FROISS. I, II
— ÊTYM. Provenç. landa; de l'allemand Land, champ, contrée. X cause du sens particulier que lande a aujourd'hui, Diez rejette l'allemand Land, et donne la préférence au breton lann, buisson d'épines; mais l'historique semble montrer que, primitivement, lande a. correspondu suffisamment à l'allemand land.
t LANDERIRKtE (lan-de-ri-rè-f), mot de fantaisie qui se trouve dans le refrain de certaines chansons. Une hymne par mon père faite Sur le chant de landerirète Fut chantée à dame Pallas, scARR. Virg. vi. ji On le joint souvent à landerira.
LANDGRAVE (land'-gra-v"), s. m. Titre, dignité de quelques princes d'Allemagne. || Aufém. Madame la landgrave. || Titre donné à des juges qui rendaient la justice au nom des empereurs d'Allemagne.
— lliST. XIII' s. Ysentruz, qui fu veve famé, Religieuse et bone dame, Fu avoeo li cinq anz, ce cro». De son consel, de son secroi, Au vivant Loys landegrave, rl'teb. ii, 4 68.
— ÉTYM. Allemand, Landgraf, de Lond, pays, et Craf, comte.
LANDGRAVIAT (land'-gra-vi-a), s. m. Dignité de landgrave.
t. LANDIER (lan-dié; l'rne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : des lan-dié-z en for), s. m. Gros chenet de fer servant à la cuisine.
— HIST. XII* s. Preoz et pailles, chauderons et trepiez. Et cros aguz, tenailles et landiers, li Charrois de Nymcs, v. 777. || xiii* s. Un endier de fer, TAii.LUR, Uemeil, p. 475. ||xv' s. Une payelle, ung andier, chascune pièce doit un denier, du cange, anderius. || xvi* s. Si bien qu'ils furent contraincts de se lever de table et aller à la cuisine où ils ne trouvèrent ame vivante et le feu tout mort et les landiers froids comme ceux d'une confrérie, bran- Ti'i.viE, Capit. estrang. t. ii, p. 2(î6, dans lacurne. Deux landiers en fer à troys chenetz, — deux landiers de fer, sans chauferetes, ayans chacun troys chenetz, Archives roy. de Chenoneeau, publiées par l'abbé CHKvALiER, Paris, (894, p. I3i.
— ÊTYM. Wallon, andi; bas-lat. anderius, andcna; ancien anglais, aundyem, dans palsghave, p. (96 ; d'un radical inconnu; angl. moderne, andiron, que les étymologistes anglais regardent comme une comiption de l'anglo-saxon trondiron, chenet, de hrand, tison, feu, et tron, fer. Tous les textes montrent que la forme primitive est andier, et que l'article s'y est agglutiné comme dans lendemain, sauf le texte du Charroi de Nymes, qui porte landier , s'il n'y a pas faute d'impression. Comme le chenet est proprement un petit chien et que les textes parlent de landiers à chenets, il faut sans doute entendre que le landier est la partie essentielle, et le chenet une tête ou des têtes de petit chien ornant le landier.
t î. LANOIER (lan-dié) , t. m. Ajonc
— ETYM. Lande.
t LANDIT, voy. lrndit.
\ LANDSTCKM fland'-stourm'), t. m. En Allemagne, levée en masse de toute la population dans le cas de danger de la patrie.
— ÊTYM. AUem. Land, pays, et Sturm, assaut, tocsin, orage.
LANDWEHR (land'-vêr), *. f. Nom donné, en Prusse et dans d'autres États de l'Allemagne , à ane partie de la population qui est armée et exercée pour servir, en cas de besoin, d'auxiliaire aux troupe:» de ligne. U [l'empereur d'Autriche] concentrait de nouvelles troupes vert l'Italie et sur
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li's bords du Rhin, rappelait les bataillons de la landwehr récemment licenciés, villemain. Souvenirs contemporains, les Cent-Jours, ch. m.
— ÊTYM. Allera. Landwehr, de Ltnd, pays, et Wehr, défense.
LANERET (la-ne-rè), ». m. Oiseau de proie, qui est le mâle du lanier.
— ÊTYM. Voy. LANIEB,
t LANET (la-nè), s. m. Nom donné, dans quelques localités, au filet appelé généralement haveneau. || Sorte de filet en forme de poche.
t LANFAKON (lan-fa-ron) , s, m. Un des noms de l'altelabe de la vigne.
LANGAGE (lan-ga-j'), s. m. ||1' Proprement, emploi de la langue pour l'expression des pensées et des sentiments. Recherches sur l'origine du langage. Le langage est tellement ce qui perfectionne toutes les facultés de l'âme que la perfection de ce» facultés répond toujours à celle du langage, bonnet, Ess. psychol. ch. 47. || 8° Particulièrement, langue propre à une nation. Septime sa présente, et, lui tendant la main, Le salue empereur an langage romain, corn. Mort, de Pompée, n, 2. Voyant toute l'Europe apprendre ton langage [de la France], iD. fois, d'or, Prologue, se. 2. Instruit dans les deux lois et dans les deux langages [latin et arabe], VOLT. Tancr. n, 4. Notre langue est très-irrégulière : les langages, à mon gré, sont comme les gouvernements : les plus parfaits sont ceux où il y a moins d'arbitraire, id. Lett. Guyot, 7 août <767. U serait curieux de compter le nombre de différents langages qui se parlent aujourd'hui dans tout l'univers ; il y en a plus de trois cents dans ce que nous connaissons de l'Amérique, et plus de trois mille dans ce que nous connaissons de notre continent, ID. Bible expliq. Gen. || Langage purin, voy. PURIN. 113° 11 se dit des cris, du chant, etc. dont les animaux se servent pour se faire entendre. Les oiseaux ont une sorte de langage. || D'après d'anciennes superstitions, manière mystérieuse qu'avaient les animaux pour se faire entendre, et dont l'homme obtenait la connaisstraoe par certains procédés magiques. Pythagore, dans son séjour aux Indes, apprit, comme tout le monde sait, à l'école des gymnosophistes le langage des bêtes et celui des plantes, volt. Avent. indienne. \\ 4» Fig. Tout ce qui sert à exprimer des sensations et des idées. Le langage du geste. La pantomime est un langage. En vain de mes regards l'ingénieux langage.... corn. Sertor. ii, 4 . Le langage des yeux n'est pas celui qui persuade le moins; ce langage est expressif, amoureux, languissant et extrêmement hardi, pellisson, Hcc. de pièces, dans richelet. Vous n'aurez point pour moi de langages secrets , bac. Brit. u, 3. Tu pouvais de ses yeux entendre le langage, volt. Zaire, ni, 7. || Moyen de s'exprimer par des signes. On a composé pour les sourds-muets un langage à l'aide de différents mouvements de la main et des doigts. |{ Langage des fleurs, voy. fleur, n" 4.115° Manière de parler, quant aux intonations. Il avait votre port, vos yeux, votre langage, rac. Phèd. ii, 5. || 6» Manière de s'exprimer, quant aux mots, à la diction. Langage tiguré. Langage obscur, incorrect. Faire des fautes de langage. Cependant jusqu'ici d'un langage nouveau J'ai fait parler le loup et répondre l'agneau, la font. Fabl. ii, < . Je vis de bonne soupe et non de beau langage; Vaugelas n'apprend point à bien faire un potage, mol. F. sav. ii, 7. Jésus-Christ a donné dans l'Évangile cette marque pour reconnaître ceux qui ont la foi, qui est qu'ils parleront un langage nouveau; et en effet le renouvellement des pensées et des désirs cause celui des discours, pksc. lett. à Mlle de Boannes, 3. Le Parnasse parla le langage des halles, boil. Art p. i. Au contraire cet autre, abject en son langage. Fait parler ses bergers comme on parie au village, iD. ib. ii. Plusieurs étrangers se sont imaginé que nous n'avions qu'un langage pour la prose et pour la poésie ; ils se sont bien trompés,voLT. Comment. Corn. rem. Nicoméde,in,i. H En langage commun, suivant la manière habituelle de s'exprimer.' ....Oui, dans Paris, en langage comraun. Dorante et le menteur à présentée n'est qu'un, CORN. Suite du Ment, i, ••). || 7' Manière de s'exprimer eu égard au sens, aux intentions. Peux-tu bien me connaître et tenir ce langage? corn. Nieom. i, 2. Sais-je si mal d'amour expliquer le langage? rotr. Vencesl. ii, 4. Maître Renard par l'odeur alléché Lui tint k peu près ce langage, la font. Fabl. l, 2. J'enrage Lorsque j'entends tenir ces sortes de langage, mol. Tart. il, s. Etant tous unis dans le dessein de perdre M. Arnauld, ils .se sont avisés de s'accorder de ce terme da prochain [pou-
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voir prochain] , que les uns et les autres disaient ensemble, quoiqu'ils l'entendissent diversement, afin de parler un même langage, pasc. Prov. i. U ne voulut apprendre d'autre langage que celui de l'Écriture : Oui, oui, non, non, kléch. Duc de Mont. Chaque passion parle un différent langage, boil. Art p. m. L'amour est-il muet, ou n'a-t-il qu'un langage? rac. Brit. m, 7. Quittez, seigneur, quittez ce funeste langage, id. Andr. ii, 2. Le nom d'amant peut-être offense son courage; Mais il en a les yeux. Vil n'en a le langage, iD. Phèdre, n, i . Hé quoi, Nathan I d'un prêtre est-ce là le langage? Moi, nourri dans la guerre aux horreurs du carnage.... C'est moi qui prête ici ma voix au malheureux I ID. Athal. il, 5. Hol voilà le langage de l'avarice, qui croit toujours être prodigue, fên. Dial. des morts anc. 3S. Savezvous bien iiuel est ce langage que vo\is tenez à Dieu? MASS. Carême, Resp. hum. Si le ministre ne parle pas le langage du monde, lo. Carême, Prosp. Oubliant à jamais le langage d'amour, volt. Adél. du Guescl. I, (. Il 8° Vaines paroles, verbiage. Je ne ressemble point à ces faibles esprits Oui.... En leur fidélité n'ont rien que du langage, malh. v, 6. Donc, sans plus de langage. Tu veu:x bien m'en donner quelques baisera pour gage? corn. Suite du Ment. v,i. Et sur ce beau langage. Pour suivre son chemin, m'a tourné le visage, mol. le Dép. iv, î. Mon Dieu, madame, sans langage. Je ne vous parle pas, car vous êtes trop sage, id. Èc.des mar. i, 2. Et, sans plus do langage. Lui jette pour défi son assiette au visage, BOIL. Sat. M. Il 9° Dans les beaux-arts, procédés à l'aide desquels l'artiste exécute ses conceptions. Le dessin, le coloris constituent le langage de la peinture; les intervalles, les accords celui de la musique.
— SYN. LANGAGE, LANGUE. Ces deux mots ne diffèrent que par la finale âge qui, étant la finale aticus des lutins, signifie ce qui opère, ce qui agit. C'est là ce qui fait la nuance des deux mots. La langue est plutôt la collection des moyens d'exprimer la pensée par la parole; le langage est plutôt l'emploi de ces moyens. C'est la nuance que l'on aperçoit, par exemple, entre la langue française et le langage français. Pour la même raison on dit le langage par signes, le langage des yeux, et non la langue par signes, la langue des yeux. La langue du cœur, ce sont les expressions dont le cœur se sert d'ordinaire; le langage do cœur, ce sont les émotions que le cœur fait partager.
— HIST. XII* s. Droiz empereres, entendez mon langage , li Coronemens Looys, v. 2282 . Car sa biautez me fait tant esbahir Que je ne sai devant lui [elle] nul langage, CoKci, xix. Gonz de divers pais, de mult divers language. Th. le mart. 4 58. ||xiii' k. Que [cau'] mon langage ont blasmé li François Et mes chançons, oyant les Champenois, quesnes. Romane, p. 83. Vous n'entendes son langage, ne il ne reset point dou vostre, n. de valenc. xii.
Il XIV* s Et a esté translatée en plusieurs lan-
gaiges et exposée en très grant diligence de plusieursdocteurs catholiques, oresme, Prot. Aristote tenoit qu'il n'est que un dieu , mais il parle selon le commun langage qui estoit lors, id. F.th. 20. {| xv* s. En amonestant et priant les contes, les barons et les chevaliers, qu'ils voulussent entendre et penser pour son honneur garder et défendre son droit, et leur disoit ces langages en riant si doucement et de si liée chère, que.... froiss. i, i, 284. Un roy doit faire enseigner et endoctriner ses enfants, et leur faire savoir pluseurs langages et mesmement latin pour voiager, Bibl. des ch. 6* série, t. ii, p. 4 44. Il XVI* s. Ces langages adonc desplaurent si fort au peuple, que l'on l'en estima homme importun, fascheux et envieux, amyot, Fab. 63. Il ne sera point, à mon avis, besoin de beaucoup de langage, pour déclarer que c'est que concorde, langue, 43. Changer de langage, id. 390. Quelques uns tindrent ce langage.... id. 807. Pibrac, merveilleux en délicatesse de langage, d'aub. Hist. ii, 337. Un charlatan de cour y vend son beau langage, id. Tragiques, Princes.
— ÊTYM. Berry, langaige; bourg, langueige ; provenç. lenguatge, lengatge, lengage; catal. Uenguatge; esp. lenguaje; ital. linguaggio ; du lat. lingua, avec le suffixe âge, atye, qui représente le suffixe latin ad'cui-. Palsgrave, p. 8, note que l'on prononce langaige.
LANGE (lan-j*), *. m. Il 1° Morceau d'étoffe en laine, dont on enveloppe les enfants au maillot. Aimable enfant [Jésus], heureux ceux qui vous ont vu hors de vos langes développer vos bras, étendre vos petites mains, caresser votre sainte mère.... Boss. Élevât, sur myst. xx , (. Le pape s'était engagé à l'envoyer nonca extraordinaire i
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Vienne porter les langes bénits au prinee dont l'impératrice accoucherait, st-sim. 467, Oo. Il [l'enfant] était moins comprimé dans l'amnios qu'il n'est dans ses langes, J. J. rquss. Ém. i. Il n'y a pas longtemps qu'une femme de mon voisinage venant d'acheter des langes à Genève, et en ayant enveloppé son enfant, les employés des fermes, sous la conduite d'un nommé Moreau, saisirent ces langes sous prétexte qu'ils étaient neufs, VOLT. Leit. Urne de Saint-Julien, 3 oct. <775. Il [le christianisme] respecte jusque dans les langes la dignité de l'homme, chateahbr. Mart. iv. {| Fig. Cette déité fia liberté] Qui laisse en de vieux langes Le monde emmaillotté, bérano. Liberté. Le temps d'Hérodote fut l'aurore de cette lumière, et, comme il a peint le monde encore dans les langes, s'il faut ainsi parler, d'où lui-même il sortait.... p. i. cour. Hérodote, préfacedu traducteur. \\i° Il se dit, abusivement, des couches ou pièces de toile dont on enveloppe l'enfant. || 3* Terme de cartonnier. Morceau de drap taillé en carré qu'on met sur les formes à carton. ||Le3 imprimeurs en taille-douce se servent aussi de langes.
— HlST. xm's n'ai Robe de lange ne de lin, X
grant povrelé sui remese [restée], lien. 303 1 8. Les toisons por faire dras langes, la Rose, 20189. Assez lovent lessa le linge, Et si frotta le dos au lange [elle n'avait pas de chemise], hdteb. ii, <57. Tel cuide on qu'au lange se froie [se frotte] Qu'autre chose a souz la corroie, Si com je cuit, id. 208. Et lors je me parti de Joinville sanz rentrer au chastel jusques à ma revenue, à pié, deschaus et en lange [sans chemise], joinv. 209. [[iiv* s. Et de draps y avoit mainte pile empilée Et de lange et de linge mainte huche comblée, Guesclin, v. 20398. || xvi* s. KUcs nourrissent leurs enfans, sans les emmailloter, ny lier de bandes ny de langes, amïot, Lyc. 33.
— ËTYM. Wallon, laniê; du lat. laneus, fait de laine, qui vient de lana, laine. Le lan/je est l'étoffe de laine, par opposition à linge, l'étoffe de lin. En lange, se disait d'une sorte de mortification, quand on allait avec le vêtement de laine sur le corps sans chemise.
t LANGELOTTE (lan-je-lo-f), ». m. Machine pour triturer l'or.
• t LANGIT (lan-jit'), s. m. Terme de botanique. Le vernis du Japon, nom plus usité, ailantus glandulosa, DESP., plante qui habite la Chine et les Moluques. {[ On a aussi donné le nom de langit au pongélion ou allante de Malabar, lérébinthacées.
t LANGITE (lan-ji-f), t. f. Minéral découvert récemment dans le Cornouailles, et qui est un sous- •ulfate de cuivre hydraté d'un bleu verdâtre.
t LANGOBERT (lan-go-ber),s.m. Espèce de poire.
LANGOUUEUSEMENT (lan-gou-retl-ze-man), odç.
D'une manière langoureuse. 11 tourna langoureu- «ement le regard. Il a langoureusement répondu.
— HiST. XVI' s. La terre ne pouvant que langoureusement satisfaire à la nourriture de divers fruits,
— ÊTYM. Langoureuse, et le suffixe ment. LANGOUREUX, EUSE (lan-gou-reù, reù-z'), adj.
Il !• Qui est en langueur (sens qui vieillit). Il a été longtemps malade, il est encore tout langoureux. Il 2* Qui affecte la langueur, en parlant des personnes. Un homme langoureux. || Même sens, en parlant des choses. Il a un air langoureux. || Substarilivement. Faire le langoureux auprès d'une femme, lui faire la cour d'une manière fade. Faudra-t-il de sang-froid, et sans être amoureux, Pour quelque Iris en l'air faire le langoureux ? bou.. Sat. IX. Il 8° Qui a la langueur de l'amour. Un regard langoureux. Sur sa lèvre entr'ouverte un désir vague expire, Ou s'épand sur sa bouche en langoureux sourire, lamart. Joc. ni, (M. Mme d'Épinay, les boucles de cheveux pendantes, un cordon bleu au front, langoureuse en face da Grimm, sainte-beuvr, Critiquet, su-t. Diderot. \\ 4° Terme de musique. Il indique un mouvement un peu lentel une exécution fans vibration et sans recherche dans les agréments.
— HIST. XV* s. Amoureuse» et amoureux. Qui d'amour savez la couvine [avez l'intelligence], Kaictes secours au langoureux, eust. descu. Bail, lur le sein des femmes. \\ xvi* s. Délibéra d'un assaut amoureux Rendre mon coeur pour une [dame]langoureux, marot, i, i60. Les maladies se mirent peu de jours après entre iceui, tant violentes que langoureuses, LANGUE, 860 Pourveu que je peusse
estre Tousjours auprès de vous doucemeni. langoureux, nKSPORTEs, Diverses amours, xl, Stances four le duc d'A njou.
— ÈTYM. langueur.
LAiNGOUSTE (lan-gou-sf), s. {. Sorte d'é»~»vis»e
LAN
de mer, genre de crustacés décapodes macroures dont toutes les pattes sont monodactyles, et qui sont alimentaires; la langouste diffère du homard en ce qu'elle n'a pas les deux grosses pinces du devant.
— HIST. xm* s. Les blez de la terre livra Diex à langoste [sauterelle], Psautier, t' 95. Sa viande [sa nourriture , de saint Jean-Baptiste] fu miel et langoustes, BRUN. LATiNi, Trésor, p. 68. Et laoustes et miel sauvage, Ren. t. iv, p. 442. Car quand elle [la peur] oit braire le vent, Ou elle oit saillir deux langotes [sauterelles], Si l'en prennent fièvres et gotes, la Ilosc, 3897. Il xiv s. Langoustes sont grans escrevices et sont bonnes cuites en l'eau, J/^nagier, ii, B.
— ÊTYM. Provenç. langosia, lengosta, lingosta; anc. catal. lagosta, llangosta; espagn. latigosla; portug. lagosta; du lat. loc^ista, sauterelle, avec épenthèse de l'n, comme dans rendre, dereddere. Langouste, dans les anciens textes, signifie sauterelle; n(ftn qui, par assimilation, a passé à la langouste de mer ; c'est ainsi que les crevettes sur les côtes de Normandie sont appelées sauterelles.
t LANGOUSTIER (lan-gou-stié), s. m. et LAN- GOUSTIÈRE (lan-gou-stiè-r'), s. /".Filet pour prendre les langoustes.
t LANGUARD, ARDE O^n-gar, gar-d'), adj.
Il 1° Qui a de la langue, qui parle beaucoup, qui dit du mal. Notre voisine est languarde et méchante, LA PONT. Serrante. || S. m. et f. Un languard. Une languarde. L'autre fut un languard, révélant les secrets, Régnier, Sol. xiv. |1 2° S. m. Un des noms du torcol, dit aussi tire-langue,
— UlST. XIV* s. Linguax, languart, jongleur, Dict. lat.-franç. publié par labbe. || xvi* s. Dire vous veux maugré chacun langard, X l'arriver, doulcement, Dieu vous gard, marot, ii, 48.
— ÉTYM. Langue.
LANGUE (lan-gh'), t. f. || 1° Organe principal du goût, qui concourt à la déglutition et à la parole, et qui est formé essentiellement d'un muscle trèsmobile revêtu d'une membrane muqueuse. Tirer la langue. Montrer sa langue au médecin. Je tondis de ce pré la largeur de ma langue, la font. Fabl. vu, < . Kn général, les animaux qui ont la langue rude sontordinairementcarnassiers, bufp. Quadrup. t. iv, p. 329, note d, dans pouGENs. || Langue chargée, langue couverte d'un enduit blanc, jaune, noir ; ce qui se voit dans diverses maladies. || Tirer la langue à quelqu'un, se moquer d'une personne ou la braver par une grimace. || Tirer la langue, se dit d'un chien qui, haletant, essoufflé, laisse sa langue pendre hors de la gueule. || Fig. Tirer la langue d'un pied de long, être dans Je besoin. || Je lui verrais tirer la langue d'un pied de long, que je ne lui donnerais pas un verre d'eau, se dit i,n parlant d'une personne dont on n'a nulle compassion. |{ Avoir soif à avaler sa langue, avoir une grande soif. || Ennuyeux à avaler sa langue, se dit de ce qu'on ne peut voir, entendre ou lire, sans éfrouver un excessif ennui. Il Familièrement. Avaler sa langue, se condamner au silence. || Jeter.sa langue aux chiens, voy. chien, n" 3. Il Se mordre la langue, se faire, en mâchant quelque chose, une morsure à la langue. || Fig. Se mordre la langue, s'arrêter au moment de dire ce qu'on ne doit pas ou ce qu'on ne veut pas exprimer. J'allais dire une sottise, je me suis mordu la langue. Il Se mordre la langue d'avoir parlé, s'en repentir. X peine eut-il lâché cette parole, qu'il s'en mordit la langue. || Mince comme la langue d'un chat, comme une langue do chat, très-mince, très-délié. || 2° Terme de chasse et de manège. Donner de la langue, appeler, exciter le chien, le cheval par un bruit qui se fait avec la langue. Il Terme de manège. Les aides de la langue, certains cris que fait le cavalier pour animer le cheval. Il 3° La langue de certains aniinaulk considérée comme aliment. Faire cuire une langue. Manger une langue de bœuf. Il n'acheta que des langues, lesquelles il fit accommoder à toutes les sauces ; l'entrée, le second, l'entremets, tout ne fut que langues, i.A font. Vie d'Ésope. || langue fourrée, e.spèce de i)ré|iaration culinaire de la langue du porc ou du bœuf. || Langue de carpe, le palais de la carpe, qui est un mets charnu et délicat. || 4° La langue considérée comme organe de la parole Il le servit enfin, mais ce fut de la langue, corn. Pomp. i, < . Je vous l'ai déjà dit, votre langue nous perd, iD. Uéracl. ii, 4. Que ne sait point ourdir une langue traîtresse? la pont. Fabl. ui, 6. Je supplie avant tout les dieux de m'assister; Fassent les immortels, conducteurs de ma langue, Que je ne dise rien qui doive être repris, id. ib. xi, 7. Disant que la langue est la pire chose qui soit au monde ; c'est la mère de tous les débats, la nourrice des procès,
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la source des divisions et dss guerres, ni. Vit d'Ésope. Tudieu ! comme avec lui votre langue cajole! MOL. Éc. des f. V, 4. Ma langue, en cet endroit, A fait un pas de clerc dont elle s'aperçoit, id. le Dép. I, 4. L'on voudrait avoir cent langues pour le faire connaître[ramourqu'on ressent], PAScPaiS. de l'amour. L'éloquence de la chaire n'est pas propre au récit des combats, et des batailles ; la langue d'un prêtre destinée à louer Jésus-Christ le sauveur des hommes, ne doit pas être smployée à parler d'un art qui tend à leur destruction, fléch. Turenne. Combien de fois arrêta-t-elle par autorité le coup mortel qu'une langue cruelle allait porter à l'honneur ou à la fortune d'une famille I id. Dauph. Et, dès le premier mot, ma langue embarrassée Dans ma bouche vingt fois a demeuré glacée, rac. Be'rén. ii, 2. Ah I c'est trop le livrer à des langues perfides, m. Phèdre, v, 3. Sa fureur [de la calomnie], de sang avide. Poursuit partout l'innocent ; Rois, prenez soin de l'absent Contre sa langue homicide, iD. Esth. m, 3. On a bien raison de dira qu'une des grâces les plus signalées que Dieu puisse accorder aux rois, est de les délivrer de la langue des flatteurs et du silence des gens de bien,ROLLm, Uist. anc. Œuv. t. viu, p. I7, dans pougkns. Il n'en est pas un seul qui ait conservé sa langue pure et ses lèvres innocentes, uass. Carême, iliidisance. La langue, dit un apôtre, est un feu dévorant, ID. ib. Mais de ces langues diffamantes Dieu saura venger l'innocent, j. b. rouss. Odes, i, 4. Sa langue , dont le ciel tolère l'insolence, N'a pas langui dix ans dans un morne siloiice, c. DELAV. Paria, ii, 2. || On dit d'un babillard qu'il n'aura pas de langue pour la moitié de sa vie. Il Avoir la langue gras.se, avoir la langue épaisse, éprouver quelque embarras dans la prononciation, prononcer mal certaines consonnes, principalement les r. \\ Familièrement. Avoir la langue bien pendue, avoir une grande facilité de parler. Tant sa langue était bien pendue I scarron, Virg. viii. Il arrive tant d'accidents aux femmes en couche, et vous avez la langue si bien pendue, i ce que me dit M. de Grignan, qu'il me faut pour le moins neuf jours de bonne santé pour me faire partir joyeusement, sSv. (01. || Avoirla langue bien affilée, avoir beaucoup de babil. || Fig. Être sujet aux langues, être exposé aux jugements, aux médisances. Ainsi les actions aux langues sont sujettes, HÉGNiEH,Sa<.v. Il Dénouer lalangue, couper le filet do la langue, opération qui donne plus de facilité pour parler à ceux que le filet gêne. || Fig. Dénouer, délier la langue à quelqu'un, faire rompre le silence à qucl(|u'un qui voulait le garder. Voici, Sans marchander, de quoi te délier la langue, mol. le Dép. I, 4. Non, pour louer un roi que tout le mondo loue, Ma langue n'attend pas que l'argent la dénoue, boil. Sat. IX. Il Avoir la langue liée, n'oser parler de quebju'un ou de quelque chose. || Familièrement. La langue lui va toujours, cette personne babille continuellement. |{ Tenir sa langue, se taire. Si vous me promettiez de tenir votre langue, je vous conterais... P. L. cour. 2* lettre particulière. Il II a bien de la langue, il a la langue bien longue, il ne saurait tenir sa langue, il parle beaucoup, il dit tout ce qu'il sait, il ne saurait garder un secret. C'est avoir bien de la langue que de ne pouvoir se taire de ses propres affaires, mol. Foiirber. m, 4". Il Avoir bien de la langue, signifie aussi tenir des discours hardis. || Par exclamation. Quelle langue c'est-à-dire quel bavard! quelle baiarde! || 11 a la langue dorée, c'est une langue dorée, c'est-à-dira sa parole est facile, élégante, propre à séduire, surtout par des promesses favorables en quelque genre que ce soit. Elle a converti son docteur, cette fine langue dorée , beaumarcu. Uar. de Fig. IV, ). Il N'avoir point de langue, parler tièspeu, ou, quand on devrait parler, garder le silence. Il Être mallie, n'être pas maître de sa langue, savoir, ne pas s.iToir se taire. || Ne pas savoir conduire sa langue, mal gouverner sa langue, dire des choses qu'il faudrait taire. Je n'ai point sur ma langue un assez grand empire ; De ce que je dirais je ne répondrais pas , Et je me jetterais cent choses sur las bras, mol. Vis. v, i. Il Avoir une grande volubilité de langue , parler avec une grande rapidité. || La langue lui a fourché, il a lâché u»e parole pour une autre. Il Familièrement. Avoir un mol sur la langue, sur le bout de langue, sur le bord de lalangue, croire qu'on va trouver dire un mot c|u'on cherche et qui échappe. J'avais ça sur le bord de la langue, et je l'ai oublié en chemin, vadé, Nicaise, se. tu. || C'est une mauvaise langue, une méchante langue, une
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langue dangereuse, une langue de serpeni, une langue de Tipère.c'est-à-dire c'est une personne qui aime i dire du mal, des médisances, des calomnies. Langue de serpent, fertile en impostures, mol. l'Êt. m, ♦. Vous serez assailli par ces langues de serpent que votre complaisance a comme aiguisées co.itre les autres, flEcii. Serm. l, 278. Oh! dame, il y a de méchantes langues dans notre village, voyez-vousî dancourt, l'Opéra de village, se. 8. Il On dit dans un sens analogue une langue empoisonnée. Il [le monde] a pour eux [les justes] des yeux plus censeurs et une langue plus empoisonnée, mass. Carême, Médisance. \\ On dit même quelquefois langue, absolument, pour mauvaise langue. Donne : Il [Tartuffe] passe pour un saint dans votre fantaisie ; Tout son fait, croyez-moi, n'est rien qu'hypocrisie. — Mme Pernelle : Voyez la langue , mol. Tartuffe, 1, i.\\ Coup de langue, médisance ou mauvais rapport que l'on fait. Le coup de verge fait une meurtrissure; mais un coup de langue brise les os, sact. Bible, Ecclésiastiq. xxvm, 21 . Ces femmes qui donnent toujours le petit coup do langue en passant, mol. Impromptu, t. Voilà pas le coup de langue? 10 Bourg, gent. m, J2. 1| Fig. et familièrement. Donner du plat de la langue, faire de belles promesses qu'on n'a pas dessein d'exécuter. Il Faire merveilles du plat de la langue, chercher à étourdir par de grandes phrases. || Faire la langue à quelqu'un, lui faire la leçon , lui suggérer ce qu'il doit dire. || Prendre langue, aller aux renseignements, s'informer. Voilà avec elle un coquin de valet qui est l'espion de la mère ; retirezvous et me laissez prendre langue, dancourt, l'Opérateur, se. 6. is le connaissais fort, et pris langue avec lui du détail de ce que j'avais à faire, st-sim. ioî, 85. Je m'embarquai dans la chaloupe du bâtiment avec le capitaine, pour aller prendre langue à terre, chateaubr. /Jin. part. 1. 1| La contradiction des langues, les jugements divers que les hommes portent des mêmes choses. Ah 1 regardez plutôt la contradiction des langues et la diversité bizarre des jugements humains, mass. Carême, Resp. hum. Il 5° Le parler d'une nation. Apprendre sa langue par principes. Parler uns langue étrangère. Vous savez donc l'hébreu? — L'hébreu! parfaiiement. J'ai dix langues, Cliton, à mon commandement, CORN, le Ment, iv, 3. Tous les hommes, de quelque nation, de quelque tribu et de quelque langue q ii'jls fussent, adorèrent la statue d'or que Nabuchodonosor avait dressée, saci, Bible, Daniel, lu, 7. Pauline est trop heureuse, ma chère enfant, d'être votre secrétaire.... elle apprend la langue française, que la plupart des femmes ne savent pas, sév. 1" juin IC89. Ces audiences où elle recevait les ambassadeurs, entrant dans les intérêts de chacun et parlant à chacun sa langue, fléch. Dauphine. Surtout qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.... boil. Art p. I. L'on ne peut guères charger l'enfance de la connaissance de trop de langues, la eruy. xiv. L'intelligcmce des langues sert comme d'introduction à toutes les sciences, rollin, Traité des Et. liv. I, p. (. On comptait dans ses troupes jusqu'à vingt-<Jeui nations de vingt-deux langues dillérentes que M thridate parlait toutes avec facilité, iD. Mist. ant. t. x, p. 43<, danspouoENs. C'est, comme on vous a dit, ce maître italien Qui vient montrer sa langue, regnard, le Distr. m, 3. Ne croyons pas que notre langue soit l'ouvrage de l'ignorance ou du hasard ; elle a ses principes, et qui sont très-uniformes, dès le temps de François I", d'oli- VET, Hem Racine, § 9. Le fameux docteur Swift forma le dessein, dans les dernières années du règne de la r»ine Anne, d'établir une académie pour la langue, à l'exemple de l'Académie française, volt. Dict. ptiil. Société royale. Quand on a un nombre suflisant d'auteurs approuvés, la langue est fixée, ID. ib. Langues. Notre langue se parle à Vienne, à Berlin, à Stockholm, è. Copenhague, à Moscou; elle est Is. lingue (5« l'Europe ; mais c'est grâce à nos bons livres, et non k la régularité de notre idiome, m. Lett. Guyot, 7 août <767. Notre langue et nos belleslettres ont fait plus de conquêtes que Charlemagne, ID. Lell. Mme Denis, 24 août (760. C'est le peuple qui a fait les langues; c'est au philosophe à découvrir l'origine des choses, dider. Rech. phil. sur le heau, Œuv. t. u, p. 464 . La langue française règne dans la prose ; si ce n'est pas le langage des dieux, c'est celui de la raison et de la vérité, raynal, Hisl. phil. xix, (2. C'est Charles-Quint qui a dit qu'un homme qui sait quatre langues vaut quaire hommes, stael, Corinne, vu, 1. Bn déliant la langue [grecque] du rhjthme poétique, Uécatce, lié-
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rodote lui conservèrent les formes de la poésie, les expressions et les mots hors du dialecte co.oinuin, p. l. cour. Hérodote, Préface du traducteur. || Djii des langues, grâce que Dieu fait à un homme lors qu'il lui donne, par miracle et sans étude, la connaissance et l'usage d'une langue. || Langue mère ou matrice, celle qui a servi à en former d'autres ; et, par opposition , langue dérivée, celle qui est formée d'une autre. Le latin est une langue mère par rapport au français, et le français est une langue dérivée. L'hébreu paraît une langue mère dans le domaine syro-arabe. Une langue aryenne primitive à laquelle on ne remonte que conjecturalement et par induction, serait la langue mère du sanscrit, du zend, du grec, du latin, etc. Nos mères et les langues dites mères ont beaucoup de ressemblance; les unes et les autres ont des enfants qui se marient dans le pays voisin, et qui en altèrent le langage et les mœurs, volt. Dict. phil. tangues. On trouva dans le Canada trois langues mères, l'algonquine, la siouse et la huronne; on jugea que ces langues étaient primitives, parce qu'elles renfermaient chacune un grand nombre de ces mets imitatifs qui peignent les choses par le son, bay- NAL, Uist. phil. xv, 4. Il Langue mère, dite beaucoup mieux langue primitirc, langue unique que l'on suppose avoir été la mère de toutes les autres. Les langues mères au sens relatif existent réellement; une langue mère au sens absolu est une pure hypothèse. Plusieurs rabbins prétendent que la langue mère était le samaritain ; quelques autres ont assuré que c'était le bas-breton ; dans cette incertitude, on peut fort bien, sans offenser les habitants de Quimperetde Samarie, n'admettre aucune langue mère, VOLT. Dict. p/iti. ABC. || Langue primitive ou originelle, se dit aussi de celle qu'on suppose ne s'être formée d'aucune autre. || Largues sœurs, langues que Ion considère comme dérivées d'une même langue mère. Les langues néo-latines sont sœurs. || Langue morte, celle qu'un peuple a parlée, mais qui n'existe plus que dans les livres. Le latin, Ihébreu sont des langues mortes. Les dictionnaires d'une langue morte ne la présentent qu'eu partie, parce que ceux qui les compilent ne sauraient où prendre une infinité de mots qui ont aussi proprement appartenu à cette langue que les mots qui nous en sont encore connus, Préf. du Dict. de FURETIÈBE. {| Par opposition, langue vivante, celle qu'un peuple parle actuellement. || Langue vulgaire, se dit de tous les idiomes modernes, par opposition aux langues anciennes ou savantes. Il La langue d'oc, l'ancienne langue qui se parlait au delà de la Loire, dont i,e sont servis les troubadours, que l'on connaît sous le nom de provençal, et que dans le temps on appelait plus ordinairement langue limousine (oc veut dire oui). || Langue d'oïl (oïl veut dire oui) ou langue d'oui, l'ancien français, la langue française avant le xv* siècle, celle dans laquelle ont écrit les trouvères. || La langue de si (si veut dire oui), l'italien. || Langues orientales, langues parlées en Asie, surtout celles de la partie de l'Asie qui est la plus voisine de l'Europe. || Jeunes de langue, jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir drogmans. || La langue sainte, la langue hébraïque. || Lzmgues du Nord, les langues germaniques et slaves, par opposition aux langues du Midi, qui sont dérivées du latin. |{ Langue naturelle ou maternelle, celle du pays où l'on est né, par opposition à langue étrafigère, celle d'un autre pays. Il Langue nationale, celle que parle généralement une nation, aussi par opposition à langue étrangère. Il Langue sacrée, toute langue dans laquelle sont écrits les livres qu'on regarde comme inspirés par la Divinité. |{ Langues synthétiques ou concrètes, celles qui rendent les indications grammaticales par des terminaisons variables. Langues analytiques, celles qui expriment chaque idée, chaque rapport grammatical par un mot distinct. || Langue écrite, langue pourvue d'un alphabet et dans laquelle on a composé des livres. Les langues des fauvages ne sont pas des langues écrites. || Langue écrite, langue littéraire, la partie la plus cultivée d'une langue, celle qui figure seule dans les bons écrivains. Il Langue philosophique, langue où l'on suppose que la génération des mots suivrait exactement celle des pensées. || Langue imiversellc, dite aussi langue philosophique, langue qui serait commune à tous les peuples. 11 [LeibnItzJ conçut le projet d'une langue philosophique qui mit en société toutes les nations, dider. Opin. des anc. phil. (Leibniliianisme). || Maître de langue, celui qui enseigne uue langue vivante. || Fig. Platon, poète, s'il en fût.
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Platon qui n'aimait pas le peuple, l'appelle son maître de langue, p. l. courieh, Hérodote, Préface du traducteur. \\ 6" Absolument. La langue, la langue française. La langue fut portée sous Louis XIV au plus haut point de perfection dans tous les genres, non pas en employant des termes nouveaux inutiles, mais en se servant avec art de tous les mott nécessaires qui étaient en usage, volt. Louis XY , 43. Il 7» L'ensemble des règles qui régissent un idiome ; cet idiome considéré par rapport à sa correction. Pour la langue on veira dans peu nos règlements, Et nous y prétendons faire des remuements, mol. F. sav. m, 2. Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain, boil. Art p. 1. Qu'on dise : il [Ronsard] osa trop, mais l'audace était belle ; Il lassa, sans la vaincre, une langue rebelle ; Et de moins grands, depuis, eurent plus de bonheur, STE-BEuvE, Poésies, à Ronsard. \\ 8° L'ensemble de» mots et des tournures dont un auteur fait surtout usage. La langue de Corneille, de Racine. Ce pamphlétaire [P. L. Courier], qui ne se gêna't d'aucune vérité périlleuse à dire, hésitait sur un mot, sur une virgule, se montrait timide à toute façon de parler qui n'était pas de la langue de ses auteurs, A. carrel, Œuvres, tome v, p. 2H. Il Langue académique, celle qui se parle dans les discoura d'apparat, et, en un autre sens, celle-là seule qui figure dans le Dictionnaire de l'Académie, qui a la sanction de ce corps littéraire. Penser traduire Hérodote dans notre langue académique, langue de cour, cérémonieuse, roide, apprêtée, pauvre d'ailleurs, mutilée par le bel usage, c'est étrangement s'abuser, v. h.couR.IIérodote, Préface du traducteur. \\ 9' Manière de parler, abstraction faite de l'idiome dont on se sert. Personne n'a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l'amour. Songez que je vous parle une langue étrangère [celle de l'amour], hac. Phèdre, 11,2. Fi donc, petit badin, un peu de retenue; Vous me parlez, marquis, uLe langue inconnue, risCnard, le Joueur, 11, 4.|| La langue des dieux, la poésie. La Grèce avait de grands poètes, Homère, Antimaque, Pindare, et, parlant la langue des dieux, bégayait à peine celle des hommes, p. l. coub. Hérodote, Préface du traducteur. || On dit dans le même sens : la langue des vers, la langue poétique. La langue des vers est si magnilique en Italie, que l'on y aurait plus tort que partout ailleurs en renonçant à ses beautés, stael, Corinne, vu, 2. Que ces conteurs des premiers âges de la Grèce aient conservé la langue poétique dans leur prose, on n'en saura. t douter après le témoignage des critiques anciens au d'Hérodote, qu'il suf lit d'ouvrir seulement pour s'en convaincre, p. L. cour. Hérodote, Préface du traducteur. Il 10° La langue d'une science, d'un art, l'ensemble des mots, des locutions dont on fait usage dans cette science, dans cet art. La langue des mathématiques. La langue de la métallurgie. On dit dans le même sens : la langue technique. Il 11° Système de signes appropriés à une notation. L'algèbre est une langue bien faite. || 12° Moyens d'expression de l'artiste. La langue des couleurs, des sons. Il 13° Terme de l'ordre de Malte. Les langues, les huit nations dont il était composé; savoir trois en Franco, la langue de France, la langue de Provence et la langue d'Auvergne ; deux pour l'Espagne, la langue d'Aragon et la langue de Castille; et trois autres, la langue d'Italie, la langue d'Allemagne, et la langue d'Angleterre. Le chef de chaque langue se nommait grand prieur. || li° Langue, se dit de certaines choses qui ont la forme d'une langue. Il Langues de feu, formes de langue couleur de feu que le Saint-Esprit fit descendre sur chaque apôtre lorsqu'il leur donna le don des langues pour aller prêcher l'Évangile. || Langues de feu, flammes allongées que projette un incendie. Déjà l'incendie, hydre immense. Lève son aile sombre et ses langues de feu, v. Huco, Odes, iv. Chant de fêle de Néron. || Terme de marine. Langue de voile, morceau de toile que l'on ajoute sur le côté do plusieurs espèces de voiles. || Langue de terre , certain espace de terre beaucoup plus long qua large, qui ne tient que par un bout aux autres terres, et qui est environné d'eau de tous les autres côtés. Cette ville est bâtie sur une langue de terre. Il Langue de terre, se dit aussi d'une terre étroite qui en joint deux autres. Ces deux mers, venant à serrer la terre des deux côtés, fout uue langue qui attache à la terre ferme cette province, vaugel. Q. C. livre m, dans bichelet. Cette étroite languo de terre, qui joint l'Amérique méridionale avec 1 1 septentrionale, est fortifiée par une chaîne de bai' tua
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montapnes, bavnal, Uist. pMl. vu, 9. || 11 se dit aussi des pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d'autres terres. MM. les syndics du pays de Gex savent as.sez et attesteront combien est stérile le sol de cette petite province, qui n'est qu'une langue de terre d'environ cinq lieues de long et de deux de large, sur le bord du lac de Genève, volt. Polit, et législ. Remontr. du pays de Gex, Au roi en son conseil. || 16° Trompe des insectes lépidoptères. Il 16° Langue ou glossopètre, dent de poisson fossile. Il 17" Langue, se dit des trois pièces intérieures du périanthe des iris, qui ont leur extrémité relevée, par opposition aux trois pièces extérieures, qui penchent vers la terre et qu'on appelle mentons. || Langue-d'agneau, nom vulgaire du plantain moyen. || Langue-de-bœuf, la buglose officinale et la .scolopendre. || Langue-de-bouo, la vipérine. || Languo-de-ceif, la scolopendre, plante delà famille des fougères. || Langue-de-chat, îitd««s tripartita, etc. composée tubulillore, ou eupatoire à feuilles d'arroche. || Langue-de-cheval, un des noms vulgaires du ruscus li,ipt}glosium (asparagmées), appelé encore laurier alexandrin. || Langue-de-chien, voy. CYNOGLOSSE. Il Double-langue, fragon dont les feuilles portent sur le milieu une seconde feuille. || Langue-de-noyer, langue-de-pommier, espèces d'agaric. || Langue-d'oie, grassetie. Il Langue-d'oiseau , le stellaria holostia, etc. caryophyllées. || Langue-de-passereau, nom vulgaire du polygonum aviculaire (polygonées) , dit aussi renouée. C'est aussi le nom vulgaire de la stellère passerine (thymélées). !| Langue-de-serpent, ophioglosse.ll Langue-de-vache, nom donné par les Espagnols au talin polyandre (portulacées) et au talin crénelé, tous les deux originaires du Pérou. |{ Langue-de-vache, dans les environs de Boulogne, nom donné à la scabieuse, scabiosa arvensis, etc. knautia arvensis , cotiLT. (famille des dipsacées). Il Langue-de-vache , la grande consoude (borraginées), dans quelques cantons de la France. Il 18° Grande-langue, le torcol. || 19" Nom vulgaire de différentes coquilles. Langue-d'or, nom marchand d'une coquille bivalve; c'est la telline foliacée. Il Langue-de-s(rpent, langue-de-tigre, coquilles bivalves. || Langue-de-chat, espèce de coquille allongée et plate : c'est encore une telline. Il 20" Nom de certains outils ou engins. || Languede-carpe, instrument connu aussi sous le nom de Irivelin, dont les dentistes se servent pour l'e.xtraction des dents molaires ou pour celle des racines. Il Langue-de-serpent, petit instrument dont les dentistes se servent pour enlever le tartre des dents de la mâchoire inférieure. || Langue de balance, style perpendiculaire au (léau, qui se trouve caché par la châsse quand la balance est en équilibre. || Languede-hœuf, outil des maçons qui estta,illéen forme de cœur. Il Langue-de-carpo, outil d'acier aigu et tranchant des deux côtés dont se sert l'armurier, ji Langue-de-carpctte, outil de serrurier, dont le tranchant est arrondi. || Langue, bout de tuyau de plomb aplati qui jette l'eau en nappe dans la cuvette d'une garderobe. Il Terme de marine. Langue, coin pour empêcher que les cercles de fer des mits ne déchirent les étambrais. On place aussi des langues entre le traversin de la hune et l'avant de la caisse du mit, etc. Il 21" Langue-de-chat, espèce de petite pâtisserie sèche et longue. || Proverbes. L'usage est le tyran des langues, c'est-à-dire l'usage prévaut sur les règles de la grammaire. || On ne s'entend pas, c'est la confusion des langues, se dit d'une conversation où tout le monde parle à la fois. || Un coup de langue est pire qu'un coup de lance. || Qui langue a, à Bome va, c'est-à-dire qui sait parler, s'expliquer, çeut aller partout. || Beau parler n'écorche pas la langue, c'est-à-dire il n'en coilte rien de parler poliment. || Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, c'est-à-dire il faut, avant de parler, mûrement réfléchir.
— SYN. LANGUE, IDIOME. Langue désigne en ^nérai l'expression des pensées par la parole d'après les principes communs à toutes les grammaires. Idiome présente la langue au point de vue des particularités propres à chaque nation. Ainsi on dira: le projet d'une langue universelle, et non d'un idiome universel ; au contraire on dira l'idiome bourguignon, l'idiome picard, etc. et non la langue bourguignonne, la langue picarde.
— lllST. xii" s.... cols [coup] de lange ne fait plaie, CntSTiEN DE TBOiES,dânsnoLLASD,p. 216. Lcslangues d'or [du gonfanon] li sont as poins bâtant [lui battentsur les mains], lionc. 38. || xiii* s. Citoles et violes font moult mélodies; mais andcus [toutes les deux| «ormonte largue soof, urun. latiri, Trésor, p. 36(1.
OICT. LE L.\ LANGtnt FRANÇAISE.
Quant uns hom a bone langue dehors, et il n'a point de conseil dedans, sa parleure est fièrement périlleuse à la cité et à ses amis, ID. i7). icg. Et s'aucuns fel [félon] sa langue en sache [en tire la langue par dérision].... Lai de l'Ombre. Kt aux langues lascher les freins. Bat. des 7 arts. Et se le crior le sait, il est ateint de fauceté et est en la merci dou seignor de perdre quanque il a et la lainguo aussi. As. de Jérus. I, 212. Renart li a la langue traite Bien demi pié fors de la gueule, Ren. < 106. Fils àvilain, fait-il, malfez, Malostruz et mal engendrés. Orgueil de serf, hueil [œil] de larron. Langue de leu [loup], cri de paon, Partonopex, ils de St-Germain, f° (64, dans 1 ACUKNE. Langue ment bien, mais cuer [cœur] ne puet [peut] changicr, Bibl. des chartes, 4" série, t. v, p. 27. Il xiv s. Bonnes balences et justes, perciées entre le bras et la langue, sans estre enarchiées, Ordonn. des rois, t. i, p. 760. De langue sçait mieulx menacer, Que ferir de fer ne d'acier. Le liv. du bon Jehan, v. < 1 47. |t xv s. Ne on n'ose ceuls approuchier Qui ont mains d'or, langues d'argent; L'on ne tient compte d'autre gent, e. nEscu. poésies mss. i' 522. Toutes servantes doivent foy et loyaulté à leur maistrosse, avoir courte langue, et longues aureilles et grandes, .4 reste amorum,^. (83, dans LACUBNE. Il XVI* s. Foy n'y est rien, langues y sont cousteaux Par trop mesdire, marot, i, 380. Ceste langue estoit la mienne maternelle, mont, i, (96. Ils onl des espées de bois appointées par un bout, à la mode des langues de nos espieux, id. i, 239. Cela ne se passa point sans prisonniers, par lesquels on print langues de toutes parts, d'ai'B. Hist. i, 2(3. Après avoir tout un temps joué de la langue [exhorté] en vain envers plusieurs id. ib. u, 62. La batterie assiduelle de cette puissante femme et des langues habilles qui la suivoient, avoitcoelTé quelques députez, id. i6. ii, 336. La racine,.... la base,.... la pointe de la langue, paré, iv, (2. L'herbe dite langue-de-chien désire la terre sablonneuse et légère, o. DE SERRES, 620. Langue-de-serpent ne se loge jamais qu'en bonne terre, grasse et humide, II). 620. Autant do langues que l'homme sçait parler, autant de fois est-il homme, brant. Charles- Quint. Mieulx vaut des mains estre battu que de la langue estre féru, génin, /(tfcr(;a(. t. ii, p. 245. Mordre sa langue est mal penser, id. ib. Et de souspirs et larmes [ils] feirent langues Pour achever, sans parler, leurs harangues, la Marguerite des marguer. f° 383, dans lacurne. Gens de langue et procureurs, Nouv. coust.génér.t. i, p. 677. De ceux qui ont esté sept ans hors du pays sans avoir entendu langue ou.eu marque d'eux, ib. t. I, p. 577. Hardielangue, couarde lance, cotorave. Longue langue, courte main, id. Mieux vaut glisser du pied que de la langue, id. Le peuple est souverain seigneur «le sa langue, et la tient comme un fief de franc alleu, et n'en doit recognoissance à aulcun seigneur, ramus, dans LiVKTjîa Gramm. franc. p.( 79. Notre langue, qui est aujourd'hui [eu (555] en sa plus grande force et consistance,ne peut souffrir reformation, J. PELLETIER, dans LiVET, la Gramm. franc, p. (54, Adieu, vieille forest, lejouet deZephyre, Oïl premier j'accorday les langues de ma lyre, ronsabd, La forêt de Gastine.
— llisr. Wallon, h'ntce ; Verviers, lèwe; picard et Berry, lingue; provenç. lengua, lenga; cat. llengua; esp. lengua; port, lingua, lingoa; ital. lingua; du lat. lingua.
t r.ANGDG, Ce (lan-ghé, ghée), adj. Terme do blason. Se dit des oiseaux dont la langue est d'un autre émail que le corps.
f LANGCETEU (lan-ghe-té. La syllabe guet double le t quand la syllabe qui suit est muette : je languette), v. a. Terme de menuiserie. Faire une languette. Langueter une planche.
I.ANtiUETTE (lan-ghè-t"), î. f. \\ 1" Petite langue. Hélas! ta petite languette Plus no bégayem mon nom, *•* dans le Dict. de bescmehrllk. || 2° Ce qui est taillé, découpé, etc. en forme de [)etile langue. Morceau d'étoffe taillé en languette. || 3" Petite lame mobile et vibrante qui est placée dans les tuyaux à anche de certains instruments de musique. La languette d'un hautbois, d'une clarinette. || Dans l'orgue, partie du tuyau qui est taillée en biseau ou en talus, et qui, coupant le vent, sert de langue à la l)oucho dos tuyaux pour les faire parler. || Languette du .sautereau, petite pièce de bois taillée en biseau, et ailaptée au sautereau dos instruments à clavier et à cordes. || 4° La languette d'une balance, autrement dit l'aiguille, partie qui indique par sa position la justesse de la pesée. || B" Petit morceau d'argent ou d'or qui, laissé en saillie à chaque pièce, sert à faire l'essai avant de la marquer du poinçon l légal. Il Saillie que le potier d'étain ménage à l'ex-
trémité du couvercle à charnière d'un vase, et sur laquelle on pèse pour relever le couvercle. || Petite pièce de fer par laquelle l'imprimeur prend la frisquette pour la lever ou l'abaisser. || 8° Feuille de fer baitu, après qu'elle a reçu la première façon pour être convertie en fer-blanc. || 7" Se dit, au tricti ac, des figures en pointe blanches ou vertes, sur losquollos on place les dames. On les nomme plus souvent flèches.jl 8° Terme de maçonnerie. Séparationde quelques pouces d'épaisseur faite de pierres, de briques ou de plâtre, dans l'intérieur d'un puits mitoyen, d'une souche de cheminée, etc. || Languette de chausse d'aisance, sorte de cloison do dalles de pierre dure qui sépare une chausse d'aisance à chaqueétage. || 9° Languette de menuiserie, espèce de tenon continu sur la rive d'un ais, réduit environ au tiers de l'épaisseur, pour entrer dans une rainure. Assemblage à languettes et rainures. Chaque ais aura une rainure et une languette, afin qu'ils s'emboîtent l'un dans l'autre, saci. Bible, Exode, xxvi, ( 7. || Languette rapportée, tringle que l'on fait entrer dans deux rainures pratiquées sur l'épaisseur do deux planches que l'on veut joindre. || 10» Terme de marine. Petit coin de bois, que l'on emploie souvent dans les ports et les navires. || 11' Lèvre inférieure des insectes. Il 13° Terme d'histoire naturelle. Tout appendice long et étroit. La trachée a dans son entrée une petite languette qui s'ouvre pour donner passage aux choses qui doivent sortir par cet endroit-là, Boss. Conn. ii, 6. || Particulièrement, en botanique, l'appendice ([ui termine les demi-fleurons des fleurs composées, nommé aussi et plus souvent ligule. ||13° Nom de quelques coquilles appelées autrement manches-de-couteau. || 14" Sorte de bateau marnais qui est pointu par devant et carré par derrière.
— HIST. XIV* s. Une fascie [bande] laquele a pluseurs grelles chiés [chefs] ou languetes, h. de mon- DEviLLE, f" 78 verso. Prenez un grant miroir, et soit faiblement attachié contre la languette à quoy la caige est tenue, ilodus, f* cxxix. || xvr s. Celui [serpent] qui tire ainsi hors sa languette, Destruira brief quelcun, s'il ne s'en guette, mabot, i, 250. L'epiglotte ou languette couvre et descouvre l'orifice du larynx, PABé, iv, (5.
— ETYM. Diminutif de langue.
LANGCEUa (lan-gheur), t. f. \\ 1* Etat d'une personne affaiblie, malade. Maladie de langueur. Etre en langueur. Il est revenu un gentilhomme de Conimerci qui m'a fait peur de la santé du cardinal ila Retz : ce n'est plus une vie , c'est une langueur, sÉv. 28 juill. (077. Ma tante est toujours très-mal; laissez-nous le soin de partir, nous no souhaitons autre chose; et même, s'il y avait quelque espérance de langueur, nous prendrions notre parti, id. 27avr. (672. Une langueur qui semble d'abord plus incommode que dangei-euse; des maux d'autant plus à plaindre que, n'étant pas as.sez connus, ils n'étaient pas peut-être assez plaints.... flécii. Datiphine. Il y a plus de deux ans qu'il est malade, et tant de médecins qui l'ont vu ne l'ont pu guérir, non plus que les eaux de Bourbon; c'est une langueur dont son esprit ne se sent point, bouiiours, Chcviilier de ilcré. Après trois mois de langueur, elle [Mme do Maintenon] mourut à quatre-vingt-trois ans, le samedi <B d'avril, duclos, Mim. rég. Œuv. t. v, p. 402, dans pougens. || Langueur d'estomac, état d'un estomac qui a perdu le ton nécessaire pour bien faire ses fonctions. || FIg. Tenir en hinguoiir, faire languir. ....Ces lois dont la rigueur Tiennent mes souhaits en langueur, malh. v, *0. || Î* Fig. Sorte d'aflaiblis.sement moral et physique causé par les fatigues do l'esprit, par les peines de l'âme. L'excès du travail l'a mis dans un état de langueur dont il a peine à se tirer. La reine, qui se trouva grosse, et qui no put par tout son crédit faire abandonner ces deux sièges qu'on vit enfin si mal réussir, tomba en langueur, et tout l'État languit avec elle, l'oss. Beine d'Anglet. L'état de langueur qui me menaçait d'une mort prochaine, rén. Dial. des morts mod. Charles-Quint, François l". La iiatuic vous a donné ce feu avec lequel on ne sont jamais la langueur de l'âge; vous serez plus philosophe, mais vous ne serez jamais vieux, volt. Leit. liichclicv, S( août (7B(. L'impression que l'idée d'une mort prochaine faisait sur mon âme «tait moins delà tristesse qu'une langueur paisible et qui môme avalises douceurs, i. 1. Rousseau, Confessions, vi. || 3° Il se dit, daas un son» analogue, de la passion de l'amour. Mol qui m'étais défendu toute ma vie des tristesses, des langueurs et des in([uiétudes do l'amour, voit. Letl. 43. De mes yeux interdits la confuse langueur Trahirait, malgré moi le secret
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de mon cœur, th. corneille, Ariane, u, 3. Un nuage confus se répand sur ma vue; Je n'entends plus, je tombe en de douces langueurs; Et pâle, sans haleine, interdite, éperdue. Un frisson me saisit, je tremlile, je me meurs, boil Traité du sublime, viii. Souticndrai-je ces yeux dont la douce langueur Sait si bien découvrir les chemins de mon cœur? RAC. Bérén. iv, 4. Les yeux, qui vainement voulaient vous éviter. Déjà pleins de langueur, ne pouvaient vous quitter, id. Phèdrt, il, f. || V Etat de l'âme qui se laisse allsr à un état comparé à la langueur physique. Les langueurs d'une vie sans occupation. Je ne vous dirai pas avec quelles langueurs D'un si cruel exil j'ai souffert les longueurs, corn. Tite et Bérén. il, 6. Ce n'est pas que j'aie sur le cœur de n'avoir pas senti le plaisir d'être avec vous; je vous jure et je vous proteste que je ne vous ai jamais regardée avec indifTérence ni avec la langueur que donne quelquefois l'habitude, sÉv. 42juill. 4C71. [Les bienheureux].... goûtent, dans les feux d'une éternelle ardeur, Des plaisirs sans regrets, du repos sans langueur, volt. Uenr. vu. Occupé sans tumulte, amusé sans langueur, Je méprise le monde et je vous y regrette, id. Lettres en vers et en prose, 27. Je n'irai point, en proie à de lâches amours, Aux langueurs d'un sérail abandonner mes jours, m. Zaire, i, 2. Vous êtes bien mon Prométhée; votre feu réveille les étincelles d'une âme affaiblie par tant de langueurs et de maux, id. Lett. Pr. roy. de Prusse, <739. Vivez, madame, avec des amis qui adoucissent le fardeau de la vie, qui occupent l'âme et qui l'empêchent de tomber en langueur, xd. Lett. Mme du DelJant, (5 mars i769. Ce prince, seul, farouche, à ses langueurs livré. Aime à nourrir le fiel dont il est dévoré, Ducis, Hamlet, i, *.\\S° Absence d'intérêt, de chaleur, de mouvement dans les productions de l'esprit. 11 y a de la langueur dans cet ouvrage. Cette chaleur ou se communique aux auditeurs, ou du moins les préserve d'une langueur involontaire qui aurait pu les gagner, fonten. du Terney. Le spectateur pardonne tout, hors la langueur; et, lorsqu'il est une fois ému, il examine rarement s'il a raison de l'être, volt. Œdipe, lett. 5-. |1 6» 11 se dit des choses qui n'ont point d'activité, de développement. La langueur du commerce , des affaires. Les sept cent cinquaiite-neufplantations distribuées dans soixanteune vallées sortaient de leur langueur, et il s'en formait d'autres, baïnal, Bist. phil. vu, a.
— msT. XII* s. De le [la] enferteit [infirmité] de ceste languor ne muert nulz, se cil non ki est encor floibes [faible], Job, p. Bi8. Si chaï [il chut, il tomba] en langur grevuse à desmesure , Th. le mart. <67. || xiu' s. Sire , fai me dire à ton devin, de mon seigneur, que ge gart ci en langor, quant il morra, ne se il garra jamès de ceste maladie, Merlin,!' 47, tcr^o. Et avint que maladie li prist; et moult fu grant pieche en langour, Chr. de Rains, 222. Il xiv" s. Comme dit Tulles, vice est langour de lame, obesme, Eth. 42. ||xvi's. Refus, oubly, jalousie et langueur Suyvent amours, mahot, i, 340. Les douces passions, les délectables peines. Et les chères langueurs dont les amours sont pleines, desl'ûBTES, Elégies, i, 7.
— Etvm. Provenç. languor, langor; espagn. languor; ital. languore; du lat. langorem.
LANGUKYÉ, ÉE (lan-ghè-ié, iée), part, passé de langueyer*. Porcs langueyés.
t. LANGUEYEU (lan-ghè-ié), V. a. Visiter la langue du porc pour voir s'il es', atteint de ladrerie.
— KTVM. Langue.
t 2. LANGUEVER (lan-ghè-ié), t). a. Prendre langue, causer avec. Elle [une petite fille du peuple] m'a frappé en passant.... je l'ai un peu langueyée; demain elle viendra chez moi, sr-siK. 365, 480.
— ÉTYM. Langue.
1 3. LANGUE YER (lan-ghè-ié), v. a. Terme de musique. Garnir de languettes des tuyaux d'orgue, etc.
— ÊTYM. Langue.
LANGUEYKUIt (lan-ghè-ieur), *. »rt. Celui qui est commis pour langueyer les porcs.
— IllST. XVI* s. Langueyeurs sont tenus de reprendre les porcs qui se trouvent mezeaux [ladres] en la langue, laysel, H9.
— ÉTYM. Langueyer t.
t LANGUIDE (lan-ghi-d'), ad}. Qui est dans la langueur. Le Gange au languide pas, la Cabale des mo(où,danspR. Michel, au mot malots. Ne laisse pas mon âme impuissante et languide Dans la stérilité que le crime produit, Et telle qu'une terre aride Oui, n'ayant aucune eau, ne peut rendre aucun fruit, corn. Imit. III, 3. Si Cïssandre se plaint de son hymen forcé, M'a-t-il dit d'une voix et languide et mourante.... TU. CORM. les Ulustret ennemis, iv, (. jl Mot vieilli.
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— HlST. xii* S. Le pouls est fort languide et petit, PAHÉ, Vlll, 32.
— ÊTYM. Lat. languidus, de languere, languir.
f LANGUIDO (lan-goui-do) , adv. Terme de musique. Mot qui, placé en tête d'un morceau, indique que le mouvement doit être un peu lent et l'exécution dépourvue d'ornements.
— ÉTYM. Ital. languido, du latin languidus, languide.
LANGUIER (lan-ghié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des lan-ghié-z épicés) , s. m. La langue et la gorge d'un porc, quand elles sont fumées.
— ÉTYM. Langue.
LANGUIR (lan-ghir), v. n. \\ 1° Être dans un état de maladie lente. Il est phthisique, il y a plusieurs mois qu'il languit. Je languissais, mes ans s'éteignaient dans l'ennui, m. i. chén. Gracq. i, 4. Il 2° Souffrir de la continuité de quelque mal autre que la maladie. On le fit languir dans les supplices. Tuez tout de suite cet animal, ne le faites pas languir. Ou, s'il me faut languir prisonnière en ces lieux, CORN. Perthar. i, 3. Je languis de tout ce que je vois, mais je ne meurs pas encore ; Dieu me laisse dans ce monde pour souffrir, maintenon, Lett. au duc de ttoailles, <5 août <7U. Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure Depuis que votre corps languit sans nourriture, rac. Phèdre, i, î. Une jeunesse qui avait langui dans la misère, fén. Tél. xiii. Cette chambre [à la Bastille] était déjà occupée par un vieux solitaire de Port-Royal nommé Gordon, qui y languissait depuis deux ans, voi.T.r/ngénu, 9. La Grèce entière est libre, et lamoUe lonie Sous un joug odieux languit assujettie, iD. Brut.i, 2. Il 3° Être en proie à de continuelles et énervantes peines de l'esprit, de l'àme. Languir d'ennui. On languit pendant qu'on espère, scahr. Œuv. t. i, p. 213. Mon âme, loin de vous, languira solitaire, RAC. Alex, v, i. Est-ce à moi de languir dans cette incertitude? id. Athal. m, 3. || 4° Fig. Être dans un état d'humiliation, de faiblesse, comparé à une maladie de langueur. Ahl ne languissons plus dans un coin du Bosphore, rac Uithr i, s. Si vous les laissez languir dans une paix continuelle, fén. Tél. XIV. Je vois de Mahomet ces lâches successeurs.... Sous un nom sans pouvoir languir dans Babylone, VOLT. Zaïre, i, 2. Us n'abandonnent point leur fertile patrie Pour languir aux déserts de l'aride Arabie, ID. Zaïre, m, 4. Une esclave chrétienne et que j'ai pu laisser Dans les plus vils emplois languir sans l'abaisser, id. ib. iv, 6. Ce grand corps déchiré dont les membres épars Languissentdispersés, sans honneur et sans vie, id. Fanât, n, b. ||5°I1 se ditdes végétaux qui ne sont pas en bon état, qui poussent faiblement. Ces arbres languissent faute d'eau. || La nature languit, toutes choses languissent pendant l'hiver, c'est-à-dire la nature est comme engourdie pendant l'hiver. || 6° Souffrir du mal d'amour. Je suis de ces gens-là qui languissent pour vous, Régnier, Sat. xiii. Je vous conjure, ô filles de Jérusalem, si vous trouvez mon bien-aimé, de lui dire que je languis d'amour, SACi , Bible, Cant. descant.y, 8. Oui, prince, je languis, je brûle pour Thésée, rac. Phèdre, II, 5. Il II se dit, dans le même sens, de l'expression du regard. Ses grands yeux noirs qui languissaient, en brillant doucement d'un feu tendre, VOLT. Zadig, I3. || 7" Manquer de force, de vivacité, en parlant des ouvrages d'esprit.Ces vers languissent. Les derniers actes languissent. L'intérêt languit. Nous ne pouvons rien, faibles orateurs, pour la gloire des âmes extraordinaires; le sage a raison de dire que leurs seules actions les peuvent louer; toute autre louange languit auprès des grands noms, boss. Louis de Bourbon. Notre style languit dans un remerciement, BOiL. Ép. VIII. Il Dans un sens analogue. La conversation languissait, personne ne soutenait la conversation, on la laissait tomber. Il s'en faut beaucoup que la conversation ne languisse ; Corbinelli y tient bien sa place, sév. 19 juin 1680. ||Les nouvelles, les plaisirs languissent, il y a peu de nouvelles importantes, il y a peu de divertissements. Il N'être pas couru, en parlant d'un prédicateur. Le grand Bourdaloue, qui faisait languir l'année passée le P. de la Tour, le P. de la Roche, même M. Anselme qui brille à Saint-Paul [célèbres prédicateurs d'alors], sév. 28 mars 1689. 118° Être dans un état de langueur, en parlant des choses, ne pas se faire, ne pas marcher. C'est une de vos raisons pour ne point laisser languir cette requête, sév. Bco. Le commerce languit, fén. Tél. m. Les factions troublent le sérail, et la guerre de Hongrie languit, VOLT. Ann. Emp. Rodolphe It , 1603. Los travaux languirent, furent même interrompus, RAï.NAL, Uist. phil. XIV, 31. Mais bientôt d'une
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guerre utile à nos projets Ses trésors épuisés font languir les apprêts, c. delav. Yêp. sic. l, 1. 1| L'affaire languit, elle traîne en longueur. Tout cela me donne une bonne espérance de l'allaire des Sirven, quoiqu'elle languisse beaucoup, volt. Lett. Damilav. 4 déc. 4 767. Il 9° Attendre avec impatience. Ne me fais plus languir, dis promptement, corn. Théod. IV, 2. Savez-vous que votre souvenir fait ici la forlune de ceux que vou.s en favorisez ? les autres languissent après, SÉV. 23. Je languis après les jours de poste, id. 32. Pendant qu'on ne craint pas de faire misérablement languir des marchands et des ouvriers, boss. Sermons, Justice, 1. Ne faites point languir une si juste envie, bac. Brit. v, 2. Sa bonté [d'une dame] ne fit pas languir son nouvel amant, HAMiLT. Gramm. 8. Tu as mis ta vengeance en mes mains, je ne dois pas la faire languir, montesq. Lett. pers. <B9. || Familièrement. Languir de, languir que, souhaiter beaucoup. Je languis d'avoir de vos nouvelles. Je languis bien que cette retraite à Saint-Cyr soit finie, maintenon, Lett. à Mme d* St-Géran, <2 mars )690.
— niST. xii* s. Tant com lui plaist, [elle] me puet faire languir. Coud, xi. || xiii' s. Li cuens Looys de Blois et de Chartain avoit langui tout l'yver d'une fièvre quartaine, si qu'il ne se pooit armer, vilt.eii. cvi. Ne que en la prison les feïsl-on languir, Berte, LXiii. Lo<; ténèbres où li cuers gist. Qui nuit et Jor d'amors languist, la Itose, 2760. || xiv* s. Les paciens sont tost curés, ou meurent tost, ne ne languissent pas longtemps, h. de mondeville, f" 86, verso. La besongne languitet se delaia [retarda], BERCHEURE, f' <06, verso. Tu langulroies en tel peine. Que tu n'auroies cuer ne vaine Qui voulsist entendre àrien faire, J. bruyant, dans Ménagier, t. ii, p. 14. Il XV" s. Hz m'eussent pieça occis s'ilz eiissentvoulu; mais, pource queje les avoye blecez, ilz ne me voulurent point occire, fors en languissant [lentement], Lancelotdu lac, t. m, f° 19, dans lacurne. {| xvi's. Mon cœur et mon corps languissent du désir de le voir. Soigneur, calv. Inst. 342.
— Él YM. Provenç. tongiutr; ital. languire; du lat. languere; comjiareï i.ax^i^t)>, io^fi^ia, être long, larder, languir; longus paraît s'y rattacher.
LANGUlSSAMiMENT ( lan-ghi-sa-man ) , adv. D'une manière languissante. Sa tête sur un bras languissamment penchée, corn. Bodog. v, 4. Un de ses bras pendait de la funèbre couche, L'autre, languissamment replié sur son cœur.... lamart. Nouv. ife'dîl. II, '-2.11 Sans force, sans activité. Les fleurs croissaient languissamment à long iniervalle l'une de l'autre, stael, Corinne, xiv, 3. Des feux qui brillèrent sur notre gauche, dans la nuit du 23 au 24, avertirent du mouvement des Russes vers Malolaroslavetz; etcependanton remarquait qu'on y avait marché languissamment, ségur, Hist. de Nap. ix, 2. Il Avec une langueur amoureuse. Elle le regardait languissamment.
— ÉTYM. Languissant, et le suffixe ment. LANGUISSANT, ANTE (lan-ghi-san, san-t'), adj.
Il 1° Qui languit. Un malade languissant. Un excès de plaisir nous rend tous languissants, Et, quand il surprend l'âme, il accable les sons, corn. Cid, iv, 5. La pauvre Madelonne [Mme de Grignan] est toujours languissante; sa mauvaise santé fait le plus grand chagrin de ma vie, sév. 27 fév. 1679. || Substantivement. L'on m'oblige de faire résonner à vos oreilles les gémissements des infirmes et les plaintes des languissants, boss. i" sermon, Fête de tous 1er saints, préambule. || Même sens, en parlant da choses. Ma santé est toujours languissante; mon tempérament a toujours été assez délicat ; l'âge et les chagrins ne le fortifient pas, maintenon, Lett. au duc de Noailles , 9 juin 4 7u3. Hélas 1 servez do guide à mes pas languissants! volt. Fanât, iv, 4. J'ai senti ranimer ma force languissante, in. Orph. I, 2. Cet amour, dites-vous, qui vous touche pour elle, Fut d'un feu passager la légère étincelle ; Ses imprudents refus, la colère et le temps En ont éteint dans vous les restes languissants, id. ib. m, *. Je cours y ranimer sa lanj^uissante vie, id. ib. iv, 6. Rien de sa languissante vie Ne peut ranimer le fiambeau; Sa jeunesse sera flétrie Avant l'herbe de la prairie. Avant le pampre du coteau, millev. Chute des feuilles. Ma sœur, ce vase échappe à vos bras languissants, c. delav. Paria, II, 6. || Regards languissants, regards qui marquent beaucoup d'abattement ou beaucoup d'amour. || 3 Oui est sans vivacité ni ardeur. Celle [ardeur] qui vous pressait de courir au baptême, Languissante déjà, cesse d'être la même, cohn. Poly.i,t. Ne soyez pas prompt à parler et languissant à faire, BOSs. Polit, v, il, 8. Ainsi parle un esprit languissant de mollesse, BOIL,