JOY
— HIST. XVI* s. L'unedisoitque ce n'estoit qu'une pure fiction inventée à plaisir par jovialité qui se rencontre, Caquetsdel'accouchée,p . <ii6, dans lacurne.
t JOVICENTRIQUE (jo-vi-san-tri-k'), adj. Terme d'astronomie. Qui se rapporte au centre de la planète Jupiter. Le mouvement jovicentrique du premier satellite de Jupiter.
— ETYM. Lat. Jotis, Jupiter, et centre.
t JOVILABE (jo-vi-la-b'), s. m. Terme d'astronomie. Instrument pour donner les situations respectives apparentes des satellites de Jupiter.
— ÊTYM. Terme composé comme aslroiabe, de Jovis, Jupiter, et du grec Xoêcïv, prendre.
JOYAU (jo-iô; plusieurs disent joi-iô), î. m. Il 1* Ornement précieux d'or, d'argent, de pierreries, etc. Recevez, s'il vous plaît, quelques rares joyaux, MAIRET, Solim. v, 4. Elle abandonne, pour avoir des armes et des munitions, non-seulement ses joyaux, mais encore le soin de sa vie, Boss. Reine d'Anglet. \\ Fig. Prince, voilà les trésors de l'Eglise, les joyaux, les vases précieux, les couronnes d'or de Jésus-Christ fditMarcellin en montrant les pauvres à Dioclétien], chateaubr. Mart. xii. La France a des palais, des tombeaux, des portiques. De vieux châteaux, tout pleins de bannières antiques. Héroïques joyaux, conquis dans les dangers, v. hl'GO, Odes, II, 8. Il En jurisprudence, bagues et joyaux, les pierreries, perles, chaînes et parures de métaux précieux et autres semblables objets de prix qui appartiennent à une mariée, et que son contrat de mariage lui donne le droit de reprendre après la mort de son mari. Allouer tant à une veuve pour ses bagues et joyaux, jj Les joyaux de la couronne, les joyaux qui appartiennent à la couronne.
— SYN. BIJOU, JOYAU. Les joyaux sont plus beaux, plus riches, plus précieux; les bijoux sont plus jolis, plus agréables, plus curieux. Dans la comparaison on voit le joyau plus en grand, et le bijou plus en petit; on dit les joyaux de la couronne, une femme porte des bijoux. Le bijou est toujours un ouvrage travaillé; le joyau n'est quelquefois que la matière brute. Ainsi la joaillerie se distingue de la bijouterie, en ce qu'elle comprend dans son négoce les pierreries qui ne sont pas taillées ou montées, girard.
— IIIST. xin* s. De joiaus, de richesses trestout Paris resplent, Berte, x. Car en dame haïe [il y] a moût vilain jouel, ib. lxxxv. Si c'est coze [chose] qui soit de tel nature qu'ele ne se pot dopecier ne départir, si corne un ceval ou un jouel d'or ou d'argent, beaum. xxiv, 29. || xiv* s. X Jehan du Vivier orfèvre pour avoir rappareillié un petit jouel d'or, fermant à charnières, ouquel a dedens le sépulcre de Nostre Dame d'un costé et de l'autre costé l'image de Nostre Dame tenant son enfant, DE LABORDE, Émaux, p. 351. Et à i'autre [bout de la lice] estoit celluy qui tenoit le joiau pour le mieux courant, oresme, Eth. il. || xv* s. Si se douta à perdre si riche joiel que le bassinet du roi, qui estoit estimé à tant de florins, fboiss. ii,in, 2(. Le duc a un garde de joyaux et son aide, et est iceluy garde des joyaux fort privii du prince, car il a en ses mains un million d'or vaillant et sert à garder les deniers de l'espargne du prince, tous joyaux d'or et pierreries dont le duc est riche, de LABORDE, Émaux, p. 352. || XVI* s. Par les joyaux s'entendent aiguyeres, anneaux, chaisnes, saintures, et toutes autres choses d'or ou d'argent non monnoyé, baillez et donnez à la femme pour parement de sa personne, Cousium. génér. t. ii, p. 691.
— ÉTYM. Provenç. jotjel, joell; catal. joydl; espagn. joyel; ital. gioieUo: bas-latin, jocales, joealia. D'aprî;s Diez, suivi par Scheler, le bas-latin jocales est dû à une fausse étymologie; joyau doit être rapporté à un latin fictif gaudto/e, de gaudium, joie. Il est certainquegaudium, ayant donné ;oie, en italien gioia, a pu donner joyau; mais on a de la peine à rejeter aussi péremptoirement jocote,jocaita, fourni par d'anciens textes; puis il faut remarquer que, si gaudium était l'origine, on trouverait comme formes accessoires joiau, comme on trouve goie et goir à côté de joie et jouir; enfin jocalis a pu donner joiel, comme vocalis, voyelle. Tout cela incline donc à conserver l'ancienne étymologie et à voir dans joyau un dérivé de jocari par jocalis (voy. jeu).
JOYEUSEMENT (jo-ieû-ze-man; plusieurs disent joi-ieû-ze-man) , adt'. D'une manière joyeuse. J'ai joyeusement passé la journée.
— HIST. xiu* s. Encontre va li rois moût très joicusement, Berte, ix.
— ETYM Joyeuse, et le suffixe ment; provenç. joyosamen.
JOYECSETË (jo-ieû-ze-té ; plusieurs disent joiieû-ze-té), t, (. Parole ou action réjouissante. J'ai
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toujours regardé comme la preuve d'un très-bon esprit qu'on fît son métier galment ; ainsi je n'ai garde de reprocher au préopinant sa joyeuseté dans des circonstances qui n'appellent que trop de tristes réflexions et de sombres pensées, mirabead, Collection, t. II, p. 168.
— HIST, XV* s. Ce que j'ay fait n'a esté que par joyeuseté. Petit J. de Saintré, p. 640, dans l.'Wurnk. Dit une joyeuseté par manière de gaberie, mons- TRELET, t. 1, p. 326, dans LACURNE. Le jour de la Circoncision, le suppliant, qui avoit souppé à une joyeuseté qui se faisoit ce jour, du cange, jocositas. Il XVI* s. Il défendit toutes assemblées de festins, mommeiies, et autres joyeusetés qui lors estoient hors de saison, amyot, Pyrrhus, 33.
— ÉTYM. Joyeux.
JOYEUX, EUSE (jo-ieû, ieû-z' ; plusieurs disent joi-ieû; au xvi* siècle, d'après Bèze, il fallait prononcer joi-ieux; il blâme certains qui prononçaient jo-ieux), adj. || 1° Qui a de la joie. ...Le petit enfant qui va, saute et revient, Et joyeux à sa mère ofl're un caillou qu'il tient, boil. Art p. m. Combien vivent joyeux, qui devaient, sœurs ou frères, Faire un pleur éternel de quelques ombres chères 1 v. HUGO, F. d'oufomne, vi. || Mener une vie joyeuse, mener joyeuse vie, vivre dans les plaisirs, se livrer au plaisir. || Familièrement. Bande joyeuse, comp.ignie de gens qui se réjouissent, s'amusent. || J°Oui exprime la joie. Des cris, des chants joyeux. X leurs regards joyeux dérobant mes douleurs, ancblot, Fiesque, l, 2. || 3° Qui donne la joie. Une nouvelle joyeuse. Une chanson joyeuse. Comment accordé-je ici le souvenir de ces joyeuses solennités [fêles de mariage] à cet appareil de cérémonies funèbres? FLÉcu. Cauphine. Il 4° Fertile, abondant (au sens latin de Ixtx segetes). Puis aussi les moissons Joyeuses, les troupeaux bêlants et mugissants, A. cnÉN. Idyl. l'Aveugle. || 5* Le droit de joyeux avènement, se disait d'un impôt qu'on payait autrefois au roi de France lors de son avènement au trône. || 6° S. f. Joyeuse, nom de l'épée de Cbarlemagne ou de quelques autres héros des chansons de geste.
— UEM. Ce mot a couru des risques dans le courant du XVII' siècle ; il a été menacé par les puristes. Cet homme est joyeux, cette personne est joyeuse, ces anciens termes ne sont plus en usage dans le beau style, il faut dire gai ou de belle humeur, maug. buffet, Observ. p. 58, 4 608. Je suis tout joyeux de vous voir, commence à n'être plus du bel usage; il faut dire je suis ravi ou je suis réjoui ou j'ai une joiesensible quand je vous vois, de caillièhes,)690.
— HIST. XI* s. En son corage [il] en est joûs et liet, Ch. de Roi. cxcvi. || xu* s. Dont doi-je bien par droit estrejoious. Coud, vu. Tuitsont parti de moi joious talent [désirs joyeux] , id. ix. Irai joios et liez, Ronds, p. (2. || xiv* s. Et quant il li viendra bonne fortune, il n'en sera pas moult joieus ne pour maie fortune moult triste, oresme, Elii. I2i. || xv s. Et s'agenouillèrent devant le roy, en disant ainsi : très cher sire et noble roy, voz bourgeois de la ville de Paris vous présentent au joyeux adveiiement de vostre règne tous les joyaux qui sont sur cesle littiere, froiss. liv. iv, p. 6, dans lacurne. || xvi* s. Vien, Attropos, et me couppe la teste De Durandal, de Joyeuse ou Clarence, Départie d'amours, p. 242, dans LACURNE. Plus joyeux que rats en paille ou fourmis en grain, cotgrave. Joyeuse et riche vie perc et mère oublie, id.
— ETYM. Voy. JOIE; provenç. joyoj; ital. gioioio. Remarquez que la Joyeuse se dit en latin jocosa; il est de fait que joyeux pourrait aussi bien venir de jocosus, que de joie par un latin fictif gaudiosus. L'étymologie de joie par gaudia est certaine; mais il serait possible que, dans joyeux, jocosus et gaudiosus se fussent confondus.
i JUBARTE (ju-bar-f), s. f. Sorte de baleine à aileron dorsal.
JUBÉ (ju-bc), ». m. Lieu élevé dans une église en forme de galerie, et qui est ordinairement entre la nef et le chœur. Chanter l'évangile au jubé. Le jubé de l'église Saint-Étienne du Mont. On lisait autrefois les lettres de paix dans les jubés, TUiERS, Dissert, des jubés, ch. v.|| Fig. Venir à jubé, se soumettre, venir à la raison par contrainte, malgré qu'on en ait. Il viendra à jubé, je vous en réponds. Laissez-moi jouer mon personnage, je la ferai venir à jubé, hauterociie, Bourg, de qualité, m, 3.
— lllST. XIV* s. Despense pour le jubé [de la cathédrale de Troies], et premier pour les maçons. Bibl. des chartes, 5* série, t. m, p. 234. || xv' s. K'. soit en Hollande ou en Frise, j» le feray bien venu' à jubé là où il doit, o. chastel. C/ir. des ducs dt Bourg, u, 68.
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— ÉTYM. Le jubé a été ainsi nommé i cause du iube, domne, benedicere, qu'on y chante, cle;u6er«, ordonner (voy. jussion). Quant à l'origine de la locution venir à jubé, on ne la sait pas, à moins qu'on ne pense que dans cette locution il y a un jeu de mot sur le latin jubé, ordonne ; de sorte que venir à jubé serait venir, et dire : ordonne, commande- [noi.
JUBILAIRE (ju-bi-lê-r"), adj. || 1* Qui appartient au jubilé. Année jubilaire ou année sainte, l'année de la célébration d'un jubilé. || Il se dit de ceux qui ont satisfait à toutes les pratiques religieuses prescritespour gagner les indulgences d'un jubilé. |{ 2° Il est quelquefois synonyme de jubilé, n' 4. Docteur jubilaire.
— ÊTYM. Voy. IDBILÉ.
t JUBILANT, ANTE (ju-bi-lan, lan-t'), adj. Qui jubile. Un air jubilant.
t JCBILATE (ju-bi-la-té), t. m. Terme de liturgie. Nom que l'on donne au 3* dimanche après Pâques, parce que l'introït commence par le mot lalin jubilate, soyez joyeux.
— ÊTYM. Voy. JUBILER.
JUBILATION (ju-bi-la-sion ; en vers, de cinq syllabes), î. f. Joie expansive et se manifestant par des signes extérieurs Je suis fort aise qu'il ait conservé sa gaieté et sou visage de jubilation, SÉV. 24 mai 1676. Un air de jubilation se répandit sur son visage, marmontel, Mém. m. |; Frère de la jubilation, s'est dit pour un homme ami des plaisirs, un Iloger-Bontemps.
— HIST. XV' s. À ce tympan ou bedon se joignent toutes manières de gesticulations ou jubilations, GERSON, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. Lat. jubilationem, de jubilare, jubiler. JUBILÉ (ju-bi-lé), t. m. || 1° Solennité publique,
dicz les Juifs, qui, se célébrant de cinquante ans en cinquante ans, amenait la rémission de toutes sortes de dettes, la restitution de tous les héritages aux anciens propriétaires, et la mise en liberté de tous les esclaves. Les Juifs ne vendaient point leurs biens et leurs terres à perpétuité, mais seulement jusqu'à l'année du jubilé. Vous sanctifierez la cinquantième année, et vous publierez la liberté générale à tous les habitants du pays, parce que c'est l'année du jubilé, SACI, Bible, Lévit. xxv, to. ||2» Dans la religion catholique, indulgence plénière, solennelle et générale, accordée par le pape en certains temps et en certaines occasions, là. bulle du jubilé. Le jubilé fut établi en )300 par Boniface VIII, et ne se célébrait d'abord que de cent en cent ans; Clément VI le réduisit à cinquante, Urbain VI à irente-trois ans et Sixte IV à vingt-cinq. Le jubilé est une indulgence plénière d'autant plus certaine et d'autant plus efficace qu'elle est accordée par notre saint-père le pape pour cause publique, avec une réflexion plus particulière sur les besoins de la chrétienté, et qu'elle est universelle, Boss. Inslruct. pour le jubilé, t. Votre mandement pour le jubilé sera certainement lu; mettez-y des vérités fortes et touchantes, maintenon, Lctt. au card. de Noaillcs , «3 janv. 1700. Le jubilé fini, gagné ou non gagné, il fut question de savoir si ilme de Montespan reviendrait à la cour, u"' UE CAïLL'S, Mém. p. 70, éd. de 4803. Il me semble qu'on voit encore dans le caractère, dans la physionomie et dans toute la personne de Mme la duchesse d'Orléans [fille de Mme de Montespan, née pendant le jubilél, des traces de ces combats do l'amour et du jubilé, id. ib. p. 72. Le grand jubilé attirait à Rome une si prodigieuse foule, qu'en i 360 on y compta deux cent mille pèlerins, volt. Mœurs, •». Il Faire son jubilé, faire toutes les pratiques de dévotion ordonnées par la bulle du jubilé. Je serais très-bien disposée pour faire.... mon jubilé, sév. 34. Il Terme de jeu. Faire jubilé, brouiller le jeu, de manière qu'il n'y ait ni perdants ni gagnants.lj 3* Fêle religieuse et domestique, qu'on célèbre souvent au bout rie cinquante ans d'exercice d'une fonction, au bout de cinquante ans de mariage. Ce professeur célèb» cette année son jubilé; il» &o ans de services. Il Mariage de jubilé, mariage célébré de nouveau après cinquante ans de durée. ||4' Adj. Il se dit d'un religieux, d'un chanoine, d'un docteur qui l'est depuis 60 ans. Ce père n'a plus qu'une année de théologie à enseigner.'et puis il sera lecteur jubilé.
— HlsT. xv 8. Venez à mon jubilé; J'ay passé la cinquantaine; Tout mon bon temps est allé; Veuei à mon jubilé, e. desch. Poésies mis. f «84.
— ÊTYM. Provenç. jubileu; espagn. jubiUo; ital. ijiubbileo ; du \a.i.jubilseu$, qui vient de l'hébreu iobel, cor, trompe, dont le son annonçait la fête.
\ JUBILEU (ji-bi-lé), t). '1. Tcimo familier.
Sprouver une satisfaction vive et se manifestant au dehors.
— HIST. XII* s. Montaignes, jubileiz la loenge, st