de SEnRE
JARDINER (jar-di-né). || 1° F. n. Travailler au jardin, en parlant de personnes pour qui ce genre de travail est un amusement. Il [l'enfant] n'aura pas vu deux fois labourer un Jardin, semer, lever, croître des légumes, qu'il voudra jardiner à son tour, j. j. Rouss. Ém. n ....Notre grand Frédéric passe une partie de son temps à jardiner et à cultiver des melons, bern. de st-pierbe, Voy. en Silësie. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Il 2" V. a. Terme d'eaux et forêts. Jardiner un bois, l'exploiter par la méthode de Jardinage. Cette manière d'exploiter les bois en les jardinant est en usage dans plusieurs endroits, bufp. Ilist. nat. introd. part. exp. Œuv. t. viii, p. 423. || Ne laisser qu'une seule tige à chaque pied d'arbre, dans un plant qu'on veut élever en futaie. || 3" V. a. Terme de fauconnerie. Jardiner un autour, l'e.vposcr au soleil, pour lui faire prendre l'air.
— lUST. XV' s. J'ay mon mari qui se rigole De
JAR
moi et s'^n va jardinant Avecques mainte femme foie Chascun jour ou le plus souvent, eust. desch. poésies, f" 334. Il xvi« s. A Avignon l'on jardine avec la pointe de la grnnde et large aissade, o. de SERBES, 606. Il me souvient d'un gentil homme qui, passant sa main par dessus «a bosse , luy ayant dit : voilà un bon billot pour jardiner mes oyseaux, il repondit : oui bien les niais, bouchet, Serres, livre ii, p. 2u6, dans lacurne.
— ÊTYM. Jardin; picard, gardiner.
JARDINET (jar-di-nè ; le tne se lie pas; au pluriel,
\'s se lie : des jar-di-nè-z agréables; jardinets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Hl" Petit jardin. Le jardinet dont il [un édifice] était précédé participait, en revanche, du genre anglais, en. de BEnNARD, Un homme sérieux, § xviii. || 2° Terme de marine. Compartiment sur le pont pour encaquer les harengs.
— HIST. xv s. Ce fut ou joli mois de may. Je n'oi doubtance ne esmai. Quant j'entrai en un gardinet, FROiss. Poésies, Espinette amour. Dedans son joli jardinet, villon, Uegrels de la belle heaulmière. |! XVI' s. Le grand chemin sera large de quinzepieds, l'on en prendra quatre pour les jardinets , où seront logées lesherbes joignans le terrain, o. de serres, 600.
— ÊTYM. Diminutif de jardin, ital. giardinetto. JARDINEUX, EUSE (jar-di-neû, neû-z'), adj.
Terme de joaillier. Emeraudes jardineuses, émeraudes dont le vert n'est pas net et est mêlé de brun.
— ÉTYM. VOT. JARDINAGE.
< . JARULMÈR, 1ÈRE (jar-di-nié, niè-r'), s. tn. et^. II 1° Celui, celle dont le métier est de cultiver les jardins.La Quintinie était un des plus renommés jardiniers de LouisXlV. Jardinier-fleuriste. Jardinier-pépiniériste. Je croispoursonhonneur que celui-là visait à Marie [voulait lui faire la cour]; mais le plus juste s'abuse, il a tiré sur la jardinière et le mal est incurable, sÉv. Ui. Envoyant ces œillets qu'un illustre guerrier Arrosa de sa main qui gagna des batailles. Souviens-toi qu'Apollon bâtissait des murailles, Et ne t'étonne pas que Mars soit jardinier, m"' de scudéri. Sut des œillels cultivés ■par le prince de Condi, dans hichelet. Je me souvins de la remarquedesjardiniers, qui la première année n'attendent rien d'un jardin neuf, buff. E%p. sur les xégél. 1' mém. Il Fig. Chien de jardinier, homme jaloux et hargneux (voy. chien aux proverbes). Jamais il n'y eut un véritable chien de jardinier comme lui, sÉv. Osept. (677. Il 2° Celui qui en tend bien l'ordonnance des jardins, et en donne les dessins. Cet homme est un très-habile jardinier. Sens aujourd'hui peu usité. Il 3° Terme de fauconnerie. Faire l'oiseau jardinier, le mettre au jardin, c'est-à-dire le mettre, avec une longe, au soleil et à l'abri du vent. || 4" Jardinier, nom vulgairedubruantortolan.il B''S./'.Jardinière,meuble d'ornement portant une caisse dans laquelle on cultive des fleurs. Une jardinière d'acajou. Jardinière en faïence, en porcelaine. |{ 6° Terme de cuisine. Jardinière, mets composé de diverses sortes de légumes nachés, principalement de navets et de carottes. Servir une jardinière pour entremets. Légumes servis à l'huile en jardinière. Côtelettes en jardinière, à la jardinière, côtelettes de mouton servies sur une jardi:".ière. || 7° En termes de couture, jardinière, petite broderie de fil, étroite et légère, faite au bord d'une manchette de chemise, ou de quelque autre vêtement semblable. || Nom d'une coiffure au xvii' siècle. Plus de coiffures élevées jusqu'aux nues, plus de casques, plus de rayons, plus de bourgognes, plus de jardinières, sÊv. Au duc deChaulnes, 15 mai )69i. Une longue cornette, ainsi qu'onnouson voit, D'une dentelle fine et d'environ un doigt. Est une jardinière, BOURSAULT, llots à la modi!, sc. 4 5. || 8° Jardinière, espèce d'hélice, coquille. Il Jardinière, nom do divers insectes qui attaquent les racines des plantes potagères.
— lllST. xui* 3. Dame oiseuse la jardinière I vint 0 [avec] la plus grant baniere, la llose, (0489. Il xV s. Ce fut au temps du mois de may. Qu'on doibt fuir deuil et esmay, Que j'cntray dedens un vcrgier Dont Zepliirus fut jardinier, la Font, des am. 4.
— ÉTYM. Jardiner: \iei ry, jarannier.
t 2. JARDINIER liîUE (jar-di-nié, niè-r'), adj. Oui a rapport aux jardins. Plantes jardinières. Des cultures jardinières, Acad. des sciences, comptas rendus, t. lvi, p. 04l. || Méthode ou exploitation jardinière, synonyme de jardinage, n* 4.
t JARDINiyTE (jar-di-ni-if), *. m. Néologisme. Celui qui dessine des jardins.
— ÉTYM. Jardin.
JARDON (jar-don), s. m. Synonyme de jarde.
— ÉTYM. lui. giardone.
JAR
t JARET (ja-rè), s. m. Variété de prune.
fJAUGAUDER (jar-gô-dé), t). n. Terme rural. Couvrir la femelle, en parlant du jars.
). JARGON (jar-gon), s. m.\\V Langage corrompu. Tout ce que vous prêchez est, je crois, bel et bon; Mais je ne saurais, moi, parler votre jargon, MOL. F. sav. II, 6. L'impudente I appeler un jargon le langage Fondé sur la raison et sur le bel usage! jn. ib. 'Vingt jargons barbares succèdent à cette belle langue latine qu'on parlait du fond de l'Illyrie au mont Atlas, volt. Moeurs, 12. || Il se dit quelquefois, avec une épithète, en un sens favorable. Vous avez l'art d'endormir ma douleur Au doux jargon de muse marotique, cnAUL. à Mme de Lcssay. Il Langage altéré que les auteurs comiques mettent dans la bouche des villageois, ou des étrangers tels que Anglais, Suisses et Allemands. Ton jargon allemand est superflu, te dis-je, mol. l'Éi. v,7. || 2° Abusivement, une langue étrangère qu'on n'entend pas. Je ne sais quelle langue parlent ces gens-là, je n'entends pas leur jargon. Il Fig. Le langage d'amour était jargon pour elle, lafont. Coupe. || 3" Langage particulier que certaines gens adoptent. Comme si, par devers l'Inde, on eût eu dans l'esprit La sotte vanité de ce jargon frivole [le blason] ! la font. Fabl. x, 16. Avec ce jargon un homme se croit grand philosophe, et méprise le vulgaire, fén. Dial. des morts anc. Platon, Aristotc. Il n'a manqué à Molière que d'éviter le jargon et l'i barbarisme, et d'écrire purement, la brdy. i. Tessé avait le jargon des femmes, assez celui du courtisan, st-sim. <(o, ii. Elle n'avait, à le bien prendre, pour se faire valoir dans la conversation, que ce qu'on peut appeler le jargon du monde, mariv. Paysan parv. 6* part. Cha |ue science, chaque étude a son jargon inintelligible, qui semble n'être inventé que pour en défendre les approches, volt. Ess. poés. épiq. ch. i. Il n'y avait pas jusqu'aux gueux qui n'eussent leurs confréries, leurs mystères, leur jargon particulier dont j'ai vu un petit dictionnaire imprimé au seizième siècle, m. Dict. phil. Initiation. Molière, qui n'entendait rien au jargon de la chasse, pria le comte de Soyecourt lui-même de lui indiquer les termes dont il devait se servir, m. Vie de Molière. Et prenant plutôt le jargon des livres que la connaissance de leur contenu, J. J. houss. Conf. v. Il Absolument. Le jargon, langage da convention dans un certain monde, dans certaines coteries. Il faut, dans le commerce des dames, de l'esprit ou du jargon qui en ait l'apparence, volt. Dict. phil. Esprit. Il 4° Langage à double entente. La reine qui entendit le jargon du cardinal, retz. Récit des barricades. Il Jargftp s'est pris dans le sens de langage de convention dont on so sert pour correspondre avec un ambassadeur, Mém. pour le card. de Richelieu, Cologne, <067, p. sio (dans cet écrit, on voit que jardin signifiait Rome).
— lllST. XIII* s. Lors tuit[tous] diseient en lorjargunQue cil oisaxqui si canteit..., marie. Fable 22. Il xv's.Il n'y a ne besten'oyseau Qu'en son jargon ne chante et crie ; Le tems a laissiè son manteau De vent, de froidure et de pluye, Charles d'orliîans, nondcau....ll court ungergonQue humains auront rédemption, L'incarnation et nativité de nostre saulvcur et rédempteur Jesuchrit, in-folio, sans lieu ni date, fol. xliiii, verso. Venez y d'amont et d'aval. Les hoirs du défunt Pathelin, Qui savez jargon jobelin [de maquignon], villon, flcpues franches. Il XVI* s. Les chefs firent une harangue au roi en leur gergon, ayant chacun leur interprète, d'aub. Ilist. I, 205. Ils prirent le jargon de la cour, ID. ib. Il, 270. Tous artisans ont chacun un jargon à part, PARÉ, Introd. 22. Le jargon piopheti(iue, mont, i, 47. Pourquoi n'aura il [des Autels qui voulait qu'on prononçât plusieurs lettres qui ne se prononcent pas] avec ses savants un jargon propre, vu que les cagnardiers s'en forgent bien un à leur poste 7 mei- GHET, dans LivET, la Gramm, franc, p. i 20.
— ÉTYM. Picard, gerson; espagn. xerga; anc. espagn. girgonx, et aujourd'hui jerfgonio; provençal moderne, gergonx. Il se présente plusieurs opinions sur l'étymologie, sans rien de décisif : i' le radical roman garg, qui est dans garg-ouiUer,d^ns garg-ata, Ole. ; 2* le Scandinave jarg, bavardage; 3* le jars, vu qu'on dit : le jars jargonne, pour exprimer le cri de cet oiseau. Il est difficile do choisir entre ces opinions ; cependant la troisième est la plus vraisemblable. Diez pense que le mot est d'origine française, et que de là il a passé dans les autres langues romanes. En tout cas le mot est ancien; on en a un exemple dès le xiii* siècle.
2. JARGON (jar-gon), î. m. || J* Terme de joaillerie. Espèce de diamant jaune, moins dur que le
JAR
vrai diamant. Los chaînes dont les chatons portcn des pierres appelées jargons, qui imitent parfaitement le diamant, volt. Lett. d'Argenlal, 7 déc. 1770. Il 2° Petites pierres de la grosseur d'une tfito d'épingle, d'un rouge brillant, fort communes eu Auvergne et que les anciens droguistes donnaient pour de véritables hyacinthes.
— ÊTYM. Ital. giargone.
t JARGONELLE (jar-go-nè-l"), t. f. Variété de poire, fort pierreuse.
— ÉTYM. Jargon 2.
JARGONNE, ÉE (jar-go-né, née), part, passé de jargonner. Quelques excuses indistinctement jargonnées.
JARGONNER (jar-go-né), v. n. \\ 1» Parler un langage corrompu, non intelligible. Ils jargonnaient ensemble. || Activement. Ce More qui jargonne Certains mots qui ne sont entendus de personne, th. CORN. l'Inconnu, i, 6. || 2* Parler entre ses dents, d'une voix indistincte. M. de Noyon jargonna longtemps avant de se rendre, mais à la fin il ne put se défendre des soupçons, st-sim. 24 , 25. || En ce sens il est quelquefois actif. Qu'est-ce qu'ils jargonnent? || 3° Activement. S'exprimer en un jargon ou.langage particulier à certaines gens. Il plaisante fort mal.... il jargonne le sentiment, le cœur, LANoiiK, Coquette corr.iii, b. || 4°Termede fauconnerie. Crier comme l'oie, ou le jars.
— HIST. XIII* s. Quand cil ne sait plus que respondre. Pour l'abaubir, pour le confondre, X gardoner et à mesdire. Se prent, et lui commence à dire.... du cange, garda. \\ xv* s. Or ça, vieillard de pute afaire, Vien jargouiUer au commissaire, Mart. de St Denis. Et plus causer et jargonner Qu'une vieille qui teille, basselin, lviii. 11 eut un oncle lymosin Qui fut frère de sa belle ante : C'est ce qui le fait, je me vante, Gergonner en lymosinois, Patelin. Je congnois quant pipeur jargonne, VILLON, Ba/ Jade. Il XVI* s. J'oy d'autre point le pivert jargonner. Siffler l'cscoufie, et le butor tonner, MAROT,i, 223. Ils [les domestiques] ne parloieiiten ma compaignis qu'autant de mots latins que chascun en avoit apprins pour jargonner avec moy, MONT. 1, (94. Un autre qui jargonnoitl'italien, d'aub. Fœn. m, <9. Quand les oyes, canes et canars s'espluchent, et ensemble jargonnent, c'est signe de pluye, paré. Animaux, 2. Ils jargonnent comme les jars, ils raucoulent comme colombes, id. ib. 25.
— ÉTYM. Jargon t .
t JARGONNESQUE (jar-go-nè-sk') , od;". Qui tient du jargon.
— ÉTYM. Jargon 1. Jargonesque Siélé employé par H. Estienne.
t JARGONNEUR (jar-go-neur), s. m. Celui qui jargonne.
— HIST. XVI* s. Je ne débats pas qu'il [un grammairien] ne jargonne avec ses jargoneux tel langage qu'il le voudra forger; mais qu'il nous laisse entre nous, simples gens, user do la langue qui nous est jà fort usitée, meigret, dans livet, la Gramm. franc, p. (2i.
t JARLOT (jar-lo), s. m. Terme de marine. Entaille dans la quille, dans l'ctrave, dans l'étambot d'un bâtiment, où l'on fait entrer le bordage.
t JARNAC (COUP DE) , voy. COUP, n" 6.
— ETYM. Gui de Chabot Jarnac, dans un duel, le 10 juillet (B47, fendit d'un revers de son éjiée le jarret à son adversaire François de Vivoiine, soigneur de la Chatoigneraie. Ce coup fut trouvé trèshabile et fournit une expression proverbiale, qui a pris un sens odieux; mais c'est un tort do l'usage, car le coup de Jarnac n'eut rien que de loyal, et le duel se passa dans toutes les règles de l'honneur. À la suite de cela, un jarnnc s'est dit aussi pour un poignard.
t JARNIDIEU (jar-ni-dieu), JARNIBI.EU (jar-nibleu), et, par ellipse, JARNI (jar-ni) , sorlo de jurement. Jarni, vlà où l'on voit les gens qui aiment, MOL. Festin, il, t. || Les paysans de la comédie disent jarnigoi, jarnigué, jarniguionno, jcrniguienne. Jerniguienne aussi hardiment que si j'avais avalé un varre de vin, mol. Festin de Pierre, 11, t.
— ÊTYM. Corruption oe^er^m'e Dieu. On trouva au XVI* siècle harnibieu; Vitet l'a employé (/i.ï États de Blois, se. 4) : Harnibieu I Sire, complri:vous que je vais l'attendre au coin d'une haie V
t JARNONCE (jar-non-s'), sorte de jurement comique. Et jarnonce I quand il dirait vrai pour U baronne, comment se tirerait-il d'affaire pourvof nièce? DANcouRT, le Chevalier à la mode, iv, 3.
— ÊTYM. Corruption de je renonce (d ma fui) ; c'est le même sens que je renie Di<.u.
JAR
tJAnOSSK (Ja-ro-s') , JARODFLE (ja-rou-fl'), JAROUGE (ja-rou-j"), JAROUSSE (ja-roii-s"), s. /■. Noms vulgaires de la gesse cbiclie et gesse vulgaire, et de la vesce craque qu'on sème pour la couper en vert (Poitou et Vendée).
— lllST. XII* s. Pois, fèves, jarroces et veces, du CANOË, jarrossia.
— ÊTYM. Origine inconnue.
i. JARRE (jâ-r"), i. {. Il !• Grand vaisseau de terre vernissée. Une jarre d'eau, d'huile. Les jarres se fabriquent en Provence, jj 2° Nom donné quelquefois aux fontaines de terre cuite dont on se sert jans les maisons. || 3* Dans un moulin, futaille où tombe le son. ||4' Terme de laboratoire. Jarre électrique, grand bocal de verre garni intérieurement de deux feuilles d'étain qui en font une grande bouteille de Leyde.
— ÉTYM. Provenç. jarra, guarra ; catal. geTra ; espagn. et portug. jarra; ital. giara, giarro; de l'arabe (ijara, vase d'argile à'iarge boucho.
t 2. JARRE (jâ-r*), s. m. Poils longs, durs et luisants qui dépareraient les pelleteries et dont l'enlèvement laisse à découvert un duvet soyeux qui fait tout le prix de la fourrure. Le castorin, que les Anglais appellent newter, a une petite queue ccailleuse ; sa peau porte un jarre qui recouvre un poil soyeux, trop peu fourni pour la pelleterie, mais très-propre à la chapellerie. Tarif det douanes, édit. de <844, p. <»8, notes. || On trouve aussi l'orthographe jars. Les toisons où le Jars domine ne se sont montrées ni plus ni moins fréquentes chez mes bêtes que chez celles de mes voisins, beau- DOuiN, Acad. des se. Comptes rendus, t. lv, p. 238.
— ÉTVM. Origine inconnue.
t 3. JARRE (ja-r'), «• "i. Nom, dans l'ouest de la France, de bancs de sable, de rapides qu'une rivière présente. Le tirant d'eau, à l'éliage également, se réduit, dans la partie supérieure du fleuve, audessus de Digoln, à 0",IB et 0",20 sur les rapides ou jarres; mais, dans les mouilles, il est souvent de 0",80, E. GRANOEZ, Yotes navigables de France, p. 317. Il On l'écrit aussi jar et jard. Le dragage, en aval de Cheffes [sur la Sarthe], de quelques bancs de sable appelés jars, m. ib. p. 698. || Ces sables abandonnés par les rivières sont parfois devenus des promenades. Le Jard de Châlons-sur-Mame, orné d'arbres plantés en quinconce.
t JARRE, ÉE (j4-ré, rée), adj. Qui contient du jarre. Laines jarrées. Feutre jarre.
— ÉTVM. Jarre 2.
t JARREBOSSK (ja-re-bo^'), s. f. Terme de marine. Corde garnie d'un crampon pour accrocher l'anneau de l'ancre, lorsqu'on la tire de l'eau.
JARRET (ja-rè; le t ne se lie pas , au pluriel, V* se lie : des ja-rè-z agiles; jarrets rime avec traits, jamais, succès, paix, etc.), s. m. || 1° Partie du membre inférieur qui est située derrière l'articulation du genou et où s'opère la flexion de la jambe sur la cuisse. Le creux du jarret. Plier le jarret. Il a le jarret souple, dispos. Uu seul d'entre eux formait des pas avec agilité, la tête haute, le regard assuré, les bras étendus, le corps droit, le jarret ferme, volt. Zadig, t*. \\ Avoir du jarret, se dit d'un bon marcheur, d'un danseur qui ne se fatigue point aisément. En ce sens on dit familièrement : un jarret d'acier || Fig. et familièrement. Être ferme sur ses jarrets, faire bonne contenance. ,1 Fig. et populairement. Tendre le jarret, faire l'important. || 2" Nom donné, chez les animaux, à l'ensemble des articulations formées par le tibia, les os tarsiens et les métatarsiens. Le jarret des animaux ne correspond pas au jarret de l'homme, qui n'est que la partie postérieure de l'articulation fémoro-tibiale. Les jarrets d'un cheval. || Terme de manège. Avoir les jarrets vidés, se dit d'un cheval dont les jarrets ne sont ni gras, ni pleins. Être sur les jarrets, se dit d'un cheval jarreté ou crochu. Jarrets mous, jarrets qui tournent sur eux-mêmes. Ij Jarret de veau, partie du veau au-dessus de l'articulation de la jambe de derrière et de la jambe de devant. Mettre un jarret de veau dans le pot. Il Terme de chasse. Quand les chiens chassent une bête malmenée, on dit qu'ils lui mangent les jarrets. Il 3° Terme d'architecture. On dit qu'une chose fait le jarret pour dire qu'elle a quelque inégalité ou quelque bosse. Il y a des jarrets dans cette voûte. Il Terme de menuiserie. Défaut opposé à la Hache, espèce de saillie, de bosse qui dérange l'uniformité de la courbure d'une pièce da bois. Il 4° Branche d'arbre longue et dépouillée d'autres branches à droite et à gauche. Il n'y a rien de si vilain que de voir les jarrets, tant dans un buisson
JAR
que dans un espalier, la quintinie, Jard. fruitiers, dans HiciiELET. || 5" Coude formé par la jonction de deux tuyaux de conduite. || 6" Partie du mors qui descend du rouleau aux petits touretsde la premiers chaînette. || 7° Terme de pêche. Poisson du genre des spares.
— HIST. xii* s. Il trenchad les garez des cheval» ki traistrent les curres [tirèrent les chars], liais, p. U7. Il xiu* s. Prenés Kenaut Porquet, qui maint Turc a ocis. Par desor ceste table soit estendus et mis; X soufre et à fer chau ait les garés bruis. Et les ners et les vaines ait tous ars et blesmis, Ch. d'Ànt. v, 306. Prens, fet la raine [grenouille] , cel filet; Sel lie fort à ton gairet, E ge l'alacherai au mien, mahie, Fable 3. Renart par les deus gambes [il] prent. Et maintenant a tret s'espée. Par les jarez ii a botée, Ren. 25ooo. |{ xvi" s. Prenez un coq et un jarret de veau, qu'on fera cuire en eau, pARé, XV, 38.
— ÉTYM. Norm. garret; pic. guiret, garet ; géney.jairre ou jarre de veau, jarret de veau ; provenc. gorro, jambe; ital. garetto; du celtique: breton, gdr, garr, jambe; gallois, gar.
JARRETÉ, ÉE (ja-re-té, tée), adj. \\ !• Terme de vétérinaire. Qui a les jambes de derrière tournées en dedans, de façon que les deux jarrets se touchent presque en marchant. Mulet jarreté. || Il ss dit du cheval dont le jarret ou l'angle formé par le calcanéum et le tibia comprend plus de 45°. Jument jarretée. || 2° En termes de danse, le danseur jarreté est celui dont les genoux se touchent et les pieds s'écartent ; c'est à peu près le même sens que cagneux, NOVERHE, Lettre sur les ans imitateurs ,t i, p. 410. 113° Il se dit, en architecture, d'une surface qui a un jarret. Pilastre jarreté. Voûte jarretée.
— ÉTVM. Jarret.
t JAURETER (ja-re-tô. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je jariette, et non, commeondit souvent, je jarte). || 1» K. o. Mettre des jarretières. Être mal jarreté. Être jarreté avec recherche. Il 3° V. n. Terme d'architecture. Se dit d'une voûte, d'un pilastre qui a un jarret. i| 3° Se jarreter, v. réfl. Se mettre une jarretière. Se jarreter au-dessus du genou.
— ÉTYM. Jarret.
t JARRETIER, 1ÈRE (ja-re-tié,tiè-r'), od;. Terme de manège. Cheval jarretier, cheval qui a les jarrets trop proches l'un de l'autre.
JARRETIÈRE (ja-re-tiè-r'),i. f. || 1« Sorte de lien vec lequel on soutient ses bas au-dessus ou au-dessous du genou.Une belle jambe bien tournéR,couverte d'un bas de soie couleur de rose, avec une jarretière d'argent, LE SAGE, Diab. boit. ch. viii,dans pougens. Elle finit par laisser tomber sa jarretière; Zadig la ramassa avec sa politesse ordinaire, mais il ne la rattacha pas au genou de la dame, volt. Zadig, 7. {| Les jarretières de la mariée, jarretières que les garçons lie noces dérobaient autrefois et dérobent encore dans quelques provinces à la mariée. Et la jarretière de la mariée, l'aurcns-nous7 beaumahch. Jfar. de Fig. y, <9. Quand vos sœurs se partageront Ces fleurs qu'on dit d'heureux augure. Les garçons vous déroberont Une plus secrèto parure ; La jarretière , pensez-y I bérang. Chapeau de la mariée, jj Fig. et familièrement. U ne lui va pas à la jarretière, il est bien loin de le valoir. Il Fig. et familièrement. Donner des jarretières à quelqu'un, lui donner des coups do sangle sur les jambes. || Je lui taillerai bien dos jarretières, je lui donnerai de la besogne, je le ferai courir. Il 2° Ordre de la Jarretière (ou met un grand J) , ordre de chevalerie institué par Edouard 111 d'Angleterre en i 349, à l'occasion de la jarretière de la comtesse de Salisbury, sa maltresse, qu'il releva dans un bal, en disant : Honni soit qui mal y pense. L'ordre de la Jarretière, qui se nomme aussi de Saint-Georges, porte une image de ce saint, enchâssée dans un cercle d'or garni de diamants, et attachée à un cordon bleu qu'on passe, en forme d'écharpe, de l'épaule gauche à la hanche droite. Il [Jacques II] a donné l'ordre de la Jarretière à M. de Lauzun, siv. B'iS. 47 août 4 686 : on sut que milord Feversham a eu la Jarretière, vacante par U aiurt de milord Arlington, bandeau, 1, 208. Les chevaliers de la Jarretière ne marchent que suivant l'ordre de leur réception, indistinctement, selon l'ancien usage de France, volt. Lctt. Uichelieu, 1 1 mars <77(. {j 8° Espèce de dartre farineuse entourant la jambe en manière de jarretière. || 4° 'ferme d'ichthyologie. Nom vulgaire du genre épidope, de la famille des ténioldes. jj 6* Terme de marine. Sorte d'amarrage, tel que celui qui fixe aux mâts l'aiguil-