‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 81 sur 389 · LAMPAS (lan-pl) , s. m. || 1* Terme vieilli et · texte numérisé non relu

LAMPAS (lan-pl) , s. m. || 1* Terme vieilli et

populaire. La gorge. Humecter le lampas Ah!

ah I sire Grégoire, Vous avez soif I je crois qu'en vos repas Vous humectez volontiers le lampas, la font. Paysan. Là ne pnurrait-on pas. Attendant le diuer, humecter le lampas? ducebceau, le Faux duc de Bourgogne, 11, 7. || 2* Terme d'art vétérinaire. Tumeur inflammatoire qui survient quelquefois au palais des chevaux derrière les pinces de la mâchoire supérieure; synonyme de lève.

— HIST. XIII* s. Que s'il buvoit toute la mer , Et si n'i eiist point d'amer, Sa soif n'en eslancheroitpas; Plus fort mal a que le lampas, Uahommet, v.:i24. Il XVI* s. Lampast est une maladie qui vient aux chevaux. Médecines des chevaux, p. <9, dans LACt rne.

— ÉTYM. Picard, lampas, luette; Berry, lampas, arrière-bouche d'un animal. Origine fort obscure. Le lampas, maladie du palais, vient de lampas, intérieur de la bouche. Celui-ci semble venir de lamper. Mais on trouve aussi empas : Berry ,empaî, s. m. pi. gonflement au palais des chevaux : ce cheval a les empiw. Et Rabelais, dans le Gargantua dit : « Et durera ce temps de passe-passe jusques à tant que mars ayt les empas. » Qu'est-ce que empas ? Est-ce le même mot que lampas ? en est-il distinct?

t 3. LAMPAS (lau-pas'), (. f. Nom maichand de plusieurs coquille»

LAM

LAM

LAN

— ÉTYM. Lat. taJnpas , lampe , à cause de la i forme.l

t LAMPASCOPE (lan-pa-sko-p'), ». m. Instrument ' d'optique produisant une sorte de fantasmagorie.

— ÊTYM. Aajjiirà;, lampe, et ffxoitsïv, voir.

t LAMPASSE (lan-pa-s*), s. f. Voy. lampas i.

t LAMPASSE, ÉË (lan-pa-sé, née), adj. Terme de blason, qui se dit de la langue des animaux, lorsqu'elle sort de leur gueule et que l'émail en est différent de celui du corps.

— ÉTYM. Lampas 2.

■f LAMPATE (lan-pa-f), s. m. Terme de chimie. Combinaison de l'acide lampique avec les bases.

t. LAMPE (lan-p'), s. f. || 1° Vase ou ustensile destiné à produire de la lumière ou de la chaleur, à l'aide d'un liquide combustible et d'une mèche. Je vous prie de considérer ce petit échantillon, et de m'en dire votre sentiment sans aucune cérémonie ; j'ai l'expérience que vous savez non-seulement moucher la lampe, mais encore y verser de bonne huile, POUSSIN, Lett. 7 mars (666. Je cours au temple alors, où la lampe allumée Jette au lieu de lumière une noire fumée, rotrou, Antigone, v, 6. Avant que la lampe qui brûlait dans le temple de Dieu fût éteinte, saci, Bible, Rois, l, ni, 3. La lueur pâle et sombre d'une petite lampe éclairait cette scène de douleurs, niDER. Père de famille, i, 7. Sur son lit une lampe fatale Versait en s'épuisant sa lumière inégale, dhcis, Othello, v, 2. Plusieurs, pendant l'hiver, près d'un foyer antique Veillent k la lueur d'une lampe rustique, delille, Géorg. i. Et toi, lampe nocturne, astre cher à l'amour... a. ché- NiEH, la Lampe. Comme une lampe d'or dans l'azur suspendue, La lune.... LAMART. Médit. i,(6. || Lampe ardente, lampe que l'on entretenait allumée dans un sépulcre. || Fig. et familièrement. Veiller comme une lampe, se dit d'une personne qui aime à veiller. Il 2° Lampe d'église, lampe de métal suspendue dans le choeuravec unecorde ou une chaîme.On a volé dans la chapelle de Saint-Germain , depuis vingt-quaira heures , la lampe d'argent de sept mille francs, six chandeliers plus hauts que moi ; voilà une extrême insolence, sEv. (5 janv. 1674. Pâle lampe du sanctuaire, Pourquoi, dans l'ombre du saint Heu, Inaperçue et solitaire, Te consumes-tu devant Dieu ? LAMART. Jlarm. i, 4. || Fig. Combien de lampes précieuses [des religieuses] qui brûlent dans les sanctuaires.... sont des monuments étemels de sa foi et de sa piété libérale! fléch. Dauphine. Il 8° Lampe d'Argant (ainsi nommée d'après l'inventeur), nom primiti f du qui nquet.l I Lampe économique, lauipedanslaquelleon peut briller sans fumée toute espèce d'huile et de graisse. || Lampe ignifère, celle qui s'allume d'elle-même. || Lampe hydrostatique, lampe dans laquelle l'huile arrive à la mèche par le seul effet de la pesaateur d'une colonne d'eau qui pèse sur l'huile. 1| Lampe mécanique ou lampe Carcel, Umpe dans laquelle l'huile monte par un mouvement d'horlogerie (Carcel est le nom de l'inventeur). Il Lampe modérateur, sorte de lampe mécanique dans laquelle le mouvement d'horlogerie et la pompe qu'il faisait mouvoir sont remplacés par un ressort à boudin. {] Lampe pneumatique, celle dans laquelle l'huile monte par l'effet de la pression de l'air. || 4° Lampe d'émailleur, instrument dont on se sert dans les laboratoires pour ramollir le verre et lui donner différentes formes. On voit par l'effet de la lampe d'émailleur qu'avec une quantité de feu presque infiniment petite, on fait de plus grands effets en petit que le fourneau do verrerie ne peut en faire en grand, bukp. Hist. min. Introd. CEuv. t" part. t. vi, p. 88, not. 9. Il 6" Lampe de sûreté ou de Davy, petite lampe desfinée à éclairer les mineurs sans les exposer aux iélon.itions résultant du contact d'une flamme avec le gaz hydrogène carboné qui se dégage des mines de charbon de terre. || 6" Terme de blason. Meuble en forme de vaso allongé, avec un bec et une anse. |{ Lampe allumée, lampe dont la lumière est d'émail différent. || 7" Nom marchand de plusieurs coquilles du genre hélice. || Lampe antique, coquille de diverses espèces du genre hélice, entre autres l'hélice caracolle et l'hélice grimace. || 8" Culde-lampe, voy. CUL, n* (3. Il Proverbes. 11 n'y a plus d'huile dans la lampe, se dit d'une personne qui s'éteint par défaillance de nature, par le grand âge. Il II ne faut pas mettre la lampe allumée sous le boisseau, c'est-à-dire il ne faut ni ôter, ni refuser k autrui les moyens de s'éclairer, de s'instruire.

— HIST. XII* s. E alumerent les lampes (lui estoientsor le chandelier, Kachab. i, *. || xiii* s. Une lampe en une verrière Lui rendoit un peu de lumière, Blonde et Jfhan, tM4. Que nus chandcUiers

de curvre ne soient faiz de pièces soudées pour mètre sus table, ne lampes ne soient faites que d'une pièce.... Liv. des mH. <04. |j xiv s. Une lampe de voirre [verre] ,ouvrée en façon de damas,san3 aucune garnison d'argent , de labords, Émaux , p. 354. Il XVI* s. Du soleil qui nous esclaire La lampe éternelle et claire. Tiède partout reluisoit, RONSARD, 388. Mon œil sera la lampe ardant continuelle Devant l'image saint d'une dame si belle, DESPORTES, Diane, i, 43.

— ÉTYM. Provenç. et ital. îompo; du lat. lampas; grec, Xi(iirà<;, de )à(iirEtv, briller.

t «. LAMPE (lan-p'), ». f. Terme de marine. Se dit quelquefois pour éclair.

— ÉTYM. Provenç. lamp, éclair; ital. lampo.

t 3. LAMPE (lan-p') , ». f. Terme de commerce. Espèce d'étamine que l'on fabriquait dans les environs d'Orléans.

LAMPE, ÉE (lan-'pé, pée), part, possd de lamper. Un verre de vin lampe.

LAMPÉE (lan-pée), ». f. || 1° Terme populaire. Grande gorgée. L'un avalait d'abord trois ou quatre lampées, hadteroche, Nobles de province, i, 9. Il 2° Populairement. Tache causée par un liquide. Elle a une lampée d'huile sur sa robe.

— ÊTYM. Lampe.

LAMPER (lan-pé), v. a. Terme populaire. Boire à grandes gorgées. En un instant il eut lampe cinq ou six verresdevin. || Absolument. Il aime à lamper.

— ÉTYM. Forme nasalisée de laper.

LAMPERON (lan-pe-ron) , ». m. Petit tuyau ou

languette qui tient la mèche dans une lampe.

— ÉTYM. Dérivé de lampe.

t LAMPETTE (lan-pè-f) ou LAMPRETTE (lanprè-t') , s. f. La nielle des moissons et la lychnide à fleur de coucou.

LAIHPION (lan-pion), ». m. || !• Petit vaisseau déterre, de fer-lilanc ou de verre, dans lequel on met du suif ou de l'huile avec une mèche, et qui sert dans les illuminations. Dans le quartier Saint- Honoré Est un sabbat de lampions éclairé, dancourt, Véroute du pharaon, se. 25. Le tout à la clarté de vingt mille lampions qui changeront la nuit en jour, volt. Lett. d'Argental, 7 août 1760. Il 2° Vase de verre qu'on suspend au milieu des lampes d'église, entre le panache et le culot. Il 3° Terme do marine. Petite lampe dont on se sert lorsqu'on va dans les soutes aux poudres. i| Terme de fortification. Lampion au parapet, vaisseau de for où l'on met du goudron et de la poix pour éclairer la nuit. Il 4° Populairement, un lampion, un chapeau à trois cornes, ainsi dit d'après la forme.

— HIST. xvi* s. Pour deux escandailz d'huyle, tant pour le brusier aux lampions que pour manger, Siolonomie, dans ial.

— ÉTYM. Dérivé de lampe.

f LAMPIQUE (lan-pi-k'), ail;, m. Terme de chimie. Acide lampiiiue, acide qui se produit par l'action d'un fil de platine incandescent placé audessus d'une lampe à esprit-de-vin.

— ÊTYM. Lampe t.

LAMPISTE (lan-pi-sf). j] 1* S. m. Ouvrier qui fait et vend des lampes. || 2° S. m. et f. Celui, celle qui a soin des lampes dans un monastère, dans les lycées, dans les pensions, dans les théâtres. L'aïeule y remplit [dans un monastère de Bethléem], ainsi que sa fille, l'office de balayeuse, de cuisinière, de lampiste, ce qui ne le» empêchait pas de reprendre avec persévérance leurs anciennes études grecques et hébraïques, montal. Moines de i'Occid.t.i,p. <67.

— ÉTYM. Lampe. On disait iompierau xiii* siècle, ce qui valait bien mieux que lampiste.

t LAMPISTERIE (lan-pi-ste-rie), ». f. Ce qui concerne la fabrication des appareils d'éclairage. Il Terme do chemin de fer. Lieu où l'on garde et répare les lampes.

— ÊTYM. Lampiste. Le mot correct serait lamperie. f LAMPON (lan-pon), ». m. Brocard, vaudeville.

Et n'était pas un de la troupe Qui ne chantât des lérid.a3. Des lampons.... scarron, Yirg. i. On dit qu'il court des lampons fort spirituels et fort satiriques sur le prompt retour du roi, bayle, Lett. à Minutnli, î4 sept. t«93. Les mi.sérahlcs Parisiens, trompé» d'abord par l'espérance d'un prompt secours, chantaient, dans les mes, des ballades et dos lampons contre Henri, volt. Ess. guerr. civ. Franc.

— ETYM. Angl. lampoon, brocard, libelle satirique, uétymologie est le verbe /ompfr; le refrain rie CCS chansons étiuit: !amf!on.!,c'e3t-à-direbuvons; Eiiretière en cite un échantillon : Jacques fuyant de Dublin Dit à Lauzun son cousin : Prenez soin de ma couronne, J'aurai soin de ma personne ; Lampons, lampons. Le mot anglais vient du français.

t LAMPOTTE (lan-po-f), ». f. Nom de plusieur» patelles dont la chair est employée comme appât pat les pêcheurs des côtes. || Par extension, tout appât fait avec un mollusque.

— ÉTYM. Diminutif de lampe; ainsi dite à cause de sa forme en godet de lampe ; angL lampet.

t <. LAMPOURDE (lan-pour-d'), ». f. Genre de plantes (synanthérée» senécionidées) dont une espèce {xanthium strumajrium, L.) est appelée herbe aux écrouelles.

t 2. LAMPOCRDE (làn-pour-d'), ». f. Petite masse de graisse ou de suint qui se trouve au bout des mèches des toisons de la Camargue.

t LAMPRESSE (lan-prè-s'), ». f. Nappe de filet pour les lamproies (Loire).

LAMPRILLON ( lan-pri-Uon , Il mouillées) ou LAMPROYOiV (lan-pro-ion), ». m. Noms vulgaires de Vammocète branchial, poisson de l'ordre de» chondroptérygiens.

— HIST. XVI' s. Les quatre muscles lumhricaux ou lamproyons et les six entre-ossals, paré, iv, 42. La sangsue est un ver aquatique, de figure d'un ver de terre; au bout où est la teste, elle a un trou rond comme celuy d'un lamproyon, in.xv, 69. Abattez vostre moustache ; elle me sent son avaleur de lamprillons, Les après dinées du ». de Cholières, p. 152.

— ÉTYM. Diminutif de lamproie.

LAMPROIE (lan-proî), ». /. || 1* Poisson cyclo-

stome qui atteint un mètre et plus, et remonte le» fleuves au printemps {petromymn marinus, L.). Il Lamproie de rivière et petite lamproie, noms vulgaires du pfîrotnt/ion fluviatilis, dit aussi pricka. Il Lamproie cordée, lamproie qui, à une certaine saison, devient dure et n'est plus bonne à manger. Il 2° Nom donné par les ardoisiers à des pyrites de fer et autres corps hétérogènes qui interrompent la fente des ardoises. On les nomme aussi mouches et blanes.

— HIST. XII* s. Rois Loeys, qui les François maistroie, L'en flst la don del pris d'une lamproie, Raoul de C. 82. || xiii* s. Que de lamproies et d'anguilles, Qu'il orent acheté as villes. Bien fu chargie la charrete, Ren. 781. || xv* s. Gorgée comme ung oyscau de proie, Fassonnée comme une chandelle, Durette comme une prunelle, Et cordée comme une lamproye, coquillart, Enquête de la simple et de la rusée.

— ÉTYM. Wall, amproie; provenç. lampresa, lamprea, lamprada; catal. lamprea, llamprea; espag. et portug. iompreo; ital. iampreda; angl. lamprey; allem. Lamprete; du lat. lamijetra, murène (le nom ayant passé d'un poisson à l'autre), qui se trouve dans les gloses, et qu'on interprète par lambere pelram, lécher les pierres.

t LAMPROMÈTRE (lan-pro-mè-tr'), ». m. Term» de physique. Instrument propre à mesurer l'intensité de la lumière.

— ÉTYM, Aaiinpiî, lumineux, et mètre.

LAMPROVO.N, voy. lamphillon.

t LAMPSANE (lan-psa-n') , ». f. Plante annuelle à fleur.s jaunes qui croît dans les bois, les janlins, sur les décombres et les vieux murs, dite aussi herbe aux mamelles {lampsana commuiiis, L.), composées ligulillores.

— ÉTYM. Corruption du lat. lapsana; grec,Xa<I/(iivYi. f LAMPYRE (lan-pi-r"), ». m. Nom scientifique

du ver luisant, c'est-fi-rtire de la femelle du lampyris splendidula, le mâle n'étant pas phosphorescent.

— ÊTYM. AaiinupU, de XœiiTteiv, briller.

■t LAMPYRIDES (lan-pi-i i-d') , ». m. pi. Terme de zoologie. Famille d'insectes coléoptères, ayant pour type le genre lampyre.

t LAN, ou LANC, ou LANS (lan), ». m. Terme de marine. Mouvement spontané de rotation que fait un navire, à droite ou à gauche, à l'ancre ou à la voile, soit qu'il obéisse au gouvernail tenu par une main faible ou inhabile, soit qu'il subisse l'effort des lames dont il est entouré, jal.

— ÊTYM. Lancer.

t LANAIRE (la-nô-r'), ». f. Nom donné à diverse» plantes, soit à cause d'un duvet dont elles sont couvertes, telles que le bouillon-blanc , .soit à cause ne leur emploi comme plante» savonneuses pour dégraisser le» laines.

— ËTYM. Lat. lanaria {herba), herbe à la laine, t LANÇAOE (lan-sa-j'), ». m. Terme de marine.

Action de lancer un bâtiment k la mer.

t LANCASTf.RlEN, lENNK (lan ka-sté-riin, rièn'), adj. Enseignement lancastérien, système d'enseignement mutuel inventé par un instituteur anglais nommé Lancaster. Ecole» lancastérienncs.

t LANCASTRIEN, lENNE (lan-ka-striin, è-n'), ». m. et f. Terme d'histoire d'Angleterre. Partisan

LAN

de la maison de tancastre et du parti connu sous le nom de Rose rouge.

LANCE (lan-s*), ». f. \\ 1* Anne usitée chez les anciens qui était formée d'un long bois terminée par un fer pointu et qui se jetait avec la main. Les -laiyes meurtriers, les lances homicides, hac. A.(h. III, 8. Il La lance d'Achille, lance avec laquelle ce héros blessa Télèphe, dont la plaie ne put être guérie qu'avec la rouille prise à cette lance même. Il Fig. Votre plume est comme la lance d'Achille qui guérissait les blessures qu'elle faisait, volt. ied. Z)oraX, 8 janv. 4 767. ||2° Arme d'hast, ou à long bois, qui est terminée par un fer pointu et avec laquelle les anciens chevaliers, courant l'un sur l'autre, cherchaient à se percer ou à se désarçonner. Lance de combat, de joute, de tournoi. Tenir la lance en arrêt. La bataille d'Ivry commença à décrier l'usage des lances qui fut bientôt aboli; et sous Louis XIV les piques ont été oubliées, volt. DicU phil. Franc ou Franq; France, etc. || Courir une lance, se disait de deux chevaliers qui couraient l'un contre l'autre la lance en arrêt. Les combattants devaient s'y rendre [dans l'amphithéâtre] armés de toutes pièces.... il fallait courir quatre lances; ceux qui seraient assez heureux pour vaincre quatre chevaliers.... VOLT. Zadig, i9. || Courir une lance, se dit aussi, au jeu de bague, de la course à la lance pour décrocher et enlever une bague. || Baisser la lance, en abaisser la pointe, ce qui signifie qu'on s'avouait vaincu. )| Fig. et familièrement. Baisser la lance, fléchir, mollir, se relâcher. Il a tenu bon plus d'un an, mais enfin il a baissé la lance. || Baisser la lance devant quelqu'un, lui céder, reconnaître sa supériorité. || Rompre une lance, voy. rompre. Il Lance brisée, lance dont on se servait dans les joutes, et qui était à demi sciée près du bout, en sorte qu'elle pouvait facilement se briser. Il Lance à outrance, ou lance à fer émoulu, lance dont le fer était pointu, et avec laquelle on combattait à outrance. || Lance courtoise, ou lance gracieuse, ou lance mousse, ou lance frétée, ou lance mornée, lance dont le fer n'était pas pointu, et qui était garnie au bout d'une sorte d'anneau qu'on appelait frette ou morne. || Lance aux dames ou lance des dames, la dernière joute qu'on faisait dans les tournois en l'honneur des dames. || Lance d'Argail, lance enchantée, célèbre dans les poèmes de Boiardo et de l'Arioste, qui renversait toujours le chevalier qu'elle touchait ; Argail ayant été tué par Ferragus, sa lance passa en diverses mains, et eut toujours la même propriété. || Fig. Lance d'Argail, puissance à laquelle rien ne peut résister. Certain auteur fameux par cent libelles Croit que sa plume est la lance d'Argail; Au haut du Pinde, entre les neuf pucelles, 11 est placé comme un épouvantail, piron, Épig. contre Desfontaines. || Être à beau pied sans lance, être démonté et désarmé; et fig. être mal dans ses alîaires. || On dit dans le même sens : il est venu, il est retourné à beau pied sans lance, c'est-àdire il est venu, il est retourné à pied Mme de Chaulnes arriva dimanche, mais savez-vous comment? à beau pied sans lance , entre onze heures et minuit.... son carrosse était demeuré entre deux rochers, à demi-lieue de Vitré, sêv. 69. || 3° Aujourd'hui, long bâton terminé par un fer pointu qui est l'arme de quelques régiments de cavalerie et des cosaques, et avec lequel on frappe de pointe sans le Ucherde la main. On s'aida du terrain avec habileté : les lanciers russes, embarrassés dans les broussailles et arrêtés par les crevasses, allongeaient en vain leurs longues lances; pendant qu'ils cherchaient à pénétrer, atteints par les balles, ils tombaient blessés, sÉGUR, Ilùt. de Nap. iv, 8. Quarante pas les Icosaques] en séparaient [de l'empereurj à peine ; Rapp n'eut que le temps de se retourner et de faire face à ces barbares, dont le premier enfonça si violemment sa lance dans le poitrail de son cheval qu'il le renversa, m. ib. ix, 3.||4° Fer de lance, la lame qui termine une lance, et qui est de forme triangulaire. || En fer de lance, en forme d'un fer de lance. || 6» Terme de manège. La main de la lance, la main droite du cavalier. Le pied do la lance, le pied droit du cheval. || Fig. Coup de lance, marque naturelle que quelques chevaux ont entre le poitrail et l'épaule, et qui ressemble à un coup de lance. || 6* Autrefois, lance, terme collectif qui comprenait également l'homme d'armes combattant avec la lance, le coutellier, le page , le valet et les archers, tant à pied qu'à cheval. Chaque lance ou homme d'armes à la grande paye avait quinze livres par mois, et chaque archer »ept livres dix sols : la petite paye était d'un tiers moins, DOCLOs. Hist. Louis II, ûKu». t. ii, p. ai5

LAN

dans Foi'GKNS. Une lance était souvent composée de dix cavaliers, sans compter les gens de pied, de sorte que cent lances était alors un corps de plus de mille hommes, m. ib. t. n, p. 32 (note**). Dunois, à nous les chances I Sur Péronne au galop cours avec six cents lances! c. cela vigne, Louis XI, m, ta. Il Lance fournie, homme d'armes qui avait le nombre d'archers, de valets et de chevaux dont il devait être accompagné. |{ 7° Lance d'étendard ou de drapeau, le bâton auquel l'étendard est attaché. Ce drapeau [tricolore] payait à la France Tout le sang qu'il nousa coûté : Sur le sein de la Liberté Nos fils jouaient avec sa lance, bérang. le Vieux drapeau. Il 8° Long bâton garni d'un tampon, pour jouter sur l'eau. Il 9° Lance de harponneur, instrument dont se serventlespêcheursde baleines, en forme d'une spatule ou d'une feuille de laurier, d'un pouce et demi de largeur sur deux et demi de long, et aiguisée sur tous les eûtes. Un navire baleinier de 45u tonneaux embarque ordinairement co lances. Il 10° Lance à feu, fusée emmanchée qui sert à mettre le feu à une pièce d'artillerie ou d'artifioe. || Terme de marine. Espèce de lance dont la tête contient une composition de matières combustibles. || Lance à feu puant, artifice qui produit une fumée infecte, et dont le mineur se sert quelquefois pour incommoder les mineurs ennemis. {{ 11" Sorte de météore igné en forme de lance. || 12° Ancien terme d'obstétrique. Lance de Mauriceau, instrument en forme de fer de lance, inventé par Mauriceau pour perforer le crâne du fœtus mort quand l'extraction en était difficile. |{ Dans l'ancienne chirurgie, instrument employé à faire l'opération de la fistule lacrimale. || 13° Lance se dit des piquants des chevaux de frise. || Ornement en fonte ou en cuivre dont on garnit le haut des barreaux d'une grille.|| 14* Terme de marine. Lance de sonde, instrument pour reconnaître la nature du fond de la mer. || Fausse lance, canon de bois fait au tour qui, étant bronzé pour ressembler aux vrais canons, en tient quelquefois la place, et supplée, pour la montre, au défaut d'artillerie. Il 15° Espèce de spatule dont se servent les modeleurs en stuc, en terre, en plâtre ou en cire. Il Barre de fer que le chaufournier plonge entre les pierres dont le four est chargé, afin de faciliter le passage de la flamme. || Grosse brosse attachée au bout d'une perche pour faire de la peinture commune. |1 16° Lance d'eau, jet d'eau, dont la grosseur n'est pas proportionnée à sa hauteur. Il 17° La Lance du Centaure, un des noms sous lesquels on désigne parfois la constellation appelée plus commuuémentle Loup.||Proverbes. Coup de langue est souvent pis que coup de lance. || Le royaume de France ne peut tomber de lance en quenouille, c'est-à-dire les femmes ne peuvent hériter du trône de France.

— lilST. XI* s. Tans cops [il] a pris de lances et d'espiez, Ch. de Hol. xl. ||xii' s. Abl com [ma dame] m'a mort de debonaire lance 1 Couci, xvi. Toute plaine sa lance [il] l'abat mort au sentier, Sax. XI. Il ini's. Etli chevalier issirent des huissiers [vaisseaux] et saillirent en la mer jusques aus ceintures, les hiaumes laciés, les lances es poins, les glaives es mains, villeh. lxx. Et portoit trois aunes de toile atachies sour une lanche, Chr. de Rains, 107. Beax filz, gar [prends garde] que no praignés mie k home estrange compaignie ; Et si o toi errer voloit Et le tien chemin enqueroit, Di li que tu plus loig [loin] iras Et aiUors que tu ne verras [voudras]; S'il porte lance, va à destre; S'il espée, va à senestre, Fabliaux mss de St-Germain, f° », dans LACURNB. Il xv° s. Les uns d'eulx gens de pié tenanset portans en leurs mains demies lances, les autres tenans et portans en leurs mains cspèes toutes nues, Bibl. des ch. 6° série, t. i, p.^sso. Quand ils se furent mis tous ensemble, ils se trouvèrent bien cinq cents lances, froiss. ii, ii, *. Si eurent mis les glaives soubz les esselles, dont les lances furent courtes et grosses, et les fers trenchans, Lanceht du lac, t. ii, f° 12, dans lacuhne. Hector le flert si durement qu'il luy fist la teste voiler plus d'une lance loing, ib. t. li, f° 54. Avoit chascun des dits hommes d'armes pour lance deux archers à cheval armés le plus de Lrigandines, harnois de jambes et salades, berry, C/ii oniqup, p. 57, dans LACUHNE. Le duo mit sus douze cens lances, chacune fournie de huict combatt;ins à cheval et à

pié, OL. DE LA MARCHE, Uétn. p. 75, dans LACUBNE.

Lors qu'il le veoit venir, le cueur luy engrossa, et dit à soy mesmes qu'il joustcra à ce chevalier venant; aussi avoit il la lance sur le feutre. Perceforest, t. VI, ^ 75. Il XVI* s. Une troupe de bnces doit batre et desfairo une troupe de pistolicrs,

LAN

LANGUE, 877. La lance effraye de loin quand on la void bransler avecques sa longue banderoUe, ID. 309. Il faut un peu de carrière pour bailter coup à la lance, m. 3h. Dix mille lances armée» à la françoise , id. 422. Mesmes on en vint aux mains dedans les mines avec les lances à feu, le pistoUet et l'espée, d'al'b. Hist. Ii, 49. Guebriand aiant envoie demander un coup de lance, id. tb. ir, 382. Ils accompagnèrent les combattahts jusqu'à lance baisser, id. ib. ii, 393. Il jouoit ses chevaux quand il estoit remonté.... et maintes fois alloit à beau pied sans lance, dfsper. Contes, XLvi. Qui a la lance au poingt, tout lui vient à point, leboux de LiNCY, Prov. t. II, p. 86. Le navire de 70 |à 8o tonneaux.... 6 demi piques, 6 lances à feu, a harquabutes ou arbalestres.... Ordonn. de Henri 11, 2J mars <648, dans jal. Les lances à feu, ou dars, Oï traictz, ou vires d'arhalestres, ou migraines, Livn de canonerie, dans reinaud et favé, Du feu grégeois, p. <42.

— ÊTYM. Provenç. lansa; catal. llansa; espagn. lansa; portug. lança; ital. lancia; du lat. lancea, que les auteurs anciens disent être les uns un mot gaulois, les autres un mot espagnol. Comparez le grec >.ÔYX1, lance.

LANCE, ÉE (lan-sé, sée), part, passé de lancer. Il 1° Jetéavec la main. Un dard lancé d'une main sûre, rac. Phèdre, v, 6. || 2* Fig. Qui est dirigé contre, en parlant d'un arrêt, décret, etc. La bulle d'excommunication lancée contre ce prince par le pajie Sixte-Quint, volt. Hist. parlem. xxxii. || 3° Fig. Qui est poussé rapidement dans les emplois, les affaires, le monde, etc. 11 est lancé dans la diplomatie. Il avait voulu la retirer de ce grand monde cù elle était lancée, marmontel, Ife'm. iv. Moi, déjà négociant accrédité, lancé, picard. Manie de briller, i, I. Il Absolument. II est lancé, il est dans le grand monde, dans les grandes affaires, dans les grandes places, etc. ||4" Fig. et populairement. On peu ivre et parlant à tort et à travers. Il a bu du Champagne, il est lancé. {| 6° S. m. Le lancé, le lieu où la bête a été lancée par les chiens. La bête revient au lancé. Il Se dit aussi de la chasse que les chiens courants donnent à la bête qu'ils font partir. Il n'avait pas été possible d'arrêter les chiens au début d'un plein lancé, J. des Débats, 28 mars < 866.

t LANCÉE (lan-sée), t. f. \\ 1° Terme employé par quelques médecins comme synonyme d'élancement. Il 2° Sorte de jeu d'écoliers analogue au saut de mouton.

t LANCEMENT (lan-se-man) , s. m. Action de lancer un navire à l'eau.

t LANCÉOLAIRE (lan-sé-o-lé-r'), ad;'. Synonyme de lancéolé.

LANCÉOLÉ, ÉE ( lan-sé-o-lé , lée), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'un fer de lance. Feuilles lancéolées. || Terme' d'icbthyologio. Qui a le corps en forme de lance.

— ÊTYM. Lat. lanceolatus, de lanceola, diminutif de lancea , lance.

t LANCEPESSADE (lan-se-pè-sa-d'), î. m. Voy. ANSPESSADE. || On écrivait aussi lanspessade.

— HIST. xvi* s. Lancepessade, corcRWE.

LANCER (lan-sé. le c prend une cédille devant a

et o: lançant, lançons), f. a. || 1° Jeter avec force une lance, et, par extension, toute sorte de trait ou objet quelconque. Termine, juste ciel, ma vie et mon effroi, Et lance ici des traits qui n'accablent que moi, rac. Iphig. v, 2. Adraste lance son dard contre Télémaque, Fén. Tél. xx. On lui lance [à Claude] au visage des noyaux d'olives et de dattes en présence de ses parents, qui n'en sont point offensés, DiDER. Claude et Nér. i, <6. Presque aussi barbares que ceux qui l'attaquaient, il [Bélisairoj lança contre ses ennemis les belles statues qui décoraient l'intérieur de l'édifice, stael, Corinne, iv, 3. De son œuvre imparfaite [le monde] il [Dieu] détourna la face, Et, d'un pied dédaigneux la lançant dans l'espace. Rentra dans son repos, lamart. Médit. I, 7. Il Fig. Ils se servent de leur langue comme d'un arc, afin d'en lancer des traits de mensonge et non de vérité, saci. Bible, Jérémie, IX, 3. Je voudrais que chacun de nos frères lançât tous les ans les flèches de son carquois contre !e monstre, sans qu'on sût de quelle main les coups partent, volt. Lelt. Damilaville, 8 oct. (704. || Dan» le style soutenu, on dit que Dieu lance le tonnerre, la foudre. Daigne du juste ciel la bonté souveraine.... Ne lancer que sur moi les foudres mérités, corn. Roiog. 11, 3. Son aigle [du drapeau tricolore) est resté dans la poudre, Fatigué de lointains exploits; Rendons-lui le coq des Gaulois; Il sut aus.si lancer la foudre, bérano. Vieux drap. Il Lancer un coup,

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LAN

LAN

porter un coup. Lancer un coup de piod, une ruade. Seigneur, ce sont les moindres coups Que le ciel irrité vient de lancer sur vous, volt. Tancr. m, 3. Qu'on lui donne mon arc : nous verrons si sa main Aux monstres des forêts lance un coup plus certain, Ducis, Macbeth, n, 3. |{ Fig. Justice, Vérité.... Sauvezmoi, conservez un bras Qui lance votre foudre.... A. cii6NiER,/ani6fî. Il 2" Par extension. Lancer se dit des rayons de lumière ou de chaleur. Citait l'heure du jour où le soleil lance ses rayons avec plus de violence, vaugel. Q- C. livre m, dans richelet. Sur son char de rubis mêlés d'azur et d'or Apollon va lançant des torrents de lumière, volt. Filles de Minée. Il 3° Fig. Lancer des regards, porter rapidement le regard sur. Lancer des œillades. Eh I que me veulent dire et ces soupirs poussés Et ces sombres regards que sur moi vous lancez ? mol. Mis. IV, 3. Je l'observais hier, et je voyais ses yeux Lancer sur le lieu saint des regards furieux, bac. Ath. I, t. Quels regards effrayants vous me lancez, hélas! VOLT. Zaïre, iv, 6. Ses yeux lancent sur nous l'îs regards de la haine et les traits du courroux, m. t -nat. II, 8. Il 4''FiK. 11 se dit d'un décret, d'un arrêt p;.- lequel l'autorité judiciaire ou autre frappe quelqu'an ou quelque chose. On lança contre lui un mandat d'amener. Lancer un mouitoire, un interdit. Mme de Carignan [grand'mère du comte de Soissons] le déshérite [à cause d'un mariage], et il y a déjà longtemps que sa mère a lancé l'exhérédation SU! lui, sÉv. 23 déc. teS2. D'un synode à Dordrecht un décret est lancé. Par qui l'arminien vient d'être terrassé, lemjerbe, Barnevelt, i, B. || 5° Fig. Porter contre quelqu'un une sorte de coup par la langue ou par la plume. Lancer une épigramme contre quelqu'un. Ils se sont lancé mille traits piquants. Il Tl se dit aussi d'un écrit qu'on publie avec quelque intention hostile. Les pamphlets que lançait P. L. Courier. || 6" Pousser, presser, de manière qu'on se mqtte à courir, à poursuivre hâtivement. Il lança les chiens après le voleur. La longue enceinte d'un camp, formé par un rang de fortes palissades, l'arrêia [un général russe] ; ses soldats, pressés par nos mouvements, n'eurent pas le temps d'y faire une trouée, et Murât lança contre eux ses Wurtembergeois pour leur faire mettre bas les armes, SÉGUR, Hist. de Nap. VI, a. Il 7" Terme de manège. Lancer un cheval, le faire partir très-vite au galop. || On dit dans un sens analogue lancer une voiture. U lança imprudemment la voiture dans un tournant.|| 8° Terme de vénerie. Lancer la bête, le cerf, le sanglier, etc. les faire sortir de l'endroit où ils sont, pour leur donner les chiens. L'animal courageux [le chien] lance les ours et les sangliers dans les brunes forêts de l'AcheloUs, cHATEAuu. Mart. xxii. || 9» Terme de marine. Lancer un navire, le faire descendre des chantiers à la mer. || Absolument. Lancer, faire le lan, s'élancer hors de saroutc, horsde sa position normale. Lancer au vent, se portervers la direction d'un vent donné. Ce vaisseau lance bâbord, lance tribord, il se détourne accidentellement delà route pour se jeter à gauche ou à droite. || 10° Peindre un plafond avec une grosse brosse et du blanc mêlé d'un peu de colle. || 11" Fig. Lancer quelqu'un, le pousser aux emplois, aux affaires, dans le monde. Tâchez de me lancer dans les affaires de chemins de fer. La princesse de Santa Croce a lancé son fils dans les troupes françaises, p. L. couh. Leit. J , 30. Il 12" Se lancer, v. réfl. Se jeter avec impétuosité, avec effort. Dans la profonde mer Œnone s'est lancée, BAC. Phèdre, y, 5. Son chien... qui, malgré les rameurs se lançant à la nage. L'avait loin du vaisseau rejoint sur le rivage, A. chj-'nieh, l'Aveugle. Il Fondre sur, avec violence. Il se détourne du coup et fe lance surPériandre, fén. Tél. ix. || Fig. et familièrement. Se lancer dans le monde, dans la littérature, dans les affaires, y entrer, s'y produire, »'y jeter avec plus ou moins de réflexion. Chacun se lance; non, à la cour, on se glisse, on s'insinue, on se pousse, p. l. cour. Lett. vu. 1| Dans le stylo familier, se lancer , hasarder une démarche ; .s'essayer tout à coup à figurer dans le monde, dans les lettres, etc. C'en est fait, je me lance.

— KEM. C'est une faute a.ssez commune de dire : le doigt me lance, au lieu de dire , le doigt m'élance ; j'y éprouve des élancements.

— SYN. lanceb, darder. Bien que lancer soit jefîr une lance, et darder soit jeter un dard, et qu'il j ait ainsi une signification propre attachée à chaf.un de ces mots, cependant cette signification propie s'est perdue dans lancer bien plus que dans tiard-^r ; ce qui fait la différence dans l'emploi de «■«s deux mots. On lance toute sorte de choses, aussi Lien un b&ton, une pierre qu'une lance; on ne

darde que ce qui est armé d'un fer aigu ou ce qui peut être comparé à une arme pointue; c'est ainsi qu'on dit que le soleil darde ses rayons. Quand on dit qu'il les lance, on entend un effet moins aigu de leur chaleur ou de leur lumière.

— HIST. XI* s. Lançons à li [tirons sur lui nos flèches, nos dards], puis sil [si le] laissons ester, Ch. de Bol. clvui. Plus qu'on ne lance une verge pelée, ib. ccxl. || xm" s. Un grant coutel [il] a trait, au cors lui va lancier, Berle, xx.fviii. Une roche est en mer seans, Moult parfont au milieu leans. Qui sus la mer en haut se lance, Contre qui la mer gronde et tance, la Rose, 5917. Et cil sont sor le pont monté, Si n'i ont pas moult delaié, Henard ont en l'eve lancié, Ben. 24282. Et puisse feri [le Turc] outre le pont, et se lansa entre sa gent, joinv. 228. Car très amoureuse espérance Le mien cuor lance Pour vostre amour, cors gracieux, Lay d'amours, JUBINAL, t. II, p. 192. Ijxv s. Lors commencerentilsà traire et à lancer sur les Anglois et leur route, FROiss. I, 1, <08. La court des grans est uns essains qui bruit Comme mouches en trop grant habondance ; Puis vient un vent qui les destruit et lance Soudainement et les fait periller, e. desch. Poésies mss. f° 337. Le cœur si nous lance [nous sommes en affliction]. Vigiles de Charles VII, t. ii, p. 3( , dans LACHBNE. Alla le gentil chevalier lancer houter] à un chevalier, et fist en peu d'iieure qu'il reust descnonté, Porceforest, t. i, f- <B2. ||xvi« s. Q. F. Ambustus, eslant monté sur un cheval, le lancea à rencontre d'un beau et grand homme gaulois, AMYOT, Cam. 28. Lancer un javelot, id. ib. 68. Sur ces entrefaites, on dit que quelques uns du camp du roy lancèrent d'adventure un cerf, ID. Lucul. 28.

— ÉTYM. Lance; picard, lancker; provenç. lansar; catal llansar; espagn. lanxar; ital. lanciare.

t LANCERON (lan-se-ron), s. m- Jeune brochet dont le corps est effilé comme une lance.

— HIST. xvi' s. Les terrains limoneux et fangeux nourrissent aussi des carpes et barbeaux, la tanche, labourbete. lelanceron, i'anguile, o. de serres, 4 2 ri.

LANCETTE (lan-sè-f) , t. f.\\l° Instrument de chirurgie ainsi nommé à cause de sa forme allongée, et qui est particulièrement destiné à l'opération de la saignée. Ayant ouï dire qu'Hippocrate, dans le traité de la phlébotomie, recommande aux chirurgiens de faire une large ouverture, j'en fis une qui paraissait plutôt un coup de lance que de lancette ; aussi le grivois en fut-il pour un bras, le- SAGE, Estev. Gonî. ch. 1. 1| 2° Petit couteau pointu que les boucher^ enfoncent dans la nuque des bœufs pour les abattre. || 3° Lame dont les graveurs sur bois se servent pour évider leurs planches. || 4° Espèce de grattoir que les ouvriers en paille, en carton et en papier emploient pour couper et tailler leurs matériaux.

— HIST. xii* s. Ji vos espées ne vos auront mestier [ne vous feront besoin], Ne ces lancetes [petites lances], ne cil espiez d'acier, Bat. d'Aleschans, v. 4<j(i5. Il xiii* s. Gardes que [en saignant] li lancetene voist [n'aille] trop dedens, alebrant, f° M. \\ xiv s. Incision petite et estroite si com de la pointe d'une lancele, h. le mo.ndeville, f" <o).

— ÉTYM. Diminutif de lance; provenç. lanseta; catal. llanceta; espagn. lanceta ; ital. lancetta.

t LANCETTlElt (lan-sè-tié), s. m. Étui cylindrique s'ouvrantà charnière à l'une de ses extrémités, et contenant six lancettes assorties.

t LANCEUR (lan-seur), s. m. Néologisme et argot de bourse. Celui qui lance, qui mot en train une affaire. Le crédit mobilier a été , qu'on me pardonire l'expression, lanceur d'affaires, bonnet, llev. des Deux-Mondes, \t> nov. <805, p. 418.

t LANGUE (lan-ch'), *. f. Terme de marine. Sorte de vaisseau employé dans le xvii* siècle et qui paraît avoir eu des rapports avec la felouque. M. du Qucsne me donne avis qu'il serait nécessaire d'avoir, à la suite des escadres, quelques lanches ou doubles felouques qui sont propres pour porter les avis, colbeht, à Arnoul, 7 mai <G78, dans jal.

U se dit encore aujourd'hui de certains bâtiments de pêche. Une lanche de pêche do ce port [la Corogne, en Espagne], montée par 2i hommes d'équipage, J. des Débats, 30 janv. 1807.

LANCIEK (lan-sié;rrneso lie jamais; au pluriel, l's se lie : des lan-sié-z équipés), s. m. || 1° Cavalier dont l'arme principale est la lance. Le roi ordonna aux lanciers de n'avoir que des lances de cinq pieds do long, abb8 ne choisi, Ilisl. du roi Jean, i, ». Ces malheureux [un régiment de chasseurs à cheval], se sentant sacrifiés, marchaient avec hé.sitaiion à une perte certaine ; aussi, dès le premier mouve-

ment que firent les lanciers de la garda russe, tournèrent-ils le dos, SÉGUR, Hist. de Nap. iv, 8. || Fig. Un rude lancier, un rude jouteur, un rude adver- , saire. C'est un lancier bien rude à qui s'ose y jouer, TH. CORN. D. Bertr. de Cigaral, iv, 2. || 2° Terme da plombier. Espèce de gouttière. ||3" Terme de danse. Le lancier ou les lanciers, espèce de quadrille remarquable par les saints que se font le cavalier et sa dame , importé d'Angleterre en France vers 1854; il se compose de cinq figures nommées les tiroirs, les lignes, les moulinets, les visites et les lanciers. Il Les lanciers , cinquième et dernière figure du quadrille de ce nom; elle est assez compliquée pour qu'on ne la décrive pas ici.

— HIST. xvi" s. En faveur du lancier, on peut aussi mettre en avant qu'il est mieux monté, et a h tenue plus ferme que l'autre, langue, 309. Un quarréde mille chevaux lanciers, d'aub. //ù(. ii,39;).

— ÊTYM. Provenç. lancier; espagn. lancera; ital. lanciero; du lat. lancearius , de lancea, 'j lance. i^

t LANCIÈRE (lan-siè-r') , s. f. Ouverture par laquelle l'eau s'écoule quand les moulins ne travaillent pas. Il Adj. Vanne Uncière, vanne qui donna l'eau immédiatement à la roue.

— ÉTYM. Lancer.

LANCINANT, ANTE (lan-si-nan, nan-t'), adJ. Terme de médecine. Qui se fait sentir par élancements correspondant aux pulsations des artères, principalement dans les parties pourvues de beaucoup de nerfs.

— HIST. xvr s. Douleur lancinante et poignanlo, pointes d'aiguilles, pabé, xxiv, 36.

— ÉTYM. Lat. lancinare, mettre en piècc-i, couper, que l'on tire de lanx, plat; la douleur est comparée à quelque chose qui déchire.

t LANCIS (lan-sî), s. m. Terme da construction. Opération par laquelle on répare un mur dégradé, en enfonçant, le plus avant que l'on peut, des moellons ou des pierres dans les parties rel'ouillées. || Les pierres mêmes que l'on emploie de la sorte. Lancis de moellons, de pierres de taille. || Nom do deux pierres qui entrent dans le jambage d'une porte ou d'une croisée ; colle qui est au parement se nomme le lancis du tableau; celle qui est au dedans du mur est le lancis da l'écoinçon.

— HIST. XVI" s. En mur moitoyen.... au regard des lanciers et jambes des cheminées et cimeses il peut percer le dit mur tout outre, et y asseoir ses lanciers et cymeses à fleur du dit mur, Coust. gén.

t. II, p. 272.

— ÉTYM. Lancer.

f LANÇOIR (lan-soir), s. m. Nom d'une pièce da bois qui arrête l'eau du moulin en formant l'ouvertiredubiez, et qui se lève pour moudre. || Se dit au^.si des coulisses ou glissoirs, petits sentiers en pentes sur lesquels on fait glisser les arbres qu'où exploite sur les montagnes escarpées, pour les faire arriver au bas de ces montagnes.

— ÊTYM. Lancer.

t LANÇON (lan-son), ». m. Nom que porte l'équille sur les côtes de Granville {ammodijlcs lancea).

j LANÇONNIER (Im-so-nié), s. m. Terme de maçon. Chevron à mortaise sur lequel on pose et fixe le moule destiné à la construction d'un mur de pisé.

■f LANDAGE (Jan-daj'), ». m. Nom, en Normal, die, de l'ajonc.

— ÉTYM. Lande.

t LANDAISE (lan-dê-z'), ». f. Nom, dans le département des C6tes-du-Nord, d'agrégats de petites pierres, espèce de poudingues qu'on emploi» avantageusement dans les constructions.

— ÊTYM. /.ande, parce que cette espèce de pierre se trouve dans une lande.

LANI)AMMAN(lan-da-mman'),». m.Titredu premier magistrat d.ms quelques cantons de la Suisse.

— ÉTYM. Allemand, îandamfnann, do Land, terie, pays, ei Ammann, hailli.

t LANDAM.MANAT (lan-da-mma-na) , ». m.

Charge, fonctions du landamman. || Temps que dure cette charge.

LANIlAU ou I.ANDAW (lan-dô), ». m. Sorte de voiture à (|uatre roues, dont le dessus est fermé da deux .soufllets qui se replient à volonté. Il m'a con- <luit jusqu'à votre porte dans son laiidaw, où il m'attend, picard et mazèhes, Trois quartiers, m, 2.

LANDE (lan-d'),»./'. || l"Terrains incultes couverts de bruyères, de genêts, de fougères et autres plantes spontanées do peu de valeur. U [le lièvre] s'éloigna des cliiens, les renvoie aux calendes, Kt leur fait .irpenter les landes, LA FONT. l'abl. vi, tu. Im. griiMls étendue do meg landes vous offre de quoi exorcvr

LAN

Totre zMe pour l'agriculture, montesq. Correspond. *9. Son^rerà vos quarante lieuesde landes vers Bordeaux, à cette partie de votre Champagne que vous avez nommée sinoblementpouilleuse.voLT. Facéties, Dise. Velches. \] Fig. Il y a beaucoup de landes dans mes lettres avant (|ue de trouver la prairie, sév. dans le Dict. de dochfz. || Fig. Aller de la lande dans le pré, passerd'une condition moins bonne à une meilleure. Il 2° Nom donné, dans quelques provinces, au jonc marin qui croit dans ces terres incultes. On coupe ces landes pour chauffer le four.

— SYN. LANDES, FRicHss. Les landes sont des terres incultes, mais qui «ont mauvaises par ellesmêmes et qui ne donnent que de chétives productions spontanées. Les friches sont des terres non cultivées ; elles peuvent être très-bonnes.

— HIST. xii* s. Vindrent li plusur en une lande où il truverent miel, flots, p. 48. || xm's.Dangiers, li orribles mauf^.!^, Ouant il se senti enchausés [poursuivi], S'enfuist plus tost que cerf en lande, la Hose, 2U.'*5. Wxv s. Après souper, nouvelles vinrent que un sanglier estoit ens es landes assez près de là,

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