‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 56 sur 389 · JOI · texte numérisé non relu

JOI

JOl

de Jouvence viendrait Bien à propos, ancien rondeau cité dans la bruï xiv.

— HIST. XIII' s. Et la vadie sera [pour] ma dame, Qui est crasse et tendre et jeunette, Ren. 6136. Il xiV s. Sire doulz, quant j'estoie junette à marier, Girart de Ross. v. 2742. || xvi* s. Il ravit Heleno, la quelle esioit encore fort jeunette et non en ago ,d'estre mariée, amyot, Thésée, 39.

— ETVM. Diminutif de jeune; provenç. jovenet; espagn. jovenete ; ital. giovirretto.

JEÛNEUR, ECSE (jeil-neur, neû-z'), «. m. et f. Celui, celle qui jeûne. C'est un grand jeûneur. Le 'eûneur maudit son sort, la font. Fiancie.

— ÉTYM. Jeûner.

1 JEVRASCHKA (je-vrach-ka),«. m.Voy. soLSLic.

I JOACUIJUSME (jû-a-chi-mi-sm'), s. m. Doctrine de l'Évangile éternel.

t JOACUIMITE (jo-achi-mi-f), s. m. Sectateur de l'abbé Jocichira de Flore (l 2' siècle), qui, dans l'Évangile éternel, prétendait que l'Évangile de Jésus-Christ doit être aboli comme l'Ancien Testament, et qu'il surviendra un troisième état du monde qui sera l'état de perfection, dit règne du Saint-Esprit, et où la propriété sera abolie.

JOAILLEKIE (joua-lle-rie, Il mouillées, et non joua-ye-rie), s. f. \\ 1° Art, métier, commerce de joaillier. || i° Marchandises qui consistent en joyaux, en pierreries, etc. Des articles de joaillerie.

— ÊTYM. Joaillier.

JOAILLIER, 1ÈRE (joua-llé, !lè-r', Il mouillées, et non joua-yé), s. m. et (. Celui, celle qui travaille en joyaux, en pierreries, ou dont la profession est d'en vendre. || Adjectivement. Un marchand joaillier.

— HiST. xvr s. Il n'ontroit en leur pals ny orfèvre, ny joyaulier, pour y faire ou y vendre aucuns affiquez d'or ou d'argent à parer les dames, AMYOT, Lyc. U.

— ETYM. Voy. JOYAU.

fJOB (job),», tn. Nom d'un patriarche de l'histoire sainte. || Livre de Job, livre oii est racontée l'histoire de ce patriarche. Salomon et Job ont le mieux connu et le mieux parlé de la misère de l'homme : l'unie plus heureux et l'autre le plus mallieureux; l'un connaissant la vanité des plaisirs par expérience, l'autre la réalité des maux, pascal, Pens. XXIV, 48, éd. ha VET. Il Pauvre comme Job, excessivement pauvre. || Les amis de Job, se dit de ceux qui adressent des reproches à un homme malheureux. Il Populairement. C'est la femme à Job, se dit d'une femme acariâtre.

t JOBARD (jo-bar), t. m. Terme familier. Homme niais, crédule, qui se laisse facilement tromper.

— KTYM. Jobe, qui s'est dit autrefois pour homme niais et crédule : ....Il aura plus tost conquis ce qu'il prétend, avec un mot bien couché.... que par servir et faire le mignon longtemps, qui est l'office d'un jobe ou caillette, noél nu pail, Propos rustiques et facétieux, ch. 6. Le Berry dit;o6er, jouer, s'amuser. Scheler tire ces mots du flamand jobbe, nigaud, et en écarte le patriarche Job, qui, suivant Uénin, avait donné son nom à cette famille de mots.

t JOBARDERIE (jo-barde-rie), s. f. Terme familier. Niaiserie d'un jobard.

t JOmXIN (jo-be-lin), ». m. Jeune jobard, petit jobard. Je ne sais pas ce que j'aurais fait [pour gendre] d'un jobelin qui eût sorti de l'académie, sÉv. 4 juin <669. I! S'est dit, au xvii* siècle, de ceux qui préléraient le sonnet de Job par Benserade à celui d'Uranie par Voiture. || Piron en a fait un nom propre dans une épigramme contre l'abbé d'Olivel soupçonné d'avoir agi pour empêciier Piron d'être reçu à l'Académie : Ci-gtt maître Jobelin, Suppôt dû pays latin, Juré piqueur de diphlhongue. Endoctriné de tout point Sur la virgule, le point, La syllabe brève ou longue, etc.

— f.TYM. Même racine que jobard.

f JOBKT (jo-bc), s. m. Terme de fondeur. Fil de fer qui tient la matrice.

t JOC Gok), ». m. Uepos du moulin. Le mettre à joc, l'arrêter.

t JOCASSE (jo-ka-s'), ». f. Grosse grive.

JOCKEY Ijo-kk), t. m. Il 1° Jeune domestique, chargé principalement do conduire la voiture en postillon. Il 2° Particuli(';rement, ceux qui montent les chevaux dans les courses. || 3* Jeu qui se joue avec un trictrac.

— ETYM. Mot anglais qui, du reste, est une altération du français Jaquei, nom propre, diminutif de Jacques, beaucoup usité jadis pour signifier un homme de peu, un niais, un parasite.

t JOCKEY-CLL'B (jo-kê-klub), ». m. Société formée pour l'amélioration de la race chevaline. Les

membres'du Jockey-Club. || Nom d'un cercle à Paris.

JOCKO (jo-ko) , s. m. Terme d'histoire naturelle. Espèce de singe qu'on nomme aussi pongo.

t JOCONDE (jo-kon-d' ) , s. m. Homme qui cherche à se faire aimer des femmes et qui y réussit. Tu n'es qu'un mauvais sujet, un Joconde, un Lovelace, scribe et mazères, Vatel, se. 6.

— ÊTYM. Joconde est un nom d'homme, illustré par Arioste et la Fontaine , et puis par Etienne et Nicolo dans l'opéra-con.ique qui porte ce nom ; c'est un jeune coureur d'aventures amoureuses. Son nom a passé à ses imitateurs.

JOCRISSE (jo-kri-s'), ». m. || 1" Terme injurieux. Benêt se laissant gouverner, ou s'occupant des soins du ménage qui conviennent le moins à un homme. Si j'avais un mari, je le dis... Je ne l'aimerais ppint s'il faisait le jocrisse, mol. Fem. sav. V, 3. Mais je le laisse aller après un tel indice. Et demeure les bras croisés comme un jocrisse I ID. Sgan. I6. || 2° Valet niais et maladroit.

— HIST. XVI* s. C'est dommage que vous n'avez nom Jocrisse ; je croy qu'il vous l'eroit fort bon voir mener les poules pisser, cholières, Contes, t. il, Apr. din. i, p. 31, dans pougens.

— ETYM. "Wall, jobrise, nigaud, lequel accuse un thème jobe, jobard (voy. ces mots), si tant est que jobrise soit le même que jocrisse.

t JOG (jogh'), ». m. Nom donné aux Ages du monde par les Indiens; aujourd'hui on dit yoga (voy. ce mot). Si l'auteur persan Feristha avait pris pour une histoire de l'Inde l'ancienne la fable morale des quatre jog, ce serait comme si Thucydide avait commencé l'histoire de la Grèce à la naissance de Vénus et à la boîte de Pandore, volt. Polit et lég. Fragm. hist. sur l'Inde, xxxi.

t JOHANNIQUE (jo-a-nni-k'), adj. Qui a rapport à l'apôtre Jean. L'école joliannique de l'Asie Mineure.

t JOIIANNISBERG (jo-a-nni-sbêr), ». m. Un des vins du Rhin les plus estimés.

— ETYM. Allem. Johannisberg, nom du village près duquel est ce vignoble ; de llerg, montagne, et Johannes, Jean.

t JOIIAXNITE (jo-a-nni-f), ». m. Membre d'une secte chrétienne répandue en Asie, et qui n'administre le baptême qu'au nom de saint Jean-Baptiste.

fJOON-BULL (djon'-boul) , s. m. Expression symbolique signifiant Jean le Taureau, et par laquelle le peuple anglais se désigne lui-même.

JOIE (jol ; d'après Bèze, au xvi* siècle on prononçait joi-ye; d'autres prononçaient, ce qu'il bllme, jo-ye) , ». ^. Il 1° Plaisir de l'âme. Ceux dont il a gagné la croyance et. l'appui Prendront-ils même joie à n'obéir qu'à lui ? corn. Sert, i, ( . X ces mots le corbeau ne se sent pas de joie, la font. Fabl. i, 2. Je sortais et j'ai joie à vous voir de retour, mol. Tart. i, 5. Trouvant sa plus grande joie dans le Dieu qui le charme, il [l'homme] s'y porte [vers le bien] inladliblement de lui-même par un mouvement tout libre, tout volontaire, tout amoureux, pasc. Prov. xviii. Une chose qui comble de joie Mme de Rohan , sév. ». Le beau temps ne vous est de rien ; vous y êtes trop accoutumée ; pour nous, nous voyons si peu le soleil, qu'il nous fait une joie particulière, ID. <0 nov. 1675. Je suis touchée d'une véritable joie que vous ayez au moins tiré de vos malheurs.... la connaissance de ce que vous êtes, ID. Lell. à Hussy, 22 juill. 4085. Tout brille de joie dans cette province de l'arrivée du chevalier de Tourville à Brest, ID. « août (889. La perte d'Aniiibal eût fait la joie dos seigneurs | à Carthage],Boss.7fût. ui,6.Siellecutdo la joic<lo régner sur une gramle nation, c'est parce qu'elle pouvait contenter le désir immense qui sans cesse la sollicitait à faire du bien, iD. Reine d'Anglet. Le cardinal [Mazarin] fait la paix avec avantage; au plus haut pointde sa gloire, sa joie est troublée parla triste apparition de la mort, ID. le Tellier. Les coeurs sout saisis d'une joie soudaine par la grâce inespérée d'un beau jour d'hiver, id. Mar.-'ïhér. Cette joie sensible qu'elle avait à croire lui fut continuée quelque temps, iD. Anne de Gonx. Il met en joie le ciel et la terre, !D. Letl. abb. iti:i. Cette joie intérieure et spirituelle dont Dieu remplit une âme qui le cherche en vérité, et qui ne cherche que lui, bourdal. 3' dtm. après Pdq. Dominic. t. Ii, p. 119. Il trépigne do joie, il pleure de tendresse, bo:l. Art p. i. Elle [l'élégie] peint des amants la joie et la tristesse, ID. ib. 11. Et ma joio à vos yeux n'ose-t-cllc éclater? rac. Iph. ii, 2. Vn je ne sais quel trouble empoisonne ma joie, id. Eslli. li, i. Ahl qu'un .seul des soupirs que mon cœur vous envoie. S'il s'échappait vers elb', y portar.nt de jOie! id. Àndr. i, 4. Quelle joie D'enlever k l'Ëpire une «i belle proie I

10. ib. n, 3. Il s'élève en la mienne [Ame] une secrète joie, id. th. I, 4. Une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe, id. Esth. ii, 9. Le ciel s'est fait sans doute une joie inhumaine X rassembler sur moi tous les traits de sa haine, id. Iph. Il, t. Je veux que tous les cœurs soient heureux de ma joie, volt. Zaïre, m, i. Une joie féroce succède tout à coup au noir chagrin qui dévorait ces brigands, hatnal, Ilisl. phil. x, 10. Tu te fais une joie orgueilleuse et cruelle. D'attacher sur mon front une honte éternelle, c. delav. Vépr. sic. m, 2. Il Que le ciel vous tienne en joie, ancien souhait de politesse. Le ciel vous tienne tous en joie, mol. Tart.v, 4. Il On a dit de même: Que la joie soit aveo vous. Il salua Tobie, et lui dit : que la joie soit toujours avec vous, saci, Bible, Tobie, v, 1 1. 1| Cris de joie, cris que l'on pousse dans un transport de joie. Fasse le juste ciel, propice à mes désirs. Que ce» longs cris de joie étouITent vos soupirs! conN. Povip. V, 5. Il Avoir la joie d'une chose, en jouir. L'un se baissaitdéjà pouramasser la proie; L'autre le pousse et dit : il est bon de savoir Qui de nous en aura la joie, LA FONT. Fabl. ix, 9. || Être à la joio de son cœur, être dans la joie de son cœur, être transporté de joie. Me voici à la joie de mon cœur , toute seule dans ma chambre à vous écrire paisiblement, sêv. 13 mars (67i. M. Despréaux est à la joie de son cœur, depuis qu'iV a vu.... HAC. Lettre xxxii, à son fils. || Faire la joio, être la joie de quelqu'un, être pour lui un grand sujet de joie, faire son bonheur, ô mon fils! ô ma joie! ô l'honneur de mes jours, corn. Ilor. iv, 2. En attendant qu'elle [une princesse] fasse la félicité d'un grand prince et la joie de toute la France, boss. Reine d'Anglet. || Se donner au cœur joie, ou à cœur joie de quelque chose, en jouir pleinement, abondamment, s'en rassasier. || On dit dans le même sens: s'en donner à cœur joie. || Feu de joie, voy. feu, n° 10. ||Fig. Il [un prince] fut défait entièrement [par le czar Pierre]; et la relation porte qu'on lit de son pays un feu de joie, voi.t. Russ. ii, 16. || 2° Au plur. Plaisirs, jouissances. Les joies du paradis. Nos jours, filés de toutes soies. Ont des ennuis comme des joies, malh. vi, 24. C'est vous qui faites ici toutes mes joies, voitdre. Lettre 30. Les joies temporelles couvr<int les maux éternels qu'elles causent, PASC. le», à MlledeRoannei, 2. Dans la solitude de Sainte-l'are.... dans cette sainte montagno où les joies de la terre étaient inconnues, boss. Anne de Gonx. Oubliant le caractère de désolation qui fait le soutien comme la gloire de son état [veuvage], elle s'abandonne aux joies du monde, m. ib. Des douceurs préférables à toutes les joies et à tous les plaisirs des sens, bourdal. Serm. i7' dim. après la Penlec. Domin. t. iv, p. 75. Vous disiez.... au milieu de vos joies insensées.... qu'il faut laisser parler le monde, MASS. Carême, Resp. hum. Il vaudrait toujours mieux s'affliger avec le peuple de Dieu, que participer aux joies fades et puériles des enfants du siècle, in. Carême, Dégoûts. On rappelle avec complais,ince les joies des premières années, id. Carême, Délai delà conv. Cette paix, ces plaisirs, ces innocentes joies Que Dieu gorde aux tribus qui marchent dans ses voies, c. DELAV. Paria, ii, 6. Souvent dans ses desseins Dieu suit d'étranges voies. Lui qui livre Satan aux infernales joies. Et Marie aux saintes douleurs, V. iniGO, Odes, i, a. j| Les quinze Joies du mariage, titre d'un ouvrage satirique du xv siècle, où sont dénombréslesinconvcnients du mariage. || 3» Gaieté, humeur gaie. La joie bruyante des convives. A Piéton, près de ce corps redoutable que trois puissance» réunies avaient assemblé, c'était dans nos troupes de continuels divertissements; toute l'armée était en joie, et jamais elle ne sentit qu'elle fût | lus faible (]ue celle des ennemis, boss. £ouis de liourbon. Aux accès insolents d'une boudonno joie La .sagesse, l'esprit, l'honneur furent en proie, uoil. Art p. i:i. La princesse aimait à donner chez elle des fûtes, des divertissements, des spectacles, mais elle voulait (lu'il y entrât do l'Idée, de l'invention , et que la joie eût de l'esprit, fonten. Maléiicu. || Vive la joie I cri do gens qui s'amusent et qui veulent continuer k s'amuser. || Aimer la joie, aimer les plaisirs. Mon père a un pou trop aimé la joie, ce qui n'enrichit pas une famille, mariv. Harianne, «• part. || Une tille du joie, une prostituée. Ni qu'en ma chambre une fille do joio Passe la nuit, LA pont. Court. || 4° Terme d'alchimie. Joie des philosophes, la pierre arrivée au blanc parfait.

— KEM. On (lit : j'ai de la joie à vous voir, parce que à est régi par j'ai; mais : j'ai la joie do vous voir, je n'ai pas eu la joie de vous voir, parce que de est régi par ;'oi<.

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— HIST. XI* s. II l'abat mort, paien en ont grant ioio, Ch. de Jiol. cxxi. || xu* s. 11 n'i fit jcie ne chevelue ne cliauz (chauve], Ronc. Hfl. A joie |ils| «'en déparient vers France celé part, Saxons, xxix. Il XIII* s. El sa niere en commence de la joie à pleurer, Berfe, m. Ris et soûlas et joie m'ont bien clamée qui'lle, ib. xxxvii. Mais Diex qui est donnenes de joie souveraine, tft. L. Si n'avoit el [Largesse] joie de rien Cum quant e) pooit dire, tien, la Rose, U31. Et quant j'oi une piesce |quel']ue temps] demouré à loinville,etjeoy fetosmes hesoignesje me muz vers le roy, lequel je irouvai à Soissons, et melisl sigranl joie, que touzceulz qui làestoienl s'en mervi-illerent, IOINV.280. ]| XV* s. Mon seul amv, mon Lien, ma joye, Celui que sur tous amer veulx. Je vous pry que •ovez joyeux En espérant que brief vous voye, ch. d'Ôrl. liai. 36. Il XVI* s. Cestc nouvelle joye survenue par dessus l'aise de la victoire, amyot, Mar. 38. Le peuple tout incontinent en voulut faire des feux de joye, lo. l'hoc. 23. Joye au cmur fait beau teint, LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, 323. On meurt bien do joie, iD. ib. p. 36 1. Pour une joie mille douleurs, m. tb. p. 31.

— ÉTYM. Piovenç. gaug, gauch, guaug, gaut, t. m., et JOl, 8. m., et joia, s. f.; cat. golg, s. m.; anc. espagn. ffaudio; espagn. mo<l. goso et aussi yiya; ilal. gandio et gioia; du latin gandium. Les formes féminines viennent du pluriel gaudia, selon l'usage de l'ancienne langue qui des pluriels neutres latins a tiré des noms féminins, comme merteille. Bible, etc.

JOIGNANT, ANTE (jo'-gn^î», gnan-t"), adj Il 1° Oui est joint à, contigu. .Maison joignante à la mienne. Les maisons joignantes ont été brûlées. Il 11 se dit aussi sans la préposition à. Un champ joignant la prairie. || 2° Joignant, prép. Tout proche, sans qu'il y ail rien entre deux. C'est mon trésor que l'on m'a pris. — Votre trésor! où pris? — 'l'outjoignant cotte pierre, la font. l'ahl. iv, 20. Lassay se crut dévot, el se fil une retraite charmante joignant les Incurables, st-sim. 33, 31.

— liisï. xiii* s. Et si dois ta robe bailler X tel qui sache bien taillior, El face bien seans les pointes Et les manches joignans el cointes, la Rose, 2158. Quant aucuns fait son jardin ou son prael en lieu privé et là où il n'a nule voue de voisins, el aucuns des voisins veut mesonner joingnant, on ne li pot pas defTcndro le mesonner, bf.alm. >xiv, 24.

— f.TV.M. C'est le participe présent do joindre. JOINDRE (join-dr'), je joins, nous joignons; je

joignais, nous joignions ; je joignis ; je joindrai ; je joinilrais; joins; joignons; que je joigne, que nous joignions; que je joignisse; joignant; joint, v. a. Il 1* Mettre des choses l'une à côté de l'autre, en sorte qu'elles se touchent ou qu'elles tiennent ensemble. JoinJre deux planches avec de la colle forte, avec des chevilles. Joindre deux morceaux d'étoffé en les cousant ensemble. |i Joindre deux fleuves, les faire communiquer par un canal. Uien n'est plus aisé en Allemagne que de joindre le Rhin au Danube ; mais on a mieux aimé s'égorger et se ruiner pour la possession de quelques villages que de contribuer au bonheur du monde, volt. Dict. phil. Chemins. \\ Fig. Votre hymen est le nœud qui joindra les deux mondes, volt. Ah. I, (. Tout à de tristes nuits joint de plus tristes jours, crébillon, Àtrée et Thyeste, 11, 2. || Joindre les mains, approcher les deux mains en sorte qu'elles se louchent en dedans. Elle joignit les mains, leva les yeux en haut, TRISTAN, Mariane, v, 2. || Terme de manège. Joindre la piste, marcher au plus près, le long du mur du manège. || %' Mettre une chose avec une aulre. Joignez celte maison à la vitre. 11 a joint ces deux jardins. J'avais mis cette bague en des mains assez bonnes Pour la rendre à Don Sancho, et joindre nos couronnes, corn. D. Sanche, v, 8. Joindre nos étendards, c'est grossir son empire, id. Scrtor. m, 4. Je veux que monsieur lo chevalier joigne les deux saisons des eaux par un hiver en Provence, SÉV. )3 juiil. fflso. ||Kig. et familièrement. Avoir de la peine à joindre les deux bouts rie l'année, ou, simplement, à joindre les deux bouts, voy. BOUT, n" 7. Il II faut joindre nos bribes, c'est-à-dire il faut apporter chacun notre dlnerel dîner ensemble. Il Terme de procédure. Joindre deux instances, deux causes. Joindre un incident à l'instance principale. Joindre lo profit du défaut, Code de procédure, article 4B3 :« Si, de deux ou plusieurs parties assignées, l'une fait défaut el l'autre comparaît, le profit du dcfaul sera joint, el le jugement de jonction sera signifié à Li partie défaillante.... » c'està-dire qu'au lieu d'adjuger immédiatement au demandeur le profit du défaut fait par un des dëfen-

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deurs, c'est-à-dire de faire, par suite de ce défaut, triompher la demande, on joint la cause du défaillant à celle des défendeurs qui ont comparu, pour examiner le tout ensemble el statuer par un jugement qui ne sera plus susceptible d'opposition. || En grammaire, joindre un mot à un autre, avec un autre, les unir selon la syntaxe. Joindre un verbe au pronom personnel, avec le pronom personnel. || Ajouter. Jo:gnez à cela qu'il faut.... 11 va sur tant d'Élats couronner Bérénice, Pour joindre à plus de noms le nom d'impératrice, RAC. Bérén. i, 4. Enfin il se trouva un chef nommé Jean Basilidès ou fils de Basile, homme de courage, qui anima les Russes, s'afl'ranchit de tant de servitude el joignit à ses États Novogorod et la ville de Moscou, volt. Mœuts, 4 i9. || 3° Fig. Unir, allier. Ils habitaient un bourg plein de gens don* le cœur Joignait aux duretés un sentiment moqueur, la FONT. Phil. el Baucis. Si Vasquez les [les conséquences] avait mal tirées de son principe, il aurait joint une faute de jugement avec une erreur dans la morale, pasc. néful. de la réponse à la < 2* lett. Faites-lui écrire quelque honnélelé : il ne faut pas joindre le silence avec lo long retardement, sÉv. 27 mai 1672. Cette grande cliarge reçut un nouvel éclat en sa personne, où elle élait jointe à la confiance du prince, Boss. le Tellier. Sous prétexte qu'ils adoraient le Dieu d'Israël, quoiqu'ils en joignissent le culte à celui de leurs taux dieux, id. tb. i, 8. Sa femme Zénobie.... se rendit célèbre par toute la terre pour avoir joint la chasteté avec la beauté et le savoir avec la valeur, id. Hist. i, (O. Jean Frédéric... souverain puissant, qui avait joint le savoir avec la valeur, la religion catholique avec les vertus de sa maison, id. Anne de Goni. La princesse palatine joignit au respect qu'elle avait pour une aînée de ce rang et de ce mérite [la reine de Pologne] une éternelle reconnaissance, id. ib. Je viens vous faire admirer un homme qui a su joindre la politesse du temps à la lionne foi de nos pères, pléoii. Duc de Monl. Ne doutez point.... Qu'à la haine bientôt ils ne joignent l'audace, rac. Bajas. i, t. Il veut forcer mes mains à seconder sa rage.... Joindre un droit légitime aux droits des assassins, volt. Oreste, n, 6. Il 4° Joindre, en parlant dis personnes, les as- .socier, les unir par un lien moral. L'amitié nous joignit bien plus que la nature, rotr. Aniig. m, 7. Un ami, qui m'est joint d'une amitié fort tendre, mol, Tart. v, c. C'e.st proprement depuis ce temps (que M. de Saint-Cyran veut qu'on appelle le commencement de la vie), que nous devons nous considérer comme véritablement parents, et qu'il a plu à Dieu de nous joindre aussi bien dans son nouveau monde par l'esprit, comme il avait fait dans le terrestre par la chair, pasc. Lett. (•' avril t64 8. Mais ce lion du sang qui nous joignait tous deux, hac. Bri't.iv, 2. Ah! par quel soin cruel le ciel avait-il joint Deux cœurs que l'un pour l'autre il ne destinait point? ID. ilithr. II, 6. De l'amour qui vous joint vous avez d'autres nœuds, id. Iphig. v, 3. L'hymen qui va nous joindre unit nos intérêts, volt. Métope, m, 6. ]] Réunir dans le mariage. Dois-je joindre ma main à la main qui te tue? du ryer, Scévole, m, 3. Lorsqu'un heureux hymen. Joignant nos ilestinées, Peut payer en un jour les vœux de cinq années, hac. Bériu. II, 2. Œdipe à cette reine a joint sa destinée, voi.T. (FA.\,\. Il Réunir dans la mort. Joins Sabine à Camille, et ta femmeàlasœur,coiiN.//or.iv, 7. Dieu s'apprête à te joindre à la race parjure.... rac. Alhal. III, 5. Jeune Soyecour.,., je plains cette mort prématurée qui te joint à ton intrépide frère, la bhuy. X. Joins un malheureux père à son malheureux fils, CRÉBii.LON, Âlrée et Thtjeste, v, scène dernière. Il 6" Se réunir à, en parlant de troupes qui font leur jonction , de personnes qui se mettent ensemble. L'escadre a joint l'armée navale. Le régiment a joint sa division. Il se voyait perdu, s'il ne vous eût pas joint, corn. Sertor. 11, 2. Nos rois lassés du joug el vos persécutés Avec tant de chaleur l'ont joint de tous côtés.... m. Sertor. v, 4. Les Romains pour le joindre [un gros de troupes] ont suspendu leurs coups, rac. Èlillir. v, 4, || Absolument. Notre gauche marcha avec les maréchaux de Villeroy el Bouffiers, leijuel avait joint depuis deux jours, ST-SIM. 23, 4. Il Terme de marine. Joindre un navire, l'atteindre en le chassant, ou quand on cherche à le rallier. Il 6* Atteindre, attraper. Quoiqu'il fût parti avant moi, je le joignis bientôt. Il S'approcher do quelqu'un pour se réunir à lui. Il joint nos députés hier sur la fin du jour, corn. D. Sanche, v, 3. Allons vite joindre notre provincial, MOL. Pourc. I, 4. Ti mante, toujours le même, ne laissait pas de dégénérer dans l'esprit des cour-

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tisans; ....ils le saluaient froidement.... ils commençaient à ne le plus joindre, ils ne Vemhrassaient plus, la bruy. viii. Il vous quitte brusquement pour joindre un seigneur ou un premier commis, id. ii. Revolez à mon camp,je vous joins dans une heure, volt. Sophon. m, 2. || Joindre quelqu'un, se rencontrer avec lui, parvenir à le trouver et à lui parler. Je suis bien difficile à join-» dre ; j'ai plus d'affaires que jamais, maintkn. Lett. à Mme de Brinon, t. n, p. 225, dans pougens. Ceux qu'il pouvait joindre se laissaient séduire par les seuls présents dont leur ignorance leur permît de faire cas, raynal, Ilist. phil. ix, n. || 7" Être joignant, contigu. Au travers de la tapisserie IVun petit cabinet qui joint la galerie, mairet, Soliman, m, 2. Cabane qui joignait les murs du parc, hamilt. Gramm. s. On ne faisait pas réflexion que douze villages qui joignent un État valent mieux qu'un royaume à (]uatre cents lieues de chez soi, VOLT. Moeurs, IU7. || 8° V. n. Se toucher sans laisser d'interstice, fflre joint. Ces planclies ne joignent pas. Faire joindre deux ais. Jamais pour mon malheur porte ne joignit mieux, raim. poisson, Bar. de la crasse, se. 2. || Terme do marine. Les écoutes du petit hunier sont à joindre quand elles sont halées autant que possible, et de nu'nie dans les cas semblables. |]9° Se joindre, v. rc/l. Être joint. Montrons dans un prince admiré de tout l'univers que ce qui fait les héros, ce qui porte la gloire du monde jusqu'au comble.... ne serait qu'une illusion si la piété ne s'y était jointe, boss. Louis de Bourbon. Comptez les temps, voyez qu'il touche à peine à l'âge Où la force commence à se joindre au courage, volt. Oreste, i, a. X cette amabilité se joignait le plus grand sens, la plus rare prudence et la plus solide vertu , marmontel, Mém. m. Il 10° Se réunir à, en parlant de personnes. Je me joins avec vous contre cet insensé, corn. Poly. v,

3. Ce voyage proposé donna envie à Mme la duchesse de Chaulnes de le faire aussi ; je me joignis à elle, sév. 13 nov. 1887. Sous lui [le Messie], un peuple inconnu se joindra au peuple d'Lsraël, et les gentils y accourront de tous côtés, boss. llisl. Il,

4. Il S'a.ssocier, s'unir. Je me joins à vous pour supplier votre ami d'être plus prudent. Ce traître [Nabopolassar].... se joignit avec Astyage, fils do Cyaxare, prit Chinaladan dans Ninive, boss. llisl. i, 7. Me sera-t-il permis de me joindre à vos vœux? rac. Iphig. II, 3. Il craignit, en su joignant avec Antoine, que ce général ne prétendît être reconnu pour le chef du parti, vertot, Rév. rom. xiv, 329. Il 11° Se rencontrer en se cherchant l'un l'autre. Depuis huit jours que nous sommes à Paris, nous n'avons pu nous joindre une seule fois. || 12° S'accoupler. Le bouc s'accouple volontiers avec la brebis, comme l'une avec la jument, el le bélier se joint avec la chèvre comme le cheval avec l'ànesse, bufp. Quadrup. t. i, p. 255.

— SYN. JOINDRE, accoster, ABORDER. On joint los

personnes qu'on va chercher. On accoste une personne que l'on rencontre et que l'on connaît ou que l'on ne connaît pas. On aborde une personne que l'on connaît.

— HIST. XI* s. Qu'il deviendra, jointes ses main», tis homs [ton homme, ton vassal!, Ch. de Roi. xv. En Roncevals à Rolant irai jninilre, ib, lxxii. Il xu* s. La damoisele a regardé Bernier, Qui plus est joins [bien bàli] que faus [faucon] ne esprevier, Raoul deC. 219. Le cheval [il] broche, si se joint on l'escuz [se couvre de l'écu), Ronc. p. 00. Les deux piez [il] juin!, si saut en son estai, 1//. p. (44. E li maschun [maçons) Salomun e li ma.'icbun Yram les taillèrent [les pierres] e parèrent, juinsirent 0 acuplerent de primes as munz, Hoù,p. 245. (|xiii' ». L'eschiele de la Pèlerine [nom d'un navire] se joint à la tor, viLLEH. civ. Ne doit vendre ne apporter pour vendre cuir tanné, ne faire marchic, ne joindre [toucher dans la main], no bailler deniers à Dé [Dieu], DU CANGK, junctura. || xv* s Quand i) oyoit lo commandement du duc, il se jetoit à genoux devant lui en pleurant moult tendrement el joindant les mains, fhoiss. 11, m, 63. S'avisa qu'il videroil [sortirait] jiar derrière, et s'en iroit en une église qui joignoit près de son hostel, id. i, i, 248. Kt afin qu'elle semble droisto, Luy fault faire sa robe estroicte Par les flans, et soit bien estraincte Afin qu'elle semble plus joincte, E. descii. Poésies mss. f° 497, Sault sur son cheval de plaine terre, el embrasse l'escu, et se joincl en sea armes, Perreforest. t. 1, f' 147. Le suppliant courut après icellui Pierre, et, incontinent qu'il fut joincl [près de lui], il lui bailla sur l'espaule un couji do la foiircbe, ou cange,

juxta. Et disoient aussi que le duc de Calabre avoit

JOi

JOÎ

JOL

envoyé homme exprès à Venise pour empoisonner Ips cisternes, au moins celles où ils pourraient joindre, comm. vu, 4. Au temps que le duo esloit joinct avec(iues luy et son allié, id. i, 2. Le conte de Miigne [qui était détaché avec 800 hommes] s'estoit joinct avec le roy, m. i, 3. Pour avoir le passaige de Luxembourg en Bourgongne, et que •outes les seigneuries joignissent ensemble, ID. iv, ;- Il XVI* s. Les mémoires excellentes se joignent volùntiers aux jugements débiles, mont, i, i34. Joinct que personne ne tient registre de leurs mesconles, ID. I, 48. On plante les cimetières joignant les églises, id. i, so. La mer a joinct des terres qui estoyent divisées, ID. i, 231. Ce que dict Seneque ne joindra pas mal en cet endroict, ID. m, t»(. Chercher à joindre quelqu'un, id.iv, H4. C'esloient hommes belliiiueux et hardiz, qui joignoient de près leur ennemy en bataille, amyoï, Thésée, 5.

— ETY.\r. Provenç. ;un/icr, jonher, jonger, join^ her ; catal. junyer ; ital. giugnere; du lat. jungere; sanscr. yuj, qui prend l'n comme caractéristique de classe : yunajini, je joins; yunjmat, nous joignons.

t JOINQUÉE (joln-kée), ». f. Laitage solide obtenu en suspendant, dans un lingo ou dans une futaill», (lu lait à demi caillé (Drome).

(. JOLNT, OINTE (join,join-t'), port, pais^ de joindre. Il 1" Il se dit de choses mises à côté l'une de l'autre, de manière à se toucher, à tenir ensemble. Ces pièces de bois n'ont pas été jointes, ne sont pas bien jointes. Un voyageur attentil peut se convaincre i^ar ses yeux que les Cyclades, les Sporadus faisaient autiefûis une partie du continent de la Grèce, et surtout que la Sicile était jointe à l'Apulie, volt. Dict. phil. Changements arrivés dans le globe. || A mains jointes, en appliquant le dedans des mains l'une contre l'autre, ce qui est un signe de supplication. Les Huns demandèrent-ils à mains jointes que les Romains daignassent les recevoir? volt. Mœurs, 1 2. || X. joints pieds, et, plus ordinairement aujourd'hui, à pieds joints, en ra|iprochant sur la même ligne les deux pieds afin de sauter. Sauter un fossé à pieds joints. || Fig. Vous avez passé à joints pieds sur toutes les misères, sf.v. 380. Pontchartrain s'en tira [du départ de la flotte] à joints pieds et se moqua d'eux tout à son aise, st-sim. t30, 495. Le jeune homme saute à pieds joints par-dessus vos discours préliminaires, J. J. Rouss. Conf. v. H 2° Mis ensemble, en parlant de corps de troupes. Les maréchaux d'Humières et de Bellefonds sont exilés pour ne vouloir pas obéir à M. de Turonne, quand les armées seront jointes, sÉv. 24 avr. <C72. || 3" Fig. Uni à, en parlant des choses. La mémoire du père, à bon droit respectée. Jointe au grand intérêt que je prends à la sœur, Veut que du moins on tâche à lui rendre l'honneur, mol. Éc. des mar. m, 4. Cette liberté et celle contrainte qui se trouvent jointes selon l'esprit dans tous les véritables enfants de Dieu, Boss. l'ancg. Si Victor, 2. Lorsque les passions se trouvent jointes avec un pouvoir absolu, fléch. 7*0nég. n, p. 22. Que pour vos intérêts tout me sera facile. Quand je les verrai joints avec ceux de Taxile, BAC. Alex, iv, 2. Amis, la fermeté, jointe avec la clémence. Peut enfin subjuguer sa fatale inconstance, volt. Sophon. v, *. La licence jointe avec la barbarie, De sang et de forfaits inoiida nos remparts, saurin, Sparlacus,i:, <.||4° Uni à, en parlant des personnes. Le ciel pour être joints ne nous fit pas tous deux, ikol. Éc. des mar. m, to. En les voyant joints d'intérêts et d'intrigueaveo les jésuites, PASC. Prot;. II. Il Absolument. Être joints, vivre dans l'union, la concorde. Soyez joints, mes enfants ; que l'amour vous accorde, la font. Fahl. IV, (S. 115° Ci-joint, joint ici, ou joint à ceci, en parlant d'un écrit, d'une pièce que l'on joint à une lettre, à un mémoire, etc. Les papiers ci-joints. La déclaration ci-jointe. || L'usage veut qu'on écrive : Vous trouverez ci-joint copie de ce que vous demandez; et: Vous trouverez ci-jointe la copie, une copie de l'acte. C'est que, dans le premier cas, le mot ïopie sans l'article est vague, indctenniné, et l'on fait accorder ci-joint avec ceci sous-entendu : Vous trouverez ceci ci-joint à savoir copie de.... etc. Il Quand ci-joint commence la phrase, l'usage le fait invariable, qu'il y ait ou n'y ait pas l'article avec le •ubstantif. Ci-joint quittance, ci-joint la quittance. Il 8* Joint que, loc. conj. signifiant ajoutez que, outre que. Joint que ta vertu passe Tous les rois |qui seront, béonikb, Sat. i. Joint qu'au moindre fattental contre un front couronné , C'est être crimijnel que d'être soupçonne, botr. Bélis. v, 6. Ils [s'acquirent d'abord un grand créd^^ par la pureté de I leur doctrine et par l'observance exacte de la loi ;

joint que leur conduite était douce, quoique régulière, et qu'ils vivaient entre eux en grande union, noss. Ilist. u, 6. Joint que Dieu sait bien se rendre le maître, et faire des œuvres que la puissance ennemie ne puisse imiter, id. ib. 11, 12. Mais cette vieillesse dans Homère après tout, c'e.st la vieillesse d'Homère, joint qu'en tous ces endroits-là il y a beaucoup plus de fable que d'action, boil. Trailé du subi. VII. Il On dit aussi : joint à ce que, joint à cela que. Il Joint que, vieille liaison qui sent sa chicane; il n'en faut point user pour tout, malii. Comment, sur Desportes, t. iv, p. 393. Cet arrêt de Malherbe est trop sévère, les exemples le prouvent.

2. JOINT (join; au pluriel, \'s se lie : des join-z en bon état), s. m. || 1° L'endroit où deux os se joignent, articulation. Le joint de l'épaule. Trouver le joint en découpant un poulet. |! Fig. et familièrement. Trouver le joint, trouver la meilleure façon de prendre uneaO'aire; locution tirée de l'adresse de celui qui découpe une volaille. || 2° Terme de mécanique. Nom donné aux articulations de diverses formes telles que les fourclielles, charnières, etc. || Joint brisé ou universel, organe de transmission de mouvement composé de deux axes qui se croisent à angle droit. 113" Endroit où se joignent des pierres, des pièces de menuiserie. Remplir les joints des pierres. || Par extension. 11 [un minerai] est tout rempli de fentes ou de joints, de façon qu'il se sépare en morceaux, bdff. ilin. 1. 11, p. 360. || 4° Terme de construction. Joints se dit des faces par lesquelles deux pierres sont contiguës latéralement; on appelle lits les faces par lesquelles elles sont superposées. Il 5° Terme de marbrier. Joint démaigri, joint qui n'a qu'une arête vive. Joint perdu, celui que l'on fait à une pièce qui se met à un marbre. Joint brut, joint qui n'est pas dressé au ciseau. || 6° Terme de menuiserie. La face la plus petite de chaque planche. || i plat joint, se dit en parlant des cloisons dont les planches sont blanchies et dressées sur l'épaisseur, mais non assemblées. || U se dit aussi d'un cadre de porto, de lambris, qui n'a point de rainure ou de languette pour être embievé dans le bâti. Il 7° Terme de marine. Des pièces de bois sont dites à joints carrés, quand elles sont rapprochées l'une de l'autre par leurs extrémités contiguës, et fixées sans entailles ni feuillures. |1 Faux joint, se dit de l'ouverture d'une coulure trop large pour contenir l'étoupe. Il 8° Terme de paveur. L'entre-doux de chaque pavé que l'on remplit do sable ou de mortier. Joint en rive, celui qui est entre chaque pavé de la même rangée. Joint en bout, celui qui est entre chaque rangfe. || 9° Terme de géologie. Fissure naturelle qui traverse les roches, souvent en lignes droites et parfaitement nettes. || Joint de stratification, espace vide qui sépare les strates d'un ensemble de roches stratifiées.

— HIST. xiv* s. Icellui Monin portant une chose nommée joint [joug], à quoyoupays l'en lye les buefs, DU CANOF., jugum.

— ÈTVM. Joint i.

f JOINTE (join-f), s. f. Il 1° Terme de manège. Le paturon. Avoir la jointe flexible. || 2° Dans les manufactures de soie, partie d'organsin destinée à renouer les fils qui se cassent. || 3° S. m. pi. Terme de menuiserie. Les planches d'une cloison, d'un plancher, qui sont assemblées à rainures et à languettes.

— HIST. XII* s. Sur la jointe du bras où il l'a assené, Ronc. p. <05. Il xiii* s. Et bien se (;art qu'elo ne moille Ses dois es broez [brouets)jusqu'as jointes, la Hase, 13643. \\ xv*s. La mort le faict frémir, pallir. Le col enfler, la chair mollir, Joinctos et nerfs croistre et estondre, villon, Graîid testam. || xvi* s. Remettre en leur naturel les joinctes des membres dénouez et déboîtez, amvot, Cimon et Lucul. 5. Geste boette est jointe avec l'os du bras par un fort ligament, qui environne la jointe pour la tenir fermement, lequel est commua à toutes les autres jointures, paré, ïv, to.

— ETYM. Joint f. Jointe, dans l'ancien français, signifiait jointure, articulation.

JOINTE, lîE (join-té, tée), adj. Terme de vétérinaire. Cheval long-jointé, cheval dont les paturons sont allongés. || Cheval court-jointé, cheval chez lequel les paturons sont courts. [En parlant d'un cheval] Point d'épaules non plus qu'un lièvre, courtjointé, Et qui fait dans son port voir sa vivacité, MOL. Fdcheux, II, 7. Il Cheval bas-joinlé, cheval chez lequel la direction du paturon se rapproche beaucoup de l'horizontale,

— ETVM. Jointe.

JOINTÈE (join-tée), 1. f. Autant qu'il peut être contenu dans le creux des deux mains jointes. Une jointée d'orge.

— HIST. XV* s, Une jointée d'icelul grain en assemblant les deux paumes de la main ensemble, DU GANGE, jvncta.

— ÉTVM. Dérivation irrégulière de joint 1.

JOINTIF, IVE (join-tif, ti-v), adj. Terme d'architecture et de menuiserie. Qui est joint. Lattes jointives, celles qui se touchent l'une l'autre, dans une couverture, dans un plafund. || S. f. pi. Les jointives, les cloisons dont les planches .sont brutes, non assemblées, mais seulement dressées sur les rives et posées près les unes des autres.

— HIST. xii* s. Sur le fossé fist un palis. Haut et espès et bien jointis, lioman du Brut, î° 4t, dans

LACUlINK.

— ÊTYM. Joint t.

t JOINTIVEMENT (jt)in-ti-ve-man), adu. D'une manière jointive. Une digue.... revêtue, sur toute sa longueur, d'une couche de blocs posés plat à plat ou à peu près jointivement, E. oranger, Votes itavigablcs de France, p. 380.

't JOl.NTOlEiMENT (join-toI-iTian), s. m. Terme de construction. Action de jointoyer, remplissage en mortier des joints d'une maçonnerie.

JOINTOYE, ÉE (join-to-ié, ice), part, passé de jointoyer.

JOINTOYER (join-to-ié ; d'autres disent join-toi-ié. L'y grec est remplacé par un t dans tous les cas où il est suivi d'une e niuet:je jointoie, je jointoierai, etc.), V. a. Terme de maçonnerie. Remplir les joints des pierres avec du mortier ou du plâtre. Jointoyer un mur. Il Absolument. U ne reste plus qu'à jointoyer.

— HIST. XVI* s. Plus seront tenuz les dis maçons et promecteritjointoyer, ragrocr, pinceller, et marqueter d'ardoyses toute la dicte maçonnerie, Bibl. des chartes, 4* série, t. iii, p. C3.

— ÉTYM. yoin! I, et la finale oyer. Joint avait dans l'ancienne langue le sens de bien fait, de là le vers : Cors qui cnsi va jointoiant, du cange , juncfe.

JOINTURE (join-tu-r') , s. f. || 1" Endroit où les os se joignent. Les os sont brisés de distance en distance, ils ont des jointures où ils s'emboîtent les uns dans les autres, fén. Exist. 31. || Fig. Alors [à la mort du Dauphin], si on ose hasarder co terme, toutes les jointures de son âme [du duc do Beauvilliers] furent ébranlées, st-sim. 366, »î. || 2" Endroit où se joignent d«s pierres, des planches. On ne peut apercevoir la jointure de ces deux pièce» de bois. {| 3" Fig. Adresse à trouver les joints, les opportunités, les facilités des choses. Le président de Mesmes qui avait plus de vues et plus de jointures lui répondit : Vous vous moquez.... retz, ii,2to. Le maréchal do Bellefonds a g.lté celte alïaire : M. do la Rochefoucauld dit cpie c'est qu'il n'a point do jointures dans l'esprit, sÉv. <36. M. le Grand trouva jointure à mettre le prince Camille à la place do Carlingford, st-sim. t04, < 1:1. || 4" Terme de vétérinaire. La jointure longue ou courte caractérise le cheval long-jointé ou court-jointi'.

— HIST. XI* s. [Il] Tranche l'eschine, ono n'i ot quis [cherché] jointure, Ch. de iioj. en. || xiu* s. Et de ce droict descent jcointure do malo [mâle] et de feinelc, que nos apeloiis mariage, iiv de jost. et de plaid, 2. Pour les goiiitures des gcnous faire plus Icgieres, alebbant, f° 29. || xvi* s. Encor faillirent-ils à se noior sur un banc, qui, ouvrant une jointure du bateau, les mit en l'eau jusques à mi jambes, d'aub. llist. m, 3I6. Etde.ssus les jointures des doigts, y avoit force diamants, marg. Nouv. lvii.

— ÊTYM. Provenç. junctura, junhtura; cspagn. juntura; ital. giunt'ura; du lat.juiicturo, formé du supin junrtîtm, de jungere, joindre.

JOLI, lE (joli, lie), adj. || 1° Qui marque la vivacité, l'esprit, la gaieté; ce sens, qui est le primitif, a vieilli. [Il dit] Que Pline est inégal, Térence un pou joli, BÊGNiER, Sat. X. Je meure, ton humeur mo semble si jolie. Que tu me vas résoudre à faire une folie, CORN. Suite du Ment. I, 2. Tu le disais tantôt, chacun a sa folie. Les uns l'ont importune, et la tienne est jolie, id. ib, iv, t. Une deschoses qui me touchent le plus est une conversation jolie et spirituelle, exempte de toutes sorto.f de médisance» ot de railleries piquantes, Portrait de Ulte de la Trém. par elle-même. X mon gré, le Corneille est joli quelquefois, BoiL. Sat. III. Néron : Tel serait sa^o dans une condition médiocre, qui devient insensé quand il est le maître du monde.— Caligula : Cette folie serait bien jolie si elle n'avait rien à craindre ; mais les conjurations, les troubles, les remord.s, les embarras d'un grand empire gftteiit le métier, fén. Dial. des morts, Néron et Calig. Il était de la plus jolie humeur du monde en arrivant chez la reine, HAMiLT. Gramm. 8. || Agréable. Pourquoi dites-vous du mal de mou café avec du lait?... c'est la plui

JOL

jolie chose du monde.sÉv. (9 févr. 1690. || Il se dit, dans un sens analogue, mais vieilli aussi, des personnes. Les Français sont jolis assurément | au passage du Rhinl ; il faut que tout leur cède pour les actions d'éclat' et de témérité, id. 3juill. (6-2. Il [le jeune Grignan] a fort bien causé, il est en vérité fort joli, II). 8déc. 1688. Vous êtesunejolie femme, de n'être point grosse ; mais vous avez des pensées là-dessus qui me font trembler, id. i25. Aristote, toi qui sais (dut, d'où vient que certains princes sont si jolis dans leur enfance, et qu'ensuite ils oublient toutes les bonnes maximes qu'ils ont apprises? fén. t. XIX, p. 235. Nos Français sont mallieureusement si galants et si jolis ([ue tous ceux qui ont traité de pareils sujets les ont toujours ornés d'une petite intrigue entre une jeune princesse et un fort aimable cavalier, volt. Lett. Prince roy. de Prusse, f> févr. (73H.J] c'est un joli garçon, se disait d'un jeune homme qui se dislingue et se fait estimer par sa bonne conduite, par son mérite. Il On dit aujourd'hui, en ce sens : c'est un joli sujet. Il Ironiquement. Par ma foi, votre frère et vous, êtes deux jolis garçons dans vos choix [c'est-à-dire vous avez fait des choix qui ne vous font guère honneur], hamilt. Gramm. n. || Ironiquement et populairement. Il est joli garçon, se dit d'un homme qui s'est enivré, qui a été battu, qui est en mauvais état. Vous venez du cabaret, vous voilà joli garçon. Il II s'est fait joli garçon, se dit de celui qui a mis ses affaires en dcsonire par la débauche, par sa mauvaise conduite. Il a dissipé son bien, il s'est fait joli garçon. || 2° Digne d'être apprécié, remarqué (sens qui a vieilli). Ce militaire a fait une jolie action à tel siège, à telle bataille. || 3" Qui plaît par la gentillesse, sans avoir une beauté régulière et complète. Elle est plus jolie que belle. Que vous êtes jolil que vous me semblez beau I la font. Fabl.1,2. Mon Dieu ! qu'elle est jolie, et qu'elle a l'air mignon I MOL. VÉt. m, H. Après cela, si vous ne me trouvez pas joli garçon, vous aurez tort, sÉv. 26 (M. de Sévigné à sa sœur). Le maréclial de larges n'est-il point trop heureux? les dignités, les grands biens et une très-jolie femme, iD. 8 avril 1676. Votre fille est jolie, je l'aime, et j'en ai beaucoup de soin, iD. 26. Qu'elle est jolie et qu'elle a les yeux doux I RAC. Plaid, m, 4. Il Kamilicrement. Un joli cœur, un homme qui fait l'agréable, qui a de ralTéterie. Faire le joli cœur. || Faire le joli cœur signifie aussi dissimuler, sous une gaieté forcée, une vive contrariété. Il a beau faire le joli cœur.... Il Des grammairiens assurent qu'il faut écrire un jolicœur, il fait le Jolicœur, JoUcœur étant un nom de comédie. D'autres mettent un trait d'union, jolicœur. Il 4° Il se dit des choses ou des animaux dans le même sens. Avoir de jolis yeux, un joli pied, une jolie main. Un joli cheval. Faire de jolis vers. Vos cliansons m'ont paru jolies, j'en ai reconnu les stylés, SÉV. 4 9. Voilà une lettre de M. de Coiidom [Bossuet] , qu'il m'a envoyée avec un billet fort joli, id. 27. Il y avait dimanche un bal qui fut joli, id. 77. Il ne faut quelquefois qu'une jolie maison dont on hérite, qu'un beau cheval, ou un joli chien dont on se trouve le maître.... pour adoucir une grande douleur, la BBUT. II. Je trouve tout cela trop faux et trop joli pour y répondre sérieusement, fonten. Oracles, 11, b. jj De jolies choses, des traits d'esprit pleins d'agrément. Pour vous dire le vrai, je serai bien aise qu'il [mon cœur] demeure entier, et je craindrais que, s'il était une fois en deux, il ne fût partagé en mon absence ; vous voyez comme je me sais bien servir des jolies choses que j'entends dire, voir. Leit. I9. Il y a de jolies clioses que l'esprit ne cherche point et qu'il trouve toutes achevées, ciiEV. DE MÉRÉ, daiij Bounouas, Rem. Il se faut bien garder de paraître toujours prêt à dire de bons mots et de jolies choses, id. ib. || Ironiquement. De jolies choses, des choses tiès-désavantageuses. Nous parlions de son maître; il m'en ■lisait de jolies choses, genlis, Théâlr. d'éduc. le iféchant par air, 1, 2. || Familièrement. Le tour est oli, c'est-à-dire c'est un tour plaisant. || En un autre «ens. Un joli tour, un méchant tour. Je n'étais pas plus grand que cela, que je me signalais déjà

rir cent tours d'adresse jolis, id. Scapin, i, 2. Il lui a joué un joli tour, c'est-à-dire il lui a joué un tour fort digne de blime, il l'a trompé indignement. Il 6° Oui donne agrément, aisance. Le voilà maintenant dans une très-jolie position. Il vient d'obtenir une assez jolie place. On lui donne cent mille francs de dot, cela est fort joli. || 6* Par ironie et familièrement. Déplaisant, ridicule, digne de blâme , en parlant des personnes ou des choses. Vrain:cnt vous êtes joli de me paîier de la sorte.

JOL

La vente d'Entrecasteaui est retardée, nos affaires embarrassées, le tout par la négligence de l'abbé de Grignan; sa paresse est jolie dans le commerce, comme vous voyez, sf.v. {Mine de Grignan à If. de Grignan, 22 déc. iC77).Vous me donnez là de jolis sentiments, fonïrn. Soliman, Juliette. Marine est une jolie personnel ne vous a-t-elle dit que cela, monsieur? LESAGE, Turcaret, 11, 3. Je joue ici vraiment un joli personnage, dkstouches. Philos, mar. III, 3. Vraiment, mon oiseau, vous faites là un joli métier, répondit la princesse en souriant, volt. Princ. de Babijl. 3. Vous vous faites de jolies affaires, je sors de chez une femme qui ne vous pardonnera de sa vie le portrait de votre coquette, genlis, Veillées du chût. t. m, p. 226, dans pougens. || Il est dans un joli état, se dit d'un homme qui s'est enivré, ou à qui il est arrivé quelque grave mésaventure, une blessure, une maladie, etc. || 7° S. m. Ce qui est joli. Le beau est au-dessus du joli (voy. BEAU, synonymes). || Familièrement. Le joli do l'affaire est que.... c'est-à-dire le plaisant, le piquant de l'affaire est que....

— REM. Dans les Mots à la mode, Boursault fait la critique de l'emploi do. joli tel qu'il subsistait encore de son temps. Qui jamais, dites-moi, fut assez ridicule Pour traiter de jolis Hector, Achille, Hercule? se. 1) ; et : Dire un joli garçon n'est pas dire un brave homme, Et le mot de .joli n'a jamais été fait Qu'en faveur d'un enfant et d'un colifichet, se. 2. Boursault se trompe; joli avait été fait pour ces acceptions blâmées; seulement, du temps de Boursault, l'usage les délaissait.

— lliST. XII' s. Car traï m'a et mort à escient Mes jolis cuers [cœur], que je doi tant haïr, Coud, XX. Quant li loussignols [le rossignol] jolis Chante sur la flor d'esté, l'b. xii. |i xiir s. Celé feste fu moult joie. Et bêle et boine et moult jolie, FI. et Bl. V. 3)47. X l'issue d'avril, un temps dous et joli, Berte, 1. Tant sui à m'amie enlontis; Ne puis vers autres estre jolis, Parlotiop. v. 40J2. Nus [nul] n'a joie, s'il n'a le cuer joli, Mss. de poésies fr. avant 1300, t. III, p. 4 199, dans LACtRNE. El [papelardise] ne fu gaie ne jolive, Ains fu par semblant ententive Du tout à bonnes ovres faire. Et si avoit vestu la haire, la Rose, v. 427. || xiv s. Pour Bauduin ochire [tuer] est cascuns bien garnis; Et Bauduins chevauche qui fu gais et jolis, Baud. de Seb. vi, 367. L'arcevesque de Rouen ne pouvoit bonnement avoir paix avec les nobles de Normandie, pour la cause de ce qu'il estoit jeune et trop jolis en aucuns de ses fais, Chron. de St Denis, t. 11, f° 4 43, dans LACURNB. il XV" s. [Le roi ne put oublier de longtemps son amour pour la comtesse de Salebrin] mais en fut toujours depuis plus lié [vif], plus gai et plus joli; et en fit plusieurs belles festes.... froiss.i, <, t67.Ce n'est mie pour les villains.... Ce n'est fors que pour les jolis Qui prendent solas et delis X l'oïr, et qui compte en font, id. Buysson de jonece. Le suppliant avoit oui dire que paix estoit faite.... et en estoit bien jolis et bien aise, du cange, jocare. Il a esté contraint de soy tenir joly et de changer souvent habits, ilresfa amorum, p. t67, dans lacubne. Si se retrahit la chevalerie arrière au costé par devers la rivière; car il n'y avoit si joli [brave, vigoureux] qui n'eust bon mestier de soy aysier, Perceforest, t. IV, f° 61. Le seigneur de la Trimouille, qui estoit bien joly et monté sur un grand coursier, voulut venir aux escarmouches, et de fait print sa lance et vint jusques au frapper. Chronique de la Pucelle, ch. 60. Et quant on a maistresse assez jolie, D'autres discours il lui convient user, basselin, XLix. Plut tout ce jour si très fort, qu'il n'y avoit si jolis qui n'eust voulu estre à couvert, Joum. de Paris, p. 24. Sachez, quant est de ses ébats, la femme ne cessera point pour noise qui luy en soit faite, et dust elle estre tuée, mais en fera tout à sa jolie volonté, pour ce qu'elle y a commencé. Les quinze joies du mariage, p. 1 83, dans lacuhne. Le seigneur de Pacé [en Anjou] a droit de faire mener, le jour do la Trinité, par ses gens et officiers, à la dame, toutes les femmes jolies [prudes et sages] qu'ils trouveront à Saumur... Le même seigneur a droit ce jour-là de contraindre toutes les femmes qui ne seront pas jolies, qui seront notoirement diffamées de ribaudie, de venir à ladite dame de Pacé avec lesdites femmes jolies, ou do payer cinq sols au v:gncur,cité dans pioaniol de la FoncE, Nouv. dcstnpt.dela France, 3" éd. Paris, t7B4, t. xii, p. 2h.

— ÉTYM. Bourg, joli, content de; provenç. joli; anc. cat. jolin; ital. giulivo; de l'ancien Scandinave jul, désignant les fêtes et festins solennels. Julest l'ancien norrois hjol, anc. suédois bjul, angl. lohcel (roue), et désigne le tour que fait le soleil retour-

JOL

nant sur ses pas au solstice d'hiver; c'est la fête du solstice d'hiver, Noël payen; on y faisait le sacrifice d'un cochon à Freya. Diez suppose avec raison que ce mot a dû être introduit dans le français par le» Normands.

t JOLIADE (jo-li-a-d') , s. f. Terme qui se fit durant la fronde pour désigner un assassinat simulé, ainsi dit, comme on voit ci-dessous, d'après le président Joli. Joli, conseiller au parlement, depuis secrétaire du cardinal de Ret/, imagina de se faire une incision au bras,et de se faire tirer un coup de pistolet dans son carrosse pour faire accroire que la cour avait voulu l'assassiner.... quelques jours après... on tire des coups de fusil dans les carrosses du grand Condé, et on tue un de ses valets de pied, ce qui s'appelait une joliade renforcée, volt. Louis XIV, 4.

t JOUBOIS (jo-li-boî), t. m. Daphné bois-gentil, plante. Elle [la sorcière] aime aussi à h; [Salan] nommer du petit nom de verdelet, jolibois, vertbois, ce sont les lieux favoris de l'espiègle, mi- CHELET, la Sorcière, p. xvni.

t JOLIER (jo-li-é), V. n. Faire le joli (terme vieilli). Mme rie Montespan couchait tous ses rideaux ouverts, ses veilleuses [gardes] autour d'elle, qu'à toutes les fois qu'elle se réveillait, elle voulait trouver causant, joliant ou mangeant, st-sim. <«(-', )55.

— illST. xiv s. Tu es garçon [homme de mauvaises mœurs]; car tu as pris une femme, la quelle tu as fait joliver à autre avant que tu l'espousasse, DU GANGE, jocare. Il xv s. Adonc courut voix dedans Paris : le roi sera ci tantost; lors s'armèrent et jolierent plus de vingt mille Parisiens, et se mirent hors sur les champs, fhoiss. ii, ui, 205.

— ETVM. Joli.

JOLIET, ETrE(jo-li-è, è-t'), adj. Diminutif de

joli L'un, sur un roc assis. Chantait aux vents

ses amoureux soucis, Et, pour charmer la nymphe Juliette, Taillait sa barbe.... la font. Courlis.

— HIST. xili's Est ceinte et joliette, adam le

BOSSU, dans le Dtct. de DOCHEz. || xv's. Etsecoupioient sur leurs chevaux et se demenoiont frisquement et jollettement; car bien savoient qu'ils estoient regardés, FROiss. n, m, B9.

— ÉTYM. Joli; bourg, jôliôte, joliette.

t JOLIETTE (jo-li-è-t'),t.^ Planche couverte du potée d'étain pour polir.

JOLIMENT (jo-li-man), ad». JH" D'une manière agréable, satisfaisante. Vous aurez votre enfant, qui tiendra joliment sa place à Grignan, sév. <b jaiiv. 1690. Laissez faire: j'arrangerai tout cela joliment, FAVART, Soliman II, 11, 6. Je lui dis qu'elle est piquante à l'excès, et de cette manière nous sommes trcs-joliraent ensemble, genlis, Théâtre d'éduc. les Faux amis, i, 5. j| i" D'une manière jolie. 11 danse fort joliment. Le point de réunion est un bourg joliment bâti et situé sur une hauteur où l'air est trèssalubre, raynal, Ilist. phil. xiii, 40. 1] Par ironie, dans le langage familier. J'ai joliment arrange le drôle. Il 3° Dans le langage très-familier, beaucoup, extrêmement. Un autre [valet d'armée] dit : Nous avons été joliment téméraires, nous n'étions que sept mille hommes, nous en avons attaqué vingt-six mille; aussi faut voir comme nous avons été frottés, SÉV. 209. Vous ne m'avez pas mandé comment vous avez trouve la petite religieuse à Sainte-Marie; vous savez que je l'aime fort joliment, id. 9 dcc. (C76. Nous sommes timides, mais nous savons fort jolimont dissimuler, genlis, Thédt. d'éduc. la Cloison, so. c. Il Dans le langage familier, ce mot se prend pour dire très-mal, ou point du tout. Il vous a donné & dîner, vous avez été bien traité. — Oui, joliment !

— HiST. XIII* s. Corbarans d'Oliferne l'en prist à regarder, Amedelis apelle : sai.s-tu celui nommer 1 Moult sait ores ses armes joliement porter, Ch. d'Antioche, viii, 372. Cil fluns [fleuve] cort si joliemont. Et mono tel grondillemont.... la Rose, C023. Qui veult amor maintenir Tiengne soi jolivement. Car nus [nul] nedoit avenir A fine amor autrement, ilss. de poés. franc, avant <300. t. 11, p. U2b, dans LACunNE. Il XIV* s. Le comte de Foys print sa mère, laquelle estoit sour de messire Robert d'Artoys, et la feit mettre en ung fort chasteau en prison, pour co qu'elle vivoit trop joliement de son corps, à sa grant confusion et villenie do son lignage, Chron. de Saiut-Dcnys, t. 11, f° *»i. ||xv* s. Les filles faut tenir joliement pour trois choses : l'une, qu'elles soient plus tost demandées à marier de plusieurs galans.... Les quime joies du mariage, p. b2, dans

LACUBNE.

— ÉTYM. Jolie, et le suffixe ment; provenç. /oliamcnt. ■

JOLIVETÊ (jo-''-ve-té), ï. f.\\i° Trait d'esprit.

JON

Uille jolivetés qui dans l'esprit me viennent, th. CORN. Comtesse d'Orgueil, ii, lo. || 2° Petit bijou, petit ouvrage qui n'a pas ou qui a peu d'utilité. Il sait faire mille petites jolivetés. || 3° Gentillesses d'un enfant. Cet enfant fait, dit mnt petites joli- Yotés. Il On ne l'emploie guère qu'au pluriel.

— HIST. XIII" s. Ma douce dame, quant vi Vogent cors et vo beauté, Adont nul mal ne senti Ne nule autre enfremeté; Mais de grant Jolieté Trovai mon cuer si garni Que pour vous en ai chanté, Poésies franc, avant 1300, t. m, p. 1078, dans lacurne. Se li aprentiz s'enpart d'entour son mestre sanz congié, par sa folour ou par sa joliveté, par trois fois, le mestre ne le doit pas prendre à la tierce, Liv. des met. 49. ||xiv« s. Celui qui est sanguin, il est trop enclin à jolivetés et esbalcmens ou à desattrempance, oresme, Eth. 54. || xv s. Le vin de luxure abonde en jolivetés, en regards et contenances, Bouciq. IV, 7. Dames n'ont point argent, ^iiand elles veulent, ains ont grande paine à en assomWer; et si leur en convient toujours avoir pour emploier en robbes et plusieurs autres jolivettcz, Aresta amorum, p. f'is, dans lacurne.

— ÊTY.M. Ancien franc, jolif (voy. jou) ; provenç. jolivetad.

t JOMARIN (jo-ma-rin), s. m. Un des noms vulglires de l'ajonc.

— ÉTVM. Jonc, marin.

t. JONC (jon; le c ne se lie pas; lejon odorant; au pluriel, l'sselieides jon-z odorants ; d'après Chifflet dussi, Gramm. p. 208, le c ne se prononce jamais, non pas même quand il est suivi d'une voyelle), s. m. il 1° Terme de botanique. Genre de plantes droites et tlexibles qui sert de type à la famille des joncacées; l'on y distingue : le jonc commun, ou jonc des champs, qui est le jonc aggloméré, juncus cotiglomcratus, L.; lo jonc maritime, différent du jonc marin, ajonc, et jonc épineux, qui est une légumineuse, ulex europœanus, L. ; et le jonc des jardiniers, juncus f/laucus, ii/jr. Des paniers de jonc. Nattes de jonc. Une canne de jonc. Et la faux à la main, parmi vos marécages. Allez couper vos joncs et presser vos laitages, boil. Épttre iv. ||i° Absolument. Cipne de jonc. Acheter un jonc. Il Familièrement. Etre droit comme un jonc, avoir la taille bien droite. 11 [M. Bonnet] lui avait dit [à l'archevêque de Bourges] que j'étais droite comme un jonc, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 29 noY. 47)7. Il Par extension. Droit comme un jonc, sans se détourner. Je m'en allai droit comme un jonc à un village qui était à deux grandes lieues hors de mon chemin, voit. Lett. <49. || 3° Jonc se dit de quelques autres plantes qui ne sont pas de véritables joncs. Jonc fleuri, nom vulgaire du butome ombelle (butomacées). || Jonc odorant, nom vulgaire de l'anoropogon scbénanthe (graminées) et de l'acore vrai (aroïdées). || Petit jonc fleuri, la scheucli/.érie palustre (joncacées). |! Jonc d'Espagne, le spartium joncé (légumineuses), dit aussi genêt d'Espagne. Battin ou jonc d'Espagne, le cent pesant estimé x livres, Décl. du roi, nov. loio, Tarif. \\ Jonc du Nil, le papyrus commun, ou le papyrus des anciens (cypéracées), dit absolument le papyrus. || Grand jonc, le roseau. |] Le jonc des tonneliers, le scirpus lacustris ; le joue à balais, le phragmites communis.

— HIST. XII' s. Fors la vert herbe e le junc freis, BENOÎT, Chron. de fiorm. dans raynouard. Lexique. Il xiii* s. La coe [queue] ot droite comme jons, la Itose, (073. Il XV' s. Ces trois thoreaulx esloient liez parmi les cols de jons fors et tenans, Lancelot du Lac, t. m, f° 94, dans lacurne. U faut ploier contre force le jonc [il faut céder à la nécessité], E. l.îsC!i. Poésies mss. (■ (8. Le gentil chevalier pouci(|naut, qui plus droit que un jonc, sus lo bon destrier.... llouciq. I, 76. Les commères s'en viennent à l'oustel et se scent à l'entour d'un beau fou, si c'est en yvcr ; et si c'est en esté, elles se mettent sur le jonc, te» < 5 joyes du mariage, p. < 2D.

— ÉTYM. Provonç. junc, jonc; espagn. junco ; ital. giuneo; du lat. juncus, qui fait penser à;ungcre, car c'est un lien.'

2. JONC (jon), s. m. Espèce do bague donc lo cercle est égal partout. Un jonc d'argent. Un jonc de diamants. Pour vous guérir, il conviendrait, du Ludre, Que le pasteur au doigt vous mit un jonc ; Vous avez l'air tendre, doux et lugubre : X la pigeonne il faudrait un pigeon, Lettres de messirc hoger de liabutin, etc. Lettre de Ucnserade, du 15 sept. <C87, dans fr. miciiel, argot. Un chambellan.... Enrichit mon amour Do ce jonc qui scintille, BéRANG. Bonne fille.

— IliST. XV* s. Et je sçai moult bien faire

DICT. DE LA LA.NiUE FRANQAISB.

JON

aniaus De jons qu'on met dedens ses dois, froiss. Poésies mss. p. 278, dans lacurne.

— ÉTYM. On dit qu'en ce sens jonc vient de ce que dans certains lieux, même à Paris, on mettait un anneau de paille ou de jonc au doigt de ceux qu'on mariait par condamnation de l'oflicialité.

t 3. JO\C (jon), s. m. Sorte de toile de Caen. Basin ou petit jonc, chaîne, lin, trame, coton; grenade ou jonc de travers; jonc nommé basin, Tabl. annexé aux lettres pat. te févr. <78i, Caen.

t JONCACÉES (jon-ka-sée) ou JONCÉES(jon-sée), s. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes monocotylédones, dont le jonc est le type.

t JONCAGINÉES, t. f. pi. Synonyme de juncaginées.

t JONCER (jon-sé), V. a. Garnir de jonc; mot employé par les chaisiers, alin de distinguer ce travail de celui qu'on fait en paille et pour lequel ils disent pailler, legoarant. On paye moins pour joncer les chaises que pour les pailler.

— ÉTYM. Jonc t.

t JON'CUAIE (jon-chê), s. ^. Lieu rempli de joncs.

— ÉTYM. Jonc t.

t JONCHF, (jon-ch'), s. f. Terme de pèche. Ganse de corde qui sert à joindre plusieurs pièces de filet au bout l'une de l'autre.

— ÉTYM. Jonc < .

JONCHÉ , ÉE (jon ché, chée), part, passé de joncher. Du lieu saint, à pas lents, je montais les degrés Encor jonchés de fleurs et de rameaux sacrés, c. DF.LAV. Vépr. sic. V, 2. Il Fig. Et de sang et de morts vos campagnes jonchées, rac. Alex, ii, 2.

JONCHÉE (jon-chée), s. f. \\ 1» Grande quantité d'herbes, de fleurs et de branchages qu'on répjnd dans les rues, les églises, etc. pour quelque solennité. Faire une jonchée d'herbes et do fleurs. Il 2° Fig. Abatis, carnage. La principale jonchée Fut donc des principaux rats, la font. Fabl. iv, c. Il 3° Petit fromage fait dans un panier de jonc. Une jonshée de crème.

— HIST. XIV s. Une jonchée à faire fourmages, DE LAiiORDE, Émaux , p. 351. La peescliorie aux usagiers, qui peeschont en la dite rivière à panier, à verge, aus jonchiées et à la main, du canoë, juncheria. \\ xvi' s. ...Sous un plumage plus blanc Que le laict sur la jonchée, hons. 4G0. Sans la justice de ses armes, en quels rangs seront tant de chnvaliers qui ont fait jonchée de leurs vies à ses pieds?D'AUB. Ilist. 111,4. En prodiguant dessus mille fleurs épanchées. Pour cacher notre meurtre à l'abri des jonchées, id. Tragiques, u. Puis secombattoient àtoute outrance de poignées de roses, dont sefaisoit une espaisse et prodigue jonchée, yver, p. B2a. Il n'y avoit personne qui ozast aller au fourrage, ny prendre de la paille ou do la jonchée à faire paillasses devant les Spartiates, amvot, Arist. 65. i)'argont il fit jonchée, et ne fut désireux. Pour tout bien, quedegloire ouvertement acquise, de.toutes, Épitaphes, Loys du Gast.

— ÉTYM. Bas-lat. juncato, de juncare, joncher.

t JONCUEMENT (jon-che-man),s. m. Action de joncher.

— HIST. XVI' s. Jonchement, cotgbave.

— ÉTYM. Joncher; ital. giuncamento.

JONCIIEK (jon-ché), v. a. \\ 1' Parsemer de jonc,

et, par extension, do toutes sortes de feuilles, de branches. On joncha les rues d'herbes et de verdure. Cinq ou six fleurs dont la table est jonchée, LA font. Faucon. || Fig. Forcé de parcourir la route où je suis entré sans le savoir, jo l'ai jonchée d'autant de fleura que ma gaieté me l'a permis, bkau- MARCH. ifar. de Fig. v, 3. Ce bonheur que l'ivresse cueille, Do nos fronts tombant feuille à feuille. Jonchait le lugubre chemin [do nos jours], lamart. lidd. II, ) . (I 2" Etendre çà et là sur le sol en grande quantité. Los débris dont l'ouragan avait jonché le sol. Lo champ de bataille était jonché do près do trente mille morts ou mourants, volt. Louis ,V/r, iil. De la dépouille de nos bois L'autorancavait jonché la terre, MILLEV. Élég. I, ( . Il 3" .Se joncher, être jonché. Les ruesse jonchèrent rapidement de feuilles et de fleurs.

— nisr. Là vcïssiez la terre si juncliée.... Ch. de Ilol. ccxLvi. Il xii* S. Des abattus est la terre junchéo, Rancisv. p. 137. E li liz sainz Thomas esteit apareilliez Desus un chaelit qui tut esteit quiriez, D'une cuilte purpointe, d'un poi d'estrain junchiez E de chicrs linges dras e blancs o déliez, Tli. le mart. ioi, || xin* s. Et les rues jonchies d'orbe très neltomont, Bertc, ix. Et joncheroient lor maisons. Quand vendroit la froide saisons. Do bcio paillo nette et blanche, la Hose, (7876. || xv* s. Il entra en sa chambre, et la tiouva toute jonchée de verdure fraiscbe et nouvelle froiss. m, iv, ï3.

JON

— ÉTYM. Provenç. juncar, jonchar; portug. jun-

car ; ital. giuncare ; du lat. juncare, de juncus, jonc, t JONCHÈRE (jon-chè-r'), s. f. Lieu couvert de joncs. Il Touffes de joncs qui se forment dans les étangs, dans les marais, et qui deviennent quelquefois des îles flottantes.

— HIST. XIII' s. Mielz [mieux] valt près jonchero Que loin praere, Proverbes du vilain, ms. de St Germain, f° 78, dans lacurne. || xiv' s. Comme l'expoeant feust alez.... pour aidior à amender nos chemins, il commença à houer en une jonchiere, DU CANGE, juncaria.

— ÉTYM. Joncher.

JONCUET (jon-chè ; le ( ne se lie pas; au pluriel, l's se lie : des jon-chè-z élégants; jonchets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Nom de fiches longues et menues, dont quelques-unes portent des figures; on fait tomber ce faisceau de fiches pêlemêle sur une table, et, avec de petits crochets d'ivoire, il faut tirer adroitement le plus de fiches que l'on peut sans en faire remuer aucune autre. Jouer aux jonchets. Ce jonchet est un des miens. J'ai perdu un jonchet. Au jour, il les trouva tous deux jouant aux jonchets, tallemant des beaux, Historiette de Mme de Rohan, t. v, p. (8.

— HlST.xv s. Plusieurs basions d'yvyere [ivoire] et d'if et jonchez et billes d'yvyere, Bibl. des ch. 6' série, t. i, p. 354.

— ETY.M. Diminutif de jonc, parce que ces petits bâtons furent d'abord des brins de joncs, et qu'aujourd'hui même ils ont tout à fait la forme de petites pointes de joncs. L'Académie dit sur ce mot dans sa dernière édition : « Quelques-uns disent honchcts, » quoiqu'elle n'eût admis que jonchets dans sa première édition. M. de Monmerqué dit de son côté sur la phrase citée tout à l'heure de Tallemant : a C'est ce qu'on appelle aujourd'hui le jeu des onchets. » Tout cela est un exemple a.ssez singulier de la manière dont les mots se corrompent (Note communiquée par M. L. Quicherat).

•j- JONCHEUR (jon-cheur), s. m. Celui qui jonche.

— HIST XVI' s. Joncheur, cotghave.

— ÉTYM. Johcher; ital. giuncatore. , Joncheur avait le sens de trompeur : Jangleurs,joncheurs, détracteurs, flatoi-eanx, rcgkr de colleryc, ÛKuer.

p. (42, dans LACURNE.

t JONCIEU (jon-sié), s. m. Un des noms vulgaires du genêt d'Espagne.

JONCTION (jen-ksion ; en vers, de trois syllabes), s. f. Il 1° Action do joindre; résultat de cette action. La jonction de deux chemins. Jonction de l'Europe et de l'Amérique par le cible transatlantique. Toute cette maison de Lusignan est éteinte; car ceux qui enprennentlo nom ne sauiaienten montrer do jonction, sT-siM. (72,37. Il Terme de jurisprudence. Jono tion d'instance, action de joindre deux instance entre lesquelles il y a connexité ; action do réunir une demande incidente à une demande principale, pour que la cour statue sur le tout par un seul et môme jugement. || 2° Action de se joindre, en parlaut du corps de troupes. Ces vingt-deux vaisseaux du chevalier de Tourville, qui devaient être attaqués en venant joindre notre flotte, entrent samedi SO de juillet, dans Brest, sans avoir vu un seul vaisseau des Hollandais; cette grande armée qui devait empêcher cette jonction est disparue, sÉv. B70.

— HIST. XVI' s. Le roi avoit choisi un lieu propre pour y attendre la jonction de toutes sas forces, SULLY, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Lat. junclionem, de jungere, joindre.

t JONDELLK {jon-dè-l'), t. f. Un des noms vulgaires dos foulques.

t JONGERMANNIÉES (jon-jèr-ma-ni-ée), s. f.pl. Terme de botanique. Famille de l'ordre des hépatiques.

f JONGLER (jon-glé), v. n. || !• Faire des tours do passe-passe, dos tours d'adresse. || Il se dit particulièrement d'un jeu qui consiste à faire sauter plusieurs boules, ou autres objets qui s'entie-croisent en pa.ssant d'une main dans l'autre. || 2° So conduire en jongleur.

— HIST. XVI' s. Jongler, cotcrave.

— ÉTYM. Voy. JONGLEUR.

JONGLERIE (jon-gle-rie), *. f. \\ i' Tour de passepasse et de prestige, jj 2"' ^'ig.Touto fausse aiipareuce ayant pour but de tromper, d'en imposer. Je ne suis pas la dupo de ses jongleries.

— HIST. xv s. Pour l'outrecuidance punir D'aucuns qui, par leur jonglerie, Veulent par fois conquérir Des grans biens de ma seigneurie, CH. d'ohl. Bal. ( (8. Il XVI* s. Leurs cotites [des jongleurs] estant méprisés à cause des menteries trop évidentes et lourdes, quand on vouloit parler de quel [uo chose

U. — ii

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