BERNARD
— ÊTYM. Berry, te juWer, se jôler,se réjouir; esp. jubilar; it. giubilare, se réjouir; sarde, giuilare, crier; du lat. jubilare, pousser des cris de joie, mot qui n'a rien de commun avec le jubilé des Juifs.
f JUBIS (ju-bis'), s. m. Terme de commerce. Nom des raisins secs de Provence, que l'on expédie en caisses.
t JUC (juk), s. m. Le bâton où perchent les poulets.
— HIST. XVI* s. Il usoit quelque fois de si rudes termes que les poules s'en fussent levées de juc, DESPER. Contes, xvi.
— ÊTYM. Voy. jucher; namur. joc; Berry, guche, ou gueuche, s. f. juc, juche; bourg, guiche.
JUCnÉ,ÉE (ju-cbé,chée), part, passé de jucher. Il 1° Perché sur le juchoir. Des poules juchées. || Par extension. La demoiselle qui était juchée comme une poule au hautde leur bagage, scabr. Rom.com. I, t. Ils m'ont trouvé juché sur de grands arbres, j. I. Rocss. Prom. 5. || %' Terme d'art vétérinaire. Cheval juché, chevcd dont le boulet se porte tellement en avant, qu'il marche et repose sur la pince. Un cheval, un mulet juché. || On ditplutôt bouleté, lorsqu'il s'agit des pieds de devant.
JUCHER (ju-ché). Il 1* F. n. En parlant des poules et de quelques autres oiseaux, être perché sur une branche, sur une perche pour dormir. Les poules juchent dans le poulailler. Los faisans juchent sur les arbres. || Fig. et populairement. Se loger très-haut. Il est allé jucher à un cinquième étage. Il i' V. a. Placer quelqu'un ou quelque chose comme sur un juchoir. On le jucha sur l'impériale de la diligence. || 3° Se jucher, v. réft. Se percher sur le juchoir. Quand les poules se juchent. || Par extension. Dans sa frayeur il était allô se jucher dans une soupente.
— HIST. XIII* s. Pinte parla qui plus savoit. Celé qui les grosoes [œufs] ponnoit; Et, p'^s du coc juchant à destre. Si li a conté tout son estre, Ren. 1335. Une bore iras à l'uis derrières Savoir s'il est rcmès deffers [ouvert], Et jucheras iluec deforsTous seus [seul] à la pluie et au vent, la Rose, 2S32. Il XIV* s. Par fiyl ce dit li autres, je m'en vois besongner ; Maudit soit ce Bertran, qui tant m'a fait joquier, Cufsci. 13709. Quant les oyseaulx quierent l'abri pour eulx jucher, àlodus, f° cxxxii bis, lerso. Car quant bien haultse sont juchiés, Âun seul coup sont trebuchiés,'BRUYANT,dans Jfénogter,t. ii,p. 2i. Il xvi* s. Car tel est bien hault juché qu'on démonte, MAROT, V, 355. Les coqs, chapons et poules communes se juchent ensemlile, o de serres, 34o. Ma maison est juchée sur un tertre, comme dict son nom [Montaigne], mont, m, 289.
— ÉTYM. Wallon, joukt; namur. joker; Berry, gucher, gueucher ; norm. hucher, huchier. Origine inconnue; car le latin;ugum proposé par Ménagene convient pas à la forme du mot. On trouve, parmi les termes de marine, jucher, employé pour gésir.
JUCHOIR (ju-choir), s. m. Assemblage de pièces de bois étroites ou de perches, élevé dans l'intérieur du poulailler, et sur lequel les poules, etc. vont se placer pour la nuit. La plupart des faisandicrs tiennent dans leur faisanderie un duc qu'ils mettent toujours en cage sur des juchoiis dans un lieu découvert, BUFF. Ois. t. II, p. <27.
— mST.xvi* s. En leur cspesseur seront espargnés des trous pour les nids de la volaille ; et joignant iceui dresser leurs jucheoirs, o. de serres, 347.
— ÊTYM. Voy. jucher; picard, joukoir.
JUDAÏQUE Ou-'la-i-k'), ad;. Il 1° Qui appartient
aux Juifs. Élevant sa voix de toutes ses forces, il [Sennacherib] parla on langue judaïque au peuple qui était sur les murs de Jérusalem, sac:i, Biblc,Paralip. ii,xxxii,t«.I.e corps du droit judaïque n'est pas un recueil de diverses lois faites dans des temps et dans des occasions diiïcrentos : Moïse, éclairé de l'esprit do Dieu, avait tout prévu, bOss. llist. il, 3. Saint Paul, en rcsiicctant l'ombre de cette autorité [celle du grand ponlifo et du prince du peuple] dans les restes du sacerdoce judaïque qui s'évanouissait, ID. Avert. sur le livre : lléflex. mor. ii. On veut effacer d'un seul trait ce qu'a fait Jésus-Christ jusqu'à la fin de sa vie pour honorer l'Église judaïque et la chaire de Moïse, m. 2" instr. sur les prom. de l'Eglise, 44. Il a* Qui a, suivant les chrétiens, le caractère inférieur/o la loi anriennc, par rapport à la loi nouvelle ou Kvannilo. Telle est la justice chrétienne, opposée à lajustico judaïque et pharisaïquc, que saint Paul aipiîl'e la pro;'rc justice, c'esl-i-diro
celle qu'on trouve en soi-même et non pas en Dieu, Doss. Concupisc. 33. Une confiance encore judaïque, c'est-à-dire une confiance qui se proposait encore quelque chose de terrestre et de charnel, bour- DAL. ifyst. ascens. de J. C. t. i, p. 4)4. || 3° Fig. Trop étroitement asservi à la règle. Des observances judaïques. || Interprétation judaïque, interprétation qui s'attache à la lettre, lorsque le sens évident est autre ou plus étendu. || 4° Terme d'histoire naturelle. Pierres judaïques, nom donné à des pointes d'oursins fossiles, ainsi qu'à des articles de crinoïdes également fossiles; ces pierres ont été ainsi nommées parce qu'on les trouve en Judéomais on les trouve aussi ailleurs. |{ S. f. Les lenliculaircs, les judaïques m'ont paru des fossiles terrestres, VOLT. Mœurs, Chang. 116° Herbe judaïque, voy. stachïde.
— HIST. XVI* s. Opinion judaïque, CALV./nstit. 298.
— ÊTYM. Lat. ;ud0icus, de judcïu» (voy. juif).
f JUDAÏQUEMENT (ju-da-i-ke-man), adu. D'une manière judaïque.
t JUDAÏSANT, ANTE {ju-da-i^zan, zan-t"), adJ. Qui suit les pratiques, les croyances des juifs. L'Eglise était partagée en société judaïsante et société non judaïsante, VOLT. Mœurs, SibyWfs. || 11 se dit aussi des juifs convertis au christianisme, puis relaps.
JUDAÏSER (ju-da-i-zé), v. n. {| 1* Suivre et pratiquer en tout ou en partie la loi judaï(iue. Si vous, qui êtes juif, vivez comme les gentils et non pas comme les juifs, pourquoi contraignez-vous les gentils de judaïser?SACi, Bible, St. Paul, Ép. aux Galat. Il, «4. Il 2° Fig. Donner aux choses, aux mots une interprétation judaïque. Il faut entrer dans le sens de celui qui parle : autrement ce serait judaïser, et juger selon la lettre, non selon l'esprit, Opusc. lang. franc, p. 209, dans polgens.
— ÊTYM. Provenç. judayiar, judaigar; espagn. judaiiar; ital. giudainare ; du .\a.t. judaifare, de judœus (voy. juif).
JUDAÏSME (ju-da-i-sm'),s. m. || l*La religion des juifs. Le judaïsme est maintenant de toutes les religions du monde celle qui est le plus rarement abjurée ; et c'est en partie le fruit des persécutions qu'ellea souffertes, volt. Dict. phil. Juifs . \\ 2* État, selon les chrétiens, d'infériorité de la loi ancienne par rapport à l'Évangile. Je ne demande pas d'avoir une plénitudede consolation sansaucune souffrance, car c'est la vie de gloire ; je ne demande pas aussi d'être dans une plénitude de maux sans consolation, car c'est un état de judaïsme, pasc. Prière pour le bon usage des maladies.
— HIST. XVI* s. X cela je respon que sans judaïsme nous observons le dimanche, calv. /ns(tt. 297.
— ÉTYM. Lat. judaismus, àe judxus (voy. juif). f JUDAÏTE(ju-da-i-t'),s. m. Nom d'une sectejuive
qui eut pour chef un certain Juda, du temps de Ponce-Pilate. Ces judaïtes regardaient comme un grand péché d'obéir aux Romains : ils excitèrentune sédition furieuse contre ce Pilate, volt. Philos. Uérode, Sectjuiv. et samar.
JUDAS (ju-dâ; l's se lie : un ju-dâ-z ouvert), s. m. Il 1* Nom du disciple qui trahit Jésus-Christ. Le style de l'Évangile est admirable en tant de manières, et, entre autres, en ne mettant jamais aucune invective contre les bourreaux et ennemis de Jésus-Christ, car il n'y en a aucune des historiens contre Judas, Pilate, ni aucun des Juils, pasc. Pens. XIX, 2, éd. HAVET. H i' Fig. Un traître. C'est un Judas. Moniteur Judas est un drôle Qui soutient avec chaleur Qu'il n'a joué qu'un seul rôle Et n'a pris qu'une couleur, bérang. M. Judas. || Adj. Que voilà qui est scélérat I que cela est judas t mol. Bourg, gent. m, (o.jl Baiser de Judas, caresse que l'on fait à quelqu'un pour le trahir. || Poil de Judas, poil roux, il 3* Fig. Petite ouverture pratiquée à un plancher, pour voir ce qui se passe au-dessous, et ainsi nommée parce que celui qui regarde par le judas regarde pour ainsi dire en trahison. Regarder par le judas.
— HIST. xvi* 8. Nous demandons du lait de truye i l'hôtesse : l'un fait le mauvais, l'autre le Judas, et tout vient en partage avec les compagnons, h'aud. Fcen. m, i. Jaune paisie, jaune doré, couleur de Judas, d'aurore, de serain, id. t6. i, 2.
— ÊTYM. Judas ou Juda, nom juif qui yienl d'une racine signifiant célébrer, confesser.
JUDELLE (ju-dê-l'}. S./. Terme d'histoire naturelle. Sorte d'oiseau aquatique.
t JUDÉO-CHRÉTIEN (j'i-'l«-o-'<''^-t''n), S- m. Celui qui suivait le judéo-christianisme.
t JUDÉO-CIIUISTIANISME (ju-dé-o-kri-sti-ani-sm'), I. m. Opinion de ceux qui, parmi les premisr» chrétiens, eurci tuaient le çhrisliau'sm»
JUD
dans le cadre du judaïsme, et qui pensaient que l'accès n'en était permis a^ix païens qu'auUnt qu'ils «'étaient fait d'abord agréger à la famille d'Israël.
t JUUICA (ju-di-ka) . s. m. Le judica, le dimanche de la Passion, parce que l'introït commence par judica, impératif du verbe latin judicare, juge
(voy. JLGKR).
t JL'DICANDE (ju-di-kan-tl'), s. m. JUDICAT (ju-di-ka), *. m. et JUDICATKL'R (ju-di-ka-teur), I. m. Mots proposés par Donierguc, mais non adoptés, pourdésigiiur les trois termes de la proposition, le sujet (ce dont on juge), l'attribut (ce que l'on juge convenir ou ne pas convenir au sujet), et le verhc qui exprime le jugement.
— Èi'YM. I.at. judicandus, judicatum, et judicatorem, de judicare, }agcv.
t JUUICATIF, IVE (ju-di-ka-tif, ti-v*), adj. Terme de grammaire. Le mode judicatif, ou, substantivement, le judicatif, nom donné quelquefois à l'indicatif.
— HlST. xiv s. Puissance cognoscitive et judicative, ORESME, Thèse de meunier. Astrologie judicative, m. ib.
— ÉTY.M. Provenç. jwdi'calî'u; ital. giudicativo ; du lat. jvdicativus (quicherat. Addenda), de judicare, juger.
t JUDICATION (ju-di-ka-sion), f. f. Nom donné quelquefois, dans le langage phiIosoirhique,à l'opération de l'esprit qui consiste àporler un jugement, à faire usage delà faculté judiciaire.
— ÉTYM. Lat. judicationem, de judicare, juger.
JUDICATUM SOLVI (ju-di-ka-tom'-sol-vi). Caution judicatum solvi, caution qu'on peut obliger un étranger à fournir lorsqu'il veut intenter une action devant les tribunaux de France contre un Français.
— ÉTYM. lat judicatum solvi, ce qui serajugé sera payé ; de judicatum, chose jugée (voy. juger), et soiït, être payé, de solvere, payer, délier (voy. solution).
JUDICATURE (ju-di-ka-tu-r'), ». f.\\i' État, profession de tonte personne employée à l'administration de la justice. Il savait que les premières lois qu'il faut étudier sont celles de la Providence ; que ia judicature est une espèce de sacerdoce où il n'est pas permis de s'engager sans l'ordre du ciel, flêch. I.amoignon, L'usage des lois et des judicatures qu'il avait exercées.... id. le Tellier. Une statue déjuge, sans mains, et les yeux baissés en terre, marquait les devoirs de ceux qui exerçaient la judicature, ROLUN, Uist. anc. Œuv. t. i, p. 7), dans pougens. Il i" La dignité de juge chez les Hébreux.
— SYN. JUDICATURE, MAGISTHATCRE. Le premier ne s'applique qu'aux juges ; le second a plus d'extension et comprend des officiers d'autre ordre que de l'ordre judiciaire; par exemple un maire, un conseiller municipal, etc. sont des magistrats. Toutefois magistrat et magistrature employés sans déterminatif ne s'appliquent guère qu'aux juges.
— HlST. XVI" s. Les Komainsleur ont interdit[aux femmes] Testât de judicature, ïver, p. 549. La cognoissanse, judicature et coercion de tous cas privilegez appartiennent au dit bailly ou son lieutenant, Coustum. génér. t. ii, p. 1 033.
— ETYM. Lat. judicare, juger.
JUDICIAIKK (ju-di-si-ê-r'),ody. |1 1' Qui est relatif à l'administration de la justice. Les membres de l'ordre judiciaire. Institutions judiciaires. Organisation judiciaire. Police judiciaire. || 2» Qui se fait en justice, par autorité de justice. Les formes judiciaires. Enquête judiciaire. || Acte judiciaire, celui qui se fait en présence ou sous la surveillance d'un juge, par opposition à acte extrajudiciaire. || Témoin judiciaire, toute personne appelée à déposer en justice. |{ Autrefois, bail judiciaire, bail d'un héritage saisi réellement, qui était fait à la poursuite du commissaire aux saisies réelles. Le fermier de ce bail se nommait fermier judiciaire. Il Combat judiciaire, combat ordonné par autorité de justice entre deux parties ou leurs champions , et dont l'issue décidait la contestation. Il 3° Terme de rhétorique Genre judiciaire, celui des trois genres d'éloquence par lequel on accusa ou l'on défend. Il 4» Astrologie judiciaire, l'art prétendu de connaître l'avenir par l'observation des astres, proprement astronomie de jugement, par opposition k astrologie naturelle ou astronomie. On était trcs-cntèté, à la cour, de l'astrologie judiciaire VOLT. Louis Iir, 25. Il II s'est dit, au masculin^ pour astrologue (emploi aujourd'hui inusité). Par votre moyen, nous sommes judiciaires dans la morale ; nous faisons, madame, l'horoscope de la paix, BALZ. Disc.à la régente. || B* Faculté judiciaire, faculté par laquelle on juge, on apprécie. Pour avoir
lUG
commencé tard à mettre en exercice ma faculté judiciaire.jen'ai pas trouvé qu'elle eût perdu sa vigueur, j. j.ROuss. Conf. VI. Il Substantivement. Vous êtesvous mis dans la tête que Léonard de Pourceaugnac... n'ait pas là dedans quelque morceau de judiciaire
pour se conduire? mol. Pourc. ii, 7 Le voilà cet
homme au-dessus du vulgaire. Dont vous vantiez l'esprit et la judiciaire, piron, Métrom. v, 8. Quelle netteté de judiciaire enfantine! j. j. rouss. Ém. II.
— IIIST. XV s. Par vérité [le roi] sera garni de foy. Et droiturier en fait judiciaire, e. descu. Ce qui est nécessaire aux roys. || xvi* s. Ceulz qui nous content des fables comme alchymistes, judiciaires, médecins, mont, i, 247. Information judiciaire, m. Il, 1 13. Une modération et gravité judiciaire, calv. Instit. dédie. Il est commis et estably do la part de la loy et avec l'avis des créanciers un homme judiciaire, afin de, comme curateur des biens, régir la maison mortuaire, Nouv. coust. génér. t. i, p. 663.
— ÉTY'M. Provenç. juditian; espagn./iKÎtctario; ital. ffiwdî'ctarto; du lat. jiidicton'us, de judex,judicis, juge.
JUDICIAIRE.'VIENT (ju-di-siè-re-raan) , adv. En forme judiciaire. On se massacra [en Afrique, lors du schisme des donatistes] saintement dans le pays habité de nos jours par les corsaires de Tunis et d'Alger, mais on ne se massacra pas judiciairement, VOLT. Polit, et legisl. Prix de la just. et de l'hum. vin.
— HIST. XVI" s. Par actes authentiques qui ont esté faits judiciairement, d'aub. Hist. m, 515.
— F.TYM. Judiciaire, et le suffixe ment. JUDICIEUSEMENT ( ju-di-si-eû-ze-man ) , adj.
D'une manièrejudicieuse.Ouesi la loi générale qu'on fit alors [faire une notice sur chaque académicien a jssi.ôt après sa mort] eût été depuis aussi exactement observée qu'elle était judicieusement établie, je ne serais guère en peine pour vous parler des académiciens morts, PELLissON, Hist. Acad. Bardin.
— ÉTY5I. Judicieuse, et le suffixe ment. JUDICIEUX, EUSE (ju-di-si-cù , ciVz'), adj.
Il 1° Qui a du jugement, qui sait comparer et apprécier. Elle a fait voir, la-iiremière au monde, des armées judicieuses et dos guerres sages, balzac, la Gloire. Les plus judicieux ne me blâmeront point De joindre encore mieux ce que l'amour a joint, MAIRET, Soliman, iv, 5. Deux fois, en grand politique, ce judicieux favori [Mazarin] sut céder au temps et s'éloigner de la cour, boss. le Tellier. La grande vanité de ceux qui n'imaginent pas est do se croire seuls judicieux, vauvkn. Sax. ccLXXix. Il 2° Qui a la marque d'un bon jugement. Ktfairepar des choix judicieux et sains Tomber le mini.stcie en de fidèles mains, rotrou, Yencesl. i, ). Ce qu'une judicieuse prévoyance n'a pu mettre dans l'esprit des hommes, boss. Reine d'Angtct. Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux, boil. Art p. m.
— HIST. xvi" s. Justus Lipsius, le plus sçavant homme qui nous reste, d'un esprit très poli et judicieux, MONT. II, 312.
— ÉTYM. Lat. judicium, jugement (voy. juger).
t JUDITH (ju,-dit'), ». f. Livre de Judith, livre canonique de l'Écriture, dans lequel se trouva le récit de la mort d'Holopherne.
f JUËNE fju-è-n'), s. m. Nom d'un poisson blanc de rivière dit aussi chevane.
— ÉTYM. Autre forme de chevane ; wall. givène, g'vine; namur. ch'fène.
t JUGAL, ALE (ju-gal, ga-l'),od;. Terme d'anatomie. Synonyme de zygomatii|ue. ||S. m.Lejugal, os qui, chez les poissons, termine le temporal vers le bas, et fournit l'articulation à la mâchoire inférieure.
— HIST. xvi" 3. La pommette ou os jugal, paré,
— ÉTYM. Lat. jugalis, de jugum, joug, pomeite.
JUGE (ju-j'), ». m. Il !• Celui qui juge, qui a le droit et l'autorité de juger. Les jurés ne sont juges que du fait. Dieu le souverain juge. L'Église est juge des choses de la foi. La Syrie à vos lois est-elle assujettie Pour souffrir qu'une femme y soit juge et partie? corn. Tliéod. v, 7. Que je vous fasse vous-même le juge de votre propre cause, bourdal. Jugem. dem. t" avcnt, p. 84. Les rois, on des siècles plus innocents, furent autrefois eux-mêmes les juges du peuple, fléch. Lamoign. Mais vous avez pour juge un père qui vous aime, rac. ililhr. ii, 2. Tu me parles toujours comme un juge implacable Qui sur son tribunal intimide un coupable, volt.
JUG
Fanât, i, 4. || Fig. L'esprit de ce souverain juge du m inde [l'homme] n'est pas si indépendant qu'il ne soit sujet à être troublé [lar le premier tintamarre qui se fait autour de lui , pasg. Pens. m, », éd. HAVET. Il 2° Homme préposé par autorité publique pour rendre la justice aux particuliers. Pendant que chacun tache de vaincre [dans une discussion], on s'exerce bien plus à faire valoir la vraisemblance qu'à poser les raisons de part et d'autre; et ceux qui ont été longtemps bons avocats ne sont pas pour cela par après les meilleurs juges, DESC. iléth. VI, 6. Le juge prt-tendait qua tort et à travers On ne saurait manquer, condamnant un pervers, la font. Fabl. ii, 3. ô Seigneur, vous avez fait, comme dit le Sage, l'oeil qui regarde et l'oreille qui entend; vous donc qui donnez aux juges ces regards bénins, ces oreilles attentives, et ce cœur toujours ouvert à la vérité, écoutez-nous pour celui qui écoutait tout le monde, boss. le Tellier. On y [dans le Tellier] vit tout l'esprit et les maximes d'un juge, qui, attaché à la règle, ne porte pas dans le tribunal ses propres pensées ni des adoucissements ou des rigueurs arbitraires, et qui veut que les lois gouvernent et non pas les hommes, lo. ib. L'ambition a fait trouver ces dangereux expédients où, semblable à un sépulcre blanchi, un juge artificieux ne garde que les apparences de la justice, iD. ib. Trente juges étaient tirés des principales villes pour composer la compagnie qui jugeait tout le royaume [d'Egypte], id. 7/i.vj. ni, 3. Aussi disait-il ordinairement qu'il y avait peu de différence entre un juge méchant et un juge ignorant, fi.ecii. Lamoignon. Dieu, dont la providence destine les juges pour gouver;ier son peuple, comme elle destine les prêtres pour le sanctifier, id. ib. Ceux qui, renversant l'ordre des choses, se l'ont une occupation de leuio amusements, et ne donnent à leurs cliarges (|ue les restes d'une oisiveté languissante, comme s'ils n'étaient juges que pour être de temps en temps assis sur les ficurs de lis où ils vont peutêtre rêver à leurs divertissements, id. ib. M. le Tellier savait qu'un juge doit rendre compte non-seulement de son travail, mais encore de son loisir, ID. le Tellier. Crois-tu qu'un juge n'ait qu'à faire bonne chère. Qu'à battre le pavé comme un tas de galants'? rac. Plaid, i, 4. Ne raillons point ici da la ma;:istrature ; Vois-tu? je ne veux point être un juge en peinture, id. ib. ii, 13. Celui qui sollicita son juge ne lui fait pas honneur, la eruï. xiv. La maison de M. de Villars ressemblait-elle à ces maisons d'orgueil où ceux que les affaires y attirent pensent plus aux moyens d'aborder leur juge qu'à lui exposer leur droit et leur justice? mass. Or. fun. Villars. Il craignait avec grande raison 'lue la justice ne fût d'une part et les juges de l'autre, LE SAGE. Diable boit. ch. v, dans pougkns. || Autrefois les juges, n'étant pas salariés par l'État, avaient des bénéfices dans les procès. Le devoir des juges est de rendre la justice ; leur métier est de la différer; quelques-uns savent leur devoir et font leur métier, LA BBUY. xiv. || 3" Collectivement et absolument, tribunal. Renvoyer devant le juge, par-devaht le juge. Il 4° Juges de rigueur, les juges qui doivent prononcer suivant la rigueur de la loi; à la différence des arbitres, ijui peuvent so décider d'après l'équité naturelle. || Juges de rigueur, s'est dit aussi des juges subalternes ; à la dilTérence des juges qui prononçaient en dernier ressort, et qui se permettaient quelquefois d'adoucir la rigueur de la loi. Il Juges naturels, ceux que la loi assigne aux accusés, aux parties, suivant leur qualité et l'espèco de la cause. || Juges inlérieurs, juges qui prononcent en premier ressort. || 5° Juge d'instruction, magistrat établi pour rechercher les crimes et les délits, en recueillir les preuves ou indices, et faiia arrêter et'inteiTOger les prévenus. || Juge-commissaire, juge désigné par le tribunal dont il fait partie pour procéder à certaines opérations, et en faire son rapport s'il y a lieu. || Juge de paix, magistrat principalement chargé de juger sommairement, sans frais et sans ministère d'avoués, les contestations de peu d'importance, et de concilier, s'il se peut, les différends dont le jugement est réservé aux tribunaux civils ordinaires. || Juges extraordinaires, juges qui ne connaissent que de certaines matières distraites par la loi de la juridiction ordinaire, il 6° Autrefois, juges ordinaires, juges à qui appartenait naturellement la connaissance des affaires civiles ou criminelles; à la différence des juges de privilège, et do ceux qui étaient établis par commission, || On appelait aussi juges ordinaires ceux qui servaient toute l'année, à la différence do ceux qui ne servaient que par semestre.
JUG
Il Juges royaux, ceux qui rendaient la justice au nom (lu roi. Juges des seigneurs, ceux qui la pendaient au nom des seigneurs. || Juge d'atlribulion, juge qui était établi pour connaître de certaines affaires. || Juge délégué, celui qui était commis pour connaître d'une affaire particulière, par opposition à juge permanent. |! Juge botté, juge qui n'était pas gradué. || Juge botté ne se dit plus que fig. d'un juge sans lumière et sans capacité. || Juge o (juo [duquel, sous-entendu on pouvait appeler], juge subalterne, juge dont on appelait. || Autrefois juges et consuls, juges-consuls, aujourd'hui juges consulaires, juges pour les affaires commerciales, juges au tribunal de commerce. Comme les négociants habiles et inutruits dans leur art ont acquis par l'habitude et l'usage du commerce une connaissance suffisante pour juger les différends qui concernent le négoce et la marchandise , l'ordonnance [de < 673] a cru devoir ôter la connaissance de ces différends aux juges ordinaires, et en confie la décision aux négociants mêmes, ou du moins aux plus habileset plus capables d'entre eux, choisis à cet effet dans chaque ville par le corps des négociants, et elle leur a donné la qualité de jugesconsuls , poTiiiER , Commentaire sur /'ordonnance du commerce, Paris, <76l, in-(2, p. 2t6. Il 7° Grand juge, titre donné, sous le premier empire, au ministre de la justice. Il 8° Juge mage ou maje, titre qu'on donnait, dans quelques provinces méridionales de la France, au lieutenant du sénéchal. Il 9° Nom donné à ceux qui sont charges de prononcer dar.s un concours. Les juges du concours. Il 10° Toute personne ou ensemble de personnes choisies pour prononcer sur un différend, ou dont le jugement, l'opinion a pouvoir de décider. Puisqu'il veut te choisir pour juge , je n'y recule point, MOL. l'Avare, iv, 4. Il est donc hérétique, me dit-il, demandez-le à ces bons pères. Je ne les pris pas pour juges, pasc. Prov. i. Je fais M. de Grignan juge de ce que je dis, sÉv, 69o. Combien voudriezvous donc, monsieur de la Brie ? — Vous-mêmejcvous en fais juge, HANCOURT, la Femme d'intrigues, i, 6. Je ne prends point pour juge un peuple téméraire, K*c. Àthal. II, 5. LCj nations les ont pris pour juges de leurs différends, fén. Tél. vm. La confiance avec laquelle il a fait l'univers juge de sa conduite prouve assez qu'il ne se reprochait rien, font. Csar Pierre. Chacun s'érigera en juge de cette nouvelle démarche, mass. Carême, Ilesp. hum. || Il se dit, dans le même sens, de toute chose personnifiée. Mon juge est mon amour, mon juge est ma Chimène, corn. Cid, ni, ). Dieu conduit l'Église dans la détermination des points de la foi, par l'assistance de son esprit qui ne peut errer; au lieu que dans les choses de fait, il a laissé agir par les sens et par la raison, qui en sont naturellement les juges, PASC. ProB. xvii. Jepuis.... Lui disputer les cœurs du peuple et de l'armée, Et pour juge entre nous prendre la renommée, rac. Dajas. m, 4. Loin du triumvirat va chercher un refuge; Je prends entre nous deux la victoire pour juge, volt. Triumv. V 5. Il 11° Celui qui est capable de juger d'une chose, de l'apprécier. Vous vous êtes, en ma faveur, trompé en une chose de laquelle vous êtes si bon juge VOIT. Lett. 37. Toutes les vaines excuses dont vous' couvrez votre impénitence vous vont être ôtées.... moft discours, dont vous vous croyez peutêtre les juges, vous jugera au dernier jour, boss. Anne de Gonl. Un auteur à genoux, dans une humble préface. Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce ; H ne gagnera rien sur ce juge irrité, Qui lui fait son procès de pleine autorité, boil. Sal. ix. Pourquoi les amants, qui sont bons juges de ce qui touche, ne s'adressent-ils jamais qu'à la nuit?F0.N- TEN. les Mondes, \" soir. || Se fùire, s'établir, se constituer juge de quelqu'un, de quelque chose, se croire capable de juger quelqu'un, quelque chose. Il 12° Juges du camp, ceux qui, dans les combats judiciaires, dans les joutes et combats de chevaliers, étaient charges de veiller à ce que tout se passât suivant l'usage et la loyauté. || 13° Francs juges, voy. VEMUE. Il 14° Titre dos magistrats suprêmes des' Juif» avant l'établissement de la royauté. Depuis le temps des juges qui jugèrent Israël, saci. Bible, Bois,iv,xxiii,22. || Le livre des Juges ou, simplement, les Juges, le septième livra de l'Ancien Testament, qui contient l'histoire des Juifs pendant la domination des juges. || 16° Juge et garde de la prévôté, juge subalterne du bailli. || Juge d'armes, officier qui était chargé de vérifier et de certifier les armoiries et les titres de noblesse. || Jugegarde, fonctionnaire qui veillait à la fabrication des monnaies. |1 Proverbes. De fou juge briève sentence,
BICT. DK LA LANGUE rBANÇAISE.
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c'est-à-dire les ignorants décident sans examiner. il On a vingt-quatre heures au palais pour maudire ses juges, beaijmabch. Barb. de Sev. u, 2.
— HIST. xiu's. Grantdonfait juges aveugler. Droit abatre, tort élever, leroux de lincy, Proi'. t. ii, p. < 32. [Hypocrisie] Ses anemis ne prise gaires, Qu'ele a baillis, provos et maires. Et si a juges, RtJTEB. i, 204. Nus [nul] en sa querele ne doit estre juges et partie, excepté le roi ; car cil pot estre juges et partie en sa querele et en l'autrui, uealm. i, 24. || xiv° s. Le juge est bon, qui tost entent ettart juge, Uenagier, I, 9. Il XV' s. Par ce l'en pcult appercevoir Souvent en mainte plaidoyerie Ur:g homme, affin de rerepvoir, Estre ensemble juge et partie, coquillart, Plaidoyer de ta simple et de la rusée. Juge hastif est périlleux, leroux de lincy, Prov. t. il, p. <32. Il xvi" s. Le peuple ne voulut point tirer au sort ceulx qui devroienl estre juges de ce jeu, pour adjuger le prix à celuy des poètes qui l'auroit mieulx mérité, amvot, Cimon, H. Les voulez-vous faire [les philosophes] juges des droicts d'un procez, des actions d'un homme? MONT, i, MO. Et fera le juge d'appel ce que devoit faire le juge a quo, Coust. génér. t. ii, p. 413. Lesjuges [du camp] estoient Hercules, duc de Ferrare, et Louis, marquis de Saluées, lesquels estoient dedans un eschaffault près de celuy du roy, duquel pouvoient veoir tout à clair tous les coings et endroictsdu cliamp, et sans empeschement adviser tout l'exploict (le la bataille, j. d'auton, Ann. de Louis XII, p. 89, dans lacurne. Tel juge tel jugement, LEROUX PE LINCY, t. II, p. 132. ...Nommer et élire cinq marchands... le premier desquels nous avons nommé juge des marchands , et les quatre autres consuls desdits marchands... Connoistront lesdits juge et consuls des marchands de tous procès et différends qui seront ci-après mus entre marchands, Édit. denov. <563, art. t et 3.
— ÉTïM. Provenç. juîge ; espagn. juex; portug. juiz ; ital. giudice; du lat. judicem , de jtts, droit, et dex, celui qui dit, de dicere. U est vrai que l'on a dicere et judtcis ; mais on doit remarquer que tous les mots tels que dicare, causidUus, etc. ont dî; d'ailleurs on sait que l'ancienne forme de dîcereest deicere, lequel est un gouna du radical diç, montrer, dire.
JUGÉ,ÉE (ju-jé,jce),p(irI.posscde juger. ||l°Ouia été l'objet d'un jugement, en parlant des personnes. Les voleurs jugés et condamnés. || Substantivement. Les jugés,lescondamnésaujugement dernier. Ouand je viens à penser que ces personnes peuvent tomber et être au nombre malheureux des jugés, pasc. Lett. à Mllede lioannei, 6. || Fig. C'est un homme jugé, se dit, da'ns un sens péjoratif, d'un homme dont on connaît le peu de valeur intellectuelle ou morale. On dit dans le même sens ; cela est jugé. Il 2° Qui a été l'objet d'un jugement, en parlant des choses.Affairejugéeen première instance. {| Terme de jurisprudence. La chose jugée, point de contestation qui a été jugé par les tribunaux. Combien de fois s'est-on plaint que les affaires n'avaient ni de règle ni de fin ; que la force des choses jugées n'était presque plus connue...! boss. le TcHter. || Jugement passé en force de chose jugée, décision qui ne peut plus être réformée par aucune voie légale. Il Bien jugé, mal appelé; mal jugé, bien appelé, formules employées (ians les arrêts quand un juge supérieur confirme ou casse la sentence d'un juge subalterne. Il Substantivement, le bien jugé, jugement bien rendu. Maintenir le bien jugé. || En sens contraire, le mal jugé, jugement défectueux. Il faut prouver le mal jugé, quand on appelle d'une sentence, d'un premier jugement. Le mal jugé n'est pas un moyen do cassation. Nous verrons si le bien jugé, qui n'a passé que de deux voix, n'est pas le plus infernalcmcnl mal jugé [dans l'affaire du jeune la Barre et do ses amis], volt. Lett. d'Argental, 22janv. <776.
— REM. L'Académie a un substantif mal-jugé (avec tiret), mais elle n'a pas un bien-jugé, et elle écrit bien jugé sans tiret. Cependant bien jugé et mal-jugé sont des substantifs identiques, il vaut donc mieux les écrire de même, sans tiret, ou bien mettre un tiret aux deux.
t JUGEABLE (ju-ja-bl'), adj. \\ 1° Qui peut être mis en jugement. Aucun des membres de l'assemblée nationale ne peut être livré à aucun tribunal quo vous no l'ayez déclaré jugeable, miraheau, dans le Dict. de besciierf.i.le. 1| 2" .sur quoi on peut porter un jugement. Une théorie historique qui n'est pleinement jugeable que dans son ensemble, a. comte, P/itJoî. posiitic, t. V, Avis de l'éditeur.
— f.TYM. Juger.
JUGEMENT (ju-je-man), t. m. || 1° Terme do jurisprudcno. Action de jmjcr; décision prunoncéo
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en justice. Jugement d'un procès. Prononcer un jugement en faveur de quelqu'un. Subir un jugement. Exécuter un jugement. Il rendit un jugement injuste contre le fils de Jonathas, I'ASC. Prou. xviii. La compagnie où l'on renversait avec tant de facilité les jugements de toutes les autres, ne respectait pas davantage les siens, boss. te Tellier. La loi est déchirée, comme disait la prophétie, et le jugement n'arrive jamais à sa perfection, id. ib. Il n'était pas permis en Egypte de louer indifféremment tous les morts; il fallait avoir cet honneur par un jugement public; aussitôt qu'un homme était mort, on l'amenait en jugement, id. Uist. m, 3. Il rendait justice et jugement à son peuple, fléch. It Tellier. Dieu disposa lui-même M. de Lamoignon à porter ses lois, et à exercer ses jugements dans lo plus auguste sénat du monde, id. Lamoign. Un jugement inique a poursuivi ton sang, volt. Scythes, II, 4. Combien nos jugements sont injustes et vains I m. Tancr. iv, «. || Fig. C'est là [dans le tombeau] que les plus grands rois.... viennent subir, sans cour et sans sui te,le j ugement de tous les peuples et de tous les siècles,BOss. Duch. d'Orl. W Mettre quelqu'un enjugement,lui faireun procès criminel. || Ester en jugement, être partie dans un procès. La femme ne peut ester en jugement sans l'autorisation de son mari,Co(ie A'op.art.2(5. |{ Jugementavantlairedroit, celui qui, avant de statuer définitivement, prescrit une mesure préalable. || En parlant des cours supérieures, on dit arrêt et non jugement. Il En jugement, séance tenante. || Jugement de paysans, se disait de toute sentence qui partage un différend par la moitié. Il 2° Il se dit de l'intervention de Dieu dans les choses humaines, de ses décrets, de ses desseins. Retirons nos regards de cet objet funeste. Pour admirer ici le jugement céleste, corn. Hor. v, <. Les jugements de Dieu sur le plus-grand de tous les empires de Ce monde, c'est-à-dire sur l'empire romain , ne nous ont pas été cachés, boss. Uist. m, i . Le jugement qu'il [Dieji] exerce avec une si terrible exactitude sur ceux que ses dons obligent à une fidélité plus parfaite, lo. i6. ii, 3. A quelle perfection l'âme chrétienne ne peut-elle pas aspirer dans l'auguste et saint ministère de la justice, puisque, selon l'Écriture, l'on y exerce le jugement non des hommes mais du Seigneur même? id. le Tellier. Il faut que je m'élève au-dessus de l'homme pour faire trembler toute créature sous les jugements de Dieu, ID. Reine d'Angl. Dieu, dont les jugements sont impénétrables, fléch. Aiguillon. 0 mon Dieu ! vous exercez des jugements terribles et sévères, MASS. Carême, Parole. \\ 3° Particulièrement. Jugement de Dieu, nom donné aux épreuves extraordinaires, comme le duel, r('preuve du feu, du fet chaud, etc. auxquelles, dans le moyen âge, on recourait pour décider certaines contestations. Ces jugements étaient nommés jugements de Dieu, parce que l'on était persuadé que l'événement do ces épreuves, qii aurait pu en toute autre occasion être imputé au hasard, était dans celle-ci un jugement formel par lequel Dieu faisait connaître clairement la véri lé en punissant le parjure, doclos, Hém. épreuve.'', ÛEuit. t. i, p. 2B9, dans pougens. La loi (les chevaliers ordonne ces combats; Le jugement de Dieu dépend de notre bras; C'est le glaive qui juge et qui fait l'innocence, volt. Tanor. II, 6. Il 4° Le jugement dernier, lejugement par lequel, suivant les chrétiens. Dieu jugera les vivants et les morts à la fin du monde. Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra; jo viendrai, ce livre [les Confessions] à ia main, mo présenter devant le souverain juge, J. J. Bouss. Co7>f. I. Il Le jugement universel, le graad jugement, le jugement final, et, absolument, le jugement, le jugement dernier. Le jour du jugement. Le dernier jugement Finira ton tourment. Complainte du Juif errant. |{ Jugement particulier, celui par lequel Dieu juge les ànies aussitôt après la mort. Il Jugement dernier, tableau qui représente le jugement dernier. Il y a des Jugements derniers de différents peintres, mais le plus célèbre est celui de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine à Rome. Il Fig. Un petit jour du jugement, une rude et douloureuse épreuve dans cette vie. Je plains la personne que vous savez.... c'est un petit jour du jugement, qui ne peut arriver sans une émotion universelle de la personne, comme ie jugement général en causera une générale dans le monde, pasc. Lett. àUUe de Roannex,». || 5°Enjugemcnt, en débat, en discussion. Vos auteurs s'élèveront en jugement les uns contre les autres, pasc. Prov. xiii. Nous osons sans cesse appeler le Seigneur on jugement avec nous, MASS. Uystcres, Purifie. (. Loi;iu'il s'asit
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çl'eiitrer en jugement avec leur conscience, mass. Carlme, Protp. ump. Que pourrez-vous lui [au Seigneur] dire lorsqu'il entrera en jugement avec TOUS? lu. Cttréme, Temps. \\6' Opinion motivée, rendue sur un point de doctrine, sur une question, sur un livre, etc. Voire Majesté a beau dire, el M. le légat et MM. les prélats ont tieau donner leur jugement; ma comédie, sans l'avoir vue, est dialiolique, el diaboliiiue mon cerveau, mol. Tart. i" placet. Examiner leurs livres pour en faire le jugement, pasc. Prov. ni. Le jugement de l'Académie [sur le Cid) fut rédigé par Chapelain; il est écrit tout entier de sa main, et l'original est à la bibliotlièque du roi , volt. Comm. Corn. Cid. Il Jugement décisif, jugement de personnes constituées en dignité, telles qu'un pape, un concile, un évêque, qui prononcent sur un livre, une proposition, etc. Il Jugement doctrinal, se dit, par opposition à jugement décisif, de l'opinion motivée de personnes doctes et respectables, mais qui n'ont point d'autorité absolue. |1 7° Avis, sentiment. Ce même jugement [admiration de la beauté d'une dame] a été donné si généralement de tout le monde, que ceux qui ne voudraient pas encore entendre tous les jours ses louanges teraicnt contraints de ■e bannir de la cour, voit. ietl. ii. Qu'il est difficile de proposer une chose au jugement d'un autre, sans corrompre son jugement par la manière de la lui proposer!... tant il est difficile de ne point démonter un jugement de son assiette naturelle, ou plutôt tant il y en a peu de fermes et stables! pasc. Pensées, vi, 39, édit. havet. I.e roi, dont le jugement est une règle toujours sûre, a estimé la capacité de cette princesse, et l'a mise par son estimeaudessus de tous nos éloges, Boss. Duch. d'Orl. Si mon jugement ne me tr.impe pas, si, rappelant la mémoire des siècles passés, j'en fais un juste rapport à l'état présent, m. Reine d'Anglet. Tout est vain en nous, excepté le sincère aveu que nous faisons devant Dieu de nos vanités, et le jugement arrêté qui nous fait mépriser tout ce que nous sommes, m. Duch. d'Orléans. Les faux jugements que nous f.iisons des biens temporels, fléch . Serm. ii, sus . Il Au jugement, selon l'opinion, selon l'avis. L'affirmative et ta négative de la plupart des opinions ont chacune quelque probabilité, au jugement des docteurs, pasc. Proc. vi. || 8» Approbation ou condamnation. Vous êtes bien injuste, ma très-chère, dans le jugement que vous faites de vous, sÉv. 2î sept. (680. Vous avez raison de croire qu'ils [les six menins du Dauphin] ne sont pas tous du prix du chevalier; Sa Majesté en a fait même jugement , m. U mars )680. Les hommes toujours hardis & juger les autres, sans épargner les souverains, car on n'épargne que soimême dans ses jugements, iioss. Uar.-Thér. L'honneur est un jugement que les hommes portent «ur le prix et sur la valeur de certaines choses, id. Sermons, L'honneur, préambule. Des jugements d'autrui nous tremblons follement; Et chacun l'un de l'autre adorant les caprices, Nous cherchons loin de nous nos vertus et nos vices, boii,. Épitre m. Il Jugement téméraire, pensée mal fondée et précipitamment prise touchant une personne ou une action dont on juge trop légèrement. Le jugement téméraire, qui de lui-même est un désordre, dispenserait-il de la réparation d'un second désordre qui est la médisance? bourdaloue, •^' dim. après la Penlec. Vominic. t. m, p. în». C'est des soupçons et des défiances que naissent les jugements téméraires et les aver«lons, id. Inslrucl. charité, Exhort. t. ii, p. 375. Il 9' Faculté de l'entendement qui saisit les rapports entre les idées, qui apprécie sainement les choses. L» jugement doit conduire toutes nos actions, MAt-H. le Traité des bienf. de Sénèque, iv, 9. Cependant leur savoir ne s'étend seulement Qu'à regratter un mot, douteux au jugement, Régnier, Sat. IX. Mais que mon jugement au besoin m'abandonne! CORN. Cmno, iv, S. Tant l'excès du forfait, troublant leurs jugements. Présente à leur terreur l'excès des ch&timentsi lo. Pomp. il, 2. Elle montre eu cela qu'elle a du jugement, uairet, Sophon, III, *. Vous serez toujours.... Un envers du bon sens, un jugement à gauche, mol. l'Ét. ii, M. Avez-vous, dites-moi, perdu le jugement? in. Uis. IV, 3. 11 avait trop de jugement pour croire vos impostures, PASC. Prov. (8. Ma foi, lo jugement sert bien dans la leclur», boil. Sat. m. Il est étonnant qu'avec tout l'orgueil dont nous sommes gonOés, el la haute opinion que nous avons de nous-mêmes et de la bonté de notre jugement, nous négligions de nous en tervir pour prononcer sur le mérite des autres, la bRUV. xii. Duin Jugement, dame
Mémoire El demoiselle Imagination , Quoique n'en dise rien la fable ni l'histoire, Avaient jadis même habitation, la motte. Fables, m, )3. Sur son jugement seul un grand homme appuyé.... volt. Tancr. iv. b. |{ 10° Terme de logique. Acte dd l'entendement par lequel on décide qu'il y a convenance ou discouvenance enire deux idées. || Jugement analytique, celui dans lequel on développe le contenu d'un concept, affirmant pour une chose explicilemenl des attribuls qui éiaient déjà partie du concept, et dont l'esprit peut acquérir la notion distincte par la simple analyse de ce concept. || Jugement synthétique, celui qui, pour une chose, afliime des allributs qui n'étaient pas dans le concept, et que par conséquent nous ne jugeons ni ne pouvons juger être une partie du concept, reconnaissant seulement qu'ils sont conjoints en fait avec les attributs qui composent le concept. || 11° Terme de médecine. Crise, terminaison. Le jugement de cette maladie se fit par des sueurs profuses. || 12" Jugement d'Oléron, ou rôle d'Oléron, collection de décisions coutumièies sur la marine recueillies par Ëléonore de Guienne, et qui fut le point de départ, au moins partiellement, de l'ordonnance de la marine de i est .
— SYN. jugement, sens. Le jugement est un acte de l'esprit qui compare; le sens est une perception confine et spontanée des choses. Cet homme a du jugement, veut dire qu'il sait comparer, apprécier, juger. Cet homme a du sens, veut dire qu'il sent los choses telles qu'elles sont. Il y a entre ces deux mois une nuance qui provient de la difi'érence entre juger et sentir, entre le réllcchi et le spontané.
— IllST. XI" s. Qui fuus jugement fait, pert sa
were Lois de Guill. (6. Sur mei avez turnet fais
jugement, Ch. de Roi. xxii. || xii' s. Al jor du jugement, quant Dex tiendra ses plais, Saxons, xv. De Guenelon jugement ferez jà./ionc. 178. Et fins amans, destrois et angoisses. Doit joie avoir par jugement damors, Cowci, VII. Pur les oilz Deu [les yeux de Dieu], fait-il, ne volt [il ne veut] acunte rendre, E si est mis huem liges [mon homme lige] : jugement en voil prendre, Th. le mart. 44. ||xiii* s. Saint et martir, apostre et inocent Se plainderoient de vous au jugement, QUFSNES, Romancero, p. I02. À ardoir [elle] fu jugée et par droit jugement [et par juste jugement], Berte, xcv. Services et consaiis [conseil] poentbien estre vendu, mais ce ne poent ne ne doivent estre li jugement, beaum. n, ». Il xiv s. Se i! est ainsi que homme vertueux ait en telles choses bon et droit jugement, ORESME, £(/!. 19. Et tout autro pain qui est tournez pour vendre dedans le jugement [distiict] des eschevins, nu cange, judicium i . || xv* s. Sans elles [liesseet plaisance], à mon jugement, Ce monde n'est que chose vaine, en. d'oiil. Bail. 6i. Et aux mauvais rendre droit jugement, e. desch. Des vertus nécess. au prince. Bien seroye d'avis que on eust bon jugement quelz sont les personnes [que l'on jugtM bien quelles sont les personnes], comm. ii, 3. Il XVI' s. Les mémoires excellentes se joignent volontiers aux jugements débiles, mont, i, 34. Homme d'un jugsment bien net, id. i, 266. Les Athéniens, en mémoire de ce, firent un jugement des poètes tragiques qui fut fort notable, amïqt, Cimon, H. Qui tost juge, et qui n'entend. Faire ne peut bon jugement, loysel, 809. La gent de Westwalie, située entre le Rhin, Phrise, Hollande, au diocèse de Coloigne, tient encoros aujourd'hui une coustume qu'ils appellent jugement occulte [la vehme; voy. ce mot], Coust. génér. t. i, p. t046. Fiens de chien et marc d'argent Seront tout un au jour du jugement,
COTGRAVE
— ÉTYM. Juger; provenç. juy'amcn; anc. espagn. juzgamiento; portug. julgamento;. ital. giudicamento. Dans l'ancien français, on se servait beaucoup de juise, qui est le latin ;udici'um.
t JUGEOLINK (ju-jo-lin-'), t. {. Nom vulgairb des sésames.
JUGER (ju-jé. Le g prend une devant o et o .• je jugeais, nous jugeons) «. o. || 1° Prononcer, en qualité de juge, sur une affaire ou sur une personne. Juger un procès, une personne. L'afTaire est prête à juger, Dict. de l'Académie. Et vous, rois, ouvrez maintenant votre cœur à l'intelligence ; instruisezvous, vous qui jugez la terre, saci. Bible, Psaum. II, 10. Il nous veut tous juger les uns après les autres, RAC. Plaid. 1, (. Il fut jugé à mort unanimement, sans que l'arrêt prononçai le genre du supplice, VOLT. Russie, ii, lo. La coutume horrible de juger et de condamner à mort pour des opinions religieuses fut introduite chez les chrétiens des le quatrième siècle de l'ère vulgaire, id. Uist. parltm. cU. xix. On dit que l'affaire est jugée au
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moment que je vous écris, et j'attends avec impa^ lience le moment de juger l'arrêt, in. Lett. Urne dt Lutielbourg , 2 septembre 4 753. |{ Kig. J'appelle vérité celte règle éternelle, celte lumière intérioura qui juge nos jugements, qui nous éprçuve, qui nous condamne, mass. Aient, Épiphan. || Juger sur l'étiquelie du sac, ou, absoUiment, juger sur l'étiqueltc, prononcer un jugement sur une afiairo en regardant seulement l'éliquetle qiio portaient aulre-^ fois les sacs conlcnanl les (ùèces d'un procès ; et fig. porter son jugement sur quelque affaire, sur quelijua personne, sans avoir examiné les pièces, les raisons. Il Absolument. Souvenez-vous, ma bonne,do la règlo de Corbinelli, qu'il ne faut pas juger sans entendra les deux parties, sév. <6 nov. 1684. Un ministre si zélé pour la justice ne devait pas mourir avec la regret de ne l'avoir pas rendue à tous ceux dont le* affaires étaient préjiarées; malgré cette fatale fjiiblosse qu'il commença de sentir, il écouta, il jugea, BOSS. le Tellier. Où courez-vous la nuit? —Je veux aller juger, hac. Plaid, i, 4. || 2° 11 se dit de la fonction des juges ou premiers magistrats des Hébreux. H y avait en ce temps-là une propliétessa nommée Débora, laquelle jugeait le peuple, saci, Bible, Juges, iv, 4. || 3° 11 se dit de l'arrêt que Dieu porte sur les hommes. Il me semble que je les vois déjà [le» personnes de piété] dans un de ces trônes où ceux qui auront tout quitté, jugeront le monda avec Jésus-Christ, selon la promesse qu'il en a faite, PASCAL, Leit. à Ulle de Roannei, a. Que «'il [Dieu] ne dédaigne pas de juger ce qu'il a créé, et encore ce qu'il a créé capable d'un bon et d'un mauvais choix, qui leur [aux impies] dira ou ce qui lui plaît, ou ce qui l'offense, ou ce qui l'apaise? Boss. Anne de Gom. Dieu juge chacun par sa conscience, m. Polit, vil, II, 3. La divine parole.... ceux qu'elle n» touche pas, elle les juge ; ceux qu'elle ne convertit pas, elle les comiamne, id. 2* jernion, Parole de Dieu, 3, [Dieu] Juge tous les mortels avec d'égales lois, Et du haut de son trône interroge les rois, RACINE, Esth. m, 4. Il 4° Décider comme arbitre en quoique différend. Un coup difficile à juger. Je m'en rapporte à ce qu'il en jugera. Juge-nous un peu sur une gageure que nous avons faite, mol. Impromptu, 3. Nous disputons qui est le marquis de la Critique de Molière ; il gage que c'est moi, et moi je gage que c'est lui. — Et moi je juge (jue ce n'est ni l'un ni l'autre, id. «h. Parbleu, tu jugeras toi-même si j'ai tort, id. l'dch. ii, 'i. || 5° Se former, énoncer une opinion sur quelqu'un ou sur quelque chose. Vous jugez cet homme bien sévjrement. Juger un livre, une pièce de théâtre, un opéra. Garde-toi, tant que tu vivras. De juger les gens sur la mine, la font. Fabl. vi, B. Il ne faut pas juger les gens par l'apparence, id. ib. xi, 7. Mais nous, qui d'un autre œil jugeons les conquérants, RAC. Alex. II, 2. Je remplis mon devoir, et j'obéis aux rois; Le soin de les juger n'est point notre partage; C'est celui des dieux seuls, volt. Se'mir. m, 2. Et l'^n vous jugera, vous qui jugez les autres, M. J. chénier (parlant de la Harpe), les JVoufeauiîainf*. Il Juger un homme, apprécier sa valeur intellectuelle ou morale. Sous le ministère d'un homme qui jouissait d'une grande réputation, mais que la révolution a déjà jugé. Décret du 23 floréal, ou 2' rapport de ca.mdon, p. 87. || Absolument. Ne jugez point si vous ne voulez être jugé. ....Le plus souvent l'apparence déçoit; 11 ne faut pas toujours juger sur ce qu'on voit, «ol. Tart. v, 3. M. de Montmoron mourut il y a quatre jours d'une violente apoplexie, en six heures; c'est une belle âme devant Dieu; cependant il ne faut pas juger, SÉV. 4 oct. t084. Il 6° Croire, estimer, être d'opinion. Que jugez-vous que je doive faire? Tant quej'ai pujuger qu'elle [inavie] vous était chère.... ROTROU, Bélis. II, 4. Elle croit, elle qui jugeait la foi impossible, boss. A nue de Goni. Nous jugeons assez de là que l'impureté était regardée.... Boun- DAL. Cor. Impur, il, t25. Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi. Seigneur; je l'ai jugé trop peu digne de foi, rac. Iph. Vous-même jugerez s'il faut qu'elle vous suive, volt. Olymp. i, 2. || 7- Conjecturer. Il n'est pas difficile de juger ce qui en arrivera. Mais des fureurs du roi que puis-je enfin juger? RAC. Uithr. ii, 6. || En ce sens il se dit avec à. Je jugeai à son air qu'il était malade. Le dernier [Pbilopémen], à voir agir les Romains dans la Macédoine, jugea bien (pie la liberté de la Grèce allait expirer, boss. Ilisl. m, «. J'entrevois vos mépris, et juge à vos discours Combien j'achèterais vos superbes secours, racine, Iphigénie , IV, 8. Il 8° Se figurer, s'imaginer. 11 est aisé de juger d'où cela part. Ceux qui voyaient U rein»
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d'Angleterre allenlive à peser toutes ses parole», jugeaient liien qu'elle était sans cesse sous les yeux de Dieu, boss. Heine d'Anglet. Ceui qui ont vu de quel front il ICharles I"] a paru dans la salle de Weslminsler... peuvent juger aisément combien il était intrépide à la tête île ses armées, m. »(>. Jugez ce que les saints auraient pensé des vôtres [périilencesl etceque l'Église en pense •encore aujourd'hui, mass. Carême, Inconst. \\ 9° Au jeu do paume, juger la balle , prévoir le lieu oïl la balle va tomber; et fig. prévoir quel tour une affaire prendra. || Terme de chasse. Reconnaître l'âge, le sexe, la taille et l'espèce de bi!te par le pied, les fumées, etc. || Tirer au juger, tirer sans voir distinctement la bêle, et en jugeant qu'elle est en tel endroit. || 10- Terme de médecine. Terminer une maladie, en faire la crise. Un dépôt jugea la fièvre. || 11° Absolument. Discerner la convenance ou la disconvenance de doux idées. La vraie perfection do l'entendement est de bien juger, BOSS. Connaiss. i, (6. Qui doute que les enfants ne conçoivent, qu'ils ne jugent, qu'ils ne raisonnent conséiiuemment? la hboy. xi. Juger, c'est affirmer qu'une chose que nous concevons est telle ou n'est pas telle : comme lorsque, ayant conçu ce que c'est que la terre, et ce que c'est que rondeur, j'affirtoe dé la terre qu'elle est ronde, nucLos, Gramm. P. H. Œuv. t. ix, p. 63, dans pougkns. Il Iî° Y. n. Porter un jugement, prononcer un arrêt (emploi qui est rare). La Syrie à vos lois est-elle assujettie Pour souffrir qu'une femme [Théodore] y soit juge et partie? Jugez de Théodore, CORN. Théod. V, 7. Et quant à ce rebelle.... Rome entre vous et lui jugera de l'outrage, id. .Vtcom. IV, 4. Lancer ses traits et puis retirer sa main, accuser M. Kœnig, mon ami, d'être un faussaire.... opprimer Kœnig et moi avec les mêmes artifices; c'est ce que Mauperluis a fait, et c'est sur quoi l'Europe littéraire peut juger, volt. Leil. Roquet, I7S2. {| 13° Juger de, apprécier, se faire une opinion sur. Je ne pouvais pas bien juger de la distance. El vous pouvez juger des soins qu'elle en a pris Par les hautes vertus et les illustres marques.... cohn. JVt'com. II, i. Et me venger enfin ou sur vous ou sur moi. Si j'eusse mal jugé de tout ce que je voi, id. ib. v, lO. Le monde juge bien des choses; car il est dans l'ignorance naturelle, qui est le vrai siège de l'homme, pasc. Pensées, m, 18, édit. HAVET. Quand il [le pape] voulut juger des cinq propositions, le point de la grâce efficace fut mis à couvert de loute censure, Id. Prov. xvn. Saint Augustin voulait qu'on jugeât des personnes par la foi, et non de la foi par les personnes, BOunoAL. Exhort.char. env. lesnouv. cath. 1. 1, p. )3». Il ne faut pas juger des hommes comme d'un tableau ou d'une figure, sur une seule et première v^e ; il y a un intérieur et un cœur qu'il faut approfondir, la bruy. xn. On ne juge pas de la racine par les branches, mais des branches par la racine, rollin, Ilixt. anc. liv. xxvi, 2' part. ch. 2, art. 2. Si le ciel veut un meurtre, est-ce à moi d'en juger? volt. Fanât, iv, ♦ . Il [Boileau] était jeune, et dans l'âge où l'on juge des hommes pir la réputation, et non point par eux-mêmes, m. Dicl. phil. Hochester et Waller. Jugeons des actionsdes hommes, et laissons Dieu juger de leur foi, i. i. bouss. Lettre à d'Alembert. Il On dit dans un sons analogue. L'œil juge des couleurs. L'oreille juge des sons. || Juger des coups, regarder des joueurs et apprécier en quoi ils jouent bien ou mal. || Vig. Juger des coups, être simple spectateur des événements, et n'avoir qu'à les blâmer ou à les louer. Le maréchal du Plessis ne quittera point Paris; il est bourgeois et chanoine; il met à couvert tous ses lauriers et jugera des coups, R6V. 8 avr. (672. Il Aujourd'hui on dit souvent juger les coups ; c'est une autre nuance de sens. || 14" Juger de, se faire uhe idée de. Vous pouvez juger de ma surprise. Juge de son pouvoir [de mon amour] : dans une telle ofTeftse, J'ai pu délibérer si j'en piendrai» vengeance! cobn. Cid, m, 4. Sinoscheveiix sont comptés, jugez de nos œuvres, mass. Ai'en«, Jugem. \\ 15' Juger de, porter, en bien ou en mal, un jugement sur autrui. Il juge bien de tout le monde. Juger mal de son prochain. Et la mort d'Annlbal m'eût fait mal juger d'eux [des Romains], Cobn. JVtcom. i, B. J'ai mal jugé de toi, j'ai tort, Je le confesse, mo:.. l'iit. l, t».|| Juger d'autrui par soi-même, estimer les sentiments d'autrui par les siens. Seigneur, ne juge^ pas de son cœur par le vôtre, R»c. Bri(. v, l. La vertu simple et sévère juge des autres par elle-même, mass. Pet. carime, Rcueilt. Il 18° Juger de, être connaisseur en, apprécier le mérite de. Il juge bien de la poésie et de la
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peinture. 11 juge mal de ces sortes de choses. Par la raison qu'il y en a plusieurs qui sont capables de juger d'une pièce selon les règles, et que les autres en jugent par la bonne façon d'en juger, qui est de se liiisser prendre aux choses, mol. Critique, 8. Ceux qui jugent d'un ouvrage par règle sont à l'égard des autres comme ceux qui ont une monlre à l'égard des autres, pasc. Pensées , vu, b. Je ne puis juger de mon ouvrage en le faisant; il faut que je m'éloigne comme les peintres, et que je m'en cloigns, mais encore pas trop, lo. xxv, 63. Là, tous mes sots, enll^s d'une nouvelle audace, Ont jugé des auteurs en maîtres du Parnasse, boil. Sat. m. Pour juger des poètes, il faut savoir sentir, il faut être né avec quelques étincelles du feu qui anime ceux qu'on veut connaître, volt. Ess.poés. épique, ch. ii. || Absolument. Ceux qui sont accoutumés h juger par le sentiment ne comi)ri'nnent rien aux cho.ses de raisonnement, pasc. Pens.viii,i3. Tous les jours à la cour un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité, boil. Sat. ix. Tel excolle à rimer qui juge sottement, id. Art p. iv. |{ 17° Se juger, porter un jugement sur soi-même, avoir une opinion sur soi-même. Il se juge en autrui, se tâte, s'étudie, corn. Pomp. iii, t. Jugez-vous : répondez avec la vérité Que vous devez au moins à ma sincérité, volt. Zaïre, iv, 6. Jugez-vous dans mon cœur, prenez-le pour votre conscience, stael , Corinne, xii, 2. || Porter un jugement les uns sur les autres. Ils ne se jugent pas l'un l'autre bien favorablement. Il Dans le langage de la dévotion, s'infiiger une perpétuelle mortification. Le jugement général en causera une générale [émotion] dans le monde, excepté ceux qui se seront déjà jugés euxmêmes, pasc. Lett. à Mlle de Roannei,». || 18° Croire quelque chose sur son propre compte. Il s'était jugé digne d'une récompense. {{ 19° Être jugé. Le processe jugera demain.!! 20° Terme de médecine. Une maladiese juge pardessueuis, par une diarrhée, etc. quand une amélioration sensible et soutenue sa manifeste à la suite d'une évacuation quelconque.
— REM. Dans le sens de être d'opinion, de sentiment que, juger régit l'indicatif quand la phrase est affirmative, et le suDJonclif quand elle est négative ou interrogative : Je jugeque vous devez partir;Jene juge pas que vous deviez partir; Jugiez-vous que je dusse partir? Dans le sens de croire, il régit l'inlinitif quand le verbe régi se rapporte au sujet de la phrase : Il jugea devoir se comporter ainsi. Quand le verbe ne se rapporte pas au sujet de la phrase, il faut se servir de que avec l'indicatif : Votre père a jugé que vous devez vous comporter ainsi.
— lllST. XI* Si' il ne pot prover sor saintz que melz [mieux] ne sot juger, l.oit de GuiU. <. Si as juget [tu as décidé] qu'à Marsilion en alge [j'aille], Ch. de Hol. xx. || xil* s. Dont [pour cela] [ils] firent la bataille surdeus homesjugier [remettre la bataille à deux champions], Sax iv. X mort serez jugié se je ne vous estrif [tire d'affaire], ib. xxiv. MuU acbate l'onurqui esta mort jugiez, Th. lemart. <2t.||xiu's. Se cil qui est apelés de defaute de droit ou de faus jugement est convaincus en l'apel et atains, il pert le jugier et le [laj justice de sa terre, beaum. lxi, 36. Ele fu jugie à ardoir [être brûlée], et fu arse , ID. xxxix, (4. Il iroit contre le jugié.... id. vi, 20. L'autre point si est tel, que il [les Bédouins] croient que nulz ne peut mourir que jeusques au jour que il lui est jugé, joinville, 260. |{ xiv s. Le juge oorrumpu qui a jugié injustement un champ à la parlic, il ne prent pas le champ pour soy, mais il prent l'argent, oresme, Eth. toi. || xv s. Et pour tels comme ils sont eu.x-memes, ils jugent les autres, monsthel. liv. i, ch. 9. Voyant grande quantité de lances debout, ce leur sembloit, jugèrent que c'estoient les batailles du roy qui estoient aux champs, COMM. I, ti. 11 [le prince] sera jugé, à l'oppiiiion des gens.d'estie de la condition et nature i:e ceulx qu'il tiendra les prochains de luy, id. ii, a. Qui veut liien juger, il doit la partie escouter, leroux de i.i.NCY, l'rov. t. II, p. 408. !! xvi* s. Son port et sa façon ne le jugeoient pas de maulvaise affaire ny de séditieuse humeur, cabloix, iii, I3. Erreur de calcul ne passe jamais en force de chose jugée, loyskl, »7a. Les juges non royaux sont tenus de soutenir leur jugé, au péril do l'amende sur eulx ou leur seigneur, m. 88i. Il leur fist prester le serment de juger selon le droit et l'équité, AMTdi, Cimon, 4 4. C'est le jour (Celui de la m.irtj qui doibt juger de toutes nos années passées, »!Ont. i, «7. Un hahile homme ayant jugé que ce n'esloit que fantaisie.... id. I, <uo. Pour jugerdu lu.stre de l'escarlalle, on nous ordonne de.... m ii, «on. Qui trop tost Juge, tost se repent, H. k8T. frecell. 488. Hieulx