PARÉ, XIV
— ETYM. Lat. latrina, que les grammairiens latins s'accordent à faire venir de lavatrina, bain; le mot de lavatrina existe ; ce serait un euphémisme comme garde-robe.
t LATTAGE (la-ta-j'), s. m. Kspace couvert de lattes. Il Action de latter. Payer tant pour le lattage.
— iilST. xvi* s. Couverture, planchaga et lattage, Nouv. coust. gén. t. n, p. 75.
LATTE (la-f), ». f. Il 1" Pièce de bois longue, plate et droite, employée dans les plafonds, cloisonnages^ etc., et sur laquelle, dans les toits, on cloue l'ardoise ou accroche la tuile. |i Latte volige, latte qui supporte l'ardoise. Latte jointive, celle que l'on cloue à une charpente pour former une cloison. Il 2° ande de fer plate, telle qu'elle arrive de la forge. I| 3° Palette avec laquelle le faïencier enli;ve la terre détrempée. || Les échelons des échelles qui sont au ailes des moulins à vent et sur lesquelles on tend la toile se nomment aussi lattes. |l 4* Terme da marine. Forte tringle de bois dont on se sert pour faire les cailletotis qui ferment certaines écoutilles, et pour ditlôreols autres usages. || Le
bout de planche qui sert à l'établissement des tentes des embarcations. |{ B" Fig. Grand sabre de cavalerie droit et étroit. || 6° Il se dit quelquefois pour instrument de bastonnade. Je fus condamné en plein divan à cent coups de latte sur la plante des pieds, rachetables de cinq cents sequins, volt. Scarmentado.
— HIST. XIII* s. Navée de mairien et de late de caisne [chêne] et de toute autre late doit trois deniers de tonliu,TAiLLiAn,Jle(;ueiJ, p. 466. I.a couverture atout [avec] les lates. Et li chevron elles chanlates,RUTEB. n, 4b. || xiv* s. Et seront tenus délivrer late de douves tout comme il en convendra pour la dicte couverture, Bibl. des chartes, 6* série, t. m, p. 236. Il XV* s. Et par especial ils avoient [les paysans anglais révoltés] en trop grand haine le duc de Lancastre.... ils lui allèrent ardoir sa maison, le bel hostel de Savoie, que oncques n'y demeura late ni merrien,Fnoiss.ii,n,H7. ||xvi*s. Pourlapouppe et proue [pour la longueur de la galère, la poupe et la proue comprises], fault cent cinquante lattes, au prix de huict solz pour pièce, Slolonomie, dans jal.
— ÉTYM. Provenç. lala; ital. latta; de l'allem. Latte, latte; angl. lath; comp. le kimry llath, baguette. On trouve dans le xvi* siècle late ou latte, avec le sens de côté ; ce mot n'a rien de commun avec la latte, et vient du latin latus, lateris, côté.
LATFÉ, ÉE (la-té, tée), part, passé de latter.
LATTER (la-té), v. a. \\ 1° Garnir de lattes. :j Absolument. La charpente du toit est faite, il ne reste plus qu'à latter. || 2° Terme de marine. Empiler des planches dans un port avec ordre et de manière que l'air puisse circuler entre elles.
— HIST. XIV* s. Despense pour recouvrir d'escuille et later ce qui estoit à faire ou pignon.... Bbl. des chartes, B* série, t. m, p. 239.
— ETYM. Latte.
LATTIS (la-tî), s. m. Ouvrage de lattes. Enduire un nttis avec du plâtre.
— l'.TYM. Latter.
L.VUDANCM (lô-da-nom'), t. m. Ij f Terme de pharmacie. Autrefois, opium ramolh dans l'eau, passé avec expression et évaporé jusqu'en consistance plus ou moins grande; quelquefois aussi l'extrait d'opium préparé avec le vin. || 2° Aujourd'hui, nom de médicaments dans lesquels l'opium se trouve associé à divers ingrédients. Laudanum de Sydenham. Administrer six gouttes de laudanum. || Fig. Donner du laudanum à quelqu'un, le louer, le flatter.
— ÉTYM. Portug. laudano. Castelli , dans son Lexicon medicum, écarte l'opinion de ceux qui pensent que /oudanum vient du mot persan ladan; et en effet Pihan confirme que ladan n'a jamais que le sens de ladanum. Castelli pense que laudanum est une forme barbare tirée du latin laudare : le médicament loué.
LADDATIF , IVE (lô-da-tif, ti-v') , adj. Oui est destiné à louer, en parlant des écrits et des discours. Discours laudatif. Phrase laudative.
— ETYM. Lat. laudalivus , de laudare. louer.
LAUDES (lô-d'), s. f. pi. Terme de liturgie catholique. La seconde partie de l'office divin, celle qui se dit immédiatement après matines.
— REM. Voltaire l'a mis au singulier, mais cela est Incorrect : Recevoir à genoux après laude ou mâtine.... Discours en vers, i.
— HIST. XV* s. Kt volt [voulut] le roy qu'en chants mélodieux et orgues fussent à Dieu chantées laudes et beneyssons, chr. de pisan, Charles Y, m, 74.
— ETYM. Lat. laudes, louanges, à cause des louanges de Dieu contenues dans les psaumes que l'on chante à cette heure (voy. louer).
t LAURACÉES (lô-ra-sée), voy. laurinées.
f LAURE (lô-r'), s. f. Sorte de monastère grec. La prière, la contemplation, le travail de leur petit ménage partagent leur temps, à l'imifcition des anciennes laures, st-sim. i, 32. || La Sainte-Laure, se dit, par excellence, du monastère de Saint-Athanase, le plus célèbre des monastères du mont Athos.
— ÉTYM. AaOpa, cloître.
LAURÉAT (lô-ré-a), adj. m. \\ 1° Terme d'antiquité romaine. Qui est orné de lauriers. || 2° Poète lauréat, poète qui a reçu solennellement une couronne de laurier. Pétrarque fut un poète lauréat. Il Poète lauréat se dit aussi dans quelques cours pour désigner les poètes qui célèbrent les événements remarquables. || 3° Par extension, qui a remporté un prix dans un concours académique. Les éièves lauréats. || Substantivement. Un jeune lauréat. Les lauréats. || Il se dit aussi dans les coUéget et au concours général. Les lauréats du concours général.
— ÉTYM. Lat. laureatus, de laurea, branche de laurier.
* LAURELLE (lô-rè-I'), I. f. Uurier rote.
t LAURENT (SAINT) (lô-ran), j. m. Martyr Jw III* siècle qui fut brûlé sur un gril de fer. || Être sur le gril comme saint Laurent, être dans une position très-critique. || La Saint-Laurent, la fête de saint Laurent. Quand, ayant perdu sa place au jeu de la Saint-Lambert, on peut la reprendre, on dit : C'est aujourd'hui la Saint-Laurent; Qui perd sa place la reprend.
t LAURENTIENNE(lô-ran-siè-n'), ad;', f. Bibliothèque laurentienne, célèbre bibliothèque de Florence.
— ÉTYM. Ainsi dite de l'église Saint-Laurent à laquelle elle est attenante, et fondée par les Médicis.
LAURÊOLE (Ifl-ré-o-l'), s. f. Nom vulgaire des espèces du genre daphné , thymelées , et nom spécifique du daphné lauréole dit lauréole mâle, pour le distinguer du daphné mezereum appelé lauréole femelle.
— HIST. ivi* s. Feuilles de lauréole desséchées, PARé, xxiv, 27.
— ÉTYM. Lat. laureola, branche de laurier, mot appliqué à une plante.
LAURIER (lô-rié; \'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie : 16-rié-z et guerriers) , s.m. Il 1" Arbre toujours vert, monopétale, qui porte une petite graine noire et amère. Chez les anciens on donnait des lauriers aux vainqueurs , aux poètes. Cette couronne de laurier que mettait César pour empêcher qu'on ne vît qu'il était chauve, montesq. Correspondance, 2. || Les anciens croyaient que le laurier préservait de la foudre. Lauriers, sacrés rameaux qu'on veut réduire en poudre, Vous qui mettez sa tête à couvert de la foudre.... cobn. Uor. V, 3. Tout couvert de lauriers, craignez encor la foudre, m. Cid, ii,t. || 2° Fig. et particulièrement, au pluriel. Gloire acquise par les armes, par la poésie. Par vice ou par vertu acquérons des lauriers, Riî- GNiER, Sat. IV. Qui n'est point de son sang ne peut faire d'affront Aux lauriers immortelsqui lui ceignent le front, CORN. Kor.v, a. Nous l'estimons tous doux un des braves guerriers A qui jamaisla guerre ail donné des laurier?,, m. D.Sanche, m, 4. Aux plus savants auteurs, comme aux plus grands guerriers, Apollon ne promet qu'un nom et des lauriers, boil. Art p. iv. Assez d'autres viendront, à mes ordres soumis, Se couvrir des lauriers qui vous furent promis, rac. Iphig. IV, 6, Ses mains joignent l'olive aux lauriers triomphants, volt. Henr. ix. Plus loin voici l'asile où vint chanter le Tasse... La gloire l'appelait, il arrive, il succombe... Et son laurier tardif n'ombrage que sa toniDe.LAM. médit, i, 21. || Kig. Cueillir des lauriers, moissonner des lauriers, etc. remporter des victoires. Les lauriers que vous avez cueillis dans les combats, PLÉCH. le Tellier. || Flétrir ses lauriers, souiller sa gloire. || Être chargé de lauriers, avoir acquis beaucoup de gloire. || S'endormir sur ses lauriers, ne point poursuivre une carrière glorieusement commencée. || Se reposer sur ses lauriers, à l'ombre de ses lauriers, jouir d'un repos mérité par des succès éclatants. Le prince Eugène et le duc de Marlborough vinrent au château de Rastadt se reposer à l'ombre de leurs lauriers, st-sim. (37, 2. Un officier qui a servi longtemps avec honneur dans les armées du roi, et qui se repose à présent dans son château à l'ombre de ses lauriers, le sage, Kst. Gonz. ch. 37. Il Les lauriers de... l'empêchent de dormir , se dit de quelqu'un qui s'efforce de rivaliser avec un autre, par allusion à ThémislQcle qui répétait que lus lauriers de Miltiade l'empêchaient de dormir. 113° Laurier-sauce, le laurier commun ; on dit aussi laurier noble et laurier d'Apollon, laurus nobilis, L., type de la famille des laurinées. Il Laurier-rose, ou oléandre, ou laurose, arbuste toujours vert, qui porte des Heurs da couleur rose (nertum oleander, L.), apocynées. || Laurier-tin, un des noms vulgaires de la viorne-tin (caprifoliacées). || Laurier-cerise, vulgairement laurier-amandier, prunus lauro-cerasuSjL., rosacées; arbuste toujours vert qui porte un petit fruit rouge. Il Le laurier Saint-Antoine, l'épilobe en épi, œuothérées. || Laurier alexandrin, ruscus racemosus, L. asparaginées. || Laurier de Portugal, prunus lusitanica, L. rosacées. || Laurier-rose des Alpes, rhododendron ferrugineum, L. éricinées. Il Laurier-tulipier, marinolia grandijlora, L. magnoliacées.
— HIST. xi* s. Souz un lorer qui est enmi un champ, Ch.de iioZ. clxxxviii. || xiu" s. lot ensement com il est del laurier, Ki foillis esi et versa iretaige (perpétuellement], Bibl. des chartes, 4" série, t. v, p. 314. Il XVI* s. L'huile de laurier se fait des fruits de laurier meurs, paré, xxvi, n. De mesme aussi que les cyprès, le seul laurier masle porte la semence; la femelle estant stérile, bien qu'elle fleurisse, 0. DE SERRES, 660,
LAV
— ÊTYM. Provenç. laurier; portug. loureiro ; d'un latin fictif laurarius, dérivé de laurus, qui avait donné directement en français laure ou lor, en provençaUaur, et en italien lauro.
t LACRIERE (lô-riè-r) s. f. Plant de lauriers.
— HIST. XYi' s. Aux pieds des vieux lauriers, on en trouve en abondance de jeunes, pour faire de nouvelles laurieres, o. ns serres, &59.
— ÊTYM. Laurier.
t LACRIFOLIÉ, ÉE (lô-ri-fo-li-é, ée)", adj. Terme de botanique. Dont les feuilles ressemblent à celles du laurier.
— ÉTYM. Lat. laurus, laurier, et folium, feuille, t LAURISE (lô-ri-n'), s. f. Terme de chimie. Substance cristalline qu'on extrait des baies du laurier.
— ÉTYM. Lat. laurxts, laurier, et la finale chimique ine.
t LAL'RINÉES (lô-ri-née), i. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicotylédones, à laquelle le laurier, laurus, a donné son nom. || On dit aussi lauracées.
t LAURIOT (lô-ri-o), s. m. Petit baquet dans lequel les boulangers lavent l'écouvillon après s'en être servis pour nettoyer le four. || On en use aussi pour y mettre tremper les chiffons avec lesquels on bouche les jointures de la bouche du four ou du fermoir.
t LAURIQUE {16-ri-k'), adj. Terme de chimie. Acide laurique, corps obtenu par saponification de la laurine. {| On dit aussi laurostéarique.
t LAL'ROSE (lô-rô-z'), s. m. Laurier-rose.
t LAUROSTÉARIQDE (lô-ro-sté-a-ri-k'), adj. Voy.
LAURIQUE.
— ÊTYM. Lat. laurus, laurier, et (rcéap, graisse.
iLAUSE(lô-z'), J. f. Nom , dans la France méridionale , de plaques de micaschiste employées à divers usages.
t LAVAHLE Oa-va-bl"), s. m. Terme d'argot de théâtre. Ceux qui entrent à très-bas prix au théfttre, à la condition de se placer parmi les claqueurs et de faire comme eux (Jai'eren argot signifie vendre) Les lavables ont acheté leur billet, l'ont payé dix, quinze ou vingt sous, castil-blaze, Hist. de l'Acad. de musique, xxix, t. u, p. 406.
LAVABO (la-va-bo), s. m. || 1° Terme du culte catholique. La prière que le prêtre dit en lavant ses doigts durant la messe; elle commence par ioDoifo manus meas inter innocentes. \[ Action du prêtre qui se lave les mains, en disant la messe. || Carte qui se place au côté droit de l'autel et sur laquelle est imprimée la prière du lavabo. || 2° Par extension, petit linge dont le prêtre qui dit la messe se sert pour essuyer ses doigts. || 3° Meuble de toilette pour se laver, garni d'une cuvette et d'un pot à l'eau.
— ETYM. Lat. lavabo, je laverai, de iavore, laver. LAVAGE (la-va-j'), s. m. \\ 1° Action de laver. I.o
lavage des laines. Le lavage des vitres. || Trop grande quantité d'eau répandue pour laver. Vous avez jeté trop d'eau sur ce plancher ; quel lavage avez-vous lait li? Il Chez les relieurs, action de laver et nettoyer les livres salis et les estampes. Le lavage et la restauration des livres. || Dans les mines, opération qui consiste à soumettre le minerai à l'action d'un courant d'flau. Le lavage des métaux. Or de lavage. Il Eaux de lavage, les eaux qui, passées sur des terres salpêtrées, ne sont pas assez chargées de sels nitreux pour être soumises avec avantage à l'évaporation, et que l'on est obligé de passer sur de nouvelles terres. Il 2° Par extension, trop grande quantité d'eau mise dans un potage, dans une boisson, etc. Vous avez mis trop d'eau dans ce vin, ce n'est qu'un lavage. Cette soupe n'est qu'un lavage. On dit souvent en ce sens : une lavasse, de la lavasse. || Terme de médecine. Émétique en lavage, se dit de l'administration de rémétique comme purgatif dans une grande quantité d'eau (6 à 40 centigrammes dans un litre d'eau). 113° L'eau ou tout autre breuvage, pris en trop grande quantité. Vous vous trouverez mal de tout ce lavage. || 4» Eau médicamenteuse employée à laver une partie malade. Je fais des lavages à mes mains, de l'ordonnance du vieux de Lorme, qui au moins me donnent de l'espérance, sÉv. 258. Est-il possible que dans le pays des bains chauds vous trouviez le moyen do laisser périr vos pauvres jambes, que vous ne sentez que par des douleurs ? n'y a-t-il point do lavages qui puissent TOUS ramener les esprits à ces parties comme abandonnées T iD. 22 sept. 4 680. Il 6° Fig. Dans une espèce d'argot du jour, lavage se dit pour vente, dépense, liquidation ruineuse (voy. laver). Barbet n'avait pas prévu ce lavage; il croyait au talent de Lucien, H. ok balzac, Un grand homme de province à Paris, chap. le.
— UIST. xvi« s. Quand les porc» courent tant
LAV
qu'ils peuvent au claquet du chaudron et tiennent leurs groings dedans l'auge pour humer le lavage, Merlin Coccaïe, p. 245, dans lacurne.
— ÉTYM. Lacer.
LAVANCHE (la-van-ch') ou LAVANGE (la-vanj'), s. f. Synonyme d'avalanche. Les unes sont appelées lavanges venteuses, parce qu'elles produisent un grand vent ; elles se forment lorsqu'une neige nouvellement tombée vient à être mise en mouvement, buff. Addif. et corr. Ihéor. terr. Œuv. t. xiii, p. 26. Il Se dit, dans les Alpes et les Pyrénées, des torrents de boue et de pierre qui souvent, après de violents orages, coulent du iîanc des montagnes. Il II se dit aussi de la chute d'un pan de falaise ou d'un pic miné par les eaux.
— HIST. ivi' s. Lavanche de glace et de neige,
COTGRAVE
— ÉTYM. Provenç. lavanca. D'après Diez, lavanche est ou une altération d^avalanche (ce qui paraît vrai pour l'italien valanga), ou une dérivation irrégulière du latin lahina ou lavina qui veut dire chute d'eau, avalanche, et lequel a donné dans les Alpes les mots lawine, lauwine, lœwin , etc.
L.WANDE (la-van-d'), s. f. Plante aromatique, labiées {lavandula spica, L.). Eau de lavande.
— HIST. XV* s Du lieu où lavande croist Et rosiers à grant foison.... curist. de pisan. Dit de Poissy.
— ÉTYM. Espagn. lavandula; ital. lavanda, lavandola; de l'italien lavanda, action de laver, d'après Diez ; la plante donnant une eau parfumée avec laquelle on se lave.
t LAVANDE (la-van-dé), adj. m. S'est dit d'une sorte de gris. Gris lavandes, Régi, sur les manuf. août 4 669, Teint, en laine, art. (5.
LAVANDIER (la-van-dié; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les la-vandié-zet....), s. m. Officier qui était chargé chez le roi de faire blanchir le linge. || Terme d'alchimie. Lavandier des philosophes, l'étain.
— ÉTYM. Lat. lavandaria, buanderie, de lavare, laver.
LAVANDIÈRE (la-van-d iè-r'), s. ^. || 1° Femme qui lave le linge. Il faut pour puiser nettement aux sources que les lavandières et les passants ne les aient point encore troublées, balz. Liv. vni, lett. 8. Ce sont les lavandières Qui pa.ssent en chantant làbas dans les bruyères, v. auoo, Ruy-Blas, ii, 4. Il Peu usité. Aujourd'hui on dit iilanchisseuse. il 2° Lavandières, nom donné en Normandie et en Bretagne à des fées qui, d'après la superstition populaire, battent le linge avec une main de fer dont elles assomment "le curieux indiscret. || 3° Lavandière belge ou flamande, appareil pour le blanchissage domestique. || 4" Oiseau appelé le plus souvent bergeronnette ou hoche-queue, molacilla flava, L. famille des turdidés. Et semblant imiter, du battement de leur queue, celui qu'elles [les blanchisseuses] font pour battre leur linge. : habitude qui a fait donner k cet oiseau le nom de lavandière, BUFF. Ois. t. IX , p. 366. || 5° Un des noms donnés au callionyme lyre (acanthoptérygiens), dit aussi sourisde mer. || 6° Sorte de grand bateau, naviguant sur le canal Saint-Denis.
— HIST. XVI' s. Aux lavandiers et lavandières la somme de trois mil livres à eux ordonnée extraordinairement par estât, fboumenteau, f «nonces, I" livre, p. 33.
—ÉTYM. Lavandier; bourguig. laivandeire; provenç. lavandiera; espagn. lavandera/ ital. lavandaia.
t LAVANËSE (la-va-nè-z') , s. f. Voy. galéga.
LAVARET (la-va-rc; le ( ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, l'*- se lie : des la-va-rè-z excellents; lavarets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Il 1° Nom vulgaire et spécificiue du thymalle iaforci (malacoptérygiens abdominaux), poisson qui se trouve dans les lacs. || Nom donné en quelques lieux à la grande murène. || 2* Espèce de faucon.
— UIST. xvi' S. Lavaret, cotoravb.
— ÉTYM. Origine inconnue.
LAVASSE (la-va-s'j, î. f. || 1' Pluie subite et impétueuse. Il vint tout k coup une grande lavasse. Il Peu usité. Il 2° Familièrement. Vin, bouillon, sauce, tisane où l'on a mis trop d'eau. Cette soupe ne vaut rien du tout, ce n'est qu'une lavasse, que do la lavasse.
— HIST. XVI* ». Lavace d'eaux, cotorave.
— ETYM. Laver, avec la finale péjorative asse; wallon, lavai'; namur. lavanje; provenç. lavaci, s. m.
t LAVATÈRE (la-va té-r'), s. f. Terme de bota-
LAV
nique. Genre de la famille des malvacées dédié par Linné aux frères Lavater, médecins et naturalistes de Zurich. Il £aua(era «mnesfm,/.. la mauve fleurie.
t LAVATÉRIEN, lENNE (la-va-té-riin, riè-n'), adj. Qui est relatif au système physiognomoui- (lue de Lavater (né à Zurich en 4 740), lequel prétendait reconnaître le caractère parla physionomie.
t LAVATOIUE (la-va-toi-r') , s. m. Terme de liturgie. Pierre sur laquelle on lavait autrefois le corps des ecclésiastiques et des religieux après leur mort.
— ÉTYM. Lat. lavatorium, de lavare, laver. LAVE (la-v'), s. /■. Il 1° Toute matière en fusion
coulant ou ayant coulé de soupiraux volcaniques. Comment la lave jaillit en s'ouvrant des issues au bas de ces monceaux, comment elle roule en torrents, ou se répand comme un déluge de feu, portant partout la dévastation et la mort, bijFF. Ilin. t. m, p. 69. La lave, si ariiente de nuit, paraît sombre à la clarté du soleil, stael, Corinne, xi, 4. C'est avec des morceaux de lave pétrifiée que sont bâties la plupart de ces maisons [d'Herculanum] qui ont été ensevelies par d'autres laves, ID. ib. || Fig. Je sentais couler dans mon cœur comme des ruisseaux d'une lave ardente, chateaubr. René. Et la lave de mon génie Déborde en torrents d'harmonie. Et me consume en s'écbappant, lamart. Méd. i, 44. Il 2° Pierre opaque, d'un ton gris verdâtre, tachetée et marquée d'accidents qui en varient les effets et ne s'opposent pas à son beau poli. Bracelet en lave. La lave du Vésuve, étant continuellement mise en œuvre par les bijoutiers italiens, est la plus connue, et on appelle toutes les laves , laves du Vésuve, DE laborde. Émaux, p. 357.
— ÉTYM. Ital. lava; d'après Diez, du napolitain lava, qui veut dire averse, et qui vient du verbe lavare, laver, l'averse d'eau ayant été transportée à l'averse de matière enflammée.
LAVÉ, ÉE (lavé, vée), part, passé de laver. Il 1° Nettoyé avec l'eau. Les mains lavées, on se mit à table. || Fig. La Dauphine ainsi lavée dans le sang de l'agneau, fléch. Dauphine. || 2° Terme d'agriculture. Foin lavé, foin qui, étant sur pied, a séjourné dans l'eau, ou a été mouillé après le fauchage et surtout pendant le fanage. || 3° Purgé par une sorte de lavage. Ces eaux-ci [Vichy] sont salutaires; M. de Grignan en serait lavé et lessivé, et guéri de tous ses maux, sEv. 4 0 sept. 4677. ||4"Lavé se dit de certaines couleurs peu vives et peu chargées. Cheval de poil bai lavé. Bai brun lavé aux flancs. Il En peinture, couleur lavée, couleur faible et déchargée. || 6° Ombré, colorié. Parlons de ses têtes peintes, de ses éludes et surtout de ses dessins coloriés et lavés, dider. Salon de 4 767, OEuv. t. xv, p. 8r>, dans pouoens. Le ventre et l'estomac ont du blcinc plus ou moins lavé de jaune faible, buff. Ois.
1 LAVÉE (li-vée), s. f. Tas de laine que l'on vient de nettoyer à la rivière, t LAVE-MAIN (la-ve-min), s. m. Petit bassin où
l'on se lave les mains. || Petit réservoir d'eau, placé à l'entrée d'une sacristie ou d'un réfectoire. || Au plur. Des lave-mains.
LAVEMENT (la-ve-man), s. m. || 1° Il ne se dit au propre pour l'action de laver qu'en termes d'église et dans ces locutions-ci : le lavement des pieds ; le lavement des mains ; le lavement des autels. |1 Le lavement des pieds, tableau représentant Jésus- Christ qui lave les pieds des apôtres. || Fig. Le baptême, dit-il [Jurieu], ne nous applique ou communique le sang de Jésus-Christ que par forme de lavement, boss. Euchar. ii, 3. || Terme d'alchimie. Lavement dos philosophes, opération par laquelle l'humide s'élève, circule et retombe sur la matière noire, qui ainsi devient blanche. || 2" Par extension, remède liquide qu'on introduit par l'anus dans les intestins. Il me semble toujours que je vois une douzaine de lavements qui mo couchent en joue, mol. l'ourc. u, 4. Que voulez-vous faire? — Prendre ce petit lavement-là : ce sera bientôt fait, II). Ual. im. m, 4. Cette huncur acre (la bile], en les picotant [ les intestins ] , les agite et leur sert comme d'une espèce de lavement naturel pour leur faire jeter les excréments, boss. Connaiss. u, 4. Et même ella refuse, étant fort enrhumée, De prendre un lavement lorsqu'il sent la fumée, bolrsault, Uerc. gai. i, i. Il faut dire de lui comme le régent disait d'un homme qui prenait force lavements à la B istille : il n'a que ce plaisir-là., u'alemb. Lett. à Voltaire, 3 janv. 4 706. || Populairementet fig. Un lavement, un bomme tourmentant et importun.
— HIST. XIII* s. Quant nostre sires voit ke li hom et la fome sont en pochié et il tornent en ropentance
LAV
et puis vont mi lavement de confession, hensi de TALENC. t . H *^* '■ Ces ulcères peuvent estre tempérés pir gargarismes anodins, pour leur diminuer l'ardeur, et défendre par ce fréquent lavement que... PABiî, XVI, 93. Les lâvemens ou clysteres, id. xx, t. Cerclier le lavement de son ame en l'aspersion corporelle de l'eau, calv. Instit. 349. Il trouva que l'on avoit appresté des lâvemens de vin et d'espicerics odorantes pour laver les piez des conviez, AHVOT, Phoc. 2».
— £TYM. Provenç. /ammen»; espagn. lavamiento; ital./ocom<nfo;dulat./oiom«n<um,de Jaiar», laver.
LAVER Pa-vé), V. a. || 1° Nettoyer avec de l'eau ou avec quelque autre liquide. Laver le plancher. II [Jésus] commença à laver les pieds de ses disciples, et à les essuyer avec le linge qu'il avait autour de lui, SACi, Bible, Ëv. St Jean, xiii, 6. L'onde tiède, on lava les pieds des voyageurs, la font. FhiUm. et Bauc. Le déluge lava le monde, le renouvela et fut l'image du baptême, boss. Élérat. sur myst. viii, b. Et qu'un sang pur par mes mains épanché Lave jusques au marbre où ses pas ont touché, RAC. Alhal. ii, 8. || Se laver les mains, nettoyer ses mains avec de l'eau. Se lavant les mains devant le peuple, il [PilateJ leur dit: je suis innocent du sang de ce juste, ce sera à vous à en répondre, SACi, Bible, Étang. St Math, xxvii, 24. Il Fig. et familièrement. Se laver les mains d'une chose, déclarer qu'on n'en veut pas être responsable ; locution tirée de l'acte de Ponce-Pilate. Ha foi, monsieur, si Scapin vous fourbe, je m'en lave les mains et vous assure que je n'y trempe en aucune façon, mol. Scapin, m, o. Je vous en donne avis et en lave 'mes mains, sév. 22 sept. 4687. Il Fig. et familièrement. Laver la tête à quelqu'un, lui faire une sévère réprimande. [Neptune] Après avoir lavé la tête Aux vents auteurs de la tempête, scarr. Yirg. i. Le roi envoya chercher Pontchartrain, et lui commanda de laver rudement la tête à son parent, st-sim. 24, 26. Ah I mon oncle, parbleu! je vous trouve à propos Pour vous laver la tête et vous dire en deux mots.... begnard, le Distrait, lu, 2. Il On disait dans le même sens en parlant d'une femme : laver la cornette. Ce qu'il avait à faire n'était autre chose que d'avoir le plaisir de lui laver sa cornette, sév. 27 fév. <67i.||Fig. et dans le style élevé et poétique, laver ses mains, ses bras dans le sang, tuer beaucoup do personnes. Il vous faudra.... Soutenir vos rigueurs par d'autres cruautés. Et laver dans le sang vos bras ensanglantés, rac. Brit. iv, 3. || f Absolument. Laver, se laver les mains avant le repas. On lava et on se mit à table. Tout le monde au son d'une cloche Dans une salle se trouva; Énée avec Didon lava, scarr. Virg. i. Quand il [Monsieur] était au dîner du roi , il remplissait et égayait fort la conversation; là, quoique à table, il donnait la serviette au roi en s'y mettant et en sortant... il y lavait, st-sim. 4(7, 9. || Donner à lavera quelqu'un, lui présenter de l'eau et un linge , quand il va se mettre il table, afin qu'il se lave les mains. L'électeur do Brandebourg donna à laver à l'empereur et à l'impératrice, volt. Mœurs, 70. On parfume l'hôte, on lui donne à laver dans des aiguières d'or et d'argent, chateaubb. Génie, II, VI, 3. Il Pierre à laver, pierre en forme de table, dont la surface est légèrement inclinée et sur laquelle on lave la vaisselle, les formes d'imprimerie, etc. Il 8* Terme de chimie, ôter par le moyen de l'eau les impuretés grossières de quelque mixte. Il Terme de monnoyeur. Laver au plat, laver les cendres et les balayures pour en retirer les parcelles d'or et d'argent. || 4° Laver un livre, les feuillets d'un livre, une estampe, les tremper dans une eau chargée d'acide chlorhydrique, pour en ôter les taches. || Laver du papier, le tremper dans une eau chargée d'alun, pour lui donner plus de consistance et l'empêcher de boire. || Uver la laine à dos, nettoyer la laine d'un mouton avant de le tondre. || 6" Laver les couleurs.lcs faire tremper et délayer dans l'eau, afin que, la couleur se précipitant au fond, on puisse filer les saletés qui s'amassent au-dessus de l'eau. Il En termes de peinture, laver c'est coucher les couleurs à plat, sans les poinliller. || En termes do dessinateur, laver, c'est étendre sur un dessin une ou plusieurs teintes d'encre de Chine, de bistre ou d'autre couleur. Laver un dessin sur un trait à l'encre, au crayon. Uver, dans un plan, les masses de constructions en rouge, et les masses de verdure en vert. || 6* En parlant d'un fleuve, ou de la mer baigner, passer auprès. Toutes les plaines.... Que Hnde et l'Euphrata lavent, «alh. ii, 4. Et jusqu'au pied des murs que la mer Tient Uver, bac. Baj.
LAV
V, 4 1. La Tamise lave les bords du vaste et peu magnifique palais des rois de la Grande-Bretagne, ha- MiLT. Gramm. 7. j) 7" Fig. Effacer, avec un nom de chose pour régime, comme par une eau qui enlève une tache. Mais, pour en recevoir le sacré caractère Qui lave nos forfaits dans une eau salutaire, CORN. Poly. I, (. Après avoir lavé ces taches que le péché laisse en nous, fléch. Lam. Dans le sang ennemi tu peux laver ton crime, rac. Alex, iv, 3. Tout mon sang doit laver une tache si noire, id. Mithr. m, (. Le bain sacré de la pénitence où il venait laver les souillures de son âme, mass. Or. fun. Villars. C'est ici la montagne où, lavant nos forfaits. Il [Jésus] voulut expirer sous les coups de l'impie, volt. Zaïre, 11, 3. Lavons, mon cher Brutus, l'opprobre de la terre ; Vengeons ce Capitole au défaut du tonnerre, m. M. de Ces. 11, 4. || Laver ses péchés avec ses larmes, pleurer ses péchés. || Purifier, justifier, avec un nom de personne pour régime. Cette âm» que vous venez de laver dans les eaux du jubilé, »iv. 269. En deux prédications de saint Pierre huit mille Juifs se convertissent, et, pleurant leur erreur, ils sont lavés dans le sang [de Jésus-Christ] qu'ils avaient versé, boss. /fût. 11, 7. Il fie baptême] ne nous marque que notre entrée dans l'Église, et nous lave de nos péchés, id. ^uchar. II, 6. Peut-être ferez-vous un jour quelque action d'éclat qui vous lavera de tout soupçon, MAiNTENON, Lctt. OU card. de Noailles, )3 oct. (698. Lai.ssez-moi nous laver l'un et l'autre Du crime que sa vie a jeté sur la nôtre, rac. Bajai. iv, 6. Le sang coule sur l'autel pour vous laver de vos souillures, MASS. Carême, Temples. ||8° Punir, venger. 11 m'a rendu l'honneur, il a lavé ma honte, corn. Cid, 11, 9. Avant ce jour fini, ces mains, ces propres mains Laveront dans son sang la honte des Romains, id. Hor. III, 6. Laissez-moi m'assouvir dans mon courroux extrême. Et laver mon affront au sang d'un scélérat, mol. Amph. m, 6. Il expire; et nos Grecs irrités Ont lavé dans son sang ses infidélités, rac. Androm. v, .1. || Laver une injure, un outrage dans le sang, se battre avec quelqu'un qui nous a grièvement offensés, le tuer, le blesser. Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel outrage, corn. Cid, i, 8. Il 9° Terme de charpenterie. Ôter avec la besaiguë les traits de scie et les rencontres d'une pièce de bois de sciage, pour la dresser et l'aviver. || ÎO" Dans une espèce d'argot du jour, laver se dit pour vendre, dépenser, lia lavé sa montre. Vous avez pour quarante francs de loges et de billets à vendre, et pour soixante francs de livres à laver au journal, n. de BALZ. Un grand homme de province à Paris, 1. 11, p. 47, dans FR. MICHEL, Argot. \\ 11° Se laver, v. réfl. Se nettoyer avec l'eau. Ils se lavaient trois fois par jour, tandis que les Portugais ne se lavent qu'une fois par semaine, volt. Philos. Serm. Rabbin Akib. Il Particulièrement. Nettoyer ses mains. Le sommelier en hâte est sorti de la cave; Déjà monsieur le maître et son monde se lave, Régnier, Sat. vi. Il 12" Fig. Se purifier, se justifier. Et ne te souille pas au lieu de te laver, mairet, Sophon. i, 4. J'ai bien voulu chez vous leur faire compagnie. Pour vous voir vous laver de cette calomnie, mol. Mis. v, 4. L'hérésie a beau se laver de cet opprobre, mass. Pet. carême. Respect. Pouvez-vous vous laver d'un procédé si malhonnête? DANCOURT, Chev. à la mode, v, 6. Plus il [Lally] s'obstinait à vouloir se lavera leurs dépens [les officiers ses subordonnés], plus il se noircissait, VOLT. Louis XY, 34. Il Etre effacé, en parlant des souillures morales. Si mon crime par là se peut enfin laver, corn. Cid, v, 7. Une injure répondue à une injure ne suffit point; cela ne peut so laver, s'effacer que par le sang de votre ennemi ou le vôtre, MABiv. Dotib/e inconst. m, 4. || Proverbes. Une main lave l'autre, c'est-à-dire les parents, les associés se secourent, se défendent. || A laver la tête d'un âne, d'un More, on perd sa lessive, c'est-à-dire on perd les peines qu'on prend en voulant instruire une personne obstinée, indocile, stupide, ou en voulant lui faire entendre raison.
— HIST. XI* s. [Les corps] Bien sont lavez de piment et de vin, Ch. de Roi. ccx. j| xn* s. Quant fu fais li services [divin] , si sont aie laver, Sax. xiii. Icol sanc de pechié eovint par sanc laver ; Pur relever le chief covintle chiefdoner. Th. le mart.m. Il XIII' s. Li aver [les avares] Qui nevuelent lorcuer laver De la grant ardure et du vice X la convoitcuse avarice, la iioje, 4822. Pour nient [je] soffri ennui en cest siècle, et lavé mes mains entre les innoccnz. Psautier, f 86. 11 me demanda si je lavoie les piezauspoures le jour du grant jeudi, joinville, 104. Il XV* s. Le roy, combien que cest offre ne luy plaisoit gueres, se prinst à laver [on était à dîner],
LAV
sans trop respondre à propos, comm. it, 40. Et luy dictes [au roi] qu'il m'a bien fait laver ici par son chancelier, mais que, avant qu'il soitung an, il s'en repentira, id. i, I. || xvi* s. Il entroit plusieurs fois le jour dedans le baing pour se laver et nettoyer, AHYOT, Sylla, 73. L'armée roiale commença dès le point du jour à laver [nettoyer] les logis, et dans neuf heures les liguez en perdirent trois, au dernier desquels demeura sur la place plus de 800 hommes, d'aub. Hist. m, 266. A main lavée Dieu mande la repeue, cotgrave. En vaisseau mal lavé ne peut on vin garder, id. Pour laver ses mains on ne vend pas sa terre, id. Me suis trouvé avec des damoiselles qui se lavoient la gorge des baguenauderies que leur avoient ramage leurs aimez courtisans. Contes de Cholièrcs, f° 220, dans lacurne. Les pauvres femmes sont abusées et deshonorées du monde; et, qui plus est, vous vous en vantez, et lavez vostre bouche de nous comme de vieilles charognes trouvées sur les fumiers, Nuits de Straparole, t. i, p. 40B, dans lacurne.
— ÊTYM. Bourguig. laivai; provenç. et espagn. lavar; ital. lavare;d\i lat. lavare; comparez le grec Xoûeiv; la racine est lu, qu'on retrouve dans luere, et qui reçoit un gouna dans XoOm.
f LAVERIE (la-ve-rie), s. f. Usine où s'opère le lavage des minerais. || Lieu où l'on lave dans les usines à sucre.
t LAVETON (la-ve-ton), s. m. Grosse bourre qui reste dans le moulin où l'on foule les draps.
— HIST. XVI* s. Lavetton, oudin, Dict; LAVETTE (la-vè-f) , s. f. Petit morceau de linge
dont on se sert pour laver la vaisselle.
— HIST. XVI" s. Lavette, oudin, Dict.
— ÉTYM. Laver; wallon, laverai.
LAVEUR, EUSE (la-veur, veû-z'), s. m. et/". Celui, celle qui lave. Laveur, laveuse de vaisselle. || Celui qui lave les terres pour recueillir les parcelles de métal. Il Celui qui est chargé de retirer l'or et l'argent des cendres des orfèvres, bijoutiers et autres. Il Celui qui lave les livres à l'aide d'un acide pour les nettoyer. || Terme de papeterie. Appareil employé au blanchiment des chiffons.
— ETYM. Laver; ital. lavalore.
f LAVIGNON (la-vi-gnon), s. m. Nom donné par les pêcheurs de la Rochelle à un coquillage bivalve bon à manger, plus large et plus court que la moule; il vit enfoncé dans la vase.
f LAVIQUE (la-vi-k'), adj. Terme do géologie Qui a le caractère de la lave. Roche lavique.
LAVIS (la-vî) , s. m. Terme de dessinateur. Manière de colorier un dessin avec de l'encre de Chine, du bistre, de la sépia ou quelque autre matière colorante délayée dans l'eau. || Dessin fait de cette manière. Un beau lavis.
— ÊTYM. Laver.
LAVOIR (la-voir), s. m. \\ 1° Place dans un cours d'eau ou dans un réservoir d'eau où on lave le linge. Lorsque les jeunes filles furent proche du fleuve, vers l'endroit où étaient les lavoirs publics, elles dételèrent les mulets, fén. t. xxi, p. 350. || Fig. 11 [saint Clément] enseigne que le baptême est appelé un lavoir, parce qu'on y lave les péchés, et une grâce, parce qu'on y remet la peine qui leur est due, fcoss, Déf. de la trad. et des saints Pères, mi, 20. || Lavoii de Bethséda, ou piscine, réservoir d'eau proche du temple de Jérusalem où se rendaient les malades. On n'a parlé que de lui [un charlatan qui guérissait en mettant une poudre de sympathie dans l'urine] depuis quelque temps; sa maison ressemble au lavoir de Bethséda; tous les malades y accourent, BAYLE, Lett. à U*'* 7 mars 1697. || 2" Lavoir de cuisine, lieu où on lave la vaisselle. ||3°Dansles communautés et dans les sacristies, lieu où on se lave les mains. || 4° Dans les manufactures, certains appareils destinés à laver les substances qu'on y emploie. Il Dans les mines, machine dont on se sert pour laver le minerai. Le lavoir foncé de fer et percé de petits trous, inventé par M. Robert, sera trèsutile pour les mines mêlées de terre grasse et attachante, BUFF. Jft'n. t. IV, p. 4 12, note e. || 5° Verge garnie d'un linge mouillé pour nettoyer les canons de fusil. Il 6° Terme de minéralogie. Lieu où l'on tire de l'or par le lavage. Un lavoir très-abondant. Il 7° Terme de pêche. Cage à jour établie au bord de la mer, d:>n3 laquelle on lave les morues qui ont été mises au premier sel.
— HIST. XII* s. Co [ce] fud 11 laveurs u [où] li pruveiro [les prêtres] soieïent laver, quant durent ol temple célébrer. Rois, p. 2B0. Do co [ce] fist Salomon tuz les vaissels de araim el temple e neis [même] le grant lavur que l'um apeled mer d'araim, ib. (47. Il xiv* s. Un petit lavouer, c'est awavoir chaufctte et