‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 55 sur 389 · JAU · texte numérisé non relu

JAU

couleur jaune, destinée à nourrir l'embryon, bonnet, Consid. corps org. Œuvr. t. vi, p. 412, note 2. Les œufs qui n'ont point été fécondés, ont un jaune qui ne diff'ère point de celui qu'on trouve dans les œufs fécondés, id. t6. Les vaisseaux du poulet naissant se confondent avec ceux du jaune de l'œuf, et forment avec eux un tout continu, condorcet, Ilaller. Il Jaune d'œuf, nom d'une coquille du genre nérite. Jaune d'œuf aplati, le nérite albumine. Il 8* Jaune antique, marbre que les anciens tiraient de la Numidie. || 9° Jaune écarlate, agaric orangé. Il Jaune à collet rouge, champignon blanc, cerné de jaune, muni d'un collet un peu rouge. || 10° S. f. Nom de plusieurs espèces de pèches ou de figues de couleur jaune. || Jaune lisse, espèce de pèche. Il Grosse jaune tardive, autre espèce de pèche. Il Grosse jaune, espèce de figue.

— HIST. XI* s. Blanche la queue et la crignete [crinière] jalne, Ch. defloi. cxiii. ||xiii"s. Que j'en sui devenue aussi jaune com cire, Bcrte, lxxxviii. I! XIV* s.Si chevel [ses cheveux] sont plus gane que tins ors qui resplent, le Bastarl de Bouillon, ms. franc, v. 2328. 1! xvi* s. Jaune, paisie jaune doré, couleur de Judas, deverollé, d'aurore, de serain,D'AUD. Fœn. i,

2. Aleberges de jaune doré ayant la chair ferme, 0. DE SERRES, 678. Si le mary l'entend jaune, elles [les femmes| veulent verd, cnoLiÈRES, Contes, t. ii, après-dtnée 2, p. 71, dans pougens. Pourquoi ne leur sera il permis, disent ils [les pyrrhoniens] , comme il est entre les dogmatistos,à l'un dire vert, à l'aultre jaulne, à eulx aussi de doubler? mont, ii, 232.

— ÉTYM.Wallon,gène; namur.jane; Hainaut, gane; picard, gane; provenç. jaune; du lat. galbînus, jaune verdâtre, dérivé de gairus, jaune; ail, gelb; angl. yellow.

+ JAUNEAU (jO-nô), s. m. Ficaire.

t JAUNELET (jô-no-lè), s. m. Nom vulgaire de la chanterelle, champignon.

— ÉTYM. Diminutif de yiune.

\ JAUNEMENT (jô-ne-man), adv. D'une manière jaune.

— HIST. XVI* 3. Phœbus dans ses rameaux mil des pommes dorées, Du teint de ses rajons jaunement honorées, amadis jamin. Poésies, p. 20 8,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Jaune, et le suffixe ment.

t JAUNET, ETTE (jô-nè, nè-f), adj. || 1° Qui est un peu jaune. || Pain jaunot, .sorte de pain qui tient le milieu entre le pain blanc et le pain bis. || 2° S. m Terme populaire pour désigner une pièce d'or Il Petite fleur jaune des prés. Cueillir "des jauncts. Jaunet d'eau, espèce de nénuphar, nuphar luteum, Smiih, nymphéacées.

— HIST. xvi* S. Jaunet [un écu d'or], oumn, Pic(. Pour tels plaisirs tels jaunets [jaunes d'œuf] fault humer, Pour tels plaisirs il faut essuyer telles peines. Repartie d'amours, p. 243, dans lacurne.

— ÉTYM. Diminutif de jaune.

t JAUNÊTRE (jô-nê-tr'), s. m. Le même que la gaude ou réséda bâtard.

— ÉTYM. Jaune, et être.

t JAUNEUR (jô-neur), i. f. Couleur jaune, teinte jaune.

— HIST. XVI* s. Je croy qu'ils se contenteront de la médecine qu'il a prise aujourd'hui, qui luy a ousté la jaulneur qui depuis trois jours lui estoit venue, margler. Lett. 84.

— ÉTYM. Jaune.

JAUNI ,IE (j6-ni, nie) , part, passé de jaunir.Devenu jaune. Soleil si doux au déclin de l'automne. Arbres jaunis, je viens vous voir encore, bérang. Adieux.

JAUNIR (jô-nir). || 1° V. n. Devenir jaune. Qu'on ne voie Nos plaines jaunir de moissons, malh. m,

3. Fatal oracle d'Épidaure, Tu l'as dit : les feuilles des bois  ses yeux jauniront encore. Et c'est pour la dernière fois, millev. Chute des f. Jamais sur mon tombeau ne jaunira la rose Ni le jaune souci, ste-beuve, Poésies, les Rayons jaunes. || 2'' V. a. Rendre jaune, peindre ou teindre en jaune. Le soleil jaunit les moissons. Les pharisiens donnaient l'aumône en public; ils se jaunissaient le visage pour paraître plus grands jeûneurs, fleurt, Mœurs des Israél. t. xxxiil, 3* part. p. 407. || Terme d'épiiiglier. Donner la première façon au laiton. |{ Terme de cloutier. Secouer les clous dans un vass où il y a du vinaigre. || Terme de doreur sur bois. Enduire un ouvrage à dorer d'une couche de jaune à l'eau.

— HIST. xiii* s. Et la pesance et les ennuis Qu'el sofroitde jors et de nuis L'avoient moult faite jaunir, Et maigre et pale devenir, la Rose, 297. || xiv* s. Aucuns pendent leurs pourceaulx, et l'air les jaunit, Ménagier, 11, 5

— ÉTYM. Jaune; picard, gonir; Borry, jaunczir.

JAV

JAV

JEA

JAUNISSANT, ANTE (j6-ni-san, san-f), ad;. Qui

devie!:t jaune. D'un front ridé les replis jaunissants, CORN. Sertor. ii, ), Une moisson jaunissante, fléch. Vmed'Àjguill. Tout son corps est couvert d'écaillés jaunissantes, bac. Phèdre, v, 6.S:ilut! bois couronnés d'un reste de verdure I Feuillages jaunissants sur les gazons épars ! lamart. SIéd. i, î». || 11 ne s'eiupluie guère que dans 1« style élevé ou poétique.

— HIST. ivi' 3. Je ne souhaite point me pouvoir transformer, Comme feit Jupiter, en pluye jaunissants, nu BELLAY, y, 38, recto.

JAUNISSE (jô-ni-s'), s. f. \{ 1° Teinte jaune de la peau. Vous me reconnaîtriez d'abord à l'ancienne jaunisse de mon vis ige, balz. liv. vi, lett. a. On sait que, deux ou trois jours après la naissance, tous les enfaits ont une espèce de jaunisse; celte Jaunisse dans les blancs n'a qu'un effet pissager, et nvjaisse à la peau aucune impression; dans les nègKs au contraire, elle donne à la peau une couleur irî&Sfaçable, et qui noircit toujours de plus en plus, BLFJf'.-.ifi'it. nat. hom. CEurr. t. v, p. 226. Il 2° Particulièrem>>eJt. Maladie qui jaunit la peau, que, dans le langage "niédical, on nomme ictère, et qui provienlde quelque trtWttJe apporté à la sécrétion ou au cours de la bile. L'n hbàKW qui a la jaunisse croit que tous ceui qu'il voit sont Jï.uncs, pfiN. t. xix, p. 451. Il Fig. ^ gens de parti! gerlv.attiiqués de la jaunisse, vous verrez toujours toutjaunâ";'«i)LT. Dict. yhil. Bayle. || 3° Il se dit d'une maladie deSv.rbres. Il 4" Maladie des vers à soie.

— HIST. xui's. ...bienparoit [paraissait] à sa color Qu'ele [Tristesse] avoit au cuer grant dolor, Et sembloit avoir la jaunisse, la Rose, v. 295. || xiv" s. Se un espreviera la jaunisse, ilénagier, m, 2. || xvi' s. Cet esclat corrigeant en quelque façon sa pâleur et sa jaunisse, d'aub. Ilist. n, 3»3. Il est bien en la jaunisse de nous faire jaunir, mais il n'est pas eu la disposition de nostre volonté, mont, ii, I8I.

— ETYM. Jaune; mot fait avec jaur^, comme justice avec juste.

f JAUNISSEMENT (jô-ni-se-man), s. m. Action de rendre jaune ou de devenir jaune.

— HIST. XVI' s. Jaunissement, oudin, Dict.

t JAUNOIR {jô-noirJ,t. m. Espèce de merle jaune et noir du Cap.

t JAUNOTTE (jô-no-f), », /. Espèce de champignon du genre agaric.

t JACTERKAU, S. m. Voy. JOTTEBAU.

JAVART (ja-var;le t ne se lie pas), *. m. Terme de vétérinaire. Tumeur phlegmoneuse, analogue au furoncle, qui se forme au pied du cheval et du bœuf, entre le paturon et la couronne. Javart encorné, javart qui est au pied ; javart tendineux, javart qui est à la peau.

— HIST. XIV' s. Advise que le cheval n'ait javart ne rongne, ilénayier, ii, 3. || xv" s. Le quel Robin avoit une grant maladie que l'on appelle chancre ou javart, à la verge, dd cange, javarina.

— RTYM. Origine inconnue. Chiavardaen italien signifie cheville; Ménage y rattache javard; mais la transformation du ch italien en j ne paraît pa» accejitable.

JAVEAC (ja-v6), *. m. Terme d'eaux et forêts. Ile formée de sable et de limon par un débordement d'eau.

— HIST. xiv s. Les isles, javeaux, atterissemens et establisscmens e-stans es dits fleuves et rivières navigables, BOUTEiLLER, Somme rurai,titre73, p. 429, dans LACUIINE.

— ETYM. Javelle, qui a aussi un masculin javel, javeau. et qui .signifie un faisceau.

t jAvELAGE (ja-ve-la-j'), s. m.\\l' Action de javeler et résultat de cette action. || Le prix que l'on donne pour javeler. || 2° Dessiccation complète d'une plante, à l'air libre, au milieu des champs.

— ETY.M. Javeler.

JAVELÉ, EE (ja-ve-lé, lée), port, passé de javeler. Mis en javelle. Du seigle javelé. |] Avoines javclées, avoines dont le grain est devenu noir et pesant par la pluie qui les a mouilléea tandis qu'elles étaient en javelle.

JAVKI.ER (ja-ve-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette : je javelle, je javellerai). Il !• V. a. Terme d'agriculture. Mettre les blés en javelle, c'est-à-dire coucher sur le sol, séparées et étendues, les poignées de céréales qui viennent d'être coupées par le moissonneur. i|2' V. n. Prendre la couleur jaune que prend leblé mis en javelle. Le blé javelle. Il faut laisser javeler ce blé, cette avoine.

— HIST. xvi* s. Javeler, cotgravb.

— ErYM. Javelle.

JAVELEUK, ECSE (ja-ve-leur, leû-z'),«. m.elf. Terme d'agriculture. Celui, celle qui javelle.

— HIST. XVI' s. Javeleur, cotgrave.

— ÉTYM. Javeler.

I. JAVELINE Qa-ve-li-n'), $. f. Espèce de dard long et menu. La javeline était une espèce de dard, assez semblable à une flèche, dont le bois avait pour l'ordinaire trois pieds de long, et un doigt de grosseur, rollin, Hist. anc. Œuvr. t. xi, 4" part, p. 38S, dans pouoENS.

— HIST. ivi' s. Sans armes d'ast, sinon quelques halebardes et javelines aux mains des capitaines et sergens, d'aub. Ilist. ii, I9t.

— ETYM. Voy. javelot; espagn. jaiaftno; ital. giavelina.

t 2. JAVELINE (ja-ve-li-n') , s. f. Terme rural. Petite javelle.

— ÉTYM. Diminutif de javelle.

I. JAVELLE (ja-vè-l'), S. f. || 1° Terme d'agriculture. Nom donné à des poignées de blé scié, qui demeurent couchées sur le sfllon jusqu'à ce qu'on en fasse des g'îrbes. Mettre du blé, de l'avoine en javelle. La giOire des méchants est pareille à cette herbeQui, sans porter jamais ni javelle ni gerbe..., MALB. I, 2. Et le fer eût en javelle Deux fois les blés abattus.... m. n, 2. Et la belle Cerèi ea javelles féconde, m. VI, 8. Il [le paysan] voit de toute part combler d'heur sa famille, La javelle à plein poing tomber sous sa faucille, racan, la Retraite. Lorsque vous aurez coupé vos grains dans votre champ, et que vous y aurez laissé une javelle par ouWi, vous n'y retournerez point pour l'emporter, mais vous la laisserez prendre à l'étranger, à l'orphelin et à la veuve, SAci, Bible, Veuiér. xxiv, (». Il [un rat] laisse là le champ , le grain et la jaTelh, la font. Fabl. vin, 9. Elle [ma Muse] aime.... Suivre les moissonneurs et lier la javelle, a. cnin. Êlég. x.|| J* Fagot de sarments de vigne. Mettez une javelle au feu. Il 3* Botte d'échalas ou de lattes. || 4" On dit qu'un baril, qu'un tonneau est tombé en javelle lorsque les douves et les fonds se séparent. || 6' Terme de pèche. Se dit de petits tas de huit morues lorsqu'elles ont reçu plusieurs soleils.

— HIST. XIII' s. Et si ne soit gleneres ne gleneresse ki glenne en autrui gaviles ne en autrui garbes [gerbes], se cius [celui] n'i est cui li cans [le champ] est, TAiLUAR, Recueil, p. 4 1 o. Blé en gavelle ou en garbes, BEAUM. XXX, 79. Il XVI* S. Prenez quatre javelles de serment de vigne, et en faites cendre, par4, xxv, 32. Le duc n'aiant qu'un» coulevrine fit ruine à ces maisons : comme l'on y vouloit donner, les enfermez y jetèrent un amas de javelles gouildronnées, et ce feu leur danna quelque temps pour parlementer, d'aub. ffiït. 111,278. N'est aussi loisible de moissonner ou glaner entre javeulx et gerbes, et jusques à tant qu'elles soient enlevées hors du champ ou entassées, JVouB. coust. ginér. t. n, p. (09*.

— ÉTYM. Picard, gavelle; bourguig. jaivelle; espagn. gavilla ; portug. et itaL gavela ; d'après Diez, du latin copujus, poignée, d'où le diminutif capeiius ou eapella (le provençal moderne a en effet un masculin gavel, ainsi que le picard, gaviau). Que le c latin puisse se changer en g dans le français, c'est ce que font voir jambt àl geôle.

t 2. JAVELLE (EAO DE) (js-vè-rj, ». f. Eau de javelle, ainsi dite du moulin de Javel près Paris où cette eau se fabriquait primitivement. L'eau de javelle est du chlorure de potassium en dissolution dans l'eau.

JAVELOT (ja-ve-lo; le t ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des ja-ve-lo-z aigus; javelots rime avec repos, maux, travaux, etc.) , s. m. || 1' Espèce de lance qui se jetait avec la main, et aussi avec les balistes. Sans lui voir en la main piques i ni javelots, corn. Sertor. m, s. Hippolyle lui seul, j digne fils d'un héros, Arrête ses coursiers, saisit ses javelots, KAC. Phèdre, v, «. Les deux exercices du I saut et du javelot, dont le premier consistait à saui ter légèrement par-dessus un certain espace plus ou moins long, et l'autre à lancer le javelot à une certaine distance et dans un endroit marqué, rollin, Uisl. ane. GCuv. t v, p. 75, dans poucens. Comme un soldat vaincu brise ses javelots, a. de MUSSET, Poésies, à Ulric Guttinguer || 2' Serpent que l'on nomme aussi dard.

— HIST. lU' s. Après lui Tait lancier maint gavelos, Raoul dt C. 03. Gaverlot, Brut, i, 2»8. Il XIV* s. Chascuns un gavelot fu en sa main tenans, Guesclin, <037(. Gavrelot, Baud. de Seb.xiu, *io. Il XVI' s. Mettre leurs chappeaux au bout de» javelots et de leurs espées, u'aub. Ilist. ii, (99.

— ÉTYM. liai, giavelntto; moy. haut-allem. gabi- W<; vieux flamand, jateiol». Dérivation ultérieure

incertaine. On a cité l'anglo-saxon, gaflac, lance ; le kyniri, ga/!oc , fourche ; l'islandais, jabh/a, lance. Mais javelot ne tiendrait-il pas à javelle? et si jaticHi^ vient dulatin capulus, poignée, j'are/of ne pourrait-il pas, à l'aide d'un diminutif, venir du bas-latin capulus, capiltim, branche taillée?

t JAVOTTE (ja-vo-f) OU JAVELOTTE (ja-ve-lo-f), J. f. Ma-;se de fer coulé, dans laquelle s'encastra solidement l'enclume d'une grosse forge.

f JAYET (ja-iè), s. m. Voy. jais, qui aujourd'hui est seul usité.

f JAZ (jaz), *. m. Terme de métallurgie, dans les Pyrénées. La tuyère fait son jaz lorsqu'elle brûle ;a pierre de fond d'un creuset et l'abaisse.

JE (je), pronom personnel de la première personne, du singulier et des deux genres. || l'Il s'emploie toujours comme sujet de la proposition, et jamais comme régime ou complément : je dis, je fais, je lirai, je hais, jj Quand le verbe commence par une voyelle ou une h non aspirée, on élide l'e : j'aime, j'honore. Il 2* Il est quelquefois séparé du verbe dans certaines formules, par renonciation des quahtés de celui qui parle. Je soussigné, conservateur des hypothèques, certifie que.... || L'ancienne langue, pour laquelle moi était toujours un régime, et qui disait : qui a fait cela? je, permettait les séparations de j« et de son verbe. Cette tournure .se trouve encore dans Sca.Ton : Je qui chantai jadis Typhon D'un style qu'on trouva boun"on, Virg. i. Dans la langue actuelle, quand on veut employer une tournure semblable, il faut dire : moi qui,

je Moi qui vous parle, je l'ai vu de mes yeux.

Il 3" Il se met après le verbe, dans les façons do parler interrogatives ou admiratives, comme : que ferai-je? que répondrai-je T où suis-jeTJI II s'y me> quand le verbe se trouve enfermé dans une espèce de parenthèse, comme: Vous remarquerez, lui disje, que.... Osez-vous, lui répondis-je, mo parler da la sorte? Moi, j'ai blessé quelqu'un? fls-je tout étonnée, MOL. Ée. des f. Ii, 8. || Il s'y met quand on l'emploie par manière de souhait, comme ; Puissé-je da mes mains te déchirer le flanc ! volt. Fanât, v, 2. Il II s'y met dans ces phrases-ci et autres semblables. Dussé-je en périr, fussé-je au bout du monde, quand je devrais en périr, quand je serais au bout du monde. Eussé-je un faible cœur Jusques à n'en pouvoir effacer votre image, mol. le liép. rv, 3. || Il s'y met dans des phrases où le doute s'exprime, comme : Peut-être irai-je, peut-être n'irai-je pas. Encore ne sais-je. Si je vous ouvre mon coeur, peut-être serai-je à vos yeux bien moins sage que vous, MOL. l'Avare, i, 2. || Il s'y met aussi quand le verbe est précédé de la conjonction aussi ou de certains adverbes, comme : Aussi puis-je vous assurer...; en vain prétendrais-je le persuader; inutilement Toudrais-je m'y opposer. || Lorsqu'il est ainsi placé après le verbe, c'est toujours immédiatement, sans qu'on puisse rien mettre entre deux. |] 4° Dans ces circonstances, c'est-à-dire je étant placé après son verbe, si le verbe est au présent de l'indicatif et de la première conjugaison, on accentue l'e final, et d'un e muet on fait un é formé. Mais où cherché-je ailleurs ce qu'on trouve chez nous? boil. ÉpUre I. Elle me fuiti veiUé-je et n'est-ce point un songe? RAC. Iphig. il, 7. || On l'accentue encore, si le sens de la phrase demande l'emploi du présent du subjonctif ou de l'imparfait du même mode, comme: ja dusse, je puisse, on écrira : dussé-je, puisse -je. Puissé-js de mes yeui y voir tomber ce foudre, CORN. Hor. IV, s. Dussé-je après dix ans voir mon palais en cendre, bac. Androm. i, *.\\ On accentue Ve final du verbe, parce qu'alors le verbe et le pronom ne forment qu'un seul mot et que dans notre langue il est impossible qu'un mol se termine par deux syllabes muettes. |i B* Quand le verbe qui doit être suivi du pronom je se trouve d'une seule syllabe ou terminé par deux consonnes, on prend alors une autre tournure pour ne pas ctioquer l'oreille, et, au lieu de dire : dors-je, mens-je, m'endors-je, on dit : est-ce que je dors? est-ce que je mensT est-ce que je m'endors? || Cependant on trouve de ces monosyllabes avec le prorom j> dans le» meilleurs auteurs. Ne sens-je pas bien que je veille? mol Amph. i, ». Ne ticns-je pas une lanterne en main? m. ti>. i, 2. Dans toutes ces expressions l'oreille doit être juge. C'est par plaisanterie que t. l. courier fcit dire à un soldat ; je sers ; mais à quoi sers-je ? «• lettre particulière. Le principe par lequel l'oreille juge, c'est d'admettre dars-je, sers-je, etc. quand ils ne portent pas l'accent phraséologique, et de tes rejeter quand Ils le porteraient. || 6* Je, comme tous les pronoms personnels, se réiiàte forcément dansdeuxcas :pri:mièremeul, quand il y a deux propositions de suite

JEA

JEA

JÊR

où l'on passe de l'affirmation à la négation et de la négation à l'affirmation ; secondement, quand les propositions sont liées par toute aulre conjonction que les conjonctions et, mais, ni. \\ D.ms tous les autres cas, on consulte l'harmonie et l'élégance de la phrase pour répéter ou non le pronom. Quand le moment Tiendra d'aller trouver les morts. J'aurai vécu sans soins, et mourrai sans remords, la font. Fabl. XI, 4. Miséraiile! et je vis! et je soutiens la vue De ce sacré soleil dont je suis descendue, rac. Phèdre, IV, 6. Un rapport clandestin n'est pas d'un honnête homme; Quand j'accuse quelqu'un, je le dois et me nomme, GBESSET, Méchant, \,*.\\1° Je ne sais quoi, ou, substantivement, un je ne sais quoi, voy. savoir.

— HIST. Il" s. Si salvarai eo (je] cest meon fradre Carlo, Serment. Si io returnar non Tint puis [si je ne l'en puis détourner] , ib. || x' s. E io ne dolreie [je ne serais pas dolentj de tanta millia liominum, si perdut ercut^ Fragment de Vatenc. p. 4g9. ||xi*s. Jo jetai TOs choses de la nefpurpoilr [peur] de mort, Lnis de Guitl. 38. Bel sire niés [neveu], et je et vous irons, CA. de Roi. Lxvm. || xu* s. Et je, qui sui au mourir, Couci, iv. J=s [je les] ai laissez au reigne d'Aumarie, Ronc. p. 467. Qu'il me prendroit, et je lui à mari, ib. <70. Amis, dist-ele, verrai vous je jamais? Raoul de Camb. 23*. 1| xur s. Helasl or n'oserai je mais devant lui aler, Rerle, cxxxix. Repentir? las ge que feroie? laRosc,tl6b. || xV s. Voir est que je, qui ai empris.... ai, par plaisance.... fréquenté plusieurs nobles et grands seigneurs, froiss. Prol. Il XVI' s. Ce ne suis-jepasqui en suis cause, mais Jupiter et la déesse de nécessité, calv. Inttit. MO. Quand la mère oublieroit ses enfans, encor ne t'oublieray-je jamais, ID. t'b. <50. Voulant doncques (je vostre très humble e.-clave) accroistre voz passe-temps, RAB. Pant. il, prof. De l'endurer lassé je ne suis pas, Ny ne seroy-je, allassé-je là bas.... BONS. 5*. Remply-je ce que je luy donne? id. 376. Mais pourquoy »ens-je en mon âge imparfait Avant le temps le mal qu'elle me fait? m. 928. hougis-je? escume-je? tressauls-je? fremis-je? mont, m, (42, Je trouve dans le commun langage ces façons de parler.... Cependant que j'irons au marché, pour nous irons ; j'avons bu, pour nous avons; allons m'en, de par le diable, pour allons nous en;j'allons bien, pour nous allons bien, PALtoRAVE, f" (25 au verso. Hensez à vous, o courtisans. Qui, lourdement barbarisants Toujours, j'allions, je venions, dites, n. ESTiENNE, Vu langage français italianisé. J'avons espérance qu'il fera beau temps, icHrc de Françoisl" citée par génin, Variations, p. 291.

— ÉTYM. Nivernais, t; picard, ege, ej', euj'; provenç. eu, ieu, io; espagn. yo; portug. eu; ioal. 10; du lat.eso; grec, iyù>; goth. ik; allem. tc/i; lithuan. isi; zend, aiem; sanscr. aham.

f JE (je), s. m. Espèce de sonde de jonc pour dégorger les tuyaux des égouts. On dit aussi rotin.

t JEAN {jan),î. m. || 1-' Nom propre employé dans diverses locutions. Ou me baillant d'un : Jean, Jeanne vous remercie, Régnier, Sat. xi. (| 2° Ris-t'en, Jean, on te frit des œufs, se dit lorsqu'on voit quelque rieur incommode. |j 3" Celui à qui sa femme fait porter des cornes. On la fait Jean sans lui en demander avis, LE HOUX, DicJ. com. Il 4" Faire le Jean Lorgne, faire le sot, l'innocent. 'Tandis que, faisant les Jeans Lorgnes, Nous regardions de tout côté, Voyage de Ilriine, dans le roux, /'ici. comique. Il 5° C'est un saint Jean bouche d'or, c'est un homme qui parle très-bien , par allusion à saint Jean Chrysostorae, dont le nom grec signifie bouche d'or; et aussi c'est un flatteur ou un prometteur. |1 6° C'est comme le bréviaire de messire Jean, cela s'en va sans dire. || 7" Saint Jean le précurseur, celui qui baptisa Jésus-Christ. || Chrétiensde saint Jean, secte chrétienne, voy. sabEisme. || Faire comme saint Jean qui donnait le baptême sans l'avoir reçu, c est-à-dire se mêler d'enseigner ce qu'on n'a pas appris. || Le feu de la Saint-Jean, celui qu'on fait la veille de la Saint-Jean. Tous ces vains discours d'appaieil, qui ne contiennent que des phrases, sont comme le feu de la Saint-Jean, allumé le jour de l'année où l'on a le moin» besoin de se chauffer, tolt. l'U. aux quarante icus, les proportions. || On y a appliqué toutes les herbes de la Saint-Jean, voy. iiebbe. |{ Près de telle chose cela n'est que de la Saint-Jean, c'est-à-dire cela est sans valeur, sans mérite. On fait peut-être ici allusion aux poires dites de la Saint-Jean, qui mijrissent vers la Saint-Jean, fin de juin : elles sont petites et d'une qualité médiocro, ce qui, en les comparant à de très-belles et bonnes poires, aura donné naissance au proverbe, legoarant. || Le mal Saint- Jean, l'épilepsie, ainsi dite parce que la tête de saint Jean tomba à terre lorsqu'il fut décapité. ||8° Jean

lapin, nom que la Fontaine donne au lapin. Jean lapin allégua la coutume et l'usage, lk tonT. Fabl. VII, ia.||9° Un Jean des vignes, un sot, un mal bâti. Il II fait comme Jean des vignes, se dit quand on voit quelqu'un s'engager dans un mauvais pas; par allusion, dit-on, à la bataille de Poitiers livrée par le roi Jean djns des vignes. j| Un mariage de Jean des vignes, tant tenu, tant payé, ou, simplement, le mariage de Jean des vignes, un concubinage couvert de l'apparence d'un mariage. j| 10° C'est le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle, voy. chien. Il 11" Jean de Lagny qui n'a point de hâte, se dit d'un homme qui ne se bâte point, qui n'a pas d'aclivilé; locution qui vient, dit-on, de ce que, dans son expédition de I4I7, le duc de bourgogne serait resté deux mois à Lagny sans avancer ni reculer. || 12° C'est du bon temps de Jean de Vert (on prononce vSr) , ou je m'en soucie comme de Jean de Vert, se dit pour signifier cela est passé, je ne m'en soucie plus; locution qui vient de Jean de 'Wert, général des armées impériales, qui, après avoir été plusieurs fois heureux contre les Français et avoir excité une grande terreur, fut pris le 2 mars 1638 à la bataille de Rheinfeld et enfermé à Vinceiines; à la terreur que son nom inspirait succéda ce dicton qui rappelait un mal oublié. Quand je suis avec mes amis. Je ne suis plus malade; C'est là que je me suis permis Le viu et la grillade; N'en déplaise à monsieur ïhévard [son médecin]. Je n'en irai qu'un peu plus tard Voir Jean de Vert, des- HouLiÈRKS, Chanson sur l'air de Jean de Vert Elle m'a juré que vous l'avez donné aujourd'hui au chevalier, qui est, dit-elle, votre parent, comme Jean de Vert, lesage, Turcar. 11, 3. Le monde n'est rempli que de ces preneurs d'intérêt, qui, dans le fond, ne se soucient non plus de nous que de Jean de Vert, BRUEvs, Grondeur, 1, 7. || 13° 11 est reaevenu Gros-Jean comme devant, se dit d'un homme qui, après avoir été favorisé de la fortune, est retombé dans sa condition première. Quelque accident faitil que je rentre en moi-même, Je suis Gros-Jeau comme devant, la font. Fabl. vu, -lO. |] 14° C'est Gros-Jean qui veut en remontrer à son curé se dit de celui qui veut enseigner à plus savant que lui. Il 15° Ordre de Saint-J'?au de Jérusalem, nom primitif de l'ordre dont les membres furent appelés, ultérieurement, chevaliers de Rhodes et enfin chevaliers de Malte. |{ 16° Jean Ridcux, marguiUitr de Saint-Cloud, ancien terme populaire de mtpris, de moquerie. Molière : Mme Jourdain est un peu en courroux. — Mme Jourdain : Oui, JeanRidoux, l'Ombre de Molière, comédie. 1| 17° Jean Farine, pierrot ou paillasse, parce que ce personnage de la foire se blanchit le visage aTOc de la farine. || 18° Jean de Paris, personnage légendaire qu'on suppose fils d'un roi de France, et semant l'or et l'argent sur son passage. De là ce proverbe en parlant d'un homme fastueux : C'est un train de Jean de Paris, ch. nisabd, Littérature du colportage, t. 11, p. 40. L'opéra comique de Jeande Paris est fondé sur celte légende. Ris et chante, chante et ris ; Prends tes gants et cours le monde; Mais, la bourse vide ou ronde. Reviens dans ton Paris; Ah! reviens, ah! reviens, Jean de Paris, bérano. Jean de Paris.

— HlST. XV* s. Icellui Proust dist au suppliant qu'il estoit bien Jehan premier, par manière de moquerie, nu GANGE, Juannes. Icelle femme vint à rencontre du suppliant son mary, et lui dit telles paroles : traistre, paillard, larron, jet'ay fait plusieurs fois Johan, et en despit de toy je te le ferai encores, m. ib. Il xvi* s. Ne prends pas un nom estranger; Prons Jean, c'est un nom de baptesme. Dit sa femme, et sans danger. Je te baptiseray moi mesme, BoucHKT, Serecî, livre m, p. a&v, dans lacuhnb. Un quidam nommé Jean de nom et qui l'estoit peut estre aussi de surnom, des accords. Bigarrures, p. 31 , dans lacurne. Nous avons deux noms desquels nous baptisons en commun ceux qu'estimons de peu d'eflet, les nammons Jeans ou Guillaume^, pasquier. Recherches, livre viii, p. 76i.

— ÉTYM. Lat. Johannes; grec, 'luâwT);; de l'hébreu, Jochanan, qui signifie : Jéhovahest clément. D'asseî bonne heure, Jehan, Jehanne, malgré l'orthographe, s'est prononcé en monosyllabe. Et Jehanne, la bonne lorraine, Qu'Anglois bruslerentù Rouen, VILLON, Bail, des dames du temps jadis.

t Jli:AN-LE-BLANC (jan-le-blan), s. m. Espèce d'aigle qu'on nomme aussi faucon français et chevalier blanche-queue {circattus gallicus, Vieillot). Il Au plur. Des jean-le-blanc.

t JEAN-DE-GAND (jan-iie-gan), s. m. Oiseau de lagrosseurel delà figure d'une cigogne. || Au plur. Des jeans-dc-Gand.

+ JEAN-DE-JANrE.\ (jan-de-jan-tèn"), s. m. Nom que les navigateurs hollandais donnent à l'albatros. Il Au plur. Des jeans-de-janten.

t JEANNETTE (ja-nè-f) , s. f.\\l' Croix à la Jeannette, croix suspendue au cou avec un étroit ruban de velours que les dames ont portée à l'imitation des pay.-.annes. || 2'" Nom donné anciennement en France à lajenny.

— ETYM. Diminutif de Jeanne, féminin de Jean. t JEANNIN (ja-nin), s. m. Nom propre dérivé de

Jean, qui s'est dit pour homme qui est trompé par sa femme, et aussi, en général, pour homme qui se laisse duper. Ci-gU maître Antoine Guillin, Qui de trois femmes fut Jeaniiin ; Et, si la mort ne l'ellt grippé. Sans cesse Jeannin eût été, .Poë(e anon. dan» LE ROUX, Dict. com.

— HIST. xvi' s. Quand on dit un bon jannain, que le vulgaire prononce genin, cela s'entend proprement d'un pilant qui prend bien en patience que sa femme lui fasse porter des cornes, H. est. Apol. pont Hérodote, p. 1 9, dans lacurne.

— f.l'YM. Dérivé de Jean.

t JEANNOT (ja-no),4-. m. Nom propre dérivé de Jean, qui sert à désigner un niais. || C'est un Jeannot (Jearinot est le nom des farceurs qui font la parade sur des tréteaux). || Jeannot lapin, nom du lapin, dans la Fontaine. Après qu'il eut brouté, trotté, fait tous ses tours, Jeannot lapin retourne aux souterrains séjours, la font. Fabl. vu, I6.

t JEANNGTISME (ja-no-ti-sm'), s. m. Caractère du Jeannot. || Vice de langage qui consiste à établir toujours entre les mois des relations qui ne peuvent raisonnablement subsister, et cela par des hyperbates telles qu'on aperçoit facilement la correction qu'il y faudrait faire. Exemple : Je viens chercher du bouillon pour ma mère qui est malade dans un petit pot.

t JCCORAIRE (jc-ko-rê-r'), aiy. Terme d'anatomie. Qui appartient au foie. || 'Veine jécoraii'e,et,substantivement, la jécoraire, veine de la main ilroite qu'on supposait avoir des rapports avec le foie.

— ÊïYM. Lat. jecorarius, icjccur, foie.

JECTISSES (jé-kti-s'), adj. (. plur. || 1» Terres

jectisses, celles qu'on remue pour les jeter d'un lieu dans un autre. Il ne faut pas bâtir sur ce fonds, co sont des terres jectisses. Il Terres jectisses, se dit aussi du produit du curage des fossés, canaux et cours d'eau. || 2° En termes de maçonnerie, pierres qui peuvent so poser à la main dans toutes sortes de constructions.

— F.TYM. Ane. franc, ject de terre que l'on rejette en creusant un fossé (voy. jet).

JÉUOVAU (jé-o-va), s. m. \\ 1° Nom de Dieu en hébreu. Regardez en avant et non pas en arrière, Le courant roule à Jéhovah! lamart. Ilarm. iv, 13. Il 2° L'assemblage de caractères qui représente ce nom. On a gravé un Jéhovah au-dessus de l'autel.

— ETY.M. Mot hébreu signifiant l'existant, à wv.

t JÉHOVISTE (jé-o-vi-sl'), adj. Terme de critique biblique. Fragments jéhovistes, nom donné par quelques érudits à des poitions du Pentateuque où Dieu est toujours nommé Jéhovah , et qu'ils croient d'une époque et d'une source distinctes des fragments dits par eux élohistes, où Dieu est nommé non pas Jéhovah mais Éloïm.

t JÉHU (jé-u), s. m. Un des rois d'Israël. || Compagnie de Jéhu, association qui se forma en France, dans le midi, après la chute de Robespierre, et qui égorgeait les partisans de la révolution ; c'est à tjrt qu on l'a nommée compagnie de Jc.sus.

JÉJUNUM (jé-ju-ncn'.'), s. m. Terme d'anatomie. Le second intestin grêle.

— lllST. xvi' s. Le second intestin gresle est nommé jéjunum, non parce qu'il ne contient rien, mais parce qu'il contient bien peu au regard des autres, paré, 1, 15.

— ÊTYM. Lat. ;e;'«f!Uî, à jeun, vido.

t JEMBLET (jan-blc), *. m. Partie du moule du fondeur de fer.

t JENNY (jè-nni), *. f. Machine à filer le colon en gros ou en doux, portant un grand nombre de fuseaux, et inventée par Hargreaves. On dit aussi mule-Jenny (voy. ce mot).

— ÉTYM. Angl. Jenny, Jeannette, fileuse, un nom propre désignant la profession.

JÉRÉMIADE (jé-ré-mi-a-d'), s. f. Plainte fréquente et importune. Mon clier ami, cette lettre est une jérémiade; je pleure sur les hommes, volt. iel( en vers et en prose, 5ï. Voilà-t-il pas de vos jérémiades, Do vos regrets, de vos complaintes fades, ID. Enf. prod. 1, ».

— ÉTYM. Ji'rémie, par allusion aux lamentations de ce prophète.

JES

JET

JET

t JBBNI (jèr-ni), «'n/er>. Autre forme de jami

(voy. ce mot).

t JÉRCSALEJI (jé-ru-za-lèm'), s. f. Nom de la capitale de la Juilée. La Jéru«alem délivrée, titre d'un poème célèbre du Tasse, où il chante la prise de la ville sainte par les croisés. || Jérusalem céleste. Jérusalem nouvelle, se dit, dans le style mystique, du séjour des bienheureux. Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond du désert, brillante de clartés? hac. Ath. m, 7.

t JERVIXE {jèr-vi-n'), t. f. Terme de chimie. Espèce d'alcaloïde végétal trouvé dans le veratrum album, l.

t JESSE (jè-s'), t. m. Un des noms vulgaires du leucisque jésès (malacoptcrygiens abdominaux), dit aussi chevanne, Table chevanne de certains auteurs.

t JÉSUATE (jé-zu-a-f), s. m. Nom d'une conprégation de frères lais, fondée à Sienne, dans le xiv* siècle, par Jean Colombino, pour se consacrer au service des pauvres et des malades; elle fut autorisée par Urbain Vent 387, rangée parmi les ordres mendiants, et soumise à la règle de Saint-Augustin.

— KTYM. Jésus.

JÉSUITE (jé-zui-t'), t. m. || 1° Nom des membres de l'ordre religieux fondé, sous le nom de clercs réguliers de la compagnie de Jésus, par saint Ignace de Loyola en 1534; cet ordre porte aussi le nom de société de Jésus ; il fait profession d'élever la jeunesse tt de s'employer aux missions. Le général des jésuites. Il étudia chez les jésuites. Les jésuites furent expulsés de France en (764, supprimés par le pape Clément XIV le 2| juillet 1773, et rétablis le I4 août 1814 par le pape Pie VII. || Jésuite de robe courte, laïque affilié à l'ordre des jésuiies. || 2'' Fig. et familièrement. C'est un jésuite, c'est un hypocrite dont il faut se défier, locution tirée des restrictions mentales dont la morale des jésuites était accusie. || 3° Nom donné, dans quelques provinces, au dindon, qu'on croit, à tort, avoir été introduit par les jésuites en Europe.

— IIIST. xvr s. Quand en l'an (564 je plaiday la cause de l'université de Paris contre les jesuistes, depu'S apelez jésuites.... pasquieb , Recherches, IX, p. 28. Un espagnol sans jésuite est une perdrix sans orange, cotgrwe.

— ÉTVM. Jésus; ilal. giesuita. Jesuiste se disait encore au xvu' siècle. Jésuisle et jésuite : jésui^te plus communément, voit. Lett. (25.

t JÉSUITtSSE (jé-zui-tè-a'), s. f. Religieuse d'une communauté qui a existé en Flandre et en Italie.

JÉSUITIQUE (jé-zui-ti-k'), adj. Qui appartient, qui est propre aux jésuites; il ne se dit qu'en mauvaise part et par allusion à la morale relâchée et aux restrictions mentales attribuées aux jésuites. Je vis qu'Argenson ne se dépouillerait pas de cette vieille peau jésuitique, que ses fonctions de la police avaient collée et encuirassée en lui, st-sim. 484, 257.

— KTY.M. Jésuite.

t JÉSUIi'lQUEMENT (lé-zui-ti-ke-man), adv. X la manière des jésuites, c'est-à-dire en mauvaise part, en employant des équivoques, en usant de détours.

JÉsrmSME (jé-zu'-ti-sm'), *. m. ;|1* Système de conduite des jésuites ou de leurs adhérents ; mais en mauvaise part et considéré par rapport à la morale relâchée et aux restrictions mentales qu'on leur attribue. |{ 2° Conduite jésuitique. C'est du jésuitisme tout pur.

— JilST. XVI" S. Pour avoir escrit contre leur je-

SuismC, PAÏOUIEB, LeU. t. ii, p. 6B8,

— KTYM. Jésuite.

JÉSUS fjé-zu) , s. m. Il 1" Nom du Fils de Dieu qui est mort en croix pour le salut des hommes,selon les chrétiens. Elle cinaiilera un lils à qui vous donnerez le nom de Jésus, parce que ce sera lui qui sauvera son peuple en le délivrant de ses péchés, saci, llihle, Évanj. St MattU. i, 2( . || 2° Dévotion au cœur de Jésus, à l'enfant lésus, se dit d'une image représentant un cœur ou un enfant Jésus entouré (l'une gloire. || 3° Bon Jésus I doux Jésus I Jésus Maria, ou, simplement, Jésus ! exclamations d'admiration, de crainie, de joie. Cinq ou six laijuais qui étaient derrière [le carrosse| criaient Jésus Mariai et tremblaient déjà de peur, rktz, i, 4«. Elle [Mme de Coulangesj y résiste [à aller à Fontainebleau, à la cour] par la raison de la dépense; car il faudrait trois oj quatre habits do couleur; on lui dit: Allez-yen hibli noir.... Ab I Jésus! en habit noir! sÉv. 30 juill. )677. Jésusl mademoiselle, repril-elle avec un refroidis.sement imperceptible et grave, voilà qui est bien fâcheux, mariv. Uaririnnf., *• part. Il 4* Ordre do Jésus, nom d'un ordre de chevaliers institué à Koine en 1450 par le na|ie Pie II |>our s'opposer aux Turcs. || Paul V en institua un

autre, en <6I6, sous le nom de chevaliers ds Jésus et de Marie, qui portaient une croix émaiUée de bleu, orlée d'or, au milieu de laquelle il y avait un nom de Jésus en or. {| 5" Les filles de l'enfant Jésus, société de filles, établies à Rome, en )66i, au nombre de trente-t.'ois, pour honorer les trentetrois années que Jésus-Christ a passées sur la terre. Il 6° Compagnie ou société de Jésus, Tordre des jésuites. Il 7° Terme de papeterie. Papier nom de Jésus, ou, simplement, papier Jésus, sorte de papier de grand format, qui s'emploie princi|ialement dans l'imprimerie, et dont la marque portait autrefois le nom de Jésus (I. H. S.).

— ÉTYM. Nom hébreu qui signifie sauveur.

JET (je; le t ne se lie pas; au pluriel, Tjse lie : des jè-z écumeux ; jets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. jn. || 1° Action de jeter; mouvement que Ton communique à un corps en le jetant. Le jet d'une bombe, d'une pierre. || Le jet des dés, l'action de jeter les dés hors du cornet pour jouer. || Par extension. Action de jeter, comme des dés, des objets quelconques en nombre déterminé pour en observer les combinaisons. 11 est démontré qu'en sept cent vingt jets le seul mouvement a pu mettre ces six planètes principales dans leur ordre, volt. Dial. 24. Il Calcul qui se fait par les jetons (sens qui a vieilli). Calculer au jet et à la plume. || Le jet des bombes, l'art de lancer des bombes. || Armes de jet, celles dont on se sert pour combattre de loin, tels que l'arbalète, la fronde, le fusil, qui lancent des projectiles, et tel que le javelot, qui est lancé avec la main. |! Jet de pierre, espace que peut parcourir une pierre lancée par un homme. || 2° Terme de marine. Action de jeter à la mer un objet dont on veut se débarrasser pour une raison quelconque ; c'est le plus ordinairement pendant la tempête ou lorsqu'on est poursuivi par l'ennemi, ((u'on se décide au jet, JAL. Faire le jet. Les effets jetés ne contribueront en aucun cas au payement des dommages arrivcsdepuis le jet aux marchandises sauvées, Ordonn. août 1 688. Si le jet ne sauve le navire, il n'y aura lieu à aucune contribution, ib. Des effets procédant de jet, bois ou naufrage, ib. \\ Jet et contribution, perle que doivent supporter les marchands, lorsque le gros temps a forcé le navire à faire le jet. Du jet et de la contribution, litre (2 du Code de commerce. || 3° Terme de pèche. Jet d'un filet, action de jeter un filet. || La quantité de poissons qui est prise dans un filet jeté. Acheter le jet de filet. Il 4° Jet d'un fossé, la terre que Ton jette d'un c6té et qui forme talus. || 5" Terme de marchand de bois. Jet, bois de chauffage que Ton jette à flot ou à bois perdu pour le' transporter, massé, < 768. || 6° Terme de peinture. Le jet d'une draperie, la manière dont les plis d'une draperie sont rendus dans un tableau. Des draperies d'un beau jet, || 7" Terme de fonderie. Action de faire couler dans le moule la matière en fusion. || D'un seul jet, se dit en parlant d'une pièce dont toutes les parties sont fondues à la fois dans un seul moule. Fondre, couler une figure d'un soûl jet. Cette statue équestre est d'un seul jet, || Fig. D'un seul jet, se dit, en littérature et dans les arts, d'une composition produite par une première conception et sans être retouchée à plusieurs fois. Il y a tant d'ouvrages faits de pièces de rapport, et si peu qui soient fondus d'un seul jet, BUFF. Discours de réception. || Nom de bâtons de cire qu'on place perpendiculairement au modèle, qu'on entoure d'une enveloppe de terre rouge et de fiente de cheval, et qu'on soumet au feu de petites bûches de bois rangées tout autour du modèle; la cire se fond, et il reste autant de petits canaux formés par l'enveloppe qui s'est durcie, qu'il y avait de jets. C'e.st par les jets que le métal en fusion entre dans le moule, j| Terme de fondeur en caractères. Le jet, la partie de métal formée de l'excédant do la matière nécessaire à faire le caractère, qu'on a versée dans le moule. Le jet séparé de la lettre se nomme rompure. || 8" Jaillissement d'un liquide, d'un lluide. Un jet |ilus gros que le bras. Un jet de vapeur. La saignée donna un jet fort et continu. || Fig. Si l'âme a des délices qui lui sont propres.,,, ne jugeons-nous pas que, si nous ne lui donnons des jets tout spirituel» qu'elle sente et qu elle reçoive par elle-même, elle sortira au dehors pour en chercher d'autres? boss Sermons, i, têture, > . Il Jet d'eau, ajutage en cuivre placé à l'extrémité d'une conduite. || Jet d'eau, colonne d'eau lancée de bas en haut, ou horizontalement, ou dans une direction inclinée, par une certaine pression. Au bruit de tant de jets d'eau qui ne se taisaient ni jour ni nuit [à Chantilly], BOSs. //OUI» de Bourbon. Cent mille jets d'eau dont la hauteur pouvait à peine être aperçue, volt.

Prine. d« Bahyl. «. || Jet d'eau maiin, nom vulgaire des ascidies, || Terme de menuiserie. Jet d'eau, partie arrondie du bas d'une croisée, d'une porte qui renvoie au dehors l'eau de la pluie. {] 9° Jet de lumière, rayon de lumière qui paraît subitement, || 10' Jet de feu, nom decertaines fusées fixes, dont les étincelles sont d'un feu clair, comme les gouttes d'eau jaillissantes,éclairéesdejourparle soleil, ou par une grande lumière pendant la nuit. |{ ll°Termedecirier. Action de verser de la cire sur les mèches disposées autour d'un cerceau, jusqu'à ce que les bougies aient le poids voulu. Donner des demi-jets, des jets entiers. || 12" Fig. Premier jet, ébauche d'une composition littéraire, d'un tableau, etc. Ce n'est qu'un premier jet. Le premier jet d'un ouvrage. Lucius, ayant d'abord composé ce joli ouvrage (i'ylne de Lucius de Patras] tel à peu près que nous l'avons, y aura voulu joindre depuis différents morceaux, et, par ces additions de pièces battues à froid et hors de proportion, aura gâté son premier jet, P. L. cour. jPr^face de la traduction de la Luciade. \\ Du premier jet, du premier coup, sans qu'il ait été nécessaire d'y revenir. J'ai fait cette tirade du premier jet. I!13" Jet d'abeilles, nouvel essaim qui sort de la ruche. Il 14° Nouvelle pousse d'un arbre. Cet arbre a donné de beaux jets cette année. Dans le mois de septembre, j'ai courbé en arc de cercle un jet de vigne, portant quatre grandes feuilles, deux de chaque côté ; après l'opération, la position du jet et celle des feuilles étaient telles.... bonnet, Us. feuilles plant, v mém. Il Rameau accidentel ou adventif développé sur un tronc, sur une grosse branche. || Tige secondaire partant du collet de la racine, l| Cette canne est d'un seul jet, elle n'a point de nœuds; et, absolument, un jet, une canne d'un seul jet. Voilà un beau jet. Ce jet est fort cher. || 16° Terme de fauconnerie. Nom d'une petite entrave qu'on met aux pieds de l'oiseau. Ôterlesjetsd'unoiseau.|| 16° Terme de marine. Jet de voiles, voy. jrv. Les vaisseaux qui sont en mer, auxquels il n'y aurait que quelque peu de manœuvres, câbles et un jet de voiles à changer, VAUVRp. (1881), dans JAL,

— HIST, xii* s. Les gez des piez [du faucon] furent moût avenant, (fonri*, )64, X une table se hurta de son chief, Si que le sanc jà glacier [couler] en covint. Sanglant en ot son hermine del giest, JiaoïiJ de Camb. 24*, || xiii' s. Et vinrent à un matin devant Gisors, et tendirent lor très [tentes, et lor pavellons tout entour le castiel au giet d'une arbalestre à tour, Chr. de Haint, «8. Tout le flum [fleuve] estoitpleinde morsdèsTunerive jusquesà l'autre, et de lonc bien le giet d'une pierre menue, joinv. 235. !l xiv s. Mainte eschiele fu là contre le mont dressie;Pour le trait, pour le giet, li uni brait, l'autre crie, Guesclin, <7449. Leur part et porcion du giest et taille qui leur sera imposée, nu canoë, gita. Il XV* s. Et le roy Thelamon et Anlheuor, qui estoient bien montez, le suivoient de si près qu'ilz y esloient au gect d'une pomme, Perceforest, t. u, f° 9. Icelluy Alleaume escripvy de sa main la minute ou ject d'une obligation, du cange, jactut. Uns geez d'argent à oiseaux, qui bien pouvoient valoir environ xvi deniers, lu. gita. || xvi* s. Je ne sçais compter ny à ject ny à plume, mont, m, 69. L'ennemy estoit déjà approché à un ject de traict, ID, III, <89. La mesme année que lesiliies branches auront esté couppées, près et joignant la couppc d'icelle, il sortira un nombre de gittes, qui.... pa- LissY, 25. Toutes sortes de traictset d'armes de gect, AMYOT, Harcel. 20. Il perdit ses plus précieux tliresors, pour ce qu'il en fallut faire le ject [à la mer], d'aui). Ilist. I, ( ts. Un fossé qui n'avoit pas 30 pieds en œuvre, et seulement 7 pieds de profond sans le ject, ID, i(), lit, 258, Le ject d'un fossé estant entre deux héritages demonstre que le fossé est et ajipartientà celuy du costé du quel est le dit jeci, et lui appartient le dit fossé; et le fossé à doux jccts est réputé commun, Coust génér, t. i, p, 2ol, Les parties s'accorderont dedans huit jours de trois bons et notables personnages pour faire les appréciations et estimations des biens et les lots et jets d'iceux, ib. t. II, p, 348, Comparaison de Polybe par laquelle il dit que lescourtl,sans sont semblables aux jets des quels on use pour conter ; car tout ainsi que, selon la place qu'il plaist à celuy qui conte, de donner à tel ou tel ject, il vaut quelquefois dix, quelques fois cent, autrefois mille, autrefois un seulement, ainsi les courtisans..., h. tsr. Ajiol. pour llérod. p. <37. — F.TYM, Berry, gilte, s. m,, un jet, un rejet; normand, je ne sait ni jet ni calcul, je ne sais pas compter; provenç. get ; ital.gfHo, jet, ;/e(o, courroie de faucon; du lat. ;ac(u,ç, ilo jacére, jeter, lancer. Dans l'ancien français, ;'( ( a le sens de lien ; il a aussi

JET

celui de jeton. De toutes les étymotogies proposées pour jacio, la plus acceptable semble celle de Curtius, approuvée par Corrseu, qui le rattache au grec Iriiui, lancer; le e de jacio serait un suffixe qui se trouve dans les verbes latins, facto, par exemple.

t JETAGE Qe-U-y), t. m. || 1» Action de jeter. Le jetage d'un pont sur une rivière. || 1° Terme de vétérinaire. Écoulement, par les naseaux du cheval, d'un mucus plus ou moins abondant et de qualités variables.

— ETYM. Jeter.

4. JETÉ, ÉE (jo-té, tée), part, passé de jeter. 1(1° Oui a reçu un mouvement communiqué. La tête d'Asdrubal, jetée dans le camp des Carthaginois, apprit à leur chef le funeste sort de son frère , boixin, Hist. anc. Œuv. t. i, p. ««0, dans pocgens. || Fig. Je ne suis plus pour vous qu'une vile étrangère, Indigne des bienfaits jetés sur ma misère, volt. Gvèbres,ii, 3. Il Fig. et familièrement. Jeté au panier, aux ordures, au sac aux ordures, tenu à mépris. 11 ne m'a pas paru que Mme de Schomberg ait encore pris ma place [auprès de Mme de la Fayette].... enfin je ne crois pas être tout à fait jetée au sac aux ordures, SÉv. ÎO octobre (680. || 2" Disséminé, répandu. Oh! le bon mal [le rhumatisme] ! et que c'est bien fait de le voir un peu jeté parmi les courtisans I sÉv. i 2 fév. (676, jl De l'argent jeté, de l'argent prodigué sans profit, sans utilité. J'approuve bien de supprimer les étrennes, c'est de l'argent jeté, sÉv. 27 déc. IC84. Il 3° Fig. Oui a été placé, mis, dirigé non sans quelque violence ou rapidité. Cet homme [le prieur de Cabrières]....se trouve jetcà la cour par un tourbillon qui lui fait traiter et guérir la beauté la plus considérable qui soit à la cour [Mme de Fontanges], ID. àGuitaut, (8 mai 4680. Je suis, dit-on, un orphelin Entre les bras de Dieu jeté dès ma naissance, RAC. Àthal. II, 7. Jetés parle destin dans des partis contraires, VOLT. Adélaïde, il, t. Sans secours, tivec toi jeté dans ces déserts, lo. OretI», ii, <. Me voilà tout à coup jeté parmi le beau monde, j. j. Bouss. Conf. v. Jeté sur cette Loule, Pauvre, laid et souffrant. Étouffé dans la foule, Faute d'être assez grand, bSranq. Vocal. || Jeté hors de toi-même, qui n'est plus maître de soi. Egaré, lubjugué, jeté hors de moi-même. Je ne suis plus àmoi, ....j'aime, Ducis, Oscar, ii, 2. || 4* Terme militaire. Introduit, posté. Un régiment jeté dans la place. On remarquait qu'on y avait marché [vers une po ition] languissamment ; qu'une division seule, jetée à trois lieues de tout secours, y avait été négligemment aventurée ; que les corps d'armée étaient restés hors de portée les uns des autres, ségur, Hist. de Nap. IX, 2. Il 6° Etendu sur, en parlant de teintes, de couleurs, etc. Une teinte de gris jetée sur tout le dessus du corps, assez claire sur la tête, et qui devient plus foncée et bleuâtre sur ledos, buff. Ow. t. xvii,p. 402. llarnre jeté, voy. marbre. || 6° Mis dans une certaine position, en parlant d'une partie du corps. Le castagiieux n'a pas plus que le grcbe la faculté de se tenir et de marcher sur la terre ; ses jambes traînantes et jetées en arrière ne peuvent s'y soutenir, buff. Ois. t. XV, p. Ï79. Il 7» Il se dit d'un vêtement mis à la hâte. Un manteau jeté sur ses ôpaules. || l-iar analogie il so dit, en peinture et en sculpture, de la disposition des draperies. Draperie qui pend de la barque, mal jetée, dider. Salon de (767, ûïut!. t. xiv, p. (48, dans pouGENS. || Terme de beaux-arts et de littérature. Cela est jeté, bien jeté, se dit de tout ce qui est fait d'un seul jet, d'une esquisse heureuse et rapide. Il faut voir comme cette figure est jetée, wnER. Salon de (786, CÏ^'utT. t. xiii, p. 78, dans PouuENS. || 8° Mis en avant par la parole ou l'écriture. Un motjelédela sorte dans un discours vaut un panégyrique entier, bollin, Traité des El. liv. VI, S* part. chap. 2, g a. Un mot, quoique jeté au hasard et mal à propos, fait souvent germer des Ijeautés nouvelles dans la tête d'un homme de génie, volt. Lett. Chabanon, ti janv. «766. || 9" Coulé, après fusion, en un moule. Le colos.se de Hhodes, ouvrage immense jeté en fonte par un Indien, volt. Mœurs, «2.

2. JEFÉ (je-té), J. m. 1| !• Un des pas de la danse, mouvement par lequel on jette un pied en avant ou en arrière ou de côté, et on lève l'autre en même temps; il se compose d'un plié et d'un tombé : une jambe se pire, et, eu se redressant, lance le corps, qui retonilie sur l'autre jambe. Jeté battu. Il 2" Au tricot, un jeté, le brin jeté sur l'aiguille avant de prendre la maille, ce qui lait une tuaiUe de plus si l'on veut.

— tXYM. Jeté (.

JETÉE (je-tée), s. f. || !• Construction de bois ou .♦: j'ierre, faite pour redresser le ht d'un coui-sd'eau,

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pour protéger l'entrée d'un port. Jeté« de fascinage. Jetée do eharponte. Jetée de maçonnerie. Il 2° Amas de pierres, de sable et de cailloux jetés dans un mauvais chemin pour le rendre plus praliquable. On a fait une jetée dans ce chemin. HS'^Terme de médecine. Jetée goutteuse, se dit quand la goutte se porte toit surks articulations, toit sut quelque organe intérieur. || 4* Chaque nouvel essaim d'abeillei. || 6" Terme de chandelier. Jetée des chandelles, le nombre de chandelles qu'on peut mouler d'une seule fonte de luif.

—HIST. xvi' s. Jetée [action de jeter], monet, Dict. — ÉTYM. Jeté, (.

JETER (jeté. Le ( se double quand la syllabe qui suit est muette : je jette, je jetterai), v. a. \\ 1° Communiquer un mouvement avec la main. || 2" Mettre avec quelque promptitude un manteau, un châle, etc. Il 8° Jeter un pont. || 4° En termes de marine, lancer dans la mer ou ailleurs. || B° Se débarrasser de. Il 6" Joiierou écarter, en parlant de cartes. || 7°Mettre, placer, diriger, non sans quelque idée de violence ou du moins de rapidité. || &° En termes de guerre, faire entrer. || 9° En termes de marine , jeter à la côte, jeter à la bande. || 10° Jeter l'oiseau, en fauconnerie. Il 11° Jeter un blanc, une espace, en imprimerie. Il 12° Il se dit des couleurs qu'on donne à un tableau. || 13° Diriger quelque partie du corps d'un certain côté. || 14" Pousser avec violence, faire tomber. || 15* Fig. Mettre quelqu'un dans une certaine manière d'être. || 16° Fig. Jeter loin, jeter dans, reiiorter à une époque éloignée. || 17° Faire subir. Il 18" Il se dit aussi des choses abstraites que l'on assimile à queliiue chose qui se jette. || 19° Jeter sur le papier, écrire, tracer à la hîlte. ||20' Faire signifier, dénoncer. |1 21° Rejeter sur, attribuer. Il 22' 11 se dit de l'argent, des valeurs qu'on fait entrer dans la circulation. || 23° Jeter l'argent, être prodigue. || 2i° Calculer avec des jetons. || 25° Jeter au sort, décider quelque chose parla voie du sort. Il 28° Pousser, envoyer, lancer hors de soi. d 27° Jeter des oeufs, être ovipare. || 28° Produire et mettre dehors un nouvel essaim. ||29° Produire des bourgeons ou des scions. || 30° Produire , rendre de l'humeur. || 81° Jeter sa tête, ses fumées, en termes de vénerie. || 32° Faire couler dans un moule du métal fondu. || 33'" Jeter, en termes de potier, de chandelier. || 84° Se jeter, être jeté. || 35° Être prodigué , en parlant de l'argent. |{ 86° Se lancer soi-même. ||87° Se précipiter, se porter impétueusement. Il 38* Faire une expédition militaire. || 39' Entrer, se réfugier précipitamment en quelque endroit. Il 40° Aller, se rendre imprudemment. || 41° Fig Prendre, accepter, se laisser aller. || 42° Se jeter au travers, i la traverse, entre, venir déranger. {| 43° Se jeter sur, en parlant d'humeurs, de maladies. Il 44° Se jeter sur, parler de. || 45° Avoir recours. 1° Communiquer un mouvement avec la main ou de quelque autre manière. Comme il continuait, je me sentis extrêmement tentée de lui jeter un livre à la tête, sÉv, ( 2 juin 1 680. L'Anglais [le chevalier Talbot] a promis au roi sur sa tête et si positivement de guérir Monseif<neur dans quatre jours, et de la fièvre et du dévoiement, que, s'il n'y réussit, je crois qu'on le jettera par les fenêtres, m. s nov. (cso. De sorte que Ludre, Coëtlofcon et Rouvroy sont parties ce matin pour aller à Dieiipe et se faire jeter trois fois dans la mer, id. 27. On jeta de l'eau sur les restes de l'embrasement, m. 20. Je jette quelquefois dans votre paquet les petits billets de l'abbé Bigorre, qui sait très-bien ses nouvelles de Rome, m. 28 déc. (689. C'est afin que, la poste de Provence arrivant, il [un commis de la poste] jette le paquet à celle de Bretagne, qui part le même jour, id. 26 mai (680. Comme un fromleur fait tourner avec sa fronde la pierre qu'il veut jeter loin de lui , fén. Tél. XV. Il avale les dés et presque le cornet, jette le verre d'eau dans le trictrac, et inonde celui contre qui il joue, LA BnuY. xi. Ouoi! misérable, lui dit-il, me prends-tu donc pour un bâtard ? et en même temps il lui jeta sa coupe à la télé, rollin, llist. anc. Ût'uf. t. VI, p. (34, dans pouoiCNs. Avant ce temps-lâ, un grec [homme appartenant à la religion grecque] jetait par la fenêtre un plat dans le-iuel un latin avait mangé, quand il ne pouvait pas jeter le latin lui-même, voi.t. Lett. Chabanon, 48janv. (70S. Lesfemmes, parées magnifiquement, étaient aux fenêtres, et jet<aient des fieurs et des parfums sur les vainqueurs, baynal, IJist. pliil. i, 26. Il En termes de marine, faire le jet. Si, par temi^ête ou par la chasse de l'ennemi, le capitaine se croit obligé, pour le salut du navire, de jeter en mer une partie de son chargement,ilr«. 4( 0 du Code de commerce. || Fig. Adieu, ma chère comtesse; jetez mes amitiés, mes

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compliments, mes embrassades, comme vous jugerez à propos, SÉV. 26 oot. (688. Il Jeter la plume au vent, voy. plume. || Kig. Jeter de la poudre aux yeux, voy. poudre. || Fig. Jeter de l'huile sur le feu, dans le feu, voy. huile, n° 2. || Fig. Jeter le manche après la cognée, voy. manciir, s. m. || Fig. Jeter la pierre i quelqu'un, voy. pierre. || Fig. Jeter quelque chose au nez de quelqu'un, lui en faire objection, reproche (locution des gens de cour, dit de Caillères, en (690). C'est unétrange fait du soinque vous prenez X me venir toujours jeter mon âge au nez, MOL. Ec. des mar. i, ( . llKig, Jeter son bonnet par-dessus les moulins.voy. bonnet, n" ( . Y jeter son bonnet, voy. bonnet, n° 2. || Kig. Jeter sa langue aux chiens, voy. chien, n°3. || Fig. N'être pas bon à jeter aux chiens, voy. chien, n° 3. || Fig. Il n'en jette pas sa part aux chiens, voy. ciiikn, n° 3. || Fig. Jeter un osa quelqu'un, voy. os. || Jeter son coussinet sur quelque chose, s'arranger de manière à l'obtenir par adresse; locution tirée de l'usage de marquer sa place, de la retenir, enymettantsoncoussin. || Fig. Jeterquelque chose aux pieds de quelqu'un, lui en faire l'otlre, l'abandon. Donnons-luice triomphe; honneurs, lauriers, pouvoirs. Jetons tout à ses pieds; je veux tout lui devoir, c. delav. Paria, ii, 6. || 2° Jeter un châle, une mante, un manteau, etc. sur ses épaules, sur les épaules de quelqu'un, mettre avec quelque promptitude un châle, etc. sur ses épaules, sur les épaules de quelqu'un. Moi.... qui n'avais précisément songé qu'à jeter sur moi une mauvaise robe, MARiv. Marianne, S* part. Ces pensées bouleversèrent tellement Mme de Maintcnon, qu'il lui fut impossible de rester dans son lit; elle jeta une robe sur ses épaules..., gknlis, Mme de Maintenon, t. ii, p. (B8,dans POUGENS. Il Ce vêtement, cette draperie, etc. est jetée avec grâce, avec élégance, en parlant d'un vêtement, d'une draperie disposés aver quelque négligence mais non sans grâce. || Terme de peiiw ture. Jeter une draperie, donner une certaine disposition aux plis de la draperie dont on revêt une figure. Les plis de cette draperie sont bien jetés. || Fig. Jeter un voile sur quelque chose, le passer sous silence. Je ne veux point lever un œil présomptueux Vers le voile sacré que vous jetez sur eux [des secrets], volt. Brutus, m, 3. || 8' Jeter un pont sur une rivière, construire, établir un pont sur une rivière; surtout en parlant des ponts que l'on fait à la hâte pour le passage des troupes, des armées. Scipion, ayant jeté un pont sur le Tésin, fit pas.ser ses troupes, rollin, llist. anc. Œuv. t. i, p. 404. || Jeter les fondements d'un édifice, voy. fondement; le langage technique dit plutôt : construire, poser, bâtir, maçonner les fondements d'un édiflje. j] Fig. Il jeta les fondements de la religion, boss. llist. i, 7. || 4° Terme de marine. Jeter l'ancre, laisser tomber, de l'endroit du navire où elle est retenue, une ancre qui doit aller mordre la terre et s'y fixer, à l'efïet de maintenir sur un point de la mer le navire que son câble lie à l'ancre, jal. L'expression jeter l'ancre a été d'usage lorsque les ancres étaient maniables; mais, à présent qu'elles ont une pesanteur considérable, on dit toujours : laisser tomber l'ancre, ou bien mouiller, legoabant. || Fig. Ainsi toujours poussés vers de nouveaux rivages, "Vers la nuit éternelle emportés sans retour. Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour? lamart. Méd. I, (3. Il Jeter le plomb, la sonde, lancer à la mer un plomb de sonde attaché à une corde mesurée, pour connaître la profondeur de l'eau ou la qualité du fond.|i Fig. Jeter son plomb, jeter ses plombs sur quelijue chose, porter ses vues sur quelque chose, former un dessein pour parvenir à quelque chose, essayer, faire une tentative. || Jeter le loch, lancer à la mer le loch pourconnaître, parla longueur de la corde qui le relient, combien le navire a fait de route pendant un temps donné. || Jeter les grappins d'abordage, lancer d'un navire à un autre les grappins enchaînés, dont l'effet est de rapprocher et do tenir l'un à côté de l'autre deux bâtiments qui vont se battre bord à bord, jal. || Fig. Jeter le grappin sur quelqu'un, se rendre maître de son esprit. || 5" Se débarrasser de. Il jeta ce qu'il te- ■ nait à la main. Le traître avait jeté ces gages précieux, Pour n'être point connu par ces man(ues sanglantes, volt. Mérnpe,n, B. Ils tirent à vingt pas; ils jettent aussitôt leurs fusils; et.... se précipitant entre les hommes et les chevaux, i.s tuent les chevaux avec leurs poignards et attaquent les hommes, le sabre à la main, i». Louis XV, 34. || Jeter les armes, jeter ses armes, les quitter, cesser de combattre. Dans les chutes fréquentes qu'ils [les soldats français] faisaient, leurs armes s'échappaient de leurs mains; elles se brisaient ou se [.erdaient danc la

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neige; s'ils se relevaient, c'était sans elles; car ils ne les jettTcnt point, la faim et le froid les leur arrachèrent. SÉGL'R, llist. de Nap. ix, ii. || Fig. et familièrement. Jeter le froc aui orties, voy. fboc. Il Fig. Jeter loin, dédaigner. Ne jetez pas si loin les livres de la Fontaine, il y a des fables qui vous ra- •.tront et des contes qui vous charmeront, sÉv. « mai (671. Il 6' Aux ieui de cartes, jeter ses cartes, le? jouer. Avec les sept carreaux il avait quatre piques, V jetant le dernier, m'a mis dans l'embarras, Hoi Fâcheux, II, 2. J'ai jeté l'as de cœur, avec raison, me semble, id. ib. || Jeter se dit aussi au riquet, à l'écarté, des cartes que l'on écarte, dont on se défait pour en prendre d'autres. J'ai jeté les cœurs. J'aurais eu une quinte, mais j'ai jeté mon jeu. Il Jeter les cartes, cesser la partie. || Bassement et par un mauvais jeu de mots, jeter du cœur sur du carreau, jeter des fusées, vomir. || 7° Mettre, placer, diriger, non sans quelque idée de violence ou du moins de rapidité. Un tourbillon de vent vous jette violemment sous une arche, sÉv. 25. Vous, ma chère fille.. ..vous que j'ai toujours aimée et souhaité d'avoir près de moi, voyez quel orage vous jette au bout du monde, id. 4t déc. <675. M. de Rennes le désire [un domestique] d'une manière à ne pouvoir lui refuser; nous y jet jUS un homme qui nous parait bon, id. 3 juiU. (680. Dieu, qui suit toutes les parcelles de nos corps en quelque endroit du monde que la corruption ou le hasard les jette, uoss. Ducli. d'Orl. Venez maintenant, pécheurs, quels que vous soyez, en (]uelques régions écartées que la tempête de vos passions vous ait jetés, id. Anne de Gonx. Ouelle ardeur inquiète Parmi vos ennemis en aveugle vous jette? ba:. Brit. i, 3. Où j'avais ouï dire que mon père avait été jeté par les vents, fén. Tél. I. Je le jetai dans une voiture, et nous retournâmes à la maison, makiv. Fausses confid. i, ti. J'ignore en quels climats nous jette la tempête, volt. Oresle, ii, <. Pour adoucir en moi cette âpre dureté Des climats où mon sort en naissant m'a jeté, ID. Orphel. iv, 4. Cette province vit pour la première fois les Portugais en (636, et ce fut une tempête qui les y jeta ; mais ils ne s'y établirent qu'en <599, raïnal, Hist, phil. u, <7. || Fig. N'admiroz-vous point où mon cieur me jette et m'égare? je suis toute seule, je suis toute attendrie.... SÉV. i" oct. 1884. Il Fig. Jeter dans les bras, remettre à la garde, à la protection. Hé bien I pour un enfant qu'ils ne connaissent pas, Que le hasard peutêtre a jeté dans leurs bras.... rac. Athal. m, 3. Il Jeter dans un couvent, faire entrer dans un couvent. Broglie était un si furieux amant, qu'il fut une des raisons qui la jetèrent [une dame] aux Carmélites, SÉV. 2 oct. )C89. Il Fig. et poétiquement, jeter au lit de, obliger une femme à devenir épouse de. Ma déroute la jette au lit de Massitiisse, corn. Soplum. III, 7. Il Fig. Faire entrer dans une société. Un autre incident me jeta dans des sociétés nouvelles, MARMONTEL, ilém. IX. || Jeter quelqu'un dans un cachot, dans les fers, le mettre ou le faire mettre en prison. Celui qui avait pour lui les armées fut vainqueur, jeta son rival dans les fers, et, plus puissant qu'il ne l'avait espéré, se trouva le maître de toutes les provinces, baynal, //tî(. p/ii/. vu, B. Il S" Terme de guerre. Jeter des hommes, jeter une troupe, jeter des munitions, des vivres, etc. dans une place, les y faire entrer promptement dans le besoin. Buckingham est forcé de ramener en Angleterre ses troupes diminuées de moitié, sans même avoir jeté du secours dans la Rochelle, et n'ayant paru que pour en hâter la ruine, volt. Mœurs, <76. Il Poster en avant ou d'une manière aventureuse. La 16* division restait encore; le vice-roi l'appelle; elle s'avance en jetant une brigade à gauche dans le faubourg, et une adroite dans la ville, ségub, llist. de ;Vap. IX, 2.119° Terme de marine. Jeter son navire à la côte, l'y échouer expiés, afin d'éviter un danger plus grand. || Jeter à la bande, rassembler, sur un seul point, des marchandises qui étaient éparses, afin de faire contre-poids. {| 10° Terme do fauconnerie. Jeter l'oiseau du poing, le lancer après la proie. On dit : jeter le faucon et lâcher l'autour. Il 11° Terme d'imprimerie. Jeter un bliiic, manager, laisser un blanc. || On dit de même : jeter une espace, une interligne. || 12° Jeter une couleur sur, donner une couleur à. Le peintre a jeté une teinte grise sur son tableau. || Fig. La tristesse que l'idée de votre délicate santé a jetée sur toutes mes pensées, sÉv. 9 mai, lesu. On admira comment Molière avait pu jeter tant de comique sur un sujet qui paraissait fournir plus de pédanterie que d'agrément, VOLT. Vie de Uoliire. || Dans un sens analogue, jeter l'ombre, les ténèbres, produire l'obscurité.

Et l'enfer, couvrant tout de ses vapeurs funèbres. Sur les yeux les plus saints a jeté ses ténèbres, RAC. Eslh. Prologue. Qu^ind la nuit sombre Sur ces coupables murs viendra jeter son ombre, volt. Srmiram. i, 3. || Par extension. Tant le sort entre nous a jeté de mystèrel crébili.on, dans desfont. Il 13° Diriger quelque partieducorpsd'un certain côté. Il jeta la tête en arrière. |{ Jeter les yeux, la vue, les regards sur, regarder, considérer. L'acteur ayant récité ce vers qui contenait l'éloge d'Amphiaiails : il ne veut point paraître homme de bien et juste, mais l'être effectivement, tout le monde jeta les yeux sur Aristide, et lui en fit l'application, rollin, Hist. anc. Œuv. t. m . p. « 35, dans pouge.ns. C'est donc lA le dernier [regard] que tu jettes sur elle ! volt. Tancr. v, 6. Sur ce biUet au moins daignez jeter la vue, ip. Triumv. m, 2. || Fig. Jeter les yeux sur quelqu'un, signifie quelquefois avoir sur quelqu'un des vues particulières. Il a jeté les yeux sur ce jeune homme pour en faire son gendre. Par moi seule éloigné de l'hymen d'Octavie.... Silanus, sur qui Claude avait jeté les yeux.... bac. Brit. i, ). 1114° Pousser avec violence, faire tomber, ô toi, qui n'attends plus que la cérémonie Pour jeter à mes pieds ma rivale punie, ....Poison, me sauras-tu rendre mon diadème? coiiN. Rodog. v, i. Quand dans le sein d'Araspe un poignard enfoncé Le jette aux piwis du prince, ID. Nicom. v, 8. À côté de son maître il le jette sans vie, volt, iférope, v, 6. || Jeter par terre, jeter à terre, faire tomber à terre. Jeter un homme par terre. Il crache sur le lit et jette son chapeau à terre, la bruy. xi. Il n'est pas rare de voir les litornes se rassembler au nombre de deux ou trois mille dans un endroit où il y a des alises mûres, et elles les mangent si avidement qu'elles en jettent la moitié par terre, buff. Ois. t. v, p. 4(9, dans pougens. || Jeter une maison, une cloison, un mur. etc. par terre, démolir, abattre une maison, une cloison, etc. Nos maisons ont été jetées par terre , saci, Bible, Jérémie. ix, 49. ||0n dit dans le même sens : jeter bas. || Fig. Un même instant conclut notre hymen, et la guerre Fit naître notre espoir et le jeta par terre, corn. Ilor. i, 3. Il Jeter une porte en dedans, la forcer en en faisant sauter la serrure. Il est un moyen de jeter en dedans cette légère porte, beaumarch. Mar. de Fig. II, (3. Il 15° Fig. Mettre quelqu'un dans une certaine manière d'être. Soulever votre peuple, et jeter votre armée Dedans les intérêts d'une reine opprimée, corn. Nicom iv, 2. De Vinius par là gagnant la bienveillance, 11 a su le jeter dans une autre espérance, id. Otkon, m, ( . Vous mettez par-dessus tout cela des remerciements, des douceurs charmantes, des 'agréments qui nous jettent dans la confusion, SÉv. 3o mars )089. Il s'agit d'une addition au livre XIV, qui a jeté M. Jurieu dans d'étranges emportements, boss. Var. '!• avert. § H. Dans quel trouble, seigneur, jetez-vous mon esprit! BAC. Bérén. i, 3. Dans quels égarements l'amour jeta ma mère ! id. Phèdre, i, 3. De ce refus bizarre où seraient les raisons? U pourrait me jeter en d'étranges soupçons, ID. Athal. ii, 5. Cette idolâtrie des richesses qui me jette dans des gains injustes, MASS. Avent, Dispos. \\ Faire naître certains sentiments. Et leur division que je vois à regret Dans mon esprit charmé jette un plaisir seciet, corn. Cid, II, 6. Cessez, vaines frayeurs, cessez, lAches tendresses. De jeter dans mon cœur vos indignes faiblesses! iD. Cinna. I, t. [Si] La crainte de vous faire un funeste présent Ne me jetait dans l'âme un remords trop cuisant, id. Bodog. m, 5. Il n'a rien dit, mailame. Oui vous doive jeter aucun trouble dans l'âme, id. Nicom. i, 3. Il pouvait, sous rapi)ât d'une feinte promesse , Jeter dans les soldats un moment d'allégresse, id. Olhnn, iv, 2. Il est vrai que de passer ma vie sans vous voir y jette une tristesse et une amertume à quoi je ne puis m'accoutumer, sEv. 28 mai taie. On pouvait jeter dans son âme quelques fausses impressions, mais.... flécu. duc de Mont. Vous, cependant, allez; et, sans jeter d'alarmes, X tous mes Tyriens faites prendre les armes, rac. Àthal. u, 6. Vous jetez la discorde au sein de ma famille, lamottk, /liés de Castro, m, 3. Quelle horreur jetez-vous dan.i mon cœur étonné? volt. Marianne, i, 4. Davoust, avec vingt-cinq mille hommes, resta à l'arrière-garde; pendant qu'il avançait de quelques pas et jetait, sans le savoir, la terreur chez les Russes, la grande armée étonnée leur tournait le dos, séouB, llist. de Nap. ix, 2. Poète, j'eus toujours un chant pour les poètes, Et jamais le laurier qui pare d'autres tètjs, Ne jeta d'ombre sur mon front, VICTOR uuco, Odei, m, 4. |i 16* Fig. Jeter loin, je-

ler dans, obliger à reporter à une époque éloignée ce qu'on veut faire. Je ne voudrais point que vous allassiez repasser la Durance.... cela vous jette trop loin dans l'hiver, sÉv. i" juill. <676. Cela [un retard] vous jettera dans le mois de janvier, et c'est pour en mourir, m. Jour de la Toussaint, )68i". il 17* Faire subir. Le bon exemple que vous voulez donner [en faisant le jubilé] vous jettera dans de plus grandes fatigues, sêv. juillet 1690. || Mener à. Pour moi, je suis dans l'histoire de France ; les croisades m'y ont jetée, sÉv. 6 nov. (675. || Entraîner à. Pour son style [d'une dame pleine d'affectation], il m'est insupportable, et me jette dans des grossièretés, de peur d'être comme elle, sÉv. (3 août 1677. Il 18° Fig. Jeter, .se dit aus.si des choses abstraites que l'on assimile à quelque chose qui se jette. Seigneur, à découvert, toute âme généreuse D'avoir votre amitié doit se trouver heureuse ; Mais nous n'en voulons plus avec ces dures loisQu'elle [Rome! jette toujours surla tète des rois, CORN. Nicom. V, 40. Si ce nom sur leur front jette tantd'infamie, id. Tois. d'or, i, 2. Etje ne voudrais pas par des efforts trop vains Jeter le moindre obstacle à vos justes desseins, mol. D. Garde, v, 3. Cela [les lettres] rapproche ; on est occupée des pensées que cela jette dans l'esprit, sév. (O nov. 1675. Je jette cette pensée dans cette lettre, id. 8 sept. 1680. Vous ririez de voir comme tous les vices et toutes les vertus sont jetés pêle-mêle dans le fond de ces provinces, id. 21 juin igku. La main qui jette tout cela [les vertus et les vices] dans son univers sait fort bien ce qu'elle fait, et lire sa gloire de tout, et tout est bien, id. ai janv. 1C80. Jamais personne n'a jeté des charmes dans l'amitié comme vous faites, id. 5 nov. i688. |{ Jeter des propos, avancer des propos qui vont indirectement à insinuer ou à découvrir quelque chose. Ce ministre a jeté des propos de paix, de guerre. Puisque le propos en est jeté, il faut que je le suive, didebot, Salon de (767, Q'htvres, t. xiv, dans poioens. || On dit, dans un sens analogue, jeter des paroles, des pensées. Pour moi, je jette de loin ces paroles en l'air, stv. 22 juill. 1«85. Ce sont des pensées que je vous jette, et dont vous ferez tel usage que vous trouverez à propos, id. 28 fév. 1685. || Jeter des soupçons contre quelqu'un, faire soupçonner quelqu'un. Il Jeter des brocards, se moquer. Jeter des louanges, louer. Je vous dirai franchement.... qu'on nous jette de tous côtés cent brocards à votre sujet, MOL. l Avare, ni, 6. Vous me jetez tant de louanges au travers de toutes mes imperfections.... siiv. (4 juill. 1680. Il 19° Jeter sur le papier, tracer, écrire à la hâte. Jeter ses idées, un plan, une esquisse sur le papier. Voilà tout ce que mon imagination me fait jeter sur ce papier, sans art, sans arrangement, à course de plume, sév. Lett. à Cuitaiit, 23 janv. 1682. Je respecte le génie et l'éloquence de M. Pascal ; mais plus je les respecte, plus je SUIS persuadé qu'il aurait lui-même corrigé beaucoup de ces pensées qu'il avait jetées au hii.'.ard sur le papier pour les examiner ensuite; et c'est en admirantsongéniequejecorabats quelques-unes deses idées, VOLT. Rem. Pens. Pasc. Préambule. \\ 20° Faire signifier, dénoncer. Jeter une excommunication, la publier, la fulminer. L'évéqued'Agen ajeté unmonitoire, il y a beaucoup de protestants en prison, VOLT. Lett. Damilaville, i" août 1767. || Jeter les bans d'un mariage, faire les annonces au prône. Il Terme de droit canon. Jeter un dévolu, voy. dévolu. Il Fig. et familièrement. Jeter son dévolu sur, voy. DÉVOLU. |i 21° Rejeter sur, attribuer. Au moindre jour ouvert de tout jeter sur nioi,coHN. Bodog. V, 4.- Jeter sur la conduite de Dieu ce qui n'est causé que par le dérèglement de l'iionime, fléch. Serm. i, '^9. \\ Exciter à parler de. Feignons, jiour le jeter sur l'amour de son maître, moi.. Di'p. i, 3. Il 22°II se dit de l'argent, des valeurs qu'on faitcnlrer dans la circulation. Les app.irtements du roi |par la fonte des meubles d'argent] ont jeté six millions dans le commerce, sÉv. 2( déc. ick9. || 23- Jeter l'argent, être prodigue. L'on dit des merveilles de sa belle âniu, et de la générosité de M. le prince de Conli, il jette l'argent héroïquement, sBv. 4uu. l£ roi fait des libéralités immenses ; en vérité, il ne faut point se désespérer; quoiqu'on ne soit pas son valet de chambre, il peut arriver qu'en faisant sa cour, on se trouvera sous ce qu'il jette, id. cj janv, 1680. Monseigneur fait des merveilles [à Pliilisbouig].... jetant l'argent avec choix, disant du bien...., id. d Bussy. 3 nov. i««h. On lui vient [à Mme de MontespanJ demander des charités pour les églises; elle jette beaucoup de louis d'or partout fort charitablement et de fort bonne grâce, id. it

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mai <676. La facilité avec laquelle la plupart jettent l'argent fait soupçonner qu'il ne leur c.iûte pas beaucoup, drueys, Grondeur, u, 2«. 1| Fig. J'admire comme il passe, ce temps.... pour moi, vous savez comme je le jette et comme je le pousse jusqu'à ce que vous soyez ici, sÉv. 6 avr. <6«o. Je jetterais le temps à pleines mains comme autrefois, id. 23 nov. 4089. On avance dans un temps auquel on aspire.... on est libérale des jours, on les jette à qui en veut, ID. <o janv. (6»9. il Jeter son bien,jeier tout parles fenêtres, c'est-à-dire dissiper son bien en folles dépenses. Il n ne jette pas son bien par la lenêtre, il ne jette pas les épaules de mouton toutes rôties, c'est-àdire il est bon ménager de son bien. || On dit aussi : C'est un homme d'ordre et qui ne jette rien. || Fig. et familièrement. Jeter une marcliandise à la têie, l'offrir à vil prix. Si j'avais un conseil à vous donner, ce serait d» réduire un peu l'ancien prix établi à Genève, mais de ne point jeter à la tête une édition qu'alors on jette à ses pieds, volt. Leit. Panckoucke, mars I7G9. Il Fig. et familièrement. Jeter une chose à la tête de quelqu'un, la lui offrir sans qu'il la demande, N'e pensez pas que je lui jette mon bien à la tête, que je lui jette ma fille à la tcte. Les meilleures choses sont dégoûtantes quand elles sont jetées à la tête, SÉV. 27 mai 1672. Les jours passeront; j'ai vu que j'en étais avare; je lesjette à la tête présentement, ID. 20 oct. 1679. Il 24° Calculer avec des jetons. Jetez ces sommes-là; je les ai jetées, et j'ai trouvé qu'elles montent à.... Apprendre à jeter. || Ce sens est vieilli. On disait jeter, parce qu'on se servait de jets ou jetons. Il 25" Jeter au sort, décider quelque chose par la voie du sort. Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et ont jeté ma robe au sort, saci, Bihte, Évang. St Matlh, xxvii, 36. || Jeter les dés, les lancer hors du cornet pour amener les points. || Fig. Le dé en est jeté, le parti en est pris. || On dit dans le même sens : Le sort en est jeté. Le sort en est jeté, monsieur, n'en parlons plus, cobn. Ctd, ii, (. || Jeter des lots, les tirerau son. || Tormed'anciennecoulume. Répartirune imposition. || 26" F'ousser, envoyer, lancer hors de soi. Je cours au temple alors où la lampe allumée Jette, au lieu de lumière, une noire fumée, ROTR. Antig. v, B. On prétend que le lendemain le corps de ce prince [le duc d'Orléans assassiné qu'on avait porté dans l'église des Blancs-Manteaux] jeta du sang, lorsque le duc de Bourgogne, qu'on ne connaissait point encore pou r l'au teur de cet assassinat et qui voulut faire bonne conlen.ince, se présenta pour lui donner l'eau bénite, saint-foix, Ess. Paris, dùiv. t. m, p. 288, dans pougens. L'esprit naturel des habitants ne jetaitaucuneétincelle, volt. Mœurs, 40. La queue est de la même couleur, mais d'une teinte plus foncée, et jette des reflets dorés d'un trés-bel effet, buff. Ois, t. xii, p. (55. La flamme des trépieds jetait des feux sinistres, c. delav. Paria, i, 2. || Jeter des larmes, pleurer. Je jette des larmes de joie, mol. D. Juan, v, (. || Jeter un soupir, un cri, faire un soupir, un cri. je forcerai mon coeur sans jeter de soupirs, du ryer, Scévole, v, 2. L'air résonne des cris qu'au ciel chacun envoie, Albe en jette d'angoisse et les Romains de joie, CORN. Hor. IV, 2. Léontius fut effrayé ; il jeta quelques soupirs, et se retira fort en colère, rollin, Ilist. anc. (JEuv. t. viii, p. 84. Ce vieillard vénérable A jeté dans mes bras un cri si lamentable, volt. Fanât. IV, 4. Bientôt.... mais de la mort la main lourde et muette Vient de toucher la corde [de la lyre du poêtel ; elle se brise et jette Un son plaintif et souid dans le vague des airs, iamart. tféd. u, 5. Il Fig. et familièrement. Jeter les hauts cris, se récrier, se plaindre hautement. || Jeter des menaces. Jeterai-je toujours des menaces en l'air, Sans que e sache enfin à qui je dois parler? cobn. la Suiv. V, i. Ce n'est plus cette done Elvire qui faisait des vœux contre vous, etdont l'âme irritée ne jetait que menace et ne respirait que vengeance, mol. D. Juan, IV, 0. IIFig.etfamilierement.il a jeté tout son venin, c'est-à-dire il a dit, dans l'emportement de sa colère, tout cequ'il avait sur le cœur. 1 1 Fig. et familièrement, leierson feu, tout son feu, voy.FEu, n'38. || Jeterfeu et namme,voy.FEii,n°<. || Fig. et familièrement. Cet homme jette un vilain coton, voy. coton. || 27* Jeter des œuis, être ovipare. Parmi les animaux, les uns jettent de» œufs, les autres sont vivipares, volt. Sinyul. nat. xxix. || 28* En parlant des mouches à miel, produire et mettre dehors un nouvel essaim. Les mouches ont jeté deux essaims cette année. Quelques pleines que fussent les ruches prèles à jeter leur essaim. 1. 1. bouss. Conf. vi. || Absolument. Ce» mouches n'ont point encore jeté. ||29"' En parlant des arbres et des plantes, produire des bourgeons ou des scions. Celte vigne» bien jeté du bois.

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Cet arbre a jeté des scions. Il accourt; devant lui l'herbe jette des fleurs, A. chénieb, )lylas, || Absolument. Les arlires commencent à jeter. || Jeter de profondes racines, s'enraciner profondément. Les arbres jettent des racines plus profondes les uns que les autres. || Fig. Cet abus avait jeté de si profondes racines qu'il était difficile de l'extirper. || 30° Rendre de rbumeur.Cetabcès jettedu piis.lly a quatre jours qu'il prit une fantaisie à ma jambe de s'enfler et de jeter des feux et des sérosités, sÉv. 4 6 avr. <G86. Il Absolument. La plaie commence à jeter. Son 'cautère jette beaucoup. || Ce cheval jette sa gourme, il a par les narines un écoulement dû à la gourme. Il Fig. Jeter sa gourme, exhaler sa mauvaise humeur, ou, pour un enfant, être hargneux et difficile, ou. pour un jeune homme, se mal conduire, ou, pour un jeune auteur, produire d'abord des choses faibles ou folles. Il Absolument. On dit qu'un cheval jette, quand il aunécoulementpar les narines, et spécialement dans le cas de morve. || 31° Terme de vénerie. Ce cerf jette sa tète, il quitte son bois. || Le cerf jette ses fumées, il se vide. || 32* Faire couler du métal fondu dans quelque moule afin d'en tirer une figure. Jeter une figure, une statue en bronze. Jeter en moule. Il Jeter en sable, prendre un moule avec du sable. Il Fig. Jeter en sable, avaler d'un trait. Je vais jeler en sable à toi ce petit coup, la fontaine, Uagolin, u, 7. Si vous lui apprenez qu'il y a un Tigellin qui souffle ou jette en sable un verre d'eaude-vie.... la BROY. xiii. Il Absolument. Ce fondeur jette bien. || Fig. et familièrement. Cela ne se jette pas en moule, se dit d'un ouvrage qui ne peut se faire qu'avec beaucoup de soin et de temps. Il 33° Terme de potier d'étain. Jeter sur la pièce, ajuster une anse ou une pièce sur un vase par le moyen d'un moule. || Terme de chandelier. Jeter des chandelles, des bougies, les fabriquer au moule. Il Terme de passementier. Jeter en soie, couvrir un bouton de soie tournée sur la bobine. ||34° Se jeter, V. réfl. Être jeté. Les pierres qui st jetaient avec les frondes. || 35° Être prodigué, en parlant de l'argent. Cet homme [Penautier, liéaveclaBrinvilliers] a un nombre infini d'amis d'importance.... ils n'oublient rien pour le servir ; on ne doute p"\s que l'argent ne se jette partout, sév. to juill. (676. || 36° Se jeter, se lancer soi-même. Me jeter du pont Neuf à bas dans la rivière, Régnier, Sat. viii.Vous tentez Dieu, et vous vous jetez à terre du haut du pinacle, dans l'espérance de trouver entre deux les mains des anges, boss. Èlivat. surmyst. xxiii, 4. Un homme de bon sens ne se jette p.-is par la fenêtre ; c'est d'une nécessité morale, bonnet, Essai psychol. ch. 47. Il Par personnification. Ce fleuve, cette rivière se jette dans telle autre, se jette dans la mer, dans un lac, etc. ce fleuve, cette rivière se rend, va se perdre dans telle autre, etc. {{ Fig. Vous y voulez tomber [dans le précipice], je m'y jette avec vous, volt. Adélaïde, iv, 5. || Terme de manège. Se jeter sur l'éperon, sur le talon, sur la jambe droite ou gauche, se dit d'un cheval qui pousse son corps du côté oii le cavalier approche l'éperon, le talon ou la jambe, au lieu de céder à ces aides. || Terme de marine. Se jeter à la côte, y échouer son navire. || 37° Se précipiter, se porter impétueusement. Se jetant à ces mots sur le vin et l'encens, corn. Poly. m, 2. Je me jette au-devant du coup qui t'assassine, id. Pomp. iv, 4. Ce que Moïse ayant entendu, il se jeta le visage contre terre, SACi, Bible, Nombres, xvi, 4. Montgaillard se jeta sur lui comme un furieux.... Pont-Gand tire son épée, et lui en donne au travers du corps, et le jette mort, sév. 2o sept. 4676. Le coup de canon.... emporta le bras deSaint-Hilaire.... le fils de Saint- Hilaire se jette à son père, et se met à crier, m. 9 août 4C76. Un lion affamé vint se jeter sur mon troupeau, fên. Tél. il. César, outré des bruits qu'on répandait contre son honneur et sa réputation, se jette dans la ville, court par les rues... vertot, Rérol. rom. xiv, 3(9. Puis tout à coup se jetant sur eux deux -.Monsieur, dit-il, s'adressan ta l'un d'eux... DEI.ILLE, Convers. ii. Enfin, lorsque le besoin est extrême, il [le loup] s'expose à tout, il attaque les femmes et les enfants, se jette même quelquefois surles hommes, devient furieux par ces excès,qui finissent ordinairement par la rage et la mort, buff. Quadrup. t. ii, p. (87 ||Fig. Sous quel appui tantôt mon cœur s'est-il jeté? bac. Hithr. u, 6. || Familièrement. Se jeter sur la friperie de quelqu'un, l'outrager de paroles. || Se jeler sur un lit, sur un siège, s'y asseoir, s'y coucher avec précipitation. Il se jeta sur un lit, n'en pouvant plus, sév. 8 déc. (873. Mme de Clémire, qui n'avait pas fe.-mé l'œil de la nuit précédente, se jeta sur son lit, genlis.

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Yeilliet du ehât. t. i, p. 6, dans pougens. || Se jeter à genoux, se mettre précipitamment à genoux. Allez, seigneur, vous jeter à ses pieds, rac. Andr. u, 6. Le roi, maître de leurs retranchements, se jetaà genoux pour remercier Dieu du premier succès de ses armes, volt. Charles XII, 2. Cette femme éperdue  vos sacrés genoux demande à se jeter, id. Orpliel. m, (. || Se jeter au cou de quelqu'un, lui passer les bras autour du cou en l'embrassant. Quand il [le maréchal de Grammont] fut seul avec le père [Bourdalouequi venait lui annoncer la mort (le son fils], il se jeta à son cou, lui disant qu'il devinait bien ce qu'il avait i lui dire, sÉv. 8 déc. (673. Il Se jeter dans les brr.s, entre les bras do quelqu'un, se faire serrer, embrasser p;ir quelqu'un. [Le duc d'Enghien] se jetant entre ses bras [du prince de Condéj et dans le sein paternel, boss. Louis de Bourbon. || Fig. Se jeter dans les bras, chercher un appui. Ne vous jetez donc point, madame, en d'autres bras, coiiN. Sertor. m, 4. Jetons-nous dans les bras qu'on nous tend avec joie, rac. Uithr. m, 4. Il Fig. Se jeter à la tête de quelqu'un, et, absolument, se jeter à la tête, s'offrir avec empressement et sans être reclierché. Cette conduite de ne vous point jeler à la tête et de laisser place aux désirs de vous voir, sév. à Coulanges, 28 mai (696. Il Se jeter sur quelque chose, signifie quelquefois s'y porter avidement. Les chasseurs mouraient de faim, ils se jetèrent sur un pâté qu'ils avaient apporté. Les archers français, prenant ce premier avantage pour le gain de la bataille, sejetèrent sur le bagage et se mirent à pillerau lieu decomb.ittre, duclos, Hist. de Louis Xt, CEuv. t. m, p. 227, dans pougens. Il Se jeter entre les mains, se remettre au pouvoir. Mais un second otage entre mes mains se jette, cORN. Nicom. v, 7. Il Se jeter dans, se dit aussi de tout ce qui est comparé à quelque abîme. Ce serait d'un malheur vous jeler dans un pire, corn. Attila, II, (. Eutychès, qui ne put combattre cette hérésie qu'en se jetant dans un autre excès, ne fut pas moins fortement rejeté, boss. Ilist. i, ((.|| Se jeter à ou dans, tourner ses vues, ses désirs vers. 11 se jettera à d'autres desseins, et pensera à se rendre miiître de quelques lies, pasc. Pensées, prophéi. 2«, éd. FAtioÈRE. Il 38° Se jeter, faire une expédition militaire. Unprince justement irrité se jette sur les terres de son ennemi, boss. 2° sermon, Annonciation, I. Il Attaquer avec impétuosité. Hirtiui trouva un endroit [des lignes d'Antoine] faible et moins défendu, qu'il empLvta l'épée à la main; il si jeta ensuite dans le camp, vertot, Kévol. rom. xiv, 326. Il 39° Entrer, se réfugier précipitamment en quelque endroit. On poursuivit le voleur, mais il se jeta dans une allée obscure, et disparut. Il se jette dans une voiture et se fait conduire chez lui. Il se jeta dans la place avec un millier d'hommes. Il Fig. Se jeler dans un couvent, s'y retirer. Je le menacerai de me jeter dans un couvent, mol. Pourc. 1, 4. Il Se jeter dans un désert, s'y réfugier. Je suis en colère contre le monde entier, je m'en vais me jeter dans un désert, sf.v. à Bttxsy, 22 sept. 1688. Il 40° Aller, se rendre imprudemment en quelque lieu. Nous ne voulons pas nous aller jeter dans la fureur qui agite notre province, si:v. 24 juill. (676. Il 41° Fig. Prendre, accepter, se laisser aller. Il faut se jeter promptement dans la soumission que nous devons à la Providence, sÉv. 20 oct. (675. Cela est fort honnête à vous de vous jeter dans le vert et le bleu, aussitôt que vous apprenez la mort de notre pauvre cousine, m. 2( août (680. Nous avons juré à table de ne nous plusjeterdansde pareils soupers, ID. 3( juill. 1680. M. de Grignan s'est jeté dans celte superfluité [un double menton], madame de obignan à Bussi, dans SÉv. 28 oct. (685. Une téméraire jeunesse se jetait sans étude et sans connaissance dans les charges de la robe, flécii. Lamoignon. Mme de Gerville s'est jetée dans la dévotion, genlis. Ad. et Théod. t. m, p. 382, dans pouckns. || Se jeter en un parti, se ranger du côté de ce parti. Mais, lorsqu'on un parti, Sunnon, l'on s'est jeté. Regarder en arrière est une lâcheté, saurin, Spart, i, 4. U leur parla avec tant de hauteur que la plupart, piqués île ses reproches, se jetèrent dans l'armée de Marins, vertot, Rérol. rom. x, 65. On pendit sut-ie-champ, par ordre d'Antoine, un grand nombre d'esclaves qui s'étaient jetés dans le même parti, m. ib. xiv, ( 88. Il 42° Se jeter au travers, à la traverse, entre, venir déranger. Après cela viennent les aventures, les rivaux qui se jettent à la traverse d'une inclinnlion établie, mol. Préc. se. 5. On ne vient po.nt ainsi se jeter au travers d'une comédie et troubler un acteur qui parle, i». Comte.ise, 2( Il n'y a rien sur la terre ni de si bien concerté par 11 prudence, ni

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de si bien affermi par le pouvoir, qui ne soit souvent troublé et embarrassé par des événements bizarres qui se jotlent à la traverse, Boss. 2' sermon, purifie. ». Un nouvel embarras se jeta entre nous, STAAL, Mém. t. II, p. <64. |[ 43° Se jeter sur, se dit des humeurs, des maladies qui attaquent une partie du corps. La goutte s'est jetée sur l'estomac. La furie (le votre sang, qui vous a fait si souvent du ravage, m'empêche de rire quand il se jette ainsi dans votre gorge, sÉv. 8 oct. <6S4. Une humeur de soixante et seize ans s'est jetée sur mes glandes, et le contrôleur général sur mes rescriptions, volt. lett. Chabanon, 7 mars (770. || Impersonnellement. Ouand ma petite dernière plaie [à la jambej a été fermée, il s'est jeté aux environs un feu léger, SÉV. 7 mars 4886.1144° Se jeter sur, pailer de. Je ne veux pas me jeter sur les passages des Pères [de rÉglise], BOSS. Lett. <8i. Il s'échauffe dans la conversation... de là il se jette sur ce qui se débite au marché, la brut. Thdoph. m. Je ferai comme Simonide, qui, n'ayant rien à dire de je ne sais que! athlète, se jota sur les louanges de Castor et de PoUux, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, u mai 1773. Il Se jeter au travers , parler sans réticence. U [BourdaloueJ se jeta sans balancer tout au travers de ses égarements [du prince de Condé] et de la guerre qu'il a faite contre le roi, sév. 2B avr. 4887. |] Se jeter parmi, entrepn ndre le récit. Mon esprit i:e se résoudrait jamais à se jeter parmi tant d'horreurs [la révolution anglaise], si.... boss. Reiyie d'Ançiel. Il Se jeter dans, se laisser aller à. Là-dessus, M. le chancelier s'est jeté dans de grands discours, pour faire voir le pouvoir légitime de la chambre, sF.v. 4 7 nov. 1684. i tout hasard je me suis jetée dans ces détails, id. à Moulecau, 20 mai 4 683. Voir de quelle manière je m'y étais pris.... pour me jeter dans le style doucereux, boil. Prolog, d'opéra, A icrt. au lecteur \\ 45° Avoir recours. Chiverny se jeta aux pardons, à l'obscurité et à ce qu'il put trouver d'excuses, sT-siM. 74, 474. Il Proverbe. Oui bien jettera, son compte trouvera, c'est-à-dire lorsqu'on calcule exactement ses dépenses, on n'outrepasse point son revenu. — HlST. x' s. Enz en 1' fou la getterent, com aide tost [ils la jetèrent dans le feu, afin qu'elle brûle tôt], £ula(ie. Il XI' s. Jo jetai vos choses de la nef parpoUr [peur]de mort. Lois de Gui(i. 38. Getet serez sur un malvais somier [bète de somme), Ch. de Roi. xxxv. Haubert ethaumu i getentgrant flambur [éclatj,t(). cxxxv. X icest coup [ils] en jetent mort sept mille, ib. ccLvii. Jetez mei [sauvez-moi] hui de mort et de calunje [accusation], ib. ccLXxvi. || xu* s. Cil court plus tost qu'ars [arc] ne gete bougon [dèche], Ronc. 74. Puis i faites jeter [au feu] le glouton souzduiant, tb. 4 99. Que ma dame ne mo jet de prison, Couci, vn jlxiii' s. Ele l'entent [son ami], si lui geta un ris, AUDEFR. LE BAST. Romanccro, p. 40, Il commança par grant estude entendre diligemment à piteuses œvres, les quex li hermitaiges li avoit enseignic, c'est à savoir lui giter sovant en croisons, sovantes fois geûner. Légende en prose de Girarl, cité dans J. des savants, avril 4860, p. 202. Lors a la inale serve un moût grant cri getè, Berte, xv. Quant s'estoit relevée, moût grans soupirs [elle] getoit, ib. xxviii. Or me veuillez, dous sire, de cest péril jeter, ib. XLii. Et cil asegia Andrenoble, et i drt ça trente perrieres qui gitoient en la cité et as murs et as tors, villeh. clxix. lia pris de l'un poing en l'autre Le faucon pour jeler à droit, l'Escoufle. El giete par tout feu et flame. Preste de perdre et cors et aine, la Rose, 9837. Il est voirs[vraiJ que, quant il [Komulus et Kémus] furent né, l'on les gita sor une rivière,... brun. lat. Très. p. 43. S'il avienl qu'aucuns tienne son fief sans fere bornage et li sires ne gete pas la main au fief, parce qu'il n'en set mot, ïEAUM. XIV, 17. Le roy me dist que ce moustier estoit fait en l'onneur du miracle que Dieu fist du dyable que il geta hors du cors do la fille à la veuve femme, joinv. 279. ||xiv's. Les compaignons de la dicte ville et plusieurs autres du pays environ se esbatoient à jeter à un pourcel pendu à une attache.... Lett. de remissiott, dans lacurne. Maudit soit-il de Dieu qui le monde créa. Qui de traire et jetter tout premier s'avisa! Car oncques hardis homs si ne le purpcnsa, Guese. v. 20037-2006O. Jetteront [répartiront] sur euli les diz habitans leurs dictes tailles, du canoë, gi'(o. Icelluijour, après souper, le dit Jehan dist qu'il vouloii jetter la pierre [sorte de jeu], et y mcttoitun franc au plus hardi, id. jaclare. || xv* s. [Le ducd'Anjou] jeta son avisa aller mettre le siège devant Bergerac, froiss. 11,11, t. Et eut là certains articles do traites faits, jetés et accordés entre le roi d'Angleterre et le jeune comte, ID. 1, 1, 244.Adonc disoitleroi iConuestable,

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jetez l'oisel, si Terrons comment il chassera et volera, ID. 11, II, 184. Et comme ils furent si près qu'ils gettoient les lances en arrest, comm. 1, 3. Et si luy avoit emblé ung jeune lyon qui le suivoit, que la lyonnesse qu'il avoit occise avoit jecté (mis bas] celle année, Perceforest, t. u, f" 10». || xvi* s. Ceux-ci, estans bien conjoints ensemble, devroient jetter les fondements d'un si magnifique dessein, lanoue, 3»i. Tost après la plaje ne jette plus et se consolide, PARÉ, VII, 6. Se jecter il l'abri des coups dans une place, MONT. I, 2B. Se jecter dans le vague champ des imaginations, id. 1, 32. Qu'on jecte une poultre entre ces deux tours, id. u, 368. Ceux-là se viiidreut tous ensemble jetter aux piedz de Marcellus, amïot, tiare. 18. Si c'estoit en hyver, il jettoit seulement luie jacquette sur ses espauies, ID. Caton, 6. U jetta Aristobulus hors de toutes ses forteresses, ID. Anion. 3. Il se mit à la voile et se jetta eu pleine mer,

ID. tb. 10 Ny en queile sorte il les faut mettre

en terre à fin qu'ils prennent et jectent mieux, laboe- TIE, 241. La terre jecte des herbes infinies de toutes sortes, ID. 251. Parlant aux flots, leur jecta cesle voix, ID. 444. Pour bien jeter et dejeter, faut bien entendre et peu parler, Uanuei de l'amateur de jetons, par DE FONTENAY, p. 4 2&, 4 8B4. Jecter son lard aux chiens, cotgrave. Jecter la pierre et cacher le bras, m. — ËTYM. Berry, ffiter ; provenç. gitar, gietar, ffetar; espagn.;ttar, jetar; ital. gittare , gellare; du latin jactare, fréquentatif dejacio (voy. jet).

JETON (je-ton), s. m. \\ 1° Pièce de métal, d'ivoire, etc. plate et ordinairement ronde , dont on se servait autrefois pour calculer des sommes. Les jetons se réduisent à une échelle dont les puissances successives, au lieu de se placer de droite à gauche, comme dans l'arithmétique ordinaire, se mettent du bas en haut, chacune dans une ligne, où il faut autant de jetons qu'il y a d'unités dans les coefficients, buff. Ess. arithm. mor. Œuxr. t. x, p. 178. Mais n'oubliez jamais, si j'obtiens votre grâce, Qu'eussions-nous l'un et l'autre encor plus de pouvoir, Nous sommes des jetons que le roi fait valoir, boursaui.t, Ésope à la cour, 11, 6. Solon disait que.... les gens de cour ressemblaient aux jetons dont on se sert pour compter : qu'ils représentaient plus ou moins selon la fantaisie du prince, fén. Sulon. \\ 2° Pièce de métal ou d'ivoire dont on se sert pour marquer et compter au jeu. Mille louis sont répandus surle tapis, il n'y a pas d'autres jetons, sév. 299. || Être faux comme un .jeton, avoir un caractère taux, locution prise do ce que les jetons ne sont pas en un métal précieux, et de co qu'ils le simulent pius ou moins. || 3' Jeton de présen^e, jeton de métal que l'on donne, dans certaines sociétés ou compagnies, à chacun des membres qui sont présents à une séance, à une assemblée. Quand pour trente deniers Judas vendit son maître, U fit un crime horrible et que nous délestons; Aujour<rhui la Fontaine est un semblable traître, Qui vend son bon ami pour gagner trois jetons, FURETièciE, f'acdmij, t. 11, p. 248. || Par extension, jeton de présence, honoraire payé pour chaque séance. Jeton de cinq francs, de trois francs. Les membres des académies touchent des jetons de présence. |] Dans les compagnies qui ne se soutiennent qu'à l'aide de cotisations, jeton de présence, simple compte du nombre des séances auxquelles un membre a assisté , d'après lequel la cotisation annuelle se trouve diminuée. || 4° Terme rural. Essaim d'abeilles qui quitte la ruche. || 5° Terme de fondeur. Petit instrument pour vérifier si les caractères d'imprimerie sont bien de niveau les uns avecles autres. HIST. xiv s. Geclons do la chambre des comptes de Monseigneur le duc d'Orléans, de laborde. Émaux, p. 328. Certaine quantité de morceaux de cuivre à forme do gelions non signés, nu cange, artificium. || xv s. Est droit que je die des beaulx geclon! [rejetons] et vers, des fueilles fresches et belles, chr. de pisan, Charles V, 11, 17. ||xvi' s. Chacune d'elles [aheilles] désire eslre près le roy, et, s'il est las, le portent; cl, en quelque part qu'il s'arreste, tout le jctlon [essaim] s'arrestera et se campera, paré. Animaux, e. Avansdioict ainsi que les niareschaui do franco, d'une bourse de cent jetions d'argent, Leit. pat. 4 2 septembre iB7». Nous jugeons de liiy [un homme qui croît en crédit], non selon sa valeur, mais à la mode des jectons, selon la prérogative de son rang, mont, iv, 53. — ETYM. Dérivé de jet, qui a eu le sens do jeton. t JETONNIEK (jo-to-nié; l'r ne se lie jamais), s. m. Celui qui reçoit des jetons, c'est-à-dire un droit de présence ; il se dit par pla.santenc. Les jetonniers [les membres de l'Académie française] font un grand cas D'avoir bien purgé des mots gras

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L'ouvrage qu'ils ont sous la presse; Je sais qu'ils ne pourront jamais De poivre, de beurre ou de graisse, Garantir un de ses feuillets, furetière, Facfums, t. u, p. 284. Un théâtre s'élevait, une académie se formait, non pas telle que celle des jetonnieis français : Ces gens doctement ridicules, Parlant de rien, nourris de vent. Et qui pèsent si gravement Des mots, des points et des virgules, volt. ie». au prince roy. de Prusse, avr. 4740.

— f.TVM. Jeton. D'après Furetière, Factums, t. i, p. 304, jelcinnier est de la fabrique de Corneille.

f JETTEMENT (jè-te-man), s. m. Action de jeter.

— HIST. XVI' s. Conduits, jettemens d'eaues de la maison, Const. génir. X. 11, p. 676.

tJETTICE (jè-ti-s'), adj. (. Termo de manufacture. Laine jettice, laine de rebut ou jarrée.

— ÉTVM. Le même que yecd'ce.

JEU (jeu), s. m. Il 1° Action de se livrer à un divertissement, à une récréation. || 2° Action de se jouer. Il 3° Jeu de mots. ||4° Les Jeux, divinités. Il 5" Amusement soumis à des règles, o« il s'agit de se divertir sans qu'il y ait aucun enjeu. Il 6" Amusement soumis à des règles et auquel on hasarde ordinairement de l'argent. || 7' Académie des jeux ou jeux publics. || 8° Les régies d'après lesquelles il faut jouer. || 9° Assemblage des cartes qui, données à chacun des joueurs, lui servent à jouer le coup. || 10° Ce qui sert à jouer à certains jeux ; jeu de cartes. || 11° Jeu de contre-marques. Il 12° Ce que l'on met au jeu. || 13° Jeu de bourse. Il 14° Nom des divisions de la partie au jeu de paume. |1 15° Lieu où l'on joue à certains jeux. (i 16* Courses, luttes, etc. chez les anciens. || 17° Les jeux de prix. Il 18° Jeux Floraux. || 19* Les jeux de la scène. Il 20° Le maniement des hautes armes. Il 21° La façon de faire des armes. || 22* Manière de jouer d'un instrument de musique. || 23° Manière dont un comédien remplit ses rôles. || 24° Différentes expressionsque prend la physionomie. || 25°Lejeude la lumière. || 26° Aisance de mouvement. H 27" Action d'un ressort. || 28°Jeu d'eau ; jeu de voiles. |! 29° Jeu d'orgue, espèce de soubassement. || 30° Jeu de fief.

!• Action de se livrer à un divertissement, à une récréation (ce qui est le sens propre du latin .locus, d'où vient jeu). Ce qu'ils en font n'est que par jeu, MOL. Stct'(. 4 4. Ce que je dis, ma fille, n'est point jeu, ID. Tari, u, 2. U n'est guère de jeu que trop loin on ne mène, id. Ampli. 11, 2. Sous un visage riant, sous cet air de jeunesse qui semblait ne promettre que des jeux , elle cachait un sens et un sérieux BOSS. Duch. d'Orl. La géométrie spéculative a ses jeux, ses inutilités, comme les autres sciences, chateaubr. Génie, m, ti, 4. || Fig. Tu railles, mais bientôt nous verrons d'autres jeux; Je sais trop comme on venge une flamme outragée, coim. Kél. v, 3. La fourbe n'est le jeu que des petites âmes, id. Nie. iv, 2. || C'est un rude jeu, c'est un jeu qui va à fâcher ou à blesser quelqu'un. Il Ce sont jeux de prince qui ne plaisent qu'à ceux qui les font, ou, absolument, ce sont jeux de prince, c'esl-à-dire ce sont des jeux ou, eu général, des actes qui causent peine et dommage àautrui. Le bon hom me disai t : ce sont là jeux de prince, la font. Fabl. IV , 4. Il [Frédéric IIJ mit l'Europe en feu; ce sont là jeux de prince; On épargne un moulin, on vole une province, anurieux, le Meunier sans souci. Il Fig. et familièrement. C'est un jeu à se rompre le cou, les jambes, etc. se dit d'une action qui expose à se tuer, à se rompre les jambes, etc. Il Kig. et familièrement. Le jeu lui plaît, se dit en parlant d'une personne qui veut recommencer à faire une chose qui lui plaît. || En un sens opposé. J'évite l'apparence autant comme le crime ; Je fais un complimentqui semble illégitime; Et le jeu m'en déplaît quand on fait à tous coups Causer un médisant et rêver un jaloux, corn, la Place roy. i, 4. || Prendre quelque chose enjeu, le prendre en plaisanterie. Il Cela passe le jeu, cela est plus fort que le jeu ou que jeu, cela passe la raillerie, cela blesse ou offense. Je crains que le pciidard, dans ses vœux téméraires, Un peu plus fort que jeu n'ait poussé les affaires, mol. Éc. des femme.^, 11, 6.|| Ce n'est qu'un jeu, se dit d'une chose qu'on fait facilement. Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu, la font. Fabl. VI, 4 6. Des plus fermes étals la chute épouvantable. Quand il veut, n'est qu'un jeu de sa main redoutable, rac. Esth. m, 4. ||Se faire un jeu de quelque chose, y mettre son plaisir. Le coadjuteiir vous contera les prospérités de son voyage, mais il ne se vantera pas d'avoir pensé être étouffé chez M. de Lourois par vingt (emmes qui sa firent un jeu, et qui croyaient chacune être endroit de l'embrasser, sÉv. 4 88, Jji cour est toute réjouie du

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mariage de M. le prince de Conti et de Mlle de Blois; ils s'aiment comme dans les romans: le roi s'est fait un grand jeu de leur inclination, sÉv. 39*. Elie (Mme de Vins] me mande qu'elle fait un jeu merveilleui avec M. de Grignan et avec vous de sa jalousie, iD. 24 juill. («80. || Faire du jeu, amuser. Cela nous fait du jeu, id. 7 sept. i«»9. C'a été un grand jeu pour Son Êminence [Retz], qu'un esprit neuf comme celui de notre am'. [Corbinelli], id. ïo juin <677. ||En mauvaise part, le faire un jeu, s'amuser à, faire un jouet de. Vous faites un jeu de dire du mal de votre âme, sér. ( »9. Vous faites-youi un jeu des pleurs d'une mortelle? volt. Olymp. ii, 3. Kt c'est un jeu pour toi de trahir l'amitié, ID. ib. IV, 2. Un conquérant, dans sa fortune altière, Se fit un jeu des sceptres et des lois, bérano. Dieu d. b. gens. || Terme de fauconnerie. Donner jeu aux autours, leur laisser plumer la proie. |] Terme de marine. Jeu parti, mot à mot jeu partagé, locution qui n'est plus usitée; il consiste en ce que, lorsque des armateurs associés veulent dissoudre la société , ils devront faire entre eux une licitation en vertu de laquelle celui qui offrira de désintéresser le plus les autres gardera le navire. || 2° Action de se jouer. 11 entretint les dieui, non point sur la fortune, Sur ses jeux, sur la pompe et la grandeur des rois, la font. Phil. et Baucit. Ce sont desjeui de la Providence qui nous fait connaître en toutes choses la fausseté de nos jugements, sÊv. 4S7. Roi cruell ce sont la les jeux Dù tu te plais, bac. Esth. m, 1. 11 Jeu de la nature, action de la nature qui produit une chose bizarre, extraordinaire. La nature dans .ses jeux est infiniment variée. ]| La chose même produite par la nature qui semble se jouer. Cette coquille est un jeu de la nature. || Terme de minéralogie. Jeux de Van Helmont, variété cloisonnée de marne. || Un jeu du hasard, un effet du hasard. Jeux cruels du hasard, en qui me montrez-vous Une si fausse image et des rapports si doux? volt. Uérope, ii, î. La naissance, la fortune! laissons-là les jeux du hasard, beauh. Barb. de Sév. iv, e. || Jeu de la fortune, ce qui semble un pur caprice de la fortune. L'on ne saurait s'empêcher de voir dans certaines familles ce qu'on appelle les caprices du hasard ou les jeux de la fortune, la bruy. vi. Ce n'est pas un des moindres exemples des jeux de la fortune, que les ruines de Carthage aient vu mourir un roi chrétien qui venait combattre des musulmans dans un pays où Didon avait apporté les dieux des Syriens, volt. Jffftirî, 58. Hélas! est-il possible? étonnants jeux du sorti Elle était en ces lieux quand je pleurais sa mort, briffaut, Sinus If, iv, 4. || Fig. et poétiquement. Les jeux sanglants de Mars, la guerre, les combats. Il a lui-même triomphé dans les jeux sanglants du dieu de la guerre, CHATEAiiB». Martyrs, i. Il i' Jeu de mots, nom générique de toutes les phrases où l'on abuse de la ressemblance du son des mots. Un jeu de mot plaisant, heureux, sans sel. Insipides plaisants, bouffons infortunés, D'un jeu de mots grossier partisans surannés, boil. Art p. II. Les jeux de mots, la pire espèce du faux bel esprit, VOLT. Dict. phil. Esprit. 11 y a quelques jeux de mots dans Corneille, mais ils sont rares ; le plus remarquable est celui d'Hjpsipile qui, dans la quatrième scène du troisième acte, dit à Médée sa rivale en faisant allusion à sa magie : Je n'ai que des attraits et tous avez des charmes, m. Comm. Corn. Rem. Toison d'or, Prif. eomvMnlat.\\k'S.m.plur. Les Jeux, nom, en poésie, de certaines divinités allégoriques qui sont censées présider à la gaieté, à la joie (on met un J majuscule.) Toute la bande des Amours Hevient au colombier; les Jeux, les Ris, la danse Ont aussi leur tour à la fin, la fout. Fabl.vi, ïi. Le chagrin vient ensuite; elle sent chaque jour Déloger quelques Ris, quelques Jeux, puis l'Amour, ID. t'b. VII,». Il B* Par substitution du sens de divertissement à celui d'un jeu spécial, c'est-à-dire substitution du sens de iudus à celui de jocus. Amusement soumis à des règles, oii il s'agit de se divertir sans qu'il y ait aucun enjeu. Le jeu des barres. Le jeu de colin-maillard. Les jeux qui naissent de la force et de l'adresse, sont toujours les premiers connus d'un peuple naissant, doclos, Jfem. jtut scéniques, Œuvr. t. i, p. 834, dans pougkns. || N'être ôasdu jeu, ne pas faire partie de la société qui joue i tel ou tel jeu. Non, c'est moi, cousin ; je ne suis pas du jeu; mais il n'importe, dancourt, Colinmailtard, se. 'H. || Petits jeux, ou jeux de société, jeux où l'on propose des questions i résoudre et des pénitences à faire. Puis nous jouerons ensemble à mille petits jeux, th. corn, herger ixtrav. i, 5. $J«ttx innocents, ieux oii il n'y a ni argent à expo-

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ser, ni danger moral d'aucune espèce. On peut aussi récompenser les enfants par des jeux innocents et mêlés de quelque industrie, f^n. Éduc. filles, B. f! Jeu d'enfant, jeu qui amuse les enfants. Les immortels rient des affaires les plus sérieuses qui agitent les faibles humains, et elles leur paraissent des jeux d'enfant, fén. Tél. ix. || Fig. Jeu d'enfant, chose très-facile. || Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant, c'est une affaire grave et sérieuse, c'est un engagement dont on ne peut se dédire. || Jeux de main, jeux où l'on se donne de petits coups, s.-ns dessein de se faire du mal. La main chaude est un jeu de main. |1 Jeu de main, se dit aussi de l'action de lutter, de se porter des coups réciproques en plaisantant. || Proverbe. Jeux de main, jeux de viUin, ou, au singulier, jeu de main, jeu de vilain, c'est-à-dire les jeux de main ne conviennent qu'à des gens mal élevés, et aussi ils finis ent souvent par des querelles. H Jeux d'esprit, certains petits jeux qui demandent quelque facilité, quelque agrément d'esprit. Le roi d'I';spagne a quelque goût pour les jeux d'esprit, maintenon, Lelt. au duc deNoailles, )» déc. I700. J'aime les jeux galants où l'esprit so déploie, begnar», Joueur, I, 7. Il Fig. Jeux d'esprit, certaines productions d'esprit qui n'ont aucune solidité, comme les anagrammes, les énigmes, les bouts rimes, etc. Il Jeu d'esprit, se dit aussi d'un simple exercice de l'esprit, et, par suite, de conceptions, d'idées, d'hypothèses sans consistance. S'il croit que celte dispute soit un jeu d'esprit, boss. Rem. rép. quiétisme , art. i , 2. Le stoïcisme est un jeu d'esprit, et une idée semblable à la république de Platon, LA BuuY. XI. On commence en Allemagne même à legarder les monades, l'harmonie préétablie, et la théodicée de l'ingénieux et profond Leibnitz comme des jeux d'esprit, oubliés en naissant dans tout le reste de l'Europe, volt. Singul. nat. Préambule. || Terme d'ancienne poésie française. Jeu parti, pièce de poésie en dialogue par questions et par réponses, sur des sujets relatifs i l'amour et à la galanterie. {| 6* Amusement soumis à des règles, et auquel on hasarde ordinairement de l'argent. Aimer le jeu. Perdre au jeu. Vivre du jeu. Ne jouez pas avec lui, il trompe au jeu. La per:e, le gain du jeu. Ceux qui regardent ne doivent point parler sur le jeu. L'autre, pour se purger de sa magnificence, Dit qu'elle gagne au jeu l'argent qu'elle dépense ; Et le mari benêt, sans songer à que! jeu, Sur les gains qu'elle fait rend des grâces à Dieu, MOL. Ée. des f.i, >. Si Dangeau est de ce jeu, il gagnera toutes les poules, c'est un aiglo, sév. 437. Les dettes du jeu sont privilégiées; et, comme si ses lois étaient les plus saintes et les plus inviolables rie toutes , on se pique d'hoimeur d'y être fidèle, boss. Sermons, justice, i. Parler à un mondain , à une mondaine de modérer leur jeu, ou même de se l'interdire absolument....

BOURUAL. Pensées, t. I, p. 340 Ce marquis sage

et prude, Et qui, sans cesse au jeu, dont il fait son étude, ....Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, boil. Sat. IV. Eh ! que serait-ce donc si le démon du jeu. Versant dans son esprit sa ruineuse rage.... id. ib. x. Mille gens se ruinent au jeu, et vous disent froidement qu'ils ne sauraient se passer déjouer, la brut. vi. Le chevalier de Grammont, à qui il [Mazaiin] trouvait beaucoup d'esprit et auquel il voyait beaucoup d'argent, tut bientôt de son goût et de son jeu, haïjilt. Gramm. 6. Cette jeune duchesse Vous attend à vingt pas pour voua mener au jeu, REGNARD, Joueur, ii, «. Elle [Angélique] est après le jeu ce qu'il aime le mieux, id. ib. i, 2. C'est monsieur, par exemple, un joli jeu que l'oie, ID. ib. 1, 7. Je suis, pour vous .servir, gentilhomme auvergnac. Docteur dans tous les jeux, et maître de trictrac, id. ib. i, to. Oui, je vous le promets. Que la fureur du jeu sortira de mon âme, id. ib. 11, <4. Quand feu M. de Leibnitz a dit que les hommes n'ont jamais marqué plus d'esprit que dans les différents jeux qu'ils ont inventés, il en pénétrait toute l'algèbre, cette infinité de rap| oits de nombres qui y régnent.... fonteî». Dangeau. On a dit que le jeu et l'amour rendent toutes les conditions égales : je sui» persuadé qu'on y eût joint l'esprit, si le proverbe eût été fait depuis que l'esprit est devenu une passion, duclos, Consid. moeurs, ch. xi. Le jeu est une passion avide dont l'habitude est ruineuse, bl'ff. Homme, arith. morale. Le jeu, par sa nature même, est un contrat vicieux jusque dans son principe, un contrat nuisible à chaque contractant en particulier, et contraire au lien de toute société, m. ib. Il Fig. Daru lui [à Napoléon' répondit que la guerre était un jeu qu'il [Napoléon

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jouait bien, où il gagnait toujours, et qu on pouvait conclure qu'i. la faisait avec plaisir, ségur, Hist. de Nap. v, 2. jj Jeux de hasard, comme le trente et quarante, le biribi, etc. jeux dans les quels le hasard seul décide. Tous ces jeux de hasard n'attirent rien de bon, regnard. Joueur, i, 7. Le luxe dans les habits et les jeux de hasard plus dangereux que le luxe furent sévèrement défendus, volt. Russie, u, il. Il [Jos. Sauveur] est un des premiers qui aient calculé les avantages et les désavantages des jeux de hasard, id. Louis IIF, Écrivains. Il Fig. U ne faut pas permettre à l'homme de S" mépriser tout entier, de peur que, croyant avec les impies que notre vie n'est qu'un jeu où règne le hasard.... boss. Duch. d'Orl. || Jeux de calcul et de combinaison, comme les dames, les échecs, jeux dans lesquels tout dépend de l'habileté du joueur. Il Jeux raèlés de combinaisons et de ha.sard, comme le trictrac, le piquet. Parbleu, je te saurai. Maudit jeu de trictrac, ou bien je ne pourrai, regnaro. Joueur, I, 4. Il Le jeu du commerce, espèce de jeu de cartes où le banquier vend des cartes. Il Jeux de commerce, jeux de cartes où il y a un banquier. Il Jeux d'adres.se, le jeu de paume, le jeu de billard. Il Jeu de renvi, jeu où l'on met quelque chose par-dessus l'enjeu. Le brelan est un jeu de renvi. || Le jeu lui en dit, le jeu ne lui en dit pas, c'est-à-dire il aime, il n'aime pas à jouer. || Jouer la jeu de quelqu'un, jouer le jeu qu'il lui plaît; et fig. s'associer à lui, entrer dans ses vues, dans ses intérêts. Pour les Véniticn.s, ils joueront votre jeu, mais quand vuus aurez gagné la partie, volt. Leil. Catherinell, ismai i770. !| Jouer le jeu de quelqu'un, signifie aussi favoriser les intérêts de quelqu'un sans le vouloir. Il Tenir le jeu de quelqu'un, jouer pour quelqu'un. Il Mettre au jeu, donner, déposer son enjeu. J'y jouerais bien en cachette [à la roulette], Mais il faudrait mettre au jeu, i.éhang. Homme rangé. Il On dit dans un sens analogue : coucher en jeu. Si vous en doutez [de la justesse des raisonnements de Jurieu], 11 est prêt à coucher en jeu quelque chose qui vaille la peine, boss. c avert. (9. || Fig. Mettre au jeu, risquer des choses qui intéressent beaucoup. Il y a des marques d'aversion qui font bien mourir; je suis trop habile sur ce chapitre ; mais il faut avouer aussi que je ne l'ai pas appris sans mettre beaucoup au jeu, sév. 347. Menil, qui ne mettait pas au jeu tant que moi , cherchait sans relftche les moyens de renouer la partie, staal, Mém. t. ii, p. 200. || L'argent qui est sur le jeu, sur jeu, la somme des enjeux, ce que les joueurs ont mis au jeu. Il y avait cent francs sur le jeu, sur jeu. || Fig. Ils m'ont fait souvenir d'abord de mes chers romans ; mais il faudrait un peu d'amour sur le jeu, sév. 5H. || Tenir jeu, continuer à jouer avec une personne qui perd. || Couper jeu, se retirer avec gain, et ne vouloir pas tenir jeu. Il Aux jeux de renvi, ouvrir le jeu, faire la première vade. Fermer le jeu, tenir la dernière vade, et ne point faire de renvi. || X certains jeux de cartes, on entre au jeu quand, ayant fait une main, on est en éiat de jouer comme il plaît. || Fig. Entrer en jeu, entrer dans une affaire, dans une discussion, avoir son tour, soit pour agir, soit pour parler, etc. Il Entrer en jeu, se dit aussi de choses dont on fait intervenir l'emploi, et rentrer enjeu se dit de choses dont on use de nouveau. À ce discours, fouets de rentrer enjeu, la font. Lun. || D'entrée de jeu, dès le commencement du jeu. Il se mit à jouer, et d'entrée en jeu il perdit dix napoléons. || Fig. D'entrée de jeu, tout d'abord, pour commencer. [M. de Harlay nommé premier président] a défendu à son secrétaire de prendre quoi que ce soit au monde , et, pour l'y disposer plus agréablement, il lui a donné d'sntrée de jeu deux mille écus comptant, sév. 9 oct. (689. Il .Se piquer au jeu, s'opiniàtrer à jouer malgré la perte. || Fig. Se piquer, être piqué au jeu, prétendre venir à bout de quelque cho.se, malgré les obstacles. || Jouer bon jeu, bon argent, jouer avec l'intention de payer sur-le-champ. || Fig. et familièrement. Bon jeu, bon argent, c'est-à-dire tout de boB, sérieusement. Je meurs de peur que ce ne soit un présage et qu'il ne soit bientôt appelé de ce doux nom, bon jeu, bon argent, sêv. 3H. M. le comte de Revel est ici avec deux jolies damei de Rennes, dont l'une est l'une de ses maltresses; cette femme entend raillerie ; il ne me paraît pas qu'elle veuille jouer bon jeu, bon argent, avec un héros qui passe, ID. 7 sept. <689. Il De franc jeu, voy. franc 3. || Fig. et par plaisanterie. À quel jeu l'a-t-on perdu? c'està-dire pourquoi cet homme neva-t-il plus dans uni maison, dans une compagnie où il avait coutume d'aller. || Fig. Mettre quelqu'un en jeu, le citer ou

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le mêler dans une affaire sans sa participation, à son insu. Dans ces conversations où l'on met si volontiers en jeu le prochain, bol'Rbal. Exhort. faux tém. contre Jés. Chr. t. ii, p. il. H Parler de. Qu'un mariage éuit nul pour lui [le frère de Charles II] sans le consentement du roi, quand même le parti se fût trouvé d'ailleurs sortable; mais que c'était une moquurie de mettre en jeu la fille d'un petit avocat [Mil s Hyde, qu'il avait épousée secrètement], hamilt. Gramm. 8. J| Compromettre. Ah I monsieur, est-ce vous de qui l'audace insigne Met en jeu mon honneur, et fait ce conte indigne! MOL. Dép. am. m, 8. La Brinvilliers mettait bien du monde en jeu, SÉV. 290. {| Faire intervenir. C'est profaner le pouvoir que vous avez sur moi l'un et l'autre, que de vous mettre en jeu, quand il est question de protéger une pareille probité, sÉv. 4 aoiit (679. Il Citer ou faire iniervenir, pour blâmer. L'un, défenseur zélé des bigots mis en jeu, Pour prix de ses bons mots [de Molière] le condamnait au feu, boil. Épitre vu. || Mettre en jeu, se dit aussi de choses qu'on fait agir, qu'on emploie. Ce qui leur fit mettre en jeu cette feinte, la font. Gag. j| Petit jeu ou bas jeu, se dit au trictrac quand les dés amènent boset, deux et as, trois et deux, etc. || Jeu simple, s'emploie au jeu de l'ambigu, en parlant d'une position dans laquelle on n'a plus qu'une seule chance pour gagner, comme le point ou la prime, ou la séquence. Jeu double, se dit par opposition à jeu simple. || 7° Académie des jeux, ou jeux publics, lieux où l'on donne à jouer toutes sortes de jeui. || Maison de jeu, maison publique , avouée ou clandestine , essentiellement montée pour donner à jouer les jeux de hasard. Les banquiers d'une maison de jeu. || La ferme des jeux, la ferme des maisons de jeu. Il II y a grand jeu dans cette maison, il s'y rassemble beaucoup de joueurs. Mais ce grand jeu chez vous comment l'autoriser? boil. Sai. x. || Tenir un jeu, donner à jouer chez soi ou en public. Les gens qui tiennent des jeux dans une foire. La dévole princesse de Carignan obtint de faire tenir un jeu dans son hôtel de Soissons; aussitôt le duc de Tresmes reprit le sien, en gardant sa pension, DfCLos, Uém. rég. Œuvres, t. v, p. 384. |'8° Le jeu, les règles d'après lesquelles il faut jouer, la manière dont il convient de jouer, ou dont une personne joue. Jouer le jeu. C'est le jeu de jeter vos cœurs. || Fig. et familièrement. C'est son jeu, il fait précisément ce qu'il doit faire pour réussir. Ne parler point d'amour! pour moi, je me défie Des fantasques raisons de la philosophie; Ce n'est pas là mon jeu.... CORN, la Veuve, i, ). || On dit demCme: C'est un homme qui sait bien son jeu. || Le droit du jeu, ce qu'il convient de faire en jouant. Vous me demandez si je deviens dévote; ma bonne, hélas! non, dont je suis très-fâchée; mais il me semble que je me détache un peu de ce qui s'appelle le monde.... mais ce que j'épargne sur le public, il me semble que je vous le redonne; ainsi je n'avance guère dans ce pajs de détachement, et vous savez que le droit du jeu serait de commencer par efl'acer un peu Sichée [sa fille, Mme de Grignan], vous savez la fable [Enéide, iv], SÉV. 8 juin I07G. ||9" Assemblages des cartes qui, données à chacun des joueurs, leur servent à jouer le coup. Regarder son jeu. Avoir une carte de trop dans son jeu. Il lui est venu beau jeu. Parbleu, tu jugeras toi-même si j'ai tort, Et si c'est sans raison que ce coup me transporte; Car voici nos deux jeux, qu'exprès sur moi je porte, mol. Fâcheux, II, 2. Il Je n'ai point de jeu, c'est-à-dire je n'ai pas des cartes favorables. || Donner beau jeu, donner des cartes qui font un jeu favorable. 1| Fig. Donner beau jeu, faire beau jeu à quelqu'un, lui présenter une occasion favorable de réussir en quelque chose. C'était un beau jeu pour ces discours à part si fréquents chez les anciens et chez les modernes de toutes le» langues, corn. Examen de la Veuve. Je :onTien3qu'on vous donne beau jeu, hauilt. Gramm. H. La lettre de Philfppc valait un bon manifeste et donnait aux pensionnaires (ju'il avait dans Athènes beau jeu pour le justifier, rollin, Ilist. anc. (liuvr. I. VI, p. 96, dans pol'gens. |{ On dit dans un sens analogue : avoir beau jeu. Mon frire en son amour n'aura pas trop beau jeu, kegnaru, Joueur, i, ». La philosophie n'a pas beau jeu, mais les belles-lettres ne sont pa.s dans un état plus florissant, volt. Lett. d'Argenlal, 20 sept. 1770. || Perdre à beau jeu, perdre quoiqu'on ait un beau jeu; et fig. échouer dans une tentative dont le succis paraissait assuré. || Fig. Voir beau jeu, être témoin de quelque événement considérable, de quelque esclandre, de quelque tl.^ir.nde. Mon cousin Jupiter, dit-il, verra dans peu

OiCT. DE LA LANGUE FRANCAISB.

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Un assez beau combat, de son trône suprême : Toute sa cour verra beau jeu, la pont. Fabl. xii, 2). Nous allons voir beau jeu si la corde ne rompt, MOL. VÉt. m, iO. Il Fig. Faire voir beau jeu à quelqu'un, le maltraiter, lui nuire par vengeance, par un mouvement de colère; ou l'emporter sur lui dans une discussion. || Voir beau jeu, subir quelque atteinte, quelque punition. Toutes verront beau jeu, LA FONT. Lun. Pompignan se fera peut-être prier; mais laissez-moi faire, il payera, ou il verra beau jeu, d'alembert, Letl. à Voltaire, ti janvier <773. Il Voir beau jeu, en parlant de choses, être prises, pillées, mangées. Tire- moi ces marrons; si Dieu m'avait fait naître Propre à tirer marrons du feu, Certes marrons verraient beau jeu, la font. Fables, ix, ib. ||Fig. Faire bonne mine à mauvais jeu, cacher le mécontentement qu'on éprouve, ou le mauvais état où l'on est. Que sert à mauvais jeu de montrer bon visage? TH. CORN. l'Amour à lamode, i, 3. || Bonne mine et mauvais jeu, se dit en parlant d'une personne qui, sous une apparence de joie, cache du chagrin ou du désappointement. || Fig. Jouer à jeu sûr, être certain du succès des moyens qu'on emploie dans une affaire. Je pouvais à jeu sûr faire paraître ma bonne intention en tout, hetz, ii, 73. Battre un homme à jeu sûr n'est pas d'une belle âme, mol. Awph. ï, 2. Il Fig. Jouer bien son jeu, conduire adroitement, habilement une affaire. Je sais bien mon métier, et ma simplicité Joue aussi bien son jeu que ton avidité, corn. Uent. iv, 7. || Jouer un nouveau jeu, recourir à de nouveaux artifices. Tu me vas voir, Cliton, jouer un nouveau jeu, m. t'b. v, G. Il Cacher son jeu, prendre soin que l'adversaire ne voie pas les cartes que l'on porte. || Fig. Cacher, couvrir son jeu, dissimuler son habileté soit en feignant de ne pas savoir bien jouer, soit, plus généralement, en cachant les moyens que l'on emploie pour réussir à quelque chose. D'un bon motdu vieux temps je couvre tout mon jeu, bôgnier, Épit. ii. Pour mieux couvrir notre jeu, feignez, comme on vous a dit, d'être la plus contente du Monde des résolutions de votre père, mol. Pourc. i, ♦. Savezvous qu'il fun flatteur] ne fait que couvrir son jeu, et que, par cette immense profusion do louanges qu'il vous donne à pleines mains, il achète la liberté de décrier votre conduite, ou même de vous trahir sans être suspect? soss. 3' sermon, Passion, a. Tout homme a de l'orgueil, tout homme est sensible, (e plus habile est celui qui sait le mieux cacher sol jeu, VOLT. Dict. phil. Quisquis, Langleviel. || On dit dans le même sens : Le jeu de cet homme est fort caché, fort couvert. || Fig. Le dessous du jeu, ce qu'on ne sait pas du jeu, ce qu'il y a de caché dans une affaire. Mais encore n'y a-t-il point moyen de voir le dessous du jeu? pasc. Peiis. x, i, éd. havet. I Aux jeux de cartes, avoir le jeu serré, ne jouer qu'avec un bon jeu, et ne point se hasarder, ij Fig. Avoir le jeu serré, agir avec prudence, avec réserve, de manière à ne rien compromettre, jj Aux échec», avoir le jeu serré, n'étendre pas assez sou jeu. Il Au trictrac, le jeu de ce joueur est serré, est pressé, se dit quand, les cases les plus éloignées étant faites, il court risque, s'il amène des cinq ou des six, de ne pouvoir les jouer utilement. {| Aux dés, le jeu, les points qu'on amène. || En général, le jeu, la situation dans laquelle on se trouve par rapport à son adversaire, à quelque jeu que ce soit. C'est un mat qui a été donné, lorsqu'on croyait avoir le plus beau jeu du monde, et rassembler toutes ses pièces ensemble, sîv. 8 déc. 1079. Il 10° Ce qui sert à jouer à certains jeux. Un jeu d'échecs. Un jeu de dames. il Jeu de cartes, le nomliro de cartes que doit avoir un paquet de cartes. Jeu entier, ou jeu de reversi, ou jeu do whist, assemblage de 62 cartes, Ode chaque couleur. Jeu de piquet, jeu de cartes qui ne contient point les deux, trois, quatre, cuiq et six et n'a par conséquent que trente-deux cartes. |j Faux jeu, jeu de cartes où il y a des cartes de trop ou de moins. || 11° Par assimilation avec un jeu de cartes. Jeu de contre-marques, nom donné au.\ différentes contre-mar lues néces-saires pour le service d'une soirée de théâtre. || 12° Ce que l'on met au jeu. Jouer un jeu d'enfer. Il joue un jeu à se ruiner. Une tenue d'états, ou les chambres as.scmblées pour une affaire très-capitalo, n'offrent point aux yeux rien de si grave et de si sérieux qu'une table de gens qui jouent un grand jeu, la bruv. VI. Un jeu effroyable, continuel, sans retenue, sans bornes.... est-ce une chose qui soit permise, ou dont on ne puisse se passer? id. vi. Il n'y a rien qui metio plus subitement un homme à la mode et qui le soulùvadavautago que le grand jeu, id. xii:.

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Si j'étais riche, ]• ]oueraii un très-petit jeu, 1. 1. Rouss. Ém. IV. Il Tirer le jeu, décider par le sort quel sera le montant de l'enjeu. || Faire le jeu, déposer les enjeux. Le jeu est-il faitî|| J'y vais du jeu, j'y suis du jeu, et, par abréviation, j'en suis, se dit aux jeux de renvi, pour avertir que l'on joue une somme pareille à celle qui est sur le jeu. || Jouer beau jeu, jouer le jeu que le» autres veulent. Jouet-il gros jeu? Il joue beau jeu, uamilt. Gramm. 3. Il Jouer gros jeu, hasarder, au jeu, de fortes sommes. Et d'ailleurs il n'est pas si facile qu'on pense D'être fort honnête homme et de jouer gros jeu, DESHouLiÈBEs , liéflcx. liiv. xiv. Le calcul conduit M. Bernoiilli à conclure que le gros jeu ne sera jamais l'occupation d'un homme raisonnable, CONDORCET, Bertioulli. Il Fig. Jouer gros jeu, jouer un jeu à se perdre, s'engager dans une affaire où l'on court de grands risques de toute nature. Grâce au ciel, ma maîtresse a tiré son enjeu; You» épouser, monsieur, c'était jouer gros jeu, regnard, Joueur, V, H. Que je garderais le reste pour moi; étant bien juste que celui qui avait le plus travaillé dans cette affaire et joué le plus gros jeu, eût la plus grosse part, lesaoe, Guim. d'Alfar. v, 3. || Fig. Tirer son épingle du jeu, voy. Bpingle. || 13° Par extension. Jeu de bourse , nom générique do toute espèce d'agiotage sur les fonds publics et les autres valeurs cotées à la Bourse. |1 14° Au jeu de paume, chacune des divisions de la partie. Une partie de quatre jeux, de six jeux. Jouer en six jeux. Gagner le premier jeu. Avoir trois jeux à deux, trois jeux à point, se dit quand l'un des joueurs a trois jeux, tandis que l'autre n'en a que deux, ou n'en a point. || Ils sont à deux de jeu, ils ont chacun deux jeux. 1| Fig. Deux hommes sont à deux de jeu, quand l'un a pris sa revanche de l'autre, quand ils n'ont point d'avantage l'un sur l'autre; et aussi quand ils se sont rendu réciproquement de mauvais services, ou qu'ils ont été également maltraités dans une affaire. || Terme du jeu de balle. Division de la partie qui consiste en quatre quinze. Avoir un jeu, avoir quinze; avoir deux jeux, avoir trente;aYoirtroi8joux, avoir quarante-cinq. || 15°Un jeu, un lieu où l'on joue à certains jeux. Un jeu de boule. Un jeu d'arquebuse. || La partie de l'emplacement où l'on joue à la paume, qui s'étend depuis le dernier jalon jusqu'à la grille. || Jeu de dedans, galerie qui règne sous presque toute la longueur du toit, du côté opposéà celui du service. || Jeudecarré, jeu de paume, où il n'y a point de dedans, et où l'on a pratiqué un carra d'un pied et demi au bas du mur do largeur du fond du jeu. || Nom donné à un pilier, à un autre arbre ou à toute autre marque de ce genre qui détermine l'espace dans lequel les chasses peuvent avoir lieu. || 16* S. m. pi. Chez les anciens, les jeux, nom générique des courses, des luttes, des combats de gladiateurs, etc. Chez les Grecs, les jeux olympiques, les jeux pythiques, les jeux néméens; chez les Homains, les jeux séculaires, les jeux du cirque, etc. Des jeux en l'honneur de Jupiter, d'Hercule. Et je n'ai proposé les fêtes et le» jeux que je fais célébrer ici, qu'afin d'y pouvoir attirer tout ce que la Grèce a d'illustre, mol. Princ. d'Él. Il, 4. Ils [les Juifs] célébrèrent des jeux comme les gentils, boss. Ilist. ii,». Quoi de plus cruel que leurs jeux [des Romains], qui faisaient parmi eux une partie du culte divin; jeux sanglants et dignes de bêtes farouches, où ils soûlaient leurs faux dieux de spectacles barbares et de sang humain! lo. Sermons, Vertu de la croix, I . On a préparé des jeux publics, où tous les prétendants combattront, fén. Tél. v. Les combats qui faisaient la meilleure partie de l'appareil et de la solennité des jeux publics, sont le pugilat, la lutte, le pancrace, le disque, la course, ROLLIN, Ilist. ane. Q'mv. t. v, p. flo, dans pouoens. On ne donnait pour toute récompense qu'une simple couronne, d'olivier sauvage aux jeux olympiques, de laurier aux jeux pythiques, d'ache vert aux jeux néméens et d'ache sec aux jeux isthmique», id. it p. 65. Il 17° Chez les anciens ou chez les modernes, les jeux de prix, jeux ou exercices qui, exigeant certaines qualités corporelles, ont un prix pour récompense du vainqueur. La lutte, la course, le tir j l'arbalète ou au fusil, etc. sont des jeux de prix. Il Jeu des cannes, jeu emprunté par les Espagncir aux Maures et qui est une sorte de tournois oii l'on se lance des cannes que l'on pare avec des boucliers. || 18° Jeux Floraux, voy. floral. || Jeu snr.t l'ormci, nom donné dans le xiv siècle à des sociui''s littéraires analogues auxpuys(voy. ce mot). || 18°l'(«'tiquenient. Les jeux delà scène, les représentât!"! < théâtrales. Il Les jeux de 'llialie, la comédie. I ••* jeux de Mclpomène, la tragédie. Lrs jcur de Ter; >i.

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chore, la danse. Je quitte Melpomène et les jeux du théitre, Ces combats, ces lauriers, dont je fus idolâtre ; De ces triomphes vains mon cœur n'est plus touché, VOIT. Éptt. «*. Il 20° Jeu, le maniement des haules armes (sens qui vieillit). Le jeu de la hallebarde, de la pique, de l'espadon, liai" La façon de faire des armes. Un jeu habile. J'ai la botte trompeuse, et le jeu trcs-brouillé, begnard, le Joueur, III. 4 (. Il Jeu dur, action d'un tireur qui emploie la force et ne répond aux coups que par des mouvements imprévus. || Jeu de la pointe de l'épée, action de l'élever au-dessus de celle de l'ennemi. || Jeu simple, celui qui se fait avec vitesse sur une ligne. Il Jeu composé, jeu qui comprend toutes les inventions possibles pour tromper l'adversaire. || Savoir le jeu de quelqu'un, connaître les coups dont il se sert le plus habituellement; et fig. connaître sa manière d'agir. Il aï" Manière de jouerd'un instrument de musique. Avoir le jeu beau, le jeu brillant, le jeu large, hardi. |l Plein jeu, sedit des sons plus fort» que l'on tire d'un instrument. || Demi-jeu , terme qui répond à l'ilalien meno forte, et qui se dit de l'action de ne pas donner au jeu des instruments toute l'intensité de son dont ils sont susceptibles. Il Demi-jeu , la moitié d'un jeu d'orgues, et aussi manière de jouer de l'orgue qui tient le milieu entre le fort et le doux. || Jeu céleste, qualité de son un peu étouffé, mais très-doux et trèsagréable, que l'on obtenait par une des pédales du piano (aujourd'hui on ne met plus celte pédale). L'orgue a aussi un jeu céleste. || Fig. et familièrement. C'est le vieux jeu, ce sont de vieilles habitudes. || C'est le vieux jeu, on n'en rit plus, se dit quand quelqu'un fait un vieux conte qu'on a ouï plusieurs fois. || Jeu d'orgue, se dit de l'instrument qu'on appelle aussi simplement orgues. Le jeu de voix humaine, le jeu de flûtes, le jeu de trompettes, le jeu de clairon, registres qui servent, dans les orgues, à imiter le sonde la voix humaine, celui des flûtes douces, celui des trompettes, etc. Il Le plein jeu, ce qui sert, dans l'orgue, à produire des sons plus forts. || Jeu de viole, se disait autrefois de quatre ou cinq violes do différentes grandeurs pour jouer les différentes parties de la musique. || 23" Manière dont un comédien remplit ses rôles. Ce comédien a le jeu pathétique. Un jeu noble. Il Jeu de théâtre, nom donné à certains effets de scène où l'on emploie surtout les gestes et les expressions du visage. On ne se pique plus de déclamer des vers comme on faisait du temps de Baron; on veut du jeu de théâtre; on met la pantomime à la place de l'éloquence, volt. Lett. Lacombe, 14 juillet 1766. Gardons-nous surtout de chercher dans un grand appareil et dans un vain jeu de théâtre un supj)lément à l'intérêt et à l'éloquence, m. Scyf/ics, Préf. L'appareil, la pompe, la position des acteurs, lijeu muet sont nécessaires ; mais c'est quand il en résulte quelque beauté, id. Lett. Lekaiu,ti déc.1760. || Fig.Un zèlodc-savouépar une conduite reprochahie est un jeu de théâtre qui n'a de sérieux que l'abus du ministère, mass. Confcr. Zèle c. î.îcand. Il Fig. C'est un jeu joué, se ditd'une feinte concertée entre deux ou plusieurs personnes. OnditqueM.de Saint-Vallier a épousé Mlle deKouvroi; c'était un jeu joué que sa disgrâce, sÉv. iett.

10 juillet 1675. Il 24° 11 se dit dos différentes expressions que prend la physionomie. Quel jeu de physionomie! qu'il a de feu dans le regard ! favart, Soliman If , 1, ( 0. Tout cela donne beaucoup de variété, de jeu et de caractère à la physionomie de cet oiseau, BUFK. Ois. t. v, p. (06. IJaS" Le jeu de la lumière, les différents reflets que présente un corps éclairé. Le jeu des nuances fugitives qui se succèdent ou se mêlent, s'éclipsent ou se font valoir mutuellement, et surtout expriment l'action, le mouvement et la vie, iD. ib. t. VII, p. <32. Vernet, admirable dans l'art de peindre l'eau, l'air, la lumiîirc et le jeu de ces éléments, mahmontel, Mém. vi. {] 28° Aisance de mouvement, facilité à se mouvoir, en parlant des ouvrages d'art. Le balancier de cette horloge n'a pas assez de jeu. Il faut donner du jeu à cette porte.

11 Par extension. Je voudrais que vous eussiez été saignée.... cela vous eût débouché les veines, cela eût donné du jeu et de l'espace à votre sang, sêv. « avril 1689. Il Terme de peinture. 11 y a du jeu dans cette composition, le mouvement y est, les aspects y sont variés, les objets n'y sont point entassés, et laissent entre eux l'espace néce.ssaire. Il Terme de mécanique. Jeu de piston, espace que parcourt, à chaque coup, le piston dans son corps de pompe. Il Terme de marine. Espace vide. Les haubans ont du jeu. Jeu de la barre, espace qu'elle peut parcourir lorsqu'on fait ooliqucr le gouvernail

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d'un bord à l'autre. || Terme de menuiserie. Bois qu'on ôte dans les feuillures d'une porte, d'une croisée, avec le rabot, pour en rendre la fermeture plus facile. Il Terme de charpenterie. Nom d'une longue pièce de bois, où pose et tourne l'arbre d'un moulin a vent, du côté de la tête. || 27° Action d'un ressort. Le jeu de la gâchette d'un fusil. || Action régulière et combinée des diverses parties d'une machine. On ne peut assez admirer cette prodigieuse quantité de muscles qui se voient dans le corps humain, ni un jeu si aisé et si commode, non plus que !e tissu de la peau qui les enveloppe, si fort et si délicat tout ensemble, boss. Conn. ii, 2. Il Kig. Condition qui fait tout le jeu de la machine politique, i. ;. rouss. Ém. v. Le jeu de l'intrigue et de la méchanceté se soutient, se renouvelle, id. Confens. ix. 11 est trop vrai que la température de telle ou telle région peut être un obstacle au jeu et à la marche du gouvernement populaire, chateaubh. Amer, llépubl. espagn. || En jeu, en action. Il y a plus de forces en jeu, plus d'intensité dans les mouvements, plus do quantité dans l'effet, bonnkt, Ess. analyl. âme, ch. 18. Il 28° Par assimilation avec ce qui sert à jouer (sens du n° to). Terme d'architecture hydraulique. Jeu d'eau, diversité de formes des jets d'eau dont on varie les ajutages. || Jeu d'eau, jels qui, par le mouvement de l'eau, font jouer des instruments, des machines. || Terme de marine. Jeu de voiles, l'appareil complet de toutes les voiles d'un vaisseau. Pour le rechange, ils [les Hollandais] mettent toujours trois jeux de voiles sur leurs vaisseaux et huit ancres, Corresp. de Colbert, m, 2, p. 3I2. || Un jeu d'avirons, le nombre d'avirons nécessaire pour un canot. Il Termede pêche. Ligne de fond à sou 6 hameçons, ordinairement employée pour prendre le barheau pejidant ie jour. || 29° Jeu d'orgue, espèce de soubassement sous le manteau d'une cheminée. || 30 Terme de féodalité. Jeu de fief, aliénation d'un fief, sous la réserve de la foi, et avec l'imposition d'un devoir domanial et seigneurial. || Proverbes, i beau jeu, beau retour, se dit quand on rend la pareille à qui nous a fait quelque injure. |1X tout venant beau jeu, ss dit pour exprimer qu'on est en état de tenir tête à tous ceux qui se présenteront. || Les fautes .sont faites pour le jeu, c'est-à-dire qu'en toutes choses il y a des règles qu'il faut observer. || Dieu vaut jeu, se dit lorsque le mal qu'une personne voulait faire aux autres retombe sur elle-même, et signifie proprement que la justice divine n'apasmoinsde force que le mauvais jeu des méchants. || Le jeu ne vaut pas la chandelle, voy. chandelle. Amusez-vous de la vie, il faut jouer avec elle; et, quoique le jeu ne vaille pas la chandelle, il n'y a pourtant pas d'autre parti à prendre, VOLT. Lett. ilmed'Argental, ("août 1/57. — HIST. XI* s. Greignor [plus grand] fais [il] porte par giu quant il s'enveise [s'amuse], C'ft. de Roi. Lxxvi. Il xu* s. Lors [ils] sauront come Charles nous a le geu parti, Sax. xxiv. Niés Vivien [mon neveu Vivien], ce n'est pas jeus petis. Que tant i a Sarrazins et Persis, Contre un des noz [nôtres] en ont soi.xante et diz, liCovenans Vivien, v. 386. Je si souvent me tourmente Que je n'ai ne jeu ne ris. Dame de Faiele, dans Cnuci. ||xiii° s. Cest gieu parti en envolons Au comte d'Anjou.... Et de juger droit le prions, le comte de bret. Romane, p. 162. Mais si me puist aidior sains Pox [Paul]. Li jeus s'en va en autre guise; Venus en estes à joîse [jugement]; Vous le comparrez [payerez] hui moût chier, lien. BI82. Qui du songe la fin orra. Je vous di bien qu'il i porra Des jeus d'amors assés aprendre, la Rose, 2079. Il xiv s. 11 fut ordonné que par manière d'ebattementseroit donné un joyelou présent au J3U de barres, ainsi qu'il est accoustumé à faire au jeu de prix, du cange, escrinium. Berruier et François et Breton bien corseu. Bien quatre cens ou plus ont commencié le geu [la bataille], Guescl. v. 18953. Le ditlateur voua etpromistàfero les gransjeuz quant la cité de Veie seroit conquise, berciielhe, f" I04. il XV* s. James je ne fuisse lassés Xjuer aux jus des enfans, fhoiss. Poés. Espinct. amour. Faisons leur voie, et vous verrez tantost beau jeu, id. ii, ii, 176. Et que les princes doivent bien congnoistro quelles gens les meuvent [les traictez], et par especial colluy qui n'a le plus apparent du jeu, comm. i, 13. Hal mon amy ce n'est pas jeu, Dist le penancier seuroment, Il vous fault bien penser à Dieu Et le supplier humblement, G'.uvres deviLL. i" repue. I.a darraine parole me demourra, soit tort, soit droit; mais il n'est jeu que à joueurs, et n'y a que faire, Les 15 joyes de mariage, p. 24. L'autre dit qu'il n'en peut challoir, et que ce n'est que la règle du jeu, et qu'il [le mari trompé] n'es' ouc une

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beste, ib. p. 76. Quand le chevalier veit ce, il sappen.sa que ce n'estoit pas jeu d'enfant, et que legierement pourroit recevoir blasme, s'il ne se defendoit, Perceforest, t. ii, f° 128. De tant estoit le jeu mal parti envers eulx, qu'il leur convenoit recevoir plus de coups qu'ilz ne povoient rendre, ib. t. i, f" 34. À quel jeu vous avons-nous perdu ? Pct.I J. de Sainlri, p. 20, dans poucens. ||xvi° s. Voilà les armes prises par toute la France à jeu descouvert, d'aub. IHst. II, 123. Par manière de jeu [en plaisantant],mont. I, 101. J'aurois trop beau jeu, si jevoulois considérer l'homme.... ID. il, 228. Le jeu ne vault pas la chandelle, id. m, 47. Un instrument de musique à plusieurs jeux et plusieurs registres, AMYOT, Anton. 32. Les jeux des musiciens, id. Péricl. 29. En trois villages peut avoir un toreau qui ne peut estre empesché d'aller à jeu [de saillir des vaches], Coust. gêner, t. Ii, p. 780. Voyant que ce lui estoit jeu forcé, pasquier, Rech. livre vi, p. B3i, dans LACURNE. Comme on dit en proverbe : Jeux de prince, c'est à dire jeux qui plaisent à ceux qui les font, H. ESC. Apol. pour llérod, p. 378, dans lacueine. X vrai dire perd on le jeu, cotohave. Après la feste et le jeu les pois au feu, io. Le jeu, la femme, le vin friand Font l'homme pauvre tout en riant, lb-

ROUX DE LINXV, PrOV. t. II, p. 86.

— ÊTYM. Provcnç. joc, juec, juoc; catal. J03; espag. juego; portug. jogo; ital. giuoco, du latin jocus. De même que jam est pour diam. Joiis pour Diovis, jocus est pour diocus ; sansor. div, jouer.

JEL'DI (jeu-di) , s. m. Le cinquième jour de la semaine. Que pen.se-t-il de nous [l'àne], lorsque, surlemidi. Un hasard au palais leconduitun jeudi, Lorsqu'il entend de loin d'une gueule infernale La chicane en fureur mugir dans la grand'salle? boil. Sat. VIII. Il Jeudi gras, le jeudi qui précède le mardi gras. Il Jeudi saint, ou jeudi absolu, ou jeudi de l'absoute, le jeudi de la semaine sainte. {| Populairement. La semaine des trois jeudis, trois jours après jamais, ou, simplement, la semaine des trois jeudis, se dit pour exprimer un temps qui n'arrivera jamais.

— IIIST. xii* s. Li juFS del Noël fu cel an parvendresdi, E li jursdo la veille rcfu par un juesdi. Th. le mart. 13B. || xiil's. Si revendras [reviendras] après la Pasque, Le joedi de rovoisons [des rogations |, Oue l'en menjue les motons, i(m. 13(91. I| xvi* s. Vous pourriez pourmcner cette question jusqu'à semaine des trois jeudis, sans vous pouvoir accorder, CUOL. Contes, t. I, matin. 11, p. co, dans rouoENs.

— ÊTYM. Provenç. dijous; ital. sioredi; du lat. Jovis (iiVs,jourde Jupiter (voy. Jupiter, et jour pou rdiPi).

t JKl'MÉUANTE (jeu-mé-ran-t'),.ï. /".Petite planche qui sort de patron pour tailler les jantes des roues.

JEUN (X) (jun), loc. adv. Sans avoir rien mangé do la journée. Et la moindre disgrâce, Lorsque je suis à jeun, me sai.sit, me terrasse, mol. Sgan. 7. J'en appelle: Comment, dit f-'hilippe, de votre roi? et à qui? X Philippe à jeun, répliqua-t-olle, rollin, IHst. anc. Œuv t. vi, p. 142, dans poigens. Qu'un peuple est grand qui, pauvre, gai, modeste. Seul maître, après tant de sang et d'efforts, Clia.sse en riant des princes qu'il déteste. Et de l'État garde à jeun les trésors! bérang. Tomb. de juillet. \\ Particulièrement, dans le langage de l'Église catholique. Être à jeun, n'avoir ni bu ni mangé depuis minuit.

— HIST. XII' s. Cil qui liet [joyeux] sont on cesto poureteit, sont jeun de la pasture de veriteit. Job, p. 470. ||xni"s.I'uis viendra Jehan Clopinel, Au cuor jolir, au cors isnel. Qui nestra sor Loire à Meûn, Qui â saoul et à jeun Me servira toute sa vie, la Rose, 100u4.|| XV' s. Encoresestoyent-ils tous jeuns, et n'avoyent porté vin ne victuailles avec(iues eux, froiss. liï. I, p. 27:1, dans lacuhne. Jeun estomac ne se doit point partir, eust. desch. Poésies mss. t° 308, dans LACURNE. Il XVI' s. Dormir à jeun en haut soleil, comme font les chiens, rab. i'an(. iv, 63. En plus grand dangier de mort est l'homme mordz [mordu] à jeun d'ung serpent jeun, que aprez avoir ropeu, tant l'homme que le serpent, ID. ib.

— ÊTYM. Lat. j'f/unuï, qui est à jeun (voy. jeOne) Dans l'ancienne langue, jefm est un adjectif.

JEUNE (jeu-n') , adj. || 1° Qui n'est guère avRncé en âge. Seize jeunes gentilshommes qui seront entretenus pour être instruits au fait de la marine et de la navigation. Estât des posions, I627, dans jal. Ces veuves jeunes et riantos que lo monde trouve si heureuses, BOss. Anne de Gonz. La princesse Mario, pleine alors de l'esprit du monde, croyait, selon la coutume des grandes maisons, que ses jeunes .sœurs devaient être .sacrifiées à ses grands desseins, id. 1'!;. Un jeune prince du sang qui portait la victoire dans les yeux, id. Louis de Bourbon. Quand on n'est plus jeune, la vie n'est bonne à rien, maintenon, Lett.

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à Ifme de Cnylut, 8 janv. )7I7. Le jeune homme, toujours bouillant dans ses caprices, Est prompt à recevoir l'impression des vices, boil. Art p. m. Jeune autrefois par vous dans le monde conduit, ID. Sat. x. Si vous n'avez appris à vous laisser conduire, Vous êtes jeune encore, et l'on peut vous instruire, rac. Bril. m, 8. De l'antique Jacob jeune postérité, in. Esth. 1, i. Dans les mains des Persans, jeune enfant

apporté, iD.t'b.n,) A rempli ce palais de filles de

Sion, Jeunes et tendres fleurs par le sort agitées, ID. «6. I, (. Jouissez, monseigneur, de votre belle santé; il n'y a de jeunes que ceux qui se portent bien, VOLT. Lelt. Ilichetiett, U avr. <773. Elle n'est plus jeune; elle a au moins vingt-sept ans, quoiqu'elle ne s'en donne que vingt-quatre, genlis, Thédt. d'éduc. les Dangers du monde, i, 9. || Les jeimcs gens, les personnes qui sontdansla jeunesse; se dit des jeunes hommes, et aussi d'un mélange de jeunes bommes et de jeunes filles. Qui ne voit pas la vanité du monde est bien vain lui-même; aussi qui ne la voit, excepté de jeunes gens qui sont tous dans le bruit, dans le divertissement, et dans la pensée de l'avenir? pascal, Pens. vi, 59 bis, édit. HAVET. Seulement il se mêlait d'encourager au travail et de conduire, quand il le fallait, de jeunes gens à qui il trouvait du talent pour les mathématiques, fonten. flft/neau. Vous êtes déjeunes gens en comparaison du vieillard des Alpes, volt. Leur. Cideville, 4 janv. <75i. || Une jeune personne, voy. PERSONNE. || Déjeunes malns, signifie, en poésie ou dans le style élevé, des jeunes gens. 11 te sied bien d'avoir en de si jeunes mains, Chargé d'ans et d'honneur, confié tes desseins, rac. Baj. iv, 7. Faites porter ce feu [la guerre] par de plus jeunes mains, ID. Mithr. m, ) . || Un jeune cœur,i;e dit ou d'un jeune homme ou d'une jeune fille. Et goiltertout sanglant le plaisir et la gloire Que donne aux jeunes cœurs la première victoire, rac. Baj. i, 1. 1| Jeune France, ieune Allemagne, etc. se dit de certains partis poliiques, littéraires ou artistiques, qui se jeltent avec ardeur dans les innovations. || Jeunes détenus, les mineurs de <6 ans qui sont envoyés par le juge dans une maison de correction. Un jeune détenu. || Substantivement. Faire le jeune, la jeune, affecter des manières qui ne conviennent qu'à la jeunesse. Il 2" Oui n'est pas aisez avancé en âge pour remplir certainsoffices.Ceprécepteurest bien jeune. {| 3°Fig. et familièrement. Une jeune barbe, un jeune homme. Il veut décider de tout et ce n'est qu'une jeune barbe. Il Vous avez la barbe trop jeune, se dit à celui qui veut reprendre un plus âgé que lui. 114° Qui appartient à la jeunesse. Ce visage si jeune que les traits de l'enfance s'y faisaient remarquer encore, STAËL, Corinne, xvii, 9. || Par plaisanterie. Un jeune sermon, un sermon prononcé par un jeune homme. Nous entendîmes l'autre jour l'abbé de Montmor; je n'ai jamais ouï un si beau jeune sermon, sÉv. ( " avr. ) 87 1 . Il Cette couleur est jeune, elle ne convient qu'à des personnesjeunes. Celte couleur est trop jeune pour une femme de son âge. Quand on lui montre quelque chiffon visiblement trop jeune pour elle, GENLIS, Théâtre d'éduc. la Uarch. de modes , se. 2. Il Le jeune âge, l'âge, le temps où l'on est jeune. Le feu de son jeune âge et de ses passions.... Semblaient ouvrir son âme à mes séductions, volt. Brut, m, 2. Il On dit de mêma, dans le style relevé et en poésie: jeunes ans; jeune saison, ô que, pour avoir part en si belle aventure. Je me souhaiterais la fortune d'Éson.Qui, vieil comme je suis, revint, contre nature, En sa jeune saison! malh. ii, <î. Vous daignâtes m'aimer dès mes plus jeunes ans. CORN, Mort de Pomp. iv, 3. J'ai perdu, dans la fleur de leurjeune saison, Six frères.... bac. Phèdre, il, <. Il Familièrement. Dans son jeune temps, alors qu'il était jeune. || 6° Fig. Jeune se dit de choses n-.orales et intellectuelles. Il faudra que je change, et, malgré quej'enaie, Plus soigneux devenu, plus froid et plus rassis. Que mes jeunes pensers cèdent MX vieux soucis, héunier, Sat. v. Un jeune esprit facilement s'engage Par la douceur des yeux, du geste et du langage, maiiiet, Sophon. m, 2. Son glyle [du fils de Mme de Grignanj tout naturel, tout jeune, sans art, un peu répelé par la grande envie d'obtenir [une permission], sév. ♦. janv. 1890. De ■es jeunes erreurs désormais revenu, bac. Phèd. I, t. D'abord ce jeune éclat qu'on remarque ea ses traits.... ID. Alex, m, 6. Abel, doux confident de mes jeunes mystère», Vois, mai nous a rendu nos jourses solitaire-», a. ciiKn. ^/^jim, i. || 8' Cadet, par opposition à aîné. Celui-ci est l'aine; celuilà est le

rompt votre hyménée Reparde-t-elle plus la jeune que l'aînée? corn. Agés, iv, t.||ll se dit aissi par opposition à ancien , pour distinguer certains pei-sonnages historiques. Pline le jeune. Denys le jeune. || 7" Par extension, qui conserve quelque chose de la vivacité et de l'agrément de la jeunesse. Il ne vieillit point, il est toujours jeune. Vous n'avez de votre vie été si jeune (jue vous êtes, et je vois des gens de vingt-cinq ans qui sont plus vieux que vous, mol. Avare, ii, a. || Dans le même sens, en parlant de choses qui appartiennent aux personnes. Avoir la voix jeune, le visage jeune. C'est un cœur toujours jeune. Un caractère très-sérieux, très-appliqué et qui n'avait rien de jeune que le pouvoir de soutenir beaucoup de travail, fonten. Littre. Hélas 1 quand un vieillard aime, il faut l'épargner; Le coeur est toujours jeune, et peut toujours saigner, v. hugo, Hernani, m, -l-HAvoir encore le goût jeune, les goûts jeunes, conserver, dans un âge avancé, les inclinations de la jeunesse. Il' 8° Qui n'a point encore l'esprit mûri par l'expérience. Je crois qu'il sera toujours jeune. || Familièrement et par ironie. Naïf, simple, facile à tromper. Vous croyez cela, vous êtes jeune. || 9° Jeune se dit des animaux peu avancés, comme l'homme, dans le cours ue leur vie. Un jeune chien. Un jeuno chat. Un jeune coq. [Je] trottais comme un jeune rat, Qui cherche à se donner carrière, la font. Fabl. VI, 6. Il II est fou comme un jeune chien, se dit d'une personne folâtre. || Jeune se dit également des arbres et des plantes. Un jeune chêne. Un jeune bois. Un jeune plant. || Terme de l'admini»tration forestière. Jeunes baliveaux, par opposition aux baliveaux modernes, qui ont deux ou trois âges, et aux baliveaux anciens, qui ont plus de trois âges. Il 10° 5. m. Les jeunes, les hommes peu avancés en âge. Tu murmures, vieillard ! vois cesjeunes mourir, Vois-les marcher, vois-les courir À des morts, il est vrai, glorieuses et belles. Mais sûres cependant et quelquefois cruelles, lafont. Fabl. vill, ) . C'est donc à dire Que je ne suis qu'un vieux, dont les jeunes vont rire? v. Huoo, Hernani, ii, 3. || En cet emploi, il ne SB dit qu'au pluriel. || Jeune de langue, nom de jeunes gens entretenus pour apprendre les langues orientales et devenir drogmans. Un jeune de langue. Dos jeunes de langue. || Terme de féodalité. Officier subalterne. Les jeunes d'un duc, d'un comte. 1| Terme de physiologie. Le jeune des mammifères, des oiseaux, etc. mammifère, oiseau peu avancé dans la vie, et n'ayant pas encore sa taille, son pelage, son plumage, etc. permanents. Il Provgrbes. Jeune procureur et vieil avocat, c'est-à-dire un procureur doit être actif et un avocat réfléchi. 0(1 dit aussi dans un sensanalogue : Vieux médecin, jeune chirurgien. || Jeune chair, vieux poisson, c'est-à-dire il faut manger les animaux de boucherie, la volaille, le gibier jeune et les poissons vieux. || Aussitôt meurent jeunes que vieux. Il Le diable était beau quand il était jeune.

— REM. i. Quand jeune est précédé de l'article, il a des sens dilTéients suivant qu'il est placé avant ou après son substantif. Le jeune Scipion signifierait que Scipion n'était pas Sgé; Scipion le jeune se du pour le distinguer de Scipion l'ancien. || 2. Déjeunes gens ou des jeunes gens, voy. gens, remarque U. Il 3. On dit d'ordinaire de jeunes filles, jeunes filles faisant moins dans l'usage un mot uniqueque jeunes gens. Cependanton trouve aussi des jeunes filles : Enseigner la langue française à des jeunes filles de qualité, volt. Le(t. Galtittin, octobre, <7e8.

— HIST. xii* 8. Et li viel home et 11 jone mesquin [les jeunes gens], Roncisv. p. <65. || xiii" s. Ele estoit joene et tendre com rosée en herbiero, Berte,xi. Grantduel [deuil] font pour Bertain lljoene et li chenu,tb.ci.Ains li faisoitlagennedame [Héloïso], Bien entendant et bien letrée Kt bien amant et bien amée, Argumcns à li chastier Qu'il se gardast de marier, la Rose, 880*. Il xiv s. Et n'y a point de différence se aucun est jeune de aage ou il est jeune de meurs et assez aagé, oresmr, Elh. iv. {{ xv s. Il [Charles VI] est encore trop jeune d'un an, quant il nous cuide esbahirpar ses assemblées, froiss. ii, ii, (74. Ils me tiennent bien pour jeuno et ignorant, quand ainsi me veulent mener, id. livre iv, p. 4 as, dansLACURNE. Appert bien que le dit amant est bien jeune, simple et mal conseillé de intenter procès, irM/o omorum, p. <)4,dans laclrnr. || xvi* s. Les jeunes et les vieux laissent la vie de mesme condition, mont. I, 73. Co vénérable maintien, soulis un visage si

jeune, ID. m, (92. Nous autres courtisans, j'ay vcu jeune frère. Sous les loi» du plu» 1 que nous appellions à lacour un jeuno gentilhomme |cune on Tit marcher son frère, corn. S'com. qui ne faisolt que venir, jeune espée, hrant. Cap. u. 3, Il Substantivement. Et la raison d'Ëtat oui I fr. 1. 1, p. 338, dans lacuune. De <eune tbeulogieD

argument cornu. De jeune médecin cimetière bossu, De jeune advocat héritage perdu. De jeune procureur procez mal entendu. De jeune conseiller jugement morfondu. De jeune juge aussi le droit mal deffenilu. De jeune riche enfant le bien tost despendu. De jeune marié mesnage malotru, roger ob coLLERYE, Œuvres, p. (88, dans lacurne. Jeune en sa croissance a un loup en la panse, cotgrave. Amour se nourrit de jeune chair, id.

— ÉTVM. Berry, jenne; nivernais, *«jnp; wallon. jfine; namur. et picard, joue; provcnç.;'ofe; espagn, joven\; il&\.giovine, giovane; du lat.jurenis; allem. juny; russe, toiini; persan, djuvan; sanscr. yuvan, Yuvan paraîl être pour yaian, par assimilation du V sur a ; et on l'a rapproché des yavanas (voy. ioniens) j de sorte que \ei jeunes, jurenes, seraient ceux qui combattent, repoussent, aident.

JECne (jeû-n'), s. m. || 1° Abstinence d'aliments. Un trop long jeûne est nuisible à l'estomac. Vous leur faites observer [à vos chevaux] des jeûnes gi austères que ce ne .sont plus rien que des idées ou des fantômes, des façons de chevaux, mol. l'Arare, III, 6. Il Fig. Toute espèce de privation. No pas pouvoir lire est un véritable jeûne pour l'esprit. Nous avons été jusqu'ici dans un jeûne effroyable de divertissements, MOL. Préc. <o. Il 2° Particulièrement. Pratique religieuse, acte de dévotion qui consiste à s'abstenir d'aliments par mortification. 11 fit puhlier un jeûne dans le royaume de Juda, SACi, Bible, Paralip. ii, xx, 3. Savez-vous quel est lo jeûne que j'aime, dit le Seigneur: délivrez ceux qui .sont détenus dans les prisons; déchargez.... boss. Polit. vil, m, u. Les jeûnes, si fréquents et si rigoureux [en Russie], incommodaient trop les troupes et les rendaient souvent incapables d'agir, fontenelle, dar Pierre. Le jeûne était établi chez plusieurs peuples, et chez les Juifs et chez les chrétiens ; Mahomet le rendit très-sévère en l'étendant à un mois lunaire, pendant lequel il n'est pas permis de boira un verre d'eau ni de fumer avant le coucher du soleil, VOLT, ilœurs , 7. Par quels jeûnes cruels son corps s'est-il usé? c. delav. Pon'a, ii, 2. || 3° Le jeûne des catholiques, qui consiste à s'abstenir de viande en ne faisant qu'un repas dans toute la journée, soit à dîner avec une légère collation à souper, soit à souper avec une légère collation à dîner. Si j'ai vingt et un ans et qu'il soit demain jeûne, pasc. Proi'. v. Vous en pourriez boire sans rompre le jeûne, ID. ib. L'on dit que vous laites imprimer des almanachs particuliers où vous faites doubler les quatre-temps et les vigiles, afin de profiter des jeûnes où vous obligez votre munile, mol. l'Àv. m, 8. Les jeûnes y [dans les observances de l'Eglise] sont mêlés dans les temps convenables, afin que l'âme, toujours sujette aux tentations el aux péchés, s'affermisse et se purifie par la pénitence, BOSS. Mar.-Thér. X présent, les lidèles se réjouissent après le carême [au dimanche de Pâques], il n'est que trop vrai ; mais ce n'est pas vous, mon Sauveur, qui faites leur joie; on se rejouit de ce qu'on pourra faire bonne chère en toute licence ; plus de jeûnes, plus d'austérités... Boss. <•' sermon, Pâques, i. Vous savez mieux que moi qu'il y a de la différence des jeûnes de règle à ceux de l'Église, maintenon, Lett. à Mme de la Vicfrille, 2 nov. nub. Il rei)rit sa vie ordinaire [après un jeûne], et, t-u bout de quatre jours, il avait regagné quatre livres; ce qui marque qu'en huit ou neuf jours il aurait repris son premier poids, et qu'on répare facilementco que lo jeûne a dissipé, fonten. Dodarl. \\ Le jeûne chez les protestants, (|ui diffère do celui des catlioli(|Uos en ce que les protestanls peuvent manger de la viande, mais ne peuvent manger qu'après le .soleil couché. || On dit d'une chose qui ennuie, 'ju'elle est longue comme un jour de jeûne. Il Proverbes. Il a bien fait des jeûnes qui n'étaient pas de commandement, se dit der|uelqu'un qui a souffert de gran(lu.s[irivalions, beaucoup de misère. |1 Double jeûne, double monceau.

— IIIST. xii" 8. Et li reis en out forment grant pour, e out toute sa fiance en nostro seignur, e fist faire junie par tut Juda, /(où, p. 34ii. || xv* s. Je suis quitte de chacimo jeune qu'un autro feroit pour moi, comme si je la falsois, lcl'is xi, Afoui'. c. Il XVI* s. Il n'avoitque U peau seulement animée, Sa bouche d'un long jeun palis.soit affamée, rons. 848. Ce morceau rompit le jousne de la trefvo, et empescha un plus grand exploict, d'aub. //isf. I,2J7. Jours de jeune, quand l'homme est «ain, sont trii mauvais pour lo pain, lerol'x de linct, Prov. t. i, p.3t. 1,0 liquide nerompt point le jeune, iD.t'b. p. 32,

— ETYM. Liit. jejunium, jeûne , de jejunus. Les étymologistes considèrent jejunus comme uo

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participe comparable à AVplwnu» {Septumnut , vHiTOiiivoç), et répondant à une forme sanscrite fictive yayamana, qui a dompté (sa faim), venant de l'intensif s/fiyom, réduplicatif de yam, dompter.

JEUNEMÉNT (jeu-ne-man), adii. || 1° Dansle langage familier. En jeune homme. Dans cette affaire vous avez agi un peu jeunement. || 2" Terme de chasse. Cerf de dix cors jeunement, cerf qui a pris depuis peu cinq andouillers de chaque côté.

— REM. 1. L'Académie met dix andouillers de chaque côté. Sur quoi, Legoarant remarque : « Au lieu de dix, il faut lire cinq andouillers. Quand la tinquième année du cerf est achevée, sa ramure se trouve chargée de cinq andouillers de chaque côté, on l'appelle cerf de dix cors jeunement; à cinq ans et demi, il prend le nom de cerf dix cors. » || 2. L'Académie, dans sa définition, dit: cerf qui a pris depuis peu un cors de dix andouillers. Cors signifie les chevillures ou andouillers, et en aucun cas on ne peut dire tin cors.

— HIST. IV' s. Et diroit-on partout : veez. les oncles du roi.,., comment il l'ont conseillé jeunement, FROiss. n, n, <«3. Il xvi* s. Non en ce mois de may, où l'âge et le loisir Reveillent nostre sang qui jeunement bouillonne, bons. 804.

— ÉTVM. Jeune, et le suffixe ment.

JECNER (jeû-né), v. n. || 1° Manger moins qu'il ne faut, ou même ne point manger du tout, soit volontairement, soit par force. Faire jeûner ses domestiques. Depuis que chez ma cousine Qui jeûnait en carnaval.... béb.ano. Voisin. {{ Fig. S'abstenir ou être privé de. Ce n'est rien de jeûner des viandes grossières qui nourrissent le corps, si on ne jeûne aussi de tout ce qui sert d'aliment à l'amourpropre, fén. t. iviii, p. (»6. || 2° Particulièrement. S'abstenir d'aliments ou de certains aliments par esprit de dévotion. Aucun dans le banquet ne veut l'abandonner [Jcsus-Christ], Mais dedans le désert il est seul à jeûner, corn. Imit. u, H. Ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il [Jésus] eut faim ensuite, saci, Bihle, Êvang. St Malth. iv, 2. 11 vaut mieux ne pas jeûner et en être humilié , que jeûner et en être complaisant, pasc. Pens. xit, <27, éd. HAVET. On a beau jeûner, ce n'est rien faire, si on ne ferme lesavenues de son creuràla vanité, maucrolx, Ilom. de StChrysoil. daas riciielet. Jeûnent-ils toujours au pain et à l'eau? sév. 239. Elle [MmedeMaintonon] jeûnait si auslèrement les carêmes, qu'elle faisait peser son pain, m"" de caylus. Souvenirs, p. ee, dans pol'oens. J'ai peur que certains hommes d'État ne fassent comme Mme de Bouillon, qui disait : comment édifierons-nous le public le vendredi saint? faisons jeûner nos gens, volt. f.elt. d'Àlemberl, 8 maH 764. Il 3» L'infinitif, pris substantivement. Le trop jeûner, le trop boire, et autre» excès, desc. l'Homme. \\ Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— niST. xw s. Or faites jejuner deus jours quatre lions, Boncisv. p. 20o. Ce dist li uns : Les ordes gloutes Ont créante à juner toutes. Lai d'Ignaurès. Il XIII* s. Ensi geuna Salehedins deux jours et deux nuits sans boire et sans mangier, Chr. de Rains, 108. Et Renart fu moult enpiriez De geûner et de mal traire, Jten. iibi. Sire, par le saint quarosme. Qu'à juner commanda Dieux.... Bibl. des chartes, *• série, t. v, p. 29. || xiv s. Car de juner deus jours sepoit on mal tenir, Baud. de Seb. x, M5(. ||xv» s. Et sachez que les quatre parts d'eux jeûneront par defl"aute de vivres.... pboiss. ii,n, )C9. || xvi* s. Qui sur escuelle d'autrui s'asseure, quand il pense manger, il jeusne,r.F.RODX uE LiNCY, t.i, p. 32. L'homme qui a femme ne peut pas jeûner, id. p. 265.

— F.TYM. Provenç. junor,jeonar; portug. jejuar; du lat. jcjunore, dejejumu, à jeun (voy. jeûne).

JEUNESSE (jeu-nè-s'), s. ^. || !• Temps de la vie entre l'enfance et l'âge adulte. En jeunesse j'aimai, ta mère fit de mtme, séonier, Dial. Les critiques du timps m'appellent débauché. Que je suisjour et nuit aux plaisirs attaché. Que j'y perds mon esprit, mon âme et ma jeunesse, id. Sat. v. Rodrigue a du courage.— Il a trop de jeunesse, corn. Cid, ii,3.Elle [Marie-Thértse] vous dit.... que la grandeur est un songe, la joie une erreur, la jeunesse une fleur qui tombe, et la santé un nom trompeur, boss. Uar.- TMr. So«s cet air de jeunesse qui semblait ne promettre que des jeux, id. Vuch. d'Orl. M. de Turenne a eu dans sa jeunesse toute la prudence d'un âge avancé, et dans un âge avancé toute la vigueur de la jeunesse, plècu. Turenne. Assez dans les forêts mon oisive jeunesse Sur de vils animaux a montré son adresse, rac. l'Iièdre, m, B. Les jeux devenaient humides de tendresse pour ce pauvre petit prince [Louis XV] échapi'é à tant de dangers en jeunesse, d'argenson, ilém. t u, p. 87. Que

JEU

reste-t-il I l'homme après une telle jeunesse? un corps énervé, une âme amollie, et l'impuissance de se servir de tous deux, buff. Nature des anim. La jeunesse est souvent la saison des douleurs, ducis, Othello, II, B. Là sont nos rêves pleins de charmes; ....Là refleuriront nos jeunesses, lamart, lléd. II, t. C'est une jeune fiancée Qui, le front ceint du bandeau. N'emporta qu'une pensée De sa jeunesse au tombeau, m. //nrm. u, i. || La première jeunesse, les premières années de la jeunesse. Dès sa première jeunesse, Marie-Thérèse fut , dans les mouvements d'une cour alors assez turbulente, la consolation et le seul soutien de la vieillesse infirme du roi son père, boss. Ifor ■7'Wr. L'inconnue n'était pas de la première jeunesse, mais elle était d'une beauté parfaite, genlis. Ad. et Théod. t. ii, p. 3I6. JlÉtat d'une personne jeune. J'admire ton courage et je plains ta jeunesse, corn. Cid, ii, 2. Le maître qui prit soin d'instruire ma jeunesse. Ne m'a jamais appris à faire une bassesse, id. A'icom. ii, 3. Ces âges [cinquante ans avec vingt] n'ont jamais grand rapport ; Jeunesse avec jeunesse est chose fort plaisante, hauter. Âppar. tromp. ii, 6. J'aime Pauline; TOUS me la représentez avec une jolie jeunesse et un bon naturel ; je la vois courir partout, et apprendre à tout le monde la prise de Pnilisbourg, sÉv. (7D0V. 4 688. Qui eût pu seulement penser que les années eussent dû manquer à une jeunesse qui semblait si vive? BOSS. Duch. d'Orl. La mort a plus de prise sur une princesse qui a tant à perdre ; que d'années elle va raviràcettejeunesseliD. i6. Lamère de M. de Montausier, contenant sous les lois d'une austère vertu une grande beauté et une florissante jeunesse, flécu. Duc de Mont. Le marquis de Mortemar, qui estsage comme on l'est à trente an», quand on n'a pas une aussi longue jeunesse que vous, MAiNTENON, lett. à d'Aubigné, 5 fév, 1682. La bouillante jeunesse est facile à séduire, volt. Brut. I, 4. Il Familièrement. De jeunesse, c'est-à-dire dès la jeunesse. Il est accoutumé à cela de jeunesse. Ce n'est pas qu'il ne sût l'analyse moderne plusexpéditive, moins embarrassée, mais il avait pris de jeunesse l'autre pli, ponten. Lahire. \\ Avoir un air de jeunesse, paraître encore jeune, quoique l'on soit déjà d'un certain âge. || Kig. Jeunesse, air de jeunesse. La jeunesse en sa fleur brille sur son visage, boil. Lutr. I. Il Fig. Il [le printemps] est d'une beauté, et d'une jeunesse, et d'une douceur que je vous souhaite à tout moment, sÉv. a mai «os». |{ 2" Seconde jeunesse , néologisme ; on désigne ainsi aujourd'hui l'âge mûr et même trcs-mûr, chez les personnes qui ont conservé les goûts et les passions de la jeunesse, et surtout les habitudes de galanterie et d'intrigues amoureuses. Par malheur les conquêtes coûtent cher; j'y ai laissé une partie de ma fortune; mais il m'en reste encore, ainsi que quelques moyens de séduction , de la philosophie, une seconde jeunesse et de l'expérience , scribe et nuvETRiER, Oscar, i, B. ji Fig. 3° Jeunesse se dit des qualités intellectuelles qui se conservent même dans un âge avancé. La jeunesse d'esprit. Une viguiiur spirituelle qui se renouvelle de jour en jour.... c'est cette jeunesse intérieure qui soutenait ses membres lassés, dans sa vieillesse décrépite, et lui a fait continuer sa pénitence jusqu'à la fin de la vie, boss. Panig. St Franc, de Paule , t. Quelle délicatesse, et, pour un savant de ce rang-là et dans un âge si avancé, quelle fleur, et, si nous osions parler ainsi, quelle jeunesse d'imagination! olivet, Ilisl. Acad. t. n, p. 401, dans pol'Gens. Une certaine jeunesse de cœur qui ne se lasse pas du passé ni de l'attendrissement qu'il cause, stael, Corinne, xv, 8. || Fig. Une des qualités de l'Église, qui est célébrée dl ns les Écritures, c'est sa perpétuelle jeunesse et sa nouveauté qui dure toujours, BOSs. Sermons, jubilé, s. Il 4" La jeunesse du monde, les temps voisins de l'origine des choses. 11 se peut que le meilleur temps pour la poésie ait été celui d'ignorance, et que la jeunesse du genre humain soit passée pour toujours ; cependant on croit voir dans les écrits dos Allemands une jeunesse nouvelle, colle qui naît du noble choix qu'on peut faire après avoir tout connu, stael, Allem. ni, 9. ||5° Collectivement, ceux qui sont dans l'âge de la jeunesse. On voit par ta rigueur [do toi, la Mort] tant de blondes jeunesses. Tant de riches grandeurs, tant d'heureuses vieillesses. En fuyant le trépas au trépas arriver, malh. i, 4. Il [le vieillard] parle do son temps, difficile et sévère ; Censurant la jeunesse, use des droits de père ; Il corrige , il reprend.... rKgnier, Sat. y. La jeunesse se flatte et croit tout obtenir, la font. Fabl. xii, 6. Esî-ce

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que voui roulsx qu'un père ait la mollesse Bs ne savoir pas faire obéir la jeunesse ? mol. Ée. des f.

V, 8 La jeunesse est sotte, et parfois la vieillesse,

iD. Éc. des mar. i, 2. 11 y fait de sa cour inviter la jeunesse, rac. Brit. v, i.\\ Les jeunes gens, à l'exclusion des jeunes filles. La jeunesse de la ville s'exerçait aux armes. Comme une autre Diane elle hante les bois, N'aime rien que la chasse, et de toute la Grèce Fait soupirer en vain l'héroïque jeunesse, KOL. Princ. d'Él. i, *. Une téméraire jeunesse se jetait sans étude et sans connaissance dans les charges de la robe, fléch. le Tellier. \\ 6° Par extension. La jeunesse et l'enfance prises ensemble. Enseigner la jeunesse. Élever la jeunesse. Vous m'avez de César confié la jeunesse, rac. Brit. i, 2. Il 7° Une personne jeune, et surtout une jeune fille. C'est une jolie jeunesse. Cette jeunesse-là fait la coquette. Je suis tout réjoui de voir cette jeunesse, rac. Plaid, m, 4. Mme Dupré n'aime pas que des jeune.sses comme nous sortent souvent, genlis, Tliédt. d'éduc. la ilarch. de modes, se. 2. || 8" Jeunesse, se dit des animaux. Cet animal est trèsfolâtre dans sa jeunesse. Si on les élève de jeunesse , elles s'apprivoisent très-bien , bufp. Ois. t. in, p. 262. Il II se dit aussi des arbres. Les arbres fruitiers dans leur jeunesse. || Il se dit enfin de certaines boissons, le vin, l'eau-de-vie, etc. L'excès de jeunessedanslos eaux-de-vie est nuisible. Il 9° Acte de jeune homme, imprudence, légèreté. Que c'étaient [les croisades] des jeunesses de vos princes et des chaleurs de foie de leurs conseillers, BALZ. De la cour, 6* dise. Mais qui est-ce qui n'a ses taches et qui n'a eu ses jeunesses? id. Lett. à Chapelain, <6 fév. (640. Si mon fils vous a écrit qu'il envoyait loooo livres pour tous les achats qu'il ordonnait de faire, qui montaient à beaucoup davantage, il a eu tort; c'est une jeunesse et une faute qu'il a faite, Corresp. de Colbert, m, 4 9B. Argenson avait obligé les gens de qualité en cachant au feu roi les aventures de leurs enfants et parents qui n'étaient guère que des jeunesses, st-sim. 480, 2)0. Le fils du maréchal de Boufflers retourna au collège des Jésuites; je ne sais quelle jeunesse il y fit avec les deux fils d'Argcnson ; les jésuites fouettèrent le petit garçon, id. 289, < 96. || Proverbes. La jeunesse revient de loin, c'est-à-dire les personnes jeunes reviennent de maladies dangereuses ou de longues erreurs,de grands égarements, j, Si jeunesse savait et viiiillesse pouvait, les choses en iraient mieux,c'esl-a-diresilajcur.esse avait de l'expérience, et que la vieillesse eût de la force. || Jeunesse est forte à passer, ou est difficile à passer, c'est-à-dire dans la jeunesse on a bien de la peine à modérer ses passions. U 11 faut que jeunesse se passe, se dit pour excuser les fautes que les jeunes gens commettent par inexpérience ou par vivacité de tempérament.

— HIST. xiii* s. Et fu baus [bailli] pour la jouneche de lui, tant corne il vesqui, Chr. de Itaius, 22î. Il XIV s. Donqucs ne a il pas petite dilTerence de soy accoustumer en joncsce et au commencement à faire en une manière, ou en une autre, orksme Eth. 34. Il XV» s. Frère Ancel commança à blasmer son nevou d'aucunes jeunesses qu'il disoit qu'il avoit faites, du CANGt:, juvenitudo. Et pour ce, seigneurs, les assis entre mes douze niepces, pour ce que je me pensay que jeunesse avecques vielesse se tapist et faint que ce ne soit elle pas; et, quant elle est à son pareil, adonc elle monstre quelle elle est, Perceforest, t. i, f" <33. ||xvi* s. Ainsi comme Antonlus prenoit ses csbats en telles folies et telles jeunesses, il luy vint do mauvaises nouvelles de deux costez, AMYOT, Anton. 37. Cette généreuse jeunesse desdaignant tout aultre joug que de la vertu..., MONT. I, tbi. Le bon chevalier eîtoit pris, et par sa hardiesse ; toutes fois il y avoit eu de la jeuiie.sse meslée parmy, Ilist. du cher. Hayard, p. 76, dans LACURNE. Jeunesse qui veille et vieillesse qui dort, c'est signe de mort, ocdim, Ciirios. franc. Ce que aprent poullain en jeunesse. Tout ce veut il maintenir en vieillesse, iiddecines des chevaux, p. il, dans LACURNE. Jeunesse oiseuse, vieillesse disotteuso, coTGRAVE. Un tas de jeunesses folles, nu BKLL. m, 76, recto. Donne que les esprits de ceux que je soupire N'esprouvent point , Seigneur, ta justice et ton ire ; Rens les purifiez par ton sang précieux, Cancelle leurs péchez et leurs folles jeunesses, DESPORTES, Œuvres chrétiennes, plainte.

— Etym. Jeune, et la finale substantivo esse, comme sagesse, de sage, etc.

JEUNET, ETTE (jeu-nè, nè-t'), adj. diminutif. Qui est tout jeune. Il est bien jeunet. Le malheui fut qu'elle était trop jeunette, L.4 font. Cloch. Filles connais qui ne sont pas jeunettes, X qui cette eau

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