‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 95 sur 389 · LEP · texte numérisé non relu

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géra que c'est une lèpre très-Invétérée, SACi, Bible, léi-il. XIII, X, )(. Marie [soeur de MoiseJ parut aussitôt toute blanche de lèpre comme de la neige, m. ib.Nombr. xii, lo. Quoique la lèpre blanche, qui est la seule dont parle l'Ëcriture, soit plutôt une dilfûrmi.é qu'une maladie, fi.elry, Mœurs des Israél. tit. xiii, 2" part. p. U5, dans pougens. || Fig. Le vice est une lèpre. Cette faiblesse [pour l'amour] a presque perdu son nom et sa honte parmi nous ; c'est une lèpre qui n'éloigne plus même du sanctuaire, mass. Or. {un. Villcroy. || On l'a dit des plantes parasites qui recouvrent les ruines. 11 faut que le lichen, cette rouille du marbre. De sa lèpre dorée au loin couvre le mur, v. hugo, Voix intér. À l'Are de (n'omp?ic. Il 2° Aujourd'hui, dans le langage médical, maladie de la peau, s'annonçant par de petites élevures solides, comme papuleuses, entourées de taches roussâtres, luisantes, circulaires et un peu proéminentes. |{ 3" Maladie des arbres fruitiers. || 4° Terme d'alchimie. Lèpre des métaux, impureté que les métaux contractent dans la terre, et dont le feu ne peut les purger. || 5° Nom d'un genre de lichens qu'on a reconnu depuis n'être qu'un état maladif d'autres genres, principalement du genre imbricaria.

— lliST. XII* s. Riches hcom fu e esforcibles al pa'is, mais de liepre esteit purpris, JJoù, p. 30 1. Del saint encens porter el temple s'enhardi, Deus s'en ert cureciez, de liepre le furi [frappa], Th. le mart. 74. Ilxiil* s. L'en dit ci que por lèpre ne doit l'en pas feme départir de son mari, Liv. de Jost. -197.11 xiv's. Fortes curalions amenistrèes en lèpre, H. ue mon- DEviLLE, f" 98, ferso. || xvi* S. Los haliitans du territoire de Narbonne sont sujets à la lèpre blanche, PARÉ, IX, 2' dise. La lèpre ou ladrerie appellée des Grecs elephantiasis, ii). xxii, 7.

— ËTYM. Provenç. espagn. et ital. lepra ; catal. lepra; du lat. lepra, qui vient de XÉupa, mot qui répond non à l'éléphantiasis, mais au psoriasis, dans lequel la peau se détache par écailles. AÉicp» est en rapport avec Xtmç, écaille, et XÉTteiv, dépouiller d'écorce (voy. lepte).

LÉPREUX, ECSE (lé-preû, preû-z'), adj. Qui a la lèpre (éléphanliasis). Un homme lépreux. || S. m. et f. Un lépreux, une lépreuse. C'étaient les prêtres qui [chez les Juifs] séparaient les lépreux, qui jugeaient les autres impuretés, et prescrivaient la manière des purifications, FLEURYji/œijri des Israél. titre XIII, 2* part. p. (26, dans pougens. On voit.... Qu'on me craint, qu'on m'évite, et que je suis pour eux Un objet de dégoût comme un pauvre lépreux, LAMART. Joe. VI, 2I3.|| 11 se dit quelquefois, par abus, pour dartreux. Je vous écris d'une main lépreuse aussi hardiment que si j'avais votre peau douce et unie, VOLT. Letl. Mme de Bemières, 28 nov. 1723.

— HIST. xu* s. Maint miracle fait Deus là ù fu descenduz, D'avogles, de contraiz e de surz e de muz. De lepruz, qui reçoivent e santez e vertuz. Th. le mart. tm. ||xvi* s. L'homme à tard et difficilement se peut sauver qu'il ne soit lépreux, s'il a compagnie d'une femme lépreuse. — Le virus ou venin lépreux, paré, xxii, 8.

— ÉTYM. Provenç. iebroj; espagn. et ital. leprosn; du lat. leprosus, de lepra, lèpre.

LÉPROSERIE (lé-prô-ze-rie), ». f. Hépital pour les lépreux. Les hôpitaux nommés léproseries étaient déjà très-nombreux [sous Charlemagne],voLT. Mœurs, )». Le testament de Louis VIU mérite seulement quelque attention ; il lègue cent sous à chacune des deux mille léproseries de son royaume, lo. id. 41.

— ÉTYM. Adj. fictif léprosier, dérivé du lat. leprosus, lépreux.

f LEPTE (lè-pf), s. m. Il 1° Terme de zoologie. Genre d'arachnides trachéennes, dans lequel on dislingue le lepte automnal do certains auteurs, trèspetit, d'une couleur rouge, s'insinuant sous la peau où il cause des démangtai.sons aussi insupportables que celles de la gale, et qu'on apaise en se lavant avec de l'eau vinaigrée, leooaran 1. 11 2° S. f. Terme de bot inique. Genre de célastrinées, ayant une seule espèce, la lepte triphylle.

— ÉTYM. AewTÔ;, mince ; c'est le participe da )iitw : dépouillé d'écorce.

t LEPTC... préfixe qui signifie mince, ténu, do XcitTÔ; (voy. le précédent).

tLEPTOLOGIE (lè-pto-lo-jie),s./'. Terme do rhétorique. Style fin, discours subtil, minutieux.

— ÉTYM. AtnToJ.oYio, de X£i:t6;, ténu, délicat, et XÔYO;, discours.

t I.EPTOMfiRE (Ic-pto-mc-r'), adj. S'est dit des parties les plus subtdes de l'économie.

— ÉTYM. Atîrro|i£piJ|«, de Xento;, mince, el |i.épo;, parti?.

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t LErTOMOUPHIQUE ( lè-pto-mor-fi-k' ) , adj. Te raie de minéralogie. Se (lit d'un cristal très-rétréci.

— ETYM. Lepto..., et liopçii, forme.

t LEPTOSPERMES(lè-pto-spèr-m'), s. f. f)/. Terme de botanique. Genre de plantes myrtacées dont une espèce, leptospermum flavescens, Smith, a des feuilles et des fleurs d'odeur aromatique employées comme iiil'usion théifornie en Australie.

— KTYM. Lepto..., et aitêpiia, graine.

t LEPT\TsT10UE (lè-ptin-ti-k'), adj. Ancien terme de médecine. Synonyme d'atténuant.

— ÊTYM. AeitTuvTixè;, de XenTÛveiv , atténuer, de >E7iToç, ténu (voy. lepte).

LEQCEL (le-kèl. Au xvi* siècle, lequel devant une consonne était prononcé lequé, palsgr. p. 62), LAQUELLE (la-kcl'), DUQUEL, DE LAQUELLE; AUQUEL, .X LAQUELLE; pluriel, LESQUELS, LESQUELLES (lèkèl, lè-kè-l'), DESQUELS, DES- QUELLES, AUXQUELS, AUXQUELLES, pron. relatif synonyme de qui. || l" Il s'emploie en parlant des personnes et des choses, et presque toujours comme complément. Mais l'art d'en faire des couronnes N'est pas su de toutes personnes; Et trois ou quatre seulement, Au nombre desquels or\ me range, Saventdonnerune louange Qui demeure éternellement, MAXU. III, 2. Et c'est assez, je crois, pour remettre ton cœur Dans l'étal auquel il doit être, MOL. Amph. III, 2. Ma bague est la marque choisie Sur laquelle au premier il doit livrer Clélie, ID. VÉt. II, 9. Le malheureux tison de ta flamme secrète, Le drôle avec lequel.... — avec lequel? poursui, ID. Sgan. 6. La surface delà terre.... est le fonds commun duquel l'homme et les animaux tirent leur subsistance, blff. Morceaux choisis, p. 3u. Les Lapons danois ont un gros chat nUr auquel ils confient tous leurs secrets, et qu'ils consultent dans leurs affaires, ID. llist. nat. de l'Iiomme. \\ Qui, sujet, se disant aussi bien des choses que des personnes, mais ne se disant pas bien des choses au régime: il faut le remplacer en ce cas par lequel. Voilà, mes pères, les principes du repos et de la sûreté publique, qui ont été reçus dans tous les temps et dans tous les lieux, et sur lesquels tous les législateurs du monde, sacrés et profanes, ont établi leurs lois, PASc. Prov. XIV. Il 2° Il s'emploie quelquefois comme sujet de la proposition qu'il joint à son antécédent, surtout lorsque l'emploi de qui pourrait produire une équivoque. Aussitôt que je fus débarrassé des affaires de la cour, j'allai trouver l'homme qui m'avait parlé du mariage de Mme de Miramion, lequel me parut dans les mêmes sentiments, b. rabutin. Il n'a pas aperçu Jeannette, ma fiilole. Laquelle a tout ouï, parole pour parole, mol. l'Êl. iv, 7. || Pour la clarté et l'élégance on mettra encore lequel au lieu de qui, quand deux relatifs so suivent sans se rapporter au même sujet. Les factieux qui craindront la punition de leurs attentats, lesquels uo leur paraissent jamais injustes.... pasc. Pror. xiv. (| 3° Il s'emploie aussi comme .«ujet, en style de pratique et d'administration. On a entendu trois témoins, lesquels ont dit.... On a lu le mémoire de la réclamante, laquelle sollicite un dégrèvement. Voici le fait: un chien vient dans une cuisine ; Il y trouve un chapon, lequel a bonne mine; Or, celui pour lequel je parle, est affamé; Celui contre lequel je parle, autem plumé ; Et celui pour lequel je suis, prend en cachette Celui contre lequel je parle, racine, l'iaid. m, 3. |{ 4° Lequel , laquelle signifie quelquefois, au sens interrogatif, quel est celui, quelle est celle, etc. Lequel aimez-vous le mieux de ces deux tableaux-là? Lequel vous jilalt le plus? Duquel des deux voulez-vous vous défaire? Ou pour mieux expliquer ma pensée et la vôtre. Lequel doit plaire plus d'un jaloux ou d'un autre? mol. Fdcheux, ii, i.\\h' Lequel , laquelle signifie aussi, celui, celle qui, etc. Parmi ces étoffes, voyez laquelle vous plairait le plus. La fièvre, et même assez forte, me rend si faible qu'il faut dans peu qu'elle s'en aille, nu que je m'en aille; je ne puis pas vous dire encore lequel des deux, i. i. ROL'ss. Lett. à du l'eyrou, 1 2 janv. )7«». || 6' On met quelquefois tous devant lesquels au pluriel. Tous les professeurs de l'université de Grats; tous les professeurs de l'université do Prague, de tous lesquelsj'ai en main les approbations do mon opinion, pasc. Prov. IV. Toutes lesquelles choses s'éxécutaul par la liberté des hommes.... boss. Libre arb. 3.

— nEM. 1. Dans le xvu* siècle, on pouvait faire rapporter lequel, dans la pliruso consécutive, à quelque incise de celte phrase consécutive, non au verbe principal. Des pensées inutiles de l'avenir, auxquelles bien loin d'clie obligé do m'arrélcr,je suis

au contraire obligé de ne m'y point arrêter, pasc. Lett. à Mlle de Roannex, 7. 11 y a partout la difficulté, à laquelle si on succombe, on périt, i<oss. 2" avcrtiss. lO. Il ne me roste plus qu'à y ajouter l'évidence de la révélation divine, à laquelle ne désirant pas m'atlacher quant à présent, je me contenterai de dire que.... id. Libre arb. ii. Cette tournure n'est pas reçue aujourd'hui : cela est dommage; car elle facilite beaucoup la construction de certaines phrases. 1| 2. Les grammairiens condamnent la locution lequel qui au lieu de quel que soit celui qui. Cependant elle est de l'ancienne langue, est restée dans l'usage populaire, et se trouve dans de bons écrivains : Lequel des trois que l'on ôte, tout s'en va, Doss. Élevât, sur tnyst. ii, 7 ; Mais lequel des deux qui vienne, qu'il tâche surtout de venir seul, j. J. Rouss. Lett. à du Peyrou, s sept. (707. Cette locution, que l'on n'admet plus, est-elle en effet fautive? Elle offre deux choses à considérer : quel... quion que, au lieu de quelque... que, et l'article délini devant ce quel... qui. Quant au premier point, non-seulement quel... qui ou que pour quelque.... qui ou que, n'est point incorrect, mais est seul correct ; le que dans quelque est parasite; l'ancienne langue ne commettait pas cette faute,disant : quel livre que tu lises, etc. (voy. quelque... que). Quant à l'article défini, il se construit régulièrement avec quel ici comme ailleurs. La locution lequel... qui ou que est doiio non pas une faute, mais un archaïsme meilleur <|ue la locution lourde quel que soit celui qui, et à recommander d'après Bossuct et J. J. Rousseau.

— lllST. XI' s. E il ne savent liquels d'els la vaincra [la bataille; sera vainqueur], Ch. de Roi. lvi. ||xu' s. IL'ais il ne sait li quels vainc ne qui non, Jîonc. p. 4 13. Ne sai lequel, s'en ai joie ou paor, Couct, XVI. Ilxiii* s. En la tombe [il y) out quatre tuiaus, Es quiex li quatre vent feroient [frappaieiit], Romancero, p. S8. Je prenroie maintenant la crois et iroie avec vos vivre ou mourir, lequel que Diex m'aura destiné, villeh. xxxix. || x?" s Si prirent les Anglois desquels qu'ils voulurent, et gagnèrent grand avoir, FROiss. i, i, â07. Mais e.scoutez mes dolans plains, Des quieulxje vous fais la clameur, cii. d'ori. Lettre en compl. de Fredct. Dedans ou près, je ne sçay lequel, coMM. m, lO. || xvr s. C'est un e.\treme malheur d'estro subject à un maistre duquel on ne peut estre jamais asscuré qu'il soit bon, la boetie, 8. Pour revenir à mon propos, lequel j'avois quasi perdu, ID. 40. Interrogé lequel des trois il estîmoit le plus, MONT. I, 07. Motelia sa femme décoda do maladie, durant laquelle les presbtres et devins.... AMYOT, Sylla, 71.11 laissa une postérité qui depuis a longtemps flory au païs, la plupart de laquelle s'habitua en la ville de Cliœronée, m. Cimon, t. Qui est l'homme, duquel si la femme s'abandonne à paillardise, illavueille après recevoir? calv. Instit. 832. Je iiroposeray ici la somme de ma doctrine : la quelle comme je ne doute pas estre véritable, aussi j'espère qu'elle sera approuvée à tous bons cœurs et craignans Dieu, id. ih. t009.

— ÊTYM. Le, et quel.

t LfiUIDA (lé-ri-da), s. f. Chanson piquante faite contre le prince de Condé obligé de lever le siège de Lérida en Espagne, et qui devint, pendant le XVII' siècle, le nom donné à tout couplet satirique. Et n'était pas un do la troupe Qui ne chantât des léridas, scahr. Virg. i.

LÉKOT (lé-ro ; le t ne se lie pas ; au pluriel , l'j se lie : les lé-ro-z avides), s. m. Espèce de petit loir gris, à taches noires sur l'œil et derrière l'oreille, avec un pinceau à la queue. Le lérot, dit aussi liron, e.st un fléau pour les jardins où il dévore les fruits. Le loir demeure dans les forêts, et semble fuir nos habitations; le lérot au contraire habite nos jardins, et se trouve quelquefois dans nos maisons, hl'ff. Quadrup. t. il, p. 342. Lérot, lérot, gentil lérot. Quand tu dors dans le creux d'un fau [hêtre], Ou d'un vieux chêne, Bien repu, bien gras cl bien chaud, Do froid ni de faim ne te chaut Jusc^ues à la saison prochaine, blier, dans le uebi- CIIER, llist. et Glost. t. i, p. 36».

— ETYM. Diminutif de îoir, soit qu'il vienne de kr qui est la pnjnonciatlon de loir en Normandie, suit que le renforcement qui a fait loir du latin 0lirii se soit perdu, comme cela arrive plus d'une fols dans le diminutif.

LES (té), pluriel des articles le et la, ainsi que du pronom relatif de la troisième personne. Voyez le I et 2.

t LE.SniAOUE {lè-gbi-a-k"), adj. Terme d'antiquité grecque. Qui appartient à l'tio de Lcsbos IILivref lesbiaques, les trois livres écrits par Di-

céarque contre l'immortalité de l'âme. || Mètre lesbiaque, lo vers saphique.

— ETYM Lat. lesbiacus, de Lesbos,

LÈSE (lè-z'), adj. f. qui ne s'emploie quejointàun substantif placé après, et signifie blessé, violé. Cmie do lèse-majesté, crime par lequel la majesté est violée. Crime de lèse-majesté humaine, de lèse-majesté divine. C'est par son esprit [de l'Église] que les rois chrétiens ne se font pas justice dans les crimes mêmes de lèse-majesté au premier chef, et qu'ils remettent les criminels entre les mains des juges, pasc. Prov. XIV. Il Par extension. La brigue est un crime de lèse-république, le p. catrou, dans desfontai- NES. C'eût été un crime de lèsercatholicité, j. j. nouss. Confess. ii. L'homme de bien qui se tue, commet le crime de Icse-socicté, et j'arrêterai sa main si je puis, dider. Claude etNér. ii, 28. Ne se sentil pas un peu coupable du crime de lèse-amitié, d'avoir manqué...? galiani, ie«rcs, 1. 1, p. 152. || Familièrement. Un crime de lèse-faculté, qui ne se peut assez punir, mol. Mal. im. iii, 6. C'était un crime de lèse-galanterie française de combattre contre l'héroïne de nos jours, \olt. Lett. d Calh. 20.

— IlIST. XV' s. Jacques Cœur fust pris et arresté prisonnier pour aucuns cas touchant la foi catholique et au.«i pour certain crime de leze-majesté, J. CHARTIER, Uist. du roi Charles VU, p. 269. Il XVI' s. Chez nous icy, j'ay vcu telle chose qui nous estoit capitale devenir légitime; et nous sommes à mesme, selon l'incertitude do la fortune guerrière, d'estre un jour criminels de leze majesté humaine et divine, mont. 11, 34:1.

— ETYM. Provenç. lez; esp. et ital. leso; du lat. Ixsus, blessé, de lœderc. C'est un latinisme emprunté surtout aux jurisconsultes ; Ixsa majestas, Ixsum jus; mais ce n'est point le verbe User employé à la troisième personne, comme le verbe l'est dans pince-maille, grippe-sou, etc. ; d'ailleurs toer est plus récent que lèse.

LÉSÉ , ÉE (lè-zé, zée) , part, passé de léser. Qui a souffert un dommage. Tout le monde convient avec moi que j'étais oH'ensé, lésé, malheureux, 3. 1. Rouss. Conf. VII. Il 11 se dit aussi des choses. Les intérêts lésés par cette mesure.

LÉSER (lè-zc. La syllabe lé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je lésa, exce|ilé au futur et au conditionnel : je léserai, je léserais), ». a. Il 1" Faire tort, infliger un dommage. Il a été lésé par son associé. || 2° Terme de chirurgie et de médecine. Blesser, endommager. Le coup a lésé un dos poumons. Les fonctions du foie sont lésées par la présence d'hydatidcs. La telle lésa lo tendon. Il 3° Se léser, v. re'fl. Être lésé, vicié. X l'égard des accouplements des mulets entr'eux, je lésai présumés stériles, parce que do deux natures déjà lésées pour la génération, et qui par leur mélange ne pourraient manquer de se léser davantage, on no doit attendre qu'un produit tout à fait vicié ou absolumei.t nul, BUFFON, Quadrup. t. vu, p. 334.

— ETYM. Voy. LÈSE.

t LÉSINANT, ANTE Oê-zi-nan, nan-t'), od/. Qui lésine. Sa lésinante humeur nous ciitbien fait souffrir, HAUTEHOCIIE, Deuil, se. XII.

LÉSINE (lé-zi-n'), s. f. Épargne sordide jusque dans les moindres choses. Mon père a l'honneur d'avoir le premier retenu son haleine, en se faisant prendre mesure d'un habit, afin qu'il y entrât moins d'étoffe; je vous pourrais bien appreiidro cent autres traits de lésine, qui lui ont acquis à bon titre la réputation d'être homme d'esprit et d'invention, SCARR. Rom. com. i, <3. La famélique et honteuse lésine, HOiL.Sat.x. Si cela est, il était digne de présider à la confrérie de la lésine établie depuis jiou en Italie, VOLT. l'iL aux quaranlcécus, w. bon souper. Une lésine hoiitouse et des rapines fiscales ternirent sa gloire [Êdoi.ard IVJ, iD.lheurs, H7. C'est un si bravo homme que ce dom Joseph; que de Icsiiie, que d'usure il va inventer! P. L. cour. Lett. 11, 283.

— HEM. Du temps de Uégnier, le mot était encore nouveau et gardait sa forme italienne : Or durant ce festin damoisella famine. Avec son nez élique el sa mourante mine, Faisait un beau discours dessus la lésina, Sat. x.

— ETYM. Ital. Icsina, alène de cordonnier. Il y a un livre italien intitulé : Delta famosissima compaqiiia delta lésina dialogo, capitoli e ragionamenti, Vicenza, U.89, dont un pa.ssage nous a|iprendque io iesino était une compagnie d'avar s qui raccommodaient eux-mêmes leurs souliers rt savates, et, comme il faut pour cela une alène, ils en prirent le nom (ital. lésina, alène). C'est de la sorte qu'un mot signifiant proprement alèue en est venu à signifier épargne sordide.

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LÉSINEB dé-ti-né), ». n. User da lésine. Pour celui qui sur tout piuce, lésine, rogue, BOtiiiSAULT, Fablei d'Ésope, i, 2. Vous avez lésiné sur les frais, BKAUMARcUAis, Burb. de Séville, il, ». Kendez-vous la risée de tout Pans, en lésinant avec voUe femme, PICARD, Manie de briller, i, *. || U se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— tTVM. lAsiiie.

LÉSINEIUE (lé-zi-ne-rie), t. f. \\ i' Acte de lésine. 11 a fait une grande lésinerie. || 2° Vice de caractère qui porte à lésiner. Cet homme est d'une lésinerie incroyable.

— ETYM. Lésiner.

t LÉSINEUR (lé-zi-neur), ». m. Celui qui lésine.

1 LÉSINEUX, EUSE (lé-zi-neû, neû-z'), adj. Qui a l'habitude de la lésine. || Fig. Vous êtes bien injuste et bien lésineux de m'en accorder à peine soixante et quinze [années], lorsque je suis possesseur de la soixante et seizième, volt. Lett. d'Àrgental, ft janv. <770.

— ETYM. Lésine.

LÉSION (lé-zi-on) , t. f. || 1° Action de léser. Je restreins les crimes contre la tranquillité aux choses qui contiennent une simple lésion de police, mon- TESQ. Esp. XII, ♦. Il 2° Tort, dommage. La lésion que la noblesse en souffrira ne sera qu'imaginaire, puisqu'au contraire ses revenus en augmenteront par la meilleure culture et la plus value des terres, et la plus gronde consommation qui se fera des denrées, vauban, Dime, p. 201 C'est à lui [Uioclétien] que nous devons La loi qui annule les contrats de vente dans lesquels il y a lésion d'outre moitié ; il dit lui-même que l'humanité dicte cette loi,voLT. Mceurs, 8. || 3" Terme de médecine. Changement morbide quelconque survenu dans la continuité des organes, leur situation, leurs rapports, leur conformation et leur structure intime , soit par une cause interne, soit par une cause externe La lésion du crâne par un coup sur la tête. Les lésions organiques du cœur. || Fig. 11 n'est pas possible que le corps humain puisse souffrir lésion en ses membres, sans que la tête en souffre, vauban, Dime, p. 630.

— UIST. XII' s. E li autre alerent noncier Au duc cum cil esieit vcûz Qui par sus Seine esteit venuz Senz sei moillier, senz lésion, benoît, 11, 7'î4I. Ilxiv's. La quelle licence il ne povoit donner de son auctorité en lésion de la chose publique, LeU. de remission, Bibl. des chartes, 4* série, 1. 11, p. 60. Aucune fois d'un cop enqueurent [ils encourent] deux lésions, h. oe monueville, f" <3. || xv* s. Landes pleines de joncs marins et de cardons, dont rien que venin et lésion ne se povoit traire, g. CHASTELAiN, Chvon. dcs ducs de Bourg, i" partie, Proesme.

— ETVM. Provenç. lexio; espagn. lésion; ital. letione , du lat. Ixsionem, de Ixsum, supin de lasdere, blesser.

LESSE, t. f. Voy. laisse.

t LESSIVAGE (lè-si-va-j'), *. m. Action de lessiver; résultat de cette action. || Fig. Action de faire une lessive, de faire quelque grosse perte au jeu ou ailleurs.

LESSIVE (lè-si-v'), t. f. || !• Dissolution alcaline qui sort à blanchir le linge, et que l'on prépare en faisant passer de l'eau chaude sur un lit de cendre de bois neuf ou sur un lit de soude. Couler la lessive. Mettre du linge à la lessive. Linge blanc de lessive. [Draps de lit] Blanchis en un civet, non dans une lessive, bêgnier, Sat. xi. || Bonne lessive, forte lessive, eau bien chargée, fortement chargée d'alcali. || Fig. Faire la lessive du Gascon, retourner son linge. || Fig. et familièrement. Lessive, perte considérable au jeu. Saint-Adon, capitaine aux gardes, à force de lessives, avait vendu sa compagnie, ST-siM. (67, 6). Puisque vous savez mes fredaines de Forges, il faut bien vous avouer que j'ai perdu près de cent louis au pharaon, selon ma ouable coutume de faire tous les ans quelque lessive au jeu, VOLT. Ie(J.ifm«dcBmii'creî,sept. 4722. Je devine que M. de Valmonl ou M. Dorsain ont joué et fait sans doute quelque lessive, oenlis, Thédl. d'iduc. let Faux amis, 11, ». || 2* Action de lessiver, de couler la lessive. Ce linge ne sera tout à fait blanc qu'apiès plusieurs lessives. 118» Le linge qui doit être mis & la lessive, ou qui a été mis à la lessive. Ma lessive est prête à mettre dans le cuvier. J'ai donné une lessive à laver. || 4' Fig. Usage d'eaux purgatives, sudorifiques, etc. qui sont censées nettoyer le corps comme la lessive fait le linge. C'est pour faire une dernière lessive que l'on m'a principalement envoyée [à Vichy].... c'est comme si je renouvelais un bail de vie et de santé, sgv. 28 mai «676. Il 6' Lessive des savonniers, dissolution de soude

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caustique dans l'eau contenant environ trois parties da soude sur huit d'eau servant à faire le savon ; de là son nom. || 6° Eau rendue détersive par de la cendre ou quelque autre matière convenable. On fait une sorte de lessive aux olives pour en ôter l'amertume. || 7° Dans les usines à sucre, nom d'une chaudière dans laquelle on chauffe trèsfortement le liquide. || 8" Terme de chimie. Opération qui consiste à faire passer plusieurs fois de l'eau chaude ou froide sur des matières dont on veut extraire les parties solubles. || 9" Ancien terme de teinture. Lessive de sang ou potasse ammoniacale, noms d'une préparation qui servait à la fabrication du bleu de Prusse. || Sel neutre tiré de la lessive de sang, nom donné par Scheele à ce qui fut depuis nommé prussiate de potasse. || Proverbe. Â laver la tête d'un More, la tôte d'un âne, on perd sa lessive, on ne perd que sa lessive (voy. laver).

— HIST. xvi' s. La chaux vive sera esteinle en un sceau de lexive de barbier, paré, ixv, 32. Ont accomparé la médecine à une lecive, en ce que, tout ainsi que la lecive uettoyoit bien le linge, le rendoit beau et blanc , aussi la médecine purgeoit nostre corps, ciiolièhes. Contes, 1. 1, i/a<in. 11, p. 48, dans pooGENS.

— ÊTYM. Provenç. lissiu, leissiu ; catal. llexiu ; espagn. lejia; ital. lissio, lisciva; du lat. lixivium ou lixivia, lessive. D'après Nouius, lixa est le nom ancien de l'eau, et lix le nom de la cendre ou de l'eau mêlée à de la cendre. Lixivium vient de lixa,

LESSIVÉ, ËE (lè-si-vé, vée) , part, passé de lessiver. Du linge lessivé.

LESSIVER (lè-si-vé), V. a. || 1° Blanchir au moyen delà lessive; faire la lessive. Lessiver des draps de lit. Il 2* Nettoyer avec une eau alcaline ou acide. Lessiver le bois peint. || Z' Terme de chimie. Pratiquer l'opération dite lessive. Lessiver des terres, afin d'en tirer du salpêtre. En lessivant cette poudre pyriteuse, on en retire du vitriol par l'évaporation et le refroidissement, bufi'. Min. t. m, p. 247. Il 4° Fig. Nettoyer à l'aide d'eaux purgatives ou sudorifiques, comme on nettoie le linge avec la lessive. Ces eaux-ci [Vichy] sont salutaires; M. de Grignan en serait lavé et lessivé, et guéri de tous ses maux, sév. *\) sept. 4 677. || 5° Se lessiver, V. réfl. Être lessivé. Il faut que ce linge se lessive.

— ETYM. Lessive.

t LESSIVEUR, EUSE (lè-si-veur, veû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui lessive. || 2° S. m. Terme do papeterie. Lessivour, appareil employé au blanchiment des chiffons. Lessiveurs rotatifs.

— ETYM. Lessiver ; Berry, lessiveuse, femme de Igssivg.

t LESSIVIER, 1ÈRE (lè-si-vié, v\h-r'), s.m.et f. Noms substitués, dans quelques endroits, à blanchisseur, blanchisseuse. || Lessivière, nom, dans ciuelques endroits, des femmes de journée qui lessivent le linge, legoarant.

— ÉTYM. Lessiver.

LEST (lèsf), s. m. || !• Terme de marine Assemblage de morceaux de fer ou de petits cailloux, ou de matières lourdes, qu'on entasse avec ordre jusqu'à une certaine hauteur dans le fond d'un navire, pour abaisser par leur pesanteur spécifique le lieu du centre de gravité de ce navire chargé, et contribuer ainsi à augmenter la stabilité dont la forme de la «rêne peut le rendre susceptible. Bray le lest de <2 barils simples, 30 sols.... lest de hareng en vrac, <8 barils pour lest, 20 sols, Arrêt du Conseil d'État, 2) juin <û42. || Sur son lest, se dit d'un navire qui est sans chargement. Le vaisseau, qui était sur son lest, fatiguait beaucoup au roulis, CUATEAOBR. Itin. 3* part. || Le navire est parti, est retourné sur son lest, il est parti, retourné sans prendre de chargement. || Lest de sable, lest composé de sable, de graviers et de petits cailloux. Il Lest de pierres, lest composé de pierres, de galets, de gros cailloux. || Lest lavé, lest qui a servi et que l'on a lavé pour le faire reservir. || Lest volant, gueuses qu'on place en réserve dans les parties centrales du bâtiment. || Voiles à lest, vieilles voiles qu'on étend sous les sabords, quand on embarque ou décharge le lest, de peur qu'il n'en tombe dans l'eau. Il Au xvii" siîxle, bon lest, celui qui était composé de petits cailloux, toujours faciles à arranger; mauvais lest, celui qui s'arrangeait difficilement dans la cale, celui qui fondait, le sel par exemple, celui que l'on composait de très-grosses pierres, de quartiers de canons éclatés, etc. ; vieux lest, celui

3ui avait fait campagne. || 2» Terme de pêche. Poids ont on charge le pied de cerUius filets. || 3" Sable

LES

que les aéronautes emportent pour lo laisser tomber à mesure qu'ils veulent s'élever. || 4° Fig. Moyen de pondérer, de modérer. 11 faut combiner les puissances, donner un lest à l'une pour la mettre en état de résister à l'autre , montesq. Esp. v, a. Les Français.... flottants, comme des vais.seaui sans lest, au gré des passions, chateaubr. Génie, m, m, &. Il Cet homme a besoin de lest, c'est-à-dire il agit trop légèrement, il a besoin de quelque chose qui le force à la réllexion, à la prudence.

— REM. On trouve quelquefois écrit tels au lieu de lest : Pour chacun hambourg de saumon dont îes <2 font le lets, Tarif de la déclar. du ia févr.

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