‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 90 sur 389 · LAZ · texte numérisé non relu

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bassin d'argent veré, et est le pied esmaillé à bestes, pesant iij marcs, once et demye, de laborde, Émaux, p. 357. Il XV' s. Les deux escuyers vinrent au bassin et au lavoir, proiss. m, iv, 23.

— ÉTYM. Provenç. larador; esp. lavadero; ital. lavatoio ; du lat. lavatoriûm, de lavare, laver.

LAVURE (la-vu-r"), s. f. || 1° Eau qui a servi à laver la vaisselle, les éeuelles. Lavure de vaisselle. Il Familièrement et pir exagération. Lavure de vaisselle, un bouillon, un potage fade et insipide, où il y a beaucoup d'eau. || Lavure de chair, eau sanguinolente qui s'écoule de chairs qu'on lave. Il 2" Action de laver un livre avant de le relier. Il STerme de métallurgie. Moulin aux lavures,cuvier au fond duquel il y a un moulin de fer ou de fonte dont le fond est convexe, et qui sert à laver l'or et l'argent. || Terre de lavures, se dit de toutes les terres qui ont servi à la fonte des métaux , et que l'on soumet à une opération de lavage, pour en retirer l'or et l'argent qui peut s'y être attaché. || 4° Terme d'orfèvrerie et de monnayage. Opération par laquelle on retire l'or ou l'argent des cendres, des terres auxquelles il est mêlé, ou des creusets dans lesquels on l'a fondu. || Métal en parcelles que les fondeurs, orfèvres, etc. retirent dt?s cendres, rognures, sciures, balayures. || Nom que les batteurs d'or donnent aux parcelles de métal qui se détachent d'elles-mêmes des livrets.

— mST. XI* s Suz [sous] le degret ù il gist e conveiset. Hoc déduit ledement [en joie] sa poverte [pauvreté]; Li serf Sun padre [les serviteurs de son père], ki la maisnede servent, Lur lavadores li getent sur la teste, St-Alexis, lui. || xii" s. Cil qui estoient engroté [malades]. Des laveûres bains faisoient, wace, Brut, V. 8277. Il XIII' s. [En cette préparation médicale] Si a mult bons laveûre, Ms. St Jean. || xiv s. Aquosité cltre ou rouge, aussi com laveuredechar, issant de la plaie, h. de mondeville, P" 4B, verso. La laveure des poz et li reliés [les reliefs] des tables, C'estoit trestouz ses vivres; moult li fu delitables, Girart de Ross. v. 23»9. ||xvi' s. 11 faut faire sortir l'humeur qu'on trouve comme une laveure de chair sanglante, paré, vr, t.

— ÉTYM. Laver; houTg.laivure; provenç. tovadura.

+ LAWSONIE (lÔ-so-nie), s. f. Terme de botanique. Genre de lythrariées qui comprend la lawsonie blanche ou henné.

LAXATIF, IVE (la-ksa-tif, ti-v'), adj. Terme de médecine. Qui a la propriété de lâcher le ventre. Tisane laxative. || Par extension. La peur est laxative, je suis perdu, hautehocbe, Esprit follet, iv, 3. Je no gais si la peur est un peu laxative, regnard, Légat. IV, 4. Il Substantivement. Un bon laxatif. Les laxatifs.

— HIST. XIV* s. L'évacuation 0 [avec] médecine laxative, h. db mondeville, f" 43, verso. ||xvi's. Ce bruvage.... salutaire à l'estomach, et laxatif à ceux qui ne l'ont accoustumé, mont, i, 237.

— ÉTYM. Provenç. laxatiu; esp. laxatito; ital. las.'sativo; du lat. laxathus, de laxare, lâcher.

t LAXIFLOHE (la-ksi-flo-r'), adj. Terme de botanique. Dont les fleurs sont fort écartées les unes des autres. Inflorescence laxiflore.

— f.TYM. Lat. laxus, lâche, et fleur.

f LAXITÉ (la-ksi-té), s. f. Terme didactique. Etat de ce qui est lâche ou relâché. La laxité de la peau du ventre après l'évacuation des eaui de l'ascite. La laxité d'une corde.

— HIST. XVI* s. Laxité, cotgrave.

— ÉTYM. Provenç. laxetat; esp. laxidad; ital. laschità; du lat. laxitatem, de laxus, lâche.

LAYfi, ÉE (lè-ié, iée), part, passé de laycr 1.

1. LAYER (lè-ié. Il se conjugue comme payer), e. a. Terme d'eaux et forêts. Tracer une laie, une route étroite dans une forêt. {| Marquer les bois qu'on doit laisser dans l'abatis des bois de haute futaie ou dans la coupe des taillis.

— HIST. XVI* s. Ceux qui ont prinsboisà coupper : et à layer sont tenus le coupper et ablMitre dedans le ^premier jour de may, Cousl. général, t. t, p. eu3.

— ÉTYM. Laie 2.

J. f LA'VER (lè-ié. Il sa conjugue comme layer

|4), V. a. Terme de construction. Dresser le parement ïd'une pierre avec la laie.

— ÉTYM. taie 3.

LAYETIER (lè-ie-tié ; l'r ne se prononce et ne se

flie jamais ; au pluriel, 1'/ se lie : des It-ie-tié-z lia- Tbiles), ». m. Celui qui fait des layettes, des caisses r de bois blanc. Layetier emballeur. Les maîtres delà communauté des layetiersde Paris se qualilient [en <767] maîtres layetiers écriniers de la ville et faubourgs de Paris, Dict. des arts et met. Layetier.

— ÉTYM. l/iyetle.

LAYF.TTK (lè-iè-f. Palsgrave, p. H , au xvi*si&-

cle, remarque qu'on prononce la-iette), s. f.\] 1° ,Tiroir d'armoire où l'on serre des papiers. Mettre des papiers dans une layette. || Coffre léger et de petite dimension, plus particulièrement réservé à la conservation des papiers dans les archives. Dans ces sens, il est peu usité. || 2° Terme de musique. Se dit des petits veri'ous de Ixiis ou d'ivoire, qui servent i fermer les trous du bourdon de la musette. || 3° Le linge, les langes, le maillot, et tout ce qui est destiné pour un enfant nouveau-né. La layette doit être arrivée, elle est magnifique, maintenon, Lett. à d'Aubigné, i" mars t^si. || Fig. On veut donner Chambord au prince [duc de Bordeaux] pour sa layette, p. l. cour. Simple discours.

— HIST. iiv* s. Je vous renvoie la laiette que vous me baillastes au partir de vous et tout ce qui estoit dedans, machaut, p. as. Une layette de bois où sont reliques de sainte Catherine, de saint Laurens et de plusieurs autres saints, de laborde. Emaux, p. 367. Il XV' s. Le chancellier de Bourgoingne a ordonné — que l'on feist faire bonnes layetes de bois de chaigne, et que en chasoune layete feust fait ung brevet et inventoire particulier de toutes les lettres qui seront mises en icelle layette, id. tb. p. 367. il fist envoler à l'evesque d'Orléans par un herault la sentence, enclose en une laiete souz le contre-scel du roy. Geste des nobles, virivillb, p. i4o. ||xvr s. Voire mesme, quand il [un tailleur] tailloit un habillement pour soy, il lui estoit avis que son drap n'eust pas esté bien employé, s'il n'en eust escbantiUonné quelque lopin, et caché en la liette, ou au coffre des bannières, des periers, Contes, xlvui. Ces estages sont comme petits planchers, composés ou de rozeaux refendus, ou.... et posés tant proprement, qu'on les puisse séparément ester et remettre à volonté, en les glissant comme lietes, pour facilement visiter et panser le bestail [les vers à soie], 0. DE serres, 479. Plusieurs bouetes et layettes dedans lesquelles sont les pierreries, bagues et joyaulx de la dicte defuncte dame, de laboude, Émaux, p. .iB8.

— ÉTYM. Bourg, liailte; Berry, liette; wallon, Idiète, partie de veine pierreuse entre le mur et la couche ; du germanique : ano. haut-allem. lada, caisse; hoUand. laada; allem. Lade. Quoique cette étymologie semble bonne, on remarquera la difficulté que fait la forme par » dans le xvi* siècle et dans quelques patois.

t LAYETIERIE (lè-iè-te-rie), s. f. Art de faire des layettes; commerce de layettes.

— ÉTYM. Layette.

LAYEUR (lè-ieur), s. m. Terme d'eaux et forêts. Celui qui trace dgs laies dans une forêt, ou qui marque le bois qu'on veut layer.

— ÉTYM. Layer i.

f LAYON (le- ion), s. m. Planche ou assemblage de planches placé à l'arrière des voitures de déménagement et qui est susceptible de se bai-sser pour agrandir l'espace de la voiture. || D'autres disent unayon.

t LAYONS (lè-lon) , s. m. Terme de chasse. Petits chemins que, dans quelques chasses privées et gardées, on trace en ligne droite, afin que le chasseur y marche sans embarras.

— ÉTYM. Laie I .

t LAZARE (la-za-r"), s. m. \\ 1° Nom du mort, frère de Marthe et de Marie, qui dans l'Evangile fut ressuscité par Jésus-Christ. C'est à lui [à Jésus- Christ] que l'on dit dans notre Évangile : Seigneur, venez, et voyez où l'on a déposé le corps du Lazare, Boss. Sermons, Sur la »nor(. || 2° Nom du pauvre couvert d'ulcères qui implorait en vain la pitié du mauvais riche; et, lorsqu'ils furent morts tous deux, Lazare était dans la sein d'Abraham, et le mauvais riche, dans les enfers, l'implorait vainement à. son tour; c'est de celui-ci qu'on parle presque toujours dans les sermons sur la charité. Il 3* Chevaliers de Saint-Lazare, ordre militaire institué lorsque les Latins étaient maîtres de la terre sainte; son institut était de recevoir les pèlerins dans dos maisons fondées exprès, de les conduire par les chemins et de les défendre contre les mahométans; ils subsistèrent en France après la fin des croisades ; ils furent réunis en 1672 par le pape Grégoire XIII à l'ordre de Saint-Maurice, auquel, à la même époque, fut impo.sée l'obligation spéciab de s'opposer aux progrès du protestantisme. Les deux ordres réunis prirent le nom des saints Maurice et Lazare.

— HIST. xn" s. Par saint Lezre, Th. mort. 46.

— ÉTYM. La forme Unre montre l'étym. de Indre. LAZARET (laza-rè; le ( ne so prononce et nt se

lie jamais; au pluriel, l'ï sa lie : les la-za-rè-z et; lazarets rima avec traits, succès, paix), t. m. Édifice isolé, établi dans certains ports de mer, et dans lequel séjournent, pour y Être désinfectés, les hom-

mes et tous les objets provenant de lieux où règne une maladie épidémique contagieuse, peste, typhus, fièvre jaune, etc. || Fig. Notre maison est un lazaret, volt. Lett. Mme de St Julien, 6 mai (775.

— ÉTYM. Ital. loiorcWo; du bas-latin, lasarus, ladre, lépreux (voy. ladre). 11 faut écarter ce que Volney dit dans son Voyage en Syrie : « Les aveugles des villages viennent s'établir au Caire à la mosquée des fleurs [el aihar], où ils ont une espèce d'hôpital ; lazaret me paraît venir de là. ^

t LAZARISTE (la-za-ri-sf), s. m. Membre d'un ordre fondé par saint Vincent de Paul. On dit aussi prêtres de la mission.

t LAZARONE (la-za-ro-né), *. m. Mendiant de Naples. Il Au plur. Des lazaroni; ce qui est le pluriel italien.

— ÉTYM. Dérivé de lasarus, qui dans le latin du moyen âge a signifié ladre, lépreux, misérable (voy. ladre).

LAZULI, voy. LAPIS.

t LAZUHTE (la-zu-li-f), s. f. Pierre bleue, opaque, veinée de blanc et pointillée de pyrites ferrugineuses, qui semblent de l'or. La lazulite nous vient delà Perse, de la Chine et de la Grande-Bretagne.

— ETYM. Voy. LAZULL

LAZZI (la-zi), s. m. || 1* Terme de théâtre, qui de la comédie italienne a passé à la comédie française. Suite de gestes et de mouvements divers, qui forment une action muette. Les comédies italiennes sont pleines de lazzi. C'est au fond une scène de lazzi; passe encore si cette scène était nécessaire, mais elle ne sert à rien, volt. Comm. Corn. licm. Nicomède, 11, 3. Pour attirer la foule aux lazzi qu'il répète. Le blanc Pulcinella sonnait de la trompette, V. HUGO, Contemplations, xxii. {| 2* Dans le langage général. Mauvaises plaisanteries, bouffonneries 11 s'en est tiré par des lazzi.

— HEM. 1. Quelques-uns écrivent, au pluriel, lazzis, dit l'Académie. Sur quoi l'on remarque qu'on elTet il serait mieux d'écrire au pluriel lazzis, puisque l'Académie écrit des macaronis. || 2. Lazzi a été usité au singulier ; ce qui est contraire à l'étymologie. Il faisait ce lazzi pour mieux m'engager à ne lui pas manquer de parole, lesage,G«ï. d' Al far. v, I.

— ÉTYM. ital. lazii, plur. delasso, badiiiage.

1. LE, LA, LES (le, la, lé; l'f se lie : lê-z amis, lêz hommes), article. \\ 1° Le est l'article du nom masculin au singulier ; l'e s'élide devant une voyelle ou une h muette. Le livre, l'homme, l'épi. Ah I ruban tant qu'il vous plaira; mais ce le où elle [Agnès] s'arrête n'est pas mis poui des prunes ; il vient sur ce le d'étranges pensées, ce ie scandalise furieu.'^^ement; et, quoi que vous puissiez dire. Tous ne sauriez défendre l'insolence de ce le, mol. Crit. de l'Éc. des f. 3. Il La est l'article du nom féminin au singulier; l'a s'élide devant une voyelle ou une h muette. La lune, l'âme, l'heure. || Les est l'article du pluriel ; et il est commun aux deux genres. Les livres, les roses. || 2° Si la préposition de ou à se trouve devant l'article masculin au singulier, etque le nom suivant commence par une consonne ou par une h aspirée, on change de le en (iu,etd2«enau:dumois; au mois;du héros; au héros. Il Si le nom commence par une voyelle ou par une h non aspirée, la préposition et l'article n'éprouvent aucun changement; mais l'article, soit masculin, soit féminin, s'élide : da l'enfant; à l'enfant; de l'honneur; à l'honneur; de l'amitié; à l'amitié. \\Auplur. Pour de les on dit des, et pour à les on dit aux : des héros; aux héros; des enfants; aux enfants; des femmes; aux femmes. || 3* On répète l'article devant des substantifs qui sont unis par la conjonction et 1 le père et la mère. Cependant, on dit quelquefois, sans le répéter : les père el mère. Les père et mère ont pour objet le bien, la pont. Cal. || 4* On répète l'article avant plusieurs adjectifs qui modifient un substantif. Voilà l'unique et la grande règle qu'il suivait, BOUHDAL. l'cmées, t. 11, p. 46. L'utile et la louable pratique,de perdre en frais de noces le tiers do la dot qu'une femme apporte I la brut. vu. Il Cette répétition est obligatoire quand les adjectifs expriment des idées tout à fait distinctes : Les bonnes et les mauvaises actions qu'il a faites. || Mais elle n'est pas obligatoire quand les idées exprimées par les adjectifs n'ont rien qui se contredise ou s'oppose : Voilà l'unique et grande règle qu'il suivait. L'utile et louable pratique. L'humble et timide innocence. Il 6* fHi peut mettre l'article devant un adjectif avec le substantif .sous-entendu, quand le substantif vient d'être énoncé avec un autre adjectif. On ne vous a pas laissé ignorer l'histoire grecque ni la romaine, Boss. Hitt. l'réf. L'un a les affaires de la terre et l'autre les maritimes, la bhuy. vin. Kllcs se bornent aux choses présentes et nous font perdre

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de vue les éternelle», mass. Mystères, Incam. || 6- Les se met devant le» nombres de jours, d'heures, etc. pour indiquer une cerUine approximation ou latitude. Dans ces étranges sublimités, où ils [les mystiques) passent tranquillement les dix et les vingt ans sans seulement penser à lui [Jésus-Christ] ni à aucun de ses états, boss. États doraison, u, 8. Le Tent étant tombé Ters les huit heures du soir, cha- TEAOB. Itin. «"part. || 7* L'article au pluriel peut se mettre devant les noms propres d'une façon emphatique, sans idée de pluralité, et alors en effet on ne leur donne pas la marque du pluriel. Les Bossuet, les Racine ont été la gloire du siècle de Louis XIV. |] Il s'y joint aussi avec le sens de pluralité; alors on leur donne la marque du pluriel. Les Virgiles sont rares, c'est-à-dire les poôtes tels que Virgile. || U se metdevant un nom de famille, pour Indiquer la famille entière. Les Stuarts. Les Bourbons. Les Corneilles étaient frères. Je connais les Brassacas; c'est une des meilleures famillesde la Garonne, DANCOunT, Prix de l'arquebuse, se. *» (voy. nom pbopbe). || 8° L'article se met encore devant un nom propre pour l'indiquer comme un type, un représentant d'une classe. Personne ne respecte plus que moi saint François Xavier; c'était un Espagnol animé d'un zèle intrépide; c'était le Fernand Corlez de la religion, volt. Ucl. hïst. Uensong. impr. 32. || 9» L'article se met devant plusieurs noms italiens. Le Titien, le Corrége, le Tasse, l'Arioste. Cela soit dit pourtant sans offenser le Tasse, que je ne puis oublier sans être une ingrate, eév. 353. |{ On dit aussi le Poussin, bien qu'il soit français; mais son long séjour en Italie a fait que l'article s'est joint à son nom. Les Italiens sont le seul peuple de la terre chez qui on accorde l'article le aux auteurs : le Puici, le Bojardo, l'Arioste, le Tasse ; mais on n'a jamais dit, chez les Latins, le Virgile; ni chez les Grecs, l'Homère; ni chez les Asiatiques, l'Ësope ; ni chez les Indiens, le Brama ; ni chez les Persans, le Zoroastre ; ni cliez les Chinois, le Confutzé, volt. Letl. abbé Foucher, 80 avril )769. Il Ne dites pas le Dante; les Italiens ne mettent l'article qu'avec le nom de famille : le Tasse, l'Arioste, et non avec le nom de baptême; or Dante, abrégé de Durante, est un nom de baptême ; quand les Italiens mettent l'article au nom de ce poëte, c'est qu'ils le nomment de son nom de famille : l'Alighieri. {| 10° L'article se joint quelquefois aux noms propres quand on parle soit familièrement, soit légèrement, de personnes qui ont une notoriété. La l'Esvile lui dit qu'au lieu de lui faire des excuses.... ecahr. Hom. com. i, 23. Quittons la Bretagne, et parlons de Grignan, parlons de ces frères qui reviennent toujours au gîte; ce qui m'étonnait, c'est que le Carcassonne en fût sorti, sÉv. ïaoût t6»9. X mon gré, le Corneille est joli quelquefois, boil. Sat. m. On se permet quelquefois de mettre l'article à des noms propres, et surtout en parlant de certaines femmes extrêmement connues, soit en bien soit en mal; ainsi l'on dira la Champmeslé, fameuse actrice; la Brinvilliers, célèbre empoisonneuse, d'olivet, Ess. gramm. ch. II, § i. Il [Molière] partit de Lyon pour les états du Languedoc avec une troupe assez compléte,composée principalement de deux frères nommés Gros-Réné, de Duparc, d'un pâtissier de la rue Saint-Honoré, de la Duparc, de la Béjart et de la Brie, volt. Vie de Molière. J'entre, je lis, d'une voix fausse et grêle, Le triste drame écrit pour la Dencle ; Dieu paternel ! quels dédains, quel accueil I De quelle œillade altière, impérieuse, La Dumesnil rabattit mon orguci 1 ! La Dangeville est plaisante et moqueuse, m, le Pauvre diable.Li boutique do laDuchajit, célèbre marchande de modes, J. j. bouss. Conf. vu. || 11° Quand on cite en latin un titre d'ouvrage qui est féminin en cette langue, plusieurs y joignent néanmoins l'article masculin Je. Us [Scévole etLouis de Sainte- Marthe] composèrent ensemble le Gallia christiana, volt. Louis nr. Écrit. Sainte-Marthe.\\ D'autres suivent le genre du latin : la Gallia christiana. \\ Les naturalistes sont convenus de mettre toujours le devant les nom» latin» de plantes et d'animaux, lors même que ces noms sont féminins en latin : le nymphxa alba, L. || 11* X la, à la façon de. X l'anglaise. Pour pailir & la Montesquieu, i. j. eouss. Con(. vui. I| la* L'article se dit quelquefois au vocatif, familièrement, et quand on s'adresse à quelqu'un dont on ne sait pas le nom. Hél l'homme, venez ici. Il 14° Le, U, les, sert à former le superlatif. Le plus sage des hommes. Le meilleur des hommes. La pire des conditions. La plus douce consolation d'un homme de bien affligé est la pensée de son innocence. Quoique celte femme montre plus de fermeté que les autre», elle n'e»t pas la moin» affligée.

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Les animaux les plus féroces. Il ne faut pas se flatter, les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales ; mais que nous nous pardonnons aisément nos fautes quand la fortune nous les pardonne ! et que nous nous croyons bientôt les plus éclairés et les plus habiles quand nous sommes les plus élevés et les plus heureux! boss. Retne d'Angl. La honte suit toujours le parti des rebelles ; Leurs grandes actions sont les plus criminelles, RAC. Théb. I, 5. Il Dans ce superlatif Je devient invariable , formant avec plus ou moirw une sorte d'adverbe, quand le superlatif indique excès, non comparaison. Cette scène est une de celles qui furent le plus applaudies. La lune n'est pas aussi éloignée de la terre que le soleil, lors même qu'elle en est le plus éloignée. Ceux que j'ai toujours vus le plus frappés de la lecture des écrits de ces grands personnages [les auteurs grecs et latins], ce sont des esprits du premier ordre, boil. Leit. à Perrault. Ceux mêmes qui s'y étaient le plus divertis ont eu peur de n'avoir pas ri dans les règles, rac. Plaid. Préf. Mais qu'on me nomme enfin dans l'histoire sacrée Le roi dont la mémoire est le plus révérée ; C'est ce bon Salomon.... volt. Ép. XLVi. C'est dans le temps que les grands hommes sont le plus communs, dit Tacite, que l'on rend aussi le plus de justice à leur gloire, thomas. Essai sur les éloges. \\ Dira-t-on : les opinions les plus ou le plus généralement suivies? La réponse dépend de l'intention de celui qui parle, ou de ce qu'il veut faire entendre. Des opinions peuvent être plus ou moins généralement suivies; si c'est là ce que vous entendez, le, relatif à l'adverbe, sera invariable comme lui, et le plus signifiera le plus qu'il est possible. Si vous avez en vue d'autres opinions plus suivies que celles-là, et que vous vouliez indiquer cette comparaison, c'est au nom que doit se rapporter l'article, et vous direz : les plus suivies. Par suite de ce qui vient d'être établi, ce sera une faute de dire : les opérations le mieux combinées de la campagne, par cela môme qu'il y a ici comparaison ; il faudra dire : les mieux combinées (lavEAUx). Ainsi on dira : Les arbres les plus hauts sont les plus exposés à la tempête, parce que le rapport du superlatif est déterminé ; mais on dira : On a abattu les arbres le plus exposés à la tempête, parce que le rapport n'est pas déterminé. C'est par la même raison qu'on dira : Les parures les plus à la mode sont celles dont je viens do vous parler, et Les paluies le plus à la mode ne conviennent pas aux femmes âgées. On dira : Les Egyptiens et les Chaldéens sont les nations les plus anciennement policées; mais on dira : Les monuments des nations le plus anciennement policées. || Si le superlatif relatif précède son substantif, un seul article suffit pour l'un et pour l'autre : Le plus célèbre orateur qu'aient eu les Romains est Cicéron. Mais si c'est le substantif qui précède le superlatif, il faut mettre un article à l'un et à l'autre : le triomphe le plus beau. Par licence poétique, Molière et Racine n'ont pas observé cette règle : Mais je veux employer mes efforts plus puissants, l'Ét. v, 4 2. Chargeant de mon débris les reliques plus chères, Baj. m, 2. Il Quand il y a deux superlatifs de suite, on répèle l'article : les plus méchants et les plus décriés personnages. Cependant on peut quelquefois supprimer le second article. Dis si les plus cruels et plus durs sentiments Ont rien d'impénétrable à des traits si charmants, mol. l'Ét. i, 2. || IB" Au singulier, l'article s'emploie pour parler en général. L'homme est le roi desanimaux. La bête n'est point, comme le prétendait Descartes, un automate. La plante meurt sur le lieu où elle a vécu. || 16° Au sens général, l'article se supprime quelquefois. Contentement passe richesse. Cette suppression se fait surtout dans des locutions proverbiales; on ne peut guiîre s'en servir ailleurs que par assimilation à ce genre de locutions. Au contraire, dans l'ancienne langue, elle était de règle. |1 17° L'on, voy. on. |i 18° L'un ou un, voy. UN.

— llIST. IX* s. Viam del'estege. — Quinque jugera ad la rochere. — Infra rivulum del brol. Charte de 880, dans dom calmet, Hist. eccl. de Lorraine, 1. 1, p. 310, éd. de 4728. Il X' s. Voldrent la veintre li deo inimi, Eulalie. Elle n'out eskoltet les mais conseillers, ib. Si escit [sortit] foers [hors] de la civitate, Fragm. de Talenc. p. 408. Si astreient [seraienti li Judei perdut, si cum il ore sunt, ii>. p. *'ii. Il XI* s. Salvcz serez de Deu le glorius, Ch. de liai. IX. Li reis Marsiles est moult mis enemis, ib. X. Les diz muiez fait Charles establer, «6. x. Ce dist li reis : al [au congé de] Jhesu et al mien, ib. xxy. Des douze pairs li diz en sont ocis, ib. c.

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H XII* s. Entr'eux sont bien li mille chevalier, Uoncis. p. 37. Si combatrai as [avec les] doze compcignons, ib.-p. 4o. Par la Deu grâce qui en la crois fu mis, ib. p. 7). Et tant des autres, ib. 32.11 ert as [aux] porz [passages] o [avec] sa grant ost bannie, t6. 33. [Ce cheval] Plus pooit courre par puis et par larris Que li [celui de] Rolant, ib. 4 36. Li mien baron [fl mes baronsi, Malions vous soit garant, ib. 137. Pour la Cbarlon [l'épée de Charles], dont il oit parler, tb. p. 4 25. Quant li estez et la douce saisons...Couct,xii[. Il XIII* s. Ensi sejornercnt le jor et l'endemain en cel palais, et el tiers jour leur donna Diex bon vent, villeh. lxiv. U parla as barons de France, au palais de lo Scutarie, id. lxv. El y a moult grant plenté de gent del païs, m. lxii. Einsi fu li assaus devises, que les trois batailles des sept dévoient l'ost garder par defors , et les autres quatre dévoient aler à l'assaut, m. lxxvi. Tant corne on pooit voir aus iels [yeux], ne paroient [paraissaient] fors voiles de nés et de vaissiaus, id. lx. Espousa rois Pépins Berte la belle et gente, Perte, x. Li une lui aporte à manger d'un poucin, ib. lx. || xv* s. Et l'amenèrent par grand solennité en une cité qu'on appelle Saint J^an en Escosse, où l'on prend le bon saumon et granù foison, froiss i, i, i89. || xvi* s. La plus parfaite des trois espèces de gouvernement de la chose publique et la plus selon Dieu et nature, est celle de la royauté, amyot, Épitre. Ils auront en leur langue maternelle ce qu'il y a de plus beau et de meilleur en la latine et en la grecque, ID. t6. X celuy qui aura l'espée la mieux tranchante, id. Pyrrhus, 4 8. Les armez à la légère firent une course sur eulx, id. Anton. 63. Arislobulus escrit qu'il y en eut de morts trente et quatre en tout, dont les douze estoient gens de pied, la. Alex. 29. S'ils estoient mis en dix parts, on trouveroit que les huit sont incommodez, lanoue, 467. X l'exemple d'eux, les médiocrement riches, voire les pauvres, ont aussi voulu.... id. 465. H y en a (dira-t-on) qui s'eslevent par là : ce qui est vray, mais ce n'est pas de cinquante l'un, id. 4 8t. Mespriser les actions lasches et exalter les généreuses, ID. 209. Les provincial et recteur des jésuites de Douai, d'aub. llisl. m, 446. Souvent la rai.son et entendement nous défaut, calv. Jnsl. 228. Et qui dit que le soupçon estamour,jeluinie, marquer. Nouv. XL vu Seiieque, un Burrc, un Trazée, ceste terne de gens de bien, desquels mesmes les deux leur mauvaise fortune les approcha d'un tyran, la boK- TiE, 69 En mon temps, trois les plus exécrables personnes que je cognusse, mont, i, 68. Il [l'article] sert aussi au vocatif, comme : l'hoste, venez çà; escoutez, la belle fille, ramus, dans livet. la Gramm. franc, p. 239.

— ÊTYM. Provenç. lo, le, los, les, la, las, et aussi li au pluriel masculin; espagn. lo, los, las; port. 0, os, a, as; ital. lo, la, i, gli (anciennement it), le ; du l3.t. ille , illa, illi, illx, illos, illas. U est singulier que ille ait laissé tomber la syllabe accentuée pour ne garder que celle qui ne l'était pas; peut-être cela s'explique-t-il parce que, [lassant au rôle d'article, il est toujours proclitique et non accentué dans la phrase.

2. LE, LA, LES (le, la, le ; l's se lie : je lê-zaime, je lê-z honore), pronom. || 1° Le premier (le) est pour le genre masculin, le second (la) pour le féminin, le troisième (les) pour les deux genres au pluriel; ils accompagnent toujours un verbe, et se distinguent en cela de l'article, qui accompagne constamment un nom. Connaissez-vous cet homme? je le connais. Voyez-vous cette dame? je la vois. On dit que l'abbé Roquette Prêche les sermons d'autrui : Moi qui sais qu'il les achète, Je soutiens qu'ils sont à lui, BOIL. Épigr. xli. || 2'- Le, la, devant un verbe qui commence par une voyelle ou une /i muette, s'élident. Je le vis, je l'aimai. Je la reconnus, je l'appelai. Je l'honore beaucoup. || Si les particules en et y suivent le ou la, on y met toujours l'apostrophe, comme : U est en peine, ou elle est en peine, ne l'y laissez pas, tirez l'en au plus tôt. || 3° Ce pronom précède toujours le verbe dont il est le régime : je le vois, je l'ai vu ; excepté à l'impératif, oïl il se place après : prends-le, lisez-le, aimez-les. || Mais, si l'impératif est accompagné d'une négation , le pronom se place devant le verbe: ne le donnez pas. || Quand le pronom le, la, les, se trouve régime d'un même verbe avec les pronoms me, te, nous, vous, il se met après ces pronoms : je me le promets ; je te l'assure ; il nous la rendrai. Avec lui il se met avant : je le lui promets. Avec y et en il se met avant: je l'y laisserai ; je l'en chasserai. || 4° Le, la, les, se répètent avant chacun des verbes dont ils sont les régimes. Un fils ne s'arme point contre un coupable père : U

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détourne les yeux, le plaint et le révère, volt. Brut.

I, 2. Il II y a pourtant quelques exemples où il n'est pas répété. Songez-vous que je tiens les portes du palais? Que je puis vous l'ouvrir ou fermer pour jamais ? rac. Boj. ii, < . Il 5° Lorsqu'il tientla place d'un nom, soit commun, soit propre, il se présente sous les mêmes formes que ce nom; c'est-à-dire qu'on met le si le nom est masculin, ta s'il est féminin, et let s'il est au pluriel. Est-ce là votre voiture î oui ce l'est, c'est-à-dire c'est elle. Est-ce votre livre ? oui ce l'est, c'est-à-dire c'est lui. Est-ce là votre maison? ce la fut, c'est-à-dire elle m'appartenait jadis. Est-il sept heures? il les est. Infidèles témoins d'un feu mal allumé. Soyez-les de ma honte, corn. la Galerie du palais, m, io. Je plains cette abusée, et c'est moi qui la suis Peut-être, et qui me livre à d'éternels ennuis, iD. Othon, m, t. Miracle, criaiton ; venez voir dans les nues Passer la reine des tortues; La reine I vraiment oui : je la suis en effet, LA FONT. Fahl. x, 3. Si c'est effacer les sujets de haine que vous avez contre moi, que de vous recevoir pour ma fille, je veux bien que vous la soyez, iD. Psyché, ii, p. 212. Il lui faut pour son honneur Contrefaire la furie; Celle-ci la fut vraiment, id. Cand. (l'édit. de Walkenaer a le). Comme si elle eût dit : ce m'ist beaucoup d'honneur, à la vérité, d'être mère du Messie; mais si je la suis.... boss. 2« serm. Comp. de la sainte Tierge, 1. Pluton : Hé bien I nous donnerez vous l'explication des paroles qui sont sur vos tablettes? — Brutus : Volontiers; regardez bien; ne les sont-ce pas là?— Pluton : Ce les sont là ellesmêmes, BoiL. Héros de roman. [Mme de NoaillesJ Ce fut la première et l'unique dame d'atours duchesse, et la demeura jusqu'à la, mort de la reinemère, ST-siM. 46, 30. Mme d'Epernon répondait qu'elle n'était plus rien que carmélite, et qu'en se la faisant elle avait renoncé à tout, id. 97, 28. Crispin : J'ai une lettre qui vous expliquera toute chose. — Le chevalier : Voyons donc, donne-lamoi; l'est-ce là? dancoubt, Chev. d la mode, 11, ». Quand on vous demande : Êtes-vous les personnes que je vis hier à la comédie du Barbier de Séville, dans la première loge? vous devez répondre ; Nous les sommes, parce que vous devez indiquer ces personnes dont on vous parle, volt. Lelt. Mme du Deffanl, 30 mars (775. Barlholo : De sa femme?— Kosine : Je ne la suis pas encore, beaumarcu. Barhicr de Sév. 11 , < 5. Le comte : Rosine 1 — La comtesse : Je ne la suis plus cette Rosine que vous avez tant poursuivie, id. Mar. de Fig. 11, 4». 116° Le pronom le étant placé après un verbe à l'impératif, l'e muet se prononce, quand il suit un verbe dont la finale est muette ou fait entendre un son autre que celui de refermé; le a alors le son des monosyllabes me, te, se, etc. Imite-le, rends-le, faites-le se prononcent i-mi-te-leu, ren-leu, fai-te-leu. || Mais, lorsque la finale du verbe fait entendre le son d'un é fermé, alors on distingue : si c'est dans le parler ordinaire, on prononce le comme précédemment: promettez-le (promè-té-leu) ; si c'est dans la récitation des vers, l'e muet s'élide quand une voyellesuit, ou il se prononce comme dans fidèle : gardez-le auprès de vous (gardè-l' auprès de vous); servez-le (sèr-vé-l'); aussi il s'élide en vers : Mais, mon petit monsieur, prenezle un peu moins haut, mol. âlis. 1, 2. Condamnez-le à l'amende, ou, s'il le casse, au fouet, rac. Plaid. 11, <3. Allez, Lafieur, trouvez-le et lui portez Trois centslouis,que je crois bien comptés, volt, la Prude,

II, (. Il Autrefois, cet « s'élidait en toulecircoustance, comme on le voit par ce vers : Prends pitié de ce peuple, et reçois-le en ta grâce, chapelain, Pucelle, dans BiCHBLET. Voyons-le avec Ësope en un sujet semblable, LA, PONT. Fabl.yi,*. Cela n'est plus guère reçu. Il Dans le même cas, la ne souffre pas d'élision. Kamenez-la à son devoir. || ?• Dans un emploi particulier, le, toujours du masculin et du singulier, signifie cela, ceci, et ne se rapporte pas à un nom substantif, mais est un substantif lui-même. || Il peut tenir la place d'une proposition ou d'un verbe. Va, je ne te hais point.— Tu le dois.- Je ne puis, CORN. Cid, III, ♦. J'aime donc sa victoire, et jo le puis sans crime, id. \b. iv, b. Asseyons-nous ici.— Oui? moi, monsieur?- Oui, je le veux ainsi, VOLT. Nanine, 1, 7. || Il peut tenir la place d'un adjectif. Vous ne serez pas surprise de ce que l'on le fut [surpris] de la prison de M. de Beaufort, HETZ, II, 0». la bonne princesse était ravie: je le guis de la lettre que vous avez écrite au bon abbé, EÉv. à Mme de Grignan, 20 oct. 4 676. 11 ne suffit pas qu'elle [la lumière divinc| t'ait fait juste une fois; il faut que continuellement elle te le fasse, bOSS. lUéd. sur l'Év. 2* part, i' jour. Jo [moi le Seigneur]

n'ai pas besoin de vos louanges ; les louanges que vous me donnez vous rendent heureux, mais ne me le rendent pas, et je n'en ai pas besoin, id. Élevât. surmyst.m,i. Je crois notre cousine fortsage; mais je vous le crois très-peu, mainten. Lett. à d'Aubigné, 28 fév. 4 678. On pourrait être plus content de sa femme que je ne le suis,iD.Ie«. au card. de Noailles, Il sept. (698. Le marais,cruimpraticable,se le trouva si peu que nos convois suivirent toujours leur premier chemin, st-sim. *7, 48. Lusignan : M'ôter, par un seul mot, ma honte et mes ennuis. Dite, je suis chrétienne. — Zaïre : Oui, ....seigneur.... je le suis, VOLT. Zaïre, n, 3. Étes-vous chrétienne? je le suis; êtes-vous la juive qui fut menée hier à l'inquisition ?je la suis; la raison en est évidente : êtes-vous chrétienne? je suis cela; êtes-vous la juive d'hier, etc.? je suis elle, id. Lett. Mme du Dejfant, 30 mara (775. Mais je naquis sujette, et je le suis encore, id. Sémiram. m, 6. || Avec un substantif pris adjectivement, le suit la même règle. Si on demande à une femme: Êtes-vous mère? elle répondra : Oui je le suis; parce que mère est ici pris adjectivement. — Mais si l'on dit : Êtes-vous la malade dont on m'a parlé? ou êtes-vous la mère de cet enfant? Malade et mère étant ici des noms déterminés, la femme répondra : Oui, je la suis. J'ai fait quelques ingrats et ne l'ai point été, VOLT. Disc. 7. || Molière n'a pas tenu compte de cette règle : Je veux être mère parce que je la suis, et ce serait en vain que je ne la voudrais pas être, mol. Am. magn. i, 2. Il est vrai que la nuance entre mère pris substantivement et mère pris adjectivement est légère, et que la pensée peut facilement se mettre au-dessus. || C'ojt adjectivement que sont pris bonnes choses, grands hommes, dans les exemples suivants : La même justesse d'esprit qui nous fait écrire de bonnes choses, nous fait appréhender qu'elles ne le soient pas assez pour mériter d'être lues, la bruy. i. On a reproché à Cicéron la même faiblesse pendant son exil : ce qui marque ([ue tous les grands hommes ne le sDnt pas toujours ni en tout , hollin , Hist. ane. Œuv. t. vi, p. B68, dans pouGENS. Il La règle qui prescrit de représenter en tout cas un adjectif par le invariable est récente; autrefois avec les adjectifs on employait l'article comme on l'emploie aujourd'hui avec les substantifs. Vous êtes satisfaite et je ne la suis pas, CORN. Pomp. v, 2. Vous en êtes instruite, et je ne la suis pas, id. D. Sanche, i, 3 Je veux sur toutes choses que vous soyez contente, et, quand vous la serez, je la serai, sÉv. ( 3 sept. 1677. Je ne veux pîLS qu'elle soit malade, encore moins qu'elle se la fasse, boss. Leti. à Mme du Mans, (7 janv. (792. Valmire : Mais vous seriez toujours demeurée insensible. — Ildegonde : Je l'avoue, et sans doute encor moins aujourd'hui. S'il n'avait rien aimé, je la serais pour lui, th. corn. Théod. n, ( . On ne peut être plus contente que je ne la suis, maintenon, Lett. sur l'éduc. aux dem. de la classe bleue, (700. La comtesse : Monsieur, je ne veux point être liée. — Chicaneau : X l'autre! — La comtesse : Je ne la serai point, bac. Plaid, i, 7. Vous serez aussi surpris de cette lettre que je la fus de l'air dont vous vîtes mon départ, hamilt. Gramm. 9. J'étais indifférente etje ne la suis plus, Et je sais que sans vous je la serais encore, piron, Métrom. iv, 9(l'éd.de(776 a le). Il 8° Dans plusieurs locutions ie joue le rôle d'un nom vague. Je vous le donne en cent. Le prendre haut (voy. donner et prendre). || La a quelquefois un emploi semblable. Il me la payera (voy. payf.r). — llEM. 1. On trouve dans Pascal : L'imagination serait règle infaillible de vérité, si elle l'était infaillible du mensonge, pasc. Pensées, t. i, p. 254, éd. LAiiURE. C'est une hardiesse, jj i. Le pronom ie, la, les, ne peut pas se rapporter à un nom pris indéfiniment, c'est-à-dire sans article. C'est contre cette règle que pèchent les exemples suivants. Mais, seigneur, étant seul, je parle avec franchise; Bannissant les témoins, vous me l'avez permise, cor». Sert, ni, (. Soit que les ennemis ne soient pas en état de faire peur, ou que les amis ne soient pas sujets à la prendre, sév. 353. Faire profession de mondanité où vous l'aviez faite de christianisme, MASS. Carême, Temples. Si Mme Dacier m'avait donné plus souvent occasion à de pareils aveux, je l'aurais toujours saisie de bon cœur, la mottp, Jlt'flex. sur la critique, (flo. Cette règle pourUnt n'est pas tellement absolue qu'il soit toujours impardonnable de la violer. || 3. Ne remplacez pas par le un verbe mis à l'actif, si le le fait sous-entendre avec un sens passif. Il corrigerait ces abus, il eût corrigé ces abus, s'ils pouvaient l'être; dites : s'ils pouvaient être corrigés. Je le traiterai comme il mérite de l'être ; dites : comme il mérite d'être traité.

Cette règle est absolue; Voltaire y a manqué dans cette phrase : On ne peut bien déclamer que ce qui mérite de l'être, Louis IIV, Artistes, LulH. || 4. Le, la, explétif ou remplaçant gue, lequel. Ce qu'il faut entendre un peu plus généralement que les terme» ne semblent porter, et l'étendre à la réconciliation de toute sorte de mauvaise intelligence, corn, t" dise. Il en faut dire autant de Francus, que le Manethon du même Annius nous suppose pour fils d'Hector de Troie, et l'amène en Gaule pour y être gendre et successeur du roi Rémus, mezehai, Ilist. de Fr. avant Clovis, i, ( . Ce qui répugne à notre raison s'accorde nécessairement à une raison plus haute que nous devons adorer et non tenter vainement de la comprendre, boss. Serm. pour le vendr. de la 3' sem. de car. ( . La persécution que les fidèles doivent attendre en silence et non la provoquer par aucun discours, id. Fragm. sur div. mat. de controv. b' fragm. C'est ce qu'on ne saurait assez vous rappeler ni vous le mettre trop dans le cœur, id. Leit.à Mmed'Alb. de Luynes, 6 nov. (694. Défaut naturel au sexe qu'on doit combattre de bonne heure, et non l'entretenir et l'augmenter en s'y livrant, ROLLiN, Traité des Étud. liv. i, ch. 11, art. 2, §4. C'est un homme qu'il faudrait enlever de chez lui et le prendre par force pour lui faire faire ce qu'il veut, l. J. Rouss. Lett. à Mme d'Espinay, à l'Ermitage , (756. Cette tournure est contraire à la construction grammaticale : on le voit sans peine; et dans les exemples ci-dessus rapportés on la rétablira en supprimant le pronom le, la. M. Frédéric Godefroy est le premier qui l'ait signalée ( Lexique de Corneille, t. n, p. (O). Elle remonte plus haut que le xvu* siècle, et on en verra des exemples dans l'historique. Toute pléonastique qu'elle est, elle n'est pas sans commodité et a été suggérée par un besoin de clarté dans une phrase qui s'allonge. jl 5° Saint-Simon a dit: Mme de Barbésieux était prisonnière chez son mari et malade; le mari pré tendait qu'elle la faisait, st-sim. 63, e.4. Cette phrase est incorrecte : le mot malade y est pris dans deux sens très-différents.

— HIST. IX' 3. Et Karlus meos seudra [mon seigneur], de suo part, non lo [le serment] stanit, si io [je] retumar [détourner] non Tint pois [puisl. Serment. Il X* s. Voldrent [voulurent] la veintre li Doo inimi, Eulalie. Chi sil [si le] fient [font] cum faire lo deent [doivent] e cum cil lo fisient [faisaient], dunt ore aveist odit [avez oui] , Fragm. de Valenc. p. 469. Il XI* s. Vus le suivrez à feste Saint Michel, Ch. de Bol. c. || xii' s. [Il] Secourra le, moult en est desirant,Bonc.(38.Maisprent batisme [baptême], jet [je le] te di sans contraire, t6. (45. Et li François les suigent [suivent] sans doutance, ib. (47. Ou veuil ou non, servir la me convient. Coud, xxi. Et tel i a, qui cuide avoir amie Bone et leal, qui onques ne la fu, quesnes, Bomanc. p. 80. [BlanchefieursJ Maintes fois l'a, le jour, accolée et baisie [sa fille], Berte, cxxviii. Car cil qui bien ne fait, à la fin le compère (le paye], ib. iv. Quant Berte l'entendi. prisl la à embrasser, ib. xi. Se j'estoie royno.... pleUst Dieu que [je] !e fusse, ib. cvi. Et qui veu» povre famé prendre, X norrir la l'esluet entendre. Et à vestir et à chaucier, la Rose, 8618. Bien le m'avoit raison noté, ib. 4(57. Se la me vouliez defenir, ib. 4683. || xv s. Benoist est l'homme, sire, que vous avez apprins et endoctriné, et l'avez enseigné en vostre loy,affin que vous luy soyez doulx et débonnaire es maulvais jours, L'internelle consolation, II, 3.||xvi' s. J'aime trop mieulx le vous descriro en mètre. Que pour le veoir aucun de vou.« soit mis En toile peine, marot, 1, 246. En fin d'escrit, bien dire le te vueil. Pour adoucir l'aigreur de mon grant dueil, id. 11, 35. 0 roi François, tant qu'il te plaira, pcrs le ; Mais si le pers, tu perdras une perle, id. II, (18. Parla mort bieu, voilà Clément, Prenez-le, il a mangé le lard, ID. 11, (28. Mais pour boire de belle eau claire. Faites la boire à vostre chien. Frère Lubin ne le peut faire, id. ii, 236. La voici l'heureuse journée Que Dieu a faicte à plein dosir, ID. IV, 330. Le plus téméraire estoit un nommé Clodius, qui vous le prit incontinent et le bailla en proie au peuple, amyot , Pompée, 64. Puis que vous l'avez accordé, iUe vous faut supporter patiemment, iD. Phoc. 22. Les sciences mathématiques no sont pas si proprement les ansesde la philosophie, comme le sont les passions desjeunes gens, id. De la vertu morale, 29. Je lui ai fait response qu'il chasse si bien ceulx qui sont au pais là où il est, qu'il les vous envoyé au paU d'Anjou etdu Mayne, marg. Ie«. 7. Je vouldrois bien que Dieu me foist ceste grâce d'avoir le pouvoirtel en vostre délivrance comme vous plaist lo m'cscripre, m. 16. 27. Elle eut lettres dii

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roy, par lesquelles lui esfolt commandé la me amener.—Et me la vouloit amener à Lyon.— Mais je lui escripTis qu'elle la me gardast jusques à ce que je feusse au pays, id. ib. 4 H. 11 le te semble, povre homme, despeb. Cym'ial. p. 76. Je le vous dis, ib. p. 84. Je la te presterai, ib. p. MO. La terre enseigne de vivre justement à ceux qui le sçavent comprendre, LA BoeriE, <48. Ou il faut qu'ils soyent «auvages, ou que nous le soyons, mont, i, 244. Je vous conjure icy par amour nostre Dieu De prendre cependant mon cœur : tenez, maistresse, Voy le là, baisez-moy, gardez le, et puis adieu, bons. 45«. Vous seule estiez mon bien, ma toute et ma première, Et léserez tousjours, m. 203. Presque toutes les choses que nous estimons icy tant, et les tenons niusavoir esté premièrement révélées et envoyées du ciel, estoient en créance, charron, Sagesse, II, 2.

— ÈTYM. Le même que l'article le, la, les; prov. lo, los, la, las.

LE (lé), s. m. Largeur d'une étoffe entre ses deux lisières. Un le de velours, de satin, etc. Draps de lit de deux lés, de trois lés. Prendre un lé de plus. Ce lé est de 75 centimètres. || Dcmi-lé, la moitié de la largeur d'un lé. Cette jupe a quatre lés et demi. || Fig. Tout du long et du lé, locution vieillie qui signifie absolument, entièrement. M. de Bussy perdit hier son procès tout du long et tout du lé. sÉv. 43 juin <C84.

— HIST. xr s. Granz [ils] ont les nés et lées les oreilles, Ch. de Itol. cxu. [Il] Pent à son col un sien grant escut let, ib. ccxxvi. || xn* s. Et de long et de lé, Iloncis. p. <9. En haute tour se siet bêle Isabel; De lermes mouille le lai de son mantel, Jtomanc. p. "0. ||xiii' s. [Elle] Vit la cit de Paris, qui est et longue et lée, Berte, lxxxii. Chascuns toisserans de lange de Paris puet avoir en son hoslel deux mesliers lés et un estroit, Liv. des met. H 4. Il XV* s. 11 conta à son maistre, tout du long et du ié, la vérité de son aventure, louis xi, Nouv. xlu. Et je vous demande Combien vous en fault-il avoir [de ce drap]? il est Lien aysé à sçavoir; Quel lé a-il? Lé de Brucelle, Patelin.

— ÉTYM. Provenç. lat; espagn. et ital. lato; du lat. latus, large, stlatvs dans le vieux latin, ce qui écarte le rapprochement avec «XatOg, large. En substituant à l'iune r primitive, Corssen y trouve stratus, étendu, ce qui donne un sens très-clair.

•j- LÉANS (lé-an), adv. Là dedans, opposé à céans ^ui signifie ici dedans. Et n'était bruit qu'il se trouvât léans Fille.... la font. Maset. l'n frère Jean, novice

de léans, ID. Fér L'épouse de léans, X dire vrai,

recevait bien le.s gens, id. Mandr.

— REM. Céans ne peut s'employer que quand on est dans le lieu : la dame de céans, la maîtresse de la maison où l'on est. Si l'on n'est pas dans la maison, et qu'on ne puisse que la montrer, il faut dire : la dams de léans.

— HIST. xii* s. Il n'ot mie leanz de chevaliers foison, Sax. 8. ||x!ii' s. Et cil qui eschaperent s'en vinrent fuiant à Larouse, et nostre gent, qui laiens esloient, les recueillirent, villeh. clvii. || xv* s. Il estoit de ceste propre mai-ion, et en tenoit sa duché, et avoit esté nourri leans,coMM. v, 46. || xvi* s. Gens do bien, Dieu vous doint de leans bien tost en taulveté sortir, rab. Pant. v, U.

— RTYM. Berry, lian (sur quoi M. le ccmte Jaubert dit que R. Estienne recommande lians et dans, et non léans et céans, ce qui paraît montrer qu'il prononçait comme on prononce aujourd'hui en Berry) ; de là, et du lat. inlus, en dedans, qui est dans la préposition dans (voy. dans).

t LÊAKD (lé-ar), s. m. Peuplier noir (Anjou).

— ETYM. Ce semble une corruption de liard, ancien nom de la couleur noirâtre (voy. liard).

t LEBDF.CK Oè-bèk), s. m. Terme de botanique. Nom vulgaire et spécifique de l'acacia lebbeck (légumineuses), appelé bois noir aux iles Maurice et Bourbon. 11 est connu aussi sous les noms d'ébénier d'Orient, bois noir de Malabar, acacia du Malabar; c'est le mimosa Wbcck de Linné, legoaiiant.

t LECANO.MANCIE(lé-ka-no-man-sie),». ^. Terme dantiquité. Divination qui se pratiquait en jetant dans un bassin plein d'eau des pierres précieuses et des métaux, et en observant le son que ces objets produisaient quand ils touchaient le fond.

— RTYM. Atxavo(iavTi{a, de )tx4v«l, bassin, et liavTiia, divination.

t LÉ(;a>ORE (lé-ka-no-r"), ». f. Terme de botanique. Genre de lichens. || Ix'canore parelle, dite parelie, orseille terrestre ou crseille d'Auvergne, qui •ert à la préparation de la pâte tinctoriale appelée orseille et pain de tournesol; c'est en faisant ma-

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cérer ces pains dans l'eau que les chimistes obtiennent leur teinture dite improprement de tournesol. Il Lécanore tinctoriale, nommée cochenille végétale, qui donne une belle laque violette, legoahant.

— ÊTYM. Aexàvïi, bassin, a cause de la forme des apothécies (fructification) qui ont l'aspect d'une petite assiette.

t LÉCANORINE (lé-ka-no-ri-n'), s. f. Terme de chimie. Principe qui se trouve dans les lécanores.

— lîTYM. Lécanore, et la finale chimique ine. LÈGUE (lè-ch') , s. f. Terme familier. Tranche

fort mince de quelque chose qui se mange. Une lèche de pain, de jambon.

— HIST. xiii' s. Une cruche sent [a coutume] estre prise, Où l'aumosne de vin est mise D'une lesche lie pain signie, Guersai. \\ xiv* s. Faites pain et cuisiez au four et tailliez par lesches, ilénagier, ii, 3. Il XVI' s. Ceux de Harlem avoient fortifié à la haste Spalinden sur une lesche de terre dans le chemin d'Amsterdam, d'adb. Hisl. ii, »3. Duquel pasté ayant mangé deux ou trois lèches k l'espargne, des- PER. Contes, XVI. On pourra faire tenir en la bouche des lesches de citron un peu sucrées, paré, xxjv,

— ÉTYM. Catal. llesca; llescar, couper en petits morceaux; provençal moderne, lisco, lesco; ital. lisca, un rien, un fétu; piétn. lesca: en haut allem. lisea, bruyère, roseau, Diez identifiant lèche avec laiche. Lèche ne peut être rapporté à lécher, à cause de l'ï qui est dans l'ancienne orthographe et dans les mots congénères des langues romanes.

LÉCHÉ, ÉE (lé-ché, chée), par(. passé de lécher. Il 1° Sur qui ou sur quoi on fait passer la langue. Le maître léché par son chien. La tartine léchée par l'enfant. || Ours léché par sa mère; on aditquel'ours naissait enveloppé rie membranes que la mère lui ôte à force de les lécher. || Ours mal léché, ours sur qui cette opération n'a pas bien réussi. Certain ours montagnard, ours à demi léché, LA font. Fabl. viii, lo. Il Fig. et familièrement. Un ours mal léclié,un homme mal fait, difforme, ou un homme mal élevé, grossier. Toute sa personne velue Représentait un ours, mais un ours mal léché, m. ib. xi, 7. || 2° Fig. Terme de peinture. Oui est peint avec un fini, un soin recherché, sur quoi l'on voit que le pinceau a passé et repassé avec patience. Tableau léché, trop léché. Certains traits négligés des grands peintres sont fort au-dessus des ouvrages les plus léchés des peintres médiocres, fén. t.xxi, p. 250. Ne croyez pas que cette harmonie soit le résultat d'une manière faible, dguceet léchée, dider. Salon de 4 765, Œuvr. t. xiii, p. 4 26, dans PODGENS. Son faire est trop léché pour de grandes machines, id. Salon de 4 707, t. xiv, p. 4 44. Il Substantivement. Le léché et le heurté sont deux opposés qui se repoussent, id. ib. t. xv, p. 66, dans POUGENS. || 3° Il se dit, dans un sens analogue, des fipuvres littéraires. Ouvrage trop léché.

LÈCHEFRITE (lè-che-fri-t'), s. f. Ustensile de cuisine, ordinairement de fer, destiné à recevoir la graisse et le jus qui dégouttent de la viande que l'on fait rôtir. || Terme de marine. Espèce de voile.

— HIST. XIV* s. Une laichefruitte [d'argent blanc] et deux paeles à queue, de laborde, Émaux, p. 354. Plais [plies] en l'eaue, leschefrites et dariolos, ilt'nagier, ii, 4. Tartres, leschefrayes et darioles, ib. Bresmes au vert jus, leschefroies, darioles et l'entremès, i6.

— ÉTY.M. Génev. lichefrite; bourguig. lochefroo. Dans le Ménagier, lèchefrite est un mets : on peut donc croire que l'étymologie est une lèche, une chose friande, et frit; puis le nom du mets aura passé à l'ustensile dans lequel on le préparait.

t LËCHEMENT (lè-che-man) , s. m. Action de lécher.

— HIST. XVI* s. Lechement, cotgrave.

t LÈCHEPATTE (lè-che-pa-f), s. m. Nom que Buffon a quelquefois donné au paresseux ou unau.

— ÊTYM. Lécher, patte.

LÉCHER (lé-ché.LasyllabeWprend un accent grave, quand la syllalie qui suit est muette : je lèche, excepté au futur et au conditionnel : je lécherai, je lécherais),!!, o. Il l°Passerlalangue surquelque chose. Lécher un plat. En ce Heu où les chiens ont léché le sang de Naboth [injustement lapidé comme criminel et blasphémateur], ils lécheront ton sang, boss. Poh'f. VIII, a, 4. Lestions venaient leflattei et lécher ses pieds, fén. Tél. n. Outre les cérémonies qui leur étaient communes avec les Grecs, ils avaient encore ceci de particulier, que les deux parties qui contractaient se faisaient des incisions aux bras cl léchaient mutuellement leur sang, bollin, Ilist. anc. OEuvr. t. VIII, p. 4 02, dansP0U0F.NS.il [Virgile] avait coutume de se comparer à Four», qv'i, de grossiers et

LÉC

difformes que sont ses petits en naissant, ne vient à bout de les rendre supportables qu'à force de le» lécher, id. ib. liv. xxvii, ch. i, art. 2, § 2. Le chien meurt en léchant le maître qu'il chérit, volt. Disc. 4. Il I le duc de Russie] conduisait le tribut à pied devant l'ambassadeur tarlare, se prosternait à ses pieds, lui présentait du lait à boire; et, s'il en tombait sur le cou du cheval de l'ambassadeur, le prince était obligé de le lécher, id. Mœurs, 4 4 9. || Familièrement. On s'en lèche les doigts, c'est à s'en lécher les doigts, se dit de quelque chose excellent à manger. I] Fig. Il n'a qu'à s'en lécher les barbes, se dit de celui qu'on sèvre de quelque avantage auquel il prétendait; image sans doute empruntée au chat. Il Fig. Lécher l'ours , consumer beaucoup de temps à quelque chose. Que le juge se hâte; N'a-t-il point assez léché l'ours? la font. Fabl. i, 2). Il Fig. Lécher la poussière, s'humilier extrêmement. On a regardé en face l'idole devant laquelle on avait léché la poussière, volt. Dial. xxiv, 4 4, Il 'Absolument. Il [le cheval] tire quelquefois la langue pour lécher, mais moins fréquemment que le bœuf, qui lèche beaucoup plus que le cheval, et qui cependant est moins sensible aux caresses, buff. Quadrup. 1. 1, p. (25. || 2° Les plombiers disent que les flammes lèchent bien la chaudière lorsqu'elles l'enveloppent. {| Par extension. Des langues de feu livides et mouvantes léchaient la voûte du ciel, cha- TKAUB. Natch. liv. Ii. || 3° Fig. Terme de peinture. Finir son ouvrage avec un soin extrême et minutieux.Ce peintre lèche trop ses ouvrages || Il se dit des ouvragr^s d'esprit, dans un sens analogue. 11 ne faut pas lécher ses écrits au point de les énerver. || 4° Se lécher, v. réfl. Passer sa langue sur soi. Les taureaux, les vaches et les bœufs sont fort sujets à se lécher, surtout dans les temps qu'ils sont en plein repos,BUFF. Quadrup. t. i, p. 2l7.!t 5''A lèche-doigts ou doigt, loc. adr. En se léchant les doigts de quelque chose, par le plaisir qu'on y trouve. [11] s'en donne à cœurjoie et à lèche-doigt, ste-beuve. Nouveaux lundis, 1. 1, p. 64, Veuillot. Il Particulièrement En petites quantités, de manière qu'on puisse seulement s'en lécher les doists, en parlant de choses qui se mangent. Ce plat est bon, mais il n'y en a qu'à lèchedoigts. Il Fig. Depuis son mariage, le duc de Noailles la voyait [Mme de Maintenon] quand il voulait, son père avec ménagement, sa mère fort à lèche-doigt, sT-siM. 4)4, 4'92. Les critiques vous servent de la coloquinte à pleines corbeilles et sans mélange, pour le miel vous ne l'aurez qu'à lèche-doigt, ieM. d'un Savoyard, dans desfontainbs. [| 6* Populairement et bassement. Un lèche-cul, un vil flatteur, un homme trop soumis.

— HIST. XII* s. Devant lui carrunt [tomberont] H Ethiopien, e li enemi de lui la terre lecherunt, tiber psalm. p. 94. Pur co[ce] , à cel lieu que chiens lecliierent le sang Naboth, il lecheruntle tuen, Rois, p. 33a. Il xiii* s. Mes à tel morsel itel lèche, Chaz [la chat] set bien quels barbes il lèche, iten. 8577. Kaulse vielle.... Oui me cuida par ses doctrines Faire leschier miel sor espines.... th. 43i94. || xv* s. Haa, Blanor, dit le chevalier, la pucelle qui a feinct d'estre vostre dame par amours, nous a deceu tou? deux; car, s'elle fust telle comme elle disoit, bien nous eust franchement délivrez ; mais, comme il me semble, elle nous a faict lescher miel sur espines, Perceforest, t. vi, f° 24. || xvi* s. Ces corps solides el polis venants à se leicher et frotter l'un à l'aultre on roulant, mont, i, 4oo. Leicher seulement un subject et l'efflorer, id. i, 376. Et [le flot] la lichant [la terre], se joue àl'entourdu rivage, bons. 803. Et tous les poissons lubriques, comme anguilles, congres, lamproies, ainsi nommées vulgairement parce qu'elles lichent les pierres, Traité de l'cntretennementdesanlé deProsperCalonius, traduit en 4 563, dans JAUBERT. 11 prolonge nostre languissante via d'un peu de panade qu'il nous donne à leche-doigts, Sat. Ménippi'e, Harangue de U.d'Aubrai. Je vous en veux à vous, bastards ou dégénères, Lasches cœurs, qui léchez le sang frais de vos pères Sur les pieds des tueurs, d'aub. Tragiques , 7.

— ÉTYM. Berry, licher, lèche-doigt, la moindre parcelle : il a mangé toute sa soupe et n'en a pas laissé lèche-doigt; picard, léker ; bourguig. lochai; wallon, lèchi; provenç. lecar, Icchar ; ital. lercare; du germanii|ue : anc. h. allem. lecchôn; anglo-sax. liccian; aiigl. t" iic/(;allem.teAm;comparez le celti(]ue (irlandais) iigh, lécher, le lat. lingere, le ^reo Xei/ew, et le sanscrit lih.

fLÉCHEl'R, EUSE (lè-cheur, eû-z'), s. m. et f. Terme familier. Un gourmand, une gourmande; parasite.

— ÉTYM. Lécher. En vieux français, lechiere, le-

LEC

cheor, qui a le sens de gourmand, de parasite, aujourd'hui licheur, dans le langage populaire.

t LÉCITHINE (lé-si-ti-n') , s. f. Terme de chimie. Matière grasse phosphorée neutre qu'on trouve dans la fibrine.

— ETYM. AÉX160C, jaune d'œuf, et la finale chimique ine.

LEÇON (le-son), s. f.\\i' Proprement. Action de lire, de réciter. || Dans la liturgie catholique, partie de l'office qu'on dit à matines, et qui se compose de morceaux de l'Ancien ou du Nouveau Testament, et de la vie du saint dont on célèbre la fête. Il y a trois leçons à chaque nocturne. Le pasteur était à côté [du cercueil], Et récitait, à l'ordinaire, Maintes dévotes oraisons. Et des psaumes et des leçons, Et dos versets et des répons, la font. Fabl. vu, 1 1 . l.'Kglise chante tous les jours les psaumes et les leçons des prophètes, ch\teau!ir. Génie, iv, I, 3. La leçon des lamentations de Jérémie porte un caractère particulier, ID. ib. m, i, 2. || Partie de l'office que l'on met ordinairement en musique. Leçon de ténèbres. || 2° Manière de lire un texte, c'est-à-dire différente manière dont un texte est écrit, suivant les copies. Comme porte une autre leçon, boes. Ilist. 11, 2. Vous me ferez plaisir d'assurer la vraie leçon par les manuscrits, id. Lett. 4 29. Ces messieurs ont affecté, quand ils ont vu deux leçonsdans quelque passage, d'imprimerie plus dangereux, volt. Lett. en vers et en prose, 20. Je vous envoie unebonne leçon del'lîpltre à Emilie,in. Lelt. Formant, 4734. ||Flg. et familièrement. Manières différentes de raconter un même fait. Voilà votre récit, mais il y a une autre leçon, une laçoii toute différente. Le duc et la duchesse de Villeroy m'expliquèrent l'énigme [de la conduite de M. d'O] ; mais je ne crois pas qu'ils en eussent la véritable leçon; je dirai après ma conjecture, st-sim. 203,48. Il 3" Instruction donnée du liaut d'une chaire soit dans une classe soit dans un cours, pour enseigner quelque chose, ainsi dite parce que le professeur lisait d'ordinaire, d'où vient qu'en anglais leçon porte le nom ûr lecture. Leçons de droit, de médecine, de chiniie, d'éloquence latine, d'hébreu, de sanscrit. Suivre les leçons d'un professeur. Une belle, une savante leçon. Non loin de là RoUin dictait Quelques leçons à la jeunesse. Et, quoiqu'on robe, on l'écoutait. Chose assez rare à son espèce, volt. Temple du goût. Nous ne nous battons point, disent-ils, jugez mieux : C'est que nous repassons tous deux Nos leçons de métaphysique, PLORiAN, Fabl. III, S, les Deux bacheliers. Il II en femit des leçons, il en ferait leçon, se dit d'un homme qui possède parfaitement une science, qui connaît une chose. Tel a assez d'esprit pour exceller dans une certaine matière et en faire des leçons.... la bruy. xii. ||4° Instruction donnée en particulier i ceux qui veulent apprendre quelque chose, science, art, langue, grammaire, belles-lettres. Leçons do dessin, de musique, d'équitation, de latin, de français, d'anglais. Donner des leçons de mathématiques, de grammaire, etc. Les enfants ont pris leur leçon de musique. {| Par extension. Mon arc, mes javelots, mon char, tout m'importune; Je ne me souviens plus des leçons da Neptune, rac. Phèdre, 11, 2. || Leçon vivante, ce qu'on enseigne en faisant; ce qu'on apprend en voyant faire. Non content de lui enseigner la guerre, comme il a fait jusqu'à la fin par ses discours, le prince le mène aux leçons vivantes et à la pratique, Boss. Louis de Bourbon. |j 5" Ce que le maître donne à apprendre par cœur à l'élève. Apprendre , repasser sa leçon. Réciter une leçon. Leçons mal apprises. Dites votre leçon, vos leçons. j| Fig. 11 récite une leçon, il récite sa leçon, il dit non ce qu'il sait ou pense, mais ce qu'on lui a recommandé do dire. || 6° Dans la musique, leçon se dit de tous les exercices que le maître prescrit en «•nseignant un instrument. || 7° Enseignements, préceptes que l'on reçoit des personnes relativement à la conduite dans la vie ou dans quelque affaire. Et nous verrons ainsi qui fait mieux un brave homme. Des leçons d'Annibal ou de celles de Home, cohn. A'i'com. I, 3. Tu m'as fait des leçons contre la violence, Tu désarmes ce bras avecques ta clémence, ROT». Bélis. i, 2. Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute; Celte leçon vaut bien un fromage sans doute, lafont. Fabl. 1, a. Je vois que mes leçons ont germé dans ton àme, Et tu te montres digne enfin d'être ma femme, hol. Éc. des maris, 11, 6. N'allons point nous appliquer nous-mêmes les traits d'une censure générale, et profitons da la leçon,.... sans faire semblant qu'on parle à BOUS, ID. Critique, 7. J'essaye plutôt de le» corriger [mes frayeurs] que de les établir, et je me fais tous

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les jours de nouvelles leçons de la Providence, sév. 3 juill. 4 680. Celui qui règne dans les cieux et de qui relèvent tous les empires... est aussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons, BOss. Berne d'Anglet. Dieu a tenu douze ans sans relâche, sans aucune consolation de la part des hommes, notre malheureuse reine, lui faisant étudier sous sa main ces dures mais solides leçons,iD. ib. Et s'il n'est pas permis aux particuliers de faire des leçons aux princes sur des événements si étranges, un roi me prête ses paroles.... id. t6. Elle étudiait ses défauts, elle aimait qu'on lui en fit des leçons, m. Duch. d'Orl. Peut-on recevoir une plus belle leçon de la vanité des grandeurs? ID. Ilist. m, 4 . Malaval qui vient faire la leçon au monde et lui donner des idées nouvelles de la contemplation, m. Él.d'orais. 11, 13. J'ai vu Burrhus, Sénèque, aigrissant vos soupçons, De l'infidélité vous tracer des leçons, rac. Brit. iv, 2. Pour lui donner des leçons sur sa conduite, hamilt. Gramm. 4 0. C'est d'un peuple que vous nommez grossier et sauvage que vous recevez cette leçon de modération et de générosité, fén. Tél. x. Et juge si mon cœur a suivi tes leçons, volt. Orphel. iv, 6. Une leçon démentie par l'exemple ne paraîtra jamais qu'une pédanterie ridicule, gf.nlis, Thédt. d'éduc. le Bal d'enfants, 11, 4. || Faire des leçons de, donner l'exemple de. Et bien que de l'honneur ils fassent des leçons, Régnier, Sat. vi. Et qu'une femme enfin dans la calamité Me fasse des leçons de génésité, CORN. Poly. iv, 6. || Faire leçon de.... se dit aussi dans un sens défavorable, de ceux qui affichent de mauvaises doctrines ou de mauvais exemples. Ces docteurs de cour qui font des leçons publiques de libertinage et établissent de propos délibéré des opinions dangereuses, boss. Sennons, Prédicat. 1. Lysandre reprocha à Philoclès qu'il avait faitdes leçons de cruauté à toute la Grèce, montesq. Fsp. vi, 4 2. !| Faire la leçon à quelqu'un, lui apprendre ce qu'il doit dire ou faire en une circonstance donnée. Làdessus M. d'Aimeri, auquel nous avions fait sa leçon, prit la parole, genlis. Ad. et Théod. t. I, p. 4 43, dans POUGENS. Au ventre toujours fidèle. J'ai pris, suivant ma leçon, Place à dix pas de Villèle [le ministre], X quinze de d'Argenson [le député de l'opposition], BÉRANG. ren(nj. {| 8" Leçon se dit aussi des choses qui servent d'enseignement. Ahl que mon mariage est une leçon bien parlante à tous les paysans qui veulent.... s'allier à la maison d'un gentilhomme! mol. g. Dand. i, 4. Le malheur est une excellente leçon pour apprendre la patience, MAticRoix, Homélie, dans BicnELET. La reine a également «nteiidu deux leçons si opposées, c'est-à-dire qu'elle a usé chrétiennement de la bonne et de la mauvaise fortune, boss. Reine d'Anglet. Cette délicatesse des Juifs est une leçon pour bien des chrétiens, rollin, Hist. anc. Œuvres, t VI, 587, dans pougens. Et que ce grand exemple, oil mon espoir se fonde, Soit la leçon des rois et le bonheur du monde, volt. Brutus, m, 6. Songez que votre vie est la leçon des rois, m. Henr. 1. Oui eût dit que ce corps antique [!e parlement], qui venait de détruire en France l'ordre des jésuites, éprouverait bientôt après non-seulement un exil rigoureux, mais serait détruit lui-même ? c'est une grande leçon aux hommes, si jamais les leçons peuvent servir, m. Louis IV, 44. || C'est une leçon, se dit pour exprimer qu'on se repent d'une chose et qu'on ne recommencera pas. ||9" Réprimande. Traître, je suis lassé d'entendra tes leçons , tristan, Marianne, m, 6. Il n'est pas jusqu'au fat qui lui sert de garçon [à Tartuffe], Qui ne se mêla aussi de nous faire leçon, mol. Tart. 1, 2. Il faisait de temps en temps de petites leçons au chevalier, UAMiLT. Gramm. «. Un ministre qui s'irrite Quand on lui fait la leçon, bérano. Censure. || Donncrdes leçons, réprimander, parler avec un ton de maître. Il faut avoir eu bien des succès pour être en droit de donner des leçons, volt. Exam. des 3 dern. ép. de J. B. Rouss. Herminie : Avez-vous quelques nouvelles à me donner. — Mme deSavenay: Non des nouvelles, mais une leçon.— Herminie : Venant de vous, madame, elle n'a rien qui puisse blesser; je suis encore dans l'âge où on les reçoit, et depuis longtemps madame est dans celui où on les donne, 8CRIBB, la Calomnie, m, »• |l Familièrement. Donner une leçon à quelqu'un, lui infliger une correction soit en action soit en parole. Il a donné une leçon i cet insolent. || Recevoir une leçon, .se dit, dans un sens analogue, de celui i qui une semblable correction est Infligée.

— iiiST. XII* 1. Siro clcrî, tout en h»ut [à haute voix] nous dites la leçon, Sax. »v. || xiii* 1. En doi-

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vent bien avoir bon guerredon Cil qui lui ont enseigné etapris Xeslogner ceusde ci environ; Etele [la reine Blanche] a fermée [retenu] sa leçon, HUES HE LA FERTÉ, Romanc. p. 4 84. Sire tardis li limaçons Chanta por celé trois leçons; Et Ronia» chanta li vers, Ren. 4oi04. || xV s. Par ma foy, 1erres [voleur], vous mentez; Mais je vous ferai le menton Rougir; je vous congnois assez, Je vous compterai vo leçon Devant le prevost de Laon; Juges sera de no querelle, E desch. Poésies mss. f° 330. Il xvi" s. Une dissenterie me surprit; mon médecin pensa perdre sa leçon, et moy mes bottes, montlug, Mém. t. II, p. 269, dans lacurne. X quel usage, dist Gargantua, dictes vous ces belles heures? X l'usage, dist le moine, de Fecan [Fécamp], à trois pseaumes et trois leçons, ou rien du tout qui ne veut, RAB. Garg. i, 41.

— ÉTVM. Picard, lechon, eichon, erchon; provenç. leisso , lesso, leycson; cat. llissô ; esp. teccion; ital. lezione; du lat. leetionem, qui vient de lect\im, supin de légère, lire.

t LftCRÈLET (lè-kre-lè), s. m. Sorte de pain d'épices fort apprécié en Suisse.

— REM. On dit aussi écrelet, dans la fausse idée que lécrelet est pour l'écrelet.

— KTYM. Bftle, Icckerly; c'est à Bâie que se fabrique ce pain d'épices. Dans le patois suisse, leckerly est l'équivalent de l'allemand Leckerlein, qui tient au verbe leckern, être friand.

LECTEUR, TRICE (lè-kteur, tri-s') , s. m. et f. Il 1* Celui, celle qui lit i haute voix et devant d'autres personnes. C'est un excellent lecteur. De leurs vers fatigants lecteurs infatigables, mol. Femmes savantes, ni, 6. Je suis, de plus, sa lectrice ordinaire ; Ma manière do lire a le don de lui plaire, collin d'harleviij.e, Chdt. en Esp. m, 2. || Dans les maisons religieuses, lecteur, lectrice, celui, celle qui fait la lecture pendant le repas. || Dans les maisons d'éducation, lecteur ou lectrice de semaine, celui, celle qui lit au réfectoire pendant une semaine. || Chez les princes, celui, celle qui a la fonction de leur faire la lecture à haute voix. «Lecteur du roi. Lectrice de la reine. On dit qu'aveo cette charge d'écuyer il en vaque une de lecteur ; je suis bien sûr que ce n'est pas un bénéfice simple chez Mme du Maine comme chez le roi, volt. Lett. Mme du Deffant, 4732. || 2» Celui qui lit seul et des yeux quelque ouvrage. Cet ouvrage a peu de lecteurs. Cet homme est un grand lecteur. Un auteur à genoux, dans une humble préface. Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce, Il ne gagnera rien sur ce juge irrité, boil. Sat. ix. Un lecteur sage fuit un vain amusement. Et veut mettre à profit son divertissement, m. Art p. iv. Rien n'apaise un lecteur toujours tremblant d'effroi. Qui voit peindre en autrui ce qu'il remarque en soi, m. Sat. ix. Un lecteur en use avec les livres comme un citoyen avec les hommes: on ne vit pas avec tous ses contemporains ; on choisit quelques amis, VOLT. Mél. litt. Cons. à unjournal. Je (retends soulever les lecteurs détrompés Contre un auteur bouffi de succès usurpés, Gilbert, Mon apologie. Leurs ouvrages [des Anglais], qu'on ne lit pas sans fruit, sont trop souvent dépourvus de charmes, et le lecteur y trouve toujours la peine que l'écrivain no s'est pas donnée, rivabol, Dict. univ. de la langue franc, p. 4 9. || En ce sens, il peut se dire d'une femme. Je suis charmé d'avoir pour lecteur cette femme aussi aimable qu'estimable, qui vous a échu en partage dans la grande loterie de la vie humaine, BONNRT, Lelt. div. Œuv. t. xii, p. 4«5, dans POLGENS. Il Mais cet emploi ne peut que s'excuser, et on doit dire lectrice. Les lectrices de cet ouvrage sont plus nombreuses qua les lec» teurs. Il Avis au lecteur, espèce de petite préface. Si l'on ôte de beaucoup d'ouvrages de morale l'avertissement au lecteur, l'épltre dédicatoirc, la préface, la table, les approbations, il reste à peina assez de pages pour mériter le nom de livre, LA BRUT. I. Il Fig. Avis au lecteur, c'est un avis au lecteur, se dit d'un conseil ou d'un reproche exprimé d'une manière indirecte et générale. Vous entendez bien ce qu'il vient do dire, c'est un avis au lecteur. || Il se dit au.ssi de quelque chose qui peut servir d'avertissement. C'est bien assez..., que.... X si bon compte encor je m'en sois trouvé quitte; Ceci doit s'appeler un avis au lecteur, moi. l'Ét.w, 4. Je suis bien aise de voir votre amitié, et d'avoir entendu le beau panégyrique que vous avez fait do moi; voilà un avis au lecteur qui ma rendra plus sage à l'avenir, m. Mal. imag. m. 4 8. Bientôt se ralluma la discorde civile [à Capouc], Et bientôt l'étranger, s'emparant de la ville, Hit sous

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un même joug et peuple et sénateurs; Français, ceci s'appelle un avis aux lecteurs, andrieui, le Procès du tinat de Capoue. U S- Chez quelques ordres religieux, régent, professeur enseignant la théologie, la philosophie. || 4* Lecteur royal, nom donné autrefois aux professeurs du Col U'ge de France. Joseph Privât de Moliéres, prêtre, lecteur et professeur de philosophie au Collège royal, uaihan, Éloge de Jfo/ièrM. Il 6' Terme de musique. Celui qui lit aisément la musique, qui l'exécute à livre ouvert. C'est un fort bon lecteur. Il n'est pa.i lecteur. Il 6* Terme de correction typographique. Celui qui lit les épreuves et les corrige. M. Sommer passait pour un excellent lecteur. || 7° Terme d'Église. Nom d'un des quatre ordres mineurs de la prêtrise. Sisinne, qui n'était encore que lecteur dans leur Eglise [des novatiens|,?LÉcH. Zfii-(. de Théod. m, <9. Il 8° Se dit, dans les universités d'Allemagne et des Pays-Bas, d'un fonctionnaire qui occupe un rang inférieur à celui de professeur.

— HIST. XIV* s. Je crois que Regnard a esté lecteur [professeur] as ordres des trois estas ; car clers, nobles et gens de labour usent de sa doctrine, je ne dis pas tous, mais les plus, Hodus, f" lxvji. Il XVI* s. Amy lecteur, paré, xx, Préf. Un lecteur studieux, m. du bellay, Pro!og.

— ETYM. Provenç. lectre, lector; espagn. lector; portug. leitor; ital. lettore; du lat. lectorem, de légère, lire. Le provençal lectre est le nominatif, de lector; iedor est le régime, de lectorem. Ce nominatif serait en français Wre, dénomination qui s'était conservée dans une église : Litre ou lecteur, espèce d'officier dans la catliédrale d'Auxerre, lebœuf, Biit. des évlques d'Auierre, p. 800, dans lacurne.

t LECTIONNAIKE (lè-ksio-nê-r'j, s. m. Terme de liturgie. Livre qui contient les leçons qui se lisent à l'ofnce.

— ÊTYM. Lat. leciio,lectionis {voy. leçon).

t LECTISTERNK (lè-kti-stèr-n'), *. m. Terme d'antiquité romaine. Festin sacré qu'on offrait aux principaux dieux, dont les statues étaient placées sur des lus magnifiques autour d'une table. On ordonnait les lectisternes dans les calamités publiques.

— ÊTYn Lat. lectislemiutn, de lecfus, Ut, et slemere, étendre.

LECTOBE (lè-ktu-r'), *. f. \\ 1* Action de lire. Ahl seigneur, ce billet n'est point coup d'aventure; C'est pourquoi hâtez-vous d'en faire la lecture, MAiBET, Soliman, ni, 2. || Particulièrement. Action d'une personne qui lit à haute voix. On fit la lecture du contrat de mariage en présence des parents. Tous les dimanches il fait la lecture à sa famille. Outre la lecture assidue que chacun en devait faire en particulier [de la loi, chez les Juifs] , on en faisait tous les sept ans, dans l'année solennelle de la rémission et du repos, une lecture publique et comme une nouvelle publication, à la fêle des Tabernacles, où tout le peuple était assemblé durant huit jours, lioss. Uist. il, 3. Dorine : Oui, il y a une lecture. — Lucie : Oh I quand je serai mariée, j'aurai des lectures aussi, gknlis, Théât. d'iduc. Enfant gité, i, 3. Les uns, à la lecture, observaient le silence. D'autres parlaient tout bas de paix et de clémence, m. j. ciiên. Cracques, m, b. || 2° L'action, l'habitude de lire seul et des yeux, pour son instruction ou pour son plaisir. La lecture de cet ouvrage est attachante. Ne trouvant point d'autres plaisirs, j'ai été contraint de choisir celui de la lecture, voit. Letl. 20. Notre concitoyen, disaientils en pleurant. Perd l'esprit ; la lecture a ^té Démocrite, LA FONT. Fabl. vjii, 26. La lecture apprend aussi, ce me semble, à écrire, sév. à Urne de Grignan, «7 juin. «789. Sans la consolation de la lecture, nous mourrions d'ennui présentement, id. 3o sept. )67i. Tout ignorante que je suis, je sais que la lecture donne une assez grande expérience pour n'être surpris de rien, maintenon, Lett. au duc de Soailles, *•' mars <7(l. Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture, boil. Sat. m. la lecture agrandit l'ime, et un ami éclairé la console, volt. Ingénu, 1 1 . Sénèque était alors [dit Ouinlilicn) presque le seul auteur dont la lecture plût aux jeunes gens, DinER. Claude et Sér. II, 402. || il s'emploie quelquefois au pluriel. Il a profité de ses lectures. |! Cabinet de lecture, lieu où, moyennant une rétribution, on lit des journaux et des livres. || 8* U chose lue. Ouand une lecture vous élève l'esprit et qu'elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre rt''gle pour juger de l'ouvrage, la bruy. i. || 4° Instruction qui résulte de la lecture. Sans la lecture, le plus beau naturel est ordinairement sec et stérile, st-évremohd, dans bicbelet. fct son feu, dépourvu de sens et dé itçtqre, S'éteint i chaque pas faute de nourriture,

LÊG

BoiL. Art p. m. Il est certain que Rabelais avait beaucoup d'esprit et de lecture, et un art particulier de débiter des choses savantes comme de pures fadaises, FONTEN. Oracles, i, *s. Des hommes qui se piquent d'un peu plus de lecture que les autres, MASS. Carême, Doutes. On peut dire d'une grande lecture ce que Sénèque dit d'une vaste bibliothèque, qu'au lieu d'enrichir et d'éclairer l'esprit, elle ne sert le plus souvent qu'à y jeter le désordre et la confusion, bollin, Trait, des Et. liv. m, ch. 3. Il B° Il se dit par opposition à représentation, en parhint d'une pièce de théâtre. Il n'y a que le seul Racine qui soutienne constamment l'épreuve de la lecture, volt. Comm. C orn. rem. Ariane, iv, 3. lime disait que le succès au théâtre dépend entièrement d'un acteur ou d'une actrice; mais qu'à la lecture, il ne dépend que de l'arrêt équitable et sévère d'un juge et d'un écrivain tel que vous, id. D. Pèdrc, Épit. dédie. Il Comité de lecture, jury do lecture, assemblée devant laquelle on lit les ouvrages destinés à un théâtre, et qui juge s'ils méritent d'être représentés. || 6° L'art de lire. Maître de lecture et d'écriture. Il enseigne la lecture et l'écriture aux enfants. Il 7" On commence à dire lectures pour leçons, séances d'enseignement, cours publics; c'est un mot transcrit de l'anglais lecture, au lieu d'en être traduit; l'importation en parait inutile et peu heureuse.

— HIST. XV* s. Establi et ordonné quatre docteurs lisans ordinairement à tous escoliers et estudians qui se voudront trouver et assister à leur lecture et doctrine es escoles et collèges par ce ordonnés, Ordonnance, 20 août 1498. ||xvi* s. ...Je vous jure Que de ces livres la lecture Diminue merveilleusement X la femme l'entendement, mahot, iv, 164. Il y a double lecture en cest endroict, et selon l'autre ilfaudroit traduire.... amyot, Pomp. 39, note.

— ÉTYM. Lat. lectura, de leclum, supin de légère, lire.

t LÉCYTHIDÉES (lé-si-ti-dée), s. f. pi. Terme de botanique. Nom d'une tribu de la famille des myrlacées, tiré du genre lecythis.

t LÉDA (lé-da), s. f. Fille de Thestius, femme de Tyndare, roi de Sparte, aimée de Jupiter, qui pour elle se changea en cygne, et mère de Castor, de Pollux, de Clylemnestre et d'Hélène. || Terme d'astronomie. Petite planète reconnue en <856, et qui d'abord avait reçu le nom d'Eucharis.

f t. LÈDE (lè-d'), s. f. La partie du milieu d'un marais salant, autour de laquelle on creuse un fossé.

t 2. LÈDE (lè-d'), ». m. Voy. lédon.

I LÉDON (lé-don), s. m. Terme de botanique. Genre de plante, de la famille des éricinccs. {| Lédon palustre, ledum palustre , L., dit romarin sauvage, plante dont les feuilles sont employées parfois pour remplacer le houblon. || Lédon latifolié, ledum lalifolium, AiTON, dit vulgairement thé du Labrador, plante qui se trouve dans le nord de l'Amérique. |l Lédon est aussi le nom spécifique d'un ciste (cistées), cistus ledon, lmk, donnant du ladanum, comme différents autres cistes, tels que le ciste ladanifère, lequel est appelé vulgairement lède, legoarant.

— ÉTYM. AîiSov.

LÉGAL, ALE (lé-gal, ga-l'), adj. || 1* Qui est prescrit par la loi. Formalités légales. || Qui est selon la loi. Voies légales. Moyens légaux. Charles [I", d'Angleterre] avait des vertus domestiques, du courage, de la modération, de la probité ; mais on lui disputait, la loi à la main, tous ses actes; ils pouvaient être bons, mais ils n'étaient pas légaux , ciiATEAUBR. Stuarts, Charles I". Il y a eu un texte légal à l'appui de chaque empiétement du pouvoir; il s'en est trouvé un pour obliger le médecin à trahir l'asile où le blessé avait été recueilli, car- REL, Œuvres, t. iv, p. 209. || Assassinat légal, condamnation à mort qui est inique, mais oii les formes de la loi ont été observées. || Pays légal, l'ensemble de ceux qui, dans une constitution où n'est pas le suffrage universel, ont seuls le droit de nommer les leprésentants du pays ; so dit par opposition à suffrage universel. || Médecine légale, voy. MÉDECINE. Il a* Terme de théologie. Qui a rapport à l'ancienne loi. Commandement légal. Cérémonie légale. Les viandes légales. Les impuretés légales. Le libérateur, le saint des saints amènerait la justice éternelle, non la légale, mais l'éternelle, pasc. Pens. XVI, (0, éd. iiavet. || 3° Oui a de la loyauté. M. Naudôélait un homme fort sage et fort prudent, fort réglé, qui semblait vivre dans une certaine équité naturelle; il était fort bon ami, fort égal et fort légal, l'Esprit de Guy Patin, Amsterd. 1713, p. 284. Il Ce sens est tombé en désuétude; du reste, étymologiquement, légal est le même que loyal.

— SYN. LÉGAL, LÉGITIME. Ce <jui est légal est con-

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forme à la loi. Ce qui est légitime est conforme & l'équité. Un acte qui viole la loi ne peut jamais être légal ; mais il peut être légitime en raison des circonstances.

— HIST. xm* s. Ainsi se maintinrent jusques à un jour que li legaus [gens de loi] et li esleus et li autre baron fisent [firent] un parlement ensamle, Chr. de Rains, p. 92. || xiv* s. Et juste légal en droit positif... oREs.ME, £(/i. 168. Un homme est dit légal qui garde les loys, id. Thèse de me'jnier.

— ÉTYM. Lat. legalis. Légal est le même que loyal (voy. ce mol). Légal a été refait sur le latinj la formation primitive est leal ou loial.

LÉGALEMENT (lé-ga-le-man), adv. D'une manière légale. Tout s'est fait légalement. Un troisième vous déférera au petit divan d'une petite province, et vous serez légalement empalé, volt. Dict. pbil. Sens commun.

— HIST. .Mv* S. Lit la collation [discours devant l'empereur étant au Louvre] notablement et légalement maistre de la Chaleur, Chr. franc, mss. de Nangis, en 1377, dans laclrne.

— ÉTYM. Légale, et le suffixe ment.

LÉGALISATION (lé-ga-li-za-sion ; en vers, de six

syllabes), s. f. || 1° Attestation par laquelle un fonctionnaire public compétent certifie la vérité d'une ou de plusieurs signatures apposées au bas d'un acte, et parfois en même temps la qualité de ceux qui l'ont approuvé, afin que foi y doive être ajoutée. Il 2° Action de faire cette attestation. La légalisation d'un acte.

— ÉTYM. Légaliser.

LÉGALISÉ, ÉE (lé-ga-li-zé, zée), part, passé do légaliser. Cette cour [de Vienne] avait envoyé au comte de Galas plusieurs pièces dont on disait que les unes étaient originales et les autres légalisées,

LÉGALISER (lé-ga-li-zé), V. a. || 1* Attester, certifier l'authenticité d'un acte public, afin qu'il puisse faire foi hors du ressort où il a été passé. Tous actes sxpédiés dans les pays étrangers où il y aura des consuls ne feront aucune foi en France, s'ils ne sont par eux légalisés, Ordonn. marine, août 1681. || il se dit aussi de toute espèce de signature privée. || 2" Rendre légal. Cromwell convoqua un autre parlement.... pour légaliser l'autorité des majors généraux, cha- TEAUBR. Stuarts, Protectorat. Je n'ai pas mission de dire s'il était plus facile de légaliser la sentence de mort [contre le maréchal Ney] que la révision d'un» procédure inique, carrel, Œuvres, t. iv, p. 220.

— ÉTYM. Légal.

LÉGALITÉ (lé-ga-li-té), s. f.\\ 1» Caractère, qualité de ce qui est légal. La légalité d'un acte. Contester la légalité de la mise en état de siège d'une ville, d'un département. {| 2° Ensemble des prescriptions légales. Se renfermer dans la légalité. Observer, respecter la légalité. Un gouvernement qui sort de la légalité. Du mot de M. Viennet : la légalité nous tue, CARnEL, Œuvres, t. m, p. 383. Il 3° Loyauté. C'est un homme d'une grande légalité, Dict. de l'Acad. anciennes éditions. Ne leur impute pas [aux Romains] une telle injustice ; Un Romain seul l'a faite, et par mon artifice; Rome l'eût laissé vivre [Annibal], et sa légalité N'eût point forcé les lois de l'hospitalilé, corn. Nie. 1, B. || Ce sens est tombé en désuétude, mais on voit quo Voltaire a eu tort de dire: « Légalité n'a jamais signifié justice, équité, magnanimité, U signilio authenticité d'une loi revêtue desformes ordinaires, » Comm. Corn. Hem. îiicomède, i, b.

— HIST. XVI* s. II n'y eut celui des Romains qui ne louast et qui n'estimast grandement la prud'homie et la légalité grande qui mouvoit Camillus, AMYOT, Cam. 43.

— ÉTYM. Légal.

LÉGAT (lé-ga; le t se lie : lé-ga-t à latero; au pluriel, l's se lie : les lé-ga-z a latere), s. m.\\ 1* On appelle ainsi, dans l'histoire de la république romaine, les lieutenants des généraux en chef et ceux des gouverneurs des provinces; dans l'bistoire de l'empire, les lieutenants des proconsuls ou gouverneurs des provinces du sénat, les gouverneurs de» provinces de l'empereur (légats impériaux), et les commandants des légions (légats légiormaires). Il 2° Cardinal qui était préposé par le pape pour gouverner quelque province de l'État ecclésiastique. Le légat de Bologne, de Ferrare. || 3* Légat à latere (mot à mot : le légat du côté), ou, simplement, légat, cardinal envoyé avec des pouvoirs extraordinaires par le pape, auprès de quelqu'un des princes chrétiens, à un concile, etc. La reine [Catherine d'Aragon, femme de Henri VllI] ne comparaît pas; l'archevêque [Cranmer], par contumace, déclara le mariage nul

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