‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 97 sur 389 · T.EV · texte numérisé non relu

T.EV

doux opérations très-distinctes. On lève un plan en travaillant sur le terrain, c'est-à-dire en prenant des angles et en mesurant des lignes, dont on écrit les dimensions dans un registre, afin de se ressouvenir pour faire le plan. Faire un plan , c'est tracer en petit sur du papier, sur du carton ou toute autre matière semblable, les angles et les lignes déterminées sur le terrain dont on a levé le plan.

— HIST. XI* s. Li empereres est par matin levet, Ch. de Jlol. XI. Granz est li chauz, si se leva la poudre, ib. ccxvi. Il XII* s. Pinabaux s'agenouille, et Ticrris se leva, Ronc. 192. Lever [dresser] sontref [sa tente], ib. s. [Ils font] Par les grans combes la poudrere lever, ib. 409. Et nostre lois levée [élevée] et essauciée, ib. <37. Cil qui le gardent en ont le cri levé [quandil s'enfuit], ib. 183. Lors se lova Judas, qui estoit apelez Machabé, en son lue [lieu], Machab. i, 3. |[ xiii* s. Li pains ki est bien cuis et bien levés et fais d'un jor, alebrant, f° 4. Et leur mandèrent que li empereres Alexis s'en estoit fuis, et qu'il avoient l'empereur Kirsac levé à seigneur, viLLEH. Lxxxiii. Lors par le commandement des princes et des barons se leva en pies Quenes de Bethune, id. lxvii. Etli cris lieve en l'ost, et s'en issirent à desroi, id. cxlii. Et nous commandèrent [les barons] que nous vous en obéissions as pies [que nous nous jettassions à vos pieds], et que nous n'en leviessiemes devant vous que vous le nous ariés otroié, id. xvi. Le coutel [elle] a saisi, si l'a amont levé, Berte, xv. Après [se) leva la lune et bêle et claire et pure, ib. xlii. Si malade qu'à peine jamais en lèvera, ib. Lxxvii. 11 m'avoient si durement levé le pied que je n'osoie parler encontre els, H. DE v;.LENC. XXI. Et li venerres [le veneur] vot devant Sor un grant chaceor liart ; Atant ont levé un renart, Ren. 22026. Car, s'il fust jor, je me levasse, ta Rose, 25)2. Et quant il a ce dit, cil qui est apelés doit dire : je vos en lieve comme parjure [c'est-à-dire je fais lever le témoin qui s'était agenouillé pour jurer], beaum. lxiv, 9. Nus [nul] ne doit espouser.... ne cele avoc qui il a levé [tenu sur les fonts] autrui enfant, id. xviii, 8. Nus ne doit penre l'autrui coze, ne lever qu'il truist [ce qu'il trouve] hors de quemin commun, id. xxv, 2). Je ne li lerai pas lever les yssues [produits], in. xxxiv, <7. L'autre icr un jor jouer aloie Devers l'Auçoirrois Saint Germain, Plus matin que je ne soloie. Que ne liefpas volentiers main, ruteb. 2I3. Et quant le devant dit rei a ce fait, le patriarche le lieve en pies, et le prentpar la main destre, Àss. deJérits. i, 30. Le roy donna journée l'endemain de la Saint- Barthelemy, à laquelle journée le saint cors fut levé, joiNV. 303.11 XIV' s. Lepaindoitestredebonfourment, moiancment cuit, et levé, ne viel ne nouvel, ii. de MONDEviLLE, f° 44, verso. Quant les feves se lievent hors de terre, Ménagier, ii, 2. || xv* s. Adonc s'avisa le roi de France qu'il s'en iroit atout son ost devant Calais pour lever [faire lever] le siège, s'il pouvoit aucunement, froiss. i, i, 31 0. Nous n'osons les yeux lever, id. m, iv, 66. Et avant qu'il fustmidy, le pont fut levé jusques à l'autre part de la riviert, COMM. I, «. Les roys d'Angleterre ne lèvent jamais riens que leur domaine, si ce n'est pour ceste guerre de France, id. iv, ) t. Car qui poure [pauvre] est et vuiz [vide, exempt] de villenie. Devant tous puetbien sa teste lever, e. desch. Fais ce que dois. Là vint le cardinal d'Avignon, qui venoit en Bretagne pour lever [mettre en châsse] saint Vincent, Ilist. d'Artus III, connest. de France, p. 790, dans LACURNE. Il XVI* S. Love le coeur, ouvre l'oreille. Peuple endurci, pour escouter, mabot, iv, 339. Les assemblées qui souvent se font aux provinces pour décider querelles, ou pour lever la gerbe, seroyent alors converties en douces et agréables contentions, LANGUE, ^3^. Cest ordre seroit aussi gardé, que six vingt chevaux, ou cent au moins, pourroyent lever enseigne, et former une compagnie, id. 237. Lorsqu'il levé des regimens d'Alemans, id. 282. Quand on semé force honneurs, on fait lever beaucoup de vertu, ID. 608, Pour la prier de lever sur les saints fonts de baptesme la fille de Sa Majesté, castelnau, 269. F/Sperant que parce moyen il leveroit [ôterait] l'occasion aux François de plus passer en Italie, m. du BELL. 466. Grandgousier se leva de sus l'herbe, bab. Carg. i, «. Pour sa chemise [de Gargantua] feuront levées 900 aulnes de toile, id. ib. 1, 8. 11 me desplaist par trop de lever guerre, id. 16. i, 32. il la leva de terre avccques le petit doigt, id. Pont. 11, 7. Puys leva les yeulx on ciel, id. ib. m, 20. Ung pré, duquel faisant lever les fessez, toucharent les piocheurs, de leurs marres, ung grand tombeau de bronze, id. Oarg. i, 4. Xl'endroict du ciel où le soleil se levé, MONT. I 238. Se lever de table, id. ii. 24^ Lever

LEV

les yeulx de sabesongne, id. m, 73. Les subsides et impositions que levoient ses prédécesseurs, id. m, 81. Quelque temps après il se leva à Rome une peste si violente, que les hommes en mouroienl tout subitement, amyot, Rom. 37. 11 voulut que le temple de Saturne fust le trésor publique auquel on deposeroit tout l'argent qui se leveroit sur le peuple, ID. Publ. 22. Il se leva un petit vent, qui esleva le dessus seulement et le plus délié de celle terre pouldrouse, lo. Sertor. Ui. Hz sont aussi marris quand on les esveille, ou qu'on les lieve, comme sont ceulx qui sont fort espris de sommeil, id. Anton. 93. Et pource que l'on ne trouvoit point les clefz, il feit venir des serruriers, et feit lever les serrures, iD. César, 46. Lever à six, manger à (iiï, souper à six, coucher à dix, font vivre l'homme dix fois dix, LE ROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. (7(.

— ÊTYM. Génev. lever la table, la desservir ; provenç. levar; espagn. llevar; ital. levare; du lat. levare, qui est le dénominatif actif de lèvis, voulant dire d'abord alléger, puis delà, lever une chose en haut, la traiter comme une chose légère (voy. léger) .

2. LEVER (le-vé; l'rnese prononce et ne se lie jamais), s. m. Il 1° Action de lever. |{ Terme de théâtre. Le lever de la toile, le lever du rideau, l'instant où on lève la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs. Il Un lever de rideau, petite pièce qu'on joue avant la grande pièce de la soirée, pour donner aux spectateurs attardés le temps d'arriver. || 2° Terme de manège. Lever ou soutien, nom donné (les extrémités du cheval pendant la marche étant alternativement en l'air et sur le sol) au premier de ces instants, par opposition à poser.|| 3° L'heure, le temps auquel on se lève. Il faut aller chez lui à l'heure do son lever, à son lever. || Absolument, le lever, le moment où le monarque reçoit dans sa chambre, après qu'il est levé. Il (le roi] disait l'autre jour à son lever que Fouquet était un homme dangereux; voilà ce qu'on lui met dans la tête, sÉv. < t dôc. I66i.||0n écrit aussi levé. Parbleu 1 je viens du Louvre, où Cléonte, au levé. Madame, a bien paru ridicule achevé, mol. Mis. 11, 6. || Petit lever el grand lever du roi, dans l'étiquette de l'ancien régime. Dès que le roi était réveillé et avait récité l'office du Saint-Esprit, le petit lever commençait; le grand lever avait lieu lorsque le roi était peigné et rasé (voy. chéruel, Dictionnaire des institutions , étiquette, § 3). || 4° Le lever du soleil, de la lune, le moment où le soleil, la lune paraît sur l'horizon. Vous avez, dans un trouble à nul autre pareil. Prévenu ce matin le lever du soleil, th. corn. Ariane, v, < . Qui n'admire ce bel astre [lo soleil] ? qui n'est ravi de l'éclat de son midi et da la superbe parure de son lever et de son coucher ? BOSS. Louis de Bourbon. || On dit dans le même sens : le lever du jour. Pourquoi devances-tu le lever de l'aurore? m. j. chén. Gracques, 11, 1. 1| Lever d'une étoile, le moment où elle s'élève au-dessus de l'horizon. 11 y a pour les astronomes trois espèces de levers des étoiles : le lever cosmique, lo lever acronyque, le lever hélia(iue. || Lever astronomique, le moment où un astre arrive sur l'horizon rationnel, c'est-à-dire à 90 degrés du zénith. Lever apparent, le moment où l'astre se montre, en vertu de la réfraction et delà parallaxe. || 6" Terme de géométrie pratique. Se dit des délinéations ou dos cro(iui3 d'un topographe, opérant soit trigonométriquement, soit à vue. || Le lever d'un plan. Des levers à vue, à la planchette. || On dit aussi : lever de mine; lever de bâtiment, de machine.

— HIST. XVI* s. Et tousjours premier estoit on lever du bon Pantagruel, rabel. Pant. v, 28.

LEVEK-DIEC (le-vé-dieu), s. m. Le temps de la messe où le prêtre élève l'hostie. || Au plur. Des lever-Dieu.

t LEVEUR, EUSE (le-veur, veù-z'), s. m. et t- Il 1° Celui, celle oui lève. I| 2" Terme de papeterie. Ouvrier qui détache les feuilles de papier, après qu'elles ont été pressées. {| Terme de cartonnier. Ouvrier qui puise dans la cuve avec une forme pour fabriquer les feuilles de carton, qu'il renverse ensuite sur les langes. || 3° Terme d'imprimerie. Leveur de feuilles, ouvrier qui, dans le travail de 1» presse mécanique, est chargé de recevoir chaque feuille sortant de la presse après l'impression. || i'S.f. Leveuse, dans le point d'Alençon (dentelle ré.seau), celle qui lève lo morceau attaché au parchemin. Il 6° Terme do féodalité. Celui qui lève des droits seigneuriaux, des dîmes, des tailles, des impositions.

— HIST. xiii* s. Li trois juré ne pueent [peuvent] estre marchant de la marchandise dessus dite, tant que il vuellent [veulent] estre leveur [percepteurs d'impôts], Liv. des met. I48. || xiv* s. ILe fragment

LÉV

d'ûs] doit estre osté en lavant o [avec] le leveur,

M . DE MONDEVILLE, f 54, VCrSO.

— ETYM. Lever.

t LÉVI (lé-ïi) , t. m. Une des douze tribus d'Israël, celle d'où étaient pris les prêtres des Juifs. La Iribu de Lévi ou, absolument, Lévi.

t LÉVIATHAN (lé-ïi-a-tan) , s. m. || !• Nom d'un animal monstrueux mentionné dans le livre de Job, et qui, selon quelques-uns, représente symboliquement le genre poisson. [Flotte du sultan] Toi qui, dans ta démence, Battais les mers, immense Comme

Léviathan! v. hugo. Orient. B 11 est, je crois,

Plus aisé qu'un chameau passe au trou d'une aiguille, Ou le Léviathan au gosier de l'anguille, Qu'un riche et qu'un puissant par la porte des cieux, id. Cromwell, II, <o. Il 2° Terme de la cabale. Un des quatre esprits qui président aux quatre points cardinaux, et qui a le midi sous sa dépendance. {| Selon les démonographes, grand amiral de l'enfer, gouverneur des contrées maritimes de l'empire de Belzébuth (collin DK PLANcy, DM. infernal). \\Z° Titre d'un livre de Hobbes, désignant, sous le nom de Léviathan, la démocratie, qu'il combat.

LEVIER (le-vié; l'r ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : des le-vié-z en fer), s. m. |{ 1* Barre longue, inflexible, fixe dans un point de son étendue qu'on appelle point d'appui, et destinée à mouvoir, à soutenir ou à élever d'autres corps. Connaissez-vous la beauté de la machine toute simple qu'on appelle un levier? il me semble que je l'ai été un peu à son égard [pour la fortune que fait M. de la Trousse], sÉv. <5 nov. 4 68*. Le paysan le plus ignorant sait partout remuer les plus gros fardeaux par le secours du levier, sans se douter que la puissance faisant équilibre est au poids, comme la distance du point d'appui à ce poids est à la distance de ce même point d'appui à la puissance, volt. Moeurs, Introd. Il Terme de mécanique. Machine simple dont on distingue trois genres : levier du premier genre ou intermobile, celui dans lequel le point d'appui est placé entre la résistance et la puissance ; levier du deuxième genre, ou interrésistant, celui dans lequel la résistance est entre le point d'appui et la puissance; levier du troisième genre, ou interpuissant, celui dans lequel la puissance est entre le point d'appui et la résistance. |{ 2° Fig. Toute espèce de puissance morale. Le législateur, quand il a su montrer aux citoyens leur intérêt dans leur probité, quand il a l'heureuse habileté de prendre leurs inclinations dominantes pour les leviers de la loi.... MMABEAO, Collection, t. III, p. 26. N'oubliez pas que le levier de la puissance n'a d'autre appui que l'opinion, RAYNAL, Hist. phil. xvili, 39. Le levier sacré, dont l'extrémité est sur la terre et le point d'appui dans le ciel, est rompu ou trèsaffaibli, id. ib. vi, t . Ouoi ! vous avez une nation entière pour levier, la raison pour point d'appui, et vous n'avez pas encore bouleversé le monde? danton, S^once du lO marsiia. Il 3° Levier hydraulique, appareil qui sert à élever l'eau d'une rivière par le moyen de la force même du courant. || 4° 'Ferma de marine. Levier directeur, levier dont on se sert pour manœuvrer les afl'ûts des canons de 50, de 3o, et ées obusiers. || Clef à levier, sorte de clef propre à retenir les mâts guindés à leur place. |i 5' Terme de chirurgie. Tige d'acier recourbée à ses extrémités dont on se sert pour soulever la portion d'os détachée par le trépan, ou les portions d'os enfoncées, dans les cas de fracture du crâne. || Terme de dentiste. Levier droit, instrument destiné k l'extraction des dents incisives. Il Terme d'obstétrique. Tige de fer ou d'acier, de iorme et de longueur variables, ayant une ou plusieurs courbures, dont on se sert pour donner à la tête du fœtus une direction convenable.

— lllST. in* s. Diz en i queurent [courent], chascuns porte un levier, Raoul de C. b7. || iiii* s. N'i a cil qui ne tiegne espiô. Ou bon levier, ou arc, ou hache, lien. (3»»5. ||xiv* ». De piques, de hoeaui [ils] furent bien pourreQ, Et de leviers de fer &filoz et agus, Guescl. r. 4*848.

— F.TY.M. l.eveT.

t LEVlKRF,(le-viè-r'),i, f. Terme de pêche. Grosso corde enroulée sur un treuil, servant à relever le filet que l'on tend aux arches d'un pont.

— ÉTYM. Lever.

t LÉVIGATION (lé-vi-ga-»ion), *. f. Opération pharmaceutique qui a pour but d'obtenir diverses mbstances sous forme de poudre impalpable.

— ÈTYM. Lat. lamrjationem,de Ixtigare, lévigcr. I LÉVIGER (lé-vi-jé. Le g prend un « devant a

et 0 ; lévigeant, lévigeons), v. o. Terme de pharmacie. Soumettre à la lévigation.

DICT. DE LA LANOtm FRANÇAISE.

LEV

— ÊTYM. Lat. laevigare, de Ixvis, lisse, et igare, suffixe dérivé de agere, faire.

f LÉVIRAT (lé-vi-ra), s. m. Terme d'antiquité juive. Obligation que la loi de Moïse imposait au frère d'un défunt d'épouser la veuve de celui-ci.

— ÉTYM. Lat. levir, beau-frère, le même que le grec Sa-fip; sanscrit, dêvar.

t LÉVIROSTUE (lé-vi-ro-str") , adj. Terme d'ornithologie. Oui a le bec léger. || S. m. pî. Les lévirostres, famille de grimpeurs comprenant les oiseaux qui ont le bec léger.

— ÊTYM. Lat. levis, léger, et rostrum, bec. LEVIS (le-vî), adj. m. Usité seulement dans

pont-levis (voy. pont).

— HIST. xvi* s. Grille levisse, monet, Diet.

— ÉTYM. Provenç. levadit, llevadis; espagn. levadizo; portug. levadiço. Levis est pour levéis, et représente un lat. fictif levalicius ; de levare, lever.

t. LÉVITE (lé-vi-f), s. m. Israélite de la tribu de Lévi, destiné au service du temple; Lévi était fils de Jacob. Les lévites seront obligés de se trouver dès le matin pour chanter les louanges du Seigneur, et ils le feront aussi le soir, saci. Bible, Paralip. i, xxiii, 30. Du Dieu que nous servons t3l est l'ordre éternel; Lui-même il nous traça son temple et son autel. Aux seuls enfants d'Aaron commit ses sacrifices, Aux lévites marqua leur place et leurs offices, RAC. Ath. Il, 4. Lévites, de vos sons prêtez-moi les accords, m. t6. m, 7. Le temple était le plus superbe bâtiment qu'il y eiit dans tout le pays, et il y avait trente-deux mille lévites destinés à y servir, FLEURY, Mceursdes Israël, titre xvii, a* part. p. 20, dans pouGENS. Kntre tous les lévites il n'y avait que les descendants d'Aaron qui fussent sacrificateurs, ID. ib. titre v, 2» part. p. 47. Les simples lévites étaient occupés au reste des fonctionsde la religion, au chant des psaumes, à la garde du tabernacle ou du temple et à l'instruction du peuple, lo.t'b. jj Fig. et dans le style élevé. Se dit des prêtres de la religion chrétienne.

— ÉTYM. Voy. LÉVI.

2. LÉVITE (lé-vi-f), s. f. Sorte de redingote d'homme ou de robe de femme, ainsi dite parce qu'elle a quelque ressemblance avec l'habillement des prêtres ou lévites. Mandez-moi de grâce si les lévites sont toujours à la mode, genlis, Adèle et Th. t. II, p. 2B8, dans pougens.

LÉVITIQCE (lé-vi-ti-k'), s. m. || !• Nom du troisième livre du Pentateuque, ainsi nommé, parce qu'il contient principalement les lois des lévites et les règles des sacrifices. Le Lévitique (avec une majuscule). Il 2* Adj. Qui apjiartient aux lévites. La loi lévitique.

— HIST. xvi* s. Ils retournent aux cérémonies levitiques et aux ombres de la loy mosaïque, calv. Inslit. une.

t LÉVOGYRE (lé-vo-ji-r'), adj. Terme d'optique. Substance lévogyre, substance qui dévie à gauche le plan de polarisation.

— ÉTYM. Lat. l.wut, gauche, et gyrare, tourner. LEVRAUDË, ÉB (le-vrÔ-dé, dée), part, passé de

levrauder.

LEVRADDER (le-vrô-dé),ti. o. Poursuivre quelqu'un comme un lièvre. Je crois qu'il vaut mieux bâtir un beau château, comme a fait M. de Voltaire, y jouer la comédie, y faire bonne chère, que d'être levraudé à Paris, comme Helvétius, par les gens tenant la cour du parlement , volt. Mél. litt. Comment, hist. Il est un peu extraordinaire qu'on ait harcelé, honni, levraudé un philosophe de nos jours très-estimable, l'innocent, le bon Helvétius, pour avoir dit que, si les hommes n'avaient pas des mains, ils n'auraient pu bâtir des maisons et travailler en tapisserie de haute lice, 10. Dict. phil. Homme.

— ÉTYM. Levraut.

LEVRAUT (le-vrô; le < ne ic prononce et ne se lie jamais : un le-vrô à la broche ; au pluriel, l's se lie : des le-vrô-z à la broche), s. m. || 1° Jeune lièvre. Grand levraut de trois quarts. Voici un étrange mois d'octobre.... notre marquis [le jeune Grignan qui était alors au siège de Philisliourg] n'avait de chagrin dans les autres [mois] que d'avoir manqué un levraut ou un pcrdreau.toujourspar quelque accident, s£v. 43oct. 4 088. Il [Camus] assure que, pour avoir de la mémoire, il faut manger du chapon, du levraut et des alouettes, et surtout se bien garder dos oignons et du beurre ; cela fut Imprimé en 4709 avec approbation et privilège du roi, volt. Vict. phil. Passions. || 2* Nom d'une espèce do chardon la plus commune qui croit sur les bords des grands chemins. || Proverbe. Un levraut dans un buisson n'est pas viande prête à manger.

— HIST. ivi* s. II a bien prins de moy une becca.sse, Une perdrix, et un levraut aussi , harot, ii, 88. Il y a levrault au croc, cotgrave. Et tua de ses

LEV

pieds dix ou douze que levraulx, que lapins, qui jà estoient hors de page, rab. Pant. 11, 26.

— ÉTYM. Diminutif de lièvre.

LÈVRE (lè-vr*), s. f. \\ 1» Partie extérieure et charnue qui forme le contour de la bouche, La lèvre supérieure. La lèvre inférieure. Un Isaïe qui tremble devant Dieu jusqu'à ce que ses lèvres soient purifiées, boss. Élévut. surmyst. iv, 8. Mais ses lèvres à peine en ont touché le bord [d'une coupe], RAC. Brit. V, s. La couleur vermeille des lèvres, la blancheur de l'émail des dents, tranchent avec tant d'avantage sur les autres couleurs du visage, qu'elles paraissent en faire le point de vue principal, bufp. Hist. nat. hom. Œuv. t. iv, p. 203. C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire Des lèvres que la mort va fermer pour jamais, lamart. tiédit. 1,29, Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine, v. ulgo. Chants du crépuscule, xxv. Qu'à peine un mouvement de ta lèvre indignée Révèle ton courroux au fond du cœur grondant, id. Voix intér. xxxu. || Se mordre les lèvres, serrer les lèvres inférieures avec les dents, pour s'empêcher de rire ou de se livrer à quelque explosion de passion. Madame, qui se mordait les lèvres pour s'empêcher de rire, mariv. Paysan parv. 4" part. Le cachemirien se mordit les lèvres, de peur d'éclater au nez de l'Indien, volt. Dial. 4.||Fig. Se mordre les lèvres de quelque chose, s'en repentir. Ij Fig. Avoir encore le lait sur les lèvres, être d'une grande jeunesse et sans expérience. |{ Serrer les lèvres, se taire. Chacun se mit à serrer les lèvres, SÉV. 304 . Il Ne pas passer les lèvres, le bord des lèvres, se dit de quelque chose de feint, d'afl'ecté, qui n'est pas véritable. Son rire ne passe pas les lèvres. Chacun se retira, après avoir donné des marques d'une tristesse qui ne paraissait pas passer le bord des lèvres, mariv. Paysan varv, T part. || Rire du bout des lèvres, rire sans en avoir envie, à contrecœur. || Avoir la mort sur les lèvres, être près de mourir, ou avoir la figure d'un mouiant. {| Dans le langage poétique, on dit que l'âme vient sur les lèvres pour exprimer l'approche d'un évanouissement ou de la mort. Et mon âme déjà sur mes lèvres errante, KKC. Phèdre, m, 1. 1| 2" Lèvres prises pour bouche, langage. C'est-à-dire qu'il faut prononcer ce mot [prochain] de» lèvres, de peur d'être hérétique de nom, PAsc. Prov. i. Heureux qui porte toujours la charité sur les lèvre» 1 boubdal.2' dim. après laPentec. Dominic. t. m. p. 277. La douce persuasion était sur les lèvres de votre père, fén. Tél. xv. || Dans la Bible, toute la terre n'avait qu'une lèvre, c'est-à-dire tous les hommes n'avaient qu'une langue avant la confusion de Babel. || Il le dit des lèvres, mais le cœur n'y est pas, c'est-à-dire il exprime un sentiment qu'il n'éprouve pas. || Fig. Du bout des lèvres, sans grande bonne volonté, avec quelque dédain. Ce que vous m'accordâtes du bout des lèvres, voit. Lelt. 75. Il N'honorer Dieu que des lèvres, que du bout des lèvres, prier Dieu de bouche seulement et sans que le cœur soit touché. Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est loin de nioi, saci, Bible, St ilath. Év. XV, 8. Il Avoir une chose sur les lèvres, sur lo bord des lèvres, la savoir, il est vrai, mais, par quelque défaut momentané de mémoire, ne pouvoir la dire. Il Fig. Avoir le cœur sur les lèvres, parler sans déguisement. On le trouvait toujours libre, naturel, ouvert, comme un homme qui a son cœur sur les lèvres, fén. Tél. xvi. || Avoir le cœur sur les lèvres, se dit familièrement pour avoir mal au cœur, avoir envie de vomir. || 3° Terme de manège. S'armer de la lèvre, se dit d'un cheval qui se défend de» lèvres, ayant les lèvres si épaisses, qu'elles lui ôtent le sentiment des barres, et que l'appui du mors cessa d'être ferme. Il 4° Terme de chirurgie. Lèvres, la» deux bords d'une plaie simple. Rapprocher les lèvres d'une plaie. Los lèvres de la plaie étaient fort écartées. || Terme d'anatouiie. Les grandes lèvres, les bords extérieurs de la vulve; le» petites lèvres, les bords intérieurs. || 5°Terme de botanique. Lèvres, les deux lobes principaux d'une corolle bilabiée ou pcrsonnée. || 6" Les deux bords d'une coquille univalve. Il 7° Se dltdes bords d'un vase antique quand ils sont rocourbé.s on forme de lèvres. || 8° Lèvre do Vénus, cardère cultivée. || 9" Sorte de levier dont l'ardoisier se sert pour abattre les blocs.

— HIST. iii's. Fors mctront [exprimeront] lesmeies lèvres loengn, cum tu ensegnerai mei les tues Justiflcaciun», Liber psalm. p. 4»7. Le» lèvres de proveire [de prêtre] suntguarde d'escient [de .science]; Li prostré est angeles Dcu, ce dit l'ois ijui ne mer.t. Th. le mort. 01. ||xiii' s. Monseigneur KrartdeSyverey fu féru d'une espée parmi le visage, si que la nez li cheoit sus la lèvre, joinv. 220. || xiV s. Le» loivres sont membres..., il sont huis du cors, ot

LÉV

donnent lioi [telles] utilités à la bouche comme fait l'uis i la maison, a. de mondeville, C to. Oster les dars et touas choses qui sont entre les leivres des plaies ID. ^ 3&, rerto. || xv s. Petit menton, lefros et nei'lraitis, Vos joettes font deux fosses toudis En soubrriant, o belle plus que belle, e. desch. Poésies tnss. h ïso. Si en mordit le duc ses lèvres, et le prit àaigre, disant.... 0. chastelain, m,*i. ||xvi's. La vengeance, quand on y procède par cholere, secon- Bume ordinairement en morsure de lèvres, grincement de dents, amtot. Comment refréner ta colère, ti . La base de l'os des ilesse nomme le bord, ou lèvre, ou sourcil, PARê, iv, 34. Le chancre ulcéré a les lèvres fort grosses, dures, noueuses, id. v, 27.

— ÉTïM. l'rovenç. labras, du lat. labrum, lèvre, qui se rapporte i lambere, XâitTetv, lécher ; c'est le membre qui lèche. Comparez l'allemand tt'ppe, lèvre.

+ LÊVRETEAU (lè-vre-tô), s. m. Terme de chasse. Petit levraut.

— ETYM. Diminutif de levraut.

LEVRETTE (le-vrè-f), s. f. || 1" La femelle du lévrier. Une grande levrette. |i Levrette se dit aussi en général, pour les mâles comme pour les femelles, rie la petite espèce de lévriers. || 2° Espèce de coléoptère noir.

HIST. xvi* s. En demandant à Querals une levrette, aussi bien, disoit-il, vous n'avez pas moyen de la nourrir, d'aub. Hist. Ii, 155.

— ETYM. Voy. LÉVRIEH.

tEVRETTÉ, ÉE (le-vrè-té, tée), adj. Qui a la taille mince comme un lévrier. Épagneul levrette.

— ÊTYM. Levrette.

t 1. LEVRETTER (le-vrè-té), tî. o. Chasser à courre atec des lévriers.

— HlsT. xvi* s. Enferrer un sangler de défenses armé, Voir levreter un lièvre à la jambe [«lue, Voir pendre les faucons au milieu de la nue, bons. 663.

— ÊTYM. Levrette.

t a. LEVRETTER (le-vrè-té), v. n. Mettre bas, en parlant de la femelle du lièvre.

— ÊTYM. Lièvre, par une dérivation semblable à celle qui de leporarius a tiré lévrier.

t LEVRETTEUR (le-vrè-teur), t. m. Terme de chasse. Celui qui élève des lévriers.

— ÊTYM. Levrette.

LÉVRIER (lé-vri-é; l'r ne se prononce et ne se lie Jamais ; au pluriel, l's se lie : des lé-vri-é-z agiles), î. m. Il 1° Nom d'une espèce de chiens qui ont les jambes longues, la tête et le corps menus et allongés, et qui servent particulièrement à courir le lièvre. Vous dites.. . d'un lévrier qui prend un lièvre corps à corps : c'est un bon lévrier, la bruy. xii. Comme les lévriers sont assez rares en France, on en tire, pour le roi, de Constantinople et des autres endroitsdu Levant, bupf. Quadrup. t. i, p. 329. jj Terme de vénerie. Lévriers nobles, ceux dont la tète est petite et allongée, l'encolure longue et déliée, le rable large et bien fait. Lévriers harpes, ceux qui ont les devants et les côtés fort ovales et peu de ventre. Lévriers gigottés, ceux qui ont les gigots courts et gros et les os éloignés. Lévri«rs ouvrés, ceux dont le palais est marqué de grandes ondes noires. i| Ceux d'Espagne el de Portugal se nomment charnaigres, et sont d'une extrême vivacité. || Ceux du Nord, qu'on appelle lévrier» d'attache, sont si foits et si hardis, qu'ils courent le sanglier, le buffle et les animaux les plus sauvages. || Lévrier d'Ecosse, sorte de lévrier. Il Coiffé par le lévrier, se dit du lièvre que le lévrier saisit par la tête. || Fig. Je ne pouvais douter de l'extrême mauvaise volonté [jour lui (CbamillartJ de Mme de Mainlenon et de Mme la duchesse de Bourgogne, et il était sans cesse coiffé par de rudes lévriers, st-sim. 232, 96. || Il court comme un lévrier, se dit d'un homme qui va trèsvite. Il %' Hg. et familièrement. Gens qu'on met à la poursuite de quelqu'un. Je m'imaginai qu'il n'y avait plus rien à craindre pour moi, et que tous les lévriers de la justice s'étaient lassés de me poursuivre, LESAOE, Cuim. d'Alfar. u, 4. || On nommait autrefois les archers : lévriers du bourreau. || Lévrier d'amour, entremetteur d'affaires galantes. || S" S. m. pi. Petite constellation au-dessous do la queue de la Grande Ourse. || 4" Ordre du Lévrier, ancien ordre militaire du duché de Bar, en Lorraine, institué en un, par plusieurs »ei«neurs, et dont la marque était la figure d'un lévrier, avec un collier au cou aurlequel étaient cesdeui mots : Tousun. JiProverbe! Assaut de lévrier, défense de sanglier, fuite dé IoBp,il faut en guerre attaquer comme le lévrier se défendre comme le sanglier, et fuir comme le lo'up

— HIST. xir s. Si com li ccrs fuit devant le lévrier. Ronds. 87. Il xiif s. Et la vieille meismo i court Cviiie levriere, flrrfc, xii. |] xiv ». Los chiens

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