‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 44 sur 389 · ROT, )1I · texte numérisé non relu

ROT, )1I

— ET Y M . Berry , ibr »a« ; provenç. ibre ivre ; espagn . et portug. ebrio; ital. ebbro,ebro; du lat. ebrius, qui vient, d'après les étymologistes latins, de e, hors, et bria, sorte de mesure : mot à mot qui est hors da la mesure. Mais ce qui rend cette ctymologie peu sûre, c'est que bria est un mot probablement étranger et récent, et peut-être douteux, car on lit HHSsi ebria et hebria au lieu de bria. Le Berry dit ébriat, qui paraît représenter le latin ebriants.

IVRESSE (i-vrh-s') , f. f. || 1° Ensemble des phénomènes que détermine un excès de boissons fermentées, depuis le trouble commençant de la raison jusqu'à l'état de délire, de sommeil involontaire et même de mort. Les gardes , assoupis dans leur infâme ivresse. Laissaient un accès libre à ma main vengeresse, volt. Triumv. iv, e. X travers son ivresse on voit qu'il ne manque ni d'esprit, ni d'une certaine éducation, beaumarch. Barb. de Sév. ii, <B. Le comte : Fi donc 1 tu as l'ivresse du peuple. — Figaro : C'est la bonne; c'est celle du plaisir, id. ib. 1, 4. Il Fig. L'on prend [chez le guerrier] pour grandeur d'âme ou une férocité de naturel qui lo rend intrépide, ou une ivresse de raison qui lui cache le danger.... Hms. Panégyr. St Louis. \\ 2° Fig.Trouble produit dans l'âme parune passion, par une possessipn. De l'absolu pouvoir vous ignorez l'ivresse, rac. Alhal. IV, 3. Le libertinage des mœurs ne se soutient que par une ivresse qui ne dure pas, hass. Carême, Yérit. culte. Le réveil suit de près vos trompeuses ivresses, El toutes vos richesses S'écoulent de vos mains, J. b. bouss. Odes, i, <6. Si le crime insolent dans son heureuse ivresse Écrasait i loisir l'innocente faiblesse.... volt. Oreste i 2.

IVR

Mon bonheur est détruit, l'ivresse est dissipée, m. t&. I, 4. Je l'ai TU des plaisirs chercher la folle ivresse, m. Triumv. i, * . L'enthousiasme et l'ivresse étaient au dernier degré, d'alemu. Leit. au roi de Prtisse, ("juin. m». De cette noble ardeur que j'aime à voir l'ivresse ! ddcis, Roméo, l, s. Les splendeurs de la cour et sa bruyante ivTesse, c. delav. Vép. sicil. II, <.||0n dit de même : l'ivresse des sens. Je vois que de ses sens l'impétueuse ivresse L'abandonne aux excès d'une ardente jeunesse, volt. Adél. du Guescl. i, ) . () 8" L'enthousiasme poclique. Dans une poétique ivresse. Je les fis toutes deux [l'Iliade et l'Odyssée] plein d'une douce ivresse: Je chantais, Homère écrivait, doil. Poés. div. xxx.

— HIST. xu' s. Fust [soit] par ivresse, fust [soit] par ire, Assez tost oï Richard dire Que vilains comune faseient, wace, Rou, 597S-6074. || xiil' s. Et bien sacent [sachent] tuit que nus [nul] vilain cas de crieme n'est escusés par yvreche, beaum. vi, 25. Ilxiv s. Nul secret n'est là où règne yvresse, Jfcnagier, i, 9.

— ÉTYM. Ivre; provenç. yrresa, ybriesa; ital. ebbreisa. Le latin ebrictatem aurait donné ivreté.

IVROGNE (i-vro-gn') , adj. Qui a l'habitude de s'enivrer. || S. m. Un jeune médecin vit moins qu'un vieux ivrogne, Régnier, Sat. x. Et tu prétends, ivrogne, que les choses aillent toujours de môme?... que j'endure éternellement tes insolences et tes débauches? MOL. Uéd. malgré lui, i, t. L'ivrogne fournit quelques scènes à un farceur; il n'entre qu'à peine dans le vrai comique, la bri3T. i. Elle [Ninon] ne pouvait pas souffrir les ivrognes qui étaient encore un peu à la mode de son temps; Chapelle, qui l'était, et qu'elle ne put corriger, fut exclu de sa maison, et devint son ennemi, volt. Mél. lilt. Sur Mlle de VEnclos.

— HIST. xni' s. S'il n'estoit pas fox [fou] de nature ne yvrongnes, beaum. xix, (o. || xiv" s. Lequel Jehan a tousjours esté homme de petit gouvernement, yvroin, rioteux et mesdisant, nu cange, ebriare. \\ xv* s. Femmes trouvay enmi ma voye. Dont l'une fiUoit sa coulongne. Et l'autre qui estoit yvrongne, e. desch. Poésies mss. f" 4 lo. Kelas! que fait un pauvre ivrongne? Il se couche et n'occit personne, bassel. xxxvm. X bon ivrogne il ne faut jamais eau, Faifeu, p. <«, dans lacurne. ||xvi* s. S la trogne conoyt-on l'ivrogne, lehoux de lincy, Prov. t. II, p. 4 99. Bon chantre, bon yvrogne, in.ib.

— ÉTYM. Ivre; bourguig. ivrongne. La finale ogne paraît être un péjoratif qui se trouve aussi dans cltarogne.

IVROGNER (i-vro-gné), v. n. Se livrer à l'ivro-

IZfî

gnerie. H marcha pendant sept jours, Ivrognant et se gorgcant de viande, vaugel. Q. C. liv. ix, dans mcHELET. S'ils [vos officiers étrangers] étaient aussi bons frondeurs que le cardinal de Hrtz, ils ne s'amuseraient pas à ivrogner dans les cabarets de Paris, RETZ, IV, 401. Cela est-il beau d'aller ivrogner toute la nuit? MOL. G. Dand. m, 4 1. j| II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. XVI' s. Ils luy faisoient passer le temps à yvrongner, et à dire mots de gaudisserie, amyot,

Aie. 74.

— ÉTYM. Ivrogne.

IVROGNERIE (i-vro-gne-rie) , s. f. Habitude de s'enivrer. L'ivrognerie est dangereuse ; elle a perdu Antoine, un des triumvirs, lemaitre, Plaidoyer 24, dans niCHELET. Si la demoiselle Duménil [une actrice] continue à boire, adieu le tragique; il n'y a jamais eu de talents durables avec l'ivrognerie : il faut être sobre pour faire des tragédies et pour les joiier, VOLT. Lett. d'Argental, 46 juill. 4766. || 2° Au plur. L'action même do s'enivrer. Cette femme a beaucoup à souffrir des ivrogneries de son mari.

— HIST. XVI* s. Il le desbauchoit en l'induisant à yi'rogneries et à voluptez dcshonestes, amyot, Cicéron, 29. On connoît bien l'yvrognerio à la trogne,

LEROUX DE LINCY, Pror. t. II, p. 359

— ÉTYM. Ivrogner.

IVROG.VESSE (i-vio-gnè-s'), s. f. Terme populaire. P'emme sujette à s'enivrer. Une vieille ivrognesse. Il Adjectivement. Une pauvre bourgeoise, ivrogne ou ivrognesse, meurt d'apoplexie, volt. Dict. phil. Style.

— HIST. xvi° s. Femme safre et yviongnesse De son corps n'est pas maistrcsse, cotcbave.

— ÉTYM. Ivrogne.

IXIA (i-ksi-a), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes bulbeuses, de la famille des iridées.

I 4. IXION (i-ksi-on), s. m. Nom mythologique donné à la constellation d'Hercule et à celle de la Couronne australe.

f 2. IXION (i-ksi-on), dit par erreur pour ixos.

IXOI)E(i-kso-d'), s. m. Terme de zoologie. Genre d'arachnides trachéennes dont les esp'ces sont vulgairement appelées tique, nom donné surtout à l'ixode ricin, dit tique des chiens.

— ÉTYM. 'UiiSr,;, collant, de tÇo;, glu (voy. GUi). f IXOS (i-ksos'), s. m. Nom, dans la Bible, d'un

oiseau que les commentateurs rapprochent du vautour f 1ZEMIEN,IENNE (i-zé-miin, miè-n'), adj. Terme de géologie. Terrains izémiens, terrains qui sont formés par voie de sédiment.

— ÉTYM. l!^y\iLa, action d'aller au fond.

JA

J (j() , *. m. Lettre cuuMinne, la dixième lettre de l'alphabet. Dans l'épellation actuelle, on la nomme je. Il Les anciennes écritures ne distinguaient pas lej de l'i, quoique la prononciation les distinguât trèsbien. Il On met un prùnt sur le j, excepté quand il est majuscule : Junon, Janus. || Le j ne se redouble jamais ; il ne se trouve jamais ni avant une consonne ni à la fin d'un mot ni avant la voyelle t, si ce n'est par élision, comme dans: j'ignore, j'irai.

— HIST. xiil* 8. I se met pour g quant li siet; Au lieu de consonant s'assiet, Senefiance de l'ABC, iv-

BIN. t. Il, p. 278.

— ÉTYM. lot phénicien qui «'est décomposé, dans l'alphabet latin, en » voyelle et i consonne, d'où notre j.

JX Oa),odp. ||1' Déjà. Je l'ai jà dit d'autre façon, LA FONT. Pdté. Il 2- Certes. Quand Ribaut serait pendu, Ce ne serait jà grand dommage, voit. Poésie», dans bichelet. [Le loup] S'en allait l'emtorter [le chien] ; le chien représenta Sa maigreui : jà ne plaise à votre seigneurie De me prendre en ♦.et état-là, la font. Fabl. IX, 4 0. Je le crois; mais d'eu mettre jà Mon doigt au feu, ma foi je n'ose, id. yic. Il Jà a vieilli dans les deux acceptions.

— HIST. XI' s. E Deus 1 dist Charles, jà nous sont il si loin, Ch. de Bol. clxxiv. || xii* s. Jà Harupe la gente.... Ne perdra à mon tcms sa franchise et son uom, Saxons, xxv. Jà Deu ne place [plaise] que cest

JAB

péché fazon [fassions], Rona. 74. || xiii' s. Chascuns se doit enforcier De Dieu servir, jà n'i soit li talons, QUESNES, Romane, p. 9C. Jà [elle] avoit en son cuer [cœur] le conseil [de] l'aver.sier [du diable], Berte, xi. De riens que commandez, ne serez jà desdite, ib. liv. Si vous dirons des pèlerins dont grant partie estoit jà venue en Venise, villeh. xxxi. Sire, diz-je, les piez de ces vilains ne laverai-je jà, JOINV. 4 94. Il XV" s. Ne plaise jà à Dieu que la roine d'Angleterre fasse ce, ni ait empensé de faire, froiss. I, I, 4 4. Il XVI' s. L'utilité la recommande tant [l'histoire], qu'il n'est jà besoing. do luy chercher d'ailleurs authorilé, amyot, Préf. iv, 28.

— ÉTYM. Bourguig. jet, déjà; provenç. ja; espagn. ya; portug. jo; ital. già;<iu lat. jam, qui est pour diam, diem, ce jour, par chuta du d initial, comme dans Jovts, Janus , pour Diovis, Dianas.

t JABET (ja-bè), s. vi. Très-petite espèce de coquille, nommée autrement l'arche africaine.

■]• JABIKU (ja-bi-ru), s. m. Oiseau du Brésil, voy. TOUTOU. S'il peint d'autres climats, une autre nature, sous les zones brûlées de l'Afrique et de l'Asie, on se croit transporté au milieu des déserts do l'Arabie, et l'on distingue, à travers les sifflements des reptiles, la voix de l'onocrotale et le cri du jabiiu, p. L. COUR, l^loge de Buffon, I.Ht. t. ii, p. 3is.

JAIir.E (ja-W), s. m. Il 1' Terme de tonnelloric. Feuillure qu'on fait aux douves des tonneaux, pour

JAB

arrêter les piùci^s de fond. ||2' Terme de vcrritr Jonction du fond d'un pot avec la lleche.

— HIST. xvi" s Tenus prendre du jaulgeur du

lieu eschantillon, selon l'aucienno jaulga du dit lieu; le quel en leur baillant les advortira du jable ([ue les vaisseaux doivent avoir.... Les fustailles ne se trouvans de jaulge, bouge et Jable Aisonnuble, elles seront confisquées, Édil, fév. 4 596.

— ÉTYM. Origine inconnue.

JARLÉ, ÉE (ja-blé, bloe), part, pas ^é da jMcr. JABLER (ja-blé) , V. o. Terme de tonnellerie. Fuiro le jable des douves.

— ÉTYM. Jable.

t JABLiKre tja-bli-è-r'),«. f. Instrument servant àjabler, qui est fait comme un couteau à gaine, à l'exception que la lame peut s'allonger et sa raccourcir au besoin.

— ÉTYM. Jablcr.

t JABLOIRK (ja-bloi-r'), ». f. Synonyme do jablicre.

JABOT (ja-bo ; le t ne se lie pas dans le parloi ordinaire; au pluriel, l'i se lie : desja-bo-z-olégants), I. m. [1 1° Poche membraneuse chez les oiseaux, dans laiiuellc les aliments arrivent d'abord avant de passer dans l'estomac, et s'imbibent d'une liqueur analogue à la salive. Los moineaux clieicliont le grain jusque dans le jabot dos jeunes pigeons, liUKF. Morceaux choisis, p. 270. Ils 'les dindons]

JAC

JAC

JAC

bflivent, mangent, avalent de petits cailloux, et digèrent à peu près comme les coqs, et, comme eux, ils ont double estomac, c'est-à-dire un jabot et un gésier, ID. Oiseaux, t. m, p. 2(i6.||Fig. Remplir son jabot, se remplir le jabot, bien manger. 11 remplit son jabot quand il est à une bonne table. || 2" Terme de vétérinaire. Poche formée, chez le cheval, par la membrane muqueuse qui fait hernie à travers la membrane charnue, ou bien dilatation anormale de ce même conduit. {| 3° Il s'est dit, dans la pathologie humaine, de la dilatation produite par l'arrêt d'un corps étranger dans l'œsophage. || 4° Appendice de mousseline ou de dentelle, attaché à l'ouverture de la chemise des hommes, devant la poitrine. U joue d'une main avec son jabot, et se caresse de l'autre, boissy. Français à Londres, se. (5. || Familièrement. Faire jabot, tirer en dehors le jabot de sa chemise pour en faire parade; et fig. se rengorger.

— HIST. XVI* s. L'office descouvre l'homme et met en évidence ce qu'il avoit dans le jabot, rabel. dans le Dicl. de dochez.

— ÉTYM.Diez le tire du latin gihba, bosse, comme jaloux de %elnsus , \e jabot ayant pu être comparé à une bosse. Cela est possible en effet; mais il y a trop peu d'intermédiaires pour assurer que telle est la déjivation.

t JABOTAGE (ja-bo-ta-j'), *. n». Action de jaboter, de babiller.

JABOTER (ja-bo-té). ||1° r. n. Parler beaucoup, d'une voix peu élevée et de choses peu intéressantes. F.ntendez-vous comme ces petites filles jabotent?||Onra dit aussi de certains oiseaux. Elles [les perruches à queue longue] font grand bruit sur les arbres, en criant, piaillant et jabotant plusieurs ensemble, et, si elles entendent dos voix d'hommes ou d'animaux, elles n'en crient que plus fort, xufp. Ois. t. XI, p. 378. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Il 2° F.o. J'ai ouï jaboter quelque chose décela.

— SVN. JABOTER, JASER, CAQOETKR. Jaboter, c'est parler ensemble d'une voix peu élevée; jaser, c'est parler ensemble sans vouloir ni baisser ni élever la voix ; caqueter, c'est parler ensemble, mais avec du bruit, avec de l'éclat. En effet, étymologiquement, jaboter, c'est parler, pour ainsi dire, dans son jabot, de près ; jaser, c'est, il semble, faire le jars, le mSle de l'oie; enfin caqueter, c'est crier comme la poule qui vient de pondre son œuf et qui le fait savoir à grand bruit.

— ÉTVM. Jabot; bouTguig. jaibotai.

f JABOTEUR (ja-bo-tcur), s. m. Merle d'Afrique.

— ÉTYM. Jabnter.

f 1. JABOTIÈRE (ja-bo-tiè-r'), *. f. Mousseline du jabot.

— ETVM. Jabot.

] 2. JABOTIP.RE (ja-bo-tiè-rO, *. f. Espèce decygnc de Guinée {amer cycnoïdes), dit aussi oie de Guinée, oie de Moscovie, oie de Sibérie.

— ÉTYM. Jaboler.

t JACAMAR (ja-ka-mar), ». m. Genre d'oiseaux de l'ordre des grimpeurs.

f JACARA (ja-ka-ra), *. nv. Crocodile-caïman (Brésil).

f JACARINI (ja-ka-ri-ni), x. m. Nom spécifique et nom vulgaire, au Brésil, du tangara Jacarini, sorte d'oiseau.

t JAf.A.SSR (ja-ka-s'),»./'. Terme populaire. Femme, fille (|ui parle beaucoup. C'est une petite jacasse.

— ÉTYM. Ce mot parait provenir àe jacquot, nom populaire donné aux perroquets et aux pies.

JACASSKR (ja-ka-sé), v. n. || 1" Crier. Il ne se dit guère que de la pie. Cette pie ne fait que jacasser. Il 2° Bavarder d'une fa(;on fatigante. l'^mpèchez ces enfants de jacasserainsi. || Il se oonjugueaved'auxiliairo aroir.

— f.TYM. Jacasse.

f JACASSEUIE (ja-ka-se-rie), ». f. Bavardage.

— f. rvM. Jacasser.

JACf.K (ja-sée), ». f. Terme de botanique. Espèce de plantes de la famille des composées, centaurca jarea, L. || Petite jacée, la pensée sauvage. || Jacée des jardiniers, lycbnide diolquo.

— ÉTYM. Bas-latin, jaeea, dans un glossaire du nv siècle.

t JACRlNÉE-S (ja-sé-i-née), ». f. pi. Terme de botanique. Tribu de plantes à fleurs composées.

JACKNT, ENTB Cja-san, .san-t'), adj. Terme de palais. Oui, étant gisant et délaissé, n'a point de propriétaire connu. Biens jaccnts.Succossionjacciito.

— f.TYM. Ital. giacente; du ht. jacentem, de ;aeère, gésir (voy. ce mot).

JACIlfORI-: (ja-chè-r'),». f. || 1° Riat d'une terre labBiirable quon n'a pas ensemencée, à l'effet de la Miisser reposer pour la faire produire de nouveau

plus abondamment. La jachère est absolue ou complète ou morte, lorsque le sol est au moins une année sans recevoir de semence; elle est relative ou incomplète, dans le cas contraire; celle-ci est distinguée en jachère d'été et jachère d'hiver. Dans nos pays une terre est ordinairement en jachère, mais aujourd'hui en jachère cultivée, de trois années l'une. On appelle jachère cultivée les cultures améliorantes qui, dans l'assolement de trois ans, remplacent l'ancienne jachère morte ou complète. Il 2° La terre m(5mo quand elle repose. Labourer des jachères. On le trouve (le motteuxj assez souvent dans les jachères et les friches, oi"i il vole de pierre en pierre, boff. Ois. t. ix, p. 343.

— HIST. xiii* s. Par montaignes et par rivières. Par prez, par vignes, par jachieres, la Rose, 185B0. Se fussent gasquieresdesqueles il n'eustsncoro riens levé, UEAUM. XLiv, 63.11 XV" S. Une belle terre gachéeNe peult porter jamais beau fruit, P. gbingoire. Farce, à la suite du Jeu du prince des sots, Paris, IBH.

— ÉTYM. Picard, gachières, gakières ; wallon, jouhire ; namur. giciêre ; Hainaut, gaquiere ; baslat. gascaria, dans un texte du xii" siècle. Origine inconnue. On ne sait même pas, vu la divergence des orthographes, si 1'» est primitive ou accidentelle, et, par conséquent, si le latin jacêre, gésir, y est pour quelque chose.

JACHÈRE, ÉK (ja-ché-ré, rée), par*, passé de jachérer. Terre jachérée.

JACnftRER (ja-ché-ré. La syllabe cW prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je jachère ; excepté au futur et au conditionnel : je jachérerai, je jachérerais), v. o. Terme d'agriculture. Labourer des jachères.

— HIST. XIII' s. Ghaskerer, binner et semer, id est arare, aratrare et serere, nu cange, gascaria. Il XVI* s. La première œuvre que leur baillerons (appelée en France esgcrer et jascheror; en Normandie froisser la jascliere, et en Languedoc mouvoir) sera.... o. de serres, 90.

—ÉTYM. Jachère.

■i. JACINTHE (ja-sin-t'),».f.||l*Termede botanique. Genre de plantes liliacées, dont plusieurs sont cultivées dans les jardins. On y distingue la jacinthe des jardiniers, dite particulièrement jacinthe, scilla italiea, L. et aussi la jacinthe orientale, hyacynthus orienlalis, L. || Jacinthe des bois, a«tre nom de l'hyacinthe non écrite. || Jacinthe de Sienne ou lilas de terre, nom donné à une mon.struosité du muscari comosum, Mill. || Par extension. La fleur de cette plante. Cueillir une jacinthe. || On dit aussi hyacinthe.il 2° Sorte de prune longue et violette.

— ÉTYM. Provenç. jacint; e.spagn. jacinto; ital. giacinto; du laf. hyacinihus, de ùâxivOoç, nom de la fleur et d'un personnage mythologique qu'Apollon tua par racgarde.

f 2. JACINTHE (ja-sin-f), s. f. Sorte de rubis. Pour ce qui est du rubis, ils l'appellent yacut Ceylani, et yacut est apparemment la racine du terme de jacinthe, duquel nous appelons le rubis tendre.... on l'appelle aussi balacchani, pierre de balachan, qui est le Pégu, d'où je juge qu'est venu le nom de balais, qu'on donne aux rubis couleur de rose, Voy. de CHARDIN, Paris, t8H,m, 36B.

— ÉTYM. L'origine indiquée parChardin n'est pas admissible. La jacinthe, pierre, n'est pas autre chose que Vhyacinlhe, pierre.

•j-JACKAL (ja-kal), ». m. Le même que chacal.

f JACOB fja-kob), ». m. Ijl* Nom du patriarche père des tribus d'Israël. Compagnes autrefois de ma captivité Dr l'antique Jacob jeune postérité, RAC. Fsth. I, 2. Il 2° Nom sous lequel on personnilie quelquefois le peuple juif, ô Dieu, qui vois former des desseins si funestes. As-tu donc do Jacob abandonné les restes? m. ib. i, 3. No dis plus, 0 Jacob, que ton Seigneur sommeille, m. Athal. m, 7. Il 3° Terme d'astronomie. Le bâton do Jacob, le baudrier d'Orion.

JACOBftE (ja-ko-bée), ». f. Terme de botanique. Nom vulgaire et spécifique du séneçon jacobée (synantliérées), dit encore grande jacobée. || Jacobée élégante, nomdonné par Mnenchau séneçon psoudoélégant de Lesson , qui n'est pas le séneçon élégant de Linné. Il Jacobée maritime, un des noms vulgaires de la cinéraire maritime de Linné (synanthérécs), appelée absolument la cinéraire, legoarant.

— ÉTYM. Jocofm», nom litinde Jacquet, \escnrçoH /rtC(ili(f(?élflntditvulgairement/i«Tf)crff',S'ai'n(-Jacf/««».

JAr,OBIN,INE(ja-ko l'in, bi-n'), ».m.et f. \\ l"Hfligleux et religieuses de l'ordrede Sainl-Dominiq dits jacobins à cau.se de l'église de Saint-Jac(|ues qu'on leur donna à Pari» et près de laquelle ils bâtirent leurcouvent;ilssont vêtus do laine blanche,

et portent, dehors, un manteau noir. || J* Membre d'une société politique établie, en 1789, à Paris, dans l'ancien couvent des jacobins, et ardente à soutenir et à propager les idées d'une démocratie et d'une égaillé absolues. || Plus tard et par analogi&, nom donné aux partisans des idées démocratiques ardentes. Lesjacobins de l'Europe. Son rapide triomphe [de Napoléon revenant de l'île d'Klbe] le

forçait d'appeler ou de laisser provisoirement venir à lui la portion même d'anciens jacobins sévèrementdisgraciéesoussonprécédentrègne, villemain, Souvcnirscontemporaini,lesCent-Jours,ch.Y. || Adj. Des opinions jacobines. Le parti jacobin. || 3° S. m. Terme de zoologie. Nom donné à plusieurs oiseaux d'après leur plumage. || Espèce de champignon comestible. 114" Terme de cuisine. Soupe à la jacobine, espèce de potage, fait de bouillon d'amande, de hachis de perdrix, d'œufs et de fromage.

— HIST. xiii* s. Quant frère jacobin vindrent premier el monde, S'estoient par semblant et pur et net et monde, RUTEB. 4 76. ||xiv* s. Or me veuilliez oïr, chevalier etmeschin, Bourgeoises et bourgeois, prostrés, clers, jacobins, Guesclin, 6. || xyi*s. lisse firent bailler une petite chambre jacobine [nattée] où ils couchèrent très bien, et commencèrent à jouer à la roufle, DESPER. Contes, xxix.

t JACOBINE (ja-ko-bi-n'), ». f. Corneille mantelée. Il Oiseau-mouche à collier.

— ÉTYM. Jacobin, à cau.se du plumage.

t JACOBINIÈUE (ja-ko-bi-niè-r'), ». f. Club des jacobins et, plus tard, par extension, toute réunion de démocrates (voy. jacobin).

t JACOBINISER (ja-ko-bi-ni-zé), v.a. Donner les opinions jacobines. || F. n. Imiter les jacobins

t JACOBINISME (ja-ko-bi-ni-sm') , ». m. Idées, parti des jacobins. Ces actes [de Napoléon pendant

les Cent-Jours] donnaient à ce pouvoir un Taux

air de complaisance démocratique qui rendait pour le moment une sorte de liberté et de hardiesse à ceux mêmes que l'alliance du jacobinisme et de l'empire devait le plus menacer, villemain. Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. v.

t JACOBITE (ja-ko-bi-f), ». m. et f. || 1" Nom d'une secte chrétienne qui n'admettait qu'une nature en Jésus-Christ, et qui eut pour chef Jacob Zanzale, évêque d'Édesse, mort en (78. || 2° S. m. et f. Celui, celle qui tint le parti de Jacijues II d'Angleterre après la dépossession de ce prince, en I088. Je suis restée jacobite, malgré les changements qui sont arrivés en ce pays-ci, M** de caylus, Souven. p. a23, dans pougens.

— ÉTYM. Lat. Jacobus, Jacques.

f JACOBUS (ja-ko-bus'), ». m. Ancienne monnaie d'or d'Angleterre. [Le singe] Détachait du monceau tantôt quelque doublon, Un jacobus, un ducaton, LA PONT. Fabl. XII, 3.

— ÉTYM. Lat. Jacobus, Jacques.

t JAÇOIT QUE (ja-soi-ke), ancienne conjonction signifiant quoique, bien que. Un ministre avait écrit à la reine mère qu'il n'avait jamais consenti au port des armes, jaçoit qu'il y eût consenti et contribué, Boss. B* avert. lO.

— IilST.xm* s. Maisamors tout empeeschoit Que rien à œuvre n'en meïsse, Jà soit ce que bien entendisse Mot à mot toute la matiro, la Rose, iom. Il XIV* s. Et toutes voies, en telle choses n'est pas la fin en la félicité civile, jà soit ce que plusieurs sermons et escriptures aient esté composées pour ce montrer, obesmr, Eth. vi, (0. || xv* s. Je Enguerrand de Monstrelet, me suis entremis et occupé d'en faire et composer un livre ou histoire en prose, jà soit ce que la matière requiert bien plus haut et subtil engin que le mien, monsïrel. Prologue.

— ÉTYM. Jà, soit, el que. L'ancienne conjonction était jà soit ce que. L'orthographe par ç est fausse.

JACONAS (ja-ko-n.1),». m. Étoffe fine en coton d'un tissu peu serré, entre la mousseline et la percale, étant moins serrée que la percale et ayant les fils plus rapprochés que la mousseline.

— ÉTYM. Origine inconnue.

f JACQUART (ja-kar), ». f. Métier pour tisser le» étoffes de soie. Une jaoquart. jj On dit aussi métier & la Jacquart.

— ËTYM. Jacquart, inventeur de ce métier, mnr^ en <83i.

JAf:otrE (ja-k'), t. m. Voy. jaqur 4.

t JACQUEUIE (]a-kc-rie), ». f. || 1* Soulèvement de paysans contre la noblesse en l'an I3fc8,-pendiuit •a captivité du roi Jean. || 2" En général, insurrection des paysans et des classes inférieure». Quand on 4»t5 on proposa à Napoléon d'appeler le peuple aux armes, il répondit qu'il no voulait pas être lo chef d'une jacquerie Jamais de dragonnades, ni de

JAC

JAD

«,in» n.rthii«Tnv niiand les rois, élevés au milieu 1 — «:tym. Provcnc. jaclancia, jactansa ; espagn. !tSSS'WHe-nMa même langue...; de jactancia; ital. giattamia; du lat. ;acton«., de

/acquerie non plus, de ligues, de barricades, P COUR. Smple discours. || On écrit aussi jaqucrie.

— HlST. XIV 3. Gilet dit à Toussains, hostelier i Vemon qu'il estoit un vilain jaques, et qu'il allast à sa iaquerie, du cange, jaquei. Du commencement et première assemblée de la mauvaise jaquerie de Beauvoisin, Chron. de St Dcnys, t. ii, p. 248, dans LACUBNE. Il XV s. [Si la noblesse française avoit été battue en Flandre] on peut croire et imaginer que toute gentillesse et noblesse eust esté morte et pertiueen Krance et autant bien es autres lieux ; ne la jaquerie ne fut onques si grande ne si horrible qu'elle eust esté, FROiss.Iiï. u, p.2i6,dansLACURNE.

— ETVM. Les Jacques.

t JACQUES (ja-k'), ». m. || I" Nom propre qui est

la forme vulgaire de Jacob. \\ J- Jacques Bonhomme, nom donné par dérision aux paysans, à la population des campagnes dans le xiv siècle et le xv'. Jacques, qui, depuis cette guerre [la jacquerie], porta le surnom de Jacques Bonhomme, se rétablit de ses blessures, et paya comme ci-devant, aug. THIERHT, llist. vérit. de Jacques Bonhomme, Et. historiques. || 3' S. m. pi. Les Jacques, les paysans révoltés dans le xiV siècle contre les seigneurs. Ij 4- Saint Jacques, nom d'un saint sous l'invocation duquol certains ordres furent placés. H Saint-Jacques de l'Êpée, ordre militaire institué en i no, sous le règne de Ferdinand II, roi de Léon et de Castille, pour protéger contre les courses des Maures les pèlerins allant à Compostelle. || Nom d'un ordre de chevalerie, institué au treizième siècle par Florent V, comte de Hollande; la marque était une chaîne d'or, avec six coquilles et une médaille pendante, où était l'Image de cet apôtre. Saint-Jacques du Haut-Pas, ordre de religieux hospitaliers appelés aussi ponli^ces ou faiseurs de ponts, dont le principal institut était de faciliter aux pèlerins le passage des rivières en faisant eux-mêmes des ponts et des bacs pour cet usage. || Chemin de Saint-Jacaues, nom populaire de la voie lactée. Il 6° Prendre Jacques Déloge pour son procureur, s'enfuir , s'évader. L'on me donna Va-t'en, un avocat d'honneur; Je pris Jacque Déloge après pour procureur, poisson, les Faux iloscovites, se. 7. || 6' Maître Jacques, homme qui réunit plusieurs emplois dans une maison, par allusion au maître Jacques de l'Avare de Molière qui est à la fois cocher et cuisinier.

— lllST. XIV* S'il [le roi Jean] est bien conseillé, il n'obliera mie Mener Jacques Bonhomme en sa t'rant compagnie; Guerres ne s'enfuira pour ne perdre la vie, Bibl. des ch. 3» série, t. ii, p. 263. Il XVI' s. Le pendart il fait Jacques Déloges, la Comédie des pro ferles, iir, 3.

t I. JACQUET (ja-kè), nom propre employé dans cette locution populaire : U s'est levé dès le patron Jacquet, c'est-à-dire il s'est levé de très-bonne heure.

— ÉTYM. En Normandie, jacquet, qui d'ailleurs est le diminutif de Jacques, est le nom de l'écureuil ; et à Valognes on dit ; se lever dès le paitre au jacquet ; ce qui signifierait se lever dès le moment où l'écureuil va chercher sa nourriture. Il est fort possiuie que patron soit une corruption de paître au ; comme on dit aussi dès le patron minel (voy. patron).

f 2. JACQUET (ja-kè),». m. Jeu qui se joue surle

trictrac. C'est le même que les Anglais nomment

backgammon, etqu'en France on appelait autrefois

ftoutes-lables, parce que lesjoueurs placent, en com-

■aiençant,leurs dames sur toutes lestablesdu trictrac.

i t JACQUOT (ja-ko), ». m. Nom vulgaire de plu-

i jieurs espèces de perroquets, ainsi que des geais ou

pies qui parlent || On écrit aussi jacot.

I — RTVM. Diminutil ds /acqi/fs.

J JACrANCE (ja-ktan-s'), s. f. Hardiesse à se van-

; ter, à se faire valoir. Calvin a tant loué la sainte

jactance et la magnanimité de Luther, qu'il était

malaisé qu'il ne l'imitât, boss. Var. n. Jamais

peut-être il n'y a eu un plus triste exemple de la

jactance et de la légèreté françaises, d'alemb. Lett.

au roi de Prusse, ti oct. 4782. M. le président, la

jactance d'un défi porté dans le tumulte n'est pas

assez noble pour qu'on daigne y répondre ; je vous

prie de m'obtenir du silence; Mirabeau, Colleet. m,

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