MAR0T, II
— ÉTYM. Large, etle suffixe ment; provenç. largamen; catal. llargament ; ital et espagn. largamente.
LARGESSE (lar-jè-s'), s. f. Distribution d'argent ou d'autre chose. Redoute un ennemi qui te fait des largesses, du ryer, Scévole, ii, 3. Un lourdaud libéral auprès d'une maltresse Semble donner l'aumône alors qu'il fait largesse, corn, le U eut. I, (. Cet excès de largesse ou de profusion, mairet, Soliman, II, 2. Pour profiter de sa largesse [du follet qui accordait trois souhaits]. Ils demandèrent la sagesse ; C'est un trésor qui n'embarrasse point, la font. Fabl. vu, o. Quoiqu'il [le mauvais riche] ait fait largesse en mourant dos biens qu'il ne pouvait plus retenir, le ciel est de fer à ses prières, et il n'y a plus pour lui de miséricorde, boss. Serm. linpénit. finale, 3. J'apprends que dans le templu où le plus saint des rois Consacra tout le fruit de ses pieux exploits, Et signala pour moi sa pompeuse largesse.... boil. Luir. vi. De Claude en même temps épuisant les richesses, Ma main sous votre nom répandait ses largesses, rac. Brit. iv, 2. Les large.sses de la main droite doivent être secrètes j)Our la main gauche, dider. Claude et Néron, i, loi. I! Faire ses largesses, se dit quand on donne quelque petite somme aux gens d'une maison où on a reçu l'hospitalité, aux garçons d'un hôtel. || Piiices de largesse, pièces d'or et d'argent que les hérauts jetaient parmi le peuple, au sacre des rois et aux autres cérémonies. || On dit aussi en ce sens largesse. Largesse, ô chevaliers! largesse aux suivants d'armesl V.HUGO, Odes, IV, 12.
- HIST. XIII* s. Largesse est le mileu entre avarice et prodigalité, brun. lat. Trésor, p. 272. Bonne est larguece et cortoisie, Car à maint homme ont fait aïe [aide], Bl. et Jehan, v. .1812. Comment on maintenroit le [la] larguece (largeur] des voies et des quemins, beaum. xxv, 4. || xv* s. Le plus noble et le plus gentil roi en largesse qui regnast en ce temps, le gentil roi Charles de Behaigne, Fnoiss. I, i, 27. Et aultre fois il retendroient Leurs grands largheces et leurs dons, id. Buisson de jonesse. Il xvi' s. D'honneurs et dons te feront grands largesses, marot, iv, 288. L'immodérée largesse est un moyen foible à leur acquérir bienveillance [aux princes] ; car elle rebute plus de gents qu'elle n'en practique, mont, iv, ».
— f.TYM. Provenç. largueia, larguesa, largessa, largeur et largesse ; catal. mod. llarguesa; espagn. largueia; ital. largheiza; du lat. iaryi(ia,que M. L. Quicherat a trouvé dans Nonius sous la forme altérée largatia, et qui vient de largus, large. On disait aussi largelé.
t LARGETS (lar-jè), ». m. pi. Terme de métallurKie. Plaques de fer destinées à passer au laminoir à tôle et à faire des languettes.
LARGEUR (lar-jeur) , t. f. lu plus petite des deux dimensions, lorsque l'on considère une surface : si une table a deux mètres dans un sens et un mètre seulement dans l'autre, la longueur sera deux mètres et la largeur un seul ; si Ion considère les trois dimensions d'un corps, la longueur est toujours la plus grande, la largeur est ordinairement la moyenne, et l'épaisseur la plus petite. La plus grande largeur de l'Egypte se prend d'Alexandrie à Damictte, dans im espace d'environ cinquante
lieues, rolliw, Uist. anc. Œuv. t. i, p. n , dans POUGENS. Malgré la largeur du chemin et les cris de son escorte. Napoléon avait peine à se fuira jour au travers de cet immense cohue [l'armée sor- Uint de Moscou], sèuur, }list. de Aa;). ix, (. || Kii,'. La largeur de ses idées. La seule expérience peut montrer quelle largeur de cœur la simplicité donne,
FÉN. t. VIII, p. 450.
— HIST. XVI* s. Mes mœurs mesmes, qui ne disconviennent de celles qui courent, à peine de ]f largeur d'un poulce.... mont, iv, (3i.
— ETYM. Large.
t LARGUETTO (lar-ghè-tto), adv. Terme de musique, qui, placé en tête d'un morceau, indique qu'il doit être exécuté plus lentement que l'adagio et moins lent que le largo.
— ÉTYM. Ital. diminutif de largo.
LARGO (lar-go), adv. Terme de musique, qui, placé en tête d'un morceau, indique qu'on doit le jouer d'un mouvement très-lent.
— ÉTYM. Ital. largo, large.
LARGUE (lar-gh'), adj. m. || 1° Terme de marine, usité principalement dans cette locution : vent larguL-, vent dont la direction fait avec la quille un angle plus petit quel (2°, en considérant l'ouverture de cet angle tournée vers l'arrière. || Avoir vent largue, aller vent largue, porter largue, naviguer avec le vent largue dans les voiles. || Grand largue, angle du vent plus ouvert encore que celui du largue. Il Se dit d'une manœuvre quelconque qui n'est pas roidie ou arrêtée. || 2° S. m. La. haute mer. Prendre le largue. Tenir le largue. || On dit plus ordinairement, en ce sens, le large.
— HIST. xvr s. Les premiers se jetterent sur la gallere de Beaulieu si hastivemeut, que les autres prenent le largue, j)'aub. llist. 1, 32a. La garde, voyant Dom Alphonse, faict largue, et laisse entrer tout ce qui se présenta, carloix, v, li.
— ÉTYM. Autre forme de large.
LARGUÉ, ÉE (kr-ghé, ghée), part, passé da larguer. Une manœuvre larguée.
LARGUER (lar-ghé), je larguais, nous larguions, vous larguiez; que je largue, que nous larguions, que vous larguiez, v. n. || 1° Terme de marine. On dit qu'un navire largue lorsqu'il gouverne moins près ou qu'il laisse arriver. |{ Le vent largue lorsqu'il change en prenant une direction plus rapprochée de l'arrière. || 2* Se désunir, en parlant de la charpente d'un bâtiment. Ce bâtiment a largué de l'avant; il largue de partout. || On dit de même : Cette pièce de bordage largue. {| 3° Lâciier, donner du mou à un cordage. Larguer l'écoute. || Larguer en retour,filer promptement une manœuvre quelconque. Il Larguer les ris, donner une augmentation do voile au vent. || Largue 1 commandement de larguer, de détourner, de démarer un cordage quelconiiuo.
— HIST. XVI* s. En cette gaieté Monsieur lit larguer [s'étendre] à gauche les bataillons, tant pour corcher plus de plaine que pour esquiver les coups de canon des relformez, d'aub. llist. i, 306.
— ETYM. Largue. Dans le xvi* siècle iorgu* et larguer ne sont pas des termes exclusivement marins.
t LARICINE (la-ri-si-n'), s. f. Terme de chimie. Substance trouvée dans le larix.
— ETYM. Lat. larix, mélèze, et la finale chimique ine.
t LARIDON (la-ri-don), t. m. Nom donné par la Fontaine à un chien qui ne quittait pas la cuisine. Laridon et César, frères dont l'origine Venait de chiens fameux, beaux, bien faits et hardis, À deux maîtres divers échus au temps jadis. Hantaient l'un les forêts et l'autre la cuisine, la font. Fabl. vin, 24. Il Fig. Faute de cultiver la nature et ses dons. Oh! combien de Césars deviendront LaridonsI id. ib. Combien do Laridons passent pour des Césars, sans parler de César Berthierl p. l. cour. Lettres, 12 août 18U6.
— ETYM. Lat. laridum, lard.
LARIGOT (la-ri-go), s. m. \\ 1° Espèce de fliHe ou de petit flageolet, qui n'est plus en usage, et qu'imite un des jeux de l'orgue, dit jeu de larigot. Il 2° Populairement. Boire à tire-larigot, boire excessivement. Il On dit aussi en tire-larigot. Je veux boire avec lui, m'en dùt-il coûter pot, Et trinquer tète à tète en tire-larigot, hauterocue, l'Amant qui ne (latte pas, m, i .
— HIST. XV* s. On luy apporte [au mari] le demeurant des valets, qui l'auront pauouillé toute la journée, beuvanten tire-larigot, 6* de* qutnx*' jii/c*' du mariaige. Perdrons-nous, pour femme et mesgnie. De boire à tirelarigotî Fault il laisser tout plein le pot? bassf.lin, Vau de Vire, 4i. || xvi< s. Les villaKcois venoient aux festes chanter ot danser, makies et femelles pesle-mesle, à tirelerigot....
LAR
LAR
LAR
et beuïoient tous à tirelerigot à sa santé, paré, t. ui, p. TSl. Elle vous briffoit [mangeait] en asne debasté, et humoit du pyot en tirelarigot, Àprèsdisnées de ChoUères, (65. Et pour l'appaiser lui donnoit à boire à tirelarigot, rab. i, 8. Larigau et
laringuau, coTcnAVE Margot Qui fait sauter ses
bœufs au son du larigot, bons. 732. Herbes, qui boutonnez, vertes âmes sacrées, Si sous mon liarigot reverdir je vous voy, id. 747. [Un pasteur] Oui lient un harigot et fleute entre les bœufs, id. 3 4. Jouer de larigot, le Facétieux réveille matin, éd. de 1654, p. 253.
— ÉTYM. Bourguig. tirelarigô (en (660), et tôrelôrigô (en (682). La forme primitive est arigot ou harigot; dans larigot il y a agglutination de l'article, comme dans lendemain. On ne sait d'où vient ce mot; Scheler indique avec doute le latin arinca, qui signifie une espèce de blé; de sorte que Varigot serait primitivement un chalumeau, en latin fistula. Quant à tire-larigot, on n'y peut voir qu'une expression populaire analogue à flûter, qui veut dire aussi boire. On a prétendu que Rigaud ou Rigault, archevêque de Rouen, avait donné une très-grosse clochb à la cathédrale de cette ville, que cette cloche fut nommée la rigault, et que, quand on avait tiré la rigaud, on était altéré. Les textes ne justifient pas cette origine; on n'y trouve aucune allusion à Rigault ni à la cloche; de plus Rigaut est du xiu' siècle; il n'a été trouvé d'exemples de cette locution que dans le xv; et, quand, au mot tire-larigot, l'Académie dit que, selon quelques-uns, il faudrait écrire à tire la rigaud, elle suit une historiette qui ne paraît pas ancienne et que rien ne garantit.
t LARINOÏDE (la-ri-no-i-d'), adj. Terme didactique, yui ressemble au lard.
— F.TYM. Aapivè;, gras, engraissé.
LARIX (la-riks'), s. m. Terme de botanique. Nom latin employé à présent en français pour désigner le genre mélèze (conifères) , dans lequel on dislingue le Jarix européen, dit vulgairement mélèze, et le larix américain, appelé épine rouge, le-
GOARANT.
— ÉTYM. Lat. larix, mélèze ; grec, Xôptï.
LARME (lar-m'), ». f. || 1° Goutte d'humeur limpide qui sort de l'œil et dont la cause est ou une action physique ou une émotion morale. Et mon trépas aura des larmes De quiconque aura de l'amour, MAtu. V, 20. Les larmes lui tombent des yeux à grands flots, vaugel. Q. C. vi, 9. Moi-même en cet adieu j'ai les larmes aux yeux, corn. tfor. n, 8. Quand pourra mon amour baigner avec tendresse Ton front victorieux de larmes d'allégresse ? id. Ilor. rv, 2. Un soupir, une larme à regret épandue, id. Poly. II , 2. Elle [une pièce] ne va pas jusqu'à tirer des larmes, m. Nicom. Examen. Pour me voir mairxenant demander avec larmes Ce que j'ai mérité par le sang et les armes, mairet, Sophon. iv, 5. Ces soupirs ridicules et ces larmes niaises ont fait rire tout le monde, mol. Critique, 7. Non, ce n'est pas toujours de tristesse que l'on pleure; il entre iien des sortes de sentiments dans la composition des larmes, sév. (I sept. (680. Monsieur le Prince [Condél eut cette consolation en mourant [d'obtenir le retour du prince de Conti à la cour]; mais jamais une joie n'a été noyée de tant do larmes, id. (3déc. (686. Je fus accablée de tous côtés de ses louanges [données à un de ses amis], et, suivant ma bonne coutume, les grosses larmes me tombaient des yeux, ID. (!) juin. (690. Que votre amitié trop tendre ne vous fasse pas jeter des larmes que votre raison doit condamner, id. 30 nov. (6H». Pour nous à qui Dieu par sa. grice a révélé ses vérités, nous avons lu dans ses Ecritures qu'il y a un temps de pleurer et une mesure de larmes; que le soleil, qui ne doit jamais se coucher sur notre colère, ne doit pas se coucher plus do sept fois sur notre affliction, fléch. Lamoignon. Combien à vos malheurs ai-je donné de larmes! RAC. Àndr. 1, (. [Les flatteurs vous diront] Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamné, El d'un sceptre de fer veut être gouverné, id. Ath. IV, 3. Vos larmes, que ma main pouvait seule arrêter, ID. Bajaz. II, 6. Périsse le Troycn auteur de nos alarmes. — Sa perte à se» vainqueurs coûtera bien des larme», id. Iph. ii, 3. Je ne viens point ici, par de jalouses larmes.... ID. Andr.iu, 4. Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larme», id. Brit. 11, 2. Et le» larmes du juste implorant son appui [de Dieu] Sont précieuses devant lui, id. Etth. ni, 3. Qui changera mps yeux en deux sources de larmes Pour pleurer ton malheur? id. Athal. m, 7. Sans jeter une seule larme, la bruy. xi. Je l'arrosai do œe» larmes sans lui répondre, fén. Tél. m. Nous
SICT. DB I^ I.A»aUS FAA.-«UA13S.
ne pûmes retenir nos larmes, id. ib. vi. Il versa sur lui des larmes pieuseâ, id. ib. xvii. Il versait des larmes amères, lo. ib. xxi. [K la mort du Dauphin] M. le duo de Bourgogne pleurait d'attendrissement et de bonne foi, avec un air de douceur, des larmes de nature, de religion, de patience; M. le duc de Berry, tout d'aussi bonne foi, en versait en abondance, mais des larmes pour ainsi dire sanglantes, tant l'amertume en paraissait grande ... Mme la duchesse de Bourgogne consolait aussi son époux, et y avait moins de peine qu'à acquérir le besoin d'être elle-même consolée.... quelques larmes, amenées du spectacle, et souvent entretenues avec soin, fournissaient à l'art du mouchoir, pour rougir et grossir les yeux, saint-sim. 293, 343. Que de larmes vont couler! Je n'en doute pas, repartit Asmodée; mais il y en aura bien de commande, lesage, Diabl. boit. ch. (3, dans pouGENS. Vaincu par la beauté, désarmé par les larmes, volt. Orphel. m, 4. Les larmes sont le langage muet de la douleur, id. Dict. phil. Larmes. Nul de nous n'a vécu sans connaître les larmes, ID. Loi nat. part. 3. Leurs yeux étalant remplis de ces heureuses larmes, De ces larmes qui font les plaisirs des amants, ib. Henr. ix. Mme d'Êpinay reçoit des lettres charmantes de M. de Voltaire; il disait en l'une des dernières que le diable avait assisté à la première représentation de Tancrède sous la figure de Fréron, et qu'on l'avait reconnu à une larme qui lui était tombée des loges sur le bout du nez, et qui avait fait pish comme sur un fer chaud, diderot, Lettres à Mlle Yoland. Aussi tous mes sujets, les larmes dans les yeux, Porteront à l'envi vos vertus jusqu'aux cieux, ducis, Roméo, IV, 2. Elle entendra mes pleurs, elle verra mes larmes, a. ciién. Êlég. 22. Les reines ont été vues pleurant comme de simples femmes, et l'on s'est étonné de la quantité de larmes que contiennent les yeux des roisi chateaubr. Atala, le Drame. De l'œil des rois on a compté les larmes; Les yeux du peuple en ont trop pour cela, bérano. Ém. Debraux. C'est ta jeunesse et tes charmes Qui m'ont fait désespérer, Et, si je doute des larmes. C'est que je t'ai vu pleurer , a. de musset, Nuit d'octobre. Une larme en dit plus que tu n'en pourrais dire; Une larme a son prix , c'est la sœur d'un sourire, ID. Idy/Je. Il larmes se dit avec pleurer. Je voudrais, ma bonne, que vous fussiez venue avec moi après dîner [à une lecture que Corneille fit de sa Pulchérie].... vous auriez peut-être pleuré uno petite larme, puisque j'en ai pleuré plus de vingt, SÉV. (5janv. (773. J'ai vu Briolle, qui m'a fait pleurer les chaudes larmes par un récit naturel et sincère de cette mort [du prince de Condé], id. (3déc. I6S6. Il Rire aux larmes, rire jusqu'à ce que les yeux en pleurent, rire beaucoup. Cette sottise a fait rire M. de Chaulneset d'Arrouy jusques aux larmes, sév. 77. Nous avons ri aux larmes de votre madame de la Charse et de Phili» sa fille aînée âgée de trenteneuf ans, ID. 216. Il Faire venir les larmes aux yeux, exciter un attendrissement qui va jusqu'aux larmes. Leur contenance triste me fit venir les larmes aux yeux, SÉV. (90. || On dit dans un sens analogue : Les larmes lui viennent aux yeux. Les larmes lui vinlent aux yeux, fén. Tél. xii. || Fig. Des larmes de sang, se dit pour exprimer un très-violent chagrin. Pourvu qu'Adélaïde, au désespoir réduite, Pleure en larmes de sang l'amant qui l'a séduite, volt. Àdél. du Guescl. IV, b. Pleure en larmes de sang ta lâcheté funeste, H. t. cnÉN. Gracques, m, (2. Il Pleurer à chaudes larmes, être tout en larmes, fondre en larmes, se noyer dans les larmes, pleurer abondamment. Je reçois vos lettres comme tous avez reçu ma bague : je fonds en larmes en lei lisant, SËV. (6. Je la trouvai tout en larmes, id. 41». Si l'on ne glissait pas dessus, on serait toujours en larmes, id. 24. Ses valets de chambre'[de Turenne], ses laquais, ses pages, se» trompettes, tout était fondu en larmes et faisait fondre les autres, id. 28 août (075. Tout s'attendrissait, tout fondait en larmes, flSch. Dauph. Il S'abreuver do larmes, vivre dans le» larmes, vivre de larmes, pleurer sans cesse, vivre dans la douleur, dan» l'affliction. Me nourrissant de fiel, de larmes abreuvée, bac. Phèdre, iv, 8. Il Sécher, essuyer se» larmes, se consoler. || Essuyer les larmes de quelqu'un , calmer son affliction, le consoler. Dans une bcuro au plus tard vous essuierez ses larmes, codn. Poly. i, t. On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère, ràc. Andr. i, 4. Il Mêler ses larmes à celle» de quelqu'un, partager sa douleur, s'affliger avec lui. |{ Avoir recours aux larmes, pleurer pour fléchir, pour attendrir celui qu'on suppUe. || Avoir des larmes dans la voix, avoir
une voix qui, dans les moments d'attendrissement, fait partager l'émotion. || Terme de théâtre. Avoir des larmes, savoir pleurer. Mademoiselle Sainval, comme je vous l'ai dit, me demande à jouer Olympie; si elle a ce qu'on n'a plus au théâtre, c'est-àdire des larmes, de tout mon cœur, volt. Lett. d'Argental, ( ( avril (767. || Avoir le don des larmes, pleurer à volonté. Je crois vous avoir déjà dit Qu'il [Ênée] donnait des pleur» à crédit Et qu'il avait le don des larmes, scabhon, dans le Dict. de besche- KELLE. Il II signifie aussi pleurer de façon à faire pleurer les autres. On me mande qu'elle [une actrice] joue avec beaucoup d'intelligence et de vérité, mais qu'elle n'est pas d'une figure agréable et qu'elle n'a pas le don des larmes, volt. Lett. Richelieu, 27 mai (767. Il La larme à l'œil, en versant quelque» larmes. La larme à l'œil, le regret dans le cœur, la confusion sur la face, il [un pécheur] vient crier miséricorde, Boss. i" sermon, Pâques, 2. Le 23, le duc de Bourgogne fit assassiner le duc d'Orléans, et le lendemain assista à ses funérailles la larme à l'œil, et portait un des coins du drap mortuaire, ST-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. v, p. (92, dans pou- GENS. Il Familièrement. Avoir toujours la larme à l'œil, s'attendrir très-facilement, ou affecter une grande sensibilité. || Fig. Larmes de crocodile, larmes hypocrites, répandues dans le dessein de tromper, comme la fable raconte que le crocodile feint de gémir pour attirer sa proie. || Fig. et poétiquement. Les larmes de l'aurore, la rosée. 112° Physiologiquement. Humeur excrémentitiella qui est sécrétée par la glande lacrymale, lubrifie le globe de l'œil, en facilite les mouvemenis dans l'orbite, et qui n'a avec l'expression des émotions qu'un rapport secondaire. Il 3* Espèce de symbole destiné le plus souvent aux monuments funèbres, lequel a la forme d'une larme. Un drap mortuaire semé de larmes. Venez tous ! soit qu'au sein des jeux et des alarmes. Votre écu de Milan porte le vert dragon. Le manteau noir d'Agrasemé de blanches larmes.... V. HUGO, Odes, IV, (2 J'ai, faible
et plein d'alarmes. Vu trois fois un drap noir semé de blanches larmes Tendre ce corridor, id. F. d'aut. 0. Il En larme ou en larmes, en forme de larmes. Le» ailes sont noires aussi, mai» marquetées, avec assez de régularité, de taches d'un blanc obscur arrondies et en larmes, buff. Ois. t. xiu, p. ( ( ( . || Terme d'architecture. Larmes ou campanes, ornements qui pendent en forme de clochettes sous la corniche dorique et sous d'autres membres. On dit plus ordinairement goi^tte.lj 4° Familièrement et par similitude. Une goutte, une petite quantité d'un liquida. Dbnnez-moi une larme de vin. || 5° Suc qui coule de plusieurs arbres ou plantes, soit naturellement, soit quand on les taille. Les larmes de la vigne. Il Larmes de sapin, liqueur qui s'amasse entre l'écorce et le bois de sapin et qui a l'odeur de la térébenthine. Il 6" Larmes de cerf, liqueur é()aissio dans deux fentes que le cerf a au-dessous des yeux, et qui sont les ouvertures des larmiers. || 7° Terme do pharmacie. Petite masse arrondie do substance molle ou peu dure. Manne en larmes. || 8* Larmesde-verre, ou larmes bataviques, petites masses de verre en fusion qu'on a laissées tomber dans l'eau froide et qui, par suite d'un refroidissement inégal, dû à la mauvaise conductibilité du verre pour le calorique, deviennent telles que, si l'on vient à casser la queue, la tête se met en poussière; c'est là le phénomène qui excitait l'admiration des physiciens au xvii* siècle. || Larmes volcaniques, masses de matière» vitreuses, affectant des formes plu» ou moins arrondies. {| 9° Terme de chasse. Larmes de plomb, petit plomb pour tirer les petits oiseaux. || 10° Larme-de-Job, un de» nom» vulgaires du coix larme (graminées), dit aussi larmilles, larmier et herbe à rosaire, dont les fruit» renferment une semence grosse comme un puis, d'un beau poli et de couleur jaunâtre, tirant sur un brun rouge. C'est aussi le nom du slaphylier pinné ou à feuille» ailée», appelé encore patenétiier. Il Larme-du-Christ, le grémil.
— SYN. LABiiEs, PLEUiis. Pleur» n'est synonyme de larmes qu'au pluriel. Un pleur, d'ailleurs usité leulement dans le style biblique et le style élevé, signifie lamentations ; et, au pluriel, j1 retient quelque chose de cette signification : Elle entendra mes pleurs, elle verra mes larme», dit A. Chénier cita plus haut. Larme est proprement l'humeur limpide qui humecte les yeux, quelle que soit la cause qui la fasse couler, Pleurs indique toujours uno émotion, et presque toujours uns émotion triste. L'oignou coupé ou épluché fait v«nir des larmes dans les yeux et non des pleurs.
LAR
— HIST. xn* I. Mais si co [ce] avient par vus, vus le purrez suffrir, Mais tuz li vis [visage) de lermes vus en devra corrir, Th. le mart. 84. Mis en iert [sera] li roiaumes en larmes et en plors, So*. xxvii. La dame fist à Deu sun présent et sa oblatiun ; sun quer [cœur] menne chaldes [chaudes] lermes, flot», p. 3. Les larmes lor vienent as ex [aux yeux], BAUTiER li'ABRAS, IIU tt Gd/eroT». || xui* s. De la pitié qu'en a, mainte larme a plorée, Berte, xlvi. Là plore à lermes espandues Les granz honors qu'ele a perdues, la Rose, 6)85. Et alors li cheoient les lermes des yei moult grosses, ;oinv. 22». Il XV* g. Je vous donne cette verge [bague] qui est d'or, esmaillé de larmes noires, louis xi, Nouv. XXVI. Il XVI' s. Vous n'avez que des larmes aux yeux, et eux les armes aux mains, d'aub. Hist. 11, 486. Les gommes, larmes, ou liqueurs espaisses, et résines, PARÉ, XXVI, n. Eu larmes de fol ne se doit on fier, cotgrave. Mieulx est de ris que de larmes escripre, Pour ce que rire est le propre de l'homme, BAB. Aux lecteurs.
— Etym. Wallon, Mme; namur. Idrme; provenç. lacrima, lacrema, lagrema ; catal. Uagrima; esp. et ital. lagrima; du iat. lacryma, lacruma, anc. forme dacrima, congénère avec le grec jâxpu; comparez le gothique Jagr, larme; anc. haut allem. fahar; angl. tear; et le celtique : kimry, daigr, dagar; bas-bret. dairawen.
I LARMEUX, ECSE (lar-meû, meû-z') ,adj. Terme didactique. Qui est en larmes. Le benjoin à Santafé est en masses non larmeuses.
4. LARMIER (lar-mié; l'r ne se prononce et ne se lie jamais), s.m. Il l*Terme d'architecture. Saillie pour empêcher l'eau de couler le long d'un mur. || Le couronnement d'une souche de cheminée. || Retraite de maçonnerie terminée par un talus et une saillie qui sert d'ornement à une pile, à une façade de pont, en guise de plinthe ou de cordon. || 2° Terme de menuiserie. Partie lisse et horizontale qui forme plafond, dans une corniche.
— HIST. XVI' s. Larmier est la jetée de la tuile, ou autre chose, issant du couvert d'une maison, outre l'aplomb de lamuraille, pour jeter le degout coulant de la couverture au loin d'icelle muraille, nicot, Dict.
— ÉTYM. Larme, à cause que le larmier pleure pourainsi dire; wallon, larmlredicdee, soupirail.
f a. LARMIER (lar-mié), *. m. Synonyme de larme-de-Job (voy. labme, n° *0).
3. LAR.MIER (lar-mié), s. m. || 1° Terme de dessin. L'angle de l'osil le plus rapproché du nez, celui dans lequel se forment les larmes. || 2° Chez les cerfs, sac membraneux, à parois glanduleuses, sécrétant une humeur épaisse, onctueuse et noirâtre, qui est situé dans une fosse sous-orbitaire de l'os maxillaire, et qui s'ouvre au dehors par une fente longitudinale de la peau. Les gazelles ont, comme le chevreuil, des larmiers ou enfoncements au-devant de chaque œil, buff. Quadrup. t. y, p. 32e. Il 8' Terme de vétérinaire. Parties qui, dans le che- Tal, répondent aux tempes de l'homme. Saigner un cheval aux larmiers.
— HIST. xvr s. Larmier, entre mareschaux de chevaux, est la veine la plus proche de l'œil du cheval, nicot, Dicl.
— ETYM. i;,arTOc;bourguign.Zarmet,coiB de l'œil. LARMIÈRES (lar-miè-r'), ». f. fil. Synonyme de
larmier, chez le cerf.
t LARMILLE (lar-mi-U', Il mouillées), s. (. Synonyme de larme-de-Job (voy. larme, n' <o).
— ÊTYM. Diminutif de larme.
LARMOIEMENT (lar-moî-man),». m. Écoulement
de larmes involontaire et continuel. Le larmoiement est un des symptômes de la fistule lacrymale.
— HIST. XVI" s. Larmoyement, cotgrave.
— ÉTYM. Larmoyer.
LARMOYANT, ANTE (lar-mo-ian, ian-t'; quelques-uns disent lar-moi-ian', adj. || 1° Qui larmoie. Il vint tout larmoyant implorer des secours. Des yeux larmoyants. Avec ces manières larmoyantes, elle [Mme la duchessel arracha du roi 30,000 écus de pension,ST-siM. 2«2,7"||2»0ui faitcoulerdes larmes. Votre style n'est pas larmoyant ; et nous jugeons que Totre état est encore plus triste que vous ne nous le dépeigneZjMAiNTENON, LeW.au duc d«lVoat7(e4,25nov. «740.11 8'TermedeUttéralure. Il se dit, presque tou- |oursen mauvaise part ou avec une intention cpitique, de pièces ds théSitre plus attendrissantes que gaies ou terribles. Le genre larmoyant. Peut-être les comédies héroïques sont-elles préférables à ce qu'on appelle la tragédie bourgeoise ou la comédie larmoyante; en effet cette comédie larmoyante, ab- ■olument privée de comique, n'est au fond qu'un monstr» lé de l'impuissance d'être ou plaisant
ou tragique, volt. Comm. Corn. Rem. D. Sanche, Préf. commentât. Ce serait aujourd'hui une trop grande impertinence d'entreprendre de faire rire le public, qui ne veut, dit-on, que des comédies larmoyantes, id. Lett. à Lekain, 2b avr. 4 770. Il S. m. Le larmoyant et le comique constituent par leur mélange ce qu'on nomme le drame. La métaphysique et le larmoyant ont pris la place du comique, volt. Lett. d'Argcntal, 24 nov. (770. Et tous les deux nous fîmes par moitié Un drame court et non versifié, Dans le grand goût du larmoyant comique, iD. le Pauvre diable.
LARMOYER (lar-mo-ié; quelques-uns disent larmoi-ié. Il se conjugue comme employer), v. n. Jeter des larmes. Les yeux larmoient dans la rougeole. Adieu, restaurateur de Troie; Peu s'en faut que je ne larmoie, scabr. Virg. m. Par passe-temps un cardinal oyoit Lire les vers de Psyché, comédie; Et, les oyant, pleuroit et larmoyoit, j. b. bouss. Épigr. I, 8. Il II se conjugue avec l'auxiliaire otoir.
— HIST. XII* s. Oit le [l'entend] la dame, si prist à larmoier : Biax fix, dist-ele, ci a grant destorhier, Raoul de C. 46. Il XIII' s. Quant li baron le voient, chascuns de doel lermie, Ch. d'Ànt. 11, 749. Que te vaut donc le corroder. Le lermoier et le grouoier? la Rose, 6874. || xv* s. Si je ploure après, ou larmoi, Il m'est avis, il n'en fait cure, froiss. Le dit dou florin. Il xvr s. Ces poètes et joueurs de lyre larmoyans et plaintifs, amyot, Numa, 8. Alors respondit le bon vieillard en larmoyant : Mon enfant, Dieu t'en doint la grâce! le Loyal serviteur, 1.
— ÊTYM. Provenç. iusrnmejar; catal. llacrimejar; du latin lacryma, larme, avec la terminaison verbale oyer, ejar.
t LARMOYEUR, EUSE (lar-mo-ieur, ieû-z'), *. m et f. Celui, celle qui larmoie. Un tableau d'Ary Scheffer est intitulé le Larmoyeur,LEGOARANT.
LARRON, ONNESSE (la-ron, ro-nè-s'), s, m. et f. Il 1° Celui, celle qui commet un larcin, qui dérobe furtivement. Quand avons-nous manqué d'aboyer au larron î Témoin trois procureurs, dont icelui Citron A déchiré la robe.... rag. Plaid, m, 3. Quand on veut Atre le maître , pour la fin le moyen ; maître et bon, maître et juste[il s'agitde cruautés commises en Italie par Napoléon I"], ces mots s'accordent-ils? oui, grammaticalement, comme honnête larron, équitable brigand, p. l. cour. Lettres, i, 202. || Fig. Larronnesse des cœurs, tu n'échapperas pas, scabr.
Jodclet, IV, 3 Ses soins ne purent faire-Qu'elle
échappât au temps, cet insigne larron, la font. Fabl. vu, 6. Sans courroux, ma comtesse ; Vous savez que nature est un peu larronnesse, th. corn. Comtesse d'Orgueil, iy,6. || Fig.Unlarron d'honneur, celui qui 6te l'honneur à un mari. Guerre, guerre mortelle à ce larron d'honneurl mol. Sgaii. 2i. C'est un larron d'honneur Qui subornait ma mère et ma sœur et ma fille, legrand. Famille eztravag. se. 27. Or il faut que je sorte une heure, et moi qu'on nomme Ruy Gomez de Sylva, je ne puis l'essayer. Sans qu'un larron d'honneur se glisse & mon foyer, v. hl'GO, llemani, i, :). Il Donner au plus larron la bourse, confier la garde de l'argent , le soin de la dépense à celui dont on devrait le plus se défier; par allusion à Judas, à qui la bourse avait été confiée. || On dit dans le même sens : au plus larron la bourse. Voilà les finances en bonne main ! mais ce n'est plus que la coutume : au plus larron la bourse, oui patin, l.ctt. t. II, p. 21. Il Fig. Ils s'entendent comme larrons en foire, se dit de gens qui sont d'intelligence ; le plus souvent il se prend en mauvaise part. Ils s'entendent tous deux comme larrons en foire, mol. le Dép. m, 8. Vous vous entendez tous deux comme larrons en foire pour le bien du genre humain, volt. Lett. à Cath. 1. 1| On dit d'un habit très-usé, qu'il fait peur aux larrons, parce qu'il montre la corde. || 2° Larron se dit particulièrement des deux voleurs qui furent mis en croix avec Jésus-Christ. Le bon larron, le mauvais larron. Lejay vient de mettre Voltaire Entre la Beaumelle et Fréron ; Ce serait vraiment un calvaire , S'il s'y trouvait ur. bon larron, volt. Sur un portrait de lui où il était représenté entre la Beaumelle et Fréron. \\ 3" Terme d'imprimerie. Pli qui se trouve dans une feuille de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans l'impression. || Morceau de papier qui, se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression, et laisse un blanc. || 4° Terme de relieur. Feuillet d'un livre, qui, demeurant plié par un des bouts, ne se trouve pas rog»é par cet endroit, et qui, de la sorte, a plus do papier qu'il n'en devrait avoir. {1 5" Nom donné aux pellicules sèches qui sont dans les plumes et qui boivent ou dérobent l'encre
LAR
quand on écrit. || Nom donné aux bouts de mèche qui tombent sur la chandelle ou la bougie, brûlent encore et la font couler. || 6" Terme de ponts et chaussées. Larron d'eau, canal pratique pour l'écoulement des eaux. Il Se dit aussi de petits trous que les anguilles pratiquent aux chaussées, en s'enfonçant dans la terre mal corroyée, et par lesquels l'eau des étangs s'échappe. || Proverbes. L'occasion fait le larron , c'est-à-dire souvent l'occasion fait faire des choses répréhensibles auxquelles on n'aurait pas songé. Il Demandez à mon compère si je suis larron. || Tant prend larron qu'on le pend. || Il ne faut pas crier au larron, se dit quand on n'a payé que le juste prix d'une marchandise.
— SYN. LARRON, VOLEUR. Le larron dérobe furtivement. Le voleur s'empare du bien d'autrui soit furtivement soit par violence.
— HIST. XI' s. E s'il pot dedenz un an et un jur trover le larun, Lois de Guifi. 4. |1 xn* s. Li pastro deit.... El'oeille [brebis] malade sur l'espaule porter. Ne la deit pas laissier al larrun estrangler. Th. le mart. 29. One n'i ot si hardi ne tremblastcom larron, Sax. XXII. Il xiii' s. S'on prent, par droit, d'un larron la justise. Doit-on desplaire as loiaus, de néant? QUESNES, Romane, p. 89. Moût ot Tybers li lerres le cuer très courroucé, Berte, xxi. Elle, en sa personne, tout soit ce qu'elle en use mauvaisement, ne doit pas e.stre justicie comme larrenese, beaum. xxx, 07. Et si vairoel [yeux] fremiant. Larron d'embler cuer [cœur] d'amant, cité dans coussemaker, l'Art harm. p. 233. La nuit fist l'eschargaite Godefrois de Buillon ; Et Solimans monta et tout si compaignon ; Celé nuit sont entré en l'os Dieu [l'armée de Dieu] à larron [furtivement], Ch. d^Ant. m, 795. Bien est lerres qui larron emble, Fabliauxmss. p. 462, dans LACUBNE. Nul malfaiteur, ne liarre ne murtrier n'osa demourer à Paris, qui tantost ne feust pendu ou destruit, jomv. 297. || xiV s. Si dient qu'il seroit à fourques [fourche?] boins pendus [bon pendu, bien pendu] Pour le grant larrecin qui de lui est isus; Maisencor n'a on mie tous les larons pendus, Baud. de Scb. X, 679. Il XVI' s. La chose bien gardée est difficilement perdue, et l'abondance fait le larron, MARG. Nouv. X. Le trou [déversoir] est appelle larron comme derobantl'eau.— Untrou ou larron, pour vuider l'eau importune, afin de garder de crever les tuiaux, o. DE SERRES, 768. De tout temps les gros larrons ont esté plus épargnez que les petits, voire que les gros ont ordinairement pendu les petits, selon le proverbe ancien, h. est. Xpol. pourllérod. p. I36, dans LACURNB. D'un larron privé on ne se peut garder, COTGRAVE. i gros larrons grosse corde, leroux DE LiNCY, Prov. t. II, p. 17(. Xqui tousjoursde dons tu uses, Larron le fais si le refuses, lu. ib. p. 230.
— ÊTYM. W^allon, Idron, liére; provenç. laire, lairo; catal. lladre ; espagn. ladron; ital. ladro; du Iat. latronem, contraction de latero, de latus, côté (voy. latéral). Le latro fut primitivement un soldat qui gardait le côté, la personne du prince ; puis il signifia soldat mercenaire (voy. les dictionnaires latins), et finalement prit un sens péjoratif, à peu près comme brigand qui, signifiant d'abord une espèce de soldat, passa au sens de voleur de grand chemin. Curtius préfère rapprocher latro du grec Xaipî;, mercendre. En provençal laire, en français 1ère est le nominatif, venant de Idtro; lairo, larron est le régime, venant de latronem. L'italien ladro est formé soit du nominatif latro (ce qui est peu probable, vu que la formation se fait presque toujours par l'accusatif), soit d'une forme barbare latrus.
LARRONNEAU (la-ro-n6), s. m. Terme familier. Petit larron, qui ne dérobe que des choses de peu de valeur. C'est à faire à ces petits larronneajix de se servir des ruses que tu me conseille», vaugel. Q. C. I, (3.
—HIST. xu* S. Ne sai quel robeeur nouvel, Ou grant laron ou laroncel.... Brut, ms. f° »i>, dans LACUHNE. Il xui'.s. L'en ledeiist miex mener pendre Que tuit ces autres larronciaus Oui deniers emblent à moDciaus, la iiote, 740). ||xv' s. Nourrissent et soustiennent une nuée d'autres larronciaux pour rober sur le peuple,ALAiN chartier, Quadrilogue invectif. Il XVI' s. Larronneau premier d'esguillette , Avec le temps de la boursette, leroui db lincy, Prov. t. II, p. (71. Un tas de larroneaux, la boetie. Servit, vol.
— ÊTYM. Diminutif de larron.
t LARRONNIÈRE (la-ro-niè-r'), s. {. Repaire de larrons.
— IHST. XV' s. C'est un pays destruit et larronniere. Vigiles de Ch. VLl, f. *»t, dans lacubnk.
— ÉTYM. Larron.
LAR
f LARVAIRE (lar-vê-r'), i. m. Terme de géogno- Bie. Nom donné à de petits corps cylindriques, poreux, percés dans leur centre, qu'on trouve dans certaines couches coquillières.
— ÉTYM. Larve 2.
i . LARVE (lar-v') , s. f. Terme d'antiquité. Génie malfaisant, qu'on croyait errer sous des formes hideuses. Filles de l'Achéron, pestes, larves, furies, CORN. Uédée, 1, 4. Voilà que de partout, des eaux, des monts, des bois, Les larves, les dragons, les vampires, les gnomes... v. hugo, Bail. xiv. || Par extension. Elle [la vérité] regarde ces larves [les philosophes du xviii* siècle], et tous sont retombés dans leur fauteuil, tremblants comme le feuillage que les vents agitent, gilb. le CamotoJ des auteurs.
— ÊTYM. Lat. Jarra, fantôme, masque. Le sens primitif de larva est fantôme; on le rattache à lara, larunda, déesse des morts.
i. LARVE (lar-v'), ». f. Terme d'entomologie. Premier état des insectes, celui dans lequel ils se trouvent après leur sortie de l'œuf, époque à laquelle leur forme est pour ainsi dire déguisée ou masquée sous celle de ver. La chenille est la larve du papillon. Il Se dit quelquefois des reptiles batraciens à l'état de têtards. || Demi-larve, larve des orthoptères qui n'a pas l'apparence vermiforme comme celle des autres insectes.
— ÊTYM. Lat. larva, masque (voy. larve i] ; parce que l'insecte ailé est pour ainsi dire masqué dans la chenille.
t LARVÉ, ÉE (lar-vé, vée), adj. Terme de médecine. Fièvres larvées, nom donné à des afTectlons diverses, mais de caractère périodique, ayant une marche plus ou moins obscure, présentant quelque analogie avec les fièvres intermittentes, et cédant aux mêmes moyens.
— ÉTYM. Lat. larvatus, de larva, masque.
t LARVICOLE (lar-vi-ko-l'), adj. Terme de zoologie. Parasite larvicole, parasite qui vit dan? le corps des larves d'insectes.
— ÉTYM. Larve i, et le lat. colère, habiter.
f LARVIPARE (lar-vi-pa-r'), adj. Terme de zoologie. Insectes larvipares, ceux qui, au lieu d'oeufs, pondent des larves.
— ÊTYM. Larve 2, et le lat. parère, enfanter.
t LARYNGALGIE (la-rin-gal-jie), *. f. Douleur au larynx, névralgie laryngienne.
— ÊTYM. Larynx, et âXyo:, douleur.
LARYNGÉ, ÉE (la-rin-jé, jée), adj. Terme d'a-
natomie. Qui appartient au larynx. Nerfs laryngés. Il Phthisie laryngée, sorte de laryngite chronique.
— ETYM. Larynx.
LARYNGIEN, lENNE (la-rin-jiin, jiè-n'), ad). Terme d'anatomie. Qui dépend du larynx ou qui a rapport au larynx. {| Tube laryngien, instrument in- Tenté pour insuffler de l'air dans les poumons des asphyxiés.
— ÈTYM. Larynx.
t LARYNGISME {la-rin-ji-sm'), *. m. Terme de médecine. Contraction spasmodique des muscles du larynx par action réflexe, dans l'épilepsie par exemple, amenant l'occlusion de la glotte et la suffocation.
— ETYM. Larynx.
t LARYNGITE (la-rin-ji-f) , t. f. Terme de médecine. Inflammation du larynx.
— ETYM. Larynx, et la finale médicale ite.
t LARYNGOGRAPHIE (la-rin-go-gra-fie), t. f. Description du larynx.
— ÉTYM. lyarynx, etfpâtpsiv, décrire.
+ LARYNGOLOGIE(larin-go-lo-jie), s. f. Théorie du larynx. Traité sur le larynx.
— ÊTYM. Ijirynx, et Xôfoi;, discours, traité.
t LARYNGOSCOPE {la-rin-go-sko-p') , s. m. Instrument à l'aide duquel le médecin examine l'intérieur du larynx.
— ÊTYM. Larynx, etoxoiiEÎv, examiner.
t LARYNGO.SCOPIE (la-rin-go-sko-pie), s. f. Examen de l'intérieur du larynx à l'aide du laryngoscope.
t LARYNGOSTOME (la-rin-go-sto-m'), 0(ij. Terme de zoologie. Se dit d'un animal articulé qui n'a pour bouche qu'une trompe rélractile formée par l'œsop liage.
— ÉTYM. Larynx, et ini|ia, bouche.
LARYNGOTOMIE (la-rin-go-tomie), ». f. Terme de
chirurgie. Opération par laquelle on ouvre le larynx.
— ÊTYM. Aapu-rrofOH'"»} 1^8 'i^âfvfi, larynx, et TO|iT], incision.
t LAUYNGOTYPHCS (la-rin-go-ti-fuï') , t. m. Terme de médecine. Accident secondaire du typhus consistant en une ulcération de la muqueuse du larynx.
— ÊTYM. Larynx, et typ/iu».
LARYNX (la-rinks'), $. m. Terme d'anatomie.