ID. XXIV
— ÉTYM. Provenç. puxtula, pu.<!teUa , poslella; espagn. et ital. pustula; du lat. p'istula ou pusula, depiw, pus.
PUSTULEUX, EUSK (pu-stu-lcû , leû-z'), adj. Terme de médecine. Qui a la forme d'une pustule. Il Fig. On peut consiiléror l'Auvergne comme ayant éprouvé, apr'a la formation des terrains tertiaires, une véritable éruption pustuleuse do cônes basaltiques, LF.coo, Acad. des se. Comptes rendus, t. liv.
— UIST. XV' s. l'Uit.ilCUX, C010»AV«.
— ÉTYM. Provenç. postulas ; aM ia«. pustulosus, de pustula, pustule.
PUTAIN (pu-tin), s. f. Terme grossier et malhonnête. Il 1* Prostituée. Le duc d'Orléans me dit que je pouvais compter qu'il n'y aurait plus de soupers de roués et de putains, st-sim. 48t, 248. Sanci, étant surintendantdes finances sous Henri IV, fut disgracié, parce qu'il avait dit à la ducbesse de Beaufort que ses enfants ne seraient jamais que des fils de putain, volt. Henr. viii, tiotes. \\ Fils de putain, injure très-grossière. Ces vers.... Que, comme enfants trouvés, ils soient fils de putains, régnieb, Sat. II. Oue je te rosserais si j'avais du courage, Double fils de putain, de trop d'orgueil enllél mol. Àmph. III, 7. Il 2° Par extension. Femme, fille débauchée.
— REM. On évite d'écrire ce mot entier : on l'indique par p..., ou on le fait deviner comme a fait Gresset dans Ver-vert, iv : Le très-cher frère indocile et mutin Vous la rima très-richement en tain.
— HIST. XII* s. Les malvais qui quidierent (pensèrent] le rei servira gré, E guarçuns e putains unt saint Thomas hué. Th. le mart. 46. || xv* s. Or regardez le grant desroy Oue Clithemetra la putain Fit à son seigneur souverain, E. descii. Poésies mst. P 506. Il XVI* s. Il fit part de son espouvantor ment aux assiegeans par un homme hors d'haleine et si estonné qu'à son rapport tout joua à fils de putin le dernier, et chacun quittant ses armes se laissa guider à la peur, d'aub. /fist. m, 137. Age pervers, qui se veautre en ordure! Une putain, un monstre de nature, Un nain, un fou, un matnssin emporte Tout ce qu'il veut.... baIf, Œuv. p. ri3, dans LACUBNE. Halimum, blanche putain, tn Ruellium de Stirpibus.
— ÉTYM. Pute : espagn. putana; ital. puttana. Pour la finale ain, voy. nonnain.
PUTANISME (pu-ta-ni-sm') , s. m. Terme grossier et malhonnête. Désordre dans lequel vivent le.s prostituées. Il Commerce avec les prostituées. Cette prophétie et ce putanisme [d'Ozée] durèrent au moins trois années, volt. Philos. Exam. Bolingbr. ix.
— ÉTYM. Putain. L'ancienne langue disait putage. \ PCTASSER (pu-ta-sé), v. n. Terme grossier et
malhonnête. Fréquenter les prostituées.
— HIST. XV* s. De grands courages, De sots langages Sçavez user ; Vivre en fourrages Vous et vos pages, Et tout briser. Rompre et casser, Kt putasser... le Blason des faulces amours, p. 28«, dans
LACUBNE.
— ÉTYM. Pute, avec le suffixe péjoratif asse. PUTASSERIE (pu-ta-se-rie), .5. f. Terme gro.ssier
et malhonnête. Vie des prostituées. || La fréquentation habituelle des femmes de mauvaise vie.
— HIST. XVI* s. Putasserie, cotgrave.
— ÉTYM. Putasser. L'ancienne langue disait puterie.
PUTASSIER(pu-ta-sié ; \'r ne se prononce pas ot ne se lie pas; au pluriel, \'s se lie: des pu-ta-sié-z insolents), s.m. Celui qui est adonné aux femmes de mauvaise vie. || Adj. Qui a rapport aux prostituées. Langage putassier.
— ÉTYM. Putasser. L'ancienne langue disait putier.
PUTATIF, IVE (pu-ta-tif, ti-v'), adj. Réputé pour être ce qu'il n'est pas. Le vieux chevalier Destouches- Canon, père putatif de d'Alembert, volt. Lelt. envers et en prose, <S2.|| Terme de jurisprudence. Mariage putatif, mariage que les parties ont contracté à tort, mais de bonne foi, dans l'ignorance où elles sont des empêchements qui s'opposaient à leur union.
— HIST. XV* s. Et qui pis est, il advenrra Que celle femme ja n'ara Hoir ne enfant de son espoux, Qui cuide que cilz sien soit toux [tel], F,t il n'est que fils putatis, Li maris pères vocatis, e. dksch. Poésies mss. f° B68. || xvi" s. Le cardinalde Boiirlion, le roy putatif [du temps de la Ligue], disoit qu'il n'y a chaleur que d'un jeune prostré, belliêvre et sii.LEBY, Mém. p. 202, dans lacubnr.
— ETYM. Lat. putalivas , de putare, penser, compter.
t PUTATIVEMENT (pu-ta-ti-vo-man), ode. D'une manière putative.
t PUrE (pu-f) , s. f. Femme de mauvaise vie. Il échappait souvent dédire à la reine [en parlant do Mme do MontespanJ : cette pute me fera mourir,
st-sim. 4H, 16».
— HIST. xiii' s. Et li senescans pour itant Adii qu'il le fera dolant De la pute jjeune Hlloj que il n'a mie, nu cance, puta. || xvi* s. U condamna la pute Ji avoir In fonol, parR, xix, 22.
— ÉTYM. l'iovenç. et e-pagn. puta; ital. puttn; du lat. pula, jeune fille, putus, jeune garçon. En
PUT
italien piiffa.en portugais piif.i ont été pris souvent en bonne acception ; dans le plus ancien exemple de l'historique à pulain, ce mot ne signifie que jeune fille de service. Par son étymologie, pute n'implique aucun mauvais sens, pas plus que garce; et il n'a aucun rapport avec l'ancien adjectifpMï, qui vient de putidus, et qui signifie laid, mauvais, déshonnête.
t PUTIER (pu-tié), PCTIET pu-tiî.1, s. m. Cerisier ou merisier à grappes, nommé aussi faux bois de Sainte-Lucie, prunus padus, L.
— ÉTYM. Ainsi dit du lat. putere, puer, à cause de la mauvaise odeur des fleurs et des parties vertes froissées.
PUTOIS (pu-toî; Vs se lie: tmpu-tof-z écorché),s. m. Il 1" Petit quadrupède Carnivore de la famille des martres. Le putois ressemble beaucoup à la fouine par le tempérament, par le naturel, par les hahituilesou les mœurs, et aussi par la forme du corps, nuFF. Quadr. t. ii, p. 247. jl 2° Sa fourrure. Manchon de putois. Il 3° Fourrure du putois, sorte de pinceau qui sert à étendre les couleurs sur les poteries.
— HIST. xni* s. Mil putois ne valt herminete ; Putois put toz, hermine est nete, Hist. de Ste Leoc. ms. de SlCerm. [° 30, dans laccbne. Putois ne doivent noiant, Lit), des met. 2»l. Cel jor porta le confanon Li putois qui Foinez ot nom, Jlen. 9045.
— ÉTYM. Bas-lat. putacius, du lat. putere, puer, à cause que cet animal est très-puant; bourguig.pilâ, fouine.
t PUTRÉDINAIRES (pu-tré-di-nê-r') , s. m. pi. Nom qui a été donné aux philosophes qui prétondaient qu'un grand nombre d'animaux se forment de pourriture et de corruption.
— ÉTYSt. Lat. putredo, pourriture.
t PCTRÉFACTIF, IVE (pu-tré-fa-ktif, kti-v'), od/. Qui cause la putréfaction.
— HiST. XIV* s. Nulle chose puttrefatlive ne soit ppliquée aux ners, h. de MONnEviLLE, f° 48. Médecine putrefactive, iD. f° 90, verso.
— ÉTYM. Voy. PUTIÎÉPACTION.
PUTRÉFACTION (pu-tré-fa-ksion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Décomposition que, sous l'influence de certaines conditions de chaleur et d'humidité, subissent tous les corps organisés, quand la vie est éteinte en eux. La putréfaction est une vraie fermentation; aussi tous les corps qui se pourrissent, en se combinant avec la base de l'air pur, s'échauffent... brisson, Traité dephys. t. ii, p. 23). Le dernier et l'un des plus frappants caractères qui distinguent les matières animales des végétales, consiste dans l'espèce de décomposition spontanée qu'elles éprouvent et qu'on nomme putréfaction, FOL'RCBOY, Conn. chim. t. ix, p. »6, dans pougens. Il État de ce qui est putréfié. On obtiendra du bon nitre toutes les fois qu'on exposera au contact et à l'impression de l'air, des matières végétales et animales en putréfaction, buff. Min. t. m, p. 428.
— HIST. xiv s. Après la putréfaction Se faict la génération Par chaleur qui est annexée Dedans l'euvre ja commencée, Nat. à l'alch. err. 325. ||xvi' s. Le soleil enlevé l'humidité superflue des corps, comme matière propre de putréfaction, amyot, Alex. 6. Et finalement s'il y a différence entre pourriture et putréfaction, pabé, xx, 12.
— ÊTYM. Provenç. putrefaccio; espagn. putrefaccion; ital. patrefasione ; de putrefacere, putréfier.
PUTRÉKAIT, AITE (pu-tré-fè, fe-t'), adj. Terme peu usité. Tombé en putréfaction. Et Misénus le bon trompette, De sa charogne putrefaite.... scarr. Virg. VI. || On dit plus ordinairement putréfié.
— ÉTYM. Provenç. putrefact; ital. putrefatto ; du lat. putrefactus (voy. putréfier).
PUTRÉFIE, ÊE (pu-tré-fi-é, ée), part, passé de putréfier. Des chairs putréfiées.
PUTRÉFIER (pu-tré-fi-é), je putréfiais, nous putréfiions, vous putréfiiez; que je putréfie, que nous putréfiions, que vous putréfiiez, v. a. Faire tomber en putréfaction. || Se putréfier, v. réfl. Tomber en putréfaction. Les viandes bien enfumées, les légumes secs se conservent indéfiniment; il est probable que le sel et l'esprit-de-vin ne les empêchent de •e putréfier que parce qu'ils s'emparent surtout de leur humidité, thenabd, Traité de chim. t. m,
p. 437, dans POUGENS.
— lilST. XVI' s. Ledit sang se putréfie, et acquiert une chaleur estrange, paré, v, 7. De nostre temps une baleine fut putréfiée en la coste de la Tuscane, et amena la peste, m. xxiv, 3.
— ÉTYM. Génev. putrifter; du lat. fictif pulrifitare, formé de pulris, pourri, et /ocere, faire.
\ PUTRESCENCE (pu-trc-ssan-s'), *. f. État dans