‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 87 sur 389 · LAS · texte numérisé non relu

LAS

Mignonne, elle [la rose] a dessus la place. Las, las, ses beautez laissé cheoir, rons. à Cassandre.

— ÉTYM. Le même que las i , comme le prouva l'accord que donnait l'ancienne langue à ce mot, quand c'était une femme qui se plaignait.

+ LASCARS (la-skar), s. m. pi. Nom donné aux matelots indiens tirés de la classe des Parias.

— ÊTYM. Persan, lechkery , soldat.

LASCIF, IVE (la-ssif, ssi-v'), adj. || 1° Qui se plaît à bondir et à jouer (sens primitif du latin lascivus). Partout où la nature est gracieuse et belle, Où le chevreau lascif mord le cytise en fleurs, v. hugo, F. d'aut. 38. Il 2° Qui est enclin aux plaisirs de l'amour avec une sorte de folâtrerie. tes Bengalois sont plus jaunes que les Mogols ; ils opt aussi des mœurs toutes différentes ; les femmes sont beaucoup moins chastes, on prétend même que de toutes les femmes de l'Inde ce sont les plus lascives, bupf. Ilist. nat. hom. t. v, p. 61 . || Se dit des choses, dans le même sens. Détournez donc ailleurs cette flamme lascive, rotrou, Herc. mour. 1, 4. Les filles d'honneur de la reine, lesquelles lui ont dit que, quand M. le duc d'Anjou [le frère de Louis XIV] les rencontrait, il voulait leur lever la cotte et usait envers elles de termes étranges et lascifs, gui patin. Lettres, t. n, p. 321. Tandis que la magnificence et les plaisirs publics de cette ville superbe [Paris] y attirent de toutes parts les étrangers, que la pompe lascive des théâtres et des spectacles surpasse presque celle des siècles païens, mass. Panégyr. saint Louis.

— HIST. XVI* S. Caton la leut, et trouva que c'estoit une lettre amatoire et lassive de sa sœur Servilia, AMïOT, Brutus, b. Folastre et lascive concupiscence, MONT. I, 227. Tel aultre ou est oysif, ou est lascif, m. 11, 4). Où Lyce tousjours s'est fait voir Mauvaise, inconstante et lascive, desportes, Bergeries, vi, imitation d'Horace.

— ÉTYM. Lat. lascirus, qui aime à jouer, qu'on rattache au sanscrit ios, jouer, ou lash, désirer, jouir, prendre, qui ne sont sans doute qu'un même mot.

LASCIVEMENT (la-ssi-ve-man), adv. D'une manière lascive. Danser lascivement.

— HIST. XVI* s. Chatouillant trop lascivement,

MONT, m, 3(».

— ÊTYM. Lascive, et le suffixe ment.

LASCIVETÉ (la-ssi-ve-té) , ». f. Caractère lascit. La

lasciveté de Cléopatre. || Il se dit aussi des choses lascives. Il y a beaucoup de lasciveté dans ce tableau.

— SYN. LASCIVETÉ, LUBRICITÉ, luxure, IMPUDICITÉ.

Impudicité est le terme générique comprenant tout ce qui offense la pudeur; la lasciveté joint à l'idée d'impudicité celle d'une excitation comparée à quelque chose de folâtre; la lubricité y joint celle d'une incontinence sans mesure et sans frein. On pourra dire que Cléopatre était lascive, et Messaline lubrique. La luxure y joint l'idée d'une surabondance de force, de nourriture qui emporte le tempérament vers les excès de l'incontinence.

— HIST. XV* s. Charles n'estoit enclin à nulle mollesse ne lasciveté, 0. CHASTELAiN,dans ieVict. de do- CHEZ. Il XVI* s. Lasciveté, oudin, Dict.

— ÊTYM. lat. laxcivitnlem , de lascivus, lascif.

t LASER (la-zèr), s. m. Terme de botanique. Genre de la famille desombellifères.

— ÊTYM. Lat. laser.

t LASIONITE (la-zi-o-ni-f) , ». m. Terme de minéralogie. Minéral qui affecte la forme de cristaux capillaires-

— ETYM. Aâoio;, velu.

t LASQlfETTE (la-skè-f), ». f. Terme de commerce. Peau qui provient d'une jeune hermine.

LASSANT, ANTE (lâ-san, san-t'), adj. Qui lasse. Un travail lassant, une contemplation continuelle étaient les principales rigles de ceux qui s'engageaient à ce pieux institut, fléch. Panég. 11, 60. Il Fig. Des discours lassants et ennuyeux.

LASSÉ, ÉK (lâ-sé, séo), part, pas»^ de lasser. Qui éprouve la lassitude physique. Lassé d'une longue marche.Tout lassé quej'étais,ma frayeur et mon zèle M'ont donné pour courir une force nouvelle, hac. Kithr. v,4. Il Fig.Lassé de ses trompeurs atlraits,Au lieu de renlever,fuyez-la pour jamais, rac. Andr. m, ).0u lassés, ou soumis. Ma funesteamitié pcsuà tous mes amis, id. Milhr. m, 1 . Mais pounjuoi vos bontés seraient-elles lassées? id. Bajai. v, fl. Venez à moi, vous qui êtes lassés dans les voies de l'iniquité, mass. Carême, Pécher. Il était lassé de tout, et regrettait cependant le bonheur, comme si les illusions lui étaient restées, stael, Corinne, i, i. Mon cœur lassé de tout, môme de l'espérance, lamart. U^dit. i, 6.

LASSER (lâ-sé), v. a. Il 1° Causer la lassitude physique. Ub voyage si long doit vous avoir lassée, CORN. Tite et BMn. u, B. Il ne faut pas que le roi

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se persuade que ce palais superbe qui occupe aujourd'hui tant d'esprits et qui lasse tant de mains, éternise son nom^ ménage, Préface aux œuvres de Malherbe. Dès qu'il [Charles Xll] put monter achevai il reprit ses fatigues ordinaires, toujours se levant avant le soleil, lassant trois chevaux par jour, faisant faire l'exercice à ses soldats, volt. C/iarles Xll, B- Il Absolument. Cette danse lasse beaucoup. Il Fig. La. moisson de nos champs lassera nos faucilles, Elles fruits passeront les promesses des Heurs, malh. ii, t. Ainsi ce roi qui seul a durant quarante ans Lassé tout ce que Rome eut de chefs importants, hac. Jfit/ir. i, <. Le malheur qu'il sait vaincre et qu'il ne peut lasser, Ducis, Ose. iv, 2. Il 1° Causer la lassitude morale. Ne vous suffit-il pas de lasser la patience des hommes , sans lasser encore celle de mon Dieu ? saci, BiUe, haie, vu, 1 3. Moi-même revêtu d'un pouvoiremprunté.... J'ai cent fois dans le cours de ma gloire passée Tenté leur patience [des Romains] et ne l'ai point lassée, bac. Brit. iv,4. Les maux ont lassé taon courage, volt. Mérope, n, B. Oui peut avoir sitôt lassé votre justice ? id. ib. m, 4. Il 8* Ennuyer, dégoûter. Je m'accoutume àfaire de longues lettres, et j'ai peur de vous lasser, voit. Lett. 23. Traître, je suis lassé d'entendre tes leçons, TBISTAN, Mariane, m, 6. Tant de précaution commence à me lasser, corn. Serlor. iv, 2. Je ne trouve qu'en vous je ne sais quelle grâce Qui me charme toujours et jamais ne me lasse, bac. Esth. 11, 7. Les dieux n'étaient pas encore lassés de me persécuter, PÉN. Tél. X. Il Absolument. Il ne faut point détourner l'esprit ailleurs, sinon pour le délasser, mais dans le temps où cela est à propos; le délasser quand il faut et non autrement ; car qui délasse hors de propos, il lasse, pasc. Pensées, t. i, p. 290, édit. LAHUBE. Rien ne lasse comme les choses extraordinaires devenues communes ; il n'y a que les besoins renaissants qui puissent donner du plaisir tous les jours, volt. Àmabed, <7« lettre. H*" Se lasser, V. réfl. Devenir physiquement las. Ils se sont lassés à force de courir. La barbarie des bourreaux se lasse sur un corps formé par l'Esprit saint, mass. Carême, Passion. || Fig. Auguste s'est lassé d'être si rigoureux, coBN. Cinna, m, i . Qui se lasse d'un roi peut se lasser d'un père, id. Nicom. 11, ( . On se lasse bientôt del'amourd'unefemme, Mais lasoif de régner règne toujours sur l'âme, ID. Perth. m, 3. Il n'est pas encor temps que l'amitié se lasse, id. Sertor. IV, 3. Le ciel s'est donc lassé de m'être impitoyable, ID. ib. V, 2. Ce grand homme [César], a-t-on dit, était persuadé que la beauté du langage dépend beaucoup plus d'user des meilleurs mots que de les diversifier, et, s'il était content d'une expression, il ne s'en lassait point, et ne craignait pas non plus d'en lasser les autres, mébé. Œuvres posthumes, p. 45. De travailler pour lui [l'estomac] les membres se lassant, la font. Fabl. m, a. Un mari qui vous adore, qui ne peut se lasser d'être auprès ne vous, sÉv. 24. Réronde vos discours commence ii sa lasser, bac. Brit. m, 8. Peut-être la fortune est prête à vous quitter.... Prévenez son caprice avant qu'elle se lasse, id. Esth. m, <. Dieu même, disent-ils, s'est retiré de nous.... Et sa miséricorde à la fin s'est lassée, id. Athal. i, t. Enfin, pour ne pas parler de tous les anciens historiens, est-il un homme sensé qui se lasse de la lecture de Plutarqueî ROLLiN, Traité des Et. 111, 3.

— REM. Se lasser régit tantôt la préposition à, tantôt la préposition de devant un infinitif. Dans le premier cas, il signifie faire une chose avec effort jusqu'à la lassitude : L'autre en vain se lassant i polir une rime.... boil. Disc, auroi; dans le second, il signifie se dégoilter, perdre patience, renoncer à.

— UIST. XI' s. [Se] Lasserat Charles, si recreront si Franc (ses Français refuseront d'aller plus loin], Ch. de Roi. utvii. || xii* s. Du cheval [il] descend!, cil il n'ot que lasser, Sax. xiii. || xiu' s. Ensi rcposbrent ceus de l'ost, qui moult erent lassés celle nuit, TiLLEH. cvi. Les cbevaus estoient lassez, et le jour estoit eschaufé, joinv. 227. || xv" s. Jeune, gente, nompareiUe princesse, Puisque ne puis veoir vostre jeunesse, De m'escrire ne vous veuillez lasser, eu. d'orl. Bal. 38. Il XVI* s. Il survint une grosse pluye qui les rompit et lassa encore plus que la besongne qu'ils avoient faitte, amïot, Syll. 3».

— £TïM. Provenç. lassar; catal. llassar; ital. laiiare; dulat. tassare (voy. tAS <).

t LASSEBET(la-se-rè),«. m. Espèce de tarière dont les charpentiers se servent pour faire les petites mortaises. On écritaussi laceret. || Sorte de piton k vis dont les serruriers font usage. 1| Pièce qui arrête une espagnolette sur le battant d'une croisée et dans laquelle l'espagnolette touroQ.

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t LASSERIE (la-se-rie) , s. f. Voy. lacerie.

t LASSIÈRE (la-siè-r') ». f. Voy lacière.

IjVSSITUUE (là-si-tu-d'), s. f.\\l' Sentiment de brisement et d'impossibilité d'agir que l'on éprouve après un travail excessif de corps ou d'esprit. Ce dégoût ne saurait venir que de la trop bonne chère que vous faites, ni cette lassitude que de travail, BALZ. liv. vu, lett. 4 6. L'amour [de Dieu] ne dort jamais, non plus que le soleil, Il sait l'art de veiller dans les bras du sommeil, 11 sait dans la fatigue être sans lassitude, corn. Imil. m, 6. Des milliers d'Américains servaient aux Espagnols de bêtes de somme, et on les tuait quand leur lassitude les empêchait de marcher, volt. Hœurs, 4 48. Au jour naissant, le sommeil est entré Dans ses beaux yeux fermés de lassitude, malfilAtre, Narcisse, ch. 11. Il 2° Sensation semblable causée par une mauvaise disposition de santé. Sentir de grand s lassitudes dans les membres , dans tout le corps. Je sens parfois des lassitudes par tous les membres, mol. ilal. imag. m, n. || 3° Ennui, dégoût. La lassitude prit Charles-Qumt, et il abdiqua. Néron fut clément par dissimulation dans sa jeunesse, et Auguste par lassitude dans sa vieillesse, dideb. Claude et fier. 11, 62.

— HlST. xvi' s. La lassitude du corps amortissoit l'aise et le contentement de l'esprit, amyot, Arat. 27. Avec une lassitude des bras et des jambes, paeé, XVI, 4.

— ÉTYM. Lat. lassitudinem, de lassus, las. Dans l'ancien français, on disait lasté, lasseté.

f LASSO (la-so), s. m. Longue et forte laniè'e garnie de plomb à ses extrémités, dont on se sert dans l'Amérique espagnole pour s'emparer des bœufs, des chevaux sauvages, et même pour abattre un ennemi. Lancer le lasso.

— ÊTYM. Esp. laio (voy. lacs).

LAST (last) ou LASTE (las-f) , s. m. Terme de commerce maritime usité particulièrement en Hollande. Poids de deux tonneaux de mer ou 2000 kilogrammes.

— ÊTYM. Espagn. lastre; portug. lasto, lastro; Ital. lasto; de l'allem. Last, poids.

f LASTING (la-stingh') , s. m. Etoffe de laine rase qui dure fort longtemps.

— ÉTYM. Angl. lasting, part, présent du veibe ta last, durer.

LATAPflER (la-ta-nié; l'r ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, Vs se lie : des la-ta-nié-z en fleurs), s. m. Genre latania, palmiers, îles de Bourbon, de France; les feuilles sont en éventail, et s'élèvent fort haut.

t LATEMMENT (la-ta-man), adv. D'une manière latente.

— HiST. XV!" s. Latemment, sibilet, Art poétique, liv. i, p. 42, dans lacurne.

LATENT, ENTE (la-tan, tan-lT, adj. || l" Terme technique. Qui est caché. Chaleur latente, chaleur qui n'est point sensible au thermomètre (voy. calorique) . || Terme de médecine. Maladie latente, maladie dont le diagnostic est obscur, qui ne présente pas de symptômes caractéristiques. |{ 2" Terme de médecine vétérinaire. Vices latents, maladies latentes, certaines maladies des chevaux, dont les symptômes peuvent rester longtemps cachés. La pousse, la morve et la courbature sont des vices latents. Il Terme de jardinage. Œil latent ou expectant, œil resté à l'état rudimentaire, peu apparent et ne se trouvant que sur le vieux bois ; il peut rester inactif plusieurs années. || 3" Dans le langage général. Qui n'est pas apparent. Une désaffection latente s'était emparée dupeuple. Des dangers latents.

— HIST. XIV" s. Encore y convient adjouster que tele begnivolence ne soit pas latente et occulte, ORESMK, Eth. 2.12. || XV* S. Gens instruits, plaisans topicqueurs, Remplis de cautelles latentes, coquil- LART, les Droits nouveaux. || xvi* s. Cela monstre une malignité latente et cachée, amyot, Com. refréner la colère, 4 3. Est-ce quelque vertu latente, et propriété spécifique absconse dedans les marmites, qui les moynes y attyreT bab. Pant.iv, 4 4.

— ETYM. Lat. latentem, qui est caché, de latere , être caché; grec, >ov6<ivw, XaOtîv.

LATÉRAL, ALE (la-té-ral, ra-l'), adj. Oui appartient au côté de quelque chose. Chapelle latérale. Galerie latérale. S'il y avait une autre action, cette action ne pourrait être que latérale, volt. Feu, II, 2. Il Canal latéral, canal qui longe un fleuve. Il Se dit, en botanique, de toute partie qui est située sur le côté d'une autre. Anthère latérale. Cotylédon latéral. || Terme de zoologie. Insecte latéral, insecte dont le corselet difl'ère dos autres parties du corps par sa coloration. || Terme de chirurgie. Méthode latérale, cjstotomie périnéalo prati-

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quée sur les côtés de la ligne médiane; elle est abandonnée aujourd'hui.

— ETYM. Lat. lateralis, de latus, lateris, côté. LATÉRALEMENT ( la-té-ra-le-man ) , adv. De

côté, sur le côté. Anthère située latéralement.

— ÊTYM. Latérale, et le suffixe ment.

t LATÉRALISÉE (la-té-ra-li-zée), adj. f. Terme de chirurgie. Méthode latéralisée, cystotomie périnéale dans laquelle l'incision, partant de la ligne médiane, se porte sur le côté de cette ligne; c'est celle qu'aujourd'hui on emploie le plus souvent.

t LATÉRALISËTE (la-té-ra-li-sè-f), adj. Terme de zoologie. Insectes latéralisètes, insectes diptères dont chaque antenne porte un poil isolé sur le côté.

— ÉTYM. latéral, et le lat. seta, soie. LATERE (A) (a-la-té-ré) , voy. iégat.

— ÉTYM. Lat. latus, lateris, côté.

t I-ATÉRICOMPOSÉ, ÉE (la-té-ri-kon-po-zé, zce), adj. Terme de botanique. Latéralement composé. Les feuilles latéricomposées des cannabis.

t LATÉRIFLEXION (la-té-ri-flè-ksion ), s. f. Terme de chirurgie. Flexion latérale de l'utérus.

— ÊTYM. Lat. latus, lateris, côté, et flexion.

\ LATÉRIGRADE (la-té-ri-gra-d") , adj. le-mo de zoologie. Araignées latérigrades, araignées qui marchent aussi bien sur le côté qu'en avant et en arrière.

— ETYM. Lat. latus, lateris, côté, et jrodt, marcher.

t LATÉRINERVÉ, ÉE (la-té-n-nèr-vé, vée), adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille dont les nervures, partant d'une côte centrale, se dirigent vers la circonférence-

— ÉTYM. Lat. latus, lateris, côté, et nerf ou nervure.

t LATÉRITE (la-té-ri-f), s. f. Terme de géologie. Roche rouge, jaspée, ressemblant à de la brique, composée d'une roche trappéenne altérée et d'oxyde de fer.

— ÉTYM. Lat. later, brique.

t LATÉRIVERSION ( la-té-ri-vèr-sion ) , s. f. Terme de chirurgie. Renversement de l'utérus sur le côté.

— ÉTYM. L«t. latus, lateris, côté, et version.

f LATEX (la-tèks'j, s m. 'Terme de botanique. Suc propre de beaucoup de végétaux, de nature variable, circulant dans un ordre de vaisseaux particuliers, les vaisseaux laticifères.

— ÉTYM. Lat. latex, hqueur.

t LATUYRUS (la-ti-rus'), s. m. Terme de botanique. Genre lalhyrus, Linné, gesse (légumineuses), dans lequel on distingue : 4° le lalhyrus cultivé, dit vulgairement gesse, herbe de Saint- Georgos; c'est la gesse domestique de certain.s auteurs, lalhyrus sativus, L. ; ses semences, appelées également gesses, reçoivent aussi les noms de pois de brebis, pois breton et lentille d'Espagne. 2» Le lathyrus latifolié, nommé vulgairement pois à fleur, pois à bouquets, pois éternel, et qui est la gesse vivace ou grande gesse de certains auteurs, lathyrus latifolius, L. 3° Le lathyrus odorant, dit vulgairement pois de senteur, lathyrus odoratus, L. i° Le lathyrus tubéreux, nommé favouette et macuson, ânesse, lathyrus tuberosus, L. b° Le lathyrus cicer, appelé gessette et gesse chiche, lathyrus cicera, L., qu'il ne faut pas confondre avec le pois chiche : ce dernier est le cicer ariétin. 6° Le lathyrus sylvestre, de Linné, dit gesse sauvage, gesse des bois et pois au lièvre, lathyrus sylvestris, L. 7° Le lathyrus aphaca, L., le pois de serpent.

— ÉTYM. AiSupo;, pois chiche.

t LATICIFÈRE (la-ti-si-fè-r'), adj. Terme de botanique. Vaisseaux laticifères, ordre particulier de vaisseaux en tubes simples ou ramifiés, et contenant le latex.

— ÉTYM. Lat. latex, et ferre, porter.

LATICLAVE (la-ti-kla-v') , t. m. Tunique que

portaient à Rome les sénateurs, et qui était bordée d'une large bande de pourpre. Recevoir le laticlave, c'était recevoir la qualité de sénateur. Si vous présidez à la cour des aides de Cahors, ou à l'élection, ou au grenier à sel, n'imitez point ce juge de village dont parle Horace, qui portait le laticlave et faisait parade de sa chaise curule, volt. Facéties, Les quand, les si, etc.

— ÉTYM. Lat. laticlavus, de latus, large, et clavus, bande de pourpre, au propre, nœud, clou (voy. clou).

t LATICLAVIEN, lENNE (la-ti-kla-viin, viè-n'), adj. Dignités laticlaviennes, dignités qui donnaient le droit de porter le laticjav^.

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t LATICOSTÊ, fiE (la-ti-ko-sté,stée), ad;. Terme de zoologie. Se dit d'une coquille dont la surlace est relevée par de larges côtes.

— ÊTYM. Lat. latus, large, et costa, côte.

t LATILABRE (la-ti-la-br'), adj. Terme de zoologie. Qui a un labre fort large.

— ÉTYM. Latiatus, large, et labre.

LATIN, INE (la-tin, ti-n'), s. m. et f. \\ 1° Nom d'un ancien peuple de l'Italie, qui habitait le Latium, contrée située entre l'Étrurie et la Campanie, et que Rome finit par conquérir et s'associer. || Plus tard , Latin est devenu le nom de tous les peuples de l'Italie. || Les latins, les catholiques de l'Église latine. Les I-atins et les Grecs diffèrent de croyance et de pratique en plusieurs points. {| Latins s'est dit, au temps des croisades, des peuples de l'Occident. L'armée des Latins. |{ Empereurs latins, les empereurs français qui ont régné à Constantinople de ^204 à 4 26). Il 2° Adj. Qui appartient à la nation des Latins. Les peuples latins. Les villes latines. Quand Juvénal.... Gourmandait en courroux tout le peuple latin, boil. Sat. vu. {| Voie latine, route partant de Rome et conduisant à Casilinum. || 3° Particulièrement. Qui appartient à la langue de Rome, dont le dialecte était latin et devint la langue de toute l'Italie. Mot latin. La langue latine du temps de Théodose se parlait de Cadix à l'Euphrate, volt. Ann. Emp. Introd. || Discours latin, harangue latine, vers latins, discours, harangue, vers composés en langue latine. Horace : Puisque je parle si mal votre langue, croyez-vous, messieurs les faiseurs de vers latins, que vous soyez plus habiles dans la nôtre ? boileau, Dial. contre les mod. etc. Il Dictionnaire latin et français, dictionnaire où le latin est interprété par le français. Dictionnaire français et latin, dictionnaire où le français est interprété par le latin. On dit plus souvent sans et : Dictionnaire latin-français, français-latin. || Terme de grammaire. Cas latin, s'est dit de l'ablatif, parce que cette forme n'existe pas en grec. || Le pays latin, le quartier latin, l'espace qu'occupait autrefois l'université de Paris, c'est-à-dire l'espace entre la Semé et la montagne Sainte-Geneviève, et entre la rue du Bac et celle du CardinalLemoine. Le navet n'a-t-il pas, dans le pays latin. Longtemps composé seul ton modeste festin? wvahol, le Chou et le navet, dans lahabpe, Correspond, t. iv, p. 3, dans pouGENS. Non loin des bords de la Seine, Paris ne connaît qu'à peine Un quartier sombre et lointain, Qui sur le coteau s'élève. Devers Sainte- Geneviève : C'est le vieux quartier latin, G. nadaud, k Quartier latin. \\ Familièrement. Cela sent le pays latin, se dit de tout ce qui retient un certain air de collège. Il 4° L'Église latine, toute l'Église d'Occident, par opposition à l'Église grecque ou d'Orient. Les Pères de l'Église latine. || Le rit latin, le rit de l'Église romaine. || 5° Terme de marine. Voile latine, voile qui a la forme d'un triangle. || Bâtiment latin, bâtiment gréé de voiles triangulaires. Il 6° S. m. Le latin, la langue latine. Enseigner le latin. Latin de Cicéron, de Tite-Live. Si les gens de latin des sots sont dénigrés, bégnier, Sot. m. Je n'aime point céans tous vos gens à latin, mol. Fem. tav. II, 7. On veut de votre bien revêtir un nigaud Pour six mots de latin qu'il fait sonner bien haut, id. ib. in, (. Pour avoir employé neuf ou dix mille veilles X jie bien barbouiller de grec et de latin. Et se charger l'esprit d'un ténébreux butin, id. ib. iv, 3. Avant lui [Boileau] Juvénal avait dit en latin Qu'on est as.sis à l'aise aux sermons de Cotin, boil. Sat. ix. On peut observer que les deux hommes qui ont le plus protégé les lettres ne savaient pas le latin, Louis XIV et M. Colbert, volt. Louis XIV, Êcriv. Gallois. La célèbre marquise du Ch&telet apprit le latin en un an, et le savait très-bien; tandis qu'on nous tenait sept années au collège pour nous faire balbutier cette langue, sans jamais parler à notre raison, id. Vict. phil. Education. Le lendemain matin, on les [<les soldats vainqueurs] mène à l'église Rendre grâce au bon Dieu de leur noble entreprise , Lui chanter en latin qu'il est leur digne appui. Que dans la ville en feu l'on n'a rien fait sans lui, ID. la Tactique. Je m'appliquai particulièrement à l'étude du latin, parce que peu de femmes savent cette langue, genlis. Urne de Uaintenon, 1. 1, p. 40* , dans poucens. || lion latin, mauvais latin, emploi correct, incorrect de la langue latine. Il Le bas-latin, latin parlé ou écrit après la chute de l'empire romain et durant le moyen âge; on en distingue deux sortes : l'un antérieur, qui appartient aux premiers siècles et à une latinité encore vivante; l'autre postérieur, sans existence propre, «t qui n'est qu'une forme latine 4onpée par les no-

taires et t>ar les moines aux mots de la langue Tulgaire. Il Latio moderne, le latin écrit par les modernes. Il Fig. Être au bout de son latin, ne savoir plus que faire, que dire, être au bout de son savoir. Leur mécompte pourtant, quel qu'il soit, me console. Et, bien qu'il me réduise au bout démon latin, Un peu plus en repos j'en attendrai la fin, cohn. la Sutr.iv, 4. Et par elle le roi Latin Étant au bout de son latin, scarhon, Virg. vu. || Perdre son latin, travailler inutilement à quelque chose, y perdre son temps et sa peine. Revèche à mes raisons, il se rend plus mutin ; Et ma philosophie y perd tout son latin, RÉGNIER, Sat. XV. L'aventure me passe, et j'y perds mon latin, mol. leDép. ii, 4. Le précepteur et les régents perdaient leur latin en me le voulant apprendre, HAMILT. Gramm. 3. Il y a à la fois relâchement et spasme [dans ma maladie]; les docteurs y perdront leur latin, et moi l'espérance, d'alemb. Lelt.au roi de Prusse, M avr. < 783. Préfets, télégraphes, gendarmes... rien n'y sert; missionnaires, jésuites, aumôniers, y perdent leur peu de latin, p. l. cour. Lettres au réd. du Censeur, x. || Latin de cuisine, mauvais latin ; on a dit que cette expression vient des jésuites qui étaient dans l'usage de faire demander par les élèves aux valets les objets de première nécessité. C'est du latin de cuisine, il n'y a que les marmitons qui l'entendent. Il Parler latin devant les cordeliers, parler d'une chose devant des gens qui la savent mieux que nous. || Il parle latin , c'est du latin, s'emploie quelquefois pour dire : c'est une chose qu'on ne comprend pas, comme on dit ; c'est de l'hébreu. |{ Parlez latin, se dit à quelqu'un qui raconte quelque chose de leste. || 7° S. m. Latin s'emploie quelquefois pour latiniste. Je vous crois grand latin et grand docteur juré, mol. Dép. ii, 7. Il 8° À la latine, loc. adv. X la façon de la langue latine. Il n'est rien si commun qu'un nom à la latine ; Ceux qu'on habille en grec ont bien meilleure mine, mol. Fâcheux, m, 2.

— HIST. xii' s. Car li vilains le trueve et dist en son latin... Ronds, p. <95. Devant la papeesturentli messagier real, Alquant diseient bien, pluisur diseient mal, Li alquant en latin, Th. le mart. 65. Il xin' s. Et cil oisel chascun matin S'estudient en ior lalin X l'aube du jor saluer, Qui tout lor fait les cuers muer, laUose, 84io. Il fut le premier roi latin qui porta couronne au royaume de Jérusalem, Ass. de Jérus. p. <86, daos lacurne. || xiv* s. Ens el mois de seterabre, qu'estes va à déclin, Que cil oisillon gay ont perdu lou latin... le Vœu duhéron, cité dans lacurne ste-p. Uém. sur l'ancienne chevalerie, t. Il,' p. 95. || xvi* s. Lors ils commencèrent à parler le latin de leur mère français] et à dire qui ils estoient, desper. Contes, xxii. Vos regens de Paris sont grans latins, ID. ib. xxiii. De beau latin ferré à glace, id. ib. xlix. Il obtint sa grâce du roi, pour avoir craché quelques mots de latin rosti, ID. ib. cxi. La fin du monde approche, les bestes parlent latin, oudin, Curios. franc. Comme on dit en commun proverbe, on y perdroit son latin, H. est. Apol. pour Ilérod. p. (3, dans lacurne. Il ne faict que escorcher le latin, et cuyde ainsi pindariser, rabel. ii, 6.

— ÉTYM. Provenç. Jattn; catal. llati; esp. iotjno, latin; ital. latino; du lat. latinut. Dans l'ancien français, latin signifiait langage, idiome, et surtout la langue vulgaire, et latinier un interprète. Perdre le latin y signifiait perdre la parole, cesser de pouvoir parler sa langue. Quant à y perdre soit lalin, le sens moderne est : y employer inutilement son latin; mais le sens propre et ancien est : perdre, oublier ce qu'on sait de latin.

t LATINEUR (la-ti-neur), t. m. Terme de plaisanterie. Celui qui sait le latin, qui écrit en latin. Fameux auteur, de tous auteurs le coq. Toi dont l'cs^prit agréable et fertile Des latineurs a soutenu le choc Par un écrit dont sublime est le style, oesiioul. t. I, p. 81. Un latineur est ridicule Chez les Grâces et chez l'Amour, cotin, dans le Dict. de beschebelle.

— HIST. XVI* s. Un de ces latineurs de collège qui aura mis autant de temps [quinze ou seize ans] à n'apprendre simplement qu'à parler, mont, i, («7.

t LATINISANT, ANTE {la-ti-ni-zan, zan-t'), adj. Se dit des personnes qui, vivant dans un paysschismatiqup, pratiquent le cuite de l'Église latine. Grecs latinisants.

LATINISÉ, ÉE(la-ti-nI-zé, zée), part, passé d« latiniser. Un mot grec latinisé. || En matière de controverse, un grec latinisé, UD grac qui adopte les sentiments de l'Église latino.

LATINISER (la-ti-ni-zé). || !• f. a. Donner une infiexion latine à un root d'une kHtre langue. Il y a une espèce de barbarie à latintaer des noms fran-

çais que la postérité méconndtrait; et les noms de Rocroi et de Fontenoi font un plus grand effet que les noms de Rocrosium et de Fonteniacum, volt. Louis IIV, Écriv. Charpentier. \\ a- Y. n. Pratiquer le culte et suivre les doctrines de l'Église latine. \\Z' Familièrement. Affecter de parler latin.

— HIST. xvi* S. Il latinisoit en françois, et francisoit le latin, desper. Contes, xvi. Somme, nous latinizames [parlâmes latin] tant, que.... mont, i, 194. Ce vers de Theophrastes, latinisé par Ciceron, id. iv, 421.

— ETYM. Lat. latinisare, traduire en latin.

t LATINISEUR (la-ti-ni-zeur), s. m. Terme familier. Celui qui affecte de parler latin, de citer du latin.

— HIST. XVI' s. C'est ung abus de nos étymologiques latiniseurs de l'escripre [l'/i] où elle n'est point proférée, comme en héritier, heure, homme, ramus, dans livet, Gramm. franc, p. 200.

LATINISME (la-ti-ni-sm'), s. m. Construction, tour de phrase propre à la langue latine. || Transport dans une autre langue des tournures propres à la langue latine. On a secoué le joug du latinisme, labruy. i.

— ÉTYM. Latiniser.

LATINISTE (la-ti-nisf) , s. m. Celui qui est versé dans la connaissance de la langue latine.

— ETYM. Latiniser.

LATINITÉ (la-ti-ni-té), s. f. Manière de parler ou d'écrire en latin ; qualité de ce qui est ou n'est pas latin. Fixer, déterminer la latinité d'un mot, d'une phrase. Êtes-vous bien assuré que Quinte-Curce ait vécu sous Tibère? il y en a qui prétendent que c'est sous Auguste, poussés à cela par sa belle latinité, GUI patin, Lettres, t. ii, p. B68. Justin, dont la latinité n'est pas bien pure, rollin. Traité des Et. i, 3. Le P. Deschamps, ayantunjour entendu par hasard le jeune dociaur dans une leçon aux écoles de médecine, fut si touché de sa belle latinité, que.... F0STEN. Dodart. De fréquents barbarismes, une latinité africaine, déshonorent les ouvrages de ce grand orateur [TerluUien], chateaubr. Génie,ui,iv 2. Il Latinité ecclésiastique, la phraséologie des Pères de l'Église latine. || La basse latinité, synonyme de bas-latin (voy. latin). La constitution qu'on appelle bulle d'or, à cause du sceau d'or qu'on nommait bulla dans la basse latinité, volt. Mœurs, 7o. || Latinité ou droit latin, privilèges accordés par Rome aux villes du Latium.

— HIST. XIV' s. Combien que la très haute manière du parler et la profonde latinité que ha Titus Livius soit excédent mon sens, bebcheure, f° t.

— ETYM. Lat. latinitatem, de latinus, latin. LATITUDE (la-ti-tu-d'), s. f. || 1° Proprement

largeur; il n'est usité en ce sens que figurémeiitot signifie étendue, extension. Ce principe peut avoir une grande latitude. Donner trop de latitude à une proposition. || Facilité, pouvoir d'agir. La nature n'a pas été assujettie à une précision extrême; il est dans sa manière, d'opérer avec une certaine latitude que le physicien doit étudier et que l'expérience lui découvre, bonnet, Consid. corps org. (Euv. t. vi, p. 21 B, dans l'OUGENS. Si le roi doit être chargé des préparatifs de la guerre, ne faut-il pas lui laisser aussi la plus grande latitude dans les moyens ? MIRABEAU, Collection, t. m, p. 330. Il i° Terme de géographie. Distance d'un lieu à l'équateur, mesurée en degrés sur le méridien. Les modernes ont dit que Cette locution vient de ce que, pour les anciens géographes qui connaissaient une plus grande étendue de terre dans la direction do l'orient à l'occident, le sens de la longueur du monde était de l'est à l'ouest, et le sens de la largeur du sud au nord; mais il est probable que la vraie raison est que, les anciens regardant le.s deux zones tempérées comme seules habitables et .'ans communication possible entre elles, la terre habitable dans chacune s'étendait en largeur du sud au nord et en longueur de l'est à l'ouest. Déterminer la latitude. Il Latitude nord ou septentrionale, distance à l'équateur, pour les pays situés entre l'équateur et le pôle nord. Latitude sud ou mi^ridionale, distaiico à l'équateur, pour les pays situés entre l'équateur et le pôle sud. Paris est à 48' 50' )4" (48 degrés 50 minutes i* secondes) de latitude nord. || Terme de marine. Latitude observée, latitude déduite de l'observation des astres. Latitude estimée, latitude déduite des renseignements fournis par la table de loch. || 3° Terme d'astronomie. L'angle ([ue fait avec un plan parallèle à l'écliptique la ligne droite qui passe par un astre et par un centre donné sur ce plan. Ijititude de Sirius. {| 4° Par extension, les différents climats, considérés par rapport à leur terapéiaturo, parce que la température dépend de la distance à l'équateur qui est marquée par leifr latitu4e< L'homme peut vivr;

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