IC
— HlST. XVI* s. Au milieu des deux estoit à l'ancre la caraque bien chargée de lest, d'aub. Ilist. ii ,
— ÉTYM. Le même que laston laste (voy. ce mot), qui signifie un certain poids.
LESTAGE (lè-sta-j'), s. m. Terme de marine. Action de lester. || Art de lester. Entendre le lestage.
— HIST. XVI' s. L'eau entroit dedans pur la passée [le trou du boulet] tout à fiac, si que en moins d'un quart d'heure elle fut sur le lestage plus d'un pied de haut, j. n'AUiON, dans jal.
— ÉTYM. Lester.
LESTE (lè-st'j, adj. || 1° Qui a, dans les mouvements, une facilité légère. Cet enfant est fort leste. Marcher d'un pas leste. L'écureuil... est propre, leste, vif, très-alerte, très-éveilié, buff. l'Écureuil. Leste et joyeux je montais six étages ; Dans un grenier qu'on est bien à vingt ansl bérang. /e Grem'er. Il Avoir la main lesle, être prompt à frapper. || Fig. On lui trouve [à l'anglais] des formes serviles qui étonnent dans la langue d'un peuple libre, et la rendent moins propre à la conversation que la langue française, dont la marche est si leste et si dégagée, rivarol, Dict. universel de la /aiijue /'roHf aùe, p. xix. Il 2" Equipé, habillé de manière à exécuter avec agilité tous ses mouvements. Vêtements avec lesquels on est très-leste. Des troupes lestes. Un cortège leste et brillant. || Un équipage leste, une voiture légère attelée de chevaux vifs et rapides. Remariuez qu'il n'y avait rien de plus leste que cet équipage, mariv. Paysari parv. B" part. || Terme de marine. Navire leste, navire gréé légèrement, où tout est libre, facile, dégagé. Il 3" Il se dit des vêtements qui, légers et dégagés, laissent aux mouvements toute leur liberté. Un habillement lesie. Ajustement moins superbe que leste, la font. Or. || 4' En un sens qui vieillit, il se d't de toilettes élégantes de femmes. Victoria, le pluj diligemment qu'il lui fut possible, se fit extrêmement leste, et s'ajusta autant que le peu de temps qu'elle avait le put permettre, scarr. Rom. com. i, ^2. Vous souffrez que la vôtre aille leste et pimpante, mol. Éc. des maris, i, 2. Ta forte passion est d'être brave et leste, m. Éc. des femmes, v, 4. Il 5° Fig. Adroit, prompt à trouver des expédients. C'est un homme lesle en affaires. || 6° Fig. Oui passe sur les principes, les égards et les convenances, sans scrupule et avec une facilité comparée à celle d'un homme leste. Il e.st leste en procédés. Cette femme est fort leste dans ses actions. Ils sont fort gais. — Pas vrai ? lestes dans le propos; Mais un fonds excellent, amis sûrs, amis chauds, picard. Entrée dans le monde, m, 2. || 11 se dit des choses dans le même sens. Une conduite fort lesle. || Plus particulièrement, qui dcpas.se la réserve proscrite par l'honnêteté du langage. Des propos lestes. Mon cortège, au lieu de prier. Chante là mes vers les plus lestes, bérang. Mon enterrement.
— HIST. XV' s. La reine entra.... accompagnée d'une cavalcade fort leste, Mém. s. du G. ch. 18.
Il XVI' s. 11 envoya à Perigueux son bagage et ce qu'il avoit de moins leste, et puis partagea ses forces en deux, u'aub. Ilist. i, 271. Les capitaines commencent à faire reveue par les bandes, pour choisir les plus lestes et mieux aconchés [habillés], pour contenter M. de Vieilleville eu sou entreprise,
CARLOIX, VI, 45.
— ÉTYM. Espagn. lislo; portug. et ital. lesto; napolit. listo, liesto ; de l'allem. listig, rusé, habile, de List, ruse, habileté. L'allemand leiclit, loger, dont on a parlé, ne donnerait pas les consonnes st.
LESTÉ, ÉE (lè-sté, stée) , part, passé de lester. Muni de lest. Un navire lesté. |{ Fig. Un homm» bien lesté, un homme qui a fait un bon repas.
LESTEMENT (lè-ste-man), adv. || 1° D'une manière leste. Il marche fort lestement. || 2° Fig. Avec dextérité et promptitude. Il s'est lestement tiré de ce mauvais pas. Il [un officier] mettait assez biea l'orthographe, si ce n'est dau" certains noms peu
LET
LÊT
LET
familiers jusque-là aux secrétaires de l'état-major; Salamine et les Thermopyles revenant à chaque ligne lui firent d'abord un peu de peine ... mais il se mit bientôt au fait, et devint à la fin si habile qu'il écrivait toute la Grèce dans l'ordre du jour, comme il le disai* lui-nême, aussi lestement que la distribution de i'eau-de-vie et du vinaigre, sujet ordinaire de ces pièces d'éloquence, p. L. colr. Conseils à un colonel. Il 3° Élégamment et légèrement (sens ancien). Il y eut un fort beau bal de masques chez Monsieur, oii la*'* se trouva, accompagnée de la comtesse de Soissons et de quelques autres dames lestement velues, la Gaiette, 2 février. || 4° Sans une tuffisante réflexion. M. Edwards hésitait à laquelle des deux espèces il fallait le rapporter, celle de la grive ou de l'ortolan ; M. Klein décide assez lestement que ce n'est ni à l'une ni à l'autre, mais à celle du pinson, buff. Ois. t. v, p. 307. || Avec une légèreté répréhensible. Claude ordonnait aussi lestement la mort d'un homme que celle d'un chien, DiDER. Claude et Néron. \\ Sans garder de ménagement. Il me semble que l'empereur d'aujourd'hui traite un peu lestement les prêtres, les moines et les papes, d'alemb. LeU. au roi de Prusse, 1 1 mai < 78 1 .
— ETVM. Leste, et le suffixe ment.
LESTER (lè-sté), V. a. || 1° Terme de marine. Mettre du lest dans un bâtiment. Un capitaine qui a besoin de lester son vaisseau prendra du marbre, MONTESQ. fîpr. XX, 6. |î Par extension, augmenter le poids d'un objet dans sa partie inférieure, afin de lui donner plus de stabilité. |{ Fig. et familièrement. Se lester l'estomac, prendre de la nourriture ou une boisson. || 8° Fig. Se lester, v. réfl. Prendre nourriture ou boisson fortifiante. D'une liqueur nouvelle Lestons-nous surce bord,BÉRANGER,JVac<;ne. Il 3* Fig. Devenir plus rélléchi, plus posé. C'était assez pour avoir mis du plomb dans sa tête ; mais il y a des tètes qui ne se lestent jamais, sÉv. 1 9 août <67(.
— ÊTYM. Lest.
LESTËUR (lè-steur), s. m. || !• Terme de marine. Bateau qui transporte le lest du quai de l'ar- Renal à bord des navires qu'on leste. || Adj. Bateau lesteur. Défenses aux maîtres et patrons de gabarres ou bateaux lesteurs de travailler au lestage ou délestage d'aucun vaisseau pendant la nuit, Ordoruiance, août tesi. || %° Homme employéà arranger convenablement le lest d'un bâtiment dans les oifîérents points de la cale, afin qu'il produise les etfots les plus avantageux. || Nom dumanouvrierqui porte le lest à bord d'un bâtiment qu'on leste.
— ÊTYM. Lester.
t LESTRYGON (lè-stri-gon), s. m. \\ 1* Nom d'un peuple de la Sicile, ou, suivant d'autres, de l'Italie inférieure, que les poètes anciens nous ont représenté comme anthropophage. || 2' Fig. Un Lestry-
gon, une personne barbare Femelle inique.
Crocodile trompeur, de qui le cœur félon Est pire qu'un satrape ou bien qu'un Lestrygon, mol. Dépit
am. II, 4. Il Adjectivement Ah! beauté lestry-
gonne, Plus fière qu'un aspic et plus qu'une dragone, TH. COBN. le Berger extrav. iv, 5.
— ÉTYM. AaioTpufive; (dans le x' chant de l'Odyssée).
t LÈTES Oè-t'), *. m. pi. Terme d'antiquité. Barbares du Nord qui, ayant fait irruption sur les terres de l'empire romain, reçurent des concessions do terre, à la charge d'être sujets au service militaire. Par ce nom on désignait et la population barbare qui restait attachée aux champs, et l'élite de cette population qui servait dans les armées romaines.
— ETYM. Lat barbare, ieJi ou lœli, dont l'origine est incertaine; d'apn's dom Martin, de Letia, la Lescht, rivière des Pays-Bas ; d'après Grimm, du golh. talf. paresseux, lent.
t I.ÉTIIALITI>, (lé-U-li-té) , t. f. Terme didactique. Condition qui rend une lésion nécessairement mortelle. La létbalité d'une blessure.
— f.TYM. Lat. lelluxlit, mortel, de lethum, mort. Lethum est une mauvaise orthographe causée par l'influence de '/rfir\ ; la bonne cst/elum, lequel, selon Priscien, vient do leo, qui est dans ddeo.
LÉTHARGIE (lé-tar-jie), *. f. \\ l' Étît dans lequel on semble mort, étant sans haleine et sans pouls. Être eu léthargie. Tomber en léthargie. 11 iaut donc que mon mal m'ait ôté la mémoire, El c'est ma léthargie?— Oui, c'est elle en eiïet, beonabd, Uyat. v, 7. Do tout ce préambule et do cette légende, S'il m'en souvient d'un mot, je veux bien qu'on me pende. — C'est votre léthargie, id. ib. Oh! je veux sur ce point Qu'on me fasse raison, quelles friponneries ! Je suis las, à la fin, de tant de léthargies, id. ib. || !• Terme de médecine. Sommeil profond et continuel dans lequel le malade
BICT. DE LA LANGUE FRANCAISB.
parle quand on le réveille, mais ne sait ce qu'il dit, oublie ce qu'il a dit, et retombe promptement dans son premier état. || 3° Fig. Nonchalance apathique, comparée au mal de la léthargie. Ces dispositions et ces humeurs dont nous venons de parler, cette fièvre chaude de rébellion, cette léthargie de servitude viennent de plus haut qu'on ne s'imagine, Balzac, Sacrale chrétien. Discours 8*. Mademoiselle, faisant un eCTort sur l'esprit de Monsieur son frère, le tira de la léthargie où le tenait le cardinal de Retz, laboch. Mém. 264. Ces émotions sont nécessaires de temps en temps à la campagne; sans cela on oublierait aisément qu'on a une âme; le repos y est si grand qu'il vise à la léthargie, SÉV. Lett. à Bussy, 4 2 juill. 1690. Adieu, monsieur, vous aviez bien mauvaise opinion de mon amitié.... je suis affligée qu'on m'ait laissée si négligemment dans cette léthargie, id. Lett. à Guitaut, Mardi gras, (080. Ma fille ne comprend pas qu'ayant de la santé, vous n'ayez point eu la pensée de nous venir voir.... j'ai beaului représenter que nous n'en sommes pas là, et que sans moi vous seriez encore dans votre léthargie ; il n'importe, elle veut que je vous en fasse la proposition, ID. Lett. à Moukeau, 29 juin 4095. Les aveuglements, les léthargies pour ne point agir, la paresse, l'amour d'être chez soi, id. 23 oct. 4 680. Vouloir assurer les choses humaines plus que leur nature ne le permet, c'est une faiblesse qui fait tomber nonseulement dans la léthargie et dans l'engourdissement, mais encore dans le désespoir, boss. Polit, x, IV, 4 . Il y a loin, pour un prêtre, de la conviction à la componction ; on contracte, dans le long usage des choses saintes, je ne sais quelle affreuse léthargie que rien ne peut plus échauffer ni reveiller, mass. Confér. Yocat. 4 . Martin conclut que l'homme était fait pour vivre dans les convulsions de l'inquiétude, ou dans la léthargie de l'ennui, volt. Candide, 30.
— HIST. xiii* s. Si come cil qui dort en letardie. Dont nus [nul] ne puet esveiller le corage, Ilist. lut. de la France, t. xxiii, p. 705. || xv* s. Roy, qui te fiert? car le devise [devine-le]. Tu es, je crois, en leslardie, Ou ta char est acouardie, la Passion de J. C. Estourdy, estonny et comme en litargie, A. CHART. l'Espérance ou consol. des 3 vertus.
— ÉTYM. Provenç. litargia, litarguia; ital. letargia, de '/iiOotç.-c'") î^»i'iapY''î {'"•y- lêthargus).
LÊTUARGIQCE (lé-tar-ji- it'), adj. || l" Terme de médecine. Qui tient de la léthargie. État léthargique. Il 2* Qui est en léthargie. Elle dormait peut-être! elle était léthargique! elle veillait, et vous avez usé de violence, liderot. Est-il bon ? est-il méchant fiv, *. || Substantivement. lime semble qu'en m'ôtant la France on m'a donné le reste de la terre, et que je ne me dois non plus plaindre du destin qui m'en a chassé que les léthargiques de ceux qui les pincent et qui les frappent pour les réveiller, voit. Lett. 40. Il 3° Fig Qui est dans une torpeur comparée à une léthargie. Quélus et Saint- Mégrin Plongeaient dans les plaisirs ses langueurs léthargiques [de Henri IIIJ, volt. Ilenr. 1. L'administration économique des papes est modérée, mais le gouvernement est trop léthargique, duclos, Voy. Kal. OEuv. t. vu, p. 4», dans pougens. L'âme, au sortir de ce sommeil léthargique, a peine à se reconnaître ; elle a perdu par l'esclavage l'habitude de commander, buff. Nature des anim.
— IIIST. XV* s. Le lithargique. Toujours pratique D'estre endormy ; Et qui l'applique D'autre pratique N'est pas amy, le Blason des faulces amours, p. 232, dans LACUR.sE.
— ÉTYM. Provenç. lilargix; espagn. et ital. letargico ; du lat. lethargicus , de XriOapYixo;, dérivé de XTiOorpYia, léthargie.
t LÉTUARGUS (lé-tar-gus') , *. m. Nom donné par les anciens médecins grecs à une fièvre rémittente caractérisée par l'assoupissement.
— ÊTYM. AtiO!ï(i-(oç, qui est somnolent, et, substantivement, envie de dormir, Icthargus ; formé de lrj'iy\, oubli, sans que l'on se rende compte du mode de dérivation.
t LÉTIIÉ (lé-lé) , #. m. Terme de mythologie. Un des fleuves de l'enfer, celui dont les ombres étaient obligées de boire pour oublier le passé. Ces âmes [des champs Ëlysécs, après mille ans] allaient boire de l'eau du Léthé, et demandaient instamment à rentrer dans de nouveaux corps, cl à revoir la lumière du jour, volt. Dict. phil. Uésurrection, m. Je viens chercher vivant lo calme du Léthé ; Beaux lieux, soyez pour moi ces bords où l'on oublie; L'oubli seul désormais est ma félicité, lamart. Médit, le Vallon. || Fig. Avoir bu do l'eau du Léthé, avoir pou de mémoire.
— HIST. XVI" s. Mon travail sans profit est le seau des Belides, Et mes chauds desespoirs les fleres Eumenides. Mais las ! en mon enfer Lethés ne passe point, nEspOHTES, Diane, 11, 53.
— ÊTYM. AtiOti, oubli ; XWOm, dorique XâOu , ou" blier, latin latere, être caché (voy. latent).
LÉTHIFÈRE (lé-ti-fè-r'), adj. Qui cause la mort. Des sucs léthifères.
— ÉTYM. Lat. lethifer, de lethum, mort, et ferre, porter.
t LÉTIQUE (lé-ti-k'), adj. Qui a rapport aux lètes. Il Terres létiques, celles qui étaient concédées aux lètes, à titre de bénéfice.
t LÉTITU (lé-ti si-a) s. f. Planète télescopique découverte en 1856.
— ÊTYM. C'est en l'honneur de Mme Létilia Bonaparte que M. Chacornac a nommé sa planète. Létitia vient du latin Lrtitia, joie (voy. liesse).
tlLÉTRILLE ou LETTUILLE (lè-tri-ll'. Il mouillées), s. f. Nom, dans la poésie espagnole, d'un petit compliment ou d'une petite lettre envers. Faire des dixains,'des létriUes, le sage, Gil Blas, vu, 4 3.
— ÉTYM. Espagn. tetn7te, diminutif de ie<ra,lettre. t LETTE (lè-f), s. f. Nom donné dans les dunes
de la Gironde à des amas d'eau qui se forment lors des pluies au fond des vallées sèches séparatives des dunes et qui s'évaporent par les chaleurs.
LETTRE (lè-tr'), s. f. || 1" Chaque caractère de l'alphabet. || 2'' Chaque caractère de l'alphabet quant à sa forme, sa grandeur, sa couleur, etc. || 3° La manière d'écrire, la main d'une personne. || i' Caractère de fonte représentant en relief une des lettres de l'alphabet. || 5° L'ensemble des caractères dont on se sert en imprimerie pour la composition d'un ouvrage. j| 6' Inscription qu'on met au bas d'une estampe pour en indiquer le sujet. || 7° Le son ou l'articulation même que chaque caractère de l'alphabet représente. || 8° Sens littéral. || 9° Épitre, missive, dépêche. || 10" Nom donné à des collections de lettres publiées en forme d'ouvrage. || 11- Lettre de change. || 12° Lettre de voiture. || 13° Lettre de créance. || 14° Lettre de service. || 15° En termes de marine, lettre de santé, lettre de mer, lettres de marque. || 16° Lettre close. || 17° Lettre de cachet. Il 18° Nom donné à certains actes expédiés en chancellerie. Il 19° Actes qui s'expédient sous le sceau do quelque autorité, communauté ou compagnie. Il 20° Connaissances que procure l'étude des livres.
1° Cliaque caractère de l'alphabet. Un enfant qui commence à connaître ses lettres. L'A est la première lettre de l'alphabet. Il faut commencer, selon l'ordre des choses, par une exacte connaissance do la nature des lettres, mol. Bourg, gent. 11, 6. Les caractères des lettres sont instilués pour conserver les divers sons qu'on forme on parlant, et leur fonction est de les rendre fidèlement au lecteur comme un dépôt qui leur est confié, rollin. Traité des Et. liv. I, ch. 4. Joseph Scaliger, dans ses notos sur la Chronique d'Eusèbe, prouve que les lettres grecques et celles de l'alphabet latin qui en ont été formées, tirent leur origine des anciennes lettres phéiiicieiinos, qui sont les mêmes que les samaritaines, dont les Juifs se sont servis avant la captivité de Babylone, id. llisl. anc. Œuv. t. i, p. 437, dans POUGENS. Leurs lettres [des Hébreux] étaient celles que l'on nomme aujourd'hui samaritaines, parce que les Samaritains les ont conservées , FLEURY, Mœurs des Israél. lit. xv, 2* part. p. 4S0, dans POUGENS. Grégoire de Tours et Aimoin parlent de plusieurs ordonn.inces de Cliilpéric toudiaiit la langue; ce prince fit ajouter à l'alpliabet les quatro lotties grecques 0,'I', Z, N; c'est ainsi qu'on loi trouve dans Grégoire de Tours; Ainioiii dit que c'étaient 0, *, X, Q, duclos, Mém. lang. Ofi.uv. t. IX, p. S37. Il Lettres numérales, les lettres qui indiquent les nombres et dont on se servait avant l'introduction des chiffres arabes. Il y avait chez les Romains sept lettres numérales, C, D, 1, L, M, V, X; nous nous en servons encore quelquefois aujourd'hui. || Lettre dominicale , voy. DOMimCALK. Il Terme militaire. Lettre de compagnie, marque que l'on applique sur les elTels d'uniforme des soldats. || Écrire un mot en toutes lettres, récrire sans abréviation. Écrire un nombre en loules lettres, l'écrire non en chifires, mais avec des mots. Il Fig. et familièrement. Dire, écrire une chose en loules lettres, la dire, l'écrire sans rien taire, sans rien dissimuler. || C'est un sot en trois lettres, c'est i dire il est extrêmement sot. Vous êtes un sot en trois lettres, mon fils, mol. J'ai». 1, i. || Lettre initiale, ou, substantivemont, l'initiale, lettre qui commence un mot et, particulièrement, un nom propre. Il n'a signé que les letlioiiiuitiules, que les initiales de son nom^
LET
Il Terme de grammaire. Lettre double, se dit des lettres qu'on redouble dans rorthogniphe des mots, bien que souvent on n'en prononce qu'une seule. Dans donner, nn forment une lettre double. Je me suis borné au retranchement des lètres [lettres] doubles qui ne se prononcent point, nucLos, Gramm. P. R. Rem. OEuv. t. ix, p. ♦♦, dans pougens. Il Lettre double, se dit aussi des caractères qui expriment deux articulations réunies. Dans pneumonie, pn forment une lettre double. || Lettre double se dit enSn d'une lettre unique qui en vaut deux, comme I, ■\i en grec. Notre * est une lettre double en ce sens, valant ks ou gs. \\ Lettre oisive, celle qui ne représente aucune articulation ; dsins pouls, l'I est une lettre oisive ; c'est presque toujours un souvenir de l'étymologie. || Lettre servile, voy. 6ERVILB. Il Lettres hiéroglyphiques, se dit improprement de certains caractères dont les anciens Égyptiens se servaient. || Lettre de Bellérophon, signes [ar,fLOiza Xufpo , dit Homère] par lesquels Prœtus indiqua & Jobule, roi de Lycie, qu'il fallait faire périr Bellérophon envoyé auprès du roi avec ces signes; et fig. missive perfide et mensongère. Il 2° Chaque caractère de l'alphabet quant à sa forme, sa grandeur, sa couleur, etc." dans les diverses écritures. Grande, petite lettre. Lettre gothique, italienne. Lettre capitale. Lettre onciale. Lettre financière, bâtarde, ronde ou française. Lettre anglaise. Lettre cursive ou courante. "Lettre menue, maigre. Le plein, le délié, les jambages, le corps, la queue d'une lettre. || Grosse lettre, lettre dont la hauteur dépasse celle des autres d'un même corps d'écriture. Le maréchal lui apporte [à Charles Xll) une lista de toutes ces routes, à la tête desquelles il avait affecté de mettre en grosses lettres.... Route de Leipsick à Stockholm, VOLT. Charles XII, 3. jj Lettres rouges, lettres enluminées de minium, et qu'on voit dans les manuscrits en tête des chapitres et dans d'autres endroits remarquables. Il Fig. Cet homme est écrit sur mon li- Tre en lettres rouges, il a des torts, des vices, des défauts que je n'oublierai jamais. || Lettres d'or, lettre» écrites ou imprimées avec une couleur d'or, pour les rendre plus remarquables. || Fig. Cela devrait être écrit, imprimé, gravé en lettres d'or, se dit d'une belle sentence, d'une parole remarquable, etc. Souviens-toi de m'écrire ces mots [ il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger] ; je les veux faire graver en lettres d'or sur la cheminée de ma salle, hcl. l'Av. m, 6. {jFig. Lettres de sang, souvenir d'actions cruelles, de grands meurtres, etc. Depuis cette époque, malheureusement gravée en lettres de sang, tous les habitants des possessions ftançaises dans l'autre hémisphère sont de nouveau enrégimentés, BAYNAL, Uist. phil. xiii, 62. || Terme de paléographie et de diplomatique. Lettres armoriées, sorte de lettres capitajesdessinéesen noir, dans lesquelles les couleurs sont indiquées par la direction des traits, etc. comme les couleurs et les métaux dans le blason. || Lettres blanches ou lettres à jour, lettres que l'on indique seulement par leurs contours extérieurs. || Lettres capitulaires, lettres historiées placées au commencement des chapitres et des livres d'un manuscrit. || Lettres enclavées, majuscules initiales qui renferment dans leur contour la kcconde lettre ou même toutes les lettres du mot qu'elles commencent. || Lettres de forme, caractères gothiques des manuscrits du xiv* siècle. || Lettres solides, celles dont les pleins sont fort larges. |{ Lettres tranchées, celles qui ont à la base et au sommet de chaque jambage un petit trait horizontal ou incliné, jj Lettres égyptiennes, sorte de capitales de forme carrée et sans déliés. || Lettres damasicnnes, lettres que le pape Damase fit faire par un calligrapbe habile avec quelques modifications, au iv* siècle, pour écrire les inscriptions qu'il composa pour les tomlies des martyrs les plus illustres ensevelis dans les catacombes. || Terme de numismatique. Lettres incises, se dit des caractères qui sont gravés en creux sur une médaille, après qu'elle a été frappée, au lieu d'être en relief comme le reste de l'empreinte, lia* 11 s'est dit pour la manière d'écrire, la main d'une personne. J'ai trouvé ce billet enfermé dans son sein [d'Atallde] ; Du prince votre amant j'ai reconnu la lettre. Et j'ai cru qu'en vos mains je devais la remettre, rac. liaj. iv, 6. Il V Terme d'imprimerie. Caractère de fonte représentant en relief une des lettres de l'alphabet. L'ceit de cette lettre est trop petit. Lettres & queue , se dit des lettres g, j, p, q et y. || Lettre grise ou historiée, grande lettre capitale ornée de certaines figure», et ordinairement gravée sur du bois ou sur du euicro. Il Lever la lettre, prendre les lettre* les unes
LET
après les autres dans les cassetlns et les arranger sur le composteur, pour en faire des mots et des ligues. Il Lettre moulée, lettre imprimée. Cet écrivain imite parfaitement la lettre moulée. || Par extension, lettre moulée, lettre dont la forme ressemble à la lettre imprimée. Écrire en lettres moulées. L'emploi de garde des manuscrits, d'habiles gens le demandaient; on le donna à Gail, qui ne lit pas même la lettre moulée, p. L. cour. Lett. à ilM. de l'Académie. Il 5° Absolument, l'ensemble des caractères dont on se sert en imprimerie pour la composition d'un ouvrage. Nous n'avons plus de lettre, tout a été épuisé. La lettre manque. || 6" inscription qu'on met au bas d'une estampe pour en indiquer le sujet. Estampe, gravure avant la lettre, épreuve tirée avant qu'on y ait gravé cette inscription. || Substantivement. Une avant la lettre. || Lettre blanche, grise, noire, se dit des différentes teintes que l'on donne aux lettres de l'inscription d'une gravure de prix, afin de distinguer les épreuves des difl'érents tirages. Épreuve avec la lettre grise. || Estampe après la lettre, épreuve tirée avec l'inscription au bas. Il 7° Le son ou l'articulation même que chaque caractère de l'alphabet représente. Lettre sifflante. Lettre linguale, labiale, nasale, palatale, dentale. Lettres euphoniques. Les lettres sont divisées en voyelles ....et en consonnes, mol. Bourg, gent. u, 6. || 8° Sens littéral. L^es ministres de la nouvelle alliance, non pas de la lettre, mais de l'esprit, car la lettre tue, et l'esprit donne la vie, SACi, llible,St Paul, 2' ép. aux Cor. m, 6. Donnez aux enfants le gotlt des bons prônes et des homélies qui leur fassent entendre clairement la lettre de l'Évangile, fén. t. xvii, p. U6. C'est à tort et contre la lettre de la sainte Écriture que ces auteurs ont supposé que la terre était, avant k déluge, totalement différente de ce qu'elle est aujourd'hui, BUFF. Hist. nat. preuv. théor. terr. OEuv. t. I, p. 276, dans poi'GENs. Si leurs pieds souvent glissèrent. Si leurs lèvres transgressèrent Quelque lettre de ta loi, Ô père, ô juge suprême, Ne regarde en eux que toi, lamart. Harm. u, t. || Fig. La lettre tue et l'esprit vivifie, phrase qui, empruntée à l'Évangile, signifie qu'il faut, dans l'interprétation d'une loi, d'un précepte, d'une parole, non pas s'attacher seulement au sons littéral, mais chercher à pénétrer la pensée raisonnable, l'idée véritable, l'intention réelle. Il Fig. Lettre morte, écrit, précepte qui n'a plus ni Autorité ni valeur. Cette loi est devenue lettre morte. ||i la lettre, au pied de la lettre, selon le sens littéral , selon le propre sens des paroles. Je vous aime de tout mon cœur, mais c'est au pied de la lettre, sans en rien rabattre, sÉv. 226. Je crois tout au pied de la lettre, lu. 269. La suite de la prophétie [de Jacob] regarde, à la lettre, la contrée que la tribu de Juda devait occuper dans la terre sainte, boss. Uist. ii, 2. Vous me direz peut-être que c'est une exagération [qu'il est aussi difficile qu'un riche soit sauvé qu'il l'est qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille].... moi je soutiens au contraire qu'il faut entendre cette parole à la lettre, id. Panég. SI Franc. d'Assise, 2. Sans une femme de ce quartier-là qui passait, et qui a eu pitié d'elle ; je dis pitié à la lettre, mabiv. Marianne, ii* part. Ce mot de beneficium signifiait un fief à la lettre, volt. Mœurs, 48. De ne rien prendre à la lettre Nos juges ont fait serment, bérang. Ualle-ld. Il Fig. X la lettre, exactement, ponctuellement. Cela est vrai à la lettre Qui suit toujours
une règle à la lettre, En viole souvent l'esprit, la MOTTE, Fabl. m, *3. Il Aider à la lettre, suppléer à ce qui manque à quelque passage obscur ou défectueux. Il Fig. Aidera la lettre, entrer dans l'intention de celui qui parle ou qui écrit, en expliquant ce qu'il a dit ou écrit d'une manière obscure. || Aider à la lettre, signifie aussi quelquefois altérer un peu la vérité, soit pour tromper, soit pour amuser. || Ajouter àla lettre, dire quelque chose qui n'est pas dans ce qu'on lit, dire plus qu'il n'y a. || 9" Épître, missive, dépêche. Entretenir un commerce de lettres avec quelqu'un. Le secret des lettres. Lettres de recommandation, d'avis. Si vousne faites cas de moi, monseigneur, qu'à cause que l'on dit que j'ai quelque sorte d'esprit, et que je sais faire quelquefois une belle lettre, vous ne m'estimez que par la qualité que j'estime le moins, VOIT. Lett. <75. Nous remarquerons qu'il [saint Augustin] a été persuadé de la vérité des lettres qui se voient do saint Paul à Sénèque, LA MOTHE LE VATER, Verlu des païens, i, Avantpropos. Et que lui voulez- vous? — Lui rendre seulement la lettre que voici, mol. VÉt. u, i3. Ne me dites plus de mal de votre façon d'écrire ; on croit quelquefois que les lettres qu'on écrit ne valent rien, parce qu'on est embarrassé de mille
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pensées différentes ; mais cette confusion se passa dans la tête, tandis que la lettre est nette et naturelle, SÉV. à Mme de Grignan, s déc. (673. Je suis fort aise que vous ayez remarqué, comme moi, la diligence admirable de nos lettres, et le beau procédé de Riaux [surintendant des postes] et de ces autres messieurs si obligeants qui viennent prendre nos lettres et les portent nuit et jour, en courant de toutes leurs forces, pour les faire aller plus promptement, in. (6 oct. 4 67 5. Une lettre, monsieur, remet bien une affaire; Et trois ou quatre mots en hâte barbouillés Font souvent embrasser des amants bien brouillés, regnakd, le Distr. iv, 7. On a peu de lettres d'elle [de Ninon], il y en a deux ou trois d'imprimées dans le recueil de St-Évremond; l'abbé de Chateauneuf en avait beaucoup; mais en mourant il a brûlé tous ses papiers, volt. Mél. litc. sur Mlle de l'Enclos. Vous serez étonnée, madame, de recevoir lettres sur lettres d'un homme que vous avez traité do négligent, in. Lett. Mme Du Deffant, 6 mars 1761. Cette lettre, seigneur, à Zaïre adressée, ID. Zaire, iv, 4. L'abbé de Mably me donna des lettres pour Paris, entre autres une pour M. de Fontenello et une pour le comte de Caylus, j. j. Rouss. Conf. vu. Oh ! la belle lettre, mon cher maitre, que vous venez d'écrire à frère DamilaviUe sur l'affaire du malheureux Sirven! d'a- LEMB. Lett. à Fo/(oire,26 mars 1760.11 nesavait pas que, quelque longue que soit la lettre d'une femme, elle n'y met jamais sa pensée la plus chère cju'à la fin, BERN. DE ST-piEBRE, Paul et Virg. || Fig. Avoir lettre de quelque chose, en avoir assurance. || Lettre en chiffres, lettre écrite en caractères de convention, dont la valeur n'est connue que des correspondants. Il Lettre circulaire, ou, substantivement, une circulaire, lettre qu'on écrit dans les mêmes termes à plusieurs personnes sur le même sujet. Louis XIV fit alors [dans sa détresse] ce qu'il n'avait jamais fait avec ses sujets : il se justifia devant eux ; il adressa aux gouverneurs des provinces, aux communautés des villes une lettie circulaire par laquelle, en rendant compte à ses peuples du fardeau qu'il était obligé de leur faire encore soutenir, il excitait leur indignation, leur honneur et mémo leur pitié, volt. Louis XIV, 2l.||10" Nom donné à des collections de lettres publiées en forma d'ouvrage. Les Lettres de Cicéron. Les Lettres de MmedeSévlgné. ...l'exemple assez plaisant d'uu nommé Rangouze, qui avait fait un recueil de Lettres, qu'il avait fait imprimer sans chiffre; de sorte que le relieur mettait celle que l'auteur voulait la première ; et, par ce moyen, tous ceux à qui ildonnait ce volume, se voyant à la tête, s'en trouvaient plus obligés, MLLE nE SCUDÉRY, les CoHVersatimu. Dialogue. Les Lettres de Sénèque sont adressées à Lucilius, son ami et son élève dans la philosophie stoïcienne, dider. Claude et Nér. n, < . Il me fit lire les Lettres de Voiture, qu'il regardait comme des chefs-d'œuvre, et qui me parurent spirituelles et ridicules, olnlis, Jimc de Mainlenon, 1. 1, p. loo, dans POUGENS. || Les petites Lettres, nom donné dans le temps aux Provinciales. Quelquefois, pour nous divertir, nous lisons les petites Lettres : bon Dieu quel charme 1 et comme mon fils les litl sév. 2l déc. <689. Et vous aimez les Provinciales, petites Lettres, comme alors on les appelait, quand elles allaient de main en main, p. l. cour. Pamphl. des pamphl. Il 11° Terme de commerce. Lettre de change, lettre par laquelle un banquier ou un négociant tire sur son correspondant une somme d'ai gent au profit ou à l'ordre d'un tiers, qui en a fourni la valeur. On mande de Hollande qu'on y veut interdire tout commerce avec la France, hormis celui des lettres et des lettres de change; mais les provinces de Zélanda et d'Utrecht s'y opposent, dangkau, JournaJ, t. xiii, p. 470. L'invention admirable des lettres do clianga sortitdu sein du désespoir (des Juifs persécutés], (i pour lors seulementlecommerceputélu<lerlaviolenc i et se maintenir par tout le monde, volt. Dtct. phil. /ui'/"»-, m. Il Tirer, payer à lettre vue (lettre est pour lettre de change). || Lettre de crédit, lettre dont le porteur est autorisé à toucher de l'argent chez le correspondant à qui elle est adressée. || Lettre dégage, titre de crédit qu'une société de crédit foncier reçoit du propriétaire emprunteur ou qu'elle émet en son lieu et place, et qui est garanti par le fond social et par l'ensemble des propriétés sur lesquelles la société a hypothèque. Il 12° Lettre de voiture, écrit qu'on donne aux voituriers en les chargeant de marchandises, qui contient l'indication des articles, et à présentation duquel ils sont payés de leur salaire. || 18° Lettre ou lettres de créance, lettre qui porto qu'un doit donner confiance à celui qui
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la remet. L'ambassadeur présenta ses lettres de créance. || Lettre de créance sa dit aussi de la lettre qu'un banquier ou un négociant donne à un voyageur comme lettre de change ou de crédit. || Lettre de recréance, lettre qu'un prince envoie h son ambassadeur ou ministre, pour la présenter :iu prince d'auprès duquel il le rappelle, ou lettre qu'un prince donne à l'ambassadeur ou ministre rappelé d'auprès de lui pour la remettre au prince qui le rappelle. Il 14* Lettre de service, lettre par laquelle le ministre de la guerre annonce à un officier qu'il est appelé à exercer les fonctions de son grade. Il On dit quelquefois lettres de service au pluriel, quoiqu'il n'y en ait qu'une. Ce lieutenant général a reçu ses lettres de service. || Lettre de passe, lettre en vertu de laquelle un militaire passe d'un corps à l'autre. Ce capitaine vient d'obtenir la lettre de passe, les lettres de passe qu'il demandait. Il 15° Terme de marine. Lettre de santé, pièce qu'un capitaine, avant son départ d'un port, reçoit du comité de santé ou de l'autorité soit supérieure, soit consulaire. || Lettre de mer, passe-port délivré à un navire quand il sort d'un port. Interrogatoire dudit jour 8 septembre (1690) de Jacob Hetty.... qu'il naviguait sans pavillon et lettres de mer de cette ville [Hambourg].... lorsqu'il a été pris [par Jean Bart], dans jal. || Autrefois, lettres de marque, représailles concédées à des particuliers par le roi ou le prince, quand, hors l'état de guerre, les sujets d'un autre pays avaient fait des ravages, et que, par voie de justice ordinaire, droit n'était pas rendu aux intéressés. Il Aujourd'hui, lettres de marque, commissions en course qu'un gouvernement, en guerre eontre un autre, accorde à ses sujets, pour faire une «orte de course maritime privée contre les navires particuliers des sujets de son ennemi. |{ Par le sens ancien, on voit que, dans lettres de marque, marque signifie, non indice, mais frontière, et, par extension, pays. Il 16" Lettre close, lettre du souverain, contre-signée par un secrétaire d'État et cachetée du sceau de l'État. 11 a reçu une lettre close pour se rendre à l'assemblée. || Fig. et familièrement. Lettre close ou lettres closes, se dit de quelque chose qui reste inconnu, impénétrable pour nous. Le fond de cette intrigue est pour moi lettre close, MOL. Dép. am. 11, f. Ces matières pour vous sont encor lettres closes, th. corn. D. Bertr. de Cigarral, I, 4. Il nous le faut lire [Homère], non pour l'imiter, mais pour apprendre de lui à lire dans la nature, aujourd'hui lettre close à nous, qui ne voyons que d(!S habits, que des usages, p. l. cour. Prosp. d'une trad. d'Hérod. |l Lettres patentes, lettres qui, à la différence des lettres closes, ne sont pas cachetées, et qui confèrent un titre, un privilège, etc. 11 [Mw.arinJ n'eut point de lettres patentes de premier ministre, mais il en fit les fonctions; on en a expédié pour le cardinal Dubois, volt. Louis XIV, Ministre d'État. 11 (le parlement] refusa constamment, pendant dix-huit mois, l'enregistrement des lettres patentes qui établissaient l'Académie française, i». Jlist. pari. ch. 62. || 17° Lettre de cachet, Inttre close spéciale par le moyen de laquelle on envoyait, sans jugement , un particulier dans une prison d'État ou en exil. Tout ce que vous insinuerez au roi contre les lettres de cachet n'en diminuera pas le nombre ; on est persuadé qu'elles sont fort nécessaires, maintenon, l.ett. au card. de Noailles, *i janv. (708. Un moine inventa la poudre à canon ; un évêque, les bombes ; un capucin, le père Joseph, si fameux .sous le ministère du cardinal de Richelieu, imagina les espions soudoyés par la police et les lettres de cachet, saint-foix, Ess. Paris, OEuv. t. iv, p. 230, dans poiigens. La lettre de caclcet s'expédie, mais elle n'est point signée, volt. I.nvis XIV, 27. Pourquoi tant d'a.ssassinat3 religieux et tant de lettres de cachet prodiguées par lo jésuite le Tellior sont-ils le partage d'un peuple si renommé pour la danse et pour l'opéra comique? in. l.elt. à l'abbé A udra, 4 .sept. (7«9. Croirier.-vous bien, mademoiselle, lui dit-il d'abord, que votre frère est ■venu me demander une lettre de cachet contre vous? m. Ingénu, i5. l'ournotre histoire, elle est composée de tracasseries de cour, de grandes batailles perdues, de petits combats gagnés et de lettres do cachet, m. /.cH. Gaillard, 2» avril (769. Un Anglais, en lisant cet article, a demandé : qu'est-ce (|u'uno lettre de cachet? on n'a jamais pu le lui faire comprendre, ID. Diet. phil. Arrêts notables. On peut compte' quatre-vingt mille lettres de cachet décernées contre les plus honnêtes gens de l'État, lous le plus doux des ministères, didehot, Opirt, des phil. {jésuites). Et ce billet, ce cruel billet, n'est-il pas cent fols plus accabUnt qu'une lettre
d'exil? GENLis, JfWe de la Fayette, p. 253, dans pouGENs. Il 18° Lettres, au pluriel, certains actes expédiés en chancellerie, au nom du prince, et dont plusieurs sont abolis par nos lois nouvelles ; ces lettres de chancellerie s'appelaient généralement lettres royaux. Lettres subreptices, obreptices. Lettres de rémission, d'attache, de naturalité, de grande naturalisation, de légitimation, de committimus. Il Lettres du grand sceau, expédiées par les secrétaires du roi et scellées en la grande chancellerie, en présence du garde des sceaux. Lettres du petit sceau, scellées en la petite chancellerie, en présence d'un maitre des requêtes. j| Lettres d'État, lettres qui s'expédiaient au grand sceau, en faveur des personnes employées au service de l'État, et qui avaient l'effet de suspendre, pendant six mois, les procédures civiles dans lesquelles ces personnes étaient intéressées. Si la justice est écoutée, on rendra la requête comme une pièce folle, téméraire et sans fondement ; si elle ne l'est pas, nous lâcherons nos lettres d'État, et vous viendrez cet hiver, SÈV. 4i mars <689. || Lettres d'abolition, lettres par lesf|uelles le roi remettait, de pleine autorité, le crime au criminel. || Lettres de sang, lettres de grâce que l'on délivrait à ceux qui s'étaient rendus coupables d'un homicide, || Lettres de rescision, lettres du roi qu'on obtenait en la petite chancellerie, pour casser un contrat et remettre les parties en l'état où elles étaient avant que d'avoir contracté. Il Lettres de grâce, lettres du roi qui remettaient une peine. Un crime constaté par des lettres de grâce flétrit toujours moins que le châtiment, duclos, Consid. mœurs, ch. 4. Les dominicains [accusés d'avoir empoisonné Henri VII ] obtinrent , trente ans après , du fils de Henri VII, Jean, roi de Bohême, des lettres qui les déclaraient innocents; il est triste d'avoir eu besoin de ces lettres, volt. Mœurs, 68. || Lettres de répit, lettres qui accordent un répit. (I Fig. Les lettres de répit qu'il prend contre la mort Ne lui serviront guère, ou je me trompe fort, BEGNARD, Légat. I, 2. Il Lettres de noblesse, lettres conférant la noblesse. Le contrôleur général, Pontchartrain, vendit des lettres de noblesse pour deux mille écus, en t696 : cinq cents particuliers en achetèrent; mais la ressource fut passagère et la honte durable, volt. Louis XIV, 30. |{ Lettres de représailles, pouvoir écrit donné, en temps de paix, à un bâtiment, pour se venger d'actes commis par une nation étrangère. || Lettres d'armes, lettres du roi qui permettaient les combats de chevalerie. Il 19° Au plur. Lettres se dit aussi de certains actes qui s'expédient sous le sceau de quelque autorité, ou de quelque communauté ou compagnie ecclésiastique ou séculière. Lettres de tonsure, de prêtrise, etc. Lettres de maître es arts. Lettres de bourgeoisie. || Lettres de paix, lettres que les évêques écrivaient autrefois à leurs confrères sur les matières de foi, pour faire connaître aux fidèles les prélats et les peuples avec qui ils étaient unis. il Lettres de profession, vœux d'une religieuse, signés par elle après qu'elle les a prononcés solennellement. Il Lettres apostolique."!, lettres des papes, nommées plus communément, depuis plusieurs siècles, rescrits, brefs, etc. || 20° Au plur. Connaissances que procure l'étude des livres. La république des lettres. J'ai été nourri aux lettres dès mon enfance, et, pour ce qu'on me persuadait que par leur moyen on pouvait acquérir une connaissance claire et assurée de tout ce qui est utile à la vie, j'avais un extrême désir de les apprendre, desc. Méth. I, 6. Bien qu'il fiU ignorant et sans lettres, il parlait si bien des choses divines et dans un sens si profond, que tout le monde en était étonné, boss. 2« panég. St Franc, de Paule, 2. M. Hudde, grand mathématicien, a dit qu'il était étonnant que cette découverte eût échappé à tous tant (ju'ils étaient de géomttres et de pliilosophes et eût été réservée à un homme sans lettres, tel que Lcuvenhoeck, fon- TEN. Hartsoeker. Rose avait des saillies et des reparties admirables, beaucoup de lettres, une mi;molro nette, st-sim. 85, <««. Ce fut à Alexandrie qu'il y eut le plus de ces Juifs qui s'appliquèrent aux lettres grecques, plkuhy, Mœurs des Israél. tit. xxxiii, 3* part. p. 4)2. Les lettres forment la jeunesse et font les charmes de l'âge avancé; la prospérité en est plus brillante ; l'adversité en reçoit des con.solation3 , volt. Ali. ipit. dédie. Los lettres, dans leur état actuel, ont plus besoin lie concorde que de protection; elles ne peuvent être dégradées que par leurs propres dissensions, BijpF. Hép. au due de Duras, Œuvr. t x, p. 67, dans pouoRNS. 11 est bien juste que la philosophie
et les lettres aient quelques consotatlons au milieu des persécutions qu'elles souffrent, d'alemd. Leit. à Voltaire, 9 août (777. Claude meurt âgé de soixante-quatre ans, il n'était ni sans études ni sans lettres; il sut écrire et parler la langue grecque, DiDER. Claude et Nér. i, 34. Les lettres ne donnent pas précisément un état; mais elles en tiennent lieu à ceux qui n'en ont pas d'autre, duclos, Consid. mœurs, ch. u. Le goût des lettre», des soiencef et des arts a gagné insensiblement, et il est venu au point que ceux qui ne l'ont pas l'affectent, id, ib. Il Homme de lettres, au plur. gens de lettres, se dit des personnes livrées à la culture des lettres! L'homme de lettres est sans secours, il ressemble aux poissons volants ; s'il s'élève un peu, les oiseaux, le dévorent; ï'il plonge, les poissons le mangent, VOLT. Dict. phil. Lettres ou lettrés. Ce qui constitue l'homme de lettres n'est pas une vaine affiche, ou la privation de tout autre titre; mais l'étude, l'application, la réflexion et l'exercice, duclos, Consid. mœurs, ch. (2. || Les belles-lettres, la grammaire, l'éloquence et la poésie. J'avais cru ne trouver dans les belles-lettres que de la douceur et de la tranquillité, et certainement ce devrait être leur partage ; mais je n'y ai rencontré que trouble et qu'amertume, VOLT. Leit. Berger, sept. 1765. Il n'importe guère où l'on vive, pourvu qu'on vive pour les beausarts; et l'histoire est la partie des belles-lettres qui a le plus de partisans dans tous les pays, id. Lettres en vers et en prose, (05. || Les lettres humaines, synonyme moins usité de lettres. On l'applique [saint Benoît] à l'étude des lettres humaines pour polir son esprit, pléch. Panég. i, 373. On dit qu'il n'y a pas trop de quoi rire à nos affaires de terre et de mer; il faut s'égayer avec les lettres humaines et inhumaines, pour ne pas se chagriner des affaires publiques, volt. Lett. Thiriot, 25 sept. <7eo. || Les saintes lettres, l'Écriture sainte. Pour mieux entendre cet ordre des conseils de Dieu, posons, avant toutes choses, cette vérité si souvent établi» dans les saintes lettres.... boss. Hist. ii, 8.
— REM. 1. On ne dit point: Cet homme a dei belles-lettres; on dit : Cet homme a des lettres, » de la littérature. || 8. Lettres royaux est une façoi archaïque de parler, conservée longtemps par l'u' sage de la chancellerie, les adjectifs en al étant, dans l'ancien français, semblables au masculin et au féminin, attendu qu'ils proviennent d'adjectifs latins en alis, qui ont même forme pour ces deux genres; il est donc fort ridicule d'appeler, en se fondant sur la langue moderne, lettres royaux un solécisme ; royaui est au féminin, et ce sont nos aïeux qui pourraient nous accuser d'avoir assimilé fautivement les adjectifs latins en t's aux adjectifs en u«, a.
— HIST. xii« s. Le brief [il] desploie, s'a la letre choisie [vue]. Ronds. 26. || xiii' s. Les letres de fin or estoient, p;t en lisant ce recontoient ; Ci gist la blanche Blanchefleur, Romancero, p. 59. Quant il li haillerent les lettres lor seigneurs, villeh. x. Li rois ouvre la cire, la letre reversa [déplia], lierte, cxxii. Viellarz estoit auques [un peu] Il prestres, Ne fu onques de letres mestres, Jlej». 7.190. Renart a brisiéle soiax [sceau], Et puis lut les letres roiax, ib. 26034. Et cnvoia à cascun dessigneurs des naves unes lettres closes, Chr. de Rains, 200. Et qui bien entcndroit la letre. Le sens verroit en l'escripture Qui esclarcist la chose oscure, la Rose, 7200. Ne n'ot pas honte de ce dire, Ou'il vosist miex non savoir letre. Que sa mainporescrire i mètre, i7). fi60(. Car sachiés que cist nobles songes. Où fausse glose volés meire, Doit estre entendus à la letre, «7i. 6634. Car circoncis fu à la letre (suivant la prescription de l'F.criture], Et baptizié pour nous demectre Du pechiéque lu maudeïs, j.demeuno, Tr. (S.Nusmoleros [mouleur] ne puet moler ne fondre chose là où il i ait ieitres; et se il le fesoit, il seroit en la merci le roi de cors et d'avoir, Liv. des met. 94. Et aucune fois cil qui ont les convcnences s'obligent à tenir les par lettres, beauh. xxxv, 4. Et quant li ordenaires ara certefié par letres pendans, que tix [tel] clers s'est obligiésen droit a.sseurement....iD. xi, 37. 1.esqueles assises, usages, costumes estoient escrites, chascune par soi, de grant letres tornées, et la première lotre dou comon cernent estoit enluminée d'or, As. de Jérus. I, 25. Les messagers l'empereur f'erri [Frédéric] vindrcnt au roi et li apportèrent lettre de créance, et dirent au roy.... ;omv. 268. Proference (prononciation) clereetsouef, si que chascune letre ait son son, et chascuns moz son accent, brun, latini. Trésor, p. 364. Il XIV* 8. Lettres papaux, Chron. de Si-Denis, t. n, f* 13, dans laciirne. En cest roman ait six vingt et vi grosses lettres ymaginées, qui chascune costoit un florin, DR laborde, ^mouir.p. 368. jlxv's.
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Le duc rouit voulentiers, et escrivit les lettres ouvertes et closes, qui furent scellées de son scel, moult douces et moult amiables à ceui de Gand, FBOiss t. u, p. 306, dans lacdrne. Roy sans lettres comme un asne scroit, S'il ne savoit l'escripturc ou les lois, E. descii. Poésies mss. (' 203. Contre fort et ctiiitre faux ne valent lettres ne sceaux, le- KouK DE LiNCY, Ptov. t. II, p. <34. Et de tels y a qui ne souloioot savoir mot de lettre, qui ont appris leurs heures, et soigneusement les disent, Soucie. IV, 3. Il xvj* s. Ils prétendent orgueilleusement la doctrine de l'esprit, mesprisant quant à eux toute lecture, et se moquant de la simplicité de ceui qui suivent encore la letre morte et meur- Ixissante, comme ils l'appellent, calv. Instit. 46. noms mort n'a porteur de lettres [toute procuration est caduque par la mort de celui qui l'a donnée], L0TS8L, 377. Faire profession de lettres, mont, i, &8. Un homme de lettres, id. i, <74. L'éloquence et congnoissance des bonnes lettres, id. i, 288. Presler à la lettre, id. ii, I8I. Je sais bien qu'à le prendre à la lettre.... iD. iv, (27. Luy mesme luy enseigna les lettres, combien qu'il eust un serf nommé Chilon, honeste homme et bon grammairien, amïot, C'nfon, 41. Il composoit et escrivoit de sa propre main de belles histoires en grosse lettre, afin que son filr dî'S la maison de son père eust congnoissance des gens de bien du temps passé, id. ib. A mis en musique à quatre parties douze chansons spirituelles, dont la lettre est de Jean Antoine de liaïf, DUVEHDiER, BibUoth. p. a, dans lacubne. De vous dire par quels moyens, ce me sont lettres clauses, PASQuiER, nedierches, livre m, p. 2(8. Osiez de nostre escriture les lettres que nous ne prononçons pas, vous introduirez un chaos en l'ordre de nostre grammaire, et ferez perdre la cognoissance de l'origine de la plus grande partie de nos mots, id. Gramm . franc, p. 209, dans livet. Tesmoing passe lettre, COTGRAVE. Lettres capitales sont requises à l'escriture.... elles se mettent en teste et au commencement desescritz.... s'appliquent en frontispices de bastimentz, en chiffres, festons, guillochis, faces de livres, commencements de chapitres; servent encores en tous commencement/, de clauses et périodes, de vers et de noms propres, paluot, dans LivET, Cramm. franc, p. 28*.
— ÉTVM. lierry, Ulre; bourguig. lettre; provenç. lettra, letra; catal. llelra; espagn. et portug. tetra ; ital. letlera; du latin liltera, que L. Meyer dit être pour lictera, du radical sanscrit Ukh, graver, écrire, au lieu que Corssen le rattache à linea, ligne, linere, litum, enduire. La chose reste incertaine. Lcllre au sens de missive, d'épître, vient du latin K«er<r, qui avait ce sens au pluriel.
LETTBÊ, ÉE (lè-tré, trée), adj.\\i' Quia des lettres, de la littérature ; qui connaît une ou plusieurs littératures, et qui s'en occupe par délassement ou par profession. Un des hommes les plus lettrés de son temps. Toute fille lettrée restera fille toute sa vie, J. J. rouss. Ém. v. || 2° S. m. Celui qui est lettré. Les lettrés. \\ Particulièrement. Classe d'hommes qui, à la Chine, cultivent les lettres et exercent les emplois publics. On connaît un lettré i la façon aisée dont il fait une révérence, hontesu. Bs'pr. XIX, (3. On dit qu'elle est unie X l'un de ces lettrés que respectait l'Asie, volt. Orphel. ii, 7.
— HIST xu* s. [Une épée] Bêle est et ben letrée [marquée de lettres], Ilonc. p. 23. Co [ce] ne devreit pas dire huem [homme] cristien letrez. Th. le mart. 88. Se plaiz sursist d'Iglise entre lais [laïques] ou letrez, ib. 58. || xiu* s. Or vous faites amer [aimer] [de] gent letrée etgent laie [laïque], Verte, viii. Ain» U faisoit la jeune dame [Héloïse à Abeilard], Bien entendante! bien letrée, Et bien amant et bien amée, Argumens à li chastier Qu'il se gardait de marier, la Hose, 8ho5. || xv* s. Je parle comme un homme non lettré, cohm. v, 4 8.
— ETYM. Bourguig. lottray; provenç. letral; catal. lletrat; espagn. letrado ; ital. 2ellera(o;du lat. litteralus, de Huera, lettre.
t LETTKILLE, ». f. Voy. LETRILLE.
LETTRINE Ofc-tri-n'), ». f. || 1» Terme d'imprimerie. Petite lettre qui se met au-dessus ou à côté d'un mot, pour renvoyer le lecteur à des notes placées soit & la marge, soit au bas des pages. || 1° Lettres majuscules qui se mettent au haut des colonnes ou des pages d'un dictionnaire, pour indiquer les initiales des mots qui s'y trouvent.
— gTTM. Diminutif de lettre; ital. UUerina.
^ LETTRISIÎ, ÉB (lè-tri-zé, zéc), adj. Ancien terme de vcrsiflcatioo. Ver» lettrisés, voy. tauto-
CUAHUK.
— ÉTYM. Uttrt,
LEU
t LEO (leu) ,usité seulement dans cette locution familière :X la queue leuleu, à lasuitelesuns desautres.
— ÊTYM. Picard, leu, loup (voy. loup) ; locution qui vient de ce que les loups cheminent les uns derrière les autres.
t LEU (SAIPfT-) (sin-leu), s. m. Pierre tendre d'une excellente qualité, ainsi dite du lieu d'extraction Saint-Leu, village de Seine-et-Marne.
f LEUC... ou LKUCO.... préfixe qui signifie blanc et vient du grec /euxô;.
I LEUCADE (leu-ka-d'), s. f. Dans l'histoire grecque, saut de Leucade, se dit des amants malheureux qui se précipitaient dans la mer, du haut du promontoire de Leucade, pour se guérir de leur amour. Désespérant d'être désormais heureuse avec lui et sanslui[Phaon], elle[Sapho] tenta le saut de.Leucade et périt dans les flots, barthél. Anacli. ch. lu.
I LEUCÉ (leu-sé), s. f. Ancien terme de médecine, assez mal déterminé et qui paraît comprendre une variété de l'éléphantiasis et peut-être aussi du psoriasis.
— ETYM. AeiJXTi, de Xeuxo;, blanc; comparez le lat. litcere, briller, et le radical sanscrit rue, briller.
t LEUCINE (leu-si-n'), s. f. Terme de chimie. Principe existant dans le tissu pulmonaire et dans le sang.
— ÊTYM. Aeuxè:, blanc, et la finale chimique ine. f LEUCITE (leu-si-f), s. f. Terme de minéralogie. Grenat blanc ou amphigène.
— ËTYM. AEuzè;, blanc, et la finale minéralogique ite.
\ LEUCOCYTE (leu-ko-si-f), s. m. Terme d'anatomie générale. Espèce d'élément qui se présente soit à l'état de cellules, soit à l'état de noyaux libres blancs.
— ÊTYM. Leuco...., et xOto;, cellule.
t LEUCOCYTHÉMIE ( leu-ko-si-té-mie ) , s. f Terme de médecine. Altération nouvellement étudiée, consistant dans une augmentation considérable des globules blancs qui donnent une teinte grisrougeâtre au sang.
— ÉTYM. Leucocyte, et olpia, sang.
t LEUCOCYTUÉ.MIQUE (leu-ko-si-té-mi-k'), adj. Oui a rapport à la leucocytliéniie.
t LEUCOGRAPOIE (leu-ko-gra-fie), s. f. Description des albinos ; traité sur l'albinisme.
— ÉTYM. Lexuo...., etvpàçEtv, décrire.
t LEUCOGRAPQITE (ïeu-ko-gra-fi-f), t. m. Espèce de craie, ou pierre blanclie, facile à dissoudre dans l'eau, dont les blanchisseurs se servent pour donner de l'éclat au linge.
— ÉTYM. Leuco...., et graphite.
t LEUCOLYTE (leu-ko-li-f) , adj. Terme de chimie. Métaux leucolytes, nom donné par Ampère à tous les métaux qui forment des sels blancs ou incolores avec les acides non colorés.
— ÉTYM. Leuco...., et Xuxà;, dissous.
f LEUCOMA (leu-kô-ma) ou LEUCOME (leu-kôm'), ». m. Terme de chirurgie. Tache blanche de la cornée transparente de l'œil.
— ÉTYM. A60xo)[ia, de XeuxÔM, blanchir, de ).eu)tôç, blanc.
t LEUCOPATUIE (leu-kopa-tie), ». f État d'un animal qui, par vice primitif de conformation, a blanches des parties qui, naturellement, sont plus ou moins colorées. j| Terme de médecine. Synonyme d'albinisme.
— ÊTYM. Leuco...., et itâOoc, maladie.
t LEUCOI'HLEGMASIE (leu-ko-fiè-gma-zie) , s. f. Terme de médecine. Synonyme d'anasarque ou infiltration générale du tissu cellulaire.
— HIST. XVI* s. Si avec icelle maladie il y avoit leucophlegmatie, paré, ïvi, 40.
— ÊTYM. AEuxoçXefixatio, de Xeuxi;, blanc, et 9).éYHa, flegme, humidité.
t LEUCOPULEGMASIQUE (leu-ko-fiè-gma-zi-k'), adj. Qui appartient à la leucophlegmasie. Accidents leucophlegmasiques.
t LEUCOPODE (leu-ko-po-d') , adj. Terme de botanique. Se dit d'un champignon qui a le pied blanc.
— ÉTYM. Leuco...., etitoùç, itoSoi;, pied.
LEUCOUltUÉE (leu-ko-rrée), ». f. Terme de médecine. Écoulement muqueux, chez les femmes, par les parties génitales; vulgairement fleurs blanches.
— ÉTYM. Atuxôfipoi», de ),Eu<o;, blanc, et foo;, flux, de fsiv, couler (voy. rhume).
t LEUCORRUÉIQUE (leu-ko-rré-i-k'), adj.
I! 1° Terme de médecine. Qui est affecté de leucorrhée. Il Substantivement. Une leucorrhéique. || 8° Qui & le caractère de la leucorrhée. Un écoulement leucorrhéique. Il On dit aussi, dans ce dernier cas, lejcorrhoïque.
i . LEUDE (leu-d') , ». m. Nom que, dans les
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temps mérovingiens, on donnait aux compagnon» ou fidèles des rois. J'ai parlé de ces volontaires qui, chez les Germains, suivaient les princes dans leurs entreprises; Tacite les désigne par le nom de compagnons ; la loi salique, par celui d'hommes qui sont sous la foi du roi ; les formules de Marculfe, par celui clantrustions du roi; nos premiers historiens, par celui de leudes ; et les suivants, par celui do vassaux et seigneurs, montesq. i'spr. xxx, 4 0.
— ÉTYM. Bas-lat. leudes; du germanique; allem. Leute, les gens; suédois, lyd, homme.
t 2. LEUDE (leu-d'), ». f. Nom donné, dans la moyen âge, à toute espèce de prestation ou impôt.
— ÉTYM. Provenç. leuda, ledda, leida, lesda ; du participe bas-latin Icvitus, pour levalus, comme rogitus pour rogatus.Levita, proprement, une levùc, a donné régulièrement Jeude et /euda. Tel est, contre du Gange, qui le tire du germanique lettde, homme, l'avis de Diez, qui cite, en confirmation l'espagnol leudo, levain, tiré aussi de levare. Cet avis doit prévaloir.
t . LEUR (leur). || i° Pronom personnel pluriel des deux genres, qui signifie à eux, à elles. 11 se placo immédiatement devant le verbe, et se dit principalement des personnes. Il faut compter sur l'ingratitude des hommes et ne pas laisser de leur faire du bien, fén. Tél. xxiv. || Avec un impératif, il se place immédiatement après le verbe. Donnez-leur du pain. Va, dis-leur qu'à ce prix je leur permets de vivre, RAC. 4Wia/.v, 4. Il Mais, toujours avec un impératif, si un pronom de la 3" personne, complément direct du verbe, est joint à leur, leur se met après co pronom. Donne-le-leur. Donne-la-leur. Donne-les-leur. Il Avec un pronom de la 4" ou de la î' personne, leur ne se dit pas, il faut à eux. Donne-toi à eux, et non : donne-toi-leur. || U se dit quelquefois des animaux, des plantes, et même des choses inanimées. Ces chevaux sont fatigués, faites-leur donner de l'avoine. Ces orangers vont périr si on ne leur donne de l'eau. J'ai pris beaucoup de bains pendant ma maladie ; je leur dois ma guérison. || 2° Leur se construit avec en, el se met devant. Je leur en parlerai. Il 11 se construit avec y et se met devant. Ils ont une belle campagne, je leur y rendrai visite.
— REM. Je leur suis parent, est une phrase populaire, qui n'est pas du bon usage, et qui rentre dans la locution populaire aussi : le fils à Pierre.
— HIST. et ÉTYM. Voy. leur 2. Leur, pronom, et leur, adj. possessif, qui sont grammaticalement deux mots différents,sontétymologiquement le même mot.
2. LEUR (leur); au plur. leurs (leur, r»se lie : leur-z amis), adj. poss. des deux genres. i| 1° U signifie d'eux, d'elles, qui ajipartient à eux, à elles ; il est ordinairement relatif aux personnes. 11 est leur adversaire, mais il a leur estime. Lorsque d'un saint respect tous les Persans touchés N'osent lever leurs fronts àla terre attachés.... RAC.Es(?i. II, 4. Il est bien dur pour un cœur magnanime D'attendre des secours de ceux qu'on mésestime; Leurs refus sont affreux, leurs bienf^iits font rougir, volt. Zaïre, ii, 4. || U se dit quelquefois relativement aux animaux, aux plantes et même aux choses inanimées. Les chevaux ont perdu leurs fers. Mes orangers ont perdu leurs feuilles. Le char d'Amphitrite, traîné par des chevaux marins plus blancs que la neige;... leurs yeux étaient enllammés, et leurs bouches étaient fumantes, fén. Tél. iv. Les hautes montagnes de Thrace, qui de leurs fronts couverts de neige et de glace depuis l'origine du monde fendent les nues, id. ib. xix. || 2" Quehjuefois on le dit d'un nom au singulier, pourvu que ce nom soit collectif. C'est une famille illustre ; leurs aïeux sont nommés dans l'histoire.... Une Espagnole eiit promis davantage, je n'ai point leurs mœurs, est très-français ; lisez la grammaire à l'article des pronoms collectifs, volt. Lett. Thiriot, to mars 4736. US" Leur placé devant les companitil's et les adverbes comparatifs forme un su|ierlatif. Leurs meilleurs amis. Leurs plus beaux fruits. Leur plu» riche habit. || 4" Leur précédé de l'article le, la, les, s'emploie pronominalement. Les gens cages conservent leurs amis, et les fous perdent les leurs. Les mémoires de Ludlowe, colonel alors dans l'armée [républicaine anglaise], et l'un des juges [de Charles I"], font voir combien leur fierté était flattée en secret de condamner en maîtres celui qui .îvait él6 le leur, volt. Jfœur», 4 80. Ils vous ont servi do modèle. Et vous auriez été le leur, m. Lettres en vers et en prose, 4 43. || Quoique d'ordinaire il soit relatif aux personnes, on le peut dire des animaux, et même des choses inanimées. Celte poule a laissé son grain ; les autres ont mangé le leur. Ce mur nouveau a perdu son aplomb; les vieux ont gardi le leur. Le çenre humain s'égara jusqu'à adorer sçf
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Tices et ses passions ; et il ne faut pas s'en étonner: il n'y avait point de puissance plus inévitable ni plus tyrannique que la leur, boss. Ilist. ii, 3. Il 5° Leur s'emploie substantivement pour sjgnifier ce qui est à eux, à elles. Qu'ils gardent ce qu'ils ont je ne veux rien du leur. N'oubliez pas que vous avez des parents et des alliés qui ne doivent pas en souffrir; et que du moins il n'y aille rien du leur; c'est tout ce qu'on vous demande, mariv. tiarianne, T part. Il 6° Leun, au pluriel, est quelquefois substantif et signifie leurs parents, leurs amis, ceux qui leur sont attachés. Je m'intéresse à eux et aux leurs. J'y pris la même part que si j'eusse été un des leurs, marmontel, Mém. x.
— UE.M. Leur se répète devant les adjectifs qui ont un sens opposé ou dillérenl; ainsi : lis nous ont montré leurs bonnes et leurs mauvaises marchandises. Mais il ne se répète pas dev.ant les adjectifs qui ont à pou près la même signification : Ils nous ont montré leurs beaux et brillants équipages. Cette règle n'est nullement obligatoire; elle n'est pas observée dans cette phrasc-ci : Avec leur froide et leur pesante sagesse, salz. De la cour, 6* dise. Pour cela on consulte beaucoup l'oreille.
— HIST. X' s. E lorpeccatum lor dimisit, Fragm. de Valenc. p. 468. Hxi' s. Or et argent [il j lur met tut en présent, Ch. de Hol. xxiK. X lur signer, ib. xxvjii. [llsj Vont par le camp [champ], si requerent les lor, ib. ex. Paion reclament un lur deu Tervagant.ift. CLXxvi. IMon âme] Entre les lur est alouée et mise, ib. ccvi. Kranc s'en iront en France la lor tcre, ib. iv. Enz en lur mains [ils) portent branches d'oli've, ïb. VII. ||xn' s. Mort |il] le trestourne entre deux cens de lor [des leurs], iîonc. 70. Espeigne ert [sera] lor, de ce se vont vantant, ib. t^i. Congié demandent, et il lor a doné, ib. 203. Et cent ostaigcs volontiers lor ofrons. Et li lor home volontiers devenons, Raoul de C. <03. || xiii* s. Se il tienent mes comandemenz por escomeniez et les leur por loiaux.... Psautier , l' ios. Et bien li deïssont ipertement que il pourchaceroient le leur si come il porroient, ville», xcui. Dux Naymes leur ala les îsperons chausser, Berte, cxxix. Toutes leur aventures se fjef vouloie conter, ib. ut. En la terre hongroise, en un leur bel manage, ib. Lxx. Moult lor convient soffrir dolor, Ains que gens lor doignent [donnent] du lor, la Rose, 8020. Les baions, qui deussent garder le leur pour bien emploier en lieu et tens, se pristrent à donner les grans mangers et les outrageuses viandes, jomv. 217. || xivs. Belle chose leur sembloit que les leur régnassent à Rome, BEiicnEUHE, f" 29, verso. 11 toit [enlève] et embleauxgens le leur, Dont en la fin muert [meurt] à doleur, bhuyant, dans Uénagier, 1. 11, p. (8. Nostre dit habitant seront tenuz de maintenir au leur [à leurs dépens] les aules [halles], do cange, aula. D'autre partie les mores scevent mielx que les enfans sont leur, que les pères ne scevent que il sont leur, ORESME, Elh. 270. X leur [à eux] ou aulcun d'eulx, Ordonn. desrois de Fr. 1. 111, p. «56. || xvs. Les princes en leurs jeunesses, comm. Frol. Ils eussent bien voulu le dit royaume leur, car ils y avoient meilleur droit que ceux qui l'ont possédé, ID. viii, 18. Il xvi* s. La commune de son armée.... au mespris de leur chef et de son triomphe, mont. I, 4. Les leurs, ID. I, <♦. Ils doibvent du plus leur [ils doivent de ce qui est plus à eux], ID. i, 3». Comme fait le monde, sans exercer leurs [ses] forces, ID. 1, 34. Ceste desbauche qui se veoid en noslre jeunesse au port de leurs [ses] vestements, ID. I, t92. On leur [les] aveu parfois s'accuser de.... ID. IV, (80. Et pour comble de leurs malheurs ils estoient tenus pour mahumettans entre les chrestiens et pour chrestiens entre les leur, d'aub. Ilist. I, 340. Le peuple lui donnant de bon cœur la disiue de leur fruits et le quint de leur butins, id. ib. i, 340. Cette leur mauvaise intention s'est encores rendue plus manifeste depuis que.... :d. ib. m, 331. Nul de ceux que l'on appelle leurs mignons n'oze leur dire librement leur vérité, amïot, Jimol. 21.
— ETYM. Berry et Normandie, leux ; bourguig. lo devant une consonne : lopeire, leur père; loi devant une voyelle : los efan, leur enfant; lofe, au féminin devant une consonne : lote raice, leur race; chécun de lor, chacun d'eux ; provenç. lor, lhor,lur ; catal. lur; ital. loro; du génilif latin pluriel t/^orum, d'eux, nominatif t7l« (voy. a). Leur, représentant illorum, était toujours invariable; on n'a commencé & le faire varier que dans le xv* et le xvr siècle, encore sans unilormité ; dans leurs manuscrits autographes, Brantôme et Malherbe écrivent toujours leur amiliét, leur guerres.
IMVutXE CIcu-r'), s, m. Terme de fauconnerie.
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Il 1° Morceau de cuir rouge, en Ibrme d'oiseau , qui sert pour rappeler l'oiseau de proie lorsqu il ne revient pas droit sur le poing. Son maître le rappelle et crie et se tourmente. Lui présente le leurre et le poing, mais en vain, la fontaine, Fabl. xii, (2. Quoique l'alouette s'élève beaucoup, le hobereau vole encore plus qu'elle, et on peut le dresser au leurre comme le faucon et les autres oiseaux du plus haut vol, BUFF. Ois. t. 11, p. 44. || Oiseaux de leurre, ceux qu'on rappelle au leurre ; tels sont le faucon, le gentil-pèlerin, le gcrfaut-lanier, le sacre, l'aigle et l'émerillon, par opposition aux oiseaux de poing, qui ne se dressent pas au leurre. Il Acharner le leurre, le garnir de chair; le décliarncr, ôter lo morceau de chair. || Espèce de chasse à l'oiseau dans laquelle on emploie l'appât nommé leurre. || 2° Fig. Chose aitificieusement présentée pour attirer et tromper. L'exemple est un dangereux leurre, la font. Fabl. 11, 16. Quand, ébloui de ce leurre, il aurait une fois consenti à ce qui vous touche, il importerait peu ensuite qu'il se désabusât, mol. l'Arare, iv, 4. L'étalage de l'espérance est le leurre de tous les pipeurs d'argent, BUFF. Ess. arith. mor. L'incertitude de l'avenir m'a toujours fait regarder les projets de longue exécution comme des leurres de dupe, j. j. rouss. Conf. IV. 11 réduisait les conventions les plus sacrées des nations entre elles aux leurres d'une perfidie politique, RAYNAL, Ilist. phil. X, 14. || 3° Terme de pêche. Appât factice attaché à l'hameçon.
— HiST. xiir s. Retiennent encore la pcscherie de la rivière à loerre et à tous engins, tant comme l'abbe [l'abbé] sera en ville, du cange, lorro. Et fist [Jupiter] tornoiement es nues D'ostoirs, de faucons et de grues. Et les fist au loirre venir, la Rose, 20351. Il XV* s. Je perdrai mon faucon dont je aurai grand ennui; ni n'ai loirre ni ordonnance de quoi je le puisse reclamer, froiss. ii, ii, toi. Il XVI' s. Ceux qui, pour le seul regard du profit, se remuent comme un oiseau fait au braillement du leurre, langue, <8J. Et quand il n'y auroit que quatre ou cinq cens volontaires, qui de leur mouvement particulier allassent tous les ans es guerres, comme les oiseaux de leurre font à l'essor, cela seroit peu de chose, i». t87. Nous les en aimons mieuli [les femmes pour leur sagesse] ; il n'est point de pareil leurre que la sagesse non rude et renfrongnôe, mont, m, 33o.
— ÉTVM. Génev. une leurre; walI. lure; provenç. loire; ital. logoro; angl. Jure; de l'anc. moyen allem. luoder, leurre.
LEUllUÉ, ÉE (leu-ré, rée), part, passé de leurrer. Il 1" Dressé au leurre. Oiseau leurré. || 2" Fig. Trompé par quelque chose artificieusemeiit présenté. Leurré par de vaines promesses. || 3° Rendu habile, déniaise
(sens vieilli) Un jeune homme, après avoir en
France Étudié, s'en revint à Florence Aussi leurré qu'aucun de par de là, la font. Mandr.
LEURRER (leu-ré), ti. a. || 1° Terme de fauconnerie. Dresser un oiseau au leurre. || 2° Fig, Suggérer quelque objet d'espérance pour tromper, l'u m'allègues le sort : prétends-tu, par ta foi, Me leurrer de l'appât d'un profane langage? la font. Fabl. x, (2. Deux siens voisins se laissèrent leurrer A l'entretien libre et gai de la dame, id. Rem. Sur les cent mille écus dont on m'a cru leurrer, Dites, combien la nièce a-t-elle à retirer? su. corn. Comtesse d'Orgueil, v,7. Et d'une cause en l'air il le faut bien leurrer, rac. Plaid, m, 2. Quoi ! par un feint amour vous m'auriez donc leurrée ! UESTOuciiES, Irrésolu, m, 4. L'espérance anime le sage, et leurre le présomptueux et l'indolent, vauven. Maximes, xiv. Bonaparte ne nous baillait pas le lièvre par l'oreille, jamais ne nous leurra de la liberté do la presse, ni d'aucune liberté, p. l. coun. Réponse aux anonymes. || 3» Se leurrer, v. re'/I. Rtre leurré. Ces oiseaux-là ne se leurrent pas facilement. || Fig. Se leurrer d'un vain espoir. || Se leunor de, avec un verbe à l'infinitif, se flatter do. Son feu [du génie do Corneille] ne peut agir quand il faut qu'il s'explique Sur les fantasques airs d'un rêveur de musique... Une se leurre point d'animer de beaux chants, Et veut, pour se produire, avoir la clef des champs, corn. Excuses à Ariste.
IIIST. XIV* s. L'apientis demanda comme on
doit loirrcr ung faulcon nouvel alTaittié, Uodus, f" Lxxxi. Il XV* s. Si se mirent ces deux faucons en chasse et le comte après, ainsi que pour les loirrer, en disant : hoiel hoiel proiss. i, i, 3m. Amours loirre Les cueurs comme faucon en loirre, a. ciiar- TiEB, Poésies, p. 030. Il XVI* s. Ce que lo garçon, qui cstoit si bien leurré, qu'on pouvoit dire : à" tel maistre tel valet, exécuta fort bien, yvkh, «43. Ainsi gu'pn voit au mouvement du bras du fauconnier
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quand il leurre et duit ses oiseaux, paré, i, 8. J'appris Virgile, puis Plaute, leurré tousjours par la doulceur du subject, mont, i, i 97. On les leurro et acharne par touts moyens, id. m, 334. 11 y est leurré [phrase proverbiale pour dire : il s'y connaît], n. EST. Précell. du long. fr. p. 79.
— ÉTVM. icurre; wall. lurer; provenç. loirar ; anc. catal. loyrar.
+ LEUTRITE (leu-tri-f), s. f. Sorte de marne calcaire et sablonneuse qu'on emploie pour amender les terres, et qui prend son nom de ce qu'elle se trouve à Leutra, près d'Iéna, en Saxe,LRGOARANT.
t LEVAGE (le-va-j'), i. m. |1 1" Terme de construction. Mise en place d'une charpente. || 2° Action des bouillons qui s'élèvent au-dessus de la chaudière dans laquelle on cuit le savon. || 3° Unedes opérations qu'exige laiabrication du point d'Angleteire.|| 4" Manière d'assujettir les pampres des vignes, qui est en usage dans le Médoc. |1 5° Terme d'ancienne coutume. Action de lever un impôt. Le levage des dîmes.
— ÉTYM. Lever.
LE'VAIN (le-vin), s. m. \\ 1* Pâte aigrie, c'est-àdire ayant subi un certain degré de fermentation acide, et qui, par là, est devenue propre à faire lever la pâte du pain. De même qu'un peu de levain aigrit et corrompt toute la masse qui le reçoit. LAMOTHE LEVAYER, Verlu des pa'icns, ii, Avantpropos. 11 Pain .sans levain, voy. pain. || 2° Toute substance capable d'exciter une fermentation dans la substance avec laquelle on la mêle. Levain île bière. {| Le levain de bière est appelé levain doux, par opposition à la pâte aigrie qu'on nomme levain aigre dans les pays où les deux sortes de levain sont employés; à Paris le pain se fait généralement au levain doux; mais, dans une grande partie de la Franco, et particulièrement à la campagne où on n'a pas de levain doux, il est fait au levain aigre. Il 3" Par extension, cause de quelque maladie comparée à une fermentation. Ce mal-là ne se guérit jamais si bien qu'il n'en reste quelque levain. Arrière les humeurs, qu'elles pèchent ou non ; La fièvre est un levain qui subsiste sans elles, la font. Quinquina, ii. || Fig. Sorte de fermentation vicieuse que le péché laisse dans l'âme. Se défaire d'un vieux levain du péché. L'Écriture en cet endroit, en parlant de notre ennemi, entend le mauvais levain, l'ASC. Pens. XXV, <44, éd. havet. L'homme se trouve puni dans sa dernière postérité do la faute qui lui lit prendre le premier levain du crime, ciiateaubr. Génie, i, i, 4. || 4" Fig. Ce ((ui est capable d'exciter, comme par une fermentation, les passions, les sentiments, les doctrines, soit en bien, soit en mal. Ce levain de révolte et de sédition, tristan, Uariane, iv, t. Comment ne comprenez-vous point que ce n'est pas du pain que je vous parlais, lorsque je vous ai dit de vous garder du levain des pharisiens et des saducéens? SACi, Bible, Év. St ilalh. XVI, H. Si jamais l'Angleterre revient à soi [quitte le protestantisme], si ce levain précieux [ce qu'il y reste de catholicisme] vient un jour à sanctifier toute cette masse, uoss. Reine d'Aiiglet. 11 y a dans l'esprit comme un levain d'orgueil qui s'enfle et se dilate par la science, fléch. Panég. ii, p. 232. Un secret levain de dissension et de discorde avait commencé depuis quelques années à troubler le repos de la Grèce, rollin, Ilist. anc. Œuv. t. m, p. 415, dans pougens. Ne laisser germer dans mon cœur aucun levain de vengeance, J. J. ROUss. Prom. 7. L'intorprèto du ciel au fond des consciences Agite sourdement lo levain des vengeances, c. delav. Vép. sicil. l, < . Il 6° Mélange de chaux et d'alcali dont les savonniers tirent la lessive.
— IllST. xu* s. De ce dist sainz Panics : un pau [peu] de levains mainet totc la masse, Job, p. 442. Il XIII* s. No icil talomelier [boulanger] ne puct puis cuire, se son levain n'est faiz avant que la dcffcnce li ait esté faite; et se son levain est fet, il puet cuire la cuite du levain, Liv. des met. U. Il XIV* s. En moi n'a pas tant do levain Qui mon cucr faico |fasse] si lever, K'à tel sens le puisse eslever, J. DE coNDET, p. (02. || XV* S. Je fuis tourtcl d'autiuy levain, e. desch. Poésies mss. ^ 20». Un pou Ipeu] de levain esgrit grant pasto, lehoux de lincy, l'rov. t. II, p. 432. l'ar homme ne povoit de fait Amender à Dieu le melfait Qu'avoit fait l'omme premerain ; Car tult [tous] tenoient du levain Du pechi* de leur premier père, Myst. Barlaam et Jos. dans gui DE CAMiiRAi, p. 389. || XVI* S. Qui 8U soir no laisse levain jà ne fera lever paste au matin [il faut se précautionner d'avance contre les besoins à venir], rab. m, 3. Les docteurs do l'église ont foudroyé contre ce levain d'impiété, choliêrbs, Contes, t. ii^ Af>rès-din. p. 2»i, finai POUGKNe,
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— ÊTYM. Wall, louhain, louteain; prOTenç. Utam ; du lat. levamrn, proprement action de lever, de lei-^ire, lever. Le provençal a aussi levât, qui vient do Irvatus; l'italien, lievito, qui vient du baslatin levllus, pour Uvatxu; et l'espagnol, leudo, qui tient aussi de letttus.
4. LEVAiVT (le-van), adj. m. Usité seulement dans cette locution : soleil levant, soleil qui paraît BU matin. Je serai là à soleil levant, au soleil le- Tant. Le soleil levant regarde cette maison. || Fig. Adorer le soleil levant, faire sa cour à la faveur naissante. N'est-il pas adoré comme un soleil levant? TBiSTAN, Jf. de Chrispe, iv, H . Là des hommes qui tournaient le dos au sanctuaire et adoraient le soleil levant, la faveur naissante, boss. i' sermon, Pâques, 3. Courage! inclinez-vous vers le soleil levant, agiles tournesols, picard, les Varionnetles, v, 8. || Terme d'ancienne législation. Homme levant et couchant, hommedomiei!ié,paroppositionàauliain ou étranger.
— lîisr. XI' s. [11] Torne son vis [visage] vers le soleil levant, Ch. de Roi. ccxxiv. || xvi' s. Les yeux fichés vers le soleil levant, mont, ii, <79,
J. LEVANT (le-van), t. m. || l" La partie de l'norizon où le soleil se lève. Du levant au couchant, du More jusqu'au Scythe, Les peuples vanteront et Bérénice et Tite, corn. Tite et Bérénice, V, 5. Il Le levant d'été, le point où le soleil se lève sur notre horizon au solstice d'été; le levant d'hiver, celui où il se lève au solstice d'hiver. || 2" Les pays qui sont à notre levant (on met une L majuscule). Les peuples, les marchandises du Levant. Et souffre que je baise en ce foudre vivant La gloire de l'empire et l'honneur du Levant, rotr. Bélis. m, 2. Il Particulièrement, l-n côte occidentale de l'Asie qui est sur la Méditerranée. Cet avantage atlira le commerce du Levant à Marseille, et celui du Nord à Dunkerque, volt. Louis XIV, S9. Il Coque du Levant, voy. coque. || 3° Dans nos ports de la Méditerranée, nom donné au vent d'est. Le levant e.st opposé au ponant ou vent d'ouest.
— SYN. 1. LEVANT, ORIENT, EST. Levant et orient sont exactement synonymes, ne différant que par le style où on les emploie. Orient se dit plutôt dans le style élevé; levant dans le style technique et de marine. L'est est un des points cardinaux ; dans son gens propre, il signifie le point de l'équateur céleste sù le soleil se lève; tandis que levant et orient désignent l'espace compris entre les deux tropiques; aussi y a-t-il un levant d'hiver et un levaTit d'été, mais il n'y a qu'un est. || 2. Il est une différence particulière entie levant et Orient, quand ces deux mots sont pris dans le sens géographique. Le Levant désigne la cfite occidentale de l'Asie, c'est-à-dire toute celle qui est sur la Méditerranée. L'Orient désigne toute la partie de l'Asie qui est au delà, la Perse, l'Inde, la Chine, le Japon.
HIST. xvi* s. Le pays de Levant, uont. ii, <77.
— ÉTYH. Levant i .
] LFVANTl (le-van-ti), voy. levantin.
LEVANTIN, INE (le-van-tin,ti-n'), adj. \\ l' Natif des pays du Levant. Les peuples levantins. Les nations levantines. || On a dit aussi levanti. Il y avait dans la chiourme deux forçats qui ramaient fort mal, et à qui le levant! patron appliquait de temps en temps quelques coups de nerf de bœuf sur leurs épaules nues, volt Candide, xxvii. || 2° Substantivement. Les Levantins (avec une majuscule). Les Levantins en leur légende Disent qu'un certain rat, las des soins d'ici-bas.... la font. Fabl. vu, 3. Il Terme de marine Les Levantins, les matelots de la mer Méditerranée, et plus particulièrement ceux de» côtes de la Turquie et de l'Asie Mineure. || Levantins, se dit aussi des matelots provenant des levées faites dans les quartiers du littoral français de la Méditerranée.
— f.TYM. In'ant 4.
LEVANTINE (le-van-ti-n'), t. f. Ëtoffe de soie tout unie. Robe de levantine.
— ÉTYM. Levantin.
I.ËVE (lè-v'), ». f. il 1* Espèce de cuiller de bois à long manche, avec laquelle, au jeu do mail, on lève la boule. || 1* Terme de papeterie. Lame servant à soulever le maillet qui doit retomber sur le chiffon.
— ÊTYM. Lever.
LEVÉ, ÊE (le-vé, vée), part patte de lever. Il 1" Haussé, mi» en haut. Le» mains levées au ciel. Venir, le bras levA, la tirer de vos main-, corn. Nicom. IV, 2. Après tous »« maux, sa fureur [du Seigneur] o'cjt point apaisée, et son bras est toujours levé, lACl, Bible, Itaie, n,*l. Mais cependant, mon fils, tu meurs »l je n'arrête Le fer que le cruel tient levé sur ta tête, RAC. Andr.m, *. Dans un des parvis aux hommes réservé.Cette femme «uperbe entre, le front
LEV
levé, RAC. Athal. n, 2. || Fig. Aller partout la tôte levée, ou tête levée, aller partout sans rien craindre, sans appréhender aucun reproche, aucun alVront. Leur âme, dès l'enfance à la gloire élevée. Les fait dans leurs projets aller tête levée, uoL.Gare. m,3. Le crime va la tête levée; la vertu rougit et se cache, mass. Carême, Resp. hum. || Familièrement. Prendre quelqu'un au pied levé, prendre quelqu'un au moment où il se dispose à partir, où il a le pied levé pour s'éloigner; et, figurément, le prendre au moment où il ne s'attend à rien, ne pas lui donner le temps de
réfléchir, de se reconnaître Est-il juste qu'on
meure Au pied levé? dit-il; attendez quelque peu, LA FONT. Fabl. VIII, f . Il 2° Appelé sous les drapeaux. Les soldats nouvellement levés. IIS» Qui a germé. Des glands levés là où ils sont tombés. || i" Qui a éprouvé la fermentation. De la pâte mal levée. Les latins se servaient de pain non levé pour l'eucharistie, VOLT. Momrs, 31 . || 5" Qui n'est plus assis. Levé et tête nue. H Voter par assis et levé, manifester son vote, dans une assemblée délibérante, en se levant ou en restant assis. |1 Terme de blason. Se dit particulièrement de l'ours, quand il est représenté droit et en pied. || 8» Sorti du lit. Levé à cinq heures du matin. Il Fig. Levé matin, voy. matin. || 7° S. m. Terme de musique. Le temps de la mesure où on lève le pied ou la main. Le levé et le frappé. || Terme de manège. Voy. lever 2. || 8» Terme de géométrie. Le levé d'un plan, voy. lever 2. || Terme de marine. Levé sous voile, action de lever le plan d'une côte à bord d'un vaisseau qui est sous voile ou d'un bitiment à vapeur.
LEVÉE (le-vée), *. f. Il 1° Action de lever, de hausser ; ne se dit guère que dans cette locution : levée de boucliers, démonstration par laquelle les soldats romains témoignaient leur résistance aux volontés de leur général. H Fig. Levée de boucliers, opposition ou attaque contre une personne, contre un corps, faite avec éclat et sans succès. Après toutes ces grandes levées de boucliers, François I", qui était sur les frontières du Piémont, s'en retourne, woLT.Ann.Emp.Cluirlcs-Qtiint,*53S. \\ Fig. Il [Achille Tatius] faitune grande levée de rhétorique dans tout ce procès de Thersandre, nuET, Origine des romans. Il Terme de marine. Il y a de la levée, les vagues se soulèvent, la mer est agitée. || Levée des couples, opération qui consiste à dresser ou élever ces pièces de construction, et à les mettre sur la quille en position voulue. Il Terme de mécanique. Espace parcouru par le piston dans un corps de pompe. On dit aussi : le jeu du piston. H 2° Action de lever de terre. Faire la levée d'un corps mort, l'enlever, par autorité publique, et le faire porter au lieu où il doit être inhumé, ou exposé pour être reconnu. Lalevée du corps est attribuée par la loi au juge de paix, au procureur impérial et au juge d'instruction ; c'est seulement quand ils en sont empêchés que le maire y procède. Il 3° Action de ramasser les grains et autres produits de la terre. La levée des fruits lui appartient. Il Récolte. J'ai été contraint de faire saisir les levées de mon fermier. || 4° Dans une course de bague, l'action de celui qui lève la lance pour enfiler la bague. Faire une levée de bonne grâce. || B° En termes de jeu de cartes, un coup qu'on a gagné et par suite duquel le gagnant ramasse et met devant lui les cartes jouées. Il n'a pas fait une levée. J'ai trois levées. |{ 6° Action d'ôter, de retirer, d'enlever. Lalevée du scellé, l'action par laquelle l'officier de justice lève un scellé. || En chirurgie, la levée de l'appareil, l'action d'ôter l'appareil mis sur une blessure. H 7° Action de retirer de la boite, pour les distribuer, les lettres qui y ont été jetées. Il y a plusieurs levées par jour à ce bureau. Il Collectivement. Les lettres qu'on retire de la boîte à chaque levée. La levée de deux heures n'a pas été considérable. H 8° Dans la couture, ce qu'on lève sur la largeur d'une étoffe pour un habit, ce qu'on lève d'une pièce de toile pour des chemises. Il y a là la levée de deux chemises. || 9= Li levée d'un siège, la retraite des troupes qui tenaient une place assiégée. Je ne songe point à vous parler de la levée du siège de Bude ; celte petite nouvelle dans l'Europe et dans le christianisme ne vaut pas la peina d'en parler, sKv. 28 nov. 1884. || 10° Ordre qui fait cesser quelque punition ou défense. Levée des arrêts, de la prohibition. |1 It" Collecte, perception, recelte des impôts. Il s'est fait de grandes et fréquentes levées sur le clergé de Franco, pathu, Astcmhlées du clergé, dans richelet. || 12" Action de prendre chez un dépositaire. Levée de titres. Levée de cent barriques de vin. {| Levée de numéraire, quantité plus ou moins considérable d'argent que le commerce prend dan» une banque
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ou tout autre établissement de crédit. || 13» Action d'enrôler des soldats. Une levée de soldats, de troupes. Valens fit faire des levées dans le pays des Scythes, fléch. Hist. de Théod. ii, 66. || Les soldats ainsi enrôlés. Celui-ci représentait que, si l'on donnait aux nouvelles levées le temps de s'exercer pendant l'hiver, on en tirerait plus de .service la campagne suivante, rollin, Hist. anc. OEuv. 1. 1, p. 408, dans pouoENS. || Levée en masse, appel au service militaire de tous les hommes d'une population. La levée en masse et instantanée de toute la population était ordonnée de droit dans certains lieux plus menacés, tiiiers. Révolution française, ch. ii. Il li" L'heure à laquelle une assemblée, une compagnie se lève pour finir la séance. Trouvez-vous à la levée du conseil, à la levée de la séance. || 15° La levée des plans. On dit plutôt le levé ou le lever des plans, voy. lever 2. || 16» Digue, chaussée. Ainsi la rivière de Loire, Quand elle sort hors de son lit. Bouleverse, à ce qu'on m'a dit. Ce qu'on appelle la levée, scARR. Virg. n. Tout le monde connaît cette longue levée qui borne le lit de la Seine, LA RRUY. vu. Le père Castelli, qui a écrit fort sensément sur cette matière, remarque très-bien que la hauteur des levées qu'on a faites pour contenir le Pô, va toujours en diminuant jusqu'à la mer, buff. Hist. vat. Preuv. ihéor. terr. OEuv. t. ii, p. 04, dans POUGENS. || 17° Dans un bateau, sorte de petit plancher, qui est à l'arrière du bateau. || 18° Glaco que le fabricant scelle sur le banc pourla travailler. Il 19" Plateau sur lequel le cartonnier étend les feuilles de carton à mesure qu'elles sont retirées des langes || 20° Morceau de bois qui, dans un moulin à poudre, soulève le pilon. |j 21° Levée des bandes se dit des bandes que les vitriers lèvent avec le diamant pour se mettre de mesure. || Se dit aussi des bandes de papier dont ils se servent pour faire des calfeutrages.
— REM. Un levé pour une levée, au jeu de cartes, est une faute contre le bon usage actuel. Autrefois il se disait : Pour ce jeu nous ne volerons pas, car j'ay faict un levé, rabel. i, b.
— HIST. XIII* s. Il seroit tenus à aquiter l'oir [l'héritier] selonc les levées [les rentrées, les revenus], BEAUM. XV, U. Il XIV" s. Il paient le tiers de la levée d'une année du fief, nn cangb, aiixilium. Il parfist les fossez et les levées à l'entour, bercheure, f° 22, recto. Il XVI» s. Les consuls firent une levée des autres qui demouroient à Rome, pour aller contre les Volsques, amyot, Cor. <7. Une grande levée de deniers, n'AUB. Hist. ii, 2B). Après la honteuse levée du siège de Senlis, Sat. Mén. p. 1 44. Il faut la levée de mil arpens ou quartiers de bois taillis pour entretenir les dites fournaises, palissy, 269. Grando levée de boucliers, karot, p. <38, dans lacurne. Sur la levée du soleil, Nuits de Straparole, t. i,
p. 66, dans LACDRNE.
— ÉTYM. Levé; provenç. levada; ital. levata.
t LËVE-GAZON (lè-ve-ga-zon), s. m. Outil pour détacher du sol les bandes de gazon qui ont été coupées latéralement.
t LÈVEREZ (lè-ve-né), s. m. || 1° Terme de marine. Petit cordage qui sert à élever les cargues de la brigantine au point supérieur de la corne, en suivant la ralingue de derrière. || Lève-nez de la bonnette basse, sorte de cargue servant pour élever le bas de la bonnette, la ployer en deux, sur son bout-dehors, près du bout de la vergue de misaine. {| 2° Fig. et familièrement. Un lève-nez, un écolier étourdi, inattentif, qui n'a jamais le nez sur sa besogne.
I. LEVER (le-vé. La syllabe le prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je lève, je lèverai),», a. || 1° Placer dans une situation plus haute ce qui est étendu, pendant, etc. Levez cela davantage. On leva la poutre en l'air. Le succin frotté le ce la paille. Cela est si pesant, qu'on ne saurait le lever de terre. Théodose, apprenant ces heureuses nouvelles, leva les mains au ciel, fléch. Hist. de Théod. m, <I3. Déjà pour la saisir Calchas lève la bras, RAC Iphig. v, 6. Et j'ai trop tôt vers toi (Neptune] levé mes mains cruelles |je t'ai trop tôt imploré], m. Phèdre, v, s. {| Fig Quand le cœur, do
ses ennuis pressé. Lève à peine le poids dont il est oppressé, nucis, Oth. n, t. || Lever la main, lever le bâton, lever le sabre sur quelqu'un, se mettre en devoir de le frapper. Ce sera un homme fier et sauvage; il lèvera la main contre tous et tous lèveront la main contre lui [Ismaël], saci. Bible, Genèse, xvt, 4 2. Quelque mauvais que soit un fils, peut-i lever la main sur son père? lesage. Diable boit. ch. 7, dans pougens. On m'avait toujours dit que ce fut un Thébain Qui leva sur son prince une ceupable main, volt. OEdipe, i, 3. Se pourrait-jj
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qu'un frère, élevé dans mon sein, Pour mieux servir son roi, levât sur moi sa main? volt. Àddl. du 6'uesci.i, 3. Il Lever la main, la dresser en l'air dans l'acte de prêter serment. Levez la main, et prononcez le serment. || Familièrement. J'en lèverais la main, j'en ferais serment. 11 n'est rien plus certain, J'en lèverai le pied et, s'il le faut, la main, LEGRANn, Foire de St-Laurent, se. 26.|| Jouer à lève-cul, jouer les uns après les autres en prenant la place de celui qui perd. || Terme de fauconnerie. Voler à lèvetul, se dit de la manière de chasser de certains oiseaux, qui attendent le départ du gibier pour fondre dessus. || Fig. Cela lève la paille, voy. PAILLE. Il Lever la toile. le rideau, retirer la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs. || Lever le menton à une jeune fille, lui passer familièrement la main sous le menton en forme de caresse. \\ Fig. Lever le menton à quelqu'un, le protéger , l'aider en ses affaires, en ses entreprises (métaphore tirée ëe la natation, où, pour aider quelqu'un qui apprend à nager, on lui tient le menton). || Dans un langage libre, lever la jupe à une femme, la trousser. Être souvent réduite à emprunter une jupe pour aller se la faire lever par un homme dégoûtant, VOLT. Candide, 24. || 2° Lever les yeux, les tourner en haut. Je lève, je baisse, je tourne, je roule les yeux, Boss. Élevât, sur myst. iv, 9. || Lever les yeux au ciel, tourner les yeux vers le ciel, regarder le ciel. Le moment du prince n'était pas encore venu [de faire le Tellier chancelier] ; et le tranquille ministre, qui connaissait les dangereuses jalousies des cours et les sages tempéraments des conseils des rois, sut encore lever les yeux vers la divine Providence, dont les décrets éternels règlent tous ces mouvements, boss. le Tellier. Ses yeux mal assurés N'osent lever au ciel leurs regards égarés, KAC. Àruir. v, 8. Triste , levant au ciel ses yeux mouillés de larmes, m. Brit. u,2. || Absolument. Lever les yeux, regarder en face,cesser de tenir le regard fixé surlaterre. Mais levez donc les yeux quand je vous interroge, boissy, De/j. tromp. U,4. || Fig. Il n'ose pas lever les yeux, se dit d'une personne qui craint de voi r et d'être vue, ayant quelque reproche à se faire, ou seulement craignant de rire, de rougir,etc. La Puisieux s'en est épanoui la rate [d'une petite mortification de Mme de Gêvres] ; Mademoiselle [la fille du frère de Louis XIII] n'osait lever les yeux ; et moi, j'avais une mine qui ne valait rien, sÉv. 43 mars 4671. || En un autre sens. Ne pas lever les yeux, ne pas cesser de regarder. Il n'a pas levé les yeux de dessus son livre. Les Argiens surtout ne pouvaient lever les yeux de dessus celui qui avait entrepris cette guerre exprès pour eux, rollin, Hisl. ane. OEuvr.t. viii, p. 3(9, dans pougens. Ce maudit Aldobrandin, qui ne levait presque pas les yeux de dessus elle, lamotte, Magnifique, i, 3. {| Lever les yeux sur quelqu'un, le regarder. Peu de jours s'étaient écoules et Lucile commençait à peine à lever ses timides regards sur son époux, stael, Corinne, XIX, t. Il Fig. Lever les yeux, être ému. La honteuse licheté de nos mœurs nous empêche de lever les yeux pour admirer le sublime de ces paroles : Aude, hospes, conleinnere opes, fén. Lettre à l'Académie, Sur les anciens et les modernes. \\ Fig. Lever les yeux sur, aspirer à, prétendre à. Que sur Aménaïde il ait levé les yeux. Qu'il ait osé prétendre à s'unir avec elle? volt. Tancr. lu, t. || Lever un œil présomptueux, téméraire sur..., être présomptueux, téméraire en quelque prétention. Je ne veux point lever uu œil présomptueux Vers le voile sacré que vous jetez sur eux [des secrets] , volt, lirulus, m, 3. Il Familièrement. Lever le pied, s'en aller, s'enfuir. Il a eu peur, et a levé le pied. Lever le pied pour cause de mauvaises affaires. 1 1 Lever les épuules, témoigner, en levant les épaules, du mécontentement ou du mépris. C'est à faire lever les épaules. || Fig. et familièrement. Lever la crête, s'enorgueillir, s'en faire accroire. 11 commence à lever la crête, à vouloir faire l'entendu. Il Lever la crête signifie aussi, se montrer, paraître avec plus de hardiesse. || Fig. Lever la tête, le front, s'enorgueillir. Lève, Jérusalem, lève ta tête altière; Hcgarde tous ces rois de ta gloire étonnés, rac. Alhal. m, 7. Messène, après quinze aus de guerres intestines, Lève un front moins timide, et sort de ses ruines, volt. Mérope, i, 4 Et la Ligue ennemie, Levant contre son prince un front séditieux, Nous confond dans sa rage et nous poursuit tous deux, iD. Ilenr. i. Nous ne voyons dans aucun auteur, soit grec, soit latin, la moindre trace de cette secte; elle ne commence k lever la tête que depuis la naissance du mahométisme, dider. Opin. des une. phil. (arabes]. || 8° Terme d'agriculture. Lever
les guérets, donner le premier labour aux terres qui se reposent depuis quelque temps. || 4° Redresser une personne ou une chose qui était couchée ou penchée. Lever un malade sur son séant. Lever un tonneau. Lever un pont-levis. || Lever quelqu'un, l'aider à se lever et à s'habiller. Son valet de chambre le lève, l'aide à se lever. Il est paralytique, il faut le lever. || 5' Terme de chasse. Lever le lièvre, les perdrix, faire partir le lièvre, les perdrix. || Fig. Il a levé le lièvre, il a le premier ouvert un avis, donné lieu à une question, à un débat, trouvé un expédient. || G° Terme de marine. Lever l'ancre, arracher l'ancre du fond de la mer par le moyen de son câble. || Lever l'ancre par les cheveux, la tirer du fond de la mer par son orin. || Lever les accores, retirer les accores d'un navire dont la construction est achevée. Il Lever les épontilles, les faire tourner sur les charnières pour les fixer horizontalement, sous le pont supérieur. || Lever les lofs, carguer en partie les points des basses voiles pour les dégager en les élevant au-dessus des bastingages, lorsqu'on vire de bord. || Lever une garcette ou une bosse, démarrer cette garcette ou cette bosse de dessus le câble, le cordage, ou l'objet sur lequel elle est frappée. || Lever un navire, en monter les couples dits de levée, c'est-à-dire les principaux couples. Il Lever rame, suspendre la nage en élevant au-dessus de l'eau les pales des rames, et en laissant les avirons dans la position horizontale et prêts à fonctionner de nouveau. Nous n'en étions qu'à une portée de mousquet quand je commandai à nos gens de lever rame et de prendre des pistolets et des mousquetons pour attendre nos ennemis, villette-muhsaï (4 677), dans JAL. || 7° Ûter, enlever, écarter. Le chirurgien a levé le premier appareil. Lever le scellé. Lever une serrure. Lorsqu'il arriva pour dîner, le premier service était levé. En vain à lever tout les valets sont fort prompts. Et les ruisseaux de vin coulent aux environs, boil. Sat. m. Il Lever le masque, voy. masque. || Fig. Lever une difficulté, un empêchement, un obstacle, des doutes, un scrupule, les écarter. Il est des moyens sourds pour lever un obstacle, corn. Perlhar. m, 3. Néron lui leva toutes sortes de défiances par ses caresses, n'ABLANCOURT, Tac. Annales, liv. xiv, dans
RiCHELET Je sais l'art de lever les scrupules,
MOL. Tart. IV, 5. Quand vous seriez venue à bout de leur lever cette appréhension, Boss. Lelt. ahb. 54. Il peut y avoir des difficultés qui ne s'ofi'rent point à mou esprit, mais nous les lèverons, lesage. Diable boit. ch. 4 5, dans pougens. || Lever les défenses; lever l'interdit, l'excommunication; lever une opposition j lever la consigne, etc.; révoquer des défenses, un interdit, une excommunication, une opposition, une consigne, etc. 11 a été raisonnable que Dieu levât cette obligation fâcheuse, PASC. Prov. X. Mes frères, rcjouissons-nous : le sang de Notre-o«igneur Jésus-Christ a levé cette excommunication de la loi [défense d'entrer dans le saint des saints] ; écoutez l'apôtre saint Paul, qui vous ditqu'il a pénétré au-dedans du voile, uoss. Sermoiu, Ascension, 4 . Les ambassadeurs lui déclarèrent (34 mars) que, si dans huit jours il ne posait les armes et s'il ne levait les censures, ils se retireraient, DUCLOs Ilist. Louis XI, OKuv. t. m, p. 24 7, dans POLGENS. ||8" Terme de jardinage. Lever de terre, ou, simplement, lever, retirer de terre des plantes, des oignons, lorsque la saison des fleurs est passée. Lever des tulipes, des renoncules. || Lever un arbre, une plante en motte, arracher un arbre, une plante, avec la portion de terre qui tient aux racines, afin de les transplanter. || 9" Terme d'imprimerie. Lever la lettre, prendre les lettres les unes après les autres dans les cassetins, et les arranger dans le coinpo.stcur pour en former des mots et des lignes. || Lever la correction d'une épreuve, mettre dans le composteur toutes les lettres nécessaires pour cette opération. Il 10" Lever le siège d'une place, retirer les troupes qui la tenaient assiégée. Il Fig. «t familièrement. Lever le siège, s'en aller. || Lever le camp, s'en aller en parlant d'une troupe. Cette armée a levé le camp. Il Ces troupes ont levé le piquet, elles se sont retirées avec quelque précipitation (locution qui vient des piquets qui lixenl la lente et qu'on 6le pour s'en aller). || Lever la garde, lever la sentinelle, retirer dos soldats qui sont de garde, retirer un soldat qui est en ticlion. || Terme de marine. Lever la chasse, cesser do poursuivre uu bâtiment. Il 11* Lever la séance, déclarer que la séance est terminée, que les membres do l'assemblée doivent se séparer. Ma volonté ce soir une fois approuvée, Ma cour la connallraj la séance est levée, c. belav.
Princ. Aur. iv, 4. || Absolument. Il était près de huit heures quand le conseil leva, sï-sim. 4 66, 21 5. Demeurer en séance, quand la cour levait, était une indécence pour tout le parlement, id. 376, 80. Cet emploi a vieilli. || 12° Terme de trictrac. Lever, mettre sur la bande les dames, après les avoir toutes passées dans le jan de retour. || Absolument. J'aurai levé avant vous. ||Au jeu de cartes, lever les cartes, ou lever la main, faire la main, enlever les cartes jouées, celle que l'on avait étant supérieure. J'ai déjà levé deux mains, trois mains. On dit aussi lever un pli. || 13° Couper une partie sur un tout, en parlant d'animaux que l'on mange. Lever une épaule, un gigot de mouton. Lever uns cuisse de poulet. Je jetai quelques regards nonchalants sur un poulet d'assez bonne mine, dont je levai nonchalamment aussi les deux ailes, ma- Riv. Paysan parv. 3' part. || Terme de vénerie. Lever le pied du cerf, le couper pour en faire honneur au maître de la chasse. || Il se dit en parlant de» étoffes. Ah! ah I monsieur le tailleur, voilà de mon étoffe du dernier habit que vous m'avez fait; je la reconnais bien. — C'est que l'étoffe me sembla si belle, que j'en ai voulu lever un hai)it pour moi. — Gui, mais il ne fallait pas le lever avec le mien, mol. Bourg, gent. 11, 8. Je fus hier lever pour bien da l'argent d'étoffes chez Gautier, pour me faire belle en Provence, sév. 27 mai 4 672. Un habit d'un trèsbeau velours bleu fut levé et fait à Salamanque, lesage, Diabl. boit. ch. 48, dans pougens. J'étais allé, comme tu sais, lever des étoffes pour habiller mon monde, legranb, les Paniers, se. 7. || 14'" Recueillir. Lever les fruits d'une terre. || Percevoir, faire rentrer, en parlant de taxes. Les rois ne levaient rien sur les terres qui étaient du partage des Francs, montesq. Espr. xxx, 20. Ce ministre [Sully], aussi éclairé qu'intègre, trouva qu'en 4 596 on levait cent cinquante millions sur le peuple pour en faire entrer environ trente dans le trésor royal, volt. Mœurs, 4 74. Cette espèce de tribut qui, quoique difficile à lever, rend à l'État deux raillions cinq cent mille livres, est perçu dans la rade d'Elseneur, hatnal, Hist. phil. XII, 32. Lui-même à table et sans suppôt Sur chaque muid levait un pot D'impôt, bérang. Yvelot. || On a dit deméme autrefois : lever les dîmes, les rentes seigneuriales. || 15" Enrôler pour le service militaire. Lever des troupes, une armée. J'ai fait lever des gens par des ordres secrets Qu'à vous suivre en tous lieux vous trouverez tout prêts, corn. Rodog. 11,3. Un des régiments qu'il fait lever en Bretagne, SÉV. 503. Les rebelles s'étaient saisis des arsenaux et des magasins. . .. il était encore plus aisé au roi de lever des soldats q ue de les armer, boss. Reine d'Anj/ef. Le roi [Louis XI] employa les fonds de ces compagnies à lever un corps de Suisses ; c'est de ce tempslà qu'ils sont entrés au service de France, nucLos, llist. de Louit II, (Suv. t. m, p. Î2ï. Tout prince qui lève trop de soldats peut ruiner ses voisins, mais il ruine sûrement son Ëtat, volt. Dict. phil. Age. Il 16° Lever un corps, procéder, par autorité publique, à l'enlèvement d'un corps mort. || Lever un corps saint, le tirer du tombeau avec cérémonie, pour l'exposer à la vénération des fidèles. Il Lever un enfant, faire emporter à l'hôpital, par autorité publique, un petit enfant exposé. |1 Toutes ces locutions viennent de ce que, effectivement, on lève de terre le mort, le saint, l'enfant. || 17* Lever un arrêt, une sentence, lever un acte chez un notaire, s'en faire délivrer une expédition. || Prendre chez un dépositaire. Lever des titres. Lever cent kilos de tabac. || 18» Lover le plan d'une place, de quelque lieu, prendre les mesures nécessaires pour tracer ce plan, et aussi le tracer. Des ingénieurs levaient des cartes dans tout l'empire, volt. Russie, 11, «. || 19" Lever boutique, lever ménage, commencer à tenir boutique, à tenir ménaKe, etc. || 20" forme do manège. Lever un cheval à cabrioles, à pesades, à courbettes, manier un cheval à cabrioles, etc. H Lever le devant, c'est la même chose que lever à courbettes. Il 21* Terme de féodalité. Lever le cri, proférer le cri d'alarme. || Lever bannière, exercer le droit d'un bannerct, en mettant son étendard en girouette, puur appeler ses vassaux aux armes. || Fig. Lever l'étendard, se déclarer chef d'un parti, d'une faction. Lover l'étendard de la révolte. || Lever l'étendard contre quelqu'un, se déclarer ouvertement contre lui. Il 22* K. n. Commencer à germer, en parlant des graines et dos plantes. J'ai pris des glands ger> mes auxquels j'ai coupé le tiers, la moitié, les trois quarts et même toute la radicule; je lésai semés dans un jardin où je pouvais les observer à toute heure, ils ont tous lové, mais les plus mutilés ont
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levé les derniers, bupf. 7/irt. nat. Introd. part. exp. OEur. t. VIII, p. 382, dans poucens. L'erreur alors universelle que les grains doivent pourrir en terre pour lever, volt. Philos. Sommaire hist. xv. || Fig. La semence de la vertu IJve difficilement, j.J.BOuss. Ém. I. Il Î9° Éprouver le soulèvement qui accompagne la fermentation. La ^Ale commence à lever. Le levain U''. lever la pâte. |1 84° Se lever, c. réfl. Être levé, porté en haut. X peine fûmes-nous au théfttre que la toile se leva. Je veui que ma main se lève, que mon bras s'étende, que ma tête, que mon corps se tourne, cela se fait, Boss. Élc'rat. sur myst. v, 3. Il 25" Se dresser, se mettre debout sur ses pieds. 11 était étendu à terre, il se leva. Nous nous levons alors, et tous en même temps Pou^oons jusques au ciel mille cris éclatants, corn. Cid, iv, 3. Je me lèverai maintenant, dit le Seigneur, je signalerai ma grandeur, je ferai éclater ma puissance, saci, Bibl. Isaïe, XXXIII, (O. Lève-toi, m'a-t-il dit, prends ton clicmin versSuse, bac. Esth. i, i. Levons-nous, et lançons les derniers anathèmes. Prenons les droits du ciel, et chargeons-nnus nous-mêmrs Des justices de Dieu, i.amabt. Médit, i, 6. || Quitter le siège sur lequel on était assis. Les vieillards étaient fort respectés en Egypte: les jeunes gens étaient obligés de se lever devant eux et de leur céder partout la placcd'honneur, ROLLiN, //is(. anc. OEuv. t. i, p. 67, dans pouGENS. Telle était la vénération qu'on avait pour lui [Virgile] à Rome, qu'un jour, comme il vint à paraître au théâtre après qu'on y eut recité quelques-uns de ses vers, tout le peuple se leva avec des acclamations, volt. Ess. poés. épiq. ch. 3. Il Se lever pour une proposition, contre une proposition, voter, en se levant, dans une assemblée délibérante, pour l'admission ou pour le rejet d'une proposition. || Cesser une séance. Allez dire au sénat, Flavian, qu'il se lève; Quoi qu'il ait comniencé, je défends qu'il achève, cohn. Tite et Bérén. y, 5. Il Se lever de table, quitter la table, après ou pendant le repas. Le prélat radouci veut se lever de table, BOIL. Lutr. I. Vous moquez-vous de moi? vous lever au dessert? Et, pour me planter là, sortir l'un ■près l'autre, uestouchp.s, Phil. marié, iv, 3. || Absolument. Se lever, sortir du lit. Vous avez caqueté dès le troisième jour, vous vous fitos levée dès le dixième, sÉv. )08. Il [le ."-oi de Prusse] se levait à cinq heures du matin en été, et à six en hiver, volt. Mém. Volt. Il Terme de chasse. Avec suppression du pronom personnel, faire lever un lièvre, faire lever des perdrix, faire partir un lièvre, faire partir des perdrix. Pour me servir d'un terme de chasseur, c'est lui qui faisait lever le lièvre; c'est moi qui le tuais, piCABD, M. Musard, se. ti. || 26' Commencer à paraître surl'horizon, en parlant du soleil, de la lune et des autres astres. Le soleil se lève à telle heure Les Égyptiens observaient quand Sirius se levait. [Ô lune] Astre ami du repos, des songes, du silence, Tu ne te lèves pas seulement pour les yeux, lamart. Ilarm. i, (O. Quand le tour du soleil ou commence ou s'achève, D'un œil indifférent je le suis dans son cours ; En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève, Qu'importe le soleil? je n'attends rien des jours, id. Médit. l'Isolement. Vénus se lève à l'horizon ; À mes pieds l'étoile amoureuse De sa lueur mystérieuse Blanchit les tapis de gazon, id. Médit, i, 4. ]| On dit dans le même sens : le jour se lève. Maximin de retour Des pays reculés où se lève le jour, rotb. St Genest, 1, 2. Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux, BAC. Phèdre, iv, «. jjFig. Une même lumière nous parait partout : elle se lève sous les patriarches ; sous Moïse et sous les pro|ihète3 elle s'accroît, bOss. llist. II, 6. La lumière du ciel se lèvera ici •urvous, MASS. Prof. rel. Serm. t. Un soleil plus serein se lève sur vos têtes, volt. OEdipe, y, o. Il 27" Commencer à se faire sentir, en parlant du vent, des brouillards, etc. Le vent favorable se lève, ^'"'a^?' *''"'■ "«"reusement pour eux, il se leva ou côté de la mer un brouillard épais qui couvrait tous les environs de la ville, rollin, Uist. ane. OEuv. t. VII p. S03 dans POUGENS. Il On dit que le temps se cve.lorsqu 11 se dégagedes nuages qui interceptaient la vue du ciel, ou qu'il tend à s'embellir. || 28" Être levé, perçu. Ce» impôts se lèventdifficilemenl. || Proverbes. 11 faudra se lever bien matin pour l'attraper »e dit d'un homme fin, habile (voy. matin) || il à beau te lever Urd, qui a le bruit de se lever matin. — SYN.l" LEVER, MAtissER. La différence primitive est dans la situation de ce qu'on hausse ou lève Hausser s'applique à ce qui est bas; lever à ce qui est étendu. Ce tableau est trop bas, haussez-le Cette planche est i terre, levez-la. || 2" Lever un plan faire un pUn. Lever un plan et faire un plan sont