‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 9 sur 389 · IMI · texte numérisé non relu

IMI

Il xv s. Alayn Charticr.... loingtain imitateur des orateurs, A. chart. Quadriloge, au début. \\ xvi' s. Jà soit que art soit imitatrice de nature, l'ensuivant de bien près.... cilles nu guez, dans palsgrave, p. 894. J'ay une condition singeresse et imitatrice,

MONT, m, 356.

— ÉTYM. Lat. imitatorem, de imitari, imiter. IMITATIF, IVE (i-mi-ta-tif, ti-v'), adj.\\i' Qui

imite. Tohu-bohu signifie précisément chaos, désordre; c'est un de ces mots imitatifs qu'on trouve dans toutes les langues comme sens-dessus-dessous, tintamarre, trictrac, tonnerre, bombe, volt. IHct. phil. Genèse. \\ Harmonie imitative, arrangement de mots par lesquels on imite le son d'un objet naturel, comme quand Racine semble imiter le sifflement des serpents, en faisant dire à Oresle qui croit voir les furies : Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes? Il 2° Il signifie aussi quelquefois qui a la faculté, l'habitude d'imiter. Le singe est un animal imitatif. || 3» Terme de minéralogie. Se dit d'u.ie variété dans laquelle une nouvelle loi de décroissement détermine une forme semblable à celle d'une autre variété plus simple.

— ÉTY.M. Lat. imitativus, de imitari, imiter.

IMirATION (i-mi-ta-sion; envers, de cinq syllabes),s./". Il 1° Actiond'iraiter; résultat de cette action. Loin d'ici cette piété d'imitalion et de complaisance qui porte dans le sanctuaire des vœux intéressés et profanes! flégh. Duc de i/on(. Ouvrage qui était une imitation du grand labyrinthe, fén. Tél. v. Trop d'imitation éteint le génie, volt. 3lél. littér. Cons. à L. Racine. L'imitation est de tous les résultats de la machine animale le plus admirable, buff. Nature des anim. Parmi les hommes, ce sont ordinairement ceux qui réfléchissent le moins qui ont le plus le talent de l'imitation, id. ib. Ce talent d'imitation, bien loin de supposer de l'esprit et de la pensée dans les animaux, prouve au contraire qu'ils en sont absolument privés, id. ib. Il marcha sur ses traces par esprit d'imitation plutôt que par caractère, raynal, Hist. phil. xui, 35. || Cela est au-dessus de toute imitation, se dit d'une chose qu'il est impossible de bien imiter. || Les arts d'imitation, la peinture, la sculpture. || Au théâtre, don ou talent (le contrefaire les acteurs célèbres. Exceller -'.ans les imitations. || 2° Terme de lillcrature. Œuvre dans laquelle on se propose d'en imiter une autre. C'est plutôt une imitation qu'une traduction. Mon imitation n'est point un esclavage; Je ne prends que l'idée et les tours et les lois Que nos maîtres suivaient eux-mêmes autrefois, la font. Poi'sia mêlées, LXX. Imitation d'Anacréon, Titre d'une petite pièce de vers de la Fontaine. Le conte du tonneau du doyen Swift est une imitation des trois anneaux; la fable de ces trois anneaux est fort anciemie; elle est du temps des croisades, volt. Mél. liltér. Le I très à S. A. S. le prince de.... lett. 5. Corneille a réformé la scène tragique et la scène comique par d'heureuses imitations, id. Comm. Corn. Rem. Menteur, préf. commentaire. || Cet ouvrage est une imitation de l'anglais, de l'allemand, est l'imitation d'un ouvrage anglais, allemand. || 3° Terme de musique. Répétition d'une phrase ou d'un fragment de phrase musicale d'une partie dans une autre. Il 4° Par ellipse. Imitation se dit de l'Imitation de Jésus-Christ, ouvrage de piété très-célèbre. Une belle édition de l'Imitation. L'Imitation a été mise en vers par P. Corneille. || 5° Terme d'industrie. Sorte de contrefaçon qui n'a rien d'illicite, lorsqu'elle n'a point pour but de tromper l'acheteur. Vendre, fabriquer de l'imitation. Bijoux en imitation. || 6° X l'imitation de, à l'exemple de, sur le modèle de. Cet édifice a été fait à l'imitation de tel autre. X son imitation, les femmes do tous les grands seigneurs des Perses et des Mèdos mépriseront les commandements de leurs maris, saci, Bible, Esth. I, <8.

— HIST. xvi' S. Comme l'un [Cicéron] se fust entièrement adonné à l'imitatioii des Grecz, j. du BELLAY, Illuslr. de la langue franc, i, '•

— ÉTYM. Lat. imitationem, de imitari, imiter. IMITÉ, ÉE (i-mi-té, tée), part, passé d'imiter.

Il n'est point de serpent ni de monstre odieux Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux, boil. Art p. m. La comédie intitulée les Guêpes, et imitée par M. Racine dans les Plaideurs , expose au grand jour la fureur du peuple pour la procédure et le barreau, ROLLiN, //lït. anc. Œuv. t. v,p. <32, dans pougens. IMITER (i-mi-té), t). a. || 1' Chercher à reproduire ce qu'un autre fait. Le singe imite l'homme. Imiter les manières de quelqu'un. Ses gardes aflligês Imitaient son silence autour de lui rangés, rac. Phèd. v, 6. Elle [ Rome ] se tait du moins : imite»

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son silence, rac. Brit. m, 8. Et nous n'avons du ciel imité que la foudre, volt. Als. l, i. Imiter un ingrat, c'est le justifier, imbert, Jaloux sans amour, ni, 8. Il Contrefaire, copier. Ils s'efforcent d'imiter les produits de nos fabriques. Imiter l'écriture, la signature d'une personne. || 2° Prendre la conduite, les actions d'une personne pour modèle. Imiter la nature. Alexandre affecta d'imiter Bacchus, nonseulement aux victoires qu'il avait remportées sur les Indiens, mais aussi en la forme de son triomphe, vAUGEL. Q. C. IX, (0. Ma valeur n'a point lieu de te désavouer. Tu l'as bien imitée.... corn. Cid, III, 6. Si nous n'avons pas le courage d'imiter le P. Bourgoing en ses austérités, noss. Bourgoing. L'archevêque lui répondit : vous l'avez imité en son péché, iraitez-le donc en sa pénitence, flêch. Hist. de Théodose, iv, 7. Ainsi dans leurs excès vous n'imiteriez pas L'infidèle Joram, l'impie Ochosias? RAC. Ath. IV, 2. Imitez sa justice ainsi que sa vaillance, VOLT. Ilérope, l, ». |l Imiter l'exemple de quelqu'un, faire ce qu'il a fait. Imite mon exemple; et, lorsqu'une cabale. Un flot de vains auteurs follement te ravale, Profite de leur haine, boil. Ëpît. VII. Toutefois en ces lieux je ne connais personne Qui ne doive imiter l'exemple que je donne, rac. Milhr. I, 3. Il 3° Terme de littérature et de beaux-arts. Prendre pour modtJle le style, le genre, la manière d'un autre. Ce tableau est imité de Raphaël. Il semble qu'à ce qu'il imite, Ajoutant un nouveau mérite. Il le crée encor une fois, lamotte, Od. t.i, p. 360, dans pouGENS. Vous croyez imiter Cicéron ; et vous n'imitez que maître Jean, volt. Dict. pltil. Style. Il Cet ouvrage est imité de l'espagnol, il est imité d'un ouvrage espagnol. || Absolument. Imiter ainsi, ce n'est point être plagiaire, c'est lutter,comme dit Boileau, contre son original, volt. Ess. poés. épique, ch. B. Celui qui imite toujours ne mérite assurément pas d'être imité, id. Exam. des 3 der. ép de J. B. Rousseau. || 4° Dans les beaux-arts, faire l'image, la ressemblance d'une chose. Ce peintre, ce sculpteur s'attache à bien imiter la nature. La musique imite le bruit du tonnerre, les gémissements , les cris. Il 5* Ressembler, en parlant des choses. Cette composition imite le diamant. Ce papier point imite le velours. Le bruit de cette cataracte imite celui du tonnerre. || 6° S'imiter, v. réjl. Faire ce qu'on a fait. La nature s'imite : une graine jetée en bonne terre produit; un principe jeté dans un bon esprit produit, pasc. Pensées diverses, 7< , éd. FAUGÈRS. Il S'imiter l'un l'autre. Si l'on devait s'imiter constamment les uns les autres, à quoi bon une âme et un esprit pour chacun? stael, Corinne, IX, (. - SYN. IMITER, copier. Copier, c'est reproduire exactement, sans s'écarter en rien du modèle. Imiter, c'est reproduire librement, sans s'astreindre à l'exactitude, et en s'écartant du modèle là où cela convient.

— HIST. xvi* s. Tout ainsi que ce fut le plus louable aux anciens de bien inventer, aussi est-ce le plus utile de bien imiter, j. dubellay, lUuslr. de la langue {rang, i, 8.

— KTYM. Lat. imitari, imiter.

LMMACULÉ,ÊE(i-mma-ku-lé,lée),adj. Il 1° Terme

de théologie. Qui est sans tache de péché. Leur intention n'était pas de comprendre l'immaculée et bienheureuse mère de Dieu (car ainsi l'appellent-ils) dans le décret où il s'agissait du péché d'origine, bourdal. Myst. concept, de la Vierge, t. Il, p. 3. Il L'Agneau immaculé, Jésus-Christ. Il L'immaculée conception de la Vierge, ou, simplement, la conception immaculée, voy. conception. Il 2° Dans le langage général , pur, sans tache. Honneur immaculé. Probité immaculée. || 3° Terme d'histoire naturelle. Qui n'a point de taches sur le corps (sens propre qui n'est usité que là et qui n'est venu que tardivement en usage).

— HIST. XVI' s. Quant à la tempérance et continence, Aristide l'a toujours gardée nette et immaculée, AMYOT, Arist. et Calon. comp. (2.

— ÉTY.M. Lat. immaculalus, de in négatif, et macula, tache.

IMMANENT, ENTE (i-mma-nan, nan-t'), adj.

Il 1° Terme de philosophie. Qui est existant à l'intérieur même des êtres et non opérant du dehors par action transitive ou transitoire. Dans le spinosisme. Dieu est dit la cause immanente des choses. La volonté opère hors du corps; c'est un effort; ses actes ne sont point immanents, dider. Opin. des anc. phil. {Thotnasius). |{ En théologie, les actions immanentes de Dieu sont celles qui ont leur terme en Dieu, par opposition aux actions transitoires qui ont leur terme hors de Dieu : ainsi Dieu a engendré le Fils et le Saint-Esprit par des

actions immanentes et créé le mondb par des actions transitoires. Il 2° Qui est à demeure dans un sujet, qui n'en peut être séparé. La gravitation est immanente aux particules matérielles. || 3» Permanent, constant. Les subtilités de la dialectique grecque se tournent de préférence vers l'objet immanent de la spéculation du génie de l'Orient, l'essence divine, couhnot, r>e l'enchaînement de nos connaissances, t. II, p. 447.

— ÈTYM. Lat. immanentem, qui réside dans, de in, en, et manere, résider.

IMMANGEABLE (in-man-ja-W; l'Académie dit de prononcer i-mman-ja-bl'; mais la prononciation usuelle est in), adj. Qui ne peut être mangé. Cela est immangeable.

— HtST.xvi' s. Le gros foin de marests immangeable par les bestes, o. de serres, f70. Amer, immangeable, ID. 538.

— ÊTYM. Im..., et mangeable.

f LMMANITÉ (i-mma-ni-té) , s. f. Cruauté monstrueuse. L'immanité de Néron. |1 Mot tiré du latin et peu usité.

— HIST. ivi* s. Immanité, cotgrave.

— ÈTYM. Lat. immanitatem, de immanis, cruel, de in négatif, et manis, doux.

IMMANQUABLE (in-man-ka-bl'; l'Académie dit de prononcer i-mman-ka-bl'; mais la prononciation la plus usuelle est in), adj. Qui ne peut manquer d'être, de se faire. Ces désirs nous amusent pendant la vie, ils nous trompent, et, par une suite immanquable, ils nous damnent, bourdal. Pensées, t. i, p. 60. Il ne faut pas penser à gouverner un homme tout d'un coup.... il faut tenter auprès de lui les petites choses ; et de là le progrès jusqu'aux plus grandes est immanquable, la bruy. iv.

— SYN. IMMANQUABLE, INFAILLIBLE. D'abord il faut remarquer qu'infaillible peut se dire des personnes et qu'immanquable ne se dit que des choses. Quant aux choses, infaillible a encore un sens spécial qui n'appartient pas à immanquable ; c'est celui de qui ne (rompe pa«; une règle est infaillible mais non pas immanquable. Hors do là, infaillible et immanquable ne présentent plus qu'une nuance insaisissable : sa perte est immanquable ou infaillible.

— ÉTYM. Im..., et manquer.

IMMANQUABLE.MENT (in-man-ka-ble-man; l'Académie dit de prononcer i-mman-ka-ble-man ; mais la prononciation la plus usuelle est in) , adv. D'une manière immanquable, sans manquer. Vous le savez : trois ou quatre femmes décriées et célèbres par l'histoire de leur vie eu font presque immanquablement toute l'intrigue (d'une ville, d'un quartier], bourdal. Carême, sur l'impureté. La charité nous porte immanquablement à faire quelque chose pour Dieu, fén. t. xviii, p. 23a.

— f.TYM. Immanquable, et le suffixe ment.

t IMMANSUÉTUDE {i-mman-su-é-tu-d'),s. f. Défaut de mansuétude.

— RTYM. 7t»..., et mansuétude.

IMMAUCESCIBLE (i-mmar-sè-ssi-bl') , adj. Terme

didactique. Qui ne peut se flétrir.

— REM. L'Académie écrit immarcessiblo par deux ss; mais c'est évidemment une faute, le mot venant de marcescere.

— HIST. XVI* s. Immarcessible, oudin, Dict.

— ÊTYM. Lat. immarcescibilis, de in négatif, et marcescere, se flétrir.

t IMMARIABLE (in-ma-ri-a-bV), adj. Qui n'est pas susceptible de se marier ou d'être marié.

— HIST. XVI' s. Immariable, cotgrave.

— ÈTYM. Im..., et mariable.

t I.MMATÉRIALISER (i-mma-té-ri-a-li-zé), v. a. Rendre, supposer tout immatériel. Immatérialiser les forces de la nature.

— ÈTYM. Im..., et matérialiser.

t r4MATERIALISME(i-mma-té-ri-a-li-sm'),î. m. Terme de philosophie. Doctrine qui nie l'existence de la matière.

— ÈTYM. Immatérialiser.

+ IMMATÉRIALISTE (i-mma-té-ri-a-li-sf), S. m. Partisan de l'immatérialisme. Ils fies hommes] regarderont sûrement les immatérialistes comme cet homme qui, s'imaginant être de verre, craignait à tout moment d'être cassé ; et franchement la folie des immatérialistes ne diffère de la folie de cet homme qu'en ce qu'elle est plus extravagante mais volontaire, tournemink,, Réfl. sur l'athéisme, dans FÉNEL0N, Kxist. de Dieu.

IMMATÉRIALITÉ ( i-mma-lé-ri-a-li-té ) , s. f. Qualité, état, manière d'être de ce qui est immatériel. La manière dont il [le médecin Monjot] accorde en peu de mots l'immatérialité de l'âme avec le pouvoir qu'a la matière d'altérer ses fonctions et

de causer le délire, pasc. Lett. à Mme de Sablé, déc. <6C0. J'ai vu qu'il ne pouvait distinguer les dimensions d'avec la matière ni l'immatérialité d'avec le néant, id. Lettre à le Pailkar.

— ÉTYM. Immatériel.

IM.\IATÊRIEL, ELLE (i-mma-té-ri-èl, è-1'), adj. Qui est sans matière. Eu égard qu'étant substance immatérielle, G. naudé. Apologie, p. 436. Quand un homme serait persuadé que les proportions des nombres sont des vérités immatérielles, éternelles, et dépendantes d'une première vérité en qui elles subsistent et qu'on appelle Dieu , pasc. Pensées, 1. 1, p. 306, édit. LAHUHE. Ce que nous appelons espace vide est un espace ayant longueur, largeur et profondeur, immobile, capable de recevoir un corps de pareille longueur et figure; et c'est ce qu'on appelle solide en géométrie, où l'on ne considère que les choses abstraites et immatérielles, id. Lettre à le Pailleur. Beaucoup d'attributs primordiaux de cet être si peu connu qu'on nomme matière, sont tous immatériels, c'est-à-dire que ces attributs sont des efl'ets de la volonté libre de l'Être suprême, volt. Défense du newtonian.

— ÉTYM. Lat. immalerialis, de in privatif, et materia, matière.

IMMATÉRIELLEMENT ( i-mma-té-ri-è-le-man ), adv. D'une manière immatérielle.

— ÉTYM. Immatérielle, et le suffixe ment. IMMATRICULATION (i-mma-tri-ku-la-sion) , s.

f. Action d'immatriculer; état de ce qui est immatriculé.

— ÉTYM. Immatriculer.

IMMATRICULE (i-rama-tri-ku-1') , s. f. Enregistrement. Il Particulièrement. Autrefois, enregistrement des rentes sur l'hôtel de ville. Immatricule d'une partie de rentes. || Aujourd'hui, inscription d'un huissier parmi ceux qui ont le droit d'instrumenter près dun tribunal, et de la patente qui lui confère ce droit. Un exploit d'ajournement doit contenir les noms, demeure et immatricule de l'huissier.

— ÉTYM. Im, pour in, dans, et matricule. UIMATRICULÉ, ÉE {i-mma-tri-ku-lé, lée), part.

passé d'immatriculer. À l'œuvre on connaît l'ouvrier, sans qu'il faille pour cela être immatriculé dans la profession, p. l. cour. Lettres, Conversât, chet la comtesse d'Albany.

IMMATRICULER (i-mma-tri-ku-lé), r. a. Mettre dans la matricule. Immatriculer un huissier. || En général, insérer dans un registre public. || Fig. Il est sauvé s'il peut prouver Qu'au rang des sots Phébus l'immatricule, j. b. rouss. Èpit. i, 9.

— HIST. xvi' s. Emmatriculer, cotgrave. Il avait leu au livre de leurs bienfaiteurs, où elle et les siens prédécesseurs estoient escrils et immatriculez des fins beaux premiers eu lettre rouge, noel DU FAiL, Co;i(. d'Eutrapel, ch. x», f" m, dans

POUOF.NS.

— ÉTYM, Immatricule.

t IMMATURITÉ (i-mma-tu-ri-té), s. f. Défaut de maturité. L'immaturité d'un fryit.

— ÉTYM. Lat. immaturitatem, de in privatif, et maturitatem, maturité.

IMMÉDIAT, ATE (i-mmé-di-a, a-t') , adj. || 1° Qui est sans intermédiaire. La crainte n'a pas Dieu pour son objet immédiat; son motif essentiel, qui est la peine éternelle, ne fait qu'oter les empêchements, et rabattre la concupiscence par une terreur salutaire, Boss. 2' écrit sur les Max. des saints, i». L'objet propre et immédiat de la vue n'est autre chose que la lumière colorée, volt. Phil. Newt. n, 6. Il y a des effets immédiats produits par les causes finales, et des effets en très-giand nombre qui sont des produits éloignés do ces causes, m. Dict. phil. Causes finales. La nature, qui se joue des formules, échappe à toute méthode et ne peut être aperçue que par la vue immédiate de l'esprit, ni jamais saisie que par le coup d'œil du génie, buff, Quadrup. t. vi, p. 46. |{ 2° Qui suit ou précède sans intermédiaire. Successeur immédiat. Prédécesseur immédiat. || Pascal a dit immédiat de.... Il [Jésus-Christ] s'est offert par le Saint-Esprit.... sa sanctification a été immédiate de son ohiation, PASC Lelt. à Mme Périer, il oct. <65i.||3°Ii sa disait, dans la féodalité, des nobles et des fiefs qui relevaient directement du roi ou empereur, .san.i reconnaître d'autre souverain ([uo lui. Le baron Henri de Gortz , né en Franconio, et baron immédiat do l'empire, ayant rendu des services importants au roi de Suède pendant le séjour de ce monarque à Bender, était depuis devenu son favori et son premier ministre, volt. Charles XI f, 8. Il 4° Terme de botanique. Insertion immédiate, in-

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sertion qui laisse libre l'organe inséré, des le point où il commence k paraître. |1 5° Terme d'anatomie générale. Principes immédiats des végétaux et des animaux, les derniers corps solides, liquides ou gazeux auxquels on puisse arriver par la voie anatomique, c'est-à-dire sans décomposition chimique. Il Analyse immédiate, séparation des principes immédiats contenus dans une substance organique, au moyen de procédés spéciaux. || 6° Terme de police sanitaire. Contagion immédiate, contagion qui a lieu par le contact de l'individu affecté d'une maladie contagieuse avec le sujet sain. || 7° Dans le langage vulgaire. Qui se fait tout de suite. Son départ fut immédiat.

— ÉTYM. Lat. immediatus (quicherat, Addenda), de in privatif, et mcdius, moyen.

IM.yÉDIATF.ME.VT (i-mmé-di-a-te-man) , adv. Il l» D'une manière immédiate, sans intermédiaire. Ce village est situé immédiatement au-dessus de tel autre. Dans la hiérarchie ecclésiastique, l'cvèque est immédiatement après l'archevêque. Les habitants des pays immédiatement soumis aux prêtres allemands sont des brutes qui ont à peine à manger, VOLT. Dial. lïvi, Pens. abbé de St-Pierre. M. d'Arci n'avait pu fairo la guerre sans rélléchir sur les parties de cet art auxquelles les sciences qu'il cultivait étaient plus immédiatement liées, coNDORCET, d'Àrci.\\i' Immédiatement après, signifie quelquefois, aussitôt après , incontinent après. Un peu plus haut, sur la même côte, furent placés huit cents Acadiens, arrivés à la Louisiane immédiatement après la dernière paix, hay.nal, Hist. phil. V, i3. Il Immédiatement a pris dans l'usage moderne le sens d'aussitôt. Il apprit la nouvelle et courut immédiatement.

— ÉTYM. Immédiate, et le suffixe ment.

t LMMÉDIATETÉ ( i-mmé-di-a-te-té ) , i. f. Il 1° Qualité de ce qui est immédiat. Ces privilèges de l'antériorité et de l'immédiateté dont on faisait tant de bruit. Revue germon, t. xi, p. 287. || 2" Qualité, privilège d'un noble ou d'un fief immédiat de l'empire.

— ÉTYM. Immi<diat.

+ IMMÉOITÊ, ÉE (i-mmé-di-té, tée), adj. Qui n'a point été l'objet de méditations.

— Éi'YM. Lat. immeditalus, de tn privatif, et meditatus, médité.

t IMMÉMORABLE (i-mmé-mo-ra-W), adj. Qui ne mérite pas d'être rapporté, rappelé à la mémoire.

— ÉTYM. Lat. tmmemorabilis, de tn privatif, et memorabilis, mémorable. Carloix, in, b, a dit tmmemorable au sens de immémorial.

I IMMÉMOnÉ, ÉE (i-mmé-mo-ré, rée), adj. Dont on ne conserve pas la mémoire. Mes heures imméraorées, chateaub. Uii/wires d'outre-tombe, cité

dans LEGOARANT.

— ÉTYM. Lat. immemoratus, de in privatif, et memnrare, mémorer.

IMMÉMORIAL, ALE (i-mmé-mo-ri-al, al"), adj. Qui est si ancien, qu'il n'en reste aucune mémoire. Des privilèges immémoriaux. Être en possession immémoriale, patru. Plaidoyer 3, dans bichelet. La coutume immémoriale qui encourage les femmes à se brûler sur le corps de leurs maris, dans l'espérance de renaître, volt. Uœurs, i43.||De temps immémorial, de toute antiquité, plus anciennement que le souvenir ne peut remonter. C'est ainsi qu'on en usa de temps immémorial, VOLT, ilœurs, 7. Les navigateurs de cette nation célèbre allaient, de temps immémorial, chercher aux Manilles les productions naturelles à ces îles,

RAYNAt, Ilist. phil. V, <3.

— HIST. XVI' S. Possession centenaire et immémoriale vaut titre, LOVSEL, 727. De toute immémoriale ancienneté, carloix, iv, 8. De tout temps immémorial, id. iv, 44.

— ÉTYM. Im.... négatif, et mémoire.

t IM.MÉMOniALKMENT ( i-mmé-mo-ri-a-leraan), ode. Depuis un tamps immémorial; d'une manière immémoriale.

— HIST. xvi* s. Dont ils avoient jouy immemorialemcnt, Coust. gén. t. ii, p. 358.

IMMENSE (i-mman-s'), adj. \\ 1° Qui est sans bornes, sans mesure. Dieu est immense. Le monde est immense. Il semble qu'on ait devant les jeux l'éternité tout entière, et qu'on en parcoure l'immense étendue, bourdal. Scrm. < 9' dim. après la penlec. Dominic.t. iv, p. 48l. Un édifice célèbre ( l'Observatoire , à Paris ] s'éleva hors de nos murs..., et on apprend au philosophe à s'humilier sous la maje.sté immense da l'auteur de l'univers, UASS. Louis le Grand. || 2' Par exagération.

Qui est d'une très-grande étendue. L'immense éloignement [des astres], la font. Fabl. vin, <fl. Elles [les rivières] vont enfin perdre leurs noms avec leurs eaux dans le sein immense de l'Océan, Boss. Gornay. Je "a voyais franchir cet immense intervalle Qu'a mis entre elle et moi la majesté royale, volt. Sémiram. ii, 1 . Ainsi que le soleil dans sa lumière immense Cache ces astres vains levés en son absence, gilb. le Poêle malheureux. Il 3° Fig. Qui est très-considérable en son genre. L'immense profusion de ses aumônes, boss. Heine d'Anglet. La victoire fut complète, et le butin immense, rollin, Hist. anc. ÛEur. t. n, p. <77, dans pouoENS. Sa race accumulant d'immenses héritages, VOLT. Tancr. i, ). {| Il se dit également des choses morales. Il a une érudition immense, un savoir immense. Une gloire immense. Si elle eut de la joie de régner sur une grande nation, c'est parce qu'elle pouvait contenter le désir immense qui sans cesse la sollicitait à faire du bien, boss. Reine d'Anglet. Avec cette ardeur immense d'accroître tous les jours son nom, m. Hist. m, B.

— HEM. Immense est un adjectif à signification absolue : une chose n'est ni très, ni peu immense, ni plus ni moins immense qu'une autre. Cependant on le trouve quelquefois avec les degrés de comparaison : Le pouvoir le plus immense est toujours borné par quelque coin, monteso. Rom. 22. Cela est d'autant plus admissible que immense signifie souvent très-grand, tiès-ètendu.

— HIST. xv s. 0 grâce et pitié très immense. L'entrée de paix et la porte, ch. d'orl. Bal. <02.

— ÉTYM. Lat. immensus , de tn négatif , et mensus, mesuré.

IMMENSÉMENT (i-mman-sé-man), adv. D'une manière immense. Il est immensément riche. Il en a coûté immensément pour achever cet édifice.

— ÉTYM. Formation irrégulière de immense, et du suffixe ment ; la forme régulière serait immensément.

IMMENSITÉ (i-mman-si-té), s. f. \\ 1° Grandeur sans bornes. Quand messieurs de la religion prétondue réformée nous objectent qu'en adressant des prières aux saints et en les honorant comme présents par toute la terre, nous leur attribuons une espèced'immensité.... boss. Exp. doctr. Égl. cath. 4. Quand on a le plaisir de se perdre dans l'immensité, on ne se soucie guère de ce qui se passe dans les rues de Paris, volt. Lett. du Deffant, 1 9 fév. i 7ao. Un calife autrefois, à son heure dernière, Au Dieu qu'il adorait dit pour toute prière ; Je t'apporte, ô seul roi, seul être illimité, Tout ce que tu n'as pas dans ton immensité, Les défauts, les regrets, les maux et l'ignorance, id. Désastre de Lisbonne. Quand de l'immensité Dieu peupla les déserts. Alluma des soleils et souleva des mers, id. Lot natur. ii. Il me semblait, mon Dieu, que mon âme oppressée Devant l'immensité, s'agrandissait en moi. Et sur les vents, les flots ou les feux élancée. De pensée en pensée allait se perdre en toi, lauart. Ilarm. i, s. Et moi, pour te louer, dieu des soleils, qui suis-je? Atome dans l'immensité. Minute dans l'éternité.... ID. Ilarm. i, 2. || Fig. Tout cela ne peut remplir l'immensité de son cœur, uass. Carême, Avenir. || 2° Par exagération. Très-vaste étendue. En étendant autour de lui l'abîme de l'immensité qui le sépare de la terre habitée, bupf. Quadrup. t. v, p. <B. Mes spectacles à moi sont un ciel sans nuages, L'immensité des mers, les astres, les orages, c. delav. Paria, m, 4. {{ 3° Fig. Il se dit, par extension, des choses physiques ou morales, qui sont très-considérables. L'immensité de ses richesses, de sa fortune, de ses désirs. Vous me priez de vous écrire doublement de grandes lettres.... je suis quelquefois épouvantée de leur immensité, sév. <3janv. 4 072. C'était [le mobilier de Marly] une immensité dont la vente fut médiocre par la faveur et le pillage, ST-SI.M. 4B5, 446. L'immensité de son savoir consistait dans des mots, au lieu que le vôtre est dans les choses, volt. Uél. liltér. À M'". Il Grande multitude. Il y a dans celte immensité de Bretons des gens qui ont de l'esprit, sév. 4 9 août 4 071.

— HIST. XVI* s. L'immensité ne sera point prouvée, jusques à ce qu'ils ayent prouvé qu'il est partout sans distance ni pourpris, calv. Inst. 4I2B.

— ÉTYM. Provenç. xmmensitat, inmensitat; espagn. inmensidad ; ital. immensité; da lat. immensiiatem, de immensus, immense.

t IMMENSUKABLE {i-mman-su-ra-W), adj. Qui ne peut être mesuré. On ne connaît point la hauteur d'une étoile ; elle est, si j'ose ainsi parler, immensuralile, la bruy. xvi.

— ÉTYM. Lat. immensurabilis , de tn négatif, et mensurabilis, mesurable.

t IMMERGÉ, ÉE (i-mmèr-jé, jée), part, passé d'immerger.]] 1° Qui est plongé dans l'eau. Un tuyau immergé dans l'eau, pasc. Pesant, de l'air, v. Il 2° Terme de botanique. Se dit de certaines plantes qui végètent entièrement plongées sous l'eau. Il 3° Terme d'astronomie. Il se dit d'un astre qui est plongé dans l'ombre d'un autre, par opposition à émergé.

t IMMERGER (i-mmer-jé. Le g prend un e devant a et o; immergeant, immergeons), v. a. Terme didactique. Plonger dans l'eau, dans un liquide. Il S'immerger, ». réfl. Etre immergé.

— ÉTYM. Lat. tn, dans, et mergere, plonger, que les étymologistes rattachent au sanscrit mojj,j/ égalant rg.

t IMMÉRITÉ, ÉE (i-mmé-ri-té, tée), adj. Qui n'a point été mérité. Reproches, malheurs, honneurs immérités.

— ÉTYM. Im.... négatif, et mérité.

t I.MMÉR1T0IRE (i-mmé-ri-toi-r'), adj. Qui n'est pas méritoire. Des actes imméritoires.

t IMMERSIF, IVE (i-mmèr-sif, si-v"), adj. Terme didactique. Calcination immersive, l'épreuve qui se fait de l'or dans de l'eau-forte.

— ÉTYM. Lat. immersum, supin de immergcre, immerger.

IMMERSION (i-mmèr-sion ; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1° Action de plonger un corps dans l'eau ou dans quelque autre liquide. Dans les premiers siècles du christianisme on baptisait par trois immersions. On a vu les illusions des Anabaptistes, et on sait que c'est en suivant les principes de Luther et des autres réformateurs qu'ils ont rejeté le baptême sans immersion, boss. Var. xv, p. 4 23. Les Grecs conservèrent toujours le baptême par immersion, volt. Dict. phil. Baptême. \\i' L'immersion des terres, état des terres sur lesquelles une eau déliorde. Des digues qui protègent les terres contre l'immersion. Il 3° Terme d'astronomie. Commencement d'une éclipse, c'est-à-dire l'instant où une planète commence à être obscurcie par l'interpositicn d'une autre, entre dans l'ombre d'une autre planète. L'immersion de la lune dans l'ombre de la terre. || Terme d'optique. Point d'immersion, celui par lequel un rayon lumineux se plonge dans un milieu quelconque.

— ÉTYM. Lat. immersionem, de immergere, immerger.

t IMMESURABLE (i-mme-zu-ra-W), adj. Qui ne peut être mesuré. Comment admettre une force imiiiesurable qui serait de la même nature que celle qu'on mesure ? volt. Dict. phil. Cohérence.

— ÉTYM. Im.... négatif, et mesurable.

t IM.MESURÉ, ÉE (i-mme-zu-ré, rée), adj. Qui n'a pas été mesuré.

— ÉTYM. Im.... négatif, et mesuré.

t IMMÉTHODIQUE (i-mmé-to-di-k'), adj. Qui manque de méthode.

— ÉTYM. Im.... négatif, et méthodique.

t IMMÉTUODIQUEMENT (i-mmé-to-di-ke-man) , adv. D'une manière non méthodique.

IMMEUBLE (i-mmeu-bl'). || l'^d/.Termedejurisprudence. Qui ne peut-être transporté d'un lieuàun autre, en parlant des biens-fonds etde certaines autres choses qui leur sont assimilées par une fiction de la loi. Obliger tous ses biens meubles et immeubles. Code Nap. art. 64 0 : Tous les biens sont meubles ou immeubles. — Art. 617 : Les biens sont immeubles, ou par leur nature, ou par leur destination, ou par l'objet au(iuel ils s'appli(|uent. — Art. 618 : Les fonds de terre et les bâtiments sont immeubles par leur nature. — Art. 624 ; Les objets que le propriétaire y a placés pour le service et l'exploitation de ce fonds, sont immeubles par destination.... Sont aussi immeubles par destination, tous efl'ets mobiliers que le propriétaire a attachés au fonds à perpétuelle demeure. — Art. 626 : Sont immeubles par l'objet auquel ils s'appliquent, l'usufruit des choses immobilières, les servitudes ou services fonciers, les actions qui tendent à revendiquer un immeuble. || 2" Substantivement. On a saisi tous ses immeubles. || Immeuble fictif, toute chose considérée comme immeuble quoiqu'elle ne le soit pas de sa nature. Les immeubles par destination, les rentes immobilisées, etc. sont des immeubles fictifs.

— ÉTYM. Provenç. immoble; du lat. immobilii, qui ne peut être mû, di-placé (voy. immobile).

t IM.MIGRANT, ANTE (i-mmi-gran, gran-t'), ai/j. Qui vient s'établir dans un pays qui n'est pa."* le sien. Il Substantivement, Ion iu'.migrants.

t IMMIGRATION (i-mmi-gra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Établissement d'étrangers dans un pays, l'opposé d'émigration.

— ÉTYM. Immigrer.

t IMMIGRER (i-mmi-gré), V. n. Venir dans un pays pour s'y établir. || lise conjugue avec l'auxiliaire avoir quand il s'agit d'une action : Les Allemands qui ont immigré en Amérique; avec l'auxiliaire être quand il s'agit d'un état : Ceux des Allemands qui sont immigrés depuis longtemps en Amérique.

— ÉTYM. Lat. immigrare, de in, en, et miyrare, aller.

t IMMINEMMEN'T (i-mmi-na-man), adv. D'une manière imminente, urgente.

IMMINENCE (i-mmi-nan-s'), s. f. Oualité de ce qui est imminent. L'imminence du péril ne trouble pas les habitudes de l'apathique oisiveté, neckeh, dans le Dict. de dochez. || Terme de médecine. Imminence morbide, état de l'organisme qui n'est pas la maladie, mais qui la prépare et en est, à vrai dire, le premier degré.

— REM. Ce mot n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de <836.

—ÉTYM. Lat.imminentia,àeimminens, imminent IMMINENT, ENTE (i-mmi-nan, nan-t'),^ adj. Dont la menace est prochaine. Une disgrâce imminente. Je vois de mon pays le péril imminent, LEMiEBBB, Bamevelt, iv, 5.

— REM. 11 faut prendre garde de confondre éminent et imminent. Une dignité, une position est éminente, c'est-à-dire élevée; un péril est imminent, c'est-à-dire menaçant.

— HIST. XVI' s. De plus tiedes conseils et de plus doux remèdes se trouveroient entièrement disproportionnés à la qualité des maux et des dangers qui vous sont imminens, sully, dans leDict. de dochez.

— ÉTYM. La.t. imminefe , de in, dans, sur, etmonere, demeurer : être posé sur, suspendu sur, menacer (voy. manoir).

t IMMISCÉ, ÉE (i-rami-ssé, ssée), part, passé d'immiscer. Une personne immiscée dans cette contestation m'en a parlé.

— REM. L'Académie, qui n'a que s'immiscer, n'a pas le participe immiscé.

IMMISCER (i-mmi-ssé. Le c prend une cédille devant o et o: immisçant, immisçons), t).o.|| 1° Mêler quelqu'un dans quelque affaire. Il immisce tout le monde dans ses affaires. || 8" S'immiscer, v. réfl. S'ingérer mal à propos dans quelque affaire, se mêler de quelque chose sans en avoir l'autorisation, le droit. Il s'est immiscé fort imprudemment dans cette querelle. || On dit quelquefois , surtout au barreau : s'immiscer de faire quelque chose. Ils défèrent au souverain lanégligence des juges; ils s'immiscent de l'emploi des deniers publics, baynal, Ilist. phil. XIX, 2. Il 3° Terme de jurisprudence. 11 se dit de celui qui, appelé à une succession, fait acte de propriétaire sur les biens qui la composent. Celui qui s'est immiscé dans une succession n'y peut plus renoncer.

— ÉTYM. Lat. immiscere, de in, dans, et miscere, mêler.

t IMMISCIRILITÉ (i-mmi-ssi-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est immiscible.

f IMMISCIBLE (i-mmi-ssi-bl'), adj. Terme de physique. Qui n'e.st pas susceptible de se mélanger. Substances immiscibles.

— ÉTYM. Lat. immiscibilis (quicherat, .4ddendo), de in négatif, et miscibilis, qui peut être mêlé.

t IMMISÉRICORDE (i-mmi-zé-ri-kor-d'), t. /'.Défaut de miséricorde.

— HIST. xv s. Immisericorde, les Triomphes de la noble dame, ^ 27i, dans lacurne.

— ETY.M. Lat. immisericordia, de in négatif, et misericordia, miséricorde.

t IMMISfiRICORDlEUSEMENT (i-mmi-zé-ri-kordi-eù-zo-man) , adv. Sans miséricorde.

t IMMISÉRICORDIEUX, EUSE (i-mmi-zé-ri-kordi-eû, eii-z'), adj. Qui est sans miséricorde.

— ÉTYM. Im.... négatif, et miséricordieux. IMMIXTION (i-mmik-stion ; en vers, de quatre

syllabes), s./. || 1" Action de mêler une substance dans une autre ; résultat de cette action. |1 2° Action de s'ingérer en quelque chose. L'immixtionde cet étranger dans nos affaires. || 3° Terme de jurisprudence. Action de s'immiscer dans une succession. Les actes conservatoires n'emportent point immixtion.

— ÉTYM. Lat. immixtionem, de in, en, et mixlio, mixtion.

IMMOBILE (i-mmo-bi-I"), arfj. || 1» Qui ne se meut pas. On a cru longtemps que la terre était immobile. Le temps, cette image mobile rio l'immo-

IMiM

bile éternité, J. b. bouss. Odes, m, s. || Par exagération. Oui se meut très-peu ou beaucoup moins qu'à l'ordinaire. Au premier bruit de ce funeste accident [la mort de Judas Machabée], toutes les villes de Judée furent émues ; des ruisseaux de larmes coulèrent des yeux de tous leurs habitants; ils furent quelque temps saisis, muets, immobiles, FLÉcn. Turenne. Tout le camp immobile L'écoute avec frayeur et regarde Ériphile, bac. Iphig. v, 6. Il fallut s'arrêter, et la rame inutile Fatigua vainement une mer immobile, m. ib. i, l. Madame, je rae tais et demeure immobile, ID. ib. m, B. Lorsque d'un saint respect tous les Persans touchés N'osent lever leurs fronts à la terre attachés, Lui, fièrement assis et la tête immobile.... m. Esth. ii, i. On voit les chefs défier à un combat singulier les chefs ennemis; on les voit s'avancer hors des rangs, et combattre aux yeux des deux armées, spectatrices immobiles, VOLT. Mœurs, 6. || Terme de botanique. Anthères immobiles, celles qui sont attachées solidement au filet. Il 2° Fig. Ferme, inébranlable. X cette nouvelle, loin de s'affliger, il est resté calme et immobile. Immobile à leurs coups, en lui-même il [Pompée | rappelle Ce qu'eut de beau sa vie et ce qu'on dira d'elle, CORM. Pomp. ii, 2. || 3° Substantivement. Ce qui est immobile. II n'y a que l'immobile qui soit immuable; la nature est éternelle, mais nous autres nous sommes d'hier, volt. Dict. phil. Coquilles.

— HIST. xiii* s. De néant fit realité, D'immobil, mutabilité, jean de ueung, Test. v. 38(.|lxiv* s. Toute chose par nature ou de nature est immoble et immuable, et a par tous lieux une meisme puissance, ORESME, Eth. tt>6. En tel endroit ou tel point immobile, id. Thèse de meunier. ||xvi' s. La raison nous ordonne.... ne se planter comme un colosse immobile et impassible, mont, i, 339. Or' il rêve immobile, et or' il se destourne, despûbtes, Roland furieux.

— ÉTYM. Provenç. immoble; espaga. inmoble; ital. immobile; du lat. immobilis, de in négatif, et mobilis, meuble, mobile. En ancien français, la forme régulière, celle qui reproduit l'accent latin, est immoble, d'oii immeuble.

t IMMOBILEMENT (i-mmo-bi-le-man), odt). D'une manière immobile. Heureux ceux qui, étant sur ces fleuves, non pas plongés, non pas entraînés, mais immobilement affermis.... pasc. Pensées, 2* part, art. xvii, 43.

— liiST. XVI' s. Immobilement, cotgravb. IMMOBILIER, 1ÈRE (i-mmo-bi-lié, \iè-i'),adj.

Il 1° l'erme de jurisprudence. Immeuble ou composé d'immeubles. Succession immobilière. Effets immobiliers. Il 2° Oui concerne, qui a pour objet un immeuble, des immeubles. Saisie immobilière. Vente immobilière. Il Autrefois, héritier immobilier, celui qui héritait des immeubles d'une succession. Il 3" S. m. L'immobilier, les biens immeubles (.sens qui vieillit). Il hérita de tout l'immobilier de cette succession.

— HIST. XVI' s. Les rentes sont réelles et imtnobiiiaires; les arrérages personnels et mobiliaires, LOYSEL, 606. Quand deux conjoincts par mariage ou l'un d'eux achètent d'aucun leur parent aucun héritage en possession immobiliaire procédant du propre... Coust. génér.i. i,- p. 423.

— ÉTYM. Im.... négatif, et mobiiier.

t IMMOBILIÈUEMENT (i-mmo-bi-liè-re-man), adv. Comme immeuble , d'une manière immobihère.

IMMOBILISATION (i-mmo-bi-li-za-sion), s. f. Terme de jurisprudence. Action d'immobiliser; le résultat de cette action. Immobilisation de rentes sur l'État.

— ÉTYM. Immobiliser.

IMMOBILISÉ, ÉE (i-mmo-bi-li-zé, léa), part. passé d'immobiliser. Des rentes immobilisées.

IMMOBILISER (i-mmo-bi-li-zé), v. a. Terme de jurisprudence. Donner à un effet mobilier la quali.é d'immeuble. Immobiliser des rentes sur l'État.

— ÉTYM. Im.... négatif, elmobiliser.

t IMMOBILISME (i-mmo-bi-li-sm'), s. m. Néologisme. Disposition à s'attacher aveuglément aux choses anciennes. Un esprit d'immobilisme.

t IMMOBILISTE (i-mmo-bi-li-sf), adj. Néologisme. Qui ne fait aucun progrès, qui ne change pas. L'art égyptien par sa tradition immobiliste était condamnôàpérir, pboudhon, Z)u principe de i'art, p. 05.

IMMOBILITÉ (i-mmo-bi-li-té) , *. /. || 1° L'état d'une chose qui ne sa meut point. De cette loi et de quelques autres encore, l'homme de la Cassitéride [Angleterre] a démontré l'immobilité du soleil et le cours des planètes, et même des comètes qui circulent dans des ellipses autour de lui , volï. Dial. 20. Il Par exagération. État d'une personne

IMM

qui ne se meut que très-peu. Considérez la pieuse reine devant les autels.... ce n'est pas par sa suite qu'on la connaît, c'est par son attention et par cette respectueuse immobilité qui ne lui permet pas même de lever les yeux, lioss. Mar.-Thér. Son immobilité, son maintien, sa pâleur Étonneront mes yeux fixés sur son malheur, lemebcieh , Charles VI, n, <. |{ Fig. Mais l'immobilité des hautes destinées Rend mon art impuissant et mes forces bornées, bréiieuf, Pharsale, vi. |{ 2° Fig. L'état d'un homme qui ne se donne aucun mouvement. 11 est dans un état d'immobilité complète, pendant que tout le monde agit autour de lui. Il 3° Terme de vétérinaire. Maladie particulière du cheval, qui consiste en une réunion de symptômes indiquant une lésion de l'innervation et des mouvements musculaires.

— HIST. XIV' s. Puisque grant deffaute apperga [apparaisse] ou [au] dit mouvement et à bien petit [à peu-près] immobilité, n. de mondeville, f''07.La paresce et immobilité des corps, okesmb. Thèse de MEUNIKR. Il XVI' s. Dont s'ensuit après immobilité de la jointure, paeé, xiii, 18.

— ÉTYM. Provenç. immobilitat; espagn. inmovilidad; ital. immobilità; du lat. immobilitalem, do in négatif, et mohilitas, mobilité.

t IMMODÊRATION (i-mmo-dé-ra-sion), s. f. Caractère de ce qui est immodéré. M. le prince, par une immodération invincible, a ruiné tous les avantages que la fortune et la nature avaient joints à l'envi en sa personne, la bochef. Mém. 53. Ces grands parleurs qui se ruinent de réputation et se bannissent des cercles et des ruelles p.ir l'intempérance et l'immodéralion de leur langue, mabg. bcf- FET, Observ. p. (oo. Ceux qui, chargés par état de maintenir ce qu'on est convenu d'appeler l'ordre; ceux qui prêchent à l'ouvrier la plus difficile, la plus rare, la plus impossible des vertus : la modération dans les désirs, ceux-là même, ce sont ceux qui donnent à la société tout entière l'exemple de l'immodération la plus scandaleuse, c'est-à-dire la moins digne d'excuse, carbel, Œuvres, t. m, p. 674.

— REM. Bouhours observe que ce mot employé par un illustre écrivain [la Rochefoucauld] n'est pas jugé français, mais il est bon et même ancien dans la langue.

— HIST. XV' s. Immoderation, les Triomphes de la noble dame,^64,dan3LACURNE. || xvi's. De plusieurs causes procède l'immoderation du flux des menstrues, 0. DE SERRES, 932. J'ajme des natures tempérées et moyennes : l'immoderation vers le bien mesme, si elle ne m'offense, elle m'estonne, mont, i, 224.

— ÉTYM. Lat. immoderationem , de in négatif, et moderatio, modération.

IMMODÉRÉ, ÉE (i-mmo-dé-ré, rée),ad/. Qui est hors de la modération. Immodéré dans ses chagrins et dans ses joies, vauven. la Folle ambition. Les excès sont plus à craindre que la continence, le nombre des hommes immodérés est assez grand pour en donner des exemples, buff. Hist. nat. hom. CEuvr. t. n, p. 260. || En parlantdes choses. Chaleur immodérée. Passion immodérée. Dans un pays où la condition du créancier est la plus mauvaise de toutes les conditions, les biens se sont élevés à une valeur immodérée, baynal, Uist. phil. xiii, 53.

— SYN. iMMODÉiiÉ, EXCESSIF. Immodéré désigne ce qui est contre la modération; excessif désigne ca qui excède, ce qui est en excès. L'homme immodéré est celui qui ne modère pas ses passions; l'homme excessif est celui qui donne en l'excès en quoi que ce soit : il est excessif à louer, et non immodéré. Quant aux choses, s'il s'agit de passions, la nuance se continue : une passion immodérée est celle qu'on ne modère pas ; une passion excessive est celle qui va dans l'excès, sans idée de lutte ou de modération. Pour le reste, la nuance devient imperceptible entre une chaleur immodérée et une chaleur excessive; à la vérité, on a dit que net emploi n'était pas bon et que immodéré ne se di.sait que des choses morales; mais, en soi, rien ne s'y oppose; il existait dans le latin, et Cicéron a dit immoderata tempestas.

— HIST. XVI' s. Pour arrester la flux menstruel immodéré, pamé,xviii, 70. Et autres mots dont l'antiquité semble donner quelque majesté aux vers, pour vu que l'usage n'en soit immodéré, du bellay, IV, 4, verso. 11 y a dangier que l'amitié qu'on portu à une telle femme soit immodérée, mont, i, 225. ; ,1 trop immodérée cupidité de dominer, amyo , Démélr. 36. De là viennent l'orgueil, l'ambition, k 1 désirs immodérés, chabron. Sagesse, n, 2.

— ÉTYM. Lat. immoderatus, de tn négatif, elmoderatus, modéré.

IMM

IMMODÉRÉMENT (i-mmo-dé-ré-man) , adv. Sans modération. Boire immodérément.

— HIST. XVI' s. Les hommes qui perscrutent immoderéement des cognoissances qui ne sont pas de leur appartenance, mont, ji, 278.

— ETYM. Immodéré, et le suffixe ment.

IMMODESTE (i-mmo-dè-sf), adj. Qui manque à

la modestie, à la pu'leur, aux bienséances. Une personne immodeste. Être immodeste à l'église. Il En parlant des choses. Discours immodestes. Les fables cherchent principalement la beauté, quand elle serait même un peu immodeste, balzac, Ut. vu, lett. 7. Souvent les lectures qu'elles [les> femmes] font avec tant d'empressement se tournent en parures vaines et en ajustements immodestes de leur esprit, Boss. Sermons, Oblig. de Vétat relig. 3. Jamais du mal il [Vert- Vert] n'avait eu l'idée, Ne disait onc un immodeste mot, gbesset, Vert-Vert, ii.

— HlST. XVI' s. Ou par habillemens immodestes, ou par gestes et contenances impudiques, calv. Inst. 305. Quant au tableau de la prise de notre roy [François I"], celui-là ne fut si Immodeste ni si scandaleux qu'un qui fut faict à Rome, brant. Charles-Quint.

— ÉTYM. Lat. immodestus, de m négatif, et modestits, modeste.

IMMODESTEMENT (1-mmo-dè-ste-man), odii.

D'une manière immodeste. S'habiller immodestement.

— RTYM. Immodeste, et le suffixe ment.

IMMODESTIE (i-mmo-dë-stie), s. f. H 1° Manque

de modestie, de bienséance. C'est une chose honteuse que l'immodestie de la plupart des chrétiens à l'église, Dict.de l'A Cad. || 2° Manque de pudeur. Ces femmes de l'île de Cypre dont la beauté était choquante à cause de leur immodestie, pén. Tél. vu. Mme Deshoulières déplora, dans une de ses poésies, le peu de respect que l'on porte aujourd'hui aux dames, et elle en attribua la cause à l'immodestie de leurs discours et de leurs actions, baïle, Lett. a l'abbé Duclos, s janv. 1897. || 3* Action, parole qui blesse les convenances, la pudeur. Vous ne me persuaderez point de souffrir les immodesties de cette pièce, mol. Critique, 7. Ayez horreur des nudités de gorge et de toutes les autres immodesties, FÊN. t. XVII, p. 87. Faut-il que le temple soit souillé par vos immodesties! mass. Carême, Temples.

— ÉTYM. Lat. immodestia, de in négatif, et modestia, modestie.

t IMMODIFIABLE ( i-mmo-di-fi-a-bl' ), adj. Qui ne peut pas être modifié. Quoique nous ne puissions aucunement concevoir la vie dans un milieu immodifiable, nous supposons aisément un pareil milieu, pourvu que rien n'y vive, comme dans quelques planètes inhabitables, a. comte. Politique positive, t. H, p. 38.

— ÉTYM. Im.... négatif, et modifiable.

t IMMODULÉ, ÉE (i-mmo-du-lé, lée), adj. Qui n'est pas modulé. Des sons immodulés.

+ IMMOLATEUE (i-mmo-la-teur), s. m. Celui qui immole , sacrificateur. Ce Calchas était un bigot, Pire que Goth ou Visigoth, Un grand faiseur de sacrifices. Grand immolateur de génisses, scarron, Virg. ii. Il y a eu des peuples si aveugles qu'ils étaient les immolateurs de leurs propres enfants, richelet.

— HIST. xvi* s. Immolateur, monet, Dicl. —ÉTYM. Lat. immolatorem,de immolare, immoler. IMMOLATION (i-mmo-la-sion ; en vers, de cinq

syllabes), s. f. || 1° Action d'immoler. Le commencement de la bonne vie est de faire justice; et elle est plus agréable à Dieu que l'immolation des hosties, SACi, Bible, Prov. de Salomon, xvi, 6. Le propre corps et le propre sang, dont l'immolation et l'effusion nous ont sauvés sur la croix, boss. Var. IV, § 8. Il i' Par extension, mise à mort des hommes. L'immolation des hommes sur les champs de bataille.

— HIST. XVI' s. La pauvre Iphigenia, au port d'Aulide, par sa mort et immolation.... mont.ii, 258.

— ÉTYM. Lat. immoiaU'onem, de tmmoiare, immoler.

IMMOLÉ, ÉE (i-mmo-lé , lée) , part, passé d'immoler. Il 1" Égorgé comme victime. Jésus-Christ tant de fois invoqué, tant de fois même immolé pour lui sur l'autel , fléch. Lamoignon. D'Iphigénie immolée Je vois le bûcher fumant, gbesset. Ode vi. Qu'ai-je fait? et quelle est la victime immolée? volt. Sémiram. v, h. \\ 2' Tué, mis à mort. Près de ce champ fatal Jézabel immolée, rac. Ath. i, i. Il 3* Fig. Sacrifié, foulé aux pieds, mis à l'écart. Vos passions n'y paraissent jamais immolées devant la sainteté de Dieu, mass. Carême, Culte. Je verrai la justice à la brigue immolée, volt. Mr. j, 2. La guerre civile est le théâtre de la licence, et les

niM

mœurs y sont immolées avec les citoyens, id. Triumv. note.

IMMOLEU (i-mmo-lé), v. a. || 1" Égorger en sacrifice. Immoler des victimes. Seigneur, vous le savez, j'ai donné ma parole ; Kt, si ma fille vient, je consens qu'on l'immole, rac. Iph. I, 3. Pour réparer cette faute, ils immolèrent à Saturne deux cents enfants des meilleures maisons de Carlhage, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. i, p. 193, dans pougens. Hérodote, en décrivant les sacrifices que les Scythes offraient au dieu Mars, dit qu'ils lui immolaient des victimes humaines, m. ib. t. m, p. 7G. 11 n'y a guère de peuple dont la religion n'ait été inhumaine et sanglante; vous savez que les Gaulois, les Carthaginois, les Syriens, les anciens Grecs immolèrent des hommes, volt. Mœurs, 4 47. Les Romains eux-mêmes tombèrent dans ce crime de religion ; et Plutarque rapporte qu'ils immolèrent deux Grecs et deux Gaulois pour expier les galanteries de trois vestales, id. Dicl. phil. Idoldtr. Il 2' 11 se dit du sacrifice sanglant et du sacrifice non sanglant de Jésus-Christ. Jésus-Christ que son amour vient d'immoler pour nous, mass. Carême, Passion. Ce nouvel Isaac monte sur la montagne mystérieuse où son amour et son obéissance vont l'immoler, id. ib. j| 3' Par extension, tuer, mettre à mort. En un triple chemin Laïus fut immolé, h. j. cnÉN. Œdipe roi, m, ♦. || S'immoler quelqu'un, l'immoler à soi, le tuer pour soi. Votre ambition s'est immolé mon père, corn. Cinna, v, 2. || Immoler à, faire périr en considération de. Ils immolèrent à leur ambition toute la famille d'Alexandre, BOSS. Ilist. 1, 8. Ils furent immolés aux jalousies de Théodoric, iD. ib. i, <i. Elle allait immoler Joad à son courroux, rac. Ath. m, 3. On l'immole à ma haine et non pas à l'État, id. Andr. iv, 4. || 4° Fig. Ruiner, perdre, sacrifier quelqu'un par passion, par obéissance à une nécessité, à un devoir. Oui, vous avez raison lorsque vous m'immolez X vos ressentiments en coupable victime, mol. Amph. ii, 6. La princesse Bénédicte fut la première immolée à ces intérêts de famille, boss. Anne de Gons. Je vis le sacrifice agréable de l'âme humiliée sous la main de Dieu, et deux victimes royales immoler d'un commun accord leur propre cœur [la reine et Louis XIV, lors de la mort d'un enfant] , id. ilarie- Thér. Immoler Troie aux Grecs, au fils d'Hector la Grèce, rac. Andr. iv, 5. Les mauvais poètes, ne sachant plus comment s'y prendre pour me perdre, après m'avoir immolé à Crébillon, volt. Lett. Damilaville, i" déc. <"C6. J'ai déchiré votre cœur, je le sais; mais je croyais n'immoler que moi, stael, Corinne, xx, 3. || Il se dit, dans le même sens, d'une chose qu'on détruit, dont on se prive, à laquelle on renonce. C'est à ses beautés Que je viens immoler toutes mes volontés, corn. Poly. ii, 4 . J'immolerai ma haine à mes désirs contents, id. Sertor. i, < . De quel front, immolant tout l'État à ma fille, Roi sans gloire, j'irais vieillir dans ma famille? rac. Iph. I, ». Qu'il doit immoler tout k sa grandeur suprême, id. Athal. IV, 3. X son roi qui n'est plus immolant la nature, volt. Orphel. iv, 2. Faut-il à vos frayeurs immoler ma colère? piron, Uétrom. iv, 8. Il B" Fig. et familièrement. Immoler quelqu'un, le livrer à la risée, au ridicule. || 6° S'immoler, t). réfl. Se donner la mort, recevoir la mort. Permettez, ô grand roi, que de ce bras vainqueur Je m'immole à ma gloire, et non pas à ma sœur, corn. Hor. v, 2. Un héros pour l'État s'est lui-même immolé, rac. Théb. m, 3. || II se dit du sacrifice de Jésus-Christ. L'Agneau sans tache [Jésus-Christ], quand il va s'immoler sur les autels, fléch. Duc de Mont. Il 7* Fig. Exposer, sacrifier sa fortune, son bienêtre, sa vie pour quelqu'un ou pour quelque chose. Il [Stanislas] le pressa de ne point immoler les intérêts de la Suède à ceux d'un ami malheureux qui s'immolait au bien public sans répugnance, volt. Charles XII, 7. Quand vous saurez mon histoire, vous verrez que je suis capable aussi de m'immoler pour ce que j'aime, grnlis, Mlle de la Fayette, p. 1 20, dans POUOENS. || Par plaisanterie. Je m'immole, c'est-à-dire je surmonte une répugnance, je cède, je fais ce que je ne voulais pas faire. |1 En un autre sens. Il s'est immolé de bonne grâce, il s'est prêté à la plaisanterie, il s'est laissé railler. || S'immoler à la risée pubhque, se laisser railler par le public, phrase du cardinal du Perron, répétée par Coefl"eteau et critiquée par les puristes d'alors (Vaugelas la défend).

— HIST. XVI' s. Ainsy à Sainct-Denysl'ennemyde ses roys Auprès de leurs tombeaux a rendu les abois, Victime trop tardive à leur cendre immolée, Sat. Mén. Sonnet sur la mort du chevalier d'Aumale.

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— ÉTYM. Lat. immolare, de in, dans, et mola, gâteau de farine, parce que la victime était ofi"erte avec ce gâteau. Mola n'a le sens de gâteau que par dérivation; il signifie meule de moulin, et par suite un gâteau en forme de meule (voy. meule).

IMMON'DE (i-mmon-d'), orfj. || 1° Sale, impur. Une habitation immonde. 11 était attaqué d'un mal immonde qui n'est bien connu encore qu'en Europe, mais dont les Portugais commençaient à faire pari â l'Indoustan, volt. Amabed, 46' lett. Leurs jours [des parias] sont à ses yeux Comme ceux du reptile ou des monstres immondes Que le limon du Gange enfante sous ses ondes, c. delav. Paria, l, t. Il 2° Il se dit surtout en parlant de oe qui a été déclaré impur par certains législateurs. Le pourceau était déclaré immonde par la loi des Juifs. Il faut remarquer que selon la loi toutes les femmes accouchées étaient réputées immondes, boss. a' scrm. Purilicat. Les distinctions des viandes d'animaux mondes et immondes, et les fréquentes purifications nousparaissentdes cérémonies incommodes, kleury, Mœurs des Israël, tit. i, p. 3, dans polgens. Il Femme immonde, celle qui est à l'époque menstruelle. Il 3° Fig. Qui a le caractère de l'impureté morale. Â condition qu'elle commettrait avec lui le péché immonde, volt. Ingénu, i6. || Dans l'Ecriture sainte, l'esprit immonde, les esprits immondes, le démon, les diables. || S. m. pi. Les immondes, ceux qui sont atteints d'impureté morale. Si l'on en séparait [de l'assemblée sainte] les immondes, les fornicateurs, mass. Mystères, Ferveur.

— HIST. xvi* s. Et tout ainsi immundes et crasseuses Comme le drap des femmes monstrueuses, marot, i, 2GG. Dieu conduit çà et là les esprits immondes comme bon lui semble, calv. Inst. H 4. Qui veut la conscience monde, il doit fuir le monde immonde, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. xmmundus, de in négatif, et miindus, propre, net (voy. monde).

IMMO.VDICE (i-mmon-di-s'), f. f. || 1° Chose sale, dégoûtante. 11 disait bien; car on n avait jeté Cette immondice et la dame gâté Que pour qu'elle eût quelque valable excuse Pour éloigner son dragon quelque temps, la font. On ne s'avise jamais de tout. Le juge est obligé de faire enlever le corps de l'exilé, comme une immondice dangereuse aux vivants, ciiateaub. Génie, l, v, 7. |{ 2" Plus souvent au pluriel, débris des halles et marchés, de l'économie domestique, boues, etc. Les rues de Paris, étroites, mal pavées et couvertes d'immondices dégoûtantes, étaient remplies de voleurs, volt. Louis XIV, 2. Elle [Messaline] traverse à pied la ville entière; de lassitude, elle se jette dans un de ces tombereaux qui transportent les immondices des jardins, dideh. Claude et Nér. i, 26. || Immondices de l'atmosphère, nom donné à ces particules qui flottent en nombre immense dans l'air et qui se montrent par exemple lorsqu'un rayon de soleil pénètre en un lieu peu éclairé. || 3° En termes de l'Écriture, immondice légale, l'impureté légale dans laquelle les Juifs tombaient lorsqu'il leur était arrivé de toucher quelque chose d'immonde. La sainte Vierge qui.... offre avec tant de simplicité le sacrifice pour le péché, c'est-à-dire pour les immondices légales qu'elle n'avait nullement contractées, BOSS. 3' serm. Purificat.

— HIST. iiii* s. Qu'il n'i ait [dans l'eau] nul immondice, brun, lat. Trésor, p. 4 73. ||xv' s. D'ordures grans, de fians par monceaux. D'immondices.... EusT. DEscH. l'oésies mss. f° 350. ||xvi's. Faire porter les bestes mortes et autres immondices loing de la ville, pari;, xxiv, 4 4.

— ÉTYM. Lat. immunditia, de immundus,immonde. t IMMONDICITÉ (i-mmon-di-si-té), 4. f. Qualité do ce qui est immonde moralement. L'immondicité du péché.

— HIST. xvi' s. Convaincus par argumens manifestes de nostre injustice, souilleure, follie et immondicité, calv. Inst. 2. Les fumiers, boues et immondicitez, palissy, 48.

— ÉTYM. Immondice.

+ IMMONTADLE (in-mon-ta-l)l'), adj. Qu'on ne peut monter. Ce mulet est immontable.

— HIST. XVI' s. Rocz immontables, i. marot, v, 2 i 2. IMMORAL, ALE (i-mmo-ral, rai'), adj. Qui est

sans principe de morale, sans mœurs. Caractère immoral. Entassez des monceaux d'or sur des monceaux d'or; et soyez heureux, si l'homme immoral peut l'être, raynal, Ilist. phil. xix, 6. || En parlant des choses. Ouvrage immoral. Conduite immorale. Il S. m. pi. Les immoraux, nom donné, dans le parti de Robespierre, aux partisans de Danton. Les indulgents et les immoraux.

IMM

IMM

IMM

— ÊTYM. 7m.... négatif, et moral.

flMMOR ALEMENT (i-mmo-ra-le-man) ,adv. D'une manière immorale. Se conduire immoralement.

IMMORALITÉ (i-mmo-ra-li-té), s. f. Caractère de rhomme immoral, de la chose immorale. L'immoralité d'une pareille conduite. L'immoralité d'un livre. Il faut, pour tirer parti de l'immoralité, être armé tout à fait à la légère, et ne pas porter en soi-même une conscience et des scrupules (jui vous arrêtent à moitié chemin, stak-l, Allein. i, 2. Cette maxime [juger par les œuvres] peut nous guider entre les dill'érentes philosophies ; car tout ce qui tend à l'immoralité n'est jamais qu'un sophisme, ID. ib. m, t. Il Action immorale. Sa conduite n'est qu'une suite d'immoralités.

— ÊTYM. Immoral.

■USIMORTALISATION (i-mmor-ta-li-za-sion), ». f.

Action d'immoi taliser, de s'immortaliser.

— niST. XVI* s. Je ne trouve rien si humble et si mortel en la vie d'Alexandre que ses fantaisies autour do son immortalisalion, mont, iv, 307.

IM.MORTALISÉ, ÉE (i-mmor-ta-li-zé , zée), part, pass^ d'immortaliser. Rendu immortel dans la mémoire des hommes. Des hommes immortalisés par leurs ouvrages. Les Thermopyles immortalisées par le dévouement des trois cents Spartiates.

IM.MORTALISER (i-mmor-ta-li-zé),«. a. || 1° Donner une vie qui ne finisse point. Et [Dieu] qui sait immortaliser par tels moyens son ouvrage en général, ne pourra-t-il pas immortaliser quelque ouvrage qu'il lui plaise en particulier? boss. Connais. IV, 2. La panacée, la transfusion du sang et les autres moyens qui ont été proposés pour rajeunir ou immortaliser le corps sont aussi chimériques que la fontaine de Jouvence est fabuleuse, buff. De la vieillesse et de la mort. || 2° Fig. Uendre immortel dans la mémoire des hommes. Oui, l'honneur que reçoit la vôtre [famille] par ce choix En pouvait à bon titre immortaliser trois, cobn. Hor. ii, t. Allez donc, Achillas, allez avec Septime Nous immortaliser par cet illustre crime, iD, if. de Pomp. i, i. Les Muses seules peuvent immortaliser les grandes actions, FÉN. Dial. des morts anc. 4. Ce sont presque toujours les passions qui immortalisent les hommes, dans l'esprit des autres hommes, mass. Or. /un. Dauphin. Les provinces conquises, les batailles gagnées.... voilà ce que publient les titres et les inscriptions, et à quoi le monde consacre des éloges et des monuments publics , pour en immortaliser la mémoire, id. Petit car. CÎot're. || Absolument. Les grands crimes immortalisent Autant que les grandes actions, DEtHOULiÈRES, t. II, p. ) 02. Il 3° S'immortaliser, V. réft. Se rendre immortel dans la mémoire des hommes. Mourir pour son pays n'est pas un triste sort ; C'est s'immortaliser par une belle mort, corn. Cid, iv, 5. Pour l'immortaliser tu fais de vains efforts, boil. Épit. i. Alonzo conçut le dessein d'immortaliser ses ennemis en s'immortalisant lui-même; il fut en même temps le conquérant et le poète, volt. Ess. pocs. épiq. vill.

— HIST. XVI" s. Platon adjouste que ce sont icy [les ouvrages, les grandes actions] des enfants immortels qui immortalisent leurs pères, voire et les déifient, mont, ii, 89.

— ÊTYM. Immortel.

flMMORTALISEUR (i-mmor-ta-li-zeur), s. m.

Celui ([ui immortalise, qui donne l'immortalité.

— HIST. xvi's. Le translateur de l'Iphigene à bon droit se moque des immortalisours d'eux mesmes qui arrogamment se promettent immortalité en si peu (le ctiofe que rien, Fontaine, CM'»''''.fl&5'û/tan p. 2(3, éd. Lyon. '670.

IMMORTALITE (i-mmor-la-li-té), s. f. || 1° Qualité, état de ce qui est immortel. Tu sais par quels travaux j'ai [moi, Hercuje] acquis l'immortalité, FF.N. Tél. XV. Quand l'immortalité de l'âme ne serait que douteuse, au lieu qu'elle paraît assurée, tout homme de bon sens doit trouver certainement que cela vaut bien la peine d'en courir le risque, noLi.iN, Ilist. anc. Œuv. t. iv, p. 435, dans pougens. Le dogme consolant de l'immortalité, delille, Corners. Prologue. Hclas I dans le séjour de l'immortalité. De haine et de vengeance on n'est i)Oint

tourmenté, m. j. chén. Cracques, ii, 4 Comme

un juste mourant et fier de son supplice Espère dans la mort et croit à ta justice; Comme la vertu croit à l'immortalité. Comme l'œil croit au jour, l'ime à la vérité, lamaht. Ilarm. i, 5. On dirait que son œil [de l'homme mourant] qu'éclaire l'cspéranco Voit l'immortalité luire sur l'autre bord; Au delà du tombeau sa vertu le devance. Et, certain du réveil, le jour baisse, il s'endort, ID. Ilarm. ii, «u. Témoin de ta puissance [ô Dieu] et sûr do ta

bonté. J'attends le jour sans fin de l'immortalité, La mort m'entoure en vain de ses voiles funèbres; Ma raison voit le jour à travers ses ténèbres, id. Médit. I, 16. Il 2° Durée perpétuelle dans Je souvenir des hommes. Peu, même des grands cœurs, tireraient vanité D'aller par ce chemin à l'immortalité, CORN. Ilor. II, 3. Cette immortalité que donne un beau trépas, m. Polij. il, 2. Ne croyez point, ma fille, que son souvenir [de M. de Turenne] fût fini ici quand votre lettre est arrivée; ce fleuve qui entraîne tout n'entraîne pas si tôt une telle mémoire ; elle est consacrée à l'immortalité, SÉv. 206. Pleurez sur ces faibles restes de la vie humaine [le tombeau et ses honneurs], pleurez sur cette triste immortalité que nous donnons aux héros, boss. Louis de Bourbon. 'Vous vous flattez peut-être en votre vanité D'aller comme un Horace à l'immortalité, boil. Sat. IX. Je vois revivre le siècle d'Auguste et les temps les plus polis elles plus cultivés de la Grèce; il fallait que tout fût marqué au coin de l'immortalité sous le règne de Louis.... mass. Louis le Grand. Il n'est point de prince ni de grand, malgré la bassesse et le dérèglement de ses mœurs et de ses penchants, à qui de vaines adulations ne promettent la gloire et l'immortalité, id. Petit car. Gloire. M. Tschirnbaus ne l'était pas [ambitieux], il n'aspirait point par ses veilles à cette immortalité qui nous touche tant et nous appartient si peu, fonten. Tschimhaus. Trois mille ans ont passé sur la cendre d'Homère, Et depuis trois mille ans Homère respecté Est jeune encor de gloire et d'immortalité, M. J. CHÉN. Épitre à Voltaire. Cette insatiable passion de la gloire, cet instinct puissant qui pousse l'homme à la mort pour chercher l'immortalité, SÉGUR, Hist. de Nap. u, 8. || Il se dit aussi en mauvaise part. [Des calomniateurs] Au défaut du carcan qu'ils ont trop mérité, Subiront dans mes vers leur immortalité, M. j. chén. Sur lacalomnie. Il 3° Terme de blason. Immortalité, phénix sur son bûcher.

— HIST. xin» s. C'est Dex ki tout a en ballie [en son pouvoir], Ki sire est d'inmortalilé, Ki por nous prist humanité, oui de camdrai, Ilarl. et Jos. p. 41. Il XIV* s. Le désir qu'il avoiont à Romulus leur roy, oye et fête foi de son immortalité, fut assez attemprez, bercheube, f' iv.

— f.TYM. Lat. immortalitatem, de immortalis, immortel.

IMMORTEL, ELLE {i-mmor-tèl,tè-r),od;.I|l° Qui n'est point sujet à la mort. Les anges, les démons sont immortelê. Servez ce roi immortel [Dieu] et si plein de miséricorde, qui vous comptera un soupir et un verre d'eau donné en son nom plus que tous les autres ne feront jamais tout votre sang répandu, BOSS. Louis de Bourbon. Quel sera donc ce repos d'aller immortels à Jésus-Christ immortel; d'être avec le divin Sauveur non dans les ombres de la mort, mais dans la terre des vivants! id. i" sermon, Purification, 1. Quand l'aveugle destin aurait fait une loi Pour me faire vivre sans cesse , J'y renoncerais par tendresse, Si mes amis n'étaient immortels comme moi, m"«de scuDf;Ri, dans riche- LET. Pour Platon, on voit dans tous ses ouvrages, qu'aussi bien que Socrate son maître, et Pythagore qui les avait précédés, il croit l'flme immortelle, ROLUN, Ilist. anc. t. xiii, liv. xxvi,ch. 3, art. 3.|| Les dieux immortels, nom que les anciens donnaient à leurs divinités. 1| Qui ne peut pas périr, en parlant des choses. Vous aurez dans cette image [la mémoire que Bossuet conserve du prince| des traits immortels; je vous y verrai tel que vous étiez à ce dernier jour sous la main de Dieu, lorsque sa gloire commença à vous apparaître, boss. Louis de Bourbon, [ô Dieu].... C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles Tes clartés immortelles, rac. Athal. II, 9. [Ô Neptune] Dans les longues rigueurs d'une prison cruelle Je n'ai point imploré ta puissance immortelle, m. Phèdre, iv, 2. Une immortelle main de sa perte [d'Hippolyte] est chargée; Neptune me la doit, ID. ib. IV, 4. Nous avons un jour à vivre; passons le doucement, sans nous quereller pour des difficultés qui seront éclaircios dans la vie immortelle qui commencera demain, volt. Dict. pliil. Ame. Il lui faut [à l'homme] l'espérance et l'empire et la gloire, L'avenir à son nom, à sa foi des autels, Des dieux à supplier, dos vérités à croire. Des cieux et des enfers, et dos jours immortels, lamart. Ilarm. ii, ) O. || 2° Par exagération. Qu'on suppose ne devoir jamais cesser. On déclare une guerre immortelle et irréconciliable à tous les plaisirs, boss. la y'alUére. Nous courons à l'autel Nous jurer, malgré nous, un amour immortel, rac. Andr. iv, 5. Je n'aurais pas, seigneur, reçu ce coup mortel,

Dans le temps que j'espère un bonheur immortel, ID. Béf V. IV, 5. Home n'a point pour eux une haine immort^jlle, volt. Brutus, m, 7. || Qui se prolonge au delà du terme ordinaire. J'ai dit à M. de Pomponne que vous étiez jalouse de l'immortelle vie de monsieur d'Angers ; il me conta la vivacité de ce prélat, qui, hormis la vue, est encore tout en vie à quatre-vingt-douze ans passés, sÉv. 21 mars (689. Il 3- Fig. Dont la mémoire doit durer toujours. Les immortels ouvrages de ce poète. Une gloire immortelle. Quand vous [le Dauphin] songerez à vos devoirs, ne manquez pas de considérer à quoi vous obligent les immortelles actions de Louis le Grand et l'incomparable piété de Marie-Thérèse, Boss. Mar.-Thér. Sa mort [d'Hector] seule a rendu votre père immortel, rac. Andr. i, 4. Les siècles sont à toi, le monde est ta patrie; Quand nous ne sommes plus, notre ombre a des autels Où le juste avenir prépare à ton génie Des honneurs immortels, lamart. Médit, i, (4. \\ i° Substantivement. Les immortels, les divinitésdu paganisme. L'Olympe, séjour des immortels. Une immortelle. Grices aux immortels, l'elTort de mon courage Et ma grandeur future ont mis Rome en ombrage, corn. Nicom. ii, 3. L'apologue est un don qui vient des immortels, LA FONT. l'obl. VII, à Urne de Montespan. Veuillent les immortels, conducteurs de ma langue, Que je ne dise rien qui doive être repris ! in. Fabl. xi, 7. ....quand la poésie. Sortant de la nuit du tombeau, Reprendrait le sceptre et la vie Sous quelque Richelieu nouveau, Pourrais-je, au char de l'immortelle, M'enchalner encor pour longtemps, gbesset, la Chartreuse. || 5' Les immortels, nom d'un corps d'élite chez les anciens Perses. Ils [les Mèdcs] furent relevés par les Perses, surnommés les immortels , qui formaient un corps de dix mille hommes : c'étaient les meilleures troupes de l'armée ; elles n'eurent pas un meilleur succès que les premières, rollin, Ilist. anc. CEuv. t. iii,p.2i6, dans pouGENS. || 6" Au masc. Familièrement. Un immortel, un membre de l'Académie française. Les quarante immortels. || 7° Ce qui est immortel [en l'homme] , l'immortel et le corruptible, le spirituel et le charnel, l'ange et la bote en un mot, se sont trouvés tout à coup unis, boss. Sermons, Mort , 2.

— HIST. XIV" s. Immorteles sont dites, pour co que la mémoire de ces œuvres ne doit jamais faillir, BERCHEURE, f° (2. Et volonlé est bien aucune foiz de choses impossibles, si comme nous voulons ou povons vouloir estre immortels, oresme , Eth. 64. Il XVI" s. Amitié, qui se convertira en une haine pernicieuse et inimitié immortelle, si vous la mesprisez, carloix, iv, 9. Que le roy des Parthes nevouloit point une guerre immortelle à rencontre des Romains, amyot, Crassus, 67. Je lui ay fait dresser et la veue et les ailes Au bien-heureux séjour des choses immortelles, desportes, Diane, i, 69. Cicero, qui dict vouloir employer sa solitude et séjour des affaires publiques à s'en acquérir par ses escripts une vie immortelle, mont, i, 282.

— ÉTY'.M. Provenç. et cspagn. immortal; ital. immortale; du lat. immortalis, de in négatif, et mortalis, mortel.

IMMORTELLE (i-mmor-tè-l') , i. f. Plante de la famille des composées, dont la fleur ne se fane point. Ce nom désigne surtout : l'immortelle blanche {antennaria margaritacea , R. BrownJ ; l'immortelle argentée {helichrysum argenteum, Thunberg) ; l'immortelle jaune {helichrysum orientale, Gaertner); le stfrchas citrin {helichrysum stœcltas, DC.) ; et l'immortelle violette {gomphrena globulosa, L.) (amarantacées). || La fleur même de cette plante. Une couronne d'immortelles.

— ÉTYM. Immortel.

t IM.MORTELLEMENT (i-mmor-tè-le-man), adv. D'une manière immortelle. Dante, pourquoi dis-tu qu'il n'est pire misère Qu'un souvenir heureux dans les jours de douleurs? ....Est-ce bien toi, grande âme immortellement triste. Est-ce toi qui l'as dit? A. DE MUSSET, Poésies nouv. Souvenir.

IMMORTIKICATION ( i-mmor-ti-fi-ka-sion; en vers, de sept syllabes), s. Z'. || 1° Dans le style ascétique. État d'une personne qui n'e.st pas mortifiée. On conserve aveu un extérieur réglé et mortifié une très-grande immortification intérieure, Nicole , Essais, t. XIII, p. 30», dans poi'gens. L'immortification, le relâchement, la recherche des commodités, des superflu! lés et des aises, mass. Profess. relig. Serm. 3. Cet ascendant de volupté, d'immortification qui fait comme mon être propre, ID. Av. Disp. L'esprit du monde est un esprit de paresse et d'immortification, id. Myst. Pentecôte. Il 2° Acte d'immortification. Les femmes connais-

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