I.AN
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Sat. IX. Je m'agite, je cours, languissante, abattue, BAC. Bérén. iv, <. || Il se dit aussi des choses en ce sens. On me promettait Hoo livres à Paris le 20' du mois passé, dont je n'ai point encore entendu parler.... ces manières lentes et languissantes me déplaisent fort, sÉv. (sans date) n° <397, éd. Régnier. Que ne puis-je moi-même. Échauffant par mes pleurs ses soins trop languissants, Mettre dans ses discours tout l'amour que je sens?RAC. Baj. iv, ^. Il 3° Oui n'a ni force ni vivacité, en parlant des ouvrages d'esprit. Épier si des vers la rime est brève ou longue, Ou bien si la voyelle, à l'autre s'unissant, Ne rend point à l'oreille un vers trop languissant, rBgnier, Satires, le Critique outré. Bienheureux Scudcrr, dont la fertile plume Peut tous les mois sans peine enfanter un volume ; Tes écrits, il est vrai, sans art et languissants, Semblent être formés en dépit du bon sens, boil. Sat. a. Le faux est toujours fade, ennuyeux, languissant, id. Ép. ix. Il 4* Oui est sans activité, sans mouvement, en parlant des choses. Des affaires languissantes. Une conversation languissante. Un amusement languissant l'ennuiera, pasc. dans cousin.
— SVn. languissant, langoureux. Ces deux mots ne diffèrent que par la finale, le radical est le même. Ils ne sont synonymes que quand il s'agit de la langueur d'amour. Des regards languissants peuvent l'être soit par souffrance, soit par amour ; des regards langoureux n'ont que le dernier sens. En outre, l'usage a mis à langoureui une certaine nuance de moquerie qui n'est pas dans languissant. Il faut ajouter qu'appliqués aux vers, ces deux mots ont des sens très-differents : langoureu.x signifie qui affecte la langueur d'amour; des vers langoureux ne sont pas du tout des vers languissants, quoiqu'ils puissent l'être s'ils sont mauvais ou insignifiants.
— HIST. XVI* s. Bt ces beaux yeux clers et resplendissans, Qui m'ont navré, deviennent languissens, MABOT, II, 274. Fais le bègue et le las d'une voix molle et claire, Ouvre ta languissante et pesante paupière, d'aubigné, Tragiques, ii.
t LANGUISSEMENT (lau-ghi-se-man), i. m. État de celui qui languit, et, particulièrement, qui languit d'amour.
— REM. Ce mot est le simple par rapport à alanguissement dont s'est servi J. J. Housseau.
— HlST. Ces regards desrobcz, brulans de passion, Ces doux languissemens, ces mignardes caresses, DESPORTES, Êlég. 1,4 9.
t LAMAIKE (la-ni-ê-r'), adj. Terme d'anatomie. Oui déchire. Les dents laniaires, et, substantivement, les laniaires, les dents canines.
— ÊTYM. Lat. laniarius, de laniare, déchirer. LANICE (la-ni-s'), adj. f. Usité seulement en
cette locution : bourre lanice, bourre provenant de la laine.
— HIST. XIII' s. Que les contepointiers deseur soient de bourre lanieche, Liv. des met. 387.
— ETYM. Lat. Umieiuî, de lana, laine.
LAMËR (la-nié: Vr ne se lie jamais; au pluriel,
r* se lie : des la-nié-z excellents), s. m. Nom d'un oiseau de proie qui est la femelle du laneret, et qui était un oiseau de leurre dans la fauconnerie, faucon lanicr, falco lanarius, schlegel. Quoique Belon dise que le lanier était de son temps naturel en France, il est presque sûr qu'on ne l'y trouve plus aujourd'hui, buff. Ois. t. I, p. 362. || Lanier cendré , le buiard S:iint-Martin ou busard soubuse (circus gallinaris, savigny).
— HIST. XII* 9. Mal dehait aiti je le taing por lanier [lâchel Le gentilliomme, quant il doit tornoier, X gentil dame quant se va conseiller, Raoul de C. «4. Il xiii* s. De la trahison faire [elle] ne fu
mie lanière, Berte, xii Pen.sée auroit lanière
Oui [à] si bcle pucele monstreroit laide chère, ib. XX. Il xiv* s. Le lannier ne vole fors aux perdris et aucune fois au connin et au lièvre, et non plus, tiénagier, m, 2. || xv* s. Lequel estoit trop coustumier En chambre natée, loing de rue, En lieu d'aultour et de lasnier, De tenir des garces en mue, COQUIllaht, Enquête de la simple et de la rusée.
— ETYM. Provenç. lanier; ital. lanière; du lat. laniarius, qui déchire, de laniare, déchirer, à cause que cet oiseau déchire sa proie. Haynouard, au contraire, le tire de lana, laine. Le fait est que lanier avait pris le sens figuré do Idche, sens qui semble mal s'accommoder avec laniare, déchirer. Mais on peut dire que le lanier était un oiseau qui n'allait qu'à la perdrix et au lapin, et qui n'attaquait pas le héron; circonstance qui le fit prendre pour le type du paresseux, du lâche.
LANIÊUE {)i-Diii-r'), s. (. Courroia longus et
étroite. La Phénicienne Didon, sœur de Pygmalion, ayant quitté cette ville de Tyr, vint fonder la superbe ville de Carthage, en coupant un cuir de bœuf en lanières, selon le témoignage des plus graves auteurs de l'antiquité, lesquels n'ont jamais conté de fables, volt. Princ. de Babyl. xi. En refaisant des nœuds à ses lanières. Il fGrippe-Minaud] me poursuit encor d'un œil sournois, bKrang. Gohier. Il Terme de blason. Se dit pour bande.
— HIST. xiii's. Et tissent de toutes manières Et las et braieus frets] et lasnieres, Parfonop. v. 6273. Ligula, lasniere, j. de garlande, Dict. p. 58». || xv* s. Messire Regnaiilt avoit lasché son heaume à son avantage; il ne tenoit fors à une petite lanière, FROiss. Il, III, 59. Et au pillier pendoit ung escu dont la campaigne estoit de fin or, à une lanière d'azur, à ung ray de feu vermeil, Perceforest, t. i, f° 65. Il ïvi* s. X courte chausse longue lanière, cotgrave.
— ETYM. Bourguign. laneyre. D'après Scheler, il vient de lanaritis, qui est fait de laine, de lana, laine. Mais ne pourrait-on pas y voir le sens d'un lambeau de cuir, et le rattacher, comme lanier, dont ila tout à fait la forme,au latin ianiare .déchirer?
LANIFÈRE (la-ni-fè-r'), adj. Qui porte de la laine. Animaux lanifères. || Qui produit une matière laineuse ou cotonneuse. Plantes lanifères.
— ETYM. Lat. lanifer, de lana, laine, et ferre, porter.
t LANIGÈRE (la-ni-jè-r"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des poils épais, comparables à de la laine. || Puceron lanigère (aphis laniger) , pucertm qui produit une sorte de laine blanche et qui est le fiéau des pommiers.
— ÊTYM. Lat. laniger, de lana, laine, et gerere, porter.
t LANILLE (la-ni-ir. Il mouillées), s. f. Terme de commerce. Étoffe de laine fabriquée en Flandre.
— ETYM. Diminutif de lana, laine.
t LANION (la-ni-on), s. m. Genre d'oiseaux qui se rapprochent des pies-grièches.
— ÊTYM. Lat. lanionem, boucher.
LANISTE (la-ni-sf) , i. m. Terme d'antiquité romaine. Celui qui achetait, formait ou vendait des gladiateurs.
— ÊTYM. Lat. lanista.
t LANS, s. m. Voy. lan.
t LANSAC (lan-sak), i. t». Variété de poire d'automne.
t LANSPESSADE, s. m. Voy. lancepessade.
LANSQUENET (lan-ske-nè; le t ne se lie pas; aii pluriel , l's se lie : des lan-ske-nè-zarmés ; lansquenets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. || 1° Nom, dans le xv* siècle et le xvi", des fantassins allemands. Quand les Guises firent venir les lansquenets en France, hamilt. Gramm. 4. || 3* Sorte de jeu de hasard qu'on joue avec des cartes. Je serais bien contente s'il n'y avait point de lansquenet, maintenon, Lett. au duc de Xnailles, 22 fév. 4 708. C'est, à vous parler net. Un marquis de hasard fait par le lansquenet, begnabd, le Joueur, i, 6. Une dame recevait-elle un bijou considérable de quelque amant, lo mari n'avait rien à dire : sa femme l'avait gagné au lansquenet, dancourt, la Désol. des joueuses, se. <o. Il Lieu où l'on jouait le lansquenet. Il n'est pas un de ces chevaliers qui sont consacrés au célibat et obligés de courir au secours de Malte; c'est un chevalier de Paris; il fait ses caravanes dans les lansquenets, lesage, Turcaret, i, i.
— HIST. XV" s. Est la coustume des Alemans que, s'ils estoyent payez jusques à aujourd'hui, et demain il y avoit assaut ou bataille, ilz entendent qu'il leur est deu nouvel argent, et ceux qui crioyent le plus haut, c'estoyent les lansquenets et les gens de pié, et conclusion ils ne voulurent point marcher avant, o. de la marche, Mém. livre ii, p. oi», dans LACUHNE. Il XVI* S. Nous fismes tant que nous lui apprîmes le lansquenet, d'aub. Fœn. iv, I4. Je vis des lanskenettes, ne pouvans avoir place au bateau, jetter leur» enfants dedans, et elles se faire traîner dans l'eau, où plusieurs furent noyées, id. Ilist. i, 173. Morion à la lansquenelte, carloix, v, 27.
— ÊTYM. Allem. Landsknecht, de Land, le pays, et Kneeht, serviteur; la forme allemande est Landsknecht, et non Lanzknecht. Le Landesknecht était le Tanta.'csin du Flachland, ou pays plat. Ce nom lui avait été donné pour le distinguer des soldats suLsses qui venaient des montagnes d'Uri ou d'Unterwalden(flft)uetrt'(anni'(jue, ii'de sept.)H6«,p.29).
t LANT (lan),j. m. Le zébu ou petit bœuf à bosse.
t LANTA.'VRKS (lan-U-née), /. f. pi. Terme de botanique. Tribu de la famille des verbénacées, contenant le genre lantana.
+ LANTER (lan-tê), v. a. Faire avec la tête du marteau des enjolivements, des lan turcs sur une pièce de chaudronnerie.
LANTERNE (lan-tèr-n'), s. f. || l" Boite garnie d'une substance transparente, corne ou vitres, où l'on enferme une chandelle, de peur que le vent ne l'éteigne. Une lanterne en corne. Les vitres d'une lanterne. Il fait du vent, prenez une lanterne. Le roi arriva hier au soir à Chantilly; il courut un cerf au clair de la lune; les lanternes firent des merveilles, sÉv. 24 avr. <87). || Fig. Diogène cherchait en plein midi, une lanterne à la main, un homme à Corinthe; de là l'emploi figuré de lanterne pour instrument de recherche , mais seulement quand il s'agit des caractères, ées mœurs, des habitudes des gens. Connaissez les humeurs qu'il [le ciel] verse dessus nous, Ce qui se fait dessus, ce qui se fait dessous; Portez une lanterne aux cachots de nature, régnier, Sat. ix. J'ai pris cent et cent fois la lanterne en la main, id. ih. xiv. Cependant, lorsque aux yeux leur portant la lanterne. J'examine au grand jour l'esprit qui les gouverne, boil. Sat. xi. Lanterne en main, dans l'Athènes moderne. Chercher un homme est un dessein fort beau, bébang. Nouv. Diog. || Fig. Il veut faire croire que des vessies sont des lanternes, c'est-à-dire il veut faire croire des choses absurdes et bizarres. Quand ma vessie me fait souvenir qu'elle n'estpas une lanterne, comme dit le proverbe, je relis les lettres du roi philosophe, d'alemb. Lett.au roi de Prusse, 3 mars (782. || 2" Lanterne sourde, sorte de lanterne faite de manière que celui qui la porte voit sans être vu, et qu'il en cache entièrement la lumière à volonté. Celui qui tient une lampe est vu plutét qu'il ne voit, à moins qu'il n'ait une lanterne sourde, volt. Philos. Bible expl. Juges, note o. Il 3° Lanterne magique, instrument d'optique qui, au moyen de lentilles et de verres peints, fait voir différents objets grossis sur une toile ou sur une muraille blanche. Montrer la lanterne magique. Il [le singe] n'avait oublié qu'un point. C'était d'éclairer sa lanterne, florian. Fables, le Singe qui montre la lanterne magique. \\ Fig. Oublier d'allumer la lanterne (par allusion à la fable de Florian), oublier de faire ce qui est nécessaire pour que l'on comprenne. || Lanterne vive, ancien nom
de la lanterne magique Lanterne vive Où des
oisons bridés, guenuches, éléphants, Chiens, chats, lièvres, renards et mainte étrange bête Courent l'une après l'autre.... régnier, Sat. xi. || Fig. et familièrement. C'est une lanterne magique, une vraie lanterne magique, c'est une société, une compagnie où un grand nombre de porsonims ne font que passer, et se succèdent les unes aux autres. || On dit dans le même sens '.Le monde est une lanterne magique. || 4° Nom que portèrent dans lo principe les réverbères des rues de Paris. Je montrerai les baux de mes maisons [à Paris], je produirai mes quittances des boues et lanternes, sEv. 13 avr. (689. Être à Paris en butte au public, j'aimerais mieux être une lanterne des rues exposée au vent et à la grêle, volt. Lett. d'Argental, 22 juill. 1752.11 Pendant la Révolution française, mettre à la lanterne, se servir des cordes des réverbères pour pendre ceux que désignait la fureur populaire. || X la lanterne 1 cri sauvage, pendant la révolution, par lequel on appelait la vengeance populaire sur quelqu'un. On criait : L'abbé Maury à la lanterne I — Eh bien, répondit-il, quand vous m'aurez mis à la lanterne, y verrez-vous plus clair? Il 5* L'île des Lanternes, nom donné par Rabelais il un pays fantastliiue habité par les faux savants. || Au plur. Lanterne-s, fadaises, contes absurdes, ridicules Voilà bien des lanternes, ma chère enfant ; mais toujours vous dire que je vous aime, que je ne songe qu'à vous, que je ne suis occupée que de ce qui vous touche, que vous êtes le charme de ma vie, que jamais personne n'a été aimée si chèrement que vous; catte répétition vous ennuierait, sÉv. 20. Le fraler [M. de Sévigné] vous va conter des lanternes, id. 244. J'ai un grand dégoût pour les conversations inutiles qui ne tombent sur rien du tout, des oui, des voire, des lanternes où l'on ne prend aucune sorte d'intérêt, id. 49 juin 4680. Je suis tiès-fâchô qu'il y ait une ville en France, nommée Paris, oii il soit permis à un Fréron d'insulter l'héritière du nom de Corneille; on ne m'écrit sur cela que de» lanternes, volt. Lett. DamilavMe, 48 févr. 4764. Il 6* Tourelle ouverte par les cAlés, et placée sut un dôme, sur le comble d'un édifice, etc. La lanterne du dûme des Invalides. || Lanterne de Démosthène, petit monument antique d'Athènes, qui a la forme d'une tourelle soutenue par des colonne»
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Il Lanterne de Diogène , nom donné abusivement i UTi monument qui est fait en imiution de la lanterne de Déinosthène et placé dans le parc de Saint- Cloud ; il est orné de terres cuites moulées sur la tour des venu d'Athènes. |i Espèce de cage circulaire ou carrée, garnie de fenêtres et de vitraux, et placée au-dessus d'un édifice pour en éclairer l'intérieur par en haut. La lanterne de la salle de la Bourse. Il 7° Petit cabinet de menuiserie qu'on élève dans quelques lieux d'assemblée pour y placer des personnes qui veulent écouter sans être vues. Nous avions des gens dans les lanternes qui ne manquaient pas de jeter des bruits de ce qui se passait dans la salle, RETZ, m, 43. M. le prince de Conti gagna tout d'une voix son procès contre Mme de Nemours à l'audience de la grand'chambre ; j'étais dans la lanterne avec le prince de Conti, st-sim. 33, <2&. [Mme de Maintenon] à la messe occupait une de ces petites tribunes en lanternesdoréesqui ne semblaient faites que pour le roi et la reine, volt, toutî IIV, 27. Il 8° Terme d'essayeur d'or et d'argent. Espèce de petite arm-ire vitrée où l'on place les balances très-fines, pour que l'action de l'air ne les fasse pas trébucher. || 9" Partie de la crosse d'un évêque, ou du bâton d'un chantre, qui est à jour, et qui représente une espèce de cage. |1 10° Petite roue formée de plusieurs fuseaux dans laquelle engrènent les dents d'une autre roue. || Houe de cric qui se trouve à la partie supérieure du madrier des plombiers. Il Terme o'horlogerie. Plaque de fer ronde, percée d'autant de trous que les pignons ont d'ailes. || 11° Ancien terme d'artillerie. Sorte de grande cuiller avec laquelle, avant l'invention des gargousses, on portait la poudre au fond du canon. H 12° Ancien terme de maiine. Cylindre de bois ou de fer-blanc qui peut contenir une gargousse ou de la mitraille. Il Se dit aussi de la partie creusée sur l'avant de la mèche du gouvernail, pour laisser sous chaque gond le passage libre à la ferrure de l'étambot. Il 13° Instrument dont le gazier se sert pour enlever les soies de l'ourdissoir, et les porter sur les ensouplesdu métier de tisserand. il Cage du moulin qui sert à ourdir les chaînes d'étoffes. || 14° Chez les tourbiers, sorte de cône i jour que l'on fait avec la tourbe pour la conserver. || 15° Champignon d'Amérique qui a la forme d'une sorte de cul-de-lampe, supporté par trois colonnes, de la famille des clathracées, laternea triscapa. Lanterne rouge, le clalhre cancellé, même famille. || 16° Nom marchand de plusieurs coquilles qui sont renflées, minces et un peu transparentes. Il 17° Lanterne d'Aristote, appareil de pièces calcaires qu'on trouve dans l'estomac des crustacés.
— HlST.iii' s. Où n'eûst cierge ou lanterne enfichée, Ronds. H8. ||xm° s. Li Turs tint sor le mur la lanterne embrasée; Par devers la cité l'avoit bien aombrée. Et par devers l'eschiele fu la clartés tournée, C/i. d'Ant.n, 654.||xiv' s. Une lanterne d'argent doré, DE LABORDE, Émaux, p. 35B. Il xvi* s. Je fis faire grand nombre de lanternes de terre à certains potiers pour enfermer mes vaisseaux quand je les mettois au four, palissy, 3)8. Deux ou trois de ces lanternes (ainsi appelle-t-on telle charpenterie) mettra-on au colombier, s'il est basti en figure barlongue et s'il est grand et spacieux, o. deserres, 388.XenocIesfut celuyqui feit la lanterne ou cul-delampe, qui couvre le sanctuaire, amyot, Péric. 2«.
— ÊTYM. Provenç. esp. et ital. lanterna; catal. llanterna; du lat. lanterna ou latema. On pourrait rapporter, et on a en efTot rapporté lâterna à làtère; ce serait lumière cachée , enfermée (Dux latema y\x clausis feror aurea flammis, martial, xiv, 6<). Le suffixe ema se retrouverait-dans cav-erna, etc. Mais l'd fait grande difficulté, ainsi que an de lanterna. Pott préfère le tirer de XanTrc^p, flambeau.
I^NTERNÊ, Ce (lan-tèr-né, née), part, passé de lanterner. Trompé, amusé, lanterné par de fausses promesses.
t LANTEHNEAD flan-tèr-nô), ». m. Terme d'architecture. Petite lanterne au sommet d'une coupole, au-dessus d'un escalier.
LANTERNER (lan-tcr-né). || !• T. n. Être irrésolu, perdre le temps. Je n'ai jamais pu m'imaginer la raison pour laquelle le cardinal lanterna tant les cinq ou six derniers jours, betz, m, 68. Nous ne pouvions quitter cette abbaye; vous savez comme on s'amuse à lanterner à ce petit pont, il faisait un temps admirable, sÉv. 4)0. D'Hacqueville lanterne tant pour la Carnavalelte [l'hôtel Carnavalet!, que je meurs de peur qu'il ne le laisse aller, ID. «9 sept. 1«77. Connaissant Tuire impatience, et qu'il ne faut pas lanterner nec vous, iiAMlLir. Gramm. T. Si le parti
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convient, i quoi bon lanterner? destoucbp.s, Phil. mar. iv,3. 'Vous feriez bii.'n mieux, monsieur le raisonneur, de me payer mes cent écus et les intérêts, sans lanterner, BBkVHk^cB.Barb. de Sév. m, B. || 2° V. a. Retarder, remettre, amuser. Passons, lui dit la Hubert, dans le cabinet des bains, nous pourrons y causer un moment, sans craindre que quelque sotte visite nous vienne lanterner, hamilt. Gramm. 6. Il Dire des choses frivoles et ridicules. Je ne sais ce qu'il me vient lanterner tous les jours. || Ennuyer, fatiguer. Dieu fait tout pour le mieux, reprit le maréchal: la plus belle du monde [Mme deMontbazon| commençait à me lanterner, lorsqu'elle mourut, ST- ÉVREMOND, Convers. du maréchal d' llocquiitcourt avec le P. Canaye. Tu commençais à me lanterner l'esprit par toutes ces traca.^series et ces changements d'humeur, hamilton, le Bélier (Uist. de Perihariteet de Férandine). || 8° Mettre à la lanterne, s'est dit, pendant la Révolution, pour pendre à la lanterne sans forme de procès (voy. lanterne).
— HlST. XIV* s. Icelii Jehan dist au suppliant moult de villenies en l'appollant pluseurs fois filz de putain et en le lanternant [injuriant, cette acception paraît venir d'un sens obscène qu'a eu lanterne], du GANGE, latema. \\ xvi* s. Lanterner autour du pot, OUDIN, Cun'oi. franc. Lanternerunepersonne, lo. ib.
— ÊTYM. Lanterne, dans le sens que lui donne Rabelais avec son île des Lanternes, sans oublier le sens injurieux que lanterner eut dès le xiV siècle.
LANTERNERIE (lan-tèr-ne-rie), s. /'. || 1° Perte de temps à des riens, irrésolution. 11 a manqué son affaire à force de lanternerie. || 2° Par extension, prolongation, retard. Cela nous impatiente et nous donne la goutte ; cette goutte n'est point considérable ni fort douloureuse; mais c'est une lanternerie et une faiblesse qui empêche d'aller à Versailles, comme si elle était plus considérable, sÉv. 22déc. i RUB. Mon pauvre fils a une petite lanternerie d'émotion [retard pour un dérangement de ventre], comme j'en eus cet hiver, qui l'a empêché d'aller aux états; il prond de ma même tisane des capucins, m. (2 août <685. Il 3° Propos futile, fadaise. Le moyen qu'ils [le devoir et la raison] vous laissent le temps de lire de telles lanterneries, sÉv. 24. Vous vojez bien par CCS lanterneries qu'il n'y a point aujourd'hui de nouvelles, id. 49. || Chose de nulle importance, futilité. Je voudrais que, sans rebattre les lanterne ries du passé, cela [une réconciliation] se fit de galant homme, avec cette grâce que vous avez quand il vous plaît, SÉv. d Bussy, 23 août 1678.
— msT. XVI' s. Lanternerie, cotravb.
— ÊTYM. Lanterner.
LANTERNIKR (lan-tér-nié; l'r no se prononce et ne se lie jamais),i.m. || l'Celui qui fait des lanternes. Les poulieurs, les lanterniers et tous les artisans des petits ouvrages qui sont nécessaires dans le vaisseau. Corresp. de Colbert, m -2, p. 308. || 2° Celui qui est chargé d'allumer les lanternes publiques.il 3°Fig.elfamilièrement.Homme irrésolu, indéterminé en toutes cho.ses. Ne vous amusez pointa Mlle d'Or'*'* [qu'on avait songé à donner pour femme au jeune de Grignan] ; c'est un lanternier que son père, sév. il juill. <689. Il Diseur de fadaises. Quel est le lanternier qui vous a dit cette nouvelle?
— IIIST. XIII* s. Quiconque veut estre pingniers [peintres]et lanterniers de coretd'ivoire.estrelepuet franchement, Liv. des met. i 70. || xv« s. Autant puis l'ungque l'autre dire, Card'evesquesou lanterniers, Je n'y congnois rien à redire, villon. Grand testam. Il XVI* s. Le Saint Père a faire conoistre à tous nus souffleurs [alchimistes] que ce ne sont que des lanterniers, lesquels en plusieurs années ne font autre cas que multiplier leur tout en rien, langue, 48<.
— ÊTYM. lanterne.
t I^NTERNIPHORE (lan-tèr-ni-fo-r") , adj. Chien lanterniphore, ou, substantivement, le lanterniphore, surnom donné par les jansénistes au chien qui figurait dans un emblème placé à la tête des Nouvelles ecclésiastiques, et dont la devise était : Il n'aboie pas, mais il éclaire.
— ÊTYM. Lanterne, et çopè;, qui porte; mot hybride, on aurait dû dire lanternifère.
t LANTERNON (lan-tèr-non), *. m. Petite coupole. De vastes lanternons [dans les halles de Paris], munis, comme les grandes baies, de verre dépoli, et d'où ruissellent des nappes de lumière, vinet, J. des Débats, 2) sept. (884.
t LANTHANE (lan-ta-n'), s. m. Terme de chimie. Métal découvert en 1 840, dans la cérite.
LANTIPONNAGE (lan-ti-po-na-j'), s. m. Terme populaire. Action de lantiponner Ahl vartipu(î, monsieur le médecin, que de laHtiponnagesl mol. Uéd. malgré lui, 11, 6.
LAP
LANTIPONNÊ , ÉE (lan-ti-po-ne, née) , part passé de lantiponner.
LANTIPONNER Oan-ti-po-né) , V. n. Terme populaire. Tenir des discours frivoles, inutiles et importuns. Hé ! tétigué I ne lantiponnez pas davantage, et confessez à la franquette que vous êtes médecin, mol. if^d. m. l. I, 6. Il Activement. Il m'a lantiponné je ne sais quelles sornettes. C'est trop lantiponner le beurre, il faut mettre la main à l'œuvre et expédier la besogne, les Aventures d'Italie de M. d'Assoticy, dans fr. michel, Argot,
— ÊTYM. C'est probablement un dérivé delent, peut-être avec le verbe des patois poner, pondre : quelque chose comme pondre lentement; c'est un mot de paysans.
t LANTURE (lan-tu-r*), s. f. Enjolivement que le chaudronnier fait avec le marteau.
— ÊTYM. Lanter.
LANTURELU ou LANTURLU (lan-tur-lu), s. m. Il 1" Refrain d'un fameux vaudeville fait du temps du cardinal de Richelieu, et dont le nom, pris adverbialement, a servi pour indiquer soit un refus méprisant soit une réponse évasive. Il lui a répondu lanturlu. Quel soudain caprice M'excite à rimer? Est-ce encore 'Varice [nom d'une jolie femme] Qui vient ranimer Un talent frivole dont on est si rebattu? Lanturelu, hamilton. Chansons. || 2° Le jeu de la bête, dans quelques provinces. || Se dit aussi du valet de trèfle qui est la carte la plus forte de ce jeu, et, au jeu du pamphile, de la réunion de cinq cartes d'une même couleur. || 3"Nom donné dans la meunerie à des appareilsqui achèvent de dépouiller les gruaux de qualité inférieure des pellicules qu'ils retiennent, au moyen de chocs réitérés et d'une ventilation forcée.
LANUGINEUX, EUSE (la-nu-ji-neû, neû-z'), adj. Il 1° Terme didactique. Qui est de la nature de la laine. || Qui a l'apparence du duvet. Mais qu'est-ce que ces nuées lanugineuses qui le ceignent 'i' didbr. Sa(on de 1767, QEuti. t. xiv, p. toi, dans pol'GENS. |[ 2° Oui est couvert de poils doux et frisés comme la laine. || Qui porte une espèce de duvet semblable à la laine ou au coton. La pêche est un fruit lanugineux.
— ÊTYM. Provenç. lanuqinos ; du lat. lanuginosus, qui vient de lamigo, du\el, dérivé de ?ana, laine.
f LAONE (la-o-n'), s. f. Nom donné, dans les environs de Saint-Êtienne, à un fossé qui par une de ses extrémités s'ouvre dans le Rhône, et dans lequel les eaux restent stagnantes.
t I>AOSYNACTE (la-o-si-na-kf) , s. m. Officier de l'Église grecque dont la charge était de convoquer le peuple pour les assemblées.
— ÊTYM. AaoCTUvàxTTi; , de Xâoi; , peuple, et CTuvâfEiv, convoquer, de <rùv, avec, et ày^''' 1 pousser (voy. agir).
[ LAPAGERIE (la-pa-Je-ris) , s. f. Plante du Chili, de la famille des asparaginées.
t LAPAROCÈLE (la-pa-ro-sè 1'), s. f. Terme de chirurgie. Hernie lombaire i travers un écartement des fibres des muscles ou des aponévrose», en dehors de la masse charnue du sacro-spinal.
— ÊTYM. Aowàpa, flanc, et xr|),7i, hernie.
t LAPAROTOMIE (la-pa-ro-to-mie), s. f. Incision du flanc pour une hernie lombaire ou un anus artificiel.
— ÊTYM. Aaitôpa, flanc, et T0|i9|, incision.
t LAPATHINE (la-pa-ti-n') , î. /. Terme de chimie. Principe amer de la racine du rumeiobtiisi/oHttt, L.
— ÊTYM. AâitaOov, patience.
LAPÉ, ÉE (la-pé, pée), part, passé de laper. Le
brouet lapé par le renard , dans la fable de la Fontaine.
t LAPEMENT (la-pe-man) , s. m. Action de laper.
— HIST. XVI* s. Lappement, cotgrave.
LAPER (la-pé), V. a. Boire en tirant la langue,
ce que font certains quadrupèdes, et en particulier le chien. Ce brouet fut par lui servi sur une assiette, La cigogne au long bec n'en put attraper miette. Et le drAle eut lapé le tout en un moment, la font. f'abi. I, <8. IINeutralement. Ce chien fait bien du bruit en lapant.
— HIST. XIII* s. L'aive [il] commenza à laper, MARIE, Fable 49. || xv s. Maintts gens ont esté péris Et sulToquez par trop soupper. Par trop boire et par trop laper D'hypocras, de viande et de vm, E. DESCH. Poésies mss. f" 486.
— ÊTYM. Anglo-sax. lappian; angl. to lap; fliraand, lappen.
LAPEREAU (la-pc-rô), s. m. Jeune lapin de trois ou quatre mois ou au-dessous. Un lapereau sauté.
— HIST. XIV* I. Poucins, lapereaux et cochons, Ménagier, 11, 4. La connille.... porte oredeux, ore trois, ore quatre, ore cinq laperiaux, Gaston phRbus, Livre de citasse, vu, Du connil et de toute sa naturt.
LAP
LAP
— ÉTYM. Dérivé de lap, radical qui est dans lapin (\oy. ce mot).
t LAPICIDE {!a-pi-si-d'), adj. Terme de zoologie Mollusques lapicides, mollusques qui creusent des trous dans lus pierres pour s'y loger. || Terme debotanique. Plante lapicide, plante qui s'établit dans les interstices des rocbes.
— ETYM. Lat. lapkida, qui taille la pierre, de lapis, pierre, et cxdere, tailler.
(.LAPIDAIRE (la-pi-dê-r') , s. m. || 1° Ouvrier qui taille les pierres précieuses. Un jour un coq détourna Une perle qu'il donna Au beau premier lapidaire, la font. Fabl. I, 20. || Celui qui vend des pierres précieuses. || Àdj. On suscita je ne sais quels ouvriers lapidaires de la ville de Gex pour s'y opposer, VOLT. Lett. Trudaine, 43 déc. <"75. ||a° Instrument dont se servent les polisseurs d'acier pour les pièces d'horlogerie, et les fabricants de verres de montre à bords polis.
— HiST. XVI* s. Bénigne de Vauli, marchant lapidere suyvant la court, Bibl. des ch. 6* série, t. i, p. 472. Je ne sçay ou [au] monde si bon lapidaire qui eut sceu estimer la richesse de sa couronne, palsg.
— ÉTYM. Provenç. lapidari; du lat. lapidarius, de lapis, pierre.
2. LAPIDAIRE (la-pi-dè-r^, adj. \\i° Style lapidaire, style des inscri[)tions, qui sont ordinairement gravées sur la pierre, le marbre. Le latin est plus propre au style lapidaire que les langues modernes, à cause de leurs verbes auxiliaires qui allongent une inscription et qui l'énervent, volt. Dict. phil. Langues. \\ Fig. Style lapidaire, style qui présente la concision, la fermeté, la grandeur du style des inscriptions. ||2" Terme de zoologie. Insectes lapidaires, insectes qui font leur nid entre les pierres.
— HIST. XVI» s. Ces pauvres lapidaires [gens ayant la pierre], par l'extresme douleur qu'ils endurent, désirent plus mourir que vivre, paré, xv, av. Les matières lapidaires, en leur première essence, sont liquides, fluides et aqueuses, palissy, 358.
— ÉTYM. Lat. lapidarius, qui a rapport à la pierre, do lapis, pierre.
t LAPIDANT (la-pi-dan), ». m. Celui qui lapide. Les lapidés et les lapidants, volt. Louis XV, 36.
LAPIDATION (la-pi-da-sion ; en vers, de cinq syllabes), s.f.H 1" Action de lapider, et supplice de ceux qui sont lapidés. [11 faut raconter aux enfants] la descente du Saint-Esprit, la lapidation de saint Etienne, la conversion desaint Paul, FÉN. t.xvii,p.47. La femme adultère a mérité la lapidation selon la loi, VOLT. Ruis. II, <o. Il i' Par extension, action de jeter des pierres. C'est dans cette lie que je me réfugiai, après la lapidation de Motiers, i. j. bodss. 6* promenade.
— ÉTY.'ii. Provenç. lapidatio; ital. îapidazione; du lat. lapidationem, de lapidare, lapider.
LAPIDÉ, ÉE (la-pi-dé, dé«), pari, passé de lapider. L'arrêt porté par eux et qu'un hérault proclame Ordonne que la mort réservée à l'infâme De mon corps lapidé disperse les lambeaux, c. delav. Paria, v, 2. Il Substantivement. Il (un curé] eut l'audace de désigner quelques-uns de ses paroissiens, à qui les plus fei-vents constitutionnaires jetèrent des pierres pendant la procession, sans que les lapidés et les lapidants eussent la moindre connaissance de ce que c'eslque la bulle et le jansénisme, volt. LouiS XV, 36.
t LAPIUEMENT (la-pi-de-man), *. m. Action de lapider.
— HIST. XVI* s. Lapidement, cotgravb.
— ÉTYM. Lapider.
LAPIDER (la-pi-dé). V. a. || 1° Tuer à coups de pierres. Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui sont envoyés vers toi, SACi, Bible, Ev. Si Matth. ixiii, 37. Si un bœuf frappe de sa corne un homme ou une femme et qu'ils en meurent, le bœuf sera lapidé, et on ne mangera point de sa chair, m. Bible, lixode, xxi, 28. Philopémen fut enterré très-honorablement, et les prisonniers de Messène furent lapidés autour de son tombeau, hollin, Uist. anc. (ïîue. t. vin, p. 6H, d.in3 pouoKNS. Il Par extension. Le paresseux est lapidé avec la fiente des bœufs; tous ceux qui le touchent se secoueront les mains, saci, Bible, Ecclésiastique, xxii, 2. || Fig. Et eux-mêmes avouèrent que le public les lapidait avec les pierres de Port-Royal qu'ils avaient détruit sous Louis XIV, ▼olt. //«'»(. parlem. ch. 68. J'ai prétendu ériger un monument [le .S'tècîe de Louis XIV\ i la vérité et à la patrie, et j'espère qu'on ne prendra plus les pierres de cet édifice pour me lapider, m. Lett. Uénault, 8 janv. <762. ||î' Attaquer, poursuivre &
coups de pierres. Comme il sortait du village, les enfants se mirent à le lapider. || Fig. Honnir, maltraiter en paroles. Tant pis ! il se fera lapider par les dames, boubsault. Mots à la mode, se. s. Voilà mon ancienne thèse qui me fera lapider un jour. : c'est que le public n'est ni fou ni injuste, sÉv. a août (670. Pour moi je m'en irai là-bas raconter à Virgile qu'il y a un Français qui l'a surpassé dans son art ; j'en dirai autant aux Sophocle et aux Euripide.... et je me ferai peut-être lapider par tous ces morts, jaloux de ce qu'un seul homme a réuni en lui leurs mérites différents, Frédéric II, Lettre à Voltaire, (2 mai (760.
— HIST. XII* S. David forment se cuntristad, car li poples le volt lapider. Bois, p. ( ( 4. || xiii* s. Ele eiist deservi [mérité] destruire et lapider, Berte, xcvii.
il xiv" s Puisque Uieux ot se [sa] char lapidée
En la crois pour sauver la lignie dampnée, Hugues Capet, V. 2ii09. Il XVI* s. Madame, c'est bientost commencé de tourmenter un serviteur et le lapider, MA8G. Nouv. X.
— ÉTYM. Provenç. lapidar; ital. lapidare; du lat. lapidare, de lapis, pierre.
t LAPIDESCENT, ENTE (la-pi-dè-ssan, ssan-f) , adj. Qui se change en pierre.
— ÉTYM. Lat. lapidescentem, se pétrifiant, de lapis, pierre.
t LAPIDECR (la-pi-deur), s. m. Celui qui lapide.
— HIST. xvi* s. Lapideur, cotgrave.
t LAPIDEUX, EUSE (la-pi-deû, eû-z'), adj. Qui est de la nature de la pierre. Les montagnes sablonneuses Kt les lapideuses, bern. de st-p. dans le
Dict. de BESCHEBEILE.
— ÉTYM. Lat. lapidosus, de lapis, pierre.
t LAPIDICOLE (la-pi-di-ko-1'), adj. Terme de zoologie. Se dit de quelques animaux qui se construisent un nid sous les pierres.
— ÉTYM. Lut. lapis, pierre, et colère, habiter. LAPIDIFICATION (la-pi-di-fi-ka-sion), s. f. Action
de se lapidifier. La lapidification d'une couche terreuse.
— SYN. lapidification, pétrification. Bien que, étymologiquement, ces deux mots signifient la même chose , l'usage applique plus particulièrement le terme de pétrification à la transformation en pierre d'un fruit, d'une plante, d'un animal, etc. et lapidification à une masse, à une couche géologique.
— ÉTYM. Lapidifier.
LAPIDIFIÉ, ÉE (la-pi-di-fl-é, ée), part, passé de lapidifier.
LAPIDIFIER (la-pi-di-fi-é) , je lapidifiais, nous lapidifiions, vous lapidifiiez; que je lapidifie, que nous lapidifiions, que vous lapidifiiez, v. a. Donner à une substance la consistance de la pierre. || Se lapidifier, 0. réfl. Prendre la consistance de la pierre.
— HIST. XVI* s. Les matières qui causent la pierre n'ont pas loisir de s'assembler pour s'endurcir et lapidifier, paré, xv, 38.
— ÉTYM. Lat. lapidificare, de lapis, pierre, et facere, faire.
LAPIDIFIQUE (la-pi-di-fi-k'), adj. Propre à former les pierres. Les sucs lapidifiques.
— HIST. xvi* s. Toutes matières lapifiques et métalliques, PALISSY, 370.
— ÉTYM. Lapidifier.
t LAPILLEUX, EUSE (la-pil-leû, Icû-z*), adj. Terme de botanique. Fruit lapiUeux, fruit dans la chair duquel on trouve des corps très-durs, vulgairement appelés pierres.
— ÉTYM. Lat. topi7/us, diminutif de lapis, pierre.
t LAPILLI (la-pil-!i), I. m. pi. Cendres volcaniques. Il Mot latin adopté enagrologie pour désigner les éléments qui composent certains tufs ponceux désagrégés.
— ÉTYM. Lat. lapillus, petite pierre.
LAPIN, INE (la-pin, pi-n'), s. m. et f. \\l' Petit animal quadrupède de l'ordre des rongeurs qui se loge en des terriers. [Après un coup de feu] Je vois fuir aussitôt toute la nation Des lapins qui, sur la bruyère, L'nnil évaillé, l'oreille au guet, S'égayaient et de thym parfumaient leur banquet, la font. Fabl. X, (5. Encore ai c'était qu'on ne fût qu'à la chasse Des lièvres, des lapins et des jeunes daims , passe; Ce sont des animaux d'un naturel fort doux. Et qui prennent toujours la fuite devant nous, mol. Princ. d'Élide, i, 2. Le lapin, qui vient originairement d'Espagne, et qui s'est répandu dans tous les pays tempérés de l'Europe, n'était point en Amérique : les animaux de ce continent auxquels on a donné s<m nom sont d'espèces dillérentes, et tous les vrais lapins qui s'y voient actuellement y ont été transportés d'Europe, buff. Quadrup. t. m, p. (7(. Il Lapin de garenne, lapin sauvage vivant
dans les bois «u dans les garennes. Je riais de la voir avec sa mine étique. Son rabat jadis blanc el sa perruque antique, En lapins de garenne ériget nos clapiers, boil. Sot. lu. Ce serait lui arrachei l'àme que de tuer un lapin dans sa garenne, DANCOURT, la Maison de campagne, se. (.jl Lapin de clapier, lapin domestique élevé dans des loges. Il Barbe de lapin, le grand poil que le lapin a au muse;iu. {| Populairement. Il est brave comme un lanin, c'est-à-dire il est habillé de neuf. || U est propre comme un lapin, il est d'une propreté remarquable. Il II court comme un lapin, il court, il marche avec vitesse. || Se dit quelquefois familièrement d'un homme brave , vigoureux. C'est un fameux lapin. || C'est une lapine, une vraie lapine, c'est une femme qui fait beaucoup d'enfants. Oîi nos femelles vagabondes. Autant que lapines fécondes, Puissent promptement remplacer Ceux que le fer a fait passer, scarr. Virg. m. || En lapin, se dit, à Paris, d'un voyageur assis à côté du cocher. Moi, j'ai une place auprès du cocher, en lapin, comme cela se dit, picard, les Oisifs, se. 23. 112° Lapin d'Amérique et lapin de Java, l'agouti. Il Lapin du Brésil, le cochon d'Inde. |j Lapin de Norwége, aussi appelé lemming de Norwége, ou, simplement, lemming; on dit aujourd'hui lemming norwégique. || Lapin d'Allemagne, voy.spERMOPiiiLE. Il 3" Jean lapin, nom du lapin dans la Fontaine. L'aigle donnait lâchasse à maître Jean lapin. Qui droit à son terrier s'enfuyait au plus vite, la font. Fabl. il, 8.
— REM. Lapine, la femelle du lapin domesticjue; celle du lapin de garenne se nomme hase, bau-
DRILLART.
— HIST. XV* s. Qui boqs lapins mengue [mange], bons lapins le suivent, lerolx de lincy, 1. 1, p. (78. Il xvr s. Il a mémoire de lapin, cotgravb.
— ÉTYM. Wall, napai, lapin mâle; anc. flam. lampe, lamper, lapin mâle. Origine incertaine. Schelery voit un dérivé du radical lep, qui est dans le latin lepus, lièvre; Dioz, un dérivé de clap, clapier, avec suppression de c. De plus, la forme wallonne nopoivientcompliquer laquestion. Lap-in,lap-creau indiquent un radical lap ; voilà tout ce qu'on peut dire.
LAPIS (la-pis') ou LAPIS-LAZULI(la-pis'-la-zu-li), s. m. Noms vuli 'ùr^s du minéralappelélazulite. C'est ce qui distingiii' 'e vrai lapis de la pierre arménienne et delà pierre d'ajijrdont le bleu s'évanouit au feu, tandis qu'il démo ire inhérent et fixe dans le lapislazuli, BUFP. Mir:. t. vu, p. 364. || Faux lapis, nom donné à l'azur-; ) compacte.
— HIST. XV;' s. Deux sallieres de lapis, avec leurs couv.Tcles fie mesme, garnies d'or, taillées etesmaillées de b.'i se taille, prisées ensemble quatre-vingt escus, 1 s LABORDE, Emaux, p. 356.
— ÉTYM. Lat. lapis, pierre, et laxuH qui est la même que asur (voy. ce mot).
t LAPON, ONE (la-pon, po-n'), adj. Qui habite la Laponie. La race lapone. || Substantivement. Les Lapons sont d'une taille petite et trapue. Ordre lui vient [à un follei] d'aller au fond de la Norvéga Prendre le soin d'une maison En tout temps couverte de neige. Et d'Indou qu'il était on vous le fait Lapon, LA FONT. Fabl. vu, 6. || Par extension. C'est un Lapon, c'est un homme d'une très- petite taille.
(. LAPS (laps'), s. m. Mot qui n'a que le singulier et ne s'emploie qu'avec temps : laps de temps, espace de temps.
— HIST. XV* s. Ne leur sens ne leur congnoissance n'estoient pas souffisantes pour congnoisire le préjudice qui leur en povoit advenir par las de temps, coMM. v, (7. || xvi* s. Ces influences semblent aussi par laps de temps et contraires révolutions estre affoiblies, paré, xvi, b. Le coulemcnt et laps de la fontaine cstoyt par trois tubulos et canalz, RAB. Pant. v, 42.
— ÉTYM. X^t. lapsus, écoulement, chute, do labi, s'écouler ^voy. labilf).
2. LAPS, LAPSE (laps', la-ps'), adj. Terme de droit canon, qui ne s'emploie que dans la réduplication : laps et relaps, lapse et relapse. Qui, après avoir embrassé la religion catholique, la quitte pour retourner à sa première croyance. Henri IV, qut de protestant se fit catholique après la .Saint- Barthélémy, et qui plus tard revint au protestantisme, fut traité de laps et relaps.
— ÉTYM. Lat, lapsut, participe de labi, tomber (voy. labile).
t LAPSUS (la-psus'), t. m. Mot latin employé familièrement pour désigner une faute, une erreur, un défaut. Un lapsus de mémoire. {| Lnpsus linguiR, lapsus calami, mots latins dont on se sort dans le langage ordinaire , et qui , signifiant manquement de U langue, manquement de la