Il Paroles de jactance. Ses jactances
— HlST. xiii* s. Por covoitise et por jactance, [je] Guerpi ma foi et ma créance, Theophilus, p. 292. Il XIV s. La seconde branche qui vient d'orgueil est jactence ; c'est quant la personne est haulsée et est levée par orgueil, tténagier, i, 3. |{ xvi« s. Combien de vanteries et de vaines jactances I charron, la Sagesse, i, J».
jactare, vanter, proprement lancer au loin, fréquentatif de /ac^re, jeter (voy. jet).
t JACTANCIEUX, EUSE (ja-ktan-si-eû, eû-z'), adj. Néologisme proposé par Mercier. Plein de jactance. La jeunesse est jactancieuse.
t JACTATION (ja-kta-sion; envers, de quatre syllabes), ». f. Terme de médecine. Agitation continuelle qui oblige un malade à changer sans cesse de position dans sen lit.
— HlST. XVI' s. Sans grande douleur, sans jactation du corps et inquiétude, sans horreur et grand frisson, paré, xx, 7. Jactation [yanterie], cotorave.
— ÉTYM. Provenç. jactacio ; du lat. jactationcm, de jactare, jeter souvent (voy. jactance).
\ JACTEU (SE) (ja-kté), r. réfl. Terme peu usité, pris du latin pour dire se vanter. Clément, laisse aboyer Laharpe ; Qu'il se jacte et reprenne autrui ; Qu'il taille, tranche, coupe, écharpe : C'est à lui seul qu'il aura nui, piron, Épigr. contre Laharpe.
— ETY'M. Lat. j'acmrc, vanter (voy. jactance). t J.\CTITATION (ja-kti-ta-sion), i. f. Synonyme
de jactation.
— ETYM. Lat. jaclitare, fréquentatif de jactare (voy. jeter).
f JACULATEUR (ja-ku-la-teur), adj. m. Terme d'ichthyologie. Labre jaculateur, labre qui lance sur les insectes qui s'approchent du rivage des gouttes d'eau pour les faire tomber dans la mer et s'en saisir. || S. m. Genre d'oiseaux qui attaquent les poissons avec leur bec.
— ETYM. Lat. jaculatorem, de jaculari, lancer, de jaculum., javelot, dérivé de jacHre, lancer (voy. jet).
f JACULATION (ja-ku-la-sion), s. m. Terme d'antiquité. Exercice qui consistait à lancer un javelot avec la main, et par suite un trait avec un arc ou une baliste. De la jaculation équestre, titre d'un livre perdu de Pline l'Ancien. || Par extension. Quelquesuns d'entre eux disent avoir eux-mêmes été blessés de cette espèce de jaculation, BCFF. Çundr. t. VI, p. 5.
— ETYM. Lat. jaculationem, de jaculari (voy. jaculateur).
JACULATOIRE (ja-ku-la-toi-r'), adj. || 1° Terme d'hydraulique. Kontaine jaculatoire, fontaine qui lance un jet d'eau à une grande hauteur et par la force d'une pression. || 2° Fig. Terme de dévotion. Oraison jaculatoire, prière courte qu'on adresse au ciel avec un vif mouvement de cœur. Ce qu'on appelle, selon le langage ordinaire, prières jaculatoires et dévotes élévations de l'àme à Dieu, ce sont certaines paroles vives et affectueuses par où l'âme s'élance vers Dieu, bourdal. Pensées, t. 11, p. 4i.
— ETYM. Lat. jaculatorius, de jaculari (voy. jaculateur).
\ JACURATD (ja-ku-ra-tu), ». m. Sorte d'oiseau. Le jacuratu du Brésil est absolument le même oiseau que notre grand-duc commun, buff. dans le Dict. de poitevin.
JADE (ja-d'), ». m. Pierre compacte, tenace, qui raye le verre et même le quartz. Le jade est un silicate d'alumine et de chaux, avec deux ou trois centièmes de soude; on le portait autrefois en amulette contre les maladies des reins, et il était dit pour cela pierre néphrétique; le jade n'est pas, comme les autres produits de la nature, universellement répandu ; je ne sache pas qu'il y en ait en Europe : le jade blanc vient de la Chine, le vert de l'Indoslan, et l'olivâtre de l'Amérique méridionale, buff. Uin. t. VII, p. 53. On a donné à ce jade vert le nom de pierre des Amazones, parce qu'on le trouve en grande quantité dans le fleuve qui descend des hautes montagnes du Pérou, id. Uin. t. i, p. 78. Il Matière argileuse qui prend une grande duretfl, qui provient d'une île au sud de la Nouvelle-Zélande et que l'on façonne en Europe de différentes manières fort élégantes. || Jade de Saussur, saussurite. — EtY'M. Origine inconnue.
-[ JADIEN, lEKNE (ja-diin, diè-n'), adj. Qui a les caractères du jade.
JADIS (ja-dl ; aujourd'hui plusieurs, a tort, font sentir l's; l'î se lie : ja-di-z il y avait....), odv. Dans le passé, il y a longtemps, ô soleil, 6 grand luminaire, Si jadis l'horreur d'un festin.... malh. II, 1. Dans Florence jadis vivait un médecin, boil. Art p. IV. Son rabat jadis blanc, et sa perruque antique, ID. Sat. m. N'est-ce pas cette même Agrippine Que mon père épousa jadis pour ma ruine? rac. Brxt. 1, 4. Hélas I de cette cour j'ai vu jadis la gloire, volt. Za:ire, 11, î. || Le temps de jadis, ou, simplement, le temps jadis, le temps passé. Les lionnes gens du temps jadis. La génisse, la chèvre
JAI
et leur sœur la brebis, Avec un fier lion, seigneur du voisinage, Firent société, dit-on, au temps jadis, Et mirent en commun le gain et le dommage, la font. Fabl. i, 6. D'une architecture Du temps (Te jadis La sage nature M'a fait un logis, l'abbB ré- GNIER, la Maison en décadence.
— REM. Jadis est du style élevé ou poétique; dans la conversation on dit : autrefois.
— hist. xm* s. Â enherber [empoisonner] m'apprist jadis une Juise [Juive], Derle, lxxvi. || xv" s. Absous et clamés quittes d'une grand somme de florins dont ils estoient de jadis obligés et liés au roi de France, froiss. i, i, 4 06. || xvi's.Quand nous disons : cela se faisoit au tems jadis, nous déclarons que c'est une chose qui est hors d'usage, tellement qu'elle seroit de mauvaise grâce en nostre tems, H. est. Apolog. pour lier. p. 42(î.
— ÉTYM. Bourg, jot'di; provenç. yadi»; du lat. jam, déjà, et dies, jour; root composé comm-e tousdis, toujours (totos dies), et tandis [tantos dies).
f JADOT (ja-do), ». m. Instrument en fer dont so servent les boulangers pour donner au pain la forme de couronne.
f JAFFKT (ja-fè),s. m. Terme rural. Crochet pour abaisser les branches des arbres dont on veut cueillir les fruits.
JAGUAR (ja-gouar),ï. m. Terme d'histoire naturelle. Quadrupède du genre des chats, dont la peau est mouchetée comme celle des léopards et des panthères. M. Delaborde, médecin du roi, à Cayenne, m'écrit qu'il y a dans le continent trois animaux de ces espèces voraces, dont le premier est le jaguar ; que l'on l'appelle tigre; le second est le couguar, qu'on nomme tigre rouge, à cause de la couleur uniforme de son poil roux ; que le jaguar est de la grandeur d'un gros dogue et qu'il pèse environ deux cents livres, buff. Quadr. t. ix, p. 4i.
— ETYM. Le jaguar ou jaguara, nom de cet animal au Brésil, que nous avons adopté pour le distinguer du tigre, buff. Quadrup. t. m, p. 289. Les premiers qui en aient donné une description détaillée sont Pison et Margrave ; ils l'ont appelé jaguara, au lieu ae janou-ara , qui était son nom en langue brésilienne, id. ib. p. 293.
JAÏET (ja-iè) , ». m. Voy. jais.
JAILLIR (ja-llir, Il mouillées, et non ja-yir), v. n Sortir impétueusement, en parlant de l'eau ou do quelque autre fluide. L'eau a jailli soudain. Ou c'est du sang mortel qui de l'hydre jaillit Et que ce traître esprit peut-être recueillit, rotr. Herc. moxtr. IV, t. Et je vois jaillir l'Hippocrène, Sous le pied du cheval allé, la motte. Odes, t. i, p. 72, dans pougens. Il Par extension. Des veines d'un caillou qu'il frappe au même instant. Il fait jaillir un feu qui pétille en sortant, boil. Lulr. m. La lumière qui jaillit en torrents de ces soleils, volt. l)ial. '^9. Il Fig. Les traits brillants qui jaillissent de l'imagination de ce poète. La vérité jaillit du plus léger indice, c. delav. Yêpr. sicil. m, s. ||I1 se conjugue avec l'auxiliaire aïoir.
— HIST. xu' s. Il prent trois pox [poils] de l'ermin qu'ot vesti, Parmi les mailles de l'aubère esclarci, Enver Raoul les jeta et jali. Puis li a dit.... Raoul de C. 9).||xiii' s. Crestien ont les Turs en sigrant destroit mis, Qu'as espées d'acier en ont dis mis [mille] ocis. Et quinze cens en ont ensel Ferno jalis,Ch.d'AnJ.iv,869. || xvi's. lien sourdit incontinent un grand feu et une flamme claire qui jalit vers le ciel, AMY0T, Sylla, 12. Il le tua devant ses yeux, si près de luy, que le sang en jalit sur luy, m. Phodon, 43. De çà, de là virant et tournoyant. Comme l'esclair du soleil flamboyant Ou du croissant fait jaillir la lumière Sur l'eau tremblante.... Ronsard, cité dans menace.
— ËTYJi. TTit. jaculari, ren-=r, rrijacuram, j,ivelo% avec un changement de conjugaison (joHHr, au lieu de yoi(ier), changement qui provient peut-être, ilit M. Schelsr, de l'influence de saillir; jaculum luimême vient de jac-io (voy. jet). Le sens ancien du verbe jaillir est actif et veut dire lancer, jeter.
JAILLISSANT, ANTE (ja-ili-san, san-t', Il mouillées, et non ja-yi-saa) , adj. Qui jaillit. Eaux jaillissantes. Fontaine jaillissante. Les puits artésiens sont jaillissants.
JAILLISSEMENT (ja-lli-se-man. Il mouillées, et non ja-yi-se-man) , s. m. Action de jaillir. Le jaillissement des eaux.
— ETYM. Jaillir.
JAIS (je; r» se lie : du jè-z admirable), ». m.
Il i' Espèce de bitume, solide, dur, compacte et trèsnoir, qu'on regarde comme du bois charboniié et imprégné de pétrole, et qu'on taille pour en l'aire divers petits ouvrages, comme des colliers, des