GN
do. l'ignorance, ou qui soutiennent que la science est mauvaise en soi.
— ÉTYM. Ignorant.
+ IGNORANTISSIME (i-gno-ran-ti-ssi-m') , adj. Terme familier. Très-ignorant. Mazarin ignorantissime en toutes ces matières, retz, ii, <02. D'Aubigny, homme sincèrement de bien et d'honneur, mais ignorantissime, grossier, entêté, st-sim. 52«, I57.
— ÉTYM. Lat. ignorantissimus , superlatif de ignorons (voy. ignorer).
IGNORÉ, ÉE (i-gno-ré, rée), part, passé d'igno- •er. Il 1° Qui n'est pas su. L'histoire ignorée de ceux qui devraient la savoir. || 2° Qui n'est pas connu, en parlant des personnes. Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré. Vit content de soi-même en un coin retiré I boil. Éptt. n. Avec un grand mérite et une plus grande modestie, l'on peut être longtemps ignoré, LA BRUY. II. Adieu ; puissé-je venir mourir dans vos bras, ignoré des hommes et des rois I volt. Lett. Mme Denis, 9 juill. 063. Ils aiment mieux être malheureux qu'ignorés; celui dont les malheurs attirent l'attention est à demi consolé, duclos, Consid. mœurs, ch. 6.1| Qui n'est pas connu, en parlant des choses. Une vie obscure et ignorée. Une retraite ignorée.
IGNORER (i-gno-ré), v. a. || 1° Ne pas savoir, ne pas connaître. C'est par la suite de ces conseils que Dieu a fait naître les deux puissantes maisons d'oii la reine devait sortir : celle de France et celle d'Autriche, dont il se sert pour balancer les choses humaines, jusqu'à quù degré et jusqu'à quel temps? il le sait et nous l'ignorons, boss. ilar.-Thér. Il serait honteux, je ne dis pas à un prince, mais en général à tout honnête homme, d'ignorer le genre humain et les changements mémorables que la suite des temps a faits dans le monde , m. Uist. Dessein général. J'ignore de quel crime on a pu me noircir, BAC. Brit. IV, 2. J'ignore si de Dieu l'ange se dévoilant Est venu lui montrer un glaive étincelant, ID. Ath. Il, 2. Je lui vendrai si cher ce bonheur qu'il ignore, Qu'il vaudrait mieux pour lui qu'il l'ignorât encore, id. Mithr. il, l. Le malheureux, il cherchait tour à tour Tous les plaisirs, il ignorait l'amour, volt. Enfant prod. i, 3. La bonne comédie fut Ignorée jusqu'à Molière, comme l'art d'exprimer sur le théâtre des sentiments vrais et délicats fut ignoré jusqu'à Racine, lo. Lett. sur Zaïre. Il Ignorer de, avec un verbe à l'infinitif. Albergoti eut l'art de se mettre bien avec tous ceux de qui il pouvait attendre, bien qu'il n'ignorât pas d'être haï et qu'on se défiait beaucoup de lui, st-sim. 4B5, <B9. Il Ignorer que, avec l'indicatif si la phrase est négative, et avec le subjonctif si la phrase est affirmative. Je n'ignore pas qu'il a voulu me nuire. Il ignorait qu'on fît des informations contre lui. On ignore communément qu'il en soit ainsi. |{ Absolument. Voilà notre état véritable ; c'est ce qui nous rend incapables de savoir certainement et d'ignorer absolument, pasc. Pensées, t. j, p. 248, édit. lahure. Il 2° n se dit des personnes qui ne sont pas connues. Jusqu'ici d'un vain titre Octavie honorée. Inutile à la cour, en était ignorée, rac. Brit. m, 4. 11 s'éleva un nouveau roi dans l'Egypte qui ignorait Joseph, VOLT. Philosophie, Bible expliquée, Exode. Il Ignorer les hommes, ne pas connaître le cœur humain. || 3' Dans le style soutenu. Ne pas connaître, ne pas pratiquer. Elle ignora toujours l'imposture. J'ignore ce grand art qui gagne une maîtresse,, BOiL. Sot. I. Il 4° Neutralement. Ne pas ignorer de, savoir, être instruit. Il annonça ses intentions, afin que personne n'en ignorât. Ceux-là même qui sont séparés de nous de toute l'étendue de la mer.... n'ignorent point de cette vérité, balz. le Prince, ch. 6. Quant à v»us, je vois bien Qu'en sortant du couvent vous n'ignorez de rien, hauteroche, 4pp. trompeuses, ui, 7. Monsieur l'abbé, vous n'ignorez de rien, Et ne vis onc mémoire si féconde, J. b. rouss. Épigr. || 5° S'ignorer, v. ri'fl. Ne pas se connaître sol-même. C'est dans ce doute qui doute de soi et dans cette ignorance qui s'ig[iore et qu'il [Montaigne] appelle la maîtresse forme, qu'est l'essence de son opinion (voy. ignorance, à l'historique), pasc. Enlret. sur Epict. et liant. Mais souvent un auteur qui se flatte et qui s'aime, Méconnaît son génie et s'ignore sci-même, BoiL. Art p. I. Dans ces rêves flatteurs que j'ai perdu de jours ! Cherchant à tout savoir et m'ignorant toujours, L. BAC. la Religion, ch. ii. On s'ignore dans j'fi ventre de sa mère; c'est là pourtant que les idées devraient être les plus pures, car on est moins distrait, volt. Lett. L. C. 23 déc. 4 768. Et mon cœur qui s'ignore Peut-il admettre un Dieu que mon amsent abhorre T id. Zdire, i, <. || N'avoir
point une juste opiaion de soi-même, de ses forces. Objet de la publique estime, Toi seul, tu parais t'ignorer, lamotte, Od. t. i, p. 406, dans pougens. L'envie n'attaqua point un mérite qui s'ignorait, raïnal, Hist. phil. m, )5. ||Être dans l'ignorance de ses propres sentiments. Je la laisse échapper! je m'ignore moi-même, volt. Zaïre, m, 7. Ah! demeurez, Octar, je me crains, je m'ignore, id. Orphel. m, 4. Plein d'un mortel poison dont l'horreur me dévore, Je m'ignorais moi-même et je me ckerche encore, id. Brutus, v, 7.
— HIST. XIV" s. Quant li rois la roïne vist si forment plorer. Et il out entendu tout senz rien ignorer..., Girart de Boss. v. 2564. jjxv s. Et sur ce, le roy d'Angleterre n'avoit pas ignoré [été négligent] ne dormy sur ces besongnes, froiss. liv. iv, p. 223, dans LACURNE. Il xvi« s. Or, entreprenant à former la vie de l'homme chrestien, je n'ignore pas que je n'entre en une matière ample et diverse , CALV. Inst. 634. Afin d'ignorer la chose [de la cacher], elle et ime de ses chambrières, en qui elle se fioit, portèrent le corps mort dedans la rue, MARG. JVoue. L.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. ignorar; ital. ignorare; du lat. ignorare, de i pour in privatif, et d'un radicalinusitégnorMSjtrès-voisindejnarui, qui sait.
t IGUANE (i-goua-n') , s. m. Genre de saurions de grande taille, ayant un fanon comprimé et pendant sous le cou, une crête sur le dos et sur la queue, et qui sont bons à manger.
— ÉTYM. luana, mot caraïbe cité par Oviedo en tB25.
< . IL, au singulier, ILS, au pluriel (il , au pluriel et au singulier ; dans plusieurs provinces, le pluriel se prononce î ; au pluriel Vs se lie : il-z ont. Voici les règles de la prononciation au xvii" siècle d'après chifflet, Gramm. p. 209 : VI ne sonne point devant les consonnes: il dit, prononcez i dit; ni aux interrogations, quoi qui suive : que dit-il? prononcez que dit-i? Parle-t-il à vous? dites : parlet-i à vous? mais hors de l'interrogation il sonne l't devant les voyelles : il a, il aimo; au pluriel, il ne sonne que l's : ils ont, dites : iz ont. On voit en quoi ces règles anciennes différent de la prononciation actuelle. Cette ancienne prononciation, qui supprimait plus les consonnes que nous ne faisons, s'est conservée en grande partie dans la conversation : quelle heure est-i ? quel temps fait-i?). || 1» Pronom masculin qui désigne la troisième personne. Votre père va venir, il est prêt. J'ai lu cet ouvrage, il est bien écrit. Ces gens-là sont pressés, ils courent. || Il se met ordinairement avant le verbe, dans les phrases affirmatives, sans qu'il y ait rien entre deux, si ce n'est des particules et des pronoms. Il lui parle. Une veut pas. || Il se met après le verbe dans les interrogations et dans certaines phrases exclamatives. Que fait-il? Est-il insensé! || Avec le { euphonique : A-t-il? parle-t-il? va-t-il ? || Il se met également après le verbe dans certaines phrases affirmatives. Quoil dit-il, s'écria-t-il, répondit-il. Vous avez, paraît-il, réussi dans vos projets. Aussi est-il vrai. Toujours est-il certain que je l'avais dit. Son cœur, pour se livrer, à peine devant moi S'estil donné le temps d'en recevoir la loi, mol. Femmes sav. Vf, t. \\ 2° Quand une phrase interrogative contient le nom masculin qui est le sujet du verbe, on n'en met pas moins le pronom il après le verbe. Ce fruit est-il bon? Votre père est-il venu? Il Dans certaines inversions dubitatives, le même pléonasme est obligatoire. Ce projet dût-il échouer, nous serons l«ut'3 pour l'avoir conçu. Il 3° Dans certaines phrases le verbe est précédé du pronom il et suivi du sujet ; ces phrases sont surtout du style soutenu, et Impliquent une certaine paission qui fait qu'on prononce le pronom avant le nom auquel il se rapporte. Il me fuit, l'ingrat. Seront-ils plus heureux ceux qui.... || 4° Il se met avec les verbes impersonnels, ou employés impersonnellement. Il faut que.... Ne faut-il pas que...? Faudrat-il donc que...? Il doit s'y attacher de l'intérêt. Quel intérêt ne doit-il pas s'y attacher? Il fait beau temps. Il fut un temps où.... Il pleut à veise. Il m'en doit bien souvenir, ma foi! mol. Préc. rid. 12. Â déboucher la porte il irait trop du vôtre, id. Remerc. au roi. 11 est aujourd'hui le six de mars, SÉv. 6 mars <67<. Et ces fleurs qui là-bas entre elles se demandent S'il est fête au village..., boil. ÉpU. XI. Il Dans ces constructions, il ne laisse pas de gouverner le verbe au singulier, bien que ce verbe soit suivi d'un nom au pluriel (l'ancienne langue mettait le pluriel en ces circonstances : 11 sont six heures). H est six heures. Il est arrivé deux mille hommes. Il est survenu des circonstances fâ-
chauses. Nous n'avons qu'un honneur, il est tant de maîtresses! corn. Cid, m, 6. Je veux qu'on dise un jour aux siècles eff'rayés : Il fut des Juifs, il fut une insolente race, rac. Esth. 11, t. Il s'avance sur le théâtre d'autres hommes, la bruy. viii. || Un il de ce genre a été sous-entendu par la Fontame : De tous côtés lui vient des donneurs de recette, Fabl.
VIII, 3. Il 5" // se rapportant au mot rien. Ayant appris dès le collège qu'on ne saurait rien imaginer de si étrange et si peu croyable, qu'il n'ait été dit par quelqu'un des philosophes, desc. Mélh. 11, 4. || Il se rapportant à ce que. Si ce que je dis ne sert à vous éclairer, il servira au peuple, pasc. dans cousin. Ce qu'on appelle une oraison funèbre, n'est aujourd'hui bien reçu du plus grand nombre des auditeurs, qu'à mesure qu'il s'éloigne davantage du discours chrétien, la bruï. xv. Il y a une éloquence qui consiste à rendre aisément et convenablement ce que l'on pense, de quelque nature qu'il soit, vauven. De l'éloge. \\Ilse rapportant à tout ce que.... Tout ce qu'il fait doit se trouver à la place et dans l'ordre où la règle, c'est-à-dire la loi de Dieu, veut qu'il se trouve, mass. Profess. relig. Serm. 3. || Il se rapportant à tout. Une raison première et universelle, qui a tout conçu avant qu'il fût..., BOSS. Connaiss. v, 2. || Il se rapportant à cela, ceci. Tout cela ne convient qu'à nous. — Il ne convient pas à vous-même, Repartit le vieillard..., LA FONT. Fabl. XI, 8. Ceci n'est pas humble; mais il faut qu'il passe, sÉV. to août 1680. || 6° // pour cela. Iris, je vous louerais; il n'est que trop aisé, LA font. Fabl. X, 4. Il est trop véritable, mol. l'Ét. II, 7. C'est qu'il sent le bâton du côté que voilà, id. leDép.y, 4. Le premier effet de l'amour est d'inspirer un grand respect ; l'on a de la vénération pour ce que l'on aime ; il est bien juste : on ne reconnaît rien au monde de grand comme cela, PAaC. Passions de l'amour. De vous dire que tout cela se passe sans larmes, il n'est pas possible, sév. 19 nov. 4688. Il Cet emploi, qui tombe en désuétude, est conservé dans: il est vrai. Vous avez dû partir, il est vrai, mais.... Ij?" /f surabondant. Et qui, jeune, n'a pas grande dévotion, Il faut que pour le monde à le feindre il s'exerce, Régnier, Sat. XIII. Qui se contraint au monde, il ne vit qu'en torture, id. ib. xv. Un [cierge] d'eux voyant la terre en brique au feu durcie Vaincre l'effort des ans, il eut la même envie, la font. Fabl.
IX, 4 2. La source de tout le mal est que tous ceux qui n'ont pas craint de tenter au siècle passé la réformation par le schisme, ne trouvant point de plus fort rempart contre leurs nouveautés que la sainte autorité de l'Église, ils ont été obligés de la renverser, eoss. R. d'Angl. Ceux qui commençaient à le goûter, n'osant avaler le morceau qu'ils ont à la bouche, ils le jettent à terre, la brly. v. Un noble, s'il vit chez lui dans sa province, il vit libre, ID. VIII. Les Romains se destinant à la guerre et la regardant comme le seul art, ils mirent tout leur esprit et toutes leurs pensées à le perfectionner, montesq. Rom. 2. || Ce pléonasme était reçu des écrivains du xvii* et du xviii' siècle; aujourd'hui il l'est beaucoup moins. Toutefois ces exemples font voir dans quel cas un il surabondant peut être placé, non sans grâce ou sans clarté. || 8" Ils se dit quelquefois d'une façon indéterminée pour indiquer les gens qu'on a dans l'esprit. L'autorité, Tautorité, ils n'ont que ce mot, dider. Père de famille, II, 6. Voilà comme ils sont tous; c'est ainsi qu'ils nous aiment; s'ils étaient nos ennemis, que feraient-ils de plus? id. ib. \\ 9° Ce qu'il y a, ce dont il s'agit. Or sus, mon fils, savez-vous ce qu'il y a? c'est qu'il faut songer, s'il vous plaît, à vous défaire de votre amour, mol. l'Av. iv, 3. 1110° Il n'est que de, la seule chose qui importe, qui soit utile, nécessaire. Ma foi, il n'est que de jouer d'adresse en ce monde, mol. ilal. im. Interm. I, 6. Il 11° 11 n'est pas que vous n'ayez vu, certainement vous avez vu. Mais peut-être il n'est pas que vous n'ayez bien vu Ce jeune astre d'amour, do tant d'attraits pourvu, mol. Éc. des fem. i, 6. Il 12° Il suivi du relatif qui ou quiconque, signifiant celui qui; tournure usitée au xvii* siècle, qui est tombée en désuétude, mais qui pourrai» être reprise. Il passe pour tyran quiconque s'y fai-w maître, corn. Cinna, li, 1 . Pour la première fois il me dupe qui veut ; Mais, pour une seconde, il m'attrape qui peut, id. Bel. v, 5. Chacun fait icibas la figure qu'il peut. Ma tante; et bel asprit, il ne l'est pas qui veut, mol. Femm. sav. m, 2. 11 est bien heureux qui peut avoir dix mille écus chez soi ID. l'Av. 1, B. Il 13^ Terme de chasse. 11 bal l eau terme pour avertir les chasseurs et les chiens