Qualité distinctive. Le propre des os est de tenir le corps en état, et de lui servir d'appui, boss. Conn. II, 7. Le propre de ce spectacle [l'opéra] est de tenir les esprits, les yeux et les oreilles dans un égal enchantement, la bruyère, i. C'est le propre des grands hommes d'avoir de méprisables ennemis, VOLT. Louis XIV, écrivains, Fontenelle. Si le propre du génie est de créer en grand, celui de l'esprit dans les petits ouvrage.s est d'imaginer, celui du talent est de mettre en oeuvre, et celui du goût de mettre en place, d'alemb. Éloges, Saint- Aulaire. Les définitions et les analyses sont proprement des périphrases dont le propre est d'expliquer une chose, condil. Art d'écr. u , 3. Le propre des hommes est de s'instruire beaucoup plus par répreuve des maux que par la jouissance des biens, raynal, dans giradlt-duvivieh. || Ce qui appartient particulièrement à.... Le propre des jeunes gens est d'être légers. Si c'est le propre des rois de juger les peuples, il n'est pas moins vrai que c'est le propre de Dieu déjuger les rois, bourd. Jugem. dern. t" avent, p. 4». Le propre de la justice est de conformer le châtiment à l'ofl'ense, id. Serm. (9° dim. après la Pentecôte, Dominic.t. iv, p. (64. Il 15° Le propre, le sens primitif, naturel d'un mot. Prendre un mot au propre. Le propre et le figuré. Il parle ordinairement au propre et seulement pour être entendu, j. j. rouss. Em. iv. Il 16° Terme de jurisprudence. Immeuble qui appartient à «ne personne par succession. Ce bien était un propre. Clagny, bâti par Mme de Montespan en son propre, passa à M. le duc du Maine, ST-siM. 4(0, (5(. Ainsi s'établit, malgré la disposition du droit romain et de la loi salique, cette règle du droit français : propres ne remontent point, montf.sq. Esp. xxxi, 34. Dans un pays où une coutume locale a disposé des propres, Bodin dit trèsbien qu'il ne faudrait confisquer que les acquêts, ID. ib. v, (5. Il Fig. Ma nièce, monsieur, ne peut s'aliéner; C'est comme un propre; enfin on va vous chicaner, DUFRÉNY, H^conc.norm. iv, 5. || Propre ancien, bien immeuble qui vient de l'aïeul ou au-dessus. Propre naissant, bien immeuble qui faisait partie des acquêts de celui dont on hérite. || Il se dit aussi des biens du mari ou de la femme qui n'entrent pas en éommunauté. U serait bon que les femmes sussent ce que c'est que propre, ce que c'est que communauté, fén. t. xvii,p. »». || Propres par stipulation, se dit, par exemple, d'une dot qui consiste en argent, cequi senommeaussi projiie fictif || 17° Dans le langage général, ce qui appartient à quelqu'un. Qu'ils ont comme leur propre en leur grange entassé ! RËUMEH, Sat, iii. Ils ne possédent^point de biensen propre, boss. ¥ar. ( l. Gnathon... oublie que le repas est pour lui et pour toute la compagnie; il se rend maître du plat, et fait son propre de chacjue service, la' bruy. xi. Le roi.... lui conta que l'extrême besoin de ses afl'aires l'avait forcé à de furieux impôts.... qu'à la fin il s'en était ouvert au P. Tellier, qui lui avait demandé quelques jours pour y penser, et qu'il était revenu avec une consultation des plus habiles docteurs de Sorbonne qui décidait nettement que tous les biens de ses sujets étaient à lui en propre, st-sim. 284, (lo. Sans com|iter la jument Borac sur laquelle il [Mahomet] monta au ciel; mais il ne l'avait que par emprunt, elle a|iparlenaitcn propre à l'ange Gabriel, volt. Divi.phii. Alcoran. La première idéequ'il faut lui donner [à l'enfant] est moins celle de la liberté que de la propriété ; et, pour qu'il puistatvoir cett« iiiée, il faut qu'il ait
quelque chose en propre, i. J. rouss. Ém. ii. || Fig. Cette louange [du courage, en Louis XIV, vieux et malheureux] eut du moins le mérite que n'avaient pas eu tant d'autres; elle appartenait en propre au monarque, et n'était ni basse, ni exagérée, d'alemb. Éloges, Saint- Aulaire. || Fig. De son propre, de son propre fond, de sa propre intelligence, connaissance, etc. Je n'entreprendrais pas de vous porter ce secours [consolations] de mon propre, pasg. /.«((. sur la mort de son père. || 18° Terme de liturgie catholique. Le propre du temps et le pro[ir<s des saints forment la division des fêtes de l'année liturgique de l'Église romaine. Le propre du temps est l'ensemble des offices qui se font conformément à l'esprit du temps où l'on se trouve. Le propre du temps se divise en cinq grandes époques appelées : le temps de VAvent,le tempsde JVocietdel'£ptp/ianie, le temps de la Sepluagésime et du Carême, le temps pascal et les dimanches après la Pentecôte. Le propre des saints est l'ensemble des offices qui se font conformément a l'esprit des fêtes que l'Église a instituées en l'honneur des mystères de la sainte Vierge et des saints; on le divise en trois classes de fêtes ; les fêtes de la sainte Vierge ; les fêtes des anges; les fêtes des saints. || Propre de certaines églises, ce qui ne se dit qu'en certains lieux. Il 19" Dans la scolastique, le propre ou la propriété était un des cinq universaux. || 20° Propres s'est dit au pluriel, au sens de proches, de parents. M. Vautier qui n'a jamais fait de bien à personne, pas même à ses propres, gui patin, Lett. t. ii, p. 603.
— REM. 1. Les proprés termes sont les mêmes mots sans y rien changer. Des termes propres sont des mots qui expriment bien et selon l'usage de la langue ce que l'on veut dire. || 2. Il a été dit que, dans le sens du (°, propre se met d'ordinaire avant son substantif. Le fait est que jadis il n'y avait point d'usage à cet égard, et que propre se mettait, suivant l'oreille, tantôt avant, tantôt après. Mais à mesure que le sen.s de net s'est davantage attaché à propre, l'usage a montré de la tendance à le mettre avant son substantif, au sens du <°. Cependant l'on doit dire qu'on peut user de l'ancienne liberté, toutes les fois qu'il n'y aura pas lieu à une confusion ridicule avec le sens de net. Il 3. Dans le sens de net, propre suit le substantif : un habit propre, une femme propre.
— HIST. XI* s. Li burgeis qui ad en soun propre chatel [un bien, un avoir] demi marc vailant, Lois de Guill. (8. ||xlii" s. Et sor tout ce doit li parleres [l'orateur] user moz propres biaus et acostumez, BRUN, latini, Tréaor, p. 62(. Trestuit pareil [égaux] estre soloient. Ne riens propre avoir ne voloient, la Rose, 8486. C'est la coutume au roi de France que, s'il va en ost sour aucun baron, çou qu'il conquest par force li demeure propre à tous jors, Chr. de Rams, (96. || iiv" s. Il dit en aucuns textes que le jeune de aage ou de meurs n'est pas propre auditeur de polithiques, oresme, Eth. ((((. Il XV* s. Malgré le proprej roi et tous ses aidans, EROiss. I, i, 22. Les fruits et feuilles et fleurs furent si proprement faitz, qu'ils se'mbloienl proprement arbres et propres fruits, et les faisoit très beau voir,
0. DE la marche, Mém. u, p. 683, dans lacubnB. Comme luy mesmes propre m'a compté, comm. m, 5.(1 XVI* s. "Si je me veux monstrer innocent, ma bouche propre me condamnera, calv. instit. 596. Voire contre sa propre créance, mont, i, n. L'argument le plus propre au temps et au lieu, m.
1, 41. Elle estoit cousue à un ruban propre à rattacher soubs le menton, m. i, 95. Le propre jour que le roy mourut.... id. i, 'io-j. Le roy François fut au propre [à même] d'aslire, ou de.... ou de.... ID. 1, 236. Que ne plaist il un jour à nature nous faire veoir au propre ses moyens? lO. ii, 279. Le mari ne pouvant directement ou indirectement obliger les propres de sa femme, loysel, ((4. Le premier des noms que portoiont les Romains, comme Caius, estoit leur propre : le second, comme Marliu», estoit le nom de la famille et mai.son, amyot, Cor. (6.
— ÊTYM. Bourg, prôpe ; provenç. propri; e^pagn. propio ; ital. proprio; du lat. proprius, qui se rattache à prope : ce qui approche, ce qui touche. Propre a passé de son sens primitif à celui de convenable, puis, devenant tout à fait spécial, à celui de net; cette dernière acception ne paraît pas ancienne; on en trouvera un exemple du xvr siècle à l'historique de proprement.
t PKOPUÉFET (pio-prc-fè), s. m. Terme d'histoire romaine. Lieutenant d'un préfet.
— ETY.M. Lat pr», pour, et prt'/"(!(.
PROPHËMENT Cpro-pr«-mau), adv.]ii' HrécU*>
PRO
ment, exactement. U fourbe n'est le jeu que des petites âmes, Et c'est là proprement le partage des femmes, corn. Nicom. !v, 2. Proprement, toute notre vie Est le curé-Cliouart qui sur son mort comptait, Et la fable du pot au lait, tK font. Fabl. vu, H. C'est proprement un charme [la fable], id. ib. VII, à Urne de Kontespan. Je viens de recevoir votre petit billet, ma chère madame, et je vous remercie toujours de vos soins qui sont proprement des charités, sÉv. à Mme de Guitaut, 25 janv. i693. Mon zcle «e refroidit; et, soit une bonne ou une sotie chose, je ne veux pas surpasser la mère de Chantai, qui serait proprement vouloir aller par delà paradis, lo.d Guitaut, 9 févr. (683. C'était la femme prudente qui est donnée proprement par le Seigneur, boss. Mar.- Thér. Si la vigne, le lierre.... choisissent si bien les petits creux, et s'entortillent si proprement aux endroits qui sont capables de les appuyer, m. Conn. v, a. Je n'en suis proprement [des biens que je possède I que l'économe et le dispensateur, bouk- DAL. Exhort. Char. env. les pou», t. i, p. «. Sparte était proprement un camp où les citoyens, abandonnant aux esclaves la culture des terres, s'exerçaient uniquement au métier des armes, condil. Hist. anc. i, <4. || 2° Terme de grammaire. Dans le sens propre, par opposition i : dans le sens de figuré. Ce mot s'emploie proprement et figurément. Vous ne parlez pas proprement, me dit-il, pasc. Prov. V. Il On dit plus souvent : au propre. || Parler proprement, parler avgc correction, avec pureté, en bons termes. I! y a des gens qui parlent un moment avant que d'avoir pensé : il y en a d'autres qui ont une fade attention à ce qu'ils disent ....ils sont puristes ....ils parlent proprement et ennuyeusement, la brut. v. || Proprement dit, se dit de certains termes pris dans leur signification expresse et particulière. Le genre de la comédie proprement dite. La fable, la comédie proprement dite. || La Grèce proprement dite, le Péloponnèse, l'Attique, la Béotie, etc. par opposition à la Grande (Trèce et autres pays grecs situés hors de la Grèce. || L'Asie proprement dite, l'Afrique proprement dite, les deux provinces d'Asie et d'Afrique sous la domination des Romains, par opposition au reste de l'Asie et de l'Afrique. || X proprement parler, proprement parlant , loc. adv. Pour parler en termes précis, exacts. L'hisloire des arts et des sciences et de ceux qui s'y sont distingués par un mérite particulier est, à proprement parler, l'histoire de l'esprit humain, ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. x, p. 397, dans POUGENS. X proprement parler, les Arabes ou Sarrasins n'ont point eu de philosophie avant l'établissement de l'islamisme, nioEROT, Opin. des anc. phil. sarrasins. \\ 8° D'une manière bienséante, convenable. S'haWller proprement. J'ai fait dessein de me mettre aujourd'hui un peu proprement. — Toi, proprement I et avec quoi? bbueïs. Av. Patelin, i, 3. Je suis bien aise que mademoiselle soit proprement mise, HARiv. Marianne, part. 1. 1| Avec régularité et netteté, avec grâce et adresse. Travailler proprement. Madelon : 11 a la taille tout à fait élégante. — Cathos : Et a la mine de danser proprement, iiOL. Préc. )ï. Cette marquise qui, à cinquante-cinq ans, danse le menuet aussi proprement qu'une fille de quinze ans, dancourt, Femme d'intriguet, i, 4. Je suis fâché qu'Ali-Bey, le prince Héraclius.... ne sachent pas danser le menuet proprement, volt. Ut(. à Catherine, )" janv. (772. || En termes d'arts. Cela est fait proprement, cela est exécuté avec justesse et élégance. Chanter ou jouer proprement, c'est exécuter une mélodie française avec les ornements qui lui conviennent,;, j. rouss. Dict. de musique. ||i' Avec propreté. Cette maison e.st tenue profirement. Ils [Traumaphile et Nosophuge] s'appliquaient à les tenir [les soldats malades] proprement, à empêcher le mauvais air par cette propreté, fén. Tél. xvii. Bien faire ce qu'elle fait n'est que le second de ses soins ; le premier est toujours de faire proprement, j. j. rouss. Ém. v.
— HIST. XII* s. Or eswarile [regarde] cum proprement se concordent altres paroles encor de i'apostle à ces trois choses, st behn. p. 87o. jj lui* s. Eglise est assemblée de genz feels [fidèles] proprement. Psautier, (" s». Pource que je weil que nulz face jamez bien pour le guerredon de paradis avoir, ne pour la paour d'enfer; mez proprement pour l'amour de Dieu avoir, qui tant vaut et tout le bien peut faire, jomv. 25». ||xiv' s. L'en ne porroit translater proprement tout latin en françois, oresme, Prol. Il IV* 8. On me pourioil demander, qui vouinix, dont telles choses me viennent & savoir, pour en parler si proprement et li vivement, fboiss. ii, ui, 70. Kt firmit si grand bruit.... qu'il seoliloit
PRO
proprement que tous les diables d'enfer fussent là venus, ID. I, I, 42. Ny nomraeray les années ny proprement le temps que les clioses sont advenues, coMM. m, 4. Il XVI' s. Comme si le baptesme, à parler proprement, n'estoit point sacrement de pénitence, calv. Instit. ton. 11 l'estimoit si proprement sienne, que.... mont, i, 6. Nous semblons proprement [à vrai dire] celuy qui, ayant besoing de feu, en iroit quérir chez son voisin, m. 1, (44. J'essuyay et nettoyay sa plaie le plus proprement que je peus, ID. II, <93. Scribonia, conseillant son nepveu de se tuer plutost que d'attendre la mort de la justice, luy disoit que c'estoit proprement faire l'affaire d'aultruy que de conserver sa vie pour la remettre entre les mains de ceulx ... id. ii, 32.
— ÊTYM. Propre, et le suffise ment; bourg. pr6peman; prov. propnomen; espagn. propiamente; ital. propriamente.
PROPRET, ETTE (pro-prè, prè-t'), adj. Propre jusqu'à la recherche. Très-rarement les antiques discretles Logeaient l'oiseau; des novices proprettes L'alcôve simple était plus de son goût, gresset, Ver-vert , i. Sous une toile proprette Son triomphe est assuré, bérasg. Jeannette. i\Subtt. Un propret, une proprette.
— ÊTYM. Diminutif de propre. Le Dictionnaire de Trévoux donne propet, et dit que propret n'est pas en usage. C'est le contraire aujourd'hui ; mais le fait est que la Fontaine dit propette : Certaine nièce assez propette Et sa chambrière Paquette Devaient avoir des cotillons, Fabl. vu, (O.
PROPRETÉ (pro-pre-té), *. f. || 1° Manière convenable de s'habiller, d'être meublé, de préparer certaines choses. Pourvu qu'on ait un reste de pudeur et de retenue et qu'on n'aille pas aux derniers excès de l'indécence, on croit être dans la propreté et dans les règles de la modestie, fléch. Panég. 11, 400. On vil cet homme qui, pour conserver sa propreté et sa bonne grâce, avait souffert les incisions les plus sensibles, id. ib. 11, <85. Je voudrais qu'on ne fît mention de la délicatesse, de la propreté et de la somptuosité des généraux qu'après n'avoir plus rien à dire sur leur sujet, la bruy. xiv. ||ilu ptur. Je doute que propretés au pluriel soit bon, il ne faut s'en servir qu'au singulier, vaugel. Nouv. Rem. p. 53, dans POUGENS. Le mérite de cette situation [le domaine de Chaseu] ....augmente tous les jours par les propretés dont je l'embellis , bussy, à Mme de Sév. )9 déc. <686. Certaines propretés affectées, sans autre dessein que celui de satisfaire son amour-propre, FLÉCB. Panégyr. Ste Thér. || Cette personne est d'une grande propreté, elle a grand soin que tout ce qui lui appartient soit propre. || Terme de beauxarts. Se dit de la netteté des contours, et surtout de celle de la touche, de l'effet d'un soin scrupuleux dans la conduite du crayon ou du pinceau ; c'est l'opposé du sale, et souvent aussi du facile et du large. Ce peintre a une grande propreté de pinceau. Il Terme de gravure. Netteté de tailles et de hachures. ||î° Netteté, absencu de saleté, d'ordure. Philippe, déjà vieux, raffine sur la propreté et sur la mollesse, il pa.sse aux petites délicatesses, la BRUY. XI. Un repas simple, mais exquis pour le goût et pour la propreté, fén. Tél. i Elles font et lavent tous les habits de la famille, tiennent les maisons dans un ordre et une propreté admirable, id. Tél. VIII. Exhorte-les à la propreté, qui est l'image de la netteté de l'âme, montksq. Lett. pers. 2. J'aime le luxe et même la mollesse. Tous les plaisirs, les arts de toute espèce, I.a propreté, le goût, les ornements, VOLT. Mondain. X force d'en faire [du linge] un objet de propreté, j'en avais fait un objet de luxe, J. J. ROUSS. Conf. VIII.
— ÊTYM. Propre. On trouve propreti? dans les anciens textes, mais avec le sens de propriété.
PROPRÉTEUR (pro-pré-teur), s. m. Nom donné par les Romains à ceux qui a\'aient exercé. la charge de préteur, ou qui commandaient dans les provinces avec l'autorité de préteur.
— ÊTYM. Lat. proprxtorem, de pro, pour, et prxior, préteur.
t PROPRÉTURE (pro-pré-lu-r') , s. /. Dignité, fonctions de propréteur.
PROPRIÉTAIRE (pro-pri-é-tê-r'), *. m. et f. Il 1° Celui, celle qui a une propriété. Le propriétaire n'est lui-même que le premier .des salariés ; ce que nous appelons vulgairement sa propriété, n'est autre chose que le prix que lui paye la société pour les distributions qu'il est chargé de faire aux autres individus par ses consommations et ses dépenses ; les propriétaires sont les agents, les économes du corps social, mirab. Collection, l. 11, p. 43. Faire prooriétalre, sans déj|)uuill«r personne.
PRO
l'faoroms qui n'est que u.etcenaire: donner !;) lorei au lalioureur, cest !e plus grand bien qui se puissa faire en France doimis qu'il n'y n plus de serfs i affranchir, p. l. coub. Lett. t. On le sait : nouveau propriétairo, nouveau travail, non oaui essais. 10. ib. Il est propriétaire ; aussi n'a t-il voté Qu'avec un saint amour de la propriété, c. delav. La Popuiorité, I. 3. Il Grand propriétaire, celui qui possè-iie (les biens-fonds très-étendus. Les grands prupriétaires régiront leurs terres par eux-mêmes, ou ils le» donneront à régir, condil. Comm. gouv. I, «l. Gouvernant lui-même ses terres avec une économie noble et sage, M. de Maurepas fut pour les grands propriétaires un modèle d'administration, condor- CET, Maurepas. \\ Nu propriétaire, celui qui a la nue propriété, tes nus propriétaires. || i' Particulièrement, celui qui possède une maison et qui la loue. Danville: Et j'ai, pour me distraire, admiré mon hôtel. — Bonnard: Celui du duc d'Elmar. — Danville: C'est mon propriétaire, c. delav. École des vieill. i, *.||3° Il se dit aussi des propriétés autres que les immeubles. Le propriétaire de ces meubles, de cette bibliothèque. Ce pauvre bélître, se disant propriétaire d'un si grand secret [la pierre philosophalej, devrait mourir de honte de se démentir lui-même, nous publiant sa nécessité, nau- DÉ, JJosccroi'ar, vi, 2. ||4» Adj. Terme ascétique. Amè propriétaire, s'est dit, dans le style mystique, d'une personne qui n'aime pas Dieu d'un amour désintéressé, mais plutôt par l'espoir d'une récompense. L'âme attirée à quelque chose de plus iteviendrait propriétaire et intéressée , boss. Lett. quiet. 1 2. Il 5° Propre (vieilli en ce sens). Comme ils [nos ancêtres] n'ont pas fait la couronne élective en faveur d'eux-mêmes, ils ne l'ont pas voulu rendre propriétaire en faveur du roi, ni la lui commettre si absolument qu'il fût en sa puissance d'instituer un héritier, balz. De la cour. T dise.
— HIST. xiv s. La quelle action propriétaire [spéciale d'une herbe] est impossible à estre trouvée en aultre herbe, lanfranc, t' uo, verso. Action propriétaire si est telle, que la propriété vient et descent par succession naturelle, bouteiller. Somme rural, tit. xxvii, p. <60, dans lacurne || xv« s. Tous, propriétaires [égoïstes] et qui ayment soymesmes, convoiteux , avaricieux , Inlern. eonsol. ti , 32. Il XVI* s. L'homme mesme, qui s'attribue la constance pour une chose naturelle et propriétaire, DEspBR. Contes, xcii. Les douairies doyvent tenir en estât les maisons et héritages... sans coupper les bois, autres que ceux qui sont en couppes ordinaires, si ce n'est pour reparer les maisons et manoirs appelés le propriétaire, Coust. gén. t. i, p. )0I».
ÊTYM. Génev. proprltair»; prov. prnprietari;
espagn. propietari'o; ital. proprielario; du lat. proprietarius , propre, spécial, et aussi propriétaire, de proprietat, propriété. On a dit, au féminin, propriéteresse : Dame Anne de Montaffie, comtesse de Soissons, proprieteresse des offices de regralieis, Cour des aides, 9juill. <833.
t PROPRIÉTAIREMENT (pro-pri-é-tê-re-man) , adv. Terme de pratique. En propriétaire. Les habi- Unts... ont insisté sur leur opposition et ont réclamé le marais comme appartenant propriétairement à la- communauté, kobin, Mémoire sur les marais de Cléville (Calvados), <70i, p. M.
— HIST. XIV* s. Proprietairement, bouteiller, Sommerural, t. xxiv, p. <28, dans lacurne.
PROPRIÉTÉ (pro-pri-é-té), s. f. \\ 1" Ce qui est le propre d'une chose. L'égalité des rayons est une propriété du cercle. On voit d'une première vue, que l'arithmétique fournit des propriétés sans nombre, et chaque science de même, pasc. Dispropori. de l'homme, 2, éd. faiigère. Il nous donna soudain les propriétés de la ligne que les bombes avaient décrite en l'air, montksq. Lett. pers. <2e. Tandis qu'un pauvre algébrisle p.isse sa vie à chercher dans des nombres des rapports et des propriétés étonnantes, volt. Dict phil. Société roy. de Londres. Les qualités qui sont tellement propres à une chose , qu'elles ne sauraient convenir à d'autres, se nomment propriétés : être terminé par trois côtés est, par exemple, une propriété du triangle, condil. Gr^mm. Préc. des leç. prél. art. 1, Œuv. t. V, p. LXix, dans pougens. |1 Ce qui est le propre des substances. L'impénétrabilité est la propriété de la matière. Faibles et hardis comme nous sommes, savons-nous si Dieu n'a pas formé deà millions d'être» qui n'ont ni les propriétés de l'e»prit ni celles de la matière à nous connues? voLi. Phil. Newt. I, 8. 1! Propriétés générales, celles qci appanismieiit à tuus les corps. || »■ Mou» a «ctjviU
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qui appartient en propre à chaque corps, qui lui est inhérent, qui lui permet d'agir d'une manière déterminée sur nous et sur les autres corps. Les propriétés physiques, chimiques, vitales. La propriété fébrifuge du quinquina. On se sert aussi de propriété en parlant de la vertu particulière de chaque plante et des autres choses naturelles: Cet homme connaît la propriété de tous les simples, la propriété de l'aimant, Acad. Observ. sur Vaugel. p. 8, dans POUGENS. On peut considérer la lumière et la chaleur comme deux propriétés du feu, ou plutôt comme les deux seuls effets par lesquels nous le reconnaissons, bupp. Hist. min. Imrod. part. exp. (Eutir. t. vni, p. 2. Rentrés enfin tout à fait dans le monde corporel, nous apercevons bientôt l'usage que nous pouvons faire de la géométrie et de la mécanique, pour acquérir sur les propriétés des corps les connaissances les plus variées et les plus profondes , d'alemb. Disc, prélim. Encycl. Œur. t. 1, p. 20), dans foi gens. i|Fig. La plupart des hommes ont, comme les plantes, des propriétés cachées que le hasard fait découvrir, la rochepouc. Jf/ii. 344. L'absence a pour moi cette propriété-là, qu'elle n'a, je crois, pour personne : elle m'attendrit; je me figure toujours les gens que je ne vois point les plus aimables du monde , fonten. Lett. g<U. I, 9. Il 3° Ce quidistingue particulièrement une chose d'avec une autre chose du même genre. La propriété de cette machine est de faire le travail plus économiquement que les autres du même genre. Cette grosse et lourde machine [la phalange macédonienne] sera terrible , à la vérité, à une armée sur laquelle elle tombera de tout son poids ; mais, comme parle Polybe, elle ne peut conserver longtemps sa propriété naturelle, c'est-à-dire sa solidité et sa consistance, parce qu'il lui faut des lieux propres, et pour ainsi dire faits exprès, boss. Bist. ni, 6. Il 4° Parfaite convenance du mot, du langage, du style, pour ce qui est à exprimer. C'est abuser étrangement de la propriété des mots pour un homme qui sait parfaitement notre langue, BAI.Z. liv. IV, lett. 23. 11 iBalzac] a effectivement des qualités merveilleuses; on peut dire que jamais personne n'a mieux su sa langue que lui, et mieux entendu la propriété des mots et la juste mesure des périodes, boil. Longin, Subi. réfl. 7. Oui jamais a eu comme lui [Voltaire] ce sentiment délicat et fin des propriétés du style, et de ses différences, et qui jamais avec plus de justesse nous en a marqué les degrés? marhontel, (Eue. t. iv, p. 424. Il 8» Le droit par lequel une chose appartient en propre à quelqu'un. L'esprit de propriété double la force de l'homme; on travaille pour soi et pour sa famille avec plus de vigueur et de plaisfr que pour un maître, volt. Dict. phil. Propriété. Possédé du démon de la propriété, gresskt, Jf^ch. 11, 7. 11 faut se ressouvenir que le fondement du pacte social est la propriété; et sa première condition, que chacun soit maintenu dans la paisible jouissance de ce qui lui appartient, J. J. HOtiss. Écon. polit. Le respect pour la propriété s'étend de jour en jour jusque cher les nations les moins éclairées, raînal, Hist. phil. XIII, 54. X qui, barbares, ferez-vous croire qu'un fils puisse être la propriété d'un père ; une femme, la propriété d'un mari; un domestique, la propriété d'un maître ; un nègre, la propriété d'un colon? m. 16. xi, 2*. La propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue. Code Nap. art. B44. La propriété des biens s'acquiert et se transmet par succession, par donation entre vifs ou testamentaire, et par l'effet des obligations, ib. art. 7<i. La propriété d'un trésor appartient à celui qui le trouve dans son propre fonds, ID. art. 7(6. Quelle est la sauve-gaide de la propriété? le gouvernement, CAUBACÉitÈs, îmt. tcienc. mor. et pot. t. m, p. 4. La société, en constituant toute propriété, a trois objets en vue: rémunérer le travail, perpétuer la famille, accroître la richesse publi'jiie, lamart. Rapp. à la chambre des dép. Propriété litt. \\ Nue propriété, »oy. nu, n° 5. Il 8" La chose qui appartient en propre k quelqu'un. Ce champ est ma propriété. Ils (les hommes qui n'ont que leurs bras] seront libres de vendre leur travail à qui voudra le mieux payer ; cette liberté leur tiendra lieu de propriété, volt. Dict. phil. Propriété. || ï' Biens-fonds, terres, maisons. Il a vendu sa propriété. Cette belle propriété lui appar tient. Ils achètent de grands biens punr les reven dre en détail, et, de profession, décomposent les grandes propriétés, p. L. couR. I.ftt. v. Ils disaient que, de mes trois maisons, la dernière doit retourr>er à Uieu ; les deux autres pourraient servir à re- •omposer un* grande propriété pour le marquis,
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ID. 2* lett. partie, jj La grande propriété, l'ensemble des grandes propriétés. Les partages prescrits par le Code civil ont beaucoup diminué en France la grande propriété. || On dit de même : la petite, la moyenne propriété. 1| 8* Propriété littéraire, droit que l'auteur d'un livre conserve sur son œuvre, quand il ne l'a point aliéné définitivement, et qu'il transmet à ses héritiers pour un temps limité par la loi. On dit de même : propriété artistique. De toutes les propriétés, la moins susceptible de contestation.... c'est sans contredit celle des productions du génie; et, si quelque chose doit étonner, c'est qu'il ait fallu reconnaître cette propriété, assurer son libre exercice par une loi positive ; c'est qu'une aussi grande révolution que la nôtre ait été nécessaire pour nous ramener sur ce point, comme sur tant d'autres, aux simples éléments de la justice la plus commune, lakanàl. Rapport à la Convention, <» juillet (793. Les uns disaient : la propriété des grandes œuvres de l'esprit est le patrimoine de la société avant d'être le domaine privé et utile d'une famille quelconque, lamart. Rapp. à la ch. des dép. Propr. litt. Les conditions de la propriété artistique ne sont pas identiquement les mêmes que les conditions de la propriété littéraire, ID. ib. Il 9° Dans le langage mystique, état d'une âme propriétaire. Il est bien rare de trouver des âmes assez pures pour posséder purement et sans propriété le don de Dieu, fén. t. xviii, p. 357.
— HIST. xii* s. Tresqu'à la saint Martin l'unt pur respit mené, Ainz qu'il eûst saisine de sa propriété. Th. le mart. 120. || xiii* s. As propriétés lors se tindrent, La terre meismes partirent. Et au partir bones [bornes] i mirent, la Rose, 9»34. Poures estoit en sa riqueche. Et non poissans en sa nobleche. Sans eiir en sa propreté. Et mendians en sa plenté, GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 84. Li maistres dit que les proprietez de la chose sont tels que par eles puet [peut] li parleres dire et prover sa entencion ; de celé chose Tulles dit que ces proprietez sont en quatre manières : une qui se tient en toute la chose, une autre qui se tient en la chose faisant, une autre qui est jointe à la chose, et une autre qui est environ la chose, bbun. latini. Trésor, p. 632. Eslire celui cheval qui ait les proprietez et les tesches [c|ualités] qui besoignables sont à ce de quoi il doit servir, iD. ib. p. 241. De ce avient toute descorde, que tu t'efforces de torner mes choses en ta propriété, iD. ib. p. 408. jj xiv s. L'aprentis demande quelz proprietez Dieu donna aux chiens, Uodus, ^ XXV, verso. \\ xv* s. Et ce qu'elles ont, habandonner ■En commun sanz propreté, E. desch. Poésies mss. f 408. || xvi' s. Il y peult avoir à cela quelque propriété occulte, mont. 1, (84.
— ÉTVM. Génev. proprité ; prov. propiedad; ital. proprield ; du lat. proprielatem, qualité particulière et possession, deproprius, propre.
t PROPRIO-MOTC (pro-pri-o-mo-tu), toc. adv. latine qui s'emploie dans les bulles, et signifie, de son propre mouvement. || On s'en sert quelquefois dans le style familier. 11 a fait cela propriomotu.
— ÊTYM. Lat. proprio, par propre, motu, mouvement.
t PROPTOME (pro-ptô-m'), ». m. ou PROPTOSE (pro-pt6-z'), s. f. Terme de médecine. Prolongement morbide d'une partie quelconque, de la luette, du clitoris.
— ETVM. llponTuixa, OU npôicTuai;, de itpà, en avant, et môco, tomber.
t PROPCLSEL'R (pro-pul-seur) , adj. Qui donne un mouvement de propulsion. Cylindre propulseur. ' S. m. Un propulseur. Dans les navires qui ont pour moteur la vapeur, on s'est servi d'abord pour propulseur, des roues à aubes qui sont généralement remplacées par l'hélice, legoarant.
— ÊTYM. Lat. propuhorem, qui lait marcher devant soi, de pro, en avant, et pulsum, supin de pellere.
t PROPULSION (pro-pul-sion), s. f. Terme didactique. Mouvement qui porte en avant. La propulsion du sang par le cœur.
— HIST. xvi* s. Propulsion, OUDIN, Dict.
— ETYM. Voy. PHOPi'LSPUR ; ital. propulsione. PROPYLfiE (pro-pi-lée) , ». m. Terme d'anti-
i|uit6. Vestibule d'un temple, péristyle à colonnes, parvis. Il S. m. pi. Edifice à plusieurs portes, et qui formait la principale entrée d'un temple. Les Vénitiens tirent i boulets rouges sur les propylées et le temple de Minerve [à Athènes] , chateaiibb. /(in. «"part.
— ETVM. riponûXaio; , rte 1106 , en avant , et nûX>), porte.
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t PROPYLÈNE (pro-pi-lè-n') , s. ip. Carbure d'hydrogène, gazeux, obtenu en décomposant la glycérine par l'iodure de phospliore.
t PROPYLIQCE (pro-p'-li-k), adj. Qui se rapporte au prop^^lène. Alcool propylique.
t PROCJl'ESTEUR (pro-kuèsteur), ». m. Terme d'histoire romaine. Lieutenant du questeur. I| Se disait aussi de celui qui, ayant été questeur à Rome, était envoyé dans une province pour remplir les mêmes fonctions.
— ETYM. Lat. proquxstorem, de pro, pour, et quastor.
t PROQUESTURE {pro-kuè-stu-r'), ». f. Dignité de proquesteur
PRORATA (AC) (pro-ra-ta) , toe. adv. j| 1» Suivant la part déterminée. Recevoir au prorata de sa mise de fonds. || Fig. et familièrement. J'en excepte les Grignans, un, deux, trois, quatre, cinq, six, que j'aime, que j'estime et que j'honore tous au prorata de lears dignités. sÉv. i3 sept. i67i. Voici des dames qui attendent leurs maris (qui sont à l'armée] au prorata de leur impatience.... (9 juill. 1075. Il 2° S. m. Le prorata, la quote-part. Recevoir, payer son prorata. || Au plur. Des prorata. || Anciennement, le prorata, l'intérêt qu'on devait payer d'une somme constituée, pour le temps courant d'une année qui n'était pas encore finie, ce qui arrivait dans les remboursements où l'on était obligé de payer les arrérages et le prorata.
— HIST. xvi* 8. 11 faudra qu'il confesse pour le moins que nous sommes reputez justes pro rata, comme on dit, de l'acceptation par laquelle Dieu nous a à gré, calv. Inslit. 680. Les fruits se partagent entre le roy et les héritiers du défunt prélat/ au prorata de l'année, mesme pour le regard des desjà perceus auparavant les decez, p. pithou, 66.
— ÊTYM. Lat. pro, pour, et rata (parte), la partie fixée (voy. ratifier).
PROROGATIF, IVE (pro-ro-ga-tif, ti-v'), adj. Qui proroge. Acte prorogatif.
— ETYM. Lat. prorogativus, de prorogare, proroger.
PROROGATION (pro-ro-ga-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. || !• Délai, remise. On leur a accordé une prorogation de tant de jours. ||2' Terme de jurisprudence. Prorogation d'enquête, autorisation donnée par le juge de continuer une enquête au delà du terme prescrit par la loi. || Prorogation de juridiction, action de se soumettre, pour le jugement d'une affaire, à la juridiction d'un tribunal dont on n'est pas justiciable. || 8" Terme do législation politique. Acte de l'autorité du pouvoir exécutif qui suspend les séances des chambres et en remet la continuation à un certain jour.
— ETYM. Prov. prorrogalion ; espagn. prorojocion; ital. prorogaiione ; du lat. prorogationem, de prorogare, proroger.
PROROGÉ, ÉE (pro-ro je, jée), port, passé de proroger. Délai prorogé. Le parlement prorogé.
PROROGER (pro-ro-jé. Le g prend un e devant a et o : prorogeant, prorogeons), v. a. || l" Prolonger le temps pris ou donné pour une chose. Proroger un terme. Ceux qui avaient une fois obtenu le dé-, partement d'une province restaient souvent dans cette province durant plusieurs années, non qu'on leur prorogeât ce département, mais parce qu'on ne leur envoyait point de successeur, bouchaud, Instit. Mém. se. mor. etpol. t. v, p, .m. || 2" Terme de législation politique. Prononcer la prorogation d'une assemblée. Qu'il n'y avait plus de parlement, parce qu'il avait été prorogé plus d'un an contre les lois, PELLissoN, Lett. hist. t. m, p. i6o. Un gouverneur y convoque [dans les c(flonies anglaises], y proroge, y termine les assemblées, hatnai., Hist. phil. xviH, 35. Il Remettre à un autre jour. Proroger la séance. || S" Se proroger, t». réft. Prononcer sa propre prorogation. S'il [le corps législatif] avait droit de se proroger lui-même, il pourrait arriver qu'il ne se prorogerait jamais, montesq.
Esp. XI, 8.
— HIST. xiv 8. Li rois cel soir envoie, sanz proroguer termine, X la porte son frère tromper celle busine (faire sonner cette trompette], Girart de Ross. V. 2785. Il XVI* S. Le pape ne peut proroger le temps donné aux exécuteurs de testamens pour faire l'exécution d'iceux, p. pithou, 24.
— ETYM. Prov. et espagn. prorogar; ital. prorogare; du lat. prorogare, de pro, en avant, et rognre, proposer, demander (voy. rogations).
t PKORRIlfiTIOUE (pro-rré-ti-k'), ». m. Titre de deux ouvrages de la collection hippocratiquu, (|ui contiennent principalement des remarques pronostiques.
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— ÉTYM. npop^ïiTixôî, de it^è, avant, et ^9t- Ha, parole.
■f PROSAILLEPR (pro-za-Ileur, Il mouillées), I. m. Terme de dénigrement. Mauvais auteur en prose. L'avant-garde de ces derniers [les philosophes qui voulaient faire réussir aux Français VEcossatse de Voltaire], composée de tous les rimailleurs et prosailleurs ridiculisés dans VAnnéc litthaire, frRron, Annie Xitl. <760, t. v, p. 2io. Qu'on lise les préfaces de nos prosailleurs et rimailleurs, on y voit une jactance sans pudeur et sans borne, i.aiiarpe, Corresp. littér. n« clxviii.
— ÉTYM. Prose, avec la syllabe péjorative aille, et la finale d'action eur.
PROSAÏOCE (pro-za-i-k') , adj. || 1° Qui tient trop de la prose. Il faut, dans une tragédie, certains vers qui semblent prosaïques, pour relever les autres, et pour conserver la nature du dialogue, VOLT. Lelt. d'Argental, sept. (75l. La composition du Moïse sauvé de Saint-Amant est languissante, le vers lâche et prosaïque, chateaiib. Génie, ii, i, *. Il 2° Fig. et néologisme. Vulgaire, sans éclat, en parlant des personnes et des choses. Tout est commun, tout est prosaïque dans l'extérieur de la plupart de nos villes européennes, staei.. Corinne, rv, *. Je ne sais, mais d'abord il est bien prosaïque, coLLiN d'hablev. les Artistes, il, 8. Jamais physionomie n'exprima mieux que la physionomie matoise de Vespasien la nature d'un personnage historique, habile, prosaïque, ironique, qui savait administrer et mépriser les hommes, ampère, Hisl. rom. à Rome, Inirod. p. Li.
— HiST. XVI' s. Le style prosaïque est ennemy capital de l'éloquence poétique, rons. B8i.! Mille iioetes traisnent et languissent à la prosaïque, mont. tv, 137.
— ETYM. Lat. prosaicus, de prosà, prose. Christine de Pisan, Charles V, t, Prologue, a dltrstille prosal.
+ PROSAÏQUEMENT (pro-za-i-ke-man ) , adv. D'une manière prosaïque.
— ÉTYM. Prosaique, et le suffixe ment; provenç. prosaicamenl.
PROSAÏSER (pro-za-i-zé), v. n. Écrire en prose. Maître Vincent [Voiture], ce grand faiseur de lettres. Si bien que vousneiit su prosaïser, J. b.roiss. Épigr. ni, a, à Chaulieu. || F. a. Fig. Rendre prosaïque. Prosaïser l'existence. || Fig. Se prosaïser, t. réfl. Devenir prosaïque
— ÉTYM. Prose. On a dit prosayquer, au xvi* siècle, et, au commencement du xviii*, proser.
PROSAÏSME (pro-za-i-sm'), s. m. \\ 1» Défaut d'écrire en vers comme on écrit en ()ro<;e. L'épopée que les auteurs de Clovis et d'Alaric déshonoraient par le merveilleux bizarre de leurs fictions, le prosaïsme et la dureté de leurs vers, augeb. Éloge de Boilenu. \\ i° Fig. Monotonie, vulgarité.
— ÉTYM. Prnxaiser.
PROSATEUR (pro-za-teur), s. m. Celui qui écrit principalement en prose. J'ai fait pro.sateur, à l'imitation de l'iiulien prosatore, pour dire un homme qui écrit en prose, ménage, Dict. J'établirai que le français de nos poètes est bien différent de celui de nos orateurs, ou, pour parler Ménage, de celui de nos prosateurs, vaugel. Rem. Obs. de M**', p. 390, dans POUOENS. Pauvre ignorant! s'écria Fabrice, tu nî sais pas que tout prosateur qui aspire aujoura'hui à la réputation d'une plume délicate, affecte cette .singularité de style, ces expressions détournées qui te choquent, lesage, Gll Bios, vu, 3. il est aisé d'être prosateur, très-difficile et très-rire d'être poète, volt. Dict. phil. Fers. Les plus anciens prosateurs, Pbi'récyde de Scyros et Cadmus de Miiet, sont postérieurs à Homère d'environ quatre cents ans, conuil. Hist. anc. m, to. Le plus célèbre tcrivain de notre nation et dç notre siècle (Voltaire] fa.isait des sermons de ce grand orateur une de ses lectures les plus assidues; Massillon était pour lui le modèle des prosateurs, comme Racine est celui des poètes, o'alkmb. Éloges, Massillon. Il n'en est pas de même dans la littérature française, dit Corinne, en s'adressant au comte d'Ërfeuif, vos prosateurs sont souvent plus éloquents et même plus poétiques que vos poètes, stael, Corinne, vii,, ( , — ÉTYM. Ce mot s'est établi malgré l'objection de Boiinours, qui le trouvait mal fait, parce que cela supposait un verbe proser: objection qui n'est pas bonne ; car proser était déjà dans Régnier. Oiioi qu'il en soit, prnsator se trouve dans de trèsanciens textes du moyen ftge. Autrefois, au lieu de yrosatenr, i)ui n'exisuiit pas, on disait orateur. t PBOSCAUABÈE (pro-ska-ra-bée) , ». m. Coléo-
piére fort commun en France.
— ÉTYM. Pro, remplaçant, ressemblant, et scarabée.
PROSCENIUM (pro-ssé-ni-om'), s. m. Terme d'antiquité. Partie du théâtre ancien qui comprend ce que nous appelons la scène, aussi bien que l'avantscène, c'est-à-dire toute la partie du théâtre où les acteurs jouaient et où l'on plaçait les décorations.
— ÉTYM. Lat. proscenium, de pro, en avant, et scena. scène.
PROSCRIPTEUB (pro-skri-pteur), s. m. Celui qui proscrit. Un lâclie pcoscripteur, un tigre couronné, DiDEB. Salon de (767, Œuv. t. xiv, p. 438, dans pouGENS. Son courage [de Pontécoulant] devant l'ennemi et les proscripteurs de toutes les époques, viLLEMAiN, Souvenirs contemporains, les Cent- Jours, ch. XV.
— ÉTYM. Lat. proscriptorem, de proscriptum, supin de proscribere, proscrire.
PROSCRIPTION (pro-skri-psion ; en vers, de quatre syllabes) . s. /. || 1° Terme d'antiquité romaine. Condamnation à mort sans formes judiciaires et qui pouvait être exéculéepar le promier venu. Le ravage des champs, le pillage des villes. Et les prescriptions, et les guerres civiles, corn Cinna, 1,3. Les proscriptions de Sylla et d'Octava n'approchèrent pas (les massacres de.s Cévennes, ni pour le nombre, ni pour la harbarie, V! lt. Mœurs, Rem. XVI. Les proscriptions de Sylla, qui avilirent l'esprit de la nation et la préparèrent à l'esclavage, ii'alemb. Éloges, Montesquieu. L. Sylla fut le premier qui introduisit ces tables de proscription, comme le rapporte Velleius Paterculus, bouchaud, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. v, p. I43. || Proscription des liiens, partage ou vente des biens d'un d(;bileur en fuite, au profit de ses créanciei's; c'est ce qu on nommait proscription civile, par opposition à proscription politique. || 2° Par extension , mesures violentes prises contre les personnes dans les temps de troubles civils. De la proscription le génie odieux. Ayant partout des bras, des oreilles, des yeux, Des cités aux hameaux parcourt la France entière, Comme au palais des grands frappe à l'humble chaumière, delille , PiJt'rf, m. || 8' Fig. Abolition, destruction. La proscription d'un usage. Qui pourrait rendre raison de la fortune de certains mots, et de la proscription de quelques autres?
LA BROy. XIV.
— ÉTYM. Lat. proscriptionem, de proscribere, proscrire.
PROSCRIRE (pro-skri-r') , v. a. Il se conjugue comme écrire. || 1° Terme d'histoire romaine. Condamner à mort sans forme judiciaire et en écrivant simplement le nom sur une affiche. Les triumvirs proscrivaient tous leurs ennemLs Je n'ai pour ennemis que ceux du bien commun, Je leur fais binne guerre, et n'en pro.scris pas un, corn. Sertor. m, 2. 'I Absolument. C'est par d'au'.res exploits que vous briguez l'empire; Il savait pardonner, et vous savez proscrire, volt. Triumv. m, e. || 2° Par extension, prendre des mesures violentes contre les personnes dans les temps de troubles civils. George Keith avait quitté son pays dans sa jeunesse, et y fut proscrit pour s'être attaché à la maison Stuart, 1. 1. souss. Conf. XII. Le chancelier le Tellier, digne père de Louvois, signa l'édit de sang qui proscrivit trois millions de citoyens, et, prêt à descendre dans le tombeau, se fit l'application sacrilège du cantique de Siméon, ntiCLOS, Œuvr. t. v, p. 4 87. '! Absolument. J'écrivis [sur un bulletin électoral] Bignon et un autre; Bignon, vous le connaissez, je crois, celui qui ne veut pas qu'on proscrive, p. l. CODR. 2* lett. particul. || 3° En général, faire périr. J'aimais vous l'avez su ; mais, p6ur venger mon père. J'ai bien • voulu prescrire une tête si chère, corn. Cid, v, 7. Piinis.sons l'assassin, proscrivonsles complices, m. Ciima, iv, 3. || 4" Éloigner, chasser. Ces grands prêtre» cherchent eux-mêmes de faux témoignages contre Jésus-Christ: eux^qui devraient proscrire ces hommes infâmes qui font un trafic honteux de la vérité et de l'innocence des autres hommes, mass. Pet. carême. Obstacles. [': 5* Fig. Rejeter, détruire. Chaindasuinde et Recessuinde proscrivirent les lois romaines, et ne permirent pas même de les citer dans les tribunaux, montesq. Esp. xxviii, 7. Quoique ces rois des Visigolhs eussent proscrit le droit romain, il sub.sista toujours dans les domaines qu'ils po-ssédaient dans la Gaule méridionale, id. ib. On s'est mis, depuis quelque temps, S proscrire le comique île la comédie; c'est la le sceau de la décailence du génie, volt. I.ettr. Damilarille, 4 févr. 1782. Les soupers sont proscrits, et vraiment c'est dommage, a delav. Éc, de* vieill. i. < . Pour détrdner l'abus, proscrirons-
nous l'usage f ID. Épitre a Lamartine. || Par extension. Quand les dieux ont souffert que Sylla se soit impunément fait dictateur dans Rome, ils > ont proscrit la lilierté pour jamais, montesq. Si/lla et Eucrute. D'abord par un arrêt sévère X jamais jn-uscrivons l'ennui, i;P.bano. Jfo rép. || 6° Se proscrire, V. réfl. S'infliger les uns aux autres la proscription. Dans la Révolution, les partis se sont successivement proscrits.
— niST. xii* s. Quant li sainz veit venir les suens à lui fuiliz [fugitifs], E les enfanchunetz pendre as mères as piz [seins], E que lui et les suens aveit li reis proscriz... Th. le viart. 66. || xvi" s. Ignatius père et fils, proscripts par les triumvirs à Rome,
— ÉTYM. Lat. proscribere, de pro, en public, et scribere, écrire ; la proscription se faisant par l'afliche d'une table où étaient les noms des proscrits.
PROSCRIT, ITE (pro-skri, skri-t'), pari, passé de proscrire, li 1° Qui a été atteint par la proscripiion. Cicéron proscrit par les triumvirs. j| Par extension, qui éprouve un sort semblable à celui de la proscription romaine. Infortuné, proscrit, incertain de régner, Dois-je irriter les cœurs au lieu de les gagner? rac. Baj. ii, i. Toute la nation à la fois est proscrite, in. Esth. i, 3. || 2° Fig. Banni de l'usage. Aucune idée de la philosophie ancienne n'a été assez proscrite pour devoir désespérer de revenir dans la moderne, fonten. Hartsoeker. Il [Wiolef] renouvela les anciens sentiments proscrits dans Bérenger, volt. Mœurs, 73. || 3°Substantiveraent. Celui qui a été frappé de proscription. Vous dirai-je les noms de ces grands personnages. De ces fameux proscrits, ces demi-dieux ii;ortels, Qu'on a sacrifiés jusque sur les autels? cors. Cinna, l, 8. La mort des proscrits était suivie de la confiscation de leurs biens, bollin. Traité des Et. m, s. Il Celui qui est frappé d'une condamnation comparée à la proscription. Les lieux où nous priions les puissances célestes. Des proscrits entassés sont les dépôts funestes, delillr. Pitié, m. Ils [les sénateurs de Tibère].... Réservent aux proscrits leiir vénale insolence, m. j. chén. Tibère, v, 2. Il Celui qui ne peut retourner dans son pays à cause de condamnations politiques ouautres. Aucun n'ose parler pour ce proscrit auguste, volt. Tancr. I, 6. [Un asile] Refuge des proscrits et berceau de sa ville, delillk. En. viii. Je resterai proscrit, voulant rester debout, v. hugo, Ultima verba. || Fig. Avoir un jeu de proscrit, des dés de proscrit, avoir vilain jeu, de mauvais dés. || Familièrement. Cet homme a une figure de proscrit, une figure qui déplaît à tout le monde. || On dit de même : une figure proscrite.
t PKOSCYNÈME (pro-ssi-nè-m'), s. m. Terme d'archéologie. Expressions d'adoration qu'on trouve dans plusieurs monuments antiques.
— ÉTYM. npoaxûvYiijta, de «po;, à, et xuveïv, baiser, parce que les Grecs adoraient les images des dieux, en leur envoyant des baisers avec la main.
PROSE (prô-z'), s. /. Il 1" Discours non assujetti à une certaine mesitre, à un certain nombre de pieds et de syllabes. Il y eu a qui tiennent que ce n'est point un vice qu'un vers dans la prose, encore qu'il fasse un sens complet et qu'il finisse en cadence, pourvu qu'il ne soit pas composé de mots spécieux et niajiuifiques, et qui sentent la poésie; mais je ne su. s pas de leur avis, vaugel. Rem. t. I, p. <63, dans pougens. Ronsard, qui était un grand poëte, disait fort bien dans la connaissance qu'il avait de la différence qu'il y avait entre la poésie et la prose, qu'elles étaient mortelles ennemies, iD. Nouv. Rem. p. 200, dans pougens. Il est certain que la prose, pour satisfaire l'oreille, doit avoir ses cadences et ses mesures, comme la poésie, iD. Rem. not. Th. Corn. t. i, p. «65, dans pougens. Écrit en prose qui veut, mais en vers qui peut, volt. Lctt. St Lambert, 7 mars (769. On a tenté de nous donner des tragédies en prose; mais je ne crois pas que cette entreprise puisse désormais réussir; qui a le plus ne saurait se contenter du moins, ID. Bru tus, Disc. trag. Ce morceau [de ButTon], dérobé à la poésie, semble être de Massillon ou de Fénelon, qui se permirent si souvent d'être poètes en prose, m. Singul. natur. xi. Je suis indigné, depuis quelques années, de la prose de Paris, et surtout de la prose des avocats, qui parlent presque tous comme maître Petit-Jean, id. Lett. Mme du Deffant, 30 mars (775. Vous m'ordonnez, monseigneur, de vous présenter quelques règles pour discerner les mots de la langue française qui appartiennent à la prose, de ceux qui sont coiisa-
PRO
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crés à la poésie, m. Lett. pr. rot/, de Prusse, 20 déc. <737. Despréaux écrivait ordinairement ses ouvrages en prose, avant que de les mettre en vers ; on assure que Racine en usait de même pour ses tragédies, d'albmb. Éloges, Despréaux. La prose avait-elle autrefois cette précision, cette rapidité, ce mouvement, cette couleur, cette àme enfin, qu'elle a reçue de nos modernes écrivains? mab- HONTEL, Essai sur le goût. Ces bosquets de Saint- Pierre, lie délicieuse, Qu'embellit de Rousseau là prose harmonieuse! delille, Pt(tV, iv. Hérodote suivit de près ces premiers inventeurs de la prose [Xanthus, Hellanicus, etc.], et mit plus d'art dans sa diction, moins incohérente, moins hachée, p. l. couH. Préf. d'une trad. d'Hérod La prose naissante [dans la Grèce] s'empara de l'histoire, en exclut la poésie comme de bien d'autres sujets, lo. ib. C'est que vraiment la poésie est l'enfance de l'esprit humain, et les vers l'enfance du style, n'en déplaise à Voltaire et autres contempteurs de ce qu'ils ont osé ;<ppeler vile prose, id. ib. || Prose poétique, prose qui a les caractères de la poésie, sauf la mesure. Le style de Platon prévalut, quoique ce style de prose poétique ne convienne point du tout à la philosophie, VOLT. Phil. Hist. étahl. christ. 3. || Pig. Faire de la prose sans le savoir, réussir par hasard et sans dessein (locution tirée de la phrase du Bourgeois gentilhomme Ae Molière, qui elle-même provient de l'aventura du comie de Soissons, ci-dessous rapportée). Le maître : Tout ce qui n'est point prose est vers, et tout ce qui n'est point vers est prose. — M. Jourdain : Et comme l'on parle, qu'est-ce que c'est donc que cela? — Le maître De la prose. — M. Jourdain : Quoi ! quand je dis : Nicole, apporte?,moi mes pantoufles, et me Aonnov mon bonnet de nuit, c'est île la prose? — Le maître : Oui, monsieur. — M. Jourdain : Par ma foi, il y a plus de quarante ans que je dis de la prose, sans que j'en susse rien, mol. Bourg, yent. 11, 6. Comment, ma fille? j'ai donc fait un sermon sans y penser ? j'en suis aussi éfnnée que M. le comte de Soissons quand on lui écouvrit qu'il faisait de la prose, sÉv. 433. || Fig. En vers et en prose, de toute façon. Je suis assurée de votre santé.... dites-le-moi cependant encore : écrivez-le-moi en vers et en prose, sBv. 28juill. I «77. Il Familièrement. De la prose de quelqu'un, un écrit, une lettre de lui. Mais, monsieur, n'avez-vous jamais vu de ma prose? régn. Sal. VIII. X^ maître est tout à vous, et voici de sa prose, coRti. le Ment, iv, 8. || 2" Terme d'Église. Hymne latine rimée que l'on chante à la messe immédiatement avant l'Évangile dans les grandes solennités, ainsi dite parce qu'on y observe seulement le nombre des syllabes, sans avoir égard à la quantité (irosiidique. La prose des morts. La plus belle prose de l'Eglise, le Dies ira, qui devrait être l'objet de l'émulation de tous les grands musiciens, MARMONTEL, Œuv. t. IV, p. 497. Raciiie, en imitant ces proses, a pensé qu'elles étaient dignes de sa musp, CHATEAUBR. Génie, iv, i, 3. || Fig. et familièrement. Que diable! tu réponds toujours la même prose. — Mais lu me dis aussi toujours la même chose, REGNABD, le Distr. iv, 3.
— lllST. XIII' s. La grans partisons [division] de tous parleors tsl en deus manières, une qui est en prose, et une autre qui est en rime; mais li enseignement de rhétorique sont commun andui [tous les deux], sauf ce que la voie de prose est large et pleniere, si comme est ore la commune p^rleure des gens; mais li sentiers de rime est plus estroiz et plus fors, brun, latini, Trésor, p. 48i, 1| xiv s. Or vus vueil dire.... Les paroles.... Car retenues les ay bien, ce me semble; Si les diray en prose; car il semble Auculnes lois qu'on adjoute ou assemble Trop de langage X la matière de quoy on fait ouvrage, cheton, Hist. lilt. de l'a Fr. t. xxiv, p. 447. Ung commandement de l'empereur Charles lo Chauve, par quoy il revestoit son fils du royaulme de France, et luy requeroit [au pape] qu'il conforma celle prose par son privilège, Chron. de St Denis, t. 1, t* i»B, dans LACUHNE. Il XV* s. Quoy! tu fais le rimcur en prose : Et à qui vends-tu tes coquilles? Patelin. || xvi* s. Letanies, hymne» et proses, où ils magnifient les saincts jusques au bout, cxlv. l/islit. «»». El semble à ces versificateurs avoir beaucoup fait pour la repulilique, quand ils ont composé delà firose riinée, bons. 58*. Comme di.soil celuy-lù j.Sénèquel, aussi poétiquement eu sa prose (qu Horace en se» vers].... mont, i, «88. I.a meilleure prose ancienne, et je la semé cean» indifforem.'ueni pour vers, reluit partout de la vigueur et haidiesse (loeiique, lu. iv, <37. De peu de chose lieu de prose, cotcrave, au mot p««.
VlCT. DE LA LANUUa FtUMCAlU.
— ÊTYM.Provenç. espagn. et ital. prosa; du lat. prosa et aussi prorsa, de prorsus, direct, droit; le grec nommait aussi la prose:?; eùfjeîa, la droite, parce que la prose a moins de transpositions (jue les vers.
PROSECTEDR (pro-sè-kteur), s. m. Celui qui est chargé de préparer les pièces d'anatomie nécessaires pour les leçons d'un professeur.
— ÊTYM. Lat. prosectoicem, de pro, et secare, couper.
PROSÉLYTE (pro-zé-li-f), s. m. et f. || 1° Païen qui a embrassé la religion judaïque. Du temps de Salomon, il se trouva plus de cent cinquante mille prosélytes dans la terre d'Israël, fleuby, Mcctirs des Israël, lit. xiii, 2* part. p. isi , danspouoENS. || Les prosélytes de la porte, ceux ijui, refusant de se soumettre éi la circoncision, n'étaient admis que dans la cour antérieure du temple. Les prosélytes de justice, ceux qui, se soumettant à toutes les lois de Moïse, étaient considérés comme entièrement régénérés. {| 2° Nouveau converti à une foi religieuse. On en remplissait les prisons [de quakers]; mais les persécutions ne servent presque jamais qu'à faire des prosélytes, volt. Dicl. phil. Quakers. Son supplice [d'Anne du Bourg] fit plus de prosélytes [au protestantisme] en un jour, que les livres et les prédications n'en avaient fait en plusieurs années, ID. Hist. pari. xxi. h 3° Par extension, un converti, un homme gagné à une doctrine. Si l'illustre auteur des Maximes eût été tel qu'il a tâché de peindre tous les hommes, mériterait-il nos hommages et le culte idolâtre de ses prosélytes ? vauvEN. Max. ccxcix.
— HIST. iiii* s. 11 [Luc l'évangéliste] sot [sut] bien le langage de Grèce, et aucun dient qu'il fu proselites, brun, latini. Trésor, 76.
— ETYM. IIpoaiîî.uTOç, nouveau venu, de icpèi;, vers, et èXeû9M, venir.
t PROSÉLYTIQUE (pro-zé-li-ti-k'), adj. Qui appartient aux prosélytes; qui sert le prosélytisme.
PROSÉLYTISME (pro-zé-li-ti-sm'), «. m. Zèle de faire des prosélytes. Cet esprit de prosélytisme que lés Juifs ont pris des Égyptiens, 3t qui d'eux est passé, comme une maladie épidémique et populaire, aux mahpmétans et aux chrétiens, monteq. Lett. jrnrs. 85. C'est cette rage de prosélytisme, celte fureur d'amener les autres à boire de son vin, qui conduisit le jésuite Castel et le jésuite Routh auprès du célèbre Montesquieu, lorsqu'il se mourait, volt. Dicl. phil. Fanatisme. || Il se dit le plus souvent en mauvaise part.
— ETYM. Prosélyte. On a attribué prosélytisme à Mirabeau; mais il est plus ancien, puisqu'il se trouve dans les Lettres persanes.
t PROSENCIIYME (pro-zan-chi-m'), s. m. Terme de botanique. Tissu cellulaire fibreux des végétaux.
— ÉTYM. Ilpèi;, à, iv, dans, et x^(»àc, suc.
t PROSEU (prû-zé). Il 1° V. a. .Mettre en prose. Car s'ils font quelque chose, C'est proser de la rime et rimer de la prose, bEgnieb, Sat. ix. ||2° V. n. Écrire en prose. Je harangue et je prose assez facilement. Je n'ai jamais rêvé pour faire un compliment, BAiM. POISSON, Bar. de la Crasse, se. 5. Ah I du moins, par pitié, s'ils cessaient d'imprimer, Dans le secret contents de proser, de rimer, gilb. Le dix-huitième siècle.
— ÊTYM. Prose.
t PROSERPINE (pro-zèr-pi-n'/ ». f. Terme du polythéisme. Fille de Cérès, femme de Pluton et reine des enfers. || Planète télescopique découverte en tsb».
— ÉTYM. Lat. Proserpina , ainsi dite, d'après Arnobe, m, 33, de proserpere, quod sala in lucem proscrpant, Proserpine étant une dée.sse de la terre ; mais il est plus probable que c'est une altération de flEoire^vn. .
t PROSEUQDE (pro-zeu-k'), *. m. Lieu destiné, parmi les Juifs, à la prière, et qui différait des synagogues, en ce qu'il était toujours dans la campagne.
— ÉTYM.npooeuxV), de itpôç, et «ùx^l, prière.
t PBOSIER (prfl-zié), t. m. Livre d'église qui contient les proses,
t PBOSNEUSE (pro-sneû-z'), s. f. Terme d'astronomie ancienne. Déviation de l'axe de l'épicycle lunaire.
— ÉTYM. npôdvtuvK, de itp4<, vers, et veùeo, s'incliner.
PROSOUIE (pro-zo-die). s. f. || 1« ferme do grammaire. Prononciation régulière des mots conformément à l'accent. On lit plils lentement qu'on ne parle; ainsi la prosodie doit tire plus marquée
dans la lecture et bien plus encore au barreau, dans la chaire, sur le théâtre, d'olivet, Prosnd. franc. 6. Puisque nous avons certainement une prosodie, on parviendra tôt ou tard à la bien connaitio, id. ib. IV. On s'aperçoit facilement des fautes contre la prosodie dans une chanson mal parodiée sur un air connu, d'alemb. Éloges, Régn. Desm. note 7. l| Quelquefois prosodie se dit de la longueur ou brièveté des syllabes. La différence peut-être la plus marquée entre la prosodie de la langue française et celle des langue grecque et latine, différence que l'abbé d'Ollvet paraît n'avoir pas assez connue, c'est la quantité de syllabes communes qii», renferme la première, id. Éloges d'Olivet, note 7. !1 2" Dans les collèges, connaissance des règles de la quantité en grec et en latin . des syllabes qui sont longues ou brèves; de la mesure des différents vers. Cet enfant sait bien la prosodie latine. || Livre qui traite de celte science. Traité de prosodie. Acheter une Prosodie. Les anciens dans ce sens auraient dit plutôt Traité de métrique.
— illST. XVI' s. La prosodie et l'orthographe sont répandues dans toute la grammaire, comme le sang et les esprits dans le corps tout entier, bamus, dans livet, Gramm. franc, p. tst.
— ÉTYM. Lat. prosodia, de itpotiwîia, de «pè;, à, vers, et (jiSr), chant (voy. ode). Le mol grec signifie primitivement le chant dont on accompagne un instrument , puis la cadence dos vers, et, spécialement, l'accent du mot ; enfin la quantité longue ou brève des syllabes, qui déterminent la justesse des vers.
t PROSODIER (pro-zo-di-é), t<. o. Terme de musique. Observer avec soin les longues et les brèves.
— ËTYM. Prosodie.
PROSODIQUE (pro-zo-di-k'), adj. Qui appartient à la prosodie; qui tient à la quantité des syllabes, c'est-à-dire à leur longueur ou à leur brièveté. Distinguons l'accent prosodique, l'accent oratoire, l'accent musical, d'oliv. Prosod. franc. || Langue prosodique, celle oil l'accent et la quantité sont bien déterminés.
— ÉTYM. Lat. prosodicus, irpo<rw8ixà;, de npoat|>8to, prosodie.
t PROSODIQCEMENT (pro-zo-di-ke-man), adv.
Eu égard à la prosodie. Dans rôsà les deux syllabes sont brèves, et prosodiquement égales; mais, dans la réalité de la prononciation, ro, étant la syllabe accentuée, est nécessairement plus longue que sa, syllabe glissante.
t PROSOPALGIE (pro-ZQ-pal-jie), s. f. Terme de médecine. Névralgie faciale.
— ÉTYM. npôswnov, visage, et ôXïo;, douleur.
t PROSOPOGHAPHIE (pro-zopo-gra-lie) , s. f. Terme de rhétorique. Espèce de description qui a pour objet de faire connaître les traits extérieurs, la figure, le maintien d'un homme, d'ua animal.
— ÉTYM. Ilpéowitov, visage, et Ypâçeiv, décrire. PROSOPOPEE (pro-zo-po-pée), s. f. || 1° Figure de
rhétorique qui prête de l'action et du mouvement aux choses insensibles, qui fait parler les personnes soit absentes, soit présentes, les choses inaiiiinécs, et quelquefois même les morts. Quand on anime les choses, et qu'on' les regarde comme des personnes par une figure qu'on appelle prosopopée, on y peut employer les termes qui conviennent aux 'personnes, duclos, Œuvr. t. ix, p. nii. Ce traité |de la Providence, par Sénèque] finit par une prosopopée de Jupiter à l'homme vertueux ; elle est très-éloquente, dider. Claude et Nér. il, 66. || 2" Fig. et familièrement. Discours véhément, emphatique. Lorsqu'un noble plus gueux qu'Irus, Plus larron que Rodilardus, Et plus valeureux que Pompée, Pour vous emprunter dix écus Sur sa noblesse de bibus. Vous lait une prosopopée, dassouct. Aventures, ch. 3. L'audace du docteur, par ce discours frappée. Demeura Sàns réplique à ma prosopopée, Boii.. Ép. XII. M. le Grand étala le mérite de Mlle d'Armagnac, sa teniresse pour elle, sa désolation de se voir sur le point de la laisser sans pain ; avec ces prosupopées , il eut pour elle une pension da
.10 OllO livres, ST-81M. 338, («3.
— ÉTYM. XVI* 8. Semblablement pourrait lo médecin, ainsi desguisé en face et habits..., res|iondre à ceux qiii trouvcruient la prosopopée {mascarade] estrangc... bah. iv, Aueard. de Chastillon. Si avoit il si belle façon à tenir ainsi sa réputation et sa prosopopée, comme l'on dit, que plusieurs no s'en mesconlontoieul point, bhant. Cap. franc, t. u,
p. 21)8, dans I.ACURNE.
— ETYM. llpfyffiunoTtoifa, de npoffwuov, personne, vi.sage (de Ttp6(, et ôhJi, vue), et jtoieiv, faire.
t PROSPECT (pro spèk), i. m. Terme dulautique.
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PRO
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Manière de regarder un objet- Le simple aspect est une opération naturelle; et ce que je nomme prosppct est un office de raison qui dépend de trois choses : de l'oeil, du rayon visuel et de la distance de l'iEil à l'objet, potissm, IMlres, p. »i.
— HiST. ivi' s. Elle (la salle de travail de Montaigne] a trois veues de riche et libre prospect,
— ÊTYM. Lat protpecttu (voy prospectus).
PROSPKCTPS (pro-spè-ktus'), ». m. || !• Vue anticipée qu'on donne d'un ouvrage qui n'est point encore publié, et qui doit l'être, soit par souscription, soit par la voie commune. Un prospectus contient quelquefois, non-seulement l'idée générale de l'ouvrage, mais encore un fragment, pour servir comme de montre, le format et la quantité des volumes, le caractère, le papier, les conditions et les promesses. Le libraire doit distribuer, avec le prospectus, au moins une feuille d'impression de l'ouvrage qu'il proposera par souscription. Arrêt du Conseil, )3 mars 4 730. Ce plan ou programme [d'un Supplément à l'Encyclopédie] appelé prospectus, comme si nous manquions de mots français, volt. Lett. d'Àlembert, ta jauv. mo. J'ai averti, et je ne saurais trop le répéter, que M. Diderot est auteur du prospectus de l'Encyclopédie, qui termine ce discours, et qui en fait une partie essentielle, d'alfmb. Averliss. du dise, prélim. {| 2° Il se dit aussi à propos d'un établissement destiné au public, et, en général, de l'annonce de tous les commerces. Prospectus d'une pension, d'une maison de santé.
— ÊTYM. Lat. prospectus, vue, de pro, en avant, et specere, voir.
PROSPÈRE (pro-spè-r'), adj.\\ 1" Oui secourt, favorise, ô que nos fortunes prospères Ont un change bien apparent I ô que du siècle de nos pères Le nôtre s'est fait dilTércntl ualh. ii, 4. [Les Juifs] Pendant qu'ils n'adoraient que le Dieu de leurs pères. Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères, BAC. Esth.ni.i. Il est vrai, vous avez toute chose prospère, m. Théb. v, 4. Prospère ne se dit presque plus en prose; mais en vers il est toujours beau, et ce mot n'est pas le seul qui, à mesure qu'il vieillit pour la prose, n'en devient que plus poétique, n'oLivET, Rem. Rac. < 2. || Il se dit avec la préposition à. S'il révère les dieux, ils lui seront prospftres, j. DESMARETS, VUionnaires, :, 7. Que Tancrède est heureuxl que ce jour m'est prospère I volt. Tancr. m, I . Il 8' Il se dit quelquefois simplement au sens d'heureux. Il est dans un état prospère. L'état prospère de ses affaires
— HIST m" s. *E tûtes les coses que il unques ferad, serunt fait prospres. Psautier, dans Arch. des missions scientifiques, t. v, p. U4. || xiv* s. Bataille prospère, bbrchedbb, f* se, verso. || xvi* s. Avec bon vent et prospère, Ifuits de Straparole, t II, p. teo, dans lacdrnb.
— ÉTYM. Lat. prosperus, de pro, en avant, et spero ou spiro, souffler : qui souffle en avant (d'après Ascoli, dans Zeitschrift fur vergleir.hende Sprachf. t. XVI, p. 241). Corssen {Aussprache, i, 48o) s'explique de même pour le sens, un peu difl'éremment pour la forme : pro et l'archaïque spere de spes, de sorte que prosper serait pour pro spere, comme proconsul pour pro consule; la voyelle devenue brève, comme dans cogriitus de nôtus. Ménage combat les puristes de son temps qui rejetaient prospère. Prospre est la forme française de prosperui, qui a l'accent sur pro; prospire a été refait sur le latin dès le xiv siècle.
t PBOSPÈREMENT (pro-spè-re-man), odw. D'une façon prospère.
— HiST. XIV s. Et que les choses chevalereuses [militaires] se feissent partout prospcrement, ber- CHEURE, f* <0).||xvi* s. Les Romains appellent faustum ce qui succède prosperement et par grand heur. AMYOT, Sylla, 6».
PROSPÉRER (pro-spé-ré. La synate p^ prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : \e prospère, excepté au futur et au conditionnel : je prospérerai, je prospérerais), v. n. || <" Avoir la fortuné favorable, en parlant des personnes. Prospérez cher espoir d'une nation sainte, rac. Esth. i, 2. 11 fut tenté de croire que tout était gouverné par une destinée cruelle qui opprimait les bons et qui faisait pro.spérer les chevaliers verts, volt. Zadig, lo. La faim mit au tombeau HaIfllÂtre ignoré; S'il n'èiU été qu'un sot, il aurait prospéré, gilb. Le dix-huitième liècle. Il *• Il se dit des animaux, des plantes auxquels un climat, un temps est favorable. Il [le tétras] se plaît dans les pays froids, tandis que les coqs prospèrent beaucoup mieux dans les pays tempérés, •u»f. Ois. t. 111, p. 277. U e»i possible qu'on lasse
prospérer [dans l'Amérique espagnole] les aromates, les épiceries de l'Asie, qui font annuellement sortir dix ou douze millions de la monarchie, RATNAi,, Uist. phil. vui, 34. Il 3* Réussir, avoir un heureux succès, en parlant des choses. Quoi que promette la fortune, A la fin, quand on l'importune, Ce qu'elle avait fait prospérer Tombe du faîte au précipice, malh. iii, 1. Je reçois quelque consolation de voir qu'en un temps où nos affaires vont mal de tous côtés, elles prospèrent du vôtre, VOIT. Lett. 82. Tout semblait prospérer par sa présence [delà reine] ; les rebelles étaient consternés, Boss. Reine d'Anglet. Mais je veux que le sort, par un heufeui caprice, Fasse de vos écrits prospérer la malice, boil. Sat. ix. Dieu tient le cœur des rois entre ses mains puissantes; Il fait que tout prospère aux âmes innocentes, rac. Esth. i, 4. Tout nous prospère, l'ordre et la paix régnent dans notre maison, 3. i. rouss. Hél. iv, i5. ||I1 se dit aussi ironiquement de quelque chose de mauvais. J'admire que le petit mal de M. de Giignan ait prospéré au point que tous le mandez, c'est-à-dire qu'il faut prendre garde en Provence au pli de la chaussette, 6iv. 2 nov. 4 673. Qu,el mal ont-ils [mes écrits] produitT d'une affreuse morale Leur plume a-t-eUe fait prospérer le scandale? Gilbert, ylpologie.
— HIST. xiv 8. Et li sembloit qu'il n'estoit pas chose seure à son pueple, que les Troiens creussent et prospérassent, bebcheure, f. 8. ||xvi's. Et tant prospère son territoire, (|ue ilz ne peuvent de présent avenger à boyre, rab. Pant. Progn. Préf. Donqiies, roy, si tu teui que ton règne prospère. Il te faut craindre Dieu... hors. 874. Quand je considère mes affaires de loing et en gros, je trouve. . . qu'ils sont allez jusques à cette heure en prospérant, mont. IV, 72. Nous prions le Créateur qu'il vous vueilje bienheurer, et prospérer vos bonnes et saintes entreprises, viLLEROY, Mém. t. vi, p. 293, dans la-
CUBME.
— ÉTYM. Lat. prosperare, de prosperus, prospère. PROSPÉRITÉ (pro-spé-ri-té), s. f. État de ce
qui prospère. Leur courage aussi grand que leur prospérité, malh. II, 7. Voilà le précipice où l'ont enfin jeté Les attraits enchanteurs de la prospérité, LA FONT. Élégie pour M. Fouquet. Théodose, voyant multiplier le nombre de ses enfants, et jouissant de la sincère amitié des peuples, reconnaissait que la piété était la véritable source du repos des États et (le la prospérité des familles, fléch. Hist. de Théodose, m, 36. Tant de fidélité, Madame, méritait plus de prospérité, rac. Bérén. i, 5. Celui qui est dans la prospérité doit craindre d'en abuser, et secourir les malheureux, fén. Tél. xv. La prospérité ne transporte de joie et n'éblouit que ceux pour qui elle est nouvelle, rollin, Uist. anc. Œuv. t. I, p. 477, dans pouGENS. La prospérité de la religion est différente de Celle des empires, montesq. Rom. 32. L'ivresse de la prospérité, qui, en même temps qu'elle ôte la sagesse du conseil, donne l'audace de la pensée, mahmontel, Œuv. t. ix, p. 34 5. Il II ^e dit aussi au pluriel. Que si Dieu accorde aux prières les prospérités temporelles, combien plus leur accorde-t-il les vrais biens, c'est-à-dire les vertus? BOss. Mar.-Thir. Les grandes prospérités nous aveuglent, id. Reine d'Anglet. Combien peu de prospérités innocentes! MASS. Profess. relig. Serm. 2. Dans sa jeunesse et durant ses courtes prospérités, n'ayant encore à se pi lindre de personne, il n'aima pas moins la retraite qu'il l'aime dans sa misère, j. j. ROUSS. 2* dial. Malgré les vices qu'il est aisé d'apercevoir dans ces singulières institutions [les comrOKnies marchandes], la compagnie [liolUindaisBi s'éleva à des prospérités irès-éclalanles, RATtiAL, Hist. phil. II. 20. Daus ce dépouillement graduel de tant (Je prospérités, dans cette proie si riche que la coalition de 4 84 3 arrachait à Napoléon, viLLEMAiN, Souvenirs contempor. les Cent'Jours, ch, VIII. Il Au ptur. Il signifie souvent événements heureux. Je vous supplie très-humblement, monseigneur, de me commander d'aller prendre part à vos prospérités, et d'aller voir notre bonne fortune au seul lieu où elle est maintenant, voit. Lett. Si. Je vis le soir M. le chevalier, je lui contai tout naïvement mes petites prospérités [à propos de la reiirésentalion d'BslAer], sév. 24 fév. ^689. On nous mande que le siège de Mayeuce est levé; on esfière des prospérités de tous côtés, m. 9 août 4689. || Familièrement. Avoir un .visage de prospérité, avoir l'air gai et content, le teint frais et fleuri.
— HIST. XII' s. Ne voiles tu [ne veuille] envier en celui chi at prosperitet en sa veie. Liber psalm. , p. 47, Dont est alai corn une jors, quant Ut ptospe-
riteiz del munde nos blandist ; mais ciz jors finet en nuit. Job, p. 465. E ura [pria] que Deus lur rendis! enfanz plusurs en prosperté porcel enfant qu'il li curent dune. Rois, p. 8. |{ xiii" s. Envieus est cil qui se courrouce et contriste de la prospérité et des biens des bons et des mauvais sans différence nule, brun. LATiNi, Trésor, p. !104. Il XVI" s. Il ne recita pas moins soigneusement ses adventures et prosperitez, que ses vaillances et prouesses, amyot, Sylla, «». De grande prospérité petite seureté, leroux db LiNCY, Prov. t. u, p. 282. Prospérité, amour, fumée ne toux Longuement ne se peuvent cacher de tous, ID. ib. p. 376.
— ÉTYM. Provenç. proïpen'fot; espagn. prosperidad; iiaX. prosperità; du lat. proi'perKakm, de prosperus, prospère.
t PROSPHVSE (pro-sfi-z'j, I. f. || 1° Terme de botanique. Filet très délié qui s'entremêle avec les corps reproducteurs, dans les urnes des mousses et dans les capsules des hépatiques. || 2° Terme de pathologie. Adhérence anomale de parties qui devraient être séparées.
— ËTYM. IIpéiTfvoïc, adjonction, de itpot, à, et çOatç, nature.
f PROSS (pros*), s. m. Autre forme de prao. De l'aveu de tous les connaisseurs, ce pross, appelé volant à cause de sa légèreté, est le plus pitrfait bateau qui ait jamais été imaginé, raynal, Hist. phil,