‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 7 sur 389 · ILE · texte numérisé non relu

ILE

lorsque la bête entre dans l'eau. Il II va là, chiens, terme pour parler aux chiens , lorsqu'ils chassent à la discrétion et à la prudence du piqueur. || Il perce, l'animal va en avant.

— REM. Ce pronom se répète quand il y a deui propositions de suite où l'on passe de l'affirmation à la négation, et de la négation à l'affirmation : Je lis rapidement ce livre, il n'est pas malaisé à comprendre, et il est court.

— HIST. IX* s. In 0 quid [pourvu que] il mi altresi fazet [il m'en fasse autant], Serment. \\ x' s. Si cum il semper soit haveir [il a coutume d'a- «Dir], Frag. de Val. p. 468. Si astreient [seraient] li Judei perdut , si cum il ore sunt, ib. p. 468. l'oscite li que cest fructum que mostret nos ha- Dcmus, que el nos conservet, ib. p. 46». ||xi' s. Assez est miclz qu'il i perdent les cUiofs [têtes], Ch. de Roi. m. Ne vous ne il n'i porterez les piez, ib. xvm.||xii' s. Et s'il i va tels hom qui sagement leur die, Sax. xx. S'en va Grandoine, il et si compeignon, Roncis. p. 7). Il n'i fist joie, ne chevelus ne chauz, ib. U9. Conviendra il qu'à la fin congié prenne, Couci, xxii. Et s'il ne fustde remanoir viltance, ib. xxiv. || xiii" s. Bêle Isabeaus, pucele bien aprise. Aima Gerart, et il lui, en tel guise Qu'onc de foloUr par lui ne fu requise, aud. LE BAST. Romancero, p. 5. Il semble à sa manière qu'elle doive desver, Berte, xvii. Et li rois il meîsmes les prent à redresser, ib. cxxix. Il atendirent jusqu'au quart jour et il revindrent au palais, viL- LEH. XII. Mes ge sai bien qu'il en sunt maintes Qui ne vuelent pas estre ençaintes, la Rose, 4667.1! xv's. Que voulez-vous? il faut songer [prendre de la peine] Qui veut vivre, et soutenir peine, Pathel. Les AUemaignes, qui est chose si grande et si puissante qu'il est presque incroyable, com. iv, t. Tous les seigneurs d'Allemaigne y [à la guerre] estoient à leurs despens, comme il est de coustume quant il touche le fait de l'empire, m. iv, 3. Vous savez qu'ilz sont six jours ouvriers en la sepmaine, Les évangiles des quenouilles, p. <o. || xvi" s. Or advint il qu'au sortir de son enfance..., amyot, Cimon, 2. n se présenta sur l'eschaflault des joueurs devant le peuple un de ses serviteurs habillé en forme de Bacchus, iD. Nicias, B. Il semble que ce soient les habillemens qui eschauffent l'homme, et toutefois ce ne sont ils pas qui l'eschauffent ne qui luy donnent la chaleur, m. Du vice et de la vertu, 4. Ce sont ils qui cerchent d'esblouir les yeux des simples ignorans, et cependant descouvrenj leur bestise, CALv. 7ns*. et. Iceux ne pouvant penser que ce fUst il, disoyent que c'estoit son ange, id. ib. 4 07. Cela est estimé pour niant, combien qu'il ne soit point de petit poids au jugement de Dieu, m. ib. 290. 11 se veoit en plusieurs lieux la forme de leurs licts, mont, i, 238. De vray il est parfois que j'ay grand'pitié de toy, la boetie, ne. On ne le croira pas du premier coup, toutes fois il est vray, ce sont tousjours quatre ou cinq qui maintiennent le tyran, lo. 62. Ha, ha! il n'a pas paire de chausses qui veult, BAB, Garg. i, 9.

— ÉTYM. Wallon, t devant une consonne, il devant une voyelle (t se dit pour il et ils) ; Berry, t, il, t, ils; provcnç. t7, ils; catal. e!/ ; espag. (?i; ital. t7;du latin ille, celui-là. La forme archaïciue de ille est ollus, qu'on a supposé être un diminutif d'un radical an ou on, rattaché au sanscrit ana, celui-là, qu'on retrouve dans anya, autre, et dans alius. On remarquera que, dans l'ancienne langue, il est toujours nominatif; on y dit donc :tu et il, et non toi et lui. Le pluriel y est il sans s, comme le singulier; le singulier vient de ille, le pluriel vient de illi. Au xiv* siècle on a dit il, ils, pour le féminin el, elles : Les choses semblent estre involontaires quand ilz sont faites par violence ou quant il sont faittes par ignorance, okesme, Eth. 47 (voy. elle).

t 2. IL.... préfixe qui est pour in, préfixe négatif; il se met devant un élément commençant par { ; illégal, illicite, pour in-légal, in-licite.

ÎLE (1-1'), *. f. Il 1° Espace de terre entouré d'eau de tous côtés. Ile pacifique où se doivent terminer les différends do deux grands empires à qui tu sors de limites, île éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres...., boss. llar.-Thér. Représentez-vous cette île fameuse où deux hommes chargés des intérêts et du destin des deux nations [espagnole et françjlfise] faisaient valoir leur habileté à disputer les droits des couronnes, FLÉCK. jtfar.-r/!(!r. Laissez-moi le cacher en quelque île déserte, rac. Andr. m, 4. L'île de Crète ou de Candie est la plus grande de celles qui sont voisines ae la Grèce; elle a au septentrion la mer Egée ou

rarchii)el, et au midi la mer d'Afrique, BOLLtN, Hist. anc. Œuvres, t. u, p. 485, dans pougene. Il (Halley] visita les Canaries, les îles du cap Vert, l'île Sainte-Hélène déjà illustrée par les observations astronomiques qu'il y avait faites, maiban, Halley. Dans celte lie et guerrière et chrétienne [Sicile], VOLT. Tancr. i, 4. Les anciens et les prêtres égyptiens, six cents ans avant la naissance de Jésus-Christ, assuraient, au rapport de Platon dans le Timée, qu'autrefois il y avait une grande île auprès des colonnes d'Hercule, plus grande que l'Asie et la Libye prises ensemble, qu'on appelait Atlantide, BUFF. Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. u, p. 447. La plupart des Iles ne sont que des groupes et des pointes de montagnes, id. Oiseaux, t. ii, p. i o. Porto-Rico a trente-six lieues de long, dix-huit de largeur, et cent de circonférence; nous pouvons assurer que c'est une des meilleures îles, et peutêtre, dans la proportion de son étendue, la meilleure Ile du nouveau monde, baynal, Hist. phil. xii, 6. Il 2° Au plur. et absoloment. Les Iles, celles qui forment l'archipel du golfe du Mexique (on met un I majuscule). Cacao des Iles.' U est allé chercher fortune aux Iles. Dans l'état actuel des colonies, sur dix hommes qui passent aux lies, il meurt quatre Anglais, trois Français, trois Hollandais, trois Danois et un Espagnol, baynal, Hist. phil. XI, 32. Il 3° Dans certaines villes, île se dit d'un nombre de maisons faisant groupe et borné par des rues, ou bien isolé des autres maisons; c'est la traduction du latin insula, qui se prenait en ce sens dans l'énumiration des quartiers de Rome.

— HIST. xii* s. Il les firent andeux [tous deux] vers une isle nagier, Sax. iv. jj xui* s. Il a [il y a] illes près de ci, que vous poés veoir, villeh. lxii. [Ils] Le faisoient outre passer En un parfont isle de mer ; En grant poureté, sans secours Manoit el isle mais tous jours, gui ns cambbai, Barl. et Jos. p. st. Il XV' s. Et issirent hors des gallées et trouvèrent grand nombre de dames et damoiselles qui demeurent au dit lie et en ont la seigneurie, froiss. m, IV, B9. Selon le bruit de l'isle des geans. Qui depuis fut Albion appellée, edst. desch. Poésies mss. f° 45. Il XVI" s. Hz tenoient la Chersonese, c'est à dire, demy isle du païs deThrace, amyot, Cim. 2B.

— ÊTYM. Provenç. isla ; ital. isola; du lat. insula; qui vient de in, en, et du même radical que dans ex-stil, prx-sul, etc.; cependant Curtius le regarde comme représentant in salo (dans la mer).

t ILI5ADKLPUE (i-lé-a-dèl-f) , adj. Terme de tératologie. Monstres iléadelphes, monstres qui sont doubles inférieurement, depuis et compris le bassin.

— ÉTYM. Iléon, et à5£>9èc, frère.

t ILÉITE (i-lé-i-f) , s. f. Terme de médecine. Inflammation de la mjpibrane muqueuse de l'iléon.

— ÉTYM. Iléon..., et la finale médicale ite.

t ILÉO-CjECAL, ALE (i-lé-o-sé-kal, ka-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'iléon et au caecum. Valvule iléo-csecale.

— ÉTYM. Iléon, et CiTcum.

t ILÉO-COUQUE (i-lé-o-ko-1 i-k'), odj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux intestins iléon et colon.

— ÉTYM. néon, et colon.

flLÉO-DICLIDITE (i-lé-o-di-kli-di-f), s. f. Terme

de médecine. Inflammation de l'iléon et de la valvule iléo-caecale, nom donné par quelques-uns à la dothiénentérie ou fièvre typhoïde.

— ÉTYM. Iléon, et 5ixXi;, double porte, valvule, et la finale médicale ite indiquant infiammation

ILÉON (i-lé-on) ou ILÉCM (i-lé-om'), î. m.Terme d'anatomie. Dernière portion de l'intestin grêle faisant suite au jéjunum, et se continuant avec le caecum. || Adjectivement. L'intestin iléon.

— HIST. XVII* s. Le troisième intestin gresle est nommé iléon, pource qu'il est situé sur les parties iliaques, ou pour la multitude des révolutions qu'il fait entre tous les autres, pah4, i, 4 5.

— ÉTYM. E;>ei:v, tortiller, à cause des circonvolutions de l'intestin.

ILES (i-l') , *. m. pi. Terme d'anatomie. Les parties latérales et inférieures du bas-ventre. || Os des ilos, os larges et plats qui forment les hanches. On dit aussi os iliaques. || Chez les insectes, plaque quadrilatère, située des deux côtés du prothorai, et composée de deux pièces.

— HIST. XVI* s. En l'hypogastre faut considérer les deux Iles, définies des os des iles et os barré,

PARé, I, (.

— ÉTYM. Lat. ilia, flancs.

f ÎLE'r (i-lè) , s. m. Il 1° Petite Ile (on dit aujourd'hui de préférence îlot). Sur un îlet situé à l'entrée de la rade, on éleva des fortifications considérables, BAYNAL, Ilist. phil. xm, 38. || 1° Groupe isolé de mai- 1

sons, synonyme de lie n* S. Vingt-neuf rues tirées au cordeau coupent aujourd'hui le Cap en deux cent vingt-cinq Ilets de maisons riantes qui montent au nombre de neuf cents, baynal, Uist. phil. iiii, *3.

— ÉTYM. Diminutif de ite.

f ÎLETTE (i-lè-f), s. f. Petite île. Ilette pour petite île est fort bon; M. Cocffeteau en use, quoique les diminutifs ne soient pas fort en usage en notre langue, vaugelas, Nouv. rem. p. 209, dans pougens. Il On dit de préférence aujourd'hui Ilet.

— ÉTYM. Diminutif d'île.

ILÉUS (i-lé-us'), s. m. Terme de médecine. Obstruction de l'intestin et interruption du oG\irs des excréments.

— ÉTYM. ElXeèç, de eî>6»v, tortiller.

t ILIACO-FÉMORAL, ALE (i-li-a-ko-fé-mo-aal, ra-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la surface iliaque et au fémur.

— ÉTYM. Iliaque, et fémoral.

t ILIACO-MDSCCLAIRE (i-li-a-ko-mu-sku-lê-r') , adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux musclog de la surface iliaque.

— ÉTYM. Iliaque, et musculaire.

t ILIADE (i-li-a-d'), s. f. || 1° Poème d'Homère où est chantée la colère d'Aobille. Le seul courroux d'Achille, avec art ménagé. Remplit abondamment une Iliade entière, boil. Art p. m. || Fig. Longue nan-ation, longue suite de. Llle n*e fait chanter, amoureuse ménade, Des combats de Paphos une longue Iliade, a. chén. Élég. viii. || 2* La petite Iliade , poème cyclique perdu , qui racontait, du destin de Troie et des héros grecs, ce qui n'est pas dans Homère.

— HIST. XVI* ». Au ciel qui est la vraye source d'où découle sur nous une iliade de bien, langue, (51. Bon Dieul comment as-tu peu amonceller cesta iliade de calomnieuses et énormes injures? pasquieb, Lett. t. III, p. 922. Choisy moy quelqu'un de ces beaux vieux romans françois, comme un Lancelot, un Tristan ou autres, et en fay renaistee au monde une admirable Iliade et laborieuse Enéide,

DO BELLAY, I, 26, reCtO.

— ÉTYM. 'IXià:, de 'IXiov, Ilion, Troie; Ihèk est un adjectif et signifie d'Ilion : îXià; zoipa, le territoire d'Ilion, Uià; Ttoiiioi;, le poème d'Ilion, l'Iliade.

t t. ILIAQUE (i-li-a-k'), adj. Qui a rapporta la guerre de Troie.

— ÉTYM. Lat. iliacut, de IXioxèç, formé de "IXiov, Ilion.

2. ILIAQUE (i-li-a-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux flancs. || Os iliaque, ou os coxal, 03 innominé, os des iles, noms d'un os pair, qui occupe les parties latérales et extérieures du bassin. Il Fosses iliaques, crête iliaque, les fosses, la crèto des 03 iliaques. || Muscle iliaque, muscle qui sert à faire mouvoirl'osde la cuisse sur le bassin. || Artères iliaques, artères qui sont formées par la bifurcation de l'aorte descendante.

— HIST. XVI* s. Les veines et artères epigastriques, qui de la partie supérieure des iliaques montent..., PARÉ, I, 4 4.

— ÉTYM. Ilion t.

3. ILIAQUE (i-li-a-k'), ad;, f. Terme de médecine. Ne s'emploie que dans cette locution : passion iliaque, synonyme d'iléus.

— HIST. XVI* s. Iliaque passion, paré, xv, 65 bis.

— ÉTYM. Iléus, mais non sans une confusion avec iliaque venant d'ilinn.

tll.ICLNE (i-li-si-n') , S. f. Terme de chimie. Principe amer que l'on retire des feuilles du houx {itfx aquifolium, L).

— ÉTYM. Lat. ilex, ilicis, houx, et la fina<>8 onimique ine.

\ ILICINÉES (i-li-si-née), s. f. pi. Terme de botanique. Nom le plus usité de la famille des aquifoliacées.

— ÉTYM. Lat. ilex, hous.

t ILIO-ABDOMINAL, ALE (i-li-o-ab-do-mi-nal, na-l'), oÂj. Terme d'anatomie. Muscle ilio-abdominal, nom donné au muscle petit obliqua de l'abdomen.

— ÉTYM. Ilinn 4 , et abdominal.

t ILIO-FÉMORAL, ALE (i-lio-fé-mo-ral, ra-l"), adj. Terme d'anatomie. Muscle ilio-fémoral, nom donné au muscle grêle antérieur de la cuissOi

— ÉTYM. 7îton 4 , et fémoral.

t ILIO-LOMBAIRE(i-li-o-Ion-bÔ-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au muscle iliaque et aux lombes.

— ÉTYM. Ilion I , et lombaire.

4. ILION (i-li-on) ou ILIUM (i-li-om'), *. m. Terma d'anatomie. Nom de la [dus grande des trois pièces (|ui forment l'os des hanches ou os iliaque chez le fœtus.

— MST. xvi* s. Ces muscles se vont inserar char-

nus au sourcil externe et supérieur de l'os ilion, PARS, I, *t.

— ETYM. Lat. ilia, flancs (voy. îles).

I" 3. !LIOiN (i-li-on), s. m. Un des noms de la ville de Troie. || Fig. Vous avez vu tomber la gloire D'un Ilion trop insulté [l'empire de Napoléon 1"] Qui prit l'iu»! de la victoire Pour l'autel de la liberté, BÉHANG. Ston dme.

t ILIO-PECTINÉ, f.E (i-li-o-pè-kti-né, née), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'ilion et au pubis. Éminenceilio-pectinée,éminence formée par la jonction de la branche de l'os ilion avec celle du pubis.

— ÊTYM. Ilion « , et le lat. pecten, peigne, pubis, t ir.lO-PL'BIEN, lENNE (i-li-0-pu-biin, biè-n'),

adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'ilion et au pubis. Bandelette ilio-pubienne, bandelette fibreuse, étendue de la crête iliaque au bord supérieur du pubis.

— ÊTYM. ïlioni, et pubien.

t ILIO-ROTULIEN, IEy.VE (i-li-0-ro-tu-liin , lièn'), adj. Terme d'anatomie. Muscle ilio-rotuJien, muscle droit antérieur de la cuisse.

— f.TYM. Ilion <, et rotule.

f ILiO-SCROTAL, ALE (i-li-o-skro-tal, ta-1'), adj. Tprme d'anatomie. Qui se distribue à l'ilion et au scrotum.

— ETYM. Ilion >, ettcrotum.

ILIUM, voy. ILION i. -i

t ILLABOURABLE (il-la-bou-ra-bl'), adj. Qui

n'est point labourable.

— ETVM. H... i, et labourable.

t ILLABOCRÉ, ÉE (il-la-bou-ré, rée), adj. Qui n'a pas été labouré.

— ETYM. II... 2, et labouré.

t ILLACftRABLE (il-la-sé-ra-W) , adj. Qui ne peut être lacéré. *

— ETYM. II... a, et lacérer.

t M.I.AOÉRÉ, ÉE (il-la-sé-ré, rce), adj. Qui n'a point été lacéré, intact.

— ÊTYM. II... 2, et lacéré.

f ILLATIF, rVE (il-la-tif, ti-v'), adj. Terme de grammaire. Particule illative, se dit quelquefois des conjonctions qui amènent une conséquence de ce qui précède.

— ETYM. Lat. illativus, de il pour tn, dans, et kttivns, qui porte.

t ILLATIO.V (il-la-sion),s. f. || 1° Terme de droit. Apport dea biens d'une personne qui entre en noviciat dans une maison religieuse. || Registre d'illation, registre où est inscrit l'apport de chaque religieux ou ifeligieuse. || 2° Terme d'Église. Transport ou retour des reliques d'un saint.

— mST. XVI* 8. L'illntion [conséquence, action d'inférer] est captieuse, Contes de Cholièrcs, f° 73, dans LACURNE.

— ETYM. Lat. illationem, de fî pour tn, dans, et latio, action de porter.

I ILLEC(il-lèk) , adï.Terme vieilli et marotique. Là,

en ce lieu là. Notez qu'iUeo avec deux autres femmes

' De son bourgeois l'épouse était aussi, la font. Serv.

— HIST. XI" s. Mais li cuens [comte] Guenes ilooc ne voulsist estre, Ch. de Roi. xxv. |{ xu* ^ Pour bien ferir iloques [il] s'apresta, Ronc. p. 80. || xm* s. Ilueques [je] demeurai de lors jusque mardi, Derte, I. Il iv s. Et usa la dite dame illecques sa vie doucement, noiss. 1, 1,' 60. Il XVI' s. Rome fondée par les hommes les plus belliqueux du monde, qui de tous costés s'estoient illec jetés et assemblés, amïot, Numa, 43.' '

— ETY.W. Picard, ilo. Le latin illic, illue, ayant l'accent antil, ne peut donner iiec, ou iloec, ou itoques ; il-faut^-voir illo loco, en ce lieu.

t ILLÉCÎ:URE(il-lé-sè-br'),ï.m.Termede botanique. Gfuve de plantes de la famille des paronychiées, oùl'ondistinguerillécèbre en tête, appelé vulgairement renouée argentée, illecebrum capitatum, l.

ILLÉGAL, ALE (il-lé-gal, ga-l'), adj. Qui est contre la loi. Des actes illégaux. Les liaisons entre les deux sexes étaient illégales; on les souffrait, on les eneoiirageait même, mais elles n'étaient pas honorées de la bénédiction nuptiale, raynal, Hist. phil. XI, 24. Il {le ministre du trésor] aurait dû résister à la Tolonté de l'empereur lui-même, si l'empereur avait voulu faire un emploi illégal de la fortune publique, mollien, Mém. t. m, p. 4i8.

— lliST. xiv s. Et semble que celui est dit l'ajuste «[ui est illégal, oresme, Eili. <44.

— ETYM./«... 2, et légal.

ILLÉC.ALE.MENT (il-lé-ga-le-man), adv. D'une

manière l'iégale. Agir illégalement.

— ÉTYM. Illégale, et le suffixe ment.

ILLÉGALITÉ (il-lé-ga-li-té) , s. f. Caractèrej .vice

de oa qui est illégal. L'illégalité d'une convention.

L'illégalité punissable avec laquelle un procureur... soi-disant avocat.... a osé se porter pour juge en une affaire criminelle, volt. Leit. d'Argental. 4 0 avr. 4 775. Il Acte illégal. Commettre des illégalités. C'est une illégalité.

— HIST. XIV' s. Tele illégalité ou inequalité convient et resgarde toute injustice, ori;sme, Eth. H2. Il XV' s. Mal pourvoit à la rigueur des loix, qui donne loy à illégalité [désordre, violence], a. char- TiER. l'Espérance, p. 353. ||xvi' s. Partout se veoit l'animosité et illégalité des accusateurs, mont, i, fcO.

— ETYM. Illégal.

ILLÉGITIME (il-lé-ji-ti-m'), adj. \\ 1° Qui n'est pas légitime. Enfant illégitime. Trouvez-vous en ces lois aucune ombre de crime. Rien de honteux aux siens et rien d'illégitime? ROTROu, S/-CenM{, m, 2. Les biens qu'une femme acquiert par l'adultère sont véritablement gagnés par une voie illégitime, mais..., PARC. Prov. viii. Rome.... ne reconnaît point les fruits illégitimes Qui naissent d'un hymen contraire à ses maximes, bac. Otrén. ii, i. Louis XI, étant dauphin, avait épousé la fille d'un duc de Savoie malgré le roi son père, et avait fui du royaume avec elle, sans quejamais Charles VU entreprît de traiter cette union d'illégitime, volt. Ilist. pari. ch. 5t. || 2» Fig. Injuste, déraisonnable. Prétention illégitime. Mais pour servir César rien n'est illégitime, corn. Mort de Pomp. m, -i. Ainsi Rome n'a point séparé son estime ; Elle eût cru faire ailleurs un choix illégitime ; Cette superbe ville en vos frères et vous Trouve les trois guerriers qu'elle préfèreà tous, m. Ilor. ii, i. || 3° Terme de médecine. Fièvres illégitimes ou bâtardes, certaines lièvres irrégulières.

— HIST. xvi* s. Le scirrbe illégitime qui n'a ny douleur ny sentiment, paiié, v, 23. Et qui ne portoil cette marque, estoit tenu illégitime, mont, m, 203.

— ÉTYM. II... 2, et légitime.

ILLÉGITI.MEMENT (il-lé-ji-ti-me-man) , adv.

D'une façon non légitime, sans fondement, sans raison. Il 'prétend cela illégitimement.

— HIST. ivi* s. Certes elle [la nature] m'a traité illégitimement et incivilcment, mont, m, 373.

— ÉTYM. Illégitime, et le suffixe ment. ILLÉGITIMliÉ (il-lé-ji-ti-mi-té),*. /•. Défaut do

légitimité. L'illégitimité d'un titre. L'illégitimité de sa naissance. L'illégitimité d'un enfant. || Parti opposé à la légitimité, au droit des dynasties.

t ILLÉSÉ, ÉE (il-lé-zé, zée), adj. Qui n'a éprouvé aucune lésion. || Auquel on n'a fait aucun tort.

— ÉTYM. IL... 2, et lésé.

ILLETTRÉ, ÉE (il-lè-tré, trée), adj. Qui n'est pas lettré, qui n'a point de connaissances en littérature. C'est un homme illettré. Il est tout à fait illettré. Les gens illettrés ha'issentmoins violemment, mais les lettrés savent mieux aimer, bern. i>e stpiKRRE, llarm. Liv. 7, De l'amitié. || Qui ne sait m lire ni écrire.

— HIST. xvi* s. Conforoient le plus de temps à gens illettrés, PASQuiER,iîecfterc/iei, v, 4 2. lUeteré,

COTGRAVE

— ÉTYM. Lat. illitleratu», de il pour in privatif, et lilteratus, lettré.

t ILLIBÉRAL, ALE (il-Ii-bé-ral, ra-V) , ,fldj. Il 1° Qui n'est pas libéral, qui ne donne pas. Homme illibéral. || 2° Oui est restrictif de la liberté, qui manque de libéralisme. Mesures illibérales. Des sentiments illibéraux. || 8° Qui appartient aux métiers. Profession illibérale.

— HIST. XIV* s. Et qui donneroit tel prix, ce seroit un doa illiberal, oresme, Eth. lia. Plein d'avarice et illiberal, id. Thèse de meunier.. ,. .•-."., ^

— ÉTYM. Lat. illiberalis, de il poiir tn pyiyatif, et liberalts, libéral.

I ILLIBÉRALEMENT (il-li-bé-ra-le-man), adv. Sans libéralité; avec avarice. || Sans libéralisme.

— HIST. XVI' s. En quoy il usa incivilement et illiberalement du don que Lucullus luy avoit faict,

AMYOT, Lundi. 34.

t ILLIBÉRALISSIE (iWi'bé-ra-li-smJi, .». : m. Terme politique. Opinion opposée au libéralisme.

— ÉTYM. II.... 2, et libéralisme.

t ILLIBÉRALITÉ (il-li-bé-ra-li-té), », f. Défaut de libéralité, de générosité. {{ Tendance à restreindre la liberté. L'illibéralitéde ce gouvernement.

— HIST. XIV* s. Et la defaute [de générosité] est illiberalité, et est avarice et convoitise, ohesme, Eth. 48. Et nous mettons et attribuons illiberalité à ceux qui estudient eii pecunes acquérir plus que ne apartient, id. ib. 402. ||xv* s. Selon Aristote, libéralité est une vertu qui fait du bien par pecune, le contraire de laquelle est illiberalité, les Triomphes de la nobk dame, f° 76, dans lacuh«b.

— ÉTYM. Lat. illiberalilatem,de illiberalis, illibéral.

t ILLICIÉES (il-li-si-ée), s. f. Terme de botanique. Nom d'une tribu de la famille des magnoliacées.

ILLICITE (il-li-si-f), adj. Oui n'est pas licite, qui est défendu par la morale ou par la loi. Conventions illicites. Des assemblées illicites. Un amour illicite, rotrou, St-Genest, m, 2. Que me reste-t-il des plaisirs licites? un souvenir inutile; des illicites? un regret, une obligation à l'enfer ou à la pénitence, eoss. Sermons, la mort, fragment. Il Substantivement. Encore que vous ôtiez en apparence à l'amour profane ce grossier et cet illicite dont on aurait honte, il en est inséparable sur Is théâtre, boss. Comédie, 5.

— HIST. xiv s. Jouer à jeux illicites, Ménagier, II, 3. Il XVI' s. Combien illicites et dcshonnestes sont les gains que font..., calv. Instit. 4 40).

— ÉTYM. Lat. illicitus, de il pour tn privatif, et licitvs, licite.

ILLICITEMENT (il-li-si-te-man), adv. D'une manière illicite. 11 est vrai que cela s'est fait, mais toujours illicitement.

— HIST. XVI' s. Illicitement, onom, Diet.

— ÉTYM. Illicile, et le suffixe ment; ital. illecitamente.

t ILLICICM (il-li-si-om') , s. m. Terme de botanique. Nom latin du genre badiane (magnoliacées). L'illioium anisé, dit vulgairement badiane, et dont les semences sont appelées anis étoile.

— ÉTYM. Lat. illicium, charme.

+ ILLICO (il-li-ko), adv. || 1" Terme d'ancienne pratique. Sur-le-champ. Ce mot s'inscrivait sur les reliefs d'appel, parce qu'on était obligé d'interjeter l'appel aussitôt la sentence rendue. || Se faire relever d'illico, obtenir des lettres de chancellerie, lorsqu'on avait négligé d'appeler immédiatement. Il a- Dans le langage familier, sur-le-champ. Il faut faire cela illico.

— ÉTYM. Lat. illico, proprement sur place, de in, dans, sur, et loco, lieu, place.

f ILLLMITABLE (il-li-mi-U-bV), adj. Auquel on ne peut assigner de bornes; qui ne peut être limité. Influence inimitable.

— ÉTYM. Voy. ILLIMITÉ.

+ ILLIMITATIOÎJ (il-li-mi-ta-si-on), s. f. Terme didactique. État d'une chose illimitée, qui n'a point de limites.

ILLIJIiTÉ, ÉE (il-li-mi-té, fée) , adj. Oui n'a point de limites. Espace illimité. Ces ambassadeurs ont un pouvoir illimité. Je t'apporte, ôseul roi, seul être illimité, Tout ce que tu n'as pas dans ton immensité, VOLT. Lisb. La liberté de penser fut illimitée chez les Romains, id. Iiict. phil. Âme. L'avenir sans fin s'ouvre à l'être illimité, v. hugo. Odes, v, «. Il Congé illimité, congé dont le terme n'est pas fixé.

— ÉTYM. II... 2, et limité.

ILLISIBLE (il-li-zi-bl'), adj. || 1° Qu'on ne saurait lire. Cette écriture e.st illisible. || 2" Dont on ne peut supporter la lecture. On passait pour esprit fort lorsqu'on se permettait de regarder l'exislenco do cinq propositions dans le livre illisible de Jansénius comme un fait indifférent au bonheur de l'espèce humaine, condorcet. Vie de Voltaire.

— ÉTYM. IL... 2, et lisible.

t ILLISIBLEMENT (il-Ji-zi-ble-man), adv. D'une manière illisible.

t ILLITION (il-li-sion), s. f. Terme de médecine. Synonyme d'onction. ,,

— KTYM. Lat. l'Hi'd'bnem, de ira, en, et îinere, oindre.

t ILLTTTÉUATyBE (il-li-té-ra-tu-r'), s. f. Néologisme. Défaut d'instruction, de lettres.

— ÉTYM. //.... 2, et littératJire.

t ILLOGICITÉ (il-lo-ji-si-té), s. f. || 1° Terme do philosophie. QuaUté de ce qui est illogique. Il 2° Privation d'un sens droit, de logique.

t ILLOGIQUE (il-lo-ji-k'), adj. Terme de philosophie. Oui est contraire à la logique.

— ÉTVH. Il....l,6tlogique.

t ILLOGIQCEMEiVT (U-lo-ji-ke-man), ad». D'une manière illogique.

t ILLOGISME (il-lo-ji-sm'), t. m. Caractère de ce qui est illogique.

— ÉTYM. Illogique, comme hjriime de lyrique. t ILLUMINABLK (il-lu-mi-na-bl'), adj. Qui peut

recevoir les illuminations célestes. Dieu est illuminant, l'âme est illuminable.

— ÉTYM. Lat. illuminabilis (quicherat, Addenda), de illuminare, illuminer.

t ILLUMINANT, ANTË (il-lu-mi-nan, nan-t'), adj. Qui illumine, éclaire. La lumière diminue par tous les oli.stacles qu'on met entre le corps illuminant et le corps illuminé, doss. Méd. sur l'Érang. 2' part. B" jour. || Pouvoir illuminant d'un corps lu-

mineux, la faculté qu'il possède d'éclairer plus ou moins, le degré de clarté qui lui est propre. Le pouvoir illuniinanl d'un réflecteur.

ILLl'.MLNATEUR (il-lu-mi-na-teur), s. m. \\ 1° Celui qui répand de la lumière. Voici un nouvel hommage qu'elle fia lune] ren-J à son céleste illuminateur [le soleil] ; à mesure qu'il approchait, je la voyais disparaître, le faible croissant diminuait peu à peu .., Boss. Concupisc. 32. )| 2° Particulièrement. Celui qui illumine, qui se charge de faire des illuminations. 113' Fig. Celui qui explique, éclaire. Le Sauveur Jésus , l'illuminateur des antiquités [qui explique les anciennes choses], boss. Panig. de SI Sulpice, t. Il L'illuminateur, surnom de saint Grégoire, patriarche de l'Rglise d'Arménie.

— HIST. XVI' s. lUuminateur, cotgiiave.

— ÉTYM. Provenç. elluminayre, itluminador; esp. iluminador; ital. illuminatore ; du lat. illuminatorem, de illuminare, illuminer.

ILLUMINATIF , IVE (il-lu-mi-na-tif, ti-v'), adj. Il 1° Qui a la faculté d'éclairer. || 2" Fig. Qui illumine, en termes de dévotion mystique. L'union à Jésus- Christ homme-Dieu [disent les mystiques] est la première de toutes, et elle se fait dès le commencement de la vie illuminative, boss. Étais d'or, n, 2.

— HiST. XV' s. Chevalerie a vertu défensive par force; clergie a vertu illuminative par prudence, GERSON, dans le Dict. de dochi-z.

— ÉTYM. Proveaç. illuminatiu; esp. et itaL illiiminativo; du lat. illuminare, illuminer.

ILLUMINATION (il-lu-mi-na-sion; en vers, de six syllabes), ,•.. f. || 1° Action d'illuminer, d'éclairer, état de ce qui est illuminé, éclaire. L'illumination de la terre par le soleil. S'il [l'intellect] pâtit [en recevant conseil], c'est de la plus belle espèce de passion, qui ne gâte et ne corrompt pas, mais qui achève et qui perfectionne, comme celle de l'illumination en l'air et de la réception des images dans les yeux, balz. De la cour, i " dise. II fallait pourvoir à ce nettoiement continuel des rues, à celte illumination par cinq mille fanaux, volt. Louis XIV, 29. Il 2° Action de disposer un grand nombre de lumières avec symétrie à l'occasion d'une réjouissance. Il est question, ma fille, d'une illumination; c'est demain à Versailles.... envient de m'assurerque l'illumination est différée de plusieurs jours, sÉv. 300. On fit des illuminations à toutes les fenêtres, volt. Charles XII, 7. L'illumination, cachée sous les feuillages, ne donnait que la faible lumière d'un beau clair de lune, genus, Mlle de la Fayette, p. 283, dans pougf.ns. || 3° Fig. en termes de dévotion, la lumière extraordinaire que Dieu répand parfois dans l'âme. Ils se persuadaient qu'immédiatement après leur promotion , Dieu était obligé de leur envoyer de l'esprit pour bien gouverner, et de faire valoir l'élection du prince par la subite illumination de ses ministres, dalz. De la cour, 'J-' dise. Cette illumination que Dieu ne leur refuse point et qu'il leur accorde par bonté et par une miséricorde générale, nigolf. , E^uis, t. IX, p. 2)2, dans pougens. Alors, par une soudaine illumination, elle se sentit si éclairée, et tellement transportée de joie..», boss. Anne de Gonz. Il 4" Inspiration quelconque, trait de génie. L'un [Turenne] parait agir par des réflexions profondes, et l'autre [Condé] par de soudaines illuminations, BOSS. Louis de Bourbon. Ses sermons n'étaient pas le fruit d'une étude lente et tardive, mais d'une céleste faveur, mais d'une prompte et soudaine illumination, ID, Ilourgoing. || 5° Terme de paléographie. Enluminure, peintures d(Hlt on ornait les manuscrits au moyen âge. ^

— iiiST. XIV' sv Vision et illumination sont faiz sodaiiinement,: OHF.wuRJ Th^ie de jhojxikh. || xvj' s. Anaxagoras, le premier qui a escrit la plus certainement et le plus hardiment de l'illumination et de l'ohscureissement de la lune, amyot. Nie. 42. La parole est comme instrument, par lequel le Seigneur dispense aux fidèles l'iUuraination de son esprit, CALV. Instit. 49.

— ETYM. Provenç. enltrtninatio ; du lat. illuminationem, de illuminare, illuminer.

n.LU.VUNft, ÉE (ll-lu-mi-né, née) , part, passé d'illuminer. Il 1» Oui reçoit de la hmiière. En ces lieux mal illuminés, Qui voit la longueur de son nez Se peut vanter de bonne rue, scahhon, Firj. vi. Il Terme de physique. Cfirps illuminé, corps qui, n'étant point lumineux par lui-même, le devient en réfléchissant la lumière envoyée par un autre corps. Il 2° Orné d'illuminations. Toute la ville était illuminée. Il 3° Fig. Qui reçoit une lumière céleste, intellectuelle, morale. Un cœur illuminé d'une grâce céleste, bothou, Si-Genestf, iv, 7. Quand la lumière

divine s'est découverte et qu'avec des yeux illumines on se jette dans les voies du siècle, qu'arrive-t-il à une âme qui tombe d'un si haut état? boss. Anne de Gon%. Ces docteurs, illuminés par son Saint-Esprit, sont les véritables trésors de l'Église universelle, ID. Cornet. Il 4° Fig. et substantivement, un illuminé, une illuminée, celui, celle qui est visionnaire en matière de religion. Il ne faut pas s'aviser de dire à un homme les dégoûts de sa maîtresse, ni à vos pbiideurs la faible de la cause, ni des raisons à un illuminé, volt. Dicl. phil. Quakers, t. || Noms de certains hérétiques qui se prétendaient éclairés de Dieu d'une manière particulière. La secte des illuminés. " Seditquelquefoisdos frères de la Rose-Croix. || Disciple des philosophes Saint-Martin et Swedenborg. ILLUMINER (il-lu-mi-né), v. a. |i 1° Éclairer, répandre de la lumière sur quelque chose. La lune en son plein illuminait la campagne. Mais quel nouveau soleil illumine les airs? rothou, Uerc. mnur. v, a. Cet ouvrage, en petit, contient une colline Qu'un air toujours serein, toujours pur illumine, bahier, le Cabinet de Quinault, p. 40. || Fig. L'éclat de telles actions [guerres, ambassades, etc.] semble illuminer un discours, et le bruit qu'elles font déjà dans le monde aide celui qui parle à se faire entendre d'un ton plus ferme et plus magnifique, BOSS. Bourgoing. || 2° Faire des illuminations. Il fut le seul des ministres étrangers qui illumina sa maison pour la prise de Cagliari, st-sim. 475, iU.\\ Absolument. On ordonna d'illuminer. || 3° Fig. Éclairer l'esprit de lumières intellectuelles, morales, religieuses. Que si Dieu permet que les hommes se méprennent en des choses si importantes, pourquoi aura-t-il plus ds soin de les illuminer en ma cause? BALZAC, Lett. 6, 7. Une céleste flamme D'un rayon prophétique illumine monâme, cohN. Cinna, V. 3. Laurent, serrez ma baire avec ma discipline. Et priez que toujours le ciel vous illumine, mol. Tart. m, î. Cette loi [naturelle] Inspira Zoroastre , illumina Solon, voLr. Loi nat. i. || 4° S'illuminer, t>. réfl. Devenir illuminé, éclairé. Le sommet des montagnes s'illuminait à mesure que le soleil se levait. Il Fig. [Un auteur tenté] De découper un peu de sa pourpre divine [d'Horace], Pour faire que la sienne un peu plus s'illumine [imitation du vers d'Horace, Art p. 15 : Purpureus, laie qui splendeat, unus et aller Âssuitur pantius], bakhier, Bev. des Deux-Mondes, mai <*"5B, p. 49S. || 6° Être garni d'illuminations. La nouvelle arrivait à peine que déjà tous les édifices s'illuminaient.

— HIST. XJV s. La lune est illuminée du soleil. — Un feu peut eschaiiffer et illuminer, oresme. Thèse de MEUNIER. Il xvi' s. Les petits enfants qui, pour voir les luisans images de livres illuminez, apprennent à

lire, LA BOETIE, 52.

— ÈTYM. Provenç. enlumenar, illuminar, illumenar, ellumenar; esp. ilttmMor; itâl. illuminare ; du lat. illuminare, dei/ pour m, dans, et lumen, lumière.

IIXUMINISME(il-lu-mi-ni-sm'), s. m. Opinions chimériques des illuminés. || Particulièrement. L'ensemble d'opinions professées vers la linduxviii' siècle par Saint-Martin et Swedenborg.

— ÉTYM. Illuminer.

ILLUSION (il-lu-2ion; en vers, do quatre syllabes), s. f. \\ 1° Erreur qui semble se jouer de nos sens, les tromper. C'est une illusion, quand, dans un bateau qui marche rapidement, on croit voir le rivage s'enfuir. Elle croit voir encor son volage héros ; Et, cette illusion soulageant sa disgrâce, Elle le rappelle en ces mots.... 3. b. rouss. Cantate, Circé. Zamoro aux pieds d'AIzirel Est-ce une illusion? volt. Als. ui, 4. La révolution diurne du ciel ne fut qu'une illusion due i la rotation- de la terre, laplace. Expos. V, 4. Il Illusion d'optique, erreur du sens de la vue sur l'état des corps , naturelle comme le mirage, d'il artificielle comme celle que produisent la plupart des instTn-ments.d'optique;'|j'TeTme de médecine.'Ifhwion morbide ou -jKîthrrlogique, trouble des sènsati'ons-rdans .lequel il y a pour point de départ une impresslort'rèelle, mais dans lequel la transmission ou la perception est irréguliére. || 2» Dans les beaux-arts, -et spécialement au théâtre, état de l'âme qui fait que nous attribuons une certaine réalité à ce que nous savons n'être pas vrai. Plus d'intérêt sans illusion, plus d'illusion sans vraisemblance, MARMONTEL, Méni. Jv. Dans les arts d'imitation, la vérité n'est rien, la vraisemblance est tout, et non-seulement on ne leur demande pas la réalité, mais on ne veut pas mémo que la feinte en soit l'exacte ressemblance.... en un mot l'illusion ne peut ni ne doit être complète, Encyclop. mot illusion. Il 3* Fausse apparence que l'on attribuait au démon ou à la magie. Ce sont des illusions du dé-

mon. Il 4' Erreur qui semble se jouer de notre e^p^it , le tromper. Ainsi la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle : on ne fait que s'entretromper et s'entre-flatter, pascal. Puissances trompeuses, Amour-propre, édit. faugère. L'Ecclésiaste faisant le dénombrement des illusions qui travail lent les hommes, y comprend la sagesse même, parce qu'il y a une fausse sagesse qui, se renfermant dans l'enceinte des choses mortelles, s ensevelit avec elle dans le néant, boss. Duch. d'Orl. Comme Dieu ne voulait plus exposer aux illusions du monde les sentiments d'une piété si sincère, ID. ib. L'illusion des amitiés de la terre qui s'en vont avec les années et les intérêts, id. Anne de Gonz. Les cris du sang, sa force et ses impressions, D'un cœur toujours trompé sont les illusions, volt. Mah. IV. 4. Il Faire illusion à quelqu'un, lui faire croire qu'on a plus de mérite, plus de crédit, etc. qu'on n'en a réellement. |{ Se faire illusion à soimême, s'abuser soi-même. Je cherchai longtemps à me faire illusion sur ses défauts. || 5° Sorte de rêves ou de fantômes qui flottent devant l'imagination. De douces illusions. Flatteuse illusion, erreur douce et grossière. Que tu sais peu durer et tôt f évanouir ! corn. Ilor. m, ) . L'heur que je t'apporte est sans illusion, in. Théod. v, 3. il était même tenté de croire qu'il ne veillait pas et qu'il était dans l'illusion d'un songe, fEnel. Tél. ix. On ne peut y vivre [dans le monde] qu'avec des illusions; et, dès qu'on a un peu vécu, toutes les illusions s'envolent, volt. Lett. Mme du Deffant, 2 juin. 1754. L'illusion féconde habite dans mon sein; D'une pri.son sur moi les murs pèsent en vain; J'ai les ailes de l'espérance, a. chén. Jeune caplire. Le temps n'en était pas encore venu pour Corinne; il lui fallait encore des illusions, elle voulait encore du bonheur, stael, Corinne, xvii, 2. L'âme à cet âge n'a plus la force de se suspendre aux illusiohs, hls dorés que du haut du ciel l'espérance jette à la jeunesse, CH. DE BERNARD, la Cinquantaine, f xii. Il 8° Pensée, imagination chimérique. Les illusions de l'amour-propre. C'est un homme plein d'illusions, sujet à des illusions, qui se repatt d'illusions. Ses prétentions sont une pure illusion. Aucune illusion ne doit plus te flatter, corn. Cinna, iv, 7. Par quelle illusion m'oses-tu conseiller...? in. Pcrtft. ni, 4. L'empereur s'y prêtait complaisamnient [au z'ie de ses soldats], s'aidant de tout pour espérer, quand vinrent tout à coup les premières neiges; avec elles tombèrent toutes les illusions dont il cherchait à s'environner, eégur, Bist. de Nap. viii, u.

— SYN. ILLUSION, CHIMÈRE. L'illusiou est l'effet d'une apparence trompeuse qui nous déçoit. La chimère est indépendante de toute apparence, et la cause en e,st purement imaginaire. Avoir une illusion, c'est voir d'une, manière fausse des choses qui existent ou peuvent exister; au lieu que les chimères sont sans aucun point de départ réel ,pu objectif.

— HIST. XII' s. Fait sûmes reproce à nos veisius et iUusiun [moqueiie]. Liber psalm. p. (12. || xvi* s. 11 eut en dormant une illusion damnable, c'est qu'il luy fut advis qu'il..., AMYOT, Cxs. 52. Et de fait, jamais n'eussent esté si vilainement abusez des illusions de Satan, s'ils n'eussent desjà esté ensorcelle de cest erreur, calv. Inst. 1105.

— ÉTYM. Provenç. iilusio; espagn. ilusion; ita!. illusione; du lat. iliusionem, de il pour in, dans, et lusum, supin de iuJere, jouer : action de jouer dan-.

t ILLl'SIONNER (ii-lu-zio-né), v. a. Néologisme. Causer des illusions; faire illusion. || S'illusionner, e. réfl. Se faire des illusions.

— F.TVM. Illusion. Ce néologisme est acceptable ; illusionner est formé comme affectionner.

ILLUSOIRE (il-lu-zoi-r'J, adj. || 1° Qui tend à tromper par une fausse apparence. Le sens do la vue est le moins juste et le plus illusoire, buffon. Morceaux choisis, p. 37. || Dans le langage didactique. Proposition illusoire. Contrat illusoire. || 2" Ou. est sans effet, qui ne se réalise point. Une promesse illusoire. Un projet illusoire. Nous mêlons perpétuellement à ses opérations [de la nature], qui sont constantes, à ses faits, qui sont toujours certains, le produit illusoire et variable de notre imagiuntion, iiUFF. Quadrup. t. u, p. 157.

— HIST. XVI' s. Je crois que cette prétendue cohabitation est imaginaire, procédante d'une impression illusoire de Satan, paré, xix, 21).

— ÉTYM. Lat, illusurius (quicuehat. Addenda), de illusor, celui qui se joue, se moque (voy. illusion).

ILLUSOIREMENT (il-lu-zoi-re-man), adv. D'uuo manière illusoire.

— ÈtYM. Illusoire, et le suffixe ment.

+ ILLUSTRANT, ANTE (il-lu-stran, stran-t') , adj.

TLL

Qui illustre. Il Substantivement. Ce qui illustre. Paire sien tout le bon, tout l'utile, tout l'illustrant d'au-

trui, ST-SIM. 303, 73.

t ILLUSTRAT (ii-Iu-stra), s. m. Dignité d'illustre.

— ÉTYM. Illustre.

t ILLUSTRATEUR (il-lu-stra-teur), s. tn. Celui qui donne du lustre, de l'éclat.

— HIST. XVI* s. Illustrateur, cotgkave.

— ETYM. Illustrer.

ILLUSTRATION (il-lu-stra-sion; envers, de cinq syllabes), s. f.\\ 1° Action d'illustrer; état de ce qui est illustre. Les victoires qui contribuèrent à l'illuStratioii de son règne. || Particulièrement. Marque, d'honneur dont une famille reçoit de l'éclat. Le prévôt s'est fait riche, il achètera de la noblesse, et nous lui fournirons de l'illustration, nous en avons à vendre dans la famille, dancourt, Le -prix de l'arquebuse, se. U. Née d'un père et d'un aïeul illustre pour avoir fait du bien, la plus belle des illustrations, elle IMme Geoffiin] n'a jamais manqué une occasion de protéger et de soulager les infortunés avec autant de grandeur d'âme que de discernement, VOLT. Potù. et législ. La mort de Calas, Lett. à Éliede Beaumonl. \\ Néologisme. Personnage illustre. Les illustrations de l'éiioque. jj 2° Terme de littérature. Explication, éclaircissement, commentaires. Cette nouvelle édition de Tite-Live est enrichie des illustrations de tel savant. J'ajouterai, pour l'illustration de ce passage, une petite exhortation aux philosophes qui nient tout à plat l'enfer dans leurs écrits, volt. Dict. phil. Enfer. || 3° Terme de paléographie. Ornement colorié des anciens manuscrits. Ce manuscrites! remarquable par les illustrations. Il Aujourd'hui il se dit de figures gravées sur buis et intercalées dans le texte d'un livre. || 11 se dit aussi d'un grand nombre de gravures insérées dans un livre. Les illustrations du poème de Dante. Il Titre d'une publication périodique, l'Illustration. Il 4° Terme de théologie Illustration divine, espèce de lumière que Dieu répand dans l'esprit. Il est de la foi que, dans tous les actes de piété, il y a beaucoup de choses que nous recevons en pure souffrance.... telles sont les illustrations de l'entendement, et les pieuses affections de la volonté, boss. États d'orais. vu, 3. Ces Illustrations divines ne l'empêchaient pas de consulter les religieux de saint Dominique, BouHOURS, Vie d'Ignace, dans richelet. Ce n'est pas que Dieu ne nous prévienne selon nos besoins, tantôt par nés illustrations, tantôt par certains goûts et par certains plaisirs, fén. t. m, p. 249.

— HIST. XVI* Si entre tous ce livre je vous donne, Je ne suis point téméraire donneur.... Car, vous estant le lustre et le bonheur De nostre Gaule et de ses nations. C'est bien raison que l'hommage et l'honneur Se face à vous des illustrations, st-gel. 128. La défense et illustration de la langue françoise, titre d'un ouvrage de J. Dubellay.

— ËTYM.Lat. illuitrationem, deillustrare, illustrer.

ILLUSTRE (il-lus-tr'), adj. || 1° Eclatant par quelque choss de louable et d'extraordinaire, en parlant des personnes. En louant l'homme incomparable dont cette illustre assemblée célèbre les funérailles et honore les vertus, boss. le Tellier. Pendant que ce grand roi la rendait la plus illustre de toutes les reines, vous la faisiez, monseigneur, la plus illustre de toutes les mères, id. Mar.-Thér. Prennent-ils [les dieux] donc plaisir à faire des coupables. Afin d'en faire après d'illustres misérables? rac. Théb. m, 2. ....Une fille,Seul reste dudébrisd'une illustre famille, ID. Brit.ii, 3. L'illustre Josabet porte vers vous ses pas, iD. Ath. I, ^ . Les hommes véritablement illustres sont ceux dont l'histoire se trouve liée à celle de leur nation, duclos, Hist. Louis XI, Œuv. t. ii, p. 4 25, dans POUGENs. Il Substantivement. Un illustre, une personne qui excelle en quelque chose. Madame, voilà un illustre, mol. Poure. i, t. Balzac, ■Voiture, Corneille, Racan, Chapelain, Desmarets, d'Ablancourt ont été de vrais illustres et des originaux chacun en leur genre, fuhetière, Factums, 1. 1, p. <6B. Enfin, après Arnaud, ce fut l'illustre en France Que j'admirai le plus, boil. Poésies div. 23. M. Geofl'roy, qui savait voyager, ne manqua pas de profiter du séjour de Londres, il gagna l'amitié de la plupart des illustres d'un pays qui en produit tant, FONTEN. Geoffroy. \\ Terme d'histoire. Titre honorifique. Il 2° Il se dit aussi en parlant des choses. Les histoires les plus fidèles, si elles ne changent ni n'augmentent la valeur des choses pour les renbre plus dignes d'être lues, au moins omettent-elles presque toujours "«s plus basses et moins illustres circonstances, dksc. Mélh. i, 8. De pareilles erreurs Ne produisent jamais que d'illustres malheurs, la FONT. Fabl. X, <o. Le royaume le plus illustre [la

France] qui fut jamais sous le soleil, et devant Dieu et devant les hommes, boss. Mar.-Thér. Voilà des faits, et des faits illustres, et des faits plus éclatants que le soleil, qui font voir qu'au milieu de la défection..., id. 2'instr. pastorale sur les prom. de J . C . 24. Que ce soit donc [la clémence] l'illustre défaut de Charles [Charles I" d'Angleterre] aussi bien que de César, m. Keine cTAnglet. Vous voyez quelle a été son humilité, et combien il a été soigneux de cacher les illustres avantages qu'il avait reçus de Dieu, ID. Cornet. Et lorsque cette reine, assurant sa conquête. Vous attend pour témoin de cette illustre fête, RAC. Bérén. i, 3. Cet illustre trépas ne peut-il vous [dieux] calmer? id. Théb. m, 3. Jamais plus illustra querelle De vos aïeux n'arma le zèle, id. Athal. iv,5. Pardonnez à l'éclat d'une illustre fortune Ce reste de fierté..., id. Andr. m, 6. || Ironiquement. Et vous vous signalez par d'illustres leçons, id. Brit. m, 3. Il Abusivement. En parlant de choses mauvaises. D'illusires attentats ont fait toute leur gloire, volt. Lois de Miyios, i, i.

— SYN. illustre, renommé, fameux, célèbre. Illustre dit plus que renommé ; l'illustration est plus que le renom ; illustre dit autre chose que fameux : il implique toujours louange et mérite, tandis que fameux peut s'appliquer aux choses les plus mauvaises. Célèbre exprime à bien peu près la même chose qu'illustre; la difl'érence paraît être que illustre indique plutôt l'éclat qui vient de l'objet, et célèbre l'éclatque lui donne l'assentiment des autres: on est célèbre parce que tout le monde parle de vous ; on est illustre parce qu'on répand un grand éclat.

— HIST. XVI" s. Si cette flatterie latine et ce gotthisme des Italiens et Espagnols est venu en usage d'appeller les princes illustrissimes et les gentils hommes illustres.... st-julien, Mesl. hist. p. 680.

— ÉTYM. Espag. ilustre; ital. illustre ; d\i lat. illustris, de il pour tn, dans, et lustrare, purifier, éclairer (voy. lustre).

ILLUSTRÉ, ÉE (il-lu-stré, strée), part, passé d'illustrer. || 1° Rendu illustre. Vous le voyez, Lucain; ces hardis conjurés Sont tous des citoyens par euxmêmes illustrés, legouvé, Épich. et Nér. ii, 3. Il 2° Terme de librairie. Enrichi d'illustrations, de gravures. Edition illustrée. La Fontaine illustré par Granville. || Le Monde illustré, l'Univers illustré, titres de publications périodiques illustrées.

t ILLUSTREMENT (il-lu-stre-man), adv. D'une façon illustre.

— MIST. XVI* s. niustrement, bas. p. 57, dans lacurne.

ILLCSTEER (il-lu-stré), v. a. || l" Rendre illustre. Les jeunes seigneurs le vont entendre [un professeur du Collège de France], et quantité d'autres honnêtes gens qui illustrent fort son auditoire, gui patin, Lett. t. Il, p. 83. Rocroi.... c'en serait assez pour illustrer une autre vie que celle du prince de Condé ; mais, pour lui, c'est le premier pas de sa course, boss. Louis de Bourbon. C'est par là que Molière illustrant ses écrits..., boil. Art p. m. Les démarches les plus légères de piété sont illustrées aux yeux du Seigneur par l'éclat qui vous environne, MASS. Uyst. Kisér. Ils perfectionnèrent, ils illustrèrent la marine anglaise, raynal, Ilist. phil. XIX, 5. Un noir cachot peut illustrer mes vers, bé- BANG. Ad. à la campagne. Croyez-vous que le roi, distinguant votre audace, Daigne illustrer un sang qu'il accepte par grâce? c. delavig. Vêp. sic. 1,2. Il 2° Rendre plus clair par des notes, par des commentaires. 11 est vrai que M. von der Hardt donne ces pièces sur les meilleurs manuscrits, et les illustre de notes, bayle, Lett. à M**", 2 mai <697. Il 3° Illustrer un livre, orner de gravures un livre imprimé. || Terme de paléographie. Orner un manuscrit de peintures, d'enluminures. || 4° S'illustrer, V. rèfl. Se rendre illustre. Il n'était guère possible de s'illustrer et de vivre tranquille chez un peuple inconstant, dider. Opin. des anc. phil. (péripaléticiens). Us n'avaient pas cette fierté, cette vaine gloire des Portugais, qui avaient fait plus de guerres peut-être pour s'illustrer que pour s'agrandir, hay- NAL, Hist. phil. II, 6. Il En librairie, être illustré. C'est un texte qui s'illustrera difficilement.

— HIST. XVI* s. Lafoy venant à teindre et illustrer les arguments de Sebond, elle les rend fermes et solides, mont, ii, 4 4 9. Ce sontoes escrits qui furent remis au jour et illustres d'explications, alors que le roi Louis XII entra en différend avec le pape Jules II, DU PERRON, dans le Dict. de uociiez.

— ÉTYM. Lat. illustrare, de illustris (voy. illustre) .

ILLUSTRISSIME ( il-lu-stri-ssi-m' ) , ad;. Trèsillustre, titre qu'on donne par honneur à quelques |

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personnes élevées en dignité, et principalement aux ecclésiastiques. Illustrissime et révérendissime seigneur. Êminences et excellences, mots introduits ; ceux d'éminentissimes et d'excellentissimes n'ont point encore passé les monts; le cardinal du Perron a fait inutilement tout ce qu'il a pu pour introduire illustrissime, balzac, Socr. chrétien, 1. 11, p. 249, dans LACURNE. J'avais dépit de ne pouvoir vous traiter d'illustrissime, costar (d Lingendes nommé évêqut de Sarlat), dans livet, la Gramm. franc, p. 74.

— HIST. XVI' s. Au regard de la nouvelle invention des superlatifs latins en issime, comme illustrissime, meigbet, dans livet, la Gramm. franc. p. 73. Les frères ignorants ont eu grande raison De vous faire leur chef, monsieur l'illustrissime; Car ceux qui ont ouï vostre belle oraison, Vous ont bien recogneu pour ignorantissime, Sat. Mejt. après la harangue du card. de Felvé.

— ÉTYM. Lat. illustrissimus, superlatif de illustris, illustre.

t ILLUTATION (il-lu-ta-sion), s. f. || 1° Terme d'art. Action d'enduire quelque chose de boue ou do limon. I 2° Terme de médecine et do vétérinaire. Action d'enduire de boue quelque partie du corps dans l'intention de déterminer un effet thérapeutique. L'illutation se fait avec des boues minérales, de la terre glaise, de la boue de meule à aiguiser, etc.

— ÉTYM. Lat. in, en, et lutur^, boue.

ÎLOT (î-lo; le t ne se lie pas;aupluiiel, l'ise lie : des î-lo-z étroits; îlots rime avec repos, travaui,etc.), s. m. Il 1* Très-petite Ile. Ils débarquent leurs faibles cargaisons à la faveur de quelques îlots qui forment un assez bon abri, raynal, Uist. phil. xii, 9. Il 2° Dans plusieurs villes de France, .groupe do maisons circonscrit par des rues ; synonyme de ile n° 3. Je suis logé dans tel Ilot.

— ÉTYM. Diminutif de ile. L'ancienne langue dit islel et istette.

ILOTE (i-lo-f), s. m.\\ 1° Nom d'esclaves, dans la république de Sparte, qui cultivaient les champs de leure maîtres, leur remettaient une partie déterminée du produit, et les accompagnaient à la guerre comme .serviteurs ; c'étaient les anciens habitants du pays subjugués par les Dodcns victorieux. Il 2° Fig. Celui qui est réduit , dans une société, au dernier état d'abjection ou d'ignorance.

— ÉTyM.El).wTTii; ou eî>ti>;; on le lire de "EXo;, ville de Laconie conquise peu après l'invasion des Doriens; mais, comme les habitants de cette ville se nomment d'ordinaire 'EXeîoi ou 'EXtâtai, Mûller préfère l'étymologie cUw;, participe de ê>(o, prendre : proprement, le pris, le captif. L'Académie ferait mieux de mettre l'/i comme aux mots dérivés de mots grecs qui ont l'esprit rude; mais elle suit le latin qui écrit ilotae, à tort.

f ILOTIE (i-lo-sie), s. f. Synonyme d'ilotisme. Cette ilotie est contrôla nature des choses, montesq. Esp. V, <o.

— ÉTYM. E0.(OT£ta, de eîXMç, ilote.

ILOTIS.ME (i-lo-ti-sm'l , s. m. || l- Condition d'ilote. Il 2° Fig. L'état d'abjection et d'ignorance où quelque partie d'un peuple est réduite par ceux qui la dominent. Us tenaient les classes pauvres dans un véritable ilotisme.

— ÉTYM. Ilote.

f IM.... Préfixe négatif (voy. in.... i) : immodeste pour in-modeste.|l Préfixe représentant m,parexemple dans im-mersion, pour in-mersion (voy. in.... 2).

IM.\GE (i-ma-j'), s. f.\H° Ce qui imite, ce qui ressemble, ressemblance (sens propre du latin imago). Cet enfant est l'image de son père. De sa sœur tout exprès j'ai pris l'image entière; Mon visage a même air, ma voix a même ton, cobn. Toi's. d'or. II, (. Dieu créa l'homme à son image, SACi, Bible, Gen. i, 27. Dans son origine [de l'homme]. Dieu l'avait fait à son image; et ce nom d'image lui doit faire entendre qu'il n'était pas fait pour lui-même ; une image est toute faite pour son original, boss. la Yallière. Quoique cette àme soit défigurée, quoique cette image de Dieu soit comme eflacée par le péché, si nous en cherchons les anciens traits, nous reconnaîtrons, malgré la corruption, qu'elle ressemble encore à Dieu.... id. ib. Plus il s'avançait vers cette image trompeuse du rivage de l'île, plus cette image reculait; elle fuyait toujours devant lui, et il ne savait que croire de cette fuite, pénel. Tél. ix. Ils sacrifiaient, dans les grands dangers, des hommes à la divinité, ainsi que tant d'autres nations; car c'est le caractère des barbares, de croire la divinité m.tlfaisante : les h( mmes font Dieu à leur image, volt. Mœurs, 4 5. Il 2° Représentation d'un objet dans l'eau, dans un m roir, etc. La source limpide où se peint leur

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image, c. DEtiv. Paria, i, i. || Terme d'optique. Réunion des faisceaux lumineux qui, émanés d'un corps, sont réfléchis ou réfractés par un autre corps. Les miroirs plans donnent l'image des corps avec leurs dimensions naturelles ; les miroirs concaves les amplifient, et les miroirs convexes les rapetissent. La manière de les essayer [des miroirs] est de recevoir à une grande distance, par exemple à (68 pieds, l'image réfléchie du soleil, buff. llist. viin. Introd. part. exp. Œuvres, t. vu, p. (62. Il 3° Représentation de quelque chose en sculpture, en peinture, en gravure, en dessin. Un père affligé de la mort précipitée de son fils fit faire l'image de celui qui lui avait été ravi si tôt, SACi, Bible, Sagesse, xiv, (5. Des titres, des inscriptions, vaines marques de ce qui n'est plus; des figures qui semblent pleurer autour d'un tombeau; et de fragiles images d'une doujeur que le temps emporte avec tout le reste, boss. Louis de Bourbon. Rome.... De mes Etats conquis enchaînait les images, rac. ilithr. ni, 4. Rome au contraire encor m'adressa plus d'hommages; Par ordre du séi'at on para mes images, LEG0ivÉ,^p. etNér.m,i. ||4 Plus particulièrement. Représentation, d'une façont \ielconque, soit des dieux du paganisme, soit, chez les chrétiens, de Jésus-Christ, de la Vierge et des saints, tout son palais est plein de leurs images [des faux dieux], bac. Esth. n, ». Dans le temps qu'on appelle parmi nous le moyen âge, nous appelions le pays des mahométans la paganie, nous traitions d'idolâtres, d'adorateurs d'images, un peuple qui a les images en horreur, volt. Dict. phil. Idolâtrie. Quand le consul Pline adresse ses prières aux dieux immortels dans l'eiorde du panégyrique de Trajan, ce n'est pas à des images qu'il les adresse ; ces images n'étaient pas immortelles, id. ib. Il Terme d'art du moyen âge. Images ouvrantes, images saiiitPS, qui, en s'ouvrant comme un tableau à volet, découvrpnt dans l'intérieur même de leurs corps quelques sujets peints ou sculptés en rapport d'intention ou d'allusion avec le personnage, de LABOKDE, Émaax, p. 342. || 5° Estampes repré.sentant des sujets pieux ou autres. Il y a de belles images dans ce livre. || Être sage comme une image, être très-sage, se dit d'un enfant fort retenu et fort posé. Il On dit par moquerie ; Vous aveï bien fait, vous aurez une image (locution qui vient de Ihabitude de donner, comme récompense, des images de sainteté aux enfants dans les catéchismes et les écoles). Il C'est une belle image, se dit d'une belle femme qui est sans action, sans esprit ; belle, mais froide et sans physionomie. || On amuse les enfants avec des images, se dit, en se moquant, à ceux qui veulent nous payer de bagatelles. Il 6° Fig. Ce qui figure, imite. Ces jeux sont une image de la guerre. Jérusalem, réprouvée et ingrate envers son Sauveur, devait être l'image de l'enfer; ses perfides citoyens devaient représenter les damnés, boss. Hist. ii, 9. C'est pour la sainteté chrétienne que les rois sont les images de Uieu, BOURDAL Sainteté, 2' avent, p. 328. Partout du désespoir je rencontre l'image, bac. Dérén. v, 7. Ils [les flatteurs] vous feront enfin haïr la vérité. Vous peindront la vertu sous une affreuse image, ID. Ath. IV, 3. Que sur son passage Tout d'un calme profond lui présente l'image, m. ib. v, 3. L'image la plus noble de la divinité est un prince juste, modéré, chaste, réglé dans ses mœurs, et qui ne règne que pour faire régner la vertu, rollin, Hist. anc. Ol-MV. t. u, p. 304, dans polgens. Ici, Rome pourtant demande votre hommage, Rome qui d'ellemême est une triste image.... Veuve d'un peupleroi, mais reine encor du monde, gilb. Ode à Huns. Il Exemple. Voici une image de la prévention ; nos «œurs de Sainte-Marie m'ont dit : enfin Dieu soit loué I Dieu a touché le cœur de cette pauvre enfant.... je vais à Port-Royal, j'y trouve un certain grand solitaire qui commence par me dire : eh bien I ce pauvre oison a signé, sÉv. 20 nov. (664. Il 7° Fig. Représentation des objets dans l'esprit, dans 1 âme. L'esprit conserve des images de ce que nous avons vu. Dites-moi un mot de vos habits; car il faut fixer les pensées et donner des images, sév. 29 nov. (684. Ce fut un songe admirable, de ceux que Dieu même fait venir du ciel par le ministère des anges, dont les images sont si nettes et si démêlées, où l'on voit je ne sais quoi de céleste, boss. Anne de Gonx. Excusez ma douleur ; cette image cruelle [Hippolyte traîné par ses chevaux] Sera pour moi de pleurs une source éternelle, rac. Phèdre, v, t. Il Représentation des personnes dans l'esprit, dans le souvenir, ô prince, le digne sujet de nos louanges et de nos regrets, vous vivrez éternellement dans

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ma mémoire ; votre image y sera tracée non point avec cette audace qui promettait la victoire ; non, je ne veux rien voir en vous de ce que la mort efface; vous aurez, dans cette image, des traits immortels, BOSS. Louis de Bourbon. Quoi ! toujours de ce Juif l'image vous désole? rac. Esth. m, (. De son image en vain j'ai voulu me distraire, jd. Brit. li, 2. Dans le fond des forêts votre image me suit, id. Phèd. il, 2. Adieu, je vais, le cœur trop plein de votre image. Attendre, en vous aimant, la mort pour mon partage, iD. Bérén. i, 4. Il Terme do psychologie. Images ou espèces représentatives, voy. espèce. || 8"" Fig. Idée. Il était agité par les imagos du malheur qui le menaçait, vaugel. Q. C. liv. m, dans richelet. Chez vous le mariage est fâcheux et pénible, Et vos discours en font une image terrible, mol. Éc. des f. v, 4. Quoique mon r.ourage Se fit de ce complot une funeste image, rac. Andr. v, 3. Il a dans ces horreurs passé toute la nuit; Enfin, las d'appeler un sommeil qui le fuit. Pour écarter de lui ces images funèbres..., id. Esth. n, i. Elle aime mon rival, je ne puis l'ignorer ; Mais je mettrai ma joie à le désespérer; Je me fais de sa peine une image charmante, ID. Brit. II, 8. De ce couple perfide J'avais presque oublié l'attentat parricide, Et j'ai pâli deux fois au terrible récit Qui vient d'en retracer l'image à mon esprit, id. Esth. ii, 3. Voilà donc ce bonheur dont j'embrassais l'image, ducis, Roméo, m, 4. Il 9» Description. Opposer l'image des combats au tableau de la vie pastorale, Dict. de l'Acad. || 10° Métaphore, similitude. Ainsi, dans toutes les langues, le cœur brûle, le courage s'allume, les yeux étincellent, l'esprit est accablé, il se part ige, il s'épuise, le sang se glace, la tête se renverse, on est enflé d'orgueil, enivré de vengeance; la nature se peint partout dans ces images fortes devenues ordinaires, volt. Dict. phil. Éloquence. Presque tout est image dans Homère, dans Virgile, dans Horace, sans même qu'on s'en aperçoive, id. ib. Imagination. La poésie nous fait admirer des images dont la peinture serait insoutenable, DiDEB. Lett. sur les sourds et muets. Il 11° Terme d'entomologie. Nom de l'insecte qui a subi toutes ses métamorphoses.

-.- HIST. xi* s. Et une imagene [prononcpz image] Apohn le félon, Ch. de Rul. ccx.xxvii. Froissent ymagenes et toutes les ydoles, ib. cCLViil. |1 xii' s. E Mical prist une imagene, et mist la al lit David e une pel de chievre al chief. Rois, p. 75. || xiii* s. Image est ce que deus ou plusors diverses choses ont aucune semblance entre eles selonc les proprietez dou cors et de la nature, en ceste manière : cist hom est plus hardi que lions, et cil autre coars comme lièvres, bbun. l^tini. Trésor, ç. 54(. Quant saluée ot doucement Et loée moult longuement La mère Dieu d'entier corage. Et enclinée ot moult s'image, G. de coinsi, du Cierge. || xiv" s. Sachent les autrHS faire beaux images, les autres bien mener les causes, les autres astroUogies, oresme, Prologue. Une yniage de Notre Dame, qui clôt et euvre, séant et tenant son enfant, à senestre de laquelle est une trinité à plusieurs saints et saintes, de laborde, Émaux, p. 343. || xV s. Ung petit ymage d'or de Nostre Dame, ouvrant par le ventre, ouquel est la Trinité dedans, garny en la poitrine d'un petit ruby, séant sur ung petit pié d'or, in. ib. p. 343. || xvi' s. Et puis formée l'a Au propre image et semblable effigie [des Dieux], harot,iv, (6. Les luisans images de livres illuminez, la boetie, 62. Ce vertueux dis estoit planté devant lui comme une image à regarder son père sans rien faire, desper. Contes, lxxvi. Je crois qu'il m'ont bien veu prendre ce petit image d'argent, id. Cymbal. 87. Et apparoissoit en son visage une telle virilité que l'on voit représentée es médailles et images peintes ou moulées de Hercules, AMïOT, Anton. 5. Ainsi que l'usage de la prononciation françoise changera, l'écriture devra faire le semblable, attendu qu'elle n'est que son image, MEiGRET, dans livet, la Gramm. franc, p. ((8.

— ÊTYM. Berry et bourguign. moige; provenç. image, emage ; esçign. t'majen; portug^ imagem; ital. image, imagine; du latin imaginem, dans lequel on aperçoit un rapport avec imitari, imiter, sans pouvoir remonter à un radical commun.

t IMAGÉ, ÊE (i-ma-jé, jée) , part, passé d'imager. La philosophie botanique de Linné, avec son style nerveux et imagé. Une éloquence imagée comme celle de Bossuet.

(.IMAGER, BRE (i-ma-jé, jè-r'),*. m. et/'. Mot qui vieillit. Celui, celle qui fait ou vend des images, des estampes. Cet imager a un beau choix d'estampes.

— HIST. xiil" s, Quiconqiies veut estre ymagiers à Paris, ce est à savoir taillores do crucifix, de manches à (xjutiauz..., Liv. des met. (66. || xvi* s.

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Et en art de faire statues ou ymages, Polycletus estoit sage ymagier, oresme, Eth. (77. ||xiv*s. Des peintres, des imagiers, des piqueurs et dompteur» de cUevaulx, amïot, P. jEm. ( o.

— étym. Image. Au xvi« siècle on a dit aussi tmoginier et imaqeur.

t 2. LMAGEK (i-ma-jé. Le g prend un e devant a et 0 : imageant, imageons), v. a. Néologisme. Orner, embellir d'images, de métaphores. Imager son style.

— ÊTYM. Image.

\ IMAGERIE (i-ma-je-rie), s. f. Fabrication, commerce d'imagos.

— hist. XVI' s. Un grand portail faict et entaillé à menue imagerie de marbre blanc et bis, jean u'au- TON, Annales de Louis XII, p. ((6, dans lacurne.

— étvm. Imager ( .

IMAGINABLE (i-ma-j i-na-bl') , adj. Qui peut être imaginé, conçu. Ce qu'a fait Massinisse est si déraisonnable Qu'à peine mon esprit le trouve imaginable! MAiRET, Sophon. IV, 4. Je garde dans mon cœur toutes nos conversations avec une reconnaissance pour vous qui n'est pas imaginable, sÉv. 23 nov. (673. Il a pour nous toutes les bontés imaginables, BOSS. Lett. quiél. 220. Du moment qu'on est ici-bas [dans les enfers], toute la gloire imaginable ne fait aucun bien, fonten. Lucr. Barbe- J'achèterais la durée de votre vie de tous les biens imaginables, Marivaux, ifananne, 5" part. Un procédé si noble est-il imaginable? piRON,Af ^(rom. v, 6.

— ÉTYM. Provenç. ymaginable ; espagn. imaginable; portug. imaginavel ; ital. immaginabile; du latin imagxnabilis (quicherat. Addenda), qui vient de imaginari, imaginer.

I3IAGINAIRE (i-ma-ji-nê-r'), adj.\\i' Qui n'est que dans l'imagination, qui n'est point réel. Avec une vertu qui frtt imaginaire, Car je l'appelle ainsi quand elle est sans effet, corn. Nie. n, s. Et cette liberté qui lui semble si chère. N'est pour Rome, seigneur, qu'un bien imaginaire, id. Cinna,u, (. Êtres imaginaires, ROTRO\],Antig.i, 3. Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être : nous voulons vivre dans l'idée des autres d'une vie imaginaire, et nous nous efforçons pour cela de paraître, pasc. Pensées, t. i, p. 251, édit. LAiiuRE. La mort, qui foulant aux pieds l'arroganc-; humaine, et abattant sans ressource toutes ces grandeurs imaginaires.... boss Gornay. Peut-être que mon cœur Conçoit d'un vain danger la crainte imaginaire, volt. Scythes, iv, 4. Je ne songeais plus à mon état; mais, comme il n'était pas imaginaire, je le sentais sitôt que j'étais de sangfroid, j. j. Bouss. Conf. VI. || Espaces imaginaires, espaces qui, suivant la ph>sique d'Ar.stote, placés au delà de la sphère des fixes, n'ailmettaient absolument rien, pas mê ne le lieu parce qu'il est la place des corps qui ne pouvaient pas y exister, ni le vide parce que c'était le lieu qu'un corps avait (juitté; et fig. le vague, l'indéfini, l'impossible. L'e.space imaginaire Des vides infinis qui sont dessus les cieux, raoan. Ode à la reinr. || Fig. Être, voyager, se perdre dans les espaces imaginaires, se former des visions, se repaître d idées imaginaires. || 2° Qui n'est tel ou tel qu'en imaginatixin. en parlant des personnes. J'ai vu l'impii té de forfaits surchargée.... Ses soldats, du Très-Haut vainqueurs imaginaires, Par ces blasphèmes téméraires. Annonçaient aux mortels leurgloire d'un moment, Gilbert, ie Jubilé. |i Malade imaginaire, personne, la plupart du temps hypocondriaque, qui, éprouvant des souffrances nerveuses très-diverses, les rapporte à toutes sortes de maladies qu'elle n'a pas. Il 3° Terme d'algèbre. Imaginaire se ditd'une valeur qui n'existe pas et ne peutpas môme être conçue comme exisiante. La racine paire d'une quantité négative est imaginaire, parce qu'il n'y a pas de signe qui, muUi|)lié par lui-même, puisse produire une quantité négative. || Substantivement. Une imaginaire, une quantité imaginaire.

— HIST. xvr s. Ceux qui sont justes de foi, approuvent leur justice par obéissance et bonnes œuvres, et non point par un masque imaginaire de foi, CALV. Inst. 643. Ni ces combats continuez l'espace de deux heures, accompagnez de sots entreparlemens, ni ces vaillantiscs imaginaires qui font qu'un homme en tue deux cens, lanoue, (46.

— ÉTYM. Provenç. imaginari; espagn. imaginario ; \\.a.\.immaginario; du latin tmojtnon'w^ , d'imaginari, imaginer.

t IMAGINANT, ANTE (i-ma-ji-nan, nan-t'), adj. Qui imagine. Qui dispense la réputation, qui donn* le respect et la vénération aux personnes, aux ou. vrages, aux lois, aux grands, sinon cette faculté imaginante? pasc. Puiss. tromp. i, éd. faiigère.

IMAGINATIF, IVK (i-ma-ji-na-tif, ti-v'), adj.

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Il 1° Oui imagine aisément, qui a une grande fertilité d'imiigiuaiion. Avoir l'esprit imnginatif. Une personne tort Imaginative. ||2° La faculté, la puissancp imaginative,et substantivement, l'imaginative, la faculté, la puissance par laquelle on imagine. l'ai l'imaginative Aussi bonne en efTet^ que personne qui vive, MOL. Et. u, <3. La faculté de l'âme où se fait cet acte [du ressouvenirl s'appelle Imaginative, Boss. Conn. i, ♦. Je lésai mis aux mains d'une ardeur assez vive ; Parbleu! vivent les gens pleins d'Imaginative, régnard, Uénechmes, iv, i. Mais quoi ! je vous le dis, ce sont les gens de cour dont l'imaginative enfante chaque jour ces merveilleux conseils, p. L. cour. Simple discours.

— HlST. xv* s. Quand le comte de Flandre vit que le roi de France le poursuivoit de si près, si ot avis de soi mesme, car si estoit moult Imaginatif, que il monstreroit ces menaces à ses bonnes villes, fhoiss. II, 2, 46. J'oy à douze ans grant ymaginative; Jusqu'à trente ans je ne cessai d'apprendre, E. BESCH. Son iducat. || xvi* s. Les gens qui font volontiers les Imaginatifs aux choses de quoy ils ne peuvent juger de veue, la boétie, B5. La partie Imaginative de l'entendement, amyot. Cor. 68.

— ÈTYM. frovenç. ymaginatiu; espagn. imaginatix'o; ital. immaginativo; du lat. imaginativus , de imaginari, imaginer.

IMAGL\ATION (i-ma-ji-na-sion; en vers, de six syllabes), s. f. || 1° Faculté que nous avons de nous rappeler vivement et de voir en quelque sorte les objets qui ne sont plus sous nos yeux. Je crois, monsieur, que vous n'avez pas l'imagination si tendre qu'il vous faille consoler de cela [décapité en effigie], VOIT. Lett. 35. Il [Retz] aime b. raconter, et souvent son imagination lui fournit plus que sa mémoire, LAROCH. Retî. Tàtez-vous un peu, je vous prie, revenez à vous-même, et ne donnez point tant à votre imagination, mol. Mal. m. m, 7. Ils veulent avoir, comme les autres peuples, la liberté de suivre leur imagination, pasc. l'ens. 2' partie, art. xvii, bi. Imagination , c'est cette partie décevante dans l'homme, cette maltresse d'erreur et de fausseté, et d'autant plus fourbe qu'elle ne l'est pas toujours, ID. Pensées, Puissances trompeuses, <, édit. fau- GÊRE. u ne me tombait pas dans l'imagination qu'il pût mourir, sÉv. 72, C'est une cho.se étrange qu'une imagination vive, qui représente toutes choses comme si elles étaient encore, id. 26 mars 16H. Je prie votre imagination de n'aller ni à droite ni à gauche, lo. 6 févr. <674. Il est difficile de porter son imagination dans l'avenir, quand on est sans aucune sorte d'incommodité, id. <5 août <677. Il y a un grand vilain précipice.... qui me faisait mal à l'imagination, id. a févr. (689. Où allez-vous, coeurs égarés? quoi I même dans la prière vous laissez errer votre imagination vagabonde ; vos ambitieuses pensées vous reviennent devant Dieu, boss. Mar.-TMr. Elle \ a descendre à ces demeures souterraines.... mais ici notre imagination nous abuse encore • la mort ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place, id. Duch. d'Orl. U [Tertullien] s'abandonne souvent à sa vive et trop ardente imagination, id. 6" avert. 95. C'est l'imagination qui gâte tout, à force de tout embellir, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 26 nov. 47 1 6. Ce qu'il m'en coûte passe toute imagination, hamilt. Gramm. 7. On nourrit son imai;ination de ces projets chimériques qui ne sauraient jamais s'exécuter , mass. Profession religieuse, Sermon >. Imagination, c'est le pouvoir que chaque être sensible sent en soi de se représenter dans son cerveau les choses sensibles, VOLT. Dict. phil. Imagination. Celui qui prend le plus d'images dans le magasin de la mémoire est celui qui a le plus d'imagination, id. ib. Une imagination vive, sensible ot tendre peut se fixer à quelque objet, à quelque ressouvenir douloureux, et se le représenter avec des couleurs si dominantes qu'elles lui arrachent des larmes, in.Oîc/. phil. Larmes. Laissons agir l'imagination; mais que la raison tienne toujours la bride de ce coursier dangereux, bonnet, Consid. corps org. Œuv. t. v, p. 99, dans pougens. La funeste imagination des âmes sensibles, stael, Corinne, i, i. L'imagination tient de plus près qu'on ne croit à la morale , il ne faut paj l'oll'enser, id. ib. v, t. Les maladie.s de l'imagination /augmentent quand on les confie, jd. ib. iv, 3. Il Homme d'imagination, celui chez qui l'imagination est vive. Les gens d'imagination. || En imagination, en imaginant, d'une façon imaginaire. Les sacrifices de cette espèce ne sont pénibles qu'en imagination, genlis, Adèle et Théod. t. i, p. 3, dans POLGENS. Il 2° l'articulilrement, en littérature et dans les beaux-arts, faculté d'inventer, de concevoir, jointe

au talent de rendre vivement les conceptions. Ce poète, ce peintre a beaucoup d'imagination. Une imagination créatrice. Toutes les couleurs et le fard de la poésie ne l'ont su peindre [Angélique de l'Arioste] si belle que nous vous voyons, et l'inspiration des poètes n'a pu monter jusque-là, voit. Leil. 4. Il y a deux sortes d'imagination , l'une qui consiste à retenir une simple impression des objets, l'autre qui arrange ces images reçues et les combine en mille manières, volt. Dict. phil. Imagination. Si nous formons un tableau suivi avecqueiques idées éparses dont le souvenir s'est présenté à nous, cela s'appelle de l'imagination, id. Lett. M. L. C. 23 déc. 4 768. Lorsque, par la réflexion, on a remarqué les qualités par où les objets diffèrent, on peut, par la même réflexion, rassembler dans un seul les qualités qui sont séparées dans plusieurs ; c'est ainsi qu'un poète se fait, par exemple, l'idée d'un héros qui n'a jamais existé; alors les idées qu'on se fait sont des images qui n'ont de réalité que dans l'esprit; et la réflexion qui fait ces images prend le nom d'imagination, condillac, Logique, i, 7. {| Se dit aussi des ouvrages. Roman plein d'imagination. || 3° Résultat de la faculté d'imaginer, chose imaginée. Cette imagination me fait une douceur et un plaisir, SÉV. 24 juin. 4 673. On est loin, on est livré à toutes ses imaginations, id. 6 cet. 4 080. Les imaginations qui ne sont que des sensations continuées, BOSS. Connaiss. v, 8. En un mot , un tel épisode doit être moins regardé comme une imagination de poète que comme un mensonge d'historien, VOLT. Ilenr. i, note. Le romancier qui donne ses imaginations pour la vérité, id. Russie, u, 4 7. Un buisson qui sort de son pays avec une chauvesouris pour aller trafiquer, est ime de ces imak'inations froides et hors de la nature que la Fontaine ne devait pas adopter, id. Dict. phil. Fable. || Pensée, idée. Moi qui ne puis pas souffrir la vue ni l'imagination d'un précipice, sÉv. 9 mars 4 689. Il 4° Croyance, opinion qu'on a par imagination. C'est une pure imagination. Je croirai.... qu'il n'y a eu rien de sincère en vous que votre froideur et votre indifférence ; vous pouvez juger s'il est possible que je vive avec cette imagination, voit. Lett. 4 9. Quand on pi'opose une chose à prouver, d'abord on se remplit de cette imagination qu'elle est donc obscure, pascal, Pensées, i, 40. Peutêtre que, prêt à mourir, on comptera pour quelque chose cette vie de réputation, ou cette imagination de revivre dans sa famille qu'on croira solidement établie, boss. le Tellier. Et quand la lune et les autres planètes et les étoiles fixes paraissent faire un tour sur notre tcte en vingt-quatre heures, c'est donc aussi une imagination? — Imagination pure, FONTEN, les Mondes,*" soir. Cette imagination d'une terre étroite et plate a longtemps prévalu parmi les chrétiens, volt. Phil. Newt. m, 8. Il 5° Pensée imaginaire, chose imaginaire. C'est peu 'l'aller au ciel, je vous veux y conduire. — Imaginations I — Célestes vérités I corn. Pol. iv, 3. Quoi I mes frères, les imaginations de vos auteurs passeront pour les vérités de la foi! pascal, Prov. xi. Jamais il ne s'est fait tant do dépense au triomphe des empereurs qu'il y en aura là ; rien ne coûte; on reçoit toutes les belles imaginations sans regarder à l'argent, sév. 43. Lorsque je le vois traînant dans une solitude affectée ses imaginations et ses erreurs, FLÉCH. Panég. ii, 4 44. X ces mots il me vint une imagination qui les fit rire, J. J. rouss. Hél. iv, 4 4. Il vient pour se marier. — Eh bien, ne voilà-t-il pas déjà de vos belles imaginations? picard, Filles à marier, i, 2. || 6° Terme de médecine. Imaginations, les mouches volantes.

— SYN. IMAGINATION, IMAGINATIVE. Dans la rigueur des termes, l'imaginative est la faculté d'imaginer, et l'imagination est l'acte de cette faculté. On voit facilement comment on a pu passer d'un de ces sens à l'autre et confondre ces deux mots.

— IIIST. XIII" s. L'ame des bons voit sovent en songes bones ymaginations et profitables, brun, la- TiNi, Trésor, p. 26B. || xiv» s. Posé par ymagination que tout le ciel.... Et sont aussi comme ymaginations qui ne se pevent pratiquer, oresme, Thèse de MEUNIER. Il XV* s. Les quels [assassins du duc d'Orléans] par elle veuz, elle ot ymaginacion que en icellui hostel eust logié mauvaises gens, Uibl. des chart. 6« série, 1. 1, p. 232. Et considérèrent comment ce pooit avoir esté fait, et trouvèrent par ymagination que ce avoit esté fait tant comme l'en disnoit en cloistre, du cange, ymaginalio. Quand le roi d'Angleterre entendit ces nouvelles, ilfut moult pensif, et eut une espace une imagination et propos de briser son siège, etauî»' celui do Rennes, froiss.

I, I, 209. Là furent en grande imagination quelle chose ils feroient, id. i, i, 229. || xvi* s. Cestuy par.uit à elle plus longtemps que les autres, tellement qu'il mist Antonius en quelque imagination et sous prçon, AMYOT, Ant. 95. Une vaine imagination dt foi ne nous ju.stifie pas, calvin, Instit. 643.

— ÉTYM. Provenç. imaginatio, emagenassio ; espagn. imaginacion; ital. immaginazione; du lat. imaginationem, A'imaqinari, imaginer.

IMAGINATIVE (i-ma-ji-na-ti-v'), s. f. Voy. Imaginatif.

IMAGINÉ, ÉE (i-ma-ji-né, née), part, passé d'imaginer. Il 1° Représenté dans l'esprit. Quoi ! lâche, tu pourrais la perdre sans regret. Elle dont tu plaignais la perte imaginée! corn. Rod. iv, 6. || 2° Dont on a eu l'idée. Cela est fort bien imaginé.

IMAGINER (i-ma-ji-né), v. a. \\ i° Se représenter quelque chose dans l'esprit. Que si, d'aventure, c'est la même personne que j'imagine, j'irais, monsieur, contre mon inclination et mon jugement, si je n'étais pas de votre avis, voit. Lett. 33. Ce matin j'ai vu l'Alhambra.... j'ai beaucou.p de plaisir à voir les choses que j'avais imaginées, id. ib. as. Il fallait.... que je rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s'il ne resterait point après cela quelque chose en ma créance qui fût entièrement indubitable, desc. Méih. IV, 4. Si jo l'entretins hier et lui fis bon visage. N'en imaginez rien qu'à son désavantage, corn, Hor. i, 3. L'esclave le plus vil qu'on puisse imaginer Sera digne de moi, s'il peut t'assassiner, ID. Jléracl. m, 3. Je ne la [Pauline, sa petite-fille] saurais imaginer affligée; consolez-la, sÉv.mai 4(i90. Votre vie me fait plaisir à imaginer ; j'en réjouis mes bois, id. 4 7 juill. 4 689. Nous composions son histoire de tout ce que nous pouvions imaginer de plus glorieux , BOSS. Ditch. d'Orl. Cherchez , imaginez parmi les hommes les dilTércnces les plus remarquables ; VOUS n'en trouverez point de mieux marquée ni qui vous paraisse plus effective que celle qui relève le victorieux au-dessus du vaincu, id. ib. On imagine la fortune plus facile dans les contrées éloignées que proche de soi; on marche beaucoup, pour trouver sans fatigue ce qu'on n'obtiendrait que d'un travail assidu, raynal, Ilist. phil. v, 4 9. Ils croyaient que le monde finissait où finissait leur ile, et ils n'imaginaient rien d'aimable où ils n'étaient pas, BERN. DE st-p. Paul et \'irg. \\ Familièrement. Vous n'imaginez pas, c'est-à-dire vous ne pouvez vous faire une idée, concevoir, comprendre. Vous n'tma ginez pas à quel point on aime son pays, lorsqu'on en est à la distance où je suis du mien . GENLIS, Adèle et Théod. t. ii, p. 486, dans pougens. Il Imaginer, suivi de de et d'un infinitif. Qu'elle a perdu de choses à quoi elle s'était attachée et dont elle n'avait pas imaginé d'être jamais séparée! Lett. de Mme de Grignan, dans sév. 47 déc. 4C90. Il Imaginer, suivi de que. ....Gardez-vous, je vous prie. D'imaginer que vous soyez joUe, volt. Nanine, i, b. || Des grammairiens ont condamné l'emploi d'imaginer avec que, voulant qu'alors on dise s'imaginer. Mais cette décision est entachée d'arbitraire. || Absolument. Toutes les fois qu'un objet une fois senti par le dehors demeure intérieurement, ou se renouvelle dans ma pensée avec l'image de la sensation qu'il a causée à mon âme, c'est ce que j'appelle imaginer, boss. Conn. I, 4. L'homme du meilleur esprit est inégal; il souffre des accroissements at des diminutions; il entre en verve, mais il en sort; alors, s'il est sage, il parle peu, il n'écrit point; il ne cherche point à imajîiner ni à plaire, la bruy. xi. || Imagin'.T, pris substantivement. D'un doux imaginer si doucement blessée, Régnier, Sat. xiii. || 2° Inventer. U a imaginé une machine curieuse. || Avoir l'idée de. Avezvous imaginé pour noire afiiiire quelque chose de favorable? mol. Pourc. i, 3. Ce fut lui |Pâris Duverney] qui imagina de marier le jeune roi [Louis XVJ à la fille de Stanislas Leczinski, retiré à VVcissembourg, après avoir perdu le royaume de Pologne que Charles XII lui avait donné, volt. IHst. parlem. ch. 63. Il 3° S'imaginer, imaginer à soi, figurer dani son e.sprit. Et je m'imaginais dans la divinilé Beaucoup moins d'injustice et bien plus de bonté, corn. Uor. m, B. Mon esprit embrassant tout ce qu'il s'imagine, 10. Poly. m, 4. Et peut-être aujourd'hui vos yeux seront témoins De ce que votre esprit s'imagine le moins, id. M. de Pomp. i, 3. On ne s'imagine d'ordinaire Platon et Aristote qu'avec do grandes robes et comme des personnages toujours graves et sérieux, pasc. Pens. part, i, art. ». Nous en voyons des effets [de l'amour maternel] qui passent de bien loin tout ce que l'on pourrait s'en ima-

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giner, doss. 2« serm. Compass. de la Sle Tierge, i. Ces lâches chroliens qui s'imaginent avancer leur mort quand ils préparent leur conlession, id. Duch. dOrl. Et ne connais-tu pas l'implacable Agrippine? Mon amour inquiet dôjà se l'imagine Qui m'amène Octavie, RAG. lirit. il, 2. Strabon, Mêla, Pline se sont imaginé que la mor Caspienne était un golfe de l'océan Hyperboréen, duquel elle sortait par un long canal, bollin, Ilist. anc. t. xiu, liv. xxvii, ch. 2, art. I", § 2. Il Croire, se mettre dans l'esprit. Elles se sont imaginé qu'il fallait faire grande toilette. Je ne saurais m'imagmer que cela soit comme on le raconte. Mais, ce qu'on ne pourrait jamais s'imaginer, Cinna, tu t'en souviens et veux m'assassiner, corn. Cinna, v, t. Non, plus j'y pense encore, et moins je m'imagine Que mon fils des Romains ait tramé la ruine, volt. Urut. v, 6. Il 4° S'imaginer, v. réjl. Être imaginé. Une pareille perfidie s'imagine difficilement.

— SYN. IMAGINER, KNTKNDRE OU CONCEVOIR. Il y

a une grande différence entre imaginer le triangle et entendre le triangle. Imaginer le triangle, c'est s'en représenter un d'une mesure déterminée et avec une certaine grandeur de ses angles et de ses côtés ; au lieu que l'entendre, c'est en connaître la nature et savoir en général que c'est une figure à trois côtés, sans déterminer aucune grandeur ni proportion particulière, Boss. Connaiss. i, 9.

— HIST. XIV* s. Et ce me fist ymaginer Et certainement espérer, Que ce pas ne 11 desplaisoit, maciiAUT, p. 47. Il XV s. Encore subtilloit iletimaginoit le roi de France nuit et jour comment il se pourroit venger de ses ennemis, froibs. i, l, 98. Le roi anglois y entendit volontiers, car il regarda et imagina que sa guerre du roi de France en seroit embellie, m. i, I, IB2. Lors me boutai un peu avant Plus pris de li, pour mioulx imaginer [écouter] son chant, iD. Poésies mss. p. 45, dans lacuhne. Il les leut [des lettres] par deux fois pour mieux les entendre; quand il les eut leues et imaginées, il manda une partie de son conseil, ib. ib. liv. i, p. 314, dans LACORNE. Incontinent qu'il [Louis XI] fut assis à table et eut ung peu ymaginé comme vous savez qu'il faisoit, qui estoit bien estrange à ceulx qui ne le cognoissoient, co.mm. iv, 7. || xvi* s. Imaginez combien seroit une vie perdurahle moins.... mont.

I, 89. Ce lièvre qu'un lévrier imagine en songe, id.

II, <99. On trouvera des gentilshommes qui imaginent, je croy, que les marques de noblesse soyeut de se faire redouter.... langue, <3.

— ÉTYM. Wallon, mâginer; provenç. imaginar, emaginar; espagn. imaginar; ital. immaginare ; du lat. imaginari, de imago, image.

t IMAMAT (i-ma-ma), s. m. Dignité d'iman. Il Résidence de l'iman. || Pays gouverné par un iman.

IMAN (i-man), s. m. ||1° Ministre de la religion mahométane. Il Fig. et par dénigrement. Tout ministre d'une religion. Les imans et les muplitis de toutes les sectes me paraissent plus faits qu'on ne croit pour s'entendre; leur but commun est de subjuguer, par la superstition, la pauvre espèce humaine, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, U juin 4 771. Il 2° Titre que portent les chefs de plusieurs Etats indépendants de l'Yémen. L'iman de Mascate.

— raiJi. Les orientalistes reprochent à l'Académie d'écrire iman, et veulent qu'on écrive imam; iman étant un mot arabe d'un tout autre sens. C'est pour cela qu'ils disent imamat et non imanat.

— tTY.M. Portug. emamo; de l'arabe imdm, chef, président.

IMARET (i-ma-rè), s. m. Sorte d'hôtellerie turque où les élèves des différentes écoles vont prendre leurs repas; les pauvres y trouvent aussi gratuitement dos vivres. Le premier imaret fut inauguré sous le règne du sultan Orkhan I" dans la ville d'Iznik [Nicée] prise par les Turcs en <333 de l'ère chrétienne, piihn, Dict. étym.

— ÉTYM. Arabe, amûret, habitation.

flMASATlNE (i-ma-za-ti-n), s. f. Terme de

chimie. Corps obtenu par l'action d'un courant de gaz ammoniac sur l'isatine dissoute dans l'alcool. Il On dit aussi isatimide.

I.MBÉCILE (in-bé-si-1'), od;. || 1» Faible d'esprit et de corps, incapable. N'es-tu pas, ô mon Dieu, mon seigneur souverain, Et moi ton serviteur pauvre, lâche, imbécile, Dont tout l'efTort est inutile, X moins qu'avoir l'appui de la divine main? corn. Imil. m, (0. Le sang a peu de droils dans le sexe imbécile [les femmes], lo. Ûfid. l, 4. Leur esprit [des femmes] est méchant , et leur âme fragile ; Il n'est rien de plus faible et de plus imbécile, mol. Éc. des femmes, v, i. Quelle chimère est-ce donc que l'homme?... juge de toutes choses, imbécile ver

de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur ; gloire et rebut de l'univers , pakc. Pens. 2" part. art. l", cdit. iiavet. Voilà une partie des causes qui rendent l'homme si imbécile à connaître la nature, m. dans cousin. Taisez-vous, nature imbécile, id. dans cousin. On a vu [chez les premiers chrétiens] la vieillesse la plus décrépite et l'enfance la plus imbécile ycourir [àlamort],comme à l'honneur du triomphe, boss. i" scrm. Exalt. de la croix, i. Laissons aux faibles cœurs, aux âmes imbéciles. Consommer leur colère en plaintes inutiles, 0U1NAULT, Pausan. ii, 5. Ce dé'autqui rend un homme imbécile pour le gouvernement, kén. Tél. x.\iil. Prêtres audacieux, imbéciles toldats, Du sabre et de l'épée ils [les prêtres et les moines dans la Ligue] ont chargé leurs bras, volt. Ilenr. iv. Il U se dit aussi des choses. L'autorité souveraine était extrêmement languissante et imbécile dans l'un et l'autre empire, mézer. Ilist. de France av. Clovis, m, (B. || 2° Qui n'a plus ses idées, qui est dans l'imbécillité. Le grand âge elles infirmités l'ont rendu imbécile. L'imbécile Ibrahim, sans craindre sa naissance, Traîne, exempt de péril, une éternelle enfance, hac. Baj. i, t.\\ Imbécile de corps et d'esprit, se dit d'une personne à qui l'âge ou les maladies ont 6té les forces du corps et alTaibli la raison. || 3° Particulièrement. Dépourvu d'esprit, qui parle, qui agit sottement. L'imbécile I il boite encore, et il voudrait sortir, goldoni. Bourru bienf. m, 3. C'était l'intérêt de Rome que les peuples fussent imbéciles, volt. Moeurs, 94. |i 11 se dit aussi des choses. Air imbécile. Sa raison, trop supérieure à l'imbécile joug qu'on lui voulait imposer, le secoua bientôt avec mépris, j. j. rouss. 7/c/. v, S-Iji" Substantivement. Un imbécile, une imbécile, celui, celle qui a les facultés intellectuelles trop faibles pour se conduire. Prononcer l'interdiction d'un imbécile. Qui pourra jamais dire en quoi l'organisation d'un imbécile diffère de celle d'un autre homme? le défaut est certainement dans les organes matériels, puisque l'imbécile a son âme comme un autre, bufp. Quadrup. t. vu, p. 45. Qu'un philosophe ait un écu à partager avec lo plus imbécile de ces malheureux en qui la raison humaine est si horriblement obscurcie, il est sûr que, s'il y a un sou à gagner, l'imbécile l'emportera sur le philosophe, VOLT. Pot pourri. \\ Par exagération. Une personne dépourvue d'esprit, de moyens. C'est un imbécile, un grand imbécile. Il y a des stupides et, j'ose dire, des imbéciles qui se placent en de beaux postes et qui savent mourir dans l'opulence, sans qu'on les doive soupçonner en aucune manière d'y avoir contribué de leur travail ou de la moindre industrie, la BÇL'T. VI.

— REM. Jusqu'à sa dernière édition, l'Académie avait écrit imbéciUe, conformément à l'étymologie. La suiipression d'une l dans ce mot est d'autant plus surprenante, qu'on en met deux dans le substantif imbécillité, pautex.

— HIST. XVI' s. Ces oblations sont prouvées avoir esté imbecilles et de nul effect, pour cela qu'elles estoient souventes fois réitérées, calv. Inslit. nso. Je cherche s'il est diligent [un domestique], et ne crains pas tant un muletier joueur qu'imbecille, ny un cuisinier jureur qu'ignorant, mont, i, 2I8.

— ÉTYM. Lat. imbecillus, mot d'origine douteuse; on le fait quelquefois venir de in, privatif, et bacillus, bâton; mais bê est long, et bd est bref; les différences de quantité font toujours une difficulté, quand d'ailleurs rien n'est établi.

IMBÉCILEMENT (in-bé-si-le-man), adv. Avec imbécillité. Guerre en laquelle le cardinal Fleury s'est imbécilement laissé engager par l'intérêt d'un très-simple particulier, st-sim. B(i6, (Og. Des esprits faibles et féroces, imbécilement persuadés que Dieu leur ordonnait le meurtre, volt. Mœurs, IC4.

— étym. Imbécile, et le suffixe ment.

IMBÉCILLITÉ (in-bé-si-1 i-fé), s. f. || 1° Faiblesse

d'esprit et de corps, incap.icité. Des contes.... dont l'antiquité Se servit pour tiompcr notre imbécillité, Régnier, Élég. m. Notre imbécillité, maîtresse de nos sens. Conserve en tous les cœurs un tel penchant aux vices.... corn. Imit. iv, 3. Végétant dans l'imbécillilô d'une enfance exposée à tous les dangers, volt. Philos, ignor. 31. || 11 se dit des choses en un sens analogue. Quelle est la vertu et tout ensemble l'imbécillité de ce sang [celui do la victime], qui dcnne la liberté d'approcher de l'arche, mais qui ne la donne qu'au pontife seul.? BOss. Sermons, Ascension, f.\\ 2' Terme do médecine. Faiblesse de l'esprit, premier degré de l'idiotisme. Les autres fées ajoutèrent que, pour remédier eu partie au mal qu'elles ne pouvaient pas absolumerft détiuiro, l'im-

bécillité de la princesse cesserait dans le moment qu'elle ressentirait de l'amour, nuci.os, acajou, Œuv. t. VIII, p. 359, dans pougens. || 3° Par exagération, sottise, niaiserie. Si cette action flétrit à jamais la mémoire d'Elisabeth, il y a une imbécillité fanatique à canoniser Marie Stuart comme une martyre de la religion, VOLT. J/ceur»-, I09. Tels étaient les singuliers scrupules sur lesquels un homme d'esjTit avait l'imbécillité de me faire sérieusement un crime de mon éloignement dn Paris, j. i rouss. Conf. IX.

— HIST. xiv s. Que chascuns d'euls fust langueureux par autrui imbécillité, berciieure, f° 22, verso. ||xvi' L'imbécillité humaine, mont, i, H. Considérant l'imbécillité du jugement humain et la difficulté de choix es choses nouvelles et doubtouses,

— étym. Lat. imbecillitalem, de imbecillus, imbécile.

t IMBELLIQUEUX, EUSE (in-bèl-li-keû, keû-z'), adj. Qui n'est point belliqueux. Crois-tu que ces bergers faibles, imbelliqueux, Ont détruit ton armée et dispersé tes preux? masson, Ilelvéliens, v.

— ÉTYM. Im...., et belliqueux.

t IMBÉNI, lE (in-bé-ni, nie), adj. Qui n'a pas été béni.

— ÉTYM. Im..., et béni.

IMBERBE (in-bèr-b'), adj. || !• Qui est sans barbe. Menton imberbe. J'avais cru longtemps que les Esquimaux étaient exceptés delà loi générale du nouveau monde; mais on m'assure qu'ils sont imberbes comme les autres, volt. Dict. phil. Barbe. Prenez un nombre moyen comme cent [par lieue carrée], vous aurez neuf cent millions de vos frères soit basanés, soit nègres, soit rouges, soit jaunes, soit barbus, soit imberbes, id. ib. Population. Il 2' Par dénigrement. Très-jeune, trop jeune. Ces docteurs imberbes veulent tout régenter. Il 3° Terme d'ichthyologie. Poissons imberbes, poissons qui n'ont point de barbillons. || Terme d'ornithologie. Oiseaux imberbes, oiseaux dont le bec est glabre à la base. || Terme de botanique. Dont les têtes des fleurs, les feuilles ou les divisions sont dépourvues de poils.

— REM. Scairoa a dit imbarbe : L'organiste, qui était fort colère, comme sont tous les animaux imbarbes, Rom. corn, i, 15.

— HIST. xvi's. C'est le vray advantage des dames que la beauté; elle est si leur, que la nostre, quoiqu'elle désire des ti'aicts un peuaultres, n'est en son poinct que confuse avecques la leur, puérile et imberbe, MONT. III, 286.

— ÉTYM. Lat. imberbis, de in privatif, et barba, barbe. L'imbarbe de Scarron vient de in, et de barbe.

IMBIBÉ, ÉE (in-bi-bé, bée), part, passé d'imbiber. Un linge imbibé d'huile Certain âge acoum-

pli, Le vase est imbibé, l'étoffe a pris son pli, la FONT. Fabl. II, 18. Il Fig. Cet homme est imbibé de la bonne opinion de lui-même, st-évri-mond, dans riciiblet. J'aurais joui de beaucoup d'agrément, si le malheureux poison [l'amour] dont mon âme était imbibée, ne l'avait rendue impénétrable à toute satisfaction, staal, Mém. t. m, p. 72.

IMBIBER (in-bi-bé), v. a. || 1° Pénétrer, en parlant de l'eau ou de quelque autre liquide. La pluie a imbibé la terre suffisamment. Le marchand Coursom a trouvé moyen de me faire tenir du p.ipier, du coton, un pinceau et de l'encre; mes larmes imbibent tout, ma main tremble, volt. Amabed, i" lett. (HAdalé. Il Faire pénétrer, en parlant d'eau ou d'autre liquide. Imbiber une compresse, une éponge. Il Terme do cirier. Donner la première couche de cire à la mèche. || 2" Attirer par imbibition. 11 faudrait avoir un moyen d'évaluer la quantité d'eau que les plantes imbibent de cette manière, honnet, Us. fcuitl. plant, suppl. 2, || 3° S'imbiber, v. réfl. Devenir imbibé, pénétré d'eau ou de quelque autre liquide. La terre s'imbibe d'eau. 11 [lo diamant] a en même temps la propriété de s'imbiber de la lumière et de la conserver assez longtemps; les phénomènes de sa réfraction doivent tenir en partie à ces propriétés, BUFP. Ilist. min. Introd. 2* part. QCuv. I. VI, p. i3i,note. Il Fig. [Un fils] que, paruiiexcèsds faiblesse et de complaisance, elle avait laissé s'imbiber de tout ce que les préjugés de l'orgueil et de la vanité ont de plus sot et de plus méprisable, ma- Riv. Marianne, < l " part. || 4° Pénétrer dans, en parlant du liquide. La teinture s'imbihe peu àpeudans la laine que l'on veut teindre, pén. t. xvm, p. 7.

— HIST. XVI' s. Le patient sera posé en son lit mettant sous lui un sac de son, ou paille d'avoine, â fin quel'urino et autres excrcmcns s'y imbibent, PARÉ, XV, 47, Comment eussent-elles peu entrer dans

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le bois et l'embiber par toutes ses parties? pa-

— RTYM. Lat. imbibcre, de m, en, et bibere, boire.

IMBIBITION (in-bi-bi-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. L'action d'imbiber, ou l'action, la faculté de s'imbiber. || Terme de botanique. Action par laquelle les feuilles des plantes pompent l'humidité de l'air. M. Duhamel croit que la colle nuit aux plantes, en empêchant la transpiration et l'imbibition qui se fait par les feuilles, bonnet, Vs.feuill. fiant. \ " mém.

— HIST. XV' s. Estant à resolution Faire dois embibition, la font. 7B6.

— KTYM. Imbiber.

t IMBLKSSABLE (in-blù-sa-bl'), adj. Oui ne peut être blessé.

— iiisT. XVI* s. Imblessable, cotgrave.

— F.TVM. fm...., et blesser.

t IMBOIRE (in-boi-r'), j'imbois, nous imbuvons, vous imbuvez, ils imboivent; j'imbuvais; j'imbus; j'imboirai ; j'imboirais; imbois, imbuvons, imbuvez, qu'ils imboivent; que j'imboive, que nous imbuvions, que vous imbuviez, qu'ils imboivent; que j'imbusse; imbuvant, imbu, «. a. || 1° Humecter de. Imboire un corps d'un liquide. || Fig. On l'a imbu de ce p.'incipe. On les a toutes imbues de cette doctrine. Il Se pénétrer de. Ce peuple a imbu les mœurs de ses conquérants. Il 2° S'imboire, v. réfl. Devenir imbu. Celui qui vous parle est un solitairs qui, vivant peu avec les hommes, a moins d'occasions de s'imboire de leurs préjugés, j. j. bouss. Ém. II.

— HiST. XIII' s. Dont pareut il si decetts Et de vostre amour embeûs Que de joie à vos pies cherra [choira], FI. et Bl. v. 2177. ||xvi' s. Je retracte pourtant les chansons qui feront Scandale aux scrupuleux; et que, sans les redire, Un chacun les censure et bannisse de Vire, ....mais elles ont déjà imbue la patrie, J. le houx, 4) . Des hommes abbruvez et imbus de cette superstition, mont, ii, 340. Il faut qu'il imboive leurs humeurs, non qu'il apprenne leurs préceptes, et qu'il oublie hardiment, s'il veut, d'où il les tient, mais qu'il se les sache approprier, ID. I, 35.

— ÉrYiM. En, et boire. On a dit que imbu venait non de imboire, mais du latin imbutus, pénétré, irabu; il est fort possible qu'il y ait eu confusion entre imbu, de imboire, et imbutus; mais il est certain qu'au xm" siècle la confusion n'était pas faite, et embeû vient de emboire, non de imbutus.

t I.MBRIAQUE (in-bri-a-k') , adj. Terme tombé en désuétude. Ivre, fou, stupide. Je pense que je «uis aujourd'hui imbriaque, j'oublie la moitié des chos3s dont j'ai besoin, hauteroche, Cris'p. vxéd. ii, 4.

— ÉTYM. Lat. ebn'ôcux, ivrogne. Imbriaque, altération due à l'attraction de l'm par le h.

t IMBRICATIF, IVE (in-bri-ka-tif, ti-v'), adj. Terme de botanique. Qui offre la disposition de l'imbrication. Feuilles imbricatives, celles qui, dans la préfoliation, se posent en recouvrement les unes sur les autres.

— KTYM. Voy. IMBRICATION.

f IMBRICATION (in-bri-ka-sion), s. f. Terme didactique. État des choses qui se recouvrent les unes les autres, à la manière des tuiles d'un toit.

— ÉI'YM. 'Voy. iNUmiQUÉ.

I IMDKIKCGE (in-bri-fu-j'), adj. Qui préserve de la pluie. Toile, chapeau imbrifuge.

— ÊTYM. Lat. imber, pluie, el fugare, chasser.

t IMBRIM (in-brim'), s. m. Un des noms vulgaires du colymbe glacial (oiseaux palmipèdes), dit aussi grand plongeon, et appelé en Picardie raquet; c'est le plongeon glacial de certains auteurs, lf.goarant.

t ISKRIQUANT, ANTE (in-bri-kan, kan-t'), adj. Terme de botanique. Qui recouvre une autre partie •Il la manière des tuiles d'un toit.

— f.TYM. 'Voy. IMBRIQUE.

IMBRIQUÉ, ÉE (in-bri-ké, kée), adj. Terme d'histoire naturelle. Appliqué en recouvrement à peu pris comme les tuiles d'un toit, en parlant des parties des plantes, des écailles des poissons et des plumes des oiseaux.

— ËTYH. Lat. imbricattu, de imlrcx, «mbn'cw, tuile.

IMBROGLIO (in-bro-Uo, Il mouillées) ou, à la française, I.MBROILLE (inbro-U', Il mouillées),*, m. Il !• Embrouillement, confusion. Le détail causerait un imbroglio qui ferait tout abandonner, boss. Lett. quiét. <6o. Il 2" Pièce de théfltre dont l'intrigue est fort compliquée. Cette comédie est un imbroglio fort amusant. Les imbroglios italiens. Quant à moi, ne voulant faire sur ce plan qu'une pièce amu-

IJMI

santé et sans fatigue, une espèce d'imbroiUe.... BEAUMARCH. Lettre sur la critique du Barbier de Scville. C'est absolument ce qu'on appelle un imbroglio, un canevas de l'ancien théâtre, la harpe, Corrcsp. t. iv, p. 228, dans pougens.

— F.TYM. liai, imbroglio, de tn, en, et broglio, brouille.

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