‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 86 sur 389 · LAS · texte numérisé non relu

LAS

Partie supérieure de la trachée artère. Le larynx est le principal instrument de la voix.

— lllST. XVI' s. Le larynx ou soufflet est principal instrument de la voix, paré, ii, 9. Le larynx, ou nœud de la gorge, n'est que la teste et extrémité de la trachée artère, qu'on appelle vulgairement le morceau d'Adam, m. iv, i t.

— ÊTYM. Aàpuft

) . LAS, LASSE (là, lA-s') , adj. \\ 1° Qui éprouve le sentiment de la lassitude. Ma foi, me trouvant las.... Je me suis doucement assis sur ce nuage, molière, Àmph. prologue. Sied-il bien à des dieux de dire qu'ils sont las? ID. 16. On va bien loin, dit-on, quand on est las; mais, quand on a les jambes rompues, on ne va plus du tout, sÉv. 5 oct. ^67^.||Pa^ extension. Ce déplorable chef du parti le meilleur, Que la fortune lasse abandonne au malheur, corn. Pomp. I, I. 11 [Napoléon] fatigua la victoire à le suivre ; Elleétait lasse, il nel'attenditpas, bérang. Ctnqmni. Il Las de, à qui telle ou telle chose fait éprouver le sentimentde lassitude. Être lasdemarcher. || Populairement. Un las d'aller, un fainéant. Cerogneux las d'aller [un chien galeux] se frottait à mes bas, Régnier, Sat. X. Il Las d'aller est un personnage de Rabelais. || Las d'aller, nom vulgaire du héron butor. Il i' Dégoûté, ennuyé de quelque chose que ce soit. Obéissons, madame, à ce peuple sans foi, Qui, las dem'obéir, en [de Nicomède] veut faire son roi, corn. Nicom. V, B. Il y court [à Surate]; les mers étaient lasses De le porter, la font. Fabl. yu, <2. X dire vrai, nous nous incommodons étrangement l'un et l'autre, et, si vous êtes las de me voir, je suis bien las aussi de vos déportements, mol. D. Juan, iv, 6. Il [M. de BarriUonJ est souvent chez Mme de la Fayette et chez Mme de Coulanges; il disait à cette dernière l'autre jour : Ah! madame , que votre maison me plaît! j'y viendrai bien les soirs, quand je serai las de ma famille. — Monsieur, lui dit-elle, je vous attends demain, sÉv. 24janv. <689. Pylade, je suis las d'écouter la raison, rac. Andr. m, i . C'est trop gémir tout seul ; je suis las qu'on me plaigne, iD. Andr. m, <. Las de se faire aimer, il veut se faire craindre, iD. Brit. i, 4. Lasse enfin d'elle-même et du jour qui l'éclairé, va. Phèdre, i, * . Lasse de vains honneurs et me cherchant moi-même , m. Eslh. I, <. Je suis las du pouvoir, volt. Alx.i,\. Il [Cromwell] Tint heureusement dans le temps où l'on était dégoûté des rois; et son fils dans le temps où l'on était las d'un protecteur, id. Dict. phil. Charlatan. \\ Fig. Faire quelque chose de guerre lasse, voy. guerre. || Proverbe. On va bien loin depuis qu'on est las, c'est-à-dire malgré la fatigue, il faut continuer coutageusement ses efforts.

— SYN. las, fatigué. Au sens physique, las e.st plus général que fatigué. On est las soit que la lassitude soit produite par un exercice excessif, soit qu'elle se fasse sentir spontanément et sans exercice préalable; au lieu qu'on n'est fatigué que par un excès de quelque exercice.

— HIST. x's. Ë eret [et il était] mult las, Fragm. de Yalenc. p. 468. || xi' s. Qui mult est las, il se dort contre terre, Ch. de Roi. clxxviii. || xii* s. Lasse, chetive [elle] se claime à genouillons, Ronc. MO. Dedenz quart jur après vint à Senz saint Thomas : X l'ostel s'en ala : car de l'errer ert las. Th. le mart. B7. ||xm' s. Tant a fui la lasse par un estroit sentier.... i;er(e,xxxviii. Las buefsuef (doucement] marche, Ce dit 11 vilains, Prov. du vilain, ms. f» 74, dans LACUBNE. || xiV s. Je veoie le terme de ma lasse vie approucher, Chron de St-Denis, t. i, f° 23, dansLACUHNE. Il XV* s. Il n'est délit, joie, feste, soula,s, Joustes, tournois, déduit, esbatement. De quoy chascuns ne soit à la foiz las. Combien que tout plaise au commencement, E. descm. Plaisirs de l'estude. || xvi* s. Le peuple le receut et recueillit à grande joye, estant desjà las et ennuyé do Themistocles, AMYOT, Cim. *o. Protogenes.... ayant parfaict l'image d'un chien las et recreu, mont, i, 254.

— ÊTY.M. Provcnç. las; esp. laso; ital. lasso; du lat. lassus, qui n'est qu'une forme plus assimilée de laxus (voy. lAciie).

2. LAS (là) , interjection plaintive, tas t je n'ai que trop fui, corn. Médée, l, B. Las! apprends en deux mots quelle crainte me presse, rotr. llerc. mour. m, 4. Où voulez-vous courir? — LasI que saisje'/ MOL. Tart. v, 4.

— HIST. III* s. LasI quel amor à duel [deuil] est departiel iioncù. p. 263. Las! pourquoi l'ai de mes yeus regardée? Couci, vi. ||xm* s. Etquantlaroyne oy ce, elle commença à mener moult grantdeul, et dit : Hé las.sel ce ai-je tout fpt, JOiNV. 286. Lasse! corn j'ai trouvé gent mauvaise et amere, Berte, xviii. Il xvi* s. LasI voyez comme en peu d'espace,

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