JOT
Wle el vaime, l'un disoit : ce n'est que }on^.otie; eslant enfin jongler ou jangler pris pour bourder et mentir. KAUCUKT, Langue et pocs. franc, p. "C.
— ETYM. Jongler; provenç. jnglaria, juglaria. JONGLKUR (jon-glcur), s. m. || l' Ménestrel qui
chantait et souvent composait des poëmes, des cliansons, des fabliaux; il allait les chanter dans les cou. s, dans les tournois, dans les châteaux, dans les villes; en ce sens il n'est usité que dans l'histoire du moy3n âge. Les jongleurs, qu'on nomma aussi ménestrels ou méneslriers, étaient rassemblés dans le même quartier et donnirent leur nom â l'églisn de St-Julien, dont Jacques Grure et Hugues-le- Lorrain, tous deux jongleurs ou ménestriers, furent ■.C3 fondateurs en <3:il,DUCL0S, ilém.jeux scéniques, a:uvr. 1. 1, p. 304, dans pougens. || 2° Par une extension péjorative, joueur de tours de passe-passe, bateleur qui joue avec des bouies, avec des cercles qu'il lance en l'air. || En Amérique, on donne le nom de jongleurs aux devins des sauvages, qui font surtout profession de guérir les maladies et de prédire. Chaclas apprit à René que le principal jongleur était un prêtre avide, ciiateaub. Nalch. v. || 3° Fig. Celui qui cherche â en imposer par de fausses apparences. Les jongleurs politiques. || Il a aussi un féminin daus le sens figuré. C'est une jongleuse.
— IIIST. XII' s. [Que] Jil nus [nul] vilainsjugleres de ceste [chançon] ne se vaut, Car il n'en sauroit dire ne les vers 'ne le chant, Sai. i. || xm* s. Là veïssiez fleuteors, Menesterez et jougleors, la Rose, 7bi. Il xiv s. L'en dit d'aucun que il est malvez médecin ou malvez jugleur, et toutevoies l'en ne dit pas ([ue il soit malves simplement, obesme, Elh. 202. S'il advenoit qu'aucun appelast un autre jongleur, ou bourdeur, ouribault.... bouteilleh. Somme rurai, liv. ii, titre L'6,p.8 14, dans LACURNE. || xvi's.Tousjongleurs, liaslcleurs et joueurs de cordes et tous autres jeux diframez, Gr. coust. de France, livre iv, ch. 4.
— ÊTYM. Ital. gioccolatore ; du lat. joculalorcm, celui qui joue. Dans le vieux français, juglere est le nominatif, de jocuid(«r; jugleor est le régime, de jnculouirem. Le français avait aussi jugler (Cel jor orenl jugler auques do lor talent ; Guiteclin les paia d'or fin ut de besans. Saxons, v), et lu provençal, juglar ; jugler cl juglar viennent du latin jocu/an'i.
JONQUE (jon-k'), s. f. Sorte de vaisseau fort en usage dans les Indes et à la Chine. Une jonque chinoise.
— ÉTYM. l'.spagn. et portug. ;iinco, proprement navire, vaisseau ;anc. catal. incho ; ital. ionco ; vénit. ionro; du chinois tchouen, bateau, vaisseau, prononcé à Canton chuna suivant l'orthographe anglaise, c'est-à-dire en français Ichoun.
JONQUILLE (jon-ki-ir, Il mouillées, et non jonki-ye), s. f. ||1° Plante du genre des narcisses que l'on cultive dans les jardins {narcissus juiiquilla, /,.)• Il Grosse jonquille, tiarctssxis odorus, L. \\2' La (leur de cette plante. Jonquille simple. Jonquille double. Il 3' S. m. Terme de peinture et de doreur. Le jon(|uille, couleur secondaire que l'on compose avec du blanc et du jaune. Il est d'un beaujonquille.
— ETYM. Espagn. jun(/utl/o; ili\. giunchilia ; diminutif dérivé du latin juncus, jonc, à cause de la couleur et de la forme.
t JOSAPUAT (jo-za-fa),s. m. Vallée de Josaphat, vallon de la Judée où, selon l'Ëcriture, les morts ressuscites se rassembleront et seront juges.
— ETYM. Josaphat est chez les Juifs un nom propre d'homme.
JOSEPH (jo-zcQ , *. m. Il 1° Nom d'un patriarche fils de Jacob. || %" Poisson du cap. || Z° Adj. indéclinable. Terme de papeterie. Pajiier Joseph, sorte de papier mince et transparent. || Colon Joseph, espèce de coton filé.
■f JOSSE (jo-s'), I. m. Nom propre, qui s'emploie dans cette locution : Vous êtes orfèvre, monsieur Jossc, c'est-à-dire vous nous donnez un conseil intéressé. M. Josse est un personnage de Molitre, dans l'Amour médecin, i, < ; il est joaillier, et, consulté »ur ce qu'il faut faire pour guérir la jeune fille malade, il conseille de lui acheter une belle garniture de diamants, de rubis ou d'émeraudes.
— ETYM. St Jusse, saint qui avait une certaine maladie sous sa protection : Du mau St-Leu , de l'evcrtin, Du St Josse et St Matelin, e. descii. Podtiesm-is. f* 212.
t JOITB (jo-f), j. f. Un des noms vulgaires de laltettc, dans plusieurs provinces.
— ETYM. C'est une des formes de joue (voy. ce mot, à l'étyniologie).
t JOrrKKEAU (jo-le-r6), ». m. Terme de marine. Courbes clouées latéralementdecliaquecôté de la tête (**du bas mât. à peu près à la naissance du ton, jal.
— KfYM. Dérivé do joitet
JOU
t JOTTES (jt>-*')> *• f- ?''• 'loime de marine. Les deux côtés de l'avant d'un vaisseau.
— ETYM. Jotte, une des formes dialectiques de joue: les joues de l'avant.
t JOUABLE (jou-a-bV), adj. \\ 1° Qui peut être joué, au théâtre. Trouvez-vous enfin que Mahomet soit jouable? volt. Lett. d'Argental, 49janv. J7»l. Il 2" On dit d'un morceau de musique qu'il n'est pas jouable, quand il présente des difficultés qu'on ue peut surmonter.
JOUAIL (jou-air, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Synonyme de jas, dit aussi jouet.
JOUAILLEU (jou-â-lïé, Il mouillées, et non jou-âyé), V. n. Il 1" Terme familier. Jouer petit jeu, et seulement pour s'amuser, il ne fait que jouaiUer. Il 2° Jouer médiocrement de quelque instrument de musique. P^lle jouaille du clavecin et de la harpe, assez gauchement, à ce qu'il m'a paru, cenlis, Thédt. d'iiduc. le Bal des enfants, 11, 3. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ETYM. Jouer, avec le suffixe péjoratif aille.
JOUBARBE (jou-bar-b') , s. f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des crassulacées. Il Joubarbe des toits, dite vulgairement joubarbe, grande joubarbe, artichaut sauvage, sempervivum tectorum, i. || Joubarbe des vignes, un des noms vulgaires de l'orpin reprise, seduin tclcphium, L. Il Petite joubarbe, nom vulgaire do l'orpin blanc, sedum album, L. || Joubarbe brûlante, un des noms vulgaires de l'orpin brûlant, sedum acre, L.
— UIST. xiii' s. Et encore puet [peut] on prendre le jumbaibe u [au] cler lait, ki à ewe ne le vieut prendre, alebrant, f" (8. ||xiv" s. Ou decours doit l'en jonibarde planter de Mars jusques à la Saint Jehan, ^l'iiajier, 11, 2. || xvi' s. Medicamens repercussifs, comme jus ou eaux de joubarbe, de plantin, etc. PABÉ, V, 9.
— ÉTYM. Wallon, jotadc; namur. gilaude ; Hainaut, gimbarbe, jouhar ; provenç. barbagol; espagn. jusbarba, houx-frelon; ital. barba di Giore; du lat. Jovis barba, barbe do Jupiter (voy. jcpiter, et barbe). Cependant la langue gauloise avait lounêapo'j|i, nom du Xîiijlwviov (dioscoride, iv, )0); y aurait-il eu quelque confusion entre ce mot et Jvvis barba? car il n'y a guère de rapport entre la barbe de Juiùter et la joubarbe.
JOUE (joû), s. f. Il 1° Partie du visage de l'homme au-dessous de l'œil, s'étendant jusqu'au menton, et ayant pour base les muscles masséter et malaire. Joues pleines. Joues creuses. Cet enfant esta pleines joues. Viens baiser cette joue, et reconnais la place Où fut empreint l'affront que ton courage efface, corn. Cid, m, 8 Si quelqu'un vous a frappé sur la joue droite, présentez-lui encore l'aulre, SA.ci,Bible,hv St Ilatth. V, 39. Vous savez ce qu'est un soufflet, lorsqu'il se donne à main ouverte, sur le beau milieu de la joue, mol. Si'cii. 1 3. Lequel Hiérôme, après plusieurs rébellions, Aurait atteint, frappé, moi sergent, à la joué, Et fait tomber, du coup, mon chapeau dans la bouc, rac. Plaid, n, *. Le soufflet sur ma joue est encore tout chaud, lo. ib. 11, b. Une pâleur affreuse ternit ses joues, fén. Tél. xx. Giton a le teint frais, le visage plein et les joues pendantes, la brly. vi. Le seul crime bien constaté qu'on lui reprocha [à Laud, évèque de Cantorbéry] , était de s'être servi de quelques cérémonies do l'Église romaine en consacrant une église de Londres ; la sentence porta qu'il serait pendu, et qu'on lui arracherait le cœur pour ! lui en battre les joues, voli. Mœurs, iho. ||Kig. et familièrement. Avoir les joues cousues, avoir
10 visage extrêmement maigre. || Fig. S'en donner I par les joues, manger son bien en débauches de
table. Il Familièrement. Donner sur la joue, ou couvrir la joue à quoiqu'un, lui donner un souffiet. La Marinette vous approuve fort et jure que... elle vous imitera, et lui donnera sur sa vilaine joue, SÊV. 70. Il Tendre la joue, présenter lajoue. Cet enfant vous tend la joue pour que vous l'embrassiez.
11 Coucher, mettre enjoué, ajuster son fusil contre lajoue et viser, pour tirer sur quelqu'un, sur quelque chose. M. de Bouillon courut plus de périls que personne, ayant été couché en joue par un misérable de la lie du peuple, hetz, ii, 338. En joue il [Jupin] vous mot sans qui-vive I Mais je l'aborde chapeau bas, BÉiiANG. Uluet. Il Par extension, lime semble toujours (jue je vois une douzaine de lavements qui me couchent en joue, mol. Powc. ii, ♦. || Ki(j. Coucher en joue, ne pas perdre de vue une personne ou une chose sur laquelle on a quelque dessein. La villageoise est belle et jeune, je l'avoua. Don Alphon.se, en passant, peut la coucher en juuo, icarr. L). Japltit, I, I. D'ilarcourt couchait en joue les au-
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très ministres pour les renverser, st-sim. 159, 218, U couchait en joue lo gouvernement de la Sicile, lequel était sur le point de vaquer, le sage, Eslev. Conzalei , xii. || Elliptiquement. Kn joue! commandement qui se fait à la troupe pour mettre le fusil en joue. En joue ! feu ! || 2" Partie de la tête du cheval qui répond à la joue dans l'homme. Ce cheval a trop de joue. Il Terme de zoologie. Région de ta. face comprise entre le nez, la bouche et l'oreille chez les mammifères ; entre la base du bec, le front et l'œil, chez les oiseaux ; poriion de la tète des insectes située de chaque côté, entre les yeux et les mandibules. || 3° Terme de marine. Partie de l'avant du navire supérieure à l'épaule. || Joue de vache, demi-caisse de poulie appliquée sur le côté d'un mât, d'une vergue, ou sur la muraille d'un navire; on dit aussi demi-joue ou poulie plate. || 4° Les joues d'une poulie, les deux côtés de sa caisse. || Joues de peson, petites pt^Ues qui terminent les broches du peson. Il Partie d'une boucle. Une boucle e*; formée de deux joues et de deux barrettes. || Terme de chemin de fer. Joues de coussinet, les p.irois latérales des coussinets entre lesquelles le rail est maintenu au moyen de coins. || Dans les arbres de machines, les joues sont les deux parties du coussinet que l'on réunit et que l'on serre au moyen de boulons. 115° Terme de construction. Joue de solive, côté d'une solive considérée par l'entrevous. || Terme de menuiserie. Epaisseur du bois qui forme les deux côtés d'une mortaise dans un battant, ou Ips deux côtés d'une rainure dans une planche. || 6° Dans une cour dont la chaussée est bombée, nom donné aux deux parties de revers entre le passage de porte cochère et le point où les deux ruisseaux se réunissent. Il 7" Terme de fortification. Se dit des deux côtés dt! l'épaulcment d'une batterie, coupés selon son épaisseur, pour pratiquer l'embrasure.
— HiST. xi* s. La destre joe [il] en a tute sanglante, Ch. de Uol. ccLxxxvii. ||xii's. Les jodes de» leuns fraindrat [brisera] Ii sire, Liber psalm. p. 76 Il XIII' s. Uns rainsiaus [rameau] l'ot ateinte parm. sa destre joue, herle, xxxiu. ||xv s. Bouciquaut ne pleuroit point, ains lenoit sa main soubs sa jouo comme tout pensif, Boucic. i, 3. || xvi's Les faisant garder par deux soldats qui avoient toujours le mousquet en joue, d'aid. llist. 11, 431. Saquenai eut le cœur arraché, on lui en battit les joues à la mode
d'Angleterre, ID. th. m, 605 Dont le profit revient
à ceux qui manient les deniers, et s'en donnent par les joues, Sal. Mon. p. <70. Ah! ne me dictes point d'injure, Ou je vous donray sus lajoue ! Hec. de farces. etc. p. t09. Mal joue qui quiert la joue, cotguave
— ETV5I. Berry,jo((e; anciennement, dans U marine, jotte, la joue d'un vaisseau ; provenç. (/auto; catal. galla; ital. gota; Modène, golta; Coire. ganlla; bas-breton, gaied; angl. jaw, que les étymnlcgistes tirent du français joue. D'après Dicz, h radical est le latin gai)a(à, jatte, d'où l'imagination populaire tira, par comparaison, le nom de la joue. 11 montre que ce qui rend très-probable cette étymologie, c'est la forme provençale gaula, qm représente gabato ou gat'to (gab:ilaoL)a.ni l'accent sur ga), comme parauia représente parabola, parabla. U ajoute que le bas-breton, qui est emprunté, vient en pleine confirmation. Dans le français la forme primordiale est jode (conservé dans le Beriy jo((c) ; d'où /oe ou joue. Quelques dialectes ont, comme on voit, une l épentliélique.
JOUÉ, ÉE (jou-é, ce), part. ptus(! de jouer. || 1° Qui est fait, en parlant d'un jeu, d'une partie, d'un coup. Une partie heureusement jouée. Le plus grand jeu joué dans cette intention [de ne pas médire] Peut même devenir une bonne action, boil. Sat. x. || Au jeu de dames, de trictrac, dame touchée, dame jouée, c'est-à-dire lorsqu'on a touché une dame, on est obligé de la jouer. || 2° Hasardé au jeu. De grosses sommes jouées et perdues. 113° Trompé, abusé. Indignement joué par une femme en qui il avait mis sa confiance. Il 4° Exécuté sur un instrument. Une sonate jouée sur le piano. || B° Représenté sur un théâtre. La pièce nouvelle jouée hier aux Français. || 11 se ditd'un personnage. Si ce personnage d'amant malheureux n'eilt duré que peu de temps, ou l'aurait cru joué ; mais plus de quinze ans do suite il a été le même, marmontel, ilém. V. Il Fig. Simulé. Pour moi, je crois que tout est réglé et joué, et qu'ils nousapporteront quelque grâce, sEv. 233. Cela n'était point joué, car le corps entier du peuple n'alfectu ni ne dissimule, montesq. Hom. <4.||6° Tourné en ridicule. Les médecins joués par Molière, 'l'ous ceux qui sont au fait do l'histoire littéraire de ce temps-li, savent que Ménage y est joué [dans les Femmes savantes] sous lo nom du Vadius, et que Trissolin est le fameux abbé
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Cotin, si connu par les satires de Despréaux, volt. Vie de Molière.
JOUÉE {jou-ée),s. f. Ternie d'architecture. Epaisseur du mur dans l'ouverture d'une porte, d'une fenêtre, d'un soupirail. Cette fenêtre a beaucoup de jouée. Il On dit dans un sens analogue : la jouée d'un abat-jour, d'une lucarne. || Terme dp tapissier. La partie d'étoffe avec lariuelle on ferme l'espace qui reste vide entre le sicge et les bras d'un fauteuil, d'un canapé.
— ÉTYM. Joue. Dans l'ancien français jow^e signifiait coup sur la joue, soufflet; provenç. gautada; ital. gotala.
t JOl'ELLE (jou-ë-l'), s. m. Espace de joug dont on se sert pour rattacher la vigne. Mettre une vigne sur la jouelle. Dresser une vigne en jouella.
JOUEU (jou-é). ||1° y. n. Se livrer à un amusement. Il 2" Plaisanter, badiner. || 3° Se divertir à un jeu quelconque. || 4° Avoir l'habitude de jouer de l'argent. || 5° Jouer aux écus. || 6" Se servir de l'instrument nécessaire pour jouer à tel ou tel jeu. Il 7° Se servir d'un instrument quelconque. 1| 8° Se servir d'un instrument de musique, en tirer des sons. Il 9° Se mouvoir, agir d'une certaine façon, en parlant des ressorts, des machines. || 10° Avoir lin mouvement libre, facile. || 11° Se déjeter, en parlant du bois. || 12° En termes de jardinage, devenir liybride, en parlant d'une plante. || 13" Jaillir, en parlant des cascades et jels d'eau, || 14° Faire explosion. || 15° Offrir difTéreiites nuances, en parlant des couleurs. I! 16° V. a. Exécuter les différentes combinaisons d'un jeu. || 17° Hasarder au jeu. Il 18° Jouer quelqu'un, jouer avec quelqu'un (aux jeux de paume ou de volant). || 19° Exécuter un air, un morceau de musique. || 20° Représenter une pièce de théltre. |1 21° Jouer la comédie. || 22° Jouer un rôle. || 23" Jouer un personnage. || 24° Jouer un conte. 1125° Jouer quelqu'un, le tourner en ridicule sur le ihéAtre ou autrement. || 26° Avoir l'apparence de. Il 27° Se jouer, se livrer à un divertissement. (I 28° Se jouer d'une chose, s'en moquer. || 29° Se jouer de quelqu'un, se moquer de lui. || 30° Se jouer de son fief. || 31° Se jouer à quelqu'un, à quelque chose. 1132° Se jouer soi-m6me, se faire à soi-mi!uje illusion. Il 33° Se jouer, être joué, en parlant d'un jeu. Il 34° Etre joué en parlant d'un instrument de musique, d'un morceau de musique. || 35° Etre représenté, en parlant d'une pièce do théâtre.
1° r. n. Se livrer à un amusement. Ne jouez pas avec ce pistolet, il est cliargé. Cet enfant est allé jouer chez son petit camarade. Laissez donc jouer un enfant et môlez l'instruction avec le jeu, FÉN. Éducal. filles, ch. 5. || Fig. Envoyer jouor, ne pas écouter quelqu'un. Le galant donc... vous investit Lucrèce, Qui ne manqua de faire la tigresse X l'ordinaire, et l'envoyer joner, lafont. Ilandr. || Ce cheval joue avec son mors, il mâche son mors avec action. || 2° Plaisanter, badiner. Il ne faut point jouer avec ceux qui ont en main l'autorité royale, retz, m, 2. Il est vrai que .saint Augustin l'aime trop [Paulin de Noie], et joue et subtilise sur l'amitié d'une manière qui pourrait ne pas plaire, sÉv. 25 juin (690. Non pas, marquise; il n'y avait pas moyen de jouer là-dessus; car il vous enveloppait dans ses soupçons, mahiv. Sec. supr. de l'amour, m, s. Il Jouer sur le mot ou sur les mots, faire des allusions, des équivoques sur les mots. Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, doil. Art p. 11. Il jou:iit avec les mots, avec les phrases d'une façon très-ingénieuse, stael, Corinne, i, 3. || Fig. Jouer avec sa vie, avec sa santé, ne pas ménager sa vie, sa santé. || Jouer avec la vie, ne point la regarder comme une chose sérieuse et agir en conséquence. Il faut jouer avec la vie jusju'au dernier moment, volt. Ult. «me du Deffant, it> janv. <70l II 3° Se divertir à un jeu quelconque. Jouer à colin-maillard, à la main chaude, aux échecs, au trictrac, à la boule, etc. Jouer avec quelqu'un, contre quelqu'un. D'abord ils ont joué au volant; Mme de Chaulnes joue comme vous, sBv. 70. Nous jouions au revcrsis quand les lettres arrivèrent, ID. 263. II[MazarinJ aimait naturellement le jeu; mai» il ne jouait que pour s'enrichir, et trompait tant qu'il pouvait pour gagner, IiAMii.T. Gramm. r>. Je ne vous conseille pas de jouer de moitié avec moi; je vous ferais perdre infailliblement, i)ANCOt;RT, la Désolation des joueuses, se. 3. Il Jouer à quitte ou double, ou jouer quitte ou double, jouer une dernière partie par laquelle on sera aciuitté de ce qu'on devait ou bien l'on dovia une somme double. || Fig. Jouer ijuitte ou double, risquer, hasarder tout, pour se tirer d'une mau-
vaise affaire. || Jouer de son reste, jouer de ce qu'on a encore d'argent. || Fig. Jouer do son reste, achever de consumer son bien. J'étais en train de jouer de mon reste, lorsque, par le plus grand bonheur du monde, je suis tout à coup devenu sage, LESA CE, f.stev. Gonsal. ch. 3| . || Jouer de son reste, signifie encore prendre un moyen extrême après lequel on n'a plus de ressource. Toute femme qui veut à l'honneur se vouer, Doit se défendre de joHer,Comme d'une cliase funeste; Car le jeu fort décevant Pousse une femme fort souvent À jouer de tout sonreste, MOL.Êc.des/". 111,2. || Enfin, jouer de son reste signifie user des dernières resvurcos, user de quelque chose qui va finir. Ce ministre qui est menacé,joue de son reste : il case .ses amis. Je m'en vais d'Orléans jouer de moi] reste, et me mêler de vous dire encore des nouvelles : vous devinerez les auteurs, SÉV. Lett. H sept. 1075. Les commis des fermes, ayant déjà entendu parler des bienfaits qu'on nous fait espérer, nous font les plus horribles avanies; ils jouent de leur reste, volt. ieK. Morellet, 3| août ) 755. Il Jouer à cul levé, jouer chacun à son tour, le premier perdant cédant sa place à un autre, et ainsi de suite. || Fig. Jouer à boute-hors, supplanter. Il Jouer à qui perd gagne, jouer aux dames une sorte de partie où celui-là gagne qui fait prendre le premier toutes ses dames. || Fig. et familièrement. Jouer à qui perd gagne, se dit lorsqu'un désavantage apparent produit un avantage réel. Il  cerlains jeux de cartes, faire jouer, nommer la couleur dans laquelle le coup doit être joué. C'est lui qui fait jouer. || Jouer sans prendre, ou, simplement, jouer; et faire jouer sans prendre, ou, simplement, faire jouer, signifie obliger l'adversaire à jouer sans écarter et sans prendre de nouvelles cartes. || Au quadrille et au tri, jouer sans prendre, jouer sans demander le roi. || Au jeu de la bêle ombrée, jouer sans prendre, faire les levées nécessaires pour gagner sans avoir écarté. || Jouer se dit particulièrement au jeu de la bête, pour déclarer que l'on s'engage à faire les levées nécessaires pour gagner ce qui va sur le coup, ou à faire la bête. Il Substantivement. Dans cette phrase, usitée à la bouillotte : ouvrir le jouer, proposer une somme quelconque aux autres joueurs. || Au jeu du mail, jouer au grand coup, jouer à qui poussera le mail le 'plus loin. Il Ne jouer que pour l'honneur, ou, activement, ne jouer que l'honneur, jouer sans intéresser le jeu. Il Jouer serré, jouer avec prudence et en évitant soigneusement de rien hasarder; et fig. ne donner aucune prise à l'adversaire dans une discussion, dans une aff'aire. Voyons venir, et jouons serré, beaumabchais, Mar. de Fig. m, 5. il Jouer do malheur, jouer avec malheur, n'avoir point de chance au jeu. Vous jouez d'un malheur insupportable, vous perdez toujours, sÉv. 9 mars 1072. Il Fig. Je trouvai hier Choiseul avec son cordon , il est fort bien ; ce serait jouer de malheur de n'en pas rencontrer présentement cinq ou six tous les jours, sév. B03. || On dit, dans le sens contraire, jouer de bonheur. Il faut convenir que nous jouons d'un grand bonheur, la bruy. x. || Fig. Jouer à jeu sûr, être certain du succès des moyens qu'on emploie dans une affaire. || Jouor au plus sûr, choisir de deux expédients celui où il y a le moins de risque Pour jouer au plus sûr. Il faut me l'amener
en un lieu plus obscur, mol. Éc. des f. v, 2. || Fig. Jouer au fin, au plus fin, employer l'adresse, la finesse pour venir à bout de ses desseins. || Fig. Jouer à, se mettre en danger de. Ha belle-fille.... fut assez hardie pour passer une fort grande eau sur un cheval qui nagea plusieurs pas.... elle jouait à se noyer, sév. 29 janv. (69o. Il est certain qu'il a joué â nous brouiller ensemble, id. 8 févr. )090. Il 4° Absolument. Avoir l'habitude de jouor de l'argent. C'est que je joue; et, comme je suis fort heureux, je mets sur moi tout l'argent que je gagne, MOL. l'Âv. I, 5. Elle plaint le malheur de la nature humaine Qui veut qu'en un sommeil où tout s'ensevelit Tant d'heures sans jouer se consument au lit, BOiL. Sat. x. Il vaut mieux s'occuper à jouer
qu'à médire, in. tb Autour d'un tapis vert. Dans
un maudit brelan ton maitre joue et perd, rronabd, le Joueur, i, 2, Je reviens aujourd'hui de mon égarement, F.t ne veux plus jouer, mon père, absolument, m. ib. 1, 7. J'aime, je bois, je jouc^ et ne vois en cela Rien qui puisse attirer ces réprimandes-là, m. Distrait, i, o. || Donner à jouer, recevoir chez soi des joueurs. On ne donne plus à jouer dans celto maison. Il vaut mieux jouer une tragédie que de donnCT à joner à des jeux do ha.sard ruineux, VOLT. IMt. de Bordes, sept. <7(!9. || Il jouerait les pieds dans l'eau, so dit d'un joueurdéterminé. || 6° Il
s'emploie avec le nom de la monnaie qu'on met sur jeu. Jouer aux écus, Dfc<. de J'^codi'mtc. || Jouer au dernier écu, jouer jusqu'à risquer le dernier écu qui resto dans la poche ; et fig. tout risquer. Nous avons entendu un de nos orateurs vous propo.ser, si l'Angleterre faisait à l'Espagne une guerre injuste, de franchir sur-le-champ les mers, et de jouer dans Londres même, avec ces fiers Anglais, au dernier écu, au dernier homme, mibadeau, CoUecf. t. m, p. 319. Il 6° Se servir de l'instrument nécessaire pour jouer à tel ou tel jeu. Jouer du battoir, au battoir. Jouer avec une raquette. Jouer de masse. Il Jouer des gobelets, faire des tours de pa.s3e-passe avec des gobelets; et fig. chercher à duper ceux avec qui on traite. || Jouer des mains, badiner avec les mains, se donner des coups l'un à l'autre avec les mains. || Jouer des mains, se dit aussi pour se battre tout de bon. Ou s'il faudra jouer des mains Avec des peuples inhumains, scabron, Yirg. m. Il Populairement. Jouer des mains, filouter. || On dit dans le même sens : jouer de la griffe. Une grosse troupe d'archers, qui me menèrent en prison, après avoir joué de la griffe chez moi et raftlé mes meilleurs effets, lesage, Guîm. d'Alfar. \i, 5. Il Fig. Jouer d'adresse, user d'habileté, de ruse. Il faut jouer d'adresse, corn, le Ment, u, 5. Ma foi, il n'est que de jouer d'adresse en ce monde, mol. Mal. im. interm. i, se. 6. Voilà jouer d'adresse et médire avec art, boil. Sat. ix. ||0n dit de même: jouer d'industrie. Agathe avait le bras et la main passables, et je remarquai que la friponne jouait d'industrie pour les mettre en vue le plus qu'elle pouvait, MARIVAUX, Pays. parv. b' part. || Fig. et populairement. Jouer des jambes, courir, et surtout s'enfuir. U se mit aussitôt à jouer des jambes. Il Jouer des mâchoires, voy. màcuoirk. |1 Fig. et populairement. Jouer de la poche, tirer de l'argent de sa poche pour payer. || Jouer du pouce, faire une dépense, payer ce qui est dû. || Jouer de la prunelle, parler des yeux, langage dont se servent deux personnes qui ne peuvent se dire ce qu'elles ont à se dire, et surtout un homme et une femme qui se font des signes d'intelligence. Rouge, tout interdit, jouant de la prunelle, mol. VÉlnurdi, iv, h. Agathe trouva plus de dix fois le moment de jouer de la prunelle sur moi d'une manière trèsflatteuse, MARiv. Pays. parv. 2° part. || 7° Se servir d'un instrument quelconque. Si tu ne le dis pas, j8 jouerai de la dague, th. corn. D. Bertrand de Cigarral, iv, 2. A faire des nœuds, à tourner votre rouet pour tout amusement, et à jouer de l'éventail pour toute conversation, boissy. Français à Londres, se. 5. || Jouer de l'espadon, jouer du bâton à deux bouts, etc. les manier avec adresse. || Jouer du drapeau, le faire voltiger avec adres.se. || Fig. et populairement. Jouer des couteaux, se battre à l'épée. Taureaux, j'en suis ; je veux y jouer des couteaux. Et donner au public, sans crainte do leurs cornes. Echantillon sanglant de ma valeur sans bornes, scarr. D. Japhet d'Àrm. m, 4. || 8° Se servir d'un instrument de musique, en tirer des sons. Jouer du violon, de la harpe, de la fiûte, du hautbois, etc. Ecrire par jeu, par oisiveté, et comme Tityre siffie ou joue de la llûte, la bhuy. xii. || Aujourd'hui, jouer se dit de toute espèce d'instruments; autrefois il y avait un verbe particulier pour cha(|ue instrument, on disait : toucher du piano ou de l'orgue, pincer de la harpe ou de la guitare, donner du cor, sonner de la trompette, etc. || 9" Se mouvoir, agir d'une certaine façon, en parlant des re.ssorts, des machines. Ce ressort joue en sens inverso do l'autre. Les pièces de cette machine jouent mal entre elles. Il Fig. Faire jouer toutes sortes de ressorts, employer tout son pouvoir, tous les moyens dont on peut disposer. Les ressorts .secrets qu'il fallut faire jouer, pour amasser de quoi fournir à cette dépense, étaient plus humiliants que l'amU.ss.idi! n'était pompeu.se, volt. Charles XII, 7. || On dit dans un sons analogue : faire jouer l'intrigue, les intrigues. Votre Majesté, qui a eu b bonté de mo marquer la satisf.iclion do ma nouvelle et très-mince dignité de secrétaire de l'Académie française, ne peut pas s'imaginer toutes les intrigues qu'on a fait jouer pour m'en écarter, d'alemukrt, /,(;((. au rni de Prusse, 22 août (772. || Faire jouer les intiSrêts, les passions, les mettre en jeu. L'homme injuste, qui met tout en œuvre, qui entre dans tous le» desseins, qui fait jouer les passions et les intérêts, ces deux grands ressorts ua la vie humaine, Boss, Sermons, Justice, (.||10- Avoir un mouvement libre, facile. Cette serrure ne joue pas. L'illusion si favorable au Panlbêon vient, à ce qu'on assure, de ce qu' 1 j a plus d'espace entre les ço-
infi
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lonnps, et que l'air joue librement autour, staf.l, Corinne, iv, i. |{ ïermo de marine. Le vaisseau joue sur son ancre, quand il est agité par le vent et en même temps retenu par son ancre. Le gouvernail joue quand il est en mouvement. Le vent est dit jouer lorsqu'il varie souvent et rapidement. Une pièce joue quand elle est mal consolidée. Il !!• Kn termes de charpente, de menuiserie et d'ébénisterie, le bois joue quand, par suite de dilatations ou de contractions, un assemblage se dérange. 1| 18° En termes de jardinage, on dit qu'une plante joue quand, grâce au vent ou aux insectes, les fleurs en sont fécondées par le pollen d'autres variétés, ce qui la rend hybride et lui ôte son caractère de pureté. Ces pensées ont joué. Avec tant de variétés à côté les unes des autres, vos potirons joueront. || IS" Jouer, en parlant des cascades, des jets d'eau, etc. qu'on fait jaillir. Le roi ordonna à d'Antin de lui faire voir [à l'électeur de Bavière] les jardins de Marly, et d'y faire jouer les eaux, BT-siH. 362, 3*. Il Autrefois, jouer se disait activement en ce sens. On joua les eaux. || Lancer de l'eau. Faire jouer les pompes. Les pompes jouent. Il 14° Faire explosion. La mine, le fourneau joua. Quand le canon eut joué. Faire jouer une mine. Des matelots, dans une de leurs réjouissances, s'approchèrent dans des barques sous le môle, dont l'artillerie devait les foudroyer; elle ne joua point, VOLT. Louis XIV, 20. Il Fig. On fait sa brigue pour parvenir à un grand poste.... l'amorce est déjà conduite, et la mine prête à jouer, la bruy. viii. Il 15° Jouer se dit des couleurs qui ont différentes nuances. Cet oiseau [le mainate] n'est guère plus gros qu'un merle ordinaire, son plumage est noir partout, mais d'un noir plus lustré sur la partie supérieure du corps, sur la gorge, les ailes, la queue, et dont les reflets jouent entre le vert et le violet, BUFF. Ois. t. VI, p. 426. Il 16" V. a. Exécuter les différentes combinaisons d'un jeu, d'une partie, d'un coup. Jouer tous les jeux. Jouer une partie de piquet. Jouer un coup habilement. || X la paume, jouer une Dalle, pousser une balle. || Aux échecs, jouerune pièce, la mettre à une autre case; aux dames, jouer une dame, la pousser d'une case à une autre. Il Jouer une carte, jeter une carte. Jouer cœur, jouer carreau, etc. jouer une carte de ces couleurs. Il En ce sens, il s'emploie neutralement aussi. Jouer en carreau, en cœur, en pique. || Au piquet, jouer bien les cartes, tirer tout le parti possible de ses cartes. Il écarte bien, mais il joue mal les cartes. Il Au jeu de trictrac. Jouer son coup, avancer deux dames du nombre des points donnés par chaque dé, ou une seule dame de la somme de ces points. Il Jouer le jeu, jouer suivant les règles du jeu. Vous ne jouez pas le jeu. || Fig. Jouer bien son jeu, se comporter adroitement en quelque aflaire, savoir bien dissimuler pour arriver à ses fins. Il a bien joué son jeu. Il Jouer un jeu, le savoir bien jouer, le jouer par préférence, être dans l'usage, dans l'habitude de le jouer. Quel jeu jouez-vous? est-ce le whist? Ne faut-il ni prévoyance, ni finesse, ni habileté, pour jouer l'hombre ou les échecs? la bruy. xii. Il 17° Hasarder au jeu. Il joua et perdit cent écus dans cette soirée. Tel homme passe sa vie sans ennui, en jouant tous les jours peu de chose; donnez lui tous les matins l'argent qu'il peut gagner chaque jour, à la charge qu'il ne joue point : vous le rendrez malheureux, pascal, l'ens. iv, 2, édit. BAVET. 11 me prit envie de la jouer [une jolie lanterne] pour vingt pistoles, si je trouve des femmes assez folles pour cela, sév. (5 mai lu?). Si deux hommes s'avisaient de jouer tout leur bien, quel serait l'effet de leur convention? l'un ne ferait que doubler sa fortune, et l'autre réduirait la sienne à léro; et quelle proportion y a-t-il ici entre la perte et le gain? bufp. Arithm. mor. || Familièrement. 11 jouerait jusqu'à sa chemise, c'est un joueur effréné. Il Jouer gros jeu, voy. JBO. |{ On dit dans le même sens : jouer grand jeu. Je ne permets à personne d'être fripon, mais je permets à un fripon de jouer un grand jeu : je le défends à un honnête homme, LA BRUY. VI. Il Au jeu de la bouillotte, jouer le tapis, jouer la passe (luand il ne reste plus de prises. || Fig. Jouer sa vie, s'exposer témérairement. Il 18° Jouer quelqu'un, jouer avec quelqu'un (uniquement en parlant des jeux de paumo et de volant). Je l'ai joué du battoir. 11 me gagne toujours, quoiqu'il me joue par-dessous la jambe, par-dessous jambe. || Fig. et familièrement. Jouer quelqu'un par-dessous jambe, par-dessous la jambe, avoir facilement le dessus. Je les aurais joués tous deux par-dessous la jambe, mol. Scapin, i, 2.i| Fig. Jouer quelqu'un, le tromper, l'abuser. II voit quand
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on le joue et quand on dissimule, corn. Poly. v, l. Mettez, pour me jouer, vos flûtes mieux d'accord, MOL. l'Ét. 1, 4. Qu'à son gré désormais la fortune me joue; On me verra dormir au branle de sa roue, BOiL. Épiire v. Tel vous semble applaudir qui vous raille et vous joue, m. Art p. i, Mais d'un soin si cruel la fortune me joue.... bac. Bérén. v, 2. Les députés reconnurent qu'Alcibiade les avait joués, rol- LIN, Hist. anc. Œurr. t. jv, p. 4 9, dans pougens. Il Jouer les deux, tromper deux personnes ou deux partis qui ont des intérêts opposés, en faisant semblant de les servir l'un contre l'autre. || Rendre vain, inutile, en parlant des choses. Ici vous avez joué mes accusations, ébloui vos parents, et plitré vos malversations, mol. G. Dand. m, 8. || 19" lO.xécuter un air, un morceau de musique sur un instrument, avec des instruments. Jouer une ouverture à grand orchestre. Jouer une contredanse. Jouer un air sur le violon, sur le piano, etc. Avant que de chanter, il faut que je prélude un peu, et joue quelque pièce, afin de mieux prendre mon ton, mol. Mal. im. i" interm. se. 4. || Absolument. Ce violoniste joue bien. || 20° Représenter une pièce de théâtre. Jouer une tragédie, une comédie, un drame, un opéra. On a joué Andromaque de Racine. On jouera le Tartuffe do Molière. Vous jouez une pièce nouvelle aujourd'hui, mol. Impromptu, 2. On a joué à Londres une traduction de Tancrède avec un trèsgrand succès ; la pièce m'a paru fort bien écrite, volt. Lett. d'Argental, 8 juill. )772. || Fig. On se voit soi-mêmedansceuxqui nous paraissent comme transportés par de semblables objets; on devient bientôt un acteur secret dans la tragédie, on yjoue sa propre passion, boss. Comédie, 4. i|| Absolument. Ce comédien joue fort bien. Nous ne savons pas nos rôles ; et c'est nous faire enrager vous-même, que de nous obliger à jouer de la sorte, mol. l'Impromptu, t. Jouez-vous tous deux aujourd'hui? id. ib. 2. || Fig. Jouer une pièce, un tour, un parti à quelqu'un, lui faire un tour ou malin ou méchant. L'infftme et lâche tour qu'un prince m'ajoué,coRN. JVî'com. iii,8. Même on lui dit qu'il jouera, s'il est sage, A ces gens-là quelque méchant parti, la pont. Fabl. viii, I8. Et tu m'oses jouer de ces diables de tours? mol. Sgan. 6. Sans lui, tu te serais mal trouvé de m'avoir joué cette pièce, brueys, Muet, v, )0. || En ce sens, on emploie aussi neutralement jouer. Jouerd'un touràquelqu'un,lui en jouer d'une, lui en jouer d'une bonne, faire subir à quelqu'un quelque mécompte, quelqtie mortification. Mais assemblons tous les rats d'alentour ; Je lui pourrai jouer d'un mauvais tour [au chat], la font. Fabl. xii, 25. On veut à mon honneur jouer d'un mauvais tour, mol. Éc. des femmes, V, 4. Ce bon apôtre Qui m'en veut donner d'une et m'en jouer d'une autre, lo. l'Ét. iv, 7. Que mon maître couvert de gloire Me joue ici d'un vilain tour! ID. Amph. i, t. La fortune m'a bien joué d'un autre tour, begnard, Démocr. m, 2. En voici bien d'une autre, monseigneur, le tripot m'a joué d'un mauvais tour, volt. Lett. Richelieu, <" fév. 4 77.T. Leurs excellences européennes veulent, dit-on, se couper la gorge; l'Anglais défie l'Allemand; celui-ci plus rusé lui joue d'un tour de diplomate, p.L. cour. 2« lett. particulière. || Fig. Jouer un vilain tour, avec un nom de chose pour sujet, être funeste. Cela pourrait vous jouer un vilain tour. || 21° Jouer la comédie, exercer la profession de comédien. || Absolument. Cet acteur a cessé de jouer. || Par extension. Jouer la comédie, faire des actions plaisantes pour exciter à rire. Est-ce que nous jouons ici une comédie?— Non, Monsieur, nous ne jouons pas, mol. Pourc. I, H. Il Fig. Jouer la comédie, feindre des sentiments qu'on n'a pas, chercher à paraître ce qu'on n'est pas réellement. Vous le croyez affligé, il joue la comédie. || Fig. Jouer la douleur, jouer l'homme d'importance, feindre d'être affligé, d'être un homme d'importance. Vous ai-je dit comme elle a joué l'affligée? siîv. 43B. Vous ne comprendrez combien ce que vous nous avez dit de La Plessis est plaisant, que quand vous saurez qu'il y a un mois qu'elle joue la fièvre quarte, id. 243. Ce n'est presque plus le bon air que de jouer certaines frayeurs; aussi bientôt on ne songera plus à avoir peur de.'i chats, MONTCRiF, dans desfontaines. Elle [la politesse exquise] a fait naître à certaines gens l'idée de jouer la grossièreté et la brusquerie pour imiter la franchise, et couvrir leurs desseins, duclos, Consid. mcpurs, ch. m. Mme de la Fcrté-lmbaut, qui joue la dévotion, mais qui ne joue pas la sottise, d'alem- BEHT, Lett. à Voltaire, 15 oct. 4 776. S'il n'était que vicieux, je n'en désespérerais pas; mais s'il joue les mœurs et la vertu I dider. Père de famille, i, 5. Comment donc? vous jouez la passion au mieux,
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boissy. Sage étourdi, ii, 6. || 22° Jouer un rôle, la représenter. Un tel a joué le rôle d'Oreste. Vous voilà tous bien malades d'avoir un méchant rôle à jouer! mol. l'Impromptu, l.||Fig. Jouer un rôle, figurer dans quoique alfaire. 11 a joué un rôle dans celte misérable intrigue. Tous ceux qui jouèrent un rôle dans cette grande révolution. 11 joua un grand rôle dans ces événements. ]| Jouer un grand rôle, occuper une grande place dans l'État. || Absolument. Jouer un rôle, avoir une influence notable dans les affaires, à la cour, etc. On fut assuré que Mlle de Haulefort no jouerait jamais un rôle, et (|U9 l'empire de Mlle de Lafajette était solidement établi, GENLis, Mlle de Lafayetle, p. 2C6, dans pougens. 1! Jouer un rôle, se dit quelquefois de choses personnifiées. Le rôle que joue la chimie dans les progrès de l'industrie. || Jouer le rôle de, agir comme. En ceci il joua le rôle de compère. || 23" Jouer ua personnage, le représenter. Jouer les pères nobles, les ingénues. Un tel a joué Oreste. || Fig. L'orgueil, comme lassé de ses ai'tifices et de ses différentes métamorphoses, après avoir joué tout seul tous les personnages de la comédie humaine, se montre avec un visage naturel et se découvre par sa fierté, LA rochefouc. Prem. pcns. t\. Vous êtes sur le théâtre, vous joue/, un grand personnage, mainte- NON, Lett. au maréchal de Tessé, lo févr. t706. Il Fig. Jouer un mauvais personnage, un sot personnage, se comporter mal, se comporter sottement. Enfin, quoi qu'il en soit, témoigner de 1 ombrage, C'est jouer en amour un mauvais personnage, mol. le Dép. i, 2. Il Jouer un petit personnage, être dans un poste peu honorable, ou avoir peu d'influence, peu d'action. Que vous jouez au monde un petit personnage! mol. Femm. sav. i, ). || 24° Jouer un conte, jouer un récit, accompagner un conte, un récit d'une sorte de mise en scène, d'une pantomime expressive. Coulanges nous joua cela si follement et si plai.samment, qu'autant que cette scène est plate sur le papier, elle était jolie à la voir représenter, s itv. 604. Sa gaieté, des saillies piquantes, le talent de conter et même de jouer des contes, de la malice dans le ton avec de la bonté dans le caractère, condorcet, d'Alembcrt. || 25" Jouer quelqu'un, le tourner en ridicule sur le théâtre, ou autrement. Cela est bon pour toi; mais pour moi, je ne veux pas être joué par Molière, mol. Impromptu, 3. Je pense pourtant, marquis, que c'est toi qu'il joue dans la Critique, iD. i6. 3. Je le trouve bien plaisant d'aller jouer d'honnêtes gens comme les médecins, m. Mal. im. m, 3. Après avoir joué tant d'auteurs différents, Boii,. Épiire l. Aristophane t'a joué [Socrate] sur le théâtre, tu as passé pour un impie, et on t'a fait mourir, fén. Vial. des morts anc. 15. Cette petite pièce [l'Amour médecin] est d'un meilleur comique que le Mariage forcé; elle futaccompignée d'un prologue en musique, qui est l'une des premières compositions de LuUi; c'est le premier ouvrage dans lequel Molière ait joué les médecins, volt. Vie de Molière. || Jouer quelqu'un, le tromper. Être franc et sincère est mon premier talent; Je ne sais pas jouer les hommes en parlant, mol. Mis.iu,'7. Il Jouer une chose, s'en moquer. Il y a beaucoup de choses qui méritent d'être moquées et jouées, de peur de leur donner du poids en les combattant sérieusement, PAsc. Prov. XI. Il 26° En parlant d'une chose, imiter une autre chose, en avoir l'apparence. Cette étoffe joue la soie. |{ 27°Se jouer, e.rr/Z. Se livrer à un divertissement (ici se jouer est un verbe neutre à forme réfléchie, comme s'enfuir, s'écrier,.se taire). Si on lui baillait des i)0upées pour se jouer, il ne s'en offenserait pas, balz. 7° dise, de la cour. Ces deux rivaux un jour ensemble se jouants, Comme il arrive aux jeunes gens, la font. Fabl. x, ('2. Que veut dire ceci ? nous nous jouons, je crois, mol. Mélic. i, 2. On n'est point capable de se jouer longtemps, lorsqu'on a dans l'esprit une passion aussi sérieuse que celle que je sens pour vous, id. Comt. d'Fsc. i. 'Voyez comme ces petites filles se jouent rudement, sÉv. 70. Plus il cherche à se jouer innocemment, plus il se trouble et s'amollit, fén. Tél. vu. Cvi voyait même, dans les pâturages, les loups se jouei au milieu des moutons, id. Tél. xvii. Ce Dieu, c'est celui qui mesure les eaux de la mer dans le creux de sa main ; qui tient entre ses mains les foudres et les tempêtes; qui dit, et tout est fait ; qui se joue en soutenant l'univers, mass. Avent. Cire. Ils font en se jouant et la paix et la guerre, volt, l'riumv. i, 4. Il Faire quelque cho-o en se jouant, faire quelque chose en s'amusant, sans effort. || Dans le style élevé, se jouer se dit de choses auxquelles on attribue une sorte de des.sein de se divertir. Les divers canaux qui formaient ces îles semblaient se jouer
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dans les campagnes, fi5n. Tél. i. Un zéphyr léger se joue dans nos voiles, id. ih. iv. Ce n'est point saisir la touche de la nature que do la considérer ainsi ; les coups de pinceau dont elle se joue à la superficie fugitive des êtres, ne sont point le trait de burin fort et profond dont elle grave à l'intérieur le caractère de l'espèce, buff. Ois. t. ix, p. 352. || Se jouer de quelque chose, faire sans peine ce qui pour d'autres semble difficile. Il se joue de toutes les difficultés. 11 y a certaines familles qui, par les lois du monde, doivent être irréconciliables ; les voilà réunies ; et où la religion a échoué quand elle a voulu l'entreprendre, l'intérêt s'en joue et le fait sans peine, la bruy. viii. Un Créqui, plus grand le jour de sa défaite que dans les jours de ses triomphes ; un Luxembourg qui semllait se jouer de la victoire, mass. Or. fun. Louis XIV. || 28° Se jouer d'une chose, s'en moquer, ne pas la traiter sérieusement, la traiter d'une manière dérisoire. Aussi ne vois-je rien qui soit plus odieux.... Que ces francs charlatans, que ces dévots de place De qui la sacrilège et trompeuse grimace Abuse impunément et se joue à leur gré De ce qu'ont les mortels de plus saint et sacré, mol. Tart. i, 6. Mes pères, c'est se joiicr des paroles, pasc. Prop. i. L'autre jour, Madame et Mme de Monaco prirent d'Hacqueville, pour s'en aller courir les rues incognito.... comme Madame n'est point sur le pied d'être galante, elle se joue parfaitement bien de sa dignité, sÉv. <9 juiU. «675. Avec quelle insolence et quelle cruauté Ils se jouaient tous deux de ma crédulité! rac. Baj. iv, 5. Les dieux, qui se jouent des desseins des hommes, nous réservaient à d'autres dangers, fén. Tél. i. Souffrirez-vous, Neptune, disait-elle, que ces impies se jouent de ma puissance ?iD.ib. vi.Peu de traités font mieux voir combien la religion sert de prétexte aux politiques, comme on s'en joue, et comme on la sacrifie dans le besoin, \oir. Ann. Emp. Ferdinand H, teis. Il Disposer de quelque chose arbitrairement et selon le caprice. Vous vous jouiez de la vie des hommes ; vous n'aimiez personne; qui vouliez-vous qui vous aimât? fén. Dial. des morts mod. Louis XI, la Salue. \\ Dans le style élevé et poétique, il se dit des choses qui semblent se moquer. La mort nous les ravit [les biens terrestres], la fortune s'en joue, CORN, rolxj. IV, 3. Allez dans les hôpitaux.... là vous verrez en combien de sortes la maladie se joue de nos corps, boss. Sermnns, Résurr. dern. 2. Semblable à un rocher escarpé qui cache son front dans les nues et qui se joue de la rage des vents, fén. Tél. VII. Elle sentait toujours je ne sais quoi qui repoussait tous ses eiïorts et se jouait de ses charmes, ID. ib. vu. Je ne peux répondre que de mes sentiments; la destinée se joue de tout le reste, volt. Lett. Mme Du Dejfant, 20 juillet 1761. Dans le stérile espoir d'une gloire incertaine. L'homme livre, en passant, au courant qui l'entraîne Un nom de jour en jour dans sa course aiïaibli ; De ce brillant débris le Ilot du temps se joue; De siècle en siècle il flotte, il avance, il échoue Dans les abîmes de l'oubli, i.amart. Méd. u, s. ||29° Se jouer de quelqu'un, se moquer de lui. Ne voyez-vous pas qu'on se joue de nous? || Se jouer de quelqu'un, en faire un jouet. Ils s'étaient (lattes de n'avoir à faire qu à un roi jeune et sans expérience, et avaient espéré de s'en jouer comme d'un enfant, roli.in, Uist. anc. Œuvr. t. viii, p. i)6, dans POroENS. Il On dit dans un sens analogue : Le chat se joue de la souris qu'il a prise, il feint de la laisser échapper pour la ressaisir aussitôt. Le jeune prince alors se jouerait de ma muse Comme le chat de la .souris, la font. Fahl. xii, 6. || Se jouer de quelqu'un, le décevoir, tromper ses desseins, son attente. Ô dieux! est-ce ainsi que vous vous jouez des hommes ? fén. Tél. ix. 1| Se jouer de quelqu'un, le tromper en lui donnant de belles paroles. Il m'a longtemps donné des espérances, il se jouait de moi. Il 30" Terme de féodalité. Se jouer do son fief, pouvoir le démembrer, et même en vendre une partie, sans qu'il fijt rien dû au suzerain, pourvu qu'on retint la fji entière et quelque droit seigneurial rt domanial sur la partie aliénée. || 31" Fig. Se jouer à quelqu'un, l'attaquer inconsidérément. Ces canailleslà s'osent jouer à moi, mol. l'réc. se. 8. Ce pauvre hère, voyant qu'il no fallait pas se jouer à une ogresse.... PERRAtLT,C'on(M, 4fl. Mon père lui montra bien qu'il .se jouait à plus fort que lui, fén. t. xix, p. 250. Si ta considération que j'ai pour la compagnie ne me retenait pas, je vous apprendrais à vous jouer à un homme de ma qualité, lk sagp,, Estev. Gonzal. ch. 32. Il U ne faut pas se jouer à son maître, il ne faut pas attaquer ou choquer un plus puissant que soi. Il On dit dans le mâme sens : se jouer à quel-
que chose. 11 ne faut pas se jouer à ce remède [la douche], sÉv. 21 sept. (077. Il ne se jouera plus à être malade, m. 342. || Ne vous jouez pas à cela, ne vous y jouez pas, ne soyez pas assez fou, assez téméraire pour faire cela, vous vous en repentiriez. Pour vous écrire [au comte de Grignanj, je suis votre très-humble servante, je ne m'y joue pas, sF.v. 23 avr. 1690. Il On dit par forme de menace -.jouezvous-y, qu'il s'y joue. Jouez-vous-y, je vous en prie ; vous trouverez à qui parler, mol. G. Dandin, i, 6. Qu'il s'y joue, il verra, destouciies, Phil. mar. V, 8. Il 32° Se jouer soi-même, se faire à soi-même illusion, se tromper soi-même (ici se jouer n'est plus un verbe neutre, mais est un verbe actif à forme réfiéchie). Cotte pitié qui causait des larmes [au théâtre], cette colère qui enflammait et les yeux et le visage.... n'étaient que des simulacres.... tant il est aisé de nous imposer , tant nous aimons à nous jouer nous-m"'mos! boss. 2" sprmon. Parole de Dieu, 3. Il 33° Se jouer, être joué, en parlant d'un jeu. Le whist se joue à quatre. || Fig. Examinons donc ce point, et d isons : Dieu est ou n'est pas ; mais de quel côté pencherons-nous? la raison n'y peut rien déterminer; il y a un chaos infini qui nous sépare; il se joue un jeu, à l'extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile, pasc. Pensées, x, \, édit. HAVET. Il 34° Se jouer, être joué, en parlant d'un instrument de musique, d'un morceau de musique. Ceci se joue à quatre mains. Cet instrument se joue avec la bouche, avec les doigts. ||35" Se jouer, être représenté, en parlant d'une pièce do théâtre. Le Tartuffe se joue ce soir aux P'rançais. || Proverbe. Qui a joué jouera, c'est-à-dire on ne quitte pas ses vieilles habitudes. Quiconque aime, aimera, Et quiconquq a joué, toujours joue et jouera : Certain docteur l'a dit, regnard, le Joueur, iv, ).
— HIST. XI* s. En Rencesvals [j'] irai mon cors [ma personne] juer , Ck. de Hol. Lxx. As escliez juent pour els esbaneier [se divertir], ib. viii. il xir s. N'i a paien qui en joue n'en rie [il n'y a pas payen qui s'en joue et en riej, Ronc. 25. || xiii' s. Qui aloiont jouant sur l'erbe qui verdie, Berle, u. Voir me porrez chescun jor. Ensemble od mei rire et juer, I.ai del désiré. Amorsn'a cured'ommc morne; C'est maladie moult courtoise. L'en en rit, etjeuc et envoise, la Rose, 2190. Ce doit moult Venus escuser. Quant volait de franchise user, Kt toutes dames qui se jeuent, Combien que mariage vuent [vouent, font vœu], ib. <4235. Et il respondirent que il leur sembloit que nous n'avions talent d'estre délivrez, et que il s'en iroient et nous envcrroient coulz qui joueroient à nous des espées, aussi comme il avoient fait aus autres,JOiNv. 242. Lorsestperduz joers et rires, ruteb. 21. Bien le poezlaissier ester, Fet soi Renart, ge me jooie, lien. 21209. Espreviers doit estre csleuz de tel manière que il ait petite teste et les oils [yeux! forniz, et joans et toriians legier sor la main, brun, latini. Trésor, p. 20. || xiv s. Car qui n'est eilreux en fait ou en parler. Jamais jour à nul gieu ne deveroit jouer, CuescL v. 18320. Ceulx qui carolont et dancent ou chantent ensemble, ou qui joient ensemble desinstrumensde musique, oresme, /•:ih. 245. Thomas Brisoul, par son mauvais engin et faulx dccevement,avoit fortraitte Alisette femme de Pierne Picart d'avecques son dit mari et menée jouer hors du païs, du canoë, jncare. || xv s. Vous mettez le royaume en votre volenté, et jouez du roi à votre entente, froiss. u, ii, 45. Avilit que, une fois, ainsi que enfants jeuent et .s'esbattent en leurs lits, ils s'entrechangerent leurs cottes, id. 11, m, i3. Quand le senechal de Hainaut et les autres virent venir celle grosse route (bindej...., iisjouerent de la retraite, et là scurent chevaux qu'espérons valoient, ID. II, II, GO. Si que je dy que fortune luy joua moult bien de son Jeu, ainsi qu'à mains en ce jour, et jouera encore, id. livre iVj dansLACuiiNE. Adonc luy dit un Breton qui moult savoit bien jouer de l'arhaleste : voulez-vous que je vous rende mort ce portier et du premier coup? ID. livre 11, p. 5. L'en doit tousjours jouer au moins perdre, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 320. Le duc est un prince dn hault courage et se fait mauvais juer à luy, chasïel. Chr. des ducs de Bourg, u, 25. Mort de moy! vous y jouez-vous? Mon cueur, vous faictes grant folye, cit. d'ori.ÉANS, 7(ondca«. Il XVI* s. Et, sans eux arrestcr, jouèrent des talons jusques à Lyon, Lett. de Louis XII, t. IV, p. (01, dans lacurne. Le jeu do la constance se joue principalement à porter.... mont. I, 48. Jouer le dernier acte de sa comédie [mourir], ID. I, 07. N'as tu pas veu tuer un de nos roys en se jouant IHciiri II]? ID. i, 74. Ceulx qui disent..., se jouent des paroles [jouent sur les mots], id. i, 223. U semble à poinct nommé quo la fortune se joue
i nous, m. i, 263. Il joua contre luy un soupper, id.
I, 273. Les Gaulois empeschoient que la balance ne jouast librement, amyot, Cam. 49. Le Candiot luy joua un tour de ruze candiote, in. P. Mm. 42. J'ay despit de le voir se jouer ainsi en seureté, et passer son temps paimy nous, ID. Timol. 22. Il plaça son artillerie jusques à la faire jouer dans le conir de l'armée espagnolle, d'aub. Uist. i, 20. Ils gagnèrent le fond des fessez par mines, qu'ils rendirent jusques dessous le rempart, puis les firent jouer, id. ib. i, 27. Quant aux munitions de guerre, La Rochelle en aida, mais chichement; en partie pour ce qu'il couroit un bruit ([ue le comte de Montgommcri en avoit joué, id. ib. il, 295. Fuyr quand il faultjouer des coulteaux, rab. Garg. i, 39. Il apprint fort bien à dancer, et à jouer de l'espée à deux mains, id. PaïU. II, 5. Le vassal peut démembrer son fief sans s'en dessaisir, ou la main mettre au baston; qui est ce que l'on dit : se jouer de son fief sans démission de foi, loysel, 64 i. T'avoir cinq ans fait de moy sacrifice, N'avoir de toy le dernier bénéfice, C'est trop jouer à l'amoureux transi,PASQUiER,ffi'uires mc.fîc'es, p. 385, dans LACURNE. Jouer à la fausse compagnie [s'en aller, s'esquiver] , oudin, Dict. Porter l'espée sur la cuisse, et n'en savoirpas jouer, ii. est. Apol. pour Iférod. p. 510, dans lacurne. En jouant on perd argent et temps, leroux de lincy, Prov. t. 11, p. 86. Quant le vent qui s'y joue [dans une chevelure], desportes, Angélique, i Un roy seul demeure : Les sots sont chassez ; Fortune à cette heure Joue aux pots cassez, Sal. flén. éd.LABiTTE, p. 29.
— ÉTYM. Wallon, jotcer; bourg, jué; provenç./ogar ; espagn. jugar; ital. giuocare ; du lat. j'ocan', jouer, jocus, jeu.
JOUEKEAU (joû-rô), s. m. Terme familier et à peine usité. Celui qui ne joue pas bien à quelque jeu, ou qui joue petit jeu.
— RTVM. Jouer.
JOUET (jou-è; le t ne se lie pas; au pluriel Vs se lie ; des jou-è-z élégants; jouets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. || 1° Ce qu'on donne aux enfants pour les amuser, etavecquoi ils jouent. Cet enfant a brisé ses jouets. || Par extension. Vous joucrez-vous de lui comme d'un oiseau, et le lieroz-vous pour servir de jouet à vos servantes? saci, Bible, Job, XL, 24. || Fig. Pauline [la fille de Mme de Grignan] me paraît digne d'être votre jouet; sa ressemblance même [avec Mme de Sévigné] ne vous déplaira point, du moins je l'espère, sÉv. 30 juin 1077. On dit que ce brillant soleil N'est qu'un joue* de ta puissance ; Que sous tes pieds il se balance Comme une lampe de vermeil, laima«t. Ilarm. 1, 7. Mais le temps? — Il n'est plus. — Mais la gloire? eh ! qu'importe Cet écho d'un vain son qu'un siècle à l'autre apporte. Ce nom, brillant jouet do la postérité? ID. Méd. II, 5,||2"Kig. Personne ou cliosa dont on se joue, dont on se moque. Les Juifs deviendraient le jouet des faux prophètes, boss. Uist.
II, 6. Un ane, le jouet de tous les animaux, Un stupide animal, sujet à mille maux, Dont le nom seul en soi comprend une satire, bo.l. Sat. viii. Quel jour mêlé d'horreur vient effrayer mon âme! Tout mon sang de colère et de honte s'enfiamiue; J'étais donc le jouet.... ciel, daigne m'éclairer! Un moment sans témoins cherchons à respirer, bac. Eslh. m, 4. Il est le jouet d'une femme sans pudeur, fén. Tél. ii\. Les rois sont exposés à être le jouet des autres hommes, ID. Tél. XIII. Dans un siècle où la religion est devenue le jouet ou do la débauche ou d'une faus.se science, dans un siècle où l'impiété est comme la première preuve du bel esprit, mass. Or. fun. Conti Il 3" Fig. Ce qui est abandonné à l'action impétueuse des éléments. Un vaisseau devenu le jouet des flots. Son vaisseau après avoir été le jouet des vents, FÉN Tél. I. Ils furent ce que nous sommes, Poussière, jouet du vent! Fragiles comme des hommes, Faibles comme le néant! lamart. Ilarm. 11, i. Il II se dit, dans un sens analogue, de l'action des choses morales. Ma patience sert de jouet à leur injustice; mais je ne me lasse point de soufl'rir, iinss Sermons, .sur l'Église, l. Notre esprit devenu le jouet de ses raisonnomenis, id. Uist. 11, <3. tls deviennent les jouets de la foriune, fli?cii. Aiguillon. Ce n'est plus le jouet d'une flamme servilo, rac. Andr. 11, b. Et les faillies mortels, vains jouets du trépas. Sont tous devant ses yeux [do Dieu] comme s'ils n'étaient pas, ni.Esth. I, 3. Le courtisan.... privé do cette droiture de cœur.... qui conserva purs et sans lacheles Daniel et les Ksther au milieu même d'unn cour infid; le, devient bicniôt le triste jouet do toutes les cupidités humaines, mass. Carême, Vocat. Hélas! nous sommes toujours les jouets do nos vaincs espérances, id. Or. fun. Dauphin. || 4» Terme de manège. Petits
ÏOL'
chaînette susiiendiieàla brisure du canon qui forme l'emboucliure. Mettre un jouet dans la bouclie du cheval, pour en solliciter l'action. |] 5° Jouets de pompe plaques de fer, qui sont clouées aux côtés des fourches de la potence d'une pompe. |l 6" Terme de marine. Synonyme de jas.
— HIST. xvi* s. 0 la courageuse faculté que 1 espérance.... nature nous a là donné un plaisant jouet,
— f.TYM. Diminutif de jeu : étymologiqiiement, petit jeu ; Berry, jouelle, s. f.
t JOITETTE (jou-è-f), s. f. Terme de chasse. Trou que le lapin fait en se jouant, et qui est moins profond que le terrier.
— f.TYM. Jo^ier.
JOUEUR, EUSE (jou-eur, eû-z"), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui joue, qui prend un divertissement avec d'autres personnes. Cet enfant est très- Joueur. Il Un rude joueur, une rude joueuse, une personne qui ne sait point jouer, folâtrer, sans ble.sscr ceux avec qui elle joue. || Fig. C'est un rude joueur, c'est un homme à qui il ne faut pas s'attaquer. Que vous êtes, madame, une rude joueuse en critique! MOL. Critique, 3. || 2° Celui qui joue à quoique jeu où il y a des règles. Joueur de paume. Joueur de boule. Bon joueur de wliist. Cette armée des confédérés va joindre les Impériaux; mais nous sommes assurés que monsieur le Prince [Condé] ne se battra que quand il voudra; voilà l'avatitage des bons joueurs d'échecs, sév. 20 sept. (676. || Fig. La balle vient au joueur, au bon joueur; ou bien au bon joueur vient la balle; ou bien la balle cherche le joueur, va au joueur; ou bien, elliptiquement, au bon joueur la balle, ou la balle au joueur ; c'est-à-dire à celui qui est habile son habileté fait trouver des occasions favorables. Il 3' Celui, celle qui joue de l'argent à un jeu quelconque. La fortune des joueuses est sujette à de petites révolutions quelquefois, dancourt, les Bourgeoises à la mode, m, ». Oui, monsieur, les joueurs sont un peu sujets à caution, comme vous savez, id. th. Parcette méthode, on trouve que, si deux joueurs égaux en fortune jouent à un jeu égal, la valeur de la perte de chacun est fort supérieure à celledu gain qu'il peut espérer, conuobcet, Bernoulli.\\ Bon joueur,ou beau joueur, homme qui joue franchement, et en offrant à l'adversaire chance de se récupérer. J'étais piqué; lui beau jo;ieur, iiamilt. Gramm. 3. M. de Vendôme était beau joueur, mais oidniiltre et disputeuraujeu,ST-siM.27,B3. || On dit dans le sens contraire: mauvais joueur. Il 4° Absolument. Celui qui a la passion du jeu. Je ne souffrirai pas qu'on trompe mamaîtresse.... Qu'elle épouse un joueur, un petit brelandier, HEGNAiin, ie Joîifwr, i, 2. Le jeu est très en usage en Europe; c'est un état que d'être joueur ; ce seul titre tient lieu de naissance, de bien, de probité, MONTESO. Lett.pers. 50. Brégi se trouvait avec Koquelaure dans une maison où s'étaient rassemblés de gros joueurs, genlis, llUe de Lafayette, p. 70, dans I'OUGens. || 5" Joueur d'instrument, celui qui joue de quelque instrument de musique. Joueuse de harpe. Donner des pensions.... à un maître de danse, à un farceur, à un joueur de flûte, la eruy. xiii. ie bon vin Pour toi no vieillit pas en vain. Beau joueur d'orgue au service divin, BÉnANO. Troubad. Il 5° Joueur de farces, joueur de gobelets, joueur de marionnettes, ceux qui divertissent le public par des farces, par des gobelets, par des marionnettes.
— IIIST. XIV* s. Carilestoit jouereas dés,j.DEC0N- DF.T, p. 1 31. Il XV» s. La bande des hallebardiers entremêlez rie grands joueurs d'espée, tous revestus d'une mesme parure, andbé dk la vigne, Voy. deNaples de Charles F/l/,p.H8 || xvi' s. Il n'est jeu qu'à joueurs, COTORAVB. De deux regardeurs, il y en a un qui devient joueur, leboux nE LiNcy, l'rov. t. u, p. 86.
— Etym. Jouer; bourguig. jueu; provenç. jogiiaire, au nominatif, yoguador, au régime; espagn. jugiidor; ital. giiiocalore.
JOUFFLU, UE (jou-nu, nue), adj. Il !• Qui a de grosses joues. Kn sortant de mon cachot, n'ayant que la peau sur les os, je rencontrai un homme joufllu et vermeil dans un carrosse à six chevaux, VOLT. l'l{. aux iO écus, Désastre. Si les rois sont les images des dieux et les ambassadeurs les images des rois, il s'ensuit, sire, parle quatrième théorème de 'Wolf que les dieux sont joufflus et ont une physionomie très-agréable, id. Letl. lloi de Pr. juin 4740. U est un petit homme.... Joufllu comme une pomme, rkbano. Pet. h. gris. \\ 2» Substantivement. Gros joufflu. Grosse joufflue. Vous devez, mon cher philosophe, avoir reçu une lettre satisfaisante de ce joufllu de Gabriel Cramer, volt. Letl. d'Alembert, 86 janv. )76S. Ce petit joufflu-là montre avoir de l'esprit, HEONARD, le Outrait, u\, 4 s, |j s» Terme de
JOU
marine. On dit quelquefois que l'avant d'un navire est joufflu, quand il est renflé ou que les joues en sont prononcées.
— HisT. xvi° S. Jouflu, HOB. ESTiENNE, Gramm. franc, p. 4H, dans laciibne.
— ÉTV.M. Mot oui semble à la vérité formé de joue, mais dont on ne connaît pas la dérivation. Scheler demande si c'est un composé anomal de joue et enfler.
JOUG (jough'; dans la campagne on prononce jou ; c'était la prononciation du xvii* siècle, cniFflbt, Gramm. p. 21 3^ remarquant que le g ne se prononce jamais ; au pluriel, \'s ne se lie pas; dos jough insupportables), ï. m. || 1° Pièce de boi.s servant presque exclusivement à l'attelage des bœufs et des vaches. Il fallait mettre au joug deux taureaux furieux, CORN. îlédée, 11, 2.||2" Dans l'ancienne Italie, pique placée horizontalement sur deux autres hchées on terre et sous laquelle on faisait passer les ennemis vaincus. L'armée romaine passa sous le joug aux Fourches Caudines. Ils furent tous passés sous le joug et renvoyés chacun avec un habit seulement, rollin, Hist. anc. GCuvr.t. i, p. B2i, dans POUGENS.Jl 3" Fig. Sujétion qu'impose un vainqueur ou une autorité oppressive. Si le joug qui l'accable [RomeJ est brisé par nos mains, corn. Cinna, i, 3. 11 vous fera porter un joug de fer, jus- (ju'à ce que vous en soyez éciasés, saci, Bible, Deutcr. xxviii, 4 8. Les Ioniens qui avaient secoué le joug des Perses, Boss. Ilist. i, 8. J'ai brisé le joug du roi de Babylone, id. ib. 11, 8. Au joug depuis longtemps ils se sont façonnés, rac. Bril. iv, 4. Ennemi des Romains et de la tyrannie. Je n'ai point de leur joug subi l'ignominie, id. Uithr. v, 5. Futil jamais au joug esclaves i>lus soumis? i». Esih. m, 4. On peut dire que ce fut la bataille de Chéronéê qui mit la Grèce sous le joug, rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. vi, p. 132. Ah! vous ferez aimer votre joug aux vaincus, volt. Orphel. v, fl. || 3° Il se dit de l'empire de l'amour. L'amour n'a-l-il encor triomphé que de vous?.... Mortelle, subissez le sort d'une mortelle; Vous vous plaignez d'un joug imposé dès longtemps, bac. Phèdre, iv, 6. Partons, la voile est prête, et Byzance m'appelle; Je suis vaincu, je suis au joug d'une cruelle; Le temps, les longues mers peuvent seuls m'arracher Ses tjaits que malgré moi je vais toujours chercher, a. chén. Élégies, Fragments. || Il se dit aussi du lien du mariage. 11 faut que M, de la Garde ait do bonnes raisons pour se portera l'extrémité de s'attacher avec quelqu'un [se marier' ; je le croyais libre, et sautant, et courant dans un pré ; mais enfin il faut venir au timon, et se mettre sous le joug comme les autres, sEv. 4 7 mai 4 878. Oui, déjà le notaire a, d'un style énergique, Grilloimé de ton joug l'instrument aullienlique, uoiL. Sat. x. L'hyménée est un joug, et c'est ce qui m'en plaît, id. ib. Au joug d'un autre hymen sans amour destinée, rac. Milhr. 1, 2. Il 4° Contrainte morale, sujétion. Mon âme a secoué le joug de cent remords, corn. Sertor. 1, 4. Déçue par la liberté dont elle a fait un mauvais usage.... elle [l'âme] se met de tous côtés sous le joug, Boss, la Vallière. Quand on regarde la facilité incroyable avec laquelle la religion a été ou renversée ou rétablie par Henri, par lîdouard, par Marie, par Elisabeth.... on est obligé de reprocher à ces peuples d'avoir été trop soumis, puisqu'ils ont mis sous le joug leur foi même et leur conscience, lu. Beine d'Àngl. Heureux qui, satisfait de son humble fortune. Libre du joug superbe où je suis attaché, Vit dans l'état obscur où les dieux l'ont caché! RAC Iph. 1, 4. J'espère Qu'indocile à ton joug [le joug de Dieu], fatigué de ta loi.... id. Athal.v,e. Le point fi.xe de nos lumières, c'est la foi ; on retrouve, en secouant le joug, les mêmes abîmes et les mêmes incertitudes que dans la soumission, MASS. Or. fun. Conli. Vous vous êtes engagé sous un joug différent, id. Carême. Vocation. 11 est terrible de porter un joug auquel on ne s'est pas soimême condamné, id. Prof. rel. Serm. 1 . Qui sent le joug le porte avec murmure, volt. Non. 1, 4.|| Il se (lit aussi, on bonne Jiart, d'une contrainte salutaire. Un joug que m'imposait cette faveur publique, COBN. D. Sanche, v, 4. Cette sage more plia le jeune de Sainte-Maure avec une extrême douceur sous le joug do l'autorité maternelle, flêcii. Duc de Mont. [La rime] Au joug de la raison sans peine elle flichit. Et, loin de la gêner, la sert et l'enrichit, boil. Art p. 1. Tu voudras t'affranchir du joug de mes bienfaits, rac. Brit. v, 6. Vous vivrez sans joug et sans règle, hass. Carême, Bcchnte, 4. Il Le joug du Seigneur, l'obéissance aux lois de la religion. Il n'eut pas moins de soin d'examiner la
JOU
vocation do ses deux vertueuses filles, qui portent le joug du Seigneur dans un des plus saints ordres de l'Église, FLÉCH. Lamoignon. Point de joug plus d<i«x que celui du Seigneur ; ceux qui sont à lui sont toujours contents, maintf.non, Ij'tt. à Mme de Vanladour, is mars )70o. || Faire joug, se soumettre (locution qui a vieilli). Il faut que mon humour fasse joug à ta loi, Régnier. Sat. xv. Les ministres poussèrent l'inégalité de la suscription avec tout ce qui n'est point titré, et même avec les évêques, archevêques, et tout leur a fait joug, st-sim. 05, 88. Il 5" Bâton ou fléau d'une balance. || 6" Terme de marine. Bâton pour tordre les cordages de moyenne grosseur et pour serrer une ligature. || Ancien terme de marine. Forte pièce do bois qui, dans une galère, à la proue et à la poupe, traversait le navire et supportait par ses extrémités tout l'appareil dos rames. |i On disait aussi par corruption joup,JAL.
— HIST. XII' s. Dejetums de nus [uous| le juli de els [eux]. Liber psalm. p. 2. || xui* s. Quant li hora use sa vie en vices, il li semble trop grief le joug do vertu, BBL'N. latini, Tm'or, p. 343. Li home gardassent volontiers la franchise que nature leur avoit donée, et n'eu.ssent miz lor col au jou des seignories, se ne fust ce que les maies oevres multeplioientperilleusement, id. ib. p. 403. Jamais buefsa teste cornue Ne metroit à jou de charrue, la 7io,?c, 4 8006. Il XIV* s. Que le consulat estoit mis souz le joue de la puissance trihunicienne, BEii^iiKURE,!* 84. il XVI* s. Les plus mutins et revesches excitoient les autres à faire joug [à se soumettre] à ceste ordonnance, CABLOIX, VI, 2. Mais je veux bien au vray vous advertir, Que, longtemps a, if fut mis sous le jou De mariage au bas pays d'Anjou, marot, 11, 72.
— ÉTYM. Provenç. jo ; catal. jou; espagn. jugo; portug. jugo; ital. giogo ; du lat. jugum ; grec, Çùyo^; allem. Joch ; persan, iough; sanscr. yuga; du verbe yuj,joindre,au sens d'attaclier,atteler; latin, yungcre.
+ JOUILLÈRES (jou-Uè-r', U mouillées) ou JOUIÈKES (jou-iè-r'), s.f.pl. Murs d'aplomb avancés dans l'eau, qui retiennent les berges d'une écluse, et auxquels sont attachées les coulisses des vannes.
JOUIR (jou-ir), V. n. || 1° Tirer plaisir, agrément, profit de quelque chose (sens le plus voi.sin du sens étymologique). Vous jouirez fort peu d'une telle insolence, cobn. Médée, 11, 7 Ce malheureux attendait, Pour jouir de son bien, une seconde vie, LA font. Fnbl. iv, '.:0. L'heureux vieillard jouit jusqu'à la tin des tendresses de sa famille, boss. le Tellier. La véritable victoire, celle ([ui met sous nos pieds le monde entier, c'est notre foi; jouissez, prince, de celte victoire, joui.ssez-en éternellement par l'immortelle vertu rie ce sacrifice [celui de Jésus-Christ], ID. Louis de Bourbon. Jouissant, en sujet fidèle, des prospérités de l'État et de la gloire de son maître, id. le Tellier. La liberté qu'on se donne de penser tout ce qu'on veut fait qu'on croit respirer un air nouveau; on s'imagine jouir de soi-même et de ses désirs, id. An?ie de Gonz. Hâtons-nous aujourd'hui de jouir de la vie; Qui sait si nous serons demain? rac. Àth. 11, 9. Ruxane ... Nous engagea tous deux par sa facilité À la laisser jouir de sa crédulité, id. Baj. i, 4. Le coup de foudre qui allait éclater se cachait encore sous l'éclat trompeur de la nuée; Dieu nous lais.sait encore jouir de notre erreur, mass. Or. fun. Dauphin. On s'enferme dans une maison sainte, plutôt pour jouir quelques moments plus à loisir de la pares.se, que pour fuir les (ilaisirs, ID. Carême, Véril. culte. Après avoir calculé pour le sage, calculons pour l'homme bien moins rare qui jouit de ses erreurs souvent plus que de sa raison, buff. Homme, arith. morale. Pendant que Davoust jouissait peut-être du dangereux plaisir d'avoir humilié son ennemi [Bcrtliier], sé- OUB, Hist. de ffap. m, 2. Aimons donc, aimons donc! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons! L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive, Il coule et nous passons, lamart. Médit, i, 43. || Absolument. Savoir profiter de ce qu'on a, vie, temps, fortune. U est riche, mais il no sait pas jouir. L'homme, sourd â ma \oix comme à celle du sage, Ne dira-t-il jamais : c'est assez, jouissons? la font. Fabl. viii, 27. Cependant jouissons; l'âge nous y convie; Avant de la quitter, il faut user la vie; Le moment d'être sage est voisin du tombeau, a. cuén. Élégie xxv. || Jouirde l'embarras doquelqu'un, jouir de son affliction, de sa détresse, etc. éprouver du plaisir à le voir ou à le savoir embarrassé, afflige, malheureux, etc. Du malheur qui me presse Tu ne jouiras pas, infidèle princes.se, hac. Milhr. iv, 7. Jouissez de sa perte injuste ou légitime, id. Phèdre, V, 7. Laissez-moi le plaisir de conlondre l'ingrat; Je veux voir sou désordre, et jouir de sa honte, id. Baj,
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IV, ». Il 2° ADsolument. Éprouver un plaisir sensuel. Le gastronome jouit en mangeant de bons morceaux. Il Populairement. Ça ne fait pas jouir, se dit de quelque douleur physique, par exemple l'arrachement d'une dent. Il 3° Parexlen'iion, avoir la posse.ssion, l'usage de toute chose qui procure bien-être, avantage, agrément. Jouir d'une grande réputation. Jouir de l'estime publique. Leur roi n'a pu jouir de ton cœur adouci, corn. Mort de P. v, 4. Les honneurs dont a joui Marie-Thérèse, flécii. llar.'Thér. II allait jouir d'un noble repos dans sa retraite de Bâville, ID. l.amoignon. Vous jouirez bientôt de son aimable vue, hac. Baj. v, o. Du fruit de tant de soins à peine jouissant Kn avez-vous six mois paru reconnaissant, lo. BrtJ. iv, 2. Chacun peut désormais jouirde mon aspect, VOLT. Zaire,l, 3.|| Cet homme ne jouit pas de sa raison, c'est-à-dire son intelligence est troublée, il est fou, il est en enfance. 1| On dit quelque fois jouir, en parlant des animaux. Les animaux qui jouissentdelafacultédevoirdansl'obsourité. || i" Particulièrement. Avoir la possession dequelque bien, de quelqueavantage,etenpiofiter.Jouird'uneterre,d'un emploi.Jouir desdroils civils, politiques.Uest majeur, il jouit de son bien. On ne m'a rien dit ni rien fait de leur part [les magistrats hollandais sollicites par Jurieul; j'ai joui de tous mes droits, et fait toutes mes fonctions comme auparavant, bayle, Lett. à lfinutoli,i7 août I69i. 11 m'avoua, pourme consoler, qu'il jouissait de quatre cent mille livres de rente, VOLT. l'Homme aux quarante écus, désastre. L'usufruit est le droit de jouir des choses dont un autre a h propriété, comme le propriétaire lui-même, mais à la charge d'en conserver la substance, Cod. Nap. 578. La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohibé par les lois et par les règlements, ib. 544. || Absolument. Jouir de bonne foi. Vous m'avez vendu votre terre, faitesmoi jouir. Il jouissait paisiblement. || Au sons juridique, percevoir les fruits que produit une chose. L'usufruitier a le droit de jouir de toute espèce de fruits, soit naturels, soit industriels, soit civils, que peut produire l'objet dont il a l'usufruit, Cod. Nap. b8i. Il 5° Kig. Avec un nom de chose pour sujet, il se dit des avantages attachés à cette chose. La réputation méritée dont jouit cet ouvrage. Celte entreprise jouit d'uno grande faveur dans le public. Cette contrée jouit d'un printemps periiétuel. D'où l'on voit que c'a été dans l'année 385Hb de la formation des planètes, c'est-à-dire il y a 38244 ans, que ce satellite [de JupiterJ jouis- .sait delà même température dont jouit aujourd'hui la terre, laKF. Théor. terre, part. hyp. ÛBuc. t. ix, p. 174. Il 6° Jouir de quelqu'un, avoir la liberté, le temps de conférer avec lui, de l'entretenir, d'en tirer quelque service, qiiebiue plaisir. Nous jouirons dî lui pendant son séjour à la campagne. !| Kamilièrement. On ne peut jouir de cet enfant, c'est-à-dire il est turbulent, capricieux, volontaire, on ne peut en venir à bout. 117° En langage libre, jouir d'une femme, avoir commerce avec elle. J'aimerais autant croire Dion Cassius, qui assure que les graves sénateurs de Rome proposèrent un décret, par lequel César, &gé de cinquanle-sept ans, aurait le droit de jouir de toutes les femmes qu'il voudrait, VOLT. Ilceurs, introduc'.ion. \\ 8" Terme de chasse. Les chiens courants jouissent Icrsijuo après avoir chassé, ils prennent l'animal et font curée. Pour avoir de bons chiens, il faut les faire jouir souvent. Il Proverbe. Qui de loin se pourvoit, de près jouit.
— KEM. Jouir, impliquant une satisfaction, ne se dit pas des choses mauvaises. Ainsi c'est parler ridiculement que dédire : Il jouit d'une mauvaise santé, d'uno mauvaise réputation. Toutefois, quand la chose mauvai.se dont il s'agit, malheur, peine, souffrance, peut être, par une hardiesse de l'écrivain, cfin^idéree comme quelque chose dont l'àme se satisfasse, alors jouir est très-bien employé : Il ne croit rien avoir s'il n'a tout; son ftme est toujours avilie et altérée, et il ne jouit de rien que des malheurs, MASS. cité dans cihault-ulvivieh; Je t'ai perilu; près do la cendre Je viens jouir de ma douleur, sT-LAMBKiiT, Épitaplie d'Ilelvétius.
— IIIST. xii* s. Li quelz doit mieux, par droit, d'amors joïr...î Couci, xx. Li rois les voit, s'est encontre saillis; Assés les a acolés et jets, Bernier baisa et puis le sor Geri, ttaoul de C. 266. || xiii* s. Vieschi [voici] li roi Uicart qui est entrés en ma terre, <l bien sai qu'il est outrecuidiés; et, s'il pooittant faire qu'il peust de moi goir, bien sai do voir [de vrai | neimrleroie la vie, C/ir. de Itains, p. 75.Chil [celui | qui doit goir se vie [>a. vie durant] des fruis par reson du testament.... uëaum. xii, fi. Mes [muu]
espoirs vaut d'autrui le joîr, Uss. de poésies fraiiç. avant I300, t. iv, p. <406, dans lacurne. Jà ne la querroient oîr [la vérité], Trop en [lorroient mal joîr. Se je disoie d'eus parole Qui ne lor fust plesante et mole, la Rose, t looo. Joie d'amours fait tant gai Lo cuer [le cœur], que c'est faerie [féerie]. Que nulz qui got sel celer, Bibl. des ch. 4" série, t. v, p. 20. Il XV* s. .Si jouirent chevaliers et escuyers paisiblement de leurs prisonniers, FROiss. ii, il, (9. ||xvi's. Il n'y eust rien qui leur semblist si plaisant à regarlcr, ne si doulx à jouir que sa compaignie et sa personne propre, amïot, P. Aim. 37. La santé que j'ay joule jusques à présent très- vigoureuse, mont, i, 78. Il se trouva court à jouir d'elle, id. i, 70. L'amitié est jouie à mesure qu'elle est désirée, ID.I, :209. Jouir du privilège de.... jd. i, 23». La solitude se puelt jouir au milieu des courts, m. j,278.Le3 vrays biens desquels on jouit à mesure qu'on les entend, ii). i, 287. C'est le jouir, non le posséder, qui nous rend heureux, ID. I, 329. Je le voyois [Montaigne] habiller le mot de jouir du tout à l'usage de Gascongne, et non de nostre langue françoiso : la santéque je jouy jusques à présent, pasquier, Lettres, t. ii, p. 380.
— ÊTYM. Génev. gaudir d-', quelqu'un, en venir à bout; norm. cette poutre est lourde, mais j'en jouirai bien, je viendrai à bout de la porter; provenç. gaudir, jaunir, gauzir; cat. gausir, jausir; anc.ital. gaudirc; ital.mod. gaudere;dti lat. gaudere.
JOUISSANCE (jou-i-san-s'), s. f. |[ 1° Action de jouir, satisfaction intellectuelle et morale, ou sensuelle. Les nobles jouissances de l'esprit. Pour lui le travail est une jouissance. La passion s'affaiblit par la jouissance, la jouissance est le terme du désir, BONNET, Ess. analyt. dme,ch.iS. || 2" Action de jouir de ce qui procure avantage ou agrément. Une longue et paisible jouissance d'une des plus nobles couronnes de l'univers, Boss. Reine d'Anglct. Après un si long temps do pleine jouissance, 'Vos attraits sont à vous sans contestation, eegnabd, le Joueur, il, 2. || 3" Possession et usage de quelque chose. La jouissance d'un privilège, d'un droit. Avoir pleine et entière jouissance de ses biens. Entrer en jouissance. Il n'a point la propriété do cette terre, il n'en a que la jouissance, quo l'usufruit sa vie durant. Troubler quelqu'un dans sa jouissance. Ne refusa-t-il pas une grande abbaye qu'on lui offrit pour un doses lils, parce qu'il n'était pas encore capable de so déterminer par son propre choix, et que la jouissance d'uu grand revenu lui pouvait être dans la suite un engagement à demeurer sans vocation dans l'état ecclésiastique? FLËcn, Lamoignon. \',i' terme juridique. La perception des fruits et l'usage. Il Plus étroitement. La perception des fruits que produit une chose. La perception des fruits constitue, sous le nom de jouissance, un des attributs de la propriété, uucauhroy, Insdt. expliq. § 408. Il 5" Terme de bourse et de finance. Droit aux intérêts ou aux dividendes de l'exercice courant. {| Jouissance de telle époque, se dit de l'époque de l'année où le trésor public paye les intérêts de la dette inscrite, où une compagnie paye ses dividendes. Trois pour cent, jouissance l" j.'invier. Crédit mobilier, jouissance juillet, etc. || 6" Il se dit d'un amour satisfait. Celui-ci a fait un madrigal sur une jouissance , celui-lii a composé des stances sur une infidélité, WOL. Préc. lO. || One pièce de vers où l'on décrit une aventure amoureuse. L'abbé Têtu, homme connu par beaucoup de bouquets à Iris, d'impromptus, de jouissances et de psaumes paraphrasés, après avoir voulu être longtemps un agrèabl'; débauché, eut l'ambition de convortir Mlle do Lenclos à sa mort, volt, sur Mlle de Lenclos. Il 7° En langage libre , avoir la jouissance d'une femme, avoir commerce avec elle.
— HiST. xvi' s. Je leur lainois la jouissance do mes biens, MONT, ii, 77. L'amitié ne prend accroissance qu'en la jouissance, m. i, 209.
— Etvm. Jouissant; provenç. gaudcnsa.
JOUISSANT, ANTE (jou-i-san, san-t') , adj.
Il 1" Terme de pratique. Oui jouit. Majeur usant et jouissant do ses droits. Fille usante et jou ssante do ses droits. || 2" Qui a la satisfaction do son amour. (Cn mari] Bien qu'il fîlt jouissant, se croyait malheureux, LA FO.NT. Fabl. IX, «5. Il ,S'. m. Il hait quiconque rcassit, comme les eunuques haïssent les jouissants, volt. Cand. 22.
JOUJOU (jou-jou), i. m. Jouet d'enfant. Donner des joujoux à un enfant. |[ Par extension. Eh bien, madame, c'est avec co joujou [un télescope] (|ue nous avons vu de nouveaux cicux, comme c'est avec une aiguille que nous avons connu uu nouvel hémisphère, volt. Vial. <3. ||ilu plur. Des joujoux.
— £TYlt. Uéduplication enfantine de jou, de jouer.
JOUR (jour; au pluriel, Vs ne se lie pas : des jour heureux; cependant plusieurs la lient : des jour-z heureux), s. m. || l" Clarté donnée à la terre par le soleil. 112" Espace de temps qui s'écoule entre le lever et le coucher du soleil. || 3° Espace de vingtquatre heures. 1| 4" Jour en un sens indéterminé, sans distinguer s'il s'agit de l'espace entre le lever et le coucher du soleil, ou de l'espace de vingtquatre heures. Il 6° Être de jour. || 6° Être à son dernier jour. || 7° Au jour la journée , au jour le jour. Il 8° Un jour, une époque indéterminée dans le passé. || 9° Du jour. || 10° À jour, au courant. ' 11° Jour considéré par rapport à l'état de l'atmosphère, de la température. || 12° Les bons jours, les dimanches cl fêtes. || 13° Les jours gras. il 14° Jours de barbe, jours de médecine, jours critiques. Il 15° Un mauvais jour, un jour où l'on éprouve quelque souffrance; un bon jour, un jour où l'on est quitte de cette souffrance. || 16" Jours utiles. Jours de grâce. Jours de planche. || 17° Les grands jours, assises extraordinaires. || 18° Les petits jours, les jours où l'on fait moins d'apprêts que dans les autres. || 19° Un jour, un temps plus ou moins court. Deux jours, un temps très-court. De quatre jours, sans instruction. || 20° Au plur. jours, une certaine durée, une certaine époque. Il 21° Plus particulièrement, les jours, la vie. il 22° Demi-jour, jour à demi voilé, clarté faible. Il 23° Toute clarté autre que celle du jour. || 24° Le jour, la vie, l'existence. 1| 25° Fig. Clarté, éclaircissement, lumière. || 2G° Manière dont un objet est éclairé. Il 27" En termes de peinture, imitation da la lumière. Il 28° Fenêtre, ouverture qu'on fait aux bfiliments pour qu'ils puissent recevoir du jour. Il 29° Ouverture, fissure par où le jour, l'air peut s'insinuer. || 30° X jour, en laissant passer le jour à travers. {[ 31° Fig. Facilité, moyen pour venir à bout de quelque affaire. || 32° Ce jourd'hui. || Proverbes. !• Clarté donnée à la terre par le soleil. Le jour se lève. Le jour vient. Il est iour maintenant à cinq heures du matin. Bien, bien, je m'en irai sitôt qu'il sera jour, Régnier, Sat. x. Quoi! Rodrigue, en plein jour! d'où te vient cette audace? corn. Cid, V, t. Jusques à demain jour, mol. Ec. des maris, m, 2. [Jupiter vous prie, ô nuit] Qu'à ses transports vous donniez plus d'espace. Et retardiez la naissance du jour, m. Amph. Prologue. Je veux savoir de toi, traître. Ce que tu fais, d'où tu viens avant jour, in. Amph. i, 2. N'apportons pas ici l'exemple de ceux qui roulent en leur esprit quelque noir dessein ; tout ce qu'ils rencontrent les trouble, et la lumière du jour et leur ombre même leur fait peur, BOSS. Sermons, Jugem. dernier, t. De quel nom cependant pouvons-nous appeler L'attentat que le jour vient de nous révéler? rac. Brit. i, l. Quel important besoin Vous a fait devancer l'aurore de si loin? À peine un faible jour vous éclaire et me guide, m. Iph. i, t. Déjà lo jour plus grand nous frappe et nous éclaire, id. ib. Mes yeux sont éblouis dujourque je revois, iD. Pli. i, 3. Et, prèteàvous ca> cher. Vous baissez le jour que vous veniez chercher, ID. ib. Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur, id. ib. iv, 2. Au jour que je fuyais, c'est toi qui m'as rendue, iD. ib. 8. Demain quand lo soleil rallumera lo jour, m. Eslh. i, 3. Mais si, d'un long crêpe voilée, Mon amante dans la vallée Venait pleurer quand lo jour fuit, millevote, Chute des feuilles. Enfin le jour, un jour sombre, parut; il vint s'ajouter à cette grande horreur [l'incendie de Moscou], la pAlir, lui ôter son éclat, séglr, Uist. de Nap. viii, 6. Dieu dit, et le jour fut; Dieu dit et les étoiles De la nuit éternello éclaircircnt les voiles, lamaht. Médit, i, 30. C'est que d'un toit dechaume une faible fumée. Un peu d'herbe le soir parle pitre all'jmée, Suflit pour obscurcir tout lo ciel d'un vallon. Et dérober le jour au plus pur horizon, id. //arm. 1, 5. Il Poétiquement. Lo soleil est dit le pore du jour, l'astre du jour, le flambeau du
jour Quand l'astre du jour Aura sur l'horizon
fait le tiers de son tour, rac. Athal. i, «.||Ellu est belle comme lo jour, so dit d'une très-belle personne. || Cela se dit aussi d'un enfant, d'un jeune homme. Cet enfant est beau comme le jour. 11 était une fois un jeune homme plus beau <|ue le jour, nomméRosimond,FÉN. t.xix,p. 2).||Lehautdujour, le moment du jour où le soleil est le plus haut sur l'horizon. Dans le haut du jour, on allait chercher dans la forêt l'ombre cl la fraîcheur, genlis, Veill, du chdt. 1. 1, p. 37», dans foloens. || Grand jour, le moment du jour où le soleil étant tout à fait levé, il y a pleine clarté, et aussi le jour aux endroits où rien no l'obscurcit. Examiner une étoffe au grand jour. Il Fig. Grand jour, la publicité. Lorsqu'eU»
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[l'ime criminelle] sera montrée à toutes les créatures et que tous ses vices les plus secrets seront exposés au grand jour, mass. Avent, Jugement. Un homme accoutumé à être loué dans roliscurité de •on petit cercle, devient furieux quand il e«t méprisé au grand jour, volt. Facéties, Réft. pour les sots. On est craintif, on fuit le grand jour et le bruit, j. j. Bouss.^m. IV. Chaque homme ose être un homme et penser au grand jour, a. chénier , l'Invention. Il Dans le même sens. Le grand jour de la publicité. Le grand jour de l'impression. Tel écrit récité se soutint à l'oreille, Qui, dans l'impression au grand jour se montrant, Ne soutient pas des yeux le regard pénétrant, BoiL. Art p. iv. |JFig. Clair comme le jour, évident ou facile à comprendre, sans obscurité. Cette affaire estmaintenant claire comme le jour. || C'est le jour etlanuit, ouc'estlanuit ctle jour, seditde deux choses ou de deux personnes qui diffèrent beaucoup entre elles. {| On dit dans le mËme sens : Ces deux personnes ne se ressemblent pas plus que le jour et la nuit; elles diffèrent autant que le jour et la nuit. Il Fig. et familièrement. Brûler le jour, allumer des flambeaux pendant qu'il fait encore jour. || Fig. et familièrement. Il est jour chez lui, chez elle, sedit en parlant d'une personne qui vient de se lever et chez laquelle on peutentrer. Mais, monsieur, pensezvous qu'il soit jour chez Lucrèce? cohn. le tient.
IV, I. J'allais passer chez vous pour voir s'il y fait jour, [.ACiiAi'SsÉE. Retour impr. I, 2. || Est-il jour? manière de parler pour dire : est-on éveillé? est-on debout? dort-on encore ou non? || Petit jour, le moment du jour où le soleil vient de se lever et où il donne encore peu de clarté. Sitôt que Sa Majesté [Louis XIV] est sortie du balustre [qui entoure son lit), un valet de chambre y entre, qui va prendre sur le fauteuil proche du lit le haut-de-chausses du roi et son épée; c'est là que commence le petit lever, ou qu'il commence à faire petit jour chez le roi, TBABOUILLOT, L'état de France (<7t2) (ie petit Uver du roi). || Il est petit jour chez lui, chez elle, se dit en parlant d'une personne qui ne fait que de s'éveiller, jj Dans le langage élevé ou poétique, voir le jour, être en vie. Quoi ! Rodrigue est donc mort? — Non, non, il voit le jour, CORN. Cid, iv, 5. Il n'est plus digne de voir le jour, boss. Ilist. m, 6. Je reçus et je vois le jour que je respire, Sans que père ni mère ait daigné me sourire, rac. Iphig. 11, (. Il Frg. Voir le jour, en parlant des choses qu'on retire du lieu où elles étaient cachées, enfouies. 11 y a bien des années que ce meuble n'a vu le jour. Et toi, rebut du peuple, inconnu Caloandre, Dans ton repos, dit-on, saisi par Gaillerbois, Tu vis le jour alors pour la première fois, boil. Lutr, v. Il Voir le jour, être publié. Livre qui n'a vu le jour qu'après la mort de l'auteur. || Fig. Mettre au jour, produire à la lumière; de là les deux sons de cette locution : donner vie, naissance, et publier, faire connaître. Il Donner vie, naissance, enfanter. J'ai dû cette vengeance à qui m'a mise au jour, corn. Cid,
V, 7. Ah ! Madame I Sous quel astre cruel avez-vous mis au jour Le malheureux objet d'une si tendre amour? rac. Iphig. v, 3. Grands dieux, qui connaissez ma haine et mes desseins, Ai-je pu mettre au jour un ami des Romains! crébillon, Rhadamiste, V, 2. || Créer, produire. Mes deux mains à l'envi disputent de leur gloire.... La droite a mis au jour un million de vers, corn. Hadrigal à Mme Serment. || Publier, donner publicité, faire imprimer. Le livra [ouvrage luthérien intitulé la Concorde] fut mis au jour en (679, après les célèbres assemblées tenues à Forg et à Berg en «578 et 1577, bOSS. Var. vin, § 42. Pradon a mis RU jour un livre contre vous, boil. ÉpUre vi. J'ai six couplets de chanson tout prêts à mettre au jour, MONTESQ. Ie«. pers. * 1 1 . || Mettre une chose au jour, au grand jour, la divulguer, la rendre publique. Leur rage a mis au jour ce qu'elle avait de pire, malh. I, 2. Attendant qu'on plein jour ces vérités paraissent, corn. Rodog. v, 4. Ai-je dû mettre au jour l'opprobre de son lit? rac. Phèdre, v, ). Voilà le fait mis au jour : il n'est digne d'entrer dans l'histoire qu'autant qu'il met en garde contre la prodigieuse quantité d'anecdotes de cette espèce rapportées par les voyageurs, volt. Ilisl. Russie, l'réf. hist. Il 2' Espace de temps qui s'écoule entre le lever et le coucher du soleil, par opposition à nuit ou temps qui s'écoula entre le coucher et le lever du soleil. Mais Trufaldin, pour elle, Fait de nuit et de jour exacte sentinelle, mol. l'Êt. i, 2. Elle [la mort] lui fut nuit et jour toujours présente ; car il ne connaissait plus le sommeil, boss. le TeUicr. Ces oratoires où elle a pleuré ses péchés et passé tant de jours et de
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nuits dans la contemplation des choses célestes, FLÉcn. Aiguillon, l'ous les jours se levaient clairs et sereins pour eux, rac. Phèdre, iv , 0. Dès la première démarche que Louis eut faite dans la voie de Dieu, il y marcha d'un pas égal et majestueux ; un jour instruisait l'autre jour, et une nuit donnait des leçons semblables à l'autre nuit, MASS. Or. fun. Louis le Grand. Le jour même a des saisons : le matin est le printe;iips du jour, le soir en est l'automne, il est moins salubre, DirEiiOT, Opin. des anc. pliil. (pytliagorisme). Chaque jour que je me lève en bonne santé.... buff. Probabilités de vie. Le moyen de rester veuve à mon âge, et de ne pas sentir quelquefois que les jours ne sont que la moitié de la vie? J. j. rouss. Udl. vi, 2. De labeur en labour l'heure à l'heure enchaînée Vous porte sans secousse au bout de la journée; Le jour plein et léger tombe, et voilà le soir, lamart. Ilarm. i, 6. Elle [lapoésie sacrée].... sur sa lyre virginale Chante au monde vieilli ce jour [le jour de la création], père des jours, id. ib. I, 30. Le soir est près de l'aurore; L'astre à peine vient d'éclorc Qu'il va terminer son tour; Il jette par intervalle Une lueur de chirté pâle Qu'on appelle encore un jour, id. Harin. Il, 4. Qu'est-ce donc que des jours pour valoir qu'on les pleure? Un soleil, un soleil, une heure, et puis une heure, Celle qui vient ressemble à celle qui s'enfuit , id. SIédit. 11 , 5. \\ Jour et nuit, sans relâche, sans se donner le repos de la nuit. Jour et nuit, grêle, vent, péril, chaleur, froidure, Dès qu'ils parlent [les grands], il faut voler, mol. Amph. i, -l. Allez : que tous les Juifs dans Suse répandus, Â prier avec vous jour et nuit assidus, Me prêtent de leurs vœux le secours salutaire, bac. Eslh. I, 3. Du biribi la déesse infidèle Sur mon esprit n'aura plus de pouvoir, J'aime encor mieux vous aimer sans espoir Que d'espérer jour et nuit avec elle, volt. Éplt. xxi. || Faire du jour la nuit et de la nuit le jour, dormir le jour et veiller la nuit. Dire qu'il pervertit l'ordre de la nature. Et fait du jour la nuit : ô la grande imposture ! mol. le Dép. m, 6. || 3° Espace de vingt-()uatre heures , comprenant le temps entre le lever et le coucher du soleil, ainsi que le temps entre le coucher et le lever; c'est le nychthémère des Grecs. L'année est composée de 305 jours et un quart. Il Jour civil, période qui commence au passage invisible du soleil parle méridien inférieur, c'està-dire à minuit. || Jour astronomique, période qui commence au passage du soleil par le méridien supérieur, c'est-à-dire à midi. Il Jour vrai, le jour d'après le temps vrai. || Jour moyen, jour que l'on détermine par le calcul , à l'aide des jours vrais, qui ne sont pas rigoureusement égaux; c'est sur le temps moyen qu'on règle les horloges. Il Dans les grandes fêles de l'Église, le jour commence aussitôt après les vêpres de la veille. |{ Jours complémentaires, nom donné, dans le calendrier républicain, aux cinq ou six jours que l'on comptait à la fin de l'année, pour compléter le nombre de trois cent soixante-cinq ou, dans les années bissextiles, de trois cent soixante-six jours, les mois de ce calendrier n'étant chacun que de trente jours. Il 4° Jour en un sens indéterminé, sans distinguer s'il s'agit de l'espace entre le lever et le coucher du soleil, ou de l'espace de vingt-quatre heures. La semaine a sept jours, le mois on a trente. Parler de leurs aïeux au jour de CérisoUes, RÉGNIER, Sat. m. Ses jours de fête se chang'rent en des jours de pleurs, saci, Ilible, Machab. i, I, 41. Adieu, nous en saurons le succès dans le jour, MOL. le Dtp. I, 2. Le propre jour que la paix commença.... sÉv. 23 août )C78. La mort se déclare.... dix jours entiers il la considère avec un visage assuré, tranquille, boss. le Tellier. Ces pécheurs, qui ont si bien mérité la honte, trouvent souvent le moyen de l'éviter en celte vie.... c'est pour cela que Dieu les appelle au grand jour de son jugement, ID. Serm. Jugcm. dernier, préambule. Un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasiés d'années et de jours, et que vous avez assez vu les saisons se renouveler.... id. le Tellier. [Ses vertus] ont fait du jour de sa mort le plus beau, le plus triomphant, le plus heureux jour de sa vie, m. ib. i la veille d'un si grand jour [la bataille de Rocroy], id. Louis de Bourbon. Trois jours lui suffisaient à peine pour régler ses confessions ordinaires, FLÉCH. Vauphine. Sangaride, ce jour est un grand jour pour vous, quinault, Atys, 1, 0. Tout doit servir de proie aux tigres, aux vautours, Et ce jour effroyable arrive dans dix jours, rac. Esth. i, 3. Tremble : son jour [du Dieu vengeur] approche, et ton règne est passé, u>. ib. m, 5. Mais cepen-
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dant, ce jour, il épouse Andromaque; Dans le temple déjà le tréne est élevé, id. Andr. iv, 3. Pallas de ses conseils empoisonne ma mère ; Il séduit chaque jour Britannicus mon frère, id. Rrit. 11, 4. Cromwell mourut le jour d'une tempête ext-raordinaire, volt. Dict. phil. Rochesteret Waller. Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourronsnous jamais sur l'océan dos âges Jeter l'ancre un seul jour? LAMART. Méd. I, 13. || JouT pour jour, se dit de quelque chose qui arrive une ou plusieurs années le jour même dont il est question. Il y a aujourd'iiui [3 novembre] vingt années, jour pour jour, que Votre Majesté se couvrait de gloire dans les plaines de Torgau, d'alemb. Lett. au roi de Prusse,
3 nov. 1780. Il X pareil jour, même sens. Les lauriers que vous cueillîtes, il y a seize ans, à pareil jour, dans les plaines de Lignitz, m.ib. 45 août 4 770. Il Prendre jour, convenir d'un jour, fixer un jour pour faire quelque chose. Vous aviez pris jour pour un lien si doux, mol. Tart. 1,6. Le jour fatal est pris pour tant d'assassinats, rac. Esth. I, 3. René prit jour avec eux pour leur raconter les sentiments secrets de son âme, chateaub. René. Il Prendre le jour de quelqu'un, prendre le temjis, le moment qui lui convient. Je prendrai votre jour. Il Prendre son jour, prendre pour quelque chose le jour qu'on trouve le plus convenable. Nous laisserons passer les fêtes et nous prendrons notre jour, sKv. 460. Je souhaite que vous ayez déjà pris votre jour pour partir, id. 403. || Jour pris, ajournement en justice. Avocat pour et contre appelé, jour pris.... RAC. Plaid, m, 3. || Avoir son jour arrêté, être déterminé à faire quelque chose tel jour. Si Dieu dissimule, qu'ils [les pécheurs] ne pensent pas pour cela avoir échappé à ses mains; il a son jour arrêté, il a son heure marquée, qu'il attend avec patience, boss. Sermons, Jugement dernier, 4. Il Avoir son jour, avoir un jour fixe où l'on fait quelque chose. Elles avaient chacune leur jour pour aller exhorter les malades, chateaub. Génie, IV, VI, 4. Il Avoir son jour, se dit aussi du jour où une personne reçoit du monde chaque semaine. Celte dame a son jour, c'est le mardi. || Faire en quinze jours quinze lieues, c'est-à-dire être lent, paresseux. Il II n'y a jour que..., c'est-à-dire constamment, sans laisser passer un seul jour. Il n'y a jour que je ne vous regrette.... ce goût que j'ai pour vous ne m'a point passé, sév. à Mme de Guitaut, 2U oct.
4 092.11 Un de ces jours, très-prochainement. || Terme d'anticjuilé romaine. X un autre jour, formule par laquelle les augures pouvaient rompre les comices, en annuler les actes, etc. || D'un jour à l'autre, en très- peu de temps, dans un très-court intervalle. Du plus riche homme de la ville qu'il était, il est devenu d'un jour à l'autre le plus pauvre, vaugbl. Rem. dans richelet. || De jour à autre, de temps en lemps. Il recevait, de jour à autre, divers avis, pa- TRU, Plaidoyer 6, dans richelet. Ils voient de jour à autre un nouveau culte, la broy. xvi. |{ On dit dans le même .sens : un jour l'un, un jour l'autre. Là, cormoran le bon apôtre.... Vous les prenait [les poissons] sans peine, un jour l'un, un jour l'autre, la font. Fabl.x, 4. Il Du jour au lendemain, sans retard, sans prendre d'autre délai que l'espace du jour où l'on est jusqu'au lendemain (locution blâmée par certains grammairiens, mais quis'explique comme il vient d'être dit). Je viens d'acheter un carrosse de campagne, je fais faire des habits, enfin je partirai du jour au lendemain, siîv. 4 3 avr. (072. || De jour en jour, à mesure que les jours, le temps se passent. Je sens de jour en jour dépérir mon génie, boil. Épttre viii. {| Du premier jour, tout d'abord. Ainsi tout votre amourn'est qu'une politique. Et le cœur ne sent point ce que la bouche explique. — Il ne le sentit pas, Albin, du premier jour, Mais celte politique est devenue amour, corn. Othon, i, 4. il Au premier jour, très-prochainement. Uix-huitmille francs que je vous paierai au premier jour, MOL. le Bourg, ni, 4. || Par jour, chai|ue jour. Deux onces de pain et un verre d'eau par jour, pasc. Prov. II. Dès qu'on ou'it gronder l'orage qui vient de fondre sur l'Empire et sur la Hongrie, n'ajouta-telle pas à ses dévotions ordinaires une heure d'oraison par jour? FLÉCH. Mar. T/if^r. || Jour à jour, chaque jour l'un après l'autre. M. d'Hacqucville et moi nous suivons son mal [d'une malade] jour à jour, SÉV. 4 26. J'admire comme jour à jour, et toujours triste, le temps s'est passé depuis votre départ, m. 7 juin 4675. 1] Tous les jours, chaque jour, Irèsfréquemment. Cela arrive tous les jours. Tous les jours elle ramenait quelqu'un des rebelle.s, boss. Reine d^Anglet. \\ On dit de même : tous les jours
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du monde. H fPomenars] est si hardi et si effronté, quR tous les jours du monde il fait quitter la place au premier président, sÉv. <9 aoilt107<. Elle a, tous les joui-s du monde, un courrier de l'armée, ID. 15 mai )G76. Il Tous les jours, signifie quel'iuefois, de jour eu jour. H devient tous les joure plus intraitable. || De tous les jours, habituel. Il est vrai que j'aime la réputation de notre cousin d'Allemagne; le marquis de Villars nous en dit des merveilles à son retour de Vienne, et de sa valeur, et de son mérite de tous les jours.... et du bon air de sa maison, sÉv. 22 sept. tess. || De tous les jours, vulgaire. Je sais.... que notre Dieu n'est pas un Dieu de tous les jours, que, négligé, il néglige i son tour, mass. Petit car. Drapeaux. Ce qui était rare est devenu un événement de tous les jours, id. Carême, Iinpén. || Les vêtements de tous les jours, les vêtements ordinaires, par opposition aux vêtements des dimanches et fêtes. || Mcttreà tous les jours, employer à des œuvres communes et peu élevées. Le prince met ces esprits fceux d'une médiocre capacité] à tous les jours, et se décharge sur eux des plus grossières fonctions de la royauté, balz. De ta cour, I" dise. Si Dieu nous avait donné trois ou (|ua!re vies, nous en pourrions mettre une à tous les jours, ID. liv. v, iett. 9. Il Mettre à tous les jours, faire un usage habituel. Vous ne devez plus être inquiète de moi; c'est le temps qui m'empêche présentement d'exercer ma nouvelle jambe; je la traite encore comme une compagnie, je ne la mets pas à tous les jours, sÉv. Hi avr. 4C85. ||Se mettre à tous les jours, ne se ménager point, s'employer aux moindres choses. Los grands génies ne se mettent pas à tous les jours, danxol'RT, la Femme d'intrigxtes, I, I. Il Ce grand comédien se met à tous les jours, il joue très-souvent, presque tous les jours. Il II ne faut pas se mettre à tous les jours, il lie faut pas diminuer son crédit, ce qu'on est, en se mettant en avant pour toute sorte de choses. Il 5" Être de jour, faire, pendant vingt-quatre heures, un service. Mélac, lieutenant général du jour, fit l'arrière-gardeavecun gros détachement, st-sim. 19, 85. Il 6° Être i\ .son dernier jour, être tout prts de mourir. Que sera-ce, quand.... trompés par nos plaisirs, par nos jeux, par notre santé.... nous viendrons tout à coup au dernier jour? Boss. Mar.-Tliér. Il On dit dans la même sens : jus ju'à mon dernier jour; son dernier jour approche. Il Le jour du Seigneur, le dernier jour de la vie. Une àme pénitente, qui a vu de loin le jour du .Seigneur, et qui s'y est préparée par la .solitude et par la prière, flécii. Aiguillon. De longues infirmités lui montraient le jour du Seigneur, mass. Or. fun. Conti. || Dernier jour, jour du jupemonl dernier. Siècle vainement subtil.... la princesse palatine t'est donnée comme un signe et un prodig« ; tu la verras au dernier jour confondre ton impénitenoe et tes vaines excuses, Boss. Anne de Gonî. \] Le jour d'Êniich,d'Elie et de saint Jean- Baptiste, le jour de la résurrection. M. de Sanzei [dont la veuve révoquait en doute la mort, à cause qu'on n'avait pas trouvé son corps] reviendra le jour d'Enoch, d'Élle et de saint Jean-Baptiste, sÉv. 4 sept lfi75. Il Jour de Dieu ! sorte d'exclamation de colère, de menace. Jour de Dieu ! je saurai vous frotter les oreilles, mol. Tart. i, l. Jour de Dieu! je l'étranglerais de mes propres mains, s'il fallait qu'elle forlignàt de l'honnêteté de sa mère, m. G. Dand. i, 4. || 7° Gagner sa vie au jour la journée, vivre au jour la journée, au jour le jour, n'avoir pour subsister que ce qu'on gagne chaque jour par son travail. Ayant assez de peine it vivre de ce qu'il gagnait au jour la journée, \kvar.\.. Q. C. 5ii3. Le seul i métier] qui, sans l'assujettissement personnel, piU me donner du pain au jour le jour, I. j. ROLSs. Cnnf. VIII. Il Kig. Vivre au jour le jour, au jour la journée, s'iniiuiéter peu du lendemain, n'avoir rien de fixe, de déterminé dans l'esprit. Je vis .au jour la journée, et n'ai pas le courage de rien décider; un jour je pars, le lendemain je n'ose, SÉV. U7. Vous savez ma dévotion pour la Providence, il faut toujours en revenir là, et vivre au iour la journée, m. 24 juill. 1075. jjso contenter d'expédients temporaires. Ils [les ennemis îles jansénistes] sont sûrs par là do triompher, quoique d'un ïain triomphe à leur ordinaire, au moins durant quelques mois; c'est baaucoup pour eux; ils chercheront ensuite quelque nouveau moyen de subsister; ilsvivent aujour la journée, pasc. Prov. m. 11 faut vivre au jour la journée quand on a affaire à des voisins; on peut suivre un pl;in chez soi; encore nen suit-on guère; mais, quand on joue contre les autres, on écarte suivant le jeu qu'on a, volt. Lelt. duc de Choiseul, I3 juill. <76l. {| Au jour la
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journée, sans plan fixe, en se laissant diriger par les événements. Former de tels plans, ce n'est point faire la guerre au jour la journée et comme au hasard, en attendant que les événements nous déterminent, follin , IJist. anc. diuv. t. xi, 2' part. p. 400, dans pougens. || Au jour la journée, signifie aussi sans relAche, continuellement. Il déblatère contre vous au jour la journée. Il 8° Un jour, se dit d'une époque indéterminée dans le passé. Un jour que je me promenais. Le chêne un jour dit au roseau : Vous avez bien sujet d'accuser la nature, la font. Fabl. i, 22. De Laban l'antique berger Un jour devant lui vit paraître Un mystérieux étranger, lamart. Médit, u, 6. ||I1 se dit aussi d'une époque indéterminée dans l'avenir. Pendant qu'il [Retz] voulait acquérir ce qu'il devait un jour mépriser, boss. le Tellier. Ils sont réservés à servir un jour d'exemple aux jugements terribles de Dieu sur les hommes, mass. Carême, Vérité de la reJïi;. li On dit dans ce même sens : quelque jour. Quel sera quelque jour cet enfant merveilleux? bac. Alliai. II, 0. Il Familièrement. Quelqu'un de ces jours, très-prochainement. On a pour ma personne une aversion grande; F.t quoiqu'un <lc ces jours il faut que je me pende, mol. Mis. m, t . || S- Du jour, qui appartient au jour même où l'on est. || Être du jour, être du jour même, en parlant de choses dont on certifie la fraîcheur. Ces fruits sont du jour, ils ont été cueillis aujourd'hui même. Ce poisson est du jour. Il Le pain du jour, le pain quotidien. Vivre, non de ce bruit dont l'orgueil nous enivre. Mais de ce pain du jour qui nourrit sobrement. De travail, de prière et de contentement, lamart. Ilarm. I, 5. || Le saint du jour, le saint dont c'est la fête ce jour-là; et fig. homme qui est à la modeou en crédit depuis peu. On fêlera toujours on France, En ville, au théâtre, à la cour, Le saint du jour, BÉHANG. Vietix habits. \\ Du jour, se dit, dans un sens analogue, de ce qui, actuellement, a crédit, faveur. Le goiit du jour. La curiosité du jour. La métaphysique du jourdiffèro de celle de l'antiquité, C]iateai;br. Génie, m, ii, 3. || On dit de mémo : un homme du jour. Les élégants du jour. Crois-tu que ce refiet de la splendeur suiirûme Soit ce mot profané qui passe tour à tour Du grand homme d'hier au grand homme du jour? lamart. Ilarm. ii, 12. Il 10° Terme de commerce. Xjour, loc. adv. Au courant. Livres à jour, livres dont le crédit et le débit sont régulièrement inscrits jusqu'à la date du jour. Les livres sont à jour. Nous sommes à jour. || Se mettre à jour, mettre toute sa correspondance, tous ses comptes en règle. || X jour, se dit aussi de toute besogne dont rien n'est arriéré. Nos copies sont à jour. Il 11° Jour considéré par rapport à l'état de l'atmosphère, de la température. Les jours caniculaires. Un jour de beau temps. Un vilain jour. La promenade est belle. — Fort belle. — Le beau jour! — Fort beau, mol. Éc. des f. ii, c.Je voudrais vous tenir l'un et l'autre dans ma retraite; je vois (|ue vous n'y viendrez que quand les beaux jours seront passés, mais vous ferez les beaux jours, volt. Lctt. Laharpe, n sept. (70«. Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire, A ses regards voilés je trouve plus d'attraits, lamart. Médit, i, a». Salut! derniers beaux jours; le deuil de la nature Convient à la douleur et plaît à mes regards, m. t7). i , 29. || Fig. Approche- t-il du but, quitte-t-il ce séjour, Rien ne trouble sa fin, c'est le soir d'un b^ iu jour, la font. Pliil. et Bauci.1. \\ Les beaux jours, les premiers jours du printemps. Remettez votre voyage aux beaux jours. Il Fig. Les beaux jours, le temps de la première jeunesse, ou les temps Ips plus heureux de la vie. Ô jours de mon printemps, jours couronnés de rose, A votre fuite en vain un long regret s'oppose; Beiux jours, quoique souvent obscurcis de mes pleurs. Vous dont j'ai su jouir même au scindes douleurs, A. ciikn. Élégies, xvi. || l''amilièrcmont. Un beau jour, un certain jour. Un beau jour il décampa. Dm» ma tête unbeau jour ce talent [de faire des vers] se trouva; Etj'avais cinquante ans quand cela m'arriva, piron, Métrom. ii, ). || Kig. et familièrement. Il y a beaux jours, il y a longtemps. Pour la vieille qui l'a attiré chez elle, et la jeune dont il a la tête tournée, il y a beaux jours que j'aurais f.ilt sauter tout cela, uinEii. Père de famille, m, 7. || 12" Les bons jours, les dimanches et jours de fête. La belle mit son corset des bons jours, la font. Ilerm. Que d'une serge honnête elle ait son vêtement, F.t ne porte le noir qu'aux bon.s jours .roulement, mol. lie. des mar. I, 2. Mais qui pourrait compter le nombre de haillons.... Dont la femme, aux bons jours, composait sa parure? BOIL. Sat. x. I| Les grand» jours, même sens. Du chapeau de son père Coiffé dans les grands
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jours, BftRANG. Boffcr B. Il Familièrement. Faire son bonjour, c'est-à-dire faire ses dévotions, recevoir la communion. Le roi se confessa pour faire demain matin son bon jour, dangeau, i,82 (samedi, 23 déc, 1084). Mme la Dauphine fit son bonjour, et communia par les mains de M. de Meaux, id. i, tio (samedi, 24 mars 1685). || Donner le bon jouràquelqu'un, lui souhaiter une bonne journée, sorte de salutation ; on écrit aujourd'hui en un seul mot bonjour (voy. ce mot). Il 13° Les jours gras, les derniers jours du carnaval, qui sont le jeudi, le dimanche, le lundi et le mardi. {| 14° Jours de barbe, les jours oii l'on a l'habitude de se faire la barbe. || Jour de médecine, le jour où une personne malade prend médecine, ou même une personne en santé par précaution. Il Jour critique, jour où il arrive ordinairement quelque crise dans certaines maladies. Il Jour critique, se dit aussi des jours où les femmes ont leurs règles. || 15° Un mauvais jour, un jour où l'on éprouve quelque souffrance ; un bon jour, un jour où l'on n'éprouve aucune souffrance. Il a la lièvre tierce, et c'est aujourd'liui son mauvais jour, c'est-à-dire le jour de Sun accès; demain sera son bon jour. || On dit de mémo : c'est son jourde fièvre, de bonne humeur, etc. Avoir des jours de gaieté et des jours de tristesse. || Ëiro dans un mauvais jour, être de mauvaise humeur, peu apte aux choses. Vous êtes dans un mauvais jour, vous ne comprenez rien. |1 On dit dans le même sens : il n'est pas dans ses bons jours. || Fig. Le mauvais jour, le jour de la vengeance du Seigneur. Malheur au pécheur fortuné qui dit en son cœur aveugle : J'ai péché, et que m'est-il arrivé de mal ? il ne songe pas que le Tout-Puissant l'attend au mauvais jour, boss. 3' sermon. Circoncision, -k || 16" Terme de jurisprudence. Jours utiles, jourspendant lesquels il est possible d'agi rjuridiqucmrnt,et en dehors desquels l'action n'a plus lieu. |! Terme de commerce. Jours de grâce ou jours de faveur, dix jours de délai qu'il était d'usage d'accorder à un débiteur pour l'acquit d'une lettre do change, après l'expiration du terme. Il Terme de marine. Jours de planche, le séjourque le capitaine d'un bâtiment frété par des marchands est obligé de faire dans le port de son arrivée pour le déchargement, sans qu'il lui soit rien dû au delà du fret. Il 17° Autrefois. Les grands jours, assises extraordinaires tenues par des juges choisis et députés par le roi ; ces juges, tirés du parlement, étaient envoyés, avec des pouvoirs très-étendus, dans les provinces éloignées, pour juger en dernier ressort toutes les affaires civiles et criminelles, sur appel des juges ordinaires des lieux, et principalement pour informer des crimes de ceux que l'éloignement rendait plus hardis et plus enliefirenants. Messieurs dos grands jours. 11 fut condamné parles grands jours. Depuis que les parlements ont été rendus sédentaires, nos rois, par leurs lettres, ont .souvent diuiné commission do juger souverainement en certaines cau.ses, et cette cour de justice souveraine a été appelée gr.nds jours, ménage, au mot jour. Ils [les gens de Riom) avaient employé toute sorte de sollicitations à la cour pour faire tenir lesgranils jours dans leur ville, flécii. Grands jours, p. 2. Il Fig. Puisque la licence effrénée tient maintenant ses grands jours [dans le carnaval], doss. Sermous, Quinquagés. Préambule. \\ Grands jours de Champagne et de Brie, cour de justice de Champagne sous l'administration de ses comtes. || Jours généraux, jours où se réunis.sait l'assemblée des états d'une province. Il Jours des barons, assemblée des barons pour juger les causes de leurs domaines. || Fig. On dit (;u'une personne tient ses grands jours, quand elle reçoit cliez elle beaucoup de monde, |! 18° Les petits jours, les jours où l'on fait moins d'apprêt que dans les autres. J'en étais (|uitto pour ne plus aller à la comédiequo les petits jours, c'est-à-dire ceux où l'on ne joue que de bonnes pièces, oenus, ^d. et Théod. t. I, p. 279, dans lOUGE.NS. || 19° Fig. Un jour, un temps plus ou moins court. Ce changoinont n'est pas l'ouvrage d'un jour; on ne parvient pas tout d'un coup à cette perfection.... hoi'udal. Dim. oet. du St-Sacrem. Dominic t. ii, p. 3(io. Jérusalem, objet do ma douleur. Quelle main on un jour t'a ravi tous tes charmes? rac. Alliai, m, 7. Mille ans ne sont qu'un jour à ses yeux (de Dieu], ma.ss. Carême, Itechute, I . Nous n'observons et nous n'expérimentons que depuis un jour, et pourtant combien ce jour nous a-t-il déjà valu do vérités imprévuesl bonnet, Lctt. div. OICuv. t. xli, p. 39, dans pougens. L'homme vit un jour sur la terre Entre la mort et la douleur, lamaut. Médit, i, 30. || D'un jour, qui ne dure que peu de temps. Faible et miséruLle créature, et vainement appelée à une
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beauté et à une gloire éternelle, vous ne Muriez sans regret voir tomber cette (leur d'un jour, ni passer cette couleur vive, ni cet air do jeunesse s'évanouir, iioss. Sermons, U^turreclion, 3. Qui pourrait n'élro pas ému à ce spectacle [la mort prompte delà reine]? mais ces émotions d'un jour qu'opèrent-elles ? ID. Mar.-Thdr. Elles [vos lettres] me gervent d'antidote contre foutes les misérables brochures qui m'inondent ; tous ces petits insectes d'un jour piquent un moment et disparaissent pour jamais, VOLT. ic/I. Berger, sept. (736. Cette impression d'un jour que j'ai produite sur vous, stael, Corinne, IV, i . Il Deux jours, un temps très-court. Pourquoi penscraux plaisirs, quand on n'a que deux jours à vivre? MAiNTtNON, Lelt. à Mme de Caylus, 9 nov. «717. Mais vous qui promettez les temps à sa mémoire [du mourant], Mortels, possédez-vous deux jours? LAHAHT. Médit. II, 6. Il Une chose de deux jours, une chose toute récente. Mais oe n'est point, Arlate, un secret de deux jours, rac. Mithr. I, l. \', Kig. Un théologien de quatre jours, un théologien qui ne fait que commencer l'étude de la théologie. Un homme [Jurieu] qui ne rougit pas de se donner pour savant, tombe dans une erreur qu'un théologien de quatre jours aurait évitée, doss. (" avert. XII. Il 20" Au plur. Jours, une certaine durée, une certaine époque. J'ose croire que les jours d'aveuglement [l'hérésie en Angleterre] sont écoulés, et qu'il est temps désormais que la lumière revienne, Boss. Reine d'Anglct. Vers les premiers jours de son régne [de Louis XIV], iD. Louis de Bourbon. Vous la cherchez [la félicité] sur la terre, et ce n'est pas là qu'elle est établie, ni que l'on trouve ces jours heureux dont nous a parlé le divin Psalmiste, ID. 4' sermon, Fêle de totis les saints. Dans ces jours de confusion et de trouble où les grâces tombaient sur ceux qui savaient à propos se faire soupçonner ou se faire craindre, Fitcn. Duc de Mont. Elle attendit ces mauvais jours que le ciel lui préparait, pour en composer avec soumission les exercices de sa piété, ID. Dauphine. Tous ses jours paraissent charmants; L'or éclate en ses vêtements; Son orgueil est sans borne ainsi que sa richesse, rac. Esth. II, 9. L'audace d'une femme arrêtant ce concours En des jours ténébreux a changé ces beaux jours, id. Alhal. I, ). Nous ai'ons vu toute la race royale presque éteinte ... l'époux et l'épouse auguste (duc et ducliesse de Bourgogne], au milieu de leurs plus beaux jours, enfermes dans le méiae cercueil, ma.^s. Or. fun. Louis le Grand. La monarchie n'avait pas encore vu des jours si brillants [que sous Louis XIV], ID. ib. La nouvelle épouse négligeait les ornements de sa jeunesse et de ses jours de joie, id. Carême, Mot. de conv. Les jours de rémission et de miséricorde sont arrivés, id. ib. Ils sont enfin venas les jours de ma justice, lamart. Médit, i, 30. Je repasse en pleurant ces misérables jours, ID. ib. i, 30. C'est un ami de l'enfance Qu'aux jours sombres du malheur Nous prêta la Providence Pour appuyer notre cœur, iD. Uarm. ii, t . || L'homme des anciens jours, le vieillard (expression qui appartient à Chateaubriand, et qui lui a été reprochée). L'homme des anciens jours se hâta d'allumer du feu avec des lianes sèches, chatkalb. Àlala, les Laboureurs. || En style de l'Écriture sainte, l'Ancien des jours (avec un A majuscule), Dieu. N'est-ce pas se moquer de l'Ancien des jours, de le vouloir faire parler à la mode, de lui apprendre le jargon des cercles et des cabinets...? BALz. Socr. chrét. dise. 7. || Mourir plein de jours, mourir très-vieux. Qu'ils meurent pleins de jours,que leur mort soit pleurée. Qu'un ami ferme leurs yeux, GILBERT, Imit. des psaumes. \\ 21° Plus particulièrement, la vie. Que pouvons-nous tous deux lorsqu'on tranche nos jours? corn. Iléracl. v, «. Après cent trente ans de vie, Jacob, amené au roi d'Egypte, lui raconte la courte durée de son laborieux pèlerinage, qui n'égala pas les jours de son père Isaac ni de son aïeul Abraham, boss. le Tetlier. Nous ravissez-vous Henriette par un effet du même jugement qui abrégea les jours de la reine Marie et son règne si favorable à l'Église? id. Duch. d'Orl. Si l'illustre duchesse dont n»us avons vu les prospérités eût fini ses jours dans les plaisirs et dans Ja joie du siècle, FLÉCH.lfme deMont.... En ce malheur je tremblai pour ses jours, rac. Mithr. i, i. Qui doit prendre à ses jours plus d'intérêt que moi ? id. Iphig. m, 6. Ta fureur, s'irritant soi-même dans soii cours, D'un sang toujours nouveau marquera tous tes jours, id. Brit. v, o. Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence, id. Phèdre, i, 3. Je vous souhaite,madame,le3 jours et l'estomacdeFontencUe vous avez tout le reste, volt. Lelt. Mme Ceolfrin', I<mai<;e4. Que n'est-ce tiacore ce temps..., Quand
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les trois sœurs (les Parques] pouvaient n'être pas inflexibles. Et qu'au prix de ses jours, de leurs ciseaux terriblesOnracbetaitdesjours plus chers I A.cnÉN.Ode V. Il n'avaitpas les traits morts et effacés de l'homme né sans passions; on voyait que ses jours avaient été mauvais, et les rides de son front montraient les belles cicatrices dos passions guéries par la vertu et par l'amour de Dieu et des hommes, chateaub. Atala, les Laboureurs. Mes jours fondent comme la neige Au souffle du courroux divin, lamart. Médit. i, 30. Et vous, pourquoi d'un soin stérile Empoisonner vos jours bornés ? Le jour présent vaut mieux que mille Des siècles qui ne sont pas nés, ID. ib. ii, 4. Toute herbe aux champs est glanée; Ainsi finit une année. Ainsi finissent nos jours, id. Uarm. ii, ( . Ton sort, 6 Manoel, suivi tlaloi commune, La Muse t'enivra do précoces faveurs; Tes jours furent tissus de gloire et d'infortune. Et tu versos des pleurs! n. Médit. I, 14. Il De mes jours, tant que je vivrai. Non, fuyez; je ne veux vous revoir de mes jours, de bièvre. Séducteur, iv, 8. || Sur nos v.ieux jours, dans nos vieux jours, dans notre vieillesse. || De nos jours, ou dans nos jours, de notre temps. Etait-ce là (la Fronde] de ces tempêtes par où le ciel a besoin de se décharger quelquefois? et le calme profond de nos jours devait-il être précédé par de tels orages? DOSS. ylnne de Gonx. Peut-être que nos neveux regretteront la félicité de nos jours avec la môme erreur qui nous fait regretter le temps de nos devanciei-s, id. 4* sermon, Fête de tous les saints. Térence qu'on a, dans nos jours, si malheureusement imité, LA BRUY. Discours sxir Théophr. Il 22° Demi-jour, jour à demi voiié, clarté faible. On ne les montre [des étoffes] que dans un demijour, parce que le grand jour y ferait paraître des défauts qui en rabaisseraient le prix, bourdal. Pensées, t. H, p. 230. Il Fig. Le demi-jour de la primitive histoire. Les vérités que contient le cœur sont du nombre do celles qui demandent le demi-jour et la perspective, chateaub. Génie, u, m, <.|123° Toute clarté autre que celle du jour. Le jour artificiel que donnent les bougies, le gaz. Et que nous dînions aux bougies; Leur éclat nous suffit; il répand à l'entour Ce demi-jour si doux qui convient â l'amour, FAVART, Soliman IL, li, 8. X l'heure où de la nuit le lugubre flambeau D'un pâle demi-jour revêt les sept collines, lamart. Itéd. ii, 20. ||Fig. Je pleure dans mon ciel tant d'étoiles éteintes! Elle fut la première, et sa douce lueur D'un jour pieux et tendre éclaire encor mon cœur, id. Uarm. iv, <o. Il 24° Le jour, la vie, l'existence. Perdre le jour. Et d'autant que l'honneur m'est plus cher que le jour, D'ai -antplus maintenant je te dois de retour, corn. Cid, lu, 6. Et de sa main il s'est privé du jour, id. liodog. v, 4. L'impératrice, à qui je dois le jour, Avait innocemment fait naître cet amour, id. Iléracl. m, l . Pour venger sa maîtresse il a quitté le jour, m. Cid, V, i . Et, si nous ne mourons en vous sauvant le jour, MOL. Psyché, 11, 4. Sinon, faites état de m'arracher le jour Plutôt que de m'ôter l'objet de mou amour, id. Éc. des mar. m, 8. Avez-vous oublié qu'ils m'ont sauvé le jour ? volt. Ali. i,i.\\ Respirer le jour, vivre. Albe où j'ai commencé de respirer le jour, Albe, mon cher pays et mon premier amour, corn. Jlor. I, I. Quoi ! vous à qui Néron doit le jour qu'il respire, BAC. Brit. l, *.\\ Ceux qui m'ont donné le jour, les parents de qui je suis né. |i25°Fig.Clarté, éclaircissement, lumière. Rien n'est plus propre à jeter du jour sur ces questions. Les narrations qui doivent donner le jour au reste y sont si courtes que le moindre défaut ou d'attention du spectateur où de mémoire de l'acteur laisse une obscurité perpétuelle en la suite, corn. Mél. préf. Sur votre aveuglement il [Dieu] répandra le jour, id. Poly. IV, 3. Une ombre est toujours ombre, et des nuits éternelles II ne sort point de jours qui ne soient infidèles, id. Toison d'or, 1, 3. Ne me déguisez point ce que, dans cette cour. Sur de pareils soupçons vous auriez eu de jour, id. Sur. 11, i. Et sans doute il faut bien qu'à ce becque cornu Du trait qu'elle a joué quelque jour soit venu, mol. Éc. des f. IV, 6. Quel jour mêlé d'horreur vient effrayer mon âme! rac. Fsth. m, t. L'antithèse est une opposition de deux vérités qui se donnent du jour l'une à l'autre, la bruy. i. La lecture de l'excellent livre du docteur Clarke m'aditrompé; et j'ai trouvé dans ces démonstrations un jour que je n'avais pu recevoir d'ailleurs,voLT. Mél. litt. Au P. Toumemine, 1735. Il 28° Manière dont un objet est éclairé. Couleurs diverses selon les divers jours dont on les regarde, LA BRUY. VIII. Hors du jour convcnable, le tableau n'est qu'un amas de taches luisan tes et grasses, placées i côté les unes des autres, et renfermées
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dans une belle bordure dorée, dider. Peint, en cire, Œuvr. t. XV, p. 387, dans pougens. || Fig. U n'y en a point [d'esprit] qui ait tant de différents lustres ni qui soit si^ beau à toutes sortes de jours comme lésion, voit. Lett. 3o.Et tout ce grand éclat de leur gloire ternie Ne sert plus que de jour à votre ignominie, BOIL. Sot. V. Adoucissez, tant qu'il vous plaira, cette vérité dans votre esprit; envisagez-la dans ses jours les plus favorables, id. Carême, Conf. Il Mettre quelque chose dans son jour, le placcràun jour convenable, de manière qu'on puisse bien le voir. Il faut mettre ce tableau dans son jour. || Fig. Il se dit de la manière de présenter une chose. Il met ses bonnes qualités dans un jour si désavantageux, qu'elles deviennent plus dégoûtantes que ses défauts, LA RociiEF. Prem. pens. n° 27. Quand je tiens une chose comme celle-là.... je sais assez bien la mettre en son jour, sév. (36. Je crois de votre Provence toutes les merveilles que vous m'en dites; mais vous savez très-bien les mettre dans leur jour, SÉV. 27 mai 1672. Que si je puis mettre dans leur jour ces trois importantes raisons, boss. Sermons, Prédication, Préambule. Tu viens do mettre ici l'hymen en son beau jour, boil. Sat. x. Je puis dans tout son jour mettre la vérité, rac. Athai. 11, 6. S'il donne quelque tour à ses pensées, c'est moins par une vanité d'auteur, que pour mettre une vérité qu'il a trouvée, dans tout le jour nécessaira pour faire l'impression qui doit servir à son dessein, LA BRUY. I. Nous mettons nos passions dans un jour si favorable, mass. Avent, Épiph. Il y a peu do ci tations dans le Siècle de Louis XIV, parce que les événements des premières années, connus de tout le monde, n'avaient besoin que d'être mis dans leur jour, volt. hist. Uuss. Préf. hist. || Mettre en jour, exposer au jour qui convient; et fig. donner un» tournure qui fasse valoir. Qu'il a l'esprit adroit quand il veut déguiser. Et que, pour mettre en jour ces compliments frivole<, U sait bien ajuster ses yeux à ses paroles! corn, la Cal. du pal. iv, ). Pour mettre encore mieux en jour notre impuissance à juger de l'expression d'Homère, transportons-nous à deux mille ans dans l'avenir, lamotte, Discours sur Homère. || Donner un jour à une chose, faire qu'une chose soit bien ou mal éclairée; et fig. donnera une chose une certaine tournure favorable ou défavorable Ce qui a le plus contribué à sa réputation est de savoir donner un beau jour à ses défauts, larochefouc Rets. De semblables erreurs, quelque jour qu'oij leur donne. Touchent les endroits délicats, mol Amph. m, 8. On a pris à tâche de me présentera Londres avec Mlle Levasseur dans tous les jours qui pouvaient jeter sur moi du ridicule, J. J. rouss Lctt. d la comtesse de Uoufflers, 9 avr. 4760. || Faux jour, lumière qui éclaire mal les objets, de manière à les faire voir autrement qu'ils ne sont. Ce tableau est en faux jour, dans un faux jour. Le marchand fait des montres, pour donner de sa marchandise ce qu'il y a de pire : il a le cati et les faux jours, afin d'en cacher les défauts, la bruï. vi. !| Fig. L'œil le plus éclairé sur de telles matières Peut prendre do faux jours pour de vives lumières, corn. Iléracl. v, 2. Je ne sais si l'honneur eut jamais un faux jour, ID. Nicom. III, 2. Et ce n'est qu'un faux jour qu'elle a voulujeter Pour lui troubler la vue et vous inquiéter, ID. Perthar. 11, 4. Si l'éclat [de la gloire] n'est appuyé sur une grandeur solide, il est faible et n'a qu'un faux jour, boss. Sermons, Vertu de la croix. Préambule. Les portraits des hommes publics sont toujours dans un faux jour pendant leur vie, volt. Mél. hist. Testam. polit. d'Alberoni. Dans l'éternel oubli j'y dormirais encore [au sein du néant] ; Mes yeux n'auraient pas vu ce faux jour que j'abhorre ; Et dans la longue nuit mon paisible sommeil N'aurait jamais connu ni songes ni réveil, lamart. J/cd. 1, )8. ||27°Terme de pointure. Imitation do la lumière répandue sur les objets repré.sentés en un tableau. Dans ce tableau le jour vient d'en haut. || Jour d'atelier, jour d'un tableau ménagé avec un soin particulier. Rembrandt et le Caravage ont des jours d'atelier. {[ Jour accidentel, celui que donnent accidentellement les rayons du soleil entre des nuages, celui d'une lampe, d'une petite fenêtre, etc. || Placer, mettre un tableau à son jour, le placer de manière que le jour du lieu où on l'expose vienne du même côté que le jour qui paraît éclairer les objets représentés. || 11 se dit, surtout au pluriel, des touches les plus claires d'un tableau. Savoir bien mêler les jours et les ombres. Des jours de reflet. Les ombres et les jours si justement donnés. Le riche coloris, les figures augustes, BAHiER, le Cabinet de Quinault, p. 4c Il 28' Fenétra, oii.vcrtui-« i{u'au fait aux kUimcnt/
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pour qu'ils puissent reccvo:rdu jour. Des jours bica pratiqués. |{ Tirer du jour d'un certain côté, pratiquer de ce côté une fenêtre, une ouverture. |{ Terme d'architecture. Jour droit, celui d'une fenêtre à hauteur d'appui. Jour à plomb, celui qui vient directement d'en haut. Jour d'en haut, celui qui est communiqué par un abat-jour. || Faux jour, fenêtre percée dans une cloison pour éclairer un passage de dégagement, un petit escalier, une garderobe qui ne peut tirer du jour d'ailleurs. {{ Jour à verra dormant, voy. verre. |) Terme de jurisprudence. Jour de coutume, jour, fenêtre que le propriétaire d'une maison fait ouvrir dans un mur non mitoyen. Le propriétaire d'un mur non mitoyen, joignant immédiatement l'héritage d'autrui, peut pratiquer dans ce mur des jours ou fenêtres à fer maillé et verre dormant, Cod. Nap. 676. Ces fenêtres ou jours ne peuvent être établis qu'à vingt-six décimètres (huit pieds) au-dessus du plancher ou sol de la chambre au'on veut éclairer, si c'est à rez-dechaussée, et à dix-neuf décimètres (six pieds) audessus du plancher pour les étages supérieurs, ib.977. Il Jour de servitude, ouverture ou fenêtre faite dans le mur mitoyen ou du voisin, en vertu d'un titre, d'une conveution particulière, ou de la possession de trente ans. Jour de souffrance, ouverture ou fenêtre donnant sur la propriété d'un voisin qui le souffre ou qui l'a permis. || Cette maison a des jours sur la maison, sur la propriété voisine, elle a des fenêtres ouvertes du côté de cette maison, de cette propriété. || 29" Ouverture, fissure par où le jour, i'air peut s'insinuer. Ces planches ne sont pas bien jointes, il y a du jour entre deux. I| Jour d'escalier, le vide qui reste entre les limons sur lesquels est portée la rampe. || Terme de charpentier. Vide qu'on laisse entre les pièces de bois, de peur qu'elles ne s'échauffent. Il Se faire jour, se faire ouverture et passage, en parlant des choses. La flamme se fit jour. Déjà l'eau se faisait jour à travers la digue. Ce futen vain que cesaimables dames voulurent essuyer leurs larmes ; elles se faisaient jour malgré leurs efforts pour Ifs retenir, maeiv. Paysan parv. ♦• part II Kig. Tôt ou tard la vérité se fait jour. || Se faire jour, se dit d'tin homme ou d'une troupe qui perce un gros d'ennemis. Et malgré vos refus il faudra que leurs coups Se fassent jour ici pour aller jusqu'à vous, CORN. Hor. ii, 6. Cette troupe, rassemblée et ranimée par le malheur de son prince, se fit jour à travers plus de dix régiments moscovites, VOLT. Cliarles III, 4. || Faire jour, laisser passer. Car l'on m'avait fait jour en se moquant de moi, RAiM. POISSON. Bar. de laCrasse, se. 2. || Fig. Faire jou.', frayer le chemin. Le service éclatant Du bras qui lui fait jour au trône qui l'attend, mol. D. Gare, v, 1. 11 Dans le même sens : se faire jour, se frayer son chemin. Au travers des périls un grand cœur se fait jour, bac. Andr. m, ^. Quelle horrible peine a un homme.... qui n'a que beaucoup de mérite pour toute recommandation, de se faire jour à travers l'obscurité où lise trouve! la bruy. ii. || Faire jour, faire pénétrer, apercevoir, saisir. L'œil d'un amant jaloux a bien d'autres clartés.... Son amour lui fait jour jusqucs au fond d'une âme, corn. Théod.vi,6. Il Danslemêmescns:sefaire jour, pénétrer, apercevoir, saisir. J'ai su me faire jour jusqu'au fond do son âme. Où j'ai peu remarqué de sa première flamme, corn, la Suiv. i, 6. Un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs, mol. Tart. v, 7. Il 30° X jour, en laissant passer le jour à travers. Celte cloison est à jour. Tout est à jour dans la nature ; et il n'y a grain de sable si imperceptible qui n'ait plus de cinq cents pores, volt. Oreilles de Chest. 7. Il On dit dans un sens analogue : broderie i jour, points à jour. ||Cet édifice, cette maison est à jour, tout à jour, cet édifice, cette maison n'est pas encore garnie do ses portes et fenêtres. ]| l'crcéàjour, percé de part en part, en sorte qu'on voie le jour au travers. Et, le perçant à jour de deux coups d'estocade, Je le mets hors d'état d'être jamais malade, corn. Ment. IV, *. fié I da grâce, monsieur I — Non, non, laissez-moi faire, Que je le perce à jour, begnard, te Bal, se. tî. ||Fig. Comment n'ètes-vous pas percé à jour ou brûlé, mon cher comte, d'avoir été exposé tout l'hiver à la pointe et au feu de ces regards...? SÊV. 430. Mme de Coulanges perce à jour votre pauvre frère par ses épigrammea, id. 44 i. Il Par une autre métaphore, percé à jour se dit de quelqu'un ou de quelque chose qui est dévoilé. C'est un fourbe, on le connaît maintenant, il est percé à jour. Son secret est percé à jour. || l'erc» à jour, touché au vif par un reproche. 11 me parait que tout cela |des reproc'iies de Louvois au sujet de Nogarcl] perce à jour Mmo ds Cauvillon [môro do
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Nogaret] ; elle voit ce que c'est que de négliger le service, sév. 4 févr. 1689. || Terme de joaillier. Monter à jour une pierre, la monter de telle sorte que, le bord seul étant entouré par la monture, elle reste transparente. || Terme de musique. Corde à jour, se disait autrefois pour corde à vide, j 31° Fig. Facilité, moyen pour venir à bout de quelque affaire. Au moindre jour ouvert de tout jeter sur moi, cobn. Rodog. v, 4. Les assassins qui découvrirent à ce prince les sanglants desseins de son père m'ont donné jour à d'autres artifices pour le faire tomber dans les en.-bilches que sa belle-mère lui avait préparées, ID. Ex. de Nie. Je le hais d'autant plus que je vois moins de jour X détruire un vainqueur qui règne avec amour, id. Perthar. i, 2. Si pour monter au trône il s'offre quelque jour, id. Pulch. iv, 4. Donnez-moi donc, seigneur, vous-même quelque jour. Quelque infaillible voie à fixer votre amour, ID. Sur. 11, 3. Je veux vous faire un peu de jour à la pouvoir entretenir, mol. Sieil. io. Supposé que vous voyiez jour à réussir, boss. Lett. quiét. 468. Quitte .iprès tout pour la détruire. Dès que nous y trouverons jour, PAVAHT, Soliman II, li, 7. C'est l'ordinaire du cœur qui pour la première fois trouve jour à sortir de son secret, d'être satisfait d'avoir pu faire soupçonner ses sentiments, mariv. Paysan parv. 4' part. || Saint-Simon a dit : Celui de nous deux [Bezons et moij qui trouverait jour, le saisirait pour pousser l'ouverture [au duc d'Orléans], 2Bi, 105. On sait que, quand un nom est pris sans article, il ne peut plus être représenté par un pronom. C'est contre cette règle que pèche la phrase de Saint-Simon. || 32" Ce jourd'hui, le jour où nous sommes, locution vieillie... Or bien, répliqua l'autre, Gageons un peu quel sera le meilleur, Pour ce jourd'hui, de mon gîte ou du vôtre, la font. Or. Il Proverbes. X chaque jour suffit sa peine , suffit son mal, c'est-à-dire il ne faut pas se tourmenter inutilement sur l'avenir, se faire des chagrins d'avance. || Bon jour, bonne œuvre, se dit en parlant d'une bonne action faite en un jour solennel. Ils se sont réconciliés le jour de Pâques : bon jour, bonne œuvre. || Ironiquement et par antiphrase. Bon jour, bonne œuvre, les voleurs font leurs meilleurs coups les jours de fête. Croyezvous à la lettre de M. d'Ossun lue en plein conseil, et qui marque que les jésuites avaient formé le complot d'assassiner, le jeudi saint, bon jour, bonne œuvre, le roi d'Espagne et toute la famille royale f d'alembf.rt, Lelt. d Voltaire, 4 mai (767. || Demain il sera jour, se dit quand on veut réfléchir à une chose ou la remettre. || Les jours se suivent et ne se ressemblent, pas. || Après trois jours, sa femme, un hôte et de la pluie Sont trois choses dont on s'ennuie. || Ennuyeux comme le jour qu'il a tant plu, très-ennuyeux. || Il est plus de jours que d'années et que de bonnes destinées. || Cela est long comme un jour sans pain, se dit d'une chosequi ennuie et dure trop. Il 11 dit beaucoup de paroles en un jour, se dit d'un homme qui parle beaucoup et à la légère, sans qu'il faille attacher de l'importance à ce qu'il dit.
— SYN. 1. JOUR, JOURNEE. Ces deux mots sont entre eux comme an et année. Jour et journée ne diffèrent que par la finale ce, qui, représentant la finale latine du participe passif ala, exprime ce qui s'opère; journée signifie proprement ce qui est fait, opéré en un jour. De là la distinction réelle : jour servira à marquer les époques : la semaine est composée de sept jours. Au contraire, on dira la journée de Waterloo. || 2. faux jour, jour faux. Un tableau est dans un faux jour quand il est éclairé du sens contraire à celui que le peintre a choisi dans son sujet. Il y a un jour faux dans un tableau quand une partie y est éclairée contre nature, la disposition générale du tout exigeant, par exemple, que cette partie soit dans l'ombre.
iiiST. XI* s. 11 avcrad un meis et un jour de
quere le [pour le quérir]. Lois de Guill, 4. Viendrai li jurz, si passerai 11 termes, Ch. de Hol. iv. || xii' s. Ll jurz dcl juin fors met [met hors, prononce] parole, 0 nuit à nuit demustrol science. Liber psalm. p. 22. Al jor du jugement, quant Dex tiendra ses plais, Soi. iv. D'hui cesl jor en un an soiez prest d'ostoier [aller en guerre], tî>. xvi. Là lo Iruevent li mes [les messagers) àjor de diemaine [dimanche], ib. XXX. Cel jor [il] monstra moût bien son va.sselaga [vaillance], Ronc. p. «4. Do plusours choses [ils] vont toute jor parlant, ib. p. io3. Par voue et par oïe ercl il justes; «i manoit [il demeurait] entre ceax [ceux] ki de jor en jor afflient l'ammo [l'âme] del juste par lor malyaiies œvres. Job, p. 44 1. Mais à dame d» valor Doit on penser nuit et jor, Couci, I, S« diax voiiloit qu'il [me# ennamisj eUssant mal
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jor, ib. xiii. Onques teurtre [tourterelle] qui pert son compagnon Ne fut, un jour, de moi plus esbahie [plus ébahie que moi], ib. xxiv. || xiii* s. Jà fut tels jors que [où] les dames amoient, quesnes, Romancero . p. 87. Puis fut un jor qu'ele lui dit : amis, Or est l'amour coneùe et prouvée, m. ib. p. 4 07. Cent fois le jor [je] vous regart en pensant, Et pri merci que ne m'occiez mie, le boi jean de brif.nne, Romancero, p. t4'2. Bien i parut l'autre jour à Compiegne, Quant li baron ne purent droit avoir, hues DE LA FERTÉ, t6. p. (84. 11 pourquiert ainsi son atour [il fait ses préparatifs] Que il puist mouvoir à bref jour, audef. le bast. ib. p. 8. Huit jours [ils] mistrent tous pleins à l'avoir aûner [à rassembler leur avoir], Berte, xcvii. Par un jour si très bel qu'il ne pleut ni ne vente, ib. x. Que droit au point du jour convient qu'ele s'atire [se pare], ib. XIV. Un jour estoit rois Flores à un sien grant manoir, ib. Lxv. Au matin fit moult biau jour et moult cler, viLLEn. XLV. La court ajorne les parties à jor nomé, Ass. de Jér. 95. Quiconques est fremailliers do laiton à Paris, il doit comencier à ouvrer de biau jour, et laissier oevre de biau jour; et si le fesoit autrement, il seroil à v sols d'amende au roy, Liv. des met. 97. Onques ne daigna demander Un jor de terme nerespit,Bm. (8869. Mes jamcsjor [je] n'aurai beance [désir] X riens dont vous aies pesance [chagrin], la Rose, 3)79. || xiV s. Se vous voulez garder anguille, faites la mourir en sel, et la laissiez trois jours naturels tous entiers, Ménarjier, ii, s. Il XV* s. Le baron d'Escosse et les jeunes chevaliers et escuyers répondirent que ils estoient tous appareillés et pourvus de chevaucher en Angleterre du jour en l'endemain quand on voudioit, ruoiss. ii, ii,
13 Il nous convint retourner à Montesquieu et
diner, et là estre tout le jour, id. ii, m, 7. Chevauchèrent par montagnes et par vallées toute jour jusques près de nonne, ID. i, i, 40. Comtesses et dames qui venues estoient accompagner madame la roine et venoient de jour en jour, id. i, i, 2b. Si les François, le jour de la bataille ou l'endemain, oii le samedi tout jour, fussent venus devant Gand, id. II, II, <»9. Serves loyalment sans séjour; Car longe debte vient à jour, id. Poésies mss. p. <33, dans LACUBNE. Et preindrent jour et heure pour ce faire, juv. des URSiNS, Charles YI, Ui7. Non pour ung jour ne pour deux, mais incesiiamment jour sur jour, G. chastelain, Chr. des ducs de Bourg, i, 22. Je file, je travaille et fais tout le mieux que j« puis, tant que j'en mourray avant mes jours, l.ei 15J01/M du mariage,^. «4. Moy qui estoye tant enceinte comme sur mes jours [près du terme de ma grossesse], Perceforest, t. iv, t° ns. || xvi' s. Vou que beaulté oncques jour ne fut lasse De faire guerre à dame chasteté, j. marot, v, ;05. Malheur n'est pas tous jours à une porte , Le beau cler jour après la nuyct survient, id. v, 236. L'homme est un animal d'uii jour, calv. Insfit. bB9. Je vous supplie que vous ne vous désespériez point.... car il y a vingt quatre heures au jour, esquelles l'hommo peut changer d'opinion, uabo. JVour. xxxvii. Ajournemens à trois briefs jours se font de trois jours on trois jours; ajournemens à trois jours francs, de cinq jours en cinq jours, loysf.l, 692. Si une demande ne passe vingt sols, jour de conseil [délai accordé au défendeur pour consulter] n'en est octroyé, m. 690. En tel'e nécessité, il seroil meilleur faire du jour la nuicl, pabé, viii, 14. Je coucherai ici en rang diverses autres façons d'enter les arbres; à ce qu'y trouvant du jour, rejettée toute impertinence, nostre mesnage s'en puisse servir selon le jugement de sa raison, o. de skrres, «72. Je scay bien certainement que tu seras un de ces jours' roy, amyot, lyc. 3. En plein jour, m. ib. 2â. De plein jour, ii). ib. 5». 11 acheva ses jours en Candie, lo. ib. 67. Si matin qu'il n'cstoil pas encore jour, ID. Publ. 18. X l'aube du jour, in. ib. Bi. Dr là vient, que l'on appelle un jour blanc, auquel on a fait bonne chère, i cause do la fobve blanche, ID. Péricl. Bt. Au poinctdu jour, id. J'hém. 2B. Dès la poincle du jour, id. Pyrrh. ci. L'on cognoissoit assez que c'ostoit une feincte et un jeu qu'ilz jouoient grossement luy et Marins, car on vooit le jour à travers, id. Kar. 24. 11 y avoit des montagnes percées à jour, id. Lucul. 78. Des ga'crics ouvertes à jour de tous costez, id. ib. 70. Gens qui vivent ordinairement au jour la journée, in. Calba, 20. Ne le (un anneau] regarde pas ainsi, Polenion, mais à son jour, et il lo semblera beaucoup plus beau, in. Corn, refréner la colère, 37. Le dernier jour de la vie est lo inaistre jour, mont, i, 42. Un jour est égal à louis jours, m. 1, 80. Uno chambre «ans jour, iD, i, «0. Jour par jour, id. i, jb7. Jcvoua
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le diiay, madame, un jour à l'aureille, mont, i, 222. Je vis du jour à la journée, et me contente, m. i, 317. Mais du jour à la journée, croissant l'occasion de ce souspeçon, id. Ii, »4. Haster ses jours [se tuer], ID. )i, 40. Ve.-.tus à tous les jours d'une contenance commune, ID. II, <04. Us descochoient lesdits coches dans leurs escadrons, pour les rompre et y faire jour, id. iv, 6. Des plus ordinaires choses, si nous sçavions trouver leur jour, .'îe peuvent former les plus merveilleux exemples, id. iv, 266. Des ustensiles, tant de ceux qui servent par jour [tous les jours], que de ceux desquels on use peu souvent, LA BOÉTiE, 98. Il ne cliante que à ses jours, et ne mange que à ses heures, rabel. Pant. v, 8. Cagots alors tiennent leurs grands jours, id. ib. v, 29. Le )our chasse le jour, comme un flot l'autre chasse, desportes. Œuvres chrestiennes, Sonnets, 4. Un jour juge de l'autre, et le dernier juge de tous, COTGRAVE. Ce qui se fait de nuict paroist de jour, id. Jà ne chante le coq, si viendra le jour, ID. Il n'est si grand jour que ne vienne vespre, id. 11 suffit au jour de sa misère, id. Le cœur fait l'œuvre, non pas les grands jours, id. Longues paroles font les jours couris, id. Quoique fol tarde, jour ne tarde, id. Jour ouvrier gaigne-denier, jour de feste despensier, lehoux de lincy, Prov. t. i, p. )04. Trois jours de répit valent cent livres, id. ib. p. I05.
— ÊTYM. Borry, à jour falli, à la cliute du jour; bourg, jor; bressan et nivernais, xor; pic. jour, jor, à jou fali, à la chute du jour; provenç. jorn, ior; liai, giorno; du lat. diurnus, dérivé de dms (voy. diurne). Corrsen fait remarquer que diurnus vient non dédies, qui aurait donné dicmus (comparez hodiernus) , mais de dius, conservé dans sub dio.
t JOURDAIN (jour-din), s.vi. Petite constellation boréale.
t JOURDlîr (jour-din),t. m. Poisson appelé aussi holocentre.
JOURNAL (jouT-j\a.\),adj. m. || 1* Qui est relatif à chaque jour; usité seulement dans la locution suivante : livre journal, ou, substantivement, journal, registre où l'on écrit, jour par jour et de suite, ce qu'on areçu ou payé, acheté ou vendu, etc. {{ On a dil dans le même sens : papier journal, papiers journaux. Il 2" S. m. Relation jour par jour de ce qui se passe ou s'est passé. Dieu fait un journal de notre vie ; une main divine écrit ce que nous avons fait et ce que nous avons manquéde faire, écritnotre histoire, qui nous sera un jour représentée et sera représentée à tout l'univers, uoss. Sermons, Née. de travailler à sim salut, 2. Néarque et Onésicrite ont fait le journal de celte navigation [de l'Indus au golfe l'ersique], montesq. Esp. xxi, 8. On a les journaux des sièges de vingt places inconnues en Europe, mal fortifiées, mal attaquées et mal défendues ; ce n'est paslà noire objet, VOLT. Poht. et législ. Fragm. hist. sur l'Inde , m. La chose que je regrette est de n'avoir pas fait de journaux de mes voyages, j. j. bouss. Conf. IV. Le soir, avant de se coucher , il ne manquait jamais d'écrire sur un journal (ce qu'il continua toute sa vie) le détail de ce qu'il avait entendu ou vu de plus intéressant dans le cours de la journée, genlis, Veill. du chdt. t. m, p. (2, dans PO0GIÎNS. || Journal de bord, mémoire où l'on décrit jour pour jour la navigation du vaisseau. Il 3° Particulièrement, ouvrage périodique qui fait connaître les nouvelles politiques, scientifiques et littéraires, les ouvrages nouveaux, etc. Le bureau d'un journal. Aux journaux de Hollande il nous fa/lut passer, Je ne sais plus sur quoi; mais on fit leur crilique.... Tout faiseur de journaux doit triliul au malin, la font. Utt. xiv. Le journal encyclopédique, que je regarde comme le premier des ient soixante-treize journaux qui paraissent tous les mois en Europe , volt. Écoss. Éptt. Sous lui [I^uis XIV] les journaux s'établissent; on n'ignore pis que le Journal des savants, qui commença en <CC5, est le père de tous les ouvrages de ce genre, dont l'Europe est aujourd'hui remplie, id. Louis XIV, 31. Si j'évoque jamais du fond do son journal De tous nos sols du temps l'adulateur banal, Gilbert, ifon apologie. Vanté dans les journaux, dont il savait gagnerou payer lafaveur,MARMONTEL,lf^m. vu. C'est l'imprimerie qui met le monde à mal ; c'est la lettre moulée qui fait qu'on assassine depuis la création; et Caïn lisait les journaux dans le paradis terrestre, p. L. COUR. Lett. IX. Il Grand journal, journal à grand format, qui s'occupe de politique et iiui paraît tous les jours.... Vous ôtez une proie Au feuilleton méchant qui bondissait de joie, Et d'avance poussait des rires infernaux Dans l'antre qu'il se creuse au bas des grands journaux, v. hugo, les Voies intérieures, XXII. i| Polit jouinîl, journal à petit format,
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qui s'occupe de littérature, de théltres, de nouvelles. || 4° Ancienne mesure de terre, en usage encore dans certains départements. Le journal varie suivant les provinces. || 5° Nom d'un recueil des formules dont les papes se sont servis dans leurs rescrits, du vi' siècle au ixV Journal des pontifes romains.
— HIST. XH* s. Quant reluiront les estoiles journaus, Uonc. p. I60. || xiii» s. Je en lais [laisse] jornel et demi à l'église, pour mon servige faire le jour de mon eniversaire, DucANGE,jorna/e. || xiv* s. Quatre jugiez de terre [quatuor jugera], c'estoient deus jornaus, bercheuhe, f" 59, verso, \\xvi' s. La royne envoyé à la bcsongne celles [abeilles] qui ont à faire leur journal [journée] dehors,LA doétie, (C5. 11 falloit faire de nouveaux papiers journaux de mise et de recopie, amyot, Anton. (2. Un papier journal à insérer toutes les survenances de quelque remarque, MONT, i, 257. Qui prend sera pris ; les armes sont journales, carloix, i, 39.
— ÉTY.M. Berry, journau, journal de terre ; pro- \p.nç. jnrnal, jornau ; catal. jorna J; ital. giornale; du lat. diurnalis, dérivé de diurnus, diurne. Les Romains nommaient acta diurna les journaux, les éphémérides qui contenaient les actes publics.
JOURNALIER, 1ÈRE (jour-na-lié, liè-r'), adj. Il 1" Qui se fait chaque jour. C'est ma tâche journalière. Il faut compter sur ce qui est réel et journalier, qui est que chaque nation cherche à prévaloir sur toutes les autres, FEN. t. xxii, p. ao7. ||2"0ui ne reste pas égal, qui est sujet à changer d'un jour à l'autre. Mais comme la fortune est souvent journalière, Il faut en redouter de funestes retours, CORN. Tois. d'or, i, 2. La guerre est journalière, et sa vicissitude Laisse tout l'avenir dedans l'incertitude, iD. Sophon. 1, 3. Est-ce que lu ne saurais[Bayard] te consoler d'avoir été vaincu? ce n'est pas ta faute; les armes sont journalières, fén. t. xix, p. 376. || Un homme journalier, un homme qui d'un jour à l'autre n'est pas le même. De l'esprit! lui, madame! Il est plus journalier mille fois qu'une femme, begnaiid, le Joueur, ii, (. Je suis journalier; j'ai des jours où je ne me ressemble guère, lamotte, l'Amante difficile, v, 2. || Une femme journalière, une femme capricieuse, et aussi, une femme qui un jour paraît belle et un aulre jour paraît laide. Il II se dit des animaux. Ces chiens ne chassent pas toujours de même force, ils sont journaliers. || 3° S. m. Homme qui travaille à la journée. Un officier, décidé à plaire ou persuadé que tout ce que l'empereur voulait devait s'accomplir, entra dans la ville [Moscou déserte], s'empara de cinq à six vagabonds, les poussa devant son cheval jusqu'à l'empereur, et s'imagina avoir amené une députation; dès la première réponse de ces misérables, Napoléon vit qu'il n'avait devant lui que de malheureux journaliers, SÉGUR, Hist. deNap. viii, 4. || 4" S. m. Terme de marine. Le journalier, les vivres frais qui se renouvellent tous les jours, par opposition aux vivres de campagne composés de viandes salées ou en daubes, de légumes, etc. || Ce bâtiment gst au journalier, se ditquand , n'ayant pas encore sét provisions ou ne voulant pas les entamer, il achète au jour le jour.
— HIST. xvi* s. Ce que je dis pour monstrer combien les plus braves sont journaliers, d'aub Uist. I, 143. Les enfansde l'esprit un long siècle demeurent, Ceux des corps journaliers ainsi que les jours meurent, bons. 776. Une ardeur se boute dans le cœur de chascun des journaliers, et voire querelle (le gloire parmy tous pour travailler à l'envy, la BOÉTiE, 20B. Et le somme, enchanteur des peines journalières, "desportes , Œuvres chrest. xviii, Plaiiite. Ma raison a des impulsions et agitations journalières et casuelles, mont, iv, 52.
— ÉTYM. Journal; Berry, jomailler.
t JOURNALISER (jour-na-li-zé), v. n. Faire des journaux, des recueils périodiques. Ayant fait des Journaux des savants en Allemagne où il critiquait trop le monde, il [Thomasius] se fit des affaires, et, quittant son pays, il s'en alla à Hall; il continue là à journaliser, bayle, Lett. à Minutoli, 21 septembre 1693.
+ JOURNALISME (jour-na-Ii-sm'), s. m. || !• Néologisme. État du journaliste. Il s'est jeté dans le journalisme. || 2° L'idée généralisée des journaux, l'ensemble des journaux. Le journalisme français. La puissance du journalisme.
— RTYM. Journal.
JOURNALISTE (jour-na-li-sf), s. m. Celui qui fait, qui rédige un journal, qui travaille, comme rédacteur, à un journal. Il répond à des journalistes, dont il n'était pas content; ce sont des espèces de juges fort sujets à être pris à partie, iontkn. Hartsocker. Vous vous garderez bien sans doute de sui-
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vre l'exemple de quelques écrivains périodiques qui cherchent à rabaisser tous leurs contemporains et à décourager les arts dont un bon journaliste doit être le soutien, volt. ilél. Utt. Cons. à un journal, comédie. || Ter.me d'imprimerie. Compositeur qui travaille à un journal.
— ÉTYM. Journal.
JOURNÉE (jour-née), s. ^. || 1° L'espace de temps entre le lever et le coucher du soleil, considéré surtout dans les occupations qui le remplissent. Le coucher dessus la dure, la psalmodie de la nuit et le travail de la journée attirent le sommeil.... boss. la Vallière. Dirai-je qu'il dérobait le temps de son sommeil pour le donner à la prière; qu'il commença toutes ses journées par un sacrifice qu'il fit à Dieu de lui-même? flKch. Lanwignon. 11 [un amateur] revient chez soi fatigué, afl'amé, mais content de sa journée, il a vu des tulipes, la bruy. xiii. Le travail, entre autres avantages, a celui de raccourcir lus journées et d'étendre la vie, dideii. C.aude et Nér. u, 79. Il Fig. Je vous dis bonsoir, parce (ju'en effet jeme sens sur la fin de la journée de la vie, volt. Lett. Chahanon, 31 déc. 1774. || 2° U se prend aussi simplement pour jour. La journée fut belle, il ne tomba pas une goutte de pluie. Mais bier,quand elle sut qu'on avait pris journée. Et qu'enfin la bataille allait être donnée, corn. Ilor.i, 1. Sache donc que je touche à l'heureuse journée Qui doit avec Clariceunirma destinée, iD. le Ment, iv, 2. Je jurais qu'il voyait sa deinièrejournée, rac. Bajaz. m, 5. Je viens,selon l'u-^ago antique et solennel. Célébrer avec vous la fameuse journée Où sur le mont Sinala loi nous l'ut donnée, ID. Ath. I, I . Ce fut pour Hérodote une journée bien glorieuse et un plaisir bien flatteur, lorsque toute la Grèce assemblée aux jeux olympiques crut, en lui entendant faire la lecture de ses histoires, entendre les Muses mômes parler par la bouche de cet historien, rollin. Traité des Et. liv. v, 3* part, ch. 2. Enfin on atteignit Gjatz avec la nuit; mais cette première journée d'hiver avait été cruellement remplie : l'aspect du champ de bataille, de ces deux hôpitaux abandonnés, cette multitude de caissons livres aux flammes, ces Russes fusillés.... ségur, Ilist. de Nap. ix, 8. || Au jour la journée, voy. jour, n» 7. Il 3° Travail d'un ouvrier pendant un jour. 11 travaille à la journée. Ce sont des hommes de journée. En été la journée est de six en six, c'est-à-dira de six heures du matin à six heures du soir. || Fig. X la journée, continuellement. Mentir à la journée. Je n'emploierai point, pour vous ra.'-surer, les grandes phrases d'honneur et de dévouement dont on abuse à la journée, beaumarch. J!arb. de Sév. i, 4. Il On a dit dans le même sens : à cœur de journée. Il avait.... un jeune valet qui le suivait toujours..., et qui se moquait de lui à cœur de journée, st- SIM. t. v,p. 24», édit. CHÉRUKL. || Terme d'ancienne pratique. Journée bourgeoise, la journée de travail ordinaire. Il 4° .Salaire qu'on donne à un ouvrier pour le payer du travail qu'il a fait pendant un ou plusieurs jours. On lui doit quinze journées. Il tira, de sa poche vingt sous enveloppés dans du papier; et les posant sur la table : voilà, dit-il, ma journée, genlis, Veill. du chdt. t. i, p. 1I3, dans pocgens. Il X la journée du roi, se disait d'un travail dont le prix ne peut être fixé absolument d'avance, mais sera réglé d'après les journées qui y auront été employées. Ce que la façon coûte d'un mit de telle longueur et grosseur.... soit que les ouvrages se fassent à forfait ou à la journée du roi, se!Gnei.ay, dans jal.||B° Chemin qu'on fait d'un lieu à un autre dans l'espace d'une journée. Je m'en irai clopin, dopant, à petites journées jusqu'à Paris, sÉv. 257. C'est une maison de campagne que la Providence vous envoie et à une journée de Versailles, ID. 4(7. Mme do Chaulnes, qui Cdurt.... à grandes journées, aura beau sa pre^sser, elle arrivera trop tard, id. 675. Ce pays [l'Egypte] se trouve resserré de côte et d'autre jiar deux chaînes do montagnes, qui souvent ne lai.ssont entre elles et le Nil qu'une plaine d'une demi-journée de chemin, et quelquefois moins, rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. I, p. to, dans pougens. || Faire tant par ses journées, locution vieillie qui a signilié primitivement : se diligenter en voyage. L'avide Marmentier fit t.mt par ses journées qu'il arriva à la porte du château de la déesse Monopole, furetièbe, Factums, t. II, p. 297. Il Fig. Faire tant par ses journées que..., faire en sorte par son travail, par ses soins, par son industrie, que.... Il a tant fait par s.cs journées qu'il est venu à bout do telle chose. Il Ironiquement. Il a tant fait par ses journées (|u'il a été chassé de la cour. || 6" Jour île bataille, ou la bataille même. [Je vois] Les M;.uies
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subjugués trembler en l'adorant.... et ses nobles journées Porter delà les mers ses hautes destinées, CORN. Ctd, II, 6. Il perdit une très-sanpiante journée présdeChalcédoine, mézerai, Ilist. de Fr. avant Clmis, cité dans godefroy, Lex. de Corn, i, p. 400. J'ai ouï dire à notre grand prince qu'à la journée de Nordlingue, ce qui l'assurait du succès, c'est qu'il connaissait M. de Turennc, dont l'habileté consommée n'avait besoin d'aucun ordre pour faire tout ce qu'il fallait faire, boss. Louis de ISuurbon. Dans cette terrible journée [bataille du faubourg Saint-Anloine] où, aux portes de la viUe et k la vue de ses citoyens, le ciel sembla vouloir décider du sort de ce prince [Condé], lu. ib. La fameuse journée du Raab, où Louis renouvela dans le cœur des infidèles l'ancienne opinion qu'ils ont des armes françaises fatales à leur tyrannie, ID. ilar.-Thér. Les fautes que nous fîmes à la bataille d'Azincourt, nous rendirent cette journée aussi fatale que celle de Poitiers, duclos, Ilist. Louis XI, Œuir. t. ii, p. 1 8, dans poL'GENS. Frères ! et vous aussi vous avez vos journées! Vos victoires, de chêne et de fleurs couronnées, v. hugo, Crép. 1. 1| On le dit aussi du jour où se sont passés des événements mémorables. La journée de la Saint-Barthélémy futce qu'ily a jamais eu de plus horrible; la manière juridique dont la cour voulut soutenir et justifier ces massacres fut ce qu'on a vu jamais de plus lâche, volt. Ilist. pari. ch. xxviu. Il Les trois journées, ou les journées de juillet, les 27, 28 et 29 juillet (830, où la branche aînée des Bourbons fut renversée du trône. À vous, enfants, ce fruit des trois journées, eérangkb, les Tombeaux de Juillet. || 1' Division des pièces de l'ancien théâtre espagnol. Comédie en trois journées. || 8° Journée de terre, espace de terre labourable en un jour. || 9° Tenir la journée, se disait d'une espèce de capitulation par laquelle une place assiégée s'engageait à se rendre, si, dans un temps donné, un secours n'arrivait pas. Il 'lenir la journée, se disait aussi d'un conseil qui s'assemblait pour délibérer sur quelque chose. Le duc répondit qu'il ne concevait pas comment on proposait une trêve dans le temps même que le roi et les princes de l'Empire devaient tenir une journée à Metz pour convenir de la manière dont ils commenceraient la guerre dans les étals de Bourgogne, DLCLOS, Ilist. Louis XI, Œiwr. t. lu, p. 61, dans POL'GEîJS.
— REM. Voltaire a critiqué l'expression de Corneille : prendre journée. Mais journée se dit quelquefois au lieu de jour; on verra à l'historique que cette locution est ancienne.
— HIST. xiii' s. Et chevauchierent tant par lor jornées qu'il vindrent à Andrenoble, villeh. cxii. Et chevauchierent tant de jornées en jornées, qu'il vindrent au chastcl de Nequise, ID. CXL. Tout ainsi [ils] s'en alerent bien cinq grandes journées, Berte, XIX. Trop fu grant la jornée qui le feïst recroire [qui le lassât; il s'agit d'un messager], ib. Lxvi. Par petites journées [ils] vont, n'ont pas trop grant quoite [hâte], ib. cxxxvi. Sires, Pierres, qui ajornés cstoit contre Jehan à la journée d'ui par devant voz, contremande son jour dusqu'à d'ui en quinze jours, BEAUM.iii, t2. Quant il en usent à lortasque [tâche] ou à lor jornées, ID. xxix, 6. Les unes cozes sunt louées dusqu'à certain terme, et les autres à jornées, et les autres por fere certaines besongnes, m. xxxviii, 2. Quant sui pignée et atornée, Adonc est fête ma jornée, la Rose, 690. Après ces choses prist le conseil le roy et le con.seil le soudanc journée d'eulz acorder, joisv. 2:17. || xiv s. V'X aussi les diz esleus et les receveurs ont pris journées [salaire pour une journée de travail] sur nous oultre leurs gaiges, uu cange, jornata. \\xv' s. Le duo repontlit qu'il n'en cstoit encore pas conseillé de combattre ni de y mettre journée, fboiss. 1, i, <48. Cestui péril, quoique tu en cschappes, soit mis en mcscomptedo tels autres beaux fais; car ajournée roproucliée n'appartient louengc, ciiiust. iie pisan, dans Hist, litt. de la France, t. xxiv, p. 404. Contre lesquels ils g.ignerent une grande journée, et romporterent une notable victoire, Mathieu dk couci, llisl. de Charles VII, p. eso, dans lacl'rnp.. Qus l'empereur ne viendroit pas audit lieu; et pour ce il fut concluz de remettre la journco [l'assemblée | à la St-Michel, ib. p. C85. Ils venoient, trois journées au devant de nos gens, de» citez, pour se rendre, comm. vu, 13. ||xvi' 3. I/î capitaine coupa la bourse du prieur en se confessant à lui pour commencer la bonne journco, d'alb. Fœn. m, 2. lA journée de la St Barthelemi arriva à trois jours rie là, iD. ib. xxiii. Mercen:iires à journée, lo. Uisl. 11,489. Itouleraujour la journée, ID. ib.ui, M4,
Un lundy fut le jour de la grande journée Que l'amour me livra; ce jour il fut vainqueur, la boétie, 53). En continuant petit à petit, il s'engendre à la journée une familiarité et cognoissance grande, AMYOT, Comment il faut ouïr, 2C. La journée de Marathon, id. Cam. »3. Encore que depuis il perdit deux grosses journées contre les Carthaginois, Machiavel, le Prince, p. 60, dans lacubne. Venant à considérer combien les Romains en divers temps ont fait des conflits champêtres que l'on nomme aujourd'hui journée à la mode françoise et les Italiens appellent faits d'armes, ID. Disc, sur Tite Lire, p. 3:0. Bonne journée fait qui de fol se délivre, COTGRAVE. Les grands bœufs ne font pas les grandes journées, id.
— ÊTVM. Jour, parl'ancienne forme jom,jorn-ée ; Berry, jornée; bourguig. junée; provonç. et espagn. Jornada; ital. giornala. Dans le xvi' siècle, on avait jornade ou journade sur le modèle de l'espagnol pour signifier un surtout, une casaque.
t JOURNEL, ELLE (jour-nèl, nè-l'), adj. Qui arrive chaque jour ; on dit présentement journalier. Les officiers généraux et particuliers sentaient que leur réputation et leur fortune dépendaient de leur application, de leur conduite, de leurs actions ; que la distinction journelle y était attachée par la préférence ou le délaissement, st-si.mon, 409, (24. Les visites journelles en demi-public du roi à son ancienne maltresse [Montespan] faisaient un contraste fort ridicule avec son assiduité chez celle qui l'avait servie, m. 4I3, (88.
— HlST. xvi's. L'expérience journelle, CALV. Inst.
— ÉTYM. Autre forme de journal.
JOURNELLEMENT (jour-nè-le-man), od». Tous les
jours, chaque jour. Je travaille à celajournoUement.
— HIST. xvi* s. Tant de faveurs que vous me faittes journellement, amïot, iloral. Èpit. p. il.
— ÉTYM. Journelle, et le suffixe ment; provenç. jornalmen; citai, jornalment; ital. giornalmenle.
JOUTE (jou-t'),s. /■. Il l" Combat à cheval d'homme à homme avec la lance. Une joute à lances brisées, à fer émoulu. Les joutes étaient des combats d'occasion qui se faisaient le plus souvent sans dresser des lices, en étendant des cordes qu'on nommait estachcUes, le p. hénestrier , De la chevalerie, p. ■J:i3, dans lacurne. || 2" Joute sur l'eau, espèce de divertissement dans lequel deux hommes, placés chacun sur l'avant d'un batelet, tâchent de se faire tomber dans l'eau, en se poussant l'un l'autre avec de longues lances, au moment où les bateaux courent l'un contre l'autre. || 3° Par extension , toute espèce de comtat entre deux hommes. La joute d'Arlequin et de Scapin, qui se menacent avec grand bruit, se donnent quelques coups de bâton, et s'enfuient chacun de leur côté, d'alemb. lett. au roi de Prusse, (6 juin (769. || 4" Fig. Toute espèce de lutte ou de rivalité. D'autres fois Psyché se divertissait à entendre un défi de rossignols, ou à voir un combat naval de cygnes, des tournois et des joutes de poissons, la font. Psyché, i, p. 65. Quand, la première fois, un athlète nouveau Vient combattre en champ clos aux joutes du barreau, BoiL. Lutr. VI. Il 5° Il se dit de certains animaux qu'on fait combattre les uns contre les autres. La joute des coqs. La joute des cailles.
— HIST. xu* s. Quand li lances froissent e faillent, 0 [avec] li espées s'entreassaillent. Ne vunt pas jostes demandant, Maiz à chapleis se vunt ferant [frappant], Knu, v. 9H4. Diex, dist Goris, n'est pas josta d'enfant : Garis [protège] Gauthier mon neveu le vailant. Raoul de C. (73. ||xiii's. Dune li tourneimens |le tournoi] s'asembla ; Qui juste quist [chercha] tost la trova, marie, Milon. || xv s. Et messireOille de Mauny le vit venant vers lui, qui ne desiroit autre chose ([ue la joute, froiss. i,.i, 9». Beau sire, voulez-vous venger vos'ro compaignon à la jouste ou à l'espée? Perccforest, t. i, f 32. Il xvr s. Tout ainsi que nous nous accoustumons auxjoustes et tournois et contrefaisons la guerre en plaine paix, mort, i, 281.
— tTYM. Berry, joût^, limite, séparation des propriétés ; provenç. josta, justa; espagn. et portug. justa; ital. gio'stra. Ménage le fait venir do ;ii4m» : justa pugna, combat régulier. Mais, quand on étudie l'historique du verbe jouter, on voit que lo sens d'être voisin est perpétuellement confondu avec celui de jourer. Joule, jouter viennent donc de la préposition latine ;u'i(a (voy. jouxte) : jouter, se joindre, et, comme disaient nos anciens, s'assem hier. I.a signification dejotlte dans le Berry y concouit. l'alstrrave, p. 38, écrit joujr(e, prononcé ;oui-te.
JOUTER (jou-té), V, n. ||1° Combattre à cheval,
avec des lances, l'un contre l'autre. Il n'était pa» permis à un écuyer de jouter contre un chevalier, VOLT. Mœurs, 97. || 2° Il se dit aussi de la joute de certains animaux. Faire jouter des coqs, des cailles. Il 3° Fig. Lutter contre, disputer. L'auteur d'Atlialie, qui se flattait d'être appelé le rival d'Kuripide, regarda toujours Sophocle comme son maître, et disait qu'il n'avait jamais pris un de ses sujets, n'étant pas assez hardi pour jouter (c'était son terme) contre Sophocle, LOUIS rac. Traité de la poésie dramat. ch. XI. Eh! qui donc êtes-vous, pour jouter contre lui ? BoissY, Dehors tromp. m, 5. 11 m'a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu'on n'en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes; et vous voulez jouter! BEAUMAHcn. Jllar. de Fig. v, 3. {| Il se dit aussi drs choses. La tribu qui ciiasse et pêche. Qui vit libre . et dont la flèche Jouterait avec l'éclair, v. iiuoc Orient. 1. 1| 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XI' s. Sire coinpain, à mei car vous justez [approchez vous de moi], Ch. de Roi. cxlv. Par vous [je] lui mand [que] bataille i seit justée, ib. cxciv. Cil justeront à Charle et as François, t'6. ccxxxxiii. Il XII' s. Justez ensemble north et man; Ensemble dites donc Northman [normand), Rou,
V. ((I. Mult veissiez vassals juster, Li uns lialtres encunlrer, ib. v. 8737. || xiii* s. Mors est mes sires : occis fu au joster, Romane, p. 47. Certes encor n'a pas deus mois passé Que li marquis m'envoia son message. Et li Barrois [comte de Bar] a pour m'amour jousté, quesnes, Romancero, p. (09. Atant s'aproient les os [armées], et jousterent ensamble, et moult en i ot d'abatus et de navrés, Chr. de Rains, p. 38. |{ xiv* s. Et celui qui jouxte d'une lance fenée etacue, etcuide qu'elle soit sans fer et ronde au bout devant, oiusme, Elh. 02. Il XV* s. Hector le fiert si qu'il le porte à terre enmy le champ ; Sire, dit Hector, je ne sçay comment vous le ferez à la meslée; mais au jouxter sçay-je bien que vous en avez le pis, l.ancelotdu lac, t. i, f° (02, dans lacurne. ||xvi' s. Quelquefois par jeu ilz faisoient jouxter des coqs ou des cailles qui esloient duittesetfaittesàsebatre, Jt.iiTiOT,Antoii. io.
— ÊTYM. J'ouïs ; Berry, jouter, confiner : moji champ joute au sien; provenç. joslar, just<ir; espagn. et portug. j'uitar; \\.d.\. giostrare.
JOUTEUR (jou-teur), s. m. Celui qui joute. Un habile jouteur. || Fig. Un rude jouteur, celui qui est redoutable en quelque sorte de combat, de jeu, de lutte ou de di.spute que ce soit. Quand j'eus le malheur de vouloir parler au public, je sentis le besoin d'apprendre à écrire, et j'osai m'essa ver sur Tacite... un si rude jouteur m'a bientôt lassé, i. 3. Hotiss. Àvertiss. de ta traduction dti i" livre des Histoires.
— HIST. XII' s. Ttiibaut de Reins lo vailUnt jousteor, Roncisv. p. 1O8. || xv' s. Jehan duc de Berry, en sa jeunesse, hanta les armes, et fut à maint fait d'armes en Guienne, et fut moult bel jousteur, chr. de pisan, Charles V, 11, (2. Toutes voyes s'en mescheut il tant qu'il tumba par terre, et son jousteur demeura en selle, Perccforest, t. iv, f° (.
-^ ÊTY.M. Jouter; pro\enç justaire, justador; espagn. et portug. justador; iial. giosiratore. Le provenç. justaire est le nominatif; justador, \e régime.
JOU'VEN'CE (jou-van-s'), s.f. Jeunesse; usité seulement dans cette locution : La fontaine de Jouvence, (avec un J majuscule), fontaine fabuleuse à laquelle on attribuait la vertu do rajeunir. Là sourdait une eau qui avait la proin-iété de rajeunir; c'est ce qu'on appelle encore aujourd'hui la fontaine de Jou\once; dans les premiers temps du monde, il était libre à tous les mortels d'y aller puiser; l'abus qu'ils firent do ce trésor obligea les dieux do leur en ôterl'usa^je, LA FONT. Psyché, II, p. (76. Ma santé est comme ilya six ans; je no sais d'où me revient cette fontaine de Jouvence, sÉv. 29 sept. («75. En paradis trouva l'eau de Jouvence, Dont il se sut de vioiilcs.se cngarder Bien à propos. Ancien rondeau , cité diins LA LRUY. xui. Il Fig, Il n'y a, mademoi.sollo, ipie lo jilaisir do vous voir et de vous entendre qui puisse me ranimer; vous serez ma fontaine de Jouvence, VOLT. Lett. Mlle Clairon, (i juill. (765 || Fig. Il se dit de tout ce qui rajeunit. Les jeux, les ris, la danse Ont aussi leur tour à la fin ; On se plonge soir et matin Dans la fontaine do Jouvence, la font, l'ald.
VI, 21. Il Fig. H a bu do l'eau do la fontaine do^ Jouvenco, c'ost-à-diro il paraît rajeuni.
— HIST. xv's. Une pièce de taiipiccrye fort usée, où est la fontaigno de jouvenco, Ribl. des ch. O" .série, t. I, p. ;iB3. Nous aymerons et chanterons Ea nos jouvences, le Blason desfaulses amours, p. 235, dans lacurne. || xvi" s. Pero de force et pui.s.sance, Toujours le soit la juvence, yver, p. 699.
JOV
— ÊTYM. Joutencevient d'une forme latine fictive juventia. L'ancienne langue avait, au sens de jeunesse, ;oc«nt, qui venait de juvenlus, et jovente, qui venait dejurenla.
JOUVENCEAU, ELLE (jou-van-sfl, sc-l"), S. m. et /■. Adolescent, adolescente, avec l'idée de grâce ou de plaisanterie qu'emporte un diminutif. Une aimable jouvencelle. Passe encor de bâtir; mais planter à cet âge, Disaient trois jouvenceaux, enfants du voisinage, la font. Fabl. xr, 8. Ah I qu'il est beau Le jouvenceau! mol. Pastor. comique, se. s. X la prude qui se gêne Pour lorgner un jouvenceau, bérang. Enfers. Accours dans ma nacelle, Gentille jouvencelle, jouy et ii. bis, Guill. Tell. \\ On dit aussi jouvencel au masculin. Qu'il fasse mieux ce jeune jouvencel, X qui le Cid donne tant de martel, corn. Rondeau contre Scudénj.
— HIST. XII* s. E li jovenciel furent oscis [tués] des glaives des ennemis, Machab. i, a. En quel chose amende juvenceals sa veie? en guarder les lues paroles [tes paroles], Liber psalm. p. i83. Tust furent csfremi e ne\ e juvencel La novele espandue del saint martir novel, Qui giseit el mustier ocis sur le quarrel. Th. le mari. <5«. ||xni* s. Mes cambrelens [mon chambellan] por li [elle] ala; Un jovoncel o lui [elle] trova Dormant.... FI. et Bl. v. 2733. Deux jovenciaui [il] trova au port, Où mener soloit son déport, RUTEB. II, < 10. Il XVI* s. Argent frais et nouveau ruine le jouvenceau, cotgrave.
— ÉTYM. Provenç.j'oïcncel, jovenselh; ital. gioviticello; du lat. fictif juvencellus , diminutif de juvenis (voy. iedne). Dans l'ancien français, au nominatif singulier li jovenciaus, au régime le jovencel; au pluriel nominatif li jonencei, au régime Us jovenciaus.
JOUXTE (jouk-sf), prép. Vieux met qui signifie proche. .louxte le palais. || Conformément à. Jouxte la copie originale.
— HIST. XI* s. Souz Alixandre [Alexandrie] [il y] ad un port juste mer, C/i. de iloi. clxxxv. ||xu*s. L'apostolies [le pape] l'asiet juste lui erramment, E bien seit il venuz, co li ad dit suvent, rh. lemart.ta. Il XIII* s. E. moru et fu enfouis ricement à saint Denis jouxte son père Loeys le Justicier, Chr. de Rains, p. 10. Il XVI* s. SaintPaulestantde son dire croyable Dit : j'ay vescu des hommes incoulpable Jouxte la loy : n'ayant de Christ notice, mabot, i, 278.
— ÉTYM. Provenç. josta; ital. gixista; du lat. juxta, près de. Quant à juita, l'opinion la plus probable est celle de Corssen (Beifra-je, p. 287), qui l'explique comme ablatif féminin singulier (comparez circa, intrl), contraction de jugi-sta, superlatif de l'adjectif juji's, continu; pour jugis , comparez jugum, joug, jnngere, joindre.
JOVIAL, ALE (jo-vi-al, a-1'), adj. || !• Qui appartient au dieu Jupiter (sens absolument inusité aujourd'hui). L'ambroisie joviale, comme ditRonsard. Il 1° Terme de pharmacie. Pilulesjoviales, pilulesdans lesquelles il entrait un sel d'étain, parce que l'étain était designé par les alchimistes sous le nom de Jupiter. Il 8* Assemblée joviale, réunion littéraire établie par la reine Christine de Suède à Stockholm ; ainsi nommée parce qu'elle se tenait le jeudi (en latin jortoïtsdicï; jourdeJupiter,jeudi,voy. ce mot). ||4*Fig.0ui aime à rire et à plaisanter. Des hommes joviaux. 11 est gai, jovial, familier, la bruy. xi. Et moi, jeune et jovial encore, je puis dire qu'à ces soupers j'étais le héros de la table, marmontel, Uém. III. Il II se dit aussi des choses. Face joviale. Humeur joviale.
— HIST. XVI* s. En toute courtoisie et joviale honnesteté, rab. Pant. iv, noue. prol. Seule elle passe les appas Du doux miel, et les doux repas De lajoviale ambroisie, rons. 543. Catherine de Medicis estoit joviale et aimait à dire le mot, brantAub, dans le Dict. de DocHKz.
— ETYM. Ital. gioviale; du lat. jovialis, qui appartient à Jupiter, de Jotis, Jupiter; osque, Djovei; Jovis est équivalent au grec Zeùç, lequel est formé de dydus, par chute dud et changement de l'yen !;, co qui est normal en grec. C'est un terme dérivé de l'astrologie, Jupiter étant considéré comme cause de joie et de bonheur, tandis que Saturne causait l'humeur sombre et la tristesse. Cependant Scheler propose une dérivation de l'italien giorare, aider,
jaire plaisir. Mais la formation serait non giovale, mais giorabile ; et les idées astrologiques suffisent à expliquer le mot ilalien giotiale, qui paraît avoir fourni le mot français.
+ JOVIALEMENT (jo-vi-a-le-man), adv. D'une manière joviale.
t JOVIALITÉ (jo-vi-a-li-té), ». f. Humeur joviale, di^osition à la gaieté.